Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 05:18

Que peut-on développer sur un sujet aussi grave ? Déjà dans le monde profane, c’est très dur à vivre. Je compare ceci à une vaste gare S N C F dont le parvis serait un espace ménagé devant la porte d’un labyrinthe insondable : « la descente aux enfers ».
Tu rentres dans le royaume de « Hadès » ? L’invisible, selon une étymologie douteuse, est, chez les Grecs, le Dieu des morts. Cela se retrouve bien dans le monde profane. Pour la majorité des gens tu es Mort, tu ne peux plus apporter. Tu es une chose inutile, le petit grain de sable qui dérange leur petite vie. Je crois rêver parfois des propos que l’ont me tient. Ça relève du plus grand guignol, de l’oscar des plus grands imbéciles imbus de leur petite personne. Comme les anciens, ils ont peur. Tu es le pestiféré. Une fois rentré dans ce cycle, nul n’ose plus prononcer ton nom, de crainte d’exciter ta colère, car dans leur inconscient, tu es Hadès ? Ou autre ? Et ils préfèrent alors te le faire paraître autrement, te donner un surnom ami. Affreuse dérision plutôt qu’euphémisme, pour désigner l’Ami d’avant, le compagnon de sorties, d’agapes, de conseil, « lui bien sûr, aller le voir, il va tout faire, il connaît, sans problème, l’homme qui sait ». La dérision devient macabre quand on met entre les bras de Pluton une corne d’abondance. En symbolique, toutefois, le souterrain est le lieu de riches gisements, des métamorphoses, des passages de la mort à la vie de germination.

Mais que peut-on faire contre ces gens là disait un grand Poète. Sont-ils des Héliotropes de mauvais augures, symboles de la lumière mobile, végétaux solaires ? Puisent-ils leurs bêtises intellectuelles en permanence dans la face noire du soleil ? Au contraire de cette plante, qui symbolise l’attitude de l’âme qui tourne continuellement son regard et sa pensée vers l’être aimé, pour le soutenir, le guider, vers une présence contemplative et unitive. Fleur solaire elle chante, selon Proclus, la louange du chef de la série divine à laquelle appartiennent louanges spirituelles et louanges raisonnables ou physiques ou sensibles. Pour Proclus, l’Héliotrope, en sa couleur de ciel, prie parce qu’il se tourne toujours, en une insigne fidélité, vers son seigneur. (Corbin cite : « Chaque être connaît le mode de prière et de glorification qui lui est propre ».)

Pourquoi vos amis, du jour au lendemain, se retournent-il ainsi ? Je voudrais savoir de ce qui leur fait peur en vous, que représente pour ces gens là le mot le CHOMEUR ?... LES NOUVEAUX BANNIS DE CETTE FIN DE SIECLE.
Ne savent-ils pas que du jour au lendemain, ils peuvent être à votre place ? Sauf certains privilégiés. Ne voulant pas entamer de polémiques, je ne citerai personne. Il y a deux catégories en France ceux qui sont obligés de « la fermer », et ceux qui peuvent « gueuler » en ne risquant rien pour leur job, et c’est bien souvent dans cette catégorie de gens que se trouvent vos grands amis ?? Dommage pour ces personnes ! Elles ne connaissent rien de la vie : ni les files à l’ANPE, ni les longues attentes aux Assedic, ni les papiers qui ne vont jamais, ni la virgule que vous avez oubliée de mettre à la bonne place, ni votre gueule, ce jour là, qui ne revient pas, ni vos habits qui commencent à reluire à force de les mettre, ni les chaussures qui vous entrecroisent les pieds en passant devant un cordonnier par honte, ni le regard soupçonneux des gens qui vous croisent dans la rue. En fait, vous avez en permanence accroché au dos un warning, comme les pauvres lépreux du Moyen Age qui avaient une cloche. Comment pouvez-vous vivre avec en moyenne 2 400f par mois quand vous êtes chômeur de longue durée et âgé ? De ce fait, il y a deux sortes de personnes : ceux qui ont et qui regardent toujours en l’air ceux qui tirent la langue. Les premiers forment donc un microcosme. Gallien affirmait : « des anciens versés dans l’étude de la nature disent que le vivant est comme un microcosme » et dans les très riches heures du Duc de Berry, la planche intitulée « l’homme anatomique » montre la correspondance qui existe entre les douze constellations du zodiaque et les différents membres du corps humain. Le corps humain est un petit monde ou microcosme pour trois raisons.

La vérité
D’abord parce que les divers éléments constitutifs du cosmos (axe polaire - ourses célestes -constellations zodiacales et arctiques, quatre points cardinaux, cycles naturels et en particulier ceux du soleil, enfin sept planètes errantes, constellations australes et étoiles filantes) symbolisent traditionnellement des éléments ayant un rapport étroit avec la nature de l’homme, que ces éléments soient d’ordre ontologique, éthique ou psychologique, Diodore de Sicile a souligné la correspondance qui existe entre la symbolique cosmique et l’Homme. La réalité compte les cinq parties élémentaires dont nous avons déjà parlé : le souffle, le feu, le sec, et encore l’humide et enfin l’air. De même que chez l’homme nous comptons la tête (je crois que ces gens ne l’ont pas ou alors il leur manque les yeux et le cerveau) ; les mains (dans les poches quant ils vous croisent) ; les pieds (pour marcher plus vite) et les autres parties, d’une manière identique, le corps du Monde. Pauvres gens ! Je crois que là-haut, les portes ne seront que trop petites pour les laisser passer tous.

Ensuite, parce que comme l’indiqua Platon dans sa conception de l’apprentissage philosophique comme acte de mémoire, les mystères spirituels se trouvent ontologiquement inscrits comme des traces dans le corps humain (c’est à dire dans la sensibilité), à qui il suffit de se les remémorer pour en prendre conscience. Comme l’affirmait d’expérience, par conséquent avec raison, Don Juan Matus : « Toutes les facultés, les possibilités et les réalisations de la sorcellerie, des plus simples aux plus ahurissantes, étaient dans le corps humain lui même ».

Enfin, parce que c’est dans les phénomènes naturels, liés aux fonctions et à la vie de son propre corps, que tout être humain « Homme et Femme » peut découvrir, par analogie, les divers mystères ontologiques, éthiques et psychologiques en question.
Je ne crois pas qu’une certaine couche de la société bénéficie de cet apport de qualités, sinon nous les chômeurs ne serions pas traités de la sorte, avec tant de dédain. Combien de fois serions nous morts devant certains regards ! Il faudrait pourtant faire quelque chose, de la rééducation de l’âme. Les forcer une fois par mois à aller au restau du cœur pour voir la vie de tous les jours, parler à ces gens que leur regard ne croise jamais. Il doit y avoir une solution à ce problème mais je croie qu’ils ne pensent qu’à leur portefeuille. Il faudrait les passer au miroir.\
Mais pas n’importe quel miroir, car pour voir le côté obscur de leur âme, il faut un vrai traitement de choc. Quelque chose qui les bouscule. Il faut faire peur. Mettre leur nez dedans. Leur faire toucher de toute la main, pourquoi pas des deux, la Misère que cela engendre, tant au point de vue physique de l’individu, que de son âme. Voir la détresse morale qui peu à peu vous envahi et vous terrasse totalement, vous fait perdre toute notion de la vie. En fait pour ces gens là, nous sommes la 4ème dimension ; des ectoplasmes surréalistes. Mais le plus dramatique dans tout ceci, c’est qu’ils en redemandent. Quoi de plus naturel de parader devant la télévision, en disant bien fort : « il faut faire ceci, cela. Je suis prêt à m’engager. » Il faut que cette situation cesse. Tout cela est inadmissible. Nous rentrons en l’an 2000 ? ? 3.000.000 de chômeurs ! Ah ces pauvres gens ! Bande de lâches. Paroles, paroles ! De toute façon, eux, ils ne tournent pas la tête devant une vitrine ; ils rentrent. Faudra-t-il rééditer 1789 ? Après tout pourquoi pas. Peut-être que cela leur apprendra à vivre un certain temps.

Mais en France, un problème demeure l’égoïsme individualisé, les castes, les corporations etc.… ?
Comment peut-on vivre avec tant d’égoïsme ? En soi, il faudrait que le miroir fasse son office. Mais sont-ils à même de comprendre le sens réel de ce symbole ? Mais quel miroir ? Une seule image, deux images, trois images ?
Pourtant dans le miroir se trouve beaucoup de choses : la Vaniteuse, la Déesse Amaterasu, l’Amour, la Prudence, la Connaissance de ses Vertus, le rendu à chacun de son dû, l’analyse de soi, sa réelle personnalité. Mais je crois qu’il faudra énormément de travail pour que leur image, se reflète avec une bonne aura. Car la signification des miroirs, par-delà leur fonction propre, provient de l’ancienne croyance selon laquelle l’image et son modèle sont liés par une correspondance magique. Les miroirs peuvent, par conséquent, retenir l’âme ou la force vitale de la personne qui s’y réfléchit ; c’est pourquoi on recommande, dans les coutumes populaires, de recouvrir les miroirs à la mort d’une personne pour ne point retenir son âme.
Ont-ils une âme ? Là est la question ???? Je crois plutôt que, comme les démons et les êtres surnaturels accompagnés de leur Bêtise, ils n’ont pas de reflet. Seul, peut être, celui de la bêtise vaniteuse. Pour ne pas dire autre chose de plus explicite et bien placé à leur encontre.

Eux, incarnations diaboliques, ne peuvent supporter leur propre image et meurent lorsqu’il leur arrive de se regarder. Mais malgré tout, les miroirs sont également des amulettes qui protègent des êtres et des forces sataniques. A l’origine, cette conception était rattachée à la surface de l’eau, qui servait aussi de moyen de divination, car elle semblait mettre en évidence une sorte d’anti-monde. C’est à dire nous les chômeurs. Je pense que côte à côte regardant la surface de l’eau, nous pourrions avoir deux visions différentes de la vie. L’une, où apparaissent des choses étranges non demandées, souvent plus étranges et plus profitables que celles que nous désirons contempler. Vont-ils comprendre la signification du reflet ou bien ne pas voir l’autre vision, celle de la vraie vie, celle que moi je vois dans le miroir : le dur combat permanent de chaque jour, du matin au soir. L’angoisse quasi permanente qui vous ronge comme une maladie insurmontable. La peur au quotidien qui vous tenaille les tripes. Le néant qui règne dans votre âme la question lancinante qui revient toujours. Vais-je pouvoir lutter ce jour ? Combien de fois faut-il se battre contre soi même ? Ça ils ne peuvent pas tout simplement l’effleurer au moins une fois. Pauvres gens ! Combien de fois passerez-vous à coté de la vraie richesse humaine ? Cela fait peur l’exclusion, la mise à l’index. Il me semble pourtant que l’Histoire a déjà frappé durement des êtres qui ne demandaient qu’à survivre dans l’Honneur tout simplement.

Sont-ils comme Frodon, le héros porteur de l’anneau qui vit au fond d’un ruisseau, dans une vallée sombre du pays de Lothorien, se former l’œil unique qui allait lui permettre dans une révélation terrifiante de tout savoir. Je pose la question : savoir quoi ? La Vérité Divine, la Science infuse, le pouvoir de diriger le monde, le pouvoir de vous marcher sur le corps, au sens propre et au sens figuré. Peut être que le miroir revêt pour eux une signification particulière comme dans la tradition Shinto. Attribut de la déesse du soleil Amaterasu, conservé dans le sanctuaire d’Ise où il demeure protégé des simples mortels. Fleur de lotus à huit pétales. Sont-ils intronisés à la naissance avec cet emblème à la main ? Croient-ils accéder au trône de la Vérité ? Mais selon une tradition que l’on ne peut vérifier, il porterait l’équivalent de l’inscription hébraïque de la révélation divine : « Je suis Celui qui Suis » cela veut tout dire.

Sont-ils comme Dionysos, le Dieu qui s’étant regardé et ayant contemplé sa propre image, se mit à créer la pluralité. Le reflet de ces gens là est donc le mode par lequel ils s’expriment dans l’apparence. Proclus précise d’ailleurs que les théologiens anciens ont proposé le miroir comme symbole de la conformité à la perfection intellectuelle de l’univers. C’est en tant que tel qu’il est repris par ces gens là.

Pourtant le miroir évoque le cycle de l’œuvre alchimique. A Notre Dame de Paris, l’initiateur présente d’une main un miroir et de l’autre la Corne d’Abondance. Tandis qu’à ses côtés, se voit l’arbre de Vie. Pourtant malgré leurs soit disant connaissances est ce qu’ils Savent que la matière première que l’homme doit élire pour commencer le Grand œuvre est appelé miroir de l’Art, parce qu’elle enseigne la composition des métaux dans les veines de la terre.
Le miroir marque donc le début pour eux du travail de leur esprit, pour essayer de retrouver ce que la nature a enfoui dans la plus profonde face sombre cachée de leur âme. Eux seraient plutôt du courant hermétiste, qui veut spiritualiser les corps et corporifier les esprits ; qui offre plutôt, quant à lui, l’idée d’un miroir double, composant l’invisible à partir du visible, de façon à faire apparaître ce qui est occulte et caché, dit Hermès dans les Sept Chapitres. C’est une réflexion réciproque entre le ciel et la terre, le corps et l’âme, l’esprit, la nature et Dieu, qui est ici proposée. Ramenant l’idée de la Création à celle de Connaissance. Les Soufis retrouvent une conception largement identique lorsqu’ils comparent l’Univers à un ensemble de miroirs dans lesquels l’essence infinie se contemple sous de multiples formes ou qui reflètent à divers degrés l’irradiation de l’Etre Unique. Se pourrait-il que ces gens là, se croient investis d’une mission divine, part rapport à nous les « sans » ? Je pose la question ?

Sont-ils à ce point barbaresques, aveugles, imbus de MOI, le seul mot qui est un sens pour eux. Ne faudrait-il pas leur faire retrouver la clé spéculative qui permet de réintégrer toutes les dualités existantes dans l’Unité de l’Essences Spirituelle, pour qu’ils puissent ouvrir les yeux sur la misère qu’ils peuvent engendrer. « Dans le tableau ou la vision de Dieu », ils pourraient se servir de cette leçon : « Nourris-moi de ton regard, Seigneur, et enseigne-moi comment ton regard voit tout : ce qui est invisible et ce qui est visible », la misère, l’âme morte que nous portons en nous car la solitude, l’effet d’être un fantôme de la vie devient vite un très lourd chariot à traîner ; et il arrive très souvent que les roues se cassent, pratiquement toujours, et là, pas de mains charitables ! « Et tout acte de la vision et toute puissance voyante de toute puissance visible et tout ce qui relève de ces formes de voir, puisque voir, pour toi c’est être la cause de ce qui est ».

Encore faut-il que la question soit posée : ne pas le faire, c’est implicitement reconnaître. D’une certaine façon, c’est ce que nous expliquons quand nous disons qu’avec Tout ceci, correspond, de fait, à ce que l’on peut appeler LA MISERE.
Donc la philosophie de ce qu’on a appelé : « philosophie des miroirs » consiste finalement dans l’unicité même du principe où, par derrière les effets de miroir, se révèle une même chose que de voir, d’être vu et d’exercer la vision. Au-delà des mots et des formules et slogans, moult problèmes sont posés Tout cela est loin d’être anodin Ceux qui souffrent eux-mêmes de ce conflit lancent leurs appels pour que cesse cette mascarade.
Faut-il leur rappeler la symbolique du travail, après lequel nous aspirons ? N’est ce pas de la dignité que nous recherchons à leurs yeux ? Sommes-nous vraiment des parias de l’humanité ? Et ceci est valable pour des initiés qui osent se nommer ainsi ! Comme pour des profanes, qui eux au moins ont une excuse.
Je vais donc là rappeler le symbole du travail.

Dans les idées et le langage de la  FRANC-MACONNNERIE , le travail est un concept d’une dimension symbolique particulière. Il désigne la participation des loges à l’édification du « TEMPLE » de la philanthropie universelle ou temple de l’humanité. Le Maître allume tout d’abord la bougie située sur la colonne de la Sagesse en disant que la Sagesse dirige ces travaux. Ce sur quoi le Premier et le Deuxième surveillants allument les autres Lumières et déclarent que la Force les guide et que la Beauté les achève. Ce travail des loges ou travail du Temple, qui vise à l’élaboration d’un monument idéal, est porteur de bénédiction spirituelle. C’est un mystère qui fait naître une fraternisation spirituelle. L’Activité liée à un culte, libère et élève l’âme, de même que l’activité artistique. Elle sert le dieu qui est en nous et contribue ainsi, indirectement à la divinisation du Monde.

Dans la légende grecque du déluge, le couple humain survivant, Deucalion et Pyrrha, crée à partir des pierres, « les os de la Terre Mère » qu’ils jettent derrière leur dos, une nouvelle race humaine pour remplacer l’ancienne.
Devrons-nous faire pareil pour nous faire reconnaître de ces gens là ? Je pose la question ! Je pense qu’ils ne connaissent pas la grande vie symbolique de la « Pierre » qui mérite une attention spéciale. Dans la symbolique Maçonnique, la pierre brute représente le grade de l’apprenti, l’objectif à atteindre est la pierre taillée, que l’on pourra intégrer à la construction du Temple de l’humanité. Cette symbolique remonte aux chantiers de construction des cathédrales où le travail de la pierre était essentiel. Les clefs de voûte étaient souvent pourvues des signes de maîtrises des tailleurs de pierre, dont certains rappellent les dessins des runes. En tout état de cause, le passage de la pierre brute à la pierre taillée représente généralement le progrès de l’esprit et de l’âme. Je crois que ces gens là en sont très loin. Ils sont au stade de la poussière cosmique bien avant le big bang.

Ils nous considèrent comme la parabole christique de la Pierre dans la symbolique chrétienne. La pierre est souvent rattachée à la lapidation que les anciens pratiquaient envers les blasphémateurs. En faisons nous partie à leurs yeux, méprisés par les bâtisseurs. Mais malgré tout, nous sommes appelés à devenir comme les autres, une pierre angulaire qui permet à tout l’édifice de tenir. Mais je crois qu’il faut ajouter, l’équivalence du discours sur les Béatitudes à leur profit « Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux ». Etant bien entendu que cette pierre angulaire est en fait la clef de voûte inébranlable où pourra s’appuyer la communauté. Où les portes de l’hadès ne tiendront pas contre elle.
Ne pourrait-on pas leur faire savoir que c’est leur cœur qui est de pierre. Allez donc voir le grand Liborius de Paderborn qui était censé aider à guérir les pierres qui se trouvent dans le corps humain, car on le représente avec trois pierres posées sur un livre.
Je crois savoir et pouvoir les comparer, au moine Narcisse qui ne quitte pas son couvent en pierre, se dédie à la spéculation intellectuelle, à la méditation de son Moi, À l’approche du regard qu’ils pourront nous lancer car malheureusement ils seront obligés de nous croiser dans la vie de tous les jours. En grec, Narkissos, héros de la mythologie grecque, était le fils du dieu–fleuve que Némésis fit boire à une source de l’Hélicon, la montagne des Muses et comme lui, au renvoi du reflet dans l’eau de son visage, ils en tombèrent désespérément amoureux. Pauvres gens. Comment nous perçoivent-ils ? Veulent-ils faire comme chez les Egyptiens, effacer de nos tombeaux le nom de nos familles, pour supprimer toutes traces ce qui conduit à la destruction et au néant.

Selon le Popol-Vuh des mayas, dans la première étape de la création du monde, les premiers hommes étaient incapables de dire le nom des Dieux et donc de les adorer. Les Dieux, furieux de cette ignorance, renvoyèrent les hommes à la boue primordiale. Veulent-ils agir comme eux et nous éliminer pour pouvoir recommencer la création ?
Nous sommes vraiment les handicapés de la société. Nous voulons êtres reconnus dans nos droits, pour ne pas êtres obligés de recourir à une mendicité, une charité dégradante, humiliante. Nous voulons du travail, pas de la pitié ! Mais que peut-on faire contre la rentabilité du portefeuille.
Je terminerai par ceci. Némésis, dont le nom signifie colère, personnifiait dans la mythologie grecque la révolte contre l’injustice. Elle était la Déesse de la vengeance et le juge impartial, ayant pour attributs la balance, l’épée et la règle graduée. En tant que Déesse, elle tient le Destin dans ses mains, et aide les hommes qui ont fait l’expérience d’un bonheur immérité et perdu le sens de la réalité à le retrouver.

Le nombre augmente tous les jours
Et combien vont mourir cet hiver, à la veille de l’an 2000.

Un peu d’humour : la santé est le plus beau cadeau de la vie. Quand on est riche et bien portant !

Source : www.ledifice.net

Repost 0
Published by G\ L\ - dans Planches
commenter cet article
1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 09:46

Il est important de savoir distinguer dans nos rapports leur nature fraternelle.
La fraternité est un idéal relationnel qui demande un long cheminement . A la question : « Etes-vous franc-maçon ? », La réponse est « mes frères me reconnaissent comme tel ». Ce qui suppose que la fraternité est chargée de contrôler l’appartenance à la franc-maçonnerie. Un membre non fraternel ne peut pas être franc-maçon.
La Fraternité serait donc une condition de base. Est-ce qu’on naît frère en même temps qu’on reçoit la Lumière ou le devient-on à force de travail sur soi ?

Plus que l’Amour de l’autre, la Fraternité est respect de l’homme. La Fraternité est d’essence Initiatique et avant tout métaphysique dans une spiritualité laïque, transmettant une méthode de recherche de la Vérité, hors les dogmes. Elle est un trait d’union entre les Initiés. Combien d’entre nous, au cours du temps on oublié que la Maçonnerie ne se cantonne pas à l’application stricte d’un rituel, aussi beau qu’il soit, une fois tous les quinze jours. Que notre quête de bâtisseur ne peut s’exprimer qu’avec tous nos Frères. Je dis bien tous et pas seulement ceux de notre grade ou ceux qu’on bade parce qu’il paraîtrait qu’ils sont trente troisième et que c’est bon de les côtoyer pour notre « carrière ». La Fraternité est une mort : C’est la mort de soi-même dans son Individualité égocentrique. Car la découverte de la fraternité commence par l’apprentissage du partage. La tolérance ne commence t’elle pas au moment où l’on accueille l’autre avec toutes ces contradictions ? Si on va jusqu’au bout d’une expérience de relation humaine, la première impression devrait naturellement s’émietter au fur et à mesure que la réalité se construit. Ce passage est douloureux car on doit renoncer à la première impression qu’on prend souvent pour argent comptant, celle à laquelle on tient tant parfois et qui est notre jugement arbitraire, subjectif et inconscient. La fraternité n’exerce pas de pouvoirs magiques, en revanche elle propose à tous une vertu capable de la maintenir et cette vertu, c’est la Tolérance. A mi-chemin entre la justice et l’amour se situe le respect et la tolérance. On ne peut pas tolérer sans respecter, car le fondement de la tolérance est d’abord la compréhension de l’autre, de tous les autres.   
Ainsi la tolérance devient un hommage à l’impénétrable vérité dont tout homme est porteur. Egalement, cet effort qui nous est demander pour traiter l’autre comme soi-même se nomme la « justice », car la justice consiste précisément à se placer à la place de l’autre. Cependant il faut admettre que la tolérance a par définition une limite, ainsi on ne pourrait admettre la liberté d’un loup dans une bergerie. ; c’est seulement dans cette limite de la liberté de l’autre que la tolérance peut se muer en Amour, qu’elle devient une communion qui dépasse celle de l’esprit pour atteindre la communion des cœurs. Tel est le paradoxe de la Fraternité : Intelligence du cœur qui transcende celle de l’esprit.
Je dirais que celui qui gesticule et parade le plus est celui qui empêche la relation de personne à personne. Il s’exclut de la fraternité. Si la Fraternité est un devoir pour le Maçon, elle n’est pas innée. Elle se travaille. Il faut être suffisamment pur et s’aimer soi-même pour pouvoir Fraterniser avec son prochain sans jouer un jeu ridicule qui ne trompe personne.

L’amitié c’est un attachement, une affection mutuelle, qui a beaucoup de point commun avec la fraternité. Mais le type de relations est différent. Nous choisissons notre ami, mais pas notre frère. Ce qui a pour conséquence qu’en amitié, il y a souvent plus de similitudes que de différences. La fraternité ce n’est pas l’abandon total et sans réserve de l’amitié. Il y a en plus dans la notion de fraternité, une notion de durée dans le temps, qui ne se pose même pas : Nous sommes frères à vie. La Fraternité reste indissociable de l’honnêteté, qui impose parfois de déplaire, de choquer, de heurter. Nous ne pouvons être en fraternité qu’en étant honnête vis à vis de nos Frères, mais l’honnêteté n’est pas à elle seule, la fraternité qui a une portée supérieure. Notre Fraternité de Maçon vient du fait que nous avons tous une origine commune de part notre Initiation. Nous avons tous vécu la même renaissance et nous restons tous sur le même chemin, celui de la recherche de la Lumière. Bâtir ne peut être qu’une œuvre commune donc Fraternelle. Nous devons vivre l’autre avec ses différences et nous en inspirer, sans flatterie, sans jugement et sans esprit de supériorité car elles ne sont pas rivalités mais partage et richesses.    
Montaigne a dit dans les Essais : « Si l’on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ».
On retrouve encore ici les outils de taille ciseau et maillet qui nous serviront à pratiquer la fraternité comme un art. Agir comme un frère, c’est savoir temporiser ses passions est c’est parfois quelque chose de compliqué car nous pouvons être parfois une marmite en ébullition, ou bien un lac de béatitude et le Franc-maçon n’a pas le droit de perdre son sang froid et parfois se livrer à des attitudes, voir des comportements qui dépassent la fiction. Aussi il est essentiel pour mériter sans honte notre place en Loge de maîtriser nos passions en général, mais en particulier celles de la possession, du pouvoir, de la vanité et de l’hypocrisie. La F.M. n’a jamais voulu être une entreprise de cadres à la recherche de pouvoir ou de places à convoiter dans l’échelle de notre organisation. Nos travaux ne devraient avoir pour unique ambition pour pouvoir participer à la construction commune que de refléter notre personnalité, dépourvus d’inutiles compilations ou de citations voulant montrer notre petit savoir ou encore de langage technique propre à notre vie profane incompréhensible du plus grand nombre. Etre fraternel c’est aussi parler le même langage que ces Frères. Nos égrégores, nos ateliers, nos obédiences ne devraient être fait que d’hommes emprunt d’humilité, de sincérité, et de volonté à faire progresser notre grande famille. Il me semble évident que pour aider les autres, on doit commencer par s’aider soi-même. D’autre part, il est important que la parole circule et que nous puissions en notre âme et conscience nous exprimer avec humilité et fraternité envers le frère, ou quelque personne à qui l’on s’adresse. Si notre plus cher désir est de progresser vers la lumière acceptons de recevoir ce qui doit nous être donné et donnons sans compter tout ce que nous pouvons donner. Souvenons-nous de l’épreuve du miroir, le jour de notre Initiation. Ce fut la première confrontation avec la Fraternité Initiatique. La révélation ne se vérifie que si celui qui tient le miroir ne se détourne pas de son rôle. Si vous le confiez à quelqu’un qui ne supporte pas le rôle du miroir, il y a de fortes chances qu’il se détourne pour reprendre la parole. Savoir pratiquer ces deux fonctions me semble important pour garantir la fraternité, l’une est de savoir se poser en tant que miroir,et l’autre de savoir s’exposer en toute nudité.

Le miroir reflète dans notre rituel le visage du récipiendaire. Le visage, c’est l’individu, la personnalité.

C’est ce qui nous permet d’identifier l’autre ou d’être reconnu par lui. En me regardant dans le miroir, je confirme ma ressemblance avec les autres. Je m’identifie à l’espèce humaine. Le miroir agit donc comme un révélateur de ma personnalité et sa contemplation me permettra de me connaître. Dans un premier temps, il va me montrer ce que je suis maintenant à l’instant de l’initiation. Il va me montrer ce vieil homme prisonnier de son ego et des haines de sa vie profane. Il va me montrer cet ennemi qui veut exister par lui-même. Si je sais regarder dans le miroir, je saurais voir comment vit ce vieil homme, comment il me dirige, comment il se met en colère, comment il est jaloux, alors seulement je pourrais le combattre en appliquant le fameux « Connais toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux ». Le miroir est vraiment un outil de révélation. En tant que symbole, le miroir est l’objet, à mon avis, de l’introspection par excellence. Il nous fait réfléchir sur ce que nous sommes, avec nos qualités et nos défauts, nos envies et nos dégoûts, nos souhaits, notre façon de voir le monde, les personnes qui nous entourent, et nos idées pour les améliorer et les amener vers le bien. Il nous fait réfléchir sur ce que nous voudrions être et que nous ne sommes pas encore. Mais certaines personnes ne supportent pas de voir leur image. Quelques-unes, comme les « Narcisse » du mythe se perdent en regardant leur image reflétée par l’eau. L’ambivalence du symbole du miroir dépend donc essentiellement de l’attitude de la personne et de la maturité de celui qui se regarde. Il existe bien d’autres miroirs, quant nous regardons notre voisin dans les yeux, n’est-il pas notre miroir ? Ne lui reprochons-nous pas nos propres défauts ? N’existons-nous pas par la vision des autres ? Le miroir nous fait prendre conscience de tout cela. Il est essentiel d’accepter le regard des autres et en particulier de nos Frères car c’est lui qui nous apprend à connaître nos limites, à les repousser pour offrir le meilleur de nous-même. C’est par ce regard objectif que les autres doivent porter sur moi que se manifeste la notion de fraternité. Pour être réellement pratiquée la fraternité nécessite que celui qui en use soit libre. Libre de quoi ou de qui ? . Libéré de tout jugement qui ne serait pas de lui, libéré de réflexes conditionnés, libéré de l’autorité parentale, de toute représentation du pouvoir humain qui romprait la fraternité maçonnique. Sa pérennité n’est-elle pas assurée par le dépassement de tout dogme ? . Exister par les actions et interactions que provoquent des liens fraternels suppose que nos chaînes soient rompues. A mon sens, la démarche fraternelle prospère dans l’effacement des attentes individuelles comme des intentions dogmatiques. Elle permet à chacun de trouver sa place et non de s’apporter des réponses. Car qui sait à l’avance quel enseignement lui sera profitable ? La première question que nous devrions tous nous poser lors de nos enquêtes chez un postulant profane et plus encore si nous souhaitons le parrainer, devrait être : « Et-il en possession de ce petit supplément d’âme qui va lui permettre un jour de tout donner pour ses futurs FF. et ainsi de progresser sur le chemin Initiatique » ? Mais avons-nous nous même ce petit supplément d’âme pour pouvoir en avoir une idée ? Et c’est quelquefois un intérêt personnel qui nous anime ou bien nous sommes ébloui par la face visible de l’iceberg, la face qui intéresse la vie profane, celle des apparences. Qu’il soit professeur de faculté, vendeur de gaufres, policier, transformiste, catholique, juif ou agnostique, quelle importance ? Comme dit le proverbe : « C’est au pied du mur qu’on voit le Maçon ». Une fois Initié, sera-t-il capable de briser le miroir du vieil homme pour y voir renaître une nouvelle image de lui-même, qu’il aime et qui est prête à aimer sans condition ? En résumé, la fraternité vraie, c’est me semble t-il vivre l’autre avec ses différences, sans flatterie, sans préjugé, sans jugement. Vivre en fraternité c’est offrir : chacun fait don de ses forces, mais aussi de ses faiblesses. Les différences ne sont pas rivalités mais partage. La fraternité c’est la notion de partage aussi bien intellectuel que matériel, c’est faire don de sa vie pour l’entraide. La fraternité ou quand l’homme est le miroir de l’homme. Pour nous qui sommes dans une Loge de Saint jean, nous devons au moins retenir ce que dit l’évangéliste dans son épître (1, 9-11) « celui qui prétend être dans la Lumière tout en haïssant son Frère est encore dans les ténèbres, mais celui qui aime son frère est dans la Lumière.

V\M\ J’ai tenté de dire.
source : www.ledifice.net

Repost 0
Published by M\ S\ - dans Planches
commenter cet article
28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 04:24

Les différents aspects et interprétations du thème de ce travail étant nombreux, j’ai décidé ce midi d’aborder celui qui me tient le plus à cœur et, comme l’on fait avant moi de nombreux frères M , d’aborder la Fraternité comme pierre angulaire au cœur de la réflexion et de l’action Maçonnique. Au-delà de la formule, j’aborderai la Fraternité maçonnique comme une véritable exigence fondamentale du cœur et de l’esprit sans laquelle la Franc-maçonnerie ne pourrait exister. Mais, dans un premier temps, il me semble nécessaire d’expliciter de façon rapide la notion de Fraternité. Comme nombre de mes frères dans la même situation, je me suis précipité vers les dictionnaires, encyclopédies et autres sources de savoir pour y découvrir, non pas 1 mais 3 définitions de la Fraternité.

Table des matières

·         1 Les différents aspects et interprétations

·         2 La fraternité en Maçonnerie

·         3 Pourquoi la Fraternité ?

·         4 La conclusion

Les différents aspects et interprétations

La première de ces définition de la Fraternité est, je cite:
«Lien existant entre les hommes considérés comme membres de la famille humaine ; sentiment profond de ce lien».
Bien qu’en apparence généreuse, puisqu’elle conduit à l’idée de la nécessaire solidarité entre tous les hommes, une telle définition cache cependant un danger. Quand on la rapproche des recommandations de la Bible: «Croissez et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la, ayez autorité sur les poissons de la mer et sur les oiseaux des cieux, sur tout vivant qui remue sur la terre», cette conception de la Fraternité me paraît plus «élitiste» qu’«universaliste». Elle place une seule espèce vivante, en l’occurrence l’homme, comme étant de nature différente et unique but de la création. Ce qui reviendrait à admettre que le G…A…D…L…U… aurait choisi comme élément central de sa création, la seule espèce capable de détruire son œuvre. Je laisserai à chacun d’entre vous le soin d’appréhender cette réflexion à la lumière de la situation écologique actuelle de notre planète, fruit de l’idéologie scientifique et matérialiste qui a donné les moyens techniques pour l’application du programme décrit ci-dessus.
Pour ma part, je préfère une approche plus «universelle»de la fraternité, impliquant l’ensemble de la création. Une approche différente à la trop souvent constatée et auto proclamée supériorité de l’homme moderne qui pille et détruit ce qui l’entoure pour l’accumulation de richesses matérielles à son seul profit.

La seconde définition de la Fraternité est la suivante:
«Lien particulier établissant des rapports fraternels ; camaraderie, communion»
.
Nous pouvons donc en conclure que tous types de lien affectif entre les participants d’une même communauté peuvent être qualifiés de fraternels. Ce qui représente une généralisation de la première définition mais également l’un des fondements de la vie sociale : travailler ensemble, vivre ensemble, partager des joies et des épreuves, être un groupe, cela crée des liens qui vont de la simple camaraderie à l’amitié, voire la communion. Même si la fraternité initiatique ne se fonde pas sur un lien d’ordre affectif, une Loge maçonnique ne fait pas exception à la règle. Ce sentiment d’appartenance, cet esprit de corps, est le ciment de la cohésion et donc de l’efficacité de notre travail. Mais nous reviendrons sur ce point.

La 3ème et dernière des définitions nous plonge dans le monde de la spiritualité :
«Fraternité est le nom donné à certaines communautés religieuses».
Cette définition fait ici référence à l’abondant vocabulaire de la fraternité utilisé dans les écritures chrétiennes et la tradition remontant à l’ancien testament dans lequel les fils d’Israël étaient qualifiés de «Frères». Pris en ce sens, la fraternité naît du partage d’une commue croyance et, ici, en un Dieu unique. Dans le Nouveau testament, le « frère » se confond avec le « prochain », que le second Commandement ordonne d’aimer comme soi même, ce qui a conduit les premiers Chrétiens à adopter le terme de frère, du latin frater, pour désigner les membres de leur communauté. Par la suite, la règle de Benoît reprit ce terme pour désigner ceux qui se rassemblaient, sous la conduite d’un abbé, formalisant ainsi la notion de communauté religieuse telle qu’elle existe aujourd’hui. Pour être complet, à ces trois définitions il nous faut ajouter la notion de fraternité de métier, centrée sur l’entraide corporative, dont la plus connue et la proche de nous reste le compagnonnage. Issu des confréries médiévales de métier, l’idéal fraternel de ces communautés repose principalement sur l’ordre moral et l’entraide découlant des écritures : nourrir ceux qui ont faim, abreuver ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, visiter les malades et les prisonniers, accueillir les étrangers et ensevelir les défunts. Ici aussi je laisserai à chacun le soin de comparer ces principes simples à la réalité de notre société moderne.

La fraternité en Maçonnerie

Pour débuter ce chapitre, je ne pouvais passer à côté de l’élément fondateur qu’est la constitution de la Grande Loge de France. En effet, la première ligne du premier article de cette constitution nous rappel, je cite « La Franc-maçonnerie est un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la Fraternité. » cette simple phrase pose, en quelques mots les fondements de ce que représente la Franc Maçonnerie : Ordre, initiatique, traditionnel, universel, fraternité. Cinq mots, cinq concepts sur lesquels vont s’appuyer tout les autres, qui vont servir de base au Rite Écossais Ancien et Accepté et qui vont guider la vie du maçon. Mais le sujet de ce midi étant, bien heureusement, limité à la fraternité, c’est donc sur elle que je vais me focaliser. La fraternité accompagne le maçon tout au long de son cheminement, depuis l’initiation, qui représente une nouvelle naissance jusqu’au passage à l’orient éternel. Lors de l’initiation, le vénérable maître fait référence à la fraternité dès l’entrée du récipiendaire dans le temple en lui expliquant que la pointe de l’épée qu’il sent sur sa poitrine représente le symbole du remord qui déchirera son cœur si il devenait traitre à la fraternité dans laquelle il a demandé à être admis. Puis, à l’issue du premier voyage, durant lequel le récipiendaire sera fraternellement guidé et soutenu par les frères experts et maître des cérémonies, le VM après avoir fait le parallèle entre les obstacles physiques rencontrés et les obstacles de la vie, rappelle l’importance de l’aide reçue de ses semblables. A la fin du troisième voyage il est rappelé le principe de morale « ne fait pas à autrui … » et de sa version maçonnique « fais aux autres tout le bien … ». N’est-ce pas là un apprentissage de la fraternité ? Puis, autres temps fort s’il en est, viennent le serment, suivi de la scène du parjure pour finir en apothéose sur la réception de la lumière avec la scène du miroir. Toutes ces étapes de l’initiation font directement référence à la fraternité maçonnique et à ses exigences. Sorti de l’initiation, notre rituel nous rappelle à chaque tenue l’importance de cette fraternité. En effet, une fois la loge ouverte par le vénérable maître, quel est sa première parole avant de débuter l’appel des frères ? « Élevons nos cœurs en fraternité et que nos regards se tournent vers la lumière ! ». De même, c’est par la chaîne d’union que se terminent les travaux et débute le rituel de clôture qui débouchera sur la fraternité de nos agapes. Etant, ce midi, au premier degré, je n’irai pas plus avant sur les symboles et enseignements qui, que ce soit à l’élévation au grade de compagnon ou à celui de maître, font référence à la fraternité. Je me permettrai simplement de proposer à ceux qui le souhaitent, de se replonger dans la symbolique du pentagramme et de ses 5 pointes. A nos frères maîtres, je demanderai à quoi ressemble plus la cérémonie de passage au grade de Maître qu’à un l’expression d’une solidarité et une fraternité sans faille. Comme je le disais au début de ce chapitre la fraternité représente l’un des 5 piliers de la Franc Maçonnerie et de notre ordre en particulier.

Pourquoi la Fraternité ?

La question qui se pose est donc pourquoi ? Pourquoi autant de références à la fraternité? Qu’apporte-t-elle à notre ordre, à nos travaux, à nous même ? La réponse, ou plutôt les réponses, à ces questions a déjà été en partie abordée. La fraternité est à notre ordre, à notre méthode, à notre rituel, ce que le mortier est aux cathédrales : l’élément fédérateur sans lequel ce temple que nous construisons ne serait qu’un tas de pierres éparses. C’est cette fraternité naturelle qui nous unis en un ensemble cohérent, respectueux les uns des autres. C’est elle qui nous permet de travailler en sérénité. En sérénité car nous savons que nous ne serons pas jugés, que notre frère, si il apporte une correction ou un complément à notre travail, le fera pour nous faire progresser et non par défi ou besoin de démontrer sa supériorité. C’est aussi l’assurance de se sentir intégré à un groupe, une communauté de pensée, mu par une force spirituelle partagée et tournée vers un seul objectif : le progrès de l’humanité dans son sens le plus noble mais aussi le plus humain et humaniste. Imaginez même frères, ne serait-ce que quelques secondes, ce que seraient nos tenues si nos métaux passaient la porte du temple et si la fraternité ne régnait pas, avec le silence, sur nos colonnes. Cette fraternité dont je vous parle est donc l’humus dans lequel germeront, tout au long de notre parcours initiatique et de nos élévations, nos réflexions et nos travaux, alimentés par les symboles qui nous entourent et la bienveillance de nos frères. Mais que l’on ne s’y trompe pas, la fraternité maçonnique s’exprime également au-dehors du temple. Non pas sous la forme qui nous fait tant de mal et fait vendre tant de journaux, mais sous la forme, toute simple, de Solidarité emploi, Solidarité jeunesse ou Mathusalem. Quoi de plus simple qu’un coup de fil, une visite à un frère que l’on ne voit plus venir sans raisons? Quoi de plus naturel que d’étendre sa solidarité à l’épouse et aux enfants d’un frère trop rapidement passé à l’orient éternel ? Et, pourquoi pas un geste envers les non maçons, ceux que l’on nomme « profanes » mais qui sont des êtres humains comme nous tous ? N’est-ce pas la continuité logique de nos engagements et la plus belle forme d’action Maçonnique qui soit ?

La conclusion

Elle sera brève car, comme annoncé, je tenais essentiellement à exprimer la nécessité de la Fraternité comme ligne de conduite et comme guide au même titre que notre rituel. Sans elle, nos travaux perdent leur sens et leur utilité mais, une fois sortis du temple, elle ne doit pas rester au fond de nos mallettes, soigneusement remisée avec notre tablier et nos gants jusqu’à la prochaine tenue.

J’ai dit Vénérable Maître

Source : http://www.info-france.fr/123LAPAROLECIRCULE/archives/3331

Repost 0
Published by PEPernet - dans Planches
commenter cet article
27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 05:49

« La Franc-Maçonnerie est un ordre initiatique, traditionnel, et uni­versel, fondé sur la Fraternité ».

Elle constitue une Alliance d'Hommes libres et de bonnes mœurs, de toutes races, de toutes nationalités et de toutes croyances. »

Tels sont les deux premiers paragraphes de notre Constitution. C'est donc une épreuve et une gageure pour un Franc-Maçon de la Grande Loge de France que de venir vous entretenir du Racisme, car pour nous Francs- Maçons le mot même de Racisme est privé de signification.

Nous pouvons penser que plus personne n'oserait écrire comme le 8 août 1900 Paul Déroulède à Maurice Barrès : » Oui, voilà ce que nous avons voulu, voilà ce que nous voulons, voilà ce qu'il faut poursuivre : rendre à ce pays sa conscience nationale, renationaliser la France que dénaturent les Naturalisés ; noyer le flot étranger, germanique, saxon ou sémite dans l'immensité populaire ». En 1900, cette grande profes­sion de foi nationaliste reposant sur la notion même de Racisme n'était alors que le reflet politique des exactions racistes passées ou futures.

Que faut-il rappeler dans la masse des manifestations délirantes ou quelquefois grotesques. Les Nazis n'avaient rien inventé en imposant aux Juifs, en leur seule qualité, arbitrairement déterminée de Juifs, le port d'un signe distinctif : le port de l'Etoile jaune. Le Concile d'Arles en 1255 avait déjà, sept siècles plus tôt, imposé aux Juifs le port de la Rouelle, signe particulier de couleur jaune qui devait être cousu de façon fort apparente sur leurs vêtements. Vers 1391, un siècle plus tard, 4 000 Juifs furent assassinés dans un progrome de Séville. Au début du XV° siècle, la même mesure : le port de la Rouelle est étendu aux Maures, c'est-à-dire aux Musulmans réunis cette fois aux Juifs dans le même rejet par la toute puissante Eglise d'Espagne.

Martin Luther King n'est pas si ancien, puisque la commission chargée de retrouver les conditions réelles de son assassinat n'a toujours pas déposé ses conclusions.

Mais la discrimination n'est pas purement religieuse, elle est bien d'essence raciale et tend à séparer certains êtres humains minoritaires et arbitrairement déterminés du reste de la Nation. Cette discrimination va — pour rester dans l'Espagne d'alors — se manifester par une série d'interdictions qu'il convient de rappeler car l'imagination paraît sans limites dans ce domaine : interdiction de posséder des armes mais aussi privation du droit d'occuper toutes charges et offices ; interdiction de changer de résidence ; interdiction d'exercer certaines professions et quelles professions : boucher, épicier, charpentier... ; interdiction de porter des vêtements de soie ; interdiction de boire avec des Chrétiens, de manger avec les Chrétiens, de parler aux Chrétiens ; et, pour couronner la liste des interdictions, une obligation : celle de porter la barbe. Le dérisoire se mêle à l'odieux.

Ne nous attardons pas sur les horreurs de l'Inquisition certes plus essentiellement religieuse mais relevant du même caractère : ne pas supporter que l'Autre soit différent dans sa couleur, dans ses moeurs, dans ses coutumes, dans ses croyances ou dans sa façon de vivre.

Pour sortir de l'Espagne, rejoignons l'Italie pour rappeler que le mot « ghetto » naquit à Venise où cet ensemble architectural du XVIe siècle demeuré intact, prend aujourd'hui toute sa valeur émotionnelle avec ses immeubles inhabituels par leur hauteur et §es tours qui flanquent les portes d'accès à ce parcage obligatoire des Juifs.

Nous savons les efforts américains pour tenter de résoudre le pro­blème de la coexistence d'un peuple noir et d'un peuple blanc, et même la dernière guerre mondiale qui les avait unis dans un même combat contre l'Allemagne nazie, qui elle avait érigé le racisme en règle absolue, ne réussit pas à assurer cette coexistence. Si le Ku Klux Klan n'attire plus l'attention ce n'est que depuis une ou deux décennies. Mais nous avons à 'l'esprit ces luttes pour que de jeunes enfants noirs puissent avoir accès aux mêmes écoles que les enfants blancs. Nous connaissons aussi les pays de l'intégrale ségrégation raciale. Et puis, l'assassinat du Pasteur

C'est volontairement que nous n'avons pas jusqu'alors parlé de la France, car son histoire nous est plus familière. Au moins en ce qui concerne les Juifs, l'affaire Dreyfus aurait dû être un sérieux avertisse­ment et les études éminentes de l'historien Poliakoff devraient constituer pour l'avenir la somme de ce que nous ne pouvons plus ignorer. Mais nous savons — outre la 'lettre de Déroulède, dont le thème doit bien demeurer dans certaines arrière-pensées, caché sous la bannière hono­rable du nationalisme, le curieux privilège de M. Darquier de Pellepoix. C'est bien un Français qui a nié l'existence même du fantastique génocide nazi. Car le raciste même quand il se reconnaît, nie souvent les mesures extrêmes auxquelles il parvient dans la logique absurde de son système.

C'est le cas du génocide arménien par les Turcs en 1915. La solution à l'existence d'un peuple « autre », étranger sur le territoire turc, l'Ararat, débute au mois d'avril 1915. La déportation systématique est assortie d'un génocide d'une grande précision. Quelques exemples sont bien significatifs : sur un convoi de 3 000 exilés, ne parviennent à Alep que 35 femmes et enfants ; et sur un autre convoi, sur 18 000 personnes, 150 femmes et enfants arrivèrent à destination. Le 9 septembre 1915 est signé par Talaat le terrible décret : « Le droit des Arméniens de vivre et de travailler sur le territoire de Turquie est totalement aboli ; le gouvernement assurant toutes les responsabilités à ce sujet a ordonné de n'en même pas laisser les enfants au berceau ».

Combien de disparus dans ces prémices au plus grand des génocides de l'histoire ?

L'inorganisation des populations visées, leur passivité pastorale ne permettent pas d'en fixer le nombre avec exactitude mais on peut avancer le chiffre d'un million et plus probablement un million et demi d'êtres humains, uniquement parce qu'ils étaient Arméniens. Et c'est parce qu'ils étaient Tziganes qu'Hitler les dirigea vers •les chambres à gaz. Le Nazisme avait tenté quelque délirante explication scientifico-sociale à son Racisme antisémite et la multiplicité des progroms préliminaires dès 1935 laissait entrevoir au moins les persécutions contre les Juifs mais, rien ne laissait prévoir cette rafle des Tziganes et leur extermination. Rien, sinon que partout, ils étaient « Autres », race ou particularité de mœurs, vivant dans un monde qui leur était propre.

Deux cents, trois cent mille morts dans les camps de la mort, blonds ou bruns, amenés à la mort parce qu'ils n'étaient pas comme les autres : c'est le Racisme à l'état pur. A ce stade, nous avons pleinement conscience de ne rien apprendre à quiconque de nos auditeurs mais il nous est apparu nécessaire de rappeler que la pensée raciste ne peut mener à partir de petites interdictions qu'aux solutions finales drama­tiques. Il nous est apparu que l'émotion soulevée par le film Holocauste 35 ans après le génocide nazi était révélatrice, car l'horreur éclatée en 1945 était comme enfouie dans l'oubli en 1979. Comme est soigneuse­ment enfoui le génocide arménien de 1915, comme est enfoui le génocide tzigane derrière les pancartes interdisant leur campement à l'entrée des villes.

Notre civilisation européenne constitue un bien étrange carrefour, car elle est lieu géométrique entre les civilisations helléniques puis latines et les civilisations venues du Moyen-Orient, ce que l'on convient d'appeler les civilisations Judéo-Chrétiennes. Mais nous sommes aussi fils des Huns, des Vikings, des Goths et autres Wisigoths, nous sommes fils des Barbares les plus sanguinaires qui déferlèrent de par le monde.

Certes, les notions de civilisation l'ont emporté et les rapports de droit ont remplacé, du moins en principe, les rapports de force. Tout cela est bien récent dans 'l'histoire de l'humanité, moins de deux mille ans. Mais le Barbare est toujours présent ; prêt à resurgir, et qui peut lui faire comprendre qu'il doit admettre l'autre, l'étranger tel qu'il est. Le Barbare est fait pour vaincre, en tuant ou en mourant, mais seule la victoire s'impose à lui, l'autre n'existe pas ou il cède. Le Barbare qui git encore en nous ignore la Tolérance, et 'le mot Fraternité ne s'étend pas pour lui à ceux dont il diffère.

* * *

La Grande Loge de France a toujours cultivé en son sein ce double Idéal de la Tolérance et de la Fraternité, nous le rappelions en notre début, mais rarement son action fut menée sur le Forum.

Cependant face aux menaces constantes, fidèle à ses Idéaux de Fraternité et de Liberté incarnés par des Frères comme Voltaire ou l'Abbé Grégoire, la Grande Loge de France a décidé d'organiser une journée consacrée au Racisme avec votre participation. A Paris le 16 juin 1979, aura lieu en l'Hôtel du Palais des Congrès, un colloque consacré aux problèmes du Racisme.

Et le même jour dans les grandes villes de province, nous organi­serons, selon leur vocation propre, des journées de travail ou d'informa­tion, chacun apportant sa pierre à la construction du Temple où ne peuvent régner que la Fraternité et la Tolérance.

La vaste Chaîne d'Union qui relie entre eux les Francs-Maçons, s'éten­dra ainsi par-delà le temps, par-delà l'espace à tous ceux, à toutes celles qui souffrirent ou trouvèrent la mort, victimes de la bête Immonde, le Racisme.

MAI 1979

Source : www.ledifice.net

Repost 0
Published by PVI - dans Planches
commenter cet article
26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 07:40

A la fin de l'automne passé, un de nos frères venait occuper, en un petit cimetière de la région parisienne, sa dernière place sur cette terre. Un catafalque avait été élevé au bout de l'allée centrale pour arrêter, pendant un court instant, le cheminement du cercueil vers la tombe. Autour de ce catafalque, vingt et un frères réunis formaient la « chaîne d'union courte », se donnant mutuellement les mains dont les bras étaient croisés. Ils portaient sur leurs épaules écharpes et sautoirs retournés, lais­sant deviner, brodés d'argent sur un fond noir, les attributs et les larmes d'un cérémonial de deuil.

Le Vénérable Maître de la Loge prit alors la parole :

« Mon Frère Michel, tu es venu frapper, un jour, à la porte du Temple, et cette porte, pour toi nous l'avons ouverte. Tu es venu nous offrir ton travail, tes qualités exceptionnelles d'intelligence, de compréhension, de sensibilité, de fraternité tu es venu partager notre recherche, tu es venu aimer ce que nous aimons. Alors, t'ayant laissé pénétrer dans notre chaîne d'union, nous l'avons refermée sur toi. Et c'est au cour même de ce cercle dans lequel tu venais d'entrer que, symboliquement nous t'avons « donné la lumière ». C'est de ce point privilégié que tu découvris les visages de ceux qui étaient déjà tes frères, de ceux qui, à cet instant, représentaient l'ensemble des Maçons vivant sur la surface de la terre, liés par la même quête, mieux encore que par nos mains étroitement unies. C'est depuis ce point central que tu vins te mêler à nous, et prendre place dans notre chaîne pour tendre, à force de travail, de recherche et de méditation, à la parfaite maîtrise.Si ces mêmes visages que tu découvris dans la joie cernent aujourd'hui, bouleversés, ton cercueil, si tes frères, qui t'avaient juré fidélité, sont venus jusqu'ici former, une fois encore, autour de toi ce cercle d'amour et de fraternité, c'est pour que de son centre partent les premiers pas que tu feras pour rejoindre la longue chaîne que forgent, depuis les chantiers du roi Salomon, les Francs-Maçons passés à l'Orient éternel, c'est pour qu'une dernière fois notre assemblée retrouve en son sein celui qui a reçu l'initiation suprême. Comment te dire notre tristesse, mon Frère ? Comment te dire à toi qui, dimanche dernier encore, sus si bien mettre en évidence, alors que tu ne pouvais plus même articuler, combien la démarche de l'homme qui se croit civilisé est vaine, dérisoire et frivole, et combien a de grandeur la tranquille disponibilité de l'homme devant sa mort ? Comment te dire à toi, dont la lucidité et le courage ont forcé notre admiration...Comment te dire que nous ressentons cruellement ton absence ? Mon Frère Michel, un des derniers mots que je t'ai entendu prononcer, et avec quelle difficulté, c'est le mot devoir. C'est probablement celui qui t'était le plus familier, c'est celui qui en loge, nous restera le plus familier. Nous savons que rien ne meurt vraiment. Nous savons que rien ne commence, que rien ne cesse, que tout se poursuit ; c'est pourquoi tout simplement, au nom de notre Atelier de ton Atelier, tout entier, au nom de la Grande Loge de France, au nom de la Franc-Maçonnerie Universelle, je te redis, mon Frère Michel... au revoir.» Les frères du défunt quittèrent alors la chaîne d'union. On s'empara du cercueil qui fut glissé dans la tranchée fraîchement ouverte. Un à un les officiants vinrent jeter sur la dépouille mortelle un rameau d'acacia. L'acacia, symbole solaire, l'acacia, symbole de l'innocence, l'acacia, dont, selon la Légende, étaient faites l'arche sainte et la croix, l'acacia, arbre sacré de la maîtrise, l'acacia, emblème de la métamorphose et de la résurrection. Le monde profane reconnaît bien volontiers l'existence de la fraternité maçonnique, mais il ne lui accorde souvent qu'une portée limitée aux biens de ce monde. C'est une erreur commune que de voir dans l'Ordre maçonnique une société d'entraide, alors qu'il est avant tout une société de pensée, une école d'ascèse initiatique pour l'homme seul et conscient de l'être. La fraternité qui nous unit franchit victorieuse les barrières de la mort pour ceux d'entre nous qui savent s'en montrer dignes et assumer leurs res­ponsabilités d'hommes libres...Nous évoquons aujourd'hui un problème qui préoccupe beaucoup ceux qui craignent de ne pouvoir rester seuls avec eux-mêmes à l'heure de la. mort. Le monde dans lequel nous vivons se prête mal à la compréhension de la mort en tant que conséquence logique de la vie, car l'homme civilisé est coupé des contingences de la nature. L'homme sauvage vivait avec la hantise permanente de la mort. L'homme civilisé, encotonné de fausse sécurité, grisé de divertissement, oublie jusqu'à l'idée de sa fin inéluctable et celui qui meurt, meurt seul. Son semblable vivant ne sait lui apporter aucun réconfort, tout ce qu'il peut dire ou faire ne vise qu'à se justifier lui-même, à se réconforter lui-même. Pour nous, Francs-Maçons écossais, la mort marque de son empreinte tout le cours de notre cheminement initiatique. Quand nous la rencontrons au détour de notre route, quand nous la voyons à l'ceuvre, quand nous la devinons présente près de nous, nous savons qu'elle est une nécessité qu'il faut regarder en face sans équivoque ni lâcheté. Notre sérénité et notre confiance en notre communion fraternelle est exactement celle qu'exprima de manière si forte Mozart quand il se détourna de la composition de ce Requiem qu'il devait laisser inachevé pour écrire, d'une seule jetée, cette petite Cantate Maçonnique K 623 « Laut verkunde unsere Freude = achevée le 15 novembre 1791, trois semaines à peine avant sa mort. MOZART avait trouvé dans la Franc-Maçonnerie le réconfort d'une com­munauté fraternelle universelle qu'aucune religion n'avait jamais su ou pu appor­ter à son âme sensible. Avant de mourir, il écrivit ce tout dernier chant d'espérance que vous n'entendez pas d'habitude après l'exécution au concert de cette petite cantate, car ce chant fait partie du rituel maçonnique de fermeture des travaux, c'est-à-dire du moment de réflexion que nous avons toujours, avant de nous séparer, pour nous demander si l’œuvre que nous avons entreprise servira au bonheur de tous les hommes.. Pour une fois, et en souvenir de tous les frères morts dans l'espoir d'un monde meilleur pour tous les hommes sincères et honnêtes, laissez-nous vous faire entendre ce chant de confiante espérance qui devait être choisi un siècle et demi plus tard dans la patrie même de Mozart, comme hymne national.

(Musique)

MARS 1972

Source : www.ledifice.net

Repost 0
Published by PVI - dans Planches
commenter cet article
25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 06:41

Tout d’abord merci à mon second surveillant de m’avoir permis de présenter une planche sur ce thème, qui est un des deux piliers de notre loge « Conscience et Fraternité »

La notion de « Fraternité» a une double histoire : étymologique et sociologique.

Du côté de l’étymologie, il semble qu’il faille remonter au vieux sanscrit pour voir apparaître le terme « bhratar » avec le sens de «frère» au sens large de parent proche. Ce serait cette racine sanscrite que l’on trouve dans la Grèce antique, au travers du terme «phrater», membre de la phratrie.

Dans la Bible, la première description de rapports entre deux frères nous est donnée dans le récit concernant Caïn et Abel. C’est également le premier récit de meurtre. Mais nous y trouverons également de nombreux exemples qui prouvent que la Bible et à travers elle le judaïsme, ne diminue en rien la valeur des liens familiaux, bien au contraire, puisque l’un des Dix Commandements n’est autre que « tu honoreras ton père et ta mère »

L’idéal de fraternité énoncé par la doctrine chrétienne, loin de s’étendre à tous les hommes, tend à ne se réaliser qu’en vase clos, au sein des premières communautés religieuses. Dans le monde laïc, l’on assiste alors au développement de «Fraternités» telles celles des Rose-Croix, des Corporations de maçons constructeurs et de chevaleries de divers ordres.

De ces diverses tentatives subsistent quelques symboles et rites qui fécondent certains grades de la Franc-maçonnerie spéculative. La publication en 1723 des constitutions d’Anderson marque une étape essentielle dans les tentatives de rapprochement entre les divers courants philosophiques et religieux dans la perspective de la diffusion et de la pratique d’un idéal de fraternité.

Le progrès rend ce besoin de Fraternité très important, car si de nos jours, la téléphonie mobile, le courrier électronique, la mobilité des images et des écrans ne créent pas de liens, ils rendent la solitude supportable et peuvent finir par enfermer chacun de nous dans sa solitude surinformée.

Par besoin les Hommes cherchent à tout prix à recréer du lien.

Les grandes bouffées émotionnelles qui s’emparent régulièrement de la population française s’expliquent aussi par ce besoin de retrouver une relation humaine qui ne passe pas uniquement par la technologie.

Lorsque la France a remporté la Coupe du Monde en 1998, Paris a connu des scènes de fraternisation de la foule comme la capitale n’en avait pas connues depuis la Libération. L’enjeu était loin d’être le même, mais les Français avaient besoin de se retrouver, de parler, de partager tout simplement.

Ces flambées émotionnelles sont d’autant plus fortes que le lien social au quotidien est entrain de se rompre et que la solitude est aujourd’hui la grande peur du monde moderne.

La Franc-maçonnerie est un ordre initiatique fondé sur la fraternité. Les textes constitutifs insistent sur ce point.

Les Constitutions d’Anderson, par exemple, posent comme règle fondamentale :

« vous cultiverez l’amour Fraternel qui est la base, la pierre angulaire, le ciment et la gloire de notre confrérie ».

De même, les principes généraux de notre Ordre précisent :

« La Franc Maçonnerie à pour devoir d’étendre à tous les membres de l’humanité les liens Fraternels qui unissent les Francs Maçons sur toute la surface du globe. »

La Fraternité maçonnique, telle qu’elle m’a été dévoilée lors de mon initiation, constitue une invitation au travail à faire sur soi et entre soi, qui m’encourage à grandir, et à devenir meilleur pour moi-même et pour les autres

Nous savons que les mots que nous prononçons consciemment influent sur notre inconscient, le simple fait de décréter la Fraternité et de le répéter à chaque tenue, crée ipso facto ce sentiment dans notre inconscient.

Oui, à l’inverse de l’Amitié, la Fraternité est décrétée.

On ne choisit ni sa famille, ni les frères de sa loge. Que ce soit dans l’univers familial ou dans la Franc Maçonnerie, il s’agit bien d’un état de fait et non d’un choix précis.

C’est une des particularités de la Franc Maçonnerie, elle crée une famille. Elle décrète que par le fait de partager des valeurs communes, nous sommes Frères. C’est un fait, écrit dans notre constitution d’Anderson. Constitution a laquelle nous adhérons donc nous sommes Frères.

Ainsi au même titre que je n’ai pas choisi ma famille natale, je n’ai pas choisi mes Frères maçons, mais j’ai librement choisi d’être maçon.

Ainsi donc la Fraternité n’existerait que par décret, besoin psychologique, etc . Tout ceci est d’une extrême froideur, à l’inverse même du sens du mot.

La raison de ce paradoxe est que la Fraternité ne s’écrit pas, même oralement il m’est difficile de vous décrire la Fraternité.

La Fraternité cela se vit, c’est de l’affection, de la solidarité. C’est l’émotion partagée lors de la chaîne d’union. C’est aussi le geste que nous faisons pour le tronc de la veuve. C’est parfois appeler un Frère que l’on pourrait aider. C’est abandonner nos métaux entre nous, nous montrer tels que nous sommes, sans cacher nos faiblesses, protégés que nous sommes par la Fraternité des autres.

Ainsi la Fraternité, ce lien à inventer, est à la fois un MOYEN et un BUT, et pour faire plaisir a la fois à mon Parrain, et à Mon second surveillant, tous deux friands de confiseries freudiennes, je dirais simplement que la Fraternité c’est un peu épanouir le « Moi » dans le « Nous ».

La Fraternité débute par l’acceptation inconditionnelle de l’existence de l’autre.

Fraternité, Amitié, Amour de l’autre.

Pour moi, ces mots évoquent des sentiments d’affection profonde mais ayant toutefois des sens différents :

Nous ne sommes pas ami avec nos Frères et nos Sœurs, nous sommes Frère et Sœur tout simplement. La Fraternité se suffit à elle-même.

Martin LUTHER KING, disait :

« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous mourrons ensemble comme des idiots. »

En quoi la Fraternité est elle différente de l’amitié ?

Au sens littéral la Fraternité vient du concept « Fils d’un même père », cependant c’est souvent le socle des valeurs communes qui va déterminer la solidité de la Fratrie.

Dans la Franc Maçonnerie, nous avons également le même « Père », Le Grand Architecte de l’Univers, et nous développons également un socle de valeurs communes.

Ces valeurs communes, qui fondent notre Fraternité, sont : le respect, la tolérance, l’affection, l’écoute, l’humilité, la charité, la bienveillance, la bonté, la justice, l’humanité, la solidarité, et j’en oublie encore beaucoup…

Ce que j’ai vécu au cours de mon Initiation, et le fait de devenir un maillon d’une immense chaîne de Frères inconnus procède d’une toute autre démarche que le développement d’une amitié selon les hasards de ma vie.

L’amitié est le fruit d’une sympathie réciproque, elle résulte d’un libre choix, elle est élective, restrictive et réversible. Au contraire de la fraternité qu’elle soit de sang ou d’initiation, laquelle est contraignante et irréversible.

La Fraternité met en œuvre les facultés les plus nobles du cerveau, du cœur, de la volonté et forme un lien naturel intellectuel et affectif entre tous les hommes de la grande famille humaine.

Saint Jean nous dit :

« Celui qui dit être dans la lumière et qui a son Frère en haine est dans les ténèbres. Celui qui aime son Frère est dans la lumière. »

Les fraternités profanes réussies sont faites de sympathie, de camaraderie, d’amitié, d’élan du cœur. La Fraternité maçonnique, c’est autre chose.

C’est une Fraternité initiatique, à base de symboles, de rites, de traditions, s’inscrivant dans une perspective de bâtisseurs d’un monde meilleur (la construction du Temple de l’Humanité).

Corps spirituel, la Loge offre et bâtit une Fraternité Initiatique fervente se vivant bien plus intensément que les fraternités profanes.

La Fraternité qui éclaire et anime les temples maçonniques possède plusieurs spécificités :

La Fraternité du Cœur, pour une empathie sincère et une sympathie sans arrières pensées.

La Fraternité de l’Esprit : la recherche de la vérité, à partir des débats et de l’échange des convictions, acceptées dans leurs diversités.

La Fraternité de l’Imagination, à travers l’étude des symboles, et enfin

La Fraternité du but commun, celle d’œuvrer en tout lieu au progrès de l’Humanité, et cette construction qui se doit d’être de qualité, passe par la Fraternité des bâtisseurs.

La Fraternité maçonnique est mise en œuvre grâce à tout ce que nous offre le rituel :

Le Serment : Acte libre et réciproque, comportant le double engagement du nouvel Initié et de celui de ses Frères à son égard. Lors de mon initiation, j’ai ressenti le serment comme l’engagement d’une vie nouvelle, quelque chose de très intense.

Le Pavé Mosaïque : Dualité et ambivalence entre Frères, Abel et Cain, compétition / solidarité, Hostilité et Amour. Ferment de la tolérance, le Pavé Mosaïque nous montre que les contraires peuvent co-exister sans s’altérer.

Les Lacs d’Amour : représentation matérielle de cet autre symbole de la Fraternité maçonnique qu’est la Chaîne d’Union.

La Chaîne d’Union, elle régénère, revivifie, et ressuscite la Fraternité. Par la reliance concrète des Frères aux mains nues, se perçoit avec force la conscience de notre humanité dans ce qu’elle a d’impérissable et d’éternellement transmissible. C’est également un moment de méditation qui permet de faire percevoir aux Francs Maçons leur appartenance à une totalité qui les dépasse infiniment dans le temps et dans l’espace, autrement dit la dimension spirituelle de notre Ordre. Pour ma part, la chaîne d’union est certainement l’un des moments les plus forts de chaque tenue, et c’est toujours avec joie que je retire mes gants pour y participer avec chaleur, recueil et sincérité.

Equerre et Compas, maillet et ciseau, outils indissociables, qui permettent à l’apprenti de forger son Esprit et tailler régulièrement sa pierre brute, pour accéder à la Fraternité universelle.

Perpendiculaire - Niveau

La perpendiculaire sert à l’équilibre dans la verticale, le Niveau intervient dans l’horizontale.

La Perpendiculaire, tel un fil à plomb, nous donne la verticale. Verticalement pour élever son esprit et Verticalement pour descendre dans notre Ame et regarder à l’intérieur de nous même.

Le niveau sert à égaliser, à voir si un plan est horizontal et à déterminer les différences. Il rend plane dans la mise en oeuvre correcte des connaissances, sans pour autant niveler les connaissances

J’ai eu la chance d’assister à une très belle planche présentée par le Vénérable de notre loge voisine, sur le thème Conscience et Fraternité. Notre T:.C:.F:. Denis Jean avait alors posé une question sur la Fraternité dans l’association des ATR (l’Association des Truands Réunis). Alors il est vrai que, j’ai réalisé cette planche avec NOTRE cadre de référence et celui des valeurs défendues par notre Ordre, mais la Fraternité existe aussi dans des organisations intégristes ou mafieuses. La seule Fraternité ne suffit donc pas, il faut y ajouter notamment, la Conscience.

La devise de notre pays est le reflet de la nécessité d’adjoindre la Fraternité avec d’autres valeurs que nous aimons répéter, celle de la Liberté et de l’Egalité.

Je voudrais vous remercier pour le progrès que vous me permettez d’accomplir. Lors de mon initiation, mon esprit était à peu près aussi musclé que mes abdominaux.

Grâce à la fréquentation régulière de notre loge, MA salle de gymnastique philosophique, j’ai l’impression de progresser, même si la route est encore longue.

A presque deux années de mon initiation, de ma naissance à la Lumière, Je suis heureux d’avoir pu ce soir vous présenter mon travail. Je voudrais vous témoigner ma reconnaissance pour votre Fraternité sans faille, et je continuerai mes efforts laborieux pour polir ma pierre brute, ciseau et maillet en mains, pour parfaire mon intégration dans la Loge, pour également apporter à chacun d’entre vous ma Fraternité.

En conclusion:

Pour moi, la Fraternité, ce n’est pas seulement donner ce que l’on a, c’est avant tout offrir ce que l’on est.

 

Planche d'augmentation de Salaire

Source : www.ledifice.net

Repost 0
Published by François DEM - dans Planches
commenter cet article
24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 05:26

Worshipful.·.Master.·. and all of you, my brothers.·. within your degrees and qualities,

Meine Brüder.·.,

Hermanos.·. mios,

Miei Fratelli.·.,

V.·. M.·. et vous tous mes FF.·. en vos grades et qualités,

La Franc-Maçonnerie est universelle.

Toutes ses valeurs le sont par simple extension et je parlerai ce soir de la Fraternité qui est la valeur dont je crois avoir le plus découvert la portée et les vertus depuis avoir reçu la lumière. Certes, sans doute pas toute la portée et toute l’étendue de ses vertus - qui pourrait y prétendre ? – mais autant les valeurs de liberté, d’égalité, de tolérance, de respect m’étaient familières, en y accordant tout le crédit dont j’étais capable, autant celle de la Fraternité ne m’était pas aussi proche.
Quand le 26 novembre 5999 je me suis découvert un jumeau, moi fils unique forcément résigné depuis plus de cinquante ans, ce fut une révélation. Ce fut d’autant plus fort, ça l’est toujours et même davantage, que j’étais en recherche de ce type de spiritualité que je n’avais pas encore trouvé. Il suffit de me souvenir, alors que j’étais sous le bandeau, ce que j’ai répondu à votre question « Qu’attendez-vous de la Franc-Maçonnerie ? ».
Je me rappelle très clairement avoir dit, entre autres éléments de réponse, que j’espérais y trouver, y partager une chaleur humaine que je n’avais pas, ou plus vraiment, dans ma vie. D’ailleurs, pour les passages sous le bandeau auxquels j’ai ensuite assisté, sur ma colonne cette fois, tous les candidats tenaient plus ou moins le même langage avec cette soif d’amitié, de contacts, de chaleur. A ce sujet, Jean Verdun a écrit : « Ce qu’ils viennent presque tous demander à une loge maçonnique, c’est leur remembrement ».
C’est très clair pour moi, la Franc-Maçonnerie m’a apporté, et j’espère depuis vous le rendre à tous, au moins un peu, une forme de camaraderie qui m’échappait dans le monde profane.
Est-ce cela la Fraternité ? Oui, c’est sans doute un de ses aspects. En tout cas, c’est ainsi que je le vis, que je la vis, mes FF.·.. Le Petit Larousse donne deux définitions à Fraternité : Lien de parenté entre frères et sœurs. Lien de solidarité et d’amitié entre des êtres humains, entre les membres d’une société. Le Petit Larousse de 1955, qu’on m’a offert pour mes 8 ans, donne cette définition : Union intime entre les hommes, entre les membres d’une société et il donne cette phrase en exemple : « La fraternité est la plus noble des obligations sociales ». Le Littré est plus philosophique : L’amour universel qui unit tous les membres de la famille humaine, avec cette phrase de Plutarque que je considère comme étonnamment paradoxale : « Un frère est un ami donné par la nature … mais son amitié n’est pas sure ». Le Petit Robert donne jusqu’à quatre définitions : Parenté entre frères et sœurs.
Lien existant entre les hommes considérés comme membres de la famille humaine ; sentiment profond de ce lien. Lien particulier établissant des rapports fraternels. Nom de certaines communautés religieuses.

Le mot français date du XII° siècle et vient du latin « Fraternitas », « Frère » vient de « Frater » qui a aussi donné « Fratrie ». Enfin « Fraternel » vient de « Fraternus ». Dans le texte de notre Constitution, nous avons des obligations de fraternité dans le cadre des valeurs de la Franc-Maçonnerie et les Constitutions d’Anderson elles-mêmes disaient : « Vous cultiverez l’amour fraternel qui est la base, la pierre angulaire, le ciment et la gloire de notre Confrérie ». Le Ligoud donne une longue définition à « Fraternité » :
FRATERNITE : un des plus vieux mots maçonniques dont nous constatons l’existence dès la période opérative. Dans la constitution d’Anderson, le mot est maintes fois répété : « d’une manière qui est toute particulière à cette Fraternité », « particulièrement s’il a obligé la Fraternité », « le ciment et la gloire de cette ancienne Fraternité », etc. Dans son discours, Ramsay emploie les termes de « confraternité, « Société » ou « Ordre » et l’emploi, du terme de « Fraternité » dans le sens d’associations, très fréquent au XVIII° siècle, est devenue rare en France. De même, le terme de « Fraternité » dans le sens d’amour fraternel entre tous les maçons, est d’usage fréquent dès le XVIII° siècle. Nous le trouvons dans le répertoire des discours en loge et surtout des poésies et des chansons … Pour les Maçons, la Fraternité n’est pas seulement un mot, mais aussi une profonde réalité qui s’exprime par les œuvres de solidarité ».
A noter qu’en bas-latin « fraternitas » signifiait « entre chrétiens » et il n’en demeure pas moins vrai que la véritable origine du mot semble bien être chrétienne – les relations entre chrétiens – dont l’expression « charité fraternelle » nous donne une idée. Ce mot, avant le Latin et les Chrétiens, a une origine encore plus lointaine puisque c’est dans le mot sanscrit « bhratar» qu’on retrouve le sens de « frère » au sens large de parent proche. De cette racine sanscrite est venu le mot grec « phrater » - phrater avec PH - membre de la « phratrie ». Ecoutez la musique de ces mots … Bhratar – Phrater : c’est la même musique et la boucle est bouclée avec le Frater latin et le Frère français. Les anciens grecs ont d’ailleurs donné à ce mot le sens qui est le notre aujourd’hui tout en créant un autre mot totalement distinct pour la notion de frère de sang afin d’éviter toute équivoque. Depuis la Fraternité Chrétienne d’il y a 2000 ans, le monde laïque a vu la naissance, au fil des siècles de « Fraternités » diverses, ainsi des Rose-Croix, des Corporations de maçons constructeurs, les opératifs, de chevaleries diverses comme les Templiers. De toutes ces Fraternités nous sont parvenus certains des grades d’officiers actuels : vénérable, hospitalier, grand expert. Alors, la Fraternité, avant d’être un des fondements de la Franc-Maçonnerie est une valeur universelle avec de multiples significations. Ainsi, la Fraternité est indubitablement hétérogène. En voici quelques exemples non exhaustifs :

La fraternité biologique
La fraternité associative
La fraternité politique
La fraternité religieuse
La fraternité spirituelle
La fraternité d’armes
La fraternité initiatique

Pour nous, c’est de cette dernière dont il est question mais nous pourrions tout aussi bien parler de fraternité sociale, de cette fraternité qui pourrait n’être qu’une camaraderie mais c’est bien plus fort puisque nous oeuvrons à des buts philosophiques communs qui nous unissent avec cette camaraderie, indispensable à mes yeux pour nous rejoindre.
J’ai parlé de Fraternité Chrétienne mais les trois religions monothéistes ont toutes leurs valeurs de Fraternité et pourtant elles s'affrontent plus souvent qu’elles ne s’entendent. Après tout, les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans viennent tous du même moule, si j’ose dire. Alors … frères ennemis ? Ne dit-on pas : « Gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge ». Ce qui nous rassemble, dans ce Tem.·., par-dessus tout le reste, est ce but commun, cette idée commune qui sont notres. C’est pour ces raisons, avant toute autre, que nous sommes des FF.·.. Nous n’avons, par exemple, pas d’obligation, éventuellement pas d’envie, de nous voir en dehors de ces travaux qui nous rapprochent fraternellement. De toute façon, cela semble difficile que tout le monde puisse voir tout le monde, quoique … et les relations fraternelles extra atelier se feront naturellement sans que rien ne soit enlevé au caractère fraternel de l’ensemble de nos relations.
La Fraternité est ambivalente, tout à la fois utopie et réalité. Ambivalente, tout comme le pavé mosaïque noir ou blanc, jamais blanc ou noir complètement. Plus qu’ambivalente, elle peut être en même temps « fraternelle » et « fratricide » : regardez Abel et Caïn, Romulus et Remus.
Il a été constaté que des hiéroglyphes égyptiens composant le mot « frère » contenaient deux éléments : le Verrou et l’Energie. J’aime bien cette association d’idée qui peut alors nous en faire déduire que ceux qui sont unis par les liens de la Fraternité, comme nous, verrouillent ou libèrent une énergie pour un travail commun. Le biologiste Albert Jacquard, « activiste humain » comme il aime à se définir lui-même, affirme que tout ce qui existe a une origine commune et que tout ce qui recouvre le sens du mot Fraternité inclut non seulement l’humanité mais aussi les oiseaux, l’eau, les rochers, etc. Voilà une notion étonnamment intéressante et, bien que cela soit bien peu fraternel de donner la fin d’un film ou d’une histoire, je ferai une exception en vous citant la toute dernière phrase de son dernier livre « De l’angoisse à l’espoir », que je vous recommande si vous ne l’avez pas encore lu. Voici cette phrase qu’il attribue à tout homme qu’il nomme « architecte de sa vie » : « Ce que j’ai réalisé aidera-t-il les hommes de demain à vivre plus sereinement ? ». J’avoue que de si hautes idées me remettent les miennes ( d’idées) en place et mon humilité, à supposer qu’elle se soit un peu égarée, revient au grand galop. Même si nous sommes tous égaux avec les mêmes droits et devoirs, certains grands esprits peuvent nous donner des indications de vie. Hubert Reeves, lui, toujours un peu poète, dit que nous sommes, nous les hommes et tout ce qui vit sur Terre, des « poussières d’étoiles ». Toujours sur le plan biologique, nous savons qu’il y a de fortes probabilités pour que l’Humanité ait une origine unique et, dans cette hypothèse, nous sommes alors tous frères et sœurs. Sur le plan historique, ce n’est qu’en 1848 que le mot Fraternité, sur une proposition de Alphonse de Lamartine, surtout connu de nos jours comme poète, mais alors Ministre des Affaires Etrangères du Gouvernement provisoire, a été officiellement intégrée dans la devise de la République qui est aussi la notre : « Liberté – Egalité – Fraternité ». L’idée maîtresse était alors de rendre plus compatibles, mais surtout plus riches sur le plan humain, les notions de Liberté et d’Egalité. Lamartine n’a jamais été F.·.M.·. mais, pour l’œuvre de sa vie politique courageuse et humaniste, il fut un homme admirable. Il s’est par exemple prononcé publiquement contre la peine de mort 20 ans avant Victor Shoelcher, rien que ça ! Je souhaite lui rendre ce soir hommage – rien que l’apport de « Fraternité » dans notre devise vaut bien cela - en le citant quand il exposait ce qu’il pensait de la Franc-Maçonnerie en 1848 :
« Vous écartez tout ce qui divise les esprits, vous professez tout ce qui unit les cœurs, vous êtes les fabricateurs de la Concorde. Vous jetez avec vos truelles le ciment de la vertu dans les fondements de la société, vos symboles ne sont que des figures. Si je ne me trompe pas dans cette interprétation de vos dogmes, on peut soulever le rideau de vos mystères sans crainte d’y découvrir autre chose que des services rendus à l’humanité »

Merci, monsieur le Ministre Lamartine, après de tels mots, nous ne pouvons qu’être fiers de continuer l’œuvre de nos FF.·. de cette époque, fiers d’être F.·.M.·. La fierté, avant d’induire de l’orgueil ou du mépris, est un sentiment noble et élevé et à ce titre je pense que nous pouvons l’être.
Les francs-maçons de l’époque ont alors affirmé leur adhésion au gouvernement provisoire de 1848 en affirmant avoir retrouvé leurs principes sur le drapeau français. Cette « fraternité » de 1848 trouve certaines sources dans la Révolution de 1789 où il était question d’hommes vertueux, dotés de sens moral, politique, social. Après tout, l’égalité prônée en 1789 n’était qu’idéalement formelle ou formellement idéale, idéalisée, comme vous voudrez, et la Fraternité officielle de 1848 a fait progresser le pays vers une fraternité plus ouverte, plus sociale. Les grands progrès sociaux ont alors vraiment démarré. Dans ce même ordre d’idée, je pense à des évènements modernes, aux guerres récentes de Yougoslavie, par exemple mais la liste peut être longue. Les notions de « patrie », de « nation » incluent celle de « fraternité » et nous avons malheureusement assisté à des combats fratricides. On peut parler dans ces cas de haine fraternelle. Paradoxe suprême : au nom de la Fraternité, on tue ceux qui la menacent et le plus terrible est que c’est peut-être le bon ordre des choses. Toutes les guerres ont montré des agresseurs et des agressés. Chaque fois, la « fraternité » des uns était menacée par les autres et réciproquement. La légende de Castor et Pollux est un bel exemple de l’aspect ambivalent de la Fraternité. Je me permets de vous la rappeler : La nuit de la conception des jumeaux, Leda, au sortir de ses amours avec Zeus, a regagné la couche de son époux légitime, Tyndare, Roi de Sparte. A partir de là, Pollux a été considéré comme le fils immortel de Zeus et Castor comme le fils mortel de Tyndare. Pollux, fils de Zeus, est censé représenter le monde spirituel, l’intelligence supérieure tandis que Castor est décrit comme balourd, peu intelligent et jouisseur. Tué dans une embuscade, Castor aurait été voué aux Enfers si son frère, symbole accompli de l’amour fraternel, n’avait proposé à Zeus de partager avec lui son immortalité. Et c’est ainsi que les jumeaux purent alterner leurs vies un jour sur deux.
Cette histoire illustre positivement la Fraternité quand celle de Abel et Caïn est plutôt négative, au moins pour Abel – lui, il est mort - puisque Caïn, loin d’être condamné, est carrément devenu le père de l’humanité, le premier bâtisseur. Enfin, c’est ce que nous dit la Bible, et moi je ne sais que penser…
La Fraternité permet que nous puissions espérer un monde meilleur, elle est une force qui nous donne toute la vigueur utile et nécessaire à l’espoir de ce monde meilleur… et il en faut de l’espoir, si vous me permettez cet avis, mes FF.·.. … le problème est que toutes les tendances aux divisions actuelles, et malheureusement récurrentes, ne me rendent franchement pas vraiment optimiste à court ou moyen terme pour une Fraternité plus répandue sur notre Terre. Ah ! Oui …On peut se parler d’un bout à l’autre de la Terre en une seconde, c’est vrai … mais on peut aussi se tuer en une seconde. La télévision permet à n’importe qui, ou peu s’en faut, de voir tout se qui se passe ailleurs. C’est bien … mais c’est aussi bien compliqué puisque ceux qui n’ont pas notre chance peuvent le constater de visu et voir les différences, criantes. Je suis toujours aussi troublé par ce progrès bizarre qui donne la télé à tout le monde mais pas à manger. Nous savons bien, même si nous ne pouvons que le souhaiter, que beaucoup de personnes n’auront pas accès tout de suite, voire jamais, aux mêmes richesses que d’autres … … Alors … est-ce que l’Organisation Mondiale du Commerce, pour ne citer qu’elle, permettra, à travers une mondialisation que nous rêvons positive, de faire en sorte que tous aient demain à manger et à boire ? Utopie quand tu nous tiens … mais quelle fraternité magnifique ce serait … J’en profite pour rendre hommage à James Tobin qui a rejoint l’O.·. éternel il y a quelques semaines, à l’age de 84 ans, après avoir reçu le Prix Nobel d’Economie en 1981. Il n’aura pas vu de son vivant l’accomplissement de son projet. Le verra-t-il d’où il est et - tout simplement - les hommes le verront-ils un jour ? Utopie quand tu nous tiens… mais quel formidable exemple de fraternité effective ce serait… N’est-ce pas Martin Luther King qui a commencé l’un de ses discours en disant : « Cette nuit, j’ai fait un rêve – « Last night, I had a dream … » -, les hommes s’entendaient bien et …etc ». Je suis sur que vous entendez sa voix, là … maintenant, alors que je l’évoque. J’ai des frissons en y repensant : il avait rêvé de fraternité et on l’a tué pour ça. La Fraternité est la recherche initiatique qui permet à tout franc-maçon de travailler à la construction de son temple intérieur tout en travaillant à l’œuvre commune extérieure. C’est ce que nous faisons en Loge en rassemblant nos diversités et d’ajouter, de mélanger, d’enrichir nos points de vue. Notre recherche commune de la vérité permet cela grâce à la fraternité. Notre but commun, au-delà de nos différences, est l’amélioration matérielle et morale, le perfectionnement intellectuel et social de l’humanité et la fraternité est indéniablement un des outils pour essayer d’y parvenir. Notre fraternité initiatique devient fraternité humaine tout court par le travail en L.·. et la réunion de toutes les énergies axées vers ces mêmes buts qui constituent une véritable force spirituelle. C’est cela que je suis venu chercher en maçonnerie et, je l’espère, avoir apporté, au moins un peu. En Loge, nous pouvons aussi constater la force du sentiment de fraternité par le respect des règles acceptées par chacun d’entre nous lors de notre serment : solennité, correction, bienséance, le ton de nos voix qui se doit d’être posé et courtois, le respect du rituel pour les déplacements, la parole, le silence. Personnellement, je vis tout cela chaque fois avec plus de force que la fois précédente et c’est bien la preuve d’un apprentissage permanent. C’est une vraie joie de vous retrouver ici, mes FF.·.. Je suis heureux de venir ici deux vendredis par mois, plus parfois, je suis heureux de savoir retrouver des personnes qui sont en communauté de pensée avec moi, et moi avec elles, je suis heureux de retrouver des personnes en qui j’ai confiance et dont je sais qu’elles me le rendent. Ici, je viens chaque fois me ressourcer, en quelque sorte reprendre, grâce à nos travaux en Ten.·. et à nos Agapes - n’oublions surtout pas nos Agapes si riches et quelquefois si animées – donc, ici, nous venons reprendre un peu de force maçonnique pour les deux semaines suivantes. Sincèrement, je souhaite être parvenu à avoir été donateur de cette force, ne serait-ce qu’une fois. Notre F.·. Jean Charles NEHR.·., qui est venu plancher ici-même le 22 mars sur le « Symbolisme, outil du F.·.M.·. », nous disait, lors du débat, que, finalement, nous pouvions très bien réfléchir sur tel ou tel symbole et avoir une parfaite attitude franc-maçonne en restant chez soi, que finalement se réunir dans un endroit tel que celui-ci n’était pas si important voire pas nécessaire.
Oui, c’est sûrement possible mais ce qui m’a frappé, c’est que notre F.·. Jean-Charles n’a pas vraiment exprimé, ce soir là en tout cas, ce plaisir qui est le nôtre de cette rencontre formelle dans le temple qu’est la Ten.·. Sol.·. et de tout ce qui nous distingue de n’importe quelle autre association. Ce plaisir qu’il n’a pas exprimé est d’autant plus fort qu’il est venu nous parler de symbolisme, de la puissance de ces symboles dans lesquels nous allons chercher les forces dont nous avons besoin. Mais je n’ai peut-être pas tout compris.
Je crois que le sentiment fraternel, la fraternité ! , qui nous anime fait que nous avons envie de tout cela et de le respecter. Plus que « Symbolisme, outil du F.·.M.·. » qui est un titre très respectable pour une Pla.·. pédagogiquement instructive qui ne l’est pas moins, j’ose dire « Fraternité, outil principal du F.·.M.·. » car, sans elle, je pense qu’il n’y a pas de bon F.·.M.·., voire pas de F.·.M.·. du tout, et tous les autres outils ne servent alors plus à grand’chose. Pour conclure, et elle conclut également nos Ten.·. Sol.·., je veux parler de notre si belle Chaîne d’Union qui permet, après nos travaux, éventuellement nos désaccords au cours de ceux ci, de nous quitter avec le sentiment d’une fraternité toujours présente et tellement vivifiante, voire revivifiante. Nous sommes alors dégantés, nous avons enlevé ce symbole égalitaire que sont nos gants blancs pour nous retrouver mains nues et, en nous touchant, c’est la preuve, chaque fois, de notre union par l’initiation, la preuve de l’acceptation de mes FF.·. tels qu’ils sont, la preuve de mon acceptation par eux tel que je suis. J’ai grand plaisir à donner le mot de la presque fin, à ce travail d’un F.·.M.·. du XXIème siècle, à Socrate qui fut condamné et exécuté pour ses convictions, il y a plus de 2400 ans. C’est Platon qui nous rapporte ce que Socrate disait :
Le combat pour la vérité et la justice, pour la fraternité des hommes, est le plus beau et le plus noble des combats.

Merci à toi, Socrate, rien que pour ces belles paroles qui illustrent si bien ton courage.
Cette Pla.·. ayant été plutôt sérieuse, le mot de la vraie fin, résolument optimiste, sera pour notre F.·. Pierre DAC.·., toujours si drôlement fraternel : Dans le domaine de l’amour physique, une promesse non tenue est une tenue blanche. Cette citation de notre F.·. Pierre DAC.·., pas évidente dans le contexte, s’y trouve quand même puisqu’une promesse est une noble valeur qui peut être colorée de fraternité.

J’ai dit, V.·. M.·.

Roger NET.·.

Source : http://www.franckbailly.fr/deh/www/Documents/planches/1/Frater/frater.htm

 

 

Repost 0
Published by Roger NET.·. - dans Planches
commenter cet article
23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 05:29

Tout F :.M :. a sa propre définition du secret et sa perception de la fraternité. Ce sont même des questions couramment posées le jour du bandeau. Aussi, je vous épargnerai la définition d’un dictionnaire quel qu’il soit. Mon propos a été d’essayer d’établir d’une manière simple et aussi claire que possible, un lien entre ces 2 mots, SECRET et FRATERNITE INITIATIQUE en Franc Maçonnerie je précise, par une réflexion consécutive à mon expérience au bout des quelques années que j’ai passées sur ces colonnes. Conformément à mon habitude, je n’ai pas cherché à apporter un quelconque savoir mais à partager un vécu et un ressenti, qui, je l’espère, déclanchera, chez certains d’entre vous, le même désir. Oui, il y a bien un secret qui nous lie et qui existe car nous le partageons.

Qu’est ce qui nous motive et nous rassemble à chaque tenue en ce lieu ?
Nous pouvons répondre avec assurance et peut être une certaine fierté que nous essayons avec les moyens qui nous sont proposés, en l’occurrence, le Rite Ecossais Ancien et Accepté, de devenir des hommes libres et responsables, conception que nous voulons maintenir et consolider dans le sens de la justice et de l’équité.

Je cite l’instruction au 1er degré : « Qu’avez-vous fait après avoir subi les épreuves ? » «J’ai prêté serment de garder les secrets de l’Ordre Maçonnique et d’agir en toutes circonstances en bon et loyal F :.M :. ».
Ce temple dans lequel nous sommes réunis n’est pas un lieu sacré en lui même, c’est une bâtisse qui n’est véritablement consacrée que par la présence d’hommes qui recréent, à chaque réunion, une forme d’univers, un endroit privilégié hors de l’espace, dans un temps symbolique qui se situe en marge du temps profane et de nos préoccupations quotidiennes. « C’est le lieu secret qui sert d’abri aux F :.M :. pour couvrir leur travaux » dit le Rituel.
Ici, nous travaillons de « midi à minuit » sur ces colonnes dont l’accès n’est autorisé qu’aux initiés F :.M :. seulement, c’est à dire à ceux qui sont sur le chemin de la Franc Maçonnerie.
Comment un profane pourrait-il comprendre cela ?
L’un des griefs adressé à la Franc-maçonnerie par les esprits chagrins et ignorants, c’est d’être une société secrète. Ils disent de nous : « Si leurs buts sont honorables, pourquoi se cachent-ils ? ». La F :.M :. étant un sujet particulièrement récurrent, il y a matière pour le profane curieux à trouver dans une littérature riche, dans la presse, à la télé et surtout sur Internet ce qu’est la F :.M :. . Sur ces « plates formes », qu’y voit-on ou entend-on ?
La F :.M :. veut développer la connaissance de soi et du monde, du monde et de l’Univers, faire coïncider la parole avec le geste, l’intention avec l’acte, le « dire » avec le « faire ».
Ceci, d’ailleurs, est en partie vrai.
Si l’on ajoute les nombreuses conférences et tenues blanches ouvertes, il est aisé de savoir qui est F :.M :. et comment peut se dérouler une tenue.

Ce qui intéresse nos détracteurs, ce serait plutôt connaître un secret, une connaissance, un savoir qui serait en notre possession. Ce Secret serait la base de notre « pouvoir », mot à mettre entre guillemets. Ces 2 termes sont souvent liés d’ailleurs : celui qui sait est supposé dominer celui qui ne sait pas.
Je ferai une brève référence aux Templiers, qui au XIII ème siècle furent soupçonnés d’hérésie, de pratiquer l’alchimie, science apparentée à la magie, d’avoir pactisé avec l’Islam, et de propager secrètement des doctrines opposées à celle de l’église. Avec 9000 commanderies dont 2000 en France, ils furent à la tête d’un immense patrimoine et de fabuleuses richesses très convoitées car mystérieuses, voire suspectes.
Si l’on ajoute à cela la règle du secret et du silence, on comprend qu’ils aient pu susciter méfiance et convoitise. Je ne fais pas là un parallèle avec nous, mais il est vrai que beaucoup de profanes fantasment sur notre discrétion et notre ésotérisme, que l’on peut définir comme un « enseignement secret ». Pourquoi secret ? Car il est indicible tout simplement.
« La vérité d’un homme, c’est d’abord ce qu’il cache » a dit MALRAUX.
Le seul secret qui nous est révélé, progressivement (j’insiste sur ce terme), depuis l’Initiation n’est pas une nouvelle religion ou un nouveau Dieu blanc, noir ou jaune mais que nous sommes plus qu’un être matériel et individualiste au-delà de toutes croyances ; nous développons une spiritualité en prenant conscience de notre appartenance à un tout appelé Universet le seul pouvoir qui nous est donné est celui d’essayer de faire partager cela à nos proches. Tout ce que nous découvrons et apprenons ici, ce sont les outils symboliqueset les techniques pour les utiliser afin deprogresser dans cette voie.Au XVIII ème siècle, le F :. CASANOVA s’exprimait ainsi : « le secret maçonnique est inviolable par sa propre nature, puisque le maçon qui le sait ne le sait que pour l’avoir deviné. Il l’a découvert à force d’aller en loge, d’observer, de raisonner et de déduire ».Une mise au point est nécessaire : comment appréhender la connaissance de ce secret ?

                                  
C’est d’abord l’apprentissage puis la mise en oeuvre d’une technique, d’un langage et d’une méthode. Oswald WIRTH a dit : « Nous n’avons rien à redouter à révéler la vérité, personne ne la croit ». Les F :.M :. sont en quête de vérité, de justice et d’Amour. Nous sommes des cherchants, et, à ce titre, le secret nous est inconnu.

                                   Toutefois, il y a plusieurs approches du secret :
La Tradition d’abord : La tradition des Métiers des bâtisseurs de cathédrales nous impose de prendre en compte les données élémentaires du secret opératif, pour, ensuite, sur le plan spéculatif, acquérir le savoir faire de la connaissance des choses,la maîtrise d’une technique au travers d’outils symboliques destinés à l’édification du Chef d’œuvre. Dans ce cas, le secret, c’est la richesse de celui qui sait et qui va le transmettre.
La communication ensuite : le savoir et la connaissance ne sont pas des objets mais des aptitudes acquises, des moyens d’action, des relations entre le monde et l’esprit, relations perçues et comprises. Je ferai une brève parenthèse concernant la spiritualité qui est avant tout le résultat d’un ressenti qui nous est propre. Or, comment définir par des mots un ressenti ? Ce qui est difficilement exprimable est difficilement communicable. On n’acquiert pas la connaissance toute faite dans les livres. Si nous voulons savoir, il faudra le vouloir et mériter ce savoir par l’effort face aux épreuves.
Nous devrons apprendre à nous servir de nos outils spéculatifs pour que les ténèbres s’éclairent peu à peu. C’est une conquête personnelle, c’est notre secret destiné à apporter notre contribution à l’édification du temple de l’humanité. Nous avons droit à la vérité à condition d’œuvrer à sa découverte.
Le secret est aussi la constatation d’une relation entre la vérité et nous-mêmes, entre soi-même et les autres.A la page 59 du mémento de l’A :., il est dit en gros caractères : « En aucun cas, le F :.M :. ne doit dévoiler ou même laisser soupçonner la qualité Maçonnique d’un F :. à quelque profane que ce soit. ».
Si le caractère impératif de cette phrase puisait sa source dans les persécutions dont notre Ordre a été victime dans le passé, aujourd’hui le risque est nettement moindre si ce n’est le jugement hâtif et négatifde quelques profanes ignorants. Il s’agit surtout de règles élémentaires de savoir vivre et de discrétion envers des personnes de toutes originesqui ont fait le choix d’un cheminement initiatique et personnel qui ne regarde qu’eux.

                                    

                                   Je cite ST EXPUPERY :« Si tu diffères de moi mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis ».
Justement, pourquoides gens de milieux si différents font-ils le choix de cette démarche qui fait d’eux des Frères ? Nous y voilà ! Quel est le secret de cette Fraternité rêvée et si rare dans notre vie quotidienne ? Sans être naïf, lequel d’entre nous ne s’est jamais posé cette question avant son Initiation?

                                   Pourtant, au regard de l’Histoire, passée et présente, parler de fraternité, c’est faire un douloureux constat d’échec.
Au temps de la commune de Paris, des F :.M :. versaillais n’ont-ils pas fusillés des F :.M :. communards ? Sous l’Occupation, des F :.M :. n’ont-ils pas voté les pleins pouvoirs à Pétain ?Comment pourrai-je oublier que les organisateurs du génocide arménien, le gouvernement des « Jeunes Turcs », était composé de nombreux F :.M :. ?
Et puis, évitons toute ambiguïté, et même toute hypocrisie sur ce terme : Si nous nous engageons par serment à exercer notre devoir de fraternité en aidant tous les FF :. en toutes circonstances, combien d’entre nous tiennent parole ? Ne serait-ce qu’en prenant des nouvelles de FF :.âgés, malades ou dans le besoin. La G :.L :.D :.F :. a ses bonnes œuvres (l’Entraide Fraternelle, Mathusalem, la Poignée de mains), dont les responsables se dévouent, mais ont-ils les moyens d’être efficaces ? Je vous rassure,nous sommes tous concernés, et, à ce titre, la Fraternité Initiatique n’est pas seulement une histoire de cœur, car si c’était le cas, elle n’existerait pas.
Pourtant, elle est notre maître mot. Elle figure dans la déclaration de principes de la G :.L :.D :.F :. qui pose la F :.M :. comme un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la Fraternité. Dire que la Maçonnerie prétend à l’universel et se fonde sur la fraternité constitue un engagement conscient et réfléchi.
Réfléchi car pour être agissante, il lui faut de l’intelligence et de la culture. La loge n’est-elle pas le lieu où « des hommes éprouvés et choisis se consacrent à l’étude et au travail » ?
« La vérité commence à deux » a dit NIETZSCHE, ce qui veut dire que notre vérité se construit et parfois se détruit avec celle des autres. Il est difficile de se dépasser pour s’ouvrir à la fraternité. L’homme est constamment confronté à 2 ennemis : l’autre et lui-même.

                                  


Il ne suffit pas de se réconcilier avec soi-même car nous pouvons devenir égoïstes et indifférent, mais il faut commencer par cela. Tout Franc-Maçon est passé par le cabinet de réflexion où il a écrit son testament philosophique. Cette « mort du Vieil homme », nous l’avons tous vécue et cela nous lie. Je pense que ce lien est fondamental car c’est un acte volontaire donc libre et que nous partageons tous. Liberté du choix, égalité dans les épreuves et fraternité future dans la démarche.
Le nouvel initié, dernier maillon de notre chaîne, en est le plus important et le plus fragile. Pour lui d’abord, car il s’attend peut être à découvrir le secret de cette fraternité qui n’est pas innée et qu’il ignore encore comment intégrer ; il n’est pas évident de dire « Mes Frères » d’une manière réfléchie à des inconnus.Pour nous ensuite, dont le rôle initial est de le guider dans cette intégration.
La Fraternité Initiatique nécessite un apprentissage dont la loge est le cocon. Il ne s’agit pas d’indiquer une quelconque philosophie comme manière de vivre, chacun a la sienne mais à l’aide d’outils symboliques, pratiquer ce que Pierre HADOT nomme des « exercices spirituels » progressifs pour nous aider à nous transcender.
L’Amour Fraternel se construit pour être donné et reçu.L’A :. le connaitra s’il s’en donne les moyens et si nous réussissons à lui transmettre le notre. Dans la plupart de nostravaux, le mot Transmission est cité car il est le fondement même de notre progression sur ces colonnes. Ce cheminement sur la Voie Initiatique, nous le partagerons à travers chaque degré de notre rite que nous gravirons. Il ne s’arrêtera que le jour du passage à l’Orient Eternel, avec l’espoir secret et commun d’avoir donné un sens à notre vie.
Tout le secret maçonnique se trouve là : si le R :.E :.A :.A :. n’impose pas au nom de la liberté de conscience une forme particulière de spiritualité, il permet à notre ordre initiatique et traditionnel de nous apporter l’épanouissement d’une spiritualité personnelle. Celle-ci, pour exister réellement, a besoin de s’incarner dans une relation avec son prochain. C’est à travers cette fraternité que ce que nous appelons TRADITION devient véritablement filiation par la transmission dans le temps d’une connaissance fondée sur des mythes (celui d’HIRAM notamment), qui traduisent l’immanence de la nature humaine malgré le progrès et l’évolution. Il n’est pas simple de mettre cela en pratique, et c’est justement là que notre secret trouve peut être sa source.
Bien qu’en ayant fréquenté une, peu de temps il est vrai, j’ai volontairement écarté de ce travail tout ce qui concerne les « Fraternelles », associations deF :.M :. regroupés par centre d’intérêts professionnels ou autres, car ce n’était pas mon propos.

Pour terminer cette planche et non conclure car il ne saurait y avoir de conclusion sur un tel sujet, je citerai quelques vers très simples de René Pierre AMSELLE que chacun d’entre nous devrait souvent avoir en mémoire :

« Toi qui dans ce temple entreras,
Le vrai Secret n’est pas là,
Plonge dans la fange de ton être,
Alors, après, tu pourras renaître. »

 

Source : http://www.stella-maris-gldf.com/gldf/

Repost 0
Published by RL Stella-Maris - dans Planches
commenter cet article
21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 05:03

On définit toujours un être, une chose, une action, un sentiment en faisant référence à un autre être, à une autre chose, une autre action, ou un autre sentiment.

Et l'on procède alors : soit par analogie, soit par opposition.

Eh bien, avant de vous parler de la Fraternité maçonnique je vous propose de nous frayer un chemin vers la définition de la Fraternité en faisant au passage la distinction entre :
• AMITIE,
• CHARITE,
• SOLIDARITE,
• FRATERNITE.

 

L'AMITIE

Quand on parle de l'amitié, on se souvient vite des très belles pages que MONTAIGNE a écrites, inspirées par l'amitié profonde qui le liait à Etienne de la BOETIE.

Cette • amitié » était plus proche de ce qu'est — ou ce que doit être — la FRATERNITE des Francs-Maçons que des amitiés communes d'aujourd'hui.

L'amitié, de nos jours, est plus en surface et plus fortuite. L'occasion l'a créée, l'intérêt peut-être ; le temps peut l'estomper ou la faire disparaître... Elle est pratique, légère, mondaine souvent, sincère et solide parfois... Tous comptes faits, elle s'engage à peine et le coeur se donne encore moins.

L'amitié peut être déçue, c'est-à-dire, si elle a l'espoir d'être payée en retour. Et là, vraiment, que de déceptions

Ne faisons surtout pas un tableau pessimiste de l'amitié — c'est quand même une chose bien douce —, insistons seulement sur sa fragilité, son ins­tabilité... et l'amertume qu'il arrive qu'elle laisse...

LA CHARITE

La charité est une notion infiniment attachante... qui peut toutefois deve­nir assez vite odieuse en fonction de certaines motivations.

Attachante, la Charité l'est à coup sûr quand elle est un simple et mer­veilleux don de soi : quand, spontanément, elle atteste sa Foi, en un Dieu ou dans les Hommes.

Oui, la Charité est attachante quand, au milieu des barbelés de la vie moderne, l'Homme renonce à son égoïsme et fait une large trouée afin d'être bon toujours, en dépit de tout : d'être secourable avec ceux qui en ont besoin, tous ceux qui en ont besoin.

C'est cette filiation morale — d'ailleurs souvent d'origine chrétienne — à la notion du Devoir qui distingue cette charité — pourtant ô combien atta­chante — de la Fraternité.

Nous avons dit aussi : parfois odieuse en fonction de certaines motiva­tions.

Il existe une sorte de Charité qui n'est pas un acte obligatoirement pur, un acte ne relevant pas de ces « raisons du cœur « dont parle PASCAL et la bienveillance envers son prochain n'est pas toujours altruiste. On cherche parfois son semblable... mais surtout pour y trouver sa propre récompense !

L'odieux réside alors dans une sorte de comptabilité des actes généreux.

Nous avons indiqué tout à l'heure l'extraordinaire acte de Foi que pouvait être la Charité : souvenons-nous à présent de ce salubre bouleversement dans la Chrétienté causé par la Réforme qui mettait justement au pilori cette comptabilité avec Dieu des actes généreux. — « J'ai fait ça, alors, Seigneur, tu me dois ça.

C'est là que cette prétendue Charité, celle qui vise un salaire, devient vite odieuse.

De même, encore, lorsqu'elle s'adresse à ceux-ci et jamais à ceux-là, opère en de telles circonstances et pas en telles autres, avec une limite plus ou moins serrée. Elle se trouve alors de mauvaises plutôt que de bonnes rai­sons... pour justifier ces discriminations.

Mais au moins la Charité joyeuse, la vraie, même si elle procède d'une obligation morale ou spirituelle, est incontestablement imprégnée de Fraternité.

LA SOLIDARITE

La Solidarité, elle, est un fait social et non moral. C'est un sentiment en plusieurs dimensions qui nous lie à la fois aux Hommes, au Cosmos, à la Cité, au Créateur aussi, que nous désignons sous le nom de Grand Architecte de l'Univers.

« L'Ame est fille de la Cité », disait le philosophe. Imaginons une seconde la Cité détruite : que subsisterait-il de notre âme et pendant combien de temps ? Comment nos facultés s'exprimeraient-elles, nos virtualités se révè­leraient-elles ? Comment notre esprit pourrait-il s'épanouir ? Qu'adviendrait-il des générations suivantes ?

Nous devons donc — pour une large part, et notamment à nos sembla­bles — d'être ce que nous sommes, de valoir ce que nous valons.

Mais si la Fraternité inclut la Solidarité, celle-ci n'implique pas nécessai­rement la Fraternité.

LA FRATERNITE
Alors, maintenant, voyons : la Fraternité, la Fraternité tout court, qu'est-ce ?
Dans l'Antiquité, la Fraternité était considérée comme le sentiment le plus noble, le plus élevé. Même avant la Sagesse.
Contrairement à l'amour, aux affections ou aux obligations morales, la Fraternité s'établit par une décision de volonté personnelle.
Contrairement encore, la Fraternité n'inclut aucune passion, aucun senti­ment de possession ou de domination.
La Fraternité, c'est un souffle heureux qui fouette le cœur autant que la Raison ! Un « souffle » dégagé de toute autre notion de bien et de mal ; de droit, de devoir ; de comptabilité, de salaire en retour ; d'humeur versatile...

La FRATERNITE,
• c'est quand le Moi pense à l'Autre,
• quand ce Moi ne pense plus Moi, mais l'Autre,
• quand penser à Soi, c'est d'abord penser à l'Autre.

Voilà donc pourquoi, aussi : tout commence et se poursuit par l'Autre.

L'Homme social n'est heureux que lorsqu'il peut être librement, pleine­ment, également un homme parmi les autres hommes, un homme avec les autres hommes.

C'est cela la FRATERNITE HUMAINE : et c'est sans doute pour la trouver plus vite, en la construisant de toutes pièces, de leurs propres mains et de leurs propres coeurs que des profanes ont voulu, un jour, devenir Francs- Maçons I...

LA FRATERNITE MAÇONNIQUE

« ETRE » est toujours plus que « CONNAITRE » et « AGIR » est toujours plus que « PENSER »..

Alors la Fraternité Maçonnique, telle que nous la concevons à la Grande Loge de France, c'est une façon non seulement de démontrer sa foi en l'homme, mais de la rendre agissante et de la concrétiser.

La Fraternité Maçonnique, ce n'est plus un sentiment, plus une attitude, ni même un réflexe, c'est une action permanente, après un choix fait une fois pour toutes.

... Et choisir d'aimer, n'est-ce pas après tout faire le plus beau des choix ?...

Bien sûr, dans le monde profane, il y a de très réels et sincères élans de fraternité — plusieurs religions, notamment, en donnent de magnifiques exem­ples — hélas ! bon nombre de ces élans semblent se briser contre un mur. Oh I pas toujours un mur d'égoïsme ou d'indifférence, mais un mur que n'a pas équilibré l'harmonie la plus parfaite... Fait des hommes, des institutions ou des circonstances ?...

La grande équivoque, c'est que la Fraternité profane, sauf peut-être dans certains cas particuliers de vie communautaire, ne va pas jusqu'au bout d'elle- même, ne sait pas refuser les étroitesses doctrinaires et se contente souvent d'une vie côte à côte, d'une fraternité de côtoiement I

Alors que le Franc-Maçon, lui, comprend que la véritable joie fraternelle c'est de vivre non pas côte à côte, mais avec, de vivre ensemble ; d'être soi, certes, mais de vivre en pensant aux autres, en construisant sa vie en fonc­tion de celle des autres, de chercher sa vérité en retrouvant celle des autres...

'Mais penser aux autres, signifie-t-il : « s'oublier soi-même » ?

Ne craignons pas de le dire : « s'oublier soi-même » ne serait pas maçon- nique.

puis, non :
• si l'on n'est pas d'abord redescendu en soi,
• si l'on ne s'est pas : cherché soi-même, « apprécié » au sens propre du terme et, finalement, maîtrisé, comment pourrait-on alors s'approcher des autres ?

La Fraternité Maçonnique suppose donc qu'on ait établi ou qu'on cherche à établir :
• la paix et l'équilibre en soi,
• le gouvernement de soi-même.

C'était déjà l'une des grandes attentes de SOCRATE : que l'autre soit son semblable par le gouvernement de soi. Et c'est d'ailleurs en cela que l'Autre est égal à Soi.

Et c'est ce qui fait la précieuse originalité de la Fraternité 'Maçonnique, une Fraternité en quelque sorte régénérée, revigorée, respiritualisée :
• non seulement connaître, mais être certain — sans arrière-pensée — de son environnement,
• savoir que d'autres Frères sont là, non seulement autour de soi, mais sur toute la terre : qui ont une existence propre, marchent librement, font des efforts joyeux, construisent patiemment dans le même sens, pour le même Temple.

Alors tout est possible. Possible de croire et faire confiance, possible d'entreprendre et de prolonger, possible d'être soi... et d'aimer les autres, en même temps, possible de tout dire et de tout écouter...

La Fraternité maçonnique, c'est un pacte contre l'égoïsme, l'indifférence, l'incompréhension, c'est un pacte de foi et d'espérance déjà sur la terre : en soi et dans les autres, en l'humanité tout entière, en la paix et la vie, c'est aussi un pacte de disponibilité permanente, d'inspiration et d'action toujours prêtes à intervenir.

En fait, la Fraternité maçonnique : l'Homme, son frère, dans sa personnalité, son égalité et c'est vouloir, soi, vivre avec comme tel.

Nous sommes nos propres héros, « nos héros réciproques » puisque nous croyons en nous-mêmes et que notre Fraternité l'atteste.

C'est ALAIN qui fait dire quelque part à son « Misanthrope » : « Ce n'est pas que je méprise les hommes, mais, plutôt, que j'en cherche et que je ne trouve guère...

Ici, en Maçonnerie, les Hommes ont retrouvé les Hommes. Ce n'est pas qu'ils soient tous semblables. Chercher son semblable ne signifie pas que l'Autre soit semblable à soi ! Au contraire ! Comme l'écrivait Paul VALERY : « Nous nous enrichissons de nos mutuelles différences », mais chacun est soi, exprimé, réalisé ou en passe de l'être.

Oui, c'est en Maçonnerie que des hommes sont devenus des Hommes et, dans la Lumière, ont retrouvé d'autres Hommes, c'est là, dans cette prise de conscience, qu'est le fondement de la solidarité qui lie les Francs-Maçons, cette solidarité, partie intégrante et ciment de la Fraternité Maçonnique.

Comment être comblé davantage, au moins sur cette terre, que par cette Fraternité chaleureuse dont les Francs-Maçons donnent l'exemple ?

Des hommes sont là, de leur propre gré, qui cherchent ensemble la Lumière et avancent dans la voie de l'Initiation. Pour la première fois ces hommes sont réellement libres avec d'autres hommes libres. Ils peuvent parler : ils sont écoutés. Ils peuvent parler : ils ne seront ni jugés, ni condam­nés, ni offensés, ni humiliés. Le réflexe sera de vouloir les comprendre. Tout cela parce qu'ils auront décidé, une fois pour toutes, de s'aimer fraternelle­ment. Et c'est dans l'usage qu'ils feront de cet amour et de cette liberté qu'ils montreront qu'ils sont vraiment des Francs-Maçons.

C'est la ressemblance de nos aspirations et de nos moeurs qui constitue notre lien à la fois le plus doux et le plus indestructible. Rien ne peut nous offrir de plus grande sécurité.

En d'autres termes encore, la véritable attitude fraternelle ne consiste- t-elle pas à être soi-même, en toute simplicité, avec d'autres hommes, devenus Maçons, qui ne demandent également qu'à être eux-mêmes, en toute simplicité ?

L'un des grands bonheurs du Maçon, c'est justement la saveur de cette fraternité fondamentale dont il sait exprimer et faire jaillir toute la rareté. C'est comme un chant qui aurait choisi volontairement sa propre musique et qui courrait sur des notes joyeuses vers la grande Lumière.

Le tableau de la Fraternité Maçonnique que nous venons d'esquisser est-il une représentation idéale, trop chargée d'illusions ? 'Comment pourrait-on par­ler « d'illusions » quand nous, les Maçons, avons le cœur gonflé d'espoir parce que nous croyons en la perfectibilité de l'homme ?

La 'Maçonnerie n'a pas le privilège de la Fraternité, la Grande Loge de France non plus. Il existe des oeuvres ou des sociétés, laïques et religieuses, d'une communion et d'un dévouement exceptionnels —. Mais nous donnons l'un des plus chaleureux exemples que beaucoup nous envient... sans d'ailleurs le comprendre I

Nous ne voulons rien gâcher de la vie, ni pour nous-mêmes, ni pour les autres : nous voulons vivre au maximum des possibilités de la vie. En paix avec nous, joyeux avec les autres. Voilà pourquoi nous nous aimons.

Répétons-le : notre Fraternité 'Maçonnique n'est pas qu'une attitude, de bonheur de vivre ; c'est surtout une volonté : de bonheur d'agir...

C'est ainsi que la Fraternité est la clef de voûte de notre vie maçonnique, donc de notre Temple.

« 0 mes amis, il n'y a que des amis » disait le philosophe...

Parce que nous sommes Francs-Maçons, nous dirons :

« 0 MES FRERES, IL N'Y A QUE DES FRERES »... pour tous ceux qui le veulent vraiment.

Source : www.ledifice.net

Repost 0
Published by PVI - dans Planches
commenter cet article
20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 06:53

Quand la fiction rejoint la réalité. Nous allons vous relater une discussion qui pourrait se dérouler sur le parvis de notre Temple.

Tout d’abord, dressons le décor ! Après un petit détour en salle humide(1) et de nombreuses accolades, deux frères apprentis se préparent.

Avant d’entrer dans le Temple pour la tenue, un échange s’engage à propos de l'exposé de ce soir : « la Fraternité ».

Tu as vu le sujet des apprentis de ce soir ? La Fraternité ! Plus banal tu meurs ; c’est le triptyque de la devise nationale ! Sujet bateau par excellence ; si tu ne veux pas te fatiguer, le thème est tout trouvé !

Justement, pour avoir réfléchi sur le terme, il me semble plus complexe qu’il n’y parait ! Tu me dis devise française : Liberté, Egalité, Fraternité. Je te réponds : quel est l’intrus ? Pour deux revendications, un concept. La Liberté a ses limites, l’Egalité ses paradoxes, la Fraternité ne semble pas avoir de frontières.

Tu aimes bien te torturer l’esprit ; Fraternité vient de fratrie, c'est-à-dire relation entre deux frères ! Pourquoi chercher midi à quatorze heures !

Justement, que vient faire le mot Fraternité dans notre devise républicaine ? Les politiques ont toujours utilisé Liberté et Egalité en galvaudant souvent leurs sens.

En démocratie, le paradoxe va si loin que même les antirépublicains revendiquent une égalité de traitement et la liberté de répandre le populisme, l’inimitié et la division dans les consciences parfois inconscientes de leurs actes.

Et qui se soucie de la Fraternité ? Les lâchetés et facilités du politique permettent de l’occulter. Vox populi, vox Dei. As-tu déjà entendu un homme politique parler de fraternité ?

A bien chercher, j’avoue que non ! Alors en effet que vient faire ce terme dans notre devise ?

Si tu prends le sens originel du mot, il vient de « fraternitas », en référence à la relation entre frères ou encore entre peuples ! La fraternité désigne alors le sentiment profond de ce lien et comporte une dimension affective. La fraternité peut avoir un sens plus ou moins large, on peut parler de fraternité pour une fratrie, ou encore de la fraternité d’armes qui unit des combattants, pour aller jusqu’au sens le plus large de fraternité universelle. Au sens commun, cette notion désigne un lien de solidarité et d’amitié entre les humains.

Oui d’accord, mais en politique, la notion de fraternité est citée dans le premier article de la déclaration universelle des droits de l'homme de 1848 : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

OK ; mais si cette devise est républicaine, elle n’apparait qu’en 1848 ! Pourtant, dès 1789, la fraternité était un terme clé de la Révolution française : « Salut et fraternité ! » était le salut des révolutionnaires de 1789 ! C’était une forme de reconnaissance et de communion entre les Hommes !

Frère la révolte, tu n’es pas sans savoir qu’à cette époque, la Fraternité n’était pas vraiment associée à une notion d’amour ! Sous la terreur, la devise était : « La fraternité ou la mort ! » ; selon l’adage « Sois mon frère ou je te tue », la politique se résumait pour l'Assemblée nationale à entériner toutes les lois que les Montagnards proposaient. Nous sommes loin des notions de partage, de tolérance voire d’amour que peut générer le terme Fraternité ! Michelet affirmait : « Fraternité ! Fraternité ! Ce n’est pas assez de redire le mot… il faut, pour que le monde nous vienne, comme il le fit d’abord, qu’il nous voit un cœur fraternel… c’est la fraternité de l’amour qui le gagnera, non celle de la guillotine ! ». Culturellement, la Fraternité est liée à la Genèse : tous les hommes descendraient d’Adam et Eve ; ils formeraient ainsi une même famille !

On y est, Frère ecclésiastique, te voilà reparti sur tes fondements religieux ; ne met pas Dieu à toutes les sauces, ça peut les rendre amères ! Si « Dieu a établi la fraternité des hommes en les faisant tous naître d’un seul »… il faut y voir la notion des Tribus issues d’une même famille, telles les douze tribus d’Israël, les fraternités initiatiques (Esséniens), puis les fratries grecques, les curies romaines, etc… Par extension, la fraternité dépasse ainsi le « clan », qu’il soit d’ordre social, économique, militaire, politique ou religieux. Cet aspect fondamental se retrouve dans le corporatisme des bâtisseurs du Moyen-âge et le Compagnonnage, dans la Chevalerie et les armées, puis, au cours des époques, dans certaines confraternités ésotériques - telle la fama fraternitatis des Rose-Croix au XVII° siècle - ou dans des ordres religieux, voire même sectaires ; et d’une manière plus contemporaine, dans les différents métiers, les Grandes Ecoles, les Facultés, le syndicalisme, la Politique… Aimer l’autre comme son propre frère relève de l’ordre social ! La Fraternité est un but de civilisation et pas un état de nature !

Je veux bien essayer d’élargir mon horizon, mais toi, qu’est ce que tu connais de la fraternité ? As-tu un frère, un vrai ? Es-tu capable de ressentir ce qui souvent s’exprime sans les mots ? Pérorer est facile, mais la fraternité, ça se ressent et surtout ça se vit ! Tu n’as pas le monopole de la Fraternité !

OK, un point partout et balle au centre ! Alors revenons sur un terrain commun ! C’est quoi la fraternité quand on est Franc-Maçon ? Quand on entre dans le Temple, on t’envoie du frère à tour de bras, mais dans les faits, cela se traduit comment ?

Si je me base sur mon expérience, c’est une manière de faire comprendre aux frères qu’un lien spécifique et unique les relie entre eux ! Ce lien est invisible et indescriptible ; tu peux faire tout ce que tu veux, un frère, restera un frère ! Un frère n’est pas un camarade ni un ami, c’est une personne que tu respectes et à qui tu voues un amour désintéressé !

A mon tour, petite introspection.

Dans le monde profane, je reconnais l’amour, la fratrie, l’amitié, la camaraderie, mais la Fraternité n’était qu’un concept lointain, un mirage, un mot sans odeur, sans saveur.

Ayant fait le choix de la sincérité dans ma démarche maçonnique, j’ai tenté de laisser tout de suite au vestiaire la façade, l’armure profane, l’habit du professionnel, la bulle de protection et les apparats. D’ailleurs si quelqu’un les cherche, ils doivent être dans le cabinet de réflexion.

Durant mon initiation, j’ai pour la première fois de ma vie été inondé de Fraternité.

Un grand saut dans le vide, sans filet. Alors, nu face à moi même, nu face à mes nouveaux Frères et Sœurs, la vague fraternelle m’a envahi sans m’y attendre.

Et je retrouve à chaque tenue cette émotion dans la chaîne d’union quand on dit : « élevons nos cœurs en fraternité ! ».

Oh toi et ta chaîne d’union ! Comme si tous les hommes de la terre se donnaient la main !

Ma vision serait plus proche de celle que développe Fénelon dans les aventures de Télémaque : « tout le genre humain n’est qu’une famille dispersée sur la face de la terre. Tous les hommes sont frères et doivent s’aimer comme tels ».

C’est beau l’utopie, mais concrètement, quand on t’appelle « mon frère », qu’est ce que tu ressens ? Ces personnes si différentes de toi sur bien des points, les envisages-tu comme Tes Frères ?

Bizarrement, moi qui suis fils unique, quand je les regarde et qu’ils me regardent, je sens de l’amour ou tout au moins un sentiment empreint de beaucoup de chaleur et d’affection ; comme tu me le disais tout à l’heure, les mots sont difficile à trouver pour exprimer un sentiment aussi intime : La fraternité est d’abord expérience ! Je suis convaincu pour autant qu’ils sont bien mes frères !

Enfin, on se rejoint. Un frère, c’est une image de toi, mais également un miroir. Face à lui tu ne ressens pas le besoin de préserver ton égo, car tu ne crains ni l’attaque ni la critique ; ses propos ou ses attitudes ne sont qu’une forme d’amour qu’il te délivre. Ton envie et ton désir sont de le voir se baigner dans tout l’amour que tu peux lui donner ! Son bonheur est ton bonheur. Tu dépasses ta petite personne pour te mettre au service de ton frère. Point de compteur ou de calcul, seul le résultat compte ! Ton bien-être est proportionnel au plaisir qu’il a de ta présence et de tes actes !

Ton coté mystique refait surface ! C’est toi qui deviens utopique ! Comment réagirais-tu en cas de trahison fraternelle ? Ne sommes nous pas les successeurs d’Hiram ? Nous détenons également dans nos mémoires le souvenir du crime de Caïn. A l’instar de ce grand ancêtre, par qui les violences de l’Histoire ont commencé, c’est bien souvent que nous voudrions nous aussi ne pas savoir, ne pas avoir à « rendre compte », ne pas être tenus pour responsables des malheurs dont nos frères humains sont accablés ; la responsabilité, collective, est en un sens devenue si diffuse, si diluée, qu’elle en paraît insaisissable et nous fait croire à notre innocence.

Dans presque tous les mythes fondateurs, personne n’a de pire ennemi que son frère, si ce n’est son père qui, craignant une alliance des frères contre lui, prend parfois les devants et les tue. L’universalité de la fraternité est loin d'être un long fleuve tranquille.

Quand ça n’est pas l’inverse, souviens toi de César et Brutus : « Tu quoque mi fili ».

Aucune guerre n’est plus terrible que les guerres fratricides. Elles ne font qu’obéir à la pente naturelle qui nous fait considérer dans les frères, des rivaux potentiels ou des concurrents insupportables. La Franc Maçonnerie est-elle exempte de ces pratiques ?

C’est vrai que l’on peut se poser la question lorsque l’on observe les relations entre les obédiences ! Devons nous nous railler entre frères ? Devons-nous nous réjouir des malheurs et déboires d’une autre obédience ? Si nous arrivions à harmoniser les contraires pour devenir complémentaires, n’en serions nous pas grandis ?

Mon frère, tu débordes un peu du thème de l'exposé ! On parle de Fraternité, pas des guéguerres de clochers.

Au contraire nous sommes au cœur du sujet ! Qu’est ce qui distingue la fraternité maçonnique de tel groupe ésotérique plaçant ses membres sous influence ou de tel ordre religieux où l’on s’appelle frère aussi, voire de la fraternité d’armes ? Nous sommes les « fils de la lumière » ou les « enfants de la veuve ». Nous savons d’emblée ne pas devoir nous soumettre à un principe patriarcal, d’autorité, de souveraineté. Un « Vénérable Maître » n’est pas un père Abbé, un « Grand Maître » n’a rien d’un Pape ; tous deux restent des frères. C’est ce ferment de liberté que les tyrans ne supportent pas et que les régimes dogmatiques nous contestent. Nous sommes « Enfants de la Veuve », émancipés de la tutelle paternelle, c’est-à-dire : ne bénéficiant plus de la protection d’un « père » symbolique qui penserait à notre place, nous ne pouvons que revendiquer la pleine responsabilité de nos actes. Nous sommes bien restés aussi les fils des Lumières (j’emploie cette fois le pluriel) définies par Emmanuel Kant comme « la sortie de l’homme hors de l’état de minorité (ou de tutelle) dont il est lui-même responsable », par paresse, par lâcheté, par refus de voir en face les implications de sa foncière liberté. Aujourd’hui, lorsqu’animés par le ternaire Liberté, Egalité, Fraternité dont le troisième terme n’est devenue « républicain » qu’en 1848 à l’avènement de la Seconde République, lorsque nous transportons vraiment au dehors ce que nous avons appris dans le Temple, nous avons gardé la capacité de produire dans les consciences un impact « révolutionnaire ». J’entends « révolutionnaire » au sens premier du terme, qui est de faire revenir les choses à leur juste place. Il n’est pas douteux que la fraternité parvienne à contaminer le corps social, si à chaque instant de notre existence publique, nous parlons et agissons en témoins de la foi dans les valeurs de la Maçonnerie. C’est bien sûr par l’exemple que nous avons les plus grandes chances de répandre la contagion de notre éthique, en déjouant la prévention de nos contemporains, justement soupçonneux à l’encontre des affairistes qui corrompent la fraternité.

Tu t’enflammes mon frère ! Cependant, le monde de l’action n’étant pas entièrement celui du discours, nous devrions parfois déployer plus d’énergie pour arriver à concrétiser la bienfaisance que nos paroles professent. Partout où la dignité humaine est offensée, que ce soit en autrui ou en nous-mêmes, si nous pouvons intervenir nous le devons ! Notre fraternité s’étiolerait si elle vivait en vase clos. Il faut, selon une logique plus qu’humaine, que l’Amour règne parmi les hommes, ce qui est moins de l’ordre du sentiment (comment pourrais-je « aimer » de cœur tout un chacun ?) que du projet d’une construction commune, touchant l’essentiel des valeurs humaines partout reconnues. La fraternité est cette nécessité d’ordre universel dont il nous incombe, à nous Francs-Maçons - et dans les limites de nos forces - de démontrer l’effectivité et l’efficacité.

Tout à fait. De la philanthropie à la misanthropie, il n’y a qu’un pas, et, en refusant le monde tel qu’il est, faute de pouvoir le changer immédiatement, cette fuite peut constituer des fraternités illusoires, conduisant au sectarisme, au radicalisme, voire à l’intégrisme, dans la certitude d’avoir la mission de réaliser une « fratrie bienheureuse », alors qu’en fait, il n’y a qu’exacerbation des désillusions, force de toutes les intolérances, de tous les fanatismes et ambitions déréglées !

Effectivement, si la fraternité s’enracine d’abord dans la sensibilité naturelle de l’homme qui le porte à s’unir avec l’autre puis avec les autres, cette sensibilité ne se suffit pas à elle-même pour construire un véritable universalisme… La démarche maçonnique exprime une confiance, une foi, dans ce qu’est la nature humaine, et la perfectibilité de l’homme ne peut s’épanouir que si elle est éclairée, développée et construite. Parménide l’exprimait ainsi : « S’écarter du sentier battu des hommes, conduit d’errances en désespérances… ».

Cela pourrait commencer par l’éducation donnée par la Nation. En plus des sempiternels par cœur, l’école républicaine pourrait aussi propager et encourager la compréhension et l’application de la devise, et donc de la Fraternité. Notre pays c’est la Liberté des hommes, notre pays c’est l’égalité des chances, mais coté humanisme quand nous parle t’on de Fraternité ?

La France l’a placé sur le fronton de ses institutions, ça lui a justement permis de se passer de l’inculquer.

Il a même fallu faire une journée de la Fraternité, comme on a fait une journée de la femme, pour expier ses péchés, se donner bonne conscience.

Ne nous leurrons pas mon Frère, nos compatriotes préfèrent allez à la fête de la bière ou du ballon rond qu’à la fête de la Fraternité. Parce que le concept est vague, parce que le monde est rude, parce que la fraternité n’est pas la première valeur que propage le monde actuel.

Pourtant, la fraternité c’est affirmer que la singularité d’une personne, d’une culture, … est irréductible et donc qu’elle est porteuse d’universalité !

Effectivement ! Si la fraternité abstraite n’est qu’une illusion, voire une hypocrisie, la fraternité concrète, celle qui n’est pas donnée mais qui doit se construire, est une exigence et une nécessité pour notre modernité, voire notre survie… Une exigence dans la mesure de l’obligation morale et une nécessité parce qu’il n’y aurait de salut des uns en dehors du salut des autres…« Nous sommes tous solidaires », disait Paul Valéry ! Il rajoutait : « A force de construire, je crois bien que je me suis construit moi-même »

L’adage dit, c’est au pied du mur que l’on voit le maçon. Je pense que c’est dans la sincérité de nos actes que l’on ressent et que l’on construit la Fraternité.

Faisons en sorte que la Fraternité ne soit pas un vain mot.

Faisons en sorte que Fraternité ne soit pas inscrit que sur nos frontons !

Œuvrons pour qu’elle devienne un devoir et non un principe !

Elargissons le sentiment de Fraternité !

Que la Fraternité tende à unir, sans distinction, les peuples que la politique ou la religion sépare !

Faisons en sorte que la Fraternité ne soit pas le parent pauvre de notre devise.

Faisons en sorte que la Fraternité soit une réalité journalière.

Notre frère Martin Luther King avait fait un rêve.

Alors il est peut être grand temps que nos rêves se réalisent !

Chanson de Raymond Lévesque « Quand les hommes vivront d’amour ! »,

interprétée par Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois.

(1) la salle humide : le bar

 Source : http://frat.all.ecossaise.free.fr/Trav_04.htm

Repost 0
Published by X - dans Planches
commenter cet article

Présentation

  • : Loge de Recherche Laurence Dermott
  • Loge de Recherche Laurence Dermott
  • Contact

Blason de la RL Laurence Dermott

Loge-Dermott.gif

        727 ARTICLES

                       537 ABONNES 

Recherche

St Patrick blessing

 

 irish-flag-cd51f

May St. Patrick guard you wherever you go,

and guide you in whatever you do,

and may his loving protection

be a blessing to you always.

God save the Ireland

           

Michaël Collins

Danny Boy