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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 09:01

Le Paradis dans de nombreuses religions et de tout temps a été décrit sous la forme d'un jardin luxuriant, où la vie paisible suivait le cours de l'éternité, une vie sans déséquilibre, une vie en parfaite harmonie.

Les anciens quelles que soient leurs croyances ont toujours situé le paradis comme le centre, le cœur du Monde, où une source jaillissait vers les cieux, personnifiant ainsi l'endroit idéal de la relation avec Dieu, l'être suprême, le Principe, le Grand Architecte.

Quand la genèse situe le Jardin d'Eden, en tenant compte de la disposition des quatre fleuves qui partent de la source centrale, à un point situé aux alentours de Babylone, il est surprenant de regarder une carte lorsque les continents n'en formaient qu'un seul, et découvrir que le centre de cette terre immergée pourrait bien être Eden, tel qu'il fut décrit dans la genèse.

Afin de travailler dans le sens de notre démarche maçonnique, il est important de dépasser le texte biblique, d'ailleurs le descriptif du paradis terrestre est souvent très semblable, qu'il soit chrétien, musulman, sanscrit, chaldéen ou encore égyptien. Tous décrivent un jardin, avec souvent en son centre cette source jaillissante symbole de la vie, et de ce que nous appelons la verticalité.

Depuis la nuit des temps, toutes les grandes civilisations, ont tenté de reproduire le Paradis à l'échelle humaine, et ce fut souvent un jardin. Ces jardiniers d'exception au-delà de la recherche de notoriété, avait sûrement un besoin inconscient de retrouver l'éternité, en dominant la nature qui était à leur disposition. Certains les ont façonnés d'après un rêve, souvent d'après les textes sacrés. Mais le sens de dominer est ici bien différent de l'étymologie première. La domination de la nature dans ce cas est plus proche de la recherche de la maîtrise, trouver le point d'équilibre, dans le respect de toute vie. Comme l'exprime la définition de l'harmonie : « L'accord parfait entre les parties d'un tout ».

Il n'est pas rare lorsque l'on se promène, dans un jardin clos, d'être envahi par un sentiment de paix immense. La plupart des monastères ont souvent un jardin où les moines viennent y chercher une communication plus directe, exempte de tout artifice humain, une relation plus franche avec ce qui est en haut. Même si les jardins ont été façonnés par la main de l'homme, les plus harmonieux, sont souvent ceux qui ont été cultivés sans que l'on aperçoive, les marques de leur créateur.

Lors de notre initiation, lorsque nous entrons dans le cabinet de réflexion, il est inscrit cette suite de lettres : V.I.T.R.I.O.L, sa traduction littérale nous propose de visiter l'intérieur de la terre afin de nous rectifier et de revenir ainsi à la vie, dépouillé de tout ce qui pourrait freiner notre quête. Comme Adam poussière tirée du sol, à qui Dieu insuffle une haleine de vie, nous entamons notre démarche maçonnique par un retour à l'origine. Nous faisons table rase, nous revenons symboliquement à l'instant « T » où il n'y avait rien, l'instant immédiat avant que la création ne se mette en mouvement, nous revenons à l'origine de la vie, simple poussière tirée du sol.

Récemment des astronomes anglais ont pu démontrer que la vie avait de grandes chances d'avoir son origine aux confins de l'Univers. En effet ils ont pu observer après avoir recréé l'espace intersidéral en laboratoire, que les acides aminés, vecteurs indispensables de la matière inerte à la matière vivante, naissaient en présence de la lumière au cœur de la nébuleuse d'Orion, origine de l'observation. La confrontation d'un grain de poussière cosmique, soumis au bombardement de molécules d'hydrogène, d'azote et d'oxygène, enveloppé dans la lumière étincelante, et vous passez de l'inerte au vivant. La vie pourrait donc provenir du fin fond de l'univers, et grâce aux météorites qui ont bombardé la surface de la terre, puis grâce aux conditions climatiques idéales de notre planète, ces acides aminés ont permis de développer des êtres cellulaires de plus en plus complexes.

Pour résumer, la Vie se forme avec un peu de lumière, un peu de terre, et un peu d'air, comme se fut le cas pour la naissance du premier homme. Rappelez-vous mes frères les épreuves que vous avez subies lors de votre initiation : La terre, Le feu, L'eau.

Jardin d'Eden et Loge maçonnique

Comme l'est le temple pour nous francs-maçons, le jardin est le lieu sacré, la transposition à l'échelle humaine de l'univers et notre rituel d'ouverture la chronologie de la création.

Comme à l'origine, le V.M. demande au M. des C., de nous apporter la lumière et le mot, Et les versets de St Jean lus lors de l'ouverture des travaux ne fait que confirmer cette similitude : « Au commencement était le Verbe et le verbe était Dieu...de tout son être il était la vie et la vie est la lumière des hommes ».

La disposition de notre temple est très proche de la création. La voûte céleste au-dessus de nous qui fut créée au deuxième jour. Les deux grands luminaires apparus le quatrième jour. L'arbre de la connaissance du Bien et du Mal, se trouve symbolisé au centre de notre loge par le pavé mosaïque. Les indications de mesure de notre loge sont à l'image de l'univers sans limites, soutenues par trois grands piliers que nous nommons Sagesse Force et Beauté, qui devraient être également les trois principes qui régissent notre quête, et qui ont été les trois grandes lumières fondatrices de la création de l'Univers.

Franc-maçonnerie : Chemin vers l'Harmonie primordiale Avant d'aller plus loin posons-nous quelques questions sur le concept d'harmonie.

A quoi reconnais t-on quelque chose d'harmonieux ? L'harmonie est-elle un état abouti ou peut-il y avoir à la fois évolution et harmonie ? L'harmonie peut-elle être vécue individuellement ou doit-elle être absolument collective ? Quel est le rôle de l'homme dans la création, est-il le gardien, le successeur ou seulement l'ouvrier ? L'harmonie est-elle la conséquence de la création, une étape, un point d'équilibre entre deux désordres ou l'objectif final de celle-ci ? Pourquoi avons-nous été symboliquement chassés du paradis ?

Je n'ai pas la prétention de répondre à toutes ces questions, mais savoir pourquoi nous avons été chassés du paradis est peut-être déjà un premier pas vers cette harmonie primordiale.

Adam mangea du fruit de l’arbre de la connaissance, et par cette action il fut chassé du Paradis. Symboliquement ce passage de la genèse, m’interpelle car elle rejoint admirablement notre quête maçonnique.

Il existe un concept qui nous empêche de travailler en paix : Le Temps qui passe, Au Paradis nous avions l'éternité, dans notre temple nous travaillons en dehors de l'espace et du temps, et pourtant c'est un des concepts les plus difficiles à maîtriser. Bien que le temps soit une conception totalement humaine, elle est un frein à notre progression.

Parce que nous voulons connaître avant d'apprendre que nous avons été chassés du Paradis. Parce que nous pensons que nous sommes capables de gérer la Connaissance, sans passer par l'apprentissage, nous ne goûterons plus aux fruits du Jardin d'Eden. Manger de l'arbre de la Connaissance, c'est s'affranchir de la tutelle de son créateur, pour se fier à son propre jugement, au point de se prendre pour Dieu.

Depuis des millénaires, des milliers d'hommes, ont consacré leur vie à la recherche de l'Harmonie Perdue. Parce que nous avons perdu l'éternité, cette recherche a toujours un goût d'inachevé, et le temps consacré à l'étude nous fait oublier de conserver du temps pour transmettre, et souvent la génération suivante, doit refaire les mêmes pas que la précédente. Cet état de fait accentue l'empressement.
Au sein de notre ordre, et plus particulièrement dans notre atelier, la première chose que nous devons comprendre, est de savoir que nous sommes dans notre ensemble réuni dans une même recherche spirituelle, la méthode est personnelle, le travail souvent individuel, mais tous ces travaux vont dans le même sens, tenter de comprendre l'Univers, et retrouver l'harmonie.

Comme nous le rappelait notre F. Conseiller Fédéral, ce qui nous lie tous ici plus que la fraternité, c'est l'initiation, la fraternité n'étant que la conséquence de l'initiation. L'initiation est le moment le plus fort de notre démarche maçonnique, c'est l'instant ou nous avons décidé d'ouvrir les yeux, c'est le premier pas qui nous ramène vers l'Harmonie primordiale, qui jusqu'à ce que nous rejoignions l'Orient éternel, nous aidera à ne pas flancher devant l'immensité du travail que nous avons décidé d'entreprendre.

L'initiation, si elle est vécue avec sincérité et émotion, déclenche en nous un processus irréversible, plus que tout maintenant nous avons le désir de retrouver la parole perdue, mais notre démarche individuelle ne peut devenir efficace que si elle est vécue collectivement. La fraternité et l'amour véritable, n'apparaît que parce que nous avons reconnu en nous, frères ce même désir ardent, la similitude de notre quête.

Les outils qui mènent vers l'harmonie.

Pour nous aider à travailler tous dans une même direction, nos anciens nous ont légué un langage lisible pour ceux qui le désirent, le symbolisme. A première vue ce que nous voyons posé au centre de notre temple, les signes dessinés sur cette peau, sont inertes. Mais comme les prémisses de la Vie, dont je vous parlais précédemment, sous l'action de la Lumière, ils prennent vie et nous aident à comprendre progressivement la création.

Malheureusement, nous voyons certains de nos F. brûler les étapes. Parce qu'ils ont vu, ils croient connaître. Comme le premier homme Adam, ils pensent être suffisamment érudits pour prétendre à être élevés au grade supérieur.

Ma jeune expérience, quatre années, quatre petites années m'ont permis tout juste d'étudier les symboles du 1er degré, puis de survoler le grade de compagnon, et me voilà déjà maître.

A ceux de mes frères qui brûlent d'impatience de connaître les secrets du degré supérieur, je leur demande le plus objectivement possible, avez vous bien eu le temps de faire le tour de votre grade, avez vous étudié chacun des symboles peints sur ce parchemin.

Dans un deuxième temps demandez-vous pourquoi certains de nos frères qui travaillent dans les ateliers supérieurs, viennent toujours avec le même plaisir, avec cette même ferveur dans nos tenues. On pourrait penser que cela doit les ennuyer d'écouter pour la Xème fois, une planche sur la pierre brute, et pourtant ils sont là dans nos rangs et écoutent avec respect et attention.

Atteindre le grade supérieur, dans notre ordre n'est pas un aboutissement, ce n'est qu'un repère dans le temps terrestre, qui permet de se situer dans la recherche que nous entreprenons. Nous avons été chassés du Paradis, parce que nous voulions tout comprendre, dans un laps de temps infime. Le péché originel ce n'est pas d'avoir mangé le fruit défendu, mais plutôt notre impatience démesurée, la peur de mourir sans tout avoir connu et compris.

Maintenant que nous avons perdu l'Eternité, cette impatience reste ancrée en nous et nous empêche de travailler dans l'harmonie. Le premier travail à faire en entrant dans notre ordre c'est de maîtriser notre impatience. Rester dans le silence pendant les deux premières années d'apprentissage est une excellente méthode, pour y parvenir.

Ne tentez pas de tout connaître restez attentifs à l'essentiel qui se trouve dans notre rituel. L'Homme a perdu l'éternité, mais elle existe encore au sein de notre ordre au travers de la chaîne d'union, seul lien qui permet de traverser le temps terrestre, sans perdre de vue notre objectif primordial la redécouverte de l'Harmonie primordiale.

Désordre et Harmonie.

Quand j'entends les gens clamer « Dieu nous a abandonnés », quand on voit le désordre et le mal prendre possession de cette planète, je leur réponds non. Parce que la pensée annonciatrice de l'action, a été engendrée dans le déséquilibre, dans un moment ou l'émotion prédomine, elle tend vers le chaos.

Notre temple est soutenu par trois grands piliers, les fondations de notre univers : Sagesse, Force et Beauté. Il doit être de même dans notre recherche et notre quête. La Sagesse conçoit, La Force l'achève, La Beauté l'orne. C'est quand l'action suit ces trois principes, qu'elle devient harmonieuse.

Quand je posais la question si l'Harmonie est une fin en soi ou seulement une étape dans évolution de l'univers. Je crois Plutôt qu'à l'égal de l'équerre, elle représente à un moment donné, un signe qui nous permet de mesurer si la voie que nous avons entamée, respecte les trois principes cités précédemment.

Le désordre, comme l'harmonie sont des concepts impalpables au niveau de l’univers. On peut juger si quelque chose est harmonieux, seulement si les règles ont été préétablies auparavant, ce qui au niveau de la création de l'univers dépasse notre entendement.

La seule harmonie à ce jour que nous sommes capables de ressentir, est émotionnelle et encore est-elle imparfaite parce que totalement personnelle et ses fondements sont ceux de la vie profane.

Pourtant au sein de ce temple, il nous arrive de ressentir l'harmonie primordiale. C'est un moment fugace, où tous les esprits libres assemblés dans ce temple se rejoignent, et au lieu de suivre le rituel, le vivent avec sincérité comme ce le fut pour la création du Monde. Nous appelons ça l'Egrégore.

Le chemin est long et sans gloire, mais à portée de celui qui est sincère avec soi même, celui qui déjà, est en harmonie avec lui-même. « Connais-toi, toi-même et tu connaîtras l'Univers » disait Platon. Il sait qu'il ne travaille pas pour lui, mais pour une future génération, peut-être pas la suivante, peut-être pas celle qui suit.

Chaque frère qui s'engage dans cette voie, prend une responsabilité immense, il permettra par le fruit de son travail et de ses recherches à faire progresser cette quête de l'harmonie perdue. Comme le disait un de nos frères lors d'une tenue précédente, la valeur d'une loge se mesure au maillon le plus faible de la chaîne.

J’ai dit V\ M\

Questions posées par mes F\ lors de la tenue où j'ai présenté mon travail

1. Dans l'harmonie y a-t-il une place pour le G\ A\D\L\U\ ?
Je crois que notre F. voulait me demander si nous arrivions à l'harmonie ou si nous la possédions quelle serait la place du Principe, dans cette harmonie.

2. Qu’est-ce que c’est la 4ème colonne et est-elle indispensable pour l'harmonie de notre œuvre ?
Il faut déjà se poser la question : Parlons d'une œuvre collective qui rassemble tous les maçons présents ou parle t’on de notre propre œuvre. La 4ème colonne est sûrement l'homme harmonieux, celui que nous tentons de façonner, celui qui traverse le temps et qui de générations tend vers la perfection à l'image de l'univers. Mais l'univers est-il parfait du premier coup ou lui aussi tend-il vers la perfection au travers de l'éternité, alors dans ce cas y aura-t-il un aboutissement ?

3. Que représente l'harmonie pour nous francs-maçons ?
Question de Rémi à laquelle je n'ai pas encore répondu car très large et qui englobe le programme de cette année et à laquelle je tâcherai de répondre dans les semaines à venir. Pour répondre à cette question il est important de savoir ce que nous cherchons en entrant dans le temple. Puis d'une façon générale l'harmonie est-elle l'aboutissement de notre recherche.

4. Pourquoi avons-nous besoin d'harmonie ?
Cela dépend de chacun, la perception de l'harmonie est très personnelle, mais notre existence étant toujours en déséquilibre affectif, spirituel, je crois que oui nous avons besoin d'harmonie, car l'atteindre à un certain moment, permet au corps et à l'esprit d'être en paix jusqu'à la prochaine question, jusqu'au prochain doute. Le profane se crée son harmonie afin de vivre heureux le plus rapidement possible, alors que nous notre bonheur, c'est de savoir qu'il existe quelque chose de plus grand et même si nous mourions l'esprit empli de questions, de doutes, d'incertitudes, notre paix intérieure existe car nous savons que notre recherche n'est pas vaine. Ou peut-être convainquons-nous que cela n'est pas vain.

5. L'harmonie si elle existe dans la création, est-elle en devenir ou a-t-elle existé puis disparue ?
L'harmonie est en fonction du mouvement de l'univers, elle ne peut s'apprécier que si la création devenait immobile. A ce moment nous pourrions juger si oui ou non elle existe. Tant qu'il existe un mouvement, nous ne pouvons savoir si l'action actuelle n’est pas la base d'une harmonie future. Le concept de temps me gêne beaucoup pour évaluer l'existence de l'harmonie.

6. Le libre arbitre de l'homme n’est-il pas venu prématurément, après le texte de la Genèse ?
Oui sûrement comme je l'exprime dans mon travail, l'empressement de l'homme a engendré sa chute. Nous avançons dans la vie sans savoir notre rôle dans l'univers, c'est pourquoi nous avons tant de mal à atteindre la perfection ou l'harmonie. Aucun homme à ce jour ne connaît l'aboutissement de la création, s'il en existe un évidemment. Nous utilisons notre libre arbitre les yeux bandés sans savoir où nous allons, nous tâtonnons.

Source : www.ledifice.com

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Published by J\D\ F\ - dans Planches
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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 05:03

En préambule, je voudrais m’adresser à nos jeunes apprentis. Profitez de ce moment où lors de votre passage du monde profane au nouvel univers de la F M; vous découvrez que votre initiation à la connaissance du visible et de l’invisible restera l’un des moments les plus forts de votre existence et que ce réveil de la conscience restera indissoluble quelques seront vos futurs choix de vie. Le degré d’apprenti reste pour moi et je le pense pour tous les Francs-Maçons le degré le plus fort.
Alors commencez la taille de votre pierre harmonieusement et soyez attentifs à tous les symboles de votre grade car ils tailleront votre pierre d’une manière irréversible ; c’est sur cette taille initiale que vous vous appuierez pour polir votre pierre ultérieurement.
Ce que je vous invite à faire, à travers cette planche, c'est de réfléchir sur nos rituels, nos symboles et nos pratiques sans à priori en cherchant la voie ésotérique sur notre pavé mosaïque. Concernant la position d’ordre j’ai confronté sa pratique et son symbolisme et, force est de constater qu’elles sont différentes.
Dans la plupart des ateliers travaillant au R
EAA, que ce soit au GODF ou à la GLDF ou à la GLFF ou au DH, nous avons tous observés la même pratique que dans notre Respectable Loge telle qu’elle est décrite dans le rituel particulier de l’atelier en p. 3, à savoir : « il se fait le bras droit horizontal replié, paume de la main tournée vers le sol, pouce à l'équerre contre le cou.»
Pourtant, dans le rituel d’intégration particulier de notre Respectable Loge, reprenant Oswald Wirth, la position d’ordre y est décrite de manière différente, à savoir : « La main droite, placée en équerre sur la gorge, paraît contenir le bouillonnement des passions qui s'agitent dans la poitrine et préserver ainsi la tête de toute exaltation fébrile susceptible de compromettre la lucidité de l'esprit. L'Ordre de l'Apprenti signifie qu'il cherche à être en possession de lui-même et qu'il s'attache à juger avec impartialité.»
Convenons immédiatement que si l’explication symbolique est très explicite pour comprendre la position d’ordre, en revanche, le description de celle-ci en elle-même manque peut-être de précision. En effet, « la main droite placée en équerre sur la gorge » ne précise pas mais sous-entend seulement qu’elle est à plat (en effet, le sur la gorge sous-entend que c’est la main dans son entier et pas son bord qui est placé sur la gorge ; mais l’explication symbolique de la position d’ordre nous éclaire).
Voilà, concernant la même position d’ordre, 2 descriptions différentes ... S’il me semble évident qu’il faudrait les mettre en adéquation l’une avec l’autre, le but de ce tracé est de savoir lequel nous devrions changer. Devons-nous aligner notre rituel sur notre manuel d’instruction ou l’inverse ?

Pour mieux faciliter la compréhension des diverses pratiques, nous devons aussi souligner que le signe pénal qui succède au signe d’ordre, symbolise « que je préférerais avoir la gorge tranchée, plutôt que de révéler les secrets qui m'ont été confiés » et que nous y joignons le geste au symbolisme.

Mais n’anticipons pas trop vite, revenons à la position d’ordre. Que symbolise t’elle ? Comme il est si justement dit dans notre rituel d’instruction au 1er degré, elle symbolise notre maîtrise du bouillonnement de nos passions qui s’agitent dans la poitrine et préserve ainsi la tête de toute exaltation fébrile. A travers cette position d’ordre, nous cherchons à être en possession de nous-même. Il n’est pas encore question de quelque tranchement de gorge que ce soit à l’instant précis de la position d’ordre. Ca, c’est pour après, lors du signe pénal.

Alors la pratique observée dans les autres Loges et sur nos colonnes pouce à l’équerre contre le cou, paume de la main tournée vers le sol est-elle juste eu égard du symbolisme ?

Que dit le rituel de référence de la G
LDF sur la position d’ordre et sur le signe pénal ?   
«Le signe d’ordre :
Etant debout, pieds en équerre à angle droit, le gauche devant orienté ouest-est, talon contre talon, porter la main droite étendue (quatre doigts joints et pouce écarté formant une équerre) à plat sous la gorge posés sur le haut de la poitrine ; bras et avant-bras droits relevés horizontalement dans le prolongement de l’épaule, bras gauche allongé normalement le long du corps.
Lorsque l’on reste en cette position, on est à l’ordre.
On quitte cette position par le signe pénal.
Le signe pénal ou de reconnaissance :
Etant à l’ordre, retirer la main droite horizontalement vers l’épaule droite et la laisser retomber le long du corps, le bras allongé, décrivant ainsi une équerre.»

Remarquez que dans ce rituel, la G
LDF a fait le choix de préciser la description d’Oswald Wirth. Notre rite étant très attaché à la Tradition, je suis allé en quête d’anciens rituels. Que disent-ils ? Le rituel dit «Cerbu» :
«Placez la main droite au niveau de la gorge, le pouce en équerre, l'avant-bras droit horizontal ; cela s'appelle "se mettre à l'ordre".»
Le rituel de la G
LNF de 1802 (d’après rituels anciens) :
« la main droite placée en équerre sur la gorge, parait contenir le bouillonnement des passions qui s’agitent dans la poitrine et préserver ainsi la tête de toute exaltation fébrile, susceptible de compromettre notre lucidité d’esprit.»

Et celui de la Grande Loge Générale Ecossaise de France de 1804 (ancêtre de la G
LDF) :
«Il (le signe d’ordre) se fait en portant la main droite étendue à la gorge, de manière que le Larynx se trouve entre l'index et le pouce, on élève le Coude à la hauteur de la main, ce qui forme une ligne horizontale, (...).»

Tous les rituels cités sont tous en accord entre eux et avec notre manuel d’instruction. En revanche, dans des rituels plus anciens, je n’ai pas trouvé de description précise de la position d’ordre qui se transmettait par voie orale.

Jules Boucher donne une description du signe d'ordre, dans « la symbolique maçonnique » que je partage en tous points, en p. 322 :
« Le signe d’apprenti comprend, comme tous les signes maçonniques, deux gestes distincts : le signe d’ordre et le signe proprement dit.
Se « mettre à l’ordre », c’est placer la main droite à plat sous la gorge, les quatre doigts serrés et le pouce écarté formant l’équerre. La main gauche reste pendante.
«Faire le signe», c’est redresser la main perpendiculairement à la gorge, la ramener à l’épaule droite et le faire retomber le long du flanc droit.»

«Ce signe porte généralement le nom de «guttural». On l’interprète d’une façon tout exotérique en lui attribuant cette signification : «Je préfèrerais avoir la gorge coupée, plutôt que de révéler les secrets qui m’ont été confiés.»

Wirth dit en p. 148 du Livre de l’Apprenti : «La main droite placée en Equerre sous la gorge, paraît contenir le bouillonnement des passions qui s’agitent dans la poitrine et préserver ainsi la tête de toute excitation fébrile, susceptible de compromettre notre lucidité d’esprit. Le signe d’Apprenti signifie à ce point de vue : «je suis en possession de moi-même et je m’attache à juger de tout avec impartialité.»»
(...)
Il est exact que le Maçon, en accomplissant ce geste, se couvre de l’Equerre, signe de rectitude, et que d’autre part, suivant les catéchismes rituels, le Maçon vient en Loge « pour vaincre ses passions, soumettre sa volonté et faire de nouveaux progrès en maçonnerie ». Le geste est le signe extérieur de cette volition.
Chaque fois qu’un Frère prend la parole en Loge, il doit se «mettre à l’ordre». Nul n’est exempté de cette obligation. Indépendamment de la valeur réelle du signe, il faut remarquer que ce geste, si simple en apparence, empêche tout autre geste et par suite toute véhémence. Combien d’orateurs - profanes - parlent plus encore peut-être avec leurs mains qu’avec leur voix !
Il faut aussi se souvenir que l’Apprenti, durant son stage à ce degré, doit être «silencieux», et son signe, appuyant sur la gorge, indique son mutisme non pas par incapacité de parole, mais par sa propre volonté.»

Si l’on veut aller plus loin au niveau symbolisme, on pourra dire que dans la pratique, le bras droit décrit 2 équerres alors que dans le respect du symbolisme du rituel décrit par Jules Boucher et Oswald Wirth, nous décrivons une équerre de plus en relevant la main droite pour la rendre tranchante sur notre gorge. 3 équerres, nombre nettement plus symbolique que le chiffre 2 au grade d’apprenti, me semble t’il... Cette description, commune à tous les écrits est sans ambiguïté et recoupe en tous points notre manuel d’instruction mais pas les pratiques dans les différentes Loges travaillant au R
EAA.
Revenons sur le signe d’ordre d’apprenti et son symbolisme.
- Le signe d’ordre se fait d’abord les deux pieds en équerre qui assure notre stabilité et nous enracine dans la terre source de la matière originelle dont notre corps est issu.

- Le bras droit à l’horizontal montre à ce corps matériel qui est né et qui vit qu’il est appelé à mourir et à retourner à la terre laissant à la partie haute du corps la vision immatérielle de l’invisible, qui fait de nous autre chose qu’un simple corps. C’est cette partie haute qui fait que nous existons vraiment et qui nous permettra de laisser une trace improbable après notre mort physique.

- La main droite placée à plat sous la gorge, le pouce en équerre, retient notre volonté d’aller plus loin, de laisser nos passions nous submerger et de ne pas nous exprimer dans l’excessif, de rester autonome. Elle permet aussi de se libérer des idées préconçues (ce qui tombe à pic pour le travail de ce soir...).
- Le bras gauche immobile le long du corps nous donne le sens du centre de la matière et de la gravité qui ramène en permanence notre esprit vers la matière, ce qui nous oblige à un effort permanent pour que notre esprit s’éloigne de notre condition humaine.
Ce signe d’ordre est aussi, au grade d’apprenti, un signe commun à tous les membres de la Loge nivelant ainsi tous les grades dans l’égalité, donnant ainsi à sa structure une homogénéité parfaite. Nous nous élevons à l’ordre et dans l’ordre, maitre de nous-mêmes. C’est pour sauvegarder l’unicité et l’homogénéité de la Loge que j’ai adopté la position d’ordre pratiquée dans notre atelier, même si j’explique pourquoi je la conteste à travers cette planche.
Seul le silence semble donner à l’apprenti le sentiment de ne pas pouvoir participer, mais il saura plus tard que ce silence est en fait son plus grand avantage. Car c’est par ma position d’ordre que j'essaie de ne prendre la parole que pour apporter quelque chose de plus, de différent de ce que mes frères apportent à la construction de notre édifice et que j’ai compris que le devoir à la parole n'est pas incompatible avec le droit au silence.
Une évidence sans doute, mais qui me semble être importante, est que cette position évite le désordre, elle ordonne chacun d’entre-nous en nous mettant à l’ordre.

N’avez-vous pas observé que lorsque notre V
M prononce cette phrase « debout et à l’ordre mes FF», nous sommes envahis d’une plénitude infinie. Je l’associe personnellement à la puissance dégagée par cette position d’ordre. Elle procure une sérénité et une puissance de perception des choses. Il devient inutile de parler, il suffit de ressentir.
Quand je suis à l’ordre, les idées arrivent d’elles-mêmes, je ne retiens que l’essentiel à traduire en parole évitant le logos et je pense à la main droite posée à plat sur la poitrine, juste sous les clavicules, sur la partie supérieur de l’os Sternal appelé le Manubrium Sternal. L’image de cet os qu’on me donna est celle d’un glaive ! le Manubrium étant le manche et le corps du sternum la lame.

La main droite est donc ouverte sur le manche du glaive, elle met en relation le centre énergétique cardiaque et le centre énergétique laryngé. La position de la main pourrait donc être le moyen de mettre en relation le sentiment d’altruisme avec le verbe (ne dit-on pas parler avec son coeur) et ainsi permettre à l’homme de maîtriser sa pensée et d’apprendre à devenir un homme libre.

La main gauche, quant à elle, est collée le long de la cuisse, c’est la main du coeur. Comme lui, dans cette position, elle doit être calme, sans passion. Là aussi la pratique est souvent différente pour un observateur qui constate que chaque main gauche a un comportement différent. Même si le discours de l’intervenant paraît serein, le comportement de sa main gauche le trahit (qui de l’impatience, qui de la nervosité, qui de l’inconfort de la situation,...).

Mais dans tous les cas, la sérénité et la courtoisie des échanges d’idées est conservée et c’est probablement là l’essentiel ; c’est à la position d’ordre que nous le devons certainement en grande partie.

Et la position des pieds à l’équerre ouverts vers l’avant, la pointe en arrière et celle de la main droite ouverte à l’arrière la pointe vers l’avant sont disposés, en s’entrelaçant, à l’identique de l’équerre et du compas. Là où se trouve notre coeur, nous retrouvons le livre de la loi sacré.

Si on regarde un apprenti debout, de profil et à l’ordre : la main droite sur la poitrine symbolisant le compas, les pieds à angle droit symbolisant l’équerre, la main est à l’aplomb des pieds, le coeur se projette juste au centre en arrière de la main mais en avant des talons. La similitude est trop forte pour que je passe à côté ! Ne serions-nous pas nous-mêmes notre propre livre de la loi Sacré ?

Je pense que cette position d’ordre, parfaitement exécutée rituellement, permet d’être parfaitement centré et en équilibre.

Comme, de plus, la conscience est placée au niveau du coeur, on ressent, à n’en pas douter, toute la plénitude et la puissance de cette position.

Notre rituel induit la politesse qui est la première des vertus celle qui permet toutes les autres : «les bonnes manières précèdent les bonnes actions.» c'est en pratiquant la vertu que l'on devient vertueux et donc du bon rituel que l’on se rapproche de son symbolisme. Une loge, grâce à la position d’ordre, doit être un lieu où s’exprime réellement la fraternité entre ses membres, où, pour reprendre la formule de Pavese, il est possible de «montrer sa faiblesse sans que l'autre s'en serve pour affirmer sa force.»

La pratique ne me semble pas juste et elle déséquilibre gravement la position d’ordre telle qu’on peut la vivre grâce à son symbolisme. En effet, comment dominer ses passions et son logos autrement que paume de la main posée à plat sous la gorge ? Le bord tranchant de la main que nous présentons à notre gorge dans notre pratique ne peut pas servir à cela. Mais pourquoi la pratique est elle devenue différente du rituel ? A mon humble avis, par anticipation du signe pénal. Elle a perdu ainsi une partie de sa puissance rituelle et symbolique.

Alors certes, que je positionne ma main à plat sur la gorge ou à l’équerre de la gorge ne va pas me changer ma vie de maçon au R
EAA., c’est une évidence. Néanmoins, je dois souligner qu’à force de petites choses qui s’écartent du symbolisme du REAA, celui-ci a une certaine tendance à perdre de sa cohérence, ce que je regrette. Je pourrais citer mains exemples...
J’invite donc tous mes FF
à réfléchir pour adopter une pratique de la position d’ordre qui soit plus conforme au rituel et à son symbolisme et de prolonger cette réflexion sur d’autres aspects de notre rituel afin que celui-ci recouvre toute sa cohérence pour nous rapprocher toujours plus du REAA auquel nous tenons tant.

Source : http://laurentremise.typepad.fr/artsgraphiques/2013/08/la-position-dordre-au-reaa-pratiques-et-symbolisme.html

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 07:05

Voici le titre du travail que notre Vénérable Maître m’a confié ce soir et je suis très heureux de faire cette première planche de Maître sur un si beau sujet comme celui-ci. En effet, c’est un sujet d'espoir qui représente l’ouverture à un savoir symbolique universel et à l'acquisition d'une Connaissance. Je vous propose de décomposer cette planche en deux parties. Dans la première nous allons explorer la mort et dans la seconde le Deviens, par l’initiation. Au stade actuel de mon chemin maçonnique, j’ai identifié trois types de mort : Le premier : la mort profane Le deuxième : la mort symbolique Et le troisième : le passage à l’orient éternelAprès cette identification, je vous propose de débuter maintenant, un petit voyage dans la dualité du meurs/deviens, que je traduirais par le couple mort/initiation par deux citations. "Si les évènements majeurs de la vie d'un homme sont : la naissance, l'initiation et la mort, le plus important de tous est le second qui confère un sens au premier et dénie tout pouvoir destructeur au troisième" écrit  Louis-Vincent Thomas dans La mort africaine. Et pour Platon, «mourir, c’est être initié ». Donc, pour toute nouvelle naissance d’un nouveau F\, il y a la mort d’un profane ou devrais-je dire la mort à quelque chose. Nous pouvons dire qu’il s’agit en quelque sorte, de mourir symboliquement de son vivant, d’abandonner non sans un certain déchirement, nos préjugés et nos illusions. Mais pour cela, il faut vaincre la peur du changement et oser se rêver meilleur et plus authentique. Dans toutes les traditions du monde, les rites d'initiation sont des représentations symboliques de la mort et de la naissance, illustrant l'adage : vers une vie nouvelle par la mort. Nous avons là, deux dualités indissociables "naissance - mort" et "mort - naissance". Et cette dualité, nous la retrouvons également dans notre initiation maçonnique au REAA, par la séparation ou l’isolement du candidat (cabinet de réflexion), les épreuves proprement dites que nous verrons plus loin et enfin la reconnaissance du néophyte au nouveau statut de Frère. La racine latine d’initiation, nous vient de inire « entrer » et « commencement » d’où initium « commencement ». Alors, de même que la mort implique un changement d'état (le corps devient inerte et immobile, alors que "l'âme" devient plus dynamique), l’initiation implique également changement et commencement, passage d'un état de conscience à un autre. Pour qu'il y ait initiation, la conscience doit mourir à ce qui était, pour naître à un nouvel état. Et c’est ainsi que toute initiation représente une rupture. Les deux idées de mort et d'initiation impliquent également celle de voyage et de mutation. L'initié est celui qui a su mourir à quelque chose pour renaître au-delà. Le "vieil homme" meurt pour donner naissance à l’homme nouveau". Mais cette naissance n’est pas chose facile. En effet, mourir à l’EGO demeure certainement l'une des épreuves les plus difficiles du sentier et de la voie unitive. La voie unitive nous invite, à nous tourner vers le seul essentiel, à ouvrir notre coeur à l'unique Réalité, à cet 'Unique-Un'. Saint Paul évoqua cette Mort Mystique lorsqu'il dit que la graine devait mourir dans le sol avant de produire une vie nouvelle. La mort permet à la nouvelle vie de l'initié de jaillir. En alchimie, nous qualifions cette Mort Mystique de putréfaction. Néanmoins, nous faisons bien souvent preuve d'un véritable instinct de conservation à l'égard de nos anciens repères et croyances. C'est pourquoi tout changement réel implique nécessairement l'idée d’effort, d'abandon et de lâcher prise. Ce lâcher prise, c'est ce que nous pourrions appeler "la mort au quotidien". Abandonner des repères pour en acquérir d'autres, plus larges, plus essentiels, plus structurants. Abandonner des comportements égoïstes et routiniers pour en acquérir de nouveaux, plus généreux et qui intègrent la dynamique de la vie. Pour ce faire, il est indispensable de développer la foi en soi-même, afin de parvenir à une parfaite réalisation de sa nature. Il nous faut oser entrer et descendre en nous-mêmes, pour nous observer, apprendre à mieux nous connaître et à nous rectifier. Ce travail pour nos Frères Apprentis passe par une période de silence actif. Chaque Apprenti doit percevoir en lui-même la manière dans laquelle les mécanismes égotistes agissent. Plus nous taillons notre pierre brute, plus nous nous rapprochons de notre véritable identité, de notre être intérieur et de notre centre. L’invitation à la découverte de notre centre, de notre pierre philosophale est faite dès le cabinet de réflexion, à travers la formule alchimique V.I.T.R.I.O.L. « Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant, tu trouveras la pierre caché. » Dans cette descente dans le Soi, le « Rectifiant » du V.I.T.R.I.O.L. prend toute son importance. Mais revenons à notre : Initiation, chemin de connaissance et chemin de nouvelle vie. Par l'initiation, on pénètre dans le "sacré", c'est-à-dire dans une autre dimension. II est de fait que l’initiation est un moment important, certainement le moment le plus important de notre vie maçonnique. En effet, on ne naît pas Franc-Maçon, mais on est fait « crée, constitué et reçu » Franc-Maçon lors de la cérémonie d’initiation. Aussi convient-il de s’interroger, sur l’initiation, sur sa finalité et sur la signification qu’elle peut revêtir pour nous. « On entend en général, par initiation, un ensemble de rites et d’enseignements oraux, qui poursuit la modification radicale du statut social et religieux de l’homme à initier », a écrit Mircéa Eliade. Le projet initiatique, est de provoquer une radicale et fondamentale évolution de notre pensée, de notre être et de notre manière de vivre. L'initiation doit rassembler en nous les éléments rendus épars, voire divergents, par notre vie profane. Il s’agit, « de passer des ténèbres à la lumière » et, par cette lumière qui nous illumine, de changer notre être et notre vie. En effet, la finalité de l’initiation n’est pas seulement « théorique », mais pratique. Il ne s’agit pas seulement d’aller vers la lumière et de se reposer dans une vaine et stérile contemplation, mais par cette lumière de nous entraîner à une action plus efficace et plus juste. Souvenons-nous que le « Logos » de Jean, ce n’est pas seulement l’Esprit qui nous illumine, mais c’est l’Esprit qui nous transforme. Autrement dit, l’initiation veut nous faire passer du vieil homme à l’homme nouveau. Elle veut susciter une nouvelle naissance et la rendre possible. Mais pour atteindre ce but, elle doit utiliser certains moyens, se soumettre à certaines conditions : La première condition de toute initiation aux « mystères de la Franc-maçonnerie », c’est que le candidat doit être un homme « libre et de bonnes mœurs ». Libre de toute contingence matérielle ; on ne vient pas pour un carnet d’adresses. La deuxième condition est la mort symbolique du candidat à initier mais cette étape nous l’avons déjà évoquée. Le profane qui aspire à la lumière doit d’abord, dans une première épreuve, se dépouiller de tout son passé, des préventions, des préjugés que la vie profane a pu accumuler en lui. Il doit faire son testament philosophique et mourir à ce qu’il était. Mais cette remise en question, cette sorte d’autocritique radicale, ne saurait se passer n’importe où et n’importe comment. Elles ne peuvent s’effectuer que dans un lieu séparé du monde et dans un temps autre que celui de tous les jours ; un espace et un temps séparés, c’est-à-dire dans un espace et un temps sacrés, sacralisés par le Rituel lui-même. Cette initiation ne saurait également s’effectuer n’importe comment. Elle comporte une série d’épreuves : de la terre, de l’air, de l’eau, et du feu, subies par le récipiendaire au cours de voyages symboliques qui sont le premier pas pour nous aider à passer du paraître à l’être. On voit par là que l’on ne saurait recevoir la Lumière, si d’abord on n’a pas su franchir certains obstacles, surmonter certaines épreuves, si ensuite on n’a pas suivi un itinéraire, ce qui implique l’idée du temps, de temps linéaire celui-ci étant une condition nécessaire à l’épanouissement, à l’accomplissement du profane à initier et à libérer. L'initiation présente donc un double aspect: elle est une cérémonie, un rituel, mais elle est aussi une expérience personnelle d'ordre spirituel. C'est ce deuxième aspect qui la rend «secrète» ou plus exactement incommunicable. Et là, nous touchons peut être à un des secrets de la F.M. En effet, nous avons tous vécu les mêmes épreuves mais chacun d’entre nous d’une façon totalement différente et très personnelle. Et c’est pour cela que cet itinéraire ne peut être accompli qu’à la première personne, nul autre que nous-même ne saurait l’accomplir à notre place. Néanmoins, la pierre brute que l'on taille afin de la dépouiller de ses aspérités et la rendre polie, ne peut rester isolée. Elle doit être ajustée à d'autres éléments. Par leur équilibre, leur beauté, nous constituons l’édifice. Nous fuyons le vice, et cela signifie que nous cherchons avant tout à éviter que notre Ego nous rattrape et à maintenir notre pierre imperméable à tout retour et déviance de notre vie profane. Et grâce à notre perfectionnement individuel, nous parviendrons à agir sur le monde pour bâtir le Temple extérieur dans un idéal de paix, d’amour et de fraternité. Mais seuls nous ne pouvons rien. Notre vie maçonnique tout entière est à la fois de nature individuelle et de nature collective. Sans les autres, nous ne sommes rien. En effet, n’oublions jamais qu’à la question: Etes-vous Franc-Maçon ? Notre rituel nous donne la réponse : Mes Frères me reconnaissent pour tel. L'âme de chacun se nourrit de l'amour AGAPE des autres F\ Il s’agit de nourrir la pensée de chacun avec la pensée exprimée des autres. Néanmoins, le savoir de l’autre ne doit jamais étouffer tel un amalgame la connaissance du cherchant. L’initiation maçonnique veut, délivrer, dégager en l’homme ce qui est esprit, mais elle ne peut le faire qu’en le confrontant à des obstacles selon un long et difficile chemin. Et si initier quelqu’un, c’est le mettre en chemin. Ce n’est pas le mettre dans « un » chemin, ni le mettre au début du « seul » chemin, ou encore de le mettre au début de « notre » chemin. Il s’agit de le placer au début de « son » propre chemin. Chemin, qu’il va créer, avec l’aide de ses frères, mais en restant libre de sa démarche. Comme nous le rappelle si bien notre Frère Robert : « Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est chemin » (Sören Kierkegaard). Voilà mes Frères, j’ai essayé de vous démontrer que le verbe Initier a plusieurs significations, d'ailleurs complémentaires. C'est avant tout "mettre en chemin" et conduire à un nouveau départ. Autrement dit, nous dirons que le projet de l’initiation maçonnique est de permettre à tout homme de devenir un « autre homme », un homme véritable. C’est-à-dire de découvrir en lui ce qui est sagesse, force et beauté et de savoir découvrir une dimension « verticale ». Néanmoins, tels les angelots sur l’échelle de Jacob, si nous recherchons le divin, nous ne devons jamais oublier de redescendre vers le bas symbole de l’action. Faute de quoi, nous risquerions de passer à côté de notre travail premier. René Guénon distingue « l’initiation virtuelle » de « l’initiation réelle », expliquant que « entrer dans la voie, c’est l’initiation virtuelle », « et suivre la voie, c’est l’initiation réelle ». C’est à nous seuls qu’il appartient de « suivre la voie », à nous seuls qu’il appartient par notre effort et notre patience, notre intelligence et notre volonté, de passer de l’initiation « virtuelle » à l’initiation « réelle », de transformer une promesse en une réalité, une espérance en une certitude, un chemin de connaissance en un chemin de vie. lnitium novae vitae, "le commencement d'une vie nouvelle" afin de devenir un enfant Royal, l'Homme régénéré, ne devrait-on pas dire tout simplement l'Homme véritable, enfant de la Lumière. Avec pour seul but de rendre le souffle qui nous a été confié aussi pur et aussi beau qu’au début de notre histoire, à savoir notre naissance. Pour finir mes Frères, je vous propose une réflexion sur le Tikkun Olam : La réparation du monde est notre tâche, et même si l’on n’attend pas de nous que nous accomplissions cette tâche, nous ne sommes pas libres de nous dérober à cette tâche ».

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 07:44

Dans les trois pas au-dessus du cercueil d’Hiram qu’accomplit le compagnon lors de son élévation à la maîtrise est symbolisé le couronnement d’une Maîtrise affirmée. Mais quel sens donner à cela ?

La naissance : Nous donnons naissance, par l’initiation, à une création d’un nouveau nous même. Elle est l’occasion de sonder les profondeurs les plus intimes de soi dont saint Jean nous encourage à en rechercher tout l’Amour.

Entre la naissance, la vie et la mort. Trinité troublante à laquelle il faut se résoudre si l’on veut découvrir en maçon la raison d’être de notre Ordre en tant qu’œuvre créatrice universelle. Mais comment véritablement expliquer les trois pas du Maître ?

La naissance par l’Initiation, c’est le mystère de l’apprenti qui se découvre lui-même et qui le communiquera au Compagnon qu’il sera. Ce compagnon est identique. L’une de nos grandes Lumières, La Bible, le confirme, la vie nous est donnée car nous avons été engendré et non pas créé tout en étant de la même nature que le Père.

Il y a dans le secret de la vie le mystère qui appartient à l’essence de notre Ordre, désignant le temps de la parole. Il faut du temps à la parole pour venir, ce qu’elle dit est appris, dans une écoute du monde et d’autrui lors de notre période d’apprentissage, ce qu’elle dit doit trouver son chemin à l’intérieur de nous par le filtre que nous sommes devenu. C’est un peu de ces chemins que je vais tenter de parcourir.

La vie : En comprenant l’homme à partir de la Vie, de la seule et unique Vie qui existe et qui est celle que le GADLU. En donnant sa vie à chaque initié comme il l’a donnée à Hiram, a conféré à chacun de ses Fils de la Veuve une destination propre à chacun. Mais qui se complète et forme un tout quand nous formons la chaine d’union.

L’initié diffère d’Hiram en ceci qu’il ne s’est pas mis lui-même dans la condition qu’était celle d’Hiram et qui était de s’éprouver soi-même jusqu'à la mort. Et pour autant par la cérémonie cette transposition s’accomplisse et que l’initié par lui-même simule il deviendra le Fils dans le Fils. De cette incapacité de l’initié de vivre de lui-même et en soi cette mort, témoignent de la paralysie face à la mort qui marquent toute sa vie d’un trait indélébile et qu’il s’exprime par son second pas. C’est uniquement parce que cette épreuve s’accomplit hors du monde qu’elle peut être épreuve de soi. C’est seulement dans l’invisible que vivre est possible.

Selon St. Jean, Dieu est Vie. Invisible donc, comme tout ce qui, portant en soi cette Vie, se trouve ainsi être vivant. La première est qu’aucune vie n’est possible sans un autre être vivant, de même qu’aucun vivant n’est possible sans la Vie. Cette appartenance réciproque de la Vie et du vivant est immuable. Elle résulte de la façon dont la vie vient en soi dans le procès de son auto génération éternelle.

Le présent n’est jamais notre fin. Le passé et le présent sont nos moyens et des étapes, le seul avenir est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre et nous aspirons toujours à être heureux, et il est inévitable que nous ne le soyons jamais compétemment.

Nous sommes toujours hors de nous dans la recherche de ce qui, au dehors, doit nous libérer de nous-mêmes, toujours en dehors du présent que nous ne pouvons supporter. Nous vivons sans le savoir aux abonnés absents.

La question concerne chacun dans la partie la plus intime de nous. Angoisse, impuissance et révolte minent irréductiblement les bases de nos vies, mais elles ne sont pas pour autant insensées. Elles balisent un chemin, un chemin de vérité sur soi-même dont les épreuves peuvent se révéler libératrices. Nous ne savons pas, en effet. Ce qu’à en tête le GADLU, quand notre image réfléchie dans le miroir du 1er et 2ème grade et que nos frères nous tendent pour progresser dans la recherche de la Vérité.

Le présent ne prend corps que sur fond d’un avenir possible. Il n’est pas assez riche en lui-même pour se tenir par lui-même. L’avenir impossible disqualifie le présent dans lequel nous sommes pourtant vivants et bien vivants. Le présent ne tient que par le futur. Il en va comme si nous étions séparés de cette source présente de la vie. Il faut à tout prix qu’elle trouve consistance à travers la représentation d’un avenir possible. Pourtant la vie est là et bien là, tant que nous vivons.

L’avenir, mais le passé aussi, perd sa signification, si nous nous sommes battus, si nous avons travaillé, souffert pour disparaître, à quoi bon ? La révolte gronde contre l’insensé. L’impuissance révoltante dans la quelle nous nous trouvons et qui accompagne la conscience de notre mort, ne se comprend que sur le fond d’une compréhension du temps et de soi. Il ne semble qu’il n’y ait pas d’autre alternative à la maîtrise de son avenir ou à la mort, symbolique ou réelle.

La mort: C’est l’étrangeté absolue. Que peut-on en penser ? La diversité contradictoire des réponses, comme la résurrection, réincarnation, etc., dévoile une résistance incontrôlée. Car on ne peut savoir ce qu’il y a après.

L’esprit s’y brise, impuissant et pressent sans se l’avouer l’inutilité des représentations dans ce fouillis de significations que l’on perçoit dans les diverses interprétations que s’en font les Sœurs et les Frères.

Le récit de la légende d’Hiram témoigne d’une nouvelle manière de vivre le présent. Le présent se suffit à lui-même. Le présent ne se justifie pas obligatoirement d’un avenir possible. Il se peut que se soit le présent qui structure l’avenir et le passé. Il est des expériences présentes qui donnent au passé et au futur leur consistance. Telle est l’expérience mystique, l’expérience amoureuse, la création artistique. Moments qui se suffisent par leur richesse pour irriguer subrepticement passé et futur de significations nouvelles. Le temps se mets en perspectives : le passé préparait le présent ; le présent oriente l’avenir.

Dans cette perspective, l’angoisse suscitée par la pensée de la mort manifeste le vide de notre présent. L’initié se projette d’autant plus dans le futur et le passé que son présent lui échappe. Les impasses que nous traversons obligent à remanier, malgré nous, notre temps vécu, goûter la richesse du présent. De notre rapport corporel et immédiat au monde. L’épreuve suscite ainsi une nouvelle manière d’être. C’est à ce prix qu’une épreuve peut être décisive. C’est là quelques réflexions qui, au cours de mon histoire personnelle, m’ont suggéré une certaine proximité, une certaine urgence de la mort. Le profit, s’il en est un, est de fournir à l’un ou l’autre, initié mortel lui aussi, l’occasion de se situer par rapport à sa mort, d’entendre en lui-même : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ». Et cela pour être initié, en est la vérité de sa condition.

La conscience de sa mortalité dans la vitalité contribue à sa place à un art de vivre authentiquement. Elle permet de dire non seulement « tous les hommes sont mortels », mais « je suis mortel ». Grâce à elle chacun réalise mieux dans le quotidien de ses jours sa limite.

La mort est ce qui caractérise celui qui ne peut plus répondre à l’appel de son nom. S’il y a une suite dans l’histoire d’un initié, comme dans celle de tout homme, il faut plutôt se la figurer tel un enchaînement imprévisible d’événements, qui déconcertent tour à tour ou émerveillent. Ce qui est sûr, c’est que l’initié ne peut échapper à sa transformation, à moins de ne plus rechercher la vérité. Aussi bien, on s’en doute, si la vérité ne s’arrête pas, comme l’initié à la mort car « la vérité demeure et Franc-maçonnerie traverse les temps et les générations ».

Le désir conduit l’initié plus loin que la mort parce que le désir chez lui s’est transformé en amour. Pourtant, l’initié n’a pas le privilège d’une telle transformation du désir en amour. Le non initié, lui aussi, en fait l’expérience. Alors nous consentons à ce que notre désir ne vive que de l’autre, et même de la volonté, éprouvée comme un bonheur, que présent ou absent, l’autre soit là. Car aimer autrui, au sens que nous venons de dire, ne peut être isolé de l’acte par lequel je m’aime moi-même. Mais l’initié traite ce vœu d’une façon qui n’est pas celle du non initié.

Pour le non initié, l’évitement de la mort qui tue se suffit à lui-même : il n’est à aucun titre un signe. Pour l’initié, au contraire, alors que pourtant la mort continue à régner sur l’existence des hommes, l’amour devient le signe mystérieux que la mort est défaite : la chaire quitte les os. C‘est donc une mission que le Maître reçoit et accepte avec d’autres et pour d’autres depuis le début de ces trois pas, vécus comme un exode intérieur, qui commence par le cabinet de réflexion et où je retourne régulièrement mentalement.

Le cabinet de réflexion est toujours là, au plus profond de moi, pour m’y replonger régulièrement dans le silence et où le Vitriol est celui du Corps d’Hiram et qu’il s’est donné dans sa mort et sa résurrection par l’acacia. Ainsi, la relation mystique s’élargit dans une dimension universelle, « je » est devenu « nous ».

« On ne voit bien qu’à deux, mais que Tu sois cet Autre Nous menant dans sa disparition jusque dans cette tombe improvisée (Hiram au corps éparpillé, recomposé par Isis, veuve dont nous sommes les fils) ».

C’est là que j’ai trouvé et vécu la véritable solidarité, celle faite des Sœurs et des Frères maçons, dans l’univers d’alliance, je peux espérer passer au delà du « je ».
Du côté des hommes aussi, car que sais-je de ma nuit ? Il y a peut-être en elle un « nous » enfoui... un nous recomposé dans l’Homme épars dont nous parlons en loge. Les trois pas du maître où la différence de la mort profane de celle rituelle.

Cessant d’être des objets à posséder, le Maître devient pour lui appel à reconnaître qu’il ne peut rien ramener à lui. Il n’est centre ni de l’univers, ni de la société, ni de son couple, ni même de sa propre existence. Sachant cela et cessant de se faire centre par son désir toujours frustré, il manifeste la conversion de sa liberté par la « distance » libératrice qu’il garde à l’égard de tout, de tous, et surtout de lui-même. C’est en ce sens qu’on peut parler de « mort à soi-même ».

Mais ce n’est pas la mort de soi-même ; c’est celle de L’égoïsme et des prétentions, c’est la condition de l’adhésion à la véritable vie. C’est le contraire d’un désengagement par rapport aux « choses de ce monde », car on ne meurt ainsi à soi-même qu’à travers ses relations au monde et aux autres.

L’amour de l’Autre n’est alors vécu que dans le refus de la possession et de la domination. Créant, libérant, utilisant la part de richesse et de savoir dont il se sait responsable, celui qui vit répond aux appels d’autrui reconnus comme appels de l’Autre. Il est certes submergé, mais c’est l’amour de l’Autre qui le submerge et il se sait « aimer », car l’amour est au bord du chemin mais il n’est pas vu et même souvent négligé.

J’aurais dû être plus compréhensif. Je sais bien, en effet, pour avoir à le vivre, qu’il faut de la patience et du temps pour défaire les nœuds qui nous maintiennent prisonniers. Pas seulement les nœuds de l’orgueil, de l’égoïsme ou des pulsions charnelles, mais les nœuds de l’esprit qui se nouent dans l’imagination de celui qui cherche.

Le maître par ses trois pas lents, refuse de s’embarquer trop vite sur des chemins dont il pressent les embûches. Peu désireux d’abandonner ce qu’il a cru déjà comprendre, il hésite à intégrer un nouvel élément qui le contraindrait à tout remodeler. Ce n’est pas nécessairement de la peur. C’est peut-être aussi de la prudence, car il est trop sérieux pour s’aventurer dans un désert sans boussole. Il lui faut du temps pour s’équiper avant de faire un pas décisif.

L’Amour est discret. « Il attend ». Et nous passons dans la vie sans deviner sa présence tellement nous sommes distraits et occupés de nous-mêmes. Sur le chemin qui mène vers sa découverte, la grande souffrance, qualifiée de nuit des sens et de l’esprit par l’initié, n’est pas un fantasme. Celui qui s’aventure sur ces chemins le sait quand les grandes eaux le submergent. Jusqu’à l’anéantissement parfois. C’est au fond de cet abîme que l’initié est le plus proche du non initié, en même temps que le plus éloigné, ayez une pensée mes Sœur et mes Frères pour ce prisonnier que je suis, abandonné de tous, à la veille de son exécution ?

Entre l’initié et le non initié, la différence n’est pas une différence de sentiments, car on peut vivre la maçonnerie au cœur du doute.

On ne prouve pas l’absence du GADLU. On ne prouve pas non plus sa présence. Mais on peut éprouver très réellement l’une et l’autre.

A partir de là, peut-être, votre sentiment de solitude qu’il serait abusif d’attribuer à une « exclusion » voulue, mais qui recouvre fatalement une souffrance. Vous êtes sûr d’être seul et, selon moi, il ne s’agit pas seulement de l’éloignement des Sœur et des Frères.

Vous êtes sans doute plus seul que vous ne croyez. Pour ma part, je suis sûr de n’être pas seul et ce n’est pas seulement grâce à mes Sœur et mes Frères. J’ai vécu seul dans mon esprit, dans les pires conditions. Mais je n’ai jamais été seul vraiment. A mes yeux, la différence est cependant réelle. Je ne suis maître de rien et surtout pas de moi-même. Je me sais libre et responsable, mais je ne détermine que peu ce dont je suis responsable. Les occasions, les rencontres, l’action des autres, les événements aussi hasardeux soient-ils, me commandent.

Alors, aujourd’hui, j’essaie de retrouver cette attitude d’acceptation positive en vivant pleinement le jour qui passe, en acceptant de ne pas savoir ce que sera mon lendemain, tout en le préparant de mon mieux, c’est ce que j’appelle l’espérance. J’essaie de vivre la fraternité pour aller à la rencontre de l’Amour absolu. Je suis conscient de ma fragilité, mais fragilité n’est pas impuissance. Le dépouillement n’est pas forcément signe de mort. Il peut être l’occasion d’une vie plus intériorisée.

C’est une difficulté qui peut être source d’un bien. J’ai là l’occasion de creuser mon sillon, d’approfondir ma quête initiatique. Le temps qui passe m’invite à réfléchir sur mon propre parcours. Si je le fais dans l’honnêteté de la lucidité, je deviendrai plus indulgent pour les autres ET surtout pour moi même. J’accéderai à la possibilité de me pardonner au lieu de réchauffer les vieux remords. Un vrai pardon, qui dit oui à la vie de toutes ses forces.

Le cercueil déposé au pied de l’Orient est une invitation à se mettre en route vers l’amour, plutôt qu’une réponse. Le sage, le vieux sage, est donc en route dans son propre chemin, qu’il débroussaille peu à peu en marchant vers sa mort, dans l’espérance que ce jour-là le GADLU aura du talent.

Mais, au regard de la Franc-maçonnerie, l’élan de croissance de ma condition humaine n’est pas brisée par la mort, non parce que je vais renaître une énième fois pour continuer à croître, mais parce que, à ce moment-là, je ne suis pas abandonné à moi-même. GADLU est présent, comme il l’a été tout au long de ma vie. Et c’est seulement dans le cadre de cette relation entre le GADLU et moi que je peux espérer réaliser la plénitude de mon potentiel, ce potentiel dépasse d’ailleurs largement tout ce qu’il peut imaginer, puisqu’il est créé à l’image de Dieu qui est Amour. Il est donc d’ordre relationnel, de l’ordre de l’amour. Et celui qui fait l’expérience d’être aimé dans cette vie sait bien qu’en un seul instant la vie tout entière peut basculer et être transformée par la grâce d’une rencontre de la mort.

En ce dernier moment, c’est donc l’amour de Dieu, dans son sens générique du terme, librement donné et librement accueilli, qui mène l’homme à la plénitude de la vie. Venir dans la condition de s’éprouver soi-même, c’est se révéler. L’action d’auto génération de la Vie est son action d’auto révélation.

La vie vient en soi, s’éprouve elle-même, et se révèle à elle-même. Ajoutons, sans pouvoir développer ici ce point essentiel, que la révélation d’Hiram étant la révélation du Maitre, de même que la révélation du Maitre est la révélation d’Hiram, cette révélation commune, cette gloire ou cet esprit commun, est l’âme. Celle-ci procède donc d’Hiram et du Maitre que l’on pourrait aussi transposer dans le monde profane, du Père et du Fils, elle est leur intériorité réciproque existante en soi et pour soi.

Très Vénérable Maitre, j’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 05:19

Un jour, le Père me dit :

« Il faut que tu aies confiance
Confiance pour frapper à la porte du temple.
Car ceux qui te recevront et te feront Frère,
Témoignent en toi une grande confiance… »

Nous sommes sortis d'une matière dense et en avons rejoint une autre, un peu plus éthérée.
Les Travaux sont ouverts,
Mes frères, nous ne sommes plus dans le monde profane.
Nous avons laisse nos métaux a la porte du Temple,
Elevons nos Coeurs en Fraternité,
Et que nos regards se tournent vers la Lumière !
De la lumière à la vie, car à la lumière qu'il a reçue du Vénérable Maître, l'apprenti devra donner la vie. Il pourrait appréhender cela par la conscience de l'endroit dans lequel il prête serment. A ce jour, je comprends l'apprenti comme symbolisant la prise de conscience, en quelque sorte l'ouverture à la Lumière, le compagnon lui, représente La Conscience de l'homme puis finalement la Maîtrise consacrée à l'ouverture sur l'Ame des choses et des êtres. Le Vénérable Maître donne, et aide à maintenir la vie.
Nous venons du monde de la subsistance, et entrons dans celui de la Connaissance. Pour ma part, j'ai pris conscience de cela quand j'étais dans le Temple, j'ai pris conscience de deux mondes. Le monde profane nous enseigne la maîtrise de notre corps physique et de la matière dense.
Le jeune initie apprend, avec l'aide de ses frères, à sentir le vrai du faux. Par cela, les ennemis de l'initié entrent avec lui dans le temple, se dévêtissent, se démunissent de leur corps physique et montrent leurs vrais visages au fur et à mesure du temps passe dans son temple intérieur. Il devient réceptif aux émotions, passions, et apprend à les connaître. Il comprend leur origine et leur fonctionnement. C'est, je crois la première étape, le début de son cheminement. Je crois avoir appris que la Maçonnerie n'est pas là pour apporter le pouvoir, mais pour faire jaillir le Coeur. Peut-être ce Coeur dont parlent encore tous ceux qui sont passés, avant nous, sur l'autre versant. Rien n'est plus illusoire que de vouloir dominer. Ce n'est, en tout cas, pas l'objectif que je me suis donné.
Je pense à celui qui, sincère et vrai dans son coeur, celui qui a frappé et à qui nous avons ouvert. J'ai envie de lui dire, qu'au travers de la vie, rien n'est plus important que d'avoir été initié.

A La Gloire Du Grand Architecte De l'Univers.

« Learning to fly ». Apprendre à voler et prendre de la hauteur.
Apprendre aussi à voler en évitant de se brûler les ailes. Le mythe d'Icare, voulant voler trop haut, espérant toucher le soleil, se brûle finalement les ailes et trouve la mort. Quoi que je pense que le soleil ne soit pas inatteignable, Icare peut être considéré comme une sentinelle à celui qui est à la recherche du pourquoi.
Je crois que, voyant le but à atteindre, le soleil, il en a oublié le comment. La lumière est aussi un Etre qui brûle. Pour ce qui est de notre cas, ce feu peut jaillir et grandir de jour en jour, de manière progressive, mais peut aussi nous consumer de l'intérieur. Nous pouvons y perdre la raison et notre âme. Cette lumière est un être impitoyable qui ne demande que de l'ouverture pour être reçu par des contenants de plus en plus nobles.
Cependant, ne confondons pas noblesse et austérité.
Le savoir, mais les mots ne sont pas une fin en soi, ils peuvent être un outil qui permet de conquérir cette part de nous même jusque là inconnue. Par cela, il donne un nouveau sens à la vie. Ce sens ne pouvant s'acquérir par les Mots, mais seulement parce que ceux-ci ont a faire Vivre. La solution n'est pas dans les livres mais dans ce que l'on vit. Un vrai maçon, pour moi, n'est pas l'érudit se suffisant de son savoir, mais celui qui doit sa Connaissance à ce qu'il a vécu et non le contraire. L'illusion serait de croire qu'il peut, mais il ne peut faire le contraire. Il ne peut réinventer les règles en fonction de ses imperfections, limites et surtout de ce qui le gène dans cette règle, tout ceci du au fait de son manque de compréhension.
Krishnamurti le disait bien : « Brûlez moi tous ces livres », dans le sens ou les livres ne sont rien, si ceux qui les lisent n'en font que des lettres mortes.
La seule façon de les faire mourir, c'est de les prendre pour la finalité alors qu'ils ne sont que les moyens. Mais alors, me direz-vous, qu'est ce que Vivre ? C'est peut-être faire mourir, ou ne plus donner prise a tous ce qui nous encombre.
C'est sûrement admettre que l'on ne maîtrise que peu de choses.
Que nous sommes les intermédiaires, les outils ou les mediums d'un être plus grand que nous, qui a besoin de nous, et dont nous faisons tous, initiés ou non, partie intégrante.
Que l'on ne peut pas grand-chose en restant seul, et que l'isolement psychologique et physique sont des ennemis de l'initié.
Que l'analyse et le savoir, s'ils n'apportent pas le bien-être deviennent un enfer, une prison des mots.    
Apprendre à voler, c'est je crois, redonner leur valeur réelle aux choses. La place des outils dans la société qui permettent ensuite une réelle amélioration de l'homme. Les mots ne sont que le véhicule de la pensée, et la pensée, celui de la Conscience. Cependant, nous pouvons avoir une grande érudition au sujet de vastes sujets, sans jamais en avoir conscience. La conscience, devenant, elle, le véhicule de ce que l'on peut appeler la Vérité, si tant est qu'elle existe. La conscience se vit de l'intérieur, passant par le ressenti, elle nous donne des « Flash » qui sont des lumières à jamais allumées dans notre Ame. Je crois que ces flashs sont comme un champ électrique produit par deux fréquences qui se rejoignent en certaines circonstances.
Le plus important pour moi, n'est pas la Loi ou le texte, mais bien son esprit. A mes yeux, l'auteur utilise les mots pour retranscrire un esprit, ou un état d'être. La difficulté, c'est que nous croyons retrouver ceux-la au travers du texte, c'est encore souvent mon erreur. En fait, Il faut peut-être se servir du texte pour pouvoir chercher à l'intérieur. La clarté de la Connaissance, la Connaissance étant là pour éclairer. Pour ce qui est de mon cas, j'ai bien évidemment lu des choses, et j'aime beaucoup ça. Mais je sais aujourd'hui que ces choses lues ne me sont d'aucune aide tant qu'elles ne sont pas claires dans ma tête. J'entrevois certains concepts, mais le savoir ne suffit pas, et c'est très bien qu'il ne doive pas suffire de savoir pour connaître. Le temps et la réflexion font que ce savoir passe au stade de ce que l'on peut appeler la Connaissance, par la prise de conscience des réalités que cachent ces concepts. Je crois que la chose la plus dure à accepter en tant que Franc-maçon, c'est que la Connaissance de Soi ne découle que de la Vie en Soi. « La Connaissance immédiate, qui est lumière Solaire, s'oppose à la lumière lunaire qui, étant réfléchie, figure la connaissance discursive et rationnelle. »
« Cette lumière, à laquelle se réfèrent tous les rites, n'est autre que la connaissance transfigurante, que les maçons ont pour devoir d'acquérir. » (Dictionnaire des symboles)
Nous savons tous cela, mais ce qui est aussi paradoxale, c'est que nous nous évertuons à chercher à l'extérieur ce qui ne peut se trouver qu'à l'intérieur. Héritage cultuel, peut-être. Ou tout simplement qu'au fur et à mesure que le temps passe, le profane entre doucement, sournoisement dans nos temples et permet ainsi une perte de conscience, puis l'oubli progressif de l'endroit dans le quel nous avons nos travaux. Cela engendre aussi parfois la perte et la séparation de membres de la grande famille à laquelle nous appartenons. Si je puis me permettre, l'on ressent le GADLU par la conscience et non par l'érudition, quoique l'érudition reste une base de données, pour reprendre un terme a la mode, incontournable. Car sans érudition, point de transmission du savoir et sans recherche de la connaissance apportant une certaine érudition, point d'éléments à transmettre.
Nous sommes dans un ordre initiatique traditionnel basé sur la Fraternité. Traditionnel, Fraternel. La tradition est une science qui s'apprend et se transmet. La Fraternité est un état d'être autant qu'une obligation envers nos Fr\ et nos S\, Hommes et Femmes, tant qu'il sont vertueux. Nous avons donc là un échange, une transmission.
Le Comp\ s'étant démuni du non essentiel peut maintenant mettre dans sa besace les connaissances qu'il aura acquises lors de ses rencontres et voyages autour du monde. Il s'enrichira de ce que lui enseigneront les M\ au travers de son périple. Mais dans quel but ?
La question peut se poser. Est-ce pour s'enrichir soi-même, pour soi-même ? Certes oui ! Mais c'est aussi et surtout dans l'esprit qui nous anime, dans le but de ramener au sein de la loge des connaissances accrues quant aux secrets du métier. De façon à embellir l'édifice et transmettre à son tour, une fois passé a la Maîtrise ces dits secrets.
Car le rôle et les devoirs du M\, restent bien de transmettre et d'entourer les Comp\ sur le chantier, afin que l'édifice continue à s'élever vers le haut, sans cesse et sans cesse depuis le commencement des temps jusqu'a la fin, si tente qu'il y ait une fin un jour.
Gloire à ceux qui persévèrent pour Connaître et voir…
L'édifice est un être fragile. Il faut beaucoup d'énergie pour l'élever et très peu pour ruiner sa santé, à nous d'être vigilants.
Comme tout enfant, l'initié aura ses joies émerveillées, ses caprices et ses colères. Dans deux ans, il aura l'age de raison. Demain, il sera grand, parce qu'il aura aussi écouté les héritiers des fondateurs qui les auront remplacés et par ceux qui sont venus les rejoindre.
Alors, demain nous serons adultes, dans la joie et la sérénité, travaillerons à la Gloire Du Grand Architecte De l'Univers.
Nous avons demande la Lumière, elle nous a été donnée.
A nous d'en faire bon usage.
« Demandez et vous recevrez, Frappez, et l'on vous ouvrira ».

J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 06:19

Pourquoi ne pas débuter ce travail en citant André Malraux ? « Pour tout homme, il y a quelque chose de pire que la mort, c'est de mourir sans avoir découvert les richesses qu'ilportait en lui-même ». Pourquoi ne pas ajouter que la Fraternité se construit sur la révélation des richesses de chacun, celles de celui qui donne avec celles de celui qui reçoit ? Attention, si nous voulons connaître cette révélation autrement dit si nous voulons savoir ce qui nous est encore inconnu et ainsi consolider notre initiation, il nous faut mettre en oeuvre une des règles fondamentales de la vie réussie en Loge... La richesse de l'homme est qu'il constitue une synthèse déchirante entre la vie et l'infini. Le maçon est aussi une synthèse constante d'animalité et de spiritualité. Il n'existe pas d'obstacle à associer la vie avec l'animalité d'une part, l'infini avec la spiritualité d'autre part. Par contre, il est souhaitable qu'un maçon travaillant au Rite Ecossais Ancien et Accepté se donne les moyens de minimiser ses instincts pour vivre et partager avec le monde une véritable spiritualité. Il est aussi souhaitable qu'un maçon ne connaisse plus les déchirements de la vie, il doit être capable et libre de vivre dans la sagesse... Cependant un constructeur ne peut réussir une œuvre harmonieuse sans une vue d'ensemble; vue d'ensemble à partir de laquelle il déterminera le style et les proportions des détails. Il trace ainsi le cadre nécessaire à toute véritable action. Loin d'entraver sa liberté de création, ce cadre en jalonne le champ d'action et marque les différentes étapes de la réalisation. De même la conscience des relations unissant l'homme, l'œuvre et le Principe créateur caractérise la démarche maçonnique dans laquelle les rituels et les symboles ne contraignent pas notre liberté mais bien au contraire nous offre les moyens de notre quête. Ce qui différencie l'animal de l'homme est l'échange. Echanger, ce n'est pas seulement parler, c'est aussi écouter. Aujourd'hui, la parole et l'écoute se perdent. Nous sommes en train de voir disparaître notre capacité d'échanger du «subjectif » entre nous. Le subjectif, c'est le sens que chacun d'entre nous attribue aux autres avec son imaginaire. Oui, le propre de l'homme, c'est de pouvoir parler, lire et écrire. C'est pourquoi les enfants doivent se construire dés leur plus jeune âge. C'est pourquoi les maçons, eux aussi, ont le devoir de se structurer dès leur initiation. Construire et structurer sont des mots qui ont la même origine latine « stuere » ; on en tire également les termes : détruire, instruire, obstruer... Tout un programme où curieusement les contraires peuvent s'obtenir en partant de la même racine. Alors pourquoi pouvons-nous parvenir à des résultats complètement opposés alors que le départ est le même ? Pourquoi certains jeunes vont-ils bien évoluer et d'autres rester plus ou moins analphabètes ? Même question en ce qui concerne les francs maçons ? L'expérience de la vie de tous les jours est-elle transposable aux loges que nous fréquentons? Que pouvons-nous observer dans notre environnement? L'individualisme ambiant, celui de notre plaisir, celui de nos intérêts, entraîne une perte d'échanges et la disparition de la solidarité. Or parler à l'autre quand «il est mal » n'est pas qu'une histoire de bons sentiments, c'est une nécessité vitale. L'homme a besoin de l'autre pour exister. Il a besoin de «dire ». Sinon, il serait bien capable d'en « venir aux mains » avec plus ou moins de violence dans le style de: « je veux, donc je vole » ou encore: « je désire, donc je viole » et parfois « je n'existe plus, donc je pars »... Cela peut commencer dés le plus jeune âge. L'insécurité où se trouvent certains enfants incapables de maîtriser le langage fait qu'ils ne s'expriment plus que par la violence. La vraie réponse à cette dérive est l'apprentissage de la parole pacifique. Il n'y a pas que cela bien sur, mais c'est essentiel. Pour en arriver là, l'enfant a besoin de ses parents. Ils sont là pour lui dire au moins une fois, ne serait-ce qu'une fois : « je ne t'ai pas compris ». L'enfant fera alors l'effort de mieux choisir ses mots, pas seulement pour faire plaisir, mais surtout pour être plus fort et s'affirmer en tant que personne à part entière, pour avoir plus de prise sur les autres, plus de prise sur le monde. Certains auront la chance de vivre cette expérience, d'autres pas. En prenant conscience de ce que parler veut dire, l'enfant passe du stade où il parle de ce qu'il voit en tendant la main vers l'objet qu'il désire au stade plus évolué où une pensée commence à vraiment s'élaborer. Seule cette capacité de penser et d'échanger du subjectif lui permettra ensuite de lire et d'écrire. Sinon, c'est le début de l'illettrisme et de la spirale infernale avec les conséquences de violence que nous observons trop souvent. Si vous le permettez, quelques mots sur ce phénomène actuel car j'en ai déjà trop dit, mais, en même temps, pas assez. Prenons l'exemple des élèves qui arrivent en classe en ne sachant parler que de ce qu'ils voient directement devant eux, ils ont un vocabulaire très faible et encore moins de structure grammaticale. Résultat : ils ne pourront pas entrer dans l'échange par la lecture et l'écriture, déjà trop subjectives pour eux... Ils resteront des petits déchiffreurs et ne comprennent pratiquement plus rien à ce qu'ils tentent de lire. Laissez ainsi ces élèves plusieurs années dans un monde scolaire dont ils ne pénètrent ni le sens, ni l'intérêt et vous obtiendrez un phénomène de rejet complet car les êtres humains, même tout jeunes, ne peuvent pas accepter l'idée de ne laisser aucune trace d'eux-mêmes. La trace la plus naturelle que l'on peut laisser, c'est d'abord par la parole qu'on le fait. Or, si on les prive de cette capacité, ils vont petit à petit rentrer dans la violence, unique moyen d'expression qui leur reste. A partir du moment où ils sont enfermés dans leur cercle étroit, ils vont développer entre eux des habitudes de paroles spécifiques au groupe. Vous savez, ces codes gestuels muets et ces charabias parfaitement incompréhensibles qui ressemblent plus à une suite d'onomatopées qu'à autre chose. Surtout ne me parlez pas de « nouvelle culture ». Une véritable culture se choisit et se travaille. Ces jeunes, eux, ne choisissent rien, ils subissent. Pour eux, l'échec devient un signe de reconnaissance, toute marque de progrès ou de réussite, devient aussitôt une forme de trahison. C'est une véritable tribalisation de l'échec ! Mais revenons au coeur du sujet et prenons un peu de recul. Le philosophe allemand Ernst CASSIRER (1874-1945) qui étudia les mythes et les religions a défini l'homme comme un animal symbolique. Je le cite : « Vivre pour l'homme, ne consiste pas à vivre de façon terre à terre, mais à vivre avec sens. Nous y parviendrons en donnant une portée symbolique à tout ce que nous entreprenons. Alors notre vie s'enrichira automatiquement » ; qui plus est quand nous sommes franc-maçon. Nous naissons à une nouvelle vie à chaque initiation. C'est une chance à ne pas gaspiller, donnons lui du sens surtout que nous disposons de trois outils d'une efficacité remarquable. Je veux parler des Règlements généraux, des rituels et du Volume de la Loi Sacrée. Oui, mes frères, inutile d'aller chercher bien loin ce qui est placé devant notre nez. Qui d'entre nous consulte régulièrement ces trois ouvrages ? Pourtant, ils sont bien l'alphabet nécessaire à tout voyage initiatique. Ils sont quelques uns des fondamentaux qui nous permettent de passer de l'animalité à la spiritualité. Les Règlements généraux devraient être parfaitement assimilés par chaque maçon. Ce ne sont pas des documents réservés à l'orateur. Ils permettent le fonctionnement fluide et cohérent de chaque tenue. Ils déterminent les «règles du jeu». Imaginez un joueur d'échecs qui ne connaitrait pas la manière de déplacer les pièces sur son échiquier. Alors que penser des tenues où tout à coup le travail maçonnique perd tout intérêt quand on se met à ergoter sur un point mal connu de nos modes de fonctionnement ? Ce sont des moments perdus, ce sont des occasions de travail et de progression gaspillées ! Les rituels du Rite Ecossais Ancien et Accepté devraient être nos livres de chevet. Ce sont de merveilleux outils. Ils nous offrent le moyen de nous structurer. Ils sont le mode d'emploi de notre vie de maçon. J'ai eu un surveillant qui rabâchait : « Le rituel, rien que le rituel, toujours le rituel. Tout y est ». Les rituels sont là pour nous donner des références, pour nous indiquer la progression de notre travail. Nous pourrions en parler longtemps. Ce sont les cailloux blancs que le petit poucet a bien voulu placer le long du chemin maçonnique pour éviter que nous nous perdions! Le Volume de la Loi sacrée... L'une des trois grandes lumières de la franc- maçonnerie. Là aussi, il y aurait tellement à dire, pourtant nous n'en parlons que trop rarement. Certains vont jusqu'à se chamailler pour savoir si il vaut mieux utiliser la Bible ou tout autre document, voir même, dans certaines loges, un livre dont les pages seraient blanches ! Les tenants d'une telle aberration n'ont pas conscience de l'absurdité de leur démarche. En évacuant Le Volume de la Loi Sacrée, en vidant le Rite de toute dimension spirituelle, ils sont en contradiction complète avec leur démarche puisqu'ils pratiqueraient alors une recherche strictement spéculative en rompant avec la régularité de l'institution originelle. Fidèle aux principes fondamentaux de la Maçonnerie traditionnelle, le Rite Ecossais Ancien et Accepté reconnaît l'existence d'un principe créateur sous l'appellation du Grand Architecte de l'Univers et déroule ses travaux en présence des trois grandes lumières. En fait les trois grandes lumières propagent la Lumière pour qui veut bien la rechercher et la recevoir activement. Non pas une lumière indéterminée jaillissant de trois petits luminaires qui seraient :

- un livre particulier à chacun, suivant ses propres aspirations religieuses ou profanes
- une équerre à sa dimension, permettant de choisir ses règles personnelles de comportement
- un compas sur mesure où chacun se contenterait de ses maigres objectifs.
Mais la Lumière idéale avec :
- le compas qui est la mesure commune permettant de situer le sens et la portée de nos actions.
- l'équerre, emblème de la loi morale, dépassant elle aussi tous les particularismes. Quel serait le sens d'une morale réduite aux aspirations de chaque homme ?
- le Livre de la Loi Sacrée, symbole de la Tradition. Devrait-il faire exception à de tels principes unitaires ?

En effet, pour notre Rite Ecossais Ancien et Accepté, la bible n'est pas le livre d'une religion révélée, mais un outil symbolisant le fini et l'infini, le contingent et le permanent, le matériel et le spirituel. Même si la bible n'est pas un livre historique au sens scientifique du terme, elle est, comme tous les livres sacrés des civilisations du monde, une chronique traitant de l'histoire et du devenir de l'humanité. Elle offre la synthèse de tout ce qui existe entre les deux pôles équilibrant l'initiation, symbolisés par l'équerre et le compas. En outre, elle proclame le devoir de fraternité, d'amour et d'harmonie en rappelant que l'humanité forme une famille unique dont chaque membre est l'égal des autres. L'usage qu'en fait le Rite Ecossais Ancien et Accepté ne vise qu'un objectif symbolique figurant la voie initiatique, usage fondé sur la spiritualité. Nous ne devons voir dans ce volume qu'un outil spécifique au Rite, indépendant de toute prise de position religieuse ou politique. Si l'on prend le Volume de la Loi Sacrée dans ce sens, les frères ne peuvent éprouver la moindre réticence face à la bible, pas plus qu'ils ne peuvent en éprouver face aux rituels et face aux Règlements généraux. Les maçons se rattachent à un cadre spirituel qu'ils revendiquent et qu'ils ne cherchent pas à dissimuler ou à édulcorer. C'est le cadre de la régularité et de la Tradition. Le Volume de la Loi sacrée est notre outil spirituel, alors utilisons le pleinement et totalement! Bien entendu, le maçon est plus que tout autre attaché au sens spirituel de l'Ecriture, alors qu'il laisse à chacun le soin d'interpréter selon ses convictions le sens littéral. Ce sens spirituel se décompose traditionnellement en sens allégorique, en sens moral et en sens anagogique. Rappelons-nous que anagogie vient du grec «agôgos » signifiant : « qui conduit vers » et «ana » qui veut dire : « en haut ». C'est donc par l'interprétation des écritures que l'on s'élève du sens littéral au sens spirituel. Autrement dit nous pouvons résumer le sens spirituel du Volume de la Loi Sacrée en quatre points : - le sens littéral qui raconte les événements
- l'allégorie qui indique ce qu'il faut croire
- le sens moral qui donne la voie de ce qu'il faut faire
- l'anagogie qui montre vers quoi il faut tendre pour s'élever.
Le Volume de la Loi Sacrée nous livre des expériences, des références qui permettront à chacun - selon sa personnalité et sa culture - de vivre sa propre spiritualité pour réfléchir, penser et agir. La finalité en sera bien sur de se structurer pour pouvoir mieux construire sa vie d'homme et sa vie de maçon dans l'action. Comme notre jeune enfant, celui que nous avons croisé au début de cette planche, il nous faut d'abord parler, puis lire et enfin écrire pour prétendre être quelqu'un. Cela nécessite un vrai travail. Les outils sont à notre disposition. Les règlements généraux nous permettent de gravir la première marche du progrès par l'acquisition de la « parole pacifique » condition indispensable à l'échange. Les rituels nous ouvrent et déploient la pensée du Grand Architecte de l'Univers, ils nous emmènent plus loin avec la possibilité de comprendre par l'expérience le voyage initiatique. C'est la «lecture » de ce que doit être le parcours de notre vie. Le Volume de la Loi Sacrée nous conduit avec la spiritualité à la création par « l'Ecriture ». Agir devient enfin simple. Il est temps de dépasser le : « Te ne sais ni lire ni écrire, je ne sais qu'épeler ». Celui qui est capable de s'exprimer puis d'écrire est celui qui tracera et bâtira réellement ses vies maçonnique et profane. Il ne se contentera plus de suivre le troupeau des adeptes de la pensée unique... Vivre en Loge, c'est prendre la parole, c'est rédiger des planches, c'est utiliser les outils que le REAA nous propose, c'est aller chercher chez les frères et en soi ces parcelles de Lumière qui nous permettront de construire une véritable fraternité en n'abandonnant personne sur le chemin... Fraternité indispensable pour « Mieux travailler d construire une alliance universelle d'hommes éclairés, réunis pour oeuvrer en commun au perfectionnement spirituel, moral, matériel et intellectuel de l'humanité ». Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? Ce « Gloire au travail » que l'on trouve dans le rituel du REAA n'est-il pas le parfait résumé de ce que j'ai pu dénommer « un des fondamentaux de la vie réussie en Loge » ? Vénérable Maître et vous tous mes Frères, j'ai dit.

Source : www.ledifice.net

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 07:10

VM vous m’avez laissé le choix d’un sujet de réflexion pour cette année, j’ai choisi comme thème la vie intérieure d’une loge, pour rappeler les principes fondamentaux d’un atelier. Ses devoirs ceux de ses membres et de ses officiers. Les devoirs de tous me semblent important dans cette atelier ou malheureusement beaucoup ne sont pas respectés, comme la préparation des Cérémonies et des tenues. Ce travail est un peu une planche d’instruction de 2ème surveillant. Nous étudierons la loge, ses fondements, sa vie son rôle. Une loge vit selon un usage, elle a de commun avec la FM en général la méthode de communication par l’intermédiaire de symboles communs qui permettent le dialogue et évitent toutes altercations provenant d’un manque de compréhension. La loge a des droits mais aussi des devoirs

Définition d’une loge : Une loge est une représentation idéalisée du cosmos. Une loge est représentée par un ensemble de frères qui travaillent au même rite au sein d’un Rite, parmi ces frères des apprentis, des compagnons, des maîtres, des officiers, un VM. Pour l’administration, des membres fondateurs, des membres, des affiliés. Tous ces frères ont la qualification nécessaire pour effectuer un travail maçonnique traditionnel dans un espace temps sacré. Une loge est souveraine, le VM définit son programme nomme ses officiers à l’exception du trésorier qui est élu par les maîtres de la loge. Un autre point commun à tous les ateliers de la planète, une loge travaille au même Rite dans le même rite, certes la langue peut-être différente, mais les travaux d’ouverture et de fermeture seront les mêmes. Les frères doivent représenter des orientations professionnelles différentes pour varier la différence de pensée et de raisonnement. Une loge ne vit pas tout le temps de la même façon, certaines périodes reflètent une crise, d’autres sont riches en travaux et chacun s’y sent bien, il faut tous les ans amener du sang neuf pour ne pas se scléroser, tout en sachant sauvegarder les anciens qui représentent la sagesse, le savoir d’un atelier. A la création d’un atelier, il y a plusieurs maîtres qu’ils veulent créer une nouvelle cellule quelquefois dans un vide géographique ou pour pouvoir développer une loge de recherche ou une loge regroupant des compagnons du tour de France, des sportifs ; en terme général il est important qu’il y ait un brassage professionnel pour ne pas créer de clans, nous ne sommes pas un club. Avec le mot loge, il faut aussi définir les mots atelier et temples. L’atelier est le lieu où les maçons travaillent. Le temple est un lieu sacralisable. Les objectifs de la loge sont de réaliser une délimitation volontaire d’une dimension sacrée. Le lieu doit être couvert. Le volume de la loge, l’espace sacralisable obéit à des règles bien précises ; elle a la forme d’un carré long, véritable parallélépipède puisqu’on lui reconnaît trois dimensions et non pas une simple surface :
- Orient occident
- Septentrion midi
- Zénith nadir

Ainsi décrite la loge est une coquille vide et sans vie ; pour rendre cette loge vivante il faut lui donner les éléments indispensables : . La loge se compose d’officiers dont les rôles sont bien précis.

le VM le dirigeant de la loge élu par ses frères est le maître absolu, il reçoit du pouvoir divin l’essence de ce qu’il devra donner à l’atelier par l’intermédiaire de l’épée flamboyante, le pouvoir plus matériel est représenté par le maillet. Le VM imprime son style son programme en respectant l’histoire et les coutumes, un atelier a des coutumes que les anciens définissent et expliquent, pour changer il faut que la majorité des frères soient d’accord, il est des usages de ne pas bouleverser. Le VM est responsable de l’instruction de maîtres de la loge, tache bien souvent oubliée ; le nouveau maître s’il n’est pas guidé se trouvera bien isolé pour la compréhension du rituel de maître dont l’essence est primordiale pour la suite. Nous sommes dans un système particulier d'enseignement, il n'est pas dirigiste, scolaire, mais doit permettre au frère d'appréhender plus facilement certains concepts. Il faut donner le signal, le déclic qui rendra plus aisé la signification de certains symboles. L’ordre même absolu du VM est d’autant mieux accepté qu’il soit limité dans le temps, on ne court aucun risque de confiscation ou d’abus de pouvoir dans les loges.

Les surveillants ont un rôle primordial ; ils enseignent et surtout ils forment les futurs officiers qui feront la vie de demain et permettront à la loge de vivre. Les tenues d’instruction mensuelles dans le meilleur des cas ne doivent pas se résumer à apprendre la gestuelle et le catéchisme, la maçonnerie n’est pas une religion un dogme, les surveillants doivent stimuler leurs interlocuteurs pour que ceux ci arrivent à découvrir l’idée qu’il y a sous le symbole.

L’orateur, la mémoire de la loge mais aussi le gardien des lois, il prend la parole toujours le dernier et donne son point de vue ; les frères voteront comme ou différemment de lui, mais ne pourrons plus donner verbalement leurs avis. L'orateur comme l'apprenti ne donnera pas son opinion à la fin de la tenue ou de l'agape rituelle, il fera un résumé de tout ce qui a été énoncé durant la réunion. Après chaque cérémonie,il synthétisera celle ci et argumentera un des points forts de ce que le frère a vécu, pour déjà ouvrir l’esprit du promu.

Le secrétaire résume les travaux, garde les archives est en relation avec les autres loges.

Le trésorier garant du trésor, est lui aussi élu par les frères de l’atelier. Sa tache est ingrate mais indispensable à la vie de l’atelier.

Le maître des cérémonies, l’expert assureront le bon déroulement des tenues et des cérémonies. Par respect pour les futurs candidats ils auront soins de répéter les cérémonies pour que celles ci se déroulent d’une manière sereine sans heurts.

L’hospitalier sera à l’écoute des frères et s’enquerra des nouvelles des frères absents.

Un mot revient souvent en maçonnerie Fraternité, on en parle beaucoup, mais peut être pas dans le sens réel. ; à ce sujet la première des fraternités est de régler à temps le trésorier pour tous ceux qui n'ont pas de problèmes, ce qui permettrait d'étudier les autres cas plus facilement ; la fraternité c'est de s'assurer que tout se passe bien dans la loge, il faut éviter aussi les affaires entre les frères certains n'arrivent pas à saisir que les problèmes profanes n’intéressent pas une grande majorité de l'atelier. La fraternité c'est donner à l'autre tout l'amour que nous pouvons, en considérant qu'amour signifie connaissance, nous sommes loin du cliché dont font choux gras tous les articles consacrés à notre ordre, il est évident qu’il y a comme dans toutes les associations des brebis galeuses, mais elles s’éliminent d’elles même quand elles s’aperçoivent qu’il n’y a pas d’affaires intéressantes. ,

Le couvreurs on rôle modeste au sein de l’atelier montre que le pouvoir n’est que temporaire et qu’après l’avoir assuré, il faut savoir vivre comme les autres frères

Tout est en place : la loge pourtant ne fonctionne toujours pas, l’égrégor qui donnera vit à cette loge n’est pas encore réalisé. C’est l’application du rituel qui va donner sa vie propre, le mouvement qui va permettre la sacralisation. Sans rituel une loge n’existe pas. Une loge vit selon un rite d’un même Rite, ici nous sommes au REEA, donc respectons- le ; Par exemple, le livre de la loi doit être ouvert au chapitre de Jean( d’où venez vous d’une loge de St Jean, donc le Coran ou tout autre livre sacré n’a aucune raison d’être encore moins une constitution républicaine) actuellement la GLNF favorise le rite émulation, en tant qu’écossais il nous appartient de défendre nos coutumes.

La vie de la loge

Il ne suffit pas de se réunir une ou deux fois par mois, il faut aussi transmettre la tradition ; nous le faisons par nos travaux. Au cours d’une tenue un travail sur le thème de l’année devra être présenté un morceau d’architecture, les frères seront présents pour respecter le travail de l’orateur, c’est la moindre des politesses, une planche représente quelques heures de recherche, le frère doit donner le maximum de lui même ; ses frères pour montrer leur respect vivent à vis de ce travail auront eux mêmes préparer le sujet et ainsi apporteront_ils des ajouts qui enrichiront tout l’atelier ; mais nous sommes dans une société initiatique, aussi pas de remerciements ou de félicitations ce n’est pas le but de l’opération. Ces travaux doivent améliorer le savoir des frères ils font parti intégrante du système d’enseignement maçonnique, aussi que ce soit au cours d’agapes rituelles ou au cours de la tenue, tous devront prendre la parole, c’est un moyen de s’enrichir personnellement, tous les apports sont un enrichissement, il ne faut pas être faussement modeste, si nous voulons progresser il faut s’engager. Les travaux aux agapes permettent l’expression de point de vue ou d’opinions différentes, sans agression ni mépris et la recherche sincère de la vérité sans utiliser l’argument de l’autorité, lequel prévaut si souvent dans la vie profane réputée démocratique. La minute de symbolisme est le rappel instructif d’un point particulier de notre rituel, il est intéressant de constater que suivant l’orateur, le sujet sera traité différemment. Au cours de nos travaux, il ne faudra pas oublier les structures de notre association et rappeler le règlement soit de notre atelier, soit de la GLNF.

Comment vit une loge ? Nous avons défini, les membres, le travail d’un atelier ; voyons maintenant son fondement. Le secrétaire a en sa possession toutes les archives, si l’orateur est la mémoire de la tradition le secrétaire est l’historien de la loge. De la fondation à notre dernière tenue, tous les travaux, cérémonies sont présentes dans les différents livres d’archives, sauf les enquêtes et testaments philosophiques des impétrants, pour une raison simple, si un jour ils deviennent secrétaire ils n’ont pas à connaître les pensées des frères enquêteurs. La loge doit ou devrait avoir un règlement intérieur pour éviter tout conflit et surtout des discussions interminables à propos de sujets bien souvent profanes sans peu d’intérêt.

La loge a des droits mais aussi des devoirs, nous appartenons à un ordre à qui nous devons obéissance, nous devons obéir, mais pas être soumis au pseudo pouvoir de frères qui se sont donnés des titres qui sont administratifs et non aucune valeur initiatique ; ces représentants de l’ordre sont là pour faire perdurer la vie je dirai profane de notre association, ils tiennent les finances, gèrent les locaux, nous représentent dans les manifestations extérieures, mais ils n’ont aucun rôle dans la vie de l’atelier d’un point de vue maçonnique, seul le VM dirige nos travaux, il est investi du pouvoir par le vote des frères de l’atelier, s’il a été installé par des frères « administratif », c’est une coutume un passé maître peut très bien remplir ce rôle ; Je suis peut être agressives vis à vis de ces frères mais des dérives actuelles contraires au REEA, me font réagir, je ne parlerai même pas des reportages photos dans les loges, et des décors richement dotés d’or et de médailles ; n’oublions pas le rituel où il est marqué « tu laisseras tes métaux à la porte du temple ». Ne soyons pas négatif oublions ces discordes futiles de la part de certains qui n’ont pas toujours compris que la maçonnerie n’est pas un club, mais une société de recherche discrète Ou bien les responsables de ces instances se considèrent comme des organes administratifs et ils devront se garder de toute intrusion dans la loge ou bien ils s’estiment des organes constitutifs de la vie initiatique et ils devront en respecter les règles. En maçonnerie, la hiérarchie n’est que la mise en ordre des difficultés développées pour chaque grade. Elle ne confère aucun privilège, elle ne donne aucun droit de commandement. Elle impose seulement un nouveau devoir à ceux qui sont hiérarchisés, celui d’employer toute influence qu’ils tiennent de leur situation à élever les autres hommes au niveau supérieur qu’ils ont atteint eux mêmes. L’autorité est donc purement morale (savoir, comprendre, agir). Nos devoirs vivent à vis de l’ordre sont de transmettre par nos travaux mais aussi par nos initiations. Avant de présenter un candidat il faut le préparer et l’avertir de ce qui va l’attendre, outre la présence, le travail, le but de toute initiation doit lui être transmis, le profane ne rentre pas dans un club élitiste, intellectuel, mais dans une organisation initiatique, et surtout pas dans une secte, de chez nous nous partons quand nous le désirons. VM, j’aurai encore beaucoup de choses à dire mais il faut savoir terminer un sujet, mais dans un monde où beaucoup de valeurs ont disparu où l’individualité, l’égoïsme, le profit spéculatif, l’intégrisme, la non communication entre les hommes dirigent le monde ; Qu’il est bon de savoir qu’il existe à travers le monde des hommes qui travaillent comme nous à perpétuer la Tradition, et peut être seront-ils la solution de tous ces problèmes.

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 05:42

Lors de mon passage dans le Cabinet de Réflexion, je m’interrogeais sur la présence et la raison d’être d’une symbolique aussi clairement alchimique dans un tel endroit. Les pères fondateurs de la franc-maçonnerie auraient-ils voulu, avec ces symboles, livrer des clefs à l’impétrant pour lui ouvrir les portes de son parcours initiatique ? Lui faire comprendre la philosophie de l’une au regard de l’autre, avec cette question : en quoi les principes alchimiques peuvent-il m’éclairer sur le sens de mon passage ici, dans le cabinet de réflexion ?

Dans cette caverne plongée dans la nuit, au cœur de la terre, un mot ne laisse aucun doute sur son origine symbolique : VITRIOL. Voilà, à mes yeux, le mot central : emblème ouvrant l’un des traités les plus connus du corpus alchimique : "Les douze clefs de la Philosophie", de Basile Valentin. VITRIOL révèle à l’initié qu’une certaine semence, support du principe vital, appelé par les alchimistes Esprit Universel, est enfermée dans la noirceur de la terre ("terre" au sens des quatre éléments). Basile Valentin, dans ce traité donne douze clefs opératoires et montre comment on peut extraire cet esprit sous la forme d’une pierre. VITRIOL : invention sublime par sa double lecture, paradigme connu de tous les Francs-maçons sous sa forme acronymique et latine, "Visita Interiora Terrae et Rectificando Invenies Occultum Lapidem", "Visite l’Intérieur de la Terre et en Rectifiant tu Trouveras la Pierre Cachée".

Avant de présenter quelques principes des opérations alchimiques, je voudrais faire quelques commentaires sur cette habituelle traduction qui, me semble-t-il, escamote les nuances, et donc celui de la juste compréhension : "Visita", est traduit par "visite". Il convient ici de lui préférer le deuxième sens du verbe "visitare" : "examiner en profondeur, pénétrer, fouiller". En Alchimie, le choix des matériaux de base et leur préparation, exige en effet une parfaite connaissance des principes, un examen en profondeur de leur nature, une compréhension de leur structure, et non le survol d’une simple visite. "Interiora", traduit par un singulier est en fait un pluriel. Il serait donc plus juste de traduire "visita interiora terrae" par "examine avec application les entrailles de la terre". Vient ensuite la seconde partie de l’acronyme ouverte par "rectificando" : "en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée".

Mais que signifie ce "rectificando" ? Revenons encore une fois sur la traduction : le verbe "rectificare" n’existe pas en latin classique ("Rectifier", dans le sens de "rendre droit", se traduirait par "corrigere"), "rectificare" c’est du latin de cuisine, et de cuisine alchimique. En fait, "rectifier", est un terme de la vieille chimie, qui signifie : "opérer une deuxième distillation". Un alcool rectifié est un alcool qui a subi une deuxième distillation pour le rendre plus fort, plus concentré. Voilà le sens du gérondif "rectificando". Les opérations alchimiques consistent en effet en une série de dissolutions-distillations répétées, destinées à séparer, lentement et progressivement, le pur de l’impur, dans un mouvement cyclique et circulaire. ("lentement et progressivement", est la condition sine qua non de la transformation en profondeur).

Le but de ces opérations vise à extraire la pure semence de sa prison minérale par le démembrement des matériaux. A faire sortir l’esprit enfermé dans la terre. L’esprit de vin est un vin qui a subi plusieurs rectifications. C’est dès lors une eau de Vie. Dans la voie de Basile Valentin, la première opération consiste à ouvrir la matière première, la materia prima, la pierre brute. Cette Terre matricielle se présente sous l’aspect d’un minéral vil, informe et noir. C’est pourtant elle la Pierre des Sages : "… La Pierre des Sages est une, sa matière est unique, quoique de plusieurs choses, et ne se peut trouver en autre chose du Monde, et il n’y a rien qui en approche en tout cet Univers ; elle est la matière première de tous les métaux ; elle est un mixte de terre et d’eau animé de l’esprit de la quintessence et des influences du Ciel" … ( "Filet d'Ariane").

La deuxième étape vise à en séparer les deux principes opposés, le soufre et le mercure. Soufre et Mercure ne sont pas les corps que nous connaissons, mais des principes structurels de la matière. A la troisième purification, le Mercure se présente alors dans cette voie, sous l’aspect d’un régule métallique de couleur blanche, aisément fusible. C’était, pour les orfèvres un produit noble qui permettait de purifier l’or et l’argent en les débarrassant de toutes les "impuretés" métalliques. Il était considéré comme un dissolvant des métaux impurs. Quant au Soufre, on le trouve dans le résidu qui surnage, une scorie, une terre d’aspect méprisable, et que, par ignorance, on aurait tendance à rejeter. Ce que d’ailleurs les orfèvres ne manquaient pas de faire. C’est pourtant dans cette terre que se cache la semence minérale qui est "la pierre cachée dans les entrailles de la Terre", et que VITRIOL nous invite à découvrir.

La troisième étape est le temps du "rectificando". Il consiste à réunir ces deux principes devenus apparemment inconciliables, à unir ces contraires dans l’harmonie pour en tirer le troisième principe, sous la forme d’un sel. Voilà ce que nous dit Batsdorff à propos de ce sel dans le traité qu’on lui attribue, "le Filet d’Ariadne". "… Et quoique les Philosophes ne parlent que du mercure et du soufre, qui sont deux des principes de la Nature, et qu’ils ne disent rien du sel, qui est le troisième : il y est sous-entendu, d’autant que c’est lui qui fait la liaison des deux autres, et c’est de lui qu’ils entendent parler, quand ils disent notre terre, ou notre corps terrestre …". C’est ce sel qui nourri, consolidé par une série d'opérations que les alchimistes appellent "leurs Aigles", deviendra, en dernière phase, la première médecine. La Pierre Philosophale, pierre taillée par excellence, est ce sel que l’Homme et la Nature ont amené à l’état de plus-que-perfection.

Possesseur de la Pierre, l’alchimiste accède alors à l’Adeptat, et devient un authentique Frère de la Rose-Croix. Que les Enfants de l’Art me pardonnent ce raccourci plus que succinct de l’élaboration de la Pierre Philosophale. Et si je ne présente qu’une seule voie, c’est pour bien faire comprendre le principe philosophique des alchimistes : quelle que soit la voie empruntée, la pierre philosophale ne trouve son pouvoir de transmutation, donc de transformation, que par la purification complète de ses composants : pour avoir une action sur le monde et le transformer, elle doit d’abord se purifier elle-même. Son pouvoir de transformation, de transmutation, se mesure à la qualité de son élaboration.

Dans la production de ce mercure philosophique, interviennent des agents chalybés, l’un est terrestre, l’autre est céleste. L’utilisation de ces agents marque la différence entre la chimie et l’Alchimie. Dans cette première phase de putréfaction, qu’on appelle communément "Œuvre au Noir", la matière prend la couleur et l’apparence de la Mort. L’ensevelissement de l’impétrant au plus profond de la terre est une allégorie de son "Œuvre au Noir". Là, hors du temps, il doit se morfondre, c'est à dire se fondre dans la mort. La faux et le sablier, que l’on trouve ici-bas, sont les attributs reconnus de la Mort. La Mort fauche la vie de l’homme, comme les Parques coupent les fils de sa destinée, le sablier rappelle que le temps de sa Vie est compté, que la seule issue est la mort. Il symbolise aussi le temps qui passe, et par extrapolation, le Temps lui-même. Le sablier rappelle enfin que la notion de temps est nécessaire à la transformation. Nous sommes ici dans le règne de Saturne.

Il a été évoqué plus haut le fait que le Soufre, la semence, devait être cherché dans une sorte de scorie. Cette scorie, ce déchet, les Anciens l’appelaient le "Caput mortuum", la tête morte, qu’on symbolisait par une tête de mort. Le voilà notre crâne. Comme le crâne contient le cerveau, donc la vie, c’est dans ce caput que se cache la Vie de la Pierre. Ce caput, "rectifié" (dissout-distillé…), puis calciné, se transforme alors en une cendre, présente elle aussi symboliquement dans le cabinet. Le crâne et la cendre représentent une seule et même matière, à deux stades de son élaboration. "… Vous serez comme il est dit dans le Livre de la Toison d’or. Notre corps deviendra premièrement cendre, puis sel, et après par ses diverses opérations devient enfin le Mercure philosophal, c’est-à-dire, que le métal doit être calciné, réduit en sel, et enfin travaillé en sorte qu’on en fasse le mercure Philosophal". (Extrait du Filet d’Ariadne).

La quatrième figure des "Douze clefs de la Philosophie" de Basile Valentin, illustre la Mort debout sur son tombeau, génératrice de cette cendre. A côté d’elle brille une bougie. Cette bougie, aux côtés du crâne dans le Cabinet de Réflexion, signale que la vie n’a pas disparu. La mort n’est qu’apparente. La graine enfouie dans la terre ne germe que si elle est arrosée. De même, baignée dans son eau mercurielle, cette semence renaît à la Vie sous la forme d’un cristal salin. On trouve le sel sur la table du cabinet. C’est lui la pierre recherchée, résultat des opérations de "rectificando", et les Sages appellent ce sel : leurVitriol. Son étymologie donne une idée de son aspect : vitriol est en effet le vitri oleum, "l’huile vitrifiée", c'est à dire un sel fusible qui entre très facilement en déliquescence huileuse.

L’invention sublime de Basile Valentin réside dans le double sens de VITRIOL : l’acronyme, VITRIOL, dévoile le principe, tandis que le mot, le vitriol, désigne, et décrit, le produit final. Soufre, Sel et Mercure, sont unis dans la composition du "Mercure philosophique", ce compost qui donnera naissance à la pierre philosophale. Il faut savoir que c’est le sel qui unit les principes contraires, soufre et mercure, et les harmonise. Le Mercure philosophique est symbolisé par le Coq. Pourquoi la présence ici de ce volatile si inattendu dans ce lieu ? Fulcanelli nous le rappelle : le Coq, qui se dit en grec Kérux, partage sa racine étymologique avec kerukeion (l’Annonciateur), et kérukérion (le Caducée). Ils représentent tous les trois le dieu Hermès, le porteur du caducée. (kéruképhoros). Par glissement, le Coq symbolise alors le mercure philosophique.

Chacun le sait, le Coq est l’animal annonciateur du lever du soleil (or philosophique), le générateur de la Lumière qui émerge de la nuit, symbole de la vie renaissante. L’énigme allégorique de ce coq, mercure philosophique porteur du soufre fixe, a été posée par l’école allemande d’alchimie. Basile Valentin nous révèle dans son livre "la Pierre de Feu" que le secret de l’un des agents chalybés se cache dans la crête du coq, mais cela si discrètement que si l’on peut passer à côté. La piste est ouverte pour le Curieux de Nature. Ainsi de la pierre amorphe s’élabore la pierre taillée, sous la forme d’un sel cristallisé, le Sel de la Terre, vecteur de la vie elle-même et symbole d’harmonie. Il faut entendre "Vous êtes le Sel de la Terre !" comme une invitation à l’harmonisation.

Mais comment répondre à cette invitation ? La réponse se trouve peut-être dans l’aphorisme platonicien "Connais-toi toi-même, et tu connaîtras l’univers et les dieux". L’impétrant est étonné de découvrir en ce lieu cette inscription qui était à l’origine placée sur le fronton du temple de Delphes où la Pythie délivrait ses oracles. "Connais-toi toi-même", en miroir de "examine les entrailles de la Terre", invite l’homme, et pas seulement l’impétrant, à une descente dans la psychologie des profondeurs, exige une plongée dans les parties les plus secrètes de sa psyché, d’en connaître les mécanismes, d’en "faire un examen approfondi". Ce n’est pas pour rien que cette maxime, sous cette forme ou sous une autre, est la pierre angulaire de toute initiation, et cela, dans toutes les civilisations… Les psychanalystes, les chamanes, les soufis, les maîtres bouddhistes et ceux qui entreprennent cette aventure de l’esprit, savent combien le "Connais-toi toi-même" engage l’être dans sa totalité, le transforme et, de ce fait, change la nature de son regard sur le monde, comme l’indique la deuxième partie de l’aphorisme. "… et tu connaîtras l’univers et les dieux".

Ce voyage n’a rien d’une introspection morale, ni d’un examen de conscience ou encore moins d’une vague estimation de son Quotient Intellectuel. "Rectificando" consiste à faire émerger ce que certains appellent le Moi profond, d’autres le Soi, d’autres encore, l’Esprit de l’Homme, voire le Corps glorieux … Avec l’émergence de l’Esprit, l’Homme devient Sel et il est intéressant de remarquer que la forme cristalline, pyramidale et prismatique de ce sel, de ce vitriol, ressemble à la pierre cubique à pointe que l’apprenti découvre dans le Temple …

La symbolique du Cabinet de Réflexion est si explicitement alchimique qu’il est vraisemblable que "nos illustres fondateurs, les mystérieux Rose-Croix", en ont été les promoteurs, eux qui, avant même la publication des Constitutions d’Anderson, n'imaginaient pas séparer l’initiation maçonnique de l’initiation alchimique. Eugénius Philalèthe, franc-maçon et alchimiste, ne déclarait-il en mars 1721 : "L’objet des vœux et des désirs des maçons n’est autre que l’Alchimie, sujet de l’éternelle contemplation des Sages". Mais combien répondent à cette invitation ?

Alors, pour les simples maçons que nous sommes, que peuvent nous enseigner les symboles du Cabinet Noir au regard de l’Alchimie ? D’abord : que l’Homme doit accepter de mourir à lui-même, qu’il est la matière première de sa propre transformation. Ensuite : que ce qu’il cherche sera trouvé dans les profondeurs de sa psyché, dans le terreau le plus noble, comme dans ses scories, celles qu’il a refoulées au plus profond de lui-même et qu’il rejette de sa conscience. Que le feu intérieur ne peut briller que si toutes les scories, les peurs ou les déformations que nous portons, ont été purifiées . Que l’harmonie découle de la réconciliation des contraires. Que la lente maturation est propice et nécessaire à l’émergence de l’Esprit. Enfin que les symboles, quand ils entrent en résonance avec nous, ont le pouvoir de nous transformer, et de transformer.

En conclusion, le cabinet de réflexion, est le lieu de notre "Œuvre au Noir" et VITRIOL, une invitation à notre transformation personnelle vers un plus-de-perfection, en vue d’une transformation dans le Temple, des choses, des hommes et du monde.

 

Source : http://www.troispoints.info/article-symbolique-alchimique-du-cabinet-de-reflexion-66362235.html

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Published by Antoine, 9 février 2011 - dans Planches
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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 06:10

« La solitude a deux facettes. Volontaire, elle élève et purifie. Obligatoire, elle étouffe et détruit ». Francine Ouellette

La solitude est une réalité bien plus difficile à appréhender qu’il n’y paraît.La solitude est sans doute l’une des plus grandes angoisses de notre culture post-moderne. D’ailleurs n’a t elle pas été mise en avant à l’occasion de cette journée spéciale de lutte contre la solitude en juillet 2011 et que même le label «Grande Cause nationale 2011» a été attribué au collectif « Pas de solitude dans une France fraternelle » rassemblant plus de 26 associations françaises, et près de 3500 partenaires. Le solitaire est stigmatisé par la société. Oui, entendez bien aujourd’hui «Grande cause nationale», la solitude apparaît aux yeux de tous comme l’un des plus grands maux de notre société : une honte, un désespoir. Et pourtant, les expériences mystiques et religieuses ne cessent d’en faire l’éloge. Et c’est ce coté là de notre miroir intérieur que je vais aborder avec vous.
Je n’évoquerais pas délibérément la solitude sentiment tragique qui peut mener à des conduites désespérées, au suicide, à la dépression, à diverses maladies et névroses même si le cheminement à une solitude salvatrice et ascétique est pavé de telles épreuves.
Non je désire évoquer avec vous ce que ma solitude, un temps imposée, m’a conduit à admettre…     

Que je suis un solitaire, depuis toujours et plus que jamais. C’est même cette solitude qui me fait tenir debout, avancer et créer.
Je suis un solitaire, donc, quoique bien entouré et riches de belles et solides amitiés. La souffrance, dans cette solitude n’est point absente. Je l’ai subi, j’avais peur d’elle, comme d’un
croquemitaine, puis avec le temps et les épreuves, j’ai appris à l’apprivoiser, et elle est devenue une très gentille sorcière à qui je confie mes petits secrets. Ensemble, nous monologuons et le silence est son interprète. Oui je l’ai détesté et aujourd’hui je l’apprécie.
Je veux aborder avec vous, vous dire ce que je ressens pour elle. Les personnes qui la craignent sont des ignorants, ils préfèrent s’entourer d’une multitude de relations, d’amants, de gens suffisants et insignifiants croyant ainsi se rassurer, mais ils s’accrochent à des étoiles d’illusions. La société actuelle vit sous le régime du semblable et non du différent «Mieux vaut être seul que mal accompagné». Ce proverbe est loin d’être suivi et le monde moderne, empli de technologies et vide de chaleur humaine, nous pousse plutôt à rechercher un nid de tendresse ou l’appui d’un groupe. «Tout plutôt que d’être seul» serait donc la devise actuelle. D’abord, pour dissiper tout malentendu, oui la vie est relation, vivre c’est être relié, c’est un fait absolument incontournable : nul ne peut vivre hors de toute relation, mais à la seule condition d’être d’abord relié à soi-même, de vivre en relation avec soi même. Nous avons besoin de solitude pour intégrer un à un les événements de notre vie, pour les intérioriser, car nous perdons en intensité ce que nous acquérons en sécurité.      

La solitude est une invitation à la découverte de soi-même, à la découverte de cet être qui n’est pas seulement un produit de la société, de la famille, de l’histoire mais un être singulier, distinct et particulier: moi / nous. Le précepte du Temple de Delphes, celui de Socrate, prend, dans ce thème de la solitude, toute son ampleur «Connais toi toi-même, et tu connaîtras l’univers et les Dieux» dont on oublie toujours la suite : «Tu sauras, tu expérimenteras que tout est en toi, que tu es immense, que tu héberges l’univers, que le divin est ta véritable nature. Au non de quoi tu te découvriras véritablement Libre et non pas supérieur ou inférieur aux autres» : Libre ! Il existe des équivalent comme le précepte du VITRIOL, cette formule qui figure sur les murs du Cabinet de Réflexion : «explore l’intérieur de la terre, en rectifiant tu trouveras la pierre cachée.». Ou pour notre Frère Lams, je reprendrais ce Hadith de la mystique de l’Islam «Celui que se connaît, connaît son Seigneur». Ces préceptes nous enseignent à bâtir notre solitude comme à tailler notre Pierre. La Solitude est une épreuve sur la voie initiatique que nous avons emprunté. La Solitude est donc un départ, un voyage qui ne finit pas, une épreuve que l’on aborde différemment, qui nous permet d’acquérir des qualités et des vertus telles que le courage, la patience, la force, l’endurance, la persévérance, la bienveillance et l’humilité.      

Nous vivons dans une société matérialiste, uniquement préoccupée de possessions et de pouvoirs qui ne prend en compte que l’ego en le flattant exclusivement et excessivement à travers la notion du groupe. Nous vivons dans une société qui ne nous apprend pas à être seul. Au contraire, toute éducation, qu’elle soit dispensée par la famille ou l’école, vise à n’être jamais seul : On ne laisse pas un enfant dans le silence, face à lui-même, on l’oblige à jouer avec ses camarades, à faire partie d’une équipe ou d’une bande, à communiquer, à s’intégrer. Lorsqu’il grandit, ses parents et ses professeurs s’inquiètent s’il demeure seul, s’il préfère la compagnie des livres, des arbres ou des animaux à celle des humains. On s’inquiète plus de son apparente insociabilité que de son équilibre intérieur. Plus tard, il voyagera en groupe ou au moins avec une personne, d’ailleurs pour preuve les tarifs sont plus intéressants en groupe alors qu’il faut payer des suppléments pour une chambre individuelle. On le dépossède de lui-même, on le pousse à être dépendant des autres. On appelle cela l’esprit de famille, la camaraderie, le sens de la fraternité ou de la communauté. Tout semble programmé pour égayer ou briser ses rares moments de silence et de solitude. Même si tout cela part de bons sentiments, on sait que parfois les bons sentiment s’avèrent les plus possessifs et les plus envahissants. Car lorsque cet enfant devenu homme affrontera des ruptures sentimentales, des deuils, ou tout simplement une perte d’emploi ou une mise à la retraite, il aura peur et perdra pied: il connaîtra cette solitude mortifère que j’évoquais au tout début, il sera désemparé. Cet homme depuis qu’il est né, a été détourné de sa solitude, on lui a fait croire que sans les autres il n’est rien et ne sert à rien. On ne lui a pas appris à compter sur lui-même, à se connaître, à se faire confiance. Même dans ma profession, pour la réinsertion des jeunes délinquants, je suis étonné que l’on a décrété, que pour apprendre à vivre en collectivité, que pour bien vivre ensemble il est obligatoire de vivre ensemble : ainsi on a recours au foot ou à d’autres activités collectives. On fait passer le groupe, la bande avant le sujet responsable, comme la charrue avant les boeufs.. En effet, les enseignants, les éducateurs ne proposent que très rarement une activité propre à chacun afin de développer chaque individualité avant de les mélanger toutes. Alors que ces mêmes jeunes souffrent d’un manque d’individualité et par conséquent souffrent du désoeuvrement et de la peur d’être seul d’où le phénomène de bande qui se crée et se propage. Mais j’en reviens à notre solitude, à cette quête. Nous, qui avons vécu l’initiation maçonnique , parcours tout d’abord solitaire, lors du recueillement dans le Cabinet de Réflexion. D’ailleurs notons que chaque société initiatique impose aux profanes et initiés une période soit de jeun, de silence: une période de solitude… Les sociétés tribales, amérindiennes imposaient à leurs membres une retraite solitaire pour marquer le passage du statut de l’enfant à celui d’adulte. La solitude était synonyme de source créatrice et bienfaitrice. Car être seul c’est se tenir devant l’inconnu. Dans notre vie quotidienne, chacun peut faire l’expérience imposée ou désirée de se retrouver seul, face à soi ce qui équivaut à se retrouver face à l’inconnue de soi. Souvenons du mythe de Robinson Crusoe de Daniel Dafoe : ce naufragé sur une île perdue et sans habitants, qui nous rappelle que lorsqu’on est seul, on est obligé d’inventer, de créer du neuf à défaut d’imiter les autres. L’isolement qu’il vivra lui apprendra à se connaître, à repousser ses limites à se découvrir important et surtout surtout à apprécier sa rencontre avec Vendredi et plus tard à renouer avec la civilisation autrement, en homme libre capable de tous les possibles alors qu’il se sentait médiocre auparavant. a solitude s’avère parfois un mal nécessaire, un besoin vital… alors à défaut de la vivre de manière aussi violante que Robinson, appréhendons nos moments de solitude autrement et tirons en toute la quintessence… Le véritable solitaire ou le solitaire accompli, celui qui est en paix avec lui-même après certainement épreuves et souffrances, n’est pas celui qui n’aime pas les autres mais c’est celui qui apprécie certains autres. Le véritable solitaire a le sens de l’amitié, il célèbre une relation unique entre deux personnes distinctes. Le véritable solitaire sait qu’il a beaucoup à apprendre des autres alors que la plupart ne cherchent qu’à enseigner aux autres. Le véritable solitaire est un homme libre, libre de toute attache et de tout dogme. Un goût irrésistible de liberté s’éprend de nous aujourd’hui : pour preuve ces innombrables expériences de l’homme qui le pousse à conquérir des espaces en solitaire : courses autour du monde, Chemin de Compostelle que l’on emprunte seul, retraite dans des monastères, vie à la campagne, etc… Oui nous sommes aujourd’hui en quête de sérénité, d’une solitude apaisante au milieu d’une société tumultueuse. Nous mêmes ici en ce moment, dans ce Temple, nous sommes seuls avec nous mêmes à écouter, à prendre la parole avec parcimonie.
La conquête de sa solitude signe la maturité et parfois même le génie. Nul ne peut se dire philosophe, écrivain, artiste et surtout homme libre s’il n’a exploré, épousé sa solitude.

Conclusion

Voyons chaque instant de solitude qui s’offre à nous comme un nouvel apprentissage de la vie, dans ses limites comme dans ses moments de grande plénitude. Même si notre besoin de l’autre est très grand, il ne peut remplir notre vide et nous apporter la sécurité que nous recherchons. Cette sécurité, il faudra la trouver en nous-mêmes, car il est impossible de penser que nous pouvons nous trouver en quelqu’un d’autre.
C’est tout le sens de l’identité personnelle. Cette identité se trouve en marchant sur notre propre chemin et en nous connaissant bien nous-mêmes.
Le secret, c’est cette plongée à l’intérieur où nous irons puiser force et inspiration.
La solitude est pesante, parfois. Mais elle est moins pesante quand elle se fait pensante, mais penser dans la solitude appelle un certain courage et non la résignation.
Tant que l’on refusera à accepter une certaine solitude, en la cachant par des divertissements, des institutions, sous prétexte d’inadaptation social, l’homme sera maintenu dans la peur, peur de la perte, dans la peur de mourir car la solitude, nous renvoie à la plus grande de l’homme : la peur de la Mort. Bien entendu, la solitude ne doit pas être constamment creusée ou contemplée, mais c’est toute l’approche de la solitude et la manière de la vivre quand elle se présente, imposée ou choisie, qu’il convient à nouveau de découvrir, pour mieux aller à la rencontre de l’autre et découvrir son alter/ ego, son autre soi.

J’ai dit…

Source : http://www.gadlu.info/planche-sur-la-solitude.html

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 06:08

Jahvé Dieu planta un jardin en Eden… Du coté de l’Orient… Il y plaça l’homme et la femme… Fit germer toutes sortes d’arbres… Et l’arbre de la vie au milieu du jardin… Puis l’arbre de la connaissance du bien et du Mal…
… Le Dieu Jahvé interdit de toucher à l’arbre de la « connaissance » et à l’arbre de vie qui étaient au milieu du jardin et dont le fruit était défendu…
…Le premier conflit des générations se déchaîna lorsque les créatures désobéirent à leur père pour s’affranchir de sa tutelle… Le créateur maudit ses propres enfants jusque dans leur descendance à perpétuité parce qu’ils s’étaient connus (au sens biblique du mot)…
…A la femme il dit : « j’aggraverai les peines de ta grossesse … Tu enfanteras dans la douleur » …
…A l’homme il dit : « parce que tu as écouté la voix de ta femme…parce que tu as mangé du fruit de l’arbre… Maudit soit le sol à cause de Toi ! C’est à force des peines que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie… Il te produira des épines et des chardons, et tu devras manger l’herbe des champs.
C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras ton pain… Jusqu’à ce que tu retournes en terre…
Et tu retourneras à la terre

Le concile de TRENTE, directement inspiré selon le pape Paul III du Saint Esprit, celui où l’on entendit reprendre en cœur par tous les Archevêques et Pères « Anathème aux hérétiques » - traduisit un peu différemment, et pour cause, ce passage du texte biblique de la Genèse : Les mots d’asservissement et de punition furent accolés à celui de « travail » consacré à devenir ainsi une pénitence divine.
…C’est par un travail pénible que tu tireras ta nourriture du sol de la terre tous les jours de ta vie à la sueur de ton front…
Le mot « travail » est issu d’un mot latin qui désignait un instrument de torture, plus précisément du bas latin « trepallium «, instrument à trois piliers qui servait à ferrer les chevaux, à maintenir les chevaux sous le joug et assujettir les condamnés à la torture.
Assimilant l’acte à l’outil on considéra le travail comme le maintien sous le joug en y ajoutant le contexte biblique de punition.
Les bourreaux disent d’ailleurs qu’ils « travaillent » un homme en le torturant, le policier en recherchant un aveu.
Que dire d’une femme qui se trouve dans la salle de « travail » ?
Dans notre ancien langage, « travailler » signifie » faire souffrir » et peu à peu, après le concile précité, il prend le sens de faire de grands efforts.
Les régimes totalitaires ont magnifié le travail étant un bon moyen de préserver l’ordre établi ; pendant qu’ils sont occupés à de lourdes tâches, les sujets n’ont pas le goût à réfléchir, de réfléchir à leur condition, de s’organiser, de s’opposer au pouvoir.
L’inaction parait-il serait la mère de tous les maux, et l’excès de travail serait le père de toutes les soumissions…
Le travail n’a jamais eu de rapport étroit avec l’accomplissement d’une vie et jamais personne n’a remis en cause sa justification.
Nos ancêtres nous indiqueraient qu’il existait et qu’il existe des travaux plus pénibles que d’autres ; ainsi nos civilisations ont eu recours à l’esclavage, à l’enrôlement…
L’oisiveté n’existait pas, peu octroyaient du temps à la culture, beaucoup s’adonnaient à la guerre.
La révolution industrielle transforma le « travail » en une valeur économique.
Zola le démontra dans ses ouvrages, le progrès consentit d’éliminer les durs labeurs malheureusement sans apporter chômage et dégradations.
Seuls les métiers laborieux, qui demandent effort et sueur ne trouvent que peu de volontaires, car toute notre instruction moderne a jeté l’abjection dans le travail dans ce qu’il a de plus rude, dans sa tourmente.
Des hypocrites ont réussi à démontrer que comme nous étions tous nés avec la même chance, avec la même acuité à apprendre ; si nous réussissions à susciter nos prédispositions nous obtiendrions un gagne pain agréable et de fait bien rémunéré, l’un n’allant pas sans l’autre.
Alors ne critiquons point nos enfants qui bien évidemment ont déduits qu’il valait mieux être contremaître, qu’usineur, acteur qu’intermittent, architecte que maçon.
Mais ils ont oublié que de devenir un bon architecte est difficile !
A l’inverse nous louons les jours fériés, les vacances et que dire de l’attente si longue pour obtenir une retraite tant méritée.
Nous voudrions entrer le plus tard possible dans la vie active, synonyme de longues études, enfin scolarisation, et la quitter le plus tôt possible, image proche de la réussite et de l’avènement.
Nos prédécesseurs n’ont jamais révélés ce genre d’aspirations, en résumant : faire un minimum pour obtenir un maximum.
Qui ne cherche pas son « paradis » dans « ne rien faire » ?
Le manque de convictions religieuses, spirituelles, pousse l’homo sapiens à chercher un paradis illusoire sur notre planète.
Le « non travail «, ces journées où l’on exerce rien, conduisent certains à s’ennuyer, d’autres à pratiquer du sport, à se promener, à se cultiver.
Pour ces derniers, il faut toutefois se battre contre soi-même, faire des efforts avérés.
Si le travail est considéré fréquemment pour une activité laborieuse, on peut se demander pourquoi alors on travaille.

Pourquoi travaillons-nous ?
En abordant par le côté historique l’idée du travail nous remarquons que cette idée est le fruit d’une construction et que nous sommes victimes d’errements en pensant que le travail a toujours existé.
Et si nous parlons de travail, nous ne savons plus à quelle dimension de cette notion nous faisons allusion.
Parce que nous ne sommes plus des animaux, que nous sommes inadaptés au milieu naturel, nous ne sommes plus chez nous dans la nature.
Protagoras a démontré que l’homme est nu sans moyens techniques, sans couverture, et pourtant il a survécu…
Cette pérennité a été réalisable sous protection de Prométhée qui ouvrit aux humains la maîtrise du feu et des techniques.
Ainsi, ils purent travailler déjà et compenser cette inadéquation au milieu.
Dès lors, travail et technique sont étroitement liés.
C’est par le travail, j’ajoute même, grâce au travail que l’homme s’assure comme sujet et s’oppose ainsi à l’objet.
C’est encore par le travail, grâce au travail, que l’homme se rend maître de la nature.
C’est enfin par le travail, grâce au travail que l’homme se réalise et s’accomplit en oeuvrant, quelque soit cette œuvre.
Et très justement, par la production d’une œuvre l’homme prend conscience de son état d’homme.
C’est la raison principale qui me pousse à répondre à la question de pourquoi travaillons-nous, par la question : peut-on devenir un homme sans travail ?
Ce qui précède vous apparaît certainement comme incongru dans l’atelier ce soir, et le nom d’atelier a son importance, car comme nous le verrons par la suite, nous sommes ici dans un lieu voué au travail.
Si notre rituel nous invite à nous situer « loin des soucis de la vie matérielle »
Il exige peu après notre devoir envers le monde profane.
C’est la très grande gloire de la Franc-Maçonnerie que d’avoir détruit le tabou d’expiation, le tabou d’infamie qui pesait sur le travail, de les avoir remplacé par le symbolisme d’un travail délivrant des contraintes humaines.
En cela le rôle des compagnies franches de bâtisseurs avaient tracé la voie élevant la construction au titre « d’Art Royal «. Le Franc Maçon que nous sommes doit savoir que la notion de travail « libérateur » se révèle comme une pensée moderne, comme le principe essentiel de l’évolution humaine.
Ce n’est pas à la Franc Maçonnerie, mais aux Francs Maçons de faire passer cette notion du plan « Symbolique « au plan « social «.
Une nouvelle question fait suite à la précédente : puisqu’il est convenu qu’il est une nécessité, en quoi consiste le travail pour un Franc Maçon ?
Quelque soit son âge, le Franc Maçon est un artisan, un artisan qui porte un tablier assimilant le travail manuel au travail intellectuel, celui de sa propre construction.
Il se joint à ses frères dans un endroit précis pour y travailler.
Pourquoi, alors que le travail maçonnique consiste en une réflexion personnelle, le Franc Maçon éprouve t-il le besoin de se trouver dans un endroit particulier pour réfléchir et en groupe de surcroît ?
Qu’il soit appelé Loge, Atelier ou Temple, ces trois vocables n’ont toutefois pas la même signification, le lieu rassemblant les frères, il faut avoir en mémoire que la pratique de la Franc Maçonnerie repose en grande partie sur la Fraternité.
La fraternité n’est pas qu’une attitude ou qu’un sentiment que l’on a ou que l’on a pas.
Elle se découvre, se forge, s’apprend au « contact » dans la rencontre et la connaissance réelle et individuelle des frères entre eux.
La Loge est une cellule vivante et de fait comme toute cellule, elle est mortelle.
Elle ne vit pas d’elle-même, ce sont les Frères qui la font vivre.
Notre Responsabilité est de la faire vivre, de la maintenir en vie.
Que ce soit celle où nous sommes « nés » ou celle parfois où nous avons été « adoptés », c’est toujours celle où nous travaillons et à laquelle nous appartenons.
Je ne suis pas membre d’une loge, j’appartiens à une loge, et cela à son importance.
Appartenir à une loge est un symbole puissant avec une connotation viscérale.
J’appartiens non en dépendance mais dans l’acceptation d’être une « partie » intégrante, d’être un élément constitutif d’un corps vivant où j’ai une place et un rôle.
Et si elle m’a créé ou m’a adopté, en retour je la fais vivre.
Voilà un de mes travaux…
Mais la spiritualité n’est pas un domaine où j’excelle tous les jours, je n’y accède pas par simple envie.
Je suis tout entier prisonnier de la matière, évoluant le plus souvent dans un monde « profane ».
Passer de la matérialité à la spiritualité réclame paradoxalement non pas une procédure spirituelle mais plutôt physique.
Ce sont les mots, les gestes, les attitudes qui me font entrer en contact avec moi-même.
Pour des raisons qui sont nôtres, propres à notre tradition, nous devons travailler à construire et consacrer à chaque fois notre temple.
Notre travail n’est jamais fini et à chaque fois il faut reprendre la construction, reprendre la construction qui s’est à chaque fois enrichit de ce que nous avons appris la fois précédente.
L’on peut s’étonner d’un Frère qui ne s’implique point et complètement dans la vie de l’Atelier, qui ne propose pas de morceau d’architecture, qui ne prend pas la parole, qui arrive juste à midi pour partir juste à minuit, qui ne partage pas même un morceau de pain en salle humide, qui ne s’inquiète pas de l’absence de son frère.
Sans le travail dans l’atelier comment être maçon ? Ne sommes nous pas la représentation de la vie ?
Ce qui précède me conduit à mettre en lumière la différence entre travail individuel et travail collectif.
Nos frères Maîtres le professent inlassablement aux apprentis, le travail individuel est le fondement même de l’initiation, fait de réflexion et de méditation.
Et cette réflexion doit plonger inéluctablement ses racines dans notre rite, sa sève dans le rituel.
Si je peux individuellement de par mes lectures avoir accès au rite, le rituel est là dans ce temple, avec mes frères.
J’en déduis sans contournement que le rite sans le rituel est page morte, et que le rituel n’existe que dans sa pratique.
Il est aisé de conclure que le rituel est un travail et qu’il ne peut se pratiquer qu’en loge.
Il est travail collectif « effectif et concret ».
C’est l’essence même du travail maçonnique, d’où la nécessité d’une participation active et constante.
Cette pratique s’enrichit par les « planches » qui s’inscrivent à la fois dans le travail collectif et individuel.
Individuel de par le travail de l’orateur et collective par l’enrichissement qui suit.
Je parle de travail, je le décline tout simplement, je m’interroge.
Evoquant le travail en loge je parle de provocation à la réflexion, prélude à un autre travail permanent que je vais effectuer dans le prolongement de ce que je fais en loge.
Je communique, je communie même, je me construis.
Le Temple est réservé à des rencontres et à des échanges, au travail d’initiation.
Avant de conclure, je vous donne un peu de travail à mon tour en vous proposant d’y répondre dans votre fort intérieur pendant un instant :
« Notre travail n’est-il pas de nous initier pour être en mesure d’accomplir notre mission ? »
Dans notre rituel, au 1er Degré, immédiatement après que l’impétrant soit entré dans le cabinet de réflexion, il peut y voir bon nombre de symboles qui conduisent au travail.
Il ne sait pas encore que le chemin sera long ; qu’il franchit les premiers mètres de ce chemin qui n’a pas ici de fin.
Il lui faudra faire preuve de persévérance, de volonté et de travail.
Nous devons tous accepter de sentir en soi une forme de découragement parfois, mais par le travail et parce que nous avons accepté de dire oui un soir, dire oui à l’inconnu, nous devenons ce frère que se construit de Vendredi en Vendredi.
J’aimerai vous livrer cette maxime de Jules RENARD :
«
Au travail, le plus dur est d’allumer la petite lampe du cerveau. Après, ça brûle tout seul…»
J’ai dit Vénérable Maître.
source :
www.ledifice.net  

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Published by G\ H\ - dans Planches
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