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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 12:18

La loge de maître secret doit être tendue de même que le maître bleu, c'est-à-dire de noir avec des larmes.

L’autel est triangulaire \.

Le maître représente Salomon et s’appelle très puissant qui vient au temple pour nommer sept experts pour en remplacer un seul qui est Hyram Abiff.

Il n’y a qu’un seul surveillant qui se nomme Adoniram. C’est celui qui avait inspection et le détail des ouvriers qui étaient inscrits pour travailler aux ouvrages du temple.

Salomon tient un sceptre à la main.

Il est vêtu d’un grand manteau noir doublé d’hermine, une couronne sur l’autel, et placé à l’orient devant l’autel.

Adoniram, inspecteur sera placé à l’occident ; on ne se sert point de maillet dans ce grade : les travaux du temple furent suspendus par le triste événement de la perte d’Hyram Abiff.

Salomon ne porte point de tablier. Il est décoré d’un large cordon bleu pendant de l’épaule droite à la hanche gauche, un triangle en bas.

Adoniram aura un large cordon blanc en forme de collier, une clef d’ivoire au bas et tous les maîtres seront ainsi décorés ayant tablier et gants blancs doublé d’un satin de même couleur attaché avec des rubans blanc.

Le blanc marque l’innocence du maître.

Le ruban noir est la marque de deuil et de tristesse de la perte du chef.

La loge doit être éclairée de quatre vingt une (81) lumières distribuées par sept fois neuf (?)

Pour ouvrir la loge de maître secret, le très puissant adressant la parole au frère inspecteur lui dit :

D : Frère Adoniram, êtes-vous maître secret ?

R : Très puissant, j’ai passé de l’équerre au compas. J’ai vu le tombeau du respectable Hyram Abiff. J’ai mêlé mes larmes à celles de mes frères et du plus sage et plus puissant des rois de la terre.

D : Quelle heure est-il ?

R : l’aurore a chassé les ténèbres, et la grande lumière commence à luire.

D : Puisque la grande lumière a été précédée de l’aurore, qu’elle commence à luire et que nous sommes tous maîtres, il est temps que nous commencions nos travaux. La loge est ouverte.

Tous les frères ainsi que le très puissant frappent ensemble sept (7 ) coups avec les mains chacun en place après avoir fait le signe du silence répété qui se fait en portant l’index et le médius sur les lèvres, répété de chaque main.

Cette cérémonie faite, tous les frères doivent se saluer en portant la main droite sur la partie du cœur, on salue d’abord le très puissant, ensuite le frère inspecteur et chaque colonne se salue ensemble.

On s'assoit pour entendre la délibération.

Si elle fait mention d’une réception, elle se fera comme suit :


Cérémonie de réception de maître secret

 

Le maître bleu avant d’être introduit dans la loge sera examiné sur tous les points des trois (3) grades qu’il doit avoir reçu, c’est à dire d’Apprentif, de compagnon et de maître bleu ou symbolique, par un frère expert qui le trouvant orthodoxe en rendra compte en frappant sept ( 7) coups à la porte de la loge annoncera un maître bleu qui désire être reçu maître secret et qu’il a les qualités requises qui lui fait mériter cette grâce.

Adoniram rendra compte au très puissant de la demande du récipiendaire et ajoutera qu’il répond de la capacité et zèle et constance

Le très puissant ordonne de l’introduire puisqu’il répond de lui. L’expert introduira le candidat et lorsqu'il entre en loge, il fera successivement le signe d’apprentif, de compagnon et de maître.

Adoniram le fera se prosterner ensuite le genou droit en terre, la tête baissée comme s’il était ébloui d’une éclatante lumière et pendant que le candidat est dans cette situation, le très puissant parle ainsi :

 

Vous n'avez vu jusqu’à ce moment mon frère que le voile épais qui vous cachait le Saint des Saints du Temple du vrai Dieu.

Votre fidélité, zèle et constance vous a mérité la faveur que je vous accorde et vous fera voir nos trésors en vous introduisant dans ce lieu saint et sacré, venez à moi en maître maçon contracter de nouveaux engagements.

Le frère Adoniram le fait relever, lui ordonne de marcher en maître bleu et se mettre à genoux au pied de l’autel pour y contracter son obligation qui est la même que celle du maître bleu, etc. etc.

Après l’obligation, le récipiendaire restant toujours à genoux, le très puissant descend une marche et lui met une couronne sur la tête mêlée de feuilles de laurier et d’olivier, en lui disant :

«Je vous reçois maître secret. Ce laurier représente la victoire que vous avez remportée sur vos passions. L’olivier est le symbole de la paix et de l’union qui doit régner parmi nos frères. Il ne tiendra qu’à vous de mériter la grâce que Dieu seul peut vous donner, c’est celle d'espérer de parvenir un jour dans le lieu saint pour y contempler le pilier de la beauté.

 

Je vous décore de cette clé d’ivoire suspendue au cordon bleu et triangulaire, bijou symbole de votre fidélité et de votre discrétion.

Ce tablier blanc et ces gants doublés de même marquent la candeur des maîtres secrets que vous avez mérité à juste titre.

Le cercle qui environne la lettre J\ initiale du nom sacré de l'Éternel est tracée sur la bavette de votre tablier.

Je vous donne en cette qualité rang parmi les lévites pour devenir dans la suite le gardien fidèle du saint des Saints et vous mets du nombre des sept pour remplacer le poste de notre cher maître Hyram Abiff et conduire les ouvrages que nous élevons à la divinité.

Votre  mot de passe est Zizon mot hébreu qui signifie balustrade*(voir renvoi 1)

 

Notre signe est celui du silence répété, il se fait en portant l’index et le médius de la main droite sur les lèvres, répété de chaque main.

L’attouchement est de se prendre réciproquement la main droite ; porter en même temps la main gauche au coude et se balancer par sept (7) fois l’un l’autre.

On doit croiser les jambes pendant cette cérémonie (voir renvoi 2)

Les mots sacrés et mystérieux sont job, Adonaï, iua. Ces mots sont les trois noms que Dieu s'est donné en se manifestant pour la première fois sur la montagne de Sinaï. Ce grand mot de maître est celui que Moïse grava en dernier par une lame d’or triangulaire en caractères hébraïques lorsqu’il lui parla sur la montagne à la troisième fois.

 

Cette parole sacrée et mystérieuse ne vous sera communiquée que lorsque la providence divine le permettra.

Dieu défendit à Moïse de jamais prononcer ce nom ineffable.

Sélec, (renvoi 3), Aron et Salomon auront la faculté seulement de l’épeler dans la suite, lettre par lettre, sans jamais rassembler les syllabes.

Les neuf noms qu'il a plu à Dieu de se donner en dérivent et chacun de ces neuf (9) noms par ces neuf (9) voyelles ont huit (8) attributs se rapportant à la divinité ce qui ensemble fait 72 noms.

Ces mêmes noms constituent 888 lettres renfermées dans ces neuf (9) voyelles suivant les cabalistes et ces neuf (9) noms sont :

Eloah ; Adonaï ; Jeheva ; Job ; Aloïm ; Javhë ; Achab ; Ozem ; Jesoÿs.

 

Le récipiendaire sera conduit par le frère expert à tous les frères afin qu’il donne les mots de  passe, signes, attouchements et paroles après quoi il se placera au milieu de la loge pour y  entendre les instructions cy après :


Doctrine pour les maîtres secrets.

 

D : Êtes-vous maître secret ?

R : oui, je le suis et en fais gloire.

D : comment avez-vous été reçu ?

R : j’ai passé de l’équerre au compas.

D : où avez-vous été reçu ?

R : sous le laurier et l’olivier.

D : dans quel lieu avez-vous été reçu ?

R : dans le Saint des Saints.

D : Qui vous a reçu ?

R : Salomon aidé d’Adoniram inspecteur des ouvrages du temple.

D : Qu’avez-vous aperçu en entrant ?

R : Les traces de la majesté divine.

D : n’avez-vous rien aperçu de plus ?

R : j’ai aperçu le grand cercle, le delta au milieu et ce qu’il renferme placé au milieu de l’étoile flamboyante qui m’a ébloui d’un saint respect.

D : que représentent les caractères hébraïques qui sont renfermés dans le delta ?

R : des choses au-dessus de la portée des faibles humains que je n’ose prononcer.

D : nous sommes en loge et cela vous est permis.

R : j’ai vu la grande clarté éblouissante.

D : Que renfermait cette grande clarté ?

R : le nom ineffable du grand architecte de l’univers. Moïse seul en avait appris la vraie prononciation du grand architecte lui-même. Il fut défendu par une loi que Moïse fit publier de jamais prononcer ce nom mystérieux de sorte que l’on perdit la véritable prononciation et que nous sommes fort incertains aujourd’hui sur le nombre des syllabes qui composent ce nom sacré et redoutable.

D : qu’avez-vous aperçu de plus ?

R : Neuf (9) autres mots en caractères hébraïques.

D : où étaient-ils placés ?

R : dans les neuf rayons qui partaient du delta lumineux et flamboyant.

D : Que signifient ces neuf (9) noms ?

R : Ce sont les neuf (9) noms que Dieu s’est donné lui-même en parlant à Moïse sur le mont Sinaï.

D : Donnez-moi les neuf (9) noms avec leur signification.

R : Eloah, Adonaï,  Jeheva,  Javhé,  Job, Aloïm,  Achab, Ozem,  Jesoÿs. Ces neuf (9) noms ont chacun 8 attributs de la divinité et qui en tout comprennent 888 lettres qui forment 72 noms qui sont pris comme les noms de la divinité selon l’alphabet des anges et l’arbre cabalistique.

D : que représente le cercle qui environne le delta ?

R : Il représente l’immensité de la présence de Dieu qui n’a ni commencement ni fin.

D : Que représente l’étoile flamboyante ?

R : c’est le météore qui doit nous guider à la divine providence.

D : Que signifie la lettre G qui est dans le centre ?

R : elle signifie gloire, grandeur et goméz.

D : Qu’entendez-vous par là ?

R : par la gloire, j’entends Dieu, par la grandeur, j’entends l’homme qui peut être grand par la perfection. Goméz, mot hébreu qui veut dire : « je rends grâce à Dieu de sa suprême puissance» Ce fut la première parole que prononça notre père commun en voyant Ève (renvoi note 4) à son réveil. (renvoi note 5)

D : Que signifient les cinq (5) rayons de l’étoile flamboyante ?

R : les cinq (5) ordres d’architectures qui furent employés à la construction du temple de Salomon ; les cinq 5 sens de nature au défaut d’un desquels l’homme ne saurait être parfait.

D : Qu’avez-vous vu de plus dans le Saint des Saints ?

R : L’arche d’alliance, le chandelier d’or à sept (7) branches et la table des pains de proposition.

D : Où était placée l’arche d’alliance ?

R : au milieu du Saint des Saints sous l’étoile flamboyante

D : que représente l’arche avec l’étoile flamboyante ?

R : tout de même que l’arche était l’emblème de l’alliance que Dieu avait faite avec son peuple et qu’elle avait été mise à l’ombre des ailes des chérubins, tout de même le cercle, le triangle ou delta renfermés dans l’étoile flamboyante sont l’emblème de la nouvelle alliance des francs-maçons.

D : Quelle était la forme de l’arche ?

R : un carré long.

D : de quoi était-elle ?

R : de bois de setim ou de cèdre couverte d’or au dehors et en dedans et surmontée d’une couronne d’or tout à l'entour et soutenue par douze chérubins d’or.

D : comment s’appelait la couverture de l’arche ?

R : le propitiatoire ou le lien qui servait pour apaiser la colère de Dieu.

D : que contenait l’arche ?

R : les témoignages que Dieu donna à Moïse autrement dit les tables de la loi.

D : que contenaient les tables ?

R : elles étaient de marbre blanc et contenaient dix (10) commandements en caractères hébraïques.

D : quels étaient ces dix (10) commandements ?

R : c’était le décalogue gravé par Moïse et dicté par le tout-puissant. La première table les quatre (4) commandements divins ; la seconde table contenait les 6 humains qui ne doivent regarder que les devoirs d’homme à homme.

D : comment les distingue-t-on ?

R : par les commandements de la loi divine et par les commandements de la loi humaine

D : dites-moi les quatre premiers qui regardent la divinité

D : à quoi servait la table ?

R : à y mettre douze (12) pains appelés de proposition qui doivent être toujours en la présence de Dieu ainsi qu’il l’avait ordonné.

D : de quoi étaient les pains ?

R : de la plus pure farine.

D : comment étaient-ils placés ?

R : six (6) à la droite et six (6) à la gauche formant deux piles.

123 123 123

D : que mettait-on au-dessus ?

R : de l’encens très luisant et du plus pur

D : pourquoi ?

R : pour qu’ils fussent un monument de l’oblation faite au seigneur

D : comment appelait-on le saint des saints en hébreu ?

R : dabir

D : que signifie ce mot ?

R : parole

D : pourquoi l’appelait-on de même

R : parce que c’était là où résidait la divinité et où il rendait ses oracles

D : qui construisit l’arche ?

R : lorsque moïse eut reçu l’ordre de Dieu pour construire l’arche, il fit choix de Bezeleer de la tribu de Juda, fils d’Uré et de Marie sœur de Moïse et Eliab fils d’Izamach de la tribu de Dan fort habiles

Le peuple témoigna tant d’ardeur pour cet ouvrage et offrit avec tant ??? son travail et son bien que Moïse fut obligé par l’avis même de ceux qui avaient la conduite de cet ouvrage de faire publier à son de trompe qu’il n’avait pas besoin de davantage

On commença donc à travailler à cet ouvrage selon le dessein et le modèle que Dieu lui-même avait donné à Moïse qui marqua aussi le nombre des vaisseaux ??? qu’on devaient mettre dans ce tabernacle pour servir aux sacrifices.

D : quel rapport ont les 7 branches du chandelier ?

R : le nombre représente celui des 7 planètes

D : qu’y avait-il au haut (bout) des 7 branches ?

R : il y avait à chacune une lampe et toutes ces lampes regardaient orient et midi [[est/sud[[

D : de combien de parties était composé le chandelier à 7 branches ?

R : de 70 parties

D : que signifie ce nombre de parties ?

R : ce nombre nous représente les 12 signes par lesquelles les 7 planètes font leur cours et les lampes ??? ces 7 planètes

D : que représente l’oeil toujours tracé dans nos loges ?

R : une seule lumière qui nous éclaire

D : comment montait-on aux galeries du temple ?

R : par un escalier en forme de vis que l’on montait par 3, 5 et 7 pratiqué dans l’épaisseur du mur dans la partie du nord

D : comment se nommait cet escalier ?

R : coquille

D : combien y avait-il de portes au saint des saints ?

R : une seule du côté de l’orient qu’on appelait ZARA [[la porte [sha"ar 2][[ couverte d’un tissu de pourpre d’hyacinthe d’or et d’azur

D : que nous représentent ces couleurs ?

R : les quatre éléments

D : quel âge avez-vous ?

R : trois fois vingt sept ans  accompli 81

D : Quel est votre mot de passe ?

R : zizon

D : que veut dire ce mot ?

R : balustrade

 

Pour fermer la loge

 

D : frère inspecteur, quelle heure est-il ?

R : la fin du jour

D : Que vous reste-t-il à faire ?

R : pratiquer le bien, fuir le vice et rentrer dans le silence

D : puisqu’il ne nous reste plus rien à faire qu’à pratiquer le bien et fuir le vice rentrons dans le silence que la volonté de dieu soit accomplie ; il est temps de se reposer

Frère inspecteur, avertissez les frères que je vais fermer la loge par les nombres mystérieux

R : le frère inspecteur répète à tous les frères la volonté du très puissant qui frappe 7 coups avec ses mains qui sont répétés par tous les frères de la loge

On se retire et la loge est fermée

 

Grand discours de Moïse : Sinaï, tableau réel de l'univers entier.

 

Cette montagne(sinaï) est le tableau réel de l'univers entier. Elle se divise en sept parties connues sous le nom des sept cieux céleste universels, et les quatre cercles dont je viens de te parler sont appelés surcélestes parce qu'ils bornent et dirigent l'action des sept principaux agents de la création universelle. C'est dans le surcéleste que s’opèrent la pensée et la volonté divines, c'est de là que proviennent l'ordre, la vertu et la puissance d'action de tous les esprits qui actionnent dans l'univers. Les sept cieux reçoivent du surcéleste toutes leurs vertus et tous leurs pouvoirs, et ensuite les communiquent au corps général terrestre. Tel est l'ordre qui règne entre ces trois mondes.

 

 

Second discours de Moïse : Le nom conventionnel de Bethzaléel.

 

Israël, je t'ai laissé ignorer le véritable nom de l'ouvrier constructeur de ce redoutable tabernacle et tu ne l'as connu que sous le nom temporel de Bethzaléel. Ce surnom n'est que conventionnel, il n'annonce que l'origine reproductive des formes corporelles et n'enseigne point le vrai nom de celui ou de ceux qui les habitent. Il faut donc te dire que le véritable nom spirituel de cet ouvrier est Beth, qui veut dire opérant l'action de la pensée divine, ce qui est indiqué par la seconde lettre de l'alphabet hébreu, car la première, qui est l'aleph, exprime la pensée divine et la seconde, qui est la beth, exprime son action.

 

 

Second discours de Moïse : Le nom de Seth et le nom de Bethzaléel.

 

Après t'avoir expliqué, Israël, l'origine du nom spirituel que l'Eternel a donné à l'âme, de même que le changement du nom originel en celui spirituel, tu désirerais peut-être que je te donnasse l'explication du nom de Seth. Je te dis en vérité que ce nom signifie être admis au vrai culte divin, ou exécuteur parfait de la manifestation de la gloire et de la justice divines. Ainsi la postérité de Seth fut nommée enfants de Dieu et non pas enfants des hommes. Ce titre d'enfants des hommes fut réservé pour la postérité femelle de Caïn, qui fut enfantée par l'opération des démons, parce que son origine corporelle première provient de la seule faculté de l'opération du premier homme, qui fut le sujet de sa prévarication. Si tu désirais encore savoir de moi pourquoi l'homme constructeur du redoutable tabernacle a opéré toutes ses oeuvres temporelles sous un nom originel, je te répondrais que le nom originel de Bethzaléel a resté ainsi à cet homme, pour faire entendre à toute la postérité d'Adam la liaison intime de l'esprit avec la matière première, toutefois sans admettre de confusion entre l'un et l'autre.

 

 

Les biens empruntés par les Hébreux aux Egyptiens, dont leurs idoles matérielles.

Apprenez donc que tous ces vases, tous ces métaux et ces ustensiles d’or et d’argent n’ont servi à d’autres usages chez Israël qu’à la décoration du temple ou de l’arche d’alliance que Moïse éleva à la gloire du créateur, pour y opérer les différents cultes divins.

 

 

Second discours de Moïse : Confusion et dispersion des tribus d'Israël.

 

Mais, Israël, cette transmission n'est-elle pas un nouvel indice que l'héritage de la terre promise ne sera pas toujours chez toi ? Oui, cet exemple doit t'apprendre pour un temps immémorial que le véritable culte de l'Éternel sera également transmis, à ton préjudice, aux nations étrangères et, pour lors, ta mémoire sera si fortement obscurcie que tu ne te souviendras plus ni du nom de l'Éternel ni de ton propre nom animal spirituel. Ta dispersion sera entière et servira d'exemple à toute la terre, tu entreras une seconde fois en esclavage et en servitude de la terre d'Égypte, d'où tu ne sortiras plus qu'à la fin des temps. C'est alors que la manifestation de la gloire et de la justice du Tout-Puissant s'opérera pour la satisfaction des justes, à la honte des démons criminels et à celle des coupables mineurs non réconciliés. Il faut savoir néanmoins qu'avant ces derniers temps, il y aura grande confusion dans les tribus d'Israël. La désolation qui sera parmi elles les forcera de se séparer les unes des autres : le nombre supérieur se retirera très loin du nombre inférieur, qui sera subdivisé encore de son premier héritage, pour être un exemple frappant de la justice que l'Éternel a manifestée contre les enfants d'Israël, et leur terre promise restera inculte et stérile. Tu sais, Israël, que le nombre septénaire, 7, est un nombre spirituel temporel et que le nombre quinaire, 5, est un nombre spirituel matériel, susceptible de confusion et de malversation spirituelle divine ; c'est donc ce nombre supérieur septénaire des tribus qui se détachera du nombre inférieur quinaire et sera relégué dans un lieu de cet univers apparent que les mortels ordinaires ne pourront découvrir. Là, ces peuples justes achèveront de payer le tribut que le crime d'Israël doit encore à la justice divine et, par là, ils opéreront la juste réconciliation des enfants d'Israël. L'arche d'alliance d'Israël avec le Seigneur marchera aussi avec ce nombre septénaire, conjointement avec toutes les vertus et puissances spirituelles divines dont il est dépositaire, et les autres tribus dégénéreront en êtres de ténèbres.

 

 

L'arc-en-ciel, le rameau d'olivier

 

Cette branche d'olivier, prise par la colombe de préférence à tout autre bois, enseignait aux hommes le fruit dont ils se serviraient pour l'onction et la marque des puissants signalés, préposés par le Créateur pour la manifestation de son culte, ainsi qu'on l'a pratiqué chez Israël et parmi tous les sages.

 Adam, au paradis terrestre, a mésusé de son verbe de création. Balustrade = appui ?

Par les six cercles, le Créateur représentait au premier homme les six immenses pensées qu'il avait employées pour la création de son temple universel et particulier. Le septième cercle, joint aux six premiers, annonçait à l'homme la jonction que l'esprit du Créateur faisait avec lui pour être sa force et son appui. Mais, malgré les précautions puissantes que le Créateur employa pour prévenir et soutenir l’homme contre ses ennemis, cet homme ne laissa pas d’agir selon sa propre volonté, par laquelle il se détermina à opérer une oeuvre impure.

 

Grand discours de Moïse : Opérations du monde surcéleste.

 

Tu vois donc, Israël, que l'action des habitants du surcéleste est infiniment plus considérable que celle de tout être spirituel occupé aux actions et aux opérations des deux mondes inférieurs ; tu le vois, dis-je, par les rayons de feu sortant des différentes circonférences qui constituent l'immensité du surcéleste et cette supériorité d'action ne doit pas t'étonner, puisque l'espace de l'immensité surcéleste est plus étendu que l'espace des deux mondes inférieurs qui, quand même il serait réuni, n'en approcherait jamais.

 

 

Examen du culte rendu par Énoch.

 

Pour cet effet, il fit parmi eux une élection de dix sujets, auxquels il déclara la volonté du Créateur et auxquels il prescrivit un cérémonial et une règle de vie pour pouvoir invoquer l'Eternel en sainteté. Il admit ces dix sujets à la connaissance de ses travaux listiques chaotiques (on donnera dans son lieu l'interprétation précise de ces deux mots, qui appartiennent aux sciences spirituelles divines). Il leur fit ensuite élever un édifice qui n'avait qu'un seul appartement, ou enceinte, dans laquelle se plaçaient ces dix sujets qu'Enoch avait choisis pour l'assister dans ses saintes opérations. Il donna à chacun d'eux une lettre initiale des saints noms de Dieu, ce qui formait en tout dix lettres, afin qu'ils suivissent avec régularité et précision toute espèce d'opérations agréables au Créateur et avantageuses pour les mineurs réconciliés. Après cette première opération, il les renvoya chacun dans leur tente, ou le quartier qu'il leur avait assigné lui-même, ainsi que Moïse l'a représenté depuis par le campement des Lévites autour de l'arche. Enoch tint cette assemblée d'opérations divines avec ses dix élus, de dix en dix semaines, et leur transmit dans chaque assemblée une nouvelle lettre initiale du saint nom de Dieu, de sorte qu'après sept assemblées chacun d'eux eut en son particulier deux mots puissants avec lesquels ils commandaient toute chose créée, depuis la surface terrestre jusqu'à la surface céleste. Ces deux mots consistaient en sept lettres dont quatre formaient le nom redoutable, puissant et invincible de l'Eternel, qui gouvernait et soumettait tout être créé dans le corps céleste, et les trois autres lettres formaient un nom saint qui assujettissait et gouvernait tout être créé sur le corps terrestre. Ces dix chefs, remis par les secours d'Enoch dans leurs premières vertus et puissances spirituelles divines, firent, par leurs opérations saintes, des prodiges si grands, qu'ils ramenèrent à eux plusieurs sujets de leur famille et qu'ils instruisirent les mineurs vraiment appelés par l'esprit saint dans les sciences qu'ils possédaient par le pouvoir et le ministère d'Enoch, type de réconciliation du genre humain.

 

La règle de la lettre B.

 

Cette marque de Jacob est dans sa postérité, pour un temps immémorial, une preuve de la prévarication d'Israël. C'est depuis cette époque qu'il a été défendu de la part de l'Eternel, soit dans le temple de Moïse, soit dans celui de Salomon, qu'aucune personne marquée à la lettre B de naissance ne fût admise au culte divin sous quelque prétexte que ce fût. Cette loi, qui a été donnée sous les peines les plus sévères, a été confirmée par le Christ, afin que tous ceux qui seraient et qui sont aujourd'hui chargés de faire opérer le culte divin dans son temple spirituel observassent cette ordonnance avec la plus grande exactitude.

 

 

Type de Noé flottant sur les eaux, tel le Créateur.

 

Les postérités de Caïn et de Seth ayant poussé leurs abominations non seulement jusqu'à abandonner le Créateur et son culte, mais encore jusqu'à commettre les fornications les plus immondes et auxquelles on ne peut penser sans frémir, le Créateur s'éleva contre ces prévaricateurs et contre les démons qui les avaient séduits. Il suscita à Noé, son fidèle élu, de se disposer à construire une arche en bois de cèdre, dans laquelle serait renfermé le témoignage de la justice divine qui allait s'exercer contre la terre et ses habitants. Ce bâtiment portait le nom d'arche, parce qu'il flottait sur les eaux et son fondement avait la forme comme le dessous du ventre d'un canard. Cette arche n'avait ni mâture ni voilure ni rames.

 

Pâtiments d'Adam, pâtiments de Noé ainsi que des brutes.

 

On ne peut concevoir quelles étaient ces peines que ressentait Adam, lorsque après avoir été entièrement libre et sans bornes, par sa nature d'être pur spirituel pensant, il se trouvait dans une prison de matière et qu'il était assujetti au temps. Il employa, en effet, quarante ans à gémir sur son crime, en réfléchissant sur ce qu'il avait été dans son premier principe, sur ce qu'il était devenu et sur ce qu'il devait devenir par la suite. Par ses lamentations, il se disposa à obtenir miséricorde du Créateur, et l'obtint, en effet, au bout des quarante ans de peines et de pâtiments nécessaires pour opérer son expiation. Il ne pouvait obtenir sa réconciliation qu'au bout de ces quarante ans, puisque c'était au bout de ce temps que devait naître, de lui et d'Eve, l'holocauste spirituel qui effacerait l'horreur de son crime et punirait l'abomination des démons séducteurs, et les pâtiments qu'Adam endura pendant tout ce temps nous sont clairement figurés par les pâtiments que les animaux ressentirent tant qu'ils furent sous la justice divine, et par les quarante jours que Noé passa avec ces animaux sur le mont Ararat nommé mont d'Arménie, d'autant mieux que Noé passa tout ce temps à rendre grâce au Créateur de ce qu'il l'avait bien voulu préserver, lui et le res te des animaux, du fléau qui venait de tomber sur la terre et sur tous ses habitants. Vous pourriez me demander ce qu'a de commun la prévarication des animaux raisonnables avec la conduite des animaux irraisonnables et pourquoi les uns et les autres sont confondus dans la même punition. Je vous répondrai à cela que non seulement les hommes de ces temps-là avaient abjuré le Créateur et adopté entièrement les insinuations des démons, mais qu'ils avaient encore poussé l'abomination jusqu'à jouir des brutes comme des femmes et à jouir également entre eux des passions contre nature. Ces crimes nous ont été retracés depuis par Sodome et Gomorrhe, qui ont laissé leur nom à ces horribles prévarications. Voyez à présent si vous devez être étonnés que le Créateur ait exercé sa justice sur les animaux irraisonnables, ainsi que sur les animaux raisonnables. Le Créateur a fait la même chose en punissant les deux villes que je viens de nommer que lorsqu'il frappa la terre du déluge. Il faut savoir, de plus, que le feu que l'Eternel fit tomber sur ces deux villes annonce celui qui doit mettre fin à la création universelle, ainsi que je l'expliquerai ailleurs.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 12:16

Tous les frères qui composent le Tribunal Souverain doivent se trouver à la réception d'un Profane, sauf des raisons légitimes. Lorsqu'ils sont entrés dans le Tribunal d'après les usages ordinaires, le Frère proposant amène le candidat au Parvis. L'avant placé dans l'angle septentrional, il vient frapper deux coups détachés à la porte du Tribunal que le Frère Garde ouvre sur le champ avec les cérémonies ordinaires.

Le Frère Parrain répond à la question du F. Garde :

" Avertissez le M. Conducteur en chef du Tribunal que le Récipiendaire est au Parvis ".

Le F. Garde ferme la porte et dit, après s'être incliné : "T.V.M., je viens d'apprendre que le Récipiendaire est au Parvis." Il s'incline et reprend son poste.

Le V. M. ordonne au Frère Vicaire d'envoyer un de ses Thuileurs préparer le candidat.

Le Frère Vicaire envoie le premier Thuileur au Parrain, qui fait entrer le proposant dans le Porche et conduit le Récipiendaire dans la chambre de retraite et à qui il dit : " Faites de sérieuses réflexions sur les démarches que vous faites. " Après ces mots, il ferme la porte à clef et y laisse un F. Garde, qui observe ce que fait le Récipiendaire par un clairvoie pratiqué en. haut de la porte.

Le Récipiendaire reste à faire ses réflexions jusqu'à ce que toutes les cérémonies du Tribunal soient observées.

Le premier Thuileur rentre dans le Tribunal, laisse la porte du Tribunal ouverte et place un Frère Garde à deux pas de distance d'eux dans le Parvis. Il salue le V. M. et ensuite le Frère Vicaire, à qui il dit : " F. M., le Profane est livré à ses réflexions. "

" Asseyez-vous, mon Frère ", réplique le F. Vicaire, lequel salue le V. M. et lui dit que ses ordres sont exécutés ; ensuite il s'assied.  

Garniture des Circonférences

Le Tribunal éclairé suivant l'usage, l'ouverture des travaux faite, on observe un moment de silence, que le Souv. M. rompt en faisant lancer un coup de foudre, après lequel tous les frères se lèvent debout, c'est-à-dire seulement depuis le R. M. jusqu'au V. M. avec leurs colonnes de droite et de gauche.  

Le R. M. pose la branche de palme au bas de la circonférence extérieure vers l'orient ;  

Le V. M., sa branche de cèdre de même vers l'occident ;  

Le R.M. dit : "V. M. faites garnir les circonférences des emblèmes mystérieux de l'ordre. " Le V. M. après s'être incliné, ordonne aux Thuileurs de garnir les circonférences.

Fonctions du 1er Thuileur  

Alors le premier Thuileur porte devant le R. M. une branche de palme, ou à son défaut une de coudrier ; et devant le V. M., une de cèdre, ou à son défaut, une de fresne ; devant le premier Surveillant du Tribunal une branche de saule ; et devant le second une branche d'olivier ; et au défaut de celle-ci une de houx.  

Fonctions du 2e Thuileur  

Le second Frère Thuileur porte devant le premier Surveillant du Tribunal une terrine pleine de feu ; et devant le Second une mer d'airain ; c'est-à-dire un vase de terre plein d'eau.  

Fonctions du 3e Thuileur  

Le Troisième Thuileur porte devant le frère Vicaire, un vase de terre dans lequel il y a de la terre paitrie.  

Tout étant prêt, le R. M. frappe un coup qui est répété successivement par tous les Surveillants et par le V. M. ; ensuite celui-ci dit : "A l'ordre, mes frères ! " ; alors tous les F.F. qui sont debouts mettent la main droite à l'ordre et restent ainsi jusqu'à ce que les officiers aient placé les choses que les Frères Thuileurs ont apportées devant eux, autour des circonférences en cette manière :  

Le R.M. pose la branche de palme au bas de la circonférence extérieure vers l'orient ; Le V.M., sa branche de cèdre de même vers l'occident ;

Le Premier Surveillant du Tribunal pose sa branche de saule vers le midi ;  

Le Second Surveillant, sa branche d'olivier vers le septentrion ;  

Le Premier Surveillant du Tribunal place le feu élémentaire à un pied et demi de distance des circonférences, vis à vis la branche de saule ;

Le Second Surveillant, l'eau à la même distance, vis à vis la branche d'olivier ;

Enfin, le Frère Vicaire met la terre patrie vis à vis la branche de cèdre. Toutes ces choses doivent être faites promptement et ensemble.  

Le R. M. frappe un seul coup de marteau ; à l'instant tous les frères reprennent leurs places ; et les Frères servants donnent à chacun des deux Surveillants du T. et au F. Vicaire une pipe à éclairs, pour s'en servir pendant la Réception.

Le V. M. va au Parvis

Le Souv. M. fait lancer un coup de foudre, après lequel le R.M. frappe un coup de marteau, qui lui est rendu par le V. M., à qui il ordonne d'aller reconnaître le Profane actuellement livré à ses réflexions.  

Le V. M. se lève, salue l'orient et va au Parvis, suivi de tous ses officiers, qui se placent à l'ordinaire, et du Frère qui sert de Parrain. Il ne reste dans le Tribunal que les apprentifs, les Compagnons et les Maîtres.

Présentation du Candidat au V. M.

Le V. M. fait ouvrir la porte de la chambre de retraite par le Frère Garde, à qui il ordonne de faire venir le profane et le placer devant lui ; ce qui étant exécuté, il lui dit :  

" Avez-vous mûrement réfléchi, à ce que vous vous proposez de faire, persistez vous toujours ? " (.....)

" Connaissez vous bien celui qui vous a proposé ? " (...... )

Il s'adresse au F. proposant :

" Et vous Frère N..., êtes vous bien assuré des bonne vie et moeurs de cet homme que vous me présentez ? " (...... )  

"Souvenez vous que vous devenez, dès ce moment responsable à l'ordre, de la conduite qu'il tiendra désormais, s'il est assez heureux pour V être aggregé.  

(au Récipiendaire)  

"L'examen que vous avez subi a dû vous convaincre que l'ordre que vous vous proposez d'embrasser ne tend qu'à la vertu ; qu'il est l'ennemi des vanités de ce monde périssable. Si vous ne vous sentez pas assez de courage pour exécuter fidèlement ce que vous nous avez promis, et pour devenir tel que l'ordre l'exige, vous pouvez vous retirer, vous êtes libre ; jamais nous ne répéterons ce qui se passe ici aujourd'hui : voyez, que rien de vous retienne. L'engagement que vous serez dans le cas de contracter avec nous, doit être un acte libre.

Persistez vous fortement dans vos desseins ? " (......)

" Votre attente sera remplie ".

(aux Thuileurs )  

" Disposez cet homme à retracer aux Veux des Frères qui sont dans le Tribunal, ce qui s'est passé au commencement des temps au centre de l'univers ".

Préparation du Candidat  

Les Thuileurs font entrer le candidat dans la chambre de retraite ; ils le dénuent de tous métaux et ils le déshabillent de façon qu'il n'a que sa chemise et une culotte de laine blanche appartenant au Tribunal. Ensuite ils le couchent sur les trois tapis noir, rouge et blanc : d'abord, le blanc ; ensuite, le rouge et le noir, le dernier, c'est-à-dire, couvrant le tout, lorsque le candidat y sera enveloppé. Ils l'enveloppent donc soigneusement dans tous ces draps et ils le portent au centre des circonférences, sur le dos, avant la tête à l'occident, les pieds à l'orient, les deux genous en l'air et les deux poings sur les yeux. Ils lui donnent une pierre triangulaire pour soutenir sa tête. Les Chefs-colonnes du Tribual rentrent dans le Tribunal immédiatement après le Récipiendaire ; ils y reprennent leurs places. Le Frère Parrain en fait autant, et tout le monde observe le plus profond silence. Le Candidat étant dans la position prescrite, on met tout de suite à côté de sa tête le feu élémentaire ; vers la partie du coeur, la terre paîtrie ; et du côté opposé, la mer d'airain. Les Surveillants du Tribunal vont se placer sur la droite des officiers qui ont des à éclairs. On s'éloigne le plus qu'il est possible des circonférences pour qu'elles soient libres.

Avertissement aux R. et V. M.M.

Lorsque le Candidat est resté un certain espace de temps dans ce silence, le Souverain M. fait lancer, par intervalles, quatre coups de foudre ; après lesquels les R. et V. M.M. vont tous les deux aux pieds des circonférences. Y étant arrivés, ils s'inclinent respectivement ; et ils commencent le premier tour des six qu'ils doivent faire au tour du candidat : le R. M. va de l'orient à l'occident, tournant par le midi ; le V. M. va de l'accident à l'orient, tournant par le septentrion.

Le V.M. arrivé à l'orient, lève les mains en l'air, formant de la main droite une équerre qui regarde vers orient ; et de la main gauche, une autre équerre qui regarde vers midi ; ensuite la main droite descend en équerre sur le coeur ; et la gauche de champ sur la terre ; s'incline devant le P. M. qui le bénit de la bénédiction d'lsraël, à voix basse.

S'il n'est pas dans le cas de recevoir cette bénédiction, le Souv. M. tend seulement ses mains sur lui. Après cette cérémonie, il continue son tour.  

Le R. M., revenu à l'orient, fait la même chose et reçoit la même bénédiction. Il continue seul les six tours, le V. M. s'étant retiré à un pas de distance du candidat. Chaque fois que le R. M. passe devant ceux qui ont les pipes à éclairs, il reçoit un éclair après chacun desquels la foudre gronde.  

Les six tours avec les attitudes  

Le R. M., en faisant les six tours commence le premier vers le midi ; le second vers le septentrion ; le troisième vers le midi ; ainsi des autres. Au premier tour, il tient le bras droit tendu, la main formant une équerre ouverte sur le candidat, sur lequel il jette les yeux ; la main gauche prend la position de la droite, et la droite de la gauche : ainsi de suite en alternant à chaque tour il prononce + à basse voix.

Avant de commencer les six tours, un Frère Thuileur va prendre l'encensoir des mains du Réau + de la droite du Souv. M. qui y a mis les parfums nécessaires et encense les circonférences à mesure que les tours se font : pour cet effet le R. M. a soin d'observer une petite pause après chaque tour. Les six tours finis, les R. et V. M. vont reprendre leurs places, tandis que le Frère Thuileur encense toutes les circonférences : ce qui étant fini, le Souv. M. fait lancer deux coups de foudre précipités et un détaché, tous les trois précédés d'un éclair.     Les R. et V. M.M. approchent immédiatement après le candidat.  

Ordination  

Le R. M. prend une baguette de bois de houx avec laquelle il touche les genoux du candidat qui allonge ses jambes, en faisant cette cérémonie le R. M. prononce + qui contient la matière. Le V. M. prend la baguette de frêne avec laquelle il touche, en prononçant + la partie du coeur du candidat et lui fait allonger le bras gauche : Ensuite il touche de la même baguette en prononçant + + le côté droit, et lui fait allonger le bras droit. Le R. M. touche, pour la seconde fois les genoux du candidat que le V. M. découvre tout de suite du Tapis noir ; le R. M. en fait autant des deux autres parties, que le V. M. a touchées de sa baguette ; ainsi le candidat se trouve découvert de tout le tapis noir. On observe de lancer des éclairs et un coup de foudre à chaque partie que l'on découvre. Le R. M. touche, pour la troisième fois de sa baguette tout le corps du candidat, que le V. M. développe alors de tout le Tapis rouge : Par ce moyen le candidat se trouve seulement couvert du tapis blanc et allongé de tous ses membres. Le V. M. va se placer aux pieds, et le R. M. l'enjambe jusque près la tête : Là, il fait à haute voix la prière qui suit :  

Prière

" Grand Architecte de l'Univers, Tu as bien voulu faire l'homme à ton image et à ta ressemblance, pour lui assujettir le grand Monde dont il sera la victime, si tu ne le combles de tes grâces ; ne permets pas que l'ouvrage de tes mains périsse ; fait au contraire que ses ennemis rougissent de honte des victoires qu'ils remporteront sur Lui ; rends plutôt leurs efforts inutiles, cependant que ta sainte volonté soit faite 1" Le V. M. répond : " Amen ".  

Le R. M., en faisant cette prière, a la main droite en équerre en l'air ; la gauche aussi en équerre tendue horizontalement contre terre : il dépasse ensuite la candidat, s'incline devant l'Orient où il ferait face et, se tournant du côté de l'occident qu'il salue, il développe le candidat du tapis blanc à l'instant les éclairs et la foudre vont leur train, et tous les F.F. trépignent des pieds jusqu'à ce que le R. M. ait pris sa place et qu'il ait frappé un coup de marteau, pour faire faire silence. Alors tout le monde reprend sa place, excepté le V. M. qui reste seul aux pieds du candidat pour le relever.

Le P. M. fait lancer un coup de foudre, après lequel le V. M. prend le candidat par les mains, savoir : de la droite, la droite ; et de la gauche, la gauche, pour former le Réceptacle de la Nature extérieure ; ensuite il appuie ses pieds contre ses pieds, et il le relève debout. Il le conduit alors au R. M. qui appuie sur son front le pouce, l'index et le doigt majeur de sa main droite, ce qui forme un triangle, les autres doigts étant repliés sur la main. En appuyant ce triangle sur le front du candidat, le R. M. prononce + à basse voix. Il porte ensuite le même triangle sur la partie du coeur, où il prononce encore +. Il en fait autant sur le côté droit et au dessus de la tête, en prononçant de même sur chaque partie +. Tous les mots sont différents. La cérémonie d'ordination ainsi faite, le V. M. conduit le candidat au centre des circonférences, par le pas d'app. ; Là il lui donne le mot + et il lui fait faire les sept signes d'apprentif. Cela fait, il lui montre les quatre branches mystérieuses, en lui disant : "Ces quatre branches qui s'offrent à tes yeux, te seront d'une grande utilité, si tu observes les commandements de celui qui t'a donné l'être ; mais tu mourras, si tu les transgresses. Tu peux jouir de tout ce que tu vois ; tout t'es soumis et tout doit contribuer à ta satisfaction ; mais garde toi de toucher à ces quatre branches (il lui montre la Branche de palme avec sa baguette) voilà le symbole de la puissance universelle du Dieu vivifiant ; (il lui montre la branche de cèdre) voilà l'emblème de la puissance universelle du Dieu vivant ; (il lui montre la branche d'olivier ) voilà l'emblème de la puissance universelle du Dieu de vie ; (il lui montre la branche de saule) voilà enfin, le symbole de la mort éternelle, (Ensuite il lui fait jeter les yeux sur la terre paîtrie, sur l'eau et sur le feu ) Vois, homme, lui dit-il, ce que tu es ; je t'ai tiré de là ; si tu ne veux pas rentrer dans les abvmes de la terre d'Egypte, observe fidèlement les défenses qui t'ont été faites et n'oublie jamais les engagements que tu contracteras avec l'ordre.

Le V. M. se retire à son poste, et laisse le candidat seul au centre de la circonférence. Tous les frères observent alors le plus profond silence. Quelques instants après le R. M. députe tel Frère qu'il juge à propos pour aller tenter le candidat.  

Le R. M. frappe un coup de marteau ; alors le Frère Tentateur, qui tient à la main une baguette de coudrier ou de frêne, s'avance près du candidat avec un air doux et riant et, après avoir jeté les Veux à droite et à gauche, il lui dit : " Homme que fais tu là. Tu n'oses pas sortir du sein de ta circonférence. Tu crains de connaître les secrets que ces branches renferment ? (il les lui montre avec sa baguette) Si tu connaissais et si tu savais desseler ces hiéroglyphes que tu vois (il les lui montre de même) tu serais bien plus puissant que tu n'es, celui qui t'a défendu de toucher à l'arbre vivant et à l'arbre vivifiant, à craint qu'en apprenant la science du bien et du mal qu'ils renferment, tu ne devinsses plus fort et plus puissant que lui ; suis les conseils que je vais te donner, ta félicité en dépend absolument ; agis donc en ta qualité d'homme, fais sur cette terre les mêmes caractères que tu vois, tu sauras que tout ce qui est dans l'Univers t'appartient, puisqu'il dérive de toi ; attache toi surtout à connaître particulièrement ce que renferme l'arbre vivifiant (il le lui montre) parce qu'en lui est toute science et puissance, tu soumettras tout à ton empire et tu commanderas à tous les animaux tant visibles qu'invisibles ; prends cette baguette et ce crayon, va commencer à tracer devant l'olivier.

Le Frère Tentateur présente sa baguette et un crayon noir au candidat qui les prend ; et il le conduit devant la branche d'olivier, où il lui fait tracer la lettre A ; ensuite devant la branche de cèdre la lettre E ; devant celle de palme, la lettre I, et devant le saule, la lettre O. Après cela il le mène tracer la lettre H à côté de l'A ; la lettre B à côté de l'E ; la lettre V à côté de l'I ; et la lettre M à côté de l'O ; ensuite, il le fait rentrer dans le centre des circonférences, et il va se placer vers la branche de saule, il lui fait cependant tracer au milieu des circonférences les cinq lettres suivantes qu'il dispose ainsi :  

A E

D

C B

Après que tout est fini de tracer, le F. Tentateur engage le candidat à toucher de sa baguette les lettres HA, qu'il prononce ; il en fait de même à l'égard des autres lettres et, à chaque fois qu'il les prononce, on lance des éclairs et on fait gronder le tonnerre. II prononce alternativement toutes les lettres pendant trois fois, et on a soin, à la troisième fois, d'enlever la branche et d'effacer les lettres qu'il a tracées devant, aussitôt qu'il les a touchées de sa baguette et prononcées ; ce qu'il faut faire subtilement et sans qu'il s'en apperçoive, lorsqu'il a tourné le dos pour aller à la branche suivante, de cette manière, on efface tous les caractères, excepté les cinq qui sont au centre ; et on ne laisse exactement que la branche de saule, que l'on renverse par terre, et à côté de laquelle on met la terre patrie, l'eau et le feu ; ces trois objets sont placés en triangle.

Alors le Frère Tentateur disparaît et le candidat reste seul livré à lui même. Tous les frères observent le plus profond silence.   Quelques instants après le V. M. se lève et s'approche à pas libres du candidat à qui il dit :  

"Qu'as tu fait, malheureux ? Tu as oublié les commandements du M., vois d'où tu es sorti ; (il lui montre la terre patrie, l'eau et le feu ) tu n'es que poussière et tu retourneras en poussière ".

Le candidat se prosterne, la face en terre.

Le V. M. le couvre de la branche de saule et il continue :

" Tu vas être livré entre les mains de tes ennemis, qui te feront souffrir les peines de l'âme, du corps et de l'esprit ; sors de ma présence et vas t'en recevoir le prix de tes forfaits ". A l'instant, les trois Thuileurs saisissent brusquement le candidat qu'ils entraînent au Parvis ; là, ils le lient avec des cordes et des chaînes, et ils lui font faire neuf tours chargé d'un fardeau. Tandis qu'il fait ces neuf tours on jette sur lui de l'eau, de la terre et des éclairs, sans cependant le blesser, ni le mouiller beaucoup.  

Tandis que le candidat souffre ces peines dans le Parvis, on change les décorations dans le Tribunal. On y figure un Escalier à vis, supposé que le T. n'en ait pas un en nature, sur lequel on met les nombres 3 - 5 - 7 ; et on enlève tout ce qui a servi aux premières cérémonies.  

Le candidat ayant fait ses neuf voyages, le Frère premier Thuileur frappe la batterie d'apprenti à la porte du T. ; le F. Garde rend la batterie et ouvre la porte, il s'assure du Frère qui a frappé et l'introduit dans le Tribunal.  

Lorsqu'il est entré, il se met à l'ordre, présentant bien la partie gauche à l'orient qu'il salue et il s'adresse au R. M..., en lui disant :  

"Je viens implorer grâce et miséricorde pour l'homme votre créature, qui a eu le malheur de se laisser séduire et de transgresser vos ordres ; pardonnez lui son crime, il en est repentant ; j'ai été témoin de ses gémissements et de ses remords, vous l'avez été et vous l'êtes de même, puisque rien ne vous échappe ; daignez lui faire grâce ! "  

"Allez, répond le R. M., que l'homme soit présenté devant moi."

Le Frère premier Thuileur s'incline et retourne au Parvis, suivi du Maître des cérémonies, qui prend le candidat par la main, en disant aux Thuileurs : " Laissez cet homme en paix ; retirez vous et que désormais aucun de vous ne l'environne ; le P. M. lui a fait grâce ; retirez vous chacun dans votre région i obéissez à celui qui vous commande au nom du Maître. "  

Les Thuileurs lâchent le candidat en feignant de la difficulté ; l'un d'eux dit à haute voix ; "Ce n'est pas pour longtemps que tu nous quittes," Le Maître des cérémonies répond, d'un ton brusque : " Paix ! "  

Dès ce moment tous les Frères vont reprendre leurs places dans le Tribunal, la porte qui communique du T. au Parvis étant ouverte, le Maître des cérémonies et le Frère Vicaire restent seuls au Parvis avec le candidat à qui ils tiennent ce langage :  

"Il est bien triste pour toi de t'être laissé séduire par ton plus cruel ennemi, qui t'a perdu en te faisant transgresser les commandements du Maître ! Réfléchis sur le danger où tu t'es précipité, afin de ne plus retomber dans la désobéissance ; car, à mon intervention, le M. vient de te pardonner ta faute ; mais tu seras à l'avenir délaissé ; et souviens toi que tu seras seul à te tirer des abîmes où tu te plongerais ; crains que les forces te manquent et que ton ennemi, qui ne cesse de roder autour de toi, ne te présente des dangers et des obstacles insurmontables ; veille donc et ne t'occupes dans cette vallée de larmes, qu'à te maintenir au sein de la circonférence. Amen".  

Ce discours fini, le maître des cérémonies et le Frère Vicaire prennent le candidat par ses liens, le font entrer dans le Tribunal et le placent entre les deux colonnes du T. Le Maître des cérémonies se met sur sa droite, et le Frère Vicaire sur sa gauche. Tous les deux sont debout et tous les trois font face à l'orient.  

Lorsque le R :, M,.. se lève, le candidat se met à genoux et baisse la tête. Le R :, M ;, lui dit ;  

" Te voila donc rentré dans la terre d'Egypte ? Comment as tu pu oublier mes défenses ? Ton crime t'a rendu l'esclave de la mort qui exercera son empire sur toi et sur toute ta postérité au lieu de jouir éternellement des délices qui étaient réservés pour toi et qui te sont maintenant prohibés. Lève toi, homme, ta faute t'est remise. C'est à toi maintenant à travailler pour gagner la vie éternelle. Va t'en au V.M. d'occident qui te fera monter l'Escalier à vis, afin que tu puisses rentrer dans le sein de ta circonférence. "

Le candidat fait une inclination, de concert avec ses acolytes, qui le conduisent au V. M.. Celui-ci lui ôte ses liens ; ensuite il le prend par la main,. et il le conduit à la porte de l'Escalier à vis, qu'il lui montre, en lui disant :  

" Voici, homme, le redoutable escalier qu'il faut que tu montes ; tu ne t'en serviras pas aussi facilement que tu l'aurais fait avant ton crime, ta prévarication l'a rendu, pour ainsi dire, inaccessible pour toi, puisque pour parvenir au dernier palier, que tu vois si élevé, tu courras des dangers que je ne saurais te dépeindre ; arme toi d'un courage invincible, mets ta confiance en celui qui t'a donné l'être, présente toi hardiment à cet escalier, qui se monte par trois, cinq, sept : ces trois différents nombres te préviennent des trois peines que tu souffriras dans la réintégration de ta personne avec son principe : ces peines sont celles du corps, de l'âme et de l'esprit ; couvres toi du bouclier de la foi ; celui qui est chargé de par l'Eternel de te conduire ne t'abandonnera pas. A l'ordre, mes Frères !"  

A l'instant, tous les Frères du T. donnent les sept signes d'apprentif, ils ont tous les Veux sur le V. M. pour les donner ensemble. Cela fait, le Maître des cérémonies prend le candidat de la main gauche et lui met un poignard sur la gorge. A l'instant, les trois Thuileurs lancent tous ensemble un éclair sur le candidat et vont se placer chacun sur un des trois nombres qui sont sur l'escalier à vis. Lorsqu'ils y sont rendus, le Maître des cérémonies, sans changer d'attitude, fait monter l'escalier au candidat le dos tourné. Arrivés au palier où est le nombre trois, il fait mettre le genou droit en terre au candidat ; le premier Thuileur lance sur lui un éclair après lequel le Maître des cérémonies dit au candidat, lui tenant toujours la pointe du poignard sur la gorge : "Répétez avec moi un tiers de votre obligation. "

Obligation, 1er tiers

" Je N......, promets, sur ma parole d'honneur, de garder fidèlement toute ma vie les mistères de la franche maçonnerie des Elus-coêns que l'on me confiera ; de ne jamais les écrire, faire écrire, tracer, faire tracer, peindre, faire peindre ; graver, faire graver ; imprimer ou faire imprimer sur quelque matière que ce soit, ni en quelque lieu que ce puisse être visible à l'homme, pas même sur les sables mouvants de la mer ;et de ne jamais les lire ou faire lire. Je promets aussi de ne jamais perdre de vue les premiers engagements que j'ai pris lors de la préparation à mon admission. "  

La Maître des cérémonies dit : " Amen. " .....

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 12:13

Ce Grade exige deux Appartements de plain-pied. Le premier doit être tendu de vert; mais il faut observer que cette tenture doit être épaisse & attachée au plafond de trois côtés, qui sont l'Occident , le Nord & l'Orient, de manière qu'il y ait environ six pieds d'espace entre elle & la muraille. Ce qui reste enfermé dans la tenture doit être un carré long. Il représente l'Appartement de Cyrus, Roi des Assyriens. Il faut qu'il soit éclairé par 70 lumières , pour marquer les 70 années de captivité. A l'Orient il doit y avoir un Trône; à l'Occident deux fauteuils, au Midi des sièges pour les Frères. Derrière le trône, il faut un transparent représentant le songe de Cyrus ; savoir un lion furieux prêt à se jeter sur lui; plus haut il y a une gloire dans laquelle est un Jéhova. Cette gloire et portée par une nuée lumineuse , de laquelle fort un Aigle portant cette divise dans fou bec : Rends la liberté aux Captifs. Et au dessous on voit Nabuchodonosor & Balthazar, prédécesseurs de Cyrus, tous deux chargés de chaînes. Il ne faut pas de Tableau dans cet Appartement. Ce qui en tient lieu est un carré long, formé par une espèce de petite muraille de bois ou de carton peint, d'environ un pied & demi de haut. Cette petite muraille commence aux deux côtés du Trône, passe aux pieds des Frères au Midi vient jusqu'à la tenture de l'Occident , afin que les deux fauteuils dont j'ai parlé  soient en dedans du carré ; & continu le long de la tenture du Nord jusqu'à l'Orient. Aux quatre coins de cette muraille, ainsi qu'au milieu du Nord & du Midi, il faut une petite tour qui excède la hauteur du mur d'un pied & demi. II faut une septième tour à l'Occident qui partage la muraille en deux, ainsi que la tenture. Cette tour doit avoir sept pieds de haut, & sa circonférence doit être proportionnée pour qu'un homme puisse y tenir aisément. Il faut deux portes à cette tour, une  en dedans de la Loge , & l'autre en dehors. A cette dernière il doit y avoir deux Sentinelles armées d'une pique & d'une épée, qui se trouvent par conséquent dans les six pieds d'espace qui  sont à Occident. Dans le reste de l'espace qui continue par le Nord jusque derrière l'Orient où se trouve la porte du second Appartement , il faut un pont solide, éclairé par un fanal ; l'entrée de ce pont doit être gardée par plusieurs hommes armés, & l'autre bout doit répondre près de la porte du second Appartement. Dessous le pont il faut qu'il y ait de l'eau disposée de manière  pour qu'on puisse l'agiter, ce qui représente le fleuve Staburzanaï.

 

SECOND APPARTEMENT.

Cet Appartement représente l'enceinte dans laquelle était le  Temple. La tenture doit être rouge. Le Tableau est le même que dans le Maître Ecossais. On aperçoit de plus un coin de l'entrée du Temple , où l'on voit la colonne Booz brisée. Ce Tableau doit être couvert d'un drap rouge ; & l'on verra dans la suite l'instant où il faut le découvrir.

 

TITRES, ORNEMENTS ET BIJOUX DU PREMIER APPARTEMENT.

Le Maître représente Cyrus & est appelé Souverain. Le premier Surveillant représente Nabuzardin son premier Général. Le second Surveillant est le Général Mithridate; le Secrétaire est Chancelier; le Maître des Cérémonies est appelé Grand Maître ; & les Frères Chevaliers . Le Souverain a un sceptre & porte, ainsi que les Officiers, un large cordon vert moiré en sautoir sans bijou. Les Surveillants & tous les Frères ont l'épée à la main, & portent un large cordon vert moiré en bandoulière de gauche à droite, sans bijou. Ils ont aussi un tablier blanc doublé de taffetas vert, bordé d'un petit ruban de même couleur, sans autre marque de Maçonnerie.

 

TITRES, ORNEMENTS ET BIJOUX

Du SECOND APPARTEMENT

 

Dans cet Appartement le Maître est appelé Très-Excellent ; les Surveillants Trés-Puissants ; les Frères Très-Vénérables ; & le Récipiendaire Zorobabel. Lorsqu'on passe du premier Appartement dans celui-ci, on quitte 1e vert pour prendre le rouge. On y distingue cependant les Grades par les rosettes qui sont au bas du cordon, les unes sur les autres: savoir, une bleue pour le Petit Architecte , une ponceau pour le Grand Architecte , une rouge pour l'Ecossais , une verte pour le Chevalier de l'Orient , une noire pour le Chevalier de l'Aigle. Les Frères ont une écharpe de soie de couleur d'eau , bordée d'une frange d'or, parsemée de têtes de mort, d'ossements en sautoir de chaînes triangulaires eu or, & au milieu traversée par une bande d'or, représentant un pont sur lequel sont trois lettres, L.D.P. Cette écharpe se passe autour du corps en ceinture; de façon que les bouts, garnis de franges d'or, pendent sur les basques de l'habit. Le Maître & les Officiers portent leurs bijoux au cou , & les Frères au bas de leur cordon en écharpe. Le Maître a trois triangles par gradation l'un dans l'autre. Le premier Surveillant porte l'équerre, & le second le niveau; tous les Officiers leurs bijoux ordinaires, mais renfermés dans un triple triangle. La forme du bijou est celle des Ecossais. Il faut de plus deux épées nouées par la lame en sautoir , & les poignées sur le niveau. Tout doit être d'or ou doré. Tous les Frères doivent avoir une truelle pendue à la ceinture de leur tablier.

 

PRÉPARATION.

            Le Récipiendaire doit être vêtu de rouge, grand cordon , tablier Ecossais , les mains

enchaînées de chaînes triangulaires; il faut que cette chaîne soit assez longue, pour

qu'il ait les mains libres. On lui apprend qu'il doit s'appeler Zorobabel , qu'il doit se

présenter d'un air triste & plaintif , qu’il doit se considérer comme captif. II ne peut

avoir aucune arme, aucun ornement ni bijou. On lui fera mettre les mains sur son

visage, jusqu'à la porte de la tour, où les Gardes le fouillent exactement avant d'être

présenté.

           

OUVERTURE DE LA LOGE.

 

Le Souverain.  "Mes Frères, aidez-moi à ouvrir la Loge de Chevalier de l'Épée".

Les Généraux répètent. Le Souverain frappe sept coups , avec distance de 5 à 6 ; & les Généraux en font de même.

Le Souverain dit : "Premier Général, examinez si nous sommes en sûreté , & si tous les Frères sont dignes Chevaliers" .

Le Général obéit , & dit après: " Souverain Maître , nous sommes à l'abri des Profanes, & tous les Frères présents sont  Chevaliers de l'Épée ".

Le Souverain demande: " En quel temps sommes-nous " ?

Le premier Général répond : "Le jour  des 70 années de la captivité est accompli ".

Le Souverain : " Généraux , Princes ,  Chevaliers , il y a longtemps que j'ai résolu de mettre en liberté les Juifs qui sont captifs. Je suis las de les voir gémir dans les  fers ; mais je ne puis les délivrer sans vous  consulter sur un songe que j'ai eu cette  nuit, & qui exige explication. J'ai cru voir un Lion rugissant prêt à se jeter sur moi pour me dévorer, Son aspect m'a épouvanté m'a fait fuir pour chercher un asile contre sa fureur; ruais à l'instant j'ai aperçu mes prédécesseurs , qui servaient de marche-pied à une gloire que les Maçons désignent sous le nom de Grand Architecte de l'Univers. Deux paroles se font fait entendre ; elles sortaient da centre de l'astre lumineux. J'ai distingué qu'elles signifiaient de rendre la liberté aux Captifs , sinon que ma couronne passerait en des mains étrangères. Je suis demeuré interdit & confus. Le songe a disparu. Depuis cet instant ma tranquillité est perdue ; c'est à Vous, Princes, à m'aider de vos avis pour délibérer sur ce que je dois faire".

Pendant ce discours les Frères ont tous la tête baissée; mais à la fin ils regardent le premier Général , en l'imitant.

Le premier Général porte la main droite à son épée, la tire, la présente la pointe en haut, le bras tendu devant lui, baisse enfin la pointe vers la terre pour donner l'acquiescement à la volonté du Roi; relève ensuite la pointe en haut, pour signifier liberté , & reste alors dans cette position.

Le Souverain. " Que la captivité finisse, Généraux, Princes , Chevaliers; la Loge  des Chevaliers de l'Épée est ouverte".

Les Généraux répètent chacun de son côté, la même chose. Le Souverain , & tous les Frères font les acclamations ordinaires mais sans applaudissement.

 

R É C E P T ION

 

Quand le Récipiendaire est en état convenable, le Maître des Cérémonie le conduit à la porte de la tour, auprès des Gardes , comme on a dit ci-dessus.  Les gardes l'interrogent. Il doit répéter ce que le Maître des Cérémonie lui dit.

Le Garde. D. "Que demandez vous"?

R. "Je demande s'il est possible de parler à vôtre Souverain".

Le Garde: D. "Qui êtes vous"?

R.  "Le premier d'entre mes égaux, Maçon par rang , Captif par disgrâce".

D. "Quel est votre nom "?

R. "Zorobabel".       

D. "Quel est votre âge"?   

R. "70 ans".

D. "Quel est le sujet qui vous amène "?

R. "Les larmes & la misère de mes Frères".

Le Garde. " Attendez. Nous tâcherons de  faire parvenir vos plaintes au souverain".

L'un des Gardes frappe sept coups à la porte de la tour en Chevalier de 1 Épée. Le

second  Général frappe sept coups sur 1e maillet du premier ; ensuite le Souverain.

Le second Général." U n Garde frappe à la porte de la tour en chevalier de l'Epée".

Le premier Général . "Souverain Maître, un Garde frappe  à la porte de la tour en

chevalier de l'Epée".

Le Souverain. "Premier Général , qu'on l'introduise. Gardez-moi avec des précautions extraordinaires. Dans le trouble où je suis , il n'est point de petits avis à négliger ".

Le second Général va à la porte de la tour, frappe, ouvre , ramène le Garde

à l'Occident , qui quitte la pique, croise les bras, s'incline, & dit:  "Le premier d'entre

les Maçons ses égaux, âgé de 70 ans, demande a paraître devant vous ".

Le Souverain. "Qu'il soit introduit dans  la tour du Palais , nous l'interrogerons ".

Le Garde fait une autre inclination, se retire, & fait entrer le Récipiendaire dans la tour & la referme. Alors le Souverain demande au Récipiendaire, au travers de la porte qui doit être fermée:

D. "Quel sujet vous amène ici"?

R. "Je viens implorer la justice & la bonté du Souverain".

D. "Sur quoi "?

R.  "Demander grâce pour mes Frères qui sont en servitude depuis 7o ans".

D. "Quel est votre nom "?

R."Zorobabel , le premier entre mes égaux , Maçon par rang, Captif par disgrâce".

D. "Quelle grâce avez-vous à me demander"?

R. "Que sous la faveur du Grand Architecte de l'Univers, la justice du Roi nous accorde la liberté, & qu'il nous permette d'aller rebâtir le temple de notre Dieu".

Le Souverain. " Puisque d'aussi justes motifs le conduisent ici, que la liberté de paraître devant nous à face découverte lui soit accordée ". Aussitôt les Gardes vont ouvrir la porte de la tour , l'amènent à l'Occident , & le font prosterner.

Le Souverain.  " Zorobabel,  j'ai ressenti comme vous le poids de votre captivité.  Je suis prêt à vous en délivrer , en vous accordant la liberté à l'instant si vous voulez  me communiquer les secrets de la Maçonnerie , pour lesquels j'ai toujours eu la plus profonde vénération".

Le Récipiendaire.  "Souverain Maître, lorsque Salomon nous en donna les premiers  principes, il nous apprit que l'égalité devait être le premier mobile. Elle ne règne point ici. Votre rang vos titres, votre supériorité & votre cour, ne sont point compatibles avec le séjour ou l'on s'instruit des mystères de notre Ordre. D'ailleurs, nos marques extérieures vous sont inconnues. Mes engagements sont inviolables, & je ne puis vous révéler nos secrets. Si ma liberté  est à ce prix , je préfère la captivité".

Le Souverain.  "J'admire la discrétion &  la vertu de Zorobabel ; il mérite la liberté pour sa fermeté dans ses  engagements ".

Les Frères acquiescent tous, en baissant pointe de leur épée & la relevant.

Le Souverain. " Second Général , faites faire à Zorobabel les 7o épreuves, que je

réduis à trois; savoir, l'épreuve du corps celle de l'esprit & de l'âme , afin que par

là  il puisse mériter la grâce qu'il demande, & que sa discrétion m'engage à la lui accorder".

Le second Général lui fait faire trois fois le tour de la Loge. Au premier on tire un pétard ; au second on lui demande s'il persiste à demander la liberté ; au troisième on lui fait mettre les deux mains au-dessus du front.

De retour , le second Général frappe sept coups , & le premier lui dit : " Que demandez-vous"?

Le second Général. " Le Candidat a subi les épreuves avec fermeté & constance".

Le Souverain.  "Je vous accorde, Zorobabel, la grâce que vous me demandez;  je consens que vous soyez mis en liberté ".

Le Souverain frappe sept coups , qui servent de signal aux Généraux pour ôter à Zorobabel ses fers ; ce qu'ils font à l'instant.

 Puis le Souverain dit : "Allez en votre pays; je vous permets de  rétablir le Temple détruit par mes ancêtres;  que vos trésors vous soient remis avant le  soleil couché. Soyez reconnu chef sur vos  égaux. J'ordonnerai qu'on vous obéisse en tout lieu de votre passage; qu'il vous soit  donné tout aide & secours comme à moi-même. Je n'exige de vous qu'un simple  tribut de trois agneaux, cinq moutons & sept béliers, que j'enverrai recevoir sous  le portique du. nouveau Temple. Si je le demande, c'est plutôt pour me souvenir de l'amitié que je vous promets, que par reconnaissance. Approchez, mon ami".

Les Généraux l'amène au pied du Trône.

 "Je vous arme de cette épée, pour marque distinctive  de supériorité sur vos égaux. Je suis persuadé que vous ne l'emploierez qu'à leur défense. En conséquence je vous crée Chevalier de l'Épée".

En disant ces derniers mots , il lui frappe de son épée sur les épaules, & l'embrasse. Ensuite il lui donne le tablier & le cordon vert qui passe de la gauche à la droite , & lui dit :

"Pour vous marquer mon estime , je vous décore d'un tablier & d'un cordon , que j'ai adopté , à l'imitation des Ouvriers de votre Temple. Quoique ces marques ne soient accompagnées d'aucuns mystères,  cependant je ne les accorde qu'aux Princes de ma Cour, par honneur. Désormais vous jouirez parmi eux des mêmes honneurs.  Présentement je vous remets entre les mains de Nabuzardin , qui vous donnera des guides pour vous conduire en sûreté  auprès de vos Frères , au lieu où vous devez  rebâtir le nouveau Temple. Ainsi je l'ordonne".

Le premier Général prend le Récipiendaire, le fait entrer dans la tour ; & l'y laisse, pendant que les Frères passent en silence dans le second Appartement. Sitôt qu'ils sont tous rangés, un Servant vient avertir le Maître des Cérémonies que tout est prêt. Il prend le Récipiendaire , 1e mène par derrière la tenture à l'endroit où est le pont, à l'entrée duquel il trouve des Gardes qui l'arrêtent , lui ôtent son tablier & son cordon vert, & le veulent empêcher de passer ; mais il les force, les met en fuite, & arrive à la porte du second Appartement.

Le Maître des Cérémonies frappe sept coups en Chevalier de l'Epée; & quand les Frères entendent frapper, ils prennent, de la ceinture du tablier, une truelle qui doit y être pendue , tiennent l'épée de la main droite & la truelle de la gauche.

Le second Général frappe sept coups, ensuite le premier; puis le second Général dit : "J'ai entendu frapper à la porte de la Loge en  Chevalier de I'Epée".

Le premier Général.  "Très  Excellent Maître , on frappe à la porte de la Loge

en Chevalier de l'Épée".

Le Maître. "Très-Puissant Frère second Surveillant, voyez qui frappe".

Le second Surveillant va à la porte, frappe, ouvre & demande ce qu'on veut.

Le Récipiendaire. "Je redemande à voir mes Frères , afin de leur donner la nouvelle  de ma délivrance de Babylone & des restes infortunés de la fraternité qui sont échappés de la captivité".

Le second SurVeillant revient faire sa déposition au premier, qui le dit au Maître. Le Maître dit : "La nouvelle que ce Captif rapporte  pourrait être fondée. Les 70 années sont

expirées , le jour de la réédification du Temple et arrivé. Faites-lui demander son nom, son âge, & de quel pays il est pour éviter toute surprise".

Le second  Surveillant frappe; on lui répond.

Il ouvre & dit : D. "Quel est votre nom"?

R. "Zorobabel".

D. "Où est votre pays" ?

R. "En-delà du fleuve Staburzanaï , à l'Occident  de l'Assyrie".

D. "Quel est votre âge" ? 

R. "70 ans".

Le second Surveillant ferme la porte & répète ce discours au premier Surveillant. Le premier Surveillant le redit au Maître.

Le Maître dit : "Zorobabel de nom , du pays  en deçà le fleuve Staburzanaï, âgé de 70  ans ! Oui , mes Frères , la captivité cesse, & notre sommeil finit. Ce Captif est justement le prince de la Tribu souveraine  qui doit relever notre Temple. Qu'il soit admis parmi nous, & soit reconnu pour  guider & soutenir nos travaux ".

Le second Surveillant va frapper, ouvre reçoit le Captif, & le conduit à l'Occident. Le premier Surveillant dit : " Très-Excellent Maître , voici Zorobabel qui demande à d'être admis au sein de la fraternité ".

Le Maître répond : " Zorobabel faites-nous un récit exact de votre délivrance ".

Zorobabel dit : " Cyrus m'ayant permis de paraître au  pied de son Trône, il fut touché des misères de la fraternité; il m'arma de ce glaive pour la défense & le secours de mes

Frères, , & m'honora du titre de Frère à sa compagnie. Ensuite il m'accorda la liberté, & confia mes jours à des sujets zélés,  qui m'ont conduit & aidé à triompher de  nos ennemis au passage du fleuve Staburzanaï,  où cependant, malgré notre victoire, nous avons perdu les marques distinctives que nous avoir données le Roi  notre Libérateur ".

Le Maître. " Mes Frères, la perte que  vous avez faite nous annonce que la justice  de notre fraternité ne peut supporter le  triomphe de la pompe & de la grandeur. Cyrus, en vous décorant de ces honneurs, n'était pas guidé par l'esprit d'égalité qui nous accompagne invariablement. Vous voyez par cette perte, qu'il n'y a que les  marques de ce Prince qui ont disparu , & que vous avez conservé celles de la véritable Maçonnerie ; mais avant que je vous en communique les secrets, qui ont été réservés depuis notre captivité dans les restes de notre fraternité, nous exigeons  de vous des assurances comme la durée  de votre disgrâce n'a pas affaibli en vous  les sentiments & la parfaite connaissance des mystères de la Maçonnerie ".

R. "Interrogez-moi je suis prêt à répondre".

D. "Quel Grade avez-vous dans la Maçonnerie "?

R. "Celui d'Ecossais".

D. "Donnez-moi les signes "?

( Pour réponse on les donne. )

D: "Donnez l'attouchement".

(Pour réponde on le donne.

Le Maître. " Mes Frères chevaliers, je crois que Zorobabel  est digne d'entrer dans

 nos nouveaux mystères".

Les Frères acquiescent , en levant & haussant la pointe de leurs épées.

Le Maître. " Très-Puissant premier Surveillant , faites avancer le Récipiendaire

par trois pas de Maître en avant & que le dernier le mette au pied du Tribunal du Grand & Souverain Architecte, & qu'il vienne y prendre les engagement que nous

requérons". 

On le fait mettre à la même manière que quand il prête les autres obligations.

 

0BLIGATI0N.

 

"Oui, je promets sous les mêmes obligations que j'ai contractées dans les différents Grades de la Maçonnerie , de ne jamais révéler le secret des Chevaliers de   I`Epée ou Maçon  libres à aucun Membre d'un Grade inférieur , ou Profane , sous la peine de rester dans la captivité la plus dure ; que mes fers ne puissent jamais être  brisés , que mon corps soit exposé à la merci des bêtes féroces , & que la foudre  me réduise en poudre, pour servir d'exemple à tous les indiscrets. Ainsi soit-il ".

Le Maître se lève , & dit, en remettant, ainsi que tous les Frères l'épée dans le fourreau. " Mes Frères , la destruction  du Temple ayant assujetti les Maçons à des disgrâces si rigoureuses, nous avons craint , que leur captivité ou leur dissipation n'ait  aidé à les corrompre dans la fidélité due à  leurs engagements; c'est ce qui nous a contraints, attendant l'instant de la réédification, de nous tenir éloignés dans un lieu  secret & particulier, où nous conservions  fidèlement quelques débris de l'ancien monument; nous n'introduisons que ceux que nous connaissons pour vrais & légitimes Maçons , non-seulement par signes, parole & attouchement, mais encore par leurs actions & leurs mœurs ; nous leur communiquons alors nos nouveaux secrets avec plaisir ; mais nous exigeons qu'ils  apportent avec eux, pour gage, quelque  monument de l'ancien Temple. Ceux que Cyrus vous a donnés nous suffisent ".

"Très-Puissant Frère premier Surveillant, faites faire au Récipiendaire trois pas de  Maître en arrière, pour lui apprendre que  nous devons tenir pour certain que la parfaite résignation est la vertu des Maçons" .

Le Récipiendaire reste à l'Occident, & le Maître dit : "Mon Frère, le motif de nos travaux est

 la réédification du Temple du Grand architecte de l'Univers. Ce sublime ouvrage était réservé à Zorobabel. Les engagements que vous venez de prendre avec nous sous ce titre , exigent que vous nous aidiez à le rétablir dans tout son éclat et sa splendeur.  L'épée que Cyrus vous a donnée doit vous servir à défendre vos Frères & à punir ceux qui pourraient profaner ce  Temple auguste que nous élevons aux vertus & à la gloire de l'Etre Suprême. C'est  à ces conditions que vous partageons nos secrets. Le signe de Chevalier, mon Frère, est de porter la main droite sur l'épaule gauche et de la descendre diagonalement  jusqu'au côté droit en se coupant le corps. Le signe de réponse est de porter la main droite sur la hanche gauche, en se traversant le corps jusqu'à la hanche droite".

 

"L'attouchement est de porter la main droite à l'Epée pour la tirer comme pour combattre ensuite faire un mouvement en voltant le corps le pied droit derrière, & levant la main gauche, en faisant semblant de repousser son ennemi , de sorte que les deux Frères dans cette position, rencontrent les mains gauches l'une entrelacée dans l'autre, & s'embrassent. Les paroles sont Juda & Benjamin. Le mot de passage est Libertas". 

"Allez donner  à tous les Frères de cette Loge les signes, les attouchements & les mots ; ensuite vous viendrez me les rendre".

Il le fait par le Nord & revient par le Midi.

"Mon Frère , après cette délivrance , le Roi Cyrus  vous  a créé Chevalier Maçon, & moi je vous donne cette Truelle qui servira de symbole perpétuel de votre nouvelle dignité ; c'est-à-dire, que désormais vous ne travaillerez,  plus que la truelle à la main & l'épée de l'autre, si jamais le Temple vient à se détruire; car c'est ainsi que nous avons établit celui-ci".

( En lui mettant l'Écharpe. )

 "Cette Echarpe doit vous accompagner dans toutes les Loges , &. vous fera une  marque de la vraie Chevalerie que vous avez acquise au fleuve Staburzanaï , par  la  victoire remportée sur ceux qui s'opposaient à votre passage".

( En lui donnant la Rosette verte.)

"Quoique nous n'admettions dans nos cérémonies aucune des marques dont Cyrus vous a décoré, nous voulons cependant bien en conserver quelque monument par une Rosette de la couleur qu'il avait choisie & nous la mettons sous la Rosette des autres Grades au bas du Cordon de Grand Architecte, auquel le Bijou est attaché".

( En lui donnant le Bijou.)

 "Ce Bijou, par l'addition des épées en  sautoir, nous annonce le trophée de notre Maçonnerie. Vous ne devez vous servir de la vôtre que pour elle , c'est-à-dire ,  pour l'équité".

( En lui donnant les Gants.)

"Nous allons procéder à votre proclamation.  Mes Frères , Chevaliers Maçons, consentez-vous due Zorobabel règne désormais sur les travaux de la Maçonnerie . Ils font tous l'acquiescement en baissant & relevant la pointe de leurs épées. On le place à la chaise qui lui est destinée, en Lui disant :  Passez , mon Frère , au Tribunal des Souverains de nos Loges. Vous servirez de pierre triangulaire à l'édifice; vous  régnerez sur les Ouvriers, comme Salomon, Adonhiram & Moabon y ont régné en commandant sur eux". Si tôt qu'il est placé, les Frères remettent leurs épées, frappent dans leurs mains trois fois, & crient trois fois Zorobabel; ensuite on commence l'instruction.

 

INSTRUCTI ON.

 

D. Frère premier Surveillant , comment vous a- t-on fait parvenir à l' éminent Grade de Chevalier de l'Épée ?

R.  J'y suis parvenu par l'humilité , la patience & les fréquentes sollicitations.

D. A qui vous adressâtes-vous ?

R. Au grand Roi.

D. Quel est votre nom ?

R.  Zorobabel

D. Votre pays ?

R. La Judée. Je suis né de parents nobles de la Tribu de juda.

D, Quel art professez-vous ?

R.  La Maçonnerie

D, Quels édifices bâtissez-vous ?

R. Des Temples & des Tabernacles.

D. Où les construisez-vous?

R . Faute de terrain nous les bâtissons dans nos cœurs.

D. Quel est  le nom d'un Chevalier Maçon?

R. Celui d'un Macon très-libre.

D. Pourquoi très libre ?

R. Parce que les Maçons qui furent choisis par Salomon pour travailler au Temple, furent déclarés libres & exempts de tout impôt, pour eux & leurs descendants. Ils eurent aussi le privilège de porter des armes. Lors de la destruction du Temple pur Nabuchodonosor ,ils furent mis  en captivité avec le peuple juif, mais la bonté du Roi Cyrus  leur donna la permission de bâtir un second Temple sous Zorobabel , & les remit en liberté. C'est depuis cette époque que nous portons le nom de Maçons libres.

D. L 'ancien Temple  était-il beau ?

R. C'était la première merveille du monde en richesse & en grandeur ; car son parvis pouvait contenir deux cents mille personnes.

D. Quel fut le principal Architecte qui construisit ce grand édifice ?

R. Dieu fût le premier, Salomon le second, & Adonhiram le troisième.

D. Qui a posé la première pierre ?

R. Salomon

D. A quelle heure fut-elle posée ?

R. Avant le lever du Soleil.

D. Pourquoi ?

R. Pour faire connaître la vigilance que nous devons avoir pour le service de l'Architecte  de l'Univers.

D. Quel ciment y employa--t on?

R. Un ciment mystique, composé de farine, de lait , d'huile & de vin.

D. Expliquez-moi le sens mystique?

R. Pour former le premier homme , l'Etre Suprême employa la douceur, la sagesse, la force & la bonté.

D. Où fut posée la première pierre ?

R. Au milieu de la chambre destinée au Sanctuaire.

D. Combien l'ancien Temple avoir-il de portes ?

R. Trois : une à l'Occident , une au Midi, et une au Nord.

D. Combien de temps subsista le Temple ?

R. 470 ans 6 mois 10 jours.

D, Sous quel Roi d'Israël fut-il détruit

R. Sous le règne de Sédécias , dernier de la race de David.

D. Que signifie la colonne Booz brisée?

R. La confusion & le mal qu'on commet lorsqu'on reçoit quelqu'un qui n'en est pas digne.

D. Pourquoi le nombre 8 est-il tant en vénération parmi les Maçons ?

R. Parce que ce nombre explique la triple essence de la Divinité , figurée par le triple triangle, par le carré de 9 & le nombre  de 3.

D. Pourquoi les chaînes des Captifs sont-elles triangulaires ?

R. Les Assyriens ayant appris que le triangle était chez eux l'emblème du nom de l'Eternel, ils firent figurer les chaînes de cette façon, pour faire plus de peine aux Captifs.

D. Pourquoi était-il défendu aux Maçons de travailler sur des édifices profanes ?

R. Pour nous apprendre à ne point fréquenter les Loges Irrégulières.

D. Quel était te plan que Cyrus donna pour le nouveau Temple ?

R. 100 coudées de profondeur, 60 de largeur, & autant de hauteur.

D. Pourquoi Cyrus ordonna-t-il qu'on coupât  les bois des forêts du Liban, & qu'on tirât les pierres des carrières de Tyr pour la construction du nouveau Temple ?

R. Parce qu'il fallait que le second Temple fût en tout semblable an premier.

D. Donnez-moi le nom du principal Architecte qui eut la direction du second Temple?

R. Bibot est son nom.

D. Pourquoi l'épée que les Ouvriers portent en travaillant?

R. C'est que pendant qu'ils travaillaient d'une main à porter les matériaux & reconstruire le Temple, comme ils étaient sujets aux incursions de leurs ennemis, ils tenaient leurs épées toutes prêtes à défendre leur ouvrage & leurs Frères.

D. Pourquoi les 70 lumières dans la Loge ?

R. En mémoire des 70 années de la captivité de Babylone.

D. Etes-vous  Chevalier de l'Epée?

R. Regardez-moi.

(Il met l'épée à la main)

D. Donnez moi le signe ?

(Pour Réponse il le fait.)

D. Donnez-moi la parole & le mot de passage ?

R. Juda, Benjamin & Libertas.

D. Donnez l'attouchement au premier Surveillant ?

( Pour réponse il le donne.)

D. Ou avez-vous travaillé ?

 R. A la réédification du second Temple.

D. Quelle heure est-il?

R. L'instant de la réédification.

 

Le Maître dit: " Mes Frères , puisque nous sommes assez heureux pour avoir rebâti le Temple du Seigneur dans sa splendeur, conservons-en la mémoire & les marques  par notre silence: il est temps de nous reposer".

"Frères premier & second Surveillant , annoncez, tant du côté du Midi que de celui du Nord que je vais fermer la Loge des Chevaliers de l'Épée".

Les deux Surveillant annoncent, chacun de son côté, que le Maître va fermer la Loge; puis le Trés-Excellent frappe sept coups, les deux Surveillants en font de même; puis le Maître dit : "La Loge est  fermée , il est permis à  chacun de se retirer".

Les Surveillants répètent. On fait les applaudissements & les acclamations ordinaires.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 12:10

Devoir des experts

 

Dès que la Loge de Maître est ouverte, l'expert qui est en dedans doit avertir celui qui est dehors, qu'on est à la maîtrise, afin que ce dernier examine, sur ledit grade, les frères qui se présenteront pour être admis aux travaux ; et que ceux-ci puissent, en entrant, donner à l'expert qui y est en dedans, le signe, l'attouchement et le mot de passe des Maîtres. Ces devoirs des experts sont inséparables de leur fonction ; c'est pourquoi ils doivent faire le grand d'attention à les pratiquer dans tous les grades.


Ouverture de la Loge de Maître

 

Tout étant disposés pour la maîtrise, le Respectable (c'est ainsi que le Vénérable se nomme en Loge de Maître) frappe en Maître ; les surveillants ne lui répondent de même ; ensuite le Respectable dit : 

Vénérables frères premier et second surveillants, engagez tous nos Vénérables Maîtres  de vouloir bien nous aider à ouvrir la Respectable Loge de Maître.

Le premier surveillant: Vénérables Maîtres, du côté du midi, je vous invite, de la part du Respectable, de vouloir bien lui aider à ouvrir la Loge de Maître.

Le second surveillant : Vénérable Maître, etc..

D. Vénérables surveillants, tous les frères sont-ils à l'ordre ?

R. Oui, Très Respectable.

D. Frère premier surveillant, quel est le soin qui nous rassemble ?

R. Celui de recouvrer la parole de Maître qui est perdue.

Le Respectable : s'il est ainsi, mes frères, aller au nord et au midi reconnaître tous les Maîtres que vous y trouverez. Sans doute  que par leur lumière vous recouvrerez la parole ; ensuite vous viendrez à l'Orient me la rendre.

Les surveillants vont, chacun sur leur colonne, recevoir de chaque frère, l’attouchement de Maître, sans aucun signe ; et leur donnant le baiser de paix, ils en reçoivent le mot sacré de la manière que l'ordre l'exige ; et continuant jusqu'au Respectable, ils le lui rendent par les mêmes formalités, après quoi ils retournent à leur place.

D.  Vénérables premier surveillant, à présent que la parole est retrouvée, que nous reste-t-il à faire ?

R. Tracer les plans  qui doivent servir d'exemple aux Compagnons.

D. Avec quoi devons-nous travail ?

R. Avec de la craie, une terrine et du charbon.

D. Que signifient ces trois choses.

R. Zèle, ferveur et constance.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Sept ans.

D. Quelle heure est-il ?

R. Midi plein

Le Respectable : en vertu de l'heure et de l'âge, avertissez tous nos  frères, que la Respectable Loge de Maître est ouverte, et que nous allons commencer les travaux à la manière accoutumée.

Le premier surveillant : Vénérables frères, etc.

Le second surveillant : Vénérable , etc..

Lorsque les surveillants ont annoncé, le respectable et toute assemblée font le signe et les acclamations des Maîtres,; après quoi on fait des réceptions, ou l'on commence l'instruction.

 

Note : Dans tous les temps la maîtrise a été la récompense des sciences et des vertus, et on la conférait qu'aux hommes du plus grand mérite ; et lorsqu'il s'agissait de tenir ce grade, on n' épargnait  ni soins ni surveillance ; aussi est-il aisé de voir par l'ouverture qu'on vient de lire, qu'on ne pouvait jamais être surpris par les profanes, en rangeant dans cette classe les Apprentis et les Compagnons. Cette manière d'ouvrir la Loge de Maître a été suivie scrupuleusement par tous les anciens Vénérables; mais je dois avouer, à la honte des grands Maîtres Français, que beaucoup d'entre eux, ayant négligé de s'instruire des vrais statuts, s'en sont tenus aux fausses instructions dont j'ai parlé tant de fois, et dans lesquels on ne parle nullement de cette ouverture de Loge. Aussi puissent assurer que, si l'Apprentissage et le Compagnonnage méritaient d'être corrigés, la maîtrise l'exigeait d'autant plus, qu'elle est encore en France le dernier grade de la maçonnerie bleue, et celui qui renferme les plus grands symboles. Mais comme il est inutile de répéter ici ce que j'ai dit dans le cours de cet ouvrage; on peut consulter les observations sur l'ouverture des Loges, et toutes les notes répandus dans les trois grades, et juger d'après cela combien il était temps de ramener la maçonnerie à ses justes principes.

 

Le catéchisme des Maîtres

 

D. Mon frère, d'où venez-vous ?

R. Très respectable, je viens de la Chambre du milieu.

D. Qui fait-on à la  Chambre du milieu ?

R. On y honore la mémoire de notre respectable Maître Adonhiram.

D. Comment y êtes vous parvenu ?

R. Par un escalier fait en forme de vis, qui se monte par trois, cinq et sept.

D. Que signifient ces nombres ?

R. Qu'il faut trois ans pour faire un Apprenti, cinq pour un Compagnon et sept

 pour un Maître.

D. Comment vous a-t-on reçu ?

R. Comme on y reçoit les Maîtres de notre ordre, en me présentant une branche d'acacia

 

Note : on trouve dans les constitutions des religieux grecs et dont parle Jovert, que pendant le temps que les chrétiens furent prisonniers chez des infidèles, ils s'assemblaient sous différents noms, et qu'entre autres assemblées,  il y en a avait une composée des Chevaliers les plus instruits et les plus vertueux ; que lorsque l'un d'eux se présentait, le grand Maître lui donnait une branche d'acacia, en mémoire de la vraie croix qui, dit-on fut faite de ce bois. Cette branche d'acacia remplaça la branche de myrrhe que portaient les initiés de Memphis ; et je puis dire en passant, que le rameau d'or que Virgile donne à Enée pour  descendre aux enfers, a la même origine. Cependant, malgré ces vérités, qui doivent être si chères aux maçons, la plus grande partie des Maîtres ne font plus cette demande, et même ne la connaissent pas. Cela vient de ce que quelques anciens Vénérables ne l'ayant vu imprimés nulle part se sont crus en droit de n'en plus parler, ainsi que de celles que l'on retrouve dans le cours de cet ouvrage. C'est cette négligence impardonnable qui est la cause que de bons frères, à qui les derniers devoirs de citoyen ôtent le temps d'approfondir un ordre qu'ils chérissent,  ignorent une grande partie des plus beaux mystères.

 

D. Où avez-vous été reçu Maître ?

R. Dans une Loge parfaite.

D. Quels sont ceux qui composent une telle Loge ?

R. Neuf, désignés par les neuf lumières, qui sont un respectable Maître, deux Vénérables Surveillants et six Maîtres.

 

Note : il est certain que les auteurs des catéchismes imprimés jusqu'alors, n'avaient jamais entré en Loge de Maître ; car autrement, auraient-ils pu dire que ceux qui composent une telle Loge sont un Respectable Maître, deux Surveillants, deux Maîtres et deux Apprentis. Plus j'examine ces fausses instructions, plus je suis fâché, pour le bien de l'ordre, du succès qu'elles ont eu.

 

D. Comment avez-vous été reçu ?

R. En passant de l'équerre aux compas sur la tombe de notre respectable Maître Adonhiram.

 

Note : Adonhiram, mot Hébreux composé de deux autres, de Adon qui signifie seigneur, et d'Hiram, qui signifie hautesse de vie ou hauteur de vie. Il est dit Architecte du Temple, non seulement parce que  la véritable Eglise suit les plans du Dieu suprême ; mais encore, parce que les maçons sont persuadés qu'il est le souverain Maîtres de tout ; et que dans l'univers il n'y a rien qui ne soit son ouvrage ; et ainsi chaque partie servant à ses dessins, tous les êtres sensibles doivent lui rendre hommage.

 

D. Qu’ avez-vous vu lorsqu'on vous fit entrer en Loge de Maître ?

R. Il ne me fût pas permis de regarder, je n'entendis que des gémissements.

D. Qu’avez-vous remarqué après avoir été reçu ?

R. Une grande lumière dans laquelle je vis la lettre G.

D. Que signifie cette lettre ?

R. Grandeur et gloire, et ce que tout mortel doit connaître, et qui est au-dessus de vous.

D. Qui peut être au-dessus de moi qui suis maçon libre et Maître d'une Loge aussi bien composée ?

R. Dieu, parce que le G est la lettre initiale du mot God  dans beaucoup de langues (c'est-à-dire, dans l'ancien saxon, et par conséquent en anglais et flamands, ainsi qu'en allemand, etc..) et signifie l'être suprême.

D. que vous a-t-on donné en recevant Maîtres ?

R. Le secret des maçons et de la maçonnerie.

D. Donnez-moi le point parfait de votre entrée ?

R. Donnez-moi le premier, je vous donnerai le second.

D. Je regarde.

R. Je cache.

D. Et que cachez vous ?

R. Tous les secrets qui m'ont été confiées.

D. Où les cachez vous ?

R. Dans le cœur.

D. Y a-t-il une clé pour y entrer ?

R. Oui, très respectable.

D. Où les gardez vous ?

R. Dans un coffre de corail, qui ne s'ouvre et ne se ferme qu'avec des clés d'ivoire.

D. De quel métal est-elle ?

R. D'aucun. C'est la langue soumise à la raison, qui ne sait dire que du bien en l'absence comme à la présence de ceux dont elle parle.

D. Vous étiez sans doute Apprenti et Compagnon avant d'être Maître ?

R. Oui, Très Respectable, et J et B me sont connus, ainsi que la règle de trois, ce qui met la clé de toutes les Loges à ma disposition.

D.  Quelle est cette clef ?

R. La connaissance des signes, paroles et attouchements des trois grades qui m'ont été conférés.

B. Montrez-la moi ?

On fait les signes des premiers grades, puis on se met à l'ordre de Maître, en disant.

R. La voici ; vous devez la reconnaître, elle est marquée de ce qui caractérise les vrais maçons.

D. Oui, mon frère ; d'où l'avez-vous tirée ?

R. De ma bouche, et je la conserve comme ce qui m'est le plus précieux.

D. Pourquoi ces clefs vous est-elle si précieuse ?

R. Parce qu'elle m'a fait connaître la vraie lumière, et qu'en la montrant,  je puis assister aux trois premiers travaux.

D. Pourquoi la portez-vous à votre gauche ?

R. Je veux dire qu'elle accompagne mon cœur où sont renfermés les secrets de notre ordre, et qu'elle me rappelle l'attitude dans laquelle on trouva le corps de Adonhiram, dont le bras gauche était étendu, et le droit formait l'équerre en figurant le signal pectoral.

D. Qu'êtes-vous venu faire ici ?

R. Chercher la parole de Maître qui était perdue.

D. Comment la parole de Maître fut-elle perdue ?

R. Par trois grands coups.

D. Quels sont ces trois grands coups ?

R. Ce sont ceux reçu notre respectable Maître, lorsqu'il fut assassiné à la porte du Temple, par trois Compagnons scélérats qui voulurent lui arracher la parole de Maître ou la vie.

D. Comment sut-on que c'étaient des Compagnons qui avaient commis ce crime ?

R. À l'appel général qu'on fit des ouvriers, auxquels trois Compagnons ne se trouvèrent point.

D. La parole ayant été perdus, comment a-t-on pu la retrouver ?

R. Les Maîtres soupçonnant l'assassinat d'Adonhiram, et craignant qu'à Force des tourments on lui eût arraché la parole de Maître, convinrent entre eux, que le premier mot qui serait proféré en le retrouvant, leur servirait à l'avenir pour se reconnaître. Ils en fut de même du signe et de l'attouchement.

D.  Combien envoya-t-on  de Maîtres à la recherche de Adonhiram ?

R. Neuf, désigné par les neuf lumières.

D. Où trouvera-t-on le corps de notre Respectable Maître ?

R. Dans à tas de décombres d'environ 9 pieds cubes, sur lequel on avait planté une branche d'acacia.

D. À quoi devait servir ses branches ?

R. Aux traîtres pour reconnaître l'endroit où ils avaient caché le corps de Adonhiram, qu'ils se proposaient de transporter dans un lieu plus éloigné.

D. Que fit-on du corps de notre respectable Maître ?

R. Salomon le fit inhumée dans le sanctuaire du Temple, et fit mettre sur son tombeau une médaille d'or triangulaire sur laquelle était gravé Jéhovah, l'ancien mot de Maître, et qui signifie en Hébreux le nom de l'être suprême.

Note. Le triangle  a été connu des peuples les plus anciens, et a toujours signifié le premier principe et même l'auteur de la nature. Le christianisme se l'appropria pour représenter la triple essence, la triple unité du créateur, et lorsque la maçonnerie devint l'emblème de notre religion, tous les Maîtres en convinrent de porter un équilatéral. Ces figures furent le symbole, le signe du vrai Maçon Chrétiens. Au commencement et à la fin d'une action, ils doivent figurer un triangle, pour marquer qu'ils rendaient grâce à la divinité. Voilà d'où vient l'exercice de la table. Le commandant des Chevaliers, dont les constitutions des religieux grecs font mention, portaient une médaille triangulaire, dans laquelle étaient renfermés un cercle, qui au lieu de Jéhovah, représentait sans doute l'être suprême.

D. Quelle forme avait son tombeau ?

R. Il avait sept pieds de long sur cinq pieds de large, et sept de profondeur.

D. Quelles sont enfin les marques distinctives des Maîtres ?

R. Un signe, un attouchement, deux paroles, et les cinq points parfaits de la Maîtrise.

D. Donnez-moi le signe ? (pour répondre on le fait.)

D . Comment le nommez-vous ?

R. Le signe d'horreur.

D. Pourquoi ?

R. Parce qu'il marque l'horreur dont les Maîtres ne furent saisis et lorsqu'ils aperçurent le corps d'Hiram.

D. Donnez l'attouchement au frère premier ? (on obéit.  Voyez à ce sujet le attouchement de Compagnon ; il en est de même pour la parole de Maître.)

D. Donnez-lui la parole sacrée ? (on la lui donne comme l'ordre l'exige.)

D. Que signifie cette parole ?

R. La chair quitte les os.

D. Quel est le mot de passe ?

R. Sublime, surnom donné à notre respectable Maître.

Note. Pour achever de prouver combien une instruction raisonnable et juste était nécessaire pour faire revivre les anciens statuts, je ferai observer ici que depuis longtemps une infinité de maçons ne connaissaient pas ce mot, et qu'abusivement ils en disent un qu'ils n'entendaient pas point, auquel ils donnent une signification aussi hasardée qu'invraisemblable. Pour se convaincre de cela, il faut savoir que les premiers Chevaliers avaient pris pour mot de passage de Maître, le mot latin sublimis, et aussitôt que les français connurent la maçonnerie, ils prononcèrent sublime, ce qui était encore assez bien jusque-là. Mais quelques profanes voulant divulguer nos secrets, et n'ayant apparemment entendu ce mot qu'imparfaitement, écrivirent  gibelime, et dirent que cela signifiait excellence ; d'autres après, pour renchérir sur les premiers, firent imprimer Giblos, et  osèrent avancer que c'était le nom du lieu où l'on avait trouvé le corps de Adonhiram. Comme dans ce temps où le nombre de maçons peu instruits était considérable, ces assertions ridicules furent reçus avec empressement; et la vérité fut presque généralement oubliée. On est vu ailleurs comment ces catéchismes  faux et bizarres se sont accrédités. Ainsi, on peut juger de quelle utilité ces recherches doivent être vrais maçons.

D. Quels sont cinq points parfaits de la Maîtrise ?

R. Le pédestre, l'inflexion des deux genoux, la jonction des deux mains droites, le bras gauche sur l'épaule, et le baiser de paix.

D. Donnez m'en l'explication ?

R. 1. Le pédestre signifie que nous sommes toujours prêts à marcher au secours de nos frères. 2. L'inflexion des genoux que nous devons sans cesse nous humilier devant celui qui nous a donné l'être. 3. La jonction des deux mains droites, que nous devons assister nos frères, dans leurs besoins. 4. Le bras que nous leur passons sur les épaules, que nous leur devons aide et conseils, dictés par la Sagesse et la charité. 5. Enfin  le baiser de paix annonce cette douceur et cette union inaltérable qui sont la base de notre ordre.

D. Sur quoi est soutenue la Loge de Maître ?

Note. C'est ici le lieu de cette demande. Il est aisé d'en juger par les réponses que l'on doit y faire et qui ne doivent être connues que des Maîtres. La raison la plus simple et la plus forte, c'est un Apprenti ne doit connaître que la Sagesse définie par la colonne J ;  un Compagnon que la Sagesse et la Force, emblème des deux colonnes ; et que le Maître seul doit connaître la Beauté, c'est-à-dire, le prix des choses sublimes : il ne faut pas entendre non plus par le mot soutenir, que l'univers est conservée parce qu'il est beau. Les anciens Chevaliers étaient bien éloignés de penser que Dieu admirait ses ouvrages ; ils se persuadaient au contraire qu'Il ne pouvait se tromper, et que tout ce qu'Il faisait était parfait. Si les premiers auteurs qui ont écrit sur la maçonnerie, avaient eu soin de faire ressouvenir que les philosophes n'admettaient un aspirant à la Maîtrise qu'au bout de sept ans ; que cet aspirant devait employer cet espace à s'instruire de toutes les sciences utiles au genre humain, et à pénétrer autant qu'il était possible, les vérités de la nature ; et qu'alors ces Chevaliers se persuadaient qu'un homme rempli de connaissance ne pouvait s'empêcher d'admirer l'ordre et la Beauté de l'univers. Si les auteurs, dis-je, avaient fait observer tout cela, sans doute autant de Maîtres aujourd'hui ne parleraient pas de la Beauté dans le Compagnonnage et ne se repentiraient pas d'avoir cru des hommes, qui, sous  prétextes de les instruire, ont abusé de leur bonne foi.

R. Sur trois grands piliers triangulaires, nommés Sagesse, Force et Beauté.

D. Qu'est-ce qui les nomma ainsi ?

R. Salomon, Hiram, roi de Tyr, et Adonhiram Grand Architecte du Temple.

D. Pourquoi attribue-t-on la Sagesse à Salomon?

R. Parce qu'il reçut ce don de Dieu, et qu'il fut en effet le roi le plus sage de son temps.

D. Pourquoi la Force au roi de Tyr ?

R. Parce qu'il fournit à Salomon les bois et matériaux pour la construction du Temple.

D. Pourquoi la Beauté à Adonhiram  ?

R. Parce que, comme Grand Architecte du Temple, ils dessinaient les ornements qui devait embellir ce monument magnifique.

D. Ces trois grands noms de colonne ne referment-il pas quelques autres significations ?

R. Oui, Très Vénérable. La forme de ces colonnes signifie la divinité dans toute son étendue ; la Sagesse symbolise son essence ; la Force sa puissance infinie, et la Beauté exprime combien les ouvrages de Dieu sont parfaits et sublimes.

D. Quelles doivent être les qualités d'un Maître ?

R. Sagesse, Force et Beauté.

D. Comment peut-il réunir des qualités si rares ?

R. La Sagesse dans ses mœurs, la Force dans l'union avec ses frères, et la Beauté dans son caractère.

D. Y a-t-il quelques meubles précieux dans la Loge de Maître ?

R. Oui, Très Vénérable, au nombre de trois, qui sont, l'Evangile, le compas et le maillet.

D. Quel est leur signification ?

R. L'Evangile démontre la vérité, le compas la justice, et le maillet qui sert à maintenir l'ordre, nous ferait ressouvenir que nous devons avec nous devons et dociles aux leçons de la Sagesse.

D. Pourquoi les trois premiers officiers se servent-ils de maillet ?

R. Pour nous faire entendre sans cesse  que puisse que la matière rend des sons lorsqu'on la heurte, à plus forte raison l'homme, à qui Dieu a donné un cœur et de la faculté de connaître et de juger, doit-il être sensible au cri de la vertu, et rendre hommage à son créateur.

D. Comment s'appelle un Maître ?

R. Gabaoc, qui est le nom du lieu où les israélites déposèrent l'arche dans les temps de troubles.

D. Qu'est-ce que cela signifie ?

R. Que le cœur d'un maçon doit être assez pur pour être un Temple agréable à Dieu.

D. Comment s'appelle un fils de maçon ?

R. Luwton, mot anglais, qui signifie élève en architecture.

D. Quel est le privilège d'un luwton ?

R. C'est d'être reçu maçon avant tout autre.

D. Sur quoi travaillent les Maîtres ?

R. Sur la planche à tracer.

D. Où reçoivent-ils leur gage ?

R. Dans la Chambre du milieu

D. Comment voyagent les Maîtres ?

R. Sur toute la surface de la Terre.

D. Pourquoi ?

R. Pour répandre la lumière.

D. Si vous perdez un de vos frères, où le trouveriez-vous ?

R. Entre l'équerre le compas.

D. Expliquez-moi cette réponse ?

R. C'est que l'équerre le compas sont les symboles de la Sagesse et de la justice ; un bon maçon ne doit jamais s'en écarter.

D. Que feriez-vous si vous étiez en quelques dangers ?

R. Je ferai le signe de secours, en disant : à moi les enfants de la veuve.

D. Pourquoi dites-vous les enfants de la veuve ?

R. C'est qu'après la mort de notre respectable Maître, les maçons prirent soin de sa mère, qui était veuve, et dont ils se dirent les enfants, Adonhiram les ayant toujours regardés comme ses frères.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Sept ans.

D. Que signifie cet âge ?

R. Le temps que Salomon employa à construire le Temple.

D. Quelle heure est-il ?

R. Midi plein.

On ferme la Loge comme celle des Compagnons, il n'y a que le nom et les acclamations inchangées.

 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 12:06

Tout étant disposé pour donner ce grade, le Vénérable frappe en Compagnon; les Surveillans lui répondent de même; ensuite le Vénérable dit : Frères , premier & second Surveillans,  engagez nos chers Frères, tant du côté du Midi que du Nord, de vouloir bien nous aider à ouvrir la Loge de Compagnon Maçon. Les deux Surveillans obéissent à la manière accoutumée. Après quoi le vénérable leur fait les demandes suivantes, & qui sont les seules qu'on doive faire aux deux premiers Officiers pour ouvrir cette Loge.

D. * Frères, premier Surveillant, d'où venez-vous ?

R.* Trés-Vénérable, je viens de travailler dans le Temple en qualité de Compagnon.

P. * Que venez-vous faire ici?

R. * Recevoir vos ordres & profiter de vos lumières.

D. Que devez-vous observer en qualité de premier Compagnon ?

R. Si tous les Frères sont à l'ordre. (Il observe & répond en raison de ce qu'il voit.)

D. * Pourquoi nous rassemblons-nous ?

R.* Pour nous instruire dans l'Art royal, en nous livrant à l'étude des sciences qu'il exige.

D. Quelle heure est-il ?

R. Midi plein.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Cinq ans.

Le Vénérable : En vertu de l'heure & de l'âge , avertissez nos chers frères , que la Loge de Compagnon est ouverte, & que nous allons commencer nos travaux à la manière accoutumée.

Le premier Surveillant : Mes frères du côté du Midi, &-c.

Le second Surveillant : Mes frères du côté du Nord, &c.

Lorsque le second Surveillant a fini, le Vénérable , & toute l'Assemblée , font le signe de Compagnon & les acclamations

ensuite on fait des réceptions, s'il y a des

Récipiendaires, ou sans quoi l'on commence l'instruction.

CATÉCHISME

DES COMPAGNONS.



D. Mon Frère, quel sujet vous amène?

R. Très  Vénérable , Je viens à l'assemblée des Compagnons pour recevoir vos ordres & profiter de vos lumières,

D.* Comment êtes-vous parvenu à ce grade?

R.*  Par le zèle , le travail & la prudence.

D.*  Que vous a-t-on appris en vous recevant Compagnon ?

R.*  La signification de la lettre G.

D. Que signifie cette Lettre ?

R. Géométrie , cinquième des sciences , et la plus utile à un Maçon.

D. Où avez-vous été reçu Compagnon? .

R. Dans une Loge parfaite.

D. Quels sont ceux qui composent une telle loge?

R. Six, désignés par les six lumières, qui sont un Vénérable Maître , deux Surveillans , deux Maîtres & un Compagnon .

D.*  Comment vous a t-on reçu ?

R.*  En me faisant monter les sept degrés du Temple.

D.*  Que vous a-t-on donné après vous avoir reçu ?

R.*  Un signe , un attouchement & deux paroles.

D. Donnez-moi le signe ?

( Pour réponse on le fait. )

D. Comment le nommez-vous

R. Pectoral.

D.  Que signifie-t-il ?

R. Que je garde les secrets des Maçons dans le c˛ur , & que je préférerois l'avoir arraché plutôt que de les révéler aux Profanes.

D. Donnez l'attouchement au Frère second ? ( On obéit, & lorsqu'il est conforme à l'Ordre , le second Surveillant répond:)

R. I1 est juste, Très-Vénérable.

D. Dites-moi le mot sacré des Compagnons ?

( On le dit comme on l'a appris. )

D. Que signifie ce mot?

R.  La force est en Dieu. C'est le nom de la colonne qui était au Midi , près de la porte du Temple où s'assemblaient les compagnons.

D. Avez-vous travaillé depuis que vous êtes Compagnon ?

R.  Oui, Très- Vénérable, j'ai travaillé dans le Temple de Salomon.

D. Par quelle porte y êtes-vous entré

R. Par la porte de l'Occident.

D, Qu'avez- vous remarqué prés de cette porte ?

R. Deux grandes colonnes.

D. De quelle matière, étoient-elles?

R. D'airain.

D. Quelle était leur hauteur?

R. Dix-huit coudées.

D. Leur circonférence ?

R. Douze coudées .

D. De quelle épaisseur d'airain ?

R. Quatre doigts.

D. De quoi étoient-elles ornées?

R. De chapiteaux.

D. * Que soutenoient-elles.

R.* Des globes en forme de sphère, parsemés de lis &; de pommes de grenade .

D. Combien y en  avait-il ?

R. Cent & plus.

D. * Pourquoi dires-vous , cent & plus

R.* Pour marquer due les bons Maçons doivent être sans nombre.

D. * A quoi fervoit l'intérieur de ces colonnes ?

R.*  A renfermer les instruments de Géométrie & le trésor pour payer les ouvriers

D.  A qui étoit dédiée la Loge où vous  avez été reçu ?

R.  A S. Jean-Baptiste.

D. Pourquoi ?

R.  C'est que du temps des guerres de la Palestine, les Chevaliers Maçons se réunirent aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem pour combattre les infidèles. Comme ils s'étaient mis sous la protection de ce grand Saint , & qu'ils remportèrent la victoire , ils lui rendirent grâces à leur retour & convinrent qu'à l'avenir toutes les loges lui seraient dédiées.

D.  Dans quel endroit est située votre Loge?

R. A l'Orient de la vallée de Joraphat,  dans un lieu où règnent la paix, la vérité » & l'union.

D. Quelle forme a-telle?

R. Un carré long.

D. Quelle longueur ?

R.  De l'Orient à l'Occident;

D. Sa largeur?

R.  Du Midi au Septentrion.

D.  Sa hauteur?

R.  Des coudées sans nombre.

D. Sa profondeur ?

R.  De la surface de la terre au centre

D.  De quoi est elle couverte?

R. D'un dais céleste parsemé d'étoiles.

D.  Qui soutient un si vaste édifice?

R. » Deux grands piliers.

D.  Comment les nommez-vous ?

R.  Sagesse & Force.

D.  Expliquez-moi cela ?

R. Sagesse pour inventer, & Force pour soutenir.

grand Portique du Temple , la Houppe dentelée , les ornements extérieurs , & l'Etoile flamboyante le centre d'où part la vraie lumière.

D. * Ces ornements ne renferment - ils pas quelque moralité ?

R.  Oui , Très- Vénérable , le Pavé Mosaïque, formé de différentes pierres jointes ensemble par le ciment , marque l'union étroite qui règne entre les Maçons étant liés par la vertu; la Houppe dentelée est l'emblème de l'ornement extérieur d'une Loge par les m˛urs des Frères qui la composent ; & l'Etoile flamboyante est le symbole du Soleil de l'Univers.

D.  Avez-vous aussi des Bijoux dans votre Loge ?

R.  Oui , Très-Vénérable, an nombre  de six , dont trois mobiles , & trois immobiles.

D.  Quels sont les trois mobiles ?

R.  L'Equerre , le Niveau, & la Perpendiculaire.

D.* Pourquoi les appelez-vous mobiles?

R. * Parce qu'ils passent d'un Frère à l'autre.

D.  A quoi fervent-ils?

R.  L'Équerre sert à former des quarrés parfaits, le Niveau à égaliser les superficies , & la Perpendiculaire à élever des édifices droits sur leur base.

D.  Quels font les trois bijoux immobiles?

R. La Pierre brute, la Pierre cubique ou  aiguiser, & la Planche à tracer des Maîtres.

D.  Quel est leur usage ?

R.  La Pierre brute sert aux Apprentifs à travailler, la Pierre cubique sert aux Compagnons pour aiguiser leurs outils & la planche à tracer aux Maîtres pour former leurs desseins.

D. * Tous ces bijoux n'ont-ils pas quelque signification symbolique ?

Il. * Oui, Très-Vénérable ; l'Equerre nous annonce que toutes nos actions doivent être réglées sur équité ; le Niveau, que tous les hommes font égaux , & qu'il doit régner une parfaite union entre des Frères ; & la Perpendiculaire nous démontre la fiabilité de notre Ordre , étant élevé sur les vertus : la pierre bute, à laquelle travaillent les Apprentifs, est l'emblème de notre âme susceptible de bonnes ou de mauvaises impressions; la pierre cubique qui sert aux Compagnons pour aiguiser leurs outils, nous fait re-souvenir que ce n'est qu'en veillant fur nous-mêmes que nous pouvons nous garantir des vices ; & la Planche à tracer des Maîtres , est le bon exemple qui nous facilite la pratique des plus éminentes vertus.

D.  Combien y-a-t-il de sortes de Maçons ?

R.  De deux fortes : les Maçons de théorie, & les Maçons de pratique.

D. Quels sont les Maçons de théorie ?

R.   Ce font ceux de notre Ordre qui élèvent des Temples à la vertu, & qui creusent des cachots pour les vices.

D.  Quels font les Maçons de pratique ?

R. Ce font des Ouvriers qui construisent  des édifices matériels.

D. A quoi sert la Maçonnerie de théorie ? » Elle sert,  par ses principes & par sa morale sublime , à épurer nos m˛urs & à nous rendre utiles à l'Etat et à l'humanité.

D.*  Quelles sont les lois de la Maçonnerie ?

R.* Punir le  crime & honorer la vertu.

D. Que doit éviter un Maçon

R, L'envie , la calomnie. & l'intempérance.

D. Que doit-i1 observer ?,

R. Le silence , la prudence & la charité.

D. Pourriez-vous me dire combien il y a de points dans la Maçonnerie ?

R. Ils sont sans nombre, mais ils se réduisent à quatre principaux ; savoir, le Guttural & le Pectoral, qui nous rappellent notre obligation, ainsi qu'on l'explique en les faisant; le Manuel, qui sert â donner l'attouchement pour se reconnoître, & le Pédestre , qui nous démontre que tout bon Maçon doit marcher dans la voie de l'équité dont l'Equerre est le symbole.

D. Comment voyagent les compagnons

-R. De l'Occident au Midi, du Midi au Nord & du Nord à l'Orient.

& Que signifie cette marche ?

R.*  Qu'un Maçon doit voler au recours de ses Frères, fussent-ils aux extrémités de la terre.

'D. Où sont placés les Compagnons en Loge?

R. Au Midi, pour recevoir l'ordre des Maîtres            

D. Où font-ils payés ?

R. A la colonne B.

D.  Quel est le mot de passe des Compagnons ?

R. Schibboleth

D. Que veut dire ce mot?

R. Epi, en Hébreu; c'est le mot du guet du camp de Jephté, Capitaine des Israélites. Lorsque la Tribu d'Epraïm  se révolta,

Jephté s'empara des bords du Jourdain par lesquels Ephraïm devoit retourner ; & tous ceux qui se présentaient au passage & qui ne pouvoient prononcer le mot , était massacrés & précipités dans le fleuve.

D. Avez-vous vu votre Maître aujourd'hui ?

R. Oui , Très-Vénérable.

D. Comment était-il habillé:

R. D'or & d'azur.

D, * Que signifient ces deux mots

R.* Qu'un Maçon doit conserver la sagesse au sein des grandeurs dont il peut être revêtu.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Cinq ans.

D. Quelle heure est-il ?

R. Minuit.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 12:04

Vénérable , assis sous le dais, à l'Orient, faisant face aux deux Surveillants qui doivent être  à l'Occident, frappe trois coups d'Apprentif sur l'Autel, & dit : Silence, mes Frères, & en loge. Ces paroles prononcées , toute I'Assemblée se range sur deux lignes parallèles, ensuite le Vénérable dit

Frères, premier & second Surveillans, engagez nos chers Frères, dans tous leurs

grades & qualités, de vouloir bien nous aider, à ouvrir la Loge d'Apprentif Maçon.

Le premier Surveillant  : Mes chers Frères, du côté du Midi, dans tous vos grades & qualités, je vous invite de la part du vénérable à vouloir bien nous aider â ouvrir la Loge d'Apprentif Maçon.

Le second Surveillant en dit autant sur sa

colonne , qui est le côté du Nord.

Le Vénérable : Frère premier Surveillant ,


D.êtes-vous Maçon  ?

R. Tous mes chers Frères me connoissent pour tel.

D. Quel est le premier soin d'un Maçon ?

R. C'est de voir si la Loge est couverte.

L. V. Faites-vous un assurer par l'Expert.

Comme dés l'instant que le Vénérable a frappé les trois premiers coups, chaque Officier doit avoir pris sa place, le Surveillant observe si l'Expert remplit les fonctions ; après quoi il répond : Elle l'est Très Vénérable.

D. Quel est le second ?

R. C'est de voir si tous les Frères sont à l'ordre. (Après avoir observé.) Ils y sont, Très-Vénérable.

D. Pourquoi nous rassemblons-nous?

R. Pour élever des Temples à la vertu, & creuser des cachots pour les vices.

D.*" Combien de temps devons-nous travailler?

R.* Depuis midi jusqu'à minuit.

D.* Combien faut il de temps pour faire un Apprentif ?

R. Trois ans.

D. Quel âge avez-vous?

R. Trois ans.

D. Quelle heure est-il?

R. Près de midi.

Le Vénérable : En considération de l'heure & de l'âge , avertissez tous nos chers Frères , que la Loge d'Apprentif Maçon est ouverte, & que nous  allons commencer nos travaux à la manière accoutumée.

Le premier Surveillant : Mes chers Frères, sur ma colonne, je vous avertis, de la part du Vénérable , que la Loge d'Apprentif Maçon est ouverte, & que nous allons commencer nos travaux à la manière accoutumée.

Le second Surveillant répète les paroles du premier ; & , dès qu'il a fini , le Vénérable, ainsi que tous les Frères, se lèvent, font le signe d'Apprentif, puis les applaudissements, & crient trois fois Vivat ; ensuite chacun se rassoit ; & c'est alors que le Vénérable commence le Catéchisme, ou s'il y a quelques Récipiendaires, on les reçoit avant, afin qu'ils profitent de l'instruction.

 

 

CATÉCHISME

 

 

DES A P P R E N T I F S.

 

 

D. Mon  Frère, d'où venez-vous

R. Très-Vénérable, de la Loge de S. Jean.

D. Qu'y fait-on à la Loge de S. Jean ? ,

R. On y élève des Temples à la vertu & l'on y creuse des cachots pour les vices,

D. Qu'apportez-vous ?

R. Salut, prospérité, & bon accueil à tous les Frères.

D. Que venez-vous faire ici?

R. Vaincre mes passions, soumettre ma volonté , & faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie.

D.Qu'entendez-vous par Maçonnerie

R.* J'entends l'étude des sciences & la pratique des vertus .

D. * Dites-moi ce que c'est qu'un Maçon

.R. * C'est un homme libre , fidèle aux lois, le frère & ami des Rois & des Bergers, lorsqu'ils sont vertueux.

D. A quoi connoîtrai-je que vous êtes Maçon?

R. A mes lignes , à mes marques & aux circonstances de ma réception fidèlement rendus.

D. Quels sont les signes de Maçons ?

R. L équerre, le niveau & le perpendiculaire.

D. Quelles en sont les marques ?

R. Certains attouchements réguliers que l'on se donne entre Frères.

D. Qui vous a procuré l'avantage d'être Maçon ?

R. * Un sage ami que j'ai depuis reconnu pour mon Frère

D. Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Maçon ?

R. Parce que j'étais dans les  ténèbres & que je désirais connoître la lumière.

D. * Que signifie cette lumière ?

R.* La connoissance & l'ensemble de toutes les vertus , symbole du grand Architecte de l'Univers.

D. Où avez. vous été reçu Maçon

R. Dans une Loge parfaite.

p. Qu'entendez-vous par Loge parfaite?

R. J'entends que trois Maçons assemblés forment une Loge simple, que cinq la rendent juste, &. que sept la rendent parfaite.

D. Quels sont les trois Maçons de la Loge simple

R. Un Vénérable & deux surveillans.

D. Quels sont les cinq de la juste ?

R. Ce sont les trois premiers & deux Maîtres,

D. Quels font enfin les sept qui rendent une Loge parfaite ?

R. Un Vénérable, deux surveillants. deux Maîtres un Compagnon & un Apprentif.

11. Qui vous a préparé pour être reçu Maçon?

R. Un Expert, Très-Vénérable.

D. * Qu'a-t-il exigé de vous?

R. * Que je l'instruise de mon âge, de mes qualités civiles, de ma Religion & de mon zèle à me faire recevoir ; après quoi il m'a mis ni nu ni vêtu, mais cependant d'une manière décente; & m'ayant dépourvu. de tous métaux , il m'a conduit à la porte de la Loge , à laquelle il a frappé trois grands coups.

D. Pourquoi l'Expert vous mit-il ni nu ni vêtu ?

R. Pour me prouver que le luxe est un vice qui n'en impose qu'au vulgaire ; & que l'homme qui veut être vertueux doit le mettre au-dessus des préjugés.

D. Pourquoi vous avoir- il dépourvu de tous métaux

R- Parce qu'ils font le symbole des vices , & qu'un bon Maçon ne doit rien posséder en propre.

D. Que signifient les trois coups de l'expert ?

R. Trois paroles de l'Écriture sainte : Frappez , on vous ouvrira; cherchez , vous trouverez ; demandez, vous recevrez.

D. * Que vous ont-ils produit?

R* .  L'ouverture de la Loge.

D. Lorsqu'elle fut ouverte, qu'est-ce que l'Expert a fait de vous ?

R. Il m'a remis entre les mains du second Surveillant.

D. Qu'avez-vous aperçu en entrant en Loge ?

R. Rien que I'esprit humain puisse comprendre , un voile épais me couvroit les yeux.

D. * Pourquoi vous avoit - on bandé les yeux?

R. * Pour me faire comprendre combien l'ignorance est préjudiciable au bonheur des hommes.

D. Que vous a fait faire le second Surveillant ?

T3,. Il m'a fait voyager trois fois de l'Occident à l'Orient par la route du nord; & de l'orient à l'occident , par la route du Midi ; puis il m'a remis à la disposition du premier Surveillant.

D.* Pourquoi vous fit-on voyager?

R.*Pour me faire connoître  que ce n'est jamais du premier  pas que l'on parvient à la vertu.

D. Que cherchiez-vous dans votre route ?

R. Je cherchais la lumière , de laquelle je vous ai donné l'explication.

D. Que vous a fait faire le premier Surveillant ?

R. Après m'avoir ôté le bandeau , par l'ordre qu'il en reçut , il m'a fait placer les pieds en équerre , & m'a fait parvenir au Vénérable ; par trois grands pas.

D. * Que vîtes-vous lorsqu'on vous eut découvert les yeux ?

R.* Tous les Frères armés d'un glaive dont ils me présentaient la pointe.

D .* Pourquoi ?

R. Pour me montrer qu'ils seroient toujours prêts à verser leur rang pour moi, si j'étois fidèle à l'obligation que j'allois contracter, ainsi qu'à me punir , si j'étois assez méprisable pour y manquer .

D."Pourquoi vous fit-il mettre les pieds en équerre, & vous fit-il faire trois grands pas ?

R. Pour me faire connoitre la voie que je dois suivre & comment doivent marcher les Apprentifs de notre Ordre.

D. * Que signifie cette marche?

.R.* Le zèle que nous devons montrer en marchant vers celui qui nous éclaire.

D. Qu'est-ce que le Vénérable a fait de vous ?

R. Comme il était certain de mes sentiments après avoir obtenu le consentement de la Loge , il m'a reçu Apprentif Maçon avec toutes les formalités requises.

D. Quelles étoient ces formalités ?

R. J'avois le soulier gauche en pantoufle, le genou droit nu sur l'équerre , la main droite sur l'Évangile, & de la gauche je tenois un compas à demi-ouvert sur la mamelle gauche qui étoit nue.

D. Que faisiez - vous dans cette posture ?

R. Je contractois l'obligation de garder à jamais les secrets des Maçons & de la Maçonnerie.

D. Vous souvenez-vous bien de cette obligation ?

R. Oui, Très-Vénérable.

D. * Pourquoi aviez-vous le genou nu & le soulier en pantoufle ?

R. * Pour m'apprendre qu'un Maçon doit être humble.

D. * Pourquoi vous mit-on un compas sur la mamelle gauche nue?

R.* Pour me démontrer que le cœur d'un Maçon doit être juste & toujours à découvert.

D. Que vous a-t-on donné en vous recevant Maçon?

R. Un signe , un attouchement & deux paroles.

D. Donnez-moi le signe ?

( Pour réponse on le fait. )

D. Comment le nommez-vous ?

R. Guttural.

D. Que signifie-t-il ?

R. Une partie de mon obligation, que je dois préférer d'avoir la gorge coupée , plutôt que de révéler les secrets des Maçons aux Profanes.

D. Donnez l'attouchement au Frère second

( On le donne ; & lorsqu'il se trouve régulier, le Surveillant dit : )

R. Il est juste , Trés-Vénérable.

D. Dites-moi le mot sacré des Apprentifs

R. Très-Vénérable, on ne m'a permis que de l'épeler : dites-moi la première lettre, je dirai la seconde.

      ( On l'épelle alternativement. )

D. Que signifie ce mot ?

R. Que la sagesse est en Dieu. C'est le nom de la colonne qui étoit au Septentrion , auprès de la porte du Temple où s'assembloient les Apprentifs.

D. Quel est votre mot de passe ?

R. Tubalcain , qui veut dire possession modaine. C'est le nom du fils de Lamech qui, le premier, eut l'art de mettre les métaux en oeuvre.

D.* Ne vous a-t-on rien donné de plus en vous recevant Maçon ?

R.* L'on m'a donné un tablier blanc & des gants d'homme & de femme de la même couleur .

D. * Que signifie le tablier ?

R. * Il est le symbole du travail ; sa blancheur nous démontre la candeur de nos mœurs , & l'égalité qui doit régner entre nous.

D.*  Pourquoi vous a-t-on donné des gants blancs ?

R.* Pour m'apprendre qu'un Maçon ne doit jamais tremper ses mains dans l'iniquité.

D. * Pourquoi donne-t-on des gants de femme ?

R.*  Pour montrer au Récipiendaire qu'on doit estimer & chérir fa femme, & qu'on  ne peut l'oublier un seul instant sans être injuste.

D. Que vîtes-vous lorsque vous fûtes reçu Maçon ?

R. Trois grandes lumières placées en équerre, l'une à l'Orient, l'autre à l'Occident, & la troisième au Midi.

D. Pourquoi n'y en avoir-il point au Nord ?

R. C'est que le Soleil éclaire faiblement, cette partie.

D. Que signifie ces trois lumières?

R. Le Soleil, la Lune & le Maître de la Loge.

D. *Pourquoi les désignent-elles ?

R. * Parce que le Soleil éclaire les Ouvriers le jour, la Lune pendant la nuit, & le Vénérable en tout temps dans sa Loge.

D. Où se tient le Vénérable en Loge

R. A l'Orient.

D. Pourquoi?

R. A l'exemple du Soleil, qui paraît à l'Orient pour commencer le jour , le Vénérable s'y tient pour ouvrir la Lobe , aider les Ouvriers de ses conseils & les éclairer de ses lumières?

D. Et les Surveillans où font-ils placés?

R. A l'Occident.

D. Pourquoi?

R. Comme le soleil termine le jour â l'Occident , les Surveillans s'y tiennent pour fermer la Loge , renvoyer les Ouvriers contens , & faire bon accueil aux Frères visiteurs.

D. Où vous a-t-on placé après votre réception ?

R. Au Septentrion.

D. Pourquoi?

R. Parce que c'est la partie la moins éclairée, & qu'un Apprentif qui n'a reçu qu'une foible lumière, n'est pas en état de supporter un plus grand jour.

D. A quoi travaillent les Apprentifs?

R. A dégrossir & ébaucher la pierre brute.

D. Ou sont-ils payés

R. A la colonne J.

D. Quels sont les plus grands devoirs d'un Maçon ?

R. * C'est de remplir ceux de l'état où la Providence l'a placé, de fuir le vice & de pratiquer la vertu.

 

VOILA absolument toutes les demandes du Catéchisme des Apprentifs ; & lorsqu'elles ont été faites à un Frère qui arrive après l'ouverture de la Loge , le Vénérable lui dit

D. * Mon Frère , que demandez-vous ?

R.* Vénérable , d'être admis à vos augustes travaux.

 

Le Vénérable : * Prenez place , mon cher Frère , vos lumières & vos vertus vous en donnent les droits.

Mais lorsque ces mêmes demandes ont été faites après les Réceptions pour instruire les nouveaux Initiés, & qu'il s'agit de fermer la Loge , le Vénérable fait alors les deux demandes suivantes , au lieu des deux qu'on vient de lire ci-dessus.

D. Quelle heure est-il ?

R. Minuit.

D. Quel âge avez-vous?

R. Trois ans.

Le Vénérable : En vertu de l'heure & de l'âge , avertissez tous nos chers Frères , tant du côté du Midi, que du côté du Nord, que nous allons fermer cette Loge, en terminant nos travaux à la manière accoutumée.

 

 

Les deux Surveillans obéissent, chacun sur sa colonne ; ensuite toute l'assemblée , à l'imitation du Vénérable , fait le signe d'Apprentif  & les acclamations ; après quoi le Vénérable dit

 

Mes Frères , la Loge est fermée.

 

Les deux Surveillans répètent ces paroles.

 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 12:00

Catéchisme

D. Connaissez-vous d'autres mystères dans le grade d'Elu que les lettres N. M. ?

R. Oui, je connais la lettre P, qui est la première de l'inconnu qui décela l'assassin ou l'endroit de sa retraite.

D. Que signifient les trois lettres K, G, A ?

R. Kunvel, Gravelot et Abyram, noms des trois as­sassins de notre Maître.

D. Comment étaient-ils placés dans le Temple pour cette action ?

R. Kunvel était à la porte de l'occident, Gravelot à celle du midi et Abiram à celle du norD.

D. Que devinrent les deux premiers ?

R. Ils se sauvèrent, mais ils ne purent s'échapper aux recherches de Salomon.

D. Comment l'inconnu sut-il qu'Abiram était caché dans une caverne ?

R. L'inconnu travaillait auprès d'un buisson où elle était située, il y vit entrer un homme effarouché, la curiosité le porta à savoir qui c'était; Abiram, croyant être reconnu, se jeta à ses pieds, lui con­fia son secret, le priant de ne pas le révéler et de l'assister dans la fin qui le dévorait.

D. Pourquoi l'inconnu le décela-t-il à Salomon ?

R. Pour satisfaire à l'édit qu'il avait fait publier.

D. Combien de temps fut-il à découvrir sa retraite ?
R. Sept jours, parce qu'il n'apprit l'édit qu'en allant à

Jérusalem chercher des vivres pour Abyram et

pour lui.

D. Comment nommez-vous l'inconnu ?

R. Pérignan, qui était le nom du grade appelé l'in­connu

D. Quel est le mot sacré ?

R. Moabon, qui signifie Dieu soit loué 1

D. Donnez-moi le signe !

R. C'est de lever les yeux au ciel, ensuite de vouloir s'arracher la langue, à quoi on répond en levant les mains en haut comme quelqu'un, surpris d'un crime, demande miséricorde, en disant : « Dieu soit loué de ne laisser aucune mauvaise action impunie »

D. Donnez l'attouchement !

R. C'est de présenter la main, l'autre la baiser

D. Pourquoi cet attouchement ?

R. Parce qu'Abiram, s'étant jeté aux pieds de Pérignan, lui prit la main et la baisa pour l'engager davantage à se taire par cette marque d'humilité.

D. Donnez-moi le mot de passage

R. Abyram.

D. Pourquoi un nom si infâme ?

R. C'est pour l'avoir sans cesse devant nos yeux afin de ne point l'imiter.

D. Que devint la tête de ce malheureux ?

R. Salomon la fit exposer au bout d'une pique, tra­versée d'un poignard, à la porte du septentrion pendant le reste de la construction du Temple, pour ef­frayer les ouvriers Apprentis et Compagnons.

D. Que signifient les sept pas en forme de saut que l'on vous fait faire avant de prêter votre Obliga­tion ?

R. Les sept jours que fut Pérignan à déclarer la re­traite d'Abiram.


Histoire de la Vengeance


Vous devez vous rappeler, mes Frères, l'énorme parricide commis envers notre Maître et de quelle façon il succomba sous les coups de trois scélérats. Salomon, voulant absolument connaître les auteurs de ce crime, fit publier un édit dans tous ses Etats, par lequel il promettait de grandes récompenses à quiconque lui en donnerait des nouvelles et [promet­tait] que le coupable obtiendrait sa grâce s'il venait lui-même s'accuser et nommer ses complices. Il se passa cependant quelque temps sans que l'on apprit rien à ce sujet, malgré les recherches que faisait Sto­kin, qui avait découvert le corps d'Hiram. Un jour que Salomon s'entretenait de cette perte avec ses favoris, on vint lui annoncer qu'un inconnu deman­dait à lui parler en particulier dans son cabinet où il fut le joindre. Et, après lui avoir parlé, il fit appeler tous les favoris et leur dit, avec émotion, qu'on ve­nait de lui apprendre le lieu de la retraite du meur­trier d'Hiram et que l'on s'offrait de conduire ceux qui voudraient arrêter le scélérat. Mors, tous les fa­voris de Salon-ion crièrent Vengeance et s'offrirent pour l'aller arrêter. Salomon leur fit sentir qu'il n'était pas besoin de tant de monde pour arrêter un seul homme. En craignant d'exciter leur jalousie, il les fit tirer au sort; neuf d'entre eux étant choisis, ils suivi­rent l'inconnu avec ordre de se saisir du scélérat et de l'amener devant Salomon, afin d'avoir révélation de ses complices. Ce fut à l'entrée de la nuit que les neuf Maîtres parvinrent, sous la conduite de l'incon­nu, qui les mena, par des chemins détournés, à l'en­trée de la caverne au pied d'un buisson et leur dit que c'était là le lieu où était caché le meurtrier d'Hi­ram. Un des neuf Maîtres, animé par un excès de zèle et par l'envie de punir le coupable, et sans se ressouvenir des ordres de Salomon, entra dans la caverne précipitamment et, ayant aperçu, à la som­bre lueur d'une lampe, un poignard qui était à terre, il s'en saisit et, se lançant sur Abyram, il lui en dé­chargea un coup sur la tête (ici, le Maître donne un petit coup de poignard sur la tête du récipiendaire), qui le fit tomber mort en prononçant N.M., qui si­gnifie vengeance. Ensuite, ce Maître, non content d'avoir puni cet assassin, lui coupa la tête et fut se désaltérer à une fontaine, qui était à l'entrée de la caverne, tenant la tête d'une main et le poignard de l'autre. Il vint joindre ses compagnons, qui le suivi­rent au palais de Salomon, à qui il présenta la tête d'Abyram pour lui prouver que si la vengeance n'avait pas été exécutée selon ses ordres, du moins le traître n'avait pas échappé à sa poursuite. Or, cet inconnu qui alla déclarer à Salomon la retraite du meurtrier, qui se nommait Pérignan {il} était un ouvrier qui travaillait dans les bois et dans les champs. Un jour qu'il travaillait près de la caverne, qui était entourée de buissons, qui servaient d'autant mieux à cacher la retraite du scélérat qu'elle était très caché; ce Péri­gnan aperçut un homme effrayé, comme une figure que les remords semblaient rendre effroyable, qui rentrait dans cette caverne. La curiosité le porta à le suivre mais Abiram, croyant d'être poursuivi et découvert, saisi de peur, se jeta aux pieds de l'incon­nu, lui avoua son crime, lui demanda le secret sur le lieu de sa retraite et le pria de lui donner quelque chose pour apaiser sa faim. Il accompagnait toutes ses paroles d'un air si suppliant et si humble, en bai­sant les mains de l'inconnu, qu'il se laissa toucher et lui donna de quoi vivre pendant quelques jours. Mais, allant à Jérusalem, le septième jour de la re­traite d'Abiram, pour chercher des vivres pour lui et pour cet assassin, il entendit publier un édit de Salo­mon, qui ordonnait à tous ceux qui auraient quelque connaissance de ce qui aurait rapport à l'assassin d'Hiram d'en donner avis sous peine de punition exemplaire. L'inconnu, se croyant, en conscience, plus obligé d'obéir à son prince que de garder le secret à un scélérat, fut aussitôt demander à parler à Salomon, pour lui déclarer son secret e lui apprenant le lieu de la retraite d'Abiram. Salomon y envoya, comme il a été dit ci-dessus, neuf Maîtres zélés. Mais ses ordres ne furent pas exécutés comme il l'avait ordonné par le zèle de l'un d'entre eux nom­mé Stokin, qui tua Abiram, qui fit couper la tête et la porta à Salomon, qui lui fit grâce à cause de son zèle 2. Salomon fit embaumer la tête d'Abiram, la fit planter sur un piquet à la porte du nord avec un poignard qui la traversait, pour faire voir l'instrument qui avait puni le crime. Elle y resta tout le temps de la construction du Temple pour effrayer les ouvriers, Apprentis et Compagnons et leur ôter le désir de commettre aucun crime. Ensuite, elle fut transportée sur la porte de la ville, du côté nord, où elle resta jusqu'à ce qu'elle fut détruite par le temps.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 11:56

Ornements

La loge, qui représente le cabinet de Salomon, doit être proprement décorée et la tapisserie peut être de plusieurs couleurs. A l'orient doit être un trône brillant exhaussé de plusieurs marches. Le dais doit être assez large pour contenir deux personnes assises dans deux fauteuils sur la même ligne. Au pied du trône, à la droite, on placera un petit autel couvert d'un tapis, qui portera trois bougies de cire jaune, une équerre, un maillet, un poignard, un com­pas et le Livre de la Sagesse La loge doit être éclairée de neuf bougies jaunes, suspendues dans un lustre ou placées, indistinctement dans des flam­beaux placés à terre, mais il faut qu'il y en ait un séparé des autres d'au moins un pied.

Si l'on veut l'éclairer davantage, on peut repré­senter le Buisson Ardent avec de feuilles ou des branches d'arbre, que l'on éclairera avec des lam­pions.

La loge  doit être crayonnée sur les carreaux de la salle comme elle est représentée dans le tableau 4.

Il doit y avoir des tabourets pour les Frères.

 

Lorsqu'on tient loge d'EL et qu'il y a quelque réception à faire, avant que d'ouvrir la loge d'Elus, on ouvre celle de Maîtres et le récipiendaire y assiste.

 

Lorsque la loge est ouverte à la coutume ordinai­re, le Respectable fait avancer le récipiendaire au pied de l'autel; on le fait asseoir sur un siège et le Très Respectable l'exhorte à prêter une oreille atten­tive au discours qu'on va lui faire, qui concerne 'sa réception; ensuite, on fait le discours, après quoi on l'envoie à la Chambre de Réflexion, et de là on ouvre la loge.

 

1° Cette loge étant le Conseil des Neuf, on ne peut pas la tenir qu'on ne soit neuf, dont les deux premiers sont Salomon et Hiram, roi de Tyr, qui occupent le trône. Les deux rois doivent être cou­ronnés. La couronne de Salomon sera enrichie de pierreries et celle du roi de Tyr sera seulement d'or; toutes les deux seront doublées de bleu. Salomon aura un sceptre bleu, doré à filets et surmonté d'un triangle lumineux (emblème de la Sagesse et de la Perfection). Le roi de Tyr tiendra en main un grand poignard; le reste de l'habillement sera semblable à celui des Frères, excepté que Salomon aura des gants garnis de franges et le tablier bordé d'une dentelle d'argent.

 

2° Tous les Frères seront vêtus de noir et au­ront, sur le côté gauche, un petit plastron sur lequel sera brodée une tête de mort, un os et un poignard en sautoir, en argent et entouré de la devise (vaincre ou mourir). Ils auront un grand cordon de ruban noir, large de quatre doigts, portant, sur le devant, la devise ci-dessus, brodée en argent. Au bas du cor­don, il doit y avoir une petite rosette de ruban blanc, au bout de laquelle pend un peut poignard dans son fourreau long de quatre pouces. Le tablier doit être de peau blanche, doublé de noir; sur la bavette brodée une tête de mort avec un os et une épée en sautoir, soumis à une équerre brodée en or 1; sur la poche du tablier sera une grosse larme et, au milieu du tablier et sur les côtés, huit autres larmes plus petites; au bout de la poche sera une branche d'acacia. Les gants seront doublés de taffetas noir et bordés de même.

Titres

Le Maître se nomme Très Sage, le roi de Tyr Très Puissant et les autres Frères Très Respectables. Il n'y a point de Surveillants mais le Très Sage, aussi­tôt qu'il est monté au trône, appelle un Frère que l'on nomme l'Intime du Conseil.

Commencement du Travail

Le Très Sage, étant arrivé et couronné, dit au roi de Tyr

D. Très Puissant roi de Tyr, quel sujet vous amène parmi nous ?

R. Très Sage, je viens vous demander vengeance de la mort de l'architecte du Temple, laquelle est restée impunie iusqu'à ce jour.

 

Le Très Sage lui dit : « Prenez place et soyer, témoin des et-herches que je vais faire faire du meurtrier »

Le roi de Tyr monte au trône et s'assoit sous le dais, à la gauche de Salomon.

Le Très Sage nomme ensuite un Frère qui, à l'instant, vient mettre un genou en terre au pied du trône; Salomon lui dit, en posant son sceptre sur sa tête :

« Mon Frère, je vous constitue l'Intime du Conseil, pour veiller à notre sureté Commencez vos fonctions par vous assurer des qualités des Frères qui sont ici présents » Le Frère se lève, salue les deux rois et va recevoir la parole, le signe et l'at­touchement de chaque Frère.

 

De retour au pied du trône, il dit en s'inclinant : « Très Sage, le Conseil n'a que des sujets fidèles ! ». Salo­mon se lève et dit : « Mes Frères, que le Grand Archi­tecte nous éclaire, que l'équité nous dirige et que la vérité pro­nonce ! Frère ancien, écartez tous les profanes, je comprends, sous ce nom, tous ceux qui ne sont pas honorés du grade d'Elu »

Le Frère ancien va visiter tous les environs et place, en dedans, un Frère en sentinelle, l'épée à la main, et revient au pied du trône où il dit : « Tout est couvert, les gardes entourent les portes du palais, nul profane ne peut pénétrer nos mystères ». Salomon fait passer le Frère ancien aux extrémités des ouvrages et, sitôt qu'il y est, il lui dit :

D. Quelle heure est-il ?

R. La pointe du jour (ou le commencement du jour).

Salomon frappe huit coups égaux et un précipité en disant N.N.M. 2, qui signifie vengeance. Tous les Frères répètent N.N.M., frappent neuf coups dans les mains, après quoi Salomon annonce que la loge est ouverte, il fait le signe de demande et les Frères celui de réponse, après quoi il commence le discours suivant.

Discours

« Vous savez avec quelle douleur j'ai appris la mort de ce grand homme que j'avais commis à la tête de nos ouvrages; en vain, j'ai tout mis en ouvre pour découvrir les malheureux qui ont commis le crime. Tout toit vous porter à la vengeance, le roi de Tyr vient ici la réclamer : je lui laisse le soin de vous ins­pirer des sentiments qui vous excitent à la vengeance de la mort d'un homme qui était si digne de confiance. »

 

Le roi de Tyr vient sur le tableau et montre avec la pointe de son épée le fils d'Hiram, qui y est re­présenté, et dit : « Voilà, mes Frères, le gage sacré que le grand homme a laissé Il doit s'attendre que, si sa mémoire vans est chère, les cris- de cet enfant, ses larmes et ses prières, vous toucheront. Il vous demande vengeance de la mort de son père, qui était votre compagnon et votre ami. Unissons donc nos efforts pour découvrir l'assassin et qu il épreuve le châti­ment qu'il mérite ! »

Alors, tous les Frères se mettent la main sur le poignard, le tirent et s'écrient N.N.M.

Le roi de Tyr remonte au trône et, comme Salo­mon se lève pour recueillir les voix, on entend un grand bruit à la porte, qui se termine par neuf coups que frappe le récipiendaire, que le Frère en sentinelle avertit en dedans par un coup.

Salomon, paraissant indigné, dit avec colère :

« Frère Intime, voyez ce qui occasionne ce bruit et comment mes ordres sont remplis ! ». Le Frère sort et, rentrant tout d'un coup d'un air surpris, dit : « Très Sage, le Conseil est trahi ! ». Tous les Frères lèvent le poignard et disent N.N.M.

Salomon leur impose silence en levant son scep­tre et dit :

« Que notre indignation cède un instant à la nécessité d'entendre k Frère Intime dans son rapport. Dites-nous, Frère, qui a pu causer notre rumeur, qui a l'audace de troubler notre auguste Conseil ? » Le Frère Intime répond : « Je viens de voir, avec surprise, qu un Frère s'est glissé furtivement dans l'intérieur de cet appartement. II est à craindre qu'il ait entendu les secrets de notre Conseil. Je le dirai même en tremblant, il est à présumer qu'il est souillé de quelque grand crime, les mains pleines de sang et le glaive tranchant qu'il tient dans sa main déposent contre lui et ont excité mes soupçons »

Salomon, levant son poignard, dit : « Qu'il soit sacrifié aux mânes d'Hiram »

Le roi de Tyr se lève et dit :

« Grand roi, écoutez votre sagesse ordinaire et ne précipi­tez rien. Si j'en crois mes soupçons, cet homme est le meurtrier que nous cherchons ou, du moins, pourra-t-il nous donner quelques indices. Mon avis serait qu il fût désarmé et intro­duit, le ces, le col, les mains liés et les yeux couverts d'un bandeau afin que, dans cet état, il réponde aux questions que votre sagesse vous suggérera »

 

Salomon, levant son sceptre, dit : « Mes Respecta­bles Frères, vous avez entendu les motifs de défiance du puis­sant roi de Tyr et les précautions que sa prudence lui inspire. Consentez-vous que l'on suive ses conclusions ? »

 

Les Frères acquiescent en étendant la main.

 

Salomon dit ensuite au Frère ancien : « Allez trou­ver ce téméraire, faites-lui part de ce que vous avez entendu, inspirez-lui de la confiance et de la terreur, amenez-le au pied du trône dans l'état dit » (L'ancien sort.)

 

Préparation du candidat

Le Frère ancien, en arrivant près de lui, se saisit de son épée et l'envoie 2 à la loge par un Frère qui l'accompagne, lequel Frère, en la présentant, dit : « Très Sage, il est désarmé ! ». Il la quitte ensuite au bout de la loge

 

Le Frère ancien passe au récipiendaire le cordon rouge par-dessus le col, dont il lui attache les mains et dans lequel il lui renferme le corps. Il lui fait en­suite ôter les souliers, lui bande les yeux et lui fait mettre des gants ensanglantés, lui ôte son chapeau et l'habille de son tablier de Maçon.

Lorsqu'il est dans cet état, le Frère ancien lui dit : « Sondes votre cœur, mon Frite, l'on vous soupçonne d'un grand aime, digne d'un châtiment capable d'épouvanter les coeurs les plus féroces. Vous pouvez cependant, espérer de l'indulgence si la sincérité guide vos paroles : si vous êtes inno­cent, suive-moi avec confiance »

 

Ensuite, le Frère ancien lui met son poignard dur le coeur et l'amène à la porte de la loge, dont il doit avoir la clef; il l'ouvre 4, l'introduit 5, le place à l'oc­cident et, lorsqu'il y est, tous les Frères [étant] assis, Salomon dit au récipiendaire :

 

D. Que cherches-tu ?

R. La récompense qui m'est due ! (L'ancien lui dic­te)

D. Crois-m que les Maçons autorisent le crime et le meurtre ? Tremble plutôt du châtiment qui t'est réservé Qui es-tu ?

R. Le meilleur des Maçons, le plus zélé de tous les Frères, ou, du moins, le plus digne de ce titre !

D. Vil assassin, qu'oses-tu dire, quand tu te présen­tes dans ce lieu sacré, les mains teintes d'un sang sans doute innocent 1.Tout dépose contre toi, tout annonce le crime et le meurtre

R. Je me soumets si je suis coupable.

Le roi de Tyr dit alors : .Qu'Hiram Abif soit vengé » et les Frères disent  N.N.M..

Salomon reprend la parole et fit : « Mes Frères, le meurtrier d'Hiram est découvert, l'imposture est trop grossière, il est déjà coupable, puisqu'il veut nous tromper »

D. Que réponds-tu ?

R. Que c'est à tort que l'on me soupçonne du meurtre d'un Maître dont je respecte la mémoire, je ne viens, au contraire, qu'à dessein de vous donner des nouvelles et les découvertes que j'ai faites.

D. Quelles sont-elles

R. Une caverne, un Buisson Ardent, une fontaine jaillissante, un chien pour guide, m'ont indiqué le lieu de sa retraite.

D. Quels sont les garants ?

R. Mes mains trempées dans le sang de trois animaux, le lion, le tigre et l'ours, qu'il avait apprivoisés pour garder l'entrée de sa caverne et que j'ai dé­truits pour y entrer.

D. Que viens-tu demander ?

R. Me jeter aux pieds du roi pour prendre ses or­dres s'il veut que je lui livre Abiram mort ou vif. D. Quelles preuves donnes-tu de ta foi ?

R. Les promesses les plus sacrées seront les garants de mon innocence et les supplices les plus rigou­reux auquels je consens d'être exposé si je suis re­connu pour criminel.

Salomon dit : « Frère Intime, pour que le Frère com­mence à calmer nos soupçons, faites-le avancer par neuf pas, savoir trois d'Apprenti, trois de Compagnon et trois de Maî­tre, jusqu'au tee, pour venir y rendre ses Obligations entre nos mains ».

 Le Frère Intime le fait avancer, ainsi qu'il est ordonné. Etant arrivé, il met le genou droit à terre, la main droite sur l'Évangile et l'équer­re et, à la gauche 2, il tient le compas et le maillet. Salomon lui impose son poignard sur le front et le Frère Intime lui met une épée nue sur le dos. Puis le Très Sage, en frappant un coup de son sceptre sur l'autel pour que les Frères se lèvent, dit : « Prenez garde d ce que vous allez faire, le moment est critique. Si vous cherchez à nous tromper, notre indulgence présente accroî­tra la rigueur des supplices qui la suivront. Si vous êtes sin­cère, prononces avec moi »

Obligation


Je promets, foi d'honnête homme et devant cette auguste
assemblée, aux pieds des plus hautes puissances, de ne jamais révéler à homme qui n'ait fait ce que je fais, les secrets qui font parvenir et donnent le titre sublime de Maître Elu. Je promets d'en remplir scrupuleusement les obligations au péril de ma vie, en quelque rencontre que ce puisse être, de sacrifier aux mânes d'Hiram les pagures qui pourraient révéler quelques-uns de nos secrets aux profanes. Je tiendrai mes engagements ou que la mort la plus affreuse soit l'expiation de mon pagure après que mes yeux auront été privés de la lumière par le fer rouge, que mon corps devienne la pâture de vautours, que ma mémoire soit en exécration aux Enfants de la Veuve par toute la terre ! Ainsi, Dieu me soit en aide !

Salomon dit N.N.M., ce que tous les Frères répè­tent ensemble. Ensuite, il dit : « Mes Respectables Frères

Frères,

vous avez entendu. jugez-vous à propos que le Frère achève sa vengeance ? e. Tous les Frères marquent leur acquiescement par le signe de réponse. Salomon re­lève alors le récipiendaire et dit : « Frère Intime, faites retourner le Frère à l'extrémité de la loge par trois pas de Maître, trois de Compagnon et trois d'Apprenti en arrière, pour lui apprendre qu'on n'a rien sans peine et qu'il ne doit jamais s'offenser des mortifications ordonnées par les jugements de la loge, l'humilité étant le vrai chemin de la perfection maçonne ». Il adresse ensuite la parole au puissant roi de Tyr :

D. Très puissant monarque, êtes-vous satisfait ?

R. Je le serai lorsque l'inconnu aura rempli ses obligations en nous livrant Abiram, mort ou vif.

Salomon dit : « Frère Intime, déliez les mains de l'inconnu, armez-le d'un glaive et mettez-le en état d'aller effectuer ses promesses I ». Après qu'il  ait été  délié et que le Frère Intime lui ait remis son chapeau et son épée, Salomon lui dit : « Consomme  ton ouvrage à la faveur des ténèbres et rends-toi digne du choix que nous voulons bien faire de toi pour faire expirer le meurtrier

Mais tâche de nous le livrer vivant ! ». Le Frère Intime, prenant le récipien­daire par la main, le fait voyager par huit tours lents et un précipité; au neuvième et dernier tour, on ouvre doucement la porte de la loge et on le con­duit, s'il se peut sans qu'il s'en aperçoive, dans la Chambre Obscure qui doit être ainsi disposée.

Chambre Obscure

 

Cette Chambre doit être tendue de noir. Au fond, du côté droit, doit être une espèce d'antre ou de caverne de feuillage, l'entrée ni le fond n'en doi­vent pas être éclairés. Dans la caverne doit être un fantôme assis dedans les branches, sa tête doit être garnie de cheveux et seulement posée sur le reste du corps. On le met dans une attitude convenable. Dans cette chambre tendue de noir, il doit y avoir une table, un tabouret devant, en face doit être un bras tenant un poignard et le mot écrit Vengeance. Sur la table doit être un gobelet; à terre, doit être un poignard et une lampe, qui puisse se prendre à la main et fasse une faible lumière; de l'autre côté, une fontaine avec de l'eau et quelque chose dessous pour la recevoir parce qu'elle doit couler. Lorsque tout est ainsi disposé et que le Frère Intime a conduit le réci­piendaire dans cet appartement, il le place sur le ta­bouret devant la table, la tête appuyée sur un de ses poignets. En cet état, il lui dit : « Ne bougez point; mon Frère, de cette situation que vous n'ayez entendu frapper trois coups, qui vous serviront de signe pour découvrir vos yeux. Suivez exactement ce que je vous prescris, sans quoi vous ne pourriez pas être admis dans l'au­guste loge des Maures Elus ».

Le Frère Intime sort après ce discours, ferme la porte avec force et abandonne le récipiendaire quel­ques moments à ses réflexions. Puis il frappe trois coups et lui laisse tout le temps d'examiner ce qui est autour de lui. Il entre ensuite, avec un air sérieux et lui dit : « Courage, mon Frère, voyez-vous cette fontaine ? Prenez le gobelet, puisez de l'eau, buvez, il vous mite bien de l'ouvrage à faire .1 ». Quand le récipiendaire a bu, il lui dit : « Remettez le gobelet, prenez cette lampe, armez-vous de ce poignard, entrez dans cette caverne et frappez tout ce que vous trouverez qui vous résistera, défendez-vous, vengez votre mai et rendez-vous digne d'être Elu ». Le récipiendaire entre, le poignard levé, la lampe de la main gauche. Le Frère Intime le suit, lui montre le fantôme, ou la tête, et lui crie : « Frappez vengez Hiram, voilà son as­sassin .1 ». Le récipiendaire le frappe de son poignard, ensuite, le Frère Intime lui dit : « Quittez 2 cette lampe, prenez cette tête par les cheveux, levez contre elle votre poi­gnard et suivez-moi ! ».

 Notez que l'on doit avoir du sang, ou quelque drogue rouge, pour teindre le poi­gnard et les mains du récipiendaire avant qu'il ne sorte de la caverne.

En cet état, il  le conduit en loge, le présente à ses Frères, qui sont debout aussitôt qu'il entre. Le Très Sage saisit son poignard et dit N.N.M..

Le Frère Intime fait avancer le récipiendaire à l'autel, par trois grands pas précipités. Au troisième, il s'incli­ne, met un genou en terre et pose la tête et le poi­gnard sur l'autel et reste dans cette attitude. Salomon lui dit : « Malheureux, qu'avez-vous fait !Je ne vous avais pas dit de le tuer ! ». Tous les Elus s'inclinent et di­sent : Grée ! Grée ! Salomon répond : « Qu elle lui soit accordée comme vous le désirez ! ».

Le Très Sage reprend «  Concourez avec moi, mes Frères, pour récompenser le zèle et la fermeté de ce Frère. Levez-vous, venez et apprenez que tout ce que vous venez de faire est une image des Obligations que vous contractez au­jourd'hui. Vous allez remplacer un des neuf Maîtres que Salomon jugea assez pal-ails pour leur confier la poursuite d'Abiram, quoique tous fussent animés du mime zèle. Cepen­dant Stokin, qui avait dejà découvert le corps du Respectable Maître Hiram, porta à ce vil assassin ce dernier coup. Aucun des neuf Menu n'aurait pu trouver la retraite de ce malheu­reux si un inconnu ne Petit indiquée à Salomon qui, aussitôt, envoya neuf Martres zélés Mais l'un d'entre eux, étant entré précipitamment dans la caverne qui lui servait d'asile, il ne vit pas plutôt Abiram qu'il lui porta un furieux coup de poignard (Le Très Sage lui porte un coup) dont il tom­ba sur-le-champ. Verrez mon Frère, recevoir la récompense due à votre mérite. (En lui donnant le tablier) Ce tablier vous est la marque que portent tous les Elus du Maître Respectable Hiram, et vous fait connaître le chagrin que l'on doit avoir de la mort de tout bon Maçon. (En lui donnant les gants) Les gants vous apprennent que l'innocence même a du chagrin sans remord

Nous avons, en ce grade comme en tous les autres, un signe, un attouchement et une parole.

Le signe se fait par celui qui le demande en tirant le poi­gnard et en le levant comme pour frapper au front. Celui qui répond ferme la main droite et appuie le poing fermé sur k front.

L'attouchement est, pour celui qui le demande, après avoir fermé la main droite, d'en lever le pouce et de le présenter. Celui à qui on k demande, il doit répondre en saisissant vi­vement, de la même main et à pleines mains, k pouce, ensuite il répète ce que vous avez fait' et vous ce qu'il a fait.

La parole est Nekua Nékum.

 

Allez maintenant vous faire reconnaître des Frères en leur donnant le signe, l'attouchement et la parole comme vous les avez reçus et vous viendrez ensuite me les rendre. »

Salomon dit ensuite : « Mes Frères, aidez-moi à faire un Elu l ». Les Frères étendent la main droite du côté du récipiendaire, puis le Très Sage lui dit, en le touchant de son sceptre :

« Mon Respectable Frère, je vous fais Elu, du consente­ment de la très auguste loge, et vous remets ce poignard (celui passé au cordon). Mais souvenez-vous qu'il n'est fait que pour unir le crime et secourir vos Frères, et qu'il a châtié le meurtrier de votre Maître. C'est dans cette mie que nous vous en armons et que vous devez k garder. Prenez séance  parmi les anciens de notre Conseil. Suivez leur exemple et, pour vous instruire, prêtez une oreille attentive à l'Instruction qui va être faite et vous éclairer sur tout ce qui paraît à vos yeux et dont, jusqu'à présent, vous n'avez pu avoir intelligence »

 

Nota : dans la loge d'Elu, les places sont indifféren­tes. L'Ancien se place seulement à l'occident en face du trône.

 

Catéchisme d'Elu


D. Etes-vous Elu ?

R. Oui, Très Sage, je le suis.

D. A quoi le connaîtrai-je ?

R. A mes signe, attouchement et parole.

D. Donnez-les

R. (Il les donne.)

D. Où avez-vous été Elu ?

R. Dans la salie de Salon-ion.

D. Quel motif vous a porté à solliciter ce titre ?

R. Le désir de venger la mort de notre chef Hiram. D. Quel fut son homicide ?

R. Abiram, dont le nom signifie meurtrier ou assas­sin.

D. Par où êtes-vous parvenu au lieu de la vengean­ce ?

R. Par des chemins obscurs et inconnus.

D. Qui vous a conduit ?

R. Un inconnu.

D. Où était situé le buisson de la vengeance ?

R. Auprès d'un buisson ardent dans un antre obs­cur.

D. Que trouvâtes-vous dans la caverne ?

R. Le traître Abiram, une lumière, une fontaine, un poignarD.

D. Quel était l'usage de tout cela ?

R. La lumière m'a éclairé, la fontaine m'a désaltéré, et le poignard était réservé pour venger la mort d'Hiram, par le coup que reçut Abiram, qui le fit tomber mort sur la place.

D. Le malheureux dit-il quelque parole en mourant ? R. Oui, une parole que je ne puis proférer à haute voix. Mais dites-moi la première lettre, je vous dirai la dernière.

D. N.

R. M.

D. Que faites-vous du corps d'Abiram ?

R. Je lui coupai la tête et la portai à Salomon pour apprendre que la vengeance était accomplie.

D. Quelle heure était-il quand vous arrivâtes dans la

caverne ?

R. Le point du jour.

D. Combien y a-t-il de Maîtres Elus par cette ven­geance ?

R. Neuf.

D. Que vous reste-t-il à faire ?

R. Rien, puisque tout est accompli.

D. Quelle heure est-il ?

R. L'entrée de la nuit, l'heure à laquelle je suis sorti de la caverne.

Salomon dit alors : « Mes Frères, qu'une heure aussi mémorable nous soit toujours présente à l'esprit et nous rap­pelle toujours le 6k des neuf Maîtres pour les imiter ! »

Il frappe sept coups égaux sur l'autel et le roi de Tyr frappe les deux autres précipités, après lesquels le Très Sage dit :

 « Mes Frères, la vengeance est accomplie, le Conseil peut se retirer, la loge de Maîtres Elus est fer­mée!»

Tous les Frères frappent neuf coups dans leurs mains, sept égaux et deux précipités et l'on fait les acclamations ordinaires. Nota : Le Très Sage doit passer les cordons au col des Frères, ils les portent sur le bras, les présentent au Maître qui la leur fait baisser et leur passe au col neuf fois.

 

Les Maître Elus ne doivent jamais se trouver dans aucune loge, soit inférieure ou supérieure, sans leurs cordons noirs et leurs poignards, quoi qu'ils ne doivent se servir du dernier qu'en loge d'Élu.

Loge de Table

La loge de table se tient comme les autres, à l'ex­ception qu'il n'y a point de Surveillants; mais le Frère Ancien se place en face des deux rois, dont Salomon est à la droite. L'on ouvre par neuf coups; ensuite, on fait quelques demandes du catéchisme et l'on annonce que la loge d'Élu est ouverte. Les ac­clamations se font par neuf, les santés sont les mê­mes et dans le même ordre, à l'exception que sitôt qu'elles commencent chaque Elu tire son poignard et le met au travers de son canon à l'ordinaire. On le met sur la table sans bruit, après quoi on joint une fois les mains et l'on s'assoit. Celui qui com­mande la santé fait le signe de demande et tous les Frères celui de réponse. De même, lorsqu'on veut demander la parole. Les couteaux se nomment poi­gnards.

 

Nota : Le Très Sage doit passer les cordons au col des Frères, ils les portent sur le bras, les présentent au Maître qui la leur fait baisser et leur passe au col neuf fois.

Les Maître Elus ne doivent jamais se trouver dans aucune loge, soit inférieure ou supérieure, sans leurs cordons noirs et leurs poignards, quoi qu'ils ne doivent se servir du dernier qu'en loge d'Élu.

 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 11:52

Explication du Grade

Le royaume de Juda fut détruit par les Assyriens sous le règne de Sédécias, vingt-et-unième roi des­cendu de la race de David, en la personne de qui finit la prophétie du prophète royal, ainsi qu'il avait été prédit par Jérémie. Ce fut Nabuchodonosor, roi des Assyriens, qui, jaloux de la grandeur du Peuple de Dieu, entreprit de leur faire la guerre et de les détruire, ce qu'il exécuta, ainsi qu'il avait été prédit par les prophètes parce que Israël avait péché et que ses rois s'étaient [a]donné, [pour] la plupart, à l'idolâ­trie. Nabuchodonosor fit le siège de Jérusalem en la dix-huitième année de son règne et la onzième du règne de Sédécias. La Sainte Citée fut assiégée avec une valeur incroyable et défendue de même; le siège fut opiniâtre et cruel; les assiégés souffrirent, dans cette attaque, les maux les plus cruels, tels que la peste et la famine, la ville fut attaquée de toutes parts, l'ennemi faisant du dégât partout où il se pré­sentait, mais qui était aussitôt réparé par la vigi­lance, l'activité et le zèle des Maçons qui se trou­vaient renfermés dans Jérusalem. Mais il était écrit dans le Décret Divin que Jacob tomberait en servi­tude, que le cuite du Vrai Dieu serait interdit et que Son Temple, chef d 'oeuvre de la première merveille du monde, serait détruit jusqu'au fondement. Cette grande et douloureuse époque arriva l'an du monde 3493, aux six mois dix jours depuis la fondation du Temple.

 

Le roi Salomon en avait posé lui-même la pre­mière pierre, qui était d'agate, de forme cubique. C'était la quatrième année de son règne et le deuxiè­me jour du mois de..   . La cérémonie se fit avant le lever du Soleil et fut solennisée  par de grandes fêtes. Le ciment qu'on employa pour la pose était composé de farine, de lait, d'huile et de vin; on la plaça au milieu de l'endroit destiné dans le plan pour être le Saint des Saints. L'Histoire Sacrée fait une ample description de ce Saint Temple, de même que de sa magnificence. Tout Chevalier doit, avant d'être reçu, en avoir fait la lecture et se l'être rendue familière, afin qu'étant parvenu à ce haut et éminent grade, il puisse, dans les occasions, en don­ner raison. La Sainte Cité fut prise d'assaut après dix-huit mois de siège. Ce fut dans la nuit que les Babyloniens entrèrent dans la ville par sept endroits différents, où ils s'étaient aperçus qu'on ne faisait pas trop bonne garde. Tout de suite, il se rendirent au Temple, où s'étaient réfugiés les principaux de la ville avec toutes leurs richesses, particulièrement la famille royale. La désolation où les ennemis trouvè­rent la ville les porta à la compassion, tellement qu'ils ne firent aucun meurtre, se contentant seule­ment du pillage. Mais, s'étant approchés du Saint Temple, ils furent repoussés d'abord avec fureur par les Maçons libres qui en défendaient les approches; mais, comme leur nombre était beaucoup inférieur à celui des ennemis, ils se rendirent à discrétion. Lors de la prise de Jérusalem, Nabuchodonosor était à Réblacha, ville de la Syrie, et, ayant reçu la nouvelle, il envoya à Nabuzaradan, son général, les ordres de briser et détruire le Temple après en avoir pris tout ce qui se trouvait en métal et autres choses précieu­ses, de détruire la ville de fond en comble et d'amener tous les habitants captifs à Babylone et de laisser le menu peuple errant.

Nabuzaradan exécuta fidèlement les ordres de son maître, dépouilla entièrement le Temple de ses ornements, le détruisit et le brûla, emporta tous les vases d'or et d'argent au nombre de vingt-sept mille, sans compte ceux d'autres métaux. Il fit aussi em­porter la grande Mer d'Airain et tous les vases de purification, de même que les autels et les deux grandes colonnes J. B. Celle de Booz se brisa en plusieurs pièces. Il enleva aussi quantité d'autres co­lonnes et d'autres ouvrages faits en or ou en argent, les Tables et le Chandelier.

L'Arche d'Alliance et les Livres Saints furent donnés en garde à Cephan, sous condition que sa vie en répondrait. Nabuzaraclan, après le pillage, fit sortir ces ruines de la Sainte Sion, emporta avec lui tous les trésors d'Israël et amena tous les captifs, dont le nombre était de quatre-vingt-un mille, parmi lesquels étaient le roi Sédécias et toute la famille royale, les officiers, les Sacrificateurs et les Lévites, sans compter un grand nombre de gens du peuple et de domestiques.

 

Nabuchodonosor entra en triomphe dans Baby­lone. Tous les captifs étaient enchaînés, sans en ex­cepter le roi, dont les chaînes étaient d'or. La figure des chaînes était faite en triangle, ayant trois anneaux dont l'un passait la tête, les autres les poignets. Ces chaînes étaient d'autant plus tristes aux yeux des Israélites que leur figure représentait l'emblème de l'Éternel dont le Saint Nom est représenté par un delta, Nom admirable qui avait été méprisé par le peuple imbécile. Dieu permit qu'il leur fut toujours présent dans la plus dure captivité et pour les faire ressouvenir de Sa Bonté, de Sa Clémence, et pour les porter  à obtenir grâce de leurs fautes pas­sées.

Nabuchodonosor consacra la dépouille du Saint Temple à ses dieux. Il donna un logement au roi Sédécias et à toute la famille royale, de même qu'aux officiers. Il assigna au reste des captifs des logements aux environs de Babylone. Les plus distingués parmi eux furent consignés dans l'enceinte de la ville, du nombre desquels furent les descendants des Maçons libres, qui avaient construit le Saint Temple et il n'était permis qu'à eux seuls de l'entretenir. Il leur était défendu, paru une loi de Salomon, de travailler à d'autres ouvrages, sous peine de punition, ce qui était gardé inviolablement, ainsi qu'on en voit les effets dans Babylone. Lorsque Artaxerxès voulut faire bâtir un temple à Jupiter, aucun des Maçons libres ne voulut y travailler, ils aimèrent mieux souf­frir la mort que d'employer leurs talents à la décora­tion de l'idolâtrie. Quelle fut la douleur de ces Illus­tres Maçons d'avoir vu détruire un si grand et si bel Edifice, chef d' oeuvre de la main des hommes et conduit par celle du Tout-Puissant ! Leurs larmes coulèrent en abondance et ne cessèrent de couler que le moment que le grand jour arriva, où ils furent mis en liberté pour aller rétablir un nouveau Temple au Dieu Vivant, sur les ruines de l'ancien, non toute­fois aussi beau ni aussi riche, mais selon leurs mo­yens. Trois années après la captivité des Juifs en Syrie, le roi Sédécias mourut et finit la race des des­cendants de David, après avoir régné sur le Peuple de Dieu qua­tre cent quatre-vingt-six ans, sept mois et trois jours. En la personne de ce roi finit la Maçonnerie, atten­du que c'était leur chef et que les Maçons libres étaient devenus captifs.


Convoi funèbre placé ci-après

Tous les grades, depuis l'Apprenti jusqu'au Grand Ecossais, ne retracent que ce qui était fait lors de la construction du Temple ancien. Le seul grade de Chevalier de l'Orient est celui qui renouvelle aujour­d'hui la Maçonnerie, leur but  est de rétablir le Temple, lorsque l'Eternel voudra leur en procurer les moyens, car la Maçonnerie renouvelée parmi les ouvriers n'a eu d'autre dessein que de réédifier cet Edifice sur ses anciens fondements.

Explication de la Loge

Le grand carré long qui est tracé au milieu de la loge représente le nouveau Temple de Salomon, bâti selon les dimensions que le roi Cyrus en donna. Dans la partie occidentale du Temple est le Saint des Saints où repose l'Arche d'Alliance, couverte par deux chérubins qui soutiennent de leurs ailes le Del­ta, qui signifie le Saint Nom de Dieu, qu'on ne doit prononcer qu'en tremblant. Le Saint des Saints est séparé par un grand voile des restes du Temple. Dans le lieu très saint se trouvent le Soleil et la Lune. Au devant de ce lieu très saint se trouve l'au­tel des sacrifices, qui est un cœur enflammé et a, dessus, les lettres V.M., qui signifient Vrai Maître ou Vrai Maçon : ceux qui offrent leurs cœurs à Dieu ou qui se dévouent au bien général de l'Ordre. Cet autel est accompagné de tous les instruments nécessaires à la Maçonnerie et dont on se servait pour la cons­truction du Nouveau Temple. Le Temple a trois portes, une à l'orient, qui est la principale et où se trouve le grand escalier à sept branches dont les Frè­res savent la signification, ainsi que des instruments nécessaires et c'est pourquoi on n'en fait pas mention dans le grade. Les autres portes sont au midi et au nord. A l'occident de la loge sont les deux initiales de Juda et de Benjamin. La lettre G est Gabaon, où l'on sacrifiait avant la construction du Temple, la lettre E est le mot hébreu connu de tous les Maçons. A la porte du midi et à celle du nord sont deux bras, l'un orné d'une épée et l'autre d'une truelle. Ces deux principaux instruments servi­rent à la construction du Nouveau Temple, l'un pour bâtir et l'autre pour combattre les ennemis. Du côté du bras qui tient l'épée est un trophée d'armes et un amas de pierres cubiques prêtes à être em­ployées à l'Edifice et, du côté de la gauche est un amas de pierres brutes propres à fortifier la bâtisse 2. Plus bas sont les vases et autres ornements sacrés que Cyrus fit remettre entre les mains de Zoroba­bel 3 pour en orner le Nouveau Temple, comme le Chandelier à sept branches, la table des pains de proposition, la mer d'Airain, les urnes, pots, vases, plats et autres ustensiles dont le nombre avait été très considérable tant en or qu'en argent et en cui­vre. Le milieu de la loge est traversé, du nord au sud, par le fleuve Star Bussaulier, au milieu duquel est un pont, construit en bois pour le passage des Maçons libres, sur lequel sont trois lettres L..D.P., c'est-à-dire Liberté de Passage. Ledit fleuve est cou­vert de têtes de mort des ennemis qui furent tués lors du combat. Au bout du fleuve sont des chaînes disposées en triangle ainsi qu'il a été dit. La lettre T. exprime l'endroit des carrières de Tyr [d']où l'on a tiré les pierres pour la construction du Temple et la lettre L exprime le mont Liban d'où I'on a tiré le bois. Au-dessus du mont Liban se trouve la figure d'un carré long avec un petit triangle au milieu

c'est le tombeau du roi Sédécias, dernier roi de la race de David et, tout à fait au bas de la loge est une partie du plan de la ville de Babylone.

Chaque article de l'explication de la loge renfer­me en lui bien des morales dont une partie se trou­ve dans le catéchisme et le reste est encore une énig­me jusqu'au grand jour où la vérité sera dévoilée, qui sera au moment où tous les honneurs ne seront attachés uniquement qu'au premier principe de la

Maçonnerie. Cependant, il est constant que l'Or­dre des Maçons doit être regardé comme celui qui sert à ramener tous les amusements à une fin solide et permanente. Mais bien peu de Ma­çons sont trouvés dignes d'y parvenir, aussi le nombre des vrais initiés est très petit. Heureux ceux qui peuvent parvenir à ce lieu.

 

L'Ordre des Maçons très libres, dits Chevaliers de l'Orient ou la Maçonnerie Renouvelée '. Après que les Tribus de Juda et de Benjamin eurent passé soixante-dix années en captivité dans la Syrie, Dieu fut touché de leurs larmes, ils trouvèrent grâce de­vant Son trône sacré. Il inspira à Cyrus, pour lors roi de Babylone, prince débonnaire, de mettre Israël en liberté. Il écouta, à cet effet, les pressantes requê­tes des principaux  et les sollicitations de Zorobabel, de la Tribu de Juda, qui était, depuis longtemps, à son service et dont le mérite lui était connu. Cyrus se laissa toucher aux larmes de ce prince et lui per­mit de sortir de Syrie avec tous les Juifs qui vou­draient le suivre pour aller en Judée rebâtir le Tem­ple de Dieu, que ses prédécesseurs avaient pillé et détruit, et de l'orner de tous ses ornements et vases, tant en or qu'en argent. Pour cet effet, il fit tirer du trésor royal tout ce qui avait été apporté des dépouilles du Temple lors de sa destruction et le fit livrer entre les mains du prince Zorobabel. Cyrus ordonna que le Nouveau Temple aurait soixante coudées de largeur sur cent vingt de longueur et soixante de hauteur. Il ordonna qu'on tirerait les pierres pour la construction du Temple des carrières de Tyr et les bois des forêts du Liban. Il fit, à ce sujet, un Edit, qu'il fit publier dans ses Etats, par lequel il ordonnait à tous ses sujets de laisser sortir librement les Juifs de ses Etats, de ne les troubler en rien et de les secourir dans leurs besoins, sous peine de mort à ceux qui contreviendraient à l'Edit arrêté.

 

Zorobabel, après avoir reçu un tel bienfait de ce prince, se prosterna aux pieds de son trône, lui baisa la bas de sa robe et le remercia, au nom de toute la nation, de la grâce singulière qu'il daignait lui accor­der, en l'assurant que tout Israël ferait des vœux pour la conservation de sa personne et pour la pros­périté de ses Etats. Après, il se retira pour prendre des arrangements convenables avec les chefs de fa­mille des Tribus sur ce qu'il était à propos de faire pour un si grand projet. Zorobabel et Stenvas fi­rent part de ce grand événement aux chefs des Tri­bus. Ils convoquèrent un conseil où pour préparer les matériaux. La marche des Hébreux fut la plus heureuse jusqu'au fleuve Saint Harlassa­nai, qui sépare le Judée de la Syrie [et] va se perdre dans la mer de Tibériade. La première bande qui arriva au bord du fleuve, pour le traverser, fut celle des Maçons libres. Ils {y} trouvèrent, sur le bord, des gens armés pour les piller et empêcher leur pas­sage. Les chefs des Maçons firent usage du passe­port du roi Cyrus, de même que de l'arrêt qu'il avait donné en les délivrant de la captivité. Mais les bar­bares furent aveuglés par l'apparence du gain [qu'ils Feraient] s'ils pillaient les Hébreux, surtout ayant vu par leurs passeports qu'ils portaient les trésors du Temple. Sans faire attention aux ordres du roi, ils se jetèrent sur les Maçons pour les massacrer. Mais le Grand Architecte en avait disposé autrement car les Assyriens furent taillés en pièces de telle sorte que le fleuve fut couvert, dans un instant, de corps morts. Par ce moyen, ils se rendirent le passage libre et se hâtèrent d'arriver à la triste Jérusalem. Leur marche fut de trois mois [et] cinq jours. Ils arrivèrent le 22 juin, jour du solstice d'été, à trois heures après midi. Après trois jours de repos, les trois architectes et les trois adjoints se mirent en état de commencer le travail. Ils divisèrent les ouvriers par bandes, cha­cune desquelles avait son chef et son adjoint. Il y avait trois sortes de bandes : les plus simples étaient de trois fois sept ouvriers, les secondes de cinq fois sept et les troisièmes de sept fois sept. Chaque bande était payée différemment, la bande de trois par sept à la porte. Chacune de ces bandes avait son nom général, celle de trois par sept avait nom Cassia, celle de cinq par sept Guibelin et celle de sept par sept Tubellain. Outre cela, lorsqu'ils se présentaient pour leur salaire, l'architecte qui devait les payer leur demandait le mot sacré de leur bande. S'ils ne savaient pas répondre, ils n'étaient pas payés mais, au contraire, punis. Le mot de trois par sept était Jehova, celui de cinq par sept Booz et celui de sept par sept Jakin. Tel fut l'arrangement que l'on fit pour l'exécution d'un si grand Edifice. Mais il était écrit qu'Israël souffrirait ce dont l'Eternel voudrait l'exercer car à peine les fondements de ce Nouveau Temple furent commencés qu'ils eurent une guerre à soutenir contre les Samaritains, peuple sorti des Dix Tribus, qui avait abandonné le culte du Vrai Dieu pour l'idolâtrie. Ils tâchèrent, par leurs chicanes, de détourner ou retarder la bâtisse du Temple, ce qui obligea Zorobabel à se tenir sur la défensive, de ma­nière qu'il ordonna, parmi les ouvriers, qu'une partie travaillerait et l'autre combattrait ses ennemis. Par ce moyen, l'ouvrage continuerait tandis qu'on ferait la guerre. Mais, comme le combat devenait plus opi­niâtre et que, d'ailleurs, l'ouvrage allait fort lentement, il fut ordonné qu'on n'irait plus vers les ennemis mais qu'on les attendrait au travail. A cet effet, il fut dit que chaque ouvrier serait armé, c'est-à-dire qu'il tiendrait d'une main une épée et de l'autre une truel­le dont il devait travailler. Etant armés de cette sor­te, ils travaillèrent avec assurance mais non pas si diligemment qu'ils l'avaient souhaité, car la construc­tion du Nouveau Temple dura quarante ans. Cette merveille du monde fut commencée sous le règne du roi Cyrus, continuée sous celui d'Artaxerxès et finie sous le règne de Darius. Quant à la dédicace et à la décoration, on pria les Frères de s'en instruire par la lecture de la Bible. Après que ce Temple fut achevé, les Maçons se mirent à réparer les remparts de la ville et à relever les maisons ruinées et à faire revivre les Lois dans leur ancienne pureté, à suivre les Ordonnances de Moïse, à sanctifier le Temple par des sacrifices sans nombre, à rétablir l'ordre mi­litaire, à donner un arrangement dans les deux Tri­bus de Juda et de Benjamin, et à songer à se procu­rer un roi pour les gouverner aussi sagement que Salomon. Comme ce Second Temple a été aussi dé­truit, les Maçons d'aujourd'hui sont aussi descendus de ceux qui le bâtirent. Aussi doivent-ils les imiter en leur exemple et tâcher, sous la conduite d'un nouveau Zorobabel, de bâtir un troisième Temple au Vrai Dieu.

 

 Cérémonies pour la Réception d'un Chevalier de l'Orient ou de l'Épée

La loge doit être tendue de rouge et éclairée de soixante-douze lumières. Le Maître se nomme Sou­verain, représentant Cyrus, l'aîné des Surveillants s'appelle Nabuzardam, général du roi, le Jeune Sur­veillant  représente Mithridate, son grand trésorier, le récipiendaire se nomme Zorobabel. C'est pourquoi tous les Chevaliers, étant en loge, sont appelés prin­ces par le Souverain, attendu que Zorobabel était prince. La porte de la loge doit être gardée par deux gardes, c'est-à-dire par deux Chevaliers qui en font les fonctions, qui sont, ordinairement, les derniers reçus; ils sont armés d'une pique. Le récipiendaire doit venir de lui-même à la porte de la loge, couvert d'un drap noir qui soit poudré de {la} cendre; étant arri­vé à la porte, il soupirera jusqu'au point d'être en­tendu par les gardes, qui ouvriront doucement la porte pour voir ce que c'est. Sur quoi, ayant reconnu que c'est un homme en deuil, ils refermeront la porte pour en donner avis au Second Surveillant, qui se lèvera de sa place, sans rien dire, pour aller join­dre le récipiendaire et pour l'interroger sur le sujet qui l'amène à la porte du roi.


Interrogations hors de la Loge


D. Que demandez-vous ?

R. Je veux, s'il est possible, parler au roi.

D. Qui êtes-vous ?

R. Juif de nation, prince de naissance, sorti de la troisième famille de la Tribu de Juda.

D. Quel est votre nom ?

R. Zorobabel.

D. Votre âge ?

R. Quatre-vingt-un ans.

D. Quel est le sujet qui vous amène ?

R. Les larmes et la misère de mes Frères.

Le Second Surveillant dit « Attendez au bas de la porte, je vais prier le mi pour vous » Le Second Surveillant vient frapper à la porte, elle lui est ouverte par les gardes qui, l'ayant recon­nu, le laissent entrer.

Lorsque l'on frappe, on doit frapper d'un seul coup, au bas de la porte, avec le pied. Le Jeune Sur­veillant se prosterne au bas du trône du roi, il lui fait le récit de ce qu'il a entendu de Zorobabel, à quoi le roi répond qu'on le laisse entrer.

Le Jeune Surveillant, en quittant le roi, le salue en posant les deux mains sur le visage et va joindre le récipiendaire, auquel il dit : « Vous avez trouve" grâce au pied du trône du plus grand roi du monde. Il vous permet de paraître devant lui, da face couverte ». Alors, il l'intro­duit en frappant à la porte comme il a été dit, la porte ouverte, il est reçu par les deux gardes, qui le conduisent au pied du trône où ils le mettent à ge­noux et l'y laissent pour aller garder la porte.

Nota : que les gardes le fouillent avant qu'il en­tre, pour voir s'il n'aurait pas des armes cachées ou quelque autre chose qui serait contre la vie du roi. L'Orateur de la loge, faisant fonction de Premier Ministre d'Etat, interroge le récipiendaire sur le sujet qui l'amène au pied du trône de sa majesté. Pendant l'interrogation, tous les Chevaliers doivent être de­bout, l'épée à la main, la tête couverte et le récipien­daire le visage découvert.


Interrogations du Ministre


D. Quel sujet vous amène vers le roi ?

R. Pour employer sa bonté et sa sagesse.

D. Pourquoi ?

R. Demander grâce pour mes Frères les Juifs, en servitude depuis soixante-douze ans.

D. Qui êtes-vous ?

R. Zorobabel, prince sorti de la troisième famille de la Tribu de Juda.

D. Quelle est cette grâce ?

R. Que la bonté du roi nous accorde pardon et li­berté à toute notre nation et de permettre que nous allions exercer notre Religion, en suivant ce que Moïse nous a laissé, nous permettre d'aller réédifier le Temple, que la puissance des Frères étrangers, ou plutôt nos péchés, ont détruit jus­qu'aux fondements.

Après quoi, le Souverain fait signe qu'on le fasse retirer, les deux gardes viennent le relever et le conduisent hors de la chambre, l’un d'eux reste avec lui, l'autre ferme la porte. Après qu'il 2 en est sorti, le roi adresse la parole à tout le Conseil en ces termes : a Il y a longtemps que j'ai résolu de mettre les Juifs en liberté. je ne sais pourquoi, je suis depuis un temps pénétré de voir ce peuple dans les fers. Le Dieu, qu'ils appel­lent le Dieu Fort, m'est apparu en songe, il me semblait voir un lion rugissant, qui était prît à fondre sur moi pour me dévorer. Au pied de mon lit, j'ai cru voir Nabuchodonosor et Balthasar, deux de mes prédécesseurs, qui servaient de mar­chepied à ce Dieu Terrible. J'ai crû entendre deux paroles qui sortaient de sa bouche en langue hébraïque, qui, en syriaque, signifient "rend Mon peuple libre I': C'est de vous tous, mes chers Princes, que j'attends à délibérer ce que je dois faire sur un tel événement ». Après que k roi a parlé, le Conseil garde un profond silence pendant quelques minutes. Après quoi, les uns et les autres disent au Ministre leurs sentiments, qui  fait semblant de recueillir les voix pour en rendre compte. Dès qu'elles sont re­cueillies, le Premier Ministre s'approche de nouveau du roi, qui ordonne de faire entrer Zorobabel. Le Second Surveillant va le joindre et lui fait ôter l'atti­rail lugubre dont il était couvert et le revêt d'une robe blanche, le ceint d'un ruban vert et, dans cet état, le met au pied du trône où, étant arrivé et à genoux, le roi lui dit : je vous accorde votre requête, je consens que tout Israël soit mis en liberté. De plus, qu'il soit libre d'aller bâtir un Temple à Dieu, qu'il soit orné et enrichi des dépouilles du Temple détruit par mes prédécesseurs, et que cela vous soit donné avant le Soleil couché De plus, je vous fais chef de toute la Nation et [ordonne] qu'on vous obéisse en tout et partout, à la réserve que vous payerez un tribut de trois agneaux, cinq moutons et set béliers. Et, pour marque authentique de ma bonté à votre égara je vais vous armer d'une épée terrible que vous porterez pour marque de distinc­tion de l'autorité que vous avez sur tous les Frères j'ordonne à mon général Nabuzardam de vous instruire pour la guerre, en d'être mieux à même de vous défendre  contre les ennemis qui pourraient vous attaquer ».

Alors, on le mène au Premier Surveillant, lequel lui dit : « Mon Frère, je me réjouis des grâces que vous venez de recevoir de notre Souverain. Sa bonté doit vous encourager à les mériter. Je vais vous instruire sur l'art de la guerre mais, auparavant, je vair vous recevoir Chevalier ».

 

Interrogation de Nabuzardam


D. Où est situé votre pays ?

R. Au-delà du fleuve d'Harbassanay.

D. Comment s'appelle-t-il ?

R. La Judée.

D. Comment s'appelle le peuple qui habite ce pays ?

R. Israël, dont nous sommes sortis.

D. Quels noms ont ceux qui sont ici captifs ?

R. Ils sont distingués par deux Tribus, celle de Juda et celle de Benjamin.

Nabuzardam poursuit : « Le roi vous a armé d'une épée pour vous défendre contre vos ennemis. Par le pouvoir qu'il me donne, je vous revêts d'un cordon couleur d'eau, qui représente le passage de l'eau, sujet comme un vaisseau qui flotte au gré des vents, de même, nous flottons au gré de nos passions. Heureux celui qui a évité le danger par l'épée dont le roi vient de vous armer, vous, et toute votre Nation, êtes devenus libres. Ainsi, vous serez appelés Enfants  des Tribus libres, les noms de Juda et de Benjamin vous serviront pour reconnaître les vrais Frères. Je vous donne, outre cela, deux signes. Le premier se fait en portant la main droite sur demie gauche et en la descendant en serpentant sur la poitrine jusqu'à la hanche…..

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 11:48

Le Grade de l'Initié dans les profonds mystères a pour objet de faire connaître, aux vrais maçonnerie parfaitement affermis dans les principes de

la maçonnerie ce qu'il y a de bon ou de vicieux dans tous les autres grades dont on y fait la critique ; c'est pourquoi pour pouvoir juger sainement si les grades qu'on y approuve ou désapprouve donnent réellement lieu au jugement que l'on en porte, il est essentiel d'avoir reçu tous ces grades, ou du moins de les connaître.

Ces grades sont principalement les trois de la maçonnerie Bleue, celui de Maître Parfait ; celui d'Elu ; l'Élu de l'inconnu ; celui des Quinze ; celui d'Écossais ; celui de Souverain Commandeur du Temple ; celui d'Élu suprême, celui de Chevalier d'Orient ; celui de Chevalier d'Occident ; celui de Sublime Philosophe ; celui de Chevalier du Soleil ; celui de Chevalier du Phénix ; celui de Chevalier de l'Aigle Noir, ou Rose-Croix de Marseille.

 

Instruction.

 

D. - Êtes-vous initié ?

R. - J'adore le divin créateur de la nature. Je reconnais sa puissance sans borne. Je conçois sa bonté. J'espère en sa miséricorde. Enfin, je suis persuadé qu'il n'a pu nous créer que pour nous rendre heureux.

D. - Qu'avez-vous fait pour être admis dans nos mystères ?

R. - J'ai cherché la vertu. J'ai tâché d'imiter celui qui nous a créés en devenant doux et compatissant pour les malheureux, et je fais mes efforts pour être l'ami de tous les hommes vertueux.

D. - Par quel degré êtes-vous donc parvenu jusqu'à nous ?

R. En secouant le joug des préjugés que j'avais reçus dans les différents grades de la Maçonnerie que je méprise en partie et que je déteste dans l'autre.

D. - Quelles sont donc vos idées ?

R. - Je pense que l'apprentissage et le compagnonnage, où l'on nous donne des préceptes de vertus sont bons et honnêtes. Que dans la Maîtrise le crime a quelque accès, mais qu'il est puni dans l’Elu. Que le Parfait Maçon? Anglais est de tous les autres grades le plus raisonnable et le seul qui soit parfaitement bon. Que les différents Ecossais sont inutiles, que l'Élu Suprême est ampoulé et que le Chevalier? d'Orient est futile ; que celui d'Occident est dépourvu de sens commun; que le Souverain Commandeur est indécent ; que le Grand Elu est détestable ainsi que le Rose-Croix de Marseille dit le Chevalier de l'Aigle Noir qui est digne d'horreur. Que le Chevalier du Soleil est méprisable ; le Sublime Philos? digne de pitié ; le Chevalier du Phénix absolument déraisonnable.

D. - Pourquoi continuez-vous la Maçonnerie, puisque vos idées lui sont aussi désavantageuses ?

 R. - Je ne méprise que les abus, j'aime à entendre les bons principes qu'elle nous donne. Je tâche de les mettre en pratique et notre travail ne tend qu'à les faire révérer et les faire paraître parmi nous avec plus d'éclat.

D. - Comment y parviendrez-vous ?

R. - En n'admettant dans notre Soc? que des gens choisis et qui conviennent à tous égards au titre de Vrais Initiés.

D. - Quelles sont les qualités que nous exigeons?

R. - La droiture du coeur et de l'âme, un caractère docile qui est toujours de l'avis de ses frères et qui ne l'emportera jamais lorsque les défauts dont aucun homme n'est exempt, lui seront représentés avec la douceur que les parfaits maçons doivent mettre dans leurs remontrances.

 

Discours de l'Orateur.

 

Après que l'instruction est finie, le Frère Orateur  lit le discours suivant, dans lequel se trouve expliqué parfaitement tout l'objet de ce grade :

Vous avez passé par tous les grades, on vous a fait parcourir jusqu'à aujourd'hui, les uns après les autres, tous les mystères redoutables au vulgaire, parce qu'il ne les connaît pas et que le sage voit pour la plupart d'un oeil méprisant et dédaigneux.

Nous savons rendre justice à la vertu et à la vérité, elles nous sont chères. Ce que vous allez entendre vous en convaincra de plus en plus.

L'analyse de ces grades va vous être dévoilée, vous allez en pénétrer les replis les plus cachés.

En vous découvrant les moindres circonstances, vous en reconnaîtrez les explications et vous sentirez enfin ce qu'ils méritaient de votre approbation et de votre mépris.

Les connaissances que vous avez dû acquérir après avoir été reçu Apprenti, Compagnon et Maître dans les grades de l'Elu Ecossais, Parfait Maître  Anglais, Elu suprême, Souverain Commandeur, Chevalier d'Orient  et d'Occident ,Prince de Rose-Croix, Grand Elu, Chevalier de l'Aigle Noir, Chevalier du Soleil et des adeptes, Sublime  Philosophe et Chevalier du Phénix sont les seuls sur lesquels nous nous étendrons. Les autres, qui sont en quantité et qui ne sont que des répétitions sèches et stériles de ceux dont il vient d'être fait mention, resteront dans l'oubli et ne nous laisseront d'autres impressions que le dédain le plus parfait pour ceux qui ont pu employer leur temps à des ouvrages aussi futiles, de peur d'être obligé de les haïr comme des gens infâmes, que la cupidité seule a conduits dans un travail aussi pitoyable.

 

Apprenti et Compagnon

Les deux premiers grades nous apprennent l'entreprise que fit Salomon de bâtir un Temple à l'Éternel ; les précautions qu'il prit pour le rendre magnifique ; la demande qu'il fit d'Hiram Abif à Hiram, roi de Tyr, pour lui confier en chef la conduite de cette sainte entreprise ; le partage que fit Hiram Abif des ouvriers en trois classes ; les signes, mots et attouchement dont il convint avec eux pour les reconnaître les uns d'avec les autres ; les proportions du Temple et des deux fameuses colonnes.

Jusqu'ici il n'y a rien de mystérieux ; ouvrez la Bible, vous y trouverez les mêmes choses expliquées peut-être plus clairement. Mais n'importe, reconnaissons la prévoyance de notre instituteur.

Pour parvenir à son but, qui était de rendre les hommes égaux et de les faire vivre ensemble dans l'union la plus étroite et la plus intime, il sut s'accommoder à leurs moeurs et de plus à la faiblesse de leur âme. Il reconnaissait combien le merveilleux a de pouvoir sur le coeur humain. Il descendit à des considérations, rendit l'entrée de l'ordre difficile, imagina de rendre les réceptions terribles et formidables et sut les rendre respectables par l’appareil mystérieux qu'il répandit sur tout ce qui nous environnait.

l sentit d'ailleurs la dure nécessité de ces formalités ; il vit qu'en trompant le vulgaire, il éprouverait l'âme de ceux qu'il voulait admettre, qu'il sondait par là leur coeur et leur façon de penser, et qu'il pourrait par ce moyen distinguer la bonté du caractère et de l'esprit de candeur.

D'ailleurs l'établissement de notre Maître est louable; il tendait par son application à faire vivre les hommes dans l'égalité et à n'admettre entre eux de prééminence que celle que donne la vertu.


Maîtrise.

Si nous avançons, la Maîtrise nous offre le massacre d'Hiram par 3 malheureux conspirateurs jaloux de la gloire et de la faveur qu'il recevait en vivant familièrement avec le roi Salomon, l'assemblée que tinrent les maîtres pour délibérer sur ce qu'ils avaient à faire, afin de prouver leur innocence à Salomon, la recherche du corps du R? M? Hir? qu'ils retrouvèrent et l'exhumation qu'ils en firent.

Déjà dans ce grade le crime se glisse parmi les constructeurs du Temple, mais on su le tourner à profit pour en montrer l'horreur et le faire détester de ceux qui étaient membres de l'ordre naissant.


Elu.
 

Dans l'élu, la vengeance tirée des meurtriers est une leçon qui nous prouve que le crime ne reste jamais impuni, que l'auteur de la nature est infiniment bon, juste et implacable pour les méchants.

On découvre dans ce grade Abiram un des auteurs de ce meurtre ; mais d'où vient qu'on fit des recherches contre Cebal et Méphiboseth ? pourquoi multiplier les êtres  Ne pouvons-nous pas dire que déjà le vice se glissait dans la Maçonnerie et que cette multiplication était un présage des désordres qui allaient s'ensuivre ? Le crime puni et le corps retrouvé, il fallut inhumer notre R? M? avec la pompe qu'exigeait le service qu'il avait rendu, et il aurait sans doute mérité une autre récompense.

C'est le sujet de l'Ecossisme, où l'on glisse des cérémonies judaïques qui ne peuvent faire qu'un très mauvais effet, surtout dans un temps où les personnes qui sont à la tête des loges  sont souvent peu instruites et ont d'ailleurs des dépenses à faire, pour les rendre avec dignité, motifs qui peuvent les faire regarder comme contraires aux règles de l'ordre, par celui qui possède au fond du coeur les vrais principes de la nature qui est de saisir les occasions de se rendre utile à l'humanité souffrante.


Parfait Maître Anglais


De là on passe à la Maîtrise du Parfait Maître Anglais qui est une répétition générale de ce qu'on a vu et qui aurait dû être le seul grade, si notre législateur n'eût eu crainte de communiquer trop vite l'intelligence de notre ordre, et de donner lieu à l'indiscrétion en communiquant tout d'un coup ce qu'il y avait de mystérieux à un homme nouvellement reçu.

Voilà ce qui a fait longtemps le secret de notre ordre respectable.

Elu de l'inconnu et des quinze.


Tout était bon jusqu'alors. Rien, excepté les élus de l'inconnu et des quinze, n'était de trop. Tout tendait au bien et au maintien de l'ordre ; mais il n'est rien de stable. Les hommes aussi changeants que I'ombre et aussi légers que le vent pouvaient-ils rester longtemps dans l'état heureux où notre législateur s'était efforcé de les mettre ? Pleurons leurs faiblesses et leur aveuglement, mais sachons réparer leurs torts et donner un nouveau centre à l'Art Royal en rétablissant les premières loges en rendant un culte pur à l'Étre suprême, en déchirant impitoyablement le bandeau qui nous a privés jusqu'à ce jour de la vraie lumière.


Ecossais.


On fit ensuite du Parfait Maître Anglais le grade d'Écossais qui renferme la cérémonie de la dédicace du Temple. Il était, suivant les apparences, naturel de terminer l’histoire.


Souverain  Commandeur du Temple.


Mais où cela nous conduit-il ? Au Souverain  Commandeur du Temple, grade où l'indécence la plus outrée et l'insolence la plus criante sont permises à celui qui en est décoré, par la seule raison qu'il sait que c'était au com. qui en gardait la clef et qui avait l'honneur d'être admis à la cour du roi Salomon.


Elu suprême.


On sentit ensuite qu'on pourrait ajouter à celui qui vient d'être dit la chute du roi Salomon, son impiété et les sacrifices abominables qu'il faisait aux faux dieux, dans ce même temps qu'il avait fait construire pour le seul et véritable Maître de la nature et le comble de la folie en faisant substituer à l'arche d'alliance les simulacres des divinités que lui apportaient ses femmes et ses concubines. On imagina donc l'Elu Suprême où l'on jure une haine implacable à cet ennemi déclaré de celui qui l'avait comblé de ses bienfaits.


Chevalier d'Orient.


Il fallut aller plus loin ; le rétablissement du Temple de Dieu sous Cyrus fut le sujet du Chevalier d'Orient. Vous y apprenez la manière dont Zorobabel va se présenter devant Cyrus. Il pousse dans son antichambre des soupirs qui sont entendus des gardes. On va voir quel est l’homme revêtu d'un voile, couvert de cendres, qui pousse ces gémissements. On le fait prosterner aux pieds du roi qui gracieusement lui laisse voir son visage et qui ordonne à son ministre de lui donner des instructions qui consistent à lui dire qu'il faut avoir un mot de passe pour se reconnaître dans un besoin et qu'il faut être bien unis. On l'arme ensuite en Chevalier d'Orient en lui mettant une écharpe sur laquelle est représentée un pont traversant une rivière, parsemée de têtes de mort et d'ossements. On y apprend le fameux combat du fleuve Starburzanaï ; la victoire que remporte Zorobabel sur les sujets du roi Cyrus qui l'avaient attaqué malgré le passeport qu'ils voulurent lui faire avoir, signé de leur roi.

Les noms des ouvriers du nouveau Temple le nombre des hommes qui y furent employés, la résolution qu'ils prirent de travailler, mais avec l'épée au côté, le nombre d'années qu'ils furent à le construire qui fut de 40 ans : toute cette histoire se trouve encore dans la Bible, sauf la réception du Chevalier par Cyrus dont il n'est fait aucune mention et qui d'ailleurs est par elle-même fort peu nécessaire.


Chevalier d'Occident.


On trouve dans l'Apocalypse le sujet du Chevalier d'Occident où vous êtes ensuite transporté. La loge représente le ciel tel qu'il est décrit par saint Jean. Le Maître  de la Loge représente l'Alpha et l'Omega ; il tient un livre fermé, sept sceaux qui s'ouvrent et dont il sort des traits ; une balance, une épée, emblèmes que l'on explique et qu'on fait rapporter à la Maîtrise

Comme l'Apocalypse est indéchiffrable, ce grade l'est tout autant et ne peut être regardé comme admirable que par ceux auxquels les choses auxquelles ils ne comprennent rien paraissent des mystères et des merveilles ; absurdité moins criminelle que celles dont on vient de parler, mais encore plus folle.


Sublime Philosophe.


L'or, ce métal source de tant de crimes et d'horreurs et dont nous devrions pouvoir nous passer, est l'idole que nous cherchons avec le plus grand empressement.

Le Sublime Philosophe.titre sublime et qui ne convient qu'à celui qui l'est et non point à un homme dont l'occupation est absolument contraire ; titre qui ne doit être accordé tout au plus qu'à celui qui a la vertu pour principe, qui la pratique et qui par son moyen sait se rendre heureux, le Sublime Philosophe disons-nous, fait son unique étude de la richesse de ce fantôme, et prétend par ses découvertes égaler la science du créateur et de l'auteur de tout être.


Chevaliers du Soleil et du Phénix.


Ces grades sont un mélange de religion, de mercure, de soufre et d’autres ingrédients qui entrent dans la composition de ce précieux métal qu'Hiram ainsi que Salomon possédaient, mais qui a été perdu et qui ne se trouve plus que chez quelques-uns des descendants de ces fameux alchimistes ou de leurs élèves. L'on cherchera dans ce grade la vertu et le repos après le travail immense qu'exige ce grand oeuvre dont le secret n'est pas encore trouvé et ne se trouvera pas de sitôt. Ce grade donne des relâchements au moyen desquels on se flatte de pouvoir le trouver.

On pardonnerait à des hommes fous ou insensés de s'y appliquer. Mais que, sans la moindre notion de chimie et sans la moindre teinture physique des autres sciences nécessaires à un travail de cette espèce, on s'y adonne et l'on s'y livre dans ces grades où il en est question, il faut être absolument dépourvu de bon sens, et c'est se mettre dans le cas d'être enfermé aux petites maisons.


Souverain Prince Rose-Croix.


Comme l'Ancien Testament a fait place au Nouveau dont il n'était que la figure, et que la loi de grâce a fait disparaître la loi judaïque, on a cru devoir consacrer cette heureuse révolution dans la Maîtrise  par un grade particulier. Ce grade est celui de Souverain Prince Rose-Croix  Autrement dit le Chevalier de l'Aigle ou du Pélican qui a pris sa naissance à Hérodom. Il a pour objet les mystères de la mort et de la résurrection du Sauveur du monde.

L'objet de ce grade est sublime, puisqu'il nous rappelle le mystère de notre rédemption opéré par l'incarnation du Souverain Maître de la nature qui pour l'amour de nous a fait le sacrifice volontaire de sa vie, sacrifice dont la mort d'Hiram qui fait l'objet des premiers grades, n'est qu'une bien faible image, et le triomphe de la religion chrétienne par la résurrection du Verbe. Mais les honneurs et les privilèges extraordinaires qu'on attribue à ceux qui sont revêtus de ce grade sont entièrement contraires à l'esprit d'humilité qu'on enseigne et aux maximes de l'Evangile. C'est la Cène qu'on y fait. A cela près, ce grade est réellement respectable.


Chevalier de I'Aigle Noir

Le désir de se singulariser a fait imaginer à Marseille un grade qui n'a de commun avec celui-ci que le nom de Rose-Croix qu'on lui a donné fort mal à propos. Ce grade, appelé autrement Chevalier de l'Aigle Noir, n'a pour objet essentiel que le Grand Œuvre, comme tous les autres grades prétendus philosophiques dont il a été parlé ci-dessus, par conséquent il n'est ni moins extravagant ni moins ridicule que ces autres grades. La réception est contraire aux lois de la nature et fait horreur à toute âme délicate ; elle est plus propre à former un fanatique qu'un parfait  maçon


Grand Elu.


Le grade de Grand Élu est un mélange de l'Elu du Chevalier Kadosch et des grades philosophiques On ne voit pas qu'il ait d'autre objet que l'orgueil et l'esprit de domination dans les loges,vices qui sont également proscrits par les lois de la Maçonnerie; ce qui seul suffit pour prouver l'inutilité et l'indécence de ce grade qu'on devrait totalement anéantir.


Voilà les principaux grades analysés. Réfléchissons sur les derniers, qui ont pour objet le Grand Œuvre, et voyons quel bien il pourrait en résulter quand même le moyen de faire de l'or serait découvert.

L'homme qui le posséderait en serait-il plus sage et plus vertueux ? Pourrait-il faire le bonheur de l'humanité et de ses semblables ? Point du tout.

Au contraire, avec la facilité de satisfaire tous ses désirs, il s'abandonnerait beaucoup plus librement aux grands excès, et l'or devenant plus commun rendrait la subsistance et tous les besoins de la vie beaucoup plus chers et ferait périr de misère ceux qui n'auraient pas le bonheur d'en posséder.

Dégageons-nous tous, mes Frères de la tyrannie de ces prétendus connaisseurs, et entrons pour n'en sortir jamais dans le vrai sentier du bonheur. Plus de préjugés : ne soyons plus les enfants d'Hiram constructeurs du Temple ni du prince de Juda qui reconstruisit le Temple de l'Eternel, ni de saint Jean l'Apocalypse transporté dans l'île de Pathmos, ni enfin les descendants de personne.

Soyons vertueux, adorons l'Etre suprême parce qu'il est notre bienfaiteur. Chérissons les mortels aveugles parce qu'ils sont nos ff? ; aidons-les dans leurs besoins, parce que c'est soulager l'humanité. Donnons des conseils parce que par là nous pourrons tirer du joug de l'erreur.

Aimons nous parce que l'Éternel nous fit pour nous rendre heureux. Rendons-nous la vie douce par une conduite agréable et honnête. Sachons enfin passer dans le bonheur le peu de temps que nous avons à demeurer sur terre et restons vertueux au milieu des crimes et des désordres où l'univers est plongé. Amen.

 

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