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Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

Traité de la nature de l'Oeuf des philosophes

Publié le 4 Janvier 2013 par Bernard Trevisiane dans Alchimie

 

Monsieur, avec correction, il me semble que vous désirez touchant ces choses autrement que la définition des choses naturelles n'a été laissée, lorsque vous dites que la matière de Jean le Noir ne peut parvenir à cet effet, et par conséquent le Soufre, selon que vous l'avez pratiqué, Monsieur, vous n'avez pas entendu la qualité de ce Soufre, suivant l'essence de sa matière et altération, même la matière perfective du susdit Jean le Noir se doit mener à fin, ce qui est par préparations naturelles, mais vous proposez beaucoup de choses qui ne servent de rien à la proposition, mais comme indigne et confus n'avez pas compris la possibilité de nature, le son des mots vous a trompé : car il fallait premièrement discerner avec prudence ce qui doit être fait le premier, et pourquoi, et quand, parce que le premier qui est le dernier en résolution, est le premier en l'imposition, car par ceci il faut que parveniez à la connaissance du Soleil et de l'Elixir, c'est à savoir en réduisant ceci en ses premiers principes et Eléments desquels il est fait : vous devez donc diviser le composé jusqu'aux incomposés, mais il faut premièrement avoir la connaissance du composé, puis que vous le réduisez en parties mises en ordre jusqu'à ce que vous parveniez à ses principes, et c'est la connaissance résolutive, et doctrine appelée compositive, c'est à savoir qui conjoint ce qu'elle a divisée commençant par la première matière et par les principes et Eléments, et se trouvent aux composés mais la doctrine résolutive commence par les composés et sont simples des principes et Eléments qui sont appelés la première matière, de laquelle se fait l'Elixir qui transmue les corps. Comment donc croyez vous introduire la forme de l'Elixir complet en la matière qui a ceci est moins disposée.

 

Vue que l'Elixir a deux pouvoir être fait des choses homogènes et uniformes en substance, comme du pur Mercure, auquel toute la substance du corps fixe demeure résoute et faire volatile sans aucune séparation. Or l'intention des Philosophes est et a toujours été et sera, de faire du corps l'esprit, c'est à savoir du pur Mercure, qui est appelé philosophique, car il est fait par procédure de philosophie, contenant en soi double nature. Or puisqu'il faut composer la Pierre de deux substances et de volatile et fixe : il est nécessaire premièrement de faire ou tirer de l'union de ces deux Mercures, avant de que faire l'Elixir complet, et ceci est leur Mercure, qui cause perfection, et auquel tout le magistère consiste, et ont entendu celui-ci disant que si tu peux par le seul Mercure achever ton ouvrage, tu seras un très habile indigateur de l'Art, ce qui se fait par la passion laquelle il doit soutenir, étant occulte et homogène avec son corps, et c'est ce Mercure qu'ils ordonnaient d'élire premièrement, et même autant des corps et du Mercure non qu'il soit Mercure en toute sa nature, comme on entend vulgairement, ni en toute sa substance, parce qu'il a déjà perdu toutes ses fèces terrestres et adjustibles avec beaucoup de dissipation de sa fugitive aquosité, et demeure pure substance par moitié unie et conjointe avec la substance fixe : car en l'œuvre, avant que pouvoir faire la vraie médecine transmutatoire des pierres, il est nécessaire de sublimer le tout, non seulement la partie volatile, mais aussi la fixe, alors le tout étant converti en esprit, les Philosophes ont dit que c'était l'eau de volatilité par laquelle toute matière se converti en fumée, ont appelé toute cette pierre eau, comme atteste Socrates, disant en la Tourbe, si vous ne réduisez le tout en eau, vous ne parviendrez pas à l'ouvrage, car il faut que le corps soit occupé par la flamme du feu, afin qu'il soit détruit et fait débile avec l'eau en laquelle il est, et Consolies dit, sachez ô investigateurs de cet Art, que tout corps est dissout avec l'esprit, auquel il est mêlé, et avec lequel sans doute il est fait spirituel. Or quand cet esprit se sublime, il est appelé eau, comme il a prédit, laquelle eau se lave elle-même et se nettoie : d'autant que toute la substance est très subtile, comme il a été prédit, monte en laissant ce qui la corrompait ; car Mercure se putréfie en l'œuvre, par laquelle le corps se converti en esprit, non seulement de ses sulfutités, mais aussi de toutes terrestrités, et des grosses et subtiles parties aqueuses, venant de viscosité, attachées par forte mixtion, et se fait le Mercure des Philosophes, duquel parle Geber. La considération de la chose perficiente est la pure substance du Mercure, d'autant qu'en 'élévation l'un et l'autre monte en façon de fumée par précédente fusion, et parce qu'aussi alors il se fond, et se coagule par le froid, et se dénue de superfluidité, il se lave et imbibe de son eau, c'est à savoir par l'esprit préparé qui est venu du même germe, et c'est la Philosophique dissolution qui se fait avec le feu dissolvant, préparé premièrement comme il est requis, fait et vigoré, ce qu'atteste le Philosophe Mirandus, disant, il faut que le corps soit liquéfié avec son dissolvant, afin de l'altérer de sa nature corporelle, jusqu'à ce que par la dissolution destructive, le corps soit fait spirituel et subtil. Or parce que ce Mercure a en soi nature fixative qui lui est conjointe, comme aussi à cause de sa double nature, les Philosophes l'ont appelé eau permanente et persévérante au feu, car la partie volatile n'est pas sans son corps, avec lequel elle est dissolublement mêlée et tous deux sont inséparablement fait un, lequel naturellement ou de sa nature n'est pas permanente au feu, à cause qu'il ne se faut pas fier au Mercure sublimé, ni aussi dissout, vu que le tout est fugitif, mais au calciné après la dissolution, comme dit l'exposeur en la Lumière des lumière, étant sublimé, il est fugitif du feu, et blanc de sa nature mais alors que par son coagulatif il est coagulé et calciné, il est fixe et retenu, et ce coagulatif est le corps qui est caché au Mercure des Philosophes : quand il vient à naître, ce Mercure est appelé lait, parce qu'il fixe et coagule par son corps caché, et est fait un avec le Mercure, et un en substance, et ainsi se coagule lui même et non pas un autre, et se connaît de la cire fondue, parce qu'en la commixtion ils sont entièrement fait un sans séparation, pour durer éternellement : et l'un et l'autre en la même substance achever le reste, et que ce qui est mis au feu passe de nature en nature, jusqu'à ce qu'au même vaisseau en forme de matière, il soit converti en vraie médecine, et cette est sa dernière disposition, laquelle ressemble beaucoup à la génération humaine. Or votre matière n'est encore parvenue à cette propriété par laquelle elle puisse être appelée Œuf philosophique, et par laquelle disposition elle puisse en dernier ressort être transformée en Elixir complet, parce que toute votre matière n'est pas entièrement amenée en esprit rond, circulé par circulation deuë, mais c'est un corps de soi fixe, ne fuyant point, et un esprit fugitif seulemet par soi sans le fixe, desquels il apparaît que ceci n'est pas un Œuf, puisque l'un rejette le reste. Puis donc que la génération du grand Elixir se fait vaporablement et permixionnément en l'air, comment croyez-vous parvenir à la fin des ennemis trop éloignés en nature, car jamais le corps, lorsqu'il permet que l'esprit se sépare sans sa nature, ni l'esprit lors qu'il monte sans sa siccité, ne peuvent se convertir en Elixirs, parce que vaporablement ils ne se peuvent pas mêler les uns avec les autres la cause pour laquelle les Philosophes ont appelé leur Mercure Œuf, est aussi celle-ci, parce que tout ainsi que l'œuf est une chose ronde circulaire, contenant en soi deux natures en une substance, le blanc et le jaune, et tire de soi-même une autre chose qui a âme, et vie et génération, c'est à savoir lorsqu'il en sort un poulet, ainsi aussi ici le Mercure contient en soi deux choses d'une nature, corps et esprit, et tire de soi l'âme et la vie alors que tout est spirituel, d'où après se fait la génération du vrai Elixir, ce qui a fait dire à Mirandus, cet Œuf tire de soi la vie qu'il a, puis après l'âme et génération. Et a dit Platon, en l'œuf des Philosophes il y a des choses qui étant entièrement mêlées et putrides se convertissent en esprit, car il est vif et non mort, c'est donc cet Œuf qui étant mis au feu par seule décoction, sans qu'on y touche des mains, fait un poulet par une seule disposition, qui s'achève soi-même, et se confirme, et ceci est de la nature hermaphrodite, parce qu'il est comme mêle et femelle, et de complexion hermaphrodite, comme le Philosophe le confirme disant aussi, ainsi la semence de la plante est semblable à l'imprégnation, qui est un mélange du mâle et femelle, et tout ainsi qu'en l'œuf il y a une force pour engendrer un poulet, et semblablement sa matière qui lui est nécessaire jusqu'à ce qu'il sorte d'icelui, ainsi au notre, et tout ainsi que la femelle met un œuf en une heure, et la semence de la plante, ainsi aussi nous notre œuf, afin qu'il s'engendre un Elixir, d'où il est aisé à voir qu'un Elixir ne se peut pas engendrer sinon des choses qui ont en elles la complexion Hermaphrodite, comme il se voit en l'Œuf susdit. Or Albertus essaie de confirmer la complexion de cet Œuf, au troisième des minéraux disant ainsi au chapitre du Soufre, il faut bien que le chaud et le sec soient conjoint à l'humide et froid en une même complexion, et cette complexion est Hermaphrodite, comme il se voit des plantes, je vous écris la détermination de cet Œuf avec la déclaration, de peur que ne failliez en la proche matière de laquelle il se doit faire un parfait Elixir, comme un certain de Carcassonne se faisant appeler Maître Tolquet, assura à Léotard qu'il avait vu votre matière en un certain vaisseau en forme de Mercure mêlé avec le corps, et étant comme à demi congelé, laquelle il dit, comme par vitupère, n'être pas un Œuf, combien qu'il dise la vérité que vous vous êtes fourvoyé, mais icelui vous redarguant en vérité, opine sans connaissance de cause, sauf toutefois sa révérence, et ceux qui le suivront. J'ai connu de son intention, et par sa sublimation, et eau laquelle il croit en tirer, et laquelle il assure avec beaucoup d'ignorance que c'est le vinaigre des Philosophe : mais en vérité, puisque la nature et toute son espérance lui contredisent, ses paroles ne contiennent aucune vérité, mais éloigné et aliéné il est de la Philosophie par superflues fantaisies, ne considérant pas les formes de cette transmutation, ni les Eléments, ni ce qui est réel, mais ce qui est fantastique, ni ne considérant pas aussi que les même formes peuvent avoir leur être transmutatif de la matière Philosophique et de ceux qui sont en la matière Philosophale, et non des étrangères, comme doit considérer le réel Philosophe, que ce qui est en la matière y est seulement de sa nature, et est réel : semblablement il doit considérer le mouvement comme l'efficient selon qu'il émeut la matière, et la forme selon l'être qui est en la matière, et aussi la fin selon ce qui est la borne du mouvement, selon que la matière l'émeut, et semblablement la matière même autant qu'elle peut être la matière de la forme philosophique, et selon ce qui est le sujet de la forme, et selon l'être que la forme a en la matière, et ainsi se connaît la façon de faire des hommes philosophants, mais Tolquétus n'était pas de telle considération, ne changeant pas de complexion, combien que la correction fraternelle soit une œuvre de miséricorde corporelle, parce que par la corporelle, l'homme gagne la miséricorde du corps ; mais la spirituelle gagne la vie de l'âme, toutefois quand elle ne sert pas aux obstinés, ceux qui résistent à telle correction, ils se font démons, ne connaissant pas la défectuosité ou sa faute, par quoi faut laisser telles gens comme publicains, suivant la sentence de notre Sauveur, Math 18, ceux qui tombent par ignorance sont moins éloignés de la vérité que Monsieur Turquet, encore que vous ignorez les termes de l'art, et la forme de la matière proche à la génération des Elixirs, ou de la médecine, toutefois vous avez la matière congrue à celle-là, et l'ordre congru, si vous entendez bien la forme des préparations, lesquelles je vous ai donné suffisamment avec ses qualités et causes nécessaires, et comme elles se font, et parce que la propriété de l'œuvre par laquelle la nature est conduite et tirée à perfection, est dedans sa matière par le propre mouvement de la nature même, réjouissez-vous, parce que vous la pourrez trouver non par doctrine, mais par la propre indignation de la même nature du mouvement déterminé, c'est pourquoi il faut considérer le mouvement selon que la matière se meut en la forme de relation vous pouvez régler la matière par un mouvement naturel, parce qu'un tel mouvement étant propre et déterminé, tend toujours introduisant en la matière propre l'espèce propre, d'ou nécessairement s'ensuit multiplication par semblable espèce en la même matière. Or puisque la vertu de l'Elixir s'engendre formativement de la propriété de la matière, ou bien combattue par l'humide onctueux, ou bien de la matière humide par siccité terrestre, ce qui est une même chose, vous devez remarquer qu'une telle passion ou combat procède la transmutation de la substance en forme d'Elixir complet ce qu'est à dire, que le sec et l'humide endurent premièrement ensemble, parce que tous les deux ensemblement parviennent à un qui est homogène et génératif naturel, sans qu'à jamais ils se séparent, comme vous pouvez voir par la nature et complexion ci-dessus déclarée. Or l'œuf n'est autre chose en sa grande quantité qu'un humide aqueux, endurant et souffrant sous le sec terrestre, ainsi aussi l'Elixir parfait n'est autre chose que Mercure, qui a enduré une très grande chaleur et siccité complexionnelle, dont le Mercure qui a ainsi souffert sera la proche matière de l'Elixir, par l'expérience duquel on trouve que ce ne l'est pas s'il ne se liquéfie et dissout par forte ignition : et étant ainsi uni il se coagule au froid en pierre fusible métallique, il appert donc que le Mercure est la proche matière de l'Elixir par la passion qu'il reçoit du sec terrestre aduste, pour plus ample déclaration répondant à vos vers, que votre désir soit de connaître que le pénultième de l'œuvre, en entendent généralement en tous les degrés auxquels nous essayerons de parvenir, est la pureté de la matière et rectitude parfaite, par lesquels toutefois à savoir par pureté et rectitude notre œuf est parfait parce qu'alors la simple nature se réjouit et s'achève en la simple nature pure en homogénéité et proportion des Eléments. Or la cause qui fait opiner quelque uns que la composition de cet œuf est impossible, a été ou très forte construction du corps, ou la difficile résolution, car ce qui difficilement se construit, se dissout difficilement, mais s'ils savaient la composition naturelle ils sauraient aussi la résolution, et que la construction artificielle se peut faire, mais par un cours naturel : Par quoi puisqu'ils l'ignorent il doivent condamner leurs opérations indues par lesquelles ils veulent parvenir par corruption et génération à autre chose, tels ont essayé que le corps est de très forte composition, mais ils ne savent pas encore combien il est fort, parce que s'ils étaient parvenus à ce terme, ils sauraient comme l'œuf est fait de la corruption du corps, qui est la cause pour laquelle tels n'ont pas bien connu les fondements de nature, rejetant le superflu, et accroissant ce qui est diminué, et non seulement la superfluité même et la diminution qui est cachée et qui se voit, et par conséquent la nature même qui est la racine et essence parfaite, ni la commodité de l'œuvre, la propriété de laquelle est de cacher ce qui le manifeste, et de manifester ce qui est occulte, ce qu'us pourront connaître en mortifiant et vivifiant, desquelles choses on voit tant la corruption et infection des métaux, que semblablement la droite composition de notre œuf, par quoi notez que lorsque les Philosophes disent qu'il n'y a rien de superflu en cet œuf, ils entendent qu'il n'y faut point manier et ôter des mains, mais qu'il faut laisser faire à la seule décoction de sa panification, il apparaît en la décoction de l'œuf quand il retourne dur, ou bien en son invétération, ce qu'il faut bien noter, et lorsqu'ils disent puis après qu'en l'œuf susdit il n'y a point de diminution, us démontrent par cela qu'il n'y faut rien ajouter, vu qu'il contient tout ce qui est requis pour notre magistère, donc cette pierre est un œuf parfait de deux substances d'une nature, qui est fait à savoir de corps et d'esprit en unité d'essence ou de nature, et en cette conjonction de résurrection le corps est fait esprit comme l'esprit même, et sont faits comme un, comme eau mêlée avec eau ne pouvant à jamais être séparée, n'y ayant aucune diversité en eux à savoir de trois, qui sont esprit, âme et corps, sans aucune séparation, ce qui se voit voirement en l'unité de la Trinité, en Dieu le Père, et le Fus, et le Saint-Esprit, qui sont un en Dieu même, avec distinction sans diversité en substance, desquelles paroles nous pouvons connaître directement que les Philosophes anciens qui ont eu cette partie, ont été devins par cet art divin de l'Apparition de Dieu en humaine nature ou chair, à savoir Christ, et son unité avec Dieu par l'abondance du Saint-Esprit, combien que fort indistinctement et confusément ils ont connu ceci, desquels je suis d'avis qu'on remarque la vérité et les figures des choses, ce que tous ceux ont été vrais artistes de cet art divin et glorieux ont pu mettre en Dieu la Trinité et unité, toutefois en la Trinité avec distinction, mais sans diversité en lui, mais en cette Pierre est assignée Trinité en unité, et au contraire avec distinction sans diversité. Je ne vois pas qu'il y ait, pour celui qui regardera de près et qui saura un exemple en tout le monde plus semblable que' celui-ci, pour l'assignation de la Trinité en Dieu. Or ici se rapporte ce qui est en St. Augustin au premier de la Trinité et de l'âme, c'est à savoir qu'il y a en l'âme, ces trois, qui néanmoins sont un, à savoir mémoire, intelligence, et dilection ou volonté, qui est la plus belle et véritable, mais que par aventure quelque contradiction, mais non pas en cet endroit, je crois fermement que si quelque infidèle savait bien cet Art, il serait après nécessairement fidèle en la Trinité de Dieu et mettrait la science en notre Seigneur Jésus-Christ Fils de Dieu, que s'il ne fait ceci je crois que cela ne vient que d'une crainte qu'il a en soi de sa secte, et en la loi première donnée par d'autres, qu'il ne soit point puni de semblable façon, pour ce qu'il voit la Trinité en Dieu, par cette pierre très occulte et très précieuse, comme ont vu Hermès, Platon et les autres anciens Philosophes, il ne se trouve donc point de comparaison semblable, et n'y a inquisition ni subtilité, ni utilité, ni trésor semblable à celui-ci, vu que l'âme de celui qui sait ces choses, et son corps sont faits libres en ce monde, attendant la béatitude du siècle futur, pouvant bonnes œuvres être transportées à Dieu après sa mort, et être conjoint derechef à son créateur au dernier jour, et être avec icelui heureux, pour revenir au propos de l'utilité de la Pierre, nous dirons que jamais l'esprit et le corps ne parviendront à l'union prédite, comme atteste Raso en l'encomion de son livre, jusqu'à ce que l'un et l'autre soient nettoyés. Il dit aussi, afin que mieux vous l'entendiez, que ses termes et dispositions précédentes ont grand accord avec ce qui s'engendre en l'œuf, avant que les dispositions soient faites, par lesquelles il puisse se tourner en Elixir complet, sachez que les susdits à savoir l'esprit et corps ne s'unissent pas bien l'un l'autre, pour pouvoir démontrer leurs vertus, par lesquelles la parfaite opération se fait, si l'un et l'autre ne sont bien nets, car le corps ne prendra point l'esprit, ni l'esprit le corps pour faire que le spirituel soit corporel, ni le corporel spirituel, si toute l'ordure et immondice ne sont ôtées, ce qu'étant fait le corps embrasse l'esprit, et l'esprit le corps, et d'iceux se fait l'opération parfaite, si la fixion surmonte la grande volatilité, mais si la très grande fixion est vaincue par la grande volatilité, la forme de l'œuf ne s'achève pas, étant seulement un corps qui se retire vers l'esprit, et est ici le pénultième terme de notre Mercure qui est appelé Œuf, contenant en soi ce qui est requis pour la perfection de notre magistère, auquel il n'y a rien de superflu, ni aucune diminution de la perfection de l'Œuf, mais c'est tout ce qu'il faut pour la production du poulet et de la médecine, d'où l'artiste de fin entendement pourra remarquer qu'en ce magistère il y a trois choses qui démontrent l'ordre, premièrement que la préparation précède la conjonction, secondement, que la préparation de l'un et de l'autre n'est pas perfection, mais seulement une disposition à conjonction, par laquelle il prend la forme de Pierre ou de Soufre ou de notre Mercure qui ne font qu'un en l'Œuf, duquel nous avons traité ci-dessus, et du contraire la perfection  n'est  pas  simplement préparation,  mais  une  induction immédiate de forme, qui peut achever notre œuvre, tiercément qu'en tout le temps de leur conjonction leur union étant parfaite, us sont à jamais trouvés purs et nets, et dépouillés de toutes superfluités, d'où l'on peut aisément voir qu'au temps de leur pureté us sont faits tous deux aorès et après pour la rectitude de la pierre, ou génération de notre œuf, et non devant, ni plus outre. Or si suffit de bien préparer la matière, de sorte qu'elle ne soit pas seulement de purée de toutes superfluités adutibles, mais aussi de toutes terrestrités, tant grossières que subtiles, attachées par mixion forte aux parties aqueuses venant de viscosité. Or cette dépuration se fait quand le corps se tourne en esprit et l'esprit en corps, pour ce qu'en la procédure de l'œuvre il se fait conversion jusqu'à ce que la nature très prompte ait trouvé un état permanent, auquel elle termine son mouvement, qui est la forme de la génération de l'œuf, et lors nature commence un autre mouvement pour former la médecine parfaite, corrompant derechef notre Œuf de la forme, et y introduisant une autre forme de médecine parfaite, et ceci est passé de degré en degré, mais la sapience d'un bon Artiste doit diligemment s'enquérir de la cause pourquoi la pierre purifiée s'achève par solution, et de la cause pour laquelle il ne vient pas plutôt et plus sévèrement à son intention, et pour ce que des causes opposées découlent les opposées affections, et que par l'un des contraires, on connaît le reste : il faut remarquer que la proxime cause par laquelle la pierre purifiée s'achève par solution, est une similitude très grande de l'un à l'autre et de l'esprit au corps, et du corps à l'esprit, non seulement en la matière, mais aussi en la complexion, qualités et propriétés naturelles, car tant plus que le corps approche de la complexion de l'esprit, et au contraire tant plus promptement se font-ils un, et se transfigurent en œuf, pour ce que chacun désire ce qui est plus approchant de sa complexion, et pour ce que le corps est très chaud au profond de la nature, tant plus que le Mercure est chaud et pur, tant plus est-il pénétratif, et se fond mieux, et s'unit mieux avec lui, de sorte que de deux complexions, il s'en fait une seule composée en sa simplicité, car ce qui est chaud est digestif en quelque façon semblable au chaud et humide résout, et tant plus il est froid, n'ayant point de chaleur aiguë, tant moins pénètre-t-il au profond du corps et plus tard se dissout, et par conséquent se conjoignant plus tard, voire plus tard à cause de la matière; et de la quantité et qualité d'icelle matière les espèces ne se séparant point de l'espèce, mais à cause de la suivante forme, voilà pourquoi l'Artiste doit connaître entièrement la matière de la nature, sa quantité et qualité, vu que les choses prédites sont sans doute à lui seul connues. Or on ignore les propres   instruments de la nature, par lesquelles elle agit médiatement en la matière pour l'introduction qui est la formation de l'Œuf, vu que nul agent, soit qu'il soit naturel ou artificiel, ne peut agir sans les propres instruments et déterminés, comme vous voyez, pour ce que la nature en la génération de toutes choses agit avec chaleur digérante et altérante, et mondifiante, comme avec son propre instrument, selon que la nature de toutes choses requiert, comment donc si vous ignorez cet instrument, croyez-vous former un Œuf, nullement : l'art prend bien les esprits immondes de nature, et les conjoint avec les purs et spirituels de la nature, et en les sublimant, les élève et nettoie comme la nature, et les dépouille de toute mauvaise sulfurité, et en ce dépouillement nature, y agissant et opérant, égalise les qualités des Eléments, et les proportions d'iceux en la mixtion, combien que nous ignorons telles proportions n'étant pas nécessairement, ni en notre puissance de savoir ceci, ni ne le désirons savoir, étant seulement connu à la seule nature, pour ce que nature se rectifie d'elle-même, cuisant les Eléments, et les mettant à proposition de son espèce, étant ta rectitude de nature, et consistant en l'égalité de ses Eléments, et proportions d'iceux : Or puisque l'art ne peut pas égaler ses éléments qui sont en la nature, étant le propre d'icelle d'amener les Eléments a sa proportion, à apparaît qu'à suffit que l'art connaisse et opère avec la nature, et en l'aidant par la nature, afin que l'art soit aidé d'icelle. Or l'art opère avec la nature, et la nature avec l'art en la transmutation de la nature des métaux, quand donc ils sont nettoyés par sublimations, et voulant lors fuir du feu l'art, les voyants orphelins, leur administre incontinent une nature fixe pure, afin qu'us soient confortés par icelle, et les vertus des esprits qui sont en iceux élémentaires  et  célestes  pour  la proposition de la même nature, et par ainsi Nature les convertit en corps nets et fixes, et non l'art, sinon servant d'organe ou instrument : de sorte que la nature des corps dominera à jamais sur la nature des esprits, et par cette industrie miraculeuse l'art imite nature, hâtant et accélérant ses œuvres, mais pour ce que l'art se comporte ainsi avec nature, à l'endroit des passions, en l'opération et génération de la pierre, on trouve en sa superabondance le milieu et la défectuosité : voua pourquoi les Philosophes ordonnent de connaître les poids de l'un et de l'autre, en cherchant la proportion es vertus des meilleurs, car la propriété de l'art, lorsqu'il nourrit sa pierre, s'efforce d'observer en l'éducation quatre points, c'est à savoir, comment, plutôt, et quand il le faut, et combien il en faut, et comment ü faut qu'à soit fait, or ces termes ne sont pas moins déductibles aux actions et passions, si l'on regarde à la débilitation ou confortation de nature avec laquelle l'art opère, et par les dispositions de l'art les choses intrinsèques sont gouvernées ce qui a fait réciter aux Philosophes avec mesure les natures des feux au magistère de la décoction, en regardant la nature moyenne, pour ce qu'une telle vertu étant considérée en soi est une certaine médiété et conjecturative d'icelle, pour ce qu'elle regarde le milieu et le milieu opère. Davantage pour ce qu'à la rectitude de Nature suppose une opérative disposition, les lavant en l'expoliation du Soufre corrompant, vous devez disposer votre matière pour la fondre, autrement elle ne se mondifiera pas, ni ne se rectifiera, et par conséquent ne pourra pas prendre la forme d'un Œuf, d'où a dit Arnaud de Villeneuve en son nouveau testament, que la Pierre doit être premièrement connue de quel genre elle est, lequel étant connu la faut mondifier par ablutions et fusions, mais comme la matière prend fusions premièrement elle se pourrit, vu qu'elle a la substance de liquéfaction, elle ne peut aucunement être tirée par autrefaction, d'où le susdit Arnaud au Rosaire dit, que s'il n'est putride, il ne pourra être fondu, et ne se dissoudra point. Et Morien dit, Sachez qu'après la putréfaction on a l'Azoth qui est interprété substance de liquéfaction, par laquelle le Dieu très haut et le bénin Créateur a crée la grande, et achevé la composition qui a été cherchée, mais elle ne prendra pas vraie putréfaction jusque ici, si elle n'est premièrement divisée en substances élémentaires, vu qu'en icelle se trouvent les vertus putréfactives qui sont appelées principes de tous corps transmuables, ou des génératifs et corruptifs, car toutes choses prennent des qualités des éléments, diverse altération tendante à génération médiatement ou immédiatement, ou aussi paresseuse ou éloignée selon la force ou débilité de la vertu putréfactive, corrompante et générative, d'où votre industrie doit chercher cet art aux éléments de la pierre permanente, pour ce que, comme dit Arnault de Villeneuve, notre science consiste en la science des quatre éléments, et en la conversion égale d'iceux, pour ce que tout ce. qui est au monde y est non par vue, mais par vertu, et d'autant que leur séparation est nécessaire, il ajoute que les mêmes éléments par distillation et putréfaction se réitéreront et conjoindront, car par ce moyen tout le corps se fait spirituel, et la première matière de laquelle il a été premièrement fait et des quatre Eléments, encore qu'après il se fasse en l'opération de l'œuvre une autre première matière de leur due conjonction très proche à ce genre métallique, d'où il apparaît que ce que nous entendons en la nature de la pierre parvient de ses Eléments pour ce qu'il faut que vous connaissiez la première matière, la proche et la très proche, car tous les Philosophes ont mis que cette préparation est vraie, et que rien ne se connaît sinon de ses principes, et en voit-on la preuve au deuxième des Physiques, qu'entendre et sentir ou estimer en toutes sciences, n'est que de ses principes, et causes, et de leurs Eléments, mais pour ce que la vertu de la matière doit être proportionnée aux forces selon l'être, par lesquels en l'acte elle se parfait, par quoi vous devez mettre d'ordre son opération selon cette forme, à laquelle il la faut premièrement disposer ou approcher, car la forme entre en toute sorte de matière disposée et qui lui approche, or puisqu'il y a autant de degrés de matières qu'il y a d'ordres de formes selon nature, considérez par quelle forme et de quel degré vous pensez sublimer votre matière, et suivant cela disposez-la premièrement par opération propre, afin qu'elle soit rendue idoine, pour prendre la susdite forme par laquelle elle se doit achever et sublimer. Or cette habilité ou approchement à la première, conçoit premièrement par opération propre et naturelle, vu qu'il y a en elle perfection, comme je me souviens de l'autre dit ci-dessus selon son degré, car la matière, encore qu'elle ait été suffisamment préparée par la préparation du premier ou du second degré, ne peut prendre forme, si n'y conjoignez les préparations du troisième, lesquelles disposent la première, encore que par les préparations du second degré de sublime perfection, elle ait été rendue très proche pour concevoir la forme du troisième, vu que l'on ne peut venir d'un extrême à un extrême, sinon que par un milieu, car comme les opérations disposent la matière la forme du premier degré aux effets et opérations par lesquelles elle acquiert la forme du second degré, et ainsi elles l'habilitent ou disposent par opérations, par lesquelles elle prend sa forme du troisième et du grand Elixir, quand elle est donc au troisième degré elle est le grand Elixir, et quand vous voulez avoir la forme du troisième degré avec celle du second, et que vous n'avez pas celle du premier degré, travaillez tant que vous voudrez pour rendre cette matière proche d'un tel degré et du plus grand, vous vous peinez en vain lui pensant donner la dernière forme de l'Elixir, car je ne vous puis pas écrire toutes les choses qui sont nécessaires,  les  remettant à votre jugement, car les choses spirituelles déclarent assez comme vous devez régler votre œuvre par les degrés des formes, et selon la nature de chacun degré préparer la matière de nature, afin que par la préparation de l'un, elle soit disposée à la préparation de l'autre, jusqu'à ce que vous veniez à la fin de votre désir, en suivant ses degrés, car vous ne voudriez pas donner à votre œuvre si peu de temps commes plusieurs fols croient, pour ce que ceci est contre raison et contre le mouvement de nature, croyez aux avertissements des Philosophes qui ont vu les profondités de nature, car Hippocrate dit, le temps est bref à raison de l'âge, l'expérience est longue à raison du temps, sur quoi dit Geber, encore que peu et principalement des anciens aient eu cette science, car il a dit anciens et non jeunes, pour ce qu'us sont impatients, la voulant avoir en peu de temps, et c'est pourquoi il conclut au livre intitulé de l'investigation du parfait magistère, non qu'il entende que le temps soit court, car il dit autre part, c'est la médecine laquelle un très longtemps a occupé, ou que l'espace d'un très longtemps anticipe, et en la somme chapitre de la médecine du troisième degré dit, que pour plus grande industrie en l'administration de cette matière et de la perfection de préparation qu'il faut long temps pour l'accomplissement de vérité, encore que la médecine de ce troisième degré ne soit point diversifié de la médecine du second ordre, sinon en sa création par les autres très subtils degrés de préparation sublimative, et par un long labeur, et autre part de la coagulation Mercuriale, pour ce qu'il est très difficile de coaguler l'humidité ignée, ce qui n'arrive à l'Artiste que très laborieusement avec  profondité  d'industrie,  toutes lesquelles choses dénotent un long temps, aussi sur ceci les Philosophes exhortent d'avoir la patience en retardement : que donc l'impatient quitte l'œuvre, car toute action a son mouvement et temps déterminé : Et le maître Arnault de Villeneuve dit en son Rosaire, il faut que ' notre médecine soit accoutumée plus longtemps sur le feu, que l'enfant qu'on nourrit, ou il faut remarquer que plus longtemps est davantage, que davantage que longtemps, qui est néanmoins plus que le bref ; La médecine donc ne se fait pas en peu de jours, ni de mois, ni en bref, vu qu'il la faut plus longtemps dompter par le feu et l'y nourrir : Or ceci se dit à cause des mutations qui sont les meilleures et principales de l'opération et d'un très long labeur, comme on voit en la nature du Mercure, par l'exhalation des parties très subtiles, et par la conservation de l'humide des parties plus grossières qui s'achève par réitérée sublimation jusqu'à ce qu'il soit fait le grand et parfait Elixir, vu que notre Mercure est de visqueuse et déliée substance, comme l'expérience le démontre lorsque l'on le bat avec l'imbibition et mixtion qu'il a et quelles il démontre la viscosité, à cause de la grande adhérance qu'il fait en ses parties, et par l'aspect de son poids on remarque sa densité, et à cause de la très forte composition ne se peut faire que par long espace de temps et grande industrie, ce qu'aussi l'expérience enseigne, et cette même cause de congélation ou inspissation de la Lune, qui se parfait par réitérée sublimation avec la difficulté de le manier a semblé bon d'être remarquée, vu qu'il se trouve de même nature de corps, d'autant que par décoction tous corps prennent origine d'icelui, et peut être tiré de tous corps par une certaine réincrudation, d'où l'on voit que les mutations de ce labeur sont très longues, et d'une aussi grande difficulté pour le manier qu'il y a en le sublimant en faisant un très grand feu, et combien que les Philosophes divisent son magistère en plusieurs opérations selon le degré des formes et de leurs diversités, toutefois il n'y en a qu'une en la formation de l'Œuf, mais en la réitération de son action, il se fait toujours diversité au mouvement, et es couleurs de plus tardive séparation et de fortification du feu, et telle diversité en l'œuvre fait diverses opérations, encore qu'en vérité il n'y ait qu'une seule et une manière de faire, comme dit expressément le Philosophe en son livre, où il explique la figure de la chasse du Lion, qui s'accorde aveu l'intention de Morien, disant que le magistère n'est qu'une extraction d'eau d'avec la terre, et un mélange d'eau sur la terre, jusqu'à ce que la terre se pourrisse et nettoie, afin qu'après elle se dissolue et qu'elle soit faite entièrement spirituelle avec l'esprit, et ceci alors s'appelle Œuf, et le Mercure des Philosophes, à cause de quoi Morien ajoute, lorsqu'elle sera nettoyée par l'aide de Dieu, tout le magistère sera fait, car il veut dire que le corps se dissout en esprit, et c'est cette solution que vous avez alléguée ci dessus, qui se fait incontinent après son entière dépuration de toute chose corrompante, car telle dépuration ne se fait que par la vertu de putréfaction n'étant qu'une grande chaleur d'esprit, laquelle le corps corrompt avec une étrange complexion de corps, et la putrifie pénétrant jusqu'au plus profond d'icelle, sans que jamais ils puissent être séparés, et ainsi par telle putréfaction et elixation le corps se réduit en la complexion du Mercure qui est différente de celle du corps, et afin que vous enrédiez la nature du corrompant et putréfiant, il faut remarquer qu'il faut nécessairement que ce qui est au dissolvant et putrifiant Mercure surmonte en force la chaleur de l'œuvre en la complexion de ce corps, et quand la chaleur qui est la complexion du corps même, pour ce qu'elle lui est de complexion étrangère, et en corrompant sa complexion il la convertit en œuf, c'est à savoir en Mercure chaud et humide, comme vainqueur, par quoi ce qu'au commencement était sec et fixe, est fait spirituel volant, et ce que premièrement était en forme de métal, est une forme de Mercure : mais tel mercure ne se trouve point sur la terre, sinon celui qui est au corps parfait, desquels il est tiré par putréfaction, par chaleur de complexion étrangère, comme il apparaît par sa définition qui est ainsi définie par les auteurs fameux. La putréfaction est corruption de la propre humidité qui est au Mercure qui est au corps par étrangère chaleur ; davantage il est bon que le Mercure putréfie et ne résolve pas, ni ne consomme l'humidité du métal, mais que demeurant en icelui il la corrompe par qualités naturelles l'y disposant, par lesquelles il est fait métal contraire, il change donc la complexion qui convient au métal en celle qu'il ne pourrait nullement faire, tandis que l'humidité du métal informé par naturelle chaleur y demeurerait C'est pourquoi il faut que premièrement la chaleur de l'esprit avec sa queue, comme un Scorpion, corrompe en piquant la chaleur naturelle du même corps, et pour ce que le porteur de la chaleur ou du soufre est esprit, c'est à savoir le Mercure tenant comme lié le soufre avec icelui pour la complexion du corps; voua pourquoi il est nécessaire que notre Mercure corrompe premièrement la complexion d'icelui, pour que notre Mercure corrompe premièrement la complexion d'icelui, pour démonstration desquels, à cause de mon très cher Jean, le porteur des présentes, de cette très cachée science ou art, je vous réservirai autant qu'il me sera possible des secrets plus amples, estimant que vous ferez à toujours observateur des secrets, les cachant comme sous l'ordure du fumier. Je dis donc qu'il faut qu'en tous putréfactifs il y ait de la chaleur étrangère, corrompant la propre naturelle chaleur. Or je dis que cette chaleur naturelle qui est propre à tous métaux, par laquelle us reçoivent leur complexion, ou bien ce soufre qui est. une même chose duquel ils reçoivent leur congélation selon leur espèce, et qui se trouve en sa complexion en forme de métal, mais la chaleur étrangère s'appelle ce soufre, qui est complexionné et amené à la complexion de notre fumier corrompant et putréfiant, qui est interprété Mercure chaud et humide de fumier, duquel encore sa complexion soit naturelle et propre, elle est toutefois étrangère de celle du soleil ou de la lune, encore qu'il se puisse amener à l'égalité de la complexion de l'Elixir de soleil ou de lune, par les levains, comme par chaleur étrange, dominant sur sa complexion, car la complexion de notre chaleur de fumier et de Mercure abonde en humidité, mais la complexion du soleil et de la lune ayant égard au fumier en fixité, c'est pourquoi lors que la chaleur du fumier est jointe avec celle du soleil ou de la lune, elle commence d'agir sur icelui avec son humidité, corrompant la chaleur naturelle du soleil ou de la lune, et par conséquent toute sa complexion par sa chaleur plus longue, laquelle premièrement était coagulée en forme de soufre, dedans l'espèce de soleil ou de lune entièrement, en très liquide substance de Mercure; transmuant ce qui lui touche, comme il a été dit, si les forces du fumier sont plus fortes que la chaleur du soleil ou de la lune, car il n'arrive pas que le soleil ou la lune se putréfie tandis qu'il demeure informé par chaleur naturelle, c'est pourquoi ü faut que la chaleur du soufre de fumier soit plus puissante en agissant et corrompant  l'humidité  liquéfactive naturelle du soleil ou de la lune car ü ne corrompt nullement l'autre s'il ne l'excite, encore qu'il soit de même genre humide et chaud, comme l'air et le feu, ou bien du tout contraire, comme chaud et froid, eau et feu. Cette ci est aussi la cause pour laquelle toutes les choses sont en un certain mouvement se corrompant, pour ce que les choses naturelles ont contrariété, et quelques unes surpassent cette contrariété, et quelques unes du tout contraires, et pour ce que ceux-ci surpassent en vertu, elles agissent continuellement en elle, et pâtissent toujours en elle, et cette similitude est cause que communément la vie des animaux est abrégée et leur durée lesquelles tendent toujours à corruption, et c'est pourquoi es choses animées ü n'y a aucune faculté de demeurer et vivre à jamais, et c'est pour ce que la chaleur du soufre de soleil ou de la lune étant surmontée prend contrariété de la chaleur du soufre de fumier, et d'ici la substance se putréfie et corrompt, et se convertir en la nature de fumier même, comme en pourriture naturelle : notre fumier donc change la complexion du métal en celle d'un œuf, et en mercure liquide, ayant les qualités disposées pour se convertir en soleil ou lune, ce qui ne se ferait jamais, s'il n'était premièrement dissous par chaleur humide complexionnée : dissolvez-le donc l'embrassant avec nature et chaleur de fumier, et le Mercure que les Philosophes en leurs secrets ont appelé fumier, pour ce que son humidité naturelle à raison de sa graisse, se conserve plus longuement par putréfaction en chaleur propre, c'est pourquoi elle engendre au métal putréfactionné, auquel telle humidité demeure longuement, et pour ce qu'il se conserve plus longuement, ü se dessèche plus difficilement, et se sépare plus tard de la substance dissoute, ce qui se voit en sa fusion, car elle est radicale aux métaux de genre humide, comme les fumiers aux autres choses, selon la nature, comme on le voit ici, pour ce qu'elle leur est jointe jusqu'à la racine, et à d'admirables  opérations,  voire  infinies, lesquelles les Philosophes ont celé sous le fumier de cheval et de choses abjectes, comme aussi de sels, d'alums, et de choses aiguës, mais quoi qu'il en soit, je dis de la générosité, que la terre et l'eau sont grandement du nombre des choses matérielles passives, lesquels deux sont froids, et que le froid ne peut coaguler ou engraisser sinon en aidant et resserrant les parties de la matière, et non en y mettant la forme substantielle, comme fait le chaud com-plexionnel, c'est pourquoi il leur faut introduire une étrange chaleur, comme il arrive en l'eau du levain, étant essentiellement froide, mais chaude au toucher, semblablement froide, mais chaude au toucher semblablement, eau coulée par 1er, cendres est chaude, pour ce qu'elle a la chaleur qui opère en icelle par les cendres, pour ce qu'elle est en la cendre comme aux autres choses enflammées, lesquelles le feu a longtemps opéré, ou par chaleur il y a du chaud plus ou moins, selon la diversité de l'opération de la chaleur en icelle, à cause de quoi aussi le Soleil et la Lune, et le mercure s'engendrent es lieux putréfactifs, pour ce que la naturelle chaleur de l'évaporation y est, qui fait prendre corps à l'humide qui l'exale, entendez de même ce que j'ai dit de notre magistère et des secrets de nature, toutefois la connaissance de ceci n'appartient qu'aux Philosophes, ou à ceux auxquels la Philosophie sert de douée mère, pour ce qu'elle révèle seulement ses secrets à ses enfants, vous dites de plus en votre lettre et en vos questions, si vous pourrez venir à perfection par lui seul, ce qu'il faut entendre du susdit et non de l'autre, pour ce qu'étant entièrement préparé il cause perfection, car les Philosophes disent si par lui seul et qu'en mêlant le corps par ceci le Mercure doit être dépouillé de toute sulfurité, de laquelle il est fait ou composé, jusqu'à ce qu'il n'y demeure rien que la substance pure et simple, et est appelé simple, pour ce qu'elle n'a plus de soufre qui la corrompe, lequel premièrement elle avait de sa composition, et lequel combien qu'il y fut n'était néanmoins de sa proportion, c'est pourquoi il est dit séparé par art d'un tel Soufre pour être fait pur Mercure simple sans aucune étrange composition, et le Mercure à cause de sa chaleur simple de fixité homogène sur un simple feu se fond, s'exténuant soi-même sans aucune adution avec la précédente solution, car tel Mercure est en partie volatil et en partie fixe, ce qui se voit en ce qu'il ne se peut sublimer que par grand feu, quelquefois en Mercure liquide qui est bon, quelquefois en un corps resplendissant et coagulé, qui est encore meilleur, quelquefois en poudre blanche qui est très bonne, selon qu'il est plus humide ou plus sec, ou ce qui arrive entre ceci selon les diverses passions de la chaleur sèche complexionnelle, et en ceci taillent ceux qui estiment que c'est seulement Mercure cru s'achevant sans aucun corps, et ceux qui pensent encore qu'il est au corps n'ont pas encore atteint la parfaite intention, combien qu'ils aient l'entrée à icelle la propriété de laquelle est de se retirer du feu avec toute sa substance, ou avec toute la fixe qui reste, le tout étant fait homogène et inséparable, comme on ne peut pas séparer l'eau mêlée avec de l'eau, quand vous dites par Geber, qu'il faut figer la partie plus pure et laisser le reste, vous croyez que la moitié de l'eau se fermentera, il faut que nous soyons bientôt de la nature des Philosophes, si vous désirez entendre leurs paroles, en ensuivant la possibilité de nature. Or Geber déclare comme les autres, les substances des perfections en entendant les termes de perfection, les substances sont parvenues, et quand ils disent que son effet est de figer quelque chose et de laisser le reste, ils entendent de la matière qui est parvenue au terme de pureté par laquelle la solution du corps se fait pour former l'Œuf, or quand le corps est dissous et sublimé en esprit par la première sublimation de toute sublimation ou élévation du corps qui se fait par le feu, n'est pas encore œuf formé pour ce qu'il est beaucoup liquide, mais il faut ôter d'icelui quelque humeur par réitérée sublimation sans fèces, afin que ce qui est de plus radical en icelui par seule sublimation se tourne en poudre blanche sublimée : et que ce qui est plus humide en icelui, premièrement soit sublimé et gardé, pour ce que c'est la liquéfaction ou la sueur lui est rendue comme elle entre pour teindre, mais qu'elle est cette matière Philosophale, est ce en dissolvant en eau : certainement non, d'autant que les Philosophes n'ont cure des eaux adhérantes à celui qui touche, mais de celles qui vont sur la superficie, ayant avec elles du terrestre inséparablement mêlé, mais n'humectant rien, comme le Mercure fait de l'œuf, cette matière donc ne veut qu'autre chose lui soit ajoutée que ce qui est d'elle, car elle a tout ce de quoi elle a besoin. Or nous ne voyons pas l'incération de cette humidité que la terre se fonde à cause de la forte union qu'elle a mérité en l'œuvre de la mixtion de nature. Or la manière de les faire joindre se fait en accommodant les qualités par l'action mutuelle d'icelles et passion, et les conjoignant autant qu'il suffira par les moindres parties.

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De l'admirable pouvoir et puissance de l'art, où est traité de la pierre philosophale (1557)

Publié le 4 Janvier 2013 par Roger Bacon dans Alchimie

Aucun y a, qui demandent lequel des deux est plus puissant, ou nature ou art. Répondant à laquelle question, ou demande, je dis combien que nature soit puissante et admirable, que toutefois l’art, usant de nature pour instrument, est de plus grand pouvoir que la vertu naturelle, comme nous voyons en plusieurs choses. Or tout ce, qui est sans opération de nature, ou d’art, ce n’est point chose naturelle, c’est-à-dire, que c’est chose feinte, et environnée de fraudes et tromperies. Même il y en a aucuns, qui par un subit et léger mouvement, et par une apparence de membres, ou aussi par diversité de voix, subtilité d’instruments, ténèbres, ou accord, proposent aux hommes maintes choses admirables, qui ne sont aucunement vraie (Le monde est plein de ces balliverneries, comme il est manifeste). Qu’ainsi soit les joueurs, plein de raillerie et gaudisserie, baillent maintes mensonges d’une vélocité de mains. Et les divinateurs d’une variété de voix au ventre et gosier, par choses controuvées et en leur bouche, forment voix humaine de loin, ou de près, ainsi qu’ils veulent : et comme s’il y avait humain esprit, qui lors parlât. Voire, ils feignent sons des bêtes brutes. Mais les causes ou raisons sujettes à l’herbe et cachées aux côtés de la terre, démontrent que les choses que lesdits divinateurs feignent par grand mensonge, sont une puissance humaine, et non point esprit. Aussi ce n’est vérité, ains fraude et déception, dire, que les choses inanimées se meuvent légèrement, ou souvent, par temps de nuit, ou par temps que le jour faut, qu’on appelle communément entre chien et loup. Au reste, consentement contrefait tout ce que les humains veulent, selon qu’ils se disposent par ensemble. En toutes ces choses n’y a considération d’aucune raison naturelle, ni d’art, et n’y est point la puissance de la nature : mais en ceci l’occupation est plus méchante, quand l’homme méprise les lois de Philosophie, et contre toute raison invoque les méchants esprits, afin que par eux il accomplisse sa volonté. En quoi certes y a erreur, de ce qu’il croit, que les esprits s’humilient à lui, et qu’on les contraint par humaine volonté (ce qui est impossible, pour autant que l’humaine puissance est beaucoup moindre, que celle des esprits) et aussi, que par certaines choses naturelles, desquelles il use, il a ferme opinion, qu’on appelle, ou qu’on figure lesdits malins esprits. Derechef, il y a abus, quand par invocations déprécations et sacrifices il s’efforce de les apaiser, et amener pour l’utilité des mortels. Considéré, que plus aisément sans comparaison faudrait impétrer de Dieu, ou des bons esprits, ce que l’homme doit réputer utile et profitable. Que comme soit ainsi, par telles choses inutiles les mauvais esprits n’assistent point pour lui favoriser, ou pour obtempérer à sa volonté, sinon d’autant que Dieu (lequel régit et gouverne le genre humain) permet pour les péchés des hommes. Et pource, ces voies et manières là, sont sans enseignement ou préceptes de sagesse (voire plutôt opèrent au contraire) ni jamais les Philosophes en ont eu cure et soin. Aussi ils ne se sont souciez des charmes et caractères. Et pour dire ce, qu’il en faut tenir et croire (après tout considéré) je connais, que sans doute toutes choses semblables de ce temps sont fausses et douteuses. Voire, ne plus ne moins, que cette œuvre là serait faux et abusif, quiconque ferait caractères, et proférerait des charmes devant un chacun, afin qu’il se fit un e vertu et puissance d’attraction de fer par l’aimant, comme si icelle totalement était inconnue. Certes aucunes choses y a entre les irraisonnables, c’est-à-dire, dont on ne peut donner raison (comme on dirait de la susdite attraction) desquelles les amoureux de science ont fait mention par œuvre de nature, et d’art, afin, qu’ils cachassent les secrets aux gens indignes. Pour raison desquels plusieurs choses sont cachées en diverses façons et manières, aux livres desdits Philosophes. Auxquels le sage et prudent personnage doit avoir cette considération et sagesse de mépriser les charmes et caractères, et approuver l’œuvre de la nature, et de l’art. Quoi faisant, il verra les choses animées et inanimées symboliser, et courir ensemble à nature, pour la conformité d’icelle, non point pour la vertu du charme, ou du caractère. Et en ce point là, les ignares estiment maints secrets de nature, et d’art, être chose magiques. Et aussi les magiciens follement se confient aux charmes et caractères, de ce qu’ils attribuent, je ne sais qu’elle vertu à iceux, et que pour leur gain et attente, délaissent l’œuvre de la nature et de l’art pour l’abus desdits charmes et caractères. Pour cette raison de quoi l’un et l’autre genre de ces hommes là (savoir est, ignares et magiciens) sont dépouillés, ou privés de l’utilité de sagesse, par leur sottie et folie, qui à ce les contraint. Or il y a certaines dépréciations anciennement instituées des hommes véritables, ou plutôt ordonnées de Dieux, et des Anges, lesquelles peuvent retenir leur première et originelle vertu. Mêmement en plusieurs régions se font encore certaines oraisons sur le fer ardent, et quasi blanc d’être embrasé et allumé, et sur eau de fleuve, et semblables choses, qu’on croit se faire par l’autorité de prélats : et auxquelles les simples et innocents sont approuvés, et les coupables condamnés : comme on dirait les exorcismes ou conjurations, que les prêtres font en l’eau bénite : et comme on lit en la loi ancienne de l’eau de purgation, par laquelle l’on approuvait adultères, ou fidélité au mari, et plusieurs autres choses de cette, ou telle et semblable sorte. Mais quand est des choses, et des déprécations, qui sont contenues aux livres des magiciens, on les doit toutes rejeter (combien qu’il y ait quelque chose de vérité) parce qu’il y a tant de choses fausses, qu’on ne peut discerner vérité d’entre mensonge. Dont il faut nier, que Salomon, et je ne sais quels autres sages, les aient composées à tous ceux qui le disent : joint, que tels livres ne sont point reçus de l’autorité de l’Eglise, ni des sages gens, ains de séducteurs, qui prennent la simple lettre, composant nouveaux livres, multipliant nouvelles inventions : afin, que plus fort, ils attirent à eux les hommes (comme nous savons par expérience) proposent titres renommés à leurs œuvres et les attribuent impudemment à l’autorité de tels ou tel Auteur (comme s’ils n’opinaient rien d’eux-mêmes) et aussi font haut style aux choses contingentes, et sous ombre de texte feignent leur mensonges. Mais pour revenir et choir à notre premier propos, les caractères (qui contiennent sens d’oraison inventée) ou ils sont composés et pour traits à la volée, ou ils sont fait à  la culture des étoiles en temps esseulés. Or tout ainsi comme nous avons parlé des oraisons, aussi nous jugerons premièrement desdits caractères, et secondement des signets ou images. Si les caractères ne sont fait en leur temps, l’on connaît qu’ils n’ont totalement aucune efficace vertu. Et pour ce celui qui les pourrait ainsi qu’ils ont formés aux livres, n’ayant égard, sinon qu’à la seule figure, laquelle il fabrique à l’exemplaire est jugé de tout homme sage et de bon esprit, qu’il ne fait chose qui vaille. Au contraire, celui-là, qui en dues constellations, (ou notation d’astres) fait œuvre ou aspects, ou inspection des cieux, peut disposer non seulement les caractères, mais toutes ces œuvres tant d’art que de nature, selon la vertu ou influence du ciel. Toutefois, pource qu’il est difficile de percevoir la certitude des corps célestes à cette cause, en ces choses il y a grand erreur en plusieurs, et par façon, que peu de gens y a, qui peuvent véritablement et utilement ordonner quelque chose. Même pour cela le vulgaire des Mathématiciens, qui jugent et opèrent par les étoiles magiques, et par œuvres, comme par jugement en temps élu, n’excelle point beaucoup, ores qu’eux très expert, et suffisamment ayant l’art pourraient faire plusieurs utilités. Néanmoins il est à considérer, que le médecin expert, et un chacun de autre pratique et vacation, peut bien utilement ajouter des charmes et des caractères (ores qu’ils soient feints) selon l’opinion de Constantin médecin. Non point pour ce qu’iceux caractères et charmes soient de quelque valeur, mais bien afin que plus dévotement, et de  plus grande avidité ou courage le patient reçoive la médecine, qu’on lui baillerait, qu’il se confie d’avantage, qu’il se réjouisse, et que l’esprit d’icelui s’excite. Aussi l’âme étant excitée, peut renouveler au propre corps plusieurs choses, tellement que d’infirmité ou maladie il prendrait convalescence, et viendrait à santé par le joie et confiance fait tel ou semblable cas, et vient à magnifier son œuvre, à fin que ledit patient soit incité d’avoir espérance de guérison, mais qu’il ne face point cela pour aucune fraude et tromperie, ni pour croire faire croire audit patient qu’il se porte bien, il n’est point abominable de bailler à aucun des charmes et brevets, si nous croyons audit Constantin médecin. Car lui en l’épître des choses qu’on pend au col, ainsi permet des charmes et caractère, et les soutient en ce cas là. Joint (comme dessus) que l’âme peut beaucoup sur son corps par ses véhéments effets, ainsi que démontre bien Avicenne au livre de l’âme, et au VIII des animaux, et tous les sages s’y accordent. A cette cause et raison l’on fait des jeux, et apporte l’on choses délectables devant les malades (voire aucunes fois on permet à leur appétit maintes choses contraires) lesquelles esjouissent tant iceux quelquefois, que l’affection et désir de l’âme, et leur grand espoir vient à vaincre et surmonter leur maladie. Sur quoi, pource qu’il ne faut aucunement blesser vérité, c’est à dire , mentir, il convient diligemment considérer, que tout agent (non point seulement les substances, ne pareillement les accident de la III, espèce de qualité) fait vertu, et apporte ombre et apparence en nature extrinsèque, et que des choses se font certaines vertus sensibles. Pour autant, cela (savoir est faire des jeux, et apporter choses délectables, devant malades) peut profiter et faire (tant pource qu’il est plus notable qu’aucunes choses corporelles, que principalement pour l’excellence, et la dignité de l’âme raisonnable) espèce hors soi. Et n’exerce les hommes seulement de chaleur, mais aussi les esprits sont excités de lui, tout ainsi que des autres animaux. Cela n’est point de merveille, joint, que nous voyons bien qu’aucun animaux se transmue, et attirent des choses obéissantes à eux. Comme l’on dirait, et que nous lisons du Basilic, qui tue par le seul regard du Loup, qui rend l’homme enroué, s’il le voit le premier, que l’homme le voie, et de la hyène (ainsi que raconte Solinus des merveilles du monde, et les autres auteurs) qui ne permet qu’entre son ombre le chien jappe et aboie. Item des jugements en aucuns Royaumes, qui s’emplissent et conçoivent par l’odeur de chevaux, comme narre ledit Solinus. Au cas pareil, et qui plus est, Aristote dit au livre des choses végétables, que les fruits des palmes femelles prennent maturité par l’odeur des mâles. Ainsi donc plusieurs choses semblables et merveilleuses adviennent par les espèces et vertus des animaux, et des plantes, comme affirme ledit Aristote au livre des secret. Non point qu’il faille dire pour cela, que les plantes, et les animaux puissent atteindre à la dignité de nature humaine. Car s’il était ainsi, ils pourraient aucunement faire vertus et espèces, et rendre ou donner chaleurs pour attirer les corps dehors eux, ce qu’ils ne peuvent faire. Pour raison de quoi icelui Aristote dit au livre du sommeil et veille, que si la femme menstrueuse regarde le miroir, elle l’infecte, et qu’en icelui appert nuée de sang. Aussi Solinus encore narre, qu’il y a en Scythie des femmes, qui ont doubles prunelles ès yeux (dont Ovide dit, Nos quoque pupilla duplex) lesquelles quand elles se courroucent, tuent les hommes, par leur seul regard. Certes nous savons que l’homme de mauvaise complexion, et ayant maladie contagieuse, comme lèpre, mal caduque, fièvre aiguë, les yeux fort malades, ou autres cas semblables, qu’il contamine et infecte les autres, qui sont devant lui. Et à l’opposé, nous connaissons, que les hommes bien complexionnés, et sains (et notamment ceux-là, qui sont jeunes) confortent les autres, et qu’on se réjouit de leur présence. Qui est pour causes des suaves esprits, des vapeurs salubres et délectables, et de la bonne chaleur naturelle : et aussi pour cause des vertus, qui se font d’iceux, ainsi que Galien enseigne aux arts. Et ces choses viennent au mauvais, si l’âme est corrompue par divers et grands péchés, si le corps est débile et de mauvaise complexion, et semblablement si la cogitation est très forte, et le désir véhément à nuire, et porter mal encontre. Car lors la nature de complexion, et de fermenté agit plus fort par les cogitations de l’âme, et par les grands désirs, qu’on a. Donc le Lépreux, qui par grand souhait cogitation, et véhémente sollicitude, pourchasserait d’infecter ou envenimer un autre, qui serait devant lui, l’infecterait plutôt et plus fort, que s’il ne pensait point à cela ni le désirerait, et poursuivrait, joint, que nature (ainsi que démontre ledit Avicenne aux lieux prédit) obéit aux pensées et véhémentes affections de l’âme. Voire il ne se fait aucune opération humaine, sinon par cela, que la vertu naturelle obéit aux membres, cogitations et souhaits de l’âme. Or ledit Avicenne démontre au III de la Métaphysique, que cogitation est le premier mouvant, en après le désir conferme à cogitation, puis la vertu de l’âme étant aux membres, qui obéissent aux cogitations et désirs. Et cela (comme dit est) advient aux mauvais. Par quoi quand ces choses se trouvent être en l’homme, à savoir bonne complexion, santé de corps, jeunesse, beauté, élégance de membres, âme nette de péché, forte pensée, et ardent désir à quelque œuvre, alors tout ce qui se peut faire par l’espèce, et vertu de l’homme, par les esprits, et la chaleur naturelle, il est de nécessité qu’il se fasse plus fort avec plus grandes véhémences, que s’il défaillait en aucune de ces choses. Et principalement (dis-je) il est de besoin qu’il se face avec plus grand effort, s’il y a grand désir, et forte intention. Ainsi donc se peuvent faire de grandes choses par paroles et œuvres d’homme, quand toutes les causes ci-devant dites, concourent, joint, que lesdites paroles sont de l’intérieur par pensées de l’âme, et que le désir est par mouvement des esprits, chaleur, et vocale arterie, et leur génération à voies ouvertes par lesquelles y a grand ressort d’esprit, de chaleur, d’évaporation, de vertu, et d’espèces qui se peuvent faire de l’âme, et du cœur. Même nous voyons que haleine et bâillement proviennent du cœur par telles arterie aux parties intérieures, et que plusieurs résolutions d’esprits, et de chaleur se font, lesquelles nuisent aucune fois, quand elles proviennent d’un corps malade, et qu’il soit de mauvaise complexion, et à l’opposite aident, et confortent, quand elles sont produites d’un corps net, sain, et de bonne complexion. Au moyen de quoi certaines opérations naturelles se peuvent par conséquent faire en la génération, et en la prolation de paroles, avec intention et désir d’opérer. Dont non sans cause l’on dit, que vive voix a grande vertu : non point qu’elle ait cette efficace, ou puissance, que les magiciens seignent, ni semblablement, qu’ils estiment à faire, et altérer, mais selon que nature a ordonné. Et à cette cause, il faut bien sagement prendre garde en ces choses : joint que l’homme peut facilement décliner et en l’une et en l’autre partie : et que ia plusieurs errent, de ce, que les uns nient toute opération, et les autres en croient plus qu’il ne faut, et déclinent à l’art magique. Par façon qu’il y a eu au monde plusieurs livres de charmes, caractères, oraisons, conjurations, sacrifices et semblable folies, qui sont purement magiques.

Comme on dirait, le livre des offices des esprits, le livre de la mort de l’âme, le livre de l’art notoire, & autres infinis, qui ne contiennent ( comme dit est) pouvoir & puissance ni de art, ni de nature : mais bien choses controuvées par les magiciens. Toutefois il est nécessaire de considérer qu’on répute & estime plusieurs livres être de ceux des magiciens, qui ne sont pas tels, mais qui contien­nent dignité de sapience. Et quant à ce, l’expérience d’un chacun démontrera ceux là, qui sont suspects, & ceux qui ne le sont point. Même si aucun trouve en quelqu’un d’iceux l’œuvre de nature ou d’art, qu’il le preuve & reçoive : si autrement, qu’il le délaisse, comme étant suspect & indigne d’un homme sage considère que tel livre serait superflu, & que c’est à faire à un magicien de   pénétrer chose   superflue, & non nécessaire. Et ne faut douter qu’en éprouvant la nature & l’art, on ne parvienne à chef de l’intention, qu’on aurait. Parce que, comme Isaac a estimé au livre des fièvres, l’âme raisonnable n’est empêchée en ses opérations, si elle n’est détenue par l’ignorance ? & que Aristote sus allégué est d’opinion au livre des secrets, qu’en telles choses le personnage sain & bon, peut toutes choses qui sont nécessaires à l’homme, avec toutefois influence de la vertu divine. Ce que témoigne le dit Aristote au troisième des Météores, disant, qu’il n’y a vertu, sinon par la puissance de Dieu, & à la fin des Ethiques qu’il n’y a vertu ni morale, ni naturelle de céleste vertu, sans influence céleste & divine. Donc quand nous parlons de l’énergie & pouvoir des choses particulières opérantes, nous ne rejetons point l’agent universel de la première de la première cause, qui infonde plus en la chose causée, que ne fait la seconde, comme contient la première proposition des cause.

Je raconterai donc maintenant merveilles par œuvres d’art & de nature, pour puis après (assignant les causes & manières des choses, auxquels il n’y a rien d’art magique ) dire & conclure, que toute puissance magique est inférieure à ces opérations, & indigne d’icelles. Premièrement par figuration de l’art même instruments pour naviguer se peuvent faire, sans qu’il y ait hommes nageant, comme des grands & marins navires, qui iraient par un seul homme gouvernant en plus grande légèreté, que si elles étaient pleines d’hommes navigants. Se peuvent aussi faire des chariots, qui sans bête ou animal se mouvraient avec inestimable effort, comme on estime avoir été les chariots garnis, & munis de rançon, desquels on bataillait anciennement. Aussi peuvent être fait instrument pour volet, où l’homme étant assis au milieu de l’instrument, virerait aucun engin, & par icelui les ailes, pource faites & composées artificiellement, battaient l’air à la manière d’un oiseau volant. Item se peut faire instrument petit en quantité, pour élever ou abaisser plusieurs poids, duquel il n’est rien plus utile au cas posé : joint que par  instrument de la hauteur de doigts & largeur d’iceux, & de moindre quantité, pourrait quelqu’un, soi-même & ses compagnons délivrer de tout péril des prisons & les élever & descendre. Plus se peut facilement faire un engin, par lequel un homme tirerait à soi mille hommes par violence, sans aucune volonté d’iceux, se peuvent aussi faire instruments pour marcher en mer & au fleuve près d’un pré, sans péril du corps (même Alexandre le grand a usé de ces choses, afin qu’il vît les secrets de la mer, selon que narre le moral astrono­me) & tels instruments anciennement & de notre temps ont été faits & est certain qu’il y a instrument pour voler, lequel n’ai vu, & n’ai connu homme qui l’ait vu, mais bien connais par nom & surnom le sage, qui a découvert cet artifice. Bref, ils se peuvent faire infinies choses semblables, comme des ponts sur fleuves sans colonne, ou pilier, en arc, & aucun empêchement, & des machines & engins, desquels on a point encore ouï parler. Mais quoi ? on trouve plus des figurations naturelles, savoir est qu’on peut ainsi figurer choses claires, & miroirs, qu’une chose se montrerait plusieurs, un homme exercite, & plusieurs, & qu’il apparaîtrait tant de soleils, & tant de lunes, que nous voudrions. Car si aucunes fois les vapeurs se figurent tellement, que deux soleils, ou trois, & deux lunes apparaissent ensemble en l’air (comme Pline dit, au second livre de l’histoire naturelle) par même raison aussi peut une chose apparaître plusieurs & infinies. Raison c’est que après ce qu’elle excède sa vertu, il n’y a (comme argumente Aristote, au chapitre de la chose vaque)  nombre déterminé. Au moyen de quoi, se peuvent faire infinie terreurs à toute cité & exercite, & certes périlleux, ou par multitude d’apparition d’étoiles ou d’hommes, sur eux assemblés,  principalement s’il choit & advenait quelque cas, sous lequel ils se trouvaient. Emme (dis-je ) se peuvent figurer de choses si claires, qu’elles, étant mises très loin, apparaîtraient très prochaine, & au contraire, tellement, que par incroyable distance nous aurions lu des lettres très petites, & vu choses autant petites, que l’on eut pu percer, & aussi aurions fait apparaître des étoiles en quelque part nous aurions voulu. Et estime-t-on que Jules César en ce point a aperçu, par grands miroirs, au bort & rivage de la mer, en la Gaule, la disposition & assiette des châteaux & cités de la petite Bretagne. Il se peut aussi figurer des corps de telle industrie, que les très grands apparaîtraient très petits, & au contraire : & les hauts apparaîtraient bas & petits, & à l’opposité, & les occultes apparaîtraient manifestes. Qu’il soit ainsi, Socrate trouva & aperçut que le dragon qui corrompait la cité, & la région de son haleine & pestilence influence, résider entre des cavernes de montagnes ( & ainsi toutes les choses qui seraient contraires aux cités, & exercites, peuvent être aperçues des ennemis ). Aussi se peuvent tellement figurer des corps que les espèces & influences venimeuses & infectes iraient là où l’homme voudrait, ce qu’on dit qu’Aristote enseigna à Alexandre, par lequel enseignement ou doctrine il détourna contre la cité même le venin du basilic, qui était élevé sur les murailles d’icelle, encontre son exercite. Ils se peuvent pareillement figurer des miroirs, tels que tout homme, qui entrerait en quelque maison, verrait véritablement or, argent, pierres précieuses, & tout ce qu’il voudrait, & quiconque se hâterait de découvrir le lieu, ne trouverait rien. Mais pour dire ce que je vois dire, est des plus hautes puissances de figuration, qu’on peut amener & assembler rayons par diverses flexions & réflexion, en toute distance, que nous voulons, par façon, que tout objet se brûlerait ( ce que les miroirs, qui brûlent devant & derrière témoignent, comme certains auteurs enseignent aux livres traitant telles choses ) & davantage le plus grand cas de toutes les figurations & choses figurées, c’est qu’on décrive les corps célestes selon leurs longitudes & latitudes en figure corporelle, par laquelle ils se meuvent corporellement au mouvement diurnal. Lesquelles choses vaudraient un royaume à un homme discret & sage. Et quant est pour exemples de figurations, icelles suffiront, combien qu’on pourrait proposer, & mettre en avant plusieurs autres choses admirables. Or à icelles il y en a aucunes annexées sans figurations, & ( en toute distance que nous voulons ) pouvons artificiellement composer feu brûlant de salpêtre, d’huile, de pétrole rouge, & d’autres, d’ambre, de naphte,  de pétrole blanc, & de semblables choses. Selon laquelle façon de feu Pline préallégué dit au 2. livre, qu’il y en eut a Rome un, qui se défendit contre l’exercite des Romains, & que par plusieurs projets il brûla les gendarmes armés. A quoi est prochain le feu Grégeois, & maintes choses brûlantes. En outre, se peuvent faire perpétuelle lumières, & de bains ardents sans fin ( ainsi comme nous avons connu plusieurs choses, qui ne brûlent point, mais qui se purifient seulement ) & d’autres choses merveilleuses & épouvantables de nature. Même l’on peut faire en l’air des sons comme de tonnerres , voir en plus grande horreur, que ne sont point les tonnerres, qui se font naturellement ( & certes un peu de matière, adaptée a la quantité d’un poulse, fait horrible son, & démontre véhémente éclair, ce qui advient en plusieurs sortes & manières ) par lesquels on détruirait toute cité & tout exercite, à la manière de l’artifice de Gédéon, qui a détruit l’ost & l’armée des Madianites avec seulement trois cens hommes, par trousses de flèches & carquois vides & par flambeaux ou torches, desquelles il sortait du feu, avec un bruit si violent, & un son si éclatant, qu’on ne le pourrait bonnement dire ou exprimer. Lesquelles choses sont merveilleuses, qui en pourrait user pleinement en due quantité & matière. Mais je propose de l’autre genre, savoir est des effets de l’art, choses émerveillables, lesquelles ores qu’elle ne soient de moult grande utilité, toutefois ont indicible démontrance de sapience, & se peuvent appliquer à la probation de tou­tes choses occultes ( auxquelles l’ignare vulgaire contredit ) & sont semblables à l’attraction de fer par l’aimant. Car qui est celui qui croirait telle attraction, si ne la voit, attendu qu’il y a en icelle plusieurs choses merveillables de nature, que le populaire ne sait point comme l’expérience montre, & enseigne l’homme désireux. Mais ces choses sont plus grandes & plus copieuses, de ce qu’il y a pareillement at­traction de tous métaux par la pierre d’or & d’argent, & d’ailleurs que la pierre court au vinaigre, & aussi les plantes l’une à l’autre, & que les parties des animaux divisées localement concurrent au mouvement naturel. Ce qu’après qu’ai entendu, il m’a été rien difficile à croire ( quand je considère bien tout ) soit ceci, soit cela, tant en choses artificielles, que naturelles. Mais il y a plus grandes chose, que celles là ne sont, savoir est, que toute la puissance de mathématique ( jouxte l’artifice de Ptolomée, au viij  de l’Almageste ) ne met pour instrument, sauf superficie, auquel toutes les choses, qui sont au ciel seraient véritablement décrites par leurs longitudes & latitudes : & que néanmoins ce n’est en la puissance du mathématicien, savoir, qu’icelles se mouvraient naturellement au mouvement diurnal. Pour autant le fidèle, & excellent expérimenta­teur souhaite, que est instrument se fit de telle matière, & par telle matière, & par tel artifice. Et pour ce que plusieurs choses se tournent au mouvement des corps célestes comme les comètes, la mer en son cours, & autres choses, en tout ou en leurs parties, il lui semble être possible, que naturellement elles se meuvent par le diurnal mouvement.  Que s’il était ainsi tous instruments d’astrologie seraient inutiles, tant les exquis, que vulgaires, ni le trésor d’un roi se pourrait à grand peine acquérir. Or, pour suivre mon dernier propos de l’art, ils se peuvent faire de plus grandes choses, que n’avons dites, quant à l’utilité publique & privée, non point quant à aucun miracle, c’est à savoir que l’homme amènerait quantité d’or & d’argent sur le champ, & promptement, tant qu’il lui plairait, selon la perfection de l’art, & non toutefois selon la possibilité de nature. Qu’il soit ainsi, il y a dix sept espèces d’or, c’est à savoir huit de la mixtion d’argent avec or, & huit de l’admixtion de cuivre avec or, comme la première manière se fait de parties de l’or avec aucunes parties de l’argent, jusque qu^il parvienne au vingt deuxième carat ou degré de l’or, augmentant toujours un degré d’or avec un d’argent ; tellement, que la dernière espèce soit de vingt quatre degrés ou carats de pur or, sans mixtion d’autre métal. Outre lesquels vingt quatre carats, nature ne peut point procéder, comme l’expérience démon­tre. Mais quant à l’art, il peut augmenter l’or en beaucoup plus de degrés de pureté, & semblablement l’accomplir sans fraude ou déception. Mais cela est plus grand cas que ne sont point les choses précédentes, savoir est, que l’âme raisonnable ne peut être contrainte, & toutefois peut être de fait disposée, induite, & excitée à vouloir d’elle-même, & de plein gré changer ses meurs, affections, & cupidités, selon le désir & arbitre d’autrui. A quoi faire non seulement une personne singulière peut être provoquée, mais aussi toute une cité, & tout le peuple d’un royaume ( Et le philosophe Aristote démontre telle expérience au livre des secrets, tant de région, que d’exercite, & d’une chacune personne ) auxquelles choses est presque la fin de la nature, & de l’art. Toutefois le dernier point, & degré jusqu’où peut la perfection de l’art, avec toute la puissance de nature, c’est prolongation de vie jusqu’à un longtemps, laquel­le certes plusieurs expériences ont démontré être possible. Même Pline, fus allégué, récite qu’un gendarme puissant de corps, & d’esprit, dura en état, outre accoutumé, ou commun age d’homme. Auquel, comme Octavien Auguste eut dit, & demandé, qu’il eut fait, pour qu’il vivait si longuement, il répondit en énigme, qu’il avait mis de l’huile par dehors, & du vin miellé par-dedans. Aussi depuis plusieurs car adviendrent. Même un rustique fouillant aux champs avec un fossoir, ou une houe, trouva un vaisseau d’or plein d’excellente liqueur, de laquelle ( estimant que c’était rosée du ciel ) lava sa face, & en but, au moyen de quoi il a été renouvelé d’esprit, de corps ,& de bonté de sapience. D’un bouvier a été fait messager du roi de Sicile, ce qui advint au temps du roi Ozias. Plus, il est prouvée par témoignage de lettres papales, que Almanic, étant captif entre les Sarrasins, récent médecine, par le bénéfice de laquelle il prolongea sa vie jusqu’à cinq cent ans, lors & quand le roi dédit Sarrasins, qui le détenait prisonnier, ayant reçu les messagers du roi Magus, avec cette médecine, que lui était envoyée, la voulut éprouver & expérimenter au dit captif, pour ce qu’il l’avait suspecte, & ne s’y fiait point. Aussi la dame de Tormery en la grande Bretagne, cherchant une biche blanche, trouva de l’onguent, duquel un forestier de bois s’était oint par tout le corps, sauf aux plantes des pieds, & vécut trois cent ans sans corruption, excepter douleurs & passions de pieds. Et nous avons expérimenté de notre temps plusieurs fois, qu’aucuns hommes ruraux ont vécu sans conseil & aide de médecin cent soixante ans, ou environ. Lesquelles choses se confirment par œuvres des animaux, comme on dirait du cerf, de l’aigle, du serpent, & de plusieurs autres, lesquels par la vertu des herbes, & des pierres, renouveler leur age & jeunesse. A raison de quoi les sages & philosophes se sont adonnés à tel secret étant excités par les exemples des bêtes irraisonnables, & estimant qu’il est possible à l’homme ce, qui est possible, & permis aux animaux bruts. Dont Artéphius en sa rapièce des secrets ( ou il enquiert les vertus desdits animaux, des pierres, & d’autres choses ) se glorifie pour les secrets de nature, qu’il a su, & principalement pour la longitude de vie, qu’il a vécu, & a régné par l’espace de 1025 ans. Ainsi par-là se corrobore & confirme la possibilité & prolongation de vie, joint, que l’âme est naturellement immortelle, & ne peut point mourir, & aussi qu’après le péché Artéphius a pu vivre environ mille ans, dès lequel temps petit à petit, lui est abrégé la longitude de vie. Pour raison de quoi faut dire, que telle abréviation soit accidentelles, & vu qu’elle est telle, faut aussi dire que la vie humaine se pourra prolonger, si ce n’est en tout, du moins en partie. Que si nous voulons chercher la cause accidentelle ( comme dit est ) de cette abréviation, nous trouverons qu’elle n’est du ciel, ni d’autre chose, sauf que du défaut de régime de santé, & de la corruption des père & mère. Même en temps ci les parents sont corrompus, & advient par cela qu’ils engendrent enfants de corrompue complexion & composition & leur fils de semblable cause se gâtent, & descend la corruption des pères aux fils, jusqu’à ce que l’abréviation de vie survienne, comme au temps de aujourd’hui. Toutefois pour cela ne s’ensuit point, que toujours elle s’abrégera, attendu qu’il y a temps posé ou préfixé aux choses humaines, savoir est que pour le plus les hommes vivent septante ans, & au surplus ne leur reste que labeur & douleur. Or est il qu’il y aurait remède, contre la propre corruption d’un chacun, si un chacun exerçait de sa jeunesse un parfait gouvernement de santé, qui consiste au boire & manger, sommeil & veille, mouvement & repos, évacuation, constriction, au passion d’esprit. Même si aucun observait ce régime-là dès sa nativité, il vivrait tant que permettrait nature prise des parents, & parviendrait au dernier but de cette nature tombée dès l’offense originelle, lequel terme toutefois il ne pourrait passer, pour autant que régime n’a remède, ou antidote contre l’antique souillure de nos premiers pères. Mais quoi ? impossible est que l’homme soit ainsi régi en tout par médiocrité des choses susdites, comme requiert & demande le dit régime de santé. Et pourtant il faut ( comme dit est ) que l’abréviation de vie advienne, non seulement de la corruption des pères & mères, mais aussi de cette cause là. Or l’art de médecine détermine suffisamment ce régime là. Combien que ni le  riche, ni le pauvre, ni le sage , ni le fol, ni les médecins mêmes, tant parfait qu’ils soient, ne peuvent en eux, ni en autres accomplir & observer icelui régime également. Toutefois pour dire, nature ne défaut point en choses nécessaires, ni l’art absolu, mais au contraire peut surmarcher & vaincre les passions accidentelles, de sorte qu’elles soient effacées en tout, ou en partie. Et au commencement que l’age des hommes commença décliner, le remède eut été facile. Mais de six mille ans, & plus de temps en ça, il est difficile d’y mettre remède. Toutefois & nonobstant cela, les gens savants, mus (comme dit est) des raisons & considérations susdites, se sont évertués & efforcés de trouver les voies, non seulement contre le propre défaut de quelque régime que ce soit, mais aussi contre la pollutin & corruption des parents.

Non point pour dire que l’homme peut retourner à la vie d’Adam, ou d’Artéphius, pour la corruption déjà corroborée, mais qu’il peut vivre jusqu’à cent ans, ou que plusieurs peuvent prolonger leur vie outre le commun age des hommes, à présent vivant, quand les passions de vieillesse se retarderaient & ou elles ne pourraient être re tardées & cohibées, se adouciraient. Tellement, qu’outre estimation humaine la vie se prolongerait utilement, toutefois environ toujours le dernier terme. Pour laquelle chose connaître, faut entendre qu’il y a une fin de nature qui est établie aux premiers hommes après le péché, & une autre fin ou terme d’un chacun, venant de la propre corruption des parents. Outre lesquels termes l’on ne peut passer, mais on peut bien passer celui-là de propre corruption, & non point toutefois parvenir jusqu’au premier terme. A laquelle prolongation de vie je crois que tel sage, que l’on voudrait dire en ce temps, pourrait, atteindre combien que l’aptitude de l’humaine nature ne soit possible, selon qu’elle a été aux premiers hommes ( ce que n’est de merveille ) & que celle-ci s’étend à immoralité, tout ainsi qu’elle a été devant le péché, & qu’elle sera après la résurrection. Mais si l’on dit que ni Aristote, ni Platon, ni Hippocrate, ni Galien, sont parvenus à tel prolongement de vie, je répondrai qu’aussi ils ne sont parvenus à plusieurs médiocres vertus & sciences, qui après eux ont été sus par d’autres gens vertueux, & que par ce ils ont pu ignorer ces choses très grandes, combien qu’ils y aient travaillé, & pris peine à icelles. La cause c’est qu’ils se sont trop occupés aux autres, & sont plutôt parvenus à vieillesse, consumant leur vie aux pires choses, & vulgaires, & non pas aux meilleures & rares combien qu’ils aient aperçu plusieurs & divers secrets. Nous n’ignorons point que Aristote dit aux prédicamens, que la quadrature du cercle peut être connue restant néanmoins pour lors encore sue. Par quoi taisiblement il confesse l’avoir ignorée, & aussi tous les autres jusqu’à son temps. Mais au contraire, nous sommes certains qu’aujourd’hui la vérité s’en fait. Que comme soit ainsi, beaucoup plus pouvait Aristote ignorer les plus profonds secrets de nature, quand il n’a su la qua­drature du cercle. Aussi les sages ou doctes de maintenant ignorent plusieurs cas, que les moyennement doctes sauront au temps avenir. Dont en toute sorte & manière que ce soit, cette objection est vaine & de nulle valeur. Ayant donc nombré certaines choses touchant la puissance de nature, & de l’art ( afin que nous concluons & assemblons beaucoup de peu de cas, le tout des parties, les choses universelles des particulières, selon que nous voyons qu’il ne nous est nécessaires d’aspirer à l’art magique, & vu que nature & l’art suffisent ) je veux maintenant poursuivre par ordre chacune choses susdites, & donner causes, & manière particulièrement. En premier lieu je considère, qu’au poils des chèvres & brebis, les secrets de nature ne sont point enseignés de pour qu’un chacun les entende, comme veut Socrate & Aristote. Lequel même dit au livre des secrets, que celui là serait infracteur du céleste sceau & cachet, qui communiquerait les secrets de nature & de l’art, ajoutant que plusieurs maux adviennent à celui-là qui les révèle. D’avantage il dit, comme est récité au livre des nuits Attiques, de la collation ou comparaison des sages, que c’est folie de donner des laitues à un âne, vu que les chardons lui suffisent. Et est écrit au livre des pierres, que celui qui divulgue les choses mystiques, ravale & diminue la majesté des choses. Aussi ne sont certains & stables les secrets, que la tourbe ou multitude fait & connaît, si nous avons égard à la probable division du vulgaire, qui toujours dit l’opposé des sages. Que ainsi soit, cela qu’un chacun voit & semblablement ce que voient les sages, principalement renomés, est vrai. Par quoi ce plusieurs voient, c’est à savoir, ce que le vulgaire voit, pour le regard de telle chose & telle, il faut que ce soit chose fausse ( je parle du vulgaire, lequel l’on s épare d’avec les sages en ce mot vulgus ). Car quant aux communes conceptions de l’esprit, le dit vulgaire s’accorde bien avec les sages, mais quant aux propres principes & aux conditions des arts & sciences, il discorde, se travaillant empres apparences, emphysèmes, subtilités, & en choses desquelles les doctes n’ont soin & cure. Le dit vulgaire donc erre & faut, tant en choses propres que secrètes. Au moyen desquelles (comme est dit) il est séquestré d’entre les sages, mais quant est pour le regard des communes, il est compris sous la loi de tous, & n’y a différence d’icelui avec les sages. Or est il que les choses communes sont de petite valeur, & ne sont proprement à suivre, sauf que pour les particulières & propres. Mais pour dire qui aurait été la cause ou raison que toutes gens de savoir n’ont déclarés leur secret, & qu’ils ont usé d’obscurité, ç’a été pour ce, que le vulgaire se moque des secrets de sagesse, les méprise, & ne fait ou peut juger des choses très dignes, & d’autre part, si quel­que chose d’excellence tombe en sa notice, il la reçoit de fortune & par accident, & en abuse en diverses manières au dommage des personnes & de la communauté. Par quoi il est fol & bien bête, qui écrit quelque secret, s’il n’est scellé & caché du vulgaire, & si à grand peine se peut entendre des vertueux & sages. La vie desquels ainsi certes a été dès le commencement, & ont mussé au vul­gaire les secrets de sagesse en diverses sortes & manières. Car aucun les ont cachés par caractères & charmes, & plusieurs autres par énigmes & choses figurées, comme dit Aristote au susdit livre des secrets, ô Alexandre je te veux montrer le plus grand secret des secrets, plût à la divine providence t’aider à le cacher, & à parfaire le propos de l’art de cette pierre, qui est point pierre, & est en chacun homme, & en chacun lieu, & en chacun temps, & qui s’appelle le terme ou la fin de tous les philosophes. Et trouve-t-on en plusieurs livres & en diverses sciences (comme dessus est dit) innombrables choses obscurcies par telles paroles, & manière de parler, que personne n’entendrait sans quelque docteur. Tiercement, je dis que les sages ont caché les secrets sous ombre & espèce d’écriture, savoir est tant seulement par lettres consonantes, que personne ne pourrait lire s’il ne savait la signification des dictions comme on dirait que les Hébreux, Chaldéens, Assyriens, & Arabes écrivent, & aussi les Grecs. Pour raison de quoi y a moult grande occultation entre eux, & notamment entre les Hébreux, gens de haut savoir. Car Aristote dit d’eux au livre ci-devant mentionné, que Dieu leur aurait donné toute sagesse, autant ce qu’ils eussent été philosophes, & que des Hébreux toutes nations ont eu commencement de philosophie. Ce que Albumasat au livre appelé Introductory maioris, enseigne & montre manifestement, & les autres philosophes au VIII. Livre des antiquités. Quartement, se fait occultation par mixtion de lettres de divers genres ou espèce. Même le moral astronome ainsi cacha sa sagesse, de ce qu’il l’aurait écrite par lettres Hébraïques, grecques, & Latines, en même ordre d’écriture. Quintement,  les philosophes ont couvert & caché les secrets par autres lettres que celles-là qui se font par les gens de leur pays, c’est à savoir, par lettres étranges & d’autres nations, qu’ils feignent pour leur volonté. Et c’est le plus grand empêchement, du quel Artéphius ait usé en son livre des secrets de nature. Sextement, se sont figures non point de lettres, mais de Géométrie, lesquelles, selon la diversité des points, & notes ont la puissance des lettres, & d’icelles figures semblablement le dit Artéphius a usé en sa science. Septièmement, y a plus grand artifice de cacher des secrets,  lesquels on baille en l’art notoire, qui est art de noter & écrire par telle brièveté que nous voulons, & par telle vélo­cité que désirons. Ainsi donc plusieurs secrets sont écrits aux livres Latins, & ai estimé qu’il était nécessaire de toucher ces occultations, parce que pour la magnitude des secrets, userai peut être d’aucune de ces manières, afin que du moins en cette affaire j’aide le studieux, ainsi qu’il me sera possible. Je dis donc que je veux exposer par ordre les choses que j’ai narrées ci-devant, & que partant je veux dissoudre l’œuf philosophal, & chercher (qui est le commencement à autres choses) les parties ou offices d’homme philosophique. Qu’on broie donc le sel diligemment avec ses eaux, & qu’on le purifie d’autres eaux broyées, & que par divers broiements on le froisse fort avec sels, & qu’on le brûle par plusieurs  brûlements, afin qu il se fasse pure terre libre des autres éléments laquelle je pleige pour la grandeur de ma longitude, être digne d’un chacun (qu’on entende s’il est possible, que sans doute ce sera chose composée d’éléments, & pour autant partie de la pierre, qui n’est point pierre,& qui est en tout homme, & en tout temps de l’an, se qu’on trouvera en son lieu) après qu’on prenne de l’huile comme caillé de fromage & visqueux pour la première fois insecable, au qu’il trouve la vertu ignée soit divisée, & séparée par dissolution ( or elle se dissout en eau aiguë de tempérée agnité, avec feu lent) & qu’on le cuise jusqu’à ce que sa graisse ainsi que celle de chair, se sépare par distillation & qu’il ne sorte aucune chose de l’onctuosité, qui est la noire vertu en laquelle l’urine se distille, & après qu’on le cuise en vinaigre, jusqu’à ce (qui est cause d’adution) qu’il se dessèche en braise, & que l’on ait la dite noire vertu. Mais si l’on ne se soucie d’icelle, que l’on recommence, & qu’on veille, & prenne garde à ce que je dis, d’autant que la locution ou manière de parler est difficile. Or l’huile dissout, & en eaux aiguës, & en huile commune, qui opère plus expressément (voire en huile aiguë d’amendres sur le feu, tellement que l’huile se sépare, & que l’esprit occulte demeure) & en partie des animaux, & en soufre & arsenic. Même les pierres (auxquelles y a huile de superflue humidité) ont terme de leurs humeurs pource en partie qu’il n’y a véhémente union, vu que l’un se pourront dissoudre de l’autre, pour la nature de l’eau, qui est subjecté à liquéfaction de l’esprit, laquelle est moyenne entre ses parties & l’huile. Dissolution donc être faite, il demeurera humidité pure en esprit, comme bien fort mêlée des parties sèches, qui se meuvent en icelle, laquelle toutefois le feu (qui est appelé des philosophes, soufre fusil) résoudrait. Aucune fois l’huile, aucune fois l’humeur aéré, aucunes fois substance conjonctive ( que le feu ne sépare point ) aucune fois le camphre, qu’on le lave. C’est l’œuf des amoureux de science, ou plutôt le terme & la fin dudit œuf. Et voilà qui est parvenu à nous de ces huiles. Et est celui là réputé entrer huile de Chenesuc, lequel se sépare de l’eau, & de l’huile, dans lequel il se purge. D’avantage l’huile se corrompt (comme on fait) le broyant, ou froissant avec choses séchantes ( comme sont le sel, l’ancre )& le brûlant (toutefois passion se fait du contraire ) après il se sublime, jusqu’à ce qu’il soi séquestré ou privé de son oléaginéité, & l’eau est comme soufre, ou arsenic, aux minéraux. Il se peut préparer tout ainsi qu’iceux, néanmoins meilleur est qu’il se cuise en eaux tempérées en agnité, jusqu’à ce qu’il se purge, ou devienne blanc. Certes il se fait autre salutaire coction en feu sec ou humide ( selon que le fait se porte assez bien) ou le distille derechef, jusqu’à ce que il se rectifie, de la rectification duquel les plus derniers signes sont, blancheur & sérénité cristalline. Mêmement cette huile devient blanc du feu, se nettoie, reluit de sérénité, & merveilleuse splendeur ( ores que les autres en deviennent noirs ) & quand la matière en cette mode ou façon été arse, elle se congèle. De l’eau & de la terre d’icelui il s’engendre vif argent, même elle est comme vif argent en minéraux. Mais pour dire, la pierre de l’air, qui n’est point pierre se met en une pyramide ( c’est à dire, un grand bâtiment carré, large par le bas, & aigu par le haut, à la façon de la flamme du feu) en lieu chaud, ou bien en un ventre de cheval ou de bœuf, & se mue en fièvre aiguë. Par quoi quand elle vient d’icelle fièvre en 10 & de 10 en 21 afin, que les lies & bourbes des huiles se dissolvent en son eau, devant qu’elle soit séparée, qu’on itère dissolution & distillation par plusieurs fois, & jusqu’à ce qu’elle soit rectifiée. Et ce est la fin de cette intention. Néanmoins saches qu’après qu’on aura tout accompli ou parachevé, il faudra recommencer. Mais je veux chercher un autre secret. Que l’on prépare argent vif, mortifiant icelui avec vapeur d’étain par marguerites , & avec vapeur de plomb par la pierre Iherus, après qu’on le broie avec choses dessicantes & âcres, & choses semblables (comme il est dit ) & qu’on le brûle, en après qu’on l’élève en l’air , tant qu’il vienne a union de 12, & à rougeur de 21. & jusqu’à ce que l’humidité d’icelui se corrompe. Et n’est possible que son humidité se sépare pour l’amour de la vapeur ( comme l’huile devant dit ) parce qu’elle est véhémentement mêlée en ses parties sèches, & ne constitue point terme ou fin, ainsi qu’il est dit & récité des métaux dessus dit en ce chapitre. Que veux dire ! On sera déçu & abusé, si l’on l’entend bien les significations de ces termes & vocables. Or il est temps de traiter obscurément le troisième chapitre, afin qu’on entende la clef de l’œuvre, qu’on quiert & cherche. Aucune fois l’on met le corps calciné ( & cela se fait afin que l’humeur en icelui se corrompe par sel, & sel armoniac, & vinaigre ) & quelquefois on le cimente de vif argent, & on le sublime desdits sel, sel armoniac, & vinaigre, jusqu’à ce qu’il soit en poudre. Par ainsi les clefs de l’art, sont congélation, résolution, incération, projection (& est ici la fin & le commencement) toutefois purification, distillation, séparation, sublimation, calcination, inquisition coopèrent, & alors on se peut reposer. Or il y six cent & deux ans des Arabes passés que l’on me pria d’aucuns secrets. Qu’on prouve donc la pierre, & qu’on la calcine avec lente décoction, & qu’on la broie fort, sans toutefois choses aiguës, & que sur la fin on entremêle un peu d’eau douce, & qu’on compose médecine laxative de sept choses ( si l’on veut ) ou de six, ou de cinq, ou de quantes il plaira ( toutefois mon esprit se contente de deux ) desquelles la meilleure sera en six, qu’en autre proportion,ou environ, comme l’expérience peut enseigner le désireux, faut néanmoins résoudre l’or au feu, & le couler mieux. Mais si on me veut croire, on prendra une chose, c’est à savoir, le secret des secrets, de nature, qui peut choses merveilleuses. Qu’on mêle donc de deux, ou de plusieurs, ou du phœnix (qui est singulier animal) l’or au feu, &qu’on l’incorpore par véhément mouvement, auquel si on ajoute liqueur chaude quatre ou cinq fois, on aura le dernier propos, mais en après nature céleste se vient à débiliter & s’affaiblit si on y verse eau chaude trois ou quatre fois. Par quoi l’on divisera le faible du fort, en divers vaisseaux (si l’on me croit) & évacuera-t-on ce qui est bon. D’avantage on mettra ou ajoutera de la poudre, & exprimera-t-on diligemment l’eau qui est demeurée (car assurément elle amènera les parties indivisibles de la poudre) &pource on amassera à part soi cette eau, d’autant que la pondre desséchée d’icelle, à vertu ou puissance de médecine en corps laxatif. Qu’on fasse donc ( comme devant est dit ) jusqu’à tant que l’on vienne à distinguer le fort du faible, &que par trois, ou quatre, ou cinq, ou plus de fois, on ajoute la poudre, & qu’on fasse toujours en une même manière. Et si on ne peut opérer avec eau chaude, on fera violence. Que si pour aiguité ou tendreur de médecine elle vient à se rompre, après ce que l’on aura mis de la poudre, l’on ajoutera cautement plus de l’or & du mol. Au contraire. si pour l’abondance de la poudre elle se rompt, l’on mettra plus de médecine. Et si pour la force de l’eau, on la réinsérera avec un pilon, & amassera-t-on la matière tant bien qu’il sera possible, & l’on séparera l’eau petit à petit (& retournera en état) laquelle eauon séchera, joint, qu’elle contient poudre & eau de médecine, qu’il faut incorporer comme poudre. Or qu’on ne s’endorme point en ce lieu, car il y est contenu un moult utile & grand secret. Mais si on savait bien ordonner les parties d’un petit arbrisseau brûlé, ou d’un faulx, & de plusieurs choses naturellement garderont union, & qu’on ne mette cela en oubli parce qu’il sert, & est profitable à plusieurs choses. Or on mêlera trinité avec union amollie ou fondue, & proviendra (comme je crois) chose semblable à la pierre appelée des Latins Ibetus. Et sans doute qu’on mortifie ce qui es t à mortifier par la vapeur de plomb (on trouvera le plomb, si l’on à pris du mort) & qu’on ensevelisse le mort au four de circulation (Qu’on tienne ce secret, car il n’est pas sans utilité) & on fera le semblable avec vapeur de marguerite, ou avec la pierre dite des latin Tagus, & toutefois on enselevira le mort, comme j’ai dit. Or les ans des Arabes, savoir est passés, je réponds à ma manière, il faut avoir médecine qui dissolue en chose molle, & soit jointe en icelle, & qu’elle pénètre en son terme deux, & mêlée avec elle, & ne soit point cerf fugitif, & quelle transmue icelle, mais soit mêlé l’esprit par la racine, & soit par la chaux du métal fixe ( or l’on ^estime que fixation prépare, quand le corps & l’esprit se mettent en leur lieu, & se subliment ) & qu’il se fasse autant de fois, que corps soit fait esprit, & esprit soit fait corps. Qu’on prenne donc des os d’Adam, & de la chaux sous même poids ( six choses y a à la pierre petralle, & cinq à la pierre d’union ) & qu’on broie cela avec l’eau de vie ( de laquelle le propre est de dissoudre toutes au­tres choses ) par façon quelle soit dissoute en icelle, & brûlée ( or signe d’incération est que médecine ne coule sur le feu bien ardant ) en après qu’on la mette en même eau en lieu humide, ou que l’on la suspende en vapeurs d’eaux moult chaudes & liquides, puis que l’on la congèle au soleil, finalement on prendra du sel pierre, & convertira-t-on argent vif en plomb, & derechef on lavera tant le plomb, & le mondifiera-t-on tant, que la dite chaux soit prochaine à argent. Alors on opérera comme devant est dit. Item, on fera boire ainsi tout cela. Mais toutefois on prendra du sel pierre, lu, ru, vo, po, vir, can, utri, & du soufre, & ainsi l’on fera tonnerre & coruscation, & conséquemment artifice. Sur ce néanmoins qu’on voie considère, si je parle point en énigme, & en sens, couvert, ou bien selon sens littéral.  Certes aucun ont autrement estimé, & n’ont été de cet avis. Même il ma été dit, qu’on doit tout résoudre la matière, de laquelle on aura d’Aristote aux lieux vulgaires & célèbres, pour l’amour de quoi je n’en veux parler. Or quand on aura ces choses là, alors on au­ra plusieurs simples & égaux, & fera-t-on cela par choses contraires & par diverses opérations, lesquelles j’ai ici appelées les clefs de l’art. Et Aristote dit, que qualité de puissance contient action & passion de corps, ce que aussi dit Averrois, en réprouvant Galien. Or cette médecine est estimée la plus simple qu’on puisse trouver, & la plus pure, & qui est bonne contre fièvres & passions de l’âme & des corps, & qui est de meilleur prix & marché que nulle autre quelqu’elle soit. Qui récrira ces choses aura la clef qui ouvre, & que personne ne clôt, & quand  il l’aura close personne n’ouvrira.

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Propos sur le sel, le souffre et le mercure

Publié le 3 Janvier 2013 par J\ D\ dans Planches

AVANT-PROPOS

Au hasard d’un article lu il y a quelques jours j’ai retenu ces quelques mots qui peuvent donner une indication sur l’état d’esprit dans lequel j’ai voulu rédiger cette planche :
Citation de Saint Paul. Hébreux 11 « Ce monde est un système de choses invisibles manifestées visiblement » suivi de ce commentaire :« L’ histoire que nous connaissons n’est que la partie d’événements qui se déroulent dans l’invisible. »

Comme l’intitulé l’indique :

PROPOS SUR LE SEL, LE SOUFRE, ET LE MERCURE


Cette planche n’a pas la prétention d’apporter une explication complète sur les notions contenues dans les mots « sel, soufre, mercure » mais plutôt de suggérer des axes de recherches pour ceux qui pourraient être intéressés par une approche différente de la F.M. Elle est aussi, pour moi, une façon d’essayer de découvrir, de comprendre ce que peut être une démarche initiatique, ma démarche initiatique en l’abordant par l’une de ses méthodes, l’alchimie et ses symboles.

Nous savons que « le REAA a pour but de développer un système de valeurs et des procédures symboliques empreintes d’une spiritualité qui ne sont ni religieuses ni métaphysiques . C’est un système philosophique au sens que Pythagore et Platon donnent à ce mot comme sont philosophiques les Anciens Mystères, l’Hermétisme et l’Alchimie qui ont inspiré la Franc-Maçonnerie. Leur point commun est le rite, le symbole, qui sollicitent l’individu dans sa personnalité profonde et ses états de conscience bien plus que dans son intelligence et sa raison. Il n’existe ni acte de foi ni soumission à un dogme, mais adhésion, implication de l’homme dans une œuvre de reconstruction personnelle ».

En conséquence la recherche maçonnique, qui n’est pas unidimensionnelle, n’est pas fondée sur la pensée unique. Chaque Franc-Maçon se doit d’aborder les études ésotériques avec sa personnalité afin de dégager, ce qui, pour lui, est SA vérité, en utilisant les différentes sources dont il dispose que ce soit le rituel, les manuels d’instruction, les différents ouvrages qu’il pourra étudier, les discussions avec les Frères. L’essentiel est qu’il réveille en lui le feu qui lui permettra de donner vie à l’homme nouveau qu’il souhaite voir naître. « Lis le Coran comme s’il avait été écrit pour toi » a dit un sage soufi.

D’où la question que je me pose : pour être un bon Maçon doit-on obligatoirement marcher dans les traces des pas des déistes protestants qui ont jeté les bases de la franc-maçonnerie moderne sans être pour autant taxé de déviationnisme ?. Parce que si je me réfère aux écrits de Guy Piau, ancien Grand Maître de la G.L.D.F. (1988-1990) « nous nous devons d’observer que l’histoire réécrite par Anderson n’a aucun titre pouvant nous conduire à LA prendre en considération de préférence aux narrations des manuscrits REGIUS et COOKE qui lui sont antérieurs ». Le récit d’Anderson « présente un grand intérêt dans la mesure où il marque une évolution de la pensée maçonnique, laquelle se trouve soumise à l’influence d’un parti religieux, chrétien et déiste qui prend son inspiration dans la Bible. » « Par contre, les manuscrits REGIUS et COOKE s’imposent comme une relation plus authentique des idées et des influences qui s’exerçaient au sein des anciennes loges. La légende telle qu’elle est transcrite dans le manuscrit COOKE, nous donne des indications très précieuse au regard de la correspondance qui nous paraît manifeste entre la pensée alchimique et la pensée maçonnique, correspondance que nous suggèrent, de manière concrète, les représentations symboliques qui abondent dans les décorations des monuments du Moyen-Âge ». « Dans la légende qu’expose le document COOKE, apparaissent des personnages, réels ou imaginaires, qu’Anderson occulte et qui pourtant nous paraissent très significatifs de l’influence alchimique et hermétique dans la pensée maçonnique». Donc, écrit Guy Piau « nous ne pouvons pas ignorer ou laisser de côté cette influence ainsi que le fait Anderson ». Quant « au manuscrit REGIUS il ne fait aucune référence à la Bible. La construction du Temple de Salomon n’y apparaît pas » ni, en conséquence, toute allusion à la géométrie sacrée ou non.

Que je sois bien compris, je ne remets pas en cause le caractère fondamental de la Géométrie dans la pensée maçonnique, je considère seulement que, Euclide, Thalès et leurs émules sont des panneaux indicateurs que peuvent suivre uniquement ceux dont la psychologie, l’intellect, leur permet de comprendre les raisonnements parfois confus et difficiles de ceux qui les utilisent. Il existe une façon plus simple, une géométrie plus aisée, « philosophale », « subtile »qui consiste à méditer sur des éléments simples. Par exemple un trait vertical donne une image du ternaire : nous avons un corps avec deux extrémités. Il en va de même pour le cercle : une limite séparant le contenu limité d’une ambiance infinie. Ou bien, si nous essayons de représenter l’unité nous ne pouvons éprouver que des difficultés ; elle se conçoit mais ne se montre nulle part ; son meilleur symbole est le point mathématique qu’on peut situer abstraitement à l’intersection de deux lignes ou au centre du cercle. Ce point matériellement inexistant engendre la ligne en se déplaçant dans l’espace. Nous pouvons concevoir, alors, une surface qui s’élève, s’abaisse, tourne sur l’un de ses côtés et acquérir, ainsi, l’idée d’un corps à trois dimensions. Et nous obtenons par complexité croissante l’ensemble des symboles que la Franc-Maçonnerie propose à notre méditation. Voilà ce qui, pour moi, est la géométrie.

Quel rapport me direz-vous avec le Sel, le Soufre et le Mercure ? Je crois posséder la clef qui me permettra d’étudier leur signification.
Se référer au diagramme.

Si vous analysez chacun des symboles vous pouvez remarquer qu’ils sont composés : trait, croix, cercle, demi-cercle, triangle chacun de ses éléments ayant une signification particulière.

Prenons tout d’abord le cercle. Il symbolise ce qui n’a ni commencement ni fin, le « UN le TOUT », l’Ouroboros, il représente la substance primordiale uniforme, non différenciée, en cosmogonie le CHAOS primitif. Placez un point au milieu et vous obtenez la Lumière créatrice, la Lumière existant en soi, la radiation initiale qui part immédiatement de partout dont le résultat est la circonférence du cercle. Nous obtenons le Grand Agent Primordial, le Delta Lumineux, le G.A.D.L.U. qui s’oppose à lui-même pour engendrer d’abord les idées, les formes et, progressivement, les apparences compactes. Nous nous référons ici à Genèse I,1-5 « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l’abîme, un vent de Dieu tournoyait sur les eaux. Dieu dit « que la lumière soit » et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière et les ténèbres. Dieu appela la lumière « jour » et les ténèbres « nuit ».

Continuons avec le cercle. Les dérivés de la substance primordiale, symbolisée par le cercle et appelée ALUN par les Alchimistes, sont nombreux et prennent le nom de Sels. Selon O. Wirth l’alun, selon un jeu de mots, personnifie l’un ou le cercle, i.e, à la fois le chaos primitif et l’éther.

Si nous partageons le cercle en deux à l’aide d’un trait horizontal, nous obtenons un Firmament séparateur des Eaux Supérieures des Eaux Inférieures ( Genèse I,6-10 : « Dieu dit : « qu’il y ait un firmament au milieu des eaux et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux » et
Dès lors, le chaos indéterminé auquel nulle qualité ne pouvait être attribuée, n’existe plus. Cette barre horizontale donne au zéro la valeur d’une SUB-STANCE, pas encore sensible mais intelligible , et fait que tout ce qui existe a son Ciel (principe spirituel) et sa Terre ( principe matériel), possède une double influence interne, deux tendances opposées ( pôle positif, pôle négatif, Yin, Yang, le Soleil et la Lune, les Colonnes Jakin et Boaz)) qui permettent au Cosmos de se dégager du Chaos ( Ordo ab Chaos ). En résumé, le SEL :
- est à la base de tout ce qui prend forme, c’est-à-dire l’homme nouveau que veut devenir l’impétrant,
- est le principe stabilisateur des corps, sa substance devient le corps de la Pierre que le Sage apprend à extraire et à travailler en essayant de dégager le subtil de l’épais, première leçon que nous donne le Cabinet de Réflexion, et que le néophyte mettra symboliquement en application quand il frappera sur la Pierre Brute,
- est à la base de tout engendrement grâce à l’action combinée du Soufre et du Mercure que nous allons maintenant étudier en commençant par le MERCURE..

Poursuivons notre étude du cercle ; ajoutons au dessus un demi-cercle ou croissant avec les pointes en haut, allusion évidente au croissant de Lune.
Développons notre étude du cercle en traçant sous le cercle une croix. Elle est composée, je vous le rappelle, d’une branche verticale, branche active, et d’une branche horizontale, branche passive, exprimant ainsi une idée de fécondation, l’idée pénétrant dans l’intelligence réceptive et la fécondant, l’union du Yin et du Yang, le « deux fait un » des évangiles gnostiques. Maintenant associons ces trois figures :
- d’abord un cercle
- sur le cercle un croissant avec les pointes en haut
- sous le croissant une croix.
Nous obtenons le symbole du MERCURE.

C’est un symbole complexe qui peut être étudié de différentes façons :
- 1° nous visualisons un cercle sous lequel il y a une croix ; nous obtenons ainsi le symbole de Vénus. Il nous signale l’existence d’une substance renfermant en germe des énergies vitales destinées à se déployer dans la sphère de la matérialité soumise à de perpétuels changements, on pourrait dire qu’il s’agit de la chute de l’Esprit dans la matière, de l’involution.
- 2° nous ne voyons qu’un cercle surmonté d’un croissant pointes en haut c’est le Symbole du Sel Alkali dont la signification renforce ce qui a été dit précédemment : tout doit rentrer dans le courant de l’évolution.
- 3° nous faisons appel à la croix qui est l’indice de la fécondation et qui est placée sous le cercle lui-même surmonté du croissant. Nous obtenons le symbole de la « Matière première des Sages » qui est prête à subir toutes les métamorphoses, à réaliser toutes ses potentialités latentes, c’est le passage de la puissance à l’acte. Or cette matière première des sages n’est autre que la pierre brute, l’Apprenti lui-même

En résumé, le Mercure est l’essence fondamentale de la vie des choses, c’est le principe grâce auquel elles se produisent, se développent et se transforment, c’est l’agent universel de la nature, l’intermédiaire indispensable aux différente manifestations de l’existence. Il pénètre tout, relie tout par les liens « d’une secrète sympathie », base de l’intersubjectivité universelle.

Si le Mercure fait allusion à ce qui rentre, « se rapporte à l’énergie expansive provenant des influences ambiantes qui se concentrent sur l’individualité », , le SOUFRE, lui, fait allusion à ce qui sort. Il est le « Feu réalisateur » emprisonné dans chaque être, il symbolise l’ardeur vitale, le principe constructeur de tout organisme. Quand St Jean (X,33) déclare « N’est-il pas écrit dans votre loi : J’ai dit vous êtes des dieux » il fait allusion à la Lumière Créatrice enfermée, emprisonnée dans tout homme et que le Néophyte doit apprendre à découvrir en la dégageant des différentes écorces qui l’empêchent d’être efficace. Et les caractères alphabétiques : V.I.T.R.I.O.L. prennent tout leur sens. Ils invitent le Franc-Maçon à plonger au plus profond de son être pour sentir qu’il n’est pas le fruit du hasard et de la nécessité, mais bien un élément conçu pour participer à la construction d’une œuvre qui le dépasse puisque sa mise en route ne dépend pas de lui mais du GADLU. Seule lui reste la possibilité, en respectant le Tracé qui lui a été confié, d’inscrire ses efforts, dans le monde qui l’entoure pour le marquer de son empreinte, devenant ainsi le collaborateur de la Lumière Créatrice, découvrant que le divin qu’il est et le divin qui est dans l’univers ne sont qu’un.

J’ai précisé au début de cette planche qu’elle était pour moi une façon de comprendre ma démarche initiatique. Celle-ci repose en fait sur le constat qu’il existe dans l’homme un dynamisme, d’un élan qui le pousse à agir, à réaliser une oeuvre et le miroir présent dans le cabinet de réflexion est là pour me rappeler que la F.M. m’aidera à mettre à jour ce qui est en moi, ce que je dois voir en moi, à comprendre que la lumière que je cherche est en moi. Le soufre, le mercure et le sel, qui symbolisent dans leur unité l’unité que je suis en tant qu’esprit, âme et corps, me révèlent que je suis l’aboutissement de la création. Je deviens le MIROIR dans lequel l’Esprit créateur, le GADLU, se reconnaît et se contemple. Mais je ne peux remplir cette fonction de miroir que si mon ego, ma rationalité, mon mental,consentent à lâcher prise. Ils refusent d’accepter de jouer les seconds rôles, de la reconnaître qu’ils ne maîtrisent rien du tout, qu’ils sont agis par quelqu’un qui est notre être essentiel.

Je rejoins ici la problématique soulevée à notre époque par le développement des sciences, en particulier de la physique quantique : celle de l’existence d’un domaine intermédiaire dans lequel le physique et le psychique sont mêlés en une indissociable unité, dans lequel l’esprit se matérialise, dans lequel la matière se spiritualise, stipulant ainsi qu’il existe d’autres formes de connaissance et d’action que celle de la conscience personnelle du monde profane. Il s’agit de se projeter dans une dimension où le moyen de l’actualisation, de la réalisation, n’est ni l’esprit ni la matière mais ce domaine intermédiaire de réalité subtile qui ne peut être exprimé que par ce qui n’est ni abstrait, ni concret, ni rationnel, ni irrationnel, ni réel, ni irréel mais chaque fois les deux, c-à-d le SYMBOLE que Christophe Levalois définit ainsi dans son étude intitulé « Symbolisme de la décapitation du Roi » : Le symbole manifeste une idée et l’affirmation d’une force. Il est, de plus, universel, c-à-d il établit un lien entre l’acte et l’idée et les différentes dimensions de notre univers. Donc, il relie et s’avère ainsi une clef qui permet à notre compréhension d’aller au-delà des apparences et au-delà du monde sensible

Pour conclure et pour résumer, je citerai Irène Mainguy : « Ce ternaire alchimique, sel, soufre, mercure réunis dans le cabinet de réflexion, n’est pas immédiatement parlant au récipiendaire, ignorant qu’il est de toutes connaissances hermétiques. Selon l’hermétisme ( qui a rapport au grand œuvre et à la transmutation des métaux) tout se compose de soufre, de mercure, de sel ; ces trois principes se rapportent :
- à l’énergie expansive inhérente à toute individualité,
- à cette même énergie provenant des influences ambiantes qui se concentrent sur l’individualité,
- à la sphère d’équilibre résultant de la neutralisation de l’action sulfureuse centrifuge ( qui tend à s’échapper vers l’extérieur) et de la réaction mercurielle centripète ( qui tend à revenir au centre ) pénétrante et compressive.

V.M. J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Bref catéchisme d'Alchimie (2)

Publié le 3 Janvier 2013 par Paracelse dans Alchimie

D. Pourquoi les eaux supérieures ne mouillent-elles point ?  

R. A cause de leur extrême raréfaction, c'est ainsi qu'un savant chimiste peut tirer plus d'avantages de la science de la raréfaction que de toute autre.  

D. De quelle manière est composé le firmament, ou l'étendue ?  

R. Le firmament est proprement l'air, dont la nature est beaucoup plus convenable à la lumière que l'eau.  

D. Après avoir séparé les eaux du sec et de la terre, que fit le Créateur pour donner lieu aux générations ?  

R. Il créa une lumière particulière destinée à cet office, qu'il plaça dans le feu central et tempéra ce feu par l'humidité de l'eau et la froideur de la terre, afin de réprimer son action, et que sa chaleur fut plus convenable au dessein de son auteur.  

D. Quelle est l'action de ce feu central ?  

R. Il agit continuellement sur la matière humide qui lui est la plus voisine, dont il fait élever une vapeur qui est le Mercure de la nature, et de la première matière des trois règnes.  

D. Comment se forme ensuite le Soufre de la nature ?  

R. Par la double action ou plutôt réaction de ce feu central, sur la vapeur mercurielle.  

D. Comment se fait le sel de la mer ?  

R. Il se forme par l'action de ce même feu sur l'humidité aqueuse, lorsque l'humidité aérienne qui est renfermée vient à s'exhaler.  

D. Que doit faire un Philosophe vraiment sage une fois qu'il a bien compris le fondement et l'ordre qu'observa le Grand Architecte de l'univers, pour la construction de tout ce qui existe dans la nature ?  

R. Il doit être, autant qu'il se peut, un copiste fidèle de son Créateur ; dans son oeuvre physique, Li doit faire son chaos tel qu'il fut effecti­vement, séparer la lumière des ténèbres ; former son firmament séparateur des eaux d'avec les eaux, et accomplir enfin parfaitement, en suivant la marche indiquée, tout l'ouvrage de la création.  

D. Avec quoi fait-on cette grande et sublime opération ?  

R. Avec un seul corpuscule ou petit corps, qui ne contient pour ainsi dire, que fèces, saletés, abominations, duquel on extrait une certaine humidité ténébreuse et mercurielle, qui comprend en soi tout ce qui est nécessaire au Philosophe, parce qu'il ne cherche en effet que le vrai Mercure.  

D. De quel Mercure doit-il donc se servir pour l'oeuvre ?  

R. D'un Mercure qui ne se trouve point sur la terre, mais qui est extrait des corps, et nullement du mercure vulgaire, comme il a été faussement dit.  

D. Pourquoi ce dernier n'est-il pas le plus propre à notre oeuvre ?  

R. Parce que l'Artiste sage doit faire attention que le mercure vulgaire ne contient pas en lui la quantité suffisante de Soufre, et que par conséquent il doit travailler sur un corps créé par la nature, dans lequel elle-même aura joint ensemble le Soufre et le Mercure, que l'artiste doit séparer.  

D. Que doit-il faire ensuite ?  

R. Les purifier et les rejoindre derechef.  

D. Comment appelez-vous ce corps-là ?  

R. Pierre brute ou Chaos, ou Illiaste ou Hyle.  

D. Puisque vous me dites que le Mercure est la seule chose que le Philosophe doit connaître, pour ne pas s'y méprendre, donnez-m'en une description circonstanciée.  

R. Notre Mercure, eu égard à sa nature est double, fixe et volatil ; eu égard à son mouvement, il est double aussi, puisqu'il a un mouvement d'ascension et un de descension. C'est l'influence des plantes par laquelle il réveille le feu de la nature assoupie, et c'est son premier office avant sa congé­lation, par le mouvement d'ascension, il s'élève pour se purifier, et comme c'est après sa congélation, il est considéré alors corme l'humide radical des choses, lequel sous de viles scories ne laisse pas de conserver la noblesse de sa première origine.  

D. Combien compte-t-on d'humide dans chaque composé ?  

R. Il y en a trois : 1 -l'élémentaire, qui n'est proprement que le vase des autres éléments 2 - le Radical, qui est proprement l'huile ou le baume dans lequel réside toute la vertu du sujet 3 - l'Alimentaire, c'est le véritable dissolvant de la nature, excitant le feu interne, assoupi, causant par son humidité la corruption et la noirceur, et entretenant et alimentant le sujet.  

D. Combien les Philosophes ont-ils de sortes de Mercure ?  

R. Le Mercure des Philosophes se peut considérer sous quatre égards, au premier, on l'appelle le Mercure des corps, c'est précisément la semence cachée ; le second, le Mercure de la nature, c'est le bain ou le vase des Philosophes, autrement dit l'humide radical ; le troisième, le Mercure des Philosophes, parce qu'il se trouve dans leur boutique et dans leur minière, c'est la sphère de Saturne, c'est leur Diane, c'est le vrai sel des métaux, après lequel lorsqu'on l'a acquis, commence seulement la véritable oeuvre philosophique, le quatrième, le Mercure commun, non pas celui du vinaigre mais celui qui est proprement le véritable air des Philosophes, la véritable moyenne substance de l'eau, le vrai feu secret et caché, nommé le "feu commun", à cause qu'il est commun à toutes les minières, qu'en lui consiste la substance des métaux, et que c'est de lui qu'ils tirent leur quantité et qualité.  

D. Combien y a-t-il d'opérations dans notre oeuvre ?  

R. Il n'y en a qu'une seule qui se réduit à la sublimation, qui n'est autre chose, selon GEBER, que l'élévation de la chose sèche par le moyen du feu, avec adhérence à son propre vase.  

D. Quelle précaution doit-on prendre en lisant les Philosophes hermétiques ?  

R. Il faut surtout avoir grand soin de ne pas prendre ce qu'ils disent à ce sujet au pied de la lettre, et suivant le son des mots, "car la lettre tue, et l'esprit vivifie".

D. Quel livre doit-on lire pour parvenir à la connaissance de notre science ?  

R. Il faut lire particulièrement tous les ouvrages d'HERMES, ensuite, un certain livre intitulé : "Le Passage de la Mer Rouge" et un autre "L1abord de la Terre Promise". Parmi les Anciens, il faut lire tout PARAŒLSE, et entre autre son "Sentier Chymique", ou "Manuel de Paracelse", qui contient tous les mystères de la physique démonstrative, et de la plus secrète Cabale. Ce livre manuscrit, précieux et original, ne se trouve que dans la bibliothèque du Vatican, mais SENDIVOGUS a eu le bonheur d'en tirer une copie, qui a servi à éclairer quelques Sages. Il faut lire Raymond LULLE surtout son "Vade Mecum", son dialogue appelé "Arbre de Vie", son testament et son codicille. Mais on prendra garde à ces deux derniers ouvrages, parce que, ainsi que ceux de GEBER et d'ARNAUD DE VILLENEUVE, ils sont remplis de fausses recettes, de fictions inutiles, et d'erreurs sans nombre, leur but en cela, ayant été selon toute apparence, de déguiser davantage la vérité aux ignorants. Le "Turba Philosophorum", qui n'est qu'un ramassis d'anciens auteurs, contient une partie assez bonne, quoiqu'il y ait beaucoup de choses sans valeur. Dans les auteurs du Moyen Age, on doit estimer Sacharie, Trévisan, Roger Bacon et un certain anonyme dont le livre a pour titre "Des Philosophes". Parmi les auteurs modernes, on doit faire cas de Jean FABRE, François de NATION et de DESPAGNET, ou l'auteur de la "Physique rectifiée", quoiqu'à dire vrai, il ait mêlé dans son livre quelques faux préceptes, et des sentiments erronés.  

D. Quand un Philosophe peut-il risquer d'entreprendre l'Oeuvre ?  

R. Lorsqu'il saura par théorie tirer d'un corps dissous par le moyen d'un esprit cru, un esprit digeste, qu'il faudra derechef rejoindre à l'huile vitale.  

D. Expliquez-moi cette théorie plus clairement.  

R. Pour rendre la chose plus sensible, en voici le procédé : ce sera lorsque le Philosophe saura, par le moyen d'un menstrue végétal uni au minéral, dissoudre un troisième menstrue essentiel, avec lesquels réunis, il faut laver la terre, et L'exalter ensuite en quintessence céleste, pour en composer leur foudre sulfureuse, laquelle en un instant, pénètre les corps et détruit leurs excréments.  

D. Ceux qui prétendent se servir d'or vulgaire pour la semence, et du mercure vulgaire pour le .dissolvant, ou pour la terre dans laquelle il doit être semé, ont-ils une parfaite connaissance de la nature ?  

R. Non, vraiment, parce que ni l'un ni l'autre n'ont en eux l'agent externe : l'or, pour en avoir été dépouillé par la décoction et le mercure pour n'en avoir jamais eu.  

D. En cherchant cette semence aurifique ailleurs que dans l'or même, ne risque-t-on pas de produire une espèce de monstre, puisqu'il paraît que l'on s'écarte de la nature ?  

R. Il est sans aucun doute que dans l'or est contenue la semence aurifique et même plus parfaitement qu'en aucun autre corps : mais cela ne nous oblige pas à nous servir de l'or vulgaire, car cette semence se trouve pareillement en chacun des autres métaux ; et ce n'est autre chose que ce grain fixe que la nature a introduit en la première congélation du Mercure, tous les métaux ayant une même origine et une matière commune, ainsi que le reconnaîtront parfaitement ceux qui se rendront dignes de le recevoir par leur application et une étude assidue.  

D. Que s'ensuit-il de cette doctrine ?  

R. Elle nous enseigne que, quoique la semence soit plus parfaite dans l'or, toutefois elle se peut extraire bien plus aisément d'un autre corps que de l'or même, la raison en est que les autres corps sont bien plus ouverts, c'est-à-dire, moins digérés, et leur humidité moins terminée.  

D. Donnez-moi un exemple pris dans la nature.  

R. L'or vulgaire ressemble à un fruit lequel parvenu à une parfaite maturité a été séparé de l'arbre : quoiqu'il y ait en lui une semence très parfaite et très digeste, néanmoins si quelqu'un pour le multiplier, le mettait en terre, il faudrait beaucoup de temps, de peine, de soins, pour le conduire jusqu'à la végétation ; mais si au lieu de cela, on prenait une greffe ou une racine du même arbre et qu'on la mis en terre, on la verrait en peu de temps, et sans peine végéter et rapporter beaucoup de fruits.  

D. Est-il nécessaire à un amateur de cette science de connaître la formation des métaux dans les entrailles de la terre, pour parvenir à former son Oeuvre ?  

R. Cette connaissance est tellement nécessaire que, si avant toute autre étude, on ne s'y appliquait pas et l'on ne cherchait pas à imiter la nature en tout point, jamais on ne pourrait arriver à rien faire de bon.  

D. Cannent la nature forme-t-elle donc les métaux dans les entrailles de la terre, et de quoi se compose-t-elle ?  

R. La nature les compose tous de Soufre et de Mercure, et les forme par leur double vapeur.  

D. Qu'entendez-vous par cette double vapeur et comment par cette double vapeur les métaux peuvent-ils être formés ?  

R. Pour bien entendre cette réponse, il faut savoir d'abord que la vapeur  

mercurielle unie à la vapeur sulfureuse, en un lieu caverneux où se trouve une eau salée qui leur sert de matrice, il se forme premièrement le Vitriol de Nature ; secondement, de ce Vitriol de Nature, par la commotion des éléments,s'élève une nouvelle vapeur, qui n'est ni mercurielle, ni sulfureuse, mais qui tient des deux natures, laquelle en arrivant en des lieux où adhère la graisse du Soufre, s'unit avec elle et de leur union se forme une substance glutineuse, ou masse informe, sur laquelle la vapeur répandue en ces lieux caverneux, agissant par le moyen du Soufre qu'elle contient en elle, il en résulte des métaux parfaits, si le lieu et la vapeur sont purs ; et imparfaits, si au contraire, le lieu et la vapeur sont impurs ; ils sont dits imparfaits, ou non parfaits, pour n'avoir pas reçu leur entière perfection par la coction.  

D. Que contient en soi cette vapeur ?  

R. Elle contient un esprit de lumière et de feu de la nature des corps célestes, lequel doit être proprement considéré comme la forme de l'univers.  

D. Que représente cette vapeur ?  

R. Cette vapeur ainsi imprégnée de l'esprit universel, représente assez bien le premier Chaos, dans lequel se trouvait renfermé tout ce qui était nécessaire à la création, c'est-à-dire la matière et la forme universelle.  

D. Ne peut-on pas non plus employer l'argent vif vulgaire dans ce procédé ?  

R. Non, parce que comme il a déjà été dit, l'argent vif vulgaire n'a pas avec lui l'agent externe. D. D'où provient que l'argent vif vulgaire n'a pas avec lui son agent externe ?  

R. De ce que lors de l'élévation de la double vapeur, la commotion est si grande et si subtile, qu'elle fait évaporer l'esprit ou l'agent, à peu près comme il arrive dans la fusion des métaux ; de sorte que la seule partie mercurielle reste privée de son mâle ou agent sulfureux, ce qui fait qu'elle ne peut jamais être transmuée en or par la Nature.  

D. Combien de sortes d'or distinguent les Philosophes ?  

R. Trois sortes : l'Or Astral, l'Or Elémentaire et l'Or Vulgaire.

D. Qu’est-ce que l'Or Astral ?  

R. l'Or Astral a son centre dans le soleil qui le communique par ses rayons, en même temps que sa lumière à tous les êtres qui lui sont inférieurs, c'est une substance ignée et qui reçoit une continuelle émanation des corpuscules solaires qui pénètrent tout ce qui est sensitif, végétatif et minéral.  

D. Qu'entendez-vous par Or Elémentaire ?  

R. C'est la plus pure et la plus fixe portion des éléments et de toutes les substances qui en sont composées ; de sorte que tous les êtres "sublunaires" des trois genres contiennent dans leur centre un précieux grain de cet or élémentaire.  

D. Expliquez-moi l'Or Vulgaire ?  

R. C'est le plus beau métal que nous voyons et que la Nature puisse produire, aussi parfait en soi qu'inaltérable.  

D. De quelle espèce d'or est la Pierre des Philosophes ?  

R. Elle est de la seconde espèce, comme étant la plus pure portion de tous les éléments métalliques après sa purification, et alors il est appelé : or vif philosophique. Outre le parfait équilibre et la parfaite égalité des quatre éléments dans la Pierre Physique, il faut faire nécessairement quatre choses pour l'accomplissement de l'Oeuvre qui sont : composition, altération, mixion et union, lesquelles une fois faites dans les règles de l'art, donneront le Fils Légitime du Soleil, et produiront le Phénix toujours renaissant de ses cendres.  

D. Qu'est-ce que l'or vif des Philosophes ?  

R. Ce n'est autre chose que le feu du Mercure, ou cette vertu ignée, renfermée dans l'humide radical, à qui il a déjà communiqué la fixité et la nature du Soufre, d'où il est émané, le Soufre des Philosophes ne laissant pas aussi d'être appelé Mercure, à cause que toute sa substance est mercurielle.  

D. Quel autre non les Philosophes donnent-ils à leur or vif ?  

R. Ils l'appellent aussi leur Soufre vif, ou leur vrai feu, et il se trouve renfermé en tout corps, et nul corps ne peut subsister sans lui.  

D. Où faut-il chercher notre or vif, ou notre Soufre vif, et notre vrai feu ?  

R. Dans la maison du Mercure.  

D. De quoi ce feu vit-il ?  

R. de l'air.

D. Donnez-moi une comparaison du pouvoir de ce feu.  

R. Pour exprimer cette attraction du feu interne, on ne peut pas donner une meilleure comparaison que celle de la foudre qui n'est d'abord qu'une exhalaison sèche et terrestre, unie à une vapeur humide, mais qui à forcé de s'exalter, venant à prendre la nature ignée, agit sur l'humide qui lui est inhérent, qu'elle attire à elle, et transmue en sa nature, après quoi elle se précipite avec rapidité vers la terre, où elle est attirée par une nature fixe semblable à la sienne.  

D. Que doit faire le Philosophe après qu'il aura extrait son Mercure ?  

R. Il doit l'amener ou réduire de potentialité en acte.  

D. La Nature ne peut-elle pas le faire elle-même ?  

R. Non, parce qu'après une première sublimation, elle s'arrête ; de la matière ainsi disposée, s'engendre les métaux.  

D. Qu'entendent les Philosophes par leur "Or" et par leur "Argent" ?  

R. Les Philosophes donnent le nom d'Or à leur Soufre, et celui d'Argent à leur Mercure.  

D. D'où les tirent-ils ?  

R. Je vous ai déjà dit qu'ils les tirent d'un corps homogène où ils se trouvent en abondance, et d'où ils savent les extraire l'un et l'autre, par un moyen admirable et tout à fait philosophique.  

D. Dès que cette opération sera dûment faite, que doit-on faire ensuite ?  

R. On doit faire son amalgame philosophique avec une très grande industrie, lequel pourtant ne peut s'exécuter qu'après la sublimation du Mercure, et sa due préparation.  

D. Dans quel temps unissez-vous votre matière avec l'or vif ?  

R. Ce n'est que dans le temps qu'on l'amalgame : c'est-à-dire, par le moyen de cet amalgame, on introduit en lui le Soufre, pour ne faire ensemble qu'une seule substance, et par l'addition de ce Soufre, l'ouvrage est abrégé, et la teinture augmentée.  

D. Que contient le centre de l'humide radical ?  

R. Il contient et cache le Soufre qui est couvert d'une écorce dure.  

D. Que faut-il faire pour l'appliquer au Grand Oeuvre ?  

R. Il faut le tirer de ses prisons avec beaucoup d'art, et par la voie de la putréfaction. D. La Nature a-t-elle dans les mines un menstrue convenable, propre à dissoudre et à délivrer ce Soufre ?  

R. Non, à cause qu'il n'a pas un mouvement local, car si elle pouvait derechef dissoudre, putréfier et purifier le corps métallique, elle nous donnerait elle-même la Pierre Physique, c'est-à-dire, un Soufre exalté et multiplié en vertu.  

D. Cannent m'expliqueriez-vous par un exemple, cette doctrine ?  

R. C'est encore par la comparaison d'un fruit ou d'un grain, qui est derechef mis dans une terre convenable peur y pourrir, et ensuite pour multiplier ; or, le Philosophe qui connaît le bon grain, le tire de son centre, le jette dans la terre qui lui est propre, après l'avoir bien fumée et préparée et là, il se subtilise tellement que sa vertu prolifique s'étend et se multiplie à l'infini.  

D. En quoi consiste donc tout le secret pour la semence ?

R. A bien connaître la terre qui lui est propre.  

D. Qu'entendez-vous par la semence dans l'Oeuvre des Philosophes ?  

R. J'entends le chaud inné, ou l'esprit spécifique enfermé dans l'humide radical, ou la moyenne substance de l'argent vif qui est proprement le sperme des métaux, lequel renferme en lui sa semence.  

D. Cannent délivrez-vous le Soufre de ses prisons ?  

R. Par la putréfaction (fermentation).  

D. Quelle est la terre des minéraux ?  

R. C'est leur propre menstrue.

D. Quel soin doit avoir le Philosophe pour en tirer le parti qu'il désire ?  

R. Il faut qu'il ait un grand soin de la purger de ses vapeurs fétides et soufres impurs, après quoi il y jette la semence.  

D. Quel indice peut avoir l'artiste qu'il est sur le bon chemin au commencement de son Oeuvre.  

R. Quand il verra qu'au temps de la dissolution, le dissolvant et la chose dissoute demeurent ensemble sous une même forme et matière.  

D. Combien de solution? y a-t-il dans l'Oeuvre Philosophique ?  

R. Il y en a trois : la première est celle du corps cru et métallique par laquelle il est réduit dans ses principes de Soufre et d'Argent Vif ; la seconde, celle du corps physique et la troisième, celle de la terre minérale.  

D. Cannent par la première solution peut-on réduire un corps métallique en Mercure, et puis en Soufre ?  

R. Par le feu occulte artificiel ou l'Etoile flamboyante.  

D. Comment se fait cette opération ?  

R. En tirant d'abord du sujet, le Mercure, ou la vapeur des éléments ; et après l'avoir purifié, s'en servir pour sortir le Soufre de ses enveloppes par la voie de la corruption, dont le signe est la noirceur.

D. Comment se fait la seconde solution ?  

R. Quand le corps physique se résout avec les deux substances susdites, et acquiert la nature céleste.  

D. Quel nom donnent les Philosophes à la matière dans ce temps ?  

R. Ils l'appellent leur Chaos Physique et pour lors, c'est la vraie Première Matière qui n'est proprement dite telle qu'après la jonction du mâle, qui est le Soufre et de la femelle, qui est le Mercure, et non pas auparavant.  

D. A quoi se rapporte la troisième solution ?  

R. Elle est l'humectation de la terre minérale, et elle a un entier rapport à la multiplication.  

D. De quel feu doit-on se servir dans notre Oeuvre ?  

R. Du feu dont se sert la Nature.  

D. Quel pouvoir a ce feu ?  

R. Il dissout toute chose dans le monde, parce qu'il est le principe de toute dissolution et corruption. 

D. Pourquoi l'appelle-t-on aussi Mercure ?  

R. Parce qu'il est de nature aérienne, et une vapeur très subtile parti­cipant toutefois du Soufre, d'où il a tiré quelques souillures.  

D. Où est caché ce feu ?  

R. Il est caché dans le sujet de l'art.  

D. Qui est-ce qui peut connaître et former ce feu ?  

R. Le Sage sait construire et purifier ce feu.  

D. Quel pouvoir et qualité ce feu a-t-il en soi ?  

R. Il est très sec et dans un continuel mouvement, et ne demande qu'à corrompre et à tirer les choses de puissance en acte, c'est lui enfin, qui, rencontrant dans les mines des lieux solides, circule en forme de vapeur sur la matière et la dissout.  

D. Cannent connaîtrait-on plus facilement ce feu ?  

R. Par les excréments sulfureux où il est enfermé et par l'habillement salin dont il est revêtu.

D. Que faut-il faire à ce feu pour qu'il puisse mieux s'insinuer dans le genre féminin ?  

R. A cause de son extrême siccité, il a besoin d'être humecté.  

D. Combien y a-t-il de feux philosophiques ?  

R. Il y en a de trois sortes qui sont le naturel, l'innaturel et le contre naturel.  

D. Expliquez-moi ces trois sortes de feu.  

R. Le feu naturel est le feu masculin, ou le principal agent ; l'innaturel est le féminin ou le dissolvant de nature, nourrissant et prenant la forme de fumée blanche, laquelle s'évanouit aisément quand le feu est sous cette forme et si on n'y prend bien garde, il est presque incompré­hensible, quoique par la sublimation philosophique, il devienne corporel et resplendissant ; le feu contre nature est celui qui corrompt le composé, et a le pouvoir de délier ce que la nature avait fortement lié.  

D. Où se trouve notre matière ?  

R. Elle se trouve partout, mais il faut la chercher spécialement dans la nature métallique, où elle se trouve plus facilement qu'ailleurs.  

D. Laquelle doit-on préférer à toutes les autres ?  

R. On doit préférer la plus mûre, la plus propre et la plus facile, mais il faut prendre garde surtout que l'essence métallique y soit non seulement en puissance, mais aussi en acte, et qu'il y ait une splendeur métallique.  

D. Tout est-il renfermé dans ce sujet ?

R. Oui, mais il faut pourtant secourir la Nature, afin que l'ouvrage soit mieux et plus tôt fait, et cela par les moyens que l'on connaît dans les autres grades d'expériences.  

D. Ce sujet est-il d'un grand prix ?  

R. Il est vil et n'a d'abord aucune élégance en soi, et si quelques-uns disent qu'il est vendable, ils ont égard à l'espèce, mais au fond il ne se vend point parce qu'il n'est utile que pour notre Oeuvre.  

D. Que contient notre matière ?

  R. Elle contient le Sel, le Soufre et le Mercure.  

D. Quelle est l'opération qu'on doit apprendre à faire ?  

R. Il faut savoir extraire le Sel, le Soufre et le Mercure l'un après l'autre.  

D. Cornent cela se fait-il ?  

R. Par la seule et complète sublimation.  

D. Qu'extrait-on d'abord ?  

R. On tire d'abord le Mercure en forme de fumée blanche.  

D. Que vient-il après ?  

R. L'eau ignée ou le Soufre.  

D. Que faut-il faire ensuite ?

R. Il faut le dissoudre avec le Sel purifié, rendant volatil d'abord le fixe et puis fixant le volatil en terre précieuse, laquelle est le véritable vase des Philosophes et de toute perfection.  

D. Quelle heure est-il quand le Philosophe commence son travail ?  

R. Le point du jour, car il ne doit jamais se relâcher de son activité.

D. Quand se repose-t-il ?  

R. Quand l'Oeuvre est à la perfection.  

D. Quelle heure est-il à la fin de l'ouvrage ?  

R. Midi plein, c'est-à-dire l'instant où le soleil est dans sa plus grande force, et le fils de cet astre en sa plus brillante splendeur.  

D. Quel est le mot de la magnésie ?  

R. Vous savez si je puis et dois répondre à la question, "je garde la parole"  

D. Donnez-moi le mot des ralliements des Philosophes.  

R. Commencez, je vous répondrai.

D. Etes-vous apprenti-Philosophe ?

R. Mes amis et les Sages me connaissent.  

D. Quel est l'âge d'un Philosophe ?  

R. Depuis l'instant de ses recherches, jusqu'à celui de ses découvertes, il ne vieillit point.

 

commentaires

Bref catéchisme d'Alchimie (1)

Publié le 3 Janvier 2013 par Paracelse dans Alchimie

D. Quelle est la première étude d'un Philosophe ?

R. C'est une investigation des opérations de la nature.

D. Quelle est la finalité de la nature ?

R. Dieu, comme il en est le commencement.

D. D'où proviennent toutes les choses ?

R. De l'unique et indivisible nature.

D. En combien de régions la nature est-elle divisée ?

R. En quatre régions principales.

D. Quelles sont-elles ?

R. Le sec, l'humide, le chaud, le froid, qui sont les quatre qualités élémen­taires, d'où toutes choses ont leur origine.

D. En quoi se différencie la nature ?

R. En mâle et femelle.

D. A quoi peut-elle être comparée ?

R. Au mercure.

D. Donnez une définition concise de la nature

R. Elle n'est point visible, quoiqu'elle agisse visiblement, car ce n'est qu'un esprit volatil, qui fait son office dans les corps, et qui est animé par l'esprit universel, le souffle divin, le feu central et universel, qui vivifie tout ce qui existe.

D. Quelle qualité doivent avoir les scrutateurs de la nature ?

R. Ils doivent être tels que la nature elle-même, c'est-à-dire, vrais, simples, patients et confiants.

D. Quelle matière doit attirer leur attention ?

R. Les Philosophes doivent considérer si ce qu'ils proposent est en harmonie avec la nature, si ceci est possible et réalisable, si ce qu'ils veulent accomplir par leur propre vouloir est généralement fait par le pouvoir de la nature ; ils doivent imiter celle-ci dans tous ses détails.

D. Quelle méthode faut-il choisir pour opérer quelque chose à un degré supérieur à ce que la nature a fait ?

R. On doit regarder en quoi et par quoi elle s'améliore, et on trouvera que c'est toujours avec son semblable : par exemple, si on veut étendre la vertu intrinsèque de quelque métal plus outre que la nature, il faut alors saisir la nature métallique elle-même, et savoir distinguer le mâle et la femelle en ladite nature.

D. Où la nature métallique conserve-t-elle les semences ?

R. Dans les quatre éléments.

D. Avec quoi le Philosophe peut-il reproduire quelque chose ?

R. Avec le germe de ladite nature, qui en est l'élixir, ou la quintessence bien meilleure, et plus utile à l'artiste que la nature elle-même. Dès que le Philosophe aura obtenu cette semence ou ce germe, la nature pour le féconder sera prête à faire son devoir.

D. Qu'est-ce que le germe ou la semence de chaque substance ?

R. C'est la plus subtile et la plus parfaite décoction et digestion de la nature même, ou plutôt c'est le Baume du Soufre, qui est identique à l'humide radical dans les métaux.

D. Qui engendre cette semence ou ce germe ?

R. Les quatre éléments, par la volonté de l'Etre Suprême sans l'intervention de la nature.

D. Cannent opèrent les quatre éléments ?

R. Par un mouvement incessant et uniforme; chacun d'eux selon sa qualité, dépose sa semence au centre de la terre, où elle est digérée, ensuite repoussée au dehors par les lois du mouvement.

D. Qu’entendent les Philosophes par le centre de la terre ?

R. Un certain lieu vide qu'ils conçoivent et où rien ne peut reposer.

D. Où les quatre éléments expulsent-ils ou déposent-ils leurs qualités ou semences ?

R. Dans l'ex-centre, ou la marge et circonférence du centre, qui, après qu'il en a pris une due portion, rejette le surplus au dehors, d'où se forment les excréments, les scories, les feux et même le chaos de la nature.

D. Expliquez-moi cet enseignement par un exemple

R. Etant donnée une table bien plate, en son milieu, dûment posé un vase quelconque, rempli d'eau ; que dans son contour on place ensuite plusieurs choses de diverses couleurs, entre autres, qu'il y ait particulièrement du sel, en observant que chacune de ces choses soient bien divisées et mises séparément, puis après que l'on verse l'eau au milieu, on la verra couleur de ça et de là : ce petit ruisseau venant à rencontrer la couleur rouge, prendra la teinte rouge ; l'autre passant par le sel contractera de la salaison, car il est certain que l'eau ne change point les lieux, mais la diversité des lieux change la nature de l'eau ; de même la semence, jetée par les quatre éléments, au centre de la terre contracte différentes modifications, parce qu'elle passe par différents lieux, canaux, en sorte que chaque chose naît selon la diversité des lieux, et la semence de la chose parvenant à tel endroit, y rencontrerait la terre et l'eau pure, il en résulterait une chose pure, ainsi dans le cas contraire.

D. Gemment et en quelle façon les éléments engendrent-ils cette semence ?

R. Pour une parfaite élucidation de ce point, il faut noter que deux éléments sont lourds et pesants, et les deux autres volatils et deux secs et deux humides, toutefois l'un est extrêmement sec, et l'autre extrêmement humide, et en outre, ils sont aussi masculins et féminins : or chacun d'eux est très prompt à se reproduire identiquement à lui en sa propre sphère : ces quatre éléments ne reposent jamais, mais ils s'agitent continuellement l'un sur l'autre et chacun pousse de soi et par soi ce qu'il a de plus subtil. Ils ont leur rendez-vous général au centre et dans ce centre même de l'Archée, ce serviteur de la nature, où venant à y mêler leurs semences, ils les agitent et les jettent ensuite au dehors.

D. Quelle est la vraie et première matière des métaux ?

R. La première matière proprement dite est de double nature, par elle-même ; néanmoins, l'une sans le concours de l'autre ne crée point un métal. La première et la principale est une humidité de l'air, mêlée avec un air chaud, en forme d'une eau grasse, adhérente à toute chose qu'elle soit pure ou impure.

D. Comment les Philosophes ont-ils norme cette humidité ?

R. Mercure.

D. Par qui est-il gouverné ?

R. Par les rayons du Soleil et de la Lune.

D. Quelle est la seconde matière ?

R. C'est la chaleur de la terre, c'est-à-dire une chaleur sèche que les Philosophes appellent Soufre.

D. Tout le corps de la matière se convertit-il en semence ?

R. Non, mais seulement la huit-centième partie qui repose au centre du même corps, ainsi que l'on peut le voir dans l'exemple d'un grain de froment.

D. De quoi sert le corps de la matière, relativement à la semence ?

R. Pour la préserver de toute excessive chaleur, froideur, humidité ou sécheresse, et généralement toute intempérie nuisible contre lesquelles la matière lui sert d'enveloppe.

D. L'artiste qui prétend réduire tout le corps de la matière en semence, en supposant qu'il y peut réussir, y trouverait-il en effet quelqu'avantage ?

R. Aucun, au contraire son travail deviendrait absolument inutile, parce que l'on ne peut rien faire de bien, sitôt que l'on s'écarte du procédé de la nature.

D. Que faut-il donc qu'il fasse ?

R. Il faut qu'il dégage la matière de toutes ses Impuretés, car il n'y a point de métal, si pur qu'il soit, qui n'ait des impuretés, l'un toutefois plus ou moins que l'autre.

D. A quoi le Philosophe doit-il faire le plus attention ?

R. Aux fins de la nature, il ne doit pas chercher cette finalité dans les métaux vulgaires, parce qu'étant déjà sortie des mains de la formatrice, elle n'est plus en eux.

D. Quelle en est la raison précise ?

R. C'est parce que les métaux du vulgaire, principalement l'or, sont abso­lument morts, au lieu que les nôtres au contraire sont absolument vifs et ont esprit.

D. Quelle est la vie des métaux ?

R. Elle n'est autre chose que le feu, lorsqu'ils sont encore couchés dans leurs mines.

D. Quelle est leur mort ?

R. Leur mort et leur vie sont un même principe, puisqu'ils meurent également par le feu, mais un feu de fusion.

D. De quelle façon les métaux sont-ils engendrés dans le ventre de la terre ?

R. Après que les quatre éléments ont produit leur force ou leur vertu dans le centre de la terre, et qu'ils y ont déposé leur semence ; l'archée de la nature, en les distillant, les sublime sur leur surface par la chaleur et l'action d'un mouvement perpétuel.

D. En quoi se résout le vent en se distillant par les pores de la terre ?

R. Il se résout en eau de laquelle naissent toutes choses, et ce n'est plus alors qu'une vapeur humide de laquelle se forme ensuite le principe principié de chaque chose, et qui sert de matière première aux Philosophes.

D. Quel est donc ce principe principié, servant de matière première aux Enfants de la Science dans l'Oeuvre Philosophique ?

R. Ce sera cette même matière, laquelle aussitôt qu'elle est conçue, ne peut absolument plus changer de forme.

D. Saturne, Jupiter, Mars, Vénus, le Soleil, La Lune etc… ont-ils chacun des semences différentes ?

R. Ils ont tous une même semence, mais le lieu de leur naissance a été la cause de cette différence, encore bien que la nature ait bien plutôt achevé son oeuvre en la procréation de l'argent qu'en celle de l'or, ainsi des autres, chacun dans sa propre proportion.

D. Comment se forme l'or dans les entrailles de la terre ?

R. Quand cette vapeur que nous avons dit, est sublimée au centre de la terre, et qu'elle passe par des lieux chauds et purs, et où une certaine graisse de soufre adhère aux parois, alors cette vapeur que les Philosophes ont appelée leur Mercure, s'accommode et se joint à cette graisse qu'elle sublime après avec elle et de ce mélange résulte une certaine onctuosité qui, laissant ce nom de vapeur, prend celui de graisse, et venant après à se sublimer en d'autres lieux, qui ont été nettoyés par la vapeur précédente, et qui ont rendu la terre plus subtile, pure et humide, elle remplit les pores de cette terre, se joint à elle, et c'est alors ce qui produit l'or.

D. Comment s'engendre Saturne ?

R. Quand cette onctuosité ou graisse parvient à des lieux totalement impurs et froids.

D. Comment s'engendre Vénus ?

R. Elle s'engendre alors que la terre est pure, mais mêlée de soufre impur.

D. Quel pouvoir a cette vapeur au centre de la terre ?

R. De subtiliser toujours par son continuel progrès, tout ce qui est cru et impur, attirant successivement avec soi ce qui est impur.

D. Quelle est la semence de la première matière de toutes choses ?

R. La première matière des choses, c'est-à-dire la matière des principes principiants, naît par la nature sans le secours d'aucune semence, c'est-à-dire que la nature reçoit la matière des éléments, de laquelle elle engendre ensuite la semence.

D. Quelle est donc absolument parlant la semence des choses ?

R. La semence en un corps n'est autre qu'un air congelé, ou une vapeur humide, laquelle si elle n'est résoute par une vapeur chaude, devient tout à fait inutile.

D. Cannent la génération de la semence se renferme-t-elle dans le règne métallique ?

R. Par l'artifice de l'archée, les quatre éléments en la première génération de la nature distillent au centre de la terre une vapeur d'eau pondéreuse, qui est la semence des métaux, et s'appelle Mercure, non à cause de son essence, mais à cause de sa fluidité et facile adhérence à chaque chose.

D. Pourquoi cette vapeur est-elle comparée au Soufre ?

R. A cause de sa chaleur interne.

D. Que devient la semence, après la congélation ?

R. Elle devient l'humide radical de la matière.

D. De quel mercure doit-on entendre que les métaux sont composés ?

R. Cela s'entend absolument du Mercure des Philosophes et aucunement du mercure commun ou vulgaire, qui ne peut être une semence, ayant lui-même en soit sa semence corme les autres métaux.

D. Que faut-il donc prendre précisément pour le sujet de notre matière ?

R. On doit prendre la semence seule ou grain fixe, et non pas le corps entier, qui est distingué en mâle vif, c'est-à-dire, Soufre, et femelle vive, c'est-à-dire Mercure.

D. Quelle opération faut-il faire ensuite ?

R. On doit les conjoindre ensemble, afin qu'ils puissent former un germe, d'où ensuite ils arrivent à procréer un fruit de leur nature.

D. Qu'entend donc de faire l'artiste dans cette opération ?

R. L'artiste n'entend faire autre chose, sinon séparer ce qui est subtil de ce qui est épais.

D. A quoi se réduit conséquemment toute la combinaison philosophique ?

R. Elle se réduit à faire d'un deux et de deux un, et rien de plus.

D. Où se trouvent la semence et la vie des métaux et minéraux ?

R. La semence des minéraux est proprement l'eau qui se trouve au centre et au coeur du minéral.

D. Cannent la nature opère-t-elle avec le secours de l'art ?

R. Toute semence, quelle qu'elle soit, est de nulle valeur, si par l'art ou par la nature elle n'est mise en une matrice convenable, où elle reçoit sa vie en faisant pourrir le germe et causant la congélation du point pur ou grain fixe.

D. Comment la semence est-elle ensuite nourrie et conservée ?

R. Par la chaleur de son corps.

D. Que fait donc l'artiste dans le règne minéral ?

R. Il achève ce que la nature ne peut finir, à cause de la crudité de l'air, qui par sa violence a rempli les pores de chaque corps, non dans les entrailles de la terre, mais dans sa superficie.

D. Quelle correspondance ont les métaux entre eux ?

R. Pour bien entendre cette correspondance, il faut considérer la position des planètes, et faire attention que Saturne est la plus haute de toutes, à laquelle succède Jupiter, puis Mars, le Soleil, Vénus, Mercure et enfin la Lune. Il faut observer que les vertus des planètes ne montent pas, mais qu'elles descendent, et l'expérience nous apprend que Mars se convertit facilement en Vénus, et non pas Vénus en Mars, comme étant plus basse d'une sphère, ainsi Jupiter se transmute aisément en Mercure, parce que Jupiter est plus haut que Mercure, celui-là est le second après le firmament, celui-ci est le second au-dessus de la terre, et Saturne le plus haut, la Lune la plus basse, le Soleil se mêle avec tous, mais il n'est jamais amélioré par les inférieurs. On voit clairement qu'il y a une grande correspondance entre Saturne et la Lune, au milieu desquels est le Soleil mais à tous ces changements, le Philosophe doit tâcher d'administrer du Soleil.

D. Quand les Philosophes parlent de l'or ou de l'argent, d'où ils extraient leur matière, entendent-ils parler de l'or ou de l'argent vulgaire ?

R. Non, parce que l'or et l'argent vulgaires sont morts, tandis que ceux des Philosophes sont pleins de vie.

D. Quel est l'objet de la recherche des Philosophes ?

R. C'est la connaissance de l'art de perfectionner ce que la nature a laissé imparfait dans le genre minéral, et d'arriver au trésor de la Pierre Philosophale.

D. Qu'est ce que cette Pierre ?

R. La Pierre Philosophale n'est autre chose que l'humide radical des éléments, parfaitement purifiés et amenés à une souveraine fixité, ce qui fait qu'elle opère de si grandes choses pour la santé, la vie, résidant unique­ment dans l'humide radical.

D. En quoi consiste le secret de faire cette oeuvre admirable ?

R. Ce secret consiste à savoir tirer de puissance en acte le chaud inné, ou le feu de nature enfermé dans le centre de l'humide radical.

D. Quelles sont les précautions qu'il faut prendre pour ne pas manquer l'oeuvre ?

R. Il faut avoir grand soin d'ôter les excréments à la matière, et ne songer qu'à avoir le noyau, ou le centre qui renferme toute la vertu du mixte.

D. Pourquoi cette médecine guérit-elle toutes sortes de maux ?

R. Cette médecine a la vertu de guérir toutes sortes de maux, non pas à raison de ces différentes qualités, mais en tant seulement qu'elle fortifie puissamment la chaleur naturelle, laquelle elle excite doucement, au lieu que les autres remèdes l'irritent par un mouvement trop violent.

D. Comment me prouverez-vous la vérité de l'art à l'égard de la teinture ?

R. Cette vérité est fondée premièrement sur ce que la poudre physique étant faite de la même matière, dont sont forgés les métaux, à savoir l'argent vif, elle a la faculté de se mêler avec eux dans la fusion, une nature embrasant aisément une autre nature, qui lui est semblable. Secondement, sur ce que les métaux imparfaits n'étant tels que parce que leur argent vif est crud, la poudre physique, qui est un argent vif mûr et cuit, et proprement un feu pur, leur peut aisément communiquer sa propre maturité et les transmuter en sa nature, après avoir fait attraction de leur humide crud, c'est-à-dire de leur argent vif, qui est la seule substance qui se transmue, le reste n'étant que des scories et des excréments, qui sont rejetés dans la projection.

D. Quelle route doit suivre le Philosophe pour parvenir à la connaissance et à l'exécution de l'oeuvre physique ?

R. La même route que le Grand Architecte de l'Univers employa à la création du inonde, en observant cannent le chaos fut débrouillé.

D. Quelle était la matière du chaos ?

R. Ce ne pouvait être autre chose qu'une vapeur humide, parce qu'il n'y a que l'eau entre les substances créées qui se termine par un terme étranger, et qui soit un véritable sujet pour recevoir les formes.

D. Donnez-moi un exemple de ce que vous venez de déclarer.

R. Cet exemple peut se prendre des productions particulières des mixtes, dont les semences commencent toujours par se résoudre en une certaine humeur, qui est le chaos particulier, duquel ensuite se tire comme par irradiation toute la forme de la plante. D'ailleurs il faut observer que l'écriture ne fait mention en aucun endroit, d'autre chose que de l'eau pour sujet matériel, sur lequel l'esprit de Dieu était porté, et la lumière pour forme universelle.

D. Quel avantage le Philosophe peut-il tirer de cette réflexion, et que doit-il particulièrement remarquer dans la matière dont l'Etre suprême créa le inonde ?

R. D'abord, il observera la matière dont le inonde a été créé, il verra que de cette masse confuse, le souverain Artiste commença par faire l'extrac­tion de la lumière, qui dans le même instant dissipa les ténèbres qui couvraient la surface de la terre, pour servir de forme universelle à la matière. Il concevra ensuite facilement que dans la génération de tous les mixtes, il se fait une espèce d'irradiation, et une séparation de la lumière d'avec les ténèbres, en quoi la nature est perpétuellement imitatrice de son créateur, le Philosophe comprendra pareillement corme par l'action de cette lumière se fit l'étendue, ou autrement le firmament séparateur des eaux d'avec les eaux : le ciel fut ensuite orné de corps lumineux, mais les choses supérieures étant trop éloignées des inférieures, il fut besoin de créer la lune, corme flambeau intermédiaire entre le haut et le bas, laquelle après avoir reçu les influences célestes, les communique à la terre ; le Créateur rassemblant ensuite les eaux, fit apparaître le sec.

D. Combien y a-t-il de cieux ?

R. Il n'y en a proprement qu’un : à savoir, le firmament séparateur des eaux d'avec les eaux ; cependant, on en admet trois. Le premier, qui est depuis le dessus des nues, où les eaux raréfiées s'arrêtent et retombent jusqu'aux étoiles fixes, et dans cet espace sont les planètes et les étoiles errantes. Le second, qui est le lieu même des étoiles fixes, le troisième, qui est le lieu des eaux sur-célestes.

D. Pourquoi la raréfaction des eaux se termine-t-elle au premier ciel, et ne monte-t-elle pas au delà ?

R. Parce que la nature des choses raréfiées est de s'élever toujours en haut, et parce que Dieu, dans ses lois éternelles, a assigné à chaque chose sa propre sphère.

D. Pourquoi chaque corps céleste tourne-t-il invariablement comme autour d'un axe sans décliner ?

R. Cela ne vient que du premier mouvement qui lui a été imprimé, de même qu'une masse pesante mise en balan et attachée à un simple fil, tournerait toujours également, si le mouvement était toujours égal.

 

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Notice sur le Semita semitae, le Chemin du Chemin (1303)

Publié le 3 Janvier 2013 par Arnaud de Villeneuve dans Alchimie

 Ici commence le Chemin du Chemin traité court, bref, succinct, utile à qui le comprendra. Les chercheurs habiles y trouveront une partie de la Pierre végétale que les autres Philosophes ont cachée avec soin. 

Père vénérable, prête-moi pieusement l'oreille.  Apprends que le Mercure est le sperme cuit de tous les métaux ; sperme imparfait, quand il sort de la terre, à cause d'une certaine chaleur sulfureuse.  Suivant son degré de sulfuration, il engendre les divers métaux dans le sein de la terre.  Il n'y a donc qu'une seule matière première des métaux, suivant une action naturelle plus ou moins forte, suivant le degré de cuisson, elle revêt des formes différentes.  Tous les Philosophes sont d'accord sur ce point.  En voici la démonstration: Chaque chose est composée des éléments en lesquels on peut la décomposer.  Citons un exemple impossible à nier et facile à comprendre: la glace à l'aide de la chaleur se résout en eau, donc c'est de l'eau, Or tous les métaux se résolvent en Mercure ; donc ce Mercure est la matière première de tous les métaux.  J'enseignerai plus loin la manière de faire cette transmutation, détruisant ainsi l'opinion de ceux qui prétendent que la forme des métaux ne peut être changée.  Ils auraient raison si l'on ne pouvait réduire les métaux en leur matière première, mais je montrerai que cette réduction en la matière première est facile et que la transmutation est possible et faisable.  Car tout ce qui naît, tout ce qui croît, se multiplie selon son espèce, ainsi les arbres, les hommes, les herbes.  Une graine peut produire mille autres graines.  Donc il est possible de multiplier les choses à l'infini.  D'après ce qui précède, celui qui analyse les choses verra que si les Philosophes ont parlé d'une façon obscure, ils ont dit du moins la vérité.  Ils ont dit en effet que notre Pierre a une âme, un corps et un esprit, ce qui est vrai.  Ils ont comparé son corps imparfait au corps, parce qu'il est sans puissance par lui-même ; ils ont appelé l'Eau un esprit vital, parce qu'elle donne au corps, imparfait en soi et inerte, la vie qu'il n'avait pas auparavant et qu'elle perfectionne sa forme.  Ils ont appelé le ferment âme, car ainsi qu'on le verra plus loin, il a aussi donné la vie au corps imparfait, il le perfectionne et le change en sa propre nature.

 

Le philosophe dit: « Change les natures et tu trouveras ce que tu cherches. » Cela est vrai.  Car dans notre magistère nous tirons d'abord le subtil de I'épais, l'esprit du corps, et enfin le sec de l'humide, c'est-à-dire la terre de l'Eau, c'est ainsi que nous changeons les natures ; ce qui était en bas nous le mettons en haut, de sorte que l'esprit devient corps, ensuite le corps devient esprit.  Les philosophes disent encore que l'on fait notre Pierre d'une seule chose et avec un seul vaisseau ; et ils ont raison.  Tout notre magistère est tiré de notre Eau et ils se fait avec elle.  Elle dissout les métaux eux-mêmes, mais ce n'est pas en se changeant en eau de la nuée, comme le croient les ignorants.  Elle calcine et réduit en terre.  Elle transforme les corps en cendres, elle incinère, blanchit et nettoie, selon ce que dit Morien :« L'Azoth et le feu nettoient le Laiton, c'est-à-dire le lavent et lui enlèvent complètement sa noirceur. » Le laiton est un corps impur, l'azoth c'est l'argent-vif.

 

Notre Eau unit des corps différents entre eux, s'ils ont été préparés comme il vient d'être dit ; cette union est telle que ni le feu ni aucune autre force ne peut les séparer par la combustion de leur principe igné.  Cette transmutation subtilise les corps, mais ce n'est pas là la sublimation vulgaire des simples d'esprit, des gens sans expérience, pour lesquels sublimer c'est élever.  Ces gens-là prennent des corps calcinés, les mêlent  aux esprits sublimables, c'est-à-dire au mercure, à l'arsenic, au soufre etc., et ils subliment le tout à l'aide d'une forte chaleur.

 

Les corps calcinés sont entraînés par les esprits et ils disent qu'il sont sublimés. Mais quelle n'est pas leur déception, quand ils trouvent des corps impurs avec leurs esprits plus impurs qu'auparavant!  Notre sublimation ne consiste pas à élever ; la sublimation des Philosophes est une opération qui fait d'une chose vile et corrompue (par la terre) une autre chose plus pure, De même quand l'on dit communément : Un tel a été élevé à l’Episcopat... par « élevé » on entend qu'il a été exalté et placé dans une position plus honorable.  De même nous disons que les corps ont changé de nature, c'est-à-dire qu'ils ont été exaltés, que leur essence est devenue plus pure ; on voit donc que sublimer est la même chose que purifier ; c'est ce que fait notre Eau.

 

C'est ainsi que l'on doit entendre notre sublimation philosophique sur laquelle beaucoup se sont trompée.

 

Or, notre Eau mortifie, illumine, nettoie et vivifie ; elle fait d'abord apparaître les couleurs noires pendant la mortification du corps, puis viennent des couleurs nombreuses et variées, et enfin la blancheur.  Dans le mélange de l'Eau et du ferment du corps, c'est-à-dire du corps préparé, une infinité de couleurs apparaissent.

C'est ainsi que notre Magistère est tiré d'un, se fait avec un, et il se compose de quatre et trois sont en un.

 

Apprends encore, Père vénérable, que les philosophes ont multiplié les noms de la Pierre mixte pour la mieux cacher.  Ils ont dit qu'elle est corporelle et spirituelle, et ils n'ont pas menti, les Sages comprendront.  Car elle a un esprit et un corps ; le corps est spirituel seulement dans la solution et l'esprit est devenu corporel par son union avec le corps.  Les uns l'appellent ferment, les autres Airain.

Morien dit: « La science de notre Magistère est comparable en tout à la procréation de l'homme.  Premièrement, le coït.  Secondement, la conception.  Troisièmement, l'imbibition.  Quatrièmement, la naissance.  Cinquièmement, la nutrition ou, alimentation. » je vais t'expliquer ces paroles.  Notre sperme qui est le Mercure, s'unit à la terre, c'est-à-dire au corps imparfait, appelé aussi Terre-Mère (la terre étant la mère de tous les éléments).  C'est là ce que nous entendons par le coït.

Puis lorsque la terre a retenu en soi un peu de Mercure, on dit qu'il y a conception.  Quand nous disons que le mâle agit sur la femelle, il faut entendre par là, que le Mercure agit sur la terre.  C'est pourquoi les Philosophes ont dit que notre magistère est mâle et femelle et qu'il résulte de l'union de ces deux principes.

Après l'adjonction de l'Eau, c'est-à-dire du Mercure, la terre croît et augmente en blanchissant on dit alors qu'il y a imbibition.  Ensuite, le ferment se coagule, c'est-à-dire qu'il se joint au corps imparfait, préparé comme il a été dit, jusqu'à ce que sa couleur et son aspect soient uniformes, c'est la naissance, parce qu'à ce moment apparaît notre Pierre que les Philosophes ont appelée : le Roi, comme il est dit dans la Tourbe « Honorez notre Roi sortant du feu, couronné d'un diadème d'or ; obéissez-lui jusqu'à ce qu'il soit arrivé à l'âge de la perfection, nourrissez-le jusqu'à ce qu'il soit grand.  Son père est le Soleil, sa mère est la Lune ; la Lune c'est le corps imparfait.  Le Soleil c'est le corps parfait. »

Cinquièmement et en dernier lieu vient l'alimentation, plus il est nourri, plus il s'accroît.  Or, il se nourrit de son lait, c'est-à-dire du sperme qui l'a engendré au commencement. il faut donc l'imbiber de Mercure, jusqu'à ce qu'il en ait bu deux parties, ou plus si c'est nécessaire.

 

S'ENSUIT MAINTENANT LA PRATIQUE

 

Passons maintenant à la pratique, comme je l'ai annoncé plus haut.  Et d'abord tous les corps doivent être ramenés à la matière première pour rendre la transmutation possible.  Je vais ici te démontrer tout ce qui a été dit plus haut. je te prie donc, ô mon fils, de ne pas dédaigner ma Pratique, parce qu'en elle se cache tout notre Magistère, comme je I'y ai vu dans ma foi occulte.

 

Prends une livre d'Or, réduis-la en limaille très-brillante, mêle-la avec quatre parties de notre Eau purifiée, en la broyant et en  l'incorporant avec un peu de sel et de vinaigre, jusqu'à ce que le tout soit amalgamé.  L'or avant donc été bien amalgamé, mets-le dans une grande quantité d'Eau-de-vie, c'est-à-dire de Mercure et mets-le tout dans l'Urinal sur notre centre purifié ; fais au-dessous un feu très-lent pendant un jour entier ; laisse alors refroidir, et quand ce sera froid, prends l’Eau et tout ce qui est avec, filtre à travers une toile de lin, jusqu'à ce que la partie liquide ait passé à travers le Linge.  Mets à part ce qui restera sur le linge, recueille-le et l'ayant mis dans une nouvelle quantité d'Eau bénite dans le même vase que ci-dessus, chauffe un jour entier, puis filtre comme précédemment.  Recommence ainsi jusqu'à ce que tout le corps soit converti en Eau, c'est-à-dire en la matière première qui est notre Eau.

Ceci fait, prends toute cette Eau, mets-la dans un vase de verre et cuis à feu lent jusqu'à ce que tu voies la noirceur apparaître à sa surface ; tu enlèveras les particules noires avec adresse.  Continue jusqu'à ce que tout le corps soit changé en une terre pure.  Plus tu recommenceras cette opération et mieux cela vaudra. Recuis donc, en enlevant la noirceur, jusqu ' à ce que les ténèbres aient disparu, et que l'Eau, c'est-à-dire notre Mercure, apparaisse brillante.  C'est alors que tu auras la Terre et l'Eau.

Ensuite prends toute cette terre, c'est-à-dire la noirceur que tu as recueillie ; mets-la dans un vaisseau de verre, verse par-dessus de l'Eau Bénite, en sorte que rien ne dépasse la surface de l’eau, que rien ne surnage ; et chauffe à feu léger pendant dix jours ; puis broye et remets de nouvelle Eau ; recuis la terre ainsi coagulée et épaissie sans ajouter d'eau.  Cuis enfin à feu violent toujours dans le même vase, jusqu'à ce que la terre devienne blanche et brillante.

Ayant donc blanchi et coagulé notre terre, prends l'Eau de vie qui a été épaissie à l'aide d'une légère chaleur par la terre coagulée, cuis-la à un feu violent dans une bonne cucurbite munie de son chapiteau, jusqu'à ce que tout ce qu'il y a d'Eau dans le mélange ait passé dans le récipient et que la terre calcinée reste dans la cucurbite.  Prends alors trois parties pour quatre d'un ferment, c'est-à-dire que si tu as pris une livre du corps imparfait ou d'or, tu prendras trois livres de ferment, c'est-à-dire de Soleil ou de Lune.

 

Il te faudra d'abord dissoudre ce ferment, le réduire en terre et répéter en un mot les mêmes opérations que pour le corps imparfait.  Alors seulement tu les uniras, tu les imbiberas avec l'Eau qui a passé dans le récipient, et tu cuiras pendant trois jours ou plus.  Imbibe de nouveau, recuis et recommence cette opération jusqu'à ce que ces deux corps restent unis, c'est-à-dire ne fassent plus qu'un.  Tu pèseras.  Leur couleur n'aura pas changé.  Alors tu versera sur eux l’Eau déjà nommée, peu à peu, jusqu'à ce qu’ils n'en absorbent plus.  Dans cette union des corps, ]'Esprit s'incorpore à eux et comme ils ont été purifiés, il se change en leur propre nature.  C'est ainsi que le germe se transforme dans les corps purifiés, ce qui n'aurait pas eu lieu auparavant à cause de leur grossièreté et de leurs impuretés.  L'esprit croît en eux, il augmente et se multiplie.

 

RÉCAPITULATION

 

Maintenant, Père vénérable, je reviendrai sur ce que j'ai dit en l'appliquant aux préparations des Philosophes anciens et à leurs enseignements si obscurs, si incompréhensibles.  Cependant pèse les paroles des Philosophes, tu comprendras et tu avoueras qu'ils ont dit la vérité.

La première parole de notre Magistère où de L'Oeuvre est la réduction du Mercure (le corps), c'est-à-dire la réduction du cuivre ou d'un autre métal en Mercure.  C'est ce que les Philosophes appellent la solution, qui est le fondement de l'Art, comme le dit Franciscus: « Si vous ne dissolvez les corps, vous travaillez en vain.» C'est de cette solution de laquelle parle Parménide dans la Tourbe des Philosophes.  En entendant le mot de solution, les ignorants pensent de suite à l'Eau des nuées.  Mais s'ils avaient lu nos livres, s'ils les avaient compris, ils sauraient que, notre Eau est permanente, et que séparée de son corps elle devient dès lors immuable, Donc la solution des Philosophes n'est pas l'Eau de la nuée, mais c'est la conversion des corps en Eau de laquelle ils ont d'abord été procréés, c'est-à-dire en Mercure.  De même la glace se change en l'eau qui lui avait d'abord donné naissance.

Voici donc que par la grâce de Dieu tu connais le premier élément qui est l'Eau et la réduction de ce même Corps en la matière première. 

La seconde parole est « Ce qui se fait de la terre ». C'est ce que les Philosophes ont dit. « L'Eau sort de la terre. » Tu auras ainsi le second élément qui est la terre.

La troisième parole des Philosophes est la purification de la Pierre.  Morien dit à ce sujet: « Cette Eau se putréfie et se purifie avec la terre, etc. » Le Philosophe dit: « Unis le sec à l'humide ; or, le sec c'est la terre, 1'humide c'est l'Eau. » Tu auras déjà l'Eau et la terre en elle-même et la terre blanchie avec l'Eau.

La quatrième parole est que l'Eau peut s'évaporer par la sublimation ou l'ascension. Elle redevient aérienne en se séparant de la terre avec laquelle elle était auparavant coagulée et jointe ; et tu auras ainsi la Terre, l'Air et l'Eau.  C'est ce que dit le Philosophe dans la Tourbe: « Blanchissez-le et sublimez à un feu vif jusqu'à ce qu'il s'échappe un esprit qui est le Mercure.  C'est pour cela qu'on l'appelle oiseau d'Hermès et poulet d'Hermogène. » Vous trouverez au fond une terre calcinée, c'est une force ignée, c'est-à-dire de nature ignée.

Tu auras donc les quatre éléments, la terre, le feu et cette terre calcinée qui est la poudre dont parle Morien. « Ne méprise pas la poudre qui est au fond parce qu'elle est dans un lieu bas.  C'est la terre du corps, c'est ton sperme et en elle est le couronnement de I'Oeuvre.

Ensuite avec la terre susdite mets le ferment, ce ferment que les Philosophes appellent l'âme: et voici pourquoi: de même que le corps de 1'homme n'est rien sans son âme, de même la terre morte ou corps immonde n'est rien sans ferment, c'est-à-dire sans son âme.

Car le ferment prépare le corps imparfait, le change en sa propre nature comme il a été dit.  Il n'y a pas d'autres ferments que le Soleil et la Lune, ces deux planètes voisines se rapprochant par leurs propriétés naturelles.  C'est ce qui fait dire à Morien: « Si tu ne 1aves pas, si tu ne blanchis pas le corps immonde et que tu ne lui donnes pas d'âme, tu n'auras rien fait pour, le Magistère.  L'esprit est alors uni à l'âme et au corps, il se réjouit avec eux et se fixe.  L'eau s'altère, et ce qui était épais devient subtil. »

 

Voici ce que dit Astanus dans la Tourbe des Philosophes: « L'esprit ne se joint aux corps que lorsque ceux-ci ont été parfaitement purifiés de leurs impuretés.  Dans cette union apparaissent les plus grands miracles, car toutes les couleurs imaginables se montrent alors et le corps imparfait prend d'après Barsen la couleur du ferment, tandis que le ferment lui-même demeure inaltéré, 

0 Père plein de piété, que Dieu augmente en toi l'esprit d'intelligence pour que tu pèses bien ce que je vais dire: les éléments ne peuvent être engendrés que par leur propre sperme. Or ce sperme c'est le Mercure.  Considère l'homme qui ne peut être engendré qu'à l'aide du sperme, les végétaux qui ne peuvent naître que d'une semence, autant qu'il en faut pour la génération et la croissance.

Il en est, qui croyant faire pour le mieux, subliment le Mercure, le fixent, l'unissent à d'autres corps, et cependant ils ne trouvent rien. Voici pourquoi: un sperme ne peut changer, il reste tel qu'il était ; et il ne produit son effet que lorsqu'il est porté dans la matrice de la femme.  C'est pourquoi le Philosophe Mechardus dit: « Si notre Pierre n'est pas mise dans la matrice de la femelle, afin d'y être nourrie, elle ne s'accroîtra pas. 

O mon Père, te voilà donc selon ton désir, en possession de la Pierre des Philosophes. 

Gloire à Dieu. Ici se termine le petit traité d'Arnauld de Villeneuve, donné au pape, Benoît XI, en l'an 1303

 

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Le Grand Oeuvre

Publié le 3 Janvier 2013 par X dans Alchimie

Les réactions, les transmutations ne sont pas ignorées de nos savants qui, à Saclay, à l´aide de pile atomique, changent le radium en plutonium, et peuvent changer du plomb en or.

Pour parvenir à ces fins, l´énergie prodiguée est à la fois phénoménale et dangereuse et le résultat obtenu dérisoire.
Il ne faut pas oublier que ce sont des centaines de milliards de francs lourds que nous coûte l´énergie nucléaire - résultat d´une transmutation - n´en déplaise à nos chercheurs du C.N.R.S.

L´Alchimiste, dans son laboratoire qui n´est souvent qu´une cuisine, parvient aux mêmes résultats pour quelques billets de cent francs.
J´entends déjà le rire homérique que va déclencher cette affirmation, par ailleurs vérifiable, et les dénégations méprisantes des savants de service.

L´on va me rétorquer la rentabilité des centrales nucléaires, le prix de revient du kw/h... que sais-je encore ?
Un peu de réflexion, quelques calculs me permettent d´affirmer qu´en ce qui concerne cette énergie qui défie toute concurrence, n´entrent pas en ligne de compte, l´énorme investissement qu´a nécessité Pierrelatte et les budgets qu´absorbent les centres de recherche fondamentale.
Tout est calculé comme si le plutonium était gratuit et la recherche bénévole... Les impôts que nous payons et dont une grande partie subventionne C.N.R.S. et C.E.A. et a permis la construction de centrales et d´usines de traitement, sont à ajouter au prix de revient.
Ne nous leurrons pas ! L´électricité d´origine nucléaire n´est qu´un sous-produit de la bombe, objectif premier, industrie de destruction et de mort.
Si recherches et applications nucléaires étaient abandonnées, la libération des capitaux pourrait absorber une grande partie du chômage et l´énergie solaire que l´on condamne, parce que trop coûteuse, reviendrait, quand même, deux ou trois fois moins cher au contribuable.

Poursuivons notre démonstration :
Si l´on essaie d´éteindre une bougie avec un canon de 320 mm, vous pouvez être sûrs du résultat escompté ! Pour être éteinte, la bougie le sera.
Projectile ? Souffle ? Eclats d´obus ? Gravats descendus du plafond ? ( on pouvait, plus simplement souffler dessus!).
Ce n´est, bien sûr, qu´une hypothèse absurde, mais l´énergie dépensée serait tellement énorme pour le résultat obtenu, que l´on serait tenté de crier au fou...
C´est pourtant ce que font nos savants qui manipulent l´atome.
Sans parler, et je me répète volontairement, des déchets considérables qui commencent à s´accumuler - car, avec cette science balbutiante, l´on gaspille beaucoup de matière - et qu´on abandonne aux générations à venir avec le soin de les neutraliser et de s´en défaire !
Il n´y aura pas de Chevaliers de l´Apocalypse...

L´Alchimie n´est pas la recherche du néant, mais de la vie.
Aussi, ce n´est pas en détruisant que l´on peut espérer survivre, mais en construisant, comme l´Univers l´a été.

A présent, parlons du
Grand OEuvre :

Nous avons étudié précédemment les matériaux qui entrent dans sa composition et révélé la fabrication du soufre, du sel, du mercure alchimiques. Et la lente préparation de chacun des corps nécessaires à l´opération finale est, déjà, une initiation.
Ces éléments essentiels constituent individuellement tout un monde, mais ouvrent, à eux trois les portes d´un autre monde, comme ces éléments dispersés qu´il faut retrouver et réunir pour avoir accès au trésor perdu.
Trinité philosophale, ils symbolisent tout notre système planétaire ainsi que notre terre, sa structure et sa vie.
Ils sont les trois principes de vie issus de Dieu et retracentVoie rapide, la lente évolution de notre planète et des métaux qu´elle contient.
L´homme est là pour regarder, constater et attendre.

Le but final de l´opération alchimique est l´or.
Parce qu´il est un terminus et qu´on ne peut aller plus loin, au-delà de lui.
La transmutation s´arrête là.
Lui succèdent le néant et la mort.
Aussi, est-ce avant cette étape finale qu´il faut chercher et trouver le salut et l´espérance.

Ceux d´entre vous qui s´engagent sur la voie de l´or le peuvent. Mais je les avertis qu´ils entreprennent un périple en tout point semblable à celui de Saint Jacques de Compostelle.
S´ils parviennent à fabriquer de l´or, après avoir compris le sens de leur démarche, après avoir mûri tout au long des étapes pour parvenir au stade de l´Adepte, bénis soient-ils.
Mais, si c´est l´appât de l´or, la convoitise, la volonté de puissance qui les animent, la mort sera au rendez-vous, tant physique que spirituelle.

Le pèlerin qui prenait le chemin de Compostelle, avec, pour tout bagage, le souhait, le vœu que le Saint pouvait exaucer, devait, avant d´arriver à Saint-Jacques, obtenir la guérison escomptée et achever son périple pour rendre grâces.
Si rien ne se produisait le long de la route, le moribond de corps ou d´esprit arrivait à Saint Jacques pour y mourir, n´ayant pas su trouver, au fil des étapes, les puits, la source, qui jalonnent le trajet et dispensent la vie...

Je mets en garde les apprentis du Grand Œuvre.
L´Alchimiste est un " malade " qui s´engage sur la Voie Royale et qui doit obtenir sa guérison avant d´avoir atteint l´étape finale.

A la fin d´un cycle, d´une ère, il est permis de dévoiler la Voie Royale, et c´est au long de ce chemin que l´adepte doit trouver une autre voie, plus obscure, plus vivante, plus juste, qui chemine parallèlement à l´autre, l´élargit et où il doit s´accomplir pour les autres et non plus uniquement pour lui-même.

Cela dit, la mise en garde faîte, abordons à présent:

La Méthode de Préparation proprement dite :

Le problème crucial est la quantité à traiter car on ne peut produire de quantité importante à ce stade : c´est très dangereux, car les masses critiques sont très petites !
Mais on peut mettre en chantier plusieurs opérations à la fois. Si on utilise des quantités trop importantes, on court le risque de perdre les produits utilisés et de les voir se volatiliser dans une explosion spectaculaire car les matières naturellement instables le sont d´autant plus par la réaction interne des produits.

La matière, dans l´Œuf Philosophal, ne doit pas avoir beaucoup d´épaisseur, car la source de lumière doit baigner la plus grande surface possible du plus petit volume.

En résumé, le récipient doit avoir la forme d´un œuf, forme qui résiste le mieux aux variations et aux pressions internes. Et le produit à traiter sera utilisé en petite quantité afin que la masse critique ne soit pas atteinte et qu´elle puisse bénéficier du maximum de lumière.
Le volume du produit ne doit pas dépasser le 1/8ème du volume du récipient.
On pourra cercler l´œuf pour renforcer sa paroi, augmenter sa résistance. L´armature doit être discrète, pour ne pas s´interposer entre la lumière et la matière contenue dans l´œuf.

Les Proportions des Différents Matériaux entrant dans l'OEuf :


Les proportions sont les sont les suivantes :
Pour une part de soufre, deux parts de mercure et trois parts de sel.
Le tout doit être réduit dans un mortier de porcelaine, le plus finement possible avant d´être introduit dans l´œuf qui peut être de cristal ou de verre épais, mais dans la composition desquels ne doivent entrer ni le plomb, ni l´antimoine.
Il faut, avant de sceller le récipient, faire le vide le plus poussé, puis on ferme l´œuf en obturant l´ouverture au chalumeau.

L´œuf est prêt à être mis dans la couveuse et la phase finale commence enfin. L´élixir que nous recherchons, appelé aussi poudre de projection, est l´opération la plus fastidieuse et la plus critique; les composants constituent une véritable bombe qu´il ne faut pas faire exploser.

Le contrôle du récipient et de la température doit être constant. Pour cela, il faut utiliser un feu réglable et construire un atanor.

Les anciens se servaient d´un bain de sable, chauffé par une lampe à huile. Les parois de l´atanor étaient blanchies, munies d´un système à miroirs pour que la flamme de la lampe puisse éclairer toute la surface du produit ainsi que les vapeurs qui jouent un rôle déterminant.

L´atanor est devenu, de nos jours, four à réverbère, c´est-à-dire que chaleur et lumière sont réfléchies sur l´œuf et son contenu. Les rayons seront polarisés sans flammes visibles et directes. Ce procédé permet d´éviter des points de chauffe et, surtout, toute réaction trop vive et trop rapide.
Il faudra réserver dans ce four une ouverture pour pouvoir observer le récipient sur toute sa surface.
La température, au commencement de l´opé ration, sera de 40°, température de l´œuf.
La réaction interne fera monter la température et il faudra veiller à ce que la chaleur résultante des deux sources externe et interne n´excède pas 40°.

Les premiers jours, des vapeurs sombres vont se former dans l´œuf, résultat du mercure en travail qui se décompose, puis va apparaître une pluie de sang le long des parois, puis un jaillissement de petites étincelles qui proviennent de la réduction du potassium. Enfin, la matière deviendra noire comme du goudron, c´est le début de la putréfaction, L´Œuvre au Noir.

On pourra ensuite, au bout d´un mois seulement, laisser monter la température jusqu´à 50°.
La matière va se boursoufler, elle gonflera comme une pâte au levain : c´est ce que les Alchimistes appellent " la pâte du boulanger ". Elle sera de couleur grise, mais changera plusieurs fois et de consistance et de couleur pour virer au blanc.

Ensuite, elle se parera de couleurs irisées, c´est l´arc-en-ciel, le paon des vieux grimoires.
Arrivé à ce stade là, sans encombre, on peut considérer que le plus gros du travail a été fait ; et cette étape aura duré un mois.

On augmentera la température jusqu´à 60° et la pâte deviendra jaune. Quand la couleur sera parfaitement uniforme, on peut pousser jusqu´à 80° et la couleur va virer au rouge.
Il faudra maintenir cette température pendant un mois encore. Après avoir gonflé comme un soufflé, la matière s´affaissera sur elle-même, s´effritera et deviendra granuleuse comme un sable, d´une belle couleur de rubis.

Quand on cassera l´œuf, on recueillera l´Elixir de Vie.
La poudre de projection qui, pour certains, est une fin, et pour d´autres, un commencement.

Le produit récupéré doit être conservé à l´abri de l´air de l´eau.

source :
http://60gp.ovh.net/~yakaasso/yaka/alchimie/az_gd_oeuv.php

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Le parcours de l'Alchimiste

Publié le 2 Janvier 2013 par X dans Alchimie

L´Alchimie matérielle comme l´Alchimie spirituelle résulte d´un principe unique :
L´épreuve engendre la Vie.
L´épreuve étant considérée ici comme un travailreconnu et utile.

Depuis son origine, la Vie s´est organisée par suite logique, mais sans compréhension de sa propre existence, un travail engendrant un autre travail.

La compréhension fait que l´on maîtrise son évolution lorsque l´on a effectué tous les chemins de la Connaissance.

Les premiers atomes, les premières molécules sont apparues en fonction d´une progression logique et d´une possibilité d´existence.
L´apparition des êtres vivants depuis le bas de l´échelle jusqu´à l´être humain s´est faite selon ce principe ; ne purent se développer que les espèces dont l´adaptation au milieu, était la plus favorable. A l´opposé, les espèces insuffisamment adaptées, parce qu´arrivées au bout de leurs possibilités évolutives, s´effaçaient du processus de la Vie.

Dans l´évolution, qu´elle soit physique ou mentale, le Désir est la Loi fondamentale. Il amène automatiquement une perfection et une mutation depuis l´être simple jusqu´à l´être parfait.

En cette fin de XXème siècle, en cette fin de civilisation, il convient de définir, pour celui qui veut vivre, les raisons de sa non progression.
Pour cela, il faut qu´il voit et qu´il comprenne ce qui se passe en lui et autour de lui, il lui faut faire œuvre d´Alchimiste, distinguer ce qui appartient à la Vie et qui ce appartient à la Mort.
La société a fabriqué par tâtonnement une sorte de perfection qu´elle espère retrouver dans un ordinateur !
Vue d´avion, une ville illustre la complexité et la fragilité de la société : Agglomération, où tout un réseau de voitures s´arrête au feu rouge, où les réflexes des gens sont conditionnés par une couleur.
Quoiqu´on dise, nous avons réalisé à l´échelle planétaire la copie d´un ordinateur de poche. Pour qu´il soit viable et rentable, on l´a construit suivant un mode d´utilisation et de fonctionnement de notre époque, qui impose une mise en carte préalable pour obtenir la réponse.
L´homme devient un robot mécanique complètement programmé par la société : malheureusement, il est lui-même, l´information, la donnée principale, que l´on introduit dans l´ordinateur !

C´est très joli une ville vue d´avion, mais il suffit d´une panne de courant pour que tout disparaisse ! C´est très éphémère et ça n´a pas de sens.
C´est la mort !
Plus la société grandit, plus l´automatisme devient indispensable,jusqu´au moment où la Liberté sera considérée comme un fléau.
L´homme ayant un désir de liberté sera jugé asocial et il lui faudra disparaître.

L´Alchimie, c´est de retrouver la Liberté.
La liberté de forger sa propre opinion, elle n´a jamais pu exister, car, depuis l´enfance, les parents, les maîtres, notre culture, la société, ont été les seules références.
Organisées dans le but initial de permettre l´épanouissement de l´homme, les sociétés humaines développent aujourd´hui des carcans où toute initiative personnelle est exclue.
Tout est planifié, organisé, codifié.
Nous connaissons déjà l´automatisation dans le domaine de l´orientation scolaire et professionnelle.
La prévention des malformations congénitales va vers la sélection génétique. La lutte contre la stérilité qui s´installe à travers le monde va amener les politiciens et les médecins à développer des cliniques d´insémination artificielle ; Et pourtant, cette stérilité ne devrait pas être combattue... elle est un signe de survie.

Des scientifiques, se sont rendus compte, à partir de différentes expérimentations sur les rats notamment, que l´apparition du phénomène de stérilité au sein d´une population trop abondante était un signal d´alarme dont il fallait tenir compte.
Ainsi, des rats, observés dans un territoire limité, dans des conditions où ils peuvent se reproduire, tout en disposant de nourriture et d´hygiène, font apparaître en cascade, des évènements comparables à ceux que connaissent les hommes aujourd´hui :
- Au début tout se passe bien, les rats vivent en bonne harmonie les uns avec les autres...´
- Puis lorsqu´un certain nombre est atteint, des clans vont se former et vont se partager le territoire, ils se battront alors pour le préserver.
- Apparaît la hiérarchie, le chef de clan, ses acolytes, les sanctions, les règles.
- Le nombre augmentant, les combats vont devenir de plus en plus féroces, mortels, entre clans d´abord, puis entre membres du même clan.
- Les maladies se développent ensuite pour rétablir un certain équilibre. Si l´expérimentateur arrive à soigner et limiter ces maladies, le nombre de rats continue à croître, certains d´entre eux deviendront fous et ils seront massacrés par leurs congénères.
- Pour essayer de régulariser le tout, la stérilité apparaîtra aussi bien chez les femelles que chez les mâles et elle se développera de plus en plus.
Si la correction de l´excès démographie n´a pas lieu à temps, les rats cesseront tous de se reproduire et mourront jusqu´au dernier.

Aujourd´hui, l´homme et la femme deviennent stériles et ce, à travers le monde entier. Ce phénomène que l´on croyait localisé aux pays de culture occidentale s´étend en fait sur toute la terre et touche des pays comme l´Inde et la Chine, réputés jusqu´ici pour leur taux élevé de natalité.

Ce mécanisme naturel de régulation de l´espèce humaine est une nécessité vitale pour nous.
Nous sommes beaucoup trop nombreux sur la Terre : l´homme a déjà presque tout détruit et amène seul, sa propre destruction.
C´est le surnombre qui est la cause majeure de tous les maux :
- Sociétés de plus en plus contraignantes,
- Saccage de la nature, pollution de tous les éléments,
- Robotisation de l´être humain....etc
L´augmentation de la stérilité jusqu´au retour à un taux normal de population, s´impose... Si notre expansion s´accroît encore, quel autre moyen allons nous inventer pour la faire chuter ?
- Guerre atomique ?
- Suicide collectif par la pollution ?
- Folie ou cancer ?..

Il faut que l´homme réalise qu´on ne peut justifier une vie d´être humain sur les critères de famille, loisirs, travail et retraite.
Il est indispensable qu´il se rende compte du danger que représente cette uniformisation, pour lui-même et pour la Vie en général.

Ce qui fait la richesse de l´homme, c´est ce qui le rend différent des autres, ces différences qui dans la société sont soigneusement codifiées par les lois et la bienséance.
Un jeune élève qui résoudra un problêrne de mathématiques d´une façon originale et personnelle verra sa solution refusée parce qu´elle n´est pas celle que le professeur apprend !
Il faut penser comme convenu et pas autrement.
L´imagination, l´originalité de penser sont impitoyablement refoulées. Imagination d´ailleurs totalement absente du savoir rigide des chercheurs patentés, diplômés, certifiés, seuls habilités à chercher et à trouver, ce qui est tout de même un comble.

Faire oeuvre d´Alchimiste, c´est ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure voir ce que l´homme et sa civilisation en ont fait ; voir l´impossible, la logique mortelle de nos sociétés, pour redéfinir laVérité, le Possible et la Vie.

L´Alchimiste redécouvre l´Esprit, après être descendu dans la matière, une fois qu´en est comprise la stricte nécessité de l´épreuve.

Cette compréhension permet d´aimer la vie et d´en redécouvrit le sens.
L´homme est sur Terre pour la recherche de cette compréhension ; c´est la plus Grande Aventure Humaine.
En fait, elle est celle qui englobe toutes les autres, elle est l´ultime question et l´ultime réponse à l´existence de l´homme.

Par ses sciences, ses réflexions, ses religions, l´homme a toujours essayé de décortiquer le monde qui l´entoure dans le but d´en percevoir la signification. Jusqu´à présent les moyens de cette synthèse manquaient, mais aujourd´hui elle est devenue possible.
Paradoxalement, ce sont les scientifiques de la matière, les physiciens et les astronomes qui sont les plus proches de cette synthèse, tous arrivent, par leurs raisonnements, leurs observations et leurs calculs, à l´idée d´une autre dimension qui gèrerait la nôtre...
Certains, timidement osent la nommer Dieu.
Bientôt, toutes les réponses seront là, toutes les pièces manquantes du puzzle seront réunies et l´homme comprendra.
Il saura l´utilité de sa descente dans la matière pour la connaître, la dépasser et aller plus loin, vers l´Origine.

Ainsi l´évolution de l´homme se sera accomplie par son travail de connaissance du monde qui l´entoure, mais aussi et surtout, par la connaissance de lui-même.
L´une et l´autre allant de pair.
Pour accéder à la compréhension du Tout, il ne suffit pas soi-même d´avoir les pièces du puzzle, il faut se rendre compte que l´on fait partie du puzzle.
Le monde qui nous entoure nous a fait naître, nous en sommes le fruit, la résultante, il a été crée pour que nous soyons à même de le comprendre.

Au premier stade, quand l´homme est piégé parce que son milieu l´a contraint, sa vision du monde et de lui-même est très limitée, ponctuelle.
Il ramène tout à lui, à ses connaissances étroites, à son bien et son mal et il cherche à modifier les choses autour de lui en fonction de ses critères très personnels.
Les modèles actuels de sociétés humaines témoignent de ce comportement à échelle collective : des trains fous, prisonniers de leurs rails et qui foncent vers l´abîme à travers le brouillard de l´incompréhension !
Pour canaliser les comportements égocentriques de ses membres, pour leur permettre de vivre en collectivité, on a créé des lois, des règlements, on a imposé la contrainte, non pas pour élargir la vision du monde et tenir compte de l´autre mais pour renfermer davantage l´individu dans la sécurité que représentent la famille, l´état, la religion ou le club sportif... La Peur du châtiment imposée par des dirigeants qui ne peut en aucun cas prétendre refléter la Vérité Universelle.

Maintenant, au fur-et-à-mesure de son initiation, l´homme abandonne sa vérité pour découvrir la Vérité Universelle, autrefois non comprise et rejetée.
C´est avec la compréhension de ce qui l´entoure qu´il pourra y accéder.
Sinon il la refusera, la percevra comme une erreur et la jugera même dangereuse.
Ainsi l´homme rejette ce qu´il ne peut comprendre.
S´il reste prisonnier du confort mental en ne remettant jamais en cause sa façon de vivre, il n´aura jamais accès à la Vérité.
S´il n´a pas l´honnêteté de se Connaître Lui-même, il ne pourra Connaître le Monde.

Si la Vérité est perçue comme une agression, c´est qu´elle démasque une faille soigneusement cachée. L´homme doit tourner son attention vers ce qui l´irrite.

C´est par l´observation de tous les phénomènes que l´on pourra faire une Synthèse qui sera la Vérité.

Les physiciens ont fait évoluer leur savoir depuis les lois fondamentales les plus simples, limitées à des observations simples, jusqu´à des lois physiques de plus en plus générales.
Parallèlement leur savoir et leurs pouvoirs se sont accrus, mais encore aujourd´hui, ils rêvent de tout réunir en une théorie unique, où chaque élément de la création trouverait son explication et sa place.

L´homme, dans tous les domaines où il a pu exercer son intelligence, a fait cette démarche d´élargissement de sa compréhension jusqu´au retour à UN.
L´homme est parti de UN, Tout est parti de UN, et il en a la mémoire.
Comme les anguilles qui retournent à la mer des Sargasses où elles sont nées, l´homme souhaite ce retour à UN qui l´a fait naître.

source : http://60gp.ovh.net/~yakaasso/yaka/alchimie/az_parc_al.php

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1485 à 1801 : l'Irlande, première colonie anglaise

Publié le 2 Janvier 2013 par André Larané dans Irlande

Le roi d'Angleterre Henri II a obtenu du pape, en 1155, la suzeraineté sur l' Irlande. Mais cette suzeraineté va longtemps demeurer plus ou moins formelle, l'Irlande conservant ses traditions, ses coutumes et sa langue (le gaélique).

Vitalité irlandaise

Jusqu'à la fin du Moyen Âge, les Anglais s'en tiennent à l'occupation de la région littorale, autour de Dublin, le Pale. Quelques barons en profitent pour s'approprier les meilleures terres mais eux-mêmes, pour la plupart, ne tardent pas à s'assimiler à leur conquête et à devenir plus irlandais que quiconque !

Cette tendance ne manque d'ailleurs pas d'inquiéter les rois d'Angleterre qui craignent que ne s'érode la fidélité de leurs vassaux. Par les «statuts de Kilkenny», en 1366, le roi Édouard III tente d'interdire aux Anglais de l'île d'épouser des Irlandaises, de parler le gaélique, d'entretenir des bardes ou des musiciens irlandais etc.

C'est un apartheid avant l'heure qui montre combien fut précoce l'hostilité des Anglais à l'égard des Irlandais et intense leur crainte d'être subvertis par la culture indigène. Soulignons que la question religieuse n'y a aucune part puisqu'au Moyen Âge, les uns et les autres sont de fervents catholiques.

Colonisation et spoliations

Tout bascule sous la dynastie des Tudors, au pouvoir à partir de 1485... C'est qu'à partir de ce moment-là, l'Angleterre est en rivalité quasi-permanente avec la France et d'autres puissances du Continent. Elle désire assurer ses arrières et prévenir tout risque d'invasion par l'Irlande. Cette préoccupation va devenir, jusqu'à la Première Guerre mondiale, le fondement de sa politique vis à vis de l'Irlande.

En 1494, sous le règne d'Henri VII, Poynings, vice-roi d'Irlande, aligne la législation irlandaise sur celle de Londres : toute loi votée par le Parlement de Dublin devra désormais être ratifiée par celui de Westminster et porter le sceau du roi d'Angleterre. C'est, de fait, la fin de l'autonomie irlandaise. En 1541, le roi Henri VIII substitue à son titre modeste de seigneur d'Irlande («dominus Hiberniae») celui de roi d'Irlande.

Sous le règne de Marie Tudor, fille d'Henri VIII, se met en place la «politique des Plantations». Il s'agit de confisquer les terres des Irlandais et de les remettre à des colons venus de Grande-Bretagne.

Poursuivie et intensifiée au siècle suivant, cette politique dépossède les Irlandais de la quasi-totalité de leurs terres et les transforme en tenanciers, autrement dit en fermiers révocables à merci, au service de grands propriétaires absentéistes, le plus souvent établis en Angleterre !

Elle conduit aussi à l'installation de fortes minorités de colons en provenance d'Angleterre et d'Écosse. C'est le début de tensions encore brûlantes dans le nord de l'Ulster.

Soulignons encore que la religion n'a rien à voir avec cette politique, laquelle est inaugurée par une reine catholique, prompte, en Angleterre, à persécuter les protestants... Mais il va sans dire que les Irlandais, humiliés au plus profond d'eux-mêmes, vont être moins que jamais disposés à suivre les souverains d'Angleterre dans leur rupture avec Rome.

Ils vont dès lors puiser dans l'attachement à l'Église catholique et à la papauté la force spirituelle qui leur permettra de résister pendant quatre siècles à la colonisation et aux mauvais traitements.

Révoltes et défaites

Les Irlandais et les nobles anglo-irlandais en partie celtisés ne restent pas sans réagir. Ils se soulèvent à partir de 1559, sous le règne d'Elizabeth 1ère, pour la «défense de l'Irlande et de la Foi».

La reine, en butte à la menace espagnole, craint que l'Irlande catholique ne serve de tête de pont aux armées du roi Philippe II d'Espagne. Après avoir défait en 1588 l'Invincible Armada, elle décide d'en finir avec les rebelles irlandais, notamment les comtes Hugh O'Donnel et Hugh O'Neil qui, en Ulster, ont levé l'étendard de la révolte.

Le comte d'Essex, jeune favori de la reine, préfère négocier plutôt que combattre. Cela lui vaut l'échafaud. Là-dessus, les forces royales sont prises en main par un soldat énergique, Mountjoy, qui ravage avec méthode le pays et organise la famine. Les insurgés doivent déposer les armes. La répression aboutit en 1607 à la «Fuite des Comtes», autrement dit à l'exil des chefs nobles les plus capables de combattre l'occupant.

Dès lors, la «politique des Plantations» s'intensifie avec l'arrivée au nord de l'île, en Ulster, de petits paysans écossais de confession presbytérienne (une confession proche du calvinisme). Ces paysans animés par une foi fervente vont en remontrer à leurs voisins et rivaux catholiques.

La colonisation est financée pour partie par des guildes de Londres. L'une de ces associations de marchands, ayant investi à Derry, a le culot de rebaptiser la ville Londonderry, appellation que rejettent aujourd'hui les Irlandais.

Livré à lui-même, le peuple irlandais se révolte en 1641. Plus de 10.000 colons écossais ou anglais sont massacrés. Pendant ce temps, l'Angleterre, au terme d'une dramatique guerre civile, tombe sous la dictature républicaine d'Oliver Cromwell.

Celui-ci prend la tête d'un corps expéditionnaire, débarque en Irlande et réprime sans état d'âme la jacquerie. Le point d'orgue est le massacre de la garnison de Drogheda, au nord de Dublin, le 10 septembre 1649. Le pieux Cromwell se justifie en y voyant le jugement de Dieu et en ajoutant que «cette amertume épargnera d'autres effusions de sang».

Le dictateur publie un nouveau règlement territorial qui octroie les bonnes terres aux Anglais et confine les anciens propriétaires dans les landes du Connaught. On leur offre le choix. C'est : «En enfer ou en Connaught !»

La dernière rébellion armée survient à la chute de Jacques II Stuart, dernier roi catholique d'Angleterre. Réfugié en France auprès du roi Louis XIV, le roi déchu convainc ce dernier de l'aider à reprendre son trône.

Comme Jacques Stuart est assuré de la fidélité du vice-roi d'Irlande, le comte de Tyrconnell (un Anglais catholique), c'est par là qu'il décide d'entamer la reconquête de son trône. Il réoccupe presque toute l'île mais se heurte à la résistance énergique des protestants de l'Ulster et notamment de Londonderry.

Finalement, l'armée des Irlandais et des «Jacobites» est écrasée sur les rives de La Boyne, non loin de Drogheda, le 12 juillet 1690. Tandis que le prétendant Stuart s'en retourne finir ses jours en France, le reste de l'armée irlandaise est battue à Aughrim en juillet 1691. La dernière résistance militaire des Irlandais prend fin avec la reddition de Limerick et le traité signé le 3 octobre 1691 dans la même ville, qui promet la liberté religieuse aux Irlandais et des garanties concernant leurs terres...

L'entrée dans les ténèbres

Las, le roi Guillaume III et la reine Anne qui lui succède en 1702 bafouent sans attendre le traité de Limerick, preuve s'il en est du mépris quasiment «raciste» dans lequel les Anglais et eux-mêmes tiennent les Irlandais catholiques. Tout simplement, le gouvernement anglais prend le parti d'ignorer les Irlandais catholiques (80% de la population de l'île), n'acceptant d'autre interlocuteur que les protestants de souche britannique.

Deux mois après le traité de Limerick, celui-ci est une première fois violé par une loi qui ne permet l'accès au Parlement de Dublin qu'aux seuls protestants.

Ensuite viennent les «lois pénales» qui parachèvent la mise au ban des catholiques : interdiction de porter l'épée ou d'avoir un cheval, d'envoyer les enfants s'instruire à l'étranger, d'entrer dans l'armée ou la marine etc. Les prêtres qui refusent de jurer fidélité au roi protestant sont bannis ou pendus. Qui plus est, les exportations vers l'Angleterre sont soumises à des taxes exorbitantes...

Écrasés et réduits à la misère, les catholiques sont hors d'état de se révolter... Et c'est des protestants que montent, dans un premier temps, les revendications politiques car ils sont eux-mêmes affectés par le mauvais sort qui est fait à leur île (freins au développement...). C'est une situation que l'on retrouvera en Amérique où les colons se soulèveront contre la métropole cependant que les indigènes (Indiens) et les esclaves noirs s'en tiendront à la résignation.

Parmi ces révoltés inattendus figure l'écrivain Jonathan Swift, auteur célébrissime des Voyages de Gulliver.

En 1720, dans un Appel pour la consommation exclusive de produits irlandais, cet anglican de Dublin lance la formule : «Brûlez tout ce qui vient d'Angleterre, hors le charbon» (c'est déjà une forme de boycott... mais on en reparlera).

En 1775, un jeune élu au Parlement de Dublin, Henry Grattan, demande l'abrogation des «lois pénales» et même de la loi Poynings de 1494. Il va être favorisé par le soulèvement au même moment des colons des Treize Coloniesd'Amérique du Nord et l'entrée en guerre de la France, l'ennemie héréditaire, à leurs côtés.

Londres, qui manque de troupes, accepte la formation d'une armée irlandaise de 80.000 hommes, les «Irish Volunteers» (en grande majorité protestants) et Henry Grattan se prévaudra de la loyauté de ces troupes pour faire enfin abroger la loi Poynings en 1782 et accorder l'autonomie législative à l'Irlande l'annéesuivante.

Arrive la Révolution française. Les libéraux irlandais, sensibles à ses idéaux d'égalité, se font les champions de l'égalité des droits entre catholiques et protestants.

Le jeune avocat Theobald Wolfe Tone, fils d'un protestant et d'une catholique, fonde à Belfast en octobre 1791 la société des «Irlandais Unis», révolutionnaire et pluriconfessionnelle.

Il obtient des améliorations juridiques pour les catholiques. Ainsi, en 1793, le Premier ministre William Pittaccorde aux catholiques le droit de vote... Mais dès 1794, les dérapages de la Révolution française (Terreur, guerres) entraînent en Irlande la défaveur des libéraux et un raidissement des extrémistes protestants.

Les «pogroms» contre les catholiques se multiplient. Une rixe meurtrière en Ulster débouche en 1795 sur la fondation de l'Ordre d'Orange, une franc-maçonnerie protestante ainsi nommée en souvenir de Guillaume III, le vainqueur de La Boyne.

La «Grande Rébellion»

Wolfe Tone, exilé en France, pousse le Directoire à intervenir. Le général Hoche tente un débarquement le 23 décembre 1796 avec 15.000 hommes et 42 vaisseaux. Mais il échoue, victime de la tempête... et de la mauvaise volonté des officiers de marine.

Là-dessus, le 23 mai 1798, les «Irlandais Unis» déclenchent une insurrection générale. Ils s'emparent quelques jours plus tard de Wexford. L'île s'embrase. Au sens propre. On ne compte pas les incendies et les massacres des deux côtés. Mais dès le 21 juin 1798, les Anglais reprennent le dessus et contraignent à la reddition les rebelles, pour la plupart de misérables paysans sans armes ni discipline. La répression par l'Ordre d'Orange sera impitoyable, terrible.

Le Directoire croit bon d'en profiter pour tenter un deuxième débarquement le 22 août 1798. Mais, sur place, il n'y a plus guère de rebelles pour soutenir le contingent français et celui-ci doit se rendre aux Anglais. Wolfe Tone, qui avait aussi tenté de débarquer, est capturé et condamné à la pendaison comme un vulgaire criminel. Il se tranche la gorge en prison.

Pour le Premier ministre anglais, William Pitt le Jeune, il est temps d'en finir avec le statut d'autonomie de l'île qui menace la sécurité du royaume. Il surmonte l'opposition de l'élite protestante irlandaise (l'Ascendancy), notamment d'Henry Grattan, et, à coup de pots-de-vin, convainc le Parlement de Dublin de s'autodissoudre le 7 juin 1800.

L'Acte d'Union proclame l'avènement à compter du 1er janvier 1801 du «Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande», qui est encore aujourd'hui l'appellation officielle du pays. Désormais, le gouvernement de Londres va devoir gérer en direct sa colonie, avec ses contradictions et son lot de menaces.

1801 à 1916

La Question d'Irlande

En guerre contre la France pendant la Révolution, le gouvernement anglais mesure le danger que représente l'Irlande, sa plus ancienne colonie, avec ses 4 millions d'habitants, dont 3 millions d'indigènes catholiques et 1 million de colons protestants.

Humiliée, opprimée depuis plusieurs siècles, la majorité catholique et celte de l'île est prête à se rebeller et soutenir un éventuel envahisseur en vertu de l'adage : «England's difficulty is Ireland's opportunity» (Les difficultés de l'Angleterre sont des occasions à saisir pour l'Irlande).

Mais les protestants qui possèdent 90% des terres et défendent avec âpreté leurs privilèges vont contrarier toutes les tentatives de réforme.

L'Acte d'Union

Le Premier ministre William Pitt Le Jeunevoit avec raison dans le Parlement corrompu de Dublin et l'autonomie législative de l'île des outils au service de l'oligarchie des colons protestants (l'Ascendancy).

Il obtient l'autodissolution du Parlement puis, le 1er janvier 1801, par l'Acte d'Union, l'union de l'Irlande à la Grande-Bretagne au sein du «Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande». Les affaires de l'île seront désormais examinées par le Parlement de Westminster.

Pitt ne veut pas en rester là. Il souhaite en finir avec les discriminations de tous ordres qui frappent les catholiques irlandais et leur ouvrir les portes du Parlement. Mais il se heurte à l'opposition irréductible du roi George III et des colons protestants et doit en conséquence démissionner dès mars 1801 (ce qui fera l'affaire d'un certain Napoléon Bonaparte, Premier Consul de son état !).

En définitive, contrairement aux attentes de Pitt, l'Acte d'Union va aggraver la situation des Irlandais. Au Parlement de Westminster, les députés irlandais seront impuissants à se faire entendre et leurs homologues britanniques utiliseront tous les artifices possibles pour limiter les libertés publiques en Irlande même. Par ailleurs, l'union douanière va tuer dans l'oeuf l'industrie irlandaise, incapable de rivaliser avec l'industrie britannique.

Quant aux héritiers des «Irlandais Unis» et de Wolfe Tone, ils ressentent avec amertume la disparition du Parlement de Dublin (le Dail en gaélique), ultime symbole de l'antique indépendance de l'île !

La question religieuse

Depuis la rupture avec Rome, il n'y a plus dans le royaume qu'une Église «établie» (officielle). C'est l'Église anglicane. Aussi les catholiques irlandais sont-ils tenus de payer la dîme, autrement dit l'impôt religieux, à une Église qui leur est hostile.

Le gouvernement tente, à défaut d'autre chose, de régler cette question religieuse et propose au clergé catholique de bénéficier lui aussi du statut d'Église établie... mais à la condition que le roi ait un droit de regard sur la nomination des évêques.

Un jeune avocat fortuné, Daniel O'Connell, s'élève aussitôt contre ce marché de dupes et convainc les évêques de ne pas se vendre au gouvernement. Fort de ce premier succès, il fonde une Association catholique et réussit pour la première fois à enrôler le clergé sous la bannière patriotique.

Orateur charismatique et agitateur-né, O'Connell réunit des foules considérables et parvient à faire élire au Parlement de Westminster des protestants favorables à l'émancipation politique des catholiques. C'est ainsi que, le 13 avril 1829, ceux-ci obtiennent enfin le droit d'être élus députés....

Là-dessus, O'Connell lance une offensive contre la dîme payée à l'Église anglicane et aboutit en 1838 à un compromis acceptable. Roi non couronné d'Irlande, il s'engage dès lors dans la lutte pour le rappel de l'Union, autrement dit l'autonomie de l'Irlande.

Il annonce à cette fin un meeting géant sur le site de Clontarf, près de Dublin, le 8 octobre 1843. Un million de personnes sont attendues. Mais le gouvernement, inquiet, fait interdire la manifestation et O'Connell, par crainte des dérapages, se résout à l'annuler. Lui-même est arrêté mais, faute de charge crédible, libéré peu après. Abandonné par une bonne partie de ses troupes, il quitte la scène politique et meurt le 15 mai 1847, à 72 ans, lors d'un pèlerinage à Rome.

La Jeune Irlande se donne un drapeau

Quelques Irlandais romantiques de différentes religions s'unissent en 1842 en vue d'une émancipation de leur île, au besoin par la violence. Ils revivifient et exaltent la culture gaélique et le souvenir des Saints et des Héros.

Le 15 avril de la même année, ces «Jeunes Irlandais» se donnent un drapeau tricolore : vert pour représenter les catholiques, orange pour représenter les protestants et blanc pour signifier l'espoir d'une trêve permanente entre les deux communautés ! Ce sera le drapeau de l'Irlande républicaine.

La Grande Famine

Une catastrophe fait taire pour un temps les revendications politiques : la Grande Famine. L'île était devenue l'un des pays les plus densément peuplés d'Europe avec près de 9 millions d'habitants. La majorité paysanne se nourrissait presque exclusivement de pommes de terre, réservant les céréales et la viande à l'exportation. Or voilà qu'une maladie mystérieuse frappe le tubercule plusieurs années de suite, de 1845 à 1849. C'est le mildiou, dû à un champignon minuscule.

Le gouvernement anglais de Robert Peel importe du maïs américain pour nourrir les Irlandais et fait voter l'abolition des droits sur le blé pour en diminuer le prix. Les organisations caritatives se mobilisent également. Mais ces mesures se révèlent insuffisantes et sont en partie annihilées par la mauvaise volonté des propriétaires (les landlords) et de leurs régisseurs. Beaucoup n'ont pas de scrupules à expulser les tenanciers incapables de payer leurs fermages... et ceux qui font preuve de mansuétude ne tardent pas à se ruiner eux-mêmes et à devoir vendre à des spéculateurs encore plus féroces !

Au final, un million et demi de pauvres gens meurent de faim ou de maladie (choléra, dysenterie, typhoïde). Près d'un million d'autres émigrent aux États-Unis ou... en Angleterre dans des «bateaux cercueils», dans des conditions aussi épouvantables que les émigrés qui fuient aujourd'hui l'Afrique noire.

C'est le début d'un impressionnant courant d'émigration qui ne va plus cesser jusqu'au milieu du XXe siècle et va faire de Boston (Massachusetts) la principale ville irlandaise du monde (les émigrants s'arrêtaient là faute d'argent plutôt que de poursuivre leur voyage jusqu'à New York, traditionnelle porte d'entrée des États-Unis).

La Grande Famine a pour effet collatéral d'abaisser de deux ou trois millions à seulement 600.000 le nombre de locuteurs du gaélique. L'anglais devient la langue dominante de l'île.

La question agraire

Sans surprise, c'est aux États-Unis, chez les émigrés, que resurgissent les revendications irlandaises et, cette fois, il ne s'agit plus de gagner l'autonomie par la voie parlementaire mais d'obtenir une république indépendante par l'insurrection armée. En 1858 est ainsi fondée la Fraternité Républicaine Irlandaise (Irish Republican Brotherhood, IRB), plus connue sous le nom gaélique de mouvement «Fenian» (les Fianna sont des guerriers celtes mythiques).

Les Fenians multiplient les attentats meurtriers dans les grandes villes anglaises et même au Canada mais la répression a vite raison de leur mouvement.

En décembre 1868, William Gladstone, le chef du parti libéral (whig), entre au 10, Downing Street. Le nouveau Premier ministre, animé par de très fortes convictions religieuses, déclare d'emblée : «Ma mission est de pacifier l'Irlande».

Il commence par clore la question religieuse en dispensant complètement les catholiques du paiement de la dîme à l'Église établie.

Par ailleurs, Gladstone comprend que l'autonomie (le «Home Rule») ne peut être octroyée à l'île sans qu'ait été réglée au préalable la question sociale, à défaut de quoi le pouvoir retomberait aux mains de l'oligarchie protestante. Le 15 février 1870, il fait voter une première loi agraire qui améliore quelque peu la situation des tenanciers...

En 1872, le Ballot Act impose le secret du vote aux élections. Dès lors, comme les paysans ne votent plus sous la menace de leur propriétaire, il s'ensuit aux élections législatives de 1874 une percée des députés favorables à l'autonomie de l'Irlande (le «Home Rule») ! Ceux-ci exploitent une faille du règlement parlementaire (l'interdiction d'interrompre un orateur) et paralysent le travail parlementaire en discourant sans fin sur tous les sujets, avec au besoin de longues citations de la Bible ! Mais l'on finit par modifier le règlement et limiter le temps de parole des orateurs...

En 1879, indigné par les abus persistants des landlords, un ancien Fenian, Michaël Davitt, fonde la Ligue agraire (Land League) avec le soutien du clergé.

Il en confie la présidence à un député plein de talent, Charles Stewart Parnell, issu d'une famille de landlords protestants (!). La Ligue se porte au secours des tenanciers et plaide pour la réforme agraire.

Dès lors va s'amorcer un partage des tâches entre Parnell et le Premier ministre Gladstone. Le premier lance des revendications et menace ; le second supplie les représentants des propriétaires de bien vouloir accepter des concessions pour éviter le pire.

Pauvre M. Boycott !...

Le 17 septembre 1879, Charles Parnell, président de la Ligue agraire, inaugure une tactique nouvelle pour faire plier les propriétaires et les régisseurs qui maltraitent ou dépouillent leurs tenanciers : la mise en quarantaine.

La première «victime» est un certain capitaine Charles Boycott, régisseur d'un grand propriétaire. Du jour au lendemain, il ne trouve plus aucun employé ni commerçant qui accepte de traiter avec lui ou seulement de lui parler. Pour éviter que ses récoltes ne pourrissent sur pied, il fait venir des paysans protestants de l'Ulster sous la protection de l'armée. Finalement, il jettera l'éponge et quittera l'Irlande, laissant son nom à la postérité ;-)

Gladstone reprend les revendications de la Ligue dans une deuxième loi agraire déposée le 22 août 1881, qui, cette fois, accorde de sérieuses protections juridiques aux tenanciers.

En faisant alliance tantôt avec les conservateurs (tories), tantôt avec les libéraux (whigs), Parnell obtient de nouvelles améliorations de la loi agraire. Cela ne va pas sans de sérieux troubles dans le pays. Pour finir, aux élections de 1885, il impose à ses alliés libéraux de s'engager en faveur du «Home Rule». Cela réveille les haines en Irlande. L'Ordre d'Orange refait surface, prend la tête des unionistes (partisans de l'Union) et s'oppose aux home rulers (partisans de l'autonomie). Son slogan favori : «Home rule is Rome rule !» (l'autonomie, c'est le gouvernement par Rome).

Un premier compromis déposé par Gladstone est rejeté deux fois de suite en 1886 du fait de la défection d'une partie des libéraux, les «libéraux-unionistes». L'opinion anglaise se déchaîne contre Parnell et celui-ci est accusé par le Times de complicité dans un double assassinat terroriste à Dublin, en 1882. Le procès révèle que l'accusation est le fait d'un faussaire et Parnell est disculpé en 1890 avec les honneurs.

De façon inattendue (peut-être un coup monté ?), il va être rattrappé par une affaire d'ordre privé : la révélation d'une relation adultère avec la femme de l'un de ses lieutenants ! Discrédité cette fois pour de bon, il doit se retirer et, découragé, meurt le 6 octobre 1891 à seulement 45 ans.

Deux ans plus tard, le 1er septembre 1893, Gladstone réussit à faire voter le «Home Rule» par les Communes mais le texte est bloqué par la Chambre des Lords. Ce nouvel échec ravive les troubles en Irlande.

En 1903 enfin, le secrétaire d'État pour l'Irlande George Wyndham rétablit le calme par une ultime loi agraire qui permet aux tenanciers d'acheter leurs terres à de bonnes conditions. Grâce à quoi les Irlandais qui ne possédaient plus que 5% des terres en 1878 en possèderont de la sorte 67% en 1914.

En résolvant la question agraire, les conservateurs britanniques espéraient étouffer les revendications autonomistes. Mais il est trop tard. Les Irlandais catholiques, toutes classes confondues, ne sont plus disposés à y renoncer -

Source : http://www.herodote.net/1801_a_1916-synthese-37.php

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La quête de l’alchimiste

Publié le 2 Janvier 2013 par X dans Alchimie

A notre époque, tous les hommes et les femmes doivent devenir des alchimistes, doivent apprendre le secret de la transmutation des énergies négatives en énergies positives. C’est une nécessité qui deviendra vitale pour l’humanité. Les fils de l’homme doivent réaliser individuellement puis collectivement ce que l’homme universel représenté dans la kabbale par le couple symbolique Adam et Ève a échoué à réaliser.
Chaque homme et chaque femme est appelé à réaliser la pierre philosophale. Pour cela, celui qui est éveillé à cette réalité divine doit s’emparer de l’arbre de la science du bien et du mal, des énergies positives et négatives, et s’entraîner à maîtriser les énergies négatives pour les mettre au service des énergies positives par la transmutation. Ce travail doit s’effectuer dans la vie quotidienne et demande beaucoup de subtilité.
Ce contact avec ce serpent de l’arbre de la science initiatique ne doit pas se produire instinctivement, inconsciemment, mais avec une conscience avertie et une grande lucidité. L’homme doit être préparé, il doit être capable de séparer le subtil de l’épais, l’éternel du temporel, comme l’enseigne Hermès Trismégiste.

L’alchimiste recherche la vérité absolue à travers toutes les formes derrière lesquelles elle peut se cacher ou se manifester pour un moment. Si certains ont dit que l’art alchimique consiste à extraire les quintessences, c’est justement que l’alchimiste recherche « l’essence-ciel » ou « l’essence-du-ciel » qui se cache derrière les formes sensibles de la matière.
Dans son désir de connaître la vérité, l’alchimiste transcende tous les visages qu’elle peut prendre en ses multiples facettes pour finalement la découvrir en sa pureté, en sa quintessence. C’est la vraie nature qui se cache derrière le manteau, derrière la forme. Mais l’alchimiste ne se contente pas de découvrir la vérité en sa pureté, il veut la réaliser en lui-même, en sa propre personnalité, il veut l’incarner suivant la parole de Jésus : « Père céleste, que ton règne vienne sur la terre comme au ciel. » La pierre philosophale n’est pas seulement philosophe, elle est aussi pierre.
Pilate ayant demandé à Jésus qui il est, le Maître répond qu’il est né et qu’il est venu dans le monde pour pouvoir porter témoignage de la vérité. Par cette parole, Jésus démontre clairement qu’il a réalisé la pierre philosophale. Il possède la pierre que les bâtisseurs ont rejetée et sur laquelle il va fonder son Église. Les bâtisseurs de la parabole sont ceux qui constituent les sociétés, qui font les lois, qui règnent sur l’humanité. Ils ont rejeté la pierre d’angle, c’est-à-dire la science initiatique qui relie l’esprit divin à la matière, le solve au coagula. Cette pierre sur laquelle l’esprit du Christ veut bâtir son état social, sa synarchie, c’est la vie divine et intérieure.
Seuls ceux qui pratiquent l’alchimie connaissent cette pierre dont parle Jésus : c’est la philosophie divine concrète, appliquée dans la vie intérieure de l’Essénien. C’est la connaissance vivante et la maîtrise du grand agent magique dans son double courant positif et négatif. Cette connaissance et cette maîtrise des deux principes qui animent l’agent magique, la grande force de vie, produisent la naissance de la Lumière du Christ en la conscience de l’homme.
En parlant des bâtisseurs qui ne possèdent pas la pierre angulaire, Jésus a dit qu’ils étaient aveugles et que lorsque les aveugles conduisent les aveugles, ils tombent tous dans la fosse. Chacun peut constater ici l’importance à tous les points de vue de la science initiatique.
L’homme qui aspire à la maîtrise doit devenir alchimiste car seule la pratique alchimiste conduit à la maîtrise de la vie. Les alchimistes travaillent avant tout avec la vie. Ils ont compris que pour que l’esprit divin se manifeste à travers eux, il faut que leur vie intérieure soit pure. Connaître la vérité, la recevoir intellectuellement est une partie seulement du travail. La deuxième partie, c’est de la mettre en pratique dans sa vie, d’obéir à cette vérité reçue dans ses moindres actes, d’agir conformément à son enseignement.

L’alchimie est une méthode précise et scientifique qui donne le moyen de l’incarnation du Christ à l’intérieur de la conscience de l’homme. C’est pour indiquer cela que Jésus disait que ceux qui appliquent son enseignement feront les œuvres qu’il a faites et même plus encore. Le Christ à l’intérieur de l’homme est la réalisation de la vérité, et Jésus a dit : « On reconnaît un arbre à ses fruits. » Celui qui parle du Christ mais qui ne fait pas les œuvres du Christ n’est donc pas un bon arbre. Le Christ, c’est l’esprit du Soleil, c’est celui qui éclaire le monde, le réchauffe et lui donne la volonté d’agir. Le mouvement de la vie, ce sont les œuvres du Soleil.

Dans la Tradition essénienne, l’homme doit trouver l’unité divine dans le Tout, dans l’universel ; il doit faire descendre l’esprit dans la matière, il doit « coaguler » le solve. Chaque humain doit incarner la vie divine et la manifester, la faire jaillir ensuite autour de lui, dans sa vie quotidienne, pour l’offrir à la collectivité. L’alchimiste essénien travaille pour que son corps devienne un instrument de l’esprit. L’homme ne peut transformer son corps, sa propre matière qu’en s’identifiant à l’esprit vivant qui est en lui.
Les vrais alchimistes ont toujours commencé par travailler sur leur propre matière intérieure, sur leur propre vie. Cette notion du travail sur sa propre matière est très importante à bien saisir pour le commencement de l’œuvre alchimique. Il faut avant tout comprendre ce qui appartient à l’homme, quelle est la matière, qu’est-ce qui lui appartient et qu’est-ce qui ne lui appartient pas. Il doit connaître la matière qui constitue son être réel.
Hermès Trismégiste dit que pour trouver la matière de l’œuvre, il faut séparer le subtil, l’immortel, de l’épais, du temporel. Avec cette clef, on s’aperçoit que l’être humain est avant toute chose une créature invisible, subjective, qui se manifeste dans le monde objectif au moyen d’un corps sensible qu’il a formé autour de lui. Lorsque nous nous trouvons devant un humain, nous ne pouvons appréhender que son aspect extérieur, son aspect physique mais pourtant cet être est avant tout un être invisible. En effet, les pensées, les sentiments et la volonté sont invisibles, et pourtant ce sont eux qui constituent l’être humain et c’est sur eux que viennent se greffer les particules de matière qui forment le vêtement physique.
La science matérialiste, que l’on qualifie de positive et d’objective, n’est en réalité que la partie exotérique de la science initiatique dont l’ésotérisme réside dans la vie même, dans l’invisible, dans le subjectif, qui est la véritable réalité. Lorsque Hermès Trismégiste enseigne qu’il faut séparer le subtil de l’épais, l’homme doit comprendre qu’il doit séparer en lui la vie subjective, la vie intérieure, de la vie objective, de la vie extérieure. La pierre d’angle qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est le côté vivant et subjectif, et c’est justement avec ce côté que doit être élaborée la pierre philosophale suivant l’enseignement alchimique.
La pierre philosophale est un état de conscience subjectif à atteindre : la présence réelle et l’union consciente en Dieu, en l’Esprit, en la vie universelle. Cette union apporte à l’homme la puissance créatrice de l’absolu dans la matière extérieure, dans le monde objectif. C’est pour cette raison que l’on dit que la pierre philosophale transmute tout en or car en toute chose, c’est la vie intérieure qui compte le plus. Un évènement extérieur ne nous apparaît que suivant la façon dont nous le considérons intérieurement. C’est ainsi que les pires catastrophes, limitations, calamités deviennent pour l’alchimiste une énergie, une force dont il va se servir pour embellir sa vie intérieure et goûter une joie indescriptible à laquelle tout l’or du monde ne peut être comparé. D’ailleurs, à quoi peuvent bien servir toutes les richesses de la planète si notre vie intérieure n’est pas saine ?
Pour que la vie subjective devienne puissante et réelle, il faut qu’elle soit vivifiée consciemment en se basant sur ce qui est vrai. L’Essénien doit comprendre que c’est avant tout le monde subjectif qui gouverne le monde objectif, le monde intérieur qui gouverne le monde extérieur. C’est pour ne pas avoir compris cette loi élémentaire des rapports entre le monde subjectif et le monde objectif que l’humanité marche la tête en bas, symboliquement parlant. Un mage essénien est toujours actif, surtout dans l’invisible, par son imagination dirigée par une volonté ferme et créatrice.
À ce sujet précisons qu’il est impossible de fabriquer la pierre philosophale sans posséder la science kabbalistique. Le Maître Jésus indique également cette loi quand il dit à Pilate : « Tu peux croire que la vérité est sur terre parmi ceux qui la reçoivent et lui obéissent. » La vérité sur terre, c’est une description de la pierre des sages. Cette pierre est à l’intérieur de ceux qui, premièrement, la reçoivent et, deuxièmement, lui obéissent. Recevoir la vérité intérieurement, c’est posséder la kabbale divine, la faculté de la perception spirituelle.
Cette faculté se développe par une maîtrise de l’imagination. Lorsque l’imagination de l’homme s’élève jusqu’à adhérer au principe divin, à la vérité éternelle, son imagination se transfigure en Lumière intelligible et il atteint l’illumination divine. C’est la réception de la kabbale, de la science du Verbe universel. Après, il doit développer sa volonté pour obéir à cette vérité divine, pour conformer sa vie quotidienne à ses préceptes...

Source : www. http://www.ordre-des-esseniens.org/

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