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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rassembler ce qui est épars, rechercher par thème.

Les Esséniens dépositaires des Manuscrits de la mer Morte

Publié le 4 Septembre 2009 par Thomas Dalet dans Spiritualité


cette étude sur les Esséniens a été puisée :

1. Dans le Dictionnaire de la Bible Vigouroux.

2. Dans l’aventure des Manuscrits de la Mer Morte (sous la direction de Hershel Shauks).

3. Et plusieurs documents recherchés sur Internet ( les noms seront indiqués au fur et à mesure).


I- QUI SONT LES ESSENIENS ?

L’Etymologie du mot « Essénien » en grec est incertaine c’est dans l’hébreu ou dans l’Araméen qu’il faut chercher l’origine de cette terminologie.

Les deux noms grecs qui ont été donnés à cette secte leur ont été d’après leur façon de vivre : Les Esséniens se livraient à de fréquentes ablutions et leur nom dérive du verbe« se baigner »

Ils méditaient sur les choses saintes, obéissaient en certain cas a la loi du silence : Ils étaient donc les « Silencieux ».
Ils étaient médecins, connaissant les propriétés des plantes, ils prétendaient guérir les défauts par leur ascèse : ils seraient ainsi les thérapeutes en araméen.
Ils se nommaient aussi les gardiens, les serviteurs de Dieu.

D’après Philon le nom d’Esséniens était donné à ces juifs, à cause de leur sainteté. Cette désignation de pieux convient très bien à ces petits groupements vivant d’une vie semblable à celle des moines fuyant le monde pour mener une existence plus sainte. Plusieurs descriptions de la secte nous sont parvenues par Philon, Flavius Josèphe et Pline (l’ancien).


1. HISTOIRE : Les renseignements sont très pauvres sur l’origine, le développement et la fin de l’essénisme. Cependant Josèphe écrit que les trois sectes des pharisiens des saducéens et des Esséniens existaient depuis longtemps. Il les mentionne explicitement pour la première fois à l’époque de Jonathas vers 150 Av. J.C. Il nomme un essénien, Judas au temps d’Aristobule 1er. Leur origine remonterait au milieu du 2ème siècle avant J.C. Ils se rattacheraient ainsi au parti des nassidiens, les pieux, qui s’était formé au temps d’Esdras, s’était révolté avec Judas Macchabée et était devenu le parti des pharisiens opposé à celui des Saducéens. Il se forma bientôt une scission parmi les pharisiens : une minorité plus ardente dans sa piété, opposée à la vie active, à la politique militante et aux discussions se sépara des pharisiens et conserva le nom des nassidéens d’où est venu par l’intermédiaire de l’araméen leur nom d’Esséniens. ( cf. Stapfer, la Palestine aux temps de J.C. P.433 et article Esséniens dans Lichtenberger, Encyclopédie des Sciences Religieuses P.552).


2. ORGANISATION :

  Recrutement : les Esséniens adoptaient des enfants des autres pendant qu’ils sont encore malléables, pour faire leur éducation et les former à leurs mœurs. Ils faut avoir atteint l’age d’homme pour être incorporé à la secte.

  Noviciat et Initiation : Avant d’être admis dans la communauté, les futurs membres, enfants élevés par la communauté, ou adultes, devaient se soumettre à un temps d’épreuves, à une sorte de Noviciat qui durait 3 années. S’il (le Novice) donne satisfaction, il sera incorporé mais non sans avoir pris par serment de sérieux engagements : il jure « d’honorer Dieu et de remplir ses devoirs envers les hommes de ne tuer personne de sa propre autorité, ni sous une impulsion étrangère, de haïr les méchants et de prêter assistance aux bons, d’être sincère envers chacun et surtout envers les magistrats, parce que personne ne peut exercer le pouvoir sans la volonté de Dieu ».

  Expulsion : Tous les engagements devaient être pris. Toute infraction devait être jugée par les tribunaux des Esséniens. Josèphe loue leur diligence et leur équité dans leurs jugements, rendus par un tribunal d’au moins 100 membres. Pour les choses graves l’expulsion de la communauté était prononcé et cette exclusion entraînait les plus souvent une mort misérable....

  Habitat et genre de vie : Pline localise les Esséniens uniquement dans le désert d’Engaddi, auprès de la Mer Morte. Ils habitaient aussi les villages, évitant les villes à cause de l’immortalité des habitants. Il semble bien qu’il n’exista pas de centres Esséniens en dehors de la Palestine ( Histoire Naturelle). Ils vivaient en communauté, non seulement pour le repas mais ils habitaient ensemble et mettaient leurs biens ensemble en commun ce qui établissait entre eux un lien très étroit. Les repas étaient pris en commun. Ils avaient une sorte de caractère religieux sacrificiel.
A la 5ème heure, au retour du travail, ils prennent des vêtements de lin et se purifient dans l’eau froide. Avant et après le repas ils louent Dieu qui donne la nourriture. Ils déposent alors leurs vêtements, considérés comme saints et retournent au travail jusqu’au soir. Leur principale occupation était l’agriculture. Ils se livraient à certaines industries, aux arts de la paix fabriquant tout ce qui était indispensable à la communauté. Mais le commerce était interdit, parce qu’il engendre la cupidité.


3. RELIGION ET CULTE :

  Gens pratiques : Les Esséniens s’intéressaient plus particulièrement à l’ascèse, recherchaient leur propre perfection : ils étaient plus moralistes que spéculatifs. Les Esséniens avaient une confiance pleine et entière en la Providence divine, une grande soumission a ses desseins. Cette idée de Dieu et de la Providence, le respect marqué pour le nom divin excluent chez les Esséniens un culte quelconque du soleil. Josèphe raconte qu’avant le lever du soleil, ils ne se livrent à aucune conversation profane mais qu’ils lui adressent d’antiques prières, priant ensemble pour qu’il se lève. Il s’agit bien non d’une prière au soleil mais d’une prière vers le soleil. C’est la représentation de la lumière divine qu’ils voyaient dans le soleil.

  Les Anges : Dans le serment d’initiation le novice jure « de garder secrets les noms des anges ». Il ne s’agit pas ici d’un culte des anges mais plutôt une spéculation sur leurs noms.

  Anthropologie : les 2 dogmes principaux des Esséniens, sont la Providence divine et l’immortalité de l’âme. Ils ont cette ferme conviction que les corps sont corruptibles et les âmes immortelles. Descendues de l’éther le plus subtil, elles sont attirées par une sorte d’attraction naturelle dans les corps où elles résident comme dans une prison. Lorsqu’elles sont délivrées de leurs liens charnels, elles s’élèvent avec joie, libérées d’une longue servitude vers les nauteurs. D’accord avec l’enseignement des grecs, les Esséniens affirment que par delà l’océan, les âmes pures jouissent d’une nouvelle existence, qu’elles habitent une région où l’on n’est incommodé ni par la pluie, ni par la neige, ni par la chaleur torride et que rafraîchit perpétuellement un doux Zéphir, venant de l’océan. Les âmes impures sont reléguées dans un gouffre ténébreux et agité par les intempéries rempli des lamentations de leur supplice sans fin. Ainsi cette doctrine exhorte à la pratique du bien et détourne du mal. Les bons deviennent meilleurs par l’espoir des biens futurs, les méchants sont entravés dans l’accomplissement du mal par la crainte des tourments éternels qu’ils subiront après la mort. Telle est la philosophie essénienne sur la divinité de l’âme. La corruption des corps, citée dans le passage ci-dessus ne doit pas être entendue comme une négation de la part des Esséniens de la résurrection : pendant la guerre contre les Romains, rapporte Josèphe, les Esséniens supportaient courageusement tous les tourments et rendaient l’âme avec joie comme devant la recouvrer.

  Sacrifice et Sacerdoce : Ils envoyaient leur offrande au temple mais ne prenaient pas part aux sacrifices. Yahweh, disait les prophètes était rassasié des holocaustes, il prenait plaisir à la piété et non aux sacrifices, à la connaissance de Dieu plus qu’aux holocaustes. (Osée, V1,6 ). C’est la sainteté de la vie qui comptait pour les Esséniens. Ils faisaient à part leurs sacrifices non des sacrifices sanglants, mais c’est que leur genre de vie, leurs efforts pour acquérir la sainteté auraient tenu lieu de sacrifice ou encore que leurs repas auraient constitué de véritables sacrifices : Ce sont des prêtres qui préparent avec le produit des champs la nourriture. Le seul acte de culte mentionne est la réunion dans les synagogues, consacrée au moins en parties sinon en totalité à la lecture et à l’explication des Livres Saints ( Philon « Quodomnis »).


4. MORALES ET OBSERVANCE :

  Le législateur et les Livres Saints : Immédiatement après Dieu, le nom du législateur est chez eux l’objet d’un grand respect. En plus des livres Saints du Judaïsme, ils avaient d’autres livres particuliers. Utilisant « Les Livres Sacrés, diverses purification et les paroles des prophètes ( La légende de Pythagore p. 280) ils affirment pouvoir connaître l’avenir, il est rare que leurs prédictions ne s’accomplissent pas ».

  La Vie morale : C’étaient des gens pratiques et n’étaient pas des spéculatifs, ils plaçaient la morale en premier lieu. « Ils laissent de côté la logique comme n’étant pas nécessaire à l’acquisition de la vérité, ils abandonnent la physique, qui est au-dessus de la nature humaine aux météorologistes : ils ne s’en occupent qu’autant qu’elle traite de l’existence de Dieu et de l’origine de tous les êtres, mais ils donnent tous leurs soins à la morale, prenant pour guide les lois des ancêtres que l’intelligence humaine eût été incapable d’inventer, si elle n’avait été inspirée par Dieu » (Philon « Quodomnis p.457 »). Josèphe les décrit comme étant les meilleurs des hommes, au point de vue moral. Philon trace un magnifique tableau de leur vie morale : Ils se laissent guider par les règles de la piété, de la sainteté, de la justice, du droit privé et du droit social, de ce qui est vraiment bien, mal ou indifférent, pour accomplir ce qu’il faut et éviter ce qui ne convient pas. Ils se soumettent à ces trois règles et canons : l’amour de Dieu, l’amour de la vertu et l’amour des hommes.

De leur amour de Dieu, ils donnent un grand nombre de preuves : la sainteté parfaite et continue de toute leur vie, le rejet de tout serment, la fuite du mensonge, la conviction que tout bien vient de Dieu et qu’il n’est l’auteur d’aucun mal. Leur amour de la vertu se manifeste par le mépris des richesses, de la gloire et du plaisir, ainsi que la pratique de la tempérance, de la tolérance, de la frugalité, de la simplicité, de la modestie, par le respect de la légalité, par la constance de leur vie et par d’autres qualités semblables. Enfin leur amour pour les hommes se traduit par la charité, la bienveillance, l’impartialité, la communauté de tous les biens.

  Le Mariage : Les Esséniens rejetaient le mariage. Le fait est attesté par Josèphe ( Ant. Jud XVII) par Philon, dans Eusèbe ( Praep. Envang VIII,11) et par Pline ( Hist. Net v,17). Ils considèrent le plaisir comme un mal. Philon montre dans les défauts de la femme un obstacle à la vie commune pratiquée par les Esséniens : « La femme étant égoïste et d’une jalousie sans limites, il est à craindre qu’elle transforme les habitudes du mari et qu’elle le tienne sous son pouvoir par l’attrait continu de ses charmes. L’auteur des Philosophumena donne une raison identique : les Esséniens ne condamnent pas le mariage, mais refusent de prendre femme, quand bien même elle consentirait à suivre leur genre de vie parce qu’ils ne peuvent en aucune façon avoir confiance en elle.


5. LA FIN DE L’ESSENISME :

La fin de la secte est aussi obscure que ses débuts, elle existe encore à la fin du 1er siècle après J.C. Cependant les troubles de la Palestine, à partir de l’an 70 ont dû lui êtres funestes. Leur déclin a dû commencer avec la guerre des romains contre les Juifs.

Ils ont été influencés par la philosophie grecque et le Pythagorisme. On peut donc conclure que « l’essénisme est une branche séparée du tronc judaïque, greffée sur un tronc greco-pythagoricien.


6. ESSENISME ET CHRISTIANISME :

On a remarqué que le christ, qui dans ses discours, attaque fréquemment les pharisiens et les Sadducéens, ne dit pas un mot contre les Esséniens qu’il n’a pas pu ne pas connaître. Et comme il y a certaines analogies entre l’Essénisme et le Christianisme, on a expliqué ce silence en faisant de Jésus un essénien et aussi St. Jean Baptiste c’est à tort. Mais nous allons prouver par ce qui suit certaines analogies de détail entre l’enseignement du Christ, son œuvre et ce que nous savons de l’essénienne. Mais il y a entre eux une différence fondamentale, qui apparaît dans le simple examen des points de rapprochement. Il nous suffira de noter ici les principaux :

  Le novice essénien commençait sa deuxième année de probation par un baptême pour être incorporé parmi ses disciples. Mais le premier ne produit qu’une purification extérieure tandis que le second, a par lui-même une efficacité dans l’économie du Salut.

  La virginité est recommandée dans St Matthieu. Le mariage est condamne par les Esséniens. La première est un état de perfection auquel on est invité, mais qui n’est nullement obligatoire. On peut encore remarquer que le Christ condamne les richesses ; il recommande la soumission aux autorités constituées, il condamne l’usage des armes, les sacrifices au Temple de Jérusalem. On peut certes, rapprocher ces traits de la vie de Jésus des observances esséniennes. Les grandes lignes de la morale sont partout. Les Esséniens n’ont en somme pratiqué que la morale naturelle. J.C. devait donc se rencontrer avec eux sur ce terrain. Mais on ne trouve chez eux ni la même élévation, ni la même pureté que dans l’Evangile, où la morale s’élève à un incomparable degré de perfection. Un souffle nouveau le pénètre, esprit surnaturel et divin, qui est absent de la morale essénienne. On ne rencontre pas dans les préceptes imposés par Jésus, ces prescriptions puériles sur l’observance du Sabbat, sur les purifications extérieures, que Jésus condamne chez les pharisiens, dépassés sur ce point par les Esséniens. Il insiste au contraire, sur la pureté intérieure, dont il n’est pas questions dans la secte Juive. Il est donc vain de chercher dans l’Evangile une influence essénienne.

Même les premières communautés chrétiennes n’ont pas subi d’influences esséniennes. La communauté des biens chez les premiers chrétiens était volontaire, elle était obligatoire chez les Esséniens. Si les repas étaient pris en commun, c’était, chez les disciples du Christ, pour un motif de charité, et non par crainte de contracter une souillure. Les institutions chrétiennes qui sont la mise en pratique de l’enseignement du Christ trouvent en elle-même leur raison d’être.

Conclusion du Dictionnaire de la Bible sur les Esséniens :

D’abord les Esséniens sont-ils passés au Christianisme ? Il est difficile de le dire. La pureté de leur vie, leurs efforts pour atteindre un idéal élevé pouvaient les disposer à regarder avec bienveillance la nouvelle doctrine, prêchée par le prophète de Nazareth, mais leur légalisme étroit et leur pharisaïsme outrancier, leur vie renfermée et leur refus de tout contact avec ce qui n’était pas essénien devaient les en écarter. En tous cas, s’il en est qui devinrent chrétiens, ils durent par le fait même, renoncer à toutes les observances caractéristiques de leur secte et ils furent si peu nombreux qu’ils ne purent exercer aucune action sur le Christianisme.


II- L’AVENTURE DES MANUSCRITS DE LA MER MORTE


Un chapitre intéressant de ce livre avance des arguments solides sur les vrais dépositaires des manuscrits de la Mer Morte.

James. C. Vanderkam l’auteur de ce chapitre fonde ses arguments sur l’étude attentive des sources grecques de l’Antiquité concernant les Esséniens et sur leur comparaison, d’une part avec les témoignages archéologiques provenant de Quomram, mais aussi les croyances reflétées dans les manuscrits de la Mer Morte. Il compare d’autre part, ces croyances avec celles des Pharisiens et des Sadducéens. Il en conclut que les croyances reflétées dans les manuscrits sont bien plus proches des Esséniens que tout autre groupe juif de cette époque.

A côté des onze grottes situées sur le rivage nord-ouest de la Mer Morte où furent découverts les fameux manuscrits de la Mer Morte, on aperçoit les vestiges d’anciens bâtiments dominant le Wadi Qoumrân. Ce furent certainement les habitants de ce lieu qui placèrent les rouleaux dans ces grottes. Mais qui étaient les gens qui vécurent là et rassemblèrent ces manuscrits. Ce sont les Esséniens : Une Secte Juive.

Les Esséniens sont mentionnés moins souvent que les Pharisiens et les Sadducéens ; cependant, ils ont peut-être marqué aujourd’hui un point sur leurs rivaux mieux connus, puisque selon la majorité des chercheurs, les auteurs et les copistes des manuscrits de la Mer Morte étaient Esséniens.

La communauté détentrice des manuscrits de la Mer Morte a été identifiée comme essénienne à partir de 2 sortes de critères :

1. Le témoignage du géographe romain Pline l’Ancien.

2. La contenu même des rouleaux, compare aux descriptions de croyances et pratiques esséniennes rapportées par Josèphe et d’autres auteurs.

Pour les études bibliques, les manuscrits de la mer Morte représentent sans conteste l’une des plus importantes découvertes, si non la plus importante qui aient jamais été faites en Terre Sainte.

Les principaux rouleaux sont :

1. L’Ecrit de Damas - Le Rouleau de la guerre, le rouleau du Temple ( le plus long rouleau de la mer Morte 8 m 75 de long).

2. Le grand Rouleau D’Isaïe contenant le texte intégral du livre d’Isaïe

Qu’était ce texte : Le Rouleau du Temple (selon Yigael Yadin, le grand archéologique d’Israël)

Le Rouleau du Temple était la Torah des Esséniens ( Nous constaterons que les avis des archéologues sont partagés, Yadin a obtenu ce rouleau en 1967 ( après la guerre des 6 jours).

  Ce Rouleau contient ni plus ni moins la torah ou loi fondamentale des Esséniens qui vécurent à Qoumrân. C’était pour eux un livre saint, une partie du canon de ce que nous appelons la Bible, la Torah du Seigneur. Probablement ce Rouleau fut composé par le fondateur de la Secte. Le Rouleau contient de longs passages du pentateuque.

Ce rouleau était considéré par les Esséniens comme un texte biblique, canonique. Probablement le Rouleau du Temple contient-il même des passages de certains livres perdus mentionnés dans la Bible.

Le Rouleau contient aussi des descriptions détaillées pour la construction du temple. Presque la moitié du manuscrit est consacrée aux plans du Temple.

Aussi une autre section importante du Rouleau du Temple presque 4 colonnes est consacré aux « Statuts du Roi ».Cette section pourrait-elle aussi correspondre à un livre, par ailleurs inconnu, mentionné dans la Bible.

Décrire en détail tout le contenu du Rouleau du Temple serait impossible, nous allons en brosser un résumé : D’abord c’est un livre de la Loi pour la communauté, ensuite il contient des passages détaillés concernant le temple ( son plan, son mobilier, ses sacrifices....).

Enfin d’autres longues sections décrivent diverses fêtes ou jours saints. Aussi contient-il certaines caractéristiques : l’emploi fréquent de la première personne lorsque Dieu parle, le Tétragramme en caractères araméens carrés comme dans d’autres manuscrits bibliques de la mer Morte. A la différence de la Bible, le rouleau est structuré suivant les thèmes principaux. C’est une découverte qui engendra des ondes de choc parmi les savants. Ce fut comme si un puissant télescope équipé d’un zoom franchissant une barrière de 2 millénaires, amenait soudain le monde Judaïque de la fin de la période du second temple sous notre regard. Avant de terminer son chapitre, Yadin essaye d’éclaircir certains points sur l’influence des Esséniens sur le Christianisme primitif.

Il y avait une affinité entre les doctrines sectaires reflétées dans les manuscrits de la mer Morte et dans le Christianisme primitif. Par contre Yadin souligne certains points qui montrent que Jésus était anti-Essénien :

1. Il réagissait contre la rigoureux insistance sur la pureté rituelle observée certes par les pharisiens, mais encore plus par les Esséniens.

2. Le Sermon sur la Montagne, pourrait bien contenir une allusion anti-essénienne : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. En bien, moi je vous dis : Aimez vos ennemis, priez pour vos ennemis ». Dans le Manuel de Discipline, les nouveaux membres de la secte prononcent le serment d’allégeance d’aimer les Fils de Lumière (c’est-à-dire les membres de la communauté essénienne) et de haïr à jamais les Fils des Ténèbres.

Par contre, il y a certains points communs avec les Esséniens et Jean-Baptiste. ( d’après Yadin) :

  Il était actif comme eux, il observait la chasteté comme les adeptes de Qoumrân.

  De plus, le baptême qu’il prêchait et d’où lui vint son surnom, était également pratiqué par les Esséniens. Mais les ressemblances le plus souvent remarquées entre la doctrine chrétienne et l’essénienne ne provenaient pas de Jean-Baptiste et certainement pas de Jésus.

Selon la perspective de l’auteur, les ressemblances frappantes entre le Christianisme primitif et les doctrines des Esséniens pénètrent dans le Christianisme après la vie de Jésus, par l’intermédiaire de Paul.

Les premiers Chrétiens furent en contact avec les Esséniens qui les influencèrent à une époque tardive de l’histoire essénienne ( premier siècle après Jésus Christ). Ils rencontrèrent des Esséniens qui suivaient leur propre calendrier et désavouaient le Temple de Jérusalem ainsi que ses lois. Cette paraphrase des « Proverbes » 15,8 dans un document essénien a pu attirer les milieux du Christianisme paulinien. « Le sacrifice des impies est une abomination, mais la prière des justes est une oblation délectable ».

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GODF et les femmes : non et encore non ! (www.hiram.be)

Publié le 4 Septembre 2009 par Thomas Dalet

Le blog de notre Frère Jiri Pragman est une référence en matière de réactivité. Il vient de le prouver en publiant les résultats du Convent du GODF qui se déroule en ce moment à Lyon .

Je le cite :

" Convent de Lyon. Les délégués auraient donc voté non aux 2 questions :
  • pour ou contre l'initiation de femmes ?
  • pour ou contre l'affiliation de Sœurs ?


La mixité est donc repoussée. Le GODF s'affirme donc comme une Obédience masculine (51% de oui)."

Vos commentaires m'intéressent sachant que la RL de Recherche Lawrence Dermott sera mixte.

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Grade de Maître de Loge

Publié le 2 Septembre 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie

La Loge qui représente l’appartement où se tient la Cour de Cyrus, roi des Assyriens régnant à Babylone, doit être tendue de vert et éclairée par tel nombre de bougies que l’on juge à propos. A l’orient doit être un trône élevé sur 7 degrés sur lequel s’assoit le Maître qui représente Cyrus sous le titre de Souverain.

Le Premier Surveillant se nomme: Nabuzardin,

le Second : Mitridatte,

le Secrétaire : Chancelier,

le Maître des Cérémonies : Grand Maître,

les Frères : Grands Architectes

et le récipiendaire : Zorobabel.

Le Maître et les Officiers portent au col un grand cordon vert moiré tombant en pointe sur l’estomac, au bas duquel pend le bijou de l’Ordre qui sont deux épées en sautoir nouées par la lame.

Ce bijou doit être d’or.

Le Maître a un sceptre, et les Frères l’épée à la main; ils ont un large cordon vert moiré passé en bandoulière de gauche à droite au bas duquel pend le bijou ci-dessus. Ils ont de plus un tablier et une paire de gants de peau blanche doublés et bordés de taffetas vert.

Le tableau de la Loge doit représenter l’enceinte ou espace du terrain dans lequel le second temple a été bâti; il doit y reparaître avec toute la splendeur. Le tout ainsi préparé, I’on ouvre la Loge comme il suit ci-après.

Avant que d’ouvrir la Loge, on fait d’abord dire une messe du Saint Esprit à laquelle le Maître et tous les Frères assistent, ainsi que le récipiendaire. Cette messe finie, I’on introduit le candidat dans la Chambre de préparation. Pendant ce temps le Maître et tous les Frères entrent en Loge, puis chacun ayant pris sa place, le Souverain ouvre la Loge comme il suit.

Le Souverain s’étant fait assurer des portes ainsi que de tous les Frères pour savoir si ils sont Vénérables de Loge, frappe 7 coups de son maillet sur l’autel de cette façon : 00000...00..

ce qui sert de signal aux Frères pour se tenir debout et à l’ordre. Les Surveillants les ayant répétés sur le maillet l’un de l’autre, le Souverain après avoir fait quelques demandes du catéchisme au Premier Surveillant, prend la parole et dit à toute l’assemblée:

 

LE SOUVERAIN

 

Mes Vénérables Frères, la Loge de Vénérables maîtres de Loge est ouverte. Faisons notre devoir.

Les Surveillants ayant répété tour à tour la même chose, tous ensemble, on fait le signe, on applaudit ensuite par chacun sept coups dans ses mains, puis chacun ayant pris sa place, l’on procède à la réception de même et ainsi qu’il suit.

La Loge étant ouverte, le Frère Expert ou Préparateur, par ordre du Souverain, sort et va trouver le candidat dans la Chambre de préparation. Y étant entré, il lui fait différentes questions sur le dernier grade qu’il a passé, puis l’ayant fait décorer des affributs du dit grade, il le prend par la main et le conduit la vue libre et l’épée au côté, à la porte de la Loge où étant il frappe 7 coups comme cy devant, auxquels on répond en dedans par 7 autres; puis après les cérémonies usitées pour annoncer et ouvrir, I’on introduit le candidat a l’occident de la Loge où étant le Premier Surveillant en prévient le Souverain, qui ordonne au Second Surveillant de le faire voyager 3 fois autour de la Loge; ce qu’il fait.

De retour à l’occident le Souverain ordonne au Second Surveillant de la faire parvenir jusqu’à lui.

Arrivé au pied du trône ainsi qu’il est ordonné, le Souverain le fait mettre a genoux, ensuite il fait avec son sceptre un signe de croix sur le candidat en disant :

D... Que demandez-vous, mon Frère ?

R... Vénérable Grand Maître, que vous me fassiez la faveur de me recevoir Maître de Loge.

D... Vous me demandez une grâce qui ne doit être accordée qu’à ceux dont le mérite les en rend dignes et qui sont disposés à pratiquer les œuvres de miséricorde envers les pauvres maçons, ainsi qu’à verser leur sang pour la défense de la religion chrétienne et le service du Roi.

Consentez-vous à toutes ces choses ?

R... Oui, Vénérable Grand Maître.

Sur cette réponse, le Souverain lui dit:

Mon Frère, comme nous avons appris par des preuves certaines et convaincantes que les conditions nécessaires à la grâce que vous nous demandez sont en vous, cela nous a déterminés à vous l’accorder; mais auparavant que de vous l’accorder nous voulons savoir de vous si vous êtes disposé de vous servir de votre épée pour la défense de la Maçonnerie, le service de votre Souverain et l’honneur de l’Ordre, et la protection des misérables Frères.

Sur sa réponse, il lui dit:

Je vais vous recevoir Maître de Loge, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

En prononçant ces paroles, il fait avec son sceptre un signe de croix sur le récipiendaire, ensuite il se lève de son fauteuil, tire l’épée du fourreau du récipiendaire et lui donne deux petits coups, savoir un sur l’épaule droite et l’autre sur l’épaule gauche, en disant :

Par notre Très Vénérable Grand Maître, le duc de Chartres, je vous fais Vénérable Maître.

Le Souverain s’assoit ensuite dans son fauteuil puis présente l’épée au candidat, en lui disant:

Servez-vous de votre épée selon l’esprit de la Religion et non selon le mouvement de vos passions; souvenez-vous que vous n’en devez jamais frapper personne injustement; prenez-la et soyez désormais vigilant au service de la Maçonnerie et de votre Souverain, soumis à leurs ordres et particulièrement à leur correction. Sachez que les lois de l’Ordre Royal de la maçonnerie de laquelle vous êtes Maître vous obligent à l’exercice de toutes les vertus chrétiennes et morales, et à les porter à un plus haut point de perfection que le commun des Maçons.

Le Souverain descend ensuite de son trône et y fait monter le candidat un instant ; y étant assis, I’on pose au dessus de sa tête deux épées mises en sautoir et un réchaud plein de feu au-dessous des pieds. Le candidat ainsi purifié, le Souverain le fait descendre de son trône et reprend sa place; il fait ensuite mettre le candidat à genoux au pied de l’autel, sa main droite sur le saint Évangile, puis en cette attitude, il lui fait prononcer à haute voix l’obligation suivante:

Moi, N.N..., je promets et je jure au Dieu tout Puissant, d’observer toute ma vie les saints Commandements, de les suivre d’un grand zèle pour la défense de la foi, lors toutefois que cela me sera commandé par mes supérieurs. Je promets ainsi d’exercer la charité et les œuvres de miséricorde envers les pauvres Maçons et selon mon pouvoir. Comme aussi de garder à mon Souverain une inviolable fidélité, ainsi qu’à Monseigneur le Grand Maître et de leur rendre une parfaite obéissance. Je promets en outre de garder un secret inviolable sur nos mystères, ainsi que sur tous les autres grades de l’Ordre royal; ainsi que Dieu, très bon et très puissant me soit en aide et ce Saint Évangile par moi touché.

Il baise le Saint Évangile, ensuite de quoi, le Souverain le fait relever, et lui dit :

Mon Frère, venez promptement que je vous embrasse, et que je vous reconnaisse comme Maître de Loge, et, mon Frère, en cette qualité comme défenseur de la foi, protecteur des Maçons, et comme sujet soumis à nos règlements.

Le candidat arrivé à la droite du Souverain, celui-ci le décore des gants, tablier, cordons et bijou dont on a fait la description ci-devant; ensuite de quoi il l’embrasse, puis il lui donne le signe, mots et attouchement comme il suit.

Le signe se fait en mettant l’un et l’autre l’épée à la main et se les passer réciproquement par dessus la tête les lames croisées.

Le mot sacré est “jeek jeek” qui veut dire “je le suis”, il sert aussi de mot de passe.

L’attouchement se donne en s’empoignant l’un et l’autre la main droite, et la glissant réciproquement jusqu’au bout des doigts.

Le Souverain ayant donné au candidat le signe, mot et attouchement, il l’envoie se faire reconnaître comme Vénérable Maître à toute la Loge. Ce qu’il fait; de retour auprès de lui il lui fait prendre place parmi les Vénérables Maîtres, puis toutes les réceptions étant finies, il procède à l’instruction comme et ainsi qu’il suit.

 

D... Etes-vous Vénérable de Loge ?

R... Oui Souverain, je le suis.

D... Comment vous appelez-vous ?

R... Comme récipiendaire Zorobabel et comme Vénérable Cyrus.

D... Pourquoi ?

R... Parce que ce fut de Cyrus que Zorobabel reçut directement l’ordre de rétablir le temple du vrai Dieu.

D... Comment avez-vous été reçu ?

R... Entre le fer et le feu.

D... Pourquoi par le fer ?

R... Parce qu’on me l’a mis en main pour punir les traîtres à la Maçonnerie, et faire exécuter de point en point dans ma Loge les statuts qui m’ont été donnés et confiés par celui qui m’a constitué.

D... Pourquoi par le feu ?

R... Pour faire voir que j’ai été purifié de la tête au pieds par le fer et le feu.

D... Comment vous faites-vous reconnaître comme Vénérable Maître de Loge ?

R... Par signe, mot et attouchement.

D... Donnez-les moi.

On les donne.

D... Quelle heure est-il ?

R... Minuit sonné, Souverain.

 

Après cette réponse, le Souverain frappe 7 coups comme ci-devant de son maillet sur l’autel, lesquels servent de signal à tous les Frères pour se tenir debout et à l’ordre, c’est-à-dire l’épée nue à la main. Les Surveillants les ayant répétés tour à tour sur le maillet l’un de l’autre, le Souverain prend la parole et dit à toute l’assemblée :

Mes Frères, la Loge des Vénérables Maîtres de Loge est fermée. Faisons notre devoir.

Les Surveillants ayant répétés la même chose sur chacune de leur colonne, tous ensemble on fait le signe; on applaudit ensuite par chacun 7 coups dans ses mains.

Cela fait l’on se donne le baiser de paix, puis la quête pour les pauvres étant faite, chacun après le banquet usité se retire en paix.

référence: National Library of Australia, Clifford Ms 1077/44

 

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Cérémonie d'installation du Vénérable Maître

Publié le 2 Septembre 2009 par Thomas Dalet dans Histoire de la Franc-Maçonnerie


Revue «LE SYMBOLISME» numéro 353, année 1961

Notes sur la cérémonie ésotérique d'installation des Maîtres de Loges

par René GUILLY

 

La première apparition importante dans l'histoire maçonnique de la cérémonie ésotérique d'installation des Maîtres de Loges se produisit au moment du grand schisme anglais de 1753 -cet évènement d'une importance capitale que l'on rencontre inévitablement dès que l'on aborde en profondeur les véritables problèmes maçonniques.

En effet, parmi les nombreux griefs faits aux «Modernes» de 1717 par les «Anciens» de 1753 et qui sont énumérés tout au long par B.E. Jones dans son «Freemason's Guide and Compendium» (p. 201) figure celui-ci : «avoir laissé tomber en désuétude la cérémonie ésotérique de l'installation du Maître, quoique quelques-unes de leurs loges aient pratiqué de bonne heure une telle cérémonie et continue de leur propre initiative a le faire».  

Les «Anciens» tenaient essentiellement à cette cérémonie qui était chez eux une des conditions pour être «exalté», si l'on nous permet cet anglicisme, au grade de L'Arche Royale. C'est d'ailleurs cette condition et le désir de nombreux frères d'être admis aux secrets de L'Arche Royale qui amena cette cérémonie ésotérique à se transformer en une sorte de 4e degré, souvent conféré après une élection fictive à la charge de Vénérable. Ce 4e degré passa même parfois, et notamment aux U.S.A., sous la juridiction des chapitres de L'Arche Royale.  

Il importe avant tout de savoir si, du point de vue traditionnel, cette accusation était fondée.

 

Henry Sadler dans ses «Notes on the ceremony of Installation» (1) estime que la première trace de cette cérémonie se trouve dans les Constitutions d'Anderson de 1723. On relève en effet a la page 71 de cet ouvrage, inclus dans «La manière de constituer une nouvelle loge», le passage suivant : «Sur quoi le Député répétera les obligations du Maître, et le Grand Maître questionnera le Candidat (2) disant «Vous soumettez-vous à ces obligations ainsi que les Maîtres l'ont fait de tout temps ? » Et le candidat signifiant sa cordiale soumission à celles-ci, le Grand Maître, au cours de certaines cérémonies significatives et conformément aux anciens Usages, I'installera et lui présentera les Constitutions, le Livre de Loge, et les Instruments de son office, non pas tous ensemble, mais l'un après l'autre.  

Il est certain que l'on trouve ici plus que des indices d'une cérémonie d'installation réservée au Maître de la Loge.

 

Un peu plus de lumière a été jeté sur ce problème dans les années 1809 et 1810. Le 26 octobre 1809, le Prince de Galles -plus tard George IV- Grand Maître des Modernes, avait délivré une patente à une loge de Maîtres expressément chargée de rechercher puis de promulguer les anciens Land-Marks du Métier.

Il s'agissait de préparer I'union qui devait intervenir en 1813 entre les deux grands corps rivaux, en revenant à certains usages après avoir reconnu leur authenticité traditionnelle.

Dans sa première tenue, le 21 novembre 1809, cette loge adopta le nom, sous lequel elle est entrée dans l'histoire, de Loge Spéciale de Promulgation. Le Duc de Sussex, qui devait succéder en 1813 comme Grand Maître des Modernes a son frère le Prince de Galles, et devenir, aussitôt après, le Grand Maître de la Grande Loge Unie d'Angleterre, faisait partie de cette loge ainsi que plusieurs grands Maîtres provinciaux.  

Le F\ Bonnor, premier surveillant de la loge de l'Antiquité N° 1, fut nommé secrétaire, et il fut un des rares à être capable d'exposer avec précision en quoi consistaient vraiment certains usages anciens que justement sa Loge pratiquait.  

Il faut reconnaître que la caution de la loge de l'Antiquité est d'une particulière importance du point de vue de la tradition maçonnique. Elle portait le N° 1 des Modernes, et seul le tirage au sort après 1813 lui fit assez bizarrement attribuer le N° 2, au profit de la plus ancienne loge des Anciens, la Grand Master's Lodge, qui reçut le N° 1 bien qu'elle n'ait été fondée qu'en 1756.  

La loge de Antiquité était autre que la Loge très ancienne (les Anglais disent dans ce cas : « a time immemorial Lodge ») qui se réunissait, en 1717, à la taverne qui avait pour enseigne «à l'oie et au gril» au cimetière Saint-Paul. Cette loge fut une des quatre fondatrices, le 21 juin 1717, de la Première Grande Loge d'Angleterre.

Elle prit en 1761 le nom de «West India and American Lodge» et en 1770 adopta celui de «Lodge of Antiquity».  

Il est important de noter que cette loge ne passa jamais sous la juridiction des Anciens et resta fidèle a la G. L. de 1717, sauf de 1777 à 1787 où, ayant à sa tête le celebre écrivain maçonnique William Preston, elle forma, à la suite d'une querelle avec la Grande Loge, la «Grand Lodge of England South of River Trent», travaillant sous l'autorité de la Loge «of All England» à York.  

En ce qui concerne plus particulièrement la cérémonie d'Installation du Maître de la loge, Antiquité affirme communiquer des secrets particuliers lors de l'installation du Maître depuis au moins 1726 (B.E. Jones o.c. p. 248) et accorder depuis 1739 un rang privilégié au Passé Maître Immédiat.  

Toujours est-il que la Loge spéciale de Promulgation ayant abordé, le 19 octobre 1810, la question qui nous intéresse, après avoir évidemment vérifié et accepté les arguments de la loge de l'Antiquité adopta une résolution reconnaissant : «que la cérémonie d'installation des Maîtres de Loges était un des véritables Land-Marks du Métier et devait être préservé ».  

Il fut aussi résolu ce même jour «qu'il serait fait appel aux membres de la loge spéciale de Promulgation qui étaient Maîtres Installés pour installer le Vénérable en chaire de la Loge, et ensuite, sous la direction de ce dernier, pour prendre toutes mesures pour installer les autres membres qui étaient Maîtres de Loges ». Seize membres de la loge spéciale de Promulgation assistaient à la tenue suivante. Sur les quinze maîtres de loge présents, quatre seulement étaient Maîtres Installés, et trois de ces derniers appartenaient à la loge de l'Antiquité. A la tenue qui suivit un Conseil de Maîtres Installés, fut formé : le Très Vénérable Maître et les autres Maîtres de loge furent régulièrement installés.  

 

Afin que les autres Maîtres de loge de Londres et des environs puissent être installés à leur tour dans les mêmes conditions, le Grand Maître accepta de prolonger de deux mois la validité des pouvoirs de la Loge spéciale de Promulgation. Des convocations furent lancées, et tout frère se présentant avec un certificat de sa loge attestant qu'il avait rempli l'office de Surveillant et avait été régulièrement élu à la charge de Maître fut alors régulièrement installé, ainsi que plusieurs grands Maîtres Provinciaux et le Comte de Moira lui-même, Acting Grand Master (Grand Maître adjoint). 

La loge spéciale de Promulgation cessa ses travaux, selon toute apparence, le 5 mars 1811. Aussitôt après l'Union, une nouvelle loge spéciale fut formée par l'élite des deux corps. Elle prit le nom de Loge de Réconciliation et ne doit pas être confondue avec la précédente. Sa mission essentielle fut d'élaborer et d'enseigner ensuite aux Loges des cérémonies uniformes pour les trois degrés; c'était là une tâche importante et il ne paraît pas qu'elle se soit étendue à la cérémonie d'installation,  

En 1827, le Duc de Sussex, Grand Maître, estima le moment venu de porter ses efforts sur ce dernier point. A cet effet, des lettres patentes furent délivrées à un certain nombre de frères particulièrement bien informés, afin de se constituer en Conseil de Maîtres Installés. Ce conseil devait, d'une part élaborer un cérémonial unique qui recevrait l'approbation du Grand Maître, et de l'autre installer tous les Maîtres de Loges qui n'avaient encore pu l'être.  

Tous les Maîtres et anciens Maîtres de loge furent avisés par circulaire, et invités à assister à trois réunions qui eurent lieu les 17, 22 et 28 décembre 1827.  

En 1828, ce Conseil de Maîtres Installés adressa un rapport sur sa mission au Duc de Sussex. On y lit notamment : «Nous sommes heureux d'être en mesure d'informer votre Altesse Royale que ces réunions ont été suivies par un grand nombre d'assistants, et que toutes les formes et cérémonies de l'installation, telles qu'elles ont été établies par nous et qui avaient précédemment eu l'honneur d'être approuvées par votre Altesse Royale, ont été communiquées et pratiquées; et nous avons aussi procédé à l'Installation de tous les Maîtres de Loges qui n'avaient pas été régulièrement installés et qui en manifestèrent le désir».  

Il est particulièrement intéressant de relever parmi les membres de ce Conseil de Maîtres Installés les noms de : William White, ancien Grand Secrétaire des Modernes, 2e Surveillant de la Loge Spéciale de Promulgation, Grand Secrétaire de la Grande Loge Unie d'Angleterre, de 1813 à 1857 ; William Meyrick, membre de la loge de l'Antiquité depuis 1792, premier Surveillant de la loge de Réconciliation ; Thomas Cant, membre fondateur en 1823 de la loge d'instruction «Emulation».  

Une filiation directe apparaît ainsi entre la loge spéciale de Promulgation, dont faisait également partie le Duc de Sussex, le Conseil de Maîtres Installés de 1827 et la Loge d'Instruction «Emulation»

Cette dernière «The Emulation Lodge of Improvement» avait été fondée le 20 octobre 1823. D'abord souchée sur la loge de l'Espérance (Lodge of Hope) elle fut transférée vers 1831 a la Lodge of Unions N° 256. La renommée des travaux de cette loge d'Instruction fut très grande, et c'est elle qui fixa les rituels qui constituent de nos jours le Rite Emulation. Un de ses membres les plus connus pour son activité et sa compétence fut le F\ Peter Gilkes (1765-1833).

 

A partir de 1841, la Loge Emulation pratiqua régulièrement la cérémonie d'Installation des Maîtres de Loge les premiers vendredis de novembre, décembre, janvier et février. Dans ses « Nootes the ceremony of Installation » -d'où sont tirés la plupart de ces précieux renseignements- Henry Sadler écrit (p. 37): «j'ai toute raison de croire que la cérémonie maintenant pratiquée dans la Loge d'Instruction Emulation est essentiellement la même que celle du Conseil de Maîtres Installés de 1827». Il est donc entièrement licite de dire que la cérémonie ésotérique d'Installation du Rite Emulation est non seulement reliée - ce qui va de soi - à la Grande Loge des Anciens de 1753, mais aussi, par la loge spéciale de Promulgation, la loge de l'Antiquité et dans une certaine mesure, par l'allusion des Constitutions d'Anderson de 1723 à la Grande Loge des Modernes de 1717.  

Néanmoins, il est honnête de constater que la période qui va de 1717 à 1750 environ, est celle pour laquelle nous possédons le moins d'éléments. Qu'il nous soit permis de hasarder une explication à ce sujet. Tous les historiens sont d'accord pour reconnaître que le terme de Maître désignait d'abord une fonction - celle de Maître de la Loge avant de s'appliquer à un grade - celui de Maître Maçon. Il est clair que c'est à ce Maître de la loge choisi parmi les compagnons (comme le montrent les Constitutions de 1723) que s'applique la phrase déjà citée: «le Grand Maître au cours de certaines cérémonies significatives et conformément aux anciens Usages, I'installera». L'apparition, à une époque très proche, du grade de Maître, a pu être considéré par certains comme une qualification suffisante pour la chaire. Les deux cérémonies, celle du 3e degré et celle de l'installation du Maître de la Loge, pouvant paraître faire double emploi la première aurait seule subsisté dans un grand nombre de Loges.  

Quoi qu'il en soit, il est permis de penser que cette cérémonie d'installation ne devint réellement ésotérique (c'est-à-dire accomplie en présence des seuls Maîtres Installés) que plus tard. Certaines autres règles furent sans doute également tardives : ainsi celle exigeant la présence de trois Maîtres Installés.

 

Apres l'union de 1813, le nouveau corps adopta au sujet de la dignité de Maître Installé la même ligne de conduite que pour L'Arche Royale. La doctrine des Modernes de 1717, qui étaient officiellement opposés à tout grade supérieur au 3e degré, l'emporta en apparence. Comme L'Arche Royale, la cérémonie ésotérique d'Installation fut déclarée un simple complément de la Maîtrise.  

La conséquence sur le rituel en fut que tous les développements cérémoniels qui, dans beaucoup de cas, avaient amené la dignité de Maître Installé à ressembler à une sorte de 4e degré, furent sévèrement élagués en Angleterre. L'essentiel seul subsista, et le Conseil des Maîtres Installés ne saurait être assimilé à un atelier travaillant à un degré particulier (3). La dignité de Maître Installé ne fut plus considérée comme une qualification pour l'Arche Royale ; cette condition fut cependant maintenue pour les trois «Principaux» d'un chapitre.  

On trouvera, illustré de gravures amusantes, un exemple du « Past Master's degree » pratiqué aux U.S.A. dans un rituel publié à Londres dans la deuxième moitié du siècle dernier «A Ritual and Illustrations of Freemasonry» (4). Ce degré y occupe un rang intermédiaire entre le Mark Master et le Most Excellent Master.

   

La cérémonie ésotérique d'Installation ne paraît pas avoir été pratiquée en France au XVIIIe siècle Au XIXe siècle, le Tuileur de Vuillaume (1820) donne des renseignements sur le «grade» de Passé Maître, la plupart différents d'ailleurs de ce que nous enseigne le Rite Emulation. Cet auteur ajoute (p. 71) : «Il y a beaucoup de loges ou le Past-Master n'est pas connu, surtout dans le Rite Français. Pour en tenir lieu, on a fait un extrait du rituel du vingtième degré Vénérable Maître de Loge avec les mots qui suivent... : », mots qui n'ont pas davantage de rapport avec le Rite Emulation.  

Le titre de Vénérable d'Honneur, dignité ad vitam, est considéré en 1834 par Bazot dans son manuel du Franc-Maçon, comme une «innovation discutable», c'était là sans doute le moyen - assez profane - qu'avaient trouvé certains maçons français pour tenir lieu du Passé Maître anglais. Mais ce titre, décerné par un simple vote, comme encore actuellement, ne s'accompagnait d'aucun élément traditionnel. 

Tout indique que la cérémonie ésotérique d'Installation demeura exceptionnelle dans notre pays jusqu'à la fondation de la Grande Loge Nationale Française, en 1913. C'est après cette date, vers 1918-1919, selon l'opinion très autorisée du F\ P. de R., qu'une adaptation du Rite Emulation fut faite pour les Loges Ecossaises Rectifiées de cette Obédience. Cet heureux précédent a été très récemment imité par une loge du Rite Moderne Français.

 

J'en ai terminé avec ce bref rappel historique. On ne dira jamais assez combien la personnalité du Vénérable a d'importance pour la vie d'une loge. Ce rôle éminent du Maître de la loge est une des grandeurs et une des faiblesses de notre Institution. Aussi, tout ce qui contribue à renforcer la dignité et l'instruction maçonnique des Maîtres en chaire ne peut-il avoir qu'une influence bénéfique pour notre Ordre.  

Nos frères anglais ont été sages en maintenant et en remettant en vigueur le principe d'une cérémonie distincte réservée au Maître de la Loge et de secrets qui lui sont conférés par ses pairs. De plus, cette dignité, demeurant attachée au Passé Maître, crée dans l'Ordre un groupe d'hommes dont la responsabilité initiatique et morale est accrue, ce qui ne peut avoir que d'heureux effets pour le maintien et la sauvegarde de la Tradition Maçonnique, but vers lequel doivent tendre, aujourd'hui

plus que jamais, tous les Maçons éclairés.


(1) Londres 1889.

(2) Le Maître élu par les frères de la nouvelle Loge.

(3) La G. L. d'Ecosse échappait naturellement à ces décisions qui ne concernaient que l'Angleterre et son rituel d'installation ésotérique, fort intéressant d'ailleurs, a conservé un cérémonial d'ouverture par demandes et réponses qui lui donne l'apparence d'un degré

(4) Cote de la Bibliothèque Nationale 8° H 8031.

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Blason de la RL Laurence Dermott

Publié le 1 Septembre 2009 par Thomas Dalet

 

 

 

IHSV : In Hoc Signo Vinces : devise de la Loge.

"Au moment où Constantin allait marcher contre Maxence, une croix de feu parut dans le ciel entourée de cette inscription : In hoc signo vinces. Constantin plaça ce signe mystérieux sur son étendard, et le fit peindre sur les boucliers, les casques et les armes de ses soldats."

On retrouve cette devise dans certains rituels de hauts grades

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