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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 15:18

Détail de ce qui s'exige pour la Réception d'un Apprenti parmi les Francs-Maçons, par Demandes & Réponses


D. D'où venez-vous ?

R. Du Collège ou Société de saint Jean.

D. Qu'est-ce que l'on vous a commandé ?

R. Les bien Nobles Confrères & Co-Membres du Collège de saint Jean m'ont ordonné de vous saluer cordialement trois fois.

D. Que voulez vous faire ici ?

R. Je ne prétend pas suivre ma propre volonté, mais plutôt contraindre mes désirs, en observant les Préceptes des Maçons & de faire journellement des progrès en cette profession.

D. Etes-vous Maçon ?

R. L'on me tient pour tel, étant reçu par les Frères & Membres.

D. Comment peut-on être assuré que vous êtes Maçon ?

R. Par des signes & par des preuves complètes touchant les observations principales de mon entrée.

D. Qu'est ce que c'est des signes ?

R. Tous les angles carrés & rectangles.

D. Quelles sont les preuves ?

R. Des certains jeux de mains fraternels ordonnés.

D. Eclaircissez-moi les points principaux de vôtre entrée ?

R. En me donnant de la lumière touchant le premier chef, je vous éclairerai concernant le second.

D. Ne les publierez-vous point ?

R. Je les cacherai toujours.

D. Qu'est-ce que vous cacherez ?

R. Toutes les choses secrètes & mystérieuses des Maçons, si ce n'est envers un bon & légitime Frère, après avoir dûment interrogé, & accepté dans un bien noble Collège réglé par les Frères & Membres.

D. Où est-ce qu'on vous a fait Maçon ?

R. Dans un Collège complet & réglé.

D. En quoi consiste un Collège complet & réglé ?

R. Il faut sept personnes ou davantage.

D. Quelles sont telles ?

R. Un Maître, deux Surveillants, deux Ouvriers, & deux Apprentis acceptés.

D. Combien faut-il pour un petit Collège ?

R. Cinq Personnes.

Quels sont ces cinq ?

R. Ce sont un Maître, deux Surveillants, un Ouvrier, & un Apprenti accepté.

D. Qui est-ce, qui vous introduit dans ce Collège ?

R. Un Apprenti accepté.

D. De quelles circonstances votre introduction fut-elle accompagnée ?

R. Cette entrée se fit ni nu, ni habillé, ni chaussé, ni nu-pieds, sans aucun métal, dans une figure ambulante & non surnaturelle.

D. De quelle manière avez-vous eu accès ?

R. En frappant fortement trois fois.

D. Qui est-ce qui vous a reçu ?

R. Le Second Surveillant.

D. Comment vous a-t-il placé ?

R. Il me conduisit du côté du Nord-Est du Collège, & de là en retournant vers le côté Ouest ; enfin, il me présenta au

Premier Surveillant.

D. Que fit le Premier Surveillant à votre égard ?

R. Il me proposa & m'enseigna, qu'en avançant trois pas, je m'approcherais du Maître du Collège.

D. Que fit le Maître du Collège à votre sujet ?

R. Il me fit Maçon.

D. Avec quelles cérémonies cela se faisait-il ?

R. J'entrai en Office en faisant le serment de Maçon. Voici la posture, où je me tenais, couché sur les genoux, le corps dans un carré touchant par la circonférence la poitrine gauche nue, & mettant la main nue sur la Bible.

D. Avez-vous retenu l'engagement de votre profession ?

R. Je ferai de mon mieux, pour en expliquer le contenu.

« Je proteste & jure en préférence du tout-puissant DIEU, devant cette bien noble Assemblée, que je tairai & cacherai îles Secrets mystérieux des Maçons, ou de la Société des Maçons, dont on voudra me faire la communication; jamais je ne les découvrirai, si ce n'est à quelque véritable & légitime Frère & Membre : De plus, je promets & assure que je ne les publierai point d'une façon non permise, ni par la voie de l'écriture, ni par celle de l'impression, ni par le dessin, ni par sculpture, tant en bois qu'en pierre, en imitant quelque caractère intelligible ou alphabet reconnaissable. Le tout sous le châtiment restrictif, que la Langue me soit tirée de la bouche, & le Cœur de la poitrine gauche que la Tête me soit coupée & toutes ces pièces jetées dans la mer, où pendant les vingt quatre heures il y a deux fois flux & reflux, un peu éloigné du Rivage pour y être enterrées & enfoncées sous le sable de la mer, à la façon des mariniers, le Corps réduit en cendres, qui seront jetées au vent afin de ne plus conserver aucun souvenir d'un traiter de Maçon. »

D. De quelle forme est la Chambre du Collège ?

R. C'est un quarré long.

D. De quelle longueur est-elle ?

R. D'est en Ouest

D. De quelle largeur ?

R. Du Nord au sud.

D. De quelle hauteur ?

R. Des pouces, des pieds, des coudées innombrables, aussi haut que le ciel. (chaque coudée, fait deux pieds de Paris)

D. De quelle profondeur ?

R. Jusques au centre de la terre.

D. En quel endroit est placée cette chambre ?

R. Sur un fond sacré, soit sur la montagne la plus haute, ou dans un vallon le plus profond ou dans quelque autre lieu caché.

D. Quelle est sa situation ?

R. Tout en Est & Ouest.

D. Pourquoi cette assiette ?

R. Pour imiter les Eglises & les Chapelles.

D. Quels sont les fondements de cette Chambre ?

R. Trois grands Piliers.

D. Quels Piliers donc ?

R. Ces trois colonnes ou Piliers sont la Sagesse, le Force, & la Beauté.

D. Quelle est la raison ?

R. La Sagesse pour l'ordonnance, la Force pour soutenir, & la Beauté pour l'ornement.

D. Quel en est le plafond ?

R. C'est un Ciel de Nuées embellies de toute sorte Couleurs.

D. Y a-t-il des meubles ?

R. Vraiment.

D. Quels sont ces ajustements ?

R. Des ouvrages à la mosaïque, une Comète & une pièce garnie d'or.

D. A quel usage sont employés ces effets ?

R. Le pavé de la Chambre est orné d'ouvrages à la Mosaïque, la Comète se trouve au centre, & tout le tour de la Chambre est tapissé d'un brocard d'or.

D. Y a-t-il d'autres Ornements ?

R. La Bible, un Compas, & un Carré.

D. Qui est le Propriétaire de ces pièces ?

R. La Bible appartient à DIEU, le Compas au Maître, & le Carré est destiné à l'Ouvrier.

D. Y a-t-il encore d'autres choses précieuses ?

R. Oui, il y a encore autre chose.

D. Qu'est-ce qu'il y a donc ?

R. Il y a encore six Pièces, trois à toucher & trois non à toucher.

D. Quelles sont les Pièces à toucher ?

R. Une Règle pour tirer des lignes parfaites & droites, le plomb pour examiner la droiture des murailles horizontalement & le cordon pour mesurer le fond perpendiculairement.

D. Quelles sont les trois autres ?

R. Une planche, une pierre brute, & un marteau pointu.

D. A quel usage sont destinés ces matériaux ?

R. La planche sert au Maître pour dessiner des plans, la pierre vient à propos à l'ouvrier pour aiguiser ses Instruments, le Marteau pointu est utile à un Apprenti accepté.

D. Cette Chambre ne manque-t-elle pas de lumière ? Y fait-t-il clair ?

R. Il y a trois clartés.

D. Quelles sont ces trois clartés ?

R. Le Soleil, la Lune & le Maître Maçon du Collège.

D. Il faut expliquer cela davantage.

R. Le soleil le jour, la Lune la nuit, & le Maître pour gouverner son Collège.

D. Se trouve-t-il des clartés immobiles dans cette chambre du Collège ?

R. Oui

D. Combien en y a-t-il ?

R. L'on y voit trois.

D. Comment sont-elles rangées ?

R. En Est, en Sud & en Ouest.

D. De quelle utilité sont-elles ?

R. Pour éclairer les Ouvriers tant durant le travail que pendant leur repos.

D. Pour quelle raison n'y en a-t-il pas au Nord ?

R. Parce qu'il n'y a pas de rayons du Soleil de ce côté-là.

D. Quelle place occupe votre Maître au Collège ?

R. Il se tient en Est.

D. Pour quelle raison ?

R. Comme le Soleil se lève en Est précédé par l'Aurore, ainsi se place le Maître en Est, appliquant sa main droite sur la poitrine gauche, ayant un Angle rentrant au cou, ce qui a sa signification, c'est pour ouvrir le Collège & distribuer la manoeuvre aux Ouvriers.

D. Où sont placés vos Surveillants ?

R. Ils sont debout en Ouest.

D. Quelle est leur occupation ?

R. Comme le soleil se couche en Ouest pour finir le Jour, ainsi les Surveillants se rangent de ce côté-là attachant leurs Mains droites sur leurs Poitrines gauches, ayant au cou le Plomb d'Espagne & la ficelle pour mesurer ce qui a

sa signification, afin de fermer le Collège après avoir déchargé & payé tous les Travailleurs,

D. Où est que se tient l'Apprenti reçu ?

R. Au sud.

D. Que fait-il ?

R. Il fait attention à tout, dont on veut l'instruire, il fait aussi les honneurs de la Salle, en recevant & complimentant les nouveaux Frères.

D. Où est posté l'Apprenti accepté le plus récemment ?

R. On lui a assigné le Nord.

D. De quoi prend-il soin ?

R. Il veille à écarter les étrangers & les curieux.

D. Quelle est la punition d'un étranger qu’on attrape ?

R. On le place sous une gouttière durant une forte pluie afin que les eaux le pénètrent depuis la tête jusques aux pieds & que ses souliers en soient remplis.

D. Quels sont les Mystères des Maçons ?

R. Des signes, des Preuves & beaucoup de Verbiages.

D. Où gardez-vous ces Mystères ?

R. Dans ma Poitrine gauche.

D. Avez-vous la Clef (laquelle est la Langue) de ces mystères ?

R. Sans doute.

D. En quel lieu est-elle mise en garde ?

R. Dans une boite d'os (qui sont les dents) laquelle ne s'ouvre & ne se ferme qu'avec une clef d'ivoire.

D. Est-elle pendue ou couchée ?

R. Elle est pendue.

D. A quoi est-elle attachée ?

R. A une courroie de six pouces (courroie est l'attache de la Langue) ou à une bouclé, laquelle est la Gorge ou les Lèvres.

D. De quel métal ou minéral est-elle ?

R. Ni de l'un, ni de l'autre, c'est une Langue apologétique laquelle parle mieux à la louage d'un Frère absent qu'en sa présence.

D. Combien y a-t-il d'éléments fondamentaux pour les Maçons ?

R. Il y en a quatre.

D. Comment les nomme-t-on ?

R. Le Point, la Ligne, la surface, & un Corps Compact.

D. Expliquez cela ?

R. Le Point ou le Point central empêche toute erreur du Maître ne faisant la circonférence, la Ligne est une Longueur sans largeur, la Surface est une Longueur avec une largeur, un Corps Compact entoure le tout.

D. Combien y a-t-il de signes capitaux ?

R. J'en connais quatre.

D. Quels sont-il ?

R. Ceux qui concernent la gorge, la Poitrine les mains, & les pieds. Cela demande quelque explication. Le Gosier puisqu'il aide à la prononciation, la Poitrine regarde l'intérieur, la Main sert à toucher les mains & autres choses, le Pied par rapport au marcher.

D. Que vous faut-il apprendre pour devenir Célèbre Maître Maçon ?

R. Le silence, la modestie & un bon entretien.

D. Qu'apprenez-vous pour devenir un Maçon Ouvrier ?

R. J'apprends à colorer, à faire un carré, à polir des pierres inégales, à égaliser la surface, & à tirer une muraille en droiture.

D. Avez-vous vu aujourd'hui le maître de votre Collège ?

R. Je l'ai vu.

D. Quel habillement porte-t-il ?

R. Un habit jaune (qui signifie le Compas de cuivre) & des bas Bleus (qui sont les pointes d'acier du Compas).

D. Combien avez vous servi auprès du maître du Collège ?

R. Depuis le matin du lundi, jusqu’au soir du samedi.

D. Comment avez-vous servi ?

R. Avec de la chaux, des charbons de bois, & une pelle de terre.

D. Quelle signification a cela ?

R. La Liberté, le sérieux, & le Zele.

D. Dites-moi le signe d'un Apprenti accepté.

Le signe & la preuve, en est, d'étendre les quatre doigts de la main droite en frottant doucement la Gorge. Autre preuve, le gros du pouce droit, s'applique sur le premier membre du premier doigt du Frère, qui exige le mot de guet.

D. Donnez-moi le mot de guet ?

R. BOAZ, ou le mot de BOAIEs.

D. Donnez-moi encore un autre mot.

JOACHIM, ou le mot JAKHIN.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Moins de sept ans.

D. Pourquoi fait-il jour ?

R. Afin que l'on puisse voir.

D. Pourquoi fait-il nuit ?

R. C'est pour entendre pendant son silence.

D. Quel vent fait-il ?

R. Tout Est & Ouest.

D. Quel heure est-il ?

R. Il est midi ou minuit.

 

Réception & qualités nécessaires d'un Frère Ouvrier, Sujet à l'Examen.

D. Etes vous Frère-Ouvrier ?

R. C'est ce que je suis.

D. Pourquoi vous a-t-on fait Frère-Ouvrier ?

R. A cause de la lettre G.

D. Que signifie ce G ?

R. C'est la Géométrie ou la cinquième science.

D. Avez-vous voyagé ?

R. J'ai fait voyage en Orient & en Occident.

D. N'avez-vous jamais maçonné ?

R. J'ai maçonné à l'édification du Temple.

D. Où est-ce qu'on vous a payé ?

R. Dans la Chambre intérieure.

D. Comment avez-vous eu entrée dans la Chambre ?

R. En passant au travers d'une antichambre.

D. Au passage de l'Antichambre qu'y avez-vous remarqué ?

R. J'y ai vu deux grandes Colonnes.

D. Comment les appelle-t-on ?

R. J. & B. qui signifie JOACHIM, & BOAZ.

D. De quelles hauteurs sont-elles ?

R. De dix-huit coudées.

D. De combien est leur circonférence ?

R. De douze coudées.

D. Quels ornements y a-t-il ?

R. Il y a deux Chapiteaux.

D. De quoi sont-ils composés ?

R. Ils sont composés de rets & de pommes de Grenade.

D. Par quel chemin avez-vous pénétré jusqu'à la Chambre intérieure ?

R. J'y ai monté par un escalier dérobé fait en escargot.

D. Combien de degrés a cet escalier ?

R. Il y a sept ou davantage.

D. Pourquoi le nombre sept ou davantage ?

R. Puisque sept ou plus, compose un Collège complet.

D. En entrant par la porte de la Chambre intérieure qu'y avez-vous remarqué ?

R. D'abord un Surveillant se présenta à ma vue.

D. Vous a-t-il questionné ?

R. Il me fit trois demandes.

D. Quelles étaient ces demandes ?

R. Il me demanda un signe, une preuve, & le mot de guet.

D. De quelle hauteur est la porte de la Chambre intérieure ?

R. Elle est aussi haute qu'aucun étranger ne saurait y arriver avec la main pour y ficher un éclat de bois.

D. Etant entré dans la chambre, qu'est-ce qui a frappé le plus votre vue ?

R. J'y vis quelque chose ressemblant à un D....

D. Que signifie ce D...?

R. Il représente une chose plus grande que vous.

D. Qui est donc plus grand que moi qui suis Franc-Maçon accepté & Maître de la société ?

R. Le grand prudent Architecte du rond du monde ou celui qui fut mené sur le haut du Temple.

D. Sauriez-vous répéter la leçon de la lettre D... ?

R. Je tacherai de réussir : au milieu du Temple de Salomon un D... cette lettre se voit & se reconnaît parfaitement, cependant la signification n'en est connue que de peu de monde.

D. Mon Ami parce que vous prétendez appartenir à cette société, rien ne doit vous empêcher de m'expliquer la signification de ce D...

R. C'est par les sciences que plusieurs espèces de corps ont reçu des lumières, dont nous avons l'inspection. Je ne découvrirai toutefois mes pensées, qu'aux hommes.

D. Vous en ferez donc part à des hommes sincères ?

R. D. s'ils méritent cet avantage.

D. Je suis sincère, aussi bien que digne de l'honneur de vous rendre respectable, & je vous ordonne de me faire entendre à l'instant par des paroles & par des signes, si vous me comprenez tant que je vous comprends ?

R. Ce D... renferme mystérieusement le mot de Guet & la cinquième science, ou Géométrie avec un art convenable & une prononciation non affectée.

D. Mon ami votre réponse est juste & je changerai le mot d'ami en celui de Frère, si vous me découvrez les francs fondements comme il faut.

R. Les sciences sont mystérieusement composées par une Architecture admirable ressemblant à un anagramme ; un point, une ligne & un coin externe : cependant un corps compact fait la dernière.

D. Je me félicite de l'heureuse rencontre en Vous saluant amicalement.

R. Et tous les Bien Nobles Frères & Co-Membres d'où je suis venu.

D. Ils vous saluent, saluent saluent triplement de coeur, en vous priant de m'apprendre votre Nom.

R. Je suis un tel... Soyez le bien venu Frère par la Grâce de...

 

Réception & Qualités Requises d'un Maître par l'examen.

D. Etes-vous un Maître Maçon ?

R. Je le suis, éprouvez-moi, interrogez-moi, & si vous le trouvez bon, rejetez-moi.

D. Où était votre Maître précédent ?

R. Dans une société de Maître complète.

D. Combien faut-il pour une société de maître complète ?

R. Elle est composée de trois Maîtres.

D. Par quel moyen êtes-vous parvenu à la Maîtrise ?

R. Par le secours de DIEU, par le quarré & par ma diligence.

D. De quelle façon vous a-t-on déclaré Maître ?

R. A l'aide du Quarré & du Compas.

D. Je pense que vous avez été auparavant Apprenti reçu.

J'ai vu Joachim & Boaz, j'ai été fait Maître avec un Diamant, une pierre inégale & un Quarré, ce qui ne se pratique pas souvent.

D. En vrai Maître Maçon vous savez donc parfaitement la règle de trois, & M. B. ? C’est Mach-Benah qui vous rendra franc, & s'il vous manque quelque chose en l'art de Maçonnerie, on vous l'apprendra dans ce Collège ou Société.

 

J'entends ce métier sans exception, je connais les clefs de tous les Collèges.

D. Vous êtes un Garçon héroïque, d'où venez-vous ?

R. Je viens d'Orient.

D. Où allez-vous ?

R. Je vais en Occident.

D. Qu'allez-vous faire là ?

R. J'y chercherai ce qui a été perdu & enfin retrouvé.

D. Qu'est donc cette chose perdue & retrouvée ?

R. Le mot de Maître Maçon.

D. Par quelle occasion a-t-il été perdu ?

R. Par trois coups furieux ou par la mort de nôtre grand Maître Hiram.

D. Comment a-t-il péri ?

R. Chargé de l'érection du Temple de Salomon en qualité de Maître Maçon, en faisant selon sa coutume la visite des ouvrages à midi, les travailleurs s'étant absentés pour dîner, entré, au Temple trois scélérats qu'on suppose des Frères Ouvriers, se postèrent aux trois portes du Temple, en voulant sortir, il fut arrêté & on lui demanda le Mot d'un Maître, s'excusant qu'il ne l'avait pas reçu d'une pareille façon, recommandant la patience & que dans peu cela se trouverait : sa réponse ne satisfaisant point l'Interrogateur, il lui donna un grand coup, dont il chancela. Il croyait de passer par la seconde porte, mais il y fut régalé de même d'un coup effroyable, après avoir fait une semblable réplique, enfin à la troisième porte, où il se présenta, il fut frappé si durement qu'il mourut.

D. Qu'emploient ces assassins pour le tuer ?

R. Des coups meurtriers, des instruments durs ; & des sentinelles puissantes.

D. Comment en usèrent-ils ensuite ?

R. Ils sortirent le corps mort du Temple par la porte d'Occident & le cachèrent sous un monceau de pierre jusqu'à minuit.

D. En quel temps ce Crime se fit-il ?

R. De nuit pendant que tous le monde reposait.

D. Que firent-ils encore ?

R. Ils le portèrent sur une haute montagne & lui donnèrent une sépulture commune.

D. Quand est-ce que l'on s'aperçu de son absence ?

R. L'on ne s'en aperçut que le septième jour.

D. Quand est-ce qu'il fut retrouvé ?

R. Ce fut quinze jours après.

D. Qui est-ce qui l'a trouvé ?

R. Par ordre du Roi Salomon quinze aimables Frères sortirent par la porte Occidentale du Temple & se rangèrent à droite & à gauche en s’éloignant l'un de l'autre, à une distance convenable qu'ils pouvaient s'entendre. De plus ils étaient convenus qu'en cas le mot de Maître ne se trouva point auprès du corps, le hasard leur en fournirait un autre. Un de ces Frères fatigué en montant la montagne s'assit, & tira avec facilité de la terre quelques branches & s'apercevant que le font y avait été remué fraîchement, il appela les autres Frères, en examinant, ils reconnurent que

ce corps y avait été enterré dans une fosse commune, six pieds vers l'Orient, six pieds vers l'Occident & autant en profondeur ; cette sépulture était couverte de quelque terre légère & un peu de verdure. Surpris d'étonnement ils s'éclatèrent en criant grâce à DIEU, notre Maître a eu une belle maison, ils refermèrent la fosse en y attachant pour tout ornement une branche de Cassia ; puis ils en firent rapport au Roi Salomon.

D. Que commanda ce Roi savant ?

R. Il ordonna de le déterrer & de faire son enterrement avec cérémonie, le corps étant accompagné par quinze Frères Ouvriers avec des gants blancs & de tabliers : ce qui devait encore se pratiquer aujourd'hui parmi les Maçons.

D. De quelle manière Hiram fut-il élevé ?

R. De même que les autres Maçons quand ils l'obtiennent.

D. Comment cela se fait-il ?

R. Par les cinq points de la Confrérie.

D. Quels sont ces points ?

R. 1. Main contre main, 2. pied contre pied, 3 joue contre joue, 4. genou contre genou, 5. & puis la main au dos. Al'élévation de Hiram on le prit à l'extrémité des doits, dont la peau se quitta, ce que l'on nomma le vernis, on appelle poigner le mouvement de la main droite, ou par son extension en pliant le doigt du milieu, & en étendant le premier doigt & le quatrième, en le penchant vers les côtés du pli. Le signe c'est d'appliquer sur la poitrine gauche le pouce droit, en étendant les autres doigts.

D. Comment appelle-t-on un Maître Maçon ?

R. Je m'appelle Cassia & je sors d'un Collège réglé & complet.

D. Où est-ce que l'on a enterré Hiram ?

R. Dans l'intérieur du Temple.

D. Par quelle porte y a-t-il été porté ?

R. Par la porte du Couchant.

D. Quels sont les bijoux d'un Maître ?

R. Les Vestibule, les Fenêtres du toit & la planche carrée.

D. Expliqué moi cela?

R. D. Le Vestibule signifie le Garçon dans l'intérieur, les Fenêtres du toit dénotent les ouvertures ou clartés intérieures, la Planche carrée désigne le fond d'une planche. Rendez-moi la parole des Maîtres ?

R. D. Il lui parla à l'oreille & disait avec l'assistance de cinq de la Confrérie MachBenah c'est à dire un Maître Ouvrier. Quand vous voyez des Maçons-Ouvriers à l'ouvrage & que vous souhaitez de distinguer un Maçon reçu des autres, prenez une pièce de brique & demandez leur quelle odeur si trouve, un Maçon reçu vous répondra sur le champs, qu'elle ne sent ni le cuivre, ni le fer, ni l'acier, mais qu'il porte uniquement l'odeur d'un Maçon. En l'interrogeant sur son âge, il répliquera j'ai passé les sept ans, ce qui est la marque d'un Maître.

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Published by Thomas Dalet - dans Divulgations
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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 15:13

Pour la loge des maîtres, il faut préparer deux toiles : sur la première qui est la seule qu'on présente d'abord à la vue du récipiendaire, est tracée la figure du tabernacle que Moïse fit élever à son retour du Mont Sinaï ; toute la longueur en est divisée en trois parties ; celle du milieu, appelée le sanctuaire, contient l'arche qui servit à déposer les tables de la loi, et dessus de l'arche sont placés deux chérubins avec des ailes; dans la partie basse, du côté du Septentrion, on représente une table, vis-à-vis, du côté du midi, un chandelier à sept branches. A droite et à gauche sont écrits les noms Bezeleel et Eliab qui sont ceux des deux habiles maçons auxquels l'érection du tabernacle fut confiée par Moïse : et dans la troisième partie, qui est celle d'en haut, est représenté Moïse lui-même, remettant l'encensoir à son frère Aaron.


Lorsque tous les arrangements sont faits, le maître signifie par un grand coup, que la loge est ouverte. Alors un des frères quitte sa place et va chercher en dehors le récipiendaire, qu'il amène à la porte de la loge ; il y frappe cette fois-ci trois coups, et le maître répond par le même nombre, qui sert de signal à l'introduction.

Le récipiendaire, étant entré dans la loge, va se prosterner aux pieds du maître qui le fait relever, en lui disant : Frère, ouvrez les yeux et soyez saisi d'un saint respect ; vous voyez devant vous le tabernacle érigé par le grand maître Moïse. Voici l'arche où Dieu se montrait présent par ses oracles ; à droite est la table pour l'oblation des pains, à gauche le chandelier à sept branches qui servait à éclairer le tabernacle ; mais tout ce qui frappe vos yeux n'est qu'une légère esquisse des merveilles que nous vous préparons.

Alors le récipiendaire se prosterne une seconde fois, et le vénérable lui présentant la pointe de son épée sur le cœur, lui fait encore répéter l'obligation, dans les mêmes termes que je l'ai rapporté.

Pendant cet intervalle, on substitue la seconde toile où est dessinée espèce de temple qu'on dit être celui de Salomon; outre le grand portail qui est placé à l'occident, il doit y avoir deux portes plus basses du côté de l'orient, et entre ces deux portes, un escalier pratiqué dans l'épaisseur du mur pour monter à trente chambres distribuées à l'entour du temple en forme de galeries. Le corps du bâtiment est composé de deux parties ; dans celle antérieure sont tracés une table, un grand chandelier avec un autel dans le milieu, et au-dessus de l'autel sont marquées les lettres A. et H. L'autre partie, qu'on nomme le sanctuaire, est décorée par la représentation de l'arche d'alliance que deux chérubins semblent couvrir de leurs ailes ; au-dessous de l'arche sont encore marquées un grand A. et une grande S.

Comme on présente ceci au récipiendaire pour le chef-d'œuvre de la maçonnerie, afin de le mettre à portée de ne rien laisser échapper de toutes ses beautés, on fait éteindre le feu de la terrine triangulaire et on y supplée par un grand nombre de bougies allumées qui représentent, dit-on, 10.000 chandeliers que Salomon avait fait faire pour éclairer le temple. Cela fait, le maître prend lui-même la peine de donner l'instruction à peu près ainsi qu'il suit.

Pendant que les Israélites voyageaient dans le désert, comme ils n'avaient encore aucune habitation fixe, Dieu inspira à Moïse d'ériger le tabernacle sur le dessein qu'il lui donna lui-même, afin qu'au moyen de ce temple portatif, ils fussent en état de lui rendre, dans tous les lieux, le culte qui lui était dû.

Moïse, après avoir conduit et gouverné les Israélites pendant quarante années, se sentant près de sa fin, fit assembler tout le peuple au bord du Jourdain, où il lui fit un excellent discours, et lui dicta les lois qu'il devait suivre pour arriver à la terre promise : il annonça, entre autres choses, au peuple, que le tabernacle qu'il avait établi n'était que la figure du temps futur, et que quand ce peuple serait une fois en possession du pays de Chanaam, Dieu choisirait lui-même une ville qui serait nommée la ville sainte, où on lui bâtirait un temple sur le modèle de ce tabernacle.

David, devenu roi des Hébreux environ 400 ans après, établit par inspiration divine son séjour à Jérusalem et résolut d'y bâtir le comme il avait été prédit par Moïse; mais Dieu lui con d'abandonner cette entreprise, parce que ses mains avaient été trop souvent teintes du sang de ses ennemis et lui fit connaître que cet honneur était réservé à Salomon son fils.

En effet, ce grand prince qui avait obtenu de Dieu l'esprit de sagesse, n'eut rien plus à coeur que la construction du temple, mais il ne put le commencer que dans la quatrième année de son règne et il l'acheva dans le cours de sept ans.


Quoique la maçonnerie, depuis Moïse jusqu'à Salomon, eût fait des progrès considérables, elle avait toujours été renfermée dans les deux degrés d'apprentis et compagnons, personne, excepté les chefs, n'ayant osé prendre encore le nom de maître. Ce fut, suivant les maçons Salomon qui. le premier, institua le degré de la maîtrise, ayant conservé aux deux premiers grades les signes anciens dont ils étaient en possession immémoriale, et ayant établi de nouveaux signes en faveur de ceux qu'il élevait au rang supérieur de maîtres.

Les ouvriers que ce roi employa à la construction du temple étaient nombre de 183.200. Savoir, 100.000 manœuvres ou apprentis, 80.000 compagnons et 3.200 maîtres.

Tous étaient subordonnés à deux grands architectes ou inspecteurs généraux qui étaient Adoram et Hiram, les maçons les plus accomplis y eût alors sur la terre.

Ceux-ci rendaient compte à Salomon directement de tout ce qui se passait, donnaient les plans des ouvrages, veillaient à leur exécution. Adoram avait de plus le détail du paiement de tous les ouvriers; et comme il était impossible qu'il les connût tous, il fut convenu que leurs signes et mots serviraient à les distinguer. Par ce moyen, celui qui donnait les mots et les signes du maître en avait la paie; ainsi des autres.

Entre les trente chambres qui entouraient le temple, en forme de galerie, il y en avait une, la plus ornée de toutes, uniquement réservée pour les conférences de Salomon avec Adoram et Hiram, qui se tenaient deux fois chaque semaine; deux autres chambres où était la trésorerie, et c'était à celles-là que les ouvriers se rendaient à différentes heures, et sans tumulte, pour recevoir leur paie; il y en avait aussi deux pour l'habitation des deux grands architectes, qui étaient obligés d'y coucher pour être à portée de veiller aux ouvrages de l'intérieur du temple ; et les vingt chambres de surplus servaient aux maçons à tenir leurs loges toutes les fois qu'il plaisait à leurs maîtres de les assembler régulièrement.*


Les lettres A. et H. marquées au-dessus de l'Autel, sont les initiales des noms d'Adoram et Hiram, grands architectes du temple. Salomon même les y fit graver afin d'immortaliser la mémoire de ces deux grands hommes.

Ici le maître suspend un moment l'instruction pour faire une peinture touchante et pathétique de la ruine de ce superbe édifice par Nabucodonosor, ce qui l'excite ainsi que tous les autres frères à pleurer en quelque sorte sur Jérusalem; mais pour abréger des lamentations inutiles, il ajoute : Pourquoi nous affliger si fort ? Le temple n'est pas détruit, mes frères, puisqu'il existe moralement en chacun de nous. Alors la joie renaît dans l'assemblée, tous les frères s'embrassent, et le vénérable continue l'instruction.

Les maîtres, dit-il, ont trois moyens pour se faire distinguer, savoir un signe pédestral, un double attouchement et deux paroles. Ils ont aussi des questions particulières.

Leur signe se fait en plaçant le pied gauche en avant et le pied droit derrière, en sorte que la pointe du pied droit, touchant au talon du pied gauche forme l'équerre.

Le double attouchement se communique de cette façon-ci. On présente la paume de la main droite horizontalement à celui qui se prétend maître. S'il l'est en effet, il ne manque pas d'y appuyer sur-le-champ sa main gauche à poing fermé, et tout de suite il étend à son tour sa main droite dans une position semblable à celle de l'autre frère qui y répond par le même mouvement du poing, comme s'ils se témoignaient par là, l'un à l'autre, qu'ils se reposent sur leur amitié réciproque comme sur leur plus ferme appui.

Les deux paroles des maîtres sont Adonaï, Schilo. Les frères maçons les prétendent sacrées, et même prophétiques. Pour moi, qui ne voyant tout ceci qu'avec les yeux d'un profane, puis tout au plus atteindre à la signification littérale, je me contente d'observer que, suivant l'explication ordinaire, Adonaï veut dire Seigneur, et Schilo signifie Son fils, ou celui à qui il est réservé.


Finissons par les questions :


- D. Etes-vous maître maçon ?

- R. Mon nom est Harodim.**

- D. Dans quelle loge avez-vous été reçu maître ?

- R. Dans une des vingt-cinq chambres.

- D. De combien était composée votre loge ?

- R. De neuf maîtres députés des 3.200.

- D. Qui est-ce qui y présidait ?

- R. Le grand architecte de l'univers, et après lui le premier d'entre les maçons.

- D. Qu'avez-vous vu lors de votre réception ?

- R. J'ai vu le tabernacle érigé par le grand maître Moïse.

- D. Combien avait-il de parties ?

- R. Trois.

- D. Que signifient ces trois parties ?

- R. Elles sont une figure du monde.

- D. Expliquez- moi cela.

- R. Celle du milieu représente le ciel où Dieu habite ; et les deux autres qui ne sont ouvertes qu'aux sacrificateurs, représentent la terre et la mer

- D. Que représente la table posée dans le tabernacle ?

- R. Elle est une figure de notre âme dont nous devons offrir et rapporter à Dieu toutes les oeuvres.

- D. Que représente le chandelier à sept branches ?

- R. Les septs vertus.

- D. Définissez-moi le tabernacle.

- R. C'était la figure du temps futur et le modèle d'un édifice plus parfait

- D. Quel était cet édifice ?

- R. Le temple de Salomon.

- D. Où a-t-il été bâti ?

- R. Sur la montagne, dans un lieu choisi par David, où était auparavant l'aire d'Oron Jebuseen. - D. Donnez-moi une autre réponse.

- R. Le temple a été bâti dans l'endroit même où Adam, le premier des hommes et des maçons, a été enterré.

- D. Que signifient les lettres A. et H. placées au-dessus de l'Autel ?

- R. Ce sont les noms d'Adoram et Hiram, les deux grands architectes du temple de Salomon.

- D. Où avez-vous reçu votre paie ?

- R. Dans les deux chambres de la galerie.

- D. Quel est le nom d'un maître maçon ?

- R. Harodim ou Menatzchim.

- D. Quel est le nom d'un compagnon ?

- R. Gabelin.

- D. Quel est le nom d'un apprenti ?

- R. Louvet.

- D. Quel est le nom du fils d'un maçon ?

- R. Louveteau.

- D. Qui est-ce qui éclaire votre loge ?

- R. Dix mille et un chandeliers.

- D. Quelle est la plus grande de toutes ces lumières ?

- R. C'est le maître de la loge.

- D. Comment voyage le maître ?

- R. Sur terre et sur mer, de l'orient à l'occident, et du midi au septentrion.

- D. Donnez-moi le signe de maître.

- R. Le voici.

- D. Donnez-moi l'attouchement.

- R. C'est l'ouvrage de deux [sic].

- D. Donnez-moi les paroles de maître.

- R. Adonaï Schilo.

- D. Donnez-m'en l'explication.

- R. Adonaï signifie le Seigneur, Schilo signifie son fils, ou celui à qui il est réservé.

Il me reste à observer que le très vénérable ouvre et ferme toujours ses loges d'apprentis, compagnons et maîtres par quelques-unes des questions propres à chacun de ces degrés, dont la dernière, commune à tous les grades, est toujours celle-ci.

- D. Quel est le devoir d'un maçon ?

- R. Obéir. travailler et se taire.

A quoi le maître ajoute, quand c'est pour ouvrir la loge :

- Obéissons, travaillons et taisons-nous.

Et si c'est pour la fermer, il dit :

- Nous avons obéi, mes frères, nous avons travaillé, taisons-nous.

* Il faut supposer que Salomon ne régla l'ordre et la destination de ces trente chambres, qu'après qu'on eut entièrement achevé le corps, et ce qu'on appelle la grosse maçonnerie du bâtiment.

** Harodim signifie conducteur ou intendant des ouvrages ; c'est le nom qu'on donnait aux 3200 maîtres. Suivant le troisième livre des Rois chap. 5. v.16, ils étaient 3300 et le livre des Chroniques, chap.2., verset 18 fait même monter le nombre à 3600.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 15:12

Réception des compagnons


Le théâtre change ici, et la toile étendue sur le plancher représente les deux colonnes d'Enoch, I'Arche de Noé et la Tour de Babel. Ainsi on fait sauter tout d'un coup les compagnons par-dessus seize et dix-huit siècles qui se sont écoulés depuis la tenue de la première loge par Dieu dans le Paradis Terrestre; mais on a soin de leur donner une instruction abrégée de ce qui s'est passé de mémorable dans la maçonnerie pendant ce long espace de temps. Une partie en est puisée dans l'Histoire Sainte, ajustée à la manière et au style de la confrérie.

Adam, le premier de tous les francs-maçons, forma, leur dit-on, lui-même une loge de ses enfants mâles, auxquels il communiqua les connaissances qu'il tenait immédiatement de Dieu.

Caïn, qui lui succéda dans la charge de Grand maître des maçons, s'étant fixé vers la région orientale d'Éden, se signala par la fondation d'une ville qu'il nomma Enoch, du nom de son fils.

Depuis, Jabel ou Jabal, un de ses descendants, connu sous le nom de Père des pasteurs, éleva les premières tentes et Tubalcaïn son frère eut l'art de travailler avec le marteau, ayant excellé en toutes sortes d'ouvrages d'airain et de fer.

Mais le maçon le plus renommé de tous, fut Enoch, fils de Jared, qui mérita par sa vertu d'être transporté hors du commerce des homme, et réintégré dans le Paradis Terrestre. L'esprit de prophétie dont il était doué lui ayant fait connaître que la colère de Dieu ne tarderait pas à se manifester par un déluge universel, la crainte qu'il eut que les sciences ne se perdissent, le porta à élever deux grandes colonnes, où il grava les principes et les règles des différents arts, et principalement de l'architecture. Il fit l'une de pierre et l'autre de brique, afin que s'il arrivait que les eaux ruinassent celle-ci, la colonne de pierre demeurât pour conserver à la postérité la mémoire de ce qu'il y avait écrit. Sa prévoyance réussit, car on assure que cette colonne de pierre était encore sur pied en Syrie du temps de l'empereur Vespasien. Voilà tout ce que l'école des frères apprend aux compagnons du progrès que fit la science des maçons pendant ce premier âge du monde.

On les instruit ensuite de ce qui s'est passé du temps du grand maître Noé.

Les hommes avaient vécu jusqu'alors dans l'exercice de la vertu et dans le culte du vrai dieu ; mais ceux qui vinrent depuis s'étant portés à commettre toutes sortes de crimes, Dieu, dans sa colère, résolut de les exterminer, et Noé fut le seul qui trouva grâce devant lui. Dieu l'avertit qu'il allait inonder la terre et lui ordonna, pour se sauver, de bâtir une arche à trois étages, dont il lui marqua la forme et les proportions. Elle était entièrement de bois de cèdre, qui de sa nature est incorruptible; aussi les maçons prétendent-ils qu'elle s'est conservée jusqu'à présent dans son entier, ce qui est un peu contraire au rapport de l'historien juif qui dit que, de son temps, les Arméniens en montraient encore quelques restes.

Sept jours avant le déluge, Noé, qui avait bâti l'arche, y entra avec ses fils, sa femme, et les femmes de ses fils, et par là furent conservés avec le genre humain toutes les traditions et les secrets communiqués par Dieu à Adam, et en particulier ceux de la maçonnerie.

Parmi les docteurs de la loi des maçons, il y en a qui assurent que, pendant une année et plus de séjour que Noé fit dans l'arche, il y tint avec ses fils plusieurs belles loges, ayant toujours la précaution de s'enfermer à l'étage le plus haut pour être moins exposés à la curiosité de leurs femmes.

Quand Noé et sa famille furent sortis de l'arche, eux et leurs descendants séjournèrent longtemps sur le haut des montagnes dans la crainte d'une nouvelle inondation. Peu à peu ils s'enhardirent à descendre dans les plaines et y firent différents établissements. Tous les hommes n'avaient eu jusqu'alors qu'un même langage, mais étant encore devenus rebelles aux ordres de Dieu, dans l'appréhension qu'ils eurent de sa vengeance, Nembrod, aussi vaillant qu'audacieux, et le plus habile maçon de son temps, les rassura en leur offrant de les protéger contre Dieu même, s'il menaçait la terre d'un second déluge, et de bâtir pour ce sujet une tour qui serait élevée jusqu'au ciel. Une entreprise aussi folle échoua de la manière que tout le monde sait. Dieu ayant confondu le langage des architectes, ils furent obligés d'abandonner l'ouvrage et de se disperser. Ce fut sans doute cette confusion des langues qui détermina depuis les maçons à introduire entre eux une nouvelle manière de se connaître et de converser par signes. C'est dommage en vérité qu'ils ne l'eussent point encore imaginé dans le temps même de la déroute des ouvriers de Babel, car moyennant ce bel expédient, la tour eût pu être achevée, et comme l'histoire nous la dépeint d'une structure extrêmement solide, nous aurions eu le plaisir de voir de nos jours ce rare monument.

Au reste, si les frères maçons se plaignent de ce que je n'ai point une prévention aveugle pour tous leurs sentiments, ils seront forcés de convenir, du moins intérieurement, que je suis esclave de la vérité dans tout ce que je rapporte de leur doctrine et de leurs cérémonies. Voici celles qui se pratiquent à la réception des compagnons.

Les frères sont placés à l'ordinaire autour du nouveau tableau, et l'appareil extérieur est semblable à ce qu'on a vu pour les apprentis, sinon qu'on pose devant le vénérable, une pierre élevée à la hauteur de la main, sur laquelle il y a un marteau, et que tous les frères ont la tête couverte d'un voile dont la blancheur est le symbole de l'innocence nécessaire à tout maçon qui veut entrer dans l'arche de Noé, où ce commencement de l'acte est supposé se passer.

La loge étant en état, l'apprenti qui aspire au grade de compagnon, assisté de son parrain, heurte deux coups à la porte, à quoi le vénérable répond du dedans par deux coups.


L'apprenti entre et va se placer à la gauche du premier surveillant ; le maître lui demande ce qu'il veut, et le premier surveillant répond pour lui, que c'est un digne apprenti qui désire d'être élevé au second grade ; le maître lui fait alors ces trois questions :


- D. Etes-vous apprenti ?

- R. Je le crois.

- D. Savez-vous travailler ?*

- R. Je cherche à l'apprendre.

- D. Comment me prouverez-vous que vous êtes apprenti ?

- R. Prenez-moi à l'essai.

Après cette dernière question, on le fait approcher du maître, qui lui présente un marteau avec lequel l'apprenti doit frapper deux coups sur la pierre, et sitôt qu'il a fourni cette preuve de son talent et qu'il a confirmé son obligation de ne point révéler les secrets, on le fait passer à la droite et le frère orateur lui explique tout de suite la science des compagnons.

Ceux-ci, pour se faire connaître, ont deux signes, deux mots et deux questions différentes de celles des apprentis.

Le premier signe consiste à élever le pouce de la main droite avec le petit doigt de la main gauche en forme d'équerre, et ce signe est appelé manuel.

Le deuxième, que quelques-uns nomment pectoral, se fait en posant le bout du petit doigt de la main gauche sur la pointe du cœur.

Les paroles sont Manhu, Magdal ou Magdala, deux mots hébreux dont on trouvera l'explication dans les questions qui sont affectées au grade des compagnons.

- D. Etes-vous compagnon maçon ?

- R. J'en reçois la paie.

- D. Comment voyagent les maçons ?

- R. Dans l'arche de Noé.

- D. Que représente l'arche ?

- R. Le coeur humain agité par les passions, comme l'arche l'était par les vents sur les eaux du déluge.

- D. Quel était le pilote de l'arche ?

- R. Noé, grand maître des francs-maçons de son temps.

- D. Quel est le pilote de votre âme ?

- R. La raison.

- D. Quelle [est] sa bannière ?

- R. La maçonnerie.

- D. Quelle [est] sa cargaison ?

- R. De bonnes oeuvres.

- D. Quel est le port auquel elle surgit ?

- R. A celui où se terminent toutes les misères humaines.

- D. Que représente la tour de Babel ?

- R. L'orgueil et la faiblesse des enfants de la terre.

- D. Qu'opposez-vous à cet orgueil ?

- R. Le caractère et le coeur d'un maçon éclairé par les principes et les lois de la maçonnerie.

- D. Quel est le mot des compagnons ?

- R. Il y en a deux.

- D. Quels sont-ils ?

- R. Manhu, Magdal ou Magdala .

- D. Quelle est leur signification ?

- R. Manhu signifie qu'est ceci, Magdala signifie La Tour.

- D. Qui est-ce qui a causé la destruction de la tour ?

- R. La confusion des langues.

- D. De quoi nous instruit cet événement ?

- R. Il nous apprend que sans la religion, l'homme n'est que faiblesse et néant.

- D. Que nous apprend-il encore ?

- R. Que sans l'union et l'intelligence des âmes, l'harmonie de la société peut subsister.

Voilà tout ce que renferme mon manuscrit sur les deux premiers grades de l'école maçonnique. Il y a toute apparence que le but de ces docteurs est louable, et qu'ils n'ont en vue que de travailler à rendre les hommes discrets justes et sociables. Mais, je le répète, pourquoi leur présenter des vérités sous une forme si nouvelle, et qu'était-il besoin d employer des moyens si extraordinaires pour les exciter à des vertus qui leur sont tracées par la religion, la raison et la nature même ?

* On souffle apparemment à l'oreille de l'apprenti les réponses aux deuxième et troisième questions, car elles doivent être nouvelles pour lui, n'étant point du nombre de celles rapportées dans le manuscrit sur le premier degré de la maçonnerie.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 15:10

 

Réception des apprentis


Suivant le manuscrit en question, que son auteur suppose avoir été extrait sur les archives même de la société maçonnique, la première loge a été tenue par le Grand Architecte de l'univers en présence d'Adam dans le paradis terrestre; il s'agissait d'y instruire l'homme de l'excellence de son espèce, des différents secrets de la nature, de l'usage qu'il devait en faire ; et comme la prescience de Dieu embrasse toutes les choses futures, cet être suprême qui voyait dès lors la chute prochaine d'Adam, voulut bien lui donner d'avance les premières leçons de l'architecture, dont lui et ses descendants devaient retirer une si grande utilité dans l'état malheureux où les précipita sa désobéissance. Adam profita si bien des instructions de son créateur, que les francs-maçons assurent qu'il en composa un livre* où l'art des bâtiments était parfaitement expliqué. Or la femme n'était point encore formée lorsque cela se passa entre Dieu et Adam, et c'est la première raison qu'allèguent les francs-maçons pour se justifier sur l'exclusion que leur ordre donne si incivilement au sexe.

Ils puisent encore un second motif d'exclusion dans l'origine et les circonstances de la chute de notre premier père. Leurs loges étant, selon eux, une espèce de paradis terrestre dont ils appréhendent d'être chassés, comme de l'autre, si les femmes y mettent une fois le pied.

Comme je n'ai pas dessein de les suivre dans toutes leurs visions, je supprime ici plusieurs articles du manuscrit ; mais j'ai cru ce préambule nécessaire pour l'intelligence de ce que j'ai à dire sur le premier degré de la maçonnerie.

Sept frères assemblés, et même moins, forment une loge, mais elle n'est estimée complète et régulière que quand ils sont au nombre de neuf.

Le lieu où ils s'assemblent, et qui se nomme la loge, ne doit être éclairé que par une grande terrine de forme triangulaire remplie d'esprit de vin, ou autres matières combustibles auxquelles on met le feu et qu'on a l'attention de renouveler.

Il y a quelques loges où on substitue des flambeaux à la place de la terrine : trois frères postés en triangle sont obligés de les porter ; mais cette façon, qui est incommode, n'a pas été reçue universellement.

Le maître, que l'on appelle le vénérable, orné d'un grand cordon bleu auquel pendent une équerre et une truelle d'or, est placé à l'orient de la loge, ayant à sa droite son second surveillant et à sa gauche l'orateur; le premier surveillant se tient vis-à-vis de lui pour exécuter ses ordres. Tous les officiers ont aussi le cordon bleu. Quant aux simples frères, ils n'ont aucun ornement qui les distingue, et ils se rangent des deux côtés de la loge en nombre égal.

Dans un espace vide qui est au milieu de la salle, et qui sépare les deux colonnes des frères, on étend un grand tapis formant un carré long où est peint une espèce de jardin** représentant le Paradis Terrestre, avec l'arbre de la science du bien et du mal, autour duquel sont placés les figures d'Adam, d'Eve et du serpent. C'est dans l'angle à gauche de ce carré, du côté du maître, que l'on pose sur un fourneau élevé la terrine triangulaire dont j'ai parlé.

Celui qui désire être reçu apprenti maçon, doit être proposé par un des frères de la loge, qui prend la qualité de son parrain ; c'est celui-ci qui est chargé de préparer le postulant, et cette préparation consiste d'abord à lui faire laver les yeux, la bouche et les oreilles. Après cette ablution, il faut qu'il se dépouille de sa jarretière du genou droit, et qu'il découvre sa poitrine. On ne doit lui laisser aucune sorte d'armes, pas même des ciseaux et un couteau ; le parrain est chargé d'en faire une exacte visite. Cela fait, il lui met un bandeau sur les yeux et le conduit à la porte de la loge.

Il y frappe un coup, le maître répond par un autre, et la porte s'ouvre ; alors le parrain fait faire au récipiendaire neuf fois le tour de la loge, et pendant cette longue et fatigante marche, il y a des frères qui aiguisent des outils, d'autres font un cliquetis d'épées, et d'autres enfin sont chargés de jeter des étoupes et de la poix-résine dans la terrine enflammée ; tout cela dans la vue d'intimider le récipiendaire.

La marche étant achevée, on le fait arrêter vis-à-vis du vénérable, qui lui dit d'un ton ferme : Qui êtes-vous, Monsieur ? Et que demandez-vous ? Le premier surveillant répond pour lui que c'est un gentilhomme qui demande à être reçu apprenti maçon, et le récipiendaire confirme que c'est la vérité. S'il en est ainsi, dit le vénérable, ouvrons-lui les portes du temple de la vertu. Tandis qu'on lui ôte le bandeau, tous les frères à genoux font tomber en perpendiculaire leur main gauche sur leur cuisse et tiennent de la droite leurs épées qu'ils croisent en forme de berceau. Le maître lui dit alors: Venez à moi, Monsieur, en traversant cette voûte de fer et d'acier ; ce que le récipiendaire exécute en tremblant. Sa frayeur redouble quand, à son approche, le vénérable tire un poignard qu'il avait tenu caché jusqu'alors, et se met en attitude de le lui plonger dans le cœur en s'écriant : C'est ainsi que nous punissons ici les traîtres. Mais le second surveillant, qui est à côté du récipiendaire, le fait prosterner humblement aux genoux du maître, que cette soumission désarme. Alors le frère orateur lui fait une courte exhortation sur le mérite de l'ordre, sur la fidélité due aux engagements qu'il va contracter, sur le danger imminent qu'il y aurait de les violer, et finit en l'assurant que la maçonnerie n'a rien de contraire à la religion, à l'État et aux bonnes mœurs. Après cela, le maître lui fait prêter l'obligation dans les termes qui suivent.

«Foi de gentilhomme, je promets en présence de Dieu tout-puissant et de cette honorable compagnie, que je garderai fidèlement les secrets de la confrérie des maçons, et que je ne les révèlerai jamais par paroles, écriture, impression, gravure, peinture, signes, caractères, et de quelque manière que ce soit, sous peine de passer pour infâme***, et d'être percé du glaive vengeur, et précipité ensuite dans un abîme, afin qu'il ne soit plus fait aucune mention de moi dans la confrérie des maçons.»

Voilà mot pour mot, et sans la moindre altération, le contenu de I'obligation que contractent les frères ; c'est une simple promesse qu'ils font, et non pas un serment, comme l'ont rapporté des écrivains mal instruits ou de mauvaise foi. Or il me semble que les maçons donnent assez de prise sur eux par leurs visions et par les cérémonies superstitieuses qu'ils pratiquent, sans les charger encore de fautes imaginaires.

Aussitôt que le récipiendaire a répété l'obligation, le maître se fait apporter une auge, dans laquelle il feint de gâcher avec sa truelle, passe légèrement et à diverses reprises sur la bouche du nouveau reçu, et la lui arrête un moment sur les lèvres, en lui disant : C'est le sceau de la discrétion que je vous applique.

Après cette mômerie, le maître le fait passer à sa gauche; on lui donne un tablier et deux paires de gants, dont il y en a une pour sa maçonne, puis le frère orateur lui explique ce qu'il faut qu'il sache en qualité d'apprenti c'est-à-dire deux signes, un mot du guet, et des questions auxquelles tout apprenti doit savoir répondre.

Le premier signe se fait en appliquant les second et troisième doigts de la main gauche sur ses lèvres, et posant le pouce sous le menton. Tout franc-maçon qui aperçoit ce signe, doit répartir par un autre, en se pinçant le lobe de l'oreille droite avec le pouce et le petit doigt de la même main.


Quand deux apprentis maçons qui se rencontrent se sont éprouvés par ce double signe, ils s'abouchent et s'examinent par les questions suivantes :


- D. Etes-vous apprenti maçon ?

- R. Je le crois.

- D. Pourquoi ne dites-vous pas que vous en êtes sûr ?

- R. Parce qu'un apprenti n'est sûr de rien.

- D. Comment êtes-vous parvenu à la maçonnerie ?

- R. Par une voûte de fer et d'acier.

- D. Dans quelle loge avez-vous été reçu ?

- R.Dans une loge régulière.

- D. Qu'est-ce que c'est qu'une loge régulière ?

- R. C'est une loge composée de neuf, bien couverte, et inaccessible aux profanes.

- D. Qui sont ceux que vous appelez profanes ?

- R. Ceux qui ne sont pas maçons.

- D. Ceux qui, sans être maçons, sont dignes de l'être, sont-ils aussi des profanes ?

- R. Tous les hommes vertueux sont nos amis, mais nous ne reconnaissons que les maçons pour nos frères.

- D. Comment écarte-t-on les profanes de la loge ?

- R. Par l'épée et le silence.

- D. Comment s'appelle votre loge ?

- R. La loge du grand architecte du monde.

- D. Qui vous a fait apprenti ?

- R. La truelle et ma vertu.

- D. A quoi vous sert votre truelle ?

- R. A remuer et lier dans mon âme des sentiments d'honneur et de vertu, et à les employer de façon qu'il s'élève un édifice digne de la plus noble des sociétés.

- D. Où est située votre loge ?

- R. En Terre Sainte.

- D. Comment êtes-vous vêtu en arrivant dans la loge ?

- R. Un véritable maçon ne prend point garde aux ajustements.

- D. A quoi s'appliquent donc les maçons ?

- R. A régler leur conduite, et former leurs moeurs.

- D. Quel est l'état d'un maçon ?

- R. D'être heureux.

- D. Comment parvient-on à cette félicité ?

- R. Par l'union des vertus.

- D. Qu'avez-vous vu en entrant dans la loge ?

- R. L'image de la séduction.

- D. Comment vous en garantirez-vous ?

- R. Par ma discrétion, soutenue des principes et des lois de la maçonnerie

- D. Donnez-moi un signe de l'apprenti.

- R. J'obéis.

- D. Vous ai-je compris ?

- R. Oui. J'en suis content.

- D. Donnez-moi le mot.

- R. Ahadam.

- D. Qu'entendez-vous par ce mot ?

- R. Il me rappelle mon origine, ce que je suis, et ce que je dois être pour parvenir au comble de la félicité.

- D. Quels sont les devoirs des maçons ?

- R. Obéir, travailler et se taire.

- D. De quelle espèce est votre obéissance ?

- R. Elle est libre et volontaire.

- D. A quoi travaillez-vous ?

- R. A me rendre aimable et utile dans la société.

- D. De quoi vous servez-vous dans vos ouvrages ?

- R. De ma truelle et d'une terrine.****

- D. Avez-vous déjà reçu des gages ?

- R. Plus que je n'en mérite.

 En supposant à ces différentes questions un principe et un objet réel, je ne puis disconvenir qu'il n'y en ait quelques-unes de raisonnables édifiantes.

Quant au mot du guet Ahadam, ce ne peut être autre chose que le nom d'Adam qui a été corrompu. Les personnes instruites savent qu'Adam en langue hébraïque signifie roux, et que le premier homme fut appelé de ce nom, parce que la terre dont Dieu le forma était de couleur rousse qui est celle de la terre naturelle. C'est pourquoi les francs-maçons, qui ont souvent ce mot dans la bouche, disent qu'ils s'en servent pour se rappeler leur origine. Mais à quoi bon transformer ainsi en mystère une vérité connue de tous les hommes ? Y a-t-il un chrétien, même un sage paganisme, qui ne confesse que nous sommes poudre, et que nous retournerons en poudre ?*****

Telles sont néanmoins les seules instructions qui se donnent en loge aux apprentis maçons, si ce n'est qu'en leur expliquant le tableau de la chute du premier homme qui est exposé à leurs yeux, l'orateur a grand soin d'assaisonner son récit de quantité de traits mordants contre la mémoire de notre pauvre mère Eve.

* Les talmudistes prétendent qu'Adam fit un livre sur la création du monde et un autre sur la divinité. D'autres lui attribuent le psaume 92 et deux cantiques, dont il fit l'un la première fois qu'il connut Eve, et l'autre était une espèce de psaume pénitentiel qu'ils récitèrent après leur péché. Mais personne jusqu'à présent ne l'avait fait l'auteur d'un livre d'architecture.

** A la Loge où je me suis trouvé, on le dessine sur le le plancher.

*** Mon frère qui n'a écrit sans doute les secrets des francs-maçons que pour lui tout seul et afin de les mieux inculquer dans sa mémoire, s'est imaginé ne donner en cela qu'une légère entorse à son obligation. C'est ainsi que l'homme sacrifie tout à son opinion. Je n'ai garde de le justifier sur son imprudence ; je supplie seulement les frères qui le reconnaîtront au portrait que j'en fais, de lui sauver la peine de I'infamie en faveur de l'intention, et en considération du zèle et de l'attachement inviolable, même excessif, qu'il a toujours témoigné pour le corps.

**** Cette terrine est apparemment relative à la terrine triangulaire dont mention dans l'inventaire du coffre de mon frère le franc-maçon.

***** Genèse, III, 19.


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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 15:08

Catéchisme des Apprentifs.

 

Demande. Quel est le premier soin du Maçon ?

Réponse. C'est de voir si la Loge est couverte.

D. D'ou venez-vous ?

R. De la Loge S. Jean.

D. Quel recommandation nous apportez-vous ?

R. Bon accueil aux Freres et Compagnons de cette Loge.

D. N'apportez-vous rien de plus ?

R. Le Vénérable Maître de la Loge S Jean vous salüe par trois fois trois.

D. Que venez-vous faire ici ?

R. Vaincre mes passions, soumettre mes volontés, et faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie.

D. Etes-vous Maçon ?

R. Mes Freres et Compagnons me reconnoissent pour tel.

D. A quoi connoîtrai-je que vous etes Maçon ?

R. A mes signes et mes marques, et au point parfait de mon entrée.

D. Quels sont les signes des Maçons ?

R. L'Equierre, le Niveau et la Perpendiculaire.

D. Quelles sont les marques ?

R. Certains attouchements réguliers que l'on se donne entre Freres.

D. Donnez-moi le point parfait de entrée.

R. Donnez-moi le premier, je vous donnerai le second.

D. Je garde ?

R. Je cache.

D. Que cachez-vous ?

R. Les Signes des Maçons et de la Maçonnerie.

D. Où avez-vous été reçu Maçon ?

R. Dans une Loge juste et parfaite.

D. Qui compose cette Loge ?

R. 3, 5, et 7 ; sçavoir, un Maître Vénérable, 2 Surveillans, 2 Compagnons et 2 Apprentifs.

D. Qui la forme ?

R. 5, qui sont un Vénérable Maître, 2 Surveillans, 1 Compagnons et 1 apprentif.

D. Qui la gouverne ?

R. 3, un Vénérable Maître et 2 Surveillans.

D. Pourquoi vous êtez-vous fait recevoir Maçon ?

R. C'est que j'étois dans les ténèbres et je voulois voir la lumiere .

D. Qui vous a examiné en Loge ?

R. Un Expert.

D. Dans quel état étiez-vous, quand vous avez subi cet examen ?

R. Ni nud ni vêtu, et cependant dans une posture décente.

D. Comment vous y a-t'il introduit ?

R. Par trois grands coups.

D. Que signifie ces trois grands coups ?

R. 3 Paroles de l'Ecriture Sainte : Frappez, on vous ouvrira ; Parlez, on vous répondra ; Demandez, on vous donnera.

D. Qu'avez-vous vû paroître après trois grands coups ?

R. Un second Surveillant.

D. Qu'a-t'il fait de vous ?

R. Il m'a fait faire le tour de la Loge par le Septentrion, et m'a remis à l'Occident entre les mains du premier Surveillant.

D. Que cherchiez-vous dans cette route ?

R. La lumiere.

D. Que vous a fait faire le premier Surveillant ?

R. Il m'a fait mettre en bon Maçon les pieds en équierre, et m'a présenté au Vénérable Maître par 3 pas.

D. Qu'est ce que le Maître a fait de vous ?

R. Avec le désir sincere que j'avois et le consentement de la Loge, il m'a reçu Maçon.

D. Comment vous a-t'il reçu Maçon ?

R. Avec toutes les formalités requises ; j'avois le genoüil droit nud sur l'équiere, la main droite sur la Bible, et de la main gauche un Compas encore en équiere sur la mamelle gauche qui étoit nuë.

D. Que faisiez-vous dans cette posture ?

R. Je contractois un engagement de garder le Secret des Maçons et de la Maçonnerie.

D. Qu'avez-vous fait quand vous avez entré en Loge ?

R. Rien que l'esprit humain puisse comprendre.

D. Qu'avez-vous vû quand vous avez été reçu Maçon ?

R. Trois grandes lumieres.

D. Que signifient ces trois grandes lumieres ?

R. Le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge.

D. Pourquoi le Soleil ?

R. Comme le Soleil préside au jour, et la Lune à la nuit : ainsi le Maître gouverne le Loge.

D. Quels sont les devoirs du Maçon ?

R. De fuir le vice et de pratiquer la vertu.

D. Quels sont les secrets des Maçons ?

R. Des paroles, des attouchements et des signes sans nombre.

D. Quel est le principal point de la Maçonnerie ?

R. C'est d'être privé de tous métaux.

D. Pourquoi ?

R. C'est que lorsqu'on bâtit le Temple de Salomon, on entendit aucun bruit causé par la hache ou d'autresoutils composés d'aucun métail.

D. Comment a-t'on pû élever un si vaste et si solide Edifice, sans le secours d'aucun instrument construit de métaux ?

R. Hiram Roi de Tyr envoya à Salomon les cèdres du Liban tous taillés et prêts à poser ; et Salomon en fit faire autant dans les carrieres des pierres dont il avoit besoin pour son Temple.

D. Où étoit située votre Loge ?

R. Dans la vallée de Josaphat ou dans quelqu'endroit caché

D. Quelle forme avoit-elle ?

R. Un quarré long.

D. Quelle longueur ?

R. De l'Orient à l'Occident.

D. Quelle profondeur ?

R. De la surface de la terre au centre.

D. Quelle largeur ?

R. Des pieds, des toises et des coudées sans nombre.

D. Qui la couvroit ?

R. Un Dais céleste orné d'Etoiles.

D. Qui la soutenoit ?

R. Trois grands piliers.

D. Comment les nommez-vous ?

R. Sagesse, force et beauté.

D. Pourquoi les nomme-t-on ainsi ?

R. Sagesse pour inventer, force pour soutenir, et beauté pour orner.

D. Avez-vous des Bijoux ?

R. Oüi, Vénérable ; il sont au nombre de 6, sçavoir 3 mobiles et 3 immobiles.

D. Quels sont vos Bijoux mobiles ?

R. L'Equiere, le Niveau et la Ligne d'aplomb.

D. Et les Bijoux immobiles ?

R. La Planche à tracer, la Pierre cubique à pointe et la Pierre brute.

D. Quel est l'usage des mobiles ?

R. L'Equiere sert à donner la forme, le Niveau à mettre à l'uni, et la Ligne d'aplomb à élever des perpendiculaires sur les Bases.

D. Quel est l'usage des immobiles ?

R. La Planche à tracer sert au Maître pour faire ses Plans ; la Pierre cubique à pointe aux Compagnons, et la Pierre brute aux Apprentifs.

D. A qui étoit dédié votre Loge ?

R. A S. Jean.

D. Pourquoi ?

R. C'est que du tems des Guerres Saintes dans la Palestine, les Chevaliers Maçons se réünirent aux Chevaliers de S. Jean de Jérusalem.

D. Combien y a-t-il de sortes de Maçons ?

R. De deux sortes ; scavoir, les Maçons de Théorie et les Maçons de Pratique.

D. Qu'apprenez-vous en étant Maçon de Théorie ?

R. Une bonne morale ; à épurer nos mœurs et à nous rendre agréables à tout le monde.

D. Qu'est-ce qu'un Maçon de pratique ?

R. C'est l'Ouvrier tailleur de Pierres et qui éleve des perpendiculaires sur leurs bases.

D. Aviez-vous des lumières fixes ?

R. Oui, Vénérable, au nombre de trois, dont une à l'Orient, une à l'Occident, et la troisiéme au midi.

D. Pourquoi point au Septentrion ?

R. C'est que les rayons du Soleil pénétrent foiblement vers cette partie.

D. A quoi servoient-elles ?

R. A éclairer ceux qui venoient à la Loge ; ceux qui y travailloient et ceux qui s'en retournoient.

D. Où se tenoit le Maître ?

R. A l'Orient : parce que le Soleil se leve à l'Orient pour ouvrir la barriere du jour ; le Maître se tient donc au même endroit pour éclairer et gouverner sa Loge, l'ouvrir et mettre les Ouvriers à l'œuvre.

D. Où se tenoient les Compagnons ?

R. Au Midi, pour recevoir l'instruction et faire bon accueil aux Frères visiteurs.

D. Où se tenoient les Apprentifs ?

R. Au Septentrion pour garder et renforcer la Loge.

D. Où se tenoient les Surveillans ?

R. A l'Occident. Comme le Soleil se couche à l'Occident pour fermer la barriere du jour, les Surveillants se tiennent en cet endroit pour payer les Ouvriers, les renvoyer et fermer la Loge.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Au dessous de sept ans.

D. Quel heure est-il ?

R. Douze heures sonnées.

 

Le Maître

 

Mes Freres, la Loge d'Apprentifs est fermée.

 

Catéchisme des Compagnons.

 

Demande. Etes-vous Compagnon ?

R. Je le suis.

D. Pourquoi vous êtes-vous fait Compagnon ?

R. Par rapport à la lettre G.

D. Que signifie cette lettre G ?

R. Géométrie ou la cinquiéme des Sciences.

D. Avez-vous travaillé ?

R. Oüi, Vénérable, dans le Temple de Salomon.

D. Par où y êtes-vous entré ?

R. Par la porte de l'Occident.

D. Quavez-vous remarqué ?

R. Deux grands Piliers.

D. De quelle matiere étoient-ils ?

R. De Bronze.

D. De quelle hauteur ?

R. De dix-huit coudées.

D. Quelle en étoit la circonférence ?

R. De douze coudées.

D. Et l'épaisseur ?

R. De quatre doigts.

D. Quels étoient leurs ornemens ?

R. Deux Chapiteaux décorés de Lys, avec des pommes de Grenades.

D. Combien y en avoit-il à chaque moulure ?

R. Cent et plus.

D. Avez-vous reçu des gages ?

R. Oüi, Vénérable, dans la chambre du milieu.

D. Par où y êtes-vous parvenu ?

R. Par un escalier fait en forme de vis, qui se monte par 3, 5 et 7.

D. Pourquoi ?

R. C'est que trois Maçons gouvernent une Loge, cinq la forment, et 7 la rendent juste et parfaite.

D. Qui s'est opposé à votre entrée dans la chambre du milieu ?

R. Un Surveillant.

D. Qu'a t-il exigé de vous ?

R. Un signe, un attouchement et une parole.

D. Donnez-moi le signe d'apprentifs. (on fait le signe d'Apprentif).

Donnez l'attouchement au second Surveillant. (on donne l'attouchement).

D. Est-il juste mon Frere, (reprend le Vénérable) (le second Surveillant).

R. Oüi très-Vénérable.

D. Donnez-moi la parole ?

R. Je l'épelerai avec vous ; donnez-moi la premiere lettre, je vous donnerai la seconde

D. I.

R. A.

D. K.

R. J.

D. N.

R. Jakin.

D. Donnez-moi le signe de Compagnon? (on donne le signe).

D. Quand vous fûtes dans la chambre du milieu que vîtes-vous ?

R. Une grande lumiere dans laquelle je crus appercevoir la lettre G.

D. Que signifie la lettre G ?

R. Plus grand que vous, Vénérable.

D. Qui peut-être plus grand que moi qui suis Maçon libre et Maître d'une Loge aussi-bien composée ?

R. Elle signifie le nom de Dieu en Hébreu.

D. Comment voyage les Maîtres de votre Ordre ?

R. De l'Occident au Midi, du Midi au Septentrion, et du Septentrion à l'Orient.

D. Quels sont les principaux signes de la Maçonnerie ?

R. ils se réduisent à quatre, le Gutural, le Pectoral ; le Manuel ; et le Pédestre.

D. Que signifient-ils

R. 1°. Le Guttural sert à donner le signe d'Apprentif et à nous faire souvenir que nous méritons d'avoir la gorge coupée, si nous révélons le Secret des Maçons et de la Maçonnerie. 2°. Le Pectoral sert à donner le signe de Compagnon, et à marquer que nous le gardons dans le cœur. 3°. Le Manuel sert à donner l'attouchement au Frere. 4°. Le pédestre marque un Maçon exact à mettre ses pieds en équiere.

D. Avez-vous des Ornements ?

R. Oüi Vénérable, trois ; le Pavé Mosaique, l'Etoile flamboyante et la Houpe dentelée.

D. Quel étoit leur usage ?

R. Le Pavé Mosaique couvroit le Temple ; l'Etoile flamboyante étoit au centre, et la Houppe dentelée bornoit les extrémités.

D. Où gardez-vous le Secret des Maçons ?

R. Dans le cœur.

D. Y a-t-il une clef pour y entrer ?

R. Oüi, Vénérable.

D. Où gardez-vous cette clef ?

R. Dans une Boëte en forme d'Arche, qui ne s'ouvre et ne se ferme qu'avec des clefs d'yvoire.

D. De quel métal est cette clef ?

R. D'aucun : c'est une langue accoutumée aux bons rapports qui ne scait dire que du bien en l'abscence comme en la présence des Freres.

D. Avez-vous vû votre Maître aujourd'hui ?

R. Oüi Vénérable.

D. Comment étoit-il habillé ?

R. Or et Azur.

D. Pendant quel tems le servez-vous ?

R. Depuis le Lundi matin jusqu'au Samedi au soir.

D. Comment le servez-vous ?

R. Avec zéle, ferveur et liberté.

D. Que doit observer un bon Maçon ?

R. Quatre choses : le Silence, le Secret, la Prudence, et la Charité envers ses Freres.

D. Que doit-il fuir ?

R. La médisance, la calomnie et l'intempérance

D. Quel âge avez-vous ?

R. Sept ans.

 

La fermeture de la Loge de Compagnon, se fait comme à celle d'Apprentifs.

 

Catéchisme des Maîtres.

 

Demande. Etes-vous Maître Maçon ?

R. Très-Vénérable, je le suis, éprouvez-moi ; ensuite approuvez-moi ; ou désapprouvez, si vous pouvez.

D. Où avez-vous été reçu Maître Maçon ?

R. Dans une Loge de Maître juste et parfaite.

D. Combien faut-il être pour composer une telle Loge ?

R. Trois ; scavoir, un très-respectable Maître, et deux Vénérables Surveillants.

D. Comment avez-vous passé à la Maîtrise ?

R. De l'Equiere au Compas.

D. Sans doute que vous étiez reçu Apprentif et Compagnon ?

R. Jackin et booz me sont connus.

D. Et la Régle de trois vous est-elle aussi connüe ?

R. Je l'entends, et la clef de toutes les Loges est à mon commandement.

D. Que venez-vous faire ici ?

R. Chercher ce qui étoit perdu.

D. Qui est-ce qui étoit perdu ?

R. La Parole du Maître.

D. Comment fut-elle perdüe ?

R. Par trois grands coups, ou la mort d'Adoniram.

D. Comment notre très-respectable Maître Adoniram fut-il assassiné ?

R. Par trois scélérats, qui projeterent ensemble de lui arracher la parole ou la vie.

D. Comment reconnut-on l'endroit où notre très-respectable Maître fut assassiné ?

R. Par une branche d'Acacia, que les Apprentifs qui en avoient fait la recherche, mirent sur son tombeau.

D. Comment la Parole fut-elle recouvrée ?

R. Les Maîtres convinrent ensemble, que dans la crainte que la parole des Maîtres n'eut transpirée, que le premier signe qui seroit marqué par l'attouchement que l'on ferait en le relevant, et la premiere parole qui seroit proférée serviroit à l'avenir pour les Maîtres.

D. Donnez-moi le signe ? (on fait le signe du Maître)

R. Donnez l'attouchement à votre Frere premier Surveillant ? (on donne l'attouchement)

D. Venez me donner la parole à l'oreille ?

R. Macbenac.

D. Que fit-on du corps de notre très-respectable Maître Adoniram ?

R. Salomon pour récompenser son zéle et ses talens le fit inhumer dans le Sanctuaire du Temple.

D. Que fit-il mettre sur son Tombeau ?

R. Une Médaille d'or faite en triangle, où étoit gravé JEHOVA. Qui est le nom de Dieu en Hébreu.

 

Après ces Interrogations, les Freres se donnent la Parole réciproquement, et le premier et second Surveillans la rendent au Maître, et la Loge est fermée.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 15:04

Dans lequel se trouvent les diverses Questions qu'on leur pose dans leurs Assemblées et Installations : De même aussi que leur Serment, Santé, Signes et Points pour se reconnaître l'un l'autre. Comme ils ont été trouvés en possession d'un Franc-Maçon qui est mort subitement. Et publiés maintenant pour l'Information du Public.

 

PRÉFACE

Ce document ayant été trouvé en possession d'un Franc-Maçon qui est mort subitement, il a été jugé opportun de le publier mot pour mot, afin que le Public puisse enfin avoir des renseignements exacts sur le Grand Mystère des Francs-Maçons.

Un homme à Louvain annonça qu'il avait, à grand peine, découvert, vaincu et dompté, et qu'il était maintenant prêt à montrer dans sa Baraque pour six sous l'entrée, le Monstre le plus hideux et le plus vorace, le Tourment de toute l'Humanité, spécialement dans l'Adversité.

Les gens se pressèrent de toutes parts pour voir ce monstre : Ils entraient par devant; et, après avoir vu la Créature, sortaient par derrière, où on leur demandait si le Monstre valait la peine d'être vu. Et comme ils avaient, en entrant dans la Baraque, promis de garder le Secret, ils répondaient que c'était une Créature tout à fait extraordinaire... Et l'Homme y trouvait son compte. Mais par hasard, il fut révélé que cette Créature extraordinaire n'était qu'un POU.

 

LES SIGNES DU FRANC-MAÇON

 

Un Guttural

 

Un Pédestre

 

Un Manuel

 

Un Pectoral

 

D. Que la Paix soit ici.

R. J'espère qu'elle y est.

D. Quelle heure est-il ?

R. Ça va sur Six, ou ça va sur Douze.

Q. Avez-vous beaucoup de travail ?

R. Non.

Q. Donnez-vous ou prenez-vous ?

R. Les deux ou ce qu'il vous plaît.

Q. Comment vont les Equerres ?

R. Tout Droit.

Q. Etes-vous Riche ou Pauvre ?

R. Ni l'un ni l'autre.

Q. Changez-moi cela ?

R. Oui.

Q. Au nom de, etc. êtes-vous Maçon ? (in name of, etc. are you Mason ?)

R. Je suis Maçon.

Q. Qu'est-ce qu'un Maçon ?

R. Un Homme engendré d'un Homme, né d'une Femme et Frère d'un Roi.

D. Qu'est-ce qu'un Compagnon ?

R. Le familier d'un Prince.

Q. Comment saurais-je que vous êtes Franc Maçon ?

R. Par les Signes, les Attouchements et les Points de mon Entrée.

Q. Quel est le Point de votre Entrée ?

R. J'entends et je cache sous le châtiment d'avoir la gorge tranchée ou Langue arrachée de la Tête.

Q. Où avez-vous été fait Franc Maçon ?

R. Dans une Loge juste et parfaite.

Q. Combien font une Loge ?

R. Dieu et l'Equerre, avec cinq ou sept Maçons droits et parfaits, sur les plus hautes montagnes ou dans les plus profondes vallées du Monde.

Q. Pourquoi les Nombres impairs font-ils une Loge ?

R. Parce que tous les Nombres impairs sont à l'avantage des Hommes.

Q. De quelle Loge êtes-vous ?

R. De la Loge St Jean.

Q. Comment se tient cette Loge ?

R. Plein Est et Ouest, comme se tiennent tous les Temples.

Q. Où est le Point du Maçon ?

R. A la fenêtre de l'Est, attendant le lever du Soleil pour mettre ses Hommes à l'ouvrage.

Q. Où est le point du Surveillant ?

R. A la fenêtre de l'Ouest, attendant le coucher du Soleil pour renvoyer les Apprentis Entrés.

Q. Qui dirige et gouverne la Loge et en est le Maître ?

R. I r a h

ou la Colonne de Droite. (irah pour Ivah ?)

I a c h i n

Q. Comment est-elle gouvernée ?

R. Par l'Equerre et la Règle.

Q. Avez-vous la Clef de la Loge ?

R. Oui, je l'ai.

Q. Quel est son Pouvoir ?

R. Ouvrir et fermer, et fermer et ouvrir.

Q. Où la gardez-vous ?

R. Dans une Boîte d'ivoire, entre ma Langue et mes Dents, ou dans mon Cœur où je garde tous mes Secrets.

Q. Avez-vous une Chaîne à la Clef ?

R. Oui, j'en ai une.

Q. Quelle est sa longueur ?

R. Aussi longue que de ma Langue à mon cœur.

Q. Combien de Bijoux précieux ?

R. Trois; une Pierre d'équerre, un Diamant et une Equerre.

Q. Combien de Lumières ?

R. Trois; une plein Est, Sud et Ouest.

Q. Que représentent-elles ?

R. Les trois Personnes, le Père, le Fils et l'Esprit Saint.

Q. Combien de Colonnes ?

R. Deux : Iachin et Boaz.

Q. Que représentent-elles ?

R. Force et Stabilité de l'Église dans tous les âges.

Q. Combien d'angles y a-t-il dans une Loge de St Jean ?

R. Quatre, ressemblant à des Equerres.

Q. Comment trouve-t-on le Méridien ?

R. Quand le Soleil quitte le Sud et s'enfonce à l'Extrémité Ouest de la Loge.

Q. Dans quelle partie du Temple se tenait la Loge ?

R. Dans le Porche de Salomon à l'extrémité Ouest du Temple, où étaient dressées les deux Colonnes.

Q. Combien de Pas appartiennent-ils à un Maçon Droit ?

R. Trois.

Q. Donnez moi la Solution.

R. Oui, je vais le faire.

Le Très Vénérable, les Vénérables Maîtres et les Vénérables Compagnons de la Très Vénérable Loge d'où je viens vous saluent bien.

R. Que le Salut du Grand Dieu pour nous soit dans notre Assemblée et avec la Très Vénérable Loge d'où vous venez et dont vous êtes.

Q. Donnez-moi le mot de Jérusalem.

R. Giblin.

Q. Donnez-moi le Mot Universel.

R. Boaz.

Q. Droit Frère des nôtres, quel est votre Nom ?

R. M. ou N.

Bienvenue Frère M ou N dans notre Société.

Q. Combien de points particuliers appartiennent-ils à un Franc-Maçon ?

R. Trois : Fraternité, Fidélité, et Discrétion. (tacity)

Q. Que représentent-ils ?

R. L'Amour Fraternel, la Bienfaisance et la Vérité parmi tous les Maçons Droits auxquels tousles Maçons furent consacrés lors de la Construction de la Tour de Babel et du Temple de Jérusalem.

Q. Combien de Points justes ?

R. Cinq ; Pied à Pied, Genou à Genou, Main à Main, Cœur à Cœur et Oreille à Oreille.

Q. D'où vient un Arc ?

R. De l'Architecture.

Q. Combien d'Ordres en Architecture ?

R. Cinq ; le Toscan, le Dorique, l'Ionique, le Corinthien et le Composite

Q. A quoi correspondent-ils ?

R. Ils correspondent à la Base, à la Perpendiculaire, au Diamètre, à la Circonférence et à l'Equerre.

Q. Quel est le Mot droit ou le Point droit d'un Maçon?

R. Adieu. (en français dans le texte)

 

Le Serment du Franc-Maçon

Vous devez servir Dieu au mieux de votre Connaissance et Instruction et être un fidèle Homme Lige du Roi, et aider et assister tout Frère, pour autant que cela est en votre pouvoir ; par le Contenu de cette Ecriture Sainte vous tiendrez ce Serment. Ainsi Dieu vous soit en aide.

 

La Santé d'un Franc-Maçon

A la Santé de notre Société et de tout Frère fidèle qui tient son Serment de Secret. Car nous avons juré de nous aimer les uns les autres. Le Monde ne connaît aucun autre Ordre comme notre Noble et Ancienne Fraternité. Qu'ils cherchent à comprendre le Mystère.

Frère, à ta Santé.

 

Signes Pour reconnaître un véritable Maçon


1. Enlever le Chapeau avec deux doigts et le Pouce.

2. Frapper de la Main droite à l'intérieur du petit doigt de la gauche trois fois comme si l'on taillait la pierre (as if hewing) …

3. En formant l'Équerre, c'est-à-dire en assemblant les talons, les Orteils des deux Pieds écartés à une certaine distance, ou par tout autre Triangle.

4. Se prendre Main à Main, avec les Pouces gauche et droit serrés et se presser au Poignet trois fois avec l'Index sur le Pouls.

5. Vous devez murmurer en disant ainsi : Les Maîtres et Compagnons de la Vénérable Compagnie d'où je viens, vous saluent tous bien. L'autre répondra : Dieu salue bien les Maîtres et Compagnons de la Vénérable Compagnie d'où vous venez.

6. Passez les deux Index sur les Paupières trois fois.

7. Renversez un verre, ou quoique ce soit d'autre de creux, après avoir bu.

8. Demandez comment allez-vous ? et vos Frères boivent à la santé l'un de l'autre.

9. Demandez à quelle Loge ils ont été faits Francs-Maçons.

 

N.B. Dans la troisième (année) du Roi Henry VI un Acte du Parlement fut passé par lequel il était déclaré Félonie d'inciter les MAÇONS à se réunir en Chapitres et Assemblées. La peine est Emprisonnement et Amende et Rançon à la Volonté du Roi.

 

FINIS

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