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Loge de Recherche Laurence Dermott

Rechercher dans la Fraternité et la Tolérance.

Puisqu’il est l’heure…

Publié le 13 Janvier 2014 par G\ O\ dans Planches

Une fois que les F\ F\ ont été reconnus comme apprentis Franc-Maçons par les deux surveillants lors de leurs passage sur les deux colonnes, que la lumière jaillit dans le Temple, par l'illumination des 3 piliers, le 2ème Surv\ placé au Midi pour observer le soleil et appeler les F\ F\ au Travail et le 1er Surv\ placé à l'Occident est appelé à observer le coucher du soleil pour aider le V\ M\ à fermer les travaux vont avoir des rôles différents. A l'ouverture comme à la fermeture, les surveillants n'ont pas le même role. Je m'explique : A l'ouverture = le 2ème répond aux questions posées par le V\ M\, il donne donc d'abord son age, 3 ans, puis dans les minutes qui suivent, donnera l'heure du début des travaux, midi, le 1er lui, donne seulement, son acceptation à la justesse des annonces sans jouer à l'ouverture le rôle d'horloge, mais fixera en revanche l'heure de fermeture, Minuit... Comme je viens de vous le dire, à la fermeture des Trav\, il en n’est pas de même = c'est le premier Surv\ qui va attester que tous les ouvriers sont contents et satisfaits puisque silencieux et ensuite indiquera par deux fois que l'heure de fermeture est arrivée, donc MINUIT alors que le deuxième surv. a informé au préalable de l'endroit où les apprentis gagnent leur salaire c'est en lisant avec attention que j'ai constaté le rôle de ces deux officiers. Dans cet ordre = 2e surveillant Ouverture = age + heure / Fermeture = heure pour le 1er...A partir de ce moment on constate que les valeurs temps du monde profane vont prendre une envergure totalement différente. Tous les assistants ont 3 ans et quelque soit l'heure du temps réel inscrit sur nos montres, à un instant donné il est midi, soit la 12ème heure et à partir de là, 2 éléments sont essentiels qui nous annoncent que le Temps a changé. Puisque nous avons l'âge, que tout est conforme au rite et qu'il est l'heure, dit le V\ M\.
Phrase qui est récitée seulement au début des Travaux alors qu'à la fermeture donnée par le 1er Surv le V\ M\ nous renvoie pour travailler ailleurs sans préciser qu'il est temps de fermer.
Pour faire simple, je commencerai par l'HEURE pour ouvrir une Loge selon la conformité du rite (alors que l'on peut entendre dans des obédiences travaillant au REAA, par des mystères accoutumés), deux mots répétés suivant une répercussion triangulaire. Nous ne sommes plus dans le monde,nous sommes dans un temps particulier, spécifique qui déconcerte mystérieux puisque l'explication fournie par notre mémento sur la réponse relative à l'AGE,c'est qu'il est initié aux mystères des 3 premiers nombres). Je commencerai par cette nouvelle heure sachant que l’HEURE est l'espace de temps égal à la vingt-quatrième partie d'un jour Pourquoi Midi ? N'est il pas l’Âge de la pleine maturité. Le midi de la vie ? Le soleil à midi est à son point culminant. Les spécialistes disent que les rayons sont les plus longs quand le soleil est le plus éloigné de la Terre. Cependant comme excès de soleil brûle et assèche, il faut que sa chaleur s’atténue pour qu'elle soit bienfaisante. J'ai lu qu’à midi, le soleil commence à décliner, brillant sans brûler. Dans la phase initiale du rituel du Ier degré, le Vénérable Maître, lors d’une série de « triangulations » avec les deux Surveillants, annonce que « Puisqu’il est l’heure et que nous avons l’âge [(...) il est temps d’ouvrir les Travaux] ». L’heure d’ouverture des Travaux correspond - comme on le sait - à « midi plein », c’est-à-dire au moment de la journée où la lumière est à son maximum et le soleil au zénith. Par là on observe immédiatement que les Travaux de Loge, du fait de leur caractère rituel, se déroulent symboliquement en conformité harmonique avec les cycles naturels et notamment avec le parcours journalier du soleil. Par contre, la fermeture doit être effectuée à « minuit plein », quand l’obscurité est à son maximum et le soleil au nadir. Est-ce à dire que nous ne travaillerons que sur cette voie ? Par le Contenu de nos travaux, Nous ne sommes pas coupés de la vie profane, nous sommes entre terre et ciel. Nous avons deux vies, deux voies qui s'influencent bien sûr, qui s'interfèrent, mais le Maçon qui vient en Loge retournera dans la vie profane riche de l'influence de la Tenue, comme il n'oubliera pas, à « intérieur du Temple », qu'il fait partie de l'humanité. Midi minuit, vie et travail Maçonnique, minuit midi, vie et travail profanes : alternance, rythme, harmonie de nos deux voies parallèles. Alors que le temps profane du travail s’étend ordinairement du lever au coucher du soleil, le temps imparti aux travaux du Maçon est délimité par le passage du soleil aux deux demi-méridiens. Soleil, ténèbre et lune, voici trois pistes que le rituel appelle d’abord à explorer cette interprétation classique du symbolisme de l'heure, au niveau de l'Apprenti, va permettre d'aller plus loin avec les outils et connaissances de la recherche : science des nombres, arithmétique, géométrie, astronomie, rythme de la musique. Je m'explique : en travaillant ce sujet, j'ai rencontré des analyses qui sont au delà du 1er degré, cette phrase est prononcée est un signal d'alerte. Il nous faut quitter le temps profane, historique, linéaire, et s'engager sur une voie symbolique qui exprime, semble-t-il, le profond désir d'arrêter le flux du temps. Il exprime aussi et surtout le souci de se « désaliéner », c'est-à-dire d'éviter que son existence ne soit totalement absorbée par la temporalité pure, irréversible. C'est peut-être là un des sens profond de l'initiation. Cette ré-activation, cette ré-actualisation, cette régénération nous libère de nos liens antérieurs pour nous faire participer à la connaissance secrète de ce qui est « hors du temps » (la vie spirituelle, la vie symbolique). On dispose symboliquement pour cela de douze heures : de midi à minuit. D'abord parce que le douze est une figure du temps : les douze signes zodiacaux, les douze heures du jour et les douze heures de la nuit qui s'effritent dans les douze mois de l'année. Midi, milieu du jour, c'est aussi et surtout 12. Ce nombre nécéssiterait à lui seul une planche. Je ne ferai donc qu'en effleurer l'importance. 12 a donc, comme tous les nombres, un contenu métaphysique : 12 est important en lui-même : il constitue une entité et il est interessant par ses composants. 12 c'est le produit de 4 par 3 : les 4 points cardinaux, les 4 coins du monde multipliés par 3, nombre de la spiritualité. C'est également parce que ce nombre est associé au cercle compte-tenu du tracé des aiguilles, 12 appartient au monde celeste. 12 est un nombre cyclique : 1 année compte 12 lunaisons ou mois et 4 saisons de 3 mois. Jour et nuit sont également divisés en 12. Ce nombre est d'une très grande richesse dans la symbolique chrétienne comme dans toutes les symboliques : l'énumération n'en finirait pas et en serait fastidieuse... Pourquoi « midi » et pourquoi « minuit » ? Tous les maçons en Loge Bleue à notre Rite E\ A\ et A\ travaillent de midi à minuit. En lisant en effet, mon mémento d'apprenti (édition 1973), il donne à l'age, 3 ans une fonction de reconnaissance et les heures conventionnelles qui nous sont retenues par Le REAA fixent à l'homme sa pleine utilité au midi de sa vie jusqu'à sa dernière heure, le minuit de son existence. Cette réponse explique que l'action ne doit venir qu'au moment propice. C'est à dire, que l'homme doit avoir atteint le midi de sa vie avant d'être utile. Cela revient à dire que la recherche que nous commençons alors, ne peut être entreprise auparavant car elle demande maturité et liberté, et une certaine plénitude, elle ne peut donc débuter avant le midi plein de notre vie, moment où nous sommes en possession de toutes nos facultés, mais elle doit continuer jusqu'à la fin de notre vie, pour se consacrer sans relache au bonheur commun, une quête sans fin, sans aboutissement. Elle terminera, pour chacun d'entre nous, à minuit plein, terme de notre existence. Nous avons donc choisi une voie parallèle. De « midi à minuit », c'est aussi la somme d'un demi-jour et d'une demie nuit. C'est évidemment un concept solaire mais lunaire aussi et on peut apporter à ces heures un certain nombre d'explications qui selon la sensibilté de chacun sera différente. Le langage symbolique a l'avantage de son universalité et chacun y trouve ce qu'il ressent au + profond de lui. Pourquoi attendre midi pour commencer à travailler ? Il y a bien longtemps que le profane est à l'ouvrage à cette heure-ci. Si les maçons travaillent de midi à minuit pour chercher la lumière, c'est parce que la lumière est double, composée de clarté et d'obscurité car sans le contraste, la lumière ne se dégage pas. La lumière du jour n'est qu'une demi-vérité. Là où il y a du soleil, il y aura aussi de l'ombre. C'est une vérité de La Palice. Mais pour chercher la lumière, il faut savoir déceler l'ombre... Nous ne devons jamais oublier que l'initiation a pour but de nous faire accéder à de nouveaux états de conscience. Or, sur le plan de la conscience, de midi à minuit peut signifier de l'extérieur vers l'intérieur. On va ainsi du « soleil » vers « l'ombre », de midi à minuit. Et je dirai en passant que si nos apprentis sont placés au Nord, c'est aussi pour les préserver du feu brulant du soleil de midi. Pourquoi terminer à minuit ? A minuit le commun des mortels dort depuis longtemps, satisfait du travail accompli. Dans l'ésotérisme chrétien, minuit est un point de départ : le Christ est né à minuit. Pourquoi la Franc-Maçonnerie spéculative, héritière de la Franc-Maçonnerie opérative, ne respecte-t-elle la tradition des corporations qui interdisaient le travail après le couvre-feu ? Comme chaque fois que l'on traverse le prisme des symboles, la réponse est multiple. Quand le soleil se couche, la lune se lève. Si le soleil est apparenté aux forces masculines et la lune aux forces féminines, le temps de travail de midi à minuit inclut les deux, car l'homme qui est un bipède est soumis à la loi du binaire, avec son côté lumière et son côté ombre. Lorsqu'un Profane arrive chez nous, donc pour vivre une nouvelle existence, il est dans son Monde, avec des repères horaires qui sont les siens. Ce n'est que lorsqu'il prend conscience de la « Lumière » qu'il la « voit » qu'il va tenter d’amener ses forces au niveau de sa conscience, et midi c'est l'heure qui nous est fixée pour les organiser selon un autre ordre. On entre en franc-maçonnerie au « midi de sa vie », c'est-à-dire, lorsqu'on a la faculté de connaître et de distinguer, donc la capacité d'organiser. Apprendre à distinguer, c'est apprendre à séparer, et cette fonction séparatrice permettra de trouver la « Lumière » même dans l'obscurité, lumière spirituelle, bien entendu. Midi, c'est l'heure où l'on « fait le point », comme le marin qui détermine le lieu où se trouve son bâtiment et le marque sur sa carte. Mais c'est aussi l'heure où l'on doit être, en principe, pleinement éveillé. Et, il s'agit précisément d'être éveillé. L'initié est celui qui a reçu la Lumière, qui a été par là même « transformé ». C'est par les symboles, par les signes, que l'homme est « éveillé », c'est-à-dire rendu « conscient ». Faire le point c'est essentiel. C'est chaque fois une nouvelle étape qui recommence, avec des forces vitales différentes, dans un désir intense sinon de perfection mais d'y voir clair, opération qui peut être indéfiniment renouvelée, qui ouvre chaque fois la porte à de nouvelles potentialités. C'est toujours le temple, notre temple intérieur, que l'on continue à construire. Quant à l'age invoqué par le 2ème Surv\, ce qui n'est pas gratuit puisque c'est lui qui est en charge de l'instruction, je l'ai vécu avec difficulté à mon 1er soir = 3 ans c'était impensable dans ma logique perturbée et ignorante. Je l'ai rattaché à un état de celle de l'enfant qui, pour la première fois, va quitter l'intimité et la quiétude familiales j'avais deux jumeaux et devant un monde inconnu et mystérieux, je me suis senti comme celui qui se trouve derrière le portail de l'école maternelle. Mon 1er V\ M\ était un commissaire divisionnaire de la Sureté Nationale. Une assistance inconnue me regardait,tel un enfant, décalé,« qui ne parle pas » et qui se contente de répéter ce qu'on lui dit. C'était tous les mardis Tablier bavette bien relevée et gants bien proprets, j'ai vite compris quel allait être la vie de mon age = faire silence dans la « classe », écouter ses « maîtres », j'ai vite assimilé que le bavardage que, jusqu'alors, l'apprenti-élève prenait pour de la parole était fortement déconseillé, prenant conscience, progressivement, d'une des illusions les plus ordinaires du monde profane (parler, c'est savoir), et que l'exemplarité du comportement de mes Frères devait m’apprendre l'usage opportun et tolérant de la parole. Apprendre à se taire, c'est aussi apprendre à mieux appréhender l'autre. Trois ans, c'est l'âge du développement de l'ego-égoïsme, comme disent les pédo-psychiatres parce que, disent-ils, c'est l'age où l'on doit commencer à se défendre et se construire une personnalité distincte, mais au prix de la négation d'autrui. L'arme de la parole, à la fois défensive et agressive, une fois annihilée, il ne reste plus à l'enfant qu'à utiliser ses autres sens, grâce auxquels la perception et la compréhension de son environnement lui seront facilités. A lui d'écouter, donc, mais aussi d'aussi d'observer,et, si je peux dire, de goûter, toucher, sentir, selon ses capacités, sa sensibilité... Comme vous, j'ai vite compris que lorsque retentit le signal, tous, en rang, on est invité à s'asseoir à une place, selon un ordre préétabli et rigoureux, qui se déroule selon une organisation que tous, des plus jeunes aux « vétérans », respectent - presque - scrupuleusement...Et là on se demande quel age peuvent avoir les assistants qui ont un tablier différent. Notre curiosité ce1er soir n'aura pas cette réponse...à 3 ans aprés quelques tenues, on constate que divers éléments, constituent comme des échos de cette tension ternaire : le triple battement du maillet, la triple batterie, la marche d'entrée avec les 3 pas, les 3 épreuves, les trois voyages. Ce n'est qu'avec le temps si on est perceptif que l'on saisit pourquoi la Maçonnerie affectionne particulièrement ce nombre 3, tellement chargé de sens. On le retrouve partout, dans le rituel, 3 est justement le nombre offert aux Apprentis pour être médité pendant l'âge de leur grade. C'est donc tout particulièrement le nombre lié au premier degré. En associant les trois termes-clés de son lexique, sagesse, force, beauté, sa curiosité l'amenera à s'interroger sur les valeurs propres qui ont pu déterminer le choix de ce nombre. Figure dominante dont les récurrences intriguent, c'est le triangle qu'il faut essayer d'interpréter en premier. Il est d'abord rappel de la permanence originelle de la maçonnerie comme artisanat opératif, comme chantier de construction face à vous Vénérable-Secrétaire-Orateur. Ce chiffre restera marquant et dans les deux cas, le nombre trois traduit ici, un équilibre, mais cette fois dans la répartition des fonctions de pouvoir je ne vais pas ce soir vous faire un tableau exhaustif de notre expérience de cet age qui cadence toutes nos tenues au 1er degré. Il va être bientôt minuit. Le temps va changer dans un petit moment aprés l'extinction des 3 piliers. Le passage de la vie Maç\ va laisser place à la vie humaine à ce temps qui pour certains grignotent notre vie plus ou moins vite et en conclusion je dirai que l'on avance inéxorablement sur un chemin et le temps qui passe,c'est une boite de pandore...tous les jours, à chaque heure on plonge les doigts dedans, c'est soit du miel soit du cambuis. On n'y échappe pas. Si on n'avance pas c'est qu'on est mort...je dirai aux apprentis qu'ils n'auront pas toujours trois ans et c'est tant mieux.c'est qu'ils auront progressé. Entre le midi de notre éxistence et son minuit c'est Vivre à chaque moment, avec la surprise de ce que l'on va découvrir à l'instant d'aprés. C'est comme une petite voix qui vient nous offrir le futur et qui nous dit : « voulez vous aller plus loin ? » Si on veut avancer dans la vie,on est obligés de répondre : éprouvez moi ! La maçonnerie c'est comme la vie profane et vice-versa...Quoique l'on fasse dans notre existence, quelque soit notre situation, on sera éprouvé par les voyages de notre destin.

J'ai dit,

Source : www.ledifice.net

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Les Luminaires : le Soleil et la Lune

Publié le 7 Janvier 2014 par M\ D\ dans Planches

Le profane est dans un état « amorphe ». Par définition ce mot désigne qui n’a pas de forme apparente ou une structure bien déterminée. Une âme sans structure ne peut que vivre dans la confusion. Le profane qui vit dans le chaos intérieur est de ce fait, dans un statisme qui le prive substantiellement de toute ambition spirituelle. Le profane est entouré par les ténèbres ou, comme on dit couramment, il est dans le noir. Le mot noir provient du latin « Niger ». Le noir est la sensation produite par l’absence, voire par l’absorption complète de tous les rayons lumineux. Cette perception peut être élargie à tous les objets produisant la même réaction. Le noir se caractérise essentiellement comme une absence de lumière empêchant les couleurs d’apparaître dans leur tonalité visible. On dit généralement qu’être dans le noir équivaut à être dans l’obscurité et donc à ne rien comprendre. Néanmoins, lorsque dans le domaine des arts graphiques on veut produire du noir très dense, on doit lui ajouter trente à quarante pour cent de bleu. En effet, ajouter du noir au noir le « salirait » en le laissant toujours plus gris que noir. Dans la nature, la nuit n’est jamais noire. Ce qui laisse présager de bons auspices. Dans le monde profane le noir est souvent symbole de deuil et de détresse. Il peut évoquer le pessimisme et la peur ou alors, plus couramment, il est directement lié à la tristesse. De cela, toutes les expressions passées dans le langage populaire. Ci après, à titre d’exemple, quelques-unes des citations parmi les plus répandues : se mettre dans une colère noire, être la bête noire, être dans le désespoir le plus noir, se faire un sang d’encre noire, avoir les idées noires, ou encore, se trouver dans la misère noire, être sur la liste noire, travailler au noir, etc. Malgré cela, dans le monde profane le noir offre également un autre visage décidemment plus positif. Ceci, sans pourtant exprimer de sentiments passionnés. Au contraire, le noir s’impose avec pureté et sobriété. De ce qui précède, il est loisible de constater que le noir est directement associé à la dignité et à l’autorité, celui des juges et des arbitres par exemple, mais aussi à l’austérité et à la frugalité ou encore à l’élégance et au raffinement. Dans l’Égypte ancien, le noir avait une symbolique positive. Dans la langue des pharaons, le verbe « kem », qui provient du mot « noir » veut dire : mener à bien, s’élever à, accomplir mais le mot « kem » veut dire aussi : complet, parfait, obligation, devoir. Dans la Loge, les Apprentis siègent au septentrion et les Compagnons au midi. Les Maîtres sur l’une ou l’autre colonne pour éclairer et guider les frères Apprentis et Compagnons moins expérimentés. La partie la moins lumineuse est métaphoriquement affectée au septentrion. En effet, l’Initié qui vient de sortir des ténèbres représente inéluctablement le membre le moins éclairé et le moins érudit de l’Institution Maçonnique. De ce fait, il évoque la pierre brute qui nécessite considérablement de travail, soutien et réconfort. L’Initié pour émerger du noir doit travailler avec assiduité et constance et ceci d’une part, pour mériter la confiance et l’amour fraternel qu’on lui a accordé et d’autre part, pour rechercher la paix, l’harmonie et l’équilibre entre lui-même, son corps et son âme. Ce qui au fur et à mesure édifiera les efforts produits et gratifiera son travail. Tous les Initiés avant de commencer leur aventure, étaient métaphoriquement dans le noir. Les initiations se confèrent la nuit car tout ce qui se rapporte à la génération de la vie nouvelle se produit dans le noir. Pour les nouveaux frères le noir représente le point de départ. A ce propos, il me semble utile de rappeler que Jésus est né à minuit, au cœur symbolique de la nuit, au plus profond de l’obscurité. L’Apprenti ne peut qu’associer le noir à l’inconnu, et je dirais, à ce qui est dissimulé à ses yeux ou tout simplement, à ce qu’il n’arrive pas encore à voir et plus précisément pas encore à comprendre ou à interpréter, car la cécité qui engendre le noir tout autour de lui, est substantiellement intérieure.

L’Apprenti n’est tout simplement pas prêt.

Aussi, j’affirme sans hésitation que nous sommes et nous resterons toujours apprentis car nous aurons toujours quelques choses à découvrir et à apprendre et ceci indépendamment du statut de chacun, des études effectuées, des expériences vécues ainsi que de l’intelligence et volonté propre à chacun de nous. Pour revenir au fil conducteur de mon travail, dans la Loge les Luminaires : le Soleil et la Lune, se trouvent à l’Orient derrière le plateau du Vénérable Maître. Dans une optique cartésienne on pourrait s’attendre à voir le Soleil disposé à l’Orient et la Lune positionnée à l’Occident. En revanche, selon l’esprit de l’Univers de la symbolique de la Loge, il prédomine une cohérence spirituelle qui nous amène à rechercher une sensation d’harmonie intérieure. Ce que la logique du monde profane ne pouvait pas nous apporter. Dans les rites anciens, on retient trois grandes Lumières : la Bible, l’Equerre et le Compas et trois petites Lumières : le Vénérable Maître, le Soleil et la Lune. Dans les Rites modernes, c’est précisément le contraire. Il est utile de rappeler que le Rite Emulation, tel que témoigné par la documentation concernée, qui remonte au 27 novembre 1823, est parmi les Rites les plus anciens.

Au Rite Emulation, le Soleil se trouve à gauche tandis que la Lune se trouve à droite.

La position du Soleil et de La Lune peut varier d’un Rite à l’autre. Les explications trouvent leurs origines dans l’influence que la foi a pu exercer dans le temps, sur les différents Rites. Ce qui explique aussi les diversifications qui existent entre les anciens et les nouveaux rites et plus en général, entre un Rite et l’autre. La première vision de tout Initié qui entre dans la Loge, est celle du Soleil et de la Lune qui encadrent le Vénérable Maître. A ce moment donné, le Soleil et la Lune expriment un concept qui dépasse l’Initié. Ceci, d’autant plus que son attention est littéralement captivé par le Vénérable Maître qui s’impose pendant toute la durée de la cérémonie d’initiation. Par la suite, l’Apprenti réalisera que le Vénérable Maître imprimera la cadence des toutes les tenues régulières auxquelles il aura la possibilité d’assister. Le Vénérable Maître ouvre la Loge et dirige les travaux. Dans la Loge on travaille symboliquement de midi, quand le Soleil est au zénith, jusqu’à minuit, quand le Soleil est au Nadir. Le travail est donc placé sous la lumière descendante. De ce qui précède, le début des travaux coïncide avec le midi, quand la lumière est à son maximum d’intensité, tandis que la fin des travaux corresponde à minuit, quand la Lune reflète la lumière solaire. Le Soleil actif et la Lune passive, marquent ainsi l’opposition permanente qui les caractérise. Toutefois, lumière et obscurité vont de pair sans s’opposer. Au contraire, leurs qualités propres s’ajoutent et se complètent et contribuent à la transformation progressive du jeune Initié mais aussi de tous les Maçons. Ceci, selon un processus alchimique qui vise à obtenir, comme déjà énoncé ci-avant, la juste harmonie entre le corps, l’esprit et l’âme. Le Soleil, générateur de lumière, est l’emblème de l’énergie mais aussi de l’intellect et de la raison et il éclaire les esprits. Le Soleil désigne par excellence la composante masculine et représente l’élément feu. La Lune symbolise la compréhension et la tolérance propres à la féminité. C’est la figure maternelle qui se révèle avec son mouvement croissant et décroissant qui régularise les rythmes naturels. La Lune représente l’élément eau. Le Soleil et la Lune représentent donc l’alternance d’ondées et d’éclaircies, d’équilibre et d’instabilité, d’activité et de repos, de blanc et de noir. En définitive, la dialectique de l’opposé à laquelle nous sommes confrontés au quotidien. La Lune en tant que Luminaire, est le reflet du Soleil et comme lui est significative de santé. La Lune atteint sa plénitude à l’opposition du Soleil. Elle se lève quand lui se couche et, pendant toute la nuit, elle sert de relais. Elle ne subit pas la lumière radieuse et éblouissante du Soleil. Elle la prend pour la rediffuser successivement mais en la dosant judicieusement. La Lune n’a pas un rôle secondaire. Les deux Luminaires sont complémentaires et si l’un domine le jour, l’autre règle la nuit. Ensemble ils évoquent la mort et la résurrection et accompagnent de manière indissociable le chemin de tous les Frères. Pour les Egyptiens l’Orient représentait le monde des vivants tandis que l’occident représentait le monde des morts. Aussi, ils croyaient que le Soleil allait se régénérer pendant la nuit. Les Egyptiens vénéraient plusieurs dieux. Parmi les plus connus, il y avait le dieu Râ ou dieu Soleil qui était indiscutablement le plus important. Plus récemment, nous constatons que l’empire Inca était très structuré et bureaucratisé, et que leur société fut l’une des mieux organisées et des plus disciplinées qui aient jamais existé. La civilisation Inca, qui a connu son apogée au 15ème siècle, vouait un culte au Soleil. Leur empereur, appelé « Inca », était considéré comme le fils du Soleil. Aussi, nous noterons que le culte de « sol invictus » l’invincible Soleil, devint très répandu dans le Rome ancien. La popularité du culte du Soleil influencera successivement l’adoption chrétienne de plusieurs pratiques, dont celle du Dimanche. Les Indiens d’Amérique, peuple qui s’est distingué pour les pratiques ésotériques, dont les connaissances se transmettaient de bouche à oreille, attribuaient au Soleil et à la Lune une valeur symbolique qui influençait significativement leur quotidien. J’ai toujours éprouvé une forte fascination pour ce peuple et actuellement, je ne peux pas dissimuler mon émerveillement face à certaines affinités, puisque je suppose que la Maçonnerie est la dernière institution du monde occidental qui préserve et pratique des procédés traditionnelles. Une tradition conçue comme la transmission d’une influence spirituelle strictement liée à un rituel. C’est pour cela que la tradition initiatique n’est pas comprise ni parfois acceptée par le monde profane.

La tradition initiatique ne laisse pas de traces écrites !

Il est notoire que l’absence de Soleil, notamment en ce qui concerne son influence sur la température, empêcherait toute forme de vie. Toutefois, si l’on minimise le problème de la température, pas de soleil, cela voudrait dire, pas de saison et en conséquence pas de synthèse de la chlorophylle pour les plantes qui viendraient à disparaitre. Il est évident que sans la végétation il n’y aurait plus d’herbivores et donc pas de carnivores…et tout s’écroulerait inexorablement comme un château de cartes. L’homme subit lui aussi, de manière directe, l’influence du Soleil. Selon des études scientifiques, le comportement des humains est commandé par la « physiologie ». Cette science étudie le rôle, le fonctionnement et l'organisation mécanique, physique et biochimique des organismes vivants et de leurs composants ainsi que les interactions entre un organisme vivant et son environnement. Le Soleil exerce un effet direct sur une parte de notre chimie corporelle et notamment en ce qui concerne la quantité d’albumine dans le sérum sanguin. L’albumine est essentielle pour le maintien de la pression oncotique indispensable à la bonne répartition des liquides entre les vaisseaux sanguins et les tissus. Après m’être attardé sur le Soleil, je suis assez impatient d’approfondir l’autre Luminaire qui surplombe la colonne du sud, celle des compagnons, la Lune. En « Sanskrit » la Lune se nomme « Mas ». J’aimerais attirer l’attention sur le fait qu’il faut considérer le « Sanskrit » non comme la langue d'un peuple, mais comme une langue de culture qui a toujours été l'apanage d'une élite sociale, du moins depuis l'Antiquité. C'est notamment celle des textes religieux hindous et, à ce titre, elle continue d'être utilisée, à la manière du latin aux siècles passés en Occident, comme la langue qui véhicule la culture. Une déesse, « Mena » représentait la vitalité et la jeunesse ainsi que la défense face à l’adversité. Aussi elle incarnait la Déesse de la période de règles des femmes et par conséquent celle de la fécondité, de la gestation et de la transformation. La racine « ME » qui se retrouve aussi en Europe, signifie mesurer mais aussi milieu ou encore atteindre pleinement. Dans la Loge, la Lune est symbolisée par un croissant de cinq jours en plein progression. Je me compare à elle car moi aussi, je suis dans une phase de développement progressif. En ce qui concerne la Lune, elle ne possède pas sa propre lumière mais reflète la lumière du Soleil. Je dirais comme moi que je m’exprime encore très souvent à travers les paroles des Frères plus expérimentés. Les phases de la Lune se perpétuent de manière immuable. De mon côté, je cherche perpétuellement, à travers un travail de perfectionnement, à m’améliorer. Le cycle croissant de la Lune culmine avec le cercle parfait, qui nous subjugue, mais aussitôt elle replonge dans l’obscurité. Je suis captivé par ce phénomène parce que pour moi représente l’exhortation à continuer à travailler ainsi qu’à me remettre toujours en cause.

La Lune n’est pas passive et d’ailleurs, comment j’aurais pu avoir des doutes !

La Lune influence les semailles et les récoltes mais influence également les marées. La Lune a une influence aussi sur les animaux, qu’ils soient domestiques ou sauvages. Et d’autre part, la phase lunaire dure vingt-huit jours. Exactement comme le cycle menstruel de la femme. Encore plus extraordinaire est le fait que c’est en correspondance de la pleine-lune qu’on enregistre dans le monde entier, sans aucune distinction, le taux le plus élevé de naissances. De même, pour les animaux. Enfin, la Lune influence notre psychisme et donc notre santé. La Lune régit tout ce qui est liquide et notre corps est en majorité composé d’eau. De ce fait, certaines pathologies humaines sont plus ou moins fortes selon la période du cycle lunaire. Je regarde la Lune, et ceci, aussi bien en dehors qu’à l’intérieur de la Loge, et je suis de plus en plus respectueux envers elle. Elle ne m’assèche pas, elle ne m’opprime pas. La Lune propage sa lumière sagement, afin de m’obliger à ouvrir les yeux et à scruter attentivement tout ce qui m’entoure. Tout ce que dans le passé, même s’il était devant moi, je n’arrivais pas ni à entrevoir ni à percevoir. Tout ce qui à cause de mon aveuglement intérieur, me laissait froidement insensible. Et cette illumination qu’on peut recevoir n’est pas un bien matériel. Elle appartient au bien spirituel et le bien spirituel n’appartient pas au temps. Le bien spirituel consiste à se laisser inonder par la lumière et redécouvrir les montagnes, les océans, le firmament, la flore, la faune et, d’une manière générale, tout ce qui nous entoure et pressentir que tout est ou pourrait être envahi de lumière. Aussi, je constate que les deux lumières nous donnent un message clair. Le Soleil se trouve devant la colonne « B » que signifie « en f… » et la Lune devant la colonne « J » que signifie « é… ». Les deux Luminaires associés aux colonnes respectives, symbolisent deux forces qui agissent en synergies. La première représente la puissance qui illumine pour la première fois l’Initié et la deuxième la réception durable de cette Lumière et fondamentalement de ce qu’elle incarne. Juste avant la fin de mon travail mes Frères Compagnons, je me suis posé une question : Pourquoi la Lune, qui se caractérise pour ses phases, ascendantes et décroissantes, dans la Loge ne change pas ? Après réflexion j’ai trouvé une réponse.

Ma réponse !

Et alors mes chers Frères Compagnon j’aimerais vous retourner la question : « pourquoi selon vous dans la Loge la Lune ne change pas ? » De mon côté j’ai eu une intuition et je pense, au moins pour le moment car la pierre que je suis est constamment en évolution, d’avoir identifié la raison. Cependant, dans le respect du serment solennel que j’ai prêté lors de mon initiation, je ne révélerai jamais ce que je découvre dans la Loge ou pendant mon travail maçonnique en général. Je m’engage à garder en moi et pour moi tout secret, parce que je suis profondément et sincèrement convaincu qu’il doit rester soigneusement celé pour le bien de la Maçonnerie ainsi que pour préserver ma paix intérieure. Aussi, je suis persuadé que les secrets maçonniques resteront un mystère pour ceux qui n’ont pas reçu la lumière, et, ceci, même s’ils considèrent en avoir saisi l’essence. Chaque secret recèle en toute probabilité un ou plusieurs secrets plus profonds et intimes qui amènent à la lumière et donc à la connaissance. Ceci dit, le secret maçonnique je le garderai jalousement dans le plus profond de mon âme. Je ne violerai jamais ma promesse, car ce don qu’on m’a confié, le secret que j’ai décelé ou que je découvrirai, je l’emporterai avec moi dans la tombe !D’autre part, peut être que mon interprétation ne coïncide pas avec vos opinions. Ou alors, seulement partiellement. Peu importe mes Frères, nous sommes tous différents mais c’est notre diversité qui fait notre force car ce qui compte réellement sont les valeurs que nous partageons. Et dans la Loge, peu importe la religion, la politique, le travail, les revenus, la voiture qui nous amène, la montre qu’on porte ou le téléphone qu’on utilise. Ce qui compte en réalité est ce que notre esprit ressent dans le plus profond de notre conscience morale et moi je suis persuadé, que nos sentiments pourraient différer sensiblement de l’un à l’autre, sans pourtant diverger radicalement.Toutefois, ce qui pour moi est encore plus remarquable, c’est que dans la Loge j’ai la certitude que je vous montrerai toujours mon vrais visage et vous le votre…et que je pourrai toujours compter sur vous et vous sur moi, mes Frères.

Source : www.ledifice.net

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Irishman

Publié le 4 Janvier 2014 par I love being Irish dans Facebook

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Humilité

Publié le 3 Janvier 2014 par Solange SUDARSKIS dans Planches

   

Courbez la tête, cette porte est très basse: par cette première parole, adressée au novice, la cérémonie d’initiation se place d’emblée sous le signe de l’inflexion. Le grand expert fait ressortir l’impétrant, le confronte avec le premier élément, puis le ramène.

Courbez-vous cette porte est très basse. Le myste vient de vivre l’épreuve de la Terre. Il lui est rappelé qu’il en est le fils (il en vient, il y retournera). Et à ce fils de la Terre (humus en latin) il est demandé de montrer de l’ humilité par son inclination.

Le néophyte entend: « Courbez-vous, cette porte est très basse ». Hésitera-t-il? Peut-il douter que l’entre-deux par lequel il doit passer pour franchir le seuil ne soit pas ce qu’on lui dit ? Depuis son obscurité, le récipiendaire fait confiance à la parole dans la lumière. Alors il se baisse, par acceptation que la porte soit basse; en réalité ou symboliquement.

C’est CELA l’humilité, se baisser non pour se faire petit, mais pour faire confiance à l’autre; pour laisser place à la parole d’un autre qui sait mieux, qui guide, qui indique, qui dit. C’est l’humilitas selon Spinoza et non la micropsuchia (se minimiser) d’Aristote.

L’humilité n’est pas le mépris de soi, mais une connaissance de soi et une re-connaissance de l’autre.

En se baissant le futur maç\ rend sensible sa confiance sous forme d’un acte qui n’est pas obéissance mais entendement et compréhension. Il se met en relation avec une forme du monde qui l’environne; il s’y adapte, il tient compte de ce qui lui est extérieur en se modifiant pour se conformer à une unité harmonique.

L’humilité est ainsi une conscience extrême de ses limites.

Je suis trop grand pour une porte plus basse que moi, ce n’est pas la porte que j’agrandis, car je ne le peux, c’est moi que je diminue pour me placer avec juste mesure dans l’espace que je traverse.

Ainsi l’humilité vécue par le profane n’est pas une humiliation. C’est une épreuve de savoir-faire par une réponse de réalité adaptée à une parole qui ne commande pas mais recommande. Baissez-vous, la porte est basse et si je me baisse pour passer il y a alors une relation de qualité, de sujet à sujet, qui échange des informations constructives. Il est indiqué que la porte est basse. Une raison est donnée qui explique pourquoi il faut se baisser, il s’agit de pouvoir passer sans se faire mal.

Et le récipiendaire qui vient juste de se baisser, pour toucher la terre, répète son mouvement pour avancer. Il se protège en se rapprochant de l’humus et se présente ainsi dans une position fœtale pour aller vers sa renaissance.

Baissez-vous, c’est comme l’invitation à naître, à se baisser pour vivre debout; baissez-vous cela s’entend, en ce temps initial, comme une indication du moment à renaître. Allez maintenant, sortez de la matrice obscure pour pénétrer dans la loge-mère. Franchissez cette limite au-delà de laquelle il y a votre devenir franc-maçon.

En se baissant, c’est par un changement de position que le profane passe d’une attitude rigide et droite à une autre position dans son mental. Il s’ouvre en laissant place en lui à sa renaissance. La porte basse est à vivre comme une difficulté de l’accès à un autre soi-même, comme nécessité d’une modification du récipiendaire pour parvenir à l’initiation. La porte est basse pour être le lieu de passage d’une arrivée de plus d’être qui, de ce fait, va participer de l’autre côté à la transformation du monde.

La porte basse marque l’espérance de cette possibilité d’accès à une réalité supérieure

Les rites maç\ placent au commencement de l’initiation une recommandation, celle de l’humilité qui de ce fait apparaît comme fondamentale et fondatrice du rapport entre F\et S\

La fraternité c’est avant tout de l’humilité en ce sens qu’elle fait place à l’autre dans un relatif renoncement de la dilatation naturelle de l’ego au profit de la réalité de l’autre : Humilité, synergie de Tolérance. Par l’humilité, c’est à dire en se retirant de soi pour s’ouvrir aux autres, la tolérance se dynamise.

Ce n’est plus seulement : tu penses ce que tu veux mais moi aussi et je ne change pas d’avis; c’est avec l’humilité se replacer, par un pluralisme interprétatif, dans un rapport au monde dans ce mouvement de transcendance vers l’autre qui ne signifie pas appropriation de la vérité, mais convergence vers le possible.

L’écoute de la parole de l’autre permet une mise en mouvement orientée. Il y a articulation et clarification de l’expérience temporelle. Baissez-vous la porte est basse, mais en vérité la porte n’est pas basse. Que peut-on en penser? Pour les maç\ sur les colonnes il leur est donné à voir l’inexactitude de la parole du gd\exp\ qui guide le myste. De fait, cela se passe dans le contexte d’un rite, là où ce qui est dit, comme dans un récit mythique, devient vérité apodictique: ce qui est dit fonde la vérité absolue. Il s’agit évidemment de réalités sacrées car à ce moment c’est le sacré qui est réalité. Alors la porte est vraiment basse. Le temps sacré rend l’espace sacré et cette porte basse est celle du temple érigé dans la matière cosmique sanctifiée.

Le modèle architectural de l’ouverture pour entrer dans le temple est donc une porte basse qui veut ainsi créer une rupture de niveau d’être pour parvenir dans ce nouveau monde que le maç\a choisi d’habiter.

L’humilité maçonnique est cette capacité à se plier pour pénétrer dans le temple parmi les autres. C’est savoir tailler sa pierre avec la juste mesure pour qu’elle s’assemble, pour parvenir à être parmi les hommes.

Mais c’est aussi entrer dans le temple intérieur pour s’accepter dans une recherche de soi à travers des niveaux de compréhension de plus en plus profonds.

L’humilité maç\ est un acte dans le rapport à l’autre.

Ecouter en humilité est en soi un acte complet, il sera celui du F\M\ et tout particulièrement celui de l’apprenti. Cet acte porte en lui même sa liberté parce qu’il s’agit d’œuvrer pour que le moi laisse place à la relation.

C’est l’abandon du vieil homme au profit d’une conscience attentive, c’est le renoncement de la répétition des enregistrements expérimentaux pour un temps sans cesse inaugural qui ajoute du nouveau à l’être, qui le fait avancer vers un être-autrement, un être avec les autres.

L’humilité est cette conscience d’être perfectible et la capacité de douter qui laisse de la place en soi à autre chose qu’à ses certitudes.

L’humble n’est pas un éclopé de la réussite, car cela suppose d’aller jusqu’au bout de ses forces pour reconnaître autrui, non comme négation victimaire de soi mais comme condition héroïque où l’homme fait place à l’homme.

L’humilité est une mise en mouvement du « JE » qui fait place au « NOUS » pour l’instauration d’un juste rapport entre partenaires. L’humilité en tant que tolérance de soi avec les autres est l’indispensable manière d’être du maç\ sur laquelle se solidifie l’édification du temple.

A la fin des travaux, lorsque le “JE” est devenu le “NOUS” rituel sur lequel s’appuie le serment du retour à la vie profane "promettons de garder le silence sur nos travaux ; Nous le promettons", la porte des commencements est devenue immense.

Source : www.ledifice.net

  

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