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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 16:17

La Quête du Saint Graal 

Au delà du temps et de l’espace, persiste en chacun de nous, un sanctuaire originel, où reste écrite l’histoire des hommes, et où sont réunies, en un principe commun, l’ensemble des révélations que le monde divin nous adresse.

Ce pôle central, est aussi connu sous le terme de Tradition Primordiale, Connaissance absolue, qui autorise « l’élu » à vivre la présence manifestée de Dieu, au sein de sa création.

Cette Connaissance Sacrée est dit-on, contenue à l’intérieur d’un réceptacle : la Coupe du Graal, celle là même, qui taillée dans l’émeraude, tomba du front de l’Archange Porte Lumière, avant d’être récupérée par Seth, le troisième fils d’Adam , et d’être transmise parmi les hommes, jusqu’au jour de la Cène.

Le Saint Réceptacle, et son contenu, sont toujours présents autour de nous mais en sous entendu, comme dans la religion chrétienne, au travers de l’Eucharistie, qu’il transcende et magnifie.

En effet, le sacrement eucharistique perpétue et actualise la présence de Dieu dans les conditions de ce monde terrestre, et dans les limites de l’existence individuelle de chacun, le Graal exprime et projette cette présence à l’Univers tout entier :

« …Le Graal est donc au macrocosme ce que l’Eucharistie est au microcosme… ».

La Sainte Coupe n’est –elle pas effectivement le plat de la Cène sur lequel furent énoncées les paroles du Sauveur, comme le creuset qui reçut le fluide royal, l’effusion même de l’Energie Divine ?

Présenté sous diverses formes, comme le Sang Originel, ou la Pierre Précieuse, la légende affirme que le Saint Graal, ou l’ensemble des mystères de la Création et de la Rédemption, a été communiqué sous un aspect livresque.

Nous avons là, toute l’essence de ce Phénix que demeure le Roman de la Table Ronde.

Il est dit, en effet, que « …Merlin », pontife et prophète, point de jonction, reliant l’héritage celtique de la Tradition Première au Christianisme médiéval balbutiant, « …exposa toute l’histoire du Graal à Blaise, qui la mit par écrit.

Alors qu’il travaillait, Merlin lui dit : lorsque je m’en irai, tu te rendras dans les régions, où demeurent les gens, qui gardent le Saint Graal, et tous désormais écouteront, et reprendront volontiers , ce livre auquel tu as tant travaillé… ».

Que peut donc, néanmoins, exprimer cette Quête du Graal, qui fait toute la finalité de la voie initiatique chevaleresque ?

Rien d’autre qu’une éternelle nostalgie, celle d’avant la Chute, où le corps adamique englobait l’Univers, où le Graal se confondait pleinement au Joyau Céleste :expression on ne peut plus concrète, de la quintessence de la fonction royale de l’Adam premier.

De même qu’il persiste au plus profond de notre cœur, quelques vestiges de cette fonction, il demeure hors des limites du monde visible et du temps profane, ce milieu invariable d’où Dieu se manifeste.

Il nous est toujours possible de reconquérir cette royauté originelle, à condition de réaliser « …la plénitude du Christ… »(EPH :4,13) car, c’est en étant nourris et sanctifiés par l’Eucharistie, d’abord, que nous pourrons ensuite nous transformer, et nous transfigurer, pour vivre l’omniprésence du contact que notre Créateur opère avec nous, grâce au sacrifice unique de son fils.

Redevenu le nouvel Adam, « l’appelé » pourra prétendre rejoindre tous ceux dévolus à la garde du Graal, qui conjuguant et sublimant tant la fonction que la qualité de prêtre, prophète, et roi, reproduisent

Melchisedec : « …Roi de justice… », préfiguration et image du Christ, qui sait reconnaître ceux jugés dignes de s’asseoir à la Table du Graal.

« L’appelé » deviendra ainsi « l’élu », il sera, dès lors, reconnu comme descendant spirituel direct de David : Roi Sacré de L’Ancienne Alliance et de Joseph, disciple secret, qui recueillit et abrita le sang du sauveur.

La Quête du Saint Graal, est plus que jamais, un sacerdoce dans ce qu’il y a de plus sacré et d’absolu, elle renvoie à un ensemble d’enseignements voilés car « …l’on ne doit révéler les secrets du Sacrement qu’à celui auquel Dieu en a donné la force… »(R. de Boron).

Quoique invisible, elle constitue une chaîne apostolique, toujours liée au corps de l’Eglise, un peu à l’image de la main gauche, qui bien qu’appartenant au même corps, doit ignorer le bien que fit la main droite, de façon à ce « …que soient seuls à savoir celui qui le reçoit et Dieu, qui voit tous les secrets, et lit toutes les pensées, qui se cachent dans les cœurs et les entrailles… »(Chrétien de Troyes).

La Quête du Saint Graal débute à cheval, dans la salle de la Table Ronde, qui semble illustrer à merveille « …la rondeur du monde et du cours des planètes comme celui des astres du firmament… ».

Elle prend fait et lieu , en cette journée de Pentecôte, soulignée par le chiffre 7, présent dès le début de l’aventure, au travers d’évènements hautement symboliques comme :

-l’apparition du Saint Graal à la Table Ronde, accompagné « …d’un bruit de tonnerre, et d’un rayon de soleil, qui fit la salle sept fois plus claire… », privant tous les assistants de la parole.

-le constat que sur les 150 chevaliers partant en quête, seuls les 7 premiers :Galaad, Lancelot, Gauvain, Perceval, Bohort, Lyonel et Helain le Blanc sont nommés. Le récit retraçant leurs aventures respectives, et parmi ceux, qui parviendront au Château du Graal, chacun aura à vivre 7 étapes ou à s’élever par 7 degrés.

Dernier constat et non des moindres que celui qui veut que 7 soit aussi le nombre des étapes de la Révélation du Christ : Incarnation, Avènement, Passion, Mort, Résurrection, Ascension et Pentecôte.

7 n’exprime-t-il pas, dès lors cette TOTALITE et cette PERFECTION, qu’on lui prêtait déjà au Moyen Age ?

Un autre nombre fondamental est présent dans le récit du Graal : le nombre 10.

Il est dit, en effet, qu’Helain le Blanc : nom de convenance attribué à plusieurs compagnons et symboles vivants d’une chevalerie terrienne esclave des apparences « …rencontraient dix fois moins d’aventures que d’habitude… », comme si, l’indication quantitative de la Quête supposait par un rapport d’analogie inverse, que la portée qualitative(et donc spirituelle) des actions vécues par ces chevaliers était multipliée par dix.

N’y discerne-t-on pas une puissante allusion :celle des dix modalités de la manifestation divine de l’Arbre séphirotique ?

Ceci d’ailleurs, n’est-il pas déjà justifié à travers le principe même de la Quête qui demeure : la recherche du Centre de la Présence Divine au sein de l’Univers manifeste.

Le support, la « structure » porteuse de la Quête est bien l’Arbre de Vie, l’Arbre paradisiaque, façonné par un roi, doué de la Connaissance de la totalité de l’Univers :Salomon.

« …Salomon était si sage, qu’il fut pourvu de toutes les bonnes sciences, que peut connaître un cœur d’homme…, il savait…le cours du firmament, et la marche des étoiles, mieux que personne, hormis le Suprême Dieu… ».

Cheval et chevalier, ont de même pleinement leur  sens dans le récit car « …si le chevalier représente le principe spirituel de la personnalité, engagé dans les différentes épreuves, le cheval ne peut être que, ce qui porte un tel principe, c’est à dire : la force vitale plus ou moins maîtrisée par lui… »(J.Evola).

Ainsi, comprenons qu’à chacun des sept chevaliers »appelés », se rapporte un ensemble de caractéristiques détaillées, au travers de leurs parcours propres.

Ces caractéristiques ne sont que les expressions voilées d’une influence séphirotique prépondérante véhiculée par le corps céleste, auquel elle se rapporte.

La Quête du Saint Graal peut donc être comprise comme une étude kabbalistique et cosmogonique, dont le mot-clé demeure :Ascension.

Les Chevaliers de la Table Ronde 

A chacun des sept chevaliers « appelés », se rapporte un ensemble de caractéristiques détaillées au travers de leurs parcours propres, celles-ci n’étant que les expressions voilées d’une influence séphirotique prépondérante véhiculée par le corps céleste, auquel elle est liée. 

 

Ainsi, Galaad, sommet et perfection de la voie chevaleresque, symbolise de par son apparition, sa pureté absolue et sa vocation sacrificielle : le Messie, il illustre dès lors la Séphira CHESED, celle là même ouverte dans le corps de l’Homme Dieu d’où s’écoule le sang royal.

C’est pourquoi Galaad est aussi dénommé « Chevalier Désiré » car « …seul est digne de conquérir et de garder le Graal, celui qui par sa lignée terrestre, descend de David et de Joseph d’Arimathie, et par sa qualification spirituelle à la Séphira de la Grâce, au côté droit transpercé du Christ… ».

Expression de CHESED traditionnellement liée à Jupiter, et dont les qualités de générosité et de magnanimité nourrissent l’évolution de chaque être, Galaad fait référence à la vertu de CHARITE. 

 

Deuxième des trois chevaliers prédestinés : Bohort, qui se démarque par deux particularités :

sa chasteté : Galaad et Perceval sont décrits comme « vierges ».

son retour à la cour du Roi Arthur.

La chasteté du chevalier Bohort, est en fait, synonyme d’une double connaissance : celle du corps terrestre, et de l’effort ascétique exigé pour le dominer et le transcender. Rien d’étonnant dès lors que le cheminement de Bohort soit empreint d’austérité, et marqué par nombre de combats solitaires, comme de tentations éprouvantes.

N’est-ce pas le propre de la Voie Héroïque, qui comme la Voie Hermétique, a pour finalité de transmuter le plomb en or ?

Les qualités soulignées, ici, sont celles du courage, de la résolution, de la rigueur, elles se rapportent à la Séphira GEBURAH, elle même associée à la planète Mars, et incarnation de la vertu d’ESPERANCE.  

Grâce à ses  efforts, le chevalier terrestre Bohort, deviendra céleste avant de revenir à la Cour du Roi, c’est le seul des trois chevaliers élus à revenir sur terre, après l’achèvement de la Quête, peut-être pour mieux transmettre le récit sacré à la postérité ?

Comment ne pas voir en lui, l’incarnation d’une transmission : celle de la Tradition Primordiale, et de sa clé symbolique, obtenue après avoir atteint la perfection spirituelle ?

Comment ne pas évoquer l’image de Saint Jean l’évangéliste ou d’Elie, tous deux marqués comme Bohort par la puissance de la foudre ? 

 

Né, élevé, évoluant tout au long du récit dans les forêts, Perceval nous renvoie d’abord à la Nature(Vierge, par excellence), cependant la virginité de Perceval s’assimile à une disposition spontanée de Cœur et d’Esprit, qui le conduira par droit naturel, au Saint Graal.

C’est ainsi qu’à Perceval, sont révélées avant tout autre, l’origine comme l’achèvement du cheminement graalique, c’est encore à Perceval, qu’est envoyée l’Arche qui recueillera les trois chevaliers élus, pour les mener successivement, à la Nef de Salomon, puis au Château du Graal.

Perceval symbolise ainsi la voie directe de la Quête, synonyme de transparence et de pureté, il reste le symbole parfait des puissances animales, végétales et minérales non corrompues par la Chute.

En lui, nous pouvons percevoir « l’Or natif », la lignée spirituelle d’ABEL dont le regard « …perce le val des apparences dans la lumière simple de la Foi… ».

Simplicité, Spontanéité, Générosité sont les qualités de Perceval, digne personnification de la Sephira centrale du Monde et de la Création :TIPHERETH, comme de son corps céleste : l’Astre solaire. 

 

Elevé par la Dame du Lac, Lancelot conjugue toute l’ambiguïté de ses eaux, comme si la à la pureté limpide de celles-ci, devait s’opposer le reflet trompeur du miroir, d’où naît l’attachement aux formes.

Cette ambiguïté est, on ne peut mieux, mise en relief au vu du double aspect : positif et négatif du personnage.

  • L’aspect positif : entant que géniteur de Galaad, le meilleur chevalier céleste(ou chevalier du Monde de la Création), Lancelot est, par voie de fait, le meilleur chevalier terrestre(ou chevalier du Monde de la Formation).Lancelot annonce Galaad comme l’Etoile du matin annonce le soleil d’Orient.
  • L’aspect négatif : séduit et captivé par la beauté de la Reine Guenièvre, son amour passionné le rend prisonnier de ses sens, et stérilise dès lors ses vertus naturelles.

Bien qu’expert dans les tournois de guerre, comme d’amour(n’est-il pas désigné comme étant le meilleur chevalier du monde), Lancelot est vaincu une seule fois par son fils Galaad.

Loin d’être un échec, cette défaite annonce une libération, celle de « la mort du vieil homme » car, délaissant sa condition d’homme dans ce qu’elle a de plus passionnée, Lancelot s’abandonne alors à la volonté divine, et obtiendra ainsi d’entrevoir le Saint Graal.

Il reste d’ailleurs, le seul des chevaliers terrestres non prédestinés à atteindre le Château Graalique.

L’histoire de Lancelot dessine à elle seule, la voie exotérique, prisonnière des formes, mais elle annonce aussi , le Salut au travers de la pénitence, de la conversion, de la piété et de la discipline.

L’attachement amoureux de Lancelot, l’image de l’Etoile du matin, nous renvoient au ciel de Vénus, véhicule de la Séphira NETZACH dont les qualités se confondent en la beauté séduisante, et en l’amour joyeux du monde de la nature. 

Frère jumeau de Bohort, Lyonel aveuglé par l’orgueil, l’ambition et la colère, est décrit comme « une poutre pourrie… ». Un épisode du récit illustre la différence extrême séparant les deux frères.

Lyonel sans respect pour Bohort le provoque, acculé à se défendre, ce dernier va le frapper, quand une voix s’écrie :

« …Fuis Bohort, ne le touche pas, tu le tuerais !… »

et entre eux, descend du ciel, un brandon de feu, la même voix enjoint alors Bohort « …à se lever et à quitter la compagnie de son frère… ».

Quelle leçons pouvons-nous tirer de cette confrontation, qui nous rappelle nombre de nos combats personnels ?

  • Celle qui veut que la force du Soi, toute puissante, puisse foudroyer par simple contact.
  • Celle qui souligne la nécessité, tout comme Bohort, de laisser les illusions de l’ego, pour arriver à transmuter notre moi en expression du Soi.

A travers toute sa verve et sa versatilité, Lyonel symbolise toute l’ambiguïté gémellaire de la sphère de Mercure, véhicule de la Séphira HOD, qui est aussi celle de la splendeur illusoire. 

Neveu et plier du Roi Arthur, Gauvain est décrit comme « …un vieil arbre qui n’a plus de feuilles ni fruits… », c’est là, une allusion au tronc de l’Arbre de Vie, en attente de reverdir, et dont les fleurs blanche, verte, et rouge, sont incarnées par les trois chevaliers purs.

Gauvain illustre en fait, le symbole en ce monde, d’une trace présente au plus profond de notre être, celle de l’état premier qui ne demande qu’à refleurir.

Dans le récit, cette renaissance survient au décours du choc qu’il reçoit à la tête, infligé par Galaad et son épée, celle là même sortie du perron, au début du récit.

Le choc fut si violent qu’il « …fendit le heaume et la coiffe de fer… » mais, en tuant « …la chair matérielle et en libérant les os de la résurrection… », il souligne une puissance salvatrice : celle de l’Initiation.

A lui seul, Gauvain personnifie la Séphira YESOD, qui tire toute sa valeur de l’éclat de TIPHERETH(Gauvain n’est-il pas le meilleur ami de Perceval ?), de même que sa sphère céleste, la Lune, qui tire lumière et énergie du Soleil.

Grâce à la puissance imaginative et intuitive de YESOD, directement issue de l’éclat de TIPHERETH, l’équilibre entre lumières et ténèbres, tout comme l’espoir de renouer avec le Principe Créateur, peuvent être maintenus. 

Dernier des chevaliers appelés, Helain le Blanc, celui-ci n’est en réalité, qu’un nom de convenance attribué à sept compagnons, qui échouent dans la Quête du Graal, symbolisant tous ceux qui ne dépassent pas le monde d’ASSIAH, ce monde physique dans lequel nous sommes nés, étape ultime de notre incarnation terrestre. Helain le Blanc se confond en la Séphira MALKUTH ou Séphira du monde physique manifesté, il symbolise tous ceux enfermés dans les illusions des apparences visibles et des puissances charnelles. 

Des 150 chevaliers, seuls trois d’entre eux : Galaad, Bohort et Perceval seront élus, mais au travers de leur particularisme, chacun incarne une tonalité spirituelle spécifique.

Galaad, de par son détachement et sa disposition absolue à la Vocation ne nous renvoie-t-il pas à la Voie UNITIVE de la Mystique ?

L’ascèse de Bohort n’illustre-t-elle pas la Voie PURGATIVE de celle-ci ?

Quant aux dévoilements et autres découvertes de Perceval, ne soulignent-ils pas la Voie ILLUMINATIVE de cette même Mystique ?

A partir de ce constat, tout un ensemble s’articule harmonieusement devant nous, c’est ainsi qu’à chacune de ces voies, on peut y rapporter un vœu, une règle, voire un Archange : 

  • à la Voie UNITIVE : le vœu d’OBEISSANCE, la Règle des Templiers, l’Archange MIKAEL(qui est comme Dieu).
  • à la Voie PURGATIVE : le vœu de PAUVRETE, la Règle des Chevaliers hospitaliers de Saint Jean , L’Archange GABRIEL(Force de Dieu).
  • A la Voie ILLUMINATIVE : le vœu de CHASTETE, la Voie des Chevaliers errants, l’Archange RAPHAEL(Guide de Dieu).

Le plus grand secret toutefois réside dans la révélation que les Voies UNITIVE, PURGATIVE et ILLUMINATIVE , sont indissociables entre elles et qu’elles doivent se vivre malgré nos dispositions naturelles, successivement puis simultanément.

Rappelons nous aussi, que bien que poursuivant initialement des cheminements distincts, ce n’est qu’une fois réunis, que les trois chevaliers purs parviennent au Château du Graal.

Sur le postulat que le chevalier sur son cheval est synonyme du principe spirituel de la personnalité, porté par la force vitale, que peut bien sous entendre le changement de monture de nos trois chevaliers élus Galaad, Bohort et Perceval, ainsi que du chevalier sauvé Lancelot, à la cinquième étape de leur cheminement respectif, qui les voit alors voyager dans une Arche ?

Changer de monture, est ici assimilable à un changement d’état, passer du cheval à la nef, n’est que la signature de l’abandon des facultés et volontés individuelles, pour s’en remettre à jamais à la volonté du Très Haut.

Voilà la différence absolue entre la « Chevalerie Terrienne » et « la Chevalerie Céleste ».

Ainsi donc, la reconquête de l’état paradisiaque passe initialement par 7 étapes, en relation directe avec les 7 Séphiroths et leurs sphères planétaires. Une fois ces étapes franchies, Galaad, Bohort et Perceval, accèderont à la 8° porte :

La Séphira BINAH.

Celle-ci dénommée, Cité de SARRAZ, n’est rien d’autre que la Jérusalem Céleste, le Centre Universel de la Tradition Primordiale, que le Christ lui-même, confia à Josèphe, fils de Joseph d’Arimathie. Il est écrit, que ce centre spirituel suprême est constitué d’un cercle de douze élus, où Josèphe exerce à la Table d’Argent du Graal un sacerdoce souverain :

« …et vous êtes douze tout comme il y eut douze apôtres,…moi je suis le treizième qui doit être votre maître et votre pasteur… ».

Comme stipulé par Josèphe, ce sacerdoce est permanent, voire éternel :

« …de même que je le servis quand j’étais créature terrienne, de même je le sers maintenant en esprit… ».

La Quête du Graal dessine donc un chemin ouvert à tous les hommes sincères de cœur et d’esprit, qui s’établit depuis la Table Ronde en MALKUTH, jusqu’à la Table d’Argent du Graal en BINAH.

Tout au long de ce cheminement, marqué par l’Ascension, l’âme du Cherchant se voit rejeter les choses communes de l’existence terrestre en MALKUTH, elle se voit animée par une quête incessante en YESOD, invitée à l’action en HOD, embrasée d’un désir intense pour Dieu en NETZACH.

Elle s’est vue apercevoir Dieu en TIPHERETH, le toucher en GEBURAH, elle s’est aussi découverte audacieuse à l’extrême, dans son désir d’union au Divin en CHESED avant de capturer le Bien Aimé en BINAH.

Au delà, il est dit que l’âme se consume doucement en Dieu en CHOKMAH, avant de s’assimiler intégralement à celui-ci en KETHER.

La finalité de la Quête du Graal, c’est peut-être le Christ lui-même, qui l’exprime à la perfection en déclarant :

« …je suis sorti du Père et venu dans le monde, maintenant je quitte le monde et je vais au Père… » (Jean 16/28).

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Published by O.G - dans Kabbale
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