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histoire du rer

RER : recès du convent de Wilhelmsbad 1782

Publié le 3 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire du RER


Nous Grand Maître général, Maîtres Provinciaux, Grands Officiers, Préfets et Députés des Chapitres du St O des Chevaliers Bienfaisants et des Francs-Maçons, réunis sous le régime rectifié, légitimement assemblés en convent général à Wilhelmsbad près de Hanau pour affermir l'édifice maçonnique confié à nos soins, rectifier les principes et le but de cet Ordre ancien, et réunir ses différentes parties par des liens communs et durables, avons arrêté et statué ainsi qu'il suit.

 

I 


Convaincus dès les premiers pas de nos travaux, que pour entretenir l'activité entre les diverses parties de l'Ordre, et établir peu à peu une uniformité de principes, rits et obligations, il était nécessaire de créer un centre respectable où elles viendraient toutes aboutir, et considérant que notre régime doit sa conservation aux soins infatigables du Ser.me F Ferdinandus a Victoria in Seculo (Duc de Brunswick et Lunebourg) nous n'avons cru pouvoir mieux solenniser notre reconnaissance qu’en Le confirmant dans la dignité de Chef Suprême de toutes les Loges rectifiées, qui Lui a déjà été conférée au convent de Kohlo en 1772, et y ajoutant celle de Grand Maître Général de toutes les provinces de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants et des Maçons Rectifiés, que le vœu unanime de toutes les nations s'est empressé de lui offrir. 

Enjoignons en conséquence à tous les Chapitres, Loges et frères qui suivent notre régime, de Lui rendre en cette qualité l'hommage dû aux vertus éminentes dont Il présente sans cesse le modèle. 

Lui avons transmis par un acte solennel, et exprimant notre confiance entière, 1e droit de convoquer et présider les convents généraux et de diriger par le secours des Maîtres Provinciaux et autres chefs, les divers établissements de l'Ordre. Et avons reçu en échange de Lui une capitulation, gage des principes sages qui le dirigeront dans l'administration de l'Ordre, et de la liberté qui doit en animer les travaux. Enjoignons pareillement à tous les établissements tant maçonniques que de l'Ordre Intérieur de reconnaître pour secrétaire général de l'Ordre entier le R F ab Urna (Schwarz) et d'ajouter foi à tout ce qui sera expédié de sa part, comme chargé de la confiance particulière de l'Eminent.me Grand Maître. Pour faire passer enfin à la postérité un monument de notre heureuse réunion sous un Chef commun et respectable par tant de vertus, nous avons arrêté, qu'il serait frappé une médaille avec son buste et une devise relative à l'époque fortunée de notre convent.

 

II


Un de nos premiers soins s'est tourné vers l'authenticité du système que nous avons suivi jusqu'aujourd'hui et le but final, où il doit conduire nos frères. 

Apres plusieurs recherches curieuses sur l'histoire de l'Ordre des Templiers, dont on dérive celui des Maçons, qui ont été produites, examinées et comparées dans nos conférences, nous nous sommes convaincus qu'elles ne présentaient que des traditions et des probabilités sans titres authentiques, qui puissent mériter toute notre confiance. et que nous n'étions pas autorisés suffisamment à nous dire les vrais et légitimes successeurs des T, que d'ailleurs la prudence voulait que nous quittions un nom, qui ferait soupçonner le projet de vouloir restaurer un Ordre proscrit par le concours des deux puissances, et que nous abandonnions une forme qui ne cadrerait plus aux mœurs et aux besoins du siècle. 

En conséquence nous déclarons, que nous renonçons à un système dangereux dans ses conséquences, et propre à donner de l'inquiétude aux Gouvernements. Et que si jamais quelque Chapitre ou quelque frère formait le projet de restaurer cet Ordre, nous le désavouerions comme contraire à la première loi du Maçon, qui lui ordonne de respecter l'autorité souveraine. A cet effet et pour décliner à jamais toute imputation sinistre et démentir les bruits semés indiscrètement dans le public : nous avons dressé un acte souscrit par nous tous et au nom de nos commettants, par lequel nous consacrons cette détermination sage, et protestons au nom de tout l'Ordre des Francs-maçons réunis et rectifiés devant Dieu et nos frères, que l'unique but de notre association est de rendre chacun de ses membres meilleur et plus utile à l'humanité par l'amour et l'étude de la vérité, l'attachement le plus sincère aux dogmes, devoirs et pratiques de notre sainte religion chrétienne, par une bienfaisance active, éclairée et universelle dans le sens le plus étendu et par notre soumission aux lois de nos patries respectives.

 

III


Nous ne pouvons cependant nous dissimuler, que notre Ordre a des rapports réels et incontestables avec celui des T prouvés par la tradition la plus confiante, des monuments authentiques et les hiéroglyphes mêmes de notre tapis ; qu'il parait plus que vraisemblable que l'initiation maçonnique plus ancienne que cet Ordre, a été connue à plusieurs de ces Chevaliers et a servi de voile à quelques autres au moment de leur catastrophe pour en perpétuer le souvenir. En conséquence, et pour suivre tous les vestiges d'un Ordre, qui parait à un grand nombre de frères avoir possédé des connaissances précieuses, et auquel nous devons la propagation de la science maçonnique nous nous sommes crus obligés de conserver quelques rapports avec lui et de consigner ces rapports dans une instruction historique. et comme nous devons à l'ancien système un plan de Coordination utile et des divisions avantageuses pour maintenir le bon ordre, et qu'en renversant la forme extérieure de notre gouvernement nous romprions sans motif les liens, qui unissent les différentes parties ; nous avons arrêté, que ces rapports seraient conservés dans un Ordre équestre, connu, sous le nom de Chevaliers Bienfaisants et chargé du régime et de l'administration des classes symboliques. 

Nous avons divisé la réception dans cet Ordre intérieur en deux époques avons arrêté le rituel pour la réception des novices, qui doivent être instruits des devoirs, dont ils contractent l'engagement, et avons approuvé l'esquisse du cérémonial de l'armement même des chevaliers, qui reçoivent cette dignité comme récompense de leurs efforts dans la carrière de la bienfaisance, qui nous a été présentée, et dont la rédaction a été confiée au F a flumine (de Turckheim). Mais comme quelques Provinces ou Préfectures pourraient avoir quelque raison particulière, pour ne pas se servir de cette dénomination de Chevaliers Bienfaisants et de la formule de leur réception, ou être gênés par des circonstances locales, dont nous remettons le jugement à la prudence de notre Éminentissime GMG nous voulons et entendons leur laisser la liberté d'y ajouter les modifications jugées convenables, sans rompre ou altérer pour cela leur union avec l'ensemble de l'Ordre, dont la connexion plus étroite a été un des principaux mobiles de nos travaux.

Avons accordé pareillement aux trois Provinces françaises, qui depuis leur réforme nationale avaient adopté le titre de Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, auquel elles attachaient un prix particulier, la liberté de continuer de s'en servir. 

En conservant enfin à cette Chevalerie chrétienne une croix, un habillement uniforme, les noms d'Ordre et la bague pour se reconnaître, nous prescrivons pour les dates I'usage de l'Ere du salut et du calendrier réformé, en abolissant dans les actes celui de l'Ere de l'Ordre établie auparavant. 

 

IV


Notre attention principale s'est portée sur les rituels des trois premiers grades, base commune de tous ceux, qui s'appellent Maçons. Occupés à réunir sous une seule bannière les autres régimes, nous sentions, qu’il était impossible de l’effectuer, sans conserver tous les emblèmes essentiels et en séparer ceux que l’esprit du système y avait ajoutés. 

Pénétrés intimement, que les hiéroglyphes de ce tableau antique et instructif, tendaient à rendre l'homme meilleur et plus propre à saisir la vérité, nous avons établi un comité, pour rechercher avec le plus grand soin, quels pouvaient être les rituels les plus anciens, et les moins altérés; nous les avons comparé avec ceux arrêtés au Convent des Gaules, qui contiennent des moralités sublimes et en avons déterminé un pour les grades d'Apprenti, Compagnon et Maître, capable de réunir les Loges divisées jusqu'ici, et qui se rapprochât le plus de la pureté primitive. Nous publions ce travail, et invitons nos Loges à le méditer et à le suivre ; permettant aux Provinces, qui auraient des observations à y faire, de les communiquer à notre Emment.me GM Général d'ici à un an. 

Et comme dans presque tous les régimes il se trouve une classe Ecossaise, dont les rituels contiennent le complément des symboles Maçonniques, nous avons jugé utile d'en conserver une dans le nôtre, intermédiaire entre l'Ordre symbolique et intérieur; avons approuvé les matériaux fournis par le comité des rituels, et chargé le RF ab Eremo, (WiIIermoz) d'en faire la rédaction.

Nous avons lieu d'espérer qu'établissant pour première loi des principes de tolérance pour les autres régimes, et ceux d'une bienfaisance active, éclairée et universelle pour caractéristiques du nôtre ; nous obtiendrons la réunion désirée avec tous les bons Maçons : but que nous nous proposons principalement, et déclarons que nous ne reconnaîtrons pour fausses et contraires à la vraie Maçonnerie, que ces grades dont les principes seraient opposés à la religion, aux bonnes mœurs et aux vertus sociales.

 

V


Malgré que nos Loges se soient toujours empressées d'enseigner à leurs membres les préceptes de la morale la plus pure et de graver surtout dans le cœur des nouveaux reçus les leçons de la sagesse et de la vertu : nous avons cru devoir faire composer une règle générale pour tous les Maçons, qui leur traçât avec énergie ce qu'ils doivent à Dieu, à leur prochain, à eux mêmes, à leurs frères et à l'Ordre en général; nous avons par conséquent adopté une règle, écrite dans les deux langues, pour être lue au Candidat lors de son initiation, et avons donné pareillement notre sanction à une paraphrase de cette même règle contenue en neuf articles, pour être soumise à sa méditation ultérieure et être lue quelquefois l'année dans nos Loges.

Et comme les Chevaliers Bienfaisants se dévouent plus particulièrement à la défense de notre sainte religion chrétienne, de l'innocence opprimée et de l'humanité souffrante, et que nos fonds sont consacrés à des établissements de bienfaisance, nous avons fait rédiger une règle, qui leur expliquât d'une manière plus positive leurs engagements et les principes, qui doivent diriger l'Ordre Equestre ; voulons et entendons, que cette règle, soit adoptée par tout Chevalier, comme norme de sa conduite dans l'Ordre, et lui soit lue lors de sa réception soit dans l'original latin, soit dans une des traductions.

 

VI


Le défaut d'un bon code de lois, qui établisse d'un côté autant d'uniformité qu'il est possible entre les différents établissements sans trop gêner d'un autre côté les convenances locales, est cause des variations et des schismes que l'Ordre des Maçons a éprouvé jusqu'ici. Nos Convents antérieurs ont déjà senti la nécessité d'y porter remède, et celui des Provinces françaises a fourni des esquisses précieuses : nos vues ont dû s'arrêter sur le même objet, et nous avons vu avec plaisir un plan pour classer les différentes parties de cette législation, par le F a Fonte Irriguo (de Kortum). Nous en avons discuté plusieurs principes, et nous les communiquerons à toutes les Préfectures pour faire leurs observations sur ce travail. Mais nous aurions prolongé nos séances au delà du temps limité par les occupations civiles de nos députés, si nous avions voulu en entreprendre la rédaction.

Nous nous sommes donc bornés, à approuver l'introduction à ce code, dans laquelle on fait sentir la nécessité des lois positives, les abus et les erreurs, qui jusqu'ici ont infesté l'Ordre; les moyens de lui rendre sa pureté, et le précis des vues générales de l'Ordre, et des principes, qui doivent diriger la conduite de ses établissements et de ses membres. Nous enjoignons aux Loges de méditer souvent cette introduction: et estimons qu'on s'en servira avec succès pour donner aux Loges d'un régime étranger une idée favorable du nôtre et les amener à la réunion que nous désirons. 

Nous avons enfin chargé les FF a Fonte Irriguo, a Circulis (Comte de Virieu) a Lilio Convallium (Bode) a Flumine (de Turckheim) de la rédaction de ce code, les priant chacun d'en faire deux, dont l'un trace des principes simples et fondamentaux, qui puissent convenir à toutes les Provinces, et l'autre soit détaillé et motive les différentes lois générales et locales même, qu'ils croiront les meilleures pour que chaque Province puisse y puiser à son choix ce qui lui sera le plus convenable. 

Nous comptons envoyer le travail de ces quatre frères aux Provinces, et lorsque celles-ci auront communiqué leurs observations sur ces ouvrages, nous remettrons tous ces matériaux au Fab Equo Bellicofo (de Rosskampff) que nous avons désigné comme une personne agréable à tous, pour rédiger un seul code général.
 

VII


Apres avoir fixé un centre commun, nous devions nous occuper des parties constituantes et supérieures dans l'Ordre et revoir la matricule générale des Provinces qui relèvent immédiatement du Grand Maître Général. 

Faisant donc droit sur les demandes du Grand Prieuré d'Italie, ci-devant un des deux grands Prieurés de la Ville accordées depuis plusieurs années par le voeu unanime des Provinces, exprimées vis-à-vis du Ser.me F a Victoria, nous le séparons du grand Prieuré d'Allemagne et y joignant l'Archipel et la Grèce, le proclamons Province du S 0 considérant en outre, qu'ayant renoncé au système de restauration de l'Ordre des Templiers, il serait peu conséquent et peu analogue à cette détermination de conserver l'ancien Ordre de la matricule : nous recevons entre nos mains toutes les grandes charges de l'Ordre annexées jadis aux maîtrises provinciales, sans qu'aucun membre individuel, de l'Ordre puisse en être revêtu dorénavant. Abrogeons les anciennes dénominations des Préfectures et Commanderies comme relatives entièrement à l'Ordre des Templiers, déclarons que le nombre des Provinces ne devra pas être borné nécessairement à celui de IX mais qu'il dépendra des circonstances et des besoins de l'Ordre; que cependant pour le moment nous ne voyons pas de nécessité de l'augmenter, puisque les deux Provinces qui portaient le nom d'Aragon et de Léon dans l'Ordre, ne sont pas en activité, qu'il nous reste peu d'espoir de porter les établissements Maçonniques de la Grande Bretagne à une réunion solide et convenable, et que nous croyons devoir déclarer ces trois places vacantes. Partant de ce principe nous assignons le premier rang à celle de la Basse-Allemagne, qui portait jusqu'ici, dans l'Ordre le nom de VII.e comme à la plus ancienne des restaurées; conservons à l'Auvergne, l'Occitanie et la Bourgogne leur rang de II. III. et V. que cette dernière a déclaré expressément vouloir conserver; accordons le titre de IV. à l'Italie; celui de VI.e à la haute Allemagne et vu la requête des établissements du S 0 dans les états Autrichiens, tendant à être réunis conformément aux voeux de leur Auguste Souverain en une Province, ou corps national, et le consentement des autres Provinces, surtout de celles spécialement intéressées, proclamons la Province d'Autriche VIIe dans l’Ordre, la composant des chapitres de Vienne, Hongrie et Transylvanie, et y ajoutant la Préfecture de Prague, et les établissements en Galicie et Lodomérie, appartenant jusqu' aujourd'hui à la I.e Démembrons en outre la Lombardie Autrichienne du ressort de la IV.e et la Flandre Autrichienne de celui de la V.e pour les réunir à cette nouvelle Province. et désirant enfin ménager toutes les voies de conciliation au Chapitre national de la Suède, dont nous ne pouvions reconnaître l'érection en IX.e Province, comme faite sans le concours des autres Provinces; mais considérant en même temps que la Russie, qui devait faire partie du ressort de la Suède d'après d'anciennes conventions, était un pays vaste, réuni sous une souveraine puissante, qui verrait avec peine une dépendance étrangère, et contenant déjà beaucoup d'établissements d'ordre prêts à embrasser notre régime, et qui avoient demandé expressément d'être réunis en Province séparée; nous proclamons la Russie VIII.e Province du S 0et laissons ouvert le rang de IX.e pour le Chap. de la Suède, qui paraît attacher quelque prix à ce titre et à cette dénomination et avec lequel nous nous empresserons de renouer les liens de la fraternité dès que des circonstances heureuses nous en présenteront les moyens.

Et comme nous avons adopté le principe, de réunir dans un ressort les établissements, qui sont sous une même domination du moment que l'autorité souveraine parait le désirer; nous faisons droit sur la demande faite au nom du Révérendissme Maître Provincial et de la IVe Province dite Italie ; pour réclamer la Préfecture de Chambéry, qui avait jusqu'à ce jour fait partie de la II.e Province. 

Les limites entre les trois Provinces françaises enfin, ayant été changées par le Convent national des Gaules, nous les rétablissons dans l'état où elles étaient avant cette époque, surtout entre la Il.e et III.e ; invitons la II.e et V.e à définir les leurs à l'amiable, à recourir en cas de différent à l'arbitrage de S.E.G.M. G. et surtout la II.e à dédommager la V.e par une répartition plus égale de leur ressort; de la partie considérable qui vient d'être retranchée à la dernière par les cessions faites à la Province d'Autriche. 

VIII


Les Préfectures relèveront immédiatement des Provinces sans instances intermédiaires des Prieurés ; si nous désirons d'un côté, que cette forme soit observée dans les Provinces nouvellement établies, nous n'entendons pas d'un autre gêner la volonté et les vues locales de celles qui existent déjà sous une autre forme, et accordons nommément à la II.e et IVe Province la liberté nécessaire de conserver les divisions de leur Provinces en Prieurés, et de subordonner leurs Préfectures à ceux ci. 

Ayant déjà conclu avec la Loge nationale d'Hollande il y a trois ans un traité d'union et de fraternité, qui a été suivi peu après de l'établissement d'un Chap. à La Haye, nous avons admis le Député de ce Corps natio­nal à nos conférences, et celui ci nous ayant exposé le vœu du Chap. des Bataves, de devenir grand Prieuré de la VI.e ayant son Directoire et son Chapitre séparé de celui de la haute Allemagne, et immédiatement soumis au Ser. M.e Provincial, sans l'intervention d'un Chap. Provincial, nous élevons ledit Chapitre des Bataves de l'avis et de consentement du Sen. F a Leone Resurgente, Maître Provincial de la VI.e (Prince Charles de Hesse - Cassel) et de son conclave Provincial, en grand Prieuré exempt, et reconnaissons pour grand Prieur le Ser.e FFridericus a Septem Sagittis (Prince Frédéric de Hesse-Cassel.) 

Les FF de la Pologne nous ayant fait une demande pareille par le F a Fonte Irriguo leur Député ; nous n'avons pas encore cru leurs établissements consolidés suffisamment pour pouvoir y déférer, et les retenons encore quant à présent sous le Chap. Provincial de la I.e mais en même temps nous avons statué, qu'en cas que plusieurs établissements réunis sous une seule domination, jalouse de leur indépendance, nous demandassent une existence séparée, et qu'il n'y eut pas encore un nombre de Chapitres convenable, pour être érigés en Province, ou que d'autres motifs s'y opposassent; on pourra leur accorder le rang et titre de grand Prieuré exempt, immédiatement, soumis à notre GM. Général. 

Quant au G. Prieuré d'Helvétie, nous entendons, que le concordat, qui a été fait entre lui et notre Chap. provincial de la V.e soit exécuté et maintenu, et que les établissements Maçonniques de la Suisse jouissent des exemptions qui leur y sont assurées, en continuant de reconnaître le Maître et Chap. Provincial de la V.e pour leurs supérieurs. 

 

IX


Rien ne nous tenant à cœur autant que de faire régner la concorde et la bonne harmonie entre les différents établissements d'une même Province, nous voyons avec peine la mésintelligence qui divise depuis plusieurs années les deux Prieurés de Bordeaux et de Montpellier dans la III.e Prov.e. La médiation de notre Em. G. M. Général et des II.e et V.e Provinces ayant été infructueuses jusqu'ici, nous espérions les terminer en ce Convent à la satisfaction commune ; mais le Chap. de Bordeaux n’ayant pas répondu à l'invitation de comparaître en Convent, celui de Montpellier a réclamé nos conseils fraternels et un arrêt conciliatoire, quoique définitif sur les limites, privilèges et rapports de ces deux Loges ; nous les invitons donc à se rapprocher et à oublier le passé. chargeons les FF a Circulis et a Capite Galeato (Marquis de Chefdebien) d'interposer à cet effet leurs bons offices : autorisons le Chap. de Montpellier à exercer d'ici à la fin de 1783 dans tout le ressort de son Prieuré, et passé cette époque, dans tout celui de la IlI.e Prov.e tous les droits des supérieurs, jusqu'à ce que le Cha.e de Bordeaux accède aux arrêtés de ce convent, et approuve ce que Montpellier aura fait dans l'intervalle : avertissons le Chap. de Bordeaux de ne pas procéder à une élection d'un Maître Provincial sans le concours de celui de Montpellier, et autorisons ce dernier passé le 1er janvier 1784 d'y procéder seul en cas que Bordeaux ne se soit pas mis en règle d'ici à ce terme : entendons enfin qu'en cas de formation du nouveau Chap. Provincial on partage les charges entre les deux Prieurés et qu'un commissaire de S. E. le G.M. G. y assiste la première fois, pour y remplir les fonctions de médiateur.
 

X 


SE le G. M. G. ayant trouvé convenable pour le bien de la I.e Province, que son Directoire soit transféré de Brunswick, nous proposons aux Grands Officiers et Préfectures, de l'établir à Weymar vu la sûreté dont on y jouira pour les archives. Transférons pareillement de l'avis et vœu du Maître Provincial et du Chap. de la VI.e le Directoire de la haute Allemagne de Meinungen à Heidelberg, et en proclamons Président le R F a Tumba Sacra (Baron de -DablBerg). Sur la demande faite au nom des FFet  du Palatinat et accueillie favorablement par la VI.e Province, nous proclamons en son nom la Préfecture du Palatinat: reconnaissons pareillement sur le consentement de la I.e Province le Chapitre Prépositural de Brémen comme Préfecture exempte : et érigeons enfin de l'exprès consentement du Révérendissime M.e Provincial du Chap. Provincial et Visiteur général de la V.e la Commanderie du S 0 à Metz en Préfecture régulière, sauf à la faire installer légalement par un Commissaire de la Province. 

 

XI


Pour assurer le bon ordre dans nos Loges et en voir épurer de plus en plus la composition, nous avons dès actuellement fixé quelques principes, qui doivent entrer dans le nouveau code. Nous établissons donc les Loges Ecossaises composées des Ecossais de l’arrondissement et présidées par le Commandeur de maison Député-Maître, comme Inspectrice et première instance des Loges bleues ou symboliques; n'accordant aux Ecossais d'autre prérogative en Loge bleue que celle des Maîtres, à moins qu'ils soient officiers de la Loge lesquels formeront un Comité à la demande des Vénérables pour préparer les affaires à délibérer par devant les Loges.

Fixons dorénavant le nombre essentiel de ceux ci à sept, savoir le Vénérable, les deux Surveillants, l'Orateur, le Secrétaire, le Trésorier et Éléemosinaire, auxquels chaque Loge pourra adjoindre un Maître des Cérémonies et un Économe ; enjoignons aux Loge de ne recevoir aucun Candidat au dessous de 21 ans accomplis, et prouvé par extrait baptistaire, en faisant remise d'un an à ceux qui seront présentés par leurs pères, membres de la Loge ; mais en n'accordant aucune dispense et exigeant que jusqu'à l'âge de 25 ans on rapporte le consentement du père, à moins que le fils ne soit émancipé, et pour ne pas multiplier à volonté les réceptions et borner le nombre des membres par Loge nous faisons la loi expresse, que jamais aucune Loge ne pourra être composée de plus de 54 frères et que du moment que ce nombre sera rempli, on ne puisse recevoir qu'en cas de vacance. 

Nous avons enfin arrêté, qu'au défaut du Vénérable Maître, la Loge ne soit pas présidée par l'Ex-maître, mais que le droit de Présidence soit alors dévolu au 1er Surveillant et que celui - là rentre du moment de la cessation de ses fonctions, dans la classe des Ecossais et ne conserve d'autre prérogative que celle de porter à la boutonnière une petite marque, de son ancienne dignité. 

XII


Et comme enfin nous sommes plus jaloux de persuader que de contraindre, et que nous reposant tranquillement sur la bonté de nos intentions, nous n'avons eu d'autre but que celui d'épurer notre régime et d'y réunir tous les frères, qui sont animés de l'amour du bien; nous n'avons pas jugé convenable d'exiger une acceptation pure et simple de nos Chapitres mais nous leur laissons la liberté d'examiner d'ici à la fin, de 1783 nos opérations et de déclarer au bout de ce terme, s'ils veulent en acceptant le travail du Convent continuer d'adhérer à notre régime, ou s'ils préfèrent de s'associer à tel autre. Nous ne craignons pas d'avancer que celui qui sera fondé sur les bases les plus solides et qui enseignera avec le plus de succès les vérités religieuses et morales, et les vertus sociales et patriotiques; présentera les moyens les plus efficaces pour exercer la bienfaisance dans toute son étendue, devra nécessairement entraîner la confiance de tous ceux, qui savent apprécier ces avantages. 

Nous Grand Maître Général & membres Capitulaires du Convent réitérons et déclarons, que ces arrêtés sont conformes aux délibérations générales et doivent guider les Chapitres et les Loges auxquelles ils seront dûment insinués par les Directoires Provinciaux.

En foi de quoi nous les avons tous signé de notre nom.
Fait à Wilhelmsbad le I.er septembre 1782.

Signé par le Président et tous les Députés présents au Convent.

Concordat cun Originali
in Archivo Mag.
Generalis deposito.

 

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RER : code de 1778

Publié le 3 Août 2009 par Thomas Dalet dans Histoire du RER


INTRODUCTION.


N UL ordre, nulle société ne peut exister sans lois. L'exécution de ces lois assure la prospérité de la société ; leur oubli ou leur infraction en amène la décadence & la ruine.


LA
sagesse de celles qui dirigent l' Ordre Maçonnique, aussi respectable par son ancienneté que par son utilité, l'a fait triompher du temps & de ses adversaires, malgré les atteintes que lui ont portées quelques-uns de ses membres , soit par leurs vices personnels , soit par les abus multipliés, qu'ils ont tâché d'y introduire. S'il a perdu de son ancienne splendeur dans quelques contrées de l'Europe c' est à ces membres corrompus qu'il faut l' attribuer, le vulgaire ayant injustement rendu réversible sur le corps entier ce qui le scandalisait dans des individus, qui , malgré le beau nom dont ils se paraient étaient cependant tout-à-fait étrangers à l' Ordre Maçonnique. Mais les mêmes vertus , qui l'ont préservé , peuvent encore lui rendre toute fa gloire , & même il n'a jamais cessé d' en jouir dans les lieux où la pratique. de ces vertus a été la base de tous ses travaux.


ON
ne peut cependant se dissimuler, que cette espèce de Maçons qui prétendent avoir acquis ce titre par la cérémonie de leur réception , quelque irrégulière qu'elle ait été, se sont multipliés considérablement dans certaines contrées, où il se trouvait peu ou point d' établissements réguliers ; ignorant les véritables lois de l' Ordre ils en ont créées d'arbitraires , qui favorisaient leur ambition & leur cupidité ; ils ont porté dans ces nouvelles & nombreuses sociétés le goût pour l' indépendance & pour les plaisirs bruyants que l' Ordre a toujours condamné , & pour soutenir l'espèce de considération ; qui était nécessaire à leurs vues intéressées . & qu'ils avaient surpris par les dehors mystérieux d'une fausse science, ils ont surchargé leurs cérémonies de nouvelles productions toujours plus chimériques & plus absurdes les unes que les autres, & dont le plus grand nombre des Maçons a été longtemps la dupe.


M
AIS tandis que l' erreur multipliait ainsi les prosélytes, les vrais Maçons plus circonspects dans leur marche & plus difficiles dans leur choix faisaient des progrès lents mais assurés Moins jaloux de captiver la multitude que d'acquérir de dignes Frères , ils attendaient en gémissant que le prestige eut cédé , & que reconnaissant l'erreur dans laquelle on avait été entraîné , on marquât un désir sincère d'entrer dans les vues. légitimes de l'Ordre & de suivre scrupuleusement les lois, en le dépouillant de tout intérêt personnel & de tout esprit de domination. Mais dédaignant par principe ces grands moyens, qui assujettissent les volontés ils ne devaient attendre cette importante révolution que du temps & de la disposition libre des esprits.


CEPENDANT
quelques Maçons plus zélés qu' éclairés mais trop judicieux pour se nourrir longtemps de chimères, & lassés d'une anarchie dont ils sentaient le vice, firent des efforts pour se soustraire à un joug aussi avilissant. Des Loges entières dans diverses contrées, sentant la nécessité d'un centre commun dépositaire d' une autorité législative se réunirent & coopérèrent à la formation de divers grands Orients. C’était déjà de leur part un grand pas vers la lumière mais à défaut d'en connaître le vrai point central & le dépôt des lois primitives, elles

suppléèrent au régime fondamental par des régimes arbitraires particuliers ou nationaux, & par les lois qui ont pu s'y adapter. Elles ont eu le mérite d' opposer un frein à la licence destructive, qui dominait partout, mais ne tenant point à la chaîne générale , elles ont rompu l'unité en variant les systèmes.

DES Maçons de diverses contrées de France , convaincus que la prospérité & la stabilité de l'Ordre Maçonnique dépendaient entièrement du rétablissement de cette unité primitive., ne trouvant point chez ceux , qui ont voulu se l'approprier , les signes , qui doivent la caractériser, enhardis dans leurs recherches par ce qu'ils avoient appris sur l'ancienneté de l' Ordre des Franc-maçons, fondé sur la tradition la plus constante , sont enfin parvenus à en découvrir le berceau ; avec du zèle & de la persévérance ils ont surmonté tous les obstacles & en participant aux avantages d'une administration sage & éclairée , ils ont eu le bonheur de retrouver les traces précieuses de l'ancienneté & du but de la Maçonnerie.


UNE
autre erreur bien commune & bien dangereuse enfantée dans ces temps de troubles & d'anarchie que nous déplorons , & accréditée depuis par l' usage . consistait à regarder les fonds d'une Loge , provenant des réceptions, comme lui appartenant en propre , sans reddition de compte à ses supérieurs ; de-là la multitude de Loges formées sans constitutions légales pour favoriser la cupidité de quelques prétendus maîtres & de ceux, avec qui ils voulaient bien partager les produits de leur trafic. De-là encore ces dépenses énormes employées en banquets trop somptueux, & en futiles & magnifiques décorations qui n'étant plus surveillées ont absorbé des fonds, dont la destination était bien plus précieuse , & ont été comme autant de larcins faits aux vues de bienfaisance qui caractérisent l'Ordre, & qui devaient le rendre. respectable aux yeux des profanes.

IL était toutefois aisé , en réfléchissant sans intérêt personnel d' après les principes d' une raison éclairée, de reconnaître que les Loges ne font que des sociétés particulières, subordonnées à la société générale, qui leur, donne l' existence & les pouvoirs nécessaires pour la représenter dans cette partie d'autorité qu'elle leur confie; que cette autorité partielle émane de celle qui réside essentiellement dans le centre commun & général de l'Ordre, représenté, par ces Corps préposés à l' administration générale & particulière des différents districts & au maintien & à l'exécution de ses lois; qu'aucune d'elles ne peut exister régulièrement, que par un consentement exprès des chefs légitimes de l'Ordre, constaté par la patente de constitution qu'ils lui donnent à la charge de se conformer aux lois statuts & règlements de l'Ordre, sans laquelle tous les actes de la Loge seraient nuls & clandestins, & les rétributions qu'elle exigerait, une véritable concussion; qu'en vertu de cette constitution, la, Loge acquiert à la vérité la faculté & le pouvoir de recevoir légitimement au nom de l'Ordre dans les quatre grades maçonniques, & de percevoir les rétributions prescrites , mais que le produit de ces rétributions appartient proprement à l'Ordre en général, vu que les Loges n'agissent, & ne peuvent agir – qu’ en vertu des pouvoirs qu elles en ont reçus.


IL
s' enfuit que l'Ordre , devant pourvoir au bien-être de tous ses établissements doit céder aux Loges sur ce produit tout ce qui est nécessaire à leur entretien, & un excédent, qui puisse les mettre en état, par une sage économie, de remplir d'une manière satisfaisante & solide les vues bienfaisantes de l' institut ; mais qu'il peut & doit s'en réserver une portion, pour l' exécution des mêmes projets pour l’Ordre en général , & pour subvenir aux frais considérables dune administration aussi étendue qu'elle est importante., Cette manière de voir plus sage & plus vraie, en prévenant les déprédations & les dépenses inutiles & immodérées, aurait produit en France les effets les plus salutaires, & aurait rendu l'Ordre des Maçons aussi respectable aux yeux du vulgaire qu'il a été avili par les abus. Pour s'en convaincre, il ne faut que jeter les yeux sur les contrées du nord de l'Europe, où l'esprit de l’ institut s'est mieux conservé . On verra avec autant de plaisir que de surprise les immenses secours , que les Directoires ont procuré dans toutes les circonstances calamiteuses, & les établissements patriotiques qu'ils y ont formé pour le soulagement de l'humanité. Pourquoi donc les Maçons français aussi compatissants & généreux qu' aucun autre peuple de l’ Europe, ne s'empresseraient-ils pas d'imiter de si grands exemples, en s'unissant à un régime si utile & si satisfaisant, surtout lorsqu'ils auront la certitude , que le dépôt des produits & son emploi est rigoureusement surveillé & administré avec sagesse. C'est ce dont ils vont être instruits par le précis du gouvernement général & particulier de l'Ordre.

PRÉCIS

Du gouvernement général de l’Ordre

des Franc- maçons, d’après les lois

fondamentales , observées dans le

régime réformé & rectifié


 
L’ ORDRE entier de la Franc - maçonnerie rectifiée est gouverné par un Grand- Maître général, par des grands - Maîtres nationaux & Administrateurs provinciaux, & par  des Directoires Écossais & des grandes Loges Écossaises, qui ont sous leur inspection ou tout l’ Ordre en entier, ou une nation, ou une province, ou un district, ou un département particulier.

    CHAQUE Grande Loge Écossaise est composée d’un Chef ou Président , des officiers nécessaires à la régie de son département & des Députés – Maîtres, qui y sont compris, & qui sont chargés d’inspecter chacun les Loges de son arrondissement particulier, & d’en rendre compte à la grande Loge Écossaise.

   CHAQUE Directoire Écossais est composé de son Président , des représentants des Grandes Loges Écossaises, & des officiers nécessaires à l’administration de son district.

    LES grands Directoires provinciaux sont composés d’un Administrateur général,d’un visiteur, d’un chancelier, & des Représentants des Directoires & Grandes Loges Écossaises.

    LE grand Directoire national enfin est présidé par le Grand – Maître national , comme chef principal de la nation, des administrateurs provinciaux, des présidents des Directoires, & des conseillers & officiers nécessaires pour sa régie & pour son administration.

    PAR le moyen de l’ ordre ainsi établi, les Loges & établissements inférieurs sont régulièrement représentés dans les corps supérieurs, & concourent à tous les actes qui en émanent. L’autorité réside dans tout l’ Ordre assemblé régulièrement en Convent général. Les Convents nationaux & provinciaux peuvent fixer la législation particulière d’une nation ou province, en tant qu’elle n’est pas contraire aux lois générales de l’Ordre.

    LES causes litigieuses maçonniques sont jugées en première instance par le Comité Écossais de chaque Loge , présidé par le Vénérable Maître. De –là elles peuvent être portées par appel à la grande Loge Écossaise ; de là au Directoire Écossais, & enfin en dernier ressort au grand Directoire national, mais sans effet suspensif.

    LES objets de finance, qui regardent la Loge, sont discutés dans le Comité Écossais, & ensuite communiqués à la Loge entière, & les comptes sont visés par le Député- Maître & envoyés à la grande Loge Écossaise, pour y être examinés. On ne peut disposer des fonds d’une Loge qu’avec le consentement de ses membres. La même chose a lieu pour les caisses des établissement supérieurs.

    C’est d’après ces principes, que sont rédigés les Règlements généraux à l’usage des Loges réunies ; Règlements qui sont d’autant plus à la convenance de chacun, que tout engagement dans quelque classe ou établissement de l’Ordre que ce soit, admet & autorise de droit les réserves de ce qu’on doit au Souverain, au gouvernement, à la religion qu’on professe, & aux devoirs particuliers de l’état qu’on a embrassé.

   TOUT Frère, reçu dans une Loge rectifiée, ou affilié à ses travaux, est tenu de signer ce Code Maçonnique, & de promettre de s’y conformer & de concourir à en maintenir l’exécution. Il est permis cependant à chaque Loge de faire des Règlements particuliers sur ce qui dépend de son local, pourvu qu’ils ne soient pas contraires à ces Règlements généraux & qu’ils soient approuvés par la grande Loge Écossaise, ou par le Directoire Écossais dont elles dépendent. Ils seront joints alors aux premiers, & signés de tous les Frères de la Loge.

   ON trouvera placé en tête de ces règlements généraux les qualités qu’on exige dans le Franc- maçon, membre d’une Loge réunie, les devoirs moraux qui lui sont imposés, les soins que prennent les Loges rectifiées pour la conduire & le bien-être de leurs membres, & l’esprit de fraternité & la liaison intime entre les Frères, qui caractérisent les Loges réunies & rectifiées. 

Des qualités & des devoirs d’un

 vrai Franc- Maçon


LE premier engagement  du Franc -maçon en entrant dans l’Ordre, est d’observer fidèlement ses devoirs envers Dieu, son Roi, sa patrie, ses Frères & soi – même. Il ne le prête après qu’on s’est assuré du respect qu’il porte à la Divinité, & de l’importance qu’il attache aux devoirs de l’honnête- homme . La cérémonie de sa réception, tout ce qu’il voit & entend, lui prouve que tous les Frères sont pénétrés de l’amour du bien. Tous se sont engagés par les promesses les plus saintes, d’aimer & de pratiquer la vertu, de se vouer à la charité & à la bienfaisance, & de respecter les liens, qui les unissent  l’Ordre & à leurs Frères.

LES temps sont passé où, méconnaissant l’esprit de la vraie Franc-maçonnerie, on n’a jugé du mérite d’un candidat que par l’augmentation des fonds ; où l’obligation maçonnique n’était qu’un jeu de mots, & les cérémonies de réception qu’un amusement puéril & souvent indécent ; ces temps, où l’on rougissait en public de ce qu’on approuvait en Loge, a où l’on craignait de rencontrer dans la société civile un homme,qu’on venait d’embrasser comme Frère. Ils sont passés ces temps malheureux, la honte de la maçonnerie, & nous tirerons le rideau sur des abus, auxquels une sage réforme a porté remède.

 FIDÈLE aux lois primitives de l’Ordre, la Franc-maçonnerie d’après le régime réformé & rectifié, exige dans le candidat un désir sincère de devenir meilleur & d’appartenir à un Ordre, qui ne se montre au dehors que par des bienfaits, & qui compte parmi ses membres ce qu’il y a de plus respectable dans la société civile. On fait des perquisitions exactes sur son caractère, ses principes & ses moeurs, & on s’informe soigneusement, si son cœur est ouvert aux cris des malheureux, & s’il fait aimer & apprécier les douceurs de l’amitié. Si on n’a pas proscrit toute perception pécuniaire, c’est qu’on a vu, qu »en renonçant à tout objet d’économie& de finance, on se priverait de la principale ressource pour faire le bien. Il suffit qu’on soit persuadé, que l’argent qu’on donne est administré avec sagesse & employé utilement. C’est mériter la reconnaissance d’un homme bien né que se servir des moyens qu’il offre pour faire des actes de bienfaisance.

LES Loges réunies & rectifiées regardent donc les mœurs avec raison comme un objet important & digne de toute leur attention. C’est surtout à l’égard des jeunes Maçons que cette attention se manifeste. Dès qu’un homme a été jugé digne d’être associé aux travaux maçonniques, il est sûr de trouver dans ses frères des guides sages & prudents ; tous les yeux sont ouverts sur sa conduite. On le reprend avec douceur, lorsqu’ il tombe dans quelque faute , il est ramené quand il a le malheur de s’égarer, il est soutenu dans ses entreprises difficiles, on lui témoigne hors de la Loge comme dans son enceinte les égards dus à son mérite ; quelles que puissent être les barrières que la fortune ou la distance des états aient mis entre eux. Si des exhortations secrètes & fraternelles ne suffisent pas pour ramener un jeune Maçon qui s’est égaré, on a recours à des moyens plus efficaces ; on le suspend d’un certain nombre d’assemblées, ou on l’exclut totalement. Car l’indulgence serait déplacée & même criminelle dans les cas, où elle compromettrait la réputation d’un Ordre, qui a le pus grand intérêt à la conserver intacte. En pareil cas le jugement d’exclusion ou de longue suspension doit être notifiées à toutes les Loges réunies & rectifiées, non seulement pour qu’elles s’y conforment, mais aussi pour soutenir par cet acte de rigueur & d’éclat la vertu chancelante des faibles. Mais on ne doit punir que pour corriger. Si donc un  tel frère revenait à lui & changeait de conduite, la Loge s’empressera de le réhabiliter, avec la même publicité, qu’elle avait donné à son inconduite.

C’ EST en veillant religieusement sur la discipline maçonnique & en pratiquant scrupuleusement les vertus que l’Ordre enseigne, qu’on réussira à déraciner entièrement les préjugés du vulgaire contre notre Institut, & qu’on rassurera tous les hommes sur le genre & l’objet de nos travaux. Un père éclairé, une mère tendre désireront le moment qu’ils redoutaient jusqu’ici, celui qui ouvrira à leurs enfants les portes de notre temple. On s’accoutumera à regarder nos Loges comme des écoles de bienfaisance, & on envisagera la réception d’un homme, comme le garant de son mérite.

LES voyageurs, séparés  de leurs amis, ont plus besoin que d’autres de l’ attention & des soins paternels des Loges. L’on ne se contente donc pas de les pourvoir de certificats ; on les recommande spécialement à l’amitié & à la bienfaisance des Loges & des frères, qui les composent, & les prie de remplacer auprès d’eux les frères qu’ils viennent de quitter, de les aider de leur conseil & de leur crédit, & de les secourir dans le besoin en les assurant de la réciprocité la plus parfaite. 

 CES soins bienfaisants, imposés comme devoirs stricts & indispensables, deviennent pour les vrais Franc - Maçons des sentiments nécessaires à leur bonheur ; indépendamment de l’estime publique, la pratique des vertus procure des jouissances vraies & durables à ceux, qui les remplissent fidèlement. C’est en aimant qu’on se fait aimer, & ce n’est que quand on inspire ce sentiment, que l’exemple des vertus qu’on donne, produit des effets salutaires & durables.

 

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