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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 06:27

 

Les Forces en présence  

Les deux Bêtes  

Je vis alors monter de la mer une Bête à dix cornes et sept têtes ; elle portait sur les cornes dix diadèmes et, sur les têtes, des titres blasphématoires. Elle avait l'allure d'une panthère, les pattes d'un ours et la gueule d'un lion, le Dragon lui conféra sa puissance, son trône et une grande autorité.  

L'une de ses têtes, pourtant, paraissait égorgée à mort, mais la plaie mortelle était guérie. Là-dessus, tout le monde de se pâmer d'admiration à la suite de la Bête, et de se prosterner devant le Dragon parce qu'il avait conféré son prestige à la Bête, et de se prosterner devant la Bête en disant : "Qui pourrait se mesurer à la Bête et batailler avec elle ? ". On lui accorda la faculté de proférer des paroles arrogantes et blasphématoires et de sévir quarante deux mois.  

Elle ouvrit donc sa bouche pour blasphémer contre Dieu, blasphémer son nom et sa tente (ceux qui ont leur tente au ciel). Elle put guerroyer avec les saints et l'emporter ; elle reçu autorité sur toute tribu, peuple, langue et nation, au point que tous les habitants de la terre l'adoreront ; leur nom n'est pas inscrit depuis la fondation du monde dans le Livre de vie de l'Agneau égorgé.  

A bon entendeur d'écouter ! Qui cherche à faire des prisonniers, s'en va en captivité ; qui tuera par l'épée doit être tué par l'épée ! C'est l'occasion pour l'endurance et la confiance des saints !  

Je vis ensuite une autre Bête monter de la terre ; elle avait deux cornes, comme un agneau, mais elle parlait à la Dragonne. Tout le prestige de la première Bête, elle le déployait sous sa surveillance : elle amenait la terre et ses habitants à adorer la première Bête (celle dont la plaie mortelle était guérie) ; elle opérait de grands prestiges, au point de faire tomber la foudre sous les yeux des hommes. Au moyen des prodiges qu‘elle pouvait opérer sous la surveillance de la Bête, elle séduisait les habitants de la terre en leur suggérant de dresser une statue à la Bête qui avait survécu au coup d‘épée. Il lui fut même concédé d‘animer la statue de la Bête, au point qu‘elle en arrive à parler et à faire mettre à mort quiconque refuse de se prosterner devant elle.  

Elle arrivait à ce que tout le monde, petits et grands, riches et pauvres, hommes libres et esclaves, se marquât la main droite ou le front, de façon que personne ne pût acheter ou vendre sans être marqué du nom de la Bête, ou du chiffre de son nom. C‘est le moment d‘être habile ! Aux gens avisés de calculer le chiffre de la Bête ! car c‘est le chiffre d‘un homme, et ce chiffre est six cent soixante six.  

L'Agneau et ses élus  

J'eus encore une vision : l'Agneau debout sur le mont Sion, et près de lui cent quarante quatre mille personnes qui portaient son nom et celui de son Père, écrits sur le front. J'entendais cependant un choeur céleste comparable au fracas des grandes eaux et aux grondements puissants du tonnerre, mais également à un choeur de citharèdes s'accompagnant de la cithare. Ils chantaient comme un chant nouveau devant le trône, les quatre Animaux et les Vieillards. Personne ne pouvait apprendre ce chant, si ce n'est les cent quarante quatre milliers rachetés de la terre, pour ne s’être pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges ; ils forment la suite de l’Agneau partout où il va ; ils ont été rachetés d’entre les hommes, comme primeurs offertes à Dieu et à l’Agneau ; dans leur bouche ne s’est point trouvé de mensonge, ils sont irréprochables.  

Préparatifs de la lutte  

Trois anges prédisent la victoire  

Je vis alors un autre ange voler au zénith, porteur d'une bonne nouvelle éternelle destinée à ceux qui résident sur terre, à toute nation, tribu, langue et peuple : il disait à haute voix : "Craignez Dieu et rendez lui gloire, parce qu'a sonné l'heure ou il doit juger ; prosternez-vous devant l'autel du ciel et de la terre, de la mer et de ses sources".  

Un deuxième ange le suivit et dit : "Elle est tombée, elle est tombée Babylone la grande, pour avoir abreuvé toutes les nations du vin de son dévergondage effréné".  

Un troisième ange les suivit et dit à haute voix : "Celui qui adore la Bête et sa statue , et en accepte la marque sur le front ou sur la main boira lui aussi du vin de l'indignation de Dieu, versé pur dans le calice de sa colère ; il sera tourmenté dans le feu de souffre, sous les yeux d'anges saints et de l'Agneau ; la fumée de leur tourment ne cessera de s'élever pour les siècles des siècles, sans que les adorateurs de la Bête et de sa statue et quiconque reçoit l'empreinte de son nom aient de répit ni jour ni nuit".  

C'est le moment de faire appel à l'endurance des saints, fidèles aux ordres de Dieu et à la foi de Jésus. J'entendis même une voix céleste me dire : "Note : Heureux les morts qui meurent désormais dans le Seigneur. Oui, dit l'Esprit, qu'ils se reposent de leurs travaux car leurs actes les suivent".  

Vision anticipée du double jugement  

J'eus encore une vision : un nuage blanc sur lequel siégeait comme un Fils d'Homme, la tête ceinte d'une couronne d'or et une faucille affilée à la main. Un autre ange sortit du temple et cria d'une voix sonore à celui qui siégeait sur le nuage : "Faites aller votre faucille et moissonnez, le moment est venu, la moisson terrestre est mûre". L'être assis sur le nuage fit alors passer sa faucille sur terre, et la terre fut moissonnée.  

Puis un autre ange, qui tenait pareillement une faucille affilée, sortit du temple céleste. Un autre encore, le préposé au feu, quitta l'autel et interpella bien haut celui qui tenait la faucille affilée : "Faites aller votre faucille affilée, disait-il, et vendangez les grappes de la vigne terrestre : les raisins sont mûrs". L'ange fit alors passer sa faucille sur terre, vendangea la vigne terrestre et mit le raisin dans la grande cuve de l'indignation de Dieu. On la foula hors de la ville et il en sortit du sang jusqu'au niveau du mors des chevaux sur une distance de seize cent stades.  

Exécution des vendanges divines sur Babylone et sur les Bêtes  

Les sept coupes de la colère de Dieu  

Je vis encore un autre météore, considérable et impressionnant : sept anges porteurs de sept fléaux, les derniers, car en eux est assouvie l'indignation de Dieu.  

Je vis aussi une mer transparente irradiée de feu, et, debout sur elle, les vainqueurs échappés à la Bête, à sa statue et au chiffre de son nom, tenant les cithares divines. Ils chantaient de chant de Moïse le serviteur de Dieu et le chant de l'Agneau : "Grandes et admirables sont tes oeuvres, Seigneur Dieu Dominateur ! Justes et véritables tes voies, Roi des nations ! Qui ne craindrait, Seigneur, et ne glorifierait ton nom ? Seul tu es saint , et toutes les nations viendront se prosterner devant toi, car la droiture de tes jugements est devenue manifeste".  

Après quoi j'ai vu s'ouvrir dans le ciel le temple [qui renferme] la tente du témoignage. Les sept anges aux sept fléaux en sortirent , vêtus de lin propre et splendide, la poitrine ceinturée d'or.  

L'un des quatre Animaux leur donna sept trompettes d'or pleines de l'indignation du Dieu vivant pour les siècles des siècles ; le temple fut rempli de fumée, provenant de la gloire de Dieu et de sa puissance, au point que personne n'y pouvait pénétrer que les sept fléaux des sept anges ne fussent accomplis.  

J'entendis alors dans le temple une voix forte dire aux sept anges : "Allez répandre sur terre les sept coupes de l'indignation divine".  

Le premier s'en alla donc verser sa coupe sur le sol ; il en résultat un ulcère malin et pénible pour les hommes qui portaient l'empreinte de la Bête et se prosternaient devant sa statue.  

Le deuxième répandit sa coupe dans la mer ; elle tourna en sang cadavéreux et tous les animaux marins périrent.  

Le troisième répandit sa coupe dans les fleuves et les sources, et ce devint du sang. J'entendis alors l'ange des eaux : "Il est juste , disait-il, que toi, qui es, qui était, le Saint, tu aies ainsi jugé ;  

parce qu'ils ont versé le sang des saints et des prophètes, tu leur as aussi donné à boire du sang !  

Ils le méritent ! Et j'entendis l'autel dire : "Oui, Seigneur, Dieu Dominateur, tes jugements sont vrais et justes".  

Le quatrième répandit sa coupe sur le soleil, et il lui fut donné de surchauffer les hommes par ses ardeurs ; ainsi les hommes furent surchauffés d'une chaleur torride, ils maudirent le nom de Dieu qui peut déclencher ces fléaux, et ne voulurent pas se repentir et le glorifier.  

Le cinquième répandit sa coupe sur le trône de la Bête ; son royaume s'enténébra et, de douleur [ses sujets] se mordirent la langue. Ils maudirent le Dieu du ciel, à cause de leurs souffrances et de leurs ulcères, sans se repentir de leur conduite.  

Le sixième répandit sa coupe dans le grand fleuve Euphrate ; l'eau se tarit pour laisser passage aux rois d'Orient. A ce moment je vis [sortir] de la gueule du Dragon, de celle de la Bête et de la bouche du faux prophète trois esprits impurs ; ils avaient l'air de grenouilles ; de fait se sont des esprits démoniaques qui opèrent des prodiges et vont trouver les rois de toute la terre en vue de les concentrer pour la bataille du grand jour du Dieu Dominateur. (Voici que je viens comme un voleur ! Heureux qui veille et garde ses vêtements, pour n'avoir pas à circuler nu en se montrant indécent ! ) Ils les rassemblèrent au lieu dit en hébreu Har-Magedon.  

Le septième enfin répandit sa coupe dans les airs ; il sortit du temple une voix forte émanée du trône : "C'en est fait " disait-elle. Aussitôt ce furent des éclairs, voix et coups de tonnerre accompagnés d'une secousse telle que jamais, depuis l'apparition de l'homme, il n'en advint d'aussi violente ; la grande ville se brisa en trois, les villes païennes croulèrent , et ainsi Babylone la grande fut rappelée au souvenir de Dieu pour qu'il lui administrât le calice du vin de son ardente colère. Toutes les îles s'enfuirent et l'on ne trouva plus de montagnes. Des grêlons énormes, pouvant peser un talent, se mirent, du haut du ciel, à bombarder les hommes ; ceux-ci maudirent Dieu à cause du fléau de la grêle, car il est formidable.  

Le châtiment de Babylone  

Un des sept anges aux sept coupes vint alors m'entretenir : "Viens, me dit-il, que je te montre la condamnation de la grande Prostituée, sise au bord des grandes eaux, avec laquelle se sont méconduits les rois de la terre, et qui a grisé les habitants de la terre du vin de sa débauche".  

Il m'emporta donc en esprit au désert. Là je vis une femme montée sur une Bête écarlate, couverte de titres blasphématoires, ayant sept têtes et dix cornes. La femme, affublée de pourpre et d'écarlate, chamarrée d'or, de pierreries et de perles, avait un gobelet d'or à la main, plein des vilenies et des ordures de sa prostitution. Elle avait au front un nom symbolique : "Babylone la grande, la mère de la prostitution et des vilenies de la terre". Je la vis ivre du sang des saints et du sang des martyrs de Jésus, et sa vue m'étonna vivement.  

"Pourquoi t'émerveiller, me dit l'ange. Je vais t'expliquer le symbolisme de la femme et de la Bête à sept têtes et dix cornes qui la porte. La Bête ne question était, n'est plus, et doit remonter de l'abîme pour se rendre à sa perte ; les habitants de la terre dont le nom n'est pas écrit depuis la fondation du monde dans le Livre de vie, s'émerveilleront de voir reparaître la Bête qui était et n'est plus. Il faut ici une intelligence pénétrante ! Les sept têtes sont sept montagnes, sur lesquelles est installée la femme ; ce sont aussi sept rois : cinq ont été renversés, il en reste un, l'autre n'est pas encore venu ; une fois arrivé, il doit demeurer pour peu de temps. Quant à la Bête qui était et n'est plus, elle est un huitième [roi] , mais elle est des sept et se rend à sa perte. Les dix cornes sont dix rois qui n'ont pas encore régné, mais ils recevront le pouvoir royal, pour un moment, avec la Bête. Ils n'ont qu'une pensée : conférer leur puissance à la Bête ; ils feront la guerre à l'Agneau, mais ce dernier les vaincra parce qu'il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois, ainsi que les siens, appelés choisis et fidèles.  

Il poursuivit : "Les eaux au bord desquelles tu as vue sise la Prostituée sont des peuples, des foules, des nations et des langues. Les dix cornes, tout comme la Bête, haïront la Prostituée, la dépouilleront et la mettront à nu, ils en mangeront les chairs et la brûleront. Car c'est Dieu qui leur a mis en tête d'exécuter son plan, d'opérer de concert et de donner à la Bête leur royal concours jusqu'à ce que soient accomplies les paroles de Dieu".  

"La femme que tu as vue, c'est la grande ville qui règne sur les rois de la terre".  

Après cela je vis un autre ange descendre du ciel avec un grand pouvoir, et la terre était illuminée de sa gloire. Il se mit à crier avec force : "Elle est tombée, elle est tombée Babylone la grande ! La voilà tanière des démons, repaire des esprits impurs et des oiseaux impurs et répugnants, parce que toutes les nations ont bu du vin de son dévergondage insensé. Les rois de la terre se sont méconduits avec elle et les trafiquants ont fait fortune de l'énormité de son luxe".

J'entendis encore une autre voix céleste dire : "Quittez la place, mon peuple, pour n'être pas solidaire de ses forfaits et ne rien recevoir des coups qui la frappent, car ses péchés se sont accumulés jusqu'au ciel, et Dieu s'est rappelé ses forfaits. Payez-la de sa monnaie, rendez lui le double de ses méfaits, et dans le calice où elle versait à boire, versez lui le double. Autant elle a fait parade de luxe, autant donnez-lui de tourment et de deuil. Parce qu'elle se dit : "Je trône en reine et ne suis point veuve et n'expérimente jamais le deuil, pour cela, le même jour verra fondre sur elle tous les fléaux : mort, deuil, famine, et elle sera incendiée, car il est fort le Seigneur Dieu qui l'a condamnée".  

Les rois de la terre qui se sont méconduits et livrés au luxe avec elle pleureront et se désespéreront à son sujet en apercevant la fumée de son brasier ; retenus a distance par la terreur de son tourment : "Hélas, hélas ! diront-ils, ô grande ville, Babylone, ville forte, il a suffit d'un moment pour ton exécution ! "  

Les trafiquants de la terre pleurent et se lamentent sur elle, parce que personne n'achète plus leur cargaison, cargaison d'or et d'argent, de pierres précieuses et de perles, de fine toile et de pourpre, de soie et d'écarlate, de toutes sortes de bois de thuya et d'objets d'ivoire, de bois précieux, de bronze, de fer et de marbre, cinnamone et amone, parfums, essences et encens , vin et huile, farine et froment, gros bétail et moutons, chevaux et chariots, esclaves et autres personnes !  

Voilà que le bon temps pour tes passions animales s'est envolé, toute l'opulence et le clinquant se sont envolés et jamais plus ne se retrouveront. Les trafiquants de ces denrées, qui s'enrichissaient d'elle, retenus à distance par la terreur de son tourment, pleureront et se lamenteront : "Hélas, hélas ! diront-ils, la grande ville qui se drapait de fine toile, de pourpre et d'écarlate et scintillait d'or, de pierreries et de perles, en un moment toute cette richesse a été rasée".  

Tous les pilotes et les caboteurs, les marins et les travailleurs de la mer se tiendront à distance,

ils hurlaient en regardant la fumée de son incendie : "Qu'y avait-il de comparable à la grande ville ? " Ils se jetaient de la poussière sur la tête et hurlaient ; ils pleuraient et se lamentaient : "Hélas, hélas ! disaient-ils, la grande ville, dont l'opulence a enrichi tous les armateurs, un moment a suffit pour la raser ! "  

"Ciel, réjouissez-vous, ainsi que les saints, les apôtres et les prophètes, parce que Dieu a tranché en faveur de votre cause, à ses dépens".  

Alors un ange vigoureux souleva une pierre de la taille d'une grande meule et la jeta dans la mer en disant : "Ainsi, d'un coup, sera précipitée Babylone la grande ville, et jamais plus on ne la retrouvera. On n'entendra plus chez toi les sonorités des citharèdes et des chanteurs, des joueurs de flûte et de trompette, on ne trouvera plus chez toi d'ouvrier qualifié, pour aucun métier, on n'entendra plus chez toi le bruit de la meule, on ne verra plus chez toi briller la lumière d'une lampe et l'on entendra plus chez toi la voix des époux, parce que tes marchands étaient les maîtres du monde et que les maléfices ont séduit toutes les nations ; et l'on a trouvé chez toi le sang des prophètes et des saints, et de tous ceux qu'on a égorgés sur terre".  

Après cela j'entendis dans le ciel comme un choeur immense chanter : "Alleluia ! salut, gloire et puissance reviennent à notre Dieu, parce que ses jugements sont vrais et justes, puisqu'il a exécuté la grande Prostituée qui corrompait la terre par sa débauche ; il a vengé sur elle le sang de ses serviteurs". Puis ils reprirent : "Alleluia ! Sa fumée s'élève pour les siècles des siècles".  

Alors les vingt quatre Vieillards s'inclinèrent ainsi que les quatre Animaux, ils se prosternèrent devant le Dieu qui trône, et dirent : "Amen ! Alleluia !"  

Une voix sortit du trône : "Chantez notre Dieu, disait-elle, vous tous, ses serviteurs, qui ne craignez, petits et grands". Là-dessus l'entendis comme un choeur immense, sonore comme le bruit des grandes eaux et le grondement des puissants tonnerres, entonner : "Alleluia ! notre Dieu, le Dominateur a établi son règne. Réjouissons-nous et glorifions-le , parce qu'approchent les noces de l'Agneau ; son Epouse est parée de la fin toile , nette et splendide, qu'elle a reçue pour s'en habiller". (Or la fine toile , ce sont les bonnes oeuvres des saints.)  

Il me dit alors : "Ecris : Heureux les invités au dîner de noces de l'Agneau". Il ajouta : "Ce sont là paroles authentiques de Dieu". Là-dessus, je tombais à ses pieds, pour me prosterner devant lui.  

"Garde-t-en bien, me dit-il, je suis un serviteur comme toi et tes frères, les possesseurs du témoignage de Jésus ; prosterne-toi devant Dieu". De fait, l'esprit prophétique n'est autre que le témoignage de Jésus.  

Victoire du Christ sur les Bêtes  

Je vis encore le ciel ouvert : et voici paraître un cheval blanc ; son Cavalier s'appelle Fidèle et Véritable ; c'est avec justice qu'il juge et fait la guerre. Il a les yeux flamboyants , la tête ceinte de bien des diadèmes, et porte écrit un nom, que nul ne connaît sinon lui ; il est drapé d'un manteau plein de sang et se nomme le Verbe de Dieu. Lui faisaient suite, sur des chevaux blancs, les armées célestes, vêtues d'une fine toile d'une blancheur immaculée. Sa bouche darde un glaive acéré, pour en frapper les nations païennes, car c'est lui qui doit les mener à la baguette de fer et fouler la cuve du vin du courroux indigné du Dieu Dominateur. Il porte écrit sur le manteau et sur la cuisse : Roi des rois et Seigneur des seigneurs !  

Je vis alors un ange debout sur le soleil : il se mit à crier bien fort à tous les rapaces qui volent en plein ciel : "Ici ! rassemblez-vous pour les ripailles de Dieu, pour dévorer chairs de rois, chairs de généraux et chairs de preux, chairs de chevaux et de cavaliers, chairs d'hommes libres et d'esclaves, de petits et de grands".  

Puis j‘ai vu la Bête, les rois de la terre avec leurs armées réunies pour faire la guerre au Cavalier et à son armée. Mais la Bête fut garrottée, ainsi que le faux prophète qui avait opéré sous son contrôle les prodiges par lesquels il avait séduit les gens qui avaient reçu l‘empreinte de la Bête et s‘étaient prosternés devant sa statue. Tous deux furent jetés vifs dans l‘étang de feu sulfureux.  

Le reste fut massacré par l‘épée que dardait la bouche du Cavalier, et tous les rapaces firent bombance de leurs chairs.  

Le sort du Dragon  

Je vis encore un ange descendre du ciel ; il tenait à la main la clef de l'abîme et une grande chaîne. Il maîtrisa le Dragon, le serpent primitif, qui n'est autre que le Diable et Satan, l'enchaîna pour mille ans et le précipita dans l'abîme qu'il ferma et scella sur lui, de façon qu'il ne séduisit plus les nations avant le terme de mille ans ; après quoi il doit être déchaîné pour peu de temps.  

Je vis aussi des trônes, sur lesquels s'installèrent ceux qui reçurent le pouvoir de juger ; c'étaient les âmes de ceux qu'on avait décapités à cause du témoignage de Jésus et de la parole de Dieu, et tous ceux qui n'avaient adoré ni la Bête ni sa statue et n'en avaient pas reçu l'empreinte au front et à la main. Ils vécurent une vie nouvelle et régnèrent avec le Christ mille ans. (Le reste des morts ne revécut point avant le terme des mille ans). C'est là la première résurrection. Heureux et saint qui participe à la première résurrection ! sur eux la seconde mort n'a pas de prise, mais ils seront prêtres de Dieu et du Christ avec lequel ils régneront durant mille ans.  

Au terme de mille ans Satan sera déchaîné de sa prison, il s‘en évadera pour égarer les nations aux quatre coins de la terre, (Gog et Magog), les rassembler pour le combat, nombreuses comme le sable de la mer. Elles montèrent à la surface de la terre, cernèrent le camp des saints et de la ville bien-aimée. Mais un feu descendit du ciel et les dévora. Le Diable, leur séducteur, fut jeté dans l‘étang de feu et de soufre, auprès de la Bête et du faux prophète ; ils y seront tourmentés jour et nuit , pour les siècles des siècles.  

Le jugement général  

Je vis alors un grand trône blanc et Celui qui siégeait dessus; ciel et terre fuirent sa face, si bien qu'on en trouva plus la place. Je vis aussi les morts, grands et petits, debout devant le trône.  

On ouvrit des livres, puis encore un autre livre, celui de la vie ; et les morts furent jugés sur le texte des livres, selon leurs actes. La mer avait rendue les morts qu'elle contenait, la mort et le souterrain séjour pareillement ; et chacun fut jugé selon ses actes. Enfin, mort et souterrain séjour furent jetés dans l'étang de feu. C'est cela la seconde mort, l'étang de feu. Quiconque ne sera pas inscrit au livre de vie fut jeté dans l'étang de feu.  

Je vis alors un ciel nouveau et une terre nouvelle, puisque le premier ciel et la première terre s'en étaient allés ; seulement il n'y avait plus de mer désormais. Je vis aussi la ville sainte, Jérusalem nouvelle, descendre du ciel d'auprès de Dieu, comme une fiancée parée pour son époux.  

En même temps j'entendis une voix forte issue du trône : "Voici la tente de Dieu chez les hommes, disait-elle, il partagera sa tente avec eux, ils seront ses peuples, et Dieu sera lui-même avec eux.  

Il essuiera toute larme de leurs yeux ; il n'y aura plus de mort, il n'y aura plus de deuil, ni cri, ni peine, car la condition primitive est passée".  

Epilogue de toute la deuxième partie  

Alors Celui qui trône dit “Cette fois je rénove tout”. Il dit encore "Ecris que ces paroles sont sûres et authentiques”.Puis il me dit "C‘en est fait. Je suis l‘Alpha et l‘Oméga, le principe et la fin.  

C‘est moi qui donnerai à l‘assoiffé de la source d‘eau vive, gratuitement. Le vainqueur héritera de tout cela , je serai son Dieu et il sera mon fils. Quant aux lâches, aux défiants, aux tarés, aux meurtriers, aux paillards, aux empoisonneurs, aux idolâtres, et à tous les menteurs, leur part est dans l‘étang tout embrasé de feu et de souffre, la seconde t."  

TABLEAU FINAL  

La Gloire de l'Eglise éternelle, Jérusalem céleste

 

Vint alors un des anges aux sept coupes pleines des sept fléaux suprêmes ; il se mit à causer avec moi : "Viens, me dit-il, que je te montre la Fiancée, l'Epouse de l'Agneau". Il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne et me fit voir la ville sainte de Jérusalem, dont les pentes descendaient du ciel, d'auprès de Dieu, dans toute la gloire de Dieu. Elle avait l'éclat d'une pierre très précieuse, telle que du jaspe cristallin ; elle avait une grande et haute muraille, à douze portes, gardées par douze anges, et portant gravés les noms des douze tribus des fils d'Israël.  

Il y avait trois de ces portes à l'Orient, trois au Septentrion, trois au Midi, et trois à l'Occident.  

Le mur de la ville avait douze soubassements, portant les noms des douze apôtres de l'Agneau.  

Mon interlocuteur tenait un roseau d'or en guise de mesure pour arpenter la ville, ses portes et sa muraille. Or la ville était bâtie en carré, sa longueur égalait sa largeur. Il arpenta donc la ville avec son roseau, et trouva douze mille stades ; largeur, longueur et hauteur étaient égales. Il en mesura aussi la muraille, cent quarante quatre coudées, à l'échelle humaine qu'employait l'ange.  

La muraille était construite en jaspe, et la ville était d'or, pur comme du cristal ; les soubassements du mur de la ville étaient diaprés de toutes sortes de pierres précieuses : le premier de jaspe, le deuxième de saphir, le troisième de calcédoine, le quatrième d'émeraude, le cinquième de sardonyx, le sixième de coraline, le septième de chrysolithe, le huitième de béryl, le neuvième de topaze, le dixième de chrysoprase, le onzième d'hyacinthe, le douzième d'améthyste.  

Chacune des douze portes étaient faites d'une seule perle ; l'avenue de la ville était d'or pur, comme du verre transparent.  

Mais je n'y ai pas vu de temple, car le Seigneur Dieu Dominateur en est le temple, ainsi que l'Agneau. La ville n'a d'ailleurs besoin ni du soleil ni de la lune pour l'éclairer, car la gloire de Dieu l'illumine, et sa lampe est l'Agneau.  

Les nations marcheront à sa lumière, et les rois de la terre y importeront leur opulence. On n'en fermera pas les portes journellement, puisqu'il n'y aura point là de nuit. On y importera l'opulence et la splendeur des nations ; jamais ne s'y introduira rien de profane, ni personne qui commette vilenie ou mensonge, mais ceux-là seuls dont le nom est inscrit au livre de vie de l'Agneau.  

Il me montra encore un fleuve d'eau vive, scintillant comme du cristal de roche ; il jaillissait du trône de Dieu et de l'AgneauAu milieu de l'avenue, de part et d'autre du fleuve, se trouvait un bois de vie, qui fructifiait douze fois pour donner chaque mois son fruit, tandis que les feuilles des arbres servaient à la guérison des nations.  

Il n'y aura plus rien d'exécrable, mais sur le trône de Dieu et de l'Agneau s'y trouvera, ses serviteurs lui rendront un culte, ils verront son visage et porteront son nom sur le front.  

Il n'y aura plus de nuit désormais, l'on aura plus que faire de la lumière d'une lampe ni de celle du soleil, parce que le Seigneur Dieu luira sur eux, et ils régneront dans les siècles des siècles.  

Epilogue  

Il me dit alors : "Ces paroles sont sûres et authentiques, et c'est le Seigneur Dieu des esprits et des prophètes qui a envoyé son ange montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt".  

"Et voici que je viens en hâte. Heureux qui met en pratique les leçons de ce livre prophétique".  

C'est moi, Jean, qui vois et entends ces choses ! Sur quoi je tombai pour me prosterner aux pieds de l'ange qui me les indiquait. "Garde-t-en bien ! me dit-il, je suis un serviteur comme toi et tes frères les prophètes et ceux qui mettent en pratique les enseignements de ce livre : prosterne-toi devant Dieu".  

Il me dit encore : "Ne scelle pas le texte de ce livre prophétique, car le moment est proche.  

Que l'injuste commette encore l'injustice, que le sordide se salisse encore, que le juste pratique encore la justice et que le saint se sanctifie encore. Voici que je viens en hâte, apporter mon salaire, pour rendre à chacun d'après son ouvrage. C'est moi l'Alpha et l'Oméga,le premier et le dernier, le principe et la fin. (14) Heureux ceux qui lavent leurs vêtements, pour avoir droit à l'arbre de vie, et entrer dans la ville par les portes. Dehors les chiens, les empoisonneurs, les paillards, les meurtriers, les idolâtres et quiconque aime et pratique le mensonge ! Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange attester tout cela au sujet des Eglises. C'est moi le rejeton et le descendant de David, l'Etoile radieuse du matin".  

L'Esprit et la Fiancée disent : "Reviens". Puisse l'auditeur dire aussi : "Reviens". Que l'assoiffé vienne, et que l'homme de bonne volonté reçoive de l'eau vive, gratuitement !

Pour moi, je le garantit à tout auditeur du texte de ce livre prophétique : Si quelqu'un le surcharge, Dieu le surchargera des fléaux décrits dans ce livre ; et si quelqu'un en retranche, Dieu retranchera sa part de l'arbre de vie et de la ville sainte décrits dans ce livre.  

"Oui, je reviens en hâte", déclare celui qui atteste tout cela. "Amen. Reviens, Seigneur Jésus ! "  

La grâce du Seigneur soit avec tous.

 

Source : http://www.de-la-vie.com/reflexions-verseau/apocalypse-complet.htm

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Published by Evangile selon St Jean - dans St Jean
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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 06:20

Prologue et salutation

Révélation de Jésus Christ, que Dieu lui a confiée pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt; il l'a signifiée (à son tour), par l'entremise de son ange, à son serviteur Jean, lequel atteste comme parole de Dieu et témoignage de Jésus Christ tout ce qu'il a vu. Heureux le lecteur et les auditeurs de cette prophétie, s'ils en observent le contenu, car le temps est proche.

Jean aux sept Eglises d'Asie : à vous, grâce et paix de par Celui qui est, qui était, et qui vient, de par les Sept Esprits en faction devant son trône, et de par Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier né d'entre les morts et le souverain des rois de la terre.

A celui qui nous aime, nous a délivré de nos péchés au prix de son sang, et a fait de nous un royaume de prêtres pour Dieu son Père, gloire et puissance pour les siècles des siècles ! Amen.

Le voici venir avec les nuées; tout oeil le verra, même ceux qui l'ont percé, et toutes les tribus de la terre se lamenteront à son propos. Oui. Amen.

C'est moi l'Alpha et l'Oméga, dit le Seigneur Dieu, Celui qui est, qui était et qui vient, le Dominateur.

Première partie

REVELATION AUX EGLISES D'ASIE

TOUCHANT LEUR SITUATION

Moi, Jean, votre frère et associé dans la détresse, la royauté et l'endurance dans l'union à Jésus, j'étais arrivé dans l'île de Patmos en raison de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus;

j'entrais en extase un dimanche, et j'entendis une voix claironnant derrière moi : «Ecris dans un livre ce que tu regardes, et adresse-le aux sept Eglises, à Ephèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie et à Laodicé.» Je me retournai pour savoir quelle voix me parlait : j'aperçus alors sept chandeliers d'or, et parmi eux comme un Fils d'homme; il portait une tunique longue, une ceinture d'or lui barrait la poitrine; il avait la tête et la chevelure blanches comme laine d'un blanc de neige; ses yeux flamboyaient, ses pieds semblaient de bronze fin rougi au four, sa voix retentissait comme celle des grandes eaux; de la main droite il tenait sept étoiles , sa bouche dardait un glaive acéré à deux tranchants, et son visage éblouissait comme un soleil ardent.

A sa vue je tombai à ses pieds en pamoisson; mais il posa sur moi sa droite et dit : «Ne crains point; je suis le Premier et le Dernier, et le Vivant; car j'ai été mort et me voici vivant pour les siècles des siècles, et je détiens les clefs de la mort et du séjour des morts. Ecris donc ta vision, tant sur la situation actuelle que sur l'avenir. Quant au symbolisme des sept étoiles que tu as vues sur ma main droite et des sept chandeliers d'or : les sept étoiles sont les anges des sept Eglises et les sept chandeliers sont les sept Eglises.»

Les messages aux sept Eglises

Message à Ephèse

 « Pour l'ange de l'Eglise d'Ephèse, note : Voici ce que dit Celui qui tient les sept étoiles dans sa droite et qui circule au milieu des sept chandeliers d'or. Je connais tes oeuvres, ta peine et ton endurance : tu ne peux supporter les méchants, tu as mis à l'épreuve ceux qui se prétendent apôtre sans l'être et les as trouvés faux : tu as aussi de l'endurance , tu as supporté bien des choses en mon honneur sans te décourager. Mais je te reprocherais d'avoir relâché ton amour du début.

Rappelle toi donc d'où tu es déchu, reviens-y et reprends tes premières oeuvres. Sinon je vais venir à toi et je déplacerai ton chandelier si tu ne te repends. Tu as pourtant ceci de bon que tu détestes les façons d'agir des nicolaïstes comme je les déteste.

A bon entendeur d'écouter ce que l'Esprit dit aux Eglises : Au vainqueur je donnerai à manger [du fruit] de l'arbre de vie qui se trouve dans le jardin de Dieu.»

Message à Smyrne

 « Note encore pour l'ange de l'Eglise de Smyrne : Voici ce que dit le Premier et le Dernier, qui a été mort et a repris vie. Je connais ta détresse et ta pauvreté, -encore que tu sois riche- et les insultes de ceux qui se prétendent Juifs sans l'être, n'étant qu'une synagogue de Satan. Ne crains pas ce que tu vas subir : un de ces jours le diable va mettre en prison quelques uns des vôtres ; c'est pour que vous soyez mis à l'épreuve en traversant dix jours de tourmente. Sois fidèle jusqu'à la mort et je te donnerai la couronne de vie.

A bon entendeur d'écouter ce que l'Esprit dit aux Eglises : le vainqueur ne subira nulle atteinte de la seconde mort.»

Message à Pergame

 « Note encore pour l'ange de l'Eglise de Pergame : Voici ce que dit Celui qui tient le glaive acéré à deux tranchants : Je sais où tu habites : là se trouve le trône de Satan ; malgré cela tu es attaché à mon nom et tu n'as point renié ma foi, même aux jours où Antipas, mon témoin fidèle, a été tué chez vous, où habite Satan. Mais j'ai contre toi un léger grief : tu as des sectateurs de la doctrine de Balaam qui apprit à Balac à faire trébucher les fils d'Israël pour les amener à manger des viandes sacrifiées aux idoles et à se débaucher. Ainsi tu as, toi aussi, des partisans de la doctrine des nicolaïtes. Repends-toi donc, sans quoi je vais venir à toi bien vite batailler avec eux par l'épée de ma bouche.

A bon entendeur d'écouter ce que l'Esprit dit aux Eglises : Au vainqueur je donnerai de la manne cachée, et je lui remettrai un caillou blanc sur lequel est écrit un nom nouveau que nul ne connaît, sauf celui qui le reçoit. »

Message à Thyatire

 « Note encore pour l'ange de l'Eglise de Thyatire : Voici ce que dit le Fils de Dieu, qui a les yeux flamboyants et les pieds pareils à du bronze fin : Je connais ta conduite, ton amour, ta foi, ta serviabilité, ton endurance, et tes oeuvres récentes plus nombreuses que celles du début. Je te reprocherai pourtant de laisser faire dame Jézabel ; elle se prétend prophétesse, elle séduit mes serviteurs et leur apprend à se débaucher et à manger des viandes sacrifiées aux idoles. Je lui ai laissé le temps de se repentir, mais elle ne veut pas renoncer à son dévergondage. Cette fois je vais la mettre au lit, ainsi que tout ses complices d'adultère, pour y souffrir beaucoup, à moins qu'ils ne se détournent de ces façons d'agir ; ses enfants je les ferai périr de la peste et toutes les Eglises sauront que c'est moi qui scrute reins et coeurs, car je donnerai à chacun de vous selon ses oeuvres. Quant à vous, bonnes gens de Thyatire qui n'acceptez pas cette doctrine et n'avez pas fait connaissance avec "les profanateurs de Satan", (comme ils disent), je déclare ne pas vous imposer d'autre charge. Seulement, tenez ferme votre bien jusqu'à mon arrivée. Alors, au vainqueur qui pratiquera mes oeuvres jusqu'à la fin, je donnerai l'empire sur les nations païennes ; il les mènera à la baguette de fer comme on fracasse de la poterie, comme moi aussi j'en ai reçu le pouvoir de mon Père ; et je lui donnerai l'Etoile du matin.

A bon entendeur d'écouter ce que l'Esprit dit aux Eglises.»

Message à Sardes

« Note encore pour l'ange de l'Eglise de Sardes : Voici ce que dit Celui qui possède les sept Esprits de Dieu et les sept étoiles : Je connais tes façons d'agir, tu passes pour vivant mais tu es mort.

Prends garde et consolide le reste qui allait mourir, car je n'ai pas trouvé les oeuvres parfaites devant mon Dieu. Rappelle-toi donc de quelle oreille accueillante tu as reçu la doctrine ; observe-la et repens-toi , car si tu ne deviens vigilant, j'arriverai comme un voleur et tu ne pourras savoir à quelle heure je te surprendrai. Tu as pourtant à Sardes quelques personnes qui n'ont pas sali leur manteau ; elles pourront circuler avec moi vêtues de blanc, parce qu'elles le méritent.

Ainsi le vainqueur se drapera de manteaux blancs, jamais je n'effacerai son nom du livre de vie et je le citerai devant mon Père et devant ses anges.

A bon entendeur d'écouter ce que l'Esprit dit aux Eglises.»

Message à Philadelphie

 « Note encore pour l'ange de Philadelphie : Voici ce que dit le saint, le Véritable, Celui qui détient la clef de David - ouvre-t-il, personne ne peut fermer ; ferme-t-il, personne ne peut ouvrir - : Je connais tes oeuvres. Voici que je tiens ouverte devant toi une porte que personne ne peut fermer, car, malgré ta faiblesse, tu as gardé ma parole et n'as pas renié mon nom. Voici que je te livre des adeptes de la synagogue de satan ; ils se prétendent Juifs et ne le sont pas, mais ils mentent ; je les ferai venir se prosterner à tes pieds, et ils reconnaîtront que moi je t'aime. Puisque tu as gardé la consigne de mon endurance, moi aussi je te garderai du temps d'épreuve qui doit venir sur le monde entier pour éprouver les habitants de la terre. Je vais venir bientôt. Tiens ferme ton bien pour que nul ne ravisse ta couronne.

Du vainqueur je ferai une colonne dans le temple de mon Dieu, il n'en sortira jamais plus ; j'y graverai le nom de Dieu et le nom de la cité de mon Dieu, la Jérusalem nouvelle qui descend du ciel envoyée par mon Dieu, et mon propre nom nouveau.

A bon entendeur d'écouter e que l'Esprit dit aux Eglises.»

Message à Laodicée

 « Note encore pour l'ange de l'Eglise de Laodicée : Voici ce que dit l'Amen, le Témoin fidèle et véritable, le Principe de la création de Dieu. Je connais tes façons d'agir : tu n'es ni froid ni bouillant. Que n'es-tu froid ou bouillant ! Mais parce que tu es tiède, ni bouillant ni froid, je vais te vomir. Puisque tu dis "Je suis riche, j'ai fait de bonnes affaires, je ne manque de rien", sans te rendre compte que tu es misérable, piteux, pauvre, aveugle et nu, je te conseille de m'acheter de l'or fin pour faire fortune, des manteaux blancs pour t'en draper et cacher ton indécence, et de l'onguent pour teindre les yeux et voir clair. Pour moi, tous ceux que j'aime je les corrige et les châtie. Courage donc, et repens-toi. Je me tiens à la porte et je frappe : si quelqu'un écoute ma voix et m'ouvre, j'entrerai chez lui et nous dînerons en tête à tête. Au vainqueur j'accorderai de siéger à mes côtés sur mon trône, comme moi-même après ma victoire j'ai pris place auprès de mon Père sur son trône. A bon entendeur d'écouter ce que l'Esprit dit aux Eglises.»

Deuxième partie

L'AVENIR DU MONDE ET DE L'EGLISE

Vision générale d'introduction

La cour céleste

4 Après cela j'eus une vision : une trappe était ouverte dans le ciel, et la voix claironnante que j'avais entendu converser avec moi me disait : « Monte ici que je te montre ce qui doit arriver plus tard.» Je fus aussitôt ravi en extase : voici qu'au ciel un trône était disposé, sur lequel siégeait [un Etre] qui avait l'aspect de la pierre de jaspe et de sardoine ; un halo d'un ton d'émeraude nimbait le trône. A l'entour [s'alignaient] vingt quatre trônes sur lesquels siégeaient vingt quatre Vieillards drapés de manteaux blancs, la tête ceinte de couronnes d'or. Du trône s'échappaient des éclairs, des voix et des coups de tonnerre ; sept torches ardentes devant le trône étaient les Sept Esprits de Dieu. Devant le trône s'étendait une mer limpide comme du cristal ; face au trône et à l'entour se trouvaient quatre Animaux ayant des yeux partout, devant et derrière. Le premier Animal ressemblait à un lion, le second à un taureau, le troisième a figure humaine et le quatrième ressemblait à un aigle en plein vol. Ces animaux avaient chacun six ailes couvertes d'yeux à l'extérieur et à l'intérieur, et ils n'avaient cesse jour et nuit de dire : « Saint, Saint, Saint le Seigneur Dieu, le Dominateur, Celui qui était, qui est et qui doit revenir.» Et chaque fois que les Animaux rendaient gloire, honneur et action de grâce à Celui qui trône, à Celui qui vit pour les siècles des siècles, les vingt quatre Vieillards s'inclinaient bien bas devant Celui qui trône, devant Celui qui vit pour les siècles des siècles et déposaient leur couronne devant le trône en disant : "A toi, Seigneur, notre Dieu, reviennent la Gloire, l'honneur et la puissance, parce que c'est toi le Créateur de toutes choses : et c'est par ta volonté qu'elles arrivèrent à l'existence et furent créées".

L'Agneau rédempteur et le Livre scellé

J'aperçus alors à la droite de Celui qui trône un livre écrit en dedans et au verso, cacheté de sept sceaux, et je vis un ange vigoureux proclamer à haute voix : "Qui est digne d'ouvrir le livre et d'en faire sauter les sceaux ?" Mais personne ne pouvait, ni au ciel, ni sur terre, ouvrir le livre et l'examiner. Alors je me mis à pleurer à chaudes larmes de ce qu'il ne se trouvait personne qui fût digne d'ouvrir le livre et de l'examiner. L'un des Vieillards me dit alors : "Ne pleure pas. Le lion de la tribu de Judas, le rejeton de David, a trouvé moyen d'ouvrir le livre aux sept sceaux".

J'aperçus alors au milieu du trône, des quatre Animaux et des Vieillards un Agneau debout, comme égorgé ; il avait sept cornes et sept yeux. ( Ce sont les Sept Esprits de Dieu, en mission par toute la terre ). Il vint prendre le livre de la droite de Celui qui trône. Quand il en eut pris possession, les quatre Animaux et les vingt quatre Vieillards s'inclinèrent bien bas devant l'Agneau ; ils tenaient chacun une cithare et des coupes d'or emplies de parfums (ce sont les prières des saints). Ils chantaient un chant nouveau : "Tu es digne, disaient-ils, de prendre le livre et d'en ouvrir les sceaux, parce qu'on t'a égorgé et que tu as racheté pour Dieu, au prix de ton sang, (des hommes) de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute race, et tu en as fait pour notre Dieu un royaume de prêtres qui règnent sur la terre".

Dans ma vision, j'entendis alors à l'entour du trône, des Animaux et des Vieillards, la voix d'une multitude d'anges au nombre de myriades de myriades et de milliers de milliers; ils disaient à haute voix : "Il est digne, l'Agneau égorgé, de recevoir puissance, richesse, sagesse, force, honneur, gloire et louange". Et toutes les créatures qui se trouvent au ciel, sur terre, sous terre et sur mer et tout ce qu'ils contiennent, je les ai entendu dire : "A Celui qui trône et à l'Agneau, louange, honneur, gloire et domination pour les siècles des siècles". Les quatre Animaux dirent :

"Amen !" et les Vieillards de s'incliner et de se prosterner.

Première section de la partie prophétique

EXECUTION DES DECRETS DU LIVRE SUR L'ENSEMBLE DU MONDE

Ouverture du livre aux sept sceaux

Rupture des quatre premiers sceaux : les quatre Cavaliers.

Puis je vis l'Agneau ouvrir le premier sceau, et j'entendis l'un des quatre Animaux proférer comme un coup de tonnerre : "Viens". Je vis paraître alors un cheval blanc; son cavalier tenait un arc, on lui remit une couronne et il sortit en vainqueur pour vaincre encore.

Lorsqu'il ouvrit le deuxième sceau, j'entendis le deuxième Animal dire : "Viens"; il sortit un autre cheval, roux ; il fut donné à son cavalier d'ôter la paix de la terre, de façon qu'on s'entre-tuât ; et on lui remit une grande épée.

Lorsqu'il ouvrit le troisième sceau, j'entendis le troisième Animal dire : "Viens"; je vis paraître un cheval noir , dont le cavalier portait une balance à la main, et j'entendis au milieu des quatre Animaux une sorte de voix proclamer : "Un denier la mesure de blé ! Un denier les trois mesures d'orge ! Quant à l'huile et au vin, épargnez les !"

Lorsqu'il ouvrit le quatrième sceau, j'entendis la voix du quatrième Animal dire : "Viens"; et je vis paraître un cheval verdâtre, dont le cavalier s'appelle la Mort ; le séjour des morts l'accompagnait.

Il leur fut donné pouvoir sur le quart de la terre, pour occire par le glaive, la famine et la peste, et par les fauves.

Rupture du cinquième sceau : prière des Martyrs

Lorsqu'il ouvrit le cinquième sceau, j'aperçus au-dessous de l'autel les âmes des hommes immolés à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage dont ils étaient dépositaires. Ils se mirent à réclamer à grands cris : "Jusques à quand toi, qui es pourtant le Maître, le Saint, le Véritable, resteras-tu sans faire justice et sans venger notre sang sur les habitants de la terre ? " On remit alors à chacun d'eux un vêtement blanc et on leur dit de prendre patience encore un peu, jusqu'à ce que leurs compagnons de service et leurs frères qui doivent être mis à mort tout comme eux se trouvent au complet.

Rupture du sixième sceau : deux tableaux antithétiques des résultats anticipés

du Jugement futur sur les ennemis de l'Agneau et sur les fidèles

Puis je vis l'Agneau ouvrir le sixième sceau ; survint alors un grand séisme, le soleil noircit comme tissu de crin, la lune entière devint rouge sang, et les étoiles du ciel se mirent à choir sur terre, comme les fruits verts que laisse tomber un figuier secoué par gros vent; le ciel se retira comme une bande de papyrus qu'on enroule, et toutes les montagnes et les îles furent délogées de leur cité. Alors les rois de la terre, les grands, les généraux, les riches, les puissants, tous, tant esclaves qu'hommes libres, s'allèrent cacher dans les grottes et les rochers des montagnes ; et de dire aux montagnes et aux rochers : "Tombez-nous dessus et dérobez-nous au visage de Celui qui trône et à la colère de l'Agneau, parce qu'est arrivé le grand jour de son courroux, et qui peut tenir bon ? "

Cela fait, j'ai vu quatre anges postés aux quatre coins de la terre ; ils domptaient les quatre vents de la terre pour que le vent ne soufflât ni sur terre, ni sur mer ni sur aucun arbre. Je vis encore un autre ange monter de l'Orient ; il tenait le sceau du Dieu vivant et se mit à crier d'une voix retentissante aux quatre anges autorisés à endommager la terre et la mer : "Ne touchez ni à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, que nous n'ayons marqué au front les serviteurs de notre Dieu".

J'entendis alors le dénombrement des gens marqués : cent quarante quatre mille marqués pour l'ensemble des tribus d'Israël ; de la tribu de Juda, douze mille marqués ; de la tribu de Ruben, douze mille ; de la tribu de Gad, douze mille ; de la tribu d'Azer, douze mille ; de la tribu de Nephtali, douze mille ; de la tribu de Manassé, douze mille ; de la tribu de Siméon, douze mille ; de la tribu de Levi, douze mille ; de la tribu d'Issachar, douze mille, de la tribu de Zabulon, douze mille ; de la tribu de Joseph, douze mille, de la tribu de Benjamin, douze mille marqués.

Cela fait, je vis paraître une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toutes nations, tribus, peuples et langues ; tout de blanc vêtus et des palmes à la main, ils se tenaient face au trône et à l'Agneau, ils acclamaient à haute voix : "Le salut est le fait de notre Dieu qui trône, et de l'Agneau". Tous les anges s'étaient disposés autour du trône, des Vieillards et des quatre Animaux ; ils s'inclinaient bien bas devant le trône et se prosternaient devant Dieu. "Amen, disaient-ils, louange, gloire, sagesse, remerciement, honneur, puissance et force à notre Dieu pour les siècles des siècles. Amen".

Un des Vieillards prit alors la parole et me dit : "Ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils et d'où viennent-ils ? " "Monseigneur, fis-je, à toi de le savoir". Il reprit : "Ce sont les survivants de la grande détresse, ils ont lavé leurs vêtements et les ont blanchis dans le sang de l'Agneau. C'est pourquoi ils ont place devant le trône de Dieu et le servent jour et nuit dans son temple ; Celui qui trône les abritera sous sa tente ; ils n'auront plus ni faim ni soif, jamais plu le soleil ni la chaleur ne les accableront, parce que l'Agneau qui est au milieu du trône les paîtra et les mènera aux sources d'eaux vives ; et Dieu essuiera les larmes de leurs yeux.

Rupture du dernier sceau

Lorsqu'il ouvrit enfin le septième sceau, il se fit au ciel un silence d'une demi-heure environ.

Vision des sept Trompettes

Je vis alors les sept anges en faction devant Dieu : on leur donna sept trompettes.

Survint un autre ange qui se plaça près de l'autel, un encensoir d'or à la main. On lui remit quantité de parfums à offrir, avec les prières de tous les saints, sur l'autel d'or qui fait face au trône. Ainsi la fumée des parfums s'éleva avec les prières des saints, de la main de l'ange, en face de Dieu.

Cela fait, l'ange reprit l'encensoir, le remplit de braises de l'autel et les lança sur terre ; il en advint coups de tonnerre, voix, éclairs et séisme. (6) Et les sept anges aux trompettes s'apprêtèrent à en sonner.

Les quatre premières trompettes

Le premier sonna de la trompette : une grêle de feu mêlé de sang se précipita sur le sol ; le tiers du sol brûla, ainsi que le tiers des arbres et toute plante verte.

Le deuxième ange sonna de la trompette : une sorte de grande montagne ardente se précipita dans la mer ; le tiers de la mer tourna en sang, le tiers des créatures marines animées mourut et le tiers des bateaux fut détruit.

Le troisième ange sonna de la trompette : il chut du ciel une grande étoile qui flambait comme une torche ; elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources. Cette étoile s'appelle "l'Absinthe".

Ainsi le tiers des eaux tourna en absinthe et bien des gens moururent d'avoir bu de ces eaux empoisonnées.

Le quatrième ange sonna de la trompette ; le tiers du soleil, de la lune et des étoiles furent frappés, si bien qu'ils s'obscurcirent d'un tiers, que le jour perdit autant de sa clarté et la nuit pareillement.

Proclamation des trois malheurs

Cinquième trompette, premier malheur : les sauterelles

A ce point de ma vision, j'entendis un aigle qui planait au zénith dire à haute voix : "Malheur ; Malheur ; Malheur aux habitants de la terre à cause des dernières sonneries de trompettes dont les trois anges vont sonner".

Là-dessus le cinquième ange sonna de la trompette. J'aperçus alors une étoile déchue du ciel vers la terre; on lui remit la clef du puits de l'abîme, elle l'ouvrit, et il s'éleva du puits une fumée comme celle d'une grande fournaise, au point que le soleil et l'air furent assombris. De cette fumée, des sauterelles s'échappèrent sur la terre. Elles étaient dotées d'un moyen d'action analogue à celui des scorpions terrestres ; seulement on leur enjoignit de ne s'en prendre ni à l'herbe, ni à la verdure, ni aux arbres, mais uniquement aux hommes qui ne portent pas au front le sceau divin.

Elles n'avaient du reste pas l'autorisation de les tuer, mais seulement de les tourmenter, cinq mois durant, d'un tourment pareil à celui d'une piqûre de scorpion. En ces jours, les hommes chercheront la mort sans la trouver, ils désireront mourir et la mort les fuira.

Ces espèces de sauterelles avaient l'air de chevaux harnachés pour la bataille, une sorte de couronne à reflets dorés leur casquait la tête, leur face était presque humaine, leur chevelure ressemblait à celle des femmes, leurs dents à celles des lions : leur thorax paraissait bardé de fer et le fruit de leurs ailes évoquait le fracas de la charge guerrière d'un nombreux escadron de chars.

Elles ont, comme les scorpions, la queue armée d'un aiguillon : c'est par là qu'elles peuvent nuire aux hommes, cinq mois durant.

Elles ont comme roi l'ange de l'abîme : il se nomme en hébreu Abbadon, et en grec Appollyôn.

Passé le premier Malheur, voici venir encore les deux autres.

Sixième trompette, deuxième malheur : la Cavalerie infernale

Le sixième ange sonna de la trompette. J'entendis alors une voix, issue des quatre coins de l'autel d'or situé devant Dieu, dire au sixième ange qui tenait la trompette : "Détache les quatre anges enchaînés au bord du grand fleuve Euphrate". On délia donc les quatre anges tenus en réserve pour le l'heure, jour, le mois et l'année du carnage du tiers de l'humanité... L'effectif de cette cavalerie se montait à deux cent millions : j'ai entendu ce nombre. Voici comment m'apparurent chevaux et cavaliers : ces derniers étaient cuirassés d'une flamme sulfureuse bleue ; les chevaux portaient crinière léonine et leurs naseaux crachaient du feu, fumée et souffre.

Le tiers de l'humanité fut massacré par les trois fléaux en question (feu, fumée, souffre) crachés par leurs naseaux. De fait, le pouvoir nocif des chevaux résidait aussi dans la queue : comme des serpents, elles avaient une tête dont ils se servaient pour nuire.

Quant aux survivants de ces fléaux, ils ne renoncèrent même pas à leur façon d'agir, ils ne cessèrent d'adorer les démons et les idoles d'or, d'argent, de bronze, de pierre et de bois, bien incapables de regarder, d'écouter ou de marcher ; ils ne regrettèrent pas non plus leurs meurtres, leurs maléfices, leurs débauches ni leurs vols.

Intermède du petit livre ouvert

Je vis alors un autre ange vigoureux descendre du ciel, enveloppé d'un nuage, la tête nimbée de l'arc-en-ciel, le visage radieux comme le soleil et les jambes comme des colonnes de feu. Il tenait à la main un petit livre ouvert. Il posa le pied droit sur la mer, le gauche sur le continent. Puis il se mit à crier à pleine voix comme rugit un lion. A son cri les sept Tonnerres firent gronder leur propre voix. Quand ils eurent fini de parler, je me disposais à en prendre note, lorsque j'entendis une voix céleste me dire : "Scelle ce qu'on dit les sept Tonnerres et ne l'écrit point".

Alors l'ange que j'apercevais campé sur la mer et le continent leva la main droite au ciel et fit serment par Celui qui vit pour les siècles des siècles, le Créateur du ciel, de la terre, de la mer et de leur contenu qu'il n'y aurait plus de délai, mais qu'aux jours où sonnerait la trompette du septième ange serait accompli le mystère de Dieu, selon la bonne nouvelle confiée à ses serviteurs les prophètes. Alors la voix céleste que j'avais entendue se reprit à converser avec moi : "Va, me dit-elle, prends dans la main de l'ange campé sur la mer et le continent le petit livre ouvert".

Je m'avançai donc vers l'ange et le priai de me remettre le petit livre. "Tiens, me dit-il, prends-le et mange-le ; seulement il te sera aigre aux entrailles, bien qu'à la bouche il doive t'être doux comme le miel. Je pris donc le petit livre de la main de l'ange et le mangeai ; effectivement dans ma bouche il avait la douceur du miel, mais quand je l'eus mangé il me fut aigre aux entrailles.

Puis on m'expliqua : "Tu devras prophétiser derechef sur bien des nations, des peuples, des langues et des rois".

Triomphe des Témoins du Christ

Alors on me donna un roseau en guise de bâton d'arpenteur, et l'on me dit : "Debout ! arpente le temple de Dieu et l'autel avec les adorateurs qu'il renferme ; mais le parvis extérieur du temple, laisse-le en dehors de l'espace arpenté : il est livré aux païens, qui vont fouler la ville sainte pendant quarante deux mois. Cependant je donnerai à mes Témoins de prophétiser, vêtus de bure, douze cent soixante jours". C'est eux les deux oliviers et les deux chandeliers dressés en présence du Seigneur de la terre. Veut-on leur faire du tort, un éclair jaillit de leur bouche et consume leurs ennemis : qui tient à leur nuire n'a plus qu'à périr ainsi. Ces hommes ont le pouvoir de fermer le ciel pour qu'il ne pleuve pas durant leur activité prophétique ; ils peuvent aussi tourner les eaux en sang et frapper à leur gré la terre de toutes sortes de fléaux. Pourtant, lorsqu'ils auront déposé intégralement leur témoignage, la Bête qui monte de l'abîme leur fera la guerre, les vaincra et les tuera : leurs cadavres [de trainer] dans la rue de la grande ville, appelée au sens spirituel Sodome et Egypte, là même où le Seigneur a été mis en croix : de diverses nations, tribus, langues et peuples on viendra les voir pendant trois jours et demi, sans permettre de les déposer au tombeau.

Les habitants de la terre seront en liesse à leur propos et se féliciteront ; ils échangeront même des cadeaux, parce que ces deux prophètes avaient fait leur tourment.

Mais au bout de trois jours et demi un souffle de vie émané de Dieu les pénétra, ils se remirent sur pied, et une grande terreur fondit sur ceux qui les regardaient. Ils entendirent une forte voix céleste leur dire : "Montez ici ! ". Ils montèrent alors au ciel dans la nuée, sous les yeux de leurs ennemis. A ce moment se produisit une forte secousse, le dixième de la ville croula, sept mille personnes furent tuées au cours du séisme ; les autres, saisis d'effroi, rendirent hommage au Dieu du ciel. Passé le deuxième Malheur, voici venir promptement le troisième.

Dernière trompette. L'achèvement

Le septième ange enfin sonna de la trompette. De fortes voix alors retentirent au ciel : "L'empire de notre Seigneur et de son Christ est établi sur le monde, disaient-elles; il régnera pour les siècles des siècles". Là-dessus, les vingt quatre Vieillards qui trônent devant Dieu inclinèrent bien bas leurs visages et se prosternèrent devant lui en disant : "Nous te remercions, Seigneur, Dieu Dominateur, qui est et qui était, d'avoir assumé la plénitude de ta puissance royale Sans doute les païens s'étaient irrités, mais ton courroux survint avec le moment de juger les morts, pour récompenser tes serviteurs, les prophètes, les saints et ceux qui révèrent ton nom, petits et grands, et pour exterminer ceux qui ont corrompu la terre".

Le temple céleste de Dieu s'ouvrit alors, on aperçut à l'intérieur l'arche de son alliance, et il se produisit des éclairs, des voix, des coups de tonnerre, un séisme et une forte grêle.

Deuxième section de la partie prophétique

EXECUTION DES DECRETS DU PETIT LIVRE OUVERT TOUCHANT LES RAPPORTS

DE L'EGLISE ET DE L'EMPIRE

La Dame et le Dragon

Ensuite parut un grand météore : une Dame enveloppée dans le soleil, la lune sous les pieds, la tête couronnée de douze étoiles. Elle était enceinte et criait dans les douleurs et le travail de l'enfantement. Puis un second météore : un grand dragon roux, à sept têtes et dix cornes, et sur les sept têtes, sept diadèmes. Il balayait de la queue le tiers des étoiles, et les précipita sur terre. Ce dragon se posta devant la Dame prête à enfanter, pour dévorer son enfant dès qu'elle l'aurait mis au monde. Or elle enfanta un fils, un mâle, Celui qui doit mener à la baguette de fer toutes les nations païennes. Mais son enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son trône. La Dame alors fuit au désert, où elle a sa retraite ménagée par Dieu, pour y être nourrie douze cent soixante jours.

Il y avait eu guerre dans le ciel : Michel et ses anges avaient eu à batailler avec le Dragon ; le Dragon et ses anges avaient engagé le combat, mais sans avoir le dessus ; il n'y eut plus place pour eux dans le ciel. Ainsi fut culbuté le grand Dragon, le Serpent primitif, appelé Diable et Satan, le séducteur du monde entier : il fut précipité sur terre, et ses anges avec lui.

J'entendis alors une forte voix céleste dire : "Maintenant sont arrivés le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu, ainsi que l'autorité de son Christ, puisqu'on a jeté bas l'accusateur, qui accusait jour et nuit nos frères devant notre Dieu. Mais ils l'ont vaincu en vertu du sang de l'Agneau et de leur éloquent témoignage : ils ont méprisés la vie jusqu'à accepter la mort.

Partant, réjouissez-vous, cieux et vous qui en habitez les tentes ; mais gare à la terre et à la mer, parce que le Diable est descendu parmi vous, agité d'une terrible rage, sachant bien que le temps lui est étroitement compté.

Quand il se vit jeté sur terre, le Dragon se mit à la poursuite de la Dame qui avait enfanté le Mâle. Mais elle reçut les deux ailes du grand aigle pour voler au désert, jusqu'à la retraite ou elle est nourrie un temps, deux temps et un demi-temps, hors de la portée de la tête du Serpent.

Le Serpent alors de cracher contre la Dame un torrent d'eau pour la noyer. Mais la terre secourut la Dame en ouvrant la bouche pour absorber le torrent vomi par le Dragon. Celui-ci alors, de fureur, s'en alla faire la guerre au reste de sa descendance, les observateurs des ordres de Dieu et les dépositaires du témoignage de Jésus.

Il s'établit enfin sur la plage.

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 06:25

Dans nos anciens Rituels, on demandait au visiteur qui se présentait à la porte d'un Temple : « D'où venez-vous ? » — et il devait répondre : « De la Loge de Saint Jean ». Pourquoi Loge de Saint Jean ? Que dire de Saint Jean qui n'ait déjà été dit et redit. Essayons cependant.

Saint Jean, Patron des Francs-Maçons ? Mais d'abord quel Saint Jean ? Est-ce Saint Jean-Baptiste, dit « le Précurseur », celui qu'on fête au Solstice d'Eté ? Saint Jean l'Evangéliste, dit a l'Apôtre », que l'on fête au Solstice d'Hiver ? Et pourquoi pas Saint Jean l'Aumônier, dit « L'Hospitalier », dit « Saint Jean de Jérusalem » ?

Et remontant plus avant dans le temps, est-ce que Janus, Janus Bifrons, le Dieu Romain aux deux visages ne peut pas les synthétiser ?

Saint Jean l'Aumônier, dit l'Hospitalier, dit Saint Jean de Jéru­salem, fils du Roi de Chypre, alla à Jérusalem prodiguer les secours aux Croisés, pélerins et Chevaliers, et relever les Temples renver­sés par la Barbarie. A ce titre de reconstructeur des Temples, il peut être considéré — et il l'a été par certains — comme l'Ancêtre, le Patron des Francs-Maçons. Mais la Franc-Maçonnerie n'est pas seulement bienfaisance et construction. Elle est aussi, elle est surtout, élévation spirituelle. Alors, si Saint Jean l'Aumônier ne nous suffit pas, voyons Saint Jean-Baptiste.

Jean-Baptiste, dit le Précurseur, celui qui est fêté au Solstice d'Eté, celui qui baptise par l'eau, qui évoque le Bleu, couleur de nos Loges Symboliques.

En hébreu, Jean se dit « Hanan », ce qui signifie à la fois miséricorde et louange. Si l'on veut bien considérer que la miséri­corde est descendante (de Dieu vers l'Homme), alors que la louange est ascendante (de l'Homme vers Dieu), nous pouvons admettre que le Baptiste qui est fêté au Solstice d'Eté, alors que le soleil, à son apogée se prépare à redescendre, symbolise la miséricorde.

Les Manuscrits de la Mer Morte nous ont appris, sans aucun doute possible, que Jean-Baptiste appartenait à la secte des Esséniens, cette secte juive rigoriste dont l'idéal était fait de bonté, de vertu, de justice, d'ascèse et d'humilité, — en un mot de ferveur spirituelle.

Les Esséniens pratiquaient le baptême par l'eau, baptême non chrétien évidemment, sans rémission des pêchés. Il impliquait une rupture avec l'existence passée et une naissance à une existence nouvelle. C'était donc une Initiation.

C'est parce qu'il baptise par l'eau que le Baptiste est le Précurseur. Il prépare le chemin, il est l'Annonciateur, il est la Voix ; alors que l'Evangéliste sera la Parole.

Il dit : « Je vous baptise par l'eau, mais en viendra un autre, plus puissant, qui vous baptisera par le feu. »

Notons enfin que Saint Jean-Baptiste est représenté dans l'Eglise Saint-Jean de Latran de Rome entouré de sept cerfs d'argent, représentant les sept dons de l'Esprit Saint reçus avec le Baptême — et souvenons-nous que pour qu'une Loge soit « juste et parfaite » et puisse recevoir et initier un profane, il faut au moins sept Francs-Maçons.

Ce chiffre 7, nous le retrouvons chez Saint Jean l'Evangéliste, puisque son Apocalypse est représentée scellée de sept sceaux.

— Saint Jean l'Evangéliste est l'Apôtre. Alors que le Baptiste était le Précurseur, lui, il est le Témoin. Alors que le Baptiste baptisait par l'eau (bleue), lui il baptise par le Feu (rouge). Le Feu purifie, non plus en lavant, mais en consumant les éléments nuisibles. Souvenons-nous d'Hercule, purifié par le feu de la tunique de Nessus, et de Saint Jean l'Evangéliste lui-même, sorti indemne de l'épreuve de l'huile bouillante. Le Feu est l'élément capital, l'élément primordial de toutes les Initiations. Le Baptiste, lui- même, nous l'avons vu, a dit « Viendra un plus puissant que moi qui baptisera par le Feu. »

Evangéliste, son Evangile est l'Evangile de l'Amour et de l'Esprit. Souvenez-vous du premier verset : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. » Et souvenons-nous aussi qu'au Rite Ecossais c'est à cette page de l'Evangile de Saint Jean qu'est ouverte la Bible pendant les Travaux.

Alors que le Baptiste est fêté quand le soleil est à son apogée et s'apprête à redescendre, l'Evangéliste, lui, est fêté au Solstice d'Hiver, quand le soleil est au plus bas et s'apprête à remonter, comme la Louange de l'Homme remonte vers Dieu — deuxième signification, nous l'avons vu, du nom « Hanan » en hébreu.

La Lumière va réapparaître à l'Initié. Symbole de cette Lumière, Jean l'Evangéliste est souvent représenté tenant un vase sacré — référence au Graal — d'où sort un serpent, symbole de la Lumière et de la Connaissance.

Saint Jean l'Hospitalier, Saint Jean l'Evangéliste, Saint Jean- Baptiste, remontons dans le temps, voulez-vous, et nous allons rencontrer Janus, Janus, le Dieu au double visage, le Dieu romain, des « Collegia Fabrorum », c'est-à-dire des corporations d'artisans, ancêtres des Compagnons. Il faut souligner que c'est en son honneur, en l'honneur de Janus, que les Romains célébraient les deux fêtes solsticiales, d'hiver et d'été.

Janus est le « Clusius », c'est-à-dire le porteur de clefs, celui qui ouvre. Ovide dit que personne n'entre aux Cieux si Janus ne lui ouvre la porte. N'est-ce pas là la définition de l'Initiant ?

Janus peut-il être considéré comme l'ancêtre des deux Saint Jean ? A l'Eglise Saint-Rémy de Reims un vitrail représente les deux Saint Jean— le Baptiste et l'Evangéliste — en une seule figure, sorte de Saint Jean synthétisé, de Janus chrétien, et la fusion des deux Saint Jean est soulignée par la présence au-dessus de la tête de deux tournesols dirigés en sens opposé, vers les deux solstices.

Les Maçons opératifs représentaient les deux Saint Jean par un cercle pointé portant deux tangentes parallèles diamétrale­ment opposées, les points de contact des deux tangentes avec le cercle représentant les deux solstices.

Mieux encore, un bois gravé de « l'Azoth », ouvrage de l'alchi­miste Basile Valentin, représente, aux pieds d'Atlas portant la sphère cosmique, un buste de Janus et un jeune enfant épelant un alphabet. Le symbolisme n'est-il pas évident de Janus devant le Cosmos, donc Initiant, et de l'Apprenti « qui ne sait qu'épeler » ?

Cette Fête de la Saint Jean (d'Eté), ou plus précisément encore cette fête de Saint Jean-Baptiste rassemble traditionnelle­ment chaque année les Francs-Maçons de Rite Ecossais. Sommes- nous réunis comme certaines confréries pieuses pour nous délec­ter du passé pour mieux médire sur le présent, sommes-nous amateurs de folklore et de retraite au flambeau ou encore de kermesse utilitaire quant à nos relations mondaines ? Certainement pas, la vie est courte et les constructeurs que nous voulons être, ne sauraient perdre ainsi leur temps. Fêter la Saint Jean nous plonge certes, nous autres Francs-Maçons dans le passé et dans la tradition mais ce afin de travailler dans le présent pour l'avenir comme cela a toujours été notre vocation.

On a beaucoup écrit sur les origines de la fête de la Saint Jean et mon propos ici n'est pas de faire oeuvre historique mais plutôt de voir ce que cette fête peut signifier pour nous aujourd'hui.

Dans la tradition chrétienne Jean le Baptiste est considéré comme un envoyé de Dieu. Il vient, dit le quatrième Evangile, « pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il n'était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière ».

Notre tradition maçonnique ajoute des éléments intéressants quant au rôle de Jean le Baptiste. Il me suffira de rappeler Oswald Wirth l'un de nos maîtres voyant en lui « le précurseur immédiat de la lumière rédemptrice et du Christ scolaire. Et il est, ajoute-t-il, l'aube intellectuelle qui, dans les esprits précède le jour de la pleine compréhension. Apre et rude sa voix retentit à travers la stérilité du désert, éveillant les échos endormis. Ses accents véhéments secouent les mentalités rebelles et les préparent à saisir les vérités qui doivent être révélées. »

Ainsi cet homme que nous fêtons aujourd'hui, cet homme qui ne prétend pas être la Lumière, mais simplement son témoin ou encore un précurseur préparant les autres à la recevoir, cet homme- là me semble être le type même de Franc-Maçon.

Un Franc-Maçon en effet ne prétendra jamais qu'il est la Lumière, c'est-à-dire qu'il détient la Vérité.

Notre Ordre n'est pas une Eglise. D'ailleurs quelle Eglise aujourd'hui oserait dire qu'elle détient la vérité et ce pleinement et totalement, comme une propriété dont elle pourrait disposer à volonté. Les secousses qui déchirent de plus en plus les Eglises chrétiennes ont amené celles-ci à plus de réalisme et à plus de modestie. Et même si elles proclament (comme c'est leur droit), qu'elles détiennent une certaine partie de la vérité, la plupart d'entre elles le font maintenant avec humilité, conscientes qu'elles sont de la relativité des formulations dogmatiques. Sauf pour quelques intégristes attardés, ç'en est donc fait du triomphalisme ecclé­siastique qui prétendait monopoliser la lumière. Cette Eglise de jadis, si d'aventure elle voulait réapparaître, la Franc-Maçonnerie la combattrait car elle déshonore ce que ses fidèles appellent Dieu en le limitant ; elle déshonore aussi l'homme en aliénant sa liberté. La détention absolue de la vérité est une prétention dan­gereuse, qu'aucune institution ne doit avoir. La Franc-Maçonnerie écossaise ne l'a pas, pas plus qu'elle n'est prête à accepter que d'autres revendiquent ce privilège. C'est pour cette raison que notre Ordre ne saurait s'accommoder d'un régime totalitaire, quelle que soit sa tendance. Il ne pourrait y avoir qu'une entreprise de destruction de l'homme tel qu'il le conçoit ainsi qu'une destruction des libertés essentielles sans lesquelles un homme digne de ce nom ne peut vivre. Et l'histoire nous a appris que ces atteintes aux droits de la personne comme aux libertés sont toujours le fait de fanatiques politiques ou religieux se croyant seuls détenteurs de la vérité. Comme tout homme éclairé le Franc-Maçon ne peut qu'être un témoin de certaines vérités, c'est là en particulier un des premiers exemples fourni par la personne de Jean le Baptiste.

Il serait intéressant de voir maintenant ce qu'était l'action de Jean le Baptiste, telle qu'elle nous est rapportée par la tradition.

Son message est tout entier tourné vers la repentance, vers le retour sur soi-même, vers une remise en question radicale, le tout symbolisé par la purification par l'eau, conduisant à la ren­contre de Dieu. Aussi je ne puis m'empêcher de penser au « Con­nais-toi toi-même », une des plus belles maximes philosophiques éclairant notre Ordre Maçonnique.

En effet comme l'écrit le Philosophe Léon Brunschwig (Le progrès de la Conscience). « Un fait s'est produit au Ve siècle avant Jésus-Christ. Un appel à la conscience de soi qui devait marquer d'une empreinte indélébile le cours de notre civilisation ». Le précepte socratique « Connais-toi toi-même », qui, nous dit-on, figurait au fronton du Temple de Delphes et qui fut repris par Socrate, ne saurait seulement consister en une sorte de technique de l'introspection visant à faire l'inventaire de nos tendances et de nos aptitudes, non plus à procéder à une enquête dont on pourrait voir le prolongement dans ce que l'on appelle de nos jours les sciences humaines. Le « Connais-toi toi-même » socra­tique est et veut être plus que cela. Il dépasse la sphère de notre individualité et débouche sur la personne. Il s'agit de prendre conscience de ce qu'il y a d'essentiellement vrai dans la condition de l'homme. Il s'agit de prendre conscience de ce qui en tout homme dépasse l'homme lui-même et lui donne un sens et le fonde, c'est-à-dire l'Esprit lui-même. Plus que psychologique, la significa­tion du « Connais-toi toi-même » nous apparaît comme éthique et métaphysique car il s'agit pour Socrate comme pour tout Franc-Maçon de découvrir en l'homme la valeur qui le fonde. Il s'agit pour Socrate comme pour tout Franc-Maçon de faire et de refaire sans cesse le bilan de lui-même, c'est-à-dire de se situer par rapport à cette valeur. Et ce message de Socrate vieux de deux mille cinq cents ans nous paraît plus que jamais actuel. L'homme de notre temps comme l'homme de tous les temps doit de son propre effort refaire lui-même son chemin vers la lumière que nul ne peut faire pour lui et dont nulle technique aussi avancée soit-elle ne saurait le dispenser. Et quel est le chrétien sincère, fréquentant nos Loges ou non, qui osera nous dire qu'un tel principe n'est pas conforme à sa foi et n'est pas un des éléments essentiels de ce qu'il peut appeler son examen de conscience ? Et cela est valable pour tous les esprits religieux. Quel est l'humaniste réflé­chissant honnêtement sur la nature humaine qu'il soit maçon ou non qui oserait qualifier d'obscurantiste une pareille démarche de l'esprit ?

Qu'on parle d'une forme de repentance devant un Dieu per­sonnel et révélé ou encore de remise en question de soi-même par rapport à l'ordre universel que la méditation personnelle fait per­cevoir ne s'agit-il pas au fond des mêmes démarches, des démar­ches de progrès que Jean dans l'Evangile appelle le témoignage rendu à la lumière et que la Franc-Maçonnerie appelle aujourd'hui la recherche perpétuelle de la vérité.

En effet, il n'est pas de sagesse initiatique qui ne passe par un sérieux retour sur soi-même et une sévère remise en question de ses pensées. C'est à cela que tend avant tout l'initiation maçon­nique. L'homme qui chercherait d'abord à vouloir changer la société avant de se changer lui-même, l'homme qui s'attaquerait à ce qu'on appelle les structures avant de se regarder d'un œil critique, celui- là risquerait de rester toujours dans les ténèbres et de ne jamais trouver la voix de la lumière tracée par Jean.

Car Jean dans sa prédication sévère ne renverse pas la société de son temps ni son ordre. Dans la Palestine occupée à l'époque par les Romains cet ordre était symbolisé par deux éléments fon­damentaux, l'armée et les publicains, collecteurs d'impôts. Et vous imaginez aisément comment ces deux institutions pouvaient paraître tyranniques et injustes. Aux publicains qui viennent vers lui Jean dit : « N'exigez rien au-delà de ce qui vous a été ordonné », aux soldats qui lui demandent ce qu'ils doivent faire Jean répond : « Ne commettez ni extorsion ni fraude envers personne, et conten­tez-vous de votre solde. »

Jean ne renverse donc aucune institution établie car il sait qu'elles sont nécessaires à la vie de ce monde ; il veut simplement d'elles qu'elles fonctionnent conformément à la raison et à la justice. De même Socrate, évoqué tout à l'heure à propos du « Connais-toi toi-même », sait accepter les institutions de ce monde et, alors qu'il vient d'être condamné injustement par la cité et que ses amis le pressent de s'enfuir, il déclare dans l'admirable Prosopopée des lois : « Si je m'échappais, si je m'enfuyais comme un esclave puni par son maître ne crois-tu pas que les Lois vien­draient me trouver et me diraient : « En ne te soumettant pas au décret, Socrate, sais-tu que nous les lois, tu nous détruis, et que tu renverses la Cité qui est fondée sur les Lois ? Oublies-tu que parmi nous il en est une qui est la première de toutes, c'est celle qui impose à tous les citoyens d'obéir aux décrets qu'ont pris les maîtres de la cité démocratique ? Tu diras que tu as été condamné injustement, que le décret des juges est inique. As-tu le droit de choisir entre les lois de ton pays celles qui paraissent te nuire ? Tu dois à ces lois la liberté de ton père et de ta mère, ton éducation, ton instruction, mais parce qu'il en est une qui t'envoie à la mort tu voudrais les transgresser ? Si tu faisais cela, la cité périrait. »

Faudrait-il classer Socrate dans la catégorie des résignés ou de ceux qui se veulent étrangers à la cité ? Ce serait une grave erreur. Car il proclame en face des sophistes et des politiques (nous dirions aujourd'hui des démagogues) qu'il est au contraire un des rares athéniens qui s'attache au véritable art politique et qu'il est le seul à le pratiquer aujourd'hui (Gorgias). En effet il est celui qui dans la cité ne cherche que la vérité et qui subordonne tout à cette recherche ; il est celui dans la cité qui ne veut parler et agir qu'en vue de la justice. Il est le seul dans la cité qui de toute son âme s'efforce à rendre les citoyens aussi parfaits que pos­sibles. Rendre les citoyens, rendre les hommes aussi parfaits que possible. Voilà pour Socrate le véritable art politique, la fin de toute politique digne de ce nom. Et force lui est de constater que ceux qui le condamnent ou le condamneront n'agissent pas selon les mêmes principes et les mêmes fins. Or n'est-ce pas là le projet fondamental du Franc-Maçon écossais ? Ne veut-il pas comme Socrate travailler au perfectionnement moral de tout homme ? Et travailler au perfectionnement moral de tout homme n'est-ce pas travailler au perfectionnement de la cité, nous dirions aujourd'hui de l'humanité ?

Ainsi au rôle facile de briseur d'institutions le Franc-Maçon écossais préfère celui plus ingrat et plus difficile de vigile de l'humanité et de la société.

Il se sait pleinement participant à l'une et à l'autre. Vouloir le nier, même par les artifices les plus subtils comme c'est la mode chez certains intellectuels relève pour lui de l'utopie, et la Franc- Maçonnerie n'est pas synonyme d'utopie.

Aussi, acceptant cette humanité et cette société avec ses servitudes petites et grandes, le Franc-Maçon cherche à construire en améliorant. Que le publicain soit honnête, que le soldat se contente de sa solde, voilà ce qu'exige Jean. Que l'homme fasse un retour sur lui-même, qu'il agisse le plus honnêtement et le plus raisonnablement possible là où il est, voilà ce à quoi appelle la Franc-Maçonnerie. Certes il se peut que ces retours sur soi opérés par ceux qui voudront suivre cette voie, aboutissent à des change­ments de structures. Les Francs-Maçons ont l'esprit suffisamment ouvert pour accepter ces changements. Cependant ceux-ci doivent être produits par des changements profonds de l'âme humaine sous peine de n'être que de ces sinistres farces que périodique­ment certains démagogues aiment jouer à leurs semblables.

Une situation d'humble témoin devant la lumière de la Vérité, un retour sur soi-même sans faiblesse ni complaisance, une priorité à donner à ce retour par rapport à une quelconque rénovation des structures qui nous entourent, voilà la triple exhortation qui ressort du témoignage de Jean, patron des Francs-Maçons écossais. Suivre cette exhortation c'est se donner la base spirituelle nécessaire pour pouvoir utiliser la science sans danger pour l'humanité et jamais le Franc-Maçon ne sera à cet égard un apprenti sorcier.

Ainsi vivre d'une manière maçonnique la Saint Jean (d'été) c'est aujourd'hui savoir assimiler le progrès pour avancer sans crainte dans la voie de la connaissance, c'est dépasser le folklore simplet en sachant se placer en harmonie avec les grandes lois de la nature. Comme l'a écrit notre Frère Ragon « Ce n'est pas pour adresser des prières à Saint Jean que nous nous trouvons réunis ; nos cérémonies ne nous prescrivent rien de semblable et l'esprit de l'ordre s'y oppose même puisque la Maçonnerie est indépendante des religions, qu'elle est de tous les siècles, de tous les pays, et que la vérité n'est qu'une... Non, mes frères, l'histoire de tous les peuples apprend qu'à pareille époque, l'univers offre chaque année, le spectacle immense d'une seule fête : que la maçonnerie si féconde en heureuses et sublimes allégories a dû saisir celle qui lui offrait si facilement un des plus grands phéno­mènes de la nature, le triomphe complet de la lumière sur les ténèbres. »

 

Source : www.ledifice.net

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