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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 06:52

‘‘Les Kabbalistes et les Achimistes ont réalisé que sans les deux principes, Masculin et Féminin, rien n'aurait été possible ''

Grand Kabbaliste et alchimiste, Arturo Schwarz dresse le parallèle qui existe entre la Kabbale et l'Alchimie, dans le fond de leur enseignement. En effet, dans des langages différents, ces deux voies mènent au même but, qui est le dépassement de la dualité et le retour de l'unité originelle de l'homme.

En mettant l'accent sur l'unité du Tout, les kabbalistes et les alchimistes ont réalisé que le commencement de l'évolution aurait été impossible si ce Tout n'avait pas déjà compris, sous une forme latente, les principes masculin et féminin dont la relation complémentaire est le moteur du processus de différenciation. Il est écrit dans le Rosarium Philosophorum, oeuvre classique du XVIe siècle : «le Sol (le Soleil, le Mâle, l'Adepte) et la Luna (la Lune, la Femelle, la Soror mystica) sont contenus en puissance, virtuellement, dans notre Pierre... Les Philosophes ont donc appelé la Pierre «Soleil» et «Lune» parce que le Soleil et la Lune y sont potentiellement contenus». On retrouve des idées similaires dans de nombreux textes de kabbale.

Un autre schéma de base de la pensée kabbalistique et alchimique est une suite logique du postulat de l'unité du Tout, résumée dans l'idée de la «non-dualité de la dualité». La polarité du masculin et du féminin est le modèle de base de toutes les autres polarités : chaleur et froid, nuit et jour, vie et mort, joie et tristesse, etc. La synthèse des deux termes de la polarité est exprimée métaphoriquement par le thème de l'inceste. Comme le souligne Jung : «l'Alchimie considère cette synthèse comme l'un de ses objectifs essentiels... (et la) représente souvent sous la forme de l'inceste entre frère et soeur». Le thème de l'union des principes masculin et féminin est également vu comme l'origine de l'univers, thème largement répandu, tout comme, selon la Torah, l'origine du genre humain est la conséquence de l'union des ancêtres primordiaux, Adam et Eve.

La tendance à la différenciation de la matière primordiale pour aboutir à ses éléments inhérents masculin et féminin a pour origine la complémentarité de principes antagonistes, la polarité obtenue étant réconciliée, au niveau mystique, par «l'inceste métaphysique». L'inceste, à son tour, n'est rien d'autre que l'allégorie désignant la nature androgyne de l'individu. L'une des préoccupations majeures des kabbalistes et des alchimistes est la conciliation de la polarité des principes masculin et féminin pour donner naissance à un troisième terme qui n'est pas une synthèse statique du masculin et du féminin, mais un troisième élément, entièrement nouveau et dynamique, l'androgyne, l'Adam kadmon, comme il est nommé dans les écrits kabbalistiques, dont les éléments masculin et féminin ne s'annulent pas l'un l'autre mais se mettent mutuellement en valeur.

L'androgyne n'est donc pas la somme de deux éléments antagonistes, c'est un nouveau stade réunissant harmonieusement les caractéristiques essentielles des éléments masculin et féminin en compétition et complémentaires à la fois. Dans les écrits kabbalistiques, l'union des principes masculin et féminin n'est jamais considérée comme une annihilation de leurs caractéristiques, non plus que comme la création d'une autre puissance divine androgyne. Pour Moshé Idel, «la kabbale théosophique n'est pas intéressée par une restructuration radicale de l'existence que ce soit par la transformation du féminin en masculin ou par leur fusion finale en une entité bisexuelle ou asexuelle. Les kabbalistes préfèrent parler d'amélioration des processus qui se déroulent entre les éléments polaires qui opposent les univers terrestre et divin». La métaphore employée dans le Zohar «l'homme suprême, primordial» (Adam Kadamah Ila'ah) ou, plus simplement, «l'homme originel» (Adam Kadmon), souligne la dualité des aspects masculin (le «Père» clair) et féminin (la «Mère» sombre) de l'Adam Kadmon. Il existe une correspondance frappante entre la composition binaire de l'Adam Kadmon et l'androgyne de l'alchimie occidentale dont le nom, le Rebis (res-bis), désigne la chose double, et souligne la dualité de ses caractéristiques sexuelles. L'androgyne est une allégorie de la personne à l'état de complétude enrichie par la contribution de ses deux aspects, féminin et masculin. Chacun de ces aspects constitue ainsi la moitié de l'être intégré. Le Rebis, tout comme l'Adam Kadmon, désigne le moi intégré, il est l'image parfaite de la totalité unitaire de la psyché. Le Tout individuel, le homos totus de la tradition alchimique, ou l'Adam Kadmon de la littérature kabbalistique, est l'initié qui se reconnaît dans les deux aspects de sa personnalité, femelle et mâle à la fois. Une prière micrographique, écrite sous la forme d'un kabbaliste en prière portant une couronne représente l'accession à la prise de conscience par un processus d'identification qui hisse «sa conscience du niveau individuel au niveau divin, réalisant ainsi l'union avec son propre reflet, l'Adam Kadmon, lui-même réflexion du divin». Dans la Torah, le Talmud et les écrits kabbalistiques, nous trouvons de nombreuses allusions à notre origine bisexuelle et à notre nature spirituelle androgyne. Dans la Genèse, par exemple, la création du premier être humain est formulée ainsi : Dieu créa l'homme à son image... mâle et femelle Il les créa».

La kabbale, tout comme les textes alchimiques orientaux et occidentaux anticipent avec une précision surprenante l'idée de Jung au sujet de la psyché androgyne : tout homme porte en lui une image du féminin, l'anima (correspondant au bat zug de la kabbale) qui est un élément actif de sa psyché ; de la même manière, toute femme porte une image du masculin en elle, qui constitue un élément également actif de sa personnalité, l'animus (correspondant au ben zug de la kabbale). Selon la formulation de Jung «l'inconscient de tout homme recèle une personnalité féminine, et celui de toute femme, une personnalité masculine». Deux alchimistes du XVe siècle ont exprimé la même idée : «une ombre suit continuellement le corps de celui qui marche au soleil..., il en est de même de notre hermaphrodite adamien qui, bien qu'il apparaisse sous une forme masculine, emmène toujours Eve avec lui, sa part féminine cachée dans son corps» ; et : «Adam porte une Eve invisible cachée dans son corps». D'après la littérature ésotérique juive, tout individu abrite le Zeir anpin (le principe mâle) et la Shekhina (le principe femelle), et l'union du premier, autrement dit une prise de conscience, avec le second, illustre allégoriquement la croyance que l'immortalité est atteinte par l'individu qui devient conscient de son moi intrinsèque.

Je souhaiterais souligner les conséquences du principe philosophique qui gouverne la pensée alchimique et kabbalistique telle qu'exprimée dans la formule lapidaire «non-dualité de la dualité». La non-dualité de la dualité sous-entend que le féminin est un aspect du masculin et vice versa, et que l'existence de l'un dépend de l'existence de l'autre. Les deux éléments sont complémentaires plutôt qu'antagonistes. Tout peut être soi et autre chose en même temps ; ces éléments contiennent donc leurs propres contraires sans que leur identité en soit altérée de quelque manière que ce soit. Ceci devient possible quand les idées qui sont contradictoires sont élevées à un niveau où les contradictions cessent d'exister et ne sont donc plus applicables.

Source : http://www.guerashel.com/

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Published by Arturo Schwarz - dans Kabbale
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