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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 06:18

"Kabbalah": appellé aussi "Torah shebealpeh" (Torah orale); traduit généralement par tradition. Le terme de kabbalah signifie "reception" et désigne en fait une action - non achevée. Selon les sources traditionelles, la Kabbalah désigne donc le sens sacré - et secret - de la Torah, révélé à Moïse au Mont Sinaï. Selon les historiens, le mouvement de la Kabbalah est un mouvement historique dans l'histoire des Idées, une forme littéraire, et les premiers écrits remonteraient d'après les plus récentes recherches au 8e-11e siècle. Gershon Sholem situait le début de ce mouvement au 11e siècle au Nord de l'Italie, ses élèves, Moshe Idel entre autres, ont trouvé des écrits de Cabbale chrétienne datant du 1àe siècle, et Assi Farber, récemment, a fait remonter le mouvement au 8e siècle.

"Mekoubahl": celui qui a reçu la Kabbalah, l'initié.

le mot est un passif: le reçu

Celui dont la prière est reçue: pour la tradition juive, donc, le mekoubahl est celui qui a reçu un enseignement, qui s'est élevé, et dont la prière est "reçue". Et c'est parce que sa prière est reçue que l'on sait que cet individu a vraiment hérité de l'enseignement de la Kabbalah, de la tradition.

 "Mystique chrétienne": "Cabbale chrétienne". On a longtemps différencié des mouvements qui apparaissent de plus en plus comme ayant la même source, c'est-à-dire la Cabbale chrétienne de la Renaissance. On a par exemple distingué ainsi le mouvement hermétique (corpus hermeticus) en voyant en lui un précurseur de la Cabbale chrétienne. Il semblerait aujourd'hui admis qu'il s'agit d'un faux, beaucoup moins ancien qu'il ne semble, crée en fait au début de la Renaissance. Les mouvements des Rosecroix, des francs maçons détiennent en eux tant d'allusions à la Cabbale et à ses thèmes que je les interprèterai comme des ramifications de la Cabbale chrétienne plutôt que comme des mouvements fondamentalement différents. Le mouvement de la Cabbale chrétienne est né vers le 13e siècle, épanoui avec la Renaissance et la découverte de l'Hébreu par une Europe qui s'éveille aux problèmes des traductions bibliques et qui s'interesse au mouvement de la Kabbalah parce qu'elle lui offre une relecture révolutionaire du texte sacré.

Or ce mouvement de la Cabbale chrétienne, foncièrement révolutionaire et fondamentalement universaliste à l'origine, va être récupéré par les forces conservatrices de l'Eglise, ce qui va aboutir dans un premier temps à l'etouffement d'un certain nombre de thèmes trop révolutionaires du point de vue théologique, puis dans un second temps à la déformation, la mise-hors-contexte de thèmes perçus auparavant dans leur sens Juif ou universaliste.

 Le Texte et ses Problèmes

Je voudrais évoquer pour ceux qui n'ont pas un contact direct avec l'Hébreu le sens profond, enraciné dans l'originalité d'une langue, de la Kabbalah.

Il est absurde d'assimiler la kabbalah à toutes les autres formes mystiques orientales ou occidentales comme a pu le faire Antoine Favre dans son ouvrage Accès de l'Esotérisme Occidental, qui reprèsente un exemple caractéristique de tentatives de récupération de l'originalité de la Kabbalah. La Kabbalah est enracinée dans une langue, une tradition. Elle ne peut donc pas être assimilée à la simple retransciption hébraïque d'une mystique universelle.

Le texte de la Torah est un texte non ponctué dont le sens est donc a priori multiple.

Les lettres qui le constituent ont à la fois une valeur numérique et une valeur consonantique. Certaines lettres peuvent être inscrites ou non (le vav), donnant "le sens plein" ou "le sens faible" d'un mot. C'est ainsi que le mot Toldot est écrit cinq fois et de façons différentes dans le texte de la Génèse, et puisque ce mot désigne l'histoire des engendrements, le devenir d'un individu et de sa lignée, l'individu auquel sera attribué le substantif plein de toldot avec deux vavs sera considéré comme un juste (Avraham, et Ishmael après que ce dernier ait fait tshuva).

Les lettres ont de plus un sens sacré particulier, venu d'après la tradition de leur origine puisqu'elles auraient été données au Mont Sinaï avec la Torah.

Quelques exemples

Les récurrences de lettres et de mots posent problème car ces récurrences font sens. On trouve ainsi des récurrences logiques du 6-7 (toutes les 6e et 7e lettres) 49-50 (toutes les 49e et 50e lettre) qui forment des mots sur la totalité de la Torah, récurrences faisant sens avec le niveau simple du texte (pshat) : 6-7e jour= shabbat.

Autre problème du texte: les formes élliptiques: "Et vous les mettrez à vos bras et sur vos âmes". "les": qu'est-ce-que-c'est? Seule la tradition orale transmise par le Judaïsme a gardé le sens de ce référent, donc a priori, même pour le discuter, la Cabbale chrétienne n'a pu que s'adresser à cette tradition pour la compréhension du texte biblique.

D'autre part, si vous cherchez dans le texte écrit de la Bible une seule explication sur l'Au-Delà, vous resterez bredouilles. Cela ne veut pas dire que l'Au Delà n'interesse pas la Torah, mais c'est trop évident pour elle pour être discuté. C'est un phénomène similaire en linguistique aux formules élliptiques éludant les mots les plus communs de notre existence.

Or la tradition orale, la Kabbalah offrait des connaissances sur ces sujets que la Torah elle même passait sous silence. Ce sont tous les thèmes de la tradition orale Juive qui ont interessé la mystique chrétienne que je vais à présent étudier.

Les Thèmes et l'alphabet

L'alphabet. Les Sephirots. La Guématria. Le Tétragramme. Les transmutations de l'âme. La messianité.

 

L'alphabet a donc un sens sacré, c'est-à-dire que chaque lettre, prise à part, a un sens. Chaque mot, chaque nom est ainsi, selon la Kabbalah, un message, et dans le cas d'un être vivant, ce message annonce sa destinée. Mais la compréhension de ces messages est révélée, enseignée par les mekoubalims à leurs élèves. Elles n'est pas une invention individuelle.

Or dans la Cabbale chrétienne, c'est la suite logique del'alphabet qui va être entendu comme un message unique. On trouve ainsi tout un poème de Guy Le Fèvre de la Boderie qui est un poème ésotérique où il force véritablement le sens des lettres hébraïques afin de leur faire constituer une phrase annonçant qu'il est la maison d'un prince, venu et à venir.

Avant cette tentative assez extrémiste, les autres Cabbalistes chrétiens et surtout Pic de la Mirandolle, avaient perçu l'importance de l'alphabet, et après les thèses de Pic présentées à Rome, on trouvait déjà des grammaires hébraïques chrétiennnes (rédigées en Latin), donnant la valeur phonique numérique et le sens traditionnel de chaque lettre de l'alphabet dès la première leçon.

Or on voit assez le danger d'une telle information, retranscrite sans l'intermédiare du maître traditionnel et sans le contexte originel. Le sens sacré devient vite un jeu pour l'esprit. Quand Guy Le fèvre de la Boderie jouait avec l'alphabet hébraïque, il ne faisait pas que déformer le sens des lettres: il montrait qu'il n'avait pas compris qu'il s'agissait d'une science transmise par un enseignement, et que tout un chacun n'est pas doué d'une vue générale nécessaire cependant pour extrapoler ces connaissances.

La Guématria

Au sens sacré des lettres s'ajoute la guématria, soit leur valeur numérique. Or la guématria est elle aussi une science et non un jeu de calcul mental. La guématria ne doit pas être une création de tout individu. On apprend les guématriots et le sens des associations des mots ayant les mêmes guématriots ne doit jamais venir contredire le sens du pshat , c'est à dire le sens du niveau simple du texte de la Torah. ex: Nakhash et Mashiakh.

Or les Cabbalistes chrétiens de la Renaissance ont évacués des guématriots telles que celle-ci. Comme beaucoup de mouvements mystiques chrétiens modernes du type Acropole emportés par leur vision universaliste d'une Mystique Universelle et aveuglés le plus souvent par une méconnaissance de l'Hébreu (je vous renvoie à l'ouvrage édifiant de M Wirshovski sur les connaissances réelles de la langue hébraïque qui étaient celles de Pic de la Mirandolle: Pic de la Mirandole's Encounter with Jewish Mysticism ), les Cabbalistes chrétiens ont peu à peu extrapolé sur de maigres connaissances pour démontrer leur idéal au lieu de persévérer dans leur découverte originale. La guématria qui est une science, est devenue entre leur main un simple outil, et on reconnait à ce trait les textes cabbalistes chrétiens des théories kabbalistiques originelles: il y a contradiction le plus souvent entre les différents niveaux de significations, et la guématria y devient un jeu de l'esprit. cf verset 24.

 

Les Sephirots

Les sephirots correspondent à des degrés de perception de la divinité, puisqu'il est essentiel de ne pas oublier l'Unité absolue de D. dans le Judaïsme. Simultanément les sephirots désignent des degrés de développements spirituels de l'individu. Or les trois sephirots "supérieures" Keter Hochma et Binah ont été alternativement avec Hod Netsakh et Yesod issues de leur contexte pour être interprétées dans le contexte chrétien de la Trinité. Je ne veux pas m'attarder ici sur le sens traditionnel des ephirots qui est un sujet beaucoup trop ardu pour être expliqué en quelques minutes et qui de plus reste une thème très délicat, réservé véritablement aux initiés et à des enseignants de beaucoup supérieurs à moi. Ce que je tiens à souligner, c'est là encore l'explosion d'un thème traditionnel dont on ne va retrouver que des bribes réutilisées dans une optique donnée.

Cette optique est évidemment catholique à son origine. Mais avec l'existence autour du roi de France d'un groupe de poètes "nationalistes", on assiste à une récupération de ces thèmes pour expliquer l'héritage du roi de France, verus Israel et même verus David. On assimile la fleur de lys avec la Shsoshana, la rose du désert, on reprend les bénédictions dites le matin dans un sens mystique et le coq qui est béni de chanter la fin de la nuit et de l'éxil devient le coq français, le Goel devient le Gaulois.

Qui sont ces Cabbalistes?

Guillaume Postel; Jean Bodin (bien que moins plus authentique dans sa découverte et son enthousiasme pour la Kabbalah); Louis Le Roy (responsable pour de nombreuses fièvres hystériques messianiques dans toute l'Europe); Jean et Guy Le Fèvre de la Boderie (qui ont participé à l'élaboration de la Polyglote d'Amsterdam).

 Peu à peu le mouvement de la Cabbale chrétienne se concentre sur deux thèmes majeurs:

le tétragrame.... pour en faire un pentagrame.... cf verset 24.

le Messie et les dates prophétiques de sa venue. (NB Newton)

 On ne comprend rien à l'émergence de ces mouvements de Cabbale chrétienne si on ne les replace pas dans le contexte des prédictions messianiques et des grands troubles sociaux qui agitaient leur époque.

A l'époque de la Renaissance, les Juifs et les Chrétiens, selon des prédictions différentes, vivent une attente messianique intense.

* Il semblerait (au vu du scandale causé par les découvertes de Gallilée) que cet espoir repose en partie sur des calculs planétaires. Une fois acceptés, ces changements de point de vue astrologique sont perçus comme des bouleversements de l'Univers du type de ceux décrits par le midrash avant le déluge.

* On s'appuie aussi sur des textes annonçant l'arrivée du Messie après un nouveau déluge (Talmud mal compris puisque le Talmud précise qu'il s'agirait, dans cette option messianique, d'un déluge de feu), après des épidémies( Apocalypse selon Jean) qui ne sont pas difficiles à trouver puisqu'elles suivent les armées dévastant alors l'Europe (aujourd'hui on assiste à une même reprise d'hystérie collective aux USA avec le SIDA).

* Le Maharal à la fin de la Renaissance envoie ses talmidei rahamims enseigner les foules à travers l'Europe, et selon la tradition Juive, le messie aurait pu effectivement venir.

* On assiste à des mouvements millénaristes: les flagelllants... suivis de progroms.

* Des tentatives de Missionarisme: Guillaume Postel veut utiliser ses connaissance pour convertir les Juifs et les Mahométans à sa religion universelle.

Jean Bodin rêve aussi d'une religion universelle, mais il est beaucoup plus tolérant.

Shakespeare aurait été un Cabbaliste chrétien? ... Me Haudry Perenchio L'école de la nuit

*Certains se prennent pour le Messie

Il faut peut-être commencer par Pic de la Mirandole. Il y a dans la tradition Juive une idée - que l'on trouve citée entre autre par Ramban dans La Dispute de Barcelone mais dont je n'ai pu trouver la source exacte: le Messie, à l'âge de 33 ans devra aller à Rome convaincre le Pape avant de rappeller les éxilés. <(33=lev)

Rome... Le Pape: le dirigeant du dernier éxil qui est celui de Rome. Mais ce qui est interessant c'est que Pic de la Mirandole venant défendre ses thèses sur la Kabbalah à Rome répond tout d'abord à la même logique. Il l'explique clairement à plusieurs reprises. Il lui faut convaincre le Pape afin de hâter la venue du Messie. C'est très interessant et ça nous montre surtout l'aspect révolutionaire de la Cabbale chrétienne à ses débuts.

En effet dans le Judaïsme, il y a deux messies: Mashiakh Ben Yosef

Mashiakh Ben David

 Mais dans le christianisme, d'une part le Messie est déjà venu, d'autre part le Pape est censé être son représentant sur terre.

 1 ) Il semblerait que Pic de la Mirandole ait connu le sens de Ketz Haiamim: il faut convaincre le Pape parce que le Ketz ce n'est pas la fin du monde.

2 ) Pic de la Mirandole se prenait-il pour le 1er Messie, pour le 2ème, ou pour une réincarnation de Jésus?

Guillaume Postel, lui, développe clairement une théorie selon laquelle, dans une vision très gnostique, la "mère universelle", une mage de Venise, lui apprend qu'il est une réincarnation messianique, un "Père Universel" et qu'il va avoir des révélations et subir une transfiguration lui permettant de connaître la date de la venue messianique.

Louis Le Roy, lui prophétise aussi sur les dates messianiques, et se théories sont encore amplifiées par les traductions et commentaires en Angleterre et en Allemagne, par les frères Harvey, Culpepper, John Colet et John Dee en Angleterre, par Reushlin en Allemagne. L'idée d'un Meesie réincarné s'estompe cependant peu à peu de la Cabbale chrétienne, si ce n'est de l'image charismatique du Roi saint oint du seigneur.

Il reste à se demander si les derniers avatars de cette croyance ne sont pas Nwton, Victor Hugo, et Freud lui-même qui écrivait dans sa correspondance privée qu'il avait failli à sa mission et n'avait pu aller à Rome pour l'anniversaire de ses trente trois ans (David Bakan: Freud et la Tradition Mystique Juive)

Les Dangers de ces Emprunts

Une volonté universaliste despote fait perdre de vue l'originalité de la tradtion juive, et surtout de son message, qui ne peut être qu'un message monothéiste. Je voudrais citer ici M. Favre dans son introduction à Accès de l'ésotérisme Occidental:

..."le corpus ésotérique des religions abrahamiques représente un immense trésor d'herméneutique dans lequel les hommes d'aujourd'hui, même ceux qui ne se rattachent à aucune tradition, peuvent venir puiser des enseignements dont notre époque éprouve de plus en plus consciemment, semble-t-il, le besoin." (po.cit. p31)

C'est une invite à la confusion entre toutes les valeurs, et entre toutes les originalités propres à chaque religion. C'est devenir aveugle au message et nier la valeur de la tradition. On ne peut étudier honnêtement une tradition ésotérique sans croire à ses bases, et passer outre c'est aboutir indubitablement à une déformation. C'est en voulant imposer son sens chrétien à des textes d la trdition orale juive que l'Eglise a abouti, malheureusement, à des excommunications de certains de ses membres, à des bûchers pour les Juifs, et aujourd'hui encore à de tristes anathèmes comme celui "d'inversion": on ne peut traiter l'autre que d'inversion quand on n'a pas compris l'originalité de son message.

Source : http://www1.alliancefr.com/kabbale-et-cabale-news9,32,600.html

 

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 06:38

7. Guematria  

La guematria est une méthode d’ouverture, d’interprétation et de dynamisation de la pensée. Ce n’est qu’un prétexte, un tremplin, à la réflexion. Elle ne doit pas se réduire à une simple technique.  

Elle permet une lecture infinie des mots et des textes. Le livre devient le lieu d’une explosion, illustré par l’expression« lire aux éclats ».  

La numérotation alphabétique est de base décimale. Elle associe une valeur aux 22 lettres,plus les 5 finales, selon trois niveaux :  

  •  
  • Les 9 premières lettres : unité simple, de 1 à 9.
  •  
  • Les 9 suivantes : dizaines, de 10 à 90.
  •  
  • Les 4 dernières : centaines 100 à 400 ; les 5 finales : centaines de 500 à 900.   

Les lettres kaf, mèm, noun, samèkh, pé et tsadé ne s’écrivent pas de la même façon quand elles sont en fin de mot, et ont des valeurs numériques différentes. Cependant, chez la grande majorité des kabbalistes cette règle n’est pas respectée.  

La guematria simple est la plus utilisée. C’est l’addition des valeurs numériques des lettres constituant le mot.  

La guematria simple déployée consiste à écrire les lettres constituant le mot, et à faire l’addition de toutes les valeurs. Ex : pour yélèd, yod-lamèd-dalèt, yod s’écrit yod-vav-dalèt (10+6+4=20), lamèd s’écrit lamèd-mèm-dalèt (30+40+4=74), dalèt s’écrit dalèt-lamèd-tav (4+30+400=434), pour un total de 528.  

La petite guematria ne tient compte que des unités. Ainsi 10 et 100 deviennent 1. Les résultats supérieurs à 9 sont réduits (26 devient 2+6=8).  

La guematria dynamique cumulative (riboua) écrit le mot en une suite progressive de lettre. Ex : pour VIE, V, puis VI, puis VIE. La somme se fait sur l’ensemble.  

La guematria différentielle s’intéresse au lien numérique entre deux lettres. Ex : entre chin (300) et mèm (40), le lien est de 260.  

La guematria selon l’ordre alphabétique (guematria sidouri) donne à chaque lettre la valeur numérique correspondant à sa place dans l’alphabet.  

Le kollel est l’ajout de 1 à la valeur usuelle du mot. C’est la méthode « avec inclusion ».  

7.1.Exemple d’interprétation : en sof, le masculin et le féminin  

La guematria montre que la lumière (or) a une valeur de 207, et la réception (qabbala) de 137. La kabbale et le lien entre la lumière et la réception, et vaut 207 – 137 = 70. Or le secret (sod) vaut 70.  

« Masculin » a la même valeur numérique 227 que « comme la lumière » (ké-or) et « Féminin »que ké-qabbala avec 157. Le lien entre masculin et féminin est aussi de 70 et constitue le secret fondamental de la kabbale.  

En hébreu, « existence » est un anagramme du Tétragramme, et a la même valeur numérique 26. Amour vaut 13, et la rencontre de l’amour entre masculin et féminin vaut donc 2*13=26.  

7.2. Curiosités avec les nombres parfaits et amicaux  

Le mouvement kabbalistique a eu des nombreuses rencontres avec les mathématiques. Ainsi, il existe de nombreux parallèles entre la kabbale et la fraternité pythagoricienne. Les influences ont dû être réciproques.  

Les nombres « excessifs » sont ceux dont la somme des diviseurs est plus grande que le nombre lui-même. Inversement pour les nombres « imparfaits ».  

Les nombres « parfaits » sont ceux qui sont égal à cette somme. Il y a 6, 28, 496, 8128, …  

Le 6 est très utilisé dans la tradition judaïque. Le premier mot de la Bible (qui signifie « il créa six ») se compose de 6 lettres. Le monde est créé en 6 jours, avant le Chabbat. Le monde est créé pour 6000 ans, le septième millénaire sera le temps messianique. On retrouve souvent ce schéma 6+1.  

Le premier verset de la Genèse comporte 28 lettres. 28, c’est également les 2 mains (14+14), et 28 s’écrit en un mot qui signifie« force ».  

Les nombres amicaux sont des paires dont chacun est la somme des diviseurs de l’autre. La paire 220 – 284 est devenu le symbole de l’amitié.

 

  7.3.Dieu et le nombre Pi  

Chaddaï est le nom de Dieu qui désigne la force qui interdit à l’infini de réinvestir le vide qu’il avait laissé lors du tsimtsoum. Ce vide sphérique sera réinvestit par le rayon de l’adam qadmon. Or la guematria donne la valeur 314 au mot chaddaï.  

De plus, la valeur rationnelle de Pi (22/7) réfère à l’articulation entre les 22 lettres de l’alphabet et le chiffre 7.  

 

8. Le Tétragramme YHVH  

8.1.Les noms de Dieu  

Le Tétragramme, sans aucune voyelle, ne se prononce pas, c’est comme un trou dans le langage, à partir duquel le langage lui-même prend sens. Cette absence de prononciation crée une distance infranchissable, supprimant la possibilité de tenir Dieu pour un objet.

  Même si Dieu est unique, la façon dont il se révèle aux hommes est multiple. L’étude de différents noms de Dieu est un objet essentiel de la kabbale.  

On relève 10 noms de Dieu :  

Yhvh : ne se prononce pas. C’est le nom ineffable. Il apparaît dans un contexte où Dieu se manifeste selon l’attribut de générosité ou de compassion. Valeur numérique simple de 26, valeur simple déployée de 45.  

Adny : se prononce adonaï, c’est la forme sonore de Yhvh. Il est interdit de le prononcer en vain. Valeur numérique simple de 65  

Yah : déviré de Yhvh, il est la force d’unité au sein du couples, des mondes d’en haut et des mondes d’en bas, du ciel et de la terre, … Valeur numérique simple de 15.  

El : nom qui veut dire Dieu, mais aussi« vers ». Il vient souvent en complément d’un autre nom divin, un adjectif ou un complément. Valeur numérique simple de 31.  

Elohim : Dieu de la Création. C’est un des noms les plus usités. C’est la manifestation des forces de la nature. C’est El additionné de 2 lettres de Yhvh. Il est de l’ordre du din et apparaîtra donc dans un contexte où Dieu se manifeste selon sa rigueur. Valeur numérique simple de 86.  

Eloha, Ehyeh, Chaddaï, El Chaddaï, Tsevaot.  

Toute la littérature kabbalistique souligne le rôle essentiel des noms divins dans l’obtention de l’état mystique. Il s’agit d’utiliser le nom de Dieu comme un moyen d’accéder à l’état prophétique.  

La connaissance du nom de Dieu n’est autre que la connaissance de son usage, à ses pouvoirs.  

8.2.Interprétations  

YHVH peut être vu comme le résultat de l’histoire du point primordial et de ses métamorphoses. C’est un « point qui retourne au point ».  

La valeur 26 est unique dans tout l’univers mathématique en ce sens qu’il est le seul entier compris entre un carré et un cube : 5.5<26<3.3.3. C’est la valeur par la guématrie simple de YHVH. 

Le Tétragramme signifie « passé »,« présent » et « futur » par la combinaison de ses lettres hvh, hyh et yhh. C’est l’ouverture aux trois dimensions du temps. De plus, hvy est l’« existence ».  

La main fermée est associée à yod, la main ouverte à hé (car 5 doigts). Prolonger le geste d’ouverture par un mouvement du bras qui s’étend à l’autre dessine le vav. La main qui reçoit s’ouvre aussi. Ainsi le Tétragramme s’écrit à chaque fois qu’à lieu un échange.9. Autres éléments  

9.1.La kabbale en milieu chrétien  

Mal comprise par les chrétiens, la kabbale joua cependant un grand rôle dans l’histoire des idées de l’Europe entre XIV et XIX.  

A partir de 1450, les cercles d’humanistes s’intéressent aux traditions juives et à la kabbale, en particulier au Zohar qui est traduit en plusieurs langues. La kabbale était vue, même par certains juifs, comme une tendance du judaïsme proche du christianisme.  

Les principaux auteurs chrétiens sont Pic de La Mirandole (Italie, 1463-1494), Johannes Reuchlin, von Nettesheim (Allemagne), Paracelse(Suisse), Guillaume Postel (France),Robert Fludd (disciple de Paracelse, Angleterre), … On retrouve dans l’œuvre de Jakob Boehme (1575-1624), un peu plus tard, l’inspiration de la kabbale.  

Ces auteurs avaient tous un attrait pour l’occulte, et seront à ce titre soupçonnés d’hérésie. C’est à travers ces auteurs que la kabbale entre dans le patrimoine spirituel et littéraire de l’Occident (Goethe, Wagner, Nietzsche, Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Spinoza, Leibniz, …).  

Mais 1550 marque le début de la Contre-réforme : les livres hébraïques sont brûlés à Rome, les juifs de presque toutes les villes d’Europe sont parqués en ghettos. La kabbale est associée dans l’esprit populaire à des recettes de guérisseurs, et influencera ainsi l’occultisme « traditionnel » sous une forme déformée et caricaturale.  

9.2.Les rites  

Une des idées fortes du judaïsme est l’idée d’acte, de geste. On parle beaucoup plus d’action que de foi, d’où la prééminence des rites. Les rites hébraïques consistent principalement à rapprocher l’homme de Dieu, à ré harmoniser les participants. De nombreux objets de rituels sont conçus pour intégrer le Tétragramme.  

9.3.Kabbale et thérapie  

La kabbale oriente l’existence vers le bien-être, en soulignant que le physique et le psychique sont étroitement liés. La maladie provient d’un obstacle à la circulation de l’énergie vitale, d’obstructions dans les canaux (tsinorot) reliant l’homme à l’infini. De part la présence de la lumière-influx dans les lettres et les mots, la mise en mouvement du langage est le centre de la technique kabbalistique pour accéder à l’équilibre et à la santé.

 

La kabbale est un plaidoyer pour une existence joyeuse et heureuse. Rabbi Nahman dit « C’est une grande mitsvad’être toujours dans la joie ».  

9.4. Astrologie et kabbale  

Le calendrier hébraïque est à la fois lunaire et solaire, les mois s’accordent aux rythmes de la lune. C’est tardivement, après l’exil de Babylone, que les juifs utiliseront des noms pour les mois, d’origine babylonienne.

 

Les 6 premiers mois, du Bélier à la Vierge, sont masculins, reliés au désir de donner, et correspondent au 2 premières lettres du Tétragramme : YH.

 

Les 6 mois suivants, de la Balance aux Poissons, sont féminins. Ce sont les réceptacles, ils reçoivent. Ils correspondent aux lettres VH du Tétragramme.

 

Chaque mois est aussi associé à une lettre, une valeur numérique, etc.

 

Le point capital est que l’astrologie kabbalistique ne détermine pas un futur et un destin figé pour emprisonner l’homme, mais au contraire montre un destin afin que l’homme puisse s’en libérer. La soumission à la fatalité et au destin est considérée comme un désastre.

 

 

 

Source : http://www.systerofnight.net/religion/html/kabbale.html

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 06:34

6.    Les chevaux de feu

6.1.L’alphabet

6.1.1.      Les écritures

L’alphabet hébraïque possède 3 formes essentielles : les kabbalistes jouent à la fois sur la forme, la signification et la valeur numérique.

 

La première écriture, en importance et en usage, est celle que nous connaissons aujourd’hui. C’est l’« écriture assyrienne ».

La seconde écriture est l’écriture cursive, utilisée pour écrire rapidement à la main et pour les textes non liturgiques.

La plus ancienne écriture est le protosinaïque. Cet alphabet dérive des hiéroglyphes égyptiens. Il est constitué de pictogrammes qui ont valeur de consonne.

C’est de cet alphabet qu’ont dérivées de nombreuses écritures : cananéenne et phénicienne, araméenne, hébraïque, …

6.1.2.      Les lettres

L’énergie du divin transite jusqu’au monde d’en bas à travers les lettres de l’alphabet et le texte de la Tora. La langue hébraïque est la « langue sainte ».

Le monde ne préexistait pas au langage, mais il se forme en lui et par lui. La matière du monde repose sur la structure de l’alphabet hébraïque.

Lors du passage du néant absolu à l’être, la matière pris naissance sous la forme d’un point de matière insécable et infinitésimal. Par un jeu de forces équilibrées, il resta immobile. Puis un déséquilibre dans ces forces le fit bouger pour former une droite. Puis le point bougea dans une autre direction, formant le plan.

On retrouve ici les trois formes géométriques primordiales qui sont à l’origine de l’alphabet hébraïque. Toutes les lettres sont constituées d’une combinaison de ces trois éléments, qui se retrouvent purs dans dalèt (plan), vav (droite) et yod (point).

La métaphore du feu est omniprésente dans les textes de la kabbale, notamment pour parler du texte et de ses différents composants. Les lettres ont accueillit la lumière du rayon lors du second tsimtsoum. Elles sont les « chevaux de feu », les mots sont les « chariots de feu ».

Aleph, la « première lettre construite », se compose des trois éléments.

Aleph est une lettre qui se voit mais c’est la seule lettre qui ne se prononce pas du tout. Elle est silence. C’est le plus haut degré de la clarté qu’aucun mot ne peut venir exprimer ni explorer. C’est également le symbole de l’énergie.

On retrouve la théorie des écorces dans les lettres. La lumière d’aleph étant trop forte, elle vient s’habiller dans une autre écorce : la deuxième lettre bèt. Et ainsi de suite jusqu’à la dernière, tav, qui en contient 21, et pour laquelle la lumière est très faiblement perceptible à cause des trop nombreux écrans. La valeur numérique pourrait être vu comme le nombre de qlipot protégeant la lumière qui se trouve dans la lettre.

Introduire des silences, des espaces dans un texte, le remodeler par circoncision textuelle, transforme le lecteur en créateur. Cette idée du vide signifiant se retrouve dans les pensées chinoise et japonaise.

Ainsi il existe 4 livres :

  • La « Tora de Dieu » est un texte où il n’y a que des lettres, un seul grand mot sans coupure ni ponctuation, sans possibilité de perception sémantique. Ce texte est vu comme l’ensemble des noms de Dieu.
  • La Tora de Moïse est le texte généralement connu, constitué des mots que Moïse a produits par l’introduction de coupures.
  • La Tora des hommes consiste à produire de nouveaux mots et de nouveaux sens à partir du précédent.
  • La Tora du Messie est le texte que nous lirons quand nous serons capable de lire les lettres blanches entre les lettres noires.

6.1.3.      Correspondances

 

A

Aleph

1 ou 1000

Tête de taureau

Force, énergie, être humain, possibilité, commencement, enseignement

B

Bèt

2

Maison

Intériorité, acceuil, couple, intimité, famille, abri, voûte céleste

C

Guimèl

3

Chameau, dromadaire

Sortir de soi, porter au-delà de soi, faire du bien, sevrer, mûrir, se libérer de, rendre le bien pour le bien

D

Dalèt

4

Porte, ouverture

Sein de femme, sexe féminin, descendance, abondance, verser, répandre, entrer, sortir, puiser

E

5

Souffle

Cri, homme en prière, respiration, expression, marque du féminin, de la direction et de la question, vide du souffle et de l’énergie

F

Vav

6

Crochet, clou

Coordination, canal, tuyau, doigt, phallus, volonté d’entrer en relation, coït

G

Zayin

7

Flèche, arme

Relation à l’autre, guerre, conflit, face-à-face, révolution, fracture, distance, logique de contradiction, traversée, inadéquation, questionnement, temps, cycle, multiplicité, lois morales, …

H

Hèt

8

Barrière

Clôture, rempart de protection, temps présent, enfermement

-

Tèt

9

Bouclier

 

I,J

Yod

10

Main

Prendre, donner, échanger, montrer, compter, multiplicité, structuration, unicité, bénédiction

K

Kaf

20

Paume de la main

Creux, recevoir, prendre, donner, commerce, caresse, temps, couvrir, bénir

L

Lamèd

30

Aiguillon

Aiguillon du désir, faire avancer, dynamiser, étudier, enseignement, dépassement, hauteur, se créer, s’inventer, se dépasser

M

Mèm

40

Eau

Mouvement, dynamisme, chemin, identité en mouvement, questionnement sur notre identité, question sur l’origine

N

Noun

50

Poisson

Le caché, l’intime, le féminin, lieu où l’on se blottit, fœtus dans les eaux matricielles, vie, naissance à venir, enfant, petit-enfant, descendance, multiplicité, abondance, bénédiction

O

Ayin

70

Œil

Voir, regarder, apparaître, disparaître, source, seuil, passage, consulter, découvrir, traduction, langues étrangères

P

80

Bouche

Parler, manger, respirer, dégager, exhaler, ouverture, sexe, transmission de la mémoire, récit

-

Tsadè

90

Hameçon, ancre

 

Q

Qof

100

Couperet

Séparation, interrompre, trancher, geler, imiter, faire un trou et considérer le vide, chas d’une aiguille, puiser dans les profondeurs

R

Rèch

200

Tête

Commencement, être en tête, avoir de l’esprit de direction, l’extrême, dimension intellectuelle

S

C

300

Dent

Avoir l’esprit d’analyse, mâcher, réduire, tirer à l’arc, envoyer, lancer

T

Tav

400

Signe

Marque, note de musique, symbole, rencontre, alliance, compléter, désigner, fin d’un processus extrême

U,

V,

W

Vav

6

Crochet, clou

Voir le F

X

Samèkh

60

Arbre avec branches

Squelette, charpente, infrastructure, échelle, bâton pour s’appuyer, arête de poisson

Y

Yod

10

Main

Voir le I

Z

Zayin

7

Flèche, arme

Voir le G

 

6.2.Le Tsérouf, l’art de la combinatoire des lettres

La lumière divine arrive aux hommes par l’intermédiaire des lettres, et de façon dynamique par le langage ou la permutation de celles-ci.

L’énergie que l’homme reçoit prend forme en lui et risque de devenir prisonnière si elle ne poursuit pas son voyage. Il se forme alors des « nœuds », et la technique combinatoire des lettres appelée tsérouf aide à les dénouer.

La racine d’un mot hébraïque est formée en général de trois lettres. L’analyse consiste à examiner toutes les combinaisons de ces trois lettres (donc 6) et à y découvrir une logique interne ou externe et un sens.

Logique interne signifie articulation d’une certaine logique sémantique entre les différentes combinaisons. Logique externe implique une recherche d’articulation avec d’autres mots et d’autres horizons qui se rapportent à la nouvelle combinaison.

Un mot a toujours un sens premier qui lui est conféré par la loi de successivité de ses lettres, loi nommée rétsèf. C’est la première phase de l’art combinatoire.

La deuxième phase est celle du degré zéro de signification, ou rafats. C’est l’étape d’égarement, de silence, nécessaire avant un nouveau démarrage. Pour apprendre, il faut commencer par oublier.

Après le réfèts et le rafats, la vie dynamique interne au mot supplie le mot de pouvoir dire autre chose. Cette supplication est patsar. Le sens fait alors une « brèche », c’est le stade du parats. Le mot est mûr pour une nouvelle « combinaison » (tsérouf), le sens est libéré et s’envole, c’est le tsipor, c'est-à-dire l’« oiseau ».

6.3.Quelques permutations

Les permutations simples consistent à décaler d’une lettre vers l’arrière ou l’avant les lettres d’un mot, formant respectivement un hypogramme ou un métagramme.

La permutation AT-BaCh, liée à Héssèd,  associe aux 11 premières lettres les 11 suivantes dans l’ordre inverse. Ainsi aleph devient tav, bèt devient chin, etc. La permutation El-BaM, liée à Din, n’inverse pas l’ordre lors de l’association, et donc aleph devient lamèd, bèt devient mèm, etc.

La permutation peut aussi associer à une lettre la lettre correspondante d’un autre niveau des groupes unités, dizaines, centaines.

On peut également transformer une expression en un mot constitué des lettres initiales ou finales, ou inversement retrouver une expression à partir des lettres d’un mot. C’est le notarikone.

La temoura consiste à prendre un mot, le décomposer en 2, puis permuter quelques-unes des lettres.

 

 

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Published by X - dans Kabbale
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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 06:30

L’ésotérisme fait depuis longtemps parti de l’héritage religieux juif. On décèle de nombreux éléments gnostiques, dérivant en dernière instance du vieux gnosticisme juif, mais au final aucune école mystique ne s’est réellement séparée du judaïsme normatif.

Le but du mystique est en général la vision de Dieu, la contemplation de Sa majesté et la compréhension des mystères de la Création.

La Kabbale, qui signifie « recevoir », est la somme des mystères de la tradition mystique juive. C’est un chemin d’élévation spirituelle, à la fois une philosophie théorique et une pratique proche de la méditation.

La kabbale est la tradition mystique du judaïsme qui se présente comme un commentaire codé des textes bibliques. Dans son approche herméneutique, c’est donc l’ensemble des techniques de lecture et de déchiffrage des textes, pour en dévoiler et en communiquer les secrets.

La kabbale a aussi une approche plus mystique, qui consiste à recevoir la sagesse d’en haut, la lumière de l’infini. C’est un art de l’écoute de la grande symphonie des sphères célestes, du monde et de son propre être intérieur.

Enfin, la kabbale pratique insiste sur des points comme la prière, la méditation et certains rituels qui permettent à l’homme de s’élever intellectuellement et spirituellement.

Mais la kabbale n’est pas que « religieuse ». C’est aussi une leçon de vie, qui ne vise pas à rendre l’homme bon, mais juste à le rendre meilleur. C’est la recherche d’une harmonie et d’un mieux-être, pour soi et au sein de la communauté des hommes.

La kabbale est un art du cœur. La science ne suffit pas, il faut aussi de l’amour. Le kabbaliste est le juste équilibre entre l’« amour de la sagesse » et la « sagesse de l’amour ».

Pour la kabbale, la véritable opposition n’est pas entre raison et irrationalité (ou entre intelligence et sentiment), mais plutôt entre un intellectualisme desséché, dogmatique et étroit, et un intellectualisme libre et ouvert sur tout ce qui transcende les limites de la pensée logique.

1.1.Les 8 principales périodes de la kabbale

La première époque (-II à XII) est la mystique de la merkava (kabbale du char céleste) et du maassé beréchit (kabbale qui s’intéresse à la structure de la création du monde), formant les « mystiques du Talmud ». C’est l’époque de la « Littérature des Palais » et du Livre de la Création (Sefer Yetsira).

La seconde époque (1200-1300) comporte trois grandes écoles, en Provence, en Allemagne et en Espagne, avec les ouvrages comme le Bahir (le « Livre de la Clarté ») ou le Sefer Hassidim (le « Livre des Hommes pieux »). Malgré des tensions avec les autorités rabbiniques, la kabbale contribua à fortifier la résistance spirituelle des communautés juives.

La troisième époque, à peine postérieure à la précédente, se constitue en Espagne autour de la rédaction du Zohar, le « Livre de la Splendeur ». Il fut publié autour de 1280-1300 par Moïse de Léon (1250-1305) sous le nom du grand Rabbi Chimone Bar Yohaï (qui vécut au II siècle, peu après la seconde destruction du Temple).

C’est aussi l’époque de l’explosion de la kabbale extatique de Aboulafia.

La quatrième époque (jusqu’à la fin du XVII) est liée à l’expulsion des juifs d’Espagne en 1492. De nombreux maîtres espagnols se retrouvent à Safed, en Galilée, et y forment une école, la « kabbale de Safed ». C’est une continuation du Zohar, avec une insistance sur les Sephiroth, ainsi que sur la Chekhina (présence divine) et ses implications historiques.

La cinquième période voit l’émergence de l’hérésie mystique de Shabbataï Zwi (1625-1676) qui introduit des éléments messianiques.

La sixième période est appelée « hassidisme », résultat de l’école de pensée fondée par Baal Chem Tov. On assiste à une démocratisation des concepts de la kabbale. Le hassidisme devient un mode de vie, centré autour du rabbi qui apporte réconfort, conseil et guérison à ses adeptes.

La septième période, contemporaine de la sixième, est celle de la kabbale lituanienne. Elle poursuit les recherches de la kabbale de Safed, en rejetant l’hassidisme. L’importance est accordée à l’étude et l’application des mitsvot.

La huitième période est l’époque actuelle, qui voit l’émergence des recherches historiques, de syncrétismes entre les divers courants de kabbale, et d’une volonté de contact avec les autres mystiques, en particulier le bouddhisme.

 

2. Les clefs de la kabbale

2.1.La Lumière et sa transmission

La Lumière est l’un des mots les plus importants de la kabbale. C’est la plus haute métaphore de l’infini et du divin. Toutes les lumières émanent de l’infini. La kabbale, c’est la réception de cette lumière de l’infini. « Lumière, « vibration » et « énergie » sont les 3 mots clefs de la kabbale pratique.

En hébreu, lumière et infini ont la même valeur numérique 207.

L’énergie, depuis sa source, se propage dans l’ensemble de l’univers à travers un modèle de 10 « transformateurs d’énergie » appelé Sephiroth.

La réalité vraie (metsiout) est la lumière qui se trouve en chaque chose. La réalité fondamentale n’est donc pas la matière mais l’énergie : tout est énergie.

La kabbale pose comme hypothèse que la grandeur de l’homme est d’avoir la capacité de sentir ces énergies et de les maîtriser. Le kabbaliste est celui qui sait orienter ses pensées dans la bonne direction : c’est la kavana.

La vibration intérieure de l’homme correspond à 10 rythmes, ou pouls, que l’homme doit essayer de connaître pour les diriger avec justesse. L’analogie avec la musique et la recherche de l’harmonie est aussi utilisée.

Ange se dit malakh en hébreu, signifiant « envoyé ». Tout ce que l’homme perçoit (ou adresse) comme message des mondes supérieurs est un ange.

Le kabbaliste s’ouvre à une perception supérieure, il se « réveille » d’un sommeil intérieur : entendre l’inouï, voir l’invisible et sentir l’immatériel. C’est voir la richesse incroyable du monde en chaque instant et chaque lieu, sentir la présence divine partout.

2.2 .Le Mouvement et la Liberté

Le mouvement est fondamental. La lumière circule à travers tous les mondes. Une fois le monde créé, il est entré dans un processus de remontée vers sa source et s’est construit en allant du bas vers le haut, du moins parfait vers le plus parfait. Cette évolution vers le haut est la source de l’optimisme fondamental de la pensée kabbaliste.

L’homme fait partie de cette évolution, il aspire à retourner à la lumière primitive, il aspire à toujours être meilleur, ne pas tomber dans l’autosatisfaction.  

Le mouvement cosmique de retour (technouva) existait avant la création du monde. C’est un phénomène primordial et universel sur lequel se fonde l’existence même du monde. Elle est au-delà du temps et de l’inexorable enchaînement des relations de cause à effet.

Cela implique que l’homme peut changer le cours de sa vie, qu’il est libre face au déterminisme, ce qui le rapproche de Dieu.

La paume de la main (droite de préférence) apparaît dans la kabbale comme un résumé de l’âme humaine. L’étude de ses lignes est donc très importante. Mais cette vision, tout comme l’astrologie kabbalistique, ne « lie » pas l’homme à un destin. Celui-ci a toujours la possibilité de d’influencer et d’infléchir sont destin. Les lignes de sa main se modifieront en conséquence…

2.3.Lecture et interprétation. La Révélation

Pour le judaïsme la principale question n’est pas « Qui est Dieu ? », mais « De quelle façon se révèle-t-il aux hommes ? ». La Révélation, c’est d’abord la révélation d’un texte, la Tora. C’est aussi le don des clefs de l’interprétation, formant un champ d’étude inépuisable, en perpétuel mouvement.

Lors du tsimtsoum, l’infini de Dieu s’est autolimité. Il crée le monde et devient l’invité du monde dans une forme finie. Le passage de l’infini dans le fini s’est opéré par le texte. C’est par ce texte que l’homme apprend à connaître Dieu.

Grâce à l’interprétation, les permutations comme le tsérouf ou la guematria, ce texte fini devient potentiellement infini. L’interprétation du texte, c’est la libération du Divin.

Interpréter, c’est découvrir du sens, et non pas la vérité. Ce n’est pas dévoiler un secret, mais dévoiler qu’il existe un secret. La liberté d’interprétation est aussi une liberté existentielle.

L’interprétation et la réinterprétation continuelle des textes sont fondamentales. C’est une dynamisation du psychique, une ouverture de l’esprit, tout cela dans un mouvement de transcendance vers l’infini. La kabbale enseigne qu’un texte est indéfini, ouvert à des interprétations toujours nouvelles, sur des plans aussi variés que la philosophie, la sociologie, la politique, la linguistiques, l’histoire, etc.

D’où l’importance du langage poétique dans la kabbale, le plus à même de susciter l’interprétation. La poésie réussit, mieux que les mots simples et la prose, à exprimer et faire ressentir au lecteur l’essence du message mystique. Les images, métaphores et symboles sont plus aptes à exprimer ce qui est au-delà des mots. La compréhension de la kabbale est d’abord une illumination ou une intuition.

Les kabbalistes distinguent 4 niveaux de lecture : pchat (sens simple ou littéral), rémèz (sens allusif), drach (sens sollicité, qui ne concerne pas le texte mais le contexte non dit) et sod (sens caché ou secret, c’est une autre lecture à partir d’un réarrangement différent des signes du texte. C’est plus une expérience mystique qu’une lecture). Les initiales de ces mots forment un sigle se prononçant Pardès, c'est-à-dire « verger » ou encore « paradis ».

L’exégèse chrétienne distingue aussi 4 niveaux de lecture (littéral, allégorique, moral et anagogique), mais ceux-ci restent statiques.

2.4.Le rapprochement avec le Divin. L’Amour

La kabbale est l’histoire du rapprochement a priori impossible entre Dieu et sa créature.

La prière est l’expression de la volonté d’entrer en relation avec la source de lumière, d’approcher le divin. Le hassidisme apporta une revalorisation à la prière rituelle : réciter une prière n’a de sens qu’à la condition qu’elle jaillisse réellement du cœur.

La nostalgie réciproque de l’homme vers Dieu se traduit par des images d’amour dans les textes, dont le Cantique des Cantiques est un exemple.

L’amour est fondamental en kabbale, car le monde repose sur la relation du féminin et du masculin, qui se traduit par l’amour.

Pour la kabbale, le monde est entièrement composé de composantes masculines et féminines. Le monde est entièrement masculin ET féminin. Il y a masculin quand il y a épanchement de l’influx, offrande de lumière. Il y a féminin quand il y a « résidence » de la lumière, et on parle alors de chekhina.

Mais l’amour est d’abord vu comme l’art de savoir donner de soi-même.

Voir les exemples dans le chapitre guematria.

2.5.Le schéma fondamental de la kabbale

Toute la kabbale se fonde sur un schéma vertical : le passage de la lumière de l’infini (or en sof), ou lumière d’en haut, à la réception de cette lumière (qabbala) dans les mondes d’en bas.

Entre émanation et réception, les intermédiaires sont multiples. La kabbale est l’étude de ces voies, des mondes intermédiaires qui existent entre le monde supérieur et le monde inférieur.

Ces intermédiaires sont : les lettres de l’alphabet ou le « livre » (sefer) ; les chiffres et l’univers mathématique (sefar) ; la décade des éléments fondamentaux (les 10 sefirot) ; les noms multiples de Dieu et le Tétragramme ; la prière ; etc.

2.6 Les kabbalistes

Le mot hébraïque pour kabbaliste est meqoubal, signifiant « celui qui est reçu », et plus généralement « celui qui reçoit ».

Le kabbaliste est un sage qui conduit son peuple. Il enseigne la Torah et doit faire justice. Il est un initié au sein d’un groupe, il devient « maître » à l’issu d’une cérémonie où il reçoit l’imposition des mains d’un maître. Par ce geste, qui remonte à Moïse, il reçoit une partie de la puissance spirituelle du maître. Le kabbaliste s’ouvre à la Lumière divine.

Le kabbaliste est un perpétuel « disciple », à relire les textes et à cherche de nouvelles interprétations. Ainsi est-il en perpétuelle remise en question. Il est un « chercheur » de vérité et non un « possesseur » de vérité.

L’idée de cheminement des kabbalistes est présente dans tous les textes. Le kabbaliste s’appuie sur le passé pour avoir une pleine conscience du présent et une responsabilité pour le futur. Pour lui, vivre est une aventure, et n’est pas la nostalgie de formes déjà vécues.

Il est important pour le kabbaliste de rester dans un état d’enfance dans ce qu’il a de constructif par rapport à la dimension du futur : « quand je serais grand, je serais… ». C’est l’espérance, c'est-à-dire savoir que tout est toujours ouvert, que le destin n’existe pas ou ne nous enferme pas.

« Vivre, c’est naître à chaque instant ».

 

3. Les 4 mondes

 

S’inspirant des sources primitives, les kabbalistes de Safed, et en particulier Cordovero, ont adopté la doctrine des 4 mondes placés entre l’En-Sof et notre cosmos terrestre.

 

Les 4 mondes, traversés de haut en bas par la lumière divine, sont :

  • Atsiluth, le monde de l’émanation et de la Divinité.
  • Beria, le monde de la création. Les séraphim.
  • Yetsira, le monde de la formation. Les malakhims et les hayot haqodèch.
  • Asiyah, le monde de la fabrication. Les ophanim, et l’ange Sandalphon.

 

Ce qui correspond à la dimension d’espace dans le monde matériel est appelé « palais » dans le monde de l’action spirituelle et dans les mondes supérieurs.

Plus le monde est supérieur, plus le temps devient abstrait. Il tend à représenter l’essence la plus pure du changement, voir celle de la possibilité du changement.

3.1. Atsiluth, le monde de l’émanation

Le quatrième monde, le plus élevé, est à la tangence de la matière et de la lumière.

C’est le monde de la spiritualité qui englobe à la fois actions, sentiments et pensées, mais tous orientés dans un but d’élévation spirituelle et dans une volonté de contact avec la lumière de l’infini.

C’est là où l’homme peut entrer en contact avec l’En-Sof.

3.2.Beria, le monde de la création

Le monde de la création est un monde de pur esprit.

Esprit, pas dans le sens d’une essence intellectuelle, mais plutôt dans sa capacité créatrice et sa faculté de concevoir et d’intégrer la connaissance.

C’est le monde du Trône, de la Merkaba et des anges les plus élevés.

3.3. Yetsira, le monde de la formation

Il se situe au dessus d’Asiyah, et c’est essentiellement le monde des sentiments. Les émotions sont sa principale substance. C’est le domaine principal des anges.

3.4. Asiyah, le monde de l’action

Ce monde comporte deux dimensions. Sa partie inférieure est le monde des actes matériels, le monde physique « classique ». Sa partie supérieure est le monde de l’« formation spirituelle », c’est le monde des idées.

L’homme appartient en parallèle à ces deux dimensions, matériellement pour l’un et spirituellement pour l’autre.

3.5.Les anges

3.5.1. La nature des anges

Les « âmes » des 4 mondes sont l’ensemble des créatures vivantes jouant un rôle dans les dimensions de l’espace et du temps. Elles se distinguent du reste par la conscience qu’elles ont d’elles-mêmes. Parmi les âmes des mondes supérieurs, les anges jouent un rôle primordial.

Ce qu’on appelle ange est une réalité spirituelle pourvue d’un contenu et de qualités caractéristiques et uniques. Ce sont des êtres complets, conscient d’eux-mêmes et de leur environnement, capables d’agir. Ils sont principalement des messagers entre le monde inférieur et le monde supérieur au leur.

Il y a des anges qui existent depuis l’origine des temps, et d’autres qui sont éphémères.

Les actes saints, les émotions dirigées vers Dieu créent des malakhim, qui constituent comme une part de l’homme et s’étendent jusqu’aux mondes supérieurs.

Un ange protecteur est un ange créé par une action de grande valeur qu’une personne a l’habitude de faire.

Un malakhim du monde de la formation incarnera un élan ou une pulsion. Cette émotion incarnée ne changera pas, les malakhim étant « statiques » en quelque sorte. On dit qu’ils sont omèd : « debout pieds joints ». L’essence du malakhim est définie par les limites de son émotion particulière. Cela limitera aussi le rôle qu’il pourra jouer, en le « spécialisant » sur des actions en relation avec sa nature limitée.

Les séraphim du monde de la création sont des essences de pure intelligence. Ce sont les anges de l’étude.

Pendant l’étude des textes de la Tora, il est important de lire à haute et intelligible voix, car chaque lettre prononcée fait naître un séraphim qui la transmet. Chaque lettre a un ange. Ainsi Aleph devient Alephiel, Bèt devient Bètiel, etc.

3.5.2. Les noms

Les noms d’anges sont souvent théophores, c'est-à-dire porteur du nom de Dieu. Ils se terminent par « el » ou « yah » (venant de Elohim ou Yahvé). Certains, ayant un nom à consonance grecque, se terminent en « ron » ou « on ».

Les anges qui appartiennent au même « camp » portent le même nom générique, qui se termine en « im » ou « in ».

Malakh désigne l’« ange » en général. « Malakhim » est le nom générique pour les anges, mais aussi une catégorie de ces anges.

3.5.3. Les catégories

Il existe des catégories d’anges différents dans les 4 mondes. Il existe 10 catégories : les hayot (« créatures vivantes »), les ophanim (« roues »), les séraphim (« ceux qui brûlent »), les kérouvim (« chérubins »), les arélim (« créatures de lumière divine »), les tarchidim (« messagers du lointain »), les hachmalim, les élims (« créatures divines »), les malakhim, les ichim (« créatures de feu »).

 

4. Les niveaux de l’âme

 

On trouve dans la Bible, et plus tard dans la kabbale, 5 expressions pour désigner l’âme. Certains commentateurs ont hiérarchisé ces états, les associant à des niveaux de méditation différents. Ils sont également liés aux 4 mondes.

4.1.Néfèch, monde de l’action

Dans la genèse, Dieu fait l’homme « à son image selon sa ressemblance ». On distingue la notion de « schéma corporel », en gros le corps lui-même, et celle d’« image du corps », qui est la façon actuelle dont nous ressentons inconsciemment notre corps, en fonction des expériences passées et du contexte présent.

Le néfèch est tout d’abord le corps et l’ensemble de ses possibilités d’action, ainsi que ses mécanismes de la vie dans son infrastructure (surtout le sang, mais aussi la respiration, …).

C’est le « schéma corporel ».

A ce niveau, la méditation porte sur le rapport entre les chiffres, les lettres et le corps. Il y a analogie entre corps et graphie. Parfois les postures corporelles cherchent à imiter les lettres de l’alphabet, et par rapport aux trois formes élémentaires point-ligne-plan.

La méditation porte aussi sur le nombre 44 (valeur en particulier du « sang »), ainsi que sur les possibilités de mise en mouvement du corps.

4.2.Rouah, monde de la formation

Rouah est l’« image du corps », l’image spirituelle que nous nous faisons de notre corps. C’est le moteur émotionnel de néfèch.

Sémantiquement, le mot est lié à l’air, au souffle, et à l’esprit.

La méditation s’oriente sur la respiration ainsi que les vertus vibratoires de la prononciation des voyelles. Cela consiste en inspiration, rétention du souffle, puis expiration avec prononciation d’une voyelle, de façon très similaire au yoga.

Dans la tradition judaïque, le souffle a une grande valeur. Respirer, c’est déjà prier.

4.3.Nechama, monde de la création

Nechama est difficilement différentiable de rouah. C’est la dimension intellectuelle de l’âme, rouah étant plus axé sur les émotions.

C’est le moment où la méditation se fait lecture, étude et interprétation. Un des lieux fondamentaux de la vie du kabbaliste est la maison d’étude, bèt-hamidrach ou encore yechiva. Un des aspects particulier de l’étude est qu’elle est chantée (le chant de l’étude : nigoun).

Dans le nigoun, il y a de nombreuses variations l’essentiel étant de ressentir les vibrations dans la joie. Il faut s’imprégner du sens et de l’émotion des lettres que l’on chante.

La méditation passe aussi par la visualisation des lettres et la réflexion à leur sujet. Ensuite le sujet de méditation portera sur les noms, celui du kabbaliste puis ceux de sa famille passée et à venir.

4.4.Haya, monde de l’émanation

C’est un degré de spiritualité qui englobe aussi bien la conscience du corps que les sentiments et les réflexions intellectuelles.

Ce niveau se traduit par la prière, et celle-ci est principalement construite sur les psaumes de David. La méditation porte sur la lecture à haute voix et rythmée des psaumes, de préférence en groupe.

4.5. Yehida

En yehida, on est en tangence avec le en sof (situation de devéqout).

Yehida signifie « singularité », « unicité ». C’est la manière d’être unique de chacun. Chaque être humain a une vocation propre, sa responsabilité étant de la réaliser.

 

Au niveau de la méditation, la prière devient personnelle. Le kabbaliste invente ses propres prières au cours de retraites solitaires. Il médite seul et en silence sur sa vie et son comportement. C’est un retour sur soi.

 

5.    L’Arbre Sefirotique

5.1.La vision du Sefer Yetsira, le Zohar

La première section du Livre de la Création présente les « 32 voies merveilleuses de la Sagesse » par lesquelles Dieu a créé le monde : les 22 lettres et les 10 nombres primordiaux (les sefirot).

La première sefira est le pneuma (ruah) du Dieu. De ruah sort l’Air primordial, duquel naissent l’Eau et le Feu. Ce sont les secondes, troisièmes et quatrièmes sefirot. De l’Air Dieu créé les 22 lettres, de l’Eau le Chaos cosmique, et du Feu le Trône de la gloire et les hiérarchies des anges. Les 6 dernières sefirot représentent les 6 directions de l’espace.

Le Zohar comporte une étude importante de l’arbre sefirotique.

Les 10 sephiroth sont les 10 degrés du monde intérieur à travers lequel Dieu descend de sa retraite la plus intime jusqu’à sa révélation dans la Chekhina. Elles sont les parures de la Divinité, mais aussi les rayons de lumière qu’elle envoie.

Le monde des sephiroth est aussi le monde caché du langage, le monde des noms divins. Le développement de la vie en Dieu peut être exprimé comme le déroulement des éléments du discours.

5.2.Les dix sefirot

La lumière de l’en sof traverse les 10 sefirot, dans lesquelles elle se déploie et se diffracte sous des aspects différents. Toutes les forces de l’univers dérivent de ces éléments.

Le mot sefira recouvre différentes choses selon les auteurs. Elles sont comme un alphabet de 10 éléments ou de 10 forces qui se conjuguent entre elles.

Chaque sefira est à la fois féminine, en ce qu’elle reçoit la lumière, et masculine, en ce qu’elle la redonne. La lumière atteint la première sefira qui, une fois remplie, transmet la lumière en surplus à la sefira suivante. Quand la sefira reçoit mais ne transmet plus son surplus de lumière, elle explose, c’est la « brisure des vases ».

Le segol est un triangle formé, dans l’arbre séfirotique, de 2 sefirot des colonnes extérieures situées à la même hauteur et de la sefira centrale inférieure.

5.2.1.      Kétèr, la suprême couronne ; l’art d’être présent à soi

La première sefira désigne la volonté divine primordiale, source de toute volonté.

C’est la première et la plus haute ouverture à la transcendance.

La kabbale insiste sur l’importance du passé et du futur. Mais le passé ne doit pas être la nostalgie d’une situation qui nous retient et nous bloque, et le futur ne doit pas être une fuite en avant.

Kétèr, c’est l’importance de l’instant présent, la capacité à assumer entièrement l’instant dans lequel nous sommes, sans se dire que l’on pourrait être ailleurs ou faire autre chose. C’est le secret du calme et de la sérénité de la vie. Avant d’entreprendre chaque action, il faut diriger son attention.

Kétèr se rapproche du « sans intention », du « agir sans agir » que l’on trouve dans le bouddhisme zen.

5.2.2.      Hokhma, la sagesse ; savoir s’étonner et s’émerveiller

Hokhma, c’est l’éveil de la conscience au merveilleux qui imprègne le monde. Cet éveil commence par une remise en question. La sagesse dans l’étonnement et le questionnement constitue la Hokhma.

L’étonnement doit porter sur tout ce qui nous entoure, ce qui est proche de nous au jour le jour, avant de pouvoir s’attarder sur les « grands mystères ». C’est la capacité à être ouvert à la parole de l’autre, c’est la dimension d’écoute et d’ouverture. C’est l’humilité d’un esprit qui accepte encore d’apprendre.

L’étonnement et le questionnement libèrent l’homme de l’emprise de certaines habitudes de pensée, convictions, préjugés, etc. L’homme libéré n’est pas, il devient.

Hokhma est aussi l’ouverture vers le rêve, l’imaginaire et la poésie, en opposition avec le langage logique et froid de la Bina.

Enfin, dans la kabbale Hokhma est lié au père.

5.2.3.      Bina, l’intelligence

La Bina, c’est la capacité qu’à l’esprit de déduire ou d’induire une chose de l’autre. C’est le raisonnement logique pur.

Bina est liée à la mère.

5.2.4.      Daat, la sefira cachée

Daat est le ressenti, l’intelligence émotionnelle, résultant d’une expérience existentielle.

Daat est la rencontre harmonieuse de la logique et de l’imaginaire.

5.2.5.      Héssèd, l’amour et la générosité

Héssèd est l’ouverture des formes closes, le mouvement, le dynamisme. C est la dynamique de l’être, le souffle vital.

Héssèd se rencontre dans tous les gestes qui disent le don et l’amour. C’est aussi le désir, désir insatiable d’infini.

Géométriquement, Héssèd est représenté par la droite : possibilité infinie de mouvement.

5.2.6.      Din, la force, le jugement

Din, c’est littéralement la « loi », le « jugement ». Aussi bien la loi rituelle que juridique ou physique, c’est l’organisation contre l’anarchie. Din assure au monde la possibilité de perdurer.

Din est représenté par le point ou le cercle : absolument fermé, sans temps et sans espace, c’est une configuration close.

5.2.7.      Tiférèt, l’harmonie

Dans la réalité, din et héssèd cohabitent en toute choses. Le monde ne serait pas s’il était l’un sans l’autre.

Tiférèt est l’équilibre entre ces deux forces, le clos et l’ouvert.

Anciennement appelée Rahamim dans le Zohar.

5.2.8.      Le segol de Héssèd, Guévoura et Tiférèt

Héssèd, c’est l’amour et la générosité ; Guévoura (ou din), c’est la force, le jugement, la rigueur ; Tiférèt, c’est l’harmonie. Ces 3 sefirot sont organisées en segol.

 

Elles proposent une conception du bien et du mal. Est « bien » tout ce qui tend à être en accord avec la dynamique et la force créatrice qui anime le vivant ; est « mal » tout ce qui s’oppose à la vibration de la force créatrice du souffle du vivant. C’est un mal qui consiste à refuser la réalité d’un monde imparfait, c'est-à-dire la possibilité de perfectionnement et la liberté qui le met en œuvre.

Le mal dans notre monde réside dans tout ce qui entrave le rythme du perfectionnement et du développement, dans tout ce qui fige et affaiblit la spontanéité de la libre volonté.

Le paradoxe est que le « bien absolu » de la source divine, étant parfaite, ne peut plus évoluer, et ce manque de dynamisme représente un « mal ».

« La perfection de l’homme, c’est sa perfectibilité », ce que l’on peut mettre en parallèle avec ce qui dans l’art est la perfection des formes inexactes.

Le cercle symbolise la nécessité enclose à l’intérieur de ses lois, la fermeture qui interdit tout progrès de la liberté, le din. Au contraire, la ligne droite symbolise la liberté, la réalité en développement, le héssèd.

5.2.9.      Nétsah, la victoire et la patience de Dieu

Nétsah signifie « victoire », dans le sens de la maîtrise sur quelque chose.

Nétsah est l’organisation de la vie dans le monde matériel. C’est la nécessité du politique, de l’économique et de la maîtrise des passions.

Le kabbaliste ne peut se contenter d’être un contemplatif, il doit aussi s’investir dans les réalités concrètes de ce monde.

5.2.10.  Hod, la splendeur, la majesté

L’esthétique et la beauté fait partie de l’harmonie du monde. L’homme est à la fois un artiste et une œuvre d’art.

L’œuvre d’art est une ouverture du monde à son futur le plus essentiel : elle est la mise en mouvement, le chemin, le voyage…

La sefira Hod, c’est savoir retenir l’espérance et le rêve.

5.2.11.  Yessod, le fondement, la transmission

Yessod est l’aspect de transmission et de don des éléments acquis dans les sefirot supérieures. C’est la capacité du « juste donner ». L’importance de la transmission est illustrée par le déversement bloqué de lumière dans les sefirot qui conduit à la « brisure des vases ».

Cette transmission, de père en fils, de génération en génération, revêt une importance fondamentale dans la tradition judaïque.

5.2.12.  Malkhout, le royaume

Malkhout est le point d’orgue de la kabbale, c’est la réception achevée, la traduction des sephiroth dans le monde de la réalité et dans le temps de l’histoire.

Cette sephira est aussi vue comme l’archétype mystique de la communauté d’Israël, ou encore comme la Chekhina.

5.3.Les trois colonnes

Il n’y a pas une simple verticalité entre le monde d’en haut et celui d’en bas, il y a trois colonnes verticales parallèles. Il y a la colonne de l’amour à droite (héssèd), celle de la justice à gauche (din ou guevoura), et la colonne centrale de l’harmonie, synthèse des deux colonnes latérales (tiférèt).

Les trois axes se rejoignent dans la dixième sefira du « royaume » (malkhout). Là, trois font un.

Le christianisme, avec son culte de l’amour, se laisserait porter par héssèd. L’islamisme, au contraire, suivrait din à l’extrême. La religion bouddhique serait attachée à l’axe du milieu. Elle est la plus proche du judaïsme et de l’esprit de la kabbale.

5.3.1.      Héssèd, la colonne de la générosité

Héssèd se traduit par « amour », mais amour vu dans un sens très large.

Le héssèd, c’est la force d’expansion et d’extension qui se laisse aller à sa nature, de manière large, généreuse et spontanée. Il n’a dont pas un sens seulement positif. C’est aussi le monde qui va vers son maximum de désorganisation.

C’est la spontanéité de la nature humaine, ses orientations immédiates, ses intuitions, le cœur, le sentiment, la pulsion à l’état pur.

L’image de l’eau, qui prend toutes les formes et qui déborde et se répand partout quand elle n’est pas maîtrisée, illustre bien héssèd.

5.3.2.      Guevoura, la colonne de la justice

Guevoura, c’est la « rigueur », la force de limitation, de détermination et de définition. C’est la sphère de la loi et de la différence. Elle est la séparation et la distinction entre les termes en relation.

C’est la raison, la définition, la catégorie.

5.3.3.      Tiférèt, la colonne de l’harmonie

La réalité véritable consiste dans l’équilibre des deux forces. C’est la relation à égale distance entre domination et soumission, fusion et altérité, continuité et séparation.

5.4.Le symbole de l’arbre

L’arbre est un des symboles les plus importants de la kabbale, il symbolise la vie. Le « Grand Arbre » est l’arbre du monde, l’arbre sefirotique et l’arbre de vie. Sa racine se situe dans l’en sof, l’arbre croit de haut en bas.

L’homme est appelé le « petit arbre ». Il est aussi le lieu des 10 sefirot. L’homme aussi est « debout » et « porteur de fruits ». Dans le Zohar, l’image de l’homme est aussi souvent employée que celle de l’arbre.

L’arbre, avec son cycle annuel, rappelle à l’homme la renaissance des morts.

Enfin, la guematria montre que l’un des mots pour désigner arbre a la valeur 91, comme l’ange malakh. Or, tout deux apportent la lumière des sefirot au monde.

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 16:17

La Quête du Saint Graal 

Au delà du temps et de l’espace, persiste en chacun de nous, un sanctuaire originel, où reste écrite l’histoire des hommes, et où sont réunies, en un principe commun, l’ensemble des révélations que le monde divin nous adresse.

Ce pôle central, est aussi connu sous le terme de Tradition Primordiale, Connaissance absolue, qui autorise « l’élu » à vivre la présence manifestée de Dieu, au sein de sa création.

Cette Connaissance Sacrée est dit-on, contenue à l’intérieur d’un réceptacle : la Coupe du Graal, celle là même, qui taillée dans l’émeraude, tomba du front de l’Archange Porte Lumière, avant d’être récupérée par Seth, le troisième fils d’Adam , et d’être transmise parmi les hommes, jusqu’au jour de la Cène.

Le Saint Réceptacle, et son contenu, sont toujours présents autour de nous mais en sous entendu, comme dans la religion chrétienne, au travers de l’Eucharistie, qu’il transcende et magnifie.

En effet, le sacrement eucharistique perpétue et actualise la présence de Dieu dans les conditions de ce monde terrestre, et dans les limites de l’existence individuelle de chacun, le Graal exprime et projette cette présence à l’Univers tout entier :

« …Le Graal est donc au macrocosme ce que l’Eucharistie est au microcosme… ».

La Sainte Coupe n’est –elle pas effectivement le plat de la Cène sur lequel furent énoncées les paroles du Sauveur, comme le creuset qui reçut le fluide royal, l’effusion même de l’Energie Divine ?

Présenté sous diverses formes, comme le Sang Originel, ou la Pierre Précieuse, la légende affirme que le Saint Graal, ou l’ensemble des mystères de la Création et de la Rédemption, a été communiqué sous un aspect livresque.

Nous avons là, toute l’essence de ce Phénix que demeure le Roman de la Table Ronde.

Il est dit, en effet, que « …Merlin », pontife et prophète, point de jonction, reliant l’héritage celtique de la Tradition Première au Christianisme médiéval balbutiant, « …exposa toute l’histoire du Graal à Blaise, qui la mit par écrit.

Alors qu’il travaillait, Merlin lui dit : lorsque je m’en irai, tu te rendras dans les régions, où demeurent les gens, qui gardent le Saint Graal, et tous désormais écouteront, et reprendront volontiers , ce livre auquel tu as tant travaillé… ».

Que peut donc, néanmoins, exprimer cette Quête du Graal, qui fait toute la finalité de la voie initiatique chevaleresque ?

Rien d’autre qu’une éternelle nostalgie, celle d’avant la Chute, où le corps adamique englobait l’Univers, où le Graal se confondait pleinement au Joyau Céleste :expression on ne peut plus concrète, de la quintessence de la fonction royale de l’Adam premier.

De même qu’il persiste au plus profond de notre cœur, quelques vestiges de cette fonction, il demeure hors des limites du monde visible et du temps profane, ce milieu invariable d’où Dieu se manifeste.

Il nous est toujours possible de reconquérir cette royauté originelle, à condition de réaliser « …la plénitude du Christ… »(EPH :4,13) car, c’est en étant nourris et sanctifiés par l’Eucharistie, d’abord, que nous pourrons ensuite nous transformer, et nous transfigurer, pour vivre l’omniprésence du contact que notre Créateur opère avec nous, grâce au sacrifice unique de son fils.

Redevenu le nouvel Adam, « l’appelé » pourra prétendre rejoindre tous ceux dévolus à la garde du Graal, qui conjuguant et sublimant tant la fonction que la qualité de prêtre, prophète, et roi, reproduisent

Melchisedec : « …Roi de justice… », préfiguration et image du Christ, qui sait reconnaître ceux jugés dignes de s’asseoir à la Table du Graal.

« L’appelé » deviendra ainsi « l’élu », il sera, dès lors, reconnu comme descendant spirituel direct de David : Roi Sacré de L’Ancienne Alliance et de Joseph, disciple secret, qui recueillit et abrita le sang du sauveur.

La Quête du Saint Graal, est plus que jamais, un sacerdoce dans ce qu’il y a de plus sacré et d’absolu, elle renvoie à un ensemble d’enseignements voilés car « …l’on ne doit révéler les secrets du Sacrement qu’à celui auquel Dieu en a donné la force… »(R. de Boron).

Quoique invisible, elle constitue une chaîne apostolique, toujours liée au corps de l’Eglise, un peu à l’image de la main gauche, qui bien qu’appartenant au même corps, doit ignorer le bien que fit la main droite, de façon à ce « …que soient seuls à savoir celui qui le reçoit et Dieu, qui voit tous les secrets, et lit toutes les pensées, qui se cachent dans les cœurs et les entrailles… »(Chrétien de Troyes).

La Quête du Saint Graal débute à cheval, dans la salle de la Table Ronde, qui semble illustrer à merveille « …la rondeur du monde et du cours des planètes comme celui des astres du firmament… ».

Elle prend fait et lieu , en cette journée de Pentecôte, soulignée par le chiffre 7, présent dès le début de l’aventure, au travers d’évènements hautement symboliques comme :

-l’apparition du Saint Graal à la Table Ronde, accompagné « …d’un bruit de tonnerre, et d’un rayon de soleil, qui fit la salle sept fois plus claire… », privant tous les assistants de la parole.

-le constat que sur les 150 chevaliers partant en quête, seuls les 7 premiers :Galaad, Lancelot, Gauvain, Perceval, Bohort, Lyonel et Helain le Blanc sont nommés. Le récit retraçant leurs aventures respectives, et parmi ceux, qui parviendront au Château du Graal, chacun aura à vivre 7 étapes ou à s’élever par 7 degrés.

Dernier constat et non des moindres que celui qui veut que 7 soit aussi le nombre des étapes de la Révélation du Christ : Incarnation, Avènement, Passion, Mort, Résurrection, Ascension et Pentecôte.

7 n’exprime-t-il pas, dès lors cette TOTALITE et cette PERFECTION, qu’on lui prêtait déjà au Moyen Age ?

Un autre nombre fondamental est présent dans le récit du Graal : le nombre 10.

Il est dit, en effet, qu’Helain le Blanc : nom de convenance attribué à plusieurs compagnons et symboles vivants d’une chevalerie terrienne esclave des apparences « …rencontraient dix fois moins d’aventures que d’habitude… », comme si, l’indication quantitative de la Quête supposait par un rapport d’analogie inverse, que la portée qualitative(et donc spirituelle) des actions vécues par ces chevaliers était multipliée par dix.

N’y discerne-t-on pas une puissante allusion :celle des dix modalités de la manifestation divine de l’Arbre séphirotique ?

Ceci d’ailleurs, n’est-il pas déjà justifié à travers le principe même de la Quête qui demeure : la recherche du Centre de la Présence Divine au sein de l’Univers manifeste.

Le support, la « structure » porteuse de la Quête est bien l’Arbre de Vie, l’Arbre paradisiaque, façonné par un roi, doué de la Connaissance de la totalité de l’Univers :Salomon.

« …Salomon était si sage, qu’il fut pourvu de toutes les bonnes sciences, que peut connaître un cœur d’homme…, il savait…le cours du firmament, et la marche des étoiles, mieux que personne, hormis le Suprême Dieu… ».

Cheval et chevalier, ont de même pleinement leur  sens dans le récit car « …si le chevalier représente le principe spirituel de la personnalité, engagé dans les différentes épreuves, le cheval ne peut être que, ce qui porte un tel principe, c’est à dire : la force vitale plus ou moins maîtrisée par lui… »(J.Evola).

Ainsi, comprenons qu’à chacun des sept chevaliers »appelés », se rapporte un ensemble de caractéristiques détaillées, au travers de leurs parcours propres.

Ces caractéristiques ne sont que les expressions voilées d’une influence séphirotique prépondérante véhiculée par le corps céleste, auquel elle se rapporte.

La Quête du Saint Graal peut donc être comprise comme une étude kabbalistique et cosmogonique, dont le mot-clé demeure :Ascension.

Les Chevaliers de la Table Ronde 

A chacun des sept chevaliers « appelés », se rapporte un ensemble de caractéristiques détaillées au travers de leurs parcours propres, celles-ci n’étant que les expressions voilées d’une influence séphirotique prépondérante véhiculée par le corps céleste, auquel elle est liée. 

 

Ainsi, Galaad, sommet et perfection de la voie chevaleresque, symbolise de par son apparition, sa pureté absolue et sa vocation sacrificielle : le Messie, il illustre dès lors la Séphira CHESED, celle là même ouverte dans le corps de l’Homme Dieu d’où s’écoule le sang royal.

C’est pourquoi Galaad est aussi dénommé « Chevalier Désiré » car « …seul est digne de conquérir et de garder le Graal, celui qui par sa lignée terrestre, descend de David et de Joseph d’Arimathie, et par sa qualification spirituelle à la Séphira de la Grâce, au côté droit transpercé du Christ… ».

Expression de CHESED traditionnellement liée à Jupiter, et dont les qualités de générosité et de magnanimité nourrissent l’évolution de chaque être, Galaad fait référence à la vertu de CHARITE. 

 

Deuxième des trois chevaliers prédestinés : Bohort, qui se démarque par deux particularités :

sa chasteté : Galaad et Perceval sont décrits comme « vierges ».

son retour à la cour du Roi Arthur.

La chasteté du chevalier Bohort, est en fait, synonyme d’une double connaissance : celle du corps terrestre, et de l’effort ascétique exigé pour le dominer et le transcender. Rien d’étonnant dès lors que le cheminement de Bohort soit empreint d’austérité, et marqué par nombre de combats solitaires, comme de tentations éprouvantes.

N’est-ce pas le propre de la Voie Héroïque, qui comme la Voie Hermétique, a pour finalité de transmuter le plomb en or ?

Les qualités soulignées, ici, sont celles du courage, de la résolution, de la rigueur, elles se rapportent à la Séphira GEBURAH, elle même associée à la planète Mars, et incarnation de la vertu d’ESPERANCE.  

Grâce à ses  efforts, le chevalier terrestre Bohort, deviendra céleste avant de revenir à la Cour du Roi, c’est le seul des trois chevaliers élus à revenir sur terre, après l’achèvement de la Quête, peut-être pour mieux transmettre le récit sacré à la postérité ?

Comment ne pas voir en lui, l’incarnation d’une transmission : celle de la Tradition Primordiale, et de sa clé symbolique, obtenue après avoir atteint la perfection spirituelle ?

Comment ne pas évoquer l’image de Saint Jean l’évangéliste ou d’Elie, tous deux marqués comme Bohort par la puissance de la foudre ? 

 

Né, élevé, évoluant tout au long du récit dans les forêts, Perceval nous renvoie d’abord à la Nature(Vierge, par excellence), cependant la virginité de Perceval s’assimile à une disposition spontanée de Cœur et d’Esprit, qui le conduira par droit naturel, au Saint Graal.

C’est ainsi qu’à Perceval, sont révélées avant tout autre, l’origine comme l’achèvement du cheminement graalique, c’est encore à Perceval, qu’est envoyée l’Arche qui recueillera les trois chevaliers élus, pour les mener successivement, à la Nef de Salomon, puis au Château du Graal.

Perceval symbolise ainsi la voie directe de la Quête, synonyme de transparence et de pureté, il reste le symbole parfait des puissances animales, végétales et minérales non corrompues par la Chute.

En lui, nous pouvons percevoir « l’Or natif », la lignée spirituelle d’ABEL dont le regard « …perce le val des apparences dans la lumière simple de la Foi… ».

Simplicité, Spontanéité, Générosité sont les qualités de Perceval, digne personnification de la Sephira centrale du Monde et de la Création :TIPHERETH, comme de son corps céleste : l’Astre solaire. 

 

Elevé par la Dame du Lac, Lancelot conjugue toute l’ambiguïté de ses eaux, comme si la à la pureté limpide de celles-ci, devait s’opposer le reflet trompeur du miroir, d’où naît l’attachement aux formes.

Cette ambiguïté est, on ne peut mieux, mise en relief au vu du double aspect : positif et négatif du personnage.

  • L’aspect positif : entant que géniteur de Galaad, le meilleur chevalier céleste(ou chevalier du Monde de la Création), Lancelot est, par voie de fait, le meilleur chevalier terrestre(ou chevalier du Monde de la Formation).Lancelot annonce Galaad comme l’Etoile du matin annonce le soleil d’Orient.
  • L’aspect négatif : séduit et captivé par la beauté de la Reine Guenièvre, son amour passionné le rend prisonnier de ses sens, et stérilise dès lors ses vertus naturelles.

Bien qu’expert dans les tournois de guerre, comme d’amour(n’est-il pas désigné comme étant le meilleur chevalier du monde), Lancelot est vaincu une seule fois par son fils Galaad.

Loin d’être un échec, cette défaite annonce une libération, celle de « la mort du vieil homme » car, délaissant sa condition d’homme dans ce qu’elle a de plus passionnée, Lancelot s’abandonne alors à la volonté divine, et obtiendra ainsi d’entrevoir le Saint Graal.

Il reste d’ailleurs, le seul des chevaliers terrestres non prédestinés à atteindre le Château Graalique.

L’histoire de Lancelot dessine à elle seule, la voie exotérique, prisonnière des formes, mais elle annonce aussi , le Salut au travers de la pénitence, de la conversion, de la piété et de la discipline.

L’attachement amoureux de Lancelot, l’image de l’Etoile du matin, nous renvoient au ciel de Vénus, véhicule de la Séphira NETZACH dont les qualités se confondent en la beauté séduisante, et en l’amour joyeux du monde de la nature. 

Frère jumeau de Bohort, Lyonel aveuglé par l’orgueil, l’ambition et la colère, est décrit comme « une poutre pourrie… ». Un épisode du récit illustre la différence extrême séparant les deux frères.

Lyonel sans respect pour Bohort le provoque, acculé à se défendre, ce dernier va le frapper, quand une voix s’écrie :

« …Fuis Bohort, ne le touche pas, tu le tuerais !… »

et entre eux, descend du ciel, un brandon de feu, la même voix enjoint alors Bohort « …à se lever et à quitter la compagnie de son frère… ».

Quelle leçons pouvons-nous tirer de cette confrontation, qui nous rappelle nombre de nos combats personnels ?

  • Celle qui veut que la force du Soi, toute puissante, puisse foudroyer par simple contact.
  • Celle qui souligne la nécessité, tout comme Bohort, de laisser les illusions de l’ego, pour arriver à transmuter notre moi en expression du Soi.

A travers toute sa verve et sa versatilité, Lyonel symbolise toute l’ambiguïté gémellaire de la sphère de Mercure, véhicule de la Séphira HOD, qui est aussi celle de la splendeur illusoire. 

Neveu et plier du Roi Arthur, Gauvain est décrit comme « …un vieil arbre qui n’a plus de feuilles ni fruits… », c’est là, une allusion au tronc de l’Arbre de Vie, en attente de reverdir, et dont les fleurs blanche, verte, et rouge, sont incarnées par les trois chevaliers purs.

Gauvain illustre en fait, le symbole en ce monde, d’une trace présente au plus profond de notre être, celle de l’état premier qui ne demande qu’à refleurir.

Dans le récit, cette renaissance survient au décours du choc qu’il reçoit à la tête, infligé par Galaad et son épée, celle là même sortie du perron, au début du récit.

Le choc fut si violent qu’il « …fendit le heaume et la coiffe de fer… » mais, en tuant « …la chair matérielle et en libérant les os de la résurrection… », il souligne une puissance salvatrice : celle de l’Initiation.

A lui seul, Gauvain personnifie la Séphira YESOD, qui tire toute sa valeur de l’éclat de TIPHERETH(Gauvain n’est-il pas le meilleur ami de Perceval ?), de même que sa sphère céleste, la Lune, qui tire lumière et énergie du Soleil.

Grâce à la puissance imaginative et intuitive de YESOD, directement issue de l’éclat de TIPHERETH, l’équilibre entre lumières et ténèbres, tout comme l’espoir de renouer avec le Principe Créateur, peuvent être maintenus. 

Dernier des chevaliers appelés, Helain le Blanc, celui-ci n’est en réalité, qu’un nom de convenance attribué à sept compagnons, qui échouent dans la Quête du Graal, symbolisant tous ceux qui ne dépassent pas le monde d’ASSIAH, ce monde physique dans lequel nous sommes nés, étape ultime de notre incarnation terrestre. Helain le Blanc se confond en la Séphira MALKUTH ou Séphira du monde physique manifesté, il symbolise tous ceux enfermés dans les illusions des apparences visibles et des puissances charnelles. 

Des 150 chevaliers, seuls trois d’entre eux : Galaad, Bohort et Perceval seront élus, mais au travers de leur particularisme, chacun incarne une tonalité spirituelle spécifique.

Galaad, de par son détachement et sa disposition absolue à la Vocation ne nous renvoie-t-il pas à la Voie UNITIVE de la Mystique ?

L’ascèse de Bohort n’illustre-t-elle pas la Voie PURGATIVE de celle-ci ?

Quant aux dévoilements et autres découvertes de Perceval, ne soulignent-ils pas la Voie ILLUMINATIVE de cette même Mystique ?

A partir de ce constat, tout un ensemble s’articule harmonieusement devant nous, c’est ainsi qu’à chacune de ces voies, on peut y rapporter un vœu, une règle, voire un Archange : 

  • à la Voie UNITIVE : le vœu d’OBEISSANCE, la Règle des Templiers, l’Archange MIKAEL(qui est comme Dieu).
  • à la Voie PURGATIVE : le vœu de PAUVRETE, la Règle des Chevaliers hospitaliers de Saint Jean , L’Archange GABRIEL(Force de Dieu).
  • A la Voie ILLUMINATIVE : le vœu de CHASTETE, la Voie des Chevaliers errants, l’Archange RAPHAEL(Guide de Dieu).

Le plus grand secret toutefois réside dans la révélation que les Voies UNITIVE, PURGATIVE et ILLUMINATIVE , sont indissociables entre elles et qu’elles doivent se vivre malgré nos dispositions naturelles, successivement puis simultanément.

Rappelons nous aussi, que bien que poursuivant initialement des cheminements distincts, ce n’est qu’une fois réunis, que les trois chevaliers purs parviennent au Château du Graal.

Sur le postulat que le chevalier sur son cheval est synonyme du principe spirituel de la personnalité, porté par la force vitale, que peut bien sous entendre le changement de monture de nos trois chevaliers élus Galaad, Bohort et Perceval, ainsi que du chevalier sauvé Lancelot, à la cinquième étape de leur cheminement respectif, qui les voit alors voyager dans une Arche ?

Changer de monture, est ici assimilable à un changement d’état, passer du cheval à la nef, n’est que la signature de l’abandon des facultés et volontés individuelles, pour s’en remettre à jamais à la volonté du Très Haut.

Voilà la différence absolue entre la « Chevalerie Terrienne » et « la Chevalerie Céleste ».

Ainsi donc, la reconquête de l’état paradisiaque passe initialement par 7 étapes, en relation directe avec les 7 Séphiroths et leurs sphères planétaires. Une fois ces étapes franchies, Galaad, Bohort et Perceval, accèderont à la 8° porte :

La Séphira BINAH.

Celle-ci dénommée, Cité de SARRAZ, n’est rien d’autre que la Jérusalem Céleste, le Centre Universel de la Tradition Primordiale, que le Christ lui-même, confia à Josèphe, fils de Joseph d’Arimathie. Il est écrit, que ce centre spirituel suprême est constitué d’un cercle de douze élus, où Josèphe exerce à la Table d’Argent du Graal un sacerdoce souverain :

« …et vous êtes douze tout comme il y eut douze apôtres,…moi je suis le treizième qui doit être votre maître et votre pasteur… ».

Comme stipulé par Josèphe, ce sacerdoce est permanent, voire éternel :

« …de même que je le servis quand j’étais créature terrienne, de même je le sers maintenant en esprit… ».

La Quête du Graal dessine donc un chemin ouvert à tous les hommes sincères de cœur et d’esprit, qui s’établit depuis la Table Ronde en MALKUTH, jusqu’à la Table d’Argent du Graal en BINAH.

Tout au long de ce cheminement, marqué par l’Ascension, l’âme du Cherchant se voit rejeter les choses communes de l’existence terrestre en MALKUTH, elle se voit animée par une quête incessante en YESOD, invitée à l’action en HOD, embrasée d’un désir intense pour Dieu en NETZACH.

Elle s’est vue apercevoir Dieu en TIPHERETH, le toucher en GEBURAH, elle s’est aussi découverte audacieuse à l’extrême, dans son désir d’union au Divin en CHESED avant de capturer le Bien Aimé en BINAH.

Au delà, il est dit que l’âme se consume doucement en Dieu en CHOKMAH, avant de s’assimiler intégralement à celui-ci en KETHER.

La finalité de la Quête du Graal, c’est peut-être le Christ lui-même, qui l’exprime à la perfection en déclarant :

« …je suis sorti du Père et venu dans le monde, maintenant je quitte le monde et je vais au Père… » (Jean 16/28).

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Published by O.G - dans Kabbale
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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 06:19

V.'.M.'.,P.'.M.'. et vous tous mes FF.'.,
Dans un morceau d'architecture que l'on veut compréhensif, concis, s'attaquer à la problématique de la Kabbale revient à passer en un seul temps de la Pierre Brute à la Pierre
Cubique à pointe Monolithe, sans en avoir fait les travaux de façonnage, par « passes successives de façonnage ». Je vais donc tenter simplement de vous dégrossir « la
Pierre Brute . »

Généralités sur la Kabbale :


La Kabbale c'est un autre regard sur l'Homme et la Bible et l'Univers. La Kabbale, ensemble de spéculations métaphysiques sur Dieu ; l'Univers et les Hommes, elle prend ses racines dans les traditions ésotériques Juives – du Judaïsme de Tradition – je suis
absolument conscient que cette définition est un peu à l' emportepièces et ne fait pas ressortir l'Universalité de la Kabbale, la richesse des thèmes qu'elle aborde, ainsi que les multiples aspects qui allie et unit à la fois OBSERVATION METAPHYSIQUE ET RAISON – mais
aussi SYMBOLISME. La Kabbale est , tout du moins ceci n'engage que moi, un outil d'aide à la compréhension du Monde, en ce sens qu'elle incite à modifier la perception que nous avons de ce Monde - ce que j'appellerais « REALITE » malgré la subjectivité de notre perception,
compliquée et augmentée du fait de la sensibilité de la multiplicité des individus. La kabbale est donc un outil d'analyse qui aide à la compréhension en mettant à la disposition des « cherchants » un diagramme synthétique qui englobe :
- L'arbre des SEPHIIROTH, des clés de lecture pour de multiples ouvrages, avec un foisonnement de concepts, tels les degrés de signification, les contractions,
- Dieu, les Voiles, le plaisir, le Mal, le Golem , le Tout et enfin LA RESTAURATION.
Ainsi découlent des ébauches de réponses aux questions essentielles que sont l'origine de l'Univers, le devenir de l'Homme – ce qui fait de la Kabbale un véritable outil de travail sur
soi et un puissant moyen d'appréhender, d'aborder devrais-je dire, les autres systèmes de pensée, aussi divers soient-ils. Le mot Kabbale vient de l'Hébreu (qabalah) qui
signifie TRADITION ou encore « reçu par Tradition ». Qabalah est construit à partir de la racine qabel qui veut dire RECEVOIR et c'est là une des clés de compréhension du
processus dit de restauration.

Origines de la Kabbale :

La kabbale est une tradition orale, c'est-à-dire un enseignement transmis de génération à génération, sous la forme de contes, légendes récits, mais aussi sous le forme plus rigoureuse de l'Enseignement Mutuel de Maître à disciple..La Kabbale remonte très probablement à une époque aussi lointaine que la rédaction des 5 premiers livres de la Bible
(Pentateuque). Les textes qui ont inspiré les volumes le plus âgés du Pentateuque
ont été rédigés entre le X ème et le IX ème siècle avant Jésus Christ, - je pense, plus particulièrement ici , à la Genèse. – ce qui ferait que la Kabbale remonte à environ 3000 ans avant J.C.

J'éviterais d'abonder cette conclusion, qui n'est pas fondée scientifiquement, car je ne veux pas céder à la tentation de certains courants et milieux ésotériques qui ont, je ne sais pour quel motif, tendance à vouloir faire remonter le plus loin possible dans le temps l'origine de la Kabbale.
« L'Archaïsme d'une Tradition », la plus pure soit-elle, n'est aucunement le garant de son exactitude, de sa pertinence, ni de sa pérennité. » Les bases les plus sérieuses prennent compte de la kabbale, en tant que Tradition Ecrite – entre le II ème et le VI ème siècle de
l'Ere Chrétienne, sans toutefois de certitudes et ensuite, elle a connu son plein essor en plein Moyen Age.
Le Sefer Yetzirah ou « livre de la Formation » est donc le premier ouvrage connu – ce n'est qu'un texte court qui expose les notions fondamentales que sont les SEPHIROTH et « les Sentiers » le langage kabbalistique y est présenté comme « le constructeur du
réel » - il y est fait référence dans les textes qui ont suivi, sans toutefois de certitude d'auteur ou de datation – ce qui prête à réflexion…
Le Bahir, ou « livre de la Clarté »est le premier ouvrage qui appartient, sans conteste possible à la littérature attachée à la Kabbale. C'est donc en pleine période Romane qu'il apparaît au 12ème siècle après JC – cependant, son auteur et sa date de parution
restent aussi inconnus. Toutefois il offre une suite d'interprétations de versets, ouvre la porte à des questions du genre « Que signifie ?… » et des réponses, sous forme de parabole ou même parfois de commentaires.Pour la première fois sont abordés les principes Masculin – Féminin ainsi que le problème de l'Opposition Bien – Mal.
Le Zohar (sefer ha Zohar) ou « livre de la Splendeur » est le fleuron écrit de la kabbale et il est attribué à l'Español « Moïse de Léon » au XIII ème siècle après J.C. Cet ouvrage constitue un commentaire du Pentateuque ainsi des Cinq Rouleaux, dont le « Cantique des cantiques ». – Il illustre à la perfection la complexité des degrés de signification ;La plupart des concepts – clés de la Kabbale y sont abordés généreusement. Bahir et Zohar sont les deux bases indiscutables et « figées » que nous ayons de la kabbale et ils nous entraînent lorsque
nous les étudions vers une réflexion sur le Hassidisme, la symbolique, la mystique juive, la problématique du Mal et les Attributs de la Divinité, La Théosophie – mais prenons garde, il
n'existe pas de Kabbale Universelle, et il faudra éviter d'aller vers un élitisme Pesant, - la doctrine essentielle à retenir étant : « L'HOMME ET L'ABSOLU… »
Nul ne peut prétendre entreprendre une étude avec comme référence la Kabbale, s'il n'a une connaissance de l'alphabet hébraïque ; L'alphabet hébraïque est constitué de 22 lettres consonnes et 5 formes finales - voyelles. A l'origine l'Hébreu ne comportait aucune voyelle, elles ne seront introduites dans cette langues, sous l'influence des « Massorettes »,
qu' au 12ème siècle, afin que les prononciations de mots ne soient corrompues. Ces voyelles se présentent sous la forme de points-voyelles situés le plus souvent sous les consonnes des mots. Hébreu et Arabe se lisent de droite à gauche.
Lettres de l'Alphabet Hébreu :
YOD – TETH – HETH - ZAYIN – VAU – HE – DALETH – GUIMEL – BETH –
ALEPH – RESH – QOF – TZADDE – PE – AYIN – SAMER – NOUN –MEM – LAMED –
KAPH – TAV – SHIN ;

Finales formant point voyelles : TZADDE – PE – NOUN – MEM – KAPH – dont le graphisme diffère de celui des lettres de l'alphabet.
A chaque lettre de l'alphabet hébreu est associée une valeur numérique, qui donne lieu à de nombreuses et diverses manipulations et interprétations que l'on regroupe sous le terme de
GEMATRIE..
La langue hébraïque est difficile à décrypter car imprégnée de beaucoup de mysticisme – poussé au paroxysme parfois. Quelques exemples La lettre ALEPH peut être perçue comme l'Ensemble des Potentialités.. elle est le TOUT. La lettre YOD est perçue comme la divinité Manifestée La lettre Hé, est perçue comme le Souffle de la Vie. Ainsi les opérations syntaxiques prennent un relief tout particulier dans cette sémantique : VAU – HEest un mot qui signifie malheur. HE – VAU – HEsignifie animé par le souffle de vie, il devient l'Etre –
le devenir, mais aussi, paradoxalement l'Injustice, la souffrance. Avec l'introduction d'un départ IOD, le mot IOD – HE – VAU – HE –  signifie, avec l'accès à la conscience divine, - il devient le Tétragramme, le Créateur de l'Univers. En ce mot se mêlent donc les notions de malheur – souffle de Vie –  Divin… et c'est en essence et en substance le mot qu'il ne faut pas prononcer, sous peine de châtiment, car il représente le Principe Divin – l'Ineffable.
C'est le Tétragramme inscrit très souvent dans le delta Lumineux ou encore le décor qui orne la sautoir du V.'.M.'..Le déchiffrement des textes sacrés rédigés en Hébreu devient alors
tout un Art.


La Gématrie


ou encore guématrie pour européaniser le terme est l'une des trois méthodes de lecture de ces textes. Elle est basée sur le rapprochement des mots dont la somme des
lettres qui les compose est identique. En Hébreu le procédé peut être employé, car à chaque lettre de l'alphabet est associé un nombre et l'on distingue trois façons d'associer VALEUR et LETTRE :
- La gématrie par rang, où chaque lettre a la valeur du rang qu'elle occupe (Aleph vaut 1 VAU vaut 6….
- La gématrie classique, basée sur le même principe que la gématrie par rang jusqu'à la 10ème lettre, ensuite les lettres valent 20 – 30 …(ainsi BETH vaut 2 – LAMED vaut 30 – SHIN vaut 300 …)
- La Gématrie au carré ; Chaque lettre vaut le nombre défini par la gématrie classique, multiplié par sa propre valeur, c'est à dire élevé au carré (BETH vaut 2x2 = 4 – VAU vaut 6 x 6 = 36 – ALEPH, invariable vaut 1…)
Pour rétablir les valeurs classiques les correspondances numériques sont les suivantes :
ALEPH ….1 – BETH ….2 – GUIMEL….3 – DALETH …4 – HE….5 - VAU…6 –
ZAYIN ...7 –HETH...8 – TETH...9 – YOD...10 – KAPH...11 ou 20 – LAMED...12 ou 30 –
MEM...13 ou 40 – NOUN ..14 ou 50 – SAMER ...15 ou 60 – AYIN …16 ou
70 – PE …17 ou 80 – TZADDE …18 ou 90 – QUOF…19 ou 100 – RESH …20 ou
200 – SHIN …21 ou 300 – TAV … 22 ou 400
; Je laisse à votre bon soin et à votre bon usage, mes FF; de calculer le carré des valeurs de Gématrie carrée. J'omettais de vous donner les valeurs des points voyelles , placés en finale des mots qui sont les suivantes :
KAPH…500 – MEM…600 – NOUN…700 – PE … 800 – TZADDE …900
La gématrie n'est nullement un instrument de démonstration , c'est plutôt un outil de relativisation de la façon de percevoir un texte mais hélas, elle est sujet à de nombreuses dérives qui servent à édifier des théories farfelues – surtout s'il elle est appliquée à n'importe quelle langue alors qu'elle est exclusive à l'Hébreu ; son emploi aux divers alphabets, Grecs. ;modernes, est infondé, critique…ainsi, le mot « désirs » de la langue Française vaut « 666 » - chiffre de la bête de l'Apocalypse de Saint Jean – et l'interpréter
par « le désir n'est pas bien – peu souhaitable » est plus qu'hasardeux.

IL EXISTE ENCORE DEUX PROCEDES DE DECHIFFREMENT DES TEXTES SACRES :

Le NOTARIKON : Second procédé de lecture des textes sacrés en hébreu qui consiste à
interprèter chaque lettre d'un mot comme l'abréviation d'une phrase (comme en France les sigles SNCF..RAPT…et pour nous autres GODF…GADLU…
C'est le principe du sigle ou de l'acronyme. A titre d'exemple, le titre du livre clé de la Kabbale le Zohar s'écrit ZAYIN – HE – RESH est généralement traduit par SPLENDEUR ;;mais peut être considéré comme l'acronyme de la phrase « ZEH HA RESHIT »qui signifie « Voici le commencement… »- le notarikon peut dévoiler ainsi des ressorts subtils. Le Notarikon, à l'instar de la Gématrie peut s'appliquer à bien des langues.

La TEMOURA


Troisième procédé qu'utilisent fréquemment les « kabbalistes »qui consiste à permuter les lettres d'un mot selon des règles identiques à celles de l'anagramme. Appliquons ce procédé au mot Genèse « BERESHIT » qui signifie Commencement . BERESHIT S'écrit BETH – RESH – ALEPH – SHIN – YOD – TAV ; mais BERESHIT c'est aussi « BERIT-ESH » soit BETH – RESH – TAV – ALEPH – SHIN qui signifie alors « alliance du Feu » Alors se pose l'énigme La genèse est-elle le trait d'union avec les anciens cultes Solaires. En tous cas, c'est indéniable pour moi, la témoura montre qu'avant LE CIEL, LA TERRE et LES EAUX…déjà se manifestait LE FEU…
Hasard…science sacrée…que sais-je ?…
Après ces quelques aperçus de Kabbale pratique, Voyons quels en sont les concepts.
Ils sont au nombre de 7 :


CONCEPTS : DIEU – LA CONTRACTION – LE TOUT – LES VOILES – LE PLAISIR – LE MAL –
LA RESTAURATION.


- 1 - DIEU :
La kabbale le considère sous deux angles le 1er, accessible aux outils de connaissance de l'Homme que sont le corps, les sentiments, l'intuition, la Raison.. ;c'est son aspect
connaissable. Le second par son aspect inconnaissable, donc inaccessible à l'homme
de par la nature finie et limitée de celui-ci. C'est la Grande évocation du Manifesté et du Non – Manifesté
Principes qui font que la kabbale est à la fois Gnostique et Agnostique. L'Homme qui aura appréhendé tout ce qu'il pouvait de Dieu, de heurtera à la fin au mur infranchissable du NON – MANIFESTE ; - cet état n'est pas en soi stérile, mais une étape nécessaire au « dépassement de soi » pour accéder à une connaissance directe – sans aucun intermédiaire ou artifice. Ce n'est plus l'Homme qui comprend, mais l'Homme qui est devenu, en
pleine puissance, ne parfaite connaissance le PRINCIPE PREMIER ;
Dieu pour moi est un concept flou car il est vu à la fois comme Origine, c'est-à-dire ce qui a créé l'Univers Manifesté – mais qui est aussi le point Zéro de l'égrenage du Temps…c'est l'Illusion du Fini Dieu c'est aussi l'Etat de Morale et de conscience le plus haut auquel tout Homme peut prétendre accéder. Je pense être ainsi dans cette définition très loin de la vision de ce vieillard Barbu, colérique. Dieu n'est autre que tout ce qui englobe la création – la Source de toute chose en dehors du temps – c'est un champ de conscience permettant de tout comprendre mais aussi qui permet, par un aspect fusionnel d'être TOUT. C'est alors La cause Première, l'Architecture Primordiale – à la fois CHAOS et VIE …Que j'aime cette conception qui se rattache à notre G.'.A.'.D.'.L.'.U.'.

- 2 - LA CONTRACTION :
La contraction ou encore Tsimtsum, est un process d'autolimitation de Dieu – aménagement d'un espace délimité, clos et fini au sein du Divin. Cet espace rend possible les formes - des reflets d'infini, assiégés de néant. Ces formes sont Univers Ethéré, dense comme des corps physiques. Dans cet espace l'Immédiat n'existe pas mais le temps s'écoule les formes s'altèrent, jusqu'à se briser et pour retourner à leur Etat Premier. Dieu est en principe un Etat Parfait…il ne lui reste rien à prouver…sinon de faire lui même l'expérience de l'Imperfection….RIEN et VOLONTE D'AIMER sont en présence … n'est-ce pas une condition sin qua non de `émergence des Dieux. Dans la Kabbale, le Néant fait partie intégrante et indissociable de Dieu – La Perfection, le Tout ne pouvant rien s'ajouter explique la
position de se restreindre.

- 3 - LE TOUT :
Le TOUT est une chose de paradoxe.. ;il reflète chaque chose et son contraire. Ainsi dans le tout se côtoient à merveille PERFECTION – IMPERFECTION et son équilibre précaire, il faut l'avouer, provient de la neutralisation permanente de ces images, dans une recherche de «
l'Harmonie des contraires » qui ne peut en aucun cas refléter ce qui est infini, car ce n'est que Reflets fractionnels, tronqués. Ces reflets avec l'accroissement des consciences augmentent leur capacité à restituer une image de plus en plus proche de la Divinité..
L'Homme est un funambule sur son fil, un équilibriste qui oscille, vacille entre deux perceptions du Monde…toujours opposées l'Une à l'Autre.
Seule la synthèse, le maniement de la thèse à l'antithèse lui permettront de tirer le syncrétisme qui lui permettra d'être « Un Homme toujours debout » Tout système reflète son point de départ – ainsi l'Homme et l'Univers sont l'image de la cause première de leur existence . Le Kabbaliste considère que Dieu est Tout mais que Dieu n'est pas tout

- 4 - LES VOILES :
Dans l'Univers, comme dans l'Espace Divin, tout est voilé ? Ces voiles sont l'illusion de la séparativité du Divin et du Temps- ce ne sont rien d'autres que les filtres au travers desquels nous percevons le quotidien, la réalité
En Kabbale on considère 10 voiles fondammentaux – les autres filtres sont liés chacun à l'un de ces dix voiles / L'Univers, tel que nous le percevons apparaît au travers de ces dix voiles et reflète les attributs des voiles dans toutes ses structures et ramifications. De même en kabbale, le non – manifesté ou existence en dehors du temps comporte trois voiles. Tous ces voiles sont la conséquence de l'autolimitation de Dieu dans le processus de contraction – ils sont à la fois les barrières masquant la Divinité et les attributs de la Divinité puisqu'ils sont
partie intégrante du TOUT. Ces voiles, ou attributs Divins sont les SEPHIROTH ;Leur disposition et leurs relations sont décrites dans le symbole de « l'Arbre des Séphiroth ».
Ces voiles se manifestent au niveau de l'Univers et de l'Homme, autrement dit au niveau de Macrocosme et du Microcosme, ou de l'Infiniment Grand à l'Infiniment Petit. La Kabbale ou encore beaucoup de philosophies, comme celle des FF.'.MM.';nous incitent à découvrir ces constantes dans toutes les structures de notre Monde. Pourquoi donc ces Voiles ?…Ces voiles sont le squelette illusoire, oh combien !… qui permettent à notre Monde d'exister, de Vivre – ce sont comme le disent les Vieux Kabbalistes « Les dix courants qui
alimentent le Fleuve de la Vie. »C'est le déchirement successif des voiles qui permet à l'Homme d'atteindre LA CONNAISSANCE , et pourquoi pas l'Etat de Divinité, en
toute Lucidité. Pour atteindre et prendre conscience d'u état, il est indispensable
d'avoir été étranger à ce même état.

- 5 - LE PLAISIR :
On ne peut considérer autrement l'Homme que d'être une créature de
plaisir. – la quête de toute jouissance est le moteur de la réalisation de Soi.
Que le plaisir recherché soit charnel, par l'exaltation des 5 sens que sont les nôtres, affectif, par la mise en oeuvre de nos sentiments, ou cérébral pour l'accession au Savoir ou au Pouvoir. L'homme va déployer des efforts considérables, voir même ingénieux
pour y accéder. C'est la mise en branle de la Volonté, du Courage, de l'Imagination, du Sacrifice, de l'Inventivité pour ne citer que les plus louables moyens. Ce sont les efforts déployés en un sens ou un autre qui feront EVOLUER ou INVOLUER l'Homme. – a cette quête ajoutons de surcroît l'insatisfaction de l'être Humain, qui est liée au caractère éphémère
de son plaisir, qui n'est jamais unique. Ce trait de caractère pousse l'homme à rechercher, chercher, toujours, encore des plaisirs plus durables et a fortiori des désagréments de moins en moins fréquents. Ce qui signifie, en conséquences qu'il faut maîtriser les sources de désagrément, étendre son influence et que ce que l'homme contrôle ce qui est le plus
susceptible de lui procurer un plaisir jusqu'au point de non retour de vouloir se procurer un plaisir qu'il ne maîtrise pas. C'est alors l'apparition de l'Egoïsme, qui dans notre société Moderne apparaît de plus en plus comme une étape nécessaire à l'évolution de
notre propre espèce…Trois fois Hélas. En faisant converger leur plaisir, au sein de groupes, les hommes s'apercevront alors que l'égoïsme s'effrite et même si des conflits
persistent, des mouvements de groupe s'amorcent Simplement, s'ils ne sont pas source de plaisir ou de satisfaction, ils doivent être résolus. Pour la résolution des conflits les hommes doivent s'unir et unir leur conscience avec le TOUT. Ne faire ainsi qu'UN avec la REALITE…la notion d'opposition, de désagrément, d'accès au désir n'a donc plus de sens. « La quête du plaisir est la résolution de la distance qui sépare celui qui désire de ce qu'il désire…- Les efforts déployés par l'Humanité tend à réduire cette distance, jusqu'à ce que soit obérée
cette distance- pour atteindre la distance FUSIONNELLE ».

- 6 - LE MAL :
En Kabbale, le Mal fait partie intégrante de la Création. – son origine est exprimé de façons différentes, suivant les doctrines et croyances de chacun ?-Pour les uns, Dieu, afin de créer, c'est-à-dire offrir un espace de liberté en lui même doit se nier. – au niveau de l'être
Humain, cette négation se manifeste par des antagonismes violents, permanents parfois.
-Pour d'autres, le mal résulte d'un déséquilibre entre Chesed et Geburah
- Enfin certains pensent que KETHER, contient l'ensemble des potentialités BIEN et MAL et que c'est aux hommes agissant dans MALKUTH, qu'il leur appartient de manifester tel ou tel aspect plus qu'un autre.
- Le Mal, tout comme l'Harmonie est alors le résultat du LIBRE ARBITRE de chacun d'entre nous.
- En maîtrisant peu à peu , tel un peintre, les nuances de l'ultime palette, l'homme atténue les déséquilibres pour esquisser son destin, tout comme le peintre fignole son tracé pour le rendu de son tableau.

- 7 - LA RESTAURATION :
D'où que vienne le mal, l'Homme est un médiateur des énergies qui
s'écoulent. Dieu Non-Manifesté, est parfait en tant que Tout sans dualités.
Dieu Manifesté est imparfait, car soumis au temps et les énergies ne peuvent se composer de façon ordonnée, correcte Il y a donc déséquilibre. Dieu serait donc momentanément imparfait et il convient de restaurer l'équilibre premier en accédant à KETHER en pleine conscience- en allant vers l'origine du Mot : RECEVOIR !;;;C'est la clé du processus de restauration, car en KETHER, il existe l'exacte compensation de tel ou tel déséquilibre, si l'on a la volonté le désir d'y accéder. « Si l'Etre Humain, debout, pensant, devient capable de recevoir cette énergie correctrice, et parvient à la maîtriser – il devient Juste alors le déséquilibre qui se manifeste en Malkuth se volatilisera…disparaîtra. »
V.'.M.'.et vous tous mes FF.'.voici les premiers ingrédients propres à vous faire aborder la KABBALE …Kabbale – mystères ; Tradition – tout semble lié et provenir d'un même creuset.
Je ne peux arrêter ma planche ici, sans vous parler succintement de l'Arbre des Séphiroth.

L'ARBRE DES SEPHIROTH.
Selon la Kabbale, l'arbre des sephiroth représente la structure de l'Homme et de l'Univers.
Ce dernier symbolise à la fois les forces à l'œuvre dans le Manifesté – les voies placées entre l'Homme et la Connaissance Pure et les interactions entre ces forces. L'origine de l'Arbre des Séphiroth est méconnue. Les premières illustrations apparaissent au 12ème siècle, qu'elles
soient peintes par la main d'Isaac Luria (XVI ème) de Knor Rosenroth ( XVII ème) oi encore de Georg Von Welling (XVIII ème) ou de plus proches de nous tels stanislas de Gaïta - Papus ou encore de contemporains plus proches de nous.
L'arbre comporte 10 Séphiroth qui signifient Emanation, Numération ou encore Nombres, qui sont des étapes, épreuves, champs de nos consciences, collectives ou individuelles, ensemble de forces ,impalpables, dans la réalité que nous percevons. Les Séphiroth sont en général présentés sous une forme d'un arbre, qui est symbolisé par
3 Séphiroth alignées verticalement coté Gauche
4 Séphiroth alignées verticalement au centre
3 Séphiroth alignées verticalement à droite..

La verticalité de l'Arbre et la superposition des Séphiroth est apparente et elle ne préjuge aucunement de la supériorité de telle ou telle « séphirah sur l'une ou l'autre »
A noter qu'en Hébreu Séphiroth est un pluriel Féminin. Au singulier il convient d'employer le terme Sépirah ou Séphire. Dans l'Arbre des Séphiroth, ces dernières sont reliées par « des
Sentiers » qui représentent les interactions ou combinaisons des forces, de zones de transition de canaux ou encore de chemins. Il n'y a pas de discontinuité entre les chemins qui sillonnent l'Arbre des Séphiroth. Les Séphiroth font elles mêmes partie du parcours initiatique de l'arbre. En ce sens, les Kabbalistes considèrent qu'il existe 32 sentiers :
Les 10 Séphiroth et les 22 chemins qui les relient et les unit les unes aux autres
Il existe une numération des éléments de l'arbre. Cette dernière n'est pas arbitraire.. Elle correspond à une succession des forces qui s'équilibrent jusqu'à la dernière et
Ultime, la 10ème Séphirah. L'ordre des Séphiroth montre que l'Arbre est en fait inversé.
La première Séphirah, qui est associée à la racine de l'Arbre est en haut, tandis que la 10ème Séphirah, qui est associée à la Cime se trouve en bas. La numération des sentiers correspond aux diverses étapes de la construction de l'arbre et schématise les ajustements et équilibrages nécessaires au déploiement harmonieux de l'Arbre. Sans connaître les attributs des Séphiroth, il est possible de les relier entre elles en suivant l'ordre des chiffres qui leur sont associés. Ce premier trait, fait apparaître un « éclair fulgurant » qui symbolise l'Etinclle Divine qui engendra l'Univers. Une analogie bizarrement existe, celle « du Précipité » : « Dans une solution chimique, l'adjonction d'une substance ou l'effet d'un influx électrique fait apparaître la Matière Dense. » La Première séphirah, qui par l'étincelle rejoint la 10ème.
Les trois lignes qui apparaissent derrière la première Séphirah représentent les trois voiles du Non Manifesté. « Il Bannit l'Homme et il posta devant le Jardin d'Eden les Chérubins
et la Flamme du Glaive Fulgurant pour garder les chemins de l'Arbre de Vie »(Genèse 3 – 24 )
les Chérubins de la Genèse étaient en fait les quatre Anges EBEL, Ange du Feu et de la Lumière. HHASSAN , Ange de l'Air PHORLACH, Ange de l'Eau TALJAHHAD, Ange de la Terre
Etrangeté des symbolismes, car ces quatre anges sont les mots de passe du Grade de G+E+S+A+ du R.'.E.'.A.'.A.'. Ardarel – Casmaran – Talliud - Furlach. Qui sont des mots toutefois corrompus.
L'Arbre des Séphiroth naît de l'intersection de quatre cercles et d'une ligne qui traverse leurs centres. On retrouve souvent en kabbale, comme dans beaucoup de Traditions Esotériques le chiffre 4 - - Quatre semble être le nombre d'éléments nécessaires et suffisant à la stabilité de la Manifestation. La KABBALE décrit 4 Mondes – elle Associe les 4 éléments à KETHER – le
nom Créateur de l'Univers comporte 4 lettres formant le Tétragramme IOD-HE-VAUH-HE.
Il est vrai que 4 est l'addition de Un plus trois, c'est à dire le principe de l'Unité rattaché au principe de la renaissance…Cycle Eternel du RENOUVEAU. Le chiffre 3, appliqué à l'Unité trace les voies empruntées par la Kabbale :
AÏN SOPH AOR – « La Lumière sans limites »,la plus proche de KETHER AÏN SOPH – « le Sans limite, l'Infini » AÏN – « le Non-être » qui représente le troisième voile.

ARBRE DES SEPHIROTH ET CERCLE.
Certains Kabbalistes représentent l'Arbre sous la forme d'une Roue . Parfois même sous la forme de cercles concentriques. LA ROUE : Cette roue ne comporte pas les 22 Sentiers, mais, simplement, Ceux qui lui servent d'axe. Son Centre ou Moyeux - est TIPHERETH « La Beauté »Rayon Orient-Occident En 1 KETHER – en 6 TIPHERETH – en 9 IESOD – en 10 MALKUTH
Rayon Septentrion-Midi En 5 GEBURAH - - En 6 Moyeux – en 4 CHESED
Rayon Nord Ouest – Sud-Est An 3 BINAH - En 6 – MOYEUX – En 7 NETZA'H
Rayon Sud Ouest – Nord Est En 8 HOD – En 6 moyeux – en 2 CHOKMAH
La position de TIPERETH comme point central fera que le Kabbaliste axera (c'est le moment de le dire) ses interprétations sur la base de L'Harmonie.
LE CERCLE
.L'Arbre se présente sous la forme de 10 cercles concentriques. Du centre vers l'extérieur, les cercles, vers le haut représentent ; Dans l'ordre chronologique :
MALKUTH - YESOD – HOD – NETZA'H – TIPHERETH
GEBURAH - CHESED – BINAH – CHOKMAH – KETHER
Du Centre vers l'extérieur, vers le bas, représentent :
KETHER – CHOKMAH – BINAH – CHESED – GEBURAH
TIPHERETH – NETZA'H – HOD – YESOD – MALKUTH;

Ce qui fait que chaque cercle a une fonction ascendante opposée à une
fonction descendante. Si le cercle central est associé à KETHER, le déploiement de l'arbre
peut faire penser à l'action d'une pierre jetée dans l'eau d'un lac. Plus l'observateur et éloigné de l'impact, plus il y a de voiles entre Le Voile et Lui. Si au contraire le cercle Central est associé à MALKUTH, le parcours Vers KETHER correspond à une augmentation progressive de la Sphère de conscience, qui s'active dans des enclaves de moins en Moins
denses et devient ainsi de plus en plus libre.
LES SEPHIROTH :
Il faut voir les Séphiroth comme des concepts , des attributs divers, qui agissent dans l'Homme et dans l'Univers, à tous les niveaux. Ce sont des lignes de force, des niveaux de conscience des processus à l'œuvre dans les structures vivantes, comme le corps Humain, mais aussi comme l'Histoire..Ce sont des qualités, des perceptions particulières de la Réalité.
En un mot de synthèse, les Séphiroth sont les voiles qui masquent la Divinité et sont des principes actifs qui maintiennent les Illusions du Monde…Les Séphiroth représentent l'Univers ou MACROCOSME. –et pour illustrer l'Homme ou MICROCOSME, l'arbre pivote autour de son axe – et ainsi CHOKMAH échange sa place avec BINAH, CHESED avec GEBURG,
NETZA'H avec HOD.
Les 4 autres, qui forment l'axe central ne changent pas. Ce sont : KETHER – TIPHERETH – YESOD – MALKUTH. – Elles permettent par contre l'articulation, l'opération d'échange.
Selon le niveau où l'on se trouve placé, Macrocosme ou Microcosme, se reflètent dans la diversité des noms et des symboles associés à chaque Séphirah.
L'arbre peut aussi, et c'est un paradoxe qui rapproche la kabbale de la F.'.M.'. et de la disposition du Temple au R.'.E.'.A.'.A.'. plus particulièrement, en 3 Piliers. Trois Triangles
LES TROIS PILIERS :
Nous avons les Piliers de Force – Beauté – Sagesse au R.'.E.'.A.'.A.'., en Atelier Bleu
Ils deviennent par la suite du parcours Maç Foi – Espérance – Charité.
En Kabbale Il y a cette même distribution : le premier Pilier, celui de Gauche Il comprend BINAH – GEBURAH – HOD, qui est nommé « Pilier de la Sévérité » aussi appelé « Pilier de la Rigueur »ce premier Pilier est associé à la notion de Forme –La Forme exalte la Beauté dit-on. Similitude avec le Pilier « que La Beauté Orne ».
Le second pilier, celui de droite, comprend CHOKMAH – CHESED – NETZA'H qui est nommé « Pilier de la Miséricorde » - ce second pilier est associé à la Notion de Force. Similitude avec le Pilier « qui soutient la Force »

Le troisième Pilier , pivot Central comprend KETHER – TIPHERETH – YESOD – MALKUTH .qui est aussi nommé « Pilier de l'Equilibre » - Il est associé à la notion de conscience et
d'harmonie entre Force et Forme. L'Harmonie est Fille de la Sagesse !…Similitude avec le Pilier « De la Sagesse qui préside à la Construction de l'Edifice »
Ainsi, dans ces deux concepts, qui paraissent séparées par des voies impénétrables, lorsque l'Homme parcourt l'Arbre, les Piliers « se font échelle » - l'Homme Gravit les Barreaux invisibles en usant, alternativement d'énergies expansives mais aussi restrictives.
Si un Pied glisse et quitte un barreau, ses mains elles ne lâchent jamais les deux bords.
« Plus l'Homme progresse sur l'échelle de la maîtrise de ses énergies, de la maîtrise de Soi – Plus sa Conscience s'élève. »
LES TROIS TRIANGLES
On peut regrouper les Séphiroth en trois Triades en les faisant apparaître dans l'Arbre,
Le triangle le plus haut (pointe en haut,) contient KETHER – CHOKMAH –BINAH – c'est le triangle Spirituel – ce sont les trois Séphirah les moins acceSsibles à l'Etre Humain elles sont de pures abstractions vivantes.
Le Triangle Central (pointe en bas) regroupe CHESED – GEBURAH – TIPHERETH – c'est le triangle Ethique. En effet c'est une notion plus proche de l'Homme en ce sens qu'elle se cristallise sous forme d'idéaux, de dogmes, d'Institutions dans la Société.
Le Triangle inférieur (Pointe en bas) regroupe NETZA'H – HOD – YESOD, c'est le triangle Magique. La Magie dont il est question est celle de l'énergie subtile, canalisée – sculptée pour être projetée sur le plan matériel qu'est MALKUTH, qui se situe hors des trois triangles.
MALKUTH n'appartient à aucun mais les justifie tous. Le Franchissement des trois triangles se fait en trois étapes successives, comme un parcours Initiatique. Ce dernier est gradué, comme l'initiation Maç.'.-.Ce parcours revêt divers états psychologiques – trois seuils – trois prises de conscience Remarquables ; Tout part de MALKUTH … L'homme profane dans son Cabinet de Réflexion. Le premier fossé à franchir est le seuil, ou encore les épreuves de
l'Initiation/Au dessous de TIPHERETH se trouve le Gouffre …ce sont les voyages qui
mènent au compagnonnage – la recherche du Savoir… aller vers la quintessence – Ce que l'on n'atteindra jamais, tant le gouffre est profond.
Enfin l'accès aux Séphiroth KETHER – CHOKMAH – BINAH qui nécessite le franchissement de l'Abîme, c'est l'exaltation à la Maîtrise, la Renaissance en chaque F.'.M.'. de notre Regretté Maître Hiram. Ce n'est qu'en ayant franchi ces trois seuils que l'on peut espérer
avoir enfin accès aux 4 mondes qui régissent l'accès à la Connaissance.
LES QUATRE MONDES
Le premier Monde contient uniquement KETHER ; C'est le Monde des Emanations ou encore appelé Monde des Archétypes (« Aziluth »)C'est le Lieu du Tout, Indivisible – de l'ensemble des potentialités –la Racine des Mondes. Le deuxième Monde contient CHOKMAK – BINAH C'est le Monde de la Création (« Briah ») C'est le Lieu de la première scission , de la complémentarité, des outils Primordiaux. Le Troisième monde contient quant à lui 4 Séphirah : CHESED – GEBURAH – TIPHERETH – NETZA'H – HOD – YESOD C'est le Monde de la Formation (« Yetsirah ») – c'est le Lieu de la Construction du Modelage, de l'assemblage, de l'Architecte – du Tailleur de Pierres, du Terrassier. Le dernier et quatrième Monde contient uniquement MALKUTH Il est appelé Monde de la Matière (« Assiah ») C'est le Lieu où les éléments prennent forme, s'élèvent résistent mais hélas aussi se dégradent.

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 11:06

Issue de l’hébreu «qabbala » qui signifie « réception », la Kabbale peut être assimilée à un cheminement d’élévation spirituelle, réunissant : philosophie théorique et pratique méditative.

Cette Tradition s’est initialement transmise par voie orale depuis Adam jusqu’à Moïse avant d’être secondairement transcrite, codée et commentée dans la Bible, comme dans le Livre des Prophètes, par exemple.

La Kabbale se présente donc d’abord sous la forme d’un enseignement allant permettre de déchiffrer les mystères du texte biblique. Cette première approche est dite :herméneutique.

Elle se présente aussi sous une deuxième approche mystique en se confondant à l’art d’écouter la symphonie des sphères célestes comme celle de notre musique intérieure. Dès lors, elle rejoint son origine étymologique en exprimant par l’usage de prières, rites, méditations, chants et danses, le fait de recevoir comme d’atteindre la Lumière de l’Infini.

Plus qu’une doctrine, la Kabbale est pour l’initié, une Force, un Souffle qui rappelle sans cesse à l’homme que sa perfection réside dans sa perfectabilité.

Ainsi, elle deviendra rapidement une philosophie de vie ainsi qu’une recherche d’Harmonie et de mieux-être pour soi comme pour la communauté des hommes.

En poursuivant avec sincérité ce cheminement, le kabbaliste ne pourra qu’approfondir l’étude des 10 « sefirot ».

Ces 10 « sefirot » expriment, en fait, les 10 modalités fondamentales de l’être humain par lesquelles, tout cherchant peut atteindre son équilibre et sa perfection et redevenir « l’Adam Primordial ».

Plus qu’une science, la Kabbale est donc un art, l’Art du cœur et de savoir aimer et  « … le kabbaliste …un homme que l’on connaît mal, mais qui essaie, lui, de se connaître mieux… ».

 

Schématiquement, on distingue 8 périodes-clés de l’Histoire de la Kabbale, en gardant à l’esprit que les différentes époques, en question, ne sont que des moments privilégiés de l’enseignement d’un point particulier d’une connaissance qui ne s’est révélée que de manière progressive.

 

-La première période : s’échelonne du deuxième siècle avant J-C jusqu’au douzième siècle après J-C. Elle fait référence à l’interprétation mystique de deux des plus importants chapitres de la Bible :le premier chapitre de la Genèse qui développe l’histoire du monde et le premier chapitre d’Ezéchiel qui décrit la vision du Char dans lequel Dieu est installé.

L’œuvre du Commencement ou « maassé beréchit » peut être approchée comme une exploration de la structure des mondes d’en haut et du divin.

 L’œuvre du Char ou « maasé merkava » peut être comprise comme une exploration du divin par des expériences multiples d’extase.

En bref, on peut dire que l’œuvre du Commencement décrit la manière dont la Lumière de l’Infini est apparue et descendue vers notre monde et vers tous les autres mondes de la Création.

L’œuvre du Char, quant à elle, exprime les possibilités offertes à l’initié d’atteindre un état d’extase et d’accéder ainsi aux mondes supérieurs au travers de la méditation et de pratiques transcendantes. On pourrait l’assimiler à une attitude de profond oubli de soi-même qui semblerait provoquer une auto-suggestion pré-hypnotique.

Le texte apparaissant d’ailleurs sous l’aspect d’un ensemble d’images que l’on peut retrouver dans d’autres descriptions de visions mystiques.

 

-La seconde période ne couvre qu’un siècle(1200-1300) et se caractérise par l’apparition d’ouvrages prestigieux comme le « Livre des Hommes pieux »(le Sefer Hassidim) et de grands maîtres tels :Isaac l’aveugle.

 

-La troisième période se constitue en Espagne autour de la rédaction d’un livre fondamental de la Kabbale qui est :le Zohar ou « Livre de la Splendeur ».

Le Zohar fut publié par Moïse de Léon qui vécut au deuxième siècle, peu de temps après la destruction du second temple de Jérusalem. Ecrit en araméen sous la forme d’un roman mystique, il contient un mélange fascinant de métaphysique, de cosmogonie mythique et de psychologie ésotérique, ce qui fait dire que cette période reste celle de l’éclosion de la Kabbale extatique.

 

-La quatrième période s’étale sur plus de deux siècles et reste liée à l’une des tragédies du peuple juif, celle de son expulsion d’Espagne en 1492.

De nombreux maîtres prennent alors la décision de s’installer en Galilée à Safed et fondent une école de Kabbale dont l’enseignement est axé sur un commentaire du « Livre des Splendeurs »(le Zohar) avec une insistance sur le sens des « sefirot » et de la « Chekhina »ou présence Divine.

C’est au cours de cette période, par exemple, qu’est rédigé le « Livre de l’Arbre de Vie ».

 

-La cinquième période voit, sous l’influence du mystique Shabbataï Tsvi(1625-1676), la Kabbale adopter un sens messianique. Plus exactement, on perçoit la reprise de l’idée d’un Messie juif  qui se convertit et qui serait donc selon les commentaires des écrits :juif à l’intérieur et non-juif à l’extérieur.

Ce schéma est intéressant dans la mesure où ici apparaît une dualité entre 2 mondes, l’un visible et l’autre invisible, ouvrant dès lors à la dimension du secret.

 

-La sixième période est appelée « hassidisme ». Elle demeure le résultat d’une école de pensée fondée par Rabbi Israël Ben Eliezer plus connu dans la tradition juive sous le nom de Baal Chem Tov ou « Maître du Bon Nom ». Cette période se caractérise par la traduction des grands thèmes de la Kabbale au niveau existentiel et par leurs applications dans le quotidien de la vie. En un mot, il y a une recherche de la Lumière de l’Infini pour découvrir un chemin de vie dans la joie avec autrui.

Le Baal Chem Tov prêcha que la mission de chacun était de libérer les étincelles divines déchues que nous sommes perdues dans le monde matériel. Chaque acte, s’il est effectué avec l’intention juste, aide à la Rédemption du Cosmos hors de la confusion et de l’obscurité.

Le hassidisme, c’est aussi la démocratisation des concepts de la Kabbale grâce au vécu de ces idées autour d’un maître dénommé « rabbi » qui devient le pilier du groupe apportant réconfort, conseil et guérison aux adeptes.

Le hassidisme devint rapidement un mode de vie unique de tout un peuple qui découvre les merveilles et la profondeur des secrets d’une Tradition cachée, ce fut une véritable révolution sociologico-religieuse.

 

-La septième période est celle de la kabbale dite lituanienne. Débutant à la même époque que le « hassidisme », ce courant s’en détache rapidement et poursuit le travail de recherche de l’école de Safed avec comme particularité, d’axer celui-ci sur l’étude et l’application des «mitsvot » ou rites hébraïques comme sources des énergies cosmiques et de la rédemption du monde.

 

-La huitième période est celle contemporaine. Elle a hérité de l’ensemble des précédents courants et voit, outre une interdisciplinarité, la volonté manifeste de contact avec d’autres groupes mystiques, notamment ceux du Bouddhisme.

 

Qu’en est-il maintenant de la Kabbale en milieu chrétien ? On évitera ,en effet, le terme inapproprié de Kabbale Chrétienne, vu que la Kabbale est la tradition secrète d’Israël.

En fait, il faut savoir qu’au moment de la Renaissance, les cercles d’humanistes et d’érudits réunis par les nobles et les riches prélats d’Italie et d’Allemagne, comprenaient de nombreux Rabbis.

Grâce à l’intérêt porté à la Kabbale par les humanistes, la littérature et la pensée juives furent reçues dans les milieux chrétiens comme une discipline, au même titre que leurs homologues grecques. Les humanistes s’intéressèrent à l’hébreu et à l’araméen avec une fascination toute particulière pour l’étude du Zohar, le Livre des Splendeurs. En parallèle, l’étude talmudique s’imprégna de l’esprit humaniste mais en 1553, tout fut remis en question par la Contre-Réforme. Le Talmud fut brûlé publiquement à Rome et le peuple juif : enfermé dans les ghettos des villes !

En dressant la liste de ces auteurs chrétiens sur lesquels la Kabbale a indiscutablement laissé son empreinte, on est frappé par le sort tragique qu’une telle étude engendra au niveau de leur existence. Pic de la Mirandole, qui étudia l’alchimie et la magie à côté de la Kabbale, n’échappa aux persécutions de l’Eglise que grâce à la protection de la Maison de Savoie dont il était le médecin en titre. Paracelse, médecin lui aussi, alchimiste et astrologue connut une fin tragique en disparaissant dans le dénuement le plus total, rejeté tant par ses malades que par ses disciples ! Robert Fludd, médecin et alchimiste, défenseur des Rose-Croix fut violemment combattu par les autorités pseudo-scientifiques de son époque.

Ces tragiques destins nous démontrent à nouveau que la recherche d’une Vérité au-delà du rationnel n’est pas sans danger. Elle expose parfois le cherchant à la condamnation d’hérésie. Par ce constat savamment entretenu, l’opinion publique fut enfermée, des siècles durant, dans la conclusion que la Kabbale n’était rien d’autre qu’une doctrine hérétique associée à des pratiques mi-alchimiques mi-magiques. Son attrait demeura longtemps celui du fruit défendu, même si l’œuvre de Jakob Boehme(1575-1624) autorisa son entrée discrète dans le patrimoine spirituel et culturel de l’Occident. C’est ainsi qu’une certaine influence kabbalistique sous le biais de métaphores fut présente chez des auteurs aussi variés que : Hugo, Baudelaire, Goethe, Nietzsche et même Wagner !

Quoi qu’il en soit, la pensée de la Kabbale a ,de tous temps, influencé et dynamisé la recherche philosophique, scientifique et métaphysique pour une raison fort simple :

pour le kabbaliste, l’Evolution ne s’arrête pas avec le genre humain mais se poursuit grâce à lui vers des étapes toujours plus élevées.

Tout un processus de perfectionnement l’autorise à tendre vers la liberté absolue. L’homme pourra alors atteindre des forces créatrices dont il n’a pas idée et dépasser sa nature humaine pour s’élever au-dessus des limites du créé…

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 10:38

Henry More(1614-1687) se voulut, lui aussi, explicitement kabbaliste chrétien. Ne fut-il pas d’ailleurs l’un des correspondants du baron Christian Knorr von Rosenroth, cet érudit ami de Leibnitz ? Il s’était inlassablement plongé dans la forêt des traités des kabbalistes pour espérer y découvrir le moyen de convertir les juifs au christianisme, en leur prouvant que leur propre tradition, si l’on sait l’interpréter en profondeur, finirait par leur prouver la vérité du christianisme. À l’inverse de Fludd qui, s’il connaissait le latin et le grec, ne pouvait lire l’hébreu, Henry More avait une connaissance très poussée des œuvres des plus fameux rabbins kabbalistes. On peut noter chez lui l’influence toute spéciale d’Isaac Luria (1534-1572). C’est à ce dernier que More empruntera le contenu des seize axiomes kabbalistiques, en lesquels se trouveraient énoncés les principes fondamentaux de la Kabbale, tant juive que chrétienne.

Nous allons en donner la traduction française :

1. Rien ne peut être créé à partir de rien.

2. Et comme la matière ne peut être créée.

3. Ni exister par soi en raison de la bassesse de sa nature. Où l’on tire la déduction qui est plutôt un fondement que nulle chose vile ne peut exister par soi.

4. Il n’existe donc aucune matière dans la nature des choses.

5. Tout ce qui est vraiment est Esprit.

6. Mais cet esprit est incréé et éternel, intelligent, sensible, vital, se mouvant par soi, infini dans l’étendue et existant nécessairement par soi.

7. Et par conséquent, cet esprit est l’essence divine.

8. Et aucune essence autre que divine ne peut exister par soi.

9. Comme, à la vérité, il n’existe aucune essence en dehors de celle-ci dans l’univers en vertu des axiomes 1, 2, 3, 8 et qu’il est clair qu’une chose (provient) de cette essence unique, par une action de division – il est évident que l’essence divine peut se diviser.

10. Puisque l’essence divine existe vraiment, il existe d’innombrables particules individuelles, et qui peuvent s’étendre et s’étaler en des cercles de puissance et d’étendue infinies.

11. Et puisque les grains de sable particuliers, les petits grains des pavés et les particules de l’air, de l’éther, etc., sont des parties de cette essence divine, il est tout aussi évident que ces dernières peuvent se réunir et se resserrer en particules extrêmement ténues.

12. De l’assemblage de ces particules est formé le monde qu’on appelle matériel bien qu’il soit en réalité spirituel, formé assurément d’esprits en particules divisées de l’essence divine, contractées et ramassées en monades ou points physiques.

13. Cette contraction est l’état de sommeil ou d’engourdissement pour ces particules divines – leur expansion, l’état de réveil.

14. Il y a différents degrés de réveil, à savoir : dans la vie végétative, sensitive, rationnelle… ; bien plus enfin se font le réveil et l’expansion, dans un cercle d’amplitude et de puissance infinies, jusqu’à ce que cette parcelle divine en cet esprit particulier puisse se construire un Monde formé de terre, d’eau, d’air, de ciel et des autres parties.

15. Et, par conséquent, cet Esprit particulier peut – à partir de l’exemple de la fine poussière de marbre – devenir la plante, à partir de la plante l’animal, de l’animal l’homme, de l’homme l’ange, enfin le Dieu créateur d’une nouvelle Terre et d’un nouveau Ciel.

16. Et on peut dire de même à propos des particules individuelles de l’essence divine, qu’il est nécessaire qu’elles soient ou bien toutes séparables sans doute, ou encore qu’elles puissent être des Dieux créateurs des terres et des cieux, ce qui est cela même qu’un enfant, par une nuit blanche dans les écoles, interrogé par moi sur le point de savoir s’il croyait à un Dieu unique, me répondit en souriant qu’il croyait à l’existence d’un grand nombre de Dieux, distincts les uns des autres.

On voit la manière dont Henry More, résumant ainsi les principes essentiels de la Kabbale d’Isaac Luria, aboutit à une métaphysique immatérialiste et monadiste. Le plus curieux de ces axiomes kabbalistiques est assurément le dernier qui, par la différence instaurée entre l’Absolu et les Créateurs de chacun des innombrables systèmes planétaires, s’écarte singulièrement de l’orthodoxie chrétienne. Henry More met par prudence – on l’aura remarqué – dans la bouche d’un de ses étudiants à Cambridge l’exposé de cette théorie qui pourrait bien friser l’hérésie…

Source : http://www.esoblogs.net/328/les-seize-axiomes-kabbalistiques-d-henry-more/

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Published by Serge Hutin - dans Kabbale
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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 09:13

Ce travail, malgré son ampleur, n’est qu’une toute petite goutte perdue dans l’immense coffre à trésor de la Kabbalah ! Avec cette étude, … je vais tenter de vous offrir une sorte de mise en appétit – qui je l’espère - vous démontrera les rapports certains existant entre les gestes, les symboles, les mots hébreux que nous employons dans les rituels de tous les grades de la Franc-Maçonnerie régulière, tel que nous la pratiquons et la Kabbalah !      Mon but avec ce morceau d’architecture, … c'est d’étudier avec vous et en même temps d’appro­fondir nos connaissances de quelques concepts maçonniques en suivant la méthode kabbalistique. Aucune des idées que j’émettrais ne sont des dogmes de la GLRB ni de la Maçonnerie  Régulière tel que nous la pratiquons. Ce sont des réponses trouvées par le biais de la Kabbalah – cet instrument d’étude prodigieux – qui m’a permis – je l’espère – de mieux comprendre le message transmit par notre Volume de la Loi Sacrée et d’arriver ainsi à une initiation effective et plus profonde en tant que pèlerin en recherche de l’absolu ! Ce travail ci - n'a aucune autre prétention que celui d'être mon point de vue, … mon interprétation ou mon opinion,  … après des années de recherches et de réflexions … et en plus j'insiste et j'ajoute, … que c'est mon opini­on hic et nunc, c.a.d, ici et maintenant, soit en ce moment ci de ma vie d'homme et de maçon. … Comme je vous l’expliquerais au cours de ce travail – l’hébreu est une langue archétypique - dite sacrée – et comme tel a des propriétés très spéciales dont une grande partie se retrouve aussi dans le sanscrit et le mandarin chinois - …  Le grec ancien, l’arabe classique et le latin employaient eux aussi le système attribuant des valeurs chiffrées aux lettres ! …Il m’arrivera, plus d’une fois, d’approcher certaines des valeurs chiffrées ou symboles -  sous des angles différents … – ce ne sera pas pour vous lasser – mais pour vous imprégner de la richesse de cette méthode  -  afin que vous preniez l’habitude de l’employer sous toutes ses facettes, dans votre propre recherche et pensée maçonnique ! …Pour pouvoir suivre mon exposé  avec succès – il faudra vous défaire momentanément - du style de pensée latin, germanique ou cartésien matérialiste et essayer d’adopter le style de pensée allégorique et symbolique des fondateurs de nos cultures monothéistes ! …Alors …   Si vous êtes prêt … ?   Allons-y !  … Nous sommes souvent déroutés par la méconnaissance de la prononciation des lettres et des mots, car écrits sans voyelles, même si certains livres d’études bibliques actuels ont étés imprimés avec les signes de prononciation datant du 8e siècle de notre ère, des Massorètes, rabbins érudits qui connaissaient par coeur la ‘’ MASSORAH ‘’, c.a.d. : la transmission orale traditionnelle de tous les textes bibliques.

En outre, les mots eux-mêmes changent de sens, jusqu'à vouloir dire l'inverse, suivant le son donné aux lettres par les points /voyelles invisibles, de la tradition, mis en dessous, ou au-dessus de la lettre.  

Exp.: le son du  Aleph  ou du ’ayin ou du  héh deviendrait avec les signes massorétiques : + I  = A, + G = AI,  +  F = É, + E = I, + L = OU, + A  = E,  + K(donc au-dessus) = O … etc... etc... .

Toutes les autres lettres avec les même points/voyelles deviendraient:Exp.:  lamed  = La -Lai - Lé - Li - Lou - Le - ou Lo  , Mem  = Ma - Mai - Mé - Mi - Mou- Me ou Mo. Etc... etc... 

Un point au centre de la lettre, la redouble phonétiquement, sans changer sa valeur numérique.

Ex : veth = beth – ‘khaf = Kaf – Kof = Kof dure etc. etc.

En Israël l’on parle aujourd’hui un Hébreu moderne, qui est en fait l’Hébreu biblique avec une ajoute de mots nouveaux apportés par l’Académie de langue hébraïque, afin de permettre au  pays, aux sciences et à  l’armée de défense d’Israël  de fonctionner d’une façon moderne et civilisée.

Dans les Synagogues et dans les écoles et collèges Talmudiques, seul l’Hébreu biblique est en usage.

Ce que je vais essayer de vous expliquer, c’est cet  Hébreu biblique.

Ce ne sera pas une sorte d’élucubration intellectuelle, mais une analyse sérieuse, basée sur la Mystique juive et son  émanation, la Kabbalah,  ses 28 codes et ses 32 règles, ainsi que sur une tradition de +/- 40 siècles.

Je n’ai pas la prétention d’avoir inventé ce système, bien au contraire, … mais j’ai eu le bonheur de trouver par moi-même, et  par des études approfondies, des réponses satisfaisantes à mes questions.

Ce système et ses exercices, objet de ce  paragraphe, sont le résultat de conversations avec mon Grand-Père et mon Père,  ainsi que de nombreuses autres personnes en recherche qui se sont donné la peine d’étudier tous nos Écrits Sacrés en profondeur, afin d’en extraire l’essentiel  et cela pendant toute leur vie.

Car le discours et la façon de raisonner d’un mystique juif et surtout en Hébreu est fort différente du raisonnement d’un Occidental.

Pour le mystique, la Bible dans sa  langue Hébraïque originale, permet de retrouver dans la racine de ses mots et de ses expressions, les sources, les archétypes et les symboles du monde et de l’Univers.

D’après les Cabalistes, et les mystiques, c’est un cryptogramme, porteur en profondeur, de 28 messages différents, tous cohérents et lisibles, pour l’Initié qui en possède la clef sous forme de code chiffré.

En Hébreu biblique, il n’y a en principe que deux temps, l’accompli et l’inaccompli.

Pour l’hébraïsant, le mystique et le Kabbaliste, le ‘’ PRÉSENT ‘’ n’est qu’un instant fugace du ’ FUTUR ‘’ en route vers le ‘’ PASSÉ ‘’.

Il y a 4 niveaux de lecture de la Bible, qui pour moi se limite au Tena’kh ou soi-disant ‘’Ancien Testament ‘’.

Ces 4 lectures ou niveaux sont symbolisés par le mot  P.a.R.D.e.S ( peh, resh, daled, samekh )., ou  ‘’ Le Verger de la Connaissance ‘’, qui est peut-être à l’origine du notre mot ‘’ Paradis ‘’.

Les lettres du mot " PaRDeS "  ‘’ LE  VERGER ‘’ en hébreu sont les initiales des mots :P-AROSH : ou la lecture littérale et la compréhension d’un enfant de six ans, qui est malheureusement à la base de presque toutes les traductions de l’ ‘’ Ancien Testament ‘’ connues.

R-EMEZ : ou  la lecture symbolique obligatoire d’un adolescent de 13 ans ( à sa majorité religieuse    = la BAR-MITZVAH )

D-RASH : la lecture homilétique et mystique d’un jeune homme de 18 ans.

S-OD : ou la lecture dite ‘’ Secrète ‘’, d’un homme mur, âgé d’au moins 40 ans !

Nous en arrivons donc au coeur de mon  propos ;  l’Hébreu, langue sacrée ? ... Pourquoi ? ...

l’Hébreu a un alphabet spécial comprenant 22 lettres, toutes uniquement des consonnes, qui sont … et je le répète … en même temps des chiffres, des mots, des symboles, des idées (hiéroglyphes), des  vibrations, ou des sons. S’y ajoute 6 lettres finales, c. a d. des lettres qui changent de forme quand elles se trouvent à la fin d’un mot, sans pour autant en changer la valeur numérique de base.

2° L’Hébreu connaît  2 écritures, la carrée et la ronde. La carrée, quand elle est calligraphiée, est  employée uniquement pour les manuscrits sacrés, comme le TENA’KH ( l’Ancien Testament ). Elle est encore en usage aujourd’hui, mais vers l’an 1.439, un SANHEDRIN ( un concile de Rabbins érudits ) spécial, a du se réunir pour permettre l’impression de livres d’études, en écriture carrée, par Gutenberg.  Ce qui  permit,  au peuple juif dans sa dispersion, de conserver sa culture et ses traditions. De tout temps et encore de nos jours, les Rouleaux de la Torah sont uniquement calligraphiés, donc écrits à la main, par un spécialiste, un Sage, se mettant en état de grâce, par des bains rituels, des jeûnes et des prières appropriées. Ces rouleaux sont calligraphiés avec respect sur +/- 40 parchemins de peaux d’animaux purs (   Kasher = 'khaf, shin, resh ) avec une plume d’oie trempée dans une encre noire spéciale, végétale et très brillante.

Pour l’usage profane et l’étude, la Bible, le Talmud et la Michna, sont actuellement imprimés ou écrits en écriture carrée même sur une machine à écrire. L’écriture manuscrite, dite ronde, n’est plus employée en Israël et en diaspora que pour de vrais manuscrits, mais surtout pour des missives, lettres privées et les signatures. N.B. chez nous aussi, en lettres latine - 2 alphabets se côtoient, l’imprimé et le manuscrit. Ex : ( ABCDE - abcde )

3° Cet alphabet Sacré, composé uniquement de consonnes, a des propriétés spéciales et s’écrit de droite à gauche. a)chaque lettre est un symbole : aleph, beth, gimmel, daled, heh, vav, zayin, ‘khet, teth, yod = Taureau, maison, chameau, porte, souffle / voie, crochet, épée / arme, Péché / terreur, ciment / balais, main.b)  chaque lettre est un son, une vibration propagée d’ici-bas vers   l’Univers et le Cosmos pour y éveiller un écho en retour. c)  chaque lettre a une valeur numérique fixeEn petite Gématriah:  aleph = 1 – beth ou veth = 2 - gimmel = 3 - daled = 4 - héh = 5 - vav = 6 – zayin  = 7 – ‘khet  = 8 – tet  = 9 . Ce sont les unités de la 1e à la 9e lettre.  yod = 10 – ‘khaf ou kaf = 20 – lame  = 30 - mem = 40 - nun = 50 – same’kh  = 60 – ayin  = 70 – peh ou feh  = 80 – tzadik  = 90 . Ce sont les dizaines de la 10e à la 18e lettre. Kof  = 100 – resh  = 200 - shin = 300 – taf  = 400 Ce sont les centaines de la 19e à la 22e lettre. Les lettres finales  ‘khaf  final  = 500 – mem final = 600  -  nun final  = 700 -  peh ou feh final = 800 – tzadik final = 900  et le aleph final = Aleph à la fin d’un mot = 1.000.   Mais uniquement en grande Gematriah, sinon elles gardent leur valeur simple de base : d)  chaque lettre est aussi un mot, mais écrit  en plein elle a une valeur cachée : Ex : aleph = 1  mais comme mot elle s’écrit = aleph, lamed, phé = 1 + 30 + 80 = 111. Pour les Kabbalistes Chrétiens ceci est une preuve de la ‘’ TRINITÉ ‘’, puisque  aleph = 1 mais aussi 111 en valeur cachée, et donc si 1 = 111 et que 111 = 1+1+1 = 3, c’est donc le Trois en Un, …. C.Q.F.D. .

N’oublions pas que ce n’est qu’a partir de +/- 1550 que les lettres en tant que chiffres sont abandonnés pour les chiffres ( dit arabes ) tels que nous les employons aujourd’hui suite à la publication du manuel d'arithmétique de l'Allemand Adam Riese (1492-1559) ( voir la courte histoire des chiffres et des lettres en fin du livre ) En algèbre nous continuons encore toujours à les employer . Développons ceci un peu plus :  Il existe 32 règles Kabbalistiques, ce sont les chemins ou canaux conduisant à la connaissance, ou encore les 32 règles d’interprétation du texte Biblique, formées par les 22 lettres /canaux et les 10 SEFIROT ( pluriel de SEFIRAH)  de l’Arbre de Vie ou Arbre Sefirotique.

En voici quelques exemples en petite Gematriah :

1° chaque mot ou phrase a une valeur directe formée par l’addition des valeurs de chaque lettre.

2° par une réduction dite ‘’ Théosophique ‘’  ressemblant à la preuve par neuf de notre enfance, il est possible d’en arriver à la valeur de base d’un mot, afin d’en découvrir la valeur de ressemblance et de symbolique cachée : Ex : L’Un / l’Unique = E'khad  = aleph, 'khet, daled = 1+8+4 = 13 = 1+3 = 4 = ( daled )( la Porte [initiatique] ou les 4 lettres Sacrées  du Tétragramme. 3°  Chaque lettre d’un mot  peut aussi être l’initiale d’un mot caché; ces mots cachés peuvent à leur tour former une phrase ou une série de mots symboliques ou des mots Sacrés ou encore des noms de personnages. 

Il ne fait aucun doute, que cette partie de mon discours, n’est qu’un très court résumé de ce qu’est l’Hébreu ou la Kabbalah et son système d’interprétation Biblique et symbolique. Elle essaye de vous montrer l’aspect ésotérique des écrits Sacrés du Judaïsme et du Christianisme. J’aurais pu en faire autant avec la Bible des Septantes en Grec – dont les rédacteurs étaient aussi des Rabbins et des Kabbalistes - Malheureusement je ne possède pas cette langue. 

Pour ce faire la Kabbalah emploi  3 procédés, appelés GiNaT ou LE JARDIN ( de la Sagesse ) ceci sont les initiales des mots :

GEMATRIAH, ou l’interprétation numérique des valeurs et leurs correspondances symboliques.    Car tous les mots à même valeur sont des jumeaux symbolique.

NOTARICON, ou l’emploi des premières ou dernières lettres des mots, comme initiales de              nouveaux mots permettant de trouver la signification symbolique cachée d’un mot ou d’une phrase.

TEMOURA, ou système de permutation des lettres suivant un code bien définis. Ex. du A - T …  BaSH =  la première par la dernière – la deuxième par l’avant dernière … Le Yod-Héh-Vav-Héh devient Mem-Tzadiq-Phè-Tzadiq ou Mitzpaz = Éclat de Lumière Aveuglante …  etc etc. Ex. Kouzou = chaque lettre est remplacée par la lettre suivante ou la sur-suivante etc. … Le Yod-Héh-Vav-Héh devient : ‘Khaf –Vav-Zayin-Vav = Kouzou !

Voici donc un très succinct aspect de la richesse cachée dans la langue Hébraïque dite Sacrée, richesse et système connus aussi des écrivains du soit disant  «  Nouveau Testament «  ( voir les parties chiffrées dans les Évangiles Synoptiques et dans l’Apocalypse de saint Jean XIII : 18 ). 

Pour faire un travail utile et valable, la connaissance parfaite de l'hébreu parlé est indispensable, car la lecture ou la connaissance des lettres hébraïques à elles seules ne suffisent pas.

Ceci  n'est qu'une clef d'un coffre à trésors, dont le code n'est toujours pas connu de tous !

Et je conseille à ceux qui voudraient apprendre l’hébreu d’uns façon plus approfondie de se mettre en rapport avec la communauté juive de leur ville ( s’il y en a une ) et de se renseigner sur les cours d’hébreux s’y pratiquant !

Sinon ils existent des CDRom inter-actifs pour apprendre l’hébreu à son propre rythme sur PC : ( voir la FNAC et ou la Librairie ‘’ Colbo ‘’ rue Richier à Paris.

Qu’est ce que c’est que la Kabbalah ? …

Cela ne vous donne en tous cas aucun pouvoir sauf celui de mieux vous connaître vous-même et de trouver et ainsi mieux comprendre les symboles rencontrés sur votre cheminement et votre quête vers un ‘’ Plus-Être ‘’ ! …Le Frère Lawrence Dermott, fondateur et Grand Secrétaire de la Grande Loge des “Antients” en 1751-  le décrit en ces mots ‘’ La Kabbalah c’est la Pratique de la Présence de Dieu ”. Voici encore quelques exemples : Dans l’Ancien testament (Nombres, chapitre 6 versets 24-26), la triple bénédiction que doit prononcer le prêtre et les lévites au Nom de YHVH,  est donnée en termes du mysticisme Kabbalistique; “Que le Seigneur te bénisse et te Garde;… que le Seigneur t’Éclaire de Sa Face, et qu’Il te Soit Miséricordieux ;… que le Seigneur Tourne Son Visage vers toi et t’Accorde Sa Paix ”. Dans la Bible hébraïque d’origine, ces 3 versets sont composés de 3-5-7 mots, dans lesquels le nom le plus Saint- Y.H.V.H. apparaît 3 fois …  Souvenez vous mes Fr.*. … l’âge maçonnique  des trois grades bleus !  3 - 5 & 7 ans…Pour tout Kabbaliste  … chaque mot de la Torah contient un sens élevé, et un mystère suprême. 

Des simples d’esprits ne voient que le sens littéral du texte de la Bible… ceux qui sont plus instruits ou en recherche,  ne prêtent aucune attention au sens littéral, mais bien aux sens profonds qu’il contient. 

Permettez-moi de mentionner à nouveau qu'il y a quatre niveaux de lecture de la bible, appelés ‘’PaRDeS‘’, et trois méthodes d’interprétation, appelés ‘’GiNaT ‘’, applicables à la Kabbalah pratique, ainsi qu’à la Franc-maçonnerie, indéniablement caché sous des voiles Cabalistiques, et il est plus que souhaitable que les  hommes en recherche que nous sommes en prennent connaissance pour arriver à une initiation effective.

Voici encore des exemples: Il s'agit d'extensions numériques et de contractions, et parmi celles-ci, la plus connue est probablement le Tétragramme ( YHVH ), exprimé numériquement par 26, ou réduit à un chiffre - ( YHVH en nombres donne 10+5+6+5 = 26,  qui réduit théosophiquement donne  2 + 6 = 8 soit le symbole de l’Éternité. D’après cette méthode l’Éternel, bénit soit Son Nom, est reconnu comme Trinité, étant donné que Dieu tout Puissant EL - ShaDaÏ - =  3 4 5,  ce qui donne un total de 12, et réduit = 1+2 =  3, la  Tri- Unité. Les Maçons en recherche  ne manqueront pas de remarquer le lien ici avec le théorème de Pythagore, un triangle de proportions 3 - 4 - 5, comme symbole de la Trinité Divine.  

Une autre manière – comme je l’expliquerai plus loin est d’épeler le nom de la première lettre –

L’ALEF – valeur ‘’ UN ‘’symbole de la Divinité ( le Seul et Unique ) en toutes lettres, et cela donne : Alef–Lamed–Pheh ou 1+30+80 = 111 = 1 + 1 + 1 = 3.  - On obtient donc ainsi une autre preuve du 3 en 1 = D… le Père – D… le Fils et D… Le Saint Esprit! Un autre exemple très connu est le mot  ‘’ HA’AVAH ‘’ - qui signifie ‘’Amour ‘’, qui équivaut numériquement au nombre 13, ce qui est également la valeur numérique du mot ‘’ E’KHAD = ‘’Un‘’ – ce qui a permit  au Rabbin – Kabbaliste Jésus de proclamer en se basant sur la Kabbalah la partie du credo juif :‘’ ADONAÏ E’KHAD ou ‘’ D... est Un‘’ –  en ‘’D… est Amour‘’ !  Puisque ‘’ Un ‘’ et ‘’ Amour ‘’ valent tous deux 13 ! La valeur de la lettre  Shin est 300, et cela est devenu le symbole de la Divinité, étant donné que RUACH ELOHIM, "L’esprit de D…," en Hébreu  - est également 300, en valeur numérique.                          

Dans le Christianisme, la colombe est le symbole de l’Esprit Saint – les lettres du mot grec signifiant

«  colombe «  = peristera = 801 – même valeur que les mots «  alpha + oméga ( = 801 )En Révélation Jésus dit : Au chapitre I : 8 - Je suis l'alpha et l'oméga, dit le Seigneur, Dieu, celui qui est, qui était, et qui vient, le Tout-Puissant.  Au chapitre XXII : 13  Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin.

Cette lettre, a la forme d’une colombe, et est décrite comme telle dans Mathieu Chap. II : 16-17  :

16  Et Jésus, quand il fût baptisé, sortit de l’eau: et voilà, les cieux s’ouvrirent au-dessus de lui, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe, l’illuminant : 17  Et voilà, une voix venant du ciel, proclamant, Voilà mon Fils Bien –Aimé, que j’apprécie infiniment. Les Maçons croient que chaque Loge est la représentation symbolique du Temple du Roi Salomon, et dès lors devrait être orienté comme lui en son temps … vers l’Est, lieu du soleil levant. Si le Temple ou La Grande Loge d’En Haut, est orienté exactement comme nos Loges, cela implique que lorsque l’on agit sur Terre- nous refaisons les actes qui sont faits dans le Monde du Trône de Dieu. Nous parlons dans le rituel des Trois Piliers, la Sagesse, la Force et la Beauté. Comme nous l’avons déjà précédemment expliqué, il y a trois piliers de faisceaux Lumineux, dans le schéma lumineux standard des SEPHIROT

La Kabbalah est censée être un voyage spirituel. La Maçonnerie dit dans son rituel, qu’il s’agit d’un voyage spirituel. Ce voyage nous transforme - en fait, il nous permet d’être prêt pour la dernière grande transmutation, … le passage du Temporel à l’Éternel. Saint Paul l’a appelé l’expérience du chemin de Damas et l’a comparé à la révélation passant de l’aveuglement spirituel à la Lumière de la Vérité. La Maçonnerie, est un système d’instruction morale, enseignant les anciens usages traditionnels d’une façon agréable, par des psycho –drames – des symboles  et des représentations allégoriques. Dans la Kabbalah, l’on retrouve continuellement des explications du sens profond de la Sainte Torah reçue au Sinaï ou Pentateuque ( les 5 livres de Moise ). 

Nous pensions, …. bien avant que les scientifiques ne le découvrent … qu’il y avait un code dans la Torah, qui révèlerait une compréhension toujours plus croissante  du message Divin, si nous pouvions seulement le comprendre. Nous avons enfin compris que les histoires – paraboles et autres faits narrés dans l'Ancien Testament, et même dans le Nouveau Testament en Grec étaient des archétypes, des emblèmes et des énoncés allégoriques qui conduisent à des vérités plus profondes encore.

Encore quelques exemples à méditer … ? … en voilà ! 

1° pour les Kabbaliste Chrétien – la phrase : Élohim Hou E’khad = Deus est Unum  = D… Est Un = 111  Il en est de même pour la lettre Aleph comme mot = 1+1+1 = 3 ou le 3 en 1 = D… le Père, D… le Fils   et D… le Saint Esprit.

2° Le Credo ‘’ Y.H.V.H. est UN ‘’ =  26 + 13 (  prononcé Adonaï E’khad )  = 39 – D…  est au centre de la ‘’ Lumière ‘’ de l’année – car il y à  52 semaines solaires et 13 mois lunaires. D’après une des règles kabbalistiques l’on calcule 52 – 13 = 39 – valeur du ‘’ Credo ‘’ 

3° Le mot «  Vérité «  en hébreu = Emet ( aleph, mem, Tav ou 1+ 40+400 ) = 441 – même valeur que  le mot Charbon Ardent ou Braise  = Ga’khelet ( gimel, ‘khet, lamed, tav ou 3+8+30+400) = 441 – car la vérité est comme un charbon ardent qui brûle toutes les impuretés et unit tous les contraires ou comme une Braise ardente qui n’attend que notre souffle pour reprendre force et vigueur. Il est composé de la première et de la dernière lettre de l’alphabet hébreu ainsi que de la lettre du milieu – il comprend donc le tout - depuis le début et jusqu’à la fin de toute chose. ( à nouveau depuis l’alpha – jusqu’à l’Omega de toute chose ) Si l’on en enlève la 1ère lettre - le Aleph ( symbole d’unité et du divin ) il nous reste le mot Met – qui signifie ( la ) mort.

5° Lors de la multiplication des Pains et des poissons, que dit le texte de Mathieu XIV : 19 : 

Il fit asseoir la foule sur l'herbe, prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces.  Tous mangèrent et furent rassasiés. Lisez cela en hébreu, langue parlée par Mathieu de son vivant, ... et aujourd’hui  encore, ... un enfant d’Israël comprend de suite. Les Pirké Avot, la Sagesse des Pères, nous enseigne, qu’en plus du pain, il faut aussi se nourrir de spiritualité. Et nous y sommes en plein ! La valeur numérique de cinq pains = 78 x 5 = 390 ou 39, le zéro ne comptant pas en Gématria. La valeur numérique de deux poissons = 7 x 2 = 14 = 1+ 4 = 5 .Le texte devient clair comme de l’eau de roche. Il ne nourrit pas cette foule de nourriture terrestre mais de spiritualité, car  lever les yeux vers le ciel, c’est, comme vous le verrez par la suite, réciter le credo cabalistiquement, dont la synthèse est : D... est Un = valeur 39. Les 2 poissons symboliques ont comme valeur théosophique 5 (poisson  = dag = dalet-gimmel = 3+4 = 7 = 7x2 = 14 = 1+4 = 5 .Le cinq, c'est la valeur du souffle de vie, de la spiritualité, le " HEH." .... Vouloir aller encore plus loin – même avec ce supplément à mon court chapitre précédent est impossible ; Car comme le disait feu mon grand-père kabbaliste … une vie d’homme n’y suffirait pas. 

Je reste encore toujours à la disposition de tous ceux qui y ont pris goût et voudraient en apprendre un peu  plus. 

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Published by Sam Eched - dans Kabbale
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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 11:26

L'apparition de la mystique juive coïncide avec la période des premiers siècles de l'ère chrétienne : elle cherche à interpréter les données de la révélation à la lumière des textes de l’Écriture. Et il convient d'enraciner tout le courant de la mystique juive dans les différents mouvements de piété qui fleurissaient au moment de la naissance du christianisme.

La situation en Palestine au premier siècle

A la mort du roi Hérode le Grand, en l'an 4 avant l'ère chrétienne, la succession de son royaume est difficile : Rome intervient et partage son royaume entre ses trois fils. L'un d'eux, Archélaüs, qui s'était vu attribuer la province de Judée, sera exilé par l'empereur en l'an 6 après Jésus-Christ : la Judée sera dès lors gouvernée par des procurateurs romains. Pourtant, l'agitation politique ne cessera pas : elle dégénère en une véritable révolte, qui conduit à la première guerre juive (66-73), marquée par la destruction du Temple en 70. ramenant à Rome ses trophées, dont un rouleau de la Torah et le chandelier à sept branches, Titus était, malgré tout, hanté par la crainte d'une nouvelle insurrection. La guerre se ralluma sous Hadrien (132-135) : la nation juive fut écrasée, et Jérusalem, baptisée Aelia Capitolina, fut interdite aux juifs. Au seul jour de l'anniversaire de la destruction du Temple, ils furent autorisés à venir pleurer près du Mur occidental du Temple, encore resté debout : ce Mur fut appelé "Mur des Lamentations" jusqu'à l'époque du retour des juifs dans l'État d'Israël. Désormais, il est appelé "Mur de l'espérance" ou encore "Mur de la Jubilation".

Après le démantèlement politique de la nation juive, le judaïsme devenait une religion en dehors de toute organisation politique : c'en était fait de la cité, du royaume plus ou moins théocratique. L'ère de la spiritualisation du judaïsme commençait, et pendant les siècles qui suivirent, jusqu'à la création de l'État d'Israël, en 1948, le voeu pieux de tout juif orthodoxe était de fêter la Pâque "l'an prochain à Jérusalem". Devant survivre en dehors de la Palestine, le judaïsme s'appuiera sur les différents courants de la tradition demeurés vivants pendent le premier siècle de l'ère chrétienne. Dès cette époque, en effet, le judaïsme était fragmenté en de multiples tendances dont les traces sont perceptibles dans les différents écrits. S'il n'est guère possible de rassembler toutes ces tendances pour en faire une synthèse artificielle de la religion juive, il faut néanmoins constater que les données essentielles de la religion biblique se trouvent dans chacune d'elles.

Les Pharisiens ou "hassidim"

Ils constituent un courant de piété ("hassid" = pieux) qui s'était vraisemblablement alliés aux Maccabées par fidélité religieuse. Mais ils ne participèrent pas directement à leur lutte pour l'indépendance nationale : après l'échec de la révolte maccabéenne, ils firent la paix avec les Syriens et gardèrent strictement leurs objectifs religieux, centrés sur la fidélité absolue à tout l'enseignement de la Torah. Ils souhaitaient que toutes les affaires de l'État soient traitées sans autre considération que celle de la seule Torah, comprise non seulement comme la Loi écrite remontant directement à Moïse mais aussi comme la Loi orale qui s'était transmise, de génération en génération, depuis l'époque de l'exode.

C'est donc sous le signe de la Torah qu'il faut comprendre l'existence même du mouvement pharisien : ces hommes, dont le nom veut dire "les séparés" - c'est-à-dire ceux qui constituent la véritable communauté sainte d'Israël - ne participaient pas nécessairement à la classe supérieure juive. Ils étaient issus, sociologiquement parlant, du laïcat et non pas des castes sacerdotales ; et ils n'avaient pas reçu de formation spéciale, comme celle des scribes, avec lesquels ils entretenaient des relations très étroites. Mais si certains scribes appartenaient au mouvement pharisien, la plupart des membres de ce mouvement n'étaient pas des représentants de l'élite cultivée du peuple : ils étaient simplement des membres d'associations pieuses qui suivaient les règlements d'une communauté particulière, notamment en ce qui concernait la pureté rituelle et la dîme.

Constatant l'incapacité de la nation juive à pouvoir obtenir une place comparable à celle des grands empires de leur époque, ils renonçaient à toute ambition politique internationale. Réalistes, ils admettaient que rien, à l'échelle humaine, ne pouvait permettre de délivrer leur pays de l'autorité romaine et ils se satisfaisaient de la relative liberté qui leur était laissée pour étudier la Torah. Ils s'appuyaient sur le fait que les Écritures issues de Moïse avaient été commentées depuis longtemps et donc que la tradition orale pouvait permettre à cette loi mosaïque de continuer à s'appliquer dans les conditions nouvelles de l'existence du peuple.

Pour les pharisiens, YHWH était le Dieu de l'humanité tout entière, et, en conséquence, ils proposaient une doctrine de la relation individuelle de l'homme avec Dieu, relation qui se poursuivait au-delà même de la mort, puisqu'ils croyaient à la résurrection des morts. Ils n'étaient donc pas tout simplement de faux dévots hypocrites, semblables à ceux que le Nouveau Testament stigmatise avec ardeur, imposant un joug pénible de prescriptions légales et rituelles. Leur différend avec Jésus de Nazareth reposait sur le fait que ce dernier méprisait quelque peu leur interprétation très étroite de la Torah et les barrières qu'ils s'imposaient pour que celle-ci soit scrupuleusement respectée. Ils ne le critiquèrent jamais pour ses prétentions messianiques : eux aussi attendaient le Messie-Roi qui devait libérer le peuple de la domination étrangère. Aussi ne sont-ils pas intervenus dans le procès qui opposa Jésus et les chefs des prêtres.

Les membres des communautés pharisiennes étaient donc issus des classes populaires de la nation : principalement des marchands, des artisans et des paysans, qui n'avaient pas reçu une formation de scribe. D'ailleurs, dans ses discussions avec les pharisiens, Jésus de Nazareth ne se situe jamais sur le plan de la spéculation intellectuelle ou des questions théoriques. II se place plutôt sur le plan des questions pratiques ou tout au plus sur des questions d'exégèse de la Torah. Cela laisse supposer que, même en milieu chrétien, les pharisiens n'étaient pas perçus comme de grands théoriciens du judaïsme, mais comme des hommes soucieux de conformer leur existence aux principes de la Loi de Moïse. Toutefois, si les communautés pharisiennes étaient des communautés d'origine populaire, il semble que leurs membres n'hésitaient pas à se considérer comme supérieurs à l'ensemble du peuple qui n'observait pas les prescriptions rigoureuses, aussi bien au niveau religieux que sur le plan de la morale quotidienne. Néanmoins, la foule suivait les pharisiens de manière inconditionnelle, car ils étaient capables de se dévouer entièrement pour la cause de leurs compatriotes. En face du pouvoir religieux et sacerdotal, comme en face du pouvoir politique, ils représentaient le parti du peuple, qui visait à l'abolition de toutes les différences de classes sociales dans le Nouvel Israël.

Aussi ne faut-il pas s'étonner de constater que ce sont ces mêmes pharisiens qui, après la catastrophe nationale de 70, prendront en mains les destinées du judaïsme : ils tentèrent d'empêcher le peuple de se lancer de nouveau dans la guerre, en l'invitant à se soumettre à la volonté divine, mais ils échouèrent dans cette entreprise.

Les sadducéens

Si les pharisiens étaient plus ou moins progressistes dans le domaine religieux - puisqu'ils acceptaient la validité de la tradition orale - les sadducéens, quant à eux, étaient de fermes conservateurs : ils ne reconnaissaient l'autorité que des écrits les plus anciens, notamment la seule Torah mosaïque refusant toute la tradition orale, refusant également de reconnaître les progrès doctrinaux et les nouvelles croyances, qui n'étaient pas fondés dans les premiers écrits. Ainsi, ils ne pouvaient admettre la croyance aux anges, à la résurrection des morts et à la rétribution universelle après la mort.

Les sadducéens formaient également un groupe organisé comprenant dans ses membres les grands prêtres, les anciens, la noblesse sacerdotale et la noblesse laïque : comme dans le mouvement pharisien, c'est le laïcat qui forme la grande masse des partisans, alors que le clergé parvient à exercer son influence en tant que spécialisé dans le domaine des affaires religieuses. La théologie sadducéenne se ressent du conservatisme religieux de ses membres. YHWH est exclusivement le Dieu national d'Israël, et c'est en cela qu'ils s'opposèrent farouchement eux pharisiens.

Pour eux, la Torah pouvait servir de constitution nationale, bien que, dans les circonstances qui étaient celles du premier siècle, il ne pouvait pas être question de mener une politique strictement théocratique. Il leur fallait donc nécessairement se soucier de l'opportunité politique et des intérêts économiques. Aussi ne faut il pas s'étonner de les voir collaborer avec la puissance politique en place, fut-elle étrangère. Ils accepteront le joug de Rome, en s'accommodant tant bien que mal des circonstances les plus défavorables. Les masses populaires ne purent jamais accepter de telles compromissions et elles se rangèrent sous l'autorité du mouvement pharisien : et les grands prêtres perdirent toute importance politique, vers le milieu du premier siècle de l'ère chrétienne.

Le déclin de la nation d'Israël, après l'insurrection des zélotes en 67, amena la complète dissolution de la noblesse sacerdotale et laïque : désormais, il ne pouvait plus être question de privilège obtenu par la simple naissance, tout fidèle allant bientôt être soumis à la loi romaine dans sa plus grande rigueur.

Les Esséniens, des moines à Qumrân

Comme les pharisiens, les Esséniens doivent vraisemblablement trouver leur origine auprès de ceux qui soutinrent les Maccabées, dans la fidélité à la dynastie sacerdotale. Les écrivains juifs, Philon d'Alexandrie et Flavius Josèphe, les présentent comme organisés en petites communautés locales. Jusqu'en 1947, on ne disposait guère de renseignements sur cette secte juive du premier siècle en réaction contre l'oppression et la misère subies par les juifs, sous les Hérode, certains hommes décidèrent de se mettre à l'écart du monde mauvais et te vivre désormais dans la piété et la sécurité de la religion. Certains suivirent les conseils de vie des Esséniens, mais ne quittèrent pourtant pas leur existence quotidienne, si bien qu'il existait des communautés esséniennes locales, chargées surtout d'oeuvres de solidarité envers les frères de passage dans les villes et les villages. Mais la plupart des fidèles de la secte se retiraient dans les voisinages de la mer Morte, pour pratiquer un ascétisme très rigoureux. Il semble ainsi, après les fouilles entreprises à Qirbet Qumrân, que l'ensemble des constructions découvertes formait un véritable monastère, une sorte de maison-mère régie par la Règle de la communauté. De 1951 à 19t6, on a pu mettre à jour l'ensemble des bâtiments de cette communauté ; mais la découverte la plus extraordinaire fut certainement la découverte des manuscrits que les Esséniens avaient dissimulés dans les grottes voisines de leur communauté, quand ils durent s'enfuir devant l'avance des armées romaines...

La Règle de la communauté est probablement le plus ancien document de la secte : sa composition littéraire permet de la situer au deuxième siècle avant l'ère chrétienne. Elle contient les statuts concernant l'initiation des membres et une sorte de règlement intérieur pour diriger la vie commune : organisation, discipline, code pénal, devoir religieux et liturgique du maître et de ses disciples. La communauté ressemblait donc assez étrangement, quant à son mode de vie, à un monastère dont les différents membres travaillaient en grande partie dans la copie soigneuse des textes scripturaires. Beaucoup plus soucieux de la pureté du judaïsme que les pharisiens eux-mêmes, les Esséniens recherchaient la perfection la plus absolue. Pour ce faire, certains se vouèrent même au célibat, dans l'attente de la venue imminente du Messie. Ce célibat rompait avec la tradition entière du judaïsme qui prône le mariage et la fécondité. Il est cependant pratiquement certain que tous n'embrassèrent pas le célibat, puisque, dans le cimetière redécouvert à Qumrân, les archéologues ont trouvé quelques squelettes de femmes et d'enfants. Ceux qui recherchaient la plus grande sainteté devaient considérer comme préférable de n'avoir point charge de famille. A cet égard, les Esséniens se présentent comme les précurseurs des moines et des ermites de l'Église chrétienne.

La communauté de Qumrân reprenait à son compte les concepts fondamentaux du judaïsme : l'élection d'Israël, l'alliance entre YHWH et son peuple et le salut universel dont le peuple d'Israël devait être le témoin à la face du monde. YHWH avait choisi Israël en fidélité à la promesse qu'il avait faite à Abraham, il renouvela son choix, en accordant l'alliance du Sinaï, pour le salut du peuple tout entier, et à travers ce peuple au monde. Mais l'infidélité de ce peuple ne pouvait pas ruiner la fidélité éternelle de Dieu à la promesse qu'il avait faite : le reste d'Israël - et les membres de la secte se considéraient comme ce petit reste - devait racheter l'ensemble du peuple et assurer le salut au peuple choisi par YHWH. Pour cela, une guerre sainte était pratiquement inévitable, et c'est ce que présente la Règle de la guerre. Cette Règle est évidemment un écrit théologique qui présente le combat éternel entre les fils de la lumière et les fils des ténèbres. Mais elle contient également des aspects politiques : il n'est pas impossible d'identifier les fils des ténèbres avec les armées romaines qui devaient finir par vaincre toute résistance palestinienne.

Proches des Esséniens, certains visionnaires, désespérant de la situation que connaissait Israël, mirent leur espoir dans un autre monde, un monde surnaturel qui succéderait au monde présent, grâce à une intervention divine qui ne pouvait être qu'imminente. Leurs écrits sont qualifiés d'apocalyptiques, car ils se présentent comme des révélations faites par Dieu lui-même, et d'eschatologiques, puisqu'ils traitent des choses dernières de l'existence humaine. En insistant sur la perversité ou sur la dépravation de la nature humaine, les écrivains apocalyptiques et les Esséniens s'opposaient à la doctrine traditionnelle du judaïsme, qui affirme que l'homme possède des qualités morales et spirituelles qui lui permettent de vaincre tout mal et de hâter la venue du Messie. Les Esséniens rompirent donc avec le judaïsme traditionnel : celui-ci n'admet pas le retrait du monde pour échapper aux souffrances et ne peut approuver l'ascétisme absolu comme ligne de conduite essentielle de la vie humaine. Très rapidement donc, la doctrine essénienne tomba en désuétude et n'exerça aucune influence sur le développement ultérieur du judaïsme.

Les zélotes, des patriotes religieux

Les Esséniens apportaient une réponse négative à la misère et à l'oppression qu'ils pouvaient connaître, en se réfugiant dans des communautés qui leur apportaient une relative sécurité. Les zélotes, quant à eux, entendaient trouver une solution pratique à cette oppression : ils refusaient de se cacher du monde et se préparaient activement à la lutte contre toute tyrannie.

En cela également, ils s'opposaient aux pharisiens et aux saducéens, qui étaient toujours prêts à collaborer avec la puissance d'occupation pour bénéficier d'une relative sécurité. Pourtant, les zélotes n'étaient pas des nationalistes fanatiques : ils étaient prêts à lutter et à mourir pour l'amour de la patrie, mais ils vivaient aussi dans un profond attachement à la Torah, pour laquelle aussi ils auraient accepté de subir la persécution et la mort. Forts de cette Torah, qui se présentait à eux comme la révélation même de la volonté de Dieu, ils se sentaient la force de provoquer tous les ennemis du peuple que Dieu s'était choisi.

La présence de païens sur la terre promise en héritage aux fils d'Israël leur semblait un outrage aux droits de YHWH sur son peuple. C'est en Galilée, dans la province du Nord de la Palestine, que se développa le mouvement zélote : Ezéchias, le père de Juda le Galiléen qui donna son impulsion au courant révolutionnaire, avait combattu Hérode à la tête d'une troupe de partisans ; en 66 après Jésus-Christ, Ménahen, le fils de Juda, fut l'un des principaux chez de la révolte contre les romains, qui devait tourner à la guerre et amener la destruction de Jérusalem. Au lieu de calmer l'ardeur de ces patriotes religieux, les vexations et les persécutions subies par les juifs ne firent que les exacerber, et les zélotes appelèrent le peuple à la lutte sans merci contre son oppresseur. Les pharisiens tentèrent vainement d'écarter Israël de cette révolte armée, et de l'empêcher d'entrer dans une guerre qui ne pouvait que conduire à la perte du peuple. Mais ils ne furent pas suivis dans leurs raisonnements : la situation politique que connaissait alors le peuple d'Israël était telle qu'il lui était impossible de subir davantage l'oppression romaine. Les zélotes entraînèrent donc le peuple dans la révolte, et le résultat en fut la catastrophe nationale de 70 : Jérusalem tomba et le Temple fut détruit par les flammes. La nation juive disparaissait mais les juifs subsistèrent...

Qumrân tomba aux mains des romains en 68, et ceux-ci incendièrent les bâtiments de la communauté. Des membres de la secte purent cacher les manuscrits de la bibliothèque dans des grottes voisines. C'est là que de jeunes bédouins les retrouvèrent en 1947. Le site de Qumrân servit de quartiers aux armées romaines, dans les années qui suivirent la chute de la communauté. Ses membres se joignirent sans doute aux zélotes, qui les entraînèrent dans la résistance à outrance, jusque dans la forteresse construite par Hérode sur le plateau de Massada, qui tomba, elle aussi, en 74. Ce denier bastion de résistance n'abritait qu'un petit millier de fidèles décidés à ne pas céder à l'oppression romaine, dont les campements regroupaient plus de dix mille hommes décidés, quant à eux, à en finir avec cette guerre juive. Pour réduire cette forteresse, il fallait que les romains forcent la muraille pour pénétrer à l'intérieur, ce qui était chose impossible ; alors, ils construisirent une rampe d'assaut, avançant rapidement dans leurs travaux, malgré les grosses pierres que les assiégés faisaient rouler sur les sentiers menant à la forteresse. Les zélotes ne pouvaient rien faire qu'espérer un miracle, celui-ci ne vint pas : la muraille fut percée. Le sort de Massada était décidé et le chef de la forteresse prend la décision fatale : plutôt mourir que de vivre dans la servitude. Flavius Josèphe, l'historien du judaïsme antique, retrace l'exhortation Éléazar ben Yair, au moment de la chute de Massada :

Il y a longtemps, mes braves, que nous avons résolu de n'être asservis ni aux Romains, ni à personne, sinon à Dieu qui est le seul vrai, le seul juste maître des hommes ; et voici venu l'instant qui commande de confirmer cette résolution par des actes. En ce moment donc, ne nous déshonorons pas, car nous fûmes les premiers à nous révolter et nous sommes les derniers à leur faire la guerre. Je crois d'ailleurs que nous avons reçu de Dieu cette grâce de pouvoir mourir noblement en hommes libres, tandis que d'autres, vaincus par leur attente, n'ont pas eu cette faveur. Nous avons sous les yeux, pour demain, la prise de la place, mais aussi la liberté de choisir une noble mort que nous partagerons avec nos amis les plus chers... Que nos femmes meurent sans subir d'outrages ; que nos enfants meurent sans connaître la servitude ! Après les avoir tués, nous nous rendrons les uns aux autres un généreux office, en conservant la liberté qui sera notre noble linceul. Mais d'abord, détruisons par le feu nos richesses et la forteresse ! Laissons seulement les vivres, ceux-ci témoigneront pour les morts que ce n'est pas la disette qui nous a vaincus, mais que, fidèles à notre résolution première, nous avons préféré la mort à la servitude... Prenons-nous en pitié, nous, nos femmes et nos enfants, tant qu'il nous est encore permis d'avoir pitié de nous-mêmes. Car c'est pour la mort que nous sommes nés et que nous avons engendré nos enfants : même les heureux ne peuvent y échapper. Mais les outrages, l'esclavage, la vue de nos femmes ravies avec nos enfants pour le déshonneur, ce ne sont pas les maux d'une nécessité naturelle pour les hontes ; de telles épreuves, ils les supportent par lâcheté, parce qu'ils ne veulent pas, en en ayant le pouvoir, les prévenir par la mort... Mourons sans être esclaves de nos ennemis : sortons ensemble libres de la vie, avec nos enfants et nos femmes (Flavius Josèphe, La guerre des Juifs).

Dans le monde juif actuel, Massada conserve toujours sa valeur de symbole : la lutte d'un petit nombre contre la multitude, la lutte des faibles contre les forts, le choix réfléchi de manière spirituelle de ceux qui préfèrent la mort à la vie honteuse de la servitude, au renoncement aux valeurs qui les faisaient vivre antérieurement. Et les juifs actuels, retrouvant la terre de leurs ancêtres, redécouvrant le sacrifice des zélotes continuent de faire ce serment, au moment de leur service militaire : Massada ne tombera jamais plus !

Le courant baptiste et le judéo-christianisme

A quelques kilomètres du site de Qirbet Qumrân, sur les bords du Jourdain, un dernier prophète - qui n'est pas reconnu comme tel, par la tradition juive ultérieure - Jean proposait un baptême de conversion à tous ceux qui espéraient la venue de l'ère messianique, dans l'attente de celui qui devait libérer Israël.

On a souvent pensé que Jean, surnommé Baptiste, à cause de son activité principale, avait été influence par la communauté de Qumrân. Ce n'est pas impossible. Cependant, à la différence de celle-ci, il n'accueillait pas près de lui une sorte d'élite religieuse, mais l'ensemble du peuple, pécheur, qu'il préparait à la venue du Messie, en lui proposant un baptême de conversion et de pénitence. Jean renouait ainsi avec le prophétisme le plus ancien d'Israël : à chacun, il donnait des conseils appropriés à sa situation, l'invitant à suivre la religion juive selon son esprit et non pas seulement selon sa lettre.

L'usage de l'eau, qui permet les ablutions rituelles, est un signe commun à presque toutes les religions. En effet, le symbolisme de l'eau est tel qu'il signifie la régénération des individus. Et, les prêtres se soumettaient à des ablutions avant de pénétrer dans le Temple de Jérusalem. La religion juive comportait d'ailleurs de très nombreux rites d'ablution, en vue de purifier l'homme de tout ce qui était susceptible de le rendre impur, selon les écrits de la Torah, et particulièrement selon le Lévitique. Au premier siècle de l'ère chrétienne, ces ablutions rituelles étaient observées avec une extrême minutie : c'est ainsi que les Esséniens prenaient un bain de purification avant chaque repas. Jésus de Nazareth s'est trouvé mis en accusation par les pharisiens, parce que ni lui ni ses disciples ne tenaient compte des prescriptions de purification avant de prendre leurs repas. La religion juive connaissait aussi à l'époque un baptême réservé à ceux qui se convertissaient à la foi traditionnelle. Tout païen venant au judaïsme devait prendre un bain qui effaçait toute trace d'impureté rituelle, avant de recevoir la circoncision. Les ablutions purificatrices remontaient à la Loi exprimée par Moïse. D'autre part, dans le second livre des Rois, Élisée envoya Naaman, le Syrien lépreux, se plonger dans les eaux du Jourdain, afin d'y être purifié de sa maladie : Alors Naaman descendit au Jourdain et s'y plongea sept fois, selon la parole de l'homme de Dieu. Sa chair devint comme la chair d'un petit garçon, il fut purifié (2 R. 5, 14).

A l'époque de Jean le Baptiste, le baptême était donc un rite suffisamment bien établi pour que Jean n'ait pas besoin de justifier le baptême qu'il donnait, bien que celui-ci présentât un caractère quelque peu nouveau. D'abord, celui qui était baptisé recevait le baptême des mains de quelqu'un d'autre, alors que tes ablutions rituelles et purificatrices étaient tout à fait personnelles. De plus, Jean orientait le baptême qu'il donnait dans le sens d'une préparation immédiate à la venue du Règne messianique : il invitait à la conversion, au changement de vie et au changement d'esprit dans une pénitence et dans un acte de foi au Royaume de Dieu qui arrivait. Le baptême de Jean se situait comme un geste prophétique qui signifiait la préparation des pécheurs à l'imminence de la visite que YHWH allait rendre à son peuple. Dans la lignée du Baptiste, il faut sans doute placer Jésus de Nazareth et ses premiers disciples. Les évangiles présentent, en effet, Jésus se faisant baptiser par Jean et recrutant parmi les disciples de celui-ci ceux qui allaient devenir les siens.

La mort du Baptiste, exécuté par ordre du roi Hérode, devait permettre à Jésus de mener son action propre. S'écartant du courant baptiste, il présente un message qui, dans sa forme, semble nouveau pour le peuple. Très documenté dans le domaine de la Torah, il s'apparente avec les pharisiens et les docteurs de la Loi, avec lesquels il aura des démêlés d'ordre pratique. On a parfois présenté Jésus comme un sympathisant des zélotes, puisque parmi ses disciples se trouve un certain Simon le zélote. Mais cette hypothèse tombe devant le fait qu'il annonçait un Royaume de Dieu qui devait survenir à l'improviste et non pas sous le coup d'une révolte armée de la part des hommes. Il n'empêche que Jésus connut la mort de la plupart des résistants juifs : la crucifixion. Tacite, l'historien romain, rapporte que Christ, le fondateur du nom de chrétien, a subi la peine de mort sous le règne de Tibère, par suite d'une sentence du procurateur romain, Ponce-Pilate.

Ses disciples en firent immédiatement un messie céleste qui devait revenir sur terre pour le jugement définitif de l'humanité. Ainsi naissait une nouvelle secte juive : le judéo-christianisme, qui devait se séparer du judaïsme pour devenir l'Église chrétienne.

Les premiers judéo-chrétiens restaient des juifs respectueux de l'ensemble de la tradition, fréquentant avec assiduité le Temple et l'enseignement de la synagogue, observant encore toutes les prescriptions alimentaires et rituelles. Mais quelques décennies plus tard, sous l'influence de Paul de Tarse, pharisien d'origine, le judéo-christianisme faisait de Jésus non plus un homme comme les autres, mais le Fils même de Dieu, et Dieu lui-même, ce qui contredisait l'affirmation juive du monothéisme absolu. La rupture entre les Juifs et les disciples de Jésus de Nazareth, appelé Christ par ses disciples, était alors consommée.

Il fallait mentionner les origines les plus lointaines du christianisme, car c'est principalement dans l'opposition à ce dernier que le judaïsme ultérieur a pu se modeler et se donner des normes pour continuer son oeuvre, d'une manière spirituelle, après la catastrophe nationale et la chute de Jérusalem.

Un nouveau centre, spirituel, Jamnia

C'est surtout au mouvement pharisien que le peuple juif doit d'avoir survécu après 70 : les pharisiens suscitèrent dans le peuple une fidélité à la Torah qui se révéla plus forte que les armes. La théologie de ce parti religieux était telle que YHWH n'était pas seulement un Dieu national, mais le Dieu de tous les hommes, et sa providence s'étendait sur chaque individu, même aux moments les plus dramatiques de son histoire. YHWH restait fidèle à la promesse qu'il avait faite aux pères, il veillait au bien de son peuple. Et selon les pharisiens, la chute du Temple ne devait pas signifier la destruction de la foi juive.

Dans les synagogues, répandues sur le territoire d'Israël comme dans toute la Diaspora, la Dispersion des juifs à travers le monde entier, la liturgie du culte sabbatique et la prière prenaient déjà le relais des sacrifices au Temple et préparaient déjà, inconsciemment, le moment où il n'y aurait plus de lieu sacré où rendre a YHWH le culte sacrificiel. La fidélité des pharisiens à la Torah orale leur permettait également de s'adapter aux situations les plus nouvelles qui pouvaient se présenter à eux.

En 69, Vespasien, proclamé empereur de Rome, décide d'en finir avec l'insurrection juive, commencée en 66 : il envoie son fils Titus avec la mission de mener à leur terme les opérations en Palestine. Après plusieurs mois de siège, Jérusalem tombe en 70 et son Temple est incendié : les juifs sont vendus comme esclaves, la fonction de grand-prêtre est supprimée (puisqu'il n'y a plus de sacrifices possibles), le sanhédrin, tribunal religieux est également supprimé. Les juifs survivants et encore libres se regroupèrent, peu à peu, autour des docteurs de la Loi et des fidèles du mouvement pharisien. Dès avant la fin de la guerre, percevant quel serait le sort réservé à Jérusalem, avec l'avance des armées romaines, Rabbi Johanan ben Zakkaï, un des disciples de Rabbi Hillel avait quitté la ville sainte et s'était installé sur la côte, à Jamnia. C'est là qu'il va fonder une école de rabbins et organiser un grand conseil qui prendra la relève du sanhédrin disparu. Jamnia devint ainsi le centre culturel et doctrinal du judaïsme, après le désastre national de 70. Quand Johanan apprit la destruction de Jérusalem et l'incendie de son Temple, il se déchira les vêtements en signe de deuil, et il entreprit aussitôt de consoler ses fidèles en leur rappelant que tout n'était pas perdu, puisqu'ils conservaient la Torah, laquelle devait servir à rallier tous les juifs répandus à travers le monde. Si l'état juif avait cessé d'exister dans les faits, l'âme juive et son idéal national pouvaient continuer de subsister.

Le grand conseil se chargea dès lors de l'éducation du peuple juif, de la législation et du gouvernement spirituel sur l'ensemble des juifs du monde. Il prit le nom de Sanhédrin académique, et son autorité spirituelle fut rapidement reconnue par les juifs restés en Palestine comme par ceux qui étaient dispersés. Une oeuvre considérable fut entreprise à Jamnia : c'est là que, vers la fin du premier siècle, les rabbins pharisiens décidèrent de fixer le canon de la Bible, c'est-à-dire la liste des livres saints reconnus comme ayant une autorité pour l'ensemble du judaïsme, déterminant aussi le texte consonantique de la Bible hébraïque ; c'est là aussi que fut décidée la traduction en grec d'une Bible à l'usage des croyants qui ne comprenaient plus l'hébreu. Très rapidement, ce grand sanhédrin académique devint, par l'intermédiaire de son président, le représentant de toute la communauté juive auprès des autorités romaines.

L'enseignement de la Torah orale se faisait par une sorte de commentaire explicatif du texte biblique : le " midrash ", qui poussait à fond l'étude d'un texte ou d'une citation de l’Écriture sainte. Cette méthode d'enseignement remontait d'ailleurs à une vénérable antiquité, puisque, lors du retour de la déportation à Babylone, les exilés se servirent de cette méthode pour exprimer la pensée juive, à partir des enseignements tirés de la Bible. Et les traditions, depuis cette époque, étaient devenues si abondantes, qu'au moment de la destruction du Temple même la mémoire la plus fidèle ne pouvait plus emmagasiner l'ensemble de la pensée midrashique. De plus, l'absence de textes écrits amenait à la confusion des différentes traditions, ce qui conduisait non seulement à des divergences d'interprétation des textes bibliques, mais aussi à des pratiques religieuses et légales différentes. L'académie de Jamnia se mit donc à la tâche en examinant à fond toutes les traditions qui étaient encore véhiculées oralement : chaque sujet fut examiné à la lumière de l’Écriture, interprété à la lumière des traditions ou des raisonnements logiques, puis adopté par un vote. L'ensemble de ces sujets examinés et traités fit l'objet d'une rédaction écrite, sous la forme de la Mishna, vaste tentative de systématisation des lois et des doctrines, qui devait permettre de rendre la Torah plus accessible à tous ceux qui se lançaient dans son étude.

La reconstruction du judaïsme fut donc rapide, après la chute de Jérusalem. Mais cette restauration, aussi bien religieuse que sociale, fut de courte durée. Car l'arrivée au pouvoir de l'empereur Hadrien allait amener pour les juifs la persécution. Cet empereur voulait unifier culturellement et religieusement tous ; ses sujets et il interdisit donc au Sanhédrin académique l'exercice de son gouvernement : il ferma l'école de Jamnia et promulgua un édit proscrivant, sous peine de mort, l'étude de la Torah et l'observance des lois religieuses. La situation du peuple juif allait s'améliorer avec l'arrivée au pouvoir d'Antonin le pieux, sous le règne duquel une période de renaissance allait se faire jour pour le judaïsme, période qui allait conduire à la rédaction de la Mishna, de Rabbi Juda le Prince, et à celle, quelque peu ultérieure, du Talmud.

Le Zohar, le livre de la Splendeur

En 135, l'insurrection juive est définitivement écrasée par les armées romaines. Loin d'être une cause d'abattement, pour certains, c'est encore l'occasion d'un nouveau réveil. Ainsi, pour le rabbi Siméon ben Yochaï, dont la vie est racontée comme étant celle d'un saint... Il vécut donc à la transition des deux premiers siècles, au moment où le peuple juif connaissait la plus grande amertume depuis la déportation en Babylonie. Au moment de sa naissance, en Galilée, les romains avaient déjà détruit le Temple de Jérusalem et imposaient au peuple la dure épreuve de la colonisation. Son caractère intransigeant s'explique certainement par la prise de conscience de cette situation pénible : il apparaît comme un homme qui sait ce qu'il veut et il commence à travailler très durement pour être reconnu comme un rabbi, tout en rejoignant très vite le camp de la résistance à l'oppresseur. Étant entré en conflit avec les romains, il est contraint de s'enfuir avec son fils, tous deux se réfugient dans une grotte, où la légende rapporte qu'il recevait chaque jour la visite du prophète Élie. Pendant treize années, il mène une vie de prière et de méditation dans cette caverne, où il ne cesse d'entretenir les disciples qui l'ont suivi. Ce retrait de la vie publique n'est donc qu'apparent, car tout en travaillant à la recherche la plus abstraite en matière de religion, il ne cessait de se préoccuper du combat quotidien contre l'occupant, qui l'a condamné à mort à cause de son enseignement subversif. Ce sont les mystères, qui lui auraient été communiqués par le prophète Élie, qui constituent la plus grande partie du contenu doctrinal du Zohar. Et, on a longtemps attribué cette oeuvre à Siméon ben Yochaï. Pourtant, il ne saurait être écrit de sa main, puisqu'il rapporte la mort du rabbi :

L'heure est venue, déclara-t-il : je veux entrer dans le monde futur sans honte. Aussi vais-je révéler des choses sacrées, des réalités non encore révélées, afin que l'on ne puisse pas me reprocher d'avoir quitté le monde sans avoir accompli complètement ma mission. Toutes ses paroles furent alors recueillies par ses disciples présents, puis la mort vint le visiter : une lumière se répandit autour de son cadavre, elle était telle que personne ne pouvait le regarder. Et, quand vint le moment d'enlever son corps, une colonne de feu précéda la procession de ses funérailles.

C'est à ce Rabbi, mort en état de sainteté, que l'on attribue généralement l'inspiration du Zohar, même si cette oeuvre ne trouve pas nécessairement en lui son véritable auteur. D'ailleurs, la question de la paternité de cet ouvrage mystique n'a jamais été résolue : il n'est cité par personne avant le douzième siècle, et il ne fut imprimé qu'au seizième siècle en Italie. L'hypothèse la plus vraisemblable serait que le Zohar soit une oeuvre composée par plusieurs auteurs, dont les textes auraient finalement été réunis en un seul livre par Moïse de Léon, à la fin du douzième siècle en Espagne. Cette oeuvre ne tarda pas à devenir le manuel des mystiques juifs, et c'est lui qui a profondément influencé le judaïsme. Il allait donner à la Kabbale sa position éminente dans la vie juive ultérieure. Le terme de "Kabbale" (littéralement, la "tradition"), désigne à l'origine toute la tradition doctrinale du judaïsme, à l'exception de la Torah de Moïse, et plus particulièrement la transmission orale, puis écrite des enseignements relatifs à la pratique religieuse.

La Kabbale, doctrine mystique juive

Tout en se présentant comme le fruit d'une recherche très ancienne, la Kabbale fut surtout d'abord une sorte de doctrine secrète réservée à un petit nombre d'initiés privilégiés, avant de devenir, au quatorzième siècle, la doctrine du plus grand nombre... Comme toutes les mystiques, la mystique juive trouve son enracinement dans la méditation du Dieu vivant, dont l'essence inconnaissable se manifeste dans l'ordre surnaturel du monde, là où se trouve l'homme qui peut bénéficier de cet ordre pour mieux comprendre et le monde humain et le monde divin. Car il existe deux types de mystique juive : un type hautement spéculatif qui s'intéresse à la nature du monde spirituel et à ses rapports avec le monde des hommes, et un type plus pratique qui cherche à tirer parti de l'influence du monde surnaturel sur le monde des hommes afin de justifier les faits psychologiques ou thaumaturgiques. Dieu étant la source première de toutes les choses de ce monde, il lui est possible d'exercer son influence partout, de telle sorte que le cosmos entier entre en harmonie avec la puissance divine.

Le mouvement de la Kabbale, qui préexistait à l'organisation du Zohar, reçut de cette oeuvre une impulsion telle que ce livre fut rapidement reconnu comme la réunion et le résumé de toute la tradition mystique et ésotérique ancienne. Rassemblant les traités de différentes tendances, il constitua le document majeur de la pensée mystique, et il servit véritablement d'ouvrage de référence. Les thèmes principaux du Zohar sont la connaissance de la nature même de Dieu, la manière dont il s'est fait connaître aux hommes, les différents noms sous lesquels il a effectué cette révélation de lui-même, puis la connaissance de la nature de l'homme, sa destinée, la nécessité pour lui de découvrir les enseignements de la Torah (aussi bien écrite qu'orale), et enfin le rôle que le Messie peut jouer dans la rédemption finale de tous les hommes. Le rédacteur du Zohar a certainement puisé dans le Talmud et les midrashim les doctrines fondamentales, tout en développant le contenu mystique des éléments qu'il leur empruntait. En effet, l'originalité du Zohar n'est sas de reprendre d'une autre manière les méthodes d'explication, transmises par les générations précédentes. Ces méthodes, connues sous le nom formé par leurs initiales : PaRDes, qui signifie "paradis", sont l'interprétation littérale (Peshat), l'interprétation allégorique (Remez), l'explication (Dures) et la mystique (Sod). L'originalité du Zohar, c'est de situer l'interprétation mystique au-dessus de toutes les autres, déjà connues par le Talmud.

Le Zohar, c'est en principe la "Lumière". On pourrait alors penser qu'en ouvrant cet ouvrage, on trouve une oeuvre pleine de clarté, alors que c'est facilement l'obscurité qui se présente. C'est une pensée subtile qui se manifeste dans cet effort presque désespéré de l'esprit humain pour s'élever à une compréhension aussi logique et générale que possible de Dieu, de la création, de la grandeur et de la misère de l'homme. Dieu est secret, il ne peut être connu dans sa totalité : mais on peut s'en approcher et trouver ainsi le chemin de la connaissance. L'infini de Dieu est à la fois de qu'il y a de plus caché et ce qui se donne totalement à connaître. Et afin de rendre perceptible son existence, il émet des rayons de lumière, appelés sefiroth, qui se présentent comme ses intermédiaires dans le monde de la création. Ces sefiroth sont divisés en trois groupes. Le premier groupe est une triade constituant le monde en tant que lieu de la manifestation de la pensée divine : Volonté, Sagesse et Intelligence. Le deuxième groupe est également une triade comprenant l'Amour (principe de toute vie), la Puissance et la Beauté (qualifiée parfois de Bonté) ces trois éléments assurant l'ordre moral dans l'univers. La troisième triade représente l'univers physique : la Victoire (ou la Ténacité de Dieu), la Majesté et le Fondement qui assure la stabilité à l'univers. Le dixième et dernier aspect des Sefiroth, c'est le Royaume qui manifeste la Présence de Dieu dans l'univers.

Cette Présence est appelée Shékinah, ou immanence de Dieu aussi bien dans le monde des choses que dans les vies personnelles ou communautaires de tous les fidèles. A l'origine, l'Infini de Dieu et sa Présence étaient unis dans une unité harmonieuse : rien ne troublait les relations que Dieu pouvait entretenir avec le monde qu'il avait lui-même créé. Mais, par son péché, Adam, l'homme premier, s'est séparé de son Créateur ; et aussitôt, l'unité initiale a été définitivement rompue, ce qui n'a pas manqué d'entraîner l'apparition du mal dans l'univers. L'harmonie des origines fit alors place à la discorde : le désordre succède à l'ordre originel. Depuis lors, la Shékinah est en exil : au lieu de pénétrer toutes les réalités, elle ne se manifeste plus que dans quelques communautés ou quelques individus isolés... Le reste du monde ne peut alors sas connaître la bénédiction de cette Présence divine.

La restauration de l'unité est une oeuvre constante à laquelle chaque fidèle est invité à participer, en communiant le plus intimement possible avec Dieu et en veillant à mener une existence morale parfaite. Tout homme est invité à cette grande oeuvre, mais c'est particulièrement le peuple d'Israël qui a reçu cette charge en raison de son élection. En choisissant Israël parmi toutes les autres nations de la terre, Dieu a conclu avec son peuple une alliance éternelle, dont la manifestation la plus concrète avait été l'édification du Temple, le lieu privilégié de la résidence de la Shékinah. Depuis la destruction du Temple, les relations de Dieu avec Israël ont changé, mais cette Présence de Dieu n'a jamais abandonné son peuple, elle l'accompagne tout au long de son existence en exil loin de la terre des ancêtres. Mais quand viendra le Messie, quand le peuple sera enfin retourné sur la Terre sainte, et Quand le Temple se dressera de nouveau à Jérusalem, la Shékinah retrouvera sa place initiale et l'harmonie des origines pourra être rétablie. Pour hâter cette restauration, l'étude de la Torah et l'application des préceptes qu'elle contient est nécessaire : le Zohar ne cesse d'affirmer que la Torah a été donnée à Israël que pour qu'il travaille à cette unité, car Dieu lui-même regardait la Torah quand il entreprit la création du monde.

Il revenait aux Maîtres de la Kabbale de découvrir le sens caché de la Torah, que Dieu avait dons sous les yeux, dès avant la création du monde. En décryptant le texte sacré, il leur était possible de découvrir la trace même que Dieu laissait dans l’Écriture, car la Torah ne leur parait pas être un simple texte composé de phrases et de mots, mais l'expression même de la Sagesse de Dieu, dont aucun langage humain ne peut donner un sens définitif : ainsi, les commandements qui sont donnés comme le signe même de l'alliance éternelle entre Dieu et le peuple d'Israël sont simplement des expressions, adaptées à la raison humaine, des lois universelles établies par Dieu, dès avant la création du monde, alors qu'il lisait dans la Torah ce qu'il devait accomplir. Mais, quand l'homme accomplit fidèlement et scrupuleusement les commandements donnés par l'intermédiaire de Moïse, il participe lui aussi effectivement à l'oeuvre continuée de la création, en essayant de reconstruire l'harmonie primitive.

Cet homme, qui se trouve au centre de l'univers créé, a une importance capitale : malgré ses limites, il est appelé à découvrir le Dieu qui se révèle à lui, mais sous des aspects cachés. Son travail premier sera donc de découvrir Dieu et sa volonté de sagesse, dans les traces que Dieu lui-même a laissées dans sa création, et particulièrement dans l’Écriture sainte. La démarche du maître de la Kabbale sera donc de décrypter tous les signes qui lui sont offerts. La langue hébraïque sera, elle-même, comprise comme l'expression et le reflet de la nature spirituelle de l'univers : les vingt-deux lettres qui la composent sont des éléments de la création, et la connaissance des lois qui président à l'agencement de l'écriture hébraïque permettra une meilleure connaissance de la création, et partant une meilleure connaissance de Dieu.

Cette langue est une langue chiffrée, secrète - la langue comprise par les anges - elle contient la clef que le Kabbaliste doit utiliser pour pénétrer la nature même de Dieu. Aussi, pour décrire le monde purement spirituel, la Kabbale invente-t-elle un langage nouveau, qui exprime les secrets de l'univers : ce langage a sa grammaire, laquelle s'exprime par la combinaison des lettres qui composent chaque mot, par l'évaluation numérique de chaque mot par l'addition des lettres qui le composent et par la permutation des lettres à l'intérieur d'un même mot. Toute cette gymnastique intellectuelle permet de découvrir les secrets de l'univers, à travers les secrets mêmes de la langue hébraïque et de son expression écrite. Ainsi, les nombreuses possibilités de la raison humaine découvrent un nouveau champ d'exercice, visant à posséder pleinement les termes mêmes dans lesquels Dieu a choisi de se révéler.

Le succès de la Kabbale fut immense : après le Talmud, c'est la forme de pensée qui a le plus fortement influencé le judaïsme, par le fait même que ce mouvement reconnaissait et accroissait même une idée Fondamentale de la pensée juive : l'homme est le partenaire de Dieu qui se donne à connaître à lui, et, découvrant les secrets de l'univers, l'homme peut lui-même exercer une influence sur le déroulement de l'histoire du monde. L'homme, et particulièrement celui qui appartient au peuple d'Israël, participe à la volonté de salut de Dieu. Pour agir efficacement dans le monde, malgré les nombreux obstacles qui peuvent se lever, le peuple juif doit revenir à l'étude des lois et commandements donnés par Dieu.

Le treizième et le quatorzième siècles furent particulièrement propices au développement de ce mouvement : pendant ce temps, de nombreuses élaborations doctrinales voient le jour, notamment en Espagne. Puis, le ralentissement de ce type d'activité se fit sentir dans le courant du quinzième siècle, pour s'éteindre pratiquement avec l'expulsion des juifs d'Espagne en 1492, lors de la reconquête par les chrétiens des territoires soumis à la domination musulmane.

Cette catastrophe fut comparée, par certains auteurs de l'époque, à la troisième destruction du Temple : les kabbalistes prirent les chemins de l'exil, en interprétant leur exil de manière symbolique, comme l'exil de la Shékinah, la présence réelle de Dieu. Et les souffrances du peuple d'Israël sont comprises comme le symbole même de la souffrance de Dieu. Toutefois, les exilés trouveront dans le Zohar une nouvelle source de force, qui leur évitera le désespoir. En effet, ils découvraient dans leur propre tragédie le reflet de la tragédie du monde dans laquelle Dieu lui-même était impliqué ; mais ce drame cosmique universel devait finalement aboutir au salut du monde. Les fidèles kabbalistes devaient dès lors se manifester comme les partenaires de Dieu pour leur propre salut et pour la rédemption définitive du monde entier.

Cet exil des Juifs d'Espagne leur permit d'exporter la connaissance du Zohar dans les différents pays qui les accueillirent : Palestine, Turquie, Égypte, Allemagne, Italie, Angleterre et Pays Bas. Ce fut particulièrement en Palestine que le développement de la Kabbale se fit le plus intense.

L'école de Safed

A partir de 1530, le centre du renouveau du kabbalisme fut Safed, une petite ville de Galilée, qui ne pouvait qu'attirer les mystiques juifs en raison de la proximité de la tombe de celui qui était considéré comme le saint fondateur du mysticisme, le Rabbi Syméon ben Yochaï. C'est la raison pour laquelle tous les mystiques juifs se donnèrent rendez-vous dans cette ville dont ils firent un centre spirituel et un lieu de pratique religieuse immense en vue de hâter la venue du Messie : les exilés d'Espagne, en effet, visaient particulièrement l'avènement de l'ère messianique, dont ils témoignaient par le caractère tragique de leur existence. L'école de Safed rassemblait ainsi les savants talmudistes et les chercheurs kabbalistes dans un même souci : la méditation du salut et l'avènement du Messie, par une meilleure connaissance de la nature même de Dieu.

Le plus grand des réformateurs du courant mystique juif fut Moïse Cordovero : son livre, Le Jardin (ou le Paradis) des Grenades, témoigne de caractère encyclopédique de sa culture, qui alliait le mysticisme à la pénétration de l'esprit philosophique. Tout en se référant au Zohar, cette somme de l'enseignement de l'école de Safed marque un tournant par rapport à la kabbale d'Espagne. Il affirme que l'Infini divin est présent dans chacune des parcelles de l'immense univers, qui n'est qu'une manifestation de l'infinitude de Dieu, qui n'est qu'un mode de la présence divine. Aussi n'hésite-t-il pas à affirmer que rien n'existe en dehors de Dieu. Un siècle plus tard, Spinoza aurait avoué s'être inspiré de Cordovero pour établir son système de pensée philosophique fondé sur le panthéisme, alors que le grand réformateur de Safed se refusait à toute forme de panthéisme, pour demeurer dans le plus pur esprit monothéiste juif.

Si Moïse Cordovero fut le plus éminent des mystiques spéculatifs de Safed, le personnage qui domina les développements de cette école fut son disciple, Isaac Luria. Sa doctrine se distingue par son esprit de visionnaire et par sa recherche d'une application pratique. Son enseignement est totalement oral, et il ne fut conservé que grâce à ses disciples qui retracèrent, d'une manière élaborée les doctrines de leur maître. Son système repose sur l'affirmation qui fait du " zimzum ", de la contraction ou de la rétraction : selon lui, la création a été précédée d'une contraction volontaire de Dieu, de l'Esprit infini. Dieu se serait en quelque sorte contraint de faire lui-même une place pour le monde en abandonnant une région de lui-même. Luria trouvait ainsi une explication à l’affirmation de Cordovero : Dieu est tout être, sans que, pour autant tout être soit Dieu. Le monde renferme ainsi une parcelle du divin, qui s'est contracté en lui-même pour faire place à l'univers, et de la sorte, l'homme peut conserver un rapport personnel avec le Dieu qui se manifeste dans l'ensemble de la création et qui s'est révélé aux Anciens. Mais l'harmonie, qui existait lors de la création du monde, a été rompue par le péché d'Adam, qui portait en lui la totalité des âmes destinées à former l'humanité. Lorsque le premier homme succomba à la tentation, toutes les âmes furent aussitôt maculées, et elles connurent alors la confusion, qui conduit au mal. Pourtant, celui-ci n'est pas destiné à durer éternellement : la venue du Messie dans le monde rétablira toutes choses dans l'harmonie originelle. Luria, pour hâter la venue du Messie, recommandait la pratique de l'ascétisme et des mortifications qui devaient permettre à l'homme de grandir dans son effort spirituel. Celui qui s'attache à l'accomplissement des commandements prescrits par la Torah, celui qui s'attache à la prière peut accélérer le processus du salut pour l'ensemble de l'humanité, la rédemption d'Israël devant entraîner la rédemption complète de l'humanité et de toutes choses.

La foi dans la possibilité de la rédemption universelle remplissait les mystiques de Safed d'un sentiment de joie, malgré les pratiques ascétiques qu'ils pouvaient s'imposer : leurs efforts incessants n'étaient pas vains, ils contribuaient au salut du monde. Et la joie était une des principales caractéristiques de leur vie spirituelle. C'est à l'école de Safed que les juifs doivent encore aujourd'hui la plupart de leurs chants d'action de grâces et des pratiques qui enrichirent la vie intérieure de tous les fidèles. De Safed, la doctrine de la Kabbale se répandit à d'autres cités juives de Palestine, et aussi aux grands centres de la Diaspora, sans devenir cependant une méthode mystique pour tous les fidèles, car elle était encore réservée aux seuls lettrés : la Kabbale n'était pas encore l'aliment spirituel de la foule ignorante. Il fallut attendre le hassidisme, au dix-huitième siècle pour que la Kabbale devienne la doctrine spirituelle du plus grand nombre.

Un mysticisme plus populaire, le hassidisme

Le dernier courant issu de l'école de Safed, et de la doctrine de Luria particulièrement, fleurit en Pologne et en Ukraine, au milieu du dix-huitième siècle. Le hassidisme ne fut pas un mouvement révolutionnaire, mais il insuffla une vigueur nouvelle à la vie religieuse juive, surtout dans les couches les plus populaires. Les persécutions des Cosaques, sous Chmielnitzky, qui fit périr plus de 250000 juifs, avaient entraîné la misère pour les juifs de Pologne. Cette douleur ressentie par tous les fidèles de Pologne avait entraîné une renaissance des aspirations messianiques, mais la ruine de ces espérances devait aggraver l'effondrement de la vie spirituelle du peuple : plus rien n'était offert aux gens simples et ignorants qui constituaient l'immense majorité des juifs, alors que les lettrés pouvaient, malgré tout se reposer sur l'étude de la Torah pour se soutenir dans leur découragement et leur désespérance. C'est d'abord aux gens simples et ignorants que voulut s'adresser celui qui allait devenir le fondateur du hassidisme, Israël ben Éliezer Baal Shemtob (maître du nom), surnommé le " Besht ", nom formé par les initiales des termes hébreux " Baal Shem Tob ". D'origine modeste, proche du peuple, il n'avait pas une grande érudition ; mais dès l'âge de douze ans, il s'engagea comme assistant chez l'instituteur d'une école d'enfants. Il fréquenta très rapidement les cercles de la Kabbale, et en 1740, alors qu'il n'a que quarante ans, il commence à recruter des disciples, il rassemble ses fidèles, attirés par sa ferveur et la profondeur de sa prière et de sa vie spirituelle. Certains rabbis se rallient également à celui qui n'était pas un des leurs, qui n'était pas un grand lettré : la légende lui attribue des miracles et des dons de guérisseur. Le courant auquel le Besht donna naissance s'appuie de préférence sur la foi pure, et non pas sur la spéculation intellectuelle, comme le Talmud ou comme le Zohar. C'est un mouvement piétiste, en hébreu " hassid " veut dire " pieux ". Mais ce mouvement ne part pas de rien, il tire son origine de la Kabbale, et surtout de l'école de Safed. A la suite de Luria, le Besht affirme qu'il faut servir Dieu dans la joie, persuadé que la gloire de Dieu envahit tout l'univers et qu'elle est susceptible de réjouir le coeur de l'homme. A l'origine, il existait une harmonie parfaite entre le Créateur et l'ensemble de sa création, mais cette harmonie a été rompue par la faute de l'homme ; le rôle du hassid est de travailler à la restauration de cette unité perdue par la prière et par l'étude de la Torah : chaque moment de la vie humaine est le temps de la rédemption pour l'ensemble de l'univers et de l'humanité. Chaque homme est capable d'effectuer la réalisation de l'harmonie, chaque homme est susceptible d'apporter sa contribution à la restauration de l'unité, à la rédemption universelle : il n'est pas nécessaire d'être un puissant intellectuel, il suffit simplement d'entrer en communion avec Dieu, en s'attachant à lui avec un coeur pur, particulièrement dans la prière récitée avec joie et ferveur. Cette ferveur peut conduire le fidèle à l'extase, c'est-à-dire à l'oubli de lui-même et de tout ce qui l'entoure pour entrer en parfaite communion avec Dieu. Cette prière, qui soustrait l'homme à toute préoccupation temporelle, le conduit dans un rapport immédiat avec Dieu. Pour atteindre l'extase, expression la plus parfaite de la prière, le hassidisme n'hésite pas à recourir à des stimulants artificiels - mouvements violents, chants bruyants, danses - ce qui ne pouvait pas déplaire aux foules ignorantes, qui redécouvrent alors le moyen de revivre leur foi dans la joie et l'allégresse, malgré les détresses sociales et le désespoir qui étaient alors le lot quotidien des Juifs. Le hassidisme devenait un nouveau prophétisme de la consolation d'Israël. Le peuple reprenait confiance dans la proximité de Dieu, dans son activité rédemptrice.

Celui qui acceptait de suivre les enseignements du hassidisme réalisait, dans son existence concrète, l'idéal du Zaddik, du juste, du parfait par excellence. Celui-ci, grâce à son degré de perfection et à l'élévation de son âme, est susceptible de devenir un guide spirituel pour les a

utres hommes dans leur recherche de la communion divine : il devient, en quelque sorte, un intermédiaire privilégié entre Dieu et l'humanité.

Chaque zaddik se spécialisait dans une activité particulière qui répondait davantage à sa qualité : certains manifestaient une très grande piété, d'autres témoignaient de leurs pouvoirs par des visions ou par les prodiges qu'ils opéraient... Mais tous se retrouvaient dans une même confiance inébranlable en Dieu et par le souci qu'ils portaient à chaque homme, à commencer par les plus pauvres et par les plus démunis. Avec une très grande humilité, ils élevaient leurs frères dans une commune recherche de la Présence divine.

Malgré l'anathème lancé contre les membres du mouvement, lors de ses débuts, les hassidim inspirèrent le plus profond respect, même à ceux qui étaient leurs premiers adversaires. Car les hassidim ne se séparèrent jamais de l'ensemble de la communauté juive, voulant communiquer aux simples leurs expériences mystiques, afin que chacun puisse communier à la vie même de Dieu. Le hassidisme est le dernier en date des mouvements spiritualistes à l'intérieur du judaïsme. Mais il sombrera rapidement dans la décadence, surtout sous l'influence d'une conception du zaddikisme perçu non plus comme une qualité charismatique, mais plutôt comme une charge héréditaire.

Vers le milieu du dix-neuvième siècle, le hassidisme apparaîtra comme le refuge de l'obscurantisme, de l'intégrisme en face des juifs qui revendiquaient plus ou moins directement l'assimilation culturelle aux peuples parmi lesquels ils vivaient. Les traditionalistes du judaïsme comprenaient que l'assimilation devait signifier, à plus ou moins longue échéance, l'abandon pur et simple de la tradition des pères, et ils opposaient donc une forte résistance à tout mouvement d'intégration du judaïsme aux cultures occidentales.

L'émancipation des juifs et la fin de la mystique

Le début de l'émancipation des juifs commença durant la révolution française, en 1791, quand l'Assemblée Nationale accorda aux Juifs le plein droit des citoyens du peuple français, adoptant ainsi le grand principe de la liberté religieuse dans un État de type laïc. Très rapidement, à travers l'Europe, puis jusqu'en Amérique, les juifs purent acquérir les mêmes droits que les autres citoyens. Obtenant les mêmes droits que tous les adeptes des autres religions, ils prirent une grande part à la vie économique des pays où ils étaient reconnus comme des citoyens à part entière. Mais, pour beaucoup de juifs, cette émancipation amena non pas un retour à l'antique tradition des pères, mais une assimilation pure et simple à la religion majoritaire, ne reconnaissant dans le judaïsme qu'une croyance purement abstraite, fondée sur la législation révélée à Moïse. Ainsi, le concept de " juif " finit par disparaître des différents vocabulaires nationaux : il n'y avait plus que des citoyens " de confession mosaïque " comme d'autres adoptaient des confessions chrétiennes. Toutefois, le désir d'une assimilation des juifs aux cultures ambiantes n'était pas toujours reconnu par les populations qui gardaient une certaine méfiance à l'égard des adeptes de la confession mosaïque. L'affaire Dreyfus en France (1894) montra avec une très grande évidence que ce désir d'assimilation n'avait pas été reconnu par l'ensemble de la population française. Ce réveil de l'antisémitisme dans un pays considéré comme un des plus civilisés de l'époque amena Théodore Herzl à penser l'organisation d'un mouvement nationaliste juif : pour lui, la seule solution possible au problème juif était la formation d'un État juif. Ayant reconnu le droit et la nécessité pour les juifs de prendre en mains leur propre destinée, il lui fallait concrétiser ce droit par l'instauration d'un État juif souverain, installé sur la terre ancestrale. Ce mouvement, né en 1896, mais inscrit dans la mentalité religieuse du peuple d'Israël depuis la chute de Jérusalem en 70, porte le nom de sionisme. Sion était originellement le nom du rocher sur lequel le roi David avait fait édifier sa forteresse, qui devait défendre la capitale contre les assauts de ses ennemis ; ultérieurement, Sion désigna également toute la ville de Jérusalem, puis la notion même de peuple d'Israël. Le sionisme est de toutes les époques : c'est le désir de tout juif religieux de voir le rassemblement de sa nation sur le sol dont elle a été chassée.

Bien que réprouvé par les chefs religieux traditionnels, le mouvement sioniste, déclaré par eux comme une réalité impie, puisqu'il voulait forcer la main à Dieu, dans le retour sur la terre des patriarches, selon des perspectives messianiques, plus ou moins implicites, dans la pensée de Théodore Herzl. Conformément à ses idées, il rassemble un premier congrès sioniste en 1897 à Bâle où il affirme que le sionisme est un mouvement politique international dont le but ultime est de fonder en Palestine un foyer reconnu publiquement et garanti juridiquement pour tous les membres du peuple juif.

Parmi les plus grands partisans du sionisme, il convient de citer Martin Buber (1878-1965) : celui-ci découvre dans ce mouvement une réalité mystique et religieuse, qui trouve ses racines dans le hassidisme. Pour lui, la vocation du peuple d'Israël est de construire le royaume de Dieu, selon la justice et le droit ; et cette vocation peut et doit trouver sa réalisation dans la nation juive enfin rétablie dans ses droits politiques. L'idéal national est une conception socio-religieuse qui implique la participation de tous les hommes à la construction politique de l'État juif, mais qui implique aussi et surtout la participation de l'homme à un dialogue interpersonnel entre lui et Dieu. Ainsi, le sionisme doit être considéré comme ayant pour but ultime l'instauration d'une société où se réalise effectivement le rapport de l'humanité tout entière avec le Créateur du monde. Pourtant, comme Buber ne formule pas un programme précis indiquant la manière qui pourrait permettre à ses idées de se réaliser pratiquement, il n'exerça qu'une faible influence sur le nouveau judaïsme.

Le monde juif d'Europe connut la dure tourmente des années de la seconde guerre mondiale : l'holocauste nazi, exterminant six millions de juifs, achève la prise de conscience internationale de régler le problème juif. Traumatisée, la conscience juive aurait pu se tourner une nouvelle fois vers le mysticisme, réveillant à nouveau les tendances spiritualistes d'Israël. Mais, il n'y eut pas de réveil mystique : le renouveau fut politique. Les Britanniques, qui assumaient un mandat sur le territoire de la Palestine, connurent la résistance de la communauté juive de Palestine, quand ils voulurent limiter l'immigration sur la terre d'Israël des rescapés du génocide. Cette immigration dut se faire clandestinement, puis se transforma en guerre ouverte contre les Britanniques qui durent quitter la Palestine le 14 Mai 1948. Le lendemain, l'État juif proclamait son existence et son indépendance à la face du monde. Et, depuis lors, l'État d'Israël est devenu la référence de la plupart des juifs répandus à travers le monde. Il lui reste maintenant à devenir un nouveau centre de piété et de spiritualité, susceptible de répondre au désir des jeunes juif en quête de leur identité, susceptible également de répondre à l'aspiration Fondamentale de tout juif religieux de transmettre à l'ensemble de l'humanité la connaissance de Dieu et la révélation qu'il a faite de lui-même aux Pères.

Source : http://ilmsil.free.fr/branche6/les_grandes_religions/622Judaisme/07lamystiquejuive.htm

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