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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 17:01

Préliminaires

D'après un spécialiste du mysticisme de la Qabalah, Gershom Sholem, le monothéisme ne peut trouver sa véritable raison d'être que dans une tension et un va-et-vient entre les deux pôles extrêmes du tout ou rien. "Tout" est l'adhésion totale au divin ou la recherche du divin en toute chose, entraînant de ce fait les avatars de l'idolâtrie et du polythéisme. "Rien" est la vacuité de toute spiritualité, la négation de toute transcendance, la matière étant origine et fin. Liés à la recherche d'absolu, ces deux pôles extrêmes engendrent les intégrismes et la violence. La spiritualité du monothéisme est une recherche du divin, à travers ses deux aspects transcendant et immanent, excluant de se fixer à l'un ou l'autre des pôles extrêmes. Elle implique le mouvement et la mobilité de l'être, à la recherche de la zone d'équilibre et d'apaisement personnel entre les extrêmes, tout en évitant de s'en approcher.

La Tradition de la Qabalah qui n'est qu'une tendance de "la stricte voie tracée", offre précisément à chacun la possibilité d'évoluer dans le sens de l'équilibre, par la construction d'une arborescence appelée "Arbre de Vie" et par le cheminement dans ses sentiers, dans le but de sentir et de repérer la voie du milieu. Elle offre la possibilité de discerner entre les dualités qui nous habitent, tant sur le plan pratique que sur le plan éthique. L'être humain baigne dans le mélange du bien et du mal, agit avec intuition et jugement, réagit par la rigueur et la miséricorde, vit à travers des comportements actifs et passifs, masculin et féminin... Encore faut-il en être conscient.

La connaissance du divin passe par la connaissance de soi, mais on peut aussi inverser la proposition. La démarche de réflexion et de cheminement liée à l'Arbre de Vie pose un acte et crée des repères, facilitant de ce fait la relation avec le divin. Celle-ci est une vibration autorisant une approche, un simple effleurement.

On peut appréhender l'Arbre de Vie comme un modèle de l'esprit se reflétant dans tous les actes de la vie matérielle ou comme une transposition des archétypes humains dans un univers aux limites du cerveau humain, allant jusqu'aux frontières du divin. Appelé monde intermédiaire, cet espacement est le résultat de séparations successives résultant du processus de la création et de l'éloignement progressif du divin. Comparable à un sas entre le monde spirituel et le monde matériel, ce monde est inaccessible au profane. Mais un individu préparé peut le sentir, le percevoir ou s'en rapprocher.

L'infini "ayn sof" est une "unité sans limite" qui règne dans l'éternité. Cette unité est aussi une volonté sans finalité, sans besoin et sans détermination. De cette volonté naît la pensée ou le projet de créer l'univers: l'origine du déclic est la Cause des Causes, le secret absolu et insondable, la grande interrogation qui sépare la foi de l'incrédulité. Le résultat de cette pensée est ce double mouvement simultané de retrait et d'émanation, qui équivaut en fait à une immobilité sur le plan ontologique. Le mouvement de retrait aboutit à faire le vide, à obtenir le "néant" et à laisser une place à la création. Le mouvement inverse est celui de l'émanation qui aboutit à remplir ce néant de lumière, une "lumière sans limite". C'est la "Sagesse du Commencement".

Globalement l'"unité sans limite" s'est déjà retirée dans son immobilité, en ne laissant qu'une "trace", presque un souvenir que l'homme fait revivre par son action et par sa propre pensée. D'où le schéma d'un Arbre de Vie, agencement spécifique des "attributs" du divin, de cette trace du "sans limite", pour la saisir ne serait ce qu'un instant, une fraction de seconde avant qu'elle ne s'évanouisse dans la nuit du temps. L'être humain cherche à conserver cette petite parcelle de lumière, cette étincelle qui lui est parvenue. Il cherche à la faire vivre à travers les branches et les noeuds de cet "Arbre de Vie", appelés lettres et séfirot.

Sur le plan matériel, l'être humain est un être fini qui ne peut réaliser cette sauvegarde qu'avec ses limites. Il est ainsi amené à illustrer le fond de sa pensée par des images et des schémas. Mais comment représenter l'idée que l'on se fait d'émanations, de flux de lumière, d'écoulement de rosée, d'attributs émanant d'un être infini, à la fois lointain et proche, sans tomber dans l'anthropomorphisme? Et il est encore plus difficile d'exprimer en langage humain compréhensible l'idée que l'on se fait de la pensée de D. eu égard au monde créé.

La Tradition a essayé de combler ce fossé en proposant cette notion de "séphirah" qui a reçu les désignations les plus étranges et les plus poétiques: parole, lumière, force, source, saphir, mesure, couronne…. Ce mot dérive de la racine s/p/r qui a plusieurs sens: numération (nombre, recensement), narration (récit, livre), transparence (saphir, sphère). Pour se fixer les idées on peut dire que les séfirot sont les vases créés par l'épanchement de la lumière originelle, celle qui provient du mouvement de retrait et d'émanation de l'unité "sans limite". Ces vases sont aussi bien des récepteurs que des transmetteurs, aussi bien des récipients que des outils de la création.

Tant les lettres de l'alphabet peuvent être aisément appréhendées comme les briques élémentaires du langage, de la création et de l'action, dans la construction de l'univers, tant les séfirot apparaissent comme des entités abstraites, difficiles à concevoir. Plus l'être humain parvient à élever son âme et à tendre vers son côté infini, plus il est capable de les sentir ou de les comprendre. En fait, il faut savoir ici que le monde intermédiaire des forces-séfirot et des signes-lettres coïncide avec le monde des anges et des âmes, qui sont deux aspects d'une même unité, à l'image de la lumière qui est à la fois ondes et particules.

L'Arbre de Vie est la construction centrale de la Qabalah. Il est une image universelle de l'unité fracturée dans le décimal. Pour se fixer les idées, le nombre dix peut être représenté par des choses aussi concrètes que des oiseaux ou des fruits; ici il s'agit de notions abstraites comme la sagesse, la compassion ou le discernement.

Malgré ou grâce à son anthropomorphisme, l'Arbre de Vie est une image qui plaît. Elle est comme une empreinte subtile que le monde spirituel a laissé dans le subconscient de l'homme, ou dans sa mémoire profonde. Des approches différentes sont pourtant nécessaires pour en préciser le contour, même si on est amené à se répéter. Nous abordons ci-dessous une approche à travers les premières occurrences des mots dans la Bible, ainsi qu'une approche sémiologique qui la complète.

Kéter

"Kéter", la couronne, n'est citée que trois fois dans la Bible. Ces trois citations proviennent du livre d'Esther et à chaque fois le mot Kéter est associé à Malkhout, le Royaume. Dans ces trois et seules citations de la couronne, la première et la dernière séfirah sont ainsi unies. "Kéter Malkhout" est la couronne royale avec laquelle la reine Vashty devait se présenter devant le roi Assuérus, quand elle était invitée au banquet des hommes (Esther 1/11).

Esther 1/11: (le roi ordonna) "d'amener devant le roi la reine Vashti, ceinte de la couronne royale, dans le but de faire voir sa beauté au peuple et aux grands, car elle était remarquablement belle".

Après son refus de venir nue devant le roi, Vashty fut répudiée et sa couronne fut transmise à la belle Esther, après de nombreuses péripéties (Esther 2/17). Enfin, malgré la haine de Haman contre le peuple hébreu en général et contre Mordekhay en particulier, et malgré ses projets funestes d'extermination, Mordekhay a été honoré par le roi pour avoir su déjouer un complot contre lui. En récompense, Mordekhay devait faire le tour de la ville sur un cheval royal, avec la Couronne Royale et conduit par son ennemi Haman (Esther 6/8).

La couronne royale est ainsi liée à la célébration de Pourim, pour fêter "le changement du sort (pour)", le renversement d'une situation. Ces occurrences et le lien étroit entre les deux séfirot Kéter et Malkhout ne sont pas fortuits. Malkhout est considérée parfois comme la couronne du bas et elle est ainsi appelée "a'théret". Ces associations signifient que de Kéter à Malkhout, on se trouve devant la même unité. La descente de Kéter à Malkhout entraîne aussi la remontée de Malkhout vers Kéter; il ne s'agit pas d'un aller simple mais d'un aller et retour. Ceci est confirmé par l'équivalent guématrique de "Kéter" qui vaut 620, soit le mot "e'srim" ou 20. Vingt est le nombre de séfirot dans le voyage aller et retour.

Sur le plan sémiologique, Kéter est le "signe dans l'arrondi", le couvre chef qui protège et qui sépare, formant la haie du Roi, entre un monde à part et secret et le début de l'univers divin. Kéter est l'attribut suprême, resplendissant dans son silence, à la fois pressant vers le bas et limitant le champ de l'ascension. La Couronne Kéter délimite le monde intermédiaire et protège l'accès à l'univers d'en Haut. Cette protection pourrait être une explication du renversement de situation, le sens profond de la transformation du sort ou "pour" de Pourim.

H'okhmah

H'okhmah, la Sagesse, est citée plus de 150 fois dans la Bible-Tanakh, mais seulement dix fois dans le Pentateuque. La première occurrence de H'okhmah se trouve dans Exode 28/3: "Tu enjoindras donc à tous les artistes habiles, que j'ai doués du génie de l'art, qu'ils exécutent le costume d'Aaron, afin de le consacrer à mon sacerdoce"

Il s'agit des recommandations données à Moïse pour confectionner l'habit du grand prêtre Aharon. Cet habit doit être réalisé par des artistes inspirés dont le cœur aura été rempli de l'"esprit de sagesse".

Les autres citations de l'Exode concernent la conception et la construction de la tente du Rendez Vous et des différents objets et ustensiles pour le culte. Les qualités ou attributs de "Sagesse – Intelligence (discernement) - Connaissance" sont liés dans ces citations. Ces qualités sont attribuées en particulier à deux hommes Oholiav et Betsal-el, mais aussi à tout artiste, homme ou femme, dont le cœur aura été rempli de l'esprit divin.

Le premier verset du Deutéronome contenant la H'okhmah concerne l'observance et la pratique des lois et des statuts; celles-ci confèrent au peuple hébreu à la fois la Sagesse et le Discernement (Deutér 4/6). Dans le second verset (Deutér 34/9), Josué fils de Noun est investi comme héritier de la tradition mosaïque, car il est plein de l'esprit de sagesse.

Dans les autres parties de la Bible, les trois attributs cités ci-dessus sont repris pour qualifier les artisans du Temple de Jérusalem, Salomon et Hiram, mais aussi la reine de Saba. La plupart des autres citations se trouvent dans les deux livres attribués au roi Salomon, l'Ecclésiaste et les Proverbes, ainsi que dans le livre de Job.

Sur le plan sémiologique, H'okhmah est un questionnement sur l'existence, le point de départ de la création et la chaleur du début. Les qabalistes y ont vu le Père "aba", le point yod, germe créateur.

Ainsi l'attribut Sagesse est étroitement lié au cœur qui se remplit de l'esprit divin. Il est conféré aussi bien à des hommes qu'à des femmes. Cette Sagesse préside à la conception et à la construction de la Tente du Rendez Vous et du Temple de Jérusalem, microcosmes à l'image du macrocosme. L'observance des commandements par le commun des mortels mène à cette Sagesse, et aussi au Discernement, séfirah suivante.

D'après la tradition, la Sagesse s'acquiert par la crainte de D., mais comme toutes les qualités il ne faut pas en abuser. L'exagération dans la Sagesse mène à la vanité et au chagrin. Parfois un peu de folie a plus de poids qu'un excès de Sagesse.

Mais la Sagesse reste néanmoins du côté de la miséricorde.

Binah

Binah est le Discernement et cette séfirah apparaît pour la première fois dans le Deutéronome 4/6 cité ci-dessus. La Sagesse et le Discernement sont les deux attributs auxquels peuvent accéder ceux qui observent et pratiquent les commandements. C'est la seule occurrence dans le Pentateuque.

Deutéronome 4/6: "Observez les et pratiquez les! Ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, car lorsqu'ils auront connaissance de toutes ces lois, ils diront: "Elle ne peut être que sage et intelligente cette nation!"

Il y a une quarantaine de références bibliques surtout dans Job et les Proverbes, toutes liées à la compréhension des choses avec les limites du cerveau.

L'autre désignation rencontrée est Tvounah, l'intelligence, terminologie très voisine de Binah.

Le discernement suggère une "pensée construite": comme on édifie une maison à partir d'une fondation, comme on élève son enfant, on construit un raisonnement. Pour comprendre le sens intime des choses, on commence par un ordre logique, on y ajoute du bon sens, avec comme but suprême la connaissance du divin. La connaissance de Soi en découle. On discerne une parole à partir d'une autre parole à travers sa propre intériorité et le concept prend alors naissance progressivement. Binah implique la rigueur du raisonnement et du jugement.

Sur le plan sémiologique Binah est l'intériorité dans la connaissance du divin.

Les qabalistes y ont vu la mère "ima", la matrice des sept attributs suivants, le souffle créateur et le signe du féminin. Elle est la porte de passage vers le monde supérieur, interdit au commun des mortels.

Daa't

Daa't , la connaissance n'est pas un attribut en soi et n'est pas décompté parmi les dix séfirot. Il résulte d'une synthèse entre les deux séfirot précédentes H'okhmah et Binah. Dans certaines constructions de la Qabalah, Daa't est mis en avant à la place de Kéter. La "connaissance du divin" résulte d'une fusion harmonieuse de la Sagesse et du Discernement.

La première occurrence du mot "Daa't" est précoce puisqu'elle apparaît au début de la Genèse. Genèse 2/9: "L'Eternel fit surgir du sol toute espèce d'arbres, beaux à voir et propres à la nourriture; et l'arbre de vie au milieu du jardin, avec l'arbre de la connaissance du bien et du mal"

Elle désigne un arbre à l'intérieur du jardin d'Eden. Cette citation est suivie de l'interdiction de manger du fruit de l'Arbre de la connaissance du Bien et du Mal, sous peine de mourir (Gen 2/17). Puis Adam contrevient à cette interdiction et acquiert ainsi la même connaissance que le divin. Puis il s'apprête à manger de l'Arbre de Vie qui lui confère l'immortalité (Gen 3/22). Comme en Eden la connaissance et l'immortalité sont antinomiques, Adam a été amené à choisir la finitude de la vie avec le mélange du bien dans le mal.

Les autres citations bibliques confirment que Daa't désigne la connaissance du divin, conférée à certains êtres pour qu'ils puissent réaliser sur terre des œuvres symboliques et significatives à l'image d'un monde supérieur (Tente du désert, Temple de Salomon).

Sur le plan sémiologique, Daa't est la porte qui s'ouvre sur les origines et la source du signe, ou vers le temps "hors du temps", l'infini. Daa't est le delta ou le triangle lumineux, le passage de la lumière descendante ou de celle qui remonte quand elle est amplifiée par l'action humaine.

H'essed

La miséricorde H'essed est citée près de 250 fois dans la Bible mais la première citation se trouve dans la Genèse et concerne les relations entre le patriarche Abraham et sa femme Sarah. Quand il entre à Gerar, au royaume philistin d'Abimelekh, pour y demeurer, Abraham demande à Sarah, comme une faveur, de le présenter aux autorités locales comme étant son frère et non comme son mari. En effet, il était d'usage à cette époque qu'un roi local s'empare d'une belle femme et tue son époux; par contre, si l'homme qui l'accompagne n'est que son frère, il est épargné. Abraham demande ainsi la miséricorde à sa femme, la vie sauve. De plus ce n'était pas un mensonge, car Sarah était la fille de son père (et non de sa mère) et à cette époque, l'union était autorisée dans cette configuration.

Genèse 20/13: "Or lorsque D. me fit errer loin de la maison de mon père, je lui dis (à Sarah): voici la grâce que tu me feras. Dans tous les lieux où nous irons, dis que je suis ton frère!"

La citation qui suit se situe dans le même contexte du trio Abraham - Sarah - Abimelekh mais cette fois-ci, Abimelekh, dont la cour est atteinte d'une grave épidémie et qui est lui-même menacé de mort par l'Ange divin, renonce de ce fait à ravir Sarah à son époux. Souhaitant s'installer dans la région, Abraham creuse un puits dont les Philistins s'emparent. Il se plaint auprès d'Abimelekh. Pensant avoir agi correctement à son égard, puisqu'il ne lui a pas ravi Sarah, Abimelekh exige d'abord d'Abraham un serment de fidélité, avant d'intervenir pour le puits. Abraham lui offre alors sept brebis comme gage du serment, mais aussi comme preuve qu'il a creusé un puits et que celui-ci lui appartient; c'est le "serment au puits" de Beer Shewaa'.

La miséricorde de la première occurrence est en fait la grâce. Celle de la seconde est la "faveur du ciel", puisque grâce à l'ange divin qui a menacé de mort Abimelekh, le couple patriarcal a été épargné. Abimelekh a accaparé la grâce divine pour la mettre en avant et obtenir le serment d'Abraham (Genèse 21/23).

Dans les autres parties de la Bible, H'essed est la grâce qui fait suite à une injustice ou qui précède un voeu, une prière, une supplication. Elle est liée à la piété, la bonté, la charité, la bienveillance, l'affection, la reconnaissance, la faveur, la pitié… Il s'agit toujours d'une action ou d'un défaut d'action liés à un événement ou à une relation. Il y a toujours une réciprocité ou un échange, et souvent la miséricorde est liée à la recherche de la vérité "émet".

Sur le plan sémiologique, il s'agit d'un sentiment qui "coule du sein, du cœur", du sein maternel ou du cœur paternel. La cigogne qui est réputée avoir beaucoup d'affection et de charité pour ses petits s'appelle "h'assidah". Un homme pieux et bon s'appelle "h'assid".

Une mot voisin est employé au lieu de "h'essed", "rah'amim", la compassion. Ici l'image est celle du vautour protégeant ses petits ou la matrice donnant la vie. Ici aussi les premières occurrences du mot dans la Genèse se trouvent dans des situations de relations tendues et fortes, dans les rapports entre Joseph et son père Jacob et ses frères (Gen 43/14-30). Rah'amim est liée à l'indulgence, au pardon, à la pitié, à la clémence.

Gvourah

Ce mot apparaît une soixantaine de fois dans la Bible et la première fois dans l'épisode du Veau d'Or. Moïse descend de la montagne où il vient de recevoir les Tables de la Loi. Il entend les clameurs des Hébreux et leurs chants. Il essaye de les interpréter, en écartant l'hypothèse de cris ou de chants de la victoire. En fait, ce sont les hurlements affligeants d'une décadence, du retour à l'adoration idolâtre. Les Hébreux viennent d'ériger un veau d'or...

Exode 32/18: "Moïse répondit: ce n'est point le bruit d'un camp de la gloire, ce n'est point le cri annonçant une défaite, c'est une clameur affligeante que j'entend"

Ici "gvourah" exprime l'inverse du laisser aller, de l'indulgence, de la défaite. Il s'agit de la rigueur de la force victorieuse.

La deuxième occurrence se trouve dans Deutéronome 3/24 où la rigueur est liée ici à l'action, et elle exprime la force et la puissance divine: "Seigneur Eternel! Déjà tu as rendu ton serviteur témoin de la grandeur et de la force de ton bras; et quelle est la puissance dans le ciel ou sur la terre qui pourrait imiter tes œuvres et tes merveilles!"

La plupart des mentions de Gvourah, la Rigueur, se trouvent dans les Prophètes et les Psaumes et ont signification la force, la vigueur, la gloire, la puissance, notamment celles de D.

Cet attribut est également lié à la grandeur "gdoulah". Sur le plan sémiologique "gvourah" est la force masculine du jeune adulte sortant de l'adolescence et du milieu familial et allant affronter les forces sauvages extérieures, le lion venu boire à la source d'eau. Sur le plan symbolique, la rigueur de gvourah est de couleur brune.

Gvourah et gdoulah apparaissent avec les trois séfirot suivantes dans 1Chroniques 29/11 où David parle de D. devant l'assemblée d'Israël. Il semble ainsi de ce fait que les séfirot ou attributs divins aient pris forme à l'époque de la rédaction des Chroniques, soit 4/5 siècles avant l'ère courante.

Tifeéret

Les deux premières occurrences de Tifeéret, la Beauté se trouvent dans l'Exode pour qualifier le vêtement sacré du grand prêtre Aharon et de ses fils. Tifeéret est le symbole de la majesté de la fonction de prêtres, car, à travers le sacerdoce, ces hommes sont consacrés à D. Ils doivent être le reflet de la beauté et de la majesté divine.

Exode 28/2-40: "Tu feras confectionner pour ton frère Aharon des vêtements sacrés, insignes d'honneur et de majesté" - "Pour les fils d'Aharon également tu feras des tuniques, et pour eux aussi des écharpes, puis tu leur feras des turbans, signes d'honneur et de dignité"

Aharon et ses fils portent ces vêtements, décrits et confectionnés avec beaucoup de précision, avant d'entrer dans la Tente du Rendez Vous ou lorsqu'ils s'approchent de l'autel.

On rencontre une cinquantaine d'autres citations essentiellement dans les Prophètes, les Proverbes et les Chroniques pour signifier la parure, le décor, l'ornement, la gloire, la beauté, la lumière, la magnificence.

Au centre de l'Arbre de Vie, "Tifeéret" est souvent liée à la couronne d'en Bas "Malkhout" représentée par l'expression "athéret". Elle est parfois aussi associée aux deux séfirot du niveau prophétique "Netsah'" et "Hod", quand on parle du roi David.

Sur le plan sémiologique, Tifeéret est le signe de la lumière qui traverse, incidente ou réfléchie par le miroir d'en Bas, Malkhout. Attribut central, la Beauté est le lien entre le haut et le bas de l'Arbre de Vie. Tifeéret amplifie la lumière qui la traverse et cette lumière est aussi le verbe, la parole, la prière…

Les qabalistes y ont vu l'aspect immanent et masculin du divin, le Prince, et aussi le lien central Waw du tétragramme "yod-hé-waw-hé".

Netsah'

La première occurrence de cet attribut est tardive puisqu'on ne la trouve que dans le livre de 1Samuel 15/29: "du reste le protecteur d'Israël n'est ni trompeur ni versatile, ce n'est pas un mortel pour qu'il se rétracte…"

Cet attribut est "le protecteur d'Israël". Les circonstances de l'occurrence de Netsah', la Victoire, sont liées au péché du premier roi d'Israël, Saül. Le roi regrette déjà sa transgression et la confesse à son protecteur, le juge Samuel. Celui-ci lui annonce alors que D. lui arrache la royauté qu'il lui avait accordée, non par versatilité, mais pour "protéger Israël". Saül venait d'épargner Agag, roi d'A'maleq, ennemi implacable d'Israël (ennemi intérieur ou extérieur). Samuel accomplit l'acte que Saül, par peur ou par faiblesse, ne réussit pas accomplir, "tuer A'maleq", obtenir la "Victoire" sur lui! A'maleq représente le mal absolu extérieur ou en soi. Si A'maleq est épargné, Israël est en danger. D. apparaît ici comme le protecteur d'Israël.

Or Netsah' signifie Victoire, ou la durée, l'éternité. Quels en sont les rapports avec cette protection? D. est la victoire contre l'Autre Côté, le Mal, et ceci dans la durée, éternelle, infinie et dans le but de protéger Israël. Netsah' est la victoire sur l'impureté de la mort. Netsah' est un attribut du côté de la miséricorde, il est aussi la victoire durable de l'innocence.

Sur le plan sémiologique, Netsah' est la lumière qui brille d'une façon claire et limpide, la lumière primordiale et éternelle. Sur le plan symbolique, on a l'image du faucon (nets) sur la muraille (h'et), celle de la Victoire et de l'Eminence.

Les qabalistes y ont vu les lèvres qui s'entrouvrent pour prier, le début de l'esprit prophétique, la victoire sur ses propres instincts maléfiques.

Hod

La première occurrence de Hod, la réverbération se trouve dans Nombres 27/20: "Tu lui communiqueras une partie de ta majesté, afin que toute l'assemblée des enfants d'Israël lui obéisse", au moment où D. recommande à Moïse, avant sa mort, de transmettre à Josué une partie de sa splendeur.

La vingtaine d'autres citations se trouvent dans les Prophètes, les Psaumes et les Chroniques et ont pour sens la majesté, la gloire, l'éclat, la magnificence et la splendeur.

Le mot "hod" a pour sens commun la résonance, la réverbération avec un lien avec la parole prophétique qui se transmet grâce au charisme ou à l'exaltation ou par un être dont l'âme est élevée. Hod est aussi le halo de l'action humaine, qu'elle soit prière, étude ou générosité envers l'autre; il est aussi l'écho attendu de cette action.

Sur le plan sémiologique "hod" est à la fois une fenêtre et une porte, une fenêtre laissant passer le souffle de l'esprit ou une porte ouverte vers l'extérieur. La qabalah a vu dans hod le niveau de la voyance, l'esprit saint, l'attribut lié à l'archange Michaël, celui qui protège Israël.

Hod est du côté de la rigueur et des honneurs, c'est aussi un écho pesant de la gloire ou la lourde résonance d'une majesté.

Yésod

La première occurrence parmi la vingtaine de citations bibliques se trouve dans Exode 29/12: "tu prendras de son sang, que tu appliqueras sur les cornes de l'autel avec ton doigt: et le reste du sang tu le répandras dans la réceptacle de l'autel". Yésod désigne le réceptacle du sang du sacrifice, le fondement de l'autel.

Les autres citations ont pour sens le fondement ou la restauration de ce fondement.

Sur le plan sémiologique, Yésod a pour sens la "réalisation du secret" , c'est à dire sa transformation concrète par la révélation. La centralité de cet attribut divin le désigne comme un passage vers le monde humain, à travers la dernière séfirah Malkhout, le Royaume.

Les qabalistes y ont vu le Yod d'en Bas, l'immanence du divin par sa divulgation, mais aussi, le niveau du Juste, fondement du monde créé. Yésod est l'exutoire des épanchements supérieurs avant leur déversement dans la dernière séfirah Malkhout.

Malkhout

Le royaume Malkhout est cité plus de cent fois dans la Bible. La seule citation du Pentateuque est dans Nombres 24/7: "La sève ruisselle de ses branches (Bilaa'm prophétisant et parlant d'Israël), et sa graine est abondamment arrosée, son roi est plus grand que n'est Agag (roi d'A'maleq), sa royauté est souveraine!…".

Bilaa'm est un prophète étranger chargé par le roi Balaq de maudire Israël. Or, de ses lèvres sortent des paroles de bénédiction. Comme pour la première séfirah Kéter, on assiste ici aussi à "un renversement du sort", du destin d'Israël.

La plupart des autres citations sont dans les Psaumes pour désigner le Royaume de D., mais aussi dans Esther, comme on l'a vu ci-dessus avec Kéter, dans Daniel et les Chroniques. Le sens commun de Malkhout est aussi bien la royauté que le royaume.

Sur le plan sémiologique Malkhout est l'élévation de la matière par le signe, c'est à dire que le monde matériel s'élève par l'étude des symboles et des signes cachés.

Les qabalistes y ont vu l'aspect féminin de l'immanence divine ou Shékhinah, le "hé" du bas, l'exutoire de tous les flux de l'Arbre de Vie, la Communauté d'Israël…

Cette séfirah est aussi appelée "a'théret" ou diadème, la couronne d'en Bas. Elle entoure la Présence divine ou Shékhinah comme d'un lit de fleurs. A ce niveau se situe l'âme vitale "néfesh", l'âme animale, premier niveau de prise de conscience dans le processus d'élévation.

Au terme de ce parcours, on peut noter la différence numérique entre les valeurs de Kéter (620) et de Malkhout (496) qui est de 124, soit la définition même de la structure de l'Arbre de Vie: l'unité du concept divin, la dualité des pôles entre lesquels on se meut dans les différents sens (bas-haut, gauche-droite), le ternaire des trois colonnes dont celle de l'équilibre central (1+2), le quaternaire par le nombre des univers successifs parcourus, de la conception à l'action en passant par la création et par la formation. La valeur numérique 124 est aussi celle de deux mots significatifs: "e'den", le jardin qui coïncide avec le monde intermédiaire que nous venons de parcourir et qui est le refuge des qabalistes et de ceux qui entreprennent l'ascension de l'Arbre; et "lapid", la torche ou la lumière nécessaire pour éclairer l'ascension mais aussi celle qui est reflétée par ces êtres hors du commun, les Justes, dont le visage resplendit comme une torche.

 Source : http://soued.chez.com/sefirot2.htm

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Published by Albert SOUED - dans Kabbale
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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 06:21

Philologue, historien et théologien israélien, né à Berlin, Gershom Scholem étudia à Berlin, à Iéna, à Berne et à Munich. Il enseigne à l'université de Jérusalem et, depuis 1968, est président de l'Académie israélienne des sciences et des humanités. Son adhésion au mouvement sioniste alors qu'il était encore étudiant l'amena à s'intéresser aux sources de la tradition juive ; il devint alors un véritable érudit et un pionnier dans l'étude de la kabbale. Sa thèse de doctorat est consacrée à la traduction et au commentaire du Sefer ha-Bahir (Das Buch Bahir, 1923), l'un des premiers et des plus difficiles textes kabbalistiques. Chercheur passionné et écrivain fécond, il n'a cessé depuis 1923 d'établir des manuscrits appartenant à la période médiévale de la littérature juive, de publier de nouveaux textes ou de brosser de grands panoramas historiques : Les Grands Courants de la mystique juive (Major Trends in Jewish mysticism, 1re éd., New York, 1941) ; Jewish Gnosticism-Merkabah Mysticism and Talmudic Tradition, New York, 1960 ; Les Origines de la kabbale, Paris, 1966 ; La Kabbale et sa symbolique, Paris, 1966 (Zur kabbala und ihrer Symbolik) ; Le Messianisme juif, Paris, 1974. Il a profondément renouvelé l'attitude du public « éclairé » à l'égard des spéculations gnostiques et mystiques médiévales, méconnues et dédaignées par le rationalisme hérité du xixe siècle (à l'exception toutefois de savants comme Salomon Munk). Dans l'introduction aux Grands Courants de la mystique juive, il écrit notamment : « Les grands savants du siècle dernier, Graetz, Zunz, Geiger, Luzzatto, ont peu de sympathie, pour ne pas dire davantage, envers la kabbale [...]. Celle-ci résumait tout ce qui était opposé à leurs propres idées et aux vues qu'ils espéraient faire prédominer dans le judaïsme moderne. » Pour Scholem, la mystique est « une étape déterminée dans le développement historique de la religion ». Il estime que trois grands traits caractérisent la mystique juive. Le premier s'exprime par la réticence pour la confession personnelle, la réserve quant à tout ce qui touche l'expérience mystique, l'absence d'éléments autobiographiques : « Les Juifs, écrit-il, ont gardé un sens particulièrement vif de l'incongruité entre l'expérience mystique et l'idée de Dieu qui met en valeur les aspects de Créateur, de Roi et de Législateur. » Le deuxième trait de cette mystique est une attitude métaphysiquement positive à l'égard du langage considéré comme l'instrument propre de Dieu ; le langage ordinaire de l'homme est un reflet du langage créateur de Dieu et il n'est nullement inadéquat à ses tâches. En troisième lieu, la mystique juive se caractérise par la déférence à l'égard de la tradition : plus l'intuition mystique est pure, vraie et parfaite, plus elle est proche de la véritable tradition, de la « connaissance originelle de l'humanité » ; ainsi s'explique le paradoxe fréquent qui fait que des thèses entièrement neuves soient acceptées au titre de la sagesse traditionnelle. Scholem reconnaît enfin « l'affinité particulière de la pensée kabbalistique avec la pensée mythique » ; il y a là un problème pour ceux qui considèrent le monothéisme juif comme étant précisément la religion qui a rompu radicalement avec tout ce qui est mythique. « Ce qui est réellement requis, estime Scholem, c'est une compréhension de ces phénomènes qui n'éloigne pas du monothéisme. » Des travaux analogues à ceux de Scholem sont poursuivis en France par Georges Vajda, directeur à l'École pratique des hautes études à Paris.

Source : http://dovbotturi.canalblog.com/archives/2010/05/21/17963472.html

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 06:19

Le Sefer ha-Bahir traditionnellement attribué à Nehunya Ben Ha-Kanah (Ier siècle .c.) a été, dans la version qui nous en est parvenue, compilé en Provence au XII siècle.
Il constitue les premiers balbutiements de la Cabale médiévale.

"Je suis celui qui a planté cet arbre, si bien que tout l'univers le vénère avec enchantement, et j'ai donné forme avec lui au Tout et l'ai nommé "Tout"; car le Tout est attaché à lui et le Tout vient de lui, tout a besoin de lui, et ils le regardent et tremblent devant lui, et de là sortent les âmes. J'étais seul lorsque Je le fis, et aucun ange ne peut s'élever au-dessus de lui et dire: j'étais là avant toi; car lorsque Je donnai forme à ma terre, lorsque Je plantai et enracinai cet arbre et leur donnai cette joie dont Je me réjouis, qui aurait été près de Moi, à qui J'aurais révélé ce secret? (...)

Et qu'est cet "arbre" dont tu as parlé? Il lui dit: Toutes les forces de Dieu sont situées l'une par-dessus l'autre et elles ressemblent à un arbre: comme l'arbre produit ses fruits grâce à l'eau, Dieu accroît les forces de "l'arbre" par l'eau. Et qu'est l'eau de Dieu? C'est la Chochma (sagesse), et cela (à savoir le fruit de l'arbre), c'est l'âme des justes, qui vont de la "source" au "grand canal", et elle monte et s'attache à l'arbre. Et par quoi fleurit-il? Par Israël: s'ils sont bons et justes, alors la Schekina habite parmi eux, et par leurs oeuvres ils demeurent en Dieu, et Il les rend féconds et les fait se multiplier."

Extraits du Bahir, premier écrit des kabbalistes, cité dans la Kabbale et sa symbolique, G. Scholem

Le Livre de la clarté

Cet ouvrage dont on ne connaît ni l’auteur ni la date de parution (sans doute la première partie du XIIe siècle en France) est le tout premier écrit appartenant à la littérature de la cabale. Composé à partir de sources orientales encore peu connues, il en développe cependant la plupart des grands thèmes : mystique des lettres, migration des âmes, système des sephirot, combinaisons de Noms divins, procédure de prières, méditations sur la création du monde et sur le mystère de la Mercabah (Char céleste). Il constitue à ce titre un complément précieux pour une bonne intelligence du Zohar. Les fragments pleins de secrets du Bahir abordent également la question du mal, et ce de manière si originale qu’un savant comme Gershom Scholem a pu dire que c’était un livre gnostique.
En fait, loin de croire en la réalité de deux principes souverains antagonistes, il considère que le mal autant que le bien sont l’œuvre de Dieu unique lui-même. Les pages les plus remarquables sont celles qui contiennent les énoncés sur le masculin et le féminin. Selon ce texte, le monde a été créé par leur union, et la rédemption des âges messianiques ne s’obtiendra que par elle.

Le Bahir apparaît comme un recueil peu ordonné d’explications de passages de la Bible, du Talmud ou de traditions populaires. Sous la forme habituelle du Midrach, des Maîtres répondent, le plus souvent avec bonhomie, aux disciples qui les harcèlent et leur reprochent même d’accroître l’obscurité quand on leur demande la lumière (alors qu’elle ne resplendira et ne sera supportable qu’au bout de « mille générations »). Le Maître semble vouloir les orienter vers une perception polyphonique de l’ensemble des textes ou des signes qui offrent des images ternies de la structure des mondes. Elles bruissent comme des essaims d’abeilles et le sens n’est qu’une introduction à une audition contemplative et active, soutenue et canalisée par la prière, le respect littéral des rites compris dans leur signification profonde, l’observance des préceptes moraux et l’étude perpétuelle de la Loi. Le Bahir, généreux en résonances, est consacré, pour une bonne part, à la traduction symbolique des Dix Paroles de la Création qui introduisent aux mystères des middot et des séphirot.

Prétendre entrer sans embarras ni surprise dans la pensée du Bahir serait témérité : un lecteur habitué à l’idée que le judaïsme a radicalement rompu avec une conception lumineuse du sacré, se trouve, en effet, désemparé et étonné devant l’enseignement d’un livre qui n’hésite pas à renouveler la signification mythique du divin. Et ce sous forme de propositions données pour évidentes, sans explication donc. En son temps, aux environs de 1180, au Sud de la France, le texte suscita d’ailleurs l’indignation de rabbins, leur opposition à cette interprétation ésotérique de versets bibliques détachés de leur contexte, à ces jugements théosophiques qui osaient voir dans le mystère du monde le reflet des mystères de la vie divine dont ils livraient la clé. Ils refusaient le retour du mythique, d’un sens mystique donné à la cosmologie. Le Bahir, pourtant, joua un rôle fondamental dans le développement du mouvement kabalistique, en particulier en Espagne ; il est, en ce sens, un indispensable complément à l’étude du Zohar.
Les fragments sur le mal retiennent l’attention. Le mal – le Bahir serait-il marqué par la gnose comme l’estime G. Scholem ? – constituerait un principe et une qualité en Dieu même : « Il créa le Tohu et le plaça dans le mal » . La lumière, cependant, jaillirait des ténèbres, le bien du mal – pensée propre à la sensibilité mystique certes mais dangereuse quant à la logique qu’elle pose, les applications hâtives que d’aucuns en font. Remarquables sont aussi les exégèses sur le masculin et le féminin, ces deux principes par lesquels le monde fut créé et dans l’union desquels réside l’espérance de rédemption. Animant la vie divine même, masculin et féminin, en leur alliance, portent mémoire de l’œuvre du commencement et, en ce monde, l’union de l’homme et de la femme accomplit la promesse de la victoire du bien sur le mal, de l’unité sur la séparation.
Cette lecture qui transforme la Thora en « corps mystique » (G. Scholem), pour mystérieuse qu’elle soit, ne laissera pas indifférent : ne propose-t-elle pas une réponse – inouïe – à la question des fondements des commandements ? Une réponse qui voudrait faire entrer dans les secrets mêmes de l’œuvre divine.

Source : http://cabbale.blogspot.fr/2009/06/le-bahir.html

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Published by Catherine Chalier - dans Kabbale
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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 05:55

§ 101 - Rabbi Berakhiah demanda : "Qu’est ce que le Loulav [] dont nous avons discuté. C’est 36 [] ajouté à 32 []. Comment ? Il y a trois princes : le Téli (Dragon), le Galgal (Sphère) et le Cœur []. Chacun dispose de 12 ministres, qui multipliés par trois font 36, par qui le monde est maintenu. Car il est écrit : "Le Juste est le fondement du monde" (Prov. 10:25).

§ 102 - Nous avons appris : une colonne unique s’élève de la terre au ciel et son nom est Justes (tsadiqim). Lorsqu’il y a des justes dans le monde, alors celui-ci devient fort, alors que quand il n’y en a pas, il s’affaiblit. C’est le soutien du monde, car il est écrit : "Le Juste est le fondement du monde". S’il s’affaiblit alors le monde ne peut subsister. Par conséquent, même s’il n’y avait qu’un seul juste dans le monde ce dernier maintiendrait le monde. Car il est écrit : "Le Juste est le fondement du monde". Vous devez donc prélever mon offrande de lui d’abord: "Voici le prélèvement que vous prélèverez sur eux" (Exode 25:3). De quoi s’agit-il ? "Cela consiste en or, argent et cuivre" (Idem).

§ 103 - Autre explication : Il est écrit "Qu’ils prennent pour moi [] un prélèvement" (Exode 25:2). Ils doivent prendre le Yod, qui est le dixième, en tant qu’offrande sainte. D’où savons-nous que la dîme est sainte ? Car il est écrit: "Le dixième sera sacré pour Yhwh" (Lév. 27:32). Qu’est ce qui est sacré ? Cela concerne : "Et le meilleur des prémices d’un quelconque prélèvement" (Ez. 44:30), et il est aussi écrit : "Le principe de la Sagesse, c’est la crainte de Yhwh" (Ps. 111:10). Il ne faut pas lire : "la crainte de Yhwh", mais "tu craindras Yhwh".

§ 104 - Les disciples demandèrent à Rabbi Eliézer : Notre maître, quelle est la signification de : "Consacre pour moi chaque premier-né" (Ex. 13:2) ? Le saint, béni soit-Il est-il un premier-né? Il répondit : "Consacre pour moi [] chaque premier-né" ne concerne que le deuxième niveau de la Sagesse. C’est le nom qui est donné à Israël, car il est écrit : "Mon fils, premier-né, Israël" (Ex. 4:22). Dans la mesure où nous pouvons l’exprimer, il était à leur côté durant la servitude. Il est donc écrit : "Envoie mon fils afin qu’il me serve" (Ex. 4:23), et non pas "mon premier-né. Rabbi Rah’oumaï dit : Quelle est la signification de "Laisse partir ta mère, ce sont les enfants que tu prendras avec toi" (Deut. 22:7). Pourquoi n’est-il pas dit "laisse partir ton père" ? Cela signifie : Tu dois laisser la mère à cause de la Gloire de celle qui s’appelle "Mère du Monde", dont il est dit : "Car Binah s’appelle Mère".

§ 105 - Quelle est la signification de : "Ce sont les enfants que tu prendras avec toi" ? Rabbi Rah’oumaï répondit : Ce sont les enfants qu’elle a élevés. Et qui sont-ils ? Ce sont les sept jours de la Création et les sept jours de Souccoth. Qu’est ce qui les différencie ? La différence est que les jours de Souccoth sont plus saints. A ce sujet, il est écrit : "Ce sont des convocations saintes" (Lévitique 23:37). Serait-ce Azréth, la fête de clôtures, le huitième jour de Souccoth, le "jour de la convocation sainte". Il répondit : Oui mais, c’en est un et ils sont deux. Car il est écrit: "Le premier jour sera une convocation sainte, et le septième jour sera une convocation sainte" (Lévitique 12:16). Ils dirent : Pourquoi la fête de clôtures ne dure-t-elle qu’un seul jour ? Parce que la Torah fut donnée ce jour à Israël et lorsque la Torah fut créée au début, le Saint, béni soit-Il, régné seul avec elle sur le monde. Car il est écrit : "Le commencement de la Sagesse est la crainte de Dieu" (Psaumes 111:10). Qu’est ce que Souccoth ? Il répondit : c’est la lettre Beith, car il est écrit : "avec la Sagesse Beith est construit" (Proverbes 24:3). Et d’où savons-nous que Souccoth est Beith ? Car il est écrit : "Et Jacob a voyagé à Souccoth. Il s’est construit une maison (Beith), et pour son bétail il a construit des souccoth (huttes), et a nommé l’endroit Souccoth" (Genèse 33;:17).

§106 - Rabbi Berakhiah s’assit et exposa : Que signifie Teli (Dragon) ? C’est une ressemblance (demouth) qui se trouve devant le Saint, béni soit-Il. Car il est écrit : "ses cheveux sont bouclés (tal-talim)". Qu’est ce que le Galgal (Sphère), c’est le ventre. Et qu’est ce que le cœur ? Cela concerne le vert : jusqu’au cœur des cieux" (Deut. 4:11). En lui sont contenus les 32 merveilleux sentiers de la Sagesse (Hokhmah).

§ 107 - Que signifie le verset : "Que Yhwh te protège et te bénisse ! Que Yhwh fasse rayonner ton visage et te soit bienveillant ! Que Yhwh dévoile Sa Face et qu’Il t’accorde la paix !" (Nombres 6:24-26). C’est le Nom ineffable du saint, béni soit-Il. C’est le Nom contenant douze lettres, car il est écrit : " Yhwh, Yhwh, Yhwh". Ceci nous enseigne que les Noms de Dieu se structurent en trois légions. Chaque légion ressemble à l’autre, et Son Nom est le même. Tous sont scellés par Yod Hé Vav Hé. Comment ? Yod Hé Vav Hé peuvent se permuter de 24 façons différentes, formant une légion, c’est "Puisse Yhwh te bénir". De même pour " Que Yhwh fasse rayonner ton visage". Et de même pour le troisième : " Que Yhwh dévoile Sa Face". Ce sont les 24 Noms du Saint, béni soit-Il. Ceci nous enseigne que chaque légion, à 24 princes et officiers, qui multipliés par 3 donnent les 72 Noms du saint, béni soit-Il. Ce sont les 72 Noms qui résultent des versets "Vaysissa" (part), "Vayébo (vient), "Vayéit" (s’étend) (Exode 14:19-21).

§ 108 - Qui sont les princes ? Nous avons appris qu’il y en trois, que Gvourah (Rigueur) est le prince de toutes les formes Saintes placées à gauche du saint, béni soit-Il. C’est Gabriel. A droite, c’est Mikaël. Au milieu se tient Eméth (Vérité) et c’est Auriel, prince de toutes les formes Saintes. Chaque prince règne sur 24 formes, mais ses légions sont sans nombre, car il est écrit : "Peut-on dénombrer ses légions ?" (Job 25:3). Ainsi, il y aurait 72 et encore 72. Il répondit : Ce n’est pas le cas, car lorsqu’Israël apporte un sacrifice devant Son père dans les cieux, toutes ses formes Saintes s’unissent. C’est l’unification de "Notre Dieu est un".

§ 109 - Pourquoi un sacrifice s’appelle-t-il Qorban ? Parce qu’il rapproche les formes des puissances saintes les unes des autres. Car il est écrit : "Rapproche-les l’un de l’autre pour en faire un seul morceau de bois ; qu’ils ne fassent qu’un dans ta main" (Ez. 37:17). Et pourquoi le sacrifice s’appelle-t-il "parfum agréable" ? Le parfum est seulement dans le nez. Le parfum se ressent par le souffle et seulement par le nez et "agréable" (niekhoah) désigne la "descente", car il est écrit : "et il est descendu" (Lev. 9:22), et le Targoum traduit ceci "ouNek’hat" (de même racine qu’agréable). Le Souffle-parfum descend et s’unit aux formes saintes, et s’en rapproche par le sacrifice. C’est la raison pour laquelle un sacrifice s’appelle Qorban.

§ 110 - Il y a un Nom qui dérive des trois versets "Vaysissa" (part), "Vayébo (vient), "Vayéit" (s’étend) (Exode 14:19-21). Les lettres du premier verset "Vaysissa" sont arrangées dans l’ordre où elles apparaissent dans le verset. Les lettres du deuxième verset "Vayébo" sont placées à l’envers et les lettres du troisième verset "Vayéit" sont disposées dans l’ordre où elles se trouvent dans le verset, comme pour le premier verset. Chacun de ces versets a 72 lettres, par conséquent, chacun des Noms qui dérivent de ces trois versets : "Vaysissa" (part), "Vayébo (vient), "Vayéit", contient trois lettres. Ce sont les 72 Noms, qui se répartissent en trois sections, soit 24 par section. Sur chacune de ces section s’élève un prince. Chaque section veille sur les 4 directions du monde : Est, Ouest, Nord, Sud. Ils se répartissent donc par groupes de six dans chaque direction. Donc pour les 4 directions, il y a 24 formes. Il en va de même pour les deuxième et troisième sections. Toutes sont scellées par " Yhwh, Dieu d’Israël, Elohim vivant, Shadaï très haut, élevé, qui réside en toute éternité. Saint est Son Nom de la Gloire de sa Royauté à tout jamais" (Séfer Yetsirah 1:1).

§ 111 - Rabbi Ahilei exposa : Quelle est la signification du verset : "Yhwh est roi, Yhwh était roi, Yhwh sera roi pour toujours" . C’est le Shem haMéforash (Non Ineffable), dont il est permis de le permuter et de le prononcer, car il est écrit: "Ils placeront Mon Nom sur les enfants d’Israël et Je les bénirai" (Nombres 6:27). Ceci se rapporte au Nom en 12 lettres, semblable au Nom de la bénédiction sacerdotale : "Que Yhwh te bénisse" (Nombres 6:24). Il y a trois noms et douze lettres, dont voici la vocalisation :Yafaal, Yefoel, Yifol. Celui qui le préserve et le prononce en toute sainteté, peut-être assuré que ces prières seront exaucées et qu’il sera aimé en haut comme en bas et qu’il trouvera immédiatement écoute et secours. C’est le Shem haMeforah qui était gravé sur le front d’Aaron. Le Shem haMeforash contenant 72 lettres. Le Shem haMeforah contenant 12 lettres transmises à Masmariah, qui se tient devant le rideau et qui les a transmises à Elie sur le Mont Carmel, lequel s’éleva au ciel avec leur aide, sans avoir goûté à la mort.

§ 112 - Voici les Noms ineffables, précieux et magnifiques, qui sont au nombre de 12, en correspondance avec les 12 tribus d’Israël.

Ahatsitséharon Akelitharon Shemaqtaron Doméshéharon Otspatspasitron Hourmiron Berah'iharon Arésh Gadron Besvah Manahon H'azhouiah Havahiréi Hah Ehyéh Vehareitahon

Ils surveillent dans le Teli, dans le Galagal et dans le cœur. Ce sont les sources de la Sagesse.

Ils incluent le mâle et la femelle. Ils surveillent le Teli, le Galgal et le Cœur. Tous sont sources de Sagesse.

§ 113 - Rabbi Rah’oumaï expliqua : " Pourquoi 12 tribus d’Israël ? " Cela nous enseigne que le saint béni soit-Il a 12 tribus. " Et quelles sont-elles ? " A quoi cela est-il comparable ? ". Un roi avait une source. Tous ses frères n’avaient d’autre eau que celle de cette source, et étaient incapables d’endurer la soif. Que fit-il ? Il fit 12 canaux pour la source et leurs donna les noms des enfants de ses frères. Puis il leur dit : " Si les enfants se comportent aussi bien que leurs pères, ils seront dignes et je remplirai les canaux. Les pères boiront et leurs fils ensuite. Mais si les enfants n’en sont pas dignes à mes yeux, les canaux se maintiendront. Mais je ne fournirai de l’eau qu’à condition qu’ils n’en donnent pas à leurs enfants, puisqu’ils n’obéissent pas à ma volonté ".

§ 114 – Quelle est signification du mot " Shevéth " (Tribu) ? Une chose simple et non carrée. Pour quelle raison ? Un carré ne peut se concevoir dans un autre carré. Un cercle peut se mouvoir dans un carré, mais pas un carré dans un autre carré.

§ 115 - Quelles sont les choses circulaires ? Ce sont les points voyelles de la Torah de Moïse, qui ont tous des formes circulaires. Ils sont aux lettres ce que l’âme est au corps de l’homme, qui n’a aucun avenir lorsque l’âme le quitte et qui ne peut accomplir aucun acte, grand ou petit, sans elle. De façon similaire, il est impossible de prononcer un mot, grand ou petit, sans les points voyelles.

§ 116 Chaque point voyelle est un cercle, et chaque lettre est un carré. Les points voyelles sont la vie des lettres et, par elles, les lettres subsistent. C’est par l’intermédiaire des canaux que la voyelle parvient à la lettre grâce à l’odeur des sacrifices, qui descend aussitôt. Il écrit : " Une odeur plaisante pour Dieu " (Lév. 1 :9), indiquant qu’elle descend vers Dieu. C’est le sens du verset : " Ecoute Israël, Yhwh, notre Dieu, Yhwh est Un " (Deutéronome 6 :4).

§ 117 – Rabbi Yoh’anan dit : Quelle est la signification du verset : " Dieu est un homme (ish) de guerre, Yhwh est son nom " (Exode 15 :3) ? L’homme (Ish) indique un signe. Le Targoum, rend par : " Yhwh est un homme de guerre ", car " Dieu est la victoire du Maître dans la guerre ". Qui est ce Maître (Mari) ? Alef est le premier, le saint palais. Devons-nous alors dire que le Palais est saint ? Disons plutôt le Palais de la sainteté.

§ 118 – Yod désigne les 10 Paroles par lesquelles le monde fut créé. Quelles sont-elles ? C’est la Torah de Vérité qui inclut tous les mondes. Qu’est ce que le Shin. Il répondit : C’est la racine de l’arbre. La lettre Shin a la forme de la racine d’un arbre.

§ 119 – Quel est l’arbre dont tu parles ? Il répondit : Il représente les puissances du saint, béni soit-Il, les unes au-dessus des autres. De même qu’un arbre produit des fruits grâce à l’eau, ainsi le Saint, béni soit-Il accroît la puissance de l’arbre par l’eau. Quel est l’eau du saint, béni soit-Il. C’est Hokmah (la sagesse), et c’est les âmes des justes, qui volent de la source pour parvenir au grand canal, qui s’élève et s’attache à l’arbre. Comment volent-elles ? Grâce à Israël. S’ils sont bons et justes, la Présence demeure parmi eux. Leurs actes reposent alors dans le sein du Saint, béni soit-Il, qui les rend fructueux et les multiplie.

§ 120 – Comment savons-nous que la Présence (Shekhinah) s’appelle " Tsédéq " (Justice) ? Il est écrit : " Il chevauche les cieux par ton aide et les nuées dans sa majesté " (deut. 33 :26). Et il écrit également : " Les cieux (Sheh’aqim) seront parcourus par Tsédéq " (Isaïe 45 :8). Tsédéq est la Présence divine, ainsi qu’il est écrit : " Tsédéq demeure en lui " (Isaïe 1 :21). Tsédéq fut donné à David, lorsqu’il écrit : " Yhwh régnera à jamais, Ton Dieu, Tsion, de génération en génération ! " (Ps. 146 :10). Et il est écrit : " Tsion qui est la cité de David " (I Chron. 11 :5).

§ 121– Que signifie l'expression : "de génération en génération" ? Rabbi Papias dit : Il est écrit : "Une génération s'en va, une autre génération vient." (Eccl. 1:4) Rabbi Akiva dit : Il vient une génération qui était déjà venue.

§ 122– Une parabole : Un roi avait des serviteurs. Il les avait vêtus, selon sa fortune, de vêtements de soie et de broderie, mais ils dévièrent du droit chemin. Alors il les chassa, les jeta dehors et leur ôta leurs vêtements, et ils s'en allèrent. Il prit ces vêtements, les fit bien laver, de sorte qu'ils ne présentent plus de taches ; il les mit de côté et acquit d'autres serviteurs qu'il revêtit de ces mêmes vêtements. Il ne savait pas si ces serviteurs étaient bons ou non. C'est ainsi qu'ils pouvaient profiter des vêtements qui existaient déjà et que d'autres avant eux avaient portés. Mais la terre, elle, " tient toujours ". C'est aussi le sens qui se dégage du verset (Ecel. 12, 7) : " Avant que la poussière ne retourne à la poussière, selon ce qu'elle était, et que le souffle ne remonte à Dieu qui l'a donné. "

§ 123 – Rabbi Amora demanda : Que signifie le verset (Lév. 9, 22): " Alors Aaron éleva ses mains sur le peuple et il le bénit, puis il descendit " ? Mais il était déjà descendu. Il descendit " après avoir apporté l'expiatoire, l'holocauste et les offrandes pacifiques ", et c'est ensuite qu'il est dit: " et Aaron éleva ses mains sur le peuple ". Pourquoi cette action de lever ? Parce qu'il avait offert un sacrifice et l'avait rapproché de leur Père dans les cieux, ainsi que nous l'avons dit : Celui qui le fait, doit élever les mains, car c'est ainsi qu'il les rapproche des sphères supérieures et qu'il les unifie avec les sacrifices d'une manière parfaite. Et quel est le peuple dont il est écrit : " sur le peuple " ? Cela signifie : " pour le peuple ".

§124. Pourquoi les mains sont-elles levées quand elles sont bénies de cette manière ? Parce que les mains ont dix doigts, en référence aux Dix Séfiroth, par lesquels le ciel et la terre furent scellés. En parallèle aux Dix commandements. Dans ces 10 sont contenus les 613 commandements. Si vous comptez les lettres dans les Dix commandements, vous constaterez qu’il y a 613 lettres. Ils contiennent chacune des 22 lettres excepté le Teith, qui est absent. Quelle est la raison de ceci ? Ceci nous enseigne que Teith est le ventre - et il n’est pas contenu dans l’ensemble des Séfiroth.

§125. Pourquoi sont-elles appelées Séfiroth ? Parce qu’il est écrit (psaume 19:2), " les cieux racontent (me-saperim) la gloire de Dieu ".

§ 126. Et quelles sont-elles ? Elles sont au nombre de trois. Parmi elles sont trois armées et trois gouvernements. Le premier gouvernement est lumière. La lumière est la vie des eaux. Le deuxième gouvernement contient les H’ayoth haQodésh, les Ophanim, les roues de la Merkavah, et toutes les troupes du saint, béni soit-Il. Ils bénissent, exaltent, améliorent, glorifient et sanctifient le roi puissant par la Kedoushah. Disposé dans le mystère de la grande Kedoushah qui est le Roi effrayant et terrible. Et ils le couronnent avec trois sanctifications.

§ 127. Pourquoi y a-t-il trois sanctifications et non quatre ? Parce que la sainteté supérieure est trois par trois. Comme il est écrit : " Dieu est roi, Dieu était roi, Dieu sera roi pour toujours et à jamais ". Il est écrit également (nombres 6:24-26), " Puisse Dieu te bénir... que Dieu dirige son éclat vers toi... Il est encore écrit (exode 34:6), " Yhwh, Yhwh " le troisième contient le reste des attributs de Dieu. Quels sont-ils ? " Yhwh est Dieu, miséricordieux et clément ". Ce sont les treize attributs.

§ 128. Pourquoi " Saint, Saint, Saint " et ensuite " Yhwh Tsébaoth, toute la terre est remplie de ta Gloire " (Is. 6 :3). Le premier Saint est la Couronne suprême. Le second Saint est la racine de l’arbre. Le troisième saint est celui qui est attaché et unifié à tous. : " Yhwh Tsébaoth, toute la terre est remplie de ta Gloire ".

§ 129. Quel est le Saint qui est joint et unifié ? A quoi cela est-il comparable ? Un roi avait des fils, qui à leur tour eurent également des fils. Quand les enfants accomplissent sa volonté, il se mêle à eux, et les supporte et les rassasie tous. Il accorde tous les biens à ses fils, afin qu’ils puissent satisfaire leurs enfants. Mais quand les enfants ne font pas sa volonté, il n’accorde aux pères que ce dont ils ont besoin.

§ 130. Quelle est la signification de " la terre entière est remplie de sa gloire " ? C’est la terre qui a été créée le premier jour. Elle est en haut, remplie de la Gloire de Dieu et correspond à la terre d’Israël. Et qu’est ce que cette gloire ? C’est la Hokhmah (sagesse), comme il est écrit (Proverbes 3:35), " le sage héritera de la gloire ". Car il est écrit (Ezekiel 3:12), " béni soit la gloire de Dieu en son lieu ".

§ 131. Quelle est la " gloire de Dieu " ? A quoi cela est-il comparable ? Un roi avait une Matrone dans sa chambre, et toutes ses troupes étaient en admiration devant elle. Elle avait des fils, et chaque jour ils venaient voir le roi et le bénir. Ils demandaient : " Où est notre mère? " Il répondait : " Vous ne pouvez pas la voir maintenant ". Ils répondaient " Bénie soit-elle en son lieu ".

§ 132. Quelle est la signification de " en son lieu " ? Ceci indique que nul ne connaît son lieu. C’est comme une princesse royale qui est venue d’un endroit lointain. Les gens ne connaissaient pas son origine, mais ils virent que c’était une femme de valeur, belle et raffinée dans ses manières. Ils dirent : " Elle vient certainement du côté de la lumière, car elle illumine le monde par ses actes ". Ils lui demandèrent, " d’où êtes-vous ? " Elle a répondu, " de mon endroit. " Ils dirent : " Ainsi, les gens de votre lieu sont grands. Bénie soit-elle, et puisse son lieu être béni ".

§ 133. Cette " Gloire de Yhwh " n’est pas une de ses Tsébaoth ? N’est-elle pas inférieure ? Pourquoi alors la bénissent-elles ? A quoi cela est-il comparable ? Un homme avait un beau jardin. En dehors du jardin, mais près de lui, il avait une belle section de champ. Sur cette section, il sema un beau jardin de fleurs. D’abord, il arrosa son jardin. L’eau se répartissait dans le jardin entier, sauf sur la partie de terre qui n’en faisait pas partie, bien que tout fût uni. Il ouvrit donc un lieu particulier et l’arrosa séparément.

§ 134. Rabbi Rah’oumai dit : La gloire (Kavod) et le coeur (Lev), les deux sont la même chose. Mais la gloire se rapporte aux œuvres supérieures, et le cœur se rapporte aux œuvres d’en bas. La " Gloire de Yhwh " et le " Cœur du ciel " sont donc tous deux identiques.

§ 135. Rabbi Yoh’anan dit : Quelle est la signification du verset (exode 17:11), " Il advint que Moïse leva sa main, Israël était plus fort, et quand il reposait sa main, c’était Amaleq qui devenait le plus fort ". Ceci nous enseigne que le monde entier subsiste par l’élévation des mains. Pourquoi ? Parce que le nom de la puissance donnée à Jacob est Israël. Abraham, Isaac et Jacob chacun ont reçu une puissance particulière. C’est en rapport avec l’attribut dans lequel chacun a marché et que la puissance lui a été donnée. Abraham fit œuvre de Bonté (Hesséd). Il prépara la nourriture pour chacun et tous ceux qui passaient. Il agissait et sortait à leur rencontre, comme il est écrit : " et il courut pour les saluer " (Genèse 18 :2). Mais aussi : " Il se prosterna à terre " (Genèse 18 :2). Ce fut une œuvre parfaite de Bonté. Dieu lui accorda le même attribut et lui donna H’esséd (Bonté). Car il est écrit : " Tu accorderas la Vérité (Eméth) à Jacob, la Bonté (Hesséd) à Abraham, selon ce que tu as juré à nos pères, dès les premiers âges " (Michée 7 :20). Quelle est la signification des " premiers âges " ? Ceci nous enseigne que si Abraham n’avait fait preuve de Bonté, Jacob n’aurait pas été digne de l’attribut de Vérité, car c’est par le mérite d’Abraham, digne de l’attribut de Bonté, qu’Isaac fut digne de l’attribut de la terreur (Pah’ad). Car il est écrit : " et Jacob jura par la terreur de son père Isaac " (Genèse 31 :53). Mais comment quelqu’un peut-il jurer par la terreur de son père ? Jusqu’alors aucune puissance n’avait été donnée à Jacob, il jura donc par la puissance accordée à son père. C’est pourquoi il est écrit : " et Jacob jura par la terreur de son père Isaac ". Qu’est ce que cela ? C’est le Tohu, il émane du mal et subjugue les gens. Et qu’est ce que c’est ? Cela concerne ce qui est écrit : " et le feu descendit et consuma l’holocauste, les pierres, la terre et évapora l’eau qui était dans le fossé " (1 Rois 18:38). Il est également écrit : " Car Yhwh, ton Dieu, est un feu consumant, un Dieu jaloux " (Deut. 4 :24).

§136. Qu’est ce que la Bonté ? C’est la Torah, ainsi qu’il est écrit : " Ah, vous tous qui, poussés par la soif, venez vers l’eau, sans argent " (Isaïe 55 :1). Ainsi, H’esséd est l’Argent, car il est également écrit dans le verset : " Venez, approvisionnez-vous et mangez, venez, approvisionnez-vous sans argent et sans paiement, prenez le vin et le lait ". Il vous alimentera de la Torah et vous enseignera, car vous le méritez déjà par le mérite d’Abraham, qui œuvra avec Bonté. Sans argent, il les alimenta et, sans argent, il leur donna du vin et du lait.

§ 137. Pourquoi vin et lait ? Quel rapport entre les deux ? Ceci nous enseigne que le vin est " Pah’ad " (terreur) et que le lait est " H’esséd " (Bonté). Pourquoi le vin est-il mentionné en premier ? Parce qu’il est le plus proche de nous. Penses-tu que cela se rapporte réellement à du vin et à du lait ? Il s’agit plutôt de l’apparence du vin et du lait. C’est par le mérite d’Abraham, qui fut digne de l’attribut H’esséd, qu’Isaac reçut Pah’ad. Et parce qu’Isaac fut digne de l’attribut Pah’ad, que Jacob reçu l’attribut Eméth, qui est l’attribut de la Paix. Car il est écrit : " Jacob était un homme parfait, demeurant dans les tentes " (Gen. 25 :27). Le mot parfait désigne la paix, ainsi qu’il est écrit : " Tu seras parfaitement fidèle à Yhwh, ton Dieu " (Deut. 18 :13), que le Targum traduit par : " Sois parfait. Le terme parfait ne concerne que la Torah. Car il est écrit : " La Torah de vérité était dans sa bouche " (Malachie 2 :6). Qu’est-il écrit ensuite ? " Il marchait avec moi dans la paix et la droiture ". La droiture n’est rien d’autre que la paix, comme il est écrit : " Intègre et droit " (Ps. 25 :21). C’est pour cela qu’il écrit : " Il advint que Moïse levait sa main, Israël était le plus fort " (Ex. 13 :11). Ceci nous enseigne que l’attribut appelé Israël contient la " Torah de Vérité ".

§ 138. Quel est le sens de " Torah de Vérité " ? C’est ce qui désigne la vérité de tous les mondes, ainsi que ses actes dans la pensée. Il a édifié 10 Séfiroth, par qui tient le monde. Elle est l’une d’elles. Chez l’homme, il a créé 10 doigts, en relation avec les 10 Paroles. Moïse a levé ses mains et s’est concentré à un certain niveau sur l’attribut appelé Israël, contenant la Torah de Vérité. Avec ses 10 doigts, il a affirmé les 10. Car si Dieu n’aidait pas Israël, alors les 10 Paroles ne se réaliseraient pas chaque jour. C’est la raison pour laquelle Israël a régné. Mais lorsque Moïse abaissait ses mains, Amaleq régnait. Mais Moïse pouvait-il désirer la victoire d’Amaleq ? Ceci, parce qu’il est interdit qu’un homme se tienne plus de trois heures les mains tendues vers le ciel.

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 05:54

§ 51 - Les étudiants demandèrent à Rabbi Berakhia : " Nous permets-tu de nous exprimer ", mais il ne leur donna pas de la permission. Une autre fois, cependant, il leur donna la permission, afin de savoir s’ils étaient bien préparés. Un jour il les interpella et dit : " me permettez-vous d’entendre votre Sagesse ? ". Ils commencèrent en disant : " Au début (Bereshith)  est un. (Isaïe 57:16) "devant moi succombent l’esprit et les âmes que j’ai faites  ". (Psaume 65:10) " Les divisions de Dieu sont remplies d"eau ". Quelles sont ces " divisions "? Tu nous enseignes, notre maître, que Dieu a pris les eaux de la création et les a séparés, plaçant une moitié dans les cieux et une moitié dans l’océan. C’est la signification des "divisions de Dieu sont remplies d"eau ". Par elles, l’homme étudie la Torah. Rabbi H’ama enseigne : C’est par le mérite et les bonnes actions, qu'une personne peut étudier la Torah. Il est aussi écrit :(Isaïe 55:1) : " Que ceux qui ont soif viennent pour l"eau, qu’ils viennent même sans argent, pour s’approvisionner et manger ". Aller vers Lui, et Il vous comblera de bienfaits, et vous vous " approvisionnerez et mangerez ".

§ 52 - " qu’ils viennent même sans argent " peut aussi s’expliquer d’une autre manière : " Venez vers Dieu, car Il a de l’argent  ", comme il est écrit (Haggai 2:8) : "À moi l'argent, et à moi l’or ! " Quelle est la signification du verset, "À moi l'argent, et à moi l’or ! " ? À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait deux trésors, l’un d’argent, et l’autre d’or. Il plaça celui d’argent à sa droite, et celui d’or à sa gauche. Il dit :   " celui-ci sera prêt, et facile à dépenser, à remplir sa fonction tranquillement. Il est attaché aux pauvres et s’accomplit calmement. C’est pourquoi il est écrit (Exode 15:6) : " Ta main droite, O Yhwh, est puissante dans la force ". S’il se réjouit dans sa part, alors tout est bien. Ainsi (Exode 15:6) : " Ta main droite, O Yhwh, écrase l"ennemi ". Il leur dit : Cela concerne l’or, comme il est écrit : "À moi l"argent, et à moi l’or ! ".

§ 53 - Pourquoi l’or s’appelle-t-il ZaHaV ? Parce qu’il inclut trois attributs : le Mâle, (Zakar), c’est le Zayin ; l’Ame, c’est le Hé, qui a cinq noms Néfésh, Roua’h, Neshamah, H’ayah, Yeh’idah. Quelle est la fonction du Hé ? C’est un trône pour le Zayin, comme il est écrit (Ecclesiaste 5:7) : " un supérieur est placé sous la surveillance d"un autre plus élevé ". Le Beith est son alimentation, comme il est écrit (Genèse 1:1) " Au (beith) commencement créa ".

§54. Quelle est ici la fonction? A quoi cela est-il comparable ? Il était une fois un Roi qui avait une fille bonne, agréable, belle et parfaite. Il la maria à un prince royal, l’habilla, la couronna , la couvrit de joyaux et lui donna une importante dot. Est-il possible pour le roi de se séparer à jamais de sa fille ? Vous consentirez que ce n’est pas possible. Est-il possible pour lui d’être avec elle constamment ? Vous consentirez aussi que ce n’est pas possible. Que peut-il donc faire ? Il peut placer une fenêtre entre eux, et ainsi lorsque le père requiert la fille, ou que la fille requiert le père, ils peuvent se rencontrer par la fenêtre.

Il est écrit (Psaume 45:14), " Toute la gloire est à l'intérieur de la fille de roi, le vêtement est serti d’or. "

§55. Que désigne Beith ici ? Comme il est écrit (Proverbes 24.3), " Par la sagesse la maison (Bayit) sera bâtie. "

Le verset ne dit pas "  est bâtie " mais " sera bâtie ". Dans l’avenir Dieu la bâtira et l’ornera, des milliers de fois plus qu’elle ne l’était auparavant.

Il est comme nous l’avons dit: Pourquoi est-ce que la Torah commence par un Beith ? Comme il est écrit (Proverbes 8:30), "" j"étais avec Lui comme un artisan, j’étais son délice un jour après un jour " durant les deux mille années, qui ont précédé le " commencement ".

Deux ? Mais l’écriture dit sept, comme il est écrit (Isaïe 30:26), " La lumière de la lune sera comme la lumière du soleil, et la lumière du soleil sera sept fois plus forte ". Il répondit : " je disais des milliers ".

§56. Ils lui dirent : mais jusqu’à présent il n’y en a que cinq. Que vient-il après ?

Il répondit: D’abord j’expliquerai Zahav (l’or). Qu’est ce que l’or ? Nous apprenons que de lui émane la justice (Din). Si vous inclinez vos propos à droite ou à gauche, vous serez punis.

§ 57. Quelle est la signification du verset (Isaiah 30:26), " La lumière de la lune sera comme la lumière du soleil, et la lumière du soleil sera 7 fois plus puissante " ? Est-ce comme la lumière des sept jours ?

Le verset ne dit pas " sept jours ", mais " les sept jours ". Ce sont les jours au sujet desquels il est écrit (Exode 31:17) : " Car six jours Yhwh a fait ".

C’est comme si vous disiez, le saint, béni soit-Il, a fait six beaux réceptacles. Quels sont-ils ? " Les cieux et la terre ".

Ne sont-ils pas sept ? Oui, comme il est écrit (Ibid.) " Et au septième jour, Il se reposa et expira   (nafash)".

Quel est la signification de "et expira (nafash) ?" Cela nous enseigne que le Shabbath soutient toutes âmes. Il est donc écrit qu'il " expira ".

§ 58. Une autre explication : Cela nous enseigne que c’est de là que les âmes s’envolent. Il est écrit : " et il expira (nafash).

Jusqu’à la millième génération. Comme il est dit (Psaume 105:8), "la Parole qu"Il commanda jusqu’à la millième génération ".

Et aussitôt après ce passage, il est dit : " (l’alliance) qu’Il avait conclu avec Abraham ".

Quelle est la signification de " conclu " ? Il conclut une alliance entre les dix doigts de ses mains et les dix orteils de ses pieds.

Abraham était honteux. Dieu lui dit alors (Genèse 17:4) : "Et Moi, voici mon alliance avec toi ", et avec elle, " tu seras le père d’une multitude de nations ".

§ 59. Pourquoi les cieux sont-ils appelés Shamayim ?

Cela enseigne que le Saint, béni soit-il délimita l’eau du feu, et les a attachés l’un à l’autre. Il en fit le " début de Sa Parole ". Il est écrit (Psaume 119:160) : " le début de Ta Parole est vérité ".

Il est donc appelé Shamayim — Sham Mayim (il y a l’eau) —Esh Mayim (eau de feu).

Il leur dit : C’est la signification du verset (Job 25:2), " Il fait la paix dans Ses hauteurs ". Il instaure la paix et l’amour entre eux. Puisse-t-il également instaurer la paix et l’amour parmi nous.

§ 60. Nous disons aussi (Psaume 119:164) : " sept fois chaque jour je Te célèbre pour Ton jugement juste ".

Ils lui demandèrent : " Quels sont-ils  ". Il répondit : " Vous ne regardez pas assez attentivement. Soyez précis, et vous les trouverez ".

§ 61. Ils lui demandèrent : " Qu’est-ce que la lettre Tsadé ? "

Il répondit : Tsadé est fait d’un Noun et d’un Yod. Sa moitié est aussi un Noun. C’est pourquoi il est écrit (Proverbes 10:25), " Le juste (Tsadiq) est la fondation (Yessod) du monde ". 

§ 62. Ils demandèrent : Quelle est la signification du verset [concernant Balak et Balaam] (Nombres 23:14), " Et il l’emmena dans les champs des guetteurs ". Quel est le " champ des guetteurs ? " Ainsi qu’il est écrit (Cantique des Cantiques 7:12), " Viens mon bien-aimé, allons dans le champ ". Ne lis pas " haSadéh " (le champ), mais haSidah (l’équipage).

Qu’est-ce que cet équipage ? Il dit, " Le Coeur du Saint, béni soit-Il.

Son coeur dit au saint, béni soit-Il : " Viens mon bien-aimé, allons à l"équipage nous promener. Il ne restera pas constamment dans un même lieu ".

§ 63. Qu’est-ce que " son coeur ? "

Il dit: Lorsque Ben Zoma était dehors, vous n’étiez pas avec lui.

Le coeur (Lév) [dont la valeur numérique] est trente-deux. Qui sont dissimulés, et par eux le monde fut créé.

Qui sont ces 32? Il dit: Ce sont le 32 Sentiers.

Ceci est semblable à un roi qui se trouvait dans la dernière de ses chambres. Le nombre des chambres était de 32, et pour chacune il y avait un sentier. Le roi doit-il amener tout le monde à sa chambre par ces sentiers ? Vous consentirez qu’il ne doit pas. Doit-il révéler ses bijoux, ses tapisseries, ses trésors et ses secrets dissimulés ? Vous consentirez encore qu’il ne doit pas. Alors que fit-il ? Il prit la Fille, et inclut tous les sentiers en elle, ainsi que dans ses vêtements.

Celui qui veut aller à l’intérieur doit regarder là.

Il la maria à un roi, et la lui donna en cadeau. A cause de son amour pour elle, parfois il l’appelle " ma soeur ", car ils proviennent d’un même endroit. Parfois il l’appelle sa fille, car elle est réellement sa fille. Et parfois il l’appelle " ma mère ".

§ 64. De plus, s’il n’y a aucune sagesse (Hokhmah), si il n’y a aucune justice (Din).

C’est pourquoi il est écrit (I Rois 5:26), " Et Dieu donna la sagesse à Salomon ". Dès lors il jugea correctement, et il est alors écrit (I Rois 3:28) : " Et tout Israël entendit du jugement que le roi avait rendu, et ils craignirent le roi, car ils avaient vu qu’en lui la sagesse de Dieu rendait justice ".

§ 65. Et quelle sagesse Dieu a-t-Il donnée à Salomon ?

Salomon avait le nom de Dieu. Nous avons ainsi dit que chaque fois que Salomon est mentionné dans le Cantique des Cantiques, c’est un nom sacré, sauf dans un cas. Dieu lui dit : " Puisque ton nom est comme le nom de Ma Gloire, je te donnerai ma fille ". Mais elle est mariée !

Elle fut donnée comme un cadeau, comme il est écrit (I Rois 5:26), " Et Dieu donna la sagesse à Salomon ".

Sans autre explication. Où alors ceci est-il expliqué ? Quand l’écriture dit (I Rois 3:28) : Car ils avaient vu qu’en lui la sagesse de Dieu rendait justice ". Nous voyons alors que la sagesse que Dieu lui donna était telle qu’il pourrait " rendre justice ".

Quelle est la signification de " rendre justice " ? Aussi longtemps qu’une personne rend justice, la sagesse de Dieu est en lui. Elle l’aide et le rapproche de Dieu mais s’il la repousse, elle le punit. Ainsi qu’il est écrit (Lévitique 26:28) : " et Moi, je vous punirai ".

§ 66 - Et Rabbi Rah’oumai dit : Quelle est la signification du verset (Levitique 26:28) : " Moi aussi " ? Le Saint, béni soit-Il, dit : " Je vous punirai". La Communauté d’Israël dit : " ne pensez pas que je ferai montre de pitié à votre égard, mais je vous punirai. Non seulement je rends le jugement, mais aussi je vous punirai ".

§ 67 - Quelle est la signification de (Lévitique 26:28) : " sept pour vos péchés " ? ·La Communauté d’Israël dit : " Je vous punirai, moi aussi" ; et aussi se joignent également ceux pour lesquels il est écrit : (Psaume 119: 164) : " Sept fois par jour je Te révère ". Et ensemble ils dirent : " Nous aussi les sept ". Bien que parmi nous il en est un qui surveille le bien et le mérite, nous nous transformerons en accusateurs et nous punirons. Pourquoi ? A cause de vos péchés. Mais si vous revenez à Moi, alors Je reviendrai à vous. Ainsi qu’il est écrit (Malachi 3:7), " Revenez à Moi, et je reviendrai à Vous ". L’écriture ne dit pas, " je vous ramènerai à Moi ". Mais plutôt : " Je reviendrai à vous " ; avec vous. Nous cherchons tous la clémence du Roi. Que dit le Roi ? Il dit (Jérémie 3:22) : " Revenez enfants de discorde, je guérirai vos égarements ". Il dit encore (Ezeckiel 18:30), "Revenir et ramener. Quelle est la signification du vers, " Revenez et ramenez " ? C’est-à-dire : " Revenez et ramenez ces Sept avec vous ". C’est pourquoi l’écriture dit : " et ramenez ", concernant : " sept pour vos péchés ".

§ 68. Les disciples demandèrent au Rabbi Rah’oumai : Quelle est la signification du verset (Habakouk 3:1), " Une prière d’Habakouk le prophète, pour des erreurs (shigyonoth) ". Une prière (téfilah) ? Elle devrait être appelée louange (téhilah). Mais quiconque détourne son coeur des affaires terrestres et creuse dans la Maassé Merkavah (l’Oeuvre du Char) est accepté devant Dieu comme s’il avait prié tout un jour. Il est donc dit " une prière " (téfilah). Quelle est la signification de " erreurs " (shigyonoth) ? Ainsi qu’il est écrit (Proverbes 5:19) : " Par son amour, vous errerez ". A quoi cela se rapporte-t-il ? À la Maassé Merkavah, ainsi qu’il est écrit (Habakouk, 3:2), " O Dieu, j’ai entendu ce qui s’entend de Toi et je t’ai craint ".

§ 69. Quelle est la signification de : " O Dieu, j’ai entendu ce qui s’entend de Toi et je t’ai craint, fais connaître l’oeuvre que tu as projetée au cours des années " ? Pourquoi le verset dit -il : "je t’ai craint " ensuite " ce qui s’entend de Toi ", et ensuite " au cours des années "? Mais il n’est pas dit " j’ai été pris de crainte ". Que signifie " ce qui s’entend de Toi " ? C’est le lieu où ils entendent. Pourquoi le verset dit-il : "j’ai entendu ", au lieu de " j’ai compris " ? Ainsi que nous trouvons dans le verset (Deutéronome 38:49) : " Une nation dont vous n"entendez pas la langue ".

§ 70. Pourquoi est-il dit, " j’ai craint " ? Parce que l’oreille ressemble à la lettre Alef. Alef est la tête de toutes les lettres. Outre cela, Alef est la cause de l’existence de toutes les lettres. Alef ressemble au cerveau. Pour prononcer Alef il suffit d’ouvrir la bouche (sans aucun son). Il en va de même pour la pensée, lorsque les pensées rayonnent à l’infini et sans limites. D’Alef émanent toutes les lettres. Et nous voyons bien qu’Alef en est à l’origine. C’est pourquoi il est écrit (Micah 2:13) : " Yhwh est à leur tête ". Nous savons que le Nom qui s’écrit Yod Hé Vav Hé, est spécifique au saint, béni soit-Il et est sanctifié dans la sainteté. Quelle est la signification de " dans la sainteté " ? C’est le Palais Sacré. Où est le Palais Sacré ? Nous dirons qu’il est dans la pensée et dans Alef. C’est la signification du verset : " j’ai entendu ce qui s’entend de Toi et je t’ai craint ".

§ 71. Ainsi dit Habakouk : "Je sais que ma prière est acceptée avec délice". Je me réjouis aussi quand je viens à ce lieu où je comprends, "O Dieu j’ai entendu ce qui s’entend de Toi et je t’ai craint, fais connaître l’oeuvre que tu as projetée au cours des années, ranime-la". A quoi cela est-il comparable ? Un roi merveilleux, caché et dissimulé entra dans sa maison et ordonna que personne ne le cherche. Ainsi, celui qui voudrait le chercher serait effrayé, par la crainte que le Roi le chasse pour avoir transgressé la Loi. C’est pourquoi Habakouk dit : "je t’ai craint, fais connaître l’oeuvre que tu as projetée au cours des années, ranime-la" . Habakkouk dit également : Parce que Ton nom est en Toi, et en Toi est Ton nom, "fais connaître l’oeuvre que tu as projetée au cours des années, ranime-la". Et Qu’il en soit toujours ainsi.

§ 72. Une autre explication pour "l’oeuvre que tu as projetée au cours des années, ranime-la" : A quoi cela est-il comparable ? Un roi avait une belle perle, et c’était le trésor de son royaume. Lorsqu’il était heureux, il l’embrassait, la caressait avec ses mains, la plaçait sur sa tête, et l’aimait. Habakouk dit : Bien que les Rois soient près de Toi, la perle bien-aimée est dans Ton monde. Aussi, "l’oeuvre que tu as projetée au cours des années, ranime-la ". Quelle est la signification des "années" ? Il est écrit (Genèse 1:3) : "Et Elohim dit, qu’il y ait lumière". La lumière n’est rien d’autre que le jour, comme il est écrit ( Genèse 1 :16) : "Le grand luminaire gouvernera le jour, et le petit luminaire gouvernera la nuit". Les années sont faites de jours. C’est ainsi qu’il est écrit : "au cours des années, ranime-la " ; au milieu de cette perle qui relève les années.

§73. Mais il est écrit (Esaïe 43:5) : "Ne crains rien, car je suis avec toi ; Je ramènerai de l’orient ta semence, Et je te rassemblerai à l’occident". Le soleil se lève à l’Orient, et tu as dit que la perle était le jour. Je parle seulement pour le verset (Genèse 1:5), "Et il fut soir et il fut matin, jour 1". En ce qui concerne cela il est écrit (Genèse 2:4) : "Dans le jour ou Yhwh Elohim fit la terre et les cieux".

§74 - Et il est écrit (Psaume 18:12), "Il fit de l’obscurité ce qui le cache, sa Souccah de ce qui l’entoure ; des eaux sombres, l’épaisseur des nuages des cieux (Sheh’akim)". Il dit, ceci concerne l’Ecriture : (Esaïe 45:8) : "Les cieux (Sheh’akim) déversent la Justice (Tsédéq) ".

Cette Justice (Tsédéq) est l’attribut de Jugement du monde. Il est aussi écrit (Deutéronome 16:20), "Tsédéq, Tsédéq, tu poursuivras".

Aussitôt après cela, il est écrit : "afin que tu puisses vivre et occuper la terre". Si tu te juges toi-même, alors tu vivras. Sinon, elle (Justice) te jugera, et elle s’accomplira, même contre ta volonté.

§75 - Pourquoi la Torah dit-elle "Tsédéq, Tsédéq" deux fois ? Il dit, Parce que l’Ecriture continue (Psaume 18:13), "de la lueur qui le précédait". Le premier "Tsédéq" est littéralement la Justice. C’est la Shekhinah, ainsi qu’il est écrit (Esaïe 1:21), "Tsédéq réside en lui". Quel est le second "Tsédéq" ? C’est la Justice qui effraie le Juste. Et cette Tsédéq est-elle ou pas la Tsédaqah ? Il répondit, non, pourquoi le serait-elle ? Parce qu’il est écrit (Esaïe 59:17) : "Il se revêt de la Tsédaqah comme d’une cuirasse, Et il met sur sa tête le casque du salut". Sa tête (rosh) n’est rien d’autre que Vérité. Ainsi qu’il est écrit (Psaume 119:160), "La tête (rosh) de Ta parole est Vérité". La vérité n’est rien autre que Paix. Ainsi qu’il est écrit (Esaïe 39:8) : "Il y aura Paix et Vérité dans mes jours". Est-il possible pour un homme de dire cela ?

Mais c’est ce qu’Hezekiah dit : "L’attribut que Tu as donné à David, mon ancêtre, est la moitié de mes jours, et Paix et Vérité sont l’autre moitié de mes jours". C’est pour cette raison qu’il a mentionné "mes jours". Il dit à la fois "Paix et Vérité" et "dans mes jours", car cela forme un tout. Ainsi qu’il est écrit (Genèse 1:5) : "Et il fut soir, et il fut matin : Jour 1". Le Jour désigne la Paix. C’est pourquoi il est écrit (II Rois 20:19), "Paix et vérité seront dans mes jours". "Par l’attribut que Tu as donné à David", concernant cela, il est écrit (Psaume 89:37), "Son trône sera comme le soleil devant moi".

§76 - Quelle est la signification du verset (Hab. 3:2) : "durant les années fais-la connaître" ? Il répondit : Je sais que Tu est Dieu saint, ainsi qu’il est écrit (Exode 15:11) : "Qui est comme Toi, puissant en sainteté ?". La sainteté est en Toi et Tu es dans la sainteté. Néanmoins, "durant les années fais-la connaître". Quelle est la signification de "fais-la connaître" ? Cela signifie "Aie pitié de nous", ainsi qu’il est écrit (Exode 2:25) : "Et Elohim vit les enfants d’Israël, et Elohim les reconnu". Quelle est la signification de "et Dieu les reconnu" ? A quoi cela est-il comparable ? Un Roi avait une belle, dont il avait eu des enfants. Il les aimait et les élevait, mais ils se tournèrent vers de mauvaises manières. Il se mit alors à les haïr, eux et leur mère. La mère vint vers eux et leur dit : "Mes enfants ! Pourquoi faites-vous cela ? Pourquoi faites-vous que votre père nous hait, vous et moi ?" Ils eurent des remords et firent la volonté de leur père. Lorsque le Roi vit ceci, il les aima comme auparavant et se rappela de leur mère. C’est la signification du verset, "Et Elohim les reconnut". C’est également la signification du verset : "durant les années fais-la connaître".

§77 - Quelle est la signification du verset (Hab. 3:2) : "Dans la colère, vous souviendrez-vous de la Compassion (Rah’em)" ? Il répondit :"Quand Tes enfants seront fautifs devant Toi et que Tu seras en colère contre eux, Te souviendras-Tu de la Compassion".

Quelle est la signification de "souviendras-tu de la Compassion" ? Cela concerne celui au sujet duquel il est écrit (Psaume 18:2), "Je t’aime (rah’em) O Eternel, ma force". Et Tu as cet attribut qui est la Shekhinah d’Israël. Il se souvient de son fils qui en a hérité. Ainsi qu’il est dit (I Rois 5:26) : "Et Dieu donna la sagesse (Hokhmah) à Salomon". Et rappelles-toi de leur Père Abraham, ainsi qu’il est écrit : (Esaïe 41:8) : "La semence d’Abraham Mon ami !"— "durant les années fais-la connaître".

§78 - D’où savons-nous qu’Abraham avait une fille ? Il est écrit (Genèse 24:1), "Et Yhwh avait béni Abraham en tout (BaKol)". Il est également écrit (Esaïe 43:7) : "Tous ceux qui se réclament de Mon Nom, pour Ma gloire, je l’ai créé, je l’ai formé, et je l’ai fait". Est-ce que cette bénédiction est sa fille, ou pas ? Oui, c’est sa fille. A Quoi cela est-il comparable ? Un roi avait un esclave qui était parfait et intègre envers lui. Le roi avait éprouvé l’esclave en maintes occasions, mais l’esclave résistait à toute tentation. Le Roi dit : "Que pourrai-je donner à cet esclave ? Que pourrai-je faire pour lui ? Je vais le recommander à mon frère aîné, afin qu’il le protège et l’honore". L’esclave se rendit chez le frère aîné, qui lui enseigna ses attributs. Le frère l’aima beaucoup, et l’appela son ami. C’est à sujet qu’il est écrit (Esaïe 41:8) : "La semence d’Abraham, Mon Ami !". Le Roi dit : "Que pourrai-je lui donner ? Que puis-je faire pour lui ? J’ai fait un beau coffret, dans lequel se trouvent de beaux bijoux. Il n’y a rien de semblables dans les trésoreries royales. Je le lui donnerai et il en sera digne à ma place". C’est la signification du verset : "Et Yhwh avait béni Abraham en tout".

§79 - Autre explication : Il est écrit (Hab. 3:2) : "J’ai entendu ce que l’on entend de Toi et j’ai craint". Cela signifie : "J’ai compris ce que l’on comprend de Toi et j’ai craint". Qu’a-t-il compris ? Il a compris la pensée du Saint, béni soit-Il. De même que la pensée n’a pas de fin, car l’homme atteint par elle l’autre bout du monde, de même l’oreille n’a aucune fin et n’est jamais assouvie. Ainsi qu’il est écrit (Ecclesiaste 1:8) : "l’oreille n’est pas assouvie d’entendre". Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que l’oreille est dans la forme du Aléf. Aléf est la racine des Dix Commandements. Donc, "l’oreille n’est pas assouvie d’entendre".

§80 - Quel est-ce que la signification de la lettre Zayin dans le mot OZEN (oreille) ? Nous avons dit que du nom de toute chose amenait par le Saint, béni soit-Il, en Son monde, il a extrait le contenu de celui-ci. Ainsi qu’il est écrit (Genèse 2:19) : "et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l’homme". Cela nous enseigne que chaque corps des choses était ainsi. Et comment savons-nous que chaque nom de chose est son corps ? Il est écrit (Proverbes 10:7) : "La mémoire du juste sera une bénédiction, et le nom des méchants tombera en pourriture". Qu’est-ce qui pourrit réellement, leur nom ou leur corps ? Non, c’est le méchant lui-même.

§81 - Quel exemple à cela ? Prenons le mot "Shoresh" [], signifiant "Racine". La lettre Shin ressemble aux racines d’un arbre. Reish est courbé, comme l’est la racine d’un arbre. Et quelle est la fonction du Shin final ? Cela signifie que si vous prenez une branche et que vous la plantez, elle prendra racine. Quelle est la fonction du Zayin (dans Ozen, oreille) ? Sa valeur numérique (7) correspond aux 7 jours de la semaine. Cela nous enseigne que chaque jour possède sa propre puissance. Et quelle est sa fonction, dans ce cas ? Cela nous enseigne que de même qu’il y a une sagesse infinie dans l’oreille, ainsi cela se passe dans toutes les parties du corps.

§ 82 - Quelles sont les sept parties du corps de l’homme ? Il est écrit (Genèse 9:6), " Car à l’image d’Elohim, Elohim a fait Adam ". Il est également écrit (Genèse 1:27), " A l’image d’Elohim, il le créa ", avec tous ses membres et ses parties. Mais lorsque nous disons : A quoi ressemble la lettre Vav ? Nous répondons : Elle fait référence au verset (Psaume 104:5), " il étend la lumière comme un vêtement. " Car Vav n’est rien d'autre que les six directions. Il répondit : l’Alliance de la circoncision et la compagne de l’homme sont considérées comme une seule et même chose. Avec ses deux mains font trois, sa tête et le corps, cinq, et ses deux jambes font sept. Ces derniers ont parallèlement leurs puissances dans les cieux. Ainsi, il est écrit (Ecclésiastes 7:14), " En correspondance l’un de l’autre Dieu a fait ". Ce sont les jours de la semaine, comme il est écrit (Exode 31:17), " car six jours Yhwh fit les cieux et la terre. " L’Ecriture ne mentionne pas " en six jours, " mais plutôt, " six jours. " Cela nous enseigne que chaque jour de la semaine possède sa puissance spécifique.

§ 83 - Quelle est la signification du Noun ? Ceci nous enseigne que le cerveau est la partie principale de la colonne vertébrale. C’est de là qu’il tire constamment, sans la colonne vertébrale, le cerveau ne pourrait pas subsister. Et sans cerveau, le corps n’a plus de support. Le corps entier existe seulement afin de subvenir aux besoins du cerveau. Et si le corps ne le supportait pas, alors le cerveau ne le supporterait pas non plus. La colonne vertébrale est le canal par lequel le cerveau se déverse dans le corps entier. C’est le symbolisme du Noun courbé [n]. Mais le Noun d’Ozén (Oreille) est un Noun droit [N]. Le Noun droit se trouve toujours à la fin d’un mot. Cela nous enseigne que le Noun droit contient le Noun courbé et le Noun qui s’étend. Mais le Noun courbé est le fondement. Ceci nous enseigne que le Noun droit inclut le mâle et la femelle.

§ 84 - Le Mem ouvert. Qu’est-ce que le Mem ouvert ? Il inclut le mâle et la femelle. Qu’est-ce que le Mem fermé ? Il est fait comme un ventre vu d’en haut. Mais Rabbi Rah’oumai a indiqué que le ventre est comme la lettre Teith. Il a dit qu’il est comme un Teith de l’intérieur, alors que je dis qu’il est comme un Mem de l’extérieur.

§ 85 - Qu’est ce que Mem ? Ne pas lire Mem, mais Mayim (eau). De même que l’eau est humide, ainsi le ventre est toujours humide. Pourquoi le Mem ouvert inclut-il le mâle et la femelle, alors que le Mem fermé est masculin ? Ceci nous enseigne que le Mem est principalement masculin. L’ouverture a été ajoutée pour le féminin. De même que le mâle ne peut donner naissance, ainsi le Mem fermé ne peut donner naissance. Et de même que la femelle a une ouverture pour donner naissance, ainsi le Mem ouvert peut donner naissance. Le Mem est donc ouvert et fermé.

§ 86 - Pourquoi le Mem a-t-il deux formes, ouverte et fermée ? Parce que nous avons dit : Ne lis pas Mem, mais Mayim (eau). La femme est froide, et doit donc être chauffée par l’homme. Pourquoi Noun a-t-il deux formes : courbée et droite ? Parce qu’il est écrit (Psaume 72:17), " Son Nom se perpétue (Ya-Noun) tant que dure le soleil. " Ces deux Noun sont présents, Noun courbé et Noun droit [], car ceci se produit par le mâle et la femelle.

§ 87 - Il est écrit (Ecclésiastes 1:8), " l’oreille n’est pas comblée d’entendre ". Il est également écrit (Ecclésiastes 1:8), " l’oeil n’est pas rassasié de voir. " Ceci nous enseigne que tous deux s’alimentent de la pensée. Qu’est ce que la pensée ? C’est un roi qui est nécessaire pour toutes les choses créées dans le monde d’en haut et d’en bas.

§ 88 - Quelle est la signification de l’expression, " monte dans la pensée " ? Pourquoi ne pas dire " descendu dans la pensée " ? En effet, nous avons dit, " celui qui contemple dans la vision de la Merkavah descend d’abord et monte ensuite ". Nous employons ici l’expression descendre parce que nous disons, " celui qui contemple dans la vision (Tsafiyat) de la Merkavah ". La traduction araméenne de la " contemplation " (Tzafiyat) est Sekhouta et fait allusion au fait que l’on regarde vers le bas. Il est écrit également que (Isaïe 21:8), " et il l’appela tel un lion: sur le poste de guet (MiTsPéh), Dieu ". Cependant, nous parlons ici de la pensée. Car la pensée n’inclut aucune vision, et n’a aucune fin. Et quelque chose qui n’a aucune extrémité ou limite ne peut descendre. Ainsi, si l’on dit d’une personne qu’elle est descendue au seuil de la pensée de l'autre, cela signifie que l’on peut arriver à la limite de la connaissance d’une personne, mais pas à la limite de sa pensée.

§ 89 - Rabbi Amoraï s’est assis et a exposé : Quelle est la signification du Ségol ? Son nom est Ségoulah (trésor). Il vient après le Zarka. Quelle est la signification du Zarka ? Il est comme son nom l’indique, quelque chose qui est lancé (ni-Zrak). Il est comme quelque chose qui est lancé, et qui suit (Ecclésiastes 2:8), " Les trésors des rois et les terres ".

§ 90 - Quelle est la raison pour laquelle il s’appelle Zarka ? Il est écrit (Ezékiel 3:12), " béni soit la gloire de Yhwh en son lieu ". Ceci indique qu’aucun être ne connaît son lieu. Nous invoquons le nom de Dieu au-dessus de la couronne, et lui va à la tête du Seigneur. Ainsi il est écrit que (Genèse 14:19), " Le créateur des cieux et de la terre ". Quand il disparaît, c’est comme s’il était lancé (Zarka). Suivi par un trésor (Ségoulah). Il est à la tête de toutes les lettres.

§ 91 - Pourquoi est-il à la fin d’un mot, et non au début ? Ceci nous enseigne que cette couronne s’élève plus haut et encore plus haut. Elle est incrustée et couronne, ainsi qu’il est écrit (Psaume 118:22) : "la pierre que les constructeurs rejetaient est devenue la pierre angulaire principale". Elle monte là où il fut gravé, ainsi qu’il est écrit (Genèse 49:24), "de là vient le pasteur, la pierre d’Israël".

§ 92 - Il demanda encore : Pour quelle raison plaçons-nous les fils bleus dans le Tsitsith ? Et pourquoi y en a-t-il 32 ? A quoi cela est-il comparable ? Un roi avait un beau jardin, dans lequel se trouvaient 32 sentiers. Il plaça sur eux un gardien afin de prouver que tous ces sentiers appartenaient à lui seul. Il lui dit : observe-les, et sillone-les chaque jour. Aussi longtemps que tu parcourras ces sentiers, tu auras la paix. Que fit le gardien ? Il plaça sur eux d’autres gardiens, car il se dit : "Si je reste seul, il ne me sera pas possible d’entretenir tous ces sentiers. De plus, les gens pourraient insinuer que je suis le Roi". Le gardien disposa donc ses aides sur tous les sentiers. Ce sont les 32 sentiers.

§ 93. Que signifie le bleu ? Le gardien dit : "Peut-être que les gardiens auxiliaires finiront par dire, le jardin est à nous". C’est pourquoi il leur donna un signe et leur dit : "Regardez, c’est le signe du Roi, qui rappelle que le jardin lui appartient". Il est celui qui a fait ces chemins, et ils ne sont pas à moi. C’est son sceau". A quoi cela est-il comparable ? Un Roi et sa fille avaient des esclaves qui voulaient entreprendre un long voyage, mais ils avaient peur du Roi. Il leur donna son signe. Ils avaient également très peur de la fille, et elle aussi leur donna un signe. Ils se dirent alors : Désormais, avec ces deux signes (Psaumes 131:7) : Yhwh te préviendra de tout mal, Il préservera ton âme".

§ 94 Rabbi Amoraï s’assit et exposa : Quelle est la signification du verset (I Rois 8:27) : "Mais les cieux et les cieux des cieux ne pourraient te contenir" ? Cela nous enseigne que le Saint, béni soit-Il, a 72 Noms, disposés dans les Tribus d’Israël, car il est écrit (Exode 28:10) : "Six de leurs noms sur une pierre, et les six autres sur la deuxième pierre, selon leur génération". Il est également écrit (Josué 4 :9) : "Il érigea 12 pierres". De même que les premières sont (Exode 28:12) "les pierres du souvenir", de même celles-ci sont (Josué 4:7) "les pierres du souvenir". Il y a donc 12 pierres totalisant 72 Noms, qui correspondent aux 72 Noms du Saint, béni soit-Il. Pourquoi commence-t-on par 12 ? Cela nous enseigne que le Saint, béni soit-Il, a 12 directions, renfermant chacune 6 puissances. Quelles sont-elles ? Ce sont les 72 langues.

§ 95 - Le saint béni possède un arbre, ayant 12 directions obliques : nord-est, sud-est, supérieure, inférieure, sud-ouest, nord-ouest, occidentale supérieure, occidentale inférieure, sud supérieure, sud inférieure, nord supérieure, inférieure, s’étendant à l’infini et éternellement. Ce sont les "Bras du monde", à l’intérieur desquels se trouve l’arbre. A ces diagonales, correspondent les 12 surveillants. A l’intérieur du galgal (sphère), il y a également 12 surveillants. En comptant les diagonales, cela fait 36 surveillants. Chacun d’eux a son vis-à-vis, comme il est écrit (Ecclésiastes 5:7) : "Et des plus haut placés au-dessus d’eux". Il y en a donc 9 à l’Est, 9 à l’Ouest, 9 au Nord, 9 au Sud, c’est-à-dire, 12, 12 et 12 surveillants dans le Teli (Dragon), dans le Galgal (Sphère) et dans le Lev (Cœur). Il y a donc 36 surveillants. La puissance de chacun de ces 36 est dans chacun des autres. Bien que 12 se trouvent dans chacun des 3, ils sont reliés les uns aux autres. Par conséquent, chacune des 36 puissances est dans la première qui est le Teli (Dragon). Si tu les cherches dans Galgal (Sphère), tu trouveras les mêmes. Et si tu les cherches dans le Lev (Cœur), tu trouveras encore les mêmes. Chacun d’eux contient les 32 autres, mais tous réunis ils ne sont que 36 formes. Tous s’accomplissent dans le cœur. Ajoute 32 à ces 32 et de ces 36 il reste alors 4, ce sont les 64 formes. Comment savons-nous que 32 doivent être ajoutés à 32 ? Car il est écrit : (Ecclésiastes 5:7) : "des plus haut placés au-dessus d’eux". Nous en avons ainsi 64. Il en manque 8 pour avoir les 72 Noms du Saint, béni soit-Il. C’est à cela que fait référence le verset : "un au-dessus d’eux". Ajoutons-y les 7 jours de la semaine, mais il en manquera encore 1. Cela est signalé par le verset suivant (Eccl. 5:8) : "L’avantage de la terre sur tout, c’est le Roi…". Quel est cet avantage ? C’est l’endroit où la terre fut gravée, c’est un avantage par rapport à ce qui a existé avant. Quel est son avantage ? Tout ce qui existe dans le monde, car pour les gens qui voient sa radiance, c’est un avantage.

§ 96 – Quelle est la terre qui fut gravée dans les cieux ? C’est le Trône du Saint, béni soit-Il. C’est une pierre précieuse et la mer de la Sagesse (Hokhmah). Cela correspond au bleu des Tsitsith. Rabbi Méïr dit alors : "Pourquoi le bleu fut-il préféré aux autres couleurs" ? Parce que le bleu ressemble à la mer, la mer ressemble aux cieux, et les cieux ressemblent au Trône de Gloire, comme il est écrit (Exode 24:10) : "Ils virent le Dieu d’Israël et sous ses pieds était comme un parterre de saphir, comme la clarté de l’essence des cieux". Et il est écrit (Ez. 1:26) : "Comme la pierre de saphir, semblable à un trône".

§ 97 - Rabbi Berakiah s’assit et demanda : Quelle est la signification du verset (Exode 25 :2) : "Qu’ils prennent pour moi un prélèvement (Teroumah)" ? Cela signifie : "Élevez-moi par vos prières". De qui s’agit-il ? Ceux dont le cœur est désireux. Celui disposé à se retirer de ce monde. Honorez-le, car en lui, je me réjouis, puisqu’il connaît mon Nom. Il convient d’agréer son prélèvement pour, comme il est écrit (Exode 25:2) : "De chaque homme dont le cœur désire, vous prendrez un prélèvement pour moi". De celui qui le souhaite. Rabbi Rah’oumaï dit : "Ceci concerne les justes et les pieux d’Israël qui m’élèvent, par leurs mérites, au-dessus du monde entier". C’est par eux que le cœur est soutenu et c’est eux que le cœur soutient.

§ 98 – Et toutes les formes Saintes surveillent toutes les nations. Mais le saint Israël, a pris pour lui l’arbre et son cœur. Le cœur est la beauté (hadar) du fruit du corps. De même, Israël prend (Lévitique 23:40), "le fruit d’un bel arbre (hadar)" . Le palmier est entouré par ses branches et sa pousse (Loulav) est au centre. De même, Israël a pris le corps de cet arbre qui est son cœur. Cela correspond à la colonne vertébrale, qui est la partie principale du corps. Qu’est ce que le Loulav ? c’est Lo Lév, "il a un cœur". Qu’est-ce que le cœur ? Ce sont les 32 sentiers de la Sagesse qui y sont cachés, et sur chacun de ces sentiers veille une forme particulière, dont il est dit (Genèse 3:24) : "Pour garder le chemin de l’Arbre de Vie".

§ 99 - Quelles sont ces formes ? Ce sont celles au sujet desquelles il est écrit (Genèse 3:24) : "et il plaça devant les Kéroubim à l’Est du jardin d’Eden, et la flamme d’une épée tournante, pour garder le chemin de l’Arbre de vie". Que signifie : "Il plaça devant (qédém) à l’Est du Jardin d’Edén" ? Il les plaça dans les chemins qui précèdent (qédém)) le lieu appelé Jardin d’Edén, qui lui-même précède (qadmou) les Kéroubim, car il est écrit : "Les Kéroubim" précèdent la flamme du glaive tournoyant. Devant quelle flamme ? Les cieux s’appellant "Shamayim", signalent que le feu et les eaux ont préexisté, comme il est écrit (Genèse 1:6) : "Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux, et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux". Et encore (Genèse 1:8) : "Et Elohim appela le firmament : Shamayim". Comment savons-nous que les cieux sont du feu ? Parce qu’il est écrit (Deutéronome 4:24) : "Car Yhwh, ton Dieu, est un feu consumant, un Dieu jaloux".

§ 100 - Et comment savons-nous que les "cieux" se rapportent au saint, béni soit-Il ? Car il est écrit (I Rois 8 :43) : "Et toi, les cieux tu entendras". Salomon adressait-il ses prières aux cieux ? Non, il priait celui dont le nom est "Cieux". Il est aussi écrit (I Rois 8:27) : "Car les cieux et les cieux des cieux ne pourraient le contenir". C’est le Nom du Saint, béni soit-Il, qui est feu. Comment peux-tu alors dire que ce lieu préexistait? Il faut plutôt dire : que la puissance a existé avant les formes, après, seulement, les formes Saintes prirent existence. Quelle est leur puissance ? Elle concerne ce qui est écrit (I Samuel II:2) : "Nul n’est saint comme Dieu, il n’y a rien d’autre que toi, et rien n’est plus ancien que notre Dieu".

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Published by X - dans Kabbale
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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 05:51

§ 1. Rabbi Neh’oniah ben HaKana dit :

Un verset (Job 37:21) mentionne, "Et maintenant ils ne voient plus la lumière brillante (Bahir) dans les cieux (Shéh’aqim)..."

Un autre verset, cependant, (Psaume 18:12), dit, "Il faisait de l’obscurité Son lieu caché." Il est aussi écrit (Psaume 97:2), "Nuage et obscurité l’entourent." C’est une contradiction apparente.

Un troisième verset vient et réconcilie les deux. Il est écrit (Psaume 139:12), "même la ténèbre n’est pas ténèbre devant toi et la nuit comme le jour illumine."

§ 2. Rabbi Berakiah dit:

Il est écrit (Genèse 1:2), "La terre était Chaos (Tohu) et Désolation (Bohu).

Quelle est la signification du mot "était" dans ce verset? Cela indique que le Chaos (Tohu) existait auparavant [et déjà était].

Qu’est-ce que le Chaos (Tohu)? Quelque chose qui déconcerte (Taha) les gens.

Qu’est-ce que la Désolation (Bohu)? C’est quelque chose ayant de la substance. C’est la raison pour laquelle il est appelé Bohu, qui est, Bo Hou — "il est en lui ."

§ 3. Pourquoi la Torah commence t-elle avec la lettre Beith ? Pour qu’elle commence comme une bénédiction (Berakah).

Comment savons-nous que la Torah est appelé "bénédiction" ?

Parce qu’il est écrit (Deutéronome 33:23), "et rempli de bénédiction de Yhwh, possède la Mer et le Sud."

La Mer n’est rien d'autre que la Torah, comme il est écrit (Job 11:9), "Elle est plus large que la mer."

Quelle est la signification du verset, "et rempli de bénédiction de Yhwh ?" Cela signifie que chaque fois que nous trouvons la lettre Beith cela indique une bénédiction.

Il est écrit (Genèse 1:1), "au commencement (BeReshit) [Dieu créa le ciel et la terre ."BeReshit est Beith Reshit.]

Le mot "commencement" (Reshit) n’est rien d’autre que la Sagesse. Il est écrit (Psaume 111:10), "Le commencement de la sagesse, la crainte de Yhwh."

La sagesse est une bénédiction. Il est écrit, "Et Dieu béni Salomon." Il est aussi écrit (I Rois 5:26), "Et Dieu donna la Sagesse à Salomon."

Cela ressemble à un roi qui marie sa fille à son fils. Il la lui donne en mariage et lui dit, "Fais avec elle selon ton désir". 

§ 4. Comment savons-nous que le mot Berakhah [ traduit habituellement par bénédiction] vient du mot Baroukh Hou [signifiant soit bénit-Il]? Peut-être cela vient il du mot Berek [ signifiant genou].

Il est écrit (Isaiah 44:23), "Pour moi chaque genou plie ." [Berakah peut donc signifier] sur le Lieu où chaque genou fléchi.

A quoi cela est-il comparable ? Les gens veulent voir le roi, mais ne savent pas où trouver sa maison (Bayit). Ils demandent "Où est la maison du roi ?" Alors, seulement, ils peuvent demander, "Où est le roi ?"

Il est écrit, "Pour moi chaque genou plie"— même le plus haut— "chaque langue jurera ."

§ 5. Rabbi Rahoumai s’assit et expliqua :

Quel est la signification du verset (Deutéronome 33:23), "comblé de bénédiction de Yhwh, possédera la Mer et le Sud"?

Cela signifie que partout où nous trouvons la lettre Beith il y a bénédiction.

C’est la plénitude à laquelle il est fait référence dans le verset, "comblé de bénédiction de Dieu."

De là, il nourrit ceux qui le demandent. c’est de cette plénitude que Dieu a tiré conseil.

A quoi cela est-il comparable ? Un roi voulu bâtir son palais sur de grandes falaises. Il brisa les rocs et découvrit un grand flux d’eau vive. Le roi dit alors, "Puisque des eaux m’ont été données, je planterai un jardin. Puis je me réjouirai en lui, ainsi que tout le monde (olam) ."

Il est donc écrit (Proverbes 8:30), " j’étais avec Lui comme un artisan, dans un enchantement jour après jour goûtant en sa présence des joies sans fin."

La Torah dit, "Durant deux mille ans j’étais dans la poitrine du Saint, béni soit-Il, comme Son délice ."

Le verset dit, "jour après jour." Chaque jour du saint, béni soit-Il, dure mille an, comme il est écrit (Psaume 90:4), "Mille années à vos yeux sont comme le jour d’hier qui s’est passé."

Dès lors, par la suite, de temps en temps seulement, car il est dit : " sans fin ".

Puis se sera pour tout le monde (leolam). Il est écrit (Isaiah 48:9), "[j’expirerai] pour vous Ma louange par Mon nez."

Quelle est la signification de "Ma louange"? Comme il est écrit (Psaume 145:2), "Une louange de David : je t’exalterai [mon Dieu, O Roi, et je bénirai ton nom éternellement et pour toujours]."

Pourquoi cette louange ? Parce que je " t’exalterai."

Que signifie cette exaltation ? Parce que "je bénirai ton nom éternellement et pour toujours." 

§ 6. Qu’est-ce qu’une bénédiction ?

Ceci peut être expliqué par un exemple. Un roi avait planté des arbres dans son jardin . Même s’il pleuvait, il fallait les arroser. Même si le sol était mouillé et regorgeait d’humidité, il devait tout de même les arroser.

C’est pourquoi il est écrit : (Psaume 111:10), "Le début de la Sagesse, c’est la crainte de Yhwh, la bonne intelligence est pour ceux qui pratiquent (Sa louange éternellement)."

Vous pouvez penser qu’il manque quelque chose. C’est pourquoi il est écrit, "Sa louange éternellement ." 

§ 7. Rabbi Amorai s’assit et expliqua :

Quel est la signification du verset (Deutéronome 33:23), "comblé par la bénédiction de Dieu , la Mer et le Sud sont ta possession (ton héritage)" ?

Moïse disait, "Si vous suivez mes lois, vous hériterez à la fois de ce monde et du monde à venir."

Le Monde à venir est semblable à la mer, comme il est écrit (Job 11:9), "Elle est plus large que la mer ."

Le monde actuel désigne le Sud. C’est pourquoi il est écrit (Josué 15:19), "Puisque tu m’as relégué au pays du Néguébh". Le Targoum traduit cela par, " la terre du sud". 

§ 8 - Pourquoi Dieu a t-Il ajouté la lettre Hé au nom d’Abraham, plutôt qu’une autre lettre ?

Ceci afin que toutes les parties du corps de l’homme soient dignes de vivre dans le Monde à venir, qui est semblable à la mer.

D’une certaine manière, l’Edifice a été achevé dans Abraham. (En ce qui concerne cette Edifice) il est écrit (Genèse 9:6), "Dans l’image d’Elohim, Il fit Adam ."

La valeur numérique d’Abraham est 248, nombre des articulations du corps d’Adam.  

§ 9. Quel est la signification de (Deutéronome 33:23), "(Comblé de bénédiction de Yhwh, la Mer et le Sud sont ta) possession (Yirashah )?" Il aurait suffit que le verset dise, "possède (Rash wr) (la Mer et le Sud)."

Mais cela vient nous enseigner que Dieu doit aussi être inclus. Le mot Yirashah contient ainsi Rash et les lettres YH signifiant, "possède Yah (Dieu)".

A quoi cela est-il comparable ? Un roi avait deux trésors, dont un qu’il avait caché au loin (mis en réserve). Le temps ayant passé, il dit à son fils, "Prends ce qu’il y a dans ces deux trésors." Le fils répondit, "Peut-être ne me donneras-tu pas ce que tu as mis en réserve." Le roi dit, "Prends tout."

C’est pourquoi il est écrit, "la Mer et le Sud, sont ta possession." Possède Dieu (YH Rash) — tout vous sera donné si vous suivez simplement Mes voies. 

§ 10. Rabbi Boun dit :

Quel est la signification du verset (Proverbes 8:23), " Du monde (me-olam) , je fus fondé en précédant l’origine de la terre".

Quelle est la signification "d’éternité (Me -OLAM.)?" Cela signifie qu’il doit être dissimulé (ha - élém) du monde.

Comme il est écrit (Ecclésiastes 3:11), "Il a mis aussi le monde (ha Olam) en leurs coeurs" , ne lit pas Ha-Olam (le monde), mais hal - élam (la dissimulation).

La Torah dit, "J’ai précédé le début de la création." Il est écrit, "Je fus fondé dès le commencement".

Vous pourriez penser que la terre fut avant elle (Torah). Il est donc précisé, "avant la terre ."

Il est donc écrit (Genèse 1:1), "Au commencement Elohim a créé le ciel et la terre ."

Quelle est la signification de "a créé" ? Il créé tout ce qui est nécessaire pour toutes choses. Puis Elohim. Et seulement après il est écrit "le ciel et la terre ." 

§ 11 : Quelle est la signification du verset (Ecclésiaste 7:14), "Ainsi l’un comme l’autre ont été faits par Elohim". Il créa le Bohu (Désolation) et le plaça dans la Paix, et Il créa le Tobu (Chaos) et le plaça dans le Mal. Le Bohu est dans la Paix, comme il est écrit (Job 25:2), "Il a fait la paix dans Ses hauteurs". Cela nous enseigne que Mikael, le prince à droite du Saint, béni soit-il, est eau et grêle, tandis que Gabriel, le prince à gauche du Saint, béni soit-il, est feu. Les deux sont réconciliés par le Prince de la Paix. C’est la signification du verset, "Il fait la paix dans Ses hauteurs". 

§ 12 : Comment savons-nous que ce Johu est dans le Mal? Il est écrit (Isaïe 45:7), "Il a fait la paix et créé le mal". Comment cela ?Le mai est un Tohu, tandis que la Paix est un Bohu. Il créa le Tohu et le plaça dans le Mal, comme il est écrit, "Il a fait la paix et créé le mal". Il créa le Bohu et le plaça dans la Paix, comme il est écrit "Il a fait la paix dans Ses hauteurs". 

§ 13 : Rabbi Boun s’assit et expliqua : Quel est la signification du verset (Isaïe 45:7), "Il forme la lumière et crée la Ténèbre" ? La lumière a de la substance. Donc, le terme "Yetsirah" (Formation) est employé à son égard. La ténèbre n’a aucune substance, c’est pourquoi le terme "Beriah’ (Création) est utilisé. Ceci d’après (Amos 4:13), ‘Il forme les montagnes et créé le vent. " il y a une autre explication à cela : La lumière a une réelle existence, comme il est écrit (Genèse 1:3), "Et Dieu dit, que la lumière soit". Quelque chose ne peut pas être amené à l’existence à moins qu’elle ne soit faite. Le terme Yetsirah" (formation) est donc employé. Dans le cas de la Ténèbre, cependant, il n’y avait aucun fait, seulement la séparation et la différenciation. C’est pour cette raison que le terme "Beriah " (Création) est employé. Il a le même sens que dans l’expression, "Cette personne recouvre la santé (hiBria)". 

§ 14 : Pourquoi la lettre Beith est-elle fermée de tous côtés et ouverte vers l’avant ? Cela nous enseigne qu’il s’agit de la Maison du monde, Le Saint, béni soit-il, est le lieu du monde, et le monde n’est pas Son lieu. Ne lis pas Beith, mais Bayit (maison). Il est écrit (Proverbes 24:3), "C’est par la sagesse qu’une maison s’élève, Et par l’intelligence qu’elle s’affermit’. 

§ 15 : A quoi le Beith ressemble-t-il ? Il est semblable à un homme formé par la sagesse. Il est fermé de tous côtés, mais ouvert vers l’avant. Le Alef, cependant, est ouvert vers l’arrière. Cela nous enseigne que la queue du Beith est ouverte derrière. Sans cela ‘ l’homme ne pourrait exister. Pareillement, s’il n’y avait pas de 8eith sur la queue du Alef, le monde ne pourrait exister. 

§ 16 : Rabbi Raboumai dit : L’illumination a précédé le monde, puisqu’il est écrit (Psaume 97:2), "Nuées, et Ténèbre l’entourent", Il est aussi écrit (Genèse 1:3.), "Et Dieu dit, que la lumière soit, et la lumière fut. " lis lui dirent, "Avant la création d’Israël, ton fils, lui avais tu préparé une couronne?" Il répondit oui. À quoi cela est-il comparable? Un roi languissait de son fils. Un jour il trouva une belle couronne précieuse, et il dit, "elle sera pour la tête de mon fils" * lis lui dirent, "Es-tu certain que ton fils soit digne de cette couronne?" Il répondit, "C’est ainsi. C’est ce qui jaillit dans ma pensée." Ainsi qu’il est écrit (2 Samuel XJV. 14) ; ‘il pense des pensées’ (vehashavmahashvoth)". 

§ 11 : Rabbi Amorai s’assit et expliqua: Pourquoi le Aief est il au début? Parce qu’il fut avant tout, même avant la Torah.

§ 18 : Pourquoi Beith le suit-il ? Parce qu’il fut premier. Pourquoi a-t-il une queue? Pour indiquer le lieu d’où il vient. Certains disent que par cela le monde est soutenu. 

§ 19 : Pourquoi le Guimel est-il troisième ? Il a trois parties, nous enseignant qu’il accorde (gomel) des bienfaits. Mais Rabbi Akiba dit que le Guimel a trois parties parce qu’il accorde, croît, et soutient. Comme il est écrit (Genèse 21:8), "L’enfant grandit (gadol), et fut sevré (gomel)". Il dit: c’est mon explication. Il croissait et accordait des bienfaits à ses voisins et ses proches. 

§ 20 : Et pourquoi y a-til une queue au bas du Guimel? Il dit: Le Guimel a une tête au-dessus, et est comme un tube. Comme un tube, le Guimel attire par sa tête, et disperse par sa queue. C’est le Guimel. 

§ 21 : Rabbi Yohanan dit : Au deuxième jour les anges furent créés, comme il est écrit : ‘il forme avec les eaux le faite de sa demeure’ (Ps. 104:3), il est également écrit: "Il fait des vents ses messagers, des flammes de feu ses serviteurs" (Ps. 104:4). Rabbi Levitas ben librous répondit : tout le monde l’admet et Rabbi Yoh’anan suppose que les eaux existaient déjà, mais en ce qui concerne le deuxième jour, il est écrit : ‘il forme avec les eaux le faîte de sa demeure" (Ps. 104:3). Qui est celui qui "chemine sur les ailes du vent’ ?Alors que les "messagers" ne furent créés que le cinquième jour. 

§ 22. Tous admettent qu’aucun ne fut créé le premier jour. Il ne devrait donc pas être dit que Mikael étendait le ciel au sud, et que Gabriel l’étendait au nord, tandis que le Saint, béni soit-Il, ordonnait le centre. Ainsi qu’il est écrit: "Moi, Yhwh, j’ai fait toutes choses, seul j’ai déployé les cieux, seul j’ai étendu la terre, qui était avec moi ?" (Esaïe 44:24). Ce verset est lu "mi iti" : "qui était avec moi ?" Bien que nous lisions le verset "de Moi" . le suis celui qui a planté cet arbre afin que tout le monde s’en réjouisse. Et en lui, j’ai répandu le Tout. le l’ai appelé Tout (kol) parce que tous dépendent de lui, tous émanent de lui, et tous ont besoin de lui. lis le regardent et l’attendent, et par lui, les âmes voient dans la joie. ‘J’étais seul quand je l’ai fait, afin qu’aucun ange ne puisse se lever et dire: je t’ai devancé. J’étais aussi seul lorsque j’ai étendu Ma terre, dans laquelle j’ai planté et enraciné cet arbre. le me suis réjoui avec eux et en eux. Qui était avec Moi ? À qui aurai-je révélé ce mystère ?’  

§ 23 Le rabbi Rahoumai dit : De tes paroles, nous pourrions conclure que le Saint, béni soit-il, a créé les besoins de ce monde avant de créer les cieux. Il répondit oui. À quoi cela est-il semblable ? Un roi voulut planter un arbre dans son jardin. il explora le jardin entier afin d’y trouver une source qui . amènerait l’eau pour nourrir l’arbre, mais il ne trouva rien. Il dit alors :’Je creuserai pour l’eau, et l’amènerai vers l’arbre pour le nourrir’. Il creusa et fit jaillir une source d’eau vive. Alors il plan ta l’arbre qui s’éleva et produit des fruits. Il était fructueux car ses racines étaient toujours bien arrosées.

§ 24. Rabbi Yanai dit : La terre fut créée avant les cieux, comme cela est écrit: terre et cieux" (Genèse 2:4). Lis lui dirent: n’est-il pas écrit: ‘Ies cieux et la terre"(Gen. 1: 1). Il répondit : À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait acheté un bel objet, mais qui était incomplet, alors il ne le nomma pas. Il dit : je le compléterai, lui préparerai un support et un lien, ensuite je le nomme rai’ * C’est ce qu’exprime : ‘7u as jadis fondé la terre"(Psaume 102:26) et ensuite : "les cieux sont l’ouvrage de tes mains’. De plus, il est écrit : "Il s’enveloppe de lumière comme d’un manteau; Il étend les cieux comme un rideau, Il forme avec les eaux le faîte de sa demeure’ (Psaume 104:2-3). Et il est écrit : ‘il fait des vents ses messagers, des flammes de feu ses serviteurs" (Psaume 104:4). Et enfin, il est écrit : "Il a établi la terre sur ses fondements, elle sera pour le monde et toujours (olam vaéd) (Psaume 104:5). Lorsqu’il fit son support, il le renforça. C’est pourquoi il est mentionné : "pour le monde et l’éternité". Quel est son nom ? "Vaéd" (et toujours) est son nom. Et le nom de son support est "Olam" (Monde). C’est pourquoi il est écrit : "pour le Monde et Toujours" `Olam vaéd". 

§ 25. Rabbi Berahiah dit : Quelle est la signification du verset : "Et Elohim dit : qu’il y ait lumière et il eut lumière" (yéhiaurvayéhiaur) (Genèse 1:3) ? Pourquoi ce verset ne dit-il pas "et la lumière fut" (vehayah aur) ? À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait un bel objet, il le mit de côté jusqu’à ce qu’il ait trouvé une place pour lui, et alors il l’y plaça. C’est pourquoi il est écrit, " qu’il y ait lumière, et il y eut lumière" (vayéhi). Cela indique qu’elle existait déjà. 

§ 26. RabbiAmoraidit: Quelle est la signification du verset ‘Yhwh est un homme de guerre" (Exode 15:3). Mar Rahoumai lui dit : Grand Ray, ne me demande pas conseil pour quelque chose d’aussi simple. Écoute-moi et je te conseillerai. Il lui dit : À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait nombre de belles habitations, il donna un nom à chacune. Chacune était meilleur que l’autre. Il dit, "je donnerai à mon fils l’habitation dont le nom est Aleph. Celle dont le nom est Yod est aussi belle, ainsi que celle dont le nom est Shin". Que fit-il ? il rassembla les trois, et fit un seul nom des trois et une seule maison. Il lui dit : Jusqu’à quand vas-tu continuer à dissimuler ton explication ? il répondit : Mon fils, Aleph est le commencement. Yod lui succède. Shin inclut tout le monde. Pourquoi Shin inclut tout le monde ? Parce qu’avec lui on écrit une réponse (Téshouvah). 

§ 27. Les étudiants lui demandèrent : Qu’est-ce que la lettre Daleth ? Il répondit: À quoi cela est-il comparable ? Dix rois se trouvaient en un certain lieu. Tous étaient riches, mais un n’était pas aussi riche que les autres. Bien qu’il fût très riche, il était pauvre (Dal) par rapport aux autres. 

§ 28. lis lui dirent : Qu’est-ce que la lettre Hé ? Il se fâcha et dit : Ne vous ai-je pas enseigné de ne pas m’interroger sur la dernière chose avant de l’avoir fait pour la première? lis dirent : Mais Hé vient après (Daleth). Il répondit: L’ordre devrait être Guimel, Hé. Pourquoi’ est-il Guimel, Daleth ? Parce qu’il doit être Daleth, Hé. Et pourquoi l’ordre est-il Guimel, Daleth ? Il leur dit : Guimel est à la place de Daleth, par sa tête, il est à la place de Hé. Daleth par sa queue est à la place du Hé. 

§ 29. Qu’est-ce que la lettre Vav ? Il dit : Il y a un Hé supérieur et un Hé inférieur.  

§ 30. Ils lui dirent : Mais qu’est-ce que le Vav ? Il dit : Le monde fut scellé par six directions. Ils dirent: Mais Vav n’est-elle pas une seule lettre ? Il répondit : Il est écrit :"ils "enveloppe de lumière comme d’un manteau" (Psaume 104:2). 

§ 31. Rabbi Amorai demanda: Où est le jardin d’Eden ? 11 répondit : Sur terre. 

§ 32. Rabbi Ishmael demanda à Rabbi Akiva : Quelle est la signification du verset : "et les cieux et la terre’ (éth hashmayim veéth haéréts) (Genèse 1:1) ? Si le mot "éth’ (un pronom accusatif hébreu, sans équivalence en français) était absent, nous penserions que "cieux" et "terre" sont des dieux. Il répondit : Par le Service Divin ! Tu peux accéder à la véritable signification, mais tu ne t’es pas assez étendu, c’est pourquoi tu parles de cette façon. Mais le mot ‘éth " [M41 (devant cieux) vient inclure le soleil, la lune, les étoiles et les constellations, tandis que (devant terre) il vient ajouter les arbres, les plantes, et le jardin d’Eden. 

§ 33. lis lui dirent : Il est écrit : "Il a précipité la beauté d’Israël des cieux sur la terre." (Lamentations 2:1). Devons-nous comprendre qu’ils sont tombés ? Il répondit : Si vous l’avez lu, vous ne l’avez pas répété, et si vous l’avez répété, vous ne l’avez pas relu une troisième fois. À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait une belle couronne sur sa tête et un beau manteau sur ses épaules. Lorsqu’il entendit une mauvaise nouvelle, il ôta la couronne de sa tête et le manteau de ses épaules. 

§ 34. lis lui demandèrent: Pourquoi la lettre H’eith est-elle ouverte ? Et pourquoi sa voyelle indique-t-elle un petit Patah ? Il répondit : Parce que toutes les directions (Rouah’ot) sont fermées, à l’exception du Nord, qui est ouvert pour le bien et pour le mal. lis dirent : Comment peux-tu dire que c’est pour le bien ? N’est-il pas écrit : "et je vis un vent orageux venant du Nord, un grand nuage et un feu brûlant" (Ezéckiel 1:4). Le feu n’est rien d’autre qu’un courroux, comme il est écrit: "Et le feu sortit devant Dieu, et il les consuma et les tua"(Lévitique 10:2). Il dit: Il n’y a pas de difficulté. Le second cas se produit lorsqu’israël accomplit la volonté de Dieu, tandis que dans l’autre cas Israël ne fait Sa volonté, alors le feu vient, l’attribut de miséricorde se déroule et l’entoure, comme il est écrit : ‘il supporte la faute et passe sur la rébellion" (Micah 7:18).

§ 35 - À quoi cela est-il comparable ? Un roi voulut punir et fouetter ses serviteurs. Un de ses gouverneurs se dressa et demanda la raison de cette punition. Après que le roi est décrit l’offense, le gouverneur dit : "Vos serviteurs n’ont jamais fait une telle chose. Je m’en porte garant jusqu’à plus amples informations." Dans l’attente, la colère du roi s’apaisa.

§ 36 - Ses étudiants demandèrent : Pourquoi est-ce que la lettre Daleth grossit-elle sur le côté ? Il répondit : A cause du Segol qui est dans le petit Pata’h. Ainsi qu’il est écrit (Psaume 24:7) : " Les portes (pit’hei) du Monde ". Il a placé un Pata’h au-dessus et un Ségol en dessous. C’est pour cette raison qu’il grossit.

§ 37 - Qu’est-ce que Pata’h ? C’est une ouverture (Peta’h). Que désigne cette ouverture? C’est la direction du nord, qui est ouverte au monde entier. C’est la porte d’où émergent le bien et le mal. Et quel est ce bien ? Il se moqua d’eux et dit : Est-ce que je ne vous ai pas dit que c’est un petit Pata’h (petite porte) ? Ils dirent : Nous l’avons oublié, enseigne-le à nouveau. Il leur dit : À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait un trône. Tantôt il le portait dans ses bras, tantôt sur sa tête. Ils demandèrent pourquoi, et il répondit : Parce qu’il était beau et il aurait été dommage de s'asseoir dessus. Ils demandèrent : Où l’a-t’il placé sur sa tête ? Il répondit: Dans le Mem ouvert. Ainsi qu’il est écrit (Psaume 85:12), " la vérité germera de la terre, et la justice se réfléchira par les cieux ".

§ 38 - Rabbi Amoraï s’assit et expliqua : Quel est la signification du verset (Psaume 87:2), " Yhwh aime les portes de Tsion plus que toutes les demeures de Jacob ". Les portes de Tsion sont les Portes du Monde. Une porte n’est rien d’autre qu’une ouverture. C’est pourquoi nous disons : " Ouvre-nous les portes de la pitié ". Le Saint, béni soit-il, dit : J’aime les " portes de Tsion lorsqu’elles sont ouvertes. Pourquoi? Parce qu"elles sont sur le côté du mal. Mais quand Israël fait le bien devant Dieu et se montre digne, ce bien-être généré pour eux, alors le saint, béni soit-il, les aime plus que toutes les demeures de Jacob ", qui sont toutes la paix, comme il est écrit (Genèse 25:27), " Jacob était un homme simple, demeurant sous des tentes ".

§ 39 - Ceci est comparable à deux hommes, l’un poussé à faire le mal et fait le bien, et l’autre poussé à faire le bien et fait le mal. Qui est le plus méritoire ? Celui qui a tendance à faire le mal et qui fait le bien, peut-être pourra-t-il le faire encore. C’est ce qui est écrit (Psaume 87:2) : "   Yhwh aime les portes de Tsion plus que toutes les demeures de Jacob ", qui sont toutes de paix, comme il est écrit (Genèse 25:27) " Jacob était un homme simple, demeurant sous des tentes ".

§ 40 - Ses étudiants demandèrent : Qu’est-ce que le H’olém ? Il répondit : C’est l’âme et son nom est H’olem. Si tu lui obéis, ton corps sera vigoureux (h’alam) dans les temps futurs. Mais si tu te révoltes contre lui, il y aura la maladie (h’oléh) sur ta tête, et les maladies (h’olim) sur la sienne.

§ 41 - Ils dirent encore : Chaque rêve (h’alom) est dans le h’olem. Chaque pierre précieuse blanche est dans le H’olem. Ainsi qu’il est écrit (au sujet du pectoral du Grand Prêtre) (Exode 28:19), " un blanc de veah’lamah ".

§ 42 - Il leur dit : Venez et écoutez les subtilités concernant les points de voyelle trouvés dans la Torah de Moïse. Il s’assit et expliqua : H’irik haït les méchants et les punit. Il englobe la jalousie, la haine et la controverse. Ainsi qu’il est écrit (Psaume 37:12), " Il grince (h’orek) des dents contre eux ". Ne lit pas h’orek (grince), mais roh’ek (éloigne). Eloigne (rah’ek) ces défauts de toi-même, et le mal s’éloignera de toi. Le bien s’attachera certainement à toi.

§ 43 - H’irik. Ne lit pas H’iRiK mais ZeRa’H (Glace). Tout ce que le H’irik touche devient de la glace. Il est ainsi écrit (Exode 34:7), " et il innocente".

§ 44 - D’où le H’irik tient-il la connotation de brûler ? C’est parce qu’il est feu qui brûle tout feu. Il est ainsi écrit (1 Rois 18:38), " Et feu de Yhwh tomba, et il consuma l’offrande, le bois, les pierres, la poussière, et évapora l'eau qui était dans la gouttière ".

§ 45 - Il dit : Quel est la signification du verset (Exode 20:15), " Et tous les gens voyaient les voix ". Ce sont les voix dont parle le Roi David, comme il est écrit : (Psaume 29:3), " La voix de Dieu est sur les eaux, le Dieu de gloire a tonné. (Psaume 29:4) " La voix de Dieu entre la force ". À ce sujet, il est écrit (Isaïe 10:13), " Par la force de ma main, j’ai agi ". Il est également écrit (Isaïe 48:13), " Ma main a fondé la terre ". (Psaume 29:4) " La voix de Dieu est dans la majesté ". Il est aussi écrit (Psaume 111:3), " Splendeur et majesté sont Ses oeuvres, Sa justice demeure toujours ". (Psaume 29:5) " la voix de Yhwh brise les cèdres ". C’est l’arc-en-ciel qui brise les cèdres et les cyprès. (Psaume 29:7) " la voix de Yhwh taille les flammes de feu ". C’est elle qui installe la paix entre l’eau et le feu. Elle réduit le pouvoir du feu et l’empêche de faire évaporer l’eau. Elle empêche aussi l’eau d’éteindre le feu. (Psaume 29:8), " la voix de Yhwh secoue le désert ". Il est écrit (Psaume 18:51) : " Il fait grâce à son Messie, à David et à ses descendants jusqu"à l’éternité ", plus que dans le désert. (Psaume 29:9),  " la voix de Yhwh fait enfanter les biches, elle écorce les arbres, tandis que dans Son Temple, tous crient : Gloire! ". Il est aussi écrit (Cantique des Cantiques 2:7), " je vous lie d’un serment, O filles de Jérusalem, avec les gazelles, ou avec les biches des champs ". Cela nous enseigne que la Torah fut donnée par sept voix. Par chacune d’elles le Maître de l’univers se révéla à eux, et ils le voyaient. Ainsi qu’il est écrit, " Et tous les gens voyaient les voix ".

§ 46 - Un verset fait état (2 Samuel XXII:10) : " Il inclina les cieux et descendit, avec l'obscurité sous Ses pieds ". Un autre verset dit (Exode 19:20) : " Et Yhwh descendit sur le mont Sinaï, au sommet de la montagne ". Cependant, un autre verset dit encore (Exode 20:22) : " ce sont des cieux dont je vous ai parlé ". Comment concilier ceci ? Son " grand feu " était sur la terre, et c’était une voix. Les autres voix étaient dans les cieux. Il est aussi écrit (Deutéronome 4:36) : " des cieux Il t’a fait entendre Sa voix, pour t’instruire. Et sur la terre t’a montré Son grand feu, et Ses mots, tu les as entendus du feu ". Quel était ce feu ? D’où ces paroles ont-elles émané ? De ce feu, comme il est écrit : " et Ses mots, tu les as entendus du feu ".

§ 47 - Que signifie le verset (Deutéronome 4:12) : " Vous n"avez vu aucune image, seulement une voix " ? C’est ce que Moïse a expliqué lorsqu’il a dit à Israël (Deutéronome 4:15), " Vous ne voyiez pas une image entière ". Vous voyiez une image, mais pas une " image entière ". À quoi cela est-il comparable ? À un roi, se tenant devant ses serviteurs, vêtus d’une robe blanche, bien qu’il soit loin, ils peuvent encore entendre sa voix. Ceci, malgré qu’ils ne pouvaient plus voir sa gorge lorsqu’il parlait. De la même façon, ils voyaient une image, mais pas une " image entière ". Il est donc écrit : " Vous ne voyiez aucune image, seulement une voix ". Il est aussi écrit (Deutéronome 4:12) : " vous entendiez le son des paroles".

§ 48 - Un verset (Exode 20:15), dit : " et tous le peuple voyait les voix ". Un autre verset, cependant,(Deutéronome 4:12), mentionne : " vous entendiez le son des paroles " Comment cela ? Au commencement, ils voyaient les voix. Qu’ont-ils vu ? Les sept voix mentionnées par David. Mais en fin de compte ils entendirent la Parole qui émanait d’elles toutes. Mais nous avons appris qu’il y en avait dix. Nos sages ont enseigné qu’elles ont toutes été prononcées comme une seule parole. Mais nous avons dit qu’il y en avait sept. C’était sept voix. Concernant trois d’entre elles, il est écrit : (Deutéronome 4:12), " vous entendiez le son des paroles, mais vous ne voyiez aucune forme, seulement une voix ". Cela nous enseigne qu’elles furent toutes prononcées comme une seule parole. Ceci afin qu’Israël ne commette pas d’erreur et dise, " D'autres l’ont aidé. Il aurait pu s’agir de l’un des anges. Mais Sa voix seule n’aurait pu être aussi puissante ". C’est pour cette raison qu’il les répète et les réunit.

§ 49 - Une autre explication : Afin que l’on ne puisse pas dire qu’il y avait dix paroles pour dix rois, n’auraient pu être prononcées ensemble. Il est dit (Exode 20:2) " Je suis (anokhi) " qui inclus les dix. Qui sont les dix rois ? Ce sont les sept voix et les trois paroles (Amarim). Quelles sont ces Paroles ? Elles font allusion au verset (Deutéronome 26:18) :   " Dieu a dit pour toi aujourd"hui ". Quelles sont les trois Paroles ? C’est le verset  (Proverbes 4:7) : " Le début de la Sagesse est: Acquiers la Sagesse (Hokhmah), avec toutes tes acquisitions, acquiers l’Intelligence (Binah) ". Il est aussi écrit (Job 32:8) : " l"âme de Shaddaï leur donne l’Intelligence ". L’âme (neshamah) de Shaddaï est ce qui leur donne l’Intelligence (Binah). Quelle est la troisième Parole ? Le vieil homme dit à l’enfant : " Ce qui est caché de toi, ne le cherche pas, et ce qui est dissimulé de toi, ne le creuse pas. Dans ce qu’il t’est permis, cherche à comprendre, mais ne fais rien des mystères ".

§ 50 - Nous avons appris (Proverbe 25:2) : " La gloire de Dieu scelle une parole ". Quelle est cette parole ? De celle dont parle le verset (Psaume 119:160) : " Le Début de Ta parole est vérité ". Il est aussi écrit (Proverbes 25:2) : " La gloire des rois est de sonder une parole ". Et quel est ce mot ? C’est à son sujet qu’il est écrit (Proverbes 25:11) : " Une parole dite à propos (Aphen av) ", ne lit pas " à propos (Aphen av) ", mais " sa roue " (Ophan’av),

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 06:22

INTRODUCTION

En tant que discipline de l'être et développement des facultés métaphysiques, la Kabbale est une des voies conduisant l'homme vers son origine divine, c'est la voie du retour de l'âme différenciée à la resplendissante «Omnitude» du principe créateur. L'expérience connue dans le cheminement de cette voie a été décrite avec une étonnante similarité par les Sages et mystiques de toutes les races, de toutes les époques et de toutes les religions. La Kabbale a ceci de particulier : son empreinte est posée sur toutes les doctrines ésotériques occidentales, tout en restant pourtant la doctrine la plus méconnue. De nos jours le terme «Kabbale» (en hébreu : Kabbalah) est trop souvent ramené à une simple expression numérologique, divinatoire ou magique, associations très restrictives, car la
Kabbale est avant tout une mystique ésotérique et une véritable voie de réalisation spirituelle. Bien que la Kabbale utilise beaucoup les nombres, ceux-ci n'en représentent que l'une des multiples facettes. L'image que l'on donne à cette science ésotérique est généralement celle d'occultistes à la
recherche de "puissances" surnaturelles ; ceci peut être une réalité mais ces «puissances» ne sont, dans la véritable Kabbalah, que le résultat indirect d'une véritable pratique spirituelle. Voilà pourquoi, cet ouvrage insiste sur le côté spirituel de la Kabbale, appartenant encore pour beaucoup à un domaine méconnu, alors qu'il constitue la clef de voûte de l'édifice kabbalistique. Il est vrai
que les moyens de la Kabbale pratique, en ce qui concerne la réalisation de l'être, sont très difficiles à extraire des textes et restent encore de nos jours l'apanage de la tradition orale, d'autant plus que ces moyens rebutent ou effraient de nombreux aspirants, ceci est d'ailleurs volontaire de la part des
écrivains kabbalistes. La Kabbale a beaucoup voyagé et considérablement muté, il nous faudra rester ici dans la généralité des doctrines, dont la base reste fort heureusement la même. Écrire une étude sur la Kabbale à notre époque est une tâche beaucoup plus aisée que par le passé, ce siècle a permis la mise à jour de nombreux éléments de la tradition que l'on croyait perdus ou dont on ignorait l'existence même. Ces nouvelles révélations tiennent principalement du prodigieux travail de recherche effectué par le professeur Gershom Scholem tout au long de sa vie, mais on peut également citer Georges Vajda, Aryéh Kaplan, Moshé Idel, Nicolas Sed, Charles Mopsik et bien d'autres encore. Pour le kabbaliste Dieu est l'Unique réalité, le seul moyen d'en percevoir l'existence, est de développer en soi ses attributs divins, qui sont dans l'homme de multiples qualités de l'âme telles que l'Amour, la Sagesse, la Connaissance, la Générosité, autant de vertus permettant au mystique de passer de la conception égocentrique de la réalité humaine à celle universelle de l'essence de l'être. Pour cela, la Kabbale se présente comme une véritable science ésotérique, dans le sens vrai sens du terme, où l'homme et l'univers sont analysés et classifiés,
où les énergies de la nature sont définies et expérimentées afin d'être maîtrisées en soi. Mais la Kabbale reste avant tout une voie spirituelle, et, pour se défendre de ceux qui lui reprochent sa technicité, elle répond que cette Connaissance de Dieu n'est qu'approximative car le Dieu Unique n'est pas un objet de raisonnement susceptible d'être traité par nos méthodes de logique.
Tout attribut n'est qu'une limitation provisoire de Sa Réalité et l'attribut pose une limite incompatible avec l'infinitude. Seule la réalisation intime et personnelle du kabbaliste lui fera connaître la véritable sensation de l'unité universelle, mais aussi éloquent soit-il, les explications qu'il donnera de son expérience ne resteront qu'approximatives. Deux états sont sans cesse en
relation, l'Etre (Ani) et le Non-Etre (Ein). La Kabbale, dans tous ses développements, cherche comment passer d'un état à l'autre en restant toutefois dans l'équilibre de l'esprit universel. Ainsi se posent ces questions : soit l'homme est parfaitement Divin, uni à son Créateur et les faits et phénomènes de l'existence humaine ne sont que des hallucinations qu'il faut s'appliquer à
annihiler, soit cette existence est une véritable réalité et la créature pour passer, mutatis mutandis, du genre humain au genre divin, doit s'efforcer d'Etre. Le Kabbaliste ne cherche pas à se limiter à choisir l'un de ces deux états car il considère que cette relation, Etre/Non-Etre, est un principe
abstrait ineffable englobant tout ce qui est et tout ce qui n'est pas, produisant par cela une respiration universelle constituée du mouvement vie/mort, d'existence et de non-existence, à laquelle le plus négligeable corpuscule de l'univers est soumis. L'homme n'a donc pas le droit de se sentir isolé et indépendant du Macrocosme et du Microcosme qui l'entourent et le contiennent, il doit se considérer comme faisant partie intégrante de ce tissage universel infini dont chaque élément est relié, voire inféodé, à tous les autres. Ainsi, rien ne peut se faire, ou ne peut être pensé, sans que cela n'ait un retentissement sur l'ensemble de la toile tissée, d'où l'importance du
travail spirituel, du désir profond de favoriser l'évolution spirituelle de l'humanité entière par sa propre transformation en vue de la Perfection. Il n'y a pas de dualité entre le Créateur et sa créature, la seule opposition empêchant la réalisation de cette unité est causée par la souillure de la nature humaine. L'humain n'a pas à chercher à devenir Dieu, mais plutôt à réaliser qu'il  st en
DIEU, c'est pourquoi il est écrit dans le Psaume 82 : ÉLOHIM ATEM, "Vous êtes Élohim". Dans ce psaume, Assaph est beaucoup plus précis car il dit que l'on est Dieu mais que l'on s'obstine à mourir comme des hommes : "J"avais dit, moi : vous êtes Elohim; tous des fils du Très Haut, mais non, vous mourrez comme des hommes, comme l'un des princes, vous tomberez !". L'hom me de Dieu ouvert à la connaissance suprême est comparé à un prince dont le royaume et les richesses sont célestes, mourir comme un homme, c'est déchoir dans la condition humaine et s'y livrer corps et âme en ignorant les joyaux célestes qui sont réservés à ceux qui réalisent l'Unique Vérité. A ce sujet, Rabbi Na'hman de Breslev raconte l'histoire d'un homme riche qui vivait dans une somptueuse maison. Un jour qu'il était à l'extérieur, il devint amnésique, oubliant toutes les richesses qu'il possédait et se mit à vivre comme un mendiant autour de sa propre demeure. La Kabbale n'est donc pas une mystique isolée des autres grands courants initiatiques, bien au contraire, toutes les doctrines ésotériques renferment la même essence et aspirent au même but. Les sages savent parfaitement que la qualité de leur travail spirituel passe immanquablement par la contribution a l'évolution spirituelle de l'humanité, favorisant la Paix et l'Harmonie universelle. Le terme Hébreu Kabbalah désigne un corps de connaissance "reçue" par le biais d'une chaîne de transmission dont l'origine remonte à la révélation divine du Sinaï. L'interprétation dominante du Judaïsme de l'ère médiévale
diffusait une croyance essentielle, affirmant que ce corps de connaissance, appelé Torah («Loi» ), inclut deux dimensions : l'une écrite, l'autre orale. La Torah écrite est le Pentateuque, tandis que la Torah orale contient une interprétation absolue des lois et du récit de la Torah écrite. Le judaïsme
rabbinique croyait davantage en la Torah orale, qui fut transmise sous forme orale de maître à disciple durant un millénaire, puis retranscrite sous la forme de la Mishnah, qui fut rédigée par Le rabbi Judah le Patriarche durant deuxième siècle de l'ère chrétienne. La méthode fut suivie par la rédaction d'autres recueils de la tradition rabbinique, incluant la Tossefta, la Guémara dans ses
révisions Palestinienne et Babylonienne, et nombre d'autres midrashim. De ces textes on peut tirer une conclusion majeure, les traditions orales avaient été écrites en réponse aux circonstances extraordinaires qui ont compromis la survie de la Torah orale dans sa forme originale de transmission. Maïmonide, dans l'introduction à son code de la loi judaïque, le Mishnéh Torah, énonce le problème clairement : "Pourquoi notre maître [Rabbi Judah] le Patriarche  [écrit
dans la Mishnah] et n"autorise pas de sujets comme ceux-là ? Parce qu'il observait que le nombre de diminué, en raison de continuelles calamités, le mauvais royaume [de Rome] étendait son domaine et accroissait son pouvoir, et les Israélites erraient et émigraient dans des pays lointains. Donc il composa un travail pour servir de livre de référence pour tous, ainsi ses contenus ne
pourraient pas être étudiés et être oubliés rapidement" (Mishné Torah - Introduction). Autrement dit, l'écriture de la Torah orale répondit à une menace perçue pour la transmission naturelle de la Torah. Cependant, il ne faut pas penser que l'écriture de la Torah orale signifia qu'elle avait cessé d'exister. Il resta, dans le corps de la Torah, des aspects qui n'avaient pas été rendus
publics. Ceux-ci se propagèrent dans le domaine exclusif de transmission orale, ou, s'ils étaient écrits, de manière à être virtuellement inintelligible et nécessiter le renfort de l'explication orale. Ainsi la Mishnah, dans la section HaGuigah, mentionne plusieurs aspects de la Torah, incluant les tabous sexuels (arayot), le Récit de la Création (Maassé Beréshith), et l'Oeuvre du Char (Maassé Merkavah), qui ne doivent pas être expliqués publiquement. La Torah contient donc encore certaines connaissances non écrites, transmissibles uniquement de maître à disciple. L'idée que la Torah avait encore des secrets à révéler devint un concept extrêmement utile quand, dans la période médiévale, le Judaïsme (ainsi que l'islam et la Chrétienté) établit une relation
intellectuelle avec l'héritage de la science et de la philosophie de l'ancien monde gréco-romain. Pour les juifs, l'un des changements majeurs qui émergea de ces contacts, fut la nécessité de traiter de nombreux passages de la Bible Hébraïque et de la littérature rabbinique, concernant Dieu, en termes anthropomorphiques. Au douzième et treizième siècles, l'idée que les passages anthropomorphiques de la Bible pourraient être compris littéralement, devint très problématique pour le Rambam (Maimonide) et d'autres, qui cherchèrent méthodiquement les preuves philosophiques de l'incorporéité de Dieu. Ainsi Maimonide associa la démarche anthropomorphique avec celles des polythéistes, et des idolâtres, "qui croient en un Dieu mais affirment que Dieu possède un corps et une image". La nécessité d'entretenir une interprétation non littérale de la
Torah fut largement développée parmi les intellectuels juifs médiévaux. Cependant, les interprétations rationalistes du Rambam ne furent pas acceptées aussi largement. En premier lieu, parce que la philosophie rationnelle n'était pas d'origine juive. Malgré des tentatives cherchant à lui donner une généalogie judaïque, la connaissance de cette philosophie resta une indubitable importation étrangère, tendant à réduire son acceptation. Deuxièmement raison beaucoup plus
importante, la philosophie était portée à expliquer la différence entre le Dieu lointain des philosophes, qui n'a aucun intérêt pour les choses qui ne sont pas éternelles, telles que les êtres humains, et le Dieu Biblique qui joue un rôle actif dans les affaires humaines et plus particulièrement celles du peuple d'Israël. De plus les philosophes Juifs trouvèrent souvent difficilement explicables, de façon acceptable, les détails de la législation de la Torah. En
contraste avec cela, la Kabbalah offrit à ses partisans un moyen par lequel la Torah entière pourrait être expliquée correctement, d'une façon non littérale. Les détails des commandements, autant que leurs principes généraux, pouvant se comprendre en se référant aux doctrines Kabbalistiques. Le plus grand soin fut pris pour présenter les idées de la Kabbalah, de manière à ce qu'elles
paraissent rester entièrement intrinsèques à la tradition rabbinique. Ainsi, le Sefer ha-Bahir, premier travail kabbalistique majeur, et l'exposé considérable de la Kabbalah, le Zohar, du treizième siècle, se présentent eux-mêmes comme un développement Midrashique de la Torah, en d'autres termes, comme des travaux d'un genre classique. La Kabbalah émergea d'abord au douzième siècle en Catalogne et à l'ouest de la Provence, et fut divulguée grâce à la parution du Zohar, au treizième siècle en Espagne, marquant le rapport entre Dieu et l'univers créé de la façon suivante : Dieu, dans sa réalité la plus essentielle, est inconnu à humain et, par principe, inconnaissable. La seule chose connue de Dieu, dans cette réalité fondamentale, est son existence. Les Kabbalistes
appellent Dieu, cette réalité fondamentale, Ein Sof , qui signifie «sans la limite,» ou même Ein («rien»), montrant que du point de vue humain, on ne peut «rien» connaître de Lui. Ein Sof désigne un processus que les Kabbalistes nomment Atsilouth («émanation»), il se défini par un système de dix séfiroth. Les séfiroth, prisent comme un tout, représentent Dieu tel qu'un humain peut le
ressentir. Il s'agit d'un portrait relativement simplifié du processus. La première séfirah émanée, s'appelle Kétér ("couronne"), elle marque le point de transition entre Ein Sof et le système séfirotique. Les deux séfiroth suivantes, Hokhmah ("sagesse") et Binah ("compréhension"), représentent respectivement les principes mâle et femelle. Hokhmah et Binah, en union, engendrent les sept autres séfiroth, Gdoulah ("grandeur") ou Rah'amim ("pitié"), Gvourah
("puissance"), Tiféréth ("gloire"), Netsa'h ("triomphe"), Hod ("splendeur"), Yessod ("fondation"), et Malkhouth ("royauté"). Les trois séfiroth supérieures, Kétér, Hokhmah, et Binah, sont considérées moins accessibles à l'esprit humain que les sept inférieures, qui représentent parfois les qualités diamétralement opposées, attribuées à Dieu dans la Bible Hébraïque et la littérature rabbinique. Ainsi Dieu le Miséricordieux est représenté par la séfirah Gdoulah. L'attribut de Dieu de sévère justice est manifesté par la séfirah Gvourah. Tiféréth est la synthèse entre la pitié et la justice. Bien que les Kabbalistes affirment que toutes les séfiroth sont mises en corrélation et, certes, que
toutes sont Une, néanmoins ils tendent à concentrer leur attention sur le rapport entre deux séfiroth, en particulier : Tiféréth et Malkhout. Tiféréth est représentée comme la séfirah centrale et un principe mâle. Idéalement, il doit entrer en union avec Malkhout, un principe féminin qui marque le point de transition entre le royaume des séfiroth et l'univers créé. Par l'union de
Tiféréth et Malkhout s'écoule l'énergie divine qui crée et soutient l'univers. Quand l'union Tiferet-Malkhout est consommée, le flux d'énergie divine reste inchangé. Mais, lorsque l'union est interrompue, le flux d'énergie divine cesse de soutenir l'univers et sert alors à renforcer les forces du mal cosmique, désignées par l'expression " l'Autre Côté " (Sitra A'hara). Les kabbalistes sont
partagés sur le fait de savoir si les séfiroth, prisent comme un tout, constituent un "instrument", utilisé par Dieu pour Se révéler à ses créatures, ou si, le royaume séfirotique est Dieu Lui-même. La prière et l'observance de la Torah, avec une intention juste, alignent les séfiroth correctement et aide à l'accomplissement de l'union de Tiféréth et de Malkhout. Le péché, par contre, perturbe l'harmonie des séfiroth, désorganise l'union séfirotique en aidant et en confortant les forces néfastes de L'autre Côté. Ainsi chaque action terrestre a sa contrepartie sémiotique. Pour le Kabbaliste, cela signifie que tout doit avoir rapport au divin et doit être compris dans un sens au-delà de sa simple acception. Pour ses partisans, la Kabbalah est un outil sophistiqué de grande
puissance, avec lequel ils peuvent appréhender l'univers. Un des premiers grands maîtres Kabbalistes, au douzième siècle en Provence, qui s'appelait Isaac l'Aveugle, fit une lettre, pour ses disciples d'Espagne à Gerone, contre la propagation sans discernement de la Kabbalah, dans des enseignements publics et la composition de traités Kabbalistiques qui pourraient tomber en de mauvaises mains. Ses remarques étaient adressées aux cercles d'étudiants espagnols de la
Kabbalah qui composaient des traités Kabbalistiques ou qui, comme Ramban (Nahmanide), incorporaient des indications Kabbalistiques dans un commentaire sur la Torah destiné au grand public. Ces Kabbalistes, du treizième au quinzième siècle, qui s'engageaient dans l'écriture de travaux Kabbalistiques, faisait généralement cela en pleine conscience du fait qu'ils s'adressaient à des audiences dont les membres ne pourraient pas tous être avertis des secrets de la Torah. Pour cette raison, ils cherchaient souvent à dissimuler leur propos écrit de telle façon qu'une explication orale soit nécessaire. Ainsi Abraham Ben Eliezer Halevi, un Kabbaliste de la génération de l'expulsion Espagnole, affirmait, dans un de ses travaux, que les auteurs Kabbalistes omettaient
constamment certains éléments de leurs rédactions afin d'entretenir la nécessité, pour la Kabbalah, d'être transmise oralement. On peut aisément évaluer l'étendue des difficultés que devaient surmonter ceux qui désiraient populariser la Kabbale. Cette situation commença à changer au seizième siècle. Après le contrecoup de l'expulsion de la péninsule ibérique en 1492, la Kabbalah
s'ouvrit plus largement. Les travaux kabbalistiques, comme le Zohar, furent imprimés, et il y eut d'ailleurs une forte controverse concernant leurs impressions. Des traités systématiques sur Kabbalah commencèrent à paraître. Un de ces guides d'introduction à la Kabbalah fut écrit par Abraham Ben Eliezer Halevi, il s'intitulait Massoréth haHokhmah (" Tradition de Sagesse "). Cet
ouvrage était une défense de la doctrine de la Kabbalah contre ses détracteurs, une condamnation des oppositions des écoles Kabbalistiques, et une louange des bénéfices résultant de l'étude de la Kabbalah. Cependant, l'exposition de la doctrine kabbalistique dans ce travail est très succincte. Similaire au travail d'Halevi, mais plus connu parce qu'imprimé, on peut citer le Ma'arehet
ha-Elohout ("Le Système divin") de Judah H'ayyat. Sur un plan beaucoup plus important, il faut mentionner l'un de ses contemporains, Meir ibn Gabbai, dont le développement de la Kabbalah, Avodat ha-Qodesh ("Le Service Sacré"), fait autorité.

Source : http://fr.groups.yahoo.com/group/qabalah/message/2464?var=1

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Published by © Georges LAHY - dans Kabbale
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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 06:11

Pour la Kabbale il y a toujours un sens sous le sens

« Et le piège ultime est de se prendre au sérieux » Daniel Béresniak

Daniel Béresniak, est né Paris, a étudié l'hébreu à l'Ecole des Langues Orientales de cette ville, l'histoire de l'art à Pise et la philosophie avec Vladimir Jankélévicht, mais dit avoir fait son "école essentielle" au cours de sa vie de bohème et sa longue errance à travers l'Europe. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages sur l'ésotérisme et la franc-maçonnerie, dont Les Bas-Fonds de l'Imaginaire (Paris, Détrad, 1994), Le Labyrinthe, image du monde (Paris, Détrad, 1996), et La Kabbale vivante (Paris, Trédaniel, 1995), dont le texte qui suit est une adaptation, avec l'autorisation de l'auteur.

La Kabbale, qui peut s'écrire aussi Cabale, Cabbale ou Qabale, vient de la racine hébraïque KBL, "recevoir". Le maître, "celui qui sait", donne, et l'élève, celui qui questionne, reçoit. Le kabbaliste se perçoit comme l'élève.
La Kabbale est une manière de regarder le monde, de se regarder voir le monde. Cette "manière" est originale parce qu'elle associe l'attente d'une révélation fulgurante (la voie mystique, ou intuitive) à l'étude patiente (la voie rationnelle). Autrement dit, le kabbaliste cultive l'art de comparer et de rendre compte de ses observations tout en intériorisant l'expérience de l'Unité retrouvée. Il fait travailler en même temps les deux hémisphères de son cerveau. Ses exercices ont pour effet d'établir des connexions entre la raison, l'intuition et l'imagination. Sa démarche est à la fois intellectuelle et spirituelle.
Le kabbaliste voit dans le discours parlé ou écrit un sens qu'il faut décrypter. Le récit biblique, clair pour l'esprit simple, est pour lui obscur et surchargé de sens. Il a l'intuition qu'une "certaine" structure cachée le sous-tend. Que tout ce qui est différencié et palpable, procède, par émanation, d'une source primordiale, indéfinie, homogène.
En hébreu, un seul mot désigne le mot et la chose: davar. Les choses existent dans la mesure seulement où elles sont nommées. L'enseignement kabbalistique postule que le mot porte la réalité, que la vibration infinie de la voix porte l'univers. Dieu a dit: "Que la lumière soit" et la lumière fut. La parole crée.
Faut-il en déduire qu'au commencement était le verbe? Pas tout à fait. Le commencement (rechit) était vide et silencieux. Mais alors, comment l'Univers a-t-il surgi de cet espace vide et silencieux? C'est la grande question qui hante tout kabbaliste.
Selon Isaac Luria (1534-1572), le premier acte de Dieu aurait été non pas un déploiement vers l'extérieur (impossible puisqu'il est tout) mais un repli, une contraction. Au commencement, Dieu se serait retiré, rétracté, permettant ainsi la naissance du monde, sous la forme, en tout premier lieu, des vingt-deux lettres de l'alphabet hébraïque. Ce repli, ce "manque à être", autrement dit ce vide autorisant autre chose à être, est nommé le tsimtsoum, un concept essentiel dans la Kabbale.
   

Pour un kabbaliste un texte, même clair, est obscur et doit être décrypté

Pour le kabbaliste, la langue hébraïque est donc la matière même du monde. Tout élément d'un texte, chacune de ses lettres, chaque élément de la forme d'une lettre, les espaces entre les mots et entre les lettres, doivent être compris et décryptés: aucun élément n'est dû au hasard, chaque élément a un sens et une place dans la cohérence de l'ensemble.
La Kabbale a donc imaginé, entre autres, une méthode d'interprétation qui met en rapport les uns avec les autres des mots en fonction de leur valeur numérique, calculée comme dans la numérologie moderne. Cette méthode, la Guématria (du grec gematria, "art de mesurer tout ce qui est dans le ciel et sur la Terre", qui a donné notre mot géométrie) suscite des rapprochements de mots d'une grande portée philosophique, et répond au désir le plus vif du kabbaliste, qui est d'expliquer la langue par elle-même et non par l'intermédiaire des concepts qu'elle véhicule.
Cette méthode a permis aux talmudistes des premiers siècles de l'ère chrétienne (le Talmud est un recueil de traditions rabbiniques interprétant la loi de Moïse) de répondre à certaines questions fort anciennes qu'ils se posaient: le sens littéral du texte biblique est-il le sens tout court ou bien n'est-il que l'enveloppe d'un sens qui, lui, doit être décrypté? Et dans cette seconde hypothèse, pourquoi le "vrai" sens serait-il caché? La vérité serait-elle terrible? Faudrait-il, pour l'entendre, être préparé? D'ailleurs, où sont les clefs des portes à ouvrir? Et comment ouvrir ces portes? Et pourquoi?
La Kabbale désigne l'effort produit pour poser ces questions et pour y répondre.
     

Le kabbaliste voit dans un texte jusqu'à 12 niveaux de signification...

La lecture de la Thora (les cinq premiers livres de l'Ancien Testament, où sont racontés l'histoire du monde, l'histoire des hommes, les commandements divins et les rapports entre l'homme et le divin) exige un apprentissage d'autant plus long qu'il s'agit d'un texte saturé de significations, en raison de son origine divine et de sa rédaction en hébreu, la "langue sainte".
Cet apprentissage est décrit par Abraham ben Samuel Aboulafia, né à Saragosse en 1240, dans l'un de ses ouvrages: "L'Epître des sept voies". Ces sept voies (de la sagesse) sont sept manières de lire la Thora.
"La première voie consiste en une lecture et en une compréhension littérale de la Thora... C'est ainsi que la Thora doit être présentée à la foule du peuple, hommes, femmes et enfants. Chacun sait que tout être humain, dans les premiers temps de son existence, pendant son enfance et sa prime jeunesse, fait partie de cette foule."
La deuxième voie consiste à décrypter les allégories de la Thora. Aboulafia donne l'exemple suivant: dans le Deutéronome (X, 16), il est écrit " et vous circoncirez le prépuce de votre coeur". Le lecteur de la deuxième voie percera à jour cette figure de rhétorique, incompréhensible au niveau strictement littéral.
La troisième voie consiste à se poser des questions à propos d'un texte, et à leur chercher des réponses dans le contexte. Pourquoi, par exemple, le second jour de la création, selon la Genèse, Dieu ne dit-il ce qu'il avait dit le premier jour, à savoir que son oeuvre était bonne? Réponse du lecteur de la troisième voie: parce qu'au deuxième jour, Il n'avait pas encore terminé la création du monde aquatique. L'expression: "Il vit que c'était bien" n'est utilisée en effet que pour conclure un ensemble cohérent et indépendant à l'intérieur de la création. Le lecteur de la troisième voie est particulièrement attentif. Il remarque les ruptures et les différences à l'intérieur d'une construction cohérente; il interroge alors le texte, réfléchit au contexte et trouve une explication.
La quatrième voie consiste à interpréter les symboles et les allégories. Le lecteur de la quatrième voie ne croit pas à la réalité de l'histoire telle qu'elle est racontée. Il sait qu'elle est métaphorique et qu'elle porte un enseignement à décrypter.
Aboulafia fait remarquer que " ces quatre voies sont ouvertes à toutes les Nations". La multitude accède aux trois premières voies, dit-il. Quant aux érudits, ils s'installent dans la quatrième voie et ignorent ordinairement qu'il en existe d'autres.
Le désir de savoir peut mener jusqu'à la quatrième voie. Au-delà, il faut une énergie plus forte: la rage de savoir, la furie de connaître. A partir de la cinquième voie, on pénètre les enseignements de la Kabbale.
Le lecteur de la cinquième voie analyse tous les éléments du texte. Il s'interroge même sur la forme des lettres. Sur les rapports entre tous ces éléments et le sens des mots. Pourquoi y a-t-il vingt-deux lettres? Pourquoi la première lettre de la Thora est-elle un beith? Aboulafia dit que les lecteurs des quatre premières voies se moquent de la cinquième, au prétexte que les problèmes de graphie sont dénués de signification et qu'une science de la combinaison des lettres est dépourvue de tout intérêt.
La cinquième voie exige des connaissances de psychologie et d'histoire. Elle jette des ponts entre la raison, l'imagination et l'intuition. Elle est une pédagogie de l'Eveil. Grâce à elle, la réflexion se structure et se libère des désirs futiles, des passions, des préjugés. Le lecteur de la cinquième voie prend l'habitude de voir, dans un texte, la simple enveloppe d'une signification véhiculée autrement que par les mots eux-mêmes. Difficilement manipulable, il ne se laisse pas prendre au charme d'un discours bien construit. Il est libéré des idées reçues; les idéologies ne peuvent plus le piéger. Sa quête le porte toujours au-delà de l'apparence immédiate. Il est mal vu de tous les pouvoirs, y compris de celui de la Synagogue.
"La sixième voie est d'une profondeur plus grande encore", dit Aboulafia. Il ajoute: "Qui saura s'y engager? Car de cette voie il est dit: "Elle est plus étendue en longueur que la Terre, plus vaste que l'Océan." Elle est la voie de ceux qui s'isolent dans leur volonté de se rapprocher du Nom "de façon que son action soit perceptible en eux-mêmes". Le lecteur de la sixième voie s'interroge sur la relation du nom et de la chose, du signifié et du signifiant. Il pratique l'introspection. A ce niveau de réflexion, ce qui est "formule" est nécessairement "vécu". La logique formelle éclate, laissant surgir, en pleine lumière, une autre rationalité, où l'Esprit se confond avec le Coeur.
La septième voie? " Cette sphère englobe toutes les autres", dit Aboulafia. "Celui qui y pénètre reçoit la Parole divine." Cette voie ne peut être enseignée par écrit. Elle est exclusivement transmise de vive voix par ceux qui la vivent.
En hébreu, les quatre premières voies sont nommées Pschatt ("simple", c'est-à-dire lecture littérale), Remez ("allégorique"), Drach ("la voie") et Sod ("le mystère" et, aussi, "l'essentiel"). Les initiales de ces mots, PRDS, forment le mot Pardès, qui veut dire Paradis. Comme le dit une histoire hassidique, le Paradis est l'état vécu ici et maintenant par celui qui sait lire.
Il faut noter que Moïse Cordovero (1522-1570), le maître le plus important d'Isaac Luria, proposait, lui, douze niveaux de lecture.
Les écrits kabbalistiques ne proposent pas un enseignement dogmatique. Ils procurent des clés pour ouvrir des serrures et des portes. Il appartient au "cherchant" de trouver les serrures correspondant aux clés reçues. Pour cela, il lui faut travailler le texte et méditer.
Babyloniens et Grecs étudiaient déjà le sens des mots en considérant la valeur numérique des lettres qui les composent. Cette méthode a été introduite en Israël sous le nom de Guématria à l'époque du second Temple (dont la construction a débuté vers l'année 20 av. J.-C. et s'étendra sur plus de quarante ans).
La Guématria la plus ordinaire consiste à attribuer aux lettres les valeurs suivantes:
Valeur numérique Lettre/Nom Hiéroglyphe originel

1 Aleph taureau
2 Beith maison
3 Guimel chameau
4 Daleth porte
5 Hé fenêtre
6 Vav crochet
7 Zain sexe masculin, semence
8 Khet clôture
9 Teth serpent
10 Yod main
20 Kaf paume de la main
30 Lamed aiguillon (pic pour faire avancer le bétail)
40 Mem eau
50 Nun poisson
60 Samekh appui, tuteur
70 Ayïn oeil
80 Peh bouche
90 Tzaddé hameçon
100 Kof nuque
200 Resch tête
300 Schin dent
400 Tav signe

Plus cinq lettres déjà mentionnées mais qui, situées à la fin d'un mot, prennent une forme et une valeur numérique propres:

500 Kaf
600 Mem
700 Nun
800 Peh
900 Tzaddé

Utilisant cette méthode, les kabbalistes disent par exemple que "Dieu est Amour et Unité". En effet, Amour se dit en hébreu Aavah (Aleph, Hé, Beith, Hé), ce qui produit 1 + 5 + 2 + 5 = 13. Unité se dit Ekhad (Aleph, Keth, Daleth), soit 1 + 8 + 4 = 13. Les deux mots Amour et Unité sont "donc" équivalents. Or le tétragramme Dieu ou Yahvé (Iod, Hé, Vav, Hé) vaut 26, soit 13 + 13.
Pour pénétrer plus avant les arcanes des mots, Moïse Cordovero, nommé plus haut, l'une des plus grandes figures du centre kabbaliste de Safed, en Galilée, propose huit Guématrioth (Guématrioth est le pluriel de Guématria).
La première, juste mentionnée, additionne simplement la valeur des lettres d'un mot, et tire des conclusions du résultat obtenu.
La deuxième ne tient pas compte des dizaines et des centaines. Ainsi Yod = Aleph = 1, ou Tav = Daleth = 4.
La troisième met les nombres au carré. Ainsi, pour le tétragramme divin Iod, Hé, Vav, Hé (Yahvé, Dieu), la première Guématria donne comme valeur 26 . Dans la troisième Guématria, la suite 10 + 5 + 6 + 5 devient 102 +52+62+52= 186. Cette Guématria permet de rapprocher la tétragramme d'un autre nom divin, "Makom" (le lieu), dont la valeur est également 186.
La quatrième ajoute à la valeur de toute lettre la valeur des lettres qui précèdent. Ainsi, Aleph vaut 1, Beith vaut 1 + 2 = 3, Guimel vaut 1 + 2 + 3 = 6, Daleth vaut 1 + 2 + 3 + 4 = 10, etc. On obtient de la sorte la suite: 1, 3, 6, 10, 15, 21, etc., qui est également celle des nombres triangulaires pythagoriciens.
La cinquième attribue aux lettres la somme des valeurs des lettres qui composent le nom de la lettre. Aleph, qui s'orthographie Aleph, Lamed, Pé final, vaut donc 1 + 30 + 800 = 831. Beith, qui s'orthographie Beith, Iod, Tav, vaut 412. Etc.
La sixième ne prend en compte que quatre lettres finales au lieu des cinq usuelles; elle ne tient pas compte du Kaph final.
La septième additionne le nombre des lettres d'un mot à la valeur numérique du mot lui-même. Ainsi le Nom divin Iod, Hé, Vav, Hé vaut 26 + 4 parce qu'il compte 4 lettres = 30. Cette septième Guématria peut se combiner avec toutes les autres.
La huitième ajoute 1 à la valeur du mot. Elle peut également être associée à toutes les autres.
Il existe, évidemment, d'autres Guématrioth. Qui en connaît le nombre? D'ailleurs, pourquoi ce nombre devrait-il être définitivement arrêté? Chacun peut composer sa Guématria. N'importe quel système permet d'associer les mots et de rapprocher les idées.

Le kabbaliste joue à la numérologie pour casser les associations d'idées banales

Un tel exercice permet d'échapper aux associations d'idées hantant notre mental, suggérées par des analogies de propriétés (le Soleil, par exemple, nous fait penser à lumière ou à chaleur), des homonymies, des synonymies, des souvenirs, un savoir appris, une éducation, des préjugés.
La Guématria, amusante et peu coûteuse, permet de découvrir des analogies surprenantes, auxquelles nous n'aurions jamais songé autrement. Et, plus surprenant encore, les analogies suggérées par la Guématria semblent avoir au moins autant de justification que nos analogies coutumières.
Il est intéressant d'observer que le texte qu'analyse le praticien de la Guématria n'est qu'une matière première sans forme. Au lecteur ordinaire, ce texte dit quelque chose de clair, raconte une histoire, exprime une idée. Pour le kabbaliste, en revanche, il est obscur, incompréhensible, chiffré. Pour en découvrir le sens, il va devoir le décrypter. Ce n'est pas une opération simple.
Pour le kabbaliste, le sens se mérite.
La Kabbale a joué un rôle important dans l'effervescence intellectuelle de la Renaissance: elle opposait en effet à la vision scholastique d'un monde figé, créé une fois pour toutes, la vision d'un monde en création perpétuelle. Le kabbaliste a en effet l'habitude de regarder les "systèmes" avec une certaine hauteur, convaincu qu'ils se rejoignent à un niveau plus élevé. A l'heure des querelles provoquées par la Réforme de Luther, le kabbaliste, répugnant à prendre parti, s'efforce de jouer les conciliateurs, à l'image de Paulus Ricius, qui ne réussit de la sorte qu'à s'attirer des ennuis des deux parties.

Car dire "Je sais", "J'ai compris", c'est la mort

Le kabbaliste rompu aux divers "niveaux" de lecture (que ce soit les douze niveaux de Cordovero, les sept d'Aboulafia, détaillés plus haut, les quatre de Pic de la Mirandole ou les trois de Ricius) considère qu'un texte peut toujours être lu autrement, que les récits et les thèses peuvent toujours être pénétrés au-delà de leur sens littéral -ce qui permet et encourage évidemment la tolérance. Or encourager la tolérance, c'est vivifier le désir d'en savoir plus, c'est apprendre la disponibilité de l'esprit. La bienveillance à l'égard de l'autre en découle.
Mais le succès de la Kabbale dans toute l'Europe de la Renaissance tient aussi au fait qu'elle est un abri sûr (ou à peu près sûr) pour l'esprit libre. Sa complexité, les interprétations infinies auxquelles elle donne accès, permettent au chercheur d'explorer la Bible librement, à une époque où la liberté est encore perçue négativement.
A cette époque, le conformisme ambiant imposait à tous l'idée que la Vérité avait déjà été dite dans tous les domaines. Personne ne se voulait donc libre. Tous étudiaient les Anciens, convaincus que la Connaissance réside dans le passé. Si Copernic a osé exposer l'idée que la Terre tourne autour du Soleil, c'est qu'il l'a trouvée dans des textes grecs antiques. Pour obtenir droit de cité, le neuf devait toujours être cautionné par l'ancien.
L'intérêt de la Kabbale était d'offrir une caution traditionnelle formidable à ceux qui désiraient développer une nouvelle manière de voir le monde. Pour atteindre à cette vision nouvelle, il leur suffisait en effet de commenter "ad libitum" la vision antique... D'autant que, pour la Kabbale, le divin (l'inchangeant) n'exclut nullement le mouvement (et son corollaire le progrès), et la nécessité d'aller "au-delà" de toute certitude (de tout "niveau" de lecture) est inscrite dans l'ordre éternel des choses.
Pour la Kabbale, si la vérité première peut être figurée, voire nommée, elle ne peut être contenue dans une explication. Le texte, les discours, les mots disent tout, mais ce qu'ils disent, en dernier ressort, est inaccessible.
En revanche, le jeu sur les lettres apporte, comme on l'a vu, des surprises. Certaines associations étranges, peuvent, à la réflexion, devenir éclairantes -jusqu'au vertige parfois. Et certaines associations subtiles faire percevoir des évidences simples et merveilleuses qui, autrement, fussent passées inaperçues.
Il ne s'agit pas, bien sûr, de regretter la rationalité, mais de l'affiner et de l'élargir en reconnaissant la légitimité du rêve et des impressions.
Reste toutefois un dernier piège, un piège mortel: celui de se prendre au sérieux. Pour la Kabbale, toute explication, kabbalistique ou scientifique, est en dernier ressort une farce que nous jouent le langage et la raison. Raison pour laquelle l'humour doit régner collégialement avec la raison, l'intuition et l'imagination.
L'humour prévient. L'ambiguité de l'humour est consubstantielle à l'ambiguité des choses et des idées. L'humour permet de vivre avec la multiplicité des significations. L'humour manifeste l'énergie vitale.
Quiconque ne cultive pas l'humour s'arrête en chemin. Retrécit dans ses certitudes. Pontifie. Condamne. Puis, inévitablement, tue. Se prendre au sérieux, c'est transformer la loi d'Amour en code de haine et de mépris. C'est dire: "Je sais". C'est dire: "J'ai compris". Rien ne saurait être pire. Là réside le mal suprême.              
            
        

Des origines lointaines de la kabbale

 

La kabbale (étymologiquement tradition reçue) désigne de façon générique les traditions mystiques du judaïsme depuis l'Antiquité. Mais ce n'est qu'à partir du XIIe siècle que, sur la base d'un fond ancien de sagesse et d'interprétation des textes, de leurs signes et de leurs symboles, elle s'érige en doctrine, avec une cohérence interne, des références à des auteurs et à des oeuvres spécifiques -plus particulièrement au Sud de la France, d'où elle diffuse vers l'Espagne (Gérone, Barcelone, Burgos).
La kabbale espagnole s'ouvre, elle, à différents courants philosophiques (Maïmonide, Averroes) et même au courant mystique musulman (soufisme), jusqu'à ce que la montée de l'intolérance religieuse et la persécution des juifs séfarades, au XVe siècle, tarissent ses sources.
Le savoir ésotérique de la kabbale passe alors en Italie, où les débuts de la Renaissance créent un climat favorable au métissage des savoirs. Une kabbale chrétienne se développe, qui cherche des synthèses nouvelles entre hellénisme, judaïsme et christianisme.
Le relais de la kabbale proprement judaïque sera pris au XVIe siècle par le centre théologique de Safed, en Galilée, puis au XVIIe siècle par le sabbataïsme, un mouvement messianique.

Les deux oeuvres majeures de la kabbale

 

Le Sefer ha-Bahir (Livre de la Clarté), premier ouvrage proprement kabbalistique, paraît en Provence dans la seconde moitié du XIIe siècle. Son manuscrit, mélange de textes en hébreu et en araméen, parvenu en fragments, serait une compilation de sources gnostiques orientales [la gnose (du grec gnôsis, connaissance) prétend à une connaissance ésotérique des choses divines, communicables par tradition et par initiation].
Le Sefer ha-Zohar (Livre de la Splendeur) est le grand ouvrage de la kabbale. Son auteur principal, l'Espagnol Moïse de Léon (1240-1305), entendait lutter contre le courant rationaliste qui s'étendait au sein du judaïsme. Le Zohar est un commentaire de la Torah, écrit en hébreu et en araméen, accompagné d'un volume dans lequel figure les soixante-dix interprétations du premier mot de la Torah [la Torah désigne les cinq premiers livres de la Bible, qui formulent les lois de Moïse]. Tout comme pour le Bahir, le Zohar s'attache à la description des attributs divins (Sephirots), moteurs de la Création, qui entrent en relation avec les créatures et leur dévoilant, notamment, les symboles de la Torah, laquelle est définie comme un organisme vivant, synonyme de l'ensemble du macrocosme. Quant à Dieu, son occultation et sa dimension infinie ('En-Soph) le rendent inaccessible, inconnaissable et indicible; seuls peuvent être appréhendés ses attributs.

La place de la kabbale dans le judaïsme

 

La kabbale tient une place particulière dans le judaïsme, non seulement parce qu'elle révèle des sens cachés de la Torah, mais aussi parce qu'elle donne un sens à l'histoire des juifs. En postulant le retour aux textes sacrés, la kabbale incite en effet ces derniers à redécouvrir les causes de leurs malheurs et à les traduire en connaissances ésotériques. Lors de l'expulsion des juifs d'Espagne, en 1492, la kabbale leur permet d'expliquer l'exil comme un accident historique et cosmique. L'école de Safed, en Galilée, et notamment la kabbale de Luria, vont relancer cette interprétation métaphysique de l'histoire, ce qui permettra aux juifs de ne point se sentir en exil, mais en attente du messie. Cette attente culmine avec le "sabbataïsme" du XVIIe siècle, du nom de Sabbatai Zevi (1626-1676), un juif originaire de Smyrne qui se proclame Messie. Fait prisonnier par les Ottomans en raison des remous qu'il provoque dans les milieux rabbiniques de l'empire, il annonce sa conversion à l'islam, une apostasie qui précipite le judaïsme dans une crise interne sans précédent.
Source: La Kabbale par Roland Goetschel (Paris, PUF, collection Que sais-je?, 1985). Le judaïsme par Hans Küng (Paris, Seuil, 1995).

De quelques maîtres kabbalistiques

Abulafia Abraham Ben Samuel (1240- ~1291), originaire de Saragosse, sillonne le bassin méditerranéen avant de revenir en 1271 à Barcelone enseigner la kabbale. Deux ans plus tard, il voyage en Europe et entame ses premiers travaux importants. Les Mystères de la Torah (Sitrey Torah) commentent selon l'interprétation kabbalistique Le Guide des égarés de Moïse Maïmonide [Maïmonide est un médecin, théologien et philsdophe juif né à Cordoue en 1135, qui a cherché à montré l'accord entre la foi et la raison]. Lors d'une confrontation à Rome avec le Pape Nicolas III en 1280, il dénonce l'oppression des juifs; condamné à mort, il échappe à la sentence en raison du décès du Souverain Pontife. Par la suite, Abulafia entre en conflit avec le rabbin de Barcelone qui ne voit en lui qu'un charlatan. Abulafia se singularise par l'annonce qu'il fait en 1290 de la venue du Messie. Il rédige de nombreux livres dont Le Livre des signes (1288, Sefer-ha-Oth), un commentaire sur la Torah (1289), puis Paroles respectueuses (1291, Imrey Shefer). Les traités kabbalistiques d'Aboulafia se signalent par leur forte dimension prophétique.

 

L'école kabbalistique de Safed (XVIe siècle)

 

Cordovero Moïse (1522-1570) est l'un des principaux théologiens kabbalistiques du centre de Safed en Galilée. Son oeuvre est marquée par une volonté de synthèse des différents courants de la kabbale.

Luria Isaac ben Salomon (1534-1572), dit "le Lion sacré" (Ha Ari), est avec son maître Corvedero, l'un des chefs de file de l'école kabbalistique de Safed. Originaire d'une famille allemande ayant émigré à Jérusalem, il vécut en Égypte où il acquit un savoir ésotérique doublé d'une expérience de vie spirituelle intense (il aurait eu des révélations du prophète Elie). La seconde partie de sa vie est consacrée à la formation d'une trentaine de disciples au centre de Safed. Son apport à la "nouvelle kabbale" est, du point de vue de la forme, la transmission orale du savoir et l'importance accordée à la démarche intuitive et charismatique, et du point de vue des idées, la mise en évidence de la portée spirituelle de l'exil des juifs, expulsés d'Espagne en 1492.

Les précurseurs de la kabbale chrétienne (XVe-XVIe siècles)

 

Pic de la Mirandole (1463-1494), Giovanni Pico della Mirandola, est le premier kabbaliste chrétien. A l'âge de dix ans, ce descendant d'une famille renommée est surnommé le "prince des poètes et des orateurs". A l'âge de quatorze ans, il étudie le droit à l'université de Bologne. Deux ans plus tard, il entreprend de voyager en Europe. A l'âge de vingt-trois ans, il maîtrise le latin, le grec, l'arabe, l'hébreu et l'araméen. Il rédige une somme philosophique et théologique, De omni re scibili. Conclusiones philosophicae, cabalisticae et theologicae, (De toutes choses connaissables. Conclusions philosophique, kabbalistique et théologique) dans laquelle il expose sa volonté de réunir en une synthèse des idées culturellement éloignées ou opposées. Persécuté pour ses idées, il se réfugie à Florence, où il consacre la seconde partie de sa vie à la contemplation et à la dévotion, jusqu'à ce qu'une maladie l'emporte à l'âge de trente et un ans.

Ricius Paulus, savant juif né en Allemagne, converti au christianisme en Italie (1505) et mort en 1541, enseigne la philosophie, la médecine et l'hébreu à l'université de Pavie. Il traduit de nombreux traités mystiques d'auteurs juifs et musulmans, et contribue, avec Pic de la Mirandole, au développement de la kabbale chrétienne.

Les livres du dévoilement des secrets       

Ouvrages généraux
La kabbale, par Roland Goetschel. Paris, PUF, collection Que sais-je?, 1985.
La Cabale, par Alexandre Safran (ancien grand rabbin de Roumanie, grand rabbin de Genève). Paris, Payot, 1988.
La mystique juive: les thèmes fondamentaux, par Gershom Scholem. Paris, Éditions du Cerf, 1985.
La Kabbale et sa symbolique, par Gershom Scholem. Paris, Payot, 1989.
Les Kabbalistes chrétiens de la Renaissance, par François Secret. Paris, Dunod, 1964.
Les deux livres majeurs de la kabbale
Le Bahir: le livre de la clarté, traduit de l'hébreu et de l'araméen par Joseph Gottfarstein. Lagrasse, Verdier, 1982.
Le Zohar: le livre de la splendeur, extraits choisis et présentés par Gershom Scholem (traduit de l'anglais). Paris, Seuil, 1980.

 

Source : http://www.archipress.org/index.php?option=com_content&task=view&id=76&Itemid=41

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 06:14

Autre texte accompagnant le Sepher Raziel, le Livre des Mystères révèle le nom de nombreux anges, et la puissance qui leur est associée. Toutefois, la plupart de ces noms étant difficilement vérifiables, leur pertinence ne peut être confirmée ou infirmée.

Au nom du Seigneur Élohim d’Israël, engendre le Livre des Mystères ! Noé le donna à son fils, Maech, à son fils, Methuselah, à son fils, Enoch, à son fils, Mahalalee, à son fils, Enos, à son fils, Seth , et à son fils, Adam.

Il vint de la bouche de Raziel, l’ange. Dans les années qui suivirent, les mots écrits vinrent devant l’assemblée. Il [Le Livre] fut écrit sur une pierre de saphir. Les caractères sont gravés. D’eux, apprends les actions merveilleuses et les mystères, par la compréhension et l’intelligence de l’humble.

Conseille des pensées de servitude. Recherche les degrés du paradis traversant tout en sept demeures, encerclant tout par chaque signe du zodiaque. Observe chaque manière de vie. Examine et questionne la Lune. Révèle les chemins de la Grande Ourse, Orion, et la constellation des Pléiades. Considère quels noms et quels anges sont dans chaque firmament. Révèle également ce qu’il adviendra de chaque mot.

Révèle également quels noms régissent les magistrats. En toute humilité et modestie, entends-les accomplir chaque désir. Tout s’approche de l’au dessus dans la pureté. Révèle les oeuvres de la mort et les oeuvres de la vie. Comprends le mal et le bien. Examine les périodes et les minutes pour révéler les périodes de vie et de mort, d’affliction et de guérison. Interprète les rêves et les visions éveillés. Approche les batailles et fait paix dans les guerres. Garde domination sur les esprits et renvoie.

Avance dans l’adoration. Considère les quatre esprits de la terre. Vis de la sagesse. Crains le tonnerre, et tremble. Du livre, ce qui travaille de l’éclair. Considère ce qui vient chaque mois. Sers par le travail chaque année. Quand d’épis, de sécheresse, de paix, de guerre. Vis par l’un des plus glorieux. La compréhension de la sagesse est le trésor dans les hauteurs.

De la sagesse du livre, Noé apprit à faire l’arche de pin foncé. Protège de l’inondation des océans et du déluge. Viens produire avec deux et sept.

De la préparation de toute nourriture et viande, donne à l’arche d’or. Viens dans le commencement de l’arche. Révèle les périodes du jour et de la nuit, de quelle période servir. Apporte la délivrance, et de l’arche, va en avant. D’elle provient chaque jour de la vie.

En temps de mort, donne-le à Shem, et Shem à Abraham, et Abraham à Isaac, et Isaac à Jacob, et Jacob à Lévi, et Lévi à Kohath, et Kohath à Amram, et Amram à Moïse, et Moïse à Joshua, et Joshua aux anciens, et les anciens aux prophètes, et les prophètes aux hommes sages. Ainsi, dans chaque génération jusqu’au service de Salomon, le Roi.

Révèle-lui le Livre des Mystères. Révèle par les mots des mystères. Par la compréhension, garde domination sur les esprits. Par chaque désir, cherche et erre de par le monde.

Lie et libère le signe pour régner au dessus. Comprends et prospère de par la sagesse du livre. Les grands livres sont délivrés par la main, êtres précieux et honorés.

Heureux l’oeil de voir, et l’oreille d’entendre. Le coeur est intelligence et compréhension de la sagesse. Par les sept firmaments, tout est à apprendre de la multitude.

Par la sagesse de chaque mot, réussis dans chaque oeuvre. Considère la sagesse du livre.

Le nom du premier firmament est le paradis proclamé. Là sont les multitudes de Malachim. Sept trônes établissent le nom. Au dessus sont sept demeures de domination. Les multitudes les entourent, de-ci, de-là.

Ecoute les êtres humains dans les heures de problèmes. Par les noms, tout sert dans les problèmes. Des noms et des mémoriaux par signes dans la période. Réussis dans les oeuvres par toutes les multitudes de Malachim. Des sept magistrats des dominations, répands par chaque désir. Désire et réussis.

Les sept noms règnent sur les sept trônes. Le premier nom est Avorphenial. Le second nom est Ayigeda. Le troisième est Dohel. Le quatrième est Phelmiya. Le cinquième est Asiemor. Le sixième est Phesker. Le septième est Phoval. Donna forme au feu, et vois les flammes partir depuis le feu. Les Malachim ne prennent pas en charge sans domaine pour les occuper. En prononçant le mot, œuvre jusqu’à aller parler devant les sept magistrats demeurant dans les trônes de chaque domination au dessus. En dessous est le pouvoir, dans le domaine à parcourir. Chacun sert le royaume et la congrégation de tous. Répands lorsque le bien, lorsque le mal, lorsque l’abondance, lorsque le manque, lorsque la guerre, lorsque la paix. Tout proclame le nom du jour à former.

Il y a sept noms de multitudes prenant en charge les sept magistrats. De chaque multitude, un des magistrats. Auparavant, souviens-toi du nom des Malachim responsables. Sept fois, parle donc de requête. Je suis Pheloni Ber Phelonieth . Réussis la guérison par Pheloni Ber Phelonieth. Tout par la requête de guérison, lorsqu’écrite par requête. Sois pur de toute corruption. Purifie la chair de toute abomination et alors réussis.

Voici les noms des Malachim responsables avec Avorphenial : Chemori, Demna, Aphod, Amok, Qetieki, Phetapher, Gemethi, Pha’avod, Nerotheq, Reqehethov, Avodena, Mavoth, Pheroseh, Aqoviya, Vohereqovova, Beroqi, Chesedora, Anoph, Heriyavor, A’abedial, Ton, Alien, Mol, Leleph, Vochesepheth, Rechegal, Romalov, Vokethov, Adenoval, Ashemi, Yivoash, Qephien, Kerebi, Gorshom, Pheriyatz, Sheshema’a, Phokien, Kerial, Zebdial, Agedelen, Miegal, Gephial, Kediened, Koledeh, Diegel, Alebovi, Thocheli, Sokeleth, Adial, Al, Kesial, Soqemeh, Ashekeh, Nothened, Chelial, Asethial, Thena, Miemal, Nethenial, Aphoneh, Thelegial, Ga’aned, Avosethial.

Ceux-ci sont la seconde multitude de Malachim responsables avec Ayigeda : Akesether, Mekeres, Kerebieb, Kemeshen, Ayisheteb, Redethal, Ariera, Geba, Anekier, Kebier, Thieleh, Keriethek, Herekom, Kenophial, Nodial, Herochon, Shelhebien, Ashlekeh, Meshethieb, Gecha, Hatha, Chegada, Chegera, Amiemial, Chegeleth, Lega, Menothial, Theniemial, Aberietha, Beritha, Rekial, Cheshethek, Phethesh, Asethierotz, Avorephenial, Ashenor, Melekial, Adi, Sher, Sheoch, Hemiek, Therenech, Zemkieth, Hetzeniepha, Hetzeniephelehov, Voshovova, Ashephor, Areq, Qenomial, Neqial, Geidal, Adeq, Remiemial, Pherog, Rechonal, Zegdial, Abenienok, Dorenial, Delepheth, Hekel, Helial, Alial, Moth, Avokal, Phenial, Phothephera, Lephoch, Avornemok, Adelial, Ayisethorien, Azoti, Avosetor, Tier, Avothoth, Beregemi, demov, Diegera, Pherotial, Qomiya, Renerdena, Delegial, Pherothial.

Ceux-ci sont la troisième multitude responsables avec Dohel : Ayizerekebov, Aneboshel, Berethobial, Delobial, Avochial, Berekethien, Bereka, Davoniem, Amek, Abiyar, Athelega, Avothoth, Ashethonal, Ashephek, Theregial, Amephial, Athereshov, Avorial, Akemor, Ashon, Akal, Anavok, Asebiereh, Lephial, Al, A’avosheh, Chesenial, Lemieshotha, Doth, Thieches, Alephi, Amok, Aregela, Megial, Alial. L’ange de la conscience est tout alentour et à l’extérieur. C’est écrit sur le précieux manteau. Tout est écrit et écrit seul. Reçois la prospérité. Le Seigneur restaure et donne depuis le milieu de la bonté. Lance les mots au milieu. Sers pour correspondre au Soleil dans l’heure de midi. Prononce le serment, je suis au-dessus du Soleil, l’illumination de tout l’univers par le nom des Malachim. Par la compréhension de la sagesse des sagesses des choses cachées et secrètes. Par la connaissance, créé. Créé jusqu’à moi. Requiers et révèle ce qui sera dans cette année. Cache de moi le mot.

Ceux-ci sont la troisième multitude de Malachim responsables avec Phelmiya [ici Belmiya] : Abedieh, Demeniya, Amenayi, Amoneher, Ovamenok, Phetakieza, Tobial, Gielal, Aphieri, Gemethi, Avorenial, Pheriephohov, Avophieri, Areq, Letemoval, Avorieni, Thomieni, Avomerial, Menial, Geremetov, Seretov, Tzebeqeteni, Koretheyavom, Seresieth, Phereson, Amaph, Phebehier, Hesethier, Arereq, Chesedial, Acheseph, Amoval, Phedetem, Gedal, Sebekial, Kokeb Henogeh, Shehiya, Aphroditi, Vomelek, Chesedial. Le cinquième firmament est au dessus de la lumière précieuse. Une centaine de myriades couvre la précieuse. Emplis les anges de fierté. Au milieu, sois immobile de peur. Des ordres de puissances plus fortes, orne en taillant les flammes. Le son rugit telle la tempête en mer. Crains les roues qui vont, et tremble.

Le nom des douze princes de gloire résidant près du trône de gloire. Ils ressemblent à des trônes dans une vision de feu. Au centre du firmament se trouvent les visages des quatre esprits de l’univers. Vois les éclairs allant telles des flammes dans des ailes de feu. De l’éclat, les visages étincellent dans le firmament. Ils gouvernent les douze mois de l’année. Établis ce qui sera dans chaque mois. De l’extérieur, il n’est pas parlé du moment de la formation des ténèbres. Dresse-toi pour servir. Fais savoir les mois qui viennent dans toute l’année. Ceux-ci sont les noms des douze princes :

Le premier nom est Sha’aphial, servant pendant le mois Nisan. Le second est Deghal, servant pendant Ayer. Le troisième est Diednavor, servant pendant Sivan. Le quatrième est Tha’akenov, servant pendant Tammuz. Le cinquième est Thochereger, servant pendant Ab. Le sixième est Moral, servant pendant Alul. Le septième est Hehedan, servant pendant Tishri. Le huitième est Yilereneg, servant pendant Marheshvan. Le neuvième est Anethegenod, servant pendant Kislev. Le dixième est Mephenial, servant pendant Tebeth. Le onzième est Theshenderenies, servant pendant Shevet. Le douzième nom est Aberekial, servant pendant Adar.

Ceux-ci sont les signes du zodiaque et les anges en charge et gouvernant chacun d’eux:

Le premier jour est le Soleil. Le signe est le Lion. L’ange est Raphaël, responsable de la première semaine. Divise 15 [טו] de חנכל. ,oשצן est dans le milieu.

Le second jour est la Lune. Le signe est le Cancer. L’ange est Gabriel, responsable de la seconde semaine dans l’heure précédente.

Le troisième jour est Mars. Les signes sont le Bélier et le Scorpion. L’ange est Samaël.

Le quatrième jour est Mercure. Les signes sont le Gémeaux et la Vierge. L’ange est Michaël.

Le cinquième jour est Jupiter. Les signes sont le Sagittaire et le Poisson. L’ange est Tzedeqial.

Le sixième jour est Vénus. Les signes sont le Capricorne et le Verseau. L’ange est Qephetzial .

La première nuit est Mercure. Les signes sont le Capricorne et le Taureau. L’ange dans la première heure est Michaël.

La seconde nuit est Jupiter. Les signes sont le Sagittaire et le Poisson. L’ange est Tzedeqial.

La troisième nuit est Vénus. Les signes sont le Gémeaux et la Vierge. L’ange dans la première heure est A’anial.

La quatrième nuit est Saturne. Le signe est le Capricorne. L’ange dans la première heure est Qephetzial.

La cinquième nuit est Mercure . Le signe est le Lion. L’ange dans la première heure est Raphaël.

La sixième nuit est la Lune. Le signe est le Cancer. L’ange dans la première heure est Gabriel.

La septième nuit est Mars. Les signes sont le Bélier et le Scorpion. L’ange est Samael.

Ceux-ci sont les noms des Malachim responsables de la sixième multitude : Pheseker, Avoyial, Arebial, Teriphon, Phonekos, Phesethemer, Lonial, Qedonial, Shokerien, Sebieren, A’avozial, Phenial, Thekemial, Chememial, Tzeremial, Niemiesem, Gedoniya, Baroba, Zenoviyem, Chekemial, Teredial, Phenial, Qedemial, Kepheliya, Ademial, A’aremon, Heremod, A’abiesal, Ga, A’ajiesal, Sepherial, Qethenial, Shebebial, Aremienos, Toti, Phos, Phesetzial, Chetephial, Pheresemon, Nechelial.

Ceux-ci sont les anges de la force. Lie par la force et le pouvoir. Désire en chaque endroit et vole dans tous les coins. Va avec tous. Prends ton vol, l’homme va depuis la terre. Il y a quatre plateaux d’airain et écrit sur chacun d’eux, le nom אמו et le nom פשכר.

Par le nom des Malachim responsables, parle, délivre-moi à toi. L’ange de la force est avec Pheloni Ben Pheloni, et pas l’autre. Demeure en chaque endroit. Change avec le cœur, lorsque tu es dans la cité et dans la campagne, lors du jour et de la nuit, en mer ou en terre sèche, en mangeant ou en buvant.

Vole tel un oiseau. Ne va pas par désir. Ne permets pas de retarder, ni de jour, ni de nuit.

Place les quatre plateaux d’airain dans les quatre coins de la maison. Va de l’avant lorsque tu es dans la cité ou dans la campagne de l’homme. Sers pour prendre ton vol. De chaque mot, prends ton envol.

Ceux-ci servent au-dessus du sixième degré : Abiehod, Qenod, Deleqial, Secherial, Aderek, Gechelial, Chemekial, Semekieh, Reba’ayial, Yivoqemial, Shemiechod, Meherial, Domial, Bierekom, Vozeqanen, Qenial, Phesetelen, servant avec Rieshiehon, Kelehon, Ayiseteronelien. Ceux-ci servent au dessus du sixième degré. Guide avec humilité et emplis de gloire. Les vêtements de lin sont adéquats. L’homme mesure le plus glorieux alors que les hommes assoient Yishiebeh. Demeure sur les trônes de gloire. Les croyants sont dans la vérité et servent la guérison. Bénis soit Iyotzerem et le Créateur. Va pour créer tous les commandements à toi, le grand Seigneur.

Source : http://www.kabbale.eu/le-sefer-hereziem/

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 06:12

Le Sepher Hamelbosch, ou Livre du Vêtement, fait partie de ces textes plus ou moins courts qui accompagnent le Sepher Raziel. Il pourrait en être l’introduction.

La traduction a été effectuée sur base de la version anglaise de Steve Savedow.

SEPHER HAMELBOSCH

Il est décrété, le saint et le pur sont emplis de la sagesse secrète. La connaissance est le résultat de la compréhension.

Les sages sont humbles et pleurent de joie par les noms appris en langage clair. Le choisi est pur de cœur. Fais pour guérir le cœur. Donne la grâce qui mesure la force de la lumière de l’étoile brillante. Ceins-toi de la force. La puissance est établie à tout jamais par les actions précédant les générations. Des saintes hauteurs, réjouis-toi en silence de génération en génération. C’est écrit comme de l’or pur. Une fontaine bouillonnante de pureté est établie au centre de la puissance sublime. Les plus précieuses perles des œuvres de gloire ne se comparent pas à la gloire, pas plus que le plus fin or d’Aphier. La valeur de la sagesse ne peut être mesurée, pas plus que la compréhension de la connaissance. Il n’y a pas non plus de mesure à la valeur des secrets écrits ici, tels que révélés par Élohim.

Comme la force du feu, tous cherchent ici. Comme le dirigeant des cieux, tous cherchent ici. L’Arbre de Vieest supporté et gardé, comme la prunelle de l’œil. Par la crainte du Seigneur, la gloire est obtenue. Obtiens la gloire pour obtenir la vie. Par la compréhension, reçois la sagesse. Par le salut, garde de la mort. De l’accomplissement du Nephesh, par consécration. De la puissance, sois renforcé par la crainte du Seigneur. Par l’apprentissage de la connaissance, comprends et emplis de cœur de sagesse. En puisant de la vie, accrois de la plante au talon. Forme des divisions dans le Jardin d’Éden.

Élohim chérit la crainte. Le Seigneur emplit toute la Terre de gloire, comme au ciel, où son trône est établi. Il n’y a pas de mesure à la gloire. Sept fontaines s’élèvent et tombent pour honorer un millier de milliers de ministres, et une myriade [10.000] de myriades de multitudes. La force du feu embrase la rivière de feu qui s’écoule. Le bruit ébranle les nations de la peur de la destruction. Une vision vient, l’image d’un archer flamboyant, tel Tharshish et Sardonyx, et de flèches aussi vives que l’éclair.

Le trône de gloire ressemble à du cristal. Entouré de Malachim, l’archer Ophan [peut-être Sandalphon] attise les flammes. Le peuple de dominion tremble de peur et couvre ses yeux. Le seigneur fait les nuages et le brouillard tout autour, enveloppé d’un maillot, demeurant seul sur le trône, dissimulé et caché.

Le méritant va à la lumière cachée. Les plus profonds secrets sont révélés. Les révélations sont rendues claires, non obscurcies par les ténèbres. Il n’y a rien dans tout l’univers qui y soit comparable. Toutes les actions et tous les désirs sont exaucés par les œuvres révélées. Deviens compétent et les résultats se produiront rapidement.

Ceux qui tentent de dupliquer les œuvres ne reçoivent pas de résultats. Les âmes des désobéissants et des rebelles seront punies par condamnation. Par désir, d’établir la malédiction. La mer s’assèche. Le Soleil et la Lune s’assombrissent. La lumière des étoiles devient ténue. Les montagnes changent et tombent, et la Terre tremble. Tel est le résultat de l’arrogance. Ceux qui sont choisis sont renforcés par le pouvoir de la sagesse, établie par la compréhension de la connaissance.

Dans le livre saint se trouvent 72 signes, donnés par Michael, le grand prince au dessus de sept princes, oeuvrant devant le roi, roi des rois. Par lui, Adam, le premier homme, reçut la sagesse débutante. Par lui, éveille-toi et proclame les noms de chaque créature vivante, chaque oiseau et chose rampante et poisson. Par la compréhension, accrois la sagesse de toute création d’Élohim le sixième jour de la Genèse.

Adam lut le livre saint et apprit les lettres et les mots. Il sut que les mots étaient vrais. La connaissance le transporta au dessus de toutes les autres créatures. Il fut en admiration devant tout ce qu’il y vu, et compris que tout ce qui était écrit dans le livre était la vérité. Il est vrai ; tous les mots du livre sont des plus saints. Grande est la gloire de chaque puissance.

Dans la sainteté et la pureté, accomplis les opérations. Dans l’humilité et la modestie, réussis toutes les œuvres. Deviens sage par l’esprit de la sagesse.

Il est écrit, Adam prépara une barre d’or et la purifia deux fois par le feu. Alors, il grava dessus les signes du livre saint, avec sainteté et pureté. Alors, il plaça le livre dans une faille d’un rocher, du côté est du Jardin d’Éden – non pour tomber sur Terre, mais pour endurer et sustenter la puissance. En chaque endroit, Adam fut sustenté.

Il est proclamé, Adam arpenta la terre, tel un bateau sur l’océan. Il se souvint et consigna lorsque les montagnes fondirent comme de la cire ; et la mer devint comme la gelée ; et le feu devint comme la poussière ; et les lions et les léopards et les ours et les animaux des pâtures se tinrent silencieux et tranquilles ; et les insectes s’élevèrent dans les airs tels des oiseaux ; et la mer devint une région sauvage et désertique.

Il se souvint et consigna les lettres du nom saint devant le Soleil et la Lune et Orion. Par la lumière de tous les luminaires, dirige avec justesse et dans la crainte d’Élohim. Tiens domination sur l’esprit et sur la violence et sur la mésaventure et les adversaires s’élevant au dessus des hommes et des femmes. Il est écrit, sois convoqué alors que tu souhaites et désires.

Il consigna lorsque le mur de pierre de la tour tomba subitement au sol ; et les arbres fruitiers portèrent leurs fruits avant le temps approprié ; et le peuple prit la fuite avant les batailles de guerre.

Chaque chose lui fut révélée : l’Esprit saint, la mort et la vie, la bonté et le mal. Également les mystères des heures et des minutes du temps, et le nombre des jours. Calcule les saisons et les solstices jusqu’à la fin de l’univers. Mesure le temps du début à la fin.

Alors sert son fils, Seth. Pendant dix ans, instruit selon la voie du livre saint, il reçut la compréhension de toutes les lettres et de tous les mots gravés dans le livre saint, de toutes les puissances révélées. Il sut par les pouvoirs ici contenus comment accomplir des miracles, et appris à accomplir les œuvres. Il garda le livre caché dans une faille dans un roc.

Par le livre, Adam apprit que le temps de la mort approchait. Chaque jour, il se réjouit en adjuration, se gardant de manger des fruits ou des légumes ou une viande ayant apporté du sang. Chaque jour, il se baigna dans la pureté de l’eau courante, une fois le matin, et une fois le soir. Il parla à son fils, Seth, en adjuration seulement, sans être guidé par l’Esprit saint. La préparation est difficile. Œuvre seulement avec humilité et crainte, avec pureté et sainteté. Chaque chemin est révélé et tu deviens sage par les signes. Après tout ceci, Adam fut délivré vers la longue maison [Beth A'aolam, la tombe]. Son fils, Seth, servit le Seigneur. Il fut sustenté par chaque puissance, sans s’éloigner vers la gauche ou vers la droite de chaque mot prononcé par son père, Adam. Il devint sage par la compréhension de la connaissance, et reçut la sagesse du livre saint. Il ouvrit la porte de la sagesse et de la compréhension. Connais la différence entre le bien et le mal, sois révulsé par le mal et choisis la bonté. Vois et témoigne les générations d’ancêtres à suivre. Le fou et le vaniteux et le pécheur profanent en proclamant de fausses idoles au nom de Dieu. Le désobéissant et le rebelle tolèrent la souffrance, ne sachant ou ne comprenant. Voyage dans les ténèbres.

Seth devint sage par les secrets du livre et les lettres du nom sacré ici gravées. Il apprit que Dieu pouvait causer le débordement de la mer et détruire tout le monde par sa puissance. Il conserva le livre dans une voûte d’or et plaça également dans la voûte toutes les épices précieuses, et la conserva cachée dans une caverne. Il vécut dans la cité d’Enoch, construite par son frère Caïn.

Source : http://www.kabbale.eu/le-sefer-hamelbosh/

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