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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 05:49

C'était des Gnostiques d'Egypte (vers 100 ap.JC) qui vénéraient Seth en tant que prophète. ils affirment que celui-ci se serait réincarné dans différents prophètes, dont Melchisédech et Jésus (lequel n'est pas mort sur la croix).

Saint Augustin, dans "Des hérésies 19", les décrit ainsi :

"Les Séthiens étaient ainsi appelés du fils d'Adam qui portait le nom de Seth : ils l'honoraient, mais à leur culte se joignaient des fables et des erreurs, fruits de leur vanité. A les entendre, le patriarche Seth fut engendré par une mère céleste, qui, disaient-ils, avait eu un commerce avec un père également céleste, et ainsi se forma une nouvelle race divine, celle des enfants de Dieu. Du reste, nul ne saurait dire les rêveries qu'ils ont imaginées par rapport aux principautés et aux puissances. Quelques auteurs disent qu'à eurs yeux, Sem, fils de Noé, était le Christ."

Pseudo-Tertullien, dans "Adversus Omnes haereses" (Contre toutes les hérésies") écrit ceci :


"Voici quelles sont les extravagances de cette doctrine.
Deux hommes furent créés par les anges, Caïn et Abel : il s’éleva parmi les anges de grandes dissensions et des querelles terribles à cause d’eux. Alors la Vertu qui est supérieure à toutes les vertus, et qu’ils appellent la Mère, aussitôt que la mort d’Abel lui fut annoncée, voulut que Seth fût conçu et naquît à la place d’Abel, afin que, par la mort et la naissance de cette semence pure, les anges qui avaient formé les deux premiers hommes fussent déshérités de leur gloire ; car ils soutiennent que les anges formèrent avec les hommes des unions illégitimes.
Alors cette même Vertu, qu’ils appellent le Mère, ainsi que nous l’avons dit tout à l’heure, châtia ces prévarications par le déluge, afin de détruire entièrement la race née de ce mélange, et de ne conserver que la semence qui était pure et intacte.
Mais les anges (archontes) qui avaient créé les hommes de la première semence se glissèrent secrètement, et à l’insu de la Mère, dans l’arche de Noé avec les huit personnes qu’elle renfermait, et y introduisirent la semence de Caïn, afin que la semence de la malice, au lieu de périr, fût conservée avec les autres, et que rendue à la terre après le déluge, elle se développât à l’exemple des autres, se répandît au loin, et couvrît l’univers tout entier.
Quant au Christ, ils ne le regardent que comme Seth, et il n’a été réellement que Seth, disent-ils."

On a trouvé à Nag Hammadi, en Egypte, des livres ayant appartenu aux gnostiques Séthiens (l'Hypostase des archontes, l'Apocryphon de Jean, etc ...). Ces textes permetttent de reconstituer la cosmogonie de la secte :

Au début était l'Etre Primordial (Dieu invisible) et sa patèdre Ennoïa (sa Pensée).
Ensembles ils ont créé l'Eon Barbélon. De celui-ci et de sa parèdre Pronoïa (sa Prescience) sont nés plusieurs Eons hermaphrodites, le Christ Monogène (Fils Unique) ainsi les quatre grands anges : Harnozel, Oroïoel, Daveithé et Heleleth. Sont apparus ensuite encore 8 Eons
(Certains disent que c'est alors que fut créé Adam et son fils Seth. Ce dernier épousera sa soeur Noréa et donnera naissance à la race des Séthiens, les hommes bons.)
Le Dernier Eon, Sophia essaie d'enfanter toute seule mais elle échoue.. Elle ne parvient à créer qu'un serpent hermaphrodite à tête de lion : le grand archonte Ialdabaôth, appelé aussi Samael, Sacla, Ariael, le "Premier né des eaux (Noun)" ou le "Vent des ténèbres". Celui-ci l se prend pour de Dieu unique et crée le monde matériel (Sa compagne porte le nom de Nebruel).
Il crée aussi les sept archontes (exousias) planétaires de l'hebdomade : Athôth (Oraios), Eloaïm (Eloaios), Astaphaïos, Iaô, Sabaoth, Adonis (Adonaios), et Sabbataïos (Sabbathas).
Il crée également les 12 esprits zodiacaux : Athôth (Iaôth), Harmas (Hermas, l'oeil de feu), Galila, Iabêl, Adônaîos / Sabaôth, kainan / Caïn (le soleil), Abel ?, Abiressia (Abiressiné), Iôbel, Harmoupiael, Melkharadonin (Adônin) et Belias.
Enfin, il crée les 360 (ou 365) anges de l'année.
Sophia erre, affligée alors un conjoint lui est envoyé pour la consoler. Ensembles ils créent Pronoïa / Zoé (Vie) / l'Esprit Saint / Metropator (Mère-Père) / la "Mère céleste" / la "Mère des vivants".
Ialdabaoth essaie de fabriquer le premier homme, Adamas / Adam (en s'inspirant d'un reflet venu d'en haut), mais celui-ci marche à quatre pattes comme un animal. Inspiré par Sophia, Ialdabaoth souffle alors dans Adam la parcelle de lumière (psyche) qu'il avait hérité de celle-ci; Adam se redresse alors.
Le grand archonte Ialdabaoth se rend alors compte qu'Adam est devenu supérieur à lui. Jaloux, il l'emprisonne alors dans la matière. Sophia envoit alors sa fille Pronoïa / Zoé pour combattre le grand archonte et délivrer les hommes.
Pronoïa pénètre dans le jardin d'Eden sous la forme d'un serpent afin de révéler la Gnose à Adam et Eve. (Il est dit aussi que le Christ vient se poser, sous la forme d’un aigle, au sommet de l’arbre de la connaissance).Lors de la guerre qui s'ensuit, les archontes essaient de noyer les hommes éveillés de Seth et Noréa en envoyant le déluge ... mais les dynamis (anges de Mars) et l'ange Eleleth viennent secourir les humains.
Pronoïa / Zoé parvient finalement à chasser le grand archonte dans le Tartare et elle convertit l'un de ses fils, le soleil Sabaoth, l'un des sept archontes planétaires.Il organise alors l'Ogdoade, où s'installent Jésus, la Vierge et le Saint-Esprit :
"“Sophia et Zoé libèrent Sabaoth et lui donnent la maîtrise du septième ciel, en-dessous du voile qui se situe entre le dessus et le dessous... Il est élevé au-delà des forces du chaos”

Source : http://atil.ovh.org/noosphere/ophites.php

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 06:38

Les historiens de l'Eglise ont rapporté une tradition que dans les premiers temps Chrétiens, au premier et second siècle de notre ère Chrétienne, l'Eglise Occidentale centrée à Rome regarda défavorablement l'Evangile de Jean parce qu'il était considéré comme étant Gnostique. A St. Irénée de Gaule va le crédit d'avoir soutenu cet Evangile, pour qu'il soit accepté dans le canon du Nouveau Testament.

Mais à nouveau, au Moyen Age, nous entendons que les Manichéens du sud de la France possédaient un "faux Evangile de Jean", qui avait la prétention d'être des révélations de Saint Jean reçues alors qu'il se pencha sur la poitrine du Christ. Cet Evangile, dirent les hommes d'église, confondait le Christ avec Lucifer et avait même une fausse genèse du monde, en laquelle le Démiurge rebellé contre Dieu, était chassé des cieux, et implorait Dieu d'avoir une chance de se racheter. Ceci lui fut garanti, et la manière de sa rédemption fut de créer un cosmos en sept jours.

Le Démiurge (c'est un mot Grec, adopté de Pythagore, Platon et Aristote) et ses aides purent voir les modèles archétypaux par lesquels la création devait procéder, mais ne furent pas capables de les copier, et ainsi cette création fut imparfaite. Inévitablement, lorsque le démiurge créa des créatures vivantes, devant être l'humanité, cette création fut également imparfaite. La créature signifiant l'homme était faible et pouvait seulement ramper sur le sol. Prenant pitié de cette créature, Dieu envoya Son Emissaire, le Christ, et marie, deux anges des cieux supérieurs, pour instiller un esprit vivant, et lorsque ceci fut fait, la créature devint capable de se tenir debout et de se montrer elle-même humaine. Ainsi la création fut regardée comme l'œuvre du principe des Ténèbres déchu, qui fut racheté ensemble avec son Principe par Christ, le Principe de Lumière.

Comment la Lumière rachète t-elle les ténèbres ? En brillant dans les ténèbres, qui ne sont pas une "chose en soi" réelle, positive, mais simplement l'absence de Lumière. Les ténèbres sont ce qui est appelé un fait "négatif", quelque chose qui existe seulement par l'absence de quelque chose d'autre, n'ayant pas de substance. De ce concept, les Manichéens décrivirent leur formule pour la conquête du mal.

La légende est qu'à une époque existaient deux royaumes, le royaume des Elfes de Lumière et le royaume des Elfes de la Nuit. Les Elfes de Lumière étaient purement bons, et les Elfes de la Nuit étaient entièrement mauvais. Mais comment les Elfes de Lumière pouvaient-ils conquérir les Elfes de la Nuit, puisqu'ils ne pouvaient pas, par leur nature ou essence, faire le mal ? Ils résolurent le problème en incorporant une partie du Royaume de Lumière au Royaume des Ténèbres, et en brillant de façon continue, maîtrisèrent l'obscurité.

Agissant sur cette formule, les Manichéens infiltrèrent les rangs de leurs ennemis, en Europe, premièrement l'Eglise Catholique Romaine, bien qu'ils aient d'autres ennemis ailleurs. Les manichéens cachés vivaient extérieurement les vies de Catholiques dévots, excepté qu'ils projetaient leur totale influence en promouvant la bonté et éliminant les maux à l'intérieur de l'Eglise. Ils doivent avoir eu des réticences mentales à l'égard de nombreux enseignements Catholiques, mais ils gardèrent celles-ci pour eux-mêmes.

Il est rapporté le cas d'un prêtre dont la vie était si sainte et belle qu'il fut presque adoré par ses ouailles, même lorsqu'il était vivant; mais après sa mort, à leur grande horreur, ils trouvèrent parmi des affaires la preuve indiscutable que leur saint adoré était, en fait, un Manichéen. Alors ils détruisirent et ensevelirent ses reliques et déversèrent la haine sur la mémoire de ce "démon" déguisé, dont la sainteté avait été pour tous eux une inspiration et dont la bonté aimante avait illuminé leurs vies.

Combien de grands réformateurs des églises orthodoxes furent en fait, des Manichéens ou des Gnostiques déguisés ? Un jour nous pourrons le savoir. Nous disons "manichéens ou Gnostiques" parce que des découvertes archéologiques, telles que celles de Nag Hammadi en Egypte, montrent que les doctrines essentielles de Mani remontent aux époques Chrétiennes primitives et pré Chrétiennes.

Mani fut un Maître universaliste qui croyait que toutes les anciennes religions, dans leur pure essence, menaient au trône du Christ. L'Eglise Catholique Romaine, suivie par ses ramifications, les Luthériens, et autres églises orthodoxes Protestantes qui sont aussi des formes de Catholicisme, ont pris position que seul L'Ancien Testament devrait être combiné au Nouveau testament, parce que Jésus était un Juif, et que toutes les autres écritures devraient être ignorées ou détruites. Ils allèrent même plus loin et établirent une règle qu'à moins qu'un suiveur du Christ n'accepte l'Ancien Testament avec le Nouveau, et évite les écritures des autres Gentils, alors il n'était pas Chrétien, peu importe combien il aimait le Christ et peu importe combien il s'efforçait de vivre la vie du Christ. C'est la doctrine qui mena à la persécution étendue et l'intolérance universelle, car elle maintenait, en effet, que chaque homme devait être un Juif avant de pouvoir être un Chrétien.

Saint Paul avait déjà combattu pour les Gentils au premier siècle, afin qu'ils puissent être Chrétiens sans aller à travers la synagogue ou le Temple Hébreux à Jérusalem bien qu'il soit évident qu'il aurait été heureux de les accueillir là comme "craignant Dieu" à la Cour des Gentils. Il aurait même tordu les barrières de la clôture du Temple et permis aux Gentils convertis d'adorer des Israélites eux-mêmes. Au moins, les Juifs l'accusèrent d'essayer de prendre un Gentil dans leur section intérieur sacrée. Il essaya probablement, du moins.

Nous voyons également que Saint Paul faisait référence aux enseignements des Mystères Grecs, et aux astronomes et philosophes Grecs, en qui il avait l'exemple de certains des plus dévots des Pharisiens et des Sadducéens devant lui.

Il est significatif que parmi les doctrines d'une secte appelée les Pauliciens les historiens ne savent pas si le nom venait de leur propre leader ou de Saint Paul, mais certains pensent qu'il vient de saint Paul nous trouvons de nombreuses doctrines qui étaient caractéristiques du Manichéisme.

La bibliothèque trouvée en Egypte en 1945 donna deux versions de l'Apocryphe de Jean. Le livre avait été découvert au 19ème siècle mais ne fut pas traduit à cette époque. Personne ne semblait être intéressé par lui, et seuls quelques passages furent remarqués dans différents livres par des auteurs qui visitèrent le musée à Berlin où ce livre remarquable était préservé.

Jean Doresse parle des livres Gnostiques comme étant des écrits "déguisés" en Chrétiens, parce qu'il ne comprend pas que les anciens peuples ne ressentaient pas être un péché de retenir leurs propres écritures anciennes et de les interpréter à la Lumière du Christ. Aujourd'hui des missionnaires essaient encore de forcer les Bouddhistes, par exemple, à rejeter et renoncer à la 'Lumière de l'Asie" quand ils deviennent Chrétiens; comme s'il était nécessaire de renoncer à une lumière parce qu'une lumière plus forte était venue dans le monde! Personne n'aurait été plus respectueux de Bouddha que le Christ Lui-même ! et personne n'aurait été plus respectueux du Christ que Gautama le bouddha.

Un des deux documents trouvés à Nag Hammadi est une variante du livre de Jean à Berlin. Les deux versions principales N°1 et N°2, la N°2 étant similaire au Codex Berlin. Il mentionne une "édition N° 36 de Codex X" qu'il dit "donner une version développée du résumé dans le texte qui est plus amplifiée et enrichie par un vernis personnel". Il donne alors un bref résumé.

Préambule : l'Apôtre Jean, frère de Jacques, est troublé par la question jetée qui lui est jetée dans le Temple par un Pharisien nommé Arimanios. "Où est parti ton maître à présent"?

"Un pharisien nommé Arimanios". Le nom du Pharisien n'était probablement pas vraiment Arimanios. Arimanios est, selon toute vraisemblance, Ahriman, le Satan perse, ou Tentateur. Ici le Tentateur parle à Jean à travers les lèvres d'un Pharisien, tout comme il paraît à Jésus à travers Pierre lorsque Jésus le réprimanda en disant, "Arrière, Satan", regardant droit en face de Pierre lorsqu'il lui parlait. De façon similaire, c'est le Tentateur, Satan, ou le Doute et le Désespoir personnifiés, qui parle à Jean dans l'épreuve du Pharisien : "Où est parti ton Maître à présent"?

Jean se retira dans la solitude de la montagne pour méditer et prier, cherchant une réponse à ceci et autres questions : Pourquoi le Christ fut-il envoyé dans le monde ? Qui est son Père ? Qu'est ce que l'Eon comme celui où voyage l'humanité ? Le ciel s'ouvre et un Etre triple apparaît dans la forme d'un homme jeune, une femme et un vieillard et cet Etre triple déclare qu'il est véritablement un seul Etre, Père-Mère-Fils.

L'Etre révèle à Jean les secrets de l'Univers, passé et futur, et lui ordonne de transmettre ces enseignements à l'Elu. (Doresse ne mentionne pas l'histoire traditionnelle, telle que racontée au Moyen Age, que Jean reçut sa vision lorsqu'il reposait sur la poitrine du Christ).

L'Etre Primordial existait seul au commencement, calme et au repos dans le Grand Silence de l'océan de Lumière. Il contemplait les vagues de pure Lumière en lesquelles il reposait et par Sa pensée, de Lui-même une image fut projetée sur les vagues. Cette Première Pensée est le "parfait pouvoir de Barbelos", l'Image de Dieu, qui est l'Homme Primordial et l'Esprit Vierge. Nous pouvons remarquer que tous ces enseignements sont véritablement des concepts Platoniciens dans une vêture mythologique; non un "déguisement", mais une allégorie poétique.

D'autres "Eons androgynes" Principes bisexués ayant à la fois des pouvoirs masculins et féminins, Pouvoir-volonté et Amour-Sagesse, un concept grossièrement dégradé par les Pères de l'Eglise aux premiers siècles correspondent aux Elohim de la Bible. Le Jéhovah biblique fut en fait un de ces Elohim doublement sexués, qui fut identifié par les Hébreux, ou interprété par eux, comme étant l'Etre Unique Absolu Suprême, son ancien statut ayant été rejeté et oublié.

Barbelos, le Premier Etre, la Vierge Divine fixe résolument la Lumière de Dieu, et en fixant ainsi conçoit une Etincelle, qui devient le Fils de Dieu. Dans ces anciennes visions, la comparaison est, nous croyons, dans la manière dont une image est réfléchie dans une boule de cristal. A la fois les cristaux de quartz et de verre étaient faits en Egypte et autres lieux, peut-être même en verre blanc, bien que ceci ne soit pas certain. De toute façon, la forme ancienne de polissage de gemme était de "rouler" les pierres. Elles n'étaient pas facettées de la même manière que nous le faisons aujourd'hui. Ainsi une pièce de cristal de quartz pouvait avoir été trouvée 'roulée" dans un ruisseau ou "roulée" par un artisan; et si c'est le cas, il pourrait avoir servi en tant que cristal de voyance. Le cristal a la propriété particulière de prendre une image reflétée n lui-même, et de la réverbérer. Elle apparaît à l'envers, le cristal en est plein. Même ainsi la vision de la Lumière crée à l'intérieur le Barbelos le Premier Ange une Etincelle qui est de Dieu et qui est comme Dieu.

Les poètes orientaux comparent également la sympathie mystique avec Dieu à la manière dont un amoureux voit son image dans la pupille de l'œil de son aimée. Chacun voit l'autre, amant et aimé, chacun voit dans la pupille de l'œil de l'autre une image de lui-même. Ainsi l'Homme contemple Dieu et l'Image de Dieu est formée dans son âme; et inversement l'Image de l'Homme est formée dans l'Oeil de Dieu, et cette Image d'Homme dans l'Oeil de Dieu est ce que voit le mystique. Telle est la formule de l'Oeil, comme montrée dans de nombreuses anciennes allégories poétiques de l'orient; et telle est, nous le croyons, la signification de ces obscurs textes dans l'Apocryphe de Jean.

Le Christ qui est ainsi engendré est appelé le Monogène. Ce mot résonne de façon particulière, mais il signifie simplement l' "Engendré seul" comme dans l'ouverture de l'Evangile de Jean dans le Nouveau Testament. Dans celui-ci, également, si nous devions substituer la forme grecque des noms, notre texte serait méconnaissable; par exemple : "Je suis le Chemin, la Gnose, et la Vie". Ou, "Au commencement était le Verbe (Logos), et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu".

Du Christ viennent les Quatre Luminaires, les quatre Seigneurs Principaux du Karma, appartenant symboliquement aux quatre signes fixes du zodiaque. Certains disent qu'il y a sept Seigneurs du Karma; ceci se réfère, bien sûr, aux sept Principes Planétaires qui influencent la destinée humaine dans l'horoscope.

Après ces Pouvoirs Célestes, Adam fut créé, le premier homme de la Terre. Ceci est suivi (dans ce texte) de l'histoire de la "Chute de Sophia" qui voulait créer seule comme le Créateur et qui donna naissance à un monstre ressemblant à un lion et un serpent, qu'elle cachait dans un nuage manifestement, les constellations du zodiaque, avec une référence spéciale au Lion et au Scorpion, ou autres dragons astronomiques des ciels. A nouveau nous répétons, cet apocryphe n'est rien qu'un poème un poème compliqué, allégorique et les étudiants se rendent eux-mêmes ridicules en le traitant comme s'il était un traité direct comme les travaux du Romain Lucretius.

L'histoire de Sophia qui peut aussi être comparée à la Vierge, qui à présent tient le Soleil à sa chute à l'équinoxe d'automne est suivie de l'histoire du combat des pouvoirs de la Lumière avec ceux des Ténèbres; qui survécut au Moyen Age, comme nous l'avons remarqué. Il est à noter que les Ténèbres ne peuvent seulement être détruites elles-mêmes lorsque qu'elles poursuivent la Lumière, parce que la Lumière détruit automatiquement les ténèbres par sa brillance.

L'Etre caché dans le Nuage devient le Créateur Démiurge des mondes inférieurs. Ceci est le "Jéhovah", le Cosmocréateur de l'Ancien Testament. Il crée Sept Rois pour gouverner les Sept Cieux (Planètes), et Cinq Rois qui gouvernent les Abysses les royaumes du Chaos, les "Mondes Sombres" dans lesquels les âmes se rendent entre les incarnations. Ces cinq mondes sombres avec leurs Cinq Rois, représentent le "Chaos" des Grecs, et "l'abysse" dans lequel les germes de toute vie et formation se développent.

Plus tard des êtres furent créés, 360 ou 365 en nombre un Ange pour chaque jour de l'année, évidemment. Ils sont symbolisés par les silhouettes à têtes d'animaux, dans la culture Egyptienne.

Chacun savait que les Egyptiens n'adoraient pas des animaux ou des animaux-démons; ils prenaient ces figures de façon symbolique. L'idée est précisément la même que nous trouvons dans notre Nouveau Testament, où un bœuf est dépeint pour l'Evangile de Luc, un Lion pour St. Marc, un serpent pour St. Jean, et un homme pour St. Matthieu. Il aurait été assez en droite ligne avec la symbologie Egyptienne d'avoir dépeint St. Luc comme un homme à tête de bœuf tenant un livre dans sa main. Nous pouvons ne pas aimer ce symbolisme, mais nous pouvons le comprendre.

Tous les Pouvoirs ont deux noms, en accord avec la doctrine magique de l'antiquité par laquelle le Nom "Secret" ou "Dieu" était un Nom de Pouvoir, et qui n'était jamais révélé; puisque le nom commun était le nom utilisé publiquement. Les Egyptiens donnaient toujours à leurs enfants deux noms pour cette raison, le premier étant le nom secret. Dans les Ecoles Initiatiques comme dans le Baptême Chrétien nous voyons une forme de coutume similaire, où le baptisé prend un nouveau nom. Il semblerait également qu'il avait un nouveau Nom Secret, comme un Initié; car le Baptême était une Initiation et une renaissance.

Chaque chose dans la vie a ses bons et mauvais aspects. Les planètes dans l'horoscope peuvent donner une destinée bénéfique ou l'opposé, ou les deux mêlées à la fois, ce qui est habituellement le cas. Par conséquent chaque Grand Ange a deux Noms, et chaque démon peut être contraint par l'usage du Nom du Grand Ange qui a gouverne sur ses activités. L'Apocryphe de Jean n'entre pas dans ceci, mais le concept est impliqué dans le fait que les Intelligences Créatrices sont dites avoir Deux Noms.

Lorsque sa création fut terminée, Ialdebaoth s'exclame fièrement : "je suis un dieu jaloux et il n'y a d'autre dieu que moi!" Et l'Apocryphe prévient que l'histoire de la création ne doit jamais être prise dans le sens que Moïse l'a décrite, mais d'un point de vue opposé.

Sophia, voyant que son fils pèche contre Dieu, va et vient comme un esprit sur l'abysse de l'espace, et elle est aidée dans sa détresse par d'autres pouvoirs. A la fin, fixant les eaux de l'abysse, les Pouvoirs, à leur étonnement, voient se refléter l'image de Dieu! Ialdebaoth commande alors que lui et ses compagnons créent un être fait à la ressemblance de cette Image dépeinte, qu'ils appellent Adam, et les Archéons (Pouvoirs) se mettent au travail. Archon est le terme Grec.

Comme pour les autres noms des Pouvoirs, le texte dit, "Si tu veux les connaître, ils sont écrits dans le livre de Zoroastre", montrant que l'influence Perse réside derrière les influences Hébraïque, Grecque, et Egyptienne de cet Apocryphe.

Adam fut créé, mais ne pouvait se tenir debout, et cinq messagers envoyés du Dieu véritable conseillèrent à Ialdebaoth d'insuffler le souffle de vie dans la bouche d'Adam. Il fit ceci, et Adam non seulement se leva, mais devint resplendissant, et Ialdebaoth craignit aussitôt qu'il ne lui dérobe son pouvoir.

Les Pouvoirs chassèrent alors Adam dans les ténèbres inférieures. Mais la Mère prit pitié d'Adam, et lui envoie une Etincelle de Pensée de Lumière, appelée Zoé, un autre mot Grec. Puis les Archéons construisent encore un autre corps, plus dense et plus matériel, dans lequel ils emprisonnent Adam. Ils créent le Paradis dans le monde inférieur, et l'y déposent, mais les joies de son Paradis sont illusoires et pleines d'amertume. L'Arbre de Vie appartient à Ialdebaoth, et son fruit est amer; l'Arbre de la Connaissance détient l'Etincelle, ou Germe, de Lumière de la Divine Mère.

"Qu'était le Serpent qui enseigna à l'Homme de manger de cet Arbre?"demande Jean. Le sauveur répond :"Le Serpent lui enseigna le germe du désir, pour mettre Adam en esclavage; mais il vit qu'Adam ne lui obéissait pas à cause du Germe de Lumière qui était en lui". Le Serpent est, comme montré ci-dessus, Jehovah-Ialdebaoth. Il est celui qui gouverne l'Arbre de "Vie", ou désir, des corps engendrés.

Le Démiurge crée alors Eve, qui est une partie de la Lumière Adamique, mais lorsqu'il ouvre le côté d'Adam, la part de lumière s'échappe, aussi il fabrique Eve avec ce qui reste. L'apocryphe dit que le Christ Lui-même se manifesta dans la forme d'un aigle et s'assit sur l'Arbre de la connaissance, pour inciter Adam et Eve à manger du fruit de la Connaissance, dans lequel était le Germe de Lumière appartenant à la Divine Mère, par lequel ils pourraient être rachetés des ténèbres de la matière et du pouvoir de Jéhovah-Ialdebaoth, le Serpent des Ténèbres. Le germe du Démiurge est à la fois dans Adam et Eve, qui apportent Caïn et Abel; mais Seth s'échappe. Seth est l'Homme Rempli de Lumière, qui plus tard renaît en tant que Jésus le Christ, le fils véritable de Sophia, la Sagesse.

St. Paul dit, parlant d'Abraham, Sarah et Agar :"lesquelles choses sont en allégories"; et il est évident que ces Gnostiques écrivaient en allégories. Elles ne peuvent pas être comprises d'une autre manière.

Nous voyons de ceci pourquoi les Catholiques croyaient que les Manichéens adoraient Satan, puisque pour les Manichéens Jéhovah était le Satan et l'Esprit de l'Arbre de la Connaissance était le Christ. Mais ils n'adoraient pas Satan, ils adoraient le Christ, comme l'Esprit qui donnait Sagesse et Connaissance à l'humanité. L'Arbre de Vie de Jéhovah n'était pas immortalité mais "génération", un arbre généalogique.

Il y a une raison de croire que le texte de la Genèse Hébraïque, écrite d'un point de vue opposé, comme Max Heindel l'a commenté une fois, a , en fait, donné la même interprétation lorsqu'elle dit que "Adam connut Eve, et qu'elle porta Caïn"; Adam connut Eve, et elle porta Seth"; identifiant ainsi clairement la génération avec l'Arbre de la Connaissance, alors que les Gnostiques et les Manichéens donnaient cette signification à l'Arbre de Vie.

Comme dans Pistis-Sophia, un long dialogue entre Jean et le Christ est donné, couvrant de nombreux sujets d'intérêt spirituel. L'Apocryphe montre qu'il y a un véritable Esprit, qui est Au-dessus, et un Esprit Contrefait (qui imite Le Véritable) qui est en-dessous, dans l'espace inférieur. Le Salut est libéré de la "caverne de perversité" dans laquelle l'homme est emprisonné, et où il passe tous ses jours regardant les ombres. (Comparez avec le Mythe Platonique de la Grotte dans la République, Livre VII).

Il y a une guerre constante entre le Véritable Esprit et l'Esprit Contrefait revendiquant pour les âmes de l'humanité. C'est le Démiurge qui envoie ses anges en bas pour séduire les filles des hommes à chaque fois qu'elles montrent quelque inclination à s'élever des cavernes de perversité, leur enseignant les soi-disant bonnes choses de la terre, leur donnant la santé matérielle, le bonheur, et le pouvoir; leur enseignant les arts, les habiletés, et les sciences du monde physique.

Mais la Grande Mère n'oublie jamais, et elle survole encore, aller et retour, sur l'abysse du temps et de l'espace, cherchant à sauver ses enfants. Elle va vers Adam pour l'éveiller de son sommeil dans les ténèbres, lui disant :

Je suis la richesse de la Lumière

Je suis la mémoire de la Plénitude (de l'Esprit)

Je marchai dans les profondeurs des Ténèbres

Et je persévérai jusqu'à ce que j'atteigne le milieu de la prison, vers la fondation du Chaos…

Je pénétrai dans le cœur de la prison, c'est à dire, la prison du corps

Et je dis 'Que celui qui entend s'éveille du lourd sommeil!'

Et Adam s'éveilla…disant, "Qui a appelé mon nom?'

Et l'Esprit répond : 'Je suis la Pensée de l'Esprit Vierge

Qui te ré-établit dans les royaumes de gloire.

Lève-toi, et souviens-toi que

C'EST TOI- MÊME QUE TU AS ENTENDU

Et retourne vers ta racine!

Car je suis Le Miséricordieux.

Abrite-toi des anges de destruction, des démons du Chaos,

Et de tout ce qui te gêne, et élève-toi du lourd sommeil de la demeure infernale'.

L'étudiant Gnostique français Jean Doresse qu'il n'est pas toujours clair de savoir qui parle, si c'est le Sauveur, ou la Reine Vierge des Anges; et il dit que sans doute ceci insiste sur l'histoire du Christ ayant été mélangée à l'ancien mythe de la déesse Mère. La ressemblance au mythe Babylonien de la Descente d'Ishtar et du mythe Grec de Déméter cherchant Perséphone est évidente; pas pour mentionner l'Isis Egyptienne cherchant Osiris. Le poète a fait un effort, apparemment pour construire un mythe parmi de nombreux, une allégorie éclectique, universaliste, acceptable aux anciens peuples, incluant les Juifs.

Le texte utilisé par les Manichéens médiévaux en Europe peut avoir été une version éditée par Mani ou ses disciples.

Puisque Doresse n'est pas un mystique ou un occultiste, et puisqu'il interprète ces textes avec un littéralisme qui est déplorable, nous ne pouvons prendre sa parole pour la substance véritable de l'Apocryphe de jean. Il n'est pas réellement intéressé, sauf comme un vivisecteur est intéressé en découpant un animal dans un laboratoire; et c'est uniquement lorsque nous prenons en sympathie ces anciens livres dans nos consciences, en méditation et contemplation, utilisant l'imagination poétique, que nous pouvons entrer dans l'esprit en lequel ils furent écrits et ainsi en arriver à une sorte de compréhension de ces textes.

RAYS MAI JUIN 2002 ANN BARKUST

 Source : http://rosae-crucis.pagesperso-orange.fr/chantal/bible/le_livre_secret_2.htm

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Published by Traduction Chantal Duros - dans Gnose
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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 16:44

Les Eons

Ce sont d’immenses agrégats de forces naturelles, invisibles mais tangibles, créés au cours des temps par les hommes (initialement inconscients). Les éons exercent maintenant une influence coercitive sur l’existence humaine. L’autoconservation étant devenue la principale caractéristique de l'humanité, les éons, à leur tour, ont une propension à l'autoconservation.
Ils sont au nombre de douze et ont constitué, au fil des temps, un groupe hiérarchisé qui règne sur les domaines de l'espace-temps. Au prix d’une immense souffrance humaine, les entités éoniques les plus puissantes ont acquis, par rapport à la roue des naissances, un affranchissement qu’elles ne peuvent conserver qu’en entretenant cette souffrance. Elles se nourrissent des éthers libérés par la violence de la douleur et, à l'inverse, par l'ardeur de la joie intense.
Parallellement à ces influences naturelles, on trouve les forces du septuple cosmos divin. Cette septuplicité, du fait de l'état chuté du genre humain, provoque le plus souvent férocité, paresse, animosité, et son cours harmonieux et paisible se trouve contrarié et entravé de toutes les façons possibles.

ÉTYMOLOGIE

En grec, le temps, la durée, l'éternité ; lat. aevum ; goth. aivs ; sanscr. âyus ; ainsi dit parce que l'éon était une intelligence éternelle. Terme des systèmes gnostiques. Nom des émanations ou intelligences éternelles sorties du sein de l'Un. Les éons sont les substances divines qui en Dieu émanent plus immédiatement ; ils sont les uns actifs, les autres passifs ; ils sont de différents sexes : il n'y en a qu'un certain nombre.
Innombrable et illimitée, la progéniture du Père-Fils — les existants — est pourtant indivisible ; c’est qu’elle est issue de lui, Père et Fils, à la manière de baisers : par l’effet de leur surabondance, le baiser de personnes s’embrassant mutuellement dans une pensée bonne et insatiable est unique, bien que s’exprimant en de multiples baisers. Telle est l’Église nombreuse, qui préexiste aux éons, que l’on appelle à juste titre « les éons des éons ».
Il est impossible à un intellect de les concevoir — telle est la perfection de ce lieu-là — et nulle parole ne les peut dire, car ils sont ineffables et ils sont au-dessus de tout nom. Ils sont inconcevables. Eux seuls néanmoins ont le pouvoir de s’attribuer des noms afin de se concevoir. En effet, ils ne sont pas enracinés ici-bas. Car ceux qui appartiennent à ce lieu-là sont ineffables et indénombrables, selon cette constitution. Car telle est la forme, la manière et la sorte, la joie et l’allégresse de l’Inengendré, innommé, au-dessus de tout nom, inconcevable, invisible et insaisissable ; c’est le Plérôme de la Paternité, si bien que sa surabondance est devenue procréation. Tant qu’ils sont demeurés dans la Pensée du Père, c’est-à-dire tant qu’ils sont demeurés dans la Profondeur cachée, la Profondeur les connaissait certes, mais eux ne pouvaient connaître la Profondeur en laquelle ils se trouvaient, ni se connaître eux-mêmes, ni connaître quoi que ce soit d’autre.
Ils existaient avec le Père, et ils n’existaient pas pour eux-mêmes, mais ils possédaient leur existence seulement comme une semence, de sorte qu’on peut comparer leur existence à celle d’un embryon. Il les a engendrés comme le logos qui existe à l’état de semence avant que ne viennent à l’existence les choses qu’il produit.
C’est également pour cela que le Père a prévu à leur sujet non seulement qu’ils existeraient pour lui, mais qu’ils existeraient aussi pour eux-mêmes ; qu’ils existeraient donc dans sa pensée en tant que substance intellectuelle, mais qu’ils existeraient aussi pour eux-mêmes.
Ils sont des intellects d’intellects, qui se trouvent être des logoi de logoi, supérieurs de supérieurs, degrés de degrés, plus élevés les uns que les autres.

Les douze éons de la perdition :

L’homme-âme dialectique de cette nature se maintient au moyen de douze forces. Dans notre École il est question de douze forces astrales planétaires, à savoir : huit forces éthériques, deux forces astrales et deux forces spinales. Ces douze forces planétaires sont les mêmes que celles dont parle la Pistis Sophia, quand elle dit que toutes les âmes naissent des forces des archontes de ces sphères. Les archontes sont les forces de la damnation, comme le dit la Pistis Sophia. - Les noyaux de ces forces sont désignées comme étant les “éons de la perdition”. Les douze éons de la perdition sont les douze foyers de la lipika, tant cosmique que microcosmique. Comme telles, ces douze forces ne sont jamais libératrices pour l’homme mais sont, sans exception, corruptrices pour l’humanité. C’est pourquoi elles sont désignées comme les douze portes de la perdition.

Le zodiaque, les 12 éons

Pour le comprendre, il faut avoir quelques notions de ce qu’on entend par zodiaque, les douze signes qui gouvernent directement l’univers dialectique. Ces douze forces tiennent enfermé l’univers dialectique entier et le régissent. Ce sont les autorités divines dialectiques supérieures qui déterminent la dodécuple personnalité de l’être humain.

Ils forment:

1. - la conscience dialectique;

2. - l’instinct dialectique de possession;

3. - l’idée dialectique de fraternité;

4. - l’idée dialectique de patrie (concrétisation sur terre du Royaume des cieux);

5. - l’idéal dialectique de force, courage, héroïsme;

6 .- l’idéal dialectique de fécondité;

7. - l’idée dialectique de vie en harmonie;

8. - l’idée dialectique du développement s'exprimant par l'occultisme;

9. - le rêve de la divinisation dialectique;

10. - la première étape de la réalisation de cette divinité illusoire, au sens mental;

11.- la deuxième étape, au sens éthique;

12.- la troisième étape au sens d'une manifestation matérielle ne signifiant rien d'autre qu'une souffrance infinie.

Or cette chaîne dodécuple forme la grande prison de la nature de la mort: douze dieux, dont émanent douze idées, douze illusions, douze tentatives.

Les mystères de la magie du Treizième Éon :

Et si, sur cette voie de retour à la liberté des mystères transfiguristiques, un pauvre esseulé est arraché à la gigantesque emprise de l'univers de la mort, c'est un vrai miracle! Pour expliquer cet insigne et merveilleux événement, il est écrit aux chapitres 19 et 20 de la Pistis Sophia :
Marie dit : Seigneur, les hommes qui connaissent les mystères de la magie de tous les archontes de tous les éons, et la magie des archontes du destin et de ceux de la sphère, celle que les anges déchus leur ont apprise pour contrecarrer les bonnes actions et qu'ils invoquent dans leur mystère, c 'est-à-dire, leur magie noire, ces hommes les accompliront-ils désormais ou non?»
Jésus fit cette réponse à Marie : «Ils ne l'accompliront pas de la façon dont ils l'ont accomplie depuis le commencement, parce que je leur ai enlevé un tiers de leur force. Mais ils demanderont des forces à ceux qui connaissent les mystères de la magie du Treizième Eon. Et s'ils invoquent les mystères de la magie de ceux qui se trouvent dans le Treizième Eon, ils l'accompliront de façon sûre et certaine, parce que je n'ai retiré aucune force de ce domaine, conformément à l'ordre du Premier Mystère. Celui qui coopère avec le Treizième Eon, qui, de tout son être, se consacre à la Fraternité du Trésor de la Lumière, avec le désir du salut et en totale reddition de lui-même, a évidemment remis à ce Treizième Éon son potentiel magique, son pouvoir magique. Cet Éon n'emploie pas cette Force pour transformer le spatio-temporel en quelque chose de durable et d'éternel, mais pour nous attirer dans le nouveau Champ de vie; pour vous élever, avec votre force tout entière et grâce à elle, une fois que vous serez purifié. Vous possédez une force, un bien inaliénable. Cette force vous met en interaction magique, en relation magique avec les éons de la nature ordinaire; et c'est avec votre force qu'ils vous animent en vue de la mort. Mais si, avec cette même force, vous entrez en liaison avec le Treizième Éon, alors vous êtes animé en vue de la Vie. Cette animation pour la mort dégénère et dénature complètement votre microcosme. Mais l'animation pour la Vie le transfigurera totalement. Tel est le grandiose mystère de la libération. Il s'agit ici de deux lois magiques; mais sur les deux, une seule peut opérer. Que faites-vous de votre force, vous, en tant que microcosme? Si vous acceptez de livrer votre force à la Gnose, la Loi de la libération devient opérante en ce qui vous concerne. Vous ne dépendez plus de la seule volonté de la Fraternité, mais vous êtes parfaitement en mesure de mener à bien, vous-même, votre propre accomplissement.

Source : http://gnose.free.fr

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 16:42

«Les autorités créèrent leur ouvre par  une action conjointe d’elles mêmes et de toutes leurs puissances. Les autorités modelèrent un modelage d’après elles-mêmes et chaque puissance créa une âme à partir de sa puissance propre, l’âme. Elle créa cette âme d’après l’image qu’elle avait vue, à l’imitation de celui qui  existe depuis le commencement, l’Homme parfait. Les puissances dirent : “Nommons-le Adam afin que le nom de celui-ci ainsi que sa puissance deviennent pour nous lumière”.

 

« Et les puissances commencèrent à partir de l’intérieur. La première puissance, Divinité, est une âme d’os ; la deuxième, Souveraineté, une âme de nerf ; la troisième, Jalousie, une âme de chair ; la quatrième, Pronoia, une âme de moelle ainsi que la constitution totale du corps ; la cinquième, Royauté, une âme de sang ; la sixième, Compréhension, une âme de peau ; la septième, Sophia, une âme de cheveux. Et ces puissances mirent en ordre le corps entier.

 

« Alors leurs anges les assistèrent et créèrent à partir de ce qui avait été précédemment préparé par les autorités comme support  de l’âme, l’ordre d’ajointement des membres. Et le corps entier fut créé, étant assemblé par la foule des anges dont j’ai parlé précédemment.

 

« Et ce corps demeura inactif un long moment car les sept autorités ne purent le mettre debout pas plus que les trois cent soixante anges qui avaient procédé à l’ajointement.

 

« Alors la Mère voulut reprendre la puissance qu’elle avait donnée à l’Archonte par impétuosité et sans méchanceté. Elle adressa une supplique au Père dont la miséricorde est abondante, ainsi qu’aux quatre lumières. Et il envoya, par décision sainte, l’Autogène et les quatre lumières sous l’aspect d’anges du Premier Archonte.

 

« Ils le conseillèrent dans le but d’extirper de lui la puissance de la Mère. Ils lui dirent : “ Souffle dans son visage l’Esprit qui est en toi et l’ouvre se mettra debout !” Et le premier Archonte souffla dans cette oeuvre un Esprit qui n’est autre que la Puissance de la Mère, le faisant passer de lui dans le corps. Et celui-ci se mut  aussitôt.

 

« Alors le reste des autorités fut jaloux de Yaldabaôth, car c’était d’elles toutes que l’homme était issu, et elles donnèrent à celui-ci  les puissances issues d’elles et il devint ainsi possesseur des âmes des sept autorités et de leurs puissances. Sa pensée devint alors supérieure à celle de ceux qui l’avaient créé et à celle du Premier Archonte.

 

« Mais Yaldabaôth et ses autorités comprirent que l’homme s’était dépouillé du mal en devenant plus sage qu’eux et qu’il avait accédé  à la lumière. Il le prirent alors et l’entraînèrent vers les régions les plus basses de toute la matière.

 

« Le bienheureux Père, bienfaiteur miséricordieux, manifesta sa compassion envers cette puissance de la Mère qui avait été soustraite à l’Archonte, afin qu’elle exerce sa domination sur le corps. Il envoya son Esprit  bienfaisant et miséricordieux, Épinoia de la lumière, comme aide pour le premier à être descendu, celui qu’ils avaient appelé Adam. C’est elle qu’Adam a nommée « Vie ».

 

« C’est elle qui travaille à la création entière, peinant avec elle, l’érigeant pour en faire son propre temple parfait, et lui ouvrant les yeux au sujet de la descente de sa déficience en lui enseignant sa remontée.

 

« Et Épinoia de la lumière se trouva donc cachée en lui de sorte que  les archontes ne perçoivent pas sa présence, mais que notre consoeur Sophia qui est semblable à nous corrige ses déficiences grâce à Épinoia de la lumière.

 

« L’homme devint lumineux à cause de l’ombre de lumière qui est en lui. Et il devint supérieur à ses créateurs. Et toutes les autorités archontiques firent un signe d’assentiment  voyant que l’homme les surpassait.

 

«Les autorités tinrent conseil avec tout le corps angélique des archontes et le reste de leurs pouvoirs. Alors le souffle et la terre furent mélangés à l’eau et à la flamme ; ils les assemblèrent au moyen des quatre vents au souffle brûlant, les unissant ensemble. Provoquant une grande confusion ils introduisirent l’homme dans l’ombre de la mort. Ils firent donc un autre modelage, une nouvelle fois, mais à partir de terre, d’eau, de feu et de souffle, c’est-à-dire à partir de matière, de ténèbres, de désir et d’Esprit contrefait.

 

« Le voilà le lien ! Le voilà le tombeau du modelage du corps dont les voleurs ont revêtu l’homme comme d’un lien matériel, le lien de l’oubli ! Et c’est ainsi que l’homme est devenu mortel. La voilà la descente primordiale et la séparation primordiale ! Mais l’Ennoia de la lumière préexistante est en lui, éveillant sa pensée !

 

« Le Premier Archonte prit l’homme et le plaça dans ce paradis, dont il disait qu’il est délices pour lui, mais c’est afin de le tromper, car leur nourriture est amère, et leur  beauté perverse. Leur nourriture est tromperie et leur arbre, impiété. Leur fruit est un poison qui n’apporte pas la guérison et leur promesse est mort pour lui.

 

« C’est en prétendant qu’il était l’arbre de la vie qu’ils ont planté leur arbre ; mais je vous enseignerai que le mystère de leur vie c’est l’Esprit contrefait fait par eux afin de détourner l’homme de sorte qu’il ne conçoive pas par la pensée sa plénitude.

 

« Cet arbre est ainsi fait : sa racine est amère, ses branches sont ombres de mort, son feuillage est haine et tromperie, son huile est onction de perversité et son fruit désir de  la mort. Sa semence ne s’abreuve que d’obscurité. Ceux qui goûtent à cet (arbre), leur lieu de séjour est l’Hadès.

 

« Quant à l’arbre qu’ils disent être  “pour connaître le bien et le mal”, c’est Épinoia de la lumière, celle à propos de qui ils ont fait commandement de ne pas goûter, c’est-à-dire de  ne pas lui obéir. En effet ce commandement a été édicté contre l’homme afin qu’il ne regarde pas en haut, vers sa plénitude, et qu’il ne pense pas qu’il est nu de sa plénitude. Mais c’est Moi qui l’ai redressé  pour qu’il mange ! »

 

Je lui dis : « Seigneur ! N’est-ce donc pas le serpent qui a instruit l’homme ? » Il rit et dit : « Le serpent  leur a enseigné le désir de procréation, qui est souillure et corruption, pour que ce désir soit utile pour lui-(même).

 

« Et le Premier Archonte sut qu’Adam ne lui avait pas obéi parce qu’il était plus intelligent que lui. Aussi désira-t-il reprendre la puissance qui lui avait été retirée au profit d’Adam. Et il jeta un égarement sur Adam. »

 

Je lui dis : «Seigneur ! qu’est-ce que l’égarement ? » Alors il me dit : «Ne l’interprètes pas comme l’a dit Moïse : “il l’a fait dormir”, mais comprends qu’il voila les perceptions  d’Adam d’aperception et, en effet, il a parlé par la bouche du prophète en disant : “J’appesantirai les oreilles de leur cour pour qu’ils  ne pensent pas et ne voient pas”.

 

« Épinoia de la lumière se cacha alors en Adam et dans son désir de la posséder, l’Archonte voulut l’en faire sortir au moyen de la côte. Mais comme  Épinoia de la lumière est un être insaisissable, les ténèbres, bien qu’elles aient poursuivi sa lumière, ne purent la saisir.

 

«L’Archonte voulut alors amener la puissance hors d’Adam en faisant un nouveau modelage mais en forme de femme et mit celle-ci debout devant Adam. Cela ne se passa donc pas comme l’a dit Moïse : “il prit une côte”, mais il créa une femme et la plaça auprès de lui.

 

 « À cet instant Adam fut dégrisé de l’ivresse des ténèbres, car Épinoia de la lumière retira le voile qu’il avait sur le cour. Aussitôt qu’il connut sa co-essence qui lui ressemble, il dit : “Maintenant tu es un os de mes os et de la chair de ma chair !”

 

« C’est pourquoi l’homme quittera son Père et sa Mère, s’unira à sa femme et ils deviendront, eux deux, une chair unique, parce que le conjoint de la Mère sera envoyé pour que soient redressées les déficiences de celle-ci.

 

« C’est pourquoi Adam la nomma : “mère de tous les vivants”.

 

« Par décision de la Souveraineté d’en haut et par révélation, Épinoia enseigna à Adam la connaissance par l’intermédiaire de l’arbre, sous l’aspect d’un aigle. Elle lui apprit à manger la connaissance, afin qu’ils se souviennent  de leur plénitude, car s’était produite dans les deux la chutedans l’ignorance.

 

« Yaldabaôth comprit qu’ils s’écartaient de lui et il les maudit. Et il ajouta en plus à l’adresse de la femme que son mari la dominerait, sans connaître le mystère qui s’était produit par  décision sainte d’en haut. Mais eux eurent peur de le maudire en révélant son ignorance à ses anges. Et il les jeta hors 62 du paradis et les revêtit d’épaisses ténèbres.

 

« Yaldabaôth vit alors la vierge qui se tenait auprès d’Adam. Il fut rempli d’ignorance et voulant susciter d’elle une semence, il la souilla et engendra un premier fils, et semblablement un deuxième : Yaoué, face d’ours et Eloïm, face de chat. L’un est juste et l’autre est injuste. Eloïm est le juste et Yaoué  l’injuste. Le juste, il l’a établi sur le feu et le souffle ; l’injuste, il l’a établi sur l’eau et la terre. C’est eux que toutes les générations ont nommés Abel et Caïn.

 

« Jusqu’à aujourd’hui, l’union matrimoniale instituée par le Premier Archonte a duré. Il a semé en Adam un désir de procréation de sorte que, grâce à cette nature archontique, ils engendrent à la ressemblance de Yaoué et Eloïm, à l’instigation de leur Esprit contrefait.

 

« Quant aux deux archontes, Yaoué et Eloïm, il les a établis sur les éléments afin qu’ils gouvernent sur le tombeau.

 

« Ayant connu sa propre essence Adam engendra Seth sur  le modèle de la génération qui est en haut dans les éons.

 

« De la même façon fut envoyé à la Mère son propre Esprit, pour qu’il fasse se lever ceux qui sont de même nature que lui Seth  mais sont dans la figure de la plénitude, et qu’il les conduise hors de l’oubli et du mal du tombeau.

 

« Et ceux-ci demeurèrent un temps ainsi, pendant qu’elle ouvre en faveur de la semence afin que, lorsque l’Esprit Saint viendra des grands éons, il les établisse hors de leur déficience  en vue de la restauration de l’Éon pour que cet éon soit dans une plénitude sainte et qu’ils ne soient plus déficients. »

 

Je dis alors : « Seigneur ! Toutes les âmes  seront-elles sauvées dans la lumière pure ? » Il me dit : « Tu as accédé à l’Ennoia de grandes réalités qu’il est difficile de dévoiler à d’autres 65 qu’à ceux qui appartiennent à cette génération inébranlable.

 

« Ces âmes sur qui l’Esprit de vie descend et en qui il s’unit à la puissance, seront sauvées et deviendront parfaites et seront dignes de monter vers ces grandes lumières. Là, en effet, elles sont purifiées de tout mal et libérées des liens de la perversité puisqu’elles ne se sont appliquées à rien d’autre qu’à (promouvoir) ce rassemblement incorruptible, se souciant de ce rassemblement sans colère, ni jalousie, ni crainte, ni désir, ni rassasiement. Elles n’étaient affectées par aucune de ces passions, mais seulement par la condition charnelle pendant qu’elles s’en servent, guettant (le moment) où elles seront reçues  par les receveurs dans la dignité de la vie éternelle et de l’appel, endurant tout, supportant  tout pour mener à sa perfection le combat et hériter de la vie éternelle. »

 

Je lui dis : « Seigneur ! Qu’advient-il des âmes de ceux qui n’ont pas [fait] cela ? Où se rendront celles d’entre elles en qui l’Esprit de vie s’est associé à la puissance ? Seront-elles sauvées ou non ? » Il me dit : « Celles en qui cet Esprit entre, en tout état de cause seront sauvées (car) celles-là fuient le mal. La puissance 5 entre en effet dans tous les hommes, car sans elle ils ne pourraient tenir debout. C’est après que l’homme soit né que l’Esprit de vie est amené vers l’Esprit contrefait. Lorsque l’Esprit de vie vient, lui qui est vigoureux, il fortifie l’âme, c’est-à-dire la puissance, et l’Esprit contrefait ne l’égare plus vers la perversité. Mais au contraire celui  en qui l’Esprit contrefait descend est attiré par celui-ci et tombe dans l’erreur. »

 

Je dis alors : « Seigneur ! Les âmes de ceux-ci, lorsqu’elles sortiront de la chair, où iront-elles ? » Mais lui, rit et dit : Elles se rendent vers un lieu destiné à l’âme, c’est-à-dire à la puissance qui l’a emporté sur l’Esprit contrefait. Cette âme est vigoureuse. Elle fuit les ouvres perverses, et est sauvée par la visite incorruptible, puis elle accède au repos des éons. »

 

Je dis alors : « Seigneur ! Ceux qui n’ont rien connu du tout qu’advient-il de leurs âmes ? Où iront-elles ? » Il me dit : « L’Esprit contrefait a pesé sur celles-ci quand elles ont trébuché et, par ce moyen, il accable leur âme, l’oriente vers les ouvres perverses et l’entraîne dans 5 l’oubli. Ainsi, après qu’elles ont été dénudées du corps, elles sont livrées aux autorités qui relèvent de l’Archonte. Celles-ci les jettent à nouveau dans des liens et elles tournent avec ces autorités jusqu’à ce qu’elles soient délivrées du mal et de l’oubli, et acquièrent la connaissance. Ainsi elles atteignent la perfection et sont sauvées. »

 

Je dis alors : « Seigneur ! Comment l’âme peut-elle redevenir petite et retourner dans le sein de la Mère ou dans l’Homme ? » À ma question, il se réjouit et dit : «Tu es bienheureux en vue d’un accompagnement ! Cette âme est en effet remise à un autre qui appartient au lieu de l’Esprit de vie. Elle l’accompagne, lui obéit et est sauvée. Ainsi ces âmes ne retournent pas dans une chair à partir de ce moment. »

 

Je lui dis : « Seigneur ! ceux qui après avoir accédé à la connaissance  s’en sont détournés, qu’advient-il de leurs âmes et où sont-elles conduites ? » Il me dit : « Ils iront vers le lieu dans lequel les anges de la pauvreté conduisent ceux  pour qui la repentance n’est pas venue et ils y seront gardés en vue du jour où ils seront châtiés. Quiconque a blasphémé l’Esprit Saint sera  torturé dans un châtiment éternel. »

 

Je dis alors : « Seigneur ! D’où est venu l’Esprit contrefait ? » Il me dit : « Lorsque la Mère riche en miséricorde s’est associée à l’Esprit Saint miséricordieux qui a peiné avec nous, c’est-à-dire à l’Épinoia de la lumière unie à la semence, cet Esprit éveilla la pensée des hommes de la génération de cet Homme parfait, lumière éternelle. Le Premier Archonte comprit alors que ceux de la semence de Seth lui étaient devenus supérieurs par l’éminence de leur sagesse. Il voulut s’accaparer leur conseil, car, du fait de son ignorance, il ne savait pas  que les membres de ce conseil étaient plus sages que lui.

 

«Le Premier Archonte tint donc conseil ; il engendra la Fatalité et lia  au moyen de mesure, de temps et de moments, dieux des cieux, anges, démons et hommes, afin que tous soient pris dans le lien de cette Fatalité qui règne sur chaque chose ; dessein mauvais et pervers !

 

« Et le Premier Archonte se repentit à propos de ceux qui étaient venus à l’existence par son action. Il tint conseil  en vue de provoquer un déluge sur tout l’édifice humain. Alors la grandeur de Pronoia se souvint, elle qui s’identifie à Épinoia de la lumière  et elle révéla la chose à Noé qui l’annonça aux hommes. Mais ils ne le crurent pas.

 

« Cela ne se passa pas comme Moïse l’a dit : “Ils se cachèrent dans une arche”, mais ils se mirent à l’abri dans un lieu, pas seulement Noé mais aussi d’autres hommes de la génération inébranlable. 10 Ils allèrent vers un lieu et se mirent à l’abri au moyen d’un nuage de lumière.

 

« Et Noé connut la Souveraineté d’en haut lui et ceux qui sont avec lui dans  la lumière qui avait brillé pour eux parce que les ténèbres s’étaient répandues sur tout ce qui est sur terre.

 

« Puis l’Archonte tint conseil avec ses 74 anges et il envoya ses anges vers les filles des hommes afin qu’ils suscitent d’elles une semence pour 5 leur satisfaction. Mais ils n’y parvinrent pas la première fois.

 

« Et n’y étant pas parvenus, ils se réunirent (alors) tous en conseil afin de créer l’Esprit contrefait à l’imitation de l’Esprit qui était descendu. Alors leurs anges se transformèrent prenant l’apparence des époux de celles-ci afin de les remplir de cet Esprit issu d’eux, Esprit plein des ténèbres qui proviennent de la perversité. Ils leur apportèrent de l’or, de l’argent, des présents, ainsi que les métaux de bronze, de fer et toutes sortes de choses. Ils les entraînèrent vers des distractions afin qu’elles ne se souviennent plus de leur Pronoia inébranlable.

 

« Ils les prirent et ils engendrèrent des enfants  issus des ténèbres provoquées par leur Esprit contrefait. Et ils fermèrent les cours de ces (enfants) et ils devinrent durs de la dureté même de l’Esprit contrefait  jusqu’à maintenant. En conséquence de cela la Bienheureuse Mère-Père à l’abondante miséricorde, reçoit forme dans sa semence.

 

« Je suis d’abord monté vers  l’Éon parfait, mais je te dis ces choses maintenant pour que tu les mettes par écrit et les transmettes à ceux qui partagent le même Esprit que toi, en secret, car ce mystère  est celui de la génération inébranlable. Cette Mère est venue une autre fois avant moi, ce qu’elle a fait dans le monde c’est restaurer la déficience, mais moi je vous enseignerai ce qui adviendra !

 

« Et en effet je t’ai transmis ces choses pour que tu les écrives et qu’elles soient conservées en sécurité. »

 

Il me dit alors : « Maudit soit quiconque échangera ces paroles contre un présent ou contre de la nourriture ou contre de la boisson, ou contre un vêtement ou contre autre  chose du même genre. »

 

Le Seigneur confia ce mystère à (Jean et devint aussitôt invisible pour lui. Alors celui-ci vint vers ses condisciples et commença à leur dire les paroles) qui lui avaient été dites par le Sauveur.

 

Le Livre des secrets de Jean

 

Commentaire : à comparer avec le Sepher Yetsirah, le Livre de la Création de la Kabbale.

Source : http://gnose.free.fr

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 16:37

Il arriva, pendant l’un de ces jours où Jean, frère de Jacques, — ce sont les fils de Zébédée — était monté à Jérusalem, qu’étant monté au Temple, un pharisien du nom d’Arimanias s’approcha de lui et lui dit : « Où est ton maître, celui que tu suivais ? » Jean lui dit : « Il est retourné dans le lieu d’où il était venu. » Le pharisien lui dit : « Ce Nazôréen vous a fait errer dans l’erreur et vous a rempli les oreilles de mensonges. Il a fermé vos coeurs et vous a détournés des traditions de vos pères. »

 

Lorsque j’entendis ces propos, je me détournai  du Temple, me dirigeant vers la Montagne, vers un lieu désert. Je m’affligeais beaucoup et je disais : « Comment le Sauveur a-t-il donc été mandaté ? Pourquoi a-t-il été envoyé dans le monde  par son père qui l’a envoyé ? Qui est son père ? Et de quelle nature est cet éonvers lequel nous irons ? Il nous a dit  que cet éon où nous sommes avait reçu la figure de cet éon incorruptible où nous irons, mais ne nous a pas instruits de ce dernier en nous disant de quelle nature il était ? »

 

À cet instant, alors que je réfléchissais à cela, les cieux s’ouvrirent, la création entière fut illuminée par une lumière qui apparut en  dessous des cieux et le monde entier fut ébranlé. Je fus effrayé et je me prosternai. Et voici que m’apparut un enfant. Mais il changea son aspect, prenant celui d’un vieillard en qui se trouvait de la lumière. Je regardai, mais sans comprendre ce prodige. S’agissait-il d’une apparence ayant des formes multiples dans la lumière et  dont les formes avaient été manifestées les unes par les autres comme si elle était une ? Mais alors comment avait-elle trois aspects ?

 

Il me dit : « Jean, pourquoi doutes-tu et es-tu effrayé? Tu n’es pas étranger à cette apparence. Ne sois pas pusillanime. Je suis avec vous en tout temps. Je suis  le Père, je suis la Mère, je suis le Fils. Je suis celui qui existe éternellement, celui qui est sans souillure et sans mélange. Je suis venu maintenant t’instruire de ce qui est, de ce qui a été  et de ce qui doit advenir afin que tu connaisses les choses invisibles comme les choses visibles, et t’instruire aussi au sujet de l’Homme parfait.

 

 « Maintenant donc lève ton visage, écoute et  . . . ce que je te dirai aujourd’hui afin de le proclamer toi-même à ceux qui partagent le même Espritque toi, eux qui sont issus de la génération inébranlable de l’Homme parfait. »

 

Et comme j’interrogeai afin d’accéder à la pensée, il me dit : «la Monade étant une monarchie, aucun pouvoir ne s’exerce sur elle qui est le dieu et père de toutes choses, le saint, l’invisible établi au-dessus de toutes choses, établi dans son incorruptibilité, établi dans la lumière pure qu’une lumière oculaire ne peut percevoir. La Monade est l’Esprit.

 

« Il n’est cependant pas convenable de concevoir cet Esprit comme dieu ou en des termes similaires, car il est plus qu’un dieu, il est un pouvoir au dessus duquel n’existe aucun pouvoir puisque personne n’existe avant lui.

 

« Il n’a pas non plus besoin de ceux-là les éons qui viennent après lui : il n’a pas besoin de Vie, car il est éternel. Il n’a pas besoin de quoi que ce soit, car il est imperfectible, dans la mesure où il n’a pas de déficience qui le rende perfectible. Il est au contraire totalement parfait en tout temps. Il est lumière.

 

 « Il est l’illimité car nul n’existe avant lui pour le limiter. Il est l’indistinct car nul n’existe avant lui pour lui imposer une distinction. Il est l’incommensurable car personne d’autre ne l’a mesuré, qui existe avant lui. Il est l’invisible car  nul ne l’a vu, lui cet éternel toujours existant. Il est l’indicible car nul n’existe qui l’appréhende de façon à le dire. Il est l’innommable car 5 il n’est personne qui existe avant lui pour le nommer.

 

« Il est la lumière incommensurable, sans mélange, sainte, pure, indicible, parfaite et incorruptible.

 

« Il n’est ni perfection, ni béatitude, ni divinité, mais quelque chose de supérieur à ces notions. Il n’est ni illimité ni limité, mais quelque chose de supérieur à ces notions, car il n’est ni corporel, ni incorporel, ni grand, ni petit, ni une quantité, ni une créature.

 

« Nul ne peut non plus le  penser, puisqu’il n’est rien de ce qui existe, mais est quelque chose de supérieur à ces notions, non du fait qu’il possèderait une supériorité, mais comme s’il était sa propre possession.

 

« Il ne fait pas partie des éons ; le temps n’existe pas pour lui. Si quelqu’un, en effet, fait partie d’un éon, c’est que d’autres ont  préparé cet éon pour lui. Et le temps ne lui a pas été imposé comme limite puisqu’il n’a pas reçu d’un autre qui le limite. Et il est sans besoin car il n’y a absolument personne avant lui.

 

« C’est en  s’adressant à lui-même ses demandes, dans la plénitude de la lumière, qu’il pense la lumière sans mélange, la grandeur incommensurable. C’est ainsi qu’il est l’Éon car le dispensateur d’éon, la lumière, car le dispensateur de lumière, la vie, car le dispensateur de vie, le bienheureux, car le dispensateur de béatitude, la connaissance, car le dispensateur de connaissance. Il est en tout temps le bien, car le dispensateur de bien, le faiseur de bien, non à la mesure de ce qu’il possède mais à la mesure de ce qu’il dispense. Il est la grâcequi dispense grâce, la lumière incommensurable.

 

 « Que te dirai-je au sujet de cet être insaisissable ? Qu’il ressemble à la lumière. C’est dans la mesure où j’ai la capacité de le comprendre ! — car qui pourra jamais le comprendre —que je pourrai en parler avec toi.

 

« Son éon est incorruptible, en quiétude, se reposant en silence. Existant avant toutes choses, il est la tête de tous les éons, car sa Bonté dispense tous les éons, si toutefois il existe un autre attribut auprès de lui. Aucun d’entre nous en effet n’a connaissance de ce qui concerne cet incommensurable hormis celui qui a habité en lui. C’est lui qui nous en a parlé.

 

« C’est lui, l’Esprit, qui se pense lui-même dans sa propre lumière qui l’entoure. C’est lui qui est la source d’eau vive, la lumière pleine de pureté. La source de l’Esprit s’écoula, venant de l’eau vive de la lumière. Et il  organisa tous les éons et  leurs ordres. En toutes formes il pensa sa propre image en la voyant dans l’eau de lumière pure qui l’entoure.

 

« Et son Ennoia devint une ouvre, se manifesta et se tint devant lui dans le flamboiement de la lumière. Elle est la puissance manifestée antérieurement à toutes choses.

 

« Elle est laPronoia de toutes choses qui brille dans la lumière, l’image de l’Invisible.

 

Elle est la puissance parfaite, Barbélô, l’éon parfait de gloire qui glorifie l’Esprit pour l’avoir manifestée.

 

Et quand elle le pense, elle est Prôtennoia, son image.

 

« Elle devint ainsi un Homme primordial qui n’est autre que l’Esprit virginal triple mâle à la  triple puissance, au triple nom, éon non vieillissant, car androgynesorti de la Pronoia de l’Esprit.

 

« Et  Barbélô demanda à l’Esprit que lui soit donnée la prescience. Il fit un signe d’assentiment. Lorsqu’il eut fait un signe d’assentiment Prescience se manifesta, se tint auprès  d’Ennoia qui s’identifie à Pronoia, glorifiant l’invisible Esprit ainsi que la puissance parfaite, Barbélô, car c’est par son intervention qu’elle est venue à l’existence.

 

« À nouveau cette puissance, Barbélô, demanda que lui soit donnée  l’incorruptibilité. Et il fit un signe d’assentiment. Lorsqu’il eut fait un signe d’assentiment, Incorruptibilité se manifesta. Elle se tenait auprès d’Ennoia et de Prescience, et elles glorifiaient l’invisible Esprit et Barbélô car c’est par son intervention qu’elles sont venues à l’existence.

 

« Elle demanda enfin que lui soit donnée la vie éternelle. Il fit un signe d’assentiment. Lorsqu’il eut fait un signe d’assentiment, Vie-éternelle se manifesta. Et elles se tenaient là glorifiant l’Esprit ainsi que Barbélô puisque c’est par l’intervention de celle-ci qu’elles sont venues à l’existence, par la manifestation de l’invisible Esprit.

 

« Telle est la pentade des éons du Père qui s’identifie à  l’Homme primordial. Telle est l’image de l’Invisible qu’est Barbélô associée à Ennoia, Prescience, Incorruptibilité et Vie-éternelle. Telle est la pentade androgyne qui constitue la décade des éons du Père.

 

« Barbélô regarda intensément vers  la lumière pure. Elle entoura celle-ci et enfanta une étincelle de lumière qui ressemble à la lumière bienheureuse, mais qui ne lui était pas égale en grandeur.

 

« C’est  le Monogène manifesté par le Père, le Dieu autogène, le Fils premier engendré de tous ceux qui appartiennent au Père, la lumière pure.

 

« Alors le grand Esprit invisible se réjouit à cause de la lumière qui avait été manifestée par la première puissance, sa Pronoia, Barbélô. Et il  oignit ce Fils de sa Bonté/Messianité, afin qu’il devienne parfait et qu’il soit sans besoin étant devenu bon/Christ, puisqu’il l’a oint de la Bonté/Messianité que l’invisible Esprit a versée sur lui. Et le Fils reçut l’onction de l’Esprit virginal  et se tint en sa présence glorifiant l’invisible Esprit ainsi que celui par qui il a été manifesté.

 

« Et le Fils demanda que lui soit donné un partenaire, l’intellect. L’invisible Esprit fit un signe d’assentiment. Alors Intellect se manifesta et se tint auprès de lui ainsi que de Bonté/Messianité, glorifiant l’invisible Esprit ainsi que Barbélô.

 

« Toutes les oeuvres qui précèdent ont été produites dans un silence associé à Ennoia.

 

«Alors L’invisible Esprit voulut faire une oeuvre au moyen d’une parole. Sa Volonté devint une ouvre. Elle se manifesta et se tint avec Intellect  et la lumière, le glorifiant. La parole suivit Volonté, car c’est par la parole que le Christ a créé toute chose, lui le Dieu autogène.

 

«Quant à Vie-éternelle et  Volonté d’une part et Intellect et Prescience d’autre part, ils se tinrent là  glorifiant l’invisible Esprit ainsi que Barbélô car c’est d’elle qu’ils sont issus.

 

« Le grand Esprit invisible conféra la perfection au Dieu autogène, Fils de Barbélô, pour qu’il se tienne auprès de grand Esprit invisible. Il est le Dieu autogène, le Christ, que l’Esprit a honoré d’un grand honneur parce qu’il était issu de sa Prôtennoia. Il est celui que l’invisible Esprit a établi comme Dieu sur toute chose, Dieu  véritable.

 

«L’Esprit lui donna toute autorité et fit en sorte que la vérité qui est en lui-même fut mise à la disposition de ce Dieu véritable, afin qu’il pense toute chose lui dont le nom ne sera dit qu’à ceux qui en sont dignes.

 

« C’est de  la lumière qu’est le Christ et d’Incorruptibilité, par le don de l’Esprit invisible, que la tétrade des grandes lumières fut manifestée hors du Dieu autogène afin de l’assister.

 

« La triade est composée de Volonté, Ennoia et Vie.

 

« La tétrade, quant à elle, est composée de Grâce, Compréhension, Perception et Intelligence.

 

« Grâce est avec la première lumière, Armozel, l’ange  qui est dans le premier éon, et avec lui sont trois éons : Grâce, Vérité, et Forme. La deuxième lumière, Oroïael est celle qu’il a établie sur le deuxième éon ; avec elle sont trois éons qui sont Pronoia, Perception et Mémoire. La troisième lumière, Daveïthé, a été établie sur le troisième éon ; avec elle sont trois éons qui sont  Compréhension, Amour et Apparence. Quant à la quatrième Lumière, Éléleth, elle a été établie sur le quatrième éon ; avec elle sont trois éons qui sont Perfection, Paix et Sophia.

 

« Telles sont les quatre lumières qui se tiennent auprès du Dieu autogène, les  douze éons qui assistent l’enfant, le grand Christ autoengendreur, par le don et le bon plaisir de l’invisible Esprit. Ceux-ci sont les douze éons qui appartiennent au Fils  autoengendré. C’est par la volonté de l’Esprit Saint que toutes choses ont été affermies par l’Autogène.

 

« De la Prescience  de l’Intellect parfait, par le don et le bon plaisir du grand Esprit invisible et en présence de l’Autogène, l’Homme parfait véritable qui fut le premier manifesté fut appelé du nom d’Adamas. Et il fut installé dans le premier éon de l’Autogène, près du grand Dieu, Autoengendreur, le Christ, dans le premier éon, auprès d’Armozel  accompagné de ses puissances. Et l’Esprit invisible lui donna une puissance intellectuelle invincible.

 

«L’Homme parfait dit alors : « Je te glorifie et te bénis, Esprit invisible : car c’est par toi que tout est venu à l’existence et en vue de toi que tout existe. Je te bénis, en m’associant à l’Autogène et à l’Éon, toi qui es triade, Père, Mère et Fils, puissance parfaite ! »

 

« Et l’Homme parfait installa son fils Seth  sur le deuxième éon près de la deuxième Lumière Oroïael. Dans le troisième éon fut installée la semence de Seth — les âmesdes saints  qui étaient dans l’Éon — auprès de la troisième lumière, Daveïthé. Dans le quatrième éon enfin furent installées les âmes de ceux qui ont eu connaissance de leur plénitude et n’ont pas été prompts à se repentir, mais sont restés temporairement (dans cet état) puis se sont finalement repentis. C’est auprès de la quatrième lumière, Éléleth, que ceux-là resteront, rassemblés en ce lieu, glorifiant l’invisible Esprit.

 

« Donc, notre consoeur Sophia étant un éon, pensa une pensée issue d’elle-même et en accord avec la réflexion de l’Esprit et avec Prescience. Elle voulut manifester  la ressemblance de cette pensée qui lui est propre sans que l’Esprit ait manifesté son bon plaisir, sans même qu’il ait fait un signe d’assentiment, sans même que son conjoint, le virginal Esprit mâle, ait donné son consentement.

 

« C’est donc sans avoir cherché l’assentiment de son conjoint, qu’elle consentit à son propre projet sans le bon plaisir de l’Esprit et sans que celui qui parle d’une seule voix avec elle n’en ait eu connaissance  s’élançant au dehors à cause de l’impétuosité qui est en elle.

 

« Sa réflexion ne pouvait demeurer improductive, aussi son ouvre, l’Archonte, sortit-elle, imparfaite, ne possédant pas une forme conforme à la forme de Sophia, parce qu’elle l’avait faite sans son conjoint, ne possédant pas non plus la figure de Sophia, lui qui est dans l’apparence de la Mère.

 

«Sophia vit cette oeuvre, présente dans son conseil, alors qu’elle était devenue une autre forme, avec une face de serpent et une face de lion et des  yeux illuminant comme un feu. Alors elle chassa cette ouvre loin d’elle, hors de ces lieux, afin qu’aucun des immortels ne la  voit, parce qu’elle l’avait enfantée dans un état d’ignorance.

 

« Elle jumela à son oeuvre une nuée lumineuse, et plaça au milieu de la nuée un trône afin que nul ne voit cette oeuvre excepté l’Esprit Saint que l’on nomme Mère de tous les vivants. Et Sophia lui donna le nom de Yaldabaôth. Il est le Premier  Archonte, celui qui a pris beaucoup de puissance à la Mère.

 

« Il s’écarta d’elle, s’éloigna d’un lieu vers un lieu qui est à l’intérieur de l’endroit dans lequel il avait été enfanté, s’empara d’un autre lieu et se créa un éon flamboyant d’un feu lumineux, celui dans lequel il se tient maintenant.

 

« Alors il  s’accoupla avec sa propre déraison et engendra les autorités qui lui sont subordonnées, douze anges affectés chacun à son éon conçu d’après la figure des éons incorruptibles.

 

« Et les autorités créèrent pour elles-mêmes sept anges et ces anges, trois puissances, de sorte que le total de ceux qui lui sont subordonnés est de trois cent soixante êtres angéliques, associés à sa triple puissance elle-même conçue à la ressemblance de la première figure qui existe avant lui.

 

« Les autorités ont été manifestées par l’Engendreur en chef, premier Archonte des ténèbres et de l’ignorance. Aussi bien, ces autorités partagent-elles l’ignorance de celui qui les a engendrées.

 

« Voici leurs noms : Le premier nom est Yaôth. Le deuxième est Hermas, l’oil du feu. Le troisième est Galila. Le quatrième est Yabêl Le cinquième est Adonaïos. Le sixième est Sabaôth. Le septième est Kaïnan et Kaê, celui que l’on nomme Kaïn, c’est-à-dire le soleil. Le huitième est Abiressiné. Le neuvième est Yôbêl. Le dixième est Harmoupiael. Le onzième est Adônin. Le douzième est Bélias.

 

« Toutes ces autorités possèdent d’autres noms qui leur viennent du désir associé à la colère. Bref, toutes celles-ci, leurs noms sont doubles ; ceux dont elles sont habituellement nommées leur viennent de ces gloires d’en haut, mais ce sont ceux dont elles ont été nommées conformément à la vérité qui manifestent leur nature.

 

« Et Saklas les a appelées de leurs différents noms en fonction de son imagination et de leur puissance. Par ces noms glorieux les hommes s’éloignent et s’affaiblissent. Par les autres, au contraire, ils acquièrent puissance et croissent.

 

« Et Saklas ordonna que sept autorités règnent sur les cieux et cinq sur le Chaos infernal.

 

« Les noms de gloire des autorités qui dominent sur les sept cieux sont les suivants : Le premier est Yaôth, face de lion. Le deuxième est Élôaïos, face d’âne. Le troisième est Astophaïos, face de hyène. Le quatrième est Yaô, face de serpent à sept têtes. Le cinquième est Adonaïos, face de dragon. Le sixième est Adôni, face de singe. Le septième est Sabbataïos, face de flamme de feu lumineux. Telle est l’hebdomade du Sabbat ! Tels sont les autorités qui gouvernent le monde !

 

« Quant à Yaldabaôth-Saklas, lui qui a une forme multiple de sorte qu’il se manifeste lui-même en tout visage en fonction de son désir, il a réparti entre ces autorités une portion de son propre feu  mais de la lumière pure de la puissance qu’il a dérobée à la Mère, il ne leur en a pas donné.

 

« C’est pour cette raison qu’il a été pour eux Seigneur, à cause de la gloire lumineuse de la puissance de la Mère qui est en lui. C’est (aussi) pour cette raison qu’il s’est lui-même nommé “Dieu” sur ces autorités, se montrant (ainsi) désobéissant  envers l’origine qui est la sienne.

 

« Et Saklas jumela aux autorités sept puissances. Par sa parole elles existèrent. Et il leur donna un nom. Il installa les autorités en commençant par la plus élevée.

 

« La première puissance donc est Pronoia, auprès de la premièreautorité, Yaôth ; la deuxième est Divinité, auprès de la  deuxième, Élôaios ; la troisième est Messianité, auprès de la troisième, Astaphaïos ; la quatrième est Jalousie, auprès de la quatrième, Yaô ; la cinquième est  Royauté, auprès de la cinquième, Sabaôth ; la sixième est Com[préhension, au]près de la sixième, Adôni ; la septième est Sophia, auprès de la septième, Sabbataïos.

 

 « Ces puissances possèdent un firmament correspondant à chaque ciel et un éon conçu à la ressemblance des éons primordiaux, comme la figure des éons incorruptibles.

 

«L’Archonte vit donc  la création qui est au-dessous de lui ainsi que la foule des anges qui sont au-dessous de lui et sont issus de lui. Il leur dit : « Je suis un Dieu jaloux ! En dehors de moi il n’en existe point d’autre ! » Par là, il signifie aux anges qui sont au-dessous de lui qu’un autre Dieu existe, car s’il n’en existait pas d’autre de qui serait-il jaloux ?

 

« La Mère commença alors à être portée car elle perçut sa déficience due au fait que son conjoint n’avait pas parlé d’une seule voix avec elle lorsqu’elle avait été blâmée  par sa plénitude. »

 

Et moi, Jean, de dire : « Seigneur ! que signifie : “être porté ?” » Lui alors rit et dit : « Penserais-tu que ce soit dans le sens où l’a dit Moïse, qu’elle était portée au dessus des eaux ? Non ! mais voyant la malice et la révolte qui adviendraient par son fils, elle se repentit. Et faisant un va-et-vient dans les ténèbres  de l’ignorance, elle commença à avoir honte. Mais ne s’aventurant pas à l’extérieur, elle fait un va-et-vient. Son aller et sa venue c’est ce que signifie “être porté”.

 

 « Lorsque l’impudent Archonte déroba de la puissance  à la Mère, il ignorait que ceux qui sont supérieurs à sa mère sont multitude. Il disait en effet  de sa mère qu’elle seule existait. Voyant la foule nombreuse des anges qu’il avait créés, il s’exaltait au dessus d’eux.

 

« Lorsque la Mère comprit que l’avorton des ténèbres était imparfait parce que son conjoint n’avait pas parlé d’une seule voix avec elle, elle se repentit et versa  d’abondantes larmes.

 

«Alors la prière de son repentir fut entendue et ses frères intercédèrent en sa faveur. Alors l’Esprit Saint invisible fit un signe d’assentiment. Lorsque  l’Esprit invisible eut fait un signe d’assentiment, il répandit sur elle un Esprit Saint venu de leur plénitude. Son conjoint descendit vers elle  pour redresser leurs déficiences.

 

« C’est au moyen de Pronoia que l’Esprit invisible donna à cet Esprit Saint de redresser les déficiences de Sophia. Aussi ce ne fut pas dans son propre éon qu’elle fut placée, mais, 10 à cause de l’ignorance qu’elle avait manifestée, elle est dans le neuvième éon jusqu’à ce qu’elle ait redressé sa déficience.

 

« Une voix parvint qui disait : “  l’Homme existe ainsi que le fils de l’Homme”. Le Premier Archonte Yaldabaôth entendit la voix mais pensait que celle-ci ne venait pas  d’en haut.

 

 «Alors le Père saint (et) parfait, l’Homme primordial se manifesta à eux en prenant l’aspect d’un Homme. Le Bienheureux Barbélô leur  manifesta l’apparence de celui-ci l’Homme parfait et l’archontat entier des sept autorités fit un signe d’assentiment et elles virent dans l’eau la figure de l’image.

 

«Les autorités et leurs puissances se dirent les unes aux autres : “Créons un homme qui soit à l’image de Dieu et à sa ressemblance”.

 source : www.gnose.free.fr

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 06:02

Le Livre des secrets de Jean a reçu, à juste titre, le nom de « Bible gnostique ». C'est en effet dans ce traité que nous a été conservée la version la plus complète du mythe auquel se référaient les gnostiques qui faisaient de Seth, troisième fils d'Adam, leur ancêtre. L'auteur y présente une synthèse de l'histoire universelle. On assiste d'abord à la constitution d'un modèle céleste conçu à partir d'une Première Pensée du Grand Esprit invisible, Pensée qui se multiplie jusqu'à produire un modèle parfait constitué de vingt-deux éons, dont le dernier est Sophia, la Sagesse. Mais celle-ci ne pourra résister au désir de construire ce modèle au-delà du nombre parfait et donnera naissance à un 23e éon, celui de l'Archonte. Exclu du modèle mais en gardant le souvenir, l'Archonte en construira une contrefaçon, notre monde, dans lequel il manifestera cette part de connaissance dont il a dépossédé sa Mère. Toute l'histoire de l'humanité, de la création d'Adam au retour annoncé de Seth à la fin des temps, doit alors être interprétée comme une guerre de libération de cette connaissance prisonnière, une guerre dont les hommes, partagés en deux camps, seraient à la fois les victimes et les acteurs. Au moment où l'auteur écrit, rien n'est joué, la domination de l'Archonte est encore universelle, mais grâce à la révélation du « Livre des secrets », l'humanité dispose enfin de cette connaissance qui permettra à ceux qui appartiennent à la semence de Seth de trouver le chemin du retour vers ce monde intelligible auquel ils appartiennent.
Cette version du mythe séthien, composée au cours du second siècle de notre ère, nous est parvenue sous deux formes dont la plus longue a retenu l'attention des commentateurs du fait de ses affinités avec l'Évangile de Jean. Celle qui est publiée et commentée dans ce volume, la plus brève et la plus ancienne, n'a été christianisée que superficiellement et conserve encore intacte une version du mythe séthien qui se présente, pour l'essentiel, comme une interprétation du modèle biblique hébreu faite en fonction des règles de l'hermeneutique juive de la période du Second Temple. Un document précieux pour notre connaissance des origines juives du mouvement gnostique.

Source : http://www.peeters-leuven.be/boekoverz.asp?nr=8798

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 20:41

Les Pauliciens :

Abordons maintenant la question des Pauliciens car on a dit beaucoup de choses inexactes à leur sujet. Seul les Travaux de Paul Lemerle et de son équipe spécialisée dans l’histoire byzantine ont permis de dégager les Pauliciens de bien des assertions faciles dont on les affublaient. Qui étaient donc ces fameux Pauliciens ?
Disons tout d’abord que nous ne les connaissons qu’à travers trois sources principales :

1.      L’Histoire de Pierre de Sicile. Source première sur les Pauliciens. Pierre de Sicile était un religieux orthodoxe qui fréquenta de près les Pauliciens à l’occasion d’une ambassade auprès d’eux.

2.      Le Précis de Pierre l’Higoumène, qui est le même personnage que le précédent. Ce Précis, contrairement à ce qu’indique son titre, est un simple résumé de ce qui est rapporté dans l’Histoire.

3.      Le Récit de Photius, qui puise largement dans l’Histoire de Pierre de Sicile.

Nous voyons donc que tout ce que nous savons sur les Pauliciens tient essentiellement aux informations données par un seul personnage. Ajoutons-y cependant quatre formulaires d’anathèmes qui concerne nommément les Pauliciens.
Situons maintenant les Pauliciens dans l’espace et dans le temps. L’Histoire de Pierre de Sicile narre des événements qui débutent au VIIe et terminent au IXe siècles. Ensuite, on retrouve quelques mentions des Pauliciens dans la chronique d’Anne Comnène qui se rapporte essentiellement au XIe siècle. Enfin, signalons que les Pauliciens apparaissent aussi dans une chronique latine de la première croisade
. On les mentionne comme alliés des Sarrasins à la bataille de Dorylée, en juillet 1097, où se distinguèrent entre autre les troupes du comte Raymond IV de Toulouse. Ces différentes sources signalent les Pauliciens en Asie mineure, Syrie, Arménie et Bulgarie.

Voyons à présent ce qu’étaient ces Pauliciens. Disons tout d’abord qu’ils ne se nommaient pas eux-mêmes ainsi. Photius nous le dit : « Aux véritables Chrétiens, ces triples misérables donnent le nom de Romains, et ils se réservent à eux-mêmes l’appellation de Chrétiens ». Nous ferons également la même constatation en ce qui concerne les Cathares.
Par ailleurs, Photius nous donne une autre information intéressante. Il nous dit qu’on les appelaient également « Paulo-johanniens »
, même s’il le justifie par le biais d’une généalogie fantaisiste. Pour nous, il est clair qu’il s’agit ici d’une appellation qui renvoie à leur filiation spirituelle, c’est-à-dire à l’apôtre Paul et à l’évangéliste Jean, comme le prouve l’évangéliaire paulicien qui comprenait l’évangile et les épîtres johanniques.
Enfin, pour terminer sur cette question des noms attribués aux Pauliciens, la plupart des informateurs les assimilent aux Manichéens, comme le furent également les Cathares et les Marcionites, mais cette association mille fois répétée est parfaitement infondée. Pierre de Sicile n’a pas été plus clairvoyant, victime des préjugés de son temps, il a associé les Pauliciens aux Manichéens. Pourtant, son propre témoignage de ce qu’il avait vu et entendu chez les Pauliciens dément cette assertion. Il écrit en effet que les Pauliciens niaient toute filiation avec Manés
4 et qu’ils rejetaient les livres manichéens. Il rapporte également que les Pauliciens se démarquaient de la licence dont jouissaient les Manichéens, autrement dit qu’ils observaient une règle bien à eux.
Pierre de Sicile dit aussi qu’ils lisaient seulement « l’Évangile et le saint livre de l’Apôtre », et qu’ils attribuaient uniquement leur foi au Christ et à l’apôtre Paul
. Enfin, il indique que les Pauliciens réprouvaient l’apôtre Pierre et qu’ils rejetaient ses épîtres. Bref, ces informations indiquent une forte parenté avec le marcionisme et même avec le catharisme, mais nous le verrons en détail plus tard, car il nous faut tout d’abord rendre compte de la foi paulicienne.

La théologie paulicienne

Pierre de Sicile nous rapporte ce qui distinguait les Pauliciens de tous les autres : « le premier signe auquel on les reconnaît consiste en ce qu’ils confessent deux principes : un Dieu mauvais et un Dieu Bon ; l’un, l’auteur et souverain de ce monde ; l’autre, du monde futur ». Propos que les anathèmes complètent bien, et ils méritent d’être intégralement cités :

§  « Anathème à qui croit ou pense ou dit qu’il existe deux dieux opposés, bon et mauvais, l’un Dieu Père, Fils et Saint Esprit, Dieu du monde à venir et un autre Dieu qui est l’auteur et créateur de ce siècle ou de ce monde ».

§  « Celui qui dit et croit qu’il y a deux principes, bon et mauvais, l’un auteur de la lumière et l’autre de la nuit, l’un auteur des hommes et l’autre des anges et des autres êtres vivants, qu’il soit anathème. À ceux qui énoncent cette absurdité, que le diable pervers est l’auteur et l’Archonte de la matière et de tout ce monde visible et de nos corps, anathème ».

§  « Anathème à ceux qui ne disent pas « Père tout puissant créateur du ciel et de la terre et de tout ce qu’ils contiennent de choses visibles et invisibles », mais seulement « Père céleste » qui a uniquement autorité sur le monde à venir, du fait que le siècle présent et tout l’univers n’ont pas été faits par lui, mais par son ennemi, le Maître mauvais du monde ».

§  « Si quelqu’un ne confesse pas que Dieu est l’auteur du ciel et de la terre et de toutes les créatures et le modeleur d’Adam et le démiurge d’Ève, mais dit que l’archonte adverse est l’auteur de l’univers et le modeleur de la nature humaine, qu’il soit anathème ».

§  « Anathème à ceux qui appellent « Satan » notre Dieu démiurge de toutes choses et enseignent que l’homme a été modelé par Satan et énoncent ce blasphème qu’il a reçu de lui son âme, introduite dans son corps par les narines, et profèrent futilement que par lui aussi elle est reprise ».

Pour éclairer mieux encore ces propos, il nous faut mettre en parallèle cet autre aspect de la foi paulicienne qui concerne l’Ancien Testament et ses personnages principaux, c’est-à-dire Moïse et les prophètes, mais aussi la Loi et l’apôtre Pierre. En effet, Pierre de Sicile nous dit qu’« ils ne reçoivent aucun des livres de l’Ancien Testament, et [...] traitent de menteurs et voleurs les prophètes ». Il nous dit également qu’« ils rejettent […] les autres saints,[...]maudissent et repoussent par-dessus tout saint Pierre, le grand et premier apôtre, et disent qu’aucun d’entre-eux ne se trouve du côté des élus ». Mais ce sont encore les articles d’anathèmes qui nous renseignement le mieux :

§  « Anathème à qui ne reçoit pas de cœur et de bouche la Loi transmise par Moïse comme donnée par l’unique vrai Dieu, et de même les saints prophètes, apôtres et martyrs, et tous les saints, comme la sainte Église catholique et apostolique l’enseigne ».

§  « À ceux qui dénigrent la loi mosaïque et disent que les prophètes ne procèdent pas du Bon, anathème ».

§  « Anathème à ceux qui ne révèrent, n’honorent, ne reçoivent ni n’accueillent les enseignements des saints apôtres et leurs traditions ».

Une autre caractéristique de la foi paulicienne qui choquait tout autant que les propos précédents, concerne la nature du Christ et de Marie. Pierre de Sicile nous dit que les Pauliciens enseignent que « le Christ n’est pas né de Marie mais qu’il a apporté son corps du ciel », et que l’enfantement du Christ « a eu lieu en apparence et non en réalité ». Photius, rapporte également que les Pauliciens expliquaient cette naissance apparente par le fait que le Christ était passé à travers Marie « comme dans un conduit ». Les anathèmes nous le confirment encore :

§  « Anathème à qui dit ou pense ou croit que c’est du ciel que le Seigneur à fait descendre son corps et qu’il s’est servi du ventre de la mère de Dieu comme d’une bourse » 

§  « Anathème à ceux qui confessent que notre Seigneur Jésus-Christ a souffert, mais professent qu’il n’est pas né vraiment de la sainte, toujours vierge et toute pure mère de Dieu, mais seulement en apparence ».

Par ailleurs, les orthodoxes étaient scandalisés d’entendre dire par les Pauliciens que Marie avait eu des enfants de Joseph, alors que c’est écrit en toutes lettres dans les textes évangéliques eux-mêmes. Enfin, notons aussi que ce n’était pas seulement le corps et la naissance du Christ qui furent apparents mais aussi sa passion et sa résurrection : Ils « présentent la croix et la mort du Christ et sa résurrection comme une apparence ». Autre point de convergence manifeste avec le marcionisme et le catharisme.

Un autre point qui choquait beaucoup, concerne le rejet de la croix. Pierre de Sicile nous dit que les Pauliciens « n’admettent pas l’image, l’action, ni la vertu de la précieuse et vivifiante croix, mais ils la couvrent de mille outrages ». Il rapporte aussi que les Pauliciens enseignent que « c’est le Christ qui est la croix, et qu’il ne faut pas vénérer le bois, car c’est un instrument maudit ». Même propos dans les anathèmes :

§  « Anathème à qui n’adore pas d’un cœur et d’une bouche sincère le bois vénérable de la précieuse et vivifiante croix à laquelle notre Seigneur Dieu a été cloué ».

§  « Si quelqu’un n’adore pas la croix de notre Seigneur Dieu et sauveur Jésus-Christ, non pas comme un instrument de tyrannie, mais comme devenue le salut et la gloire du monde […] qu’il soit anathème ».

Notons que cette critique de la croix et du rejet de la croix est aussi une caractéristique propre au marcionisme et au catharisme.

Pratiques rituelles et sacrements

Hormis ces quelques informations sur les points les plus choquants et les plus connus de la foi paulicienne, nous n’avons guère de renseignements sur ses rites et sacrements. Cette absence, n’est pas qu’un simple oubli parce que le christianisme des Pauliciens était sans messe et sans église. Ce qui ressort des différents textes, c’est que les Pauliciens rejetaient en bloc tout ce qui se faisait dans l’Église orthodoxe. Cependant, on peut relever cinq points précis : Le rejet du baptême d’eau, de l’eucharistie, du mariage et l’existence d’un jeûne alimentaire que tous les Pauliciens ne suivaient pas.

Sur le baptême, nous pouvons seulement savoir que la contestation portait sur l’eau. Autrement dit, les Pauliciens ne pratiquaient pas le baptême d’eau, mais un autre, de type spirituel, comme semble l’indiquer leur exégèse spirituelle de l’eau baptismale. C’est tout ce que nous pouvons savoir, hélas, à ce sujet. Notons en tous cas un point de convergence avec le catharisme.

Sur leur rejet de l’eucharistie, nous sommes mieux informés. Pierre de Sicile dit que les Pauliciens enseignent que « ce n’était pas du pain et du vin que le Seigneur a donnés à ses disciples à la cène, mais ce sont ses paroles qu’il leur a données symboliquement sous les mots de pain et de vin ». Autrement dit, les Pauliciens ne croyaient pas à la transsubstantiation du pain et du vin en vrai corps et sang du Christ. Ils ne célébraient pas le « saint sacrifice ». Pour eux, le pain et le vin demeuraient « un pain ordinaire et […] un breuvage commun » qui symbolisaient « l’Évangile et […] l’Apôtre ». C’était donc cette nourriture spirituelle, les paroles du Christ, qui étaient son véritable corps. C’était à ces paroles que les Pauliciens songeaient au moment du partage du pain et du vin. Ajoutons encore un autre point de concordance avec le catharisme.

Sur le mariage, il n’y a pas grand chose à dire, sauf que ce n’était pas du tout chez eux un sacrement, mais plutôt « une législation de démon » qui visait seulement l’accroissement et le prolongement de l’espèce humaine. De fait, on dénonce la licence sexuelle des Pauliciens ainsi que celle de leurs unions. Mais ici il faut faire attention, cette licence si exagérément décriée, dont on accusait également les Cathares, n’était pas celle de tous les Pauliciens. Il nous faut bien avoir à l’esprit que le vocable Paulicien désigne à la fois des laïcs et des religieux. Autrement dit, l’Église paulicienne n’encadrait ni ne sanctifiait les unions de leurs croyants, seuls les religieux pauliciens, faute d’autres noms plus appropriés, observaient sans doute l’abstinence sexuelle, puisqu’on les comparait à des prêtres. Encore une autre concordance sur ce point avec les cathares.

Enfin, sur le régime alimentaire des Pauliciens, nous ne disposons que d’un article d’anathème ambigu : « Anathème à ceux qui fuient tout jeûne chrétien et, au temps de ce qu’ils considèrent comme leur carême, se gavent de viande, de fromage et de lait ». Le propos doit être bien compris. On dénonce ici le fait que les Pauliciens ne suivaient pas les carêmes de l’Église orthodoxe et qu’ils ne suivaient pas non plus les carêmes de leur propre Église. Cela nous indique que l’Église paulicienne avait pour le moins des périodes de carêmes, mais que tous les Pauliciens ne les observaient pas. Ce propos apparemment contradictoire, ne le devient plus si nous faisons la même remarque au sujet de la prétendue licence sexuelle des Pauliciens. Autrement dit, ces jeûnes sans viande ni laitage étaient uniquement observés par les religieux pauliciens mais pas par leurs croyants. Nous pouvons être en effet certains que des Pauliciens, sans doute les religieux, observaient bien des jeûnes puisque Pierre de Sicile dénigrait « leurs jeûnes sinistres à l’eau de son ». Ce jeûne « à l’eau de son » désigne peut-être une bouillie à base de son, à moins qu’il ne s’agisse d’une tournure exagérée qui désignerait plutôt un jeûne au pain et à l’eau, mais quoi qu’il en soit, cela importe peu. Notons toutefois que nous pouvons encore constater une correspondance avec le catharisme.

Maintenant, pour ce qui concerne l’Église paulicienne, il nous faut remarquer qu’elle n’avait pas emboîté le pas à l’Église orthodoxe, laquelle s’était structurée de manière centralisée et autoritaire. L’Église paulicienne conservait apparemment la structure de l’Église primitive, c’est-à-dire des communautés autonomes circonscrites à un territoire sous l’autorité d’un évêque, et c’étaient ces communautés qui étaient des Églises au sens plénier du terme. Nous savons en effet que les Pauliciens étaient répartis en différentes Églises circonscrites à un territoire bien précis. On en connaît sept et on nous rapporte que chacune avait à sa tête un didascalos, terme spécifique à l’Église orthodoxe qui désigne un maître ou un enseignant en religion, c’est-à-dire un terme bien pratique pour refuser aux Pauliciens la dignité d’évêque. Il ne faut pas en douter, l’Église paulicienne devait avoir des évêques, des diacres et des anciens. Pierre de Sicile, nous le laisse entendre : « quant à leurs prêtres à eux, ils les nomment synekdèmes et notaires ; et ces personnages ne se distinguent en rien d’eux tous, ni par le vêtement, ni par les mœurs, ni par l’ensemble des conditions de vie ». Il nous faut tout d’abord constater que nous retrouvons ici ce que nous avons dit plus haut sur la distinction entre croyants et religieux, puisqu’il est bien question ici de « prêtres ». Mais faisons deux remarques. La première, c’est qu’il ne faut pas se laisser abuser par le mot prêtre, parce que les Pauliciens condamnaient sévèrement les prêtres et leurs offices. Il s’agit donc plutôt de religieux que de prêtres. La seconde, c’est que ces religieux pauliciens portaient un vêtement spécifique à leur état précisément de religieux et que celui-ci était lié à une règle de vie religieuse. Cette règle n’est pas décrite mais nous pouvons déduire au moins deux aspects probables, si nous nous basons sur ce que nous venons de dire sur les jeûnes alimentaires et la morale sexuelle.
Mais quoi qu’il en soit, le propos de Pierre de Sicile nous indique qu’il y avait deux sortes de « prêtres », les synekdèmes et les notaires, c’est-à-dire en grec « compagnons de route » et « administrateurs ». Autrement dit, les religieux pauliciens avaient chacun une fonction bien précise au sein de leur Église, sans que cette fonction soit pour autant un motif de distinction quelconque, par le vêtement ou la règle de vie. Il s’agit donc bien de fonctions administratives au sein de l’Église et non de grades hiérarchiques avec leurs marques et leurs prérogatives tels qu’on les retrouve dans l’Église orthodoxe.
Ainsi, parmi les religieux pauliciens, certains exerçaient un ministère au sein de l’Église, tandis que les autres étaient leurs compagnons de route ou plus exactement leurs compagnons de ministère. Même si ce n’est pas expressément spécifié, ces ministères ne font pas pas grand mystère ; il doit s’agir du ministère d’évêque, de diacre, d’ancien ou de prédicateur qu’on retrouve dans toutes les Églises. Il n’y a pas lieu d’en douter parce que leur structure ecclésiale apparaît conforme à celle de l’Église primitive. Par contre, il est étonnant de lire dans les récits de Pierre de Sicile ou de Photius, que c’était les fils des didascales pauliciens qui héritaient de cette fonction. Cet étonnement est d’autant plus renforcé quand il est question explicitement de deux fils. Aussi, nous ne pouvons pas nous empêcher d’y voir encore une distorsion, involontaire cette fois-ci, de Pierre de Sicile et de Photius. Ils n’ont peut-être pas compris ce que le mot fils pouvaient designer dans la bouche d’un Paulicien, si nous faisons un parallèle avec la fonction ecclésiastique de Fils dans l’Église cathare. Nous savons en effet que ce terme désignait, non pas un fils charnel, mais les deux coadjuteurs d’un évêque, et que c’était l’un des deux qui devenait évêque à la mort de ce dernier.

Source : http://www.catharisme.eu/histoire/catharisme-europe/origine-filiation5/

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 20:39

L’Église marcionite ne connut guère de répit. Après avoir beaucoup souffert des persécutions païennes, elle dut affronter la persécution judéo-chrétienne. Sous ses coups redoublés, l’Église marcionite dut fuir les villes et se réfugia dans les campagnes. Elle perdit dès lors toute visibilité, et survécut cachée « sous le manteau du christianisme »officiel. Par la force du glaive temporel, l’Église marcionite avait été vaincue et ce qu’il en restait ne représentait plus une quelconque menace pour l’Église d’État. Les Marcionites n’étaient plus que des proscrits. L’Église d’État n’eut alors d’autre souci que de légiférer sur des spéculations spécieuses concernant la Foi. Elle chercha toujours plus à définir par les croyances le contenu de la Foi. Toute son attention se tourna contre ses propres dissidents et contre les Manichéens qui prenaient un essor inquiétant aux confins des territoires de l’Empire. On finit par oublier les Marcionites, et sans grand discernement on les associa aux Manichéens.

C’est pourquoi l’Église marcionite disparaît des sources à ce moment là, alors qu’elle avait été jusque-là le principal adversaire à abattre. On aurait put même penser que les Marcionites avaient complètement disparu, s’ils n’apparaissaient pas encore dans quelques hérésiographies musulmanes. Ainsi, nous savons par le témoignage de l’évêque melkite d’Harran, que les Marcionites étaient toujours présents en Syrie au IXesiècle. Signalons au passage que selon al-Mas’udi, le père de Marcion aurait été l’évêque de cette localité d’Harran. La dernière mention en date des Marcionites est rapporté par Ibn Al-Nadim qui écrit vers 987. Il dit que les Marcionites sont implantés en Asie centrale et signale « qu’ils sont nombreux au Khurasan », c’est-à-dire dans une région qui se trouve aujourd’hui en Iran et qui se trouvait déjà en terre musulmane à cette époque. Cette information est intéressante, elle démontre l’exil des Marcionites en terre musulmane parce que leurs conditions d’existence devaient être moins menacées qu’en terre chrétienne. Enfin, signalons l’information d’un autre auteur musulman qui nous dit que les Marcionites « ont disserté sur l’amour ».
Voyons maintenant les grandes lignes de la théologie marcionite ou valentinienne, parce qu’elles révèlent l’unité de Foi qui unissait Marcion et Valentin, les plus grandes figures du paulinisme du II
esiècle. En effet, Valentin fut, comme Marcion, un disciple avoué de Paul et non un prétendu Gnostique sorti de je ne sais quel enseignement ésotérique. Clément d’Alexandrie le dit lui-même : « Valentin eut pour maître Theudas41, disciple de Paul ».
Disons tout d’abord, que ceux que l’on a affublé du nom de Marcionites ou de Valentiniens ne s’appelaient pas eux-mêmes ainsi, mais Chrétiens. Justin, leur contemporain, nous l’affirme « Tous ceux qui se réclament de ces gens-là (Marcion et Valentin) […] s’appellent chrétiens »
. Les travaux de Walter Bauer le démontre à travers un exemple bien précis. À Edesse, les premiers chrétiens étaient Marcionites, mais ils s’appelaient et on les appelaient Chrétiens. Ce n’est que par la suite, quand ils furent mis en minorités par les Orthodoxes, qu’on les appela Marcionites. Inversement, quand les Orthodoxes commencèrent à s’implanter à Edesse, tenue de longue date par les chrétiens marcionites, c’était eux que l’on ne désignait pas sous le nom de Chrétiens, mais sous le nom de Palûtiens, à cause de Palût, leur fondateur dans cette ville.
Ce que tous les auteurs judéo-chrétiens reprochaient en premier aux Marcionites et aux Valentiniens c’était leurs blasphèmes, pour reprendre leur propre mot, qui visait le Dieu de la Loi et le Créateur du monde. Comme les juifs, ils étaient complètement scandalisés d’entendre de tels propos sur le Dieu auquel ils croyaient, c’est pourquoi ils leur vouèrent une haine aussi ardente que féroce, que ni le temps, ni la raison ne parvinrent à apaiser. En leur temps, les cathares médiévaux en surent aussi quelque chose de cette haine inextinguible. Pourtant, un examen raisonnable pourrait inverser le camp du scandale. Pourquoi ne serait-il pas plutôt scandaleux de revendiquer et de défendre un Dieu violent, aux mains pleines de sang, au point même de le nier ? C’est bien ce que le sage Porphyre
reprochait déjà aux judéo-chrétiens en son temps : « Devant la méchanceté des Écritures juives, certains qui désiraient ne pas rompre avec elles, mais trouver une explication, se sont tournés vers des interprétations qui n’ont ni lien ni rapport avec le texte ». Inversement, Irénée reprochait aux « tenants d’opinions fausses », entendons Marcion et Valentin, d’avoir été tellement « impressionnés par la Loi de Moïse », qu’ils la considéraient comme « dissemblable de l’enseignement de l’Évangile, voire contraire à celui-ci ». Dialogue de sourd, de toute évidence.
Mais revenons à ces blasphèmes si décriés de la théologie marcionite et valentinienne, tel qu’Irénée nous le rapporte : « Les disciples de Marcion blasphèment d’entrée de jeu le Créateur, en disant qu’il est l’auteur du mal [...] car ils affirment qu’il existe deux Dieux par nature, séparés l’un de l’autre, dont l’un serait bon et l’autre mauvais. Les disciples de Valentin, de leur côté, usent de termes plus honorables, en proclamant le créateur Père, Seigneur et Dieu ; mais leur thèse se révèle en fin de compte plus blasphématoire encore que la précédente, puisque d’après eux, le Démiurge n’a pas même été émis par l’un des quelconque Éons du Plérôme, mais bien par un déchet qui fut expulsé du Plérôme », et Irénée ajoute plus loin : « les Valentiniens [...] confessent des lèvres un seul Père de qui viennent toutes choses, mais ils disent que Celui qui a fait toutes choses est le fruit d’une déchéance »
. Ainsi, le propos de la chute valentinienne est parfaitement clair, le Créateur du monde et des hommes, Celui qui est appelé Dieu et Seigneur dans la Torah, est la conséquence d’une chute, d’une dégradation, qui s’est produite à l’origine. Autrement dit, il n’y a pas, sur cette question là, de différence entre Valentiniens et Marcionites. Le Dieu de l’Ancien Testament n’est pas Bon, ce n’est pas le bon Dieu ou le Dieu bon, mais chacun l’expliquait à sa manière. C’est pourquoi tant les Marcionites que les Valentiniens rejetaient en bloc les écritures de l’Ancien Testament. Le Marcionite Apelle disait d’ailleurs avec beaucoup de pertinence que la Loi et les prophètes était « une œuvre humaine et mensongère »49. Valentin disait aussi que « tous les prophètes et la Loi ont parlé sous l’inspiration du Démiurge, Dieu stupide »50. Ces critiques acerbes sur la Torah ne dépareillent pas de celles que faisait Paul sur la Loi et les observateurs de cette Loi, c’est-à-dire, en fin de compte, la Torah, ce que l’on appelle la Loi et les prophètes, c’est-à-dire l’Ancien Testament.
Remarquons encore que les Marcionites eurent eux-aussi l’idée d’une chute originelle, mais qui concernait les âmes seulement, car ils enseignaient qu’elles avaient chuté du royaume de Dieu dans le monde créé par Satan à cause « d’une erreur » (errore quodam)
, sans autre précision, et ce sont ces âmes que Satan introduisit dans les corps de chair. Marc, un disciple de Marcion, expliquait la chose autrement : « Quand le Créateur du monde forma l’homme et souffla sur lui, il n’était pas capable de l’emmener à son achèvement. Mais quand le Dieu bon vit d’en haut ce récipient recourbé et palpitant il lui donna une partie de son propre esprit et donna la vie à l’homme. Nous disons donc que l’esprit, qui est du Dieu bon, sauve ». Il est frappant de constater combien ces propos coïncident avec les récits de la chute des âmes que professaient les cathares. Mais l’on peut faire également le même rapprochement avec la chute valentinienne, car les cathares enseignaient également que Lucifer avait été expulsé du royaume de Dieu à cause du péché d’orgueil, et qu’il était devenu dès lors le diable créateur du monde. Les cathares ont visiblement hérités des deux thèses marcionite et valentinienne. Ces deux thèses se sont visiblement fusionnées au fil du temps, sans doute, après Origène. Eusèbe nous rapporte en effet que le génie exégétique d’Origène était fort apprécié, et il précise que « des milliers d’hérétiques [...] l’écoutaient avec ferveur »53. Autrement dit, on a eu la vue bien courte en attribuant à Origène les mythes cathares de la chute. On peut dire au contraire, que c’est Origène qui reprit l’idée de la chute fort en vogue dans le christianisme de son époque, mais pour l’arracher « aux hérétiques », en l’intégrant à la théologie judéo-chrétienne. On a mis la charrue avant les bœufs.
Nous pouvons faire encore une autre remarque, si l’on revient sur le texte d’Irénée, que nous avons cité au sujet du principal blasphème que l’on reprochait aux Marcionites et aux Valentiniens. Il apparaît très clairement que la théologie des deux Dieux de Marcion contenait l’idée de « deux principes »
, comme le dit Eusèbe, alors que celle de Valentin maintenait un seul principe en recourant à l’idée d’une chute primordiale, en ce qui concernait le Dieu créateur. Nous pouvons donc constater que ce n’est pas Manès qui a inventé ce trop fameux dualisme, mais Marcion dans sa distinction qu’il fit entre le Dieu juste et le Dieu bon, qui régnaient tous deux dans des mondes bien à eux. Mais attribuer à Marcion l’invention du dualisme serait encore abusif, car la tradition judéo-chrétienne rapporte que Marcion devait cette idée à un prédécesseur qui s’appelait Cerdon, dont on sait d’ailleurs très peu de choses. Voici ce qu’en disait Irénée : il « enseigna que le Dieu annoncé par la Loi et les prophètes n’est pas le père de notre Seigneur Jésus-Christ : car le premier a été connu et le second est inconnaissable, l’un est juste et l’autre est bon ». Autrement dit, contrairement à ce que l’on a voulu nous faire accroire, Marcion n’a rien inventé. Comme Paul, Marcion n’a fait que reprendre et développer une Foi déjà bien établie avant lui. Remarquons toutefois que par la suite, Apelle, un de ses disciples, prit le parti d’ « un seul principe », comme le rapporte Eusèbe, alors que Marc par exemple, un autre disciple de Marcion, maintenait le parti « des deux principes ».
C’est pourquoi Rhodon rapportait que « l’hérésie de Marcion […] était divisée en différentes sectes »
, c’est-à-dire en différentes écoles de pensée. Là aussi, le parallèle est frappant avec les Cathares. Eux-aussi se répartissaient entre tenants de deux principes ou d’un seul principe, répartitions que certains historiens ont d’ailleurs exagérément monté en épingle.
Enfin rapportons un autre trait fondamental de la théologie marcionite et valentinienne sur la nature du Christ. Pour Marcion, Christ n’était pas un être de chair et de sang ; son humanité, comme sa mort et sa résurrection furent seulement apparentes. On l’a vu homme mais il n’était pas homme.
Pour Valentin, le Christ se revêtit d’un corps à partir des éléments célestes qu’il rencontra au fur et à mesure de sa descente en ce monde. Idée que l’on retrouve dans la version bogomile de La vision d’Isaïe, quand il est écrit que le Fils, dans sa descente à travers les sept cieux, prit successivement la forme corporelle des anges de chacun des cieux. En tous cas, que ce soit les Marcionites, les Valentiniens ou les Cathares, le Christ ne s’était jamais incarné en Marie.
Restons en là pour le moment et reportons-nous sur les point de convergences concrets des Marcionites et des Valentiniens, c’est-à-dire sur leur règle de vie et pratique ecclésiale.
Le principal point qu’on leur reprochait était leur rejet commun du mariage, comme le rapporte Irénée : « des gens qui s’inspirent […] de Marcion et qu’on appellent Encratites ont proclamé le rejet du mariage, répudiant l’antique ouvrage modelé par Dieu et accusant de façon détournée Celui qui a fait l’homme et la femme en vue de la procréation », et il ajoute ensuite que Valentin, comme Marcion, « proclama que le mariage était une corruption et une débauche »
59. Notons, qu’il s’agit encore d’un point commun avec les cathares. Il n’est pas inintéressant de relever au passage que l’usage de rompre les liens du mariage en s’engageant en vie chrétienne était attribué à « Nicolas, un des diacres, compagnons d’Étienne »60. Il s’agit bien ici d’Étienne, celui qui fut lapidé après sa comparution devant le Sanhédrin. Cette indication relie donc très clairement cette exigence de vie chrétienne aux tout premiers membres de l’Église, ceux qui furent précisément persécutés après la lapidation d’Étienne.
L’ascèse des Marcionites est bien connue, ils menaient une vie humble et chaste, faite de jeûnes et de prières. Ils se nourrissaient uniquement de pain, de légumes, de fruits, et de poisson ; on mentionne aussi le lait et le miel, mais la viande était absolument proscrite. Irénée nous en a rapporte la raison : « ils ont introduit l’abstinence de ce qu’ils disent animé »
. Cette prétendue « introduction » ne différaient pas toutefois du régime alimentaire que l’on peut observer dans les évangiles au sujet de Jésus. On le voit bien se nourrir de pain et de poisson, mais jamais de viande. Quoi qu’il en soit, notons que cette abstinence alimentaire qui rejetait la mise à mort est encore un point de concordance avec les Cathares, tel qu’eux-mêmes l’expliquaient : « Ils ne tuent [...] ni homme ni quoi que ce soit qui ait un souffle de vie ».
Mais le point le plus incontestable avec le catharisme c’est Épiphane qui nous le donne, quand il rapporte que dans l’Église marcionite les femmes avaient le droit de baptiser
. C’est incontestable parce que c’est unique et propre au marcionisme seulement. Les Marcionites avaient mis en pratique l’Évangile transmis par l’apôtre Paul qui disait que Dieu ne faisait « point acception de personnes », et l’Église cathare n’a pas agi pas différemment. Les femmes avaient les mêmes droits que les hommes au sein de l’Église. Elles pouvaient prêcher, baptiser et consacrer le pain.
Enfin, il nous faut faire un dernier parallèle avec le catharisme au sujet du prétendu baptême des morts que l’on dénonçaient chez les marcionites. Voici ce que nous en dit Jean Chrysostome : « Un catéchumène chez eux vient de mourir ; que font-ils ? Sous le lit du mort, ils cachent un vivant ; cela fait, ils demandent au mort s’il veut recevoir le baptême. Le mort ne répond pas ; alors celui qui est caché en bas de son le lit, répond pour lui qu’il veut recevoir le baptême ; ils arrivent ainsi à baptiser le vivant pour celui qui est mort : c’est une comédie »
. Le comédien ici, c’est Jean Chrysostome, parce qu’il tourne à la facétie le baptême des cliniques, c’est-à-dire des mourants et non des morts, tel que les Cathares le pratiquaient encore. Le baptême des croyants se faisait effectivement in extremis sur leur lit de mort, comme l’attestent de multiples dépositions de l’Inquisition.
Nous arrêterons là sur ce sujet. Retenons que contrairement à l’idée reçue, les « hérésies » ne sont pas des altérations diverses d’une « orthodoxie » première, mais les premières formes du christianisme, d’un christianisme qui était dès l’origine pluriel. Jacques, Pierre et Paul furent les figures emblématiques des trois grands courants du christianisme premier. Après une période de coexistence ces trois courants entrèrent en rivalité et finirent par se séparer. Le courant de Jacques fortement ancré dans le judaïsme à Jérusalem même ne parvint pas à se développer. Cette communauté ne se releva pas de la mise à mort de Jacques en 62 et de la destruction de Jérusalem en 70. Au IV
esiècle, il ne restait que quelques communautés complètement marginalisées sous le nom d’Ebionites. Le courant de Pierre, beaucoup plus modéré en ce qui concerne les observances juives, fini rapidement par s’imposer, tant dans les milieux païens que dans les milieux juifs. Il s’implanta solidement à Rome et chercha à concurrencer les Églises fondées par Paul. Ces dernières, autonomes et indépendantes, ne constituaient pas un corps social. Elles n’étaient pas en lien les unes avec les autres. Ce n’est qu’avec Marcion, au IIesiècle, qu’elles prirent conscience de leur identité propre. Le divorce fut alors consommé entre le courant de Pierre et celui de Paul. Deux traditions apostoliques s’opposaient et c’est la tradition apostolique de Pierre qui triompha quand elle s’associa au pouvoir romain.
En conclusion, Marcion ne disait rien d’extravagant quand il opposait l’enseignement des disciples de Jésus à l’enseignement de Paul. En fait, il ne disait rien d’autre que la vérité. On a voulu faire passer Marcion pour un hérésiarque, c’est-à-dire l’inventeur et fondateur d’une hérésie nouvelle censée avoir perverti l’enseignement premier des apôtres. Au contraire, Marcion fut le plus fidèle continuateur d’un enseignement apostolique premier, celui de Paul. Marcion fut à son époque le plus éminent théologien du christianisme, et la rage avec laquelle on s’acharna à le réfuter, même bien longtemps après sa mort, le démontre. En réalité, Marcion n’a fait que consommer le schisme latent qui séparait deux traditions apostoliques incompatibles et irréconciliables, c’est-à-dire celle qui s’inscrivait dans la continuité de la Loi et celle qui rompait avec la Loi. Pour la tradition apostolique paulinienne, l’Amour et la Grâce était la négation de la Loi et du Jugement.

Source : http://www.catharisme.eu/histoire/catharisme-europe/origine-filiation4/

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 20:36

Quelques générations plus tard, Abraham rechercha à obtenir la Prêtrise : « Je recherchais les bénédictions des pères et le droit auquel je devais être ordonné pour administrer celles-ci ; ayant moi-même été disciple de la justice, posséder une plus grande connaissance, être le père de nombreuses nations, un prince de la paix (grades maçonniques Adamique) et désirant recevoir des instructions et garder les commandements de Dieu, je devins héritier légitime, Grand Prêtre, détenant le droit qui appartenait aux pères. Il me fut conféré venant des pères depuis le commencement des temps, oui depuis le commencement, ou avant la fondation de la terre jusqu’à présent, le droit du premier-né, ou du premier homme, qui est : Adam, ou premier père, par l’intermédiaire des pères jusqu’à moi. Je recherchais ma désignation à la Prêtrise, selon le décret lancé par Dieu aux pères concernant la postérité ». (Livre d’Abraham, Perle de grand prix, Chap. 1 versets 1 à 4).

« Les annales des pères, des patriarches, concernant le droit à la Prêtrise, le Seigneur, mon Dieu, les conserva entre mes mains ; c’est pourquoi j’ai gardé jusqu’à ce jour la connaissance du commencement de la création et aussi des planètes et des étoiles, telles qu’elles furent révélées aux pères » (Livre d’Abraham, Perle de grand prix, Chap. 1 versets 31).

Au cous de son initiation, qu’il reçut en même temps que Lot, Abraham reçut la révélation du Nom de Dieu et de son sens ineffable : « Mais moi, Abraham, et Lot, le fils de mon frère, nous priâmes le Seigneur, et le Seigneur m’apparut et me dit : (…) Car je suis le Seigneur, ton Dieu, je demeure au ciel, la terre est mon marchepied ; j’étends la main au-dessus de la mer, et elle obéit à ma voix du vent ; et du feu j’ai fait mon char ; je dis aux montagnes : partez d’ici, et voici, elles sont enlevées par un tourbillon, en un instant, soudainement. Mon nom est Jéhovah, et je connais la fin dès le commencement ; c’est pourquoi, ma main sera sur toi…Je bénirai ta postérité par ton nom, car tous ceux qui recevront cet Evangile seront appelés de ton nom, seront considérés comme ta postérité et se lèveront et te béniront, toi, leur père. Lorsque le Seigneur se fut retiré après m’avoir parlé, et qu’il eut retiré sa face de devant moi, je dis en mon cœur : Ton serviteur t’a cherché avec ferveur ; maintenant je t’ai trouvé. L’éternité était donc notre abri, notre roc et notre salut, tandis que nous voyagions de Charan ». (Livre d’Abraham, Perle de grand prix, Chap. 1 versets 7, 8, 10,12 et 16)

Abraham reçut l’enseignement de l’étude spirituelle des astres et des planètes : « Et moi, Abraham, j’avais l’Urim et Thummim que le Seigneur, mon Dieu, m’avait donnés à Ur en Chaldée. Je vis les étoiles, je vis qu’elles étaient très grandes, et que l’une d’elles était tout près du trône de Dieu ; et il y en avait beaucoup de grandes qui en étaient proches.

Et le Seigneur me dit : Ce sont celles qui gouvernent, et le nom de la grande est Kolob ; parce qu’elle est près de moi, car je suis le Seigneur, ton Dieu : j’ai placé celle-là pour gouverner toutes celles qui appartiennent au même ordre que celle sur laquelle tu te tiens.

Et le Seigneur me dit, par l’Urim et le Thummim, que Kolob était à la manière du Seigneur, selon ses temps et ses saisons dans ses révolutions ; qu’une révolution était un jour pour le Seigneur, selon sa manière de compter, alors qu’elle était de mille ans selon le temps désigné pour l’astre sur lequel tu te tiens. C’est là le calcul du temps du Seigneur, selon le calcul de Kolob.

Et le Seigneur me dit : La planète qui est le plus petit luminaire, plus petite que celle qui domine sur le jour, c’est-à-dire celle qui domine sur la nuit est supérieure ou plus grande que celle sur laquelle tu te tiens, au point de vue calcul, car elle se meut dans un ordre plus lent ; cela est dans l’ordre, parce qu’elle se trouve au-dessus de la terre sur laquelle tu te tiens, c’est pourquoi le calcul de son temps n’est pas aussi élevé quant à son nombre de jours, de mois et d’années.

Et le Seigneur me dit : « Or, Abraham, ces deux faits existent ; voici, tes yeux les voient ; il t’est donné de connaître les temps qui servent à calculer, et le temps fixé de la terre sur laquelle tu te tiens, le temps fixé du grand luminaire qui est placé pour présider au jour, et le temps fixé du plus petit luminaire qui est placé pour présider à la nuit. Or donc, le temps fixé du plus petit luminaire est un temps plus long, quant à son calcul, que le calcul du temps de la terre sur laquelle tu te tiens.

Et là, où ces deux faits existent, il y aura un autre fait au-dessus d’eux, c’est-à-dire qu’il y aura une autre planète dont le calcul du temps sera plus long encore ; et ainsi, il y aura toujours une planète dont le calcul du temps sera supérieur à l’autre, jusqu’à ce que tu t’approches de Kolob, Kolob qui est selon le calcul du temps du Seigneur ; Kolob, qui est placée près du trône de Dieu pour gouverner toutes ces planètes qui appartiennent au même ordre que celle sur laquelle tu te tiens. Et il t’est donné de connaître le temps fixé de toutes les étoiles qui sont placées pour éclairer, jusqu’à ce que tu t’approches du trône de Dieu ».

C’est ainsi que moi, Abraham, je parlai avec le Seigneur, face à face, comme un homme parle à un autre ; et il me parla des œuvres que ses mains avaient faites ». (Livre d’Abraham, Perle de grand prix, Chap. 3 versets 1 à 11).

Le Seigneur apporta également des enseignements à Abraham concernant l’Homme et l’ordre qu’il revêt dans l’univers : « De même aussi, s’il y a deux esprits, et que l’un soit plus intelligent que l’autre, cependant ces deux esprits malgré que l’un soit plus intelligent que l’autre, n’ont pas de commencement ; ils ont existé avant, ils n’auront pas de fin, ils existeront après, car ils sont Olam, ou éternels…Ma sagesse les surpasse tous, car je règne dans les cieux en haut, et sur la terre en bas, en toute sagesse et en toute prudence, sur toutes les intelligences que tes yeux ont vues depuis le commencement ; je descendis au commencement, au milieu de toutes les intelligences que tu as vues. (Livre d’Abraham, Perle de grand prix, Chap. 3 versets 18 et 21).

« Chaque étoile a un être qui lui est préposé, qui est au-dessus d’elle et qui la représente selon son juste rang en accomplissant son service devant le Saint, béni soit-il. Toutes les étoiles du firmament agissent en gardiennes du monde et chaque objet au monde a une étoile qui lui est assignée et qui veille sur lui. Ce n’est pas sans raison que toutes les étoiles luisent et servent. Lorsque leur mission est accomplie, ces étoiles quittent ce monde et montent à la place qui leur est désignée en haut. Elles influencent aussi la formation des pierres précieuses et de l’or, naissant de la traîne lumineuse qui suit ces étoiles à travers le firmament.

Le Saint béni soit-il, a ordonné toutes choses pour que le monde soit parfait et empli de splendeurs. Les étoiles doivent « illuminer la terre » pour rayonner sur toutes les choses qui sont indispensables à la perfection du monde. (Le Zohar, Le livre de la splendeur, Les étoiles).

Abraham paya la dîme de tout à Melchisédech qui l’intronisa dans le Saint Ordre, il devint Grand-Prêtre ou Grand-Maître à partir de là : Melchisédech, Prince de Jérusalem et Roi de Salem (Grades Maçonniques Adamiques), était assis dans sa tente royale dans la vallée de Shavé, qui est connue comme la vallée du roi.

Alors qu’Abraham s’approchait de son tabernacle, Melchisédech se tenait à l’entrée, il tira son épée, fit mine d’asséner un coup de haut en bas vers Abraham, qui para le coup et s’agenouilla devant lui. Melchisédech demanda qui était l’étranger et en réponse, il lui fut répondu que la personne devant lui était son ami et son frère Abraham, qui dit : « Je te donne la dîme de tout. »

Alors, Melchisédech lui donna du pain de la pointe de son épée en disant : « Regarde comme il est bon et plaisant pour les frères de demeurer ensemble unis. Partage avec nous ce pain, que tu reçois à la pointe de mon épée, pour que tu te souvienne que tu dois toujours être prêt à partager ta dernière miche avec un compagnon Grand-Prêtre oint, et que tu devras toujours, si son besoin le réclame, fut-il un ennemi, le nourrir à la pointe de l’épée. ».

Tenant son épée en travers de sa poitrine, Melchisédech offrit alors à Abraham son gobelet du plat de sa lame en disant : « Prends, que le Seigneur te bénisse, qu’il vous bénisse tous, serviteurs du Seigneur, qui, la nuit, vous trouvez dans la maison du Seigneur. Levez vos mains dans le sanctuaire et bénissez le Seigneur. Le Seigneur, qui a créé le ciel et la terre, te bénit depuis Sion.

Bois avec nous ce vin, que tu reçois sur l’épée, pour que tu te rappelles que tu dois toujours partager les luxes comme les nécessités de la vie avec un compagnon Grand-Prêtre oint. S’il a faim, nourris-le ; s’il a soif, donne-lui à boire ; s’il est nu, vêts-le ; s’il est malade ou affligé, rends-lui visite et soigne-le ; compatis à sa douleur et réjouis-toi avec lui dans ses joies. Agis ainsi avec lui et ne l’abandonne jamais. »

Melchisédech ordonna à ses compagnons de former ensemble les côtés d’un triangle équilatéral. Il plaça Abraham au centre du triangle et se plaça lui-même au sommet, à l’orient. Ils s’agenouillèrent tous tandis qu’il se mettait à prier : « Que le Grand-Prêtre Suprême du Ciel et de la Terre accorde sa bénédiction à notre compagnon, pour qu’il puisse enseigner les lois et les commandements du Seigneur et exécuter les devoirs de son office avec ferveur, fidélité et zèle ».

Et il bénit Abraham en disant : « Le Seigneur te bénit et te garde. Le Seigneur tourne son visage vers toi pour qu’il rayonne sur toi et t’inonde de sa grâce. Le Seigneur lève son regard vers toi et te donne la paix ».

Et Melchisédech parla à Abraham qui demeurait à genoux au centre du triangle équilatéral en disant : « Je vais maintenant t’expliquer les secrets de cet Ordre Saint. L’onction d’huile est la principale cérémonie divine pour être intronisé dans chacun des trois offices de la communauté juive : Prophète, Prêtre et Roi. Elle est reçue comme symbole de sanctification et de consécration au service du Dieu Très Haut.

Quand moi, Melchisédech, roi de Salem, j’ai fait d’Abraham un Grand-Prêtre, je l’ai d’abord oint trois fois d’huile, puis trois fois de vin. Ces deux onctions sont une allusion au triangle, symbole de la divinité. Ainsi nous est-il rappelé que le vrai frère doit aussi se consacrer au service du Dieu Très Haut. »

Comme l’intangible clergé de Melchisédech est supérieur à celui d’Aaron, qui s’est éteint, nous aspirons, après l’achèvement de cette existence terrestre, à entrer dans ce Tabernacle, « qui ne fut pas créé par des mains et éternel dans les cieux ».

Souvenez-vous que les responsabilités de cet Ordre Saint ne reposent pas seulement sur les épaules des officiers, mais également sur tous les membres de l’Ordre. Parce que tu accordes de la valeur à ton honneur en tant qu’homme et frère ; parce que tu attaches du prix à la pureté et à la permanence de l’Ordre ; parce que tu crains de déplaire au Tout Puissant, dont tu as solennellement invoqué le Nom ; alors ne trahis aucun des serments que tu as prêtés et exécute fidèlement tous les devoirs auxquels tu t’es désormais lié.

Laisse le Lion de la Tribu de Juda être le symbole de ta force et de ta hardiesse au service de la vérité et de la justice.

Sois aussi patient que le Bœuf à l’égard des faiblesses et des erreurs de tes frères, et aussi vif que l’Aigle pour exécuter une bonne œuvre.

Donne à tes compagnons de l’Art royal l’exemple lumineux d’un homme droit et parfait et, particulièrement, d’un compagnon Grand-Prêtre oint.

Que la sainteté du Seigneur imprègne toutes tes pensées, tes paroles et tes actions. Finalement, au terme de cette vie douloureuse, puisse le Très Haut, qui siège entre les chérubins, t’admettre dans son sanctuaire glorieux et éternel pour que tu puisses là l’adorer à jamais. (Testament Maçonnique Chap. 5, v. 13 à 26)

Source : http://www.descendancedejesusetmariemadeleine.com

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Published by X - dans Gnose
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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 10:38

TOUTES les sectes juives - chrétiennes professaient quelque partie de la philosophie platonicienne ; c'est ce qui fit qu'Origène, t. i, ch. VI, contre Celse, reprocha au Fils de Marie d'avoir emprunté plusieurs dogmes de Platon, et voilà pourquoi St Augustin avoue, dans sesConfessions, lib. VII, ch. 9, 10, 20, que le commencement de l'Evangile de St Jean était dans les doctrines de Platon. La notion du Verbe ou de la PAROLE DIEU est venue du dogme chrétien de Platon. Ce fut après avoir mis ce mot à la torture de mille manières, qu'il s'éleva chez les Juifs une autre société dite de la Cabale, profanée de nos jours, quoique jadis de profonds Sages militassent sous ses drapeaux.

C'est à Simon Ben-Jochaï, qui vivait quelques années avant la ruine de Jérusalem, qu'on attribue l'institution de cette secte : il a laissé un écrit qui porte pour titre le Sockar, ou de la Splendeur; ce livre est tout rempli d'allégories et de métaphores. Avec de tels moyens, la Divinité est susceptible de plusieurs interprétations et modifications ; il faudrait bien du temps et du bon sens pour interpréter et comprendre plausiblement cette production: il faut dire néanmoins à sa gloire que ses allégories sont plus claires que celles de l'Apocalypse. Ce qu'il y a de curieux, c'est que ces deux écrits servirent au système maçonnique (115).

Ben - Jochaï peint Dieu sous l'emblème d'un grand visage de vieillard : « Sa tête est cachée dans un lieu supérieur, on ne la voit pas. Il porte sur sa tête mille millions de milliers ; sept mille cinq cents boucles de cheveux blancs de laine ; à chaque boucle il y a quatre cent dix cheveux, ce qui répond au nombre que donne la parole Kadosch. Toutes les parties du visage renferment des choses extraordinaires, admirables. Cette barbe est au-dessus de toute louange, elle est blanche comme la neige, elle descend jusqu'au nombril; c'est l'ornement des ornemens, la vérité des vérités. Il y a dans cette barbe treize parties qui renferment toutes de grands mystères ; mais il n'y a que les initiés qui les comprennent. »

Simon eut une infinité de Sectateurs. L'opinion favorable sur la Bible s'affaiblissait tous les jours, et celle des Cabalistes augmentait. Ces sectaires soutenaient, comme les Esséniens, que dans la Bible les mots étaient autant d'images des choses cachées, et qu'il fallait changer les livres sacrés et les préceptes de la sagesse juive en allégories; car la Bible, prise à la lettre, ne pouvait produire que des schismes.

La philosophie de la Cabale se propagea extraordinairement en Syrie, en Palestine et en Egypte, mais plus particulièrement dans cette dernière région où le système des allégories était en usage et où la Cabale même était pratiquée par les prêtres. Les emblèmes avaient une conformité étonnante avec ceux des Juifs dont nous avons déjà eu occasion de parler. La philosophie de la Cabale se conserva en Egypte jusqu'au temps des Croisés, et nous la verrons encore dans le 13e siècle, figurer dans le procès des Templiers, et postérieurement être en pleine vigueur à la moitié du 17e siècle. Par ce qui nous reste, les Cabalistes croyaient à un seul Dieu; ils enseignaient le dogme de son unité. Pour entrer dans leur confrérie, il fallait des épreuves avant l'initiation.

Le vulgaire a soupçonné les Cabalistes d'idolâtrie, parce qu'ils avaient cette image allégorique qui leur servait pour se donner une idée quelconque relative aux œuvres et à l'existence de Dieu. Les Cabalistes voulurent se représenter par cette image, que la création est éternellement continuée. Cette image leur servait aussi pour démontrer la perfection des choses divines qui tombent sous les sens. Comme les Cabalistes suivaient dans le fait les lois juives, et qu'ils ne devaient pas se créer des images, ils en ont imaginé une, telle que la raison leur assurait que le temps, que tout corrompt, ne s'aviserait pas de faire adorer le simulacre par eux adopté.

Il y a eu de tout temps des superstitieux et des prêtres qui, pour leur intérêt, entretenaient les hommes dans l'erreur : les idoles firent le tour du monde. Les Chrétiens de Rome, qui ont une confiance et une vénération aveugle dans de petites figures de bois ou de métal représentant des Saints, des Vierges, des Esprits, des Pères éternels avec barbe, ne sont ni les seuls, ni les premiers qui adoptèrent ces simulacres. Dans l'Antiquité, il y eut des sectaires et des peuples entiers qui portaient des Abraxas sur eux, auxquels ils attribuaient des propriétés miraculeuses. Ce qui arriva en fait de politique et de religion jadis, on le voit se succéder tous les jours : c'est la conséquence de l'instabilité et de la faiblesse humaines.

Avant les Gnosticiens, les Cabalistes, etc., etc., les prêtres égyptiens assuraient qu'ils avaient le pouvoir de communiquer aux statues quelque chose de la nature divine. Leveque, Excurs. sur le Schamanisme, trad. de Thucydide, in, p. 298.

Les Grecs et les Romains croyaient que les Dieux s'incorporaient aux statues par le moyen de la consécration, Van Dale, de Cong. in lib. de oracul. 477. Les défenseurs du Paganisme prétendirent que les Simulacres étaient pleins de la présence réelle des Dieux, Jamblic. apud Phot, bib. cod. 225. Arnob. adv. Gentes VI, 17.

Il y eut au 19.e siècle, à en croire certains journaux qui sont soudoyés par les apostoliques, des statues en bois, en pierre et autre matière qui firent des signes, pleurèrent et parlèrent.

Les Cabalistes sachant que nos idées nous viennent des sens , et admettant que Dieu n'était pas un être corporel, pensèrent qu'on ne pourrait jamais enseigner le dogme d'un Dieu sans en fixer l'idée par des signes plus ou moins imparfaits. Alors ils choisirent cette image spirituelle qu'on peut dire image de parole, afin de se donner l'idée la moins éloignée de la toute- puissance de l'Eternel. Outre les écrits de Ben-Jochaï, les Cabalistes en ont laissé d'énigmatiques dont l'interprétation a occupé plusieurs savans ; c'est une mine très-profonde et très-difficile à exploiter, et de laquelle on a tiré avec beaucoup de difficulté, au 16e siècle, quelque chose de bon; c'est d'elle qu'est sorti le rite dit de la Cabale. Leur doctrine était renfermée dans la Pl. n.° VI. Peut-être que si de sages critiques se saisissaient des rapports qu'ils peuvent avoir avec les mystères égyptiens, ils en trouveraient des notions utiles à l'érudition et à l'illustration de la Maçonnerie.

GNOSTICIENS.


Des Cabalistes sortirent les Gnosticiens, qui, lorsque le Christianisme se répandit en Europe, disparurent comme fondus dans les ténèbres de ces siècles ; néanmoins, par les annales de notre Europe, par une infinité d'ouvrages polémiques qui parurent jusqu'au temps des Croisés, on sait ce que leur théologie professait sur l'éternité des siècles et sur l'émanation des principes divins.

Ils disaient à leurs initiés : «Que celui qui adorait le Crucifié était l'être le plus bas dans l'échelle des êtres, et que celui, au contraire, qui, fourni de bon sens et assez éclairé pour être sûr que jamais un homme ne peut être le Dieu tout-puissant, qui n'a eu jamais de commencement, qui est éternel, que celui-là se trouvait déjà parvenu au point le plus élevé dans l'échelle des êtres, et enfin à l'état sublime d'homme, et qu'alors il avait acquis, en devenant Gnosticien, toute la science humaine. » Les Croisés apportèrent en Europe cette doctrine, et les Templiers furent accusés de la professer. Un Gnosticien a soutenu avec une repréhensible hardiesse que Jésus, adoré par ses Pontifes, n'était qu'un magicien.

Les Gnosticiens disaient que l'édifice emblématique de leur science était construit sur un carré dont les quatre angles avaient nom Sighé, Bathos, Nous, Alêteïa, qui sont expliqués par silence, profondeur, intelligence, vérité. Le Temple mystique de Salomon conserve ces attributs. On croira facilement que les Chrétiens grecs, du temps du Bas-Empire, qui ne connaissaient pas la doctrine des abstractions sublimes des Gnosticiens, toute en opposition à leur dogme, envisagèrent cette société secrète comme hérétique et payenne, et ne se contentant pas de l'accuser d'erreur, s'efforcérent de la taxer d'immoralité en renouvelant contre elle les calomnies inventées contre les Chrétiens, en Italie, du temps de Néron. Sacrifices humains, ablutions sanglantes, unions contre nature, il n'est point de crimes qu'on ne leur ait imputés dans leurs initiations et mystères. St Clément d'Alexandrie, leur rend plus de justice, quand il dit dans les Stromates, qu'il n'y a point de différence du vrai Gnostique au parfait Chrétien, quoiqu'il sût bien que la principale doctrine de cette société était la négation absolue de la divinité de Jésus : c'était la seule morale chrétienne que les Gnosticiens pratiquaient.

Les persécutions qu'où intenta à la suite de ces accusations aux croyans d'un seul Dieu, fit que les Gnosticiens se cachèrent de plus en plus ; ils rendirent leurs assemblées très-secrètes, couvrirent leur dogme d'allégories ; aussi leur doctrine ne passa-t-elle à la postérité qu'oralement. Le nom de Gnosticien vient du verbe grec connaître.

Gnôti seauton, « connais-toi toi-même » , est l'inscription du Temple du Soleil ; c'est d'après cette inscription et les emblèmes sacrés de cette société qu'on appela les Gnosticiens, Prêtres du Soleil.

Un des préceptes oraux qu'on conserve dans plusieurs rites maçonniques , est le nosce te ipsum qui nous est parvenu de ces Sages. Convenons, d'après un Maçon très-instruit , « que toutes les sciences ne sont que peu de chose vis-à-vis de celle qui, seule, peut nous faire deviner ce que nous sommes, d'où nous venons et où nous allons ; avec ce guide nous pouvons sans doute faillir encore et agir quelquefois contre nos intérêts; mais sans elle, il est impossible de faire dans tout le cours de la vie humaine une action de conséquence ».

La Gnose est la vraie science, et la lettre G qu'on trouve dans le compagnonnage et autres Ordres, paraît tirer son origine de la manifestation de la Gnose chez les Gnosticiens. C'est la première lettre de ce mot que nous conservons dans l'Etoile flamboyante.

L'Histoire Ecclésiastique dit que l'apparition de cette Société date de l'époque où le Christianisme commença à se propager ; elle la dit contemporaine de ce culte, comme si elle était la fleur, le fruit, le tronc du même arbre.

Lors de la destruction du Temple d'Eleusis par Alaric le Visigoth, l'an 896 de l'ère vulgaire, les prêtres qui purent échapper au glaive des barbares, se réfugièrent en Egypte et s'associèrent aux Gnosticiens avec les conservateurs des rites mosaïques chrétiens, ce qui augmenta leur nombre et leur science.

Il est dit dans Epiph. V, que les Gnosticiens se connaissaient entr'eux à leur manière de se prendre la main. Ces signes gnostiques sont arrivés jusqu'à nous ainsi que leurs allégories.

Ce voile, dont Achamot se couvrait, se trouve dans le voile du Temple maçonnique : les Gnosticiens en avaient fait une allégorie dans le récit d'Achomet. Le Baphomet des Gnosticiens devint en après celui des Templiers. On le voit, pour ainsi dire, enveloppé de la peau du Lion, que l'on sait être un des emblèmes du Soleil. La Nature était représentée par des symboles ainsi que l'Astronomie était rappelée par des figures : les Gnosticiens usèrent des signes du Soleil, des Etoiles et de ceux du Zodiaque; on les trouve dans les Abraxas; ils passèrent dans les emblèmes de la Maçonnerie comme l'Etoile flamboyante qui renferme le symbole de la Gnose. Ces emblèmes et doctrines passèrent en Occident, on en trouve une infinité dans les pierres sépulcrales de nos ancêtres, et plus particulièrement du temps de Domitien.

Les Ophites modelèrent leur système sur le dogme des Gnosticiens; ils ont existé aussi pendant les premiers siècles et à la naissance du Christianisme; à l'image barbue, ils avaient substitué pour emblème de la Divinité, comme une grande partie des initiés égyptiens, le Serpent de Sérapis; Tertullieu et les Saints-Pères s'imaginèrent qu'ils adoraient un Serpent matériel. Voilà assurément le comble de la déraison humaine.

Tertullien dit, de Prescrip. 47, que les Ophites avaient le Serpent en grand honneur, ils le regardaient comme leur Christ, leur Sauveur; ils le préféraient à Jésus, parce que , disaient-ils, il possédait « la science du bien et du mal ». Dans cette supposition, ils suivaient la Bible qui décrit le Serpent tentateur d'Eve, comme ayant en lui toute science, ou ils se référaient au Serpent de Moïse, qui guérissait de la peste et des maladies, tandis que, dans le fait, l'un et l'autre n'étaient que le Serpent égyptien Sérapis, que Moïse avait trouvé dans les emblèmes du culte du Soleil et qui dût être en vénération bien avant les Ptolomées.

Les Ophites confessaient un Dieu Père incréé : ils furent persécutés à outrance par les Chrétiens d'Orient ; ce qui les porta à maudire le Galiléen dans ses prêtres, persuadés que ses institutions les avaient rendus aussi intolérans. Un de leurs emblèmes était la Croix tronquée, le Phallus qui devint par la suite le maillet maçonnique, et qui représentait le bois de vie, et la clé de la science ; ils avaient aussi le Calice ou le vase cosmogonique, symbole commun aux Gnosticiens et qui se trouve dans le patére des Maçons. Ces emblèmes sont communs aussi aux croyans de Mithe ou Mythras , qui existent dans l'Indostan.

Les Ophites priaient devant la figure de Pentagone, qui était un des signes de leur institution, comme il était aussi celui des sept Sages de la Grèce.

Ces emblèmes passèrent en Europe avec leur doctrine, ils furent adoptés par les Croisés, par les Roses-Croix, par les Chevaliers Templiers, et parvinrent aux Maçons.

La plus grande partie des sectes qui se reproduisirent après les Esséniens, Gnosticiens, Cabalistes et autres, honoraient le Soleil comme la plus belle image de la puissance de l'Eternel. Toutes ses sectes admettaient l'Unité de Dieu, elles étaient par-là bien éloignées de croire à la divinité de Jésus-Christ, surtout les Gnosticiens qui se vantaient de l'avoir compté au nombre de leurs Frères.

Notes

(115) Bacon de Verulam était partisan du système de la Cabale; il établit dans son île de Bensalem les lois cabalistiques que Moïse avait données (pag. 54, édition de Louvain, 1648).

Les Basilidiens paraissent absolument sortir des Esséniens et être mélangés avec les Gnosticiens.

Basilide disait à ses adeptes : « Vous devez tout connaître, et personne ne vous connaîtra ».

Il nous reste de leur ancienneté, des monumens dans les Abraxas qui renferment des signes mystérieux et que nous rapporterons en son lieu. Le nom d'Abraxas, qui se trouve gravé sur une quantité de pierres des premier et second siècles de l'ère chrétienne, donne en lettres grecques la valeur de trois cent soixante-cinq , le même nombre des degrés du fameux cercle d'or du tombeau d'Orcmaudyas, toujours relatif au cours annuel du Soleil. La cuirasse de Pharaon-Amasi, consacrée à Minerve dans l'île de Rhodes, était remarquable par la trame, dont le fil était tordu en trois cent soixante-cinq autres, allusion à la durée de l'année ; preuve nouvelle que les religions anciennes doivent leur origine à l'Astronomie.

Les Basilidiens avaient deux images au lieu d'une seule, comme les Gnosticiens; l'une avait barbe, et l'autre sans barbe ; ces simulacres étaient allégoriquement honorés par eux.

St Irenée a cru que c'étaient les images de Jupiter et de Minerve, et s'en est prévalu pour les accuser d'idolâtrie. Basilide obligeait ses Disciples à se taire pendant cinq ans, comme jadis les Disciples de Pythagore. Il croyait ce temps nécessaire à la préparation de l'initiation et pour être à même de recevoir la Gnosin ou la science humaine. Un seul entre mille était admis au sanctuaire, à la connaissance de ce qui regarde la Divinité ; et sur dix mille initiés, deux seulement étaient agréés pour participer entièrement à la révélation entière de tous les secrets arrachés à la nature. Ces sectes étaient toutes des écoles de philosophie.

M. Ouvaroff croit que dans l'initiation supérieure, en parlant des mystères anciens, on devait se borner à démontrer l'unité de Dieu et l'immortalité de l'âme, par des argumens philosophiques ; ce qui paraît en opposition aux témoignages suivans.

Clément d'Alexandrie, Strom. V, 2, dit expressément, en parlant des grands mystères : « Ici finit tout enseignement, on voit la nature et les choses ».
Ce qu'on ne peut révoquer en doute, c'est que, lors de l'existence de ces premières sociétés, que nous appelerons toujours juives - chrétiennes , les notions de morale étaient très-répandues et connues du vulgaire; et si elles eussent fait l'essence des mystères, elles ne pouvaient aucunement mériter les magnifiques éloges des hommes, des savans de l'antiquité, qui ont cru que dans ces sociétés il existait la révélation des sublimes vérités, et que leur institution en était l'unique objet.

Après cette remarque, il est très-évident que ces sociétés et leurs mystères auraient cessé d'exister du moment où les vérités secrètes eussent été enseignées publiquement; et pour lors, Pindare, Platon, Cicéron, Epictète n'en auraient aucunement parlé avec tant d'admiration, si le Hiérophante s'était occupé de leur apprendre avec tant d'apprêts et avec tant de secret, ses opinions, ses doctrines et celles de son ordre et société, lorsqu'on eut pu trouver et apprendre tous ces enseignemens dans des livres et dans des écoles publiques. Observons qu'à ces époques , la morale et la philosophie avaient atteint un si haut degré d'élévation, qu'aucune notion sur la première ne pouvait rester inconnue et inaccessible; il paraît, pour lors, que, dans l'initiation de ces sociétés, on devait découvrir aux initiés de grandes vérités morales et philosophiques, cachées au vulgaire, conservées par des traditions orales qui remontaient au premier âge du monde. Ces connaissances, placées au milieu du polythéisme, formaient l'essence et la doctrine secrète des mystères.

Cette hypothèse concilie les contradictions apparentes du système religieux des Anciens sur la matière et sur l'âme, et s'accorde parfaitement avec les traditions orales des Croisés, et en particulier des Templiers, qu'on prétend être les instituteurs des Maçons. Il faut remarquer ici que plusieurs Sts-Pères de l'Eglise donnent des notions très-intéressantes sur les mystères, et en font tour-à-tour des éloges brillans ou des peintures odieuses.

St Clément d'Alexandrie, qui passait pour avoir été initié, et Eusèbe, Prepar. Evang. II, 2, tantôt leur prêtent le but le plus frivole et même le plus honteux, les transforment en école d'athéisme (cohort ad Gentes), tantôt ils prétendent que les vérités qu'on y enseignait avaient été dérobées par les philosophes à Moïse, à Salomon et aux Prophètes (Strom. V, page. 650); et même, selon ce dernier, ce sont les philosophes qui ont établi les mystères (Strom. V, page. 681). Tertullien, plus logicien, en attribue l'invention au Diable (de Preser, ad Hoeret. 40.) Arnobe, Athenagore et S. Justin en ont tous parlé de la même manière.

Leurs éloges et leurs blâmes peuvent être également vrais, sans en être moins désintéressés. Ici il faut distinguer deux époques. Il est certain que de grands abus s'étaient glissés dans les mystères. La corruption avait commencé à répandre quelques notions sur les cérémonies qui s'y pratiquaient, et l'indiscrétion des mystes avait divulgué des symboles ; tout tendait à profaner les mystères déjà déchus de leur dignité primitive. Mais si nous nous rapportons aux temps où les mystères fleurissaient, les témoignages en leur faveur sont unanimes; partout ils sont présentés comme l'origine des arts, des sciences, des lois. Il est bien naturel que ces mystères étant l'appui du polythéisme après la corruption sacerdotale, les Saints-Pères, qui suivaient une doctrine différente, les regardaient comme les foyers de l'erreur, et ne pouvaient dans leur intérêt mettre assez d'ardeur à les discréditer.

Après les divulgations et le discrédit par les ennemis de la science, il est facile d'en déduire que les emblèmes religieux égyptiens, grecs, juifs, chrétiens, gnosticiens, de la Cabale, romains et autres, n'étaient intelligibles qu'aux seuls initiés (En preuve que les emblèmes qui dérivaient de la religion égyptienne étaient mystérieux à tout autre qu'aux initiés, on lit dans Eusèbe , de Prep. Evang., lib. II, « qu'entre les prêtres égyptiens, il y avait une caste qui ne s'occupait, même au temps de Joseph l'historien, que de l'interprétation des hiéroglyphes. » Le Sacerdoce et l'initiation étant perdus, ont donné lieu à établir mille erreurs.) ; c'est ce qui amène le vulgaire à se former à cet égard des systèmes de théologie sur le polythéisme. Nous avons dit que les secrets des initiés étaient consignés oralement ; le temps, les révolutions, les guerres ont fait perdre une partie de ces doctrines ; il n'est resté dans les Temples que leurs enseignes. Le vulgaire, qui n'approfondit jamais rien, en établissant sa théologie, a cru voir dans ces emblèmes des signes d'idolâtrie, et en fit des religions monstrueuses. Il y a des critiques qui pensent que la religion de Rome n'en a pas été exempte.

Il résulte de ce qui précède, que des peuples entiers se sont formé un système à leur gré de la Divinité apparente ; ils établirent des légendes et des heureuses nouvelles, pour donner quelqu'ombre de raison à un culte qui n'était plus soutenu par la tradition orale des initiés anciens, qui se trouvait inconnu au vulgaire, et qui devint par-là absurde et monstrueux.

La généralité des Philosophes égyptiens, grecs, romains, comme aussi les Saints-Pères se firent un système à part, et les sentimens des uns détruisirent souvent ceux des autres.


DES MAGES


Une religion très-répandue dans l'Orient, et de laquelle plusieurs autres sont sorties, fut celle de Mythras dont les initiés s'appelaient Mages. Plusieurs savans ont même cru, peut-être trop légèrement, que la légende sacrée de Jésus n'était qu'une imitation de celle de Mythras, par la ressemblance des mystères de la naissance, des pérégrinations, des prédications, des travaux, de leur mort, de leur résurrection, et que ces deux religions n'étaient dans le fait que les divers aspects du Soleil relativement à notre terre. Suivant d'autres opinions, les mystères maçonniques en tiraient leur origine.

Les mystères de Mythras étaient représentés dans un antre sacré, l'époque en était fixée au vingt-cinq décembre, au moment où les prêtres voyaient paraître, à minuit, la constellation de la Vierge qui ouvrait à son déclin l'année en donnant la naissance au Soleil qui paraissait comme un enfant s'appuyant sur son sein maternel.

Plusieurs rites maçonniques ont conservé le grade de Mage, il figure pour l'avant-dernier échelon dans le système des Illuminés, et pour le dernier dans celui de la stricte obtervance, il se trouve dans différens autres systèmes en Allemagne plus qu'ailleurs; c'est ce qui a induit plusieurs écrivains à croire que la Maçonnerie n'était que la religion des Mages.

Le mot Mage dérive de Mog, qui, dans la langue ancienne des Persans, signifie adorateur ou prêtre consacré au Soleil.

L'objet apparent de cette religion était l'adoration de cet astre ; or, comme les religions conservent, malgré elles, leurs anciennes affinités et consanguinités, ainsi dans les Evangiles, ce sont des Mages qui arrivent à Bethléem adorer Jésus, ce qui fit croire à des critiques que Jésus ne pouvait être que l'allégorie du Soleil (L'allégorie du Soleil et son emblème, conservé dans tous Temples maçonniques, est conservé encore de nos jours par des corporations sacerdotales, comme par les Jésuites : la médaille (Planche II, n.° 15) frappée pour le Chapitre major de St Thomas-d'Acquin, en 1789, lors de l'exaltation au royaume d'Espagne de Charles IV, qui porte un Soleil rayonnant de lumière, emblème de son culte, est une preuve que le Sacerdoce chrétien ne l'a pas oublié.), car le culte de cet astre était aussi le seul apparent qui existât chez les Mages.

Le culte du Soleil, très-ancien en Orient, se perd dans l'antiquité, on ignore son origine et l'on doute même que Zoroastre en soit l'instituteur ou leréformateur; car ce nom même signifie l'ami du feu, de la lumière ; aussi des auteurs ont-ils cru que par l'explication de de ce même nom, on avait voulu désigner une société religieuse; ils pensent que Zoroastre n'a jamais existé, s'appuyant sur ce que son histoire est remplie de miracles, d'apparitions de la Divinité, d'Anges, de Démons; en second lieu, parce qu'elle est écrite en style tout-à- fait oriental ; ils prétendent encore que l'Histoire de la Création du Monde a quelques analogies avec celle de l'Israélite Moïse, de même que ses prières ressemblent un peu à celles du roi Psalmiste. Nous n'entrerons pas dans ces sublimes questions de suprématie qui partagent tant de savans, nous adopterons l'existence de cet homme, croyant qu'il peut avoir établi le culte du Soleil et même avoir écrit tout ce qu'on lui attribue.

Zoroastre néanmoins, comme Moïse, pour affermir son pouvoir par le culte, publia qu'il avait reçu son Code de Dieu en personne, ce que des faiseurs de religions imitèrent postérieurement.

Ce code, une fois reçu, fut enfermé dans le sanctuaire du Temple, la Bible, l'Alcoran le furent de même; le code de Zoroastre devenu sacré n'a pu plus être communiqué, ni aux profanes ni aux étrangers.

Ainsi que dans plusieurs cultes, les Mages devaient lire à toutes les fêtes quelque passage de cette Ecriture-Sainte aux fidèles, et Zoroastre l'écrivit avec les caractères de cette langue perse qui se perdit après Cyrus.

Ce code est connu sous le nom de Zend - Avesta ; il est divisé en deux parties , comme le Deutéronome et le Lévitique.

La première traite du devoir de tous les hommes en général, et en particulier des hommes religieux. La seconde traite de la liturgie et des cérémonies dans le culte.

Tous les écrits attribués à Zoroastre sont compris dans le Zend-Avesta. Jadis ils étaient au nombre de vingt-un, dont sept traitaient de la Création du Monde, sept de morale et de politique et sept de la physique et d'astronomie. Selon Bundari, les livres de Zoroastre remplissaient 12 000 peaux de bœuf. (Pastoret, Zor. Conf. Mahom.) Selon l'opinion la plus accréditée, son dogme et sa doctrine existaient en Assyrie et à Babylone longtemps avant la fondation de l'empire des Perses, ce qui prouve sa haute antiquité.

Les Mages, depuis que l'histoire en fait mention , firent une caste à part du peuple, comme les Lévites d'Israël : un Lévite, un Mage naquit toujours d'un Lévite et d'un Mage. Comme les anciens Patriarches juifs (D'après l'Hexaméron de St Eustache, Abraham avait épousé sa sœur. Les prêtres égyptiens épousaient même leur mère ; néanmoins la nature ne rétrograde qu'avec peine : l'on sait qu'à Athènes aussi on pouvait épouser sa sœur.), les Mages se mariaient avec leurs sœurs et leurs filles, les fils avec leurs mères, en cas de décès du père. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que le Patriarche Loth épouse ses deux filles à la fois. Il paraît que les privilèges de ces castes et leur religion n'ont eu qu'un même berceau ; car comment expliquer l'analogie frappante qui existe dans leurs coutumes?

La caste des Mages, à son origine, comme celle des Lévites, était peu nombreuse ; par la suite, elle se multiplia extraordinairement ; au commencement, elle ne possédait que des bourgs. Peu après, elle obtint des villes ; arrivée par-là à un haut degré de force physique, les Mages et les Lévites, se fiant sur leur nombre, cherchèrent des révolutions, intriguèrent contre les gouvernements et les Rois.

Sozamène II, pag. 73, dit que la caste des Mages était anciennement divisée en trois classes : 1° les Erbids, prêtres apprentis; 2.° les Mobids, professes-maitres; 5."les Destours-Mobids, prêtres accomplis (Maîtres Parfaits).

Aujourd'hui, aux Indes orientales, ces classes se subdivisent ainsi :

1° Les Erbides, qu'on initie par la purification de l'eau et du feu , professent les études relatives aux initiations, étudient les cérémonies, et les jours de fête lisent au public l'Izechne et le Vendidal, qui traitent des devoirs des hommes. Lorsque, par l'exercice de ces premières fonctions sacerdotales, par leur zèle, par leur étude, ils se trouvent instruits, ils deviennent
2.° Mobids. C'est cette classe qui s'occupe de l'interprétation des autres livres de Zend-Avesta, écrits dans l'ancienne langue. Si, après un certain temps, le Mobids n'arrive pas à expliquer et comprendre ces livres , il entre dans les
3.° Destours. Cette classe se borne à l'étude de la loi du Zenda et du Pehlvi, c'est une classe stationnaire; le Mobid qui a pu expliquer et entendre les autres ouvrages du Zend-Avesta devient
4.° Destours Mobids. Il est à la tête des Mobids : de cette quatrième classe, les plus savans et les plus anciens deviennent
5.° Destours de Destours qui équivalent aux Grands-Prêtres juifs et aux Evêques chrétiens, ils décident des points difficiles et de la loi divine, qui, comme dans toutes les religions, est écrite aussi obscurément que possible. Les sages législateurs des cultes ont toujours écrit de manière que partout il faut des interprètes. Les Destours des Destours décident les cas de conscience, et en vertu de cette grâce spéciale que Dieu leur a accordé en personne, les croyans leur paient la dîme. Il paraît que partout où il y a des interprètes de la loi divine, on ne dispense pas gratuitement les dons célestes.

Un Apôtre de Jésus en a fait un devoir à ses frères, qui ne se sont guère mis en peine d'observer, en leur disant : Date gratis quod gratis accepistis.

Les préceptes du Zend-Avesta sont simples, ils sont ceux de la loi juive et chrétienne ; c'est Dieu même qui parle :

« Il y a moi, seul Dieu. Il y a deux principes, un bon, l'autre mauvais ; lumière et ténèbres. Ne changez ni le culte ni les formes de prières; ne vous emparez du bien des autres ; ne dites pas de mensonges ; ne souhaitez pas des choses impures ni de vengeance ; oubliez les injures; purifiez-vous de toute faute par l'ablution; n'approchez pas votre femme lorsqu'elle est impure, ni lors des grandes fêtes; ayez confiance dans la bonté de Dieu ; attendez le jour de ma manifestation et soyez toujours préparé ».

La morale prêchée par les Erbides est la charité ; l'honnêteté, l'oubli des injures, le mépris des voluptés corporelles, du faste, l'obligation de fuir le mal, d'embrasser le bien, d'aimer, honorer et servir Dieu. Ils conseillaient la méditation, la crainte de Dieu, enjoignaient de consulter la Providence dans toutes les actions, défendaient le vol, etc. On voit, d'après la morale des Mages, que l'amour de la vérité était la fin de leur système religieux et philosophique, et que la pratique de la vertu est la fin de leur système législatif, but que tous les législateurs religieux se proposèrent. Peu importe, pourvu que vous adoriez Dieu et que vous aimiez votre prochain, que vous soyez instruit dans vos devoirs par un Mage, par un Hiérophante, par un Patriarche , par un Muphti, par un Prêtre ou par un vénérable Maître en chaire.

Voilà comme le Dieu de Zoroastre prescrit les devoirs aux Mages :

«Ne vous souillez pas ; instruisez les ignorants ; bénissez les mariages ; fréquentez vos Temples : méditez avec respect le Zend-Avesta qui doit seul être votre loi ; que ceux qui voudraient l'adultérer soient punis étemellement par le Ciel ».

Les préceptes des Archi-Mages sont les suivans :

« Ne soyez ni ambitieux ni vains; relevez la dîme des peuples; soyez miséricordieux, c'est le plus bel emploi des richesses que le Ciel vous accorde ; lavez-vous souvent; ayez votre habitation prés du Temple pour y entrer sans être aperçu ; surpassez les autres Mages en vertu et en connaissances de la vraie science; ne craignez que moi, Dieu ; reprenez les méchans. de quel rang qu'ils soient, sans indulgence ; portez la vérité devant les Souverains; souvenez—vous de moi, Dieu, jusqu'à la consommation des siècles qui sera faite par le feu ( Le dogme du Jugement et de la Fin du Monde a été enseigné chez les Chrétiens bien après celui des Mages.). Ainsi soit-il ».

Nous croyons inutile de faire sortir des comparaisons de ces préceptes, avec ceux transmis oralement aux initiations égyptienne, juive et chrétienne.

Le temps , qui altère et change tout, malgré la simplicité de ce dogme, amena des hérésies, comme nous le verrons à l'article de Mânes. Dès-lors les Mages se divisèrent, s'anathématisérent réciproquement. Le sujet de la question était sur la priorité dans l'existence des deux principes, bon et mauvais, et sur celle de savoir si les deux principes étaient co-éternels avec l'Etre premier, Dieu. La philosophie du Zend-Avesta passa dans l'Asie occidentale et en Grèce, chez les Persans, chez les Arabes, chez les Juifs ; pour ce dernier peuple, composé de pasteurs paresseux et ignorans, il fallut, après la captivité de Babylone, qu'on lui traçât un code religieux, qui, émanant des susdits principes, lui offrît une histoire et des fastes. Ce livre, qui date de cette époque incertaine, fut dicté par l'emphase orientale, et orné de systèmes obscurs qu'il est impossible à la raison humaine de débrouiller, et dont l'interprétation devait se refuser aux recherches les plus obstinées de ses interprètes.

La philosophie religieuse du Zend-Avesta existe dans la Bible : elle arriva en Judée et dans l'Arabie après la captivité des Juifs en Babylone ; mais avec elle les visions et les fables orientales dépouillées, par la nature de ce peuple, de toute science, et en particulier de l'astronomie, qui ne fut conservée que secrètement dans les mystères d'Hiram et dans la loi orale ; pour lors, ce livre sacré ne fut rempli que de Démons, d'Anges, de visions, de miracles ; ce qui a défiguré entièrement l'ancien culte des Mages.

La Divinité apparente des anciens Mages perses, était Mythras, auquel on avait adjoint Orosraade et Orimane, le bon et le mauvais principe ; Mythras était par-là un et triple : c'est de là que Platon emprunta sa Trinité, et d'où différentes religions tirèrent la leur, à en croire de hardis critiques. M. Anquetil du Peron séjourna exprès aux Indes pour connaître la religion des Parsis, chez lesquels la religion de Mythras s'est réfugiée.
Il a même traduit le Zend-Avesta et autres ouvrages attribués à Zoroastre.

 

Extrait de « La Maçonnerie considérée comme le résultat des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne »

 

Source : http://graal.over-blog.com/article-7290959.html

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