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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 16:03
Source : rites secrets des indiens Sioux (Hehaka Sapa)

Dans le rite de l’Onikaghe – la loge à transpirer – interviennent tous les Pouvoirs de l’Univers : la Terre et tout ce qui naît d’elle ; l’eau, le feu et l’air.  l’Eau représente les Etres Tonnerre qui apparaissent d’une manière terrible, mais apportent des bienfaits : car la vapeur qui sort des rochers dans lesquels gît le feu, est effrayante, mais elle nous purifie et nous permet ainsi de vivre comme le veut le Grand Esprit.  Si nous devenons réellement purs, il se peut même que le Grand Esprit nous envoie une vision.

En utilisant l’eau dans la loge à transpirer, nous devons fixer notre pensée sur le Grand Esprit qui se répand sans cesse, communiquant son Pouvoir et sa Vie à toute chose ; nous devons d’ailleurs toujours nous efforcer d’être semblables à l’eau qui est la base de toute chose, et cependant plus forte même que le roc.

La loge à transpirer est construite avec douze ou seize jeunes saules ; ceux-ci ont aussi un enseignement à nous donner, car à l’automne leur feuilles meurent et retournent à la Terre, et au printemps elles reviennent à la vie.  De même les hommes meurent, mais renaissent à la vie dans le Monde réel du Grand Esprit, où il n’y a que les esprits de toutes les choses ; et cette vie véritable, nous pouvons la connaître ici sur terre si nous purifions nos corps et nos âmes, nous rapprochant ainsi du Grand Esprit qui est Toute Pureté.

Les saules qui forment la charpente de la loge à transpirer sont plantés en terre de manière à marquer les quatre Quartiers de l’Univers ; ainsi dans la loge entière est l’Univers en image, et elle abrite les peuples bipèdes, quadrupèdes et ailés et toutes les choses du monde ; tous ces peuples et toutes ces choses doivent être purifiées avant de pouvoir envoyer une voix au Grand Esprit.

Les pierres que nous utilisons dans ce rite représentent notre Grand Mère Terre de qui proviennent tous les fruits;  mais les pierres représentent aussi la Nature indestructible et éternelle du Grand Esprit.

Le feu qui échauffe ces pierres représente le Pouvoir du Grand Esprit qui donne la vie à toute chose : c’est comme un rayon de soleil, car le soleil est aussi, sous un certain aspect, Wakan Tanka.

Le foyer rond qui se trouve au milieu de la loge à transpirer est le centre de l’Univers où demeure le Grand Esprit avec son Pouvoir, le feu.  Toutes ces choses sont sacrées pour nous et nous devons les comprendre profondément si nous désirons vraiment nous purifier ; le pouvoir d’une chose ou d’un acte est dans sa signification, et dans la compréhension que nous en avons.

La loge à transpirer est toujours construite avec sa porte vers l’Est, car c’est de là que vient la lumière et la Sagesse.  A dix pas de la loge environ, toujours à l’Est, nous établissons un foyer rituel appelé Peta Owihankeshni, « Feu sans fin », et c’est là que les pierres sont chauffées.  Pour faire ce foyer, nous commençons par poser sur le sol quatre bâtons allant de l’Est à l’Ouest, sur lesquels nous posons quatre autres bâtons allant du Nord au Sud ; ensuite nous dressons tout autour de ce tas des bâtons, en forme conique, comme pour faire une tente, d’abord à l’Ouest, puis au Nord, à l’Est et au Sud ; ensuite nous plaçons des pierres dans ces quatre directions, et pour finir nous empilons sur le tout une certaine quantité de pierres.  Pendent que nous édifions ce foyer, nous devons faire cette prière :

« O Wakan Tanka, ceci est ton feu éternel qui nous a été donné sur cette grande île ! C’est ta volonté que nous construisions ce lieu d’une manière conforme au mystère.  Ce feu brûle toujours ; grâce à lui nous renaîtrons, étant purifiés et plus près de tes Pouvoirs. »

Pour édifier dans la loge à transpirer l’autel central où seront portées les pierres chauffées, nous commençons par enfoncer un bâton dans la terre, au centre de la loge, et autour de ce point nous traçons un cercle avec une lanière de cuir.  Pendent que nous fixons ce centre sacré, nous devons prier ainsi :

« O Grand Père et Père Wakan Tanka, qui as fait tout ce qui existe, Toi qui as toujours été, regarde-moi ! Et Toi, Grand Mère et Mère Terre, Tu es sacrée et Tu as de saintes oreilles, écoute-moi !  Nous sommes sorti de Toi, nous sommes une partie de Toi et nous savons que nos corps retourneront à Toi quand nos esprits partiront sur le grand sentier.  En fixant ce centre dans la terre, je me souviens de Toi en qui mon corps retournera, mais par dessus tout je pense au Grand Esprit avec qui nos esprits s’unifieront.  En me purifiant de cette manière, je désire me rendre digne de Toi, O Wakan Tanka, afin que mon peuple vive ! »

On creuse alors un trou au centre de la loge à transpirer, et avec la terre ainsi ramassée, on trace un sentier qui mène hors de la loge vers l’Est et au bout duquel on fait un petit tertre ; en faisant cela nous prions en ces termes :

« Sur Toi, Grand Mère Terre, je veux établir le sentier sacré de la vie.  En nous purifiant pour la tribu, nous marcherons dans ce sentier avec des pas fermes, car c’est lui qui conduit au Grand Esprit ; sur lui quatre pas sont sacrés.  Puisse notre peuple marcher sur ce sentier !  Puissions-nous être purs ! Puissions-nous renaître ! »

Ensuite, envoyant une voix au Grand Esprit, nous crions :

« Grand Père Wakan Tanka, nous avons appris ta volonté et nous savons quels pas sacrés nous devons faire.  Avec l’aide de toutes les choses et de tous les êtres, nous allons t’envoyer notre voix.  Sois-nous miséricordieux !  Aide-nous !  Je prends place sur ce sentier et T’envoie ma vois par les quatre Pouvoirs que nous savons n’être qu’un seul Pouvoir.  Aide-moi dans tout cela !  O mon Grand Père Wakan Tanka, sois-nous miséricordieux !  Aide mon peuple et toutes les choses à vivre d’une manière conforme au mystère, d’une manière que Te soit agréable !  O Wakan Tanka, aide-nous à renaître ! »

Celui qui dirige le rite de purification entre à présent dans la loge, seul et avec son Calumet.  Il en fait le tour dans le sens de la marche du soleil et s’assied à l’Ouest ; puis il consacre le trou central, qui devient ainsi un autel, en y mettant des pincées de tabac dans chacun de ses quatre quartiers.  On passe dans la loge un tison embrasé qui est déposé au centre ; l’officiant brûle alors de l’herbe aromatique et frotte la fumée sur tout son corps, puis sur ses pieds, sa tête, ses mains ; ensuite la Pipe est purifiée au dessus de la fumée.  Tout est ainsi consacré, et s’il reste une influence impure dans la loge, elle est chassée par le Pouvoir de la fumée.

A ce moment l’officiant doit offrir une pincée de tabac rituel au Pouvoir ailé du lieu où le soleil descend, d’où viennent les eaux purificatrices : on invoque ce Pouvoir et on demande son aide dans le rite.  Ensuite le tabac est placé dans le Calumet, et pareillement des pincées de tabac sont offertes aux autres Pouvoirs : au Nord d’où viennent les vents purifiants ; à l’Est, où le soleil monte et d’où vient la Sagesse ; au Sud qui est la source et le terme de toute vie ; au Ciel, et finalement à la Mère Terre.  Pendant que l’aide de chaque Pouvoir est invoquée et que chaque pincée de tabac est placée dans le Calumet, tous ceux qui sont à l’extérieur s’écrient.

« How ! » car ils sont joyeux et satisfaits de ce que le mystère soit accompli.

Maintenant que le Calumet a été rempli et que chaque chose a été consacrée, l’officiant quitte la loge, s’avance vers l’Est sur le sentier sacré et dépose le Calumet sur le tertre, avec le fourneau du côté Ouest et le tuyau vers l’Est.

Tous ceux qui vont être purifiés pénètrent alors dans la loge, l’officiant en tête, et chacun, au moment où il se baisse pour entrer, prononce cette prière :

« Hi ho ! Hi ho ! Grâces soient rendues ! En me baissant pour entrer dans cette loge, je me souviens que je ne suis rien devant Toi, ô Wakan Tanka, qui es tout.  C’est Toi qui nous as placé sur cette île ; nous sommes les derniers êtres créés par Toi, qui es le Premier et qui as toujours été.

Aide-moi à devenir pur ici, avant que je T’envoie ma voix.

Aide-nous dans tout ce que nous allons faire ! »

Dès qu’ils sont dans la loge, les hommes en font le tour dans le sens de la marche du soleil, et s’asseyent sur la sauge sacrée répandue sur le sol ; l’officiant est assis à l’Est, juste à côté de la porte.  Tous demeurent silencieux un moment, se rappelant la bonté du Grand Esprit, et se rappelant que c’est Lui qui a créé toutes choses.  Le Calumet est alors introduit dans la loge par l’assistant, qui est souvent une femme ; cette personne reste dehors pendant le rite.  L’homme assis à l’Ouest prend le Calumet et le pose devant lui avec le tuyau dirigé vers l’Ouest.

Avec un bâton fourchu l’assistant retire du feu sacré une des pierres et la porte par le sentier près de la loge, puis la tend vers l’intérieur où elle est placée au centre de l’autel ; cette première pierre est dédiée au Grand Esprit qui est au centre de toutes chose.  L’homme assis à l’Ouest touche alors la pierre avec la base du Calumet, et chaque fous qu’une pierre est placée sur l’autel il la touche ainsi ; et tous les hommes s’écrient : « Hay ye ! râces soient rendues ! »

La deuxième pierre qui passe dans la loge est posée à l’Ouest, la suivante au Nord, une autre à l’Est, encore une autre au Sud, et enfin une pour la Terre ; finalement le trou est comblé avec le reste des pierres qui, elles, représentent tout ce qui existe dans le monde.

L’homme à l’Ouest offre maintenant le Calumet au Ciel, à la Terre et aux quatre Quartiers, l’allume et, après en avoir tiré quelques bouffées, frotte la fumée sur tout son corps ; ensuite il passe la Pipe à l’homme qui est à sa gauche, disant : «  How Ate » ou « How Tunkashila », selon leur degré de parenté.  Celui qui la reçoit dit de même, et ainsi la Pipe fait le tour du cercle dans le sens de la marche du soleil.  Quand elle lui revient, l’homme qui est à l’Ouest la purifie de crainte que quelque personne impure l’ait touchée, et vide soigneusement les cendres en les plaçant sur le bord de l’autel.  Ce premier usage du Calumet dans la loge est fait en souvenir de la sainte Femme Bisonne qui jadis entra dans la loge d’une manière mystérieuse et s’en alla en se transformant.

Le Calumet passe de main en main jusqu’à l’officiant principal qui est assis à l’Est ; celui-ci maintient la Pipe un instant au dessus de l’autel, le tuyau dirigé vers l’Ouest, et la passe ensuite à l’assistant qui se tient à l’extérieur ; ce dernier la bourre d’une manière rituelle et va l’appuyer contre le tertre sacré, le fourneau tourné vers l’Est et le tuyau vers l’Ouest, car c’est le Pouvoir de l’Ouest qu’on invoque à présent.

L’assistant ferme la loge à transpirer, la plongeant ainsi dans l’obscurité complète ; cette obscurité représente celle de l’âme, l’ignorance dont nous devons nous purifier maintenant pour recevoir la lumière.

Pendant l’accomplissement de la purification, - le rite inipi, - la porte sera ouverte quatre fois, laissant pénétrer la lumière ; ceci nous rappelle les quatre âges, et comment par la bonté du Grand Esprit nous avons reçu la lumière dans chacun de ces âges.

L’homme à l’Ouest lance alors une voix au Grand Esprit en criant quatre fois :

« Hi – ey – hey – i – i ! » C’est ce que nous disons quand nous avons besoin d’aide ou que nous sommes en détresse ; et ne sommes-nous pas maintenant dans l’obscurité, et n’avons-nous pas besoin de la lumière ?

Ensuite, le même homme crie quatre fois : « J’envoie une voix ! » et « Ecoute-moi ! » Puis « Wakan Tanka, Grand Père, Tu es le Premier et Tu as toujours été.  Tu nous as amenés sur cette grande île où notre peuple désire vivre conformément au mystère. Apprends-nous à connaître et à voir tous les Pouvoirs de l’Univers, et donne-nous la sagesse de comprendre qu’ils ne sont réellement qu’un seul Pouvoir.  Puisse notre peuple toujours T’envoyer sa voix en marchant dans le sentier sacré de la vie !

« O pierres anciennes, - Tunkayatakapaka, - vous êtes ici présentes ; le Grand Esprit a fait la Terre et vous a placées tout près d’elle.  Sur vous les générations marcheront et leur pas ne chancelleront point.  O pierres, vous n’avez no œil, ni bouche, ni membres ; vous ne bougez pas, mais en recevant votre souffle sacré, la vapeur, notre peuple marchera dans le sentier de la vie avec un souffle puissant ; votre haleine est celle de la vie même.

« Il y a un Etre ailé – là où le soleil descend vers son repos – qui contrôle les eaux auxquelles tous les êtres  vivants doivent la vie.  Puissions-nous, ici même, user de ces eaux conformément au mystère !

« O vous, qui êtes toujours debout, qui surgissez de la Terre et qui touchez même le Ciel, peuples d’arbres, vous êtes innombrables, mais l’un d’entre vous a été choisi pour supporter cette loge sacrée de purification.  Vous, peuples d’arbres, êtes les protecteurs des peuples ailés, car c’est sur vous qu’ils construisent leurs loges et élèvent leurs familles, et au dessous de vous il y a beaucoup de peuples que vous abritez.  Puissent-ils avec toutes leurs générations, marcher ensemble comme des parents ! »

« A chaque chose terrestre, ô Wakan Tanka, Tu as donné un pouvoir, et parce que le feu est la plus puissante de tes créations, puisqu’il consume tout, nous le plaçons ici en notre centre ; et quand nous le regardons où quand nous pensons à lui, nous nous souvenons réellement de Toi.

Puisse ce feu sacré être toujours en notre centre ! Aide-nous dans ce que nous allons accomplir ! »

L’officiant principal asperge alors les pierres avec de l’eau, une fois pour notre Grand Père, Tunkashila, une fois pour notre Père, Ate, une autre fois pour notre Grand Mère, Unchi, la Terre, et une dernière fois pour Channonpa, le Calumet ; cette aspersion se fait avec une brindille de sauge ou d’herbe aromatique, afin que la vapeur soit odorante ; et pendant qu’elle s’élève et remplit la loge, l’officiant s’écrie :

« O Wakan Tanka, regarde-moi !  Je suis le peuple.  En m’offrant à Toi, j’offre le peuple entier comme un seul être, afin qu’il vive.  Nous désirons renaître.  Aide-nous ! »

A ce moment, il fait très chaud dans la loge, mais il est bon de ressentir les qualités purifiantes du feu, de l’air et de l’eau, et de sentir l’odeur de la sauge sacrée.  Quand ces pouvoirs ont bien agi sur nous, la porte est ouverte en souvenir du premier âge, celui où nous reçûmes la lumière du Grand Esprit.  On apporte maintenant de l’eau, et l’officiant assis du côté Est la fait circuler dans le sens de la marche du soleil ; chacun en boit une gorgée ou frotte son corps avec quelques gouttes.  En faisant cela, nous pensons au lieu où le soleil se couche et d’où l’eau provient, et le Pouvoir de cette Direction nous aide à prier.

L’assistant resté dehors enlève alors la Pipe du tertre et l’offre au Ciel et à la Terre ; et marchant sur le sentier rituel, il la passe, en présentant le tuyau, à l’homme assis à l’Ouest de la loge.  Celui-ci l’offre aux six Directions, tire quelques bouffées et se frotte le corps avec la fumée, puis le Calumet fait le tour du cercle jusqu’à ce qu’il soit complètement fumé.  La personne qui se trouve à l’Ouest le vide, dépose les cendres à côté de l’autel central et passe la Pipe à l’extérieur, comme auparavant.  L’assistant la remplit de nouveau et va l’appuyer contre le tertre sacré avec le tuyau dirigé vers le Nord, car durant la seconde période d’obscurité dans la loge, c’est le Pouvoir de l’Etre ailé du Nord qu’on invoquera.

La porte est fermée et les occupants sont plongés pour la deuxième fois dans l’obscurité.  C’est la personne qui est au Nord qui prie à présent :

« Regarde, ô Aigle Noir, là où le Géant Wazia a sa loge ! Le rand Esprit T’a mis là pour contrôler ce sentier.  Tu es là pour garder la santé des hommes, afin qu’ils vivent.  Aide-nous avec ton vent purifiant !  Qu’il nous rende purs afin que nous marchions dans le sentier selon le mystère, d’une manière agréable au Grand Esprit !

« O Grand Père Wakan Tanka, Tu es au-dessus de tout ! C’est Toi qui as placé sur la Terre une pierre sacrée qui est maintenant au centre de notre cercle.  Tu nous as aussi donné le feu ; et là où le soleil descend, Tu as donné le Pouvoir à Wakinyan Tanka (1) qui contrôle les eaux et garde la Pipe très sainte.  Tu as placé un Être ailé à l’endroit où le soleil se lève, qui nous donne la sagesse ; et Tu as placé aussi un Être ailé à l’endroit vers lequel nous nous tournons toujours : il est la source de la vie, et il conduit sur le sentier rouge.  Tous ces Pouvoirs sont Ton Pouvoir, et ils ne sont réellement qu’Un seul ; ils sont tous à présent ici dans cette loge. »

« O Wakan Tanka, Grand Père qui es au dessus de tout, c’est ta volonté que nous accomplissons ici ! Par le Pouvoir qui vient du lieu où vit le Géant Wazia, nous nous rendons aussi purs et aussi blancs que la neige fraîchement tombée.  Nous savons que nous sommes encore dans l’obscurité, mais bientôt viendra la lumière.  Quand nous quitterons cette loge, puissions-nous laisser derrière nous toutes pensées impures, toute ignorance !  Puissions-nous être pareils à des enfants nouveau-nés !  Puissions-nous renaître, ô Wakan Tanka ! »

On verse alors de l’eau sur les pierres, - quatre fois pour les Pouvoirs des quatre Directions, - et pendant que la vapeur s’élève, on entonne un chant ou une simple mélodie ; cela nous aide à comprendre le mystère de toutes choses, et le tonnerre assourdi de notre tambour nous rappelle les Êtres tonnerres de l’Ouest qui contrôlent les eaux et qui apportent la bonté.

La porte de la loge est bientôt ouverte pour la seconde fois, ce qui représente la venue des Pouvoirs purificateurs du Nord et nous fait voir la lumière qui chasse les ténèbres, comme la Sagesse dissipe l’ignorance.  on passe de l’eau à l’officiant assis du côté Est ; il l’offre aux autres hommes en mentionnant son degré de parenté ou d’âge à l’égard de chacun, comme je l’ai décrit plus haut.

Le Calumet est introduit à nouveau dans la loge et donné à l’homme qui est assis au Nord ; cet homme l’offre aux six Direction, l’allume et, après quelques bouffées, frotte son corps avec la fumée ; puis la Pipe fait le tour du cercle.  Quand tout le kinnikinnik a été consumé, la Pipe revient au Nord où elle est purifiée ; ses cendres sont déposées près de l’autel central.  Elle est rendue ensuite à l’assistant qui la remplit à nouveau et va la déposer sur le tertre, dirigeant le tuyau vers l’Est ; car nous allons invoquer maintenant le Pouvoir de cette direction.  La porte est fermée et l’homme qui est assis à l’Est de la loge envoie à présent sa voix.

« O Wakan Tanka, j’ai enfin vu le jour, la lumière de la vie !  Là où le soleil se lève, Tu as donné le Pouvoir de la sagesse à l’Etoile du Matin.  L’Etre ailé qui garde ce sentier a un souffle puissant, et avec les deux jours sacrés que Tu lui as donné, ô Wakan Tanka, il a gardé le sentier de la tribu !  O Toi qui contrôles le sentier où le soleil se lève, regarde-nous avec tes joues rouge et bleu, et aide-nous à envoyer nos vois au Grand Esprit ! O Toi qui possèdes la connaissance, donne-nous une part de ta science afin que nos cœurs soient illuminés et que nous connaissions tout ce qui est sacré !

« O Etoile du Matin, là où le soleil se lève ! O Toi qui as la Sagesse que nous cherchons, aide-nous à nous purifier, ainsi que la peuple, pour que nos générations futures aient la lumière pour marcher sur le sentier sacré !  C’est Toi qui conduis l’aurore quand elle s’avance, et aussi le jour qui la suit avec sa lumière qui est connaissance.  Tu fais cela pour nous et pour tous les peuples dans le monde, afin qu’ils voient clair en suivant le sentier, et afin qu’ils connaissent tout ce qui est saint et croissent en conformité du mystère. »

De l’eau est de nouveau répandue sur les pierres ; puis nous commençons à chanter un hymne.  Peu après, quand la chaleur nous a bien pénétrés, la porte est ouverte une troisième fois et la lumière de l’Est nous inonde.  Pendant que la Pipe passe dans les mains de l’homme qui est à l’Est, tous crient « Hi ho ! Hi ho ! Grâces soient rendues ! » Et l’officiant lève la Pipe vers le ciel et envoie sa voie :

« Wakan Tanka, nous rendons grâces pour la lumière que Tu nous as donné par le Pouvoir du lieu où le soleil se lève.  Aide-nous, ô Toi, Pouvoir de l’Est ! Sois-nous miséricordieux ! »

La Pipe est alors allumée et fumée par tout le cercle, et quand nous avons terminé, l’assistant la prend et va l’adosser contre le tertre avec le tuyau incliné vers le Sud.  On passe de nouveau de l’eau à la ronde dans le sens de la marche du soleil, et chacun se frictionne le corps entier et plus particulièrement le sommet de la tête ; ensuite la porte est fermée pour la dernière fois.  C’est l’homme assis du côté Sud qui maintenant envoie sa voix :

« Grand Père Wakan Tanka, regarde nous ! Tu as placé un grand Pouvoir à l’endroit vers lequel nous nous tournons toujours, et beaucoup de générations sont venues de cette Direction et s’en sont retournées.  Il y a un Etre ailé dans cette direction et il garde le entier rouge d’où les générations sont venues.  La génération qui est ici aujourd’hui désire se laver et se purifier afin de renaître !

« Nous brûlerons de l’herbe aromatique comme une offrande au Grand Esprit, et sa senteur s’étendra dans le Ciel et sur la Terre ; et ainsi les quadrupèdes, les peuples ailés, les peuples d’étoiles du Ciel, tous deviendront parents.

De Toi, ô Grand Mère, qui es humble et qui nous portes comme une mère, ce parfum émanera ; puisse son pouvoir être ressenti à travers tout l’Univers, et purifier les pieds et les mains des hommes afin qu’ils avancent sur la Terre sacrée, levant leurs têtes vers le Grand Esprit ! »

Tout ce qui reste comme eau est versé maintenant sur les pierres qui sont encore très chaudes, et pendant que la vapeur se dégage et pénètre chaque chose, nous chantons ou modulons un chant de mystère.  Bientôt l’officiant parle ainsi :

« L’asistant ouvrira dans quelques instants la porte pour la dernière fois, et quand elle sera ouverte nous verrons la lumière.  C’est le vœu du Grand Esprit que la clarté entre dans les ténèbres pour que nous puissions voir non seulement avec nos deux yeux mais surtout avec l’œil unique qui est dans le Cœur –Chante Ista – et avec lequel nous voyons et connaissons tout ce qui est vrai et bon.  Nous rendons grâces à l’assistant ; que ses générations soient bénies ! C’est bien ! C’est fini ! Hechetu welo ! »

Quand on ouvre la porte de la loge, les hommes s’écrient : « Hi ho ! Hi ho ! Grâces soient rendues ! »  Et tous sont heureux, car ils sont sortis des ténèbres et vivent désormais dans la lumière (2).  L’assistant apporte alors un charbon ardent du feu sacré et le place sur le sentier rituel.  Pendant qu’il brûle de l’herbe aromatique sur ce charbon il dit :

« Ceci est la senteur du Grand Esprit.  Par elle les bipèdes, les quadrupèdes, les êtres ailés et tous les peuples de l’Univers seront heureux et se réjouiront. »

L’officiant principal dit alors :

« Ceci est le feu qui aidera les générations à venir, si elles l’emploie selon le mystère.  Mais si elles n’en font pas un bon usage, ce feu aura le pouvoir de faire un grand dommage ».

L’officiant purifie ses mains et ses pieds dans la fumée, et ensuite, levant les bras vers le ciel, il prie :

« Hi ho ! Hi ho ! Hi ho ! Hi ho ! Wakan Tanka, aujourd’hui Tu as été bon pour nous, nous T’en rendons grâce.  Je pose maintenant mes pieds sur la Terre.  Avec un grand bonheur je marche sur la Terre sacrée, notre Mère.  Puissent les générations à venir marcher aussi de cette manière, selon le mystère ! »

Tous les hommes quittent la loge à transpirer suivant la marche du soleil, et eux aussi purifient leurs mains et leurs pieds et prient le Grand Esprit, comme l’officiant l’a fait.

Ce rite est alors terminé, et ceux qui y ont pris part sont comme nés de nouveaux ; ils ont fait beaucoup de bien non seulement à eux mêmes, mais aussi à la nation tout entière.

Je devrais peut-être mentionner encore ceci : souvent quand nous sommes dans la loge à transpirer, des petits enfants glissent leur tête à l’intérieur et demandent au Grand Esprit de rendre leur vie pure.  Nous ne les chassons pas, sachant que les petits enfants ont un cœur innocent.

Quand nous quittons la loge à transpirer, nous sommes pareils aux âmes qui ont été gardées, comme je l’ai décrit, et qui retournent au Grand Esprit après avoir été purifiées ; nous aussi laissons derrière nous dans la loge de l’inipi tout ce qui est impur, afin de vivre comme le veut le Grand Esprit, et afin de connaître quelque chose de ce Monde véritable de l’Esprit, qui est caché derrière ce monde-ci.

Ces rites de l’inipi sont très sacrés et sont accomplis avant toute grande entreprise qui exige que nous soyons purs ou que nous soyons forts ; il y a bien des hivers, nos hommes - et souvent nos femmes  - pratiquaient l’inipi chaque jour, et parfois même plusieurs fois par jour ; une grande partie de notre force nous est venue de là.  Maintenant que nous avons négligé ces rites, nous avons beaucoup perdu de cette puissance ; je pleure lorsque j’y pense.  Et je prie souvent pour que le Grand Esprit veuille montrer à nos jeunes l’importance de toutes ces pratiques vénérables.

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Published by Thomas Dalet - dans Autres rituels
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