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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 12:04

Vénérable , assis sous le dais, à l'Orient, faisant face aux deux Surveillants qui doivent être  à l'Occident, frappe trois coups d'Apprentif sur l'Autel, & dit : Silence, mes Frères, & en loge. Ces paroles prononcées , toute I'Assemblée se range sur deux lignes parallèles, ensuite le Vénérable dit

Frères, premier & second Surveillans, engagez nos chers Frères, dans tous leurs

grades & qualités, de vouloir bien nous aider, à ouvrir la Loge d'Apprentif Maçon.

Le premier Surveillant  : Mes chers Frères, du côté du Midi, dans tous vos grades & qualités, je vous invite de la part du vénérable à vouloir bien nous aider â ouvrir la Loge d'Apprentif Maçon.

Le second Surveillant en dit autant sur sa

colonne , qui est le côté du Nord.

Le Vénérable : Frère premier Surveillant ,


D.êtes-vous Maçon  ?

R. Tous mes chers Frères me connoissent pour tel.

D. Quel est le premier soin d'un Maçon ?

R. C'est de voir si la Loge est couverte.

L. V. Faites-vous un assurer par l'Expert.

Comme dés l'instant que le Vénérable a frappé les trois premiers coups, chaque Officier doit avoir pris sa place, le Surveillant observe si l'Expert remplit les fonctions ; après quoi il répond : Elle l'est Très Vénérable.

D. Quel est le second ?

R. C'est de voir si tous les Frères sont à l'ordre. (Après avoir observé.) Ils y sont, Très-Vénérable.

D. Pourquoi nous rassemblons-nous?

R. Pour élever des Temples à la vertu, & creuser des cachots pour les vices.

D.*" Combien de temps devons-nous travailler?

R.* Depuis midi jusqu'à minuit.

D.* Combien faut il de temps pour faire un Apprentif ?

R. Trois ans.

D. Quel âge avez-vous?

R. Trois ans.

D. Quelle heure est-il?

R. Près de midi.

Le Vénérable : En considération de l'heure & de l'âge , avertissez tous nos chers Frères , que la Loge d'Apprentif Maçon est ouverte, & que nous  allons commencer nos travaux à la manière accoutumée.

Le premier Surveillant : Mes chers Frères, sur ma colonne, je vous avertis, de la part du Vénérable , que la Loge d'Apprentif Maçon est ouverte, & que nous allons commencer nos travaux à la manière accoutumée.

Le second Surveillant répète les paroles du premier ; & , dès qu'il a fini , le Vénérable, ainsi que tous les Frères, se lèvent, font le signe d'Apprentif, puis les applaudissements, & crient trois fois Vivat ; ensuite chacun se rassoit ; & c'est alors que le Vénérable commence le Catéchisme, ou s'il y a quelques Récipiendaires, on les reçoit avant, afin qu'ils profitent de l'instruction.

 

 

CATÉCHISME

 

 

DES A P P R E N T I F S.

 

 

D. Mon  Frère, d'où venez-vous

R. Très-Vénérable, de la Loge de S. Jean.

D. Qu'y fait-on à la Loge de S. Jean ? ,

R. On y élève des Temples à la vertu & l'on y creuse des cachots pour les vices,

D. Qu'apportez-vous ?

R. Salut, prospérité, & bon accueil à tous les Frères.

D. Que venez-vous faire ici?

R. Vaincre mes passions, soumettre ma volonté , & faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie.

D.Qu'entendez-vous par Maçonnerie

R.* J'entends l'étude des sciences & la pratique des vertus .

D. * Dites-moi ce que c'est qu'un Maçon

.R. * C'est un homme libre , fidèle aux lois, le frère & ami des Rois & des Bergers, lorsqu'ils sont vertueux.

D. A quoi connoîtrai-je que vous êtes Maçon?

R. A mes lignes , à mes marques & aux circonstances de ma réception fidèlement rendus.

D. Quels sont les signes de Maçons ?

R. L équerre, le niveau & le perpendiculaire.

D. Quelles en sont les marques ?

R. Certains attouchements réguliers que l'on se donne entre Frères.

D. Qui vous a procuré l'avantage d'être Maçon ?

R. * Un sage ami que j'ai depuis reconnu pour mon Frère

D. Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Maçon ?

R. Parce que j'étais dans les  ténèbres & que je désirais connoître la lumière.

D. * Que signifie cette lumière ?

R.* La connoissance & l'ensemble de toutes les vertus , symbole du grand Architecte de l'Univers.

D. Où avez. vous été reçu Maçon

R. Dans une Loge parfaite.

p. Qu'entendez-vous par Loge parfaite?

R. J'entends que trois Maçons assemblés forment une Loge simple, que cinq la rendent juste, &. que sept la rendent parfaite.

D. Quels sont les trois Maçons de la Loge simple

R. Un Vénérable & deux surveillans.

D. Quels sont les cinq de la juste ?

R. Ce sont les trois premiers & deux Maîtres,

D. Quels font enfin les sept qui rendent une Loge parfaite ?

R. Un Vénérable, deux surveillants. deux Maîtres un Compagnon & un Apprentif.

11. Qui vous a préparé pour être reçu Maçon?

R. Un Expert, Très-Vénérable.

D. * Qu'a-t-il exigé de vous?

R. * Que je l'instruise de mon âge, de mes qualités civiles, de ma Religion & de mon zèle à me faire recevoir ; après quoi il m'a mis ni nu ni vêtu, mais cependant d'une manière décente; & m'ayant dépourvu. de tous métaux , il m'a conduit à la porte de la Loge , à laquelle il a frappé trois grands coups.

D. Pourquoi l'Expert vous mit-il ni nu ni vêtu ?

R. Pour me prouver que le luxe est un vice qui n'en impose qu'au vulgaire ; & que l'homme qui veut être vertueux doit le mettre au-dessus des préjugés.

D. Pourquoi vous avoir- il dépourvu de tous métaux

R- Parce qu'ils font le symbole des vices , & qu'un bon Maçon ne doit rien posséder en propre.

D. Que signifient les trois coups de l'expert ?

R. Trois paroles de l'Écriture sainte : Frappez , on vous ouvrira; cherchez , vous trouverez ; demandez, vous recevrez.

D. * Que vous ont-ils produit?

R* .  L'ouverture de la Loge.

D. Lorsqu'elle fut ouverte, qu'est-ce que l'Expert a fait de vous ?

R. Il m'a remis entre les mains du second Surveillant.

D. Qu'avez-vous aperçu en entrant en Loge ?

R. Rien que I'esprit humain puisse comprendre , un voile épais me couvroit les yeux.

D. * Pourquoi vous avoit - on bandé les yeux?

R. * Pour me faire comprendre combien l'ignorance est préjudiciable au bonheur des hommes.

D. Que vous a fait faire le second Surveillant ?

T3,. Il m'a fait voyager trois fois de l'Occident à l'Orient par la route du nord; & de l'orient à l'occident , par la route du Midi ; puis il m'a remis à la disposition du premier Surveillant.

D.* Pourquoi vous fit-on voyager?

R.*Pour me faire connoître  que ce n'est jamais du premier  pas que l'on parvient à la vertu.

D. Que cherchiez-vous dans votre route ?

R. Je cherchais la lumière , de laquelle je vous ai donné l'explication.

D. Que vous a fait faire le premier Surveillant ?

R. Après m'avoir ôté le bandeau , par l'ordre qu'il en reçut , il m'a fait placer les pieds en équerre , & m'a fait parvenir au Vénérable ; par trois grands pas.

D. * Que vîtes-vous lorsqu'on vous eut découvert les yeux ?

R.* Tous les Frères armés d'un glaive dont ils me présentaient la pointe.

D .* Pourquoi ?

R. Pour me montrer qu'ils seroient toujours prêts à verser leur rang pour moi, si j'étois fidèle à l'obligation que j'allois contracter, ainsi qu'à me punir , si j'étois assez méprisable pour y manquer .

D."Pourquoi vous fit-il mettre les pieds en équerre, & vous fit-il faire trois grands pas ?

R. Pour me faire connoitre la voie que je dois suivre & comment doivent marcher les Apprentifs de notre Ordre.

D. * Que signifie cette marche?

.R.* Le zèle que nous devons montrer en marchant vers celui qui nous éclaire.

D. Qu'est-ce que le Vénérable a fait de vous ?

R. Comme il était certain de mes sentiments après avoir obtenu le consentement de la Loge , il m'a reçu Apprentif Maçon avec toutes les formalités requises.

D. Quelles étoient ces formalités ?

R. J'avois le soulier gauche en pantoufle, le genou droit nu sur l'équerre , la main droite sur l'Évangile, & de la gauche je tenois un compas à demi-ouvert sur la mamelle gauche qui étoit nue.

D. Que faisiez - vous dans cette posture ?

R. Je contractois l'obligation de garder à jamais les secrets des Maçons & de la Maçonnerie.

D. Vous souvenez-vous bien de cette obligation ?

R. Oui, Très-Vénérable.

D. * Pourquoi aviez-vous le genou nu & le soulier en pantoufle ?

R. * Pour m'apprendre qu'un Maçon doit être humble.

D. * Pourquoi vous mit-on un compas sur la mamelle gauche nue?

R.* Pour me démontrer que le cœur d'un Maçon doit être juste & toujours à découvert.

D. Que vous a-t-on donné en vous recevant Maçon?

R. Un signe , un attouchement & deux paroles.

D. Donnez-moi le signe ?

( Pour réponse on le fait. )

D. Comment le nommez-vous ?

R. Guttural.

D. Que signifie-t-il ?

R. Une partie de mon obligation, que je dois préférer d'avoir la gorge coupée , plutôt que de révéler les secrets des Maçons aux Profanes.

D. Donnez l'attouchement au Frère second

( On le donne ; & lorsqu'il se trouve régulier, le Surveillant dit : )

R. Il est juste , Trés-Vénérable.

D. Dites-moi le mot sacré des Apprentifs

R. Très-Vénérable, on ne m'a permis que de l'épeler : dites-moi la première lettre, je dirai la seconde.

      ( On l'épelle alternativement. )

D. Que signifie ce mot ?

R. Que la sagesse est en Dieu. C'est le nom de la colonne qui étoit au Septentrion , auprès de la porte du Temple où s'assembloient les Apprentifs.

D. Quel est votre mot de passe ?

R. Tubalcain , qui veut dire possession modaine. C'est le nom du fils de Lamech qui, le premier, eut l'art de mettre les métaux en oeuvre.

D.* Ne vous a-t-on rien donné de plus en vous recevant Maçon ?

R.* L'on m'a donné un tablier blanc & des gants d'homme & de femme de la même couleur .

D. * Que signifie le tablier ?

R. * Il est le symbole du travail ; sa blancheur nous démontre la candeur de nos mœurs , & l'égalité qui doit régner entre nous.

D.*  Pourquoi vous a-t-on donné des gants blancs ?

R.* Pour m'apprendre qu'un Maçon ne doit jamais tremper ses mains dans l'iniquité.

D. * Pourquoi donne-t-on des gants de femme ?

R.*  Pour montrer au Récipiendaire qu'on doit estimer & chérir fa femme, & qu'on  ne peut l'oublier un seul instant sans être injuste.

D. Que vîtes-vous lorsque vous fûtes reçu Maçon ?

R. Trois grandes lumières placées en équerre, l'une à l'Orient, l'autre à l'Occident, & la troisième au Midi.

D. Pourquoi n'y en avoir-il point au Nord ?

R. C'est que le Soleil éclaire faiblement, cette partie.

D. Que signifie ces trois lumières?

R. Le Soleil, la Lune & le Maître de la Loge.

D. *Pourquoi les désignent-elles ?

R. * Parce que le Soleil éclaire les Ouvriers le jour, la Lune pendant la nuit, & le Vénérable en tout temps dans sa Loge.

D. Où se tient le Vénérable en Loge

R. A l'Orient.

D. Pourquoi?

R. A l'exemple du Soleil, qui paraît à l'Orient pour commencer le jour , le Vénérable s'y tient pour ouvrir la Lobe , aider les Ouvriers de ses conseils & les éclairer de ses lumières?

D. Et les Surveillans où font-ils placés?

R. A l'Occident.

D. Pourquoi?

R. Comme le soleil termine le jour â l'Occident , les Surveillans s'y tiennent pour fermer la Loge , renvoyer les Ouvriers contens , & faire bon accueil aux Frères visiteurs.

D. Où vous a-t-on placé après votre réception ?

R. Au Septentrion.

D. Pourquoi?

R. Parce que c'est la partie la moins éclairée, & qu'un Apprentif qui n'a reçu qu'une foible lumière, n'est pas en état de supporter un plus grand jour.

D. A quoi travaillent les Apprentifs?

R. A dégrossir & ébaucher la pierre brute.

D. Ou sont-ils payés

R. A la colonne J.

D. Quels sont les plus grands devoirs d'un Maçon ?

R. * C'est de remplir ceux de l'état où la Providence l'a placé, de fuir le vice & de pratiquer la vertu.

 

VOILA absolument toutes les demandes du Catéchisme des Apprentifs ; & lorsqu'elles ont été faites à un Frère qui arrive après l'ouverture de la Loge , le Vénérable lui dit

D. * Mon Frère , que demandez-vous ?

R.* Vénérable , d'être admis à vos augustes travaux.

 

Le Vénérable : * Prenez place , mon cher Frère , vos lumières & vos vertus vous en donnent les droits.

Mais lorsque ces mêmes demandes ont été faites après les Réceptions pour instruire les nouveaux Initiés, & qu'il s'agit de fermer la Loge , le Vénérable fait alors les deux demandes suivantes , au lieu des deux qu'on vient de lire ci-dessus.

D. Quelle heure est-il ?

R. Minuit.

D. Quel âge avez-vous?

R. Trois ans.

Le Vénérable : En vertu de l'heure & de l'âge , avertissez tous nos chers Frères , tant du côté du Midi, que du côté du Nord, que nous allons fermer cette Loge, en terminant nos travaux à la manière accoutumée.

 

 

Les deux Surveillans obéissent, chacun sur sa colonne ; ensuite toute l'assemblée , à l'imitation du Vénérable , fait le signe d'Apprentif  & les acclamations ; après quoi le Vénérable dit

 

Mes Frères , la Loge est fermée.

 

Les deux Surveillans répètent ces paroles.

 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 12:00

Catéchisme

D. Connaissez-vous d'autres mystères dans le grade d'Elu que les lettres N. M. ?

R. Oui, je connais la lettre P, qui est la première de l'inconnu qui décela l'assassin ou l'endroit de sa retraite.

D. Que signifient les trois lettres K, G, A ?

R. Kunvel, Gravelot et Abyram, noms des trois as­sassins de notre Maître.

D. Comment étaient-ils placés dans le Temple pour cette action ?

R. Kunvel était à la porte de l'occident, Gravelot à celle du midi et Abiram à celle du norD.

D. Que devinrent les deux premiers ?

R. Ils se sauvèrent, mais ils ne purent s'échapper aux recherches de Salomon.

D. Comment l'inconnu sut-il qu'Abiram était caché dans une caverne ?

R. L'inconnu travaillait auprès d'un buisson où elle était située, il y vit entrer un homme effarouché, la curiosité le porta à savoir qui c'était; Abiram, croyant être reconnu, se jeta à ses pieds, lui con­fia son secret, le priant de ne pas le révéler et de l'assister dans la fin qui le dévorait.

D. Pourquoi l'inconnu le décela-t-il à Salomon ?

R. Pour satisfaire à l'édit qu'il avait fait publier.

D. Combien de temps fut-il à découvrir sa retraite ?
R. Sept jours, parce qu'il n'apprit l'édit qu'en allant à

Jérusalem chercher des vivres pour Abyram et

pour lui.

D. Comment nommez-vous l'inconnu ?

R. Pérignan, qui était le nom du grade appelé l'in­connu

D. Quel est le mot sacré ?

R. Moabon, qui signifie Dieu soit loué 1

D. Donnez-moi le signe !

R. C'est de lever les yeux au ciel, ensuite de vouloir s'arracher la langue, à quoi on répond en levant les mains en haut comme quelqu'un, surpris d'un crime, demande miséricorde, en disant : « Dieu soit loué de ne laisser aucune mauvaise action impunie »

D. Donnez l'attouchement !

R. C'est de présenter la main, l'autre la baiser

D. Pourquoi cet attouchement ?

R. Parce qu'Abiram, s'étant jeté aux pieds de Pérignan, lui prit la main et la baisa pour l'engager davantage à se taire par cette marque d'humilité.

D. Donnez-moi le mot de passage

R. Abyram.

D. Pourquoi un nom si infâme ?

R. C'est pour l'avoir sans cesse devant nos yeux afin de ne point l'imiter.

D. Que devint la tête de ce malheureux ?

R. Salomon la fit exposer au bout d'une pique, tra­versée d'un poignard, à la porte du septentrion pendant le reste de la construction du Temple, pour ef­frayer les ouvriers Apprentis et Compagnons.

D. Que signifient les sept pas en forme de saut que l'on vous fait faire avant de prêter votre Obliga­tion ?

R. Les sept jours que fut Pérignan à déclarer la re­traite d'Abiram.


Histoire de la Vengeance


Vous devez vous rappeler, mes Frères, l'énorme parricide commis envers notre Maître et de quelle façon il succomba sous les coups de trois scélérats. Salomon, voulant absolument connaître les auteurs de ce crime, fit publier un édit dans tous ses Etats, par lequel il promettait de grandes récompenses à quiconque lui en donnerait des nouvelles et [promet­tait] que le coupable obtiendrait sa grâce s'il venait lui-même s'accuser et nommer ses complices. Il se passa cependant quelque temps sans que l'on apprit rien à ce sujet, malgré les recherches que faisait Sto­kin, qui avait découvert le corps d'Hiram. Un jour que Salomon s'entretenait de cette perte avec ses favoris, on vint lui annoncer qu'un inconnu deman­dait à lui parler en particulier dans son cabinet où il fut le joindre. Et, après lui avoir parlé, il fit appeler tous les favoris et leur dit, avec émotion, qu'on ve­nait de lui apprendre le lieu de la retraite du meur­trier d'Hiram et que l'on s'offrait de conduire ceux qui voudraient arrêter le scélérat. Mors, tous les fa­voris de Salon-ion crièrent Vengeance et s'offrirent pour l'aller arrêter. Salomon leur fit sentir qu'il n'était pas besoin de tant de monde pour arrêter un seul homme. En craignant d'exciter leur jalousie, il les fit tirer au sort; neuf d'entre eux étant choisis, ils suivi­rent l'inconnu avec ordre de se saisir du scélérat et de l'amener devant Salomon, afin d'avoir révélation de ses complices. Ce fut à l'entrée de la nuit que les neuf Maîtres parvinrent, sous la conduite de l'incon­nu, qui les mena, par des chemins détournés, à l'en­trée de la caverne au pied d'un buisson et leur dit que c'était là le lieu où était caché le meurtrier d'Hi­ram. Un des neuf Maîtres, animé par un excès de zèle et par l'envie de punir le coupable, et sans se ressouvenir des ordres de Salomon, entra dans la caverne précipitamment et, ayant aperçu, à la som­bre lueur d'une lampe, un poignard qui était à terre, il s'en saisit et, se lançant sur Abyram, il lui en dé­chargea un coup sur la tête (ici, le Maître donne un petit coup de poignard sur la tête du récipiendaire), qui le fit tomber mort en prononçant N.M., qui si­gnifie vengeance. Ensuite, ce Maître, non content d'avoir puni cet assassin, lui coupa la tête et fut se désaltérer à une fontaine, qui était à l'entrée de la caverne, tenant la tête d'une main et le poignard de l'autre. Il vint joindre ses compagnons, qui le suivi­rent au palais de Salomon, à qui il présenta la tête d'Abyram pour lui prouver que si la vengeance n'avait pas été exécutée selon ses ordres, du moins le traître n'avait pas échappé à sa poursuite. Or, cet inconnu qui alla déclarer à Salomon la retraite du meurtrier, qui se nommait Pérignan {il} était un ouvrier qui travaillait dans les bois et dans les champs. Un jour qu'il travaillait près de la caverne, qui était entourée de buissons, qui servaient d'autant mieux à cacher la retraite du scélérat qu'elle était très caché; ce Péri­gnan aperçut un homme effrayé, comme une figure que les remords semblaient rendre effroyable, qui rentrait dans cette caverne. La curiosité le porta à le suivre mais Abiram, croyant d'être poursuivi et découvert, saisi de peur, se jeta aux pieds de l'incon­nu, lui avoua son crime, lui demanda le secret sur le lieu de sa retraite et le pria de lui donner quelque chose pour apaiser sa faim. Il accompagnait toutes ses paroles d'un air si suppliant et si humble, en bai­sant les mains de l'inconnu, qu'il se laissa toucher et lui donna de quoi vivre pendant quelques jours. Mais, allant à Jérusalem, le septième jour de la re­traite d'Abiram, pour chercher des vivres pour lui et pour cet assassin, il entendit publier un édit de Salo­mon, qui ordonnait à tous ceux qui auraient quelque connaissance de ce qui aurait rapport à l'assassin d'Hiram d'en donner avis sous peine de punition exemplaire. L'inconnu, se croyant, en conscience, plus obligé d'obéir à son prince que de garder le secret à un scélérat, fut aussitôt demander à parler à Salomon, pour lui déclarer son secret e lui apprenant le lieu de la retraite d'Abiram. Salomon y envoya, comme il a été dit ci-dessus, neuf Maîtres zélés. Mais ses ordres ne furent pas exécutés comme il l'avait ordonné par le zèle de l'un d'entre eux nom­mé Stokin, qui tua Abiram, qui fit couper la tête et la porta à Salomon, qui lui fit grâce à cause de son zèle 2. Salomon fit embaumer la tête d'Abiram, la fit planter sur un piquet à la porte du nord avec un poignard qui la traversait, pour faire voir l'instrument qui avait puni le crime. Elle y resta tout le temps de la construction du Temple pour effrayer les ouvriers, Apprentis et Compagnons et leur ôter le désir de commettre aucun crime. Ensuite, elle fut transportée sur la porte de la ville, du côté nord, où elle resta jusqu'à ce qu'elle fut détruite par le temps.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 11:56

Ornements

La loge, qui représente le cabinet de Salomon, doit être proprement décorée et la tapisserie peut être de plusieurs couleurs. A l'orient doit être un trône brillant exhaussé de plusieurs marches. Le dais doit être assez large pour contenir deux personnes assises dans deux fauteuils sur la même ligne. Au pied du trône, à la droite, on placera un petit autel couvert d'un tapis, qui portera trois bougies de cire jaune, une équerre, un maillet, un poignard, un com­pas et le Livre de la Sagesse La loge doit être éclairée de neuf bougies jaunes, suspendues dans un lustre ou placées, indistinctement dans des flam­beaux placés à terre, mais il faut qu'il y en ait un séparé des autres d'au moins un pied.

Si l'on veut l'éclairer davantage, on peut repré­senter le Buisson Ardent avec de feuilles ou des branches d'arbre, que l'on éclairera avec des lam­pions.

La loge  doit être crayonnée sur les carreaux de la salle comme elle est représentée dans le tableau 4.

Il doit y avoir des tabourets pour les Frères.

 

Lorsqu'on tient loge d'EL et qu'il y a quelque réception à faire, avant que d'ouvrir la loge d'Elus, on ouvre celle de Maîtres et le récipiendaire y assiste.

 

Lorsque la loge est ouverte à la coutume ordinai­re, le Respectable fait avancer le récipiendaire au pied de l'autel; on le fait asseoir sur un siège et le Très Respectable l'exhorte à prêter une oreille atten­tive au discours qu'on va lui faire, qui concerne 'sa réception; ensuite, on fait le discours, après quoi on l'envoie à la Chambre de Réflexion, et de là on ouvre la loge.

 

1° Cette loge étant le Conseil des Neuf, on ne peut pas la tenir qu'on ne soit neuf, dont les deux premiers sont Salomon et Hiram, roi de Tyr, qui occupent le trône. Les deux rois doivent être cou­ronnés. La couronne de Salomon sera enrichie de pierreries et celle du roi de Tyr sera seulement d'or; toutes les deux seront doublées de bleu. Salomon aura un sceptre bleu, doré à filets et surmonté d'un triangle lumineux (emblème de la Sagesse et de la Perfection). Le roi de Tyr tiendra en main un grand poignard; le reste de l'habillement sera semblable à celui des Frères, excepté que Salomon aura des gants garnis de franges et le tablier bordé d'une dentelle d'argent.

 

2° Tous les Frères seront vêtus de noir et au­ront, sur le côté gauche, un petit plastron sur lequel sera brodée une tête de mort, un os et un poignard en sautoir, en argent et entouré de la devise (vaincre ou mourir). Ils auront un grand cordon de ruban noir, large de quatre doigts, portant, sur le devant, la devise ci-dessus, brodée en argent. Au bas du cor­don, il doit y avoir une petite rosette de ruban blanc, au bout de laquelle pend un peut poignard dans son fourreau long de quatre pouces. Le tablier doit être de peau blanche, doublé de noir; sur la bavette brodée une tête de mort avec un os et une épée en sautoir, soumis à une équerre brodée en or 1; sur la poche du tablier sera une grosse larme et, au milieu du tablier et sur les côtés, huit autres larmes plus petites; au bout de la poche sera une branche d'acacia. Les gants seront doublés de taffetas noir et bordés de même.

Titres

Le Maître se nomme Très Sage, le roi de Tyr Très Puissant et les autres Frères Très Respectables. Il n'y a point de Surveillants mais le Très Sage, aussi­tôt qu'il est monté au trône, appelle un Frère que l'on nomme l'Intime du Conseil.

Commencement du Travail

Le Très Sage, étant arrivé et couronné, dit au roi de Tyr

D. Très Puissant roi de Tyr, quel sujet vous amène parmi nous ?

R. Très Sage, je viens vous demander vengeance de la mort de l'architecte du Temple, laquelle est restée impunie iusqu'à ce jour.

 

Le Très Sage lui dit : « Prenez place et soyer, témoin des et-herches que je vais faire faire du meurtrier »

Le roi de Tyr monte au trône et s'assoit sous le dais, à la gauche de Salomon.

Le Très Sage nomme ensuite un Frère qui, à l'instant, vient mettre un genou en terre au pied du trône; Salomon lui dit, en posant son sceptre sur sa tête :

« Mon Frère, je vous constitue l'Intime du Conseil, pour veiller à notre sureté Commencez vos fonctions par vous assurer des qualités des Frères qui sont ici présents » Le Frère se lève, salue les deux rois et va recevoir la parole, le signe et l'at­touchement de chaque Frère.

 

De retour au pied du trône, il dit en s'inclinant : « Très Sage, le Conseil n'a que des sujets fidèles ! ». Salo­mon se lève et dit : « Mes Frères, que le Grand Archi­tecte nous éclaire, que l'équité nous dirige et que la vérité pro­nonce ! Frère ancien, écartez tous les profanes, je comprends, sous ce nom, tous ceux qui ne sont pas honorés du grade d'Elu »

Le Frère ancien va visiter tous les environs et place, en dedans, un Frère en sentinelle, l'épée à la main, et revient au pied du trône où il dit : « Tout est couvert, les gardes entourent les portes du palais, nul profane ne peut pénétrer nos mystères ». Salomon fait passer le Frère ancien aux extrémités des ouvrages et, sitôt qu'il y est, il lui dit :

D. Quelle heure est-il ?

R. La pointe du jour (ou le commencement du jour).

Salomon frappe huit coups égaux et un précipité en disant N.N.M. 2, qui signifie vengeance. Tous les Frères répètent N.N.M., frappent neuf coups dans les mains, après quoi Salomon annonce que la loge est ouverte, il fait le signe de demande et les Frères celui de réponse, après quoi il commence le discours suivant.

Discours

« Vous savez avec quelle douleur j'ai appris la mort de ce grand homme que j'avais commis à la tête de nos ouvrages; en vain, j'ai tout mis en ouvre pour découvrir les malheureux qui ont commis le crime. Tout toit vous porter à la vengeance, le roi de Tyr vient ici la réclamer : je lui laisse le soin de vous ins­pirer des sentiments qui vous excitent à la vengeance de la mort d'un homme qui était si digne de confiance. »

 

Le roi de Tyr vient sur le tableau et montre avec la pointe de son épée le fils d'Hiram, qui y est re­présenté, et dit : « Voilà, mes Frères, le gage sacré que le grand homme a laissé Il doit s'attendre que, si sa mémoire vans est chère, les cris- de cet enfant, ses larmes et ses prières, vous toucheront. Il vous demande vengeance de la mort de son père, qui était votre compagnon et votre ami. Unissons donc nos efforts pour découvrir l'assassin et qu il épreuve le châti­ment qu'il mérite ! »

Alors, tous les Frères se mettent la main sur le poignard, le tirent et s'écrient N.N.M.

Le roi de Tyr remonte au trône et, comme Salo­mon se lève pour recueillir les voix, on entend un grand bruit à la porte, qui se termine par neuf coups que frappe le récipiendaire, que le Frère en sentinelle avertit en dedans par un coup.

Salomon, paraissant indigné, dit avec colère :

« Frère Intime, voyez ce qui occasionne ce bruit et comment mes ordres sont remplis ! ». Le Frère sort et, rentrant tout d'un coup d'un air surpris, dit : « Très Sage, le Conseil est trahi ! ». Tous les Frères lèvent le poignard et disent N.N.M.

Salomon leur impose silence en levant son scep­tre et dit :

« Que notre indignation cède un instant à la nécessité d'entendre k Frère Intime dans son rapport. Dites-nous, Frère, qui a pu causer notre rumeur, qui a l'audace de troubler notre auguste Conseil ? » Le Frère Intime répond : « Je viens de voir, avec surprise, qu un Frère s'est glissé furtivement dans l'intérieur de cet appartement. II est à craindre qu'il ait entendu les secrets de notre Conseil. Je le dirai même en tremblant, il est à présumer qu'il est souillé de quelque grand crime, les mains pleines de sang et le glaive tranchant qu'il tient dans sa main déposent contre lui et ont excité mes soupçons »

Salomon, levant son poignard, dit : « Qu'il soit sacrifié aux mânes d'Hiram »

Le roi de Tyr se lève et dit :

« Grand roi, écoutez votre sagesse ordinaire et ne précipi­tez rien. Si j'en crois mes soupçons, cet homme est le meurtrier que nous cherchons ou, du moins, pourra-t-il nous donner quelques indices. Mon avis serait qu il fût désarmé et intro­duit, le ces, le col, les mains liés et les yeux couverts d'un bandeau afin que, dans cet état, il réponde aux questions que votre sagesse vous suggérera »

 

Salomon, levant son sceptre, dit : « Mes Respecta­bles Frères, vous avez entendu les motifs de défiance du puis­sant roi de Tyr et les précautions que sa prudence lui inspire. Consentez-vous que l'on suive ses conclusions ? »

 

Les Frères acquiescent en étendant la main.

 

Salomon dit ensuite au Frère ancien : « Allez trou­ver ce téméraire, faites-lui part de ce que vous avez entendu, inspirez-lui de la confiance et de la terreur, amenez-le au pied du trône dans l'état dit » (L'ancien sort.)

 

Préparation du candidat

Le Frère ancien, en arrivant près de lui, se saisit de son épée et l'envoie 2 à la loge par un Frère qui l'accompagne, lequel Frère, en la présentant, dit : « Très Sage, il est désarmé ! ». Il la quitte ensuite au bout de la loge

 

Le Frère ancien passe au récipiendaire le cordon rouge par-dessus le col, dont il lui attache les mains et dans lequel il lui renferme le corps. Il lui fait en­suite ôter les souliers, lui bande les yeux et lui fait mettre des gants ensanglantés, lui ôte son chapeau et l'habille de son tablier de Maçon.

Lorsqu'il est dans cet état, le Frère ancien lui dit : « Sondes votre cœur, mon Frite, l'on vous soupçonne d'un grand aime, digne d'un châtiment capable d'épouvanter les coeurs les plus féroces. Vous pouvez cependant, espérer de l'indulgence si la sincérité guide vos paroles : si vous êtes inno­cent, suive-moi avec confiance »

 

Ensuite, le Frère ancien lui met son poignard dur le coeur et l'amène à la porte de la loge, dont il doit avoir la clef; il l'ouvre 4, l'introduit 5, le place à l'oc­cident et, lorsqu'il y est, tous les Frères [étant] assis, Salomon dit au récipiendaire :

 

D. Que cherches-tu ?

R. La récompense qui m'est due ! (L'ancien lui dic­te)

D. Crois-m que les Maçons autorisent le crime et le meurtre ? Tremble plutôt du châtiment qui t'est réservé Qui es-tu ?

R. Le meilleur des Maçons, le plus zélé de tous les Frères, ou, du moins, le plus digne de ce titre !

D. Vil assassin, qu'oses-tu dire, quand tu te présen­tes dans ce lieu sacré, les mains teintes d'un sang sans doute innocent 1.Tout dépose contre toi, tout annonce le crime et le meurtre

R. Je me soumets si je suis coupable.

Le roi de Tyr dit alors : .Qu'Hiram Abif soit vengé » et les Frères disent  N.N.M..

Salomon reprend la parole et fit : « Mes Frères, le meurtrier d'Hiram est découvert, l'imposture est trop grossière, il est déjà coupable, puisqu'il veut nous tromper »

D. Que réponds-tu ?

R. Que c'est à tort que l'on me soupçonne du meurtre d'un Maître dont je respecte la mémoire, je ne viens, au contraire, qu'à dessein de vous donner des nouvelles et les découvertes que j'ai faites.

D. Quelles sont-elles

R. Une caverne, un Buisson Ardent, une fontaine jaillissante, un chien pour guide, m'ont indiqué le lieu de sa retraite.

D. Quels sont les garants ?

R. Mes mains trempées dans le sang de trois animaux, le lion, le tigre et l'ours, qu'il avait apprivoisés pour garder l'entrée de sa caverne et que j'ai dé­truits pour y entrer.

D. Que viens-tu demander ?

R. Me jeter aux pieds du roi pour prendre ses or­dres s'il veut que je lui livre Abiram mort ou vif. D. Quelles preuves donnes-tu de ta foi ?

R. Les promesses les plus sacrées seront les garants de mon innocence et les supplices les plus rigou­reux auquels je consens d'être exposé si je suis re­connu pour criminel.

Salomon dit : « Frère Intime, pour que le Frère com­mence à calmer nos soupçons, faites-le avancer par neuf pas, savoir trois d'Apprenti, trois de Compagnon et trois de Maî­tre, jusqu'au tee, pour venir y rendre ses Obligations entre nos mains ».

 Le Frère Intime le fait avancer, ainsi qu'il est ordonné. Etant arrivé, il met le genou droit à terre, la main droite sur l'Évangile et l'équer­re et, à la gauche 2, il tient le compas et le maillet. Salomon lui impose son poignard sur le front et le Frère Intime lui met une épée nue sur le dos. Puis le Très Sage, en frappant un coup de son sceptre sur l'autel pour que les Frères se lèvent, dit : « Prenez garde d ce que vous allez faire, le moment est critique. Si vous cherchez à nous tromper, notre indulgence présente accroî­tra la rigueur des supplices qui la suivront. Si vous êtes sin­cère, prononces avec moi »

Obligation


Je promets, foi d'honnête homme et devant cette auguste
assemblée, aux pieds des plus hautes puissances, de ne jamais révéler à homme qui n'ait fait ce que je fais, les secrets qui font parvenir et donnent le titre sublime de Maître Elu. Je promets d'en remplir scrupuleusement les obligations au péril de ma vie, en quelque rencontre que ce puisse être, de sacrifier aux mânes d'Hiram les pagures qui pourraient révéler quelques-uns de nos secrets aux profanes. Je tiendrai mes engagements ou que la mort la plus affreuse soit l'expiation de mon pagure après que mes yeux auront été privés de la lumière par le fer rouge, que mon corps devienne la pâture de vautours, que ma mémoire soit en exécration aux Enfants de la Veuve par toute la terre ! Ainsi, Dieu me soit en aide !

Salomon dit N.N.M., ce que tous les Frères répè­tent ensemble. Ensuite, il dit : « Mes Respectables Frères

Frères,

vous avez entendu. jugez-vous à propos que le Frère achève sa vengeance ? e. Tous les Frères marquent leur acquiescement par le signe de réponse. Salomon re­lève alors le récipiendaire et dit : « Frère Intime, faites retourner le Frère à l'extrémité de la loge par trois pas de Maître, trois de Compagnon et trois d'Apprenti en arrière, pour lui apprendre qu'on n'a rien sans peine et qu'il ne doit jamais s'offenser des mortifications ordonnées par les jugements de la loge, l'humilité étant le vrai chemin de la perfection maçonne ». Il adresse ensuite la parole au puissant roi de Tyr :

D. Très puissant monarque, êtes-vous satisfait ?

R. Je le serai lorsque l'inconnu aura rempli ses obligations en nous livrant Abiram, mort ou vif.

Salomon dit : « Frère Intime, déliez les mains de l'inconnu, armez-le d'un glaive et mettez-le en état d'aller effectuer ses promesses I ». Après qu'il  ait été  délié et que le Frère Intime lui ait remis son chapeau et son épée, Salomon lui dit : « Consomme  ton ouvrage à la faveur des ténèbres et rends-toi digne du choix que nous voulons bien faire de toi pour faire expirer le meurtrier

Mais tâche de nous le livrer vivant ! ». Le Frère Intime, prenant le récipien­daire par la main, le fait voyager par huit tours lents et un précipité; au neuvième et dernier tour, on ouvre doucement la porte de la loge et on le con­duit, s'il se peut sans qu'il s'en aperçoive, dans la Chambre Obscure qui doit être ainsi disposée.

Chambre Obscure

 

Cette Chambre doit être tendue de noir. Au fond, du côté droit, doit être une espèce d'antre ou de caverne de feuillage, l'entrée ni le fond n'en doi­vent pas être éclairés. Dans la caverne doit être un fantôme assis dedans les branches, sa tête doit être garnie de cheveux et seulement posée sur le reste du corps. On le met dans une attitude convenable. Dans cette chambre tendue de noir, il doit y avoir une table, un tabouret devant, en face doit être un bras tenant un poignard et le mot écrit Vengeance. Sur la table doit être un gobelet; à terre, doit être un poignard et une lampe, qui puisse se prendre à la main et fasse une faible lumière; de l'autre côté, une fontaine avec de l'eau et quelque chose dessous pour la recevoir parce qu'elle doit couler. Lorsque tout est ainsi disposé et que le Frère Intime a conduit le réci­piendaire dans cet appartement, il le place sur le ta­bouret devant la table, la tête appuyée sur un de ses poignets. En cet état, il lui dit : « Ne bougez point; mon Frère, de cette situation que vous n'ayez entendu frapper trois coups, qui vous serviront de signe pour découvrir vos yeux. Suivez exactement ce que je vous prescris, sans quoi vous ne pourriez pas être admis dans l'au­guste loge des Maures Elus ».

Le Frère Intime sort après ce discours, ferme la porte avec force et abandonne le récipiendaire quel­ques moments à ses réflexions. Puis il frappe trois coups et lui laisse tout le temps d'examiner ce qui est autour de lui. Il entre ensuite, avec un air sérieux et lui dit : « Courage, mon Frère, voyez-vous cette fontaine ? Prenez le gobelet, puisez de l'eau, buvez, il vous mite bien de l'ouvrage à faire .1 ». Quand le récipiendaire a bu, il lui dit : « Remettez le gobelet, prenez cette lampe, armez-vous de ce poignard, entrez dans cette caverne et frappez tout ce que vous trouverez qui vous résistera, défendez-vous, vengez votre mai et rendez-vous digne d'être Elu ». Le récipiendaire entre, le poignard levé, la lampe de la main gauche. Le Frère Intime le suit, lui montre le fantôme, ou la tête, et lui crie : « Frappez vengez Hiram, voilà son as­sassin .1 ». Le récipiendaire le frappe de son poignard, ensuite, le Frère Intime lui dit : « Quittez 2 cette lampe, prenez cette tête par les cheveux, levez contre elle votre poi­gnard et suivez-moi ! ».

 Notez que l'on doit avoir du sang, ou quelque drogue rouge, pour teindre le poi­gnard et les mains du récipiendaire avant qu'il ne sorte de la caverne.

En cet état, il  le conduit en loge, le présente à ses Frères, qui sont debout aussitôt qu'il entre. Le Très Sage saisit son poignard et dit N.N.M..

Le Frère Intime fait avancer le récipiendaire à l'autel, par trois grands pas précipités. Au troisième, il s'incli­ne, met un genou en terre et pose la tête et le poi­gnard sur l'autel et reste dans cette attitude. Salomon lui dit : « Malheureux, qu'avez-vous fait !Je ne vous avais pas dit de le tuer ! ». Tous les Elus s'inclinent et di­sent : Grée ! Grée ! Salomon répond : « Qu elle lui soit accordée comme vous le désirez ! ».

Le Très Sage reprend «  Concourez avec moi, mes Frères, pour récompenser le zèle et la fermeté de ce Frère. Levez-vous, venez et apprenez que tout ce que vous venez de faire est une image des Obligations que vous contractez au­jourd'hui. Vous allez remplacer un des neuf Maîtres que Salomon jugea assez pal-ails pour leur confier la poursuite d'Abiram, quoique tous fussent animés du mime zèle. Cepen­dant Stokin, qui avait dejà découvert le corps du Respectable Maître Hiram, porta à ce vil assassin ce dernier coup. Aucun des neuf Menu n'aurait pu trouver la retraite de ce malheu­reux si un inconnu ne Petit indiquée à Salomon qui, aussitôt, envoya neuf Martres zélés Mais l'un d'entre eux, étant entré précipitamment dans la caverne qui lui servait d'asile, il ne vit pas plutôt Abiram qu'il lui porta un furieux coup de poignard (Le Très Sage lui porte un coup) dont il tom­ba sur-le-champ. Verrez mon Frère, recevoir la récompense due à votre mérite. (En lui donnant le tablier) Ce tablier vous est la marque que portent tous les Elus du Maître Respectable Hiram, et vous fait connaître le chagrin que l'on doit avoir de la mort de tout bon Maçon. (En lui donnant les gants) Les gants vous apprennent que l'innocence même a du chagrin sans remord

Nous avons, en ce grade comme en tous les autres, un signe, un attouchement et une parole.

Le signe se fait par celui qui le demande en tirant le poi­gnard et en le levant comme pour frapper au front. Celui qui répond ferme la main droite et appuie le poing fermé sur k front.

L'attouchement est, pour celui qui le demande, après avoir fermé la main droite, d'en lever le pouce et de le présenter. Celui à qui on k demande, il doit répondre en saisissant vi­vement, de la même main et à pleines mains, k pouce, ensuite il répète ce que vous avez fait' et vous ce qu'il a fait.

La parole est Nekua Nékum.

 

Allez maintenant vous faire reconnaître des Frères en leur donnant le signe, l'attouchement et la parole comme vous les avez reçus et vous viendrez ensuite me les rendre. »

Salomon dit ensuite : « Mes Frères, aidez-moi à faire un Elu l ». Les Frères étendent la main droite du côté du récipiendaire, puis le Très Sage lui dit, en le touchant de son sceptre :

« Mon Respectable Frère, je vous fais Elu, du consente­ment de la très auguste loge, et vous remets ce poignard (celui passé au cordon). Mais souvenez-vous qu'il n'est fait que pour unir le crime et secourir vos Frères, et qu'il a châtié le meurtrier de votre Maître. C'est dans cette mie que nous vous en armons et que vous devez k garder. Prenez séance  parmi les anciens de notre Conseil. Suivez leur exemple et, pour vous instruire, prêtez une oreille attentive à l'Instruction qui va être faite et vous éclairer sur tout ce qui paraît à vos yeux et dont, jusqu'à présent, vous n'avez pu avoir intelligence »

 

Nota : dans la loge d'Elu, les places sont indifféren­tes. L'Ancien se place seulement à l'occident en face du trône.

 

Catéchisme d'Elu


D. Etes-vous Elu ?

R. Oui, Très Sage, je le suis.

D. A quoi le connaîtrai-je ?

R. A mes signe, attouchement et parole.

D. Donnez-les

R. (Il les donne.)

D. Où avez-vous été Elu ?

R. Dans la salie de Salon-ion.

D. Quel motif vous a porté à solliciter ce titre ?

R. Le désir de venger la mort de notre chef Hiram. D. Quel fut son homicide ?

R. Abiram, dont le nom signifie meurtrier ou assas­sin.

D. Par où êtes-vous parvenu au lieu de la vengean­ce ?

R. Par des chemins obscurs et inconnus.

D. Qui vous a conduit ?

R. Un inconnu.

D. Où était situé le buisson de la vengeance ?

R. Auprès d'un buisson ardent dans un antre obs­cur.

D. Que trouvâtes-vous dans la caverne ?

R. Le traître Abiram, une lumière, une fontaine, un poignarD.

D. Quel était l'usage de tout cela ?

R. La lumière m'a éclairé, la fontaine m'a désaltéré, et le poignard était réservé pour venger la mort d'Hiram, par le coup que reçut Abiram, qui le fit tomber mort sur la place.

D. Le malheureux dit-il quelque parole en mourant ? R. Oui, une parole que je ne puis proférer à haute voix. Mais dites-moi la première lettre, je vous dirai la dernière.

D. N.

R. M.

D. Que faites-vous du corps d'Abiram ?

R. Je lui coupai la tête et la portai à Salomon pour apprendre que la vengeance était accomplie.

D. Quelle heure était-il quand vous arrivâtes dans la

caverne ?

R. Le point du jour.

D. Combien y a-t-il de Maîtres Elus par cette ven­geance ?

R. Neuf.

D. Que vous reste-t-il à faire ?

R. Rien, puisque tout est accompli.

D. Quelle heure est-il ?

R. L'entrée de la nuit, l'heure à laquelle je suis sorti de la caverne.

Salomon dit alors : « Mes Frères, qu'une heure aussi mémorable nous soit toujours présente à l'esprit et nous rap­pelle toujours le 6k des neuf Maîtres pour les imiter ! »

Il frappe sept coups égaux sur l'autel et le roi de Tyr frappe les deux autres précipités, après lesquels le Très Sage dit :

 « Mes Frères, la vengeance est accomplie, le Conseil peut se retirer, la loge de Maîtres Elus est fer­mée!»

Tous les Frères frappent neuf coups dans leurs mains, sept égaux et deux précipités et l'on fait les acclamations ordinaires. Nota : Le Très Sage doit passer les cordons au col des Frères, ils les portent sur le bras, les présentent au Maître qui la leur fait baisser et leur passe au col neuf fois.

 

Les Maître Elus ne doivent jamais se trouver dans aucune loge, soit inférieure ou supérieure, sans leurs cordons noirs et leurs poignards, quoi qu'ils ne doivent se servir du dernier qu'en loge d'Élu.

Loge de Table

La loge de table se tient comme les autres, à l'ex­ception qu'il n'y a point de Surveillants; mais le Frère Ancien se place en face des deux rois, dont Salomon est à la droite. L'on ouvre par neuf coups; ensuite, on fait quelques demandes du catéchisme et l'on annonce que la loge d'Élu est ouverte. Les ac­clamations se font par neuf, les santés sont les mê­mes et dans le même ordre, à l'exception que sitôt qu'elles commencent chaque Elu tire son poignard et le met au travers de son canon à l'ordinaire. On le met sur la table sans bruit, après quoi on joint une fois les mains et l'on s'assoit. Celui qui com­mande la santé fait le signe de demande et tous les Frères celui de réponse. De même, lorsqu'on veut demander la parole. Les couteaux se nomment poi­gnards.

 

Nota : Le Très Sage doit passer les cordons au col des Frères, ils les portent sur le bras, les présentent au Maître qui la leur fait baisser et leur passe au col neuf fois.

Les Maître Elus ne doivent jamais se trouver dans aucune loge, soit inférieure ou supérieure, sans leurs cordons noirs et leurs poignards, quoi qu'ils ne doivent se servir du dernier qu'en loge d'Élu.

 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 11:52

Explication du Grade

Le royaume de Juda fut détruit par les Assyriens sous le règne de Sédécias, vingt-et-unième roi des­cendu de la race de David, en la personne de qui finit la prophétie du prophète royal, ainsi qu'il avait été prédit par Jérémie. Ce fut Nabuchodonosor, roi des Assyriens, qui, jaloux de la grandeur du Peuple de Dieu, entreprit de leur faire la guerre et de les détruire, ce qu'il exécuta, ainsi qu'il avait été prédit par les prophètes parce que Israël avait péché et que ses rois s'étaient [a]donné, [pour] la plupart, à l'idolâ­trie. Nabuchodonosor fit le siège de Jérusalem en la dix-huitième année de son règne et la onzième du règne de Sédécias. La Sainte Citée fut assiégée avec une valeur incroyable et défendue de même; le siège fut opiniâtre et cruel; les assiégés souffrirent, dans cette attaque, les maux les plus cruels, tels que la peste et la famine, la ville fut attaquée de toutes parts, l'ennemi faisant du dégât partout où il se pré­sentait, mais qui était aussitôt réparé par la vigi­lance, l'activité et le zèle des Maçons qui se trou­vaient renfermés dans Jérusalem. Mais il était écrit dans le Décret Divin que Jacob tomberait en servi­tude, que le cuite du Vrai Dieu serait interdit et que Son Temple, chef d 'oeuvre de la première merveille du monde, serait détruit jusqu'au fondement. Cette grande et douloureuse époque arriva l'an du monde 3493, aux six mois dix jours depuis la fondation du Temple.

 

Le roi Salomon en avait posé lui-même la pre­mière pierre, qui était d'agate, de forme cubique. C'était la quatrième année de son règne et le deuxiè­me jour du mois de..   . La cérémonie se fit avant le lever du Soleil et fut solennisée  par de grandes fêtes. Le ciment qu'on employa pour la pose était composé de farine, de lait, d'huile et de vin; on la plaça au milieu de l'endroit destiné dans le plan pour être le Saint des Saints. L'Histoire Sacrée fait une ample description de ce Saint Temple, de même que de sa magnificence. Tout Chevalier doit, avant d'être reçu, en avoir fait la lecture et se l'être rendue familière, afin qu'étant parvenu à ce haut et éminent grade, il puisse, dans les occasions, en don­ner raison. La Sainte Cité fut prise d'assaut après dix-huit mois de siège. Ce fut dans la nuit que les Babyloniens entrèrent dans la ville par sept endroits différents, où ils s'étaient aperçus qu'on ne faisait pas trop bonne garde. Tout de suite, il se rendirent au Temple, où s'étaient réfugiés les principaux de la ville avec toutes leurs richesses, particulièrement la famille royale. La désolation où les ennemis trouvè­rent la ville les porta à la compassion, tellement qu'ils ne firent aucun meurtre, se contentant seule­ment du pillage. Mais, s'étant approchés du Saint Temple, ils furent repoussés d'abord avec fureur par les Maçons libres qui en défendaient les approches; mais, comme leur nombre était beaucoup inférieur à celui des ennemis, ils se rendirent à discrétion. Lors de la prise de Jérusalem, Nabuchodonosor était à Réblacha, ville de la Syrie, et, ayant reçu la nouvelle, il envoya à Nabuzaradan, son général, les ordres de briser et détruire le Temple après en avoir pris tout ce qui se trouvait en métal et autres choses précieu­ses, de détruire la ville de fond en comble et d'amener tous les habitants captifs à Babylone et de laisser le menu peuple errant.

Nabuzaradan exécuta fidèlement les ordres de son maître, dépouilla entièrement le Temple de ses ornements, le détruisit et le brûla, emporta tous les vases d'or et d'argent au nombre de vingt-sept mille, sans compte ceux d'autres métaux. Il fit aussi em­porter la grande Mer d'Airain et tous les vases de purification, de même que les autels et les deux grandes colonnes J. B. Celle de Booz se brisa en plusieurs pièces. Il enleva aussi quantité d'autres co­lonnes et d'autres ouvrages faits en or ou en argent, les Tables et le Chandelier.

L'Arche d'Alliance et les Livres Saints furent donnés en garde à Cephan, sous condition que sa vie en répondrait. Nabuzaraclan, après le pillage, fit sortir ces ruines de la Sainte Sion, emporta avec lui tous les trésors d'Israël et amena tous les captifs, dont le nombre était de quatre-vingt-un mille, parmi lesquels étaient le roi Sédécias et toute la famille royale, les officiers, les Sacrificateurs et les Lévites, sans compter un grand nombre de gens du peuple et de domestiques.

 

Nabuchodonosor entra en triomphe dans Baby­lone. Tous les captifs étaient enchaînés, sans en ex­cepter le roi, dont les chaînes étaient d'or. La figure des chaînes était faite en triangle, ayant trois anneaux dont l'un passait la tête, les autres les poignets. Ces chaînes étaient d'autant plus tristes aux yeux des Israélites que leur figure représentait l'emblème de l'Éternel dont le Saint Nom est représenté par un delta, Nom admirable qui avait été méprisé par le peuple imbécile. Dieu permit qu'il leur fut toujours présent dans la plus dure captivité et pour les faire ressouvenir de Sa Bonté, de Sa Clémence, et pour les porter  à obtenir grâce de leurs fautes pas­sées.

Nabuchodonosor consacra la dépouille du Saint Temple à ses dieux. Il donna un logement au roi Sédécias et à toute la famille royale, de même qu'aux officiers. Il assigna au reste des captifs des logements aux environs de Babylone. Les plus distingués parmi eux furent consignés dans l'enceinte de la ville, du nombre desquels furent les descendants des Maçons libres, qui avaient construit le Saint Temple et il n'était permis qu'à eux seuls de l'entretenir. Il leur était défendu, paru une loi de Salomon, de travailler à d'autres ouvrages, sous peine de punition, ce qui était gardé inviolablement, ainsi qu'on en voit les effets dans Babylone. Lorsque Artaxerxès voulut faire bâtir un temple à Jupiter, aucun des Maçons libres ne voulut y travailler, ils aimèrent mieux souf­frir la mort que d'employer leurs talents à la décora­tion de l'idolâtrie. Quelle fut la douleur de ces Illus­tres Maçons d'avoir vu détruire un si grand et si bel Edifice, chef d' oeuvre de la main des hommes et conduit par celle du Tout-Puissant ! Leurs larmes coulèrent en abondance et ne cessèrent de couler que le moment que le grand jour arriva, où ils furent mis en liberté pour aller rétablir un nouveau Temple au Dieu Vivant, sur les ruines de l'ancien, non toute­fois aussi beau ni aussi riche, mais selon leurs mo­yens. Trois années après la captivité des Juifs en Syrie, le roi Sédécias mourut et finit la race des des­cendants de David, après avoir régné sur le Peuple de Dieu qua­tre cent quatre-vingt-six ans, sept mois et trois jours. En la personne de ce roi finit la Maçonnerie, atten­du que c'était leur chef et que les Maçons libres étaient devenus captifs.


Convoi funèbre placé ci-après

Tous les grades, depuis l'Apprenti jusqu'au Grand Ecossais, ne retracent que ce qui était fait lors de la construction du Temple ancien. Le seul grade de Chevalier de l'Orient est celui qui renouvelle aujour­d'hui la Maçonnerie, leur but  est de rétablir le Temple, lorsque l'Eternel voudra leur en procurer les moyens, car la Maçonnerie renouvelée parmi les ouvriers n'a eu d'autre dessein que de réédifier cet Edifice sur ses anciens fondements.

Explication de la Loge

Le grand carré long qui est tracé au milieu de la loge représente le nouveau Temple de Salomon, bâti selon les dimensions que le roi Cyrus en donna. Dans la partie occidentale du Temple est le Saint des Saints où repose l'Arche d'Alliance, couverte par deux chérubins qui soutiennent de leurs ailes le Del­ta, qui signifie le Saint Nom de Dieu, qu'on ne doit prononcer qu'en tremblant. Le Saint des Saints est séparé par un grand voile des restes du Temple. Dans le lieu très saint se trouvent le Soleil et la Lune. Au devant de ce lieu très saint se trouve l'au­tel des sacrifices, qui est un cœur enflammé et a, dessus, les lettres V.M., qui signifient Vrai Maître ou Vrai Maçon : ceux qui offrent leurs cœurs à Dieu ou qui se dévouent au bien général de l'Ordre. Cet autel est accompagné de tous les instruments nécessaires à la Maçonnerie et dont on se servait pour la cons­truction du Nouveau Temple. Le Temple a trois portes, une à l'orient, qui est la principale et où se trouve le grand escalier à sept branches dont les Frè­res savent la signification, ainsi que des instruments nécessaires et c'est pourquoi on n'en fait pas mention dans le grade. Les autres portes sont au midi et au nord. A l'occident de la loge sont les deux initiales de Juda et de Benjamin. La lettre G est Gabaon, où l'on sacrifiait avant la construction du Temple, la lettre E est le mot hébreu connu de tous les Maçons. A la porte du midi et à celle du nord sont deux bras, l'un orné d'une épée et l'autre d'une truelle. Ces deux principaux instruments servi­rent à la construction du Nouveau Temple, l'un pour bâtir et l'autre pour combattre les ennemis. Du côté du bras qui tient l'épée est un trophée d'armes et un amas de pierres cubiques prêtes à être em­ployées à l'Edifice et, du côté de la gauche est un amas de pierres brutes propres à fortifier la bâtisse 2. Plus bas sont les vases et autres ornements sacrés que Cyrus fit remettre entre les mains de Zoroba­bel 3 pour en orner le Nouveau Temple, comme le Chandelier à sept branches, la table des pains de proposition, la mer d'Airain, les urnes, pots, vases, plats et autres ustensiles dont le nombre avait été très considérable tant en or qu'en argent et en cui­vre. Le milieu de la loge est traversé, du nord au sud, par le fleuve Star Bussaulier, au milieu duquel est un pont, construit en bois pour le passage des Maçons libres, sur lequel sont trois lettres L..D.P., c'est-à-dire Liberté de Passage. Ledit fleuve est cou­vert de têtes de mort des ennemis qui furent tués lors du combat. Au bout du fleuve sont des chaînes disposées en triangle ainsi qu'il a été dit. La lettre T. exprime l'endroit des carrières de Tyr [d']où l'on a tiré les pierres pour la construction du Temple et la lettre L exprime le mont Liban d'où I'on a tiré le bois. Au-dessus du mont Liban se trouve la figure d'un carré long avec un petit triangle au milieu

c'est le tombeau du roi Sédécias, dernier roi de la race de David et, tout à fait au bas de la loge est une partie du plan de la ville de Babylone.

Chaque article de l'explication de la loge renfer­me en lui bien des morales dont une partie se trou­ve dans le catéchisme et le reste est encore une énig­me jusqu'au grand jour où la vérité sera dévoilée, qui sera au moment où tous les honneurs ne seront attachés uniquement qu'au premier principe de la

Maçonnerie. Cependant, il est constant que l'Or­dre des Maçons doit être regardé comme celui qui sert à ramener tous les amusements à une fin solide et permanente. Mais bien peu de Ma­çons sont trouvés dignes d'y parvenir, aussi le nombre des vrais initiés est très petit. Heureux ceux qui peuvent parvenir à ce lieu.

 

L'Ordre des Maçons très libres, dits Chevaliers de l'Orient ou la Maçonnerie Renouvelée '. Après que les Tribus de Juda et de Benjamin eurent passé soixante-dix années en captivité dans la Syrie, Dieu fut touché de leurs larmes, ils trouvèrent grâce de­vant Son trône sacré. Il inspira à Cyrus, pour lors roi de Babylone, prince débonnaire, de mettre Israël en liberté. Il écouta, à cet effet, les pressantes requê­tes des principaux  et les sollicitations de Zorobabel, de la Tribu de Juda, qui était, depuis longtemps, à son service et dont le mérite lui était connu. Cyrus se laissa toucher aux larmes de ce prince et lui per­mit de sortir de Syrie avec tous les Juifs qui vou­draient le suivre pour aller en Judée rebâtir le Tem­ple de Dieu, que ses prédécesseurs avaient pillé et détruit, et de l'orner de tous ses ornements et vases, tant en or qu'en argent. Pour cet effet, il fit tirer du trésor royal tout ce qui avait été apporté des dépouilles du Temple lors de sa destruction et le fit livrer entre les mains du prince Zorobabel. Cyrus ordonna que le Nouveau Temple aurait soixante coudées de largeur sur cent vingt de longueur et soixante de hauteur. Il ordonna qu'on tirerait les pierres pour la construction du Temple des carrières de Tyr et les bois des forêts du Liban. Il fit, à ce sujet, un Edit, qu'il fit publier dans ses Etats, par lequel il ordonnait à tous ses sujets de laisser sortir librement les Juifs de ses Etats, de ne les troubler en rien et de les secourir dans leurs besoins, sous peine de mort à ceux qui contreviendraient à l'Edit arrêté.

 

Zorobabel, après avoir reçu un tel bienfait de ce prince, se prosterna aux pieds de son trône, lui baisa la bas de sa robe et le remercia, au nom de toute la nation, de la grâce singulière qu'il daignait lui accor­der, en l'assurant que tout Israël ferait des vœux pour la conservation de sa personne et pour la pros­périté de ses Etats. Après, il se retira pour prendre des arrangements convenables avec les chefs de fa­mille des Tribus sur ce qu'il était à propos de faire pour un si grand projet. Zorobabel et Stenvas fi­rent part de ce grand événement aux chefs des Tri­bus. Ils convoquèrent un conseil où pour préparer les matériaux. La marche des Hébreux fut la plus heureuse jusqu'au fleuve Saint Harlassa­nai, qui sépare le Judée de la Syrie [et] va se perdre dans la mer de Tibériade. La première bande qui arriva au bord du fleuve, pour le traverser, fut celle des Maçons libres. Ils {y} trouvèrent, sur le bord, des gens armés pour les piller et empêcher leur pas­sage. Les chefs des Maçons firent usage du passe­port du roi Cyrus, de même que de l'arrêt qu'il avait donné en les délivrant de la captivité. Mais les bar­bares furent aveuglés par l'apparence du gain [qu'ils Feraient] s'ils pillaient les Hébreux, surtout ayant vu par leurs passeports qu'ils portaient les trésors du Temple. Sans faire attention aux ordres du roi, ils se jetèrent sur les Maçons pour les massacrer. Mais le Grand Architecte en avait disposé autrement car les Assyriens furent taillés en pièces de telle sorte que le fleuve fut couvert, dans un instant, de corps morts. Par ce moyen, ils se rendirent le passage libre et se hâtèrent d'arriver à la triste Jérusalem. Leur marche fut de trois mois [et] cinq jours. Ils arrivèrent le 22 juin, jour du solstice d'été, à trois heures après midi. Après trois jours de repos, les trois architectes et les trois adjoints se mirent en état de commencer le travail. Ils divisèrent les ouvriers par bandes, cha­cune desquelles avait son chef et son adjoint. Il y avait trois sortes de bandes : les plus simples étaient de trois fois sept ouvriers, les secondes de cinq fois sept et les troisièmes de sept fois sept. Chaque bande était payée différemment, la bande de trois par sept à la porte. Chacune de ces bandes avait son nom général, celle de trois par sept avait nom Cassia, celle de cinq par sept Guibelin et celle de sept par sept Tubellain. Outre cela, lorsqu'ils se présentaient pour leur salaire, l'architecte qui devait les payer leur demandait le mot sacré de leur bande. S'ils ne savaient pas répondre, ils n'étaient pas payés mais, au contraire, punis. Le mot de trois par sept était Jehova, celui de cinq par sept Booz et celui de sept par sept Jakin. Tel fut l'arrangement que l'on fit pour l'exécution d'un si grand Edifice. Mais il était écrit qu'Israël souffrirait ce dont l'Eternel voudrait l'exercer car à peine les fondements de ce Nouveau Temple furent commencés qu'ils eurent une guerre à soutenir contre les Samaritains, peuple sorti des Dix Tribus, qui avait abandonné le culte du Vrai Dieu pour l'idolâtrie. Ils tâchèrent, par leurs chicanes, de détourner ou retarder la bâtisse du Temple, ce qui obligea Zorobabel à se tenir sur la défensive, de ma­nière qu'il ordonna, parmi les ouvriers, qu'une partie travaillerait et l'autre combattrait ses ennemis. Par ce moyen, l'ouvrage continuerait tandis qu'on ferait la guerre. Mais, comme le combat devenait plus opi­niâtre et que, d'ailleurs, l'ouvrage allait fort lentement, il fut ordonné qu'on n'irait plus vers les ennemis mais qu'on les attendrait au travail. A cet effet, il fut dit que chaque ouvrier serait armé, c'est-à-dire qu'il tiendrait d'une main une épée et de l'autre une truel­le dont il devait travailler. Etant armés de cette sor­te, ils travaillèrent avec assurance mais non pas si diligemment qu'ils l'avaient souhaité, car la construc­tion du Nouveau Temple dura quarante ans. Cette merveille du monde fut commencée sous le règne du roi Cyrus, continuée sous celui d'Artaxerxès et finie sous le règne de Darius. Quant à la dédicace et à la décoration, on pria les Frères de s'en instruire par la lecture de la Bible. Après que ce Temple fut achevé, les Maçons se mirent à réparer les remparts de la ville et à relever les maisons ruinées et à faire revivre les Lois dans leur ancienne pureté, à suivre les Ordonnances de Moïse, à sanctifier le Temple par des sacrifices sans nombre, à rétablir l'ordre mi­litaire, à donner un arrangement dans les deux Tri­bus de Juda et de Benjamin, et à songer à se procu­rer un roi pour les gouverner aussi sagement que Salomon. Comme ce Second Temple a été aussi dé­truit, les Maçons d'aujourd'hui sont aussi descendus de ceux qui le bâtirent. Aussi doivent-ils les imiter en leur exemple et tâcher, sous la conduite d'un nouveau Zorobabel, de bâtir un troisième Temple au Vrai Dieu.

 

 Cérémonies pour la Réception d'un Chevalier de l'Orient ou de l'Épée

La loge doit être tendue de rouge et éclairée de soixante-douze lumières. Le Maître se nomme Sou­verain, représentant Cyrus, l'aîné des Surveillants s'appelle Nabuzardam, général du roi, le Jeune Sur­veillant  représente Mithridate, son grand trésorier, le récipiendaire se nomme Zorobabel. C'est pourquoi tous les Chevaliers, étant en loge, sont appelés prin­ces par le Souverain, attendu que Zorobabel était prince. La porte de la loge doit être gardée par deux gardes, c'est-à-dire par deux Chevaliers qui en font les fonctions, qui sont, ordinairement, les derniers reçus; ils sont armés d'une pique. Le récipiendaire doit venir de lui-même à la porte de la loge, couvert d'un drap noir qui soit poudré de {la} cendre; étant arri­vé à la porte, il soupirera jusqu'au point d'être en­tendu par les gardes, qui ouvriront doucement la porte pour voir ce que c'est. Sur quoi, ayant reconnu que c'est un homme en deuil, ils refermeront la porte pour en donner avis au Second Surveillant, qui se lèvera de sa place, sans rien dire, pour aller join­dre le récipiendaire et pour l'interroger sur le sujet qui l'amène à la porte du roi.


Interrogations hors de la Loge


D. Que demandez-vous ?

R. Je veux, s'il est possible, parler au roi.

D. Qui êtes-vous ?

R. Juif de nation, prince de naissance, sorti de la troisième famille de la Tribu de Juda.

D. Quel est votre nom ?

R. Zorobabel.

D. Votre âge ?

R. Quatre-vingt-un ans.

D. Quel est le sujet qui vous amène ?

R. Les larmes et la misère de mes Frères.

Le Second Surveillant dit « Attendez au bas de la porte, je vais prier le mi pour vous » Le Second Surveillant vient frapper à la porte, elle lui est ouverte par les gardes qui, l'ayant recon­nu, le laissent entrer.

Lorsque l'on frappe, on doit frapper d'un seul coup, au bas de la porte, avec le pied. Le Jeune Sur­veillant se prosterne au bas du trône du roi, il lui fait le récit de ce qu'il a entendu de Zorobabel, à quoi le roi répond qu'on le laisse entrer.

Le Jeune Surveillant, en quittant le roi, le salue en posant les deux mains sur le visage et va joindre le récipiendaire, auquel il dit : « Vous avez trouve" grâce au pied du trône du plus grand roi du monde. Il vous permet de paraître devant lui, da face couverte ». Alors, il l'intro­duit en frappant à la porte comme il a été dit, la porte ouverte, il est reçu par les deux gardes, qui le conduisent au pied du trône où ils le mettent à ge­noux et l'y laissent pour aller garder la porte.

Nota : que les gardes le fouillent avant qu'il en­tre, pour voir s'il n'aurait pas des armes cachées ou quelque autre chose qui serait contre la vie du roi. L'Orateur de la loge, faisant fonction de Premier Ministre d'Etat, interroge le récipiendaire sur le sujet qui l'amène au pied du trône de sa majesté. Pendant l'interrogation, tous les Chevaliers doivent être de­bout, l'épée à la main, la tête couverte et le récipien­daire le visage découvert.


Interrogations du Ministre


D. Quel sujet vous amène vers le roi ?

R. Pour employer sa bonté et sa sagesse.

D. Pourquoi ?

R. Demander grâce pour mes Frères les Juifs, en servitude depuis soixante-douze ans.

D. Qui êtes-vous ?

R. Zorobabel, prince sorti de la troisième famille de la Tribu de Juda.

D. Quelle est cette grâce ?

R. Que la bonté du roi nous accorde pardon et li­berté à toute notre nation et de permettre que nous allions exercer notre Religion, en suivant ce que Moïse nous a laissé, nous permettre d'aller réédifier le Temple, que la puissance des Frères étrangers, ou plutôt nos péchés, ont détruit jus­qu'aux fondements.

Après quoi, le Souverain fait signe qu'on le fasse retirer, les deux gardes viennent le relever et le conduisent hors de la chambre, l’un d'eux reste avec lui, l'autre ferme la porte. Après qu'il 2 en est sorti, le roi adresse la parole à tout le Conseil en ces termes : a Il y a longtemps que j'ai résolu de mettre les Juifs en liberté. je ne sais pourquoi, je suis depuis un temps pénétré de voir ce peuple dans les fers. Le Dieu, qu'ils appel­lent le Dieu Fort, m'est apparu en songe, il me semblait voir un lion rugissant, qui était prît à fondre sur moi pour me dévorer. Au pied de mon lit, j'ai cru voir Nabuchodonosor et Balthasar, deux de mes prédécesseurs, qui servaient de mar­chepied à ce Dieu Terrible. J'ai crû entendre deux paroles qui sortaient de sa bouche en langue hébraïque, qui, en syriaque, signifient "rend Mon peuple libre I': C'est de vous tous, mes chers Princes, que j'attends à délibérer ce que je dois faire sur un tel événement ». Après que k roi a parlé, le Conseil garde un profond silence pendant quelques minutes. Après quoi, les uns et les autres disent au Ministre leurs sentiments, qui  fait semblant de recueillir les voix pour en rendre compte. Dès qu'elles sont re­cueillies, le Premier Ministre s'approche de nouveau du roi, qui ordonne de faire entrer Zorobabel. Le Second Surveillant va le joindre et lui fait ôter l'atti­rail lugubre dont il était couvert et le revêt d'une robe blanche, le ceint d'un ruban vert et, dans cet état, le met au pied du trône où, étant arrivé et à genoux, le roi lui dit : je vous accorde votre requête, je consens que tout Israël soit mis en liberté. De plus, qu'il soit libre d'aller bâtir un Temple à Dieu, qu'il soit orné et enrichi des dépouilles du Temple détruit par mes prédécesseurs, et que cela vous soit donné avant le Soleil couché De plus, je vous fais chef de toute la Nation et [ordonne] qu'on vous obéisse en tout et partout, à la réserve que vous payerez un tribut de trois agneaux, cinq moutons et set béliers. Et, pour marque authentique de ma bonté à votre égara je vais vous armer d'une épée terrible que vous porterez pour marque de distinc­tion de l'autorité que vous avez sur tous les Frères j'ordonne à mon général Nabuzardam de vous instruire pour la guerre, en d'être mieux à même de vous défendre  contre les ennemis qui pourraient vous attaquer ».

Alors, on le mène au Premier Surveillant, lequel lui dit : « Mon Frère, je me réjouis des grâces que vous venez de recevoir de notre Souverain. Sa bonté doit vous encourager à les mériter. Je vais vous instruire sur l'art de la guerre mais, auparavant, je vair vous recevoir Chevalier ».

 

Interrogation de Nabuzardam


D. Où est situé votre pays ?

R. Au-delà du fleuve d'Harbassanay.

D. Comment s'appelle-t-il ?

R. La Judée.

D. Comment s'appelle le peuple qui habite ce pays ?

R. Israël, dont nous sommes sortis.

D. Quels noms ont ceux qui sont ici captifs ?

R. Ils sont distingués par deux Tribus, celle de Juda et celle de Benjamin.

Nabuzardam poursuit : « Le roi vous a armé d'une épée pour vous défendre contre vos ennemis. Par le pouvoir qu'il me donne, je vous revêts d'un cordon couleur d'eau, qui représente le passage de l'eau, sujet comme un vaisseau qui flotte au gré des vents, de même, nous flottons au gré de nos passions. Heureux celui qui a évité le danger par l'épée dont le roi vient de vous armer, vous, et toute votre Nation, êtes devenus libres. Ainsi, vous serez appelés Enfants  des Tribus libres, les noms de Juda et de Benjamin vous serviront pour reconnaître les vrais Frères. Je vous donne, outre cela, deux signes. Le premier se fait en portant la main droite sur demie gauche et en la descendant en serpentant sur la poitrine jusqu'à la hanche…..

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 11:48

Le Grade de l'Initié dans les profonds mystères a pour objet de faire connaître, aux vrais maçonnerie parfaitement affermis dans les principes de

la maçonnerie ce qu'il y a de bon ou de vicieux dans tous les autres grades dont on y fait la critique ; c'est pourquoi pour pouvoir juger sainement si les grades qu'on y approuve ou désapprouve donnent réellement lieu au jugement que l'on en porte, il est essentiel d'avoir reçu tous ces grades, ou du moins de les connaître.

Ces grades sont principalement les trois de la maçonnerie Bleue, celui de Maître Parfait ; celui d'Elu ; l'Élu de l'inconnu ; celui des Quinze ; celui d'Écossais ; celui de Souverain Commandeur du Temple ; celui d'Élu suprême, celui de Chevalier d'Orient ; celui de Chevalier d'Occident ; celui de Sublime Philosophe ; celui de Chevalier du Soleil ; celui de Chevalier du Phénix ; celui de Chevalier de l'Aigle Noir, ou Rose-Croix de Marseille.

 

Instruction.

 

D. - Êtes-vous initié ?

R. - J'adore le divin créateur de la nature. Je reconnais sa puissance sans borne. Je conçois sa bonté. J'espère en sa miséricorde. Enfin, je suis persuadé qu'il n'a pu nous créer que pour nous rendre heureux.

D. - Qu'avez-vous fait pour être admis dans nos mystères ?

R. - J'ai cherché la vertu. J'ai tâché d'imiter celui qui nous a créés en devenant doux et compatissant pour les malheureux, et je fais mes efforts pour être l'ami de tous les hommes vertueux.

D. - Par quel degré êtes-vous donc parvenu jusqu'à nous ?

R. En secouant le joug des préjugés que j'avais reçus dans les différents grades de la Maçonnerie que je méprise en partie et que je déteste dans l'autre.

D. - Quelles sont donc vos idées ?

R. - Je pense que l'apprentissage et le compagnonnage, où l'on nous donne des préceptes de vertus sont bons et honnêtes. Que dans la Maîtrise le crime a quelque accès, mais qu'il est puni dans l’Elu. Que le Parfait Maçon? Anglais est de tous les autres grades le plus raisonnable et le seul qui soit parfaitement bon. Que les différents Ecossais sont inutiles, que l'Élu Suprême est ampoulé et que le Chevalier? d'Orient est futile ; que celui d'Occident est dépourvu de sens commun; que le Souverain Commandeur est indécent ; que le Grand Elu est détestable ainsi que le Rose-Croix de Marseille dit le Chevalier de l'Aigle Noir qui est digne d'horreur. Que le Chevalier du Soleil est méprisable ; le Sublime Philos? digne de pitié ; le Chevalier du Phénix absolument déraisonnable.

D. - Pourquoi continuez-vous la Maçonnerie, puisque vos idées lui sont aussi désavantageuses ?

 R. - Je ne méprise que les abus, j'aime à entendre les bons principes qu'elle nous donne. Je tâche de les mettre en pratique et notre travail ne tend qu'à les faire révérer et les faire paraître parmi nous avec plus d'éclat.

D. - Comment y parviendrez-vous ?

R. - En n'admettant dans notre Soc? que des gens choisis et qui conviennent à tous égards au titre de Vrais Initiés.

D. - Quelles sont les qualités que nous exigeons?

R. - La droiture du coeur et de l'âme, un caractère docile qui est toujours de l'avis de ses frères et qui ne l'emportera jamais lorsque les défauts dont aucun homme n'est exempt, lui seront représentés avec la douceur que les parfaits maçons doivent mettre dans leurs remontrances.

 

Discours de l'Orateur.

 

Après que l'instruction est finie, le Frère Orateur  lit le discours suivant, dans lequel se trouve expliqué parfaitement tout l'objet de ce grade :

Vous avez passé par tous les grades, on vous a fait parcourir jusqu'à aujourd'hui, les uns après les autres, tous les mystères redoutables au vulgaire, parce qu'il ne les connaît pas et que le sage voit pour la plupart d'un oeil méprisant et dédaigneux.

Nous savons rendre justice à la vertu et à la vérité, elles nous sont chères. Ce que vous allez entendre vous en convaincra de plus en plus.

L'analyse de ces grades va vous être dévoilée, vous allez en pénétrer les replis les plus cachés.

En vous découvrant les moindres circonstances, vous en reconnaîtrez les explications et vous sentirez enfin ce qu'ils méritaient de votre approbation et de votre mépris.

Les connaissances que vous avez dû acquérir après avoir été reçu Apprenti, Compagnon et Maître dans les grades de l'Elu Ecossais, Parfait Maître  Anglais, Elu suprême, Souverain Commandeur, Chevalier d'Orient  et d'Occident ,Prince de Rose-Croix, Grand Elu, Chevalier de l'Aigle Noir, Chevalier du Soleil et des adeptes, Sublime  Philosophe et Chevalier du Phénix sont les seuls sur lesquels nous nous étendrons. Les autres, qui sont en quantité et qui ne sont que des répétitions sèches et stériles de ceux dont il vient d'être fait mention, resteront dans l'oubli et ne nous laisseront d'autres impressions que le dédain le plus parfait pour ceux qui ont pu employer leur temps à des ouvrages aussi futiles, de peur d'être obligé de les haïr comme des gens infâmes, que la cupidité seule a conduits dans un travail aussi pitoyable.

 

Apprenti et Compagnon

Les deux premiers grades nous apprennent l'entreprise que fit Salomon de bâtir un Temple à l'Éternel ; les précautions qu'il prit pour le rendre magnifique ; la demande qu'il fit d'Hiram Abif à Hiram, roi de Tyr, pour lui confier en chef la conduite de cette sainte entreprise ; le partage que fit Hiram Abif des ouvriers en trois classes ; les signes, mots et attouchement dont il convint avec eux pour les reconnaître les uns d'avec les autres ; les proportions du Temple et des deux fameuses colonnes.

Jusqu'ici il n'y a rien de mystérieux ; ouvrez la Bible, vous y trouverez les mêmes choses expliquées peut-être plus clairement. Mais n'importe, reconnaissons la prévoyance de notre instituteur.

Pour parvenir à son but, qui était de rendre les hommes égaux et de les faire vivre ensemble dans l'union la plus étroite et la plus intime, il sut s'accommoder à leurs moeurs et de plus à la faiblesse de leur âme. Il reconnaissait combien le merveilleux a de pouvoir sur le coeur humain. Il descendit à des considérations, rendit l'entrée de l'ordre difficile, imagina de rendre les réceptions terribles et formidables et sut les rendre respectables par l’appareil mystérieux qu'il répandit sur tout ce qui nous environnait.

l sentit d'ailleurs la dure nécessité de ces formalités ; il vit qu'en trompant le vulgaire, il éprouverait l'âme de ceux qu'il voulait admettre, qu'il sondait par là leur coeur et leur façon de penser, et qu'il pourrait par ce moyen distinguer la bonté du caractère et de l'esprit de candeur.

D'ailleurs l'établissement de notre Maître est louable; il tendait par son application à faire vivre les hommes dans l'égalité et à n'admettre entre eux de prééminence que celle que donne la vertu.


Maîtrise.

Si nous avançons, la Maîtrise nous offre le massacre d'Hiram par 3 malheureux conspirateurs jaloux de la gloire et de la faveur qu'il recevait en vivant familièrement avec le roi Salomon, l'assemblée que tinrent les maîtres pour délibérer sur ce qu'ils avaient à faire, afin de prouver leur innocence à Salomon, la recherche du corps du R? M? Hir? qu'ils retrouvèrent et l'exhumation qu'ils en firent.

Déjà dans ce grade le crime se glisse parmi les constructeurs du Temple, mais on su le tourner à profit pour en montrer l'horreur et le faire détester de ceux qui étaient membres de l'ordre naissant.


Elu.
 

Dans l'élu, la vengeance tirée des meurtriers est une leçon qui nous prouve que le crime ne reste jamais impuni, que l'auteur de la nature est infiniment bon, juste et implacable pour les méchants.

On découvre dans ce grade Abiram un des auteurs de ce meurtre ; mais d'où vient qu'on fit des recherches contre Cebal et Méphiboseth ? pourquoi multiplier les êtres  Ne pouvons-nous pas dire que déjà le vice se glissait dans la Maçonnerie et que cette multiplication était un présage des désordres qui allaient s'ensuivre ? Le crime puni et le corps retrouvé, il fallut inhumer notre R? M? avec la pompe qu'exigeait le service qu'il avait rendu, et il aurait sans doute mérité une autre récompense.

C'est le sujet de l'Ecossisme, où l'on glisse des cérémonies judaïques qui ne peuvent faire qu'un très mauvais effet, surtout dans un temps où les personnes qui sont à la tête des loges  sont souvent peu instruites et ont d'ailleurs des dépenses à faire, pour les rendre avec dignité, motifs qui peuvent les faire regarder comme contraires aux règles de l'ordre, par celui qui possède au fond du coeur les vrais principes de la nature qui est de saisir les occasions de se rendre utile à l'humanité souffrante.


Parfait Maître Anglais


De là on passe à la Maîtrise du Parfait Maître Anglais qui est une répétition générale de ce qu'on a vu et qui aurait dû être le seul grade, si notre législateur n'eût eu crainte de communiquer trop vite l'intelligence de notre ordre, et de donner lieu à l'indiscrétion en communiquant tout d'un coup ce qu'il y avait de mystérieux à un homme nouvellement reçu.

Voilà ce qui a fait longtemps le secret de notre ordre respectable.

Elu de l'inconnu et des quinze.


Tout était bon jusqu'alors. Rien, excepté les élus de l'inconnu et des quinze, n'était de trop. Tout tendait au bien et au maintien de l'ordre ; mais il n'est rien de stable. Les hommes aussi changeants que I'ombre et aussi légers que le vent pouvaient-ils rester longtemps dans l'état heureux où notre législateur s'était efforcé de les mettre ? Pleurons leurs faiblesses et leur aveuglement, mais sachons réparer leurs torts et donner un nouveau centre à l'Art Royal en rétablissant les premières loges en rendant un culte pur à l'Étre suprême, en déchirant impitoyablement le bandeau qui nous a privés jusqu'à ce jour de la vraie lumière.


Ecossais.


On fit ensuite du Parfait Maître Anglais le grade d'Écossais qui renferme la cérémonie de la dédicace du Temple. Il était, suivant les apparences, naturel de terminer l’histoire.


Souverain  Commandeur du Temple.


Mais où cela nous conduit-il ? Au Souverain  Commandeur du Temple, grade où l'indécence la plus outrée et l'insolence la plus criante sont permises à celui qui en est décoré, par la seule raison qu'il sait que c'était au com. qui en gardait la clef et qui avait l'honneur d'être admis à la cour du roi Salomon.


Elu suprême.


On sentit ensuite qu'on pourrait ajouter à celui qui vient d'être dit la chute du roi Salomon, son impiété et les sacrifices abominables qu'il faisait aux faux dieux, dans ce même temps qu'il avait fait construire pour le seul et véritable Maître de la nature et le comble de la folie en faisant substituer à l'arche d'alliance les simulacres des divinités que lui apportaient ses femmes et ses concubines. On imagina donc l'Elu Suprême où l'on jure une haine implacable à cet ennemi déclaré de celui qui l'avait comblé de ses bienfaits.


Chevalier d'Orient.


Il fallut aller plus loin ; le rétablissement du Temple de Dieu sous Cyrus fut le sujet du Chevalier d'Orient. Vous y apprenez la manière dont Zorobabel va se présenter devant Cyrus. Il pousse dans son antichambre des soupirs qui sont entendus des gardes. On va voir quel est l’homme revêtu d'un voile, couvert de cendres, qui pousse ces gémissements. On le fait prosterner aux pieds du roi qui gracieusement lui laisse voir son visage et qui ordonne à son ministre de lui donner des instructions qui consistent à lui dire qu'il faut avoir un mot de passe pour se reconnaître dans un besoin et qu'il faut être bien unis. On l'arme ensuite en Chevalier d'Orient en lui mettant une écharpe sur laquelle est représentée un pont traversant une rivière, parsemée de têtes de mort et d'ossements. On y apprend le fameux combat du fleuve Starburzanaï ; la victoire que remporte Zorobabel sur les sujets du roi Cyrus qui l'avaient attaqué malgré le passeport qu'ils voulurent lui faire avoir, signé de leur roi.

Les noms des ouvriers du nouveau Temple le nombre des hommes qui y furent employés, la résolution qu'ils prirent de travailler, mais avec l'épée au côté, le nombre d'années qu'ils furent à le construire qui fut de 40 ans : toute cette histoire se trouve encore dans la Bible, sauf la réception du Chevalier par Cyrus dont il n'est fait aucune mention et qui d'ailleurs est par elle-même fort peu nécessaire.


Chevalier d'Occident.


On trouve dans l'Apocalypse le sujet du Chevalier d'Occident où vous êtes ensuite transporté. La loge représente le ciel tel qu'il est décrit par saint Jean. Le Maître  de la Loge représente l'Alpha et l'Omega ; il tient un livre fermé, sept sceaux qui s'ouvrent et dont il sort des traits ; une balance, une épée, emblèmes que l'on explique et qu'on fait rapporter à la Maîtrise

Comme l'Apocalypse est indéchiffrable, ce grade l'est tout autant et ne peut être regardé comme admirable que par ceux auxquels les choses auxquelles ils ne comprennent rien paraissent des mystères et des merveilles ; absurdité moins criminelle que celles dont on vient de parler, mais encore plus folle.


Sublime Philosophe.


L'or, ce métal source de tant de crimes et d'horreurs et dont nous devrions pouvoir nous passer, est l'idole que nous cherchons avec le plus grand empressement.

Le Sublime Philosophe.titre sublime et qui ne convient qu'à celui qui l'est et non point à un homme dont l'occupation est absolument contraire ; titre qui ne doit être accordé tout au plus qu'à celui qui a la vertu pour principe, qui la pratique et qui par son moyen sait se rendre heureux, le Sublime Philosophe disons-nous, fait son unique étude de la richesse de ce fantôme, et prétend par ses découvertes égaler la science du créateur et de l'auteur de tout être.


Chevaliers du Soleil et du Phénix.


Ces grades sont un mélange de religion, de mercure, de soufre et d’autres ingrédients qui entrent dans la composition de ce précieux métal qu'Hiram ainsi que Salomon possédaient, mais qui a été perdu et qui ne se trouve plus que chez quelques-uns des descendants de ces fameux alchimistes ou de leurs élèves. L'on cherchera dans ce grade la vertu et le repos après le travail immense qu'exige ce grand oeuvre dont le secret n'est pas encore trouvé et ne se trouvera pas de sitôt. Ce grade donne des relâchements au moyen desquels on se flatte de pouvoir le trouver.

On pardonnerait à des hommes fous ou insensés de s'y appliquer. Mais que, sans la moindre notion de chimie et sans la moindre teinture physique des autres sciences nécessaires à un travail de cette espèce, on s'y adonne et l'on s'y livre dans ces grades où il en est question, il faut être absolument dépourvu de bon sens, et c'est se mettre dans le cas d'être enfermé aux petites maisons.


Souverain Prince Rose-Croix.


Comme l'Ancien Testament a fait place au Nouveau dont il n'était que la figure, et que la loi de grâce a fait disparaître la loi judaïque, on a cru devoir consacrer cette heureuse révolution dans la Maîtrise  par un grade particulier. Ce grade est celui de Souverain Prince Rose-Croix  Autrement dit le Chevalier de l'Aigle ou du Pélican qui a pris sa naissance à Hérodom. Il a pour objet les mystères de la mort et de la résurrection du Sauveur du monde.

L'objet de ce grade est sublime, puisqu'il nous rappelle le mystère de notre rédemption opéré par l'incarnation du Souverain Maître de la nature qui pour l'amour de nous a fait le sacrifice volontaire de sa vie, sacrifice dont la mort d'Hiram qui fait l'objet des premiers grades, n'est qu'une bien faible image, et le triomphe de la religion chrétienne par la résurrection du Verbe. Mais les honneurs et les privilèges extraordinaires qu'on attribue à ceux qui sont revêtus de ce grade sont entièrement contraires à l'esprit d'humilité qu'on enseigne et aux maximes de l'Evangile. C'est la Cène qu'on y fait. A cela près, ce grade est réellement respectable.


Chevalier de I'Aigle Noir

Le désir de se singulariser a fait imaginer à Marseille un grade qui n'a de commun avec celui-ci que le nom de Rose-Croix qu'on lui a donné fort mal à propos. Ce grade, appelé autrement Chevalier de l'Aigle Noir, n'a pour objet essentiel que le Grand Œuvre, comme tous les autres grades prétendus philosophiques dont il a été parlé ci-dessus, par conséquent il n'est ni moins extravagant ni moins ridicule que ces autres grades. La réception est contraire aux lois de la nature et fait horreur à toute âme délicate ; elle est plus propre à former un fanatique qu'un parfait  maçon


Grand Elu.


Le grade de Grand Élu est un mélange de l'Elu du Chevalier Kadosch et des grades philosophiques On ne voit pas qu'il ait d'autre objet que l'orgueil et l'esprit de domination dans les loges,vices qui sont également proscrits par les lois de la Maçonnerie; ce qui seul suffit pour prouver l'inutilité et l'indécence de ce grade qu'on devrait totalement anéantir.


Voilà les principaux grades analysés. Réfléchissons sur les derniers, qui ont pour objet le Grand Œuvre, et voyons quel bien il pourrait en résulter quand même le moyen de faire de l'or serait découvert.

L'homme qui le posséderait en serait-il plus sage et plus vertueux ? Pourrait-il faire le bonheur de l'humanité et de ses semblables ? Point du tout.

Au contraire, avec la facilité de satisfaire tous ses désirs, il s'abandonnerait beaucoup plus librement aux grands excès, et l'or devenant plus commun rendrait la subsistance et tous les besoins de la vie beaucoup plus chers et ferait périr de misère ceux qui n'auraient pas le bonheur d'en posséder.

Dégageons-nous tous, mes Frères de la tyrannie de ces prétendus connaisseurs, et entrons pour n'en sortir jamais dans le vrai sentier du bonheur. Plus de préjugés : ne soyons plus les enfants d'Hiram constructeurs du Temple ni du prince de Juda qui reconstruisit le Temple de l'Eternel, ni de saint Jean l'Apocalypse transporté dans l'île de Pathmos, ni enfin les descendants de personne.

Soyons vertueux, adorons l'Etre suprême parce qu'il est notre bienfaiteur. Chérissons les mortels aveugles parce qu'ils sont nos ff? ; aidons-les dans leurs besoins, parce que c'est soulager l'humanité. Donnons des conseils parce que par là nous pourrons tirer du joug de l'erreur.

Aimons nous parce que l'Éternel nous fit pour nous rendre heureux. Rendons-nous la vie douce par une conduite agréable et honnête. Sachons enfin passer dans le bonheur le peu de temps que nous avons à demeurer sur terre et restons vertueux au milieu des crimes et des désordres où l'univers est plongé. Amen.

 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 11:42

 

Le Tableau de la Loge


La chambre doit être tendue de noir, rempli de larmes, de têtes de mort et d'os en sautoir.

Les Chevaliers sont ornés d'un ruban noir, bordé de blanc; au milieu du ruban, sur l'estomac, est une tête de mort brodée en argent, un peu plus bas, deux os en sautoir, et trois larmes au-dessus de la tête de mort; au bas du ruban, pour l'attribut, est une lance en argent. On porte un ruban sur l'épaule gauche à la hanche droite, une ceinture de crêpe noir mise par-dessus l'habit, un mouchoir blanc atta­ché au côté gauche, des gants blancs et sur la tête nue. Pour toute lumière, il y a une Etoile Flam­boyante, laquelle donne ses rayons sur le tombeau; on la place au-dessus du tombeau jusqu'à ce que l'on ait retrouvé la lumière.

n'1 Le Maître Sage se place au midi, à genoux sur le genou droit, la main droite en équerre sur le tom­beau et sur le coeur de notre Maître Hiram.

n'2 Le Premier Sage se tient à genoux de même que le Maître, en faisant le signe, ayant les mains renversées en l'air au-dessus de la tête.

n’3 Le Second Sage se tient aussi à genoux, ainsi que le Premier, faisant le signe, les mains l'une dans l'autre et les doigts fermés.

n'4 Le Premier Sage Servant se tient dans le coin de la loge, à la gauche du Maître, à genou sur le ge­nou droit, faisant le même signe que le Second Sage, et a le visage contre terre.

commence donc à d'horizon; commençons nos prières afin qu'il plaise au Grand Architecte de récompenser notre Très Respec­table Maître Hiram, martyrisé pour avoir su se taire. Qu'il soit reçu dans le Jardin d'Eden et, comme l'homme juste, [qui il jouisse de la vue des bons anges, afin que nous L'ado­rions l de concert. Répétons ensemble ! »

Tous les Frères se remettent à genoux, sur le genou droit, la jambe gauche allongée formant une équerre, le visage contre terre appuyé sur les mains, et se frappant la poitrine en disant neuf fois : « II est innocent ! ». Après cela il  est répété par les cinq Chevaliers en charge 3. Ensuite, on le relève.

Le Maître dit : a Avant que d'ouvrir la loge, mes Frè­res, examinons et voyons s il ne se trouve pas parmi nous des traîtres et, pour nous donner des preuves de notre sincérité, que les signes, attouchement et parole me parviennent ! ».

Signe

C'est mettre les mains jointes, renversées, sur la tête, et le dedans des mains en dehors, et le genou droit plié, comme si on voulait se mettre à genoux.


Attouchement


C'est de croiser les mains l'une dans l'autre et se tenir à pleines mains et serrer les doigts.

Mots

Abyram, Nicanor, Sidnay me sont connus comme trois scélérats, qui ont privé de la lumière notre Respectable Maître Hiram.

S'il se trouve plus de Chevaliers en loge que les cinq officiers, le Chevalier qui est à la droite du Maî­tre donne le signe au Chevalier qui est à côté de lui, aussi bien quel attouchement et le mot, qu'on se fait passer de Chevalier en Chevalier jusqu'au Premier Sage, qui le donne au Second Servant, le Second Servant au Se­cond Sage et le Second Sage au Premier Servant, et le Premier Servant le donne au Sage Maître. Le Sage Maître dit : « Mes Frères, puisque nous sommes assez heu­reux qu’il ne se trouve point de traître parmi nous, que tous, de concert avec moi, nous en témoignons notre joie. Après quoi, nous ouvrirons le Saint des Saints » Tous les Frères forment une sorte de chaîne et se donnent l'attou­chement en se disant à l'oreille : Nous serons des Elus devant notre Grand Architecte ! ».

Le Sage Maître dit au Frère Premier Sage : « De la part de notre sage 14 nous devons prier pour notre Res­pectable Maître Hiram; ainsi, mes Frères, joignez-vous tous avec moi ». Tous les Frères se remettent à genoux sur le genou droit, la jambe [gauche] allongée formant une équerre, le visage appuyé sur les deux mains. Les Chevaliers peuvent répéter à voix basse avec le Maître Sage :

« Toi, Grand Architecte, qui a tiré du chaos de la terre tous les éléments, Toi, qui es juste, accorde d notre Maître la récompense de ses travaux et le prix de son silence »

Tous les Frères répètent neuf fois : Ainsi soit-il ! ».

Le Maître Sage dit : La prière nous a donné l'ouver­ture à la Loge et le commencement de nos Travaux ». Tous les Frères se relèvent.

Quand il n'y a point de réception, on fait le caté­chisme.

 

Réception

Le Sage Maître demande au Premier Sage s'il n'y a rien de nouveau.

Le Premier Sage répond : « Un Martre Maçon se présente pour entrer dans le Saint des Saints ».

D. Avez-vous des preuves de son assiduité et s'il a accompli les fonctions qui furent établies par le Roi Sage; et s'il n'a pas trempé ses mains dans le sang de notre Respectable Maître Hiram; et répondez-vous pour lui ?

R. Je ne réponds que pour moi-même

 

Le Maître lui dit : « Faites-le examiner par le Second Frère Servant et qu'il lui demande s'il n'est pas du nombre des assassins et s'il n'a pas d'armes à feu sur lui; que son épée doit lui suffire pour sa défense, qu'il consulte son courage avant d'aller plus avant, qu'il pourrait peut-être se trouver en danger, ne s'étant trouvé personne qui voulût répondre pour lui, et même ceux qu'il croit ses meilleurs amis ! »

Alors le Premier Sage dit au Second Sage, le Se­cond Sage au Premier Servant, et le Premier Servant au Second, qu'il donne la place au plus ancien des Chevaliers et sorte pour rendre compte au Récipien­daire et revienne dire au Maître ce qu'il a dit.

Le Maître Sage dit au Premier Sage : « Allez dire qu'on prépare pour lui l'entrée du Saint des Saints ».


Préparation du Récipiendaire


Il doit être pieds nus, la tête nue, les mains nues, sans tablier, les yeux bandés, une corde au col, laquelle lui fait trois ou quatre tours autour du col; le Second Sage Servant le conduit à la porte de la loge en frappant cinq fois neuf coups. Le Premier Servant, qui est en dedans, lui répond de même. Notez que les huit premiers se frappent vite et qu'il y a un petit inter­valle au neuvième. Ensuite, on ouvre la porte de la loge. Le Premier Servant, qui est en dedans, lui dit : « Que demandez-vous I ». Le Second lui répond que c'est un Maître Maçon qui demande à être reçu Che­valier du Temple.

Cela revient, de voix en voix, jusqu'au Maître Sage.

Le Maître Sage dit au Premier Sage : Demandez-lui s'il se sent assez de foire pour surmonter tous les obstacles et les dangers qui peuvent se rencontra . dans ces voyages »

 

Cela revient toujours de voix en voix. Il répond oui ou non .

D. Demandez-lui son nom de Maître, son âge et le mot de passe de Maître.

R. Il les a rendus; son nom est Gabaon et son âge est sept ans et plus. Le mot de passe est Giblim ou l'acacia m'est connu.

D. Faites-le entrer.

Le Maître Sage demande pourquoi l'on ne fait pas avancer ce Maçon; le Second Sage répond qu'il lui est impossible de pénétrer plus avant.

D. Qui vous empêche ?

R. Sage Maître, le soupçon que l'on a contre le Frère d'avoir eu commerce avec les misérables qui ont assassiné notre Maître Hiram.

Le Sage Maître ordonne qu'on lui donne des ar­mes et qu'il jure et promette, en qualité de vrai Ma­çon, de ne pas faire les voyages qu'il n'ait percé le coeur des traîtres qui ont trempé leurs mains dans le sang de notre Res­pectable Maître Hiram.

Le récipiendaire répond : « Oui, je jure et promets de ne pas finir mes voyages que je n'aie vengé sa mort ! »

Le Second Servant lui donne deux épées, une dans chaque main, les pointes en bas, et les tient à pleines mains par-dessus les siennes. Le Maître Sage dit : « Puisqu'il a des armes et qu'il nous a promis de ven­ger la mort de notre Respectable Maître Hiram et de nous donner des preuves de son courage, qu'il commence ses voyages, que l'orient, l'occident, le midi et le septentrion soient témoins de son zèle et de sa fidélité ! »

On le fait voyager pendant neuf fois le tour de la loge, en commençant par l'orient. Au neuvième tour, il se trouve des Chevaliers au septentrion qui font du bruit avec leurs épées, le Second Servant lui dit : « Mon Frère, il faut retarder nos voyages, voici des Chevaliers en danger de péril, si vous ne les secondez. Ils combattent con­tre les traîtres qui ont assassiné notre Respectable Maître. Montrez votre courage et montrez-vous digne d'être Cheva­lier. »

Le Second Servant lui fait tenir les épées, la poin­te en haut, et lui fait pousser neuf coups. Ensuite, il lui dit : « Mon Frère, je vous félicite, les monstres sont morts et vous vous êtes montré digne de devenir Chevalier »

L'on crie trois fois : « Victoire ! ».

Le Sage Maître dit : « Puisqu'il nous a donné des preuves de son courage, qu'il continue ses voyages par les élé­ments, savoir le feu, le fer, l'eau et l'air ! ». On le fait voyager neuf fois le tour de la loge, tenant les épées comme ci-dessus, la pointe en bas. A son neu­vième tour, tous les Frères forment un cercle autour de lui et on lui fait jurer qu’il n'a pas trempé ses mains dans le sang de notre Respectable Maître Hi­ram.

Ensuite le Sage Maître dit : Qu 'On le fasse passer par le feu ! »

On prend un flambeau, on y jette de la résine, qui forme une espèce d'éclair.

Le Maître Sage ordonne de lui faire continuer ses voyages.

On lui fait faire neuf fois le tour de la loge, comme ci-dessus. Et on lui fait les mêmes questions.

Le Sage Maître commande qu'il passe par le fer, les Chevaliers forment une espèce de voûte avec leurs épées au-dessus de sa tête.

Le Maître dit de continuer ses voyages. Il voyage encore neuf tours comme ci-dessus et on lui fait les mêmes questions.

On apporte de l'eau dans une bassine, on lui mouille les pieds, les mains et un peu la tête.

Le Maître Sage dit de continuer ses voyages. Il voyage neuf tours comme ci-dessus et on lui fait les mêmes questions.

Le Maître ordonne qu'il passe par l'air. Tous les Chevaliers l'enlèvent en l'air et le couchent, le ventre contre terre, au septentrion.

Le Maître Sage leur dit : « Chevaliers, donnez-lui le secours, il est innocent »

Tous les Chevaliers le relèvent et le portent au­près du Maître, le genou droit en terre, la main gau­che sur son épée. Le Maître Sage, tenant sa main droite, lui fait prononcer son Obligation.

Tous les Chevaliers se remettent dans la posture de l'Ouverture de la Loge.


Obligation

« O Toi, Grand Architecte, qui tire du chaos les quatre éléments, qui nous a formés ci Ton image, qui nous a donné un cœur docile, dans lequel Tu as répandu toutes les semences de toutes les sortes de vertu, donne-moi présentement la force de remplir les engagements, les fonctions et les devoirs aux­quels je vais présentement m'obliger,- accorde-moi Ton secours et Ta bonté Je promets donc et jure à Toi, Grand Architecte, de ne jamais révéler aucuns des secrets, signes, mots et attou­chement qui me seront confiés dans la suite et de ceux qui m'ont été été donnés à aucun profane ni mime à aucun Frère Maçon que dans le Sanaa Sanctorum, en présence du tombeau de notre Respectable Maître Hiram, ayant reconnu des preuves de son innocence. Et, au cas d'infraction, je con­sens d'avoir les lèvres brûlées d'un fer rouge, la main coupée, mon corps pendu pendant la réception d'un Chevalier et qu'ensuite, il soit brûlé et que mes cendres et mon nom soient envoyées par toutes les loges de Chevaliers, afin qu'on se souvienne de ma perfidie. Pour garder les promesses, j'ai re­cours à Toi, Grand Dieu, afin que Tu me donnes la force de résister ainsi qu'a fait' notre Respectable Maître Hiram, à toutes les attaques qu'on pourrait me faire. Aide-moi, Grand Dieu, à garder ma promesse ! »

Ensuite, le Maître Sage dit au Second Servant : « Donnes-lui la lumière, qu'il jouisse des biens accordés par notre Grand Architecte à ceux qui sont du nombre des Chevaliers du Temple ! »

On fait un silence. Le sage Maître, ainsi que tous les Chevaliers, lui disent :

 

 « Sage Chevalier, conservez-vous dans le bonheur dont vous jouissez. Gouttez-en les déli­ces, le sanctuaire de la vérité vous est ouvert, marchez d'un pas ferme. C'est ici le soir de la paix et de l'égalité, l'ami­tié j fixe son empire et rappelle l'homme aux devoirs de l'hu­manité, de la Religion et de la société civile, qualités essentiel­les, sans lesquelles un homme devient un fardeau sur la terre. Frère Premier Sage t, donnez à notre Frère nouvellement initié les signe, attouchement et parole pour que tous les Che­valiers puissent le reconnaître l'accueillir et le secourir dans le Saint des Saints, comme étant du nombre des Chevaliers »

Le Premier Sage lui donne le signe, l'attouche­ment et la parole. Ensuite, il les donne au Second Sage, au Premier Servant, au Second Servant et aux autres Chevaliers et, ensuite, il revient les donner au Maître Sage qui lui explique le signe

 “ Sage Chevalier, le signe que vous venez de me donner ne peut être donné que dans le Saint des Saints, l'attouchement peut se donner par­tout, cependant prenez garde que quelque profane s en aper­çoive. Le mot est "Abram, Nicanor, Sidnay me sont connus"; ce sont les noms des trois scélérats que l’on soup­çonne d’avoir assassiné notre Respectable Maître Hiram, ce qui nous a été reconnu par leur absence et parce qu'ils n'ont plus paru dans le Temple. Voilà ce que vous ignoriez et ce qui vous met au nombre des Chevaliers »

Le Sage Maître dit à tous les Frères :

« Chevaliers Sages, que tous de concert nous nous félicitions d'avoir admis parmi nous un nouveau Chevalier qui, loin de chercher la ruine de la société, ne mérite que les moyens d'en assurer les fondements. Embrassons-nous, mes Frères, et faisons exalter notre joie »

Tous les Frères s'embrassent et frappent chacun neuf coups.

Pour fermer la Loge


Le Maître Sage dit : « Sages Chevaliers, nous appro­chons de la dernière heure du jour, le Soleil va finir sa car­rière, il nous faut préparer à finir nos travaux »

Tous les Chevaliers se mettent comme à l'ouver­ture de la loge et on observe le silence.

Le Maître Sage dit : « Premier Sage, informez-vous si le Frère Premier Servant a fini sa prière »

Le Premier Sage répond : « Oui, Sage Maître »

Le Maître Sage dit : « Sages Chevaliers, puisque nous avons tous adressé notre prière au Grand Architecte, pour qu'Il lui plaise de récompenser son hèle en faveur de notre Respectable Martre Hiram, martyrisé pour taire un secret, qu'il  a souffert la mort plutôt que d'enfreindre le serment qu'il avait fait au Roi des Rois, en présence de son Respec­table Maître Salomon, afin qu'il jouisse de la vue des anges et pour L'adorer de concert avec eux, répétons tous ensemble, Sages Chevaliers, il est innocent ! »

Tous les Frères en charge le répètent neuf fois. Alors le Maître Sage dit :

« Sages Chevaliers, voilà nos prières finies, nous allons fermer la loge du Saint des Saints. Cachons, s'il se peut, un trésor si précieux et renfermons dans nos azurs le de ignoré de tous les profanes et, pour en as­surer la durée, que tous les Chevaliers, de concert avec moi, jurent et promettent au Grand Architecte devant le tombeau de notre Respectable Moere Hiram, de ne jamais révéler à aucun profane, ni mêmes aux Maçons, ce qui se passe dans le Saint des Saints »

Ici, on répète la même Obligation que ci-dessus.

Le Maître Sage leur dit : « Sages Chevaliers, les Obli­gations auxquelles nous venons de nous engager nous sont une preuve que nos cœurs se sont réunis et qu'il ne se trouve pas de traîtres parmi nous, puisque nos travaux n'ont pas été interrompus. Embrassons-nous en véritables Frères et promet­tons et jurons de ne jamais proposer des Maçons, pour être reçus Chevaliers du Temple, qui ne soient doués de toutes les vertus qu'il fauta un vrai Maçon »

Tous les Frères s'embrassent et frappent cinq fois neuf coups ensemble.

Le Maître Sage dit au Premier Sage

« Avertissez les Chevaliers que le Saint des Saints est fermé »


Instruction du Chevalier du Temple

D. Etes-vous Chevalier ?

R. Tous les Chevaliers me reconnaissent.

D. Comment vous faites-vous reconnaître ?

R. Par le bien et la prière.

D. Comment avez-vous voyagé ?

R. Hors du monde.

D. Combien de voyages avez-vous faits ?

R. Cinq fois neuf.

D. Comment ?

R. Du nord au midi par l'orient, du midi au nord par le couchant.

D. Avez-vous voyagé facilement ?

R. Facilement et difficilement.

D. Combien avez-vous surmonté d'obstacles ?

R. Beaucoup.

D. Quels sont les obstacles ?

R. La force de l'air, de l'eau, du feu et du fer, par où j'ai été purifié.

D. Où allez-vous ?

R. Au vrai bien et à l'utilité.

D. Qui vous les montre ?

R. L'Etoile.

D. Qui allume cette Etoile ?

R. Le Grand Architecte.

D. Quel chemin vous montre cette lumière ?

R. Celui de la vertu.

D. Avant d'être Chevalier, où étiez-vous ?

R. Dans l'aveuglement.

D. Pourquoi étiez-vous dans l'aveuglement et privé de la lumière avant d'être Chevalier, vous que l'on avait reconnu pour Maçon ?

R.L'exemple et la mémoire de notre Respectable Maître Hiram la perdit quand il fut assassiné et qu'on l'a retrouvé dans les ténèbres.

D. D'où provient cet aveuglement ?

R. De la faiblesse de la volonté et de la sagesse.

D. Sur quoi est soutenu le Temple ?

R. Sur l'égalité et la liberté.

D. Sur quoi est fondé le Saint des Saints ?

R. Sur les mêmes.

D. Comment vous nommiez-vous avant d'être Che­valier ?

R. Gabaon. D. De quoi vivez-vous à présent ?

R, De la manne.

D. Où êtes-vous présentement ?

R. Dans le monde des Chevaliers.

D. Comment êtes-vous entré dans le Saint des Saints ?

R. J'y suis entré doublement lié de nœuds de ténè­bres.

D, Pourquoi ?

R. Parce qu'il me restait deux degrés de lumière.

D. Par quel secours avez-vous vu ces degrés de lu­mière ?

R. Par le cinquième des Chevaliers.

D. D'où venez-vous ?

R. Du séjour de lamentations; la tristesse qui doit être peinte sur notre visage à l'aspect du tombeau de notre Respectable Maître Hiram. Par la joie vient notre innocence et l'assurance que doivent avoir les véritables Frères de n'être pas du nom­bre de ces scélérats complices de ces assassins et qu'ils n'auront jamais d'entrer dans le Saint des Saints.

D. Qui furent ces assassins ?

R. Abyrarn, Nicanor et Sidnay.

D. Quel est le monde des Elus ?

R. Les Chevaliers qui composent le Saint des Saints.

D. En mémoire de quoi avez-vous voyagé cinq fois neuf ?

R. En mémoire des quarante-cinq Compagnons qui furent à la recherche de notre Respectable Maître Hiram.

D. Pourquoi avez-vous voyagé facilement et difficile­ment ?

R. La difficulté n'était que dans les monstres qu'ils supposaient; la facilité était dans mon courage à défendre les Chevaliers qui me procuraient l'ai­sance de ma réception.

D. Pourquoi vous a-t-on fait passer par les Eléments ? R. C'est que l'on ne peut entrer dans le Saint des Saints sans être dépouillé de ses vices et passions.

D. Comment vous êtes-vous pris pour être reçu Maçon ?

R. En criminel.

D. Pourquoi donc en criminel ?

R. Pour avoir été soupçonné d'un crime qu'il m'a fallu éclaircir.

D. Quel était le crime ?

R. D'avoir trempé mes mains dans le sang de notre Respectable Maître Hiram.

D. Dans quel état avez-vous paru dans le Saint des Saints ?

R. Dans un état pauvre, soumis et humilié.

D. Pourquoi dans cet état ?

R. A l'imitation de Moïse, quand Dieu lui apparu dans un Buisson Ardent, qui lui dit : « Déchausse toi, tu n'es pas digne de fouler la terre que tu habites ! »
D. Combien notre Maître avait-il d'ouvriers sous sa direction ?

R. Soixante-dix mille portefaix, quatre-vingt mille tailleurs de pierres et trois mille six cents commis pour veiller sur les autres.

D. Quels sont ces trois mille six cents commis ?

R. Des Maîtres respectables.

D. Comment les appelait-on ?

R. Héradin.

D. Que veut dire Héradin ?

R. Conducteurs ou prévôts qui assistaient le roi Sa­lomon.

D. Parmi ces trois mille six cents commis que vous appelez Héradin, ne s'en trouvait-il pas de plus experts que les autres ?

R. Oui, Très Sage Maître.

D. Combien y en avait-il ?

R. Trois cents.

D. Comment les nommait-on ?

R. Artistes ou Menatzchim

D. Que veut dire artistes ou Menatzchim ?

R. Inspecteurs et consolateurs des gens du travail.

D. Pourquoi ?

R. Par la connaissance de la double lumière.

D. Combien y avait-il de Grands Maîtres ?

R. Trois.

D. Comment les appelait-on ?

R. Le roi Salomon, le roi Hiram et Hiram.

D. A quoi vous sert la lance que vous portez pour votre attribut ?

R. Pour percer le coeur des traîtres qui ont assassiné notre Respectable Maître Hiram.

D. Où les trouverez-vous ?

R. Dans une des quatre parties du monde.

D. Qui vous y conduira ?

R. La Lumière.

D. Où la trouverez-vous ?

R. Dans le Saint des Saints.

D. Où finira-t-elle ?

R. Au septentrion.

D. Qu'y ferez-vous ?

R. J'y pleurerai sans cesse la mort de notre Respec­table Maître Hiram.

D. Pourquoi, vous qui avez été reçu Maçon, vous prive-t-on de la lumière ?

R. En mémoire de notre Respectable Maître Hiram, qui se perdit quand il fut assassiné et qu'on l'a retrouvé dans les ténèbres.

 

 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 11:40

Reception


La loge est tendue en rouge, il n'y a pas de tableau, les lumières sont dispersées indifféremment par toute la loge. Le Grand Maître représente Salo­mon; il y a deux Surveillants et les Vénérables Frères sont assis.

Le récipiendaire est dans une chambre séparée, qui est éclairée. Le Frère Terrible est avec lui et il lui donne, dans la main gauche, une tête de mort et, avec la droite, [le récipiendaire] lève le poignard qui est attaché à son cordon. Le Frète Terrible frappe neuf coups égaux; on répond, puis il entre et le réci­piendaire se place entre les deux Surveillants.

D. Le Grand Maître demande ce qu'il veut.

R. Le Second Surveillant répond pour le récipiendaire : La récompense de ce que je viens de faire ! ».
D. Le Grand Maître : « Votre  coeur, en satisfaisant votre vengeance, était donc intéressé ? »

R. Le Surveillant répond : «Oui, mais je demande moins pour ma propre satisfaction que pour faire connaî­tre à la postérité que le crime ne reste jamais impuni, ni la vertu sans récompense ».

D. Le Grand Maître : « Est-il bien sûr qu Hiram sait vengé ? »

R. Le Surveillant répond : « En voici un grand et sûr témoignage ! » (Il lui montre la tête de mort). Le Grand Maître, après cela, le fait avancer neuf petits pas, lui fait prêter son Obligation et lui signe donne le signe, qui est d'opposer la main droite, [ce) qui est le mouvement que fit Hiram lorsque Stokin ,lui porta un coup de poignard; puis l'attouchement, qui est de s'entrelacer les doigts de la main droite;

ensuite la parole, qui est Nack Mazooz.

Quand on demande la parole, le premier dit Ma­zooz et le second répond Nack, et, ensuite, ils di­sent ensemble Nack Mazooz.

Il lui donne aussi l'attribut, qui est une étoile à neuf pointes, qui est de nacre, oit il est gravé un poignard et, au revers, un Soleil.

Le Grand Maître dit : Je vous nomme  illustre, vous et vos descendants, pour !'action que vous venez de faire ! ». On lui 3 fait un discours qui est une répétition de l'his­toire d'Adonhirarn, de sa mort et de celle du traître Abyram, enfin la récompense que Salomon donna à Stokin pour prix de son zèle, qui 4fut illustre, lui et ses descendants. Il lui donna, pour cet effet, cette Etoile de nacre.

Catéchisme des Illustres

D. Etes-vous Illustre ?

R. Oui, je le suis, avec autant de justice que j'ose me flatter de l'avoir mérité

D. Qu'avez-vous fait pour l'avoir mérité ?

R. J'ai vengé le Maître des Maîtres en punissant son assassin.

(Ici, on peut faire des questions d'Elu)

D. A quoi reconnaîtrai-je que vous êtes Illustre ?

R. Aux signe, parole et attouchement.

D. Donnez-moi la première

R. Donnez-moi la seconde, je vous donnerai la pre­mière !

D. Mazooz I

R. Nack I Ensemble : Nack Mazooz

D. Quel était votre attribut ?

R. Une étoile extraordinaire à neuf pointes, au mi­lieu de laquelle est un poignard et sur le revers un Soleil.

D. Expliquez-moi cela

R. L'étoile signifie que l'action de Stokin causera dans le monde autant d'admiration que la vue d'un phénomène en cause lorsqu'il paraît aux yeux; le poignard, qui est au milieu de l'étoile, signifie l'instrument de la vengeance; enfin, le Soleil, qui est sur le revers, signifie que, comme le Soleil répand ses rayons par tout l'univers, de même cette action se répandra à la postérité et sera toujours regardé comme un modèle de la plus haute vertu.

D. De quel métal était votre attribut ?

R. De nacre de perle.

D. Pourquoi ?

R. Parce que l'or et l'argent étant, du temps de Salomon, communs comme de la pierre, il préféra la nacre comme moins commune et plus riche.

D. Où se tiennent les Surveillants ?

R. A l'occident.


Nota en loge de table


Après la santé du Maître, on boit en mémoire de Salomon et, pour la distinguer des autres santés, lorsque les Surveillants ont parlé, le Grand Maître frappe un coup de maillet et poursuit l'exercice.

 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 11:37

Le grade de Grand Architecte, qui est au-dessus de Maître Grand Ecossais, est une connaissance parfaite et générale de l'ancien Temple de Salomon, une récapitulation de tous les faits qui se sont passés lors de sa construction et l'explication de toutes les figures, meubles, ornements, &c, et de tous les em­blèmes, de même que des signes, paroles et attou­chements qui ont servi à tous les grades précédents.

Loge d'Apprenti

La loge est tendue de rouge, il doit y avoir un trône élevé sur trois marches, couvert d'un dais bleu céleste parsemé d'étoiles d'or et garni de franges d'or; l'autel doit être couvert d'un tapis d'étoffe rou­ge, garni de franges, et, sur le devant, doit être un triangle en jaune, sur lequel sera brodé le mot

qui signifie Jehova. La loge doit être éclairée par vingt-sept lumières, rangées de neuf en neuf comme en loge ordinaire, c'est-à-dire qu'il y aura, à l'occi­dent, trois chandeliers portant chacun trois lumières, trois [autres] au midi et trois à l'orient. Dans le mi­lieu de la loge est un Tableau où doit être tracé le pavé du Temple, dans lequel est [un] carré de trois pieds de haut, le parvis des prêtres avec les quatre portiques, l'autel d'airain pour les sacrifices, la mer d'airain soutenue par douze boeufs et les dix cuviers; à la sortie du parvis des prêtres ou Sacrificateurs est la porte, autrement dit le vestibule où sont, à droite et à gauche, les colonnes J et B avec leurs orne­ments.

Au-dessus du trône, il doit y avoir une Etoile flamboyante et transparente; au milieu de laquelle sera la lettre G, le soleil à droite et la lune à gauche.

Cette même étoile doit être tracée sur le tableau entre deux colonnes. Sur le piédestal de la colonne J doit être tracé, en hébreu, le mot ….et, sur le

piédestal de la colonne B, celui de….. indépendamment des lettres J et B.

Les Apprentis Grand Architectes doivent porter un tablier blanc, bordé et doublé de rouge, avec une seconde bordure, d'un ruban bleu dont le milieu [porte] un triangle en bro­derie d'or, entouré d'un nuage bleu et or, surmonté d'un arc-en-ciel; et, sur la bavette, est également bro­dé un triangle enfermant un cercle dans lequel est la lettre G.

Les Apprentis doivent porter, à la boutonnière de leurs habits, une ganse de ruban bleu, où pend un triangle renfermant un cercle; ils doivent avoir des gants bordés de rouge.

Façon d'ouvrir la Loge

La loge est tendue et éclairée comme nous l'avons dit ci-dessus, le Très Puissant Maître, qui représente Salomon, doit être assis sur son trône, ayant à sa droite Hiram, roi de Tyr, et à sa gauche Mahanom successeur du Respectable père Hiram Abif; à la deuxième place à droite, doit être le Frère Adonhiram et, à la deuxième place à gauche, le Frère Orateur. Les Frères Trésorier et Secrétaire doivent faire les fonctions de Surveillants. Tous les autres Frères doivent être placés à droite et à gauche par ancienneté.

Le Très Puissant Maître frappe trois coups de maillet sur l'autel, qui sont répétés par les Surveil­lants; il en frappe encore trois autres, qui sont en­core répétés par les Surveillants; il finit enfin par en frapper trois autres et, après que les Surveillants les aient rendus, le Très Puissant Maître se lève et dit :

Mes Frères Très Respectables et Très Puissants, aidez-moi à ouvrir la loge d'Apprenti Grand et Parfait Architecte ! ».

Les Surveillants répètent la même chose.

Le Très Puissant Maître, adressant la parole aux Surveillants 1, lui dit : « Vous savez mes Chers et Res­pectables Frères, qu'une loge ne saurait être trop bien cou­verte, sommes-nous à l'abri des profanes ? »

A quoi les Surveillants répondent : « Nous sommes entièrement à l'abri, nous avons fait notre devoir, vous pouvez commencer l'ouvrage ! »

Le Très Puissant parle alors en ces termes :

 

D. Etes-vous Apprenti Grand Architecte ?

R. j'ai été assez heureux pour le mériter.

D. A quoi pourrai-je le reconnaître ?

R. Aux signes, attouchements, aux paroles et à mes connaissances.

D. Où avez-vous été reçu ?

R. Dans le parvis des Sacrificateurs, à l'entrée du
Temple du vrai Dieu, entre les deux Colonnes.

D. Quelle heure est-il ?

R. La Grande Lumière commence à luire.

 

Le Très Puissant Maître dit alors « Puisque la Grande Lumière commence à luire, id est temps que les ouvriers aillent aux Travaux; profitons-en, mes Chers et Respectables Prim, la loge est ouverte, nous sommes en Apprentis »

Le Très Puissant porte la main sur le front, le pouce appuyé, les quatre doigts serrés et étendus formant une équerre, regardant trois fois le ciel; de la main gauche et du bras, il forme un triangle sur la hanche, puis il frappe un coup de maillet sur l'autel. Tous les Frères frappent trois fois des mains et cha­cun prend sa place.

Pour la réception d'Apprenti, lorsqu'il y en a une à faire, le Très Puissant ordonne au Frère Adonhi­ram d'aller examiner le récipiendaire sur tous les grades par lesquels il a passé, et lui en demande les signes, les mots et les attouchements; après qu'il ait satisfait, il 2 vient en rendre compte au Très Puis­sant; en entrant en loge, il doit frapper un grand coup à la porte, que les Surveillants répètent et [dont ils] rendent compte au Très Puissant (cela doit se pratiquer toutes les fois que le Frère Adonhiram veut entrer en loge).

 

Le Frère Adonhiram va rejoindre le récipiendaire et, l'ayant désarmé, il lui bande les yeux et le conduit à la porte de la loge, où il frappe un grand coup de maillet, auquel les deux Surveillants répondent et, ayant dit au Très Puissant que l'on frappe en Grand Architecte, le Très Puissant ordonne, si c'est le réci­piendaire, de le faire entrer; les Surveillants ayant ouvert la porte, le Frère Adonhiram introduit le réci­piendaire et, l'ayant placé entre les deux Surveillants, il va reprendre sa place. Le Très Puissant demande au récipiendaire son nom, son âge et son grade, le récipiendaire y ayant répondu, il lui demande les si­gnes, les mots et attouchements de tous les grades par où il 3 a passé. Toutes les questions faites, k Très Puissant l'avertit que les épreuves auxquelles il va être livré sont terribles, que toutes celles qu'il a essuyé dans tous les grades par où il a passé ne sont rien en comparaison de celles qui restent à soutenir; qu'il serait au déses­poir s'il venait à y succomber [et] qu'il l'en avertit pour n'avoir rien à se reprocher. Il lui demande trois fois s'il persiste dans le dessein de se faire recevoir, lui laissant entrevoir qu'il doute de sa fermeté et qu'il craint pour lui; il ajoute qu'il est le moment de se retirer et que sa crainte ne lui fera point de tort parmi les Frères. Il tâche de l'ébranler autant qu'il est possible et le laisse quelque temps livré à ses réfle­xions. Le récipiendaire persistant à demander d'être reçu, le Très Puissant ordonne aux Frères Terribles de faire leur devoir; alors les quatre Frères, postés de chaque côté de lui, le saisissent chacun par un membre et, l'ayant élevé à plat autant qu'il est pos­sible, ils le couchent à plat dos sur le Tableau. Les Surveillants lui découvrent le sein du côté du coeur, ils lui appliquent la pointe d'une épée sur la mamel­le; cette épée étant à plomb, un des quatre Frères Terribles a soin de la soutenir avec attention par le pommeau

Le Très Puissant, l'ayant laissé quelques moments dans cette situation, il lui dit : Ce qui vous reste à faire est plus sérieux que vous ne pensez. vous êtes encore à temps de vous retirer, mais, bientôt, vous ne serez plus en même de le pouvoir, je vous conjure, par l'amitié que j'ai pour vous, et au nom de toute la log, de faire bien vos réflexion I »; alors le Très Puissant ordonne, élevant la voix, : Il n'est plus temps de vous dédire, malheureux ! Vous avec violé voter serment en révélant nos secrets, vous allez être puni comme vous le méritez ! Frères Terribles, faites votre devoir, je vous l'abandonne ! ».

Alors le Premier Surveillant le saisit et le relève à la façon des Maîtres et prononce tout haut Malle­nak; on le conduit ensuite au pied du trône où, étant arrivé, le Très Puissant ordonne de le faire voyager par neuf tours autour du Temple; le premier [tour] fait et le récipiendaire étant arrivé entre les deux Surveillants, on lui fait saluer le Très Puissant en Apprenti et prononcer le mot J. 2; la fin du se­cond, il salue le Très Puissant en Compagnon et prononce le mot       B. a; à la fin du troisième, il salue en Maître et prononce Obligation

« Je jure et je promets, devant la face du Dieu Vivant, Grand Architecte de l'Univers, qui éclaire nos ouvrages, de garder un secret inviolable sur tout ce qui rapport au Maçon ou à la Maçonnerie, et de ne jamais communiquer à aucun Maçon de grade inférieur au mien le sublime grade de Grand Architecte sans une permission de ma mire loge,- en cas d'infraction, je consens de perdre la vue, l'odorat, fouie, le goût et l'attouchement, de perdre enfin la vie dans les tour­ments les plus affreux; ainsi Dieu me soit en aide ! »

Au moment où il finit, et au signe que fait le Très Puissant par un coup de maillet sur l'autel, le Premier Surveillant lui débande les yeux. Le Très Puissant le laisse un moment dans cette situation, après quoi il ordonne à tous les Frères de reprendre leurs places, leur disant qu'il est très persuadé que le Frère récipiendaire a assez de zèle et de fermeté pour qu'on n'ait pas besoin d'eux. Après que tous les Frères aient repris leurs places, le Très Puissant dit au récipiendaire qu'il le dispense des épreuves qui lui restent à faire et qu'il s'en rapporte à lui; il le fait relever, lui donne le mot, le signe et l'attouche­ment.

(Signe) Le signe est de porter le pouce sur la bouche, les quatre doigts serrés et étendus, formant une équerre; et, du bras gauche, on forme un trian­gle en mettant la main sur la hanche gauche.

(Attouchement) L'attouchement se fait en se sai­sissant réciproquement le poignet avec la main gau­che, celui qui examine répond en donnant de la main droite l'attouchement de Maître.

Les mots sont Gomes, Jesoys, Naovoi I. Le premier fut la première parole que prononça le pre­mier homme après la Création, en action de grâce; le deuxième signifie Dieu Tout-Puissant et c'est le mot le plus utile parmi les Grecs; le troisième signi­fie jeune et vigilant

Le mot de passe est Jakin.

Le récipiendaire ayant reçu le signe, les mots et attouchement du Très Puissant va les rendre à tous les Frères, chacun à leur tour et, ensuite, il se place entre les deux Surveillants et le Très Puissant pro­cède à l'instruction de la loge.


Instruction

D. Etes-vous Apprenti Grand et Parfait Architecte ?

R. J'ai été assez heureux pour le mériter.

D. A quoi le reconnaîtrai-je ?

R. Aux signes, attouchements, paroles et à mes con­naissances.

D. Où avez-vous été reçu ?

R. Dans le parvis des Sacrificateurs; à l'entrée du Temple du Vrai Dieu, entre les deux colonnes et B.

D. A quoi vous occupiez-vous avant votre récep­tion ?

R. A édifier le-s Apprentis et Compagnons par mon exactitude à remplir mes obligations.

D. Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Apprenti Grand Maître et Parfait Architecte ?

R. Pour mériter davantage, en devenant plus parfait et plus vertueux.

D. Qu'avez-vous vu en entrant en loge ?

R. Rien I

D. Qu'avez-vous entendu ?

R. Une voix ineffable qui m'aidait à faire mon de­voir.

D. Que vous disait-elle ?

R. Des paroles tendres, frappantes et insinuantes.

D. Qu'est-ce qui s'est opposé à votre réception ?

R. Les plus rudes épreuves.

D. Les avez-vous soutenues ?

R. Le zèle que j'ai toujours eu pour la Maçonnerie est si grand qu'elles m'ont parues légères, en égard au bonheur dont je devais jouir.

D. Qu'avez-vous vu après votre réception ?

R. Le parvis du Temple du porche de Salomon

D. A quoi servait ce parvis ?

R. A contenir le Temple laïque.

D. Quelle en était la longueur et la largeur ?

R. Un carré parfait de soixante coudées.

D. Comment y entre-t-on ?

R. Par quatre grands portiques.

D. Comment étaient-ils disposés ?

R. L'un était à l'orient, l'autre à l'est, les autres au nord et sud est.

D. Quelle était la plus belle de ces portes ?

R. Celle de l'orient.

D. Comment s'appelait-elle ?

R. La porte du jufred ou Scio.

D. Qu'y avait-il dans le milieu de ce parvis ?

R. Une élévation d'airain, comme un échafaud de cinq coudées de long et de large et de trois de hauteur.

D. A quoi servait cette élévation ou échafaud ?

R. Ce fut là où Salomon fit sa prière à Dieu au nom de son peuple.

D. Qu'avez-vous vu ensuite ?

R. J'ai vu le parvis des prêtres et des Sacrificateurs.

D. Quelle en était la grandeur ?

R. Soixante coudées en carré.

D. Combien y avait-il de portes ?

R. Deux, l'une à l'orient, l'autre à l'occident.

D. De quoi étaient couverts ces portiques ?

R. De cuivre doré.

D. De quoi était décoré ce parvis ?

R. D'un pavé, de marches noires très gracieuses, dont les compartiments composent un grand ornement.

D. A quoi servait le parvis ?

R. A y sacrifier et immoler les victimes.

D. Qu'avez-vous remarqué ?

R. Un autel, un grand vase et dix autres pe­tits.

D. A quoi servait cet autel ?

R. A offrir des sacrifices à Dieu.

D. Où était-il placé ?

R. Au milieu du parvis.

D. Quelles en étaient les proportions ?

R. Il avait vingt coudées en carré et dix en hauteur.

D. De quelle matière était le parvis ?

R. Il était d'airain et creux à l'intérieur.

D. De quoi était-il couvert ?

R. D'une grille d'airain en forme de dais.

D. Qu'y avait-il à l'entour de cet autel ?

R. Une balustrade d'airain doré.

D. A quoi servait-elle ?

R. A écarter les laïcs : les Sacrificateurs pouvaient seuls en approcher.

D. Comment s'appelle-t-elle ?

R. En hébreu   : Gison.

D. Comment appelez-vous le grand vase ?

R. La mer d'airain.

D. A quoi servait-elle ?

R. Aux Lévites et aux Sacrificateurs, pour se purifier et se laver le visage et les mains et les pieds avant de monter à l'autel ou entrer dans le Tem­ple.

D. Comment était faite cette mer ?

R. Elle était d'airain, de figure ronde.

D. Quelles étaient ses proportions ?

R, Dix coudées de diamètre, cinq de hauteur et trente de circonférence.

D. De quoi était-elle décorée ?

R. De deux ceintures garnies chacune de trois cents bossettes en forme de courge où étaient gravées des têtes de bœufs.

D. Combien contenait ce grand vase ?

R. Dix mille Baksa 1, qui était une mesure de ce temps.

D. Où était-elle placée ?

R. Elle était à gauche, en entrant dans le parvis, du côté du septentrion.

D. Sur quoi était-elle soutenue ?

R. Sur douze boeufs, dont trois faisaient face à l'aquilon 2, trois à l'orient, trois à l'occident et trois au midi.

D. A quoi servaient les dix autres lavoirs ou vases ?

R. A purifier les entrailles des victimes qui devaient être offertes en sacrifice.

D. Où étaient-elles placées ?

R. Cinq à droite et cinq à gauche.

D. De quelle matière étaient-elles ?

R. Ils étaient également d'airain.

D. Quelle était leur forme ?

R. Ils étaient de figure ronde et portés par des sou­bassements de même matière, portés sur quatre roues; ces soubassements étaient décorés par des gravures représentant des têtes de lion, de chéru­bins et de boeufs.

D. Quelle était la forme des soubassements ?

R. Un carré parfait de quatre coudées.

D. Où furent-elles fondues ou faites ?

R. Salomon les fit fondre en la contrée du Jourdain, en terre argileuse, entre l'Ernotte et Sarradazette

D. Qu'avez-vous fait ensuite ?

R. J'ai passé dans le porche ou vestibule du Temple, où l'on m'a fait prêter mon Obligation entre les deux Colonnes J. et B., en face de la porte du Temple.

D. Comment appelez-vous ce lieu en hébreu ?

R. Olam, qui signifie vestibule.

D. Comment s'appelaient les dix lavoirs en hébreu ?

R. Muchemoir 3.

D. Quelles étaient les proportions du vestibule ?

R. Dix coudées de long et vingt de large.

D. De quoi était couvert le parvis des Sacrificateurs ?

R. D'une voûte d'airain doré et orné de feuillage.

D. Qu'avez-vous trouvé dans ce vestibule ?

R. Les Colonnes d'airain J. et B.

D. Qui avait construit tous ces vases ?

R. Nul autre n'en eut été capable que notre Respec­table Père Hiram Abif.

D. Qu'avez-vous vu ensuite ?

R. La porte du Temple.

D. Y êtes-vous entré ?

R. L'on ne m'en a pas jugé digne.

D. De quoi était couvert le pavé du porche ?

R. De la cervelle de notre Respectable Père Hiram Abif.

D. Qu'a fait de vous le Très Puissant ?

R. Après m'avoir fait prêter le serment, il m'a donné des signes pour me faire reconnaître pendant le jour et des attouchements pour connaître mes Frères pendant la nuit, et des mots.

D. Quels sont ces signes ?

R. (Il les donne).

D. Quels sont les attouchements ?

R. (Il les donne).

D. Quels sont les mots ?

R.Gomes,jeses,Naavai

D. Que signifie le mot Gomes ?

R. C'est la maîtresse parole du Maître Ecossais et la première que prononça le premier homme après sa création, en action de grâce à Dieu.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 11:34

Ouverture de la loge

 

D . Connaissez-vous d’autres mystères, que ceux des lettres J. et N. ?

R. Je connais la lettre G.

D. Que signifie cette lettre ?

R. La lettre initiale du nom de l’inconnu.

D. A quelle heure s’ouvre la loge du 2e grade d’élu ?

R. A l’entrée de la nuit.

D. Quelle heure est-il ?

R. Le jour est fini.

 

Le vénérable grand maître frappe 27 coups en trois différents termes,

fait le signe du 2e grade d’élu, qui est de porter la main demi fermée

sur la bouche et de feindre de s’arracher la langue. Tous les Vénérables

Maîtres répondent à ce signe à lui en étendant les deux bras, comme des

gens surpris, après quoi le Très Respectable Maître dit : Respectables

Maîtres, 1er et 2e Surveillants, avertissez les Vénérables Maîtres, que

la loge du 2e grade d’élu est ouverte. Le Très Vénérable Maître dit aux

Frères de demander aux Vénérables Maîtres, s’ils n’ont rien à proposer.

Pour lors, le Maître de Cérémonies, après avoir dit la parole, dit qu’il

y a dans la chambre de réflexion un Vénérable Maître élu qui désire être

admis au 2e grade. Le Très Respectable lui demande s’il est

véritablement élu et, sur sa réponse, il lui dit de l’introduire. Le

Maître de Cérémonies introduit le récipiendaire dans la loge et le place

entre les deux Surveillants.

Le Très Respectable lui demande alors ce qu’il demande, à quoi il répond

qu’il désire d’être admis au 2e grade de Maître élu. Le Très Respectable

dit au 1er Surveillant de le faire voyager. Celui-ci le prend par la

main et lui fait faire sept tours de cette manière : 2 en montant et en

descendant du côté du midi, deux autres de même du coté du septentrion,

2 autres de même du coté de l’occident et le 7e et dernier en passant le

milieu de la loge pour se mettre à deux genoux au pied du trône du Très

Respectable Maître, où il prête son obligation.

 

Serment d’obligation

 

Je promets et m’engage de garder et observer les mystères du 2e grade de

Maître élu, qui va m’être confié, tant envers les profanes, qu’envers

les Maîtres élus du 1er grade, et ce sous les mêmes obligations que j’ai

déjà contractées en entrant dans cet ordre respectable. Et, en tant de

plus, d’avoir la langue arrachée comme un parjure, si je contreviens au

moindre de mes engagements. Ainsi Dieu me soit en aide.

 

Après le serment

 

L’obligation ainsi prêtée, le Très Respectable Maître lui donne le

signe, le mot et les attouchements et le Vénérable Maître Orateur lui

fait le discours, qui suit.

 

– Vous êtes enfin parvenu à ce second grade, que vous avez tant paru désirer et que vos travaux et votre assiduité vous ont fait maître. Nous vous l’avons conféré d’autant plus volontiers, que cette faveur a dû sans doute redoubler votre zèle et ranimer vos efforts afin de vous rendre digne d’entrer dans la

connaissance des sublimes mystères qui nous reste encore à vous

dévoiler. – Vous venez d’apprendre, qu’il fut le sort des deux

Compagnons, malheureux complices de la mort de notre respectable Maître

Hyram, et comment après avoir longtemps vécu, et porté partout le

remords du crime, qui les suivait jours après jours. Dieu permit enfin

qu’ils périssent dans le pays de Capulle, où ils s’étaient réfugiés,

juste effet de la vengeance divine qui ne laisse jamais ce crime impuni

et qui poursuit le criminel jusqu’à ce qu’il lui ait fait subir la peine

qu’il a méritée.

Toute l’allégorie, que renferme ce nouveau grade que l’on vient de vous

conférer est bien aisée et encore d’autant qu’elle est poursuite de

celle, que nous vous avons expliqué dans le premier. Vous la trouverez

d’ailleurs toute tracée dans le tableau qui est ici exposé à vos yeux et

dont le principal et le plus frappant objet est la tête du malheureux

Abyram, plantée au haut d’une pique pour être exposée aux regards de

tous les compagnons continuant la construction du temple, que Salomon

avait ordonnée et qui servait à inspirer le cœur et l’épouvante à

quiconque aurait pu former un projet aussi noir et aussi abominable que

celle d’Abyram et qu’il n’avait que trop bien exécuté. – Tous les

mystères qui se célèbrent dans ce second grade, ont tous un rapport

aussi moral, que ceux, que vous connaissez déjà. – Le signe par lequel

nous appelons est tiré de l’obligation que vous venez de contracter. Il

marque non seulement comment grande doit être votre discrétion, mais

elle se termine à vous faire voir que la peine due aux indiscrets est

d’être totalement privés de la langue, qui a été le malheureux

instrument de votre indiscrétion. La réponse que nous faisons à cette

figure en étendant les bras et les levant au ciel vous désigne l’état

d’un homme surpris, interdit, stupéfait d’un événement frappant, que le

ciel vient d’opérer et le mot sacré que nous proposons en le faisant,

marque notre résignation à sa volonté souveraine et à la juste

satisfaction que vous devez, que le crime qui a été commis contre lui,

reçoive la punition qui lui est due.

Ce grade au surplus n’est qu’un grade préparatoire qui vous amène à la

sublimité de celui vous connaîtrez un jour les profonds mystères, si

votre zèle ne se devient pas si votre service ne s’est contredit et, si

vous ne dérogez jamais aux qualités éminentes qui doivent les activer,

en qui en est revêtu. –

2ème S :Je dois vous avertir, Vénérable Maître, de la part de cette

Respectable Loge, qui m’honore de son pouvoir à cet égard, que la

moindre indiscrétion, la plus petite tiédeur et la seule ombre de

relâchement privent à jamais de ce grade ceux que nous en trouvons

atteints. Nous espérons, que vous ne nous fournirez jamais des justes

motifs pour vous en priver et que raffermis de plus en plus dans vos

devoirs et vos obligations, vous nous procurerez le plaisir et la joie

de pouvoir partager avec vous les avantages et les prérogatives, dont

jouit le Sublime et Parfait élu.

 

Catéchisme

 

D. Connaissez-vous d’autres mystères, que ceux des lettres J. et N. ?

R. Je connais la lettre G.

D. Que signifie cette lettre ?

R. C’est la lettre initiale du nom de l’inconnu qui apprit à Salomon où

était la retraite d’Abyram.

D. Que signifient les 3 grandes lumières, qui sont en entrant ?

R. Les trois compagnons, qui assassinèrent notre Respectable Maître Hyram.

D. Comment se nomment les trois scélérats ?

R. L’un se nommait Kunkel, l’autre Gravelot, et l’autre Abyram Akirop.

D. Comment étaient placés ces 3 malheureux, lorsqu’ils tuèrent Hyram ?

R. Kunkel était placé à la porte de l’occident et ce fut celui qui le

frappa d’un coup de règle, Gravelot était placé à la porte du midi et

lui donna un grand coup d’équerre. Abyram était à la porte de l’orient

et lui donna un grand coup de maillet, qui le fit tomber mort.

D. Quel fut le sort de Kunkel et de Gravelot ?

R. Salomon apprit qu’ils étaient réfugiés dans le pays de Capulle où ils

périrent misérablement.

D. Comment l’inconnu put-il savoir qu’Abyram s’était réfugié dans une

caverne ?

R. Comme cet inconnu travaillait auprès du buisson, où était située

cette caverne, il en vit rester un homme tout effarouché et la curiosité

l’ayant porté à savoir qui c’était, il aperçut Abyram, qui se voyant

découvert, se jeta à ses pieds, lui confia son secret et le pria de ne

pouvoir le trahir et de l’assister.

D. Pourquoi l’inconnu informa-t-il Salomon de sa retraite ?

R. Pour satisfaire à l’édit, que Salomon avait fait publier à ce sujet

et jouir de la récompense, que ce roi avait promis à celui, qui

découvrait l’assassin du Vénérable Maître Hyram.

D. L’inconnu indiqua-t-il à Salomon la retraite d’Abyram aussitôt qu’il

l’eut découverte ?

R. Ce ne fut que 7 jours après pendant lesquels l’inconnu fournit à

Abyram de quoi subsister à ses besoins.

D. Pourquoi l’inconnu n’informa-t-il Salomon de cette découverte, que

sept jours après ?

R. Parce que ce ne fut que le 7e jour qu’il apprit la nouvelle de l’édit

de Salomon.

D. Quel est votre nom comme Maître élu du 2e grade ?

R. Pérignan.

D. Quel est votre mot ?

R. Mohabon .

D. Que veut dire ce mot ?

R. Dieu soit loué, rendons lui grâces, le parricide est puni.

D. Quel est votre mot de passe ?

R. Abyram Akirop.

D. Que fit Salomon de la tête d’Abyram après que Joabert la lui eut remise ?

R. Il le fit mettre au bout d’une pique, qu’il fit planter au dessus de

la porte du septentrion, afin qu’elle fut exposée aux yeux des

Apprentifs et des Compagnons et qu’elle y restât comme une marque de la

punition du crime d’Abyram et comme une preuve que rien n’échappait à sa

sagesse.

D. Combien de temps cette tête resta-t-elle exposée ?

R. Pendant tout le temps de la construction du temple.

D. Que signifient les 27 coups, que vous frappez à la loge ?

R. Ils désignent mon âge en qualité de Maître du vénérable Grade, qui

est de 27 ans.

D. Quel est votre signe en cette qualité ?

R. C’est de porter ma main à demi fermée sur la bouche et feindre de

vouloir m’arracher la langue.

D. Quelle est la réponse à ce signe ?

R. C’est de lever et étendre les bras, comme un homme surpris, en disant

: Loué soit Dieu, le parricide est puni.

D. D’où sont tirés le signe et la réponse qu’on y fait ?

R. L’un de mon obligation par laquelle je consent d’avoir la langue

arrachée, si je révèle le moindre des secrets, qui me sont confiés et

l’autre de la surprise, où fut Abyram, quand il se vit découvert par

l’inconnu.

D. Que signifient les 7 tours qu’on vous a fait faire avant de prononcer

votre obligation ?

R. Ils se rapportent aux 7 jours, que l’inconnu laissa passer avant

d’instruire Salomon de la retraite d’Abyram.

D. Quel est votre attouchement ?

R. C’est de se représenter réciproquement le dessus de la main droite et

la baiser.

D. Que signifie-t-il ?

R. Le baiser, qu’Abyram fit sur la main de l’inconnu en recevant la

promesse qu’il lui fit de ne point trahir son secret.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 11:30

Il faut avoir trois pièces pour cette réception, la première pour assembler les récipiendaires, la secon­de pour les examiner et reconnaître s'ils sont Ap­prentis, Compagnons et Maîtres, la troisième pour former la loge.

La loge doit être tendue en vert, qui est la cou­leur de l'Ordre ; elle doit être éclairée de vingt-sept lumières en trois parties, dont neuf à l'orient, neuf au midi et neuf à l'occident. Et chacun des-dits nombres neuf doit, autant qu'il est possible, forment trois triangles en un seul pour représenter le nombre trois fois trois dans chacune des trois parties. Ces lumières sont posées sur un bras appliqué à la mu­raille à six pieds de hauteur au plus bas.

Le Tableau de la loge est toujours dans la forme ordinaire, au milieu duquel est une grande pierre car­rée, sur laquelle sont peints ou dessinés quatre cer­cles et quatre carrés, mêlés les uns aux autres, et, au milieu, un grand J.

ll faut en Plus deux colonnes en sautoir  traver­sant la sus-dite pierre par ses angles, marquées en abrégé par leurs noms dans le corps et de leur mot de passe dans les bases.

Au-dessus sont le Soleil, la Lune, avec un triangle au milieu et une clef, dans lequel est repré­senté le nom du Grand Architecte en hébreu ; au bas du Tableau est une pierre angulaire et à pointe, au milieu de laquelle est un L pour signifier le mot de passe de Parfait et, sur l'angle, est figuré le bijou de parfait, qui est un compas ouvert sur les deux bouts du quart de cercle, posé sur le bout de la pier­re angulaire; il y a une forme de porte au midi, au septentrion et à l'occident. Sur le côté du midi du Tableau est représenté le tombeau d'Hiram Abif, lequel est détaché du tableau d'un demi-pied, obser­vant que le tombeau, dans sa forme, ne doit pas être aussi grand que le tableau de la loge, qui est de six pieds de long sur quatre de large; il est placé dans sa forme ordinaire, avec une branche d'acacia; au-dessus est un M et un B, qui est le mot de Maître; fil y a encore], liés ensemble au bas [du Tombeau], une tête de mort avec deux os en sautoir  et, au-des­sous, un G, mot de passe des Maîtres; enfin, au mi­lieu du Tombeau est une corde, qui entoure le cer­cueil, et dont les deux bouts tombent négligemment dans le Tableau par la porte du midi; le surplus du carré du Tombeau est parsemé de larmes.

Le Très Respectable Maître est toujours placé à l'orient, derrière l'autel; les Très Vénérables Frères sont à l'occident, en face du Maître et les Vénéra­bles Frères qui composent la loge au midi et au sep­tentrion; les Officiers, dans leurs places, se tiennent debout, ainsique les Frères ayant leurs épées.

Le Maître et tous les officiers sont décorés d'un grand cordon vert où pend un compas ouvert sur les deux bouts d'un quart de cercle.

Il y a des loges où on n'est décoré que d'un petit cordon vert, au bas duquel est le bijou, attaché à la boutonnière de l'habit, ce que l'on appelle le petit cordon, le tout nonobstant la décoration des gants, tabliers et autres choses.

L'ordre de la loge est de porter la main droite sur le coeur comme le Compagnon.

Lorsque la loge est ouverte, par les questions d'Apprenti, de Compagnon et de Maître, ensuite, par celles de Parfait, en marquant l'ordre et les signes de chaque grade, le Second Surveillant va chercher un des récipiendaires, le fait passer dans la seconde pièce et le questionne sur les trois premiers grades, sur les signes, attouchements, paroles et mots de passe; enfin, il lui fait faire les marches des trois gra­des.

Lorsque le Second Surveillant s'est assuré de la capacité du récipiendaire, il le conduit à la porte de la loge sans bandeau, il observe qu'il  soit décoré des gants et tablier de Maître; alors, il annonce le récipiendaire en frappant avec son marteau  quatre coups ,le Maître répond en frappant de même sur l'autel, le Premier Surveillant répète les quatre coups sur le pommeau de son épée et dit au

Maître que l'on frappe en Maître Parfait; ensuite, il va à la porte pour voir qui c'est et, l'ayant entr'ouverte, il dit : « Très Vénérable Frère Second Surveillant, que de­mandez-vous ? ». Celui-ci répond : « Très Vénérable Frère Premier Surveillant, c'est un Apprenti, Compagnon et Maître qui désire parvenir au grade de Parfait, après avoir toutefois subi l'examen ordinaire. » Le Premier Surveillant ferme la porte et va rendre compte au Maître qui, après avoir pris le consentement des Frères de la loge dit au Frère Premier Surveillant de faire entrer le Réci­piendaire en la manière accoutumée.

Le Second Surveillant, en attendant le retour du Premier Surveillant, dit au récipiendaire de mettre l'épée à la main et d'être ferme en entrant en loge; le Premier Surveillant, étant venu ouvrir la porte, pré­sente la pointe de son épée sur le cœur du récipien­daire, en Iui demandant s'il n'a pas d'arme à feu; aus­sitôt un des Frères députés, qui doit être le Frère Terrible, retiré sur un des côtés de la porte, se jette précipitamment sur le poignet du récipiendaire et le désarme, en lui disant de cacher son épée. Pendant ce temps, le Second Surveillant passe un cordon de soie verte au col du récipiendaire, lequel cordon est noué sur le devant; alors, tous les Frères mettent l'épée à la main et la tiennent jusqu'à ce que le réci­piendaire ait prononcé son Obligation; en cet état, le Second Surveillant se saisit d'un bout du cordon passé au col du récipiendaire et lui fait faire quatre fois le tour de la loge par le midi et revient à l'occident où il  se place entre les deux Surveillants. Dès qu'il y est arrivé, le Second Surveillant frappe quatre coups sur l'épaule du Premier Surveillant, qui lui répond de même et lui dit : « Très Vénérable Frère Second Surveil­lant, que demandez-vous ? ». Le Second Surveillant ré­pond : « C'est un Apprenti, Compagnon et Maître qui désire parvenir au grade de Parfait ! ce que le Premier Surveillant répète au Maître. Pendant ce temps, le Second Surveillant lâche le récipiendaire de sa corde pour le laisser libre; le Vénérable questionne [le récipiendaire] sur les signes, mots, attouchements et mots de passe d'Apprenti, [de] Compagnon et [de] Maître et lui fait faire les marches des trois grades; il faut observer que ces marches doivent se faire à petits pas, de façon qu'au dernier pas de Maître le Récipiendaire se trouve au bas de la loge 2 de Par­fait; alors le Vénérable demande aux Frères leurs consentements pour admettre le candidat dans la loge de Parfait et dit : « Très Vénérables Premier Surveil­lant et Second Surveillant, Vénérables Frères qui composez cette loge, consentez-vous que le Frère  sait admis dans la loge de Parfait, comme étant suffisamment  instruit dans l'Art Royal et ayant les qualités requises ? ». Aussitôt les Frères changent leur épée de main et lèvent la main droite en signe d'approbation.

Alors le Très Respectable ordonne au Premier Surveillant de faire entrer le récipiendaire par l'espè­ce de sentier qui sépare le Tableau du Tombeau et [il] doit y entrer par trois pas, savoir, en faisant, du bas du Tableau, un grand pas le pied droit placé vis-à-vis de la porte du midi et en assemblant le pied gauche derrière en équerre, puis en 3 portant le pied droit 4 en dedans du Tableau et assemblant le pied gauche en équerre; on lui apprend ensuite la marche de Parfait, qui est de mettre le pied droit sur la base de la co­lonne à droite, en assemblant le pied gauche en équerre; puis le pied gauche sur la base de la colon­ne à gauche, le pied droit assemblé derrière; ensuite le pied droit sur le haut de la colonne et le pied gau­che assemblé; enfin, porter le pied droit sur le centre de la pierre carrée et assembler le pied gauche der­rière; de reporter le pied droit sur le haut de la co­lonne à droite et joindre le pied gauche en ployant le genou droit par derrière, ce qui forme un triangle par la jambe gauche; puis porter le pied gauche en arrière, sur la base de la colonne à gauche et joindre le pied droit en ployant le genou gauche, puis porter le pied droit sur la base de la colonne à droite et rejoindre le pied gauche toujours levé en ployant le genou droit; ensuite, il faut porter le pied gauche sur le haut de la colonne à gauche et rejoindre le pied droit levé en ployant aussi le genou gauche; enfin, on rapporte le pied droit en arrière sur centre de la pierre carrée et on assemble au pied droit en for­mant l'équerre et pan fait] face que Très Respectable.

Ces deux sortes de marches distinctes sont analo­gues aux quatre cercles et aux quatre carrés figurés sur la pierre du milieu du Tableau de la loge. Lors­que ces deux marches sont faites, le Premier Surveil­lant fait parvenir le récipiendaire à l'autel par un grand pas et en assemblant le pied gauche derrière le pied droit. Après que le récipiendaire soit parve­nu à l'autel, le Très Respectable le fait mettre à ge­noux devant l'autel, lui ôte le cordon qu'il a au col et lui fait mettre la main droite nue sur l'Evangile pour lui faire prêter son Obligation. Alors, tous les Frères prennent leur épée de la main gauche er lè­vent la main  horizontalement tendue vers le réci­piendaire pendant tout le cours de l'Obligation que le Très Respectable lui fait prêter.


Obligation


« Je promets devant le Grand Architecte de l'Univers et cette très vénérable assemblée, sous les mêmes Obligations que j'al contractées aux réceptions précédentes, de garder tous les secrets de Parfait envers les Apprentis, les Compagnons et les Maîtres, comme j'ai gardé ceux des Maçons envers- les profanes. Ainsi Dieu me soit en aide ! »

Après cette Obligation, qui est la ratification de toutes les autres, le Très Respectable fait lever le nouveau Maître Parfait et lui passe au col le grand ruban vert; ensuite, il l'embrasse en signe de Maître et le fait placer à sa droite; alors tous les Frères re­mettent leurs épées dans le fourreau en attendant un nouveau récipiendaire.

Lorsque tous les candidats sont reçus, le Très Respectable leur donne à chacun les signes, paroles, attouchements et mots de passe ainsi qu'il suit.

  

Signe


Le signe de Parfait se fait par quatre points figu­ratifs. Le premier est de mettre la mina droite sur le coeur, le deuxième de la lever vers le ciel, le troisiè­me de la tendre horizontalement vers les Frères, le quatrième, de la laisser tomber vers la terre, [en] ob­servant que les yeux doivent faire les mêmes mouve­ments que la main dans les trois derniers figuratifs.

Attouchement

L'attouchement de Parfait est le même que celui de Maître Maçon double (c'est-à-dire) que l'on fait la même prise de la main gauche que de la main droi­te, en se prenant réciproquement de l'une et l'autre main et en observant d'appliquer les quatre mains croisées l'une sur l'autre, ce qui fait un noeud de quatre.

Mot

La Parole de Parfait est ', qui est le nom du Grand Architecte en hébreu et l'ancien Mot de Maî­tre, qui, malgré les circonstances de la mort d'Hiram Abif n'a point été perdu.

Le mot de passe est Mont Liban.

 

Après ces instructions, les nouveaux Parfaits doi­vent donner les signes, mots, &c, à tous les Frères de la loge; cela fait, le Très Respectable ferme la loge en la manière accoutumée par les questions 2 de Parfait, de Maître, de Compagnon et, enfin, d'Ap­prenti, en marquant les ordres et les signes de cha­que grade; à l'égard des cérémonies de table, elles sont les mêmes que celles de la Maçonnerie ordi­naire, à l'exception, néanmoins, des titres et qualités attribués aux Officiers et membres ainsi qu'il a été expliqué dans la réception.


Catéchisme

D. Etes-vous Parfait ?

R. J'ai vu le cercle et sa quadrature.

D. Comment êtes-vous parvenu au grade de Par­fait ?

R. Par les trois degrés d'Apprenti, de Compagnon et de Maître par où je suis passé.

D. Qui vous a reconnu pour Apprenti, Compagnon et Maître ?

R. Le Second Surveillant, qui m'a examiné avant de m'introduire.

D. Comment avez-vous été introduit dans la loge de Parfait ?

R. L'épée à la main, dont je fus bientôt dépouillé, la corde au col, la pointe de l'épée sur le coeur et par une route mystérieuse.

D. Pourquoi dépouillé de votre épée ?

R. Pour me faire souvenir que nous ne devons pas nous fier à nos propres forces et que, souvent, nous succombons au moment où nous nous v attendons le moins.

D. Que représente la corde au col ?

R. Elle nous apprend que notre délicatesse ne doit pas rougir des épreuves qu'on nous fait subir et que notre constance doit se faire en toutes cho­ses.

D. Pourquoi la pointe de l'épée sur le cour ?

R. Pour marquer notre fermeté, même dans les plus grands périls.

D. Quelle est cette route mystérieuse ?

R. C'est que, lorsque je fus introduit en loge de Par­fait, le Second Surveillant m'en fit faire quatre fois le tour par le midi et m'a remis, à l'occident, entre les mains du Premier Surveillant. D. Qu'a fait de vous le Premier Surveillant ?

R. Après les cérémonies ordinaires, il m'a enseigné le sentier pour devenir Parfait.

D. par où êtes-vous entré dans la loge de Parfait ? R. Par la porte du midi.

D. Pourquoi par cette porte ?

R. Pour nous apprendre que nous devons nous écarter de la route ordinaire, pour échapper aux regards avides des indiscrets; il y en a deux au­tres, celle du septentrion et celle de l'occident, pour nous faire souvenir des trois portes du Temple de Salomon.

D. Que vîtes-vous d'abord dans la loge ?

R. Une grande pierre carrée, sur laquelle étaient gra­vés ou tracés quatre cercles et quatre carrés, avec un J au milieu.

Les quatre carrés représentent les quatre par­ties du monde, sur lesquelles le Grand Architecte étend sa puissance.

Les quatre cercles représentent l'immensité de l'Etre Suprême, qui n'a ni commencement ni fin; et le grand J, qui est au milieu, dans les cercles et les carrés, nous fait voir que Dieu est la cause de toutes les lumières.

D. Où est placée cette pierre carrée ?

R. Au milieu des deux colonnes en sautoir, qui sont les mêmes que celles qui étaient placées à la porte du Temple.

D. Que signifient J. et B. ?

R. Ce sont deux mots hébreux dont l'un signifie ma force est en Dieu et l'autre la persévérance dans le bien.

D. Que signifient ces deux colonnes dans la loge de Parfait ?

R. Elles nous prouvent que, sans le secours du Grand Architecte, c'est-à-dire sans la force nous vient de Lui et sans la persévérance dans le bien, nous ne pouvons rien faire qui soit agréable à l'Etre Suprême.

D. Que vîtes-vous au bas de la loge de Parfait ?

R. La Pierre Angulaire, sur laquelle tout bon Maçon doit poser son édifice.

D, Qu'entendez-vous par cet édifice ?

R. C'est que nous devons compasser toutes nos actions suivant ces deux principes sacrés : vous aimerez votre Créateur par-dessus toute chose et votre prochain comme vous-même.

D. Qu'avez-vous vu en tête de loge ?

R. Le Soleil, la Lune et un triangle respectable au chef, pour nous faire souvenir que, comme le Soleil préside au jour, la Lune à la nuit, de même le Souverain Créateur préside à toutes les actions des hommes.

D. Que vîtes-vous, à côté de la loge de Parfait, vers le midi ?

R. Le Tombeau de notre Respectable Maître, dont nous ne devons jamais perdre la mémoire, et une corde qui est autour du cercueil [et] qui nous apprend qu'étant liés par les liens de la fraternité, nous devons nous aider jusqu'au dernier moment de la vie.

D. Quels sont les liens de la fraternité ?

R. Des signes, attouchements et paroles.

D. Combien avez-vous de signes ?

R. Un par quatre de figuratif. (On les donne.)

 Le premier 1 signifie que tout bon Maçon doit garder dans le coeur les secrets qu'on lui a confiés.

Le second 2 signifie que nous devons regar­der avec admiration les effets de la Divine Providence.

Le troisième 3 signifie que nous devons ten­dre une main charitable à nos Frères.

Le quatrième signifie que tout mortel doit fléchir devant l'Etre Suprême et que, comme nous sortons de terre, nous retournerons en ter­re.

D. Combien avez-vous d'attouchements ?

R. Un par quatre 3. (On les donne.)

Ils marquent la force de l'union qui doit régner entre les Frères.

D. Combien avez-vous de Paroles ?

R. Une sacrée et respectable. (On la donne .)

Elle signifie le Nom du Grand Architecte en hé­breu, c'est l'ancien Mot de Maître et qui ne s'est point perdu.

D. Avez-vous un Mot de Passe ?

R. Oui, et un très mémorable. (On le donne "). C'est le nom de la montagne sainte.

D. Que signifie la couleur verte que vous portez en loge ?

R. L'espérance de parvenir à un plus haut degré de perfection.

D. Quelle forme avait votre loge de Parfait ?

R. Un carré formant les quatre parties du monde.

D. Où se tenait le Très Respectable quand vous êtes entré en loge ?

R. A l'orient du Temple.

D. Pourquoi en cet endroit ?

R. Comme le Soleil se lève à l'orient pour éclairer notre hémisphère et que les hautes vérités doi­vent être renfermées dans le sanctuaire du Temple, de même le Très Respectable se tient à cette porte pour éclaire les Vénérables Frères de ses lumières et ouvrir la loge de Parfaits.

D.Où se tiennent les Très vénérables Surveillants ?

R. A l'occident du Temple, pour aider le Respec­table Maître dans ses travaux et fermer la loge de Parfaits.

D. Où se tiennent les Vénérables Maîtres Parfaits ?

R. Au midi et au septentrion du Temple.

D. Pourquoi indifféremment dans ces parties ?

R. Pour nous marquer l'égalité et la conformité par­mi les Frères Parfaits et qu'enfin les Maçons, de quelque rang qu'ils puissent être, sont égaux.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Trois fois trois fois trois ans, c'est mon âge bien compté, en conformité des lumières qui font le même nombre, c'est-à-dire vingt-sept.

D. Quelle heure est-il ?

R.Douze heures.

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