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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 16:14

Le Rite Français est le nom donné par le Grand Orient à un système de 7 grades. Il a été instauré par le Grand Chapitre Général en 1786. Il porte également le nom de Rite Moderne, ou Rite Français Moderne.


Il comporte les grades suivants :
Les trois grades de la Maçonnerie Bleue, 1, Apprenti 2, Compagnon 3, Maître ;

4, Premier Ordre de Rose-Croix, Maître Élu (ou Élu) ;

5, Second Ordre de Rose-Croix, Maître écossais (ou Écossais) ;

6, Troisième Ordre de Rose-Croix, Chevalier d’Orient (ou Chevalier d’Orient ou de l’Épée) ;

7, Quatrième Ordre, Souverain Prince - Rose Croix.

On trouve en outre la version suivante : Loges Bleues : 1, Apprenti 2, Compagnon 3, Maître ; Grades de perfectionnement 4, Élu Secret 5, Grand Élu Écossais ; Grade de Chapitres Grades chevaleresques 6, Chevalier d’Orient ou de l’Épée 7 Souverain Prince Rose-Croix.

Également, fin dix-neuvième et au début de 1900, le système suivant de Sept grades auquel s’ajoutent trois grades inspirés du Rite écossais :Grade d’Apprenti, Grade de Compagnon, Grade de Maître, Grade d’Élu correspondant au XIième du Rite Écossais, Grade d’Écossais, correspondant au 14ième, Grade de Chevalier d’Orient, correspondant au 17ième, Grade de Rose Croix, correspondant au 18ième.


A partir de 1860, les loges françaises chapitrales eurent le droit de donner le Grade de Rose Croix, directement à partir du Grade de Maître en supprimant le Grade d’Élu, d’Écossais, et de Chevalier d’Orient, ce qui donnait l’échelle de 4 grades pour l’accession au grade de Rose-Croix, ou 18ième.degré. On trouve également les grades suivants, où il y aura pratiquement coïncidence entre le rite français et le rite écossais (31 à 33) : Grade de Chevalier Kadosch, (30ième) Grade d’Inquisiteur Inspecteur Commandeur, 31ième degré, (Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur au rite écossais), Grade de Souverain Prince de Royal secret, 32ième (Sublime Prince du Royal secret au rite écossais), Grade de Grand Inspecteur Général, 33ième (Souverain grand inspecteur Général au rite écossais). Dans ce cas, le rite français se confond parfois avec le Rite Écossais.


Particularités du système.

 Dans le rite français d’origine, la Rose Croix est l’axe et le sommet du Rite, comme dernier degré, avec le symbole du nombre Sept. Ce nombre est un des nombres du grade de Maître. « Il s’agit du nombre le plus élevé des grades symboliques à cause de sa double valeur scientifique et traditionnelle ». « Les sept marches du Temple indiquent, au moral, les sept arts libéraux qui élèvent les maçons qui les pratiquent, en même temps qu’elles signifient les sept vices capitaux qu’ils ont foulés au pied pour s’élever à la Maîtrise de soi-même ». « La réunion du nombre trois et du nombre 4, soit sept représente la perfection. Sept frères rendent une loge juste et parfaite. (Dans le Rite Français, sept Maîtres au grade de Maître suffisent et sept Maîtres participent aux recherches d’Hiram). Ce système est copié, selon Naudon du Rite à Sept Degrés, pratiqué préalablement par les Chapitres Parisiens, à l’origine du Système Lyonnais ainsi que celui de la Mère Loge de Marseille. Les 7 grades de la Mère Loge Écossaise de Marseille, en version typographique furent édité en 1812, déjà pratiqués en 1751, et ceux-ci sont considérés comme une source du rite français.

La Grande Loge Provinciale de Lyon a été créée par Willermoz en 1760 qui réunit trois Loges, L’Amitié, La Parfaite Amitié et les Vrais Amis. Les grades de Lyon étaient les suivants (entre autres) : Apprenti, Compagnon, Maître ; Maître Parfait ; Maître Élu ; Maître écossais ; Chevalier d’Orient. En fusionnant le grade de Maître Parfait et de Maître Élu, on obtint le Grade de Maître Élu. Le Grade d’Élu permet de conférer les 4,5,6,7,8,9,10,11 ; le Grade d’écossais, les 12,13,14 ; le Grade de Chevalier d’orient, les 15,16,17 ; le Grade de Souverain Rose Croix le 18ième

Disposition du Temple. Lumières. Titres. Officiers. Dénomination.

Basé sur le rectangle et le carré long, le temple porte plusieurs noms selon le grade. Il y a trois fenêtres, à l’Est, au Sud et à l’Ouest. Petite et grande lumière. Pour Naudon, le terme « petite lumière » est facultatif. Il représente le Soleil, la Lune et le Maître de Loge. Inspiré de la maçonnerie anglaise, il est symbolisé par un chandelier à trois branches remplaçant les chandeliers simples sur l’autel du vénérable. Pour Naudon, les trois grandes lumières sont en fait sur le plateau du vénérable, alors que l’on trouve l’installation des trois grandes lumières (volume de la loi, équerre et compas) sur l’autel des serments (comme au REAA) avec une étoffe bleue, bordée de rouge lorsque le récipiendaire prête serment. Pour Vuillaume, il n’y a pas d’autel des serments au premier grade, ni au second.

Naudon souligne que le terme « trois grandes lumières » n’est pas utilisé au rite français. Comme au rite français le plateau du vénérable et l’autel des serments sont confondus en un seul, il semble que les deux options existent au rite français, alors qu’en maçonnerie symbolique le plateau du vénérable et l’autel doivent être séparés. En tout état de cause, la symbolique du rite exige la séparation des outils, des objets et des symboles qui figurent à part dès le quatrième grade. Nombre de Lumières

Au premier grade : trois lumières (rite écossais).

Au grade de compagnon : cinq lumières éclairent la loge (rite écossais).

Au troisième : neuf lumières groupées par trois, un groupe à l’est, un au sud et le dernier à l’ouest (rite écossais).

Au quatrième : un chandelier avec une bougie jaune dans le premier appartement ; dans le troisième appartement six grandes lumières sur le mur, et un chandelier à neuf branches du côté du midi.

Au cinquième grade : pas de décoration spéciale dans la première chambre ; dans la seconde, ou voûte secrète, vingt-sept lumières telles que un groupe de neuf lumières formant triangle à l’orient, du côté du midi ; un groupe formant un cercle par huit lumières et la neuvième au centre, à l’occident près du premier surveillant ; le dernier groupe de 9 bougies sur deux lignes par six et trois près du second surveillant. Dans la dernière salle, un chandelier à sept branches en or et sept lampes allumées. La pierre cubique à pointes renvoie aux mêmes nombres, soit 3x3=9, ainsi qu’aux nombres 3, 5, 7, 9.

Au sixième grade, décoration simple dans la chambre de préparation ; pas de lumières déterminées dans la seconde chambre ou Conseil, en nombre suffisant pour très bien éclairer ; dans le troisième appartement (séparé par un parvis ou une antichambre de la seconde) soixante-dix lumières en dix groupes de sept, représentant les soixante-dix années de captivité lors du règne de Cyrus, en Babylone.

Au septième grade, les lumières sont celles du Souverain Prince Rose Croix du 18ième du Rite Écossais, trente-trois lumières en cire jaune, en trois groupes de onze dans le premier appartement. Dans le troisième appartement, trente-trois lumières de cire blanche par groupe de onze. Officiers Les officiers sont les lumières des ateliers symboliques, soit le Vénérable, deux Surveillant aux pieds des colonnes, l’Orateur et le Secrétaire.

Au premier grade, ils sont selon le tuileur de Vuillaume, douze, avec deux experts chargés de remplacer les surveillants et parfois le vénérable après les surveillants, en cas d’absence.

Au quatrième grade, le Président est « Très Sage » ; le premier Surveillant « Grand Inspecteur » ; le second « Sévère Inspecteur » et les autres officiers sont « Élus secrets ».

Au cinquième grade, Le Président est « Très Sage », les Surveillants « Grands Surveillants » et les autres membres sont « Sublimes Maîtres ».

Au sixième grade, le Président est « Souverain Maître » ; l’Orateur « Grand Maître du Palais » ; le premier Surveillant « Général Grand Maître de la cavalerie » ; le second surveillant « Général Grand Maître de la milice » ; le garde des sceaux « Grand Maître de la chancellerie » ; le trésorier « Grand Maître des finances » ; le secrétaire « Grand Maître des dépêches » ; et il y a un « Grand Maître des Cérémonies ». Le récipiendaire porte le nom de Zorobabel et les membres sont Chevaliers qui travaillent d’une main et combattent de l’autre.

Au dernier Grade, qui correspond sensiblement au 18ième du rite écossais, le Président est « Très Sage et parfait Maître », les surveillants sont « Très excellents et parfaits » ; les officiers « Très puissants et parfaits » ; les Chevaliers sont « Très respectables et parfaits ».

Au premier point de la réception, le titre de Parfait est supprimé. Colonnes. Dans le Rite Français, les colonnes sont inversées par rapport au Rite Écossais et au Rite Rectifié. La colonne Boaz est à droite en entrant, la colonne Yakin (Jakin, Jachin) se trouve à gauche. Le premier surveillant se trouve au pied de la colonne B, avec les compagnons dans le prolongement, et le second se trouve au pied de la colonne J avec les apprentis dans le prolongement. Il y a croisement. Les Maîtres siègent à droite ou à gauche.

Les trois premiers grades correspondent à quelques différences près aux trois premiers grades du R.E.A.A. Les grades suivants sont d’inspiration symbolique Rose Croix. Tapis de Loge. Place du tapis. Placé à l’identique au Rite écossais pour les trois premiers degrés. Dans le troisième appartement dénommé Loge, au quatrième. Dans la troisième chambre dénommée « Temple dans sa perfection », au cinquième. Dans le second appartement, dénommé « salle dite d’Orient », ou Conseil, dans le sixième.

Dans le septième grade, au milieu de la salle dite Loge dans le premier appartement, et dans la troisième sur le pavé (le tuileur de Vuillaume indique un tracé de loge des Souverains Rose Croix second appartement, mais cette pièce était considérée comme un lieu de réprobation) Titre Nommée Loge aux trois premiers degrés ;

Au quatrième, Loge mais séparée en trois appartements : le premier est appelé chambre de préparation, le second chambre obscure ou caverne ; le troisième Loge, ou Conseil.

Au cinquième degré, Loge séparée en trois chambres ou appartements. Première chambre de préparation, la seconde voûte secrète ; la troisième, « Temple dans sa perfection » divisée en deux parties. La Loge, ou Sublime Loge, se nomme Voûte secrète en ouvrant, Voûte sacrée en se fermant.

Au sixième grade, la loge est découpée en trois appartements. Le premier est la chambre de préparation ; le second est la salle dite d’Orient, Cour du Roi de Perse, ou Conseil de Cyrus ; le troisième est la salle d’occident avec une antichambre, ou parvis, ou lieu où se trouvent les Chevaliers.

Au septième, la Loge est divisée en trois appartements, le premier où à lieu l’ouverture des travaux pour les réceptions ; la seconde chambre représente le lieu de réprobation ; la troisième est la Loge qui prend le titre de Souverain Chapitre de Rose Croix, de l’Aigle Noir, du Pélican, d’Heredom, ou de Saint André d’Écosse, anciennement selon le rite écossais.


Autres éléments. Âge. Mots de Passe.


Âge. au premier grade : trois ans. au second : cinq ans. au troisième : sept ans et plus. grade d’élu : neuf semaines sur sept ans. grade d’écossais : neuf ans. grade de chevalier d’orient, dix semaines d’années. grade de rose-croix : trente trois ans.

Mots de passe. 1er Thabalkain (Tubalcaïn) 2ième Schibboleth 3ième Ghiblim (et non Giblim) 4ième Abibalang ou Abibala 5ième El-Hhanan (et non Eleanam, ou Elehanam) 6ième Jangaborou Hammaïm ou Jaavorou Hammaïm 7ième Emmanuel Deus Nobiscum Réponse : Pax Vobis ou Paix Profonde. Mots sacrés. 1er Jachin (Jakin) imprononçable 2ième Booz qui s’épelle 3Ième Mak-Benah 4ième Nekam ; Réponse : Nechah (Nekah) 5ième Schem-Ham’Phoras (nouveau rituel schem, hamm, phorasch) 6ième Juda, réponse Benjamin 7ième INRI non prononçable.

Salaires Le terme « recevoir son salaire » signifie recevoir des pairs la récompense de son travail maçonnique. L’augmentation de salaire signifie la promotion par passage d’apprenti à compagnon, de compagnon à Maître, expression qui n’est plus employée pour les grades supérieurs. Le terme prendra alors le nom d’élévation. Dans les deux cas, il s’agit d’une cérémonie d’initiation conférant un grade supérieur.

Au 1er, les Apprentis reçoivent leur salaire près de la colonne J.

Au 2ième, les Compagnons reçoivent leur salaire à la colonne B.

Au 3ième, les Maîtres reçoivent leur salaire dans la chambre du milieu, où l’on accède par l’escalier à vis.

Références. Dictionnaire Maçonnique de Ligou. Travaux sur le R.E.A.A. de Naudon. Tuileur de Vuillaume. Tuileurs du Rite Écossais et des Hauts Grades. Rituels divers. P.S. Il convient de noter que les rituels modernes ont simplifié la complexité d’origine des systèmes écossais, de la maçonnerie de perfection, des architectes, des élus et des grades chevaleresques. De même le symbolisme et les instructions ont été réduits et de nombreux mots ont changé et de signification et d’écriture.

 

 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 16:10

Au nombre des Rites (1) pratiqués à la Grande Loge Nationale Française, figure le Rite Émulation. Contrairement à une erreur fréquente, il n'est pas le Rite officiel de la Grande Loge Unie d'Angleterre, laquelle n'a d'ailleurs pas de Rite officiel, et il n'est pas davantage le seul Rite anglais. Parmi ceux pratiqués Outre‑Manche (Bristol, Logic, Taylor, West End, etc.), et qui sont d'une même famille, ne différant que par des variantes parfois infimes, le Rite Émulation est cependant le plus important. Le Rite pratiqué en France sous son nom en comporte également quelques‑unes par la force des choses (2).

Nous examinerons dans ce bref article

1)     L'histoire du Rite

2)     Sa conception propre de la Franc‑Maçonnerie

3)     L'Esprit dans lequel il est pratiqué.

 

I

HISTOIRE DU RITE


Lorsque la Franc‑Maçonnerie, d'opérative qu'elle était, se fit spéculative (3), au terme d'une longue évolution poursuivie de la fin du XVIe siècle au début du XVIIIe siècle, son Rituel s'était naturellement modelé sur cette évolution.  Ce qu'était notre Rituel primitif nous est connu, mais imparfaitement, par les 'Old Charges' et les 'Early masonic cathechisms' pour l'Angleterre et par une abondante floraison de divulgations antimaçonniques pour la France (4). Ce Rituel nous apparaît comme d'une extrême simplicité : ouverture et clôture rituelles, prière initiale et finale, obligation prêtée par le candidat, communication des secrets, agape. Là se bornait le Rituel d'origine, celui dont tous les Rites maçonniques devaient sortir, puis se ramifier et se différencier.  Au XVIIIe siècle, surtout après que notre grade de maître eût fait son apparition (5), associé à sa légende thématique dont l'origine demeure une énigme, le Rituel s'étoffe.  L'un après l'autre, les éléments de la Franc‑Maçonnerie moderne viennent s'agglutiner autour du noyau primitif.  Beaucoup de fioritures seront éphémères. D'autres adjonctions subsisteront et telles parties archaïques s'avéreront les plus solides.

Cette même époque fut marquée par la rivalité des 'Antients' et des 'Moderns', qui ne se termina qu'en 1813 par l'Art of Union d'où sortit la moderne Grande Loge Unie d'Angleterre.  La recherche historique a mis en évidence, de nos jours, que la "réconciliation" des Antients et des Moderns fut, en fait, la victoire des Antients, dont le principal grief contre les Moderns était d'avoir laissé tomber en désuétude des portions du Rituel particulièrement vénérables par leur ancienneté. Le Rite Emulation devait ainsi, si l'on ose dire, sortir de l'œuf.

Par crainte des divulgations, mais aussi pour des motifs plus profonds, et dont l'explication appartient aux sociologues, le Rituel primitif s'était longtemps transmis par la seule transmission orale.  Lorsque la Maçonnerie se fit spéculative, l'antique interdiction d'écrire subsista, assortie de ses terribles peines symboliques.  Ainsi s'explique que de nos jours encore, le candidat doit s'obliger à ne jamais "écrire, buriner, sculpter, marquer, etc" les secrets, et cela bien que le Rituel soit aujourd'hui, non seulement écrit, mais ‑ sauf précautions cryptographiques et omissions voulues ‑ imprimé.

Nos anciens Frères s'étaient trouvés, en 1813, devant une difficulté grave comment concilier 1e respect de l'interdiction d'écrire et la nécessité de protéger le Rituel contre d'inévitables altérations de ville à ville, voire de loge à loge, si ce dernier était abandonné à tous les aléas d'une transmission purement orale ?  La Grande Loge avait recommandé qu'il y eût une parfaite unité (perfect unity) du Travail maçonnique, mais n'était‑ce pas préconiser l'alliance de l'eau et du feu ?

La difficulté fut résolue grâce à une institution nouvelle : les loges d'instruction.  La loge d'instruction était une sorte de loge fictive, destinée à faire répéter les cérémonies tout comme lors des "répétitions" des pièces de théâtre.  Elles ont survécu jusqu'à nous. Qu'est‑ce, au demeurant, qu'une initiation, sinon un véritable drame sacré ?  Le protagoniste n'en est d'ailleurs pas le Vénérable mais l'initié.  C'est dire le non‑sens qu'il y a à la lire.  Qui a compris cela comprendra tout l'esprit du Rite Émulation.  L'année 1823 vit naître l'Émulation Lodge of Improvement, à laquelle se consacra jusqu'à sa mort un maçon d'élite, Peter Gilkes (1765‑1833). Une lignée de grands ritualistes devait lui succéder jusqu'à notre époque.  Depuis 1823, il n'est pas un vendredi où l'Emulation Lodqe of Improvement ne se soit réunie à 18 heures, précises, dans le but de répéter les cérémonies des trois grades symboliques.  Le Rituel d'origine fut ainsi conservé dans sa pureté de manière stricte et, pourrait‑on dire, ombrageuse, par pure transmission orale, et est demeuré, à une virgule près, celui de 1813, immuable et inaltéré.  Si l'on considère que Peter Gilkes lui‑même avait été initié à la British Lodge n° 8 en 1786, nous tenons le chaînon qui relie le rite Émulation à celui pratiqué à une époque beaucoup plus ancienne, et l'on peut dès lors voir en lui le plus "pur" de tous les Rites maçonniques.

Un réseau de loges d'instruction devait, depuis lors, se répandre sur le globe.

L'archaïque malédiction contre qui oserait écrire le Rituel ne pouvait cependant survivre dans les sociétés modernes.  Dès le XVIIIe siècle, un parjure nommé Prichard divulgua les rituels des trois grades dans sa Masonry dissected (1730).  Il a rendu aux historiens le service de les renseigner sur ce qu'étaient nos cérémonies de son temps, mais il fut aussi durant des décennies la providence des Vénérables desservis par une mauvaise mémoire ou paresseux, qui le lurent en cachette.  Quelques éditions du Rituel virent ensuite le jour sans être des "divulgations" antimaçonniques, mais à titre privé.  La Grande Loge ferma les yeux, même lorsque fut ainsi imprimé à l'usage des chapitres le Rituel du Royal Arch, mais jamais elle n'autorisa l'existence d'un Rituel officiel. En 1969, 1'Emulation Lodqe of Improvement finit par céder et publia une version du Rituel Emulation, mais autorisée (authorized version) par elle seule, non par la Grande Loge.

La francisation du Rite a son histoire, inséparable de celle de la G.L.N.F.  D'abord pratiqué par les seules loges anglophones de notre Obédience, il fut adopté en 1927 par la R.L. Confiance n° 25 et, depuis lors, il est celui de plus du tiers des loges de l'Obédience.  Une première traduction française des rituels s'étant avérée défectueuse, ces derniers furent révisés sous la Grande Maîtrise du T.R.G.M. Ernest Van Hecke.

L'obédience eut enfin, à son tour, ses loges d'instruction.

 

II

SA CONCEPTION PROPRE DE LA FRANC‑MACONNERIE


Minoritaire dans notre pays, le Rite Émulation étonne le Frère visiteur qui assiste à une de ses Tenues pour la première fois.  Il n'y retrouve pas, en effet, des rites qu'il tenait pour essentiels, notamment la purification par les Éléments.

S'il lisait les plus vieux rituels français, il ne les y trouverait pas davantage.  Ces derniers proviennent d'un phénomène capital, survenu dans la seconde partie du XVIIIe siècle : l'adjonction de l'Hermétisme.  Il naquit en Europe centrale du réveil des curiosités alchimiques, puis passa en France.  Oswald Wirth a admirablement expliqué son évolution et la symbiose extraordinaire qui s'ensuivit.  Plaqué sur le Rituel d'origine, lequel était tiré du seul art de construire, il devait, par le canal de la Stricte Observance, être à l'origine de tout l'Écossisme.  Le R.E.R., puis le R.E.A.A. en sortirent successivement.  La traditionaliste et archaïsante Angleterre, elle, demeura rétive.  Sans doute eut‑elle ses alchimistes, dont Elias Ashmole, mais aussi bien d'autres.  Le phénomène d'absorption qui avait vu jour sur 1e Continent ne passa pas cependant la Manche, ou alla se perdre dans quelques Side Dégrées.  Le Rituel de base demeura jalousement fidèle à "l'opératisme" des origines, et lorsqu'en plein XXe siècle il reviendra en France, traversant la Manche en sens inverse, nos Loges de Rite Émulation ne feront que 1e retrouver (6).

Son passage par l'Angleterre et la mentalité anglaise lui a insufflé cette force qui fait de lui la colonne dorique du Temple, comme son allergie aux fantaisies imaginatives.  L'hypothèse guénonienne d'une "Tradition" primordiale, ignorée de l'histoire scientifique, lui demeure inconnue ou incompréhensible.  Son réalisme ne saurait lui faire place.  Il s'est dégagé de même de la vieille conception mythique de l'histoire de l'Ordre, grâce aux travaux poursuivis depuis 1884 par l'illustre loge Quator Coronati n° 2076, et de ce que l'on a appelé la Légende dorée maçonnique.  Il ne se donne ni pour le continuateur de légendaires loges de Saint‑Jean ni pour celui des Templiers, ni moins encore de la Gnose.

Le solide bon sens britannique continue ainsi à soutenir le Rite Émulation à la manière dont le tuteur soutient l'arbre, et cela non seulement en France mais à la surface du globe.  S'ensuit‑il cependant que sa conception propre de la Franc‑Maçonnerie soit une sorte de "rationalisation" ?  Conduit‑elle à en faire une discipline trouvant sa place en épistémologie parmi les autres ? et à se trouver rangée, fût‑ce dans une niche d'honneur, parmi les classifications scientifiques (7) ?

Le croire serait lui retirer son âme. Certes, un concept nouveau a fait de nos jours son apparition, directement issu du long effort des Quator Coronati, concept auquel nous avons proposé de donner un nom : celui de maçonnologie.  Alain le Bihan l'a heureusement défini "l'intégration du fait maçonnique dans les sciences de l'homme".  Le contenu interne du message maçonnique ne tient pas cependant dans cette définition.  Le profane, si érudit soit‑il, consacrerait‑il sa vie, voire sa thèse, à l'étude de l'Ordre, ne l'étudiera jamais qu'à la manière des civilisations disparues, tel un assyriologue ou autre spécialiste.  L'objet de notre quête se trouve au plus profond du for interne.

Après avoir dit ce que, dans la conception Émulation, la nôtre, la Franc‑Maçonnerie n'est pas, essayons de tirer au clair ce qu'elle est.

L'erreur fondamentale est de la présenter comme une école de pensée, cliché commode mais faux.  Pareille conception n'a pas pour elle la tradition du XVIIIe siècle, où les "travaux" au sens moderne n'existaient pas.  (Le livre d'Amiable, qualifié à bon droit par Jean Baylot d'"incroyablement romancé" a trop contribué à accréditer l'idée, erronée, que les loges de l'époque, et plus particulièrement Les Neuf Soeurs, auraient été le véhicule des Lumières).  Si la Maçonnerie était telle, les aspirants à la connaissance seraient, à coup sûr, fondés à lui préférer l'enseignement profane, de l'école du soir au Collège de France, suivant leurs aptitudes.

Un "irrégulier" au talent d'envergure, Albert Lantoine, a repris, pour parler des "planches" et de leur ridicule trop fréquent les étrivières de Juvénal. Nous préférons passer la truelle ...

L'Art Royal se place sur une autre longueur d'ondes et le Rite Émulation ne fait que rejoindre nos plus anciens prédécesseurs lorsqu'il place le dialogue suivant dans la bouche du Vénérable et d'un candidat au Passage

‑ Qu'est‑ce que la Franc‑Maçonnerie ?  (What is Freemasonry ?)

‑ Un système particulier de morale, enseigné sous le voile de l'allégorie au moyen de symboles.  (A peculiar system of morality, veiled in allegory and illustrated by symbols).

La définition, véritable et authentique, de l'Ordre, de ses buts et de sa signification spirituelle, nous a été léguée en ces deux phrases par nos ancêtres et les déviations de la Voie substituée importent peu, qu'elles soient pseudo‑mystiques ou pseudo‑rationnelles.  Le mot important, le mot‑clef, est ici l'adjectif particulier.  L'Ordre n'est pas une école de pensée mais une école de morale, une ascèse.  Ce qu'elle offre à ce constructeur symbolique qu'est l'initie est une technique propre en vue de sa moralisation, tirée de ce que les Constitutions d'Anderson appellent la Géométrie, terme qui, chez lui, est synonyme de l'Art de construire.  Un sujet pourrait être titulaire des plus hauts diplômes universitaires mais ne pas être initiable, sa pierre brute ne se transformera jamais en pierre cubique et demeurera une roche poreuse.

En quoi ce système particulier, cette ascèse consistera‑t‑elle ?  Essentiellement en une transposition de l'opératif dans le spéculatif.  Tout est centré autour de cette transposition.  Les rites d'ouverture, de suspension et de reprise des travaux, de clôture ont deux sens : l'un opératif, l'autre ésotérique.  Il en va de même de la deuxième et de la troisième Grandes Lumières, dès lors qu'elles reposent complémentaires et parlantes, sur la première la "plus importante des trois".  Le même double sens sera affirmé ‑ et avec quelle force ! ‑ dans l'explication des Outils, celle du tablier et celle de la planche tracée.  L'ésotérisme sera porté à son plus haut degré à propos de tel point mystérieux au milieu d'un cercle appelé le Centre.  Pourquoi ? Les initiés le savent.

Le but suprême de cette ascèse se définit, en termes figurés, l'édification du Temple de Salomon, entendons par là celui qui est au plus profond de chaque initié, lequel ne travaillera pas, dès lors, à la seule construction d'une oeuvre humaine, contingente et périssable, mais A.L.G.D.G.A.D.L.U.

Et c'est là, sous le voile du pauvre langage humain, le Secret maçonnique.

 

III

ESPRIT DANS LEQUEL IL EST PRATIQUE


Il existe sur le Rite Émulation beaucoup d'idées "reçues", pour reprendre le mot ironique de Flaubert.  Il ne conviendrait pas à la mentalité française.  Son obligation du "par cœur" serait propre à en dégoûter les intelligences.  Sa prédominance excessive du Rituel sur les planches développerait le psittacisme au détriment de la réflexion.

La première critique sera vite réfutée.  Nous avons vu que le Rite dérive d'un Rite plus ancien et qui fut le seul pratiqué en France, avant que les deux Rites écossais y fussent connus.  Par sa sobriété grave, il s'apparente, en outre, à l'esprit classique le plus français.

La nécessité de pratiquer le Rituel par cœur ‑ au moins dans le maximum du possible et sans fétichisme littéral ‑ ne se justifie plus aujourd'hui pour les mêmes raisons qu'autrefois.  Le vrai motif, c'est la profondeur du Rituel.  Nombreux sont les Frères sincères qui en ont fait l'expérience : plus on l'approfondit, plus on le découvre, et, dès lors, plus on s'initie.  Un mot peut découvrir brusquement des horizons insoupçonnés.  C'est là le salaire de l'ouvrier‑constructeur qui l'a mérité.  Celui qui, au contraire, lit en loge triche.  Il n'assimilera dès lors son Rituel que superficiellement.  Parfois même il restera profane, et cela quelles que soient les dorures dont il sera recouvert.

La prédominance du Rituel sur les planches doit être comprise.  Le Rite Émulation n'a jamais interdit les planches, mais professant à bon droit que le cœur de la Maçonnerie est dans son Rituel, il les réserve pour les Tenues où il n'y a ni initiation, ni passage, ni élévation à faire.  Faire prédominer les planches ne peut se faire qu'au dam du Rituel.  Un programme de conférences chargé interdit d'initier les candidats un par un ou conduit à bâcler.  La conclusion se tire d'elle‑même.

L'utilité des planches n'apparaît qu'à un niveau élevé.  Ce sera l'objet de loges spécialisées, dites loges de recherches, qui, pour mieux remplir leur tâche, s'abstiendront d'initier.  L'exemple des Quator Coronati a fait preuve de l'excellence de cette conception.

Soulignons enfin, en conclusion, le rôle de l'agape.  Ce n'est pas là un simple repas cordial, pris entre camarades pour finir la soirée.  Dans la conception Émulation, l'agape a un caractère rituel et est soudé à la Tenue.  De là son caractère obligatoire, car elle n'est pas autre chose que la continuation des travaux sous une autre forme.  Les ouvriers avant bien travaillé ont mérité de "casser la croûte ensemble" (8).  C'est un nouvel exemple de la transposition opérative, mais l'ambiance y change du tout au tout.  Celle d'une Tenue en loge doit demeurer grave, solennelle, ainsi qu'il convient dès lors que le V.S.L. est ouvert sur l'autel.  Si des désaccords ou des discussions existent entre Frères, c'est dans les coulisses, en comité ou ailleurs, qu'elles doivent se régler.  Jamais en loge ouverte.  Ainsi s'explique aussi la cessation en loge du tutoiement, comme tout un cérémonial que la vie profane ignore.  A l'agape, rien de tel.  Verre en main, sous la présidence d'un Vénérable généralement débonnaire, l'amitié fuse et la joie éclate.  Les tristesses ou les cruautés de la vie sont à l'extérieur, et le Tuileur monte la garde.

Et, en rafales salubres, les toast eux‑mêmes se font symbole, celui de l'amour fraternel.

 

 

(1)  Rappelons ici la différence de sens de ce mot, selon qu'il est écrit avec un R majuscule ou un r minuscule. On nomme Rite une branche particulière de la Franc‑Maçonnerie : Rite Emulation, Rite Ecossais, etc., comparable aux "liturgies" de l'Eglise, auxquelles le terme distinctif de "Rite" a été donné également (Rite romain, Rite byzantin, Rite maronite, etc.). On nomme rite tel acte cérémoniel. Ex. : le rite du dépouillement des métaux.

(2) I1 importe de distinguer l'essentiel de l'accessoire. En dehors de ce que 1e Rituel prescrit comme substantiel, de simples habitudes ont inévitablement tendance à s'intaller. Les vieux maçons ont trop tendance à les tenir pour sacro‑saintes pour la seule mais insuffisante raison qu'ils les ont "toujours vu pratiquer" dans leur loge. Par exemple, l'usage, au cours d'une installation, de saluer le nouveau Vénérable "en passant, mais sans tourner la tête". Saluer quelqu'un sans le regarder est absurde. La force d'une habitude n'en a pas moins prévalu, et le Rite Emulation n'a rien, touchant à ces vétilles, à envier aux autres.

(3) Contrairement à une erreur naïve, répandue jadis surtout en Allemagne, les Opératifs ne possédaient pas un Rituel au sens où nous l'entendons et leurs cérémonies de réception n'étaient pas des initiations. L'on n'y communiquait que des "secrets" de métier, tel le Mason's word et les signes, destinés à réserver l'embauche aux seuls ouvriers qualifiés. Une autre erreur à ne pas commettre est de confondre la Maçonnerie opérative médiévale avec le "Compagnonnage", organisation toute française et qui n'apparut qu'au XVIe siècle. Cf. notre livre Les mythes maçonniques (Payot, 1974), chap. II.

(4)  La réceotion mystérieuse (1737), Catéchisme des francs maçons (1744). L'Ordre des francs maçons trahis (1744). Le Sceau romzu (1745). La désolation des entrepreneurs modernes (1747). Le Maçon, démasqué (1751), etc.

(5) C'est‑à‑dire vers 1725. Si la cérémonie d'installation d'un Vénérable se fait toujours actuellement au grade de compagnon, c'est que cette cérémonie date d'une époque où ce grade était encore le grade suprême, antérieur à l'apparition du grade de maître. I1 n'est pas de preuve plus tangible de sa haute antiquité.

(6)  Ainsi s'explique aussi l'absence de l'Orateur au Rite Émulation, déjà connu en France à l'époque du Discours de Ramsay, mais que la maçonnerie anglaise devait continuer à ignorer et que, dès lors elle ne pouvait nous retransmettre.

(7) Pareille "rationalisation" a existé. Ce fut celle, au siècle dernier ‑mais non au XVIIIe siècle ‑, du Grand Orient de France. On peut y voir une erreur symétrique de l'erreur "mythique".

(8)  Aussi est‑ce, pensons‑nous, une erreur que d'organiser des "banquets blancs".  La Franc‑Maçonnerie régulière ignore les "Tenues blanches".  Or, qu'est‑ce qu'un banquet maçonnique, sinon, comme nous l'indiquons, qu'un déplacement de la Tenue?  Le Rituel 1e dit en toutes lettres en parlant du "passage du travail au repos" lors d'une suspension.  Or, l'agape, jadis, en était une.  Il en va tout autrement de la "soirée des dames" (ladies night), généralement annuelle, destinée à honorer les épouses.  Au gai XVIIIe siècle, certaines invitations portaient même "Wives and sweet hearts".  Depuis l'ère victorienne, elles sont tombées en désuétude en Angleterre et la G.L.N.F. ne les a pas fait revivre ...


ALEC MELLOR 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 16:07

CONCERNANT DIEU ET LA RELIGION.


Quiconque par amour de la connaissance, pour le désir d'étendre son champ d'utilité, ou pour tout autre motif vertueux, désire devenir Franc-Maçon, doit être informé qu'il doit croire fermement dans l'existence de la Divinité, et qu'il doit l'adorer, et lui obéir en tant que Grand Architecte et Gouverneur de l'Univers.


Les Francs-Maçons sont strictement astreints d'observer la loi morale, et de fuir les voies de l'immoralité et du vice. Ils doivent également éviter les erreurs grossières du Libre-penseur, de la bigoterie et de la superstition. Ils doivent faire un usage convenable de leur raison personnelle, " en vertu de cette liberté par laquelle " en tant que Maçon " ils sont faits libres; " " d'en user, mais non d'en abuser."

Ils sont tenus d'adhérer aux grands principes essentiels de la religion révélée sur laquelle tous les hommes sont d'accord, alors que la façon et les formes d'adoration sont laissées à leur propre jugement. Il s'ensuit que les Francs Maçons sont des hommes de bien et loyaux ; hommes d'honneur et de probité, hommes vertueux, quels que soient les noms qui aident à les distinguer. De par ce compte-rendu de la religion du métier, il ne faut pas supposer que la.
Maçonnerie enseigne aux hommes à devenir indifférents envers la religion et l'état futur. C'est le contraire qui est vrai.

La Franc-Maçonnerie recommande et enseigne la religion et la moralité comme essentielles à sa propre prospérité et au bonheur de ses membres. Elle s'efforce, dans tous ses rites, d'imprégner l'esprit de la confrérie de ces profonds devoirs. Elle travaille à rendre ses membres pieux et vertueux ici-bas, afin qu'ils soient heureux dans " l'au-delà." Un Athée ne peut pas être admis, parce qu'il ne pourrait se considérer comme lié par une obligation religieuse.

Les hommes immoraux sont rejetés par nos règlements, parce qu'ils vivent en défiance des lois et commandements de Dieu; et que les individus, ou les sociétés composées de tels individus, ne peuvent servir le bonheur de leurs semblables, ni recevoir les bénédictions du ciel sur aucun de leurs actes.


Toutefois, la Franc-Maçonnerie n'enquête pas sur quelles religions particulières ou quelles dénominations ses membres appartiennent. Cela est une question qu'il est sage de laisser à Dieu et à eux-mêmes. " Devant leur propre maître ils se dressent ou tombent." La bienveillance universelle est la plus grande aspiration morale. Elle constitue l'étoile polaire de la Maçonnerie. Les influences sectaires et les disputes sont susceptibles de réduire cette gaie sympathie pour tout le genre humain, laquelle est le dessein que notre Ordre cultive et sert.

Les disputes religieuses, et non la Religion, sont bannies de nos Loges. Chaque Franc-Maçon doit adorer Dieu de la manière et sous la forme que consciemment il croit être la plus acceptable aux yeux de Dieu, et la plus conforme à Sa parole. En somme, la moralité et les devoirs religieux du Maçon sont contenus dans ce commandement : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, et tes voisins comme toi-même."

 

 

 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 15:32

Biographies

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Dictionnaires, encyclopédies

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PORSET Ch., Hiram Sans-Culotte ? Franc-maçonnerie, Lumières et Révolution : trente ans d'études et de recherches, Paris, Honoré Champion, 1998.


Histoires de la franc-maçonnerie (International)

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BEAUREPAIRE P.-Y., Franc-maçonnerie et cosmopolitisme au siècle des Lumières, coll. Encyclopédie maçonnique, Paris, Editions maçonniques de France, 1998.

GRIFFE M., Histoire de la franc-maçonnerie. Approche d'une chronologie, Cannes, Editions T.S.H., 1995. Remarquable synthèse avec une vue…panoramique. Indispensable.

LEMAIRE J. (éd.), La franc-maçonnerie et l'Europe = La Pensée et les Hommes n° 19, Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles, 1992.

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PORSET Ch. (éd.), Acta Latomorum et Historica. Mélanges offerts à Daniel Ligou, Paris, Honoré Champion, 1998.


Histoires de la franc-maçonnerie (Italie)

MOLA A.A., Storia della Massoneria italiana dalle origini ai nostri giorni, Milan, Bompiani, 1992.


Revues maçonniques

Cahiers Jean Scot Erigène, Paris, Loge de recherche Jean Scot Erigène de la Grande Loge de France.

Bulletin de la Fédération française de l'Ordre mixte international Le Droit Humain, Paris.

Le Maillon, Paris, Editions Detrad, revue interobédientielle.

Le Tracé, Paris, revue de la Grande Loge féminine de France.

Humanisme, Paris, revue des francs-maçons du Grand Orient de France.

Points de Vue Initiatiques, Paris, revue de la Grande Loge de France.

Chroniques d'histoire maçonnique, Paris, revue de l'Institut d'études et de recherches maçonniques (IDERM), Paris, Grand Orient de France (dir. André Combes).

Travaux de la Loge nationale de recherches Villard de Honnecourt, Paris, Grande Loge Nationale Française.

Logos, Bruxelles, revue du Grand Orient de Belgique (bilingue français-néerlandais).

Acta macionica, Bruxelles, Grande Loge Régulière de Belgique.

Renaissance traditionnelle, Paris (excellente revue d'études historiques et symboliques).

Salix, Paris, Grande Loge Nationale Française.

La Chaîne d'Union, revue d'études symboliques et maçonniques du Grand Orient de France.


Symbolisme et rituels

DECHARNEUX B., NEFONTAINE L., Le symbole, Paris, Presses Universitaires de France, 1998.

NEGRIER P., Le Temple et sa symbolique, Paris, Albin Michel, 1997.

ALLEAU R., De la nature des symboles (coll. Symboles), Paris, Flammarion, 1958.

ALLEAU R., La science des symboles. Contribution à l'étude des principes et des méthodes de la symbolique générale (coll. Bibliothèque scientifique), Paris, Payot, 1978.

BACHELARD G., L'eau et les rêves. Essai sur l'imagination de la matière, 1942 ; L'air et les songes. Essai sur l'imagination du mouvement, 1943 ; La terre et les rêveries de la volonté. Essai sur l'imagination des forces, 1948 ; La terre et les rêveries du repos. Essai sur les images de l'intimité, 1948 ; La poétique de l'espace, 1957 ; La poétique de la rêverie, 1960.

BAYARD J.-P., Le symbolisme maçonnique traditionnel, tome 1 : Les loges bleues (coll. Symboles, symbolismes), 3° éd. remaniée et augmentée, Paris, Lauzeray International, 1978. Réédité depuis chez Edimaf, Paris.

BENURAUD A., BRUGNAUX C., Eléments pratiques de formation maçonnique et symbolique, Firminy (France), Les Amis de Tristan Duché, 1993. Il s'agit d'un ensemble de fiches contenues dans un classeur de seize anneaux.

NEFONTAINE L., Symboles et symbolisme dans la franc-maçonnerie. Tome 1 : Histoire et historiographie, Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles, 1994.

NEFONTAINE L., Symboles et symbolisme dans la franc-maçonnerie. Tome 2 : Phénoménologie et herméneutique, Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles, 1997.

BERTEAUX R., La symbolique au grade de maître, Paris, Edimaf, 1982 ; La symbolique au grade d'apprenti, Paris, Edimaf, 1986 ; La symbolique au grade de compagnon, Paris, Edimaf, 1986.

BERTEAUX R., Le Rite Ecossais Ancien et Accepté. Sa symbolique, ses degrés supérieurs (du 15° au 33°), Paris, Edimaf, 1987.

BIEDERMANN H., Encyclopédie des symboles (coll. Encyclopédies d'aujourd'hui), édition française établie sous la direction de Michel CAZENAVE, Paris, Le Livre de Poche, 1996.

CASSIRER E., Philosophie der symbolischen Formen, 3 vol., Berlin, 1923, 1925, 1929 ; trad. française La Philosophie des formes symboliques, 3 vol., Paris, Minuit, 1972.

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Published by Thomas Dalet - dans bibliographie
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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 15:23

Tracer un schéma historique de la G.L.T.S. « Opéra » quarante ans après sa
fondation permettra, nous l'espérons, à tous ceux qui portent intérêt au
mouvement maçonnique de mieux cerner la place de chacun dans ce qu'on peut
appeler la galaxie des obédiences.

Il n'est peut-être pas inutile de rappeler d'emblée que le groupe à l'origine de
la création de l'obédience en 1958 n'était constitué, tout au plus, que d'une
trentaine de maçons décidés alors que la G.L.T.S. « Opéra » groupe aujourd'hui
deux mille cinq cents maçons dans cent trente-quatre loges.
Hélas, très peu de cette trentaine figurent encore sur les colonnes. L'âge sans
doute mais aussi la camarde ont joué leur rôle dans cet éclaircissement et
quelques uns seulement ont, à un moment ou à un autre, pour des raisons d'eux
seuls connues, pris leurs distances. Ce qui permet d'affirmer, tous comptes
faits, que nous sommes à présent devant un constat de réussite.

Sans vouloir attrister d'entrée de jeu notre propos avec une chronique
nécrologique, nous voudrions pourtant évoquer deux des noms les plus marquants
de cette épopée. Le premier, qui a quitté ce bas monde en 1965, est Pierre de
Ribaucourt dont le nom est étroitement lié à cette obédience comme un maillon
incontournable de la chaîne qui la relie, à travers les siècles, aux origines
mêmes de la maçonnerie. Le second, également disparu, est Abel Hermand. Il fut,
quant à lui, le lien ténu avec ce qu'il est convenu d'appeler l'Ordre Intérieur
du Régime Écossais Rectifié. Deux figures inoubliables pour un hommage des plus
mérités.

Très jeune organisation, disions-nous. Oui, car la création d'une obédience sous
le nom de « Grande Loge Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies
Françaises » ne date que de 1913. Mais elle est le point de départ de ce qui
allait devenir la G.L.N.F. dans l'immédiat après-guerre, puis G.L.N.F. Bineau
après la scission de 1958 (voir plus loin).
Mais pourquoi donc, une fois séparés de Bineau, avoir conservé le titre de G. L.
N. F. ? Tout simplement parce que les dissidents se considéraient comme seuls
héritiers et dépositaires de l'esprit français qui avait prévalu lors de la
création de l'obédience en 1913. Les deux descendants directs de son créateur
Édouard de Ribaucourt, Pierre le fils et Édouard le petit-fils, étaient parmi le
plus actifs de la cause.
Et pourquoi Opéra ? Tout simplement encore, parce que l'un deux pouvait disposer
de locaux à l'adresse du « cercle Républicain », au numéro 5 de l'avenue de
l'Opéra, à Paris, et qu'une adresse officielle était indispensable pour le dépôt
en préfecture de la demande de création d'une association nouvelle. La «
G.L.N.F. Opéra » allait en naître.

Revenons à la création de 1913. Elle était elle-même l'aboutissement d'une
longue marche, jalonnée de ces multiples péripéties dont toute l'histoire de la
maçonnerie, trop humaine en ce sens, est largement émaillée. On y trouve tout et
son contraire pour peu qu'on la regarde dans les détails, mais elle est aussi,
si on l'observe du point de vue de Sirius, un sillon comme celui que savait en
son temps tracer le laboureur et son solide attelage de boeufs.

Documents rares, souvent incomplets, parfois contradictoires et truffés de
langage particulier, cryptés, truqués et tendancieux. Il n'est pas facile de s'y
retrouver et l'historien y rencontre bien des embûches. On peut s'en consoler
car l'essentiel a sans douté été mis ainsi à l'abri du regard des profanes,
l'allégorie seule se chargeant du message confié au langage des symboles.
La loge connue sous le nom de « Centre des Amis » et qui porte le numéro 1 de la
G.L.T.S. « Opéra » est chargée d'une histoire qui est celle de l'obédience tout
entière. Elle peut être aussi considérée comme un vecteur privilégié du Régime
Écossais Rectifié de son origine à nos jours.

La destruction, en 1314, de l'Ordre du Temple est un fait historique. Si la
transmission de son message par des chevaliers mandatés reste discutable, le
fait que, ayant accueilli ces fuyards, Robert Bruce, roi d'Écosse, créa en son
royaume l'Ordre de Saint-André du Chardon d'Écosse n'est pas discutable. Que
lesdits émissaires de Jacques de Molay y aient déposé ledit message reste
également discutable.
Que l'Ordre du Chardon ait survécu ou non aux tragiques fluctuations de
l'histoire d'Écosse et d'Angleterre reste discutable, mais que Jacques II,
chassé par son gendre, se soit établi au château de Saint-Germain-en-Laye en
1688 ne peut être contesté.
Non plus le fait qu'il y ait institué une loge bleue sur laquelle fut souché
un chapitre de Maîtres Écossais de Saint-André.

Comment de là la Tradition se développe en France, passe en Thuringe puis en
Allemagne, et par quels princes et gentilshommes, quels mariages, quelles
relations amicales ou militaires, encore des points discutables. Mais, à partir
de là, les ouvrages ne font pas défaut et chacun, selon sa sensibilité, peut s'y
référer.
La publication vers 1735 du fameux « Discours de Michel de Ramsay » tend à
établir sur des bases historiques les origines chevaleresques de ce qu'on
appelle alors l'Art Royal. Il contribue à répandre l'Écossisme au sein des
nombreux ateliers qui, depuis Saint-Germain-en-Laye et en quelques trente-sept
ans, ont proliféré dans toute la France. Prolifération des ateliers mais aussi
prolifération parallèle de hauts grades plus ou moins fantaisistes. La plus
grande confusion règne en Europe comme en France dans ce développement quasi
anarchique.

Séjournant à Paris en 1745, le baron de Hund qui se dit dépositaire de lumières
initiatiques d'origine templiéres, pompées soit dit en passant auprès des
mahométans de Jérusalem, les transmet à des ateliers supérieurs. C'est à partir
de 1756 que ce régime prend une grande extension à travers toute l'Europe, miné
pourtant en bien des points par des influences extérieures, cléricales ou
autres.

Et c'est en 1763 qu'un convent est réuni à Aldenberg en Thuringe et que se
trouve codifié la « Stricte Observance Templière ».
Un nouveau convent doit pourtant se réunir neuf ans plus tard, en 1772, à Kohlo,
convent au cours duquel le duc Ferdinand de Brunswick est élu grand maître de la
« Stricte Observance Templière ». Un autre de 1775, à Brunswick, un encore en
1778, à Wolfenbütel, et un à Dresde. Autant de débats et de confrontations au
cours desquels se façonne un nouveau régime au sein duquel semble s'être
dissoute la « Stricte Observance ».
Sans oublier le mémorable Convent des Gaules, à Lyon en décembre 1778, dont
l'importance capitale sur les destinées de l'Ordre n'est plus à démontrer ni le
rôle prépondérant du mystique Jean-Baptiste Willermoz, confluent des deux
courants spirituels du martinisme et du martinézisme. Là furent élaborés deux
documents d'importance capitale dont « le code maçonnique des Loges réunies et
rectifiées en France .» pour les loges bleues.
Là également furent abandonnées définitivement les prétentions à l'héritage
politique et séculier des Templiers et, en place, confirmée la tradition
templière ; bâtir le Temple mystique. Abandon et confirmation desquels est, en
partie au moins, née et adoptée la mention de Rectifié attribuée depuis au
régime écossais auquel nous nous référons. Son retentissement fut tel que le duc
de Brunswick décida d'en faire bénéficier l'ensemble de la maçonnerie dans toute
l'Europe continentale, décision à l'origine de la convocation du Convent de
Wilhemsbad ouvert le 20 juillet 1782.

Mais où est donc le « Centre des Amis » dans tout cela? Patience, nous y venons,
nous nous attardons seulement un peu et cette longue marche, qui n'est pourtant
qu'un raccourci bien succinct, n'a pour objet que de situer le « Centre des Amis
» avec les lointaines origines de la maçonnerie évoquées plus haut. Ce lien est
bien antérieur à la création en 1913 de la « Grande Loge Indépendante et
Régulière pour la France et les Colonies Françaises ».
Ce lien qu'on commence peut-être à percevoir passe encore par un chemin parsemé
de nombreuses embûches. La moindre n'est sans doute pas la Révolution Française
qui stoppa momentanément le fabuleux essor de la maçonnerie en général pour,
peutêtre, lui en donner un plus grand encore à la fin des troubles. Nous savons
qu'un « Grand-Orient » était en place avec une assise considérable avant même le
Convent des Gaules. Il coiffait en particulier des loges militaires réunissant
de nombreux gardes suisses dont on sait aussi la place qu'ils occupaient sous
l'Ancien Régime.

L'une d'elles, qui reçut sa patente constitutive à l'Orient des Gardes Suisses,
le 24 juillet 1778, sous le titre distinctif de « Guillaume Tell », fut
confirmée par un acte du « Grand-Orient » du 10 avril 1789. La plupart de ses
membres disparurent tragiquement le 10 août 1792, littéralement massacrés lors
de l'assaut des Tuileries. Ils reposent en paix sous les pelouses de la chapelle expiatoire du square Louis
XVI à Paris.
Leurs frères français survivants ne voulurent pas les oublier et sollicitèrent
du « Grand-Orient » l'autorisation de se réunir sous un autre titre distinctif.
C'est alors qu'apparaît le nom de « Centre des Amis ». Une loge qui va se réunir
dès lors contre vents et marées, travaillant au début au Rite Français. Mais le
24 octobre 1807, elle demande à adopter le « Régime Écossais Rectifié de Dresde
», comme on le nommait parfois à l'époque.
La guerre cependant a déchiré et déchire encore l'Europe entière et la
maçonnerie n'échappe pas à la tourmente ; elle s'en trouve même passablement
ébranlée. Willermoz, qui a de justesse échappé au massacre en 1793, n'a pourtant
pas désarmé et certains suggèrent qu'il pourrait bien être celui (il a presque
quatre-vingt quinze ans à l'époque) qui aspira les responsables du « Centre des
Amis » vers ce ralliement. Une lettre du 10 septembre 1810 semblerait en
apporter la preuve. Il y déclare, s'adressant au prince de Hesse-Cassel :
« ... je viens te parler d'un établissement maçonnique formé à Paris en 1808 et
que j'ai ensuite constitué de même en Préfecture provisoire. Il y prospère sous
le titre de loge du Centre des Amis ; c'est une pépinière qui nous a déjà rendu
de grands services. Car, c'est par les soins des principaux membres de cette
Loge qui furent alors députés auprès de moi à Lyon pour obtenir et copier les
rituels, instructions et documents de tous les grades du Régime, que nous devons
l'honneur et l'avantage inappréciable d'avoir maintenant un protecteur, un Chef
et un GrandMaître National du Régime Rectifié en France, dans la personne du
Sérénissime Frère de Cambacérès, Prince, etc. Qui était déjà depuis quelques
années Grand-Maître des loges du Rite Français, dirigées par le Grand-Orient de
France. »
Le Grand-Orient a dit oui et désormais le « Centre des Amis » ne quittera plus
le Régime Écossais Rectifié. De 1808 à 1814, ses travaux sont conduits dans son
plus pur esprit. Mais la chute de l'Empire porte à l'institution un coup si
sévère qu'on peut craindre un moment la disparition en France de la loge et du
régime.
La dispersion des ses archives est confirmée par un document daté de 1837 qui
nous révèle également que, comme d'aucuns s'y rendent aujourd'hui pour y puiser
dans leurs coffres les écus plus ou moins honnêtement dissimulés, trois vieux
membres du « Centre des Amis » se tournent alors vers Genève pour y solliciter
des Corps supérieurs de la franc-maçonnerie helvétique leur aide pour le
rétablissement du Prieuré de Neustrie.

Cette aide acquise, le trois frères se mettent à l'oeuvre en 1839, mais, hélas,
pour peu de temps ; ils se mettent en sommeil deux ans plus tard, confiant cette
fois archives et rituels à la Préfecture de Genève.
S'ouvre alors une triste période de calomnies et de persécutions de la part de
l'Église romaine qui conduit, par réaction la maçonnerie à un matérialisme
ostentatoire dont on souffre encore de nos jours. Une résolution est votée au
Convent du « Grand-Orient de France », en 1877, qui « décide ne plus faire de la
croyance au Grand Architecte de l'Univers un article de foi maçonnique ». La
formule est rayée des documents de l'Ordre et entraîne dès lors une rupture des
relations avec les puissances maçonniques du reste du monde.

C'est finalement, après une mort apparente de soixante-dix ans, que le « Centre
des Amis » renaît en 1910, tel le phénix, sous l'impulsion d'un certain nombre
de membres du « Grand Prieuré d'Helvétie », En 1911, un accord est signé entre
le Grand-Orient et le Grand Directoire de Genève : le Grand-Orient autorise à
nouveau le « Centre des Amis » à travailler avec les anciens rituels, Le rite
suscite alors un très vif intérêt et la loge prospère rapidement.
Trop, peut-être? Car, après deux ans, l'autorisation d'user de l'exergue « À la
Gloire du Grand Architecte de l'Univers » lui est brutalement retirée. Et la
voilà contrainte à l'exil pour garder son rite dans la pureté originelle.
Et, par ce grand détour, nous voici revenus en 1913 et à la création sous
l'égide du « Centre des Amis », de la « Grande Loge Indépendante et Régulière
pour la France et les Colonies Françaises », « L'Anglaise », numéro 204, de
Bordeaux et « Saint-George » ne tardent pas à se joindre au « Centre des Amis ».
Serait-ce déjà l'arrivée du cheval de Troie grand-breton qui amènera la
prédominance anglaise et l'inévitable scission de 1958? Nous n'oserions le
prétendre, mais qui sait? Son premier Grand-Maître est Édouard de Ribaucourt,
père de Pierre dont nous avons plus haut évoqué la mémoire.
La première guerre mondiale achevée, l'obédience se développe assez
régulièrement. Nous laisserons pour ce qu'elles furent les chamailleries et
autres vicissitudes qui jalonnèrent ce développement. Là, comme partout, il ne
s'agit que d'hommes et les colliers entravent parfois plus l'homme qu'ils ne le
distinguent. Ce en quoi l'humble devise des Templiers, ceux des Croisades, dont
certains se prétendent dépositaires est bien souvent mise à mal : « Non nobis,
domine... » Vingt-et-un ans à peine et vient une autre guerre. S'ouvre alors une
période au cours de laquelle il vaudra mieux nier son appartenance maçonnique
que de constituer des archives. La tête sur le billot n'était pas une image de
rhétorique en ces temps troublés. Et six années de sommeil laissent une période
désespérément creuse pour l'Histoire.

Dès la reprise des travaux, au lendemain de la Libération, l'interminable titre
de 1913 est ramené à « Grande Loge Nationale Française », point !
La machine tourne avec un ronron de moulin. Les loges sont nombreuses et les
admissions vont bon train. La règle veut qu'un convent soit réuni chaque année.
Celui de 1958 s'ouvre le 22 février. Et là, nous quittons l'histoire pour
l'anecdote, mais une anecdote qui va ouvrir une histoire. L'histoire de la «
Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra », On ne sait trop pourquoi mais
l'atmosphère est un peu tendue en de début de convent, à tel point que la parole
est sèchement refusée à plusieurs délégués de loges dès l'examen du rapport
financier. Un projet de modification du règlement général avait été
régulièrement déposé et devait venir à l'examen mais il semble que tout eut été
fait pour que les délégués de loges ne fussent pas informés suffisamment tôt
pour en connaître l'exacte teneur et le but poursuivi.

L'incident était devenu inévitable et, après moultes péripéties peu glorieuses,
une rupture intervint et certaines loges quittèrent l'obédience.
S'ouvre alors une période faste, l'air vif s'engouffre. « La France », loge
tombée en sommeil depuis l'entre deux guerres, va être réveillée par d'aussi
illustres frères que Robert Ambelain, Philippe Encausse, Pierre Mariel, Irénée
Séguret et quelques autres.
Les réceptions se succèdent. La rigueur est pourtant de règle et tout écart dans
le déroulement des cérémonies est relevé et rapidement corrigé si nécessaire.
Cinq ans plus tard, l'obédience est partout reconnue et reçue.
Quinze loges, dont sept à Paris, une à Saint-Germain-en-Laye, une à Dunkerque,
trois à Lille, une à Lyon, une à Nancy, une à Strasbourg et même une à
Léopoldville (qui n'est pas encore Kinshasa) figurent à la matricule.
Recueillis des mains d'un illustre frère très âgé qui les détient depuis 1935,
des documents incontestables permettent le réveil de l'Ordre Intérieur[2]. Ceci
va enfin permettre à ce cher vieux « Régime Écossais Rectifié » de reconstituer
son maillage et de s'épanouir comme peut-être il n'avait encore jamais réussi à
le faire depuis le convent créateur de 1782.
La « G.L.T.S. Opéra », nouveau nom de la « G.L.N.F.-Opéra » compte actuellement
cent trente-quatre loges (dont un certain nombre hors frontières) et deux mille
cinq cents membres.
Ce qui est modeste par rapport à d'autres obédiences mieux implantées et plus
bruyantes. Cependant doit-on se lamenter sur une si modeste place et un certain
manque de puissance? Le pouvoir dans la cité ne fait vraiment pas ou, en tout
cas, ne devrait pas faire partie de la recherche du maçon. La pureté du message
reçu demeure ou devrait demeurer son unique préoccupation et nous pouvons très
bien nous contenter de le transmettre comme nous l'avons reçu en nous remémorant
simplement l'adage qu'aimait à citer Édouard de Ribaucourt] :

" C'est la seule richesse qui s'accroît quand on la partage ".

Passer en quarante ans de trente-cinq membres à deux mille cinq cents peut
sembler à certains une performance modeste ; soit, peut-être, mais c'est
qu'alors nombre de feuilles mal accrochées se sont détachées au fil des ans. Ce
qui n'a pourtant pas empêché l'arbre de fortifier sa ramure, le Régime Écossais
Rectifié est solidement assis au sein de la Fédération Opéra dont il reste le
pilier central.
J'aimerais conclure en vous livrant une forte pensée : elle n'a pas grand chose
à voir avec le sujet de cet article, elle n'est, hélas !, pas de moi. J'en
ignore même l'auteur, amis elle mérite attention et chacun pourra la méditer à
loisir.

DES CENT TREIZE  il y a ceux qui font quelque chose
il y a ceux qui ne font rien
il y a ceux qui croient faire quelque chose il y en a trois qui font quelque chose
il y en a dix qui font des conférences sur ce que font les trois
il y en a cent qui font des conférences sur ce que disent les dix
il arrive que l'un des cent dix vienne expliquer la manière de faire à l'un des
trois alors, l'un des trois intérieurement s'exaspère et extérieurement sourit.
Mais il se tait, car il n'a pas l'habitude de la parole ;
d'ailleurs, il a quelque chose à faire.

André GAYET

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 15:18

Détail de ce qui s'exige pour la Réception d'un Apprenti parmi les Francs-Maçons, par Demandes & Réponses


D. D'où venez-vous ?

R. Du Collège ou Société de saint Jean.

D. Qu'est-ce que l'on vous a commandé ?

R. Les bien Nobles Confrères & Co-Membres du Collège de saint Jean m'ont ordonné de vous saluer cordialement trois fois.

D. Que voulez vous faire ici ?

R. Je ne prétend pas suivre ma propre volonté, mais plutôt contraindre mes désirs, en observant les Préceptes des Maçons & de faire journellement des progrès en cette profession.

D. Etes-vous Maçon ?

R. L'on me tient pour tel, étant reçu par les Frères & Membres.

D. Comment peut-on être assuré que vous êtes Maçon ?

R. Par des signes & par des preuves complètes touchant les observations principales de mon entrée.

D. Qu'est ce que c'est des signes ?

R. Tous les angles carrés & rectangles.

D. Quelles sont les preuves ?

R. Des certains jeux de mains fraternels ordonnés.

D. Eclaircissez-moi les points principaux de vôtre entrée ?

R. En me donnant de la lumière touchant le premier chef, je vous éclairerai concernant le second.

D. Ne les publierez-vous point ?

R. Je les cacherai toujours.

D. Qu'est-ce que vous cacherez ?

R. Toutes les choses secrètes & mystérieuses des Maçons, si ce n'est envers un bon & légitime Frère, après avoir dûment interrogé, & accepté dans un bien noble Collège réglé par les Frères & Membres.

D. Où est-ce qu'on vous a fait Maçon ?

R. Dans un Collège complet & réglé.

D. En quoi consiste un Collège complet & réglé ?

R. Il faut sept personnes ou davantage.

D. Quelles sont telles ?

R. Un Maître, deux Surveillants, deux Ouvriers, & deux Apprentis acceptés.

D. Combien faut-il pour un petit Collège ?

R. Cinq Personnes.

Quels sont ces cinq ?

R. Ce sont un Maître, deux Surveillants, un Ouvrier, & un Apprenti accepté.

D. Qui est-ce, qui vous introduit dans ce Collège ?

R. Un Apprenti accepté.

D. De quelles circonstances votre introduction fut-elle accompagnée ?

R. Cette entrée se fit ni nu, ni habillé, ni chaussé, ni nu-pieds, sans aucun métal, dans une figure ambulante & non surnaturelle.

D. De quelle manière avez-vous eu accès ?

R. En frappant fortement trois fois.

D. Qui est-ce qui vous a reçu ?

R. Le Second Surveillant.

D. Comment vous a-t-il placé ?

R. Il me conduisit du côté du Nord-Est du Collège, & de là en retournant vers le côté Ouest ; enfin, il me présenta au

Premier Surveillant.

D. Que fit le Premier Surveillant à votre égard ?

R. Il me proposa & m'enseigna, qu'en avançant trois pas, je m'approcherais du Maître du Collège.

D. Que fit le Maître du Collège à votre sujet ?

R. Il me fit Maçon.

D. Avec quelles cérémonies cela se faisait-il ?

R. J'entrai en Office en faisant le serment de Maçon. Voici la posture, où je me tenais, couché sur les genoux, le corps dans un carré touchant par la circonférence la poitrine gauche nue, & mettant la main nue sur la Bible.

D. Avez-vous retenu l'engagement de votre profession ?

R. Je ferai de mon mieux, pour en expliquer le contenu.

« Je proteste & jure en préférence du tout-puissant DIEU, devant cette bien noble Assemblée, que je tairai & cacherai îles Secrets mystérieux des Maçons, ou de la Société des Maçons, dont on voudra me faire la communication; jamais je ne les découvrirai, si ce n'est à quelque véritable & légitime Frère & Membre : De plus, je promets & assure que je ne les publierai point d'une façon non permise, ni par la voie de l'écriture, ni par celle de l'impression, ni par le dessin, ni par sculpture, tant en bois qu'en pierre, en imitant quelque caractère intelligible ou alphabet reconnaissable. Le tout sous le châtiment restrictif, que la Langue me soit tirée de la bouche, & le Cœur de la poitrine gauche que la Tête me soit coupée & toutes ces pièces jetées dans la mer, où pendant les vingt quatre heures il y a deux fois flux & reflux, un peu éloigné du Rivage pour y être enterrées & enfoncées sous le sable de la mer, à la façon des mariniers, le Corps réduit en cendres, qui seront jetées au vent afin de ne plus conserver aucun souvenir d'un traiter de Maçon. »

D. De quelle forme est la Chambre du Collège ?

R. C'est un quarré long.

D. De quelle longueur est-elle ?

R. D'est en Ouest

D. De quelle largeur ?

R. Du Nord au sud.

D. De quelle hauteur ?

R. Des pouces, des pieds, des coudées innombrables, aussi haut que le ciel. (chaque coudée, fait deux pieds de Paris)

D. De quelle profondeur ?

R. Jusques au centre de la terre.

D. En quel endroit est placée cette chambre ?

R. Sur un fond sacré, soit sur la montagne la plus haute, ou dans un vallon le plus profond ou dans quelque autre lieu caché.

D. Quelle est sa situation ?

R. Tout en Est & Ouest.

D. Pourquoi cette assiette ?

R. Pour imiter les Eglises & les Chapelles.

D. Quels sont les fondements de cette Chambre ?

R. Trois grands Piliers.

D. Quels Piliers donc ?

R. Ces trois colonnes ou Piliers sont la Sagesse, le Force, & la Beauté.

D. Quelle est la raison ?

R. La Sagesse pour l'ordonnance, la Force pour soutenir, & la Beauté pour l'ornement.

D. Quel en est le plafond ?

R. C'est un Ciel de Nuées embellies de toute sorte Couleurs.

D. Y a-t-il des meubles ?

R. Vraiment.

D. Quels sont ces ajustements ?

R. Des ouvrages à la mosaïque, une Comète & une pièce garnie d'or.

D. A quel usage sont employés ces effets ?

R. Le pavé de la Chambre est orné d'ouvrages à la Mosaïque, la Comète se trouve au centre, & tout le tour de la Chambre est tapissé d'un brocard d'or.

D. Y a-t-il d'autres Ornements ?

R. La Bible, un Compas, & un Carré.

D. Qui est le Propriétaire de ces pièces ?

R. La Bible appartient à DIEU, le Compas au Maître, & le Carré est destiné à l'Ouvrier.

D. Y a-t-il encore d'autres choses précieuses ?

R. Oui, il y a encore autre chose.

D. Qu'est-ce qu'il y a donc ?

R. Il y a encore six Pièces, trois à toucher & trois non à toucher.

D. Quelles sont les Pièces à toucher ?

R. Une Règle pour tirer des lignes parfaites & droites, le plomb pour examiner la droiture des murailles horizontalement & le cordon pour mesurer le fond perpendiculairement.

D. Quelles sont les trois autres ?

R. Une planche, une pierre brute, & un marteau pointu.

D. A quel usage sont destinés ces matériaux ?

R. La planche sert au Maître pour dessiner des plans, la pierre vient à propos à l'ouvrier pour aiguiser ses Instruments, le Marteau pointu est utile à un Apprenti accepté.

D. Cette Chambre ne manque-t-elle pas de lumière ? Y fait-t-il clair ?

R. Il y a trois clartés.

D. Quelles sont ces trois clartés ?

R. Le Soleil, la Lune & le Maître Maçon du Collège.

D. Il faut expliquer cela davantage.

R. Le soleil le jour, la Lune la nuit, & le Maître pour gouverner son Collège.

D. Se trouve-t-il des clartés immobiles dans cette chambre du Collège ?

R. Oui

D. Combien en y a-t-il ?

R. L'on y voit trois.

D. Comment sont-elles rangées ?

R. En Est, en Sud & en Ouest.

D. De quelle utilité sont-elles ?

R. Pour éclairer les Ouvriers tant durant le travail que pendant leur repos.

D. Pour quelle raison n'y en a-t-il pas au Nord ?

R. Parce qu'il n'y a pas de rayons du Soleil de ce côté-là.

D. Quelle place occupe votre Maître au Collège ?

R. Il se tient en Est.

D. Pour quelle raison ?

R. Comme le Soleil se lève en Est précédé par l'Aurore, ainsi se place le Maître en Est, appliquant sa main droite sur la poitrine gauche, ayant un Angle rentrant au cou, ce qui a sa signification, c'est pour ouvrir le Collège & distribuer la manoeuvre aux Ouvriers.

D. Où sont placés vos Surveillants ?

R. Ils sont debout en Ouest.

D. Quelle est leur occupation ?

R. Comme le soleil se couche en Ouest pour finir le Jour, ainsi les Surveillants se rangent de ce côté-là attachant leurs Mains droites sur leurs Poitrines gauches, ayant au cou le Plomb d'Espagne & la ficelle pour mesurer ce qui a

sa signification, afin de fermer le Collège après avoir déchargé & payé tous les Travailleurs,

D. Où est que se tient l'Apprenti reçu ?

R. Au sud.

D. Que fait-il ?

R. Il fait attention à tout, dont on veut l'instruire, il fait aussi les honneurs de la Salle, en recevant & complimentant les nouveaux Frères.

D. Où est posté l'Apprenti accepté le plus récemment ?

R. On lui a assigné le Nord.

D. De quoi prend-il soin ?

R. Il veille à écarter les étrangers & les curieux.

D. Quelle est la punition d'un étranger qu’on attrape ?

R. On le place sous une gouttière durant une forte pluie afin que les eaux le pénètrent depuis la tête jusques aux pieds & que ses souliers en soient remplis.

D. Quels sont les Mystères des Maçons ?

R. Des signes, des Preuves & beaucoup de Verbiages.

D. Où gardez-vous ces Mystères ?

R. Dans ma Poitrine gauche.

D. Avez-vous la Clef (laquelle est la Langue) de ces mystères ?

R. Sans doute.

D. En quel lieu est-elle mise en garde ?

R. Dans une boite d'os (qui sont les dents) laquelle ne s'ouvre & ne se ferme qu'avec une clef d'ivoire.

D. Est-elle pendue ou couchée ?

R. Elle est pendue.

D. A quoi est-elle attachée ?

R. A une courroie de six pouces (courroie est l'attache de la Langue) ou à une bouclé, laquelle est la Gorge ou les Lèvres.

D. De quel métal ou minéral est-elle ?

R. Ni de l'un, ni de l'autre, c'est une Langue apologétique laquelle parle mieux à la louage d'un Frère absent qu'en sa présence.

D. Combien y a-t-il d'éléments fondamentaux pour les Maçons ?

R. Il y en a quatre.

D. Comment les nomme-t-on ?

R. Le Point, la Ligne, la surface, & un Corps Compact.

D. Expliquez cela ?

R. Le Point ou le Point central empêche toute erreur du Maître ne faisant la circonférence, la Ligne est une Longueur sans largeur, la Surface est une Longueur avec une largeur, un Corps Compact entoure le tout.

D. Combien y a-t-il de signes capitaux ?

R. J'en connais quatre.

D. Quels sont-il ?

R. Ceux qui concernent la gorge, la Poitrine les mains, & les pieds. Cela demande quelque explication. Le Gosier puisqu'il aide à la prononciation, la Poitrine regarde l'intérieur, la Main sert à toucher les mains & autres choses, le Pied par rapport au marcher.

D. Que vous faut-il apprendre pour devenir Célèbre Maître Maçon ?

R. Le silence, la modestie & un bon entretien.

D. Qu'apprenez-vous pour devenir un Maçon Ouvrier ?

R. J'apprends à colorer, à faire un carré, à polir des pierres inégales, à égaliser la surface, & à tirer une muraille en droiture.

D. Avez-vous vu aujourd'hui le maître de votre Collège ?

R. Je l'ai vu.

D. Quel habillement porte-t-il ?

R. Un habit jaune (qui signifie le Compas de cuivre) & des bas Bleus (qui sont les pointes d'acier du Compas).

D. Combien avez vous servi auprès du maître du Collège ?

R. Depuis le matin du lundi, jusqu’au soir du samedi.

D. Comment avez-vous servi ?

R. Avec de la chaux, des charbons de bois, & une pelle de terre.

D. Quelle signification a cela ?

R. La Liberté, le sérieux, & le Zele.

D. Dites-moi le signe d'un Apprenti accepté.

Le signe & la preuve, en est, d'étendre les quatre doigts de la main droite en frottant doucement la Gorge. Autre preuve, le gros du pouce droit, s'applique sur le premier membre du premier doigt du Frère, qui exige le mot de guet.

D. Donnez-moi le mot de guet ?

R. BOAZ, ou le mot de BOAIEs.

D. Donnez-moi encore un autre mot.

JOACHIM, ou le mot JAKHIN.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Moins de sept ans.

D. Pourquoi fait-il jour ?

R. Afin que l'on puisse voir.

D. Pourquoi fait-il nuit ?

R. C'est pour entendre pendant son silence.

D. Quel vent fait-il ?

R. Tout Est & Ouest.

D. Quel heure est-il ?

R. Il est midi ou minuit.

 

Réception & qualités nécessaires d'un Frère Ouvrier, Sujet à l'Examen.

D. Etes vous Frère-Ouvrier ?

R. C'est ce que je suis.

D. Pourquoi vous a-t-on fait Frère-Ouvrier ?

R. A cause de la lettre G.

D. Que signifie ce G ?

R. C'est la Géométrie ou la cinquième science.

D. Avez-vous voyagé ?

R. J'ai fait voyage en Orient & en Occident.

D. N'avez-vous jamais maçonné ?

R. J'ai maçonné à l'édification du Temple.

D. Où est-ce qu'on vous a payé ?

R. Dans la Chambre intérieure.

D. Comment avez-vous eu entrée dans la Chambre ?

R. En passant au travers d'une antichambre.

D. Au passage de l'Antichambre qu'y avez-vous remarqué ?

R. J'y ai vu deux grandes Colonnes.

D. Comment les appelle-t-on ?

R. J. & B. qui signifie JOACHIM, & BOAZ.

D. De quelles hauteurs sont-elles ?

R. De dix-huit coudées.

D. De combien est leur circonférence ?

R. De douze coudées.

D. Quels ornements y a-t-il ?

R. Il y a deux Chapiteaux.

D. De quoi sont-ils composés ?

R. Ils sont composés de rets & de pommes de Grenade.

D. Par quel chemin avez-vous pénétré jusqu'à la Chambre intérieure ?

R. J'y ai monté par un escalier dérobé fait en escargot.

D. Combien de degrés a cet escalier ?

R. Il y a sept ou davantage.

D. Pourquoi le nombre sept ou davantage ?

R. Puisque sept ou plus, compose un Collège complet.

D. En entrant par la porte de la Chambre intérieure qu'y avez-vous remarqué ?

R. D'abord un Surveillant se présenta à ma vue.

D. Vous a-t-il questionné ?

R. Il me fit trois demandes.

D. Quelles étaient ces demandes ?

R. Il me demanda un signe, une preuve, & le mot de guet.

D. De quelle hauteur est la porte de la Chambre intérieure ?

R. Elle est aussi haute qu'aucun étranger ne saurait y arriver avec la main pour y ficher un éclat de bois.

D. Etant entré dans la chambre, qu'est-ce qui a frappé le plus votre vue ?

R. J'y vis quelque chose ressemblant à un D....

D. Que signifie ce D...?

R. Il représente une chose plus grande que vous.

D. Qui est donc plus grand que moi qui suis Franc-Maçon accepté & Maître de la société ?

R. Le grand prudent Architecte du rond du monde ou celui qui fut mené sur le haut du Temple.

D. Sauriez-vous répéter la leçon de la lettre D... ?

R. Je tacherai de réussir : au milieu du Temple de Salomon un D... cette lettre se voit & se reconnaît parfaitement, cependant la signification n'en est connue que de peu de monde.

D. Mon Ami parce que vous prétendez appartenir à cette société, rien ne doit vous empêcher de m'expliquer la signification de ce D...

R. C'est par les sciences que plusieurs espèces de corps ont reçu des lumières, dont nous avons l'inspection. Je ne découvrirai toutefois mes pensées, qu'aux hommes.

D. Vous en ferez donc part à des hommes sincères ?

R. D. s'ils méritent cet avantage.

D. Je suis sincère, aussi bien que digne de l'honneur de vous rendre respectable, & je vous ordonne de me faire entendre à l'instant par des paroles & par des signes, si vous me comprenez tant que je vous comprends ?

R. Ce D... renferme mystérieusement le mot de Guet & la cinquième science, ou Géométrie avec un art convenable & une prononciation non affectée.

D. Mon ami votre réponse est juste & je changerai le mot d'ami en celui de Frère, si vous me découvrez les francs fondements comme il faut.

R. Les sciences sont mystérieusement composées par une Architecture admirable ressemblant à un anagramme ; un point, une ligne & un coin externe : cependant un corps compact fait la dernière.

D. Je me félicite de l'heureuse rencontre en Vous saluant amicalement.

R. Et tous les Bien Nobles Frères & Co-Membres d'où je suis venu.

D. Ils vous saluent, saluent saluent triplement de coeur, en vous priant de m'apprendre votre Nom.

R. Je suis un tel... Soyez le bien venu Frère par la Grâce de...

 

Réception & Qualités Requises d'un Maître par l'examen.

D. Etes-vous un Maître Maçon ?

R. Je le suis, éprouvez-moi, interrogez-moi, & si vous le trouvez bon, rejetez-moi.

D. Où était votre Maître précédent ?

R. Dans une société de Maître complète.

D. Combien faut-il pour une société de maître complète ?

R. Elle est composée de trois Maîtres.

D. Par quel moyen êtes-vous parvenu à la Maîtrise ?

R. Par le secours de DIEU, par le quarré & par ma diligence.

D. De quelle façon vous a-t-on déclaré Maître ?

R. A l'aide du Quarré & du Compas.

D. Je pense que vous avez été auparavant Apprenti reçu.

J'ai vu Joachim & Boaz, j'ai été fait Maître avec un Diamant, une pierre inégale & un Quarré, ce qui ne se pratique pas souvent.

D. En vrai Maître Maçon vous savez donc parfaitement la règle de trois, & M. B. ? C’est Mach-Benah qui vous rendra franc, & s'il vous manque quelque chose en l'art de Maçonnerie, on vous l'apprendra dans ce Collège ou Société.

 

J'entends ce métier sans exception, je connais les clefs de tous les Collèges.

D. Vous êtes un Garçon héroïque, d'où venez-vous ?

R. Je viens d'Orient.

D. Où allez-vous ?

R. Je vais en Occident.

D. Qu'allez-vous faire là ?

R. J'y chercherai ce qui a été perdu & enfin retrouvé.

D. Qu'est donc cette chose perdue & retrouvée ?

R. Le mot de Maître Maçon.

D. Par quelle occasion a-t-il été perdu ?

R. Par trois coups furieux ou par la mort de nôtre grand Maître Hiram.

D. Comment a-t-il péri ?

R. Chargé de l'érection du Temple de Salomon en qualité de Maître Maçon, en faisant selon sa coutume la visite des ouvrages à midi, les travailleurs s'étant absentés pour dîner, entré, au Temple trois scélérats qu'on suppose des Frères Ouvriers, se postèrent aux trois portes du Temple, en voulant sortir, il fut arrêté & on lui demanda le Mot d'un Maître, s'excusant qu'il ne l'avait pas reçu d'une pareille façon, recommandant la patience & que dans peu cela se trouverait : sa réponse ne satisfaisant point l'Interrogateur, il lui donna un grand coup, dont il chancela. Il croyait de passer par la seconde porte, mais il y fut régalé de même d'un coup effroyable, après avoir fait une semblable réplique, enfin à la troisième porte, où il se présenta, il fut frappé si durement qu'il mourut.

D. Qu'emploient ces assassins pour le tuer ?

R. Des coups meurtriers, des instruments durs ; & des sentinelles puissantes.

D. Comment en usèrent-ils ensuite ?

R. Ils sortirent le corps mort du Temple par la porte d'Occident & le cachèrent sous un monceau de pierre jusqu'à minuit.

D. En quel temps ce Crime se fit-il ?

R. De nuit pendant que tous le monde reposait.

D. Que firent-ils encore ?

R. Ils le portèrent sur une haute montagne & lui donnèrent une sépulture commune.

D. Quand est-ce que l'on s'aperçu de son absence ?

R. L'on ne s'en aperçut que le septième jour.

D. Quand est-ce qu'il fut retrouvé ?

R. Ce fut quinze jours après.

D. Qui est-ce qui l'a trouvé ?

R. Par ordre du Roi Salomon quinze aimables Frères sortirent par la porte Occidentale du Temple & se rangèrent à droite & à gauche en s’éloignant l'un de l'autre, à une distance convenable qu'ils pouvaient s'entendre. De plus ils étaient convenus qu'en cas le mot de Maître ne se trouva point auprès du corps, le hasard leur en fournirait un autre. Un de ces Frères fatigué en montant la montagne s'assit, & tira avec facilité de la terre quelques branches & s'apercevant que le font y avait été remué fraîchement, il appela les autres Frères, en examinant, ils reconnurent que

ce corps y avait été enterré dans une fosse commune, six pieds vers l'Orient, six pieds vers l'Occident & autant en profondeur ; cette sépulture était couverte de quelque terre légère & un peu de verdure. Surpris d'étonnement ils s'éclatèrent en criant grâce à DIEU, notre Maître a eu une belle maison, ils refermèrent la fosse en y attachant pour tout ornement une branche de Cassia ; puis ils en firent rapport au Roi Salomon.

D. Que commanda ce Roi savant ?

R. Il ordonna de le déterrer & de faire son enterrement avec cérémonie, le corps étant accompagné par quinze Frères Ouvriers avec des gants blancs & de tabliers : ce qui devait encore se pratiquer aujourd'hui parmi les Maçons.

D. De quelle manière Hiram fut-il élevé ?

R. De même que les autres Maçons quand ils l'obtiennent.

D. Comment cela se fait-il ?

R. Par les cinq points de la Confrérie.

D. Quels sont ces points ?

R. 1. Main contre main, 2. pied contre pied, 3 joue contre joue, 4. genou contre genou, 5. & puis la main au dos. Al'élévation de Hiram on le prit à l'extrémité des doits, dont la peau se quitta, ce que l'on nomma le vernis, on appelle poigner le mouvement de la main droite, ou par son extension en pliant le doigt du milieu, & en étendant le premier doigt & le quatrième, en le penchant vers les côtés du pli. Le signe c'est d'appliquer sur la poitrine gauche le pouce droit, en étendant les autres doigts.

D. Comment appelle-t-on un Maître Maçon ?

R. Je m'appelle Cassia & je sors d'un Collège réglé & complet.

D. Où est-ce que l'on a enterré Hiram ?

R. Dans l'intérieur du Temple.

D. Par quelle porte y a-t-il été porté ?

R. Par la porte du Couchant.

D. Quels sont les bijoux d'un Maître ?

R. Les Vestibule, les Fenêtres du toit & la planche carrée.

D. Expliqué moi cela?

R. D. Le Vestibule signifie le Garçon dans l'intérieur, les Fenêtres du toit dénotent les ouvertures ou clartés intérieures, la Planche carrée désigne le fond d'une planche. Rendez-moi la parole des Maîtres ?

R. D. Il lui parla à l'oreille & disait avec l'assistance de cinq de la Confrérie MachBenah c'est à dire un Maître Ouvrier. Quand vous voyez des Maçons-Ouvriers à l'ouvrage & que vous souhaitez de distinguer un Maçon reçu des autres, prenez une pièce de brique & demandez leur quelle odeur si trouve, un Maçon reçu vous répondra sur le champs, qu'elle ne sent ni le cuivre, ni le fer, ni l'acier, mais qu'il porte uniquement l'odeur d'un Maçon. En l'interrogeant sur son âge, il répliquera j'ai passé les sept ans, ce qui est la marque d'un Maître.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 15:13

Pour la loge des maîtres, il faut préparer deux toiles : sur la première qui est la seule qu'on présente d'abord à la vue du récipiendaire, est tracée la figure du tabernacle que Moïse fit élever à son retour du Mont Sinaï ; toute la longueur en est divisée en trois parties ; celle du milieu, appelée le sanctuaire, contient l'arche qui servit à déposer les tables de la loi, et dessus de l'arche sont placés deux chérubins avec des ailes; dans la partie basse, du côté du Septentrion, on représente une table, vis-à-vis, du côté du midi, un chandelier à sept branches. A droite et à gauche sont écrits les noms Bezeleel et Eliab qui sont ceux des deux habiles maçons auxquels l'érection du tabernacle fut confiée par Moïse : et dans la troisième partie, qui est celle d'en haut, est représenté Moïse lui-même, remettant l'encensoir à son frère Aaron.


Lorsque tous les arrangements sont faits, le maître signifie par un grand coup, que la loge est ouverte. Alors un des frères quitte sa place et va chercher en dehors le récipiendaire, qu'il amène à la porte de la loge ; il y frappe cette fois-ci trois coups, et le maître répond par le même nombre, qui sert de signal à l'introduction.

Le récipiendaire, étant entré dans la loge, va se prosterner aux pieds du maître qui le fait relever, en lui disant : Frère, ouvrez les yeux et soyez saisi d'un saint respect ; vous voyez devant vous le tabernacle érigé par le grand maître Moïse. Voici l'arche où Dieu se montrait présent par ses oracles ; à droite est la table pour l'oblation des pains, à gauche le chandelier à sept branches qui servait à éclairer le tabernacle ; mais tout ce qui frappe vos yeux n'est qu'une légère esquisse des merveilles que nous vous préparons.

Alors le récipiendaire se prosterne une seconde fois, et le vénérable lui présentant la pointe de son épée sur le cœur, lui fait encore répéter l'obligation, dans les mêmes termes que je l'ai rapporté.

Pendant cet intervalle, on substitue la seconde toile où est dessinée espèce de temple qu'on dit être celui de Salomon; outre le grand portail qui est placé à l'occident, il doit y avoir deux portes plus basses du côté de l'orient, et entre ces deux portes, un escalier pratiqué dans l'épaisseur du mur pour monter à trente chambres distribuées à l'entour du temple en forme de galeries. Le corps du bâtiment est composé de deux parties ; dans celle antérieure sont tracés une table, un grand chandelier avec un autel dans le milieu, et au-dessus de l'autel sont marquées les lettres A. et H. L'autre partie, qu'on nomme le sanctuaire, est décorée par la représentation de l'arche d'alliance que deux chérubins semblent couvrir de leurs ailes ; au-dessous de l'arche sont encore marquées un grand A. et une grande S.

Comme on présente ceci au récipiendaire pour le chef-d'œuvre de la maçonnerie, afin de le mettre à portée de ne rien laisser échapper de toutes ses beautés, on fait éteindre le feu de la terrine triangulaire et on y supplée par un grand nombre de bougies allumées qui représentent, dit-on, 10.000 chandeliers que Salomon avait fait faire pour éclairer le temple. Cela fait, le maître prend lui-même la peine de donner l'instruction à peu près ainsi qu'il suit.

Pendant que les Israélites voyageaient dans le désert, comme ils n'avaient encore aucune habitation fixe, Dieu inspira à Moïse d'ériger le tabernacle sur le dessein qu'il lui donna lui-même, afin qu'au moyen de ce temple portatif, ils fussent en état de lui rendre, dans tous les lieux, le culte qui lui était dû.

Moïse, après avoir conduit et gouverné les Israélites pendant quarante années, se sentant près de sa fin, fit assembler tout le peuple au bord du Jourdain, où il lui fit un excellent discours, et lui dicta les lois qu'il devait suivre pour arriver à la terre promise : il annonça, entre autres choses, au peuple, que le tabernacle qu'il avait établi n'était que la figure du temps futur, et que quand ce peuple serait une fois en possession du pays de Chanaam, Dieu choisirait lui-même une ville qui serait nommée la ville sainte, où on lui bâtirait un temple sur le modèle de ce tabernacle.

David, devenu roi des Hébreux environ 400 ans après, établit par inspiration divine son séjour à Jérusalem et résolut d'y bâtir le comme il avait été prédit par Moïse; mais Dieu lui con d'abandonner cette entreprise, parce que ses mains avaient été trop souvent teintes du sang de ses ennemis et lui fit connaître que cet honneur était réservé à Salomon son fils.

En effet, ce grand prince qui avait obtenu de Dieu l'esprit de sagesse, n'eut rien plus à coeur que la construction du temple, mais il ne put le commencer que dans la quatrième année de son règne et il l'acheva dans le cours de sept ans.


Quoique la maçonnerie, depuis Moïse jusqu'à Salomon, eût fait des progrès considérables, elle avait toujours été renfermée dans les deux degrés d'apprentis et compagnons, personne, excepté les chefs, n'ayant osé prendre encore le nom de maître. Ce fut, suivant les maçons Salomon qui. le premier, institua le degré de la maîtrise, ayant conservé aux deux premiers grades les signes anciens dont ils étaient en possession immémoriale, et ayant établi de nouveaux signes en faveur de ceux qu'il élevait au rang supérieur de maîtres.

Les ouvriers que ce roi employa à la construction du temple étaient nombre de 183.200. Savoir, 100.000 manœuvres ou apprentis, 80.000 compagnons et 3.200 maîtres.

Tous étaient subordonnés à deux grands architectes ou inspecteurs généraux qui étaient Adoram et Hiram, les maçons les plus accomplis y eût alors sur la terre.

Ceux-ci rendaient compte à Salomon directement de tout ce qui se passait, donnaient les plans des ouvrages, veillaient à leur exécution. Adoram avait de plus le détail du paiement de tous les ouvriers; et comme il était impossible qu'il les connût tous, il fut convenu que leurs signes et mots serviraient à les distinguer. Par ce moyen, celui qui donnait les mots et les signes du maître en avait la paie; ainsi des autres.

Entre les trente chambres qui entouraient le temple, en forme de galerie, il y en avait une, la plus ornée de toutes, uniquement réservée pour les conférences de Salomon avec Adoram et Hiram, qui se tenaient deux fois chaque semaine; deux autres chambres où était la trésorerie, et c'était à celles-là que les ouvriers se rendaient à différentes heures, et sans tumulte, pour recevoir leur paie; il y en avait aussi deux pour l'habitation des deux grands architectes, qui étaient obligés d'y coucher pour être à portée de veiller aux ouvrages de l'intérieur du temple ; et les vingt chambres de surplus servaient aux maçons à tenir leurs loges toutes les fois qu'il plaisait à leurs maîtres de les assembler régulièrement.*


Les lettres A. et H. marquées au-dessus de l'Autel, sont les initiales des noms d'Adoram et Hiram, grands architectes du temple. Salomon même les y fit graver afin d'immortaliser la mémoire de ces deux grands hommes.

Ici le maître suspend un moment l'instruction pour faire une peinture touchante et pathétique de la ruine de ce superbe édifice par Nabucodonosor, ce qui l'excite ainsi que tous les autres frères à pleurer en quelque sorte sur Jérusalem; mais pour abréger des lamentations inutiles, il ajoute : Pourquoi nous affliger si fort ? Le temple n'est pas détruit, mes frères, puisqu'il existe moralement en chacun de nous. Alors la joie renaît dans l'assemblée, tous les frères s'embrassent, et le vénérable continue l'instruction.

Les maîtres, dit-il, ont trois moyens pour se faire distinguer, savoir un signe pédestral, un double attouchement et deux paroles. Ils ont aussi des questions particulières.

Leur signe se fait en plaçant le pied gauche en avant et le pied droit derrière, en sorte que la pointe du pied droit, touchant au talon du pied gauche forme l'équerre.

Le double attouchement se communique de cette façon-ci. On présente la paume de la main droite horizontalement à celui qui se prétend maître. S'il l'est en effet, il ne manque pas d'y appuyer sur-le-champ sa main gauche à poing fermé, et tout de suite il étend à son tour sa main droite dans une position semblable à celle de l'autre frère qui y répond par le même mouvement du poing, comme s'ils se témoignaient par là, l'un à l'autre, qu'ils se reposent sur leur amitié réciproque comme sur leur plus ferme appui.

Les deux paroles des maîtres sont Adonaï, Schilo. Les frères maçons les prétendent sacrées, et même prophétiques. Pour moi, qui ne voyant tout ceci qu'avec les yeux d'un profane, puis tout au plus atteindre à la signification littérale, je me contente d'observer que, suivant l'explication ordinaire, Adonaï veut dire Seigneur, et Schilo signifie Son fils, ou celui à qui il est réservé.


Finissons par les questions :


- D. Etes-vous maître maçon ?

- R. Mon nom est Harodim.**

- D. Dans quelle loge avez-vous été reçu maître ?

- R. Dans une des vingt-cinq chambres.

- D. De combien était composée votre loge ?

- R. De neuf maîtres députés des 3.200.

- D. Qui est-ce qui y présidait ?

- R. Le grand architecte de l'univers, et après lui le premier d'entre les maçons.

- D. Qu'avez-vous vu lors de votre réception ?

- R. J'ai vu le tabernacle érigé par le grand maître Moïse.

- D. Combien avait-il de parties ?

- R. Trois.

- D. Que signifient ces trois parties ?

- R. Elles sont une figure du monde.

- D. Expliquez- moi cela.

- R. Celle du milieu représente le ciel où Dieu habite ; et les deux autres qui ne sont ouvertes qu'aux sacrificateurs, représentent la terre et la mer

- D. Que représente la table posée dans le tabernacle ?

- R. Elle est une figure de notre âme dont nous devons offrir et rapporter à Dieu toutes les oeuvres.

- D. Que représente le chandelier à sept branches ?

- R. Les septs vertus.

- D. Définissez-moi le tabernacle.

- R. C'était la figure du temps futur et le modèle d'un édifice plus parfait

- D. Quel était cet édifice ?

- R. Le temple de Salomon.

- D. Où a-t-il été bâti ?

- R. Sur la montagne, dans un lieu choisi par David, où était auparavant l'aire d'Oron Jebuseen. - D. Donnez-moi une autre réponse.

- R. Le temple a été bâti dans l'endroit même où Adam, le premier des hommes et des maçons, a été enterré.

- D. Que signifient les lettres A. et H. placées au-dessus de l'Autel ?

- R. Ce sont les noms d'Adoram et Hiram, les deux grands architectes du temple de Salomon.

- D. Où avez-vous reçu votre paie ?

- R. Dans les deux chambres de la galerie.

- D. Quel est le nom d'un maître maçon ?

- R. Harodim ou Menatzchim.

- D. Quel est le nom d'un compagnon ?

- R. Gabelin.

- D. Quel est le nom d'un apprenti ?

- R. Louvet.

- D. Quel est le nom du fils d'un maçon ?

- R. Louveteau.

- D. Qui est-ce qui éclaire votre loge ?

- R. Dix mille et un chandeliers.

- D. Quelle est la plus grande de toutes ces lumières ?

- R. C'est le maître de la loge.

- D. Comment voyage le maître ?

- R. Sur terre et sur mer, de l'orient à l'occident, et du midi au septentrion.

- D. Donnez-moi le signe de maître.

- R. Le voici.

- D. Donnez-moi l'attouchement.

- R. C'est l'ouvrage de deux [sic].

- D. Donnez-moi les paroles de maître.

- R. Adonaï Schilo.

- D. Donnez-m'en l'explication.

- R. Adonaï signifie le Seigneur, Schilo signifie son fils, ou celui à qui il est réservé.

Il me reste à observer que le très vénérable ouvre et ferme toujours ses loges d'apprentis, compagnons et maîtres par quelques-unes des questions propres à chacun de ces degrés, dont la dernière, commune à tous les grades, est toujours celle-ci.

- D. Quel est le devoir d'un maçon ?

- R. Obéir. travailler et se taire.

A quoi le maître ajoute, quand c'est pour ouvrir la loge :

- Obéissons, travaillons et taisons-nous.

Et si c'est pour la fermer, il dit :

- Nous avons obéi, mes frères, nous avons travaillé, taisons-nous.

* Il faut supposer que Salomon ne régla l'ordre et la destination de ces trente chambres, qu'après qu'on eut entièrement achevé le corps, et ce qu'on appelle la grosse maçonnerie du bâtiment.

** Harodim signifie conducteur ou intendant des ouvrages ; c'est le nom qu'on donnait aux 3200 maîtres. Suivant le troisième livre des Rois chap. 5. v.16, ils étaient 3300 et le livre des Chroniques, chap.2., verset 18 fait même monter le nombre à 3600.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 15:12

Réception des compagnons


Le théâtre change ici, et la toile étendue sur le plancher représente les deux colonnes d'Enoch, I'Arche de Noé et la Tour de Babel. Ainsi on fait sauter tout d'un coup les compagnons par-dessus seize et dix-huit siècles qui se sont écoulés depuis la tenue de la première loge par Dieu dans le Paradis Terrestre; mais on a soin de leur donner une instruction abrégée de ce qui s'est passé de mémorable dans la maçonnerie pendant ce long espace de temps. Une partie en est puisée dans l'Histoire Sainte, ajustée à la manière et au style de la confrérie.

Adam, le premier de tous les francs-maçons, forma, leur dit-on, lui-même une loge de ses enfants mâles, auxquels il communiqua les connaissances qu'il tenait immédiatement de Dieu.

Caïn, qui lui succéda dans la charge de Grand maître des maçons, s'étant fixé vers la région orientale d'Éden, se signala par la fondation d'une ville qu'il nomma Enoch, du nom de son fils.

Depuis, Jabel ou Jabal, un de ses descendants, connu sous le nom de Père des pasteurs, éleva les premières tentes et Tubalcaïn son frère eut l'art de travailler avec le marteau, ayant excellé en toutes sortes d'ouvrages d'airain et de fer.

Mais le maçon le plus renommé de tous, fut Enoch, fils de Jared, qui mérita par sa vertu d'être transporté hors du commerce des homme, et réintégré dans le Paradis Terrestre. L'esprit de prophétie dont il était doué lui ayant fait connaître que la colère de Dieu ne tarderait pas à se manifester par un déluge universel, la crainte qu'il eut que les sciences ne se perdissent, le porta à élever deux grandes colonnes, où il grava les principes et les règles des différents arts, et principalement de l'architecture. Il fit l'une de pierre et l'autre de brique, afin que s'il arrivait que les eaux ruinassent celle-ci, la colonne de pierre demeurât pour conserver à la postérité la mémoire de ce qu'il y avait écrit. Sa prévoyance réussit, car on assure que cette colonne de pierre était encore sur pied en Syrie du temps de l'empereur Vespasien. Voilà tout ce que l'école des frères apprend aux compagnons du progrès que fit la science des maçons pendant ce premier âge du monde.

On les instruit ensuite de ce qui s'est passé du temps du grand maître Noé.

Les hommes avaient vécu jusqu'alors dans l'exercice de la vertu et dans le culte du vrai dieu ; mais ceux qui vinrent depuis s'étant portés à commettre toutes sortes de crimes, Dieu, dans sa colère, résolut de les exterminer, et Noé fut le seul qui trouva grâce devant lui. Dieu l'avertit qu'il allait inonder la terre et lui ordonna, pour se sauver, de bâtir une arche à trois étages, dont il lui marqua la forme et les proportions. Elle était entièrement de bois de cèdre, qui de sa nature est incorruptible; aussi les maçons prétendent-ils qu'elle s'est conservée jusqu'à présent dans son entier, ce qui est un peu contraire au rapport de l'historien juif qui dit que, de son temps, les Arméniens en montraient encore quelques restes.

Sept jours avant le déluge, Noé, qui avait bâti l'arche, y entra avec ses fils, sa femme, et les femmes de ses fils, et par là furent conservés avec le genre humain toutes les traditions et les secrets communiqués par Dieu à Adam, et en particulier ceux de la maçonnerie.

Parmi les docteurs de la loi des maçons, il y en a qui assurent que, pendant une année et plus de séjour que Noé fit dans l'arche, il y tint avec ses fils plusieurs belles loges, ayant toujours la précaution de s'enfermer à l'étage le plus haut pour être moins exposés à la curiosité de leurs femmes.

Quand Noé et sa famille furent sortis de l'arche, eux et leurs descendants séjournèrent longtemps sur le haut des montagnes dans la crainte d'une nouvelle inondation. Peu à peu ils s'enhardirent à descendre dans les plaines et y firent différents établissements. Tous les hommes n'avaient eu jusqu'alors qu'un même langage, mais étant encore devenus rebelles aux ordres de Dieu, dans l'appréhension qu'ils eurent de sa vengeance, Nembrod, aussi vaillant qu'audacieux, et le plus habile maçon de son temps, les rassura en leur offrant de les protéger contre Dieu même, s'il menaçait la terre d'un second déluge, et de bâtir pour ce sujet une tour qui serait élevée jusqu'au ciel. Une entreprise aussi folle échoua de la manière que tout le monde sait. Dieu ayant confondu le langage des architectes, ils furent obligés d'abandonner l'ouvrage et de se disperser. Ce fut sans doute cette confusion des langues qui détermina depuis les maçons à introduire entre eux une nouvelle manière de se connaître et de converser par signes. C'est dommage en vérité qu'ils ne l'eussent point encore imaginé dans le temps même de la déroute des ouvriers de Babel, car moyennant ce bel expédient, la tour eût pu être achevée, et comme l'histoire nous la dépeint d'une structure extrêmement solide, nous aurions eu le plaisir de voir de nos jours ce rare monument.

Au reste, si les frères maçons se plaignent de ce que je n'ai point une prévention aveugle pour tous leurs sentiments, ils seront forcés de convenir, du moins intérieurement, que je suis esclave de la vérité dans tout ce que je rapporte de leur doctrine et de leurs cérémonies. Voici celles qui se pratiquent à la réception des compagnons.

Les frères sont placés à l'ordinaire autour du nouveau tableau, et l'appareil extérieur est semblable à ce qu'on a vu pour les apprentis, sinon qu'on pose devant le vénérable, une pierre élevée à la hauteur de la main, sur laquelle il y a un marteau, et que tous les frères ont la tête couverte d'un voile dont la blancheur est le symbole de l'innocence nécessaire à tout maçon qui veut entrer dans l'arche de Noé, où ce commencement de l'acte est supposé se passer.

La loge étant en état, l'apprenti qui aspire au grade de compagnon, assisté de son parrain, heurte deux coups à la porte, à quoi le vénérable répond du dedans par deux coups.


L'apprenti entre et va se placer à la gauche du premier surveillant ; le maître lui demande ce qu'il veut, et le premier surveillant répond pour lui, que c'est un digne apprenti qui désire d'être élevé au second grade ; le maître lui fait alors ces trois questions :


- D. Etes-vous apprenti ?

- R. Je le crois.

- D. Savez-vous travailler ?*

- R. Je cherche à l'apprendre.

- D. Comment me prouverez-vous que vous êtes apprenti ?

- R. Prenez-moi à l'essai.

Après cette dernière question, on le fait approcher du maître, qui lui présente un marteau avec lequel l'apprenti doit frapper deux coups sur la pierre, et sitôt qu'il a fourni cette preuve de son talent et qu'il a confirmé son obligation de ne point révéler les secrets, on le fait passer à la droite et le frère orateur lui explique tout de suite la science des compagnons.

Ceux-ci, pour se faire connaître, ont deux signes, deux mots et deux questions différentes de celles des apprentis.

Le premier signe consiste à élever le pouce de la main droite avec le petit doigt de la main gauche en forme d'équerre, et ce signe est appelé manuel.

Le deuxième, que quelques-uns nomment pectoral, se fait en posant le bout du petit doigt de la main gauche sur la pointe du cœur.

Les paroles sont Manhu, Magdal ou Magdala, deux mots hébreux dont on trouvera l'explication dans les questions qui sont affectées au grade des compagnons.

- D. Etes-vous compagnon maçon ?

- R. J'en reçois la paie.

- D. Comment voyagent les maçons ?

- R. Dans l'arche de Noé.

- D. Que représente l'arche ?

- R. Le coeur humain agité par les passions, comme l'arche l'était par les vents sur les eaux du déluge.

- D. Quel était le pilote de l'arche ?

- R. Noé, grand maître des francs-maçons de son temps.

- D. Quel est le pilote de votre âme ?

- R. La raison.

- D. Quelle [est] sa bannière ?

- R. La maçonnerie.

- D. Quelle [est] sa cargaison ?

- R. De bonnes oeuvres.

- D. Quel est le port auquel elle surgit ?

- R. A celui où se terminent toutes les misères humaines.

- D. Que représente la tour de Babel ?

- R. L'orgueil et la faiblesse des enfants de la terre.

- D. Qu'opposez-vous à cet orgueil ?

- R. Le caractère et le coeur d'un maçon éclairé par les principes et les lois de la maçonnerie.

- D. Quel est le mot des compagnons ?

- R. Il y en a deux.

- D. Quels sont-ils ?

- R. Manhu, Magdal ou Magdala .

- D. Quelle est leur signification ?

- R. Manhu signifie qu'est ceci, Magdala signifie La Tour.

- D. Qui est-ce qui a causé la destruction de la tour ?

- R. La confusion des langues.

- D. De quoi nous instruit cet événement ?

- R. Il nous apprend que sans la religion, l'homme n'est que faiblesse et néant.

- D. Que nous apprend-il encore ?

- R. Que sans l'union et l'intelligence des âmes, l'harmonie de la société peut subsister.

Voilà tout ce que renferme mon manuscrit sur les deux premiers grades de l'école maçonnique. Il y a toute apparence que le but de ces docteurs est louable, et qu'ils n'ont en vue que de travailler à rendre les hommes discrets justes et sociables. Mais, je le répète, pourquoi leur présenter des vérités sous une forme si nouvelle, et qu'était-il besoin d employer des moyens si extraordinaires pour les exciter à des vertus qui leur sont tracées par la religion, la raison et la nature même ?

* On souffle apparemment à l'oreille de l'apprenti les réponses aux deuxième et troisième questions, car elles doivent être nouvelles pour lui, n'étant point du nombre de celles rapportées dans le manuscrit sur le premier degré de la maçonnerie.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 15:10

 

Réception des apprentis


Suivant le manuscrit en question, que son auteur suppose avoir été extrait sur les archives même de la société maçonnique, la première loge a été tenue par le Grand Architecte de l'univers en présence d'Adam dans le paradis terrestre; il s'agissait d'y instruire l'homme de l'excellence de son espèce, des différents secrets de la nature, de l'usage qu'il devait en faire ; et comme la prescience de Dieu embrasse toutes les choses futures, cet être suprême qui voyait dès lors la chute prochaine d'Adam, voulut bien lui donner d'avance les premières leçons de l'architecture, dont lui et ses descendants devaient retirer une si grande utilité dans l'état malheureux où les précipita sa désobéissance. Adam profita si bien des instructions de son créateur, que les francs-maçons assurent qu'il en composa un livre* où l'art des bâtiments était parfaitement expliqué. Or la femme n'était point encore formée lorsque cela se passa entre Dieu et Adam, et c'est la première raison qu'allèguent les francs-maçons pour se justifier sur l'exclusion que leur ordre donne si incivilement au sexe.

Ils puisent encore un second motif d'exclusion dans l'origine et les circonstances de la chute de notre premier père. Leurs loges étant, selon eux, une espèce de paradis terrestre dont ils appréhendent d'être chassés, comme de l'autre, si les femmes y mettent une fois le pied.

Comme je n'ai pas dessein de les suivre dans toutes leurs visions, je supprime ici plusieurs articles du manuscrit ; mais j'ai cru ce préambule nécessaire pour l'intelligence de ce que j'ai à dire sur le premier degré de la maçonnerie.

Sept frères assemblés, et même moins, forment une loge, mais elle n'est estimée complète et régulière que quand ils sont au nombre de neuf.

Le lieu où ils s'assemblent, et qui se nomme la loge, ne doit être éclairé que par une grande terrine de forme triangulaire remplie d'esprit de vin, ou autres matières combustibles auxquelles on met le feu et qu'on a l'attention de renouveler.

Il y a quelques loges où on substitue des flambeaux à la place de la terrine : trois frères postés en triangle sont obligés de les porter ; mais cette façon, qui est incommode, n'a pas été reçue universellement.

Le maître, que l'on appelle le vénérable, orné d'un grand cordon bleu auquel pendent une équerre et une truelle d'or, est placé à l'orient de la loge, ayant à sa droite son second surveillant et à sa gauche l'orateur; le premier surveillant se tient vis-à-vis de lui pour exécuter ses ordres. Tous les officiers ont aussi le cordon bleu. Quant aux simples frères, ils n'ont aucun ornement qui les distingue, et ils se rangent des deux côtés de la loge en nombre égal.

Dans un espace vide qui est au milieu de la salle, et qui sépare les deux colonnes des frères, on étend un grand tapis formant un carré long où est peint une espèce de jardin** représentant le Paradis Terrestre, avec l'arbre de la science du bien et du mal, autour duquel sont placés les figures d'Adam, d'Eve et du serpent. C'est dans l'angle à gauche de ce carré, du côté du maître, que l'on pose sur un fourneau élevé la terrine triangulaire dont j'ai parlé.

Celui qui désire être reçu apprenti maçon, doit être proposé par un des frères de la loge, qui prend la qualité de son parrain ; c'est celui-ci qui est chargé de préparer le postulant, et cette préparation consiste d'abord à lui faire laver les yeux, la bouche et les oreilles. Après cette ablution, il faut qu'il se dépouille de sa jarretière du genou droit, et qu'il découvre sa poitrine. On ne doit lui laisser aucune sorte d'armes, pas même des ciseaux et un couteau ; le parrain est chargé d'en faire une exacte visite. Cela fait, il lui met un bandeau sur les yeux et le conduit à la porte de la loge.

Il y frappe un coup, le maître répond par un autre, et la porte s'ouvre ; alors le parrain fait faire au récipiendaire neuf fois le tour de la loge, et pendant cette longue et fatigante marche, il y a des frères qui aiguisent des outils, d'autres font un cliquetis d'épées, et d'autres enfin sont chargés de jeter des étoupes et de la poix-résine dans la terrine enflammée ; tout cela dans la vue d'intimider le récipiendaire.

La marche étant achevée, on le fait arrêter vis-à-vis du vénérable, qui lui dit d'un ton ferme : Qui êtes-vous, Monsieur ? Et que demandez-vous ? Le premier surveillant répond pour lui que c'est un gentilhomme qui demande à être reçu apprenti maçon, et le récipiendaire confirme que c'est la vérité. S'il en est ainsi, dit le vénérable, ouvrons-lui les portes du temple de la vertu. Tandis qu'on lui ôte le bandeau, tous les frères à genoux font tomber en perpendiculaire leur main gauche sur leur cuisse et tiennent de la droite leurs épées qu'ils croisent en forme de berceau. Le maître lui dit alors: Venez à moi, Monsieur, en traversant cette voûte de fer et d'acier ; ce que le récipiendaire exécute en tremblant. Sa frayeur redouble quand, à son approche, le vénérable tire un poignard qu'il avait tenu caché jusqu'alors, et se met en attitude de le lui plonger dans le cœur en s'écriant : C'est ainsi que nous punissons ici les traîtres. Mais le second surveillant, qui est à côté du récipiendaire, le fait prosterner humblement aux genoux du maître, que cette soumission désarme. Alors le frère orateur lui fait une courte exhortation sur le mérite de l'ordre, sur la fidélité due aux engagements qu'il va contracter, sur le danger imminent qu'il y aurait de les violer, et finit en l'assurant que la maçonnerie n'a rien de contraire à la religion, à l'État et aux bonnes mœurs. Après cela, le maître lui fait prêter l'obligation dans les termes qui suivent.

«Foi de gentilhomme, je promets en présence de Dieu tout-puissant et de cette honorable compagnie, que je garderai fidèlement les secrets de la confrérie des maçons, et que je ne les révèlerai jamais par paroles, écriture, impression, gravure, peinture, signes, caractères, et de quelque manière que ce soit, sous peine de passer pour infâme***, et d'être percé du glaive vengeur, et précipité ensuite dans un abîme, afin qu'il ne soit plus fait aucune mention de moi dans la confrérie des maçons.»

Voilà mot pour mot, et sans la moindre altération, le contenu de I'obligation que contractent les frères ; c'est une simple promesse qu'ils font, et non pas un serment, comme l'ont rapporté des écrivains mal instruits ou de mauvaise foi. Or il me semble que les maçons donnent assez de prise sur eux par leurs visions et par les cérémonies superstitieuses qu'ils pratiquent, sans les charger encore de fautes imaginaires.

Aussitôt que le récipiendaire a répété l'obligation, le maître se fait apporter une auge, dans laquelle il feint de gâcher avec sa truelle, passe légèrement et à diverses reprises sur la bouche du nouveau reçu, et la lui arrête un moment sur les lèvres, en lui disant : C'est le sceau de la discrétion que je vous applique.

Après cette mômerie, le maître le fait passer à sa gauche; on lui donne un tablier et deux paires de gants, dont il y en a une pour sa maçonne, puis le frère orateur lui explique ce qu'il faut qu'il sache en qualité d'apprenti c'est-à-dire deux signes, un mot du guet, et des questions auxquelles tout apprenti doit savoir répondre.

Le premier signe se fait en appliquant les second et troisième doigts de la main gauche sur ses lèvres, et posant le pouce sous le menton. Tout franc-maçon qui aperçoit ce signe, doit répartir par un autre, en se pinçant le lobe de l'oreille droite avec le pouce et le petit doigt de la même main.


Quand deux apprentis maçons qui se rencontrent se sont éprouvés par ce double signe, ils s'abouchent et s'examinent par les questions suivantes :


- D. Etes-vous apprenti maçon ?

- R. Je le crois.

- D. Pourquoi ne dites-vous pas que vous en êtes sûr ?

- R. Parce qu'un apprenti n'est sûr de rien.

- D. Comment êtes-vous parvenu à la maçonnerie ?

- R. Par une voûte de fer et d'acier.

- D. Dans quelle loge avez-vous été reçu ?

- R.Dans une loge régulière.

- D. Qu'est-ce que c'est qu'une loge régulière ?

- R. C'est une loge composée de neuf, bien couverte, et inaccessible aux profanes.

- D. Qui sont ceux que vous appelez profanes ?

- R. Ceux qui ne sont pas maçons.

- D. Ceux qui, sans être maçons, sont dignes de l'être, sont-ils aussi des profanes ?

- R. Tous les hommes vertueux sont nos amis, mais nous ne reconnaissons que les maçons pour nos frères.

- D. Comment écarte-t-on les profanes de la loge ?

- R. Par l'épée et le silence.

- D. Comment s'appelle votre loge ?

- R. La loge du grand architecte du monde.

- D. Qui vous a fait apprenti ?

- R. La truelle et ma vertu.

- D. A quoi vous sert votre truelle ?

- R. A remuer et lier dans mon âme des sentiments d'honneur et de vertu, et à les employer de façon qu'il s'élève un édifice digne de la plus noble des sociétés.

- D. Où est située votre loge ?

- R. En Terre Sainte.

- D. Comment êtes-vous vêtu en arrivant dans la loge ?

- R. Un véritable maçon ne prend point garde aux ajustements.

- D. A quoi s'appliquent donc les maçons ?

- R. A régler leur conduite, et former leurs moeurs.

- D. Quel est l'état d'un maçon ?

- R. D'être heureux.

- D. Comment parvient-on à cette félicité ?

- R. Par l'union des vertus.

- D. Qu'avez-vous vu en entrant dans la loge ?

- R. L'image de la séduction.

- D. Comment vous en garantirez-vous ?

- R. Par ma discrétion, soutenue des principes et des lois de la maçonnerie

- D. Donnez-moi un signe de l'apprenti.

- R. J'obéis.

- D. Vous ai-je compris ?

- R. Oui. J'en suis content.

- D. Donnez-moi le mot.

- R. Ahadam.

- D. Qu'entendez-vous par ce mot ?

- R. Il me rappelle mon origine, ce que je suis, et ce que je dois être pour parvenir au comble de la félicité.

- D. Quels sont les devoirs des maçons ?

- R. Obéir, travailler et se taire.

- D. De quelle espèce est votre obéissance ?

- R. Elle est libre et volontaire.

- D. A quoi travaillez-vous ?

- R. A me rendre aimable et utile dans la société.

- D. De quoi vous servez-vous dans vos ouvrages ?

- R. De ma truelle et d'une terrine.****

- D. Avez-vous déjà reçu des gages ?

- R. Plus que je n'en mérite.

 En supposant à ces différentes questions un principe et un objet réel, je ne puis disconvenir qu'il n'y en ait quelques-unes de raisonnables édifiantes.

Quant au mot du guet Ahadam, ce ne peut être autre chose que le nom d'Adam qui a été corrompu. Les personnes instruites savent qu'Adam en langue hébraïque signifie roux, et que le premier homme fut appelé de ce nom, parce que la terre dont Dieu le forma était de couleur rousse qui est celle de la terre naturelle. C'est pourquoi les francs-maçons, qui ont souvent ce mot dans la bouche, disent qu'ils s'en servent pour se rappeler leur origine. Mais à quoi bon transformer ainsi en mystère une vérité connue de tous les hommes ? Y a-t-il un chrétien, même un sage paganisme, qui ne confesse que nous sommes poudre, et que nous retournerons en poudre ?*****

Telles sont néanmoins les seules instructions qui se donnent en loge aux apprentis maçons, si ce n'est qu'en leur expliquant le tableau de la chute du premier homme qui est exposé à leurs yeux, l'orateur a grand soin d'assaisonner son récit de quantité de traits mordants contre la mémoire de notre pauvre mère Eve.

* Les talmudistes prétendent qu'Adam fit un livre sur la création du monde et un autre sur la divinité. D'autres lui attribuent le psaume 92 et deux cantiques, dont il fit l'un la première fois qu'il connut Eve, et l'autre était une espèce de psaume pénitentiel qu'ils récitèrent après leur péché. Mais personne jusqu'à présent ne l'avait fait l'auteur d'un livre d'architecture.

** A la Loge où je me suis trouvé, on le dessine sur le le plancher.

*** Mon frère qui n'a écrit sans doute les secrets des francs-maçons que pour lui tout seul et afin de les mieux inculquer dans sa mémoire, s'est imaginé ne donner en cela qu'une légère entorse à son obligation. C'est ainsi que l'homme sacrifie tout à son opinion. Je n'ai garde de le justifier sur son imprudence ; je supplie seulement les frères qui le reconnaîtront au portrait que j'en fais, de lui sauver la peine de I'infamie en faveur de l'intention, et en considération du zèle et de l'attachement inviolable, même excessif, qu'il a toujours témoigné pour le corps.

**** Cette terrine est apparemment relative à la terrine triangulaire dont mention dans l'inventaire du coffre de mon frère le franc-maçon.

***** Genèse, III, 19.


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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 15:08

Catéchisme des Apprentifs.

 

Demande. Quel est le premier soin du Maçon ?

Réponse. C'est de voir si la Loge est couverte.

D. D'ou venez-vous ?

R. De la Loge S. Jean.

D. Quel recommandation nous apportez-vous ?

R. Bon accueil aux Freres et Compagnons de cette Loge.

D. N'apportez-vous rien de plus ?

R. Le Vénérable Maître de la Loge S Jean vous salüe par trois fois trois.

D. Que venez-vous faire ici ?

R. Vaincre mes passions, soumettre mes volontés, et faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie.

D. Etes-vous Maçon ?

R. Mes Freres et Compagnons me reconnoissent pour tel.

D. A quoi connoîtrai-je que vous etes Maçon ?

R. A mes signes et mes marques, et au point parfait de mon entrée.

D. Quels sont les signes des Maçons ?

R. L'Equierre, le Niveau et la Perpendiculaire.

D. Quelles sont les marques ?

R. Certains attouchements réguliers que l'on se donne entre Freres.

D. Donnez-moi le point parfait de entrée.

R. Donnez-moi le premier, je vous donnerai le second.

D. Je garde ?

R. Je cache.

D. Que cachez-vous ?

R. Les Signes des Maçons et de la Maçonnerie.

D. Où avez-vous été reçu Maçon ?

R. Dans une Loge juste et parfaite.

D. Qui compose cette Loge ?

R. 3, 5, et 7 ; sçavoir, un Maître Vénérable, 2 Surveillans, 2 Compagnons et 2 Apprentifs.

D. Qui la forme ?

R. 5, qui sont un Vénérable Maître, 2 Surveillans, 1 Compagnons et 1 apprentif.

D. Qui la gouverne ?

R. 3, un Vénérable Maître et 2 Surveillans.

D. Pourquoi vous êtez-vous fait recevoir Maçon ?

R. C'est que j'étois dans les ténèbres et je voulois voir la lumiere .

D. Qui vous a examiné en Loge ?

R. Un Expert.

D. Dans quel état étiez-vous, quand vous avez subi cet examen ?

R. Ni nud ni vêtu, et cependant dans une posture décente.

D. Comment vous y a-t'il introduit ?

R. Par trois grands coups.

D. Que signifie ces trois grands coups ?

R. 3 Paroles de l'Ecriture Sainte : Frappez, on vous ouvrira ; Parlez, on vous répondra ; Demandez, on vous donnera.

D. Qu'avez-vous vû paroître après trois grands coups ?

R. Un second Surveillant.

D. Qu'a-t'il fait de vous ?

R. Il m'a fait faire le tour de la Loge par le Septentrion, et m'a remis à l'Occident entre les mains du premier Surveillant.

D. Que cherchiez-vous dans cette route ?

R. La lumiere.

D. Que vous a fait faire le premier Surveillant ?

R. Il m'a fait mettre en bon Maçon les pieds en équierre, et m'a présenté au Vénérable Maître par 3 pas.

D. Qu'est ce que le Maître a fait de vous ?

R. Avec le désir sincere que j'avois et le consentement de la Loge, il m'a reçu Maçon.

D. Comment vous a-t'il reçu Maçon ?

R. Avec toutes les formalités requises ; j'avois le genoüil droit nud sur l'équiere, la main droite sur la Bible, et de la main gauche un Compas encore en équiere sur la mamelle gauche qui étoit nuë.

D. Que faisiez-vous dans cette posture ?

R. Je contractois un engagement de garder le Secret des Maçons et de la Maçonnerie.

D. Qu'avez-vous fait quand vous avez entré en Loge ?

R. Rien que l'esprit humain puisse comprendre.

D. Qu'avez-vous vû quand vous avez été reçu Maçon ?

R. Trois grandes lumieres.

D. Que signifient ces trois grandes lumieres ?

R. Le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge.

D. Pourquoi le Soleil ?

R. Comme le Soleil préside au jour, et la Lune à la nuit : ainsi le Maître gouverne le Loge.

D. Quels sont les devoirs du Maçon ?

R. De fuir le vice et de pratiquer la vertu.

D. Quels sont les secrets des Maçons ?

R. Des paroles, des attouchements et des signes sans nombre.

D. Quel est le principal point de la Maçonnerie ?

R. C'est d'être privé de tous métaux.

D. Pourquoi ?

R. C'est que lorsqu'on bâtit le Temple de Salomon, on entendit aucun bruit causé par la hache ou d'autresoutils composés d'aucun métail.

D. Comment a-t'on pû élever un si vaste et si solide Edifice, sans le secours d'aucun instrument construit de métaux ?

R. Hiram Roi de Tyr envoya à Salomon les cèdres du Liban tous taillés et prêts à poser ; et Salomon en fit faire autant dans les carrieres des pierres dont il avoit besoin pour son Temple.

D. Où étoit située votre Loge ?

R. Dans la vallée de Josaphat ou dans quelqu'endroit caché

D. Quelle forme avoit-elle ?

R. Un quarré long.

D. Quelle longueur ?

R. De l'Orient à l'Occident.

D. Quelle profondeur ?

R. De la surface de la terre au centre.

D. Quelle largeur ?

R. Des pieds, des toises et des coudées sans nombre.

D. Qui la couvroit ?

R. Un Dais céleste orné d'Etoiles.

D. Qui la soutenoit ?

R. Trois grands piliers.

D. Comment les nommez-vous ?

R. Sagesse, force et beauté.

D. Pourquoi les nomme-t-on ainsi ?

R. Sagesse pour inventer, force pour soutenir, et beauté pour orner.

D. Avez-vous des Bijoux ?

R. Oüi, Vénérable ; il sont au nombre de 6, sçavoir 3 mobiles et 3 immobiles.

D. Quels sont vos Bijoux mobiles ?

R. L'Equiere, le Niveau et la Ligne d'aplomb.

D. Et les Bijoux immobiles ?

R. La Planche à tracer, la Pierre cubique à pointe et la Pierre brute.

D. Quel est l'usage des mobiles ?

R. L'Equiere sert à donner la forme, le Niveau à mettre à l'uni, et la Ligne d'aplomb à élever des perpendiculaires sur les Bases.

D. Quel est l'usage des immobiles ?

R. La Planche à tracer sert au Maître pour faire ses Plans ; la Pierre cubique à pointe aux Compagnons, et la Pierre brute aux Apprentifs.

D. A qui étoit dédié votre Loge ?

R. A S. Jean.

D. Pourquoi ?

R. C'est que du tems des Guerres Saintes dans la Palestine, les Chevaliers Maçons se réünirent aux Chevaliers de S. Jean de Jérusalem.

D. Combien y a-t-il de sortes de Maçons ?

R. De deux sortes ; scavoir, les Maçons de Théorie et les Maçons de Pratique.

D. Qu'apprenez-vous en étant Maçon de Théorie ?

R. Une bonne morale ; à épurer nos mœurs et à nous rendre agréables à tout le monde.

D. Qu'est-ce qu'un Maçon de pratique ?

R. C'est l'Ouvrier tailleur de Pierres et qui éleve des perpendiculaires sur leurs bases.

D. Aviez-vous des lumières fixes ?

R. Oui, Vénérable, au nombre de trois, dont une à l'Orient, une à l'Occident, et la troisiéme au midi.

D. Pourquoi point au Septentrion ?

R. C'est que les rayons du Soleil pénétrent foiblement vers cette partie.

D. A quoi servoient-elles ?

R. A éclairer ceux qui venoient à la Loge ; ceux qui y travailloient et ceux qui s'en retournoient.

D. Où se tenoit le Maître ?

R. A l'Orient : parce que le Soleil se leve à l'Orient pour ouvrir la barriere du jour ; le Maître se tient donc au même endroit pour éclairer et gouverner sa Loge, l'ouvrir et mettre les Ouvriers à l'œuvre.

D. Où se tenoient les Compagnons ?

R. Au Midi, pour recevoir l'instruction et faire bon accueil aux Frères visiteurs.

D. Où se tenoient les Apprentifs ?

R. Au Septentrion pour garder et renforcer la Loge.

D. Où se tenoient les Surveillans ?

R. A l'Occident. Comme le Soleil se couche à l'Occident pour fermer la barriere du jour, les Surveillants se tiennent en cet endroit pour payer les Ouvriers, les renvoyer et fermer la Loge.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Au dessous de sept ans.

D. Quel heure est-il ?

R. Douze heures sonnées.

 

Le Maître

 

Mes Freres, la Loge d'Apprentifs est fermée.

 

Catéchisme des Compagnons.

 

Demande. Etes-vous Compagnon ?

R. Je le suis.

D. Pourquoi vous êtes-vous fait Compagnon ?

R. Par rapport à la lettre G.

D. Que signifie cette lettre G ?

R. Géométrie ou la cinquiéme des Sciences.

D. Avez-vous travaillé ?

R. Oüi, Vénérable, dans le Temple de Salomon.

D. Par où y êtes-vous entré ?

R. Par la porte de l'Occident.

D. Quavez-vous remarqué ?

R. Deux grands Piliers.

D. De quelle matiere étoient-ils ?

R. De Bronze.

D. De quelle hauteur ?

R. De dix-huit coudées.

D. Quelle en étoit la circonférence ?

R. De douze coudées.

D. Et l'épaisseur ?

R. De quatre doigts.

D. Quels étoient leurs ornemens ?

R. Deux Chapiteaux décorés de Lys, avec des pommes de Grenades.

D. Combien y en avoit-il à chaque moulure ?

R. Cent et plus.

D. Avez-vous reçu des gages ?

R. Oüi, Vénérable, dans la chambre du milieu.

D. Par où y êtes-vous parvenu ?

R. Par un escalier fait en forme de vis, qui se monte par 3, 5 et 7.

D. Pourquoi ?

R. C'est que trois Maçons gouvernent une Loge, cinq la forment, et 7 la rendent juste et parfaite.

D. Qui s'est opposé à votre entrée dans la chambre du milieu ?

R. Un Surveillant.

D. Qu'a t-il exigé de vous ?

R. Un signe, un attouchement et une parole.

D. Donnez-moi le signe d'apprentifs. (on fait le signe d'Apprentif).

Donnez l'attouchement au second Surveillant. (on donne l'attouchement).

D. Est-il juste mon Frere, (reprend le Vénérable) (le second Surveillant).

R. Oüi très-Vénérable.

D. Donnez-moi la parole ?

R. Je l'épelerai avec vous ; donnez-moi la premiere lettre, je vous donnerai la seconde

D. I.

R. A.

D. K.

R. J.

D. N.

R. Jakin.

D. Donnez-moi le signe de Compagnon? (on donne le signe).

D. Quand vous fûtes dans la chambre du milieu que vîtes-vous ?

R. Une grande lumiere dans laquelle je crus appercevoir la lettre G.

D. Que signifie la lettre G ?

R. Plus grand que vous, Vénérable.

D. Qui peut-être plus grand que moi qui suis Maçon libre et Maître d'une Loge aussi-bien composée ?

R. Elle signifie le nom de Dieu en Hébreu.

D. Comment voyage les Maîtres de votre Ordre ?

R. De l'Occident au Midi, du Midi au Septentrion, et du Septentrion à l'Orient.

D. Quels sont les principaux signes de la Maçonnerie ?

R. ils se réduisent à quatre, le Gutural, le Pectoral ; le Manuel ; et le Pédestre.

D. Que signifient-ils

R. 1°. Le Guttural sert à donner le signe d'Apprentif et à nous faire souvenir que nous méritons d'avoir la gorge coupée, si nous révélons le Secret des Maçons et de la Maçonnerie. 2°. Le Pectoral sert à donner le signe de Compagnon, et à marquer que nous le gardons dans le cœur. 3°. Le Manuel sert à donner l'attouchement au Frere. 4°. Le pédestre marque un Maçon exact à mettre ses pieds en équiere.

D. Avez-vous des Ornements ?

R. Oüi Vénérable, trois ; le Pavé Mosaique, l'Etoile flamboyante et la Houpe dentelée.

D. Quel étoit leur usage ?

R. Le Pavé Mosaique couvroit le Temple ; l'Etoile flamboyante étoit au centre, et la Houppe dentelée bornoit les extrémités.

D. Où gardez-vous le Secret des Maçons ?

R. Dans le cœur.

D. Y a-t-il une clef pour y entrer ?

R. Oüi, Vénérable.

D. Où gardez-vous cette clef ?

R. Dans une Boëte en forme d'Arche, qui ne s'ouvre et ne se ferme qu'avec des clefs d'yvoire.

D. De quel métal est cette clef ?

R. D'aucun : c'est une langue accoutumée aux bons rapports qui ne scait dire que du bien en l'abscence comme en la présence des Freres.

D. Avez-vous vû votre Maître aujourd'hui ?

R. Oüi Vénérable.

D. Comment étoit-il habillé ?

R. Or et Azur.

D. Pendant quel tems le servez-vous ?

R. Depuis le Lundi matin jusqu'au Samedi au soir.

D. Comment le servez-vous ?

R. Avec zéle, ferveur et liberté.

D. Que doit observer un bon Maçon ?

R. Quatre choses : le Silence, le Secret, la Prudence, et la Charité envers ses Freres.

D. Que doit-il fuir ?

R. La médisance, la calomnie et l'intempérance

D. Quel âge avez-vous ?

R. Sept ans.

 

La fermeture de la Loge de Compagnon, se fait comme à celle d'Apprentifs.

 

Catéchisme des Maîtres.

 

Demande. Etes-vous Maître Maçon ?

R. Très-Vénérable, je le suis, éprouvez-moi ; ensuite approuvez-moi ; ou désapprouvez, si vous pouvez.

D. Où avez-vous été reçu Maître Maçon ?

R. Dans une Loge de Maître juste et parfaite.

D. Combien faut-il être pour composer une telle Loge ?

R. Trois ; scavoir, un très-respectable Maître, et deux Vénérables Surveillants.

D. Comment avez-vous passé à la Maîtrise ?

R. De l'Equiere au Compas.

D. Sans doute que vous étiez reçu Apprentif et Compagnon ?

R. Jackin et booz me sont connus.

D. Et la Régle de trois vous est-elle aussi connüe ?

R. Je l'entends, et la clef de toutes les Loges est à mon commandement.

D. Que venez-vous faire ici ?

R. Chercher ce qui étoit perdu.

D. Qui est-ce qui étoit perdu ?

R. La Parole du Maître.

D. Comment fut-elle perdüe ?

R. Par trois grands coups, ou la mort d'Adoniram.

D. Comment notre très-respectable Maître Adoniram fut-il assassiné ?

R. Par trois scélérats, qui projeterent ensemble de lui arracher la parole ou la vie.

D. Comment reconnut-on l'endroit où notre très-respectable Maître fut assassiné ?

R. Par une branche d'Acacia, que les Apprentifs qui en avoient fait la recherche, mirent sur son tombeau.

D. Comment la Parole fut-elle recouvrée ?

R. Les Maîtres convinrent ensemble, que dans la crainte que la parole des Maîtres n'eut transpirée, que le premier signe qui seroit marqué par l'attouchement que l'on ferait en le relevant, et la premiere parole qui seroit proférée serviroit à l'avenir pour les Maîtres.

D. Donnez-moi le signe ? (on fait le signe du Maître)

R. Donnez l'attouchement à votre Frere premier Surveillant ? (on donne l'attouchement)

D. Venez me donner la parole à l'oreille ?

R. Macbenac.

D. Que fit-on du corps de notre très-respectable Maître Adoniram ?

R. Salomon pour récompenser son zéle et ses talens le fit inhumer dans le Sanctuaire du Temple.

D. Que fit-il mettre sur son Tombeau ?

R. Une Médaille d'or faite en triangle, où étoit gravé JEHOVA. Qui est le nom de Dieu en Hébreu.

 

Après ces Interrogations, les Freres se donnent la Parole réciproquement, et le premier et second Surveillans la rendent au Maître, et la Loge est fermée.

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