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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 13:12

REAA

 

Le Maçon que nous pleurons est celui qui nous éclairait dans nos travaux, qui nous consolait dans nos afflictions et qui soutenait notre courage dans les difficultés. Il a péri par le plus détestable des crimes.

Le sage Roi Salomon avait conçu le pieux dessein d'élever au GRAND ARCHITECTE DE L'UNIVERS un Temple, où seul il recevrait l'encens des hommes.

HIRAM, fils d'un tyrien et d'une femme d’Israël savant dans tous les arts et spécialement dans l'architecture et dans le travail des métaux, fut envoyé à Salomon par HIRAM, Roi de Tyr, pour conduire cette noble et vaste entreprise et diriger les ouvriers, dont il fut nommé le chef et le surintendant.

Pour régler d'aussi grands travaux, HIRAM divisa les nombreux ouvriers, qui furent mis sous ses ordres, en trois classes. Ceux de la première, sous le nom d'apprentis, étaient employés à abattre les bois sur le Mont Liban et à les équarrir; à arracher des carrières les pierres et les marbres et à les dégrossir. Ceux de la seconde classe, sous le nom de compagnons, étaient occupés à terminer les pièces ébauchées par les apprentis et à les mettre ensuite en place sous la direction des ouvriers de la troisième classe, que l'on nommait les maîtres. Ceux-ci prenaient immédiatement les ordres d'HIRAM dans un lieu secret que l'on nommait la Chambre du Milieu, qui plus tard devait être le sanctuaire du Temple. On raconte que les ouvriers employés à la construction du Temple étaient au nombre de cent quatre vingt trois mille six cent (183.600). On peut juger qu'il eut été difficile de les gouverner sans l'ordre établi par HIRAM. Chaque classe d'ouvriers avaient un signe et un mot secret, que l'ouvrier devait donner au trésorier pour recevoir son salaire; de sorte qu'aucun ne pouvait avoir que la paie qui était attribuée à sa classe. Les apprentis parvenaient à la classe des compagnons après un temps déterminé, lorsqu'ils avaient mérité cette récompense par leur zèle, leur intelligence et leur assiduité au travail. Les compagnons obtenaient par les mêmes moyens la faveur d'être élevés au rang des maîtres .

 

HIRAM avait heureusement conduit les travaux presqu'à leur perfection et bientôt l'édifice allait être achevé et consacré à sa destination. Mais le génie des ténèbres qui voyait, par cette oeuvre, son règne menacé, souleva toutes les passions pour tenter de ruiner ce bel ouvrage avant son achèvement et mettre le trouble parmi les ouvriers en les privant subitement de leur guide. Il souffla dans l'esprit des ouvriers des moindres classes le poison de l'envie et de la jalousie; il leur inspira le dégoût du travail; il fit naître en eux le désir présomptueux d'obtenir des salaires plus élevés, sans s'être donné la peine de les acquérir avec le temps, par l'étude et l'application. Il insinua plus particulièrement cet esprit de désordre parmi les compagnons, qui, déjà initiés aux premiers secrets de l'Art, se regardaient comme des victimes de l'injustice et de la partialité, parce qu'ils n'étaient pas rendus égaux aux maîtres. Cependant le respect qu'HIRAM savait inspirer par sa douceur, par ses vertus, par son impartialité, maintenait encore les esprits révoltés, et peut-être tout allait-il rentrer dans le devoir, lorsque trois d'entre les compagnons formèrent le projet d'arracher, de gré ou de force, le mot sacré des maîtres, pour s'introduire frauduleusement dans la Chambre du Milieu; ils se concertèrent sur les moyens de surprendre notre maître HIRAM s'il était possible.

Ils arrêtèrent qu'ils tenteraient par la menace d'intimider HIRAM, afin de lui arracher, par la crainte, ce qu'ils n'espéraient pas obtenir de sa libre volonté; mais soit qu'ils y parvinssent, soit qu'ils échouassent, ils étaient résolus à lui donner la mort, afin de se soustraire à la juste punition que devait attirer sur leur tête une si téméraire et si criminelle audace. Ils comptaient aussi dérober aux autres ouvriers la connaissance de la part qu'ils auraient prise au meurtre du Maître. Vaine prétention ! Les outils, dont ils devaient faire usage pour commettre ce crime, devaient aussi révéler la classe d'ouvriers à laquelle appartenaient ses auteurs ! Ayant ainsi combiné leur crime et pris leurs mesures, ils attendirent l'instant où, à la chute du jour, les ouvriers, ayant rempli leur tâche, auraient quitté l'atelier pour aller se livrer au repos; alors le Maître, qui demeurait toujours le dernier, se trouverait seul et à leur discrétion.    

Le Temple avait trois portes : I'une à l'orient, qui communiquait à la Chambre du Milieu et qui était réservée aux maîtres; une autre au Midi et la troisième à l'occident; celle-ci était l'entrée commune à tous les ouvriers; c'était aussi par là qu'HIRAM avait coutume de se retirer après avoir reconnu les travaux du jour. Les conspirateurs, au nombre de trois, se placèrent à chacune de ces portes, afin que si le maître échappait à l'un, il ne pût éviter les autres. Après quelques instants d'attente, HlRAM sortit de la Chambre du Milieu pour visiter les travaux, s'assurer, comme de coutume, que ses plans avaient été suivis et exécutés ..Le maître aperçoit un des conjurés, armé d'une règle pesante, embusqué près de là, et lui demande pourquoi il n'a pas suivi les autres ouvriers et ce qu'il veut de lui.

Le compagnon lui répond, avec audace : “Maître, il y a longtemps que vous me retenez dans les rangs inférieurs; je désire enfin de l'avancement; admettez-moi donc au rang des Maîtres”. - Je ne puis, dit HIRAM, avec sa bonté ordinaire, je ne puis à moi seul t'accorder cette faveur; il faut aussi le concours de mes Frères; lorsque tu auras complété ton temps et que tu seras suffisamment instruit, je me ferai un devoir de te proposer au conseil des maîtres.

 “Je suis assez instruit, et je ne veux pas vous quitter que je n'aie obtenu de vous le mot des maîtres ” objecte le Compagnon.                “Insensé ! Ce n'est pas ainsi que je l'ai reçu, ni qu'il doit se demander ! Travaille, et tu seras récompensé !”, poursuit HIRAM. .Le compagnon insiste et va jusqu'à la menace. HIRAM, toujours bon, mais également ferme, lui répond avec douceur que c'est en vain qu'il espère obtenir, par ce moyen, la faveur qu’il sollicite. Il fait un mouvement de la main pour engager cet importun à se retirer; au même instant, le scélérat veut lui asséner sur la tête un violent coup de la règle qu'il tient dans la main. Cependant, le coup est détourné par le geste que fait HIRAM et la règle, tombant sur l'épaule droite du maître, cause un engourdissement qui le rend incapable de désarmer son adversaire.  

 

HIRAM s'avance alors précipitamment pour sortir par la porte du Midi.Mais il y est attendu par le second des conjurés, qui lui fait, d'une manière encore plus pressante, la demande du mot de maître. HIRAM, qui commence à entrevoir le danger qu'il court, surtout s'il est poursuivi par le premier compagnon, se hâte de gagner la porte de l'occident, en faisant le réponse qu'il avait déjà faite à la porte de l'orient. Cependant, il ne fuit pas assez promptement pour éviter un coup de pince que le misérable veut lui porter sur la tête, mais qui ne l'atteint que sur la nuque.

Tout étourdi de ce coup, le maître se dirige, en chancelant, vers la dernière issue du Temple, par où il espère s'échapper. Vain espoir t II est arrêté, de nouveau, par le troisième conjuré. La même demande lui est faite, qui se heurte au même refus.

“Plutôt la mort, que de trahir ainsi le secret qui m'a été confié !” A l'instant, le troisième Compagnon le frappe, au front, d'un grand coup de maillet qui le renverse sur le pavé... Ainsi périt l'homme juste, fidèle au devoir jusqu'à la mort.

Le Très Vénérable Maître

Mes Frères ! Depuis le fatal événement qui nous a privé du Maître, le monde est demeuré dans les ténèbres les plus épaisses; tous les travaux sont suspendus. Ne pourrions-nous donc rien entreprendre pour recouvrer la lumière ? Mais, qui ne serait découragé à l'aspect d'un si funeste sort ? Si l'homme d'une vertu si éminente à dû succomber, quel espoir aurions-nous d'être plus heureux ?lui seul, d'ailleurs, possédait le secret de l'oeuvre commencée; qui oserait se présenter pour lui succéder ?

Cependant, mes Frères, ne perdons pas courage ! Après avoir pleuré notre Maître, cherchons ses restes que les meurtriers ont sans doute cachés, afin de rendre à sa dépouille mortelle les honneurs qui lui sont dus. Peut-être recueillerons-nous quelques traces de sa science; la Lumière peut reparaître encore ! Voyagez, mes Frères, de l'occident à l'orient, du Septentrion au Midi, jusqu'à ce que vous ayez découvert le lieu sacré où les indignes scélérats ont pu déposer le corps de notre Respectable Maître ! Les Vénérables Maître Expert et Maître des Cérémonies, suivis de sept Vénérables Maîtres, font par trois fois, dextrorsum, le tour de la Loge. Il s'arrêtent ensuite, de manière que l'Expert se trouve près de la branche d'acacia.

Le second Surveillant (de son plateau)

Cet arbre funéraire, cet acacia, annonce une sépulture. Il n'y a pas longtemps qu'il est planté; peut-être ombrage-t-il le tombeau de notre Respectable Maître HIRAM...

Le premier Surveillant (de son plateau)

Oui ! Il est dit que la Connaissance repose à l'ombre de l'acacia ! Ce lieu désert me porte à croire que ce pourrait être, en effet, le tombeau de notre Maître. Mais, que vois-je? Une équerre et un compas qui paraissent y avoir été placés à dessein, ne me laissent plus aucun doute ! Gardons-nous donc de toucher à cette terre jusqu'à ce que nous ayons averti le Maître ! Que trois Frères demeurent ici, tandis que nous l allons rendre compte de notre découverte. En voyageant vers l'orient nous avons aperçu, à la lueur du crépuscule, un acacia qui ombrageait un tombeau dont la terre paraissait encore fraîche; une équerre et un compas, placés par-dessus, nous ont fait penser que c'est là que repose notre Maître HIRAM; mais nous n'avons osé troubler le repos de sa dépouille et nous nous hâtons de vous informer de cette découverte, afin que vous veniez avec nous reconnaître si nos conjectures sont fondées. Trois de nos Frères sont demeurés pour la garde de ce lieu respectable….

 

RER

 

Le temps étant venu où Salomon devait élever un temple à la gloire du Grand Architecte de l'Univers, sur les plans tracés par une main céleste, qui avaient été remis à David son père, il fut aidé dans cette grande entreprise par Hiram, roi de Tyr. Ce prince lui fournit en abondance les matériaux les plus précieux et lui procura un grand nombre d’excellents ouvriers. Mais il lui fit un don bien plus estimable en lui envoyant Hiram Abif, Tyrien de nation, l’architecte le plus célèbre de l’Univers et l’ouvrier le plus habile dans tous les ouvrages de l’art.

Salomon étant doué de la plus haute sagesse reconnut tout le prix des talents et des Lumières d’Hiram ; il lui donna sa confiance, le chérit comme son père et l’établit chef principal de tous les ouvriers qui travaillaient à la construction du Temple.

Hiram Abif les sépara d’abord en trois classes pour leur donner à chacun une paie proportionnée à leur mérite et à leurs talents ; il donna à chaque classe des signes, attouchements et mots différents. Il appela les premiers ou les Apprentis à la colonne J pour y recevoir leur salaire et les Compagnons à la colonne B. Mais il introduisit les Maîtres dans la chambre du milieu pour y être récompensés selon leur grade. Un ordre si bien établi devait assurer la tranquillité de toutes les classes et l’autorité de leur chef. Mais l’orgueil, l’envie et la cupidité traînent à leur suite le désordre, la confusion et le crime.

Trois Compagnons perfides conçurent le détestable projet de forcer Hiram Abif à leur donner le mot de Maître pour s’en procurer la paie et de l’assassiner s’il le leur refusait. Dans ce dessein, ils se placeraient à trois différentes portes du temple à l’heure où, après que les ouvriers s’étaient retirés, Hiram avait coutume d’aller seul vérifier les travaux. Le Maître étant entré à son ordinaire par la porte d’occident et voulant ensuite se retirer par celle du midi, il y trouva un des Compagnons qui lui demanda arrogamment le mot de Maître avec menace de le tuer s’il le lui refusait ; et, sur le refus du Maître Hiram, ce scélérat lui donna un grand coup de marteau sur l’épaule gauche. Le Maître Hiram chercha son salut dans la fuite et, se présentant pour sortir par la porte du nord, il y trouva le second assassin qui lui fit la même demande avec la même menace et, sur son refus, ce monstre lui porta un grand coup de massue sur l’épaule droite, dont il fut presque terrassé. Cependant, il eut encore la force de se sauver vers la porte d’orient, mais il y trouva le troisième Compagnon qui, le voyant déjà affaibli par les coups qu’il avait reçus, lui demanda impérieusement le mot de Maître. Hiram ne put se dissimuler l’extrémité du danger où il se trouvait en le refusant, mais il préféra son devoir à la conservation de sa vie et le Compagnon, irrité d’éprouver le même refus et conduit par sa cupidité, lui porta un grand coup de maillet sur le front qui le fit tomber mort.

 Ces furieux, voyant le Maître Hiram mort, résolurent d’enterrer son cadavre, espérant que leur crime resterait inconnu ignoré, mais comme il était encore jour, ils le couchèrent d’abord sous un monceau de pierre et, la nuit étant survenue, ils le transportèrent sur un lieu élevé aux environs du temple, où ils l’enterrèrent. Le Roi Salomon, qui aimait tendrement le Maître Hiram, s’affligeait de son absence et, après que sept jours furent écoulés sans le voir reparaître, étant fort inquiet de son sort, il ordonna à neuf Maîtres d’en faire la recherche et de lui en rendre compte. Les neuf Maîtres se partagèrent en trois bandes, trois d’entre eux sortirent par la porte du midi, trois par celle du nord et enfin les trois autres prirent leur route par la porte d’orient, pour tenter de découvrir les traces du Maître Hiram. Ils le cherchèrent inutilement dans tous les environs du temple, mais trois d’entre eux, attirés par l’éclat d’une Lumière extraordinaire, se dirigèrent vers l’éminence où le cadavre avait été enterré. Là, accablés de fatigue et de lassitude, ils s’assirent. Mais, à l’instant, ils s’aperçurent que la terre avait été fraîchement remuée en cet endroit ; voulant en approfondir la cause, ils se mirent à fouiller et ils trouvèrent un cadavre qu’ils reconnurent à la lame d’or triangulaire dont il était encore décoré, pour être le corps de notre respectable Maître Hiram. Aussitôt, ils avertirent de leur découverte les deux autres bandes de Maîtres, en leur faisant signe de venir à eux et ceux-ci reconnurent également le corps du Maître Hiram. L’état où ils le trouvèrent leur fit voir aisément qu’il avait été assassiné et ils ne purent soupçonner de ce meurtre abominable que quelques méchants Compagnons qui auraient voulu lui arracher le mot de Maître pour en avoir la paie. Dans la crainte où ils furent qu’il n’eût été forcé de le leur dévoiler, ils projetèrent ensemble de ne plus employer l’ancien mot et d’y substituer la première parole qu’ils prononceraient entre eux en exhumant le cadavre d’Hiram. Après cet accord, ils plantèrent une branche d’épine nommée acacia pour reconnaître le lieu où il était et ils allèrent porter cette triste nouvelle à Salomon.

Le roi Salomon ayant appris la mort tragique du Maître Hiram fut extrêmement affligé de sa perte et, pour témoigner la vénération et la tendre amitié qu’il avait pour lui, il ordonna à tous les Maîtres d’aller exhumer son corps et de le transporter dans le temple ; et, ayant approuvé la résolution qui avait été prise de ne plus employer le mot de Maître, il fut convenu d’y substituer la première parole qu’ils prononceraient entre eux en déterrant le cadavre. Les Maîtres s’empressèrent tous d’exécuter les ordres de Salomon, mais les neuf Maîtres qui avaient été chargés de faire les premières recherches se hâtèrent de devancer leurs camarades et, étant arrivés les premiers sur l’éminence où ils avaient vu le cadavre du Maître Hiram, ils reconnurent facilement le lieu qu’ils avaient désigné par la branche acacia et se mirent en devoir de le déterrer. L’un d’eux le prit par le doigt index, mais la peau se détacha de l’os et lui resta dans la main ; un autre le prit par le doigt du milieu, mais la chair lui resta aussi dans la main ; enfin, un troisième essaya de l’enlever en le prenant par le poignet, mais comme aux deux premiers, la chair lui resta dans la main.

Alors il s’écria M... B..., ce qui signifie "le corps est corrompu" ou "la chair quitte les os" et il se mit en devoir d’exhumer le cadavre ; les neuf Maîtres se réunirent à lui pour l’enlever et ils le retirèrent en effet de la fosse, en présence de tous les autres Maîtres qui étaient survenus en cet endroit. Ils portèrent le corps du respectable Maître Hyram dans le temple avec une grande pompe, étant décorés des marques de leur grade, avec des gants blancs pour témoigner qu’ils étaient innocents du sang de leur Maître.

Le roi Salomon lui fit faire des obsèques magnifiques dans le temple et, pour récompenser le zèle et la fermeté de son architecte, il fit placer sur son tombeau la lame d’or triangulaire sur laquelle la parole des Maîtres était gravée et il en confia la garde à ses plus intimes favoris. Après les funérailles, tous les Maîtres se rangèrent en cercle pour exécuter leur projet de substituer un autre mot à la parole des Maîtres ; celui qui avait relevé le corps d’Hiram donna le mot M... B... à celui qui était sur sa droite pour le faire circuler jusqu’à ce qu’il fut connu de tous et ce mot est resté depuis aux Maîtres pour se reconnaître entre eux.

 

RITE FRANÇAIS

 

Les deux premiers grades vous ont appris à connaître l’usage des instruments, et l’emploi de matériaux. Vous vous attendez sans doute à trouver dans celui-ci le développement des emblèmes sous lesquels la vérité s’est, jusqu’à présent, dérobée à vos yeux; mais tout dans l’univers est sujet à d’étranges révolutions tout périt ! Le Temple que Salomon s’était plu à élever au roi des rois, éprouva ce sort funeste. La mort inattendue du chef de cette magnifique entreprise, peut vous retracer, par anticipation, la ruine de ce Temple fameux, que l’histoire nous représente sans cesse détruit, et sans cesse renaissant de ses propres ruines.

Salomon, fils de David, célèbre par sa sagesse et par t’immensité de ses connais­sances, résolut d’élever à l’Eternel un temple que son père avait projeté, mais que les guerres qu’il eut à soutenir contre ses voisins, ne lui permirent pas de construire; il envoya prier Hiram, roi de Tyr, de lui fournir les matériaux nécessaires à cette entreprise: Hiram accepta cette proposition avec joie; il envoya un de ces hommes rares dont le génie, l’intelligence, le goût, la supériorité des talents en fait d’architecture, et la vaste connaissance de l’essence des métaux, lui avaient acquis un tel degré de considération et de respect de la part du roi de Tyr, qu’il l’appelait son pare, parce qu’il se nommait Hiram comme lui, quoiqu’il fût fils d’un Tyrien et d’une femme de la tribu de Nephtali.

Salomon donna à Hiram l’intendance et la conduite des travaux. Le dénombrement qui fut fait de tous les ouvriers, les porte a 183.300. L’histoire les nomme « prosélytes », ce qui dans notre langue signifie « étrangers admis », c’est-à-dire « initiés ».

A Savoir:

- 30.000 hommes destinés à couper les cadres sur le Liban, qui servaient par tiers pendant un mois;

- 702000 apprentis,

- 3.300 maîtres.

Les habitants du Mont Gibel façonnaient les cadres et taillaient les pierres.

Les ouvriers, divisés en trois classes avaient des mots, des signes et des attou­chements pour se reconnaître entre eux, et recevoir la paie proportionnée au genre de travaux auxquels ils étaient propres. Les Apprentis recevaient leur salaire à la colonne J, les Compagnons à celle B, et les Maîtres dans la chambre du milieu. Le nom de la colonne des Apprentis signifie « préparation », et celle des Compagnons signifie « force ». Les monuments historiques qui nous sont parvenus nous apprennent que la colonne J fut placée au Nord et celle B au Midi, près de la porte d’Occident. On entrait dans le Temple par trois portes celle destinée aux apprentis et, par la suite, au peuple, était à l’Occident ; celle destinée aux compagnons et, après l’achèvement du Temple, aux lévites, était au Midi; et celle destinée aux maîtres et, par la suite, aux pontifes, était à l’Orient.

Aussitôt que les portes furent posées, Salomon fit publier une ordonnance, par laquelle il était enjoint à tous les apprentis et compagnons, de sortir du Temple la veille du sabbat, et de n’y rentrer que le lendemain du sabbat au matin, à l’ouverture des portes sous peine d’être puni de mort. L’ordre qui avait été établi parmi les ouvriers devait nécessairement assurer la tranquillité; la dernière ordonnance de Salomon avait pour but d’empêcher qu’on éludât, sous aucun prétexte, l’observation du sabbat; tout répondait aux voeux de Salomon, par les soins et la vigilance d’Hiram ; le Temple prenait chaque jour un nouvel accroissement, lorsque tout à coup un crime affreux vint suspendre les travaux, et jeter un deuil universel. Trois compagnons mécontents de leur paye, formèrent le projet d’obtenir celle de maître, à l’aide des signe, parole et attouchement, qu’ils espéraient se procurer à force ouverte.

Ils avaient remarqué qu’Hiram visitait tous les soirs les travaux, après que les ouvriers étalent retirés; ils se mirent en embuscade aux trois portes du Temple: l’un s’arma d’une règle, l’autre d’un levier et le troisième d’un fort maillet.

Hiram, s’étant rendu dans le Temple par une porte secrète, dirigea ses pas vers la porte d’Occident; il y trouva un des compagnons, qui lui demanda les mot, signe et attouchement de maître, et le menaça de le tuer s’il ne les lui donnait. Hiram lui dit: « Malheureux! que fais-tu ? tu sais que je ne peux, ni ne dois te les donner; ce n’est pas ainsi que je les ai reçus; efforce-toi de les mériter, et tu peux être assuré de les obtenir ».

A l’instant, le traître veut lui décharger sur la tête un coup violent de la règle qu’il tenait, mais le mouvement d’Hiram pour parer le coup, fit qu’il ne porta que sur l’épaule.

Dans ce moment, le Frère Premier Expert fait faire au Candidat un des trois pas mystérieux.

Il consiste à passer le pied droit par dessus la représentation, diagonalement de l’Occident où, il est placé, au Midi tenant la l. g. en éq. à la hauteur du gras de la l. et restant quelques instants sur la l. d.

Le Premier Expert soutient le Candidat en cette posture en lui donnant la main. A l’instant où le Récipiendaire à fait le premier pas, le Frères de la colonne du Midi qui avait le rouleau, lui en donne un coup léger, mais sensible, sur l’épaule droite.

TR. : Hiram voulut chercher son salut dans la fuite, et tenta de sortir par la porte du Midi ; il y trouva un autre compagnon qui lui fait la même demande avec la même menace; mais à l’instant où il voulut s’enfuir, le compagnon le poursuivit et lui porta un grand coup de levier, qui ne l’atteignit que sur la nuque du cou.

Le Frères Expert fait faire en ce moment au Récipiendaire le second pas mystérieux; il passe la l. g. par dessus la représentation, diagonalement du Midi au Nord, et tenant la j. d. en éq. contre le m. de la g.

Pendant ce passage, le Frère de la colonne du Nord, donne sur la nuque du Récipiendaire un léger coup du rouleau dont il s’était muni.

Le Frère Expert fait faire au Récipiendaire le troisième pas, en portant la j. d. au bas de la représentation, où il vient joindre les deux p. en éq. simple, sur le compas.

Aussitôt, les deux Frères Experts saisissent le Récipiendaire chacun par un bras, portant l’autre main sur sa poitrine, et posent chacun un pied derrière les talons du Récipiendaire ; pendant ce temps-là le Frère qui était couché se retire sans bruit, de manière que le Récipiendaire ne puisse s’apercevoir de rien et laisse à terre, à côté du tableau, le voile dont il était couvert.

Le Très Respectable quitte sa place, vient près du Candidat et continue: Ce coup mal dirigé ne fit qu’étourdir notre Respectable Maître qui, cependant, eut assez de force pour courir vers la porte d’Orient, où il trouva le troisième compagnon, qui lui fit encore la même demande et les mêmes menaces et, sur son refus, lui porta un grand coup de maillet sur le front et l’étendit mort.

Le Très Respectable donne sur le front du Récipiendaire, un coup de maillet, qu’il avait tenu caché ; aussitôt les deux Experts qui tenaient l’Aspirant, le poussent et le renversent, avec précaution, sur le dos.

Le Récipiendaire doit être couché, comme l’était le Frères qui occupait sa place; il a la tête un peu élevée et posée sur un coussin; il aura la jambe gauche étendue, la droite repliée en équerre; le genou élevé, le bras gauche étendu et le droit aussi plié en équerre ; la m. sur le c., à l’ordre de Compagnon, et recouverte de son tablier; enfin, on étendra sur lui le voile noir, de manière qu’il ait le visage couvert.

Chacun reprend sa place.

Le T\R\ rallume son chandelier à 3 branches et passe le boutefeu au premier Maître des Cérémonies qui rallume les neuf bougies des 3 grands chandeliers, puis celles des surveillants et éteint les lampes.

TR. : Mes Frères, le désordre s’est glissé dans nos travaux, la tristesse est peinte dans les yeux de tous les ouvriers; il ne nous est pas permis de douter que notre Respectable Maître Hiram ne soit mort mettons nous donc à la recherche de son corps, et tâchons par notre zèle et par nos soins de le découvrir.

Vénérable Frère Second Surveillant, prenez avec vous deux Maîtres et faites la recherche par le Nord.

Le Second Surveillant prend avec lui deux Frères qui étaient autour de la représentation; ils font le tour de la Loge en commençant par le Nord, dans le sens des aiguilles d’une montre et sondent le terrain avec la pointe de leur glaive, par petits coups irréguliers.

De retour à l’Occident les 2 F\ reprennent leur place; le Second Surveillant frappe un coup de maillet sur son plateau et dit: Très Respectable, nos recherches ont été vaines.

TR., * : Vénérable Frère Premier Surveillant, prenez avec vous deux Frères et faites la recherche par le Midi.

Le Premier Surveillant désigne deux Frères qui étaient autour de la représentation, avec lesquels il fait le tour de la Loge en commençant par le Midi, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, sondant la terre avec la pointe de leur glaive.

De retour a l’Occident, les 2 F\ reprennent leur place, le Premier Surveillant frappe un coup de maillet sur son plateau et dit: Très Respectable, nos recherches ont été vaines.

TR., * : Vénérables Frères Premier et Second Surveillants, invitez les Frères qui vous ont déjà accompagnés, à se joindre de nouveau à vous; je vais me faire accompagner de deux Frères et, tous de concert, nous ferons une recherche plus attentive: puissions nous être assez heureux pour faire cette importante découverte.

Ces Frères, au nombre de neuf, font le tour de la Loge dans l’ordre qui suit: le Second Surveillant, suivi de deux Maîtres de sa colonne part le premier par le Midi, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre; le Premier Surveillant, suivi des deux autres Maîtres de sa colonne, part par le Nord, dans le sens des aiguilles d’une montre.

Ils commencent ainsi le tour en se croisant à l’occident: quand ils sont parvenus à l’Orient, le Très Respectable se joint à eux, avec les deux autres Maîtres qu’il a désigné, et tous font trois fois le tour de la Loge , dans le sens des aiguilles d’une montre, en cherchant et sondant le terrain avec la pointe de leur glaive. Au second tour, le Second Surveillant s’arrête au Nord Est et dit: Très Respectable, je vois une vapeur s’ élever d’un petit espace de terrain approchons.

Ils font le troisième tour, après lequel le Très Respectable s’arrête en face du tableau, à l’Orient, là où sont représentés un monticule et une branche d’acacia.

Les deux Surveillants sont à l’Occident aux places correspondant à leur chaire.

Tous les Frères sont debout autour de la représentation.

1° S. : Très Respectable, la terre me parait fraîchement remuée en cet endroit ; nous pourrions bien trouver ici l’objet de nos recherches.

Le Très Respectable feint de s’appuyer sur la branche d’acacia et dit: Vénérables Maîtres, cette branche n’est pas crûe en cet endroit : ceci me paraît suspect, et je pense que nos recherches ne seront pas vaines.

Il se pourrait que les assassins eussent, à force de tourments, arraché de notre Respectable Maître le mot et le signe de Maître n’êtes-vous pas d’avis que le premier signe que l’un de nous fera et le premier mot qu’il prononcera, si nous trouvons le corps d’Hiram, soient désormais le mot et le signe de reconnaissance des Maîtres?

Tous donnent le signe d’approbation et laissent tomber la main droite sur la cuisse.

Le Très Respectable lève avec la pointe de son glaive qu’il tient de la main gauche, une partie du voile qui couvre le Récipiendaire ; les huit autres Frères font de même et retirent entièrement le voile tous ensemble vers le Nord. Aussitôt, ils font le signe d’horreur.

Le Second Surveillant s’approche, prend l’index droit du Récipiendaire, le laisse aller, en disant J...n et fait un pas en arrière en faisant le signe d’horreur.

Le Premier Surveillant s’approche ensuite, prend le second doigt ou médius du Récipiendaire, le tire à lui, et le laisse glisser en disant B..z ; il fait un pas en arrière avec le signe d’horreur.

Le Très Respectable s’approche du Récipiendaire et dit, en faisant le signe d’horreur, et reculant d’un pas: Vénérables Frères Surveillants, qui a dérangé le corps de notre Respectable Maître?

2° S. : Très Respectable, j'ai cru pouvoir le relever par l’attouchement d’Apprenti, mais la chaire quitte les os.

1° S. : Très Respectable, j’ai cru pouvoir le relever par l’attouchement de Compagnon, mais la chaire quitte les os.

TR. : Ne savez-vous pas que vous ne pouvez rien sans moi et que nous pouvons tout à nous trois.

Il s’approche du Récipiendaire, pose le pied droit contre le sien, genoux contre genoux ; de la main droite il lui enserre le poi..., de façon que les pau... des deux mains soient l’une contre l’autre, et lui passe le bras gauche sous l’omoplate droite, ayant par ce moyen, est... contre est... ; puis à l’aide des deux Surveillants, il le relève et lui dit à l’oreille, en lui donnant l’accolade par trois, les trois syllables du mot. M......n.

 

RITE EMULATION

 

Quinze Compagnons, appartenant à la classe supérieure, chargée de surveiller les autres, voyant que les travaux étaient presque achevés alors qu’ils n’étaient point en possession des secrets du Troisième Grade, conspirèrent en vue de les obtenir par tous les moyens, décidés même à avoir recours à la violence. Cependant, au moment de mettre leur complot à exécution, douze d’entre les quinze se désistèrent; mais trois, d’un caractère plus résolu et plus cruel que les autres, persévérèrent dans leur projet impie, et, pour le perpétrer, ils s’embusquèrent respectivement aux entrées ménagées à l’Est, au Nord et au Sud du Temple, où notre Maître s’était rétiré pour faire ses dévotions au Très Haut, ainsi qu’il y était accoutumé à l’heure de midi. Ses dévotions terminées, il voulu sortir par la porte du Sud. Mais là, il fut arrêté par le premier de ces misérables qui, n’ayant pu se procurer d’autre arme, s’était muni d’une Règle P...

Il demanda d’une manière menaçante les secrets du Maître Maçon, avertissant qu’un refus serait puni de mort. Notre Maître, fidèle à son serment, répondit que ces secrets n’étaient connus que de trois personnes au monde et que, sans le consentement et le concours des deux autres, il ne pouvait ni ne voulait les révèler. Cependant, il donna à entendre que, sans nul doute, la patience et le travail donnerait, en temps convenable, au Maître méritant le droit de connaître ces secrets, mais que, pour sa part, il préférerait la mort plutôt que de livrer le dépôt sacré qu’on lui avait confié. Mal satisfait de cette réponse, le misérable asséna un coup violent sur la tempe de notre Maître, mais, déconcerté par la fermeté de son attitude, il manqua son but et son arme glissa sur la tempe droite (Avec sa main d. tenant la R.P. le 2d S. touche la t.d. du Cand. et fait glisser sa m. d’avant en arrière) avec une telle force, qu’il chancela et s’affaissa sur le genou gauche !

Le 1er S. souffle à voix basse au Gand. de s’ag. sur le g. g. puis de se relever et de rec. les p.

Le VM. poursuit:

Remis de son étourdissement, il se dirigea vers la porte du Nord où il fut accosté par le deuxième de ces misérables, auquel il fit la même réponse, sans que sa fermeté se démentit un seul instant. Alors le misérable, qui était armé d’un Nivelle, lui asséna un coup violent sur la tempe gauche (avec sa m. g. tenant le Ni. le 1er S. touche la t. g. du Cand. d’avant en arrière) qui l’abattit sur le genou droit.

Le 1er S. souffle à voix basse au Cand. de s’ag. sur le g. d. puis de se relever et de rec. les p.

Le VM. poursuit:

Voyant sa retraite coupée sur ces deux points, il s’avança, chancelant, défaillant et couvert de sang, vers la porte de l’Est ou était posté le troisième de ces misérables. Celui-ci reçut la même réponse que les autres à sa demande insolente car, même en cette heure d’épreuve, notre Maître demeura ferme et inébranlable. Alors le scélérat, qui était arme d’un Maillet Pesant lui asséna sur le front un coup violent le VM. simule le coup en direction du Cand., avec un m., mais en restant assis qui l’étendit, sans vie, à ses pieds.

Au moment ou le VM. simule le coup les SS. étendent le Cand. sur le dos et sur la t. o., b. le long du corps et p.c. Puis les SS. se tiennent debout de chaque côté du Cand., en tête de la t. e., face au VM.

Cette attitude est gardée quelques moments dans l’immobilité totale.

VM.: Les Frères remarqueront que, dans la cérémonie qui précède aussi bien que dans la situation présente, notre Frère a personnifié l’un des plus nobles caractères dont les annales de la Franc Maçonnerie , fassent mention, c’est à dire Hiram Abiff qui mourut, victime de son inébranlable fidélité au dépôt sacré qui lui avait été commis; et je souhaite que cela produise une impression ineffaçable sur l’esprit du Candidat, ainsi que sur le vôtre, mes Frères, pour le cas où vous seriez vous-mêmes soumis à pareille épreuve.

Nous nous sommes interrompus dans l’exposé de notre Histoire Traditionnelle, au récit de la mort de notre Maître Hiram Abiff. Une perte, aussi importante que celle du principal architecte, ne pouvait manquer de se faire sentir partout, et très sérieusement. L’absence de plans et d’instructions, qui avaient été jusque-là régulièrement distribués aux différentes classes d’ouvriers, fut le premier indice qu’un grand malheur avait du frapper notre Maître.

Les Ménatschim ou Intendants, autrement dit les chefs de chantier, déléguèrent les plus qualifiés au Roi Salomon pour lui faire part de l’extrême confusion dans laquelle l’absence d’Hiram les plongeait, et pour, lui dire qu’ils avaient lieu de craindre, qu’une disparition aussi soudaine et mystérieuse, ne fut la conséquence de quelque catastrophe fatale.

Le Roi Salomon ordonna immédiatement de faire un appel général de tous les ouvriers appartenant aux différentes sections. Trois ne répondirent pas à l’appel.

Le même jour, les douze compagnons qui avaient été, à l’origine, associés à la conspiration, se présentèrent devant le roi et confessèrent volontairement tout ce qui s’était passe jusqu’au moment où ils avaient cessé d’en faire partie. Cette confession augmenta, naturellement, les craintes du roi pour la sécurité de son principal architecte. Il choisit donc quinze fidèles Compagnons et leur commanda de se mettre en quête de notre Maître, et de chercher à découvrir s’il était encore en vie, ou s’il avait péri, victime de la tentative faite pour lui arracher les secrets de son grade éminent. En conséquence, après avoir fixe la date de leur retour à Jérusalem, ils se formèrent en trois Loges de Compagnons et se mirent en route, en prenant pour points de départ les trois portes du Temple.

Bien des jours passèrent en vaines recherches; Une des sections revint même, sans avoir fait de découverte importante. Une autre, cependant, eut d’avantage de succès. Au soir d’un certain jour, après les fatigues et les privations les plus grandes, un des Frères, qui s’était étendu sur le sol afin de se reposer, saisit, pour se relever, la branche d’un arbuste qui se trouvait près de lui. Mais, à sa grande surprise, l’arbuste céda et fut déraciné sans effort. Après un examen plus attentif, il s’aperçut que la terre avait été fraîchement remuée. Il appela donc ses compagnons, ils creusèrent la terre et y découvrirent le corps de notre Maître qui y avait été indignement enfoui. Ils le recouvrirent avec le plus grand respect et la plus grande vénération et, pour marquer l’endroit, plantèrent une branche d’acacia en tête de la fosse. Puis, ils partirent en toute hâte, pour Jérusalem, afin d’annoncer la triste nouvelle au Roi Salomon.

Celui-ci, après avoir donné un premier cours à sa douleur, leur ordonna de retourner à la fosse, de relever notre Maître et de l’honorer d’une sépulture qui convînt mieux à son rang élevé et à ses grands talents. En même temps, il leur annonça que, par la mort prématurée du Maître, les secrets du Maître Maçons étaient perdus.

C’est pourquoi il leur commanda d’observer avec attention, tous les signes, attouchements et mots que les Frères échangeraient fortuitement tandis qu’ils rendraient les derniers et tristes devoirs à l’éminent disparu. Ils accomplirent leur tâche avec la plus grande fidélité. Lorsque la fosse fut ouverte de nouveau, un des Frères, en tournant la tête, le VM. se lève remarqua quelques uns des Frères dans cette attitude le VM fait le s. d’H., imité par le Cand. frappés d’Horreur a la vue du spectacle a. et n. qu’ils avaient devant eux le VM. cesse le s. d’H., tandis que d’autres, découvrant l’h. b. encore visible sur le f. de notre Maître, se f. le f., le VM. fait le s. de C. imité par le Cand., afin d’exprimer la compassion qu’ils éprouvaient pour ses souffrances le VM. cesse le s. et s’asseoit.

Deux des Frères descendirent alors dans la fosse, et s’efforcérent de relever notre Maître au moyen de l’Attouchement d’Apprenti, mais la chaire quitte les os, puis de l’Attouchement de Compagnon, mais la chaire quitte encore les os.

Voyant qu’ils avaient échoué tous les deux, un Frère zélé et expérimenté, saisit plus solidement le poignet et, aidé des deux premiers, rélève notre Maître au moyen des cinq points parfaites, tandis que d’autres, entraînés par l’émotion, s’écraient Machaben ou Macbena. Ces deux mots out presque le même sens. L’un signifie la mort de l’Architecte et l’autre l’Architecte est mort.

Le Roi Salomon ordonna donc que ces signes accidentels, cet Attouchement et ces mots, serviraient à désigner les Maîtres Maçons dans tout l’univers, jusqu’à ce que le temps ou les circonstances permettent de retrouver les authentiques.

Il ne me reste plus qu’à vous rendre compte de ce qui arriva à la troisième section, qui avait poursuivi ses recherches dans la direction de Joppé, et songeait à retourner à Jérusalem, lorsqu’un jour, passant par hasard devant l’entrée d’une caverne ils entendirent des lamentations et des exclamations de remords. Ils pénétrérent dans la caverne pour en chercher la cause, et y trouvèrent trois hommes dont le signalement correspondait à la description des fugitifs.

Accusés du meurtre, et voyant que la retraite leur était coupée, ils firent in aveu complet de leur crime. Ils furent alors chargés de liens et conduits à Jérusalem où le Roi Salomon les condamna à la mort que justifiait amplement l’atrocité de leur crime.

 

RITE ECOSSAIS PRIMITIF

 

Après la mort de David, son fils Salomon était monté sur le trône d'Israël, et voulant travailler à l'élévation du Temple de Jérusalem, écrivit à Hiram roi de Tyr, qui adorait comme lui le Dieu d'Israël, et lui envoya des ambassadeurs afin de faire alliance avec lui. Il lui demanda des bois propres à la construction du Temple. Hiram de Tyr donna son accord à Salomon et lui promit tous les bois, pierres et matériaux nécessaires. Les bois furent coupés dans les forêts du Liban, et les pierres furent taillées dans les carrières de Tyr. A cet ouvrage, Salomon employait trente mille ouvriers, et les faisait relever tous les quatre mois par trente mille autres. La nourriture de ces ouvriers était payée par Salomon ainsi que leur entretien. Hiram de Tyr, désireux de concourir par tous les moyens possibles à l'élévation de cet édifice immortel, envoya vers Salomon un ouvrier, fameux dans le travail de toutes sortes de métaux et très instruit en architecture. Il se nommait Hiram Abif, il était le fils d'un Tyrien nommé Ur et de sa veuve issue de la tribu de Nephtali. Salomon le constitua son maître architecte et lui communiqua ses projets et ses plans, le nommant de plus inspecteur général de tous les ouvriers du Temple.

Hiram les divisa alors en trois classes, celle des Apprentis, celle des Compagnons et celle des Maîtres. Il donna à qhaque classe un Signe, un Attouchement et un Mot pour pouvoir reconnaître les ouvriers et les payer ensuite selon leur mérite. Il nomma et désigna ensuite les lieux où il devait les passer en revue et leur remettre leur paiement à la fin de la sixième journée. Les Apprentis qui étaient au nombre de soixante dix mille étaient payés à la Colonne J, les Compagnons étaient au nombre de quatre-vingt mille, et ils étaient payés à la Colonne B. Ces deux Colonnes, ainsi que vous le savez, avaient été élevées sur le parvis du futur Temple.

Les Maîtres, au nombre de trois mille six cent soixante, recevaient leur salaire dans la Chambre du Millieu de la Loge érigée sur le chantier.

Tels étaient les engagements que cet homme illustre avait pris pour payer les ouvriers, mais comme il n'aurait pu subvenir à tout, Salomon lui donna deux adjoints qui portaient le  nom de Surveillants. Le premier était préposé pour payer les Compagnons et le second pour payer les Apprentis. Ils avaient également l'inspection sur les ouvriers chargés de la police du chantier, comme d'accomoder les différents qui pouvaient naître entre eux. Il se trouva que trois Compagnons, mécontents des salaires qu'ils recevaient, imaginèrent de demander à Hiram le Signe, l'Attouchement et le Mot des Maîtres, et se proposèrent de l'obtenir de grè ou de force. Hiram avait coutume à la fin de chaque semaine de faire une revue générale de tous les ouvrages en cours. Les trois scélérats attendirent donc que les ouvriers fussent sortis. Ils allèrent se poster, l'un à la porte de l'Orient, l'autre à celle du Midi, et le troisième à la porte d'Occiddent. Hiram ayant fait sa ronde habituelle et allant se retirer, se présenta à la porte de l'Occident, et le Compagnon qui s'y trouvait lui demanda le Signe, l'Attouchement et le Mot des Maîtres. Hiram s'y refusa et lui promit de les lui accorder lorsqu'il aurait mérité de passer Maître. Le Compagnon persistant toujours à les lui demander et voyant qu'il ne pourrait les obtenir, lui frappa la tête avec une règle, ce qui l'étourdit.

Revenu à lui, hiram tenta de s'échapper par la porte du Midi, mais il y trouva le second de ces scélérats, qui lui fit les mêmes demandes, qu'il refusa également, ce que voyant, ce Compagnon employa alors les menaces. Ne produisant sur Hiram aucun effet, transporté de colère devant ce refus, il frappa Hiram s'un coup de Marteau sur la tête, ce qui le blessa dangereusement.

Hiram s'nefuit vers la porte de l'Orient où il eut beaucoup de peine à parvenir. Il y rencontra le troisième des assassins, qui le menaça de le tuer s'il lui refusait les Signe, Mot et Attouchement des Maîtres. Hiram lui fit la même réponse qu'aux deux autres, lui déclarant qu'il ne pouvait les lui accorder de cette manière, que seule son application au travail pourrait un jour lui mériter ce grade, et qu'alors lui Hiram les lui donnerait volontiers. Mécontent de cette réponse, le misérable insista par la force pour lui arracher les secrets des Maîtres mais Hiram continua de les lui refuser avec la plus grande fermeté. Alors le misérable le terrassa d'un coup de levier sur le crâne.

C'est ainsi que le plus respectable de tous les Maçons aima mieux perdre la vie que de communiquer le secret des Maîtres à des Compagnons indignes de le recevoir. Comme il était encore jour, les trois assassins n'osaient le sortir du Temple ; ils le dissimulèrent sous quelques lourdes pierres, et lorsque la nuit fut venue, ils le transportèrent sur le mont Hébron, où ils l'enterrèrent à proximité d'un acacia.

Sept jours s'étaitent écoulés, et Salomon ne voyant plus paraître Hiram, fit cesser les travaux du Temple et ordonna des recherches afin de savoir ce qui était advenu au maître d'oeuvre. Mais ne recevant toujours pas de nouvelles, il rendit un édit par lequel il déclarait qu'aucun ouvrier ne serait payé que l'on eut retrouvé Hiram mort ou vif. Il ordonna alors à neuf Maîtres de s'informer auprès de tous les Maîtres, Compagnons et Apprentis s'ils n'auraient quelque indice de la disparition d'Hiram.

Ces neuf Maîtres exécutèrent ce que Salomon avait prescrit en questionnant ici et là quelques Compagnons, car ils soupçonnaient ceux de ce grade d'avoir assassiné Hiram pour en obtenir le Mot de Maître. Mais ce qui les confirma davantage en leurs soupçons, ce fut qu'ayant visité toutes les Loges où demeuraient les Maçons par nombre séparé, ils constatèrent que trois Compagnons avaient disparu. De concert avec les neuf Maîtres, Salomon décida que si on découvrait le corps d'Hiram, le premier mot qu'ils prononceraient serait celui dont on se servirait par la suite pour distinguer les Maîtres des Compagnons, et que le Signe et l'Attouchement seraient également changés. Les neuf Maîtres, après avoir fouillé très minutieusement tous les recoins du Temple se divisèrent en trois groupes de trois.

Trois sortirent par la porte d'Occident, trois par celle du Midi, et trois par celle d'Orient, avec la décision de ne pas revenir qu'ils n'eussent quelque nouvelle d'Hiram. Ils eurent attention en faisant cette perquisition de ne s'éloigner les uns des autres que de la portée de la voix. Après avoir cherché pendant huit jours inutilement, ils parvinrent le neuvième jour sur le mont Hébron. L'un d'eux, harassé de fatigue, se reposa sur le sol, mais sentant que la terre s'affaissait sous lui, il constata qu'elle avait été récemment remuée, ce qui le surprit d'autant plus que cet endroit était, comme ses environs, inculte, graveleux et stérile. Il appela les autres Maîtres et s'étant assurés que quelqu'un y pouvait être enterré, sans plus avant ils résolurent d'en instruire le roi Salomon, mais pour mieux retrouver l'emplacement à leur retour, ils coupèrent une branche de l'acacia qui se trouvait à peu de distance, et ils la plantèrent sur le lieu où ils se proposaient de faire une fouille au retour. Ayant rendu compte à Salomon de leur découverte, ce prince les engagea à y retourner et à creuser l'endroit ainsi repéré.

Les neuf Maîtres retournèrent sur le mont Hébron et commencèrent à fouiller la terre. Ils reconnurent alors que c'était bien Hiram qui y était dissimulé. Tous portèrent alors sur la poitrine la main droite, et tenant la gauche tendue en signe de douleur et d'horreur, comme si on voulait éloigner une vision odieuse. Ensuite l'un d'eux prit le petit doigt du cadavre et prononça le mot JAKIN ; le second prit le pouce du cadavre et prononça le mot BOZ, et le doigt lui resta dans la main. Le troisième Maître le prit par le poignet, et sentant qu'il se réparait du bras il dit simplement MAK BENAH... La chair quitte les os...

Etant ainsi convenu que ce dernier mot prononcé serait dorénavant celui des Maîtres, ils achevèrent d'exhumer le corps d'Hiram pour lui rendre les derniers devoirs. Ils le transportèrent dans le Temple décidé par Salomon, où il le fit inhumer dans un tombeau où s'élèverait plus tard le Saint des Saints. Il y fit incruster un médaillon en or portant un triangle où était gravé le Mot nouveau des Maîtres : MAK BENAH. C'est en souvenir de cela que les Maçons portent des gants blancs malgré leur chagrin, afin de proclamer qu'ils sont innocents de la mort du Maître Hiram. Frère Compagnon, vous venez de constater par ce récit qu'un Maçon doit préférer la mort plutôt que de trahir son serment de fidélité et de silence.

 

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 12:53

Ouverture de la Loge

 

 

VM: Mes Frères, unissez-vous à moi pour ouvrir cette Loge. Frère Directeur

 des Cérémonies quelle est votre place dans la Loge ?

 

DC: À l’entrée de la Loge, VM

 

VM: Quel est votre devoir ?

 

DC: Annoncer tous les Frères qui s’approchent et veiller à ce qu’ils soient

correctement vêtus et rangés sous leurs étendards respectifs.

 

VM: Les trouvez-vous ainsi correctement rangés ?

 

DC: Je le crois, VM

 

VM: Où est placé le 2° Surveillant ?

 

DC: Au Midi, VM.

 

VM: Frère 2° Surveillant, qui représentez-vous ?

 

2° S: B…, Prince du peuple sur le Mont Thabor.

 

VM: Où est placé le 1° Surveillant ?

 

2° S: À l’Occident, VM.

 

VM: Frère 1° Surveillant, qui représentez-vous ?

 

1° S:J.…, le Grand Prêtre Assistant sur le Mont Sinaï.

 

VM: Où est placé l’Orateur ?

 

1° S: À la gauche du VM

 

VM: Frère Orateur, qui représentez-vous ?

 

Orateur : H… A… , le Prince des Architectes.

 

VM: Quel est votre devoir ?

 

Orateur : Établir les plans, tracer les dessins et aider le VM dans

l’ accomplissement de l’ouvrage.

 

VM: Où se place le VM ?

 

Orateur : À l’Orient.

 

VM: Qui représente-t-il ?

 

Orateur: Le Roi Salomon.

 

VM: Signe de Foi, mes Frères.

 

Les Frères se mettent tous au Signe de Foi. Puis, le Frère Hospitalier s’adressant à tous…

 

Hosp: Avant de déclarer les Travaux ouverts, invoquons la protection du Grand Architecte de l’Univers sur toutes nos entreprises. Puissent nos Travaux ouverts ainsi dans l’ordre, se continuer dans la paix et se fermer dans la concorde. Qu’il en soit ainsi.

 

VM: Mes Frères, au nom du Roi Salomon je déclare cette Loge régulièrement ouverte.

 

Tous les Frères cessent le Signe.

 

Le DC se rend à l’Orient, à l’Occident et au Midi afin d’éclairer les Chandeliers. Avant de regagner sa place, il revient à l’Orient pour disposer les Trois Grandes Lumières conformément aux dispositions du 3ème Grade.

 

 

Fermeture de la Loge

 

 

VM: Mes Frères, unissez-vous à moi pour fermer cette Loge

Frère Directeur des Cérémonies, quelle est votre place dans la Loge ?

 

DC:À l’entrée de la Loge, VM

 

VM: Quel est votre devoir?

 

DC: Annoncer tous les Frères qui s’approchent et veiller à ce qu’ils soient

correctement vêtus et rangés sous leurs étendards respectifs.

 

VM: Les trouvez-vous ainsi correctement rangés?

 

DC: Je le crois, VM

 

VM: Où est placé le 2° Surveillant?

 

DC: Au Midi, VM

 

VM: Frère 2° Surveillant, qui représentez-vous?

 

2° S:B…, Prince du peuple sur le Mont Thabor.

 

GM: Où est placé le 1° Surveillant ? .

 

2° S:À l’Occident, VM

 

VM: Frère 1° Surveillant, qui représentez-vous?

 

1° S:J.…, le Grand Prêtre Assistant sur le Mont Sinaï.

 

VM: Où est placé le Frère Orateur?

 

1° S:À la gauche du VM

 

VM: Frère Orateur , qui représentez-vous?

 

Ora :H… A… , le Prince des Architectes.

 

VM Quel est votre devoir?

 

Ora :Établir les plans, tracer les dessins et aider le VM dans

l’accomplissement de l’ouvrage.

 

VM: Où se place le VM ?

 

Ora :À l’Orient.

 

VM: Qui représente-t-il?

 

Ora : Le Roi Salomon.

 

VM: Signe de Foi, mes Frères.

 

Les Frères se mettent tous au Signe de Foi. Puis, le Frère Hospitalier s’adressant à tous…

 

Hosp :Mes Frères, avant de fermer cette Loge, exprimons au Grand Architecte de l’Univers l’humble et respectueuse reconnaissance que nous Lui devons pour les faveurs dont Il nous a déjà comblés Puisse-t-Il continuer de protéger notre Ordre en le cimentant et en le fortifiant de toutes les vertus morales et civiques.

Qu’il en soit ainsi.

 

VM : Mes Frères, au nom du Roi Salomon je déclare cette Loge fermée

 

Tous les Frères cessent le signe.

 

Le DC se rend à l’Orient, à l’Occident et au Midi afin d’éteindre les Chandeliers. Puis il revient à l’Orient pour dissocier les Trois Grandes Lumières.

Le DC prépare ensuite son cortège pour la sortie du VM

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 16:10

 

Au nom du Grand Architecte de L'Univers Joie, paix. Salut. Bénédictions, à tous ceux qui nous Entendent, amen †

Du Grand Orient Des Orients Nous Grand souverain Maître En Chef des Ordres Éminents de la Franche-Maçonnerie. Juge Souverain des Sept tribunaux des Chevaliers Maçons Répandu sur la Surface de la terre, dépositaire et conducteur En chef de la Sainte Arche, - Commandant les douze Étendards des tribus, inspecteur général des Puissants Réaux † Et D'orient, Grand Maître des cinq points Cardinaux de L'ordre, chef  de la discipline des hautes et basses classes pour le maintien des Statuts, Règlements, fonctions, et cérémonies de la Respectable confraternité des chevaliers Maçons de L'univers  Élu Coën 3.5.7. ayant le département de la partie Septentrionale, Siégeant actuellement au Grand Orient de Paris........ Et nous Son Substitut universel Commandant Les trois et cinq Étendards des tribus.

Conducteur particulièrement désigné juge Souverain des trois tribunaux des Chevaliers Maçons  Élus coën de L’univers, Dépositaire et Conducteur de La Sainte Arche et des Puissant Reaux † Et D'Orient, Grand Maître des cinq points Cardinaux de notre  ordre, chef de la Discipline des hautes et basses Classes, pour le maintien des statuts, Règlements fonctions et cérémonies de la respectable confraternité. Élevé a la gloire de L'Éternel dans la Région Septentrionale.....

 

Après avoir fait ouvrir les portes de nos circonférences, pour vérifier les faibles travaux de notre très cher frère Jean Baptiste Willermoz âgé de 36 ans natif de Lyon y résident, ...  ayant été pleinement satisfait et convaincu par la régularité de ses bonnes vies et meurs, de son zèle et de la persévérance qu'il nous a témoigné de vive voix, en plusieurs instances, de  vouloir sortir de l'Erreur ou il avait été plongé depuis plusieurs années, suivant de Bonne foi un Ordre qui avait pris pour type L’auguste titre de Maçons et n’y ayant trouvé que le Seul  nom, il aurait sollicité conformément à nos Lois et supplié le tribunal souverain de le sortir entièrement des ténèbres ou il a été plongé en le régénérant parmi le nombre des vrais et Légitimes  Maçons, en conséquence il aurait été par nous régénéré et réhabilité et sorti de tous les engagements qu'il aurait pu contracté de bonne foi, les considérant comme abusifs et l'avons par la  rendu libre de toutes ses actions et volonté particulières et générales dans l'ordre, pour cet effet avons fait placer le cher frère entre notre Compas, notre Équerre, notre niveau et notre perpendiculaire  autour de l'Étoile Vivifiante et avons Examiné et vérifier La pensée, L'action et L'Esprit du dit frère concernant le Bien général et particulier de notre ordre, a quoi il aurait entièrement satisfait  au désir du tribunal souverain, à ordonné que le dit frère serait entièrement réhabilité et mis pour un temps 3 immémorial aux nombre des chevaliers Élus Coën de l'univers, après avoir passé par toutes les  Épreuves et Cérémonies de notre ordre conformément à nos Règlements et statuts, l’avons pour cet effet initié dans nos Sacrées mystères cachés sous l'Emblème de la franche-maçonnerie en lui faisant  monter l'Escalier en forme de vis, il serait arrivé heureusement à la porte du saint des saints ou il a été reçu et ordonné, au nom Du Grand Architecte de l'Univers  Apprentif, Élu, Coën. Grand Architecte, Chevalier Et Commandeur D'orient et D'occident, et en sa qualité l'avons proclamé et fait proclamer dans nos Circonférences, ordonné et promu  notre inspecteur général, et en sa qualité lui donnons plein droit et pouvoir d’opérer pour la propagation de l'ordre des Élus Coën, tant en affiliations que fondations et corrections dans son département  seulement conformément à ce qu’il lui sera ordonné et délivré par écrit du tribunal Souverain qu'il lui enjoint de ne jamais s’écarter sous quelque prétexte que ce Soit des Lois Règlements  Cérémonies Statuts généraux Et secrets de notre ordre sans une permission express des Grands Souverains, de leurs substituts universels et du tribunal souverain, faute par lui de supporter toutes les  peines prescrites par nos Lois selon qu'il s’y est soumis et engagé. En ce mandons à tous nos inspecteurs généraux et particulier, de même qu'a toutes nos Loges, Suffragantes, temples grands  temples, de notre correspondance et a un chacun membres d' iceux de regarder le très respectable et très haut Jean Baptiste Willermoz comme il appartiendra, lui obéir, le respecter et le  considérer, en tout ce qu'il commandera pour le bien général de L’ordre, faute par ceux qui contreviendront au dit mandement d’être réputés comme réfractaires de nos Lois, et être procédés et punis  conformément aux statuts généraux, le tribunal souverain promettant à tous ses Émules et prosélytes qui se conformeront au contenu du dit Bref toute son amitié et attention fraternelle et de les  regarder comme des Enfants chéris, le tout conforment aux statuts et Lois inviolables de L’ordre desquels en aucun cas nous ne saurions souffrir l’oubli, Enjoignons au dit très haut Maître de donner  avis à nous et à notre tribunal souverain de ses opérations maçonniques, soit en affiliations et réceptions de chevaliers maçons, titre qui ne doit pas s’accorder à la légère et de nous informer  de la moindre de ses démarches, concernant l'ordre pour qu’elles soient toujours revêtues des formalités nécessaires en les marquant au coin de l'authenticité par la conformité unanime de nos  travaux Donné dans le centre de nos circonférences ouvertes dans le grand temple des Élus Coën Du Grand Orient des Orients du tribunal souverain Élevé à la  gloire de L'Éternel, sous les authentiques constitutions des Sept très hauts très Puissants Souverains des ordres des chevaliers Maçons Élu Coën de K A AB A.M.I.V. l’univers. L’an Maçonnique de la  renaissance des vertus  de l’ère hébraïque 3. 3. 3. 2 4 4 8 5 7 2 6

du Monde 4 5 du Christ, style vulgaire 1767 le 23 mai...  400 300 100 77 83 40 20 15 1297 53 scellé et timbré par nous soussigné par nous Réaux † très haut et très  puissant inspecteur général du tribunal souverain le cher De Balzac

La paix Soit avec vous


Don Martines De Pasqually Grand Souverain

Bacon de la Chevalerie
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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 08:27

 

Les premières traces d’une présence de l’Ordre maçonnique en Asie remontent à 1730 environ. Commençant en Inde, la propagation de la Franc-Maçonnerie s’est faite en grande partie au gré de l’expansion de l’Empire britannique: Malaisie, Birmanie,  Ceylan,  Hong  Kong.  Il  faut  cependant  mentionner,  en  dehors  de l’Empire britannique, le développement d’une Franc-Maçonnerie aux Philippines, débutant au XIXème siècle avec des Loges espagnoles. Quant au Japon, il a vu la constitution en 1957 d’une GL souveraine, formée de Loges précédemment placées sous l’autorité de la GL des Philippines.

Actuellement, la Franc-Maçonnerie asiatique connaît des sorts très différents se- lon les Etats. Elle est inexistante dans les pays vivant sous régime communiste (Chine,  Cambodge,  Laos,  Vietnam,  Corée  du  Nord),  avec  une  exception,  la Birmanie, où travaillent 13 Loges. Elle est en voie d’extinction ou inexistante dans des pays vivant sous une dictature nationaliste ou militaire (Pakistan, Indonésie). Les Philippines constituent une exception notable, puisqu’une Franc-Maçonnerie florissante a coexisté pendant près de 20 ans avec un régime dictatorial. La Corée du Sud est aussi un cas exceptionnel, qui s’explique cependant par le fait que les 5 Loges actives dans ce pays sont fréquentées principalement par des militaires américains.

Dans plusieurs anciennes colonies comme l’Inde, le Sri Lanka ou la Birmanie, la composition  des  Loges,  essentiellement  occidentale  à  l’origine,  a  évolué  sans heurts vers une majorité indigène. Actuellement, l’un des aspects les plus remar- quables de la Franc-Maçonnerie asiatique est l’extraordinaire diversité ethnique et religieuse que l’on peut rencontrer à l’intérieur des Loges. Il semble cependant que des problèmes économiques soient souvent un obstacle à l’adhésion de membres potentiels, et que le coût des cotisations opère une sélection en faveur des citoyens les plus fortunés dans des pays où le niveau moyen des salaires est encore très bas.

 

BANGLADESH

 

Dans ce pays à majorité musulmane, une seule Loge a survécu jusqu’à nos jours; il s’agit de la Loge «Star No 4444 EC», reconnue par la GLU d’Angleterre en 1922.

 

BIRMANIE

 

Organisations faîtières:

 

GL de District de Birmanie

(sous l’autorité de la GLU d’Angleterre):  10 Loges.

Grande Loge de District de Birmanie

(sous l’autorité de la GL d’Ecosse):  3 Loges.

 

Dans cette ancienne colonie britannique, des Loges anglaises se sont créées à partir de 1847, suivies par des Loges écossaises. La plus ancienne Loge anglaise encore en activité est la Loge «Star of Burma No. 614 EC», fondée aux environs de 1850. Une douzaine de Loges travaillent aujourd’hui encore en Birmanie; la majorité des membres sont d’ethnie chinoise ou birmane. La Franc-Maçonnerie birmane semble bien tolérée par les autorités politiques, ce qui s’explique sans doute par le fait qu’un bon nombre de Francs-Maçons birmans sont des personnalités reconnues dans le pays.

 

BRUNEI

 

Ce protectorat britannique possède deux Loges: la Loge «Brunei No. 1545 SC», sous l’égide de la GL d’Ecosse, et la Loge «Berakas No. 8560 EC», sous l’égide de la GLU d’Angleterre.


CHINE

 

De 1767 à 1949, la Chine continentale a abrité de nombreuses Loges appartenant à diverses organisations faîtières (GG LL d’Angleterre, d’Ecosse, d’Irlande, du Massachusetts et des Philippines). En 1949, les Loges philippines fondèrent la GL de Chine, qui émigra à Formose (Taïwan) lors de la victoire communiste. La GL de Chine travaille selon une version du rituel américain Webb. Elle est reconnue comme régulière par les GG LL américaines et canadiennes et par nombre de  GG  LL  européennes,  mais  pas  par  les  GG  LL  d’Angleterre,  d’Ecosse  et d’Irlande.

En 1993 on recensait 9 Loges réunissant 755 membres.

 

CORÉE DU SUD

 

Organisations faîtières:

 

GL de District d’Extrême-Orient (sous l’autorité de la GL d’Ecosse):   3 Loges en Corée du Sud.
GL des Philippines:  2 Loges.

 

La plus ancienne Loge de Corée est la Loge «Han Yang No. 1048 SC», créée en 1910 sous l’égide de la GL d’Ecosse. Actuellement, les effectifs des Loges sud-coréennes sont constitués essentiellement de militaires américains.

 

 HONG KONG

 

Organisations faîtières:

 

GL de District de Hong Kong et d’Extrême-Orient (sous l’autorité de la GLU d’Angleterre):  12 Loges. GL de District d’Extrême-Orient (sous l’égide de la GL d’Ecosse): 5 Loges à Hong Kong.
GL d’Irlande: 2 Loges.

 

Les plus anciennes Loges travaillant à Hong Kong sont la Loge «Royal Sussex No.  501  EC»  fondée  à  Canton  en 1844,  la  Loge  «Cosmopolitan  No.  428  SC» fondée en 1864 et la Loge «Erin No. 463 IC» fondée en 1929. Les Loges de Hong Kong  sont  fréquentées  en  majorité  par  des  Britanniques,  avec  une  proportion relativement élevée de membres d’ethnie chinoise. Nul doute que la fin du man- dat bitannique en 1997 aura apporté d’importants changements.

 

INDE

 

Organisations faîtières:

 

GL d’Inde: 250 Loges. 4 GG LL de District (Bengale, Bombay, Madras, Inde du Nord) (sous l’autorité de la GLU d’Angleterre): 70 Loges.

2 GG LL de District (Inde orientale, Inde occidentale) (sous l’autorité de la GL d’Ecosse):  9 Loges.

GL Provinciale d’Irlande en Inde (sous l’égide de la GL d’Irlande): 10 Loges.

 

La Franc-Maçonnerie indienne a une très longue histoire. Ses débuts furent liés à l’armée britannique et à l’East Indian Company, qui possédait des concessions sur une grande partie du territoire indien. La première Loge d’Obédience anglaise, aujourd’hui éteinte, fut fondée en 1730. La deuxième fut la Loge «Star in the East No.  67  EC»,  qui  travaille  actuellement  encore  à  Calcutta.  Les  plus  anciennes Loges  écossaise  et  irlandaise  encore  actives  sont,  respectivement,  la  Loge «Perseverance No. 338 SC», fondée à Bombay en 1847, et la Loge «St Patrick

No. 319 IC», fondée à Bombay en 1911. La diffusion précoce de la Franc-Maçonnerie en Inde a été largement le fait de

Loges militaires, dont le lieu de réunion se déplaçait au gré des mouvements de la troupe. Par la suite, l’accroissement des effectifs des Loges sur tout le territoire indien entraîna la création de GG LL de District, placées sous les autorités respectives des GG LL d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande.

Ce n’est qu’à partir du début du XIXème siècle que les Loges commencèrent à être fréquentées par des Indiens de souche. La Franc-Maçonnerie semble avoir at- tiré  tout  particulièrement  les  Parsis,  fortement  représentés  dans  les  Loges  de Bombay, de même que les Sikhs et les Hindous. Les musulmans paraissent avoir été plus réservés. A partir du milieu du XXème siècle, les effectifs de la Franc- Maçonnerie indienne se trouvèrent constitués d’une majorité de non-européens. Une  des  conséquences  de  cette  évolution  fut  la  constitution  en  1961  de  la  GL d’Inde, formée au départ de 145 Loges qui renoncèrent à leur appartenance an- glaise, écossaise et irlandaise. Cette séparation se fit sans conflit, et la GL d’Inde coexiste actuellement avec les trois GG LL britanniques, qui renoncent formelle- ment à parrainer de nouvelles Loges en Inde, mais qui continuent d’administrer les Loges qui n’ont pas voulu se joindre à la GL indigène.

La  GL  d’Inde  compte  actuellement  288  Loges,  regroupant  plus  de  15’500 membres. Elle est subdivisée en quatre GG LL Régionales (Inde du Nord, Inde du Sud, Inde occidentale, Inde orientale), chacune possédant son GM Régional et ses Grandes Organisations faîtières d’Officiers Régionaux.

 

JAPON

 

Organisations faîtières:

 

GL du Japon:  8 Loges totalisant 2900 membres

GLU d’Angleterre:   1
Loge GL d’Ecosse:  2
Loges GL du Massachusetts:    1
Loge GL des Philippines:  3 Loges

 

L’histoire  maçonnique  du  Japon  commence  pendant  la  seconde  moitié  du XIXème  siècle,  par  la  création  de  Loges  anglaises  et  écossaises.  Sur  8  Loges, seules  trois  survécurent  à  la  deuxième  guerre  mondiale. Après  la  guerre,  sous l’occupation américaine, plusieurs nouvelles Loges apparurent, placées sous l’au- torité de la GL des Philippines ou de la GL du Massachusetts. En 1957, 15 des Loges patronnées par les Philippines se réunirent pour fonder la GL du Japon, alors que trois décidèrent de rester sous l’administration de la GL des Philippines. Au moment de sa fondation, la GL du Japon comptait 10’500 membres. En 1984, elle n’en avait plus que 4’000. Cette diminution s’explique par la réduction de la présence militaire au Japon. En effet, près de 90% des effectifs de la GL du Japon sont constitués d’occidentaux, et les travaux de la plupart des Loges se font en anglais.  Les  Loges  japonaises  travaillent  selon  une  version  du  rituel  américain Webb.

 

MALAISIE

 

Organisations faîtières:

 

GL de District de l’Archipel oriental (sous l’autorité de la GLU d’Angleterre): 18 Loges.
GL de District du Moyen-Orient (sous l’autorité de la GL d’Ecosse): 7 Loges.
GL d’Irlande:      1 Loge.

 

La Malaisie est un Etat formé par la réunion de deux anciennes colonies britan- niques: Malaya et North Borneo. La première Loge du pays, aujourd’hui dispa- rue, a été fondée en 1809 à Penang. La plus ancienne Loge encore active est la Loge «Royal Prince of Wales No. 1555 EC», fondée en 1875, alors que la plus ancienne Loge écossaise est la Loge «Scotia No. 1003 SC», qui date de 1906. Ces deux Loges travaillent à Penang.  

Les Loges sont constituées en majeure partie de citoyens malais, mais les ethnies chinoises et indiennes sont les plus représentées.


NEPAL

 

Une seule Loge travaille dans ce pays, la Loge «Kathmandu of Nepal No. 8194 EC», fondée en 1967 et rattachée à la GL de District du Bengale (sous l’autorité de la GLU d’Angleterre).

 

PAKISTAN

 

Organisations faîtières:

 

GL de District du Pakistan (sous l’autorité de la GLU d’Angleterre): 2 Loges.

 

Jusqu’à la séparation des deux Etats en 1947, l’histoire maçonnique du Pakistan se confond avec celle de l’Inde. La première Loge anglaise fut la Loge «Hope and Perseverance No. 782 EC», fondée à Lahore en 1858. Plusieurs Loges écossaises ont été créées à partir de 1847, mais toutes sont aujourd’hui éteintes.  

Si la Franc-Maçonnerie pakistanaise a pu travailler dans de bonnes conditions jusqu’au coup d’état de 1977, elle doit faire face depuis cette date à des conditions très  défavorables  dues  au  régime  de  dictature  militaire.  En  1983,  seules  deux Loges anglaises travaillaient encore dans le pays.

 

PHILIPPINES

 

Organisation faîtière:

 

GL des Philippines:  252 Loges.

 

L’existence   de   la   Franc-Maçonnerie   aux   Philippines   semble   remonter   au XVIIIème siècle, comme en témoigne un acte du gouvernement espagnol ordon- nant le bannissement de l’Ordre maçonnique et l’expulsion de ses membres. La première Loge dont l’existence soit documentée fut créée en 1856, sous l’égide du Portugal. En 1880, le GO d’Espagne parraina 4 Loges, qui commencèrent à admettre des membres d’origine philippine. Avec le passage du pays sous domi- nation américaine en 1898, de nombreuses Loges furent fondées sous l’égide de GG LL américaines, de même que trois Loges du GO de France et deux Loges de la GL d’Ecosse.  

L’année 1917 vit la fondation de la GL des Philippines, réunissant des Loges pla- cées   précédemment   sous   autorité   californienne,   espagnole   ou   portugaise. Actuellement, toutes les Loges faisant partie de la GL des Philippines (effectifs en 1993:14670 membres) travaillent selon une forme du rituel américain Webb très semblable à celui pratiqué en Californie. Il reste cependant une Loge («Perla del Oriente No. 1034 SC») dépendant de la GL d’Ecosse. On peut aussi mentionner l’existence de deux organismes irréguliers, la Gran Logia del Archipelago

Filipino et le Grande Oriente Filipino.

 

SRI LANKA

 

Organisations faîtières:

 

GL de District de Sri Lanka

(sous l’autorité de la GLU d’Angleterre): 9 Loges.

Grand Inspectorat de Sri Lanka (sous l’autorité de la GL d’Irlande): 3 Loges.

GL d’Ecosse:  1 Loge.

 

La plus ancienne Loge de Sri Lanka encore en activité date de la fin du XVIIIème siècle. Elle fut créée sous l’égide des Pays-Bas pendant la domination hollandaise de Ceylan, passa sous l’autorité du GO de France au moment de l’occupation fran- çaise de la Hollande, puis fut intégrée en 1838 à la GLU d’Angleterre sous l’ap- pellation de Loge «St John of Colombo No. 454 EC». Depuis le passage de Ceylan sous domination britannique en 1796, de nombreuses Loges militaires se sont développées, qui ont ensuite donné naissance à des Loges permanentes placées sous autorité anglaise, écossaise ou irlandaise. Actuellement, les Loges sont formées en majorité de citoyens sri-lankais appartenant à des com- munautés religieuses très diverses.

 

SINGAPOUR

 

Organisations faîtières:

 

GL de District de l’Archipel oriental (sous l’autorité de la GLU d’Angleterre):  8 Loges à Singapour.

GL du Moyen-Orient (sous l’autorité de la GL d’Ecosse): 2 Loges à Singapour.

GL d’Irlande: 1 Loge.

 

Comme ancienne colonie britannique, Singapour a une longue histoire maçon- nique. La Loge anglaise «Zetland in the East No. 508 EC» est la plus ancienne, datant de 1845. Actuellement, les Loges de Singapour comptent une proportion élevée de membres d’origine chinoise.

 

THAILANDE

 

La Loge «St John No. 1072 SC» est la seule Loge travaillant en Thaïlande. Elle fait partie de la GL de District du Moyen-Orient, sous l’autorité de la GL d’Ecosse.

Source GLSA

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 08:18

 

La Maçonnerie a débuté vers 1740 sur le continent africain. La première Loge connue date de 1772: la Goede Hoop Lodge No. 18 créée à Cape Town sous les auspices   du   GO   de   Hollande.   Les   Loges   étant   essentiellement   formées d’Européens (plus particulièrement Anglo-Saxons), leur développement se fera très  lentement;  ce  n’est  que  depuis  la  deuxième  guerre  mondiale  qu’une  aug- mentation significative des membres est enregistrée.

 

Deux  facteurs  jouent  un  rôle  important  dans  le  développement  de  la  Franc- Maçonnerie africaine:

 

1.  La politique: La décolonisation du continent africain verra apparaître de nom- breux gouvernements autoritaires, voire totalitaires qui rapidement forcèrent les obédiences maçonniques à se mettre en sommeil ou les amenèrent à dis- paraître totalement. Dans les pays musulmans (principalement en Afrique du Nord),  l’opposition  religieuse,  accompagnée  de  l’intolérance  des  gouverne- ments créa des difficultés considérables pour les Maçons.

2.  La discrimination raciale: l’ouverture aux non-blancs ne se fera que très len- tement à partir du début du siècle et commençant par les expatriés indiens des colonies britanniques. Ce n’est qu’après la deuxième guerre mondiale et grâce surtout à l’indépendance des pays africains, que la discrimination raciale com- mença à disparaître. Mise à part la situation en pleine évolution de l’Afrique

du  Sud,  il  est  à  noter  qu’aujourd’hui,  la  majorité  des  Loges  est  formée d’Africains sur lesquels reposent les espoirs du développement de l’Art Royal dans ce continent.

 

SITUATION DES DIFFÉRENTES OBÉDIENCES

 

L’appartenance des Loges aux différentes obédiences européennes suit naturelle- ment l’appartenance politique des colonies. En dehors d’une influence mineure des obédiences allemandes, portugaises, espagnoles, belges et italiennes liées spé- cifiquement à certains pays, on peut constater deux grands courants en rapport avec, d’une part la Maçonnerie anglo-saxonne «régulière» (Angleterre, Ecosse et Irlande, parfois France [GNLF]) et d’autre part la Maçonnerie française «irrégu- lière» (Grand Orient et Grande Loge de France).

Les premiers ont tout naturellement été rapidement présents dans les colonies bri- tanniques,  en  commençant  par l’Afrique  du  Sud  (1811),  le  Ghana  (1859),  le Nigeria (1867) puis le Zimbabwe (ex-Rhodésie - 1893), la Tanzanie (1903) et le Kenya (1904). La Zambie (1924) et la Namibie (1925) suivront entre les deux guerres mondiales.

Les obédiences françaises du GO et de la GL de France ont essaimé dans les co- lonies  françaises  et  plus  particulièrement  en Algérie,  dès  1832,  au  Cameroun, Zaïre, Togo, Bénin et Gabon, Sénégal, Madagascar, Maroc, Dahomey, Guinée, Cote d’Ivoire et Tunisie. Dans certains pays comme le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Togo, une lutte  d’influences  se  manifeste  entre  obédiences  régulières  et  irrégulières.  Au Togo on trouve des Loges régulières et irrégulières françaises, mais aussi certaines dépendant de l’Angleterre et de l’Ecosse. Ces dernières provenaient du Ghana, ex-colonie anglaise où la Maçonnerie est florissante. Dans les autres pays, cette

«concurrence» se fait essentiellement entre organisations françaises.

D’autres pays ont vu la Franc-Maçonnerie disparaître face aux problèmes poli- tiques, à l’opposition du gouvernement ou de milieux religieux (principalement musulmans). C’est notamment de cas de l’Angola, de l’Egypte (Maçonnerie clan- destine), de l’Ethiopie, de la Libye, du Mozambique, de la Somalie, du Soudan

et de l’Ouganda.

 

SITUATION DE QUELQUES PAYS PARTICULIERS

 

Afrique du Sud

 

4 organisations faîtières:  GG LL d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande, GO

de Hollande.

Nombre de Loges: 483, respectivement 270, 154, 58 et 1; en réalité

il en existe plus de 600.

 

La Maçonnerie en Afrique du Sud est extrêmement diverse et complexe de par son histoire, ses particularités raciales et linguistiques. Ce sont les Hollandais qui fondèrent la première Loge à Cape Town en 1772, suivis par les Anglais en 1811. Les Ecossais et les Irlandais apparaîtront dès 1860. Jusqu’en 1961 ces quatre Obédiences coexistèrent en Afrique du Sud au travers de leurs districts et provinces et la Maçonnerie y prit un essor considérable. Une GL de l’Afrique du Sud fut alors créée, en avalisant l’indépendance et les Rituels de chaque Obédience. Toutefois le GO de Hollande renonça à reconnaître de nouvelles Loges d’Afrique du Sud. Actuellement les Maçons peuvent choisir libre-

ment leur Obédience. De  nombreux  Temples  possèdent  une  bibliothèque  et  un  musée.  Mentionnons particulièrement  celui  de  la  Loge  «Goede  Hoop»  à  Cape Town,  berceau  de  la Franc-Maçonnerie sud-africaine, ainsi que le Freemasons’ Hall à Johannesburg. Il abrite 4 Temples, dont le plus vaste permet d’accueillir 280 personnes, des salles à manger, un musée et une bibliothèque qui compte parmi les plus importantes de

l’hémisphère sud. Ce bâtiment appartient à l’Obédience anglaise mais il est ouvert aux autres obédiences et reçoit les tenues de plus de 130 Loges. Les difficultés de trouver des locaux adéquats font que certaines Loges se réunissent dans des bâtiments publics ou des églises. Une   pratique   répandue   aussi   dans   d’autres   pays   est   celle   des   «Loges d’Instruction»  qui  permettent  de  répéter  le  rituel.  L’appartenance  à  plusieurs Loges ou Obédiences est fréquente et communément admise. Les Loges anglaises travaillent principalement au Rite Émulation, alors que les

Écossais utilisent le SAC (South African Constitution Lodges), issu d’un Rituel du GO de Hollande.

Signalons enfin que les deux tiers des Loges travaillent en anglais et la plupart des autres en afrikaner. Quelques-unes pratiquent la langue allemande ou encore le grec.  

La discrimination raciale semble toujours exister dans les Loges bien que l’ou- vrage consulté n’en fasse pas vraiment mention. Il est en tout cas certain que ce sont  d’abord  les  Indiens  qui  furent  les  premiers  non-blancs  acceptés  dans  les Loges et que l’initiation de Noirs reste encore très limitée.

 

Ghana

 

3 organisations faîtières: GG LL d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande.

Nombre de Loges:  87, respectivement 44, 28, 15.

 

La  première  Loge,  reconnue  par  les Anglais,  sera  crée  à  Cape  Coast  en  1859 («Gold Coast Lodge No. 773»). La GL Écossaise ne sera présente qu’à partir de 1921  («Progressive  Lodge  No.  1261»)  et  les  Irlandais  suivront  en  1956  («St Patrick Lodge No. 793»).  

L’acceptation de la Maçonnerie par la communauté non-blanche du Ghana assu- rera un rapide développement des Loges durant ces dernières décennies et cer- taines sont maintenant uniquement composées de Noirs. L’influence des obédiences reste forte dans le rituel et la vie des Loges. Toutefois l’habillement peut être moins formel selon l’appartenance ethnique des Frères. Les réunions ont toujours lieu le soir et débutent entre 17h.30 et 20h.00.

Le gouvernement ghanéen a tenté de prendre le contrôle des Loges au début des années 80 et garde une influence sur le déroulement de la vie maçonnique dans ce pays.

Kenya

 

2 organisations faîtières:  G LL d’Angleterre et d’Ecosse.

Nombre de Loges:  24, respectivement 20 et 4.

 

Cette colonie britannique, relativement stable et prospère, n’a vu l’apparition de la Maçonnerie que tardivement. Ce n’est qu’en 1904 que la première Loge sera fondée par les Anglais, suivis, deux ans plus tard, par les Ecossais. La création de nouvelles Loges se fera lentement, surtout après la fin de la deuxième guerre mondiale. Une Loge irlandaise sera créée en 1950.  

Les tenues sont organisées le soir, entre 18h.30 et 19h.30 et sont suivies d’une agape (Loges anglaises) ou d’un «moment d’harmonie» (Loges écossaises). Un toast au président et à la République du Kenya fait partie des coutumes. Compte tenu du climat, des habits de safari sont parfois acceptés au lieu du traditionnel complet sombre.

 

Namibie

 

2 organisations faîtières:  GG LL d’Angleterre et d’Ecosse.

Nombre de Loges:  12, respectivement 6 et 6.

 

La Namibie (anciennement Afrique du Sud-Ouest) était primitivement une colo- nie allemande. Les trois Loges fondées à l’époque disparurent à la fin de la pre- mière guerre mondiale. Une d’entre elles «Zum Kreuz des Südens No. 1613» fut recréée en 1928, puis mise en sommeil en 1933 sous la pression des nazis. Elle réapparut en 1965, sous les auspices de la Grande Loge d’Ecosse mais travaille selon le rituel Schroeder et en langue allemande.

5 autres Loges dépendent des Ecossais qui précédèrent les Anglais en créant la Loge «Caledonian No. 1307» en 1923. Une d’entre elles travaille en afrikaner («Benguela No. 1616»). C’est en 1925 qu’ apparut la première Loge anglaise, («Damaraland Lodge No. 4758»), suivie de 5 autres après la seconde guerre mondiale.  

La GL d’Afrique du Sud a ouvert une Loge en Namibie il y a une dizaine d’an- nées («Makalani No. 114»).

 

Nigéria

 

3 organisations faîtières:  GG LL d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande.

Nombre de Loges:   85, respectivement 27, 49 et 9.

La Maçonnerie est très développée dans ce pays depuis 1867, date de la fonda- tion de la Loge «Lagos No. 1171» par les Anglais. Les premières Loges irlandaise et écossaise n’apparaîtront qu’à partir de 1896 («McDonald No. 197») et

1915 («Academic No. 1150»). Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la GL d’Ecosse s’est rapidement développée pour devenir l’Obédience la plus importante du pays en passant de 9 à 49 Loges, présentes dans toutes les villes importantes.

Entre  les  deux  guerres  mondiales,  certaines  Loges  refusèrent  l’admission  des Noirs, d’autres devenant mixtes ou à prédominance indigène. Ces problèmes ra- ciaux ont maintenant disparu. Les travaux des Loges commencent vers 19 ou 20h. et sont souvent suivis d’une agape   rituelle   à   laquelle   sont   invités   gracieusement   les   Frères   visiteurs. L’hospitalité des Loges nigériennes est réputée.

 

Maroc

 

3 organisations faîtières: GO de France, GO d’Italie, GL de France.

Nombre de Loges:   une  dizaine?  (non  répertoriées  dans  les  listes américaine et allemande)

 

C’est le GO de France qui introduisit la Franc-Maçonnerie dans cette colonie fran- çaise en 1891, suivi peu après de la GL de France et du GO d’Italie. En 1902 et en  1927,  deux  Loges  reconnues  par  les  Ecossais  et  les Anglais  apparaissent  à Tanger mais elles seront rapidement déplacées à Gibraltar.  

L’indépendance du Maroc en 1956 n’a pas changé grand chose dans la présence hétérogène des Obédiences maçonniques. Toutefois une GL du Maroc («Atlas») fut crée à Casablanca en 1967, réunissant trois Loges et portée sur les «fonds bap- tismaux» par la Grande Loge Suisse Alpina! Vers la fin des années 1980, à la suite

du décès du Frère Colombo, ces trois Loges ont cessé d’exister (voir à ce sujet l’étude historique in Masonica No 7).

 

Zambie

 

3 organisations faîtières:  GG LL d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande.

Nombre de Loges:  30, respectivement 12, 12 et 6.

 

La Franc-Maçonnerie est bien représentée dans cette colonie britannique depuis 1924 («David Livingstone No. 1321 SC»). Comme dans d’autres pays africains, les  Loges  dépendent  de  membres  fondateurs  provenant  des  obédiences  européennes.  L’appartenance  à  plusieurs  Loges,  même  d’obédience  différente,  est commune.  Peu  après  l’indépendance  de  la  République  de  Zambie  (ancienne Rhodésie du Nord), l’existence de la Maçonnerie fut remise en cause pendant une dizaine d’années. Les Loges du nord du pays (la région des mines de cuivre) sont toujours à pré- dominance  européenne.  Dans  d’autres  Loges,  ce  sont  les  Asiatiques,  nés  en Zambie, qui ont rejoint la Maçonnerie et pourraient ainsi l’aider à se développer, au détriment des Africains, peu présents. Les Loges étant composées en grande majorité d’Européens qui restent deux à trois ans dans ce pays, il en résulte une grande mobilité dans les Loges. Une des conséquences est que, pour une Tenue, les  différents  plateaux  peuvent  être  attribués  à  des  Frères  peu  expérimentés. Parfois aussi, l’initiation d’un profane et son accession à des responsabilités im- portantes au sein de la Loge se fait en peu d’années.

Les Loges se réunissent vers 19h. mais les visiteurs sont priés de venir une heure plus tôt. L’habillement varie du complet sombre, aux habits de safari, en passant par le kilt traditionnel écossais dans certains cas. Les Loges anglaises travaillent au rite Ellis Robbins, très proche d’Emulation.

Lors des Tenues, les visiteurs sont reçus formellement et sont priés d’apporter les souhaits  fraternels  de  leur  Loge.  Les  Tenues  sont  généralement  suivies  d’une agape rituelle à laquelle sont invités les visiteurs. Ces derniers sont souvent priés de prendre la parole après les nombreux toasts prévus au programme.

Des activités sociales sont fréquemment organisées: barbecues, films, tournois de golf et soirées pour les épouses...

 

Zimbabwe

 

4 organisations faîtières: GG LL d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande, GO

de Hollande.

Nombre de Loges: 68, respectivement 31, 8, 22 et 7.

 

Les premières Loges anglaises datent de 1893-95 avec l’arrivée des premiers im- migrants en Rhodésie. Le fondateur du pays, Cecil Rhodes était Franc-Maçon et encouragea le développement de l’Art Royal dans ce pays. Les Loges écossaises et irlandaises suivirent au début du siècle. Quant aux Loges hollandaises, elles ap- parurent après la seconde guerre mondiale, en provenance d’Afrique du Sud.

L’indépendance du Zimbabwe en 1980 et l’arrivée d’une majorité noire au gou- vernement provoqua le départ de nombreux Européens, dont des Maçons. Bien que le gouvernement n’ait pas pris de position négative face à la Maçonnerie, le nombre de membres des Loges est en régression. Les Tenues ont lieu généralement vers 19h.30 ou parfois le samedi après-midi. Elles sont suivies d’une agape rituelle ou d’un repas informel aux frais de chaque personne présente. Les visiteurs sont les bienvenus et reçus officiellement selon

le rang et l’obédience de chacun. Il est intéressant de souligner que le Zimbabwe possède une Loge de recherche dénommée Harare. Elle publie une revue trimestrielle d’un excellent niveau avec des articles de recherche et d’autres consacrés à la vie maçonnique dans ce pays.

Source GLSA

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 07:49

LA FRANC-MAÇONNERIE EN AMÉRIQUE CENTRALE

 

L’Amérique centrale, qui inclut dans cette présentation les Caraïbes, est formée d’une mosaïque d’états. L’histoire de cette partie du monde est assez tourmentée et la durée de vie des régimes politiques en place très variable. Certains états tels le Honduras, Belize n’ont pas d’activité maçonnique notable.

Les brusques changements de régime ne créent pas des conditions politiques fa- vorables à la Maçonnerie surtout si, comme cela a été le cas au Nicaragua, le gou- vernement mis en place se proclame d’extrême gauche. Il devient alors difficile d’obtenir une information fiable sur l’état de la Maçonnerie dans le pays.

Les pays de l’Amérique centrale dont la stabilité politique est la meilleure pos- sèdent  souvent  une  activité  maçonnique.  Ce  sont  leurs  Grandes  Loges  qui  ont aussi été à même de nouer des relations internationales d’une certaine ampleur. Toutefois,  il  est  rare  que  le  nombre  de  Loges  dépasse  25  pour  un  pays  donné (Mexique excepté). Dans les Caraïbes, la plupart des Loges régulières sont dépendantes de GG LL de district de la GLU d’Angleterre, certaines d’entre elles relèvent de la GL d’Ecosse ou  d’Irlande;  Porto  Rico,  Saint  Domingue  et  Cuba  font  exception.  Cuba  est d’ailleurs  un  cas  particulier  remarquable  à  tous  égards.  Haïti  possède  une  GL, mais celle-ci n’a pas conclu de liens d’amitié avec des obédiences anglo-saxonnes reconnues.

Nous   évoquons   ci-dessous   brièvement   la   Maçonnerie   des   différents   pays d’Amérique Centrale.

 

COSTA RICA

 

Une activité maçonnique est répertoriée dès 1867. Elle fut réduite dans les années 1875-1883,  vu  l’hostilité  du  clergé  catholique  de  l’époque,  mais  le  travail  des Ateliers reprit peu après. En 1899, quatre Loges du Costa Rica formèrent la GL du  Costa  Rica.  Cette  obédience  compte  une  dizaine  d’Ateliers  et  environ  400 membres. Les Rites Écossais et d’York y sont pratiqués.

 

EL SALVADOR

 

La  Maçonnerie  ne  s’implanta  pas  au  Salvador,  qui  est  le  plus  petit  pays  de l’Amérique centrale, avant 1850-1860. En 1898, sept Loges du Honduras et du Salvador formèrent une GL, qui disparut lors de la guerre opposant peu après le Salvador,  le  Honduras  et  le  Guatemala.  La  GL  Cuscatlan  de  la  république  du Salvador a été fondée en 1912. Elle possède 12 Loges et environ 350 membres. Le Rite Écossais et le Rite d’York sont pratiqués.

 

GUATEMALA

 

La Maçonnerie au Guatemala a été affectée par l’instabilité politique de ce pays, tout particulièrement dans la première moitié du XXème siècle. La première Loge fut fondée en 1881, dépendante d’une obédience colombienne. Cette influence fut d’ailleurs  prépondérante  jusqu’en  1903,  où  8  Loges  formèrent  La  GL  de  la République du Guatemala. La Maçonnerie subit jusqu’à la fin des années 50 des vicissitudes graves sous les dictatures qui se succédaient. En 1958, la démocratie fut restaurée. Depuis cette date, la Maçonnerie a pu prospérer. La GL possède 31 Loges et 700 adhérents. Les Rites d’York et Écossais sont utilisés. Bien que la majorité des Loges travaillent en espagnol, une travaille en anglais et une en allemand; cette dernière pratique le Rite de Schroeder.

 

MEXIQUE

 

La situation de la Maçonnerie au Mexique peut paraître confuse. Ceci est peut- être dû à l’effervescence politique de ce pays, qui a subi depuis 1810 environ 100 révolutions et vécu l’avènement de 80 régimes politiques différents.

La Maçonnerie y a vu le jour au tout début du XIXème siècle par l’installation d’Ateliers  dépendant  de  la  GL  d’Espagne  (ou  du  GO),  de  Pennsylvanie,  de Louisiane et de New-York. Toutefois, ces obédiences ne tardèrent pas se distan- cer des Ateliers mexicains; en effet, il est prouvé que de nombreux révolution- naires de la première moitié du XIXème siècle étaient Maçons. Ainsi, en 1827, deux  GG  MM  se  réclamant  de  GG  LL  travaillant  au  Rite  Ecossais  et  au  Rite d’York s’affrontaient en lutte armée pour la présidence du Mexique. Des tenta- tives infructueuses d’unification de la Maçonnerie eurent lieu en 1830 et 1890. La GL d’York a pu nouer des liens d’amitié avec les principales obédiences eu- ropéennes. Elle travaille principalement en anglais et au Rite d’York. Elle a été créée à la suite d’un schisme apparu au sein de la GL «Vallée de Mexico» qui tra- vaillait au Rite Ecossais et en espagnol. Cette dernière obédience jouit de certains liens d’amitié internationaux.

 

PANAMA

 

La situation de l’Etat du Panama fut longtemps particulière, car la région du ca- nal était une zone largement contrôlée par les Etats-Unis. La première Loge fut créée en 1821 par un groupe de Maçons se réclamant du GO d’Espagne, mais dis- parut assez rapidement. Des Loges avaient été fondées en 1854 et en 1884, mais seules  deux  étaient  encore  actives,  sous  juridiction  colombienne,  lorsque  les Américains arrivèrent pour la construction du canal en 1903. Les Américains, tout d’abord intégrés dans les Loges panaméennes, puis dans une Loge dépendant de la GL d’Ecosse, ne tardèrent pas à fonder des Ateliers ratta- chés à la GL du Massachusetts en 1906 et localisés dans la zone du canal. En 1913, sept Loges de Maçons panaméens formèrent le GL du Panama. Il s’ensui- vit  un  certain  nombre  de  tractations  dont  la  conséquence  fut  que  la  GL  du Massachusetts reconnut la juridiction de la GL du Panama sur tout le pays, à l’ex- ception de la zone du Canal qui lui restait attribuée. Depuis que les Américains

se sont retirés du canal en 1982, l’activité maçonnique a décru sensiblement. La GL du Panama compte 9 Ateliers totalisant environ 500 membres. Elle tra- vaille en espagnol (sauf une en anglais), en majorité au Rite Écossais. Quelques Loges ont adopté le Rite d’York.

 

CUBA

 

Incroyable, mais vrai, il existe une GL régulière et reconnue qui travaille à Cuba en dépit du régime communiste de Fidel Castro. Elle compte 324 Loges, 20’000 membres et travaille au Rite Écossais en espagnol. Fondée en 1859, c’est une des plus importantes GG LL de l’Amérique centrale et des Caraïbes. L’activité maçonnique commença en 1804 par la création d’une Loge dépendant de  la  GL  de  Pennsylvanie.  Cette  influence  américaine  se  poursuivit  jusqu’en 1828, date à laquelle un décret espagnol proscrivit la Franc-Maçonnerie. Dès 1859 toutefois, trois Ateliers formèrent la Grande Loge de Colon, mais son développement fut freiné par des conflits internes et une nouvelle persécution due à la révolution contre l’Espagne en 1868. Une nouvelle GL apparut en 1876, la «Gran Logia de la Isla de Cuba», non reconnue par son aînée. Sous le protectorat américain instauré dès 1898, la Maçonnerie put se développer, jusqu’à l’avènement de la dictature de Batista à la fin des années trente.

La réunification des deux GG LL, effective dès la fin des années 40 par la pré- pondérance de la «Grande Loge de Colon», fut officielle en 1951; à cette date, la dite  GL,  dès  lors  seule  obédience  existante,  prit  le  nom  de  «Grande  Loge  de Cuba».  L’expansion  pendant  les  années  50  fut  rapide,  les  effectifs  passant  de 22’000 à 35’000 membres entre 1950 et 1959. A cette date, Fidel Castro prit le pouvoir, mais n’interdit pas la Franc-Maçonnerie. La pression du gouvernement s’accrut toutefois en 1977 par des mesures administratives tatillonnes. Il infligea aussi des amendes d’un total de plus de cent mille dollars aux Loges (et à la GL), coupables notamment d’avoir aidé financièrement les veuves et filles de Maçons emprisonnés ou exécutés comme ennemis du gouvernement. Sous ce régime, le nombre de Maçons a régressé; en 1993, on dénombrait 314 Loges totalisant plus de 22’000 Frères.

 

RÉPUBLIQUE DOMINICAINE / RÉPUBLIQUE D’HAITI


Deuxième île des Antilles après Cuba, elle est coupée en deux: à l’ouest, Haïti, à l’est la République Dominicaine, autrefois dénommée Saint Domingue, appellation qui est demeurée pour sa capitale. Christophe Colomb découvre l’île en 1492 et lui donne le nom d’Hispaniola. En 1697, la France occupe la partie occiden- tale et au XVIIIème siècle, la région est l’une des plus prospères des colonies françaises grâce à la production de sucre et de café. En 1791, Toussaint l’Ouverture mène la révolte des esclaves qui lui vaudra d’être emprisonné  au  Fort  de  Joux,  près  de  Pontarlier.  Par  la  suite,  l’île  connaît  une longue période d’instabilité, de révoltes et de dictatures. De riche qu’elle était, elle  sombre  dans  le  chaos  et  l’endettement  nécessitant  l’intervention  des  Etats Unis qui occupent Haïti de 1934 à 1957.

 

Haïti

 

De nombreuses Loges s’épanouissent dès 1738 ou 1740 sous l’influence anglaise et surtout du GO de France jusqu’à la Révolution française. Parallèlement aux vi- cissitudes politiques, la Maçonnerie connaît des hauts et des bas. En 1844, la sé- cession de la partie espagnole de l’île donne naissance à la République de Saint Domingue ou Dominicaine. Le GO d’Haïti date de 1824; il compte actuellement 40 Loges et quelque 6000 membres.

 

République Dominicaine

 

Un GO s’y constitue en 1850 et une GL en 1865. Les deux obédiences fusion- nent  en  1866  avec  un  total  de  10  Loges  pour  former  la  GL  de  la  République Dominicaine. Actuellement, elle compte 26 Loges totalisant 1200 membres et en- tretient des relations régulières avec le GO d’Haïti. Les Antilles d’alors, et Saint Domingue en particulier, ont joué un rôle capital dans la constitution et le développement des Hauts Grades et la création des deux juridictions (Sud et Nord) par la filière Bordeaux - Morin - Londres - New York - Charleston (cf. Chap. 9.9.3 et 11.3.13.1).

 

PUERTO RICO

 

Des  Loges  furent  fondées  sur  cette  île  par  le  GO  de  France  et  la  GL  du Massachusetts au XVIIIème siècle déjà. Porto Rico étant une colonie espagnole, cette  activité  fut  proscrite  rapidement  et  l’interdiction  demeura  jusqu’en  1859. Dès 1867, la GL de Cuba et le GO d’Espagne installèrent des Loges, mais toute activité fut à nouveau proscrite par le gouvernement espagnol en 1874. En 1884, une GL provinciale cubaine fut établie avec 10 Loges; elle se transforma en GL de Porto Rico en 1885. Suivit une nouvelle persécution espagnole en 1896, mais elle reprit ses activités à la fin de la guerre hispano-américaine de 1898. La GL de  Porto  Rico  comporte  72  Loges  et  environ  3800  membres.  Les Ateliers  tra- vaillent  en  majorité  en  espagnol  au  Rite  Écossais.  Une  minorité  de  Loges  tra- vaillent au Rite d’York en anglais.

 

LA FRANC-MAÇONNERIE EN AMÉRIQUE DU SUD

 

Quoique cela puisse surprendre, la Franc-Maçonnerie existe pratiquement dans tous les pays d’Amérique du Sud. Son évolution a bien entendu été largement dé- pendante des conditions politiques du pays concerné et de l’hostilité manifestée par les gouvernements et subsidiairement par le clergé catholique. Par conséquent, l’histoire et la formation des GG LL et/ou GG OO des pays d’Amérique du Sud ne se sont pas déroulées sans heurts. Il peut ainsi arriver que le visage de la Franc- Maçonnerie, pour ces pays, ne présente pas toujours un caractère très unifié.

Ainsi, la Colombie ne présente pas moins de sept GG LL, dont trois seulement sont régulières et reconnues plus ou moins largement, ce qui peut paraître confus. La  GLU  d’Angleterre  entretient  des  relations  d’amitié  avec  les  GG  LL  de Barranquilla, Bogotà, et Cartagena, mais la GL d’Irlande ne reconnaît que celle de Cartagena. Ces trois GG LL ne comptabilisent en tout que 35 Loges et 2700 membres. Leurs ateliers pratiquent le rite Écossais. Les quatre autres GG LL ne comptabilisent probablement pas plus de 25 à 30 Ateliers. Par contre la Bolivie possède une GL depuis 1929 seulement, mais cette dernière est reconnue par les obédiences européennes. Elle comporte 28 Loges et environ 1500 membres; ses Ateliers travaillent en espagnol au Rite Écossais ou au Rite d’York. Un autre exemple est celui du GO d’Uruguay qui comporte environ 50 Loges et 2000 membres. Cette obédience fut considérée comme irrégulière dès les années 50, car elle avait renoncé à la présence de la troisième Grande Lumière sur l’au-

tel. En 1982 toutefois, 11 GG LL des Etats-Unis d’Amérique et celle de l’Afrique du Sud avaient rétabli des liens d’amitié, basés sur des évidences objectives que cette irrégularité avait été corrigée.

Néanmoins,  les  pays  qui  présentent  le  plus  grand  nombre  de  Loges  sont L’Argentine  (75),  Le  Brésil  (plus  de  500),  le  Chili  (151),  le  Pérou  (138)  et  le Vénézuela (91); ils peuvent se targuer d’une Obédience mondialement reconnue et surtout d’une histoire maçonnique relativement importante. Pour situer cette Maçonnerie, nous évoquerons leurs principales caractéristiques.


ARGENTINE

 

La première Loge fut fondée en 1795 sous l’égide du GO de France. Les pre- mières Loges anglaises apparurent en 1806 et la GL de Pennsylvanie en implanta une en 1825. Toutes les Loges constituées furent néanmoins supprimées par le gouvernement en 1846. Dès 1853 toutefois, une renaissance de l’activité maçon- nique était déjà effective.

Cette renaissance permit, en 1860 déjà, à la GLU d’Angleterre de conclure un traité d’amitié avec la GL d’Argentine. Contre une reconnaissance par la GLU d’Angleterre, la GL d’Argentine permettait aux Loges anglaises de rester dans le giron de leur Obédience-mère. En  1957,  la  GL  d’Argentine  a  fusionné  avec  une  Obédience  argentine  non  re- connue, le «Federal Argentino Council», un Suprême Conseil de Rite Écossais, menant à la constitution d’une seule GL souveraine. La GL d’Argentine compte 69 Loges (dont 37 à Buenos Aires) et environ 2250 adhérents. Le Rite pratiqué est principalement le Rite Écossais. Pour sa part, la GLU d’Angleterre a main- tenu sous sa juridiction 22 Loges travaillant en anglais.

 

BRÉSIL

 

La situation au Brésil est loin d’être limpide; en effet, l’obédience maçonnique la plus ancienne est le GO du Brésil. Dès 1920, mais surtout à partir de la deuxième moitié du XXème siècle, sont nées 22 GG LL dont la juridiction est calquée sur les  différents  états  du  Brésil.  Cette  situation  est  complexe,  car  les  GG  LL  des Etats-Unis d’Amérique et du Canada tendent à reconnaître les 22 GG LL alors que les GG LL d’Angleterre, d’Irlande, d’Ecosse et de l’Europe continentale ont plutôt noué de longue date des relations avec le GO. C’est donc essentiellement

de cette Obédience qu’il sera question. La présence de Loges maçonniques au Brésil peut être attestée dès 1797. En 1822, trois Loges françaises formèrent le GO du Brésil sous le patronage de Dom Pedro, l’empereur brésilien. Ces Loges ne tardèrent pas à être fermées par ce dernier qui leur trouvait une couleur politique. Dès 1831, à l’abdication de l’empereur, une renaissance de l’activité maçonnique était observée. Toutefois celle-ci resta chao- tique jusqu’en 1883, année où la majorité des Loges adhérèrent au GO, alors sous le feu de l’hostilité du clergé catholique. Cette unité se perpétua jusqu’en 1920, où  un  schisme  provoqué  à  l’origine  par  un  conflit  de  compétence  entre  Loges bleues et Suprême Conseil apparut dès 1927. Il perdure malheureusement encore aujourd’hui.

La GLU d’Angleterre noua des relations d’amitié et conclut un traité avec le GO dès  1935,  en  donnant  l’exclusivité  de  sa  reconnaissance  pour  le  Brésil  à  cette Obédience. En échange, elle gardait sous sa juridiction des Loges anglaises qui sont aujourd’hui au nombre de 11 (GL Anglaise de District). Le GO du Brésil pratique en majorité le Rite Écossais. Les GL se répartissent le territoire comme indiqué au chapitre 6.3.5.

 

CHILI

 

La première Loge fut fondée à Valparaiso en 1850 sous l’égide du GO de France. Son activité se poursuivit et se concrétisa par la fondation en 1862 de la GL du Chili  qui  comptait  originellement  4  Ateliers.  Toutefois,  les  GG  LL  d’Ecosse, d’Angleterre  et  de  Hambourg,  régissaient  aussi  des  Loges  travaillant  sous  leur égide.  Les  Loges  de  langue  allemande  rallièrent  la  GL  du  Chili  peu  avant  la deuxième guerre mondiale, lors de la suppression de la GL de Hambourg par les nazis. Le clergé catholique romain, du moins jusqu’à la fin de la deuxième guerre mon- diale, s’est opposé de manière extrêmement virulente à la Franc-Maçonnerie; il s’est ingénié à l’éradiquer par tous les moyens. Les Maçons chiliens tiennent pour acquis que les incendies qui ont détruit les Temples de Valparaiso et de Santiago avaient pour cause cette hostilité. En conséquence, la Maçonnerie chilienne passe pour être une des plus discrètes du continent sud-américain. La GL du Chili compte 168 Loges et environ 6000 adhérents. Elle pratique le Rite Écossais, à l’exception des Loges de langue allemande qui ont adopté le Rite de Schroeder. Il existe en plus trois Loges ressortissant de la GL du Massachusetts, une Loge anglaise et quatre Loges écossaises.

 

PÉROU

 

Le début de la Maçonnerie péruvienne est lié à l’indépendance de ce pays en 1820. Une GL fut fondée en 1831, mais ne tarda pas à disparaître. Entre 1860 et 1870, la GL d’Ecosse fonda 12 Ateliers. La situation resta quelque peu chaotique jus- qu’en 1882, où 5 Loges péruviennes et 5 Loges écossaises fondèrent la GL du Pérou, Obédience qui subsiste actuellement. En 1892, le GM en titre décida la suppression du Volume de la Loi sacrée sur l’autel, décret qui fut aboli moins d’une année plus tard. Cet épisode provoqua, semble-t-il, un certains discrédit temporaire de cette GL auprès des principales instances maçonniques internationales. Malgré un schisme temporaire de 2 ans survenu en 1945, la GL du Pérou resta une et indivisible jusqu’en 1966, lorsque 4 Loges dissidentes fondèrent une Obédience non reconnue. La GL du Pérou comprend 158 Loges et 6240 adhérents. Ses Ateliers pratiquent en majorité le Rite Écossais, quoique certains aient opté pour le Rite d’York (sous l’influence écossaise).


VÉNÉZUELA

 

Il  n’est  pas  impossible  que  la  Maçonnerie  se  soit  implantée  par  le  biais  de l’Espagne  dès  1808,  mais  les  sources  historiques  seraient  actuellement  insuffi- santes pour le prouver. Il existait toutefois dès 1824 des Loges relevant de l’au- torité des GG LL d’Angleterre et d’Ecosse, mais leur activité fut stoppée par un décret  gouvernemental  bannissant  l’activité  de  toutes  les  sociétés  secrètes  en 1827. Après l’abolition de ce décret en 1838, une GL et un GO furent constitués, qui fusionnèrent en 1865 pour former le GO National du Vénézuela. En 1916 cette Obédience se transforma par la fondation simultanée de la GL de la République du Vénézuela  et  du  Suprême  Conseil,  orgasnismes  qui  maintiennent  des  liens d’amitié serrés. La GL de la République du Vénézuela compte 4500 membres répartie entre 118 Ateliers travaillant selon le Rite Écossais.

Source GLSA

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 07:41

 

Il  semble  que  la  Maçonnerie  ait  pénétré  en  Suède  vers  1730,  en  provenance d’Angleterre  après  avoir  transité  par  la  France.  En  1735,  on  relève  la  création d’une première Loge à Stockholm qui, par la suite, prit le nom de « Den Nordiska Första » (La Première [Loge] Nordique). Cette Loge travaillait aux trois premiers grades. La première Loge de Saint André date de 1756. Elle travaillait aux 4ème, 5ème  et  6ème  grades  et  adopta  plus  tard  le  titre  distinctif  de  « Den  Nordiska Cirkeln » (Loge du Cercle Nordique).

 

Le Rite Suédois, appelé aussi scandinave, apparaît au début de 1759. Il comporte actuellement dix grades subdivisés en trois groupes plus un onzième dit suprême. Ce rite fut réglé en 1780 par une commission placée sous la direction du duc Carl von Södermanland, le futur roi Charles XIII.

Les trois premiers grades sont analogues à ceux de la Maçonnerie de St Jean des autres pays. Les trois suivants (IV à VI) sont inspirés du RER de Saint André : les deux premiers sont conférés simultanément au cours d’une même cérémonie, tan- dis que le troisième l’est ultérieurement. Le Frère qui a accédé au VIème degré peut être reçu, après un certain délai d’at- tente, dans la subdivision suivante, le Chapitre. Les quatre degrés capitulaires sont conférés par la GL provinciale ; ce sont tous des grades chevaleresques compor- tant un titre particulier et le septième tient lieu d’introduction au Chapitre.

Le « Fondé de pouvoir » du Grand Maître préside le Suprême Conseil de l’Ordre maçonnique suédois qui se compose des Officiers supérieurs de l’Ordre ainsi que des sept Grands Maîtres provinciaux et du Maître de Chapelle de Finlande. Tous sont porteurs du XIème degré.

 

En 1811, le roi Charles XIII créa l’Ordre civil royal qui n’était conféré qu’à des Francs-Maçons ayant atteint le XIème degré. Les Vénérables des Loges de St Jean et de St André sont, dans la plupart des cas, revêtus du Xème grade et portent les décors de leur rang dans l’exercice de leur Office. Lors de toutes les Tenues, on arbore les marques extérieures (cordon et ta- blier) de son grade.  Aucun Officier ne doit avoir dépassé l’âge de 75 ans. En principe, le Vénérable et les autres Officiers ne restent pas dans leur fonction au-delà de six années. Les  locaux  maçonniques  de  Suède  comportent  fréquemment  plusieurs  pièces (Temples, salles etc.) ce qui ne manque pas d’impressionner les récipiendaires lors de leur initiation.

 

Une particularité de la Maçonnerie scandinave réside dans les associations fraternelles  qui  obéissent  à  une  réglementation  formelle. A  l’exception  du  grand Stockholm, on les rencontre dans la plupart des cas dans les petites aggloméra- tions qui ne comportent pas de Loge. Ces associations jouent un rôle important en tant que Loges d’instruction et connaissent un rituel rigoureux ; les Officiers et les Frères présentent des conférences et débats sur des sujets maçonniques. Bien entendu, les membres de ces associations doivent être affiliés à une Loge de St Jean, de St André ou à un Chapitre.

 

Le  Rite  Suédois  décrit  plus  avant  est  également  pratiqué  en  Norvège,  au Danemark, et en Islande et, dans une certaine mesure, dans les Loges finnoises parlant le suédois. On peut affirmer, qu’exception faite de la langue, le rite sué- dois est dans sa forme et dans le contenu des rituels le même pour tous les pays scandinaves. Comme déjà dit, il comporte onze grades mais le passage de l’un au suivant n’est pas automatique. En plus d’une participation assidue aux travaux, on  exige  des  Frères  la  preuve  qu’ils  possèdent  une  bonne  connaissance  de  la Maçonnerie. En réalité, il faut compter plusieurs années pour obtenir une pro- motion dans un grade supérieur. Le rite, resté actuel jusqu’à nos jours, est celui qui fut instauré en 1800. Toutes les Loges de St Jean ou de St André ainsi que les Chapitres jouissent d’une cer- taine autonomie, tout en restant soumis à l’autorité du GM provincial.

Mentionnons encore, qu’à l’exception de la GL finlandaise qui travaille en finnois et ne relève pas du système suédois, tout comme la « Freimaurerlauget » du Danemark et la « Polarstjernen » d’Oslo, la Maçonnerie des pays scandinaves est fortement imprégnée par le christianisme. Tout candidat doit se faire connaître comme chrétien s’il veut être reçu.

 

Les  relations  entre  l’Ordre  et  la  Couronne  remontent  à  1770,  lorsque  le  roi Gustave III et ses deux frères, les ducs Charles (qui deviendra le roi Charles XIII) et Frédéric-Adolphe furent initiés. La GL de Suède s’est constituée en 1760 ; en 1774, le duc Charles en devint le GM. En tant que tel, il garda cette charge jusqu’à sa mort en 1818. Tous les rois qui succédèrent à Charles XIII furent les GM jusqu’à Gustave VI Adolphe inclus. Son fils aîné, Gustave Adolphe, périt lors d’un accident d’aviation en 1947, alors que son propre fils, l’actuel roi Charles XVI Gustave, n’avait que 9 mois. Lorsque le roi Gustave VI Adolphe mourut en 1973, son fils cadet, le prince Bertil, duc de Hallande, devint le nouveau GM. A sa mort en 1997, la lignée des GM de sang royal s’interrompit. Depuis 1973, année où Charles XVI Gustave monta sur le trône, ce dernier devint le protecteur de l’Ordre.

Depuis 1997, tout comme au Danemark, en Norvège et en Islande, la charge de GM est assumée par une personnalité issue de la bourgeoisie. Le premier « roturier » ayant accédé à ce poste est l’industriel Gustaf Piehl. Depuis  novembre  1997,  l’Ordre  maçonnique  suédois  compte  une  Loge  de  re- cherche  « Carl  Friedrich  Eckleff »  forte  de  27  membres  actifs. Adresse  de  son siège : Bangårdsgatan 3, SE – 73520 Uppsala. En collaboration avec la Loge de recherche danoise « Friederich Münter », elle publie une chronique annuelle du nom de Acta Masonica Scandinavica dont le premier tome a paru en 1998.

Souce GLSA

 

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 07:34

 

Malgré leur proximité géographique, les deux Etats de la péninsule ibérique ne vécurent pas depuis le XVIIème siècle une histoire commune. Il est dès lors nor- mal que leur Maçonnerie respective se soit développée à peu près indépendam- ment  l’une  de  l’autre.  Si  l’on  parle  ici  de  Maçonneries  au  pluriel,  c’est  que l’Espagne aussi bien que le Portugal connurent sur leur territoire la cohabitation

de nombreuses obédiences plus ou moins rivales.

 

ESPAGNE

 

La  première  Loge  espagnole  fut  constituée  en  1728  à  Madrid  sous  l’égide  de l’Angleterre. Dès 1740 le roi Philippe V mit en sévère application la bulle ponti- ficale  de  1738  et  chargea  l’Inquisition  de  sévir  à  l’encontre  des  membres  de l’Ordre, ce qui n’empêcha toutefois pas son développement de se poursuivre. La situation devint dramatique avec la seconde bulle fulminée en 1751 par Benoît XIV; l’Inquisition procéda avec une rare rudesse. Les choses s’arrangèrent dès l’avènement du roi Charles III et une Grande Loge Provinciale put se constituer

en 1766 sous les auspices de Londres. Elle se déclara indépendante en 1780 sous

le vocable de GO d’Espagne.

L’ère napoléonienne débuta en 1807 et permit la constitution d’un nouveau GO assujetti à celui de France qui s’établit dans les bâtiments mêmes de l’Inquisition. En 1808, un Suprême Conseil du Rite Ecossais irrégulier fut constitué, remplacé trois ans plus tard par un autre, régulier celui-là, venu de France; le GO originel vint s’y rattacher en 1820.

Le  retour  au  pouvoir  du  roi  Ferdinand  VII  en  1814  porta  un  coup  dur  à  la Maçonnerie et les persécutions de l’Inquisition reprirent; la révolution (ou guerre civile) manquée de 1825 déchaîna la répression et de nombreux Maçons réputés furent pendus. Presque totalement exterminé, l’Ordre ne survécut que misérable- ment jusqu’en 1868, avec toutefois un bref sursis à la mort de Ferdinand VII en 1853. La reine Isabelle qui lui succéda relança les persécutions, bien que l’Eglise catholique ait alors perdu une grande partie de son influence. Après sa destitution

en 1868, elle fut remplacée par Amédée de Savoie qui était Franc-Maçon, ce qui permit à l’Ordre de reprendre force et vigueur. Dès 1869 un GO National se re- forma et le Portugal fonda à son tour un GO Ibérique. On assista alors à une pro- lifération d’obédiences si bien qu’en 1877 on n’en comptait pas moins de cinq qui se combattaient mutuellement, suivies d’autres encore en 1881 et 1889. Une tentative avortée de réunification avait eu lieu en 1885. Il fallut que les persécu- tions  reprissent  qui  eurent  pour  conséquence  la  suppression  de  toutes  les  obé- diences.

Ce regroupement devint enfin effectif en 1898 lorsque se constituèrent la «Gran Logia Simbolica Catalana-Balear», puis le «Gran Oriente Español» et la «Gran Logia  Española»,  dans  un  désir  unanime  de  reconstruction  sociale.  Cependant cette euphorie fut de relative courte durée puisqu’en 1922 l’ancien GO se disso- cia en pas moins de sept obédiences; l’union nécessaire pour résister aux mou- vements dictatoriaux des années 1920 fit cruellement défaut dès l’avènement de Miguel  Primo  de  Rivera  (1923)  et  du  franquisme  qui  suivit.  L’interdiction  de l’Ordre fut même suivi de massacres: l’appartenance à une Loge était passible de 15 à 20 ans d’emprisonnement et même 30 pour les Hauts Grades avec repré- sailles sur les membres de la famille. On a pu dénombrer plus de 10’000 arresta- tions de personnes soupçonnées d’être Francs-Maçons et le GO d’Espagne s’exila au Mexique. Bien qu’il dût tolérer la présence de Loges dans les bases améri- caines d’Espagne, Franco ne voulut jamais changer d’attitude envers l’Ordre qu’il accusa des pires méfaits jusqu’à sa mort en 1975.

Les Maçons exilés en Amérique latine rentrés au pays tentent dès 1976 de réani- mer les feux et fondent deux GG LL qui fusionneront en 1978 sous la dénomi- nation   de   Union   de   GL-Orient   d’Espagne.   Parallèlement   deux   obédiences s’étaient constituées l’une avec charte du GO de France, l’autre sous l’égide de

la GLNF. Pour des raisons de reconnaissance, la première perdit ses effectifs au bénéfice de la seconde. Le 6 novembre 1982, la GL des Francs-Maçons du REAA fut créée à laquelle s’affilièrent douze Loges civiles – dont quatre à Barcelone et trois à Madrid – rattachées jusqu’alors à la GLNF. Par la suite, huit autres Loges

se sont encore constituées. Les Loges militaires des bases américaines sont de- meurées sous la juridiction de la GLNF.

Forte aujourd’hui de 39 Loges (16 travaillent au Rite Réconciliation/Emulation, 16 au REAA et 4 au Rite Rectifié) et de plus de 1000 Frères, la GL d’Espagne est  en  plein  développement.  Elle  est  reconnue  par  de  nombreuses  GG  LL d’Europe (dont l’Alpina) et d’Amérique du Nord. Les pourparlers avec la GLU d’Angleterre se poursuivent.

 

PORTUGAL

 

La première Loge dont il soit fait mention au Portugal date de 1735. Elle fut créée sous égide anglaise et trouva rapidement un développement réjouissant. Trois ans plus tard, la bulle fulminée par Clément XII contraignit les Maçons portugais à œuvrer dans l’ombre; ils subirent de graves persécutions suivies des galères et même de la peine de mort. Cette situation dura jusqu’à l’accession au trône d’un roi libéral, Joseph II en 1750. Cette période de tolérance prit fin avec le règne de la Reine Marie Ière qui lui succéda en 1777; les peines de prison et de bannisse- ment  furent  nombreuses  et  bien  des  Maçons  préférèrent  s’exiler.  Malgré  cela l’Ordre put se maintenir dans la clandestinité et réussit à constituer une GL et installer un GM entre 1802 et 1804. L’occupation française de 1807 permit à la Maçonnerie de recouvrer une entière liberté, sans toutefois empêcher la Grande Loge de devoir interrompre ses tra- vaux, pour des raisons autres que politiques, il est vrai. La proclamation de la mo- narchie constitutionnelle en 1820 lui donna un nouvel essor, de courte durée hé- las.  Dès  1823  le  roi  Jean  VI  rétablit  les  anciens  privilèges  et  interdit  la Franc-Maçonnerie. Le clergé put alors donner libre cours à sa vindicte et orga- nisa une nuit de la Saint-Barthélémy contre l’Ordre. Cette situation précaire dura jusqu’à l’abdication de Dom Miguel en 1834 auquel succéda Pierre IV qui était Franc-Maçon.

Dès lors la Maçonnerie portugaise se conforta mais fut en butte à des rivalités entre grandes villes. Lisbonne et Porto constituèrent chacune une GL avec son GM. L’année 1844 vit l’apparition de quatre nouvelles Loges dotées de chartes irlandaises,  qui  avaient  été  précédées  en  1841  par  la  création  d’un  Conseil Souverain d’origine brésilienne intitulé GO de Lusitanie.

En 1849, alors qu’on ne recensait pas moins de 4 obédiences rivales, une tenta- tive de fusion permit le regroupement de trois d’entre elles sous l’appellation de GO de Lusitanie, qui, hélas ne tarda pas à connaître une scission entre 1859 et 1869.

Il faut attendre 1869 pour voir la situation s’éclaircir et les rivalités entre obé- diences se dissiper par la création du «Grande Oriente Lusitano Unido» En 1872, le GO d’origine irlandaise rejoignit cette obédience pour s’en séparer lorsque des influences politiques devinrent trop perceptibles dans la Maçonnerie portugaise. En 1882, nouveau schisme suivi d’un autre en 1897. Cette situation d’instabilité perdura jusqu’en 1914 pour qu’enfin unie, la Maçonnerie portugaise trouvât un climat plus serein. Les choses demeurèrent en l’état jusqu’à l’avènement d’un ré- gime dictatorial en 1926. En butte aux persécutions de l’Etat, l’Ordre fut supprimé par Salazar en 1935. Il comptait alors 120 Loges et 10’000 membres.

Après la chute du dictateur en 1968, la Maçonnerie portugaise put renaître pru- demment de ses cendres et rétablir dès 1974 un «Grande Oriente» qui compte en- viron 250 membres. Aligné à l’origine sur le GO de France, sa reconnaissance par les autres obédiences se poursuit à petits pas.

Source GLSA

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 07:19

 

L’origine plurinationale de la péninsule, sa multiplicité ethnique, l’isolement re- latif résultant de la barrière alpine, la domination répressive des divers gouverne- ments laïcs et ecclésiastiques, tous ces facteurs ont contribué à rendre l’histoire maçonnique italienne passablement complexe.

LES DÉBUTS

 

Les premières Loges connues émanent des colonies britanniques établies dans les grands centres urbains. Charles Sackville, duc de Middlesex, fonda la première Loge à Florence en 1733. La philosophie des Lumières se répandait dans les autres villes dès 1735: Rome, Milan, Vérone, Sienne, Padoue, Vicence, Venise et surtout

le  royaume  de  Naples.  On  connaît  dans  ce  royaume  l’existence,  dès  1734,  de Loges militaires formées de mercenaires bourbons levés par le roi Charles VII de Naples,  le  futur  Charles  III  d’Espagne.  La  preuve  nous  est  rapportée  par  des confessions ultérieures arrachées par l’Inquisition espagnole.

 

L’INTERDICTION

 

Ce fut le grand-duc Jean Gaston de Médicis qui publia la première interdiction de la Maçonnerie en 1737; mais à la suite de l’ouverture d’une Loge à Livourne, à laquelle adhérèrent catholiques, protestants, et juifs, la papauté réagit énergique- ment. Clément XII fulmina la bulle apostolique «In eminenti» en 1738, se confor- mant  ainsi  à  la  politique  de  certains  Etats  européens  (et  de  quelques  cantons suisses),  qui  avaient  proscrit  et  banni  les  Loges  maçonniques  comme  étant contraires  aux  lois  en  vigueur.  En  effet,  la  Maçonnerie  accueillait  parmi  ses membres des hommes de toutes les croyances, raison pour laquelle le Pape était préoccupé: ... l’union des hommes de différentes religions,... l’apparence de per- sonnes honnêtes et prudentes, ... les maux que de telles unions peuvent avoir pour la sauvegarde des âmes.

L’interdiction papale exerça un impact différencié selon les régions. En Espagne l’Inquisition s’en saisit et envoya les Maçons sur le bûcher. Mais en Italie son impact  se  limita  essentiellement  à  la  fermeture  de  certaines  Loges  et  au ralentissement du mouvement.

La condamnation de l’Eglise est toujours en vigueur aujourd’hui et semble à beau- coup d’observateurs – mêmes catholiques – injustifiée et inactuelle. Il est défendu d’adhérer à des Loges maçonniques sans encourir de graves mesures, comme le décrète la déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi du 26 novembre

1983. Mais depuis lors, la sévérité vaticane s’est quelque peu atténuée.

 

VERS UNE GRANDE LOGE

 

Dans le royaume de Naples les Loges militaires, formées à raison de 90 % de cadets et d’officiers subalternes et d’environ 10 % de commerçants et d’ecclé- siastiques,  acceptèrent  progressivement  des  personnes  de  rang.  Ces  quelques Loges napolitaines tentèrent de créer en 1750 une Grande Loge Nationale sous

l’égide du Prince de Saint Sévère, alchimiste. Mais le roi Charles l’interdit l’an- née suivante.

Dès 1763 cependant, apparaissait la «Grande Loge Provinciale Hollandaise» dont

la simplicité habituelle se transforma bien vite en élitisme à la napolitaine puisque ses effectifs comptaient 50 % d’aristocrates et de hauts prélats.

Vers 1769 une Grand Loge Provinciale Anglaise rivale fut créée, composée par

14 % de nobles, de nombreux officiers subalternes, des intellectuels et des ecclé-

siastiques.

En 1773 les Loges napolitaines formèrent à nouveau une Grande Loge Nationale sous la protection de la reine Marie-Caroline. Mais cette émanation viennoise por- tait ombrage au roi Ferdinand IV qui suscita – sous l’inspiration de Charles III d’Espagne – un procès retentissant mais sans suite en 1775.

La Grande Loge Nationale passa par une adhésion à la Stricte Observance puis, dès 1778, au Régime Rectifié de Willermoz. Le Directoire lombard du RER fut contraint à l’inaction en 1788.

Sous l’impulsion du GO de France un GO d’Italie éphémère apparaissait en 1784. D’autres tentatives de regroupement sans lendemain se signalaient à Turin, Rome, Naples et en Sardaigne.

 

LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

 

Plus d’un trône devait trembler sous le butoir de la Révolution de 1789. A Naples

un  édit  royal  suspendit  toutes  les  Loges  et  la  GL  Provinciale  fut  dissoute.

Néanmoins bien des FF des Loges «anglaises» poursuivirent leur action en faveur

de la liberté sous le couvert des Clubs des Jacobins. D’autres durent fuir à l’étran-

ger. Naples connut l’arrivée des troupes françaises en 1799. Le roi Ferdinand, ré-

fugié à Palerme, réintégra son fief et d’un seul coup, par 119 exécutions, priva

son royaume de son élite intellectuelle.

En cette fin de siècle, les autres Loges de la péninsule connurent une vie moins intense, mais pas pour autant moins confuse. On signale la présence de Loges à Turin,  Gènes,  Milan,  Crémone,  Livourne, Venise,  Padoue, Vicence  et Vérone. Toutes durent cesser leur activité en raison des mesures répressives des autorités d’une part, de la papauté d’autre part.

 

L’ÈRE NAPOLÉONIENNE

 

Comme dans tous les pays où s’exerça le pouvoir bonapartiste, la Maçonnerie italienne fut mise avec fourberie au service de la raison d’Etat. Il en résulta une domination  des  Rites  sur  la  Maçonnerie  pure  [bleue],  anomalie  qui  devait  se perpétuer jusqu’au XXème siècle. (Stolper, p. 80).

Le Piémont, la Ligurie et l’Etat Pontifical furent incorporés au territoire métro- politain français. Les Loges de ces régions passèrent sous l’autorité directe du GO

de France qui à l’époque pratiquait le Rite Français ou Moderne, formé de 7 de- grés. Au total 35 Loges fonctionnaient, dont une, à Alexandrie, sous le nom de «Les Amis de Napoléon le Grand».

 Les territoires restants de l’Italie septentrionale étaient réunis sous le règne de Napoléon. A Milan, dès 1805, les 28 Loges de ce nouveau royaume, s’affiliaient en apparence au REAA – littéralement «revêtaient l’habit du REAA»– sous l’autorité du GM Eugène de Beauharnais, Vice-Roi et gendre de Napoléon, mais qui ne manifestait aucun intérêt pour la Maçonnerie. Ce fut la première tentative de constituer une autorité maçonnique centrale pour tout le pays.

Au royaume de Naples, où Joachim Murat cherchait à se distancer de son parent Napoléon, on vit apparaître le GO de Naples doté d’une structure identique à celle du  GO  de  France,  consistant  en  7  degrés  sous  l’appellation  de  Rite  Réformé. Parallèlement,  un  Suprême  Conseil  du  REAA  se  créait  en  1809;  en  1813,  il administrait 30 % des 112 Loges du royaume. De toute évidence, le GM et le Grand Commandeur étaient tous deux ... Murat.

Enfin la Toscane, avec ses 4 Loges, se soumit à l’autorité de la Maçonnerie fran- çaise. Celle de Livourne, «Napoléon», se distingua par une activité particulière- ment brillante. Les Loges italiennes comptaient parmi leurs membres, à part les officiers français et des fonctionnaires issus de tous les niveaux, les incontour- nables  opportunistes,  mais  surtout  les  idéalistes  qui  voyaient  en  Napoléon  un moyen de secouer le joug de la domination étrangère et de la monarchie absolue. La défaite de Napoléon à Waterloo en 1815 provoqua une triste volte-face des Maçons et un assoupissement des Ateliers.

 

LE RISORGIMENTO (RÉSURRECTION)

 

L’Italie sortait du Congrès de Vienne (1815) aussi divisée qu’avant la Révolution. Le rétablissement de l’Ancien Régime provoqua la création de sociétés secrètes dont la principale était le Carbonarisme, auquel adhérèrent de nombreux Maçons patriotes, désireux de libérer le pays de l’oppression. En conséquence les Loges s’assoupirent pendant quelque 40 années. Période assez confuse pendant laquelle les différents Rites disposaient de leurs propres Loges symboliques. Ainsi plu- sieurs GO nationaux rivalisaient entre eux à Rome, Turin, Palerme, Naples, Bari

et Milan.

A l’image de Garibaldi et Mazzini, beaucoup d’initiés voyaient en la Maçonnerie la  base  d’une  politique  nationale. Avec  beaucoup  d’idéalisme,  mais  aussi  une grande confusion structurelle et idéologique.

 

L’UNIFICATION

 

L’objectif   de   l’unification   était   double:   sur   le   plan   politique,   évincer   les Autrichiens et créer une nation; sur le plan maçonnique, unifier l’Ordre.

Le 28 août 1861 Giuseppe Garibaldi, héros des deux Mondes, est élu Souverain

Grand Commandeur et Grand Maître du Centre maçonnique de Palerme.

Première organisation maçonnique d’origine italienne, le GO de Turin fut créé en décembre 1861 pour être dissous en mars 1864. Une Assemblée constituante à Florence, le 21 mai de la même année, réunissant 72 Loges et Corps maçonniques, constituait un GO dont Garibaldi devint GM. Le GO organisa par la suite de nom- breuses assises, toutes marquées par un ardent anticléricalisme. Le pouvoir tem- porel  du  Pape  prit  fin  le  20  septembre  1870. Aussitôt  le  GO  fut  transféré  de Florence  à  Rome.  C’est  là  que  le  23  mai  1874  l’assemblée  approuvait  la Constitution. Mais les problèmes ne manquèrent pas.

L’engagement politique des Maçons italiens poussa les cléricaux, avec la béné- diction papale, à organiser un Congrès International antimaçonnique à Trento, du 26 au 30 septembre 1896. Environ 3000 délégués de plusieurs pays participèrent à ce congrès, parmi lesquels quelques suisses, avec à leur tête Gioacchino Respini,

ancien conseiller d’Etat tessinois, pour étudier ... la façon de s’opposer efficacement à l’œuvre néfaste de cette secte satanique qu’est la Maçonnerie.

 

LE XXème SIÈCLE

 

La Maçonnerie italienne exerçait, à travers ses Loges, une forte activité politique et la Chambre des Députés comptait de nombreux Maçons; certains furent chefs de gouvernement et ministres. Mais la politique ne servit pas la Maçonnerie.

En 1908, le Maçon Bissolati déposait à la Chambre des Députés une motion vi- sant à interdire l’enseignement religieux dans les écoles. Malgré la recommanda- tion  du  GM  Ferrari,  nombre  de  Maçons  participèrent  au  vote  négatif  de  la Chambre, qui rejeta la motion à une forte majorité.

 

Le Grand Maître proposa alors de censurer ceux qui avaient ignoré sa consigne. Saverio Fera, Souverain Grand Commandeur du REAA à l’époque, intervint pour leur défense, mais se trouva mis en minorité. Il quitta alors le GO – après avoir fait  main  basse  sur  des  fonds  et  certains  documents  du  Rite  –  pour  fonder  la Maçonnerie de «Piazza del Gesù» qui existe encore aujourd’hui et qui est consi- dérée comme une obédience irrégulière, soit en raison de ses origines, soit du fait de son ouverture à la Maçonnerie irrégulière.

 

La situation ainsi créée devint passablement ambiguë, surtout lorsque le SC du REAA américain décidait de reconnaître le GO dit «Piazza del Gesù» alors que les  GL  des  USA  continuaient  à  reconnaître  le  GO  du  Palais  Giustiniani (Justinien). En décembre 1921 la GL d’Alabama retirait sa reconnaissance au GO, car non indépendant du REAA. En conséquence, dès 1922 le GO décidait de sé- parer sa destinée de celle du Rite.

 

LE FASCISME

 

La Marche sur Rome des Chemises noires du 27 octobre 1922 conduisit Mussolini au pouvoir. Très vite (dès 1923), la Maçonnerie fut prise pour cible. La chasse à l’homme contre les Maçons fut à son apogée le 25 septembre 1925 à Florence avec le massacre de nombreux Frères, l’internement d’autres, et la destruction des

Loges. Le GM, considérant la gravité de la situation et en vertu de ses pouvoirs,

décréta la dissolution de toutes les Loges de «Palazzo Giustinia». Comme nombre

d’antifascistes, le GM Torrigiani fut, lui aussi, enfermé à Lipari.

 

Durant la guerre, alors que le GM Palermi de «Piazza del Gesù» soumettait sa Maçonnerie  au  fascisme  (cf.  Michele  Moramarco  dans  La  Maçonnerie  hier  et aujourd’hui), d’autres Maçons s’unirent aux combattants pour la liberté.

 

 

L’APRÈS-GUERRE

 

A la fin du conflit mondial le GO d’Italie et ses Loges reprirent leur activité. Après deux schismes heureusement résorbés, en 1947 et 1951, il rétablissait ses relatons avec la plupart des obédiences régulières et obtenait, en 1972, la reconnaissance officielle de la GLU d’Angleterre. Cette reconnaissance entraîna celle des autres puissances maçonniques si bien que le GO d’Italie était reconnu par la presque totalité des obédiences régulières du monde. La position de l’Eglise ne fut pas aussi favorable. Alors même qu’en 1974 l’Eglise de Rome adoucissait son atti- tude traditionnellement hostile, une série d’attaques menées par la presse en 1976-77  remettait  tout  en  question,  provoquant  même  le  retrait  provisoire  de  recon- naissance de certaines GL d’Amérique. L’affaire P2 allait encore durcir la positiondu Vatican.

 

LA LOGE P2

 

Les années 1980 connurent le coup le plus dur porté à la Maçonnerie italienne et mondiale. Le scandale provoqua même la chute du gouvernement d’alors. Afin

de permettre aux Maçons appartenant à l’administration romaine de se soustraire aux sollicitations de leurs Frères, le GM Mazzoni avait créé en 1877 une Loge bien  régulière,  dénommée  «Propaganda  Massonica»  (P1),  dont  la  liste  des membres n’était connue que des autorités maçonniques suprêmes. Le fascisme la

fit disparaître comme toutes les autres Loges Italiennes. Elle renaquit sous le nom de «P2» après la fin de la seconde guerre.

Licio Gelli, initié en 1965 dans la Loge «Romagnosi», se distingua par ses capa- cités de prosélytisme à l’égard de personnages importants dans la vie publique italienne. En 1967 il put adhérer à la Loge P2 avec l’accord des hautes autorités de la Maçonnerie. Il en devint Maître en chaire et la Loge travailla régulièrement jusqu’en  1976,  année  de  sa  suspension  par  le  GO  Le  nombre  de  ses  membres s’élevait alors à 62. Mais Gelli savait ce qu’il voulait et réussit à rouvrir la P2 en la transformant en une organisation qui n’avait plus rien de maçonnique.

Une interview imprudente accordée à la presse en 1980, qui aurait dû le consa- crer  en  tant  que  médiateur  occulte  de  certaines  affaires  de  la  vie  italienne (quelques-unes louches), révéla la vraie nature de la P2 et entraîna une série d’en- quêtes judiciaires, de procès, de condamnations qui poussèrent Gelli à la clan- destinité  et  entraînèrent  la  fermeture  de  la  Loge. Arrêté  une  première  fois  en Suisse, il réussit à s’évader. Il fut de nouveau arrêté, condamné, extradé en Italie où, après avoir passé une brève période en prison, il fut libéré.

Le  GO  d’Italie  l’expulsa  définitivement  de  l’Ordre  le  4  septembre  1982.  Dès l’éclatement du scandale, les médias, d’une façon pas du tout désintéressée, ten- tèrent de rendre la Maçonnerie responsable des méfaits de Gelli et de son organisation.

Les GG MM Armando Corona et Di Bernardo réussirent néanmoins à redonner à leur Obédience la crédibilité qui lui était due: la réputation de l’Ordre ne doit pas continuer à être entachée par les vices et les abus de certains Frères sans scrupules.

 

LA MAÇONNERIE ITALIENNE ACTUELLE

 

Débarrassée de ses scories (Loge P 2), la Maçonnerie italienne connaissait à la fin des années 1980 un regain de vigueur et de crédibilité. En 1993, le GO d’Italie comptait 611 Loges (dont 47 à Rome, autant à Florence, 39 à Turin) et environ 13’000 Frères. Cinq Loges travaillaient en anglais et utilisaient le rituel améri- cain,  la  plupart  de  leurs  membres  étant  des  militaires  stationnés  dans  le  pays. 26 Loges travaillaient au rite Emulation dont une en langue anglaise.

Mais la corruption, la Mafia, la crise économique et politique qui s’installèrent dès 1993 dans le monde profane déstabilisèrent le GO d’Italie et provoquèrent des ruptures irrémédiables. La plus grande confusion régnait sur la régularité d’une nouvelle obédience créée d’un coup de baguette magique. Les GL régulières se distancèrent prudemment de ces querelles intestines et attendent la restauration

de l’Ordre dans sa régularité et sa sincérité.

 
Source GLSA

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 07:06

 

LES DÉBUTS

 

Pareilles à celles d’Angleterre, les anciennes Loges opératives allemandes se sont peu  à  peu  transformées  en  Loges  spéculatives.  Cependant,  en  Allemagne  la Maçonnerie n’a réussi à se maintenir que dans quelques localités, ce qui l’a em- pêchée d’acquérir l’importance de la branche anglaise.

Lorsque la Franc-Maçonnerie anglaise se propagea en Allemagne, il s’y trouvait déjà quelques anciennes Loges et même des Grandes Loges, comme par exemple la Grande Loge «Indissolubilis» dont les rituels ont été conservés en majeure par- tie. Une reconnaissance réciproque entre les deux puissances n’eut toutefois ja- mais lieu; la Grande Loge «Indissolubilis» interdisait même expressément d’ac- cepter des Francs-Maçons issus d’autres obédiences. Malgré la progression rapide de la Maçonnerie anglaise sur le territoire allemand, l’organisation autochtone se maintint encore assez longtemps.

La Franc-Maçonnerie allemande existe en fait depuis plus de 250 ans et n’est que de 20 ans la cadette de la Maçonnerie anglaise. Son berceau se situe à Hambourg. La  «Loge  de  Hambourg»,  nommée  ultérieurement  «Absalom  zu  den  Drei Nesseln» (Absalon aux Trois Orties) et qui existe encore de nos jours, fut la pre-

mière Loge d’Allemagne. En 1737 ses fondateurs – des hommes jeunes d’à peine 20 ans -, formaient un groupe d’idéalistes enflammés qui voulaient, sous le couvert de la Loge, propager l’esprit naissant de la Liberté et échanger ensemble des idées, celles mêmes qui dans le système absolutiste de l’époque étaient considé-

rées quasi criminelles.

Il s’agissait de la liberté d’expression, de conscience et de réunion ainsi que des autres libertés fondamentales, si naturelles pour nous aujourd’hui, mais conçues et revendiquées par des intellectuels courageux bien en avance sur leur temps.

L’origine  et  l’histoire  de  la  Franc-Maçonnerie,  rappelons-le,  sont  indissoluble- ment liées à l’esprit du Siècle des Lumières et à...l’émergence de l’homme s’ex- trayant de sa «minorité» intellectuelle dont il se tient pour responsable (Kant).

En 1738, le prince héritier Frédéric de Prusse, le futur Frédéric le Grand, fut reçu dans cette «Loge de Hambourg». Son fondateur, Charles Sarry, deviendra plus tard Maître en Chaire de la Loge «Aux Trois Globes» à Berlin. En 1738 égale- ment,  le  Comte  Rutowsky  fonda  à  Dresde  les  trois  Loges:  «Aux  Trois Aigles Blancs», «Aux Trois Epées» et «Aux Trois Cygnes». Une Loge princière fut créée

au sein même de la cour prussienne de Charlottenbourg; le prince héritier Frédéric donnait en 1740 l’ordre à Philippe Simon de constituer à Berlin la Loge «Aux Trois Globes». En 1741 la Loge «Aux Trois Compas» vit le jour à Leipzig et le Marquis  Frédéric  de  Brandebourg-Bayreuth  fonda  la  Loge  «Au  Soleil»  à Bayreuth. D’autres Loges furent créées dans la plupart des grandes villes alle- mandes. Selon les habitudes de la bonne société de l’époque, les travaux se dé- roulaient en langue française et beaucoup de Loges portaient des noms français.

Ulrich von Merhart écrit dans son important livre La Franc-Maçonnerie univer- selle, (Hambourg 1969):

Le  développement  de  la  Franc-Maçonnerie  en Allemagne  a  suivi  un  itinéraire particulier et compliqué. Le territoire national actuel était subdivisé à l’époque

en de multiple petits états organisés sous différents régimes. Par conséquent les relations entretenues avec les pays environnants étaient très diverses. Ce fait fa- vorisa l’éclosion de différents usages maçonniques. Mais leur diversité même en- traîna les difficultés qui durent être vaincues pour réaliser l’unification. Il sera donc plus aisé de traiter séparément les anciennes Grandes Loges car, dès le dé- but du Troisième Reich, elles durent soit se dissoudre complètement ou se trans- former en associations chrétiennes. Cette cassure permit après 1945 un renou- veau dans des conditions plus favorables.

 

DIVERSITÉ DES OBÉDIENCES

 

Pour mieux comprendre l’unification future voici un bref aperçu des plus impor- tantes anciennes Grandes Loges d’Allemagne:

 

La Grande Loge-mère nationale «Aux Trois Globes»

 

En 1744 la Loge berlinoise «Aux Trois Globes» se constitua en Grande Loge sous le nom de «Royale Grande Loge-Mère aux Trois Globes» et se développa brillamment. Au début, elle travaillait selon le rite anglais moderne. Lorsque le système de la «Stricte Observance» pénétra en Allemagne, la Grande Loge «Aux Trois Globes» l’adopta en 1766, mais l’abandonna en 1780. En 1783, après le Convent de Wilhelmsbad, elle se déclara indépendante et adopta son propre système rectifié, dont les Hauts Grades comportaient davantage de degrés sans grande valeur initiatique.  En  1796,  elle  obtint  la  protection  royale.  Un  directoire  de  sept membres la dirigeait, d’où la notion d’Ordre Intérieur. Un système de grades se développa comportant les trois degrés symboliques, un degré écossais et les trois

grades de l’Ordre Intérieur.

En 1933 cette Grande Loge comptait 177 Loges avec 22’700 Frères; pour se «dé- douaner»vis-à-vis du nazisme, elle se transforma alors en «Ordre national chré- tien», pour finalement se saborder en 1935. Ressuscitée dès 1970, ses 25 Loges sont rattachées aux Grandes Loges Unies d’Allemagne («Vereinigte Grosslogen von Deutschland [VGLvD]»).


La Grande Loge de Prusse dite «A L’Amitié»

 

Le  5  mai  1760,  quelques  Français  fondaient  à  Berlin  la  Loge  «Aux  Trois Colombes». Peu de temps après, elle changeait de titre distinctif en «L’Amitié aux Trois Colombes». En 1765, elle accueillit le Duc Edouard Auguste d’York et s’in- titula «Royal York de l’Amitié». Le Duc obtenait de Londres une lettre patente lui  confirmant  la  qualité  de  Loge-Mère  qui,  dès  1768,  prit  le  nom  de  «Loge Provinciale  des  Etats  Brandebourgeois».  Elle  travailla  en  langue  française  jus- qu’en 1795. En ce qui concerne la rédaction du rituel et de la constitution, on la doit  à  Ignace Aurelius  Fessler,  un  homme  qui  s’est  particulièrement  distingué. Pour s’en rendre compte il suffit de constater combien de systèmes apparentés au sien en sont dérivés (voir chapitre 9.7.2).

En 1932 cette Grande Loge comptait 104 Loges avec 11’500 membres; en 1933, elle se transformait en «Ordre Germano-Chrétien – A l’Amitié», vaine tentative d’assurer sa survie sous le nouveau régime. Après 1945, les Loges reconstituées en Allemagne de l’Ouest se rattachèrent à la GL (AF u. AM).

 

La GL Nationale des Francs-Maçons d’Allemagne (FO)

 

Celle-ci fut fondée en 1770 par J.W. Kellner von Zinnendorf, né en 1737 à Halle, qui fut reçu en 1757 à la Loge «Philadelphia aux Trois Bras en Or» de sa ville natale.  En  1758  il  fut  initié  à  Breslau  aux  grades  Ecossais  et  devient  en  1763 membre de la Loge-Mère «Aux Trois Globes». Il était, à cette époque en sa qua- lité de médecin militaire, chef du service de la santé auprès de l’armée prussienne. En 1765, il fut élu Maître en Chaire des «Trois Globes» et pendant une première période également chef de la Stricte Observance dans les états prussiens. Avec le concours d’un ami, il se procura rituels et constitutions de la Maçonnerie sué- doise; K.F. Eckleff, fondateur du rite suédois à Stockholm, lui accorda une pa- tente. Il introduisit ce système (voir chap. 9.11) tout d’abord dans la Loge «La Petite Concorde», ne visant qu’une refonte du rituel. Se heurtant à une forte op- position,  il  quitta  la  Loge-Mère  «Aux  Trois  Globes»  en  1767  pour  fonder  sa propre Grande Loge dès 1770. En 1773, la nouvelle Grande Loge, qui connut un développement très rapide, fut reconnue par la Grande Loge de Londres, mais s’en séparait déjà en 1786.

En 1774, elle obtint la protection royale et comptait en 1778 déjà 34 Loges et en 1782 (mort de Zinnendorf) même 62 Loges de Saint-Jean. Des Loges Provinciales se formèrent en Autriche, en Silésie, en Poméranie, en Basse-Saxe et en Russie. La «Grande Loge de Suède», sous l’égide du Duc de Södermanland, ne la reconnut cependant pas immédiatement. Ce n’est qu’en 1819 que le Baron C.C.F. von Nettelbladt réussit à rétablir de bonnes relations avec la Grande Loge suédoise. Déjà avant le Troisième Reich, cette Grande Loge se sépara du reste de la Franc-Maçonnerie et travailla au rite suédois rigoureusement chrétien et s’appela alors «Ordre germano-chrétien».

En 1932 la Grande Loge Nationale des Francs-Maçons d’Allemagne comptait 173 Loges avec 22’300 Frères; elle fut également contrainte de se dissoudre en 1935. Aujourd’hui, la Grande Loge Nationale ou «Ordre Franc-Maçonnique (FO)» avec ses 82 loges est membre des «Grandes Loges Unies d’Allemagne» (VGLvD).

 

La Grande Loge de Hambourg (Précédemment Grande Loge provinciale anglaise de Hambourg et de Basse-Saxe)

 

En  1737,  la  «Loge  de  Hambourg  –  Société  de  Maçons  libres  de  la  ville  de Hambourg» – fut créée sous impulsion anglaise. Elle s’appelait à l’origine (dès 1764) «Absalon»; plus tard, elle prit le nom d’«Absalon aux Trois Orties».

Cette  Loge  avait  entrepris  d’initier  Frédéric  le  Grand  par  une  députation  de  la Loge. En 1740 déjà, Mathias Luttmann la faisait inscrire au registre londonien des Loges; de ce fait elle devint Grande Loge Provinciale et Luttmann reçut le titre de Grand Maître Provincial. A cette époque d’ailleurs, Lessing était initié à la Loge hambourgeoise «Aux Trois Roses»; c’était lui qui insista pour être reçu, bien qu’on l’ait prévenu de la «stagnation» des Loges à l’époque. Bien qu’il ne fré- quentât plus les travaux par la suite, on trouve dans ses œuvres des pensées ma- çonniques d’une élévation et d’une beauté remarquables.

En  1811,  sous  l’occupation  napoléonienne,  la  Loge  provinciale  devint  Grande Loge indépendante. En 1814, le directeur de théâtre Friedrich Ludwig Schröder en devint Grand Maître; du même coup, il fit adopter son propre Rituel et s’occupa activement à le faire reconnaître (voir chap. 9.7.1). La «Pilgrim Lodge» de Londres releva d’ailleurs un certain temps de sa compétence.

En 1932, la Grande Loge de Hambourg comptait 56 Loges avec plus de 5’000 Frères. En 1935, elle s’exila à Valparaiso (Chili). Après sa reconstitution en 1945, ses Loges se rangèrent aux cotés de la GL (AF u. AM) en 1949. Son dernier Grand Maître, le pasteur Wilhelm Hintze, devint Grand Maître d’honneur de la première Grande Loge Unie (AF u. AM) d’Allemagne.

 

La Grande Loge-Mère de l’Alliance Maçonnique Éclectique à

Francfort

 

En  1741,  à  l’occasion  du  couronnement  de  Charles  VII  à  Francfort,  la  Loge «L’Union» fut fondée. L’affluence y était grande; elle recevait, en 1743, une patente de Londres et travaillait alternativement en allemand et en français. En 1761, Johann Peter Gogel prit le maillet de Vénérable et devint en 1766 Grand Maître Provincial, ce qui autorisa «L’Union» à retirer les avantages d’une Loge-Mère. Après  le  convent  de Wilhelmsbad,  en  1783,  la  Loge  publiait  un  manifeste  de- mandant   le   retour   aux   anciens   principes   et   proposant   de   sélectionner   les meilleures parties de tous les systèmes. Au début, il n’était question que de consti- tuer  une  Alliance,  en  vue  du  maintien  de  l’Art  Royal  de  l’ancienne  Franc- Maçonnerie  purifiée.  Mais  avant  tout  elle  se  plaça  sous  la  dépendance  de  la Grande Loge d’Angleterre, en tant que Grande Loge Provinciale, jusqu’en 1822. A l’origine, l’Alliance Maçonnique Éclectique faisait partie des Grandes Loges rigoureusement chrétiennes, repoussant cependant tous les Hauts Grades à l’ex- ception  du  grade  de  Royal Arch  qu’elle  accueillit  provisoirement.  En  1844,  le principe chrétien fut à nouveau abandonné, ce qui eut pour conséquence d’inci- ter quelques Loges à quitter la Grande Loge. En 1849, on confirmait à nouveau les Anciens  Devoirs  et  l’on  interdisait  formellement  d’être  membre  des  Hauts Grades. Ce principe vaut aujourd’hui encore pour certaines de ces Loges. En 1933, «L’Alliance Eclectique» comptait 24 Loges avec 3’500 membres; elle préféra se dissoudre au début du troisième Reich. Dès 1949 les anciennes Loges

se rallièrent à la GL AF u.AM.

 

La Grande Loge «Au Soleil» à Bayreuth

 

En 1741, le Marquis Frédéric de Brandebourg-Bayreuth, beau-frère de Frédéric le Grand, fonda la Loge «Au Soleil». Elle travaillait d’abord en français selon un rituel  anglais  et  ensuite  selon  un  rituel  français  comportant  des  Hauts  Grades. Loge de cour à l’origine, elle devint par la suite Loge de ville et prit alors son appellation «Au Soleil». En 1744, elle se constitua en Loge-Mère, fonda en 1757 des Loges «filiales» à Ansbach et Erlangen et adopta les principes de la «Stricte Observance» dès 1764. Cela provoqua cependant le désarroi dans la fraternité, obligeant la Loge à interrompre ses travaux de 1765 à 1779. En 1791, elle s’unit à la Grande Loge berlinoise «A l’Amitié» pour devenir en 1807 sa Grande Loge provinciale. Mais trois ans plus tard, elle reprit à nouveau son indépendance, se rallia au principe de la Franc-Maçonnerie humanitaire et travailla selon le rite de Fessler. Les Loges possédaient à l’époque une entière souveraineté dans l’élaboration de leurs rituels. Lors de l’annexion de Bayreuth par la Bavière, elle devint, en 1811, Grande Loge de Province «Au Soleil». En 1814, l’Etat bavarois interdit à ses fonctionnaires d’appartenir à la Grande Loge, ce qui réduisit ses effectifs de moitié. En 1868, sa Constitution  fut  révisée  par  le  grand  spécialiste  suisse  de  droit  public  Johann Caspar Bluntschli. En 1932, cette obédience qui comptait 45 Loges totalisant 4’000 Frères se trans- forma en «Société pour le développement de la culture allemande». Après sa dis- solution sous le troisième Reich et sa reconstitution à partir de 1945, ses Loges rejoignirent la GL (AF u. AM).

 

TENTATIVES D’UNION AU SEIN DE LA FRANC-MAÇONNERIE ALLEMANDE

 

Le déchirement et la discorde, qui marquèrent le développement politique alle- mand  durant  les  deux  derniers  siècles,  trouve  son  reflet  dans  l’histoire  des Grandes Loges du pays. De même, l’ancienne aspiration des Allemands vers un Etat  uni  resta  celle  des  Francs-Maçons  allemands  de  se  voir  regroupés  en  une Grande Loge Unie; encore fallait-il qu’elle laissât à chaque Système une entière autonomie en matière de rituels et leur assurât la possibilité de travailler et de fra- terniser en commun. Le premier pas vers l’unification fut franchi en 1868 par la fondation des «Assises des  Grands  Maîtres Allemands».  Cette  organisation  élabora  des  principes  ma- çonniques généraux sur lesquels toutes les Grandes Loges allemandes s’accordaient.

L’étape suivante fut, à l’occasion de la création du Reich et selon un vœu una- nime, la fondation de «L’Union des Grandes Loges Allemandes», le 28 mai 1871 à Francfort. Cette Union subsista tout de même pendant 50 ans, jusqu’au départ des trois anciennes Grandes Loges prussiennes, en 1922.

En  1933,  la  Franc-Maçonnerie  allemande,  désunie  et  déchirée,  (onze  Grandes Loges différentes, dont neuf reconnues et deux non reconnues) est totalement dé- munie   face   à   la   puissance   menaçante   du   national-socialisme.   La   Franc- Maçonnerie allemande a connu ainsi la grande césure des années d’interdiction. Mais cet événement décisif eut un effet salutaire qui se manifesta, dès 1945, par

un désir ardent pour la réunification effective de la Franc-Maçonnerie allemande.

Ce vœu se réalisa d’abord le 17 mai 1958 par la réunion des deux Grandes Loges AFAM  et  FO  en  «Grandes  Loges  Unies  d’Allemagne,  Confrérie  des  Francs- Maçons Allemands». Cet accord est bien connu sous le vocable de Magna Charta. Cette dernière connut un important élargissement, lors du Convent de Berlin, en 1970: la «Grande Loge-Mère aux Trois Globes» et les Grandes Loges des Francs- Maçons   Americano-Canadiens    et    Britanniques    jusqu’ici    Grandes    Loges Provinciales, entraient, à égalité de droits, dans le giron des Grandes Loges Unies d’Allemagne.


Sources : GLSA 

 

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