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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 09:59

Publié par le blog de Montaleau, provenant de Cyrille de trois points infos


Un rituel libéré ? Chiche !

Au Rite Français du Grand Chapitre Général du Grand Orient de France les Souverains Chapitres sont "souverains". Ils ont la liberté d'élaborer leur rituel, quitte à respecter les valeurs fondamentales du Rite et celles du Grand Orient de France. Ayant pratiqué comme beaucoup de frères du Grand Orient de France le rite français en loge bleue et le rite écossais ancien et accepté dans les "hauts" grades puisqu'il n'y avait alors que cette possibilité, nous avons assisté à la fin du XXème siècle à la résurrection du Rite Français pour les grades "dits de Sagesse". D'abord avec une relative indifférence et ensuite avec un prudent scepticisme parce que la rumeur des parvis faisait courir l'idée que ce Rite Français était autant sinon plus " christique " que le Rite Ecossais Ancien Accepté.

Lorsque nous avons eu la curiosité d'accéder aux textes, ce sont d'abord les ressemblances entre les deux rites qui ont retenu notre attention : même fond légendaire, même présence de la bible dans la structure intime du rituel avec de surcroît un aspect farce relevant des Monty Python qui, pour être amusant peut-être, semblait conduire le symbolisme aux limites du simplisme et aux frontières d'un ridicule meurtrier. C'est dire que cela ne correspondait à aucune de nos attentes et ne donnait aucune raison de changer de rite pour tomber de Charybde en Scylla.

Nos attentes

A force d'observer le fonctionnement du Grand Orient de France, en participant à ses activités dans le respect de ses traditions et de son histoire et dans la culture de ses valeurs, nous étions venus, comme beaucoup de frères, à rêver d'un rituel qui serait libéré de sa gangue religieuse, biblique, judéo-chrétienne. Ce rituel idéal serait dégagé de ses prétentions chevaleresques qui - pour être supposées traditionnelles - n'en sont pas moins obsolètes. Il serait aussi nettoyé de ses référents à des moyens de violence - épées, poignards - dont sans doute la force de l'habitude empêchait de voir l'inanité ou le ridicule.


Pour être plus explicite
Il nous semblait urgent que la franc-maçonnerie se libère de la tutelle biblique hébraïsante, chrétienne et catholico-protestante et que, dans ses structures institutionnelles au niveau du rituel, elle s'ouvre naturellement vers toutes les sources de tradition, toutes les formes et tous les moyens de la connaissance pour en explorer les corrélations, les apports et les démarches et s'approcher de leurs secrets. Il nous semblait urgent de libérer les symboles de leur personnalisation judaïque (Hiram, Salomon, Zorobabel, Temple de Jérusalem …) qui les étrécit en les réduisant à une localisation géographique, hébraïque occidentale : celle-ci a pu avoir une justification historique ou politique dans le passé mais elle semble aujourd'hui abusivement réductrice.

D'autre part il nous semblait utile d'affranchir le rituel du poids de ses ambitions chevaleresques qui relèvent d'une tradition parfaitement datée historiquement, sociologiquement et politiquement et de ce fait évidemment obsolète. Et s'il fallait proposer des modèles, porteurs de valeurs fortes qui servent de parangon mobilisateur, ouverts sur l'avenir, nous suggérerions de promouvoir le "chevalier" en "Citoyen". De fait le citoyen bénéficie de deux siècles de promotion dans notre république laïque, révolutionnaire à vocation démocratique. Il constitue le peuple souverain source légitime de tous les pouvoirs. Il porte des valeurs aussi "nobles" que celles de la chevalerie. Il a de nombreuses fois démontré sa pugnacité, son dévouement dans la défense de la nation, son sens de l'honneur, du courage et de la fidélité ainsi que celui du sacrifice.

Enfin il nous semblait urgent - profitant du mouvement - d'éliminer l'arme blanche (épée, poignard….) de l'arsenal de notre société de pensée initiatique qui prétend l'utiliser comme support, symbole et moyen de notre recherche philosophique et spirituelle. L'érection de cet instrument en outil symbolique de notre démarche sur les chemins de la connaissance relève bien sûr du leurre : on argue que l'épée peut être présentée comme un symbole de l'Egalité datant d'une époque aristocratique où la noblesse tenait le haut du pavé avec le privilège de porter les armes pour défendre la société. Au XVIIIème siècle l'aristocratie aurait octroyé ce privilège à la roture qui fréquente la loge pour casser la tradition ségrégationniste, fondement de la société féodale aristocratique inégalitaire.

Dans cette perspective ce symbole - si symbole il y a - est donc fortement connoté historiquement (XVIIIème siècle) et de plus censément dépassé depuis que l'Egalité est inscrite dans la Constitution de nos Républiques et aux frontons des édifices publics. On observe aussi que l'idée de "désarmer" les loges passe aux yeux de certains de nos frères pour une manifestation de naïveté répréhensible face aux dangers qui menacent la société : on ne voit pas cependant qu'on aie jamais érigé en symbole la plume ou le crayon.

Il n'empêche que ceux-ci ont toujours été les instruments de la pensée qui se libère et de réflexion qui avance sur le chemin des vérités. Mais on voit bien au contraire que Moïse a éliminé à l'arme blanche trois mille des siens parce que ceux-ci ne pratiquaient pas la bonne religion de la bonne manière, à son retour du Mont Sinaï, d'où il rapportait les Tables de la Loi. La maîtrise des armes n'a guère servi dans l'histoire qu'à assurer la domination de ceux qui les détiennent pour la seule justification qu'ils en sont les détenteurs. Quant au peuple qui est assujetti par ces armes, il n'y trouve pas le moyen de sa liberté alors qu'on lui interdisait de lire et écrire pour le maintenir dans l'assujettissement. Convenons que pour nos usages, la règle, l'équerre et le maillet se révèlent des substituts autrement efficaces pour notre approche de la vérité et du centre de l'idée.


Le rituel de Blois

Nous appellerions ce rituel par dérision "rituel libéré" pour le distinguer des rituels français dits "Modernes", du Régulateur des chevaliers maçons de 1801. Car, à discuter avec des initiateurs de la résurrection du Rite français dans les années 1990, nous avions découvert que chaque Souverain Chapitre avait la liberté de son rituel, quitte à respecter les " fondamentaux " du Rite Français au sein du G.O.D.F.

C'est cette liberté qui nous a engagés à faire le pas, à mettre au point notre rituel et à créer à Blois le Souverain Chapitre " Je Doute " en mars 2002. Nous avons simplement tranché tous les liens qui renvoient impérativement ou insidieusement sur les livres de la Bible (Ancien et Nouveau Testament). Et cela suffit à faire apparaître la richesse fondamentale d'un Rite ouvert dès lors dans sa structure sur l'entier des hommes.


Concrètement :

Le nom d'Hiram est effacé : il nous reste le concept de l'Architecte qui construit, conçoit, dirige le chantier. C'est dire le Maître par définition. Ce n'est plus le constructeur du seul Temple de Salomon. C'est peut-être Dédale, ou le constructeur anonyme des pyramides, des ziggourats ou des cathédrales. C'est librement chaque frère qui reprend le flambeau et construit son temple intérieur.

Le nom de Salomon est effacé : il nous reste le Souverain, c'est-à-dire la source fondamentale des pouvoirs. Le souverain n'est plus réduit à une incarnation historique et biblique. Il s'incarnera selon les époques dans tel type de monarque, de roi … Ou aujourd'hui dans le "Peuple" source de toute légitimité qui n'est soumis à personne, à aucune autorité supérieure et génère la loi humaine, sociale, politique ...

Zorobabel évincé : il nous reste le franc-maçon persécuté. L'histoire du XXème siècle est suffisamment tragique pour le franc-maçon (Allemagne, Espagne, France..) pour y trouver à nourrir cet aspect du mythe. Joaben, l'Elu tiré au sort, devient l'Ouvrier qui œuvre à l'édification de la justice pour dépasser la vengeance. Albibalc se réduit au Meurtrier. (Meurtrier du père).

Le "chevalier" expulsé est promu en "Citoyen." La réalité concrète du rôle du chevalier dans l'histoire de la société occidentale ne permet pas de justifier sa présence dans la mythologie maçonnique comme parangon de valeurs morales exemplaires alors même que le peuple citoyen a conquis sa liberté et sa dignité et peut travailler en conscience à promouvoir ses valeurs lui-même.

L'arme blanche (épée ou poignard) est rangée au placard pour être avantageusement remplacée par la Règle, l'Equerre ou le Maillet. Accessoirement nous avons aussi éliminé l'aspect farce Monty Python des têtes coupées fichées sur un pieu et maculées de sang. On préserve la symbolique en exposant simplement les outils des trois mauvais compagnons associés à leur devise.

Tout le système légendaire des "hauts" grades reste donc intact. Mais il est débarrassé de sa chape de plomb biblique hébraïsante et peut révéler son infinie richesse. Ainsi libéré, il élargit son champ d'interprétation et permet de nourrir toutes les directions de recherche sans s'étrécir sur une seule source obligée enkystée dans sa structure.

Depuis sa création, l'atelier se montre exigeant quant au respect du rituel qui crée un lieu et un espace-temps rigoureux au sein desquels la réflexion se libère de ses carcans, s'ouvre à tous les champs de la tradition et s'examine dans sa propre genèse. Le fond légendaire est intégralement présent. Il sert de support et de catalyseur à la recherche des frères qui s'appuient sur l'apport de nos anciens pour entrer librement dans un présent ouvert sur l'avenir. Comme il se doit la symbolique est soumise au libre examen de chacun sans être contraint à de subreptices renvois institutionnels et dogmatiques vers les livres bibliques.

Le titre du souverain chapitre "Je Doute" implique chacun dans son intime : s'il n'interdit pas les convictions, il retient de les asséner comme des vérités. Chaque frère poursuit sa démarche à son pas, dans la direction qui s'ouvre à lui. Il fait part de ses découvertes bien persuadé qu'il ne s'agit que d'étapes nouvelles dont la remise en cause lui permettra d'aller plus loin, s'il peut trouver une lumière occasionnelle dans les contributions de ses frères.

Pas de maître à penser. Pas de guide. Ni gourou, ni prêtre, ni pasteur, ni rabbin. Aucun imam. Aucune autorité de référence. Aucun pouvoir de l'un sur l'autre. Aucune sujétion. Ni devoir d'obéissance et de fidélité. Chacun rencontre en soi-même ses propres exigences sans se trouver jamais justifié d'imposer à qui que ce soit des rigueurs fantasmatiques. Seulement des francs-maçons, maîtres souverains, citoyens libres sur le chemin de l'à-venir. Des frères sceptiques à qui l'on essaie d'expliquer notre démarche de libération vis à vis de toute référence religieuse et de la bible eurent cette remarque : "Mais alors il ne reste plus rien ?". Amusant !… Comment mieux justifier l'urgence de notre démarche ?

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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 10:58

Des traces de martinésisme existent dans le rituel du premier grade du Régime écossais rectifié. J'en ai établi ici une liste. Evidemment, chaque trace identifiée mériterait d'être développée notamment celle où le caractère martinésien ne coule pas de source et est le résultat d'un effort d'exégèse. De même, il serait judicieux de poursuivre cette enquête pour couvrir les trois autres grades de la classe maçonnique...En attendant, voici les premiers résultats...

 

Le Rectifié est-il martinésiste ?

 

Rôle de l'introducteur et du second survaillant

  • "[...] celui que j’ai envoyé pour vérifier vos titres nous a certifié qu’ils sont justes, et m’a demandé un guide pour diriger vos pas. Ce guide vous a été envoyé, Monsieur."
  • "[...] Mais ne vous découragez point, vous avez des guides qui méritent votre confiance, et qui vous garantiront de tout péril si vous vous laissez conduire avec docilité."
  • "[...] celui qui, étant dans les ténèbres, veut se diriger lui-même et marcher sans guide, s’égare et se perd. "
  • "Mais vous n’auriez pu les faire sans un guide sûr et fidèle pour diriger votre marche :
  • ce guide vous a été donné, il ne vous abandonnera jamais si vous ne le fuyez vous-même."
  • "le guide inconnu qui vous a été donné pour faire cette route vous figure ce rayon de lumière
  • qui est inné dans l’homme, par lequel seul il sent l’amour de la vérité et peut parvenir jusqu’à son Temple."

Martinésisme

  • L'anthropologie martinésienne insiste sur le fait que le mineur spirituel (l'homme) doit se fier aux pensées que lui inspire son esprit bon compagnon (ange gardien)
  • L'introducteur est ce guide, à moins que ce ne soit le second surveillant qui guide le candidat dans ses voyages ?

Voyages

 

Feu

  • Midi
  • Consume la corruption / Brule l'être corrompu
  • "L’homme est l’image immortelle de Dieu ; mais qui pourra la reconnaître, s’il la défigure lui-même ?"

Eau

  • Nord
  • Lave et purifie les choses impures / contient les principes de la putréfaction
  • "Celui qui rougit de la religion, de la vertu, et de ses frères, est indigne de l’estime et de l’amitié des maçons."

Terre

  • Occident
  • La vie / germe altéré accélère la putréfaction
  • "Le maçon dont le coeur ne s’ouvre point au besoin et aux malheurs des autres hommes, est un monstre dans la société des Frères."

Martinésisme

  • La théorie des éléments est centrale dans la cosmogonie et l'anthropologie martinésiennes
  • Lors de la prévarication des esprits rebelles, Dieu délégua la création de l'univers créé à des esprits ternaires demeurés fidèles
  • Les esprits ternaires créèrent la matière à partir des trois principes souffre, sel et mercure
  • Les trois principes mélangés selon un savant dosage donnèrent les éléments
  • Plus particulièrement le corps de l'homme est le résultat de l'assemblage de ces trois éléments : feu, eau et terre
  • Au-delà de cette théorie des éléments, notons le caractère central de l'image divine en l'homme
  • Cette théorie de l'image divine de l'homme n'est pas exclusivement martinésiste
  • Elle est essentiellement chrétienne et les Pères de l'Eglise s'en servent comme base de leur anthropologie
  • Martines y a également recourt, notamment dans certains rituels de son ordre (6 occurences dans les invocations de GA)

Justice et Clémence

Nulle trace

 

Sic transit

Nulle trace

 

Tablier blanc

  • "Recevez de mes mains l’habit de l’Ordre le plus ancien et le plus respectable qui fût jamais. Sa blancheur vous indique la pureté qui est le but de nos travaux, et que nous cherchons à recouvrer."
  • Cette lumière est le premier vêtement de l’âme, l’habit qu’on vous a donné n’en est que la figure et sa blancheur en désigne la pureté.

Martinésisme

  • La blancheur que nous cherchons à recouvrer est une référence à l'état premier de l'homme
  • C'est ce même état qui donne son titre au Traité de Martines puis qu'il s'agira de réintégrer les vertus, c'est à dire d'en retrouver l'usage
  • Parmi ses vertus citons le corps de gloire dont la blancheur du tablier est un rappel
  • Rappelons que le tablier est fait de peau, un peu comme cette tunique de peau qu'Adam portera au moment de la chute et qui n'est pas blanche elle

Nom de l'apprenti : p...g

Martinésisme

  • Dans les rites maçonnique l'apprenti prend un nom issu du travail du métal : T...n
  • Dans la maçonnerie rectifié T...n est remplacé par P...g
  • Il n'empêche que l'explication donné par Willermoz est que le travail du métal ne puet servir de référence à l'apprenti

Pierre brute

Batterie

  • "le seul moyen qui vous reste de découvrir la belle forme dont elle est susceptible"

Martinésisme

  • Encore une référence à ce binôme "image & ressemblance" cher aux Pères de l'Eglise et à Martines

Trois lois

Nulle trace

 

Chandelier à trois branches

  • L’orient maçonnique signifie la source et le principe de la lumière que cherche le Maçon. Elle vous a été représentée par le chandelier à trois branches qui brûlait sur l’autel d’orient comme étant l’emblème de la triple puissance du Grand Architecte de l’Univers.

Martinésisme

  • Triple puissance qui ordonne et gouverne le monde = Pensée / Volonté / Action
  • Pensée / Volonté / Action chez Martines = Père / Fils / Esprit-Saint chez Willermoz

Terrine garnie d'esprit de vin à l'Orient

Martinésisme

[Compléter]

 

Adhuc stat

Martinésisme

  • Tronquée mais ferme sur sa base, cette colonne représente l'image altérée et la ressemblance à recouvrer
  • Il s'agit encore une fois de la notion centrale de l'image divine dans l'homme qu'il s'agit de rétablir

Lumières d'ordre

Martinésisme

  • lumière à l’Orient qui sont Pensée / Volonté / Action
  • lumières des grands chandeliers qui sont l'univers créé
  • lumières des officiers qui sont ceux de la matière

Triangle d'Orient

Martinésisme

  • Le triangle pointe en bas chez Martines symbolise la lumière (cf le triangle implicite formée par les éléments)
  • Le triangle pointe en haut correspond à la matière sanctifiée, rétablie, le corps de gloire en somme

Nombre 3

Martinésisme

  • Le nombre 3 est le début des choses
  • Dans le grade d'apprenti, il s'agit du nombre de la corporisation (3 éléméents)
  • C'est là que commence l'histoire de l'apprenti, et elle ira jusqu'à la période actuelle (compagnon, la durée des choses) puis jusqu'à la période future (maître, la fin des choses)

Temps

Martinésisme

  • 4 temps rythment la tenue rectifiée : midi, midi plein, minuit et minuit plein
  • La journée des élus coens étaient rythmés par 4 temps de prières : 6h00 du matin, midi, 6h00 du soir et minuit

Prière de clôture

Martinésisme

  • "ô toi qui as toujours voulu et opéré pour le bonheur de l’homme"
  • Pensée / Volonté /Action-Opération

Remarquable étude faite par notre Frère CBCS  A VALLE SANCTA  et publiée sur son blog   http://blog.avallesancta.com/

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Published by Thomas Dalet - dans Histoire du RER
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 10:23

« L'heureuse révolution qui s'opère, en présageant l'union des esprits et des cœurs de tous les Français, est, pour le vrai Maçon, le plus digne sujet d'actions de grâces au Grand Architecte de l'Univers ; après le tribut d'hommages rendu à la sagesse suprême, il convient, pour l'édification des Frères répandus sur la surface du globe, et pour confondre les profanes assis dans les ténèbres, de manifester authentiquement la joie pure et sincère que le vrai Maçon ressent du rétablissement de l'ordre et du règne de la justice et de la charité : ces motifs sont dignes de l'attention des Frères, je les prie d'y prêter toute leur attention et de m'aider de leurs conseils. »

« Le triomphe de la liberté et du patriotisme est le triomphe le plus complet du vrai Maçon. C'est de nos Temples et de ceux élevés à la saine philosophie que sont parties les premières étincelles du feu sacré qui, s'étendant rapidement de l'Orient à l'Occident, du Midi au Septentrion de la France, a embrasé le cœur de tous ses citoyens.

« La magique révolution qui, sous nos yeux, opère en si peu de jours, doit être célébrée, par les disciples fidèles du véritable Maître, avec un saint enthousiasme dont les profanes ne peuvent partager les douceurs. Les cantiques que les vrais Enfants de la Veuve chantent maintenant sur la montagne sacrée, à l'ombre de l'acacia, retentissent au fond de nos cœurs et, les mains levées vers le Grand Architecte de l'Univers, nous devons tous conjurer notre Maître de porter à l'auteur de tout ce bien l'hommage de notre vive gratitude.

« Les principes d'égalité, de justice et d'humanité que, sous la sceptre de fer d'un prince, bourreau de ses sujets les plus fidèles et sous le gouvernement tyrannique de la Féodalité, les martyrs de notre Ordre développaient avec tant d'énergie à nos Pères dans l'Art royal, le roi de vingt-cinq millions d'hommes libres, Louis XVI enfin, vient de les consacrer à jamais dans son empire.

«Aucun de vous, mes Très Chers Frères, n'ignore que notre Respectable Grand Maître, le duc d'Orléans, a concouru plus que personne à l'heureuse révolution qui vient de s'opérer. Empressons-nous d'entrer dans ses vues, signalons notre joie et ne craignons pas de la faire éclater par des actes de bienfaisance aux yeux de tous nos concitoyens.

«Qu'il est beau, mes Très Chers Frères, le jour où un roi citoyen vient annoncer qu'il veut commander à un peuple libre et former de son superbe empire une vaste Loge dans laquelle tous les bons Français vont véritablement être Frères ! Qu'il soit gravé dans nos fastes, en caractères brûlants d'amour, cet événement aussi glorieux pour les Français que pour leur Roi, dont les annales du monde ne présentent aucun exemple. Que les soldats citoyens qui, par leur dévouement à la chose publique et leur noble marche sous les drapeaux de la liberté, ont sauvé la Patrie, reçoivent les hommages de notre admiration et de notre profonde reconnaissance.

« Dans les transports de joie qui nous animent, faisons retentir les voûtes du Temple de la Charité, de l'Egalité et de la Liberté, de nos cris éclatants et répétés de : Vive la Nation ! Vive le Roi ! Vive le Grand Maître des Maçons français, leur ange tutélaire et celui de tous les bons citoyens. »

SOURCE : LE BLOG DE MONTALEAU

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 19:43

La Franc‑Maçonnerie n'est pas née de la Grande Loge de Londres fondée en 1717 par le pasteur James Anderson, Dès le 26 mars 1688 (selon un Etat du Grand Orient pour l 779) nous avons la preuve de l'existence de loges militaires au sein des régiments écossais et irlandais ayant accompagné le roi Charles II d'Angleterre en son exil en France, Ces loges essaimèrent suffisamment pour grouper et constituer en 1725 l'Ancienne et Très Honorable Société des Francs‑Maçons dans le Royaume de France, Puis, intérêt ou curiosité, de très nombreux sujets du roi Louis XV se feront initier en des loges écossaises ou irlandaises civiles, bien que français. Et viendra le temps, en 1735, où le nom sera changé, et ce sera alors l'Ancienne et Très Respectable Société des Francs‑Maçons du Royaume de France, groupant des loges exclusivement françaises parce que composées de maçons français.

Enfin, en 1755, ces loges se grouperont en une Grande Loge de France, laquelle onze ans plus tard, par suite d'un schisme suscité par des tendances politiques dans le vent de l'époque, verra se constituer le Grand Orient de France que nous connaissons. Cette Grande Loge de France disparaîtra en 1769, laissant la place au Grand Orient de France, L'actuelle Grande Loge de France a été constituée en 1897, d'une Grande Loge Symbolique Ecossaise réinsérant d'anciennes loges ayant fait dissidence antérieurement : elle est donc sans aucune filiation avec celle du XVIIIème siècle.

Le Rite Ecossais Rectifié, fondé à Lyon en 1778 par un Convent organisé par J-B. Willermoz, ne fut que la rectification mêlée de Martinézisme du Rite Ecossais Primitif (Early Grand Scottish) pratiqué par ces anciennes loges militaires dès 1688 à Saint‑Germain‑en‑Laye. Leurs rituels furent apportés en 1751 à Marseille par le stuardiste Georges de Wallnon, qui y fonda le 27 août, avec des pouvoirs venus d'Edimbourg, celle qui devait devenir la Mère Loge Ecossaise de Marseille sous le nom de Saint‑Jean d'Ecosse.

C'est de cette filiation qu'est né l'actuel Rite Ecossais Primitif. D'où sa devis "Primigenius more majorem", allusion à l'ancienneté de celui‑ci.

Robert Ambelain

3

En ses Archives historiques de la Franc‑Maçonnerie, publié en 1981, l'éditeur Les Rouyat nous dit ceci :

"Ceux qui ont suivi Jacques III (Charles‑Edouard) en son exil, ont introduit en France la Maçonnerie jacobite catholique, opposée à la Maçonnerie orangiste protestante. L'activité des Ecossais en France, et notamment dans le Midi, est un des traits importants de cette période."

L'auteur n'a pas la minutie de contrôle des historiens et il a confondu Jacques III et Jacques II. Un magnifique ouvrage récent publié à l'occasion de l'exposition de Saint‑Germain‑en‑Laye de 1992 sur La Cour des Stuarts à Saint‑Germain‑en‑Laye nous dit finalement ceci page 233 :

"Cette religion universelle qui fit battre l'Europe au même rythme de ses loges et de ses maillets, fut importée sur le continent par des jacobites militants. En France elle fut introduite par Derwentwater et MacLean, par Wharton en Espagne, Patrick Gordon et James Keith en Russie, Lord Wintoun à Rome. On a même pu prétendre que la Franc‑Maçonnerie avait été une vaste entreprise de conspiration jacobite destinée à rétablir les Stuarts sur le trône. L'oeuvre maçonnique avait bien d'autres objectifs ; elle n'en a pas moins contribué à cimenter la solidarité des partisans. " (op. cil.)'

La présence de sommités des Archives de France et de la Bibliothèque Nationale en cette présentation écarte toute possibilité d'erreur grave. Par contre il en est une que divers auteurs spécialisés en la maçonnerie ont commise et qu'il convient de réfuter, soit l'affirmation que cette maçonnerie était catholique, alors qu'elle était simplement chrétienne, ce qui est fort différent. Il y a en effet des usages et des rites ésotériques qui parlent. C'est ainsi que le comte de Barnwall, qui fonda à Toulouse en 1747 la loge Les Ecossais Fidèles, nous montre dans le rituel le Rose‑Croix d'Hérédom de Kilwining arborant deux cordons, l'un vert, de gauche à droite, et l'autre rouge, de droite à gauche, Ce sont là les couleurs de deux branches différentes de la Maçonnerie stuardiste, car le vert est la couleur héraldique de la très catholique Irlande, et le rouge est celle de la très puritaine Ecosse. Ce qui nous a valu en un même degré deux dénominations différentes, le Maître Irlandais, frère jumeau du Maître Ecossais. C'est pourquoi Devaux d'Hugueville en 1779, accommodant le Rose‑Croix jacobite à sa façon, reconnaît que le ruban du Chevalier de Saint‑André est tantôt vert et tantôt rouge, selon les capitales,

La présentation de cette histoire de la Maçonnerie stuardiste en France va maintenant et nécessairement prendre l'aspect d'une chronologie.

1688 ‑ Le 26 mars 1688 la loge militaire du régiment de Dorrington (devenu ensuite régiment de Walsh) d'où son nom primitif Loge de Dorrington ouvre ses travaux à Saint‑Germain‑en Laye. En 1752 elle prendra le nom de La Parfaite Egalité et lors de son affiliation au Grand Orient de France, l'Etat de celui‑ci pour 1779 mentionnera la date de 1688 comme étant celle de sa fondation à Saint‑Germain‑en‑Laye. Cela à une époque où le Grand Orient est très sévère sur les dates avancées par les candidates à l'affiliation.

Il en sera de même pour celles du régiment de O'Gilwy (affiliée en 1747), du régimentd'Albany (l 747 également). La loge militaire des Gardes Irlandaises est repartie en Angleterre lors de la restauration de Charles II en 1660.

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1716 ‑ Selon Alain Merger en la revue La Provence Historique de janvier‑mars 1978, Avignon, capitale du Comtat‑Venaissin et domaine pontifical indépendant du roi de France, est depuis 1716 le lieu de ralliement de l'émigration jacobite sur le continent. Dans les années 1736 et 1737, la ville deviendra le premier centre maçonnique méditerranéen. Ce sont des Francs-Maçons jacobites qui y fonderont en août 1737 la loge du marquis de Calvière, officier des gardes du corps du Pape, initié en 1734 par le comte irlandais Balmerino, jacobite convaincu. Le marquis de Calvière initiera à son tour le duc d'Aumont qui fondera plus tard la loge Bussi-Aumont. Ceci nous relie à la duchesse de Portsmouth et à ce fils, bâtard de Charles Il qui le titra duc de Richmond. Cette loge d'Avignon reçoit d'ailleurs fréquemment des Frères visiteurs venant de cette loge de Bussi‑Aumont.

1725‑1735 ‑ Mais jusqu'à présent les loges sont indépendantes, elles ne relèvent que du roi d'Angleterre légitime à leur yeux, c'est‑à‑dire nécessairement un Stuart, d'où leur nom de logesroyales (en anglais R. L., d'où on a fait en France "Respectable Loge") puisque le roi est le Grand Maître de la Franc‑Maçonnerie opérative depuis des siècles Elles ont néanmoins un nom collectif : Ancienne et Très Respectable Société des Francs‑Maçons dans le royaume deFrance. A cette époque et depuis plusieurs années, le Grand Maître est Sir James Hector MacLean. Il se dit "présent grand maître", ce qui sous‑entend évidemment qu'il n'est ni le premier ni le dernier. Les Constitutions de 1720 (infra page ???) nous montrent comment s'effectuait la succession des grands maîtres. Effectivement il a succédé à Georges, duc de Warton. Et en 1735, fin de cette séquence, eu égard à l'amplification du nombre de Maçons français de souche, le nom collectif va changer, il devient Ancienne et Très Respectable Société des Francs‑Maçons du Royaume de France.

C'est à l'influence de Marseille, de sa noblesse locale et surtout de sa culture, que l'on peut attribuer la création de la plupart des loges provençales. Selon M. Agulhou en son livre Pénitents et Francs‑Maçons de l'ancienne Provence: "Dans la région provençale la diffusion de la Franc‑Maçonnerie est J'adoption d'un fait social national, venu de Paris et de Versailles, et rayonnant du centre de la France vers la périphérie." Il faut plutôt lire Paris plutôt que Versailles.

1736 ‑ Le marquis de Calvière reçoit un haut grade du jacobite "mylord comte de Baltimore", qui se dit grand maître de toutes les loges d'Angleterre, loges stuardistes évidemment. A cette époque une Maçonnerie encore très insuffisamment structurée a peine à conserver une organisation indiscutés. A son tour Calvière transmettra ce haut grade au duc d'Aumont, qualifié de "premier grand maître de toutes les loges de France", et qui donnera à son tour au même marquis de Calvière tous pouvoirs pour établir la loge Saint Jean à Avignon. Il semble qu'il y ait là confusion entre Aumont, de la loge Bussi‑Aumont, et le duc d'Antin premier grand maître de nationalité française (de 1738 à 1744). On peut situer ainsi les faits

- 1736 : initiation de Calvière dans les milieux jacobites d'Avignon,

- 1737 : séjour de Calvière à Paris, contacts avec les milieux jacobites,

- 1737 : en août, Calvière est muni pour trois mois des pouvoirs du duc d'Aumont pour la fondation de la loge Saint‑Jean à Avignon (cf. P. Chevalier: Les ducs sous l'Acacia) en septembre Calvière continue de répandre la Franc‑Maçonnerie en Avignon.

5

1737 ‑ Le 28 septembre Mgr de Belzunce évêque de Marseille dénonce à l'Intendant de la province les activités maçonniques de sa ville et souligne l'importance de celles du marquis de Calvière. Aussi le 23 octobre 1737, celui‑ci (officier aux gardes du corps pontificaux du Comtat‑Venaissin) est dans l'obligation de cesser ses mêmes activités maçonniques à Marseille, se limitant à sa loge de Saint Jean à Avignon, mais demeurant fervent maçon néanmoins. En effet :

1738 ‑ Cette année là, Calvière appartiendra à la célèbre loge Bussi‑Aumont et y sera nomméDépositaire de l'Ordre, évidemment ordre jacobite (cf. le manuscrit n' 891 de la Bibliothèque de Carpentras, page 68 à 70). Il s'agit évidemment de la Maçonnerie jacobite puisqu'à cette époque il n'y en avait pas d'autre en France. A tel point qu'en septembre 1735 le Comte de Saint‑Florentin, secrétaire d'Etat était reçu Franc‑Maçon, En 1736, c'était le maréchal d'Estrée, et au début de 1737. ce seront six chevaliers de l'Ordre du Saint‑Esprit qui deviendront des frèresde tous les autres en la Maçonnerie française naissante.

1743 ‑ le 9 décembre 1743 le duc d'Antin meurt et lui succède le comte de Clermont, autre prince du sang,

1746 ‑ les Francs‑Maçons de Marseille savent depuis cette date que les loges maçonniques ne sont plus pratiquement inquiétées par la police en France, et ils s'efforcent alors, réaction normale, de monter le pouvoir civil contre les autorités religieuses, dont Mgr de Belzunce a été le plus brillant défenseur, n'hésitant pas à associer les Francs‑Maçons aux jansénistes

1747 ‑ Selon Gaston Martin et les archives départementales de la Haute‑Garonne, le comte irlandais John de Barnwall de Tromlestown fonde à Toulouse la loge Les Ecossais Fidèles. Louis XV le naturalisera français et lui confirmera son titre. Cette loge prendra par la suite le nom de Sagesse et Union, puis Sagesse, et enfin deviendra (on ne sait encore pourquoi) LaVieille Bru, ce qui sous‑entend qu'elle fut indirectement la "belle‑fille" d'une autre loge antérieure, peut‑ être une ancienne loge militaire des régiments irlandais.

1749 ‑ Des visites nombreuses de Francs‑Maçons jacobites vont se succéder à Avignon, la plupart, mais pas tous, venant de Marseille. En cette année il y a à Marseille les loges Saint Jean de Jérusalem, Saint Jean des Elus de la Vérité, etc. En tout une bonne trentaine de loges, peut‑être simplement composées de dix à douze membres étant donné les problèmes de locaux.

Voici maintenant un ancien document qui montre combien la Franc‑Maçonnerie jacobite était toujours active et puissante vers 1750‑1755. Il s'agit de J'affiliation (c'est‑à‑dire de la régularisation maçonnique) de la loge Saint Jean de Jérusalem de la Parfaite Union à 1'orient de St‑Pierre de la Martinique ; la pièce est datée du 2 août 1750.

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"Nous Vénérable Maître, Officiers et Membres de la Très Respectable Loge Saint‑Ferréol de Clermont de la ville de Marseille, constituée par le Grand Maître et les Grands Officiers du Très Ancien et Très Illustre Ordre des Francs‑Maçons dans le Royaume de France, le 1er octobre 1749, accordons aujourd'hui par ces présentes l'affiliation à nos chers et dignes Frères de la Respectable Loge Saint Jean de Jérusalem de la Parfaite Union, au bourg de St‑Pierre de la Martinique, situé sous le 14ème degré 30 minutes, en qualité de petite‑fille de Clermont (1), l'autorisant par le pouvoir qui nous a été donné à jouir de tous les privilèges d'une loge régulière et constituée, confirmant à cet effet notre cher Frère…… Maître (de Loge), notre cher Frère ...... 1er Surveillant, et notre cher Frère d'Oïanboure 2ème Surveillant.

Nous enjoignons par ces présentes à notre cher Frère…… et à ses successeurs d'observer et faire observer exactement les règles générales et particulières de la Maçonnerie, de ne recevoir aucun candidat au‑dessous de l'âge de vingt et un ans, ni aucun profane dont la probité n'est pas tout‑à‑fait reconnue, de ne recevoir Maître aucun Frère servant sans une permission expresse de la Respectable Loge Saint‑Ferréol, ordonnons aussi à la dite loge Saint Jean de nous faire informer de chaque mutation qu'elle jugera à propos de faire des Maîtres et des Surveillants, le tout sous peine de nullité de la présente affiliation. En foi de quoi nous lui donnons et avons fait expédier ces présentes, scellées du Sceau de l'architecture de la loge Saint Ferréol deClermont. A Marseille ce 2 août 1750."

Mais dès 1738 avait été fondé en 1'lle de la Martinique une loge nommée La Parfaite Union laquelle avait modifié son nom pour démontrer son appartenance à la Maçonnerie stuardiste en y ajoutant celui de la loge affiliatrice : Saint Ferréol de Clermont. En effet toujours à la Martinique, une loge avait été fondée le 24 mars 1750 sous le nom de La Parfaite d'Ecosse, par patente délivrée par une loge écossaise de Bordeaux. Mais comme tout porte à croire qu'elle relevait de la Grande Loge orangiste d'Angleterre, La Parfaite Union avait tenu à se faire régulariser comme loge stuardiste par une patente émanant d'une filiation incontestable.

1750 ‑ Cette même année les archives nous révèlent qu'à Marseille le Frère Capellu y est qualifié de "grand maître général des Chevaliers d'Orient". Ce grade est celui au sommet de la hiérarchie écossaise de l'époque. Or à Avignon en 1751 on ne pratiquait que les grades d'Elu et d'Ecossais. S'agit‑il là l'une des activités de Ramsay ? C'est fort possible, car le très jacobite Ramsay fut en relations étroites avec Avignon, notamment avec le mystérieux Balmerino qui initia clavière.

1750 ‑ Toujours à Marseille. L'évêque de la ville Mgr de Belzunce écrit à Versailles pour protester contre le fait que les Francs‑Maçons sont en cours d'achat d'une demeure pour y installer leur temple, Comme suite à cette demande d'assistance, l'Intendant pour la Provence reçoit en réponse la lettre ci‑après

"Mgr l'évêque de Marseille a fait informer le Roi que les Francs‑Maçons s'assemblent publiquement en cette ville, et qu'ils sont même en marché d'une maison où ils se proposent de tenir leur loge. Sa Majesté me charge de vous écrire à employer votre autorité pour faire cesser ces assemblées et pour ôter à ceux qui les tiennent tous les moyens de continuer."

(1) En cette patente deux noms ont été effacés. Il s'agit probablement de ratures amenées par l'obligation de faire disparaître deux imprudentes nominations, celle du Vénérable et celle du ler Surveillant. A Marseille, les responsables de la loge Saint Ferréol de Clermont avaient appris par la suite que leur confiance avait été dupée. A cette époque, "aux Isles", il y avait de tout…

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Cette lettre est signée du Comte de Saint‑Florentin, lequel est Franc‑Maçon depuis 1735 ! Quant à Louis XV il conseille à l'évêque de Marseille d'user de son autorité ! Mais celui‑ci n'en a aucune quant à la Police, et c'est là l'astuce du Roi. Celui‑ci sera lui‑même Franc‑Maçon, reçu en la logeLa Chambre du Roi groupant des officiers de celle‑ci, comme l'a démontré P. Chevalier; il autorisera l'Encyclopédie, anoblira Voltaire, sauvera le chevalier de la Barre d'une mort horrible suite à son sacrilège (il sera d'abord décapité), Enfin la bulle pontificale excommuniant les Francs‑Maçons ne sera pas publiée dans le royaume.

1751 ‑ Le 27 août de cette année le jacobite écossais Georges de Wallnon, qui est muni de pouvoirs datés d'Edimbourg le 17 juin 175 1, constitue à Marseille la loge Saint‑Jean d'Ecosse.

1752 ‑ Le 17 mai de cette année Georges de Wallnon transmet ses pouvoirs de Vénérable et Maître de Loge à Alexandre Routier, et la Loge prend alors le nom de Mère‑Loge de Marseille, titre qui lui restera longtemps. Loge puissante, tant par elle‑même que par celles qu'elle créa en France et au‑delà des mers, car elle eut en sa volontaire sobriété une très grande influence sur le milieu profane par la présence de Maçons de qualité. On observera que dès 1751, date de sa fondation, les "décors" maçonniques y ont été francisés, le rouge de l'écossisme et le vert de l'irlandisme ont cédé la place au bleu de France. La résurgence actuelle de 1985 est revenue au rouge par respect pour la tradition écossaise confirmée par les Constitutions de 1720, qui la régissent. A la mort de Jacques Il à Saint‑Germain‑en‑Laye le 5 septembre 1701, Louis XIV inséra les régiments écossais et irlandais en ses armées, avec évidemment leurs loges militaires. C'est ainsi que le Royal Ecossais arborera sur son drapeau, avec la croix de Saint‑André (en place de la latine) et les armes de l'Ecosse (en place de celles de France), la cordelière aux "lacs d'amour" de la Franc‑Maçonnerie, soutenant la médaille de l'Ordre de Saint‑André. Ces régiments s'illustrèrent au "service de France" dans les batailles de l'époque, à Fontenoy notamment.

1794 ‑ A Marseille, dans le début de l'année, Barras et Fréron envoyèrent à l'échafaud cinq membres de la loge Saint‑Jean‑d'Ecosse, alors en sommeil.

1801 ‑ Saint‑Jean‑d'Ecosse reprend ses travaux. En 1811 elle comprend 400 membres, et ses loges‑filles de Provence, du Levant, des Isles et même d'Italie, témoignent de son rayonnement (cf. Les Rouyat : Archives de la Franc‑Maçonnerie). Mais à cette date le souvenir de ses véritables origines stuardistes est à peu près oublié.

N.B. ‑ En 1812, à l'Orient de La Ciotat, la loge Saint‑Charles d'Ecosse travaillant au "Rite d'Edimbourg" (sic) était encore en activité. Fondée sans doute en l'honneur de Charles-Edouard Stuart passant à Antibes en 1744.

Publié avec l'aimable autorisation du VM et de l'archiviste de la RL La Lumière Ecossaise, à l'Orient d'Ollioules (Var).

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 07:12
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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 18:45


"Au fond, il n'y a qu'un seul chrétien, et il est mort sur la croix." (Nietzsche)

sans commentaire!!

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 10:05


311. L'homme n'a été créé que pour faire des mondes.

312.- 5 fois 14 font 70, 5 fois 9 font 45. C'est là l'énigme des formes, leur fin et les bornes et la propriété du quinaire. Car il est naturel que le quinaire soit partie aliquote de tous ces produits, puisqu'il en est le facteur.

313. De même que le bien n'a point fait le mal, de même le mal n'a point fait le bien; de même que 1 n'a point produit 2, de même 2 fois 2 ne peuvent faire 4.

314. Lorsqu'il n'y a point de lumière aux extrémités du réceptacle, mais seulement au centre, cela montre la puissance en latitude et en longitude, mais non la figure de la quatrième essence: car alors on pourrait la regarder comme quinaire. Cette quatrième essence consiste en 3 pour l'inférieur et 1 pour le supérieur, {mais} 4 est comme 1. Ainsi cela fait 7. L'homme a tout cela sur lui.

315. Prends bien garde aux observations que tu feras sur la nature; n'aie dans tes recherches qu'un désir pur, sage et innocent; attache-toi aux choses les plus simples sans vouloir pénétrer d'un oeil curieux et avant ton temps, car la science des hommes est vaine pour cette raison.

316. Sur Moïse, on en prend 3, à cause de Moïse, Aaron et Or.

317. Sur Josué, on en prend 2, à cause de Josué et de Caleb.

318. Sur Abraham, on en prend 3, à cause d'Abraham, Isaac et Jacob.

319. Sur Caleb, on en prend qu'un, parce qu'il était tout seul.

320. Sur Jacob, on en prend qu'un, parce qu'il n'eut qu'une postérité dans la matière.

321. Les 6 voyages de l'homme dans ses 3 prisons: la première quinaire, la seconde neuvaire, {et} la troisième sénaire, tout cela donne la confusion.
322. Lumière de lumière, feu de feu, vie de vie.

323. La couleur blanche est le spirituel divin] le rouge est le spirituelt errestre et le noir est la destruction.

324. L'action planétaire est générale et universellement combinée; ainsi la distinction particulière des êtres, surtout dans les métaux, vient de leur loi personnelle et non de l'action particulière de la planète.

325. Toute forme est caractère, et l'être lui-même ou son action, et son opération est son hiéroglyphe

326. La 1re enveloppe des corps est huileuse, la 2e saline; la 3e mercurielle comme principe de forme, puis le soufre intérieur fait le centre quaternaire ou l'alpha et l'oméga.

327. Il y a 3 mois pour chaque é[quinoxe], ce qui fait 6 lunes.

329. Le vrai sabbath doit se compter du 14 de la lune de mars, mardi; ainsi le sabbath des Juifs est retardé de quatre jours; celui des chrétiens d'un jour de plus. D'ailleurs, les Juifs le commencent à la première étoile au lieu de minuit qui est la loi spirituelle.

330. Parle peu, car on prendrait ta science pour un système, comme toutes les autres.

334. Tout le malheur des hommes est de ne pouvoir se persuader qu'il y ait des sortes d'esprits auxquels la pensée soit refusée.

338. Veux-tu connaître le principe et l'ordre de toutes choses? Tu n'as qu'à regarder pêcheur à la ligne.

339. Nous ne décrivons jamais que des courbes en latitude, vers sud ou vers nord, et non point des lignes droites en longitudes.

345. Un temps, deux temps et la moitié d'un temps, c'est-à-dire 4, 4 et 2 - 10, ou bien 4, 4, 4, 2 qui vaudront 5.

350.- Les quatre nombres, 3, 6, 7 et 9 ont chacun l'unité pour rapport; ce qui prouve que l'unité première est quaternaire, et qu'elle est universelle.

353. Jusqu'à 7 ans, l'homme est dans la privation; à 7 ans, il est susceptible de souillure; à 15 ans, il est susceptible de crime.

354. La latitude est la base, la longitude est la perpendiculaire, ce qui montre la folie des hommes de la chercher sur la surface.

357. Je ne te demanderai pas de me dispenser de la peine attachée à mes fautes, ce serait une injustice et vouloir te tenter, mais je demande la grâce de n'en plus commettre.

360. Il est bon de connaître la mathématique, parce que cela met de la mesure dans la tête, et que, quand il y en a dans la tête, il y en a dans toute la personne.

361. Si tu veux connaître les autres, commence par te connaître toi-même, car chacun est un mirroir.

362. C'est l'homme qui est l'élément de la femme, c'est là ce que Moïse a voulu dire. Aussi la femme de l'homme meurt, parce que c'est son (DELTA), mais l'homme ne meurt point parce qu'il est , ainsi que la femme. Cela fait qu'elle ne meurt point non plus.

364. Oh! la jolie chose que de faire de la tapisserie! Mais c'est quand on a une planche pour métier et que la langue sert d'aiguille.

365.- La quadrature se trouve aisément en admettant le cercle, c'est-à-dire dans le nombre, mais est impossible en figure.

366. La femme ne cherche qu'à détruire celui qui construit, en cherchant à construire celui qui détruit; elle est presque toujours morte.

367. L'univers n'est qu'un{e} emplâtre.

368. Si l'homme est trop sage, dès lors il ne l'est plus, parce que ce serait lui qui agirait, et c'est là un bien grand mal.

369.- Des orages élémentaires, c'est le sang de la terre qui monte par-dessus sa tête.

371. Rien de plus aisé à sentir que c'est par le sang que commence l'action quinaire dans le mineur.

372. Le coeur de l'homme est un sanctuaire dans lequel rien de faux ni rien de faible ne devrait entrer.

373. Si l'homme veut être heureux, cela lui est bien aisé; il n'a qu'à parler.

374. Ne me laisse pas faire le mal que je veux, fais-moi faire le bien que je ne veux pas.

376. Toute la partie aquatique n'est composée que de globules parfaitement sphériques, et dont nous ne voyons jamais que la moitié.

377. Il est terrible de sentir combien un faux pas recule.

378. La vraie manière d'expier ses fautes, c'est de les réparer, et pour celles qui sont irréparables, de n'en être point découragé.

381.- La parole que l'on garde n'en devient que plus forte, car rien n'affermit l'homme comme le silence. Da capo!

381. La parole que l'on garde n'en devient que plus forte, car rien n'affermit l'homme comme le silence.

382. Si tu agis sans intelligence, tu perdras bientôt l'intelligence.

383. Ceux qui saluent les croix devraient toujours avoir le chapeau à la main, parce que tout en est rempli, et tout n'existe que par là.

383. Ceux qui saluent les + devraient avoir toujours le chapeau à la main, parce que tout en est rempli, et que tout n'existe que par là.

387. Les deux é[quinoxes] pour le bon, les deux s[olstices] pour le mauvais. Les deux premiers touchent à la végétation et à l'adoption, les deux seconds à la putréfaction et à la dissolution. C'est le pour et le contre.

388. Les bêtes et autres êtres physiques corporels ne sont que le petit monde temporel, l'homme est le monde universel par son intelligence.

390. Comme il y a le monde, il n'y en a qu'un.

391. Du divin au soleil: 7, du soleil à la terre: 7. Il y a douze cieux; si l'on y joint la Terre, on aura 4.

392. Si du temporel 5, 6, 7, 8 vous ôtez l'unité au quinténaire pour la remettre à la p[uissance] simple, et que vous additionniez le reste, vous avez 25, temps de l'expiation horrible; et après cette expiation, l'unité sera réunie au septénaire pour le parfait rétablissement.

393. C'est par l'est que vient le bon, tant en fait d'action intérieure qu'extérieure, comme vent, souffle, etc. C'est au contraire par l'ouest que vient le mauvais, et ceci pour l'élémentaire général comme pour l'animal particulier.

395.- Comme c'est 2 qui a fait 3, c'est 5 qui a fait 6.

396. Toute cette nature est un double emploi; on y voit partout le sensible et l'intellectuel, 8 et 10.

401. 7 : c'est là la femme.

404. Je crois que l'on pourrait faire son cercle avec du sel, et que cela n'en irait pas plus mal.

405. Cherche toujours les pays où tu pouras t'humilier, sans t'exposer au ridicule ou à la raillerie.

407.- Le temps de l'esprit est composé de 4 intervalles, celui de la matière n'en a que 2.

408. Ce qui compose est 2, ce qui est composé est 3.

409. Dieu n'est pas fait, mais c'est la main qui fait. Ainsi, les ouvrages de la main de Dieu ne sont pas la même chose que les ouvrages de Dieu.

411. Il n'y a de grand que celui qui prie.

413. Il faut faire 2 ou 9 opérations pour avoir un cube.

415. La Terre est comme une marmite.

416. La somme des angles au centre est toujours égale à celle des angles à la circonférence = 9 + 1.

417. Ne prie jamais tête nue.

419. C'est la pensée mauvaise qui a fait manifester la pensée bonne.

420. Tâche donc, homme, de toujours sentir qu'il y a quelque chose au-dessus de toi.

423. Il y a bien plus loin d'ici là que de là ici, voilà pourquoi nous ne voyons pas ceux qui nous voient.

424. Le veux-tu? Oui? Ne le veux-tu pas? Non? Tiens t'en là.

425.- Ce n'est qu'à la mort corporelle de l'homme que commencent les 42 campements des Israélites, attendu que 6 fois 7 font 42, et il faut passer par là avant d'arriver à 49, qui est le repos ou le sabbath.

426.- Il faut bien qu'il y ait un Suisse, ou une place frontière dans la création, et c'est 49 qui en sert.

427. Je ne vois rien de plus beau que la nature si ce n'est Celui qui l'a faite.

428. Réjouis-toi le matin, mais pleure le soir.

434. C'est par l'action que la piété se nourrit.

436. Il faut donner à chaque chose la nourriture qui lui convient. Le corps ne nourrit pas l'esprit, il l'abrutit; l'esprit ne nourrit pas le corps, il le brûle.

438. Il y a deux dimentions en surface, il n'y en a qu'une en élévation.

439. La largeur est quinaire dans l'arche, les deux autres dimensions sont ternaires.

440. Il n'y a que deux planètes qui éclairent, les autres sont pour l'entretien des formes et nullement pour leur lumière.

442. L'aspersion est faite avant la naissance, les 7 classes physiques spirituelles de la vie corporelle ne sont que les 7 propriétés de cette aspersion; elles suivent les progressions de la forme, parce que cette forme a besoin d'être préparée.

443. Soulève de temps en temps les talons, surtout dans le parfum: cela est bon.

444. N'aie pas peur de lui, car il est ton ami.

454. Dans le principe ce n'était qu'un point, l'explosion en a fait une circonférence, et c'est ainsi que toute la nature a été formée.

455. C'est celui qui pleure, qui est digne d'envie.

460. Tiens-toi toujours en garde contre le diamètre horizontal.

461. Veux-tu voir le serpent de la Genèse? Tu n'as qu'à compter jusqu'à dix; ensuite tu ôteras le premier chiffre, et il te restera un zéro ou un O.

461[2] Pour connaître la nature des formes et de la matière, il ne faut qu'observer la circonférence, et voir ce que vaut le caractère qu'elle représente.

462. Le point était avant la circonférence, il sera après.

463. La Terre est le receveur, l'abîme est le feu, le céleste est l'eau; la création entière peut se considérer comme le mercure entre 5 et 7.

464. Tous les hommes sont comme autant de seringues.

465. Nous ne ferions pas, mais on ferait pour nous, si nous avions le courage de demander.

466. Peut-il y avoir des peines ou des obstacles pour celui qui sait épurer tous ses motifs?

467. En n'agissant que sur le physique corporel, on n'a que des résultats et des notions corporelles.

468. Il y a bien plus loin d'ici là que de là ici, voilà pourquoi nous ne voyons pas ceux qui nous voient.

472. Il n'est pas bien difficile de deviner pourquoi l'homme est sur la Terre, c'est pour demander l'aumône.

472. Il n'est pas bien difficile de comprendre pourquoi l'homme est sur la Terre, c'est pour demander l'aumône.

473. Les dissonances mineures descendent, les majeures montent.

474. S[oleil], j[upiter], Ma[rs], M[ercure].

475. L'orgueil ne se trouve que dans l'éloignement du principe.

477. Tout homme peut avoir ses lettres franches de port.

478. La vraie manière de demander les choses en fait de prière, c'est d'aller courageusement les chercher.

480. Les hommes devraient être les satellites de la Terre, et ils en sont les persécuteurs.

483. La vraie preuve que nous ne pouvons recouvrer ici-bas notre quaternaire, c'est que nous ne pouvons voir le centre ou l'ê[tre].

486. Garde-toi d'être astronome, mais tu peux être astrologue, pourvu que ce ne soit pas astrologue judiciaire.

488.- Les amitiés qui ne sont pas triangulaires n'ont pas de consistance et, sans le lien, elles ne mènent qu'à la confusion.

489. Je ne puis rien jusqu'à ce que j'aie la liberté de mes actions spirituelles; c'est pourquoi j'irai en paix, et j'attendrai avec confiance.

490. L'homme particulier est la preuve de l'homme général, c'est-à-dire que le majeur comme le mineur était obligé de combattre les ennemis de la vérité.

496. C'est dans la privation que tu dois employer ta force, et si tu as la patience et le courage de soutenir toute l'amertume de cet état, tu peux être sûr que tu en seras récompensé.

499. Ne te décourage pas avant d'être sorti de dessus la Terre, parce que tant que tu y es, tu peux espérer de faire ta réconciliation.

507. Ne crois pas pouvoir rien faire avant d'être réconcilié.

510. Quand on en est près, on est humble; mais on peut en être loin, quoiqu'on en soit près, parce que l'être a une action libre à lui, et qui est que dans cette espèce il n'y a point d'espace ni d'étendue. C'est que nous n'avons pas toujours action sur lui, et qu'il a toujours action sur nous.

515. C'est au moment où la purification se fait que commencent les attaques; tant que l'ordre règne, il n'y a point de trouble.

519. La confiance donne la vie, en ce qu'elle préserve et éloigne de la mort.

522. La couleur verte est composée du bleu et du jaune à cause de la végétation.

526. C'est en vain que tu la presses, ta volonté n'y fera rien du tout.

529. Il n'y aura plus rien, car les paroles ont été rendues. E[li] L[ama] S[abac] T[hani].

530.- Le grand oeuvre est double: la molestation et la réintégration. Ceci produit la gloire, et les trois choses sont conduites par le centre ou le carré.

532. Il est bien clair que le septénaire est donné dans le temporel.

539. Les uns y vont par la férocité et la brusquerie, les autres par la douceur et la prudence.

541. C'est par leur division et leur rapport avec l'unité qu'il faut considérer les nombres, parce que c'est par là qu'on connaît leurs propriétés.

542.- Se purger, demander, recevoir, {et} agir: se sont les quatre temps.

545.- O douleur, tant que le quaternaire sera séparé de l'unité, c'est à cause de tous les maux et toute confusion.

548. Comment écrire quand la plume n'est pas fendue? 3.

549.- Il est bon de remarquer que la feuille de vigne est quinaire.

551. Ce n'est que dans le calme des sens de la matière qu'il se plaît, de même que ce n'est que dans le calme élémentaire que le supérieur agit.

552. Mets-toi de temps en temps les mains sur les hanches.

554. Il y a une proportion entre l'accroissement des forces spirituelles et l'homme et les combats auxquels il est exposé; s'il laisse affaiblir ses forces et que les attaques augmentent, il est vaincu; mais doit-il s'en plaindre?

555.- Laboure ton champs sans relâche de l'orient à l'occident, et du nord au sud, c'est le vrai moyen de le rendre fertile.

557. Il est bien aisé de le reconnaître, car il ne peut jamais cacher sa difformité physiquement.

559. Tenir bon, c'est la vraie prière en ce que c'est elle qui maintient en joie et santé.

563. Tout le désordre vient de ce que le premier a mal engendré, et le désordre se perpétue de même par une vicieuse génération.

564. S'il y avait égalité d'une figure avec son type, la figure ne serait pas nécessaire.

566. Le temple d'Abraham se tient entre l'est et l'ouest, parce qu'avec ses 318 serviteurs il était quaternaire, ou central.

571.- J'ai déjà fait entendre que le neuvaire était au moins neutre par rapport à la spiritualité. En effet, ou il est de forme, ou il est mauvais.

572.- Il est bien clair qu'il y a un grand rapport entre le troisième nombre et 7, puisque 7 est son attribut.

575. Ne te repose pas que tu ne sentes que tu es à peu près sûr de ton fait, et même ne te repose pas encore trop après.

576. Il y a une volonté qui ne dépend pas de nous, mais il y en a une qui dépend de nous et qui peut nous faire obtenir l'autre.

577. Ne demandons pas avant de savoir qu'en faire.

579. Si tu es bien brave, ta préparation pourra se faire partout.

581.- Le prêtre doit vivre de l'autel; il est bien sûr que celui qui approchera de l'autel vivra.

582.- Par le feu élémentaire vient la dissolution, car c'est par la gêne de ce même feu qu'est venue la construction.

584. En fait de formes, rien ne peut exister sans ses puissances, parce que les corps ne sont que cela.

585. Il y a deux croix pour les réintégrations, l'une pour la créature, et l'autre pour le spirituel.

586. On ne peut trouver dans la forme humaine aucune trace du chef septénaire, attendu qu'il n'est pas corporisé matériellement.

587. Le triangle et le centre font l'essence quaternaire, le réceptacle en montre l'action.

589. L'ordre des principes spirituels dans l'homme est le même que l'arrangement des principes élémentaires dans les corps.

590. Tant que subsistera le corporel, il y aura un surcéleste, ou un spirituel temporel quoique non corporel.

595. En regardant brûler son feu, on voit descendre le terrestre et monter le céleste, c'est la même chose dans la dissolution de l'homme.

596. On commence toujours par la forme, voilà pourquoi il y a deux testaments.

597. Sur toutes choses, point d'impatience.

600. Il n'y aura que ceux qui ne m'entendront point qui m'entendront.

601.- Ne parle qu'à ceux qui ont choisi la Sagesse, ceux qui ont cru pouvoir s'en passer n'y sont pas propres.

603. Il y a un binaire isolé qui est mauvais, mais il y en a un de liaison qui est bon.

605. 1 et 1 c'est 2, et 1 c'est 3, et 1 c'est 4, et 1 c'est 5, et 1 c'est 6, et 1 c'est 7, et 1 c'est 8, et 1 c'est 9, et 1 c'est 10. Partout, action et réaction.

612. Il faut quelque fois ne pas se presser au premier, parce qu'avec un peu de patience, il y a répétition.

614. Tant dans le céleste que dans le terrestre est fait uniquement pour l'avantage de l'homme sur ses ennemis.

617. Ne compte sur rien tant que tu y penseras.

620.- Le grand souverain est l'expression du quaternaire sur la longitude et la latitude.

623. L'excès de nourriture non seulement occupe le sang, mais le fatigue et lui ôte par là la force nécessaire pour soutenir l'oeuvre.

624. Songe beaucoup à mettre l'élément et l'élémentaire en état pendant que tu y es.

625. S'il n'y a rien sans union, tâchons d'en faire de bonnes.

627. Ce qu'il y a de plus affligeant dans l'oeuvre, c'est d'être obligé d'expier et de mouri

630. La passe se doit faire dans les angles, voilà pourquoi on y met des consignes.

633. Il y a une confiance de parole qui fait la mort, il y en a une du coeur et de l'action qui fait la vie.

634. La faute de l'homme a fait venir une vertu de plus; aussi le réconcilié est impeccable.

635. La graisse ne change point de lieu, c'est pourquoi elle est interdite.

636. En mathématique, on compte du nombre pair par 0 au lieu de 1. On ne voit pas que c'est 1 qui produit 0, et non pas 0 qui produit 1.

637.- S'il y avait d'autres mondes, l'homme en aurait connaissance.

638. Ce n'est pas grand-chose, lorsque cela voyage du même côté, il faut que ce soit fixe, ou que cela voyage partout.

641. Quiconque doute des forces infinies de la nature se fait un tort considérable.

643. Il y a un dénaire dans la forme, en joignant les intestins au quinaire et comptant ensuite les quatre parties nobles.

644. L'hiéroglyphe démontre la certitude et la nature du caractère, comme l'action démontre la nature de l'intention; c'est leur symbole.

645. Cela vient si cela veut.

646. Le jeu des quatre coins est le plus difficile de tous les jeux, voilà pourquoi il ne faut l'entreprendre qu'après avoir bien appris celui sur qui ils tombent.

649. On ferme 5, à cause de la violence.

650. Après la confession vient l'absolution; après l'absolution, la communion; après la communion, le commandement.

653. Le mal ne peut lire dans le bien, c'est là un des grands avantages que nous avons sur lui.

655. Les hommes ont tous le livre devant les yeux, il ne leur manque qu'une paire de lunettes, et une paire de lunettes, ce qui ferait deux paires de lunettes.

657. Ne te livre pas au goûts sensibles avant d'être assez grand pour les mépriser.

660. Comment serait-il étonnant que le Christ sût l'écriture par coeur? C'est lui qui l'a faite, ou qui l'avait fait faire.

661. S'il y avait 4 éléments dans les corps, le monde serait éternel.

662. C'est par b[esoin] que le monde corporel a pris naissance.

664.- Il n'y avait point d'air dans le matras, parce que l'air n'est que pour la réaction.

665. C'était les marchands ismaélites qui fournissaient la résine aux Egyptiens.

667. Quand cela est toujours la même chose, il y a bien à croire que ce n'est qu'élémentaire, car l'animal est infini et sans borne.

668. La couleur blanche des murs réfléchit la lumière, voilà pourquoi elle lui convient mieux que toute autre.

669. On voit le corporel par les yeux du corps seulement, et l'autre par les yeux de l'âme aussi bien que par ceux du corps, le tout physiquement.

672. Il n'y a d'autre péché que la lâcheté.

675. Se nettoyer, c'est prier, parce que c'est combattre.

676. La résurrection des corps et la résurrection de la chair ne sont pas la même chose.

677. Que l'homme marche avec respect, car il ne peut faire un pas sans mettre le pied sur l'autre.

678.- Les deux progressions des êtres corporels sont quaternaires, ceci est une vérité universelle.

679. Le nombre 4 est le seul qui ait la propriété de donner dans son carré un nombre qui soit justement quatre fois plus grand que lui; c'est pour cela qu'il n'y a qu'un carré comme il n'y a qu'une unité.

681.- La cause qui a fait donner naissance aux êtres accompagnera et soutiendra jusqu'à la fin leur existence, c'est pour cela que les prophètes ont tant pleuré.

682.- Rassembler ce qui est divisé, diviser ce qui est rassemblé: voilà toute la médecine.

685. Pour attirer dans la physique, mets un degré au-dessous; si tu mets un degré au-dessus, cela poussera.

687. Il n'y a que 2 postérités sous Adam, type des choses premières; il y en a 3 sous Noé, type des choses secondaires ou ternaires.

688.- D'un côté, il y a 1, 4, 7, 8, 10; de l'autre, 2, 3, 5, 6, 9. Tout est là pour le présent.

689. Je te conseille de te promener en longitude et en latitude à cause de la réaction.

690. Ismaël n'a point eu de manifestation chez lui, ce n'est qu'un type de matière.

691. On ne sait d'où cela vient, mais l'essentiel n'est pas de le savoir, mais de le sentir.

692. Pour avancer, attends toujours.

693.- Ce n'est pas l'humide grossier qui peut remplacer l'humide radical. Quand il est altéré, il n'y a que son principe qui puisse le faire.

694. Comme l'homme a pris son corps dans la terre, il y a pris aussi ses trois préservatifs, car son corps est un préservatif.

695.- Entre Dieu et l'homme, il n'y a que le temps de différence, car il y a même quelque similitude ou liaison dans le nombre.

696.- Le feu inférieur consume, le feu supérieur féconde, le feu intérieur crée, produit, engendre; d'où l'on voit que le feu inférieur fait une mauvaise fécondation.

697. Le binaire se fait connaître jusque dans les propriétés des mêmes espèces.

700. Fais que je ne me défie pas de ma parole.

703.- L'étymologie des vrais mots apprendrait tout.

707.- Il n'y a que trois sortes de corporel: le noir, le rouge et le bleu. Mais il y a quatre sortes de spirituel: le rouge, le bleu, le vert et le blanc; encore le blanc n'est-il pas temporel.

710. Cela n'est étonnant que pour ceux qui se croient quelque chose, car enfin si nous n'avons rien, il faut bien que cela nous vienne de quelque part.

711. Pythagore a eu raison de défendre les fèves à ses disciples, car c'est une terre sans eau.

713. Quelque part que tu ailles, en marchant par quatre tu seras toujours sûr d'aller bien.

714.- Ce ne fut qu'à deux sages-femmes que Pharaon ordonna de faire périr les enfants mâles des Hébreux.

715.- Les septénaires sont bien véritablement soumis à l'homme puisqu'ils sont la seule puissance de 4.

717.- Il faudra bien en venir au point de n'user qu'avec le doigt.

718. Tant que la matière règne, on est trop jeune.

721.- L'appartenance ternaire terrestre est la surface, l'actif est la perpendiculaire. On n'y peut aller que par une courbe lorsqu'on n'est pas au pied; or, cette courbe n'existe pas, il faut la faire, c'est là l'abomination.

722. Vas-y comme dans ton domaine et ton héritage.

724.- Il y a trois sens dans le pain azyme: l'affliction de la privation, la préparation de la purification et la mémoire de l'origine.

725. Comment les hommes peuvent-ils se dire savants? Leur vie se passe à faire des questions.

732.- La science est inutile à ceux qui ont la foi. Mais où sont-ils?... Et qu'est-ce que la science sans la foi? docteur!

732. La science est inutile à ceux qui ont la foi. Mais où sont-ils?...

734. Toute forme est temple, et tout temple est sacré, hors de l'élémentaire, excepté la Terre et l'homme.

738. Il n'y a pas d'autre chose à connaître que les trois lettres d'en-bas, et les 4 d'en-haut. Tout est fait par là.

739. Prend toujours ton orient à l'orient, et non jamais au sud.

740. Il se peut qu'il y ait des hommes comme le Mauvais, qui ne s'aperçoivent jamais de leur illusion, mais alors c'est ou un type ou une punition.

741. Il n'y a d'homme heureux que celui qu'on chatouille toujours.

742. Quelquefois il en peut venir aussi par le sang, et même c'est par là que cela commence, mais cela n'est rien.

745. L'eau est le produit du sel, le souffre est le produit du feu, la terre est le produit du mercure.

746.- La dissolution commence toujours par le sel, et c'est l'eau qui la procure, mais c'est le feu qui la procure [lapsus: probablement: 'produit' voir 745].

747. La régénération spirituelle et la réintégration corporelle universelle ont toutes deux le même berceau.

751.- Les principes élémentaires décomposés sont tous en eau, c'est ce qui trompe bien des gens sur la nature des choses composantes et composées.

753.- Après la première consommation, il y a encore 7 fois 7 pour l'accomplissement, 4 et 7.

754. Tant que tu ne verras pas les choses par elles-mêmes, c'est comme si tu ne savais rien.

755. C'est beaucoup avancer que de souffrir.

757. Des quatre quartiers de la Lune, le dernier est plus long que les trois premiers: il est huiténaire, les trois autres ne sont que septénaires.

762. Il y a un ordre qui met le désordre, c'est celui d'en bas, aussi prends-y garde, mais laisse à chacun suivre son chemin.

763. Etudie toujours la terre de l'homme, puisque c'est par elle que doivent te parvenir les végétations et les secours de tous les genres.

764.- L'intervalle des temps n'est pas un temps. C'est pour cela que cet intervalle est le temps de l'esprit, qu'il faut prendre entre 3 et 4, 6 et 7, 9 et 10, 12 et 1, etc.

765. Tiens-toi prêt à répondre lorsqu'on t'appellera, car rarement le fera-t-on deux fois.

767.- Nous avons tous un miroir uni, sans tâche, sans défaut et dans lequel nous pouvons nous regarder à toute heure.

768. L'enfant sort la tête la première, puis le buste, puis les os des îles, à l'image de l'explosion du chaos.

770.- De simples ternaires ne peuvent résister aux septénaires, c'est pourquoi Jacob fut renversé par l'ange, parce qu'il ne cherchait que la matière.

771. Ce n'est pas avant, c'est dans le moment même qu'il faut être brave et rappeler ses forces.

772. Nos sens corporels sont le canal du Mauvais, mais ils sont aussi le canal du Bon; c'est pour cela que c'est une grande grâce qu'on nous a faite de nous les donner.

773.- Le mercure est le corps le plus froid de la nature, parce qu'étant dans l'indifférence, il n'est pas actionné par les agents extérieurs comme les corps qui ont déjà leur forme.

774. S'il y a eu quelque chose pour l'incorporisation de l'homme dans la forme, il y aura quelque chose pour sa séparation.

775.- Tout est symbole dans la nature, c'est pourquoi le caractère naturel indique sensiblement l'hiéroglyphe.

776. Si les monstres engendraient, la convention éternelle serait muable.

777.- Le poids, ou le plein, est la matière, la mesure est l'horloge, le nombre est le feu.

779.- Sans le sel, les agents du dehors auraient trop de prise sur le corps; sans l'huile, le sel le corroderait; c'est pour cela que l'un et l'autre sont à l'enveloppe.

780. Si le supérieur surcéleste donne trop ou trop peu, les formes souffrent: c'est une loi générale pour le terrestre, etc.

782. Les lois criminelles de Moïse ne viennent pas de lui, puisque dans le désert, il n'y avait pas de juges pour les prononcer; ce sont les compilateurs qui ont tout transposé.

784. Le zéphir, ou zéphirah, qui veut dire "point du jour", vient toujours de la partie de l'Est.

785. Quand il n'y aura plus de Soleil ni de Lune, c'est alors que nous verrons plus clair.

786. C'est sur nous que doit se faire la première épreuve de ce que nous avons; et qui sera le maître chez soi le sera partout, puisque tout est à nous.

787. Je le répète, il n'y a pas d'autre science que de toujours faire tant par le rouge que par le blanc.

788. Tâche que pour tous tes ennemis il n'y ait rien de si respectable et par conséquent de si redoutable que ta présence, car tel est le privilège de l'homme, qu'il devrait n'avoir qu'à se montrer.

789. Comme nous nous égarons pour ainsi dire à tous nos pas, nous devons aussi avoir une absolution qui nous suive partout.

793. Le Mauvais séduit et enchante, le Bon laisse le temps de la réflexion.

794. Les trois temps sont et seront toujours universels, et ceci se peut connaître dans tous les genres et dans tous les cas, à l'infini.

795. Il ne faut pas demander pourquoi les choses ne sont pas mieux; le mieux est, mais nous n'y sommes pas.

799. Que ton âme se réjouisse en sentant que tu vis au milieu des verbes.

800. Si l'on te demande ce que c'est que la Sagesse, tu répondras en ne répondant point.


Conclusion

Ce livre n'est pas un livre, mais il contient de quoi en faire.

 

Louis-Claude de Saint-Martin

 

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Published by Thomas Dalet - dans Martinisme
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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 10:00

 

"Le Livre Rouge, Carnet d'un jeune élu cohen", se situe dans la jeunesse de Saint-Martin. Il est le témoignage du chemin qu'il a parcouru par la "voie externe", selon ses propres termes. La doctrine exprimée ici est bien celle de Martinez de Pasqually, mais revue et adaptée au mysticisme de Saint-Martin. L'ouvrage consiste de schémas, d'esquisses, et de synthèses de nature théosophique, et préfigure déjà cette initiation suprême de la "voie interne", dont l'auteur éprouva le désir jusqu'à ne vouloir rien d'autre, et qu'il décrit comme l'ensemble d'une réalisation métaphysique et une union mystique.

 

1.- La science est la honte de l'homme, parce qu'elle lui fait sentir tout ce qu'il a perdu.

2. L'épée de l'homme, c'est sa parole.

3. Toutes les larmes de l'homme ne suffiraient pas à le laver.

4. Ma vie corporelle est ma pénitence.

5. Je te prierai pendant que je me porte bien, afin que tu ne m'oublies pas lorsque je serai malade.

6. Rien ne rend l'âme tiède comme la prospérité dans la matière.

7. Si tu fais le bien, tu auras toute la science.

8. Il faut que ce soit sa volonté qui se fasse, et non pas la mienne.

9.- Il est vrai que les femmes peuvent être vierges, et c'est là le supplice du chef quinaire.

10. Quand est-ce que l'homme a assez prié?

11. 3 est à 4 comme 7 est à 8. ::8::10::10:1::1:1, etc.

12.- Il est plus façile de nier son principe que de le suivre: c'est là ce qui fait tant d'impies.

13. Tous les hommes sont des prophètes sans le savoir.

14. Les conseils des hommes sont vains, parce qu'il n'y a point de président.

15. C'est bien mâcher à vide que de courrir derrière la matière.

16. C'est à cause des deux V que nous avons cinq doigts dans la main.

17. L'espérance de la mort fait la consolation de mes jours.

18. Il ne faut jamais dire: l'autre vie, car il n'y en a qu'une.

19. Ne te plains pas, ô homme, de ce que les voies de la Sagesse sont lentes, c'est là ta peine, et tu ne peux plus rien faire qu'avec le temps.

22. Il n'y a que 4 instruments de la mathématique, desquels il ne provient que trois figures.

23. Que les hommes sont bêtes de se croire en vie!

24. Parmi les choses créées, rien ne naît que par son contraire, et c'est là où l'on voit les preuves de l'apparence, où tout est copie.

25. Il ne veut absolument pas qu'on le connaisse, aussi laissons-le faire; c'est ce qu'il y a de plus sûr, et c'est ce qui lui plaît le mieux.

26. Commence par la Lune pour étudier ta leçon.

27. Si la production n'était qu'un développement, toutes les formes dans chaque espèce naîtraient égales.

29. Le ton mineur n'est pas dans la nature: c'est le fruit de cinq, une invention humaine.

30. Ce n'est que par la tendance vers notre ê[tre], que se fait la purification; tous ceux qui ne le sentent pas n'expient rien; ils ne font que se tâcher davantage.

33. Nous sommes tous veufs, notre tâche est de nous remarier.

34.- Le septénaire est un état de contrainte, et le repos n'est que dans le nombre 8.

37. Il n'y a pas de père qui n'ait trois enfants, ce qui montre la supériorité d'un sur trois.

38. Je ne connais rien de plus mauvais qu'une mauvaise prière.

39. La mort est une action, comment peut-elle donner l'idée du néant?

40. Ce qui est, est plus loin de nous que ce qui n'est pas.

43. Que l'homme veille sur les désirs de son âme, parce qu'ils sont puissants et que leur force peut faire obtenir.

44.- Les hommes font servir le vrai au culte de l'apparence, tandis que l'apparence leur avait été donnée pour le culte du vrai.

44. Les hommes font servir le vrai au culte de l'apparence, tandis que l'apparence leur a été donnée pour le culte du vrai.

45. Il faut être vertueux pour aimer, et il faut aimer pour prier.

46. Il ne faut pas le chercher, il faut l'attendre en paix, dans la soumission et dans la confiance.

47. C'est en vain que se dit heureux, celui qui suit toujours les jeux de son esprit.

49. L'intellect est la lunette de l'esprit.

51. Ce n'est pas par la lettre que l'on pourra justifier les Ecritures.

52. Le carré n'est que l'emblème des enfants du père, il ne tient que d'eux toutes ses propriétés.

53. Tâche, dans toutes les circonstances de ta vie, d'être plus grand que ce que tu fais.

54.- Dans la géométrie naturelle, le tout est plus petit que sa partie: 4 et 9 sont plus petits que 4.

55.- Les hommes font de leurs yeux la borne de leur esprit, tandis qu'ils n'en doivent être que le guide et l'indice.

56. Il est bienheureux pour les hommes que Dieu n'ait pas pu faire un monde éternel comme lui.

57. Ce n'est pas parmi les hommes que l'homme doit chercher son meilleur ami

58. Il n'y a pas de joie comme celle que donne la Sagesse.

61. Fais en sorte de ne jamais vivre que de la vie de ton âme spirituelle.

63. Les péchés que l'homme peut remettre sont plus que des capucinades.

65.- De même que la vie ne connaît point la mort, de même la mort ne connaît point la vie.

65. De même que la vie ne connaît point la mort, 59, de même la mort ne connaît point la vie,60.

66. S'il est encore irrésolu sur son peu de foi, sur sa p[uissance]!

67. Lorsque l'homme a une fois senti les douceurs qui sont faites pour lui, il ne veut plus goûter autre chose .

69. Pénètre si tu veux, dans l'intelligence de l'hiéroglyphe universel, il n'a été fait que pour être entendu.

70. Lorsque l'homme est de bonne foi dans la Sagesse, elle prend si bien soin de lui, qu'elle fait tourner à son profit jusqu'à ses vices, et c'est là la honte et la punition du 5.

72. Il n'y a pas une ligne droite dans la nature, parce que la nature est une prison, et que cette même nature ne donne que des prisons circulaires.

73. Le monde est formé par trois raisons doubles qui font six dans le moyen, et huit dans le fait et dans l'action.

74.- La première raison de toutes choses est double, ce qui fait que deux est la cause de toute génération.

75. Adam avait sûrement un nombril, puisque son cordon ombilical allait de la surface au centre.

76. Il n'y a que quatre consonances et deux dissonances dans l'harmonie. O vérité, comme tu es belle!

78. Tout consiste dans le préparatif.

79.- Le huiténaire ne peut pas encore être réintégré, puisque 9 le sépare du dénaire.

81. L'homme est un billet que Dieu met en loterie.

82.- Le feu est dessous, il voudrait être dessus, c'est ce qui tient en pâtiment toute la nature ainsi que les êtres qui y sont assujettis.

83. Il est impossible que l'orgueil tienne contre la piété.

84. Qui croirait que l'homme est un étui de mathématique?

85. Pleure, homme, tant que tu seras vierge.

86. La piété est le sel de la science.

87.- L'univers finira par une cadence.

89. Qu'est-ce qui peut et doit jamais empêcher l'homme de faire son travail?

91. L'homme n'a pas d'autre mystère que son être, car un mystère n'est pas une chose impénétrable, c'est une chose voilée.

92.- Après que l'univers aura enfanté ce qu'il y a dans son sein, il restera, comme dans les accouchements des corps particuliers, un arrière-faix qui est le demi-temps de Daniel.

93. Prends garde, ô homme, de faire la prière du lâche et de vouloir tout obtenir sans travail.

95. Oh! combien Dieu est bon, c'est lui qui fait le bien pour nous, et après cela, il nous récompense encore.

96. Adam avant son crime électrisait par communication; depuis il ne le pourrait que par friction. Mais,

104. Toute dissonance vient du nombre deux, l'harmonie le prouve assez sensiblement.

105. Les vers même ne mangent point ce qui est vivant.

106. Que dire tant qu'on n'a pas fait sa première communion?

107. Si tu fais du bien, tu auras toute la science.

108.- Dieu n'est pas 3 en 1, il est 1 en 3.

112. La tête de l'homme a mangé sa queue . Voilà pourquoi l'espèce humaine n'a point de queue, et réciproquement, si les animaux ont une queue, c'est qu'ils n'ont point de tête.

114. L'homme devrait être dans la main de dieu comme l'enfant qu'on tient par la lisière, il ne va point, on le mène partout.

115. La vraie science, c'est la force, la confiance et l'humilité.

116. L'homme souffre tant qu'il n'a point attrapé la bride de son cheval.

119. Ils ne veulent pas absolument distinguer la nature brute, d'avec la nature raisonnable.

120. Le progrès de la ligne courte est 3, celui de la ligne courbe est 4, comment peuvent-elles jamais se concilier?

121. Il n'y a de vrai savant que celui qui possède le carré, et d'après Dieu nul ne le connaît parfaitement.

123. Comment faire 2 sans faire 3?

124. Le quaternaire va toujours droit.

125. La première loi de l'homme est de ne pas prendre le nom de Dieu en vain, car il y est exposé à tous les moments de sa vie.

129. Le seul ouvrage de l'homme {c'}est la circoncision.

130. Quand est-ce que je saurai mon nom de baptême?

132. Chaque instant de notre vie corporelle était destiné à nous faire acquérir un degré de force et de vertu.

133. La mort corporelle de l'homme est sa seconde naissance.

134. Qu'il y a de gens qui passent leur vie sans manger !

135. Les hommes ont peur de croire aux 7. A quoi croient-ils donc? Aux trois...

138. La partie supérieure est le sec, la partie inférieure est l'humide. Les femmes communément aiment le vinaigre, les hommes aiment le vin.

141. Ne prie jamais pour tes désirs ou pour ta volonté, à moins que tu ne sois sûr du bien qui pourrait en résulter.

142.- Le nombre 13 est le nombre de la nature. Combien l'ignorance a fait de progrès!

144.- N'oublie jamais que la parole et l'action existent, et que rien ne se peut faire sans le huiténaire.

146. C'est une grande science que celle de ne pas se presser.

147. Oh! combien est grand l'homme qui est humble et simple!

149. La prévarication continuelle des hommes est de chercher sans cesse la quadrature du cercle, ou de vouloir concilier les ténèbres, 9, avec la lumière, 4.

150. Si je laisse échapper un seul globule d'air d'un ballon bien tendu, le ballon se vide en un instant. Voilà pourquoi, tant que l'univers subsistera, personne ne montera dans l'atmosphère divin. Parce qu'alors tout serait réintégré.

151. Il ne faut pas que rien de ce qui est dans la Sagesse surprenne l'homme, ce serait le moyen de devenir extrêmement fort et cependant d'être toujours humble.

152. Pour connaître l'origine des corps, il faut les avoir vu naître, et je l'ai vu.

155.- Quand tu auras passé 15 ans sur le ventre, alors tu auras la permission de parler.

157. Comme c'est qui a été le principe de la conception, il est aussi le nombre de son fruit, de même que de la durée et la vertu génératrice. Aussi les femmes la perdent environ à la fin du même nombre ou temps.

159. Si tu veux faire quelque chose, commence par te saigner au blanc.

162. J'ai dit pourquoi l'espèce humaine n'avait point de queue (112), cela fait voir aussi pourquoi les animaux en ont, c'est qu'ils n'ont point de tête.

165. Sans 3, il n'y aurait point d'équilibre.

167. Avant de rien faire, il faut bien attacher le crochet afin que cela tienne.

168. Oh! combien grand l'homme dont le corps est au-dessous de lui!

169. Je ne vois rien qui ne soit une répétition continuelle des types, soit dans le spirituel, soit dans l'élémentaire, soit dans le matériel.

170. L'homme ne prend pas garde qu'il est sans cesse dans une ville de guerre.

171. Purge ton corps, et ensuite présente-toi à la prière; le reste ira tout seul, c'est là tout le secret.

172.- Si l'on joint au nombre de la matière le nombre de son principe, on aura un nombre qui sera la moitié du vrai nombre; c'est pourquoi l'on voit le dépérissement universel. Le même nombre préside au principe de la matière et à sa destruction.

173. Il faut prier Dieu pour les maux qu'il nous envoie; quand à ceux que nous nous faisons, il faut les guérir nous-mêmes.

174. Dans {les tribunaux de} la justice civile, on fait lever la main, pour appuyer le serment. Oh! si le juge en connaissait la raison!! XX

175. Le mot coën porte 34, parce qu'il est l'incorporation du mineur dans l'élémentaire.

176. L'homme a oublié sa leçon dans un instant; il lui faut toute la durée du temps pour la rapprendre.

178. Quand ma montre est dérangée, je la porte de préférence à l'horloger qui l'a faite...

183. Les c[oëns] triplent {toutes} les lettres hébraïques à cause des trois mondes; et l'alphabeth est tout renversé parce que Moïse a voilé la science.

185. 8 fois 8 font 64. Quelle plus grande preuve de l'universalité de l'action et la double action?

187. Tiens-toi sur tes gardes le lendemain d'un jour heureux.

188. La science n'est que l'échafaud, la piété est l'édifice.

189. - Il n'y a que quatre intervalles, les trois premiers de trois marches chacun; c'est là tout ce qui compose l'escalier: 1, 3, 5, 7, 10. Le dernier est 4.

190. L'âme est dépositaire du mouvement. Comment pourrait-elle périr?

191. Le corps de l'homme est un vrai composé de toutes les choses créées, étant lui-même créature. Le corps est un composé de solides, fluides, de signes, poids, nombres, mesures, proportions, angles aigus, obtus, rectangles, triangles,simples, doubles, triples; cercles, carrés parfaits et longs; sons, paroles, actions, pensées, intentions et circonférences, jusqu'au nombre 3, 5, 6, 7, 9, 10 = 64.

193. Je ne puis trop répéter que le quaternaire est le médium, le lien, l'échelle universelle; il est le centre des figures; il tient le milieu entre le cercle et le triangle; il tient le milieu des 3 espèces d'angles. Etc...

194. Qu'est-ce qu'il y a autre chose que des 7 et le 7?

201.- Il y a plus d'eau que de terre, il y a plus de feu que d'eau, il y a plus de verbe que de feu.

202. Retiens-toi de parler, quand tu ne te sentiras pas gravité d'une pensée vive et que ta parole pourrait être vaine.

205. Il n'y a pas d'instant dans la vie où l'homme ne dût dire la messe, c'est-à-dire appeler.

206. Le soleil est à la nature corporelle ce que le Christ est à la nature spirituelle.

207. Le souffre est dessous, le sel est dessus, le mercure est le médiateur; il occupe l'espace du milieu, et par là est le lien universel des mixtes.

208. La postérité d'Abraham resta en servitude en Egypte pendant 430 ans, nombre qui exprime le pâtiment de l'âme et du corps pendant notre privation et dont la réunion donne le pâtiment de l'esprit.

209. Le nombre 9 à la suite d'un ou de plusieurs autres nombres ne change rien à leur valeur, parce que toutes les modifications possibles de la forme ne causent pas la moindre altération au principe.

211. Il n'y a que la prière du juste qui puisse quelque chose, commence donc par te justifier.

212. Les femmes n'étaient point faites pour avoir des enfants, il n'y a qu'elles qui aient des menstrues, et à qui l'approche du mâle ne soit pas de nécessité absolue.

213. Le plus savant des hommes est celui qui prie le mieux.

214. Quand vous laissez entrer le quinaire dans le quaternaire, il laisse tranquille le ternaire, mais quand vous le chassez du quaternaire, c'est sur le ternaire qui se replie.

217. La science est la récompense de la piété.

219.- L'univers n'est composé que de centres, et le centre n'est point matière. Que sont donc les corps?

220.- L'homme naît avec trois dons: la conservation du corporel, celle du spirituel, et le don d'invoquation. Ceux-ci bien cultivés font obtenir le quatrième qui est le commandement. C'est là l'unité quaternaire.

221. Dans quel pays que l'homme soit sur la terre, il faut qu'il passe le Jourdain pour aller à Jéricho. 2..............

222. Le matras de l'homme, c'est Dieu. Que peut-il donc s'il s'en sépare?

223. N'aie point de repos si tu n'aies fixé le mercure.

224. C'est un beau sacrifice qu'une hostie sans tache. 4

225. Dans l'assemblage comme dans la séparation, le sel est toujours autour et au-dessus du mercure. Dans l'assemblage, il est son préservateur. Dans la séparation il est la barrière et l'empêche de revenir en formes; il est aussi alors le préservateur du soufre pour l'empêcher d'être reconquis, au lieu que dans l'assemblage, il était la barrière de la barrière.

227.- Si tu veux savoir quelque chose, étudie le triangle, mais non à la manière des hommes, ils en font la mort de la science.

229. Songe toujours à ta vie.

231. La rouille du fer n'est pas venimeuse comme celle du cuivre, à cause de son sel.

232. Comment ne pas croire aux visions? La création universelle n'est que cela. Toute la différence, c'est qu'elle est plus longue et plus contrainte que les autres.

233. L'esprit nous veut tant de bien qu'il s'accomode même au mal que nous lui faisons.

234.- Le feu est le commencement et la fin de l'élément. L'eau est le commencement et la fin de la corporisation. La terre est le commencement et la fin de la forme.

237. Prie, et rougis de te trouver ici.

239. Balaie les rues, la veille des grandes fêtes. .

241. C'est le mercure qu'il faut prendre avant de toucher à l'extrait de Saturne, car Mercure fait la préparation.

242. Je n'aime qu'un seul homme au monde, mais aussi j'en suis bien aimé.

242. Je n'aime pas un seul homme au monde, mais aussi j'en suis bien aimé.

244. Quand le grand prêtre entre dans le temple, il le nettoie et se réjouit. L'usage des tapisseries, dans le{s} passage{s} des processions, fait l'un et l'autre emblèmes.

245. Tous les soins des hommes tendent à les dispenser de prier Dieu.

246. Le langage naturel des hommes ne leur est presque pas connu, nous parlons presque tous une langue étrangère.

247. Comment, homme, peux-tu avoir des peines, puisque tu as le pouvoir de prier ton Dieu?

249.- L'esprit nous est ôté, le coeur est tout ce qui nous reste, et c'est là le sacrifice que nous devons faire si nous voulons recouvrer la lumière.

252. Le cercle naturel se produit dans tous les sens, et ainsi il produit tout avec lui; le cercle artificiel au contraire commence par la fin, qui est le triangle.

255. Ce n'est pas la matière qu'il faut nettoyer, car elle est sale partout par rapport à l'esprit qui doit la percer, mais c'est le prisonnier qu'il faut tenir net, et alors la matière n'est plus un obstacle.

257. Le but de la panacée et de la géométrie humaine est de trouver un esprit qui soit matière, afin de pouvoir se passer de celui qui ne l'est pas; c'est aussi le but des hommes dans la justice qu'ils ont faite, de se passer de celle qui n'est point faite. Mais qu'on voie ce qu'ils trouvent, et s'il y a quelque chose après 1!

258. Le triangle produit trois autres triangles avec leur centre, dont le produit fait 3; et, en y joignant le feu, cela fait 7, d'où l'on voit que la vie est partout.

259. Après la mort, si tu as été sage, tu verras mieux qu'à présent ce qui se passe dans les deux mondes; si tu ne l'as pas été, tu ne feras que le sentir et tu ne verras rien.

261. C'est par la réunion de 4 à 5 que s'est fait le mal; c'est par la même réunion que le mal est détruit.

263. Les hommes ne peuvent faire que 3. La nature fait à la fois 10, 9, 7, 6, 4, 3 et 1, c'est-à-dire qu'elle fait un de plus que ce qui est aujourd'hui au pouvoir de l'homme.

264. Aie toujours présent à l'esprit que tu as un corps qui appartient à la terre.

265. 3 est la voiture, 4 est le cocher, 10 est le chemin.

266. C'est le milieu des principes des mixtes qui les tient en action et par conséquent en pâtiment. Il faut craindre ce milieu-là, mais il y en a un autre qu'il faut désirer: c'est celui de 53290.

267. Il y a trois sacrements qui ne tombent que sur la forme, et qui ne demandent point de préparation, parce qu'ils sont donnés gratuitement. Les quatre autres en demandent et ne sont que la récompense du travail de l'homme; aussi ne peuvent-ils s'accorder que lorsqu'il y a intelligence.

268. Autre chose est d'avoir l'intelligence de l'opération; autre chose est d'avoir celle de la raison de l'opération. Tous les êtres corporels n'ont que la première de ces intelligences; l'autre est données uniquement au 10, au 8 et au 4.

269. Si nous étions tout seuls, mais il y a lui, qui est la cause que nous ne pouvons former un en allant à l'autre lui.

271. En quelque lieu que l'homme aille, quelque isolé qu'il soit, ils sont toujours 3 ensemble.

272. Si l'homme commençait par s'instruire des principes des choses, il verrait combien la connaissance du reste lui paraîtrait simple et familière.

274. Y a-t-il rien de plus beau, de plus utile et de plus respectable qu'une roue? 10009.

275. L'homme a la vie en lui, et il craint quelque chose! C'est qu'il ne peut parvenir à se le persuader.

276. 10 est le premier fils du père et le père du fils que les hommes regardent comme le 1er; enfin 10 enfant en tout, et 4 contient tout parce qu'il donne sans cesse la main à 10 qui est le chef.

278.- Nous devrions tuer le temps, 5, mais c'est le temps qui nous tue.

279. C'est parce que l'homme fait trop de choses qu'il veut, qu'il ne peut plus faire celles que voudrait son guide; car ce guide étant souverainement bon, il faut que la volonté de l'homme soit nulle ou ne fasse qu'un avec la sienne, et c'est là l'écueil ou le chef-d'oeuvre de la Sagesse.

280. Si tu ne cherches pas la science, elle te viendra, mais pour cela il ne faut pas non plus chercher autre chose.

281. Je sens tous les jours que l'actif spirituel tue le passif animal, et l'homme n'est que pour cela sur la terre.

283. Les mensonges sensibles ne sont pas des mensonges; il n'y a de vrais mensonges que ceux qui sont contre l'insensible. Ainsi, pourvu que nous ne mentions pas contre lui, restons en paix, le désordre ne sera que dans le temple, et non pas dans le sanctuaire.

284. La corruption est le matras des êtres et surtout des insectes. Ainsi, tiens-toi propre si tu ne veux pas qu'ils te mangent.

285. C'est 2 qui fait 5.

286. La meilleure manière de demander à Dieu de nous élever au-dessus de nos sens, c'est de nous y élever nous-mêmes.

288. Heureux celui qui ne connaît que la soumission à son chef et à la prière.

292. Qui est-ce qui peut mieux conserver que celui qui a fait?

293. L'on ne peut rien voir sans qu'il y ait un chef, un agent, un sujet ou instrument, et enfin l'oeuvre; c'est là la marche de toutes les natures et de tout ce qui s'y produit et s'y fait.

294.- De même que l'âme peut vivre indépendamment du corps, de même bien des corps vivent indépendamment de leur âme.

295.- L'Est terrestre est donné à l'homme en attendant, et comme pour lui servir d'échelle.

296. 6 est son nombre, 4 sa propriété, et c'est là l'image. 7 est la nature, 10 est la seconde propriété, c'est ce 17.

297. Alerte, alerte, tant que tu seras au milieu des fils de la violence, car ils te persuaderont qu'ils sont quelque chose et ils ne sont rien.

298. Quand la voix se prolonge, elle est bonne; il n'y a que le son brusque et subit qui soit mauvais.

299. Le mercure est blanc parce qu'il est au centre; quand on l'en tire, il devient noir. Il est propre à l'action parce qu'il est pur. Il est immobile parce qu'il est dans l'indifférence.

300. Dans les êtres apparents, il ne peut rester aucune impression de l'action des êtres vrais, voilà pourquoi les ténèbres ne peuvent jamais comprendre la lumière.

301. C'est la réunion des essences qui produit l'élément, et c'est la réunion de l'élément qui produit les corps; voilà pourquoi les éléments sont neuvaires, ainsi que les formes.

302. Si tu veux n'avoir jamais d'orgueil, songe toujours à ce qu'il t'en coûte pour avoir quelque chose, et il y aura de quoi t'humilier.

303. La meilleure preuve qui se puisse donner qu'on aime la justice, c'est de se la faire à soi-même.

304. N'élevons jamais le quaternaire au-dessus de la 4e puissance; le reste est l'abomination. Car il ne peut y avoir que cela puisque 4, 8, 3 et 7 = 1.

307. Les élémentaires sont autant de prisonniers, qui gardent un prisonnier d'une autre nature.

308. La preuve que ce n'est pas Dieu qui a fait la nature, mais qu'il l'a fait faire, c'est que l'âme spirituelle de l'homme ne se joint à sa forme qu'après que le principe corporel l'a bâtie. Or l'homme est le petit monde.

309.- S'il n'y a que 1, comment {le} 3 qui n'est que 2{, comment} peut-il être quelque chose?

310. 4 n'est susceptible que de trois divisions: la 1re, la 2e et la 3e. C'est pour cela que, parmi les choses créées il ne peut y avoir ni ligne droite ni carré.

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Published by Thomas Dalet - dans Martinisme
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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 09:38

De quelle nature est le christianisme du Rite Ecossais Rectifié ?

 

Petite précaution oratoire : les interprétations divergent sur ce point au sein même du rite. Elles balayent un spectre assez large, allant de la vision d’un christianisme hérétique, gnostique et sentant le fagot, à une conception intégriste, catholique romaine voire davantage, et particulièrement intolérante, qui n’est heureusement le fait que d’une minorité. Il y a place pour une explication plus nuancée et argumentée.

En dépit des apparences, j’insiste sur ce point, le christianisme du RER ne m’apparaît pas comme hérétique. Certaines idées toutefois, dues à Willermoz et à Martinez, peuvent le faire supposer, mais lorsque ces dernières sont analysées à la lumière des célèbres « Instructions secrètes pour les Grands Profès » notamment, la plupart des audaces de langage ne paraissent guère très dangereuses ni même illicites. Le comportement strictement catholique de Willermoz à lui seul démentirait l’entretien de sa part de conceptions hérétiques d’une certaine gravité, en opposition doctrinale avec le magistère de l’Eglise.

Ni Willermoz, ni Martinez ne sont des théologiens. Aucun de ces deux autodidactes n’a fait des études de quelque solidité. Ils sont tous deux de bons catholiques traditionnels, même si Martinez semble n’avoir été qu’un converti.

On a volontairement diabolisé le RER, dans deux sens diamétralement opposés. Ultra-catho d’une part [1], et hérétique de l’autre. Tant d’honneur ou tant d’indignité sont-ils mérités ?

Le Convent de Wilhelmsbad de 1782 fut l’occasion de préciser les contours idéologiques d’une maçonnerie continentale aux idées trop vagues, souvent déformées et trop dispersées dans une lutte sans merci entre les courants mystique et rationaliste qui l’agitent.

 

Les soi-disant « hérésies » de Willermoz.

 

Davantage qu’une hérésie consciente reposant sur des divergences doctrinales bien établies, je décèle chez Willermoz quelques chimères dans lesquelles l’interprétation originale et imaginative à laquelle il se livre, assortie d’une érudition dispersée et mal assimilée, peuvent donner l’impression de « sentir le fagot ». Mais cette impression fugace, néanmoins récurrente, se trouve démentie par d’autres déclarations de Willermoz qui relativisent considérablement les premières. Voyons quelques exemples dans les écrits willermoziens.

 

1. Les Instructions aux Grands Profès furent réservées par Willermoz aux élites de sa maçonnerie. Le texte inédit en a été publié par le Prof Antoine Faivre, en appendice à l’ouvrage indispensable de René Le Forestier sur « La Maçonnerie occultiste et templière ». On y lit ceci : «  Ce ne fut qu’après les [2] avoir ainsi préparés qu’ils découvroient la seule route qui peut conduire l’homme à son état primitif, et le rétablir dans les droits qu’il a perdus. Voilà…le seul but des Initiations ».

Si nous lisons bien, l’initiation est la seule voie qui permette à l’homme de se sauver. Ce qui rend le Sacrifice du Christ inopérant, voire inutile, voire inexistant au plan divin…On répond généralement à cette objection que les deux sont complémentaires : la grâce et l’effort. Mais ce n’est pas ce qu’écrit Willermoz.

 

2. Plus loin, nous lisons : «  Cette transmutation a été démontrée par le divin Réparateur lorsqu’à sa résurrection, il se manifesta aux yeux de ses disciples, se donnant pour modèle à tous ceux qui aspirent à rentrer dans leurs droits primitifs car…avant de consommer son sacrifice expiatoire en faveur de l’homme coupable et dégradé, il [3] avoit enseigné aux hommes le moyen de réédifier leur temple particulier ».

Le catholique Willermoz revient ici à plus de mesure. Le «  sacrifice expiatoire » est évoqué et le Christ devient un «  modèle » ayant enseigné aux hommes les moyens de se réédifier. Cela peut paraître contradictoire avec ce qui précède, et l’on peut s’interroger sur l’utilité de l’initiation dans cette perspective. Ce qui, après tout, est exactement la position de l’Eglise catholique apostolique et romaine.

Mais que devient précisément la fonction salvatrice et rédemptrice de la mort en Croix du Fils de Dieu et non de quelque « réparateur » ou de quelque « modèle »? Et quel est le sens du brouillard intellectuel ainsi créé autour de la doctrine chrétienne ? Et la « pensée » de Willermoz continue dans le même sens. Elle consiste à prendre systématiquement le contre-pied de nombre d’opinions courantes. Par exemple, son obsession du nombre 3 qui va carrément jusqu’au déraisonnable :

Toute l’Antiquité connaît déjà la théorie des quatre éléments qui resurgiront dans les rituels d’inspiration alchimique à la fin du XVIIIe siècle.[4] Eh bien, non. Willermoz nous apprend qu’il n’y en a que trois [5] (que l’on nomme « philosophiquement » sel, souffre et mercure !), car l’air n’en est pas un, selon sa logique. Et pourquoi donc ? Parce que «  la Loi ternaire est sacrée et imprime son propre nombre à la Création ». Et cela continue dans la même veine, à la fois absurde et naïvement dogmatique.

 

4. « L’homme actuel est un assemblage ternaire, composé de l’Esprit.. .de l’âme…d’un corps ». L’Eglise enseigne que l’homme est composé d’un corps mortel et d’une âme immortelle. Willermoz n’est donc pas d’accord . Pour lui, «  l’animal n’est qu’un assemblage binaire, formé d’une âme passive (?) et d’un corps matériel »… Que devient donc l’âme des animaux ? Voici de quelle substance se nourrissent certaines «  instructions secrètes » qui s’adressent à certains Grands Profès, afin de les préparer à accéder à la théurgie de Martinez. N’avaient-elles pas quelque intérêt à demeurer secrètes ?

On a voulu faire de ces extravagances dérisoires un dangereux brûlot d’hérésie. Même pas. Dans sa 1ère épître aux Thessaloniciens, Saint Paul se réfère aussi, le premier d’une série de Pères de l’Eglise, à l’âme, au corps et à l’esprit. Ajouter l’esprit à l’âme et au corps est faire honneur à l’intelligence humaine, condition nécessaire de l’accès à la Connaissance. Ce n’est nullement « hérétique ». Ce n’est pas le Saint Esprit qui me démentira.

 

5.  Infiniment plus sujet à caution est le rôle limité que Willermoz attribue au Christ, un peu plus loin : «  Les sacrifices sanglans des animaux furent remplacés par le Sacrifice du Réparateur universel, médiateur entre Dieu et l’homme ». Passons une fois encore sur le Réparateur, qui n’est qu’une originalité de plus pour ne pas utiliser le terme consacré de Rédempteur comme tout le monde. Mais « médiateur » ! Diable !

La Vierge Marie est réputée «  médiatrice » car, d’origine humaine, elle fut élevée et enlevée aux cieux ( assumpta est) et se place ainsi en intermédiaire, en intercesseur entre l’humanité et Dieu. Doctrine parfaitement classique et orthodoxe : on prie Marie-Médiatrice.

Faire de Jésus-Christ un « médiateur » semble à première vue constituer une erreur de langage. Mais non ; Willermoz précise bien : «  entre Dieu et l’homme ». Il n’y a donc que deux entités distinctes : Dieu et l’homme, et au milieu de l’espace ainsi créé ( medius), un médiateur, entité distincte de l’une comme de l’autre. Ceci rappelle singulièrement les interprétations gnostiques qui furent faites du Logos de Jean, contre toute vraisemblance. Jean est un monothéiste juif implacable, qui jamais, dans le reste de son œuvre, ne laisse percer la moindre subversion hérétique ni la moindre déloyauté doctrinale.

 

Le Prologue prétendument «  ésotérique ».

 

Le Prologue fut rédigé, est et demeure dans la ligne orthodoxe judéo-chrétienne ; il en constitue par ailleurs un monument, voire même LE monument : la proclamation solennelle de l’Incarnation émanée de l’Ancienne Loi, pierre angulaire et fondement de tout le Christianisme, car sans Incarnation, point de Résurrection, et sans Résurrection, point de Christianisme. La Nouvelle Loi est accomplissement de l’Ancienne et des Saintes Ecritures. L’Eglise pré-conciliaire faisait obligation à ses prêtres de réciter ce Prologue à l’issue de toutes les messes.

Point d’ésotérisme ni de pratique secrète ici, ni ailleurs. Comme dans les monastères, on rappelle quotidiennement un extrait du Credo et de la Règle spirituelle. C’est là une excellente disposition, reprise par certaines loges vraiment initiatiques.

Mais s’il est bien un endroit où l’on puisse accepter que Willermoz laisse percer la pointe d’une oreille gnostique, c’est ici. Erreur de plume ? Distraction ou bavure accidentelle ? Je ne le crois pas, car Willermoz récidive un peu plus loin !

« Cette nation sacrilège (les Juifs) combla la mesure de ses iniquités en abjurant le Réparateur universel, médiateur entre Dieu et l’homme et agent spécial de la clémence et de la miséricorde ». Ces termes durs et profondément antisémites  nous renseignent non seulement sur l’admissibilité très problématique des Juifs en loge [6] à l’époque de Willermoz, mais aussi et surtout sur la nature de la Clémence (et, par déduction, sur celle de la Justice), vertus présentes toutes deux lors de la réception au premier grade. Ne nous attardons pas sur l’originalité consistant à qualifier le Christ, successivement, de «  Réparateur, de Médiateur, d’Agent Spécial »…Ce vocabulaire, d’un goût douteux et nullement nécessaire, ne paraît pas utilisé pour confirmer et grandir la Nature Divine du Fils de Dieu, et illustre le besoin de donner une vision personnelle et « recréée »  de la doctrine chrétienne, pourvu qu’elle soit différente de celle de l’Eglise.

Ne nous étendons pas non plus sur cette originalité supplémentaire qui consiste à réécrire le christianisme tout en subissant des influences déviationnistes et marginales, assimilées sans excès d’esprit critique. Il y a des siècles que des francs-tireurs  se livrent à cette pratique dérisoire.

La dernière phrase de cette instruction secrète destinée aux « super-initiés » est celle-ci :

«  L’Erreur de l’homme primitif le précipita du Sanctuaire au Porche, et le seul but de l’Initiation est de le faire remonter du Porche au Sanctuaire ». Traduisons : « le péché originel a chassé l’homme du paradis. L’initiation vise à le lui faire réintégrer ». Où donc est la Grâce ? Où se situe la Rédemption ? Et à quoi servent donc encore l’Incarnation, la Résurrection, l’Eglise et les sacrements, dans un schéma qui fait étonnamment abstraction de la dogmatique chrétienne ? S’il est une affirmation qui doit être insupportable aux oreilles de l’Eglise, c’est bien cette dernière, infiniment plus dangereuse, à mon sens, que toutes les autres.

C’est avec la dernière phrase de ces Instructions secrètes que nous mettons le doigt, je le pense, sur l’opposition réelle et fondamentale entre l’Eglise et la Franc-maçonnerie qui, de nos jours, est enfin doctrinale, après avoir varié de fondement au fil des excommunications répétées avec une inlassable obstination.

 

L’Eglise pourrait supporter de nos jours la maçonnerie du type Grand Orient et même quelques autres. Elle pourrait à la rigueur accepter nombre de rites, qu’ils soient égyptiens, éclectiques, syncrétiques ou, comme la plupart des autres, totalement vidés de leur substance chrétienne, et dans lesquels seule subsiste «  l’odeur du vase vide ». Mais un rite qui se prétend chrétien, qui prétend mener l’homme à son salut, qui est présenté comme la seule voie de la réintégration divine et qui se sert à cette fin de matériaux traditionnels déformés et redéfinis, cela, non. Cette maçonnerie-là empiète sur le domaine réservé et exclusif de l’Eglise. C’est un concurrent, même s’il se sert se sert de contrefaçons.

Les « ésotéristes » utilisent parfois comme justification la soi-disant complémentarité de l’Initiation maçonnique avec l’enseignement canonique de l’Eglise. Guénon proclame la nécessité absolue d’une pratique exotérique connexe à la voie ésotérique, cette dernière étant tout simplement considérée comme inexistante par Rome.[7] Guénon quitte d’ailleurs le christianisme pour l’hindouisme afin de pouvoir se livrer aux deux voies, double appartenance impensable à l’époque, en Occident chrétien. Il n’y a pas, chez Willermoz, la moindre affirmation de complémentarité. Si ce n’est dans son comportement de catholique pratiquant.

Comment qualifier le christianisme de Willermoz, et, par conséquent, celui du RER ?

 

Je vais m’y risquer. Il s’agit d’un mouvement qui me semble issu de la Renaissance [8] et qui touche certains milieux intellectuels qui tentent de suppléer aux diverses carences qui étaient celles des églises catholique et protestantes dès le XVIe siècle. A ces carences s’ajoutent les poussées à la fois occultiste (souvent et à tort dite « mystique ») et rationaliste qui envahissent un certain monde intellectuel chrétien à cette époque.

Willermoz reste davantage attaché au christianisme traditionnel que Martinez et Saint Martin, c’est certain. Mais il redéfinit nombre d’articles de foi de la façon que nous venons de voir en résumé. Le résultat est un rite chrétien qui «  se situe en dehors de toute orthodoxie ecclésiale »[9]. Je préciserais pour ma part : il se situe partiellement en marge de toute orthodoxie chrétienne, en mélangeant le doctrinal et…le fort douteux. Ce n’est pas le douteux qui doit, à mon avis, retenir l’attention des FF du RER. L’a-t-il du reste jamais vraiment retenue, si ce n’est dans le chef d’un petit nombre d’amateurs de mystères insondables ?

 

La seconde réforme du Rite Ecossais Rectifié : Perit ut vivat.

 

Nous avons parcouru la première réforme du RER, issue de la volonté de Willermoz et de ses amis de restaurer, dans un contexte délabré et chaotique, une franc-maçonnerie française et si possible européenne, renouant avec son passé et ses fondements chrétiens et chevaleresques. Il y ont réussi, après bien des enrichissements mutuels opérés entre la maçonnerie lyonnaise, les partisans de Martinez et de Saint-Martin, les Elus Coën, et la Stricte Observance Templière de Carl von Hund et ses amis.

Nous allons assister à présent à un curieux phénomène qui évoque très nettement le Phénix renaissant de ses cendres, et qui illustre la terrible puissance concentrée dont le RER a fait la démonstration, en étant celui qui, réduit à rien, a ramené la Régularité maçonnique dans une France laïcisée et qui s’était délibérément mise « hors la Loi » maçonnique universelle. A l’imitation de la Belgique, qui fut en la matière un triste précurseur.

Contrairement aux fables anachroniques colportées par un Grand Orient laïque, républicain et «  de gauche », la Révolution fut très néfaste à la maçonnerie et ne lui doit absolument rien, que du contraire.[10] Je vais vous résumer fortement ce qui n’est désormais qu’historique et a été publié cent fois.

 

En 1786-1787, le grand maçon que fut Roëttiers de Montaleau fut incapable, pour cause de Révolution, d’organiser le futur rite français selon le Régime compact qu’il avait élaboré avec sa Chambre des Grades. Ses rituels, déjà préparés et signés pour expédition à cette date, concernaient les trois grades symboliques plus quatre ordres de grades dits hauts qui les prolongent ; ils resteront en léthargie durant toute la tourmente révolutionnaire ; ils ne verront le jour qu’en 1801, soit 15 ans plus tard, sous le nom de «  Régulateur du Maçon selon le Régime du Grand Orient de France »[11]

Nous en étions restés à 1782, date du convent de Wilhelmsbad, qui vit la naissance officielle d’un RER débarrassé de son origine templière «  historique », l’approbation du Code Maçonnique des loges Rectifiées et celui des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte. A partir de 1789, la période révolutionnaire rend la vie maçonnique de plus en plus difficile. En février 1792, les gardes suisses de Louis XVI sont massacrés aux Tuileries ; en février 1793, les survivants de leur loge militaire « Guillaume Tell » constituent une loge au rite français à Paris, 12 jours à peine après la mort du Roi. Ils la nomment «  Le Centre des Amis ». Ils ignorent que leur initiative aura une importance capitale pour l’avenir, non seulement  du RER en France, mais aussi pour le retour tant attendu de la Régularité maçonnique dans ce pays.

 

Sous l’Empire, en décembre 1804 prend effet un Concordat par lequel le Grand Orient réunit tous les rites sous son obédience. C’est Cambacérès, archichancelier de l’Empire, qui devient Grand Maître National du RER.  En 1807, revoici donc «  Le Centre des Amis » ; cette loge décide de ne plus pratiquer le rite français et adopte « le Rite Ecossais Rectifié de Dresde ».

Elle le pratique désormais sous l’égide du Grand Orient de France et avec la bénédiction de Willermoz, en sa capacité de Grand Chancelier du Directoire de Lyon.

 

La lettre historique de Willermoz à Charles de Hesse-Cassel en 1810.

 

C’est en 1810 que Willermoz écrit une lettre d’une extrême importance pour la mémoire du RER. Elle a été publiée maintes fois depuis sa découverte. [12] Elle est adressée à Son Altesse sérénissime le Prince Charles de Hesse-Cassel, vice-roi de Norvège et du Wolstein, Maître provincial de la Province de l’Ordre par le F. Jean-Baptiste Willermoz, maintenant âgé de 80 ans, et qui y relate avec précision toute l’histoire de l’Ordre de 1792 à 1810. Cette lettre de 13 pages est d’une importance historique capitale à maints égards.[13]

En 1811, une loge de Besançon, «  la Sincérité et Parfaite Union » est reconnue par le Grand Orient comme Directoire Provincial de Bourgogne du RER. Elle prend contact avec le Directoire Suisse. Dans ce pays, que l’usage rectifié nomme Helvétie, le RER connaît en effet un essor particulier, alors que parallèlement, en France, le rite subit, sous l’Empire et après celui-ci, une décadence dramatique.

La mort de Willermoz à Lyon, en 1824, précipite la fin du Directoire d’Auvergne lui-même. Il est bientôt imité, en 1828, par le Directoire de Bourgogne qui transfère ses archives au Grand Prieuré d’Helvétie à Zürich. Ce qui confère désormais au Grand Prieuré d’Helvétie une complète indépendance qui constitue en fait un monopole, qui deviendra plus tard suprématie.

 

Malgré un bref et tenace sursaut du côté de Besançon, le Régime Rectifié s’éteint totalement en France vers 1850.

En 1910, après un long silence de soixante années, mais qui en réalité  couvre pratiquement tout le XIXe siècle, un groupe de FF « spiritualistes », membres du GOF, décident de ramener en France le RER. L’initiative des FF de Ribaucourt, Rousseau, Hirson et Gruet est bien connue. Armés CBCS à Genève, ils obtiennent des lettres patentes du GPIH en septembre 1910 afin de constituer en France des loges symboliques des 4 grades.

Ces FF réveillent alors la loge déjà célèbre «  Le Centre des Amis », dispersée depuis 1838, loge toujours placée sous l’autorité d’un GOF devenu irrégulier depuis 1877. En 1913, Ribaucourt quitte le GOF suite aux attaques de ce dernier dirigées contre le RER ; sa  spécificité chrétienne était soudainement jugée inacceptable par une obédience qui avait rejeté notamment l’obligation de l’invocation au GADLU et l’interdiction des discussions religieuses et politiques en loge, rejet qui lui avait valu de se trouver exclue de la communauté maçonnique internationale.

La loge «  Le Centre des Amis » quitte donc le GOF, bientôt rejointe (en 1913) par la doyenne des loges françaises, l’Anglaise de Bordeaux, fondée en 1732 et ayant adopté, elle aussi, le RER. Ribaucourt fonde, sur cette base, la « Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les colonies françaises ». Un troisième atelier, la loge Saint Georges, purement britannique, se place peu après sous l’obédience de la GLNIRF, mais conserve son rite Emulation.

C’est ainsi que le RER se trouve à l’origine directe du retour de la régularité en France, deuxième réforme spirituelle capitale que l’on doit à l’initiative de Willermoz et de ses amis. En 1948, le titre distinctif un peu compliqué de l’obédience devient : Grande Loge Nationale Française. Ceci nous fait entrer dans l’histoire contemporaine, issue de cette seconde réforme, et qui est bien connue.

 

En France :


de nos jours, le Rite Ecossais Rectifié est pratiqué dans diverses obédiences irrégulières, dont notamment le Grand Orient de France, la Grande Loge de France, la Grande Loge Traditionnelle Opéra, la Loge Nationale Française qui édite le célèbre Renaissance Traditionnelle.

Il est bien entendu pratiqué dans la maçonnerie régulière sous l’autorité de la Grande Loge Nationale Française. Je m’abstiendrai d’évoquer les récents développements d’un conflit opposant cette obédience au Grand Prieuré des Gaules.

 

En Belgique :


le RER n’était pas pratiqué avant 1962. A cette date, quelques FF du GOB se sont fait rectifier à Lille, au sein de la GLTSO, [14] obédience française irrégulière.

Sous l’égide du Grand Prieuré de France, ils créent la province de Brabant. En 1968, ils acquièrent leur indépendance en fondant le Grand Prieuré de Lotharingie. Tous les grades symboliques et les classes de l’Ordre Intérieur y sont pratiqués. En 1985, ces mêmes FF , qui comptent quelques personnalités non-négligeables du GOB et même du REAA irrégulier, fondent la GLERB ( Grande Loge Ecossaise Rectifiée de Belgique) qui fonctionne comme un régime indépendant et complet, mais coupé de tout contact maçonnique officiel, régulier et même irrégulier.

ette obédience belge, de même que ses structures supérieures, s’est disloquée et semble à présent être dissoute, ne s’étant jamais remise de la disparition de son fondateur ( retiré en l’île de Malte), le TRF Jean-Louis Servais, homme remarquable et charismatique, qui fut un moment Grand Prieur du Grand Prieuré de France.

Dans les années 1980 vivotent aussi en Belgique trois loges bleues rectifiées et deux loges vertes de la GLTSO, dont il ne reste de nos jours que des débris, ainsi qu’une ou deux loges bleues rectifiées du Grand Orient de France, qui sombreront bientôt, elles aussi corps et biens, avec leurs pittoresques fondateurs.

En Belgique, le GOB s’est toujours opposé avec vigueur à l’introduction du RER, l’une des tentatives que j’ai personnellement vécue dans les années 80, ayant été menée avec grande honnêteté, mais aussi avec une certaine maladresse par un ancien Grand Maître du Grand Orient de Belgique ! C’est l’existence d’un quatrième grade symbolique, échappant à l’autorité du GOB, qui a officiellement rendu l’intégration impossible. Officieusement, ce fut le caractère chrétien du rite, et rien d’autre.

La Grande Loge de Belgique (obédience irrégulière) ignore tout rite autre que ce qu’elle appelle le « Rite Moderne Belge », rite composite et récent qu’elle a emporté avec elle en 1959 en quittant le  Grand Orient de Belgique, qui l’a lui-même concocté en assemblant des pièces hétérogènes au lendemain de la défaite de Waterloo [15],  lorsque le REAA et le Rite Ecossais Philosophique ont supplanté en Belgique « le Rite Français de l‘ennemi ».

Quant à la jeune GLRB, la plus récente et la seule régulière et reconnue des obédiences belges (1979), elle a instauré, dès le départ, le principe fécond de la pluralité des rites. Elle en autorise et pratique huit,[16] dont le RER. Elle donne ensuite accès à plusieurs structures de hauts grades et à un choix étendu de side degrees. Certains de ses FF fondèrent à Bruxelles, en 1986, le Grand Prieuré de Belgique, par lettres patentes reçues du GPIH.

Les compétences du GPDB couvrent les loges de Maître Ecossais de Saint André (via un Directoire Ecossais), ainsi que les deux classes de l’Ordre Intérieur. Le GPDB n’a pas autorité sur les trois grades pratiqués par les cinq loges rectifiées  bleues qui relèvent exclusivement de la GLRB ( trois loges néerlandophones : Anvers, Vilvoorde et Brussel ; deux loges francophones : Tournai et Bruxelles). Il entretient (situation 2000) des relations internationales avec 21 Grands Prieurés.

Les rituels rectifiés utilisés par les loges bleues belges ont été approuvés à l’origine par le Grand Comité de la GLRB. Ils sont conformes aux exigences constitutionnelles de cette obédience, comme à celles de la maçonnerie régulière universelle. Ils ne sont donc pas, pour cette raison, d’une fidélité textuelle absolue aux rituels de Wilhelmsbad.

Ceci entraîne, par exemple, que toute affirmation ou séquence rituelle qui aurait pu restreindre la liberté d’interprétation et de conscience d’un candidat à l’un des trois grades ait été soit supprimée soit modifiée.[17] Cette adaptation n’enlève rien à la portée initiatique des rituels, ni à la lecture exclusivement ésotérique de leurs contenus.

Seules sont supprimées, par exemple, les références directes à l’appartenance et à l’exercice de la «  Sainte religion chrétienne » telles qu’elles étaient exigées dans les rituels de Wilhelmsbad en 1782, et qui ne peuvent être maintenues dans un cadre obédientiel qui, lui, est théiste, sans être chrétien.

Il en va plus ou moins de même en France. Sous la très haute autorité morale du TRF Jean Granger, la Commission des Rituels Rectifiés de la GLNF a proclamé en 1969 que

 

«  l’unité n’est pas l’uniformité…que les versions d’un même rite doivent être en nombre strictement restreint…que le choix de l’une et l’autre de ces versions, à l’exclusion de toute autre, doit être laissé à l’initiative des loges de la GLNF pratiquant le RER ».

 

Les versions dont il est question ci-dessus doivent permettre aux FF rectifiés de vivre leur rite selon les impératifs de leur conscience.

 

Conclusions :

 

Le caractère chrétien du RER ne peut être altéré. Le RER est et reste un rite chrétien. Mais il doit être assorti de toutes les nuances qu’implique son exercice dans la société du XXIe siècle ; celle-ci n’est plus celle du XVIIIe siècle, n’en déplaise aux nostalgiques de la perruque poudrée et des «  lettres patentes » ;  l’évolution de la société et la structuration obédientielle de la Maçonnerie nécessitent de nos jours le placement des trois grades symboliques sous l’autorité d’une Grande Loge Régulière  universellement reconnue. Toutes les velléités de reconstituer un «  régime »[18] à la mode du XVIIIe siècle ont avorté, dans notre pays comme dans d’autres, et sont vouées tôt ou tard à l’échec, par suite du manque d’une  base de recrutement sérieuse.

 

Le caractère chrétien du Rite doit être scrupuleusement préservé, en dépit des incompréhensions dues à l’ignorance, voire des hostilités dues à la malice. Les premières doivent susciter le dialogue ; les secondes doivent être ignorées. Il serait en effet impensable que l’on considère en maçonnerie toute conception affirmée comme inacceptable, et ce au nom même de la Tolérance ! Un affadissement de la doctrine, pas davantage d’ailleurs qu’une radicalisation dogmatique rigide, souvent à connotation autocratique, passéiste et folklorique, ne peuvent devenir la règle ou la norme. Ce qui se transmet, c’est l’Esprit du rite, et non ses structures passagères, secondaires et tributaires des usages et nécessités de l’époque. Le Rite ne peut être altéré dans son Esprit. L’axe central de toute la construction du RER mène au Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, c’est à dire à la Foi, [19] à la Charité, à la Compassion, au Devoir, à la Responsabilité pleine et entière devant Dieu seul, et à la Noblesse du cœur, le tout reposant sur «  l’Amour de nos Frères et de tous les autres hommes ». Bref, à forger des caractères droits, généreux et compatissants, responsables devant eux-mêmes et devant Dieu.

 

Rite extraordinairement homogène et cohérent, le RER bénéficie d’une grande richesse ésotérique et symbolique. Il dévoile progressivement son enseignement en dehors de toute contrainte dogmatique ou confessionnelle, mais dans un cadre chrétien, ouvert à tout maçon régulier comme à tout profane croyant, animé d’un vrai désir de progression spirituelle et respectueux du caractère chrétien du rite dans son Esprit, je le répète, et non dans sa Lettre.

 

Le RER est fort méconnu ; il est l’objet de bien des procès d’intention de la part de ceux qui, en vérité, ne veulent pas le connaître.

Il n’a pas à souffrir de cette ignorance.

Après tout, le RER n’est pas « destiné à tous ».

 

Il est offert à ceux qui en ont fait le choix libre et lucide.

Et surtout, à ceux qui n’ont fait ce choix que pour obéir à l’impérieuse nécessité de leur Désir.

Il dépend de celui qui passe
"que je sois tombe ou trésor
que je parle ou je me taise. Ami, n’entre pas sans désir " Paul Valéry. 
Bibliographie

Steel-Maret : Archives secrètes de la Franc-Maçonnerie, Slatkine, Genève-Paris, 1985. Ce livre étonnant contient de nombreuses lettres inédites de Willermoz, des discours, des instructions pour différents grades, etc…et surtout la lettre à Charles de Hesse-Cassel où Willermoz relate l’histoire du Rite depuis la Terreur jusqu’à 1810.

René Le Forestier : : La Franc-Maçonnerie templière et occultiste aux XVIIIe et XIXe siècles, publié par le Prof. Dr. Antoine Faivre et préfacé par Alec Mellor, ed. Nauwelaerts, Louvain, réédition 1970.  Un monument d’érudition ; référence indispensable au chercheur. Contient en appendice un document encore inédit lors de la parution et publié pour la première fois par Antoine Faivre : les Instructions secrètes de JBW pour les Grands Profès.. Comporte aussi le seul et unique portrait que l’on connaisse de Willermoz ( mise à part une silhouette)..

Guy Verval : La Spécificité du Rite Ecossais Rectifié, Memo Codec, Nivelles, 1987. Brillant résumé, peut-être un peu partial quant à l’importance des  « hérésies martinézistes ».

Pierre Chevallier : Histoire de la Franc-Maçonnerie française (3 volumes), Fayard, Paris, 1975. Monument de références historiques indispensables. L’auteur était  catholique.

Alec Mellor : La Grande Loge Nationale Française, Belfond, Paris, 1980. L’auteur était catholique, monarchiste, avocat  et Grand Officier de la GLNF. Rigide, logique, documenté  et intransigeant.

Grande Loge Nationale Française : La Cérémonie de réception au grade d’apprenti (RER), GLNF, 1999, Loge d’Instruction Jean de Turkheim. Un modèle de clarté et de précision.

Pierre Massiou : Le Régime Ecossais Rectifié du Convent de Wilhelmsbad en 1782 à nos jours in : Epistolae Opera, Creos, 1982.

Roland Bermann : L’Esotérisme du Grade de Maître Ecossais de Saint-André au Rite Ecossais Rectifié », Dervy, 2001. Thème rarement traité à ce jour.

Roger Dachez et René Désaguliers : Essai sur la chronologie des rituels du Régime Ecossais Rectifié pour les grades symboliques jusqu’en 1809, Renaissance Traditionnelle N° 80 et 81. Un célèbre duo d’érudits de haut vol. Sujet identique traité par

Pierre Noël : De la Stricte Observance au Rite Ecossais Rectifié in Acta Macionica n°5, 1995. Incontournable en matière de rituels rectifiés.

Anderson James : La Constitution : histoire, lois, obligations, ordonnances, règlements et usages de la TR confrérie des Francs-Maçons acceptés, traduction juxtalinéaire de Daniel Ligou, Edimaf, Paris, 1987.La Bible du franc-maçon.

Jean-François Var : Le caractère chrétien de la maçonnerie écossaise rectifiée au XVIIIe siècle, in Cahiers de Villard de Honnecourt N° ?, 1993.

Jean Granger ( Jean Tourniac) : Le Rite Ecossais Rectifié in Cahiers de Villard de Honnecourt, T. XIII, 1997. Curieuse ouverture aux Juifs et aux Musulmans

Christian Jacq : Une Loge révèle, Ed du Rocher, Paris, 1985. Elucubratoire et comiquement «  contre » le RER..

Pierre Massiou : Karl von Hund, in Epistolae Opera, Creos, avril 1985.

Jean Tourniac : Principes et problèmes spirituels du Rite Ecossais Rectifié et de sa chevalerie templière, Dervy-Livres, Paris, 1985..

Balister Christian : Considérations sur la Règle à l’usage des loges rectifiées in Acta Macionica n°5, 1995.

Loge Geoffroi de Saint Omer : Willermoz avant la Révolution, son œuvre maçonnique, Bruxelles, cahier hors série GSO.

Pierre Girard-Augry : Les hauts grades chevaleresques de la Stricte Observance Templière du XVIIIe siècle, Dervy, Paris, 1995. Rituels précurseurs du RER..

Alain Bernheim : La Stricte Observance in Acta Macionica n°8, 1998. Définitif comme tout Bernheim.

Gérard van Rijnberg : Un thaumaturge au XVIIIe siècle, Martinez de Pasqually, sa vie, son œuvre, son Ordre (1780-1824), Editions d’aujourd’hui, 1980.

Franz von Baader : Les enseignements secrets de Martinez de Pasqually, Robert Dumas, 1976..

Willermoz Jean Baptiste : Rituel du grade d’apprentif pour le Régime de la maçonnerie rectifiée rédigé au Convent général de l’Ordre en août 5782, fonds Willermoz, bibliothèque de Lyon.



[1] On lira avec intérêt ce qu’écrit Christian Jacq, le célèbre égyptolâtre recordman de l’édition, dans «  Une loge révèle ». Le RER serait une « machine de guerre » à côté de laquelle l’Opus Dei serait un jardin d’enfants.

[2] Il s’agit ici des « Initiés ».

[3] Le Christ.

[4] Voir les notes sur la toute première insertion de ces quatre éléments dans les rituels allemands qui ont servi de modèles, en 1791, à la Flûte Enchantée de qui nous savons, in Acta Macionica n°11, 2001 : « le rituel d’initiation de Mozart ».

[5] L’obsession willermozienne de nombre 3 mérite à elle seule tout un développement.

[6] Larudan prétend avoir vu trois juifs être initiés dans une loge d’Amsterdam en prêtant serment sur l’évangile de St-Jean, ce qui lui semble absurde. (Les Francs-Maçons écrasés,1747). De même, la loge de Berne affirme en 1744 que «  la Vertu et l’Honneur se rencontrant dans toutes les Sectes », elle admettrait les Juifs et les Mahométans sans tenir compte de leur religion «  si nous n’avions des Motifs indépendants de cet Objet qui nous forcent à les exclure » ( Ferrer Benimeli, cité par John Bartier in : Laïcité et Franc-Maçonnerie, ULB, Faculté de Philosophie et Lettres, pp. 372-373). La loge «  L’Union des Cœurs » de Liège précise, en 1774 : «  nous déclarons non seulement de fermer notre loge à cette nation infâme, réprouvée de Dieu et des Chrétiens, mais encore de n’avoir qu’un mépris pour ceux qui les ont reçus ». Bartier, op.cit., p. 355.

[7] A ne pas confondre avec l’étude de la symbolique chrétienne, à l’honneur dans nombre de communautés monastiques de premier plan, produisant des études symboliques de niveau universitaire. Bel exemple à suivre.

[8] En revanche, les idées qui constituent lentement le mouvement me paraissent bien antérieures !

[9] G. Verval : «  La spécificité du Rite Ecossais Rectifié », Memo et Codec SA, 1987.

[10] Il y eut bien davantage de maçons du côté des nobles et des émigrés que du côté des coupeurs de têtes.  Philippe, dit Egalité, ex-Grand Maître du Grand Orient de France, démissionne avec lâcheté de ses fonctions le 5 janvier 1793 ; il sera néanmoins guillotiné le 6 novembre.

[11] Ou encore «  du Chevalier Maçon » pour les quatre ordres de grades ultérieurs à la maîtrise.

[12] « Archives secrètes de la Franc-Maçonnerie », Steel-Maret, Slatkine, Genève, 1985.

[13] A titre purement anecdotique, nous y apprenons qu’en 1808, Willermoz a perdu son épouse « en couches ». Il a 78 ans…Notre «  instituteur » déploya donc une inlassable activité dans bien des domaines…

[14] Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra, dissidence de la GLNF.

[15] En réalité, dès 1814, lors de la fin de l’occupation française de notre pays.

[16] Le Rite Moderne, le Rite Français, le Rite Ecossais Ancien Accepté, le New York Rite, le Californian Rite, le Rite Ecossais Philosophique, le Rite Ecossais Rectifié, le Rite AFAM.

[17] On consultera avec profit sur ce point délicat Jean Granger, alias Jean Tourniac, in : « Le Rite Ecossais Rectifié », Cahier de Villard de Honnecourt T. XIII, 1977, page 28. 

[18] Ou plus exactement l’idée que l’on s’en fait. Régime et Rite sont des expressions identiques d’une même réalité ( voir page 1).

[19] Qui ressortit à la conscience de chacun, et non de quelque autorité, souvent «  auto-proclamée ».

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Published by Thomas Dalet - dans Histoire du RER
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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 09:35

 Jean. van Win-GPDB

 

Ce titre comporte trois concepts juxtaposés : celui de rite, celui d’écossais, celui de rectifié. Voyons-les en détail afin de comprendre clairement sur quoi nous allons réfléchir ce midi.

 

Le Rite : en maçonnerie, un rite est un sous-groupe d’un ensemble, composé essentiellement de certaines valeurs de base partagées par ce sous-groupe, et d’une structure particulière, c’est à dire d’un certain nombre de grades. Exemples : le RER en comporte 4 + 2 ; le REAA 33 ; le RF 3 + 4 Ordres de grades. Ce n’est qu’au début du XIXe siècle que l’on commence à qualifier certains systèmes maçonniques de rites. Auparavant, dans le système rectifié, on utilise indifféremment les mots Régime et Rite, qui sont en réalité synonymes.

La première édition du Régulateur des Chevaliers Maçons, par lequel le Grand Orient de France «  régule » en effet les hauts grades du rite français en 1801, s’appelle : «  Régulateur des Chevaliers Maçons selon le Régime du Grand Orient de France ». Il s’agit bien entendu du futur rite français, qui n’existe pas encore sous cette appellation qui ne lui sera donnée que par opposition au futur REAA.

Régime signifie donc à la fois gouvernement et système, ce qui est exactement la définition du rite. Le mot régime cède définitivement la place au mot rite au début du XIXe siècle. Le fait d’utiliser soit «  rite écossais rectifié » soit «  régime écossais rectifié » n’a pas la moindre signification [1]

 

Ecossais : cet adjectif n’implique pas le moindre rapport ni avec les cornemuses, le whisky, les kilts ou le monstre du Loch Ness. Ecossais signifie tout simplement que la structure particulière du rite comporte des grades dits hauts, c’est à dire des développements thématiques rituels ultérieurs à celui du grade de maître. Le grade d’Ecossais est le premier qui apparut en France vers 1743, certains FF Maîtres marquant par cette distinction nouvelle leur souci de se distinguer du vulgum pecus, d’autres manifestant un souci d’approfondissement.

 

Rectifié : cet adjectif est synonyme de réformé. Il vient du verbe latin ‘rectificare’, c’est à dire redresser, remettre dans le droit chemin.[2] Le RER apparaît en effet vers le milieu du XVIIIe siècle, à un moment où la maçonnerie française connaît des déviations et des innovations blâmables ; certains FF de la région lyonnaise ont décidé de retourner à ce qu’ils considéraient comme la véritable maçonnerie des origines.

 

Bref : le rite se dit réformé, rectifié. Par rapport à quoi ? Par rapport, bien entendu, à ce qu’était devenue la maçonnerie française à l’époque où Jean-Baptiste Willermoz, né en 1730, y entre à l’âge de 20 ans, soit en 1750.

 

Petit rappel historique.

 

On sait que la maçonnerie obédientielle vit le jour à Londres en 1717. Et non la maçonnerie spéculative, comme on l’écrit souvent. Ce sont en effet quatre loges spéculatives qui s’associent et créent une petite fédération qu’elles intitulent modestement Grande Loge de Londres et de Westminster. En 1723, cette fédération publie des Constitutions sous la plume du généalogiste impécunieux James Anderson. Vers 1725 apparaît, venu d’on ne sait où, le grade de Maître. Vers 1730, des loges anglaises s’installent à Paris, quoique les stuartistes fervents affirment qu’il y eut des loges jacobites en France dès 1688.

De 1730 à 1750 environ, la progression est fulgurante, le succès des «  frimessons ou frimaçons » est énorme. Dès 1743, soit 13 ans après son implantation en France, apparaissent des Maîtres Ecossais qui se disent supérieurs aux simples Maîtres et exigent d’être traités avec des privilèges et des honneurs particuliers. Déjà…

Les rituels anglais, utilisés par les loges françaises souvent peuplées de résidents britanniques, connaissent dès le début des « améliorations » qui stupéfient les Anglais et ravissent les Français : ajout d’une élégante et frivole houppe dentelée sur les tableaux de loge [3], port de l’épée, port abusif du cordon de l’Ordre du Saint-Esprit ( en réalité strictement réservé à une centaine de nobles triés sur le volet),  maintien du chapeau en loge ( comme le Roy et les Grands…), hommage rendu à la verbosité par la création du poste d’orateur, inconnu des Anglais, dramatisation des rituels afin d’épouvanter (sic) les candidats [4], toutes innovations qui francisent la pratique maçonnique et laissent rêveurs et interloqués les flegmatiques fondateurs anglais…

Autre innovation de nos bouillants voisins d’outre-Quiévrain : les hauts grades. Ils ne sont en réalité qu’ultérieurs : la vanité les fait hauts.

En 1736, le chevalier Ramsay prononce, ou ne prononce pas, peu importe, un discours qui laissera des séquelles en France, mais aussi dans le reste du monde civilisé : il prétend que la maçonnerie ne doit rien aux vulgaires ouvriers des chantiers, mais tout aux Croisés qui partirent à la conquête des Lieux Saints. Les maçons sont en réalité des chevaliers maçons. Ce discours met le feu aux poudres d’une société dans laquelle le passage de l’état de bourgeois à l’état noble constituait, pour certains, une véritable obsession.[5] Les ‘chevaliers maçons’ auraient rang de gentilhomme en loge, et, moyennant finance, se verraient traiter en prince, sublimes ou illustrissimes selon les cas, gardant coiffe en tête, portant l’épée etc…Une telle opportunité, au sein de la stricte société de classes dans laquelle elle vit le jour, ne laissa pas de susciter un enthousiasme fébrile ; on se bouscule aux portillons de la promotion sociale.

Et de 1730 à 1750, la course aux vanités se poursuit dans le plus grand désordre. Les organismes maçonniques foisonnent, se multiplient, se séparent, se subdivisent, s’excommunient, se combattent, fusionnent, divorcent derechef, et donnent un lamentable spectacle de division, d’improvisation et de chamailleries sans fin.

 

Tout chaos engendre quelque jour un ordre, de même que tout ordre génère tôt ou tard son chaos. Certains maçons, soucieux d’organisation, s’avisent de récupérer une partie de cette énergie omnidirectionnelle dans des systèmes structurés de leur invention ou d’importation, dont ils seraient, bien entendu, les chefs. Et voici qu’apparaissent, ici et là : le chapitre de Clermont, la Stricte Observance Templière, le Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident, le Conseil des Chevaliers d’Orient, l’Ordre de l’Etoile Flamboyante, le Régime Ecossais Trinitaire, les Illuminés Théosophes, les Philalèthes, et j’en passe, non sans signaler quelques grades des plus savoureux à mon goût : les Architectes Africains, et quelque système pratiquant le grade d’Ecossais Vrai d’Ecosse ou mieux encore, celui d’Ecossais Napolitain…

 

La maçonnerie de Louis XV, surnommé le Bien-Aimé, connaît non seulement la pagaille, mais encore le commerce des hauts grades de pacotille, le trafic des influences, des malversations, des escroqueries, la vente au prix fort de diplômes et de décors, même dans des charrettes suivant les troupes en campagne…

 

C’est dans ce contexte trouble qu’apparaît, en 1750 et à Lyon, Jean-Baptiste Willermoz. Il est né en 1730. Initié à 20 ans, il est Vénérable de sa loge l’année suivante. Quoique fort déçu et insatisfait de cette maçonnerie frivole et équivoque ( il n’est heureusement pas le seul !), il crée, en 1760 et à l’âge de 30 ans, une Grande Loge des Maîtres lyonnais qu’il affilie à la Grande Loge de France. Cette dernière, qui connaît de profonds désordres sous la grande maîtrise du prince de Clermont, voit ses travaux suspendus en 1766 et voici notre Jean-Baptiste en chômage maçonnique.

 

La grande idée de J.B. Willermoz.

 

C’est à cette époque que naît probablement l’idée centrale de toute sa vie et qu’il s’efforcera de mener à bien en dépit de la brutale interruption des activités maçonniques causée par la Révolution d’abord, et la Terreur ensuite. Cette idée est celle de la réforme spirituelle de l’Ordre maçonnique, par un retour aux sources authentiques qu’il a abandonnées.

Retour aux sources, fort bien ; mais quelles sources ?

Plusieurs rencontres capitales vont l’aider à préciser ce point essentiel et à mettre en œuvre un projet remarquable et unique dans toute l’histoire de la maçonnerie [6], car il résulte, au plan de de la pensée, de la volonté et de l’action et de l’organisation, des efforts inlassables d’un seul homme.

 

Willermoz.

Cet homme est moyennement doué au plan intellectuel, avouons-le d’emblée, bien que sa réussite professionnelle et son aisance sociale ne fassent pas de doute. Sa formation est élémentaire : il ne fréquente pas l’école. A 20 ans, il est déjà un négociant en soieries établi et sérieux. Toute sa vie, il poursuivra des grades maçonniques susceptibles de lui apporter « des mystères de plus en plus sublimes ». Il créera un système maçonnique cohérent et riche en symboles ; il correspondra avec les princes et les aristocrates les plus en vue de la future Allemagne. Il faut aussi l’imaginer, le carnet de commandes à la main, discutant chiffons dans l’arrière-boutique de quelque décorateur-garnisseur du faubourg Saint Honoré…Il importe donc, à présent, de consacrer un certain temps aux rencontres maçonniques que fait Willermoz ; il en naîtra une œuvre réformatrice dont nous sommes les héritiers plus ou moins fidèles. Encore faut-il que nous en soyons bien conscients.

 

Et voici qu’apparaît Martinez.

 

En 1766 donc, Willermoz est en chômage maçonnique. Peu après, il est accueilli à Paris par un catholique converti d’origine espagnole, Don Martinez de Pasqually de Latour. Je ne nous parlerai que très peu de ce personnage modérément recommandable.  Dépeint comme inculte, prétentieux, besogneux, occultiste buvant à toutes les sources, Martinez possède toutefois un magnétisme tel qu’il s’impose à certains comme un prophète inspiré. Vers la fin du siècle, la maçonnerie verra ainsi surgir nombre d’individus du même style, toujours issus de la tendance dite mystique de l’ordre et jamais de sa branche rationaliste, pataugeant dans les plus discutables substituts de la spiritualité chrétienne : Joseph Balsamo, obscur artisan sicilien se disant comte de Cagliostro qui finira étranglé dans les prisons du pape ; le comte de Saint Germain, un industriel délirant qui avait déjeuné avec Jésus et César ; Anton Mesmer et ses baquets à magnétiser ; et enfin Casanova, aventurier rocambolesque et obsédé sexuel impénitent, qui, délaissant un instant l’érotisme pour l’ésotérisme, a laissé un des textes initiatiques les plus intelligents de toute la maçonnerie du XVIIIe siècle.

Le douteux Pasqually crée l’Ordre des Chevaliers Maçons élus Coëns de l’Univers. Il y reçoit aussitôt des hommes importants et distingués, tels Bacon de la Chevalerie, Louis-Claude de Saint Martin et, bien entendu, Jean-Baptiste Willermoz. L’Ordre Coën comportait sept grades, trois classiques plus quatre purement Coëns, coiffés par le grade de Réau Croix, qui est davantage une ordination destinée à ceux qui sont aptes à reconnaître des preuves d’ordre surnaturel. Ce dernier grade doit rendre son détenteur semblable à Dieu.

Vaste programme pour un illettré. Pour un lettré aussi, du reste.

 

Je ne m’étendrai pas sur ce personnage. Si on essaie de comprendre quelque chose à la pensée obscure que Martinez communique en un langage approximatif, on s’aperçoit qu’elle se résume en fait à ceci : l’homme possède en lui une parcelle de divinité, engluée dans la matière. Ce germe lui permet de se réconcilier avec Dieu, ce qui garantit son salut après la mort. Cela s’appelle la « réintégration »  dans la divinité. [7]

Clavel résume comme ceci l’Initiation Coën : «  l’initiation doit régénérer le sujet, le réintégrer dans sa primitive innocence et dans tous les droits qu’il a perdus par le péché originel ». Nous retrouverons bientôt ces notions dans le rite rectifié de Willermoz que nous analyserons dans quelques instants. Martinez disparaît pour les îles en 1772 et pour l’Orient céleste en 1774.

Revenons donc à Willermoz qui, tout en vivant son état de Réau Croix, n’en demeure pas moins en recherche d’une maçonnerie sérieuse, ordonnée, riche d’un enseignement utile aux hommes : mais la France ne lui offre pas ce qu’il attend. Il entre alors en correspondance avec la RL ‘La Candeur’ de Strasbourg, loge qui a quitté la GL de France pour s’affilier à la GL d’Angleterre. Elle entre aussi en contact avec le système allemand dit de la Réforme de Dresde, que l’on connaît mieux sous son appellation de la Stricte Observance  (Templière).

 

La Stricte Observance dite Templière.

 

Le promoteur essentiel de ce régime, de cette obédience ou de ce système, comme l’on voudra, est le baron Carl von Hund. Initié à Paris en 1741, il médite lui aussi dès 1743 un nouveau régime destiné à se propager en Allemagne. En 1751, il crée une loge templière et en 1754 il participe à la fondation du célèbre chapitre de Clermont. En principe, il va alors propager ce système de hauts grades français et templiers en Allemagne. On y trouve les trois grades symboliques habituels, trois grades écossais, soit le Maître Ecossais, le Novice et le Chevalier du temple, et enfin, trois grades nouveaux : le chevalier élu de l’Aigle, le chevalier illustre ou Templier, et le Sublime chevalier illustre.

En Allemagne non plus, on ne craint pas l’enflure des adjectifs. Hund prétend avoir été investi, par un Supérieur Inconnu venu d’Ecosse, de la dignité de Grand Maître du Temple. Il établit sur cette base, vers 1763-1764, le régime de la Stricte Observance Templière. Il divise l’Europe en neuf provinces templières, chacune se subdivisant en prieurés, ceux-ci en préfectures, celles-ci en commanderies qui coiffent les loges écossaises elle-mêmes souchées sur des loges symboliques. C’est déjà toute l’armature du futur Rite Ecossais Rectifié qui est conçue en 1763.

Hund est mal entouré ; on lui souffle une idée saugrenue qu’il traduit dans un «  plan économique » ( on dirait aujourd’hui un plan financier ou un business plan) consistant tout simplement à réclamer au prochain concile les biens matériels considérables confisqués aux Templiers en 1314. Ces extravagances précipitent la chute de Hund.

 

Les divers Convents se suivent…

 

Au convent de Kohlo, en 1772, il est déchu de la grande maîtrise. Ce convent met sérieusement en doute l’origine templière de l’Ordre, l’existence des Supérieurs Inconnus fondateurs, et rejette le « plan économique ». Néanmoins, ce système, maintenant moribond, aura été, de 1754 à 1772, soit 18 ans durant, le facteur déterminant d’unification de la maçonnerie allemande, et même de la maçonnerie scandinave.

Deux ans après son cuisant échec, en 1774, Hund se préoccupe de la France. Il délivre une patente au baron Weiber, avec pleins pouvoirs pour rétablir les Directoires des provinces templières de langue française.

Les Français surestimaient l’importance qu’avait ce régime en Allemagne, qui n’a jamais dépassé 80 loges, mais qui comptait dans ses rangs des personnages de premier plan, avec lesquels Willermoz se flattera d’entretenir une correspondance. Celle-ci, planquée par lui durant la Terreur, fut partiellement retrouvée au XIXe siècle par le plus rocambolesque des hasards : les correspondants principaux étaient Ferdinand de Brunswick, Charles de Hesse-Cassel et Charles de Sudermanie. Cette correspondance, publiée par Steel-Maret, est essentielle pour comprendre la pensée de Willermoz.

Les Français vont donc prendre contact, en Allemagne, avec ce nouveau régime templier. Et plus particulièrement Jean-Baptiste Willermoz, toujours appâté par tout régime étranger qui lui assurerait l’ordre au sein de l’Ordre, qui lui donnerait des règles précises et minutieuses à l’observance desquelles il vouerait toute sa besogneuse dévotion.

Willermoz crée donc avec Weiber un nouvel Ordre templier, selon l’axe Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Narbonne, plus la Savoie. Il va aussi convaincre l’ex Grande Loge, devenue Grand Orient de France en 1773, de reconnaître son régime ou système, comme seule structure régulière de hauts grades. Accord que Philippe d’Orléans, duc de Chartres et Grand Maître, ratifie en 1776.

Brillante victoire de Willermoz !

En Allemagne, la SOT est en pleine déconfiture. Les fantasmes templiers et les mensonges « maçonnico-stuartistes » de Hund sont découverts. Il perd tous ses pouvoirs au convent de Brunswick en 1775 et meurt l’année suivante.

Les Français s’aperçoivent alors que leur système avait en réalité peu de rapport avec celui des loges allemandes. Ils en profitent pour se débarrasser de toute sujétion et convoquent bien entendu un nouveau convent dans ce but. Willermoz jubile une fois encore ! Il s’agit en effet d’organiser.

Avec le F. Salzman, il décide d’utiliser le cadre formel de la maçonnerie réformée pour y introduire l’enseignement Coën hérité de Pasqually.

Le Convent dit des Gaules se réunit à Lyon en 1778. C’est une pleine réussite. Les 4 grades de la maçonnerie réformée française comprennent désormais : l’apprenti, le compagnon, le maître et le Maître Ecosssais (et) de Saint André. Les rituels sont complètement revus par Willermoz lui-même. Après les quatre grades symboliques vient alors l’Ordre Intérieur, suivi,  à cette époque, d’une structure secrète comportant les classes de Profès et de Grands Profès

(ce qui est encore une invention de Carl von Hund, aujourd’hui disparue, quoique feignent de prétendre certains amateurs de mystères romantiques, profondément nostalgiques des Supérieurs Inconnus…). De nos jours, c’est la « classe » qui a disparu ; pas nécessairement la qualité.

Mais le contenu de ces grades est l’œuvre de Willermoz et se trouve complètement transformé par l’introduction, dans la classe des Profès, de sa version de la doctrine de la réintégration élaborée par Martinez de Pasqually.

Le Convent des Gaules change le nom de l’Ordre, qui devient : «  Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte ». Cette appellation est un démarquage à peine voilé de :

« Ordre des Templiers de Jérusalem ». Le même Convent donne pleins pouvoirs, pour toutes les provinces françaises, à Jean Baptiste Willermoz : une obédience templière purement française est enfin née !

 

Le fameux Convent de Wilhelmsbad.

 

Quatre ans plus tard, en 1782, le fameux convent de Wilhelmsbad ( non loin de Francfort) n’est qu’une répétition du précédent. Willermoz y fait approuver une réforme et un plan concernant les provinces templières de France. Il précise enfin clairement que rien ne permet à l’Ordre de se dire héritier temporel des Templiers, mais il convient toutefois de conserver la légende templière dans le dernier grade de l’Ordre.

Le Convent décide de refondre les rituels et les règlements qui seront désormais exclusivement qualifiés de rectifiés.

Willermoz rédige les rituels des trois premiers grades symboliques qui furent adoptés, mais ne furent jamais ratifiés par l’ensemble des loges du régime ; fut aussi adoptée une esquisse du 4e grade, dont la version définitive attendra jusqu’en 1809 pour voir le jour. L’Ordre Intérieur est enfin composé de Novices et de Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, dont les rituels restaient à refaire.

La « Règle maçonnique à l’usage des loges réunies et rectifiées » est arrêtée au Convent de Wilhelmsbad. Elle enregistre en neuf articles toutes les idées de Willermoz : principes spiritualistes Coëns, espoir de régénération et de bonheur parfait. Mais les Maçons du Nord de l’Allemagne refusent de se soumettre. Les dirigeants (Hesse, Brunswick) apparaissent comme des rêveurs. Une opposition très vive se fait jour et s’appuie sur le thème : Liberté, Egalité, Indépendance, dont on devine l’inspiration. Certains rejettent alors toute influence française et veulent en revenir au régime de Hund. Les rituels d’Ecossais, de Novice et de Chevalier Bienfaisant ne furent jamais promulgués à cette époque .

 

La Révolution et surtout la Terreur de 1792-1793 mettent un terme à tout cela. Willermoz cache ses archives et prend la fuite. En 1795, après Thermidor, Willermoz est devenu vieux. Il a maintenant 65 ans, ce qui est beaucoup au XVIIIe siècle. On ne s’adresse plus à lui que parce qu’il possède des rituels et des documents. Il va néanmoins recopier et retravailler diverses versions de ses rituels qui nous parviendront finalement conformes à diverses étapes de sa pensée. Ceci est important pour les «  puristes » qui s’acharnent à trouver LE rituel authentique de Willermoz. En effet, peut-on dire que les plus récents soient plus authentiques que les plus anciens, ou peut-on au contraire prétendre l’inverse ? Vain débat.

Certains héritiers spirituels de Willermoz se sont crus autorisés à le « décréter », mais rien n’autorise pareille déduction, qu’il convient d’éviter, sous peine de subjectivisme partisan.

En conclusion provisoire de l’épopée willermozienne, résumons en quoi consiste la réforme ou la rectification du RER :

1. Dans un contexte maçonnique fortement dégradé, la maçonnerie nouvelle est une société

    qui cultive la morale et la religion, qui transcende celle des églises particulières.

2. Cette maçonnerie se réfère aux principes les plus purs du Christianisme qui deviennent

   assez semblables à ceux du droit naturel.

3. Cette réforme aboutit à une synthèse et à une simplification : elle revient aux origines

   chrétiennes de la maçonnerie, tout en écartant avec insistance les éléments hermétiques et

   alchimistes, dont Willermoz a horreur.

4. Les doctrines martinézistes perdent néanmoins leur poids dans le Régime rectifié, qui prend

    désormais une courbe nettement maçonnique et chevaleresque, avec une tendance finale

    proche d’une gnose johannique, c’est à dire d’une gnose chrétienne.

 

Caractères principaux du Rite Ecossais Rectifié.

 

Voyons successivement, dans la Belgique d’aujourd’hui, d’abord sa logique interne et spirituelle ; voyons ensuite les 4 points de repère des 4 grades symboliques ; et voyons enfin les problèmes soulevés par son caractère ouvertement chrétien, en répondant à plusieurs questions traditionnelles concernant cette dernière spécificité, qui est en réalité la plus importante.

 

1. La logique interne du Rite.

 

Les trois premiers grades d’apprenti, de compagnon et de maître, dits grades symboliques ou encore grades bleus, sont aussi dits « vétéro-testamentaires », c’est à dire qu’ils se rapportent à plusieurs thématiques tirées de l’Ancien Testament. L’Ancien Testament, ou Loi Ancienne, comme nous l’avons étudié en 2001, est la partie de la Bible allant de la Genèse jusqu’avant la naissance de Jésus qui, elle, inaugure le Nouveau Testament, dit aussi Nouvelle Alliance, ou encore Nouvelle Loi. [8]

Bien sûr, ces loges symboliques, de même que toutes les autres loges de tous les rites authentiques, sont dites «  loges de Saint Jean » ; toutes, elles contiennent, en Occident à tout le moins, une Bible, ouverte le plus souvent à l’évangile de Jean. Les rituels eux-mêmes font des allusions aux Ecritures, soit à celles de l’Ancienne Loi, soit à celles de la Nouvelle :

«  cherchez et vous trouverez, etc… ».

Mais le fil rouge, le thème fondamental des trois grades symboliques, y compris les grades rectifiés, est et demeure celui de la construction du Temple de Jérusalem, figuré aux deux premiers grades par le tapis de loge, et au troisième, par une légende mettant en scène son architecte. Ceci émane de l’Ancien Testament, principalement du Livre des Rois et du Livre des Chroniques.

Quant aux deux derniers grades du Rite ou Régime Rectifié, ils ont pour cadre la Loi Nouvelle. Ils sont chevaleresques, ou plus exactement équestres (de eques = chevalier) et évoquent le rôle spirituel rempli par la « Milice des pauvres Chevaliers du Christ » qui avait établi ses quartiers près du temple de Jérusalem, d’où le nom de Templiers qui lui fut donné par facilité. Ces deux grades n’ont pas de lien organique avec l’Ordre maçonnique proprement dit, si ce n’est qu’ils ne recrutent leurs membres que dans son sein.

Le grade le plus essentiel, le plus significatif, le plus « rectifié », le plus riche en ésotérisme chrétien est celui qui jette un pont entre les trois grades vétéro-testamentaires et les deux classes chevaleresques et néo-testamentaires. Il s’agit du grade de Maître Ecossais et de Saint André, quatrième et dernier grade symbolique dans la structure définitive du RER telle que nous la connaissons aujourd’hui, en France et en Belgique principalement. Il a remarquablement été analysé et commenté par notre BAF Roland Bermann. [9]

On peut donc considérer que le Rite Ecossais Rectifié mène le postulant de l’Ancienne Loi à la Nouvelle par la médiation active de Saint André, lui qui autrefois quitta le sillage de Jean le Baptiste, dernier prophète de l’Ancienne Loi, pour suivre celui du Christ, dont est née la Loi Nouvelle.

C’est dans ce grade, en vérité capital, original et tout à fait spécifique au Rectifié [10], que se retrouvent les éléments essentiels de la pensée willermozienne, mais aussi et surtout, du christianisme non-confessionnel, convenant à tout chrétien ou à tout Frère bien disposé à suivre sa morale et son enseignement. Ce grade n’est pas réservé, en Belgique, aux Frères qui fréquentent les loges bleues du Rite. Il est ouvert à tout Maître-Maçon accompli, ayant pratiqué l’un des rites maçonniques dont les grades symboliques sont, eux aussi et par définition, vétéro-testamentaires.

 

2. Les quatre points de repère des grades symboliques rectifiés

 

Les Vertus chrétiennes sont groupées en trois vertus théologales ( la Foi, l’Espérance et la Charité), et en quatre vertus dites cardinales [11]( la Justice, la Tempérance, la Prudence et la Force).

L’édifice patiemment conçu par Willermoz repose tout entier et avec une merveilleuse cohésion, sur la pratique de chacune des « vertus particulières du grade ». Chacune des vertus cardinales préside à l’enseignement et à la morale propre d’un grade considéré. On pourrait penser que, à l’issue de l’écolage moral basé sur les vertus cardinales, le sommet de la construction willermozienne déboucherait logiquement sur les trois vertus théologales. Il n’en est rien. C’est le grade de Rose-Croix, profondément chrétien et rien d’autre [12] qui en est le dépositaire. Mais, circonstance troublante, des études récentes montrent et confirment de plus en plus souvent que, contrairement à ce que l’on pensait, il y aurait maintenant des présomptions très solides donnant à penser que l’auteur du rituel de Rose-Croix, qui date de 1760 environ, serait probablement…Jean-Baptiste Willermoz ! Quel édifice cohérent, complet et profondément chrétien eût constitué, dans cette hypothèse, un système maçonnique menant, par l’exercice répété de la Justice, de la Tempérance, de la Prudence et de la Force, à la Foi, à l’Espérance et à la Charité.

Mais il n’en fut pas ainsi, et on ne peut que subodorer ce qui, éventuellement, a distrait Willermoz de ce projet. Martinez et sa théosophie ?  Hund et son templarisme ?  On pourrait éprouver à cet égard comme une nostalgie. Espérons que la recherche donnera un jour les preuves documentaires nécessaires pour asseoir la  thèse du Rose-Croix willermozien.

La structure du Régime Rectifié est donc d’une parfaite orthodoxie chrétienne, partant au début du Temple de Salomon dans l’Ancienne Loi, pour revenir, à la fin, à la Jérusalem Céleste de l’Apocalypse de Jean de Patmos..

 

3. Pourquoi un rite chrétien dans une maçonnerie universaliste ?

 

La question qui se pose à certains de nos FF est la suivante : comment un rite maçonnique peut-il se revendiquer d’une seule religion, ou croyance, alors que la maçonnerie est par définition universaliste et constitue de nos jours le centre d’union de toutes les croyances ? Pourquoi favoriser la Bible, et singulièrement le Nouveau Testament, alors que bien d’autres livres sacrés sont admis comme supports locaux des serments ? N’est-ce pas réduire l’ouverture du compas ?

La réponse nous amène à faire un nouveau flash back à caractère historique.

La Franc-Maçonnerie britannique et protestante est en effet devenue universaliste et ouverte à toutes les religions depuis1813, date de la réconciliation et de l’union entre la Grande Loge des Anciens et celle des Moderns. En France, dès ses débuts en 1730, la maçonnerie est très majoritairement fréquentée par des catholiques apostoliques et romains. Toutes les structures de l’Etat, les corps constitués, la société civile d’Ancien Régime, les associations privées, tout est soumis au pouvoir de l’Eglise catholique. Le Roi lui-même est oint par un évêque et tient ses pouvoirs, qui sont du reste absolus et aucunement constitutionnels, de Dieu. Louis XVI est roi de France et de Navarre par la grâce de Dieu.

En 1813, nous sommes à la fin des guerres d’Empire. Les Français ne se soucient aucunement des évolutions de la maçonnerie anglaise, l’ennemi acharné de la France. La maçonnerie française, après son éclipse révolutionnaire, est totalement domestiquée par Napoléon, ses frères et ses maréchaux . Bien que déjà laïcisée, elle demeure chrétienne, par fidélité à ses origines sociologiques propres, mais aussi par loyauté envers les valeurs qui ont constitué l’Ordre maçonnique moderne en 1717.

 

Quelles sont ces valeurs ?

 

Nous les trouvons explicitées sans ambiguïté dans le premier document constitutionnel que l’obédience-mère du monde publie, six ans après sa naissance.  En 1723, les pasteurs Anderson et Désaguliers établissent clairement ceci : le métier de la construction manuelle, qui a partiellement servi de modèle symbolique à la nouvelle association intellectuelle, était chrétien, et même catholique romain jusqu’à Henri VIII. L’ensemble des Anciens Devoirs, rédigés depuis le XIVe siècle, est encore partiellement disponible pour en attester. Ces textes ont été publiés en anglais et en traduction française et devraient être connus de tout maçon. De plus, les Constitutions d’Anderson elles-mêmes reprennent à leur compte le christianisme qui imprègne la société du temps, mis à part quelques originaux débauchés et sans morale tels mylord Wharton et son Hell’s Fire Club.

Il convient donc de passer quelque temps sur le texte de ces Constitutions, et pas seulement sur l’article 1er des Obligations que tout maçon connaît par cœur. Je rappelle rapidement qu’on a voulu faire dire bien des choses à ce texte. Par exemple, que si «  les athées stupides » étaient exclus du projet andersonien, cette exclusion, entraînait l’admissibilité a contrario[13] d’hypothétiques « athées non stupides ».Thèse insoutenable ! Outre qu’il était impensable, à l’époque, d’imaginer un athée qui ne fût pas stupide, [14] un raisonnement symétrique, appliqué au second terme de la phrase, rendrait donc possible l’accès dans l’Ordre aux « libertins religieux »[15], expression tout aussi contradictoire que «  athée non-stupide ».

Les Constitutions d’Anderson sont chrétiennes, rédigées par deux chrétiens, à l’intention d’une association peuplée de chrétiens. Cette dernière est essentiellement protestante d’ailleurs, puisque le mot «  denomination » en anglais se réfère aux nombreuses chapelles qui constituent le monde issu de la Réforme. Le Centre d’Union est donc celui des chrétiens, quelle que soit leur chapelle particulière. [16]

Je ne veux pas me contenter d’affirmer ceci, alors que des dizaines de volumes ont été consacrés à la défense de thèses opposées, pour une large part issues du GODF et du GOB.[17]

Je vous donne donc rapidement six exemples tirés de la totalité du texte des Constitutions, dont on ne connaît trop souvent que le chapitre disciplinaire. Les numéros de page sont ceux de l’édition originale anglaise, qui connaît des paginations diverses dans ses innombrables traductions.

 

1.  L’identité de Dieu et du Grand Architecte de l’Univers est tout d’abord posée : « Adam, notre premier ancêtre, créé à l’image de Dieu, le Grand Architecte de l’Univers…(page 1 ).

 

2.  « De plus, cette branche sacrée de Sem,  de laquelle, par la chair, le Christ est venu, ne dut pas être maladroite dans les arts savants d’Assyrie etc. » (page 7 ).

 

3.  « Rome devint le centre de la Connaissance aussi bien que du pouvoir impérial, jusqu’à ce que les Romains arrivent au zénith de la gloire sous Auguste César, sous le règne de qui est né le Messie de Dieu, le Grand Architecte de l’Eglise ». ( page 24 ).[18]

 

4.  «  Les nations asiatique et africaine subirent la même calamité à la suite des conquêtes des Musulmans ( Mahométans dans le texte anglais) dont le grand dessein est seulement de convertir le monde par le feu et par l’épée, au lieu de cultiver les arts et les sciences ».[19]

(page 28 ).  Ces derniers sont donc exclus, de même du reste que les Juifs, dont fort peu de représentants peuplent alors les loges anglaises et continentales, et dont la présence rarissime suscite  la colère des FF chrétiens. [20]

 

5. Dans son édition de 1738, Anderson insiste sur les mérites de la Résurrection : «  le Seigneur J.C., âgé de 36 ans (sic) a été crucifié hors des murs de Jérusalem…et est ressuscité d’entre les morts le 3° jour, pour la justification de tous ceux qui croient en lui » 

 

6.  Et plus étrange et plus fort encore, le GADLU est cette fois assimilé au seul Jésus-Christ : «  La parole s’est faite chair et le Seigneur J.C. Immanuel (sic) est né, le Grand Architecte de l’Eglise chrétienne ».

 

En France, le Rite Ecossais Rectifié a presque cessé d’exister tout au long de la Révolution française et de la Terreur, nous allons le voir dans quelques instants. Il disparaît même  dans ce pays durant la presque totalité du XIXe siècle. Pour cette raison d’ordre historique, il a pu retrouver, lors de sa résurrection, le caractère chrétien inaltéré de ses origines, alors que d’autres futurs rites, tel le Rite Français en puissance, se voyaient raboter le leur sous la pression des événements politiques. Tel la Belle au Bois Dormant, le RER se réveillera intact et toujours jeune après un long sommeil, alors que d’autres ( futurs) rites auront mal vieilli et se seront dénaturés.

Le RER tient à préserver ce caractère, mais ceci n’implique pas, de nos jours et en Belgique, que le Rite soit fermé aux FF non-chrétiens ; il leur est ouvert, à condition que ceux-ci respectent sa spécificité et se conforment à ses usages. Il n’en va pas autrement dans les universités telles l’Université Catholique de Louvain et l’Université Libre de Bruxelles. La première s’affirme catholique, la seconde libre-exaministe. Aucune de ces deux institutions n’exige plus de ses étudiants qu’ils partagent les croyances religieuses ou la méthode philosophique qu’elle proclame. Mais toutes deux exigent qu’ils s’abstiennent de contester ou de combattre les valeurs qui constituent leur essence spirituelle même.

De hautes autorités du RER telles Jean Tourniac en France et certains dirigeants du rite en Belgique ont précisé l’esprit dans lequel un F. non-chrétien peut accéder de bonne foi au RER. Les rituels de Maître Ecossais de Saint André et même le célèbre armement de CBCS expriment, avec nuance, sensibilité et compréhension, cette ouverture aux non-chrétiens.

Permettez-moi de clôturer ce point de mon exposé par une conclusion personnelle : l’Ordre maçonnique est d’essence chrétienne et tous les rites maçonniques authentiques le sont aussi. Tous, ils se vivent dans des loges de Saint Jean.

Tous travaillent à la gloire du Grand Architecte de l’Univers et en présence, dans nos régions, de la Bible ; ceci a duré pendant tout le XVIIIe siècle, avant les déviations doctrinales et politiques du XIXe.

Tous, ils comportent des prières dans leurs versions originales et authentiques, et quand je dis tous, j’entends notamment : le RER, le RF, le REAA. Et j’en tiens les textes à la disposition des FF qui seraient surpris voire sceptiques.Il nous faut maintenant aborder le point crucial de cet exposé....

 

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Published by Thomas Dalet - dans Histoire du RER
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