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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 07:55

J’ai été invitée un jeudi soir de décembre, aux alentours de midi, à la suite d’un meurtre dans le temple de Salomon. Trois surprises m’attendaient ce soir là. La première était de pénétrer dans le temple à reculons, la seconde était de découvrir le temple tendu de noir, désorienté, et la troisième, et non la moindre, d’être soupçonnée du meurtre d’un homme que je ne connaissais pas.

Après disculpation, j’ai pris part à la reconstitution du meurtre d’Hiram. J’ai pris sa place en tant que victime. Morte une première fois avant mon initiation, j’ai vécu une seconde mort.

Le relèvement qui a suivi m’a profondément questionnée. Cette planche retrace le cheminement de ma pensée et le sens que j’ai pu donner à cet acte.

Le Mythe

L’action se déroule dans le temple de Salomon, première version, vers 960 avant JC, alors que les travaux s’achèvent, et qu’ Hiram termine son inspection journalière. En ce qui concerne les protagonistes, d’un côté trois compagnons, contrariés de ne pas être maîtres à l’approche de la fin des travaux. Trois mauvais compagnons dont on ne connait pas le nom, l’âge ou le métier, mais qui, par principe sont mauvais. De l’autre, Hiram, ou plus précisément Hiram Abi, célèbre Architecte, envoyé au roi Salomon par Hiram, roi de Tyr, pour diriger les travaux de construction du Temple. Les armes du crime sont trois outils de chantier : une règle pour un 1er coup porté à l’épaule gauche, un levier pour un 2ème coup porté à l’épaule droite et un maillet pour un 3ème et dernier coup fatal porté à la tête.

Le scénario maintenant : à l’approche de la fin de la construction du temple, trois Compagnons veulent connaitre les mots signes et attouchements des maitres et s’adressent à Hiram. Il aurait pourtant été plus simple de questionner n’importe quel autre maitre ... Trois mauvais compagnons, pas très futés, qui vont laisser des traces de sang dans le temple, qui vont déplacer le corps du mort , pour l’enterrer dans une position à mi chemin entre la position à l’ordre des compagnons et celle des maitres, en laissant des outils à côté de la tombe, et qui iront même jusqu’à marquer l’emplacement de la sépulture d’une branche d’acacia. Et pourquoi pas un panneau indicateur aussi? A première vue, c’est le crime de la bêtise.

Mais une telle accumulation de maladresses devient rapidement suspecte et m’incline à penser qu’il y avait une impérieuse nécessité à retrouver le corps d’Hiram…

Pour finir, la version officielle, sous forme allégorique, se termine sur une leçon de morale où les trois mauvais compagnons représentent l’ignorance, le fanatisme et l’ambition. Elle oppose le courage et l’incorruptibilité d’Hiram à la bêtise des trois assassins.

Ainsi, il y aurait donc d’un côté Hiram, le maitre exemplaire, et de l’autre trois mauvais compagnons particulièrement stupides et misérables. Le blanc, le noir. La lumière et les ténèbres. Tiens revoilà une association bien connue en F\M\…. Une juxtaposition des contraires qui me pousse à aller de l’avant dans ma réflexion.

Cette reconstitution du meurtre a suscité chez moi beaucoup de questions. Si Hiram était aussi sage et clairvoyant que l’on dit, il aurait dû déceler le complot. Il ne faut pas oublier qu’Hiram a embauché ces ouvriers, les a initiés et même élevés au grade de compagnons. Comment comprendre ce mauvais choix ? En était ce vraiment un ?

Il n’y a pas d’App et de Comp sans Maitre. Un Maitre qui n’a pu instruire que des Compagnons ou des Apprentis meurt avec eux. Mais lorsque le compagnon devient Maitre, alors le Maitre meurt comme la fleur meurt quand le fruit la remplace. Hiram meurt pour mieux renaitre au travers du Comp\ qui va être relevé. Hiram CHOISIT de mourir. En instruisant les mauvais compagnons, il instruit ses meurtriers. En emportant avec lui le mot des maitres, il initie la quête de la parole perdue et enclenche le cycle de sa recherche. Par sa mort, il devient un éveilleur de conscience. En tuant Hiram, et en m’identifiant à lui, je m’intègre et je renforce ce cycle.

Hiram meurt par les trois mauvais compagnons, qui participent ainsi à l’émancipation de l’ensemble des maitres. Dans cette optique, les trois mauvais compagnons et Hiram ne font qu’Un. Comme la fleur et le fruit ne font qu’un. Les trois mauvais compagnons ne disparaissent pas. Ils font partie d’Hiram. Ils sont toujours en nous, on pourrait dire qu’ils se transmutent en Hiram. C’est là tout le symbole de la branche d’acacia. Et l’obligation de retrouver le corps devient alors évidente. Hiram se fait assassiner par lui même. Il ne peut revivre que si son corps est retrouvé.

Il se fait relever par lui même puisque les Maitres qui le lèvent par les 5 points parfaits de la maitrise sont d’autres Hiram relevés. Les mauvais trois compagnons et les trois maitres sont les mêmes. Les trois compagnons et les maitres sont Un, c'est-à-dire l’unité.

La mort d’Hiram est similaire au schéma : mort par assassinat suivie d’une résurrection, opéré par Osiris et Seth

C’est une association paradoxale mais pourtant inséparable, une dualité réussie, un équilibre entre le civilisé et le barbare, qui s’opère en chacun de nous. En tuant son frère, Seth détruit ses formes révolues pour provoquer une mutation de son être. Il ne le verrouille pas, mais le libère de ses blocages, de son horizontalité. Il assure ainsi la dynamique de ses cycles régénérateurs.

Le Relévement

Grâce aux mauvais compagnons que je suis, je suis morte à moi même. J’ai quitté le plan horizontal pour être relevée. Je suis passée de l’équerre au compas. Les mauvais compagnons sont en moi, je me reconnais en eux comme en Hiram. Je dois apprivoiser ma part d’ignorance, de fanatisme et d’ambition. Espérer les faire disparaitre est pure chimère. Seth ne disparait jamais. Horus ne le tue pas. Et c’est un choix délibéré.

La force et la volonté qui émane des seuls Trois compagnons passés à l’acte, comme l’agressivité Séthienne doivent être jugulées, canalisées, contrôlées, pour être utilisée à de meilleurs dessins.

La mythologie Egyptienne là encore, me montre la voie, en plaçant Seth, l’Agressif, en protecteur, à la proue de la barque solaire, en lutte perpétuelle contre le chaos et le serpent Apophis.

Je dois apprendre à canaliser mon agressivité, à l’éduquer pour ne pas être emportée par elle. Apprivoisée, cette part destructrice sera, pour moi, une source d’énergie vitale et de dynamisme créateur. Les ténèbres et la lumière sont une seule et même chose.

Par la marche du M.M\, je suis passée de l’équerre au compas. Alors qu’App.App\ ou Comp.Comp\, ma marche se faisait sur un plan horizontal, vers l’avant, vers la lumière, désormais je change de dimension. La dimension spirituelle s’ouvre à moi. Je n’ai pas été relevée à l’issue de voyage. C’est la Maitrise elle même qui devient le voyage. Elle est même plus que cela.

Mes voyages de Comp.Comp\ n’avaient pas de but précis. L’errance n’était pas loin. J’ai mis du temps à comprendre que le voyage était avant tout intérieur et que c’est avant tout moi même que je cherchais. Désormais j’ai une quête à poursuivre. Celle de la parole perdue, celle de rassembler ce qui est épars. Mais est ce si différent de ma recherche précédente?

Je suis DEBOUT maintenant, sans Surveillant, en capacité pleine et entière d’agir, responsable de mes actes. Libre de parcourir le temple et le monde. A la merci des mauvais compagnons que je porte, mais aussi portée par la force d’Hiram dans lequel je me reconnais.

L’une des principales choses qui m’ait été transmise, c’est la possibilité de me révéler à moi-même. Quand je prends conscience de ce que je suis, de mes zones d’ombre et de lumière, je peux me développer, m’épanouir, selon mes désirs et mes capacités. Passer de la matière à l’esprit, de l’affectif au fraternel. Je dois conserver des mauvais compagnons la volonté de progresser, mais écarter ma violence, mes passions et mes vanités. Être en capacité de séparer l’essentiel de l’accessoire, le matériel du spirituel, voilà mon travail en chambre du Milieu.

Si je suis en capacité de faire cela, alors les forces en apparence opposées se résoudront dans l’Unité, dans l’axe vertical.

Debout, je suis un axe entre la terre et le ciel. Entre l’équerre et le compas. Entre l’ordre de la nature et celui de l’esprit. Juste milieu si difficile à réaliser et maintenir individuellement. Ce relèvement marque le dynamisme vainqueur de l’inertie. Je suis sortie de la léthargie de la mort. Je suis vivante, je suis debout. Mon chaos intérieur est, pour un instant, vaincu. Comme le pilier Djed, redressé lors de la résurrection d’Osiris, l’ordre intérieur est rétablit. ORDO AB CHAOS.

J’ai été reçue en chambre du Milieu. Ce qui m’a été donné, je dois non seulement le rendre, mais avant tout le faire fructifier. Je suis Hiram désormais et sa mission devient mienne. J’ai un Temple à construire. J’ai des devoirs.

Car Hiram n’a pas ressuscité. S’il se réincarne dans le corps du nouveau Maitre que je suis, c’est parce que JE CHOISIS de m’identifier à lui. Pas parce que je suis habitée ou hantée par l’esprit du maitre assassiné. J’agis par Devoir et non par Obligation car je le fait de ma libre volonté. En faisant ce choix, je fais vivre le mythe. Celui de la transmission.

Transmission et cycles

S’il fallait retrouver la tombe et le corps d’Hiram, c’est pour le relever, pour me relever. Hiram est mort pour renaitre à travers moi. Je devais être relevée pour intégrer le cycle.

Car le 3ème degré, plus encore que les précédents, renvoie aux cycles. Au passé, par la marche à reculons. Au futur, par le relèvement qui m’a fait mourir pour grandir.

Je sais désormais qu’il y a un temps pour chaque chose. Un temps qui me fait vivre plusieurs vies simultanément : je suis éplorée par le meurtre que j’ai moi même commis, je suis le gardien d’un tombeau où j’ai enseveli un corps que jadis j’occupai. Le jeune maitre que je suis a conscience de tous ces cycles : je suis dans le passé, le fruit de l’amour des Maitres qui m’ont précédée et m’ont instruite, le présent car j’ai la responsabilité de la construction du temple, et le futur par la transmission que je dois opérer vers les App.App\ ou les Comp.Comp\.

Quelle est la différence fondamentale entre la mort/renaissance de l'initiation au premier degré et celle de l'exaltation au 3ème ?

Dans le premier cas, le F\M\ renaît EN LUI-MÊME, après avoir traversé l'épreuve de la terre c'est-à-dire un voyage en lui-même.

Dans le deuxième cas, il renaît EN L’AUTRE. Il le fait après avoir connu la trahison, mais il le fait GRACE aux autres, pour se réincarner, non dans un message, mais dans une œuvre collective.

A mon sens, et c'est ce que j’ai découvert en tant que surveillant, en Maçonnerie, il y a non seulement une résonnance à trouver en soi, pour chacun de nos symboles, mais également à trouver dans la démarche initiatique elle même.

Après être mort à ses certitudes, avoir envisagé le fait que la lumière était chemin, avoir été à la rencontre des vérités des autres, avoir connu le doute, la trahison (celle souvent anecdotique des autres, celles, plus ennuyeuses de ses propres convictions), le M.M\ peut espérer sa survie dans l'autre. Comme ce n'est pas un gourou et qu'il ne s'agit pas de se réincarner dans quelques doctrines ou la foi de quelques fidèles, cette préservation, c'est grâce au travail des autres, dans la valeur et le sens qu'il saura donner à ce travail, qu'elle s'opère.

Il a fallu 3 MM pour relever Hiram. Ce relèvement c’’est la fraternité mise en acte. Isolée, je ne suis rien. J’ai été relevée par les 5 points parfaits de la maitrise, par l’action collective des M.M\ qui m’ont précédée et qui vont à travers moi, donner vie au travail qu’ils ont accompli.

Ainsi, au travers de cette transmission, le fil ténu qui lie les parts de vérités mises à jour au cours du temps, par les F\M\, court, de générations en générations et le Temple s’élève.

En me permettant de retrouver en lui I'Hiram qui sommeille en chaque initié dont la conscience est transcendée par la mise en œuvre du rituel, ce mythe m’apprend l'éternel recommencement de la vie en montrant que la mort d'un maître humain, aussi inspiré fut-il, est immédiatement suivie par la venue d'un nouveau maître auquel est transférée la capacité de ramasser les outils déposés par le précédent afin de poursuivre l’œuvre qui n'est jamais achevée.

Ce mythe constitue également une formidable leçon d'humilité en ce qu'il traduit de manière opérative l'impermanence et la relativité de la grandeur, réelle ou supposée, des hommes même les plus vertueux et les plus remarquables.

Conclusion

« Je sui mort parce que je n’ai pas le désir,
Je n’ai pas le désir parce que je crois posséder,
Je crois posséder parce que je n’essaye pas de donner,
Essayant de donner, on voit qu’on n’a rien,
Voyant qu’on n’a rien, on essaye de SE donner,
Essayant de se donner, on voit qu’on n’est RIEN
Voyant qu’on n’est rien, on désire devenir,
Désirant devenir, on VIT. »

René Daumal

Lors de mes impressions sur la cérémonie d’exaltation, je vous avais fait part de l’immense joie qui m’avait envahie, de voir ce soir là, réunis dans ce temple, tous les M.M\ qui avaient œuvré de près ou de loin, à mon instruction.

Avec le temps, je réalise que l’amour, solide et sincère, que vous me portez, me change profondément. Il m’a fait intégrer un cycle vertueux où je me construis PAR et AVEC vous.

Ce soir de décembre, il n’y pas eu de révélation. Juste une transmission. Celle d’une quête qui me concerne et m’est intime, mais aussi d’une autre bien plus grande, qui me nourrit et où je ne suis qu’un maillon.

Une chaine qui existait bien avant moi et qui perdurera bien après, mais à laquelle je choisis de travailler, car, debout, devant vous, ce soir de décembre, du meurtre au relèvement, l’amour a été plus fort que la mort.

T\R\M\ j’ai dit.

  

Source : www.ledifice.net

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Published by L\ T\ - dans Planches
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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 21:01
  • Choix et consécration d'un lieu sacré, d'un templum qui peut être soit définitif, soit temporaire.
  • Eloignement des profanes, des "indignes" et parfois des catéchumènes.
  • Ouverture de la cérémonie qui crée un Espace Sacré et un Temps Sacré.
  • Mort et résurrection du néophyte qui est guidé par un parrain ou un personnage psychopompe.
  • Diverses épreuves qui prennent souvent la forme de « voyages » plus ou moins figurés, mais toujours symboliques.
  • Jugement du candidat par ses futur pairs qui l'acceptent ou le rejettent.
  • Prestation d'un serment solennel, accompagné de menaces pour le cas où il serait violé.
  • alors le néophyte est admis à porter les marques d'une nouvelle personnalité un nouveau nom, une véture particulière, un âge symbolique, un métier « sacré »
  • On lui confie, sous le sceau du secret, les moyens de se faire connaître des initiés parvenus au même degré de la hiérarchie spirituelle : signes, gestes, marche, etc…
  • La cérémonie s’achève par le rite de clôture, analogue à celui de l’ouverture

Source : http://lesarchivesdesalilus.hautetfort.com/

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 15:35

Lors de la cérémonie d’élévation à la Maîtrise, les trois actes du meurtre d’Hiram nous sont présentés avec les différents protagonistes et leurs attributs symboliques.
Le premier acte voit s'accomplir le meurtre de l'Architecte par trois mauvais compagnons ; le deuxième acte concerne les recherches et la découverte du cadavre ; enfin, le troisième acte est consacré au relèvement, depuis la position horizontale jusqu'à la position verticale, du corps inerte d'Hiram.
Le 1er acte de ce meurtre symbolique s’articule autour de 3 pôles : la victime, les criminels et les outils du meurtre.
Aujourd’hui nous nous intéresserons, aux trois outils : la règle, le levier et le maillet, qui ont servi à perpétrer ce meurtre.
Mais je ne saurais passer sous silence, la personnalité de la victime et les circonstances de ce drame symbolique.
La personnalité de la victime
Salomon, voulant élever un temple à l'Eternel demanda l'appui de son voisin, le roi de Tyr. Celui-ci lui envoya les plus habiles de ses ouvriers, et un homme chargé de diriger les travaux du Temple, un architecte nommé Hiram.
Aussi farouche qu'instruit, Hiram possédait l'Art de bâtir jusqu'en ses moindres détails. A son arrivée, Hiram avait réparti les ouvriers en trois classes distinctes selon leur profession : à sa droite, se rangèrent ceux qui tra­vaillaient le bois, à sa gauche, ceux qui s'occupaient des métaux ; enfin, au milieu se trouvaient ceux qui travail­laient la pierre.
Hiram divisa chacune des classes en trois parties, d'après le savoir de ceux qui les composaient. Les moins instruits constituèrent dans chaque classe les apprentis ; ceux qui étaient habiles dans les travaux qu'ils exécutaient furent les compagnons, enfin ceux qui dirigeaient les autres furent les maîtres.
les Apprentis se rassemblaient devant la colonne J:. pour recevoir leur instruction, leurs vivres et leur salaire ; les Compagnons, faisaient de même près de la colonne B:., enfin les Maîtres, étaient admis à se réunir dans l'intérieur du Temple.
Afin d'empêcher toute confusion entre ces ordres, chacun des membres recevait une parole mystérieuse indi­quant sa place dans la hiérarchie. Dans cet ordre établi par le Maître, seul le savoir permettait aux ouvriers de s'élever d'un rang.
Chacun se félicitait de sa direction empreinte à la fois de justice et de bonté. On lui était reconnaissant d'avoir organisé le travail d'une manière équitable, en proportion­nant les salaires aux capacités.
Le Drame Symbolique
L'admirable organisation, instituée par ce chef bienveillant, aurait dû fonctionner d'une manière parfaite. Mais la perfection n'est pas dans la nature des choses : c'est un idéal vers lequel tendent les êtres et les institutions, mais que nul ne saurait atteindre.
Hiram hélas, devait éprouver en sa personne à quel point la perversité se glisse insidieusement dans le cœur humain, en dépit de tous les efforts d'instruction et quelle que soit la sagesse des mesures prises dans l'intérêt commun.
Trois mauvais Compagnons persuadés que la Maîtrise leur était due, alors qu'on persistait à leur refuser cet avancement, voulurent arracher de force au grand architecte du Temple la parole mysté­rieuse des maîtres. Il organisèrent, à cet effet, le plus infâme des complots. Ils décidèrent son assassinat : cet acte de violence injuste et odieux qui consiste à exécuter un innocent.
Les maîtres se réunissaient chaque jour dans une chambre située au milieu du temple. Le sage Hiram sortait le dernier de tous, après s'être assuré par lui-­même de la bonne exécution de ses ordres. Connaissant cette particularité, les trois compagnons s'embusquent chacun à l'une des trois portes et attendent la sortie du grand architecte.
Hiram, les travaux de la journée accomplis, se dirige vers la porte Sud, où il trouve le premier qui lui demande la parole des maîtres. Hiram lui répond : « travaille, persévère et tu seras récompensé » ; le com­pagnon veut frapper Hiram à la gorge avec la pesante règle de fer dont il s'est armé ; le maître détourne le coup et est atteint à l’épaule droite.
Hiram se rend alors à la porte de l'Occident qui ser­vait d'entrée commune à tous les ouvriers. Là se trou­vait le 2e compagnon qui, sur le refus du maître de livrer son secret, le frappe avec son levier à la nuque, le coup est détourné sur l’épaule gauche.
Tout étourdi, Hiram se traîne jusqu'à la porte de l'Orient où il rencontre le 3e conjuré, « plutôt la mort que de violer le secret », répond Hiram. Rendu plus furieux encore que ses complices par le refus de l'architecte, le criminel l'achève d'un coup de maillet sur le front.
La légende, réduit à trois, les ouvriers criminels. Fait unique dans les rituels de la Maçonnerie bleue : ce sont trois symboles à visage humain qui fomentent et exécutent le meurtre d'Hiram. Ils représentent : l’ignorance, le fanatisme et l’ambition.
Ensemble ou chacun, ils symbolisent également les tares les plus condamna­bles de l'homme profane ou bien de l'initié qui a si mal ou si peu travaillé sa Pierre qu'il ne sait pas maîtriser ses instincts, ses envies, ses pulsions internes.
La préméditation de leur méfait est manifeste, les ouvriers félons ayant comploté et s'étant munis d’armes avant de passer à l'acte.
Les outils du meurtre
A propos de ces outils, tout Maçon a le droit légitime d'exprimer sont étonnement d'entendre prononcer dans le rituel, le nom d'Outils symboliques ravalés en la circonstance au rang d'armes offensives et meurtrières. Il semble invrai­semblable et aberrant que plusieurs outils puissent, même à titre exceptionnel, servir à blesser un être humain et lui donner la mort. A priori, le but du symbole n'est pas de tuer mais, au contraire, de nous aider à vivre mieux.
Mais en Maçonne­rie, rien ne se fait sans raison. Il serait vain de croire en effet que ces trois acteurs se situent successivement en trois lieux différents du temple et que la victime est frappée par trois outils en trois endroits différents de son corps pour l'unique besoin d'une mise en scène.
Pourquoi ces 3 outils ont-ils été choisis pour perpétrer le meurtre ?
Tout d’abord la Règle
Parce qu’elle sert à tracer des lignes droites, la règle est un symbole de rectitude. A l'origine, en effet, la règle est l'instrument primordial du Maître d'Oeuvre, qui conçoit l'ordonnance du Temple, en tant que struc­ture terrestre, réplique d'un ordre céleste. La règle a ainsi non seulement une valeur symbolique, mais plus profondément une valeur spirituelle, en se définissant comme un trait d'union entre le ciel et la terre.
Son importance est soulignée lors des voyages de la postulante au grade de C.'., elle l’accompagne dans 4 des cinq voyages. La règle du Compagnon divisée en 24 sections incite, à chaque heure du jour, à chaque instant, la Franc-maçonne à se mettre à l'ouvrage dans la rectitude, dans l'application, dans la régularité. Outil symbolique actif, elle se combine aisément avec un certain nombre d'autres outils actifs ou passifs. Avec le Compas, elle donne la possibilité de construire presque toutes les figures géométriques. En association avec la Perpendiculaire et le Niveau, elle permet la mise en place correcte des pierres de l'édifice. Enfin, avec l'Equerre, elle est indispensable pour vérifier le travail accompli.
Instrument par excellence de l'Art du Trait, cette science secrète dont Hiram se servit pour l'édification du Temple de Salomon, elle sert non seulement à concevoir l'édifice, mais à le réaliser et à vérifier la justesse de la construction, de ses proportions. Princi­pe créateur, la règle est présente à toutes les étapes, de l'idée à la concrétisation. Elle permet la précision dans l'exécution.
Pour la Maîtresse Maçonne la Règle permet la mesure parfaite de l'espace car ses proportions sont proches du nombre d’or. Mais elle lui donne aussi le sens de la mesure. Mesure dans le contrôle des pulsions et des attitudes.
Elle est aussi le symbole de l'Autorité. La Règle est le Sceptre du professeur, c'est d'elle qu'il va se servir en tant que pédagogue lorsqu'il frappera sa chaire afin d'obtenir, de ses élèves, le silence qui doit accueillir sa parole. Et il adviendra parfois qu'elle lui serve également d'instrument de correction en même temps que d'affirmation de son ascendance, de son pouvoir.
Qu'elle préside à l'édification d'un temple (art du trait), aux conventions (règle de jeu, règle de vie) ou aux statuts (règle religieuse), la règle propose des directions qui toutes visent à une construction, qu'elle soit d'ordre physique, moral ou spiri­tuel.
Ensuite le Levier
Au IIIe siècle avant JC, Archimède, Mathématicien grec, aurait affirmé être capable de soulever le monde à l’aide d’un levier. Cette image particulièrement frappante était destinée à démontrer la toute-puissance de l’un des plus anciens outils utilisés par l’homme pour déplacer les charges lourdes.
Le Levier sous sa forme la plus élémentaire est une barre rigide, mobile autour d’un axe ou d’un point fixe. Comme Archimède l’a démontré, deux forces sont alors en présence : d’une part la force motrice appelée « puissance » qui correspond à l’action de l’homme, d’autre part la force appelée résistance qui est le poids de la pierre.
Le Levier sous-entend l'effort maximum, et par là, il fait référence à la Force. La Force est cette vertu qui consiste tout aussi bien à pouvoir contenir les plus grandes craintes, qu'à modérer les mouvements d'audace les plus hardis, afin que l'Homme, à cette occasion, ne se détourne jamais de son devoir. Le levier est donc l'outil qui permet de multiplier les forces de la Maçonne.
Cette faculté, que l'ancienne scolastique médiévale dénommait le don de Force, est en fait le Courage.
Mais le levier est comme le Ciseau, un intermédiaire "passif". Il ne devient "actif" que par la puissance de celui qui l'utilise. Il se rapporte donc à la Connaissance accessible par l'initié. Le Levier devient alors Force féconde mais dangereuse si elle n'est pas contrôlée par la Règle, le Niveau et la Perpendiculaire.
Le 3e outil est le maillet
Le maillet est un marteau de bois à deux têtes, dont se servent en Loge la Vénérable Maîtresse, et les deux Surveillantes pour faire exécuter les travaux, donner des signaux, provoquer des ondes sonores rythmiques et imposer le silence. Entre leurs mains, le Maillet symbolise le pouvoir.
Le maillet est l’arme de Thor, dieu nordique de l’orage, outil d’Haphaïstos, dieu de la forge. Etant assimilé à la foudre, il est à la fois créateur et destructeur, instrument de vie et de mort.
C’était également l’arme par les soldats au Moyen-Age et l’outil à un grand nombre d'ouvriers et d'artisans tel le menuisier, le tonnelier ou le tailleur de pierre.
Il est généralement en buis, bois choisi à cause de sa dureté et il symbolise la fermeté et la persévérance.
Le Maillet agit de façon discontinue. Ceci montre que l'effort ne peut être poursuivi sans interruption et qu'une pression continue sur le Ciseau lui enlèverait toute précision. Le maillet est alors le symbole de l’intelligence qui agit et persévère.
Dans certaines civilisations, on posait le maillet sur le front des agonisants pour leur faciliter le passage, l’envol de l’âme. Cette tradition se retrouve à Rome, le Doyen du Sacré Collège, frappe d’un coup de maillet en ivoire, le front du pape qui vient d’expirer, avant de proclamer sa mort.
La symbolique du Maillet révèle trois formes du puissance :
- la puissance brutale à caractère primitif de l’arme de combat terrestre,
- la puissance créatrice et ordonnatrice à caractère divin de l'activité céleste symbolisée par la foudre ou le tonnerre,
- et la puissance de connaissance avec un caractère relationnel de l'humain au divin.
Ces trois outils au symbolisme profond font référence à un grand nombre de vertus :
La règle fait référence à l’Ordre, à travers la rectitude et la régularité,
Le Levier à la force, au courage, et à la résistance
Le maillet à l’intelligence, la persévérance,
Ce sont des outils de construction destinés à nous faire avancer dans la connaissance maçonnique et spirituelle grâce à leurs apports positifs.
Dans la mort de notre Respectable Maître Hiram, ils sont détournés de leurs aspects positifs pour se révéler être des armes redoutables au service de la violence brutale et de la mort. Mis dans les mains des mauvais compagnons aux pulsions incontrôlées, générée par le désir de puissance, la recherche du pouvoir, ces outils retrouvent leurs aspects primitifs de démolition et de destruction.
Mais au-delà des aspects propres à chaque outil, il est nécessaire de d’essayer de comprendre quel sens attribué à leur rôle dans ce drame ?
A la Porte d'Occident, la première blessure est infligée avec la règle, à l'épaule droite, contraignant le Maître à plier le genou droit qui touche terre. Mais c’est la gorge, siège de l’émission verbale, passage de l’air et de la nourriture qui était visée.
L'Occident figure l'endroit le moins éclairé, le point cardinal où le Soleil - la Lumière maçonnique - disparaît pour un temps déterminé.
La Porte d'Occident est le passage oscillant entre le monde initiatique et le monde profane, entre la connaissance de soi (connaissance ésotérique) et les connaissances indispensables à la vie sociale (connaissances exotériques).
L'épaule et le genou droits représentent la latéralité positive, émettrice, active du corps humain. Sous l'effet du coup, ce pôle positif anesthésié provoque un court-circuit au contact de la Terre­ Elément.
Cette première blessure rituelle a pour objet de supprimer en Hiram son génie créateur, son habileté technique liée à son immense savoir intellectuel.
A la Porte du Nord - virtuelle dans le temple maçonnique - le Maître est blessé avec le levier à l'épaule gauche ; il tombe alors sur le genou gauche. Mais c’est la nuque qui est visée.
Le Nord est dans l'hémisphère boréal, assez bien éclairée ; on y fait siéger les Apprentis pour amorcer la dissipation des ténèbres de leur ignorance initiatique.
La Porte du Nord - qui existait concrètement dans le temple de Jérusalem - figure au plan astronomique le point cardinal où se trouve l'étoile polaire, au plan maçon­nique la présence de l'Etoile Flamboyante.
L'épaule et le genou gauches représentent le côté négatif, réceptif. Le traumatisme paralyse le côté du cœur, qui entre lui aussi en contact avec la Terre-Elément, déchargeant une grande partie de son énergie.
Cette deuxième blessure rituelle, destinée à tuer en Hiram ses structures éthiques, ses qualités morales et son acuité psychique, et son affectivité.
Enfin, à la Porte d'Orient, la 3e blessure est portée avec le maillet sur le front. Mortellement atteint, Hiram s'écroule à terre, les pieds tournés vers l'Orient, et rend le dernier soupir.
L'Orient est l’espace sacré d’où jaillit la Lumière. Dans le temple maçonnique la Porte d'Orient s'ouvre sur la Lumière initiatique et sur l'Orient Eternel.
Etendu sur le dos, à l'horizontale, le corps de l'Architecte, sa tête en direction de l'Occident, est en contact total avec la Terre­ Elément, c'est-à-dire avec la matière, laquelle possède les mêmes composants que ce corps physique.
Cette troisième blessure a l'aspect rituel de "coup de grâce" : acte délibéré du bourreau à l'encontre de sa victime.
Mais il est capital d'observer la position du corps d'Hiram, pieds vers l'Orient­ et tête vers l'Occident. Ce dernier point cardinal est en effet, le lieu du soleil couchant, de l'obscurité naissante, donc de la quasi-ignorance et de la mort physique, exotérique en quelque sorte.
La tête est un lieu de passage vers le cosmos de l'énergie spirituelle de l'être humain, ainsi qu'une entrée à l'intérieur de ce dernier des énergies cosmiques symbolisées par la Lumière.
En conséquence, le geste violent du troisième compagnon veut avoir pour résultat de briser en Hiram sa Porte d'Orient, d'inter­rompre l'écoulement de son énergie vitale, de mettre fin à la connaissance spirituelle acquise par l'Architecte, d'anéantir le grand initié qui avait élevé un temple à la gloire de la Lumière éternelle. Mais ce résultat n'est pas obtenu car le chef-d'œuvre réalisé durera un certain temps alors que le Temple Intérieur d'un parfait initié est bâti pour toujours ; seul le corps physique d'Hiram cesse de vivre.
Enfin, l’ensemble des trois blessures composent dans l'espace un triangle dont le symbolisme nous renvoie au Delta Lumineux, au Principe Créateur, au Grand Architecte de l’Univers.
Le héros de ce drame n'a rien d'un homme ordinaire, en raison de l'œuvre capitale de sa vie, c’est l’initié accompli, le paradigme de toute initiation menée à son plus haut degré, le modèle que les Maîtres Maçons ont le devoir d'imiter, de prendre pour exemple à défaut de le diviniser.
Ces outils diabolisés nous plongent dans le monde profane où se développe la montée inexorable de la violence. Aussi moi, maîtresse maçonne, je dois avoir à l’esprit de toujours combattre :
la mauvaise mentalité qui a fait abattre sur le Maître la Règle du premier assassin ;
l'étroi­tesse de sentiment qui animait le misérable qui s'en est pris au cœur d'Hiram, en le meurtrissant à l'aide d’un Levier ;
la vanité, l'orgueil de commander et de briller qui a allongé la main du troisième vers le Maillet fatal, qui consomma le meurtre d'Hi­ram.
La légende d'Hiram vue à travers l’analyse des trois outils du meurtre, nous permet d’entrevoir une partie du mystère transmis par ce sage qui meurt plutôt que de livrer son secret, et qui ressuscite immortel. Le but tout entier de la légende se trouve renfermé dans cette mort du juste tué en secret et dans son écla­tante résurrection.
C’est la victoire de la vérité sur les erreurs, de la résurrection sur la mort, d'Hiram qui est la vertu sur les trois compagnons scélérats.
Car les outils ne sont que des instruments en nos mains. A nous de manier la règle, le levier et le maillet de manière positive.
En mourant avec le Maître, la maîtresse maçonne est morte à une existence vulgaire et misérable. Elle s’est relevée purifiée des passions grossières des mauvais compagnons. Transfigurée par la lumière de l’initiation elle ne redoute plus la mort car elle a acquis la liberté intégrale.

J’ai dit.

Source :  www.ledifice.net

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 14:38
 
Les connaisseurs apprécieront !
Un des premiers SAS français, mort pour la France à Pontivy en juillet 1944
fanion.jpg
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Published by Thomas Dalet
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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 14:15

Nous arrivons au 3è degré, très beau, très profond et riche d’enseignements.. il marque en même temps un aboutissement en tant que grade terminal des loges symboliques, et un point de départ pour ceux qui voudront aller plus loin. Le passage de l’équerre au compas est un véritable changement de monde et de dimension. Ce degré est très riche

Donc le Compagnon est prêt. La porte s’ouvre, il entend des paroles à voix haute venant de l’intérieur du temple, et le Candidat apprend qu’il a été surpris aux abords du Temple, et qu’il est soupçonné de meurtre…. !!
Il lui ai demandé de se retourner, et la porte s’ouvre dans l’obscurité avec face à lui l’étoile flamboyante. « C’est avec les lumières du passé qu’on se dirige dans l’obscurité de l’avenir »….

Cette entrée, n’est certes, pas banale et surprenante pour notre récipiendaire.
. Il a fait son temps, il a fait son entrée à reculons dans la chambre du Milieu et il contemple l’étoile qui flamboie face à lui, mais avant de se tourner vers la suite de son aventure, il a encore une épreuve à effectuer : son examen de conscience ; il a une preuve à apporter.. Celle de la pureté de ses actions passées. La voix du Vénérable derrière lui, demande si ses mains sont pures, si sa conscience est tranquille, s’il a rempli ses devoirs d’initié, s’il n’est pas du nombre de ceux qui ont trahi la Franc maçonnerie.
Il proteste de la pureté de ses actions, bien sûr, mais cela ne suffit pas. L’Expert examine le blanc des gants, sur lequel aucune tache ne se fait voir, il lui enlève son tablier, l’examine et le porte au Vénérable qui fait la même constatation ; alors à ce moment là, notre Candidat peut se retourner….Mais si les précédents grades…étaient plutôt plaisants, ce dernier paraît bien sombre à l’image des tissus noirs tendus, des cordons, des sautoirs, des chapeaux noirs, l’attitude, la lumière….. une petite lueur à l’orient…. et le corps étendu devant lui…

Notre candidat se retourne vers l’intérieur, vers cette chambre du Milieu située en réalité au milieu de lui-même. Des branches de l’étoile, il va vers son centre, vers la lettre G qu’elle contient.
Son retournement vers l’intérieur va lui permettre de prendre conscience de cet inconscient et de l’objectiver. C’est ainsi qu’il s’en rendra maître. Autrement dit, on peut considérer que l’homme est un être matériel contenant en lui une spiritualité potentielle que l’on pourrait nommer, au moins symboliquement, parcelle de divinité. Son retournement lui permet de retrouver cette spiritualité tiré vers le haut par elle, et donc de se détourner de la matérialité. Cette entrée à reculons permet au futur Maître de contempler le monde d’où il vient, la vie qu’il a mené, éclairé par ses cinq sens, les cinq pointes de l’étoile qui sont autant d’antennes dirigées vers l’extérieur..

L’expert saisit un compas et en applique les deux pointes sur la poitrine du récipiendaire. Ce geste symbolise la mesure des sentiments de celui-ci, en volume et en qualité, et comment il a utilisé son intelligence pour améliorer son cœur.
Il s’agit d’un cheminement s’adressant au plus profond de l’individu qui utilise toutes les pistes pour améliorer son être intérieur.

Le Très Vénérable Maître fait allusion à des compagnons ayant assassiné le meilleur des frères et , pour prouver son innocence, le récipiendaire doit exécuter une marche étrange.
Alors à ce moment là, le candidat enjambe le corps sur la droite et à ses pieds aperçoit un outil qu’il connaît : le levier, puis sur la gauche où il aperçoit cette fois une règle, et encore une fois à droite, et se retrouve aux pieds du corps étendu à ses pieds le compas ouvert vers l’occident.. cette marche inattendue vient de le faire passer de l’équerre au compas. Du levier à la règle, en arrivant au compas, il est passé entre raison et sentiments, entre conscient et inconscient, entre intellect et intuition. Les trois pas spécifiques de la maîtrise lui rappellent que la pensée des sages défie la mort. Née dans le passé, elle fructifie dans le présent et féconde l’avenir. De même qu’il franchit sans hésitation et sans crainte le cadavre symboliquement étendu à ses pieds, le maître maçon, fort de sa conscience sans tache, poursuivra l’œuvre pour l’œuvre, sans souci des pièges mortels que tendront sous ses pas les meurtriers d’Hiram : l’ignorance, le fanatisme et la jalousie. Il n’a pas à s’arrêter pour les vaincre, mais il a à les dépasser. C’est pourquoi sa marche ne comporte aucun hiatus et qu’il doit avoir « sept ans et plus »’.

Nous en arrivons maintenant au cœur de la cérémonie, la légende d’HIRAM ;
Le récipiendaire est dans son intériorité, il y a cheminé, il a atteint le compas qui va l’aider à s’élever spirituellement.

La réalisation du temple de Salomon est confiée à HIRAM, maître d’œuvre. Il était « savant dans l’Art de l’architecture comme dans le travail des métaux ».
Il est l’artisan le plus complet. Il sait réaliser la construction qui permet à l’homme de se relier à ce qu’il ne peut définir et qui le dépasse. C’est ce personnage que le récipiendaire va représenter dans ce qui suit. Revenons à la Légende d’Hiram qui est contée au récipiendaire. Quelques compagnons n’étant pas encore en possession des secrets des Maîtres, voulurent pénétrer de force dans la chambre du milieu ; mais ne pénètre pas qui veut. Il faut une clé qui est le mot des maîtres ; voilà qui est intéressant. Le passe Tubalkain, du couvreur n’est pas seulement formel ; il nous permet de passer de l’équerre au compas et il nous donne réellement la clé qui nous permet de pénétrer dans notre for intérieur. L’accès à celui-ci n’est donc pas ouvert chez tout le monde. On peut comprendre qu’il faut avoir déjà bien entamé le processus de mise en forme de notre métal brut pour y parvenir.

Trois compagnons mécontents résolurent de faire usage de la force pour faire dire le mot par HIRAM ; que va-t-il se passer ?????

Les trois conjurés se placent chacun à l’une des trois issues du temple situées l’une à l’orient, l’autre au midi et la troisième à l’occident ; nous sommes dans un lieu bien clos, hors du monde et duquel toute fuite est impossible. Hiram ayant terminé son inspection veut sortir par la porte du midi et rencontre le mauvais compagnon qui le frappe avec ce qu’il a sous la main, le fil à plomb ; il vise la tête, il veut tuer ; mais un réflexe sauve Hiram, il détourne le coup qui le frappe à l’épaule droite, et tombe sur le genou droit. L’instruction du grade donne des noms aux mauvais compagnons, et attribue l’Ignorance au premier d’entre eux.
Ramenée à nous, cette ignorance inhibe effectivement notre action. Notre descente en nous révélerait-elle les abîmes de notre ignorance .. ?

Nous sommes ramenés à un plan métaphysique à notre quête spirituelle qui est constituée de questions : qui suis-je ? ou vais-je ? d’où viens je ? quel est le sens de ma vie ? La maçonnerie nous apprend que le principal est de cheminer, même sans espoir d’atteindre le but. Elle nous apprend à agir, ce qui donne son sens à notre vie.

La scène suivante se déroule devant la porte d’occident, le deuxième mauvais compagnon ; Hiram s’est relevé, il a couru, chancelant, hélas, le mot du maître lui ai demandé de nouveau, n’ayant obtenu de réponse, le même geste se produit ; l’agresseur brandit le Niveau et en frappe violemment HIRAM en visant la tête ; là encore un réflexe joue et détourne le coup qui frappe le maître à l’épaule gauche. Il tombe sur le genou gauche. Il est de tradition d’identifier le deuxième compagnon au Fanatisme. Reconnaissons que celui-ci, quel qu’il soit, fait peu de cas des sentiments des autres. Il ne comprend pas ceux qui s’interrogent, puisque Lui, sait. Le niveau avec lequel il frappe, c’est celui sur lequel il se trouve et auquel il veut ravaler tous les autres.

Une nouvelle fois, le Maître se relève et se précipite à la 3è porte, celle de l’Orient, qu’il trouve barrée par le 3è compagnon, et à la demande habituelle qui lui est faite, Hiram répond en se plaçant cette fois-ci sur un autre plan, celui du respect de son Serment et du secret qui lui a été confié. Il préfère la Mort plutôt que de les violer. Nous sommes dans le domaine de la raison et du devoir. Les SERMENTS qui ont été prêtés par le compagnon, l’engagement qu’il vient juste de prendre sur sa Foi de FM, celui qu’il va prêter et qui contiennent tous un volet concernant les secrets du grade. Les violer conduirait il à une sorte de mort maçonnique ? Le conjuré frappe violemment Hiram au front avec son maillet ; ce coup renverse le maître sur le pavé du temple (en réalité devant le plateau de TVM) il est ainsi revenu sensiblement au même emplacement qu’après sa marche par-dessus le corps, mais de l’autre côté du compas, qu’il a ainsi franchi dans son périple. Il est renversé à son tour, recouvert d’un drap noir, et de son tablier sur le visage.
La boucle est bouclée ; le récipiendaire a pris la place du corps qu’il a enjambé naguère et qu’il avait dépassé sans crainte, laissant derrière lui, dans son passage de l’équerre au compas, la dépouille de l’être qu’il était. Et le voici devenu ce qu’il croyait avoir laissé à jamais loin derrière lui.

L’instruction attribue au 3è mauvais compagnon, le dernier défaut : l’Ambition. Il y a des ambitions légitimes et des ambitions illégitimes. Il est vrai que le terme est ambivalent. Mais il peut s’agir du désir de satisfaire son amour propre par l’obtention de biens, de pouvoir, d’honneurs, de réussite sociale, toutes choses flattant l’ego de l’individu. C’est bien sûr de cette ambition là qu’il est question ici. Exemple : le chef a toujours raison….. nous avons tous connu ce genre de personnages qui parvenant au pouvoir, sont devenus méconnaissables. Souvent au début, animés d’idées généreuses, et au final naissent des comportements d’auto satisfaction, arrogance et suffisance. L’exercice du pouvoir est en effet dangereux et il faut à la fois beaucoup d’humilité et de force de caractère pour ne pas céder aux démons qui l’accompagnent toujours.

Dans ces conditions, il est normal que ce soit le détenteur du plus haut pouvoir dans la loge qui assène le coup final. C’est de son maillet, symbole précisément de pouvoir temporel, qu’il va frapper le récipiendaire en plein front siège de l’intellect, qu’il éteint du même coup.

Hiram, le maître des maîtres, victime de trois mauvais compagnons, et donc de l’ignorance, du fanatisme et de l’ambition des autres ? Nous identifiant à Hiram serait ce chacun de nous, victime des trois mêmes assassins ??? mais nous identifiant à ces derniers, ne serions nous pas notre propre victime que nous avons tuée sans même nous en rendre compte ? Sommes nous réellement innocents du meurtre qui s’est produit ? Compagnon nous errions aux abords de l’édifice que nous devions construire. En d’autres termes, nous n’étions pas sur le chantier. Nous le contemplions, nous voulions peut être y pénétrer par effraction ??? Nous identifiant
au TVM, nous avons examiné nos gants et notre tablier. Sommes nous bien surs de tous nos actes passés ? Le sang des victimes que nous pouvons avoir faites dans notre vie n’est visible que par nous-mêmes. Ce n’est certes pas volontairement que nous avons pu tuer, moralement ou spirituellement, telle ou telle de nos relations. Nous ne nous sommes même pas aperçus que nous l’avions fait. Mais nous ne savions pas. Nous étions surs d’avoir raison, nous voulions un poste ou un honneur et nous avons fait ce qu’il fallait pour l’obtenir, sans même envisager que cela pourrait causer des dégâts chez d’autres. Avons-nous toujours raison ? En nous identifiant à l’Expert : nous avons mesuré notre cœur à l’aide du compas. Car c’est notre cœur qui doit, qui devait, qui aurait dû corriger nos actions pour éviter leurs conséquences néfastes sur d’autres.

Par cette projection nous voici étendus sur le sol, sur le pavé mosaïque, entre l’équerre et le compas, victimes des coups de trois outils que, pourtant nous aurions dû savoir manier. Car il est bien évident que, nous identifiant cette fois à Hiram en même temps qu’aux trois mauvais compagnons, nous nous sommes tués nous-mêmes.
Le maître est mort, il est mort tué par ses compagnons mécontents ; HIRAM c’est la connaissance, l’action et l’évolution. Toutes trois sont arrêtées par ceux qui refusent l’effort, qui n’acceptent pas le travail demandé. Hiram revivra parce que la tradition ne peut se perdre. Sa sépulture est signalée à ceux qui ont le courage d’aller rechercher cette tombe. Ils la reconnaîtront aux outils abandonnés par ceux qui ont refusé le travail et par l’acacia, symbole de renaissance, qui a poussé, montrant que la mort transforme les énergies vitales sans les détruire. Hiram renaît à la lumière par l’identification que le jeune maître fait avec lui. Hiram est le héros, le symbole parfait de l’action sur les trois plans de la réalisation humaine, sur le plan matériel par la construction réelle du temple dont il était l’architecte, c’est l’action concrète du maçon dans la vie quotidienne. Sur le plan intellectuel, car malgré les attaques réitérées, il reste toujours vivant semblable à lui-même, c’est l’action dans le domaine culturel, et enfin sur le plan spirituel car pour que naisse l’acacia, il ne faut craindre ni l’inhibition, ni le renoncement, qui ne sont que des morts apparentes, car l’acacia renaît toujours plus vivace sur la tombe d’Hiram.

A la lumière de l’Etoile qu’il est, le futur maître a fait le tour de la Chambre du milieu de lui-même. Il y a découvert des hôtes dont il ignorait l’existence ou, peut être, dont il préférait ignorer l’existence. Il s’est aperçu que ces mauvais compagnons tapis en lui n’attendaient que l’occasion de le frapper, paralysant son action, stérilisant ses sentiments, inhibant son esprit et risquant, au total et si ce n’est pas déjà fait, de tuer dans l’œuf ce nouvel homme qui allait naître. La lumière de l’étoile lui a révélé les dangers qui le guettent et qui le frapperont sûrement, car personne n’est épargné.

Mais l’important n’est pas de trébucher ou de tomber, c’est de pouvoir ensuite se redresser……
En possession du mot et de l’attouchement de maître, notre compagnon effectue sur la pierre cubique son dernier travail à ce grade. On voit bien que cette pierre n’est pas terminée, mais le sera-t-elle jamais ? Le compagnon, bien qu’ayant atteint l’âge de la maîtrise, a sorti une nouvelle fois de sa poche son maillet et son ciseau. Plus tard, quant il sera maître chevronné et s’il mérite ce titre, il ne devra pas hésiter à continuer à s’en servir quand son regard, ou plus probablement celui d’un autre, lui aura révélé l’existence de quelque petite aspérité, peu visible mais qui peut blesser les pierres voisines. Plus il sera ancien, plus il aura de responsabilités, plus il devra se tenir prêt à dégainer ses outils. Nous connaissons tous de ces détenteurs de pouvoir dont la suffisance n’a d’égale que l’arrogance, le tout étant basé sur une enflure pathologique de l’ego. Le maître maçon ne devra jamais oublier que, loin de ces errements et contrairement à ce qui se pratique dans le monde profane, son but ne doit pas être de démontrer qu’il a raison, mais de rechercher la vérité et la justice ; Le maître a disparu, emportant ses secrets , il faut retrouver son corps et lui rendre les honneurs qui lui sont dus
..les Frères et les Sœurs partent à la recherche du corps….Hiram est mort, mais l’acacia nous reste.

J’ai dit  source :
www.ledifice.net

 

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 14:11

Vous m’avez commis d’office pour la défense de ces trois mauvais compagnons, tristement célèbres dans le monde maçonnique tout entier, pour avoir assassiné Maître Hiram. Lourde tâche mais noble tâche, qui consiste à respecter les serments que l’on a prêtés. Serment d’aimer ses FF\ et de les secourir. Car c’est bien de FF\ dont il est question, n’est-ce pas ?

Mais pour les juger, il vous faut d’abord la conviction qu’ils sont coupables. Le rituel n’indique pas qu’Hiram a pu confier à quiconque le nom de ses assassins avant de mourir. Mais il est normal que les trois CC\ qui ont pris la fuite soient considérés comme suspects. En revanche, leur identité n’est pas clairement établie. En effet selon les rituels, ils sont désignés par les noms de Sterkin, Oterfut, et Abirammah (ou Abiram), ou bien Jubelas, Jubelos, Jubelum, ou Giblon, Giblas, Giblos, ou encore Habbhen (ou Akirop), Schertke et Austerfurth.

Je reconnais que ces noms ont tous des significations dégradantes évoquant la corruption, mais cela ne peut constituer une preuve de culpabilité, et je constate qu’il existe un doute sur leur identité qui est de nature à affaiblir l’accusation.

Le rituel n’indique pas davantage que le meurtre ait eu des témoins, mais on peut l’admettre puisqu’un récit détaillé nous en a été fait. Il y avait donc au moins un témoin. Mais alors, pourquoi donc n’est il pas intervenu ? Pourquoi n’a-t-il pas secouru notre malheureux Maître ? Ce témoin est nécessairement un lâche ou pire un complice, voire pire encore l’instigateur du crime ! N’est-ce pas là la marque d’un complot ? Et qui plus est un complot judéo-Maçonnique ! A ce stade des débats, vous admettrez donc que s’ils sont coupables, il est évident qu’ils ne sont pas les seuls coupables.

Mais allons plus loin T\ F\ P\ M\ : sont-ils vraiment responsables ?

Mon rôle n’est évidemment pas d’excuser, mais d’expliquer. Expliquer pourquoi il vous faut les épargner ces trois compagnons et même, quitte à vous choquer, pourquoi il vous faut les préserver. Permettez-moi d’abord, avec tout le respect que je vous dois T\ F\ P\ M\, d’énoncer une évidence : Si vous aviez accompli votre tâche, si chacun ici avait accompli la sienne, tout cela ne serait pas arrivé.

Si vous les aviez vraiment attrapés ces trois mauvais compagnons, si l’ignorance, l’orgueil et l’ambition, si la convoitise la cupidité et le fanatisme, avaient vraiment disparu, nous ne serions pas ici. Le Saint Empire Spirituel règnerait sur un monde libéré de ses entraves, un monde de paix, d’amour et de joie, fruit de Sagesse Force et Beauté. Mais voilà : ils courent toujours… Et c’est donc un jugement par contumace, par défaut, que vous allez prononcer contre ces accusés. Et ce défaut n’est autre que notre défaillance.

Ensuite, à quoi servirait d’éliminer les criminels sans éradiquer le crime ? Et comment éradiquer le crime en eux, puisque nous n’avons pas été capables de l’éradiquer en nous ? Ces trois CC\ sont le sceau de notre condition d’homme. Ce sont nos compagnons d’infortune. Ils représentent le vrai défi qui nous est lancé, le devoir à accomplir envers nous même, envers les autres et envers notre Créateur. Alors de grâce, ne leur faisons pas endosser nos propres turpitudes. Il ne peut être ici question de boucs émissaires : ce serait bien trop confortable et surtout ce ne serait pas acceptable dans un Tribunal digne de ce nom et encore moins dans une respectable assemblée de Francs-Maçons.

Et ne croyez pas un seul instant que j’éviterai d’évoquer le détail de leur crime, bien au contraire : Tout d’abord rappelez vous que les coups ont été portés, non pas par des profanes, mais par des compagnons qui ont quitté la Voie mais qui sont demeurés sur le Chantier, tel le ver dans le fruit. L’ennemi était donc parmi nous et personne ne s’en était aperçu ! L’ennemi n’était plus seulement « derrière nous » comme dans la cérémonie d’Initiation, mais en nous. La situation est donc beaucoup plus grave que nous ne l’imaginions au départ. Si ces Compagnons ont réussi à concevoir et perpétrer leur crime, c’est nécessairement parce que la vigilance de leurs maîtres a été prise en défaut.

Ensuite, voyez ces pauvres maladroits, aucun d’eux n’est l’unique coupable. Aucun d’eux n’était seul capable de mener à bien ce forfait : Aucun des trois coups n’a été asséné « correctement », car les mauvais CC\ ne peuvent avoir le geste juste. Si bien qu’aucun des trois coups n’a atteint sa cible et qu’aucun n’était mortel à lui seul. C’est l’illustration dévoyée du principe suivant lequel « sans le secours des autres nous ne pouvons rien ». Chacun pris isolément était donc incapable de tuer Hiram. Seule leur réunion, la conjonction de leurs mauvais desseins, a rendu le crime possible. Et qui donc a toléré cette réunion ? Quelles sont les négligences qui l’ont rendue possible ? Et avec quels outils ont-ils accompli leur forfait ? Les nôtres ! Les outils que nous leur avions confiés ! Là encore notre responsabilité est engagée.

Les outils symboliques peuvent être dangereux et même mortels lorsqu’ils sont détournés de leur usage. Le travail symbolique doit être précis, accompli avec justesse et dans un juste but. Il doit être contrôlé. Et qui étaient chargés de ce contrôle si ce n’est ceux qui portent aujourd’hui l’accusation ?! Que n’avons nous vérifié que ces CC\ utilisaient leurs outils avec justesse ? Pendant ce temps que faisait leur Surveillant ? Pourquoi n’a t-il pas été interrogé ? Ne devrait-il pas comparaître à leur coté ? Pourquoi dissimuler les responsabilités en amont, pourquoi nier la véritable cause du drame c’est à dire notre propre échec ? Pourquoi éluder notre propre responsabilité qui est beaucoup plus grande que nous ne pouvions le supposer, car elle nous engage envers nous-même, envers nos FF\, envers l’humanité toute entière, et envers le G\A\D\L\U\.

Certes, je reconnais que les trois coups portés à Hiram sont d’une gravité certaine, puisqu’ils montrent qu’une rupture dans l’harmonie inférieure provoque nécessairement une rupture dans l’harmonie supérieure et met en danger tant l’individu que le groupe, et pire encore les deux Mondes et donc la Création toute entière. Mais ces trois coups nous montrent aussi que l’ordre peut être rétabli. A cet égard les trois coups étaient indispensables pour que chacun prenne la mesure du travail qu’il lui reste à accomplir. Tout comme la mort d’Hiram était indispensable pour que se réalise en chaque Maçon le rétablissement de l’Ordre ainsi troublé, indispensable afin que le père en mourant éveille son fils à la lumière.

Si l’on rapproche les trois coups des trois portes du Temple et des trois fenêtres du Tableau de Loge du 1er degré, alors on s’aperçoit que le premier coup correspond au domaine du corps, le second au domaine de l’âme, et le troisième au domaine de l’esprit. Après la mort physique, la mort sentimentale et la mort mentale, alors et alors seulement, peut survenir la naissance spirituelle. La mort initiatique complète permet seule la renaissance. Oui, ces trois coups étaient bien indispensables, oui il fallait sacrifier Hiram, oui il fallait tuer le Père ! Voilà la clé de voûte de ce procès, et la question essentielle qui en découle : que ferions-nous donc sans eux ?

Sans eux, plus de miroir pendant la cérémonie d’initiation. Or nous en avons bien besoin de ce miroir pour identifier symboliquement l’ennemi intérieur. Sans eux pas de vigilance. Grâce à eux, nous savons qu’en chaque initié se trouve Hiram en devenir, mais aussi qu’en chaque homme les mauvais compagnons sont là, tapis tout au fond du Moi, dissimulés dans les sombres replis de l’inconscient, prêts à surgir à tout moment, déguisés en pulsions, prêts à séduire sous les plus beaux atours de l’ego. Sans les trois mauvais CC\, plus possible d’extérioriser, d’identifier et d’exorciser nos démons. Sans eux, les voilà à jamais intérieurs ces démons, impossible de les nommer, donc impossible de les combattre et d’apprendre à les maîtriser. Sans eux nos passions, règneraient à jamais sur nous même, dans l’endormissement de notre conscience et par la complaisance de notre ego. Sans eux pas de meurtre. Sans meurtre pas d’enquête, sans enquête, pas de quête. Sans nos trois compagnons la quête s’arrête, pire elle ne commence même pas. Sans le meurtre d’Hiram, pas de sacrifice fondateur du mythe. Sans meurtre pas de parole perdue, sans parole perdue pas de quête pour la retrouver, sans quête pas de substitution, sans substitution pas de renaissance, sans renaissance pas de nouveaux Maîtres, sans Maîtres pas d’initiations, sans initiations, pas de Franc-Maçons. Bref, T\ F\ P\ M\, en quelque sorte, nous leur devons tout !

Je n’irai pas jusqu’à vous demander de les remercier ni de les honorer. Non, je vous demande simplement de constater leur impérieuse nécessité et de rétribuer leur utilité. Certes, je dois admettre que sans eux, Hiram aurait pu poursuivre sa tâche et achever son œuvre. Mais qu’aurions-nous fait d’un temple achevé ? Que nous resterait-il à construire ?

Certes, il est probable qu’Hiram aurait vécu longuement. Mais qui peut dire si Maître HIRAM ne serait pas devenu un vieillard cacochyme et acariâtre, persécutant son entourage tel une « Tatie-Danièle » Maçonnique, ivre de pouvoir, pétri d’honneurs et confit de richesses, recroquevillé sur ses privilèges, à la fois vénal et avare, comblé des faveurs et des compliments de mille courtisans, vieillard tombé dans la lubricité et dépensant ses dernières ardeurs dans des orgies au sein de votre harem personnel Oh T\ F\ P\ M\ !

Sans eux que pourrions-nous transmettre à nos successeurs ? Certainement pas l’esprit du Maître plus radieux que jamais, mais l’image écornée d’un vieillard décati et corrompu, incapable de renaître et de transmettre le mot des MM\. Je le vois gisant et agonisant, cerné de pressantes attentions, refusant jusqu’à son dernier souffle de transmettre le mot à son successeur, puis finalement au dernier moment se décidant enfin, mais s’apercevant alors qu’il ne se souvient plus de rien ! Oui, voilà à quoi nous avons échappé grâce à eux, T\ F\ P\ M\ ! Qu’il serait triste, qu’il serait peu glorieux et pas du tout initiatique, d’avoir perdu la Parole par la conjonction de la décadence du Maître et de la maladie d’Alzheimer. Ne riez pas, ne protestez pas, aucun de nous n’est à l’abri, ni de l’une ni de l’autre, car hommes nous sommes et hommes nous demeurons !

En résumé T\ F\ P\ M\, sans nos trois compagnons, point d’Hiram éternellement vivant et par là même nous voilà éternellement mortels. Grâce à eux Hiram est mort dans la force de l’âge et il nous laisse sa plus belle image, au sommet de sa gloire et pour tous les siècles à venir. Grâce à eux il est mort en initié, en homme juste en toutes circonstances, en sublime Maçon. Grâce à eux Hiram est devenu l’archétype du Maître, notre icône Maçonnique.

Enfin, sans nos trois mauvais compagnons, que resterait-il de nos belles manifestations et célébrations Maçonniques ? Vraiment, je le crains, plus grand chose de vraiment divertissant : Finis, les faux-fuyants des faux-frères. Relâche, le joyeux ballet des ambitieux qui désespèrent et des condottieres qui brassent de l’air. Secouée, la douce torpeur des ronflants discours d’apparat qui endorment les consciences. A la casse, les métalliques cliquetis des clinquants colliers qui accompagnent les comédies. Guéries, l’ivresse des promotions et la gueule de bois des suspensions. Ceinture, les censitaires gueuletons qui n’ont d’agape que le nom. Bref, que d’occasions perdues de rire entre FF\ libres et bonnes moeurs…

Voilà, T\ F\ P\ M\, j’en ai presque terminé. Que me reste-il à faire pour promouvoir la Justice ? Vous demander l’indulgence ? Certainement pas, car c’est là un concept profane et je plaide ici pour des Frères devant une assemblée de Frères. Non décidément, un Franc-Maçon ne saurait quémander l’indulgence. Je vous demande simplement de faire votre devoir et le devoir d’un Franc-Maçon est d’apporter bienveillance à ses FF\, à tous ses FF\, et pas seulement à ceux qui sont vertueux et irréprochables, pas seulement à ceux qui nous sont sympathiques ou à ceux qui nous ressemblent, car aimer en miroir ce n’est pas aimer l’autre, c’est s’aimer soi-même.

En définitive c’est de pardon que je vous parle. « Per donare », pour donner, pour le don, rien que pour le don. Seul le pardon apporte la Paix. Seul le pardon est Joyeux. Seul le pardon est Amour.

T\ F\ P\ M\, pour ces trois là, pour tous ceux d’entre nous qui chutent et qui chuteront, pour chacun de nous et pour moi, par la Foi qui nous unit, par l’Espérance qui nous guide et par la Charité qui nous élève, je demande pardon.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 14:08

La Maîtrise est conférée à la Compagnonne, seulement après qu'elle ait réalisé le programme préparatoire des deux premiers grades : l'Apprentissage et le Compagnonnage.
Pour être admise en Chambre du Milieu, la Compagnonne doit offrir de sérieuses garanties : ouvrière ponctuelle et assidue, faisant preuve d'intelligence et de curiosité, possédant les connaissances du Grade, elle est devenue celle dont les Maîtresses peuvent répondre.
C'est donc, le plus possible dépourvue des mobiles de vanité ou d'orgueil et animée d'une demande de perfectionnement dans l'Art de la Construction du Grand Œuvre, dans le but de travailler avec ses Sœurs et faire bénéficier celles moins instruites de la Compétence qu'elle désire acquérir, qu'elle se présente à nouveau à la porte du Temple pour y recevoir le grade de Maîtresse.

Au Rite Français, comme au Rite Ecossais Ancien et Accepté, la récipiendaire est alors introduite dans le Temple par une marche à reculons, face à l'occident, elle s'enfonce dans l'obscurité. Un seul repère se présente à elle, l'Etoile Flamboyante, c'est à partir d'elle, seul point de lumière dans cette obscurité qui l'enveloppe que la Compagnonne est invitée à revenir sur ses pas en repassant le chemin parcouru, pour faire le point sur elle-même.

C'est alors que plongée dans une longue et silencieuse méditation, la récipiendaire est soudainement interpellée par la Très Respectable Maîtresse :

"Compagnonne, avez-vous bien réfléchi à la démarche que vous faites? …
Vos mains sont-elles pures?...
Votre conscience est-elle tranquille?...."


Confrontée à une véritable introspection, une mise à nue de sa conscience, la Compagnonne soupçonnée d'être "un mauvais compagnon", puis disculpée au vu de ses mains "pures" et de son tablier "sans taches" est invitée à se retourner vers l'Orient.

Elle discerne des Sœurs plongées dans une profonde et silencieuse tristesse et apprend alors que l'œuvre de la Maçonnerie est compromise par suite de l'assassinat du Maître qui dirigeait ses travaux.
Découragées et ayant acquis la certitude que les criminels doivent être cherchés parmi les Compagnonnes, elles décident, avant de reprendre les travaux, que toute Compagnonne aura à prouver qu'elle est innocente du meurtre d'Hiram.

C'est ainsi qu'au travers d'une ultime épreuve de vérité, la récipiendaire devra enjamber le cadavre du Maître afin de prouver son innocence par son courage face à l'image de la mort physique.

Disculpée définitivement, le récit du drame se déroule et la Compagnonne alors transformée en victime, prend la place d'Hiram, le Maître disparu, et périt à son tour sous les coups des trois mauvais compagnons qui sont, dans la mise en scène du psychodrame, représentés par les trois Vénérables Maîtresses qui dirigent et instruisent la Loge : la Vénérable Maîtresse, la Première et la Deuxième Surveillantes.
La légende d'HIRAM :

HIRAM, "savant dans l'art de l'Architecture, comme dans le travail des Métaux", personnage central du mythe, nous est présenté comme le bâtisseur du Temple, conçu par le sage roi Salomon, à la gloire du Grand Architecte de L'Univers. Il lui fut également demandé de diriger les ouvriers.

Nous savons aujourd'hui que le personnage de "Maître HIRAM" n'a pas existé du moins tel que présenté et que le personnage cité dans la Bible, Hiram Abi, envoyé à Salomon par un autre Hiram, roi de Tyr, pour ses qualités de fondeur, est vraisemblablement à la base de l'inspiration de ceux qui ont établi le mythe du bâtisseur du Temple de perfection pour les besoins d'un symbolisme initiatique.

Hiram donc, fils d'une veuve, artiste d'une incontestable compétence, se vit confier par Salomon, les pouvoirs les plus étendus pour tout ce qui concernait la construction du Temple et la direction des ouvriers.
Compte tenu de la destination de l'œuvre, le rituel nous permet d'imaginer que cet homme possédait l'Art d'un Grand Initié : vertueux, respectueux des ouvriers, il prodiguait conseils et avis, aidait et encourageait les talents et toutes les bonnes volontés.
Faisant preuve de rigueur, de justice et de bonté, il avait organisé et réparti le travail de manière équitable en divisant les ouvriers en trois classes distinctes : les Apprentis, réunis sous la colonne "B", les Compagnons, près de la colonne "J" et les Maîtres réunis à l'intérieur du Temple. Les salaires étaient proportionnels aux capacités.

Alors qu'Hiram, le Maître respecté par sa douceur, ses vertus et son sens de l'équité, maintenait l'esprit des ouvriers au travail ; trois d'entre eux, compagnons, formèrent l'horrible projet d'arracher au Maître Hiram, "de gré ou de force", nous dit le rituel, le mot sacré des Maîtres afin de s'introduire dans la Chambre du Milieu.

Ils arrêtèrent leur plan et décidèrent de parvenir à leurs fins par la menace, n'espérant pas obtenir ce qu'il voulait en fléchissant la libre volonté du Maître.
Quelle que soit l'issue, ils étaient résolus de lui donner la mort afin d'échapper à la juste sanction de leur criminelle audace.

Ils choisirent d'agir, à la chute du jour, après le départ des ouvriers et alors que le Maître qui demeurait toujours le dernier, se trouverait seul.

Le Temple avait trois portes. Les conspirateurs se placèrent donc à chacune de ses portes : le premier à la porte du Midi, le second à la porte d'Occident et le troisième à la porte d'Orient afin que si le Maître échappait à l'un il ne puisse échapper aux autres.
Ainsi postés, ils sommèrent tour à tour, Hiram, de leur livrer ses secrets. Le Maître répondit successivement à chacun d'eux, en fuyant d'une porte à l'autre, qu'ils n'obtiendraient pas sa parole par des menaces et qu'il fallait attendre le temps voulu. Alors ils le frappèrent, l'un d'un coup de règle sur la gorge, mais le coup dévia sur l'épaule droite, l'autre d'un coup de levier sur la nuque mais le coup dévia sur l'épaule gauche, le troisième d'un coup de maillet sur le front qui l'acheva.

"Ainsi périt l'homme juste, fidèle au devoir jusqu'à la mort" nous dit le rituel.

Analysons le triple meurtre :
- Où se déroule t'il?
- Qui le commet?
- Comment est-il commis?

1. Où se déroule le meurtre?
En Chambre du Milieu, au centre du Temple.
L'accès à la Chambre du Milieu par l'élévation à la Maîtrise est la reconnaissance de l'aptitude acquise par la Compagnonne pour bâtir son temple intérieur.
Accéder à la chambre du milieu c'est se retrouver entre l'Equerre et le Compas, "c'est aller à la rencontre de son centre, devenir le centre, être le centre de l'union."

Mais lorsque la Compagnonne, candidate à la Maîtrise, est introduite, la chambre du milieu est plongée dans l'obscurité et se trouve réduite, divisée symboliquement en deux parties : le lieu des ténèbres où pénètre la Compagnonne et l'Orient où brille le Delta lumineux mais un rideau noir masque la vue et rend invisible l'Orient à la Compagnonne.

Accéder à la Chambre du Milieu est difficile, elle est le lieu de tous les périls.

2. Qui commet le meurtre?
Les trois meurtriers sont des compagnons.
A ce titre, ils sont membres des équipes qui travaillent sur le chantier et qui sont subordonnés au Maître Hiram.

Alors que l'édifice allait bientôt être achevé, un vent de révolte souffle dans l'esprit de certains ouvriers de la classe des compagnons qui, n'ayant pas obtenus d'être initiés aux secrets de la Maîtrise, s'estiment être injustement traités.
Le poison de l'envie et de la jalousie se fait jour et avec elles le dégoût du travail apparaît. Aigris, mécontents, immatures, naît en eux le désir présomptueux d'obtenir des salaires plus élevés sans se donner la peine de les acquérir dans le temps, par l'étude et l'application.
Aveuglés par leurs passions, ils s'illusionnent sur l'étendue de leur instruction, persuadés que la Maîtrise leur est due.

Ainsi, ensemble ou chacun, ils symbolisent bien des comportements que l'on croise dans le monde profane ou bien, de la part d'initiés qui ont mal travaillé leur Pierre et ne maîtrisent pas de ce fait, leurs instincts, leurs envies, leurs ambitions.

C'est ainsi que peu à peu, leur avidité va les conduire à la lâcheté, en tendant à trois, à la tombée du jour, un guet-apens à Maître Hiram.
Leurs sentiments d'orgueil et de cupidité les poussent, par l'action concertée, à usurper un bien dont "ils ne méritent pas d'être détenteurs".

Une question se pose encore :
Pourquoi au Rite Ecossais Ancien et Accepté, les trois officières qui dirigent la Loge, prennent l'"habit des mauvais compagnons" et deviennent "actrices" du meurtre?

Un constat s'impose : dans la société profane, comme parfois en Franc - Maçonnerie, ce sont bien souvent ceux qui détiennent le pouvoir qui ont le plus souvent le moyen de le détourner.
Par le détournement des valeurs inhérentes à leur fonction : mesure – discernement – respect – harmonie – sagesse…, ils sont à même de détruire ce qu'ils devraient construire.

3. Comment le meurtre est-il commis ?
Par trois coups !

Comme je le dis au début de ma planche, dans l'application symbolique du mythe lors de la cérémonie d'élévation à la Maîtrise, la récipiendaire, par transposition, s'identifie à Hiram : elle doit mourir à elle-même, prendre conscience de sa perte avant de pouvoir renaître.
Comme dans toutes les morts initiatiques, cette phase est le prélude à une renaissance à la fois physique, mentale et spirituelle en un nouvel Hiram.

Réfléchissons sur le choix des armes du meurtre et leurs points d'impacts :

· Selon le rituel, le premier coup est porté par le moyen d'une règle et le "mauvais compagnon" vise la gorge. Hiram réussit à dévier le coup qui l'atteint à l'épaule droite.

La règle, premier instrument du meurtre, est un des outils spécifique des compagnons, elle donne la ligne et permet de mesurer. Cet instrument, droit, linéaire, respire la droiture d'esprit. La règle représente la loi morale, dans l'obéissance librement consentie.
La perte de cette conscience morale, engendre le désordre intérieur et permet le passage à l'acte.
La règle, ici utilisée à contresens par le compagnon, produit un acte démesuré.
Ce dernier, rendu ignorant par le désordre intérieur engendré par les illusions qu'il se fait de ses capacités, envahi par la vanité, perd sa conscience morale et c'est l'IGNORANCE qui porte le premier coup à la gorge du Maître. La gorge, lieu du passage du souffle et de la parole ne sera pas détruit mais lésé car Hiram déviera le coup sur son épaule droite.

· Le second coup est porté par le moyen d'un levier et le second "mauvais compagnon" vise la nuque. Hiram affaibli, réussit à dévier le coup qui l'atteint à l'épaule gauche.

Le levier, outil spécifique du compagnon sert à maîtriser et décupler la force. Symboliquement, il lui permet d'agir sur le monde extérieur afin de le transformer et de le maîtriser. Le levier se doit d'être utilisé avec mesure. En effet, une force non maîtrisée devient brutale, tyrannique et dangereuse.
Ce levier, non contrôlé par la règle, animé par la volonté d'usurpation, devient force meurtrière : c'est le FANATISME qui porte le deuxième coup à la nuque du Maître.
La nuque, arrière du cou, est le siège des sept vertèbres cervicales. Comme la gorge, elle assure la liaison indispensable entre la tête et le reste du corps. Le Maître, diminué dans ses fonctions cérébrales, peut encore dévié le coup sur l'épaule gauche.

· Le troisième "mauvais compagnon", tue Hiram d'un coup de maillet au front.

L'ambivalence des outils, trouve ici son point culminant : l'arme du crime est le maillet du vénérable!
Le maillet, symbole du pouvoir et de la volonté qui exécute, est l'instrument du commandement du sage et du juste.
Utilisé seul, sans le contrôle de l'équerre et du compas porteurs des valeurs morales d'honnêteté, d'intégrité, de tolérance et de discernement, le maillet devient le symbole de l'impétuosité, de la tyrannie dominatrice.
L'outil de création devient outil de destruction.

C'est l'AMBITION qui porte le coup fatal au front du Maître.
Ce coup porté au front, siège de l'Intelligence, de "l'harmonie sublime réalisée entre le cœur et la tête", écrit Annick de Souzenelle, détruit la vie. Hiram s'écroule à terre, les pieds tournés vers l'Orient, la tête vers l'Occident, lieu du soleil couchant et de l'obscurité naissante, Il rend le dernier soupir.

Les "mauvais compagnons" ont assassiné le Maître, ils n'ont pas obtenus les secrets du Maître et en ont privé définitivement les futures générations de compagnons.

Pourquoi HIRAM doit-il mourir?

Si nous suivons la légende "hiramite",
Soit Hiram donne aux "mauvais compagnons" les mots et signes qu'ils exigent de lui et en ce cas il n'est pas digne d'être Maître puisque incapable de garder le secret, fut-ce au péril de sa vie.
Cette lâcheté personnelle le rendrait traître à sa vocation : car gardien de la tradition, s'il transmet le mot de maître à des compagnons indignes de le recevoir, qui n'ont pas les qualités requises, Il lui serait alors impossible de diriger les Maçons qui travaillent sur le chantier à la construction du Temple de Perfection.

Soit il garde inviolablement le silence et meurt avec dignité en parfaite harmonie avec ce que comporte la qualité de Maître et la notion de don total de soi qui en découle.

Hiram nous conduit vers un monde de perfection, le temple de l'"Idéal de Perfection".
Hiram incarne la grandeur du devoir et la force du serment. C'est par lui que le rachat du processus initiatique va se faire.

Le meurtre fondamental d'Hiram le Maître, par les trois "mauvais compagnons", représente la base même du mythe, le combat perdu des plus hautes valeurs de la franc – maçonnerie contre l'ignorance, le fanatisme et l'ambition.
Ce n'est pas par hasard, que l'initiation au grade de Maître comporte cette extraordinaire mort et résurrection de la récipiendaire en lui faisant vivre cette épreuve comme "meurtrier" tout d'abord, puis par cette transmutation en victime expiatoire dont la résurrection annonce son entrée dans la chambre du milieu et dans le secret et la connaissance.

C'est en abandonnant, en élaguant des pans de mon Ego ; c'est en tuant en moi, le "mauvais compagnon", que je vais modifier mes comportements et par cette prise en mains de ma conscience, relever le maître intérieur que j'ai tué.

Je conclurai avec Jacques TRESCASES que "toute démarche initiatique tend à purifier l'adepte des passions et préjugés responsables de sa mort spirituelle et cette rectification préalable faite, ressusciter l'Esprit que le profane avait assassiné.
Car de même que notre Maître Hiram, qui représente ce qu'il y a de meilleur en chacun de nous, peut constamment se suicider, s'invertir et se pervertir, de même en un instant, il peut ressusciter."

Je suis prête Mes Sœurs, si toutefois vous m'en reconnaissez digne, à poursuivre avec vous mon avancée sur le chemin initiatique de la connaissance et de la conscience.

J'ai dit, 

 source : www.ledifice.net

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Published by E\ G\ - dans Planches
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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 09:55

Une nouvelle obédience maçonnique française vient de voir le jour, la Grande Loge Indépendante de France (GLIF), issue de frères provenant de la Grande Loge Nationale Française(GLNF) désireux d’établir les conditions de création d’une Grande Loge éligible à la reconnaissance.

Créée en septembre 2012, la GLIF a publié sur son site internet (sommaire encore) un communiqué dans lequel elle affirme ses buts, ses aspirations et son cheminement en quête d’une Reconnaissance :

Redoutant le retrait probable de la “Reconnaissance” de l’obédience à laquelle ils appartenaient, par la chaîne maçonnique universelle des Grandes Loges reconnues, un groupe de Francs-maçons de cette obédience s’est assemblé, dès 2011, forts de leur statut de Maçons réguliers, dans le but d’explorer les solutions qui permettraient de retrouver le plus vite possible, le cas échéant, cette “Reconnaissance’. 

Si le projet d’une création d’une Grande Loge, comme réponse, a été finalisé dès le printemps 2012, le groupe des « Pères fondateurs », par souci permanent de légitimité et de régularité d’origine et de refus de participer à la fragmentation de la Maçonnerie en France, s’est abstenu de s’auto-proclamer en Grande Loge dotée dune structure de gouvernance pré- déterminée.

Il a attendu, pour déclarer la création de cette nouvelle Grande Loge, que le retrait de reconnaissance, tant redouté, tombe effectivement ; qu’un cadre de travail légitime pour la reconstruction soit défini ; qu’il soit invité officiellement à y participer et que, dans ce contexte nouveau, des Loges pétitionnent en toute liberté pour motiver la création d’une telle Grande Loge aspirant à la reconnaissance des Grandes Loges régulières dans le monde.

Saluant l’initiative des Grandes Loges européennes à venir en aide aux Frères français pour favoriser la recomposition d’une Franc-maçonnerie régulière et reconnue en France, et confortée par le schéma de travail défini par la Déclaration de Bâle (10/06/2012) et confirmé par la Lettre de Berlin (28/07/ 2012) ; la création de la GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE “GLIF” a été officiellement publiée le 25 Septembre 2012, affirmant son total engagement dans le processus de recomposition auquel elle est officiellement invitée.

La GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE est une société fraternelle maçonnique, union de loges et de Frères réguliers, se réunissant sous la règle des 8 points des “BASIC PRINCIPLES de 1929” (Travaux ouverts à la Gloire du Grande Architecte de l’Univers, qui est Dieu, Bible, équerre, compas ouverts en Loge, membres masculins, respect des us et coutumes immémoriaux, etc.), communs à toutes les Loges maçonniques régulières dans le monde.

Elle est organisée en une association loi de 1901, regroupant des Loges constituées ellesmême en associations du même type, propriétaires de leurs propres ressources financières.

Ces Loges sont unifiées et font partie intégrante, pour la reconnaissance de leur appartenance à l’Ordre maçonnique régulier universel, de la GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE, au travers de chartes délivrées par le Grand Maître et de leur engagement à respecter la Constitution, les autorisant à se prévaloir des privilèges de la reconnaissance dévolue à la GLIF.

La GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE est souveraine pour les grades du Métier (« Craft »), dans les rites cérémoniels autres que le Rite Ecossais Ancien et Accepté.

L’objectif est à présent d’aboutir le plus vite possible au recouvrement, pour ses Frères, de la Reconnaissance de la part de la chaîne maçonnique universelle des Grands Loges reconnues comme telles.

Dans ce but, un calendrier de rencontres officielles avec des parties prenantes nationales et internationales est d’ores et déjà établi.

Source : http://www.gadlu.info/creation-de-la-grande-loge-independante-de-france-en-quete-dune-reconnaissance.html

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 09:37

Chaque mois de juillet, le "Tour de France" ressuscite la grande fête du vélo. Il peut être vu comme un carnaval moderne, qui laisse une place à l’expression mouvante et rituelle des rêves populaires. Durant cette épreuve, une nouvelle classe d’âge succède à la précédente. Le temps détrône l’ancien monde et couronne le nouveau. Naissance et mort ne sont pas coupées l’une de l’autre et les deux pôles du devenir sont englobés dans leur unité contradictoire. La course est un temps joyeux, qui interdit à l’ancien temps de se perpétuer et qui engendre le temps nouveau. Les champions qui dominent la course cherchent à acquérir une "maîtrise" de la vie, une forme de perfection humaine où l’imitation des aînés joue un grand rôle. Cette recherche de la perfection pourrait se définir par trois maximes :
"l’apprentissage, long et difficile, doit être méthodique",
"les chefs-d’œuvre sont marqués par le temps",
"la mort vient toujours à son heure" …

Mais, dans le "Tour de France", on parle de la mort en faisant la fête et en acclamant les nouveaux champions qui viennent pour perpétuer la tradition. Le maillot jaune est un symbole qui fait entrer son détenteur dans la catégorie des hommes dieux qui meurent. Comme dans le cycle du "Rameau d’Or" décrit par James Frazer, "il faut tuer l’homme dieu, dès qu’apparaissent les signes de son déclin et transmettre son âme à un successeur vigoureux". Ainsi, de maillot jaune en maillot jaune, la course cycliste du "Tour de France" forme une longue chaîne de "meurtres rituels". Héros solaire, le vainqueur conquiert la "Toison d’Or" après une longue lutte et par un acte de rupture : "la mise à mort rituelle et symbolique de son prédécesseur", exécutée au nom de la pérennité des valeurs. Cette mise à mort est réalisée dans un moment d’une "grande sacralité" et le nouvel élu symbolise l’éternelle jeunesse du "monde nouveau"

Ce n'est pas l'usage de parler d'actualité dans ce blog ... Mais observer que l'on peut trouver dans le "Tour de France" certaines analogies avec avec le mythe fondateur de la franc-maçonnerie, c'est souligner que la démarche maçonnique consiste moins à s'envoler ou à se réfugier dans les "nuages théologiques" des rituels et des symboles que de considérer le symbolisme comme une certaine manière de "voir" et de "savoir" qui, en renouvelant le regard intérieur, transfigure la vision de l'homme. C'est également affirmer que la démarche maçonnique doit intégrer dans sa réflexion les traditions populaires, mythologiques et religieuses, afin d’y rechercher ce qui peut révéler le sens de la destinée de l’homme et la signification de l’aventure humaine.

1 - Origines et signification

Les origines de la légende d'Hiram
L’étude des origines d’une institution a pour préliminaire la distinction entre la légende et la vérité historique. Cette distinction, entre la fable et la réalité, s’imposeparticulièrement en ce qui concerne la légende d’Hiram, dont les origines sont à la fois obscures et méconnues. Si l’on ajoute foi à des contes dont l’antiquité n’est pas douteuse, le problème sera vite résolu …Il suffira d’interroger un maître, de préférence "un ancien". Un de ceux qui ont conservé intacte la foi des anciens âges et d’écouter. Il dira les origines bibliques de la légende, les étapes de la construction du Temple de Salomon, les péripéties de la vie d’Hiram et son assassinat final par trois mauvais compagnons. Il citera des noms, des faits, des dates. Aucune question ne l’embarrassera, car la relation traditionnelle, dont il sera l’interprète, est des plus précises. Inutile d’ajouter que ses dires, dont la sincérité sera absolue, ne seront appuyés par aucune preuve, qu’ils resteront donc peu vraisemblables et que le travail de l’historien, loin d’être terminé, après cette audition, commencera seulement avec elle.
Martin Saint-Léon expose les légendes que possèdent les fédérations qui administrent les trois Rites du Compagnonnage : "les Compagnons du Devoir et de Liberté", "les Enfants de Maître Jacques", "les Enfants du Père Soubise". Chacun des trois Rites possède sa légende propre et prétend se rattacher à l’un de ces trois fondateurs : Salomon, Maître Jacques, Soubise. Et chaque légende possède elle-même des variantes, voire des versions différentes.
Maître Jacques aurait été l’un des premiers maîtres artisans de Salomon et l’un des compagnons d’Hiram. Il aurait travaillé à la construction du Temple de Salomon et serait devenu le Maître des Tailleurs de Pierre, des Maçons et des Menuisiers. Le Temple achevé, il aurait quitté la Judée, en compagnie d’un autre Maître, Soubise, avec lequel il se brouilla. Soubise débarqua à Bordeaux et Maître Jacques à Marseille. La fin de l’histoire de Maître Jacques semble calquée sur le récit de la passion du Christ. Alors qu’il était en prière, l’un de ses disciples vint lui donner un baiser de paix. C’était le signal convenu pour cinq assassins qui le tuèrent de cinq coups de poignard. Soubise fut accusé d’avoir été l’instigateur de ce meurtre, ce qui fut longtemps la cause de la désunion entre les Compagnons des deux Rites. Mais cette accusation fut finalement estimée infondée et injuste.
Une autre version de la légende veut, qu’au lieu d’avoir été un artisan contemporain de Salomon, Maître Jacques ait été tout simplement le même personnage que Jacques de Molay, dernier
Grand Maître des Templiers, brûlé sur ordre de Philippe le Bel. Jacques de Molay a très bien pu, dans le cadre des nombreuses constructions édifiées par les templiers, donner une règle aux ouvriers Maçons, Tailleurs de Pierre et constituer des sociétés de Compagnons. Cette version, à première vue moins invraisemblable que la précédente, ne repose toutefois sur aucun fondement historique. Car si l’existence d’une filiation entre les Templiers et le Compagnonnage, n’est pas impossible, force est de considérer que, même probable, elle demeure purement conjecturale.
La légende de Soubise est implicitement contenue dans la précédente. Soubise, architecte du Temple de Salomon, comme Maître Jacques, ami de celui-ci, serait devenu l’instigateur de son assassinat. Le fait est toutefois contesté. Mais d’après un autre récit, Soubise aurait été un moine bénédictin qui aurait vécu à la fin du XIIIème siècle. C’est sous le costume des moines bénédictins, qu’il est généralement représenté dans les Cayennes. Soubise aurait participé, avec Jacques de Molay, à la construction de la cathédrale d’Orléans. Le Compagnonnage aurait été fondé à cette époque et Soubise aurait survécu quelques années au Grand Maître des Templiers. Cette version, qui n’est pas impossible, reste également purement conjecturale.
Les Compagnons du "Devoir et de Liberté" , Enfants de Salomon, prétendent eux, que leur fondateur est le Roi Salomon lui-même. Et ils se réfèrent à une légende qui a pour point de départ un passage de La Bible (Premier Livre des Rois, Chapitres 5 & 7) : "Le roi Salomon envoya quérir Hiram de Tyr. C’était le fils d’une veuve de la tribu de Nephtali. Il était rempli de sagesse, d’intelligence, de science, pour faire toute œuvre en airain. Il vint donc chez le roi Salomon et fit ses ouvrages". Rien, dans ce texte, ne permet de conclure à l’existence d’une association telle que le Compagnonnage au temps de Salomon… Mais la légende continue le récit biblique. Pour payer les ouvriers, en éliminant les intrus et les oisifs qui se mêlaient à eux, Hiram donna à chacun des ouvriers un mot de passe pour se faire reconnaître. Ainsi, chacun était payé selon son mérite et recevait, le moment venu, le mot de passe de son nouveau grade. Le Compagnonnage de Liberté était fondé.
Une seconde légende se superpose à la première. Trois compagnons, Holem ou Hoben, Sterkin ou Skelem, et Hoterfut, furieux de s’être vus refuser la maîtrise, décidèrent de contraindre Hiram à leur donner le "mot" de maître ou de l’assassiner. Cette version constitue la trame du rituel maçonnique de l’élévation à la maîtrise.Le récit le plus connu et le plus complet de la légende se trouve dans le livre des "Voyages en Orient", de Gérard de Nerval. Il nous raconte "l’histoire de la Reine du Matin et de Soliman Ben Daoud, Prince des génies" (l’histoire de la Reine de Saba et de Salomon, fils de David)… Au fil des douze chapitres, d’"Adoniram", le premier, à "Mac Benah", le dernier, se révèle tout le symbolisme de la légende. Les trois mauvais compagnons y symbolisent l’ignorance, l’hypocrisie et le fanatisme. La recherche et la découverte du corps d’Hiram exaltent les trois vertus opposées, mais aussi la liberté et la fidélité, l’une portant l’autre, et qui sont les vertus de l’esprit. La fidélité est la lumière de l’esprit. Dès qu’on change ses idées d’après l’événement, l’intelligence n’est plus qu’une "fille".
La signification de la légende
La légende d’Hiram, est pour le nouveau maître une invitation à réfléchir son propre portrait dans le miroir que lui propose la légende. Il essayera donc d'observer comment le miroir est construit en tant que lieu spéculaire des métamorphoses de son propre moi symbolique … Car cette légende est d’abord un recours à soi-même, où chacun est invité à trouver sa propre vérité. Et c’est bien là que se trouve sans doute le sens alchimique de la légende, si l’on veut bien voir dans l’alchimie la tentative de chaque individu pour découvrir sa propre vérité, son propre secret, pour trouver la connaissance suprême réservée à chaque itinéraire humain. Car qu’est-ce donc que l’Initiation, sinon la traversée de la vie humaine, avec ses joies et ses épreuves, à travers laquelle l’être humain met à nu, lentement, cette étincelle qui est en lui et qui, une fois révélée, éclaire l’univers et lui donne un sens ?On retrouve les acteurs de la légende au portail Nord de la cathédrale de Chartres où figurent David avec Salomon et la Reine de Saba ainsi que Zorobabel ... Salomon, constructeur, il y a trois mille ans, du premier temple, détruit en l’an 600 avant notre ère par Nabuchodonosor II. Près de lui, se trouve Zorobabel, architecte du second temple, embelli par Hérode et détruit par les romains, en l’an 70 de notre ère. Eséchiel, l’inventeur du "troisième temple", a disparu du portail nord à la Révolution. Mais Saint Jean-Baptiste au même portail présente au passant l’emblème du troisième temple, la Jérusalem céleste, "la Cité qui n’a besoin ni du soleil, ni de la lune pour l’éclairer, car l’agneau est son flambeau".

"Ici, tout est symbole",
cette affirmation, répétée au cours de la cérémonie d’initiation maçonnique est chargée de sens, parce qu’elle annonce la valeur de la démarche et la méthode de travail : la recherche du sens, au-delà de l’apparence. Après son apprentissage et son compagnonnage, le franc-maçon médite sur la passion d’Hiram. Et il apprend alors que les maîtres disposent pour se reconnaître d’un mot substitué à la "parole" qui a été perdue. La "parole" est perdue pour ceux qui croient avoir tout vu, tout dit et qui disent "qu’il n’y a rien à voir". La parole est effectivement perdue lorsqu’on n’est plus à même de produire une pensée nouvelle à propos des symboles. Ainsi la "parole" est-elle toujours à retrouver et sa quête exige une remise en question permanente de toutes nos certitudes antérieures. Muni du mot substitué, le Maître Maçon explore les paysages proposés par les rites. Mais le voyage initiatique ne peut être accompli que par celui qui ne se contente pas du mot substitué. La Maîtrise véritable exige l’essentiel. Encore faut-il garder un esprit critique et conserver un certain humour, afin de ne pas devenir un dévot béat qui attend une "révélation" de la part de ses maîtres. Ainsi, au départ, dès le commencement de la quête, il faut savoir que la "parole" ne pourra se dire. Elle sera montrée, sous l'égide de la rose, sortie d’une boite, sous forme d’initiales, qui sont le symbole du "mot" et non le "mot" lui-même, enfin retrouvé ...

2 - La suite de la légende
Le grade de Royale Arche
L'un des motifs qui provoqua, en 1750, la célèbre querelle maçonnique entre les "Antients" et les "Modernes" réside dans l’attitude des uns et des autres envers le grade de Royale Arche - la Sainte Arche Royale de Jérusalem. Les Anciens admettaient la pleine valeur de ce grade dont ils faisaient l’une des pièces maîtresses de l’édifice maçonnique et qu’ils pratiquaient réellement. Les modernes, par contre, refusaient officiellement de reconnaître ce grade, bien qu’ils fussent nombreux à le prendre et à s’y faire recevoir. Le schisme cessa en 1823, par la création de la Grande Loge Unie d’Angleterre dont l’article 2 de la déclaration préliminaire précisait que : "la maçonnerie pure et ancienne consiste en trois degrés, sans plus, à savoir : Apprenti, Compagnon et Maître Maçon, y compris l’Ordre Suprême de la Sainte Arche Royale".
Ce grade est-il de source opérative ? Très probablement non. Est-il issu des degrés hiramiques, en constituant la seconde partie du grade de Maître ? Rien ne prouve que les deux légendes du troisième degré et de l’Arche Royale aient jamais été associées dans un même cérémonial. Toutefois, les Anciens accusaient les modernes d’avoir mutilé le grade de Maître en l’amputant de sa seconde partie. Ce qui porte l’idée d’une maçonnerie en trois grades, le troisième étant reçu au cours de deux cérémonies distinctes …
Les rituels du grade de Royale Arche
Les origines des rituels du grade de Royale Arche sont multiples et complexes. Le plus ancien rituel connu de ce grade date de 1760. Après la tenue du premier Grand Chapitre de Royale Arche en 1766, le développement des rituels se caractérise, sous l’influence semblerait-t-il de jésuites, par la substitution à la légende ancienne, solomonienne et hiramique, d’une nouvelle légende racontant la reconstruction du Temple par Zorobabel.
L’enseignement historique du grade - qui présente des similitudes avec celui de Chevalier d’Orient du Rite Français - raconte que, "lors de la reconstruction du temple, trois pèlerins inconnus s’étaient offerts pour déblayer les décombres de l’ancien édifice. Et comme le bruit courait que quelque chose d’important était enfouis sous les décombres, il leur avait été recommandé de prendre le plus grand soin pour réaliser leur travail. Au bout de quelques jours, ils avaient découvert, derrière un mur sonnant le creux, une voûte où ils avaient aperçu des tables, portant une partie des lois divines et un petit autel recouvert d’un voile. Ce voile soulevé leur avait permis de lire les noms des Maîtres qui avaient construit le premier temple, mais aussi le nom de l’Eternel - non pas celui qui est donné à l’ordinaire, mais un autre - qui était manifestement la parole perdue. Tous les Maîtres présents avaient dû prendre l’engagement de ne jamais révéler aux autres frères la parole retrouvée et de ne jamais la prononcer qu’en présence de deux autres Maîtres". Le grade de Royale Arche, tel qu’il prend corps en Angleterre à partir de 1766 affiche une marque chrétienne que l’on retrouve dans le rituel de Maître Parfait du Rite Ecossais Rectifié. Ceci suppose que dans les Loges qui pratiquaient le grade de Royale Arche, la légende de l’Ancien Testament soit interprétée d’un point de vue chrétien : celui de l’annonce de la reconstruction symbolique du troisième temple.
Dans le rituel de 1765, les acteurs en sont les Maîtres Sublimes, Salomon, Hiram, Roi de Tyr et Hiram, l’architecte assassiné
. "Les Maîtres Sublimes demandent à Salomon de leur conférer le grade de Royale Arche. Salomon leur répond négativement, sachant qu’il a condamné une trappe dans le sanctuaire. Cette trappe mène à un souterrain qui donne accès à une voûte de neuf arches. Longtemps après, Salomon envoie trois intendants, Sublimes Ecossais, pour chercher les choses les plus précieuses dans les ruines du Temple (ce qui constitue une incohérence, le Temple de Salomon étant détruit plus de quatre cents ans après sa construction). L’un des intendants accroche sa pioche à un gros anneau fixé à une dalle. Il soulève la dalle - dont l’image se trouve sur le sautoir du 14ème grade du Rite Ecossais Ancien Accepté - et découvre le souterrain. Il lie une corde autour de sa taille et dit à ses compagnons qu’il tirera sur la corde pour demander qu’on le remonte. Il descend dans le trou - le souterrain serait donc bien au fond d’un puits. Il passe trois arches, tire trois fois la corde pour se faire remonter. Au cours d’une nouvelle tentative, il passe six arches, tire six fois la corde. Il redescend une nouvelle fois avec un flambeau et passe neuf arches. Un pan de mur se détache et il aperçoit une pierre triangulaire sur laquelle est écrit le mot sacré du grade de Royale Arche : JABULUM. Il fait le même signe que Salomon, lorsqu’il a refusé de leur conférer le grade de Royale Arche (Signe d’Admiration). Il met un genou en terre, une main dans le dos et l’autre pour se protéger de la lumière (Signe de Protection) et tire sur la corde pour se faire remonter. Revenu avec les autres intendants, il leur dit : "Jabulum est un bon maçon" et décide avec eux :- que le nouveau mot de passe sera "Je suis ce que je suis"…
Le symbolisme du grade de Royale Arche
Les soirées privilégiées parfois vécues par les francs- maçons ne peuvent se produire que dans les Loges qui, au moyen d’un rituel, pratiquent l’art d’ouvrir une porte sur un monde hors du temps et sur un univers sans limite. Ce monde, à l’intérieur d’un Temple orienté, couvert de sa voûte étoilée, devient d’autant plus réel qu’il est imaginaire. Ainsi, par le moyen du Rite, le franc-maçon peut passer de la durée temporaire ordinaire au temps sacré. Le franc-maçon vit ainsi dans deux sortes de temps : le temps profane et le temps sacré, qui se présente sous l’aspect paradoxal d’un éternel présent mythique qu’il est possible de réintégrer par le Rite. Le thème de la recherche de la parole perdue s’inscrit naturellement dans cette démarche. Après son apprentissage et son compagnonnage, le franc-maçon médite sur le meurtre d’Hiram. Et il comprend que le mot que les Maîtres utilisent, pour se reconnaître, est un Mot substitué, dont ils portent les initiales sur leur tablier et que le but de la démarche est la recherche de la Parole perdue … Muni du mot substitué et afin de retrouver cette Parole, le Maître Maçon explore les paysages proposés par les rites. Le processus de l'initiation nous donc fait traverser des paysages, plus précisément des structures qui jalonnent la voie initiatique, qui n'est elle-même qu'une expérience totale de la vie
Au douzième degré du Rite Ecossais Ancien Accepté, le Maçon redécouvre que le Temple que chaque Maçon doit construire en lui-même, représentel'édifice idéal que chacun de nous est appelé à réaliser et que le Temple de Jérusalem est une image de l'univers destiné à satisfaire notre raison, une conception philosophique traduisant, autant qu'il est possible, une approche de la Vérité.Au XVlllème siècle, avant la structuration définitive de la Franc-maçonnerie spéculative, la prononciation du mot de maître est J H V H (Jéhovah). Tout se passe ensuite comme si tout le mythe d'Hiram consistait, dans un de ses aspects, à supprimer cette invocation pour la remplacer par un mot substitué qui sera le premier mot que l'on entendra et dont les significations vont de Mach Banach, Marrow in the Bone, Moabon enfin, qui deviendra le mot substitué du Rite Ecossais Ancien Accepté.
Le sens profond du Rite Ecossais Ancien Accepté est le passage fondamental de l’Ancien au Nouveau Testament , où le tétragramme Chrétien I N R I se substitue au tétragramme hébraïque I H V H. Et toute la démarche ultérieure sera ciblée sur la découverte de la complémentarité de l’Ancien et du Nouveau Testament, l’un, symbolisé dans les grades vétéro-testamentaires par la formule : Amour de la Vérité et l’autre symbolisé par la référence au Nouveau Testament : Amour de l’Humanité, symbolisme que l’on retrouvera sur l'échelle mystérieuse du rituel du trentième grade du Rite Ecossais Ancien Accepté …Certains diront : qu’importent les spéculations et les retours vers le passé à l’époque de la science, de la technique, de l’efficacité, de la raison… Les sceptiques et les agnostiques diront que la maçonnerie n’a que faire de dieu et des religions. Les croyants objecteront que leur foi leur suffit et s’en remettront à leur église, avec plus ou moins de confiance, pour s’occuper de leur dieu et du salut de leur âme. L’église, de son côté, parle de moins en moins, afin de ne pas effaroucher le client, l’important restant de maintenir, autant que possible, une influence fondée sur quelques principes d’ordre moral.
Quant aux francs-maçons, ils se présentent sous des visages bien divers, sans unité de doctrine ni d’action. Il existe, il est vrai, pour les trois premiers grades, un critère simple : celui de la régularité, qui garantit, dans l’ensemble, la reconnaissance de principes communs traditionnels. Et les choses deviennent encore plus claires lorsqu’on sait que la régularité doit s’apprécier sous deux aspects complémentaires : la régularité obédientielle et la régularité initiatique. Mais cette simplicité relative, qui concerne la franc-maçonnerie des grades symboliques, fait place à une réelle confusion lorsqu’il s’agit des "hauts" grades.L’histoire de ces grades est fort complexe et l’on y trouve le meilleur, mais également, il faut en convenir, le pire. On s’aperçoit, de plus, qu’il n’existe, au regard des "hauts" grades, aucun critère de régularité, ni aucun pouvoir régulateur qualifié, même si le Rite Ecossais Ancien Accepté peut se prévaloir de regrouper, au niveau mondial, 90 pour 100 des maçons travaillant dans les Ateliers au delà du troisième grade. Peut-on d’ailleurs parler "du" Rite Ecossais Ancien Accepté, tant les pratiques en sont parfois différentes, et les formules constitutives laissées "ad libitum" de chaque Atelier ?
Il semblerait donc raisonnable d'accepter une constatation de départ aussi simple qu’évidente. La franc-maçonnerie est, à l’origine, une initiation de Métier et l’ésotérisme qu’elle met en œuvre est d’essence judéo-chrétienne. Partant de là, il convient de déterminer et de comprendre l’expression de cette essence judéo-chrétienne, d’en suivre le passage de la maçonnerie opérative de jadis à la maçonnerie spéculative moderne, puis de son évolution jusqu’à la pratique actuelle. Salomon, Hiram, Zorobabel, n’ont ni construit, ni rebâti le Temple… Ils nous ont légué son modèle, caché sous une image. Ils nous indiquent le chemin vers la Cité Idéale où il s’élèvera, dans l’harmonie. Il importe donc que les maçons de bonne foi, rejetant les idoles, mènent à bonne fin une pratique des "hauts" grades qui leur donne leur seule justification : aider, servir et honorer la Franc-maçonnerie symbolique, qui est la seule détentrice de toute l’initiation. Ainsi, la maçonnerie de Royale Arche pourrait-elle être considérée à juste titre comme la fondation et la clé de voûte de l’ensemble de l’édifice maçonnique. Dégagée de tout dogme, de toute attache cultuelle, considérée non comme un grade, mais comme un complément et une explication des grades symboliques, laissée à la libre interprétation de la conscience individuelle de chacun, elle montrerait ainsi l’importance, non pas tant religieuse, que sacrée de l’initiation maçonnique. Avec elle, s’éclairerait toute la signification à donner à la légende opérative et traditionnelle du Temple de Jérusalem ainsi que la haute portée de son enseignement initiatique selon lequel l’accomplissement du chemin de la connaissance rejoint la quête spirituelle de l’Amour.

Conférence de Roger Dachez

La question des origines de la Franc-Maçonnerie occupe un statut particulier dans l'imaginaire maçonnique. Préoccupés par la transmission, certains franc-maçons ont dicté des règles et établirent des lois qui façonnèrent l'histoire de l'institution qui ressortit des "Constitutions d'Anderson". C'est ainsi que la Franc-Maçonnerie s'origina dans le Paradis Terrestre immémorial d'Adam et Eve et qu'elle fut transmise par les prophètes et les rois, accréditant la thèse selon laquelle la Grande Loge, apparue à Londres au XVIIIème siècle, n'était pas une "création" mais un "éveil", éveil s'inscrivant donc dans la continuité des bâtisseurs de cathédrales. Théorie qui connaît une rupture avec l'avènement de l'histoire moderne sur laquelle s'appuie, entre autre, la Franc-Maçonnerie spéculative qui tenta de "décortiquer" le mythe de la Franc-Maçonnerie opérative.
Cet exposé tente de répondre aux deux questions suivantes: la Franc-Maçonnerie spéculative dérive-t-elle de la Franc-Maçonnerie opérative? L'Histoire peut-elle détruire le mythe? N'a-t-elle pas plutôt le pouvoir de le restituer dans sa dimension fondatrice et son sens réel ?

Source : http://www.troispoints.info/article-la-legende-d-hiram-67402292.html

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Published by Roger Dachez - dans Symbolisme
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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 08:26

grace-kelly-image.jpgA la sensualité féline d'Ava Gardner, Grace Kelly oppose la froideur troublante d'une lady aux gants blancs. Elle imprime, dans sa carrière fulgurante, un style dont Alfred Hitchcock sera le pygmalion médusé.

Personne n'a connu Grace Kelly. Tous ceux qui ont caressé cette chimère ont fini par se rendre à l'évidence : on n'assiège pas le mystère qui, c'est notoire, tend l'oreille à l'incertitude et vous plante sur... une énigme ! Plus lucide que le commun de ses confrères, un journaliste du Saturday Evening Post en a, du reste, pris son parti. Et, las de traquer les chiches concessions que l'actrice octroie à la privauté, d'écourter : " Ecrire sur Grace Kelly revient à envelopper de la fumée dans du papier ! " Eh bien ! soit. Chercheur sans ambition, chroniqueur sans gloire, nous nous arrangerons des ombres. Et, promu maître ès brumes, nous briguerons la reconnaissance d'un ennemi patenté de l'Histoire : l'illusion d'optique.

Chez les Kelly, on ne badine pas avec la droiture. C'est, dit-on, la force des faibles. Avec le courage, c'est, en tout cas, la seule richesse que John Henry, un garçon de ferme irlandais, a emportée dans le dénuement rageur d'un exil. Dans la téte de ce paysan du comté de Mayo fleurit, néanmoins, un credo : " La victoire sourit aux plus honnétes. " Cap, donc, sur le Nouveau Monde pour défendre, dès 1867, la part de bonheur que l'Irlande semble refuser aux plus démunis de ses enfants.

La vie, quoi qu'on en dise, contrarie rarement l'espérance des humiliés. Aussi, légataire de la paternelle ambition, John Brendan Kelly se hisse-t-il, en un éclair, du statut d'apprenti dans une briqueterie à celui d'entrepreneur en bâtiment. Le succès est tel que, de l'aveu méme du tout-Philadelphie, " on ne peut pas mettre deux briques l'une sur l'autre sans passer par lui. " Mieux. L'homme d'affaires avisé se double d'un sportif accompli. Naguère champion de boxe de l'infanterie américaine, John s'emballe, maintenant, pour l'aviron. Et, si la gentry britannique interdit à ce " simple travailleur manuel " de participer aux prestigieuses régates de Henley, il fonce, aussitôt, en Belgique pour décrocher... la médaille d'or en skiff aux jeux Olympiques de 1920 ! Les Kelly, que cela soit clair, ne campent pas sur un échec. C'est avec panache qu'ils s'emploient à laver les affronts.

La fortune, malgré tout, a besoin d'un ancrage affectif. Seul le mariage est, alors, à méme de consacrer cette réussite. Quatre ans après l'éclatante revanche d'Anvers, John Brendan - que les siens appellent plus volontiers Jack - y pourvoit en épousant, en l'église catholique de Saint Bridget, une Américaine d'ascendance allemande, la distinguée Margaret Mayer. Connue pour sa beauté qu'elle préte, d'ailleurs, à la une de nombreux magazines, Margaret est également réputée pour ses talents sportifs et deviendra " la première femme à enseigner l'éducation physique à l'université de Philadelphie ". La ténacité irlandaise fait maintenant ménage avec la rigueur germanique. Et les héritiers Kelly - Margaret, John Junior, Grace Patricia, Elisabeth - devront, tant bien que mal, s'accommoder du sacro-saint postulat que leur " général prussien " de mère cheville à l'idée qu'elle se fait de l'éducation : discipline, sport et culte.

Née le 12 novembre 1929 à Philadelphie, Grace y semble, pourtant, la moins bien disposée. La gamine présente, en effet, une constitution qui, dans sa débilité, suffirait à assombrir plus d'un caractère et légitimer tout sentiment de révolte : crises d'asthme répétitives, angines récurrentes, coryza chronique, myopie patente. Elle ne cède, toutefois, ni aux foucades ni aux emportements. Tout au plus ces empéchements confortent-ils la fillette dans ses replis songeurs. En évoquant cette période, Mme Kelly se contentera, un jour, d'abréger : " Elle possédait une espèce de calme intérieur, de tranquillité d'âme toute particulière. " Et, loin de vitupérer la maternelle autorité, Grace, quant à elle, ne manquera jamais de rendre hommage à l'austérité de ses principes : " Plus d'une fois, cette éducation rigoriste m'a aidée à surmonter avec sérénité certaines épreuves. " Pour autant, dès qu'il s'agit d'étudier l'allemand, les enfants Kelly osent, tout de méme, braver les oukases de Margaret. L'actualité, certes, leur servait d'alibi : " Comment pouvions-nous avoir envie d'apprendre sa langue alors qu'Hitler faisait trembler l'Europe ? " s'interroge encore Elisabeth. Pour une fois, " le chef " a baissé les bras.

En septembre 1936, Grace intègre la Raven Hill Academy et, sanglée dans un uniforme bleu marine, elle se plie avec docilité au règlement spartiate qui régit l'institution. Quitte à reconnaître plus tard : " On nous menait la vie dure. Je ne pense pas que les jeunes puissent aujourd'hui supporter la discipline qui était la nôtre. " Pelotonnée dans une délicate timidité, l'écolière trouve par ailleurs l'occasion de se distraire : elle harcèle Andersen et Kipling, se frotte à la poésie, étudie la musique sous la férule de sa mère, et ne rate à aucun motif les cours de danse qui lui sont dispensés. Est-ce l'acteur Douglas Fairbanks Jr qui, en déposant un baiser sur son front, détournera la fillette de ses réves de ballerine ? Rien n'est moins sûr. Quoi qu'il en soit, la magie est totale et, durant quelques jours, Grace refuse obstinément... de se laver le visage !

L'adolescente conservera mémoire de cet éblouissement. Du coup, elle n'hésite pas à rejoindre la troupe d'amateurs de East Falls qui, en 1941, décide de monter Ne donnez pas à manger aux animaux et, pour la première fois, elle saute sur les planches. Dépéché sur place, l'échotier de la région entrevoit les prémices d'un talent : " Miss Kelly a brillamment reçu son baptéme des feux de la rampe. " Dispositions à confirmer.

Pour l'heure, du couvent des Dames de l'Assomption, Grace passe, en septembre 1943, à la Stevens School de Germantown, la banlieue huppée de Philadelphie où les siens résident. Ses classes terminées, elle décide de poursuivre les études et ambitionne le très prisé Bennington College qui, dans ses doctes arrangements, prévoit l'enseignement de l'art dramatique. Collée à l'examen d'entrée, Grace envisage, alors, de se rabattre sur l'American Academy of Dramatic Arts de New York. Mais, pour lui laisser le temps de méditer son dessein, John et Margaret Kelly l'invitent, avec ses soeurs et frère, à sillonner l'Europe. Sur les rives mémes de la Tamise, John Jr en profite pour infliger un nouveau camouflet au patriciat londonien et remporte, vingt-sept ans après l'humiliation essuyée par son père, les fameuses régates de Henley. Histoire de signifier au Vieux Continent qu'il doit, désormais, compter avec le nom des Kelly dans les places fortes... où il n'est pas forcément attendu.

De retour sur le sol américain, Grace se montre plus déterminée que jamais : quel que soit l'avis des siens, elle sera comédienne. John a beau tenter la déstabilisation - " Le jour où tu auras atteint le sommet, tu seras la propriété du public. Il n'y aura plus de vie privée. On en demandera toujours davantage. Es-tu préte à payer ce prix ? " - en bonne fille d'Irlandais, elle persiste. Fin septembre, la voilà donc à New York et, après une audition de principe à Carnegie Hall, elle est admise à l'académie où l'a, entre autres, précédée Spencer Tracy. Ses parents l'ont installée au coeur de la 63e Rue, au Barbizon Hotel for Women qui, loin des turpitudes de la ville, a d'ores et déjà hébergé Lauren Bacall, Joan Crawford et Gene Tierney.

A New York, selon un condisciple, Grace travaille " comme une forcenée " : diction, improvisation, gymnastique, escrime et danse rythment son quotidien. Aucun mal, donc, à décrocher, en 1949, un diplôme qui l'entraîne dans la spirale des sempiternelles auditions, des brûlants espoirs, des mordants refus. " Mes débuts furent assez difficiles. [...] J'avais un handicap particulier : ma taille. J'étais trop grande pour tenir les rôles que mon visage et mes yeux bleus inspiraient aux metteurs en scène ", commentera-t-elle. De fait, jusqu'à ses véritables débuts à Broadway dans une pièce de Strinberg, Grace doit se résigner à quelques apparitions furtives dans les théâtres de province.

Après Father , elle acquiesce aux séries télévisées qui la révèlent tant au grand public qu'à la profession. Et c'est d'un mélodrame, Quatorze Heures, qu'Henri Hathaway prétexte, en 1951, pour projeter sur grand écran l'image d'une étincelle glacée. Paul Douglas, son partenaire, aura longtemps souvenir de la débutante : " [C']était une fille adorable. [...] Elle possédait quelque chose qui n'existait plus depuis Irene Dunne. C'était une jeune lady . " Le réalisateur Fred Zinnemann qui, avec Le train sifflera trois fois, lui offre, en 1952, son premier grand rôle, ne tarde pas à entériner le propos : " C'était la première actrice que je voyais arriver avec des gants blancs à une entrevue ! " Le franc succès de ce western original - quatre oscars lui sont décernés - rejaillit inéluctablement sur Grace Kelly qui, en revanche, se montre très critique sur sa performance : " Lorsque je regarde le visage de Gary Cooper, j'y lis tout ce qu'il pense. Mais quand je regarde le mien, je n'y vois rien du tout ! "

Qu'importe l'autocritique ! La Metro Godwyn Mayer déroule le tapis rouge devant elle. Mais, jalouse de l'orientation qu'elle entend donner à sa carrière, elle en fait peu cas. " Je n'ai jamais vraiment manqué d'argent et je n'en ai jamais fait un but dans mon métier. [...] C'était une force que de sentir derrière soi une famille préte à vous récupérer en cas de nécessité ", ponctuera-t-elle. Finalement, la comédienne cède aux pressions. Sur un comptoir d'aéroport, elle signe le contrat qui, pour sept ans, la lie à la compagnie et s'envole aussitôt pour le Kenya pour un trio de légende : Gardner-Gable-Kelly. Ce sera Mogambo . Trois raisons avouées à cette capitulation : " Parce que John Ford. Parce que Clark Gable. Parce que l'Afrique, puisqu'on m'offre gentiment le voyage. Si Mogambo avait été tourné dans l'Arizona, je n'y aurais sûrement jamais mis les pieds ", confesse-t-elle. Le réveillon de Noêl y aurait, assurément, perdu en originalité. En pleine brousse, entre deux prises, Grace, en effet, tricote... des chaussettes qu'elle compte offrir à celui que Hollywood continue d'appeler " The King ". Faute de temps, elle ne peut achever son ouvrage. Facétieuse, elle en dérobe une dans les bagages de Clark, la garnit d'objets de méme provenance puis elle épingle le tout à la tente de son partenaire. La sortie du film, en 1953, vaut à Grace Kelly un concert de louanges. La sulfureuse Ava Gardner ne parvient pas à éclipser sa dureté lumineuse. C'est dire ! Les slogans publicitaires vont jusqu'à annoncer " une bataille des sexes " dans laquelle le libertinage pudibond d'un certain Alfred Hitchcock va, bientôt, trouver son compte.

En ce sens, 1954 marque d'une pierre blanche la carrière-météore de Grace Kelly qui, auprès du maître du suspense, fait de son magnétisme serein l'empreinte définitive d'un style. Cousue à une sophistication dépouillée, retranchée derrière une limpidité ambigue, forte d'une sensualité cérébrale, l'actrice nourrit, en excellence, le phantasme de la blonde hitchcockienne qui insinue bien plus qu'elle n'étale : " Savez-vous que Grace Kelly, apparemment si froide, cache un volcan de sensibilité, d'érotisme et de passion ? [...] La pauvre Marilyn Monroe port[e] le sexe sur la figure et Brigitte Bardot n'[est] pas non plus très subtile. Lesex-appeal de Grace Kelly est bien plus complexe, on ne le ressent pas d'emblée mais il existe ", appuie le réalisateur américain. Pour sa " déesse de glace ", coup sur coup, il cisèle donc deux chefs-d'oeuvre : Le crime était presque parfait et Fenétre sur cour , à côté desquels Les Ponts de Toko-Ri de Mark Robson, L'Emeraude tragique d'Andrew Marton et, dans une moindre mesure, Une fille de la province de George Seaton feront pâle figure.

Unis en une commune abomination des paillettes hollywoodiennes, inéluctablement, Grace et sir Alfred se retrouvent pour une course-poursuite divertissante sur la Côte d'Azur, La Main au collet . Le 13 août 1954 est jour de bouclage. C'est aussi l'anniversaire du réalisateur pour qui on décide, alors, de porter un toast. Dans le droit fil d'un scénario apprécié pour son ambivalence - Kelly : " Je n'ai jamais attrapé un voleur de bijoux. Ce doit étre passionnant. Qu'est-ce que vous préférez, la cuisse ou ... " Grant : " C'est vous qui voyez. " -, la secrétaire, n'écoutant que sa générosité, se fend d'un lapsus proverbial : " Voulez-vous goûter au cock (sexe masculin, en argot) de M. Hitchcake ? " Le diable en rit encore.

Le 30 mars 1955, Grace Kelly fait son entrée au Pantages Theater d'Hollywood. Sa performance, qui, à l'évidence, n'est pas la meilleure, dans Une fille de la province lui vaut de concourir pour l'oscar de la meilleure actrice. Fait rarissime pour une carrière, certes prometteuse, mais, somme toute, récente. Ses rivales ? Dorothy Dandridge pour Carmen Jones , Jane Wyman (première épouse de Ronald Reagan) pour Le Secret magnifique , Audrey Hepburn pour Sabrina et, entre toutes, Judy Garland pour Une étoile est née . C'est à William Holden, son partenaire à l'écran, qu'il revient d'annoncer la consécration de Grace qui écrase une larme : " Je n'oublierai jamais ce moment. Tout ce que je peux dire, c'est merci. Je suis folle de joie. " Mais, sitôt que les journalistes la prient d'embrasser le lauréat, Marlon Brando en l'occurrence, mi-royale, mi-mutine, elle rétorque : " Je crois que ce serait plutôt à lui de m'embrasser ! "

La MGM qui, pour refus réitérés de rôles, avait suspendu son contrat, recommence à lui faire les yeux doux. La gloire est la manière la plus éclatante de confondre l'injure, Miss Kelly ne le sait que trop. Au mois de mai suivant, sans la moindre allusion à la partie de bras de fer qui l'a opposée à " sa " compagnie, elle est à Cannes pour la présentation du film. La Metro est dans ses petits souliers.

De fait, elle redouble d'ingéniosité pour offrir à celle que Brigitte Bardot surnomme " l'Altesse Frigidaire " deux joyaux... hautement prémonitoires, Le Cygne de Charles Vidor et Haute Société de Charles Walter. Dans l'un, Alec Guinness supplie Alexandra, une princesse à marier, de toujours " glisser comme un réve " ; dans l'autre, Frank Sinatra fredonne amoureusement " You're sensational " à sa partenaire... promise à un souverain. La meilleure façon de quitter un studio. Du moins pour une reine qui, si elle n'a jamais voulu d'un " monsieur Kelly ", ne compte pas, pour autant, marcher à l'ombre des princes.

Par Pascal Marchetti-Leca

 

Débuts dans la pub

Pour aider à financer ses études autant que pour gagner son indépendance, dès son arrivée à New York, Grace multiplie les séances de pose. Sa beauté naturelle fait souvent la une des grands mensuels, Cosmopolitan notamment. Au mythe de la vamp des années 1950 qu'incarne la pulpeuse Marilyn, elle oppose l'image d'une jeune fille fraîche, saine et sage. Loin de snober les campagnes publicitaires, elle ne rechigne pas à vanter les qualités du dentifrice Colgate, les mérites de l'aspirateur Electrolux, les vertus du Coca-Cola et, parvenue au faîte de la notoriété, on la surprend encore à s'extasier sur la douceur du savon Lux.

Sa participation à de nombreux téléfilms lui vaut d'étre élevée par le magazine Life à la dignité de " reine de la télévision ". Une reine qui, professionnelle au-delà du protocole, accepte, au besoin, de sauter dans les bas résille et l'affriolant tutu d'une chanteuse de music-hall (Lights out) .

Le modèle parfait

Le maître a dit : " Grace éblouit la pellicule ! " Aucun photographe n'a jamais contredit le réalisateur hypnotisé. D'Erwin Blumenfeld qui, avec Philip Halsman, est l'un des premiers à s'intéresser à son intemporelle beauté (" Grace [a] ce regard énigmatique et lointain propre aux gens myopes "), à Henri Lartigue, en passant par Howell Conant, l'ami de toujours, ou Cecil Beaton (" Si elle nous captive ainsi, c'est par sa manière de s'adresser à nos meilleurs instincts "), tous, au contraire, ne tarissent pas d'éloges sur son incroyable photogénie. Comme tant d'autres encore, Youssuf Karsh s'extasie sur ses deux profils. A la faveur d'un éclairage sublime, il fixe, en un savant décalage, une image du couple princier qui sera immortalisée par un timbre-poste.

Chevaliers servants

Des amours réelles ou supposées de cette beauté froide qui, selon Hitchcock, " suggère l'intelligence ", que n'a-t-on écrit ? On l'a, tour à tour, rapprochée de Gary Cooper, unie à Clark Gable, promise à Ray Milland, fiancée à William Holden, alliée à Bing Crosby. Souvent sans autre fondement que le copinage désinvolte des plateaux. Grace n'a jamais véritablement tenu à s'exprimer sur ce point.

En 1948, à l'Academy of Dramatic Arts, elle s'éprend, toutefois, d'un professeur aux faux airs de gitan, Don Richardson. Mais elle se heurte à un veto familial catégorique. " L'idée que je puisse tomber amoureuse d'un juif les dépassait complètement ", écrit-elle, en avril 1949, à une amie du Barbizon Hotel. Juif et, circonstance aggravante, divorcé. Exit Richardson.

Deux ans après, le tournage d'une série télévisée la met en présence de Jean-Pierre Aumont auquel elle oppose, tout d'abord, une distance polaire. Elle décline systématiquement toute invitation à dîner. Jusqu'au jour où, exaspéré, ce dernier la saisit par le bras et pointe son index en direction d'une banderole qui, flottant dans la salle de répétition, déroulait la supplique suivante : " Ladies , soyez aimables avec vos cavaliers. N'oubliez pas, qu'après tout, les hommes sont aussi des étres humains ! " Grace s'esclaffe. Toute réserve abolie, ils deviennent amants. Mais la vie les sépare une première fois.

Grace accepte de rencontrer, quelques années plus tard, le spectateur ébloui qui la couvre de fleurs, le couturier italo-russe Oleg Cassini. Elle apprécie la distinction amusée de cet aristocrate. Leur idylle fait couler beaucoup d'encre. Pendant le tournage de La Main au collet , Cassini aurait reçu une carte : " Qui m'aime me suive ! " Nourrissant de vagues soupçons sur l'identité de son expéditeur, il rejoint la comédienne sur la côte. Mais, divorcé par deux fois et poursuivi par sa réputation de tombeur, il n'a pas l'heur de plaire à ses parents. " Je n'éprouve aucune sympathie pour les zigotos ", aurait abrégé John Kelly. Grace, imperceptiblement, prend le large. Implacable commère, Hedda Hopper laisse entendre que cela tient à sa moustache. N'y tenant plus, Oleg dépéche un télégramme : " D'accord Hedda, j'abandonne. Je raserai ma moustache si vous rasez la vôtre ! " Nonobstant la verve, l'affaire Kelly-Cassini est classée. Affectée par cette rupture, la comédienne se sent très seule devant la statuette de bronze qui, un soir de mars 1955, vient flatter son palmarès. En mai, la Riviera, heureusement, se montre propice aux retours de flamme. Un journaliste du Times s'interroge aussitôt : " Aumont qui est venu et qui a fondu, a-t-il aussi vaincu Grace ? " Pressé de s'expliquer sur un éventuel mariage, le comédien distille le doute : " Qui ne le voudrait pas ? " Puis Jean-Pierre et Grace se propulsent à Paris pour des vacances sentimentales. Mais, divorcé de Blanche Montel, veuf de Maria Montez, Jean-Pierre Aumont, de vingt ans l'aîné de sa compagne, ne correspond toujours pas au gendre que les Kelly ont révé pour leur fille. Puis les liens s'effilochent. A jamais, ce coup-ci.

Un mariage princier

En venant défendre Une fille de la province au festival de Cannes, Grace est loin de supposer que son destin vient, d'une certaine façon, de se jouer... dans le bureau parisien de Gaston Bonheur, directeur de la publication de Paris-Match . C'est à lui que revient, en effet, l'idée d'une rencontre entre la vedette américaine et le souverain monégasque qui sort d'une romance contrariée avec Gisèle Pascal. Le journaliste Pierre Galante et son épouse Olivia de Haviland seront les maîtres d'oeuvre d'un face-à -face qui, le 6 mai 1955, a pourtant failli ne pas avoir lieu. Grace s'empétre dans la confusion d'un emploi du temps bousculé et le prince est retardé par un déjeuner qui, dans sa villa du cap Ferrat, s'éternise inopportunément. A l'arrivée, tout s'arrange. Miss Kelly, qui a devancé son hôte, est priée de commencer la visite des salons du palais sans lui. Le prince Rainier s'empresse, néanmoins, de la rejoindre et pour elle, spontanément, il s'improvise guide. Il lui fait l'honneur de ses jardins, de son zoo. Propos divers, politesses d'usage, poignées de main. La visite s'achève. Pour tout commentaire, Grace : " Il est charmant ! "

Sept mois après l'entrevue, Rainier III s'embarque pour les Etats-Unis, officiellement pour un bilan de santé. Le docteur Donat, médecin du palais, ne le rejoint-il pas outre-Atlantique ? En fait, ils gagnent Philadelphie pour, disent-ils, honorer les Austin, un couple d'amis, de leur passage. Coïncidence : les Austin sont proches... des Kelly qui, justement, se proposent d'organiser le dîner de Noêl.

Le 5 janvier 1956, la nouvelle des fiançailles tombe. Grace, qui vient de déserter le plateau de Haute Société , quitte les Etats-Unis le 4 avril, à bord du paquebot Constitution . Le 18 suivant a lieu le mariage civil. La cérémonie religieuse est célébrée le lendemain, en la cathédrale Saint-Nicolas. Sous sa coiffe à la Juliet, Grace Kelly redevient la petite catholique irlandaise. La robe qu'elle porte doit sa splendeur à la virtuosité d'Helen Rose, la couturière de la MGM. Sa confection a nécessité quelque 46 mètres de taffetas, 90 mètres de tulle et 290 mètres de valenciennes de 1830 ! Le prince, pour sa part, a revétu l'uniforme de drap bleu des maréchaux d'Empire. Grace Kelly devient, par cette union, l'une des femmes les plus titrées du gotha. Absent ce jour-là , sir Alfred fulmine contre cette satanée Europe qui, après lui avoir volé Ingrid Bergman, lui rapte le plus chaud de ses diamants.

Septembre noir

Le 13 septembre 1982, Grace de Monaco quitte la propriété de Roc Agel au volant de sa Rover 3500. Près d'elle, côté passager, sa fille Stéphanie. Le chauffeur insiste pour les véhiculer mais la princesse refuse ses services, y va d'une boutade (" Vous pourrez rouler derrière nous ! "), et démarre. Fatale direction : la Moyenne Corniche. A la sortie d'un virage, la voiture se met à zigzaguer. Le camionneur qui la suit klaxonne pour alerter la conductrice qui, d'un coup, serre à droite pour, semble-t-il, le laisser passer. L'épingle suivante se fait de plus en plus proche mais, cette fois, la Rover marron ne ralentit pas. Pire, elle prend de la vitesse et, aimantée par le vide, elle finit par s'écraser une quarantaine de mètres plus bas. Les secours sont aussitôt alertés. Fortement commotionnée, la princesse Stéphanie paraît hors de danger. Sa mère, en revanche, ne réagit plus. Transportée à l'hôpital de la principauté, " toute possibilité thérapeutique dépassée ", elle s'éteint le lendemain sans avoir repris connaissance. Dès lors, fusent les hypothèses. Avec une complaisance souvent déplacée. Les experts sont pourtant formels : l'accident est consécutif à une hémorragie cérébrale. Triste année que celle où trois belles âmes du grand écran semblent s'étre donné la main pour tirer leur révérence : Romy Schneider, Ingrid Bergman et l'altesse de l'Ailleurs qui, pour le cinématographe, aura toujours nom Grace Kelly.

Portait de femme : document du 01/03/2003

Source : http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-36918269.html

 

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Published by Thomas Dalet - dans Irlande
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