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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 07:59
Les Black and Tans désignent une armée britannique des années 1920. Tristement célèbre pour ses actes de grande violence, cette milice avait pour objectif de réprimer les mouvements indépendantistes irlandais engagés au sein de groupuscules armés comme l'IRASe considérant comme une véritable armée d’occupation, les Black and Tans n’hésitèrent pas à assassiner, violer, et piller la population irlandaise jusqu’à la signature du Traité de Londres du 21 décembre 1921.
Histoire des Black and Tans : Une Milice pour régler « le problème irlandais »
Les Black and Tans (Noirs et Fauves en français) doivent leur nom en référence à un chien de chasse originaire de Limerick fin limier, qui ne rate jamais sa proie. Une sorte de symbole en quelque sorte, de leur efficacité au combat se soldant toujours par la victoire.
Cette armée s’est formée peu après la Première Guerre Mondiale, lorsque Londres peine à régler « le problème irlandais ». A cette époque, les irlandais militent en faveur de l’indépendance de l’Irlande, et réclament le retrait des britanniques de leur île.
Bien entendu, l’Angleterre ne voit pas ses revendications nationalistes d’un bon œil, et décide de créer une armée composée de militaires de carrières, prêts à agir en cas de débordements…
Très vite, les Black and Tans deviennent une armée de grande ampleur, comptant plus de 16 000 hommes. Alors que le gouvernement britannique se sent en difficulté suite à la Guerre d’Indépendance (1919-1921), il décide d’envoyer les Black and Tans en Irlande, pour prêter main forte à la Police Royale Irlandaise (Royal Irish Constabulary ou RIC), et ainsi écraser sous leur botte les révoltes indépendantistes irlandaises.
Des Actes d’une rare violence
De nombreux témoignages font alors le récit d’interventions coup-de-poing d’une terrible violence. Les Black and Tans se comportent comme une véritable armée d’occupation, et assassinent, battent, torturent, violent, incendient, et pillent la population irlandaise au travers d’actes de sauvagerie impressionnants. Ils agissent sans distinction, ni forme de procès, violentant hommes, femmes et enfants, sans se soucier de leur hypothétique absence d’implication au sein des mouvements nationalistes républicains.
Ils en profitent également pour saccagerles maisons irlandaises, les incendier, les mitrailler ou les détruire à l’artillerie lourde, plongeant les survivants dans une misère totale.
Leurs agissements sont si choquants, que l’opinion internationale ne tarde pas à se faire entendre, condamnant lourdement leurs actions, ainsi que les agissements de l’Angleterre.
Lorsque le Traité de Londres du 21 décembre 1921, met fin à l’occupation britannique au sein de l’État Libre d’Irlande, les Black and Tans sont finalement dissous. On note cependant de nombreux problèmes de réintégration au sein de la société britannique : certains d’entre eux sombrent alors dans la criminalité, tandis que d’autres se suicident quelques années plus tard.
Quoiqu’il en soit, les Black and Tans sont encore un souvenir impérissable dans l’Histoire collective irlandaise. Elle fut l’armée la plus meurtrière jamais connue au XXème siècle en Irlande…
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Published by X - dans Irlande
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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 07:58

Judas, les 3 mauvais Compagnons, une histoire parallèle


Le jour de son initiation, le profane, les yeux bandés, est accueilli par cette menace : « la pointe de ce glaive placé sur votre cœur est un symbole destiné à vous faire comprendre qu’il n’est pas facile d’entrer dans ce Temple et que les traîtres y sont sévèrement punis ». 2 ans plus tard le compagnon lit dans son obligation « si jamais je devenais parjure, puissé-je avoir le cœur arraché pour qu’il ne soit plus question de moi parmi les Maçons ».

Pourtant malgré ces menaces réitérées, Maître Hiram est trahi, assassiné par 3 compagnons, qu’on appelle « scélérats », « infâmes », « meurtriers », « misérables ».
Dans les Evangiles canoniques, Jésus dit pendant la Cène « l’un de vous me livrera » et ensuite « malheureux l’homme par qui le fils de l’homme est livré ! Il aurait mieux valu pour lui qu’il ne fût pas né, cet homme là ! ».
Judas, après avoir livré Jésus se suicide et est damné à jamais.

Dans les 2 cas, les méchants, les traîtres provoquent la mort d’un innocent (Judas est complice, le 3ème compagnon assène le coup mortel) et sont maudits. Qu’ont de commun ces mythes, mythe de la mort d’Hiram, mythe de la trahison de Judas ? Créés à 18 siècles d’intervalle, l’un n’est connu que des Maçons, l’autre du monde judéo-chrétien (et au-delà) à tel point que son nom est devenu un nom commun (ne dit-on pas avec mépris et effroi : c’est un judas !) et même un petit objet qui permet de voir sans être vu (en traître !).

Définition du verbe trahir (Robert) : « livrer ou abandonner celui à qui l’on doit fidélité. Manquer à la foi donnée ».

Rappelons brièvement ces histoires bien simples, d’après notre rituel au 3ème degré (1978) et les Evangiles Canoniques.
- Qui sont ces 3 compagnons ? Ils n’ont pas de nom (dans certains rituels ils ont des noms à connotation péjorative ). Ils construisent le Temple de Salomon sous les ordres d’Hiram et, je cite, « voyant l’œuvre presque terminée sans qu’ils soient en possession du Secret des Maîtres, ils résolurent de l’obtenir de gré ou de force ». Ce sont des conjurés qui passent à l’acte la nuit, tuent Hiram par 3 coups et le mettent en terre furtivement. Puis exit les compagnons. Qu’advient-il d’eux ? Hiram renaît et « la Lumière renaît plus radieuse que jamais »
- Simple dans les Evangiles, l’histoire de Judas se complexifie au fil des siècles. Judas est un judéen que Jésus a choisi pour disciple et à qui il a confié les cordons de la bourse commune. Peu avant sa mort, Jésus annonce sa trahison prochaine et livre le nom du traître à ses disciples. Judas exécute ce qu’il doit faire, il le fait vite puisqu’on l’en prie, promet aux prêtres de leur livrer Jésus contre 30 pièces d’argent puis, comprenant que Jésus va être livré aux Romains, s’en va se pendre. Exit Judas : il n’apparaît plus après la Pâque. Jésus est crucifié et ressuscite pour sauver l’Humanité.

Dans l’imaginaire des Maçons, le mythe d’Hiram est lié à l’élévation à la maîtrise et les 3 compagnons en font partie intégrante. Chacun sait qu’en Maçonnerie les choses sont révélées au compte gouttes, je m’en tiendrai à ce que je sais aujourd’hui.

Quant à Judas et sa trahison, il y a lieu de s’interroger sur la lente naissance quasi posthume du personnage jusqu’à ce qu’il devienne l’archétype de la trahison, de la perfidie, du Mal. S’interroger aussi sur l’enjeu qu’il devint très tôt dans les polémiques entre juifs et chrétiens, sur son devenir éponyme du peuple juif dès les premiers siècles. (éponyme = qui donne son nom.) Juda et Judaeus qui désigne le juif sont très proches phonétiquement et cette identité phonique qui crée la confusion n’est certainement pas fortuite. De plus Judas est déjà le nom dans l’Ancien Testament d’un des 12 fils de Jacob, celui qui conseilla de vendre Joseph plutôt que le tuer.
Sa légende s’est propagée dès les Actes des Apôtres (il n’est pas question de lui dans les Epîtres de Paul) et les Evangiles Apocryphes. Jacques de Voragine, au Moyen Age, dans la Légende Dorée, le confond avec Moïse et Œdipe, il en fait un fratricide, un parricide, un voleur, un incestueux … et j’en passe ! A ces vices, à cette trahison, l’Eglise ajoute 2 crimes : le sacrilège (il profane l’Eucharistie en partageant la Cène avec les autres disciples) et le suicide.

Très vite il est sorti de la sphère proprement religieuse : la Littérature, les Arts sacrés et profanes, les Mystères qui se jouaient sur les parvis des cathédrales, les Jeux de la Passion se sont emparés de lui : il a pris corps, visage et caractère. (à ce propos on cite une anecdote : un jésuite, voulant insulter un homme, remarque qu’il est roux comme Judas. A quoi l’insulté répond spirituellement : « je ne sais pas si Judas était roux, mais je sais qu’il était de la compagnie de Jésus »)
Le voici selon Giotto (fin 13è –début 14ème s.): cheveux et barbe roux, nez crochu, vêtu d’un manteau jaune (on pense bien sûr à la rouelle et à l’étoile jaune !) et derrière lui Satan qui le pousse. Il n’a plus d’auréole : seul, à ma connaissance, Fra Angelico lui en met une, mais noire… comme calcinée par tant de noirceur. Dans maintes phases de l’Histoire, il a été un peuple. Avec l’Holocauste, le monde a connu une période où le mythe a pris une dimension nouvelle, s’est incarné pour le pire comme probablement aucun autre mythe.
A l’aube du XXIème siècle, la sécularisation, malgré l’affaire Dreyfus, malgré l’Holocauste, a laissé Judas à son malheur. Si on a mis à nu le Christianisme, on a laissé bien souvent sa corde à Judas, le disciple dévoyé, l’éternel réprouvé.

Analysons ces 2 mythes pour y découvrir des analogies et des divergences, en parallèle.

Je laisse parler l’Orateur dans le Rituel : »Dans les mythes Mort-Renaissance, Mort-Résurrection, « un Dieu, un Héros, un Sage, un Martyr succombe sous les coups d’un Génie du Mal et subit le trépas pour recommencer bientôt après une vie glorieuse et immortelle ». Cette opposition génère une grande tension dans le récit ou le psychodrame que nous avons vécu lors de notre élévation au 3ème grade.
Jésus et Judas, Hiram et les 3 compagnons ne sont-ils pas les 2 faces d’une unique Révélation ( dans 2 sens de ce mot : (Grand Robert) : 1- « phénomène par lequel des vérités cachées sont révélées aux hommes, d’une manière surnaturelle » 2- « ce qui apparaît comme une connaissance nouvelle® initiation »?
Les traîtres ne sont-ils pas là comme une ombre qui mettrait davantage en relief la Lumière ?

En quoi sont-ils des instruments nécessaires , des meurtriers rituels?

Dans les Actes des Apôtres, il est écrit : »c’est Jésus de Nazareth qui a été livré selon le plan déterminé et la prescience de Dieu. » Après la Crucifixion, Pierre rassemble la communauté et n’a pas un mot d’horreur pour le crime, pas un mot de compassion pour le mort ; il semble assister à l’inéluctable accomplissement de quelque nécessité.
Dans une pièce de Roger Caillois écrite en 1961, Judas explique à Ponce Pilate : »le salut du monde dépend de la Crucifixion du Christ. Qu’Il vive, qu’Il meure de sa belle mort : c’en est fait de la Rédemption. Mais grâce à Judas Iscariote et à toi Procurateur, il n’en sera rien… on dira que tu fus lâche et que je fus un traître… je ne suis pas un indicateur, je ne suis pas un traître. Je suis comme toi, l’exécuteur de la Volonté Divine. »
Judas fait ce qu’il doit faire pour que les Ecritures s’accomplissent. Jean, dans son Evangile, mentionne son acte avant même que son nom ne soit introduit. A Capharnaum, écrit Jean, « Jésus savait quels étaient ceux qui ne croyaient pas et quel était celui qui le livrerait ». Il est à noter que le verbe trahir n’est pas employé mais le verbe livrer : Judas est le livreur de la Lumière, celui qui la révèle présente au cœur des Ténèbres. A son insu, il fait la volonté de Jésus comme Jésus fait la volonté de son Père. Judas a à faire avec une victime consentante : Jésus n’est pas surpris par son destin, il l’affronte, l’oriente et le prend lui-même en main (Evangile de Jean : »ce que tu as à faire, fais le vite ! »). Lorsque Jésus et Judas s’embrassent, ce n’est pas seulement l’ombre et la lumière qui se rencontrent, c’est un Dieu plus grand qui se révèle et s’accomplit. Jésus est sacrifié pour devenir le Sauveur de l’Humanité et Judas, le complice de son exécution et non pas l’auteur, est maudit.

CONTRADICTION !

Ne devrait-on pas dire comme les Gnostiques « bienheureuse trahison qui nous a valu un tel Sauveur ! »
J’ouvre une parenthèse sur les Gnostiques puis je reprendrai le fil de mon propos.
En mars 2006 a été publié l’Evangile de Judas (partie du Codex Tchacos), texte apocryphe écrit en copte et considéré au 4ème siècle par St Irénée comme une hérésie, texte marqué par la doctrine de la Gnose comme les textes de Nag Hammadi. (ensemble de codices qui pouvaient appartenir à une communauté gnostique implantée sur les rives du Nil, écrits en copte)
Il s’agit d’un courant de pensée des débuts du christianisme, inspiré par la philosophie néoplatonicienne, courant qui fut un redoutable adversaire de l’Eglise naissante. Pour les Gnostiques, la création n’est pas l’acte d’un dieu bon mais d’un créateur inférieur et mauvais.

Du Dieu supérieur « l’Agnostos » ou « l’Inconnaissable », l’homme a hérité une étincelle de lumière cognitive qui le rattache au monde d’En Haut. Si l’homme parvient à retrouver en lui cette lumière intérieure, s’il se dégage des liens imposés par son corps de chair, il devient gnostique ou initié. Il se connaît lui-même, en prenant conscience de ses origines divines.
Dans cette optique, Jésus n’est pas un Sauveur qui meurt pour racheter les péchés du monde mais un enseignant qui a reconnu en Judas un initié et un révélateur de sagesse et de connaissance, comme lui. Il lui dit : »mais toi, tu surpasseras tous les autres. Car tu sacrifieras l’homme qui me sert d’enveloppe charnelle. » Judas, le meilleur des disciples aide son ami à se défaire de son corps et à délivrer son moi intérieur.

Pas de crucifixion, pas de résurrection au sens du dogme chrétien. La mort et la Résurrection du Christ ne sont que la représentation allégorique du salut qui attend tout homme possesseur de la connaissance qui doit se dépouiller de son enveloppe charnelle pour retrouver le royaume d’En Haut ou le royaume des purs esprits. Parce que Judas est le seul parmi les disciples à avoir compris cela, il devait apporter son aide à la réalisation de ce programme.

N’est-ce pas ce qui se passe symboliquement lors du psychodrame d’élévation au 3ème degré ?
Ne s’agit-il pas d’une transmutation au sens alchimique du terme : en alchimie il y a nécessité de décomposition du corps pour que la transmutation puisse s’opérer, la mort étant alors une libération de l’enveloppe corporelle.
Cela apparaît peut-être mieux dans le rite français que dans notre rite. En effet lorsque le 2nd Surveillant essaie de relever le compagnon-Hiram par l’attouchement de l’Apprenti, il ne peut pas et dit « la chair quitte les os » puis le 1er Surveillant essaie à son tour, en vain, et dit « tout se désunit » et enfin les éléments épars sont rassemblés pour que le compagnon renaisse Maître.

Jules Boucher écrit : « les 3 compagnons affranchissent Hiram des plans matériel et psychique pour le faire accéder à la maîtrise spirituelle totale. »Dans une autre phrase il écrit : « pour le faire accéder au plan divin ».
Hiram aussi me semble consentant . S’il est surpris par le 1er compagnon et cherche une autre issue, il prend le temps de donner une réponse avec une parfaite maîtrise « fidèle au devoir jusqu’à lui sacrifier sa vie » il accepte d’être sacrifié pour préserver la Tradition dont il est un agent de transmission : « plutôt la mort que de violer le secret qui m’a été confié. ». Les compagnons, c’est lui qui les a choisis, instruits, il est en partie responsable de sa propre mort, comme Jésus.

L’acte des compagnons me semble en outre un exemple de la mort rituelle du père qui participe de la loi cyclique de régénération. Dans un rituel, un compagnon s’appelle Abiram ; cela signifie « abattant le père ».
Le novice doit tuer son maître, il doit pouvoir s’approprier la compréhension de son initiateur mais il doit la dépasser par sa propre réflexion. Pour concrétiser son épanouissement et sa liberté créatrice, il doit être sans lien avec son passé, indépendant de toute personne ou connaissance extérieure : le Maître transmet et meurt ; son disciple s’élève et s’épanouit : on retrouve le symbolisme du grain de blé (Matthieu : »je vous le dis, si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul, si au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance »). Si on peut dire que les compagnons tuent rituellement le père, peut-on le dire de Judas ? Dante place Judas dans le 9ème cercle de l’Enfer, réservé aux traîtres, comme Brutus, meurtrier de son père adoptif César). Il faudrait analyser ce point avec un théologien.

Je terminerai cette partie en disant que le mythe maçonnique contient en filigrane le mythe chrétien : n’oublions pas que nos Pères Fondateurs baignaient dans la culture judéo-chrétienne !

Le résultat de ces 2 meurtres est le même : le sang du juste régénère et féconde la terre nourricière ; le Temple n’est pas achevé, l’Eglise est à bâtir ! mais l’impact ne peut pas être le même. En Maçonnerie, il s’agit, à travers le psychodrame, d’une expérience personnelle, individuelle ! Je m’explique : il y a les 3 compagnons félons mais le récipiendaire de la Cérémonie est un compagnon d’abord soupçonné du meurtre d’Hiram qui subit l’épreuve de Dieu en enjambant le cadavre ( dans le mythe scandinave de Siegfried, le traître Hagen doit passer à côté du cadavre qui se met à saigner indiquant à tous que Hagen a tué Siegfried par traîtrise) puis une fois blanchi, ce compagnon vit le martyr d’Hiram et c’est lui qui renaît Maître. Après ces épreuves le récipiendaire doit comprendre qu’il pourrait être un mauvais compagnon , mais qu’en lui le « vieil homme est mort et qu’un nouvel homme est né, perfectible par son propre travail. C’est un meurtre cyclique qui se renouvelle sans cesse.

Avec le mythe de la trahison de Judas, il s’agit de fonder une religion (le Christianisme) à la fois sur les ruines et la continuité d’une autre (le Judaïsme). Aux premiers chrétiens il fallait expliquer pourquoi un gouffre s’était ouvert entre les 2 religions : n’était-ce pas plus facile de dire que c’était de la faute de l’Autre ! De Judas pour les Evangélistes , des Juifs pour Paul (Epître aux Thessaloniciens de Paul)
N’est-ce pas ce que symbolisent les statues féminines qu’on voit aux portails des cathédrales (Paris Strasbourg) : d’un côté la Synagogue, tête basse, yeux bandés, hampe cassée, symbole de l’Ancien Testament en face de son vainqueur, l’Eglise couronnée, tête haute, portant une hampe en forme de croix.
D’un côté le but est de construire un Temple intérieur, de l’autre d’élever un Temple à la Divinité.

Derrière tout mythe, il y a une dimension cachée de la réalité humaine ; revenons sur le plan humain pour nous demander si en chacun de nous ne sommeille pas un Judas ou un mauvais compagnon car si Jésus et Judas sont les 2 faces d’une même Révélation, ne sommes nous pas des Dr Jekyll et Mister Hyde ? Une phrase du rituel ne dit-elle pas à propos d’Hiram : « son large front reflétait à la fois l’Esprit de Lumière et le Génie des Ténèbres ? »

Mobiles et mise en œuvre de l’acte.

Les 3 compagnons

Ils sont curieux puisqu’ils veulent connaître le mot des maîtres : dans de nombreux contes et légendes, la curiosité est récompensée car elle est signe d’une ouverture, d’un désir d’aller de l’avant et de vaincre les obstacles. Ici elle est négative car les compagnons, dans leur hâte de brûler les étapes montrent qu’ils manquent de persévérance, de patience, de réelles capacités même s’ils ne sont pas totalement ignorants : en effet ils ont été choisis par Hiram lui-même, ils ont déjà eu une augmentation de salaire, ils sont sur la bonne voie et soudain ils perdent la tête, montent un guet-apens et abordent Hiram avec leurs outils qui deviennent des armes : la règle, le levier, le maillet. Ils les utilisent de façon dévoyée, en les détournant de leur nature et en inversant leur symbolisme.

Prenons les 3 outils et les 3 coups dans l’ordre :
Le 1er compagnon frappe Hiram sur la tête et le coup dévie sur l’épaule. Cet outil symbolise la constance, la persévérance dans la ligne de conduite. Qui dit règle, dit obéissance librement consentie. Se servir de la règle pour agresser le Maître signifie désobéissance délibérée, rejet du Maître et de son enseignement. Le coup (si on imagine la perpendiculaire) atteint la gorge, siège de la parole (j’entends souvent parler de la parole perdue et rien dans le rituel n’y fait allusion. Il est sous-entendu qu’Hiram ne parle pas. Cette explication du coup de règle permet peut-être de comprendre ! (tiré par les cheveux !).

Lors du 3ème voyage du compagnon, la règle est associée au levier : notre memento dit : »le levier est le symbole de la volonté inflexible guidée par une foi éclairée et active capable de vaincre les difficultés ». Mais le levier est soumis à la règle qui symbolise notre conviction et notre idéal: si la règle choisit la voie du Mal, le levier amplifie le mouvement et ne peut plus être arrêté : c’est la force brute qui se déchaîne ! Ce coup aussi est dévié : pourquoi ? pour montrer que les compagnons ne maîtrisent pas leurs outils ? qu’ils ne veulent pas aller jusqu’au meurtre ? qu’il s’agit d’un seul compagnon obligé, par incapacité de s’y prendre à 3 fois ?

C’est le maillet qui donne le coup fatal ! Ce maillet est le premier outil confié à l’Apprenti « instrument actif qui rappelle à l’initié qu’il n’arrivera à rendre la pierre unie et lisse que s’il a toujours les yeux tournés vers son idéal et s’il sait acquérir le discernement qui est le garant d’une sûre besogne. » Ce maillet fait partie aussi du 1er voyage du compagnon, symbole de la volonté, de la détermination morale et devient maintenant volonté de donner la mort.

Tout cela montre une régression complète des compagnons ; les voilà revenus au monde profane, à un monde primitif où on s’accapare ce qu’on désire. Peut-être n’ont-ils jamais quitté le monde profane ?
Claude Guérillot écrit « inverser ces symboles revient à promouvoir la paresse, le manque de rigueur, l’inanité spirituelle ». En exigeant le mot des maîtres, les compagnons inversent la devise « ordo ab chao » : ils veulent nier l’ordre du monde ; ils légitiment la violence, ils feignent de croire que l’homme peut accéder à un niveau supérieur sans effort.

Revenons à leurs mobiles. Ils agissent par ambition, par orgueil : posséder le secret des maîtres c’est le moyen d’accès au pouvoir(et à un meilleur salaire !) et ce n’est peut-être pas un hasard si au REAA ce sont le VM et les 2 surveillants qui donnent les 3 coups : ce sont eux qui, à l’image du monde profane, détiennent le pouvoir et sont les plus susceptibles de le détourner s’ils n’ont pas toutes les vertus et la sagesse.

Notre Memento au grade de Maître dit : « l’œuvre d’Hiram est constamment menacée par l’ignorance, l’hypocrisie et l’orgueil ». J’aime bien l’explication de Jules Boucher. Il recense un grand nombre de noms des 3 compagnons qui seraient une déformation du mot GIBLIM (tailleur de pierre) (ex : Giblon, Giblos, mais aussi Jubelas, Jubelum, Gravelot, mots intraduisibles.) ce qui signifierait que les 3 compagnons représentent des contre vertus qui sont à l’état latent chez chaque Maçon. Le savoir de ces compagnons (comme leur nom) a été altéré, contrefait, il ne sert plus à la construction mais à la destruction Le maître peut renaître à condition de rectifier ce que les 3 compagnons personnifient :
Ignorance ®connaissance
fanatisme ® tolérance
ambition ® détachement
vanité ® simplicité
orgueil ®humilité
égoïsme ® sens du partage

A travers les compagnons et ces interprétations plutôt moralisantes, nous prenons conscience que la voie de l’initiation est encore semée d’embûches jusqu’à l’hypothétique accession au domaine spirituel.

Mais pourquoi sont-ils 3 ? je ne sais pas répondre à la question. Je ne peux que dégager quelques pistes.
- Un ternaire : les 3 compagnons répondant à un autre ternaire (Salomon ; Hiram de Tyr ; Maître Hiram) ? Le premier ternaire bâtisseur, le second destructeur ?
- 3 compagnons, 3 outils, mais 2 qui ratent leur cible. Pourquoi ? parce qu’ils n’ont pas l’intention de tuer dès le départ mais sont aveuglés par leur propre violence ?
- Pourquoi le maillet est-il le coup de grâce ? Il détruit l’intelligence mais c’est aussi un coup libérateur de l’esprit comme celui qui est donné au front d’un pape lorsqu’il meurt : c’est lui administrer le feu qui le ressuscitera ! Est-ce la dernière étape de la transmutation ?
J’attends des réponses à toutes ces questions !!!

- L’analyse des mobiles de Judas me semble aussi très complexe ; il est vrai que le Christianisme a 18 siècles d’avance sur la Maçonnerie : les exégètes ont eu le temps d’approfondir !

Si on relit les Evangiles, le mobile semble la cupidité : Judas reçoit 30 deniers (seul Matthieu écrit qu’il les demande). C’est bien peu car les Grands Prêtres considéraient Jésus comme un agitateur et voulaient l’arrêter depuis longtemps ; Judas aurait pu le vendre bien plus cher. N’a-t-il pas dû feindre la cupidité pour persuader les prêtres et les docteurs de la synagogue de sa sincérité ? Si on ne lui avait rien donné, il l’aurait fait quand même. Cherchons plus loin !

Si on analyse son nom Iscariote on y trouve des éléments de réponse.
1) Iscariot = homme de Keriot donc judéen et non galiléen comme les autres disciples. Il peut se sentir exclu du groupe et éprouver de secrètes amertumes : c’est Pierre qui reçoit les clefs, c’est Pierre qui renie et est pardonné, Jean est le disciple bien-aimé, Thomas a le droit de douter…Amour déçu, jalousie : est-ce suffisant pour trahir ?
2) Iscariot viendrait du latin sicarius (le sicaire est l’homme au poignard.) Les Romains appelaient sicaires les terroristes juifs, les zélotes qui voulaient restaurer la Loi de Moïse pure et dure pour qu’Israël retrouve son identité perdue à cause des prêtres qui avaient pactisé avec les Romains. Cette hypothèse paraît la plus intéressante car elle transforme le drame de Judas en une tragédie universelle.
Judas a cru en Jésus, persuadé qu’il était le Messie annoncé. Il l’attend comme le justicier (dans la tradition juive, Dieu signifie juge), celui « qui séparera le bon grain de l’ivraie » écrit Matthieu.
Or surprise et déception (nous savons que tout homme déçu est dangereux) : Judas perd peu à peu cette confiance, cet espoir en Jésus : les Evangiles disent : » l’un de vous ne croit plus ». Jésus semble se référer à une nouvelle Loi plutôt qu’à la stricte observance de l’ancienne. Judas en vient à se demander si Jésus n’abolit pas la Loi plutôt qu’il l’accomplit. En plus Jésus dit selon Marc : » il faut que l’Evangile (bonne nouvelle) soit prêché à toutes les nations ». Voilà que Jésus prétend qu’il veut accueillir les non juifs, cela signifie pour Judas qu’il va effacer l’identité d’Israël alors qu’Israël ne voulait pas se mêler aux autres nations. Le but pour un zélote est de libérer Israël : ou c’est Jésus qui doit délivrer Israel ou il faudra délivrer Israel de Jésus.
Que doit faire Judas en toute conscience ? Il a bien le droit de penser différemment et il va confier ses doutes au grands prêtres ; il s’en remet à plus compétent que lui, sans vouloir la mort de Jésus. C’est le Grand Conseil qui remet Jésus aux Romains.
Si Judas est responsable, il n’est pas coupable mais lui-même trahi par ceux à qui il demande de l’aide.

Comment Judas agit-il ? Il livre Jésus par un baiser.(fresque du 13ème s. par le Maître de l’Arrestation à Assise)

Dans notre rituel, les compagnons ne cherchent pas à tromper Hiram : ils l’abordent, l’arme à la main, bien déterminés… mais la nuit quand même : pour ne pas être reconnus ? pour ne pas l’affronter à découvert car leur conscience parlerait déjà ?
Il y a bien des baisers trompeurs dans l’Ancien Testament (Judith et Holopherne), dans les légendes (Agammennon embrasse Iphigénie avant de la sacrifier alors qu’elle doit fêter ses noces avec Achille !). Judas trahit certes en livrant Jésus mais il trahit surtout ce qui constitue le disciple : il simule une confiance qu’il n’a plus. Le propre de la trahison est d’être un piège, comme le propre d’un piège est de camoufler qu’il est un piège : le baiser symbole d’amour est le signal pour arrêter Jésus ! pour ne pas éveiller de soupçons chez les disciples et pour ne pas provoquer un soulèvement peut-être ?

De plus dès les premiers temps du christianisme, les frères et les sœurs chrétiens se saluaient par un baiser : on imagine l’horreur suscitée par l’usage dévoyé du baiser là où il était déjà considéré comme un rite sacré : c’est le sommet de la perfidie ! Judas ne trouvera pas un seul avocat devant le tribunal de la morale chrétienne.

Revenons au cas de conscience de Judas !
Cette tragédie de Judas n’est –elle pas universelle ?

Le drame naît à chaque fois de 2 évidences aussi impérieuses que cependant incompatibles. Une part essentielle de moi se reconnaît à la fois dans l’une et dans l’autre. Tout choix que je fasse sera celui d’une trahison.
Jésus par rapport à la Loi de Moïse est un dissident mais il représente aussi une espérance qui est peut-être une chimère. Judas au nom de la cause qu’il sert élimine ce qui risque de la compromettre, de la retarder ou de lui faire obstacle. Il n’est justice ni innocence qui tiennent face à la pureté de la doctrine ou à la ligne du Parti. C’est le ressort de toutes les purges, de toutes les éliminations, de toutes les persécutions. Cela peut s’appeler fanatisme, sectarisme ou fidélité à la cause. Judas se repent, et va se pendre quand il comprend enfin que Jésus va être crucifié, la plupart ne se repentent pas.

La trahison de Judas n’a pas eu lieu une fois pour toutes. Ce conflit, tout homme peut l’éprouver quand il est partagé entre sa loyauté envers une personne qu’il vénère et sa fidélité à un Idéal (thème des « mains sales » de Sartre. Hugo est déchiré par sa fascination pour un homme et sa fidélité à la ligne du Parti.) Logique folle qui déduit de la suprême exigence du bien la nécessité de faire le mal, du règne de la vertu la nécessité de la terreur et des commandements de Dieu le martyr de l’innocent.

Judas est-il encore un monstre démoniaque ou un homme dont le propre est de chercher et de se tromper, de se tromper même quand il pense juger en toute lucidité et conscience. Il peut nous faire réfléchir sur nos attentes : nous attendons de l’Autre ce que nous ne voulons pas ou n’osons pas nous demander à nous-mêmes. Si nos attentes sont déçues, il n’y a personne à accuser, si ce n’est notre attente ! Mais peut-on vivre sans attente ? c'est-à-dire sans illusion ?

CONCLUSION

J’en arrive à une conclusion parce qu’il faut bien conclure et je la ferai autour de la fin de Judas et de la sortie des compagnons.

Au point où j’en suis en Maçonnerie, je me pose beaucoup de questions sur le devenir des compagnons, si suite il y a. Je rappelle le rituel dès le premier degré qui appelle les foudres de la Justice (et de la vengeance) sur le traître : les retrouvera-t-on ? Y aura-t-il un procès équitable pour eux ou une exécution sommaire par le glaive ? Auront-ils des circonstances atténuantes ou auront-ils à faire au Dieu vengeur ? Iraient-ils se pendre ? Le secret est-il perdu à jamais ? (Dans notre rituel, il n’est pas question d’un mot de substitution !) Leur entreprise est-elle totalement vaine : ils n’ont rien obtenu et sont devenus criminels. Pourtant ils inhument Hiram et signalent le lieu de l’inhumation avec une branche d’acacia : auraient-ils reconnu la grandeur d’Hiram, son sacrifice et seraient ils sur la voie de la contrition (la contrition est une douleur vive provoquée non par la crainte du châtiment mais par un sentiment d’amour).
Si je relis le rituel 2 phrases dites par le TRM me frappent : « Ne fais jamais à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse » et » il faut rendre le bien pour le mal » Les Maîtres savent-ils pardonner ? lors de l’Initiation nous jurons de nous réconcilier avec nos ennemis ! Rappelons nous les paroles du TRM : »nous devons détruire les Préjugés, le Fanatisme, l’Ignorance, l’Injustice et faire régner à leur place le Droit Humain, la Justice Sociale »

Revenons une dernière fois à Judas. Il y a 2 versions de sa fin :
- Il se suicide avant la Crucifixion de Jésus: pourquoi ? il refuse le pardon et s’enferme dans sa culpabilité. Il se sacrifie car la cause à laquelle il se sacrifie est plus sacrée que l’image de sa propre personne.
- Il tombe en se pendant et il éclate si bien que ses entrailles se répandent sur le champ qu’il a acheté au prix du sang de Jésus. Allégoriquement il n’a plus supporté le poids monstrueux de la contradiction dans laquelle il s’était fourvoyé si bien que son existence éclate. Mais il était déjà écrit dans le Livre de la Sagesse : « les impies, YHWH les précipitera muets la tête la 1ère. »

N’aura-t-il jamais droit au pardon s’il a droit à l’excuse ? Ces 2 mots me semblent être dans 2 registres différents : l’excuse est du domaine du Droit, de la Justice, le pardon fait appel au cœur, voire à la transcendance.
Mauriac qui scrute avec délectation l’âme des pécheurs a écrit dans sa « Vie de Jésus » :
» Judas aurait pu devenir un saint, le patron de nous tous qui ne cessons de trahir : quand il s’est donné la mort, il était au bord de la contrition parfaite. Dieu aurait eu tout de même le traître nécessaire à la Rédemption et un saint de surcroît. »

Alors réhabilitation de Judas et des 3 compagnons (réhabilitation ne signifie pas acquittement de la faute) ou damnation éternelle ?
Ce siècle déchristianisé s’obstine à croire en Judas. Cela ne montre-t-il pas qu’il est plus aisé de croire à la haine qu’à l’amour ? L’objet de la haine ne meurt pas, puisque la haine, comme le croire, est sans objet, elle n’a que des boucs émissaires. J E Dauzat écrit dans son livre
« Judas, de l’Evangile à l’Holocauste » : « peut-être Jésus est-il ressuscité une fois. Judas n’en finira jamais de ressusciter tel un Sisyphe voué à faire les muscles de notre haine.
Dans un monde qui ne croit plus à la Résurrection mais persiste à vouloir un Judas, reste à imaginer une religion qui prêche l’amour sans nécessiter la haine.

J’ai dit TRM

Source : www.ledifice.net

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 07:55

J’ai été invitée un jeudi soir de décembre, aux alentours de midi, à la suite d’un meurtre dans le temple de Salomon. Trois surprises m’attendaient ce soir là. La première était de pénétrer dans le temple à reculons, la seconde était de découvrir le temple tendu de noir, désorienté, et la troisième, et non la moindre, d’être soupçonnée du meurtre d’un homme que je ne connaissais pas.

Après disculpation, j’ai pris part à la reconstitution du meurtre d’Hiram. J’ai pris sa place en tant que victime. Morte une première fois avant mon initiation, j’ai vécu une seconde mort.

Le relèvement qui a suivi m’a profondément questionnée. Cette planche retrace le cheminement de ma pensée et le sens que j’ai pu donner à cet acte.

Le Mythe

L’action se déroule dans le temple de Salomon, première version, vers 960 avant JC, alors que les travaux s’achèvent, et qu’ Hiram termine son inspection journalière. En ce qui concerne les protagonistes, d’un côté trois compagnons, contrariés de ne pas être maîtres à l’approche de la fin des travaux. Trois mauvais compagnons dont on ne connait pas le nom, l’âge ou le métier, mais qui, par principe sont mauvais. De l’autre, Hiram, ou plus précisément Hiram Abi, célèbre Architecte, envoyé au roi Salomon par Hiram, roi de Tyr, pour diriger les travaux de construction du Temple. Les armes du crime sont trois outils de chantier : une règle pour un 1er coup porté à l’épaule gauche, un levier pour un 2ème coup porté à l’épaule droite et un maillet pour un 3ème et dernier coup fatal porté à la tête.

Le scénario maintenant : à l’approche de la fin de la construction du temple, trois Compagnons veulent connaitre les mots signes et attouchements des maitres et s’adressent à Hiram. Il aurait pourtant été plus simple de questionner n’importe quel autre maitre ... Trois mauvais compagnons, pas très futés, qui vont laisser des traces de sang dans le temple, qui vont déplacer le corps du mort , pour l’enterrer dans une position à mi chemin entre la position à l’ordre des compagnons et celle des maitres, en laissant des outils à côté de la tombe, et qui iront même jusqu’à marquer l’emplacement de la sépulture d’une branche d’acacia. Et pourquoi pas un panneau indicateur aussi? A première vue, c’est le crime de la bêtise.

Mais une telle accumulation de maladresses devient rapidement suspecte et m’incline à penser qu’il y avait une impérieuse nécessité à retrouver le corps d’Hiram…

Pour finir, la version officielle, sous forme allégorique, se termine sur une leçon de morale où les trois mauvais compagnons représentent l’ignorance, le fanatisme et l’ambition. Elle oppose le courage et l’incorruptibilité d’Hiram à la bêtise des trois assassins.

Ainsi, il y aurait donc d’un côté Hiram, le maitre exemplaire, et de l’autre trois mauvais compagnons particulièrement stupides et misérables. Le blanc, le noir. La lumière et les ténèbres. Tiens revoilà une association bien connue en F\M\…. Une juxtaposition des contraires qui me pousse à aller de l’avant dans ma réflexion.

Cette reconstitution du meurtre a suscité chez moi beaucoup de questions. Si Hiram était aussi sage et clairvoyant que l’on dit, il aurait dû déceler le complot. Il ne faut pas oublier qu’Hiram a embauché ces ouvriers, les a initiés et même élevés au grade de compagnons. Comment comprendre ce mauvais choix ? En était ce vraiment un ?

Il n’y a pas d’App et de Comp sans Maitre. Un Maitre qui n’a pu instruire que des Compagnons ou des Apprentis meurt avec eux. Mais lorsque le compagnon devient Maitre, alors le Maitre meurt comme la fleur meurt quand le fruit la remplace. Hiram meurt pour mieux renaitre au travers du Comp\ qui va être relevé. Hiram CHOISIT de mourir. En instruisant les mauvais compagnons, il instruit ses meurtriers. En emportant avec lui le mot des maitres, il initie la quête de la parole perdue et enclenche le cycle de sa recherche. Par sa mort, il devient un éveilleur de conscience. En tuant Hiram, et en m’identifiant à lui, je m’intègre et je renforce ce cycle.

Hiram meurt par les trois mauvais compagnons, qui participent ainsi à l’émancipation de l’ensemble des maitres. Dans cette optique, les trois mauvais compagnons et Hiram ne font qu’Un. Comme la fleur et le fruit ne font qu’un. Les trois mauvais compagnons ne disparaissent pas. Ils font partie d’Hiram. Ils sont toujours en nous, on pourrait dire qu’ils se transmutent en Hiram. C’est là tout le symbole de la branche d’acacia. Et l’obligation de retrouver le corps devient alors évidente. Hiram se fait assassiner par lui même. Il ne peut revivre que si son corps est retrouvé.

Il se fait relever par lui même puisque les Maitres qui le lèvent par les 5 points parfaits de la maitrise sont d’autres Hiram relevés. Les mauvais trois compagnons et les trois maitres sont les mêmes. Les trois compagnons et les maitres sont Un, c'est-à-dire l’unité.

La mort d’Hiram est similaire au schéma : mort par assassinat suivie d’une résurrection, opéré par Osiris et Seth

C’est une association paradoxale mais pourtant inséparable, une dualité réussie, un équilibre entre le civilisé et le barbare, qui s’opère en chacun de nous. En tuant son frère, Seth détruit ses formes révolues pour provoquer une mutation de son être. Il ne le verrouille pas, mais le libère de ses blocages, de son horizontalité. Il assure ainsi la dynamique de ses cycles régénérateurs.

Le Relévement

Grâce aux mauvais compagnons que je suis, je suis morte à moi même. J’ai quitté le plan horizontal pour être relevée. Je suis passée de l’équerre au compas. Les mauvais compagnons sont en moi, je me reconnais en eux comme en Hiram. Je dois apprivoiser ma part d’ignorance, de fanatisme et d’ambition. Espérer les faire disparaitre est pure chimère. Seth ne disparait jamais. Horus ne le tue pas. Et c’est un choix délibéré.

La force et la volonté qui émane des seuls Trois compagnons passés à l’acte, comme l’agressivité Séthienne doivent être jugulées, canalisées, contrôlées, pour être utilisée à de meilleurs dessins.

La mythologie Egyptienne là encore, me montre la voie, en plaçant Seth, l’Agressif, en protecteur, à la proue de la barque solaire, en lutte perpétuelle contre le chaos et le serpent Apophis.

Je dois apprendre à canaliser mon agressivité, à l’éduquer pour ne pas être emportée par elle. Apprivoisée, cette part destructrice sera, pour moi, une source d’énergie vitale et de dynamisme créateur. Les ténèbres et la lumière sont une seule et même chose.

Par la marche du M.M\, je suis passée de l’équerre au compas. Alors qu’App.App\ ou Comp.Comp\, ma marche se faisait sur un plan horizontal, vers l’avant, vers la lumière, désormais je change de dimension. La dimension spirituelle s’ouvre à moi. Je n’ai pas été relevée à l’issue de voyage. C’est la Maitrise elle même qui devient le voyage. Elle est même plus que cela.

Mes voyages de Comp.Comp\ n’avaient pas de but précis. L’errance n’était pas loin. J’ai mis du temps à comprendre que le voyage était avant tout intérieur et que c’est avant tout moi même que je cherchais. Désormais j’ai une quête à poursuivre. Celle de la parole perdue, celle de rassembler ce qui est épars. Mais est ce si différent de ma recherche précédente?

Je suis DEBOUT maintenant, sans Surveillant, en capacité pleine et entière d’agir, responsable de mes actes. Libre de parcourir le temple et le monde. A la merci des mauvais compagnons que je porte, mais aussi portée par la force d’Hiram dans lequel je me reconnais.

L’une des principales choses qui m’ait été transmise, c’est la possibilité de me révéler à moi-même. Quand je prends conscience de ce que je suis, de mes zones d’ombre et de lumière, je peux me développer, m’épanouir, selon mes désirs et mes capacités. Passer de la matière à l’esprit, de l’affectif au fraternel. Je dois conserver des mauvais compagnons la volonté de progresser, mais écarter ma violence, mes passions et mes vanités. Être en capacité de séparer l’essentiel de l’accessoire, le matériel du spirituel, voilà mon travail en chambre du Milieu.

Si je suis en capacité de faire cela, alors les forces en apparence opposées se résoudront dans l’Unité, dans l’axe vertical.

Debout, je suis un axe entre la terre et le ciel. Entre l’équerre et le compas. Entre l’ordre de la nature et celui de l’esprit. Juste milieu si difficile à réaliser et maintenir individuellement. Ce relèvement marque le dynamisme vainqueur de l’inertie. Je suis sortie de la léthargie de la mort. Je suis vivante, je suis debout. Mon chaos intérieur est, pour un instant, vaincu. Comme le pilier Djed, redressé lors de la résurrection d’Osiris, l’ordre intérieur est rétablit. ORDO AB CHAOS.

J’ai été reçue en chambre du Milieu. Ce qui m’a été donné, je dois non seulement le rendre, mais avant tout le faire fructifier. Je suis Hiram désormais et sa mission devient mienne. J’ai un Temple à construire. J’ai des devoirs.

Car Hiram n’a pas ressuscité. S’il se réincarne dans le corps du nouveau Maitre que je suis, c’est parce que JE CHOISIS de m’identifier à lui. Pas parce que je suis habitée ou hantée par l’esprit du maitre assassiné. J’agis par Devoir et non par Obligation car je le fait de ma libre volonté. En faisant ce choix, je fais vivre le mythe. Celui de la transmission.

Transmission et cycles

S’il fallait retrouver la tombe et le corps d’Hiram, c’est pour le relever, pour me relever. Hiram est mort pour renaitre à travers moi. Je devais être relevée pour intégrer le cycle.

Car le 3ème degré, plus encore que les précédents, renvoie aux cycles. Au passé, par la marche à reculons. Au futur, par le relèvement qui m’a fait mourir pour grandir.

Je sais désormais qu’il y a un temps pour chaque chose. Un temps qui me fait vivre plusieurs vies simultanément : je suis éplorée par le meurtre que j’ai moi même commis, je suis le gardien d’un tombeau où j’ai enseveli un corps que jadis j’occupai. Le jeune maitre que je suis a conscience de tous ces cycles : je suis dans le passé, le fruit de l’amour des Maitres qui m’ont précédée et m’ont instruite, le présent car j’ai la responsabilité de la construction du temple, et le futur par la transmission que je dois opérer vers les App.App\ ou les Comp.Comp\.

Quelle est la différence fondamentale entre la mort/renaissance de l'initiation au premier degré et celle de l'exaltation au 3ème ?

Dans le premier cas, le F\M\ renaît EN LUI-MÊME, après avoir traversé l'épreuve de la terre c'est-à-dire un voyage en lui-même.

Dans le deuxième cas, il renaît EN L’AUTRE. Il le fait après avoir connu la trahison, mais il le fait GRACE aux autres, pour se réincarner, non dans un message, mais dans une œuvre collective.

A mon sens, et c'est ce que j’ai découvert en tant que surveillant, en Maçonnerie, il y a non seulement une résonnance à trouver en soi, pour chacun de nos symboles, mais également à trouver dans la démarche initiatique elle même.

Après être mort à ses certitudes, avoir envisagé le fait que la lumière était chemin, avoir été à la rencontre des vérités des autres, avoir connu le doute, la trahison (celle souvent anecdotique des autres, celles, plus ennuyeuses de ses propres convictions), le M.M\ peut espérer sa survie dans l'autre. Comme ce n'est pas un gourou et qu'il ne s'agit pas de se réincarner dans quelques doctrines ou la foi de quelques fidèles, cette préservation, c'est grâce au travail des autres, dans la valeur et le sens qu'il saura donner à ce travail, qu'elle s'opère.

Il a fallu 3 MM pour relever Hiram. Ce relèvement c’’est la fraternité mise en acte. Isolée, je ne suis rien. J’ai été relevée par les 5 points parfaits de la maitrise, par l’action collective des M.M\ qui m’ont précédée et qui vont à travers moi, donner vie au travail qu’ils ont accompli.

Ainsi, au travers de cette transmission, le fil ténu qui lie les parts de vérités mises à jour au cours du temps, par les F\M\, court, de générations en générations et le Temple s’élève.

En me permettant de retrouver en lui I'Hiram qui sommeille en chaque initié dont la conscience est transcendée par la mise en œuvre du rituel, ce mythe m’apprend l'éternel recommencement de la vie en montrant que la mort d'un maître humain, aussi inspiré fut-il, est immédiatement suivie par la venue d'un nouveau maître auquel est transférée la capacité de ramasser les outils déposés par le précédent afin de poursuivre l’œuvre qui n'est jamais achevée.

Ce mythe constitue également une formidable leçon d'humilité en ce qu'il traduit de manière opérative l'impermanence et la relativité de la grandeur, réelle ou supposée, des hommes même les plus vertueux et les plus remarquables.

Conclusion

« Je sui mort parce que je n’ai pas le désir,
Je n’ai pas le désir parce que je crois posséder,
Je crois posséder parce que je n’essaye pas de donner,
Essayant de donner, on voit qu’on n’a rien,
Voyant qu’on n’a rien, on essaye de SE donner,
Essayant de se donner, on voit qu’on n’est RIEN
Voyant qu’on n’est rien, on désire devenir,
Désirant devenir, on VIT. »

René Daumal

Lors de mes impressions sur la cérémonie d’exaltation, je vous avais fait part de l’immense joie qui m’avait envahie, de voir ce soir là, réunis dans ce temple, tous les M.M\ qui avaient œuvré de près ou de loin, à mon instruction.

Avec le temps, je réalise que l’amour, solide et sincère, que vous me portez, me change profondément. Il m’a fait intégrer un cycle vertueux où je me construis PAR et AVEC vous.

Ce soir de décembre, il n’y pas eu de révélation. Juste une transmission. Celle d’une quête qui me concerne et m’est intime, mais aussi d’une autre bien plus grande, qui me nourrit et où je ne suis qu’un maillon.

Une chaine qui existait bien avant moi et qui perdurera bien après, mais à laquelle je choisis de travailler, car, debout, devant vous, ce soir de décembre, du meurtre au relèvement, l’amour a été plus fort que la mort.

T\R\M\ j’ai dit.

  

Source : www.ledifice.net

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 21:01
  • Choix et consécration d'un lieu sacré, d'un templum qui peut être soit définitif, soit temporaire.
  • Eloignement des profanes, des "indignes" et parfois des catéchumènes.
  • Ouverture de la cérémonie qui crée un Espace Sacré et un Temps Sacré.
  • Mort et résurrection du néophyte qui est guidé par un parrain ou un personnage psychopompe.
  • Diverses épreuves qui prennent souvent la forme de « voyages » plus ou moins figurés, mais toujours symboliques.
  • Jugement du candidat par ses futur pairs qui l'acceptent ou le rejettent.
  • Prestation d'un serment solennel, accompagné de menaces pour le cas où il serait violé.
  • alors le néophyte est admis à porter les marques d'une nouvelle personnalité un nouveau nom, une véture particulière, un âge symbolique, un métier « sacré »
  • On lui confie, sous le sceau du secret, les moyens de se faire connaître des initiés parvenus au même degré de la hiérarchie spirituelle : signes, gestes, marche, etc…
  • La cérémonie s’achève par le rite de clôture, analogue à celui de l’ouverture

Source : http://lesarchivesdesalilus.hautetfort.com/

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 15:35

Lors de la cérémonie d’élévation à la Maîtrise, les trois actes du meurtre d’Hiram nous sont présentés avec les différents protagonistes et leurs attributs symboliques.
Le premier acte voit s'accomplir le meurtre de l'Architecte par trois mauvais compagnons ; le deuxième acte concerne les recherches et la découverte du cadavre ; enfin, le troisième acte est consacré au relèvement, depuis la position horizontale jusqu'à la position verticale, du corps inerte d'Hiram.
Le 1er acte de ce meurtre symbolique s’articule autour de 3 pôles : la victime, les criminels et les outils du meurtre.
Aujourd’hui nous nous intéresserons, aux trois outils : la règle, le levier et le maillet, qui ont servi à perpétrer ce meurtre.
Mais je ne saurais passer sous silence, la personnalité de la victime et les circonstances de ce drame symbolique.
La personnalité de la victime
Salomon, voulant élever un temple à l'Eternel demanda l'appui de son voisin, le roi de Tyr. Celui-ci lui envoya les plus habiles de ses ouvriers, et un homme chargé de diriger les travaux du Temple, un architecte nommé Hiram.
Aussi farouche qu'instruit, Hiram possédait l'Art de bâtir jusqu'en ses moindres détails. A son arrivée, Hiram avait réparti les ouvriers en trois classes distinctes selon leur profession : à sa droite, se rangèrent ceux qui tra­vaillaient le bois, à sa gauche, ceux qui s'occupaient des métaux ; enfin, au milieu se trouvaient ceux qui travail­laient la pierre.
Hiram divisa chacune des classes en trois parties, d'après le savoir de ceux qui les composaient. Les moins instruits constituèrent dans chaque classe les apprentis ; ceux qui étaient habiles dans les travaux qu'ils exécutaient furent les compagnons, enfin ceux qui dirigeaient les autres furent les maîtres.
les Apprentis se rassemblaient devant la colonne J:. pour recevoir leur instruction, leurs vivres et leur salaire ; les Compagnons, faisaient de même près de la colonne B:., enfin les Maîtres, étaient admis à se réunir dans l'intérieur du Temple.
Afin d'empêcher toute confusion entre ces ordres, chacun des membres recevait une parole mystérieuse indi­quant sa place dans la hiérarchie. Dans cet ordre établi par le Maître, seul le savoir permettait aux ouvriers de s'élever d'un rang.
Chacun se félicitait de sa direction empreinte à la fois de justice et de bonté. On lui était reconnaissant d'avoir organisé le travail d'une manière équitable, en proportion­nant les salaires aux capacités.
Le Drame Symbolique
L'admirable organisation, instituée par ce chef bienveillant, aurait dû fonctionner d'une manière parfaite. Mais la perfection n'est pas dans la nature des choses : c'est un idéal vers lequel tendent les êtres et les institutions, mais que nul ne saurait atteindre.
Hiram hélas, devait éprouver en sa personne à quel point la perversité se glisse insidieusement dans le cœur humain, en dépit de tous les efforts d'instruction et quelle que soit la sagesse des mesures prises dans l'intérêt commun.
Trois mauvais Compagnons persuadés que la Maîtrise leur était due, alors qu'on persistait à leur refuser cet avancement, voulurent arracher de force au grand architecte du Temple la parole mysté­rieuse des maîtres. Il organisèrent, à cet effet, le plus infâme des complots. Ils décidèrent son assassinat : cet acte de violence injuste et odieux qui consiste à exécuter un innocent.
Les maîtres se réunissaient chaque jour dans une chambre située au milieu du temple. Le sage Hiram sortait le dernier de tous, après s'être assuré par lui-­même de la bonne exécution de ses ordres. Connaissant cette particularité, les trois compagnons s'embusquent chacun à l'une des trois portes et attendent la sortie du grand architecte.
Hiram, les travaux de la journée accomplis, se dirige vers la porte Sud, où il trouve le premier qui lui demande la parole des maîtres. Hiram lui répond : « travaille, persévère et tu seras récompensé » ; le com­pagnon veut frapper Hiram à la gorge avec la pesante règle de fer dont il s'est armé ; le maître détourne le coup et est atteint à l’épaule droite.
Hiram se rend alors à la porte de l'Occident qui ser­vait d'entrée commune à tous les ouvriers. Là se trou­vait le 2e compagnon qui, sur le refus du maître de livrer son secret, le frappe avec son levier à la nuque, le coup est détourné sur l’épaule gauche.
Tout étourdi, Hiram se traîne jusqu'à la porte de l'Orient où il rencontre le 3e conjuré, « plutôt la mort que de violer le secret », répond Hiram. Rendu plus furieux encore que ses complices par le refus de l'architecte, le criminel l'achève d'un coup de maillet sur le front.
La légende, réduit à trois, les ouvriers criminels. Fait unique dans les rituels de la Maçonnerie bleue : ce sont trois symboles à visage humain qui fomentent et exécutent le meurtre d'Hiram. Ils représentent : l’ignorance, le fanatisme et l’ambition.
Ensemble ou chacun, ils symbolisent également les tares les plus condamna­bles de l'homme profane ou bien de l'initié qui a si mal ou si peu travaillé sa Pierre qu'il ne sait pas maîtriser ses instincts, ses envies, ses pulsions internes.
La préméditation de leur méfait est manifeste, les ouvriers félons ayant comploté et s'étant munis d’armes avant de passer à l'acte.
Les outils du meurtre
A propos de ces outils, tout Maçon a le droit légitime d'exprimer sont étonnement d'entendre prononcer dans le rituel, le nom d'Outils symboliques ravalés en la circonstance au rang d'armes offensives et meurtrières. Il semble invrai­semblable et aberrant que plusieurs outils puissent, même à titre exceptionnel, servir à blesser un être humain et lui donner la mort. A priori, le but du symbole n'est pas de tuer mais, au contraire, de nous aider à vivre mieux.
Mais en Maçonne­rie, rien ne se fait sans raison. Il serait vain de croire en effet que ces trois acteurs se situent successivement en trois lieux différents du temple et que la victime est frappée par trois outils en trois endroits différents de son corps pour l'unique besoin d'une mise en scène.
Pourquoi ces 3 outils ont-ils été choisis pour perpétrer le meurtre ?
Tout d’abord la Règle
Parce qu’elle sert à tracer des lignes droites, la règle est un symbole de rectitude. A l'origine, en effet, la règle est l'instrument primordial du Maître d'Oeuvre, qui conçoit l'ordonnance du Temple, en tant que struc­ture terrestre, réplique d'un ordre céleste. La règle a ainsi non seulement une valeur symbolique, mais plus profondément une valeur spirituelle, en se définissant comme un trait d'union entre le ciel et la terre.
Son importance est soulignée lors des voyages de la postulante au grade de C.'., elle l’accompagne dans 4 des cinq voyages. La règle du Compagnon divisée en 24 sections incite, à chaque heure du jour, à chaque instant, la Franc-maçonne à se mettre à l'ouvrage dans la rectitude, dans l'application, dans la régularité. Outil symbolique actif, elle se combine aisément avec un certain nombre d'autres outils actifs ou passifs. Avec le Compas, elle donne la possibilité de construire presque toutes les figures géométriques. En association avec la Perpendiculaire et le Niveau, elle permet la mise en place correcte des pierres de l'édifice. Enfin, avec l'Equerre, elle est indispensable pour vérifier le travail accompli.
Instrument par excellence de l'Art du Trait, cette science secrète dont Hiram se servit pour l'édification du Temple de Salomon, elle sert non seulement à concevoir l'édifice, mais à le réaliser et à vérifier la justesse de la construction, de ses proportions. Princi­pe créateur, la règle est présente à toutes les étapes, de l'idée à la concrétisation. Elle permet la précision dans l'exécution.
Pour la Maîtresse Maçonne la Règle permet la mesure parfaite de l'espace car ses proportions sont proches du nombre d’or. Mais elle lui donne aussi le sens de la mesure. Mesure dans le contrôle des pulsions et des attitudes.
Elle est aussi le symbole de l'Autorité. La Règle est le Sceptre du professeur, c'est d'elle qu'il va se servir en tant que pédagogue lorsqu'il frappera sa chaire afin d'obtenir, de ses élèves, le silence qui doit accueillir sa parole. Et il adviendra parfois qu'elle lui serve également d'instrument de correction en même temps que d'affirmation de son ascendance, de son pouvoir.
Qu'elle préside à l'édification d'un temple (art du trait), aux conventions (règle de jeu, règle de vie) ou aux statuts (règle religieuse), la règle propose des directions qui toutes visent à une construction, qu'elle soit d'ordre physique, moral ou spiri­tuel.
Ensuite le Levier
Au IIIe siècle avant JC, Archimède, Mathématicien grec, aurait affirmé être capable de soulever le monde à l’aide d’un levier. Cette image particulièrement frappante était destinée à démontrer la toute-puissance de l’un des plus anciens outils utilisés par l’homme pour déplacer les charges lourdes.
Le Levier sous sa forme la plus élémentaire est une barre rigide, mobile autour d’un axe ou d’un point fixe. Comme Archimède l’a démontré, deux forces sont alors en présence : d’une part la force motrice appelée « puissance » qui correspond à l’action de l’homme, d’autre part la force appelée résistance qui est le poids de la pierre.
Le Levier sous-entend l'effort maximum, et par là, il fait référence à la Force. La Force est cette vertu qui consiste tout aussi bien à pouvoir contenir les plus grandes craintes, qu'à modérer les mouvements d'audace les plus hardis, afin que l'Homme, à cette occasion, ne se détourne jamais de son devoir. Le levier est donc l'outil qui permet de multiplier les forces de la Maçonne.
Cette faculté, que l'ancienne scolastique médiévale dénommait le don de Force, est en fait le Courage.
Mais le levier est comme le Ciseau, un intermédiaire "passif". Il ne devient "actif" que par la puissance de celui qui l'utilise. Il se rapporte donc à la Connaissance accessible par l'initié. Le Levier devient alors Force féconde mais dangereuse si elle n'est pas contrôlée par la Règle, le Niveau et la Perpendiculaire.
Le 3e outil est le maillet
Le maillet est un marteau de bois à deux têtes, dont se servent en Loge la Vénérable Maîtresse, et les deux Surveillantes pour faire exécuter les travaux, donner des signaux, provoquer des ondes sonores rythmiques et imposer le silence. Entre leurs mains, le Maillet symbolise le pouvoir.
Le maillet est l’arme de Thor, dieu nordique de l’orage, outil d’Haphaïstos, dieu de la forge. Etant assimilé à la foudre, il est à la fois créateur et destructeur, instrument de vie et de mort.
C’était également l’arme par les soldats au Moyen-Age et l’outil à un grand nombre d'ouvriers et d'artisans tel le menuisier, le tonnelier ou le tailleur de pierre.
Il est généralement en buis, bois choisi à cause de sa dureté et il symbolise la fermeté et la persévérance.
Le Maillet agit de façon discontinue. Ceci montre que l'effort ne peut être poursuivi sans interruption et qu'une pression continue sur le Ciseau lui enlèverait toute précision. Le maillet est alors le symbole de l’intelligence qui agit et persévère.
Dans certaines civilisations, on posait le maillet sur le front des agonisants pour leur faciliter le passage, l’envol de l’âme. Cette tradition se retrouve à Rome, le Doyen du Sacré Collège, frappe d’un coup de maillet en ivoire, le front du pape qui vient d’expirer, avant de proclamer sa mort.
La symbolique du Maillet révèle trois formes du puissance :
- la puissance brutale à caractère primitif de l’arme de combat terrestre,
- la puissance créatrice et ordonnatrice à caractère divin de l'activité céleste symbolisée par la foudre ou le tonnerre,
- et la puissance de connaissance avec un caractère relationnel de l'humain au divin.
Ces trois outils au symbolisme profond font référence à un grand nombre de vertus :
La règle fait référence à l’Ordre, à travers la rectitude et la régularité,
Le Levier à la force, au courage, et à la résistance
Le maillet à l’intelligence, la persévérance,
Ce sont des outils de construction destinés à nous faire avancer dans la connaissance maçonnique et spirituelle grâce à leurs apports positifs.
Dans la mort de notre Respectable Maître Hiram, ils sont détournés de leurs aspects positifs pour se révéler être des armes redoutables au service de la violence brutale et de la mort. Mis dans les mains des mauvais compagnons aux pulsions incontrôlées, générée par le désir de puissance, la recherche du pouvoir, ces outils retrouvent leurs aspects primitifs de démolition et de destruction.
Mais au-delà des aspects propres à chaque outil, il est nécessaire de d’essayer de comprendre quel sens attribué à leur rôle dans ce drame ?
A la Porte d'Occident, la première blessure est infligée avec la règle, à l'épaule droite, contraignant le Maître à plier le genou droit qui touche terre. Mais c’est la gorge, siège de l’émission verbale, passage de l’air et de la nourriture qui était visée.
L'Occident figure l'endroit le moins éclairé, le point cardinal où le Soleil - la Lumière maçonnique - disparaît pour un temps déterminé.
La Porte d'Occident est le passage oscillant entre le monde initiatique et le monde profane, entre la connaissance de soi (connaissance ésotérique) et les connaissances indispensables à la vie sociale (connaissances exotériques).
L'épaule et le genou droits représentent la latéralité positive, émettrice, active du corps humain. Sous l'effet du coup, ce pôle positif anesthésié provoque un court-circuit au contact de la Terre­ Elément.
Cette première blessure rituelle a pour objet de supprimer en Hiram son génie créateur, son habileté technique liée à son immense savoir intellectuel.
A la Porte du Nord - virtuelle dans le temple maçonnique - le Maître est blessé avec le levier à l'épaule gauche ; il tombe alors sur le genou gauche. Mais c’est la nuque qui est visée.
Le Nord est dans l'hémisphère boréal, assez bien éclairée ; on y fait siéger les Apprentis pour amorcer la dissipation des ténèbres de leur ignorance initiatique.
La Porte du Nord - qui existait concrètement dans le temple de Jérusalem - figure au plan astronomique le point cardinal où se trouve l'étoile polaire, au plan maçon­nique la présence de l'Etoile Flamboyante.
L'épaule et le genou gauches représentent le côté négatif, réceptif. Le traumatisme paralyse le côté du cœur, qui entre lui aussi en contact avec la Terre-Elément, déchargeant une grande partie de son énergie.
Cette deuxième blessure rituelle, destinée à tuer en Hiram ses structures éthiques, ses qualités morales et son acuité psychique, et son affectivité.
Enfin, à la Porte d'Orient, la 3e blessure est portée avec le maillet sur le front. Mortellement atteint, Hiram s'écroule à terre, les pieds tournés vers l'Orient, et rend le dernier soupir.
L'Orient est l’espace sacré d’où jaillit la Lumière. Dans le temple maçonnique la Porte d'Orient s'ouvre sur la Lumière initiatique et sur l'Orient Eternel.
Etendu sur le dos, à l'horizontale, le corps de l'Architecte, sa tête en direction de l'Occident, est en contact total avec la Terre­ Elément, c'est-à-dire avec la matière, laquelle possède les mêmes composants que ce corps physique.
Cette troisième blessure a l'aspect rituel de "coup de grâce" : acte délibéré du bourreau à l'encontre de sa victime.
Mais il est capital d'observer la position du corps d'Hiram, pieds vers l'Orient­ et tête vers l'Occident. Ce dernier point cardinal est en effet, le lieu du soleil couchant, de l'obscurité naissante, donc de la quasi-ignorance et de la mort physique, exotérique en quelque sorte.
La tête est un lieu de passage vers le cosmos de l'énergie spirituelle de l'être humain, ainsi qu'une entrée à l'intérieur de ce dernier des énergies cosmiques symbolisées par la Lumière.
En conséquence, le geste violent du troisième compagnon veut avoir pour résultat de briser en Hiram sa Porte d'Orient, d'inter­rompre l'écoulement de son énergie vitale, de mettre fin à la connaissance spirituelle acquise par l'Architecte, d'anéantir le grand initié qui avait élevé un temple à la gloire de la Lumière éternelle. Mais ce résultat n'est pas obtenu car le chef-d'œuvre réalisé durera un certain temps alors que le Temple Intérieur d'un parfait initié est bâti pour toujours ; seul le corps physique d'Hiram cesse de vivre.
Enfin, l’ensemble des trois blessures composent dans l'espace un triangle dont le symbolisme nous renvoie au Delta Lumineux, au Principe Créateur, au Grand Architecte de l’Univers.
Le héros de ce drame n'a rien d'un homme ordinaire, en raison de l'œuvre capitale de sa vie, c’est l’initié accompli, le paradigme de toute initiation menée à son plus haut degré, le modèle que les Maîtres Maçons ont le devoir d'imiter, de prendre pour exemple à défaut de le diviniser.
Ces outils diabolisés nous plongent dans le monde profane où se développe la montée inexorable de la violence. Aussi moi, maîtresse maçonne, je dois avoir à l’esprit de toujours combattre :
la mauvaise mentalité qui a fait abattre sur le Maître la Règle du premier assassin ;
l'étroi­tesse de sentiment qui animait le misérable qui s'en est pris au cœur d'Hiram, en le meurtrissant à l'aide d’un Levier ;
la vanité, l'orgueil de commander et de briller qui a allongé la main du troisième vers le Maillet fatal, qui consomma le meurtre d'Hi­ram.
La légende d'Hiram vue à travers l’analyse des trois outils du meurtre, nous permet d’entrevoir une partie du mystère transmis par ce sage qui meurt plutôt que de livrer son secret, et qui ressuscite immortel. Le but tout entier de la légende se trouve renfermé dans cette mort du juste tué en secret et dans son écla­tante résurrection.
C’est la victoire de la vérité sur les erreurs, de la résurrection sur la mort, d'Hiram qui est la vertu sur les trois compagnons scélérats.
Car les outils ne sont que des instruments en nos mains. A nous de manier la règle, le levier et le maillet de manière positive.
En mourant avec le Maître, la maîtresse maçonne est morte à une existence vulgaire et misérable. Elle s’est relevée purifiée des passions grossières des mauvais compagnons. Transfigurée par la lumière de l’initiation elle ne redoute plus la mort car elle a acquis la liberté intégrale.

J’ai dit.

Source :  www.ledifice.net

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 14:38
 
Les connaisseurs apprécieront !
Un des premiers SAS français, mort pour la France à Pontivy en juillet 1944
fanion.jpg
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Published by Thomas Dalet
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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 14:15

Nous arrivons au 3è degré, très beau, très profond et riche d’enseignements.. il marque en même temps un aboutissement en tant que grade terminal des loges symboliques, et un point de départ pour ceux qui voudront aller plus loin. Le passage de l’équerre au compas est un véritable changement de monde et de dimension. Ce degré est très riche

Donc le Compagnon est prêt. La porte s’ouvre, il entend des paroles à voix haute venant de l’intérieur du temple, et le Candidat apprend qu’il a été surpris aux abords du Temple, et qu’il est soupçonné de meurtre…. !!
Il lui ai demandé de se retourner, et la porte s’ouvre dans l’obscurité avec face à lui l’étoile flamboyante. « C’est avec les lumières du passé qu’on se dirige dans l’obscurité de l’avenir »….

Cette entrée, n’est certes, pas banale et surprenante pour notre récipiendaire.
. Il a fait son temps, il a fait son entrée à reculons dans la chambre du Milieu et il contemple l’étoile qui flamboie face à lui, mais avant de se tourner vers la suite de son aventure, il a encore une épreuve à effectuer : son examen de conscience ; il a une preuve à apporter.. Celle de la pureté de ses actions passées. La voix du Vénérable derrière lui, demande si ses mains sont pures, si sa conscience est tranquille, s’il a rempli ses devoirs d’initié, s’il n’est pas du nombre de ceux qui ont trahi la Franc maçonnerie.
Il proteste de la pureté de ses actions, bien sûr, mais cela ne suffit pas. L’Expert examine le blanc des gants, sur lequel aucune tache ne se fait voir, il lui enlève son tablier, l’examine et le porte au Vénérable qui fait la même constatation ; alors à ce moment là, notre Candidat peut se retourner….Mais si les précédents grades…étaient plutôt plaisants, ce dernier paraît bien sombre à l’image des tissus noirs tendus, des cordons, des sautoirs, des chapeaux noirs, l’attitude, la lumière….. une petite lueur à l’orient…. et le corps étendu devant lui…

Notre candidat se retourne vers l’intérieur, vers cette chambre du Milieu située en réalité au milieu de lui-même. Des branches de l’étoile, il va vers son centre, vers la lettre G qu’elle contient.
Son retournement vers l’intérieur va lui permettre de prendre conscience de cet inconscient et de l’objectiver. C’est ainsi qu’il s’en rendra maître. Autrement dit, on peut considérer que l’homme est un être matériel contenant en lui une spiritualité potentielle que l’on pourrait nommer, au moins symboliquement, parcelle de divinité. Son retournement lui permet de retrouver cette spiritualité tiré vers le haut par elle, et donc de se détourner de la matérialité. Cette entrée à reculons permet au futur Maître de contempler le monde d’où il vient, la vie qu’il a mené, éclairé par ses cinq sens, les cinq pointes de l’étoile qui sont autant d’antennes dirigées vers l’extérieur..

L’expert saisit un compas et en applique les deux pointes sur la poitrine du récipiendaire. Ce geste symbolise la mesure des sentiments de celui-ci, en volume et en qualité, et comment il a utilisé son intelligence pour améliorer son cœur.
Il s’agit d’un cheminement s’adressant au plus profond de l’individu qui utilise toutes les pistes pour améliorer son être intérieur.

Le Très Vénérable Maître fait allusion à des compagnons ayant assassiné le meilleur des frères et , pour prouver son innocence, le récipiendaire doit exécuter une marche étrange.
Alors à ce moment là, le candidat enjambe le corps sur la droite et à ses pieds aperçoit un outil qu’il connaît : le levier, puis sur la gauche où il aperçoit cette fois une règle, et encore une fois à droite, et se retrouve aux pieds du corps étendu à ses pieds le compas ouvert vers l’occident.. cette marche inattendue vient de le faire passer de l’équerre au compas. Du levier à la règle, en arrivant au compas, il est passé entre raison et sentiments, entre conscient et inconscient, entre intellect et intuition. Les trois pas spécifiques de la maîtrise lui rappellent que la pensée des sages défie la mort. Née dans le passé, elle fructifie dans le présent et féconde l’avenir. De même qu’il franchit sans hésitation et sans crainte le cadavre symboliquement étendu à ses pieds, le maître maçon, fort de sa conscience sans tache, poursuivra l’œuvre pour l’œuvre, sans souci des pièges mortels que tendront sous ses pas les meurtriers d’Hiram : l’ignorance, le fanatisme et la jalousie. Il n’a pas à s’arrêter pour les vaincre, mais il a à les dépasser. C’est pourquoi sa marche ne comporte aucun hiatus et qu’il doit avoir « sept ans et plus »’.

Nous en arrivons maintenant au cœur de la cérémonie, la légende d’HIRAM ;
Le récipiendaire est dans son intériorité, il y a cheminé, il a atteint le compas qui va l’aider à s’élever spirituellement.

La réalisation du temple de Salomon est confiée à HIRAM, maître d’œuvre. Il était « savant dans l’Art de l’architecture comme dans le travail des métaux ».
Il est l’artisan le plus complet. Il sait réaliser la construction qui permet à l’homme de se relier à ce qu’il ne peut définir et qui le dépasse. C’est ce personnage que le récipiendaire va représenter dans ce qui suit. Revenons à la Légende d’Hiram qui est contée au récipiendaire. Quelques compagnons n’étant pas encore en possession des secrets des Maîtres, voulurent pénétrer de force dans la chambre du milieu ; mais ne pénètre pas qui veut. Il faut une clé qui est le mot des maîtres ; voilà qui est intéressant. Le passe Tubalkain, du couvreur n’est pas seulement formel ; il nous permet de passer de l’équerre au compas et il nous donne réellement la clé qui nous permet de pénétrer dans notre for intérieur. L’accès à celui-ci n’est donc pas ouvert chez tout le monde. On peut comprendre qu’il faut avoir déjà bien entamé le processus de mise en forme de notre métal brut pour y parvenir.

Trois compagnons mécontents résolurent de faire usage de la force pour faire dire le mot par HIRAM ; que va-t-il se passer ?????

Les trois conjurés se placent chacun à l’une des trois issues du temple situées l’une à l’orient, l’autre au midi et la troisième à l’occident ; nous sommes dans un lieu bien clos, hors du monde et duquel toute fuite est impossible. Hiram ayant terminé son inspection veut sortir par la porte du midi et rencontre le mauvais compagnon qui le frappe avec ce qu’il a sous la main, le fil à plomb ; il vise la tête, il veut tuer ; mais un réflexe sauve Hiram, il détourne le coup qui le frappe à l’épaule droite, et tombe sur le genou droit. L’instruction du grade donne des noms aux mauvais compagnons, et attribue l’Ignorance au premier d’entre eux.
Ramenée à nous, cette ignorance inhibe effectivement notre action. Notre descente en nous révélerait-elle les abîmes de notre ignorance .. ?

Nous sommes ramenés à un plan métaphysique à notre quête spirituelle qui est constituée de questions : qui suis-je ? ou vais-je ? d’où viens je ? quel est le sens de ma vie ? La maçonnerie nous apprend que le principal est de cheminer, même sans espoir d’atteindre le but. Elle nous apprend à agir, ce qui donne son sens à notre vie.

La scène suivante se déroule devant la porte d’occident, le deuxième mauvais compagnon ; Hiram s’est relevé, il a couru, chancelant, hélas, le mot du maître lui ai demandé de nouveau, n’ayant obtenu de réponse, le même geste se produit ; l’agresseur brandit le Niveau et en frappe violemment HIRAM en visant la tête ; là encore un réflexe joue et détourne le coup qui frappe le maître à l’épaule gauche. Il tombe sur le genou gauche. Il est de tradition d’identifier le deuxième compagnon au Fanatisme. Reconnaissons que celui-ci, quel qu’il soit, fait peu de cas des sentiments des autres. Il ne comprend pas ceux qui s’interrogent, puisque Lui, sait. Le niveau avec lequel il frappe, c’est celui sur lequel il se trouve et auquel il veut ravaler tous les autres.

Une nouvelle fois, le Maître se relève et se précipite à la 3è porte, celle de l’Orient, qu’il trouve barrée par le 3è compagnon, et à la demande habituelle qui lui est faite, Hiram répond en se plaçant cette fois-ci sur un autre plan, celui du respect de son Serment et du secret qui lui a été confié. Il préfère la Mort plutôt que de les violer. Nous sommes dans le domaine de la raison et du devoir. Les SERMENTS qui ont été prêtés par le compagnon, l’engagement qu’il vient juste de prendre sur sa Foi de FM, celui qu’il va prêter et qui contiennent tous un volet concernant les secrets du grade. Les violer conduirait il à une sorte de mort maçonnique ? Le conjuré frappe violemment Hiram au front avec son maillet ; ce coup renverse le maître sur le pavé du temple (en réalité devant le plateau de TVM) il est ainsi revenu sensiblement au même emplacement qu’après sa marche par-dessus le corps, mais de l’autre côté du compas, qu’il a ainsi franchi dans son périple. Il est renversé à son tour, recouvert d’un drap noir, et de son tablier sur le visage.
La boucle est bouclée ; le récipiendaire a pris la place du corps qu’il a enjambé naguère et qu’il avait dépassé sans crainte, laissant derrière lui, dans son passage de l’équerre au compas, la dépouille de l’être qu’il était. Et le voici devenu ce qu’il croyait avoir laissé à jamais loin derrière lui.

L’instruction attribue au 3è mauvais compagnon, le dernier défaut : l’Ambition. Il y a des ambitions légitimes et des ambitions illégitimes. Il est vrai que le terme est ambivalent. Mais il peut s’agir du désir de satisfaire son amour propre par l’obtention de biens, de pouvoir, d’honneurs, de réussite sociale, toutes choses flattant l’ego de l’individu. C’est bien sûr de cette ambition là qu’il est question ici. Exemple : le chef a toujours raison….. nous avons tous connu ce genre de personnages qui parvenant au pouvoir, sont devenus méconnaissables. Souvent au début, animés d’idées généreuses, et au final naissent des comportements d’auto satisfaction, arrogance et suffisance. L’exercice du pouvoir est en effet dangereux et il faut à la fois beaucoup d’humilité et de force de caractère pour ne pas céder aux démons qui l’accompagnent toujours.

Dans ces conditions, il est normal que ce soit le détenteur du plus haut pouvoir dans la loge qui assène le coup final. C’est de son maillet, symbole précisément de pouvoir temporel, qu’il va frapper le récipiendaire en plein front siège de l’intellect, qu’il éteint du même coup.

Hiram, le maître des maîtres, victime de trois mauvais compagnons, et donc de l’ignorance, du fanatisme et de l’ambition des autres ? Nous identifiant à Hiram serait ce chacun de nous, victime des trois mêmes assassins ??? mais nous identifiant à ces derniers, ne serions nous pas notre propre victime que nous avons tuée sans même nous en rendre compte ? Sommes nous réellement innocents du meurtre qui s’est produit ? Compagnon nous errions aux abords de l’édifice que nous devions construire. En d’autres termes, nous n’étions pas sur le chantier. Nous le contemplions, nous voulions peut être y pénétrer par effraction ??? Nous identifiant
au TVM, nous avons examiné nos gants et notre tablier. Sommes nous bien surs de tous nos actes passés ? Le sang des victimes que nous pouvons avoir faites dans notre vie n’est visible que par nous-mêmes. Ce n’est certes pas volontairement que nous avons pu tuer, moralement ou spirituellement, telle ou telle de nos relations. Nous ne nous sommes même pas aperçus que nous l’avions fait. Mais nous ne savions pas. Nous étions surs d’avoir raison, nous voulions un poste ou un honneur et nous avons fait ce qu’il fallait pour l’obtenir, sans même envisager que cela pourrait causer des dégâts chez d’autres. Avons-nous toujours raison ? En nous identifiant à l’Expert : nous avons mesuré notre cœur à l’aide du compas. Car c’est notre cœur qui doit, qui devait, qui aurait dû corriger nos actions pour éviter leurs conséquences néfastes sur d’autres.

Par cette projection nous voici étendus sur le sol, sur le pavé mosaïque, entre l’équerre et le compas, victimes des coups de trois outils que, pourtant nous aurions dû savoir manier. Car il est bien évident que, nous identifiant cette fois à Hiram en même temps qu’aux trois mauvais compagnons, nous nous sommes tués nous-mêmes.
Le maître est mort, il est mort tué par ses compagnons mécontents ; HIRAM c’est la connaissance, l’action et l’évolution. Toutes trois sont arrêtées par ceux qui refusent l’effort, qui n’acceptent pas le travail demandé. Hiram revivra parce que la tradition ne peut se perdre. Sa sépulture est signalée à ceux qui ont le courage d’aller rechercher cette tombe. Ils la reconnaîtront aux outils abandonnés par ceux qui ont refusé le travail et par l’acacia, symbole de renaissance, qui a poussé, montrant que la mort transforme les énergies vitales sans les détruire. Hiram renaît à la lumière par l’identification que le jeune maître fait avec lui. Hiram est le héros, le symbole parfait de l’action sur les trois plans de la réalisation humaine, sur le plan matériel par la construction réelle du temple dont il était l’architecte, c’est l’action concrète du maçon dans la vie quotidienne. Sur le plan intellectuel, car malgré les attaques réitérées, il reste toujours vivant semblable à lui-même, c’est l’action dans le domaine culturel, et enfin sur le plan spirituel car pour que naisse l’acacia, il ne faut craindre ni l’inhibition, ni le renoncement, qui ne sont que des morts apparentes, car l’acacia renaît toujours plus vivace sur la tombe d’Hiram.

A la lumière de l’Etoile qu’il est, le futur maître a fait le tour de la Chambre du milieu de lui-même. Il y a découvert des hôtes dont il ignorait l’existence ou, peut être, dont il préférait ignorer l’existence. Il s’est aperçu que ces mauvais compagnons tapis en lui n’attendaient que l’occasion de le frapper, paralysant son action, stérilisant ses sentiments, inhibant son esprit et risquant, au total et si ce n’est pas déjà fait, de tuer dans l’œuf ce nouvel homme qui allait naître. La lumière de l’étoile lui a révélé les dangers qui le guettent et qui le frapperont sûrement, car personne n’est épargné.

Mais l’important n’est pas de trébucher ou de tomber, c’est de pouvoir ensuite se redresser……
En possession du mot et de l’attouchement de maître, notre compagnon effectue sur la pierre cubique son dernier travail à ce grade. On voit bien que cette pierre n’est pas terminée, mais le sera-t-elle jamais ? Le compagnon, bien qu’ayant atteint l’âge de la maîtrise, a sorti une nouvelle fois de sa poche son maillet et son ciseau. Plus tard, quant il sera maître chevronné et s’il mérite ce titre, il ne devra pas hésiter à continuer à s’en servir quand son regard, ou plus probablement celui d’un autre, lui aura révélé l’existence de quelque petite aspérité, peu visible mais qui peut blesser les pierres voisines. Plus il sera ancien, plus il aura de responsabilités, plus il devra se tenir prêt à dégainer ses outils. Nous connaissons tous de ces détenteurs de pouvoir dont la suffisance n’a d’égale que l’arrogance, le tout étant basé sur une enflure pathologique de l’ego. Le maître maçon ne devra jamais oublier que, loin de ces errements et contrairement à ce qui se pratique dans le monde profane, son but ne doit pas être de démontrer qu’il a raison, mais de rechercher la vérité et la justice ; Le maître a disparu, emportant ses secrets , il faut retrouver son corps et lui rendre les honneurs qui lui sont dus
..les Frères et les Sœurs partent à la recherche du corps….Hiram est mort, mais l’acacia nous reste.

J’ai dit  source :
www.ledifice.net

 

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 14:11

Vous m’avez commis d’office pour la défense de ces trois mauvais compagnons, tristement célèbres dans le monde maçonnique tout entier, pour avoir assassiné Maître Hiram. Lourde tâche mais noble tâche, qui consiste à respecter les serments que l’on a prêtés. Serment d’aimer ses FF\ et de les secourir. Car c’est bien de FF\ dont il est question, n’est-ce pas ?

Mais pour les juger, il vous faut d’abord la conviction qu’ils sont coupables. Le rituel n’indique pas qu’Hiram a pu confier à quiconque le nom de ses assassins avant de mourir. Mais il est normal que les trois CC\ qui ont pris la fuite soient considérés comme suspects. En revanche, leur identité n’est pas clairement établie. En effet selon les rituels, ils sont désignés par les noms de Sterkin, Oterfut, et Abirammah (ou Abiram), ou bien Jubelas, Jubelos, Jubelum, ou Giblon, Giblas, Giblos, ou encore Habbhen (ou Akirop), Schertke et Austerfurth.

Je reconnais que ces noms ont tous des significations dégradantes évoquant la corruption, mais cela ne peut constituer une preuve de culpabilité, et je constate qu’il existe un doute sur leur identité qui est de nature à affaiblir l’accusation.

Le rituel n’indique pas davantage que le meurtre ait eu des témoins, mais on peut l’admettre puisqu’un récit détaillé nous en a été fait. Il y avait donc au moins un témoin. Mais alors, pourquoi donc n’est il pas intervenu ? Pourquoi n’a-t-il pas secouru notre malheureux Maître ? Ce témoin est nécessairement un lâche ou pire un complice, voire pire encore l’instigateur du crime ! N’est-ce pas là la marque d’un complot ? Et qui plus est un complot judéo-Maçonnique ! A ce stade des débats, vous admettrez donc que s’ils sont coupables, il est évident qu’ils ne sont pas les seuls coupables.

Mais allons plus loin T\ F\ P\ M\ : sont-ils vraiment responsables ?

Mon rôle n’est évidemment pas d’excuser, mais d’expliquer. Expliquer pourquoi il vous faut les épargner ces trois compagnons et même, quitte à vous choquer, pourquoi il vous faut les préserver. Permettez-moi d’abord, avec tout le respect que je vous dois T\ F\ P\ M\, d’énoncer une évidence : Si vous aviez accompli votre tâche, si chacun ici avait accompli la sienne, tout cela ne serait pas arrivé.

Si vous les aviez vraiment attrapés ces trois mauvais compagnons, si l’ignorance, l’orgueil et l’ambition, si la convoitise la cupidité et le fanatisme, avaient vraiment disparu, nous ne serions pas ici. Le Saint Empire Spirituel règnerait sur un monde libéré de ses entraves, un monde de paix, d’amour et de joie, fruit de Sagesse Force et Beauté. Mais voilà : ils courent toujours… Et c’est donc un jugement par contumace, par défaut, que vous allez prononcer contre ces accusés. Et ce défaut n’est autre que notre défaillance.

Ensuite, à quoi servirait d’éliminer les criminels sans éradiquer le crime ? Et comment éradiquer le crime en eux, puisque nous n’avons pas été capables de l’éradiquer en nous ? Ces trois CC\ sont le sceau de notre condition d’homme. Ce sont nos compagnons d’infortune. Ils représentent le vrai défi qui nous est lancé, le devoir à accomplir envers nous même, envers les autres et envers notre Créateur. Alors de grâce, ne leur faisons pas endosser nos propres turpitudes. Il ne peut être ici question de boucs émissaires : ce serait bien trop confortable et surtout ce ne serait pas acceptable dans un Tribunal digne de ce nom et encore moins dans une respectable assemblée de Francs-Maçons.

Et ne croyez pas un seul instant que j’éviterai d’évoquer le détail de leur crime, bien au contraire : Tout d’abord rappelez vous que les coups ont été portés, non pas par des profanes, mais par des compagnons qui ont quitté la Voie mais qui sont demeurés sur le Chantier, tel le ver dans le fruit. L’ennemi était donc parmi nous et personne ne s’en était aperçu ! L’ennemi n’était plus seulement « derrière nous » comme dans la cérémonie d’Initiation, mais en nous. La situation est donc beaucoup plus grave que nous ne l’imaginions au départ. Si ces Compagnons ont réussi à concevoir et perpétrer leur crime, c’est nécessairement parce que la vigilance de leurs maîtres a été prise en défaut.

Ensuite, voyez ces pauvres maladroits, aucun d’eux n’est l’unique coupable. Aucun d’eux n’était seul capable de mener à bien ce forfait : Aucun des trois coups n’a été asséné « correctement », car les mauvais CC\ ne peuvent avoir le geste juste. Si bien qu’aucun des trois coups n’a atteint sa cible et qu’aucun n’était mortel à lui seul. C’est l’illustration dévoyée du principe suivant lequel « sans le secours des autres nous ne pouvons rien ». Chacun pris isolément était donc incapable de tuer Hiram. Seule leur réunion, la conjonction de leurs mauvais desseins, a rendu le crime possible. Et qui donc a toléré cette réunion ? Quelles sont les négligences qui l’ont rendue possible ? Et avec quels outils ont-ils accompli leur forfait ? Les nôtres ! Les outils que nous leur avions confiés ! Là encore notre responsabilité est engagée.

Les outils symboliques peuvent être dangereux et même mortels lorsqu’ils sont détournés de leur usage. Le travail symbolique doit être précis, accompli avec justesse et dans un juste but. Il doit être contrôlé. Et qui étaient chargés de ce contrôle si ce n’est ceux qui portent aujourd’hui l’accusation ?! Que n’avons nous vérifié que ces CC\ utilisaient leurs outils avec justesse ? Pendant ce temps que faisait leur Surveillant ? Pourquoi n’a t-il pas été interrogé ? Ne devrait-il pas comparaître à leur coté ? Pourquoi dissimuler les responsabilités en amont, pourquoi nier la véritable cause du drame c’est à dire notre propre échec ? Pourquoi éluder notre propre responsabilité qui est beaucoup plus grande que nous ne pouvions le supposer, car elle nous engage envers nous-même, envers nos FF\, envers l’humanité toute entière, et envers le G\A\D\L\U\.

Certes, je reconnais que les trois coups portés à Hiram sont d’une gravité certaine, puisqu’ils montrent qu’une rupture dans l’harmonie inférieure provoque nécessairement une rupture dans l’harmonie supérieure et met en danger tant l’individu que le groupe, et pire encore les deux Mondes et donc la Création toute entière. Mais ces trois coups nous montrent aussi que l’ordre peut être rétabli. A cet égard les trois coups étaient indispensables pour que chacun prenne la mesure du travail qu’il lui reste à accomplir. Tout comme la mort d’Hiram était indispensable pour que se réalise en chaque Maçon le rétablissement de l’Ordre ainsi troublé, indispensable afin que le père en mourant éveille son fils à la lumière.

Si l’on rapproche les trois coups des trois portes du Temple et des trois fenêtres du Tableau de Loge du 1er degré, alors on s’aperçoit que le premier coup correspond au domaine du corps, le second au domaine de l’âme, et le troisième au domaine de l’esprit. Après la mort physique, la mort sentimentale et la mort mentale, alors et alors seulement, peut survenir la naissance spirituelle. La mort initiatique complète permet seule la renaissance. Oui, ces trois coups étaient bien indispensables, oui il fallait sacrifier Hiram, oui il fallait tuer le Père ! Voilà la clé de voûte de ce procès, et la question essentielle qui en découle : que ferions-nous donc sans eux ?

Sans eux, plus de miroir pendant la cérémonie d’initiation. Or nous en avons bien besoin de ce miroir pour identifier symboliquement l’ennemi intérieur. Sans eux pas de vigilance. Grâce à eux, nous savons qu’en chaque initié se trouve Hiram en devenir, mais aussi qu’en chaque homme les mauvais compagnons sont là, tapis tout au fond du Moi, dissimulés dans les sombres replis de l’inconscient, prêts à surgir à tout moment, déguisés en pulsions, prêts à séduire sous les plus beaux atours de l’ego. Sans les trois mauvais CC\, plus possible d’extérioriser, d’identifier et d’exorciser nos démons. Sans eux, les voilà à jamais intérieurs ces démons, impossible de les nommer, donc impossible de les combattre et d’apprendre à les maîtriser. Sans eux nos passions, règneraient à jamais sur nous même, dans l’endormissement de notre conscience et par la complaisance de notre ego. Sans eux pas de meurtre. Sans meurtre pas d’enquête, sans enquête, pas de quête. Sans nos trois compagnons la quête s’arrête, pire elle ne commence même pas. Sans le meurtre d’Hiram, pas de sacrifice fondateur du mythe. Sans meurtre pas de parole perdue, sans parole perdue pas de quête pour la retrouver, sans quête pas de substitution, sans substitution pas de renaissance, sans renaissance pas de nouveaux Maîtres, sans Maîtres pas d’initiations, sans initiations, pas de Franc-Maçons. Bref, T\ F\ P\ M\, en quelque sorte, nous leur devons tout !

Je n’irai pas jusqu’à vous demander de les remercier ni de les honorer. Non, je vous demande simplement de constater leur impérieuse nécessité et de rétribuer leur utilité. Certes, je dois admettre que sans eux, Hiram aurait pu poursuivre sa tâche et achever son œuvre. Mais qu’aurions-nous fait d’un temple achevé ? Que nous resterait-il à construire ?

Certes, il est probable qu’Hiram aurait vécu longuement. Mais qui peut dire si Maître HIRAM ne serait pas devenu un vieillard cacochyme et acariâtre, persécutant son entourage tel une « Tatie-Danièle » Maçonnique, ivre de pouvoir, pétri d’honneurs et confit de richesses, recroquevillé sur ses privilèges, à la fois vénal et avare, comblé des faveurs et des compliments de mille courtisans, vieillard tombé dans la lubricité et dépensant ses dernières ardeurs dans des orgies au sein de votre harem personnel Oh T\ F\ P\ M\ !

Sans eux que pourrions-nous transmettre à nos successeurs ? Certainement pas l’esprit du Maître plus radieux que jamais, mais l’image écornée d’un vieillard décati et corrompu, incapable de renaître et de transmettre le mot des MM\. Je le vois gisant et agonisant, cerné de pressantes attentions, refusant jusqu’à son dernier souffle de transmettre le mot à son successeur, puis finalement au dernier moment se décidant enfin, mais s’apercevant alors qu’il ne se souvient plus de rien ! Oui, voilà à quoi nous avons échappé grâce à eux, T\ F\ P\ M\ ! Qu’il serait triste, qu’il serait peu glorieux et pas du tout initiatique, d’avoir perdu la Parole par la conjonction de la décadence du Maître et de la maladie d’Alzheimer. Ne riez pas, ne protestez pas, aucun de nous n’est à l’abri, ni de l’une ni de l’autre, car hommes nous sommes et hommes nous demeurons !

En résumé T\ F\ P\ M\, sans nos trois compagnons, point d’Hiram éternellement vivant et par là même nous voilà éternellement mortels. Grâce à eux Hiram est mort dans la force de l’âge et il nous laisse sa plus belle image, au sommet de sa gloire et pour tous les siècles à venir. Grâce à eux il est mort en initié, en homme juste en toutes circonstances, en sublime Maçon. Grâce à eux Hiram est devenu l’archétype du Maître, notre icône Maçonnique.

Enfin, sans nos trois mauvais compagnons, que resterait-il de nos belles manifestations et célébrations Maçonniques ? Vraiment, je le crains, plus grand chose de vraiment divertissant : Finis, les faux-fuyants des faux-frères. Relâche, le joyeux ballet des ambitieux qui désespèrent et des condottieres qui brassent de l’air. Secouée, la douce torpeur des ronflants discours d’apparat qui endorment les consciences. A la casse, les métalliques cliquetis des clinquants colliers qui accompagnent les comédies. Guéries, l’ivresse des promotions et la gueule de bois des suspensions. Ceinture, les censitaires gueuletons qui n’ont d’agape que le nom. Bref, que d’occasions perdues de rire entre FF\ libres et bonnes moeurs…

Voilà, T\ F\ P\ M\, j’en ai presque terminé. Que me reste-il à faire pour promouvoir la Justice ? Vous demander l’indulgence ? Certainement pas, car c’est là un concept profane et je plaide ici pour des Frères devant une assemblée de Frères. Non décidément, un Franc-Maçon ne saurait quémander l’indulgence. Je vous demande simplement de faire votre devoir et le devoir d’un Franc-Maçon est d’apporter bienveillance à ses FF\, à tous ses FF\, et pas seulement à ceux qui sont vertueux et irréprochables, pas seulement à ceux qui nous sont sympathiques ou à ceux qui nous ressemblent, car aimer en miroir ce n’est pas aimer l’autre, c’est s’aimer soi-même.

En définitive c’est de pardon que je vous parle. « Per donare », pour donner, pour le don, rien que pour le don. Seul le pardon apporte la Paix. Seul le pardon est Joyeux. Seul le pardon est Amour.

T\ F\ P\ M\, pour ces trois là, pour tous ceux d’entre nous qui chutent et qui chuteront, pour chacun de nous et pour moi, par la Foi qui nous unit, par l’Espérance qui nous guide et par la Charité qui nous élève, je demande pardon.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 14:08

La Maîtrise est conférée à la Compagnonne, seulement après qu'elle ait réalisé le programme préparatoire des deux premiers grades : l'Apprentissage et le Compagnonnage.
Pour être admise en Chambre du Milieu, la Compagnonne doit offrir de sérieuses garanties : ouvrière ponctuelle et assidue, faisant preuve d'intelligence et de curiosité, possédant les connaissances du Grade, elle est devenue celle dont les Maîtresses peuvent répondre.
C'est donc, le plus possible dépourvue des mobiles de vanité ou d'orgueil et animée d'une demande de perfectionnement dans l'Art de la Construction du Grand Œuvre, dans le but de travailler avec ses Sœurs et faire bénéficier celles moins instruites de la Compétence qu'elle désire acquérir, qu'elle se présente à nouveau à la porte du Temple pour y recevoir le grade de Maîtresse.

Au Rite Français, comme au Rite Ecossais Ancien et Accepté, la récipiendaire est alors introduite dans le Temple par une marche à reculons, face à l'occident, elle s'enfonce dans l'obscurité. Un seul repère se présente à elle, l'Etoile Flamboyante, c'est à partir d'elle, seul point de lumière dans cette obscurité qui l'enveloppe que la Compagnonne est invitée à revenir sur ses pas en repassant le chemin parcouru, pour faire le point sur elle-même.

C'est alors que plongée dans une longue et silencieuse méditation, la récipiendaire est soudainement interpellée par la Très Respectable Maîtresse :

"Compagnonne, avez-vous bien réfléchi à la démarche que vous faites? …
Vos mains sont-elles pures?...
Votre conscience est-elle tranquille?...."


Confrontée à une véritable introspection, une mise à nue de sa conscience, la Compagnonne soupçonnée d'être "un mauvais compagnon", puis disculpée au vu de ses mains "pures" et de son tablier "sans taches" est invitée à se retourner vers l'Orient.

Elle discerne des Sœurs plongées dans une profonde et silencieuse tristesse et apprend alors que l'œuvre de la Maçonnerie est compromise par suite de l'assassinat du Maître qui dirigeait ses travaux.
Découragées et ayant acquis la certitude que les criminels doivent être cherchés parmi les Compagnonnes, elles décident, avant de reprendre les travaux, que toute Compagnonne aura à prouver qu'elle est innocente du meurtre d'Hiram.

C'est ainsi qu'au travers d'une ultime épreuve de vérité, la récipiendaire devra enjamber le cadavre du Maître afin de prouver son innocence par son courage face à l'image de la mort physique.

Disculpée définitivement, le récit du drame se déroule et la Compagnonne alors transformée en victime, prend la place d'Hiram, le Maître disparu, et périt à son tour sous les coups des trois mauvais compagnons qui sont, dans la mise en scène du psychodrame, représentés par les trois Vénérables Maîtresses qui dirigent et instruisent la Loge : la Vénérable Maîtresse, la Première et la Deuxième Surveillantes.
La légende d'HIRAM :

HIRAM, "savant dans l'art de l'Architecture, comme dans le travail des Métaux", personnage central du mythe, nous est présenté comme le bâtisseur du Temple, conçu par le sage roi Salomon, à la gloire du Grand Architecte de L'Univers. Il lui fut également demandé de diriger les ouvriers.

Nous savons aujourd'hui que le personnage de "Maître HIRAM" n'a pas existé du moins tel que présenté et que le personnage cité dans la Bible, Hiram Abi, envoyé à Salomon par un autre Hiram, roi de Tyr, pour ses qualités de fondeur, est vraisemblablement à la base de l'inspiration de ceux qui ont établi le mythe du bâtisseur du Temple de perfection pour les besoins d'un symbolisme initiatique.

Hiram donc, fils d'une veuve, artiste d'une incontestable compétence, se vit confier par Salomon, les pouvoirs les plus étendus pour tout ce qui concernait la construction du Temple et la direction des ouvriers.
Compte tenu de la destination de l'œuvre, le rituel nous permet d'imaginer que cet homme possédait l'Art d'un Grand Initié : vertueux, respectueux des ouvriers, il prodiguait conseils et avis, aidait et encourageait les talents et toutes les bonnes volontés.
Faisant preuve de rigueur, de justice et de bonté, il avait organisé et réparti le travail de manière équitable en divisant les ouvriers en trois classes distinctes : les Apprentis, réunis sous la colonne "B", les Compagnons, près de la colonne "J" et les Maîtres réunis à l'intérieur du Temple. Les salaires étaient proportionnels aux capacités.

Alors qu'Hiram, le Maître respecté par sa douceur, ses vertus et son sens de l'équité, maintenait l'esprit des ouvriers au travail ; trois d'entre eux, compagnons, formèrent l'horrible projet d'arracher au Maître Hiram, "de gré ou de force", nous dit le rituel, le mot sacré des Maîtres afin de s'introduire dans la Chambre du Milieu.

Ils arrêtèrent leur plan et décidèrent de parvenir à leurs fins par la menace, n'espérant pas obtenir ce qu'il voulait en fléchissant la libre volonté du Maître.
Quelle que soit l'issue, ils étaient résolus de lui donner la mort afin d'échapper à la juste sanction de leur criminelle audace.

Ils choisirent d'agir, à la chute du jour, après le départ des ouvriers et alors que le Maître qui demeurait toujours le dernier, se trouverait seul.

Le Temple avait trois portes. Les conspirateurs se placèrent donc à chacune de ses portes : le premier à la porte du Midi, le second à la porte d'Occident et le troisième à la porte d'Orient afin que si le Maître échappait à l'un il ne puisse échapper aux autres.
Ainsi postés, ils sommèrent tour à tour, Hiram, de leur livrer ses secrets. Le Maître répondit successivement à chacun d'eux, en fuyant d'une porte à l'autre, qu'ils n'obtiendraient pas sa parole par des menaces et qu'il fallait attendre le temps voulu. Alors ils le frappèrent, l'un d'un coup de règle sur la gorge, mais le coup dévia sur l'épaule droite, l'autre d'un coup de levier sur la nuque mais le coup dévia sur l'épaule gauche, le troisième d'un coup de maillet sur le front qui l'acheva.

"Ainsi périt l'homme juste, fidèle au devoir jusqu'à la mort" nous dit le rituel.

Analysons le triple meurtre :
- Où se déroule t'il?
- Qui le commet?
- Comment est-il commis?

1. Où se déroule le meurtre?
En Chambre du Milieu, au centre du Temple.
L'accès à la Chambre du Milieu par l'élévation à la Maîtrise est la reconnaissance de l'aptitude acquise par la Compagnonne pour bâtir son temple intérieur.
Accéder à la chambre du milieu c'est se retrouver entre l'Equerre et le Compas, "c'est aller à la rencontre de son centre, devenir le centre, être le centre de l'union."

Mais lorsque la Compagnonne, candidate à la Maîtrise, est introduite, la chambre du milieu est plongée dans l'obscurité et se trouve réduite, divisée symboliquement en deux parties : le lieu des ténèbres où pénètre la Compagnonne et l'Orient où brille le Delta lumineux mais un rideau noir masque la vue et rend invisible l'Orient à la Compagnonne.

Accéder à la Chambre du Milieu est difficile, elle est le lieu de tous les périls.

2. Qui commet le meurtre?
Les trois meurtriers sont des compagnons.
A ce titre, ils sont membres des équipes qui travaillent sur le chantier et qui sont subordonnés au Maître Hiram.

Alors que l'édifice allait bientôt être achevé, un vent de révolte souffle dans l'esprit de certains ouvriers de la classe des compagnons qui, n'ayant pas obtenus d'être initiés aux secrets de la Maîtrise, s'estiment être injustement traités.
Le poison de l'envie et de la jalousie se fait jour et avec elles le dégoût du travail apparaît. Aigris, mécontents, immatures, naît en eux le désir présomptueux d'obtenir des salaires plus élevés sans se donner la peine de les acquérir dans le temps, par l'étude et l'application.
Aveuglés par leurs passions, ils s'illusionnent sur l'étendue de leur instruction, persuadés que la Maîtrise leur est due.

Ainsi, ensemble ou chacun, ils symbolisent bien des comportements que l'on croise dans le monde profane ou bien, de la part d'initiés qui ont mal travaillé leur Pierre et ne maîtrisent pas de ce fait, leurs instincts, leurs envies, leurs ambitions.

C'est ainsi que peu à peu, leur avidité va les conduire à la lâcheté, en tendant à trois, à la tombée du jour, un guet-apens à Maître Hiram.
Leurs sentiments d'orgueil et de cupidité les poussent, par l'action concertée, à usurper un bien dont "ils ne méritent pas d'être détenteurs".

Une question se pose encore :
Pourquoi au Rite Ecossais Ancien et Accepté, les trois officières qui dirigent la Loge, prennent l'"habit des mauvais compagnons" et deviennent "actrices" du meurtre?

Un constat s'impose : dans la société profane, comme parfois en Franc - Maçonnerie, ce sont bien souvent ceux qui détiennent le pouvoir qui ont le plus souvent le moyen de le détourner.
Par le détournement des valeurs inhérentes à leur fonction : mesure – discernement – respect – harmonie – sagesse…, ils sont à même de détruire ce qu'ils devraient construire.

3. Comment le meurtre est-il commis ?
Par trois coups !

Comme je le dis au début de ma planche, dans l'application symbolique du mythe lors de la cérémonie d'élévation à la Maîtrise, la récipiendaire, par transposition, s'identifie à Hiram : elle doit mourir à elle-même, prendre conscience de sa perte avant de pouvoir renaître.
Comme dans toutes les morts initiatiques, cette phase est le prélude à une renaissance à la fois physique, mentale et spirituelle en un nouvel Hiram.

Réfléchissons sur le choix des armes du meurtre et leurs points d'impacts :

· Selon le rituel, le premier coup est porté par le moyen d'une règle et le "mauvais compagnon" vise la gorge. Hiram réussit à dévier le coup qui l'atteint à l'épaule droite.

La règle, premier instrument du meurtre, est un des outils spécifique des compagnons, elle donne la ligne et permet de mesurer. Cet instrument, droit, linéaire, respire la droiture d'esprit. La règle représente la loi morale, dans l'obéissance librement consentie.
La perte de cette conscience morale, engendre le désordre intérieur et permet le passage à l'acte.
La règle, ici utilisée à contresens par le compagnon, produit un acte démesuré.
Ce dernier, rendu ignorant par le désordre intérieur engendré par les illusions qu'il se fait de ses capacités, envahi par la vanité, perd sa conscience morale et c'est l'IGNORANCE qui porte le premier coup à la gorge du Maître. La gorge, lieu du passage du souffle et de la parole ne sera pas détruit mais lésé car Hiram déviera le coup sur son épaule droite.

· Le second coup est porté par le moyen d'un levier et le second "mauvais compagnon" vise la nuque. Hiram affaibli, réussit à dévier le coup qui l'atteint à l'épaule gauche.

Le levier, outil spécifique du compagnon sert à maîtriser et décupler la force. Symboliquement, il lui permet d'agir sur le monde extérieur afin de le transformer et de le maîtriser. Le levier se doit d'être utilisé avec mesure. En effet, une force non maîtrisée devient brutale, tyrannique et dangereuse.
Ce levier, non contrôlé par la règle, animé par la volonté d'usurpation, devient force meurtrière : c'est le FANATISME qui porte le deuxième coup à la nuque du Maître.
La nuque, arrière du cou, est le siège des sept vertèbres cervicales. Comme la gorge, elle assure la liaison indispensable entre la tête et le reste du corps. Le Maître, diminué dans ses fonctions cérébrales, peut encore dévié le coup sur l'épaule gauche.

· Le troisième "mauvais compagnon", tue Hiram d'un coup de maillet au front.

L'ambivalence des outils, trouve ici son point culminant : l'arme du crime est le maillet du vénérable!
Le maillet, symbole du pouvoir et de la volonté qui exécute, est l'instrument du commandement du sage et du juste.
Utilisé seul, sans le contrôle de l'équerre et du compas porteurs des valeurs morales d'honnêteté, d'intégrité, de tolérance et de discernement, le maillet devient le symbole de l'impétuosité, de la tyrannie dominatrice.
L'outil de création devient outil de destruction.

C'est l'AMBITION qui porte le coup fatal au front du Maître.
Ce coup porté au front, siège de l'Intelligence, de "l'harmonie sublime réalisée entre le cœur et la tête", écrit Annick de Souzenelle, détruit la vie. Hiram s'écroule à terre, les pieds tournés vers l'Orient, la tête vers l'Occident, lieu du soleil couchant et de l'obscurité naissante, Il rend le dernier soupir.

Les "mauvais compagnons" ont assassiné le Maître, ils n'ont pas obtenus les secrets du Maître et en ont privé définitivement les futures générations de compagnons.

Pourquoi HIRAM doit-il mourir?

Si nous suivons la légende "hiramite",
Soit Hiram donne aux "mauvais compagnons" les mots et signes qu'ils exigent de lui et en ce cas il n'est pas digne d'être Maître puisque incapable de garder le secret, fut-ce au péril de sa vie.
Cette lâcheté personnelle le rendrait traître à sa vocation : car gardien de la tradition, s'il transmet le mot de maître à des compagnons indignes de le recevoir, qui n'ont pas les qualités requises, Il lui serait alors impossible de diriger les Maçons qui travaillent sur le chantier à la construction du Temple de Perfection.

Soit il garde inviolablement le silence et meurt avec dignité en parfaite harmonie avec ce que comporte la qualité de Maître et la notion de don total de soi qui en découle.

Hiram nous conduit vers un monde de perfection, le temple de l'"Idéal de Perfection".
Hiram incarne la grandeur du devoir et la force du serment. C'est par lui que le rachat du processus initiatique va se faire.

Le meurtre fondamental d'Hiram le Maître, par les trois "mauvais compagnons", représente la base même du mythe, le combat perdu des plus hautes valeurs de la franc – maçonnerie contre l'ignorance, le fanatisme et l'ambition.
Ce n'est pas par hasard, que l'initiation au grade de Maître comporte cette extraordinaire mort et résurrection de la récipiendaire en lui faisant vivre cette épreuve comme "meurtrier" tout d'abord, puis par cette transmutation en victime expiatoire dont la résurrection annonce son entrée dans la chambre du milieu et dans le secret et la connaissance.

C'est en abandonnant, en élaguant des pans de mon Ego ; c'est en tuant en moi, le "mauvais compagnon", que je vais modifier mes comportements et par cette prise en mains de ma conscience, relever le maître intérieur que j'ai tué.

Je conclurai avec Jacques TRESCASES que "toute démarche initiatique tend à purifier l'adepte des passions et préjugés responsables de sa mort spirituelle et cette rectification préalable faite, ressusciter l'Esprit que le profane avait assassiné.
Car de même que notre Maître Hiram, qui représente ce qu'il y a de meilleur en chacun de nous, peut constamment se suicider, s'invertir et se pervertir, de même en un instant, il peut ressusciter."

Je suis prête Mes Sœurs, si toutefois vous m'en reconnaissez digne, à poursuivre avec vous mon avancée sur le chemin initiatique de la connaissance et de la conscience.

J'ai dit, 

 source : www.ledifice.net

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 09:55

Une nouvelle obédience maçonnique française vient de voir le jour, la Grande Loge Indépendante de France (GLIF), issue de frères provenant de la Grande Loge Nationale Française(GLNF) désireux d’établir les conditions de création d’une Grande Loge éligible à la reconnaissance.

Créée en septembre 2012, la GLIF a publié sur son site internet (sommaire encore) un communiqué dans lequel elle affirme ses buts, ses aspirations et son cheminement en quête d’une Reconnaissance :

Redoutant le retrait probable de la “Reconnaissance” de l’obédience à laquelle ils appartenaient, par la chaîne maçonnique universelle des Grandes Loges reconnues, un groupe de Francs-maçons de cette obédience s’est assemblé, dès 2011, forts de leur statut de Maçons réguliers, dans le but d’explorer les solutions qui permettraient de retrouver le plus vite possible, le cas échéant, cette “Reconnaissance’. 

Si le projet d’une création d’une Grande Loge, comme réponse, a été finalisé dès le printemps 2012, le groupe des « Pères fondateurs », par souci permanent de légitimité et de régularité d’origine et de refus de participer à la fragmentation de la Maçonnerie en France, s’est abstenu de s’auto-proclamer en Grande Loge dotée dune structure de gouvernance pré- déterminée.

Il a attendu, pour déclarer la création de cette nouvelle Grande Loge, que le retrait de reconnaissance, tant redouté, tombe effectivement ; qu’un cadre de travail légitime pour la reconstruction soit défini ; qu’il soit invité officiellement à y participer et que, dans ce contexte nouveau, des Loges pétitionnent en toute liberté pour motiver la création d’une telle Grande Loge aspirant à la reconnaissance des Grandes Loges régulières dans le monde.

Saluant l’initiative des Grandes Loges européennes à venir en aide aux Frères français pour favoriser la recomposition d’une Franc-maçonnerie régulière et reconnue en France, et confortée par le schéma de travail défini par la Déclaration de Bâle (10/06/2012) et confirmé par la Lettre de Berlin (28/07/ 2012) ; la création de la GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE “GLIF” a été officiellement publiée le 25 Septembre 2012, affirmant son total engagement dans le processus de recomposition auquel elle est officiellement invitée.

La GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE est une société fraternelle maçonnique, union de loges et de Frères réguliers, se réunissant sous la règle des 8 points des “BASIC PRINCIPLES de 1929” (Travaux ouverts à la Gloire du Grande Architecte de l’Univers, qui est Dieu, Bible, équerre, compas ouverts en Loge, membres masculins, respect des us et coutumes immémoriaux, etc.), communs à toutes les Loges maçonniques régulières dans le monde.

Elle est organisée en une association loi de 1901, regroupant des Loges constituées ellesmême en associations du même type, propriétaires de leurs propres ressources financières.

Ces Loges sont unifiées et font partie intégrante, pour la reconnaissance de leur appartenance à l’Ordre maçonnique régulier universel, de la GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE, au travers de chartes délivrées par le Grand Maître et de leur engagement à respecter la Constitution, les autorisant à se prévaloir des privilèges de la reconnaissance dévolue à la GLIF.

La GRANDE LOGE INDEPENDANTE DE FRANCE est souveraine pour les grades du Métier (« Craft »), dans les rites cérémoniels autres que le Rite Ecossais Ancien et Accepté.

L’objectif est à présent d’aboutir le plus vite possible au recouvrement, pour ses Frères, de la Reconnaissance de la part de la chaîne maçonnique universelle des Grands Loges reconnues comme telles.

Dans ce but, un calendrier de rencontres officielles avec des parties prenantes nationales et internationales est d’ores et déjà établi.

Source : http://www.gadlu.info/creation-de-la-grande-loge-independante-de-france-en-quete-dune-reconnaissance.html

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