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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 16:42

irish-flag-cd51f.jpgPour certains, cette francisation de l’expression anglicisée « Erin go Bragh » ne veut absolument rien dire, mise à part, peut-être, une déclaration de guerre, ou encore une obscure citation de cet Irlandais fou, qui combattit auprès de William Wallace, dans le film « Braveheart ».

Mais il n’en est rien !

Erin go Bragh est l’anglicisation d’une expression venant de l’irlandais ancien, afin d’exprimer clairement, sans ambigüité, son allégeance sans faille envers l’Irlande, la Verte, l’impénitente, que même l’envahisseur, de Londres d’aujourd’hui ou de Stockholm de jadis, n’a jamais réussit à faire fléchir.

On naît Irlandais. On meurt Irlandais !

L’expression, qui est aussi la devise de la République d’Irlande, provient de l’expression irlandaise Éire go Bràch. Cette dernière est un extrait d’une phrase couramment utilisée, jadis, en proverbe par ceux et celles parlant l’Irlandais, langue officielle de la République (à ne pas confondre avec l’anglais, qui n’est considérée que comme une langue de communication accessoire). Go bhfanad in Éirinn go bràch, que l’on peut librement traduire par « Puis-je à jamais demeurer en Irlande ».

Mais qui ne voudrait pas ?

À l’instant, je vous épargne l’analyse linguistique, afin de vous expliquer toute la subtilité de l’utilisation de « bràch » dans ce contexte particulier, n’étant point moi-même un linguiste. Sachez, toutefois, que l’expression emphase sur le concept d’éternité. Donc, il ne faut nullement dire cette phrase à la légère. Ce sont de lourds mots, avec des conséquences.

L’expression, avant de devenir la devise officielle des Enfants d’Érin, fut utilisée dès les années 1780, afin de déclarer son identité irlandaise, ainsi que sa fierté irlandaise à la face du reste du monde, en opposition au régime britannique qui avait cours. Ce n’est qu’en 1847 que l’expression en irlandais passa à l’anglais, et fut ainsi popularisée sur une grande échelle, par les immigrants/déportés irlandais, particulièrement ceux et celles ayant trouvé refuge aux usa.

Il est à noter que dans le Nord de l’Irlande, toujours sur le joug de Londres, l’expression revêt également un sentiment de rébellion et défiance, mais surtout de rejet de l’autorité de Londres en terres irlandaises.

Dire « Erin go Bragh », c’est affirmé son désir de voir la fin de l’occupation militaire britannique de l’Irlande, que cela soit le Nord (province d’Ulster) ou le Sud (la République.

Mais une devise n’est rien, sans un drapeau, des couleurs, pour lesquels se battre.

Vert,

Blanc,

Orange.

Le Tricolore irlandais. Simple. Beau. Majestueux.

Avant d’être le drapeau officiel de la République d’Irlande en 1937, le Tricolore était celui d’un mouvement de libération nationale, particulièrement celui de la Young Ireland. Ce groupe de révolutionnaires visait la fin du lien britannique en Irlande, afin que cette dernière puisse pleinement s’épanouir dans l’indépendance. Le Tricolore fut d’ailleurs offert à Thomas Meagher, fondateur de la Young Ireland, par une groupe de femmes françaises, sympathisantes à la cause irlandaise, en 1848.

L’origine du Tricolore demeure quelque peu nébuleuse. Certains prétendent que le design s’inspire du tricolore terre-neuvien, en raison de la similarité des couleurs et du fait que le père de Meagher était de Terre-Neuve. D’autres prétendent que c’est le tricolore français, qui en est l’inspiration unique, particulièrement en raison de la connotation révolutionnaire qui s’y rattache. N’oublions pas qu’en 1848, plus d’une Nations connaissait son printemps. La révolution était à l’ordre du jour, et sur les lèvres de tous les peuples opprimés.

Le Tricolore ne sera que sporadiquement utilisé de 1848 à 1916, afin de représenter la doctrine de la Young Ireland, et du mouvement de libération qu’elle chapotait. Ce n’est qu’en 1916, lors du Soulèvement de la Pâques (Easter Rising), une révolte populaire visant le renversement de la gouverne britannique en Irlande par les armes, que le Tricolore fut adopté par tous, afin de représenter le mouvement républicain moderne irlandais.

Lors de la Guerre d’Indépendance, le Tricolore fut adopté par la République Irlandais (formé d’un gouvernement provisoire et clandestin) dès 1919. À la fin de celle-ci, lors de l’établissement de l’Irish Free State, partiellement souverain, ce dernier opta pour le Tricolore, voulant rallier les derniers opposants républicains, contre la partition de l’Île en 1921-22. Et lors de la création de la République d’Irlande, par l’établissement d’une Constitution irlandaise, en 1937, le Tricolore devint officiellement le drapeau de tous les Irlandais, tant en Irlande qu’en exile.

« The national flag is the tricolor of green, white and orange. » (art. 7)
Mais que signifient les couleurs qui forment le Tricolore, me demanderiez-vous ? Je réponds à la question d’une simple réponse : ce sont l’Irlande passée, présente, et future, réunies en un seul tissu…

Le Vert représente la tradition républicaine irlandaise, ainsi que la tradition gaélique de l’Irlande.

L’Orange représente l’orangisme nord-irlandais, qui tire ses principes de la seule Bataille de la Boyne de 1690, durant laquelle Guillaume d’Orange, un protestant, écrasa les troupes du roi d’Angleterre, Jacques II, un catholique. Depuis, chaque 12 juillet, les Orangistes de l’Ulster ne cessent de nous rappeler cette seule victoire de la civilisation wasp sur l’Irlande gaélique.

Le Blanc représente la réconciliation de toutes ces traditions, pour une paix durable.

Le Tricolore est donc un symbole d’inclusion, ainsi qu’un message d’espoir de réunification des deux Irlandes, que Londres s’est amusée à diviser.

Érin go Bragh !

Source : http://www.clixer.net/~lesechos/spip.php?article315

 

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Published by Amelia Pond - dans Irlande
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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 16:02


Nous, Maçons Traditionnels Libres, déclarons nous soumettre aux règles, définitions et principes suivants et nous engager à les respecter en toutes circonstances.

Article I

La Franc-Maçonnerie est de nature spirituelle, religieuse et traditionnelle. Elle a pour but la transformation initiatique de ses membres par la méditation de la Loi d’Amour de l’Evangile de Saint Jean et la pratique rigoureuse des usages, des rites et des cérémonies maçonniques. Cette transformation doit, et ne saurait s’opérer effectivement que dans un climat de tolérance, de modestie, de modération, de discrétion, de loyauté absolue, de calme et de courtoisie.

Article II

C’est pourquoi la Franc-Maçonnerie doit bannir avec une extrême rigueur de ses Loges, sous peine de manquer à sa mission fondamentale tout ce qui est contraire à ces définitions. Elle doit notamment se refuser à toute activité dans le domaine confessionnel, politique, social, économique et financier, ce qui est une source abondante de mésentente et de conflits entre ses membres. Les Loges s’interdiront tout exposé et tout travail sur ces sujets et leurs membres s’abstiendront de toute conversation de ce genre lors des réunions maçonniques quelles qu’elles soient.
Les Maçons se doivent également d’observer une grande décence dans leurs propos et de s’abstenir de tout excès susceptible de modifier et d’altérer leur comportement.

Article III

L’entraide a toujours été une des grandes règles de la Franc-Maçonnerie. Elle exige cepen-dant d’être exercée avec beaucoup de discernement. Elle doit notamment se limiter aux services qui allègent les difficultés réelles que rencontrent les uns et les autres au cours de leur existence et ne jamais devenir une sorte d’association matérielle ou de complicité pour le profit.
Ainsi, sous la réserve de la discrétion qui est une des grandes lois de la Franc-Maçonnerie, l’entraide qui intervient entre les Maçons peut à tout instant être connue de tous, en particulier des Officiers des Loges et des dirigeants fédéraux, sans que personne ait à en rougir ni à formuler de réserves.
On s’abstiendra en outre de demander un service à un Maçon qui n’est pas vraiment en mesure de le rendre et l’on s’interdira de même de rendre un service s’il sort de sa compé-tence réelle ou s’il comporte, un risque, si faible soit-il, pour sa propre situation.
On se souviendra toujours que l’exercice imprudent et erroné de l’entraide est une autre des grandes causes des conflits qui peuvent surgir dans les Loges et mettre en danger le tra-vail initiatique qui doit seul s’y accomplir.

Article IV

La bienfaisance est aussi un des buts les plus anciens de la Franc-Maçonnerie. Elle se dis-tingue de l’entraide en ne se limitant pas aux membres de l’Ordre. Elle est pratiquée soit par les Loges, soit individuellement par leurs membres.
Cette bienfaisance s’exerce matériellement grâce aux fonds recueillis par le tronc qui cir-cule pour cet objet dans les assemblées. Le don qui est fait dans cette circonstance est un acte essentiel qui doit être proportionné aux ressources de chacun. C’est pourquoi les membres des Loges se feront une règle d’adresser leur obole chaque fois que les circonstances les empêcheront d’assister aux assemblées. Ils n’omettront jamais non plus de déposer leur obole lorsqu’ils sont dans l’obligation de se retirer avant la clôture des travaux.
Les maçons constatent qu'en l'état actuel des sociétés humaines, la détresse, la misère, la souffrance, les malheurs du monde, et l'inégalité en tous domaines ne cessent de s'aggraver alors que la vocation essentielle, primordiale et fondamentale de l'homme devait laisser es-pérer le contraire.
Or l'authentique bienfaisance se révèle à nous dans la totalité de son ampleur. L'humain peut s'éveiller, s'accomplir et commencer de réaliser son destin en compensant et dépassant les aléas issus de la société, de la nature, de la culture et de l'égoïsme multiforme.
La vérité de la bienfaisance est là : au secours de toutes les souffrances, au service de la dignité morale et matérielle des êtres en témoignant par la pensée, la parole et l'action d'un autre ordre humain spirituel dont l'amour de Dieu, de l'humanité et de la création est la prio-rité absolue, la valeur suprême.

Article V

Parmi les dangers qui menacent la vie initiatique des Loges, la recherche des honneurs et les rivalités qui en résultent doit certainement être considérée à l’égal des plus graves. La hiérarchie qui est une des structures naturelles de la Franc-Maçonnerie peut en effet tenter des Maçons plus soucieux d’apparence que de réalité, plus désireux d’exercer une autorité illusoire que d’assumer pleinement des charges et des responsabilités.
Il faut reconnaître par ailleurs que la place importante que prennent nécessairement des Maçons compétents, actifs et dévoués est un autre péril, car ces derniers habituent les membres des Loges à la facilité et leur succession devient d’année en année plus difficile.
C’est pourquoi les Maçons Traditionnels Libres estiment que le changement de Vénérable chaque année dans les Loges est une pratique à recommander vivement. Il est également souhaitable que le futur Vénérable ait occupé les différents postes des filières propres à chaque rite.
Les aptitudes de tous peuvent ainsi apparaître clairement et les listes des Officiers à élire chaque année ne doivent être établies que dans le seul intérêt de la Loge et du rite, et jamais dans un esprit de complaisance ou de concession à une vanité trop humaine. Il n’y a d’ailleurs pas d’exemple qu’un Frère désireux de servir la Maçonnerie, ne puisse y parvenir pleinement dans la limite de ses capacités.

Article VI

Les Loges sont dirigées de façon collégiale par les Maîtres Maçons réunis en Conférence de Maîtres, limitée aux seuls membres actifs. La plus large unanimité est toujours recherchée. Les Apprentis et les Compagnons ne sont jamais associés ou mêlés aux décisions à prendre ni aux discussions qu’elles suscitent.

Article VII

Les initiations et les affiliations ne sont décidées qu’à l’unanimité, ce qui signifie que chaque membre d’une Loge dispose d’un droit d’opposition pour des motifs sérieux et légitimes. On ne doit pas permettre en effet qu’une Loge soit troublée par l’admission d’un nouveau membre contre le gré d’un membre plus ancien. Si la répétition ou le nombre de ces oppositions crée une crise au sein d’une Loge, une issue possible est la création d’une nou-velle Loge, ce que tous doivent faciliter dans un climat de conciliation.
Ces initiations et ces affiliations devront être précédées de la plus large publicité maçon-nique permise par les circonstances, ces actes importants devant être accomplis au su de tous en toute clarté et loyauté.
D’une façon plus générale, on ne perdra pas de vue que l’association maçonnique étant fondée sur la libre cooptation et la coexistence paisible et harmonieuse, aucune règle supérieure à celles-ci ne saurait imposer à des membres, séparés momentanément ou durablement par des antipathies ou des incompatibilités, de continuer à se fréquenter dans la même Loge. Cette situation, profondément regrettable certes, mais qui se rencontre malheureusement parfois, compromet en effet tout travail initiatique et toute évolution heureuse des uns et des autres. On devra dans ce cas s’efforcer de parvenir d’un commun accord à des essaimages ou à des changements d’appartenance ce qui, en supprimant dans l’immédiat des causes de frictions, sera aussi un moyen sûr de rétablir dans l’avenir des relations plus normales et plus satisfaisantes.

Article VIII

Les augmentations de salaire sont de la même façon décidées à l’unanimité. Les candidats subissent un examen sérieux sur leur instruction maçonnique. Leur conduite doit être, à tous égards, irréprochable. Seule la Loge mère a qualité pour accorder ces augmentations de sa-laire, au besoin par délégation.

Article IX

Les Maçons Traditionnels Libres constatent que le pluralisme des rites est désormais une réalité maçonnique qui doit être admise. Ils affirment qu’à travers ce pluralisme des rites une recherche initiatique méthodique et prudente doit permettre de retrouver l’essence traditionnelle de la Maçonnerie. Les rites ne s’excluent pas, ils se complètent. Ils doivent cependant conserver tous leur plus grande pureté ainsi que leurs traditions et usages propres. Un Maçon peut pratiquer plusieurs rites mais il faut dans ce cas qu’il s’abstienne soigneusement de les mêler par ignorance ou par un désir irréfléchi de bien faire.

Les Maçons Traditionnels Libres font choix à ce jour de trois rites :
- Le Rite Français Traditionnel (Rite Moderne Français Rétabli, issu de la Grande Loge de 1717).
- Le Rite Ecossais Rectifié (issu en 1778 et 1782 de la Stricte Observance).
- Le Rite Anglais Style « Emulation » (issu en Angleterre de l’Union de 1813).


Ils estiment que la réunion de ces trois systèmes, égaux en intérêt et en valeur initiatique, a de fortes chances de rassembler la quasi totalité de la tradition maçonnique et que tous les autres systèmes sont composés des mêmes éléments, parfois avec moins de cohérence.
Chacun de ces trois rites comporte un ou plusieurs grades complémentaires qui sont confé-rés dans des organismes nettement distincts des Loges symboliques et de leur fédération.

Chaque rite doit être pratiqué dans le respect absolu des textes et définitions fondamentaux à savoir :
- Pour le Rite Français Traditionnel (Rite Moderne Français Rétabli), les sché-mas directeurs reconstitués selon les textes français des XVIIe et XIXe siècles et les vieux documents anglais et écossais sur les rituels et les instructions par de-mandes et réponses, dont le plus ancien actuellement connu remonte à 1696.
- Pour le Régime (ou Rite) Ecossais Rectifié, les textes définitifs rédigés à Lyon de 1785 à 1787 sous la direction de Jean-Baptiste Willermoz et selon les schémas adoptés au Convent de Wilhelmsbad (1782).
- Pour le Style « Emulation », les textes actuellement en usage dans la Loge de Perfectionnement Emulation.

Enfin les Maçons Traditionnels Libres portent tout leur intérêt à la Maçonnerie opérative d’avant 1717 ainsi qu’aux systèmes opératifs qui auraient survécu jusqu’à nos jours et se réservent soit de les pratiquer soit d’y puiser les enseignements nécessaires à une meilleure compréhension de leurs rites.
Ils adoptent les armes accordées en 1472 à la Compagnie des Maçons de Londres et sa plus ancienne devise : « God is our Guide », « Dieu est notre guide », qui doit s’entendre dans tous les sens mais aussi et surtout au sens opératif, en se souvenant que l’Eternel sur le Sinaï guida Moïse en lui donnant tous les plans du Tabernacle, qui devait lui-même être le modèle du Temple élevé à Jérusalem sous les ordres du Roi Salomon, avec l’aide du Roi Hiram de Tyr et le précieux concours d’Hiram Abif.

Cette charte a été adoptée à l’unanimité en tenue de Loge Nationale le 26 Janvier 1969.

Source Loge Nationale Française : http://www.logenationalefrancaise.fr/principes/la-charte-maconnerie-traditionelle-libre

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 06:58

Que vient-il faire ce mot Alchimie dans la Maçonnerie symbolique ?

Nous nous sommes engagés pour le triomphe de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité, et non pas pour dépoussiérer des vieilleries telles que l’Alchimie.
Et pourtant, nous avons bien accepté d’être renfermés dans le Cabinet de Réflexion, avec son étrange décor.

Nous avons, presque tous, écrit un jour une planche sur le V\I\T\R\I\O\L\ ou sur la pierre occulte : La Pierre Philosophale. Ne sont-ils pas des concepts et des raisonnements alchimiques ?

Le chemin initiatique doit nous conduire progressivement vers notre intériorité la plus profonde : ce Saint des Saints, dont ils parlent les anciennes traditions religieuses.

Imaginez cela comme un Temple mystérieux, dont l’accès est difficile ; comme est difficile de cerner l’essence intime de toute chose.
Pierre Vincenti Piobb, un des plus grands ésotéristes que j’ai étudié, dit que ce Temple est celui de la Haute Science et que l’on peut y pénétrer par trois portes, voir par trios voies différentes : l’Astrologie, l’Alchimie et la Magie.

Il s’agît de trois sciences anciennes ; celles que pratiquaient les Mages Assiro-Babiloniens ou les prêtres de l’Antique Egypte. La Franc-Maçonnerie moderne a gardé la voie Alchimique, qui bien évidemment n’est pas la technique pour créer l’or.

Qu’est-ce que cette voie Alchimique ?
L’Alchimie peut être considérée ‘‘une philosophie de la matière’’, dans le sens où elle étudie la disposition et l’interaction de l’énergie dans l’essence matérielle et terrestre de toute chose. En effet, l’Alchimie étudie la manière de séparer, dans un être humain, le fixe du volatil ; c'est-à-dire de le ramener à ses caractères essentiels, en le dépouillant de toute cette matière rajoutée qui est composée des acquis familiaux, de l’éducation, du milieu socioprofessionnel, de l’orgueil et des ambitions.

Une plante à l’état de graine a, d’abord, besoin d’être ensevelie dans un sol bien riche et arrosé, afin que l’eau et les engrais, provenant de la pourriture organique, puissent en alimenter la métamorphose.
Ensuite, il lui faudra la chaleur du soleil, le cycles lunaires et un bon tuteur pour qu’elle pousse droite et en bonne santé. Mais il faudra, aussi, la tailler de temps à autre, pour que ses caractères intrinsèques s’épanouissent et qu’elle donne ainsi des fruits juteux.
Sa mission accomplie, la plante mourra et reviendra à la terre pour que le cycle recommence.

Par analogie, l’Alchimiste considère que la matière humaine est assujettie au même processus.
L’Homme qui veut évoluer doit être, d’abord, capable de mourir à la vie passée; à quoi bon vouloir évoluer si nous estimons d’être parfaits et dans le juste ?
C’est là un des problèmes majeurs de la Franc-Maçonnerie que d’affirmer : ‘‘à mon âge, vous n’imaginez pas que je vais changer !?’’
Cela veut dire affirmer sa propre perfection et vouloir entrer dans une organisation initiatique pour éclairer les autres : vaste programme… !!!
Dans le cas contraire c’est de la pure stupidité ; car si je veux faire partie d’une association initiatique et progressive mais qu’en même temps je ne veux pas me soumettre aux devoirs rencontrés, pourquoi payer une cotisation et acheter des décors alors que je serais bien mieux dans mon fauteuil, avec des pantoufles, devant la télévision ?

Voici que la Franc-Maçonnerie propose une voie très particulière : celle de la transmutation des métaux en or.
Celui qui veut l’emprunter rentrera dans l’Initiation, celui qui refuse participera aux Agapes et payera les cotisations.

Mai revenons à notre Initiation maçonnique.
Lorsque un profane demande à être initié F\M\, c’est que au fond de lui une énergie intérieure a commencé à alimenter un désir secret de changement.
Cette énergie va éveiller un certain travail intérieur, qui se manifestera par un intérêt croissant pour les lectures spécialisées, par des nouvelles relations dans les milieux initiatiques, jusqu’à la rédaction d’une demande de d’initiation.
A ce moment, l’évolution intrinsèque est orientée. Ce qui reste sera extrinsèque, c'est-à-dire conditionné par ce que la vie initiatique nous présentera.
Or, si la vie initiatique offre la possibilité de bénéficier de la méthode alchimique d’évolution, les métaux constituant le profane seront transformés en or.
Regardons cette méthode en relation avec les modalités mises en forme par nos Rituels.
Tout d’abord, le profane est introduit dans le Cabinet de Réflexion : une sorte de mort l’attend ; il doit abandonner tout ce qu’il a affectionné jusque là.
Devant lui le Soufre, représentant la forme, et le Sel représentant la matière. Cela veut dire que ce dont une chose est faite est différent de l’apparence de cette même chose .
Mais en même temps la forme, bien que fallacieuse ou illusoire, manifeste la vie de la matière. Or, cette vie est possible par quelque chose, dont la nature subtile relie la matière à la forme ; c’est comme dans l’atome : d’une part l’énergie intra-atomique (entièrement immatérielle) et de l’autre l’électron (en quelque sorte matériel).
Le premier principe ne peut s’appliquer au second qu’en vertu du médiateur ‘‘éther’’, qui permet la transmission de l’énergie intra-atomique à l’électron et ainsi déclenche le mouvement.
Pour les Alchimistes ce médiateur que nous pourrions appeler l’esprit, est le Mercure représenté par le Coq.
Un néophyte, abandonnant la matière et ses formes multiples, revient à l’esprit. Mais il n’y a plus de mouvement, il se désagrège, il est calciné, c'est-à-dire séparé.

A propos de ce stade du processus alchimique, P.V. Piobb dit :
« il s’agît d’une sorte de mort intellectuelle - que certains ont dite ‘‘La Mort du profane’’. Encore une manière de parler! –
En dehors du Temple, ce qu’on croit savoir est composé de maintes notions acceptées en vertu d’habitudes. En dedans, ces habitudes de penser doivent se rectifier et plusieurs aussi s’abandonner : la Raison humaine impose d’elle-même ces rectifications et ces abandons.
Il en dérive qu’un jour, si on suit avec profit les instructions reçues, on s’aperçoit que ce qui était « profane en soi » a disparu, évaporé : « le profane est mort ». (P.V.Piobb – Clef Universelle des Sciences Secrètes – Omnium Littéraire, Paris)

Seul reste l’esprit du profane. Cette partie immortelle en lui, enfuie dans la terre lors de la première des épreuves initiatiques, devra faire germer une nouvelle plante.

La vie naît de la putréfaction, du compost qui enrichi la terre, et qui est engendré par l’action de l’eau vivifiante.
Le 2° Surveillant, celui qui est chargé de former le nouvel Apprenti Maçon, purifie le profane avec l’eau. Toutes les Traditions font naître la vie dans l’eau ; pour cela on dit que « l’eau donne expansion à la matière ».
Ici c’est l’eau lunaire, c’est la lumière réfléchie, celle que cet satellite reçoit du Soleil et distribue sur la terre en réglant ainsi les cycles naturels de la Vie.
Les Alchimistes appelaient cet eau : « l’eau mercurielle », car pour eux le Mercure était l’élément liquide médiateur.
C’est le Mercure des Philosophes ; c'est-à-dire le résultat des conceptions intellectuelles, déversé sur le néophyte rentrant dans le Temple.

Avec cet acte de purification par l’eau, le 2° Surv\ engage une relation réciproque entre les Maîtres, qui doivent être capables de transmettre des conceptions philosophiques, et le nouvel Apprenti qui doit s’ouvrir pour les recevoir.

A ce stade du processus initiatique, le profane ne garde que ce qu’il y a de fixe en lui, c’est-à-dire sa structure primordiale intime, dépouillée des formes rajoutées par la vie matérielle dans le monde de son existence. Mais ce qui est fixe est mort : le profane, n’est-il pas passé par la mort du « vieil homme » ? N’a-t-il pas rédigé un testament philosophique ? Maintenant le 1er Surveillant insufflera la vie sur ce corps mort, sur ce fixe alchimique.
« In principium erat Verbum » dit Jean. Nous savons qu’en latin Verbum signifie Souffle…
C’est l’épreuve de l’Air, qui confère une nouvelle force vitale à l’être. L’être « initié » devient ainsi « Solaire », c’est-à-dire capable de raisonnement intellectuel, quittant ainsi sa matérialité statique. Le néophyte est rentré dans la phase de la « Solution Alchimique » celle qui a toujours accompagné la « Putréfaction ». Une phase est Solaire, l’autre Lunaire ; l’une éclaire directement et donne force vitale, l’autre réfléchit une lumière indirecte, plus subtile et régulatrice de la vie. Nous apercevons ici une autre signification des deux luminaires (le Soleil et la Lune) présents dans nos Temples.

Ainsi le néophyte mort à sa vie profane, reporté à sa nature primordiale, après avoir reçu un souffle vivifiant, renaît en initié prêt à rentrer dans l’Athanor : la Loge, où il sera chauffé par le feu de la connaissance et de la Tradition, afin qu’il se produise en lui la distillation des idées.
Les Alchimistes imaginaient que la solution de la matière putréfiée pouvait être réchauffée dans un alambic, nommé Athanor.

L’Athanor était un vase clos renfermant l’être dans un « bain-marie ». Sa fonction consistait à faire évaporer l’humidité, qui montait le long des parois jusqu’au sommet, pour retomber sous la forme de petites gouttelettes.
« Il s’agit "de changer la nature et la propriété des choses". Ce que l’élève évolutif pense, ce qu’il retient de l’enseignement donné et dont son intelligence fait des idées, monte, comme une vapeur vers les hauteurs qu’il aperçoit, et de là, retombe comme une pluie bienfaisante, génératrice d’autres idées, pour incessamment remonter puis retomber, ainsi exercer l’intelligence, l’assouplir, l’affiner.
Mais le fait a lieu en « vase clos », ainsi que dans un alambic ; c’est-à-dire que les réflexions successives, qui « distillent » positivement la pensée, doivent se faire dans un cadre dûment délimité. Sans quoi, la rêverie l’emporterait et, plutôt que de suivre le droit chemin, on « déraillerait ». (P.V.Piobb – Clef Universelle des Sciences Secrètes – Omnium Littéraire, Paris)

C’est le sens de la quatrième et dernière épreuve : celle du feu. Par cette épreuve, le Vénérable Maître annonce au néophyte le chemin qu’il devra parcourir, afin de parvenir à la « conjonction alchimique » de ses aspects contraires et opposés. Afin d’acquérir la sagesse, qui est équilibre et harmonie. Par le feu on lui montre l’accès au Temple, mais il doit être conscient qu’il n’y rentrera qu’après avoir parcouru et vécu, dans son intimité, tout le chemin. Car, comme en Alchimie, en Initiation il n’y a pas de raccourcis possibles, ceux derniers étant uniquement des tromperies et des mensonges, racontés à soi-même, pour se donner l’illusion d’être différent de l’image réfléchie par le miroir.

Nous avons passé rapidement en revue les quatre premières phases de l’Alchimie :

  • La Calcination, dans le signe de Gémeaux `
  • La Putréfaction, dans le signe du Cancer a
  • La Solution, dans le signe du Lion b
  • La Distillation dans le signe de la Vierge c

Lors de ces quatre stades du processus alchimique, on présente le Travail futur au néophyte et celui-ci s’y engage par serment, le serment étant symboliquement scellé par le sang. Mais un contrat a toujours deux parties contractantes : le Maître qui doit transmettre la Tradition Initiatique et le Néophyte qui doit la recevoir. La transmutation des métaux en Or ne se fait jamais seule, il faut un Alchimiste averti. Car dans les Sciences Secrètes aucune incompétence n’est admise ; les dégâts sont toujours irréparables, comme le dit bien Thomas :

Si l’aveugle conduit l’aveugle,
ils marchent vers la chute.
(Logion 34)

La chute sera horrible surtout pour celui qui a conduit, car il a agit contre sa conscience et comme le Vénérable Maître dit lors de la fermeture des Travaux de Loge : « c’est par la Conscience que nous sommes reliés au Divin ».
Lorsque cette notion de Conscience sera parfaitement intégrée, que l’Apprenti aura appris les rudiments de l’Art Royal et le maniement des Outils ; lorsque le Compagnon aura appris à parfaire l’œuvre, à concevoir des conceptions philosophiques avec rationalité et sensibilité ; lorsque le Maître aura appris à tracer les plans de l’Edifice Initiatique, alors seulement l’Initié pourra passer aux trois autres phases alchimiques (Conjonction, Sublimation, Coagulation) et transmuter ses métaux ; alors seulement il pourra dire d’être rentré dans le Temple et d’être un Initié à l’Art Royal.
La Tradition ésotérique enseigne qu’on rentre dans le Temple à 3 degrés du signe de la Vierge. Or comme le Bain-marie l’indique, la distillation qui a lieu dans ce bain, est dans le signe de la Vierge. Ceci confirme cela. Tant qu’il n’y a pas eu de distillation dans l’Athanor, on ne pourra pas concilier les contraires ; donc il n’y aura pas de conjonction, ni d’union du Frère et de la Sœur, phase essentielle pour transmuter le métal en Or. L’homme ou la femme demeureront dans leur état profane, ils auront aperçu la Lumière, mais ils ne l’auront pas reçue. Leur respectabilité profane sera intègre, mais ils ne connaîtront pas l’Homme Parfait, celui décrit par maintes ésotéristes, exaltés par les poètes tels Dante Alighieri ou représenté par l’Homme débout de Léonard de Vinci.

Source : www.ledifice.net

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Published by G\ C\ - dans Planches
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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 06:54

Écrit en France vers la fin de 1750 et édité à Londres en 1806. Le document initial a été écrit par la main de Nicolas Flamel dans un alphabet codé se composant de 96 lettres. Il a été écrit dans le secret et était uniquement destiné à son neveu. Un écrivain parisien nommée Père Pernetti et Monsieur de Saint Marc purent finalement déchiffrer le code en 1758.

 1. Moi Nicholas Flamel, écrivain à Paris, en l'année 1414, sous le règne de notre bon prince Charles VI, que Dieu  le préserve ; et après la mort de ma fidèle compagne Perenelle, je suis saisi du désir et du plaisir, dans le remembrance d'icelle, et en votre nom, cher neveu, d'écrire le magistère entier du secret de la poudre de la projection, ou de la teinture philosophique, que Dieu a bien voulu donner à son très insignifiant serviteur, et que j'ai découvert, comme vous le découvrirez également en travaillant comme je vous le déclarerai.

2. Et pour cette raison n'oubliez pas de prier à Dieu pour qu’il vous accorde la compréhension de la raison de la vérité de la nature, comme vous le verrez en ce livre, où j'ai écrit les secrets mots pour mots, feuille par la feuille, et aussi comment j'ai fait, et travaillé avec votre chère tante Perenelle, que je regrette beaucoup.

3. Prenez soin avant que de travailler, de rechercher la bonne voie en tant qu'homme de savoir. La raison de la nature est le Mercure, le Soleil et la Lune, comme j'ai dit en mon livre, en lequel sont ces figures que vous verrez sous les voûtes des innocents à Paris. Mais j'ai erré considérablement durant 23 ans et demie, en travaillant sans pouvoir marier la Lune, qui est l’Argent-Vif, au Soleil, et à extraire d'eux l’excrément séminal, qui est un mortel poison ; car j’étais alors ignorant de l'agent ou du médiateur, permettant d'enrichir le Mercure : car sans cet agent, le Mercure est semblable à l'eau commune.

4. Sachez-donc de quelle façon le Mercure doit être enrichi par un agent métallique, sans lequel il peut ne jamais pénétrer dans le ventre du Soleil et de la Lune ; après quoi il doit être durci, ce qui ne peut être effectué sans l’esprit sulfureux de l’Or ou l'Argent. Vous devez donc d'abord les ouvrir avec un agent métallique, c'est-à-dire avec la Saturnie royale, puis ensuite vous devez aiguiser le Mercure par des moyens philosophiques, afin que vous puissiez par après avec ce Mercure dissoudre en liqueur l’Or et la Lune, et tirez de leur putréfaction l’excrément générateur.

5. Et sachez, qu’il n’est point d’autre voie, ni manière de travailler dans cet art, que ce que je donne mot pour le mot ; une opération qui n’est pas du tout difficile à exécuter, à moins qu'on ne l’enseigne comme je le fais maintenant, mais qui au contraire est très difficile découvrire.

6. Tenez pour immuable, que l'industrie philosophique en totalité consiste en la préparation du mercure des sages, car il est tout ce que nous recherchons, et ce qu'on toujours recherché les anciens sages ; et nous, pas plus qu'eux, n'avons rien fait sans ce mercure, préparé avec le Soleil ou la Lune : Car sans ces trois, il n'y a rien dans le monde entier capable d'accomplir ladite teinture philosophique et médicinale. Il est donc essentiel que nous apprenions à en extraire la graine vivante et spirituelle.

7. Ne cherchez donc rien d’autre que le Soleil, la Lune et le Mercure préparé par l’industrie philosophique, qui mouille pas les mains, mais le métal, et qui a en soi une âme sulfureuse métallique, à savoir, la lumière ignée du soufre. Et pour que vous ne puissiez pas vous écarter du droit chemin, appliquez-vous aux métaux ; car le soufre susmentionné est trouvé en tous ; mais vous le trouverez facilement, et même presque semblable à l'Or, dans la caverne et les profondeurs de Mars, qui est fer, et de Vénus, qui est le cuivre, presque autant dans l’un que dans l'autre ; et même si vous y prêtez l'attention, ce soufre a la puissance de teindre la Lune humide et froide, qui est l’argent fin, en bon Soleil jaune et pur ; mais ceci doit être fait par un intermédiaire spirituel, à savoir la clé qui ouvre tous les métaux, que je vais vous faire connaître. Apprenez donc, que parmi les minéraux il en est un qui est un voleur, et les dévore tous, excepté le Soleil et la Lune, ce qui rend ce voleur très bon ; car quand il les a en son ventre, il est bon pour préparer le mercure, comme je vais vous le faire maintenant savoir.

8. Par conséquent ne vous écartez point du droit chemin, mais croyez mes paroles, et adonnez-vous à la pratique, que je vais vous révéler au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit.

La Pratique.

9. Prenez en premier lieu l'enfant le plus âgé ou premier-né de Saturne, non pas le vulgaire, 9 parts ; du sabre chalybé du Dieu de la guerre, 4 parts. Mettez ce dernier en un creuset, et quand il vient à une rougeur de fonte, jeter dedans les 9 parties de Saturne, et immédiatement il rougira et fondra l'autre. Nettoyez soigneusement les ordures qui montent à la surface de la Saturnie, avec du salpêtre et du tartre, quatre ou cinq fois. L'exécution sera correctement faite quand vous verrez sur la matière un signe astral en forme d’étoile.

10. Alors est fait la clé et le sabre, qui ouvre et coupe à travers tous les métaux, mais principalement le Soleil, la Lune et Vénus, qu'elle mange, dévore et garde dans son ventre, et par ce moyen votre art sera dans le droit chemin si vous avez opéré correctement. Car cette Saturnie est l'herbe royale triomphante, parce que c'est un petit roi imparfait, que nous élevons par un artifice philosophique au plus grand degré gloire et honneur. C'est également la reine, c'est-à-dire la Lune et l'épouse du Soleil : c'est donc à la fois le mâle et la femelle, et notre mercure hermaphrodite. Ce mercure ou Saturnie est représenté dans les sept premières pages du livre d'Abraham le juif, par deux serpent enlaçant une tige d'or. Faites attention de préparer une quantité suffisante d'icelle, car il en est besoin de beaucoup, c'est-à-dire environ 12 ou 13 livres, ou même de plus, selon que vous souhaitez travailler à une grande ou petite échelle.

11. Mariez donc le jeune dieu Mercure, c'est-à-dire le Vif Argent avec elle qui est le mercure philosophique, afin que par lui vous aiguisiez et fortifiez le susdit Vif Argent coulant, sept ou même dix ou onze fois avec ledit agent, qui s'appelle la clé, ou le sabre d’acier aiguisé, parce que il coupe, fauche et pénètre tous les corps des métaux. Ainsi vous aurez l’eau double et triple représenté par le rosier dans le livre d'Abraham le juif, qui sort du pied d'un chêne, à savoir notre Saturnie, qui est la clé royale, et va se précipiter dans l'abîme, comme dit le même auteur, c'est-à-dire, dans le réceptacle, adapté au bec de la cornue, où le double mercure se jette de lui-même au moyen d'un feu approprié.

12. Mais vous trouverez des épines et les difficultés insurmontables, à moins que Dieu ne vous indique ce secret, ou qu’un maître vous l'accorde. Car mercure ne se marie point avec la Saturnie royale : il est essentiel de trouver un médiateur secret pour les unir : car à moins que vous ne connaissiez l'artifice par lequel cette union et paix sont effectuées entre ces Vif Argents susdit, vous ne ferrez rien de bon. Je ne vous cacherais aucune chose, mon cher neveu ; je vous dis, donc, que sans le Soleil ou la Lune ce travail ne vous profitera en rien. Ainsi ce vieil homme ou loup vorace, doit dévorer l’Or ou l’Argent en poids et mesure que je vais maintenant vous révéler. Écoutez donc mes paroles, afin que vous n’erriez point en cet œuvre comme je l’ai fait.  Je dis, donc, que vous devez donner l'or à manger à notre vieux dragon. Remarquez à comment vous devez opérer. Car si vous donnez trop peu d'or à la Saturnie fondue, l'Or est en effet ouvert, mais le Mercure ne le prendra pas ; et voici une incongruité, qui est pas du tout profitable. J'ai un longtemps et considérablement travaillé dans cette affliction, avant que j'aie découvert les moyens de réussir. Si donc vous lui donnez beaucoup d'Or à dévorer, l'Or en effet ne sera pas tellement ouvert ni ne sera pas bien disposé, mais alors il prendra le mercure, et ils se marieront tous deux. Ainsi le moyen vous est découvert. Cachez ce secret, parce qu’il est tout, et ni l'une ni l'autre confiance ni aux écrits, ou à n'importe quelle chose qui puisse être vue. Car nous deviendrions la cause de grands malheurs. Je vous le donne sous le sceau du secret et de votre conscience, pour l'amour que je vous porte.

13. Prenez alors dix onces du Soleil rouge, c'est-à-dire, très fin, neuf ou dix fois purifié par le moyen du loup vorace : deux onces du Saturnie royale ; fondez la dans un creuset, et quand elle est fondue, jetez dedans les dix onces d'Or fin ; fondez les deux ensemble, et remuez-les avec un charbon de bois allumé. Alors votre Or sera un peu ouvert. Versez-le sur le marbre ou dans un mortier de fer, et mettez-le en poudre, et broyez-le avec trois livres d’Argent Vif. Faites qu’il coagule comme le fromage, en le travaillant et le broyant d’avant en arrière : lavez cet amalgame avec de l'eau commune pure, jusqu'à ce qu'elle en sorte claire, et que toute la masse apparaisse blanche et claire comme de la Lune fine. Quand la masse est molle au touché comme du beurre, la conjonction de l'Or avec la royale Saturnie dorée est alors faite.

14. Prenez cette masse, que vous sécherez doucement et avec grand soin, avec un tissu ou linge fin et sec : c'est notre plomb, et notre masse du Soleil et de la Lune, non vulgaire, mais le philosophique. Mettez-le en une bonne cornue faite de terre à creuset, ou mieux encore une cornue d'acier. Placez la cornue dans un four, et adaptez-y un récipient : donnez le feu par des degrés. Deux heures après, augmenter votre feu afin que le Mercure puisse passer dans le récipient, ce Mercure est l'eau du rosier en fleur ; c'est également le sang des innocents massacrés dans le livre d'Abraham le juif. Vous pouvez maintenant supposer que ce Mercure a mangé un peu du corps du roi, et qu'il aura beaucoup plus de force pour en dissoudre l'autre partie par après, étant davantage pénétré par le corps de la Saturnie. Vous avez maintenant monté un degré ou étape de l'échelle de l'art.

15. Enlevez les fèces hors de la cornue ; fondez-les dans un creuset à un feu fort : mettez dedans quatre onces du Saturnie, et neuf onces de Soleil. Alors le soleil est augmenté dans lesdits résidus, et beaucoup plus ouvert que la première fois, car le Mercure a plus de vigueur qu'avant, il aura la force et la vertu de pénétrer l'Or, et d’en manger plus, et d’en remplir son ventre par des degrés. Opérez donc comme la première fois ; mariez le Mercure susdit, plus fort d’un degré avec cette nouvelle masse en broyant le tout ensemble ; ils se coaguleront comme le beurre ou le fromage ; lavez-et rectifiez-les plusieurs fois, jusqu'à ce que sorte toute la noirceur : séchez comme dit ci-devant ; mettez le tout dans la retorte, et opérez comme vous avez déjà fait, en donnant pendant deux heures, un feu faible, et puis suffisamment fort, pour chasser, et pour faire tomber le mercure dans le récipient ; ainsi vous aurez le Mercure encore plus aiguisé, et vous aurez gravi le deuxième degré de l'échelle philosophique.

16. Répétez le même travail, en projetant dans la Saturnie en dû poids, c'est-à-dire, par des degrés, et opérez comme avant, jusqu'à ce que vous ayez atteint le 10ème  degré de l'échelle des philosophes ; alors reposez-vous. Car ledit Mercure est igné, aiguisé, complètement engrossé et plein du soufre mâle, et enrichi avec du jus astral qui était dans les entrailles profondes de l'Or et de notre dragon Saturnien. Soyez assuré que je vous écris maintenant les choses qu’aucun philosophe n’a jamais déclaré ou écrit. Car ce Mercure est le caducée merveilleux, dont les sages tellement ont parlé en leurs livres, et dont ils certifient qu’il a en lui-même la puissance d'accomplir le travail philosophique, et ils disent la vérité, comme je l’ai  fait moi-même par lui seul, et comme vous pourrez le faire vous-même, si votre art vous y dispose : car lui et rien d’autre qui est la matière prochaine et la racine de tous les métaux.

17. Maintenant est faite et accomplie la préparation du Mercure, rendu aiguisé et propre à dissoudre en sa nature l’Or et l’Argent, pour naturellement et simplement élaborer la teinture philosophique, ou la poudre transmutant tous les métaux en Or ou Argent.

18. Certains croient qu'ils ont le magistère en entier, quand ils ont préparé le Mercure céleste ; mais ils se sont grossièrement trompés. Et c’est à cause de ceci qu'ils trouvent des épines avant qu'ils n’effeuillent la rose, par manque de compréhension. Il est vrai en effet, que s’ils comprenaient le poids, le régime du feu, et la voie appropriée, ils n'auraient pas beaucoup à faire, et ne pourraient échouer même s’ils le voulaient. Mais dans cet art il y a une manière de travailler. Apprenez donc et observez bien comment opérer, de la manière que je suis sur le point de vous enseigner.

19. Au nom de Dieu, vous prendrez de ce Mercure animé la quantité qui vous plaira ; vous le mettrez seul dans un vaisseau de verre ; ou deux ou quatre parts de Mercure avec deux parts de Saturnie dorée ; c'est-à-dire, une du Soleil et deux de Saturnie ; le tout finement uni comme le beurre, et lavé, nettoyé et sec ; et vous lutterez le vaisseau avec le lut de sapience. Placez-le dans un four sur les cendres chaudes au degré de la chaleur d'une poule qui couve. Laissez ce ledit mercure ainsi préparé monter et descendre pendant l'espace de 40 ou 50 jours, jusqu'à ce que vous voyez se former dans le vaisseau un soufre blanc ou rouge, appelé le sublimé philosophique, qui sort des reins dudit mercure. Vous collecterez alors ce soufre avec une plume : c'est le Soleil vivant et la Lune vivante, que le Mercure engendre hors de lui-même.

20. Prenez ce soufre blanc ou rouge, triturez-le dans un mortier de verre ou de marbre, et versez sur lui, en fines gouttes, la troisième partie de son poids de Mercure duquel ce soufre a été tiré. Faites de ces deux une pâte semblable au beurre : mettez encore ce mélange dans un verre ovale ; placez-le dans un four sur un feu approprié de cendres, doux, et disposé avec industrie philosophique. Cuisez jusqu'à ce que ledit Mercure soit changé en soufre, et pendant cette coction, vous verrez des choses merveilleuses dans le vaisseau, c'est-à-dire, toutes les couleurs qui existent dans le monde, ce que vous ne pourrez pas voir sans élever votre cœur vers Dieu en gratitude pour si grand un cadeau.

21. Quand vous aurez atteint le rouge pourpre, vous devez le recueillir : car alors la poudre alchimique est faite, transmutant tout métal en Or pur et fin et net, que vous pouvez multiplier à en l'arrosant comme vous l’avez déjà fait, le broyant avec du mercure frais, le cuisant dans le même vaisseau, four et feu, et le temps sera beaucoup plus court, et sa vertu dix fois plus forte.

22. Ceci est alors le magistère entier fait avec le mercure seul, que certains ne tiennent pas pour être vrai, parce qu'ils sont faibles et stupides, et incapables comprendre ce travail.

23. Désireriez-vous opérer d'une autre manière, prenez fin Soleil en poudre fine ou en des feuilles très minces : faites avec une pâte  avec sept parts de Mercure philosophique, qui est notre Lune : mettez tout les deux dans un vaisseau de verre ovale bien luté ; placez-le dans un four ; donnez un feu très fort, c'est-à-dire, comme pour maintenir le plomb en fusion, car alors vous avez découvert le régime vrai du feu ; et laissez votre Mercure, qui est le vent philosophique, monter et descendre sur le corps de l'Or, qu'il mange par degrés, et portent dans son ventre. Cuisez-le jusqu'à ce que l'Or et le Mercure ne montent plus, ni ne descendent, mais que tous deux demeurent en paix, ainsi la paix et l'union sera faite entre les deux dragons, qui sont tous deux feu et eaux.

24. Alors quand vous verrez dans le vaisseau une grande noirceur comme celle de la poix fondue, qui est le signe de la mort et de la putréfaction de l'Or, et la clé du magistère entier, faites-le alors ressusciter en le cuisant, et ne soyez pas las de le cuire : durant cette période divers changements interviendront ; c'est-à-dire, la matière passera par toutes les couleurs, noir, couleur de cendre, bleu, vert, blanc, orange, et finalement rouge aussi rouge que le sang ou le pavot cramoisi : recherche seulement à cette dernière couleur ; car elle est le soufre véritable, et la poudre alchimique. Je ne donne pas de précision quand au temps ; car il dépend de l'habileté de l'artiste ; mais vous ne pouvez faillir, en travaillant comme je vous l’ai enseigner.

25. Si vous désirez multiplier votre poudre, prenez-en une part, et arrosez-la avec deux parts de votre mercure animé ; mettez le tout en pâte molle et onctueuse ; mettez-la dans un vaisseau comme vous avez déjà fait, dans le mêmes four et avec le même feu, et cuisez-la. Ce deuxième tour de roue philosophique sera fait dans moins de temps que le premier, et votre poudre aura dix fois plus de force. Si vous refaites cette roue de nouveau elle sera mille fois plus puissante, et ainsi de suite autant que vous voulez. Vous aurez alors un trésor sans prix, supérieur à tous ce qu’il y a dans le monde, et vous ne pouvez désirer rien de plus ici bas, car vous avez la santé et la richesse, si vous en usez correctement.

26. Vous avez maintenant le trésor de toute la félicité du monde, que moi pauvre ère de la campagne de Pontoise ai accompli trois fois à Paris, dans ma maison, dans la rue des Ecrivains, près de la chapelle de la rue Jacques de la Boucherie, et que moi Flamel vous donnent, pour l'amour que je vous porte, à l'honneur de Dieu, pour sa gloire, pour la gloire du Père, du Fils, et de l'Esprit Saint. Amen.

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Published by Nicolas Flamel - dans Alchimie
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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 06:48

Florissante en la vieille Egypte, en la sacerdotale et magique Chaldée, aux siècles très lointains, puis encore enseignée à l’Ecole d’Alexandrie — l’Alchimie fut proscrite avec les Arts Secrets; elle devint Maudite comme eux et se renferma dès lofs dans le Mystère des fraternités occultes et hermétiques. Les Gnostiques, les Templiers, les Alchimistes, les Rose + Croix, conservèrent, transmirent l’Alchimie au travers du Moyen-âge, de là Renaissance, enfin des époques modernes. Et aujourd’hui, parallèlement aux autres branches de l’Hermétisme, mieux encore peut-être, l’Alchimie renaît; d’allure très scientifique, elle conquiert les meilleurs esprits. Les faits expérimentaux, d’ordre industriel, la confirment. Tiffereau, Strindberg, Emmens Brice, fabriquent de l’or. La Néo-Alchimie se constitue auprès de la traditionnelle Alchimie, prête à se confondre enfin en elle. Esquissons donc l’ensemble de la Spagyrique; voyons ce qu’est le Grand-Œuvre, la Pierre Philosophale, posons-en les conclusions pratiques.

 

Qu’est-ce que l’Alchimie tout d’abord ? L’Alchimie— nous dira Paracelse — est une science qui apprend à changer les métaux d’une espèce en une autre espèce. — Et Roger Bacon : L’Alchimie est la science qui enseigne à préparer une certaine Médecine ou Elixir, lequel étant projeté sur les métaux imparfaits, leur communique la perfection dans le moment même de la Projection.

Ces deux définitions sont excellentes, et nous verrons que les travaux modernes confirment le fond même de ces préceptes magistraux.

Au sens le plus bref ut le plus positif, l’Alchimie est bien l’Aride quintessencier les corps, de les transmuter, de les fabriquer par Synthèse.

L’Hyperchimie doit remplacer la chimie.

Mais ces définitions précisent surtout, et uniquement môme, la partie la plus grossière de l’Alchimie. Or, l’Alchimie est plus et mieux que l’Art ou la Science de fabriquer les métaux précieux. Elle se rattache intimement à l’Hermétisme, aux Sciences occultes dont elle constitue une branche importante. Elle emprunte ses Arcanes à la Kabbale, à la Magie, à l’Astrologie, elle enfante la médecine Spagyrique, car l’Occultisme s’inspire de l’Unité parfaite. Science Intégrale, il aboutit à la seule unité au moyen de la féconde loi de l’Analogie, entre autres.

L’Alchimie, en résumé, prise dans son ensemble si vaste, est une des branches de l’Hermétisme, qui s’attache particulièrement, sur le Flan Physique de la Nature, à l’étude de la Matière, de sa constitution, de sa genèse, de son évolution, et de ses transmutations.

Antique Science cultivée parles Mages, elle dévoila le Problème de l’Energie et de l’Atome, montrant l’identité de la Substance polarisée en Force et Matière qui se résolvent l’une en l’autre par le double courant d’Evolution et d’Involution, Aspir et Expir de l’Univers Vie ( ). A travers les Ages, l’Alchimie demeura plus ou moins obscurée, selon les temps, mais toujours intégrale, poursuivant le même but scientifique : l’Unité absolue de la Matière vivante, démontrée à l’aide de la Synthèse des Corps et des Métaux, lesquels dérivent tous d’un même Atome, sont constitués par les combinaisons diverses des atomes entre eux, ce qui permet d’opérer l’interchangeabilité des molécules, la transmutation des édifices atomiques.

L’Alchimie donnait donc — et donne — le moyen de fabriquer les corps les plus précieux, et parmi ceux-ci surtout l’Or, dont les hommes n’aperçoivent que l’utilité, mais dont l’Adepte connaît l’Essence, l’influence bénéfique sur l’organisme au point de vue thérapeutique, sur la Science au point de vue synthétique ; L’Or, élément très évolué, le plus haut sur l’échelle métallique, est le chef de file des métaux. Sa fabrication mène en conséquence à la synthèse des métaux qui le précédent.

Actuellement, l’Alchimie, comme nous le verrons plus loin, aboutit aux mêmes effets, mais l’Hermétisme ne prodiguant pas ses enseignements, et les Initiés étant rares, à côté de l’Alchimie traditionnelle, il s’est formé une Alchimie toute « expérimentale » tâtonnant, cherchant l’obtention de l’Or, de l’Argent par des procédés de laboratoire exotériques. C’est la Néo-Alchimie, dont on verra le définitif triomphe lorsqu’elle aura fusionné avec l’Alchimie traditionnelle, seule dépositaire des formules, des recettes parfaites conduisant au Grand-Œuvre par la Pierre Philosophale.

C’est à cette tache que se consacrent la Société Alchimique de France et la revue : l’Hyperchimie- Rosa Alchemica, organe d’union entre le Passé et l’Avenir.

 

ALCHIMIE TRADITIONNELLE. — Elle reste le privilège des Adeptes. Il faut avoir découvert l’Absolu, selon la parole des maîtres, pour en posséder la Clef. Savoir — Vouloir — Oser — Se Taire, résument toute Initiation, l’Initiation Magique comme l’Initiation Alchimique.

L’on ne s’étonnera donc point que nous ne donnions ici que les principes généraux servant à comprendre les auteurs anciens, très obscurs en leur symbolisme assez compliqué. Les termes employés sont souvent synonymes et symboliques.

Les Alchimistes basaient leurs connaissances sur le Quaternaire des Eléments et le Ternaire des spécifications actives des corps. Les opérations du Grand-Œuvre en résultaient.

Le Quaternaire comprenait : le Feu — l’Air— l’Eau — la Terre; le Ternaire : le Soufre, le Mercure, le Sel. — Mais les Alchimistes n’entendaient nullement par-là désigner les éléments ni les corps vulgaires. Par ces termes, ils ne représentaient, en aucun cas, des corps particuliers.

Ils considéraient les 4 Eléments comme des états différents, des modalités diverses de la Matière. Et c’est pourquoi ils disaient les 4 éléments constitutifs de toute chose. En effet, les Eléments, issus de la Substance Une, de la Matière Une, dont ils ne symbolisent que des modifications, des formes particulières dues à l’orientation des vortex et des atomes éthériques —les Eléments possèdent les qualités principales dont. ils sont synonymes. Ainsi l’Eau est synonyme de liquide, la Terre correspond à l’état solide, l’Air à l’élément gazeux, le Feu à un état plus subtil encore, tel que celui de la Matière radiante par exemple.

Puisque ces Eléments représentent les étals sous lesquels s’offre à nous la Matière, il était donc logique d’affirmer — et ce l’est encore— que les Eléments constituent l’Univers entier.

Pour les Alchimistes, les mots Sec. Humide, Froid, Chaud, signifiaient : matière solide, matière liquide, matière gazeuse et matière volatile. Aux 4 Eléments, on ajoutait souvent un cinquième état, sous le nom de Quintessence. La Quintessence peut se comparer à l’Ether des physiciens modernes. Les qualités occultes, essentielles lui appartiennent, de même que la chaleur naturelle appartient au Feu, la subtilité à l’Air, etc.

Les Eléments, enseignaient les Alchimistes, se transforment les uns en les autres, agissent les uns sur les autres, le Feu agit sur l’Eau au moyen de l’Air, sur la Terre au moyen de l’Eau ; l’Air est la nourriture du Feu, l’Eau l’aliment de la Terre ; de concert ils servent à la formation des mixtes, à la production totale de l’Univers. — Nous vérifions chaque jour ces préceptes : l’Eau se change en vapeur, en Air quand on la chauffe; les solides se liquéfient sous l’action des liquides dissolvants, et du Feu, etc.

Les Principes seconds: SoufreMercureSel, forment la Grande Trinité Alchimique. La Matière se différenciait, pour les Alchimistes, en 2 principes : Soufre et Mercure, dont l’union en diverses proportions, constituait les corps multiples, les innombrables composés chimiques.

Le troisième principe : Sel ou Arsenic, servait de lien entre les deux précédents, de jonction et d’équilibre, de point neutre (composé des deux).

Le Soufre, le Mercure et le Sel, considérés en eux-mêmes, ne sont que des abstractions servant à désigner un ensemble de propriétés. Mais, dérivant de la Matière première, le Soufre, le Mercure, le Sel, envisagés au point de vue pratique, sont en quelque sorte l’incarnation des Eléments; leur combinaison dans un corps est variable, et l’un des principes prédomine sur l’autre. Ils constituent, a l’état de quasi séparation, la quintessence respective des corps.

Le Soufre  symbolise l’ardeur centrale, le principe interne, actif, l’âme lumineuse des choses. Igné, il renferme le Feu qui tend à sortir. Dans un métal, le Soufre représente les propriétés visibles ; la couleur, la combustibilité, la dureté, la propriété d’attaquer les autres métaux.

Le Mercure  symbolise, abstraitement si l’on veut, la force vibratoire universelle, le fluide sonique, le principe passif, extrême des choses. Aqueux, il renferme l’Eau et l’Air, qui tendent sans cesse à entrer.—Dans un métal, le Mercure représente les propriétés occultes ou latentes : l’éclat, la volatilité, la fusibilité, la malléabilité. Ce mouvement divergent et convergent + et — de Soufre et Mercure, trouve son équilibre dans le principe stable ou sel : Le Sel  est donc la condensation du Soufre et du Mercure, l’aspect sensible, fixe, du corps, le réceptacle des énergies, ou substance propre. Pondérable, il correspond à la Terre.

Mais chimiquement parlant, est-il possible de rattacher ces termes aux théories actuelles ? Je le crois, car d’après ce que nous avons vu plus haut, le Soufre et le Mercure répondraient fort bien en somme — ainsi que l’a énoncé la brochure excellente: L’Idée Alchimique — aux radicaux dont nous parle la Chimie. Les radicaux, en effet, ne sont autres que des atomes ou des groupes d’atomes susceptibles de se transporter d’un composé dans un autre, par voie de double décomposition.

Les radicaux simples ou composés sont isolables ; et en vérité pourtant, personne ne les a jamais vus, palpés, au sens propre du mot, parce que ce sont là des réactions chimiques que l’on connaît par les résultats, les combinaisons, produits.

Eh bien ! il en est tout à fait de même pour le Soufre et le Mercure. Ils personnifient parfaitement les radicaux simples ou composés. Et cette analogie nous aide à comprendre la genèse, la constitution des corps et des métaux, formés par l’union, à divers degrés, du Soufre et du Mercure, comme l’enseignaient les Alchimistes.

Les radicaux Soufre, Mercure, en se transportant d’un composé à un autre, apportent l’ensemble nouveau de leurs propriétés, et donnent naissance au corps correspondant à leur radical actif et dominant.

Ces deux Principes : Soufre et Mercure, séparés dans le sein de la Terre, sont attirés sans cesse l’un vers l’autre, et se combinent en diverses proportions pour former métaux et minéraux, sous l’action du feu terrestre. Mais suivant la pureté de la cuisson, son degré, sa durée, et les divers accidents qui en résultent, il se forme des métaux ou des minéraux plus ou moins parfaits.

« La différence seule de cuisson et de digestion du Soufre et du Mercure, produit la variété dans l’espèce métallique », nous apprend Albert le Grand, et voilà condensée, la théorie excellente des Alchimistes, sur la genèse des métaux.

Pour résumer la question, nous pouvons définir le Soufre et le Mercure des Alchimistes, les principes essentiels de la Matière première universelle, principes qui forment la base, les radicaux de tous les métaux et minéraux.

 

La PIERRE PHILOSOPHALE—Le GRAND-ŒUVRE. — L’Art Spagyrique repose essentiellement sur la fermentation. Ceci signifie, en toute clarté, qu’il faut communiquer la vie aux métaux dans le laboratoire, vie latente en eux, qu’on doit les réveiller, provoquer leur activité par une sorte de résurrection, comme nous voyons que l’opère sans cesse la Nature en son éternel Hylozoïsme.

L’effort capital de l’Alchimie consiste a réduire les matières prochaines en leurs ferments, qui, réunis, constitueront la substance transmutatrice. Tout le Grand-Œuvre réside en la juste préparation des ferments métalliques.

Chaque métal possède en lui son propre ferment qu’il faut extraire : l’Or sera le ferment de l’Or, l’Argent le ferment de l’Argent, et ainsi de suite.

La confection de la Pierre s’effectue de cette manière :

De l’Or Solaire (ou Soufre secret) — on tire le Soufre.

De l’Argent Lunaire (ou Mercure secret) — on tire le Mercure.

Et selon certains Alchimistes, du mercure vulgaire, ou vif-argent, on extrait un sel particulier. — Ce sont là des ferments complémentaires, doués d’une activité considérable.

L’Or et l’Argent—seuls corps utilisables pour la Pierre, préparés en vue de l’Œuvre, portent le nom d’Or et d’Argent des Philosophes dans les vieux traités. Le Soleil et la Lune les symbolisent.

On les purifiait d’abord, l’Or par la cémentation ou l’antimoine, l’Argent par la coupellation, c’est-à-dire le plomb.

Le Soufre tiré de l’Or et le Mercure de l’Argent, constituent la matière prochaine de la Pierre, ce sont là les ferments, les radicaux de l’Or et de l’Argent, conjoints en Sel.

Mais comment extraire le Soufre et le Mercure de l’Or et de l’Argent des Philosophes ?

Nous touchons ici au Grand Arcane de l’Alchimie et de l’Hermétisme.

On ne trouvera jamais aucune explication formelle de ce problème, dans un aucun ouvrage, car ce secret ne saurait ‘être communiqué aux profanes.

Les Alchimistes enveloppent d’un symbolisme obscur, pour les non-initiés, ce chapitre mystérieux de la Science (3).

C’est au moyen du Dissolvant, du Menstrue, de l’Azoth extrait de la Magnésie que l’on tire le Soufre et le Mercure de l’Or et de l’Argent.

Qu’est-ce donc que l’Azoth ? quelle est cette Magnésie étrange, d’où provient l’Azoth ? Laissons seulement pressentir qu’il s’agit de la Lumière Astrale que l’Adepte doit savoir manier et attirer. On l’excite par un feu céleste, volatil, modification du fluide astral, et qui s’attire lui-même par la distillation hermétique d’une Terre nommée Magnésie, considérée comme mère de la Pierre.

De cette Magnésie, minière universelle, on (ire le Soufre et le Mercure suprêmes, initiaux, lesquels corporéifiés, conjoints en un Sel, constituent l’Azoth ou Mercure des Philosophes.

C’est ce dissolvant énergique, vivant pour ainsi dire, doué d’une puissance électromagnétique selon Stanislas de Guaïta, que l’on fait agir sur l’Or et l’Argent, afin d’en isoler les deux ferments métalliques dont nous avons parlé.

Pour manier les forces de la Nature, l’Ascèse personnelle s’impose. Il me semble donc inutile d’insister sur la nécessité d’une initiation hermétique sans laquelle nul ne saurait pratiquer l’Alchimie Magique Traditionnelle .

 

Poursuivons l’examen des opérations alchimiques de la Pierre : on congèle les solutions obtenues en les faisant cristalliser. On décompose par la chaleur les sels obtenus. Enfin après divers traitements — indiqués par A. Poisson dans son superbe ouvrage : Théories et Symboles des Alchimistes — on a le Soufre et le Mercure destinés à la Pierre. Ils forment la matière prochaine de l’Œuvre. On combine ces ferments issus de l’Or, de l’Argent et du Mercure vulgaire. On les enferme en un ballon clos bien luté. On place le matras sur une écuelle pleine de sable ou de cendres, et l’on chauffe au feu de roue, car la cuisson ménagée va donner à la masse la propriété de transmuter les métaux. — Les Alchimistes appelaient Athanor le fourneau spécial dans lequel ils mettaient l’écuelle et l’œuf.

Le feu se continue sans interruption jusqu’à la fin de l’Œuvre.

Dès le début, les corps entrent en réaction ; diverses actions chimiques se produisent : précipitation, sublimation, cristallisation, changements de couleurs. —La matière devient noire (symbolisée par la tête de corbeau) puis blanche (symbolisée par le cygne). A ce degré, elle correspond au Petit-Œuvre ou transmutation du Plomb, du mercure, du cuivre, en argent. Puis les teintes intermédiaires, variées, se montrent : vert, bleu, livide, iris, jaune, orange. Enfin le rouge rubis on parfait qui indique l’heureuse terminaison.

En résumé voici la marche générale:

1° (La matière étant préparée, c’est-à-dire les ferments étant extraits de l’Or et de l’Argent) : Conjonction ou coït : union du Soufre et du Mercure dans l’œuf. On chauffe. Apparition de la couleur noire.

— On est arrivé alors au 2e stade.

2° : La Putréfaction.

3° : Vient l’Ablution : la blancheur apparaît. La Pierre se lave de ses impuretés.

4° : La Rubification ; couleur rouge. L’Œuvre est parfait.

5° : Fermentation. — Son but est d’accroître la puissance de la Pierre, de la parfaire. On brise l’œuf, on recueille la matière rouge, la mêle à de l’Or fondu et à un peu d’Azoth ou Mercure des Philosophes, et l’on chauffe à nouveau. Puis on recommence une ou deux fois encore cette opération. La Pierre augmente de force. Elle transmue 1000 fois son poids de métal au lieu de 5 ou 10 fois. C’est ce que l’on nomme la Multiplication delà Pierre.

— Les métaux vils sont changés en Or et Argent. C’est la 6° opération ou Projection : on prend un métal : mercure, plomb, étain, on le fond, puis dans le creuset où se trouve le métal chauffé, on projette un peu de Pierre Philosophale enveloppée de cire. Après refroidissement, l’on a un lingot d’or, égal en poids au métal employé, ou moindre suivant la qualité de la Pierre.

L’Elixir rouge ou Grand Magistère se présente sous la forme d’une Poudre rouge éclatant et assez lourde.

Nous ne saurions mieux définir cette poudre qu’en l’assimilant à un énergique ferment qui provoque la transformation moléculaire des métaux, absolument comme un ferment change le sucre, en acide lactique par exemple. Dès lors pourquoi s’étonner de voir accorder à la. Pierre Philosophale la propriété d’agir à doses infiniment faibles, et les Alchimistes assurer qu’un grain de Pierre peut convertir en or une livre de mercure; le ferment agit aussi sur les matières organiques à doses infinitésimales ; la diastase transforme en sucre 2.000 fois son poids d’amidon. Rien de mystérieux donc dans Je rôle chimique et vital de la Pierre Philosophale !

 

PROPRIETES DE LA PIERRE PHILOSOPHALE. — Tous les hermétistes sont unanimes quant à ce point ; cet Elixir parfait est une poudre rouge, lourde, transformant les impuretés de la Nature.

« II fait évoluer rapidement, ce que les forces naturelles- mettent de longues années à produire; voilà pourquoi il agit, selon les adeptes, sur les règnes végétal et animal, aussi bien que sur le règne minéral, et peut s’appeler médecine des trois règnes », nous dit le grand et illustre Maître Papus dans son Traité Méthodique de Science Occulte.

La Pierre Philosophale jouit de trois propriétés générales :

1° Elle réalise la transmutation des métaux vils en métaux nobles, du plomb en argent, du mercure en or, et transforme les unes en les autres les substances métalliques. Elle permet aussi dé produire la formation des pierres précieuses, de leur communiquer un éclat splendide.

2° Elle guérit rapidement, prise à l’intérieur, sous forme de liquide, toutes les maladies, et prolonge l’existence. C’est l’Or Potable, l’Elixir de Longue Vie, la Panacée Universelle.

Elle agit sur lés Plantes, les fait croître mûrir et fructifier en quelques heures.

3° Elle constitue le Spiritus mundi et permet à l’Adepte de communiquer avec les êtres extraterrestres, de composer les fameux homuncules de la Palingénésie.

Les Rose + Croix possèdent ce triple privilège de la Pierre Philosophale, et comme tels sont illuminés, thaumaturges et alchimistes.

« Ces propriétés de la Pierre, conclurons-nous avec le Dr Papus, n’en constituent qu’une seule : renforcement de l’activité vitale. La Pierre Philosophale est donc tout simplement une condensation énergique de la Vie dans une petite quantité de matière, et elle agit comme un ferment sur le corps en présence duquel on la met. Il suffit d’un peu de Pierre Philosophale pour développer la vie contenue dans nue matière quelconque. »

 

LA NEO-ALCHIMIE. — La Néo-Alchimie se propose de rattacher la Chimie à l’Alchimie, en montrant l’identité du but poursuivi, en ce sens que la Synthèse Universelle et l’Unité de la Matière Première ressortent de l’une comme de l’autre. La Chimie n’est que la partie grossière et inférieure de l’Alchimie. Elle ne vivra qu’en se reliant à elle, à l’Alchimie qui la mènera vers les Principes.

L’Alchimie et la Chimie ne sont sœurs ennemies que pour les savants officiels. En réalité, elles doivent fusionner, car la Chimie est la fille de l’Alchimie et elle lui emprunte ses meilleures théories !

La Synthèse, la Synthèse raisonnée des corps, des métaux, voilà surtout le lien qui sert de trait d’union entra la Chimie et l’Alchimie ; la Synthèse, voilà le Fait sur lequel repose la Néo-Alchimie, science expérimentale, corroborant de plus en plus chaque jour la doctrine hermétique, aux yeux des modernes avides de réalisations industrielles utilisables.

La Néo-Alchimie ou Mathèse chimique (union des extrêmes : Analyse et Synthèse en une vivante Réalité, que je tends à constituer pour ma part, depuis plusieurs années déjà) s’appuie sur les principes ‘ mêmes de la Chimie qu’elle confronte sans cesse avec les doctrines des alchimistes afin de prouver l’identité des deux enseignements au point de vue expérimental et positif. De cette manière, on pourra élucider, grâce à une méthode impartiale et rigoureuse, les problèmes de la Composition de la Matière, de son Unité, des Atomes et des Molécules, de la Genèse et de l’évolution des Corps.

La Néo-Alchimie doit démontrer l’exactitude des opérations du Grand-Œuvre, dans la mesure du possible, la profondeur des Doctrines Alchimiques quant ù. l’étude de la Matière, de son animation et de ses transformations. Et pour cela, elle inspire les travaux chimiques, les théories modernes, les ramène à leur expression dernière qui est bien du domaine de l’Alchimie Traditionnelle. — La Chimie actuelle, en son ensemble, n’est qu’un balbutiement ; les chimistes ordinaires sont de simples garçons de laboratoire. Jamais ceux-là ne parviendront à découvrir la genèse intégrale des Corps, le maniement de l’Agent Universel, avec l’aide de qui se réalise la Pierre Philosophale.

Et dès lors, tout ce que l’Alchimiste peut tenter, c’est ceci : expliquer aux savants le sens véritable des théories chimiques des expériences, des synthèses, guider dans leurs recherches, leur assurer et leur montrer, grâce aux procédés de la Chimie vulgaire, que l’on peut parvenir à la démonstration des doctrines alchimiques, savoir : l’Unité de la Matière, la Fabrication industrielle des Corps Chimiques, la Synthèse des Métaux.

Mais la confection de l’Or Philosophal, cet Or supérieur à l’or chimico-physique connu, restera toujours une énigme, privilège des seuls Adeptes, fidèles à leur serment de silence !

 

L’Unité de la Matière est indéniablement prouvée parles phénomènes de l’Isomérie et de l’Allotropie des corps prétendus simples et composés. Il serait hors de propos d’entrer ici en de nombreux détails trop techniques. Contentons-nous donc seulement de faire remarquer que l’Allotropie des corps soi-disant simples démontre que, en réalité, ils sont composés, composés tous d’une même matière, des mêmes atomes diversement groupés, résultant d’une inégale condensation de particules éthériques. Les éléments chimiques sont polymères les uns des antres, à partir du plus léger sans doute :

Hydrogène ou Hélium. De là les composés différents, et de là aussi les faits d’isomérie, d’allotropie, consistant en propriétés chimiques diverses pour deux ou plusieurs éléments identiques par leur composition intrinsèque. L’Ozone, l’Hydrogène, le Chlore, le Soufre, l’Azote, le Phosphore, etc. et parmi les métaux: le Zinc, le Fer, le Nickel, le Cobalt, l’Etain, le Plomb, l’Argent et l’Or, présentent des états moléculaires multiples, différents, allotropiques en un mot. La classique Chimie constate ces exemples mais- s’obstine à n’en point poser la conclusion d’unité et de synthèse. La Synthèse des Métaux, qui corrobore ces cas précédents, la Synthèse de l’Or, existe pourtant. L’Alchimie pratique apparaît aujourd’hui, l’Alchimie aux industrielles tendances.

On fait de l’Or: M. T. Tiffereau, qui lutte pour sa découverte depuis près de cinquante ans, et qui a consigné ses travaux en un petit volume très curieux : L’Or et la Transmutation des Métaux, M. Tiffereau a obtenu des lingots d’or en dissolvant de l’argent uni à du cuivre, au sein d’un mélange d’acide nitrique ou d’acides nitrique et sulfurique concentrés, sous l’action de la lumière solaire. D’accord avec les vieux alchimistes, Tiffereau attribue à des ferments spéciaux les changements moléculaires des corps, les transmutations respectives. Réduire un métal en ses éléments, le réunir ensuite au ferment du corps que l’on veut produire, telle est l’idée très rationnelle qui préside aux expériences de M. Tiffereau. — Or les composés oxygénés de l’Azote devant, sans aucun doute, jouer un rôle important de fermentation sur les éléments métalliques : Carbone et Hydrogène entre autres, l’acide nitrique constitue l’agent tout indiqué de dissolution, sous l’influence de la chaleur, de l’électricité et de divers adjuvants comme l’acide sulfurique, l’iode, etc.

Le Suédois Auguste Strindberg, à la fois homme de lettres célèbre, et chercheur original, obtint des pellicules d’or en opérant au moyen de sulfate de fer, de chromate de potasse et de chlorhydrate d’ammoniaque. Il donnait ainsi naissance a de l’Or non fixé, non absolument mûri. — Et plus récemment l’on se souvient, à la suite des essais de Carey-Lea sur la dissociation de l’argent sous forme d’argent doré, de la découverte faite par Emmens (6). Il tient son procédé secret, mais il a révélé les principales lignes de sa méthode, dont voici la substance : « Si vous voulez essayer, dit-il, l’effet combiné de la compression et d’une température très basse, vous produirez aisément un peu d’or. Prenez un dollar mexicain (entièrement exempt d’or, sauf des traces peut-être) et mettez-le dans un appareil qui empêche ses particules de se répandre au dehors, lorsqu’il aura été divisé. Alors, soumettez-le à un battage puissant, rapide, continu et dans des conditions frigorifiques telles que des chocs répétés ne puissent produire même une élévation momentanée de température. Faites l’essai d’heure en heure, et à la fin vous trouverez plus que des traces d’or. »

Le Dr Emmens emploie dans sa fabrique d’or : Argentaurum Laboratory, une machine à grand rendement capable du produire des pressions de 800 tonnes par pouce carré. — La série des opérations qu’il fait subir aux dollars mexicains d’argent pour les changer en lingots d’argentaurum, est la suivante :

1° Traitement mécanique. — 2° Action d’un fondant et granulation. — 3° Traitement mécanique. — 4° Traitement par les composés oxygénés de l’azote, c’est-à-dire par l’acide nitrique modifié. (Ce moyen a été préconisé par Tiffereau, il y a 50 ans déjà, comme se plut à le reconnaître Emmens lui-même). — 5° Affinage.

L’Argentaurum (Or quelque peu spécial que nous placerions entre l’Argent et l’Or sur le tableau sériel de Mendeleeff, tandis que l’Or de la Pierre Philosophale prendrait place au-dessus de l’Or vulgaire) possède les apparences et les propriétés générales de l’Or. Le Bureau d’essai de la Monnaie de New-York l’achète comme or, en lingots, et le Dr Emmens ne doit pas faire de mauvaises synthèses, puisqu’il compte arriver à produire 1.550 kil d’argentaurum par mois, ce qui représente un bénéfice de plus de 46 millions par an !

Son compatriote Edward Brice assure fabriquer d’assez grandes quantités de métal précieux et cela semble réel car d’officiels chimistes analysèrent le produit de ses fours spéciaux (temp. de 5000 degrés ?) et en reconnurent la parfaite authenticité, au moyen de la formule de laboratoire que nous allons transcrire. Mais remarquons bien ce titre : formule de laboratoire...... Il y en a donc une autre.... . industrielle :

« Prenez 5 parties d’antimoine chimiquement pur ; 10 parties de soufre ; 1 partie de fer ; 4 parties de soude caustique. Mettez dans un creuset de graphite et maintenez au blanc pendant 48 heures. Prenez la masse qui résulte de la fusion : des scories et un bouton métallique, et pulvérisez le tout. Mêlez cette poudre ainsi que le métal qui y est incorporé, avec les scories pulvérisées. Combinez avec : 1 partie de charbon de bois ; 5 parties de litharge ou oxyde de plomb. Ajoutez 4 parties de soude caustique. Mettez le tout au creuset jusqu’à ce que vous ayez obtenu un bouton métallique : Scorifiez et coupellez la masse métallique. La parcelle qui constituera le résultat final sera de l’Or et de l’Argent. » —On voit que ce procédé consiste en la formation, d’abord d’un suinte d’antimoine, puis d’un suinte de fer, enfin d’un sulfite de plomb. La création de l’Or résulte du mélange.

 

Les faits prouvent donc bien, n’est-ce pas, que l’Or, l’Argent, les Métaux sont des produits de synthèse?

La Néo-Alchimie, par ses conclusions nettement expérimentales, démontre les doctrines de l’Hermétisme. Elle révèle l’ordre croissant des Eléments, la Loi de l’Evolution minérale, le mécanisme de l’Isomérie et de l’Allotropie, le secret de la genèse et de la composition des Métaux, des prétendus corps simples. Elle aboutit à la création d’une Science rationnelle et Unitaire.

Quant à l’Alchimie Magique (7), elle s’en vole jusqu’aux sphères de l’Infini, elle boit le Mystère même, le secret de la Vie et de la Quintessence.

Nous comparerions volontiers la Néo-Alchimie à une pyramide dont ta base repose sur la Terre et qui va toucher aux Cieux — et l’Alchimie a un faisceau lumineux qui descend du Ciel pour s’épanouir sur la Terre. Réunissons ces deux Savoirs, Ô Adeptes, et nous posséderons l’Intégrale Science : LA SYNTHESE DE L’ABSOLU!

NOTE : Ces quelques lignes pour ceux qui, déjà initiés à l’Alchimie, sont à même de comprendre entre les mots, et de s’élever jusqu’à l’Adeptat, par la préparation de la Pierre : L’Œuvre, en résumé, est simple. Il se réalise en fait d’ordre positif, au moyen de la revivification. des matières.

Il faut, en l’Azoth, énergie subtile, résoudre. dissoudre, régénérer, deux corps conjoints en un seul. (  et  formant le  ) Ces corps, comme l’Azoth qui en dériva et d’où ils proviennent (le cycle du serpent se mordant la queue) sont répandus dans la Nature (8).

Une fois conjoints et placés dans le matras, il reste à diriger le Feu terrestre ; le Feu volatil agira par lui-même, au sein de l’Œuf Philosophique. Tout ceci est rigoureusement exact. Je possède la Clef de la Pierre, communiquée par un Adepte.

Avec mon ami Jules Delassus, nous avons réalisé l’Œuvre et bientôt nous convaincrons les savants officiels.

Concentration vitale, ferment métallique, la Poudre de Transmutation constitue, en quelque aorte, une allotropie, une isomérie. Elle agit et transmute en Or les métaux imparfaits, par une énergique fermentation.

J’affirme que tout le secret de la Pierre tient en ces lignes et que nul alchimiste n’a jamais révélé l’Œuvre en moins de phrases et d’une façon aussi complète.

 

LA VIE DE LA MATIERE

 

Le « Bulletin de la Société Astronomique de France » de novembre publie un travail de M. Ch. Ed. Guillaume, Physicien du Bureau International des Poids et Mesures, sur « la Vie de la Matière. »  Ce rapport fut lu à la séance du 7 mars 1900, de la Société Astronomique.

Le savant physicien base son étude sur cette formule qu’il nous a empruntée textuellement, ce dont nous sommes très fier : « La Matière est une, elle vit, elle évolue ». (Placée en vedette à la première page de la revue L’Hyperchimie et de mes ouvrages ; La Vie et l’Ame de la Matière (paru en 1894), L’Hylozoïsme  (1895), L’Alchimie (1895), en lesquels : d’ailleurs elle est amplement développée. Il reconnaît que, partant de là, si la science officielle « considère encore la transmutation comme une opération au-dessus de nos moyens, on n’est pas éloigné d’admettre que le passage d’un élément à un autre soit une opération possible dans le sens absolu du mot. Comment expliquer la parenté évidente des corps chimiques, de ceux que nous  nommons les corps simples, si l’on n’admet pas une souche commune ? Tout nous dit que les éléments forment des familles, et il faudrait nier l’évidence pour affirmer qu’ils sont entièrement distincts.

Si nous ne nous faisons pas d’illusions — ajoute-t-il — quand nous affirmons que l’atome a pu être séparé en des éléments semblables quelle que soit la matière d’où il émane, nous touchons au rêve des alchimistes... Mais le seul fait que l’on a pu raisonnablement avoir recours à cette théorie montre combien la croyance à la complexité de la Matière est devenue chancelante. »

Si M. Ch. Ed. Guillaume veut bien prendre la peine de feuilleter à nouveau « L’Hyperchimie, » ainsi que mes différents ouvrages, entre autres « La Vie et l’Ame de la Matière » publié il y a sept ans, « L’Hylozoïsme » et « Comment on devient Alchimiste » il reconnaîtra, j’en suis convaincu, « la valeur scientifique » de mes propres idées. Je ne les défends pas ici par sotte vanité personnelle, mais seulement en l’honneur de la doctrine hermétique et alchimique.

Or, depuis sept ans j’écris ceci, et je le démontre : — Il ne peut y avoir de corps simples, car il n’y a pas de créations distinctes. Tout évolue insensiblement, tout vit. Les Eléments chimiques sont les « Espèces minérales » aussi peu fixes que les Espèces animales ou végétales qui en dérivent — et provenant également d’une souche primordiale par transformations.

La Transmutation des Eléments chimiques constitue leur évolution particulière et générique. L’Evolution est un changement « progressif. »

La Sélection Naturelle, l’influence des milieux, la lutte pour l’existence agissent sur les éléments chimiques, sur les corps, les atomes, les molécules, les cellules, sur toute la « Matière vivante ». Le transformisme organique, zoologique et végétal admis, il faut d’ailleurs bien découvrir le transformisme minéral.

La loi d’Unité gouverne l’Univers, des Soleils aux Atomes (9). Le Transformisme chimique repose sur des faits nombreux. Et je prétends les avoir mis en lumière (Voir Comment on devient Alchimiste, partie : Pratique).

Les phénomènes d’allotropie et d’Isomérie qui démontrent irréfutablement l’Unité de la Matière, peuvent s’expliquer au moyen de la Sélection « sexuelle » atomique et moléculaire, car les différences, les divergences, les variations résident dans la même espèce minérale. Elles sont très voisines. Elles indiquent la transition qui doit exister d’un genre chimique à l’autre.

Les changements progressifs des éléments chimiques divers et plus complexes, sont attribuables, eux, sans doute, a la Sélection Naturelle qui conserve les types à caractères le plus avantageux dans la lutte pour l’existence des éléments chimiques.

Exemples de sélection sexuelle : Les Phosphores, Or, Argent, Nickel, Fer, Soufre, Oxygène, Carbone, etc., etc.. allotropiques varient sous l’influence d’une sorte de sélection « sexuelle » différenciant la même souche.

Exemples de Sélection Naturelle: les séries évolutives, progressives: Chlore, Brome, Iode, Fluor, ou bien : Oxygène, Soufre, Sélénium. Tellure, etc. Azote, Phosphore, Arsenic, Antimoine, se polymérisent et se condensent sériellement sous l’influence de la Sélection Naturelle (10) qui agit sur l’ensemble des types, sur les grandes familles d’éléments, et facilite ainsi l’Evolution générale, par larges étapes. L’Hérédité des Atomes, des Molécules, transmet les propriétés acquises et fixe les chaînons intermédiaires. (Mémoire de la Matière.)

En résumé, les corps chimiques les plus élevés descendent des corps chimiques condensés primordiaux, de même que l’Homme et les quadrumanes proviennent des formes animales antécédentes.

L’Or descend de l’Argent, par exemple, comme l’Homme descend du Pithecantropus !

J’ai tenu à fixer en ces quelques lignes la théorie concise de l’Evolution minérale et à renvoyer aux sources mêmes, car si je suis heureux de voir des savants tels que M. Ch. Ed. Guillaume y adhérer aujourd’hui, au nom de la science officielle, je serais désolé que l’on oubliât que cette Doctrine Unitaire sort des fraternités initiatiques, rosicruciennes et alchimiques.

 

1. La Force devient Matière (Involution) et la Matière devient Force (Evolution), grâce au Mouvement. Ce cycle vient de l’Unité et s’y résorbe — car il s’y meut.

2. II y en u qui disent que le tancha (mercure sulfuré), par l’absorption des vapeurs du sang vert (principe mille, lumière, chaleur, activité), donne naissance à un minerai, le Kong-che, qui, au bout de 200 ans, devient du cinabre natif. Dès lors la femme est enceinte.

Au bout de 300 ans, ce cinabre se transforme en plomb ; ce plomb, au bout de 200 ans, se transforme en argent, et ensuite, au bout de 200 ans, après avoir subi l’action du K’i (l’esprit vital, astral) du tabo (Grande Concorde ?) — devient de l’Or. » (Encyclopédie chinoise). Mais, ajoute le commentateur japonais, c’est une opinion erronée.

Le sulfure de plomb donne naissance à l’argent.

Le soufre est l’origine des métaux. — (Encyclopédie chinoise.)

Les initiés méditerons ces notes. Nous les engageons à les rapprocher de nos commentaires personnels.

F.J.C.

3. Disons une fois pour toutes que : Soleil et Lune ; Or et Argent des Philosophes ; Mâle et Femelle ; Roi et Reine ; Soufre et Mercure sont synonymes.

4. La raison du secret, au point de vue social, est due au mauvais usage que la plupart des hommes feraient de l’Or. Ils ne l’emploieraient guère pour le Bien général. Puis une catastrophe universelle, par suite d’une crise monétaire effroyable, secouerait le monde. Rien n’irait mieux ; tout irait sans doute plus mal, et le Paupérisme persisterait comme auparavant.

5. Les transmutation historiques de Nicolas Flamel, Jean Dee, Kelley, Van-Helmont, Helvetius, Sendivogius, Lascaris, St. Germain, opérées du XIV° nu XVIII° siècle autoriseraient seules à ne point mettre en doute la réalité de la Pierre Philosophale à défaut d’autres considérations. Si les documents sur la Synthèse alchimique sont rares aujourd’hui, cela provient de la destruction des fameuses bibliothèques de Thèbes, de Memphis et d’Alexandrie qui renfermaient des quantités d’ouvrages précieux touchant les Sciences Sacrées. La tradition des Races Rouges, Noire et Jaune, leur Savoir, consignés en livres uniques, disparurent ainsi dans les flammes allumées par les mains sacrilèges de l’Homme. On sait que la bibliothèque d’Alexandrie fut brûlée par les chrétiens sous les ordres de l’évêque Théophile.

Les Sciences Occultes morcelées, transmises par des groupes d’initiés, n’ont point encore reconstitué leur Unité Intégrale.

6. Le Dr Emmens, le célèbre astronome Camille Flammarion sont, entre autres savants, membres honoraires de la Société Alchimique de France.

7. La Magie est la science naturelle (il n’existe rien de surnaturel ou hors de la Nature) des Essences et des Puissances.

8. Ce sont le S. et le M. des Ph. l’Or et l’Argent des Sages extraits de la Magnésie.

 

9. L’Univers est le corps de Dieu ; les Etres en sont l’Ame; Lui CELUI QUI EST, un est l’Esprit. Son Verbe unique, sous ses apparences multiples, régit Tout. Verbum caro factum est !

10. La transmutation de l’Arsenic en Phosphore opérée par M. Fitttca est une nouvelle preuve de l’action de la Sélection naturelle et du transformisme des éléments ;   qui ne fixent que partiellement les types.

Les composés polymères de la Chimie organique se rangent admirablement dans notre Evolutionnisme sériel (carbures d’hydrogène, etc.)

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Published by F.Jollivet cASTELLOT - dans Alchimie
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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 07:10

J’aimerais ce soir vous parler d’alchimie, non pas pour convaincre les plus cartésiens d’entre nous, qu’il est possible de transformer le plomb en or, mais pour vous faire comprendre que lorsqu’un alchimiste réussit à faire de l’or…..il n’en a plus besoin.

Pour ce faire, je vais tout d’abord rapidement vous parler de la naissance de l’alchimie et son évolution au fil des siècles, puis aborderai ce qui lie l’alchimie et la maçonnerie : la quête du réalignement.

Selon certains historiens, les premières traces de l’alchimie remontent à l’origine de l’écriture, peut-être avant, mais puisqu’il semble ne pas y avoir de trace, je préfère être prudent.

Le mot alchimie a vraisemblablement une étymologie égyptienne venant de « Khem » qui veut dire « terre noire » ou le substantif arabe « khimiya » qui veut dire « chimie », lui-même dérivé probablement du terme égyptien. Le « al » voulant dire « esprit », voilà que se dessine déjà la philosophie même de l’alchimie : l’esprit dans ou avec la matière.

Les égyptiens sont à la base de l’alchimie, et ce n’est peut-être pas un hasard, si toutes les pyramides étaient surmontées d’un pyramidion en or ou que les masques mortuaires étaient recouverts de ce même or ; l’or étant un métal précieux (entendez près des cieux), il avait probablement une véritable fonction.

Avec la création de la ville d’Alexandrie, il se créa en Egypte un foyer culturel important réunissant bons nombres d’alchimistes originaires des contours méditerranéens, grecs, juifs, et arabes.

C’est à l’époque que l’un des textes fondateurs de l’alchimie est écrit par un personnage qui se fera nommer : Hermès trismégiste : « La table d’émeraude ».

Platon entre autre, parlera dans ses écrits d’une théorie de matière formée de 4 éléments, l’eau, la terre, l’air et le feu.
Après des traces d’alchimie égyptienne, gréco-égyptienne et chinoise, l’alchimie «devient » Arabe. On peut situer cette évolution après la prise par le prince Omar de la ville d’Alexandrie. Grâce aux connaissances en astrologie des savants arabes, l’alchimie trouva un nouveau souffle.
Et c’est d’Egypte que les alchimistes arabes propageront leur science philosophale jusqu’en Espagne, notament Cordoue, Grenade et Séville, qui seront le point de départ de l’alchimie européenne au début du 12 ème siècle.

Puis les disciples de Geber (Djabir), propagèrent la pensée alchimique jusqu’en France à Montpellier plus précisément. Les premiers alchimistes étaient ecclésiastiques, car seule l’entrée en religion, à l’époque, permettait de faire des études suivies dans les matières que l’alchimie intéresse.

Tout allait bien entre les hommes d’église et l’alchimie jusqu’au moment où l’église déclara que si Dieu avait caché des choses dans la matière ce n’était pas à l’homme d’aller y voir.
A partir de ce moment-là, les alchimistes durent se cacher pour oeuvrer.

On peut citer comme alchimistes célèbres :

Au 13 ème siècle : Roger Bacon qui qualifiait l’art royal dans son livre « Miroir de l’Alchimie » ainsi :
« L’alchimie est la science qui enseigne à préparer une certaine médecine ou élixir, lequel, étant projeté sur les métaux imparfaits leur communique la perfection dans le moment même de l’obtention ». Propos qui ne plurent d’ailleurs pas au pouvoir religieux, et qui lui valurent d’être incarcéré par plusieurs papes pendant une durée totale de 14 ans.

On peut aussi citer Arnaud de Villeneuve, à qui on brûla ses livres.

Aux 14 et 15 èmes siècles : Nicolas Flamel qui représente l’alchimie opérative par excellence.
Basil Valentin à qui l’on attribue la création de la célèbre phrase que vous connaissez tous : « Visita Interrioram Terrae Rectificandoque Invenies Occultum Lapidem », « visite l’intérieur de la terre (de toi) et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée » donc le célèbre V.I.T.R.I.O.L .

A la renaissance on peut citer aussi Paracelse, qui étudia la pharmacopée, et inventa notamment l’éther. On peut considérer que ses recherches sont à la base de l’homéopathie moderne car il estimait que « le vrai but de l’alchimie était de préparer des remèdes ».

Puis vient Fulcanelli qui représente le dernier alchimiste connu, avec ses ouvrages de référence qui sont « Le mystère des cathédrales » et « Les demeures philosophales ».

Rabelais, qui avec ses ouvrages a caché de nombreuses clés dans ses écrits.
Nous connaissons bien en tant que maçons la symbolique de la lettre « G », « G » comme Gargamel, Gargantua, Grandgousier…..est-ce un hasard, laissez moi en douter !

Newton qui se spécialise à 24 ans dans trois domaines : la théologie, la physique et l’alchimie. Je ne rentrerai pas dans les détails par manque de temps, mais je vous livre l’une de ses phrases : « Il existe d’autres Grand Mystères que la transmutation des métaux si les grands maîtres ne se vantent point. Eux seuls connaissent ces secrets ».

Je vais arrêter là le côté historique, même s’il y a encore beaucoup de chose à dire, et d’alchimistes à dévoiler, pour vous parler le la philosophie alchimique.

Et pour tout vous avouer chers frères et sœurs, même si je vais essayer d’être le plus bref possible, juste pour vous permettre de mieux comprendre ce qui se cache derrière le terme « alchimie », je pourrai être beaucoup plus court, et me contenter de vous dire une phrase. Dans l’idéal, un cherchant qui comprend celle-ci n’a besoin de rien de plus pour réaliser l’œuvre :

« L’alchimie se résume à une chose : faire pénétrer la lumière dans la matière, ou si vous préférez, transformer la matière en lumière ». Voilà vous savez tout !

Et maintenant avec cela, comme on peut le lire dans une des planches de l’un des livres les plus importants en alchimie « le Motus Liber » : « Prie, lis, relis, travaille et trouve »

Je l’ai déjà dit, la différence entre la Chimie et l’al - Chimie, c’est le « al », qui veux dire « esprit » en arabe. La principale différence est donc qu’en alchimie l’expérimentateur a une place dans l’expérience, ce qui n’est pas le cas en chimie. Je m’explique : les scientifiques pensent que si vous donnez une expérience de chimie à faire à plusieurs personnes, si celles-ci suivent à la lettre les indications, elles arriveront toutes au même résultat, tandis que les alchimistes pensent que le résultat dépendra de la personne qui va faire l’expérience, et il y aura autant de résultats qu’il y aura d’expérimentateurs, à moins que dans le groupe certaines personnes soient au même degré de compréhension. D’ailleurs actuellement, certains scientifiques commencent à reconnaître cette inter-connexion, car effectivement, la matière réagit différemment selon celui qui la manipule. Mais mon but ici n’est pas de vous convaincre, juste de vous permettre de comprendre un peu mieux ce qui se cache derrière le mot « alchimie ».

L’alchimiste travaille dans un laboratoire, entendez labo / oratoire. Un labo pour faire de l’alchimie opérative donc travailler la matière, et un oratoire pour faire des recherches spéculatives donc un travail sur soi-même.

L’alchimiste sait que le travail sur la matière est en même temps un travail sur lui. Il y a bien sûr eut dans l’histoire des personnages qui se disaient alchimistes (je pense entre autre au tristement célèbre Gille de Raie), mais qui n’étaient que des « souffleurs », terme donné à ceux qui ne s’intéressaient à l’alchimie que pour faire de l’or et devenir riche, autant dire qu’aucun d’eux n’a jamais réussi.

Un alchimiste ne crée rien, il ne fait que modifier la matière première, réaligner celle-ci, et en ce sens rejoint la célèbre phrase de Lavoisier qui dit que « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

J’appuierai mes propos en vous posant une simple question : « quelle est la différence entre un morceau de charbon, du graphite et un diamant ? » L’alignement de leurs cristaux. Dans l’un les cristaux sont désordonnés et dans l’autre les cristaux sont alignés. Résultat, si l’un et l’autre ne sont composés que de Carbone, l’un laisse passer la lumière l’autre pas.

Dans un laboratoire, un alchimiste pourra travailler de deux façons, par la voix dite sèche (le travail des métaux) ou la voix humide (le travail sur les plantes) et pourra (ou pas) réaliser ce que l’on nomme « la pierre philosophale », après être passé par les trois grandes étapes de l’œuvre :

L’œuvre au noir, l’œuvre au blanc et enfin l’œuvre au rouge, représentés symboliquement par le corbeau, la licorne et le phénix.(n’oublions pas que de tous temps les alchimistes ont caché beaucoup de leurs secrets grâce à des symboles gavés dans la pierre, souvent sur des bâtiments sacrés).

Il me faudrait des jours voire des années pour expliquer ces trois étapes, et de plus n’étant moi-même qu’un simple cherchant, je n’aurai pas la prétention de m’y aventurer à l’heure actuelle. Mais laissez-moi simplement vous dire que dans la première partie du travail, on décompose la matière pour la débarrasser de ses parties impures, dans la deuxième partie, on réunit les parties « purifiées », et en troisième, on fait descendre l’esprit (ou la lumière) dans la matière ainsi recomposée.

Notre frère Roger lors de sa dernière planche, nous a brillamment parlé d’alchimie et souligné à juste titre que la frontière « chimique » entre l’or et le plomb est très mince, la différence est d’un atome, alors, que se passerait-il si on réussissait à alléger notre plomb en le séparant de cet atome, le plomb deviendrait de l’or, et vous auriez réussi ce que l’on nomme une « transmutation ». Mais comme je le disais, cette expérience serait si complexe et si onéreuse qu’elle n’en vaut pas le coup, sauf si vous faites cette expérience non dans un but pécuniaire, mais sans rien en attendre ; juste, parce que vous savez qu’en purifiant la matière, vous vous purifiez vous-même. Cela devient donc un acte gratuit, les portes de l’esprit s’ouvriront, et si un jour vous arrivez à transformez la matière, et par exemple le plomb en or, vous êtes si aligné que tout vient naturellement à vous, vous ne faites obstacle à rien, donc à quoi vous servirait de l’or, puisque vous avez tout !

Vous comprenez maintenant ma phrase : « quand un alchimiste sait faire de l’or il n’en a plus besoin ».

Tout comme la maçonnerie, l’alchimie est le travail d’une vie. Jour après jour, on se rectifie tout en rectifiant la matière. La symbolique maçonnique est d’ailleurs très proche de la symbolique alchimique. Nous avons déjà parlé du V.I.T.R.I.O.L, mais nous pourrions aussi parler du symbole du coq, qui en alchimie représente le Mercure alchimique, le passage de la pierre brute (matière première) à la pierre taillée (pierre philosophale) sans oublier le passage que le profane, comme la matière première, doit effectuer en traversant les même épreuves, celles des quatre éléments : la terre, l’eau l’air et le feu Je terminerai ce travail en soumettant à votre sagacité un des secrets des alchimistes que l’on peut comprendre grâce à l’utilisation de la langue des oiseaux. Quand un alchimiste vous parle de l’or, vous pouvez aussi entendre :
« eau » et « air », donc peut-être que l’eau qui est dans l’air au petit matin est aussi une des clés des opérations alchimiques ?

« Prie, lis, relis, travaille et trouve »

J’ai dit vénérable Maître.

Source : www.ledifice.net

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 07:08

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La troisième digestion donne à la terre qui vient d'être renouvelée un lait de rosée, et lui communique toutes les vertus spirituelles de la quintessence ; elle lie au corps l'âme vivifiante par l'entremise de l'esprit. Alors la terre possède en elle un riche trésor, et devient d'abord semblable à la Lune éblouissante, puis au Soleil rougeoyant : elle est dite d'abord terre de Lune, puis terre de Soleil, car elle naît, dans un cas comme dans l'autre, du mariage de l'un et de l'autre. Ni l'une ni l'autre terre ne craignent plus les rigueurs du feu, car toutes deux sont exemptes de toute tache, parce qu'elles ont été purifiées plusieurs fois de leur tare par ce feu (même), et en ont souffert un grave martyre, jusqu'à ce que tous les éléments aient été digérés ensemble.

 

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La quatrième digestion est la consommation de tous les mystères du monde : par elle la terre étant changée en un très excellent ferment, fait lever elle-même tous les autres corps changés en un corps parfait, parce qu'elle a passé en la nature céleste de la quintessence, de sorte que sa vertu inspirée par l'esprit de l'univers est la panacée et la médecine générale de toutes les maladies de toutes les créatures. Le fourneau secret des philosophes te découvrira ce miracle de la nature et de l'art par des digestions renouvelées du premier régime de l'ouvrage. Sois juste dans tes œuvres afin que Dieu te soit propice, sans quoi le labourage de ta terre sera vain, car « cette moisson ne répondra pas aux vœux du paysan avare».

 

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Tout le processus de l'Œuvre philosophique, n'est rien d'autre que solution et congélation. La solution est du corps, la congélation, de l'esprit, mais l'opération de l'un et de l'autre est une. Or le fixe et le volatil se mêlent et s'unissent parfaitement dans l'esprit, ce qui ne pourrait se faire, si d'abord le corps fixe n'avait été dissous et rendu volatil. Par la réduction, le corps volatil se fixe en un corps permanent, et la nature volatile passe en une nature fixe, tout comme la fixe était devenue volatile. Mais tout autant que les natures errent confuses même dans l'esprit, cet esprit qui leur est mêlé n'est pas pur et garde une nature moyenne entre le corps et l'esprit, le fixe et le volatil.

 

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La génération de la Pierre se fait à l'exemple de la création du monde. En effet, il faut qu'elle ait d'abord son chaos et sa matière première, dans laquelle les éléments confus flottent jusqu'à ce que l'esprit de feu les sépare ; que des éléments séparés les plus légers soient portés en haut, et les plus lourds en bas ; que la lumière une fois née, les ténèbres reculent ; enfin que les eaux se rassemblent, et qu'apparaisse la terre sèche. Alors deux grands luminaires émergent successivement, et dans la terre philosophique sont produites les vertus minérales, végétales et animales.

 

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Dieu créa Adam du limon de la terre, dans lequel étaient entées les vertus de tous les éléments, principalement celles de la terre et de l'eau qui constituent surtout la masse sensible et corporelle : dans cette masse Dieu souffla un souffle de vie, et la vivifia du Soleil de l'esprit saint ; au mâle il donna Eve pour femme, et les bénissant, il leur donna le précepte et la faculté de se multiplier. La génération de la Pierre philosophale n'est pas dissemblable de la création d'Adam : car il se forme d'abord un limon composé d'un corps terrestre et pesant, dissous par l'eau, et qui pour cela a mérité le nom célèbre de terre adamique : toutes les qualités et les vertus des éléments s'y trouvent. Puis une âme céleste lui est infusée par l'esprit de la quintessence et l'influx du Soleil, et enfin, grâce à la bénédiction et à la rosée du ciel, la vertu de se multiplier à l'infini, par le moyen de l'accouplement des deux sexes, lui est communiquée.

 

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Le grand secret de l'ouvrage tient à la façon d'opérer, qui consiste tout entière dans le parfait régime des éléments. Car il faut que la matière de la pierre passe d'une nature en une autre : les éléments en sont tirés successivement et règnent tour à tour. Or chaque élément est sans cesse agité par les cercles de l'humide et du sec, jusqu'à ce que toutes choses, étant digérées par cette circulation, se reposent et prennent leur place.

 

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Dans l'ouvrage de la Pierre, les autres éléments circulent sous la figure de l'eau, parce que la terre est résolue en eau, dans laquelle se trouvent tous les autres éléments : l'eau est sublimée en vapeur, la vapeur retombe en eau. Ainsi l'eau est agitée par un cercle infatigable, jusqu'à ce que, devenue fixe, elle cesse son agitation, et prenne sa place inférieure. Quand elle est devenue fixe, tous les autres éléments le deviennent avec elle. Ainsi ils se mêlent tous en elle, ils sont attirés par elle, ils vivent avec elle, et meurent en elle. La terre est donc leur tombeau commun et leur terme dernier.

 

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L'ordre de la nature demande que toute génération commence par l'humide et se fasse dans l'humide ; donc dans l'ouvrage de la Pierre philosophale, la Nature doit être réduite en un ordre tout semblable. De sorte qu'il faut que la matière de la pierre, qui est terrestre, compacte et sèche, soit dissoute avant toute chose, et qu'elle s'écoule en l'élément de l'eau, qui est le plus proche d'elle : et alors Saturne sera engendré par le Soleil.

 

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A l'eau agitée par sept tours ou révolutions, succède l'air, qui doit lui aussi circuler par autant de cercles et de réductions, jusqu'à ce qu'il se fixe et se dépose, et que Saturne étant chassé, Jupiter se saisisse des insignes et du gouvernement du Royaume. Par son avènement l'enfant philosophique est formé et nourri dans la matrice, et il vient ensuite au jour avec une face blanche et une teinte sereine, semblable à la splendeur de la Lune.

 

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Enfin le feu de la Nature, qui aide les éléments dans leurs fonctions, de caché qu'il est devient manifeste, y étant excité et provoqué par un feu (à lui-même) interne. Alors le Safran teint le Lys, la rougeur se mêle à la blancheur sur les joues de l'enfant devenu plus robuste, et l'on prépare une couronne au Roi futur. Telle est la consommation du premier régime de l'ouvrage, et l'achèvement de la circulation des éléments, dont un signe apparaît quand toutes choses deviennent sèches, et que le corps vide d'esprit gît abattu, privé de pouls et de mouvement. Ainsi la Terre tient enfin dans le repos tous les autres éléments.

 

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Le feu enté sur la Pierre est le maître qui préside à la Nature : il est le fils du Soleil, et son lieutenant, qui meut et digère la matière. Et c'est lui qui, en elle, achève et perfectionne tout, s'il réussit à obtenir la liberté : car y étant caché sous une écorce dure, il n'a point de forces. Procure-lui donc la liberté, afin qu'il puisse te servir. Mais prends garde de trop le presser, car ne pouvant supporter la tyrannie, il s'échapperait sans te laisser aucun espoir de retour. Attire-le donc tout doucement en le flattant, et après l'avoir attiré, conserve-le avec beaucoup de prudence.

 

81

 

Le premier moteur de la Nature est le feu externe, modérateur du feu interne et de tout l'ouvrage. Que le Philosophe en connaisse donc bien le régime, qu'il en observe les degrés et les points, car de lui dépend le salut ou la ruine de l'œuvre. Ainsi l'art vient au secours de la nature, et le philosophe est l'administrateur de l'un et de l'autre.

 

82

 

Par ces deux instruments de l'art et de la nature, la Pierre s'élève doucement avec beaucoup d'adresse, de la Terre vers le Ciel, et du Ciel redescend vers la Terre, parce que la Terre est sa nourrice, et que, portée dans sa matrice, elle reçoit à la fois la force des choses supérieures et des choses inférieures.

 

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Les roues et les cercles.

 

La circulation des éléments se fait par deux sortes de roues, la majeure (ou étendue) et la mineure (ou étroite). La roue étendue fixe dans la Terre tous les éléments, et son cercle ne s'achève pas sans qu'elle soit venue à bout de l'ouvrage entier du soufre. La révolution de la roue mineure se termine par l'extraction et la préparation de chaque élément. Or dans cette roue il y a trois cercles, qui, par un certain mouvement inégal et confus, agitent la matière incessamment et diversement, et font tourner chaque élément plusieurs fois, et au moins sept. Ces cercles se succèdent néanmoins en ordre et tour à tour : et ils sont tellement bien accordés entre eux, que si l'un défaille, c'est en vain que les deux autres travaillent. Ce sont là les instruments de la Nature par lesquels les éléments sont préparés. Que le Philosophe considère donc le progrès de la Nature tel que je l'ai décrit à cette fin plus au long dans mon traité de Physique.

 

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Chaque cercle a son mouvement propre. Les mouvements de ces cercles se produisent à l'endroit de l'humide et à l'endroit du sec, et ils sont tellement enchaînés les uns aux autres, qu'ils ne produisent tous ensemble qu'une opération, et ne font qu'un seul concert avec la Nature. Deux d'entre eux sont opposés, tant par leurs termes qu'à raison de leurs causes, et de leurs effets : car l'un, en desséchant, meut la matière vers le haut par la chaleur, l'autre, en humectant, la meut vers le bas par le froid. Le troisième cercle, qui représente le repos et le sommeil, cause la cessation des deux autres, en digérant (la matière) par une température parfaite.

 

85

 

De ces trois cercles, le premier est l'évacuation, dont le rôle est de bannir l'humide superflu de la matière, et d'en séparer le pur, le net et le subtil des lies grasses et terrestres. Or, dans le mouvement de ce cercle, peuvent naître de grands inconvénients et de graves dangers, parce qu'il concerne des choses toutes spirituelles, et qu'il rend exubérante la Nature.

 

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En faisant mouvoir ce cercle, il y a deux choses auxquelles il faut prendre garde. La première, qu'il ne soit pas mû trop âprement, et l'autre, qu'il ne le soit pas plus longtemps qu'il n'est nécessaire. Le mouvement précipité cause dans la matière une confusion telle que la portion épaisse, impure et indigeste, et le corps qui n'est pas encore bien dissous, s'envolent avec l'esprit, et s'évaporent avec ce qui est dissous, pur et subtil. Par ce mouvement précipité les natures terrestre et céleste sont confondues, et l'esprit de la quintessence, corrompu par le mélange de la terre, perd sa pointe et devient débile. Tandis que par un mouvement trop long, la terre, trop vidée de son esprit, devient tellement languissante et sèche, qu'elle ne peut plus être facilement réparée et rendue à sa température. L'une et l'autre faute brûlent les teintures, et les font même s'évanouir.

 

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Le second cercle, c'est la restauration, dont le rôle est de rendre par la boisson des forces au corps pantelant et débile. Le premier cercle a été un organe de sueur et de travail ; celui-ci est un organe de rafraîchissement et de consolation. Il agit en pétrissant et en ramollissant la terre, à la façon des potiers, afin qu'elle se mêle mieux.

 

88

 

II faut que le mouvement de ce cercle soit plus léger que le mouvement du premier, principalement dans le commencement de sa résolution et de son tour : de peur que les petits des corbeaux ne soient submergés dans leur nid par le regorgement des eaux, et que le monde naissant ne soit englouti par le déluge. Ce cercle est celui qui pèse l'eau et qui en examine la mesure, car il le distribue par la raison et la proportion géométriques. A la vérité, il n'y a presque point de plus grand secret dans toute la pratique de l'ouvrage, que le mouvement juste et équilibré de ce cercle : car c'est lui qui informe l'enfant philosophique, et lui insuffle l'âme et la vie.

 

89

 

Les lois du mouvement de ce cercle sont qu'il tourne lentement et par degrés, et qu'il répande (l'humide) avec retenue, de peur que s'il était trop précipité, il ne s'éloigne de sa juste mesure, et que le feu, tant naturel qu'enté, qui est l'architecte de tout l'ouvrage, une fois recouvert par les eaux ne perde sa vigueur, ou même ne s'éteigne. Il faut aussi que la nourriture solide et la liquide soient prises tour à tour, afin que la digestion se fasse mieux, et que la proportion du sec et de l'humide soit plus parfaite, car leur liaison indissoluble est la fin et le corps de l'ouvrage. Prends garde donc de mettre autant d'humide lorsque tu arroses, qu'il ne s'en est consumé dans la chaleur de l'évacuation, afin que la restauration, qui est corroborative, restitue autant de forces perdues que l'évacuation débilitante en aura enlevées.

 

90

 

Le troisième cercle, qui est la digestion, agit par un mouvement tacite et insensible : c'est pourquoi les philosophes disent qu'il s'accomplit dans un fourneau secret. Elle cuit la nourriture qu'elle a reçue et la change en parties homogènes du corps ; c'est pourquoi on l'appelle putréfaction parce que, comme la nourriture dans l'estomac, elle est corrompue avant de passer dans le sang et les parties similaires : de même cette opération broie l'aliment par une chaleur cuisante et stomacale, et la putréfie en quelque sorte afin qu'elle se fixe mieux et passe de la nature du mercure à celle du soufre. On l'appelle aussi inhumation, parce que l'esprit est par elle inhumé et enseveli comme un mort dans la terre. Parce qu'elle agit fort lentement, elle a besoin d'autant plus de temps. Les deux premiers cercles travaillent surtout à dissoudre, et celui-ci à congeler, bien que tous opèrent l'un et l'autre.

 

91

 

Les lois de ce cercle veulent qu'il soit mû par une chaleur de fumier très lente et néanmoins subtile, afin que les éléments volatils ne s'enfuient pas et que l'esprit ne soit pas troublé, au moment de sa conjonction très étroite avec le corps : tout se passe alors dans un loisir parfaitement tranquille. C'est pourquoi il faut surtout prendre garde que la terre ne soit troublée par aucun vent ni aucune pluie. Enfin il faut que ce troisième cercle succède sur le champ et dans son ordre toujours au second, comme le second au premier. Ainsi par des travaux interrompus et par des détours, ces trois cercles errants accomplissent une seule et entière circulation, qui répétée plusieurs fois convertit toute chose en terre et met la paix entre les ennemis.

 

92

 

La nature use du feu, de même que l'art à son exemple, comme d'un instrument et d'un marteau pour forger leurs ouvrages : donc dans les opérations de l'une et de l'autre, le feu est maître et magistrat. C'est pourquoi la connaissance des feux est par-dessus tout nécessaire à un philosophe, sans quoi, comme un autre Ixion, il tournera en un vain travail la roue de la nature à laquelle il est attaché.

 

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Le nom de feu est homonyme parmi les philosophes, car il se prend quelquefois par métonymie pour chaleur, et ainsi il y a autant de feux que de chaleurs. Dans la génération des métaux et des végétaux la nature reconnaît un triple feu, à savoir le céleste, le terrestre et le greffé. Le premier coule du Soleil comme de sa source dans le sein de la terre : il émeut les fumées ou vapeurs du mercure et du soufre, desquelles sont créés les métaux, et se mêle à elles ; il excite le feu greffé dans les semences des végétaux, où il dort, et lui ajoute de petits feux pareils à des éperons, pour développer la végétation. Le second feu est caché dans les entrailles de la terre : par son impulsion et son action, les vapeurs souterraines sont poussées en haut par des pores et de petits tuyaux, et chassées du centre vers la surface du sol, aussi bien pour la composition des métaux là où la terre est comme enflée, que pour la production des végétaux, en putréfiant, en amollissant, et en préparant pour la génération leurs semences. Quant au troisième, qui est engendré du premier, c'est-à-dire du feu solaire, dans la fumée vaporeuse des métaux, s'étant mêlé dans leur menstrue, il forme une concrétion avec cette matière humide et y demeure comme retenu prisonnier par force, ou plutôt il y est attaché comme la forme du mixte. Il demeure là enté dans les semences des végétaux, jusqu'à ce qu'étant sollicité et ému par les rayons paternels, il agite et informe la matière intérieure, et devienne ainsi le sculpteur et l'économe du mixte tout entier. Mais dans la génération des animaux, le feu céleste coopère aussi insensiblement avec l'animal, car il est le premier agent dans la nature. La chaleur de la femelle répond à la chaleur terrestre, lorsqu'elle putréfie, fomente et prépare la semence : mais le feu enté dans la semence est le fils du Soleil, qui dispose la matière, et l'ayant disposée, l'informe.

 

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Le triple feu.

 

Les Philosophes ont observé un triple feu dans la matière de leur Œuvre : le feu naturel, le non naturel, et le contre nature. Ils appellent feu naturel cet esprit de feu tout céleste qui est enté et gardé dans la profondeur de la matière, et qui lui est très étroitement attaché : à cause de la force du métal il devient hébété et inerte, jusqu'à ce qu'excité par l'artifice philosophique et une chaleur externe, il obtienne sa liberté et recouvre en même temps la faculté de se mouvoir. Car alors, en pénétrant, en dilatant et en congelant, il informe enfin la matière humide. Or, dans quelque mixte que ce soit où ce feu naturel soit mêlé, il y est le principe de la chaleur et du mouvement. Ils appellent feu non naturel celui qui, attiré d'ailleurs et survenant du dehors, a été introduit dans la matière par un artifice admirable, de sorte qu'il augmente et multiplie les forces du feu naturel. Mais ils appellent feu contre nature celui qui putréfie les corps composés, et qui corrompt le tempérament de la Nature. Celui-ci est imparfait, parce que trop faible et insuffisant pour la génération, il ne peut pas franchir les bornes de la corruption. Tel est le feu, ou la chaleur, du menstrue : néanmoins, c'est de manière impropre qu'on lui donne le nom de feu contre nature, puisqu'il est plutôt en quelque sorte conforme à la nature, après la forme spécifique : il corrompt en effet la matière, mais de telle sorte qu'elle soit disposée à la génération.

 

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Cependant il est croyable que le feu corrupteur, qu'on appelle contre nature, ne soit autre que le feu naturel, mais seulement au premier degré de sa chaleur, car l'ordre de la nature requiert que la corruption précède la génération. Le feu naturel donc, conformément aux lois de la nature, fait l'une et l'autre, en excitant deux sortes de mouvements tour à tour dans la matière. Le premier est un mouvement lent de corruption, suscité par une chaleur débile, pour amollir et préparer le corps. L'autre mouvement est celui de la génération, plus vigoureux et plus fort, excité par une chaleur plus violente, afin d'animer et d'informer pleinement le corps déjà disposé par le premier. Deux sortes de mouvements se font donc, à deux degrés différents de chaleur, du même feu. Et il ne faut pas penser pour autant qu'il y ait deux sortes de feu, mais avec beaucoup plus de raison, il faut donner le nom de feu contre nature à celui qui détruit par la violence.

 

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Le feu non naturel se convertit par des degrés successifs de digestion en le feu naturel, qu'il augmente et multiplie. Tout le secret consiste en la multiplication du feu naturel, qui ne peut seul, par ses propres forces, ni agir ni communiquer une teinture parfaite aux corps imparfaits ; car il se suffit seulement à lui-même, et n'a pas de quoi donner du sien. Mais, multiplié par le feu non naturel qui abonde merveilleusement en vertu de multiplier, il agite avec beaucoup plus de force et s'étend bien au-delà des bornes de la nature, teignant et perfectionnant les corps étrangers et imparfaits, par le moyen de la teinture qu'il a sucée, et de ce feu précieux qui lui a été ajouté.

 

97

 

Les philosophes appellent aussi leur eau un feu, parce qu'elle est souverainement chaude et pleine d'un esprit de feu : aussi la nomment-ils encore eau de feu : car elle brûle et consume les corps des métaux parfaits plus que le feu ordinaire. Cette eau les dissout parfaitement, alors même qu'ils résistent à notre feu, sans pouvoir aucunement être dissous par lui : pour cette raison, elle est aussi appelée eau ardente. Or ce feu de teinture est caché dans la racine et dans le centre de l'eau, où il se manifeste par deux sortes d'effet, à savoir par la dissolution du corps et par la multiplication.

 

98

 

La nature se sert de deux sortes de feu dans l'ouvrage de la génération, d'un interne et d'un autre externe. Le premier, ou feu naturel, qui gît dans les semences des choses et dans les mixtes, est caché dans leur centre, d'où il meut et vivifie le corps, en tant que principe du mouvement et de la vie. Mais l'autre, ou feu étranger, soit qu'il vienne du ciel, soit qu'il parte de la terre, réveille le premier, qui est comme enseveli dans le sommeil, et le pousse à agir ; car les petits feux vitaux qui sont empreints dans les semences, ont besoin d'un moteur externe afin de pouvoir eux-mêmes se mouvoir et agir.

 

99

 

II en va de même dans l'ouvrage philosophique ; car la matière de la pierre possède son feu intérieur et naturel, qui est en partie augmenté et accru d'un feu externe et étranger, grâce à la science philosophique. Ces deux feux s'unissent et s'allient fort bien intérieurement, d'autant qu'ils sont conformes et homogènes : l'interne a besoin de l'externe, que le philosophe lui ajoute selon les préceptes de l'art et de la nature, celui-ci provoque celui-là au mouvement. Ces feux sont comme deux roues, dont celle qui est cachée se meut plus vite ou plus lentement, selon la manière dont elle est poussée et incitée par celle qui est manifeste. Et ainsi l'art vient au secours de la nature.

 

100

 

Le feu interne tient le milieu entre le feu externe, son moteur et sa matière : de là vient que, de même qu'il est mû par celui-là, il meut pareillement celle-ci, et que s'il en est poussé avec véhémence ou avec modération, il opère de la même manière dans sa matière. Enfin, l'information de tout l'ouvrage dépend de la mesure du feu externe.

 

101

 

Celui qui ignorera les degrés et les points dans le régime du feu externe, qu'il n'entreprenne pas l'ouvrage philosophique. Car jamais il ne tirera la lumière des ténèbres, s'il ne sait conduire si bien les chaleurs, qu'elles ne passent d'abord par les moyennes, ainsi qu'il en va dans les éléments, dont les extrêmes ne se convertissent qu'en passant par les moyens.

 

102

 

Parce que tout l'ouvrage consiste dans la séparation et dans la parfaite préparation des quatre éléments de la pierre, il est nécessaire qu'il s'y trouve autant de degrés de feu, qu'il y a d'éléments, car chacun s'obtient grâce à un degré de feu qui lui est propre.

 

103

 

Ces quatre degrés de feu s'appellent le feu du bain, le feu des cendres, le feu de charbon, et le feu de flamme, lequel s'appelle aussi le feu de réverbération (opteticus). Or chaque degré possède ses points, au moins deux, et quelquefois trois ; car il faut régir le feu petit à petit, et par points, soit qu'on l'augmente, soit qu'on le diminue, afin qu'à l'imitation de la nature, la matière parvienne peu à peu et par degrés à son information et à son accomplissement ; car il n'y a rien de si contraire à la nature que ce qui est violent. Que le philosophe se propose donc pour objet de sa considération, l'approche ou l'éloignement lent du Soleil, qui nous verse la chaleur peu à peu selon le besoin des saisons, et qui tempère ainsi toutes choses, conformément aux lois de l'Univers.

 

104

 

Le premier point de la chaleur du bain s'appelle chaleur de la fièvre, ou chaleur du fumier. Le second point, simplement chaleur du bain. Le premier point du second degré du feu, c'est la chaleur simple des cendres, le second point, c'est la chaleur du sable. Mais les points du feu de charbon et du feu de la flamme n'ont point de nom particulier : ils se distinguent grâce à l'entendement, selon qu'ils sont plus ou moins violents ou modérés.

 

105

 

On ne trouve quelquefois que trois degrés de feu chez les Philosophes, à savoir le feu du bain, le feu des cendres et le feu ardent, qui comprend le feu de charbon et le feu de la flamme. Le feu de fumier est aussi quelque fois distingué de degré d'avec le feu du bain. Ainsi les auteurs, par une façon différente de parler, enveloppent souvent dans les ténèbres la lumière du feu des Philosophes, car la connaissance du feu passe parmi eux pour l'un des principaux secrets.

 

106

 

Dans l'œuvre au blanc, comme on ne tire que trois éléments, on n'a besoin que des trois premiers degrés de feu, car le dernier, c'est-à-dire le feu de la flamme, est réservé au quatrième élément qui achève l'œuvre au rouge. Par le premier degré se fait l'éclipse du Soleil et de la Lune. Au second, la lumière de la Lune commence à lui être rendue. Par le troisième la Lune retrouve la plénitude de sa clarté, et au quatrième, le Soleil est élevé au sommet suprême de la gloire. Que l'on donne donc, et que l'on administre le feu à chacune de ces parties selon la raison et la règle géométrique, de sorte que l'agent réponde à la disposition du patient, et que leurs forces soient également en balance réciproque.

 

107

 

Les Philosophes ont toujours eu grand soin de cacher la connaissance de leur feu, de sorte qu'ils n'en parlent presque jamais ouvertement, mais nous l'indiquent plutôt par la description de ses qualités et de ses propriétés que par son nom, l'appelant tantôt aérien, vaporeux et humide, tantôt sec et clair, et tenant de la Nature des Astres, d'autant mieux qu'il se peut augmenter ou diminuer facilement par degré selon la volonté de l'opérateur. Celui qui voudra avoir une connaissance plus parfaite du feu la trouvera dans les ouvrages de (Raymond) Lulle, qui découvre aux esprits sincères les secrets de la pratique, avec beaucoup d'ingénuité.

 

108

 

La Proportion.

 

Quant au conflit de l'aigle et du lion, il en est parlé diversement chez les auteurs. Comme le lion est le plus robuste de tous les animaux, il faut plusieurs aigles pour en venir à bout. Quelques-uns disent qu'il en faut trois pour le moins, ou même davantage, et même jusqu'à dix. Moins il y en a, plus la victoire est disputée et tardive, mais à mesure qu'il y en a beaucoup, la lutte dure moins, et le lion est plus tôt déchiqueté. Mais que l'on prenne le nombre de sept aigles, qui est le plus chanceux, selon Lulle, ou celui de neuf, en suivant Senior.

 

109

 

Les vaisseaux.

 

Il y a deux sortes de vaisseaux, dans lesquels les Philosophes font cuire leur ouvrage : l'un est le vaisseau de la nature, l'autre celui de l'art. Le vaisseau naturel, que l'on appelle aussi vaisseau philosophique, est la terre même de la pierre, qui est comme la femelle et la matrice où est reçue la semence du mâle, où elle se putréfie, et où elle reçoit la préparation pour la génération. Quant aux vaisseaux artificiels il en est de trois sortes, puisque le secret se cuit dans autant de vaisseaux.

 

110

 

Le premier vaisseau artificiel est fait d'une pierre transparente, ou d'un verre pétrifié. Quelques Philosophes en ont caché la forme et la figure sous une description énigmatique, en disant qu'il est composé tantôt de trois et tantôt de deux pièces, c'est-à-dire de l'alambic et de la cucurbite, et pour qu'il soit composé de trois, ils y ajoutent un couvercle.

 

111

 

Plusieurs auteurs ont inventé divers noms pour exprimer une multiplicité de vaisseaux qui seraient nécessaires à l'ouvrage philosophique, les appelant de différentes manières selon la diversité des opérations, afin de nous en dissimuler le secret. Car ils ont appelé les uns vaisseaux à dissoudre, les autres vaisseaux à putréfier, à distiller, à sublimer, à calciner, et autres dénominations semblables.

 

112

 

Mais à en parler franchement et sans supercherie, un seul vaisseau artificiel suffit pour tirer et obtenir les deux sortes de soufre, et un pour l'élixir : car la diversité des digestions ne réclame pas une diversité de vaisseaux. Il faut même prendre bien garde que l'on ne change ou que l'on n'ouvre les vaisseaux jusqu'à la fin du premier ouvrage.

 

113

 

II faut que la forme du vaisseau de verre soit ronde dans la cucurbite, ou bien ovale. Il faut que son col soit haut au moins d'une paume, ou davantage ; qu'il soit assez large au commencement, mais qu'il, aille en se rétrécissant vers l'ouverture, à la manière d'une fiole. Il faut qu'il ne comporte point d'aspérité ou d'inégalité, mais qu'il soit partout d'une épaisseur égale, afin de pouvoir résister à un feu long et aigu. La cucurbite s'appelle borgne parce qu'on la bouche et qu'on la lute exactement sur son pourtour avec le sceau hermétique, de peur que rien d'étranger n'y entre, ou que l'esprit ne s'en échappe.

 

114

 

II faut que le second vaisseau artificiel soit de bois, fait d'un tronc de chêne coupé en deux hémisphères concaves, où il faut fomenter l'œuf des Philosophes jusqu'à ce qu'il produise son poussin : voyez à ce sujet la Fontaine du Trévisan.

 

115

 

Les praticiens ont appelé leur fourneau le troisième vaisseau, parce qu'il contient les autres vaisseaux, où est toute la matière de leur œuvre. Les philosophes ont aussi tâché de nous en dissimuler le mystère et le secret.

 

116

 

L'Athanor.

 

Ce fourneau, qui est le gardien et le dépositaire de tous les mystères de l'ouvrage, a été appelé athanor ou immortel, à cause du feu perpétuel qu'il conserve. Car c'est en lui qu'on entretient un feu continuel, quoique parfois inégal, pour le régime de l'ouvrage. Il faut en effet que ce feu soit tantôt plus grand et tantôt plus petit, selon la quantité de la matière et la capacité du fourneau.

 

117

 

La matière du fourneau se fait de brique cuite, ou d'une terre grasse comme l'argile, parfaitement broyée, et préparée avec du fumier de cheval où on mêlera du crin, afin qu'elle n'éclate ni ne se fende sous l'effet d'une longue chaleur. Les murailles latérales de ce fourneau doivent être de l'épaisseur de trois ou quatre doigts, afin qu'ils puissent retenir la chaleur, et aussi mieux lui résister.

 

118

 

La forme du fourneau doit être ronde, et sa hauteur intérieure de deux pieds environ. On doit placer au milieu une lame de fer ou d'airain, également ronde, de l'épaisseur du dos d'un couteau, qui occupe presque la largeur intérieure du fourneau. Néanmoins elle doit être un peu plus étroite, et n'en doit point toucher les murailles, mais être appuyée sur trois ou quatre broches de fer jointes aux murailles. Il faut aussi qu'elle soit toute trouée à l'entour, afin que la chaleur passe à travers, et entre les flancs du fourneau et les bords de cette grille. Et il faut pratiquer dans les flancs, tant au-dessous qu'au-dessus de la grille, de petites portes, afin de pouvoir allumer le feu par celle d'en bas, et connaître la température de la chaleur par celle du dessus. A l'opposite de celle-ci, il faut faire une petite fenêtre de forme rhomboïde, garnie d'un verre, afin qu'en y approchant l'œil, on puisse apercevoir les couleurs que la lumière placée en face fera apercevoir. Que l'on mette sur le milieu de cette grille un trépied portant le vaisseau. Enfin il faut entièrement couvrir et boucher le fourneau, en bâtissant à tenons autour de ses flancs, une voûte faite de la même matière de brique cuite : il faut aussi clore fort bien la petite porte du dessus, de peur que la chaleur ne s'exhale.

 

119

 

Tu as là tout ce qui est nécessaire au premier ouvrage, dont la fin est la génération des deux soufres. Voici comment tu parviendras à leur composition et à leur perfection.

 

(Règle.) Prends un Dragon roux, généreux et belliqueux, ayant toute sa force native. Prends ensuite sept ou neuf aigles généreuses et vierges, dont la vivacité du regard ne s'émousse point aux rayons du Soleil. Place ces oiseaux avec le Dragon dans une prison claire et bien fermée, sous laquelle il faut allumer le bain, afin qu'ils soient excités au combat par cette tiède vapeur. Et bientôt ils se livreront une longue et rude bataille, jusqu'à ce que, vers le quarantième jour, les aigles commencent à déchirer la bête, laquelle en mourant souillera toute la prison d'une bave noire et venimeuse, dont les aigles, étant contaminées, seront contraintes de mourir. De la putréfaction de ces cadavres, il s'engendrera un corbeau, qui petit à petit dressera la tête, et, la chaleur du bain une fois augmentée, commencera à étendre ses ailes et à voler : il rôdera longtemps pour tâcher de trouver quelque faîte, grâce aux vents et aux nuages qui s'y soulèveront, mais prends bien garde qu'il n'en trouve pas. Enfin, blanchi par une pluie lente et longue et par la rosée du ciel, il se changera en cygne étincelant (de blancheur). Que la naissance du Corbeau soit pour toi la preuve de la mort du Dragon. En blanchissant le corbeau, tires-en les éléments, et distille-les selon la forme dans l'ordre prescrit, jusqu'à ce qu'ils soient fixes dans leur terre, et deviennent une sorte de poussière très blanche, très subtile, et très déliée. Ceci fait, tu posséderas ce que tu désires, en ce qui regarde l'œuvre au blanc.

 

120

 

Si, passant outre, tu veux obtenir l'œuvre au rouge, ajoutes-y l'élément du feu, qui manque à l'œuvre au blanc, sans remuer aucunement le vaisseau, et, le feu étant peu à peu renforcé par ses points, presse la matière jusqu'à ce que ce qui était caché devienne manifeste. Un indice en est quand la couleur citrine commence à apparaître. Réagis le feu du quatrième degré par ses points, jusqu'à ce qu'avec l'aide de Vulcain il naisse du Lys des rosés empourprées, et enfin l'amarante teinte d'une sombre rougeur de sang. Mais ne cesse point de réveiller le feu par le feu, jusqu'à tant que tu voies la matière s'achever en des cendres très rouges et impalpables. Que cette pierre rouge exalte ton esprit à continuer encore plus loin, sous les auspices de la Sainte Trinité.

 

121

 

L'Elixir.

 

Ceux qui ignorent les secrets de la Nature et de l'Art, croyant qu'ils ont mené leur ouvrage jusqu'au bout et ont accompli tous les préceptes du secret, lorsqu'ils ont trouvé le soufre, se trompent fort. En vain tenteront-ils la projection : car la pratique de la Pierre ne peut être achevée que par deux opérations, dont la première est la création du soufre ; mais la seconde, c'est la confection de l'élixir.

 

122

 

Le soufre des Philosophes est une terre très subtile, très chaude et très sèche, dans la racine et le centre de laquelle le feu naturel se cache et se multiplie merveilleusement. C'est pour cette raison qu'on a appelé ce soufre ou cette terre le feu de la pierre. Car il a en lui la vertu d'ouvrir et de pénétrer les corps des métaux, et de les convertir en son tempérament, et de produire son semblable : de là vient qu'il est pris pour le Père, et la semence masculine.

 

123

 

Afin que nous ne laissions rien en arrière sans en parler, qu'on sache que de ce premier soufre, il s'en engendre un second, et qu'il se multiplie ainsi jusqu'à la fin. Que le sage garde donc bien cette mine éternelle de feu céleste : car de la même matière dont s'engendre le soufre, il se multiplie aussi avec la même, en ajoutant une petite portion du soufre susdit dans la matière que l'on veut multiplier, à condition toutefois que cela se fasse avec pondération et mesure. Qu'on aille lire le reste dans Lulle, et qu'il suffise ici de l'avoir indiqué.

 

124

 

L'élixir se compose de trois sortes de matière, à savoir une eau métallique, ou un mercure sublimé, ainsi qu'il a été dit, un ferment blanc ou rouge selon l'intention de l'opérateur, et de la matière du deuxième soufre, le tout pris avec pondération et mesure.

 

125

 

Dans l'élixir parfait se rencontrent cinq qualités particulières et nécessaires, qui sont d'être fusible, permanent, pénétrant, teignant et (se) multipliant. Il emprunte la qualité de teindre et de fixer au ferment, celle de pénétrer au soufre, celle d'être fusible au vif-argent, qui est un milieu par lequel les teintures, à savoir celles du ferment et celles du soufre, se joignent et s'unissent. Quant à la vertu de multiplier, elle lui est versée et communiquée par l'Esprit de la quintessence.

 

126

 

Les deux métaux parfaits donnent aussi une teinture parfaite, parce qu'ils sont teints du pur soufre de la nature. Qu'on ne cherche donc point d'autres ferments des métaux ailleurs qu'en ces deux corps. Teins donc ton élixir blanc et rouge avec la Lune et le Soleil, car le mercure en reçoit le premier la teinture, et l'ayant reçue, la communique.

 

127

 

En composant l'élixir, prends garde de ne pas confondre les ferments, et de ne pas les mêler l'un pour l'autre, car chaque élixir veut être avec son ferment spécial et particulier, et avec ses propres éléments. Car naturellement les deux luminaires ont leur soufre différent, et leurs teintures distinctes.

 

128

 

Le second ouvrage se cuit dans un vaisseau pareil ou identique, dans le même fourneau, et avec les mêmes degrés de feu que le premier, mais il s'achève en bien moins de temps que le premier.

 

129

 

II y a trois humeurs dans la pierre, qu'il faut extraire successivement : à savoir l'aqueuse, l'aérienne et la radicale. Tout le soin et tout le travail de l'opérateur concernent l'humeur, et dans l'ouvrage de la pierre, il ne circule pas d'autre élément : car il faut avant toute chose que la terre soit résolue en humeur, et qu'elle se liquéfie. Quant à l'humeur radicale, qui passe pour un feu, elle est la plus gluante et la plus opiniâtre de toutes, parce qu'elle est comme ligotée, au centre de la Nature et de la substance, dont elle ne se sépare pas facilement. Tire donc ces trois humeurs par leurs roues, peu à peu et successivement, par dissolution et congélation. Par la réitération de la dissolution et la congélation, alternative et successive, s'accomplit en effet la roue étendue (cf. ci-dessus, ch. 83 ) et s'achève tout l'Œuvre.

 

130

 

La perfection de l'élixir consiste en l'union étroite et le mariage indissoluble du sec et de l'humide, de sorte qu'ils ne se séparent jamais : si bien qu'il faut que le sec s'écoule en une matière humide par la moindre chaleur, et devenue inaltérable à toutes les violences du feu. C'est une marque de sa perfection si, en en jetant tant soit peu sur une lame de fer ou d'airain chauffée au rouge, il y coule sans fumer.

 

131

 

Prends trois livres de terre rouge, ou ferment rouge, d'eau et d'air, autant de l'un que de l'autre le double, mêle bien et broie toutes ces choses, les réduisant en un amalgame qui devienne comme du beurre, ou comme une pâte métallique de sorte que la terre soit tellement ramollie qu'elle ne se sente pas sous les doigts. Ajoutes-y une livre et demie de feu, et fais digérer ces choses dans leur vaisseau bien bouché par un feu de premier degré, autant qu'il est nécessaire. Il faut ensuite tirer les éléments avec ordre chacun par leurs degrés de feu, lesquels par un mouvement lent seront enfin digérés et fixés dans leur terre, en sorte que rien de volatil ne pourra s'en échapper. Enfin la matière deviendra comme une roche claire, rouge et diaphane, dont tu prendras à plaisir une partie que, jetée dans un creuset sur un feu lent, tu abreuveras goutte à goutte de son huile rouge, jusqu'à ce qu'elle fonde entièrement et s'écoule, sans fumer. Ne crains pas qu'elle s'enfuie, car la terre, ramollie par ce doux breuvage, la retiendra dans ses entrailles. Et alors garde et retiens bien chez toi cet élixir parfait, réjouis-toi en Dieu, et sois discret.

 

132

 

Dans le même ordre et par la même méthode, on fait l'élixir blanc, pourvu qu'on se serve seulement dans sa composition des éléments blancs. Car son corps étant cuit et achevé, deviendra pareillement comme une roche blanche, resplendissante et pareille au cristal, qui, étant abreuvée et imprégnée de son huile blanche, deviendra fusible. Jette de l'un et de l'autre élixir une livre sur dix de vif-argent lavé, et tu en admireras l'effet.

 

133

 

Comme dans l'élixir les forces du feu naturel sont multipliées et redoublées merveilleusement, à cause de l'esprit de la quintessence qui y est insufflé, et que les accidents vicieux et adhérant aux corps, qui en ternissaient la pureté, enveloppant ainsi dans les ténèbres la vraie lumière de la Nature, en sont bannis par de longues et diverses sublimations et digestions. C'est pour cela que le feu naturel y étant comme dégagé de ses liens, et aidé du secours des forces célestes, agit très puissamment, renfermé qu'il est dans le cinquième élément. Qu'on ne trouve donc pas étrange s'il possède la vertu, non seulement de perfectionner les choses imparfaites, mais encore s'il a la faculté de se multiplier et de se perfectionner lui-même. Or la source de la multiplication est dans le Prince des luminaires, qui par la multiplicité infinie de ses rayons, engendre toutes choses en ce monde, et les ayant engendrées les multiplie, en versant dans leurs semences une vertu multipliante.

 

134

 

La méthode et la voie de multiplier l'élixir est triple. Pour la première prends une livre de l'élixir rouge, que tu mêleras dans neuf de son eau rouge, et mets-le tout à dissoudre dans un vaisseau approprié. Cette matière étant parfaitement dissoute et mêlée, coagule-la en la cuisant par un feu lent, jusqu'à ce qu'elle devienne ferme et semblable à un rubis ou à une lame (métallique) rouge, qu'il faut alors abreuver d'huile rouge de la manière susdite, jusqu'à ce qu'elle s'écoule. Ainsi tu obtiendras une médecine dix fois plus forte que la première, et qui pourtant se fait facilement, et en peu de temps.

 

135

 

Pour la seconde façon, prends une portion de ton élixir à volonté, mélange-la avec son eau en observant le poids et la proportion et place-la dans un vaisseau de réduction bien bouché, et dissous-la dans le bain par inhumation. Une fois qu'elle est dissoute, distille-la en séparant les éléments l'un après l'autre par leur propre feu, en faisant qu'ils se fixent à la fin comme dans le premier et le second ouvrage, — jusqu'à ce qu'elle se pétrifie. Abreuve-la d'huile alors, et projette. Cette voie est la plus longue mais la plus riche, car la vertu de l'élixir croît au centuple, vu que plus il devient subtil par opérations réitérées, plus il reçoit de forces et de vertus célestes et inférieures, et opère plus puissamment.

 

136

 

Pour la troisième manière, prends une once de l'élixir dont les vertus ont été ainsi multipliées, et jette-la sur cent de mercure lavé. En peu de temps, le mercure échauffé sur la braise se changera en un pur élixir dont, si tu jettes de même une once sur cent autres du même mercure, un Soleil très pur en naîtra aussitôt. La multiplication de l'élixir blanc doit se faire de la même manière. Cherche d'autre part les vertus de cette médecine pour guérir toutes les maladies et conserver la santé, ainsi que ses autres usages, dans Arnaud de Villeneuve, Raymond Lulle et autres Philosophes.

 

137

 

Le Zodiaque des Philosophes t'enseignera à chercher les époques de la Pierre. Car la première opération, et le régime pour obtenir le blanc, doit se commencer dans la maison de la Lune, et la seconde se terminer dans la seconde maison de Mercure. Mais la première opération pour parvenir au rouge se commence dans la seconde maison de Vénus, et la dernière se termine au second tribunal royal de Jupiter, de qui notre Roi très puissant recevra une couronne tressée de très précieux rubis. C'est ainsi que l'année, repassant sur ses propres traces, recommence ses révolutions.

 

138

 

Un Dragon à trois têtes garde cette Toison d'or. La première tête est issue des eaux, la seconde de la terre, la troisième de l'air. Néanmoins il faut que ces trois têtes n'en forment qu'une très puissante, qui dévorera tous les autres Dragons, et alors le chemin te sera frayé pour accéder à la Toison d'or. Adieu, lecteur studieux ! En lisant ce qui précède, invoque l'Esprit de la lumière éternelle, parle peu, raisonne beaucoup, et juge droitement.

 

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Published by Jean d'Espagnet - dans Alchimie
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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 07:04

1

Exhortation.

Le commencement de cette Science divine, c'est la crainte et le respect de Dieu ; sa fin, c'est la charité et l'amour du prochain. La mine d'or qu'elle nous fait découvrir doit être employée à renter des temples et des éta­blissements hospitaliers (xenodochiis) et à fon­der des Messes, afin qu'hommage soit rendu à Dieu de ce qu'on tient de sa libéralité. On doit encore user de cette mine pour secourir sa patrie lorsqu'elle est victime de quelque cala­mité publique, racheter des prisonniers et des captifs, et soulager la misère des pauvres.

2

La connaissance et la lumière de cette science sont un don de Dieu, qu'il révèle par une grâce spéciale à qui lui plaît. Que personne donc n'embrasse cette étude s'il n'a le cœur pur, et si, dégagé de l'attachement aux choses de ce monde et de tout désir coupable, il ne s'est entièrement voué à Dieu.

3

Les conditions de l'Œuvre.

La Science de faire la Pierre philosophale réclame une connaissance parfaite des opérations de la Nature et de l'Art concernant les métaux : sa pratique consiste à chercher les principes des métaux par résolution, et, une fois ces principes rendus beaucoup plus parfaits qu'ils ne l'étaient auparavant, à les rassembler derechef, afin qu'il en résulte une médecine universelle, (à la fois) très propre et très efficace à perfectionner les métaux imparfaits, et à rendre la santé au corps indisposé de quelque sorte de maladie que ce soit.

4

Ceux qui occupent un haut rang dans les charges et les honneurs, comme ceux qui sont continuellement embarrassés de leurs occupations particulières et nécessaires, ne doivent point prétendre à cette science. Elle veut l'homme tout entier, étant capable de le posséder à elle seule. Et certes, on ne songe plus à se lancer sérieusement dans des affaires de longue haleine, quand on y a pris goût : car elle fait mépriser comme fétu de paille tout ce qui n'est pas elle.

5

Que ceux qui entreprennent d'étudier cette doctrine se dépouillent de leurs mauvaises mœurs, et particulièrement qu'ils bannissent l'orgueil, qui est l'abomination du Ciel et la porte de l'Enfer ; qu'ils adressent à Dieu d'incessantes prières ; qu'ils multiplient les actes de charité ; qu'ils s'attachent peu aux choses de ce monde ; qu'ils fuient la conversation des autres hommes ; et qu'ils s'appliquent à jouir d'une tranquillité d'esprit parfaite, afin que leur entendement puisse raisonner plus librement dans la solitude, et placer plus haut ses efforts, car s'ils ne sont éclairés d'un rayon de la lumière divine, ils ne pénétreront jamais les arcanes de la vérité de cette science.

6

Les Alchimistes qui n'appliquent leurs pensers qu'à de continuelles sublimations, distillations, résolutions, congélations : qu'à extraire de différentes manières les esprits et les élixirs, et à bien d'autres opérations plus subtiles qu'utiles, qui les engagent dans autant d'erreurs diverses, se mettent au supplice pour leur seul plaisir ; jamais ils ne feront réflexion par leur propre génie sur la simple voie qu'emprunte la Nature, et jamais un rayon de Vérité ne viendra les éclairer et les guider. Cette trop laborieuse subtilité les écarte de la vérité, et submerge leur esprit dans des embarras, pareils aux Syrtes. Toute l'espérance qui leur reste, c'est de trouver un bon guide et un précepteur fidèle, qui, les ayant retirés de ces ténèbres, leur fasse apercevoir la pure clarté du Soleil de la vérité.

7

Un débutant en cette étude, s'il se sent doué d'un esprit clairvoyant, d'un jugement solide et arrêté, d'une inclination à l'étude de la philosophie, particulièrement à celle de la Physique ; s'il a, de plus, le cœur pur, les mœurs bonnes, et s'il est, en outre, étroitement uni à Dieu — même s'il n'est pas versé dans la Chimie — qu'il entre néanmoins dans la voie royale de la Nature, qu'il lise les livres des plus fameux auteurs en cette science, qu'il cherche un compagnon qui ait comme lui l'esprit juste et soit également porté d'inclination à l'étude, et ensuite, qu'il ne désespère point de réussir en son dessein.

8

Que celui qui recherche ce secret se garde bien de la lecture, et de la conversation des faux Philosophes. Car il n'y a rien de plus dangereux à ceux qui embrassent quelque science que le commerce d'un ignorant, ou d'un fourbe, qui veut faire passer pour des principes authentiques ses principes faux, par lesquels un esprit sincère et de bonne foi devient imbu d'une doctrine mauvaise.

9

Que celui qui aime la vérité ait peu de livres entre les mains, mais des meilleurs et des plus fidèles ; qu'il tienne pour suspect tout ce qui est facile à comprendre, particulièrement en ce qui concerne les noms qui sont mystérieux, et tout ce qui concerne les opérations secrètes. Car la vérité est cachée sous ces voiles, et jamais les Philosophes n'écrivent plus trompeusement que lorsqu'ils semblent écrire trop ouvertement, ni plus véritablement que lorsqu'ils cachent ce qu'ils veulent dire sous des termes obscurs.

10

Parmi les auteurs les plus célèbres qui ont écrit le plus subtilement, et le plus véridiquement, sur les secrets de la Nature et de la Philosophie occulte, Hermès (Trismégiste) et Morien entre les Anciens, semblent à mon avis, tenir le premier rang ; parmi les nouveaux, Bernard le Trévisan, et Raymond Lulle, pour lequel j'ai une vénération plus grande que pour tous les autres car, ce que ce Docteur très subtil a omis, personne d'autre ne l'a dit. Que l'on explore donc, et qu'on lise souvent son Premier Testament, et aussi son Codicille, comme si l'on devait en retirer un legs de grande valeur. Qu'à ces deux volumes, on ajoute les deux Pratiques du même auteur, ouvrages dont on peut tirer tout ce que l'on désire, particulièrement l'authenticité de la matière (première), le degré du feu, et en général tout le régime pour l'accomplissement du Grand-Œuvre ; et c est (précisément) ce en quoi les Anciens, dans le dessein de nous cacher le secret, ont été trop obscurs et trop réticents. Certes, on ne trouvera nulle part ailleurs démontrées plus fidèlement et plus clairement les causes cachées des choses, et les mouvements occultes de la Nature. Il traite peu, dans ses ouvrages, de l'eau première des Philosophes ; mais le peu qu'il dit de cette eau mystérieuse est très significatif.

11

Touchant donc cette eau limipide que beaucoup cherchent, et que peu rencontrent, bien qu'elle soit familière, s'offrant à tout le monde et servant à tout le monde, qui est la base de l'ouvrage philosophique, un gentilhomme Polonais anonyme, non moins plein d'érudition que de vivacité d'esprit, et dont le nom néanmoins a été indiqué par deux anagrammes qui en ont été faites, en a parlé dans sa Nouvelle Lumière Chimique, dans sa Parabole Enigmatique, et même dans son Traité du Soufre, assez au long et fort subtilement : il en a dit tout ce qui pouvait s'en dire, si clairement qu'on ne peut rien souhaiter de plus.

12

Les philosophes s'expriment plus librement et plus significativement par des caractères et des figures énigmatiques, comme par un langage muet, que par des paroles : témoin la table de Senior, les peintures allégoriques du Rosaire, et, dans Nicolas Flamel, les figures d'Abraham Juif ; et, parmi les œuvres modernes, les emblèmes secrets du très docte Michel Maier, dans lesquels les mystères des Anciens sont si clairement révélés et dévoilés qu'ils en sont comme des lunettes neuves, qui nous feraient paraître proche de nos yeux, et de la manière la plus lumineuse, la vérité antique et reculée par l'intervalle de plusieurs années.

13

Celui qui assure que le secret de la Pierre Philosophale surpasse les forces de la Nature et de l'Art, celui-là, dis-je, est entièrement aveugle, car il ignore le Soleil et la Lune.

14

La Matière de la Pierre.

Les philosophes, sous un langage varié, ont dit néanmoins la même chose en ce qui concerne la matière de cette Pierre ; de sorte que plusieurs, qui ne se ressemblent point en paroles, tombent d'accord cependant sur la chose elle-même. Leur façon de parler, pour être discordante, ne laisse pour autant aucune tache de fausseté ou d'ambiguïté à notre Science : vu qu'une même chose peut être exprimée en plusieurs langues, énoncée de diverses façons, représentée par des effigies différentes , et même, sous divers aspects, elle peut être nommée tantôt d'une façon, tantôt d'une autre.

15

Qu'on prenne donc garde à la signification diverse des mots. Car les Philosophes ont coutume d'expliquer leurs mystères par des détours trompeurs, et sous des termes douteux, et même le plus souvent, contradictoires en apparence, afin de protéger par des embarras et des voiles l'étude de ces vérités, mais non pour les falsifier ni pour les détruire. C'est pour cette raison que leurs écrits sont pleins de mots ambigus, dont le sens est équivoque. Certes, ils n'ont pas de plus grand soin que de dissimuler leur rameau d'or, qui est caché, comme dit le Poète ', dans les retraites secrètes d'une sombre forêt, laquelle est toute environnée de vallons qui y font régner des ténèbres éternelles ; et qui résiste à quelque force que ce soit. Il se laisse arracher seulement à celui qui pourra reconnaître les oiseaux maternels, et vers qui deux colombes, venant du ciel, dirigeront leur vol.

16

Celui qui cherche l'art de perfectionner et de multiplier les métaux imparfaits hors des métaux eux-mêmes, chemine dans l'erreur. Car il faut chercher dans la nature des métaux l'espèce métallique, comme dans l'homme celle de l'homme, et dans le bœuf celle du bœuf.


17

L'art et la nature.

Il faut confesser que les métaux ne peuvent se multiplier par l'instinct et par les forces de la seule nature ; que, cependant, la vertu de multiplier est cachée dans la profondeur de leur substance ; et qu'elle est manifestée et mise en évidence par le secours de l'art, dont la nature a besoin en cet ouvrage. Car l'un et l'autre sont requis pour le mener à bien.

18

Les corps les plus parfaits sont doués aussi d'une semence plus parfaite ; ainsi, sous la dure écorce des métaux les plus parfaits est cachée également une semence plus parfaite.

Si quelqu'un sait l'en tirer, il peut se vanter qu'il est dans le bon chemin ' : dans l'or est la semence de l'or, bien qu'elle soit cachée dans sa racine, et dans la profondeur de sa substance, plus fortement que dans les autres métaux.

19

Quelques Philosophes ont dit que leur ouvrage était composé du Soleil et de la Lune seulement ; quelques autres ajoutent Mercure au Soleil, d'autres veulent que ce soit du soufre et du mercure ; quelques-uns soutiennent que le sel de la nature, mêlé aux deux derniers nommés, n'occupe pas un moindre rang dans l'œuvre. Or, tous ces Philosophes, bien qu'ils aient écrit que leur Pierre était produite, tantôt à partir d'une seule chose, tantôt de deux, de trois, de quatre ou de cinq, néanmoins dans leur langage divers n'ont tous qu'une même intention et qu'un même but.

20

Pour nous, afin de lever toutes ces embûches et ces pièges, et pour parler sincèrement de bonne foi, nous assurons que l'ouvrage entier s'accomplit parfaitement grâce à deux corps seulement, à savoir le Soleil et la Lune dûment préparés. Car la Nature effectue avec ces deux corps une véritable génération naturelle, avec le secours de l'art, par l'intervention de l'accouplement entre le mâle et la femelle, d'où procède une lignée beaucoup plus noble que ses parents.

21

Or il faut que ces (deux) corps soient vierges et non corrompus, vivants et animés, et non pas morts comme ceux dont le vulgaire se sert : car comment peut-on attendre la vie de choses mortes ! On appelle corrompues les choses qui ont déjà souffert la copulation, et mortes celles qui, martyrisées par la violence du feu, ce tyran du Monde, ont rendu l'âme avec le sang : fuis donc ce fratricide qui, dans toute la conduite de l'ouvrage, cause ordinairement de grands maux.

22

Le Soleil est le mâle du Grand-Œuvre, car c'est lui qui donne la semence active et informante ; la Lune est la femelle, qui est aussi nommée la matrice et le vaisseau de la Nature, parce qu'elle reçoit en elle la semence du mâle, et la fomente au moyen de son menstrue. Néanmoins elle n'est pas entièrement privée de vertu active ; car c'est elle qui, la première, furieuse et aiguillonnée par l'amour, assaille le mâle, et se mêle avec lui, jusqu'à ce qu'elle ait satisfait ses amoureux désirs, et qu'elle en ait reçu la semence féconde : et elle ne se désiste pas de l'étreindre, jusqu'à ce qu'en étant engrossée, elle se retire tout doucement.


23

Par le nom de la Lune, les Philosophes n'entendent pas la Lune vulgaire, laquelle dans leur ouvrage est mâle, et fait dans l'accouplement la fonction de mâle. Qu'on ne soit pas malavisé au point de faire ainsi une alliance criminelle et contre nature de deux mâles et qu'on n'attende aucune lignée d'un tel accouplement. Mais que l'adepte joigne en un mariage légitime, avec la formule d'usage, Gabritius à Béia, le frère et la sœur, afin qu'il puisse en naître un glorieux fils du Soleil.

24

Ceux qui disent que le soufre et le mercure sont la matière de la pierre, comprennent par le soufre le Soleil et la Lune vulgaire, et par le mercure la Lune des philosophes. Ainsi le pieux Lulle parlant sans fard et sans déguisement, conseille à son ami, de n'opérer pour l'argent qu'avec le Mercure et la Lune, et pour l'or, avec le Mercure et le Soleil.

25

Que l'on ne se trompe donc point, en ajoutant à deux un troisième, car l'amour ne souffre point de compagnon et de tiers, et le mariage s'accomplit seulement entre deux : l'amour que l'on cherche au-delà n'étant plus un mariage, mais un adultère.

26

Néanmoins l'amour spirituel ne pollue point la virginité : Béia a donc pu sans crime, avant de donner sa foi à Gabritius, avoir contracté un amour spirituel, afin d'en devenir plus vigoureuse, plus blanche et plus propre aux choses du mariage.

27

La procréation des enfants est la fin d'un mariage légitime. Or, afin que l'enfant en naisse plus robuste et plus généreux, il faut que les deux époux soient nets de toute lèpre et de toute tache, avant que d'entrer dans le lit nuptial ; et il faut qu'il n'y ait en eux rien d'étranger ou de superflu, parce que d'une semence pure, procède une génération également pure. Par ce moyen, le chaste mariage du Soleil et de la Lune sera parfaitement bien consommé lorsqu'ils seront montés sur le lit d'amour, et qu'ils se seront mêlés. Celle-ci reçoit de son mari l'âme par ses caresses, et à l'issue de leur accouplement il naît un Roi très puissant, dont le père est le Soleil, et la Lune, la mère.

28

Celui qui cherche la teinture philosophique en dehors du Soleil et de la Lune, perd son huile et sa peine : car le Soleil fournit une teinture très abondante en rougeur, comme la Lune en blancheur. Ces deux corps sont les seuls que l'on nomme parfaits, parce qu'ils sont pleins de la substance d'un soufre très pur, parfaitement mondé par l'industrie ingénieuse de la nature. Teins donc ton mercure avec l'un ou l'autre de ces deux luminaires, car il est nécessaire qu'il soit teint au préalable, afin que lui-même puisse teindre.

29

Les métaux parfaits.

Les métaux parfaits contiennent en eux deux choses qu'ils peuvent communiquer aux imparfaits, à savoir la teinture et la fixation. Car pour autant qu'ils sont teints d'un soufre pur, c'est-à-dire d'un soufre blanc, et d'un (autre) rouge, et qu'ils sont fixés, autant leur teinture teint parfaitement, et ils fixent aussi parfaitement étant bien préparés avec leur propre soufre et leur propre arsenic. Autrement, ils n'ont pas la faculté de multiplier leur teinture.

30

Parmi les métaux parfaits, le mercure est le seul qui soit propre à recevoir la teinture du Soleil et de la Lune et à s'en imprégner, dans l'ouvrage de la Pierre philosophale ; afin qu'en étant pleinement imbus, ils puissent teindre suffisamment les autres métaux. Néanmoins, il doit être au préalable imprégné et pénétré de leur soufre invisible, afin d'être plus abondamment imbu de la teinture visible de ces corps parfaits, et qu'il puisse la communiquer avec usure.

31

Cependant, la foule des philosophes transpire et se torture à extraire la teinture de l'or lui-même. En effet, ils croient que la teinture se sépare du Soleil, et qu'une fois séparée, on peut en augmenter les vertus : mais « enfin l'espérance trompe les laboureurs avec des épis

vides » .

Car il ne peut se faire que la teinture du Soleil se sépare aucunement de son corps naturel, à cause de la perfection de celui-ci —, nul corps élémentaire plus parfait que l'or n'ayant été façonné par la nature —, laquelle procède de l'union forte et inséparable de son soufre tant pur que teignant avec son mercure, l'un et l'autre étant pour cela parfaitement préparés par la nature, qui ne permet pas que l'art puisse les séparer d'une vraie séparation. Si l'on tire par la violence du feu, ou celle des eaux corrosives, un peu de liqueur permanente du Soleil, il faut croire que l'on obtient une portion de son corps liquéfié par force, et non la séparation de la teinture. Car toute teinture suit son corps, et ne s'en sépare jamais. C'est là une illusion de l'art inconnue aux artisans eux-mêmes.

32

Même si l'on accorde que la teinture est séparable de son corps, il faut avouer cependant que cette séparation ne peut pas s'opérer sans la corruption du corps lui-même, et celle de la teinture ; vu que l'on violente l'or ou bien par le feu de fusion, ce destructeur de la Nature, ou bien par les eaux fortes, qui rongent plutôt qu'elles ne dissolvent. C'est pourquoi il faut nécessairement que le corps dépouillé de sa teinture et de sa toison d'or devienne en quelque sorte une chose vile et comme un poids inutile pour le désespoir de l'artisan, sa teinture toute corrompue ayant moins de force pour opérer.

33

Que ces philosophes-là jettent donc leur teinture dans le mercure, ou dans n'importe quel autre corps imparfait, et qu'ils les unissent aussi étroitement que les forces de l'art le permettent, ils seront cependant par deux fois frustrés de leur espoir : d'abord parce qu'ils expérimenteront que cette teinture ne pénétrera ni ne teindra ce corps, ce qui serait au-dessus des forces et du poids de la nature ; ce pourquoi, ils ne recevront par ce moyen aucun gain dont ils puissent réparer la dépense et l'abjection du corps ainsi dépouillé. Ainsi que le dit le proverbe : « la pauvreté mortelle croît lorsque le travail est à perte ». De plus cette teinture étrangère appliquée à un corps étranger ne lui donnera pas la fixation et la permanence parfaites nécessaires à ce qu'il puisse soutenir la touche, et résister à l'épreuve de Saturne.

34

Qu'ils changent donc tout de suite de route, et qu'ils ménagent mieux leur temps et leur dépense, les étudiants de l'alchimie qui se sont laissé mener jusqu'à présent par les vagabonds et les imposteurs ; qu'ils s'appliquent avec zèle à un ouvrage vraiment philosophique, afin qu'ils ne soient point sages trop tard comme les Phrygiens, et ne soient point forcés de s'exclamer avec le Prophète (Osée, VII) : « des étrangers ont dévoré le fruit de ma force ».

35

Plus de travail et plus de temps s'emploient dans l'Œuvre philosophique qu'il ne s'y fait de dépenses. Car il reste peu de frais à soutenir à celui qui possède la matière convenable. C'est pourquoi ceux qui tâchent d'accaparer de grandes sommes d'argent, et placent dans les dépenses le plus difficile secret de l'Œuvre, montrent plus de confiance en la bourse d'autrui qu'en leur savoir propre. Que l'apprenti trop crédule se garde donc de ces voleurs, car lorsqu'ils promettent des montagnes d'or, ils ne font que des embûches à votre or : ils réclament qu'un Soleil marche devant eux, parce qu'eux-mêmes déambulent dans les ténèbres.

36

Le Mercure philosophique.

De même que ceux qui naviguent entre Charybde et Scylla risquent le naufrage aussi bien ici que là, de même ils ne sont pas menacés d'un moindre péril ceux qui, aspirant à la conquête de la Toison d'or, flottent entre les équivoques du soufre et du mercure des Philosophes, ces deux écueils. Les plus perspicaces, par la lecture assidue des auteurs les plus graves et les plus sincères, et par la lumière d'un rayon du Soleil, ont acquis la connaissance du soufre, mais ils sont restés suspendus au seuil du mercure des Philosophes. Car les auteurs en ont parlé avec tant de détours et de méandres, et l'ont appelé de tant de noms ambigus, qu'on le découvre plutôt par une impétuosité d'esprit, et sans y penser, que lorsqu'on le cherche à force de raison et de sueur.

37

Pour immerger plus profondément leur mercure dans les ténèbres, les philosophes l'ont fait multiple, et en chaque partie et chaque régime du Grand Œuvre ils apportent le mercure, qui cependant est toujours différent. Ainsi n'en obtiendra jamais la connaissance parfaite quiconque ignorera l'une des parties de l'Œuvre.

38

Les philosophes ont reconnu principalement trois sortes de mercure : à savoir, après que soit accomplie la préparation du premier degré, et la sublimation philosophique, ils appellent alors cette matière leur mercure ou mercure sublimé.

39

Secondement, dans la seconde préparation, que les auteurs nomment la première (parce qu'ils omettent la première), le Soleil étant redevenu cru, et, dissous en sa première matière, ils appellent cette matière ainsi crue ou dissoute, le mercure des corps, ou des Philosophes. Alors cette matière s'appelle (aussi) Rebis ou Chaos, ou Monde entier, parce que tout ce qui est nécessaire pour l'œuvre s'y trouve et qu'elle suffit seule pour faire la pierre philosophale.

40

Enfin ils appellent quelquefois mercure des Philosophes, l'élixir parfait et la médecine teignante, quoique de manière impropre, car le nom de mercure ne convient qu'à ce qui est volatil (c'est pourquoi tout ce qui se sublime à quelque stade de l'ouvrage que ce soit, ils l'appellent aussi mercure) : mais l'élixir, parce qu'il est très fixe, ne doit pas être appelé du simple nom de mercure. Aussi l'ont-ils appelé leur mercure, à la différence du volatil. La voie droite pour étudier et discerner tant de mercures des Philosophes ne se montre vraiment qu'à ceux-là, « que chérit le juste Jupiter, ou qu'une ardente vertu a élevés jusqu'aux deux ».

41

L'élixir s'appelle mercure des Philosophes, à cause de sa ressemblance et de sa grande conformité avec le mercure céleste ; car celui-ci, bien que privé des qualités élémentaires, est néanmoins très propre à les influer : ce Protée versatile emprunte et accroît la nature et le génie des diverses planètes, à raison de l'opposition, de la conjonction, ou de l'aspect. L'élixir ambigu opère de même, car n'ayant aucune qualité particulière, il embrasse la qualité et la nature de la chose à laquelle il se mêle, et en multiplie les vertus et les qualités d'une façon merveilleuse.

42

Dans la sublimation philosophique du mercure, ou première préparation, un travail d'Hercule incombe (aussitôt) à celui qui travaille. En effet, sans Alcide, Jason eût tenté en vain son expédition en Colchide ; « A l'un des princes de montrer la toison dorée du célèbre bélier, comme s'il pouvait l'enlever ; à l'autre de soulever un tel fardeau ! »

Car le seuil est gardé par des bêtes à cornes furieuses, qui écartent, non sans dommage, ceux qui s'approchent témérairement. Seuls les insignes de Diane, et les colombes de Vénus adouciront leur férocité, si les destins t'y appellent.

43

Le Poète semble avoir voulu décrire la qualité naturelle de la terre philosophique et la manière de la cultiver, lorsqu'il chante « un sol gras que de forts taureaux retournent aussitôt, dès les premiers mois de l'année » et « la glèbe désagrégée qui se dissout grâce au zéphyr ».

44

Celui qui désignera la Lune des philosophes ou le mercure des Philosophes comme étant le mercure vulgaire, ou bien trompe sciemment (autrui), ou bien se trompe lui-même. En effet Geber nous enseigne que le mercure des Philosophes est bien en vérité un vif-argent, non cependant le vulgaire, mais celui qui en est extrait par le savoir philosophique.

45

L'expérience confirme l'opinion des plus graves philosophes, selon laquelle leur mercure n'est pas dans toute sa nature et dans toute sa substance le vif-argent vulgaire, mais qu'il en est l'essence la plus centrale et la plus pure qui puisse en tirer son origine, et être créée à partir de lui.

46

On nomme le mercure des Philosophes de différents noms ; tantôt on l'appelle terre, tantôt on l'appelle eau, pour divers motifs, et surtout parce qu'il est composé naturellement de l'une et de l'autre. Cette terre est subtile, blanche, sulfureuse : les éléments y sont fixes et l'or philosophique y est à l'état de semence. Tandis que l'eau est une eau-de-vie, c'est-à-dire ardente, permanente, extrêmement limpide, qu'on appelle aussi eau de l'or et de l'argent. Le mercure dont il est question ici, parce qu'il contient encore son soufre, qui se multiplie par le moyen de l'art, peut aussi s'appeler soufre de vif-argent. Enfin cette substance si précieuse est la Vénus des anciens, l'hermaphrodite douée des deux sexes.

47

Le vif-argent est en partie naturel, et en partie artificiel : sa part intrinsèque et occulte a sa racine dans la nature, et ne se peut tirer que par une purification préalable, et une sublimation faite avec science. La part intrinsèque est étrangère à la nature et accidentelle. Sépare donc le pur de l'impur, la substance des accidents, et rends manifeste ce qui était caché par les voies de la nature, ou bien désiste-toi entièrement. Car tel est le premier fondement de l'art et de tout l'ouvrage.

48

Cette liqueur sèche et très précieuse constitue l'humide radical des métaux ; c'est pourquoi quelques anciens l'ont appelée verre. Car le verre se tire de l'humide radical, qui adhère opiniâtrement aux cendres des choses et qui ne cède qu'à la violence d'un feu extrême ; cependant notre mercure naturel et central se manifeste grâce au feu très bénin, quoique assez long de la nature.

49

Les uns par la calcination, les autres par la sublimation, quelques-uns par le moyen de vases vitrifiants, d'autres d'entre le vitriol et le sel, comme d'entre ses vaisseaux naturels, ont voulu obtenir la terre philosophique et latente. D'autres ont enseigné qu'il fallait sublimer la chaux et le verre (dans le même but).

Mais nous, nous avons appris de la bouche du Prophète ' que Dieu au commencement créa le ciel et la terre, que la terre était stérile et déserte, que les ténèbres étaient sur la face de l'abîme et que l'esprit de Dieu était porté au-dessus des eaux ; et que Dieu dit que la lumière soit, et que la lumière fut ; et que Dieu vit la lumière, qui était bonne et qu'il sépara la lumière des ténèbres, etc. La bénédiction qui fut donnée à Joseph, rapportée par le même Prophète J, ce sera assez pour le sage : sa terre tirera sa bénédiction de Dieu, elle devra l'hommage de sa fécondité aux fruits du ciel, à la rosée, et aux eaux de l'abîme ; c'est aux fruits du Soleil et de la Lune, aux sommets des montagnes antiques, aux fruits des collines éternelles qu'elle rendra tribut. Prie donc Dieu de tout ton cœur, mon fils, afin qu'il te donne une portion de cette terre bénie.

50

Le vif-argent est tellement infecté par le défaut et le vice de son origine, qu'il en garde deux traces remarquables : la première, il l'a contractée par l'impureté de la terre qui s'est mêlée à sa génération, et qui continue à y adhérer par la congélation. L'autre, pareille à une hydropisie, est une maladie d'eau entre chair et cuir, qui provient d'une eau grasse et impure mélangée à la limpide, et que la nature n'a pas pu épuiser et séparer par contraction : cependant parce qu'elle est étrangère elle s'évapore à la moindre chaleur. Cette lèpre qui infeste le corps du mercure ne gît ni dans sa racine, ni dans sa substance, mais elle est accidentelle : c'est pour cela qu'elle s'en sépare facilement. L'imperfection terrestre s'en va grâce à un bain et à un lavage humide. L'imperfection aqueuse s'en va grâce à un bain sec, avec le secours du feu bénin de la génération. Ainsi par une triple ablution et purgation, le dragon dépouillé de ses écailles anciennes et de sa peau rugueuse se renouvelle.

51

La sublimation philosophique du mercure s'accomplit par deux moyens, en faisant sortir ce qui est superflu, et en faisant entrer ce qui manquait ; les choses superflues sont les accidents externes qui voilent l'étincelant Jupiter de la sombre sphère de Saturne. Ote donc cette écorce livide de Saturne, jusqu'à ce que l'astre pourpre de Jupiter brille à tes yeux. Ajoutes-y le soufre de la nature, dont le mercure possède déjà un grain, et comme un ferment, dont il contient autant qu'il lui en faut : mais fais aussi en sorte qu'il y en ait autant qu'il en faut pour les autres. Multiplie donc ce soufre invisible des philosophes, jusqu'à ce que le lait de la Vierge en soit exprimé : alors s'ouvre à toi la première porte.

52

Un dragon digne des Hespérides garde la porte du jardin des Philosophes, à l'entrée duquel une fontaine d'une eau très limpide, jaillissant de sept fissures, s'épanche tout autour. Il faut faire boire le dragon dans cette fontaine jusqu'au nombre magique de trois fois sept, et il faut le faire boire jusqu'à ce que, devenu ivre, il dépouille sa peau écailleuse : puissent être propices les divinités de Vénus lumineuse et de Diane cornue.

53

Trois espèces de très belles fleurs doivent être cherchées et trouvées au fond de ce jardin des philosophes : des violettes rouge vif, un lys blanc et l'amarante pourpre et immortelle. Non loin de la fontaine du seuil, les violettes printanières se présenteront d'abord à toi, et étant arrosées par des canaux d'un large fleuve doré, prendront la couleur très nette d'un saphir à peine obscur : le Soleil t'en donnera des présages. Tu ne cueilleras point ces fleurs si précieuses jusqu'à ce que tu aies composé la Pierre, car, cueillies fraîchement, elles ont plus de suc et de teinture : à ce moment-là, arrache-les avec soin, d'une main adroite et ingénieuse : en effet, si les destins n'y font point obstacle, elles suivront facilement, et une fleur étant arrachée, il en naîtra aussitôt une autre à sa place. Pour le lys et l'amarante, il faudra plus de soin et un plus long travail.

54

Les philosophes ont aussi leur Mer, où s'engendrent de petits poissons gras, qui brillent en écailles d'argent : si l'on sait les prendre et les envelopper dans un filet délié, on sera tenu pour un pêcheur très expert.

55

La Pierre des philosophes ' se trouve dans des montagnes très anciennes et coule de ruisseaux éternels. Ces montagnes sont d'argent, et ces ruisseaux sont d'or. C'est de là que proviennent et l'or et l'argent et tous les trésors des rois.

56

Quiconque voudra trouver la Pierre des philosophes devra entreprendre un long voyage : il lui est en effet nécessaire d'aller visiter les deux Indes, afin d'en rapporter des pierres très précieuses, et un or très pur.

57

Les philosophes tirent leur pierre de sept autres pierres, dont les principales sont d'une nature et d'une vertu opposées : l'une donne le soufre invisible, l'autre le mercure spirituel ;

celle-ci communique la chaleur et la sécheresse, l'autre la froideur et l'humidité. Ainsi, par leurs moyens, les forces des éléments sont redoublées et multipliées dans la Pierre. La première se trouve dans l'Orient, la seconde dans l'Occident ; l'une et l'autre ont la faculté de teindre et de multiplier et si la Pierre philosophale n'en puise sa première teinture, elle ne teindra, ni ne multipliera.

58

Pratique.

Prenez la Vierge ailée après qu'elle aura été très bien lavée, purifiée et engrossée de la semence spirituelle d'un premier mâle, restant néanmoins encore vierge et impolluée, bien qu'elle soit enceinte. Tu la découvriras à ses joues teintes d'une couleur vermeille ; allie-la, et accouple-la à un second mâle (sans que pour autant elle doive être soupçonnée d'adultère) de la semence corporelle duquel elle concevra à nouveau. Ensuite elle enfantera une lignée vénérable, qui sera de l'un et de l'autre sexe, et où prendra son origine une race immortelle de Rois très puissants.

59

Ayant parfaitement purgé l'Aigle et le Lion, renferme-les dans leur enclos transparent, et accouple-les, ayant étroitement fermé le vestibule, et en prenant soigneusement garde que leur baleine ne s'en exhale ou qu'un air étranger ne s'y insinue. Dans leur saillie, l'aigle déchirera et dévorera le lion et sera saisie ensuite d'un long sommeil, puis devenue hydropique par l'enflure de son estomac, elle se changera grâce à une merveilleuse métamorphose en un corbeau très noir, qui déployant petit à petit ses ailes, commencera à voler et dans son vol fera tomber l'eau des nuages, jusqu'à ce que, mouillé plusieurs fois, il quitte de lui-même ses plumes, et retombant en bas se change en un cygne très blanc. Que ceux qui ignorent les causes des choses, admirent cela dans leur étonnement, en considérant que le monde n'est rien d'autre qu'une métamorphose continuelle ; qu'ils admirent comment les semences des choses, lorsqu'elles sont parfaitement digérées, se changent en blancheur parfaite. Et que le philosophe imite la Nature dans son œuvre.

60

Les milieux et les extrêmes.

Pour donner la forme et la perfection à ses ouvrages, la Nature y procède de telle sorte qu'elle conduit la chose depuis le commencement de la génération jusqu'au dernier terme de la perfection par divers milieux, comme par divers degrés. Elle parvient donc à sa fin et à son but petit à petit et par degrés plutôt que par interruptions et par bonds, en limitant et en renfermant son ouvrage entre deux extrêmes distincts, et séparés par plusieurs milieux. Or, la pratique philosophique, qui doit imiter la nature dans la marche de son ouvrage, et dans la recherche de la Pierre, ne doit point s'écarter de la voie et de l'exemple de la Nature : car tout ce qui se fait hors de ses routes, constitue une erreur ou l'approche de l'erreur.

61

Les deux extrêmes de la pierre sont le vif-argent naturel, et l'élixir parfait : et les milieux par lesquels s'effectue tout le progrès de l'ouvrage, sont de trois sortes ; car ou bien ils regardent la matière, ou bien les opérations, ou bien les signes démonstratifs. Sur ces extrêmes et ces milieux roule tout l'accomplissement de l'œuvre.

62

Quant aux milieux matériels, ou qui concernent la matière de la pierre, il y en a divers degrés ; car les uns se tirent successivement des autres. Les premiers sont le mercure, sublimé philosophiquement, et les métaux parfaits. Bien que ceux-ci soient les derniers dans l'opération de la nature, ils tiennent lieu de milieux dans l'opération philosophique. De ces premiers sont tirés les seconds, à savoir les quatre éléments, qui sont tour à tour circulaires et fixes ; de ces seconds en sont encore issus les troisièmes, à savoir les deux sortes de soufre, dont la multiplication est le terme du premier régime de l'ouvrage. Les quatrièmes et derniers milieux sont les ferments et les onguents, avec leur poids et leur proportion justes, qui sont produits successivement dans

 

« Enfin du régime parfait de toutes ces choses se crée l'élixir parfait, qui est la dernière étape et le ternie de tout l'Œuvre... » l'ouvrage de l'élixir par le mélange des premiers. Enfin, du régime parfait de toutes ces choses se crée l'élixir parfait, qui est la dernière étape et le terme de tout l'Œuvre, où la Pierre des Philosophes se repose comme en son centre, et dont la multiplication n'est rien qu'un bref renouvellement des opérations susdites.

63

Les milieux qui regardent l'opération ou le régime (et qui sont également nommés les clés de l'œuvre) sont premièrement la dissolution ou liquéfaction ; deuxièmement, l'ablution ; troisièmement, la réduction ; quatrièmement, la fixation. Par la liquéfaction, les corps sont rendus à leur première matière, qui est fluide ; les choses cuites redeviennent crues, et alors (vient) l'accouplement du mâle et de la femelle, d'où s'engendre le corbeau ; et enfin la Pierre, par cette même liquéfaction, retourne en ses quatre éléments, ce qui se produit par le mouvement rétrograde des luminaires. L'ablution enseigne à blanchir le corbeau, et à changer Saturne en Jupiter, ce qui se fait par la conversion du corps en esprit. La fonction de la réduction est de rendre l'âme à la Pierre morte et inanimée, et de la nourrir d'un lait de rosée, tout spirituel, jusqu'à ce qu'elle ait pris vigueur. Dans ces deux dernières opérations, le Dragon se fait violence à lui-même, et se dévorant la queue, il se consume et s'épuise totalement, et enfin se change en la Pierre. En dernier lieu, l'opération de la fixation fixe les deux soufres dans leur corps : ceux-ci étant fixés, elle cuit graduellement au moyen de l'esprit qui est le médiateur des teintures, cette fermentation ; elle mûrit ce qui est cru, et adoucit ce qui est amer. Enfin, l'élixir fluide, en pénétrant et en léchant, engendre, perfectionne, et apporte le suprême degré de sublimité et d'excellence.

64

Les milieux qui concernent les signes démonstratifs, sont les couleurs qui apparaissent successivement et en ordre dans la matière, et qui en indiquent les affections et les passions, dont trois sont tenues pour les principales et critiques (quelques-uns en admettent une quatrième). La première, c'est la noire, qui est appelée la tête de corbeau, à cause de l'extrême noirceur qui arrive avec elle dans la matière ; son crépuscule et sa blancheur défaillante indiquent le commencement de l'action du feu de la nature, ou le commencement de la dissolution ; mais sa nuit la plus noire indique la perfection de la liquéfaction et de la confusion des éléments. Alors le grain commence à pourrir et à se corrompre, afin d'être plus propre à la génération. A la couleur noire succède la blanche, où gît la perfection du premier degré, celle du soufre blanc : alors, c'est là ce qu'on appelle la pierre bénie : c'est la terre blanche et feuilletée dans laquelle les Philosophes sèment leur or. La troisième couleur est la couleur citrine, qui se produit quand le blanc passe au rouge, et qui est comme un intermédiaire entre ces deux couleurs, étant mêlée de l'une et de l'autre, et pareille à l'aurore aux cheveux dorés, cette avant courrière du Soleil. La quatrième couleur, rouge ou sanguine, se tire de la blanche par le feu seul. Or, la blancheur, parce qu'elle est facilement altérée par toute autre couleur, commence aussi à s'effacer et à passer dès que l'aurore commence à y naître. Et la rougeur sombre accomplit l'ouvrage du soufre solaire, qui s'appelle la semence masculine, le feu de la pierre, la couronne royale, le fils du Soleil, et dans lequel se termine le premier travail de l'opérateur.

65

Outre ces signes essentiels et décisifs, qui adhèrent radicalement à la matière, et en indiquent les changements les plus importants, il y a encore une infinité d'autres couleurs apparentes et trompeuses, qui se font voir dans les vapeurs, comme l'arc-en-ciel dans les nuées, et se dissipent aussitôt, s'effaçant pour laisser place à d'autres, qui sont plutôt dans l'air que dans la terre. L'opérateur ne doit pas se mettre beaucoup en peine de celles-là, d'autant qu'elles ne sont pas permanentes, et ne sont pas issues de la disposition intrinsèque de la matière, mais du feu, qui peint et colore à son gré l'humide subtil, par hasard même ; bien que ce soit l'effet de sa chaleur.

66

Néanmoins, quelques-unes de ces couleurs étrangères, quand elles surviennent hors du moment propice, présagent à l'ouvrage quelque chose de sinistre. Ainsi, sa noirceur réitérée : il ne faut jamais souffrir qu'après que les petits des corbeaux aient quitté leurs nids, ils y retournent. Ou encore, une rougeur qui vient trop vite, car cette couleur-là ne doit apparaître qu'une fois, et seulement à la fin, car alors elle fait concevoir une sûre espérance de moisson. Si elle rougit la matière plutôt, elle est un signe de grande sécheresse, ce qui ne va pas sans un péril que seul le Ciel en répandant une pluie soudaine, peut détourner.

67

Les digestions de la Pierre.

Par digestions successives, comme par degrés, la Pierre philosophale acquiert de nouvelles forces, et enfin son entière perfection. L'ouvrage s'accomplit par quatre digestions, qui répondent et conviennent aux quatre opérations et régimes susdits, dont le feu est l'auteur, et le maître : c'est lui qui y fait et y introduit toutes les différences grâce auxquelles nous les avons distinguées.

68

La première digestion opère la dissolution du corps, au cours de laquelle a lieu le premier accouplement du mâle et de la femelle, le mélange de leurs deux semences, la putréfaction et la résolution des éléments en une eau homogène, l'éclipse du Soleil et de la Lune en la tête du Dragon. Enfin par elle le monde retourne à l'ancien chaos et à l'abîme ténébreux. Cette première digestion s'opère comme celle qui a lieu dans l'estomac par un temps de chaleur cuisante et débilitante, qui est plus propre à la corruption qu'à la génération.

69

Pendant la seconde digestion, l'esprit de Dieu vole au-dessus des eaux : la lumière commence à paraître et les eaux commencent à se séparer des eaux. Le Soleil et la Lune se renouvellent, les éléments sont tirés du chaos, afin que mélangés avec proportion par la vertu de l'esprit qui les gouverne, ils puissent refaire un monde nouveau ; un nouveau ciel et une nouvelle terre se forment. Ensuite tous les corps deviennent spirituels ; les petits des corbeaux ayant changé de plumes commencent à devenir colombes ; l'aigle et le lion s'embrasassent d'un nœud éternel. Cette régénération du monde se fait par le moyen d'un esprit de feu qui descend en forme d'eau et efface le péché originel : car l'eau des philosophes est le feu même, quand elle est émue et élevée par la chaleur du bain. Mais prenez garde que la séparation des eaux ne se fasse selon leur poids et leur mesure, de peur que celles qui restent sous le ciel ne noient la terre, ou que celles qui sont emportées au-dessus le ciel ne la laissent aride. « Qu'une eau trop avare n'imprègne pas ici le sable stérile ! » (Virgile.)

 

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Published by Jean d'Espagnet - dans Alchimie
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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 06:57

question :Qui es-tu ? réponse : Je suis un homme qui connaît la lumière et adhère à celle-ci.

Q. : Qu'est-ce qu'un tel homme ?

R. : C'est celui qui, après avoir reconnu la lumière, est illuminé par celle-ci, et y adhère entièrement ; qui sait et qui pratique tout ce que la vieille et authentique communauté de lumière a toujours su et pratiqué, que ce soit écrit dans le livre de la lumière ou non.

Q. : Par quel signe reconnaît-on un adhérent de la lumière ?

R. : Par le fait qu'il connaît le signe de la croix dans la nature, le grand symbole de la force de dissociation , de la sépara­tion du pur et de l'impur, du parfait et de l'imparfait ; qu'il évite tous les travaux non authentiques et les erreurs que rejettent unanimement les vrais maîtres de l'authentique communauté de lumière.

Q. : Comment se désigne l'adhérent de la lumière ? R. : II se désigne par le grand signe de la croix de la nature (+), par le signe de la grande force de dissociation ; il dit et entreprend tout au nom ou selon les attributs du feu, de la lumière et de l'esprit, et ainsi il conduit tout vers son Amen, ou vers son achèvement.

Q. : Combien y a-t-il de chapitres de l'authentique communauté de lumière, que doit connaître chaque adhérent de la lumière ?

R. : Il y en a cinq ; le premier concerne la vraie conviction et la foi, ou l'adhésion à la lumière ; le second, les sept moyens d'obtenir la lumière ; le troisième, les dix commandements de la lumière ; le qua­trième, la connaissance de la force créatrice qui agit, et de la forme pure. qui reçoit ; le cinquième, la science de la dissociation de la lumière.

CHAPITRE PREMIER

De l'adhésion à la lumière

Q. : Quel est le chapitre premier de la doctrine authentique de la lumière ?

R. : L'adhésion à la lumière et la connaissance de celle-ci ; car sans cette adhésion et cette connaissance, il n'est pas possible de faire agir une force, de réaliser et d'achever quelque chose.

Q. : A quoi doit croire et adhérer chaque fils de la lumière ?

R. : A tout ce que les hommes de lumière ont enseigné et rédigé dans les 12 articles de l'authentique communauté de lumière.

Q. : Quels sont les 12 articles de l'authentique communauté de lumière ?

R. : 1. J'adhère et je crois à une force créatrice du feu, qui a donné naissance au ciel et à la terre, ou encore à l'Extensum et au Concretum à ce qui est volatile et à ce qui est fixe. 2. J'adhère et je crois aussi à une lumière produite par cette force du feu, lumière qui est la maîtresse de l'univers ou la force toute-puissante dans la nature. 3. Cette lumière pure émanant du feu, est reçue par l'esprit le plus pur, et née de la forme la plus pure. 4. Cependant, elle a dû souffrir au royaume de l'impur ; elle a été dissociée, mortifiée et enfouie sous terre. 5. Alors la lumière descend au plus profond de la matière ; et au bout de 3 époques, c'est-à-dire après 3 réunions de trois forces spirituelles avec 3 formes purifiées, elle se redresse, à nouveau vivante. 6. Elle se rehausse jusqu'à la perfection suprême, en tant que force de lumière brillante du feu tout-puissant. 7. Et après avoir atteint à cette perfection suprême, elle est capable de rendre vivant tout ce qui est mort, et parfait tout ce qui est imparfait. 8. Je crois à l'esprit de lumière émanant du feu et de la chaleur, et je le connais. 9. La sainte, universelle et véritable communauté de lumière, association et union de ceux qui sont capables de lumière. 10. Abolition des maladies et de la misère. 11. Renouvellement de notre être. 12. Et félicité suprême de la vie.

Q. : En quoi consiste le principal contenu de ces 12 articles ?

R. : Il consiste, pour celui qui est capable de lumière, à suivre les lois de la lumière, qu'il reconnaît par la raison , et qu'il pratique par sa volonté ; à savoir, qu'il n'existe qu'une seule force universelle, en une substance et essence, et qu'en même temps celle-ci est triple dans son évolution force du feu en tant que force créatrice ; force de lumière en tant que force d'union ; et force de l'esprit, émanant du feu et de la lumière, en tant que force formatrice de toutes choses.

Cet esprit qui émane conduit tout à la perfection, et par des moyens ordonnés à l'achèvement suprême.

CHAPITRE SECOND

 Des 7 moyens d'obtenir la lumière

Q. : Quel est le chapitre second de la doctrine de la véritable commu­nauté de lumière ?

R. : Ce sont les 7 moyens d'obtenir la lumière, moyens que la com­munauté tient pour éminents et saints.

Q. : Qu 'est-ce qu 'un tel moyen ?

R. : Il s'agit d'une action visible par laquelle une force invisible réa­lise une perfection intérieure.

Q. : Combien y a-t-il de ces moyens ?

R. : Sept, et ils sont en analogie avec les sept sacrements. 1. Le bap­tême, par l'eau et la lumière. 2. La confirmation de la matière selon l'eau et la lumière. 3. La purification. 4. La réception de la lumière d'en haut dans l'essence et la substance. 5. La sanctification et le perfectionnement de l'objet (Sache). 6. L'huile d'en haut. 7. L'association du feu et de la lumière en un corps parfait.

Q. : Qu 'est-ce que le baptême par la lumière ?

R. : C'est le premier et le plus nécessaire des moyens d'association ; grâce à lui, la matière est purifiée par l'eau et par la parole agissant dans l'eau, et est reproduite en tant que corps nouveau et priait dans l'être de lumière.

Q. : Qu'est-ce que la confirmation ?

R. : La confirmation par la lumière est un moyen d'association par lequel la matière, préparée comme il est dit plus haut est fortifiée par l'huile de lumière et par l'esprit qui s'y trouve, et est rendue davantage capable de perfection.

Q. : Quel est le troisième moyen d'association ?

R. : C'est celui par lequel la lumière et le feu, sous les espèces formelles des principes du pain et du vin, reçoivent leur essence, dès qu'un prêtre ordinaire de la nature sait transformer ces prin­cipes sur l'autel.

Q. : Quel est le quatrième moyen d'association ?

R. : C'est le moyen grâce auquel le prêtre de la nature, capable de lumière, purifie la matière réceptive à la lumière, et à lui-même tous les effets de l'imperfection.

Q. : Quel est le cinquième ?

R. : C'est le moyen d'association grâce auquel la force pure de lumière, sous forme d'huile, se rehaussé jusqu'à la perfection des forces guérissantes.

 Q. : Que/ est le sixième ?

R. : Le sixième est celui grâce auquel la matière est sanctifiée et ren­due capable de lumière par 7 forces agissantes.

Q. : Quel est le septième ?

R. : C'est l'association parfaite de la lumière avec le feu grâce à un être intermédiaire qui émane de la lumière et du feu, et qui réalise la plus parfaite de toutes les associations.

CHAPITRE TROISIÈME

Des 10 commandements de la lumière

Q. : Quel est le chapitre troisième de la communauté de lumière ?

R. : Les 10 commandements de la lumière, au sujet desquels il est écrit : Si tu veux réaliser quelque chose, réalise-le par l'exécution des com­mandements ou de la loi.

Q. : Quels sont les 10 commandements de la lumière ?

R. : Ce sont les suivants :

1. Il n'y a pas plus d'une matière. 2. Les propriétés de cette matière doivent être utilisées dans l'ordre. 3. Dans 6 actions, la matière achève son travail journalier, puisque 3 forces produisent 3 êtres et elle se repose dans la septième force, en tant que plénitude de ses actions ; cette septième force doit être sainte pour toi en tant que sabbat de la lumière. 4. La lumière et le feu, en tant qu'élément passif et actif doivent t'inspirer le respect ; car le feu est l'élément mâle et la lumière l'élément femelle — ils sont le père et la mère de toutes choses. 5. Ne ravis pas à la lumière ce qui vivifie, afin que la matière, qui doit être rehaussée, ne meure pas. 6. Ne mélange pas ton ouvrage hors de l'ordre établi. Toute chose a son temps et ses rotations. Il est de ton devoir d'unir les forces dispersées. 7. Ne soustrais pas leurs propriétés à la lumière et au feu ; il est du devoir du sage de les faire agir entièrement. Il laisse à chacun ce qui lui appartient. 8. Ne prends pas pour vraie une fausse apparition, et n'accepte rien d'impur et d'étranger, qui ne serait pas capable d'absorber la lumière, afin que l'artifice ne te donne pas une fausse image. 9. L'esprit émanant' de la lumière et du feu ne désire aucune chose qui soit encore liée à d'autres, et qui ne soit pas détachée. 10. Par ailleurs, cet esprit ne désire aucune matière qui lui soit étrangère et non semblable.

Q. : En quoi consiste le contenu principal de ces lois de la lumière ?

R. : En ce que la lumière doit pénétrer entièrement ta matière ou substance,, afin que le feu soit entièrement uni par la lumière, et que l'esprit émanant de la lumière et du feu vivifie entièrement ta matière. Ceci est la première loi.

La seconde est similaire à celle-ci, à savoir : Tu dois traiter de la même manière la matière que tu travailles, et toute autre essence que tu veux amener à la perfection.

C'est à ces deux conditions principales que se rattache toute la science de la lumière, et tous ceux qui y adhèrent.

Q. : Quels sont les commandements de la communauté de lumière qui travaille ?

R. : Ils sont au nombre de cinq. Premièrement : Respecte, en tant que sacrés, les moments de repos dans le travail ; car la lumière a ses sab­bats, et le travailleur doit les fêter. Deuxièmement : Au cours de ces fêtes de lumière, consacre la substance du saint sacrifice ; laisse, par l'eau de lumière, le pur se séparer de l'impur, l'actif de l'inactif. Troisièmement: Dans ton travail, abstiens-toi de tout ce qui est contre la loi de lumière, aussi bien dans les forces et actions que dans les formes et essences  des choses ; celles-ci sont les 4 quatembres de l'école de lumière. Quatrièmement : Essaie, au moins une fois l'an, de discuter avec un ami raisonnable du progrès que tu fais, et de découvrir ce qui te gaie, afin que tu aies un soutien sur ton chemin, qui te mène à la perfection Cinquièmement : Aux époques que te désigne la raison, abstiens-toi aussi bien d'ouvrir ton cœur à d'autres que de te lier prématurément.

Q. : Pourquoi faut-il respecter les commandements de la communauté de lumière des vrais connaisseurs de la nature ?

R. : Parce que les lois de la lumière, ou conditions de la lumière, commandent que l'homme n'obéisse pas seulement à ce qui est nécessaire, à l'intérieur de la nature, pour atteindre le but fixé, mais éga­lement à ce qui est exigé à l'extérieur à cette fin ; en effet, le quatrième commandement de la lumière suppose ces exigences, et quiconque ne respecte pas ses bonnes ordonnances et ses préceptes sera tenu pour un pro fane et un homme de chair qui ignore les lois de l'esprit.

CHAPITRE QUATRIÈME

Q. : Quel est le chapitre quatrième de la communauté de lumière intérieure des véritables connaisseurs de la nature ?

R. : C'est la connaissance de l'analogie du saint Pater-noster adhérent , et du saint salut angélique adhérent, avec la force naturelle et la forme, naturelle la plus pure.

Q. : Quelle est cette analogie ?

R. : 1. Force suprême de la lumière, toi qui es le divin dans la nature, et qui demeures au plus profond de celle-ci comme dans le ciel, que soient sanctifiés tes attributs et tes préceptes. 2. Où tu es, tout est parfait ; que le règne de ta connaissance arrive parmi les tiens. 3. Que, dans tout travail, notre volonté unique soit toi, force de lumière qui agis Par toi-même ! Et de même que tu réalises tout dans la nature entière, réalise tout, également, dans notre travail. 4. Donne-nous de la rosée du ciel et du gras de la terre, les fruits du soleil et de la lune venant de l'arbre de la vie. 5. Et pardonne-nous toutes les erreurs que nous avons commises, faute de te connaître, dans notre travail, comme de notre cité nous voulons faire sortir de leur erreur ceux qui ont offensé nos principes ; ne nous abandonne pas à notre présomption et à notre propre science, mais délivre-nous de tout mal par l'achèvement de ton oeuvre. Amen.

 Analogie de l'Avé

Sois la bienvenue, source pure du mouvement propre forme pure capable de recevoir la force de lumière ! A toi seule s'unit la force de lumière de toutes choses. De toutes les formes réceptives, tu es la plus bienheureuse, et saint est le fruit que reçois, l'essence de la lumière et de la substance de chaleur unies. Forme pure, qui a engendré l'être le plus parfait, lève-toi pour devenir force de lumière pour nous, pendant que nous travaillons, et à l'heure où nous achevons l'ouvrage !

Q. : Quel est le contenu principal de tout le Pater-noster des enfants de lumière et de son analogie dans la nature ?

R. : Ils prient pour la somme de tous les biens spirituels et temporels pour le salut de l'âme et de la vie, pour obtenir de Celui qui est la force de lumière suprême — le divin dans la nature — la grande œuvre de la nature ; ils prient pour que Dieu les guide vers la sagesse, les préserve des erreurs dans leurs travaux, et leur enseigne à être bienfaisants envers les hommes, leurs frères, afin que soit réalisé ce que Dieu a promis aux des­cendants d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, et que l'alliance de Dieu avec les hommes soit exécutée.

Q. : Pourquoi les enfants de lumière ont-ils également une analogie du salut angélique ?                      

R. : Afin que, non seulement, ils admirent ta grandeur de Dieu dans ta force toute-puissante de la nature (avec laquelle le Christ a une analo­gie), mais qu'également ils reconnaissent la splendeur de la forme virgi­nale la plus pure, dont l'analogie est la vierge Marie et à laquelle s'est unie la force supérieure afin de produire ce qui existe de plus parfait. Car, de même que le Saint-Esprit s'est uni à la vierge Marie pour pro­duire l'homme spirituel le plus parfait, de même l'esprit le plus pur de la nature s'unit à la matière la plus pure pour produire la forme physique la plus parfaite, le Rédempteur physique de la nature, qui amène à la perfec­tion tous les autres objets physiques, ce qui constitue le secret des sages. C'est pourquoi cet art ne peut être compris que de celui qui adhère au Christ ; et seules les analogies de la religion nous entraînent vers la connaissance suprême ; de même que l'expérience acquise par les enfants de lumière les conduit, également par analogie, à la connaissance des plus hauts mystères de la foi.

Q. : Ne suffit-il pas qu'un enfant de lumière sache et connaisse tout ce qui lui est prescrit ?

R. : Non ! Cela ne suffit pas, il doit également le pratiquer, et démontrer sa connaissance par ses œuvres ; c'est là-dessus qu'est fondée la science de la dissociation es enfants de lumière, science qui est en analogie avec la justice chrétienne.

CHAPITRE CINQUIÈME

Q. : Quel est le chapitre cinquième des enfants de lumière ?

R. : Il se compose de deux parties, à savoir qu'un adhérent de la lumière doit, par la grâce d'en haut qui est notre rosée, notre +, purifier partout l'impur, et réaliser le bien ; car la connaissance doit concorder avec l'exécution : cela veut dire que la théorie et la pratique doivent concorder ; ce n'est pas assez, pour un connaisseur de lumière, de connaî­tre l'art, il doit aussi savoir le pratiquer ; le savoir seul ne justifie pas, il faut aussi la pratique.

Q. : Quel est le mal qu'il faut fuir le plus dans notre science de la lumière ?

R. : Ce qui risque de priver l'homme de ce bien naturel suprême qui est la plus haute perfection de la nature.

Q. : Quels sont les principaux péchés ou erreurs que l'on peut commettre dans l'opération ?

R. : Ce sont les actions qui — aussi bien à l'égard de l'opération que dans l'application de ce trésor après l'opération — sont contraires aux fins de Dieu ; plus précisément, ce sont les suivantes : La trop forte éléva­tion par le feu. La trop forte concentration.Le gaspillage. L'excessive parcimonie de matière. La surcharge. L'inflammation. Le refroidissement. Au sujet de ces péchés principaux et mortels,,, qui tuent l'esprit, il est écrit : ceux qui le commettent n'obtiendront pas la perfection suprême dans la nature physique.

Q. : Combien y a-t-il d'infractions, ou de péchés chimiques, contre l'esprit de la nature ?                            

R. : 1. Tout bâtir sur cet esprit, présomptueusement, sans indulgence et sans raison, pécher contre sa miséricorde. 2. Désespérer aussitôt, lorsqu'on ne voit pas immédiatement son effet. 3. S'opposer à la connais­sance des vérités chimiques. 4. Jalouser ses frères pour la grâce dont ils bénéficient. 5. Endurcir son cœur contre les exhortations les plus salutai­res. 6. Demeurer dans l'ignorance. Ces infractions sont sans pardon, car elles ne pourront jamais être compensées dans l'ouvrage.

Q. : Quelles sont les infractions qui crient au ciel ?

R. : 1. Détruire délibérément l'ouvrage. 2. Profaner l'ouvrage. 3. En abuser pour opprimer les hommes. 4. Supprimer, à celui qui y a participé, son salaire mérité.

Q. : Quels sont les péchés chimiques étrangers ?

R. : 1. Conseiller à autrui l'erreur chimique. 2. Inciter autrui au Péché. 3. Consentir à l'erreur d'autrui. 4. Louer l'erreur d'autrui. 5. Se taire en présence de l'erreur d'autrui. 6. Fermer les yeux sur l'erreur d'autrui. 7. Participer aux erreurs d'autrui. 8. Défendre ces erreurs.

C'est ainsi que nous participons aux erreurs d'autrui, comme si nous les avions commises nous-mêmes.      

Q. : Suffit-il, lorsque l'on est en possession de l'ouvrage, de délaisser le mal et d'éviter le péché ?

R. : Non ! Il faut faire aussi le bien ; car Dieu n'accorde cette grâce qu'afin que l'homme ainsi gratifié puisse apporter les fruits mûrs de la perfection. Il doit également mener une vie juste et pieuse devant Dieu et devant les hommes, et, par de bonnes œuvres, faire honneur à sa haute vocation.

Q. : Combien y a-t-il de bonnes œuvres ?

R. : Trois.

1. Le sage doit avoir son âme toujours orientée vers Dieu et la sagesse. 2. Qu'il s'abstienne de tout ce qui n'est pas divin et sage. 3. Qu'il remédie partout aux besoins des hommes, ses frères.

Q. : A quoi servent les bonnes œuvres ?

R. : Les bonnes œuvres servent à rendre heureux tant l'individu que l'univers entier.

Q. : Quelles sont les œuvres corporelles de la miséricorde que peut réaliser le sage lorsqu'il a atteint la perfection suprême de la nature phy­sique ?

R. : 1. Il peut nourrir ceux qui ont faim. 2. Faire boire ceux qui ont soif. 3. Vêtir ceux qui sont nus. 4. Héberger les étrangers. 5. Guérir les malades. 6. Eveiller la matière morte.

Q. : Quelles œuvres spirituelles peut pratiquer ce même sage ?

R. : 1. Il peut punir le péché. 2. Informer les ignorants. 3. Prodi­guer ses conseils à ceux qui doutent. 4. Consoler ceux qui sont affligés. 5. Souffrir patiemment l'injustice.

Q. : Quelles sont les huit félicités chimiques ?

R. : Ce sont celles qui sont obtenues par la jouissance et la posses­sion de la plus haute perfection de la nature en tant que bien naturel suprême, et qui sont enseignées par saint Jean dans l'Apocalypse d'après la révélation du Seigneur. 1. A celui qui l'emportera, je donnerai à manger du fruit de l'arbre de la vie, qui se trouve dans le paradis de mon Dieu. 2. Celui qui l'emportera ne sera pas offense par la seconde mort. 3. A celui qui l'emportera, je donnerai à manger du pain céleste caché, et je lui donnerai une pierre blanche sur laquelle sera écrit un nouveau nom que personne ne comprend, sauf celui qui possède la pierre. 4. A celui qui l'emportera et qui gardera mon œuvre jusqu'à sa fin, je donnerai la puissance sur les nations ; et il mènera les peuples avec une verge de fer, et il les brisera comme les vases d'un potier ; il aura ce que j'ai hérité du père, et je lui donnerai une étoile du matin. 5. Celui qui l'emportera sera habillé de blanc, et je n'effacerai jamais son nom du livre de la vie, et je le confesserai publiquement devant mon père et les anges. 6. Celui qui l'emportera sera une colonne dans le temple de mon Dieu, et j'inscrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville sainte qui est la nouvelle Jérusalem descendant du ciel, et il saura mon nouveau nom. 7. Celui qui l'emportera, je le laisserai s'asseoir sur mon trône, tout comme je suis assis sur le trône de mon père parce que je l'ai emporté. 8. Celui qui sera le vainqueur obtiendra, par le droit de la suc­cession, tout ce qu'il désire et souhaite de moi ; je serai Dieu, et il sera mon fils.

Q. : Quels sont, dans cet art, les conseils évangéliques ou célestes ?

R. : Ils sont au nombre de trois : 1. Rester pauvres dans la richesse. 2. Rester abstinents, alors que nous pouvons jouir de tout. 3. Rester obéissants, alors que nous pouvons commander.

Q. : Quelles sont les 4 choses dernières ?

R. : 1 : La mort, en tant que mortification de la matière. 2 : Le juge­ment, ou la dissociation 3 : de ce qui est céleste et vivant 4 : vis-à-vis de ce qui est terrestre et mort. Pense, ô homme, pendant ton travail, à ces quatre choses dernières, et tu ne failliras pas dans ton ouvrage.

REMARQUES FINALES

La force la plus subtile est unie dans l'aimant à la matière la plus grossière.

La force divisible est apparentée au point indivisible.

Expérience

On peut décomposer l'aimant en autant de points que l'on veut ; les morceaux maintiennent ensemble les points et les pôles similaires.

Ce qui, dans le cas de l'aimant, se manifeste dans les parties exté­rieures, paraît se situer de façon imperceptible dans tous les corps. Sans aucun doute, tous ont leurs points et pôles des forces par lesquelles ils s'unissent à des corps similaires et repoussent les corps dissemblables.

D'après le principe de base Principium infinitorum similium, la struc­ture de l'univers entier, dans ce qu'il contient de plus grand et de plus petit, paraît cohérente et régie par des rapports magnétiques ; ainsi, ces rapports associent le plus subtil au plus grossier, et le plus grossier au plus subtil — tout cela suivant un ordre cohérent. L'égalité et l'inégalité découlent, toutes deux, d'un récipient unique qui est la force.

Problèmes

1. Comment une grandeur peut-elle être divisée en d'innombrables autres, de telle sorte que, du plus petit au plus grand, subsiste néanmoins toujours un rapport semblable ?

Ou bien : comment faire pour que d'innombrables puissances et séries de nombres (actus) se suivent les unes les autres en gardant une dépen­dance constante, de telle sorte que, dans l'infini, subsiste un rapport simi­laire ?

Ou bien : comment la force intérieure doit-elle être raccordée à la force extérieure pour que la forme cachée soit tournée vers l'extérieur? Etant donné que, dans les miroirs paraboliques, le foyer, se situe entre les tangentes et les sécantes, ne faudrait-il pas ajuster les tangentes aux sécantes si l'on veut atteindre le point le plus interne avec la forme extérieure selon des angles égaux ?                                       

Ne serait-ce pas possible de faire se rejoindre, dans l'air, en un ce tain endroit, les points harmoniques ? Que veut dire : faire la quadrature du cercle ? Ne serait-il pas contraire à la nature des choses d'imaginer que « faire la quadrature du cercle » signifie que l'on veut exprimer un cercle par un carré ? « Faire la quadrature d'un cercle », cela ne veut-il pas dire plutôt épuiser un espace cyclique avec des nombres rationnels, de telle sorte que, du plus petit au plus grand, il subsiste un rapport précis ? Comment trouver la racine et l'aire de chaque carré irrationnel ? Et comment la vraie proportion des lignes laté­rales et perpendiculaires ? Comment démontrer, à partir du contenu rationnel du triangle équilatéral (sans connaître à l'avance la ligne de carré de celui-ci), combien de pieds ou fragments contient le carré du triangle ? Qu'entendaient les anciens, en fait, par quadrature, et qu'entendaient-ils par Arithmetica novenaria ? Et quelles découvertes ferait le monde si 1''Arithmetica novenaria était associée à la quadrature ? Dans la physique, le Principium infinitorum similium ne règne-t-il pas en tant que Principium cognitionis ? Et dans la métaphysique et la théologie, le Principium unitatis ne peut-il pas être le Principium conscientiae ? Grâce à ces deux principes, l'éphémère et le passager ne peuvent-ils pas être saisis et rendus permanents ? N'est-ce pas une loi éternelle qui veut que le spirituel trouve sa subsistance dans le corporel, et que le spirituel soit enfermé dans un espace corporel ?

Cette corporéité ou ce « en quoi » , n'est-ce pas quelque chose qui pourrait être exprimé par le mot « espace » , une forme corporelle à l'intérieur de laquelle agit le spirituel ? N'y a-t-il pas 3 principes de base, et ceux-ci n'agissent-ils pas sous forme de 7 for­ces  ? Ces 3 principes de base ne sont-ils pas 3 sources d'auto­mouvement qui amènent 7 formes  à l'intérieur d'une même conception, les trois premières formes constituant le premier principe, la quatrième et la cinquième constituant le second principe, et la sixième et la septième constituant le troisième principe ?

En considérant l'univers, maintenu ensemble de façon aussi im­muable, l'être raisonnable doit conclure qu'il existe un éternel et indissolu­ble lien de la divinité qui maintient tout ensemble. Cependant, on voit aussi, dans le monde matériel, la fragilité ou l'éphémère, et dans l'éphé­mère l'impérissable.

L'homme peut connaître cela ; pour qu'il ait cette connaissance, il lui faut toutefois quelque chose qui la lui rende possible. Cette chose est la lumière intérieure, ou l'âme ; et d'autre part, la chose qui rend tout visible, c'est la lumière extérieure.

L'âme dont nous parlons est inconnue de l'homme en tant que lumière, aussi longtemps qu'il n'est pas né de Dieu, c'est-à-dire aussi longtemps qu'il considère les choses dans son esprit et dans l'esprit naturel et non dans l'esprit divin. Lorsqu'il commence à considérer Dieu dans notre esprit, il voit que Dieu est en dehors de tout espace et de tout temps de tout lieu et de tout mouvement ; et que néanmoins il doit y avoir en Dieu quelque chose qui se meut, qui ordonne l'espace et le temps, le lieu et toutes choses. Ce quelque chose, c'est la Parole, la Sagesse et la Splendeur de Dieu, et cette parole n'est pas une essence  idéale, mais quelque chose de corporel , par quoi le divin et l'humain dans sa forme la plus pure, le suprasensible et le sen­sible, le spirituel et le physique agissent conjointement :

    sur la réceptivité de l'homme vis-à-vis du divin ;

    sur la capacité d'élévation de l'homme charnel jusqu'au suprasensible ;

    sur la capacité du matériel  de se magnifier, pour se transformer en spirituel.

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Published by Karl Von Eckartshausen - dans Alchimie
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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 07:44

I. – De Quelques Méprises

Pour le commun des mortels, comme sans doute pour certains alchimistes (ou se croyant tels), l’alchimie est essentiellement « l’art de faire de l’or ». L’unique différence entre ceux-ci et ceux-là, c’est que les premiers tiennent un tel art pour chimérique alors que les seconds en affirment la réalité.

Quant aux profanes «éclairés», voire aux gens de science, leur appréciation est plus nuancée. S’ils supposent, en général, que la chimie a fait prompte et roide justice des recettes bizarres ou fallacieuses dont foisonnent les élucubrations des adeptes, ils concèdent, en revanche, que les théories scientifiques les plus récentes recoupent sur bien des points les idées des hermétistes (leurs « rêveries », disait-on encore aux jours, pas si lointains, de la chimie lavoisienne). Les conceptions d’aujourd’hui sur l’unité de la matière, sur l’inanité de la notion de corps « simples », sur la possibilité d’en opérer la transmutation, sur l’analogie universelle (l’atome, disent les savants, est un petit système solaire), etc., sont un involontaire hommage rendu aux hermétistes qui, de tous temps, n’ont jamais dit autre chose.

Peut-être, avant de condamner en bloc des opérations et manipulations apparemment défectueuses, les savants en place feraient-ils bien de se demander comment ces fols d’alchimistes ont pu tirer des principes aussi justes d’expériences aussi fallacieuses, alors que la chimie, depuis Scheele et Lavoisier, partant d’expériences rigoureuses, a dû brûler plus d’une fois ce qu’elle adorait la veille ? Inutile d’entamer ici des controverses superflues. Au surplus, l’alchimie – vraie – n’a nul besoin d’aller quémander quelque justification que ce soit chez les tenants de la moderne physicochimie.

Bien au contraire ! Car c’est peut-être pour avoir succombé à cette manie d’approbativité, pour avoir cédé au chimérique espoir de convertir quelques profanes aux convictions des fils d’Hermès que, de concessions en abandons, la plupart des hermétistes ont fini par se cantonner au seul domaine de la transmutation métallique, surtout depuis deux ou trois siècles – du moins dans leurs écrits publics. Et l’impression que l’alchimie n’est rien de plus qu’une sorte de mauvaise chimie, compliquée d’idées biscornues et de prétentions extravagantes, est bien celle que doit éprouver le profane en les lisant sans préparation.

Or, ce qui devait arriver arriva. Quelques chimistes, séduits par la largeur des vues philosophiques des disciples d’Hermès et impressionnés par leur unanimité doctrinale, ont cru de bonne foi qu’il suffirait de « rajeunir » une terminologie désuète, de transposer en termes de chimie moderne des manipulations décrites à demi-mot et de faire abstraction de la partie « mystique » de la doctrine pour réconcilier les inconciliables. Mais leurs efforts, en porte-à-faux, n’aboutirent qu’à créer un monstre hybride, baptisé « hyperchimie » et dont – à juste titre – ni chimistes ni alchimistes ne se soucièrent d’endosser la paternité, nul n’y reconnaissant plus les siens ! Les hyperchimistes, dont François Jollivet-Castelot fut le type le plus représentatif (1), restèrent à une ou deux exceptions près (Delobel, par exemple) des « souffleurs » patients et tenaces autant que mal inspirés et malchanceux. Précédent à méditer…

II. – La vivante Alchimie

Certes, la transmutation des métaux par voie alchimique est – toute théorie mise de côté – un fait sur lequel il est difficile d’ergoter. Et le seul livre du très officiel Louis Figuier, L’Alchimie et les Alchimistes, mentionne deux ou trois exemples de transmutations par projection (dont celle du savant Van Helmont, adversaire déclaré de l’Alchimie, offre toutes les circonstances de contrôle et d’impartialité souhaitables), dont une seule suffirait à prouver la réalité de l’art transmutatoire et l’avance considérable prise par les hermétistes sur MM. les physico-chimistes, nonobstant leur manque de fours électriques et de cyclotrons.

Mais la partie n’est pas le tout et si l’Alchimie n’était qu’une sorte de chimie transcendante ou de métallurgie secrète, nous ne pourrions l’estimer au point de rompre une lance en sa faveur.

Si l’or et les passions qu’il suscite, l’or et les maux qu’il provoque, l’or et les crimes qui lui font cortège avait été l’unique ou le principal but poursuivi par les alchimistes, si son éclat fascinateur avait été l’unique lumière de leur âme, nous ne pourrions que les plaindre et tenir à bon droit pour folie leur prétendue sagesse.
Mais en est-il vraiment ainsi ?

Si nous lisons de véritables initiés à la science d’Hermès, tels que Khunrath, Jacob Böhme, d’Eckhartshausen, Grillot de Givry ou l’admirable auteur de l’Hortulus Sacer, nous finissons par nous apercevoir que tout en discourant aussi de l’Œuvre métallique, ils parlent surtout d’autre chose.

Qu’est-ce à dire ?

Exposons le comme nous l’avons compris, sans prétendre avoir tout compris.

L’Alchimie vraie, l’Alchimie traditionnelle, est la connaissance des lois de la vie dans l’homme et dans la nature et la reconstitution du processus par lequel cette vie, adultérée ici-bas par la chute adamique (2) a perdu et peut recouvrer sa pureté, sa splendeur, sa plénitude et ses prérogatives primordiales : Ce qui, dans l’homme moral s’appelle rédemption ou régénération (3) ; réincrudation dans l’homme physique ; purification et perfection dans la nature, enfin, dans le règne minéral proprement dit : quintessenciation et transmutation.

Son domaine embrasse donc tout le créé (4) et, pour l’humanité militante, toute la portion du créé qu’elle a entraînée avec elle dans sa déchéance et qui doit ressusciter avec elle et par elle, telle qu’elle fut avant la Transgression.

Quoique son domaine le plus central soit le plan spirituel, l’Alchimie connaît cent applications plus ou moins contingentes, à tous les degrés et sous tous les aspects de la vie.

Il existe donc une alchimie intellectuelle, une Alchimie morale, une sociale, une physiologique, une astrale, une animale, une végétale, une minérale, et bien d’autres encore. Mais l’Alchimie spirituelle demeure le modèle, la clé et la raison des autres. Et, conformément à l’énoncé d’Hermès dans la fameuse Table d’Émeraude, la connaissance d’une quelconque de ces adaptations (5) découvre implicitement celle de toutes les autres. L’univers est un et cette unité est le sceau de la Vérité.

Or le suprême Grand-Œuvre, le seul qui se puisse appeler sans outrance « la Voie de l’Absolu », c’est la réintégration de l’homme dans sa dignité primordiale (6) selon un processus rarement réalisé ici-bas (mais non irréalisable), processus que les anciens appelaient, croyons-nous, « l’Œuvre du Phénix » et qu’on peut lire, ici et là, entre les lignes de certains passages de la Bible, des Évangiles, de l’Apocalypse et de quelques ouvrages, rosicruciens ou autres, dont plus d’un ne semble pas traiter, à première vue, de ce qu’on entend vulgairement par « alchimie ».

Et cet Œuvre-là n’est ni du goût, ni dans les cordes des amateurs de « petits particuliers », des collectionneurs de recettes bonnes seulement à torturer inutilement les métaux, des fabricants d’homuncules, des distillateurs d’herbes, de sang, de moelle ou de sperme, ni de ceux qui ne rêvent de longévité corporelle que dans l’espoir misérable de rééditer les folies et les désordres d’une jeunesse tumultueuse !

Il est même, assez probablement, hors de la portée de plus d’un adepte admiré comme tel pour sa réussite, réelle ou supposée, dans le domaine de l’Alchimie métallique.
Car cette science (à tous les degrés de sa réalisation, y inclus la Pierre transmutatoire) est science de vie, science vive, science vivante à jamais – et science des Vivants (7). Et seuls les « Vivants » peuvent la pratiquer intégralement sans mensonge et sans dommage (8).

Telle est l’origine des malheurs qui ont émaillé, et parfois clos, l’existence de pas mal de faiseurs d’or qui n’étaient, hélas, rien de plus que des « faiseurs d’or » – sans parler de ceux qui ne furent que des « voleurs d’or » (9).

Il n’y a que celui qui a régénéré, avec l’assistance d’En-Haut, ses propres métaux microcosmiques et les a dépouillés de la lèpre des sept péchés qui peut de plein droit, de droit divin, régénérer à son gré les métaux physiques. Celui-là n’agit qu’à bon escient, dans la Lumière du Verbe (10).

Les autres – qui n’en sont pas là – ou bien font du Grand-Œuvre une simple opération magique (car l’on peut réaliser des transmutations apparentes par voie magique, mais ceci n’a rien à voir avec l’Alchimie) ou bien ont vu leurs efforts, leurs souffrances, leurs travaux, leur persévérance et leur charité couronnés d’or – physique – par la bonté du Ciel toujours indulgent envers les débutants de bon vouloir ; ou bien encore ont eu pour toute sagesse l’art d’écouter aux portes et d’espionner par le trou des serrures (11). Ceux-là, s’il en est qui aient réussi, se sont forgé avec leur or maudit une chaîne plus lourde que celle de bien des criminels de droit commun.

Il a été fait mention, quelques lignes plus haut, d’une catégorie de chercheurs, parfois heureux, qui représentent, pensons-nous, l’honnête moyenne des hermétistes. Ceux-là en sont, intérieurement, aux préliminaires de l’Œuvre du Phénix. Le Ciel (eu égard á leur bonne volonté et aux difficultés du début de la Voie) les inspire soit directement par une révélation intérieure, soit indirectement en les orientant vers un véritable Maître, leur permet d’accéder aux connaissances adéquates à telle partie de la science et met à leur portée les moyens de réalisation. Ceux-là ont aussi mandat d’agir, mais dans certaines limites et sous certaines conditions (dont le désintéressement, la patience dans les épreuves, la charité et l’humilité sont le plus universellement requises).

Mais ce droit est une grâce spéciale, par laquelle le Ciel escompte leur bonne volonté et fait crédit à leurs mérites.

III. – De l’Œuvre mystique et de l’Œuvre physique

En résumé, l’homme régénéré est la pierre philosophale de la nature déchue, de même que l’homme non régénéré est la materia bruta de ce Grand-Œuvre dont le Verbe divin est l’Alchimiste et l’Esprit Saint le feu secret : il y a deux Voies dans l’Œuvre, mais il n’y a qu’un Agent : l’Amour ! Et tous les vrais hermétistes chrétiens (12) – non les souffleurs – sont unanimes sur ce point (13) comme sur celui de la subordination de l’Œuvre physique à l’Œuvre mystique (14).

Quant à l’homme « physique », son Grand-Œuvre est sa transformation en « corps glorieux », en corps régénéré et incorruptible(15). Et cette transformation (d’une absolue rareté) n’est possible que parce qu’il n’en diffère que du fait de cet accident, de cet obscurcissement que la tradition chrétienne nomme la Chute. Le corps glorieux, c’est le corps de l’homme tel qu’il était avant la Chute (et ceci touche à un des aspects de la « résurrection de la chair ») ; le corps physique, c’est le corps glorieux tel que l’a transformé la Chute, rendu corruptible par les impuretés hétérogènes de tous les lieux traversés par lui lors de sa descente ici-bas (impuretés dont la racine est le « gluten » ou matière du péché dont parle à diverses reprises ce véritable alchimiste que fut d’Eckhartshausen).

Comme dans l’interne des métaux, il y a dans l’interne de l’homme une certaine « terre vierge », que les Aphorismes Basiliens nomment avec Paracelse le « limbe du grand et du petit monde » et que doit dégager des « immondices de la terre » et revivifier un « esprit tant du grand que du petit monde », pour suivre la même terminologie. Comme le dit Jacob (Révélation alchimique) : « La fin du grand œuvre est (pour l’adepte) de se débarrasser quand il voudra de la chair corruptible sans passer par la mort ».

Et St Paul ne nous dit-il pas que ce qui est semé corruptible est fait pour renaître incorruptible ? Non pour être « détruit » mais pour être « transfiguré ». Et ceci vaut universellement.

Le Grand-Œuvre physique et le Grand-Œuvre mystique sont analogues mais point identiques. Avoir réalisé le dernier c’est pouvoir réaliser souverainement le premier ; avoir réalisé le premier, c’est savoir quel chemin peut conduire à la réalisation du dernier mais ce n’est pas forcément avoir parcouru ce chemin. La nuance est de première importance.

IV. – Méthode Alchimique et Méthodes Profanes

Puisque nous parlons du Grand-Œuvre, profitons-en pour revenir sur un point capital, déjà effleuré, c’est-à-dire sur l’abîme qui le sépare des essais de transmutation par voie physico-chimique, essais auxquels la dissociation atomique donne un regain d’actualité.

Tout d’abord, remarquons à quels frais, avec quel gaspillage d’énergie, dans quels laboratoires titanesques (que nulle fortune privée ne pourrait s’offrir le luxe de financer) opèrent, en rangs serrés, nos modernes Faust. Cela pour aboutir d’ailleurs à des « transmutations » de l’ordre de un dix-millionième de gramme.

C’est la montagne qui enfante d’une souris !…

En regard, le Grand-Œuvre physique ne nécessite que quelques corps assez répandus, un peu de charbon, deux ou trois vases très simples, aucune des sources d’énergie que consomme, en véritable ogresse, la science actuelle et peut être accompli en entier par un seul homme avec patience et longueur de temps. Ceci pour obtenir des transmutations éventuellement massives.

Autre chose. La science d’aujourd’hui, dans sa furie de disséquer la matière aboutit, somme toute, à faire exploser l’atome en le désintégrant brutalement. Cet aboutissement lui interdit évidemment tout nouveau pas en avant dans la connaissance des choses, du moins par cette voie. Pour faire une comparaison grossière et regrettablement irrévérencieuse, nous ne voyons pas une bien fondamentale différence entre le geste du savant qui met l’atome en charpie afin de le mieux connaître et le geste de l’enfant qui brise un jouet mécanique dans le naïf espoir de « savoir ce qu’il a dans le ventre », comme on dit ! Seulement, le premier jeu s’avère infiniment plus dangereux que le second..

Et, en dépit d’une terminologie barbare qui s’allonge tous les jours, où les ions, les électrons, les protons, les neutrons, les deutons et autres ingrédients de la cuisine nucléaire jouent un rôle impressionnant, la matière demeure « terre inconnue ».

Comme si l’on pouvait, d’ailleurs, expliquer la matière par la matière ? …

Aussi, le bombardement atomique n’a pas fait exploser que l’atome. Il a mis en pièces du même coup tout l’édifice scientifique moderne. Et c’est au seuil de nos super-laboratoires qu’on pourrait graver la phrase fameuse : « Vous qui entrez ici, laissez toute espérance ? »

Et ceux qui y entrent – les « initiés » tout au moins – ont en effet peu d’illusions quant à la valeur philosophique et métaphysique (16) de leurs recherches. Et sans doute également quant à leur contribution au bonheur de l’humanité…

Puisque nous parlons de désintégration atomique, rappelons un petit fait qui pourrait nous rendre enclins à quelque modestie.

Lors de certaines expériences métapsychiques on a vu des objets matériels – une bague en or, par exemple – dématérialisés sous les yeux des spectateurs, sans bruit ni explosion gigantesque, ni cyclotron. Puis on les a vus se rematérialiser quelques minutes plus tard, sans altération de poids, de substance ou de forme.

C’est que, dans la désintégration de la chimie nucléaire, les seuls éléments mis en œuvre sont des forces physiques, matérielles, et des agrégats de matière physique. Le résultat ne peut donc être qu’un changement d’équilibre matériel entre les dits éléments, quel que soit le degré de subtilité qu’on accorde à certains d’entre eux. Il ne s’agit toujours que de la matière en action sur de la matière, sous cette même modalité qui constitue la forme du monde où nous passons en tant que matériellement vivants. La vie et la matière, en tant que revêtues d’autres états – parfaitement inaccessibles aux investigations de la physico-chimie moderne – interviennent dans la désintégration métapsychique ci-dessus relatée, comme dans tout travail hermétique normal.

Non, cent fois non, la voie royale de l’hermétisme ne passe pas et ne passera jamais par les laboratoires de la science officielle, luciférienne dans ses principes et dans son inspiration, comme aussi dans ses résultats humains.

Et la possession de cette science extérieure, n’est pas faite pour favoriser l’accès du sanctuaire alchimique, au contraire. Notre ami regretté Auriger (qui joignait à ses connaissances hermétiques celles de l’ingénieur-chimiste et était donc bien placé pour juger) nous écrivait peu avant sa mort : « L’Alchimie est évidemment sœur de la mystique, il suffit de lire Jacob Böhme pour s’en convaincre, et c’est dans ce sens que j’ai répondu ces jours-ci à votre ami N.., qui m’avait écrit. Il s’excusait presque d’ignorer la chimie ; c’est au contraire un atout dans son jeu et il ne risquera pas d’avoir l’esprit faussé par les théories modernes sur la constitution de la matière. La chimie, telle que nous la concevons à l’époque actuelle, peut sans doute jouer un rôle utile en biologie et parfois en thérapeutique, mais quant au reste je lui dénie tout intérêt. Son rôle pendant l’accomplissement du Grand-Œuvre ne vaut guère plus que celui de la chaisière pendant le Saint Sacrifice de la Messe ! Je crois que sa connaissance constitue plutôt un obstacle à la perception claire des buts et des méthodes de l’alchimie. » Tout commentaire affaiblirait la portée de cette opinion particulièrement autorisée.

V. – Simples aperçus sur le Grand Œuvre

En résumé, dans l’œuvre métallique, l’artiste utilise comme agent – et c’est par là qu’il se différencie le plus profondément du chimiste – une énergie vivante et universelle qu’il n’est pas utile de préciser pour l’instant. Comme substrat, il se sert d’une substance purifiée, ranimée par cette énergie universelle et portée progressivement par lui au degré requis pour opérer la transmutation ou réincruder le composé humain.

Dans l’Œuvre spirituel, même processus : purification, simplification, descente de l’Esprit (non plus universel ou cosmique mais divin). Ce qui constitue le véritable et définitif « baptême de feu » dont parlait St Jean-Baptiste et que le Verbe de Dieu peut seul conférer.

Non seulement la description de l’œuvre physique s’adapte strictement aux phases de l’Œuvre spirituel, mais il est possible de tirer d’une description de l’Œuvre spirituel une adaptation parfaite à l’œuvre physique (pourvu qu’on ait de l’un ou de l’autre un peu plus qu’une connaissance simplement livresque et superficielle).

La première partie de l’Apocalypse de Jean s’adresse « aux Sept Églises qui sont en Asie » et promettent au « vainqueur », entre autres récompenses, « les fruits de l’Arbre de Vie », « la Manne cachée et le caillou blanc où est écrit un nom nouveau », « l’Etoile du Matin », etc., autant de symboles voilant des réalités qui, pour être « spirituelles » n’en sont pas moins précises et fort peu nuageuses.

Or, fait digne de méditation, tout ceci a ses palpables correspondances dans l’Alchimie élémentaire, où l’œuvrant s’adresse « aux sept métaux qui sont en la terre » et où le « vainqueur du dragon » doit aussi trouver successivement l’arbre de vie (qui pourrait être le Mercuredes Sages), la manne cachée, l’étoile du matin, et ainsi de suite.

Ceux qui sont familiarisés avec l’hermétisme comprendront parfaitement ce dont il s’agit et nous sauront gré d’en remettre l’interprétation à des temps meilleurs.
Quant aux autres, nous ne leur conseillons nullement de se livrer aux difficiles travaux de l’Œuvre, s’ils ne se sentent intérieurement appelés. C’est ici le lieu de citer l’avertissement qui clôt la lettre d’invitation aux Noces chimiques, de Valentin Andreae :

Examine-toi toi-même.
Si tu ne t’es pas purifié assidûment
Les Noces te feront dommage.
Malheur á qui s’attarde là-bas.
Que celui qui est trop léger s’abstienne.

Avertissement qui rappelle, non fortuitement, l’épisode évangélique du convive qui n’avait pas revêtu son habit de noces et qui est rejeté « dans les ténèbres extérieures où il y aura des pleurs et des grincements de dents » (17) (Matthieu XXII).

Tout ce qui peut être dit sur la partie matérielle de l’Œuvre l’a été par les vrais adeptes, aussi complètement que possible. Ils ont seulement réservé ou décrit par énigmes lés travaux préparatoires, leur feu vivant et le nom de la matière brute d’où proviendra la pierre des philosophes. Ceux qui se sentent l’inspiration de travailler dans cette voie doivent s’adresser à eux et non à nous. Il nous suffira de leur donner quelques conseils très simples ou plutôt de les leur rappeler :

1° La vie minérale n’est pas une figure de rhétorique ; le minéral a sa fleur, son fruit, son temps de maturité.

2° Les opérations alchimiques sont – matériellement – simples. Parfois d’autant plus simples que leur description se fait plus compliquée.

3° Les conditions de temps et de température jouent un rôle capital. Comme les « vitamines » des aliments, les ferments métalliques se détruisent si la température dépasse le régime de cuisson requis.

4° Que l’inquisiteur de science se défie des petites recettes, qui traînent dans tant de bouquins : la Voie de l’Universel est universelle. Ce n’est pas que de telles recettes soient sans enseignement, mais elles ne valent que rapportées à la recherche de la voie, comme sujets de réflexions sur la marche de la nature et le sens de ses opérations.

5° Comme le dit Jacob, l’artiste doit préparer lui-même ses instruments de travail et purifier lui-même – précautionneusement – ses matières.

6° Une seule matière est la vraie matière. Une autre cependant est matière adjuvante. C’est là le nœud d’un problème délicat à résoudre et impossible à éluder.

7° L’alchimiste n’est pas un magiste. Et le feu qu’il emploie pour son œuvre n’est pas, malgré l’opinion de certains modernes, son propre « astral ». C’est cependant un feu « astral » si on l’envisage à un certain point de vue. Rien d’alchimique ne se fait sans lui, rien de chimique ne se fait avec lui. Connaître ce feu est aussi nécessaire avant de rien entreprendre que connaître ou soupçonner quelle est la matière.

8° Ne pas s’hypnotiser sur des questions de terminologie. Sous les étiquettes des termes de l’art se cachent des réalités fixes. Si certains ont changé les étiquettes, les réalités qu’ils désignent sont toujours semblables à elles-mêmes et c’est leur connaissance qui importe. Dans sa Révélation alchimique, concise mais assez explicite, Jacob dit (§§ 15 et Ì6) : « Toutes choses ont trois principes : le soufre, le sel, le mercure des sages. Tous trois forment l’Azoth vivant qui est le quatrième principe. Ces trois principes sont extraits de la matière première par l’Azoth des Sages. Cet Azoth est attiré des cieux par la glaise rouge, appelée Adama, là où la rosée est neutralisée par les vapeurs souterraines. » C’est un bel exemple de piège terminologique ! Éventer ce piège porte en soi sa précieuse récompense.

9° Il y a deux voies : la voie sèche ou voie abrégée, et la voie humide. La plus longue n’est pas moins riche en enseignements que la plus courte. La plupart des auteurs les mélangent assez inextricablement.

10° Dans la véritable Alchimie des Rose-Croix, un axiome doit être médité soigneusement : « Le grand Arcane est un esprit céleste descendant du soleil, de la lune et des étoiles, qui est rendu parfait dans l’objet saturnin par une cuisson continuelle jusqu’à ce qu’il ait atteint le degré de sublimation et la puissance nécessaire pour transformer les métaux vils en or. Cette opération s’accomplit au moyen du feu hermétique. La séparation du subtil et du grossier doit se faire avec soin, en ajoutant continuellement de l’eau ; car plus les matériaux sont terrestres, plus ils doivent être dilués pour être rendus mobiles. Continuez ce procédé jusqu’à ce que l’âme séparée soit réunie de nouveau au corps. »

Tout le processus est donc de séparer et de rassembler : corporiser l’esprit et spiritualiser le corps, ce, l’un par l’autre. Et l’Alchimie spirituelle procède de la même méthode. C’est pourquoi Jésus nous dit d’élever notre âme vers Dieu par la prière et de la réincorporer derechef par l’exercice de la charité, afin que nous devenions « un », comme il est « un » avec le Père.

11° La théorie précède la pratique et l’accompagne. La pratique ne supplée point à la théorie mais la démontre ou la condamne. Qui pratique sans une connaissance suffisante des principes et des méthodes risque fort de mourir dans la peau d’un souffleur. L’analyse spagyrique des métaux – comme par exemple la donne Roger Bacon – les notions essentielles de soufre, de sel, de mercure, de feu, et ainsi de suite doivent être étudiées et méditées avec assiduité, jusqu’à compréhension suffisante, avant tout travail vraiment utile.

12° Observez la nature !… Conseil souvent donné et rarement suivi. De même que celui-ci qui lui est analogue : L’art doit commencer son œuvre au point où la nature laisse la sienne. IÌ faut donc ouvrir ses yeux et regarder autour de soi. La terre enseigne quelque chose. La voûte étoilée aussi… Quel bon alchimiste pourrait faire un jardinier intelligent et pieux !

13° Les herbiers n’apprennent rien. Les métaux morts non plus. Une mine, fut-elle abandonnée, vaut dix laboratoires ; une promenade en forêt est parfois plus profitable à l’intellect et à l’âme que dix salles de musée. Il y a aussi une Alchimie esthétique : comment un beau clair de lune, une aurore roséeuse profitent à l’esprit et au cerveau sont un grave sujet de méditation !

14° L’œuvre métallique et les préparations spagyriques ont quelque analogie dans certaines opérations (en particulier dans le processus de la voie humide). Il y a toutefois des différences irréductibles entre ces deux sortes de travaux. Celui qui s’exerce à comprendre et à manipuler spagyriquement, comme préface ou préparation à ses travaux sur les métaux n’a pas tort, mais à la condition de se souvenir que tirer la quintessence d’un mixte est chose différente de tirer l’Elixir de la matière. C’est tout au plus une moitié de l’Œuvre.

15° Evitez-vous des complications superflues et des dangers possibles en laissant au mercure vulgaire son emploi le plus utile, qui est, sans conteste, de remplir la boule des thermomètres.

16° Travailler sur le vrai sujet et de la juste façon entraîne à un certain moment des dangers signalés, plus ou moins ouvertement, par les auteurs sérieux. Sachez que les connaissances les plus étendues en chimie ordinaire ne vous permettent pas de les prévoir et d’y parer. Fiez-vous plutôt à l’aide et à l’inspiration du Ciel : Orare et Laborare !

17° Etudiez les vieux auteurs et n’acceptez pas sans réserve les propos des spagyristes des dix-septième et dix-huitième siècles. Lisez et relisez sans découragement et avec simplicité. N’étudiez pas un hermétiste médiéval avec une mentalité de scientiste du vingtième siècle. Souvenez-vous parfois qu’on peut être d’autant plus hyperbolique qu’on serre de plus prés la réalité opératoire.

18° Négligez les fantaisies des occultistes modernes : Ni « l’électricité magnétisée» d’Eliphas Lévi, ni la « pile électrique» de Stanislas de Guaita, ni la « Volonté du Mage » de Jollivet-Castelot première manière, ne provoqueront jamais la moindre transmutation alchimique.

19° Les grandes époques de foi – et d’art – furent les époques bénies de l’Alchimie. Les époques de scepticisme marquèrent son déclin. Être alchimiste, c’est avoir la foi !

20° La Voie est étroite qui mène à la Vie ; étroite et pierreuse. Les chemins spacieux et faciles ne manquent pas pour ceux qui craignent de se blesser les pieds ou qui rêvent de faire fortune rapidement !… Le corps a faim de repos ; l’âme a soif d’épreuves. Nul n’a jamais cueilli la « rose des neiges » sans se blesser d’abord à ses épines. Comme les débuts de l’œuvre physique, les débuts de l’Œuvre spirituel sont « travaux d’Hercule », mais, comme son Mercure, l’alchimiste acquiert des forces en marchant.

21° Qui veut la Lumière, doit la demander d’abord à Dieu, le Père des Lumières. Qui veut parcourir la voie doit suivre Celui qui est La Voie. Vivre selon la vérité qu’on connaît, c’est faire descendre en soi un peu de la vérité qu’on ignore.

22° Que l’Esprit divin s’incarne dans les doubles eaux pour les glorifier, voilà tout le programme de l’Œuvre : Ignis et Azoth tibi sufficiunt, disent les Adeptes. Trouve d’abord en toi cette eau, dégage-la des superfluités et des ténèbres infernales, c’est là le travail préparatoire du véritable Grand-Œuvre. Quand cette purification qui t’incombe sera terminée, l’Esprit descendra. Mais ceci ne t’incombe pas. C’est Dieu qui choisira son heure. Tel est le vrai Grand-Œuvre, par lequel ton nom sera écrit dans le Livre de Vie. L’autre, le Grand-Œuvre physique, te sera donné par surcroît.

Les quelques remarques qui précèdent pourront, croyons-nous, rendre de menus services à ceux qui se croiraient « appelés ». Il ne dépend que de Dieu et d’eux qu’ils soient un jour « élus ». Nous n’avons pas voulu faire de ces quelques pages un « cours d’Hermétisme ».

Nous espérons avoir montré ce qu’est l’Alchimie véritable, dégagée de ses contrefaçons.

Au lecteur de juger si nous n’avons pas été trop présomptueux.

Source : http://www.esoblogs.net/6985/quest-ce-que-lalchimie/

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Published by André Savoret - dans Alchimie
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