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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 08:33

Rechercher d'où vient l'alchimie, quel est son âge, c'est retrouver le même cheminement, les mêmes incertitudes et le même foisonnement de suppositions que lorsque, remontant le temps, on recherche les origines de la franc-maçonnerie.

Il semble pourtant que l'hypothèse qui réunit le plus de suffrages est celle qui fait naître l'alchimie, il y a bien longtemps, lorsque les hommes ont commencé à travailler les métaux, activité qui les a naturellement orienté vers une exploitation du feu et des premiers éléments chimiques permettant d'en modifier le comportement. Les artisans qui par leur travail firent des étoffes à partir de fils et grâce à l'action d'autres végétaux et minéraux en changèrent la couleur et la résistance, ceux qui travaillant la terre l'ont durcie puis rendue propre à conserver les aliments, ceux-là ont certainement contribué à la naissance de l'Art sacré. La légende s'est construite sur les tours de mains, l'enseignement, et les résultats. Les artistes ont comparé leur travail à celui du Créateur, d'autant que leurs œuvres étaient largement utilisées pour orner les lieux ou temples des religions naissantes. Elles servaient d'objets de culte, et à parer les ministres, ceux-ci ayant largement contribué à sanctifier le travail. Tenu par une main, l'outil ne se mouvait que par l'esprit de celui qui le tenait, en modelant la matière sur la réalité subjective de la nature ambiante.

Le temps s'est écoulé et les techniques se sont perfectionnées, la pensée de l'homme s'est enrichie au point de trouver son accomplissement dans cette affirmation de Teilhard de Chardin «Il n'y a pas, concrètement, de la Matière et de l'Esprit: mais de la Matière devenant Esprit». Cette phrase est une bonne définition qui non seulement correspond à la démarche alchimique mais à bien d'autres voies que l'homme a su construire pour s'évader de sa condition matérielle.

Le temps de l'athanor

Au cours du temps l'on retrouve une «tradition » alchimique en Egypte vers le IVe siècle avant notre ère, partagée avec les Grecs qui ne laissent rien passer sans se l'approprier, les dieux et l'ésotérisme devenant même leur seul commerce. Selon Pierre A. Riffard «une nouvelle voie vers l'absolu venait d'être tracée. Avec l'alchimie l'homme cherche les secrets du monde non plus vers le ciel mais dans la terre, le travail manuel devient œuvre de salut». Nous pourrions presque dire à la suite de cette définition que l'alchimie est une religion laïque, si nous ne craignions le néologisme que cette association implique.

Avec l'avènement du christianisme puis l'éclatement de l'Empire romain d'Occident, la tradition hermético-alchimiste s'occulte en Occident pour refaire surface à partir du XIXIIe s. où commence une seconde période par l'intermédiaire des cultures juive et arabe (d'où son nom al'kymia qui viendrait de Qimia, nom de l'Egypte ancienne qui aurait donné en arabe al ou el en hébreux. Al, c'est Dieu, Kimia ou Kimit signifiant «terre noire», le nom symbolique du pays des pharaons. Al ajouté à kimia donnerait «Terre de Dieu».

L'Antiquité abrite les premiers pas de la nouvelle science. L'approche philosophique de l'étude de la matière est rigoureuse, liée aux découvertes métallurgiques, chimiques et naturelles. C'est la nature qui dirige les pas de l'homme dans sa découverte. L'artisan qui ne se connaît pas encore comme alchimiste poursuit les associations dans son atelier et se découvre l'instrument de ou des dieux.

Le Moyen Age, la grande époque de la foi, voit le travail de l'artisan s'ouvrir. Ce dernier n'est plus seulement l'instrument, son esprit a mûri, il suit la voie tracée par la nature, il recherche de nouvelles combinaisons devant le mener en avant. Son travail devient tâtonnement, il se tourne vers la matière non plus pour créer avec le ou les dieux mais construire une vie différente, devenir lui-même le métal le plus parfait. Il lie son sort au mythe, son univers se rétrécit. C'est le temps de l'athanor.

Artisan de lui-même

La Renaissance lui ouvre d'autres voies, qu'il explore. La cornue fait son entrée, la synthèse dispute la première place aux régimes des feux et de la combustion. Une nouvelle génération d'alchimistes recherche dans les plantes et les analogies naturelles une spiritualité qui s'appuiera sur la médecine et prendra bientôt le pas, elle aussi, sur l'expression originale qui faisait de l'homme l'instrument. La recherche de la pureté des métaux, celle de l'affranchissement des maladies et déviances de la vie deviennent l'unique préoccupation de l'alchimiste.

L'homme ne peut cependant nier son essence, ses pas retrouvent le sens du sacré en découvrant que les métaux ne sont que des matériaux dont la place est fixée de toute éternité. Comme les plantes ils participent au cycle de la vie. L'homme redevient un artisan, un artisan de lui-même toutefois. Son travail ne vise plus en premier lieu à se libérer en créant de l'or ou à s'affranchir des maladies et de la vieillesse, mais par la découverte de sa propre complexité il renoue le dialogue avec son esprit et peut en devenir le créateur. La Table d'Emeraude d'Hermès Trismégiste dit en substance: «Toutes les choses sont et proviennent d'Un, par la médiation d'Un. / Toutes les choses sont nées de cette chose unique (…) / Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut/Et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas; / Par ces choses se font le miracle d'une seule chose.

Les éléments du Grand Œuvre sont le soufre, le mercure et le sel, le feu et l'eau, l'activité et la passivité, les influences terrestres et célestes. La matière, si elle est diverse, pesante et obscure, n'est pourtant pas inerte et privée de vie. Pour atteindre sa régénération il faut réaliser trois étapes au travers d'opérations longues, délicates et complexes, accomplies selon une règle rigoureuse. La materia prima est d'abord réduite, décomposée et mise en «putréfaction». C'est l'œuvre au Noir, l'apprenti. L'étape suivante réalise sa purification et donne l'œuvre au Blanc, le compagnon. Enfin, l'aboutissement, l'œuvre au Rouge correspond à la transmutation finale, soit au maître. Il est évident pour tous que l'alchimie ou tout au moins son langage a pénétré le rituel maçonnique, peut-être à l'occasion des héritages des métiers - les articles publiés dans Alpina de juin-juillet dernier sur l'histoire des cathédrales en font abondamment référence - ou simplement par l'intermédiaire des Rose-Croix. Cette fraternité alchimique née d'une sorte de canular monté vers 1614 par un étudiant en théologie protestante d'origine souabe, Johan Valentin Andreae, comprenait trois textes: La réforme de l'Univers, la Fama Fraternitatis et Une brève réponse à l'estimable Fraternité de la Rose Croix suivie par la publication des Noces chimiques de Christian Rosenkreutz en 1459. Ces écrits eurent un succès fantastique en Allemagne, en Angleterre et en France, trois pays que l'on peut considérer comme les berceaux de la franc-maçonnerie spéculative.

La conscience de l'unité

Il nous faut parler des alchimies qui ont vu le jour ou se sont développées sous différentes civilisations. D'abord, l'alchimie magique et astrologique tendance dite chinoise et arabe qui aurait pour origine l'Egypte, bien sûr, mais aussi la Chaldée. Cette version se base sur une magie dite naturelle qui n'a rien à voir avec la sorcellerie. La source arabe la plus connue nous vient des écrits de Ya'kub ibn Ishak ibn Sabbah al-Kindi, qui dans le Liber de radiis stellicis traite du mouvement des étoiles et de la collision des rayons censés produire une infinité de combinaisons influençant le cours de la vie. Dans une moindre mesure mais à l'échelle humaine le feu, la couleur et les sons émettent des radiations qu'il importe de connaître et de maîtriser. L'alchimie de la Nature et de l'Amour tendance dite arabe se veut initiatique ou spéculative, reposant sur un travail sur soi, affirmant que tout est conscience et que l'existence est issue d'une énergie première: le Chaos.

Il y eut l'alchimie que nous appellerons d'Alexandrie, ville dont la population se composait essentiellement de Grecs, d'Egyptiens et de Juifs qui pour beaucoup étaient convertis à la nouvelle religion. Le Dr ès lettres Louis Ménard souligne ceci dans son livre sur Hermès Trismégiste paru en 1983: «Les Egyptiens étaient chez eux, les Grecs ne se croyaient étrangers nulle part et les Juifs au contraire tenaient à rester étrangers partout; seulement hors de leur pays, ils n'aspiraient pas à la domination, ils se contentaient de l'hospitalité. Dès lors il devenait plus facile de s'entendre. Les livres attribués à Trismégiste sont un trait d'union entre les dogmes du passé et ceux de l'avenir, et c'est par là qu'ils se rattachent à des questions vivantes et actuelles, représentant les derniers monuments du paganisme, nés dans un mélange de civilisation qui portaient des idées anciennes et s'ouvraient aux nouvelles, ils sont la passerelle entre un monde qui finit et un monde qui commence». Ces idées se sont greffées sur les deux nouvelles religions et elles ont d'abord emprunté le vecteur des conquêtes arabes, passant par l'Espagne elles sont venues réveiller le vieux courant originel. Cette alchimie-là s'est nourrie des faiseurs d'or, de la Kabbale, du Poimandrès, du Coran et de l'Evangile de saint Jean. Plus tard elles emprunteront la route des croisades, pour raviver en Occident le foyer sous l'athanor. A chacune de ces alchimies ses mérites. Toutes prônent l'intégration de l'homme au sein de la création par la conscience de l'unité entre tous ses éléments.

Créer l'Esprit en devenir

Certains font état de différences fondamentales entre l'alchimie et la franc-maçonnerie. Pour eux l'alchimiste est un homme seul qui travaille dans le secret de son laboratoire avec pour objectif premier son salut individuel. L'alchimie est fondamentalement gnostique alors que le franc-maçon ne se retranche pas du monde. Si son objectif prioritaire est également une régénération individuelle, c'est pour contribuer à l'édification du temple de l'humanité. Pour d'autres, en revanche, «on est seul parmi les hommes», pour paraphraser Antoine de Saint- Exupéry, et le chemin maçonnique est très proche de celui de l'alchimie par le travail intérieur qu'il exige, les analogies du rituel faisant appel aux images, aux sons, aux mises en situation. L'alchimiste n'est pas un souffleur (faiseur d'or) mais sa transformation n'a d'autre but que celui de transformer l'humanité en commençant par lui-même.

Depuis la nuit des temps l'homme cherche à atteindre l'inaccessible étoile mais quelle est elle? Lors de l'initiation souvent on avertit le récipiendaire de l'inutilité de ses efforts pour atteindre la Lumière. Drôle de fraternité, où ceux qui n'ont pas réussi dans leur quête dénient aux plus jeunes la possibilité de parvenir là où ils croient n'être pas parvenus. Peut être que l'étoile n'est inaccessible qu'à ceux qui ne croient pas en elle. L'alchimiste est un homme de foi qui entreprend de porter un rêve.

Sa foi lui fait transformer un mythe en réalité. Le mythe est la toile de fond de toutes les œuvres humaines, l'alchimie en est une et non des moindres. La découverte alchimique la plus importante est l'homme, ainsi que l'illustre le texte de La Table d'Emeraude. A l'instar de l'univers, l'homme est composé d'une multitude d'étoiles et pourtant unique. De par son côté individuel l'enseignement alchimique préserve l'homme dans son intégrité. En adhérant à une collectivité, à une pensée collective et sectaire on cesse d'exister en tant qu'homme. Fondre celui-ci dans l'idée, telle est la faute originelle de toutes les sociétés, qu'elles soient religieuses, philosophiques ou politiques. Léonard de Vinci disait qu'un homme seul s'appartient totalement, s'il est en compagnie, ne serait-ce que d'un seul compagnon, il ne s'appartient plus que de moitié. S'il a plus d'un compagnon il s'enfonce davantage dans cet état.

La démarche maçonnique est aussi la construction d'une réalité à partir d'un mythe. Elle repose sur la foi, le foyer qu'il faut entretenir sous l'athanor pour créer l'Esprit en devenir. L'atelier maçonnique tient la place du laboratoire de l'alchimiste. Ce dernier reste seul face à l'immensité de l'universel; le franc-maçon, lui, est seul dans l'univers de sa loge. Deux milieux où se rejoignent tous les extrêmes. Si le maçon sait trouver la porte de sortie de son atelier il pourra comme l'alchimiste connaître l'univers, les dieux et lui-même.

Source : http://www.freimaurerei.ch/f/alpina/

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 08:31

L’ Art Royal est présent dans le cabinet de réflexion.
Puis avec cette phrase, véritable programme communiqué au néophyte :
« Maintenant, la parole est donnée au Frère Orateur pour exposer succinctement le sens et le but de l’Art Royal ».
Toute réflexion approfondie passe de l’analyse qui sépare à la synthèse qui recompose. « L’Art royal, art qui sépare et qui unit » écrivait Albert le Grand.
Dans son traité sur l’Optique, Newton écrit : « La transformation des corps en lumière et de la lumière en corps est très conforme au cours de la nature, qui semble se complaire aux transmutations ».
( question 30).

On peut utiliser les symboles alchimiques dans le cadre d’une introspection, afin d’avancer dans le « connais-toi toi-même ». ( V.I.T.R.I.O.L : Visita Interiora Terrae Rectificandoque Invenies Occultum Lapidem soit :Visite l'intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée. ).
Le processus alchimique passe par plusieurs opérations qui ont lieu dans l’athanor, foyer où elles s’effectuent :
-la putréfaction, couleur noire, œuvre au noir, (négredo). Correspond à la mort symbolique, nécessaire pour qu’une régénérescence soit possible.
-la résurrection, par la perte de la couleur noire, œuvre au blanc(albédo) ; purification.
-la rectification, passage par les couleurs de l'arc-en-ciel, qui peut symboliser la diversité des connaissances ou les divers aspects psychiques, avant de parvenir au rouge (couleur du phénix ou du pélican); c'est l'œuvre au rouge (rubedo).

Dès le premier degré, la voie à prendre est donnée; c'est la voie du symbole; la pensée symbolique est la clé; l'accès en est facilité par le fait que le langage courant est lui-même symbolique ; le mot "clé" que je viens d'employer en est un bon exemple. Le verbe, la parole, est symbole. Chaque mot a une définition précise et s’ouvre secondairement à d’autres sens, selon une interprétation qui évolue avec les connaissances que nous acquérons, et selon notre intuition et notre désir ou notre intérêt pour la vie de l’esprit ou pour la vie intellectuelle. Le symbole, visible, est la porte de l’invisible. Arthur Rimbaud, qui avait tout compris du symbolisme, écrivait « alchimie du verbe » et « le bateau ivre » rend compte de son état psychique du moment.

Nous avons plutôt l'habitude d'engranger dans notre mémoire sous forme de savoir ce que nous apprenons, et d'en rester là, satisfaits de notre acquisition, sanctionnée par un diplôme ou un avancement. Nous sommes tous avides d’avancement, qui se confond avec la reconnaissance. Pourtant l'essentiel n'est pas d'engranger, mais, à partir des symboles, de s'ouvrir à cette vie de l'esprit, à un chemin de recherche, à un chemin de pensée libérée pour une compréhension nouvelle. Si nous en étions tous conscients beaucoup chercheraient moins les signes visibles de reconnaissance, les rubans, les baudruches.
J'appelle ici pensée la raison réflexive accompagnée de l'imagination active, créatrice de sens.
L'Art Royal est une voie royale, une métaphore de l’initiation maçonnique.
On accède facilement au sens symbolique des métaux. L'or, le plomb, tout le monde en saisit les associations possibles. Mais par la suite, pour d'autres théories, pour d'autres doctrines, pour d'autres phrases du rituel, nous devrons conserver l'esprit du symbole, notamment envers les textes sacrés, et toujours se détacher du sens premier.

Voici deux citations de Roger Bacon (XIII°siècle) :
" L'Alchimie est la science immuable qui travaille sur les corps à l'aide de la théorie et de l'expérience, et qui, par une conjonction naturelle, les transforme en une espèce supérieure plus précieuse“.
"Je dis de plus que la nature a toujours eu pour but et s'efforce sans cesse d'arriver à la perfection, à l'or. Mais par suite de divers accidents qui entravent sa marche, naissent les variétés métalliques".

Il s’agit peut-être pour le maçon de s’appliquer cette sentence à lui-même. L’or, c’est l’excellence, la lumière, le rayonnement solaire, la joie solaire de l’homme libéré, les joies de l’esprit, l’aboutissement auquel travaille l’homme perfectible.
Et encore ces citations ; celle d’un célèbre alchimiste, Zosime de Panopolis : « Le grand soleil produit l’Œuvre car c’est par le soleil que tout s’accomplit ».
Et d’Hermès Trismégiste : « Achevé, accompli est ce que j’ai dit de l’opération du soleil ». Le feu, agent actif de l’alchimie, est sur terre comme le représentant délégué du soleil.

Dans l’expression : l’alchimie travaille sur les corps, on remarque que l’évolution et le changement impliquent d’être éprouvés par le corps, le vécu, notre psychisme intimement lié au corps. Il ne s‘agit pas ici de spéculation abstraite.

L’alchimie repose sur des croyances que la science moderne a heureusement détrônées. Mais nous y avons perdu une relation profonde avec la Nature, à laquelle on donnait les traits d’Isis dans la Tradition, comme on pourrait en avoir avec une personne très chère, en harmonie avec le Tout-Un, ou l’un-tout. Vivre aujourd’hui dans les bureaux et dans les voitures fait que pour nous la Nature n’est plus qu’une toile de fond sans beaucoup de présence.

L’art, dans l’expression « art royal » est l’équivalent de technique, comme on le rencontre encore dans des expressions comme « ouvrage d’art » ou « école des arts et métiers ». Le technicien est celui qui possède un savoir qu’il s’est donné la peine d’acquérir, et qu’il met en pratique pour réaliser une œuvre. C’est là tout le travail maçonnique. La franc-maçonnerie spéculative réalise la jonction entre Art, artisanat, maçonnerie opérative, et spéculation intellectuelle ayant pour but la spiritualisation de l’homme. C’est un artisanat de l’esprit. L’art de l’architecture sert de support à cette jonction qui voit ennobli le travail d’exécution, dans un cadre sacré, prélude au travail de conception du Maître. Lequel doit se poursuivre jusqu’à réalisation de l’or spirituel.

L’Art Royal est l’art de faire de l’or à partir de n’importe quel métal, y compris avec le plomb tout enténébré, rivé à son état de matière, à la Terre, comme enchaîné par les passions humaines (la corde au cou de nos rituels). Ce qui est lourd ne peut s’élever ; dans le psychisme les passions non maîtrisées ont cette force d’attachement de la corde au cou. La purification, période d’épreuves par le feu libère le mental, et libère le désir de connaissance, qu’inaugure l’œuvre au blanc. Puis vient l’embrasement de l’amour ardent, qui réalisera l’œuvre au rouge. Dans une tautologie redondante, Hildegarde von Bingen, mystique rhénane du 12°siècle, déclarait : “Je suis ardée par l’ardeur de l’ardent “. Désir ardent de Dieu dont elle est comme embrasée.

Ce que l’homme ne connaît pas, il l’imagine ; les amis de la sagesse, qu’ils soient philosophes ou religieux, sont porteurs d’un idéal du Juste et du Bien qui compose avec ce qu’ils imaginent afin de construire un édifice théorique satisfaisant pour l’intellect, en lequel ils peuvent croire et sur lequel s’appuyer. Ainsi chacun est appelé à préparer d’abord, à construire ensuite, son Temple intérieur où puisse être reçu Dieu, ou le Principe, ou le Un-Tout, ou la Grande Lumière, selon son vocabulaire préféré. L’alchimiste, lui, travaille au Grand œuvre, veut obtenir l’élixir d’éternité, la pierre philosophale.
L’aspiration à trouver, quitte à la créer, l’harmonie qui procure son sens à l’univers amène à hiérarchiser les métaux, au nombre de sept, en relation avec les 7 planètes : « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » (Hermès Trismégiste). Ainsi le soleil est associé à l’or, la lune à l’argent, le mercure à mercure, le cuivre à vénus, le fer à mars, l’étain à jupiter, le plomb à saturne.

Eclairons cette symbolique par quelques autres représentations du désir de perfection, de spiritualité, qui, semble-t-il, peut illuminer tout homme (enfin presque).
Pour Platon, par le discours de Diotime dans le Banquet, on s'élève de la beauté des corps, de degré en degré, jusqu'à la beauté morale, puis à la beauté des Formes, jusqu'à contempler la beauté absolue, pure Forme.
Pour Plotin on s'élève de l'âme (figuré par la lune qui reçoit sa lumière du soleil, à l'intellect (émané de l'Un) jusqu'à la lumière de l'Un.
Dans le Yoga, la conscience s'élève de chakra en chakra, de degré en degré le long de la Kundalini, colonne d’énergie parallèle à la colonne vertébrale, jusqu'à l'élévation suprême, jusqu'à l'éveil spirituel.
On pourrait établir une comparaison avec l’arbre des Séphiroth sur lequel le Kabaliste pratique la méditation mystique.

A partir de la Foi en une évolution du monde vers la perfection finale voulue par Dieu, l’Art Royal procède de ce puissant désir d’unifier la Nature et la foi grâce à la connaissance des lois de la création, que l’alchimiste met en œuvre pour accomplir le Grand œuvre.
L’alchimiste veut échapper à la mort par la pénétration des lois de la Nature, et leur pratique, leur mise en chantier, grâce au travail et à la connaissance. Il croit avoir percé les mystères de la Nature, et voir la vérité sous le voile d’Isis, qui est aussi le voile de l’impétrant.

Le Grand œuvre conduira à la Vie parfaite, éternelle, que l’Or spirituel symbolise.
Dans l’Art Royal, le monde et l’être même du praticien de cet art sont confondus. Il n’y a pas, comme le rationalisme nous y invite dans tout ce qui occupe habituellement notre esprit moderne, séparation entre le monde et le moi. L’alchimiste progresse avec le travail de l’œuvre qui est sa propre réalisation spirituelle. Le métier fait l’homme.
Son état psychique évolue avec la progression de ses pratiques sur la matière de l’œuvre, grâce au souffre, au mercure, et au sel, sous l’action du feu d’origine divine, feu ardent, feu soleil grand maître des métamorphoses, comme le montre la succession des saisons.

L’alchimiste croit en l’unité originelle de la création, en l’unité fusionnelle parfaite que le devenir a divisé, dégradé en ses éléments. Unité absolue de la Nature et de Dieu que l’art royal retrouvera au terme de la transformation des métaux. Chaque métal marquant une synthèse, une étape de transformation. Chaque métal correspond à un état psychique. Passant alternativement de la dissolution (solvere) de la matière sous l’action purificatrice du feu (œuvre au noir) à une nouvelle coagulation (coagulare) de ses éléments, par étapes progressives. A la fin des temps, les métaux auront changé d’état et seront devenus de l’or. De même nous pouvons évoluer, c’est-à-dire changer, à travers nos états psychiques jusqu’au vécu d’une spiritualité.

En devenant franc-maçon, vous êtes entrés, mes Frères, dans une démarche d’évolution vers la parole que vous êtes venu chercher ici. La parole perdue est au dedans de nous-mêmes, au fond de notre propre puits (V.I.T.R.I.O.L), inséparable de votre pensée.
Ce qui nous est donné dans le cabinet de réflexion, juste avant le passage du monde ancien au monde nouveau, sacré, de l’atelier maçonnique, c’est le viatique de tout le parcours à venir dans cette Odyssée que constituent les degrés du rite écossais.

Ce que l’Art Royal nous dit, c’est que, quel que soit le métal dont nous sommes faits, il est possible de progresser afin d’atteindre le rayonnement lumineux et joyeux de l’or spirituel. Seul le trop vil métal ne se prêterait pas à une évolution, ( hélas certains en sont faits, reconnus pour la forme comme initiés, comme nous venons de le constater à la direction de l’Obédience).
Cette réalisation passera par l’œuvre au noir, qui commence au cabinet de réflexion, initiant un « connais-toi toi-même » par des épreuves. Dans l’athanor, qui peut représenter notre intériorité, ou encore la loge maçonnique, où se font les mutations psychiques, l’œuvre blanche, neutre, d’observation après décantation précédera l’embrasement final de l’œuvre au rouge, l’embrasement du désir, dernière phase alchimique et son couronnement. Celle qui rendra l’adepte « aussi rayonnant que jamais ».

Nos aspirations sont symboliquement figurées dans l’alchimie, création de l’imaginal. Imaginal : produits de l’imagination quand elle est orientée vers l’harmonie avec le rayonnement divin que l’homme imagine, veut voir, en lequel spontanément il croit comme il peut croire en la Beauté.
Cherchons donc sans cesse l’idée sous le symbole ; idée qu’il nous appartient d’extraire de la gangue de l’obsolète alchimie. On y trouvera une métaphore de l’initiation effective proposée au maçon, une métaphore de la transformation du profane en initié, bien au-delà de l’initiation formelle qu’il vient de vivre au 1°degré.

L'alchimie symbolise la transformation intérieure dans notre approche de la spiritualité qu'il s'agit de reconnaître en nous alors que nous l'écartons sans cesse de notre conscience, si nous situons le divin hors de nous-mêmes, comme les religions l'enseignent.

J’ai dit. Source :
www.ledifice.net

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 08:29

II faut savoir comment la Pierre des Philosophes, que nous appelons Baume perpétuel et parfait, se prépare et comment son action se manifeste. Prenons un exemple commun, le feu, et disons comment il nous apparaît et comment sa chaleur se manifeste : le feu est excité par la silice ; mais, ce feu ne se manifeste s'il n'est mis en contact avec une matière amie, bois, résine, huile ou autre corps facilement inflammable. Et plus on lui fournira de matière inflammable plus il sera violent. De même, la Pierre des Philosophes ou Baume perpétuel ne manifeste sa puissance que lorsqu'elle est en contact avec le corps humain. Si cette Pierre est préparée avec la matière voulue et conformément aux principes de la Philosophie, elle renouvelle et restaure les organes de la vie, comme le bois qu'on apporte réveille le feu qui se meurt.

 

Il est clair que la matière de ce Baume qui guérit le corps humain de tous les accidents est complexe. Aussi, avant de trouver la vraie matière, faut-il longuement travailler, et, lorsqu'on l'a trouvée, faut-il la manier soigneusement et s'en servir avec prudence et modération. Dans ces conditions seulement cette Médecine purgera le sang de ses diverses impuretés et rendra la santé.

 

Le médecin probe doit posséder la vraie science et ne pas être ambitieux.; il ne doit pas aimer la pompe et les discussions, se fier à l'apothicaire, il doit connaître les maladies et les indispositions. Or, vous, médecins ineptes, vous soignez vos malades à l'aide seul de votre orgueil et de votre ignorance ! Un tel péché ne devrait pas rester impuni. C'est un crime prémédité et, commis dans le but de voler d& l'argent. Ces médecins qui se disent savants ne connaissent pas les remèdes qu'ils prescrivent et ne savent pas comment l'apothicaire doit les préparer. Et l'apothicaire les connaît encore bien moins.

 

A la vérité. Docteurs et Apothicaires ne s'occupent point de la santé de leurs clients, ils ne pensent qu'à emplir leur bourse. Lorsque eux-mêmes sont malades, ils ne prennent  pas les remèdes qu'ils prescrivent aux autres. Aussi, importe-t-il de dénoncer ces crimes. Mais, je crains bien que ces chiens enragés ne se laissent pas mater facilement.

 

Pour revenir à mon sujet (dont m'a écarté l'intérêt que je porte aux pauvres malades) je vais dire comment il faut préparer la Pierre des Philosophes et comment s'en servir. Sachez donc que beaucoup d'anciens ont décrit la matière de la Pierre en paroles allégoriques dans le but d'abuser les hommes inintelligents. Ensuite, Galien remplaça ces histoires par ses folies. Et ces folies sont si bien ancrées dans les pauvres cerveaux qu'elles subsistent encore. Or, dis-moi, médecin de l'école de Galien, d'où vient ta doctrine? As-tu déjà guéri la lèpre, l'hydropisie ? Tu te tais, tu ne sais que répondre, tu es forcé de reconnaître Théophraste pour maître. Si tu veux vraiment t'instruire, lis ce que j'écris, et tu comprendras que le corps humain n'a point besoin de tes herbes.

 

Quant à tes pilules, elles n'agiront sur le corps que lorsque tu l'auras purgé de ses impuretés. Sinon, elles feront autant de mal que de bien. Il est donc préférable de ne pas s'en servir. Tes sirops ne servent à rien non plus, leur goût amer et répugnant amène des nausées, ils aggravent le mal, causent des douleurs, opèrent par des moyens contraires à la nature. Je ne parle môme pas de tes autres médicaments absurdes et idiots.

 

Si nous voulons imiter la Nature et employer une médecine naturelle, cherchons ce qu'il y a de meilleur pour conserver la santé. Les métaux ont une grande affinité avec le corps humain, ils peuvent agir efficacement sur lui. Car, comme l nomme, ils sont formés de Soufre, de Mercure et de Se] occultes. Appliquer le Semblable au Semblable voilà le grand secret de la médecine, voilà l'Arcane.

 

J'ai déjà dit, dans mes autres livres, comment le Soufre, le Mercure et le Sel forment les métaux. Je ne parlerai donc ici que de la Pierre des Philosophes.

 

Sache donc que de la plus petite chose on peut tirer une autre chose. Chaque chose est formée, engendrée, multipliée et détruite selon sa nature, on peut voir ce qu'elle a été et ce qu'elle sera, et les accidents qui lui arriveront ne seront dus qu'à ses imperfections originelles. La nature seule peut guérir le mal causé par ces accidents ; le feu ne le pourrait. Pourtant, la Pierre des Philosophes le peut aussi. Si tu veux employer la vraie matière dans la confection de la Pierre, il faut chasser de cette matière les impuretés, et foi mer de cette matière et de sa correspondante une troisième matière. La matière de la Pierre est naturellement imparfaite ; et, imparfaite, elle ne peut faire ce qu'elle fera, une fois parfaite ; pas préparée, elle ne donne qu'un ouvrage à moitié achevé ; elle a besoin pour le parachever de sa correspondante. Le microcosme nous fournit un exemple, le principe vital de l'homme qui ne peut parachever son œuvre tant qu'il n'a été mis en contact avec sa matière correspondante, c'est-à-dire avec le principe féminin.

 

Il faut d'abord réduire là Pierre en sa matière première, il faut que sa partie interne devienne sa partie externe et vice versa. Ainsi dégagée, cette semence pourra se réunir à l'autre dans le vase voulu ; le feu les y rendra pins parfaites et leur donnera la faculté de restaurer le corps humain ou purifier les métaux. C'est le Mystère de la nature, et tout médecin devrait le connaître. Pour parler pins clairement de la matière et de la préparation de cette précieuse médecine, je dirai aux fils de la doctrine aimant la vérité qu'ils doivent savoir ceci : La Nature a engendré une certaine chose dans laquelle sont mystérieusement cachés 1, 2, 3, dont la vertu conserve ta santé, chasse les imperfections, protège la vieillesse.

 

An sujet de la préparation de cette médecine, Galien, Rasés et leurs successeurs ne savent rien. Cette préparation, en effet, n'est pas la même que celle des pilules, et les vaches suisses ne peuvent

la comprendre. Et puis, les opérations de cette préparation sont presque célestes. Cette médecine purifie et restaure les métaux, ainsi que je l'ai dit dans mes Archidoxes. Que celui qui a des oreilles entende, qu'il cherche si Théophraste dit la vérité ou des mensonges, s'il parle en démon ainsi que toi, sophiste idiot.

 

Préparation de la Matière de la Pierre.

 

Prends de l'électre en limaille, mets-le dans son sperme afin de le laver de ses impuretés, purge le par l'antimoine selon la méthode alchimique. Ensuite, résous dans l'estomac d'une autruche rendue plus forte par l'âcreté d'un aigle. Lorsque l'électre sera consommé, tu n'oublieras pas de le ramener à son essence spirituelle qui est transparente et semblable à l'ambre. Puis, ajoute d'électre la moitié de ce que tu avais mis dans l'aigle étendu ; sors le fréquemment de l'estomac d'autruche : tu obtiendras ainsi l'électre spirituel.

 

Quand l'estomac d'autruche sera fatigué, il faudra lui redonner des forces. Quand il aura perdu son âcreté, tu ajouteras do la quintessence de tartre en quantité suffisante pour que sa partie rouge forme un dépôt de l'épaisseur de quatre doigts. Répète l'opération jusqu'à ce qu'il devienne blanc. Cela fait, sublime: ainsi, l'électre atteint la blancheur de l'aigle exalté et est transmuté.

 

Voilà la préparation de notre médecine. Cette médecine servira dans toutes les maladies où la médecine ordinaire ne peut servir. Selon l'usage que tu en voudras faire, tu la transformeras en eau, en huile ou en poussière rouge.

 

En vérité, je te le dis : le meilleur fondement de la médecine est dans l'électre. Sans doute, dans les autres minéraux il y a aussi de grands arcanes, mais, outre le long travail que ces arcanes exigent pour en être tirés, ils sont souvent plus dangereux qu'utiles. Le médecin doit savoir tout cela.

 

Les médecins de l'école de. Galien, qui consultent, non l'expérience, mais leur seule sottise, disent que l'électre est un poison. Je concède que, pendant sa préparation, il est an poison. Mais, il n'est point démontré qu'après sa préparation il le demeure : car la nature (bien que certaines têtes de gazelle ne veulent pas le comprendre) incline toujours vers la perfection ; à plus forte raison inclinera-t-elle vers la perfection si on lui adjoint l'art. Bien plus, je concède qu'après la préparation l'électre est encore un poison, et poison plus violent qu'avant la préparation : eh bien, étant donné que le semblable cherche son semblable, ce poison va s'attacher aux maladies incurables, non pour leur permettre de suivre leur cours et de nuire, mais pour s'emparer de son semblable, l'absorber jusqu'à la racine et le nettoyer comme le savon nettoie l'étoffé. Aussi, ce venin, comme tu l'appelles, est-il plus efficace que ton axonge dont se servent les médecins de l'école de Galien. L'arcane qui se cache dans notre médicament renferme une Essence qui ne peut être comparée à aucun poison et diffère de l'argent vif dont tu as coutume de te servir, autant que le ciel diffère de la terre. C'est pourquoi cette médecine est appelée médecine bénite de Dieu et n'est pas révélée à tous.

 

Je ne suis pas né pour le repos ni pour la paresse. Ce n'est pas dans un vase de nuit, c'est en me promenant, en vagabondant, comme tu dis dédaigneusement, et grâce à un long travail que j'ai trouvé ce secret. Toi, tu tiens ta science des grimoires poussiéreux de nigromantie.

 

Suite et fin de la préparation.

 

Ton électre détruit comme il a été dit, si tu veux continuer et arriver au but, prends d'électre détruit et rendu volatil la quantité que tu désires parfaire, mets-la dans l'Œuf philosophique, scelle-le de façon à ce que rien ne s'évapore, laisse l'Œuf dans l'Athanor jusqu'à ce que, de lui-même, sans aucune addition, l'électre commence à se résoudre, comme l'île qui au milieu de la mer se désagrège chaque jour, et devienne finalement noir. Cette couleur noire est l'oiseau qui, la nuit, yole sans ailes et auquel la première rosée céleste donne, par coction, ascension et descension, la couleur noire de la tête du corbeau ; la tête du corbeau est remplacée par la queue du paon, puis, par les plumes du cygne : enfin, arrive la couleur rouge qui est la marque de la nature du feu, lequel feu chasse toutes les maladies du corps et ranime les membres froids.

 

Selon l'opinion de tous les Philosophes, cette préparation ne demande qu'un vase, qu'un fourneau, qu'un feu.

 

Ainsi, cette médecine est parfaite et presque céleste ; elle restaure le corps humain et débarrasse les métaux de toutes leurs impuretés ; personne ne peut atteindre et comprendre un tel arcane sans l'aide de Dieu.

 

Mais, sache que cet électre n'aura point d'effet s'il n'a parcouru 3 fois le cercle des 7 au nombre 21. Aussi, dois-tu, lorsque tu détruis ton électre et le rends spirituel, te servir de l'arcane du tartre pour enlever les impuretés. Cet arcane ne demeurera pas, mais il aura aidé à atteindre le nombre voulu. C'est ainsi que, de lui-même, dans l'œuf philosophique, le feu se transforme en eau philosophique, que les Philosophes appellent eau visqueuse. Il m'est défendu d'écrire certaines choses touchant ce mystère. Cet art est, en effet, un don de Dieu. Ainsi soit-il.

 

Usage de la Pierre.

 

Je dois dire, maintenant, comment il faut employer cette médecine. Sache donc qu'il faut la prendre à très petite dose, et dans du vin ou autres liquides semblables.

 

Il me reste encore à donner la raison de l'obscurité que beaucoup relèveront dans mes écrit». Cette raison c'est qu'il ne faut pas donner des perles aux cochons ni une longue queue aux chèvres. La nature ne leur en a pas donné. Dieu a révélé le secret à assez de gens. Moi, j'écris pour l'initié.

 

Si tu suis ma recette, ta médecine sera semblable à l'air qui pénètre tout et est partout, elle chassera les maladies et apportera la santé. C'est la source du véritable or potable. Ce livre doit toujours être consulté par le fils de la Doctrine. Qu'il soit rendu grâce à Dieu. Ainsi soit-il.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 17:13

Moi, Jean Pontanus, qui suis allé en plusieurs régions et royaumes afin de connaître certainement ce que c'est que la Pierre des Philosophes-, après avoir parcouru tous les côtés du monde, je n'ai trouvé que des faux Philosophes et des trompeurs. Néanmoins, étudiant toujours dans les livres des Sages, et mes doutes s'augmentant, j'ai trouvé la vérité ; mais nonobstant que j'eusse la connaissance de la matière, j'ai erré deux cents fois avant que de trouver l'opération et pratique de cette vraie matière.

Premièrement, j'ai commencé mes opérations par les putréfactions du Corps de cette matière, pendant neuf mois, et je n'ai rien trouvé. Je l'ai mise au bain-marie pendant quelques temps, et j'ai semblablement erré. Je l'ai tenue et posée dans un feu de calcination pendant trois mois, et j'ai mal opéré. Tous les genres et manières de distillations et sublimations, comme disent ou semblent dire les Philosophes - tel Geber, Archélaüs et presque tous les autres - je les ai tentés et essayés, et n'ai pareillement rien trouvé. Enfin, j'ai tâché de parvenir et parfaire le sujet de tout l'Art d'Alchimie, de toutes les manières imaginables, qui se font par le fumier, le bain, les cendres, et par mille autres genres de feux, dont les Philosophes font mention dans leurs livres ; mais je n'ai rien découvert de bon.

C'est pourquoi, je me mis pendant trois ans continuels à étudier les livres des Philosophes, entre autres le seul Hermès, les brèves paroles duquel comprennent tout le magistère de la Pierre ; quoiqu'il parle assez obscurément des choses supérieures et inférieures, du Ciel et de la Terre.

Toute notre application et notre soin, donc, ne doit être qu'à la connaissance de la vraie pratique, dans le premier, le second, et le troisième oeuvre. Ce n'est point le feu de bain, de fumier, ni de cendres, ni aucun de tous les autres feux que nous chantent les Philosophes, et nous décrivent dans leurs livres.

Qu'est-ce donc que ce feu qui parfait et achève tout l'oeuvre, depuis le commencement jusqu'à la fin ? Certainement tous les Philosophes l'ont caché ; mais, pour moi, touché d'un mouvement de pitié, je le veux déclarer avec l'entier accomplissement de tout l'oeuvre.

La Pierre des Philosophes est unique, et une, mais cachée et enveloppée en la multiplicité de différents noms, et avant que tu la puisses connaître tu te donneras bien de la peine ; difficilement la trouveras-tu de ton propre génie. Elle est aqueuse, aérienne, ignée, terrestre, flegmatique, colérique, sanguineuse et mélancolique. Elle est un soufre et pareillement Argent vif.

Elle a plusieurs superfluités, qui, je t'assure par Dieu vivant, se convertissent en vraie et unique Essence, moyennant notre feu. Et celui qui sépare quelque chose du sujet - croyant cela nécessaire-, ne connaît assurément rien à la Philosophie. Car le superflu, le sale, l'immonde, le vilain, le bourbeux, et, généralement toute la substance du sujet, se parfait en corps spirituel fixe, par le moyen de notre feu. Ce que les Sages n'ont jamais révélé, et, fait que peu de gens parviennent à cet Art ; s'imaginant que quelque chose de sale et de vilain doit être séparé.

Maintenant il faut faire paraître, et tirer dehors les propriétés de notre feu ; s'il convient à notre matière selon la manière dont j'ai parlé, c'est-à-dire s'il est transmué avec la matière. Ce feu ne brûle point la matière, il ne sépare rien de la matière, ne divise ni n'écarte les parties pures des impures, ainsi que disent tous les Philosophes, mais convertit tout le sujet en pureté. Il ne sublime pas comme Geber fait les sublimations, et Arnaud pareillement, et tous les autres qui ont parlé des sublimations et distillations. Il se fait et parfait en peu de temps.

Ce feu est minéral, égal et continuel, il ne s'évapore point, si ce n'est qu'il soit trop excité ; il participe du soufre, il est pris et provient d'ailleurs que de la matière. Il rompt, dissout, et congèle toutes choses, et semblablement congèle et calcine ; il est difficile à trouver par l'industrie et par l'Art. Ce feu est l'abrégé et le raccourci de tout l'oeuvre, sans prendre autre chose, du moins peu, et ce même feu s'introduit et est de médiocre ignition ; parce qu'avec ce petit feu tout l'oeuvre est parfait, et sont faites, ensemble, toutes les requises et dues sublimations.

Ceux qui liront Geber et tous les autres Philosophes, quand ils vivraient cent millions d'années, ne le sauront comprendre ; car ce feu ne se peut découvrir que par la seule et profonde méditation de la pensée, ensuite on le comprendra dans les livres, et non autrement. L'erreur en cet Art, ne consiste qu'en l'acquisition de ce feu, qui convertit la matière en la Pierre des Philosophes.

Etudies-toi donc à ce feu, parce que si moi-même je l'eus premièrement trouvé, je n'eus pas erré deux cents fois sur la propre matière. A cause de quoi je ne m'étonne plus si tant de gens ne peuvent parvenir à l'accomplissement de l'oeuvre.

Ils errent, ont erré et erreront toujours, en ce que les Philosophes n'ont mis leur propre agent qu'en une chose, qu'Artéphius a nommée, mais il n'a parlé que pour lui. Si ce n'est que j'ai lu Artéphius, que je l'ai entendu et compris, jamais je ne serais parvenu à l'accomplissement de l'oeuvre.

Voici quelle est cette pratique : il faut prendre la matière avec toute diligence, la broyer physiquement et la mettre dans le feu, c'est-à-dire dans le fourneau ; mais il faut aussi connaître le degré et la proportion du feu. A savoir, il faut que le feu externe excite tant seulement la matière ; et, en peu de temps ce feu, sans y mettre les mains en aucune manière, accomplira assurément tout l'oeuvre. Parce qu'il putréfie, corrompt, engendre et parfera tout l'ouvrage, faisant paraître les trois principales couleurs, la noire, la blanche, la rouge. Et moyennant notre feu la médecine se multipliera si elle est conjointe à la matière crue, non seulement en quantité mais aussi en vertu.

Recherches donc de toutes les forces de ton esprit ce feu, et tu parviendras au but que tu t'es proposé ; car c'est lui qui fait tout l'oeuvre, et il est la clef de tous les Philosophes, laquelle ils n'ont jamais révélée dans leurs livres. Si tu penses bien profondément aux propriétés du feu ci-dessus, tu la connaîtras, mais non autrement.

Donc, touché d'un mouvement de pitié, j'ai écrit ceci ; mais, et afin que je me satisfasse, le feu n'est point transmué avec la matière, comme je l'ai dit ci-dessus. J'ai bien voulu le dire et en avertir les prudents de ces choses, pour qu'ils ne dépensent pas inutilement leur argent, mais qu'ils sachent auparavant ce qu'ils doivent chercher, et, par ce moyen, parviendront à la vérité de l'Art ; non pas autrement.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 15:16

 

Prenez notre Antimoine Artificiel, et non pas l'Antimoine naturel tel qu'il vient de la terre, car il est trop sec pour notre travail, et a trop peu d'humidité, ou onctuosité en lui, mais prenez dis-je notre Antimoine Artificiel, qui est abondamment rempli de la Rosée des Cieux et de la graisse et onctuosité de la terre, dans laquelle des Huiles précieuses et de riches Mercures sont par nature étroitement enfermés, et cachés aux yeux de tous les ignorants qui se raillent des merveilleux et grands mystères du Dieu tout Puissant, pour qu'ils ne puissent pas voir, ni comprendre, ce qu'il à caché dans le plus évident, commun et méprisable commencement de toutes Choses par tout le Monde.  

Car notre Corps Antimonial ne doit être révélé qu'aux enfants de l'Art, qui croient fermement en la permanente vérité de cela, et par amour fraternel et charité nous disons, qu'il est fait d'un Soufre, et de deux Mercures, qui sont appelé autrement par les Sages Philosophes, Soleil, Lune et Mercure, ou comme certains d'entre eux disent plus clairement, Sel, Soufre et Mercure, qui sont les trois différentes et distinctes substances et corps, bien que pour la plupart nous les appelons une seule Chose, car au terme de notre ouvrage ils sont fait une seule chose, qui est notre admirable Elixir, et ils ont chacun d'eux une origine, et tendent ensemble à une même fin. Aussi si nous n'avions pas dans notre œuvre un aspect ternaire de ces Planètes, et ne commencions notre œuvre par une Trinité, tout serait travail inutile et sans profit.  

Aussi si vous désirez bien œuvrer en notre Art, nous vous souhaitons de commencer avec notre Trinité minérale, et par cela notre Antimoine Artificiel est fait. Prenez alors dans le premier commencement de cet ouvrage, ces trois nobles Parents, qui sont immédiatement imprégnés des qualités fortes et subtiles des quatre éléments, et dans leurs mûres et naturelles proportions, dans lesquelles proportions vous ne devez pas vous égarer, car si vous le faites, vous ne pourrez jamais réduire ces corps en notre Chaos véritable, et vous serez contraint de recommencer à nouveau, ce qui vous sera un découragement pénible). Mettez-les dans une bonne et forte cucurbite ou vaisseau de verre, et fermez le bien en haut, de façon qu'aucun esprit ne s'exhale, car s'ils trouvent une ouverture pour s'évaporer, vous échouerez, car vous perdrez et dissiperez les fleurs de notre Or. Lorsque ce Vaisseau est bien clos, mettez-le dans le four des Philosophes, dans les Cendres ou dans le sable avec un feu tempéré dessous, pendant l'espace d'un Mois Philosophique, qui est de six semaines entières, et durant ce temps nos corps grossiers seront dissous et mortifiés et seront prêts à une génération plus royale. Durant le temps de cette dissolution et putréfaction nos trois nobles Parents, assassins contre nature de chacun d'ente eux, ne se ménageront pas toute cruauté pour s'extraire le sang vital de chacun d'entre eux, et donc sont cuits dans leur propre sang versé, et ils deviennent doux et tendres, comme du beurre, et sont fait une seule chose, sans différence ou distinction. Lorsque vous avez amené votre œuvre à ce point, remerciez Dieu et soyez heureux que par sa Grâce et Merci vous avez obtenu notre Chaos noir et ténébreux, qui est la Chose véritable écrite par tous les Philosophes, notre masse confuse, et le sol primordial de tous nos Secrets, car en lui gît invisible, notre Or et notre Argent, notre Soufre et Mercures, notre Eau Cristalline, nos Huiles et Teintures, et nos quatre Eléments que vous devez rendre visible et apparent aux yeux de tous, car autrement rien ne peut s'accomplir, et jamais vous ne pourrez obtenir l'espérance de votre désir argenté et doré. Ces Mercures, Eaux, Huiles, Teintures, et Eléments, rendez-les visibles et évidents. Après que les Mois ci-dessus soient écoulés, votre vaisseau étant froid, ouvrez-le, et coiffez-le d'un chapiteau, placez-le dans notre Bain, ajustez le récipient à l'ouverture du chapiteau, fermez bien les jointures, et tirez toute l'eau insipide et fade, que vous mettrez à part dans un flacon bien bouché, mettez un nouveau récipient, et au bain de cendre et par un feu plus fort, tirez-en toute la fumée Blanche, qui est appelée notre Air, Teinture d'argent et Lait virginal, que vous garderez aussi à part dans un flacon bien bouché. Puis enfin mettez un nouveau récipient, et au bain de sable avec le feu le plus fort que vous puissiez faire, séparez la fumée rouge, qui est appelée notre feu naturel, notre Teinture dorée et humidité radicale des corps Elémentaux, continuez le feu aussi longtemps qu'il n'y ait plus de gouttes ou vapeurs rouges, puis diminuez le feu par degrés, fermez bien le récipient avec de la cire, pour que les esprits ne puissent s'enfuir, car ceci est appelé notre Liqueur bénite, et croyez moi il n'y a pas de plus puissant poison dans tout le Monde que celui-là, par conséquent tenez-le fermé, et ne le touchez pas jusqu'à ce que nous l'indiquions. C'est maintenant le travail de l'Art, car la Division et la Séparation, est le seul travail de l'Art et de l'Artiste, et non point de la Nature ; car ici la Nature est forcée par l'adresse de l'Ouvrier, de renoncer et de se séparer de ses Eléments bien aimés, qu'elle garde précieusement enchaînés et enclos dans ses entrailles, et qui par la violence du feu extérieur ont été par force extrait d'elle. En vérité le premier Ouvrage de Solution et de Mortification est la Seule opération de la Nature, car les Matières étant encloses dans leur donjon, là la Nature les atténue, les dissous et les putréfient, et les force à rétrograder à nouveau en leur propre première matière, qui est une humeur et substance  visqueuse, d'où au commencement les quatre éléments ont été formés et engendrés. Et dans ce premier travail, l'Artiste n'est rien d'autre qu'un faiseur de feu, qui donne à la Nature la force et le pouvoir d'œuvrer sur les matières, car sans le feu pour exciter la Nature ne pourrait rien effectuer, mais elle resterait inutile et en attente, et ceci en regard à la froideur du Mercure, car le froid prédomine, la chaleur demeure  enchaînée et impassible, mais quand le feu extérieur active et provoque l'indignation de l'ardent Menstrue Salé, elle s'empare du corps gras et onctueux du Soufre, et extrait sa chaleur naturelle et sa partie ardent, et alors tous deux s'embrassent et travaille le froid Mercure, et ils broient et dispersent tous ses membres en plus petits atomes qui volent dans les rayons du Soleil, et alors la chaleur devient prédominante.  

De par cela en ce Premier Œuvre l'Opérateur n'est rien d'autre que le fidèle administrateur de la Nature, qui en ce cas, peut être effectué par l'homme le plus simple et le plus illettré du Monde.  

Mais dans le travail secret de la conjonction de nos Eléments, la Nature et l'Art, s'accompagnent ensemble main dans la main, car ici l'Artiste trouve et  imbibe, et la Nature fixe et congèle, ce que nous montrerons ci-après, lorsque nous parlerons de cet ouvrage.  

Le premier œuvre de la solution réduit notre Trinité et notre composé Antimonial en une gomme verte, appelée le Lion Vert, laquelle gomme se sèche modérément, mais prenez bien garde de ne point brûler ses fleurs, ni de détruire sa verdeur, car en elle demeure son Ame, qui est notre principal Secret. Et notre second œuvre manifeste ces choses, qui étaient auparavant cachées à la vue, et rend visible et distinct nos quatre éléments. Mais dans ce second œuvre, si vous extrayez notre Air et notre feu avec l'eau flegmatique, ils seront plus naturellement et aisément tiré de leur prison infernale, et avec moins de perte de leurs Esprits que par la première voie décrite.  

Après que la division soit parfaitement célébrée, vous devez trouver sur les côtés de la Cucurbite, et aussi dans le haut de l'Alambic, un givre blanc comme la congélation d'une vapeur, ou comme du Mercure sublimé, que vous garderez avec circonspection en un flacon de verre bien bouché, car en lui gît caché un grand secret, par lequel vous pourrez abréger votre ouvrage, de moitié de temps, et en moitié moins de labeur, qu'on pourrait le faire autrement, ce qui permettra de le faire avec un plus grand bénéfice et facilité et à moindre dépense.  

De la Purification de notre Base.  

Il est plus que certain, que le feu extérieur est pour nous un grand ami, et sa nature est telle, qu'il ne peut endurer aucune impureté en toute chose, par conséquent au jour du Jugement, le feu Elémentaire purifiera, nettoiera et brûlera toute la terre impure sur laquelle nous marchons, et la purgera de toutes ses crasses et immondices.  

Ainsi doit-il en être de même en notre œuvre. C'est pourquoi après la séparation de notre Eau, Air et Feu hors de notre terre, enlevez les noires fèces qui demeurent au fond de notre Vaisseau, que l'on appelle Notre Dragon, et broyes-les en poudre subtile, dans deux creusets lutés ensemble, dans un four à potier, ou de verrier, ou fourneau à vent, jusqu'à ce qu'elle soit blanchâtre ou grise, cette Chaux devra être gardée à part, car elle est la Base et la Fondation de notre Œuvre, on l'appelle maintenant mars, et notre Terre Blanche Fixe.  

De la Purification de notre Eau Défaillante.  

Mais afin que vous ne perdiez point de temps et que vous n'attendiez pas, pendant que la Terre est calcinée, distillez l'Eau qui fut premièrement tirée de notre Composé, et cela sept fois, jusqu'à ce qu'elle soit claire comme le Cristal, mais faites cela avec elle seule, et n'y ajoutez aucune autre chose, et alors vous aurez notre pure rivière d'Eau de Vie, qui le pouvoir et la vertu de revivifier le corps mort d'où elle fut tirée, et le rendre blanc et brillant comme de l'Albâtre pur. Comme pour nos autres Eaux ardentes, elles sont si fixes et permanentes, qu'aucun feu ne pourra de nouveau les élever de leurs substances, mais elles demeureront dans le feu, jusqu'au jugement dernier sans aucune perte ni exhalaison.  

Toutes choses étant désormais purifiées à l'extérieur comme à l'intérieur, maintenant commence le travail de l'Art et de la Nature, en lequel, l'un doit inséparablement porter secours à l'autre, car s'ils refusent de s'aider mutuellement, toutes les sueurs et labeurs précédant ne sont d'aucune utilité, car Nature ne peut joindre nos éléments disjoints sans l'assistance d'un Artiste expert ; ni l'Artiste ne peut coaguler les éléments mis ensemble sans la Nature, c'est pourquoi la Nature implore l'aide de l'Artiste avec un Adjuna me, et ego adjunabose. Et par conséquent l'Artiste ayant vu auparavant ce que la Nature a fait pour lui, en dissolvant et purifiant les corps, est prêt à l'aider.  

Du Travail de la Conjonction des Eléments.  

Prenez les fèces mentionnées ci-dessus appelées mars, ou Notre Dragon, qui dévore sa propre queue, et mettez-les dans un vaisseau de verre sans crainte d'en remplir la moitié, et versez dessus de notre eau de Vie rectifiée en quantité suffisante pour recouvrir la Chaux en poudre, cela fait, fermez incontinent le vaisseau avec un chapiteau aveugle, dûment luté au reste du corps, et mettez-le dans les cendres chaudes, jusqu'à ce que la Chaux ait bue et coagulée toute la Liqueur, ce qui sera fait en huit jours, alors de huit en huit jours, imbibez ladite Chaux de sa propre eau, et lorsqu'elle n'en boira plus, mais est très blanche et brille comme les Yeux des Poissons, et sera pleine de Lames Cristallines, alors, ladite Chaux étant très sèche, sortez-la du vaisseau, et séparez d'icelle, toutes les Lames Cristalline, et broyez-les en Poudre ; mettez cette poudre que nous appelons le soufre de nature, ou la terre foliée, dans un autre vaisseau, et versez dessus notre fumée Blanche appelée Lait Virginal, par un feu modéré coagulez-les ensemble, et continuez ce Travail jusqu'à ce que presque tout l'Air ait été bu, et soi devenue fixe et permanente. Puis sortez la matière, et mettez-la en poudre et incéré-la goutte à goutte avec la partie de son Air réservé, jusqu'à ce qu'elle devienne liquide comme du Miel et fonde et flue comme de la Cire, sur un charbon et ne s'évapore point, alors vous avez la parfaite Pierre Blanche, et la Médecine Argentée, qui transmute tous les corps des métaux imparfaits en Lune véritable et parfaite.  

Du Travail au Rouge  

Lorsque vous aurez obtenu notre Pierre Blanche de la manière dite ci-dessus, partagez-la en deux parts égales, et sur l'une d'elle mettez la quatrième partie de Mercure sublimé, tous deux étant pulvérisé, mélangez-les bien ensemble, et mettez-les en un vaisseau bien luté, et mettez en votre four, et laissez-le là l'espace d'un mois avec un feu tempéré, jusqu'à ce qu'il ne fasse plus qu'un corps, puis prenez en une partie que vous pourrez projeter pour votre besoin, quant à l'autre partie vous pourrez toujours la multiplier avec du sublimé, or de l'Argent-vif qui ait été purifié par le Sel et le Vinaigre, jusqu'à la fin de vos jours, soustrayant ainsi et multipliant suivant votre plaisir.  

Mais pour le Rouge, prenez l'autre part réservée de votre Pierre Blanche, pulvérisez-la, et la mettez en un vaisseau, versez dessus un peu de notre eau ardente, ou Teinture Dorée, et coagulez-les ensemble sur un feu modéré, de crainte que votre vaisseau ne se rompe par la force du venin et pouvoir insurmontable de notre Mercure Rouge et ardent, faites cela une ou deux fois, jusqu'à parfaite fixité, puis sortez la matière et mettez-la en poudre, et incérez-la dans un creuset avec ladite Huile rouge, ou Eau ardente, jusqu'à ce qu'elle flue comme de la Cire, comme il fut fait avec la Médecine Blanche, alors vous avez notre pierre rouge sombre semblable à la couleur de l'Hématite, qui est capable de faire des miracles sur la terre, mais il n'est point de notre intention de les révéler à cette heure, laissant cela pour être expérimenté par ceux que le Dieu Puissant pense être digne d'être enseigné, par ceci notre bref et petit livre petit, mais concis et substantiel, Dieu à qui nous devons perpétuellement remerciement et louanges, car tu nous as doté de ce Savoir.  

Du Raccourci du Grand Œuvre, qui épargne la moitié de l'Ouvrage et du Temps.  

La poudre Blanche, dont nous avons parlé précédemment et dont nous vous avons dit de réserver, qui est le parfait Soufre de la Nature, et la Terre Foliée, qui ne nécessite ni imbibition, ni digestion pour le blanc ; prenez la et broyez la finement, puis imbibez-la avec quatre parties de notre susdit Air ou Lait Virginal.  

Mais observez en même temps, que vous devez avoir grande provision de notre Eau, Air et Feu, et ceux-ci extrait hors de cinq ou six composés différents, ou Chaos, de façon qu'après que vous ayez conduit un Chaos hors du Four, vous devez présentement en mettre un nouveau, et cela successivement l'un après l'autre, et séparer leurs éléments, car autrement vous voudrez des eaux et des huiles pour l'imbibition, incération, et multiplication, et si votre œuvre doit être interrompue par manque de telles matières, tout est perdu et vous n'arriverez à rien, car dès que vous commencez, vous devez procéder sans arrêt ni interruption jusqu'à la complète fin.  

Mais pour notre sujet, ayant imbibé le Givre susdit, et coagulez le tout à un feu doux, jusqu'à ce que tout soit bu, imbibez et coagulez alors deux fois de plus jusqu'à fixité, après cela mettez en poudre, et incérez, avec un peu de notre Air par goutte, comme vous avez fait pour la médecine blanche précédemment, jusqu'à ce qu'il flue comme de la cire sur un fer porté au rouge, et ne s'évapore point, alors vous avez la parfaite Pierre Blanche, faite en moitié de temps, et avec moitié mois de labeur, ce qui est un précieux joyau et un grand Secret.  

Du Raccourci de l'œuvre au Rouge.  

Prenez le tout, ou la moitié, de notre Pierre Blanche, faites à partir du Givre mentionné, et pulvérisez-la, mettez dans un fort œuf de verre, et imbibez-la avec un peu de notre ardent Mercure Rouge, et mettez sur un faible feu, par crainte de casser le verre, coaguler en une poudre sèche, puis imbibez et coaguler deux fois encore jusqu'à ce que tout soit fortement fixé, puis prenez la matière et pulvérisez-la, et incérez-la avec notre susdite Huile goutte à goutte dans un fort creuset sur un feu modéré, jusqu'à ce qu'elle flue comme de la cire, comme précédemment mentionné. Alors vous avez la parfaite Pierre Rouge avec moins de travail, dépense de temps et d'argent, et ce Secret n'a jamais été dévoilé auparavant par aucun des Anciens Philosophes, car ils étaient envieux de leurs rares Mystères, que nous avons maintenant entièrement dévoilé, pour l'honneur de Dieu, et pour votre bien, de façon que vous puissiez effectuer le saint Œuvre de Charité et Merci suppléant abondamment et soulageant les orphelins et les veuves, rachetant les prisonniers et les captifs, spécialement ceux qui ont souffert pour l'amour de notre Saint Seigneur et Sauveur, Jésus Christ.   

Notre Pierre Blanche est Multipliée par imbibition réitérée, coagulation, et incération, avec notre Lait Virginal, car plus vous faites cela, plus elle s'accroît en quantité, et elle devient de cette façon plus subtile et pénétrante, et converti plus de métal avec une moindre quantité.  

Notre Pierre Rouge est multipliée de la même manière, par réitérée imbibition, coagulation, et incération avec notre Huile ardente, ou Mercure Rouge, et ce cette façon vous pouvez l'accuer tellement, qu'elle sera capable nous seulement de pénétrer les métaux, mais aussi les Pierres les plus dures, et n'importe autres Choses dites dans Tout le Monde.  

N'importe qui obtiendra ces Médecines, aura des Trésors incomparables, surpassant tous les Trésors de ce Monde.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 14:58

Chapitre I. 

De la revendication de notre Art, ses Etudiants et ses Méthodes.

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out hommes qui dévouent leurs existences à l’étude de n’importe quel art, ou toute sorte d’occupation ont devant leurs yeux le but de leurs efforts, la perfection de la chose qu’ils poursuivent. Mais bien peu atteignent le but de leurs espoirs : il y a beaucoup d’architectes, mais peu de maître d’œuvre en cet art ; beaucoup d’étudiants en médecine, mais peu comme Hippocrate ou Galien ; beaucoup de mathématiciens, mais peu tel le prolifique Archimède ; beaucoup de poètes, mais peu capable de se ranger au même rang qu’Homère. Cependant même les hommes qui n’ont rien de plus qu’un savoir respectable propre, sont capable d’être utile à la société. 

Parmi ceux qui s’adonnent à la transmutation des métaux, il ne peut y avoir rien de pire que la médiocrité des réalisations. Un homme qui étudie cet Art, doit ou avoir tout, sinon rien. Un Alchimiste qui connaît seulement la moitié de son art, ne récolte rien d’autre que le désappointement ainsi que la perte de temps et d’argent ; bien plus, il s’expose lui-même à la moquerie de ceux qui méprisent notre Art. En vérité, ceux qui atteignent avec succès le but du Magistère, non pas seulement des richesses infinies, mais aussi les moyens de poursuivre  la vie et maintenir la santé. Voilà pourquoi c’est la quête la plus populaire de toute l’humanité. Tous ceux qui ont lu quelques « Recettes » s’arrogent le titre de Sage, et conçoivent les espoirs les plus extravagants,  et pour se donner des apparences d’hommes sages se mettent à construire des fourneaux et à équiper leurs laboratoires, avec des Alambics et Distillatoires, et approchent l’œuvre avec la merveilleuse apparence d’érudits. Ils adoptent un jargon obscur, parlent de la première matière des métaux, et discutent avec un air entendu de la rotation des éléments, et du mariage de Gabritius avec Beya. Dans le même temps cependant ils ne succèdent jamais à provoquer aucune métamorphose des métaux, excepté celle de leur or et argent en cuivre et en bronze.

Lorsque les méticuleux critiques notre Art voient cela, ils tirent de ces constants insuccès, la conclusion que notre Art est un mélange de fiction et d’imposture ;  tandis que ceux qui se sont ruinés par leur folie confirment cette suspicion en abusant de la crédulité des autres, prétendant qu’ils ont acquis quelque habilité par la perte de leur argent. 

Dans cette voie le chemin pour le débutant est semé de difficultés et de pestilentes désillusions de toute sorte ;  et par la faute de ces escrocs, qui se donnent eux-mêmes de si beaux airs d’érudition et de savoir, notre Art lui-même est tombé en complet discrédit, car ces personnes bien sûr n’en connaissent absolument rien. Le débutant trouve extrêmement difficile de distinguer entre le faux et le vrai en ce vaste Labyrinthe qu’est l’Alchimie. Bernard le Trévisan l’averti d’éviter ces personnes comme la peste qui font tant de vides et vaines promesses ; voilà pourquoi j’ai écrit ce Traité pour guider l’aveugle, et instruire l’égaré. Je désire tout d’abord, nettoyer notre Art des calomnies dont il a fait l’objet, puis décrire la qualification des ses étudiants et ses méthodes de procéder. Après ces explications préliminaires, je m’attacherai à la description de l’Art lui-même. 

Avant de continuer, je voudrai élever mes plus sérieuses protestations contre cette méthode de raisonnement que certains sophistes déçus ont utilisé à la charge de cette science. La perversité de certains de ces professeurs menteurs ne peut rien prouver pour ou contre son authenticité. Une telle position ne peut seulement être bonne que si elle est fondée sur des arguments basés sur des relations naturelles ; mais il est impossible de trouver de tels arguments. La lumière de la Nature est trop éclatante pour être assombrie par ces obscurantistes. J’espère que mon livre montrera que la Transmutation des Métaux, à partir d’un état imparfait à un état parfait est une réalisation réelle et véritable, effectuée en coopération entre la Nature et l’Art. La seule chose qui distingue un métal d’un autre, est son degré de maturité, qui est bien entendu plus grand dans les métaux les plus précieux ; la différence entre l’or et le plomb n’est pas une question de substance, mais une question de digestion ; dans les métaux communs la coction n’a pas été suffisante pour purger les impuretés métalliques. Si par un moyen quelconque, ces superfluités de matière impure peuvent être organiquement enlevées des métaux communs, ils deviendront alors de l’or et de l’argent. Ainsi les mineurs nous disent que le plomb s’est en plusieurs cas transformé en argent dans les entrailles de la terre ; et nous prétendons que la même chose peut être produite en bien moins de temps par les moyens de notre Art. C’est un fait que le Mercure qui est généré dans les entrailles de la terre est la substance commune à tous les métaux —  puisque ce Mercure entre en combinaison avec toute sorte de métal — ce qui ne serai pas le cas s’il n’était pas naturellement de leur espèce. Par l’Art et l’aide de la Nature, le Mercure peut être successivement conjoint à tous les métaux, afin que l’un ou l’autre avec la même couleur et fluxibilité, puisse par ensuite montrer et exprimer la vraie température et propriétés d’eux tous. Plus encore, tous les métaux peuvent être dissout par le vif-argent — et cela ne pourrait sûrement pas être s’il n’était de la même substance. Plus encore, le Mercure du plomb peut devenir celui du fer, et le Mercure du fer celui du cuivre ; tandis que le Mercure de l’étain peut même être transmuté en celui de l’argent ou de l’or — un fait qui démontre triomphalement la substantielle affinité de tous les métaux. De l’antimoine aussi, on peut obtenir un bon Mercure, que certains Artistes sont capables de changer en mercure métallique. C’est aussi un fait bien établi que le Mercure obtenu de tout corps métallique ou minéral possède les propriétés d’absorber le Mercure commun en sa propre nature ; de même le Mercure commun peut devenir à son tour celui de tous les métaux. Ces arguments, ne montrent-ils pas qu’il n’y a qu’un seul Mercure, et que dans les différents métaux il est seulement différencié par leur différent degré de digestion et de pureté ? Je ne vois pas comment on peut répondre à ces arguments. Il est possible en faite que quelque personnes stupides puissent alléger pour réfuter notre raisonnement qu’elles ne peuvent accomplir toutes ces transformations chimiques sur lesquels il est basé ; mais de tels opérateurs justifieraient grandement leur ignorance s’ils avançaient cela contre la réalité de notre Art. Ils ne doivent pas faire de leur peu d’entendement la mesure ou le standard des possibilités de la Nature. A tout point de vue, mes paroles ont autant de valeur que les leurs (et mieux encore, car ils ne peuvent jamais prouver le contraire), et j’affirme le plus positivement et le plus solennellement, que j’ai de mes propres mains effectué chacune des expériences  que j’ai décrit ; et j’en connais beaucoup d’autres dont les expériences ont démontré que ces choses étaient vraies. Comment votre opposant peut-il se prévaloir contre des témoins oculaires par une simple négation ? Mon témoignage est justifié par des hommes tels que Albertus, Raymond, Riplée, Flamel, Morien et une multitude d’autres. Je confesse que les transformations dont j’ai parlé ne sont pas faciles à accomplir, mais quiconque a la Clef de notre Art peut ouvrir toutes les portes, et a pouvoir sur tous les secrets de la Nature. Mais cette Clef n’est possédée seulement que par ceux qui ont une connaissance pratique et théorique des procédés naturels. Je pourrais ici mentionner diverses mutations des métaux, comme par exemple celle de Mars en Vénus, par l’acide vert du vitriol, de Mercure en Saturne, de Saturne en Jupiter, de Jupiter en Lune, lesquelles opérations, en vérité, plusieurs vulgaires chimistes (bien éloigné des sommets de l’art) savent effectuer. Je pourrai aussi ajouter ce qui est seulement connu de quelques philosophes, qu’il y a une substance secrète intermédiaire entre les métaux et les minéraux, dont les vertus célestes mélangées produisent un certain métal sans nom, qui est, à proprement parlé, non point un métal, mais un Chaos, ou Esprit, car il est entièrement volatile : et par ce tous les métaux peuvent être évolué sans l’Elixir transmutatoire, même l’or, l’argent et le mercure. L’auteur de la « Nouvelle Lumière » l’appelle Chalybs, et c’est la véritable clef et premier principe de notre Art. Pourquoi alors les Sages ont-ils caché toutes ces choses, et les ont-il énoncée paraboliquement pour les vrais fils de science ? Il y a-t-il moins de vérité à cause de cette raison ? Tout ce qui est nécessaire pour perfectionner et développer une substance imparfaite, est la douce action digestive d’un agent homogène. Cet agent est l’or, aussi hautement mûr que la digestion naturelle et artificielle puisse le produire, et un millier de fois plus parfait que le métal commun du même nom. L’or, ainsi exalté, pénètre radicalement, teint et fixe les métaux. Nous pouvons illustrer ce fait scientifique de la manière suivante. Si vous prenez six livres d’argent, et le dorez avec une seule once d’or, vous pouvez après étirer votre argent en fils de la plus grande finesse, et toujours percevoir distinctement en chaque fils le brillant de l’or. Si alors ce métal, mort, corporel et terrestre (ce qui a un corps bien sûr, n’a pas le pouvoir d’entrer en un autre corps) peut produire un si merveilleux effet, semble-t-il incroyable que l’esprit de cet or qui peut pénétrer et animer le corps d’autres métaux, ne les transforme en sa propre nature ? Si nous avions cette teinture spirituelle, n’est-il pas clair qu’elle ferait intérieurement ce que l’on voit le corps de l’or faire extérieurement ? Souvenez-vous que notre Teinture est la Quintessence de l’or, et est infiniment plus parfaite que le simple corps de l’or ne puisse être jamais ; et qu’il a par conséquent un pouvoir infiniment plus grand de diffuser sa qualité essentielle. Si l’or donc entre spirituellement en un autre métal, il l’assimilera simplement à sa propre nature. Nous décrirons plus loin la méthode de cette ingestion spirituelle. Ajoutons seulement en cet endroit, où nous discourons du bien fondé de la transmutation métallique, que la semence est la perfection de toute substance qui possède de la semence ; que ce qui n’a point de semence est imparfait. C’est alors comme les poètes le chantent : « L’or contient les semences de l’or, bien quelles soient profondément cachées ». L’or n’est pas seulement parfait, mais est aussi la chose la plus parfaite de son espèce (à savoir les métaux). Si l’or a une semence, elle doit être contenue dans l’eau, qui est la demeure des esprits, la semence étant un certain moyen spirituel de conserver toutes espèces. Si l’or doit être dissout dans le but d’extraire sa semence, la dissolution devra s’effectuer par le moyen de cette même eau métallique. Lorsque cette dissolution est faite, l’or abandonne sa forme terrestre, et prend une forme liquide. Maintenant, l’or étant à la fois le point de départ et le but de tout ce processus de génération, il est clair que toutes les opérations intermédiaires doivent avoir un caractère homogène, à savoir, elles doivent consister en  graduelles modifications de la semence de l’or. Les opérations de notre Art doivent commencer par la dissolution de l’or ; et doivent se terminer par la restauration de la qualité essentielle de l’or. Mais, comme le négatif ne peut jamais devenir positif, la forme finale de notre or doit être essentiellement différente de sa forme initiale. La forme finale est grandement plus noble que l’initiale comme le feu qui est plus subtil et spirituel que la terre. Ce que j’ai écrit est suffisant pour le sincère étudiant de notre Art ; et ce livre n’est pas destiné aux critiques hostiles et pointilleux. Par conséquent, je continuerai maintenant et ajouterai un mot ou deux sur les aptitudes de ceux qui veulent étudier cette noble science. Comme je l’ai mentionné, notre Art est tombé en disgrâce, à cause de la stupidité et malhonnêteté de beaucoup de ses professeurs. Il y a d’ignorants artisans, qui n’ayant pas d’habilité, ni suffisamment de cervelle pour un commerce honnête, s’immiscent en notre Art, et bien sûr, perdent bientôt tout ce qu’ils possèdent. D’autres, sont seulement encore plus ignorants que ceux-là ; et ont trop hâte de faire de l’or avant d’avoir seulement maîtrisé les rudiments de science naturelle ; et bien sûr ils échouent, et dépensent tous leurs biens, empruntent à leurs amis, s’abusent eux-mêmes et les autres avec l’espoir d’infinies richesses, apprennent à parler dans un jargon semi-philosophique, et offre un prétexte aux détracteurs de notre Art. Et d’autres encore qui ont véritablement un savoir véritable du secret, mais qui donnent à contrecœur aux autres la lumière qui a éclairé leur propre sentier, et qui par conséquent écrivent à son sujet dans un langage  désespérément embrouillé, que le débutant perplexe est incapable de comprendre. A ce groupe appartiennent Geber, et Lulle qui auraient rendu un bien plus grand service à l’étudiant, s’ils n’avaient pas trempé leur plume dans l’encre. La conséquence de ceci est que celui qui entreprend cette étude se retrouve soudainement perdu dans le labyrinthe embrouillé de l’erreur et du doute, sans personne pour le guider. Je vais dons essayer de lui donner quelques conseils avisés sur le meilleur moyen d’arriver au but. 

En premier lieu, il doit faire ses opérations en grand secret de façon à ce qu'aucune personne méprisante ou injurieuse en ait connaissance ; car rien ne peu plus décourager le débutant que la moquerie, les sarcasmes, et les bons conseils d’étrangers bien pensant. Plus encore, s’il ne réussi pas, le secret le protégera de la dérision et de la persécution des tyrans avides et cruels. En second lieu, celui qui veut réussir dans l’étude de cet Art, doit être persévérant, industrieux, studieux, doux, et d’un bon tempérament, étudiant attentif, n’étant pas facilement découragé ni paresseux ; il peut travailler en coopération avec un ami, mais pas plus, et doit être capable de garder ses propres avis, il est aussi nécessaire qu’il ait un petit capital pour se procurer l’équipement nécessaire ainsi que la nourriture et les vêtements pendant le temps qu’il poursuit cette étude, afin que son esprit ne soit pas distrait par le besoin et l’anxiété. Avant tout, il doit être honnête, ayant la crainte de Dieu, pieux et saint. Etant ainsi, il doit étudier la Nature, lire les livres des meilleurs Sages, qui ne sont ni imposteurs ni envieux, et les étudier nuit et jour ; qu’il ne soit pas trop passionné pour toute idée pratique avant qu’il ne l’ait consciencieusement testée, et trouvée en harmonie non seulement avec l’enseignement des Sages, mais aussi avec celui de la Nature. Et après cela qu’il embrasse la partie pratique de l’ouvrage en modifiant sans cesse ces opérations jusqu’à ce qu’il aperçoive les signes qui sont décrits par les Sages. Et qu’il ne désespère pas des mauvais chemins qu’il emprunte, car les plus grands philosophes ont appris le plus par leurs erreurs. Comme guide en ses opérations il trouvera toute la lumière dont il a besoin dans le traité suivant. 

Chapitre II. 

De l’Origine de cet Art et de ses Ecrivains ; ses Principes Métalliques Fondamentaux, et la Production Graduelle des Métaux et Minéraux.

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ermès, que l’on appelle Trimégiste, est généralement regardé comme le Père de cet Art ; mais il existe différentes opinions en ce qui concerne son identité. Certains disent qu’il fut Moïse ; mais tous s’accordent à dire qu’il fut un philosophe très clair voyant, le premier auteur sur le sujet, et était aussi d’origine Egyptienne. D’autres disent qu’Enoch inventa cet Art, et avant l’arrivée du Déluge l'écrivit dans ladite table d’émeraude, qui fut par la suite trouvée par Hermès dans la vallée d’Hébron. Beaucoup affirment qu’il était connu d’Adam, qui le révéla à Seth ; que Noé dans l’Arche posséda le secret, et que Dieu le révéla à Salomon. Mais je ne suis pas d’accord avec ceux qui affirment que notre Art a une origine mystique, et par conséquent le rende ridicule au yeux du monde méprisant. S'il est fondé sur la vérité éternelle de la Nature, pourquoi devrai-je me mettre martel en tête pour savoir si tel ou tel antédiluvien personnage eut ou n’eut pas le savoir ? Il est suffisant pour moi de savoir qu’il est maintenant certain et possible, que l’Art ait été pratiqué par des initiés durant plusieurs centaines d’années, et sous les latitudes les plus distantes ; on doit aussi noter que la plupart de ces écrits sont tous d’un style obscur, figuratif, allégorique et embrouillé, et que certains d’entre-eux ont actuellement mélangé le faut à la vérité dans le but de confondre les ignorants, et qu’ils ont existé à travers les âges, dans différentes nations et en différentes langues, et n’ont pas diversement traité d’une opération, mais montrent tous un merveilleux et frappant accord en regard des caractéristiques principales de leur enseignement — accord qui est absolument inexplicable, excepté si on suppose que notre Art est quelque chose de plus qu’un simple labyrinthe de mots confus. Notre Art est le plus clairement expliqué par Bernard le Trévisan, Riplée l’Anglais, Flamel le Français, Sendivogius l’auteur de la « Nouvelle Lumière », l’auteur anonyme de « l’Arcane d’Hermès », qui écrivit aussi Enchiridon Physicæ Restituaæ, et « L’Echelle des Philosophes », le grand « Rosaire », le Traité de Dionysius Zachaire, les travaux de Morien, les travaux de Egidus de Vadis, le poème d’Augurellus intitulé « Faire de l’Or », les travaux de Pierre Bonus de Ferrara, et « l’Abrégé du Rosaire ». Que l’étudiant se procure un ou plus de ces précieux ouvrages sur Alchimie ou d’autres similaires, et qu’il étudie les secrets de la Nature avec la lumière par laquelle ces ouvrages les éclairent. Il trouvera un savoir de science naturel, et plus particulièrement de minéralogie, indispensable à ses desseins. 

Tous les philosophes nous disent qu’il y a quatre éléments, lesquels composent toutes choses, et dont par le moyen de leurs diverses combinaisons, toutes choses sont produites. Mais la vérité est qu’il n’y a seulement trois éléments, à savoir, ceux qui de leur propre nature sont froid — l’air, l’eau, et la terre. Le manque de chaleur que nous voyons en eux est proportionnel à leur distance au soleil. Je ne considère pas le Feu comme un élément. Il n’y a point de feu, excepté le feu commun qui brûle dans l’âtre ; et sa chaleur est essentiellement destructive. La chaleur qu’il y a dans les choses est soit le produit de la lumière, ou du mouvement, ou de la vie, ou de processus d’altération. Le Feu n’est pas un élément, mais un voleur qui larcine sur les produits des quatre éléments ; c’est un violent mouvement corruptif causé par le choc de deux principes actifs. Nous voyons alors qu’il provient de deux autres substances, n’étant pas lui-même une substance — le résultat de l’active coopération d’un combustible et d’un comburant. Le froid est la nature et la caractéristique des trois éléments, et ils possèdent la chaleur seulement comme un accident. D’ailleurs il est vrai que les objets sont formés par un mélange de ces trois éléments, car des choses dissemblables ne peuvent jamais réellement s’unir, vu que l’union est un mélange complet et concrétion des plus petits atomes ou molécules de deux substances. Mais un tel mélange est possible dans le cas de deux matières dissemblables, comme par exemple, entre l’eau et la terre (ou l’eau et le vin) ; ils acceptent d’être séparé à n’importe quel moment par le fait de la disproportion de leurs particules les plus petites. Il peut être dit que pour l’intérêt de l’union, les éléments grossiers deviennent aussi subtils que les autres ; mais si cela était le cas, si pour effectuer l’union l’eau devenait aussi subtile que l’air, cela signifierai simplement que l’eau est devenue air, une assomption qui par conséquent échouerai pour prouver la possibilité d’une amalgamation de l’eau et de l’air. N’est-ce pas une supposition plus simple et plus crédible que seulement l’eau ou l’air, quoiqu’il en soit, entre dans la composition de n’importe quel objet donné ? Mais si certains persistent toujours d’affirmer cette permutation des éléments (qui après tout, ne voudrait seulement dire que toutes choses sont faites d’air), laissez-moi demander une humble question,  part l’activité de quel agent sont-il ainsi transmutés ? De plus on serai aussi en droit de demander qu’elle est l’utilité de cette permutation de l’air en eau, et de l’eau en air ? Que peut effectuer la terre convertie en eau, ou l’eau convertie en air, qui ne puisse être aussi bien accompli par l’eau et l’air d’origine ? Ce serai un processus difficile et inutile de permanente transmutation qui n’aurait pour but aucune raison utile, et il est évident que la Nature ne fait rien en vain. Si l’on devait dire que la terre raréfiée en eau est comme l’eau, bien que pas exactement de l’eau, ma réponse serai que c’est un simple jeu de mots, et si la terre raréfiée est seulement comme l’eau, mais pas réellement eau, il n’est pas possible qu’elle se combine avec elle dans ses particules les plus infimes ; donc cette hypothèse ne fait rien gagner. Nous pouvons alors conclure que toutes choses tirent leur origine d’un élément, qui ne peut être la terre ou l’air. Je pourrais prouver cela longuement si l’espace n’était limité. Il s’ensuit donc que l’eau doit être le premier principe de toutes choses, à savoir, de tous les corps concrets en ce monde ; la terre est l’élément fondamental en lequel tous les corps croissent et sont préservés ; l’air est le véhicule en lequel ils croissent et par le moyen duquel les vertus célestes leur sont communiquées. La semence de toutes choses a été mise par Dieu dans l’eau. Cette semence se montre ouvertement parfois, comme dans les végétaux, et est parfois gardée dans les bourses comme les animaux ; et est cachée dans les profondeurs de l’être essentiel comme dans les métaux. La semence est mise en action par sa forme (à savoir, une certaine influence céleste appropriée) coagule l’eau matérielle, et passe par une série de processus de fermentation (la fermentation étant le principe de toute transmutation) jusqu’à ce qu’elle est produit ce pourquoi elle est destinée. Si la semence est métallique, alors, elle génère en premier un liquide sec, qui ne mouille pas les mains, à savoir le Mercure, la mère de tous les métaux. Le Mercure peut-être décrit comme étant la véritable première matière des métaux ; car tant que l’eau élémentaire n’est pas devenue Mercure il ne peut être affirmé avec aucun degré de certitude qu’un métal ou minéral doit en provenir. L’eau est en elle-même potentiellement la semence soit d’un animal, d’un végétal ou d’un minéral ; mais le Mercure est de l’eau différenciée métalliquement, à savoir, c’est de l’eau passée à ce stade de développement, en lequel elle ne peut plus longtemps produire rien d’autre que des substances minérales. Le Mercure est donc la semence commune de l’or, l’argent, le cuivre, l’étain, le fer, le plomb, etc. ; leur différence ne peut seulement être vue que dans leur degré de digestion. Le digestif n’est pas n’importe quel soufre gras qui est mis en action du dehors ; car le Mercure contient en lui le principe actif de son développement, à savoir, la chaleur interne due aux influences célestes, provoquant sa vitalité, et dépendant de la disposition de la matrice. Ces influences célestes agissent de part le monde ; mais leur exact mode d’action est déterminé par la nature potentielle des semences ; si la vie interne est métallique, le cours de son développement par l’action des agents extérieurs sera aussi métallique. De plus le Mercure se développe seulement où les influence externes (céleste et terrestre) peuvent le mettre en action. En toute autre endroit il apparaîtra une substance froide, morte, et sans vie. Mais au centre de son origine il est vivifié par l’action des influences célestes, transporté par l’intermédiaire de l’air, d’où résulte de la chaleur, à laquelle la vie est nécessairement associée. Alors la matrice dans laquelle le Mercure est placé, lui est alors plus ou moins adaptée, voire pas du tout ; et en raison de ces différents degrés d’adaptation, la substance demeure soit inerte, soit plus ou moins parfaitement développée ; l’imperfection du développement donne les métaux imparfaits, tandis que le développement parfait donne de l’or ou de l’argent ; mais tous les métaux différenciés par le degré de leur digestion ou maturité, ont la même première matière, à savoir le Mercure. Les sédiments et impuretés que l’on trouve en abondance dans les métaux communs, ne font pas parti du Mercure originel mais sont ajoutés par la suite par quelques souillures durant le processus de la coagulation, ou à cause d’impuretés contenues dans la matrice où s’effectue la génération (fermentation) métallique. Mais je vais maintenant poursuivre du sujet spécial de ce Traité, à savoir, la restauration ou la multiplication de l’or et de l’argent. 

Chapitre III. 

De la génération de l’Or et de l’Argent à partir de la Substance Mercurielle, et de la Possibilité d’amener les Métaux Imparfaits à la Perfection. 

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e la source ci-dessus décrite (le Mercure) nous suivons la naissance de l’or, et de sa sœur l’argent ; il représente cette substance amenée à la perfection par le moyen de la digestion. La perfection est de deux sortes, rudimentaire ou complète, partielle ou entière. La complète perfection (la digestion complète de tout ce qui est crud et l’élimination de toutes les impuretés) est le but ultime de la Nature ; et elle l’a atteint en notre or, qui par sont éclat éclaire toute la terre. Elle peut être appelée perfection rudimentaire, pas dans l’absolu mais relativement, lorsqu’elle est comparée avec les principaux corps imparfaits. Ces corps sont formellement ou essentiellement imparfaits dans la composition et l’impur prédomine sur le pur, de sorte qu’ils ne pourraient jamais d’eux-mêmes ( par développement naturel) atteindre la perfection ; c’est le cas de tous les métaux excepté l’or et l’argent. Mais lorsque le pur est libéré de la tyrannie corruptive de l’impur, et prend le dessus, nous avons une perfection rudimentaire, bien que le développement du corps puisse toujours être incomplet. Ces parties cruds et impuretés originellement n’appartiennent pas à la substance métallique, et on est capable de les en séparer; si elles sont parfaitement purgées avant la coagulation, on obtient un métal parfait. Mais même si elles sont coagulées ensembles avec le Mercure, il est toujours possible de les séparer de lui, et donc de parfaire le Mercure. C’est sur cette possibilité que notre Art est fondé ; et le travail consiste à effectuer cette séparation. Les métaux communs contiennent le même mercure que l’or ; si nous pouvons libérer ce Mercure de ses impuretés qui empêchent son développement, il doit devenir parfait, à savoir, devenir de l’or. Si nous pouvions trouver quelque agent de séparation qui pourrait effectuer cette tâche pour les métaux impurs, il serait aussi un agent de digestion, à savoir il vivifierai la digestion intérieure du Mercure qui est depuis longtemps au tombeau. Un tel agent de séparation est notre divin Arcane, qui est l’esprit céleste de l’eau possédant un ardent pouvoir de pénétration. Comparé avec l’or commun, c’est ce qu’est l’âme en comparaison avec le corps ; et ayant atteint le plus haut degré de fixité corporelle, il absorbe le Mercure des métaux communs en sa propre nature, et les protège du feu tandis que les impuretés sont brûlées. Le Mercure des métaux communs (sauf le Mercure de l’or), si ils sont exposés au feu sans une telle protection, ne seraient pas capable d’en affronter l’épreuve, mais (n’ayant pas de cohésion avec son corps impur et ne possédant aucune fixité en lui-même) s’évaporerait simplement, et laisserait les impuretés devant être brûlées. Mais notre Arcane, étant une substance à la fois spirituelle et homogène, est capable d’entrer en une parfaite union atomique avec les métaux imparfaits, de les absorber en sa propre nature les faisant comme lui, et communique à ce Mercure sa propre fixité, et le protège du feu, alors quand le feu à brûlé toutes les impuretés, ce qui reste est bien sûr l’or ou l’argent pur, en fonction de la qualité de la Médecine — qui à partir de là (comme tout autre or ou argent) est capable de résister à l’épreuve. Donc vous voyez que, comme il est souvent dit, nous ne professons pas de créer de l’or et de l’argent, mais seulement de trouver un agent qui —  en accord avec son homogénéité et spiritualité — est capable d’entrer en union intime (atomique) et maturante avec le Mercure des métaux communs. Et nous prétendons que notre Elixir est capable, par l’intense degré de sa fixité et de sa couleur, de communiquer ces qualités à n’importe quelle substance homogène qui ne les possèdent pas. 

Chapitre IV. 

De la Semence de l’Or ; et si les autres Métaux ont une semence. 

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a semence est le moyen générique de propagation donné à toutes les choses imparfaites ci-après ; c’est la perfection de chaque corps ; et quiconque n’a pas de semence doit être considéré comme imparfait. Si les métaux ont une semence, ils ne la perdent pas dans la coagulation, qui est l’effet de la perfection (ou plutôt des conditions parfaites). Maintenant dans toute chose contenant une semence la maturité signifie le parfait développement des semences, et c’est la raison pour laquelle cette semence métallique n’est par conséquent certainement pas détruite par la coagulation (le processus de maturation). Si l’on demande si tous les métaux ont une semence, ma réponse est, que la semence de tous les métaux est la même ; mais en certains elle est trouvée près de la surface et en d’autres éloignée. Toute semence métallique est la semence de l’or ; car en regard des autres métaux, l’or est le but de la Nature. Si les métaux communs ne sont pas or, c’est seulement à cause d’empêchements accidentels ; potentiellement ils sont tous or. Mais bien sûr, cette semence de l’or peut être plus aisément obtenue de l’or mûr lui-même. Donc, ce serai un travail inutile que d’essayer de l’obtenir de l’étain ou du plomb par quelques procédés laborieux, alors qu’on peut facilement l’obtenir de l’or même. Souvenez-vous que je parle maintenant de la semence métallique, et non point du mercure. Le plomb doit être multiplier, non point dans le plomb, mais seulement dans l’or ; car sa semence ne peu devenir fertile que lorsqu’elle atteint la maturité de l’or. On peut admettre que l’argent à sa propre semence, puisqu’il y a une Teinture multiplicative blanche (et aussi une rouge). Mais la Teinture Blanche est réellement contenue dans la Rouge ; et la semence de l’argent n’est rien d’autre qu’une modification de celle de l’or. La blancheur de l’argent est le premier degré de perfection, le jaune de l’or en est le second est le degré et le plus élevé. Car la mère de notre Pierre (l’argent des Sages) est blanche, et communique sa blancheur à notre or, d’où la source jaillissante des deux parents est premièrement blanche, comme sa mère, puis rouge grâce au sang royal de son père. 

Chapitre V. 

De la vertu de la semence de l’or, et où on peut le plus facilement la trouver. 

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ans le but d’obtenir ce moyen pour la perfection des métaux imparfaits, nous devons nous souvenir que notre Arcane est l’or exalté à son plus haut degré de perfection qui puisse être obtenu par l’action de la Nature et de l’Art. Dans l’or, la Nature a atteint le terme de ses efforts ; mais la semence de l’or est toujours quelque chose de plus que parfait, et pour la cultiver nous devons par conséquence demander l’aide de l’Art. La semence des métaux est encore plus complètement cachée à la vue que celle des animaux ; néanmoins son extraction est du domaine de notre Art. La semence des animaux et des végétaux est une chose différente, et peut être coupée et être séparément montrée ; mais la semence des métaux qui est diffuse dans tout le métal, et est contenue dans ses parties les plus infimes, ne peut être discernée de son corps : son extraction est par conséquent une tâche qui peut être un fardeau pour le plus expérimenté des philosophes ; les vertus de tout le métal doivent être renforcées, pour les convertir en sperme ou semence, qui par circulation, reçoit la vertu des supérieurs et des inférieurs, puis devient ensuite une forme sainte ou vertu céleste, qui peut la communiquer à ceux qui sont en rapport avec elle  par homogénéité de matière. En ce qui concerne la Pierre, tout l’or est sa substance. L’endroit où la semence réside est — approximativement parlant — l’eau ; et pour parler proprement et exactement, la semence est la plus petite partie du métal, et est invisible ; mais cette présence invisible est diffusée dans toute l’eau de son espèce, et y déploie sa vertu, rien d’autre que l’eau n’étant visible, nous devons donc conclure d’un point de vue rationnel que cet agent intérieur (qui est à proprement parlé la semence) est réellement là. D’où nous appelons toute l’eau semence, de la même manière que nous appelons le grain semence, bien que le germe de vie soit seulement une infime particule du grain. Mais la vie séminale n’est pas distincte de la substance restante des métaux ; au contraire, elle est inséparablement mêlée aux parties les plus infimes du corps. En règle générale cependant, nous décrivons la totalité de notre eau dorée comme étant la semence de l’or, car cette vertu séminale y prévaux de la plus subtile manière. Les Sages ont appelé cette vertu séminale le ferment caché, le poison, ou le feu invisible ; de plus ils ont dit que c’était un feu, ou que ce feu résidait dans l’eau ; ils différenciaient l’âme et l’esprit, le premier étant le véhicule et le second la vertu active. Si l'on se demande pourquoi nous décrivons l’eau comme le siège de la semence, ou esprit séminal, qu’on se rappelle qu’au commencement l’Esprit de Dieu planait sur la surface des eaux, à savoir, les pénétrait avec Son pouvoir céleste vivifiant. Ainsi depuis le premier jour de la Création, l’eau a été la source et l’élément de toutes choses. Car l’eau seule contient les semences de toutes choses ; chez les végétaux elles sont portées par l’air crud ; chez les animaux préservées dans les bourses ; tandis que chez les minéraux elles sont diffusées dans toute la substance ; néanmoins, la semence ne peu jamais quitter sa demeure originelle (à savoir l’eau). Les choses sont préservées par la provenance de leur origine ; car la cause de leur origine étant enlevée, les choses qui en sont l’effet cessent d’exister ; d’où la multiplication et nutrition de toutes choses est dans l’eau et par l’eau. Les végétaux sont générés et nourris par le Teffas aqueux de la terre ; les animaux par le chyle liquide ; les métaux par le liquide mercuriel. Les animaux préservent leur semence dans leurs bourses, et au moment voulu la projettent dans la matrice appropriée, où elle se moule premièrement en un fœtus tendre et compact, et ce fœtus étant nourri par le liquide femelle menstruel, croît ainsi jusqu’à sa naissance. Puis il est nourri de lait jusqu’à ce qu’il puisse supporter des nourritures plus consistantes ; mais cette nourriture solide ne devient pas un réel nutriment avant que l’estomac ne l’ait converti en un chyle liquide (comme par exemple les os dans l’estomac d’un chien). De la même manière les métaux gardent leur parfaite semence où elle ne peut être vue ; mais même là elle est préservée en l’eau. Alors l’Artiste l’extrait, et la met dans sa propre matrice appropriée, où elle est entretenue et où elle grandit, jusqu’à (par le moyen de la corruption) quelle atteigne sa glorification. C’est l’opération la plus difficile, parce que les Métaux, en qui la semence est cachée, sont si fermement et étroitement compactes, qu’ils ne céderont pas à la violence, mais seulement à un doux et délicat processus chimique. Alors je vous dis, qu’il y a une matrice en laquelle l’or (s'il y est introduit) émettra, de lui-même sa semence, jusqu’à ce qu’il en soit affaibli et meure, et par sa mort soit régénéré en le plus glorieux Roi, qui recevra alors le pourvoir de délivrer tous ses frères de la crainte de la mort.

Chapitre VI. 

De la Manière et des Moyens d’extraire cette Semence. 

Q

ue les choses les plus belles soient les choses les plus difficile à produire est expérimenté par tous les hommes, et on ne doit pas s’étonner, par conséquent, que les plus glorieuses des opérations sublunaires ne sont atteintes que par une grande quantité de difficultés. Si un étudiant de cet Art est effrayé par un dur labeur, qu’il s’arrête au seuil. Quand en vérité, le Père des Lumières a confié la Clef de l’Art à un homme, ce qui reste à faire est simplement un jeu d’enfant ; ses yeux sont ravis à la vue des signes les plus glorieux, jusqu’à ce que le temps de la moisson arrive. Sans cela erreur et vexation en seront le résultat. Par conséquent l’homme sage, avant que de commencer l’ouvrage, sera bien avisé d’en connaître les signes. Que les fils du savoir apprennent que l’objectif principal de notre Art est la manifestation de la semence cachée de l’or, qui ne peut être effectuée que par une complète et parfaite volatilisation de ce qui est fixe, et la subséquente corruption de sa forme particulière. Car ouvrir l’or de cette manière est le plus grand secret du monde. Ce n’est pas fait par une dépravation corrosive du métal, ni par l’usuelle méthode de dissolution, mais pas notre solution philosophique du métal dans l’eau mercurielle, par le moyen d’une calcination préalable du mercure (faite au moyen de l’agent), qui est produit par la subtile rotation et conversion des éléments ; cette calcination de plus est la mortification de notre liquide homogène avec l’élément sec lui appartenant ; après quoi le sec est tellement ressuscité par le moyen de ce même liquide, que la parfaite vertu mûre, extraite de la substance par le solvant, est la cause de cette calcination et solution. Ici donc, il n’y point d’utilité pour l’action d’un corrosif. L’or, qui est la substance la plus résistante et la plus fixe au feu, est volatilisé et aucun simple corrosif ne pourra accomplir un tel parfait changement de sa nature. Le puissant agent requis pour cet usage doit être homogène, bien disposé, et spirituel, à savoir, il doit être de l’espèce du corps (de l’or), et aussi suffisamment fort pour le dominer ; et pénètre jusqu’au cœur, en laissant chaque particule d’or véritablement or. L’or n’abandonne pas aisément sa nature, et se battra pour sa vie, mais notre agent est suffisamment fort pour le soumettre et le tuer, et ensuite, il a aussi le pouvoir de le ressusciter à la vie, et de changer ses restes inertes en un corps pur.

Chapitre VII. 

Du Premier Agent ou Matrice, en laquelle notre Semence doit être émise et où elle doit être mûrie. 

I

l reste à trouver un Agent, au moyen duquel l’opération susdite puisse être effectuée. Pour cela il nous faut une eau homogène. Car nous avons vu que la semence de l’or est scellée, et ne peut demeurer effective qu’en l’eau, et cette eau doit être homogène avec le corps, ou autrement elle ne pourrait pas pénétrer toutes les épaisses enveloppes qui protègent la semence. D’une manière générale, c’est-à-dire, chaque agent qui exerce une action générative sur quelque chose, la transmue (autant que possible) en sa propre nature. L’agent donc, doit être de la même espèce que le corps qui doit être dissout, et plus encore, pur de tous sédiments ou mélange. De même, alors que l’or est fixe et corporel, l’agent doit être hautement volatil et spirituel ; l’or est épais et grossier, notre Agent est subtil, l’or est mort, notre Agent est vivant : en sorte que notre Agent doit avoir toutes les qualités que l’or n’a pas, et qu’il doit partager avec l’or. Donc nous concluons que seul le Mercure est la véritable Clef de notre Art ; car en vérité c’est l’eau sèche décrite par les Sages, qui bien qu'elle soit liquide ne mouille pas les mains, ni rien qui n’appartienne pas à l’unité de la substance. Le Mercure est le gardien, notre baume, notre miel, huile urine, rosée de mai, mère, œuf, fourneau secret, four, vrai feu, venin de Dragon, Thériac, vin ardent, Lion Vert, Oiseau d’Hermès, Poulet d’Hermogènes, épée à deux tranchants dans la main du (Chérubin qui garde l’Arbre de Vie), etc. etc. c’est notre véritable vaisseau secret, et le Jardin des Sages, dans lequel notre Soleil se lève et se couche. C’est notre Minéral Royal, notre triomphante Saturnie végétale, et la baguette magique d’Hermès, au moyen de laquelle il façonne les formes selon son désir. C’est en parlant de cette eau que les Sages disent : «  Que les Alchimistes se vantent autant qu’ils veulent, mais sans cette eau la transmutation des métaux est impossible. Dans la Nature, elle n’est pas comme celle que nous utilisons en notre Art ; c’est la chose la plus commune, et en même temps le trésor le plus précieux au monde… Par conséquent, Fils du Savoir, faites très attention à mes paroles : Prenez ce qui  est en soi le plus impur, la femme prostituée, purgez-la radicalement de toutes ses souillures, et en extrayez ce qui est le plus pur, nommément notre menstrue (solvant), le Diadème Royal. » Notez que je vous ai dit en peu de mots tout ce qui ennoblie le Sage, le sauve de l’erreur, et le conduit vers les plus merveilleux champs de délices… L’arcane que nous recherchons n’est rien de plus que l’or exalté à son plus haut degré de perfection, par l’opération de la Nature assistée par notre Art. Lorsque le sperme caché dans le corps de l’or est révélé par le moyen de notre Art, il apparaît sous la forme du Mercure, puis est exalté en quintessence qui est premièrement blanche, et par le moyen d’une continuelle coction devient rouge. Tout ceci est l’œuvre de notre Agent Homogène, notre Mercure Pontique, qui est pur cristallin sans transparence, liquide sans humidité, et en sorte une véritable eau Divine, que l’on ne trouve pas sur la terre, mais qui est préparée par les mains du Sage avec la coopération de la Nature, que nous savons, avons vu, avons fait, et possédons encore, et que nous voulons aussi faire savoir au vrais étudiants de notre Art, tandis que nous souhaitons le cacher au indignes. 

Chapitre VIII. 

Concernant la Généalogie du Mercure des Sages, son Origine, Naissance, et des Signes qui le précèdent et l’accompagnent. 

Q

uelques sophistes arrogants et vantards, qui ont lu dans les livres que notre Mercure n’est pas le Mercure commun, et qui savent que nous l’appelons par différent noms, ne rougissent pas d’aller plus avant comme prétendants à la connaissance de cet Art, et prennent sur eux-mêmes de décrire ce solvant comme diaphane et limpide, ou comme une gomme métallique qui est permiscible avec les métaux, bien qu’en réalité il ne connaissent rien à son sujet. On pourrait dire de même de ceux qui voudront extraire notre Mercure des herbes ou d’autres substances encore plus fantastiques. Cette gente ne sait pas pourquoi les Sages n’utilise pas le Mercure tel qu’il est vendu par les apothicaires comme substance. Ils sont au courant du fait, mais ne sont pas familier avec ses causes ; et la conséquence est l’idée qu’ils ont que tout ce qui change la nature du Mercure commun, le convertira en celui des Sages. Mais en regard de ces folles personnes, j’ai déjà donné notre opinion…Tous les métaux comme je l’ai démontré dans le deuxième chapitre, on le même principe substantiel, à savoir, le Mercure. De cette proposition, il s’ensuit que la substance du Mercure commun est homogène avec celle des autres métaux, et si le Mercure des sages est l’homogène eau métallique, elle ne peut différer du Mercure commun seulement en rapport de sa pureté et de sa chaleur. La première substance du Mercure commun est celle de tous les autres métaux, à savoir, notre Mercure. Aussi longtemps qu’il demeure dans les filons de la terre, en une place parfaitement adaptée à sa génération, et est à l’abris de l’air crud, il maintient son mouvement et sa chaleur intérieur, qui sont la cause de tout développement métallique. Mais s’il est gâté par un accident, ou si l’endroit n’est plus adapté à lui, le mouvement intérieur est arrêté, et la vie germinale gelée comme d’un œuf qu’une poule a délaissé après l’avoir couvé un certain temps. C’est la raison pour laquelle ceux qui ont essayé de digérer le Mercure commun par le moyen d’une chaleur artificielle ont échoué grotesquement tout comme ceux qui ont essayé d’incuber artificiellement un œuf pourri. Nous avons une masse métallique crud, non digérée, froide, et non mûre, qui désire la forme de notre Mercure, contre laquelle elle doit échanger la sienne, si elle doit devenir ce que nous cherchons. En gardant cette fin à l’esprit, ses déficiences sont doubles ; sa nature est empêchée par des superfluités de matières étrangères, et elle ne possède pas la vertu spirituelle requise. Ses superfluités consistent en une lèpre terrestre, et une hydropisie aqueuse. La vraie chaleur sulfureuse au moyen de laquelle elle pourrait purger ses superfluités, lui fait défaut. L’Eau en vérité est la matrice, mais aucune matrice ne peut recevoir un germe vital sans chaleur. Alimentez donc votre Mercure (commun) avec le feu intérieur dont il a besoin, et il se débarrassera bientôt de tous ses sédiments superflus. Si vous pouvez effectuer cela vous avez accompli le grand exploit des Sages. Jupiter recouvrira son empire ; les noirs nuages de Saturne sont dispersés, et la fontaine scintillante jaillit claire et pure. Cette substance dissoudra l’or au moyen de la véritable solution philosophique, qui est complètement différente de ce que le fou peut faire utilisant des eaux corrosives qui détruisent seulement la nature métallique. Ce Mercure (avec) l’or et l’argent produit naturellement l’Arcane, ou or potable, comme tous les adeptes savent et témoignent. 

Je conclurai ici ce Traité, car tout ce qui reste à dire sera traité dans un Traité spécial.

 

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Published by Philalethes - dans Alchimie
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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 06:52

 

Vénérable Maître en Chaire, Vénérables maîtres qui décorez l’Orient, et vous tous mes Sœurs et mes Frères en vos Degrés et Qualités.

La planche que je vous présente ce soir s’intitule « L’ALCHIMIE DES ENERGIES ». Peut être aurai-je du y ajouter en sous titre, « en Loge d’Apprenti », puisqu’ il n’y sera question que de symboles pouvant être développés au Premier degré.

Parler de l’Alchimie des Energies, c’est avant tout en définir les effets pour en rechercher les causes, car celle-ci n’est pas qu’une science consistant à transformer de « vils » métaux en or. Elle est aussi un Art, celui de la transformation spirituelle, voir de la transmutation, d’un état vers un autre état. L’initiation maçonnique serait alors, elle aussi, une œuvre alchimique, puisqu’elle permet au Néophyte de pleinement se réaliser, en s’identifiant à l’œuvre qu’il accomplit. « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église » disait Jésus à son disciple Simon. Moins dogmatique, la franc-maçonnerie propose au nouvel Initié, de s’identifier à la Pierre Brute, symbole à partir duquel il travaillera au progrès de l’humanité.

L’Alchimie est partout présente en maçonnerie : A commencer dans le Cabinet de Réflexion où le profane découvre sans toujours en connaître le sens, les trois principes hermétiques que sont le sel, le souffre et le mercure. Mais l’Alchimie des énergies quant à elle, va encore bien plus loin car bien qu’impalpable, celle-ci transforme en profondeur toutes les choses et tous les êtres qu’ils soient minéraux, végétaux où animaux.

Cette énergie à laquelle nous nous référons en Loge et dont nous parlons si peu, est à la source même de notre spiritualité de Francs-maçons. Certes nous faisons l’apologie spéculative de la lumière sous toutes ses formes, qu’elle soit visible ou spirituelle, mais elle se limite trop souvent à quelques phrases tirées de nos rituels. Seul un petit nombre de symboles attestent de sa présence comme le soleil, la Lune ou le Delta Lumineux.  

Quelques autres encore éclairent faiblement l’Autel des Serments, le plateau des trois principaux officiants, et les colonnettes qui ceinturent sur trois côtés le Tapis de Loge. Mais ce ne sont pas seulement ces lumières plus suggérées qu’efficientes qui régénèrent nos énergies positives. C’est un agglomérat savamment orchestré d’énergies multiples créé par des mots, des gestes des déplacements et de nombreux autres symboles qui contribuent à produire des émotions susceptibles de réaliser un égrégore métaphysique.

Si les deux sources énergétiques symbolisées par les astres solaire et lunaire éclairent la Loge de leurs bienfaits, c’est surtout celle résultant du frottement entre le cœur magmatique et la croute densifiée de notre planète conjuguée aux deux premières qui engendre la vie. C’est l’opposition, voir la complémentarité des énergies cosmique (2) et tellurique (3) qui créé le mouvement vibratoire nécessaire à toute activité, voir à toute émotion. Manifestation du divin pour les uns, ou phénomène scientifiquement inexpliqué pour les autres, ces énergies sont nécessaires à toute forme de vie. On sait, par exemple, qu’avant de mourir, un homme pourrait rester deux mois sans se nourrir, dix à quinze jours sans boire et quelques minutes sans respirer, mais qu’à la seconde même où il perd son énergie, celui-ci perd la vie. C’est cette énergie qui, dans notre corps physique, a la même fonction, la même activité que dans la nature ou dans l’univers.

Le Soleil, premier symbole manifesté de cette énergie qui bombarde notre planète et qui, après transformation dans les couches stratosphériques, crée des conditions de vie, nous rappelle que la lumière que nous percevons pourrait s’affirmer comme l’ineffable présence d’un principe que d’ancienne civilisation avait qualifié de noms divers, que les religions nomment Dieu et que les Maçons du rite Ecossais Ancien Accepté ont, depuis le Manifeste du Convent de Lausanne de 1875, la sagesse d’invoquer sous l’appellation de Grand Architecte de l’Univers.

Aucune initiation véritable n’a jamais réellement adoré l’astre solaire, mais la partie exotérique de presque toutes les religions fait référence à sa lumière à cause de ses pouvoirs créateurs et bénéfiques.

Même si nous pouvons expliquer et reproduire artificiellement les principes naturels de la propagation des ondes magnétiques, il nous est impossible de déterminer l’essence même de cette énergie qui nous baigne et nous anime.

Sans énergie, la lumière qui éclaire les formes, les reliefs, les couleurs et les distances n’existeraient pas. Aussi, parce que l’énergie engendre la lumière, la chaleur et la vie, celle-ci est initiatrice des sciences, des religions et des arts. Elle est un outil de création.

Nos cinq sens en sont la conséquence puisque la fonction créant l’organe, sa lumière a créé nos yeux et sa chaleur a travaillé notre corps pour créer les organes de la sensation. C’est peut être pourquoi dans certains rituels d’origine compagnonnique les différents voyages en font état.

Cette énergie que l’on pourrait qualifier de verticale, engendre des phénomènes magnétiques dès qu’elle rencontre de la matière. On parle alors d’Ondes de forme qui peuvent avoir une incidence positive ou négative sur l’environnement, qu’il soit minéral, végétal, animal. Les civilisations qui nous ont précédées attestent d’une connaissance intuitive très précise de ces phénomènes radiesthésiques (1), notamment dans l’implantation de leurs sites mégalithiques et de leur architecture sacrée. Ce n’est certainement pas par pure coïncidence que la plupart des sites réputés pour être de hauts lieux de spiritualité, se retrouvent à l’emplacement même des lieux de culte païen d’autrefois, eux mêmes implantés sur des anomalies géologiques mesurables à la surface du sol.

Aussi, que l’on observe les pierres levées de Carnac, les Grandes Pyramides égyptiennes, ou les Cathédrales Gothiques du Moyen-âge, toutes témoignent d’un savoir transcendant.

En observant le ciel, et en analysant l’influence du rayonnement solaire sur leur cadre de vie, nos aînés ont pu élaborer des hypothèses et des techniques afin de l’utiliser et d’en manipuler les effets. Les puissants s’en sont bien sûr emparés pour en faire un outil de pouvoir spirituel et d’asservissement temporel en l’amalgamant aux superstitions profanes. Cependant, c’est aussi par le ressenti des phénomènes magnétiques que différentes sciences ou pseudo-sciences ont vu le jour. Car leurs applications sur la nature et sur l’humain sont multiples, diverses et variées.  

Que ce soit intuitivement ou scientifiquement, l’homme a toujours su s’identifier à la nature et à ses lois. Peut être qu’autrefois, ne disposait-il que d’outils archaïques et rudimentaires, mais ce sont ces outils, tels que la baguette de coudrier ou le pendule du sourcier qui depuis des millénaires, et par convention mentale, permettaient de chercher de l’eau, là où elle ne semblait pas se trouver.

Aujourd’hui, la géobiologie, cette science réputée nouvelle mais vieille de plusieurs millénaires, nous permet, grâce aux moyens techniques de notre époque, d’émettre des théories plutôt que des hypothèses sur la nécessité d’harmoniser toutes choses avec la nature. A présent, ce n’est plus par convention mentale mais par une approche scientifique que les archéologues mesurent l’intensité vibratoire des lieux qu’ils observent. L’homme antenne d’autrefois, a laissé la place aux antennes électroniques. Le pendule et autres matériaux obsolètes ne pouvant garantir l’absence de toutes interprétations sensorielles, ce sont des appareils ultra sensibles bardés de capteurs et reliés avec des ordinateurs, qui sont utilisés par nos scientifiques (compteur Geiger etc…) et nous permettent désormais de mesurer ces vibrations qui créent ou qui affectent notre vie, et d’en tirer des enseignements tant médicaux que thérapeutiques.

Depuis le 19e siècle de nombreux savants se sont intéressés aux phénomènes magnétiques. Les travaux du médecin allemand Ernst HARTMANN de l’Université de Heidelberg, qui nous ont permis de constater que depuis la nuit des temps, les bâtisseurs connaissaient et utilisaient intuitivement la structure de rayonnement radioactif terrestre pour implanter leurs édifices sacrés. Hendrik Antoon LORENTZ Prix Nobel de physique en 1902), a permis quant à lui, de démontrer que tout vibre dans l’Univers, la matière dite « inerte » comme la matière vivante, et que tout ce qui vibre émet des ondes longitudinales « linéaires » et, ou, tourbillonnantes. Le professeur Georges LAKHOVSKY a lui aussi mis en évidence, les relations essentielles existantes entre les radiations cosmiques et les phénomènes vitaux. Celui-ci devait aboutir à la conception que la vie est engendrée par les radiations, entretenue par elles et détruite par déséquilibre oscillatoire. D’autres encore, comme CHAUMERY et BELIZAL qui étudièrent la physique micro-vibratoire, ont fait progresser la science, notamment en ce qui concerne ses applications dans le domaine des phénomènes nucléaires.

Tout vibre dans l’Univers, et tout est en concordance. Notre bien aimé et défunt Frère Pierre DAC résumait cela en disant « Tout est dans tout… et réciproquement ». Les mots que nous prononçons, les idées que nous développons, les opinions que nous formulons, les émotions mêmes que nous ressentons, tout est perceptible sur un plan énergétique.

Désormais, la science peut même reproduire ce qu’elle ne peut expliquer en matière de phénomènes extra sensoriaux : La propagation des ondes cérébrales par télépathie par exemple. On sait que le cerveau humain, animé par une énergie vitale, peut agir comme transmetteur vers un cerveau récepteur réglé sur sa fréquence. Les scientifiques se sont emparés du concept pour inventer la radio, le téléphone, le G.P.S. même, et toutes sortes d’ondes polluantes annihilant celles bien moins puissantes que nous possédons en nous.

« Le poids des mots » disait la publicité de Paris Match. Ces mots que nous prononçons détiennent une quantité phénoménale de pouvoirs. Ce ne sont pas qu’un assemblage de lettres, ce sont des vibrations qui tendent à créer des émotions toxiques ou bienfaisantes. On sait par exemple que l’hébreu et le sanskrit sont appelées « langues vibratoires », et que lorsque les indiens prononcent des mantras, leurs vibrations sont censées s’élever dans l’univers avant de redescendre sous forme de manifestations physiques. En ce sens, chaque être humain peut être un magicien. Par une simple réflexion il peut changer le cours d’une vie. Si par exemple, nous disons à un ami que la couleur de son visage est celle de personnes ayant le cancer, cette simple remarque, s’il la prend au sérieux, pourrait engendrer ce mal en lui, et le tuer en moins d’une année. La parole est féconde et sa puissance peut être redoutable, surtout lorsqu’elle est manipulatrice.

En Loge, la parole est un outil de perfectionnement. Les travaux que nous y présentons sont réputés élever notre esprit, mais aussi notre niveau vibratoire. C’est pourquoi le choix des mots contenus dans nos rituels est si important, et qu’il peut être dommageable d’en modifier le sens caché, car l’esprit du rite pourrait en être affecté.

Les phrases prononcées au cours de nos tenues, associées aux symboles représentés dans la Loge, qui par leur fonction, leur nature et leur couleur émettent des ondes de forme susceptibles d’entrer en résonnance avec chacun de nous, sont censées contribuer à l’universalité de ce puissant égrégore qui unit tous les francs-maçons possédant (ou non) le pouvoir de s’y accorder.

Chaque symbole présent dans notre Loge peut avoir une triple interprétation. Sur un plan exotérique, ce peut être un objet usuel, un vêtement, un outil ou un mobilier. Sur un plan ésotérique, l’objet peut être comparé à son utilisateur. On parle alors de symbolisme. Sur le plan énergétique, on l’identifie à une lumière, à des ondes sonores ou à des ondes de formes réfractées. Chacun peut y voir ce qu’il veut y trouver. C’est pourquoi nous ne pouvons qu’avoir des avis différents sur le vécu des symboles que nous utilisons.

Cependant, qu’il en soit conscient ou non, lorsqu’il fait ses invocations à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers et au Progrès de l’Humanité, le Vénérable Maître appelle sur lui l’énergie d’en haut en élevant son épée Flamboyante, représentation jupitérienne de la manifestation divine. Face à lui, à la porte du temple, le Couvreur dirige alors son épée vers le sol, faisant ainsi circuler l’énergie du Zenith au Nadir de la Loge.  

Autre symbole fort de nos cérémonies, lorsque le Maître des Cérémonies et le Grand Expert forment la Voûte sacrée au pied de l’Orient. Cette figure géométrique n’est pas sans rappeler le cône de lumière issu de la direction du soleil venant éclairer la Terre, et plus symboliquement, les trois symboles de la Franc-maçonnerie placés sur l’Autel des Serments. C’est pourquoi dans certains rites dits spiritualistes, le pommeau de la canne du Maître des Cérémonies qui symbolise le soleil source de toutes vies, est au sommet du triangle ainsi formé, et que les deux pointes dirigées vers le sol, symbolisent sa manifestation sur les Colonnes du Nord et du septentrion (6). Symboliquement, son énergie réfractée verticalement à midi plein sur les trois grandes lumières que sont l’Equerre, le compas et la Règle est censée se réfléchir dans toutes les directions proposées par l’onde de forme des outils, c'est-à-dire vers les 8 plateaux des officiants de la Loge.

Cette action invocatoire du rituel n’est pas sans rappeler le schéma Pyramidal égyptien dont la forme protège en son centre la chambre de Haute Initiation que les profanes appellent la Chambre du Roi (5).

Bien entendu, les sceptiques ne sont pas obligés d’adhérer à ce que je suggère, car je ne détiens aucune vérité sinon la mienne, mais les mesures enregistrées par nos scientifiques concernant les intensités vibratoires à l’intérieur de la forme pyramidale, attestent notamment de son pouvoir momificateur..

Ces énergies qui circulent en nous et autour de nous sont aujourd’hui quantifiables. Pour en faciliter l’utilisation, notamment en géobiologie, nos savants utilisent des unités sans attributs, considérés comme des unités d’effet sur une échelle de 0 à 20 000 unités, basées sur les longueurs d’onde connues en physique (1 Aengströem = 10 millionièmes de millimètre) et de fréquence en Giga Hertz (1 Giga Hertz = 1 milliard de vibrations par seconde).

Ainsi, la vitalité d’un individu en bonne santé se situerait-elle aux environs de 6500 unités, mais ce ne serait qu’avec 7000 à 8000 unités qu’il possèderait sa pleine énergie vitale. En dessous de 6500 unités, le lieu serait affaibli et pourrait être nocif à toute matière vivante. C’est pourquoi, un individu soumis à une intensité inférieure à la sienne, tend toujours à équilibrer ses forces telle une pile neuve mise en série avec une pile usagée. Celui-ci perd alors de sa puissance au profit du plus faible. Lorsque sa vitalité tombe à 3000 unités, un homme est déjà très affaibli. Il peut alors développer toutes sortes de maladies. Mais à 1000 unités il a déjà un pied dans la tombe. Inversement, un individu soumis à l’influence d’une intensité vibratoire supérieure à la sienne, se chargerait en énergie vitale et améliorerait durablement son état de santé.

Il a été démontré scientifiquement que certaines maladies répertoriées en fonction de la vibration qui les caractérisent, correspondraient à une diminution plus ou moins forte de cette intensité. A titre d’exemple, la longueur d’onde mesurée sur des cancéreux, a toujours été située entre les valeurs limites de 4500 à 4900 unités. C’est pourquoi certains patients ont recours à des magnétiseurs afin de contribuer à leur régénération cellulaire (dans la mesure bien sûr, où l’état pathologique est encore réversible), plutôt que de se faire traiter par chimiothérapie qui, en détruisant les cellules atteintes, pourrait affaiblir d’autant leur vitalité énergétique.

D’autre part, on sait pour l’avoir expérimenté, qu’un individu moyennement intelligent, soumis à l’action d’un rituel dont la vocation est de le préparer à partager une réflexion ou le contraindre à une certaine analyse, va élever son taux vibratoire, proportionnellement à son degré de réceptivité, d’attention et de compréhension.

C’est pourquoi, lorsque les travaux prennent fin et que les maçons forment la Chaîne d’Union, ceux-ci partagent souvent d’une façon inconsciente, le fruit de leurs émotions, en équilibrant cette énergie qu’ils ont acquise avec celle de leurs Sœurs et de leurs Frères. Comme dans l’exemple précité, des piles neuves mises en séries avec des piles usagées, le niveau vibratoire des Sœurs et des frères les plus attentifs, ou réceptifs aux travaux du jour (par exemple ceux qui auraient apprécié cette planche), s’affaiblit au profit des moins favorisés (j’entends, ces autres qui auraient trouvé mon discours soporifique), donnant à chacun le sentiment de vivre sur une même longueur d’onde, voir d’éprouver le sentiment d’un amour fraternel partagé.

Ainsi, la Chaîne d’Union ne serait pas qu’un symbole magico-cosmique agissant sur le mental des participants. Elle donnerait un sens à nos travaux en renforçant notre Egrégore (4), tenue après tenue.

Quand il pense énergie, l’Initié voit la lumière qu’il va chercher dans sa Loge et qu’il nomme Connaissance, Spiritualité, parfois Dieu, Grand Architecte de l’Univers ou Fraternité Universelle. Cependant, il peut aussi être cette lumière que d’autres viennent chercher. Car celui qui veut imiter un savant, un philosophe, un saint ou plus simplement un Initié, reçoit quelques particules de ses vertus.

Plus il aura le désir de partager, d’éclairer, d’instruire et d’aider ses Frères, plus son Aura augmentera et s’élargira jusqu’à devenir rayonnante et lumineuse. Plus il dépensera certaines énergies pour le bien des autres, plus il se sentira rechargé d’énergies nouvelles.

Notre quête et notre but à nous Francs-maçons, est tout autant de chercher que d’offrir. Si comme l’écrivait Isaac Newton, « Les hommes élèvent trop de murs et ne construisent pas assez de ponts », nous essayons, quant à nous, de transmettre et de perpétuer cette lumière entrevue le jour de notre initiation. Physique ou spirituelle, la lumière est une énergie vitale, un élément essentiel à la vie. Symbolisée dans nos Loges, elle suggère la nécessité de donner un sens à chacun de nos actes.

La spiritualité que nous venons chercher n’est pas une échappatoire mais une élévation de l’esprit qui peut se faire dans la foi ou dans l’athéisme, c’est affaire personnelle, une pensée libre, ou une libre pensée. C’est une réflexion sur le pourquoi du monde, sur le pourquoi de quelque chose plutôt que rien, dans une communion de pensées qui cherche à élever l’homme vers la compréhension de ce monde. Et à ce titre, la Franc-maçonnerie peut participer à cette réflexion en apportant à l’homme certains outils que sont le symbole et le rituel.

J’ai dit

Source : http://www.ordoabchaos.net/pages/l-alchimie-des-energies.html

 

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Published by Robert MINGAM - dans Planches
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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 06:51

 

Monsieur, avec correction, il me semble que vous désirez touchant ces choses autrement que la définition des choses naturelles n'a été laissée, lorsque vous dites que la matière de Jean le Noir ne peut parvenir à cet effet, et par conséquent le Soufre, selon que vous l'avez pratiqué, Monsieur, vous n'avez pas entendu la qualité de ce Soufre, suivant l'essence de sa matière et altération, même la matière perfective du susdit Jean le Noir se doit mener à fin, ce qui est par préparations naturelles, mais vous proposez beaucoup de choses qui ne servent de rien à la proposition, mais comme indigne et confus n'avez pas compris la possibilité de nature, le son des mots vous a trompé : car il fallait premièrement discerner avec prudence ce qui doit être fait le premier, et pourquoi, et quand, parce que le premier qui est le dernier en résolution, est le premier en l'imposition, car par ceci il faut que parveniez à la connaissance du Soleil et de l'Elixir, c'est à savoir en réduisant ceci en ses premiers principes et Eléments desquels il est fait : vous devez donc diviser le composé jusqu'aux incomposés, mais il faut premièrement avoir la connaissance du composé, puis que vous le réduisez en parties mises en ordre jusqu'à ce que vous parveniez à ses principes, et c'est la connaissance résolutive, et doctrine appelée compositive, c'est à savoir qui conjoint ce qu'elle a divisée commençant par la première matière et par les principes et Eléments, et se trouvent aux composés mais la doctrine résolutive commence par les composés et sont simples des principes et Eléments qui sont appelés la première matière, de laquelle se fait l'Elixir qui transmue les corps. Comment donc croyez vous introduire la forme de l'Elixir complet en la matière qui a ceci est moins disposée.

 

Vue que l'Elixir a deux pouvoir être fait des choses homogènes et uniformes en substance, comme du pur Mercure, auquel toute la substance du corps fixe demeure résoute et faire volatile sans aucune séparation. Or l'intention des Philosophes est et a toujours été et sera, de faire du corps l'esprit, c'est à savoir du pur Mercure, qui est appelé philosophique, car il est fait par procédure de philosophie, contenant en soi double nature. Or puisqu'il faut composer la Pierre de deux substances et de volatile et fixe : il est nécessaire premièrement de faire ou tirer de l'union de ces deux Mercures, avant de que faire l'Elixir complet, et ceci est leur Mercure, qui cause perfection, et auquel tout le magistère consiste, et ont entendu celui-ci disant que si tu peux par le seul Mercure achever ton ouvrage, tu seras un très habile indigateur de l'Art, ce qui se fait par la passion laquelle il doit soutenir, étant occulte et homogène avec son corps, et c'est ce Mercure qu'ils ordonnaient d'élire premièrement, et même autant des corps et du Mercure non qu'il soit Mercure en toute sa nature, comme on entend vulgairement, ni en toute sa substance, parce qu'il a déjà perdu toutes ses fèces terrestres et adjustibles avec beaucoup de dissipation de sa fugitive aquosité, et demeure pure substance par moitié unie et conjointe avec la substance fixe : car en l'œuvre, avant que pouvoir faire la vraie médecine transmutatoire des pierres, il est nécessaire de sublimer le tout, non seulement la partie volatile, mais aussi la fixe, alors le tout étant converti en esprit, les Philosophes ont dit que c'était l'eau de volatilité par laquelle toute matière se converti en fumée, ont appelé toute cette pierre eau, comme atteste Socrates, disant en la Tourbe, si vous ne réduisez le tout en eau, vous ne parviendrez pas à l'ouvrage, car il faut que le corps soit occupé par la flamme du feu, afin qu'il soit détruit et fait débile avec l'eau en laquelle il est, et Consolies dit, sachez ô investigateurs de cet Art, que tout corps est dissout avec l'esprit, auquel il est mêlé, et avec lequel sans doute il est fait spirituel. Or quand cet esprit se sublime, il est appelé eau, comme il a prédit, laquelle eau se lave elle-même et se nettoie : d'autant que toute la substance est très subtile, comme il a été prédit, monte en laissant ce qui la corrompait ; car Mercure se putréfie en l'œuvre, par laquelle le corps se converti en esprit, non seulement de ses sulfutités, mais aussi de toutes terrestrités, et des grosses et subtiles parties aqueuses, venant de viscosité, attachées par forte mixtion, et se fait le Mercure des Philosophes, duquel parle Geber. La considération de la chose perficiente est la pure substance du Mercure, d'autant qu'en 'élévation l'un et l'autre monte en façon de fumée par précédente fusion, et parce qu'aussi alors il se fond, et se coagule par le froid, et se dénue de superfluidité, il se lave et imbibe de son eau, c'est à savoir par l'esprit préparé qui est venu du même germe, et c'est la Philosophique dissolution qui se fait avec le feu dissolvant, préparé premièrement comme il est requis, fait et vigoré, ce qu'atteste le Philosophe Mirandus, disant, il faut que le corps soit liquéfié avec son dissolvant, afin de l'altérer de sa nature corporelle, jusqu'à ce que par la dissolution destructive, le corps soit fait spirituel et subtil. Or parce que ce Mercure a en soi nature fixative qui lui est conjointe, comme aussi à cause de sa double nature, les Philosophes l'ont appelé eau permanente et persévérante au feu, car la partie volatile n'est pas sans son corps, avec lequel elle est dissolublement mêlée et tous deux sont inséparablement fait un, lequel naturellement ou de sa nature n'est pas permanente au feu, à cause qu'il ne se faut pas fier au Mercure sublimé, ni aussi dissout, vu que le tout est fugitif, mais au calciné après la dissolution, comme dit l'exposeur en la Lumière des lumière, étant sublimé, il est fugitif du feu, et blanc de sa nature mais alors que par son coagulatif il est coagulé et calciné, il est fixe et retenu, et ce coagulatif est le corps qui est caché au Mercure des Philosophes : quand il vient à naître, ce Mercure est appelé lait, parce qu'il fixe et coagule par son corps caché, et est fait un avec le Mercure, et un en substance, et ainsi se coagule lui même et non pas un autre, et se connaît de la cire fondue, parce qu'en la commixtion ils sont entièrement fait un sans séparation, pour durer éternellement : et l'un et l'autre en la même substance achever le reste, et que ce qui est mis au feu passe de nature en nature, jusqu'à ce qu'au même vaisseau en forme de matière, il soit converti en vraie médecine, et cette est sa dernière disposition, laquelle ressemble beaucoup à la génération humaine. Or votre matière n'est encore parvenue à cette propriété par laquelle elle puisse être appelée Œuf philosophique, et par laquelle disposition elle puisse en dernier ressort être transformée en Elixir complet, parce que toute votre matière n'est pas entièrement amenée en esprit rond, circulé par circulation deuë, mais c'est un corps de soi fixe, ne fuyant point, et un esprit fugitif seulemet par soi sans le fixe, desquels il apparaît que ceci n'est pas un Œuf, puisque l'un rejette le reste. Puis donc que la génération du grand Elixir se fait vaporablement et permixionnément en l'air, comment croyez-vous parvenir à la fin des ennemis trop éloignés en nature, car jamais le corps, lorsqu'il permet que l'esprit se sépare sans sa nature, ni l'esprit lors qu'il monte sans sa siccité, ne peuvent se convertir en Elixirs, parce que vaporablement ils ne se peuvent pas mêler les uns avec les autres la cause pour laquelle les Philosophes ont appelé leur Mercure Œuf, est aussi celle-ci, parce que tout ainsi que l'œuf est une chose ronde circulaire, contenant en soi deux natures en une substance, le blanc et le jaune, et tire de soi-même une autre chose qui a âme, et vie et génération, c'est à savoir lorsqu'il en sort un poulet, ainsi aussi ici le Mercure contient en soi deux choses d'une nature, corps et esprit, et tire de soi l'âme et la vie alors que tout est spirituel, d'où après se fait la génération du vrai Elixir, ce qui a fait dire à Mirandus, cet Œuf tire de soi la vie qu'il a, puis après l'âme et génération. Et a dit Platon, en l'œuf des Philosophes il y a des choses qui étant entièrement mêlées et putrides se convertissent en esprit, car il est vif et non mort, c'est donc cet Œuf qui étant mis au feu par seule décoction, sans qu'on y touche des mains, fait un poulet par une seule disposition, qui s'achève soi-même, et se confirme, et ceci est de la nature hermaphrodite, parce qu'il est comme mêle et femelle, et de complexion hermaphrodite, comme le Philosophe le confirme disant aussi, ainsi la semence de la plante est semblable à l'imprégnation, qui est un mélange du mâle et femelle, et tout ainsi qu'en l'œuf il y a une force pour engendrer un poulet, et semblablement sa matière qui lui est nécessaire jusqu'à ce qu'il sorte d'icelui, ainsi au notre, et tout ainsi que la femelle met un œuf en une heure, et la semence de la plante, ainsi aussi nous notre œuf, afin qu'il s'engendre un Elixir, d'où il est aisé à voir qu'un Elixir ne se peut pas engendrer sinon des choses qui ont en elles la complexion Hermaphrodite, comme il se voit en l'Œuf susdit. Or Albertus essaie de confirmer la complexion de cet Œuf, au troisième des minéraux disant ainsi au chapitre du Soufre, il faut bien que le chaud et le sec soient conjoint à l'humide et froid en une même complexion, et cette complexion est Hermaphrodite, comme il se voit des plantes, je vous écris la détermination de cet Œuf avec la déclaration, de peur que ne failliez en la proche matière de laquelle il se doit faire un parfait Elixir, comme un certain de Carcassonne se faisant appeler Maître Tolquet, assura à Léotard qu'il avait vu votre matière en un certain vaisseau en forme de Mercure mêlé avec le corps, et étant comme à demi congelé, laquelle il dit, comme par vitupère, n'être pas un Œuf, combien qu'il dise la vérité que vous vous êtes fourvoyé, mais icelui vous redarguant en vérité, opine sans connaissance de cause, sauf toutefois sa révérence, et ceux qui le suivront. J'ai connu de son intention, et par sa sublimation, et eau laquelle il croit en tirer, et laquelle il assure avec beaucoup d'ignorance que c'est le vinaigre des Philosophe : mais en vérité, puisque la nature et toute son espérance lui contredisent, ses paroles ne contiennent aucune vérité, mais éloigné et aliéné il est de la Philosophie par superflues fantaisies, ne considérant pas les formes de cette transmutation, ni les Eléments, ni ce qui est réel, mais ce qui est fantastique, ni ne considérant pas aussi que les même formes peuvent avoir leur être transmutatif de la matière Philosophique et de ceux qui sont en la matière Philosophale, et non des étrangères, comme doit considérer le réel Philosophe, que ce qui est en la matière y est seulement de sa nature, et est réel : semblablement il doit considérer le mouvement comme l'efficient selon qu'il émeut la matière, et la forme selon l'être qui est en la matière, et aussi la fin selon ce qui est la borne du mouvement, selon que la matière l'émeut, et semblablement la matière même autant qu'elle peut être la matière de la forme philosophique, et selon ce qui est le sujet de la forme, et selon l'être que la forme a en la matière, et ainsi se connaît la façon de faire des hommes philosophants, mais Tolquétus n'était pas de telle considération, ne changeant pas de complexion, combien que la correction fraternelle soit une œuvre de miséricorde corporelle, parce que par la corporelle, l'homme gagne la miséricorde du corps ; mais la spirituelle gagne la vie de l'âme, toutefois quand elle ne sert pas aux obstinés, ceux qui résistent à telle correction, ils se font démons, ne connaissant pas la défectuosité ou sa faute, par quoi faut laisser telles gens comme publicains, suivant la sentence de notre Sauveur, Math 18, ceux qui tombent par ignorance sont moins éloignés de la vérité que Monsieur Turquet, encore que vous ignorez les termes de l'art, et la forme de la matière proche à la génération des Elixirs, ou de la médecine, toutefois vous avez la matière congrue à celle-là, et l'ordre congru, si vous entendez bien la forme des préparations, lesquelles je vous ai donné suffisamment avec ses qualités et causes nécessaires, et comme elles se font, et parce que la propriété de l'œuvre par laquelle la nature est conduite et tirée à perfection, est dedans sa matière par le propre mouvement de la nature même, réjouissez-vous, parce que vous la pourrez trouver non par doctrine, mais par la propre indignation de la même nature du mouvement déterminé, c'est pourquoi il faut considérer le mouvement selon que la matière se meut en la forme de relation vous pouvez régler la matière par un mouvement naturel, parce qu'un tel mouvement étant propre et déterminé, tend toujours introduisant en la matière propre l'espèce propre, d'ou nécessairement s'ensuit multiplication par semblable espèce en la même matière. Or puisque la vertu de l'Elixir s'engendre formativement de la propriété de la matière, ou bien combattue par l'humide onctueux, ou bien de la matière humide par siccité terrestre, ce qui est une même chose, vous devez remarquer qu'une telle passion ou combat procède la transmutation de la substance en forme d'Elixir complet ce qu'est à dire, que le sec et l'humide endurent premièrement ensemble, parce que tous les deux ensemblement parviennent à un qui est homogène et génératif naturel, sans qu'à jamais ils se séparent, comme vous pouvez voir par la nature et complexion ci-dessus déclarée. Or l'œuf n'est autre chose en sa grande quantité qu'un humide aqueux, endurant et souffrant sous le sec terrestre, ainsi aussi l'Elixir parfait n'est autre chose que Mercure, qui a enduré une très grande chaleur et siccité complexionnelle, dont le Mercure qui a ainsi souffert sera la proche matière de l'Elixir, par l'expérience duquel on trouve que ce ne l'est pas s'il ne se liquéfie et dissout par forte ignition : et étant ainsi uni il se coagule au froid en pierre fusible métallique, il appert donc que le Mercure est la proche matière de l'Elixir par la passion qu'il reçoit du sec terrestre aduste, pour plus ample déclaration répondant à vos vers, que votre désir soit de connaître que le pénultième de l'œuvre, en entendent généralement en tous les degrés auxquels nous essayerons de parvenir, est la pureté de la matière et rectitude parfaite, par lesquels toutefois à savoir par pureté et rectitude notre œuf est parfait parce qu'alors la simple nature se réjouit et s'achève en la simple nature pure en homogénéité et proportion des Eléments. Or la cause qui fait opiner quelque uns que la composition de cet œuf est impossible, a été ou très forte construction du corps, ou la difficile résolution, car ce qui difficilement se construit, se dissout difficilement, mais s'ils savaient la composition naturelle ils sauraient aussi la résolution, et que la construction artificielle se peut faire, mais par un cours naturel : Par quoi puisqu'ils l'ignorent il doivent condamner leurs opérations indues par lesquelles ils veulent parvenir par corruption et génération à autre chose, tels ont essayé que le corps est de très forte composition, mais ils ne savent pas encore combien il est fort, parce que s'ils étaient parvenus à ce terme, ils sauraient comme l'œuf est fait de la corruption du corps, qui est la cause pour laquelle tels n'ont pas bien connu les fondements de nature, rejetant le superflu, et accroissant ce qui est diminué, et non seulement la superfluité même et la diminution qui est cachée et qui se voit, et par conséquent la nature même qui est la racine et essence parfaite, ni la commodité de l'œuvre, la propriété de laquelle est de cacher ce qui le manifeste, et de manifester ce qui est occulte, ce qu'us pourront connaître en mortifiant et vivifiant, desquelles choses on voit tant la corruption et infection des métaux, que semblablement la droite composition de notre œuf, par quoi notez que lorsque les Philosophes disent qu'il n'y a rien de superflu en cet œuf, ils entendent qu'il n'y faut point manier et ôter des mains, mais qu'il faut laisser faire à la seule décoction de sa panification, il apparaît en la décoction de l'œuf quand il retourne dur, ou bien en son invétération, ce qu'il faut bien noter, et lorsqu'ils disent puis après qu'en l'œuf susdit il n'y a point de diminution, us démontrent par cela qu'il n'y faut rien ajouter, vu qu'il contient tout ce qui est requis pour notre magistère, donc cette pierre est un œuf parfait de deux substances d'une nature, qui est fait à savoir de corps et d'esprit en unité d'essence ou de nature, et en cette conjonction de résurrection le corps est fait esprit comme l'esprit même, et sont faits comme un, comme eau mêlée avec eau ne pouvant à jamais être séparée, n'y ayant aucune diversité en eux à savoir de trois, qui sont esprit, âme et corps, sans aucune séparation, ce qui se voit voirement en l'unité de la Trinité, en Dieu le Père, et le Fus, et le Saint-Esprit, qui sont un en Dieu même, avec distinction sans diversité en substance, desquelles paroles nous pouvons connaître directement que les Philosophes anciens qui ont eu cette partie, ont été devins par cet art divin de l'Apparition de Dieu en humaine nature ou chair, à savoir Christ, et son unité avec Dieu par l'abondance du Saint-Esprit, combien que fort indistinctement et confusément ils ont connu ceci, desquels je suis d'avis qu'on remarque la vérité et les figures des choses, ce que tous ceux ont été vrais artistes de cet art divin et glorieux ont pu mettre en Dieu la Trinité et unité, toutefois en la Trinité avec distinction, mais sans diversité en lui, mais en cette Pierre est assignée Trinité en unité, et au contraire avec distinction sans diversité. Je ne vois pas qu'il y ait, pour celui qui regardera de près et qui saura un exemple en tout le monde plus semblable que' celui-ci, pour l'assignation de la Trinité en Dieu. Or ici se rapporte ce qui est en St. Augustin au premier de la Trinité et de l'âme, c'est à savoir qu'il y a en l'âme, ces trois, qui néanmoins sont un, à savoir mémoire, intelligence, et dilection ou volonté, qui est la plus belle et véritable, mais que par aventure quelque contradiction, mais non pas en cet endroit, je crois fermement que si quelque infidèle savait bien cet Art, il serait après nécessairement fidèle en la Trinité de Dieu et mettrait la science en notre Seigneur Jésus-Christ Fils de Dieu, que s'il ne fait ceci je crois que cela ne vient que d'une crainte qu'il a en soi de sa secte, et en la loi première donnée par d'autres, qu'il ne soit point puni de semblable façon, pour ce qu'il voit la Trinité en Dieu, par cette pierre très occulte et très précieuse, comme ont vu Hermès, Platon et les autres anciens Philosophes, il ne se trouve donc point de comparaison semblable, et n'y a inquisition ni subtilité, ni utilité, ni trésor semblable à celui-ci, vu que l'âme de celui qui sait ces choses, et son corps sont faits libres en ce monde, attendant la béatitude du siècle futur, pouvant bonnes œuvres être transportées à Dieu après sa mort, et être conjoint derechef à son créateur au dernier jour, et être avec icelui heureux, pour revenir au propos de l'utilité de la Pierre, nous dirons que jamais l'esprit et le corps ne parviendront à l'union prédite, comme atteste Raso en l'encomion de son livre, jusqu'à ce que l'un et l'autre soient nettoyés. Il dit aussi, afin que mieux vous l'entendiez, que ses termes et dispositions précédentes ont grand accord avec ce qui s'engendre en l'œuf, avant que les dispositions soient faites, par lesquelles il puisse se tourner en Elixir complet, sachez que les susdits à savoir l'esprit et corps ne s'unissent pas bien l'un l'autre, pour pouvoir démontrer leurs vertus, par lesquelles la parfaite opération se fait, si l'un et l'autre ne sont bien nets, car le corps ne prendra point l'esprit, ni l'esprit le corps pour faire que le spirituel soit corporel, ni le corporel spirituel, si toute l'ordure et immondice ne sont ôtées, ce qu'étant fait le corps embrasse l'esprit, et l'esprit le corps, et d'iceux se fait l'opération parfaite, si la fixion surmonte la grande volatilité, mais si la très grande fixion est vaincue par la grande volatilité, la forme de l'œuf ne s'achève pas, étant seulement un corps qui se retire vers l'esprit, et est ici le pénultième terme de notre Mercure qui est appelé Œuf, contenant en soi ce qui est requis pour la perfection de notre magistère, auquel il n'y a rien de superflu, ni aucune diminution de la perfection de l'Œuf, mais c'est tout ce qu'il faut pour la production du poulet et de la médecine, d'où l'artiste de fin entendement pourra remarquer qu'en ce magistère il y a trois choses qui démontrent l'ordre, premièrement que la préparation précède la conjonction, secondement, que la préparation de l'un et de l'autre n'est pas perfection, mais seulement une disposition à conjonction, par laquelle il prend la forme de Pierre ou de Soufre ou de notre Mercure qui ne font qu'un en l'Œuf, duquel nous avons traité ci-dessus, et du contraire la perfection  n'est  pas  simplement préparation,  mais  une  induction immédiate de forme, qui peut achever notre œuvre, tiercément qu'en tout le temps de leur conjonction leur union étant parfaite, us sont à jamais trouvés purs et nets, et dépouillés de toutes superfluités, d'où l'on peut aisément voir qu'au temps de leur pureté us sont faits tous deux aorès et après pour la rectitude de la pierre, ou génération de notre œuf, et non devant, ni plus outre. Or si suffit de bien préparer la matière, de sorte qu'elle ne soit pas seulement de purée de toutes superfluités adutibles, mais aussi de toutes terrestrités, tant grossières que subtiles, attachées par mixion forte aux parties aqueuses venant de viscosité. Or cette dépuration se fait quand le corps se tourne en esprit et l'esprit en corps, pour ce qu'en la procédure de l'œuvre il se fait conversion jusqu'à ce que la nature très prompte ait trouvé un état permanent, auquel elle termine son mouvement, qui est la forme de la génération de l'œuf, et lors nature commence un autre mouvement pour former la médecine parfaite, corrompant derechef notre Œuf de la forme, et y introduisant une autre forme de médecine parfaite, et ceci est passé de degré en degré, mais la sapience d'un bon Artiste doit diligemment s'enquérir de la cause pourquoi la pierre purifiée s'achève par solution, et de la cause pour laquelle il ne vient pas plutôt et plus sévèrement à son intention, et pour ce que des causes opposées découlent les opposées affections, et que par l'un des contraires, on connaît le reste : il faut remarquer que la proxime cause par laquelle la pierre purifiée s'achève par solution, est une similitude très grande de l'un à l'autre et de l'esprit au corps, et du corps à l'esprit, non seulement en la matière, mais aussi en la complexion, qualités et propriétés naturelles, car tant plus que le corps approche de la complexion de l'esprit, et au contraire tant plus promptement se font-ils un, et se transfigurent en œuf, pour ce que chacun désire ce qui est plus approchant de sa complexion, et pour ce que le corps est très chaud au profond de la nature, tant plus que le Mercure est chaud et pur, tant plus est-il pénétratif, et se fond mieux, et s'unit mieux avec lui, de sorte que de deux complexions, il s'en fait une seule composée en sa simplicité, car ce qui est chaud est digestif en quelque façon semblable au chaud et humide résout, et tant plus il est froid, n'ayant point de chaleur aiguë, tant moins pénètre-t-il au profond du corps et plus tard se dissout, et par conséquent se conjoignant plus tard, voire plus tard à cause de la matière; et de la quantité et qualité d'icelle matière les espèces ne se séparant point de l'espèce, mais à cause de la suivante forme, voilà pourquoi l'Artiste doit connaître entièrement la matière de la nature, sa quantité et qualité, vu que les choses prédites sont sans doute à lui seul connues. Or on ignore les propres   instruments de la nature, par lesquelles elle agit médiatement en la matière pour l'introduction qui est la formation de l'Œuf, vu que nul agent, soit qu'il soit naturel ou artificiel, ne peut agir sans les propres instruments et déterminés, comme vous voyez, pour ce que la nature en la génération de toutes choses agit avec chaleur digérante et altérante, et mondifiante, comme avec son propre instrument, selon que la nature de toutes choses requiert, comment donc si vous ignorez cet instrument, croyez-vous former un Œuf, nullement : l'art prend bien les esprits immondes de nature, et les conjoint avec les purs et spirituels de la nature, et en les sublimant, les élève et nettoie comme la nature, et les dépouille de toute mauvaise sulfurité, et en ce dépouillement nature, y agissant et opérant, égalise les qualités des Eléments, et les proportions d'iceux en la mixtion, combien que nous ignorons telles proportions n'étant pas nécessairement, ni en notre puissance de savoir ceci, ni ne le désirons savoir, étant seulement connu à la seule nature, pour ce que nature se rectifie d'elle-même, cuisant les Eléments, et les mettant à proposition de son espèce, étant ta rectitude de nature, et consistant en l'égalité de ses Eléments, et proportions d'iceux : Or puisque l'art ne peut pas égaler ses éléments qui sont en la nature, étant le propre d'icelle d'amener les Eléments a sa proportion, à apparaît qu'à suffit que l'art connaisse et opère avec la nature, et en l'aidant par la nature, afin que l'art soit aidé d'icelle. Or l'art opère avec la nature, et la nature avec l'art en la transmutation de la nature des métaux, quand donc ils sont nettoyés par sublimations, et voulant lors fuir du feu l'art, les voyants orphelins, leur administre incontinent une nature fixe pure, afin qu'us soient confortés par icelle, et les vertus des esprits qui sont en iceux élémentaires  et  célestes  pour  la proposition de la même nature, et par ainsi Nature les convertit en corps nets et fixes, et non l'art, sinon servant d'organe ou instrument : de sorte que la nature des corps dominera à jamais sur la nature des esprits, et par cette industrie miraculeuse l'art imite nature, hâtant et accélérant ses œuvres, mais pour ce que l'art se comporte ainsi avec nature, à l'endroit des passions, en l'opération et génération de la pierre, on trouve en sa superabondance le milieu et la défectuosité : voua pourquoi les Philosophes ordonnent de connaître les poids de l'un et de l'autre, en cherchant la proportion es vertus des meilleurs, car la propriété de l'art, lorsqu'il nourrit sa pierre, s'efforce d'observer en l'éducation quatre points, c'est à savoir, comment, plutôt, et quand il le faut, et combien il en faut, et comment ü faut qu'à soit fait, or ces termes ne sont pas moins déductibles aux actions et passions, si l'on regarde à la débilitation ou confortation de nature avec laquelle l'art opère, et par les dispositions de l'art les choses intrinsèques sont gouvernées ce qui a fait réciter aux Philosophes avec mesure les natures des feux au magistère de la décoction, en regardant la nature moyenne, pour ce qu'une telle vertu étant considérée en soi est une certaine médiété et conjecturative d'icelle, pour ce qu'elle regarde le milieu et le milieu opère. Davantage pour ce qu'à la rectitude de Nature suppose une opérative disposition, les lavant en l'expoliation du Soufre corrompant, vous devez disposer votre matière pour la fondre, autrement elle ne se mondifiera pas, ni ne se rectifiera, et par conséquent ne pourra pas prendre la forme d'un Œuf, d'où a dit Arnaud de Villeneuve en son nouveau testament, que la Pierre doit être premièrement connue de quel genre elle est, lequel étant connu la faut mondifier par ablutions et fusions, mais comme la matière prend fusions premièrement elle se pourrit, vu qu'elle a la substance de liquéfaction, elle ne peut aucunement être tirée par autrefaction, d'où le susdit Arnaud au Rosaire dit, que s'il n'est putride, il ne pourra être fondu, et ne se dissoudra point. Et Morien dit, Sachez qu'après la putréfaction on a l'Azoth qui est interprété substance de liquéfaction, par laquelle le Dieu très haut et le bénin Créateur a crée la grande, et achevé la composition qui a été cherchée, mais elle ne prendra pas vraie putréfaction jusque ici, si elle n'est premièrement divisée en substances élémentaires, vu qu'en icelle se trouvent les vertus putréfactives qui sont appelées principes de tous corps transmuables, ou des génératifs et corruptifs, car toutes choses prennent des qualités des éléments, diverse altération tendante à génération médiatement ou immédiatement, ou aussi paresseuse ou éloignée selon la force ou débilité de la vertu putréfactive, corrompante et générative, d'où votre industrie doit chercher cet art aux éléments de la pierre permanente, pour ce que, comme dit Arnault de Villeneuve, notre science consiste en la science des quatre éléments, et en la conversion égale d'iceux, pour ce que tout ce. qui est au monde y est non par vue, mais par vertu, et d'autant que leur séparation est nécessaire, il ajoute que les mêmes éléments par distillation et putréfaction se réitéreront et conjoindront, car par ce moyen tout le corps se fait spirituel, et la première matière de laquelle il a été premièrement fait et des quatre Eléments, encore qu'après il se fasse en l'opération de l'œuvre une autre première matière de leur due conjonction très proche à ce genre métallique, d'où il apparaît que ce que nous entendons en la nature de la pierre parvient de ses Eléments pour ce qu'il faut que vous connaissiez la première matière, la proche et la très proche, car tous les Philosophes ont mis que cette préparation est vraie, et que rien ne se connaît sinon de ses principes, et en voit-on la preuve au deuxième des Physiques, qu'entendre et sentir ou estimer en toutes sciences, n'est que de ses principes, et causes, et de leurs Eléments, mais pour ce que la vertu de la matière doit être proportionnée aux forces selon l'être, par lesquels en l'acte elle se parfait, par quoi vous devez mettre d'ordre son opération selon cette forme, à laquelle il la faut premièrement disposer ou approcher, car la forme entre en toute sorte de matière disposée et qui lui approche, or puisqu'il y a autant de degrés de matières qu'il y a d'ordres de formes selon nature, considérez par quelle forme et de quel degré vous pensez sublimer votre matière, et suivant cela disposez-la premièrement par opération propre, afin qu'elle soit rendue idoine, pour prendre la susdite forme par laquelle elle se doit achever et sublimer. Or cette habilité ou approchement à la première, conçoit premièrement par opération propre et naturelle, vu qu'il y a en elle perfection, comme je me souviens de l'autre dit ci-dessus selon son degré, car la matière, encore qu'elle ait été suffisamment préparée par la préparation du premier ou du second degré, ne peut prendre forme, si n'y conjoignez les préparations du troisième, lesquelles disposent la première, encore que par les préparations du second degré de sublime perfection, elle ait été rendue très proche pour concevoir la forme du troisième, vu que l'on ne peut venir d'un extrême à un extrême, sinon que par un milieu, car comme les opérations disposent la matière la forme du premier degré aux effets et opérations par lesquelles elle acquiert la forme du second degré, et ainsi elles l'habilitent ou disposent par opérations, par lesquelles elle prend sa forme du troisième et du grand Elixir, quand elle est donc au troisième degré elle est le grand Elixir, et quand vous voulez avoir la forme du troisième degré avec celle du second, et que vous n'avez pas celle du premier degré, travaillez tant que vous voudrez pour rendre cette matière proche d'un tel degré et du plus grand, vous vous peinez en vain lui pensant donner la dernière forme de l'Elixir, car je ne vous puis pas écrire toutes les choses qui sont nécessaires,  les  remettant à votre jugement, car les choses spirituelles déclarent assez comme vous devez régler votre œuvre par les degrés des formes, et selon la nature de chacun degré préparer la matière de nature, afin que par la préparation de l'un, elle soit disposée à la préparation de l'autre, jusqu'à ce que vous veniez à la fin de votre désir, en suivant ses degrés, car vous ne voudriez pas donner à votre œuvre si peu de temps commes plusieurs fols croient, pour ce que ceci est contre raison et contre le mouvement de nature, croyez aux avertissements des Philosophes qui ont vu les profondités de nature, car Hippocrate dit, le temps est bref à raison de l'âge, l'expérience est longue à raison du temps, sur quoi dit Geber, encore que peu et principalement des anciens aient eu cette science, car il a dit anciens et non jeunes, pour ce qu'us sont impatients, la voulant avoir en peu de temps, et c'est pourquoi il conclut au livre intitulé de l'investigation du parfait magistère, non qu'il entende que le temps soit court, car il dit autre part, c'est la médecine laquelle un très longtemps a occupé, ou que l'espace d'un très longtemps anticipe, et en la somme chapitre de la médecine du troisième degré dit, que pour plus grande industrie en l'administration de cette matière et de la perfection de préparation qu'il faut long temps pour l'accomplissement de vérité, encore que la médecine de ce troisième degré ne soit point diversifié de la médecine du second ordre, sinon en sa création par les autres très subtils degrés de préparation sublimative, et par un long labeur, et autre part de la coagulation Mercuriale, pour ce qu'il est très difficile de coaguler l'humidité ignée, ce qui n'arrive à l'Artiste que très laborieusement avec  profondité  d'industrie,  toutes lesquelles choses dénotent un long temps, aussi sur ceci les Philosophes exhortent d'avoir la patience en retardement : que donc l'impatient quitte l'œuvre, car toute action a son mouvement et temps déterminé : Et le maître Arnault de Villeneuve dit en son Rosaire, il faut que ' notre médecine soit accoutumée plus longtemps sur le feu, que l'enfant qu'on nourrit, ou il faut remarquer que plus longtemps est davantage, que davantage que longtemps, qui est néanmoins plus que le bref ; La médecine donc ne se fait pas en peu de jours, ni de mois, ni en bref, vu qu'il la faut plus longtemps dompter par le feu et l'y nourrir : Or ceci se dit à cause des mutations qui sont les meilleures et principales de l'opération et d'un très long labeur, comme on voit en la nature du Mercure, par l'exhalation des parties très subtiles, et par la conservation de l'humide des parties plus grossières qui s'achève par réitérée sublimation jusqu'à ce qu'il soit fait le grand et parfait Elixir, vu que notre Mercure est de visqueuse et déliée substance, comme l'expérience le démontre lorsque l'on le bat avec l'imbibition et mixtion qu'il a et quelles il démontre la viscosité, à cause de la grande adhérance qu'il fait en ses parties, et par l'aspect de son poids on remarque sa densité, et à cause de la très forte composition ne se peut faire que par long espace de temps et grande industrie, ce qu'aussi l'expérience enseigne, et cette même cause de congélation ou inspissation de la Lune, qui se parfait par réitérée sublimation avec la difficulté de le manier a semblé bon d'être remarquée, vu qu'il se trouve de même nature de corps, d'autant que par décoction tous corps prennent origine d'icelui, et peut être tiré de tous corps par une certaine réincrudation, d'où l'on voit que les mutations de ce labeur sont très longues, et d'une aussi grande difficulté pour le manier qu'il y a en le sublimant en faisant un très grand feu, et combien que les Philosophes divisent son magistère en plusieurs opérations selon le degré des formes et de leurs diversités, toutefois il n'y en a qu'une en la formation de l'Œuf, mais en la réitération de son action, il se fait toujours diversité au mouvement, et es couleurs de plus tardive séparation et de fortification du feu, et telle diversité en l'œuvre fait diverses opérations, encore qu'en vérité il n'y ait qu'une seule et une manière de faire, comme dit expressément le Philosophe en son livre, où il explique la figure de la chasse du Lion, qui s'accorde aveu l'intention de Morien, disant que le magistère n'est qu'une extraction d'eau d'avec la terre, et un mélange d'eau sur la terre, jusqu'à ce que la terre se pourrisse et nettoie, afin qu'après elle se dissolue et qu'elle soit faite entièrement spirituelle avec l'esprit, et ceci alors s'appelle Œuf, et le Mercure des Philosophes, à cause de quoi Morien ajoute, lorsqu'elle sera nettoyée par l'aide de Dieu, tout le magistère sera fait, car il veut dire que le corps se dissout en esprit, et c'est cette solution que vous avez alléguée ci dessus, qui se fait incontinent après son entière dépuration de toute chose corrompante, car telle dépuration ne se fait que par la vertu de putréfaction n'étant qu'une grande chaleur d'esprit, laquelle le corps corrompt avec une étrange complexion de corps, et la putrifie pénétrant jusqu'au plus profond d'icelle, sans que jamais ils puissent être séparés, et ainsi par telle putréfaction et elixation le corps se réduit en la complexion du Mercure qui est différente de celle du corps, et afin que vous enrédiez la nature du corrompant et putréfiant, il faut remarquer qu'il faut nécessairement que ce qui est au dissolvant et putrifiant Mercure surmonte en force la chaleur de l'œuvre en la complexion de ce corps, et quand la chaleur qui est la complexion du corps même, pour ce qu'elle lui est de complexion étrangère, et en corrompant sa complexion il la convertit en œuf, c'est à savoir en Mercure chaud et humide, comme vainqueur, par quoi ce qu'au commencement était sec et fixe, est fait spirituel volant, et ce que premièrement était en forme de métal, est une forme de Mercure : mais tel mercure ne se trouve point sur la terre, sinon celui qui est au corps parfait, desquels il est tiré par putréfaction, par chaleur de complexion étrangère, comme il apparaît par sa définition qui est ainsi définie par les auteurs fameux. La putréfaction est corruption de la propre humidité qui est au Mercure qui est au corps par étrangère chaleur ; davantage il est bon que le Mercure putréfie et ne résolve pas, ni ne consomme l'humidité du métal, mais que demeurant en icelui il la corrompe par qualités naturelles l'y disposant, par lesquelles il est fait métal contraire, il change donc la complexion qui convient au métal en celle qu'il ne pourrait nullement faire, tandis que l'humidité du métal informé par naturelle chaleur y demeurerait C'est pourquoi il faut que premièrement la chaleur de l'esprit avec sa queue, comme un Scorpion, corrompe en piquant la chaleur naturelle du même corps, et pour ce que le porteur de la chaleur ou du soufre est esprit, c'est à savoir le Mercure tenant comme lié le soufre avec icelui pour la complexion du corps; voua pourquoi il est nécessaire que notre Mercure corrompe premièrement la complexion d'icelui, pour que notre Mercure corrompe premièrement la complexion d'icelui, pour démonstration desquels, à cause de mon très cher Jean, le porteur des présentes, de cette très cachée science ou art, je vous réservirai autant qu'il me sera possible des secrets plus amples, estimant que vous ferez à toujours observateur des secrets, les cachant comme sous l'ordure du fumier. Je dis donc qu'il faut qu'en tous putréfactifs il y ait de la chaleur étrangère, corrompant la propre naturelle chaleur. Or je dis que cette chaleur naturelle qui est propre à tous métaux, par laquelle us reçoivent leur complexion, ou bien ce soufre qui est. une même chose duquel ils reçoivent leur congélation selon leur espèce, et qui se trouve en sa complexion en forme de métal, mais la chaleur étrangère s'appelle ce soufre, qui est complexionné et amené à la complexion de notre fumier corrompant et putréfiant, qui est interprété Mercure chaud et humide de fumier, duquel encore sa complexion soit naturelle et propre, elle est toutefois étrangère de celle du soleil ou de la lune, encore qu'il se puisse amener à l'égalité de la complexion de l'Elixir de soleil ou de lune, par les levains, comme par chaleur étrange, dominant sur sa complexion, car la complexion de notre chaleur de fumier et de Mercure abonde en humidité, mais la complexion du soleil et de la lune ayant égard au fumier en fixité, c'est pourquoi lors que la chaleur du fumier est jointe avec celle du soleil ou de la lune, elle commence d'agir sur icelui avec son humidité, corrompant la chaleur naturelle du soleil ou de la lune, et par conséquent toute sa complexion par sa chaleur plus longue, laquelle premièrement était coagulée en forme de soufre, dedans l'espèce de soleil ou de lune entièrement, en très liquide substance de Mercure; transmuant ce qui lui touche, comme il a été dit, si les forces du fumier sont plus fortes que la chaleur du soleil ou de la lune, car il n'arrive pas que le soleil ou la lune se putréfie tandis qu'il demeure informé par chaleur naturelle, c'est pourquoi ü faut que la chaleur du soufre de fumier soit plus puissante en agissant et corrompant  l'humidité  liquéfactive naturelle du soleil ou de la lune car ü ne corrompt nullement l'autre s'il ne l'excite, encore qu'il soit de même genre humide et chaud, comme l'air et le feu, ou bien du tout contraire, comme chaud et froid, eau et feu. Cette ci est aussi la cause pour laquelle toutes les choses sont en un certain mouvement se corrompant, pour ce que les choses naturelles ont contrariété, et quelques unes surpassent cette contrariété, et quelques unes du tout contraires, et pour ce que ceux-ci surpassent en vertu, elles agissent continuellement en elle, et pâtissent toujours en elle, et cette similitude est cause que communément la vie des animaux est abrégée et leur durée lesquelles tendent toujours à corruption, et c'est pourquoi es choses animées ü n'y a aucune faculté de demeurer et vivre à jamais, et c'est pour ce que la chaleur du soufre de soleil ou de la lune étant surmontée prend contrariété de la chaleur du soufre de fumier, et d'ici la substance se putréfie et corrompt, et se convertir en la nature de fumier même, comme en pourriture naturelle : notre fumier donc change la complexion du métal en celle d'un œuf, et en mercure liquide, ayant les qualités disposées pour se convertir en soleil ou lune, ce qui ne se ferait jamais, s'il n'était premièrement dissous par chaleur humide complexionnée : dissolvez-le donc l'embrassant avec nature et chaleur de fumier, et le Mercure que les Philosophes en leurs secrets ont appelé fumier, pour ce que son humidité naturelle à raison de sa graisse, se conserve plus longuement par putréfaction en chaleur propre, c'est pourquoi elle engendre au métal putréfactionné, auquel telle humidité demeure longuement, et pour ce qu'il se conserve plus longuement, ü se dessèche plus difficilement, et se sépare plus tard de la substance dissoute, ce qui se voit en sa fusion, car elle est radicale aux métaux de genre humide, comme les fumiers aux autres choses, selon la nature, comme on le voit ici, pour ce qu'elle leur est jointe jusqu'à la racine, et à d'admirables  opérations,  voire  infinies, lesquelles les Philosophes ont celé sous le fumier de cheval et de choses abjectes, comme aussi de sels, d'alums, et de choses aiguës, mais quoi qu'il en soit, je dis de la générosité, que la terre et l'eau sont grandement du nombre des choses matérielles passives, lesquels deux sont froids, et que le froid ne peut coaguler ou engraisser sinon en aidant et resserrant les parties de la matière, et non en y mettant la forme substantielle, comme fait le chaud com-plexionnel, c'est pourquoi il leur faut introduire une étrange chaleur, comme il arrive en l'eau du levain, étant essentiellement froide, mais chaude au toucher, semblablement froide, mais chaude au toucher semblablement, eau coulée par 1er, cendres est chaude, pour ce qu'elle a la chaleur qui opère en icelle par les cendres, pour ce qu'elle est en la cendre comme aux autres choses enflammées, lesquelles le feu a longtemps opéré, ou par chaleur il y a du chaud plus ou moins, selon la diversité de l'opération de la chaleur en icelle, à cause de quoi aussi le Soleil et la Lune, et le mercure s'engendrent es lieux putréfactifs, pour ce que la naturelle chaleur de l'évaporation y est, qui fait prendre corps à l'humide qui l'exale, entendez de même ce que j'ai dit de notre magistère et des secrets de nature, toutefois la connaissance de ceci n'appartient qu'aux Philosophes, ou à ceux auxquels la Philosophie sert de douée mère, pour ce qu'elle révèle seulement ses secrets à ses enfants, vous dites de plus en votre lettre et en vos questions, si vous pourrez venir à perfection par lui seul, ce qu'il faut entendre du susdit et non de l'autre, pour ce qu'étant entièrement préparé il cause perfection, car les Philosophes disent si par lui seul et qu'en mêlant le corps par ceci le Mercure doit être dépouillé de toute sulfurité, de laquelle il est fait ou composé, jusqu'à ce qu'il n'y demeure rien que la substance pure et simple, et est appelé simple, pour ce qu'elle n'a plus de soufre qui la corrompe, lequel premièrement elle avait de sa composition, et lequel combien qu'il y fut n'était néanmoins de sa proportion, c'est pourquoi il est dit séparé par art d'un tel Soufre pour être fait pur Mercure simple sans aucune étrange composition, et le Mercure à cause de sa chaleur simple de fixité homogène sur un simple feu se fond, s'exténuant soi-même sans aucune adution avec la précédente solution, car tel Mercure est en partie volatil et en partie fixe, ce qui se voit en ce qu'il ne se peut sublimer que par grand feu, quelquefois en Mercure liquide qui est bon, quelquefois en un corps resplendissant et coagulé, qui est encore meilleur, quelquefois en poudre blanche qui est très bonne, selon qu'il est plus humide ou plus sec, ou ce qui arrive entre ceci selon les diverses passions de la chaleur sèche complexionnelle, et en ceci taillent ceux qui estiment que c'est seulement Mercure cru s'achevant sans aucun corps, et ceux qui pensent encore qu'il est au corps n'ont pas encore atteint la parfaite intention, combien qu'ils aient l'entrée à icelle la propriété de laquelle est de se retirer du feu avec toute sa substance, ou avec toute la fixe qui reste, le tout étant fait homogène et inséparable, comme on ne peut pas séparer l'eau mêlée avec de l'eau, quand vous dites par Geber, qu'il faut figer la partie plus pure et laisser le reste, vous croyez que la moitié de l'eau se fermentera, il faut que nous soyons bientôt de la nature des Philosophes, si vous désirez entendre leurs paroles, en ensuivant la possibilité de nature. Or Geber déclare comme les autres, les substances des perfections en entendant les termes de perfection, les substances sont parvenues, et quand ils disent que son effet est de figer quelque chose et de laisser le reste, ils entendent de la matière qui est parvenue au terme de pureté par laquelle la solution du corps se fait pour former l'Œuf, or quand le corps est dissous et sublimé en esprit par la première sublimation de toute sublimation ou élévation du corps qui se fait par le feu, n'est pas encore œuf formé pour ce qu'il est beaucoup liquide, mais il faut ôter d'icelui quelque humeur par réitérée sublimation sans fèces, afin que ce qui est de plus radical en icelui par seule sublimation se tourne en poudre blanche sublimée : et que ce qui est plus humide en icelui, premièrement soit sublimé et gardé, pour ce que c'est la liquéfaction ou la sueur lui est rendue comme elle entre pour teindre, mais qu'elle est cette matière Philosophale, est ce en dissolvant en eau : certainement non, d'autant que les Philosophes n'ont cure des eaux adhérantes à celui qui touche, mais de celles qui vont sur la superficie, ayant avec elles du terrestre inséparablement mêlé, mais n'humectant rien, comme le Mercure fait de l'œuf, cette matière donc ne veut qu'autre chose lui soit ajoutée que ce qui est d'elle, car elle a tout ce de quoi elle a besoin. Or nous ne voyons pas l'incération de cette humidité que la terre se fonde à cause de la forte union qu'elle a mérité en l'œuvre de la mixtion de nature. Or la manière de les faire joindre se fait en accommodant les qualités par l'action mutuelle d'icelles et passion, et les conjoignant autant qu'il suffira par les moindres parties.

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Published by Bernard Trevisiane - dans Alchimie
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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 06:45

Aucun y a, qui demandent lequel des deux est plus puissant, ou nature ou art. Répondant à laquelle question, ou demande, je dis combien que nature soit puissante et admirable, que toutefois l’art, usant de nature pour instrument, est de plus grand pouvoir que la vertu naturelle, comme nous voyons en plusieurs choses. Or tout ce, qui est sans opération de nature, ou d’art, ce n’est point chose naturelle, c’est-à-dire, que c’est chose feinte, et environnée de fraudes et tromperies. Même il y en a aucuns, qui par un subit et léger mouvement, et par une apparence de membres, ou aussi par diversité de voix, subtilité d’instruments, ténèbres, ou accord, proposent aux hommes maintes choses admirables, qui ne sont aucunement vraie (Le monde est plein de ces balliverneries, comme il est manifeste). Qu’ainsi soit les joueurs, plein de raillerie et gaudisserie, baillent maintes mensonges d’une vélocité de mains. Et les divinateurs d’une variété de voix au ventre et gosier, par choses controuvées et en leur bouche, forment voix humaine de loin, ou de près, ainsi qu’ils veulent : et comme s’il y avait humain esprit, qui lors parlât. Voire, ils feignent sons des bêtes brutes. Mais les causes ou raisons sujettes à l’herbe et cachées aux côtés de la terre, démontrent que les choses que lesdits divinateurs feignent par grand mensonge, sont une puissance humaine, et non point esprit. Aussi ce n’est vérité, ains fraude et déception, dire, que les choses inanimées se meuvent légèrement, ou souvent, par temps de nuit, ou par temps que le jour faut, qu’on appelle communément entre chien et loup. Au reste, consentement contrefait tout ce que les humains veulent, selon qu’ils se disposent par ensemble. En toutes ces choses n’y a considération d’aucune raison naturelle, ni d’art, et n’y est point la puissance de la nature : mais en ceci l’occupation est plus méchante, quand l’homme méprise les lois de Philosophie, et contre toute raison invoque les méchants esprits, afin que par eux il accomplisse sa volonté. En quoi certes y a erreur, de ce qu’il croit, que les esprits s’humilient à lui, et qu’on les contraint par humaine volonté (ce qui est impossible, pour autant que l’humaine puissance est beaucoup moindre, que celle des esprits) et aussi, que par certaines choses naturelles, desquelles il use, il a ferme opinion, qu’on appelle, ou qu’on figure lesdits malins esprits. Derechef, il y a abus, quand par invocations déprécations et sacrifices il s’efforce de les apaiser, et amener pour l’utilité des mortels. Considéré, que plus aisément sans comparaison faudrait impétrer de Dieu, ou des bons esprits, ce que l’homme doit réputer utile et profitable. Que comme soit ainsi, par telles choses inutiles les mauvais esprits n’assistent point pour lui favoriser, ou pour obtempérer à sa volonté, sinon d’autant que Dieu (lequel régit et gouverne le genre humain) permet pour les péchés des hommes. Et pource, ces voies et manières là, sont sans enseignement ou préceptes de sagesse (voire plutôt opèrent au contraire) ni jamais les Philosophes en ont eu cure et soin. Aussi ils ne se sont souciez des charmes et caractères. Et pour dire ce, qu’il en faut tenir et croire (après tout considéré) je connais, que sans doute toutes choses semblables de ce temps sont fausses et douteuses. Voire, ne plus ne moins, que cette œuvre là serait faux et abusif, quiconque ferait caractères, et proférerait des charmes devant un chacun, afin qu’il se fit un e vertu et puissance d’attraction de fer par l’aimant, comme si icelle totalement était inconnue. Certes aucunes choses y a entre les irraisonnables, c’est-à-dire, dont on ne peut donner raison (comme on dirait de la susdite attraction) desquelles les amoureux de science ont fait mention par œuvre de nature, et d’art, afin, qu’ils cachassent les secrets aux gens indignes. Pour raison desquels plusieurs choses sont cachées en diverses façons et manières, aux livres desdits Philosophes. Auxquels le sage et prudent personnage doit avoir cette considération et sagesse de mépriser les charmes et caractères, et approuver l’œuvre de la nature, et de l’art. Quoi faisant, il verra les choses animées et inanimées symboliser, et courir ensemble à nature, pour la conformité d’icelle, non point pour la vertu du charme, ou du caractère. Et en ce point là, les ignares estiment maints secrets de nature, et d’art, être chose magiques. Et aussi les magiciens follement se confient aux charmes et caractères, de ce qu’ils attribuent, je ne sais qu’elle vertu à iceux, et que pour leur gain et attente, délaissent l’œuvre de la nature et de l’art pour l’abus desdits charmes et caractères. Pour cette raison de quoi l’un et l’autre genre de ces hommes là (savoir est, ignares et magiciens) sont dépouillés, ou privés de l’utilité de sagesse, par leur sottie et folie, qui à ce les contraint. Or il y a certaines dépréciations anciennement instituées des hommes véritables, ou plutôt ordonnées de Dieux, et des Anges, lesquelles peuvent retenir leur première et originelle vertu. Mêmement en plusieurs régions se font encore certaines oraisons sur le fer ardent, et quasi blanc d’être embrasé et allumé, et sur eau de fleuve, et semblables choses, qu’on croit se faire par l’autorité de prélats : et auxquelles les simples et innocents sont approuvés, et les coupables condamnés : comme on dirait les exorcismes ou conjurations, que les prêtres font en l’eau bénite : et comme on lit en la loi ancienne de l’eau de purgation, par laquelle l’on approuvait adultères, ou fidélité au mari, et plusieurs autres choses de cette, ou telle et semblable sorte. Mais quand est des choses, et des déprécations, qui sont contenues aux livres des magiciens, on les doit toutes rejeter (combien qu’il y ait quelque chose de vérité) parce qu’il y a tant de choses fausses, qu’on ne peut discerner vérité d’entre mensonge. Dont il faut nier, que Salomon, et je ne sais quels autres sages, les aient composées à tous ceux qui le disent : joint, que tels livres ne sont point reçus de l’autorité de l’Eglise, ni des sages gens, ains de séducteurs, qui prennent la simple lettre, composant nouveaux livres, multipliant nouvelles inventions : afin, que plus fort, ils attirent à eux les hommes (comme nous savons par expérience) proposent titres renommés à leurs œuvres et les attribuent impudemment à l’autorité de tels ou tel Auteur (comme s’ils n’opinaient rien d’eux-mêmes) et aussi font haut style aux choses contingentes, et sous ombre de texte feignent leur mensonges. Mais pour revenir et choir à notre premier propos, les caractères (qui contiennent sens d’oraison inventée) ou ils sont composés et pour traits à la volée, ou ils sont fait à  la culture des étoiles en temps esseulés. Or tout ainsi comme nous avons parlé des oraisons, aussi nous jugerons premièrement desdits caractères, et secondement des signets ou images. Si les caractères ne sont fait en leur temps, l’on connaît qu’ils n’ont totalement aucune efficace vertu. Et pour ce celui qui les pourrait ainsi qu’ils ont formés aux livres, n’ayant égard, sinon qu’à la seule figure, laquelle il fabrique à l’exemplaire est jugé de tout homme sage et de bon esprit, qu’il ne fait chose qui vaille. Au contraire, celui-là, qui en dues constellations, (ou notation d’astres) fait œuvre ou aspects, ou inspection des cieux, peut disposer non seulement les caractères, mais toutes ces œuvres tant d’art que de nature, selon la vertu ou influence du ciel. Toutefois, pource qu’il est difficile de percevoir la certitude des corps célestes à cette cause, en ces choses il y a grand erreur en plusieurs, et par façon, que peu de gens y a, qui peuvent véritablement et utilement ordonner quelque chose. Même pour cela le vulgaire des Mathématiciens, qui jugent et opèrent par les étoiles magiques, et par œuvres, comme par jugement en temps élu, n’excelle point beaucoup, ores qu’eux très expert, et suffisamment ayant l’art pourraient faire plusieurs utilités. Néanmoins il est à considérer, que le médecin expert, et un chacun de autre pratique et vacation, peut bien utilement ajouter des charmes et des caractères (ores qu’ils soient feints) selon l’opinion de Constantin médecin. Non point pour ce qu’iceux caractères et charmes soient de quelque valeur, mais bien afin que plus dévotement, et de  plus grande avidité ou courage le patient reçoive la médecine, qu’on lui baillerait, qu’il se confie d’avantage, qu’il se réjouisse, et que l’esprit d’icelui s’excite. Aussi l’âme étant excitée, peut renouveler au propre corps plusieurs choses, tellement que d’infirmité ou maladie il prendrait convalescence, et viendrait à santé par le joie et confiance fait tel ou semblable cas, et vient à magnifier son œuvre, à fin que ledit patient soit incité d’avoir espérance de guérison, mais qu’il ne face point cela pour aucune fraude et tromperie, ni pour croire faire croire audit patient qu’il se porte bien, il n’est point abominable de bailler à aucun des charmes et brevets, si nous croyons audit Constantin médecin. Car lui en l’épître des choses qu’on pend au col, ainsi permet des charmes et caractère, et les soutient en ce cas là. Joint (comme dessus) que l’âme peut beaucoup sur son corps par ses véhéments effets, ainsi que démontre bien Avicenne au livre de l’âme, et au VIII des animaux, et tous les sages s’y accordent. A cette cause et raison l’on fait des jeux, et apporte l’on choses délectables devant les malades (voire aucunes fois on permet à leur appétit maintes choses contraires) lesquelles esjouissent tant iceux quelquefois, que l’affection et désir de l’âme, et leur grand espoir vient à vaincre et surmonter leur maladie. Sur quoi, pource qu’il ne faut aucunement blesser vérité, c’est à dire , mentir, il convient diligemment considérer, que tout agent (non point seulement les substances, ne pareillement les accident de la III, espèce de qualité) fait vertu, et apporte ombre et apparence en nature extrinsèque, et que des choses se font certaines vertus sensibles. Pour autant, cela (savoir est faire des jeux, et apporter choses délectables, devant malades) peut profiter et faire (tant pource qu’il est plus notable qu’aucunes choses corporelles, que principalement pour l’excellence, et la dignité de l’âme raisonnable) espèce hors soi. Et n’exerce les hommes seulement de chaleur, mais aussi les esprits sont excités de lui, tout ainsi que des autres animaux. Cela n’est point de merveille, joint, que nous voyons bien qu’aucun animaux se transmue, et attirent des choses obéissantes à eux. Comme l’on dirait, et que nous lisons du Basilic, qui tue par le seul regard du Loup, qui rend l’homme enroué, s’il le voit le premier, que l’homme le voie, et de la hyène (ainsi que raconte Solinus des merveilles du monde, et les autres auteurs) qui ne permet qu’entre son ombre le chien jappe et aboie. Item des jugements en aucuns Royaumes, qui s’emplissent et conçoivent par l’odeur de chevaux, comme narre ledit Solinus. Au cas pareil, et qui plus est, Aristote dit au livre des choses végétables, que les fruits des palmes femelles prennent maturité par l’odeur des mâles. Ainsi donc plusieurs choses semblables et merveilleuses adviennent par les espèces et vertus des animaux, et des plantes, comme affirme ledit Aristote au livre des secret. Non point qu’il faille dire pour cela, que les plantes, et les animaux puissent atteindre à la dignité de nature humaine. Car s’il était ainsi, ils pourraient aucunement faire vertus et espèces, et rendre ou donner chaleurs pour attirer les corps dehors eux, ce qu’ils ne peuvent faire. Pour raison de quoi icelui Aristote dit au livre du sommeil et veille, que si la femme menstrueuse regarde le miroir, elle l’infecte, et qu’en icelui appert nuée de sang. Aussi Solinus encore narre, qu’il y a en Scythie des femmes, qui ont doubles prunelles ès yeux (dont Ovide dit, Nos quoque pupilla duplex) lesquelles quand elles se courroucent, tuent les hommes, par leur seul regard. Certes nous savons que l’homme de mauvaise complexion, et ayant maladie contagieuse, comme lèpre, mal caduque, fièvre aiguë, les yeux fort malades, ou autres cas semblables, qu’il contamine et infecte les autres, qui sont devant lui. Et à l’opposé, nous connaissons, que les hommes bien complexionnés, et sains (et notamment ceux-là, qui sont jeunes) confortent les autres, et qu’on se réjouit de leur présence. Qui est pour causes des suaves esprits, des vapeurs salubres et délectables, et de la bonne chaleur naturelle : et aussi pour cause des vertus, qui se font d’iceux, ainsi que Galien enseigne aux arts. Et ces choses viennent au mauvais, si l’âme est corrompue par divers et grands péchés, si le corps est débile et de mauvaise complexion, et semblablement si la cogitation est très forte, et le désir véhément à nuire, et porter mal encontre. Car lors la nature de complexion, et de fermenté agit plus fort par les cogitations de l’âme, et par les grands désirs, qu’on a. Donc le Lépreux, qui par grand souhait cogitation, et véhémente sollicitude, pourchasserait d’infecter ou envenimer un autre, qui serait devant lui, l’infecterait plutôt et plus fort, que s’il ne pensait point à cela ni le désirerait, et poursuivrait, joint, que nature (ainsi que démontre ledit Avicenne aux lieux prédit) obéit aux pensées et véhémentes affections de l’âme. Voire il ne se fait aucune opération humaine, sinon par cela, que la vertu naturelle obéit aux membres, cogitations et souhaits de l’âme. Or ledit Avicenne démontre au III de la Métaphysique, que cogitation est le premier mouvant, en après le désir conferme à cogitation, puis la vertu de l’âme étant aux membres, qui obéissent aux cogitations et désirs. Et cela (comme dit est) advient aux mauvais. Par quoi quand ces choses se trouvent être en l’homme, à savoir bonne complexion, santé de corps, jeunesse, beauté, élégance de membres, âme nette de péché, forte pensée, et ardent désir à quelque œuvre, alors tout ce qui se peut faire par l’espèce, et vertu de l’homme, par les esprits, et la chaleur naturelle, il est de nécessité qu’il se fasse plus fort avec plus grandes véhémences, que s’il défaillait en aucune de ces choses. Et principalement (dis-je) il est de besoin qu’il se face avec plus grand effort, s’il y a grand désir, et forte intention. Ainsi donc se peuvent faire de grandes choses par paroles et œuvres d’homme, quand toutes les causes ci-devant dites, concourent, joint, que lesdites paroles sont de l’intérieur par pensées de l’âme, et que le désir est par mouvement des esprits, chaleur, et vocale arterie, et leur génération à voies ouvertes par lesquelles y a grand ressort d’esprit, de chaleur, d’évaporation, de vertu, et d’espèces qui se peuvent faire de l’âme, et du cœur. Même nous voyons que haleine et bâillement proviennent du cœur par telles arterie aux parties intérieures, et que plusieurs résolutions d’esprits, et de chaleur se font, lesquelles nuisent aucune fois, quand elles proviennent d’un corps malade, et qu’il soit de mauvaise complexion, et à l’opposite aident, et confortent, quand elles sont produites d’un corps net, sain, et de bonne complexion. Au moyen de quoi certaines opérations naturelles se peuvent par conséquent faire en la génération, et en la prolation de paroles, avec intention et désir d’opérer. Dont non sans cause l’on dit, que vive voix a grande vertu : non point qu’elle ait cette efficace, ou puissance, que les magiciens seignent, ni semblablement, qu’ils estiment à faire, et altérer, mais selon que nature a ordonné. Et à cette cause, il faut bien sagement prendre garde en ces choses : joint que l’homme peut facilement décliner et en l’une et en l’autre partie : et que ia plusieurs errent, de ce, que les uns nient toute opération, et les autres en croient plus qu’il ne faut, et déclinent à l’art magique. Par façon qu’il y a eu au monde plusieurs livres de charmes, caractères, oraisons, conjurations, sacrifices et semblable folies, qui sont purement magiques.

Comme on dirait, le livre des offices des esprits, le livre de la mort de l’âme, le livre de l’art notoire, & autres infinis, qui ne contiennent ( comme dit est) pouvoir & puissance ni de art, ni de nature : mais bien choses controuvées par les magiciens. Toutefois il est nécessaire de considérer qu’on répute & estime plusieurs livres être de ceux des magiciens, qui ne sont pas tels, mais qui contien­nent dignité de sapience. Et quant à ce, l’expérience d’un chacun démontrera ceux là, qui sont suspects, & ceux qui ne le sont point. Même si aucun trouve en quelqu’un d’iceux l’œuvre de nature ou d’art, qu’il le preuve & reçoive : si autrement, qu’il le délaisse, comme étant suspect & indigne d’un homme sage considère que tel livre serait superflu, & que c’est à faire à un magicien de   pénétrer chose   superflue, & non nécessaire. Et ne faut douter qu’en éprouvant la nature & l’art, on ne parvienne à chef de l’intention, qu’on aurait. Parce que, comme Isaac a estimé au livre des fièvres, l’âme raisonnable n’est empêchée en ses opérations, si elle n’est détenue par l’ignorance ? & que Aristote sus allégué est d’opinion au livre des secrets, qu’en telles choses le personnage sain & bon, peut toutes choses qui sont nécessaires à l’homme, avec toutefois influence de la vertu divine. Ce que témoigne le dit Aristote au troisième des Météores, disant, qu’il n’y a vertu, sinon par la puissance de Dieu, & à la fin des Ethiques qu’il n’y a vertu ni morale, ni naturelle de céleste vertu, sans influence céleste & divine. Donc quand nous parlons de l’énergie & pouvoir des choses particulières opérantes, nous ne rejetons point l’agent universel de la première de la première cause, qui infonde plus en la chose causée, que ne fait la seconde, comme contient la première proposition des cause.

Je raconterai donc maintenant merveilles par œuvres d’art & de nature, pour puis après (assignant les causes & manières des choses, auxquels il n’y a rien d’art magique ) dire & conclure, que toute puissance magique est inférieure à ces opérations, & indigne d’icelles. Premièrement par figuration de l’art même instruments pour naviguer se peuvent faire, sans qu’il y ait hommes nageant, comme des grands & marins navires, qui iraient par un seul homme gouvernant en plus grande légèreté, que si elles étaient pleines d’hommes navigants. Se peuvent aussi faire des chariots, qui sans bête ou animal se mouvraient avec inestimable effort, comme on estime avoir été les chariots garnis, & munis de rançon, desquels on bataillait anciennement. Aussi peuvent être fait instrument pour volet, où l’homme étant assis au milieu de l’instrument, virerait aucun engin, & par icelui les ailes, pource faites & composées artificiellement, battaient l’air à la manière d’un oiseau volant. Item se peut faire instrument petit en quantité, pour élever ou abaisser plusieurs poids, duquel il n’est rien plus utile au cas posé : joint que par  instrument de la hauteur de doigts & largeur d’iceux, & de moindre quantité, pourrait quelqu’un, soi-même & ses compagnons délivrer de tout péril des prisons & les élever & descendre. Plus se peut facilement faire un engin, par lequel un homme tirerait à soi mille hommes par violence, sans aucune volonté d’iceux, se peuvent aussi faire instruments pour marcher en mer & au fleuve près d’un pré, sans péril du corps (même Alexandre le grand a usé de ces choses, afin qu’il vît les secrets de la mer, selon que narre le moral astrono­me) & tels instruments anciennement & de notre temps ont été faits & est certain qu’il y a instrument pour voler, lequel n’ai vu, & n’ai connu homme qui l’ait vu, mais bien connais par nom & surnom le sage, qui a découvert cet artifice. Bref, ils se peuvent faire infinies choses semblables, comme des ponts sur fleuves sans colonne, ou pilier, en arc, & aucun empêchement, & des machines & engins, desquels on a point encore ouï parler. Mais quoi ? on trouve plus des figurations naturelles, savoir est qu’on peut ainsi figurer choses claires, & miroirs, qu’une chose se montrerait plusieurs, un homme exercite, & plusieurs, & qu’il apparaîtrait tant de soleils, & tant de lunes, que nous voudrions. Car si aucunes fois les vapeurs se figurent tellement, que deux soleils, ou trois, & deux lunes apparaissent ensemble en l’air (comme Pline dit, au second livre de l’histoire naturelle) par même raison aussi peut une chose apparaître plusieurs & infinies. Raison c’est que après ce qu’elle excède sa vertu, il n’y a (comme argumente Aristote, au chapitre de la chose vaque)  nombre déterminé. Au moyen de quoi, se peuvent faire infinie terreurs à toute cité & exercite, & certes périlleux, ou par multitude d’apparition d’étoiles ou d’hommes, sur eux assemblés,  principalement s’il choit & advenait quelque cas, sous lequel ils se trouvaient. Emme (dis-je ) se peuvent figurer de choses si claires, qu’elles, étant mises très loin, apparaîtraient très prochaine, & au contraire, tellement, que par incroyable distance nous aurions lu des lettres très petites, & vu choses autant petites, que l’on eut pu percer, & aussi aurions fait apparaître des étoiles en quelque part nous aurions voulu. Et estime-t-on que Jules César en ce point a aperçu, par grands miroirs, au bort & rivage de la mer, en la Gaule, la disposition & assiette des châteaux & cités de la petite Bretagne. Il se peut aussi figurer des corps de telle industrie, que les très grands apparaîtraient très petits, & au contraire : & les hauts apparaîtraient bas & petits, & à l’opposité, & les occultes apparaîtraient manifestes. Qu’il soit ainsi, Socrate trouva & aperçut que le dragon qui corrompait la cité, & la région de son haleine & pestilence influence, résider entre des cavernes de montagnes ( & ainsi toutes les choses qui seraient contraires aux cités, & exercites, peuvent être aperçues des ennemis ). Aussi se peuvent tellement figurer des corps que les espèces & influences venimeuses & infectes iraient là où l’homme voudrait, ce qu’on dit qu’Aristote enseigna à Alexandre, par lequel enseignement ou doctrine il détourna contre la cité même le venin du basilic, qui était élevé sur les murailles d’icelle, encontre son exercite. Ils se peuvent pareillement figurer des miroirs, tels que tout homme, qui entrerait en quelque maison, verrait véritablement or, argent, pierres précieuses, & tout ce qu’il voudrait, & quiconque se hâterait de découvrir le lieu, ne trouverait rien. Mais pour dire ce que je vois dire, est des plus hautes puissances de figuration, qu’on peut amener & assembler rayons par diverses flexions & réflexion, en toute distance, que nous voulons, par façon, que tout objet se brûlerait ( ce que les miroirs, qui brûlent devant & derrière témoignent, comme certains auteurs enseignent aux livres traitant telles choses ) & davantage le plus grand cas de toutes les figurations & choses figurées, c’est qu’on décrive les corps célestes selon leurs longitudes & latitudes en figure corporelle, par laquelle ils se meuvent corporellement au mouvement diurnal. Lesquelles choses vaudraient un royaume à un homme discret & sage. Et quant est pour exemples de figurations, icelles suffiront, combien qu’on pourrait proposer, & mettre en avant plusieurs autres choses admirables. Or à icelles il y en a aucunes annexées sans figurations, & ( en toute distance que nous voulons ) pouvons artificiellement composer feu brûlant de salpêtre, d’huile, de pétrole rouge, & d’autres, d’ambre, de naphte,  de pétrole blanc, & de semblables choses. Selon laquelle façon de feu Pline préallégué dit au 2. livre, qu’il y en eut a Rome un, qui se défendit contre l’exercite des Romains, & que par plusieurs projets il brûla les gendarmes armés. A quoi est prochain le feu Grégeois, & maintes choses brûlantes. En outre, se peuvent faire perpétuelle lumières, & de bains ardents sans fin ( ainsi comme nous avons connu plusieurs choses, qui ne brûlent point, mais qui se purifient seulement ) & d’autres choses merveilleuses & épouvantables de nature. Même l’on peut faire en l’air des sons comme de tonnerres , voir en plus grande horreur, que ne sont point les tonnerres, qui se font naturellement ( & certes un peu de matière, adaptée a la quantité d’un poulse, fait horrible son, & démontre véhémente éclair, ce qui advient en plusieurs sortes & manières ) par lesquels on détruirait toute cité & tout exercite, à la manière de l’artifice de Gédéon, qui a détruit l’ost & l’armée des Madianites avec seulement trois cens hommes, par trousses de flèches & carquois vides & par flambeaux ou torches, desquelles il sortait du feu, avec un bruit si violent, & un son si éclatant, qu’on ne le pourrait bonnement dire ou exprimer. Lesquelles choses sont merveilleuses, qui en pourrait user pleinement en due quantité & matière. Mais je propose de l’autre genre, savoir est des effets de l’art, choses émerveillables, lesquelles ores qu’elle ne soient de moult grande utilité, toutefois ont indicible démontrance de sapience, & se peuvent appliquer à la probation de tou­tes choses occultes ( auxquelles l’ignare vulgaire contredit ) & sont semblables à l’attraction de fer par l’aimant. Car qui est celui qui croirait telle attraction, si ne la voit, attendu qu’il y a en icelle plusieurs choses merveillables de nature, que le populaire ne sait point comme l’expérience montre, & enseigne l’homme désireux. Mais ces choses sont plus grandes & plus copieuses, de ce qu’il y a pareillement at­traction de tous métaux par la pierre d’or & d’argent, & d’ailleurs que la pierre court au vinaigre, & aussi les plantes l’une à l’autre, & que les parties des animaux divisées localement concurrent au mouvement naturel. Ce qu’après qu’ai entendu, il m’a été rien difficile à croire ( quand je considère bien tout ) soit ceci, soit cela, tant en choses artificielles, que naturelles. Mais il y a plus grandes chose, que celles là ne sont, savoir est, que toute la puissance de mathématique ( jouxte l’artifice de Ptolomée, au viij  de l’Almageste ) ne met pour instrument, sauf superficie, auquel toutes les choses, qui sont au ciel seraient véritablement décrites par leurs longitudes & latitudes : & que néanmoins ce n’est en la puissance du mathématicien, savoir, qu’icelles se mouvraient naturellement au mouvement diurnal. Pour autant le fidèle, & excellent expérimenta­teur souhaite, que est instrument se fit de telle matière, & par telle matière, & par tel artifice. Et pour ce que plusieurs choses se tournent au mouvement des corps célestes comme les comètes, la mer en son cours, & autres choses, en tout ou en leurs parties, il lui semble être possible, que naturellement elles se meuvent par le diurnal mouvement.  Que s’il était ainsi tous instruments d’astrologie seraient inutiles, tant les exquis, que vulgaires, ni le trésor d’un roi se pourrait à grand peine acquérir. Or, pour suivre mon dernier propos de l’art, ils se peuvent faire de plus grandes choses, que n’avons dites, quant à l’utilité publique & privée, non point quant à aucun miracle, c’est à savoir que l’homme amènerait quantité d’or & d’argent sur le champ, & promptement, tant qu’il lui plairait, selon la perfection de l’art, & non toutefois selon la possibilité de nature. Qu’il soit ainsi, il y a dix sept espèces d’or, c’est à savoir huit de la mixtion d’argent avec or, & huit de l’admixtion de cuivre avec or, comme la première manière se fait de parties de l’or avec aucunes parties de l’argent, jusque qu^il parvienne au vingt deuxième carat ou degré de l’or, augmentant toujours un degré d’or avec un d’argent ; tellement, que la dernière espèce soit de vingt quatre degrés ou carats de pur or, sans mixtion d’autre métal. Outre lesquels vingt quatre carats, nature ne peut point procéder, comme l’expérience démon­tre. Mais quant à l’art, il peut augmenter l’or en beaucoup plus de degrés de pureté, & semblablement l’accomplir sans fraude ou déception. Mais cela est plus grand cas que ne sont point les choses précédentes, savoir est, que l’âme raisonnable ne peut être contrainte, & toutefois peut être de fait disposée, induite, & excitée à vouloir d’elle-même, & de plein gré changer ses meurs, affections, & cupidités, selon le désir & arbitre d’autrui. A quoi faire non seulement une personne singulière peut être provoquée, mais aussi toute une cité, & tout le peuple d’un royaume ( Et le philosophe Aristote démontre telle expérience au livre des secrets, tant de région, que d’exercite, & d’une chacune personne ) auxquelles choses est presque la fin de la nature, & de l’art. Toutefois le dernier point, & degré jusqu’où peut la perfection de l’art, avec toute la puissance de nature, c’est prolongation de vie jusqu’à un longtemps, laquel­le certes plusieurs expériences ont démontré être possible. Même Pline, fus allégué, récite qu’un gendarme puissant de corps, & d’esprit, dura en état, outre accoutumé, ou commun age d’homme. Auquel, comme Octavien Auguste eut dit, & demandé, qu’il eut fait, pour qu’il vivait si longuement, il répondit en énigme, qu’il avait mis de l’huile par dehors, & du vin miellé par-dedans. Aussi depuis plusieurs car adviendrent. Même un rustique fouillant aux champs avec un fossoir, ou une houe, trouva un vaisseau d’or plein d’excellente liqueur, de laquelle ( estimant que c’était rosée du ciel ) lava sa face, & en but, au moyen de quoi il a été renouvelé d’esprit, de corps ,& de bonté de sapience. D’un bouvier a été fait messager du roi de Sicile, ce qui advint au temps du roi Ozias. Plus, il est prouvée par témoignage de lettres papales, que Almanic, étant captif entre les Sarrasins, récent médecine, par le bénéfice de laquelle il prolongea sa vie jusqu’à cinq cent ans, lors & quand le roi dédit Sarrasins, qui le détenait prisonnier, ayant reçu les messagers du roi Magus, avec cette médecine, que lui était envoyée, la voulut éprouver & expérimenter au dit captif, pour ce qu’il l’avait suspecte, & ne s’y fiait point. Aussi la dame de Tormery en la grande Bretagne, cherchant une biche blanche, trouva de l’onguent, duquel un forestier de bois s’était oint par tout le corps, sauf aux plantes des pieds, & vécut trois cent ans sans corruption, excepter douleurs & passions de pieds. Et nous avons expérimenté de notre temps plusieurs fois, qu’aucuns hommes ruraux ont vécu sans conseil & aide de médecin cent soixante ans, ou environ. Lesquelles choses se confirment par œuvres des animaux, comme on dirait du cerf, de l’aigle, du serpent, & de plusieurs autres, lesquels par la vertu des herbes, & des pierres, renouveler leur age & jeunesse. A raison de quoi les sages & philosophes se sont adonnés à tel secret étant excités par les exemples des bêtes irraisonnables, & estimant qu’il est possible à l’homme ce, qui est possible, & permis aux animaux bruts. Dont Artéphius en sa rapièce des secrets ( ou il enquiert les vertus desdits animaux, des pierres, & d’autres choses ) se glorifie pour les secrets de nature, qu’il a su, & principalement pour la longitude de vie, qu’il a vécu, & a régné par l’espace de 1025 ans. Ainsi par-là se corrobore & confirme la possibilité & prolongation de vie, joint, que l’âme est naturellement immortelle, & ne peut point mourir, & aussi qu’après le péché Artéphius a pu vivre environ mille ans, dès lequel temps petit à petit, lui est abrégé la longitude de vie. Pour raison de quoi faut dire, que telle abréviation soit accidentelles, & vu qu’elle est telle, faut aussi dire que la vie humaine se pourra prolonger, si ce n’est en tout, du moins en partie. Que si nous voulons chercher la cause accidentelle ( comme dit est ) de cette abréviation, nous trouverons qu’elle n’est du ciel, ni d’autre chose, sauf que du défaut de régime de santé, & de la corruption des père & mère. Même en temps ci les parents sont corrompus, & advient par cela qu’ils engendrent enfants de corrompue complexion & composition & leur fils de semblable cause se gâtent, & descend la corruption des pères aux fils, jusqu’à ce que l’abréviation de vie survienne, comme au temps de aujourd’hui. Toutefois pour cela ne s’ensuit point, que toujours elle s’abrégera, attendu qu’il y a temps posé ou préfixé aux choses humaines, savoir est que pour le plus les hommes vivent septante ans, & au surplus ne leur reste que labeur & douleur. Or est il qu’il y aurait remède, contre la propre corruption d’un chacun, si un chacun exerçait de sa jeunesse un parfait gouvernement de santé, qui consiste au boire & manger, sommeil & veille, mouvement & repos, évacuation, constriction, au passion d’esprit. Même si aucun observait ce régime-là dès sa nativité, il vivrait tant que permettrait nature prise des parents, & parviendrait au dernier but de cette nature tombée dès l’offense originelle, lequel terme toutefois il ne pourrait passer, pour autant que régime n’a remède, ou antidote contre l’antique souillure de nos premiers pères. Mais quoi ? impossible est que l’homme soit ainsi régi en tout par médiocrité des choses susdites, comme requiert & demande le dit régime de santé. Et pourtant il faut ( comme dit est ) que l’abréviation de vie advienne, non seulement de la corruption des pères & mères, mais aussi de cette cause là. Or l’art de médecine détermine suffisamment ce régime là. Combien que ni le  riche, ni le pauvre, ni le sage , ni le fol, ni les médecins mêmes, tant parfait qu’ils soient, ne peuvent en eux, ni en autres accomplir & observer icelui régime également. Toutefois pour dire, nature ne défaut point en choses nécessaires, ni l’art absolu, mais au contraire peut surmarcher & vaincre les passions accidentelles, de sorte qu’elles soient effacées en tout, ou en partie. Et au commencement que l’age des hommes commença décliner, le remède eut été facile. Mais de six mille ans, & plus de temps en ça, il est difficile d’y mettre remède. Toutefois & nonobstant cela, les gens savants, mus (comme dit est) des raisons & considérations susdites, se sont évertués & efforcés de trouver les voies, non seulement contre le propre défaut de quelque régime que ce soit, mais aussi contre la pollutin & corruption des parents.

Non point pour dire que l’homme peut retourner à la vie d’Adam, ou d’Artéphius, pour la corruption déjà corroborée, mais qu’il peut vivre jusqu’à cent ans, ou que plusieurs peuvent prolonger leur vie outre le commun age des hommes, à présent vivant, quand les passions de vieillesse se retarderaient & ou elles ne pourraient être re tardées & cohibées, se adouciraient. Tellement, qu’outre estimation humaine la vie se prolongerait utilement, toutefois environ toujours le dernier terme. Pour laquelle chose connaître, faut entendre qu’il y a une fin de nature qui est établie aux premiers hommes après le péché, & une autre fin ou terme d’un chacun, venant de la propre corruption des parents. Outre lesquels termes l’on ne peut passer, mais on peut bien passer celui-là de propre corruption, & non point toutefois parvenir jusqu’au premier terme. A laquelle prolongation de vie je crois que tel sage, que l’on voudrait dire en ce temps, pourrait, atteindre combien que l’aptitude de l’humaine nature ne soit possible, selon qu’elle a été aux premiers hommes ( ce que n’est de merveille ) & que celle-ci s’étend à immoralité, tout ainsi qu’elle a été devant le péché, & qu’elle sera après la résurrection. Mais si l’on dit que ni Aristote, ni Platon, ni Hippocrate, ni Galien, sont parvenus à tel prolongement de vie, je répondrai qu’aussi ils ne sont parvenus à plusieurs médiocres vertus & sciences, qui après eux ont été sus par d’autres gens vertueux, & que par ce ils ont pu ignorer ces choses très grandes, combien qu’ils y aient travaillé, & pris peine à icelles. La cause c’est qu’ils se sont trop occupés aux autres, & sont plutôt parvenus à vieillesse, consumant leur vie aux pires choses, & vulgaires, & non pas aux meilleures & rares combien qu’ils aient aperçu plusieurs & divers secrets. Nous n’ignorons point que Aristote dit aux prédicamens, que la quadrature du cercle peut être connue restant néanmoins pour lors encore sue. Par quoi taisiblement il confesse l’avoir ignorée, & aussi tous les autres jusqu’à son temps. Mais au contraire, nous sommes certains qu’aujourd’hui la vérité s’en fait. Que comme soit ainsi, beaucoup plus pouvait Aristote ignorer les plus profonds secrets de nature, quand il n’a su la qua­drature du cercle. Aussi les sages ou doctes de maintenant ignorent plusieurs cas, que les moyennement doctes sauront au temps avenir. Dont en toute sorte & manière que ce soit, cette objection est vaine & de nulle valeur. Ayant donc nombré certaines choses touchant la puissance de nature, & de l’art ( afin que nous concluons & assemblons beaucoup de peu de cas, le tout des parties, les choses universelles des particulières, selon que nous voyons qu’il ne nous est nécessaires d’aspirer à l’art magique, & vu que nature & l’art suffisent ) je veux maintenant poursuivre par ordre chacune choses susdites, & donner causes, & manière particulièrement. En premier lieu je considère, qu’au poils des chèvres & brebis, les secrets de nature ne sont point enseignés de pour qu’un chacun les entende, comme veut Socrate & Aristote. Lequel même dit au livre des secrets, que celui là serait infracteur du céleste sceau & cachet, qui communiquerait les secrets de nature & de l’art, ajoutant que plusieurs maux adviennent à celui-là qui les révèle. D’avantage il dit, comme est récité au livre des nuits Attiques, de la collation ou comparaison des sages, que c’est folie de donner des laitues à un âne, vu que les chardons lui suffisent. Et est écrit au livre des pierres, que celui qui divulgue les choses mystiques, ravale & diminue la majesté des choses. Aussi ne sont certains & stables les secrets, que la tourbe ou multitude fait & connaît, si nous avons égard à la probable division du vulgaire, qui toujours dit l’opposé des sages. Que ainsi soit, cela qu’un chacun voit & semblablement ce que voient les sages, principalement renomés, est vrai. Par quoi ce plusieurs voient, c’est à savoir, ce que le vulgaire voit, pour le regard de telle chose & telle, il faut que ce soit chose fausse ( je parle du vulgaire, lequel l’on s épare d’avec les sages en ce mot vulgus ). Car quant aux communes conceptions de l’esprit, le dit vulgaire s’accorde bien avec les sages, mais quant aux propres principes & aux conditions des arts & sciences, il discorde, se travaillant empres apparences, emphysèmes, subtilités, & en choses desquelles les doctes n’ont soin & cure. Le dit vulgaire donc erre & faut, tant en choses propres que secrètes. Au moyen desquelles (comme est dit) il est séquestré d’entre les sages, mais quant est pour le regard des communes, il est compris sous la loi de tous, & n’y a différence d’icelui avec les sages. Or est il que les choses communes sont de petite valeur, & ne sont proprement à suivre, sauf que pour les particulières & propres. Mais pour dire qui aurait été la cause ou raison que toutes gens de savoir n’ont déclarés leur secret, & qu’ils ont usé d’obscurité, ç’a été pour ce, que le vulgaire se moque des secrets de sagesse, les méprise, & ne fait ou peut juger des choses très dignes, & d’autre part, si quel­que chose d’excellence tombe en sa notice, il la reçoit de fortune & par accident, & en abuse en diverses manières au dommage des personnes & de la communauté. Par quoi il est fol & bien bête, qui écrit quelque secret, s’il n’est scellé & caché du vulgaire, & si à grand peine se peut entendre des vertueux & sages. La vie desquels ainsi certes a été dès le commencement, & ont mussé au vul­gaire les secrets de sagesse en diverses sortes & manières. Car aucun les ont cachés par caractères & charmes, & plusieurs autres par énigmes & choses figurées, comme dit Aristote au susdit livre des secrets, ô Alexandre je te veux montrer le plus grand secret des secrets, plût à la divine providence t’aider à le cacher, & à parfaire le propos de l’art de cette pierre, qui est point pierre, & est en chacun homme, & en chacun lieu, & en chacun temps, & qui s’appelle le terme ou la fin de tous les philosophes. Et trouve-t-on en plusieurs livres & en diverses sciences (comme dessus est dit) innombrables choses obscurcies par telles paroles, & manière de parler, que personne n’entendrait sans quelque docteur. Tiercement, je dis que les sages ont caché les secrets sous ombre & espèce d’écriture, savoir est tant seulement par lettres consonantes, que personne ne pourrait lire s’il ne savait la signification des dictions comme on dirait que les Hébreux, Chaldéens, Assyriens, & Arabes écrivent, & aussi les Grecs. Pour raison de quoi y a moult grande occultation entre eux, & notamment entre les Hébreux, gens de haut savoir. Car Aristote dit d’eux au livre ci-devant mentionné, que Dieu leur aurait donné toute sagesse, autant ce qu’ils eussent été philosophes, & que des Hébreux toutes nations ont eu commencement de philosophie. Ce que Albumasat au livre appelé Introductory maioris, enseigne & montre manifestement, & les autres philosophes au VIII. Livre des antiquités. Quartement, se fait occultation par mixtion de lettres de divers genres ou espèce. Même le moral astronome ainsi cacha sa sagesse, de ce qu’il l’aurait écrite par lettres Hébraïques, grecques, & Latines, en même ordre d’écriture. Quintement,  les philosophes ont couvert & caché les secrets par autres lettres que celles-là qui se font par les gens de leur pays, c’est à savoir, par lettres étranges & d’autres nations, qu’ils feignent pour leur volonté. Et c’est le plus grand empêchement, du quel Artéphius ait usé en son livre des secrets de nature. Sextement, se sont figures non point de lettres, mais de Géométrie, lesquelles, selon la diversité des points, & notes ont la puissance des lettres, & d’icelles figures semblablement le dit Artéphius a usé en sa science. Septièmement, y a plus grand artifice de cacher des secrets,  lesquels on baille en l’art notoire, qui est art de noter & écrire par telle brièveté que nous voulons, & par telle vélo­cité que désirons. Ainsi donc plusieurs secrets sont écrits aux livres Latins, & ai estimé qu’il était nécessaire de toucher ces occultations, parce que pour la magnitude des secrets, userai peut être d’aucune de ces manières, afin que du moins en cette affaire j’aide le studieux, ainsi qu’il me sera possible. Je dis donc que je veux exposer par ordre les choses que j’ai narrées ci-devant, & que partant je veux dissoudre l’œuf philosophal, & chercher (qui est le commencement à autres choses) les parties ou offices d’homme philosophique. Qu’on broie donc le sel diligemment avec ses eaux, & qu’on le purifie d’autres eaux broyées, & que par divers broiements on le froisse fort avec sels, & qu’on le brûle par plusieurs  brûlements, afin qu il se fasse pure terre libre des autres éléments laquelle je pleige pour la grandeur de ma longitude, être digne d’un chacun (qu’on entende s’il est possible, que sans doute ce sera chose composée d’éléments, & pour autant partie de la pierre, qui n’est point pierre,& qui est en tout homme, & en tout temps de l’an, se qu’on trouvera en son lieu) après qu’on prenne de l’huile comme caillé de fromage & visqueux pour la première fois insecable, au qu’il trouve la vertu ignée soit divisée, & séparée par dissolution ( or elle se dissout en eau aiguë de tempérée agnité, avec feu lent) & qu’on le cuise jusqu’à ce que sa graisse ainsi que celle de chair, se sépare par distillation & qu’il ne sorte aucune chose de l’onctuosité, qui est la noire vertu en laquelle l’urine se distille, & après qu’on le cuise en vinaigre, jusqu’à ce (qui est cause d’adution) qu’il se dessèche en braise, & que l’on ait la dite noire vertu. Mais si l’on ne se soucie d’icelle, que l’on recommence, & qu’on veille, & prenne garde à ce que je dis, d’autant que la locution ou manière de parler est difficile. Or l’huile dissout, & en eaux aiguës, & en huile commune, qui opère plus expressément (voire en huile aiguë d’amendres sur le feu, tellement que l’huile se sépare, & que l’esprit occulte demeure) & en partie des animaux, & en soufre & arsenic. Même les pierres (auxquelles y a huile de superflue humidité) ont terme de leurs humeurs pource en partie qu’il n’y a véhémente union, vu que l’un se pourront dissoudre de l’autre, pour la nature de l’eau, qui est subjecté à liquéfaction de l’esprit, laquelle est moyenne entre ses parties & l’huile. Dissolution donc être faite, il demeurera humidité pure en esprit, comme bien fort mêlée des parties sèches, qui se meuvent en icelle, laquelle toutefois le feu (qui est appelé des philosophes, soufre fusil) résoudrait. Aucune fois l’huile, aucune fois l’humeur aéré, aucunes fois substance conjonctive ( que le feu ne sépare point ) aucune fois le camphre, qu’on le lave. C’est l’œuf des amoureux de science, ou plutôt le terme & la fin dudit œuf. Et voilà qui est parvenu à nous de ces huiles. Et est celui là réputé entrer huile de Chenesuc, lequel se sépare de l’eau, & de l’huile, dans lequel il se purge. D’avantage l’huile se corrompt (comme on fait) le broyant, ou froissant avec choses séchantes ( comme sont le sel, l’ancre )& le brûlant (toutefois passion se fait du contraire ) après il se sublime, jusqu’à ce qu’il soi séquestré ou privé de son oléaginéité, & l’eau est comme soufre, ou arsenic, aux minéraux. Il se peut préparer tout ainsi qu’iceux, néanmoins meilleur est qu’il se cuise en eaux tempérées en agnité, jusqu’à ce qu’il se purge, ou devienne blanc. Certes il se fait autre salutaire coction en feu sec ou humide ( selon que le fait se porte assez bien) ou le distille derechef, jusqu’à ce que il se rectifie, de la rectification duquel les plus derniers signes sont, blancheur & sérénité cristalline. Mêmement cette huile devient blanc du feu, se nettoie, reluit de sérénité, & merveilleuse splendeur ( ores que les autres en deviennent noirs ) & quand la matière en cette mode ou façon été arse, elle se congèle. De l’eau & de la terre d’icelui il s’engendre vif argent, même elle est comme vif argent en minéraux. Mais pour dire, la pierre de l’air, qui n’est point pierre se met en une pyramide ( c’est à dire, un grand bâtiment carré, large par le bas, & aigu par le haut, à la façon de la flamme du feu) en lieu chaud, ou bien en un ventre de cheval ou de bœuf, & se mue en fièvre aiguë. Par quoi quand elle vient d’icelle fièvre en 10 & de 10 en 21 afin, que les lies & bourbes des huiles se dissolvent en son eau, devant qu’elle soit séparée, qu’on itère dissolution & distillation par plusieurs fois, & jusqu’à ce qu’elle soit rectifiée. Et ce est la fin de cette intention. Néanmoins saches qu’après qu’on aura tout accompli ou parachevé, il faudra recommencer. Mais je veux chercher un autre secret. Que l’on prépare argent vif, mortifiant icelui avec vapeur d’étain par marguerites , & avec vapeur de plomb par la pierre Iherus, après qu’on le broie avec choses dessicantes & âcres, & choses semblables (comme il est dit ) & qu’on le brûle, en après qu’on l’élève en l’air , tant qu’il vienne a union de 12, & à rougeur de 21. & jusqu’à ce que l’humidité d’icelui se corrompe. Et n’est possible que son humidité se sépare pour l’amour de la vapeur ( comme l’huile devant dit ) parce qu’elle est véhémentement mêlée en ses parties sèches, & ne constitue point terme ou fin, ainsi qu’il est dit & récité des métaux dessus dit en ce chapitre. Que veux dire ! On sera déçu & abusé, si l’on l’entend bien les significations de ces termes & vocables. Or il est temps de traiter obscurément le troisième chapitre, afin qu’on entende la clef de l’œuvre, qu’on quiert & cherche. Aucune fois l’on met le corps calciné ( & cela se fait afin que l’humeur en icelui se corrompe par sel, & sel armoniac, & vinaigre ) & quelquefois on le cimente de vif argent, & on le sublime desdits sel, sel armoniac, & vinaigre, jusqu’à ce qu’il soit en poudre. Par ainsi les clefs de l’art, sont congélation, résolution, incération, projection (& est ici la fin & le commencement) toutefois purification, distillation, séparation, sublimation, calcination, inquisition coopèrent, & alors on se peut reposer. Or il y six cent & deux ans des Arabes passés que l’on me pria d’aucuns secrets. Qu’on prouve donc la pierre, & qu’on la calcine avec lente décoction, & qu’on la broie fort, sans toutefois choses aiguës, & que sur la fin on entremêle un peu d’eau douce, & qu’on compose médecine laxative de sept choses ( si l’on veut ) ou de six, ou de cinq, ou de quantes il plaira ( toutefois mon esprit se contente de deux ) desquelles la meilleure sera en six, qu’en autre proportion,ou environ, comme l’expérience peut enseigner le désireux, faut néanmoins résoudre l’or au feu, & le couler mieux. Mais si on me veut croire, on prendra une chose, c’est à savoir, le secret des secrets, de nature, qui peut choses merveilleuses. Qu’on mêle donc de deux, ou de plusieurs, ou du phœnix (qui est singulier animal) l’or au feu, &qu’on l’incorpore par véhément mouvement, auquel si on ajoute liqueur chaude quatre ou cinq fois, on aura le dernier propos, mais en après nature céleste se vient à débiliter & s’affaiblit si on y verse eau chaude trois ou quatre fois. Par quoi l’on divisera le faible du fort, en divers vaisseaux (si l’on me croit) & évacuera-t-on ce qui est bon. D’avantage on mettra ou ajoutera de la poudre, & exprimera-t-on diligemment l’eau qui est demeurée (car assurément elle amènera les parties indivisibles de la poudre) &pource on amassera à part soi cette eau, d’autant que la pondre desséchée d’icelle, à vertu ou puissance de médecine en corps laxatif. Qu’on fasse donc ( comme devant est dit ) jusqu’à tant que l’on vienne à distinguer le fort du faible, &que par trois, ou quatre, ou cinq, ou plus de fois, on ajoute la poudre, & qu’on fasse toujours en une même manière. Et si on ne peut opérer avec eau chaude, on fera violence. Que si pour aiguité ou tendreur de médecine elle vient à se rompre, après ce que l’on aura mis de la poudre, l’on ajoutera cautement plus de l’or & du mol. Au contraire. si pour l’abondance de la poudre elle se rompt, l’on mettra plus de médecine. Et si pour la force de l’eau, on la réinsérera avec un pilon, & amassera-t-on la matière tant bien qu’il sera possible, & l’on séparera l’eau petit à petit (& retournera en état) laquelle eauon séchera, joint, qu’elle contient poudre & eau de médecine, qu’il faut incorporer comme poudre. Or qu’on ne s’endorme point en ce lieu, car il y est contenu un moult utile & grand secret. Mais si on savait bien ordonner les parties d’un petit arbrisseau brûlé, ou d’un faulx, & de plusieurs choses naturellement garderont union, & qu’on ne mette cela en oubli parce qu’il sert, & est profitable à plusieurs choses. Or on mêlera trinité avec union amollie ou fondue, & proviendra (comme je crois) chose semblable à la pierre appelée des Latins Ibetus. Et sans doute qu’on mortifie ce qui es t à mortifier par la vapeur de plomb (on trouvera le plomb, si l’on à pris du mort) & qu’on ensevelisse le mort au four de circulation (Qu’on tienne ce secret, car il n’est pas sans utilité) & on fera le semblable avec vapeur de marguerite, ou avec la pierre dite des latin Tagus, & toutefois on enselevira le mort, comme j’ai dit. Or les ans des Arabes, savoir est passés, je réponds à ma manière, il faut avoir médecine qui dissolue en chose molle, & soit jointe en icelle, & qu’elle pénètre en son terme deux, & mêlée avec elle, & ne soit point cerf fugitif, & quelle transmue icelle, mais soit mêlé l’esprit par la racine, & soit par la chaux du métal fixe ( or l’on ^estime que fixation prépare, quand le corps & l’esprit se mettent en leur lieu, & se subliment ) & qu’il se fasse autant de fois, que corps soit fait esprit, & esprit soit fait corps. Qu’on prenne donc des os d’Adam, & de la chaux sous même poids ( six choses y a à la pierre petralle, & cinq à la pierre d’union ) & qu’on broie cela avec l’eau de vie ( de laquelle le propre est de dissoudre toutes au­tres choses ) par façon quelle soit dissoute en icelle, & brûlée ( or signe d’incération est que médecine ne coule sur le feu bien ardant ) en après qu’on la mette en même eau en lieu humide, ou que l’on la suspende en vapeurs d’eaux moult chaudes & liquides, puis que l’on la congèle au soleil, finalement on prendra du sel pierre, & convertira-t-on argent vif en plomb, & derechef on lavera tant le plomb, & le mondifiera-t-on tant, que la dite chaux soit prochaine à argent. Alors on opérera comme devant est dit. Item, on fera boire ainsi tout cela. Mais toutefois on prendra du sel pierre, lu, ru, vo, po, vir, can, utri, & du soufre, & ainsi l’on fera tonnerre & coruscation, & conséquemment artifice. Sur ce néanmoins qu’on voie considère, si je parle point en énigme, & en sens, couvert, ou bien selon sens littéral.  Certes aucun ont autrement estimé, & n’ont été de cet avis. Même il ma été dit, qu’on doit tout résoudre la matière, de laquelle on aura d’Aristote aux lieux vulgaires & célèbres, pour l’amour de quoi je n’en veux parler. Or quand on aura ces choses là, alors on au­ra plusieurs simples & égaux, & fera-t-on cela par choses contraires & par diverses opérations, lesquelles j’ai ici appelées les clefs de l’art. Et Aristote dit, que qualité de puissance contient action & passion de corps, ce que aussi dit Averrois, en réprouvant Galien. Or cette médecine est estimée la plus simple qu’on puisse trouver, & la plus pure, & qui est bonne contre fièvres & passions de l’âme & des corps, & qui est de meilleur prix & marché que nulle autre quelqu’elle soit. Qui récrira ces choses aura la clef qui ouvre, & que personne ne clôt, & quand  il l’aura close personne n’ouvrira.

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Published by Roger Bacon - dans Alchimie
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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 06:58

AVANT-PROPOS

Au hasard d’un article lu il y a quelques jours j’ai retenu ces quelques mots qui peuvent donner une indication sur l’état d’esprit dans lequel j’ai voulu rédiger cette planche :
Citation de Saint Paul. Hébreux 11 « Ce monde est un système de choses invisibles manifestées visiblement » suivi de ce commentaire :« L’ histoire que nous connaissons n’est que la partie d’événements qui se déroulent dans l’invisible. »

Comme l’intitulé l’indique :

PROPOS SUR LE SEL, LE SOUFRE, ET LE MERCURE


Cette planche n’a pas la prétention d’apporter une explication complète sur les notions contenues dans les mots « sel, soufre, mercure » mais plutôt de suggérer des axes de recherches pour ceux qui pourraient être intéressés par une approche différente de la F.M. Elle est aussi, pour moi, une façon d’essayer de découvrir, de comprendre ce que peut être une démarche initiatique, ma démarche initiatique en l’abordant par l’une de ses méthodes, l’alchimie et ses symboles.

Nous savons que « le REAA a pour but de développer un système de valeurs et des procédures symboliques empreintes d’une spiritualité qui ne sont ni religieuses ni métaphysiques . C’est un système philosophique au sens que Pythagore et Platon donnent à ce mot comme sont philosophiques les Anciens Mystères, l’Hermétisme et l’Alchimie qui ont inspiré la Franc-Maçonnerie. Leur point commun est le rite, le symbole, qui sollicitent l’individu dans sa personnalité profonde et ses états de conscience bien plus que dans son intelligence et sa raison. Il n’existe ni acte de foi ni soumission à un dogme, mais adhésion, implication de l’homme dans une œuvre de reconstruction personnelle ».

En conséquence la recherche maçonnique, qui n’est pas unidimensionnelle, n’est pas fondée sur la pensée unique. Chaque Franc-Maçon se doit d’aborder les études ésotériques avec sa personnalité afin de dégager, ce qui, pour lui, est SA vérité, en utilisant les différentes sources dont il dispose que ce soit le rituel, les manuels d’instruction, les différents ouvrages qu’il pourra étudier, les discussions avec les Frères. L’essentiel est qu’il réveille en lui le feu qui lui permettra de donner vie à l’homme nouveau qu’il souhaite voir naître. « Lis le Coran comme s’il avait été écrit pour toi » a dit un sage soufi.

D’où la question que je me pose : pour être un bon Maçon doit-on obligatoirement marcher dans les traces des pas des déistes protestants qui ont jeté les bases de la franc-maçonnerie moderne sans être pour autant taxé de déviationnisme ?. Parce que si je me réfère aux écrits de Guy Piau, ancien Grand Maître de la G.L.D.F. (1988-1990) « nous nous devons d’observer que l’histoire réécrite par Anderson n’a aucun titre pouvant nous conduire à LA prendre en considération de préférence aux narrations des manuscrits REGIUS et COOKE qui lui sont antérieurs ». Le récit d’Anderson « présente un grand intérêt dans la mesure où il marque une évolution de la pensée maçonnique, laquelle se trouve soumise à l’influence d’un parti religieux, chrétien et déiste qui prend son inspiration dans la Bible. » « Par contre, les manuscrits REGIUS et COOKE s’imposent comme une relation plus authentique des idées et des influences qui s’exerçaient au sein des anciennes loges. La légende telle qu’elle est transcrite dans le manuscrit COOKE, nous donne des indications très précieuse au regard de la correspondance qui nous paraît manifeste entre la pensée alchimique et la pensée maçonnique, correspondance que nous suggèrent, de manière concrète, les représentations symboliques qui abondent dans les décorations des monuments du Moyen-Âge ». « Dans la légende qu’expose le document COOKE, apparaissent des personnages, réels ou imaginaires, qu’Anderson occulte et qui pourtant nous paraissent très significatifs de l’influence alchimique et hermétique dans la pensée maçonnique». Donc, écrit Guy Piau « nous ne pouvons pas ignorer ou laisser de côté cette influence ainsi que le fait Anderson ». Quant « au manuscrit REGIUS il ne fait aucune référence à la Bible. La construction du Temple de Salomon n’y apparaît pas » ni, en conséquence, toute allusion à la géométrie sacrée ou non.

Que je sois bien compris, je ne remets pas en cause le caractère fondamental de la Géométrie dans la pensée maçonnique, je considère seulement que, Euclide, Thalès et leurs émules sont des panneaux indicateurs que peuvent suivre uniquement ceux dont la psychologie, l’intellect, leur permet de comprendre les raisonnements parfois confus et difficiles de ceux qui les utilisent. Il existe une façon plus simple, une géométrie plus aisée, « philosophale », « subtile »qui consiste à méditer sur des éléments simples. Par exemple un trait vertical donne une image du ternaire : nous avons un corps avec deux extrémités. Il en va de même pour le cercle : une limite séparant le contenu limité d’une ambiance infinie. Ou bien, si nous essayons de représenter l’unité nous ne pouvons éprouver que des difficultés ; elle se conçoit mais ne se montre nulle part ; son meilleur symbole est le point mathématique qu’on peut situer abstraitement à l’intersection de deux lignes ou au centre du cercle. Ce point matériellement inexistant engendre la ligne en se déplaçant dans l’espace. Nous pouvons concevoir, alors, une surface qui s’élève, s’abaisse, tourne sur l’un de ses côtés et acquérir, ainsi, l’idée d’un corps à trois dimensions. Et nous obtenons par complexité croissante l’ensemble des symboles que la Franc-Maçonnerie propose à notre méditation. Voilà ce qui, pour moi, est la géométrie.

Quel rapport me direz-vous avec le Sel, le Soufre et le Mercure ? Je crois posséder la clef qui me permettra d’étudier leur signification.
Se référer au diagramme.

Si vous analysez chacun des symboles vous pouvez remarquer qu’ils sont composés : trait, croix, cercle, demi-cercle, triangle chacun de ses éléments ayant une signification particulière.

Prenons tout d’abord le cercle. Il symbolise ce qui n’a ni commencement ni fin, le « UN le TOUT », l’Ouroboros, il représente la substance primordiale uniforme, non différenciée, en cosmogonie le CHAOS primitif. Placez un point au milieu et vous obtenez la Lumière créatrice, la Lumière existant en soi, la radiation initiale qui part immédiatement de partout dont le résultat est la circonférence du cercle. Nous obtenons le Grand Agent Primordial, le Delta Lumineux, le G.A.D.L.U. qui s’oppose à lui-même pour engendrer d’abord les idées, les formes et, progressivement, les apparences compactes. Nous nous référons ici à Genèse I,1-5 « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l’abîme, un vent de Dieu tournoyait sur les eaux. Dieu dit « que la lumière soit » et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière et les ténèbres. Dieu appela la lumière « jour » et les ténèbres « nuit ».

Continuons avec le cercle. Les dérivés de la substance primordiale, symbolisée par le cercle et appelée ALUN par les Alchimistes, sont nombreux et prennent le nom de Sels. Selon O. Wirth l’alun, selon un jeu de mots, personnifie l’un ou le cercle, i.e, à la fois le chaos primitif et l’éther.

Si nous partageons le cercle en deux à l’aide d’un trait horizontal, nous obtenons un Firmament séparateur des Eaux Supérieures des Eaux Inférieures ( Genèse I,6-10 : « Dieu dit : « qu’il y ait un firmament au milieu des eaux et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux » et
Dès lors, le chaos indéterminé auquel nulle qualité ne pouvait être attribuée, n’existe plus. Cette barre horizontale donne au zéro la valeur d’une SUB-STANCE, pas encore sensible mais intelligible , et fait que tout ce qui existe a son Ciel (principe spirituel) et sa Terre ( principe matériel), possède une double influence interne, deux tendances opposées ( pôle positif, pôle négatif, Yin, Yang, le Soleil et la Lune, les Colonnes Jakin et Boaz)) qui permettent au Cosmos de se dégager du Chaos ( Ordo ab Chaos ). En résumé, le SEL :
- est à la base de tout ce qui prend forme, c’est-à-dire l’homme nouveau que veut devenir l’impétrant,
- est le principe stabilisateur des corps, sa substance devient le corps de la Pierre que le Sage apprend à extraire et à travailler en essayant de dégager le subtil de l’épais, première leçon que nous donne le Cabinet de Réflexion, et que le néophyte mettra symboliquement en application quand il frappera sur la Pierre Brute,
- est à la base de tout engendrement grâce à l’action combinée du Soufre et du Mercure que nous allons maintenant étudier en commençant par le MERCURE..

Poursuivons notre étude du cercle ; ajoutons au dessus un demi-cercle ou croissant avec les pointes en haut, allusion évidente au croissant de Lune.
Développons notre étude du cercle en traçant sous le cercle une croix. Elle est composée, je vous le rappelle, d’une branche verticale, branche active, et d’une branche horizontale, branche passive, exprimant ainsi une idée de fécondation, l’idée pénétrant dans l’intelligence réceptive et la fécondant, l’union du Yin et du Yang, le « deux fait un » des évangiles gnostiques. Maintenant associons ces trois figures :
- d’abord un cercle
- sur le cercle un croissant avec les pointes en haut
- sous le croissant une croix.
Nous obtenons le symbole du MERCURE.

C’est un symbole complexe qui peut être étudié de différentes façons :
- 1° nous visualisons un cercle sous lequel il y a une croix ; nous obtenons ainsi le symbole de Vénus. Il nous signale l’existence d’une substance renfermant en germe des énergies vitales destinées à se déployer dans la sphère de la matérialité soumise à de perpétuels changements, on pourrait dire qu’il s’agit de la chute de l’Esprit dans la matière, de l’involution.
- 2° nous ne voyons qu’un cercle surmonté d’un croissant pointes en haut c’est le Symbole du Sel Alkali dont la signification renforce ce qui a été dit précédemment : tout doit rentrer dans le courant de l’évolution.
- 3° nous faisons appel à la croix qui est l’indice de la fécondation et qui est placée sous le cercle lui-même surmonté du croissant. Nous obtenons le symbole de la « Matière première des Sages » qui est prête à subir toutes les métamorphoses, à réaliser toutes ses potentialités latentes, c’est le passage de la puissance à l’acte. Or cette matière première des sages n’est autre que la pierre brute, l’Apprenti lui-même

En résumé, le Mercure est l’essence fondamentale de la vie des choses, c’est le principe grâce auquel elles se produisent, se développent et se transforment, c’est l’agent universel de la nature, l’intermédiaire indispensable aux différente manifestations de l’existence. Il pénètre tout, relie tout par les liens « d’une secrète sympathie », base de l’intersubjectivité universelle.

Si le Mercure fait allusion à ce qui rentre, « se rapporte à l’énergie expansive provenant des influences ambiantes qui se concentrent sur l’individualité », , le SOUFRE, lui, fait allusion à ce qui sort. Il est le « Feu réalisateur » emprisonné dans chaque être, il symbolise l’ardeur vitale, le principe constructeur de tout organisme. Quand St Jean (X,33) déclare « N’est-il pas écrit dans votre loi : J’ai dit vous êtes des dieux » il fait allusion à la Lumière Créatrice enfermée, emprisonnée dans tout homme et que le Néophyte doit apprendre à découvrir en la dégageant des différentes écorces qui l’empêchent d’être efficace. Et les caractères alphabétiques : V.I.T.R.I.O.L. prennent tout leur sens. Ils invitent le Franc-Maçon à plonger au plus profond de son être pour sentir qu’il n’est pas le fruit du hasard et de la nécessité, mais bien un élément conçu pour participer à la construction d’une œuvre qui le dépasse puisque sa mise en route ne dépend pas de lui mais du GADLU. Seule lui reste la possibilité, en respectant le Tracé qui lui a été confié, d’inscrire ses efforts, dans le monde qui l’entoure pour le marquer de son empreinte, devenant ainsi le collaborateur de la Lumière Créatrice, découvrant que le divin qu’il est et le divin qui est dans l’univers ne sont qu’un.

J’ai précisé au début de cette planche qu’elle était pour moi une façon de comprendre ma démarche initiatique. Celle-ci repose en fait sur le constat qu’il existe dans l’homme un dynamisme, d’un élan qui le pousse à agir, à réaliser une oeuvre et le miroir présent dans le cabinet de réflexion est là pour me rappeler que la F.M. m’aidera à mettre à jour ce qui est en moi, ce que je dois voir en moi, à comprendre que la lumière que je cherche est en moi. Le soufre, le mercure et le sel, qui symbolisent dans leur unité l’unité que je suis en tant qu’esprit, âme et corps, me révèlent que je suis l’aboutissement de la création. Je deviens le MIROIR dans lequel l’Esprit créateur, le GADLU, se reconnaît et se contemple. Mais je ne peux remplir cette fonction de miroir que si mon ego, ma rationalité, mon mental,consentent à lâcher prise. Ils refusent d’accepter de jouer les seconds rôles, de la reconnaître qu’ils ne maîtrisent rien du tout, qu’ils sont agis par quelqu’un qui est notre être essentiel.

Je rejoins ici la problématique soulevée à notre époque par le développement des sciences, en particulier de la physique quantique : celle de l’existence d’un domaine intermédiaire dans lequel le physique et le psychique sont mêlés en une indissociable unité, dans lequel l’esprit se matérialise, dans lequel la matière se spiritualise, stipulant ainsi qu’il existe d’autres formes de connaissance et d’action que celle de la conscience personnelle du monde profane. Il s’agit de se projeter dans une dimension où le moyen de l’actualisation, de la réalisation, n’est ni l’esprit ni la matière mais ce domaine intermédiaire de réalité subtile qui ne peut être exprimé que par ce qui n’est ni abstrait, ni concret, ni rationnel, ni irrationnel, ni réel, ni irréel mais chaque fois les deux, c-à-d le SYMBOLE que Christophe Levalois définit ainsi dans son étude intitulé « Symbolisme de la décapitation du Roi » : Le symbole manifeste une idée et l’affirmation d’une force. Il est, de plus, universel, c-à-d il établit un lien entre l’acte et l’idée et les différentes dimensions de notre univers. Donc, il relie et s’avère ainsi une clef qui permet à notre compréhension d’aller au-delà des apparences et au-delà du monde sensible

Pour conclure et pour résumer, je citerai Irène Mainguy : « Ce ternaire alchimique, sel, soufre, mercure réunis dans le cabinet de réflexion, n’est pas immédiatement parlant au récipiendaire, ignorant qu’il est de toutes connaissances hermétiques. Selon l’hermétisme ( qui a rapport au grand œuvre et à la transmutation des métaux) tout se compose de soufre, de mercure, de sel ; ces trois principes se rapportent :
- à l’énergie expansive inhérente à toute individualité,
- à cette même énergie provenant des influences ambiantes qui se concentrent sur l’individualité,
- à la sphère d’équilibre résultant de la neutralisation de l’action sulfureuse centrifuge ( qui tend à s’échapper vers l’extérieur) et de la réaction mercurielle centripète ( qui tend à revenir au centre ) pénétrante et compressive.

V.M. J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

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