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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 08:18

Le Dullahan est une des crétures les plus spéctaculaires du royaume des esprits irlandais et est partculièrement actif dans les endroits les plus isolés des comtés de Sligo et de Down.

Vers minuits lors de festivals ou de jours de fêtes irlandaises, on peut apercevoir ce cavalier sauvage, vêtu de noir chevauchant de par la campagne un coursier sombre sui s'ébroue.  

Les Dullahans sont sans tête.Quoique le dullahan n'ait pas de tête sur les épaules, il la porte avec lui, soit sur le pommeau de la selle de son cheval, soit posée sur sa main droite.

La tête est lisse et de la couleur et de la texture de la vieille pâte à pain ou de fromage moisi. Un rictus hideux et stupide lui fend le visage jusqu'aux deux oreilles, et ses yeux, normalement petits et noirs, projettent leur dards telles des mouches malfaisantes. La créature brille de phosphorescence de la matière en décomposition et la créature l'utilise comme lanterne pour se guider le long des chemins obscures de la campagne irlandaise. Là où le dullahan s'arrête, un mortel meurt.

 Le Dullahan est doué d'une vue surnaturelle. En tenant sa tête décapitée en l'air, il peut scruter la campagne au loin, même durant les nuits les plus noires. Grâce à ce pouvoir, il épie la maison d'une personne mourrante où qu'elle se trouve. Ceux qui regardent par la fenettre pour le voir passer, reçoivent pour leur peine une bassine de sang au visage ou perdent l'usage d'un oeil.

Le Dullahan chevauche habituellement un coursier noir dont les sabots rettentissent dans la nuit. Son fouet est une épine dorsale humaine. Le cheval, dans son galop, renâcle étincelles et flammes. Dans certains endroits du pays, comme le Comté de Tyrone, le dullahan conduit un coche noir connu sous le nom de coach-a-bowser ( de l'irlandais coiste bodhar, signifiant coche sourd ou silencieux). Il est tiré par six chevaux noirs, et passe si vite que la friction produite par son mouvement met souvent le feu aux buissons le long des bords des routes. Toutes les barrières s'ouvrent soudainement pour laisser passer le coche et son conducteur, même si elles sont solidement vérouillées. Personne n'est donc à l'abri des attentions de cet esprit.

Cet esprit a un pouvoir de la parole limité. Sa tête d"sincarnée ne peut parler qu'une fois durant chaque voyage entrepris, et même alors, elle ne peut que prononcer le nom de la personne dont elle annonce la mort. Un dullahan arrêtera son cheval qui s'ébroue devant la porte d'une maison et criera le nom de la personne qui va mourrir et attirera l'âme par son appel. Il s'arrete aussi à l'endroit même où une personne va mourir.

On ne connait pas avec certitude les origines du dullahan, mais on pense qu'il est l'incarnation d'un ancien dieu celtique, Crom Dubh, ou Crom Noir. Crom Dubh était vénéré par le roi préhistorique, Tighermas, qui règna en Irlande il y environ mille cinq cents ans et qui légimisa les sacrifices humains aux idoles païennes. En tant que dieu de la fertilité, chaque année Crom Dubh exigeait des vies humaines, la méthode de sacrifice la répandue étant la décapitation. Crom continua a être vénéré en Irlande jusqu'au sixième sciècle, au moment ou des missionnaires chrétiens arrivèrent d'Ecosse.Ils dénoncèrent tous ces cultes et sous leur influence, les vieilles religions sacrificelles tombèrent en désuétudes. Néanmoins, Crom Dubh refusa d'être privé de sa part annuelle d'âmes et prit la forme physique qui devint connu sous le nom de dullahan ou far dorocha (signifiant homme noir), l'incarnation réelle de la mort.

Contrairement à la Banshie, le dullahan ne poursuit pas de familles précises et son cri est un appel de l'âme d'une personne mourante plutôt qu'un avertissement de mort. Aucune défense contre le dullahan n'est possible car il est le messager de la mort. Cependant un objet en or peut le chasser, car le dullahan semble avoir une peur irrationnelle de ce métal précieux. Même une petite quantité d'or suffit à le fair disparaître, Les nuits de jours de fêtes irlandaises, il est conseillé de rester chez soi avec les rideaux bien tirés surtout vers la fin d'Août ou au début de Septembre, époque où avaient lieux, selon les chroniques, le festival de Crom Dubh. Si vous devez sortir à cette époque là, n'oublier pas de vous munir d'un objet en or.

Source : http://passion-irlandaise.ek.la/contes-et-legendes-c1035057

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 07:56

Il est aussi nommé "pecht", corruption du mot Picte, race celtique qui jadis habitaient certaines régions d'Écosse. Il est maintenant généralement accepté que les grogoch étaient à l'horigine mi-hmains, mi-lutins aborigènes qui vinrent de Kintyre en Écosse pour s'établir en Irlande. On trouve aussi des Grogochs sur l'Île de Man ou on les nomme "phynnodderee".

L'aspect du Grogoch est celui d'un vieil humain; on ne connait pas de Grogochs feminins. Il est de la taille d'un petit enfant , complètement dénudé, mais son corps est couvert de poils brunâtres et rudes ou d'une toison. Cette pelisse est épaisse, sale, emmêlée et enchevètrée de brindilles et de crasse que le grogoch a accumulé durant ses voyages: les grogochs ne sont pas connues pour leur hygiène corporelle.

Il est totallement bienvieillant contrairement à d'autres farfadets auxquels il ressemble. Parmis ceux-ci, les plus célèbres sont laughremen, farfadets que l'on trouve seulement au sud d'Armagh, qui sont renfrognés et d'un naturel sauvage. Les laughremen veillent sur leur trésor d'or cachés et leur seul but est de chasser les inconnus trop curieux. En revanche le Grogoch est aimable, cordial, et il n'est pas enclain à jouer des tours. Quoique très travailleur, il est pauvre comme un rat.

Son apparence négligée a engendré nombre d'expressions communes le long du littoral d'Antrim. On dit aux enfants débraillés des alentours de Waterfoot, surtout à ceux qui sont ébouriffés, qu'ils "ressemblent à un vieux grogoch", et on dit aussi qu'une maison sale ressemble à "la porcherie du grogoch".

La demeure du Grogoch est à l'image de sa robustesse. Il s'agit généralement d'une caverne, d'un trou ou d'une entaille dans le paysage. On trouve, disséminées dans les campagnes du nord de grandes "pierres penchées", deux pierres levées qui se soutiennent et que l'on appelle les maisons des grogochs.

Frank Craig, un habitant de l'île de Rathlin, raconte l'histoire suivante:

"La maison du Grogoch, c'est deux grandes pierres levées près de Leg-an-thass-nee. Jadis, si vous y étiez, vous aurriez pu les voir prendre leurs aises le soir, assis au solei, fumant leurs pipes écossaises. C'est une histoire vraie, car je connais des gens encore en vie, qui les ont vu".

On les trouve surtout à l'air vif et sa constitution robuste le protège par tous les temps - il est inssemsible à la canicule et au froid. Il peut survivre pendant de longues périodes sans sommeil et sans nouriture. Travailleur acharnée, on peut le croisé à tout heure du jour ou de la nuit, labourant dans les champs ou faisant quelques travaux pour ses voisins. Toutefois, comme beaucoup d'autres farfadet, il a le pouvoir de devenir invisible, et ne se laissera observer que par ceux en qui il a toute confiance.

Il va s'affairer dans la cuisine à la recherche de quelques besognes et, invariablement, va se mettre dans les jambes de la maîtresse de maison vaquant au soin du ménage. Par exemple; une femme de l'ïle de Rathlin s'apprettait à poser sur la table le chaudron d'eau bouillante qu'elle avait retiré du feu quand le grogoch, dans ses jambes à la recherche d'une besogne, la fit trébucher et renversa une goutte d'eau bouillante sur une partie sensible de la peau du grogoch. Il poussa un cri perçant: "Aïe, aïe, mon viggerald-vaggerald est tout ébouillanté!" et il s'enfuit de la maison. Après cet incident, pour rien au monde, il ne voullu retourner dans la maison, mais il traina dans la cour de la ferme et gêna le fermier dans son travail.

Avant tout le grogoch est un travailleur inlassable et il ne supporte pas la paresse des humains. Il va réveiller des gens qui dorment tard le dimanche matin en sautant sur leur lit et les frappant au visage. Et de même façon, il va harceler les ouvriers qui font une pause durant la fenaison jusqu'à ce qu'ils reprennent le travail.

Ce farfadet va dispenser ses services sans réclamer de rétribution et de lui donner même un petit cadeau le fera disparaître pour toujours. Il parira tout en larme car il a très bon coeur. La seule récompense qu'il accepte est un bol de crème, la première crème tirée du lait, il le boit d'un seul trait puis s'essuie les mousatches.

Comme beaucoup d'autres farfadet, le grogoch redoute le clèrgé et n'entrera pas dans une maison si un prêtre ou pasteur y est présent. Si le grogoch devient gênant, il est recommandé de faire venir un prêtre pour chasser la créture qui ira tourmenter par inadvertance quelqu'un d'autre.

 Source : http://passion-irlandaise.ek.la/contes-et-legendes-c1035057

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 07:15

L'Arbre de Vie

D'après un spécialiste du mysticisme de la Qabalah, Gershom Sholem, le monothéisme ne peut trouver sa véritable raison d'être que dans une tension et un va-et-vient entre les deux pôles extrêmes du tout ou rien. "Tout" est l'adhésion totale au divin ou la recherche du divin en toute chose, entraînant de ce fait les avatars de l'idolâtrie et du polythéisme. "Rien" est la vacuité de toute spiritualité, la négation de toute transcendance, la matière étant origine et fin. Liés à la recherche d'absolu, ces deux pôles extrêmes engendrent les intégrismes et la violence. La spiritualité du monothéisme est une recherche du divin, à travers ses deux aspects transcendant et immanent, excluant de se fixer à l'un ou l'autre des pôles extrêmes. Elle implique le mouvement et la mobilité de l'être, à la recherche de la zone d'équilibre et d'apaisement personnel entre les extrêmes, tout en évitant de s'en approcher.

La Tradition de la Qabalah qui n'est qu'une tendance de "la stricte voie tracée", offre précisément à chacun la possibilité d'évoluer dans le sens de l'équilibre, par la construction d'une arborescence appelée "Arbre de Vie" et par le cheminement dans ses sentiers, dans le but de sentir et de repérer la voie du milieu. Elle offre la possibilité de discerner entre les dualités qui nous habitent, tant sur le plan pratique que sur le plan éthique. L'être humain baigne dans le mélange du bien et du mal, agit avec intuition et jugement, réagit par la rigueur et la miséricorde, vit à travers des comportements actifs et passifs, masculin et féminin... Encore faut-il en être conscient.

La connaissance du divin passe par la connaissance de soi, mais on peut aussi inverser la proposition. La démarche de réflexion et de cheminement liée à l'Arbre de Vie pose un acte et crée des repères, facilitant de ce fait la relation avec le divin. Celle-ci est une vibration autorisant une approche, un simple effleurement.

On peut appréhender l'Arbre de Vie comme un modèle de l'esprit se reflétant dans tous les actes de la vie matérielle ou comme une transposition des archétypes humains dans un univers aux limites du cerveau humain, allant jusqu'aux frontières du divin. Appelé monde intermédiaire, cet espacement est le résultat de séparations successives résultant du processus de la création et de l'éloignement progressif du divin. Comparable à un sas entre le monde spirituel et le monde matériel, ce monde est inaccessible au profane. Mais un individu préparé peut le sentir, le percevoir ou s'en rapprocher.

L'infini "ayn sof" est une "unité sans limite" qui règne dans l'éternité. Cette unité est aussi une volonté sans finalité, sans besoin et sans détermination. De cette volonté naît la pensée ou le projet de créer l'univers: l'origine du déclic est la Cause des Causes, le secret absolu et insondable, la grande interrogation qui sépare la foi de l'incrédulité. Le résultat de cette pensée est ce double mouvement simultané de retrait et d'émanation, qui équivaut en fait à une immobilité sur le plan ontologique. Le mouvement de retrait aboutit à faire le vide, à obtenir le "néant" et à laisser une place à la création. Le mouvement inverse est celui de l'émanation qui aboutit à remplir ce néant de lumière, une "lumière sans limite". C'est la "Sagesse du Commencement".

Globalement l'"unité sans limite" s'est déjà retirée dans son immobilité, en ne laissant qu'une "trace", presque un souvenir que l'homme fait revivre par son action et par sa propre pensée. D'où le schéma d'un Arbre de Vie, agencement spécifique des "attributs" du divin, de cette trace du "sans limite", pour la saisir ne serait ce qu'un instant, une fraction de seconde avant qu'elle ne s'évanouisse dans l'espace et le temps. L'être humain cherche à conserver cette petite parcelle de lumière, cette étincelle qui lui est parvenue. Il cherche à la faire vivre à travers les branches et les noeuds de cet "Arbre de Vie", appelés lettres et séphirot.

Sur le plan matériel, l'être humain est un être fini qui ne peut réaliser cette sauvegarde qu'avec ses limites. Il est ainsi amené à illustrer le fond de sa pensée par des images et des schémas. Mais comment représenter l'idée que l'on se fait d'émanations, de flux de lumière, d'écoulement de rosée, d'attributs émanant d'un être infini, à la fois lointain et proche, sans tomber dans l'anthropomorphisme? Et il est encore plus difficile d'exprimer en langage humain compréhensible l'idée que l'on se fait de la pensée de D. eu égard au monde créé.

La Tradition a essayé de combler ce fossé en proposant cette notion de "séfirah" qui a reçu les désignations les plus étranges et les plus poétiques: parole, lumière, force, source, saphir, mesure, couronne…. Ce mot dérive de la racine s/p/r qui a plusieurs sens: numération (nombre, recensement), narration (récit, livre), transparence (saphir, sphère). Pour se fixer les idées on peut dire que les séfirot sont les vases créés par l'épanchement de la lumière originelle, celle qui provient du mouvement de retrait et d'émanation de l'unité "sans limite". Ces vases sont aussi bien des récepteurs que des transmetteurs, aussi bien des récipients que des outils de la création.

Tant les lettres de l'alphabet peuvent être aisément appréhendées comme les briques élémentaires du langage, de la création et de l'action, dans la construction de l'univers, tant les séfirot apparaissent comme des entités abstraites, difficiles à concevoir. Plus l'être humain parvient à élever son âme et à tendre vers son côté infini, plus il est capable de les sentir ou de les comprendre. En fait, il faut savoir ici que le monde intermédiaire des forces-séfirot et des signes-lettres coïncide avec le monde des anges et des âmes, qui sont deux aspects d'une même unité, à l'image de la lumière qui est à la fois ondes et particules.

L'Arbre de Vie est la construction centrale de la Qabalah. Il est une image universelle de l'unité fracturée dans le décimal. Pour se fixer les idées, le nombre dix peut être représenté par des choses aussi concrètes que des oiseaux ou des fruits; ici il s'agit de notions abstraites comme la sagesse, la compassion ou le discernement.

Malgré ou grâce à son anthropomorphisme, l'Arbre de Vie est une image qui plaît. Elle est comme une empreinte subtile que le monde spirituel a laissé dans le subconscient de l'homme, ou dans sa mémoire profonde. Des approches différentes et variées sont pourtant nécessaires pour en préciser le contour malgré leur caractère infini, et même si on est amené à se répéter.

 

Volonté de donner et désir de recevoir

 

Créature du divin, et contrairement à celui-ci, l'être humain a été conçu avec des désirs et des besoins. Parmi ceux-ci, le besoin d'un Créateur et le désir de recevoir de ce Créateur.

Pour certains êtres humains la notion du divin est innée et, dès l'enfance, ils ont besoin de D. et ils en font la recherche intuitivement. D'autres constatant un jour que le monde matériel qu'ils vivent est insuffisant à leur plénitude, recherchent un "autre" monde ailleurs, un monde perdu ou oublié pour les nostalgiques, un monde à recréer ou à inventer pour les utopistes. Une recherche spirituelle commence alors pour assouvir ce besoin naissant. Pour d'autres encore, ce besoin spirituel est entravé ou refoulé pour diverses raisons, et ceux-ci n'éprouveront peut-être jamais d'expérience spirituelle.

Les imperfections du monde créé sont nécessaires pour laisser une place à l'homme qui a un besoin de parfaire ce qui est créé. Parmi ces imperfections, il y a le mélange du bien et du mal: avec son libre arbitre, l'homme doit appréhender la responsabilité du choix. L'équilibre de l'univers dépend de ce choix, et c'est ainsi que l'homme participe à l'évolution de l'univers. La Tradition propose, comme image du bien, un coffre contenant des pierres précieuses et entouré par un serpent venimeux. Pour accéder au bien, il faut savoir maîtriser le serpent du mal, le neutraliser ou se débarrasser de lui. Au-delà d'un choix, l'accès au bien nécessite un effort, voire une conquête.

D'après la Tradition de la Qabalah, toutes les âmes du monde forment une seule âme, celle de l'Adam primordial. Comme la lumière est une parcelle de l'infini "ayn sof" et que l'âme est une parcelle de l'Adam primordial, l'âme est aussi une parcelle de lumière. Mais elle est aussi un vase, un réceptacle et elle reçoit ce qui est donné par le Créateur. Nous avons d'un côté une volonté de donner, de l'autre côté un désir de recevoir. On vient de décrire le lien qui unit le Haut et le Bas dans la même aventure, le Bas étant une émanation volontaire du Haut.

Une échelle des âmes a été créée de façon que par l'étude, par la prière ou par les bonnes actions, l'homme puisse s'élever progressivement du matériel vers le spirituel, du désir de recevoir vers le désir de donner. Par sa propre volonté, l'âme grimpe, échelon par échelon, les différents niveaux jusqu'à ressembler à son Créateur, dans le désir de donner. Au niveau le plus bas, l'homme est un "corps de matière", puisqu'il naît comme un "âne sauvage", un onagre, avec "un total désir de recevoir pour soi". Au fur et à mesure de la montée de l'âme, la lumière émanant du Créateur se révèle à travers ces vases, qu'on a appelé "séfirot". Il y a ainsi un double mouvement de montée et de descente qui s'interpénètre ou s'entrelace. Mais au sommet, l'essence du Créateur reste voilée.

Les différents vases, chacun à son niveau, reçoivent et réfléchissent cette lumière. On dit que la lumière réfléchie est la voyelle qui permet de prononcer un mot et que l'empreinte de cette lumière est la consonne. Un mot émis et prononcé est le reflet du mouvement de lumière qui crée les réceptacles, les vases, les séfirot. Par la prière, par des paroles de réconfort à ceux qui sont dans la détresse ou par la répétition des noms divins, on recrée ici bas le désir de recevoir pour donner et on restitue la lumière incidente en la renforçant.

 

Les vases brisés et la voie du retour

 

Les attributs divins ou séfirot constituent la trame de l'Arbre de Vie et sont aussi les vases de l'épanchement de la lumière primordiale. Trop forte, cette première lumière craquela les vases réceptacles qui n'étaient pas à sa mesure. Après la transgression du premier homme, les sept vases inférieurs de l'arbre se sont brisés en morceaux contenant des restes d'étincelles de la lumière originelle. Cette dislocation coïncide avec l'exil de l'homme, avec l'éloignement du divin et avec le déclenchement des forces du mal, qui se sont mélangées aux forces du bien. La "présence divine" ou Shékhinah, s'est estompée: elle est devenue "veuve", ayant perdu sa Résidence, "le Royaume sur terre" et elle a dû se séparer de son époux. L'homme est devenu orphelin ou "fils de la Veuve", ayant été chassé de l'Eden. Tout n'est néanmoins pas perdu.

La brisure des vases ne ferme pas la porte à une éventuelle réparation des morceaux épars. L'Arbre de Vie peut être appréhendé par une pensée libre et volontaire. On peut profiter de l'onde refluante pour essayer de trouver la vague qui permet d'accéder à une spiritualité dépouillée de tout dogme et de tout sectarisme. Le chandelier à sept branches est l'image symbolique de ces étincelles, à partir desquelles il est possible d'allumer une à une les sept lampes et de préparer ainsi la lumière du retour. Choisir la voie du retour, c'est en quelque sorte remonter par la pensée l'Arbre de Vie et réparer ce qui a été brisé ou déformé, par son action.

Retrouver le parfum de l'Eden primordial est laissé au libre arbitre de l'homme. D'un côté, par la prière ou par la méditation, par le mérite des bonnes actions ou par la recherche et l'étude, l'homme peut commencer à restaurer ce qui a été brisé. D'un autre côté, par un retour sur soi, il peut séparer du mélange et de la confusion, les écorces du mal, pour retrouver le fruit caché du bien.

Mais la liberté de choix joue dans les deux sens: devant l'éclipse du divin, la voie est aussi ouverte à l'homme isolé qui recherche l'unité originelle, de trouver dans la magie un substitut de pouvoir, l'enfonçant de plus en plus dans la folie.

 

La Shékhinah

 

La présence du divin dans l'univers créé est appelée la Résidente ou "shékhinah". Dans l'histoire du peuple hébreu, elle apparaît comme la Gloire de l'Eternel, le guidant dans ses déambulations du désert, parlant à ses prophètes et à ses chefs, dans le sanctuaire de la Tente du Rendez-vous et dans celui du Temple de Jérusalem. D'après la Tradition, lorsque le peuple accomplit la loi, la shékhinah se rapproche de lui en dix étapes, comme elle l'a fait entre l'époque de l'alliance d'Abraham et celle de la construction du Temple par Salomon. Inversement lorsque le peuple transgresse cette loi, la shékhinah remonte vers sa source et s'estompe en dix étapes également, comme ce fut le cas lors de la destruction du Temple.

La shékhinah est à la fois l'aspect "féminin" du divin et son aspect le plus vivant, le plus proche de l'homme. Elle subit l'exil avec la Communauté d'Israël, quittant le Lieu de sa Résidence, le Temple. Après la destruction de celui-ci, la Shékhinah est envahie par l'Autre Côté, elle est ligotée par les "écorces du Mal", devenant sa prisonnière. Or la force de ces liens dépend du comportement de l'être humain. Si ce dernier transgresse les commandements divins, la shékhinah reste tributaire. S'il les accomplit, elle est libérée et rejoint son Lieu virtuel, la séphirah Royaume, la dixième et la dernière, celle qui est au contact avec l'univers humain.

D'après la tradition de la Qabalah, toute activité humaine peut trouver un sens si elle est transformée progressivement, si on parvient à élever un acte banal et profane vers son côté sacré, par le rituel, la prière, la méditation, les bonnes actions. Ceci revient à défaire les écorces du mal qui emprisonnent et qui cachent les étincelles du bien et à rassembler celles-ci pour obtenir la lueur qui va transformer notre vision du monde. D'après la théorie de Louria, par notre réparation et aussi par notre perfectionnement progressif en une ou plusieurs vies, on arrivera à libérer et à élever notre âme et on parviendra ainsi à reconstituer ou à restaurer l'unité primordiale.

Cette volonté de Rédemption et ce désir d'unification du divin sont aussi étroitement liés aux temps messianiques. Par son comportement, l'homme doit pouvoir atteindre l'équilibre précaire et fugace entre la droite et la gauche, entre la miséricorde et la rigueur, de la dualité en lui. Dans notre Arbre de Vie intime, il y a toujours un mouvement à la recherche de cet équilibre précaire. Ce mouvement est en fait nécessaire pour trouver la voie du milieu, en tâtonnant. Il est produit par un excès de rigueur ou un défaut de miséricorde, ou vice et versa. L'exagération durable vers l'un ou l'autre des deux pôles, allant de l'excès à l'insuffisance de rigueur ou de l'abus au défaut de miséricorde accélère le mouvement, le rend plus ample, voire incontrôlable et le fait basculer "ailleurs", vers l'Autre Côté. Ce basculement a lieu au niveau de l'attribut Royaume, exutoire de tous les flux supérieurs et celui où réside la Shékhinah. On se retrouve alors à l'envers du décor, dans le domaine de Satan, de l'illusion, où la face négative des séphirot brille par le mal, l'injustice et la violence. Un rictus pervers y remplace le rire innocent.

L'action humaine restaure le divin et, en libérant la shékhinah des forces du mal, elle rapproche le monde des temps messianiques. La défaite totale du mal ne peut être réalisée que dans cette perspective eschatologique. En fait, elle n'est pas souhaitable dans un monde imparfait, car l'Autre Côté concourt à l'équilibre du monde, au statu quo entre les univers matériel et spirituel et à la mise en évidence du bien. Et dans l'attente de l'ère messianique, par l'accomplissement des rites et des commandements, on peut contenir et maîtriser le mal, en le repérant, et en le séparant du bien.

Source : http://soued.chez.com/qabalah3.htm 

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Published by Albert SOUED - dans Kabbale
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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 17:15

Abba: le père, désigne la séfira Sagesse ou H'okhmah.

Adam: premier homme ayant pris conscience de l'Eternel, mot qui pour sens "unité du sang". L'Adam primordial est l'image de l'Arbre de Vie des dix attributs divins.

Adon O'lam: maître de l'Univers, celui qui est caché et celui qui est dévoilé.

Aleph: première lettre de l'alphabet hébreu, ayant pour valeur un et représentant l'unité cachée. Elle inclut dans son dessin la dixième lettre "Yod", dans ses deux aspects manifesté ou immanent et caché ou transcendant. Aleph est une notion abstraite de l'unité inconcevable et hors de portée de l'homme. Sur le plan sémiologique, aleph se lit "al pé", sans parole, le silence.

Ancien des Jours: l'attribut le plus élevé dans l'Arbre de Vie, soit la Couronne ou Kéter.

Arbre de Vie : arborescence abstraite des attributs du divin ou des séfirot, les dix sphères ou forces de la manifestation divine dans le monde. Les dix séfirot sont parcourues de haut en bas ou de bas en haut, ce qui est appelé l'Arbre de Vie de Yod, Yod valant dix.

Arbre de Vie de Khaf: Khaf est la lettre qui suit la lettre Yod dans l'alphabet hébreu et a la valeur vingt. La vibration qui parcourt l'Arbre de Vie de haut en bas est réfléchie par l'interface du Royaume avec le monde matériel. Dans chaque sens la vibration parcourt dix séfirot. L'Arbre de Vie de Khaf est le support d'un aller et retour de la vibration.

Arikh Anpin: désigne la séfirah Couronne ou Kéter (voir Longanime).

Attribut divin:expression caractérisant le divin hors de son univers; elle est la traduction en hébreu de "séfirah", pluriel "séfirot". Séfirah est équivalent numériquement à "nom divin".

Autre côté ou sitra ah'arah: l'envers de l'Arbre de Vie. On y bascule lorsqu'il y a déséquilibre permanent ou exagération dans la rigueur ou la miséricorde, ou excès (colère par exemple), ou impatience. Côté où prévaut Satan, il a aussi dix séfirot et se caractérise par la présence des démons.

Ayn: le néant d'où émerge l'univers; anagramme du "moi" any.

Ayn Sof: infini sans limite, transcendant, insondable et inconcevable.

Beauté: nom de l'attribut central de l'Arbre de Vie ou Tifeéret, repère d'Israël/Jacob, cœur de l'Adam primordial.

Bras: les attributs Miséricorde ou H'essed et Rigueur ou Gvourah, dans l'Adam primordial.

Brit: alliance.

Cèdres du Liban: les six séfirot inférieures issues du Discernement ou Binah (de H'essed à Yésod)

Chariot divin: traduction du mot hébreu Merkavah qui désigne le plus haut niveau de l'Arbre de Vie accessible à l'esprit humain, ou sphère de la Création. Le Chariot est encadré par quatre archanges, Michaël, Gabriel, Rafael et Ouriel. On descend d'abord dans la pensée du divin (mah'ashavah), avant de monter dans le chariot, c'est à dire avant d'avoir une vision lucide d'un monde approchant le monde divin.

Communauté d'Israël: désignation de la Shékhinah, ou Présence divine, en relation avec le monde matériel.

Cœur: attribut central de la Beauté ou Tifeéret, dans l'Arbre de Vie.

Daa't: attribut virtuel et non décompté, appelé Connaissance, synthèse entre Sagesse et Discernement, symbiose entre une Connaissance globale et une Connaissance analytique. Dans certains schémas de l'Arbre de Vie, cet attribut remplace Kéter, la Couronne.

Diloug: dalet/yod/lamed/waw/ghimel, le "bond". Il peut aussi bien s'agir d'un bond physique provoqué par la surprise que d'un bond dans le cheminement d'une pensée qui saute d'une idée à une autre, sans lien apparent entre elles. Le diloug est une méthode de recherche de la Qabalah.

Dod: dalet/waw/dalet, oncle, amant, bien-aimé, peut être interprété comme la "double porte" de l'Arbre de Vie, ou, plus simplement l'Arbre de Vie.

Douma: le silence de l'Autre Côté, du côté infernal et démoniaque.

Droite: côté de la miséricorde, du masculin et de la voie aisée, appelé aussi le Sud.

Eau: caractérise la miséricorde comme la couleur blanche, et aussi la Torah.

Ecriture: essentiellement les 24 livres de la Bible hébraïque ou Tanakh.

E'den: jardin de la Connaissance du divin au Paradis.

El: désignation du divin par la négation des autres dieux et l'apprentissage de l'unité divine.

Elohim: le divin créateur du monde, avant l'homme. Avec l'homme, le nom est devenu tétragramme (voir yod/hé/waw/hé).

Féminin: aspect des attributs sur l'Arbre de Vie, lié à la passivité de la rigueur, à la lune, et au contact avec le monde matériel; voir shékhinah.

Feu: caractérise la rigueur comme la couleur rouge, et le Nord.

: cinquième lettre de l'alphabet de valeur cinq, ayant pour sens le souffle, l'ouverture vers le haut. Cette lettre est aussi le signe du féminin. Sur l'Arbre de Vie, elle se situe aux deux portes images du féminin, Discernement en haut et Royaume en bas.

Gauche: côté de la rigueur, du féminin et de la voie malaisée.

Gbourah: la Rigueur, au niveau central lié au comportement du cœur.

Gdoulah: la Grandeur, liée à la Miséricorde ou H'essed.

Géhinam: enfer, monde de l'ignorance et de la mort.

H'ayah: niveau angélique le plus élevé, niveau de l'âme vivante avant l'unité yéh'idah (repère de la Sagesse ou h'okhmah). Pluriel: h'ayot; h'ayot hakodesh: créatures saintes ou anges chérubins

H'érem: interdit, anagramme de "réh'ém", matrice, image de la séfirah Discernement ou Binah.

H'essed: la Miséricorde, au niveau central, liée au comportement du cœur.

I'bour: a'yin/yod/lamed/waw/ghimel est la "création du temps". Mais son sens est plus large puisqu'il inclut la conception, la grossesse, l'expansion du temps et de l'espace, la traversée, la transgression...

Ima: mère,désigne la séfirah Discernement ou Binah.

Jambes: dans l'Adam primordial, les séfirot Victoire ou Netsah' et Réverbération ou Hod, niveau du retentissement de l'action.

Juste: désigne la séfirah Fondement ou yésod, car le Juste est le fondement secret du monde; en hébreu tsadiq.

Khat: khaf/taw, groupe dissident ou "à part", groupe qui se distingue par sa discrétion.

Khérem: khaf/resh/mem, la vigne, métaphore pour désigner la Communauté d'Israël. Ce mot a la même valeur que "profondeurs". Il peut donc être interprété comme un lieu profond et couvert où des maîtres et des compagnons travaillent, étudient, échangent des idées, un endroit où la pensée peut germer et fleurir à partir de l'intimité profonde de l'être.

Klipah, klipot: écaille(s) ou écorce(s) du Mal qui enserrent les étincelles du Bien.

Lampe sainte: le sage Shimeo'n Bar Yoh'ay, élève de rabbi A'kiva, deux grands qabalistes du premier siècle.

Liban mystique: les trois séfirot supérieures, Sagesse, Discernement et leur synthèse, la Connaissance. Cette triade est aussi appelée "patriarches" et "yesh", c'est à dire "il y a", par différenciation avec "ayn", rien, le néant. Lébanone en hébreu est le "cœur de Noun". Voir aussi "cèdres du Liban"

Longanime ou grand Visage: désigne l'attribut Couronne ou Kéter.

Mah:questionnement existentiel et essentiel, quoi?

Man: mem/noun est le questionnement existentiel et inclut aussi bien le "qui?" que le "quoi?"

My: qui? Qui a créé ce monde et qui suis-je? L'association de Mah et My donne le mot "Hamayim", les eaux. La séparation des eaux équivaut à une double interrogation sur le monde divin et le monde humain.

Masculin: aspect des attributs de l'Arbre de Vie qui tiennent de la Miséricorde active. Lié au soleil et au Fondement.

Matrona: voir shékhinah.

Métatron: le Prince des Ailés, le Prince de la Face, l'Archange du secret du Char…, diverses désignations d'une totalité psychique. Considéré à la fois comme "vieux" et "jeune", "maître" et "élève", il pourrait s'agir du "Soi" des psychanalystes, la compréhension supérieure ou l'"intellectus agent". En angélogie, Métatron est soit un archange qui garde l'entrée du septième Ciel, celui où se trouve le Trône de Gloire, pour empêcher le passage de ceux qui ne sont pas prêts à recevoir la Lumière, soit un archange qui prépare celui qui cherche à entrer, en l'initiant aux secrets de l'Ecriture. Assimilé à l'archange Michaël.

Miroir: la lumière incidente se réfléchit dans la conscience de l'homme appelée miroir, au niveau de la séfirah Royaume ou Malkhout. Ce miroir est plus ou moins transparent, plus ou moins opaque. Selon l'action de l'homme la lumière revient renforcée ou affaiblie. Un affaiblissement continu affecte la lumière d'en Haut, on dit que la rosée s'assèche.

Ce miroir se situe au niveau des séfirot Netsah'-Hod pour une conscience élevée du niveau prophétique ou visionnaire.

Monde intermédiaire: monde de l'esprit se situant entre le divin et l'humain, créé volontairement pour éviter tout contact direct entre les deux univers. Il est formé de lettres et d'attributs, appelés les 32 sentiers de la Sagesse, mais aussi d'anges et d'âmes. Issu du divin, le monde de l'émanation ou atsilout contient l'attribut Couronne ou Kéter. Il est suivi vers le bas par le monde de la création ou bériah qui englobe les séfirot supérieures. Le monde intermédiaire se poursuit par le monde de la formation ou yétsirah qui comprend les séfirot inférieures, et enfin par le monde de la fabrication qui est en contact avec le monde matériel par l'interface Royaume ou Malkhout.

Néfesh: âme végétative et animale, placée au repère Royaume ou Malkhout.

Néshamah: âme supérieure, signe d'une conscience très élevée, permettant le contact avec le divin et placée au repère Discernement ou Binah.

Noukva: désigne la séfira féminine Royaume ou Malkhout.

Noun: lettre de valeur cinquante, elle est perçue comme la coulée de lumière primordiale dont il ne reste que quelques étincelles dans le monde matériel, à partir desquelles l'homme essaye de retrouver la Connaissance perdue ou oubliée du Commencement.

Elle est l'image des cinquante portes vers la Connaissance ou Daat à partir de l'attribut Discernement ou Binah. En effet, la troisième séfirah à partir du haut, le Discernement ou Binah, est appelée "les cinquante portes" de la compréhension du monde: elle est une porte de passage vers "Noun", cette connaissance mystique du divin. Elle est aussi appelée le "giron maternel" car elle est la matrice des séfirot suivantes. Cette porte est interdite, mais elle s'ouvrira dans les temps "messianiques". L'Arbre de Vie peut être considéré comme un sas entre deux portes. La porte du Bas est le passage du monde matériel vers le monde intermédiaire ou inversement, à travers la séfirah Royaume ou Malkhout.

Or: lumière. Or yashar est la lumière incidente et directe qui traverse l'Arbre de Vie comme un éclair étincelant.

Ot: aleph/taw ou aleph/taw/waw est la "lettre", bien que "ot" soit aussi un signe ou un symbole, mais la lettre apparaît comme le symbole par excellence dans la Tradition de la Qabalah. D'après celle-ci, l'univers créé est une organisation particulière de signes qui évolue en fonction des actions de l'homme. De même, la Torah, qui est aussi une organisation particulière de signes en mots et versets, reflétant le nom divin, peut être lue d'une infinité de manières, selon celui qui la lit, la scrute ou l'interprète.

Pardes:orangeraie, image de l'évolution de la pensée du plus simple au plus profond, au plus secret. "Pshat" est le sens immédiat de toute notion, "rémez" est l'allusion à une autre notion qui permet de mieux cerner le sujet, "drash" est l'enseignement admis par les sages expliquant le sujet, "sod" est le sens caché ou secret qu'on peut rechercher en groupe, ou seul à ses risques et périls. L'acronyme de ces quatre sens est le mot "pardes", p/r/d/s, un jardin odoriférant.

: ph ou ph/hé, la bouche, par extension le verbe ou les paroles, ainsi pé yah est le verbe divin.

Pilier: l'Arbre de Vie a trois piliers ou trois colonnes, le pilier de droite est l'image de la miséricorde, celui de gauche représente la rigueur et le pilier central faisant balance relie les séfirot Couronne à Royaume, en passant par les deux centres Beauté et Fondement.

Pommier: Arbre de Vie. Le champ de pommes est le Paradis, le monde intermédiaire.

Prince et princesse: les attributs de Beauté et de Royaume. Appelés aussi Roi et Reine.

Qol: la voix, instrument de la création. Bat qol ou la "fille de la voix" est ce qui reste de la prophétie après la disparition de celle-ci; il s'agit de l'intuition profonde, comme si une voix intérieure vous sollicitait.

Qabalah: tradition ésotérique reçue et acceptée. Elle est étroitement liée à l'Ecriture dont elle est une exégèse.

Raa'yah: resh/a'yin/yod/hé, compagne, bien-aimée. Le mot peut être interprété comme resh/a'yin et yod/hé, pensée ou projet divin.

Rouah': âme au niveau de l'esprit, image des facultés intellectuelles, placée au repère central de Beauté ou Tifeéret.

Shaday: désignation du divin généralement associée à El, dans El Shaday. Elle a le sens de celui qui fait passer ou qui empêche d'entrer. Elle peut se lire aussi comme "le feu à la porte du point-Yod". Shaday a la même valeur numérique que "Métatron".

Shékhinah: l'aspect féminin du divin, résidant avec la Communauté d'Israël, près du monde matériel, dans le Temple, quand il existait.

Shéol: monde souterrain inconnu et questionnement sur la mort.

Séfirah: entité abstraite qui reçoit et transmet un flux venant de l'univers divin et qui prend des colorations et des nuances résumées en dix expressions. De haut en bas de l'Arbre de Vie, Couronne ou Kéter, Sagesse ou H'okhmah, Discernement, Intelligence ou Binah, Beauté, Splendeur ou Tifeéret, Miséricorde, Compassion ou H'essed, Rigueur ou Gvourah, Victoire, Eternité ou Netsah', Majesté, Réverbération ou Hod, Fondement ou Yésod, Royaume ou Malkhout.

Tal: la rosée ou l'épanchement de la lumière divine vers les mondes inférieurs pour les fertiliser et les éclairer.

Tanakh: les 24 livres de la Bible hébraïque, Torah, Néviim, wéKtouvim, Bible, Prophètes et Ecrits hagiographes.

Taw: taw/waw ou taw/yod/waw est le "signe".

Téshouvah: retour moral et métaphysique, en remontant l'Arbre de Vie par la pensée.

Tifeéret: attribut central de l'arbre de Vie, signifie la Beauté et la Splendeur du milieu; repère de Jacob/Israël.

Tikoun: réparation des mondes.

Tohou wa bohou: état de l'univers avant la séparation des eaux. "Tohou", le souffle est dans le signe, "Bohou", le souffle est à l'intérieur. Tohou wa bohou semble être le chaos qui s'est organisé pour donner naissance à la vie.

Tsahorayim: midi ou les "deux lumières", midi étant une notion de temps instantané, insaisissable, qui se situe entre la lumière du matin et celle du soir.

Tséir Anpin: désigne les six séfirot inférieures, issues de Ima.

Tsévaot: nom divin D. des armées célestes, celles des anges.

Tsimtsoum: mouvement de retrait du divin permettant la création du monde par l'émanation de la lumière, et sa condensation partielle en matière.

Waw: sixième lettre de l'alphabet qui signifie "crochet" ou lien.

Yah: yod/hé, deux premières lettres du tétragramme, nom divin.

Yésod: le Fondement, attribut central inférieur de la colonne du milieu de l'Arbre de Vie, fondement du secret et repère du Juste.

Yod: dixième lettre de l'alphabet de valeur dix. Elle est considérée comme le germe initial de la création. Elle est le résultat du retrait du divin ou "tsimtsoum" en un point dit primordial.

Yod-Hé-Waw-Hé: tétragramme désignant le divin.

Yod-Taw-Yod: le bourgeonnement du Yod ou sa différenciation en deux aspects n'est pas directement perceptible. On ne prend conscience de cette distinction qu'à travers un signe "Taw". Yod-Taw-Yod est le nom du projet divin de différenciation des deux aspects du Yod, projet perçu par l'homme à travers un miracle, à des moments privilégiés (ouverture des eaux pour créer la Vie, ouverture des eaux pour laisser passer les Hébreux, à la sortie d'Egypte...). Le signe est devenu par la suite une vision prophétique, un songe puis une inscription, telle que l'Ecriture, puis un dessin, un geste ou toute autre indication, transmise à travers les générations pour témoigner de cette différenciation entre les deux aspects du point primordial Yod. On peut considérer une arborescence telle que l'Arbre de Vie à la fois comme un signe et comme un lieu d'ouverture du Yod.

Yod/Yod ou double Yod: le point primordial bourgeonne en ses deux aspects, immanent et transcendant, à partir de la deuxième séfirah Sagesse ou H'okhmah. L'aspect transcendant remonte vers le haut et rejoint l'univers caché d'origine, Aleph. L'aspect immanent descend vers l'avant-dernière séfirah Fondement ou Yésod pour créer le monde matériel.

Yovel: jubilé de la cinquantième année, après 7 périodes de 7 ans, inauguré par la corne de bélier; il annonce la libération des biens et des personnes, la remise des pendules à l'heure. Yovel désigne aussi les séfirot supérieures et Moïse.

Zivoug: accouplement du masculin Beauté ou Tifeéret et du féminin Royaume ou Malkhout. Permet le retour à l'unité.

Source : http://soued.chez.com/vocqab.html

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 17:11

Immanence et transcendance

Pour Spinoza, Dieu est immanent et non transcendant. Il est dans toute la nature, dans ce qui est créé, il est éternel et infini comme le monde créé. De tout temps il y a eu l'univers et il y aura toujours l'univers, et cet univers contient le divin: il n'y a donc ni début ni fin.

"L'essence de Dieu est dans la puissance": comme Dieu est Nature, cette expression signifie que l'essence de la Nature ou "substance" se manifeste par son pouvoir illimité, dans l'espace et dans le temps, le pouvoir de créer, de transformer et d'évoluer. Toute chose est la substance, sous l'aspect singulier et concret qui est le sien. Contrairement à la pensée de la Qabalah, il n'y a pas de place pour un dieu personnel et secret.

Le dieu de Spinoza est un peu grec; il est lié à la nature et on ne se pose plus les questions de la création: quand? comment? La réponse est que Dieu est révélé et contenu dans tout ce qui est créé. Quant à pourquoi la création, Spinoza rejoint néanmoins sur ce point précis certains qabalistes: Dieu crée le monde par amour pour lui-même, pour se contempler, étant lui-même ce monde.

L'immanence dans la tradition de la Qabalah est la Divine Présence ou Shékhinah, dont l'attribut est la dixième et dernière séphirah de l'Arbre de Vie, en contact avec l'univers créé. Cette présence au féminin ne se confond pas totalement avec la Nature et ne se limite pas aux lois qui régissent le monde. Elle remplit l'univers créé de la lumière du divin et de son nom, et elle est perçue par ceux qui la cherchent, à travers le monde intermédiaire des anges et des âmes, celui qui se confond avec le monde des lettres hébraïques. La présence de la Shékhinah est plus ou moins forte en fonction du comportement moral du peuple d'Israël. Cette présence est consécutive à la fracture originelle et elle est provisoire: lorsque la "téshouvah" ou "retour/rédemption" aura gagner le coeur de l'humanité, la Shékhinah rejoindra son giron pour retrouver l'unité originelle, dans la transcendance.

Pour Spinoza, la question de la transcendance ne se pose même pas. On ne peut croire que ce que l'on voit et toute croyance en un dieu caché n'est que superstition de l'ignorant ou moyen pour asservir le peuple. Spinoza n'est ni croyant ni religieux, son univers est rationnel et scientifique, objectif et matériel. Dieu n'existe que dans sa connaissance, c'est-à-dire la connais-sance continue et approfondie de l'univers, et celle de soi-même, infime partie de cet univers.

Le "connaître Dieu" rapproche Spinoza des qabalistes, mais uniquement sur ce point. Car toute la dimension d'une recherche de la transcendance par la voie de la rédemption n'existe pas chez lui, puisqu'elle n'est que subjectivité. Ainsi la prière ou la méditation ne seraient que des subterfuges liés à la pauvreté de la pensée ou à la peur de la mort: celle-ci est une fin et non un début. Il n'y a donc pas de monde "à venir" ou de monde intermédiaire, et il faut vivre sa vie pleinement et joyeusement car il n'y a pas d'autre vie, la mort étant la fin du parcours naturel de l'homme. Seule sa pensée lui survit, et c'est dans la pensée que l'homme est éternel puisque la pensée ou l'esprit est l'âme. En perfectionnant cette pensée à l'extrême par la voie de la raison, on contribue à la communion avec Dieu et on atteint la "béatitude" terrestre.

La raison et les sentiments

Pour poursuivre la comparaison avec la tradition de la Qabalah, celle-ci enseigne aussi qu'il faut jouir pleinement et le plus joyeusement possible de la vie matérielle car la vie future est d'un autre ordre, d'une autre forme. Par contre la Qabalah ne ferme pas la voie et plutôt encourage le retour vers un monde intangible et non perceptible aux sens du commun des mortels. Par contre, dans cette recherche du divin, la Tradition n'encourage pas la communion avec Dieu. Bien au contraire, une distance doit être établie entre l'homme et le divin, résultant d'un équilibre entre l'amour et la crainte de ce divin, contrairement à la pensée de Spinoza qui engage l'homme à adhérer totalement à la nature-Dieu.

Le monde de l'imaginaire et du rêve est étranger à Spinoza, car il est antinomique au monde de la raison. Celui-ci estime, de plus, que les institutions politiques pourraient s'en emparer et l'exploiter pour mieux asseoir leur autorité, quand ce n'est pas pour asservir les plus crédules.

L'univers de Spinoza est mathématique, mais limité aux connaissances acquises et prouvées; il n'y a aucune extrapolation hasardeuse vers un au-delà; il n'y a pas de hasard! On a appelé Spinoza, l'athée de "système".

L'homme est déterminé; s'il croit être libre, c'est qu'il ne sait pas, parce qu'il est ignorant. L'homme obtient sa liberté à travers le perfectionnement de sa connaissance de Dieu: cette connaissance est amour, mais cet amour est purement intellectuel.

Quant aux sentiments, ils découlent tous de la triade "désir, joie et tristesse". Le désir est l'essence de l'homme qui le pousse à se réaliser en acte et à être lui-même. Quand la puissance d'agir de son corps et de son esprit augmente, il est joyeux; inversement quand cette puissance diminue, il est triste.

L'homme, comme la nature, agit par nécessité, sans fin; par ignorance, l'homme a l'illusion d'une fin. Le "bien" est ce qui est prouvé utile par la raison et hors de toute passion, le "mal" est ce qui nous empêche d'accéder à ce "bien". L'homme joyeux met en oeuvre toutes ses facultés rationnelles et toutes les forces de son esprit et de son corps pour atteindre et communier avec Dieu-Nature et il écarte de son chemin toutes les embûches intérieures et extérieures qui caractérisent le mal et qui l'empêchent d'atteindre son objectif. L'homme triste est privé de Dieu parce qu'il pense "mal" et ne mobilise pas son potentiel utile dans cette recherche de la connaissance intellectuelle du divin.

Ainsi on peut trouver le bonheur en recherchant ce qui est utile, sous la conduite de la raison, en accroissant la puissance de l'esprit. Prendre conscience de l'union intime de notre esprit à Dieu, qui est la Pensée par excellence, c'est se connaître soi-même comme pensée de Dieu et participer à sa nature. Comprendre Dieu est le salut: comprendre ses attributs, ses actions, ses oeuvres, comprendre les choses singulières, non plus par des lois abstraites, mais par la vision des choses elles-mêmes.

Selon la Tradition, comprendre Dieu ou l'autre, c'est les aimer non seulement par l'esprit mais aussi par le coeur, même si on s'engouffre alors dans les errements de la raison et qu'on offense la pensée de Spinoza. Rappelons ici que dans la biographie de Spinoza, il n'y a pas de femmes, pas d'amies, ni de maîtresses, ni de conjointes: il n'y a que les trois femmes du père, dont la mère de Baroukh. Et il n'y a pas d'enfants...

Au delà des notions de divin et de bonheur, il existe une différence majeure entre la pensée de Spinoza et celle de la Tradition de la Qabalah: le sens du temps.

Le sens du temps

Chez Spinoza le temps est celui de la Nature, éternel; il n'intervient pas dans la recherche de Dieu. Le temps comme la mort n'ont qu'une réalité subjective, apparente: la pensée "vraie" les dénonce en les démystifiant. Le monde "vrai" est sans origine et sans fin. La "vérité" est éternelle et le sens absolu est dans la pensée de Dieu. L'individu meurt, sa pensée vit: elle participe à la pensée du tout, de Dieu. "Soi" est en Dieu, à travers la conscience universelle du monde. La vertu c'est de comprendre et, comprendre, c'est vivre dans l'éternité.

Dans la tradition de la Qabalah, le temps est le facteur principal, au point que tout est mis en oeuvre pour le créer et, par cette création, on se rapproche du divin. La mort comme la naissance ne sont que des fractures qu'on répare dans le parcours de la vie, grâce au temps qu'on crée.

La religion

Pour répondre aux besoins psychiques d'irrationnel de la "multitude" faible et ignorante, toute religion historique se fonde sur le culte, la prière et sur la révélation. Autoaliénée de ce fait, et subissant la flatterie et la démagogie des dirigeants religieux, cette multitude est prête à se soumettre jusqu'au sacrifice. Elitiste mais généreux, Spinoza propose alors un programme pour faire parvenir progressivement le peuple à une "semi-rationalité".

Dans une première étape, il faut bannir les religions historiques et les remplacer par la "RPU", la religion populaire et universelle, religion de la raison mais dépouillée de la complexité de la doctrine: le peuple n'a pas besoin de comprendre l'intégralité des processus logiques qui mènent à la vérité de la raison universelle. Il suffit qu'il obéisse à ce qui lui est présenté comme raisonnable par un Etat laïque et éclairé. Il pourra alors atteindre cette "semi-rationalité", sous la double autorité de la raison et de la...Bible révélée, à condition que le message biblique soit réinterprété et que son contenu soit objectivé comme une science. En effet, il est trop tôt ou imprudent de dépouiller le peuple d'une "drogue" encore nécessaire; mais Spinoza choisit la Bible juive, plus facile à rationaliser.

Dans une deuxième étape, pour émanciper le peuple, l'Etat doit procéder à sa formation; il doit définir et inculquer les normes de cette "semi rationalité": l'école laïque se substitue à l'école des prêtres et des rabbins. Dans l'attente et l'espoir d'un état général de "la rationalité universelle", qui le rendrait alors inutile, l'Etat seul est détenteur de la vérité normée, à laquelle le peuple doit obéir pour parvenir à la raison, par la répétition et l'habitude.

Pour diffuser ce programme, les intermédiaires les mieux placés sont constitués de l'élite conquise à la doctrine de la raison: ils doivent utiliser un langage du type mathématique et mettre en oeuvre une pensée à base de déductions logiques; leur attitude doit néanmoins être prudente et ils doivent dissimuler habilement leurs objectifs. Ils doivent parvenir à leurs fins par la persuasion tout en utilisant la méthode polémique, en faisant ressortir par exemple les contradictions objectives et flagrantes de la Bible, pour en saper les bases.

Echafaudé il y a plus de trois siècles et demi, ce programme utopique mais habile peut encore plaire, les idées de Spinoza revenant à la mode dans cette fin de millénaire, où l'élite laïque ou athée est en plein désarroi devant un vide d'idées et d'idéaux. Mais ce programme comporte les dangers d'un despotisme de la raison, d'un comportement "politiquement correct", d'un conformisme, voire d'un fascisme scientifique.

Messianisme et retour

Pourtant, comme celle de la Qabalah, la pensée de Spinoza est teintée d'un certain messianisme. Mais contrairement au messianisme qabalistique ou h'assidique qui laisse à chacun, du plus humble et du plus ignorant au plus intelligent et au plus lettré, la possibilité de choisir la voie personnelle du Retour ou de la rédemption, d'y cheminer avec ses propres moyens et de contribuer à la connaissance universelle du divin, Spinoza propose le salut à l'élite des "happy few" capables d'atteindre la connaissance du "troisième type". Rappelons que la connaissance du premier type est celle de la superstition du plus grand nombre. Celle du deuxième type est la raison. Le troisième type de connaissance est l'"essence formelle de certains attributs divins menant à la connaissance de l'essence des choses", soit en termes clairs, l'intuition géniale fondée sur une longue recherche rationnelle et un travail approfondi préalables: c'est la méthode de la découverte scientifique. En découvrant les lois immuables de la Nature, on découvre Dieu.

La Qabalah propose également des voies de recherche basées sur la concentration et sur la contemplation qui doivent conduire à une intuition prophétique. Mais contrairement à Spinoza, elle n'a pas écarté d'emblée la part d'irrationnel dans l'homme, qu'elle considère tel qu'il est, englué ou non dans le monde matériel, et elle lui propose diverses voies de transcendance du divin.

Génial et précoce, Spinoza lisait le Talmud dans le texte à treize ans. On peut émettre l'hypothèse qu'il s'est intéressé aussi à la Qabalah, si florissante en Europe depuis le Moyen Age, ne serait ce que par simple curiosité. Mais cela ne peut être qu'une simple hypothèse car on ne lui connaît aucun maître qabaliste. Peut-être a-t-il été initié dans le secret de ses lectures? Toujours est-il que nous avons la conviction que pour échafauder sa doctrine éthique, eschatologique et politique, Spinoza a subi aussi bien l'influence du cartésianisme et du rationalisme naissants que celle de l'ésotérisme juif, si propice à un marrane ou à un ex-marrane.

Comme la Qabalah, Spinoza dérange: la raison et la logique poussées à l'extrême dans un système philosophique d'une grande cohérence ont aussi bien effrayé les religions établies qu'inspiré, fasciné ou interpellé tous les philosophes depuis cette époque: Spinoza a été plus haï qu'aimé. Il a été exclus par sa communauté, il a été considéré comme hérétique et dangereux par les catholiques et par les protestants, il a été dénigré par les philosophes. Il a échappé à un attentat. Spinoza dérange, non seulement parce qu'il propose une discipline dans la pensée, mais comme la Qabalah, il propose un cheminement non conventionnel vers la Vérité, une possibilité de se dépasser.

Devant les excès dogmatiques des religions établies et organisées et leurs conséquences connues de rejets, d'expulsions, de massacres et autres autodafés, s'appuyant sur des prémices prometteuses de délivrance de l'homme et de son angoisse par la raison, Spinoza a mis les voiles et chargé la barque d'un seul côté, croyant détenir la seule Vérité: il a négligé la Voie du Milieu qu'il a certainement entrevu dans ses probables lectures du Zohar ou lors de son polissage patient et précis des lentilles optiques. Mais la tuberculose et la mort précoce ont eu raison de sa maturité et il a sans doute laissé la tâche de redresser la barre de ses doctrines, aux générations futures (*).

Immanence et transcendance ne sont-elles pas les deux mamelles d'une même raison universelle?

(*) Spinoza a vécu 43 ans, au milieu du 17 ème siècle, presqu' en même temps que Shabetay Zvi, le faux Messie, et il a dû être sensibilisé par cette farce métaphysique. Il est né à l'aube de l'ère scientifique et on commençait alors à découvrir le nouveau monde et le sens de la raison. Il lui fallait bannir toute irrationalité et toute imagination, représentées alors par la religion et la superstition. C'est seulement depuis moins d'un demi siècle que l'on sait que le cerveau de l'homme a une zone qui commande l'irrationnel, qui est alors une nécessité physique qu'on ne peut occulter sans dommage. De même les dernières doctrines sur la constitution de l'univers laissent une place considérable aux phénomènes incontrôlables.

Source : http://soued.chez.com/spinoza.htm

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 17:06

L'édition Verdier du Bahir a l'avantage de présenter en annexe un index thématique qui permet l'étude de thèmes en choisissant les "mishnayot" ou paragraphes pouvant être reliés à un thème choisi. Le thème de la lumière a un rapport direct avec le titre du livre. Le premier paragraphe annonce et explicite le sens de cette première lumière qu'on appelle "primordiale". Nous avons sélectionné 7 paragraphes 1-13-16-25-30-146-147 sur les 18 proposés à l'étude.

Mishna 1

Rabbi Néhounia ben Haqana dit: "Un verset dit: "Personne ne peut regarder la lumière claire, dans le 3ème ciel (Shéh'aqim), lorsque le souffle qui passe l'a purifiée" (Job 37/21).

Un autre verset dit: "Des ténèbres il se fait une mystérieuse retraite; il s'enveloppe, comme d'un pavillon, d'eaux obscures, d'opaques nuages" (Psaumes 18/12).

Et ailleurs encore il est dit: "Il s'enveloppe de nuée et de brume épaisse, la justice et le droit sont la base de son trône" (Psaumes 97/2).

Il y a une contradiction. Vient un 3ème verset pour équilibrer les deux premiers: "Les ténèbres mêmes ne sont pas obscures pour Toi, la nuit est lumineuse comme le jour, l'obscurité est clarté" (Psaumes 139/12).

Comme tout le Bahir, cette première mishna paraît énigmatique. Le "Bahir" se base sur un verset du livre de Job où son ami Elihou essaye de le consoler de ses malheurs, en lui parlant du miracle de la création et des merveilleuses lois du Créateur, de celui qui possède la "science parfaite". Et qui sommes-nous pour nous révolter contre Lui? Nous sommes dans des ténèbres et nous ne pouvons comprendre le dessein de D. qui, Lui, baigne dans une clarté limpide. Puis le narrateur introduit deux versets des Psaumes où D. est enveloppé dans l'opacité et l'obscurité. La contradiction est levée par un quatrième verset des Psaumes où on précise que l'univers divin ne peut être perçu et compris comme l'univers limité que nous connaissons, car les notions de lumière et d'obscurité y sont différentes, l'obscur y est lumineux et le sombre y est clair.

Il faudrait aller plus loin et analyser les mots significatifs en hébreu.

"Or bahir" est la lumière claire, splendide…mais plus que cela: c'est la lumière qui cache l'unité absolue, celle qu'on perçoit ou qu'on ressent quand on grimpe aux sommets d'une montagne, ou aux sommets de sa propre conscience.

Or= aleph/waw/resh, en sémiologie l'unité est séparée par le waw du resh, sommet (espace) ou début (temps). Dans Bahir, il y a "behar" ou "dans une montagne" et le "yod", la semence initiale y est cachée. Séparation, cachette, souffle ou semence du début, la nécessité de monter…tout cela est inclus dans "or bahir".

"Shah'aq" est le 3ème ciel dans le langage ésotérique; sur le plan étymologique, c'est un nuage de poussière fine, réduite à sa plus simple expression, une poudre. Dans shah'aq, il y a donc une certaine opacité dans la transparence, opacité qui ne peut se dégager que par un souffle (rouah' ou âme pensante). C'est "rouah' qui purifie "shah'aq" pour obtenir "or bahir". Mais cette lumière radieuse et limpide, on ne peut la regarder sans être ébloui et aveuglé, même si on y parvient en grimpant avec les jambes ou par la pensée.

Nous venons d'analyser le verset d'ouverture du livre "Bahir" tiré de Job, d'une tirade d'un ami de Job, Elihou qui cherche à lui expliquer les insondables desseins divins pour le consoler de ses malheurs.

Rappelons que "Bahir" est un hapax legomenon, mot qui est unique dans la Bible n'apparaissant que dans ce verset de Job. Le sens inclut la clarté, la brillance mais aussi la lucidité.

"Or" est la lumière du jour, l'embrasement du soleil levant ou le feu du soleil couchant. "Or" est l'équivalent guématrique de "ayn sof", l'infini sans fin.

Les deux versets suivants tirés des Psaumes illustrent le voile ou le secret dont se drape "cette unité sans fin", pourtant lumière. Mais à ce niveau lumière et obscurité sont équivalentes et cette dualité n'a de sens que pour nous, humanité cherchant confusément à comprendre. L'unité intègre en elle la droite et la gauche, la miséricorde et la rigueur, la justice du cœur (tsédeq) et celle du tribunal (mishpath). Lumière et obscurité y sont une même entité.

Mishna 13

Rabbi Boun vint encore à interpréter le verset Isaïe 45/7: "Je forme la lumière et je crée les ténèbres; je fais la paix et je crée le mal; moi l'Eternel je fais tout cela!"

C'est à propos de la lumière qui est dotée de substance que l'Ecriture emploie le mot "yetsirah" ou formation, tandis qu'au sujet des ténèbres qui n'ont pas de substance, l'Ecriture se sert du terme "bériah" ou création; et ceci en accord avec Amos 4/13:

"Car c'est lui qui a formé les montagnes et créé le vent; c'est lui qui révèle à l'homme sa propre pensée, qui change l'aurore en ténèbres, qui marche sur les hauteurs de la terre. Son nom est "D. des armées" (célestes)".

On peut l'expliquer encore ainsi: il s'agirait de la lumière qui a son existence propre ou "havayah", car il est écrit dans Genèse 1/3: "D. dit: "que la lumière soit!" et la lumière fut!"

Il n'y a d'existence que par acte, l'Ecriture emploie donc l'expression "yetsirah". Mais au sujet des ténèbres qui, elles, ne sont pas "acte", mais seulement "séparation" et "distinction", l'Ecriture emploie le mot "Bériah". C'est comme si l'on disait "untel a recouvré la santé" (hibri).

Le monde intermédiaire conçu par la qabalah est un emboîtement ou une superposition ou une cascade de mondes progressifs et évolutifs à l'image du cheminement d'une idée venant du génie d'un artiste, d'un artisan ou d'un inventeur. Au départ on a une "émanation" (atsilout) de la lumière qui se transforme en création (bériah); une idée concrète est esquissée; puis vient la "formation" (yétsirah) où l'auteur forme et réalise son idée par des exemples; dans la "fabrication" ou "action" (a'ssiyah) in fine l'idée est matérialisée et diffusée à l'extérieur. Cette dernière phase est notre monde matériel.

Ici le Créateur "crée" les ténèbres et "forme" la lumière; il "fabrique" la paix et "crée" le mal. Il "matérialise" et "diffuse" tout cela…En fait, il y a une évolution des ténèbres du mal vers la paix, en passant par la "lumière". On ne peut parvenir à la paix que par la connaissance dont l'image est la lumière; et cette lumière n'est pas une simple différenciation comme les ténèbres, mais déjà une œuvre d'artiste, obtenue par un acte qui la fait exister. La            volonté de créer si elle se limite à la création, ne donne qu'un concept brut obtenu par discernement de la pensée; c'est une "séparation, clarification" sans consistance, comme les ténèbres ou le mal. Ceux-ci ne sont qu'absence de lumière ou de bien. La lumière a de la substance comme le bien. On forme le "bien" et on fabrique la "paix". Si le mal est une certaine obscurité et une absence de lumière ou e connaissance, le bien est un acte et la paix n'est obtenue que par construction.

La progression donnée en exemple dans Amos est celle du souffle (créé), de la montagne (formée), de l'aube (à la fois lumière et temps et qui est déjà le début de l'action).

On remarquera que "havayah" est l'anagramme du nom tétragramme divin. On sait que le verbe et la lumière sont de même nature en qabalah; ainsi "amirah"," dvarim" (le dire, les paroles) et "nour" (la lumière du feu) ont la même valeur guématrique et la même consistance (256), "dibour" (discours) a la même valeur que "zohar" (lumière splendide). L'existence de l'un est liée à celle de l'autre et l'ensemble est étroitement lié au divin. Toute création est comme un nouveau-né qui émerge de la matrice, on regarde tout de suite s'il est "sain" ou "bari"

Mishnah 16

Rabbi Reh'oumay dit: "La lumière a précédé le monde, entouré de nuée et de brouillard, comme il est écrit dans Genèse 1/3: "D. dit: "que la lumière soit!" et la lumière fut!".

Ils lui dirent: "Avant que tu aies ton fils Israël, lui as-tu déjà tressé une couronne?" Il leur répondit: "Oui! La chose est comparable à un roi qui languissait son fils. Ayant trouvé une belle couronne, précieuse et renommée, il s'en réjouit disant qu'elle serait adaptée à la tête de son fils, et qu'elle lui irait bien. Alors quelqu'un s'adressa à lui pour lui demander s'il était sûr que son fils en fut digne. Il répondit: Tais-toi! L'idée est montée dans ma Pensée, comme il est dit dans II Samuel 14/14: "Car enfin nous sommes mortels, semblables à l'eau répandue sur le sol et qu'on ne peut recueillir; mais D. n'enlève pas la vie et il combine ses desseins (pense des pensées) pour ne pas repousser à jamais celui qui est banni de sa présence"

Là, il y a un parallèle entre la lumière "bonne" qui a été "formée" et réservée à l'humanité, avant sa création, et la "couronne" réservée à Israël, avant qu'il ne soit né. Cette couronne est la Royauté ou Communauté d'Israël, dernière séfirah sur l'Arbre de Vie, au contact avec le monde matériel. La couronne d'en bas s'appelle "atharah".

Selon la qabalah, D. a créé le monde par une pensée (mah'ashavah) suivie d'une volonté (ratson). L'homme peut se rapprocher de D. par une descente aux profondeurs de lui-même, et cela s'appelle "descendre dans le Char" (larédet merkavah), avant de remonter vers la Pensée (laa'lot mah'shavah).

Mishnah 25

Rabbi Bérekhyah dit: "Pourquoi est-il écrit dans Genèse 1/3, D. dit "yéhi or wayéhi or" (et la lumière fut) et non pas "wehayah or" (et la lumière est)? Ceci se compare à un roi qui possédait un objet précieux. Il le mit de côté jusqu'au moment où il lui désigne un endroit où le placer. C'est ce qui est exprimé par le mot "wayéhi", fut. Cela veut dire que la lumière était déjà là.

Cette mishnah est explicite en ce sens qu'elle confirme la précédente. La lumière primordiale "ayn sof or" précède les mondes créés. Une partie de cette lumière parvient à l'homme.

Mishnah 30

Ils (les disciples du maître Réh'oumay) lui demandèrent: Que signifie "waw"? Il leur répondit: L'univers fut scellé dans six directions. Ils lui demandèrent: Mais waw n'est-elle pas une seule lettre? Il leur répondit: Et n'est-il pas écrit dans Psaumes 104/2: "Il se drape de lumière comme d'un vêtement, il étend les Cieux comme un rideau"

Waw a comme valeur 6. Waw est un lien (ou une séparation). Il est au centre de l'Arbre de Vie, au niveau de Tifeéret, la Beauté du centre, reliée à six séfirot.

Le vêtement est "silmah" ou "simlah", équivalent à shelémah, la paix, la perfection.

Le but de la lumière incidente est d'éclairer le monde pour qu'il parvienne à la paix. Et cette lumière est représentée par la lettre "Noun", qui est aussi connaissance, et par son relais "Waw" dans le monde intermédiaire. Mais d'une part, cette lumière émise s'obscurcit au fur et à mesure de sa descente et elle n'est ravivée que par l'action de l'homme qui doit renvoyer sa propre lumière. D'autre part, cette lumière est protégée et couverte. Le choix du psaume par le narrateur n'est pas fortuit: les deux verbes se couvrir (o'theh) et étaler ou étendre (notheh) contiennent la lettre teth, image d'un dessein caché. Toute connaissance doit être relayée, mais en même temps protégée contre un usage pervers.

Mishnah 146

La sixième (parole) c'est le Trône de Gloire, qui est couronné, accompli, glorifié et bienheureux. C'est la Maison du monde à venir et son lieu se trouve dans "Hokhmah" (la Sagesse), ainsi qu'il est écrit dans Genèse 1/3: "D. dit: "que la lumière soit!" et la lumière fut!" .

Le Trône de Gloire est au centre de l'Arbre de Vie dans la séfirah "Tifeéret". Le Monde à venir commence à la séfirah "H'okhmah". On est en pleine ascension extatique (voir mishnayot précédentes). Remplacez le mot "lumière" par "connaissance " et remontez l'Arbre de Vie par la pensée. On peut parvenir à la Sagesse et percevoir le Monde à venir par une vraie connaissance de soi et de l'autre. C'est cela la connaissance de D.

Mishnah 147

Rabbi Yoh'anan dit: Il y avait deux grandes lumières, car il est dit "vayéhi or" (et la lumière fut); et c'est à propos de ces 2 lumières qu'il est dit "elle était bonne". Le Saint Béni Soit-Il prit alors une de ces 2 lumières et la cacha pour les justes aux temps à venir. C'est ce qui est écrit dans Psaumes 31/20: "Ah! Qu'elle est grande ta bonté, que tu tiens en réserve pour tes adorateurs, que tu témoignes à ceux qui ont foi en toi, en face des fils de l'homme!".

Ceci nous enseigne que cette lumière cachée, aucune créature ne saurait la contempler, car il est dit dans Genèse 1/4: "D. vit que la lumière était bonne et il établit une distinction entre la lumière et les ténèbres" , et ailleurs encore, il est écrit dans Genèse 1/31: "D. vit que tout ce qu'il avait fait, était très bien. Voilà un soir, voilà un matin, ce fut le sixième jour". Le Saint Béni Soit-Il vit tout ce qu'il avait fait, il vit le Bien "tov" rayonner de toute sa clarté "bahir". Il prit ce Bien et il y inclut les 32 sentiers de la sagesse "hokhmah" et il en fit don à ce monde-ci. C'est le sens du verset des Proverbes 4/2: "Car je vous donne des leçons du "bien"; n'abandonnez pas mon enseignement (torah)!"

Dès lors que signifie "le trésor de la Torah orale"? Le Saint Béni Soit-Il dit: s'ils observent cette mesure "midah" dans ce monde-ci, car cette mesure représente ce monde-ci, la Torah orale, ils seront considérés comme dignes de participer à la vie du monde à venir, et c'est ce Bien (tov) là qui est réservé aux Justes.

Et qu'est-ce? C'est la puissance du Saint Béni Soit-Il, dont il est écrit dans Habaqouq 3/4: "C'est un éclat éblouissant comme la lumière, des rayons jaillissent de ses côtés et servent d'abri à sa grandeur". L'éclat qui est un reflet de la lumière originelle brillera alors comme cette même lumière. Tout cela à condition que mes enfants observent la Torah et les Commandements que j'ai écrits pour les instruire, selon Exode 24/12: "L'Eternel dit à Moïse: Monte vers moi sur la montagne, demeures-y, je veux te donner les tables de pierre, la doctrine et les préceptes que j'ai écrits pour leur instruction". Et comme il est dit encore ailleurs dans Proverbes 1/8: "Ecoute, mon fils, les préceptes moraux de ton père , ne délaisse pas l'enseignement de ta mère"

Le mot qui revient dans cette mishnah comme un leitmotiv est le "Bien". Ce bien est la lumière émanant de l'infini et qui nous éclaire, qui illumine notre âme et notre esprit. Nous recevons une parcelle de la lumière primordiale. Et cette parcelle de clarté splendide est très bonne, c'est la connaissance par transmission de la Torah orale, dans notre univers limité. Mais nous savons que cette Lumière-Connaissance est inscrite ou écrite dans un univers infini et infiniment plus lumineux; celle-ci est réservée aux Justes et à tous les humains dans le monde à venir.

Mais pour qu'elle continue à briller, elle doit être alimentée par "le faire" des humains, c'est à dire l'observance des mitswot, qu'elles viennent du côté de la miséricorde (préceptes d'éthique) ou qu'elles proviennent de la rigueur, interdits et instructions.

Source : http://soued.chez.com/bahlum.htm

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Published by Albert SOUED - dans Kabbale
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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 17:01

Préliminaires

D'après un spécialiste du mysticisme de la Qabalah, Gershom Sholem, le monothéisme ne peut trouver sa véritable raison d'être que dans une tension et un va-et-vient entre les deux pôles extrêmes du tout ou rien. "Tout" est l'adhésion totale au divin ou la recherche du divin en toute chose, entraînant de ce fait les avatars de l'idolâtrie et du polythéisme. "Rien" est la vacuité de toute spiritualité, la négation de toute transcendance, la matière étant origine et fin. Liés à la recherche d'absolu, ces deux pôles extrêmes engendrent les intégrismes et la violence. La spiritualité du monothéisme est une recherche du divin, à travers ses deux aspects transcendant et immanent, excluant de se fixer à l'un ou l'autre des pôles extrêmes. Elle implique le mouvement et la mobilité de l'être, à la recherche de la zone d'équilibre et d'apaisement personnel entre les extrêmes, tout en évitant de s'en approcher.

La Tradition de la Qabalah qui n'est qu'une tendance de "la stricte voie tracée", offre précisément à chacun la possibilité d'évoluer dans le sens de l'équilibre, par la construction d'une arborescence appelée "Arbre de Vie" et par le cheminement dans ses sentiers, dans le but de sentir et de repérer la voie du milieu. Elle offre la possibilité de discerner entre les dualités qui nous habitent, tant sur le plan pratique que sur le plan éthique. L'être humain baigne dans le mélange du bien et du mal, agit avec intuition et jugement, réagit par la rigueur et la miséricorde, vit à travers des comportements actifs et passifs, masculin et féminin... Encore faut-il en être conscient.

La connaissance du divin passe par la connaissance de soi, mais on peut aussi inverser la proposition. La démarche de réflexion et de cheminement liée à l'Arbre de Vie pose un acte et crée des repères, facilitant de ce fait la relation avec le divin. Celle-ci est une vibration autorisant une approche, un simple effleurement.

On peut appréhender l'Arbre de Vie comme un modèle de l'esprit se reflétant dans tous les actes de la vie matérielle ou comme une transposition des archétypes humains dans un univers aux limites du cerveau humain, allant jusqu'aux frontières du divin. Appelé monde intermédiaire, cet espacement est le résultat de séparations successives résultant du processus de la création et de l'éloignement progressif du divin. Comparable à un sas entre le monde spirituel et le monde matériel, ce monde est inaccessible au profane. Mais un individu préparé peut le sentir, le percevoir ou s'en rapprocher.

L'infini "ayn sof" est une "unité sans limite" qui règne dans l'éternité. Cette unité est aussi une volonté sans finalité, sans besoin et sans détermination. De cette volonté naît la pensée ou le projet de créer l'univers: l'origine du déclic est la Cause des Causes, le secret absolu et insondable, la grande interrogation qui sépare la foi de l'incrédulité. Le résultat de cette pensée est ce double mouvement simultané de retrait et d'émanation, qui équivaut en fait à une immobilité sur le plan ontologique. Le mouvement de retrait aboutit à faire le vide, à obtenir le "néant" et à laisser une place à la création. Le mouvement inverse est celui de l'émanation qui aboutit à remplir ce néant de lumière, une "lumière sans limite". C'est la "Sagesse du Commencement".

Globalement l'"unité sans limite" s'est déjà retirée dans son immobilité, en ne laissant qu'une "trace", presque un souvenir que l'homme fait revivre par son action et par sa propre pensée. D'où le schéma d'un Arbre de Vie, agencement spécifique des "attributs" du divin, de cette trace du "sans limite", pour la saisir ne serait ce qu'un instant, une fraction de seconde avant qu'elle ne s'évanouisse dans la nuit du temps. L'être humain cherche à conserver cette petite parcelle de lumière, cette étincelle qui lui est parvenue. Il cherche à la faire vivre à travers les branches et les noeuds de cet "Arbre de Vie", appelés lettres et séfirot.

Sur le plan matériel, l'être humain est un être fini qui ne peut réaliser cette sauvegarde qu'avec ses limites. Il est ainsi amené à illustrer le fond de sa pensée par des images et des schémas. Mais comment représenter l'idée que l'on se fait d'émanations, de flux de lumière, d'écoulement de rosée, d'attributs émanant d'un être infini, à la fois lointain et proche, sans tomber dans l'anthropomorphisme? Et il est encore plus difficile d'exprimer en langage humain compréhensible l'idée que l'on se fait de la pensée de D. eu égard au monde créé.

La Tradition a essayé de combler ce fossé en proposant cette notion de "séphirah" qui a reçu les désignations les plus étranges et les plus poétiques: parole, lumière, force, source, saphir, mesure, couronne…. Ce mot dérive de la racine s/p/r qui a plusieurs sens: numération (nombre, recensement), narration (récit, livre), transparence (saphir, sphère). Pour se fixer les idées on peut dire que les séfirot sont les vases créés par l'épanchement de la lumière originelle, celle qui provient du mouvement de retrait et d'émanation de l'unité "sans limite". Ces vases sont aussi bien des récepteurs que des transmetteurs, aussi bien des récipients que des outils de la création.

Tant les lettres de l'alphabet peuvent être aisément appréhendées comme les briques élémentaires du langage, de la création et de l'action, dans la construction de l'univers, tant les séfirot apparaissent comme des entités abstraites, difficiles à concevoir. Plus l'être humain parvient à élever son âme et à tendre vers son côté infini, plus il est capable de les sentir ou de les comprendre. En fait, il faut savoir ici que le monde intermédiaire des forces-séfirot et des signes-lettres coïncide avec le monde des anges et des âmes, qui sont deux aspects d'une même unité, à l'image de la lumière qui est à la fois ondes et particules.

L'Arbre de Vie est la construction centrale de la Qabalah. Il est une image universelle de l'unité fracturée dans le décimal. Pour se fixer les idées, le nombre dix peut être représenté par des choses aussi concrètes que des oiseaux ou des fruits; ici il s'agit de notions abstraites comme la sagesse, la compassion ou le discernement.

Malgré ou grâce à son anthropomorphisme, l'Arbre de Vie est une image qui plaît. Elle est comme une empreinte subtile que le monde spirituel a laissé dans le subconscient de l'homme, ou dans sa mémoire profonde. Des approches différentes sont pourtant nécessaires pour en préciser le contour, même si on est amené à se répéter. Nous abordons ci-dessous une approche à travers les premières occurrences des mots dans la Bible, ainsi qu'une approche sémiologique qui la complète.

Kéter

"Kéter", la couronne, n'est citée que trois fois dans la Bible. Ces trois citations proviennent du livre d'Esther et à chaque fois le mot Kéter est associé à Malkhout, le Royaume. Dans ces trois et seules citations de la couronne, la première et la dernière séfirah sont ainsi unies. "Kéter Malkhout" est la couronne royale avec laquelle la reine Vashty devait se présenter devant le roi Assuérus, quand elle était invitée au banquet des hommes (Esther 1/11).

Esther 1/11: (le roi ordonna) "d'amener devant le roi la reine Vashti, ceinte de la couronne royale, dans le but de faire voir sa beauté au peuple et aux grands, car elle était remarquablement belle".

Après son refus de venir nue devant le roi, Vashty fut répudiée et sa couronne fut transmise à la belle Esther, après de nombreuses péripéties (Esther 2/17). Enfin, malgré la haine de Haman contre le peuple hébreu en général et contre Mordekhay en particulier, et malgré ses projets funestes d'extermination, Mordekhay a été honoré par le roi pour avoir su déjouer un complot contre lui. En récompense, Mordekhay devait faire le tour de la ville sur un cheval royal, avec la Couronne Royale et conduit par son ennemi Haman (Esther 6/8).

La couronne royale est ainsi liée à la célébration de Pourim, pour fêter "le changement du sort (pour)", le renversement d'une situation. Ces occurrences et le lien étroit entre les deux séfirot Kéter et Malkhout ne sont pas fortuits. Malkhout est considérée parfois comme la couronne du bas et elle est ainsi appelée "a'théret". Ces associations signifient que de Kéter à Malkhout, on se trouve devant la même unité. La descente de Kéter à Malkhout entraîne aussi la remontée de Malkhout vers Kéter; il ne s'agit pas d'un aller simple mais d'un aller et retour. Ceci est confirmé par l'équivalent guématrique de "Kéter" qui vaut 620, soit le mot "e'srim" ou 20. Vingt est le nombre de séfirot dans le voyage aller et retour.

Sur le plan sémiologique, Kéter est le "signe dans l'arrondi", le couvre chef qui protège et qui sépare, formant la haie du Roi, entre un monde à part et secret et le début de l'univers divin. Kéter est l'attribut suprême, resplendissant dans son silence, à la fois pressant vers le bas et limitant le champ de l'ascension. La Couronne Kéter délimite le monde intermédiaire et protège l'accès à l'univers d'en Haut. Cette protection pourrait être une explication du renversement de situation, le sens profond de la transformation du sort ou "pour" de Pourim.

H'okhmah

H'okhmah, la Sagesse, est citée plus de 150 fois dans la Bible-Tanakh, mais seulement dix fois dans le Pentateuque. La première occurrence de H'okhmah se trouve dans Exode 28/3: "Tu enjoindras donc à tous les artistes habiles, que j'ai doués du génie de l'art, qu'ils exécutent le costume d'Aaron, afin de le consacrer à mon sacerdoce"

Il s'agit des recommandations données à Moïse pour confectionner l'habit du grand prêtre Aharon. Cet habit doit être réalisé par des artistes inspirés dont le cœur aura été rempli de l'"esprit de sagesse".

Les autres citations de l'Exode concernent la conception et la construction de la tente du Rendez Vous et des différents objets et ustensiles pour le culte. Les qualités ou attributs de "Sagesse – Intelligence (discernement) - Connaissance" sont liés dans ces citations. Ces qualités sont attribuées en particulier à deux hommes Oholiav et Betsal-el, mais aussi à tout artiste, homme ou femme, dont le cœur aura été rempli de l'esprit divin.

Le premier verset du Deutéronome contenant la H'okhmah concerne l'observance et la pratique des lois et des statuts; celles-ci confèrent au peuple hébreu à la fois la Sagesse et le Discernement (Deutér 4/6). Dans le second verset (Deutér 34/9), Josué fils de Noun est investi comme héritier de la tradition mosaïque, car il est plein de l'esprit de sagesse.

Dans les autres parties de la Bible, les trois attributs cités ci-dessus sont repris pour qualifier les artisans du Temple de Jérusalem, Salomon et Hiram, mais aussi la reine de Saba. La plupart des autres citations se trouvent dans les deux livres attribués au roi Salomon, l'Ecclésiaste et les Proverbes, ainsi que dans le livre de Job.

Sur le plan sémiologique, H'okhmah est un questionnement sur l'existence, le point de départ de la création et la chaleur du début. Les qabalistes y ont vu le Père "aba", le point yod, germe créateur.

Ainsi l'attribut Sagesse est étroitement lié au cœur qui se remplit de l'esprit divin. Il est conféré aussi bien à des hommes qu'à des femmes. Cette Sagesse préside à la conception et à la construction de la Tente du Rendez Vous et du Temple de Jérusalem, microcosmes à l'image du macrocosme. L'observance des commandements par le commun des mortels mène à cette Sagesse, et aussi au Discernement, séfirah suivante.

D'après la tradition, la Sagesse s'acquiert par la crainte de D., mais comme toutes les qualités il ne faut pas en abuser. L'exagération dans la Sagesse mène à la vanité et au chagrin. Parfois un peu de folie a plus de poids qu'un excès de Sagesse.

Mais la Sagesse reste néanmoins du côté de la miséricorde.

Binah

Binah est le Discernement et cette séfirah apparaît pour la première fois dans le Deutéronome 4/6 cité ci-dessus. La Sagesse et le Discernement sont les deux attributs auxquels peuvent accéder ceux qui observent et pratiquent les commandements. C'est la seule occurrence dans le Pentateuque.

Deutéronome 4/6: "Observez les et pratiquez les! Ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, car lorsqu'ils auront connaissance de toutes ces lois, ils diront: "Elle ne peut être que sage et intelligente cette nation!"

Il y a une quarantaine de références bibliques surtout dans Job et les Proverbes, toutes liées à la compréhension des choses avec les limites du cerveau.

L'autre désignation rencontrée est Tvounah, l'intelligence, terminologie très voisine de Binah.

Le discernement suggère une "pensée construite": comme on édifie une maison à partir d'une fondation, comme on élève son enfant, on construit un raisonnement. Pour comprendre le sens intime des choses, on commence par un ordre logique, on y ajoute du bon sens, avec comme but suprême la connaissance du divin. La connaissance de Soi en découle. On discerne une parole à partir d'une autre parole à travers sa propre intériorité et le concept prend alors naissance progressivement. Binah implique la rigueur du raisonnement et du jugement.

Sur le plan sémiologique Binah est l'intériorité dans la connaissance du divin.

Les qabalistes y ont vu la mère "ima", la matrice des sept attributs suivants, le souffle créateur et le signe du féminin. Elle est la porte de passage vers le monde supérieur, interdit au commun des mortels.

Daa't

Daa't , la connaissance n'est pas un attribut en soi et n'est pas décompté parmi les dix séfirot. Il résulte d'une synthèse entre les deux séfirot précédentes H'okhmah et Binah. Dans certaines constructions de la Qabalah, Daa't est mis en avant à la place de Kéter. La "connaissance du divin" résulte d'une fusion harmonieuse de la Sagesse et du Discernement.

La première occurrence du mot "Daa't" est précoce puisqu'elle apparaît au début de la Genèse. Genèse 2/9: "L'Eternel fit surgir du sol toute espèce d'arbres, beaux à voir et propres à la nourriture; et l'arbre de vie au milieu du jardin, avec l'arbre de la connaissance du bien et du mal"

Elle désigne un arbre à l'intérieur du jardin d'Eden. Cette citation est suivie de l'interdiction de manger du fruit de l'Arbre de la connaissance du Bien et du Mal, sous peine de mourir (Gen 2/17). Puis Adam contrevient à cette interdiction et acquiert ainsi la même connaissance que le divin. Puis il s'apprête à manger de l'Arbre de Vie qui lui confère l'immortalité (Gen 3/22). Comme en Eden la connaissance et l'immortalité sont antinomiques, Adam a été amené à choisir la finitude de la vie avec le mélange du bien dans le mal.

Les autres citations bibliques confirment que Daa't désigne la connaissance du divin, conférée à certains êtres pour qu'ils puissent réaliser sur terre des œuvres symboliques et significatives à l'image d'un monde supérieur (Tente du désert, Temple de Salomon).

Sur le plan sémiologique, Daa't est la porte qui s'ouvre sur les origines et la source du signe, ou vers le temps "hors du temps", l'infini. Daa't est le delta ou le triangle lumineux, le passage de la lumière descendante ou de celle qui remonte quand elle est amplifiée par l'action humaine.

H'essed

La miséricorde H'essed est citée près de 250 fois dans la Bible mais la première citation se trouve dans la Genèse et concerne les relations entre le patriarche Abraham et sa femme Sarah. Quand il entre à Gerar, au royaume philistin d'Abimelekh, pour y demeurer, Abraham demande à Sarah, comme une faveur, de le présenter aux autorités locales comme étant son frère et non comme son mari. En effet, il était d'usage à cette époque qu'un roi local s'empare d'une belle femme et tue son époux; par contre, si l'homme qui l'accompagne n'est que son frère, il est épargné. Abraham demande ainsi la miséricorde à sa femme, la vie sauve. De plus ce n'était pas un mensonge, car Sarah était la fille de son père (et non de sa mère) et à cette époque, l'union était autorisée dans cette configuration.

Genèse 20/13: "Or lorsque D. me fit errer loin de la maison de mon père, je lui dis (à Sarah): voici la grâce que tu me feras. Dans tous les lieux où nous irons, dis que je suis ton frère!"

La citation qui suit se situe dans le même contexte du trio Abraham - Sarah - Abimelekh mais cette fois-ci, Abimelekh, dont la cour est atteinte d'une grave épidémie et qui est lui-même menacé de mort par l'Ange divin, renonce de ce fait à ravir Sarah à son époux. Souhaitant s'installer dans la région, Abraham creuse un puits dont les Philistins s'emparent. Il se plaint auprès d'Abimelekh. Pensant avoir agi correctement à son égard, puisqu'il ne lui a pas ravi Sarah, Abimelekh exige d'abord d'Abraham un serment de fidélité, avant d'intervenir pour le puits. Abraham lui offre alors sept brebis comme gage du serment, mais aussi comme preuve qu'il a creusé un puits et que celui-ci lui appartient; c'est le "serment au puits" de Beer Shewaa'.

La miséricorde de la première occurrence est en fait la grâce. Celle de la seconde est la "faveur du ciel", puisque grâce à l'ange divin qui a menacé de mort Abimelekh, le couple patriarcal a été épargné. Abimelekh a accaparé la grâce divine pour la mettre en avant et obtenir le serment d'Abraham (Genèse 21/23).

Dans les autres parties de la Bible, H'essed est la grâce qui fait suite à une injustice ou qui précède un voeu, une prière, une supplication. Elle est liée à la piété, la bonté, la charité, la bienveillance, l'affection, la reconnaissance, la faveur, la pitié… Il s'agit toujours d'une action ou d'un défaut d'action liés à un événement ou à une relation. Il y a toujours une réciprocité ou un échange, et souvent la miséricorde est liée à la recherche de la vérité "émet".

Sur le plan sémiologique, il s'agit d'un sentiment qui "coule du sein, du cœur", du sein maternel ou du cœur paternel. La cigogne qui est réputée avoir beaucoup d'affection et de charité pour ses petits s'appelle "h'assidah". Un homme pieux et bon s'appelle "h'assid".

Une mot voisin est employé au lieu de "h'essed", "rah'amim", la compassion. Ici l'image est celle du vautour protégeant ses petits ou la matrice donnant la vie. Ici aussi les premières occurrences du mot dans la Genèse se trouvent dans des situations de relations tendues et fortes, dans les rapports entre Joseph et son père Jacob et ses frères (Gen 43/14-30). Rah'amim est liée à l'indulgence, au pardon, à la pitié, à la clémence.

Gvourah

Ce mot apparaît une soixantaine de fois dans la Bible et la première fois dans l'épisode du Veau d'Or. Moïse descend de la montagne où il vient de recevoir les Tables de la Loi. Il entend les clameurs des Hébreux et leurs chants. Il essaye de les interpréter, en écartant l'hypothèse de cris ou de chants de la victoire. En fait, ce sont les hurlements affligeants d'une décadence, du retour à l'adoration idolâtre. Les Hébreux viennent d'ériger un veau d'or...

Exode 32/18: "Moïse répondit: ce n'est point le bruit d'un camp de la gloire, ce n'est point le cri annonçant une défaite, c'est une clameur affligeante que j'entend"

Ici "gvourah" exprime l'inverse du laisser aller, de l'indulgence, de la défaite. Il s'agit de la rigueur de la force victorieuse.

La deuxième occurrence se trouve dans Deutéronome 3/24 où la rigueur est liée ici à l'action, et elle exprime la force et la puissance divine: "Seigneur Eternel! Déjà tu as rendu ton serviteur témoin de la grandeur et de la force de ton bras; et quelle est la puissance dans le ciel ou sur la terre qui pourrait imiter tes œuvres et tes merveilles!"

La plupart des mentions de Gvourah, la Rigueur, se trouvent dans les Prophètes et les Psaumes et ont signification la force, la vigueur, la gloire, la puissance, notamment celles de D.

Cet attribut est également lié à la grandeur "gdoulah". Sur le plan sémiologique "gvourah" est la force masculine du jeune adulte sortant de l'adolescence et du milieu familial et allant affronter les forces sauvages extérieures, le lion venu boire à la source d'eau. Sur le plan symbolique, la rigueur de gvourah est de couleur brune.

Gvourah et gdoulah apparaissent avec les trois séfirot suivantes dans 1Chroniques 29/11 où David parle de D. devant l'assemblée d'Israël. Il semble ainsi de ce fait que les séfirot ou attributs divins aient pris forme à l'époque de la rédaction des Chroniques, soit 4/5 siècles avant l'ère courante.

Tifeéret

Les deux premières occurrences de Tifeéret, la Beauté se trouvent dans l'Exode pour qualifier le vêtement sacré du grand prêtre Aharon et de ses fils. Tifeéret est le symbole de la majesté de la fonction de prêtres, car, à travers le sacerdoce, ces hommes sont consacrés à D. Ils doivent être le reflet de la beauté et de la majesté divine.

Exode 28/2-40: "Tu feras confectionner pour ton frère Aharon des vêtements sacrés, insignes d'honneur et de majesté" - "Pour les fils d'Aharon également tu feras des tuniques, et pour eux aussi des écharpes, puis tu leur feras des turbans, signes d'honneur et de dignité"

Aharon et ses fils portent ces vêtements, décrits et confectionnés avec beaucoup de précision, avant d'entrer dans la Tente du Rendez Vous ou lorsqu'ils s'approchent de l'autel.

On rencontre une cinquantaine d'autres citations essentiellement dans les Prophètes, les Proverbes et les Chroniques pour signifier la parure, le décor, l'ornement, la gloire, la beauté, la lumière, la magnificence.

Au centre de l'Arbre de Vie, "Tifeéret" est souvent liée à la couronne d'en Bas "Malkhout" représentée par l'expression "athéret". Elle est parfois aussi associée aux deux séfirot du niveau prophétique "Netsah'" et "Hod", quand on parle du roi David.

Sur le plan sémiologique, Tifeéret est le signe de la lumière qui traverse, incidente ou réfléchie par le miroir d'en Bas, Malkhout. Attribut central, la Beauté est le lien entre le haut et le bas de l'Arbre de Vie. Tifeéret amplifie la lumière qui la traverse et cette lumière est aussi le verbe, la parole, la prière…

Les qabalistes y ont vu l'aspect immanent et masculin du divin, le Prince, et aussi le lien central Waw du tétragramme "yod-hé-waw-hé".

Netsah'

La première occurrence de cet attribut est tardive puisqu'on ne la trouve que dans le livre de 1Samuel 15/29: "du reste le protecteur d'Israël n'est ni trompeur ni versatile, ce n'est pas un mortel pour qu'il se rétracte…"

Cet attribut est "le protecteur d'Israël". Les circonstances de l'occurrence de Netsah', la Victoire, sont liées au péché du premier roi d'Israël, Saül. Le roi regrette déjà sa transgression et la confesse à son protecteur, le juge Samuel. Celui-ci lui annonce alors que D. lui arrache la royauté qu'il lui avait accordée, non par versatilité, mais pour "protéger Israël". Saül venait d'épargner Agag, roi d'A'maleq, ennemi implacable d'Israël (ennemi intérieur ou extérieur). Samuel accomplit l'acte que Saül, par peur ou par faiblesse, ne réussit pas accomplir, "tuer A'maleq", obtenir la "Victoire" sur lui! A'maleq représente le mal absolu extérieur ou en soi. Si A'maleq est épargné, Israël est en danger. D. apparaît ici comme le protecteur d'Israël.

Or Netsah' signifie Victoire, ou la durée, l'éternité. Quels en sont les rapports avec cette protection? D. est la victoire contre l'Autre Côté, le Mal, et ceci dans la durée, éternelle, infinie et dans le but de protéger Israël. Netsah' est la victoire sur l'impureté de la mort. Netsah' est un attribut du côté de la miséricorde, il est aussi la victoire durable de l'innocence.

Sur le plan sémiologique, Netsah' est la lumière qui brille d'une façon claire et limpide, la lumière primordiale et éternelle. Sur le plan symbolique, on a l'image du faucon (nets) sur la muraille (h'et), celle de la Victoire et de l'Eminence.

Les qabalistes y ont vu les lèvres qui s'entrouvrent pour prier, le début de l'esprit prophétique, la victoire sur ses propres instincts maléfiques.

Hod

La première occurrence de Hod, la réverbération se trouve dans Nombres 27/20: "Tu lui communiqueras une partie de ta majesté, afin que toute l'assemblée des enfants d'Israël lui obéisse", au moment où D. recommande à Moïse, avant sa mort, de transmettre à Josué une partie de sa splendeur.

La vingtaine d'autres citations se trouvent dans les Prophètes, les Psaumes et les Chroniques et ont pour sens la majesté, la gloire, l'éclat, la magnificence et la splendeur.

Le mot "hod" a pour sens commun la résonance, la réverbération avec un lien avec la parole prophétique qui se transmet grâce au charisme ou à l'exaltation ou par un être dont l'âme est élevée. Hod est aussi le halo de l'action humaine, qu'elle soit prière, étude ou générosité envers l'autre; il est aussi l'écho attendu de cette action.

Sur le plan sémiologique "hod" est à la fois une fenêtre et une porte, une fenêtre laissant passer le souffle de l'esprit ou une porte ouverte vers l'extérieur. La qabalah a vu dans hod le niveau de la voyance, l'esprit saint, l'attribut lié à l'archange Michaël, celui qui protège Israël.

Hod est du côté de la rigueur et des honneurs, c'est aussi un écho pesant de la gloire ou la lourde résonance d'une majesté.

Yésod

La première occurrence parmi la vingtaine de citations bibliques se trouve dans Exode 29/12: "tu prendras de son sang, que tu appliqueras sur les cornes de l'autel avec ton doigt: et le reste du sang tu le répandras dans la réceptacle de l'autel". Yésod désigne le réceptacle du sang du sacrifice, le fondement de l'autel.

Les autres citations ont pour sens le fondement ou la restauration de ce fondement.

Sur le plan sémiologique, Yésod a pour sens la "réalisation du secret" , c'est à dire sa transformation concrète par la révélation. La centralité de cet attribut divin le désigne comme un passage vers le monde humain, à travers la dernière séfirah Malkhout, le Royaume.

Les qabalistes y ont vu le Yod d'en Bas, l'immanence du divin par sa divulgation, mais aussi, le niveau du Juste, fondement du monde créé. Yésod est l'exutoire des épanchements supérieurs avant leur déversement dans la dernière séfirah Malkhout.

Malkhout

Le royaume Malkhout est cité plus de cent fois dans la Bible. La seule citation du Pentateuque est dans Nombres 24/7: "La sève ruisselle de ses branches (Bilaa'm prophétisant et parlant d'Israël), et sa graine est abondamment arrosée, son roi est plus grand que n'est Agag (roi d'A'maleq), sa royauté est souveraine!…".

Bilaa'm est un prophète étranger chargé par le roi Balaq de maudire Israël. Or, de ses lèvres sortent des paroles de bénédiction. Comme pour la première séfirah Kéter, on assiste ici aussi à "un renversement du sort", du destin d'Israël.

La plupart des autres citations sont dans les Psaumes pour désigner le Royaume de D., mais aussi dans Esther, comme on l'a vu ci-dessus avec Kéter, dans Daniel et les Chroniques. Le sens commun de Malkhout est aussi bien la royauté que le royaume.

Sur le plan sémiologique Malkhout est l'élévation de la matière par le signe, c'est à dire que le monde matériel s'élève par l'étude des symboles et des signes cachés.

Les qabalistes y ont vu l'aspect féminin de l'immanence divine ou Shékhinah, le "hé" du bas, l'exutoire de tous les flux de l'Arbre de Vie, la Communauté d'Israël…

Cette séfirah est aussi appelée "a'théret" ou diadème, la couronne d'en Bas. Elle entoure la Présence divine ou Shékhinah comme d'un lit de fleurs. A ce niveau se situe l'âme vitale "néfesh", l'âme animale, premier niveau de prise de conscience dans le processus d'élévation.

Au terme de ce parcours, on peut noter la différence numérique entre les valeurs de Kéter (620) et de Malkhout (496) qui est de 124, soit la définition même de la structure de l'Arbre de Vie: l'unité du concept divin, la dualité des pôles entre lesquels on se meut dans les différents sens (bas-haut, gauche-droite), le ternaire des trois colonnes dont celle de l'équilibre central (1+2), le quaternaire par le nombre des univers successifs parcourus, de la conception à l'action en passant par la création et par la formation. La valeur numérique 124 est aussi celle de deux mots significatifs: "e'den", le jardin qui coïncide avec le monde intermédiaire que nous venons de parcourir et qui est le refuge des qabalistes et de ceux qui entreprennent l'ascension de l'Arbre; et "lapid", la torche ou la lumière nécessaire pour éclairer l'ascension mais aussi celle qui est reflétée par ces êtres hors du commun, les Justes, dont le visage resplendit comme une torche.

 Source : http://soued.chez.com/sefirot2.htm

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Published by Albert SOUED - dans Kabbale
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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 06:21

Philologue, historien et théologien israélien, né à Berlin, Gershom Scholem étudia à Berlin, à Iéna, à Berne et à Munich. Il enseigne à l'université de Jérusalem et, depuis 1968, est président de l'Académie israélienne des sciences et des humanités. Son adhésion au mouvement sioniste alors qu'il était encore étudiant l'amena à s'intéresser aux sources de la tradition juive ; il devint alors un véritable érudit et un pionnier dans l'étude de la kabbale. Sa thèse de doctorat est consacrée à la traduction et au commentaire du Sefer ha-Bahir (Das Buch Bahir, 1923), l'un des premiers et des plus difficiles textes kabbalistiques. Chercheur passionné et écrivain fécond, il n'a cessé depuis 1923 d'établir des manuscrits appartenant à la période médiévale de la littérature juive, de publier de nouveaux textes ou de brosser de grands panoramas historiques : Les Grands Courants de la mystique juive (Major Trends in Jewish mysticism, 1re éd., New York, 1941) ; Jewish Gnosticism-Merkabah Mysticism and Talmudic Tradition, New York, 1960 ; Les Origines de la kabbale, Paris, 1966 ; La Kabbale et sa symbolique, Paris, 1966 (Zur kabbala und ihrer Symbolik) ; Le Messianisme juif, Paris, 1974. Il a profondément renouvelé l'attitude du public « éclairé » à l'égard des spéculations gnostiques et mystiques médiévales, méconnues et dédaignées par le rationalisme hérité du xixe siècle (à l'exception toutefois de savants comme Salomon Munk). Dans l'introduction aux Grands Courants de la mystique juive, il écrit notamment : « Les grands savants du siècle dernier, Graetz, Zunz, Geiger, Luzzatto, ont peu de sympathie, pour ne pas dire davantage, envers la kabbale [...]. Celle-ci résumait tout ce qui était opposé à leurs propres idées et aux vues qu'ils espéraient faire prédominer dans le judaïsme moderne. » Pour Scholem, la mystique est « une étape déterminée dans le développement historique de la religion ». Il estime que trois grands traits caractérisent la mystique juive. Le premier s'exprime par la réticence pour la confession personnelle, la réserve quant à tout ce qui touche l'expérience mystique, l'absence d'éléments autobiographiques : « Les Juifs, écrit-il, ont gardé un sens particulièrement vif de l'incongruité entre l'expérience mystique et l'idée de Dieu qui met en valeur les aspects de Créateur, de Roi et de Législateur. » Le deuxième trait de cette mystique est une attitude métaphysiquement positive à l'égard du langage considéré comme l'instrument propre de Dieu ; le langage ordinaire de l'homme est un reflet du langage créateur de Dieu et il n'est nullement inadéquat à ses tâches. En troisième lieu, la mystique juive se caractérise par la déférence à l'égard de la tradition : plus l'intuition mystique est pure, vraie et parfaite, plus elle est proche de la véritable tradition, de la « connaissance originelle de l'humanité » ; ainsi s'explique le paradoxe fréquent qui fait que des thèses entièrement neuves soient acceptées au titre de la sagesse traditionnelle. Scholem reconnaît enfin « l'affinité particulière de la pensée kabbalistique avec la pensée mythique » ; il y a là un problème pour ceux qui considèrent le monothéisme juif comme étant précisément la religion qui a rompu radicalement avec tout ce qui est mythique. « Ce qui est réellement requis, estime Scholem, c'est une compréhension de ces phénomènes qui n'éloigne pas du monothéisme. » Des travaux analogues à ceux de Scholem sont poursuivis en France par Georges Vajda, directeur à l'École pratique des hautes études à Paris.

Source : http://dovbotturi.canalblog.com/archives/2010/05/21/17963472.html

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 06:19

Le Sefer ha-Bahir traditionnellement attribué à Nehunya Ben Ha-Kanah (Ier siècle .c.) a été, dans la version qui nous en est parvenue, compilé en Provence au XII siècle.
Il constitue les premiers balbutiements de la Cabale médiévale.

"Je suis celui qui a planté cet arbre, si bien que tout l'univers le vénère avec enchantement, et j'ai donné forme avec lui au Tout et l'ai nommé "Tout"; car le Tout est attaché à lui et le Tout vient de lui, tout a besoin de lui, et ils le regardent et tremblent devant lui, et de là sortent les âmes. J'étais seul lorsque Je le fis, et aucun ange ne peut s'élever au-dessus de lui et dire: j'étais là avant toi; car lorsque Je donnai forme à ma terre, lorsque Je plantai et enracinai cet arbre et leur donnai cette joie dont Je me réjouis, qui aurait été près de Moi, à qui J'aurais révélé ce secret? (...)

Et qu'est cet "arbre" dont tu as parlé? Il lui dit: Toutes les forces de Dieu sont situées l'une par-dessus l'autre et elles ressemblent à un arbre: comme l'arbre produit ses fruits grâce à l'eau, Dieu accroît les forces de "l'arbre" par l'eau. Et qu'est l'eau de Dieu? C'est la Chochma (sagesse), et cela (à savoir le fruit de l'arbre), c'est l'âme des justes, qui vont de la "source" au "grand canal", et elle monte et s'attache à l'arbre. Et par quoi fleurit-il? Par Israël: s'ils sont bons et justes, alors la Schekina habite parmi eux, et par leurs oeuvres ils demeurent en Dieu, et Il les rend féconds et les fait se multiplier."

Extraits du Bahir, premier écrit des kabbalistes, cité dans la Kabbale et sa symbolique, G. Scholem

Le Livre de la clarté

Cet ouvrage dont on ne connaît ni l’auteur ni la date de parution (sans doute la première partie du XIIe siècle en France) est le tout premier écrit appartenant à la littérature de la cabale. Composé à partir de sources orientales encore peu connues, il en développe cependant la plupart des grands thèmes : mystique des lettres, migration des âmes, système des sephirot, combinaisons de Noms divins, procédure de prières, méditations sur la création du monde et sur le mystère de la Mercabah (Char céleste). Il constitue à ce titre un complément précieux pour une bonne intelligence du Zohar. Les fragments pleins de secrets du Bahir abordent également la question du mal, et ce de manière si originale qu’un savant comme Gershom Scholem a pu dire que c’était un livre gnostique.
En fait, loin de croire en la réalité de deux principes souverains antagonistes, il considère que le mal autant que le bien sont l’œuvre de Dieu unique lui-même. Les pages les plus remarquables sont celles qui contiennent les énoncés sur le masculin et le féminin. Selon ce texte, le monde a été créé par leur union, et la rédemption des âges messianiques ne s’obtiendra que par elle.

Le Bahir apparaît comme un recueil peu ordonné d’explications de passages de la Bible, du Talmud ou de traditions populaires. Sous la forme habituelle du Midrach, des Maîtres répondent, le plus souvent avec bonhomie, aux disciples qui les harcèlent et leur reprochent même d’accroître l’obscurité quand on leur demande la lumière (alors qu’elle ne resplendira et ne sera supportable qu’au bout de « mille générations »). Le Maître semble vouloir les orienter vers une perception polyphonique de l’ensemble des textes ou des signes qui offrent des images ternies de la structure des mondes. Elles bruissent comme des essaims d’abeilles et le sens n’est qu’une introduction à une audition contemplative et active, soutenue et canalisée par la prière, le respect littéral des rites compris dans leur signification profonde, l’observance des préceptes moraux et l’étude perpétuelle de la Loi. Le Bahir, généreux en résonances, est consacré, pour une bonne part, à la traduction symbolique des Dix Paroles de la Création qui introduisent aux mystères des middot et des séphirot.

Prétendre entrer sans embarras ni surprise dans la pensée du Bahir serait témérité : un lecteur habitué à l’idée que le judaïsme a radicalement rompu avec une conception lumineuse du sacré, se trouve, en effet, désemparé et étonné devant l’enseignement d’un livre qui n’hésite pas à renouveler la signification mythique du divin. Et ce sous forme de propositions données pour évidentes, sans explication donc. En son temps, aux environs de 1180, au Sud de la France, le texte suscita d’ailleurs l’indignation de rabbins, leur opposition à cette interprétation ésotérique de versets bibliques détachés de leur contexte, à ces jugements théosophiques qui osaient voir dans le mystère du monde le reflet des mystères de la vie divine dont ils livraient la clé. Ils refusaient le retour du mythique, d’un sens mystique donné à la cosmologie. Le Bahir, pourtant, joua un rôle fondamental dans le développement du mouvement kabalistique, en particulier en Espagne ; il est, en ce sens, un indispensable complément à l’étude du Zohar.
Les fragments sur le mal retiennent l’attention. Le mal – le Bahir serait-il marqué par la gnose comme l’estime G. Scholem ? – constituerait un principe et une qualité en Dieu même : « Il créa le Tohu et le plaça dans le mal » . La lumière, cependant, jaillirait des ténèbres, le bien du mal – pensée propre à la sensibilité mystique certes mais dangereuse quant à la logique qu’elle pose, les applications hâtives que d’aucuns en font. Remarquables sont aussi les exégèses sur le masculin et le féminin, ces deux principes par lesquels le monde fut créé et dans l’union desquels réside l’espérance de rédemption. Animant la vie divine même, masculin et féminin, en leur alliance, portent mémoire de l’œuvre du commencement et, en ce monde, l’union de l’homme et de la femme accomplit la promesse de la victoire du bien sur le mal, de l’unité sur la séparation.
Cette lecture qui transforme la Thora en « corps mystique » (G. Scholem), pour mystérieuse qu’elle soit, ne laissera pas indifférent : ne propose-t-elle pas une réponse – inouïe – à la question des fondements des commandements ? Une réponse qui voudrait faire entrer dans les secrets mêmes de l’œuvre divine.

Source : http://cabbale.blogspot.fr/2009/06/le-bahir.html

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Published by Catherine Chalier - dans Kabbale
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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 05:55

§ 101 - Rabbi Berakhiah demanda : "Qu’est ce que le Loulav [] dont nous avons discuté. C’est 36 [] ajouté à 32 []. Comment ? Il y a trois princes : le Téli (Dragon), le Galgal (Sphère) et le Cœur []. Chacun dispose de 12 ministres, qui multipliés par trois font 36, par qui le monde est maintenu. Car il est écrit : "Le Juste est le fondement du monde" (Prov. 10:25).

§ 102 - Nous avons appris : une colonne unique s’élève de la terre au ciel et son nom est Justes (tsadiqim). Lorsqu’il y a des justes dans le monde, alors celui-ci devient fort, alors que quand il n’y en a pas, il s’affaiblit. C’est le soutien du monde, car il est écrit : "Le Juste est le fondement du monde". S’il s’affaiblit alors le monde ne peut subsister. Par conséquent, même s’il n’y avait qu’un seul juste dans le monde ce dernier maintiendrait le monde. Car il est écrit : "Le Juste est le fondement du monde". Vous devez donc prélever mon offrande de lui d’abord: "Voici le prélèvement que vous prélèverez sur eux" (Exode 25:3). De quoi s’agit-il ? "Cela consiste en or, argent et cuivre" (Idem).

§ 103 - Autre explication : Il est écrit "Qu’ils prennent pour moi [] un prélèvement" (Exode 25:2). Ils doivent prendre le Yod, qui est le dixième, en tant qu’offrande sainte. D’où savons-nous que la dîme est sainte ? Car il est écrit: "Le dixième sera sacré pour Yhwh" (Lév. 27:32). Qu’est ce qui est sacré ? Cela concerne : "Et le meilleur des prémices d’un quelconque prélèvement" (Ez. 44:30), et il est aussi écrit : "Le principe de la Sagesse, c’est la crainte de Yhwh" (Ps. 111:10). Il ne faut pas lire : "la crainte de Yhwh", mais "tu craindras Yhwh".

§ 104 - Les disciples demandèrent à Rabbi Eliézer : Notre maître, quelle est la signification de : "Consacre pour moi chaque premier-né" (Ex. 13:2) ? Le saint, béni soit-Il est-il un premier-né? Il répondit : "Consacre pour moi [] chaque premier-né" ne concerne que le deuxième niveau de la Sagesse. C’est le nom qui est donné à Israël, car il est écrit : "Mon fils, premier-né, Israël" (Ex. 4:22). Dans la mesure où nous pouvons l’exprimer, il était à leur côté durant la servitude. Il est donc écrit : "Envoie mon fils afin qu’il me serve" (Ex. 4:23), et non pas "mon premier-né. Rabbi Rah’oumaï dit : Quelle est la signification de "Laisse partir ta mère, ce sont les enfants que tu prendras avec toi" (Deut. 22:7). Pourquoi n’est-il pas dit "laisse partir ton père" ? Cela signifie : Tu dois laisser la mère à cause de la Gloire de celle qui s’appelle "Mère du Monde", dont il est dit : "Car Binah s’appelle Mère".

§ 105 - Quelle est la signification de : "Ce sont les enfants que tu prendras avec toi" ? Rabbi Rah’oumaï répondit : Ce sont les enfants qu’elle a élevés. Et qui sont-ils ? Ce sont les sept jours de la Création et les sept jours de Souccoth. Qu’est ce qui les différencie ? La différence est que les jours de Souccoth sont plus saints. A ce sujet, il est écrit : "Ce sont des convocations saintes" (Lévitique 23:37). Serait-ce Azréth, la fête de clôtures, le huitième jour de Souccoth, le "jour de la convocation sainte". Il répondit : Oui mais, c’en est un et ils sont deux. Car il est écrit: "Le premier jour sera une convocation sainte, et le septième jour sera une convocation sainte" (Lévitique 12:16). Ils dirent : Pourquoi la fête de clôtures ne dure-t-elle qu’un seul jour ? Parce que la Torah fut donnée ce jour à Israël et lorsque la Torah fut créée au début, le Saint, béni soit-Il, régné seul avec elle sur le monde. Car il est écrit : "Le commencement de la Sagesse est la crainte de Dieu" (Psaumes 111:10). Qu’est ce que Souccoth ? Il répondit : c’est la lettre Beith, car il est écrit : "avec la Sagesse Beith est construit" (Proverbes 24:3). Et d’où savons-nous que Souccoth est Beith ? Car il est écrit : "Et Jacob a voyagé à Souccoth. Il s’est construit une maison (Beith), et pour son bétail il a construit des souccoth (huttes), et a nommé l’endroit Souccoth" (Genèse 33;:17).

§106 - Rabbi Berakhiah s’assit et exposa : Que signifie Teli (Dragon) ? C’est une ressemblance (demouth) qui se trouve devant le Saint, béni soit-Il. Car il est écrit : "ses cheveux sont bouclés (tal-talim)". Qu’est ce que le Galgal (Sphère), c’est le ventre. Et qu’est ce que le cœur ? Cela concerne le vert : jusqu’au cœur des cieux" (Deut. 4:11). En lui sont contenus les 32 merveilleux sentiers de la Sagesse (Hokhmah).

§ 107 - Que signifie le verset : "Que Yhwh te protège et te bénisse ! Que Yhwh fasse rayonner ton visage et te soit bienveillant ! Que Yhwh dévoile Sa Face et qu’Il t’accorde la paix !" (Nombres 6:24-26). C’est le Nom ineffable du saint, béni soit-Il. C’est le Nom contenant douze lettres, car il est écrit : " Yhwh, Yhwh, Yhwh". Ceci nous enseigne que les Noms de Dieu se structurent en trois légions. Chaque légion ressemble à l’autre, et Son Nom est le même. Tous sont scellés par Yod Hé Vav Hé. Comment ? Yod Hé Vav Hé peuvent se permuter de 24 façons différentes, formant une légion, c’est "Puisse Yhwh te bénir". De même pour " Que Yhwh fasse rayonner ton visage". Et de même pour le troisième : " Que Yhwh dévoile Sa Face". Ce sont les 24 Noms du Saint, béni soit-Il. Ceci nous enseigne que chaque légion, à 24 princes et officiers, qui multipliés par 3 donnent les 72 Noms du saint, béni soit-Il. Ce sont les 72 Noms qui résultent des versets "Vaysissa" (part), "Vayébo (vient), "Vayéit" (s’étend) (Exode 14:19-21).

§ 108 - Qui sont les princes ? Nous avons appris qu’il y en trois, que Gvourah (Rigueur) est le prince de toutes les formes Saintes placées à gauche du saint, béni soit-Il. C’est Gabriel. A droite, c’est Mikaël. Au milieu se tient Eméth (Vérité) et c’est Auriel, prince de toutes les formes Saintes. Chaque prince règne sur 24 formes, mais ses légions sont sans nombre, car il est écrit : "Peut-on dénombrer ses légions ?" (Job 25:3). Ainsi, il y aurait 72 et encore 72. Il répondit : Ce n’est pas le cas, car lorsqu’Israël apporte un sacrifice devant Son père dans les cieux, toutes ses formes Saintes s’unissent. C’est l’unification de "Notre Dieu est un".

§ 109 - Pourquoi un sacrifice s’appelle-t-il Qorban ? Parce qu’il rapproche les formes des puissances saintes les unes des autres. Car il est écrit : "Rapproche-les l’un de l’autre pour en faire un seul morceau de bois ; qu’ils ne fassent qu’un dans ta main" (Ez. 37:17). Et pourquoi le sacrifice s’appelle-t-il "parfum agréable" ? Le parfum est seulement dans le nez. Le parfum se ressent par le souffle et seulement par le nez et "agréable" (niekhoah) désigne la "descente", car il est écrit : "et il est descendu" (Lev. 9:22), et le Targoum traduit ceci "ouNek’hat" (de même racine qu’agréable). Le Souffle-parfum descend et s’unit aux formes saintes, et s’en rapproche par le sacrifice. C’est la raison pour laquelle un sacrifice s’appelle Qorban.

§ 110 - Il y a un Nom qui dérive des trois versets "Vaysissa" (part), "Vayébo (vient), "Vayéit" (s’étend) (Exode 14:19-21). Les lettres du premier verset "Vaysissa" sont arrangées dans l’ordre où elles apparaissent dans le verset. Les lettres du deuxième verset "Vayébo" sont placées à l’envers et les lettres du troisième verset "Vayéit" sont disposées dans l’ordre où elles se trouvent dans le verset, comme pour le premier verset. Chacun de ces versets a 72 lettres, par conséquent, chacun des Noms qui dérivent de ces trois versets : "Vaysissa" (part), "Vayébo (vient), "Vayéit", contient trois lettres. Ce sont les 72 Noms, qui se répartissent en trois sections, soit 24 par section. Sur chacune de ces section s’élève un prince. Chaque section veille sur les 4 directions du monde : Est, Ouest, Nord, Sud. Ils se répartissent donc par groupes de six dans chaque direction. Donc pour les 4 directions, il y a 24 formes. Il en va de même pour les deuxième et troisième sections. Toutes sont scellées par " Yhwh, Dieu d’Israël, Elohim vivant, Shadaï très haut, élevé, qui réside en toute éternité. Saint est Son Nom de la Gloire de sa Royauté à tout jamais" (Séfer Yetsirah 1:1).

§ 111 - Rabbi Ahilei exposa : Quelle est la signification du verset : "Yhwh est roi, Yhwh était roi, Yhwh sera roi pour toujours" . C’est le Shem haMéforash (Non Ineffable), dont il est permis de le permuter et de le prononcer, car il est écrit: "Ils placeront Mon Nom sur les enfants d’Israël et Je les bénirai" (Nombres 6:27). Ceci se rapporte au Nom en 12 lettres, semblable au Nom de la bénédiction sacerdotale : "Que Yhwh te bénisse" (Nombres 6:24). Il y a trois noms et douze lettres, dont voici la vocalisation :Yafaal, Yefoel, Yifol. Celui qui le préserve et le prononce en toute sainteté, peut-être assuré que ces prières seront exaucées et qu’il sera aimé en haut comme en bas et qu’il trouvera immédiatement écoute et secours. C’est le Shem haMeforah qui était gravé sur le front d’Aaron. Le Shem haMeforash contenant 72 lettres. Le Shem haMeforah contenant 12 lettres transmises à Masmariah, qui se tient devant le rideau et qui les a transmises à Elie sur le Mont Carmel, lequel s’éleva au ciel avec leur aide, sans avoir goûté à la mort.

§ 112 - Voici les Noms ineffables, précieux et magnifiques, qui sont au nombre de 12, en correspondance avec les 12 tribus d’Israël.

Ahatsitséharon Akelitharon Shemaqtaron Doméshéharon Otspatspasitron Hourmiron Berah'iharon Arésh Gadron Besvah Manahon H'azhouiah Havahiréi Hah Ehyéh Vehareitahon

Ils surveillent dans le Teli, dans le Galagal et dans le cœur. Ce sont les sources de la Sagesse.

Ils incluent le mâle et la femelle. Ils surveillent le Teli, le Galgal et le Cœur. Tous sont sources de Sagesse.

§ 113 - Rabbi Rah’oumaï expliqua : " Pourquoi 12 tribus d’Israël ? " Cela nous enseigne que le saint béni soit-Il a 12 tribus. " Et quelles sont-elles ? " A quoi cela est-il comparable ? ". Un roi avait une source. Tous ses frères n’avaient d’autre eau que celle de cette source, et étaient incapables d’endurer la soif. Que fit-il ? Il fit 12 canaux pour la source et leurs donna les noms des enfants de ses frères. Puis il leur dit : " Si les enfants se comportent aussi bien que leurs pères, ils seront dignes et je remplirai les canaux. Les pères boiront et leurs fils ensuite. Mais si les enfants n’en sont pas dignes à mes yeux, les canaux se maintiendront. Mais je ne fournirai de l’eau qu’à condition qu’ils n’en donnent pas à leurs enfants, puisqu’ils n’obéissent pas à ma volonté ".

§ 114 – Quelle est signification du mot " Shevéth " (Tribu) ? Une chose simple et non carrée. Pour quelle raison ? Un carré ne peut se concevoir dans un autre carré. Un cercle peut se mouvoir dans un carré, mais pas un carré dans un autre carré.

§ 115 - Quelles sont les choses circulaires ? Ce sont les points voyelles de la Torah de Moïse, qui ont tous des formes circulaires. Ils sont aux lettres ce que l’âme est au corps de l’homme, qui n’a aucun avenir lorsque l’âme le quitte et qui ne peut accomplir aucun acte, grand ou petit, sans elle. De façon similaire, il est impossible de prononcer un mot, grand ou petit, sans les points voyelles.

§ 116 Chaque point voyelle est un cercle, et chaque lettre est un carré. Les points voyelles sont la vie des lettres et, par elles, les lettres subsistent. C’est par l’intermédiaire des canaux que la voyelle parvient à la lettre grâce à l’odeur des sacrifices, qui descend aussitôt. Il écrit : " Une odeur plaisante pour Dieu " (Lév. 1 :9), indiquant qu’elle descend vers Dieu. C’est le sens du verset : " Ecoute Israël, Yhwh, notre Dieu, Yhwh est Un " (Deutéronome 6 :4).

§ 117 – Rabbi Yoh’anan dit : Quelle est la signification du verset : " Dieu est un homme (ish) de guerre, Yhwh est son nom " (Exode 15 :3) ? L’homme (Ish) indique un signe. Le Targoum, rend par : " Yhwh est un homme de guerre ", car " Dieu est la victoire du Maître dans la guerre ". Qui est ce Maître (Mari) ? Alef est le premier, le saint palais. Devons-nous alors dire que le Palais est saint ? Disons plutôt le Palais de la sainteté.

§ 118 – Yod désigne les 10 Paroles par lesquelles le monde fut créé. Quelles sont-elles ? C’est la Torah de Vérité qui inclut tous les mondes. Qu’est ce que le Shin. Il répondit : C’est la racine de l’arbre. La lettre Shin a la forme de la racine d’un arbre.

§ 119 – Quel est l’arbre dont tu parles ? Il répondit : Il représente les puissances du saint, béni soit-Il, les unes au-dessus des autres. De même qu’un arbre produit des fruits grâce à l’eau, ainsi le Saint, béni soit-Il accroît la puissance de l’arbre par l’eau. Quel est l’eau du saint, béni soit-Il. C’est Hokmah (la sagesse), et c’est les âmes des justes, qui volent de la source pour parvenir au grand canal, qui s’élève et s’attache à l’arbre. Comment volent-elles ? Grâce à Israël. S’ils sont bons et justes, la Présence demeure parmi eux. Leurs actes reposent alors dans le sein du Saint, béni soit-Il, qui les rend fructueux et les multiplie.

§ 120 – Comment savons-nous que la Présence (Shekhinah) s’appelle " Tsédéq " (Justice) ? Il est écrit : " Il chevauche les cieux par ton aide et les nuées dans sa majesté " (deut. 33 :26). Et il écrit également : " Les cieux (Sheh’aqim) seront parcourus par Tsédéq " (Isaïe 45 :8). Tsédéq est la Présence divine, ainsi qu’il est écrit : " Tsédéq demeure en lui " (Isaïe 1 :21). Tsédéq fut donné à David, lorsqu’il écrit : " Yhwh régnera à jamais, Ton Dieu, Tsion, de génération en génération ! " (Ps. 146 :10). Et il est écrit : " Tsion qui est la cité de David " (I Chron. 11 :5).

§ 121– Que signifie l'expression : "de génération en génération" ? Rabbi Papias dit : Il est écrit : "Une génération s'en va, une autre génération vient." (Eccl. 1:4) Rabbi Akiva dit : Il vient une génération qui était déjà venue.

§ 122– Une parabole : Un roi avait des serviteurs. Il les avait vêtus, selon sa fortune, de vêtements de soie et de broderie, mais ils dévièrent du droit chemin. Alors il les chassa, les jeta dehors et leur ôta leurs vêtements, et ils s'en allèrent. Il prit ces vêtements, les fit bien laver, de sorte qu'ils ne présentent plus de taches ; il les mit de côté et acquit d'autres serviteurs qu'il revêtit de ces mêmes vêtements. Il ne savait pas si ces serviteurs étaient bons ou non. C'est ainsi qu'ils pouvaient profiter des vêtements qui existaient déjà et que d'autres avant eux avaient portés. Mais la terre, elle, " tient toujours ". C'est aussi le sens qui se dégage du verset (Ecel. 12, 7) : " Avant que la poussière ne retourne à la poussière, selon ce qu'elle était, et que le souffle ne remonte à Dieu qui l'a donné. "

§ 123 – Rabbi Amora demanda : Que signifie le verset (Lév. 9, 22): " Alors Aaron éleva ses mains sur le peuple et il le bénit, puis il descendit " ? Mais il était déjà descendu. Il descendit " après avoir apporté l'expiatoire, l'holocauste et les offrandes pacifiques ", et c'est ensuite qu'il est dit: " et Aaron éleva ses mains sur le peuple ". Pourquoi cette action de lever ? Parce qu'il avait offert un sacrifice et l'avait rapproché de leur Père dans les cieux, ainsi que nous l'avons dit : Celui qui le fait, doit élever les mains, car c'est ainsi qu'il les rapproche des sphères supérieures et qu'il les unifie avec les sacrifices d'une manière parfaite. Et quel est le peuple dont il est écrit : " sur le peuple " ? Cela signifie : " pour le peuple ".

§124. Pourquoi les mains sont-elles levées quand elles sont bénies de cette manière ? Parce que les mains ont dix doigts, en référence aux Dix Séfiroth, par lesquels le ciel et la terre furent scellés. En parallèle aux Dix commandements. Dans ces 10 sont contenus les 613 commandements. Si vous comptez les lettres dans les Dix commandements, vous constaterez qu’il y a 613 lettres. Ils contiennent chacune des 22 lettres excepté le Teith, qui est absent. Quelle est la raison de ceci ? Ceci nous enseigne que Teith est le ventre - et il n’est pas contenu dans l’ensemble des Séfiroth.

§125. Pourquoi sont-elles appelées Séfiroth ? Parce qu’il est écrit (psaume 19:2), " les cieux racontent (me-saperim) la gloire de Dieu ".

§ 126. Et quelles sont-elles ? Elles sont au nombre de trois. Parmi elles sont trois armées et trois gouvernements. Le premier gouvernement est lumière. La lumière est la vie des eaux. Le deuxième gouvernement contient les H’ayoth haQodésh, les Ophanim, les roues de la Merkavah, et toutes les troupes du saint, béni soit-Il. Ils bénissent, exaltent, améliorent, glorifient et sanctifient le roi puissant par la Kedoushah. Disposé dans le mystère de la grande Kedoushah qui est le Roi effrayant et terrible. Et ils le couronnent avec trois sanctifications.

§ 127. Pourquoi y a-t-il trois sanctifications et non quatre ? Parce que la sainteté supérieure est trois par trois. Comme il est écrit : " Dieu est roi, Dieu était roi, Dieu sera roi pour toujours et à jamais ". Il est écrit également (nombres 6:24-26), " Puisse Dieu te bénir... que Dieu dirige son éclat vers toi... Il est encore écrit (exode 34:6), " Yhwh, Yhwh " le troisième contient le reste des attributs de Dieu. Quels sont-ils ? " Yhwh est Dieu, miséricordieux et clément ". Ce sont les treize attributs.

§ 128. Pourquoi " Saint, Saint, Saint " et ensuite " Yhwh Tsébaoth, toute la terre est remplie de ta Gloire " (Is. 6 :3). Le premier Saint est la Couronne suprême. Le second Saint est la racine de l’arbre. Le troisième saint est celui qui est attaché et unifié à tous. : " Yhwh Tsébaoth, toute la terre est remplie de ta Gloire ".

§ 129. Quel est le Saint qui est joint et unifié ? A quoi cela est-il comparable ? Un roi avait des fils, qui à leur tour eurent également des fils. Quand les enfants accomplissent sa volonté, il se mêle à eux, et les supporte et les rassasie tous. Il accorde tous les biens à ses fils, afin qu’ils puissent satisfaire leurs enfants. Mais quand les enfants ne font pas sa volonté, il n’accorde aux pères que ce dont ils ont besoin.

§ 130. Quelle est la signification de " la terre entière est remplie de sa gloire " ? C’est la terre qui a été créée le premier jour. Elle est en haut, remplie de la Gloire de Dieu et correspond à la terre d’Israël. Et qu’est ce que cette gloire ? C’est la Hokhmah (sagesse), comme il est écrit (Proverbes 3:35), " le sage héritera de la gloire ". Car il est écrit (Ezekiel 3:12), " béni soit la gloire de Dieu en son lieu ".

§ 131. Quelle est la " gloire de Dieu " ? A quoi cela est-il comparable ? Un roi avait une Matrone dans sa chambre, et toutes ses troupes étaient en admiration devant elle. Elle avait des fils, et chaque jour ils venaient voir le roi et le bénir. Ils demandaient : " Où est notre mère? " Il répondait : " Vous ne pouvez pas la voir maintenant ". Ils répondaient " Bénie soit-elle en son lieu ".

§ 132. Quelle est la signification de " en son lieu " ? Ceci indique que nul ne connaît son lieu. C’est comme une princesse royale qui est venue d’un endroit lointain. Les gens ne connaissaient pas son origine, mais ils virent que c’était une femme de valeur, belle et raffinée dans ses manières. Ils dirent : " Elle vient certainement du côté de la lumière, car elle illumine le monde par ses actes ". Ils lui demandèrent, " d’où êtes-vous ? " Elle a répondu, " de mon endroit. " Ils dirent : " Ainsi, les gens de votre lieu sont grands. Bénie soit-elle, et puisse son lieu être béni ".

§ 133. Cette " Gloire de Yhwh " n’est pas une de ses Tsébaoth ? N’est-elle pas inférieure ? Pourquoi alors la bénissent-elles ? A quoi cela est-il comparable ? Un homme avait un beau jardin. En dehors du jardin, mais près de lui, il avait une belle section de champ. Sur cette section, il sema un beau jardin de fleurs. D’abord, il arrosa son jardin. L’eau se répartissait dans le jardin entier, sauf sur la partie de terre qui n’en faisait pas partie, bien que tout fût uni. Il ouvrit donc un lieu particulier et l’arrosa séparément.

§ 134. Rabbi Rah’oumai dit : La gloire (Kavod) et le coeur (Lev), les deux sont la même chose. Mais la gloire se rapporte aux œuvres supérieures, et le cœur se rapporte aux œuvres d’en bas. La " Gloire de Yhwh " et le " Cœur du ciel " sont donc tous deux identiques.

§ 135. Rabbi Yoh’anan dit : Quelle est la signification du verset (exode 17:11), " Il advint que Moïse leva sa main, Israël était plus fort, et quand il reposait sa main, c’était Amaleq qui devenait le plus fort ". Ceci nous enseigne que le monde entier subsiste par l’élévation des mains. Pourquoi ? Parce que le nom de la puissance donnée à Jacob est Israël. Abraham, Isaac et Jacob chacun ont reçu une puissance particulière. C’est en rapport avec l’attribut dans lequel chacun a marché et que la puissance lui a été donnée. Abraham fit œuvre de Bonté (Hesséd). Il prépara la nourriture pour chacun et tous ceux qui passaient. Il agissait et sortait à leur rencontre, comme il est écrit : " et il courut pour les saluer " (Genèse 18 :2). Mais aussi : " Il se prosterna à terre " (Genèse 18 :2). Ce fut une œuvre parfaite de Bonté. Dieu lui accorda le même attribut et lui donna H’esséd (Bonté). Car il est écrit : " Tu accorderas la Vérité (Eméth) à Jacob, la Bonté (Hesséd) à Abraham, selon ce que tu as juré à nos pères, dès les premiers âges " (Michée 7 :20). Quelle est la signification des " premiers âges " ? Ceci nous enseigne que si Abraham n’avait fait preuve de Bonté, Jacob n’aurait pas été digne de l’attribut de Vérité, car c’est par le mérite d’Abraham, digne de l’attribut de Bonté, qu’Isaac fut digne de l’attribut de la terreur (Pah’ad). Car il est écrit : " et Jacob jura par la terreur de son père Isaac " (Genèse 31 :53). Mais comment quelqu’un peut-il jurer par la terreur de son père ? Jusqu’alors aucune puissance n’avait été donnée à Jacob, il jura donc par la puissance accordée à son père. C’est pourquoi il est écrit : " et Jacob jura par la terreur de son père Isaac ". Qu’est ce que cela ? C’est le Tohu, il émane du mal et subjugue les gens. Et qu’est ce que c’est ? Cela concerne ce qui est écrit : " et le feu descendit et consuma l’holocauste, les pierres, la terre et évapora l’eau qui était dans le fossé " (1 Rois 18:38). Il est également écrit : " Car Yhwh, ton Dieu, est un feu consumant, un Dieu jaloux " (Deut. 4 :24).

§136. Qu’est ce que la Bonté ? C’est la Torah, ainsi qu’il est écrit : " Ah, vous tous qui, poussés par la soif, venez vers l’eau, sans argent " (Isaïe 55 :1). Ainsi, H’esséd est l’Argent, car il est également écrit dans le verset : " Venez, approvisionnez-vous et mangez, venez, approvisionnez-vous sans argent et sans paiement, prenez le vin et le lait ". Il vous alimentera de la Torah et vous enseignera, car vous le méritez déjà par le mérite d’Abraham, qui œuvra avec Bonté. Sans argent, il les alimenta et, sans argent, il leur donna du vin et du lait.

§ 137. Pourquoi vin et lait ? Quel rapport entre les deux ? Ceci nous enseigne que le vin est " Pah’ad " (terreur) et que le lait est " H’esséd " (Bonté). Pourquoi le vin est-il mentionné en premier ? Parce qu’il est le plus proche de nous. Penses-tu que cela se rapporte réellement à du vin et à du lait ? Il s’agit plutôt de l’apparence du vin et du lait. C’est par le mérite d’Abraham, qui fut digne de l’attribut H’esséd, qu’Isaac reçut Pah’ad. Et parce qu’Isaac fut digne de l’attribut Pah’ad, que Jacob reçu l’attribut Eméth, qui est l’attribut de la Paix. Car il est écrit : " Jacob était un homme parfait, demeurant dans les tentes " (Gen. 25 :27). Le mot parfait désigne la paix, ainsi qu’il est écrit : " Tu seras parfaitement fidèle à Yhwh, ton Dieu " (Deut. 18 :13), que le Targum traduit par : " Sois parfait. Le terme parfait ne concerne que la Torah. Car il est écrit : " La Torah de vérité était dans sa bouche " (Malachie 2 :6). Qu’est-il écrit ensuite ? " Il marchait avec moi dans la paix et la droiture ". La droiture n’est rien d’autre que la paix, comme il est écrit : " Intègre et droit " (Ps. 25 :21). C’est pour cela qu’il écrit : " Il advint que Moïse levait sa main, Israël était le plus fort " (Ex. 13 :11). Ceci nous enseigne que l’attribut appelé Israël contient la " Torah de Vérité ".

§ 138. Quel est le sens de " Torah de Vérité " ? C’est ce qui désigne la vérité de tous les mondes, ainsi que ses actes dans la pensée. Il a édifié 10 Séfiroth, par qui tient le monde. Elle est l’une d’elles. Chez l’homme, il a créé 10 doigts, en relation avec les 10 Paroles. Moïse a levé ses mains et s’est concentré à un certain niveau sur l’attribut appelé Israël, contenant la Torah de Vérité. Avec ses 10 doigts, il a affirmé les 10. Car si Dieu n’aidait pas Israël, alors les 10 Paroles ne se réaliseraient pas chaque jour. C’est la raison pour laquelle Israël a régné. Mais lorsque Moïse abaissait ses mains, Amaleq régnait. Mais Moïse pouvait-il désirer la victoire d’Amaleq ? Ceci, parce qu’il est interdit qu’un homme se tienne plus de trois heures les mains tendues vers le ciel.

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