Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 07:15

L'Arbre de Vie

D'après un spécialiste du mysticisme de la Qabalah, Gershom Sholem, le monothéisme ne peut trouver sa véritable raison d'être que dans une tension et un va-et-vient entre les deux pôles extrêmes du tout ou rien. "Tout" est l'adhésion totale au divin ou la recherche du divin en toute chose, entraînant de ce fait les avatars de l'idolâtrie et du polythéisme. "Rien" est la vacuité de toute spiritualité, la négation de toute transcendance, la matière étant origine et fin. Liés à la recherche d'absolu, ces deux pôles extrêmes engendrent les intégrismes et la violence. La spiritualité du monothéisme est une recherche du divin, à travers ses deux aspects transcendant et immanent, excluant de se fixer à l'un ou l'autre des pôles extrêmes. Elle implique le mouvement et la mobilité de l'être, à la recherche de la zone d'équilibre et d'apaisement personnel entre les extrêmes, tout en évitant de s'en approcher.

La Tradition de la Qabalah qui n'est qu'une tendance de "la stricte voie tracée", offre précisément à chacun la possibilité d'évoluer dans le sens de l'équilibre, par la construction d'une arborescence appelée "Arbre de Vie" et par le cheminement dans ses sentiers, dans le but de sentir et de repérer la voie du milieu. Elle offre la possibilité de discerner entre les dualités qui nous habitent, tant sur le plan pratique que sur le plan éthique. L'être humain baigne dans le mélange du bien et du mal, agit avec intuition et jugement, réagit par la rigueur et la miséricorde, vit à travers des comportements actifs et passifs, masculin et féminin... Encore faut-il en être conscient.

La connaissance du divin passe par la connaissance de soi, mais on peut aussi inverser la proposition. La démarche de réflexion et de cheminement liée à l'Arbre de Vie pose un acte et crée des repères, facilitant de ce fait la relation avec le divin. Celle-ci est une vibration autorisant une approche, un simple effleurement.

On peut appréhender l'Arbre de Vie comme un modèle de l'esprit se reflétant dans tous les actes de la vie matérielle ou comme une transposition des archétypes humains dans un univers aux limites du cerveau humain, allant jusqu'aux frontières du divin. Appelé monde intermédiaire, cet espacement est le résultat de séparations successives résultant du processus de la création et de l'éloignement progressif du divin. Comparable à un sas entre le monde spirituel et le monde matériel, ce monde est inaccessible au profane. Mais un individu préparé peut le sentir, le percevoir ou s'en rapprocher.

L'infini "ayn sof" est une "unité sans limite" qui règne dans l'éternité. Cette unité est aussi une volonté sans finalité, sans besoin et sans détermination. De cette volonté naît la pensée ou le projet de créer l'univers: l'origine du déclic est la Cause des Causes, le secret absolu et insondable, la grande interrogation qui sépare la foi de l'incrédulité. Le résultat de cette pensée est ce double mouvement simultané de retrait et d'émanation, qui équivaut en fait à une immobilité sur le plan ontologique. Le mouvement de retrait aboutit à faire le vide, à obtenir le "néant" et à laisser une place à la création. Le mouvement inverse est celui de l'émanation qui aboutit à remplir ce néant de lumière, une "lumière sans limite". C'est la "Sagesse du Commencement".

Globalement l'"unité sans limite" s'est déjà retirée dans son immobilité, en ne laissant qu'une "trace", presque un souvenir que l'homme fait revivre par son action et par sa propre pensée. D'où le schéma d'un Arbre de Vie, agencement spécifique des "attributs" du divin, de cette trace du "sans limite", pour la saisir ne serait ce qu'un instant, une fraction de seconde avant qu'elle ne s'évanouisse dans l'espace et le temps. L'être humain cherche à conserver cette petite parcelle de lumière, cette étincelle qui lui est parvenue. Il cherche à la faire vivre à travers les branches et les noeuds de cet "Arbre de Vie", appelés lettres et séphirot.

Sur le plan matériel, l'être humain est un être fini qui ne peut réaliser cette sauvegarde qu'avec ses limites. Il est ainsi amené à illustrer le fond de sa pensée par des images et des schémas. Mais comment représenter l'idée que l'on se fait d'émanations, de flux de lumière, d'écoulement de rosée, d'attributs émanant d'un être infini, à la fois lointain et proche, sans tomber dans l'anthropomorphisme? Et il est encore plus difficile d'exprimer en langage humain compréhensible l'idée que l'on se fait de la pensée de D. eu égard au monde créé.

La Tradition a essayé de combler ce fossé en proposant cette notion de "séfirah" qui a reçu les désignations les plus étranges et les plus poétiques: parole, lumière, force, source, saphir, mesure, couronne…. Ce mot dérive de la racine s/p/r qui a plusieurs sens: numération (nombre, recensement), narration (récit, livre), transparence (saphir, sphère). Pour se fixer les idées on peut dire que les séfirot sont les vases créés par l'épanchement de la lumière originelle, celle qui provient du mouvement de retrait et d'émanation de l'unité "sans limite". Ces vases sont aussi bien des récepteurs que des transmetteurs, aussi bien des récipients que des outils de la création.

Tant les lettres de l'alphabet peuvent être aisément appréhendées comme les briques élémentaires du langage, de la création et de l'action, dans la construction de l'univers, tant les séfirot apparaissent comme des entités abstraites, difficiles à concevoir. Plus l'être humain parvient à élever son âme et à tendre vers son côté infini, plus il est capable de les sentir ou de les comprendre. En fait, il faut savoir ici que le monde intermédiaire des forces-séfirot et des signes-lettres coïncide avec le monde des anges et des âmes, qui sont deux aspects d'une même unité, à l'image de la lumière qui est à la fois ondes et particules.

L'Arbre de Vie est la construction centrale de la Qabalah. Il est une image universelle de l'unité fracturée dans le décimal. Pour se fixer les idées, le nombre dix peut être représenté par des choses aussi concrètes que des oiseaux ou des fruits; ici il s'agit de notions abstraites comme la sagesse, la compassion ou le discernement.

Malgré ou grâce à son anthropomorphisme, l'Arbre de Vie est une image qui plaît. Elle est comme une empreinte subtile que le monde spirituel a laissé dans le subconscient de l'homme, ou dans sa mémoire profonde. Des approches différentes et variées sont pourtant nécessaires pour en préciser le contour malgré leur caractère infini, et même si on est amené à se répéter.

 

Volonté de donner et désir de recevoir

 

Créature du divin, et contrairement à celui-ci, l'être humain a été conçu avec des désirs et des besoins. Parmi ceux-ci, le besoin d'un Créateur et le désir de recevoir de ce Créateur.

Pour certains êtres humains la notion du divin est innée et, dès l'enfance, ils ont besoin de D. et ils en font la recherche intuitivement. D'autres constatant un jour que le monde matériel qu'ils vivent est insuffisant à leur plénitude, recherchent un "autre" monde ailleurs, un monde perdu ou oublié pour les nostalgiques, un monde à recréer ou à inventer pour les utopistes. Une recherche spirituelle commence alors pour assouvir ce besoin naissant. Pour d'autres encore, ce besoin spirituel est entravé ou refoulé pour diverses raisons, et ceux-ci n'éprouveront peut-être jamais d'expérience spirituelle.

Les imperfections du monde créé sont nécessaires pour laisser une place à l'homme qui a un besoin de parfaire ce qui est créé. Parmi ces imperfections, il y a le mélange du bien et du mal: avec son libre arbitre, l'homme doit appréhender la responsabilité du choix. L'équilibre de l'univers dépend de ce choix, et c'est ainsi que l'homme participe à l'évolution de l'univers. La Tradition propose, comme image du bien, un coffre contenant des pierres précieuses et entouré par un serpent venimeux. Pour accéder au bien, il faut savoir maîtriser le serpent du mal, le neutraliser ou se débarrasser de lui. Au-delà d'un choix, l'accès au bien nécessite un effort, voire une conquête.

D'après la Tradition de la Qabalah, toutes les âmes du monde forment une seule âme, celle de l'Adam primordial. Comme la lumière est une parcelle de l'infini "ayn sof" et que l'âme est une parcelle de l'Adam primordial, l'âme est aussi une parcelle de lumière. Mais elle est aussi un vase, un réceptacle et elle reçoit ce qui est donné par le Créateur. Nous avons d'un côté une volonté de donner, de l'autre côté un désir de recevoir. On vient de décrire le lien qui unit le Haut et le Bas dans la même aventure, le Bas étant une émanation volontaire du Haut.

Une échelle des âmes a été créée de façon que par l'étude, par la prière ou par les bonnes actions, l'homme puisse s'élever progressivement du matériel vers le spirituel, du désir de recevoir vers le désir de donner. Par sa propre volonté, l'âme grimpe, échelon par échelon, les différents niveaux jusqu'à ressembler à son Créateur, dans le désir de donner. Au niveau le plus bas, l'homme est un "corps de matière", puisqu'il naît comme un "âne sauvage", un onagre, avec "un total désir de recevoir pour soi". Au fur et à mesure de la montée de l'âme, la lumière émanant du Créateur se révèle à travers ces vases, qu'on a appelé "séfirot". Il y a ainsi un double mouvement de montée et de descente qui s'interpénètre ou s'entrelace. Mais au sommet, l'essence du Créateur reste voilée.

Les différents vases, chacun à son niveau, reçoivent et réfléchissent cette lumière. On dit que la lumière réfléchie est la voyelle qui permet de prononcer un mot et que l'empreinte de cette lumière est la consonne. Un mot émis et prononcé est le reflet du mouvement de lumière qui crée les réceptacles, les vases, les séfirot. Par la prière, par des paroles de réconfort à ceux qui sont dans la détresse ou par la répétition des noms divins, on recrée ici bas le désir de recevoir pour donner et on restitue la lumière incidente en la renforçant.

 

Les vases brisés et la voie du retour

 

Les attributs divins ou séfirot constituent la trame de l'Arbre de Vie et sont aussi les vases de l'épanchement de la lumière primordiale. Trop forte, cette première lumière craquela les vases réceptacles qui n'étaient pas à sa mesure. Après la transgression du premier homme, les sept vases inférieurs de l'arbre se sont brisés en morceaux contenant des restes d'étincelles de la lumière originelle. Cette dislocation coïncide avec l'exil de l'homme, avec l'éloignement du divin et avec le déclenchement des forces du mal, qui se sont mélangées aux forces du bien. La "présence divine" ou Shékhinah, s'est estompée: elle est devenue "veuve", ayant perdu sa Résidence, "le Royaume sur terre" et elle a dû se séparer de son époux. L'homme est devenu orphelin ou "fils de la Veuve", ayant été chassé de l'Eden. Tout n'est néanmoins pas perdu.

La brisure des vases ne ferme pas la porte à une éventuelle réparation des morceaux épars. L'Arbre de Vie peut être appréhendé par une pensée libre et volontaire. On peut profiter de l'onde refluante pour essayer de trouver la vague qui permet d'accéder à une spiritualité dépouillée de tout dogme et de tout sectarisme. Le chandelier à sept branches est l'image symbolique de ces étincelles, à partir desquelles il est possible d'allumer une à une les sept lampes et de préparer ainsi la lumière du retour. Choisir la voie du retour, c'est en quelque sorte remonter par la pensée l'Arbre de Vie et réparer ce qui a été brisé ou déformé, par son action.

Retrouver le parfum de l'Eden primordial est laissé au libre arbitre de l'homme. D'un côté, par la prière ou par la méditation, par le mérite des bonnes actions ou par la recherche et l'étude, l'homme peut commencer à restaurer ce qui a été brisé. D'un autre côté, par un retour sur soi, il peut séparer du mélange et de la confusion, les écorces du mal, pour retrouver le fruit caché du bien.

Mais la liberté de choix joue dans les deux sens: devant l'éclipse du divin, la voie est aussi ouverte à l'homme isolé qui recherche l'unité originelle, de trouver dans la magie un substitut de pouvoir, l'enfonçant de plus en plus dans la folie.

 

La Shékhinah

 

La présence du divin dans l'univers créé est appelée la Résidente ou "shékhinah". Dans l'histoire du peuple hébreu, elle apparaît comme la Gloire de l'Eternel, le guidant dans ses déambulations du désert, parlant à ses prophètes et à ses chefs, dans le sanctuaire de la Tente du Rendez-vous et dans celui du Temple de Jérusalem. D'après la Tradition, lorsque le peuple accomplit la loi, la shékhinah se rapproche de lui en dix étapes, comme elle l'a fait entre l'époque de l'alliance d'Abraham et celle de la construction du Temple par Salomon. Inversement lorsque le peuple transgresse cette loi, la shékhinah remonte vers sa source et s'estompe en dix étapes également, comme ce fut le cas lors de la destruction du Temple.

La shékhinah est à la fois l'aspect "féminin" du divin et son aspect le plus vivant, le plus proche de l'homme. Elle subit l'exil avec la Communauté d'Israël, quittant le Lieu de sa Résidence, le Temple. Après la destruction de celui-ci, la Shékhinah est envahie par l'Autre Côté, elle est ligotée par les "écorces du Mal", devenant sa prisonnière. Or la force de ces liens dépend du comportement de l'être humain. Si ce dernier transgresse les commandements divins, la shékhinah reste tributaire. S'il les accomplit, elle est libérée et rejoint son Lieu virtuel, la séphirah Royaume, la dixième et la dernière, celle qui est au contact avec l'univers humain.

D'après la tradition de la Qabalah, toute activité humaine peut trouver un sens si elle est transformée progressivement, si on parvient à élever un acte banal et profane vers son côté sacré, par le rituel, la prière, la méditation, les bonnes actions. Ceci revient à défaire les écorces du mal qui emprisonnent et qui cachent les étincelles du bien et à rassembler celles-ci pour obtenir la lueur qui va transformer notre vision du monde. D'après la théorie de Louria, par notre réparation et aussi par notre perfectionnement progressif en une ou plusieurs vies, on arrivera à libérer et à élever notre âme et on parviendra ainsi à reconstituer ou à restaurer l'unité primordiale.

Cette volonté de Rédemption et ce désir d'unification du divin sont aussi étroitement liés aux temps messianiques. Par son comportement, l'homme doit pouvoir atteindre l'équilibre précaire et fugace entre la droite et la gauche, entre la miséricorde et la rigueur, de la dualité en lui. Dans notre Arbre de Vie intime, il y a toujours un mouvement à la recherche de cet équilibre précaire. Ce mouvement est en fait nécessaire pour trouver la voie du milieu, en tâtonnant. Il est produit par un excès de rigueur ou un défaut de miséricorde, ou vice et versa. L'exagération durable vers l'un ou l'autre des deux pôles, allant de l'excès à l'insuffisance de rigueur ou de l'abus au défaut de miséricorde accélère le mouvement, le rend plus ample, voire incontrôlable et le fait basculer "ailleurs", vers l'Autre Côté. Ce basculement a lieu au niveau de l'attribut Royaume, exutoire de tous les flux supérieurs et celui où réside la Shékhinah. On se retrouve alors à l'envers du décor, dans le domaine de Satan, de l'illusion, où la face négative des séphirot brille par le mal, l'injustice et la violence. Un rictus pervers y remplace le rire innocent.

L'action humaine restaure le divin et, en libérant la shékhinah des forces du mal, elle rapproche le monde des temps messianiques. La défaite totale du mal ne peut être réalisée que dans cette perspective eschatologique. En fait, elle n'est pas souhaitable dans un monde imparfait, car l'Autre Côté concourt à l'équilibre du monde, au statu quo entre les univers matériel et spirituel et à la mise en évidence du bien. Et dans l'attente de l'ère messianique, par l'accomplissement des rites et des commandements, on peut contenir et maîtriser le mal, en le repérant, et en le séparant du bien.

Source : http://soued.chez.com/qabalah3.htm 

Repost 0
Published by Albert SOUED - dans Kabbale
commenter cet article
1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 17:15

Abba: le père, désigne la séfira Sagesse ou H'okhmah.

Adam: premier homme ayant pris conscience de l'Eternel, mot qui pour sens "unité du sang". L'Adam primordial est l'image de l'Arbre de Vie des dix attributs divins.

Adon O'lam: maître de l'Univers, celui qui est caché et celui qui est dévoilé.

Aleph: première lettre de l'alphabet hébreu, ayant pour valeur un et représentant l'unité cachée. Elle inclut dans son dessin la dixième lettre "Yod", dans ses deux aspects manifesté ou immanent et caché ou transcendant. Aleph est une notion abstraite de l'unité inconcevable et hors de portée de l'homme. Sur le plan sémiologique, aleph se lit "al pé", sans parole, le silence.

Ancien des Jours: l'attribut le plus élevé dans l'Arbre de Vie, soit la Couronne ou Kéter.

Arbre de Vie : arborescence abstraite des attributs du divin ou des séfirot, les dix sphères ou forces de la manifestation divine dans le monde. Les dix séfirot sont parcourues de haut en bas ou de bas en haut, ce qui est appelé l'Arbre de Vie de Yod, Yod valant dix.

Arbre de Vie de Khaf: Khaf est la lettre qui suit la lettre Yod dans l'alphabet hébreu et a la valeur vingt. La vibration qui parcourt l'Arbre de Vie de haut en bas est réfléchie par l'interface du Royaume avec le monde matériel. Dans chaque sens la vibration parcourt dix séfirot. L'Arbre de Vie de Khaf est le support d'un aller et retour de la vibration.

Arikh Anpin: désigne la séfirah Couronne ou Kéter (voir Longanime).

Attribut divin:expression caractérisant le divin hors de son univers; elle est la traduction en hébreu de "séfirah", pluriel "séfirot". Séfirah est équivalent numériquement à "nom divin".

Autre côté ou sitra ah'arah: l'envers de l'Arbre de Vie. On y bascule lorsqu'il y a déséquilibre permanent ou exagération dans la rigueur ou la miséricorde, ou excès (colère par exemple), ou impatience. Côté où prévaut Satan, il a aussi dix séfirot et se caractérise par la présence des démons.

Ayn: le néant d'où émerge l'univers; anagramme du "moi" any.

Ayn Sof: infini sans limite, transcendant, insondable et inconcevable.

Beauté: nom de l'attribut central de l'Arbre de Vie ou Tifeéret, repère d'Israël/Jacob, cœur de l'Adam primordial.

Bras: les attributs Miséricorde ou H'essed et Rigueur ou Gvourah, dans l'Adam primordial.

Brit: alliance.

Cèdres du Liban: les six séfirot inférieures issues du Discernement ou Binah (de H'essed à Yésod)

Chariot divin: traduction du mot hébreu Merkavah qui désigne le plus haut niveau de l'Arbre de Vie accessible à l'esprit humain, ou sphère de la Création. Le Chariot est encadré par quatre archanges, Michaël, Gabriel, Rafael et Ouriel. On descend d'abord dans la pensée du divin (mah'ashavah), avant de monter dans le chariot, c'est à dire avant d'avoir une vision lucide d'un monde approchant le monde divin.

Communauté d'Israël: désignation de la Shékhinah, ou Présence divine, en relation avec le monde matériel.

Cœur: attribut central de la Beauté ou Tifeéret, dans l'Arbre de Vie.

Daa't: attribut virtuel et non décompté, appelé Connaissance, synthèse entre Sagesse et Discernement, symbiose entre une Connaissance globale et une Connaissance analytique. Dans certains schémas de l'Arbre de Vie, cet attribut remplace Kéter, la Couronne.

Diloug: dalet/yod/lamed/waw/ghimel, le "bond". Il peut aussi bien s'agir d'un bond physique provoqué par la surprise que d'un bond dans le cheminement d'une pensée qui saute d'une idée à une autre, sans lien apparent entre elles. Le diloug est une méthode de recherche de la Qabalah.

Dod: dalet/waw/dalet, oncle, amant, bien-aimé, peut être interprété comme la "double porte" de l'Arbre de Vie, ou, plus simplement l'Arbre de Vie.

Douma: le silence de l'Autre Côté, du côté infernal et démoniaque.

Droite: côté de la miséricorde, du masculin et de la voie aisée, appelé aussi le Sud.

Eau: caractérise la miséricorde comme la couleur blanche, et aussi la Torah.

Ecriture: essentiellement les 24 livres de la Bible hébraïque ou Tanakh.

E'den: jardin de la Connaissance du divin au Paradis.

El: désignation du divin par la négation des autres dieux et l'apprentissage de l'unité divine.

Elohim: le divin créateur du monde, avant l'homme. Avec l'homme, le nom est devenu tétragramme (voir yod/hé/waw/hé).

Féminin: aspect des attributs sur l'Arbre de Vie, lié à la passivité de la rigueur, à la lune, et au contact avec le monde matériel; voir shékhinah.

Feu: caractérise la rigueur comme la couleur rouge, et le Nord.

: cinquième lettre de l'alphabet de valeur cinq, ayant pour sens le souffle, l'ouverture vers le haut. Cette lettre est aussi le signe du féminin. Sur l'Arbre de Vie, elle se situe aux deux portes images du féminin, Discernement en haut et Royaume en bas.

Gauche: côté de la rigueur, du féminin et de la voie malaisée.

Gbourah: la Rigueur, au niveau central lié au comportement du cœur.

Gdoulah: la Grandeur, liée à la Miséricorde ou H'essed.

Géhinam: enfer, monde de l'ignorance et de la mort.

H'ayah: niveau angélique le plus élevé, niveau de l'âme vivante avant l'unité yéh'idah (repère de la Sagesse ou h'okhmah). Pluriel: h'ayot; h'ayot hakodesh: créatures saintes ou anges chérubins

H'érem: interdit, anagramme de "réh'ém", matrice, image de la séfirah Discernement ou Binah.

H'essed: la Miséricorde, au niveau central, liée au comportement du cœur.

I'bour: a'yin/yod/lamed/waw/ghimel est la "création du temps". Mais son sens est plus large puisqu'il inclut la conception, la grossesse, l'expansion du temps et de l'espace, la traversée, la transgression...

Ima: mère,désigne la séfirah Discernement ou Binah.

Jambes: dans l'Adam primordial, les séfirot Victoire ou Netsah' et Réverbération ou Hod, niveau du retentissement de l'action.

Juste: désigne la séfirah Fondement ou yésod, car le Juste est le fondement secret du monde; en hébreu tsadiq.

Khat: khaf/taw, groupe dissident ou "à part", groupe qui se distingue par sa discrétion.

Khérem: khaf/resh/mem, la vigne, métaphore pour désigner la Communauté d'Israël. Ce mot a la même valeur que "profondeurs". Il peut donc être interprété comme un lieu profond et couvert où des maîtres et des compagnons travaillent, étudient, échangent des idées, un endroit où la pensée peut germer et fleurir à partir de l'intimité profonde de l'être.

Klipah, klipot: écaille(s) ou écorce(s) du Mal qui enserrent les étincelles du Bien.

Lampe sainte: le sage Shimeo'n Bar Yoh'ay, élève de rabbi A'kiva, deux grands qabalistes du premier siècle.

Liban mystique: les trois séfirot supérieures, Sagesse, Discernement et leur synthèse, la Connaissance. Cette triade est aussi appelée "patriarches" et "yesh", c'est à dire "il y a", par différenciation avec "ayn", rien, le néant. Lébanone en hébreu est le "cœur de Noun". Voir aussi "cèdres du Liban"

Longanime ou grand Visage: désigne l'attribut Couronne ou Kéter.

Mah:questionnement existentiel et essentiel, quoi?

Man: mem/noun est le questionnement existentiel et inclut aussi bien le "qui?" que le "quoi?"

My: qui? Qui a créé ce monde et qui suis-je? L'association de Mah et My donne le mot "Hamayim", les eaux. La séparation des eaux équivaut à une double interrogation sur le monde divin et le monde humain.

Masculin: aspect des attributs de l'Arbre de Vie qui tiennent de la Miséricorde active. Lié au soleil et au Fondement.

Matrona: voir shékhinah.

Métatron: le Prince des Ailés, le Prince de la Face, l'Archange du secret du Char…, diverses désignations d'une totalité psychique. Considéré à la fois comme "vieux" et "jeune", "maître" et "élève", il pourrait s'agir du "Soi" des psychanalystes, la compréhension supérieure ou l'"intellectus agent". En angélogie, Métatron est soit un archange qui garde l'entrée du septième Ciel, celui où se trouve le Trône de Gloire, pour empêcher le passage de ceux qui ne sont pas prêts à recevoir la Lumière, soit un archange qui prépare celui qui cherche à entrer, en l'initiant aux secrets de l'Ecriture. Assimilé à l'archange Michaël.

Miroir: la lumière incidente se réfléchit dans la conscience de l'homme appelée miroir, au niveau de la séfirah Royaume ou Malkhout. Ce miroir est plus ou moins transparent, plus ou moins opaque. Selon l'action de l'homme la lumière revient renforcée ou affaiblie. Un affaiblissement continu affecte la lumière d'en Haut, on dit que la rosée s'assèche.

Ce miroir se situe au niveau des séfirot Netsah'-Hod pour une conscience élevée du niveau prophétique ou visionnaire.

Monde intermédiaire: monde de l'esprit se situant entre le divin et l'humain, créé volontairement pour éviter tout contact direct entre les deux univers. Il est formé de lettres et d'attributs, appelés les 32 sentiers de la Sagesse, mais aussi d'anges et d'âmes. Issu du divin, le monde de l'émanation ou atsilout contient l'attribut Couronne ou Kéter. Il est suivi vers le bas par le monde de la création ou bériah qui englobe les séfirot supérieures. Le monde intermédiaire se poursuit par le monde de la formation ou yétsirah qui comprend les séfirot inférieures, et enfin par le monde de la fabrication qui est en contact avec le monde matériel par l'interface Royaume ou Malkhout.

Néfesh: âme végétative et animale, placée au repère Royaume ou Malkhout.

Néshamah: âme supérieure, signe d'une conscience très élevée, permettant le contact avec le divin et placée au repère Discernement ou Binah.

Noukva: désigne la séfira féminine Royaume ou Malkhout.

Noun: lettre de valeur cinquante, elle est perçue comme la coulée de lumière primordiale dont il ne reste que quelques étincelles dans le monde matériel, à partir desquelles l'homme essaye de retrouver la Connaissance perdue ou oubliée du Commencement.

Elle est l'image des cinquante portes vers la Connaissance ou Daat à partir de l'attribut Discernement ou Binah. En effet, la troisième séfirah à partir du haut, le Discernement ou Binah, est appelée "les cinquante portes" de la compréhension du monde: elle est une porte de passage vers "Noun", cette connaissance mystique du divin. Elle est aussi appelée le "giron maternel" car elle est la matrice des séfirot suivantes. Cette porte est interdite, mais elle s'ouvrira dans les temps "messianiques". L'Arbre de Vie peut être considéré comme un sas entre deux portes. La porte du Bas est le passage du monde matériel vers le monde intermédiaire ou inversement, à travers la séfirah Royaume ou Malkhout.

Or: lumière. Or yashar est la lumière incidente et directe qui traverse l'Arbre de Vie comme un éclair étincelant.

Ot: aleph/taw ou aleph/taw/waw est la "lettre", bien que "ot" soit aussi un signe ou un symbole, mais la lettre apparaît comme le symbole par excellence dans la Tradition de la Qabalah. D'après celle-ci, l'univers créé est une organisation particulière de signes qui évolue en fonction des actions de l'homme. De même, la Torah, qui est aussi une organisation particulière de signes en mots et versets, reflétant le nom divin, peut être lue d'une infinité de manières, selon celui qui la lit, la scrute ou l'interprète.

Pardes:orangeraie, image de l'évolution de la pensée du plus simple au plus profond, au plus secret. "Pshat" est le sens immédiat de toute notion, "rémez" est l'allusion à une autre notion qui permet de mieux cerner le sujet, "drash" est l'enseignement admis par les sages expliquant le sujet, "sod" est le sens caché ou secret qu'on peut rechercher en groupe, ou seul à ses risques et périls. L'acronyme de ces quatre sens est le mot "pardes", p/r/d/s, un jardin odoriférant.

: ph ou ph/hé, la bouche, par extension le verbe ou les paroles, ainsi pé yah est le verbe divin.

Pilier: l'Arbre de Vie a trois piliers ou trois colonnes, le pilier de droite est l'image de la miséricorde, celui de gauche représente la rigueur et le pilier central faisant balance relie les séfirot Couronne à Royaume, en passant par les deux centres Beauté et Fondement.

Pommier: Arbre de Vie. Le champ de pommes est le Paradis, le monde intermédiaire.

Prince et princesse: les attributs de Beauté et de Royaume. Appelés aussi Roi et Reine.

Qol: la voix, instrument de la création. Bat qol ou la "fille de la voix" est ce qui reste de la prophétie après la disparition de celle-ci; il s'agit de l'intuition profonde, comme si une voix intérieure vous sollicitait.

Qabalah: tradition ésotérique reçue et acceptée. Elle est étroitement liée à l'Ecriture dont elle est une exégèse.

Raa'yah: resh/a'yin/yod/hé, compagne, bien-aimée. Le mot peut être interprété comme resh/a'yin et yod/hé, pensée ou projet divin.

Rouah': âme au niveau de l'esprit, image des facultés intellectuelles, placée au repère central de Beauté ou Tifeéret.

Shaday: désignation du divin généralement associée à El, dans El Shaday. Elle a le sens de celui qui fait passer ou qui empêche d'entrer. Elle peut se lire aussi comme "le feu à la porte du point-Yod". Shaday a la même valeur numérique que "Métatron".

Shékhinah: l'aspect féminin du divin, résidant avec la Communauté d'Israël, près du monde matériel, dans le Temple, quand il existait.

Shéol: monde souterrain inconnu et questionnement sur la mort.

Séfirah: entité abstraite qui reçoit et transmet un flux venant de l'univers divin et qui prend des colorations et des nuances résumées en dix expressions. De haut en bas de l'Arbre de Vie, Couronne ou Kéter, Sagesse ou H'okhmah, Discernement, Intelligence ou Binah, Beauté, Splendeur ou Tifeéret, Miséricorde, Compassion ou H'essed, Rigueur ou Gvourah, Victoire, Eternité ou Netsah', Majesté, Réverbération ou Hod, Fondement ou Yésod, Royaume ou Malkhout.

Tal: la rosée ou l'épanchement de la lumière divine vers les mondes inférieurs pour les fertiliser et les éclairer.

Tanakh: les 24 livres de la Bible hébraïque, Torah, Néviim, wéKtouvim, Bible, Prophètes et Ecrits hagiographes.

Taw: taw/waw ou taw/yod/waw est le "signe".

Téshouvah: retour moral et métaphysique, en remontant l'Arbre de Vie par la pensée.

Tifeéret: attribut central de l'arbre de Vie, signifie la Beauté et la Splendeur du milieu; repère de Jacob/Israël.

Tikoun: réparation des mondes.

Tohou wa bohou: état de l'univers avant la séparation des eaux. "Tohou", le souffle est dans le signe, "Bohou", le souffle est à l'intérieur. Tohou wa bohou semble être le chaos qui s'est organisé pour donner naissance à la vie.

Tsahorayim: midi ou les "deux lumières", midi étant une notion de temps instantané, insaisissable, qui se situe entre la lumière du matin et celle du soir.

Tséir Anpin: désigne les six séfirot inférieures, issues de Ima.

Tsévaot: nom divin D. des armées célestes, celles des anges.

Tsimtsoum: mouvement de retrait du divin permettant la création du monde par l'émanation de la lumière, et sa condensation partielle en matière.

Waw: sixième lettre de l'alphabet qui signifie "crochet" ou lien.

Yah: yod/hé, deux premières lettres du tétragramme, nom divin.

Yésod: le Fondement, attribut central inférieur de la colonne du milieu de l'Arbre de Vie, fondement du secret et repère du Juste.

Yod: dixième lettre de l'alphabet de valeur dix. Elle est considérée comme le germe initial de la création. Elle est le résultat du retrait du divin ou "tsimtsoum" en un point dit primordial.

Yod-Hé-Waw-Hé: tétragramme désignant le divin.

Yod-Taw-Yod: le bourgeonnement du Yod ou sa différenciation en deux aspects n'est pas directement perceptible. On ne prend conscience de cette distinction qu'à travers un signe "Taw". Yod-Taw-Yod est le nom du projet divin de différenciation des deux aspects du Yod, projet perçu par l'homme à travers un miracle, à des moments privilégiés (ouverture des eaux pour créer la Vie, ouverture des eaux pour laisser passer les Hébreux, à la sortie d'Egypte...). Le signe est devenu par la suite une vision prophétique, un songe puis une inscription, telle que l'Ecriture, puis un dessin, un geste ou toute autre indication, transmise à travers les générations pour témoigner de cette différenciation entre les deux aspects du point primordial Yod. On peut considérer une arborescence telle que l'Arbre de Vie à la fois comme un signe et comme un lieu d'ouverture du Yod.

Yod/Yod ou double Yod: le point primordial bourgeonne en ses deux aspects, immanent et transcendant, à partir de la deuxième séfirah Sagesse ou H'okhmah. L'aspect transcendant remonte vers le haut et rejoint l'univers caché d'origine, Aleph. L'aspect immanent descend vers l'avant-dernière séfirah Fondement ou Yésod pour créer le monde matériel.

Yovel: jubilé de la cinquantième année, après 7 périodes de 7 ans, inauguré par la corne de bélier; il annonce la libération des biens et des personnes, la remise des pendules à l'heure. Yovel désigne aussi les séfirot supérieures et Moïse.

Zivoug: accouplement du masculin Beauté ou Tifeéret et du féminin Royaume ou Malkhout. Permet le retour à l'unité.

Source : http://soued.chez.com/vocqab.html

Repost 0
Published by Albert SOUED - dans Kabbale
commenter cet article
1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 17:11

Immanence et transcendance

Pour Spinoza, Dieu est immanent et non transcendant. Il est dans toute la nature, dans ce qui est créé, il est éternel et infini comme le monde créé. De tout temps il y a eu l'univers et il y aura toujours l'univers, et cet univers contient le divin: il n'y a donc ni début ni fin.

"L'essence de Dieu est dans la puissance": comme Dieu est Nature, cette expression signifie que l'essence de la Nature ou "substance" se manifeste par son pouvoir illimité, dans l'espace et dans le temps, le pouvoir de créer, de transformer et d'évoluer. Toute chose est la substance, sous l'aspect singulier et concret qui est le sien. Contrairement à la pensée de la Qabalah, il n'y a pas de place pour un dieu personnel et secret.

Le dieu de Spinoza est un peu grec; il est lié à la nature et on ne se pose plus les questions de la création: quand? comment? La réponse est que Dieu est révélé et contenu dans tout ce qui est créé. Quant à pourquoi la création, Spinoza rejoint néanmoins sur ce point précis certains qabalistes: Dieu crée le monde par amour pour lui-même, pour se contempler, étant lui-même ce monde.

L'immanence dans la tradition de la Qabalah est la Divine Présence ou Shékhinah, dont l'attribut est la dixième et dernière séphirah de l'Arbre de Vie, en contact avec l'univers créé. Cette présence au féminin ne se confond pas totalement avec la Nature et ne se limite pas aux lois qui régissent le monde. Elle remplit l'univers créé de la lumière du divin et de son nom, et elle est perçue par ceux qui la cherchent, à travers le monde intermédiaire des anges et des âmes, celui qui se confond avec le monde des lettres hébraïques. La présence de la Shékhinah est plus ou moins forte en fonction du comportement moral du peuple d'Israël. Cette présence est consécutive à la fracture originelle et elle est provisoire: lorsque la "téshouvah" ou "retour/rédemption" aura gagner le coeur de l'humanité, la Shékhinah rejoindra son giron pour retrouver l'unité originelle, dans la transcendance.

Pour Spinoza, la question de la transcendance ne se pose même pas. On ne peut croire que ce que l'on voit et toute croyance en un dieu caché n'est que superstition de l'ignorant ou moyen pour asservir le peuple. Spinoza n'est ni croyant ni religieux, son univers est rationnel et scientifique, objectif et matériel. Dieu n'existe que dans sa connaissance, c'est-à-dire la connais-sance continue et approfondie de l'univers, et celle de soi-même, infime partie de cet univers.

Le "connaître Dieu" rapproche Spinoza des qabalistes, mais uniquement sur ce point. Car toute la dimension d'une recherche de la transcendance par la voie de la rédemption n'existe pas chez lui, puisqu'elle n'est que subjectivité. Ainsi la prière ou la méditation ne seraient que des subterfuges liés à la pauvreté de la pensée ou à la peur de la mort: celle-ci est une fin et non un début. Il n'y a donc pas de monde "à venir" ou de monde intermédiaire, et il faut vivre sa vie pleinement et joyeusement car il n'y a pas d'autre vie, la mort étant la fin du parcours naturel de l'homme. Seule sa pensée lui survit, et c'est dans la pensée que l'homme est éternel puisque la pensée ou l'esprit est l'âme. En perfectionnant cette pensée à l'extrême par la voie de la raison, on contribue à la communion avec Dieu et on atteint la "béatitude" terrestre.

La raison et les sentiments

Pour poursuivre la comparaison avec la tradition de la Qabalah, celle-ci enseigne aussi qu'il faut jouir pleinement et le plus joyeusement possible de la vie matérielle car la vie future est d'un autre ordre, d'une autre forme. Par contre la Qabalah ne ferme pas la voie et plutôt encourage le retour vers un monde intangible et non perceptible aux sens du commun des mortels. Par contre, dans cette recherche du divin, la Tradition n'encourage pas la communion avec Dieu. Bien au contraire, une distance doit être établie entre l'homme et le divin, résultant d'un équilibre entre l'amour et la crainte de ce divin, contrairement à la pensée de Spinoza qui engage l'homme à adhérer totalement à la nature-Dieu.

Le monde de l'imaginaire et du rêve est étranger à Spinoza, car il est antinomique au monde de la raison. Celui-ci estime, de plus, que les institutions politiques pourraient s'en emparer et l'exploiter pour mieux asseoir leur autorité, quand ce n'est pas pour asservir les plus crédules.

L'univers de Spinoza est mathématique, mais limité aux connaissances acquises et prouvées; il n'y a aucune extrapolation hasardeuse vers un au-delà; il n'y a pas de hasard! On a appelé Spinoza, l'athée de "système".

L'homme est déterminé; s'il croit être libre, c'est qu'il ne sait pas, parce qu'il est ignorant. L'homme obtient sa liberté à travers le perfectionnement de sa connaissance de Dieu: cette connaissance est amour, mais cet amour est purement intellectuel.

Quant aux sentiments, ils découlent tous de la triade "désir, joie et tristesse". Le désir est l'essence de l'homme qui le pousse à se réaliser en acte et à être lui-même. Quand la puissance d'agir de son corps et de son esprit augmente, il est joyeux; inversement quand cette puissance diminue, il est triste.

L'homme, comme la nature, agit par nécessité, sans fin; par ignorance, l'homme a l'illusion d'une fin. Le "bien" est ce qui est prouvé utile par la raison et hors de toute passion, le "mal" est ce qui nous empêche d'accéder à ce "bien". L'homme joyeux met en oeuvre toutes ses facultés rationnelles et toutes les forces de son esprit et de son corps pour atteindre et communier avec Dieu-Nature et il écarte de son chemin toutes les embûches intérieures et extérieures qui caractérisent le mal et qui l'empêchent d'atteindre son objectif. L'homme triste est privé de Dieu parce qu'il pense "mal" et ne mobilise pas son potentiel utile dans cette recherche de la connaissance intellectuelle du divin.

Ainsi on peut trouver le bonheur en recherchant ce qui est utile, sous la conduite de la raison, en accroissant la puissance de l'esprit. Prendre conscience de l'union intime de notre esprit à Dieu, qui est la Pensée par excellence, c'est se connaître soi-même comme pensée de Dieu et participer à sa nature. Comprendre Dieu est le salut: comprendre ses attributs, ses actions, ses oeuvres, comprendre les choses singulières, non plus par des lois abstraites, mais par la vision des choses elles-mêmes.

Selon la Tradition, comprendre Dieu ou l'autre, c'est les aimer non seulement par l'esprit mais aussi par le coeur, même si on s'engouffre alors dans les errements de la raison et qu'on offense la pensée de Spinoza. Rappelons ici que dans la biographie de Spinoza, il n'y a pas de femmes, pas d'amies, ni de maîtresses, ni de conjointes: il n'y a que les trois femmes du père, dont la mère de Baroukh. Et il n'y a pas d'enfants...

Au delà des notions de divin et de bonheur, il existe une différence majeure entre la pensée de Spinoza et celle de la Tradition de la Qabalah: le sens du temps.

Le sens du temps

Chez Spinoza le temps est celui de la Nature, éternel; il n'intervient pas dans la recherche de Dieu. Le temps comme la mort n'ont qu'une réalité subjective, apparente: la pensée "vraie" les dénonce en les démystifiant. Le monde "vrai" est sans origine et sans fin. La "vérité" est éternelle et le sens absolu est dans la pensée de Dieu. L'individu meurt, sa pensée vit: elle participe à la pensée du tout, de Dieu. "Soi" est en Dieu, à travers la conscience universelle du monde. La vertu c'est de comprendre et, comprendre, c'est vivre dans l'éternité.

Dans la tradition de la Qabalah, le temps est le facteur principal, au point que tout est mis en oeuvre pour le créer et, par cette création, on se rapproche du divin. La mort comme la naissance ne sont que des fractures qu'on répare dans le parcours de la vie, grâce au temps qu'on crée.

La religion

Pour répondre aux besoins psychiques d'irrationnel de la "multitude" faible et ignorante, toute religion historique se fonde sur le culte, la prière et sur la révélation. Autoaliénée de ce fait, et subissant la flatterie et la démagogie des dirigeants religieux, cette multitude est prête à se soumettre jusqu'au sacrifice. Elitiste mais généreux, Spinoza propose alors un programme pour faire parvenir progressivement le peuple à une "semi-rationalité".

Dans une première étape, il faut bannir les religions historiques et les remplacer par la "RPU", la religion populaire et universelle, religion de la raison mais dépouillée de la complexité de la doctrine: le peuple n'a pas besoin de comprendre l'intégralité des processus logiques qui mènent à la vérité de la raison universelle. Il suffit qu'il obéisse à ce qui lui est présenté comme raisonnable par un Etat laïque et éclairé. Il pourra alors atteindre cette "semi-rationalité", sous la double autorité de la raison et de la...Bible révélée, à condition que le message biblique soit réinterprété et que son contenu soit objectivé comme une science. En effet, il est trop tôt ou imprudent de dépouiller le peuple d'une "drogue" encore nécessaire; mais Spinoza choisit la Bible juive, plus facile à rationaliser.

Dans une deuxième étape, pour émanciper le peuple, l'Etat doit procéder à sa formation; il doit définir et inculquer les normes de cette "semi rationalité": l'école laïque se substitue à l'école des prêtres et des rabbins. Dans l'attente et l'espoir d'un état général de "la rationalité universelle", qui le rendrait alors inutile, l'Etat seul est détenteur de la vérité normée, à laquelle le peuple doit obéir pour parvenir à la raison, par la répétition et l'habitude.

Pour diffuser ce programme, les intermédiaires les mieux placés sont constitués de l'élite conquise à la doctrine de la raison: ils doivent utiliser un langage du type mathématique et mettre en oeuvre une pensée à base de déductions logiques; leur attitude doit néanmoins être prudente et ils doivent dissimuler habilement leurs objectifs. Ils doivent parvenir à leurs fins par la persuasion tout en utilisant la méthode polémique, en faisant ressortir par exemple les contradictions objectives et flagrantes de la Bible, pour en saper les bases.

Echafaudé il y a plus de trois siècles et demi, ce programme utopique mais habile peut encore plaire, les idées de Spinoza revenant à la mode dans cette fin de millénaire, où l'élite laïque ou athée est en plein désarroi devant un vide d'idées et d'idéaux. Mais ce programme comporte les dangers d'un despotisme de la raison, d'un comportement "politiquement correct", d'un conformisme, voire d'un fascisme scientifique.

Messianisme et retour

Pourtant, comme celle de la Qabalah, la pensée de Spinoza est teintée d'un certain messianisme. Mais contrairement au messianisme qabalistique ou h'assidique qui laisse à chacun, du plus humble et du plus ignorant au plus intelligent et au plus lettré, la possibilité de choisir la voie personnelle du Retour ou de la rédemption, d'y cheminer avec ses propres moyens et de contribuer à la connaissance universelle du divin, Spinoza propose le salut à l'élite des "happy few" capables d'atteindre la connaissance du "troisième type". Rappelons que la connaissance du premier type est celle de la superstition du plus grand nombre. Celle du deuxième type est la raison. Le troisième type de connaissance est l'"essence formelle de certains attributs divins menant à la connaissance de l'essence des choses", soit en termes clairs, l'intuition géniale fondée sur une longue recherche rationnelle et un travail approfondi préalables: c'est la méthode de la découverte scientifique. En découvrant les lois immuables de la Nature, on découvre Dieu.

La Qabalah propose également des voies de recherche basées sur la concentration et sur la contemplation qui doivent conduire à une intuition prophétique. Mais contrairement à Spinoza, elle n'a pas écarté d'emblée la part d'irrationnel dans l'homme, qu'elle considère tel qu'il est, englué ou non dans le monde matériel, et elle lui propose diverses voies de transcendance du divin.

Génial et précoce, Spinoza lisait le Talmud dans le texte à treize ans. On peut émettre l'hypothèse qu'il s'est intéressé aussi à la Qabalah, si florissante en Europe depuis le Moyen Age, ne serait ce que par simple curiosité. Mais cela ne peut être qu'une simple hypothèse car on ne lui connaît aucun maître qabaliste. Peut-être a-t-il été initié dans le secret de ses lectures? Toujours est-il que nous avons la conviction que pour échafauder sa doctrine éthique, eschatologique et politique, Spinoza a subi aussi bien l'influence du cartésianisme et du rationalisme naissants que celle de l'ésotérisme juif, si propice à un marrane ou à un ex-marrane.

Comme la Qabalah, Spinoza dérange: la raison et la logique poussées à l'extrême dans un système philosophique d'une grande cohérence ont aussi bien effrayé les religions établies qu'inspiré, fasciné ou interpellé tous les philosophes depuis cette époque: Spinoza a été plus haï qu'aimé. Il a été exclus par sa communauté, il a été considéré comme hérétique et dangereux par les catholiques et par les protestants, il a été dénigré par les philosophes. Il a échappé à un attentat. Spinoza dérange, non seulement parce qu'il propose une discipline dans la pensée, mais comme la Qabalah, il propose un cheminement non conventionnel vers la Vérité, une possibilité de se dépasser.

Devant les excès dogmatiques des religions établies et organisées et leurs conséquences connues de rejets, d'expulsions, de massacres et autres autodafés, s'appuyant sur des prémices prometteuses de délivrance de l'homme et de son angoisse par la raison, Spinoza a mis les voiles et chargé la barque d'un seul côté, croyant détenir la seule Vérité: il a négligé la Voie du Milieu qu'il a certainement entrevu dans ses probables lectures du Zohar ou lors de son polissage patient et précis des lentilles optiques. Mais la tuberculose et la mort précoce ont eu raison de sa maturité et il a sans doute laissé la tâche de redresser la barre de ses doctrines, aux générations futures (*).

Immanence et transcendance ne sont-elles pas les deux mamelles d'une même raison universelle?

(*) Spinoza a vécu 43 ans, au milieu du 17 ème siècle, presqu' en même temps que Shabetay Zvi, le faux Messie, et il a dû être sensibilisé par cette farce métaphysique. Il est né à l'aube de l'ère scientifique et on commençait alors à découvrir le nouveau monde et le sens de la raison. Il lui fallait bannir toute irrationalité et toute imagination, représentées alors par la religion et la superstition. C'est seulement depuis moins d'un demi siècle que l'on sait que le cerveau de l'homme a une zone qui commande l'irrationnel, qui est alors une nécessité physique qu'on ne peut occulter sans dommage. De même les dernières doctrines sur la constitution de l'univers laissent une place considérable aux phénomènes incontrôlables.

Source : http://soued.chez.com/spinoza.htm

Repost 0
Published by Albert Soued - dans Kabbale
commenter cet article
1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 17:06

L'édition Verdier du Bahir a l'avantage de présenter en annexe un index thématique qui permet l'étude de thèmes en choisissant les "mishnayot" ou paragraphes pouvant être reliés à un thème choisi. Le thème de la lumière a un rapport direct avec le titre du livre. Le premier paragraphe annonce et explicite le sens de cette première lumière qu'on appelle "primordiale". Nous avons sélectionné 7 paragraphes 1-13-16-25-30-146-147 sur les 18 proposés à l'étude.

Mishna 1

Rabbi Néhounia ben Haqana dit: "Un verset dit: "Personne ne peut regarder la lumière claire, dans le 3ème ciel (Shéh'aqim), lorsque le souffle qui passe l'a purifiée" (Job 37/21).

Un autre verset dit: "Des ténèbres il se fait une mystérieuse retraite; il s'enveloppe, comme d'un pavillon, d'eaux obscures, d'opaques nuages" (Psaumes 18/12).

Et ailleurs encore il est dit: "Il s'enveloppe de nuée et de brume épaisse, la justice et le droit sont la base de son trône" (Psaumes 97/2).

Il y a une contradiction. Vient un 3ème verset pour équilibrer les deux premiers: "Les ténèbres mêmes ne sont pas obscures pour Toi, la nuit est lumineuse comme le jour, l'obscurité est clarté" (Psaumes 139/12).

Comme tout le Bahir, cette première mishna paraît énigmatique. Le "Bahir" se base sur un verset du livre de Job où son ami Elihou essaye de le consoler de ses malheurs, en lui parlant du miracle de la création et des merveilleuses lois du Créateur, de celui qui possède la "science parfaite". Et qui sommes-nous pour nous révolter contre Lui? Nous sommes dans des ténèbres et nous ne pouvons comprendre le dessein de D. qui, Lui, baigne dans une clarté limpide. Puis le narrateur introduit deux versets des Psaumes où D. est enveloppé dans l'opacité et l'obscurité. La contradiction est levée par un quatrième verset des Psaumes où on précise que l'univers divin ne peut être perçu et compris comme l'univers limité que nous connaissons, car les notions de lumière et d'obscurité y sont différentes, l'obscur y est lumineux et le sombre y est clair.

Il faudrait aller plus loin et analyser les mots significatifs en hébreu.

"Or bahir" est la lumière claire, splendide…mais plus que cela: c'est la lumière qui cache l'unité absolue, celle qu'on perçoit ou qu'on ressent quand on grimpe aux sommets d'une montagne, ou aux sommets de sa propre conscience.

Or= aleph/waw/resh, en sémiologie l'unité est séparée par le waw du resh, sommet (espace) ou début (temps). Dans Bahir, il y a "behar" ou "dans une montagne" et le "yod", la semence initiale y est cachée. Séparation, cachette, souffle ou semence du début, la nécessité de monter…tout cela est inclus dans "or bahir".

"Shah'aq" est le 3ème ciel dans le langage ésotérique; sur le plan étymologique, c'est un nuage de poussière fine, réduite à sa plus simple expression, une poudre. Dans shah'aq, il y a donc une certaine opacité dans la transparence, opacité qui ne peut se dégager que par un souffle (rouah' ou âme pensante). C'est "rouah' qui purifie "shah'aq" pour obtenir "or bahir". Mais cette lumière radieuse et limpide, on ne peut la regarder sans être ébloui et aveuglé, même si on y parvient en grimpant avec les jambes ou par la pensée.

Nous venons d'analyser le verset d'ouverture du livre "Bahir" tiré de Job, d'une tirade d'un ami de Job, Elihou qui cherche à lui expliquer les insondables desseins divins pour le consoler de ses malheurs.

Rappelons que "Bahir" est un hapax legomenon, mot qui est unique dans la Bible n'apparaissant que dans ce verset de Job. Le sens inclut la clarté, la brillance mais aussi la lucidité.

"Or" est la lumière du jour, l'embrasement du soleil levant ou le feu du soleil couchant. "Or" est l'équivalent guématrique de "ayn sof", l'infini sans fin.

Les deux versets suivants tirés des Psaumes illustrent le voile ou le secret dont se drape "cette unité sans fin", pourtant lumière. Mais à ce niveau lumière et obscurité sont équivalentes et cette dualité n'a de sens que pour nous, humanité cherchant confusément à comprendre. L'unité intègre en elle la droite et la gauche, la miséricorde et la rigueur, la justice du cœur (tsédeq) et celle du tribunal (mishpath). Lumière et obscurité y sont une même entité.

Mishna 13

Rabbi Boun vint encore à interpréter le verset Isaïe 45/7: "Je forme la lumière et je crée les ténèbres; je fais la paix et je crée le mal; moi l'Eternel je fais tout cela!"

C'est à propos de la lumière qui est dotée de substance que l'Ecriture emploie le mot "yetsirah" ou formation, tandis qu'au sujet des ténèbres qui n'ont pas de substance, l'Ecriture se sert du terme "bériah" ou création; et ceci en accord avec Amos 4/13:

"Car c'est lui qui a formé les montagnes et créé le vent; c'est lui qui révèle à l'homme sa propre pensée, qui change l'aurore en ténèbres, qui marche sur les hauteurs de la terre. Son nom est "D. des armées" (célestes)".

On peut l'expliquer encore ainsi: il s'agirait de la lumière qui a son existence propre ou "havayah", car il est écrit dans Genèse 1/3: "D. dit: "que la lumière soit!" et la lumière fut!"

Il n'y a d'existence que par acte, l'Ecriture emploie donc l'expression "yetsirah". Mais au sujet des ténèbres qui, elles, ne sont pas "acte", mais seulement "séparation" et "distinction", l'Ecriture emploie le mot "Bériah". C'est comme si l'on disait "untel a recouvré la santé" (hibri).

Le monde intermédiaire conçu par la qabalah est un emboîtement ou une superposition ou une cascade de mondes progressifs et évolutifs à l'image du cheminement d'une idée venant du génie d'un artiste, d'un artisan ou d'un inventeur. Au départ on a une "émanation" (atsilout) de la lumière qui se transforme en création (bériah); une idée concrète est esquissée; puis vient la "formation" (yétsirah) où l'auteur forme et réalise son idée par des exemples; dans la "fabrication" ou "action" (a'ssiyah) in fine l'idée est matérialisée et diffusée à l'extérieur. Cette dernière phase est notre monde matériel.

Ici le Créateur "crée" les ténèbres et "forme" la lumière; il "fabrique" la paix et "crée" le mal. Il "matérialise" et "diffuse" tout cela…En fait, il y a une évolution des ténèbres du mal vers la paix, en passant par la "lumière". On ne peut parvenir à la paix que par la connaissance dont l'image est la lumière; et cette lumière n'est pas une simple différenciation comme les ténèbres, mais déjà une œuvre d'artiste, obtenue par un acte qui la fait exister. La            volonté de créer si elle se limite à la création, ne donne qu'un concept brut obtenu par discernement de la pensée; c'est une "séparation, clarification" sans consistance, comme les ténèbres ou le mal. Ceux-ci ne sont qu'absence de lumière ou de bien. La lumière a de la substance comme le bien. On forme le "bien" et on fabrique la "paix". Si le mal est une certaine obscurité et une absence de lumière ou e connaissance, le bien est un acte et la paix n'est obtenue que par construction.

La progression donnée en exemple dans Amos est celle du souffle (créé), de la montagne (formée), de l'aube (à la fois lumière et temps et qui est déjà le début de l'action).

On remarquera que "havayah" est l'anagramme du nom tétragramme divin. On sait que le verbe et la lumière sont de même nature en qabalah; ainsi "amirah"," dvarim" (le dire, les paroles) et "nour" (la lumière du feu) ont la même valeur guématrique et la même consistance (256), "dibour" (discours) a la même valeur que "zohar" (lumière splendide). L'existence de l'un est liée à celle de l'autre et l'ensemble est étroitement lié au divin. Toute création est comme un nouveau-né qui émerge de la matrice, on regarde tout de suite s'il est "sain" ou "bari"

Mishnah 16

Rabbi Reh'oumay dit: "La lumière a précédé le monde, entouré de nuée et de brouillard, comme il est écrit dans Genèse 1/3: "D. dit: "que la lumière soit!" et la lumière fut!".

Ils lui dirent: "Avant que tu aies ton fils Israël, lui as-tu déjà tressé une couronne?" Il leur répondit: "Oui! La chose est comparable à un roi qui languissait son fils. Ayant trouvé une belle couronne, précieuse et renommée, il s'en réjouit disant qu'elle serait adaptée à la tête de son fils, et qu'elle lui irait bien. Alors quelqu'un s'adressa à lui pour lui demander s'il était sûr que son fils en fut digne. Il répondit: Tais-toi! L'idée est montée dans ma Pensée, comme il est dit dans II Samuel 14/14: "Car enfin nous sommes mortels, semblables à l'eau répandue sur le sol et qu'on ne peut recueillir; mais D. n'enlève pas la vie et il combine ses desseins (pense des pensées) pour ne pas repousser à jamais celui qui est banni de sa présence"

Là, il y a un parallèle entre la lumière "bonne" qui a été "formée" et réservée à l'humanité, avant sa création, et la "couronne" réservée à Israël, avant qu'il ne soit né. Cette couronne est la Royauté ou Communauté d'Israël, dernière séfirah sur l'Arbre de Vie, au contact avec le monde matériel. La couronne d'en bas s'appelle "atharah".

Selon la qabalah, D. a créé le monde par une pensée (mah'ashavah) suivie d'une volonté (ratson). L'homme peut se rapprocher de D. par une descente aux profondeurs de lui-même, et cela s'appelle "descendre dans le Char" (larédet merkavah), avant de remonter vers la Pensée (laa'lot mah'shavah).

Mishnah 25

Rabbi Bérekhyah dit: "Pourquoi est-il écrit dans Genèse 1/3, D. dit "yéhi or wayéhi or" (et la lumière fut) et non pas "wehayah or" (et la lumière est)? Ceci se compare à un roi qui possédait un objet précieux. Il le mit de côté jusqu'au moment où il lui désigne un endroit où le placer. C'est ce qui est exprimé par le mot "wayéhi", fut. Cela veut dire que la lumière était déjà là.

Cette mishnah est explicite en ce sens qu'elle confirme la précédente. La lumière primordiale "ayn sof or" précède les mondes créés. Une partie de cette lumière parvient à l'homme.

Mishnah 30

Ils (les disciples du maître Réh'oumay) lui demandèrent: Que signifie "waw"? Il leur répondit: L'univers fut scellé dans six directions. Ils lui demandèrent: Mais waw n'est-elle pas une seule lettre? Il leur répondit: Et n'est-il pas écrit dans Psaumes 104/2: "Il se drape de lumière comme d'un vêtement, il étend les Cieux comme un rideau"

Waw a comme valeur 6. Waw est un lien (ou une séparation). Il est au centre de l'Arbre de Vie, au niveau de Tifeéret, la Beauté du centre, reliée à six séfirot.

Le vêtement est "silmah" ou "simlah", équivalent à shelémah, la paix, la perfection.

Le but de la lumière incidente est d'éclairer le monde pour qu'il parvienne à la paix. Et cette lumière est représentée par la lettre "Noun", qui est aussi connaissance, et par son relais "Waw" dans le monde intermédiaire. Mais d'une part, cette lumière émise s'obscurcit au fur et à mesure de sa descente et elle n'est ravivée que par l'action de l'homme qui doit renvoyer sa propre lumière. D'autre part, cette lumière est protégée et couverte. Le choix du psaume par le narrateur n'est pas fortuit: les deux verbes se couvrir (o'theh) et étaler ou étendre (notheh) contiennent la lettre teth, image d'un dessein caché. Toute connaissance doit être relayée, mais en même temps protégée contre un usage pervers.

Mishnah 146

La sixième (parole) c'est le Trône de Gloire, qui est couronné, accompli, glorifié et bienheureux. C'est la Maison du monde à venir et son lieu se trouve dans "Hokhmah" (la Sagesse), ainsi qu'il est écrit dans Genèse 1/3: "D. dit: "que la lumière soit!" et la lumière fut!" .

Le Trône de Gloire est au centre de l'Arbre de Vie dans la séfirah "Tifeéret". Le Monde à venir commence à la séfirah "H'okhmah". On est en pleine ascension extatique (voir mishnayot précédentes). Remplacez le mot "lumière" par "connaissance " et remontez l'Arbre de Vie par la pensée. On peut parvenir à la Sagesse et percevoir le Monde à venir par une vraie connaissance de soi et de l'autre. C'est cela la connaissance de D.

Mishnah 147

Rabbi Yoh'anan dit: Il y avait deux grandes lumières, car il est dit "vayéhi or" (et la lumière fut); et c'est à propos de ces 2 lumières qu'il est dit "elle était bonne". Le Saint Béni Soit-Il prit alors une de ces 2 lumières et la cacha pour les justes aux temps à venir. C'est ce qui est écrit dans Psaumes 31/20: "Ah! Qu'elle est grande ta bonté, que tu tiens en réserve pour tes adorateurs, que tu témoignes à ceux qui ont foi en toi, en face des fils de l'homme!".

Ceci nous enseigne que cette lumière cachée, aucune créature ne saurait la contempler, car il est dit dans Genèse 1/4: "D. vit que la lumière était bonne et il établit une distinction entre la lumière et les ténèbres" , et ailleurs encore, il est écrit dans Genèse 1/31: "D. vit que tout ce qu'il avait fait, était très bien. Voilà un soir, voilà un matin, ce fut le sixième jour". Le Saint Béni Soit-Il vit tout ce qu'il avait fait, il vit le Bien "tov" rayonner de toute sa clarté "bahir". Il prit ce Bien et il y inclut les 32 sentiers de la sagesse "hokhmah" et il en fit don à ce monde-ci. C'est le sens du verset des Proverbes 4/2: "Car je vous donne des leçons du "bien"; n'abandonnez pas mon enseignement (torah)!"

Dès lors que signifie "le trésor de la Torah orale"? Le Saint Béni Soit-Il dit: s'ils observent cette mesure "midah" dans ce monde-ci, car cette mesure représente ce monde-ci, la Torah orale, ils seront considérés comme dignes de participer à la vie du monde à venir, et c'est ce Bien (tov) là qui est réservé aux Justes.

Et qu'est-ce? C'est la puissance du Saint Béni Soit-Il, dont il est écrit dans Habaqouq 3/4: "C'est un éclat éblouissant comme la lumière, des rayons jaillissent de ses côtés et servent d'abri à sa grandeur". L'éclat qui est un reflet de la lumière originelle brillera alors comme cette même lumière. Tout cela à condition que mes enfants observent la Torah et les Commandements que j'ai écrits pour les instruire, selon Exode 24/12: "L'Eternel dit à Moïse: Monte vers moi sur la montagne, demeures-y, je veux te donner les tables de pierre, la doctrine et les préceptes que j'ai écrits pour leur instruction". Et comme il est dit encore ailleurs dans Proverbes 1/8: "Ecoute, mon fils, les préceptes moraux de ton père , ne délaisse pas l'enseignement de ta mère"

Le mot qui revient dans cette mishnah comme un leitmotiv est le "Bien". Ce bien est la lumière émanant de l'infini et qui nous éclaire, qui illumine notre âme et notre esprit. Nous recevons une parcelle de la lumière primordiale. Et cette parcelle de clarté splendide est très bonne, c'est la connaissance par transmission de la Torah orale, dans notre univers limité. Mais nous savons que cette Lumière-Connaissance est inscrite ou écrite dans un univers infini et infiniment plus lumineux; celle-ci est réservée aux Justes et à tous les humains dans le monde à venir.

Mais pour qu'elle continue à briller, elle doit être alimentée par "le faire" des humains, c'est à dire l'observance des mitswot, qu'elles viennent du côté de la miséricorde (préceptes d'éthique) ou qu'elles proviennent de la rigueur, interdits et instructions.

Source : http://soued.chez.com/bahlum.htm

Repost 0
Published by Albert SOUED - dans Kabbale
commenter cet article
1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 17:01

Préliminaires

D'après un spécialiste du mysticisme de la Qabalah, Gershom Sholem, le monothéisme ne peut trouver sa véritable raison d'être que dans une tension et un va-et-vient entre les deux pôles extrêmes du tout ou rien. "Tout" est l'adhésion totale au divin ou la recherche du divin en toute chose, entraînant de ce fait les avatars de l'idolâtrie et du polythéisme. "Rien" est la vacuité de toute spiritualité, la négation de toute transcendance, la matière étant origine et fin. Liés à la recherche d'absolu, ces deux pôles extrêmes engendrent les intégrismes et la violence. La spiritualité du monothéisme est une recherche du divin, à travers ses deux aspects transcendant et immanent, excluant de se fixer à l'un ou l'autre des pôles extrêmes. Elle implique le mouvement et la mobilité de l'être, à la recherche de la zone d'équilibre et d'apaisement personnel entre les extrêmes, tout en évitant de s'en approcher.

La Tradition de la Qabalah qui n'est qu'une tendance de "la stricte voie tracée", offre précisément à chacun la possibilité d'évoluer dans le sens de l'équilibre, par la construction d'une arborescence appelée "Arbre de Vie" et par le cheminement dans ses sentiers, dans le but de sentir et de repérer la voie du milieu. Elle offre la possibilité de discerner entre les dualités qui nous habitent, tant sur le plan pratique que sur le plan éthique. L'être humain baigne dans le mélange du bien et du mal, agit avec intuition et jugement, réagit par la rigueur et la miséricorde, vit à travers des comportements actifs et passifs, masculin et féminin... Encore faut-il en être conscient.

La connaissance du divin passe par la connaissance de soi, mais on peut aussi inverser la proposition. La démarche de réflexion et de cheminement liée à l'Arbre de Vie pose un acte et crée des repères, facilitant de ce fait la relation avec le divin. Celle-ci est une vibration autorisant une approche, un simple effleurement.

On peut appréhender l'Arbre de Vie comme un modèle de l'esprit se reflétant dans tous les actes de la vie matérielle ou comme une transposition des archétypes humains dans un univers aux limites du cerveau humain, allant jusqu'aux frontières du divin. Appelé monde intermédiaire, cet espacement est le résultat de séparations successives résultant du processus de la création et de l'éloignement progressif du divin. Comparable à un sas entre le monde spirituel et le monde matériel, ce monde est inaccessible au profane. Mais un individu préparé peut le sentir, le percevoir ou s'en rapprocher.

L'infini "ayn sof" est une "unité sans limite" qui règne dans l'éternité. Cette unité est aussi une volonté sans finalité, sans besoin et sans détermination. De cette volonté naît la pensée ou le projet de créer l'univers: l'origine du déclic est la Cause des Causes, le secret absolu et insondable, la grande interrogation qui sépare la foi de l'incrédulité. Le résultat de cette pensée est ce double mouvement simultané de retrait et d'émanation, qui équivaut en fait à une immobilité sur le plan ontologique. Le mouvement de retrait aboutit à faire le vide, à obtenir le "néant" et à laisser une place à la création. Le mouvement inverse est celui de l'émanation qui aboutit à remplir ce néant de lumière, une "lumière sans limite". C'est la "Sagesse du Commencement".

Globalement l'"unité sans limite" s'est déjà retirée dans son immobilité, en ne laissant qu'une "trace", presque un souvenir que l'homme fait revivre par son action et par sa propre pensée. D'où le schéma d'un Arbre de Vie, agencement spécifique des "attributs" du divin, de cette trace du "sans limite", pour la saisir ne serait ce qu'un instant, une fraction de seconde avant qu'elle ne s'évanouisse dans la nuit du temps. L'être humain cherche à conserver cette petite parcelle de lumière, cette étincelle qui lui est parvenue. Il cherche à la faire vivre à travers les branches et les noeuds de cet "Arbre de Vie", appelés lettres et séfirot.

Sur le plan matériel, l'être humain est un être fini qui ne peut réaliser cette sauvegarde qu'avec ses limites. Il est ainsi amené à illustrer le fond de sa pensée par des images et des schémas. Mais comment représenter l'idée que l'on se fait d'émanations, de flux de lumière, d'écoulement de rosée, d'attributs émanant d'un être infini, à la fois lointain et proche, sans tomber dans l'anthropomorphisme? Et il est encore plus difficile d'exprimer en langage humain compréhensible l'idée que l'on se fait de la pensée de D. eu égard au monde créé.

La Tradition a essayé de combler ce fossé en proposant cette notion de "séphirah" qui a reçu les désignations les plus étranges et les plus poétiques: parole, lumière, force, source, saphir, mesure, couronne…. Ce mot dérive de la racine s/p/r qui a plusieurs sens: numération (nombre, recensement), narration (récit, livre), transparence (saphir, sphère). Pour se fixer les idées on peut dire que les séfirot sont les vases créés par l'épanchement de la lumière originelle, celle qui provient du mouvement de retrait et d'émanation de l'unité "sans limite". Ces vases sont aussi bien des récepteurs que des transmetteurs, aussi bien des récipients que des outils de la création.

Tant les lettres de l'alphabet peuvent être aisément appréhendées comme les briques élémentaires du langage, de la création et de l'action, dans la construction de l'univers, tant les séfirot apparaissent comme des entités abstraites, difficiles à concevoir. Plus l'être humain parvient à élever son âme et à tendre vers son côté infini, plus il est capable de les sentir ou de les comprendre. En fait, il faut savoir ici que le monde intermédiaire des forces-séfirot et des signes-lettres coïncide avec le monde des anges et des âmes, qui sont deux aspects d'une même unité, à l'image de la lumière qui est à la fois ondes et particules.

L'Arbre de Vie est la construction centrale de la Qabalah. Il est une image universelle de l'unité fracturée dans le décimal. Pour se fixer les idées, le nombre dix peut être représenté par des choses aussi concrètes que des oiseaux ou des fruits; ici il s'agit de notions abstraites comme la sagesse, la compassion ou le discernement.

Malgré ou grâce à son anthropomorphisme, l'Arbre de Vie est une image qui plaît. Elle est comme une empreinte subtile que le monde spirituel a laissé dans le subconscient de l'homme, ou dans sa mémoire profonde. Des approches différentes sont pourtant nécessaires pour en préciser le contour, même si on est amené à se répéter. Nous abordons ci-dessous une approche à travers les premières occurrences des mots dans la Bible, ainsi qu'une approche sémiologique qui la complète.

Kéter

"Kéter", la couronne, n'est citée que trois fois dans la Bible. Ces trois citations proviennent du livre d'Esther et à chaque fois le mot Kéter est associé à Malkhout, le Royaume. Dans ces trois et seules citations de la couronne, la première et la dernière séfirah sont ainsi unies. "Kéter Malkhout" est la couronne royale avec laquelle la reine Vashty devait se présenter devant le roi Assuérus, quand elle était invitée au banquet des hommes (Esther 1/11).

Esther 1/11: (le roi ordonna) "d'amener devant le roi la reine Vashti, ceinte de la couronne royale, dans le but de faire voir sa beauté au peuple et aux grands, car elle était remarquablement belle".

Après son refus de venir nue devant le roi, Vashty fut répudiée et sa couronne fut transmise à la belle Esther, après de nombreuses péripéties (Esther 2/17). Enfin, malgré la haine de Haman contre le peuple hébreu en général et contre Mordekhay en particulier, et malgré ses projets funestes d'extermination, Mordekhay a été honoré par le roi pour avoir su déjouer un complot contre lui. En récompense, Mordekhay devait faire le tour de la ville sur un cheval royal, avec la Couronne Royale et conduit par son ennemi Haman (Esther 6/8).

La couronne royale est ainsi liée à la célébration de Pourim, pour fêter "le changement du sort (pour)", le renversement d'une situation. Ces occurrences et le lien étroit entre les deux séfirot Kéter et Malkhout ne sont pas fortuits. Malkhout est considérée parfois comme la couronne du bas et elle est ainsi appelée "a'théret". Ces associations signifient que de Kéter à Malkhout, on se trouve devant la même unité. La descente de Kéter à Malkhout entraîne aussi la remontée de Malkhout vers Kéter; il ne s'agit pas d'un aller simple mais d'un aller et retour. Ceci est confirmé par l'équivalent guématrique de "Kéter" qui vaut 620, soit le mot "e'srim" ou 20. Vingt est le nombre de séfirot dans le voyage aller et retour.

Sur le plan sémiologique, Kéter est le "signe dans l'arrondi", le couvre chef qui protège et qui sépare, formant la haie du Roi, entre un monde à part et secret et le début de l'univers divin. Kéter est l'attribut suprême, resplendissant dans son silence, à la fois pressant vers le bas et limitant le champ de l'ascension. La Couronne Kéter délimite le monde intermédiaire et protège l'accès à l'univers d'en Haut. Cette protection pourrait être une explication du renversement de situation, le sens profond de la transformation du sort ou "pour" de Pourim.

H'okhmah

H'okhmah, la Sagesse, est citée plus de 150 fois dans la Bible-Tanakh, mais seulement dix fois dans le Pentateuque. La première occurrence de H'okhmah se trouve dans Exode 28/3: "Tu enjoindras donc à tous les artistes habiles, que j'ai doués du génie de l'art, qu'ils exécutent le costume d'Aaron, afin de le consacrer à mon sacerdoce"

Il s'agit des recommandations données à Moïse pour confectionner l'habit du grand prêtre Aharon. Cet habit doit être réalisé par des artistes inspirés dont le cœur aura été rempli de l'"esprit de sagesse".

Les autres citations de l'Exode concernent la conception et la construction de la tente du Rendez Vous et des différents objets et ustensiles pour le culte. Les qualités ou attributs de "Sagesse – Intelligence (discernement) - Connaissance" sont liés dans ces citations. Ces qualités sont attribuées en particulier à deux hommes Oholiav et Betsal-el, mais aussi à tout artiste, homme ou femme, dont le cœur aura été rempli de l'esprit divin.

Le premier verset du Deutéronome contenant la H'okhmah concerne l'observance et la pratique des lois et des statuts; celles-ci confèrent au peuple hébreu à la fois la Sagesse et le Discernement (Deutér 4/6). Dans le second verset (Deutér 34/9), Josué fils de Noun est investi comme héritier de la tradition mosaïque, car il est plein de l'esprit de sagesse.

Dans les autres parties de la Bible, les trois attributs cités ci-dessus sont repris pour qualifier les artisans du Temple de Jérusalem, Salomon et Hiram, mais aussi la reine de Saba. La plupart des autres citations se trouvent dans les deux livres attribués au roi Salomon, l'Ecclésiaste et les Proverbes, ainsi que dans le livre de Job.

Sur le plan sémiologique, H'okhmah est un questionnement sur l'existence, le point de départ de la création et la chaleur du début. Les qabalistes y ont vu le Père "aba", le point yod, germe créateur.

Ainsi l'attribut Sagesse est étroitement lié au cœur qui se remplit de l'esprit divin. Il est conféré aussi bien à des hommes qu'à des femmes. Cette Sagesse préside à la conception et à la construction de la Tente du Rendez Vous et du Temple de Jérusalem, microcosmes à l'image du macrocosme. L'observance des commandements par le commun des mortels mène à cette Sagesse, et aussi au Discernement, séfirah suivante.

D'après la tradition, la Sagesse s'acquiert par la crainte de D., mais comme toutes les qualités il ne faut pas en abuser. L'exagération dans la Sagesse mène à la vanité et au chagrin. Parfois un peu de folie a plus de poids qu'un excès de Sagesse.

Mais la Sagesse reste néanmoins du côté de la miséricorde.

Binah

Binah est le Discernement et cette séfirah apparaît pour la première fois dans le Deutéronome 4/6 cité ci-dessus. La Sagesse et le Discernement sont les deux attributs auxquels peuvent accéder ceux qui observent et pratiquent les commandements. C'est la seule occurrence dans le Pentateuque.

Deutéronome 4/6: "Observez les et pratiquez les! Ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, car lorsqu'ils auront connaissance de toutes ces lois, ils diront: "Elle ne peut être que sage et intelligente cette nation!"

Il y a une quarantaine de références bibliques surtout dans Job et les Proverbes, toutes liées à la compréhension des choses avec les limites du cerveau.

L'autre désignation rencontrée est Tvounah, l'intelligence, terminologie très voisine de Binah.

Le discernement suggère une "pensée construite": comme on édifie une maison à partir d'une fondation, comme on élève son enfant, on construit un raisonnement. Pour comprendre le sens intime des choses, on commence par un ordre logique, on y ajoute du bon sens, avec comme but suprême la connaissance du divin. La connaissance de Soi en découle. On discerne une parole à partir d'une autre parole à travers sa propre intériorité et le concept prend alors naissance progressivement. Binah implique la rigueur du raisonnement et du jugement.

Sur le plan sémiologique Binah est l'intériorité dans la connaissance du divin.

Les qabalistes y ont vu la mère "ima", la matrice des sept attributs suivants, le souffle créateur et le signe du féminin. Elle est la porte de passage vers le monde supérieur, interdit au commun des mortels.

Daa't

Daa't , la connaissance n'est pas un attribut en soi et n'est pas décompté parmi les dix séfirot. Il résulte d'une synthèse entre les deux séfirot précédentes H'okhmah et Binah. Dans certaines constructions de la Qabalah, Daa't est mis en avant à la place de Kéter. La "connaissance du divin" résulte d'une fusion harmonieuse de la Sagesse et du Discernement.

La première occurrence du mot "Daa't" est précoce puisqu'elle apparaît au début de la Genèse. Genèse 2/9: "L'Eternel fit surgir du sol toute espèce d'arbres, beaux à voir et propres à la nourriture; et l'arbre de vie au milieu du jardin, avec l'arbre de la connaissance du bien et du mal"

Elle désigne un arbre à l'intérieur du jardin d'Eden. Cette citation est suivie de l'interdiction de manger du fruit de l'Arbre de la connaissance du Bien et du Mal, sous peine de mourir (Gen 2/17). Puis Adam contrevient à cette interdiction et acquiert ainsi la même connaissance que le divin. Puis il s'apprête à manger de l'Arbre de Vie qui lui confère l'immortalité (Gen 3/22). Comme en Eden la connaissance et l'immortalité sont antinomiques, Adam a été amené à choisir la finitude de la vie avec le mélange du bien dans le mal.

Les autres citations bibliques confirment que Daa't désigne la connaissance du divin, conférée à certains êtres pour qu'ils puissent réaliser sur terre des œuvres symboliques et significatives à l'image d'un monde supérieur (Tente du désert, Temple de Salomon).

Sur le plan sémiologique, Daa't est la porte qui s'ouvre sur les origines et la source du signe, ou vers le temps "hors du temps", l'infini. Daa't est le delta ou le triangle lumineux, le passage de la lumière descendante ou de celle qui remonte quand elle est amplifiée par l'action humaine.

H'essed

La miséricorde H'essed est citée près de 250 fois dans la Bible mais la première citation se trouve dans la Genèse et concerne les relations entre le patriarche Abraham et sa femme Sarah. Quand il entre à Gerar, au royaume philistin d'Abimelekh, pour y demeurer, Abraham demande à Sarah, comme une faveur, de le présenter aux autorités locales comme étant son frère et non comme son mari. En effet, il était d'usage à cette époque qu'un roi local s'empare d'une belle femme et tue son époux; par contre, si l'homme qui l'accompagne n'est que son frère, il est épargné. Abraham demande ainsi la miséricorde à sa femme, la vie sauve. De plus ce n'était pas un mensonge, car Sarah était la fille de son père (et non de sa mère) et à cette époque, l'union était autorisée dans cette configuration.

Genèse 20/13: "Or lorsque D. me fit errer loin de la maison de mon père, je lui dis (à Sarah): voici la grâce que tu me feras. Dans tous les lieux où nous irons, dis que je suis ton frère!"

La citation qui suit se situe dans le même contexte du trio Abraham - Sarah - Abimelekh mais cette fois-ci, Abimelekh, dont la cour est atteinte d'une grave épidémie et qui est lui-même menacé de mort par l'Ange divin, renonce de ce fait à ravir Sarah à son époux. Souhaitant s'installer dans la région, Abraham creuse un puits dont les Philistins s'emparent. Il se plaint auprès d'Abimelekh. Pensant avoir agi correctement à son égard, puisqu'il ne lui a pas ravi Sarah, Abimelekh exige d'abord d'Abraham un serment de fidélité, avant d'intervenir pour le puits. Abraham lui offre alors sept brebis comme gage du serment, mais aussi comme preuve qu'il a creusé un puits et que celui-ci lui appartient; c'est le "serment au puits" de Beer Shewaa'.

La miséricorde de la première occurrence est en fait la grâce. Celle de la seconde est la "faveur du ciel", puisque grâce à l'ange divin qui a menacé de mort Abimelekh, le couple patriarcal a été épargné. Abimelekh a accaparé la grâce divine pour la mettre en avant et obtenir le serment d'Abraham (Genèse 21/23).

Dans les autres parties de la Bible, H'essed est la grâce qui fait suite à une injustice ou qui précède un voeu, une prière, une supplication. Elle est liée à la piété, la bonté, la charité, la bienveillance, l'affection, la reconnaissance, la faveur, la pitié… Il s'agit toujours d'une action ou d'un défaut d'action liés à un événement ou à une relation. Il y a toujours une réciprocité ou un échange, et souvent la miséricorde est liée à la recherche de la vérité "émet".

Sur le plan sémiologique, il s'agit d'un sentiment qui "coule du sein, du cœur", du sein maternel ou du cœur paternel. La cigogne qui est réputée avoir beaucoup d'affection et de charité pour ses petits s'appelle "h'assidah". Un homme pieux et bon s'appelle "h'assid".

Une mot voisin est employé au lieu de "h'essed", "rah'amim", la compassion. Ici l'image est celle du vautour protégeant ses petits ou la matrice donnant la vie. Ici aussi les premières occurrences du mot dans la Genèse se trouvent dans des situations de relations tendues et fortes, dans les rapports entre Joseph et son père Jacob et ses frères (Gen 43/14-30). Rah'amim est liée à l'indulgence, au pardon, à la pitié, à la clémence.

Gvourah

Ce mot apparaît une soixantaine de fois dans la Bible et la première fois dans l'épisode du Veau d'Or. Moïse descend de la montagne où il vient de recevoir les Tables de la Loi. Il entend les clameurs des Hébreux et leurs chants. Il essaye de les interpréter, en écartant l'hypothèse de cris ou de chants de la victoire. En fait, ce sont les hurlements affligeants d'une décadence, du retour à l'adoration idolâtre. Les Hébreux viennent d'ériger un veau d'or...

Exode 32/18: "Moïse répondit: ce n'est point le bruit d'un camp de la gloire, ce n'est point le cri annonçant une défaite, c'est une clameur affligeante que j'entend"

Ici "gvourah" exprime l'inverse du laisser aller, de l'indulgence, de la défaite. Il s'agit de la rigueur de la force victorieuse.

La deuxième occurrence se trouve dans Deutéronome 3/24 où la rigueur est liée ici à l'action, et elle exprime la force et la puissance divine: "Seigneur Eternel! Déjà tu as rendu ton serviteur témoin de la grandeur et de la force de ton bras; et quelle est la puissance dans le ciel ou sur la terre qui pourrait imiter tes œuvres et tes merveilles!"

La plupart des mentions de Gvourah, la Rigueur, se trouvent dans les Prophètes et les Psaumes et ont signification la force, la vigueur, la gloire, la puissance, notamment celles de D.

Cet attribut est également lié à la grandeur "gdoulah". Sur le plan sémiologique "gvourah" est la force masculine du jeune adulte sortant de l'adolescence et du milieu familial et allant affronter les forces sauvages extérieures, le lion venu boire à la source d'eau. Sur le plan symbolique, la rigueur de gvourah est de couleur brune.

Gvourah et gdoulah apparaissent avec les trois séfirot suivantes dans 1Chroniques 29/11 où David parle de D. devant l'assemblée d'Israël. Il semble ainsi de ce fait que les séfirot ou attributs divins aient pris forme à l'époque de la rédaction des Chroniques, soit 4/5 siècles avant l'ère courante.

Tifeéret

Les deux premières occurrences de Tifeéret, la Beauté se trouvent dans l'Exode pour qualifier le vêtement sacré du grand prêtre Aharon et de ses fils. Tifeéret est le symbole de la majesté de la fonction de prêtres, car, à travers le sacerdoce, ces hommes sont consacrés à D. Ils doivent être le reflet de la beauté et de la majesté divine.

Exode 28/2-40: "Tu feras confectionner pour ton frère Aharon des vêtements sacrés, insignes d'honneur et de majesté" - "Pour les fils d'Aharon également tu feras des tuniques, et pour eux aussi des écharpes, puis tu leur feras des turbans, signes d'honneur et de dignité"

Aharon et ses fils portent ces vêtements, décrits et confectionnés avec beaucoup de précision, avant d'entrer dans la Tente du Rendez Vous ou lorsqu'ils s'approchent de l'autel.

On rencontre une cinquantaine d'autres citations essentiellement dans les Prophètes, les Proverbes et les Chroniques pour signifier la parure, le décor, l'ornement, la gloire, la beauté, la lumière, la magnificence.

Au centre de l'Arbre de Vie, "Tifeéret" est souvent liée à la couronne d'en Bas "Malkhout" représentée par l'expression "athéret". Elle est parfois aussi associée aux deux séfirot du niveau prophétique "Netsah'" et "Hod", quand on parle du roi David.

Sur le plan sémiologique, Tifeéret est le signe de la lumière qui traverse, incidente ou réfléchie par le miroir d'en Bas, Malkhout. Attribut central, la Beauté est le lien entre le haut et le bas de l'Arbre de Vie. Tifeéret amplifie la lumière qui la traverse et cette lumière est aussi le verbe, la parole, la prière…

Les qabalistes y ont vu l'aspect immanent et masculin du divin, le Prince, et aussi le lien central Waw du tétragramme "yod-hé-waw-hé".

Netsah'

La première occurrence de cet attribut est tardive puisqu'on ne la trouve que dans le livre de 1Samuel 15/29: "du reste le protecteur d'Israël n'est ni trompeur ni versatile, ce n'est pas un mortel pour qu'il se rétracte…"

Cet attribut est "le protecteur d'Israël". Les circonstances de l'occurrence de Netsah', la Victoire, sont liées au péché du premier roi d'Israël, Saül. Le roi regrette déjà sa transgression et la confesse à son protecteur, le juge Samuel. Celui-ci lui annonce alors que D. lui arrache la royauté qu'il lui avait accordée, non par versatilité, mais pour "protéger Israël". Saül venait d'épargner Agag, roi d'A'maleq, ennemi implacable d'Israël (ennemi intérieur ou extérieur). Samuel accomplit l'acte que Saül, par peur ou par faiblesse, ne réussit pas accomplir, "tuer A'maleq", obtenir la "Victoire" sur lui! A'maleq représente le mal absolu extérieur ou en soi. Si A'maleq est épargné, Israël est en danger. D. apparaît ici comme le protecteur d'Israël.

Or Netsah' signifie Victoire, ou la durée, l'éternité. Quels en sont les rapports avec cette protection? D. est la victoire contre l'Autre Côté, le Mal, et ceci dans la durée, éternelle, infinie et dans le but de protéger Israël. Netsah' est la victoire sur l'impureté de la mort. Netsah' est un attribut du côté de la miséricorde, il est aussi la victoire durable de l'innocence.

Sur le plan sémiologique, Netsah' est la lumière qui brille d'une façon claire et limpide, la lumière primordiale et éternelle. Sur le plan symbolique, on a l'image du faucon (nets) sur la muraille (h'et), celle de la Victoire et de l'Eminence.

Les qabalistes y ont vu les lèvres qui s'entrouvrent pour prier, le début de l'esprit prophétique, la victoire sur ses propres instincts maléfiques.

Hod

La première occurrence de Hod, la réverbération se trouve dans Nombres 27/20: "Tu lui communiqueras une partie de ta majesté, afin que toute l'assemblée des enfants d'Israël lui obéisse", au moment où D. recommande à Moïse, avant sa mort, de transmettre à Josué une partie de sa splendeur.

La vingtaine d'autres citations se trouvent dans les Prophètes, les Psaumes et les Chroniques et ont pour sens la majesté, la gloire, l'éclat, la magnificence et la splendeur.

Le mot "hod" a pour sens commun la résonance, la réverbération avec un lien avec la parole prophétique qui se transmet grâce au charisme ou à l'exaltation ou par un être dont l'âme est élevée. Hod est aussi le halo de l'action humaine, qu'elle soit prière, étude ou générosité envers l'autre; il est aussi l'écho attendu de cette action.

Sur le plan sémiologique "hod" est à la fois une fenêtre et une porte, une fenêtre laissant passer le souffle de l'esprit ou une porte ouverte vers l'extérieur. La qabalah a vu dans hod le niveau de la voyance, l'esprit saint, l'attribut lié à l'archange Michaël, celui qui protège Israël.

Hod est du côté de la rigueur et des honneurs, c'est aussi un écho pesant de la gloire ou la lourde résonance d'une majesté.

Yésod

La première occurrence parmi la vingtaine de citations bibliques se trouve dans Exode 29/12: "tu prendras de son sang, que tu appliqueras sur les cornes de l'autel avec ton doigt: et le reste du sang tu le répandras dans la réceptacle de l'autel". Yésod désigne le réceptacle du sang du sacrifice, le fondement de l'autel.

Les autres citations ont pour sens le fondement ou la restauration de ce fondement.

Sur le plan sémiologique, Yésod a pour sens la "réalisation du secret" , c'est à dire sa transformation concrète par la révélation. La centralité de cet attribut divin le désigne comme un passage vers le monde humain, à travers la dernière séfirah Malkhout, le Royaume.

Les qabalistes y ont vu le Yod d'en Bas, l'immanence du divin par sa divulgation, mais aussi, le niveau du Juste, fondement du monde créé. Yésod est l'exutoire des épanchements supérieurs avant leur déversement dans la dernière séfirah Malkhout.

Malkhout

Le royaume Malkhout est cité plus de cent fois dans la Bible. La seule citation du Pentateuque est dans Nombres 24/7: "La sève ruisselle de ses branches (Bilaa'm prophétisant et parlant d'Israël), et sa graine est abondamment arrosée, son roi est plus grand que n'est Agag (roi d'A'maleq), sa royauté est souveraine!…".

Bilaa'm est un prophète étranger chargé par le roi Balaq de maudire Israël. Or, de ses lèvres sortent des paroles de bénédiction. Comme pour la première séfirah Kéter, on assiste ici aussi à "un renversement du sort", du destin d'Israël.

La plupart des autres citations sont dans les Psaumes pour désigner le Royaume de D., mais aussi dans Esther, comme on l'a vu ci-dessus avec Kéter, dans Daniel et les Chroniques. Le sens commun de Malkhout est aussi bien la royauté que le royaume.

Sur le plan sémiologique Malkhout est l'élévation de la matière par le signe, c'est à dire que le monde matériel s'élève par l'étude des symboles et des signes cachés.

Les qabalistes y ont vu l'aspect féminin de l'immanence divine ou Shékhinah, le "hé" du bas, l'exutoire de tous les flux de l'Arbre de Vie, la Communauté d'Israël…

Cette séfirah est aussi appelée "a'théret" ou diadème, la couronne d'en Bas. Elle entoure la Présence divine ou Shékhinah comme d'un lit de fleurs. A ce niveau se situe l'âme vitale "néfesh", l'âme animale, premier niveau de prise de conscience dans le processus d'élévation.

Au terme de ce parcours, on peut noter la différence numérique entre les valeurs de Kéter (620) et de Malkhout (496) qui est de 124, soit la définition même de la structure de l'Arbre de Vie: l'unité du concept divin, la dualité des pôles entre lesquels on se meut dans les différents sens (bas-haut, gauche-droite), le ternaire des trois colonnes dont celle de l'équilibre central (1+2), le quaternaire par le nombre des univers successifs parcourus, de la conception à l'action en passant par la création et par la formation. La valeur numérique 124 est aussi celle de deux mots significatifs: "e'den", le jardin qui coïncide avec le monde intermédiaire que nous venons de parcourir et qui est le refuge des qabalistes et de ceux qui entreprennent l'ascension de l'Arbre; et "lapid", la torche ou la lumière nécessaire pour éclairer l'ascension mais aussi celle qui est reflétée par ces êtres hors du commun, les Justes, dont le visage resplendit comme une torche.

 Source : http://soued.chez.com/sefirot2.htm

Repost 0
Published by Albert SOUED - dans Kabbale
commenter cet article
1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 06:21

Philologue, historien et théologien israélien, né à Berlin, Gershom Scholem étudia à Berlin, à Iéna, à Berne et à Munich. Il enseigne à l'université de Jérusalem et, depuis 1968, est président de l'Académie israélienne des sciences et des humanités. Son adhésion au mouvement sioniste alors qu'il était encore étudiant l'amena à s'intéresser aux sources de la tradition juive ; il devint alors un véritable érudit et un pionnier dans l'étude de la kabbale. Sa thèse de doctorat est consacrée à la traduction et au commentaire du Sefer ha-Bahir (Das Buch Bahir, 1923), l'un des premiers et des plus difficiles textes kabbalistiques. Chercheur passionné et écrivain fécond, il n'a cessé depuis 1923 d'établir des manuscrits appartenant à la période médiévale de la littérature juive, de publier de nouveaux textes ou de brosser de grands panoramas historiques : Les Grands Courants de la mystique juive (Major Trends in Jewish mysticism, 1re éd., New York, 1941) ; Jewish Gnosticism-Merkabah Mysticism and Talmudic Tradition, New York, 1960 ; Les Origines de la kabbale, Paris, 1966 ; La Kabbale et sa symbolique, Paris, 1966 (Zur kabbala und ihrer Symbolik) ; Le Messianisme juif, Paris, 1974. Il a profondément renouvelé l'attitude du public « éclairé » à l'égard des spéculations gnostiques et mystiques médiévales, méconnues et dédaignées par le rationalisme hérité du xixe siècle (à l'exception toutefois de savants comme Salomon Munk). Dans l'introduction aux Grands Courants de la mystique juive, il écrit notamment : « Les grands savants du siècle dernier, Graetz, Zunz, Geiger, Luzzatto, ont peu de sympathie, pour ne pas dire davantage, envers la kabbale [...]. Celle-ci résumait tout ce qui était opposé à leurs propres idées et aux vues qu'ils espéraient faire prédominer dans le judaïsme moderne. » Pour Scholem, la mystique est « une étape déterminée dans le développement historique de la religion ». Il estime que trois grands traits caractérisent la mystique juive. Le premier s'exprime par la réticence pour la confession personnelle, la réserve quant à tout ce qui touche l'expérience mystique, l'absence d'éléments autobiographiques : « Les Juifs, écrit-il, ont gardé un sens particulièrement vif de l'incongruité entre l'expérience mystique et l'idée de Dieu qui met en valeur les aspects de Créateur, de Roi et de Législateur. » Le deuxième trait de cette mystique est une attitude métaphysiquement positive à l'égard du langage considéré comme l'instrument propre de Dieu ; le langage ordinaire de l'homme est un reflet du langage créateur de Dieu et il n'est nullement inadéquat à ses tâches. En troisième lieu, la mystique juive se caractérise par la déférence à l'égard de la tradition : plus l'intuition mystique est pure, vraie et parfaite, plus elle est proche de la véritable tradition, de la « connaissance originelle de l'humanité » ; ainsi s'explique le paradoxe fréquent qui fait que des thèses entièrement neuves soient acceptées au titre de la sagesse traditionnelle. Scholem reconnaît enfin « l'affinité particulière de la pensée kabbalistique avec la pensée mythique » ; il y a là un problème pour ceux qui considèrent le monothéisme juif comme étant précisément la religion qui a rompu radicalement avec tout ce qui est mythique. « Ce qui est réellement requis, estime Scholem, c'est une compréhension de ces phénomènes qui n'éloigne pas du monothéisme. » Des travaux analogues à ceux de Scholem sont poursuivis en France par Georges Vajda, directeur à l'École pratique des hautes études à Paris.

Source : http://dovbotturi.canalblog.com/archives/2010/05/21/17963472.html

Repost 0
Published by X - dans Kabbale
commenter cet article
1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 06:19

Le Sefer ha-Bahir traditionnellement attribué à Nehunya Ben Ha-Kanah (Ier siècle .c.) a été, dans la version qui nous en est parvenue, compilé en Provence au XII siècle.
Il constitue les premiers balbutiements de la Cabale médiévale.

"Je suis celui qui a planté cet arbre, si bien que tout l'univers le vénère avec enchantement, et j'ai donné forme avec lui au Tout et l'ai nommé "Tout"; car le Tout est attaché à lui et le Tout vient de lui, tout a besoin de lui, et ils le regardent et tremblent devant lui, et de là sortent les âmes. J'étais seul lorsque Je le fis, et aucun ange ne peut s'élever au-dessus de lui et dire: j'étais là avant toi; car lorsque Je donnai forme à ma terre, lorsque Je plantai et enracinai cet arbre et leur donnai cette joie dont Je me réjouis, qui aurait été près de Moi, à qui J'aurais révélé ce secret? (...)

Et qu'est cet "arbre" dont tu as parlé? Il lui dit: Toutes les forces de Dieu sont situées l'une par-dessus l'autre et elles ressemblent à un arbre: comme l'arbre produit ses fruits grâce à l'eau, Dieu accroît les forces de "l'arbre" par l'eau. Et qu'est l'eau de Dieu? C'est la Chochma (sagesse), et cela (à savoir le fruit de l'arbre), c'est l'âme des justes, qui vont de la "source" au "grand canal", et elle monte et s'attache à l'arbre. Et par quoi fleurit-il? Par Israël: s'ils sont bons et justes, alors la Schekina habite parmi eux, et par leurs oeuvres ils demeurent en Dieu, et Il les rend féconds et les fait se multiplier."

Extraits du Bahir, premier écrit des kabbalistes, cité dans la Kabbale et sa symbolique, G. Scholem

Le Livre de la clarté

Cet ouvrage dont on ne connaît ni l’auteur ni la date de parution (sans doute la première partie du XIIe siècle en France) est le tout premier écrit appartenant à la littérature de la cabale. Composé à partir de sources orientales encore peu connues, il en développe cependant la plupart des grands thèmes : mystique des lettres, migration des âmes, système des sephirot, combinaisons de Noms divins, procédure de prières, méditations sur la création du monde et sur le mystère de la Mercabah (Char céleste). Il constitue à ce titre un complément précieux pour une bonne intelligence du Zohar. Les fragments pleins de secrets du Bahir abordent également la question du mal, et ce de manière si originale qu’un savant comme Gershom Scholem a pu dire que c’était un livre gnostique.
En fait, loin de croire en la réalité de deux principes souverains antagonistes, il considère que le mal autant que le bien sont l’œuvre de Dieu unique lui-même. Les pages les plus remarquables sont celles qui contiennent les énoncés sur le masculin et le féminin. Selon ce texte, le monde a été créé par leur union, et la rédemption des âges messianiques ne s’obtiendra que par elle.

Le Bahir apparaît comme un recueil peu ordonné d’explications de passages de la Bible, du Talmud ou de traditions populaires. Sous la forme habituelle du Midrach, des Maîtres répondent, le plus souvent avec bonhomie, aux disciples qui les harcèlent et leur reprochent même d’accroître l’obscurité quand on leur demande la lumière (alors qu’elle ne resplendira et ne sera supportable qu’au bout de « mille générations »). Le Maître semble vouloir les orienter vers une perception polyphonique de l’ensemble des textes ou des signes qui offrent des images ternies de la structure des mondes. Elles bruissent comme des essaims d’abeilles et le sens n’est qu’une introduction à une audition contemplative et active, soutenue et canalisée par la prière, le respect littéral des rites compris dans leur signification profonde, l’observance des préceptes moraux et l’étude perpétuelle de la Loi. Le Bahir, généreux en résonances, est consacré, pour une bonne part, à la traduction symbolique des Dix Paroles de la Création qui introduisent aux mystères des middot et des séphirot.

Prétendre entrer sans embarras ni surprise dans la pensée du Bahir serait témérité : un lecteur habitué à l’idée que le judaïsme a radicalement rompu avec une conception lumineuse du sacré, se trouve, en effet, désemparé et étonné devant l’enseignement d’un livre qui n’hésite pas à renouveler la signification mythique du divin. Et ce sous forme de propositions données pour évidentes, sans explication donc. En son temps, aux environs de 1180, au Sud de la France, le texte suscita d’ailleurs l’indignation de rabbins, leur opposition à cette interprétation ésotérique de versets bibliques détachés de leur contexte, à ces jugements théosophiques qui osaient voir dans le mystère du monde le reflet des mystères de la vie divine dont ils livraient la clé. Ils refusaient le retour du mythique, d’un sens mystique donné à la cosmologie. Le Bahir, pourtant, joua un rôle fondamental dans le développement du mouvement kabalistique, en particulier en Espagne ; il est, en ce sens, un indispensable complément à l’étude du Zohar.
Les fragments sur le mal retiennent l’attention. Le mal – le Bahir serait-il marqué par la gnose comme l’estime G. Scholem ? – constituerait un principe et une qualité en Dieu même : « Il créa le Tohu et le plaça dans le mal » . La lumière, cependant, jaillirait des ténèbres, le bien du mal – pensée propre à la sensibilité mystique certes mais dangereuse quant à la logique qu’elle pose, les applications hâtives que d’aucuns en font. Remarquables sont aussi les exégèses sur le masculin et le féminin, ces deux principes par lesquels le monde fut créé et dans l’union desquels réside l’espérance de rédemption. Animant la vie divine même, masculin et féminin, en leur alliance, portent mémoire de l’œuvre du commencement et, en ce monde, l’union de l’homme et de la femme accomplit la promesse de la victoire du bien sur le mal, de l’unité sur la séparation.
Cette lecture qui transforme la Thora en « corps mystique » (G. Scholem), pour mystérieuse qu’elle soit, ne laissera pas indifférent : ne propose-t-elle pas une réponse – inouïe – à la question des fondements des commandements ? Une réponse qui voudrait faire entrer dans les secrets mêmes de l’œuvre divine.

Source : http://cabbale.blogspot.fr/2009/06/le-bahir.html

Repost 0
Published by Catherine Chalier - dans Kabbale
commenter cet article
31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 05:55

§ 101 - Rabbi Berakhiah demanda : "Qu’est ce que le Loulav [] dont nous avons discuté. C’est 36 [] ajouté à 32 []. Comment ? Il y a trois princes : le Téli (Dragon), le Galgal (Sphère) et le Cœur []. Chacun dispose de 12 ministres, qui multipliés par trois font 36, par qui le monde est maintenu. Car il est écrit : "Le Juste est le fondement du monde" (Prov. 10:25).

§ 102 - Nous avons appris : une colonne unique s’élève de la terre au ciel et son nom est Justes (tsadiqim). Lorsqu’il y a des justes dans le monde, alors celui-ci devient fort, alors que quand il n’y en a pas, il s’affaiblit. C’est le soutien du monde, car il est écrit : "Le Juste est le fondement du monde". S’il s’affaiblit alors le monde ne peut subsister. Par conséquent, même s’il n’y avait qu’un seul juste dans le monde ce dernier maintiendrait le monde. Car il est écrit : "Le Juste est le fondement du monde". Vous devez donc prélever mon offrande de lui d’abord: "Voici le prélèvement que vous prélèverez sur eux" (Exode 25:3). De quoi s’agit-il ? "Cela consiste en or, argent et cuivre" (Idem).

§ 103 - Autre explication : Il est écrit "Qu’ils prennent pour moi [] un prélèvement" (Exode 25:2). Ils doivent prendre le Yod, qui est le dixième, en tant qu’offrande sainte. D’où savons-nous que la dîme est sainte ? Car il est écrit: "Le dixième sera sacré pour Yhwh" (Lév. 27:32). Qu’est ce qui est sacré ? Cela concerne : "Et le meilleur des prémices d’un quelconque prélèvement" (Ez. 44:30), et il est aussi écrit : "Le principe de la Sagesse, c’est la crainte de Yhwh" (Ps. 111:10). Il ne faut pas lire : "la crainte de Yhwh", mais "tu craindras Yhwh".

§ 104 - Les disciples demandèrent à Rabbi Eliézer : Notre maître, quelle est la signification de : "Consacre pour moi chaque premier-né" (Ex. 13:2) ? Le saint, béni soit-Il est-il un premier-né? Il répondit : "Consacre pour moi [] chaque premier-né" ne concerne que le deuxième niveau de la Sagesse. C’est le nom qui est donné à Israël, car il est écrit : "Mon fils, premier-né, Israël" (Ex. 4:22). Dans la mesure où nous pouvons l’exprimer, il était à leur côté durant la servitude. Il est donc écrit : "Envoie mon fils afin qu’il me serve" (Ex. 4:23), et non pas "mon premier-né. Rabbi Rah’oumaï dit : Quelle est la signification de "Laisse partir ta mère, ce sont les enfants que tu prendras avec toi" (Deut. 22:7). Pourquoi n’est-il pas dit "laisse partir ton père" ? Cela signifie : Tu dois laisser la mère à cause de la Gloire de celle qui s’appelle "Mère du Monde", dont il est dit : "Car Binah s’appelle Mère".

§ 105 - Quelle est la signification de : "Ce sont les enfants que tu prendras avec toi" ? Rabbi Rah’oumaï répondit : Ce sont les enfants qu’elle a élevés. Et qui sont-ils ? Ce sont les sept jours de la Création et les sept jours de Souccoth. Qu’est ce qui les différencie ? La différence est que les jours de Souccoth sont plus saints. A ce sujet, il est écrit : "Ce sont des convocations saintes" (Lévitique 23:37). Serait-ce Azréth, la fête de clôtures, le huitième jour de Souccoth, le "jour de la convocation sainte". Il répondit : Oui mais, c’en est un et ils sont deux. Car il est écrit: "Le premier jour sera une convocation sainte, et le septième jour sera une convocation sainte" (Lévitique 12:16). Ils dirent : Pourquoi la fête de clôtures ne dure-t-elle qu’un seul jour ? Parce que la Torah fut donnée ce jour à Israël et lorsque la Torah fut créée au début, le Saint, béni soit-Il, régné seul avec elle sur le monde. Car il est écrit : "Le commencement de la Sagesse est la crainte de Dieu" (Psaumes 111:10). Qu’est ce que Souccoth ? Il répondit : c’est la lettre Beith, car il est écrit : "avec la Sagesse Beith est construit" (Proverbes 24:3). Et d’où savons-nous que Souccoth est Beith ? Car il est écrit : "Et Jacob a voyagé à Souccoth. Il s’est construit une maison (Beith), et pour son bétail il a construit des souccoth (huttes), et a nommé l’endroit Souccoth" (Genèse 33;:17).

§106 - Rabbi Berakhiah s’assit et exposa : Que signifie Teli (Dragon) ? C’est une ressemblance (demouth) qui se trouve devant le Saint, béni soit-Il. Car il est écrit : "ses cheveux sont bouclés (tal-talim)". Qu’est ce que le Galgal (Sphère), c’est le ventre. Et qu’est ce que le cœur ? Cela concerne le vert : jusqu’au cœur des cieux" (Deut. 4:11). En lui sont contenus les 32 merveilleux sentiers de la Sagesse (Hokhmah).

§ 107 - Que signifie le verset : "Que Yhwh te protège et te bénisse ! Que Yhwh fasse rayonner ton visage et te soit bienveillant ! Que Yhwh dévoile Sa Face et qu’Il t’accorde la paix !" (Nombres 6:24-26). C’est le Nom ineffable du saint, béni soit-Il. C’est le Nom contenant douze lettres, car il est écrit : " Yhwh, Yhwh, Yhwh". Ceci nous enseigne que les Noms de Dieu se structurent en trois légions. Chaque légion ressemble à l’autre, et Son Nom est le même. Tous sont scellés par Yod Hé Vav Hé. Comment ? Yod Hé Vav Hé peuvent se permuter de 24 façons différentes, formant une légion, c’est "Puisse Yhwh te bénir". De même pour " Que Yhwh fasse rayonner ton visage". Et de même pour le troisième : " Que Yhwh dévoile Sa Face". Ce sont les 24 Noms du Saint, béni soit-Il. Ceci nous enseigne que chaque légion, à 24 princes et officiers, qui multipliés par 3 donnent les 72 Noms du saint, béni soit-Il. Ce sont les 72 Noms qui résultent des versets "Vaysissa" (part), "Vayébo (vient), "Vayéit" (s’étend) (Exode 14:19-21).

§ 108 - Qui sont les princes ? Nous avons appris qu’il y en trois, que Gvourah (Rigueur) est le prince de toutes les formes Saintes placées à gauche du saint, béni soit-Il. C’est Gabriel. A droite, c’est Mikaël. Au milieu se tient Eméth (Vérité) et c’est Auriel, prince de toutes les formes Saintes. Chaque prince règne sur 24 formes, mais ses légions sont sans nombre, car il est écrit : "Peut-on dénombrer ses légions ?" (Job 25:3). Ainsi, il y aurait 72 et encore 72. Il répondit : Ce n’est pas le cas, car lorsqu’Israël apporte un sacrifice devant Son père dans les cieux, toutes ses formes Saintes s’unissent. C’est l’unification de "Notre Dieu est un".

§ 109 - Pourquoi un sacrifice s’appelle-t-il Qorban ? Parce qu’il rapproche les formes des puissances saintes les unes des autres. Car il est écrit : "Rapproche-les l’un de l’autre pour en faire un seul morceau de bois ; qu’ils ne fassent qu’un dans ta main" (Ez. 37:17). Et pourquoi le sacrifice s’appelle-t-il "parfum agréable" ? Le parfum est seulement dans le nez. Le parfum se ressent par le souffle et seulement par le nez et "agréable" (niekhoah) désigne la "descente", car il est écrit : "et il est descendu" (Lev. 9:22), et le Targoum traduit ceci "ouNek’hat" (de même racine qu’agréable). Le Souffle-parfum descend et s’unit aux formes saintes, et s’en rapproche par le sacrifice. C’est la raison pour laquelle un sacrifice s’appelle Qorban.

§ 110 - Il y a un Nom qui dérive des trois versets "Vaysissa" (part), "Vayébo (vient), "Vayéit" (s’étend) (Exode 14:19-21). Les lettres du premier verset "Vaysissa" sont arrangées dans l’ordre où elles apparaissent dans le verset. Les lettres du deuxième verset "Vayébo" sont placées à l’envers et les lettres du troisième verset "Vayéit" sont disposées dans l’ordre où elles se trouvent dans le verset, comme pour le premier verset. Chacun de ces versets a 72 lettres, par conséquent, chacun des Noms qui dérivent de ces trois versets : "Vaysissa" (part), "Vayébo (vient), "Vayéit", contient trois lettres. Ce sont les 72 Noms, qui se répartissent en trois sections, soit 24 par section. Sur chacune de ces section s’élève un prince. Chaque section veille sur les 4 directions du monde : Est, Ouest, Nord, Sud. Ils se répartissent donc par groupes de six dans chaque direction. Donc pour les 4 directions, il y a 24 formes. Il en va de même pour les deuxième et troisième sections. Toutes sont scellées par " Yhwh, Dieu d’Israël, Elohim vivant, Shadaï très haut, élevé, qui réside en toute éternité. Saint est Son Nom de la Gloire de sa Royauté à tout jamais" (Séfer Yetsirah 1:1).

§ 111 - Rabbi Ahilei exposa : Quelle est la signification du verset : "Yhwh est roi, Yhwh était roi, Yhwh sera roi pour toujours" . C’est le Shem haMéforash (Non Ineffable), dont il est permis de le permuter et de le prononcer, car il est écrit: "Ils placeront Mon Nom sur les enfants d’Israël et Je les bénirai" (Nombres 6:27). Ceci se rapporte au Nom en 12 lettres, semblable au Nom de la bénédiction sacerdotale : "Que Yhwh te bénisse" (Nombres 6:24). Il y a trois noms et douze lettres, dont voici la vocalisation :Yafaal, Yefoel, Yifol. Celui qui le préserve et le prononce en toute sainteté, peut-être assuré que ces prières seront exaucées et qu’il sera aimé en haut comme en bas et qu’il trouvera immédiatement écoute et secours. C’est le Shem haMeforah qui était gravé sur le front d’Aaron. Le Shem haMeforash contenant 72 lettres. Le Shem haMeforah contenant 12 lettres transmises à Masmariah, qui se tient devant le rideau et qui les a transmises à Elie sur le Mont Carmel, lequel s’éleva au ciel avec leur aide, sans avoir goûté à la mort.

§ 112 - Voici les Noms ineffables, précieux et magnifiques, qui sont au nombre de 12, en correspondance avec les 12 tribus d’Israël.

Ahatsitséharon Akelitharon Shemaqtaron Doméshéharon Otspatspasitron Hourmiron Berah'iharon Arésh Gadron Besvah Manahon H'azhouiah Havahiréi Hah Ehyéh Vehareitahon

Ils surveillent dans le Teli, dans le Galagal et dans le cœur. Ce sont les sources de la Sagesse.

Ils incluent le mâle et la femelle. Ils surveillent le Teli, le Galgal et le Cœur. Tous sont sources de Sagesse.

§ 113 - Rabbi Rah’oumaï expliqua : " Pourquoi 12 tribus d’Israël ? " Cela nous enseigne que le saint béni soit-Il a 12 tribus. " Et quelles sont-elles ? " A quoi cela est-il comparable ? ". Un roi avait une source. Tous ses frères n’avaient d’autre eau que celle de cette source, et étaient incapables d’endurer la soif. Que fit-il ? Il fit 12 canaux pour la source et leurs donna les noms des enfants de ses frères. Puis il leur dit : " Si les enfants se comportent aussi bien que leurs pères, ils seront dignes et je remplirai les canaux. Les pères boiront et leurs fils ensuite. Mais si les enfants n’en sont pas dignes à mes yeux, les canaux se maintiendront. Mais je ne fournirai de l’eau qu’à condition qu’ils n’en donnent pas à leurs enfants, puisqu’ils n’obéissent pas à ma volonté ".

§ 114 – Quelle est signification du mot " Shevéth " (Tribu) ? Une chose simple et non carrée. Pour quelle raison ? Un carré ne peut se concevoir dans un autre carré. Un cercle peut se mouvoir dans un carré, mais pas un carré dans un autre carré.

§ 115 - Quelles sont les choses circulaires ? Ce sont les points voyelles de la Torah de Moïse, qui ont tous des formes circulaires. Ils sont aux lettres ce que l’âme est au corps de l’homme, qui n’a aucun avenir lorsque l’âme le quitte et qui ne peut accomplir aucun acte, grand ou petit, sans elle. De façon similaire, il est impossible de prononcer un mot, grand ou petit, sans les points voyelles.

§ 116 Chaque point voyelle est un cercle, et chaque lettre est un carré. Les points voyelles sont la vie des lettres et, par elles, les lettres subsistent. C’est par l’intermédiaire des canaux que la voyelle parvient à la lettre grâce à l’odeur des sacrifices, qui descend aussitôt. Il écrit : " Une odeur plaisante pour Dieu " (Lév. 1 :9), indiquant qu’elle descend vers Dieu. C’est le sens du verset : " Ecoute Israël, Yhwh, notre Dieu, Yhwh est Un " (Deutéronome 6 :4).

§ 117 – Rabbi Yoh’anan dit : Quelle est la signification du verset : " Dieu est un homme (ish) de guerre, Yhwh est son nom " (Exode 15 :3) ? L’homme (Ish) indique un signe. Le Targoum, rend par : " Yhwh est un homme de guerre ", car " Dieu est la victoire du Maître dans la guerre ". Qui est ce Maître (Mari) ? Alef est le premier, le saint palais. Devons-nous alors dire que le Palais est saint ? Disons plutôt le Palais de la sainteté.

§ 118 – Yod désigne les 10 Paroles par lesquelles le monde fut créé. Quelles sont-elles ? C’est la Torah de Vérité qui inclut tous les mondes. Qu’est ce que le Shin. Il répondit : C’est la racine de l’arbre. La lettre Shin a la forme de la racine d’un arbre.

§ 119 – Quel est l’arbre dont tu parles ? Il répondit : Il représente les puissances du saint, béni soit-Il, les unes au-dessus des autres. De même qu’un arbre produit des fruits grâce à l’eau, ainsi le Saint, béni soit-Il accroît la puissance de l’arbre par l’eau. Quel est l’eau du saint, béni soit-Il. C’est Hokmah (la sagesse), et c’est les âmes des justes, qui volent de la source pour parvenir au grand canal, qui s’élève et s’attache à l’arbre. Comment volent-elles ? Grâce à Israël. S’ils sont bons et justes, la Présence demeure parmi eux. Leurs actes reposent alors dans le sein du Saint, béni soit-Il, qui les rend fructueux et les multiplie.

§ 120 – Comment savons-nous que la Présence (Shekhinah) s’appelle " Tsédéq " (Justice) ? Il est écrit : " Il chevauche les cieux par ton aide et les nuées dans sa majesté " (deut. 33 :26). Et il écrit également : " Les cieux (Sheh’aqim) seront parcourus par Tsédéq " (Isaïe 45 :8). Tsédéq est la Présence divine, ainsi qu’il est écrit : " Tsédéq demeure en lui " (Isaïe 1 :21). Tsédéq fut donné à David, lorsqu’il écrit : " Yhwh régnera à jamais, Ton Dieu, Tsion, de génération en génération ! " (Ps. 146 :10). Et il est écrit : " Tsion qui est la cité de David " (I Chron. 11 :5).

§ 121– Que signifie l'expression : "de génération en génération" ? Rabbi Papias dit : Il est écrit : "Une génération s'en va, une autre génération vient." (Eccl. 1:4) Rabbi Akiva dit : Il vient une génération qui était déjà venue.

§ 122– Une parabole : Un roi avait des serviteurs. Il les avait vêtus, selon sa fortune, de vêtements de soie et de broderie, mais ils dévièrent du droit chemin. Alors il les chassa, les jeta dehors et leur ôta leurs vêtements, et ils s'en allèrent. Il prit ces vêtements, les fit bien laver, de sorte qu'ils ne présentent plus de taches ; il les mit de côté et acquit d'autres serviteurs qu'il revêtit de ces mêmes vêtements. Il ne savait pas si ces serviteurs étaient bons ou non. C'est ainsi qu'ils pouvaient profiter des vêtements qui existaient déjà et que d'autres avant eux avaient portés. Mais la terre, elle, " tient toujours ". C'est aussi le sens qui se dégage du verset (Ecel. 12, 7) : " Avant que la poussière ne retourne à la poussière, selon ce qu'elle était, et que le souffle ne remonte à Dieu qui l'a donné. "

§ 123 – Rabbi Amora demanda : Que signifie le verset (Lév. 9, 22): " Alors Aaron éleva ses mains sur le peuple et il le bénit, puis il descendit " ? Mais il était déjà descendu. Il descendit " après avoir apporté l'expiatoire, l'holocauste et les offrandes pacifiques ", et c'est ensuite qu'il est dit: " et Aaron éleva ses mains sur le peuple ". Pourquoi cette action de lever ? Parce qu'il avait offert un sacrifice et l'avait rapproché de leur Père dans les cieux, ainsi que nous l'avons dit : Celui qui le fait, doit élever les mains, car c'est ainsi qu'il les rapproche des sphères supérieures et qu'il les unifie avec les sacrifices d'une manière parfaite. Et quel est le peuple dont il est écrit : " sur le peuple " ? Cela signifie : " pour le peuple ".

§124. Pourquoi les mains sont-elles levées quand elles sont bénies de cette manière ? Parce que les mains ont dix doigts, en référence aux Dix Séfiroth, par lesquels le ciel et la terre furent scellés. En parallèle aux Dix commandements. Dans ces 10 sont contenus les 613 commandements. Si vous comptez les lettres dans les Dix commandements, vous constaterez qu’il y a 613 lettres. Ils contiennent chacune des 22 lettres excepté le Teith, qui est absent. Quelle est la raison de ceci ? Ceci nous enseigne que Teith est le ventre - et il n’est pas contenu dans l’ensemble des Séfiroth.

§125. Pourquoi sont-elles appelées Séfiroth ? Parce qu’il est écrit (psaume 19:2), " les cieux racontent (me-saperim) la gloire de Dieu ".

§ 126. Et quelles sont-elles ? Elles sont au nombre de trois. Parmi elles sont trois armées et trois gouvernements. Le premier gouvernement est lumière. La lumière est la vie des eaux. Le deuxième gouvernement contient les H’ayoth haQodésh, les Ophanim, les roues de la Merkavah, et toutes les troupes du saint, béni soit-Il. Ils bénissent, exaltent, améliorent, glorifient et sanctifient le roi puissant par la Kedoushah. Disposé dans le mystère de la grande Kedoushah qui est le Roi effrayant et terrible. Et ils le couronnent avec trois sanctifications.

§ 127. Pourquoi y a-t-il trois sanctifications et non quatre ? Parce que la sainteté supérieure est trois par trois. Comme il est écrit : " Dieu est roi, Dieu était roi, Dieu sera roi pour toujours et à jamais ". Il est écrit également (nombres 6:24-26), " Puisse Dieu te bénir... que Dieu dirige son éclat vers toi... Il est encore écrit (exode 34:6), " Yhwh, Yhwh " le troisième contient le reste des attributs de Dieu. Quels sont-ils ? " Yhwh est Dieu, miséricordieux et clément ". Ce sont les treize attributs.

§ 128. Pourquoi " Saint, Saint, Saint " et ensuite " Yhwh Tsébaoth, toute la terre est remplie de ta Gloire " (Is. 6 :3). Le premier Saint est la Couronne suprême. Le second Saint est la racine de l’arbre. Le troisième saint est celui qui est attaché et unifié à tous. : " Yhwh Tsébaoth, toute la terre est remplie de ta Gloire ".

§ 129. Quel est le Saint qui est joint et unifié ? A quoi cela est-il comparable ? Un roi avait des fils, qui à leur tour eurent également des fils. Quand les enfants accomplissent sa volonté, il se mêle à eux, et les supporte et les rassasie tous. Il accorde tous les biens à ses fils, afin qu’ils puissent satisfaire leurs enfants. Mais quand les enfants ne font pas sa volonté, il n’accorde aux pères que ce dont ils ont besoin.

§ 130. Quelle est la signification de " la terre entière est remplie de sa gloire " ? C’est la terre qui a été créée le premier jour. Elle est en haut, remplie de la Gloire de Dieu et correspond à la terre d’Israël. Et qu’est ce que cette gloire ? C’est la Hokhmah (sagesse), comme il est écrit (Proverbes 3:35), " le sage héritera de la gloire ". Car il est écrit (Ezekiel 3:12), " béni soit la gloire de Dieu en son lieu ".

§ 131. Quelle est la " gloire de Dieu " ? A quoi cela est-il comparable ? Un roi avait une Matrone dans sa chambre, et toutes ses troupes étaient en admiration devant elle. Elle avait des fils, et chaque jour ils venaient voir le roi et le bénir. Ils demandaient : " Où est notre mère? " Il répondait : " Vous ne pouvez pas la voir maintenant ". Ils répondaient " Bénie soit-elle en son lieu ".

§ 132. Quelle est la signification de " en son lieu " ? Ceci indique que nul ne connaît son lieu. C’est comme une princesse royale qui est venue d’un endroit lointain. Les gens ne connaissaient pas son origine, mais ils virent que c’était une femme de valeur, belle et raffinée dans ses manières. Ils dirent : " Elle vient certainement du côté de la lumière, car elle illumine le monde par ses actes ". Ils lui demandèrent, " d’où êtes-vous ? " Elle a répondu, " de mon endroit. " Ils dirent : " Ainsi, les gens de votre lieu sont grands. Bénie soit-elle, et puisse son lieu être béni ".

§ 133. Cette " Gloire de Yhwh " n’est pas une de ses Tsébaoth ? N’est-elle pas inférieure ? Pourquoi alors la bénissent-elles ? A quoi cela est-il comparable ? Un homme avait un beau jardin. En dehors du jardin, mais près de lui, il avait une belle section de champ. Sur cette section, il sema un beau jardin de fleurs. D’abord, il arrosa son jardin. L’eau se répartissait dans le jardin entier, sauf sur la partie de terre qui n’en faisait pas partie, bien que tout fût uni. Il ouvrit donc un lieu particulier et l’arrosa séparément.

§ 134. Rabbi Rah’oumai dit : La gloire (Kavod) et le coeur (Lev), les deux sont la même chose. Mais la gloire se rapporte aux œuvres supérieures, et le cœur se rapporte aux œuvres d’en bas. La " Gloire de Yhwh " et le " Cœur du ciel " sont donc tous deux identiques.

§ 135. Rabbi Yoh’anan dit : Quelle est la signification du verset (exode 17:11), " Il advint que Moïse leva sa main, Israël était plus fort, et quand il reposait sa main, c’était Amaleq qui devenait le plus fort ". Ceci nous enseigne que le monde entier subsiste par l’élévation des mains. Pourquoi ? Parce que le nom de la puissance donnée à Jacob est Israël. Abraham, Isaac et Jacob chacun ont reçu une puissance particulière. C’est en rapport avec l’attribut dans lequel chacun a marché et que la puissance lui a été donnée. Abraham fit œuvre de Bonté (Hesséd). Il prépara la nourriture pour chacun et tous ceux qui passaient. Il agissait et sortait à leur rencontre, comme il est écrit : " et il courut pour les saluer " (Genèse 18 :2). Mais aussi : " Il se prosterna à terre " (Genèse 18 :2). Ce fut une œuvre parfaite de Bonté. Dieu lui accorda le même attribut et lui donna H’esséd (Bonté). Car il est écrit : " Tu accorderas la Vérité (Eméth) à Jacob, la Bonté (Hesséd) à Abraham, selon ce que tu as juré à nos pères, dès les premiers âges " (Michée 7 :20). Quelle est la signification des " premiers âges " ? Ceci nous enseigne que si Abraham n’avait fait preuve de Bonté, Jacob n’aurait pas été digne de l’attribut de Vérité, car c’est par le mérite d’Abraham, digne de l’attribut de Bonté, qu’Isaac fut digne de l’attribut de la terreur (Pah’ad). Car il est écrit : " et Jacob jura par la terreur de son père Isaac " (Genèse 31 :53). Mais comment quelqu’un peut-il jurer par la terreur de son père ? Jusqu’alors aucune puissance n’avait été donnée à Jacob, il jura donc par la puissance accordée à son père. C’est pourquoi il est écrit : " et Jacob jura par la terreur de son père Isaac ". Qu’est ce que cela ? C’est le Tohu, il émane du mal et subjugue les gens. Et qu’est ce que c’est ? Cela concerne ce qui est écrit : " et le feu descendit et consuma l’holocauste, les pierres, la terre et évapora l’eau qui était dans le fossé " (1 Rois 18:38). Il est également écrit : " Car Yhwh, ton Dieu, est un feu consumant, un Dieu jaloux " (Deut. 4 :24).

§136. Qu’est ce que la Bonté ? C’est la Torah, ainsi qu’il est écrit : " Ah, vous tous qui, poussés par la soif, venez vers l’eau, sans argent " (Isaïe 55 :1). Ainsi, H’esséd est l’Argent, car il est également écrit dans le verset : " Venez, approvisionnez-vous et mangez, venez, approvisionnez-vous sans argent et sans paiement, prenez le vin et le lait ". Il vous alimentera de la Torah et vous enseignera, car vous le méritez déjà par le mérite d’Abraham, qui œuvra avec Bonté. Sans argent, il les alimenta et, sans argent, il leur donna du vin et du lait.

§ 137. Pourquoi vin et lait ? Quel rapport entre les deux ? Ceci nous enseigne que le vin est " Pah’ad " (terreur) et que le lait est " H’esséd " (Bonté). Pourquoi le vin est-il mentionné en premier ? Parce qu’il est le plus proche de nous. Penses-tu que cela se rapporte réellement à du vin et à du lait ? Il s’agit plutôt de l’apparence du vin et du lait. C’est par le mérite d’Abraham, qui fut digne de l’attribut H’esséd, qu’Isaac reçut Pah’ad. Et parce qu’Isaac fut digne de l’attribut Pah’ad, que Jacob reçu l’attribut Eméth, qui est l’attribut de la Paix. Car il est écrit : " Jacob était un homme parfait, demeurant dans les tentes " (Gen. 25 :27). Le mot parfait désigne la paix, ainsi qu’il est écrit : " Tu seras parfaitement fidèle à Yhwh, ton Dieu " (Deut. 18 :13), que le Targum traduit par : " Sois parfait. Le terme parfait ne concerne que la Torah. Car il est écrit : " La Torah de vérité était dans sa bouche " (Malachie 2 :6). Qu’est-il écrit ensuite ? " Il marchait avec moi dans la paix et la droiture ". La droiture n’est rien d’autre que la paix, comme il est écrit : " Intègre et droit " (Ps. 25 :21). C’est pour cela qu’il écrit : " Il advint que Moïse levait sa main, Israël était le plus fort " (Ex. 13 :11). Ceci nous enseigne que l’attribut appelé Israël contient la " Torah de Vérité ".

§ 138. Quel est le sens de " Torah de Vérité " ? C’est ce qui désigne la vérité de tous les mondes, ainsi que ses actes dans la pensée. Il a édifié 10 Séfiroth, par qui tient le monde. Elle est l’une d’elles. Chez l’homme, il a créé 10 doigts, en relation avec les 10 Paroles. Moïse a levé ses mains et s’est concentré à un certain niveau sur l’attribut appelé Israël, contenant la Torah de Vérité. Avec ses 10 doigts, il a affirmé les 10. Car si Dieu n’aidait pas Israël, alors les 10 Paroles ne se réaliseraient pas chaque jour. C’est la raison pour laquelle Israël a régné. Mais lorsque Moïse abaissait ses mains, Amaleq régnait. Mais Moïse pouvait-il désirer la victoire d’Amaleq ? Ceci, parce qu’il est interdit qu’un homme se tienne plus de trois heures les mains tendues vers le ciel.

Repost 0
Published by X - dans Kabbale
commenter cet article
31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 05:54

§ 51 - Les étudiants demandèrent à Rabbi Berakhia : " Nous permets-tu de nous exprimer ", mais il ne leur donna pas de la permission. Une autre fois, cependant, il leur donna la permission, afin de savoir s’ils étaient bien préparés. Un jour il les interpella et dit : " me permettez-vous d’entendre votre Sagesse ? ". Ils commencèrent en disant : " Au début (Bereshith)  est un. (Isaïe 57:16) "devant moi succombent l’esprit et les âmes que j’ai faites  ". (Psaume 65:10) " Les divisions de Dieu sont remplies d"eau ". Quelles sont ces " divisions "? Tu nous enseignes, notre maître, que Dieu a pris les eaux de la création et les a séparés, plaçant une moitié dans les cieux et une moitié dans l’océan. C’est la signification des "divisions de Dieu sont remplies d"eau ". Par elles, l’homme étudie la Torah. Rabbi H’ama enseigne : C’est par le mérite et les bonnes actions, qu'une personne peut étudier la Torah. Il est aussi écrit :(Isaïe 55:1) : " Que ceux qui ont soif viennent pour l"eau, qu’ils viennent même sans argent, pour s’approvisionner et manger ". Aller vers Lui, et Il vous comblera de bienfaits, et vous vous " approvisionnerez et mangerez ".

§ 52 - " qu’ils viennent même sans argent " peut aussi s’expliquer d’une autre manière : " Venez vers Dieu, car Il a de l’argent  ", comme il est écrit (Haggai 2:8) : "À moi l'argent, et à moi l’or ! " Quelle est la signification du verset, "À moi l'argent, et à moi l’or ! " ? À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait deux trésors, l’un d’argent, et l’autre d’or. Il plaça celui d’argent à sa droite, et celui d’or à sa gauche. Il dit :   " celui-ci sera prêt, et facile à dépenser, à remplir sa fonction tranquillement. Il est attaché aux pauvres et s’accomplit calmement. C’est pourquoi il est écrit (Exode 15:6) : " Ta main droite, O Yhwh, est puissante dans la force ". S’il se réjouit dans sa part, alors tout est bien. Ainsi (Exode 15:6) : " Ta main droite, O Yhwh, écrase l"ennemi ". Il leur dit : Cela concerne l’or, comme il est écrit : "À moi l"argent, et à moi l’or ! ".

§ 53 - Pourquoi l’or s’appelle-t-il ZaHaV ? Parce qu’il inclut trois attributs : le Mâle, (Zakar), c’est le Zayin ; l’Ame, c’est le Hé, qui a cinq noms Néfésh, Roua’h, Neshamah, H’ayah, Yeh’idah. Quelle est la fonction du Hé ? C’est un trône pour le Zayin, comme il est écrit (Ecclesiaste 5:7) : " un supérieur est placé sous la surveillance d"un autre plus élevé ". Le Beith est son alimentation, comme il est écrit (Genèse 1:1) " Au (beith) commencement créa ".

§54. Quelle est ici la fonction? A quoi cela est-il comparable ? Il était une fois un Roi qui avait une fille bonne, agréable, belle et parfaite. Il la maria à un prince royal, l’habilla, la couronna , la couvrit de joyaux et lui donna une importante dot. Est-il possible pour le roi de se séparer à jamais de sa fille ? Vous consentirez que ce n’est pas possible. Est-il possible pour lui d’être avec elle constamment ? Vous consentirez aussi que ce n’est pas possible. Que peut-il donc faire ? Il peut placer une fenêtre entre eux, et ainsi lorsque le père requiert la fille, ou que la fille requiert le père, ils peuvent se rencontrer par la fenêtre.

Il est écrit (Psaume 45:14), " Toute la gloire est à l'intérieur de la fille de roi, le vêtement est serti d’or. "

§55. Que désigne Beith ici ? Comme il est écrit (Proverbes 24.3), " Par la sagesse la maison (Bayit) sera bâtie. "

Le verset ne dit pas "  est bâtie " mais " sera bâtie ". Dans l’avenir Dieu la bâtira et l’ornera, des milliers de fois plus qu’elle ne l’était auparavant.

Il est comme nous l’avons dit: Pourquoi est-ce que la Torah commence par un Beith ? Comme il est écrit (Proverbes 8:30), "" j"étais avec Lui comme un artisan, j’étais son délice un jour après un jour " durant les deux mille années, qui ont précédé le " commencement ".

Deux ? Mais l’écriture dit sept, comme il est écrit (Isaïe 30:26), " La lumière de la lune sera comme la lumière du soleil, et la lumière du soleil sera sept fois plus forte ". Il répondit : " je disais des milliers ".

§56. Ils lui dirent : mais jusqu’à présent il n’y en a que cinq. Que vient-il après ?

Il répondit: D’abord j’expliquerai Zahav (l’or). Qu’est ce que l’or ? Nous apprenons que de lui émane la justice (Din). Si vous inclinez vos propos à droite ou à gauche, vous serez punis.

§ 57. Quelle est la signification du verset (Isaiah 30:26), " La lumière de la lune sera comme la lumière du soleil, et la lumière du soleil sera 7 fois plus puissante " ? Est-ce comme la lumière des sept jours ?

Le verset ne dit pas " sept jours ", mais " les sept jours ". Ce sont les jours au sujet desquels il est écrit (Exode 31:17) : " Car six jours Yhwh a fait ".

C’est comme si vous disiez, le saint, béni soit-Il, a fait six beaux réceptacles. Quels sont-ils ? " Les cieux et la terre ".

Ne sont-ils pas sept ? Oui, comme il est écrit (Ibid.) " Et au septième jour, Il se reposa et expira   (nafash)".

Quel est la signification de "et expira (nafash) ?" Cela nous enseigne que le Shabbath soutient toutes âmes. Il est donc écrit qu'il " expira ".

§ 58. Une autre explication : Cela nous enseigne que c’est de là que les âmes s’envolent. Il est écrit : " et il expira (nafash).

Jusqu’à la millième génération. Comme il est dit (Psaume 105:8), "la Parole qu"Il commanda jusqu’à la millième génération ".

Et aussitôt après ce passage, il est dit : " (l’alliance) qu’Il avait conclu avec Abraham ".

Quelle est la signification de " conclu " ? Il conclut une alliance entre les dix doigts de ses mains et les dix orteils de ses pieds.

Abraham était honteux. Dieu lui dit alors (Genèse 17:4) : "Et Moi, voici mon alliance avec toi ", et avec elle, " tu seras le père d’une multitude de nations ".

§ 59. Pourquoi les cieux sont-ils appelés Shamayim ?

Cela enseigne que le Saint, béni soit-il délimita l’eau du feu, et les a attachés l’un à l’autre. Il en fit le " début de Sa Parole ". Il est écrit (Psaume 119:160) : " le début de Ta Parole est vérité ".

Il est donc appelé Shamayim — Sham Mayim (il y a l’eau) —Esh Mayim (eau de feu).

Il leur dit : C’est la signification du verset (Job 25:2), " Il fait la paix dans Ses hauteurs ". Il instaure la paix et l’amour entre eux. Puisse-t-il également instaurer la paix et l’amour parmi nous.

§ 60. Nous disons aussi (Psaume 119:164) : " sept fois chaque jour je Te célèbre pour Ton jugement juste ".

Ils lui demandèrent : " Quels sont-ils  ". Il répondit : " Vous ne regardez pas assez attentivement. Soyez précis, et vous les trouverez ".

§ 61. Ils lui demandèrent : " Qu’est-ce que la lettre Tsadé ? "

Il répondit : Tsadé est fait d’un Noun et d’un Yod. Sa moitié est aussi un Noun. C’est pourquoi il est écrit (Proverbes 10:25), " Le juste (Tsadiq) est la fondation (Yessod) du monde ". 

§ 62. Ils demandèrent : Quelle est la signification du verset [concernant Balak et Balaam] (Nombres 23:14), " Et il l’emmena dans les champs des guetteurs ". Quel est le " champ des guetteurs ? " Ainsi qu’il est écrit (Cantique des Cantiques 7:12), " Viens mon bien-aimé, allons dans le champ ". Ne lis pas " haSadéh " (le champ), mais haSidah (l’équipage).

Qu’est-ce que cet équipage ? Il dit, " Le Coeur du Saint, béni soit-Il.

Son coeur dit au saint, béni soit-Il : " Viens mon bien-aimé, allons à l"équipage nous promener. Il ne restera pas constamment dans un même lieu ".

§ 63. Qu’est-ce que " son coeur ? "

Il dit: Lorsque Ben Zoma était dehors, vous n’étiez pas avec lui.

Le coeur (Lév) [dont la valeur numérique] est trente-deux. Qui sont dissimulés, et par eux le monde fut créé.

Qui sont ces 32? Il dit: Ce sont le 32 Sentiers.

Ceci est semblable à un roi qui se trouvait dans la dernière de ses chambres. Le nombre des chambres était de 32, et pour chacune il y avait un sentier. Le roi doit-il amener tout le monde à sa chambre par ces sentiers ? Vous consentirez qu’il ne doit pas. Doit-il révéler ses bijoux, ses tapisseries, ses trésors et ses secrets dissimulés ? Vous consentirez encore qu’il ne doit pas. Alors que fit-il ? Il prit la Fille, et inclut tous les sentiers en elle, ainsi que dans ses vêtements.

Celui qui veut aller à l’intérieur doit regarder là.

Il la maria à un roi, et la lui donna en cadeau. A cause de son amour pour elle, parfois il l’appelle " ma soeur ", car ils proviennent d’un même endroit. Parfois il l’appelle sa fille, car elle est réellement sa fille. Et parfois il l’appelle " ma mère ".

§ 64. De plus, s’il n’y a aucune sagesse (Hokhmah), si il n’y a aucune justice (Din).

C’est pourquoi il est écrit (I Rois 5:26), " Et Dieu donna la sagesse à Salomon ". Dès lors il jugea correctement, et il est alors écrit (I Rois 3:28) : " Et tout Israël entendit du jugement que le roi avait rendu, et ils craignirent le roi, car ils avaient vu qu’en lui la sagesse de Dieu rendait justice ".

§ 65. Et quelle sagesse Dieu a-t-Il donnée à Salomon ?

Salomon avait le nom de Dieu. Nous avons ainsi dit que chaque fois que Salomon est mentionné dans le Cantique des Cantiques, c’est un nom sacré, sauf dans un cas. Dieu lui dit : " Puisque ton nom est comme le nom de Ma Gloire, je te donnerai ma fille ". Mais elle est mariée !

Elle fut donnée comme un cadeau, comme il est écrit (I Rois 5:26), " Et Dieu donna la sagesse à Salomon ".

Sans autre explication. Où alors ceci est-il expliqué ? Quand l’écriture dit (I Rois 3:28) : Car ils avaient vu qu’en lui la sagesse de Dieu rendait justice ". Nous voyons alors que la sagesse que Dieu lui donna était telle qu’il pourrait " rendre justice ".

Quelle est la signification de " rendre justice " ? Aussi longtemps qu’une personne rend justice, la sagesse de Dieu est en lui. Elle l’aide et le rapproche de Dieu mais s’il la repousse, elle le punit. Ainsi qu’il est écrit (Lévitique 26:28) : " et Moi, je vous punirai ".

§ 66 - Et Rabbi Rah’oumai dit : Quelle est la signification du verset (Levitique 26:28) : " Moi aussi " ? Le Saint, béni soit-Il, dit : " Je vous punirai". La Communauté d’Israël dit : " ne pensez pas que je ferai montre de pitié à votre égard, mais je vous punirai. Non seulement je rends le jugement, mais aussi je vous punirai ".

§ 67 - Quelle est la signification de (Lévitique 26:28) : " sept pour vos péchés " ? ·La Communauté d’Israël dit : " Je vous punirai, moi aussi" ; et aussi se joignent également ceux pour lesquels il est écrit : (Psaume 119: 164) : " Sept fois par jour je Te révère ". Et ensemble ils dirent : " Nous aussi les sept ". Bien que parmi nous il en est un qui surveille le bien et le mérite, nous nous transformerons en accusateurs et nous punirons. Pourquoi ? A cause de vos péchés. Mais si vous revenez à Moi, alors Je reviendrai à vous. Ainsi qu’il est écrit (Malachi 3:7), " Revenez à Moi, et je reviendrai à Vous ". L’écriture ne dit pas, " je vous ramènerai à Moi ". Mais plutôt : " Je reviendrai à vous " ; avec vous. Nous cherchons tous la clémence du Roi. Que dit le Roi ? Il dit (Jérémie 3:22) : " Revenez enfants de discorde, je guérirai vos égarements ". Il dit encore (Ezeckiel 18:30), "Revenir et ramener. Quelle est la signification du vers, " Revenez et ramenez " ? C’est-à-dire : " Revenez et ramenez ces Sept avec vous ". C’est pourquoi l’écriture dit : " et ramenez ", concernant : " sept pour vos péchés ".

§ 68. Les disciples demandèrent au Rabbi Rah’oumai : Quelle est la signification du verset (Habakouk 3:1), " Une prière d’Habakouk le prophète, pour des erreurs (shigyonoth) ". Une prière (téfilah) ? Elle devrait être appelée louange (téhilah). Mais quiconque détourne son coeur des affaires terrestres et creuse dans la Maassé Merkavah (l’Oeuvre du Char) est accepté devant Dieu comme s’il avait prié tout un jour. Il est donc dit " une prière " (téfilah). Quelle est la signification de " erreurs " (shigyonoth) ? Ainsi qu’il est écrit (Proverbes 5:19) : " Par son amour, vous errerez ". A quoi cela se rapporte-t-il ? À la Maassé Merkavah, ainsi qu’il est écrit (Habakouk, 3:2), " O Dieu, j’ai entendu ce qui s’entend de Toi et je t’ai craint ".

§ 69. Quelle est la signification de : " O Dieu, j’ai entendu ce qui s’entend de Toi et je t’ai craint, fais connaître l’oeuvre que tu as projetée au cours des années " ? Pourquoi le verset dit -il : "je t’ai craint " ensuite " ce qui s’entend de Toi ", et ensuite " au cours des années "? Mais il n’est pas dit " j’ai été pris de crainte ". Que signifie " ce qui s’entend de Toi " ? C’est le lieu où ils entendent. Pourquoi le verset dit-il : "j’ai entendu ", au lieu de " j’ai compris " ? Ainsi que nous trouvons dans le verset (Deutéronome 38:49) : " Une nation dont vous n"entendez pas la langue ".

§ 70. Pourquoi est-il dit, " j’ai craint " ? Parce que l’oreille ressemble à la lettre Alef. Alef est la tête de toutes les lettres. Outre cela, Alef est la cause de l’existence de toutes les lettres. Alef ressemble au cerveau. Pour prononcer Alef il suffit d’ouvrir la bouche (sans aucun son). Il en va de même pour la pensée, lorsque les pensées rayonnent à l’infini et sans limites. D’Alef émanent toutes les lettres. Et nous voyons bien qu’Alef en est à l’origine. C’est pourquoi il est écrit (Micah 2:13) : " Yhwh est à leur tête ". Nous savons que le Nom qui s’écrit Yod Hé Vav Hé, est spécifique au saint, béni soit-Il et est sanctifié dans la sainteté. Quelle est la signification de " dans la sainteté " ? C’est le Palais Sacré. Où est le Palais Sacré ? Nous dirons qu’il est dans la pensée et dans Alef. C’est la signification du verset : " j’ai entendu ce qui s’entend de Toi et je t’ai craint ".

§ 71. Ainsi dit Habakouk : "Je sais que ma prière est acceptée avec délice". Je me réjouis aussi quand je viens à ce lieu où je comprends, "O Dieu j’ai entendu ce qui s’entend de Toi et je t’ai craint, fais connaître l’oeuvre que tu as projetée au cours des années, ranime-la". A quoi cela est-il comparable ? Un roi merveilleux, caché et dissimulé entra dans sa maison et ordonna que personne ne le cherche. Ainsi, celui qui voudrait le chercher serait effrayé, par la crainte que le Roi le chasse pour avoir transgressé la Loi. C’est pourquoi Habakouk dit : "je t’ai craint, fais connaître l’oeuvre que tu as projetée au cours des années, ranime-la" . Habakkouk dit également : Parce que Ton nom est en Toi, et en Toi est Ton nom, "fais connaître l’oeuvre que tu as projetée au cours des années, ranime-la". Et Qu’il en soit toujours ainsi.

§ 72. Une autre explication pour "l’oeuvre que tu as projetée au cours des années, ranime-la" : A quoi cela est-il comparable ? Un roi avait une belle perle, et c’était le trésor de son royaume. Lorsqu’il était heureux, il l’embrassait, la caressait avec ses mains, la plaçait sur sa tête, et l’aimait. Habakouk dit : Bien que les Rois soient près de Toi, la perle bien-aimée est dans Ton monde. Aussi, "l’oeuvre que tu as projetée au cours des années, ranime-la ". Quelle est la signification des "années" ? Il est écrit (Genèse 1:3) : "Et Elohim dit, qu’il y ait lumière". La lumière n’est rien d’autre que le jour, comme il est écrit ( Genèse 1 :16) : "Le grand luminaire gouvernera le jour, et le petit luminaire gouvernera la nuit". Les années sont faites de jours. C’est ainsi qu’il est écrit : "au cours des années, ranime-la " ; au milieu de cette perle qui relève les années.

§73. Mais il est écrit (Esaïe 43:5) : "Ne crains rien, car je suis avec toi ; Je ramènerai de l’orient ta semence, Et je te rassemblerai à l’occident". Le soleil se lève à l’Orient, et tu as dit que la perle était le jour. Je parle seulement pour le verset (Genèse 1:5), "Et il fut soir et il fut matin, jour 1". En ce qui concerne cela il est écrit (Genèse 2:4) : "Dans le jour ou Yhwh Elohim fit la terre et les cieux".

§74 - Et il est écrit (Psaume 18:12), "Il fit de l’obscurité ce qui le cache, sa Souccah de ce qui l’entoure ; des eaux sombres, l’épaisseur des nuages des cieux (Sheh’akim)". Il dit, ceci concerne l’Ecriture : (Esaïe 45:8) : "Les cieux (Sheh’akim) déversent la Justice (Tsédéq) ".

Cette Justice (Tsédéq) est l’attribut de Jugement du monde. Il est aussi écrit (Deutéronome 16:20), "Tsédéq, Tsédéq, tu poursuivras".

Aussitôt après cela, il est écrit : "afin que tu puisses vivre et occuper la terre". Si tu te juges toi-même, alors tu vivras. Sinon, elle (Justice) te jugera, et elle s’accomplira, même contre ta volonté.

§75 - Pourquoi la Torah dit-elle "Tsédéq, Tsédéq" deux fois ? Il dit, Parce que l’Ecriture continue (Psaume 18:13), "de la lueur qui le précédait". Le premier "Tsédéq" est littéralement la Justice. C’est la Shekhinah, ainsi qu’il est écrit (Esaïe 1:21), "Tsédéq réside en lui". Quel est le second "Tsédéq" ? C’est la Justice qui effraie le Juste. Et cette Tsédéq est-elle ou pas la Tsédaqah ? Il répondit, non, pourquoi le serait-elle ? Parce qu’il est écrit (Esaïe 59:17) : "Il se revêt de la Tsédaqah comme d’une cuirasse, Et il met sur sa tête le casque du salut". Sa tête (rosh) n’est rien d’autre que Vérité. Ainsi qu’il est écrit (Psaume 119:160), "La tête (rosh) de Ta parole est Vérité". La vérité n’est rien autre que Paix. Ainsi qu’il est écrit (Esaïe 39:8) : "Il y aura Paix et Vérité dans mes jours". Est-il possible pour un homme de dire cela ?

Mais c’est ce qu’Hezekiah dit : "L’attribut que Tu as donné à David, mon ancêtre, est la moitié de mes jours, et Paix et Vérité sont l’autre moitié de mes jours". C’est pour cette raison qu’il a mentionné "mes jours". Il dit à la fois "Paix et Vérité" et "dans mes jours", car cela forme un tout. Ainsi qu’il est écrit (Genèse 1:5) : "Et il fut soir, et il fut matin : Jour 1". Le Jour désigne la Paix. C’est pourquoi il est écrit (II Rois 20:19), "Paix et vérité seront dans mes jours". "Par l’attribut que Tu as donné à David", concernant cela, il est écrit (Psaume 89:37), "Son trône sera comme le soleil devant moi".

§76 - Quelle est la signification du verset (Hab. 3:2) : "durant les années fais-la connaître" ? Il répondit : Je sais que Tu est Dieu saint, ainsi qu’il est écrit (Exode 15:11) : "Qui est comme Toi, puissant en sainteté ?". La sainteté est en Toi et Tu es dans la sainteté. Néanmoins, "durant les années fais-la connaître". Quelle est la signification de "fais-la connaître" ? Cela signifie "Aie pitié de nous", ainsi qu’il est écrit (Exode 2:25) : "Et Elohim vit les enfants d’Israël, et Elohim les reconnu". Quelle est la signification de "et Dieu les reconnu" ? A quoi cela est-il comparable ? Un Roi avait une belle, dont il avait eu des enfants. Il les aimait et les élevait, mais ils se tournèrent vers de mauvaises manières. Il se mit alors à les haïr, eux et leur mère. La mère vint vers eux et leur dit : "Mes enfants ! Pourquoi faites-vous cela ? Pourquoi faites-vous que votre père nous hait, vous et moi ?" Ils eurent des remords et firent la volonté de leur père. Lorsque le Roi vit ceci, il les aima comme auparavant et se rappela de leur mère. C’est la signification du verset, "Et Elohim les reconnut". C’est également la signification du verset : "durant les années fais-la connaître".

§77 - Quelle est la signification du verset (Hab. 3:2) : "Dans la colère, vous souviendrez-vous de la Compassion (Rah’em)" ? Il répondit :"Quand Tes enfants seront fautifs devant Toi et que Tu seras en colère contre eux, Te souviendras-Tu de la Compassion".

Quelle est la signification de "souviendras-tu de la Compassion" ? Cela concerne celui au sujet duquel il est écrit (Psaume 18:2), "Je t’aime (rah’em) O Eternel, ma force". Et Tu as cet attribut qui est la Shekhinah d’Israël. Il se souvient de son fils qui en a hérité. Ainsi qu’il est dit (I Rois 5:26) : "Et Dieu donna la sagesse (Hokhmah) à Salomon". Et rappelles-toi de leur Père Abraham, ainsi qu’il est écrit : (Esaïe 41:8) : "La semence d’Abraham Mon ami !"— "durant les années fais-la connaître".

§78 - D’où savons-nous qu’Abraham avait une fille ? Il est écrit (Genèse 24:1), "Et Yhwh avait béni Abraham en tout (BaKol)". Il est également écrit (Esaïe 43:7) : "Tous ceux qui se réclament de Mon Nom, pour Ma gloire, je l’ai créé, je l’ai formé, et je l’ai fait". Est-ce que cette bénédiction est sa fille, ou pas ? Oui, c’est sa fille. A Quoi cela est-il comparable ? Un roi avait un esclave qui était parfait et intègre envers lui. Le roi avait éprouvé l’esclave en maintes occasions, mais l’esclave résistait à toute tentation. Le Roi dit : "Que pourrai-je donner à cet esclave ? Que pourrai-je faire pour lui ? Je vais le recommander à mon frère aîné, afin qu’il le protège et l’honore". L’esclave se rendit chez le frère aîné, qui lui enseigna ses attributs. Le frère l’aima beaucoup, et l’appela son ami. C’est à sujet qu’il est écrit (Esaïe 41:8) : "La semence d’Abraham, Mon Ami !". Le Roi dit : "Que pourrai-je lui donner ? Que puis-je faire pour lui ? J’ai fait un beau coffret, dans lequel se trouvent de beaux bijoux. Il n’y a rien de semblables dans les trésoreries royales. Je le lui donnerai et il en sera digne à ma place". C’est la signification du verset : "Et Yhwh avait béni Abraham en tout".

§79 - Autre explication : Il est écrit (Hab. 3:2) : "J’ai entendu ce que l’on entend de Toi et j’ai craint". Cela signifie : "J’ai compris ce que l’on comprend de Toi et j’ai craint". Qu’a-t-il compris ? Il a compris la pensée du Saint, béni soit-Il. De même que la pensée n’a pas de fin, car l’homme atteint par elle l’autre bout du monde, de même l’oreille n’a aucune fin et n’est jamais assouvie. Ainsi qu’il est écrit (Ecclesiaste 1:8) : "l’oreille n’est pas assouvie d’entendre". Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que l’oreille est dans la forme du Aléf. Aléf est la racine des Dix Commandements. Donc, "l’oreille n’est pas assouvie d’entendre".

§80 - Quel est-ce que la signification de la lettre Zayin dans le mot OZEN (oreille) ? Nous avons dit que du nom de toute chose amenait par le Saint, béni soit-Il, en Son monde, il a extrait le contenu de celui-ci. Ainsi qu’il est écrit (Genèse 2:19) : "et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l’homme". Cela nous enseigne que chaque corps des choses était ainsi. Et comment savons-nous que chaque nom de chose est son corps ? Il est écrit (Proverbes 10:7) : "La mémoire du juste sera une bénédiction, et le nom des méchants tombera en pourriture". Qu’est-ce qui pourrit réellement, leur nom ou leur corps ? Non, c’est le méchant lui-même.

§81 - Quel exemple à cela ? Prenons le mot "Shoresh" [], signifiant "Racine". La lettre Shin ressemble aux racines d’un arbre. Reish est courbé, comme l’est la racine d’un arbre. Et quelle est la fonction du Shin final ? Cela signifie que si vous prenez une branche et que vous la plantez, elle prendra racine. Quelle est la fonction du Zayin (dans Ozen, oreille) ? Sa valeur numérique (7) correspond aux 7 jours de la semaine. Cela nous enseigne que chaque jour possède sa propre puissance. Et quelle est sa fonction, dans ce cas ? Cela nous enseigne que de même qu’il y a une sagesse infinie dans l’oreille, ainsi cela se passe dans toutes les parties du corps.

§ 82 - Quelles sont les sept parties du corps de l’homme ? Il est écrit (Genèse 9:6), " Car à l’image d’Elohim, Elohim a fait Adam ". Il est également écrit (Genèse 1:27), " A l’image d’Elohim, il le créa ", avec tous ses membres et ses parties. Mais lorsque nous disons : A quoi ressemble la lettre Vav ? Nous répondons : Elle fait référence au verset (Psaume 104:5), " il étend la lumière comme un vêtement. " Car Vav n’est rien d'autre que les six directions. Il répondit : l’Alliance de la circoncision et la compagne de l’homme sont considérées comme une seule et même chose. Avec ses deux mains font trois, sa tête et le corps, cinq, et ses deux jambes font sept. Ces derniers ont parallèlement leurs puissances dans les cieux. Ainsi, il est écrit (Ecclésiastes 7:14), " En correspondance l’un de l’autre Dieu a fait ". Ce sont les jours de la semaine, comme il est écrit (Exode 31:17), " car six jours Yhwh fit les cieux et la terre. " L’Ecriture ne mentionne pas " en six jours, " mais plutôt, " six jours. " Cela nous enseigne que chaque jour de la semaine possède sa puissance spécifique.

§ 83 - Quelle est la signification du Noun ? Ceci nous enseigne que le cerveau est la partie principale de la colonne vertébrale. C’est de là qu’il tire constamment, sans la colonne vertébrale, le cerveau ne pourrait pas subsister. Et sans cerveau, le corps n’a plus de support. Le corps entier existe seulement afin de subvenir aux besoins du cerveau. Et si le corps ne le supportait pas, alors le cerveau ne le supporterait pas non plus. La colonne vertébrale est le canal par lequel le cerveau se déverse dans le corps entier. C’est le symbolisme du Noun courbé [n]. Mais le Noun d’Ozén (Oreille) est un Noun droit [N]. Le Noun droit se trouve toujours à la fin d’un mot. Cela nous enseigne que le Noun droit contient le Noun courbé et le Noun qui s’étend. Mais le Noun courbé est le fondement. Ceci nous enseigne que le Noun droit inclut le mâle et la femelle.

§ 84 - Le Mem ouvert. Qu’est-ce que le Mem ouvert ? Il inclut le mâle et la femelle. Qu’est-ce que le Mem fermé ? Il est fait comme un ventre vu d’en haut. Mais Rabbi Rah’oumai a indiqué que le ventre est comme la lettre Teith. Il a dit qu’il est comme un Teith de l’intérieur, alors que je dis qu’il est comme un Mem de l’extérieur.

§ 85 - Qu’est ce que Mem ? Ne pas lire Mem, mais Mayim (eau). De même que l’eau est humide, ainsi le ventre est toujours humide. Pourquoi le Mem ouvert inclut-il le mâle et la femelle, alors que le Mem fermé est masculin ? Ceci nous enseigne que le Mem est principalement masculin. L’ouverture a été ajoutée pour le féminin. De même que le mâle ne peut donner naissance, ainsi le Mem fermé ne peut donner naissance. Et de même que la femelle a une ouverture pour donner naissance, ainsi le Mem ouvert peut donner naissance. Le Mem est donc ouvert et fermé.

§ 86 - Pourquoi le Mem a-t-il deux formes, ouverte et fermée ? Parce que nous avons dit : Ne lis pas Mem, mais Mayim (eau). La femme est froide, et doit donc être chauffée par l’homme. Pourquoi Noun a-t-il deux formes : courbée et droite ? Parce qu’il est écrit (Psaume 72:17), " Son Nom se perpétue (Ya-Noun) tant que dure le soleil. " Ces deux Noun sont présents, Noun courbé et Noun droit [], car ceci se produit par le mâle et la femelle.

§ 87 - Il est écrit (Ecclésiastes 1:8), " l’oreille n’est pas comblée d’entendre ". Il est également écrit (Ecclésiastes 1:8), " l’oeil n’est pas rassasié de voir. " Ceci nous enseigne que tous deux s’alimentent de la pensée. Qu’est ce que la pensée ? C’est un roi qui est nécessaire pour toutes les choses créées dans le monde d’en haut et d’en bas.

§ 88 - Quelle est la signification de l’expression, " monte dans la pensée " ? Pourquoi ne pas dire " descendu dans la pensée " ? En effet, nous avons dit, " celui qui contemple dans la vision de la Merkavah descend d’abord et monte ensuite ". Nous employons ici l’expression descendre parce que nous disons, " celui qui contemple dans la vision (Tsafiyat) de la Merkavah ". La traduction araméenne de la " contemplation " (Tzafiyat) est Sekhouta et fait allusion au fait que l’on regarde vers le bas. Il est écrit également que (Isaïe 21:8), " et il l’appela tel un lion: sur le poste de guet (MiTsPéh), Dieu ". Cependant, nous parlons ici de la pensée. Car la pensée n’inclut aucune vision, et n’a aucune fin. Et quelque chose qui n’a aucune extrémité ou limite ne peut descendre. Ainsi, si l’on dit d’une personne qu’elle est descendue au seuil de la pensée de l'autre, cela signifie que l’on peut arriver à la limite de la connaissance d’une personne, mais pas à la limite de sa pensée.

§ 89 - Rabbi Amoraï s’est assis et a exposé : Quelle est la signification du Ségol ? Son nom est Ségoulah (trésor). Il vient après le Zarka. Quelle est la signification du Zarka ? Il est comme son nom l’indique, quelque chose qui est lancé (ni-Zrak). Il est comme quelque chose qui est lancé, et qui suit (Ecclésiastes 2:8), " Les trésors des rois et les terres ".

§ 90 - Quelle est la raison pour laquelle il s’appelle Zarka ? Il est écrit (Ezékiel 3:12), " béni soit la gloire de Yhwh en son lieu ". Ceci indique qu’aucun être ne connaît son lieu. Nous invoquons le nom de Dieu au-dessus de la couronne, et lui va à la tête du Seigneur. Ainsi il est écrit que (Genèse 14:19), " Le créateur des cieux et de la terre ". Quand il disparaît, c’est comme s’il était lancé (Zarka). Suivi par un trésor (Ségoulah). Il est à la tête de toutes les lettres.

§ 91 - Pourquoi est-il à la fin d’un mot, et non au début ? Ceci nous enseigne que cette couronne s’élève plus haut et encore plus haut. Elle est incrustée et couronne, ainsi qu’il est écrit (Psaume 118:22) : "la pierre que les constructeurs rejetaient est devenue la pierre angulaire principale". Elle monte là où il fut gravé, ainsi qu’il est écrit (Genèse 49:24), "de là vient le pasteur, la pierre d’Israël".

§ 92 - Il demanda encore : Pour quelle raison plaçons-nous les fils bleus dans le Tsitsith ? Et pourquoi y en a-t-il 32 ? A quoi cela est-il comparable ? Un roi avait un beau jardin, dans lequel se trouvaient 32 sentiers. Il plaça sur eux un gardien afin de prouver que tous ces sentiers appartenaient à lui seul. Il lui dit : observe-les, et sillone-les chaque jour. Aussi longtemps que tu parcourras ces sentiers, tu auras la paix. Que fit le gardien ? Il plaça sur eux d’autres gardiens, car il se dit : "Si je reste seul, il ne me sera pas possible d’entretenir tous ces sentiers. De plus, les gens pourraient insinuer que je suis le Roi". Le gardien disposa donc ses aides sur tous les sentiers. Ce sont les 32 sentiers.

§ 93. Que signifie le bleu ? Le gardien dit : "Peut-être que les gardiens auxiliaires finiront par dire, le jardin est à nous". C’est pourquoi il leur donna un signe et leur dit : "Regardez, c’est le signe du Roi, qui rappelle que le jardin lui appartient". Il est celui qui a fait ces chemins, et ils ne sont pas à moi. C’est son sceau". A quoi cela est-il comparable ? Un Roi et sa fille avaient des esclaves qui voulaient entreprendre un long voyage, mais ils avaient peur du Roi. Il leur donna son signe. Ils avaient également très peur de la fille, et elle aussi leur donna un signe. Ils se dirent alors : Désormais, avec ces deux signes (Psaumes 131:7) : Yhwh te préviendra de tout mal, Il préservera ton âme".

§ 94 Rabbi Amoraï s’assit et exposa : Quelle est la signification du verset (I Rois 8:27) : "Mais les cieux et les cieux des cieux ne pourraient te contenir" ? Cela nous enseigne que le Saint, béni soit-Il, a 72 Noms, disposés dans les Tribus d’Israël, car il est écrit (Exode 28:10) : "Six de leurs noms sur une pierre, et les six autres sur la deuxième pierre, selon leur génération". Il est également écrit (Josué 4 :9) : "Il érigea 12 pierres". De même que les premières sont (Exode 28:12) "les pierres du souvenir", de même celles-ci sont (Josué 4:7) "les pierres du souvenir". Il y a donc 12 pierres totalisant 72 Noms, qui correspondent aux 72 Noms du Saint, béni soit-Il. Pourquoi commence-t-on par 12 ? Cela nous enseigne que le Saint, béni soit-Il, a 12 directions, renfermant chacune 6 puissances. Quelles sont-elles ? Ce sont les 72 langues.

§ 95 - Le saint béni possède un arbre, ayant 12 directions obliques : nord-est, sud-est, supérieure, inférieure, sud-ouest, nord-ouest, occidentale supérieure, occidentale inférieure, sud supérieure, sud inférieure, nord supérieure, inférieure, s’étendant à l’infini et éternellement. Ce sont les "Bras du monde", à l’intérieur desquels se trouve l’arbre. A ces diagonales, correspondent les 12 surveillants. A l’intérieur du galgal (sphère), il y a également 12 surveillants. En comptant les diagonales, cela fait 36 surveillants. Chacun d’eux a son vis-à-vis, comme il est écrit (Ecclésiastes 5:7) : "Et des plus haut placés au-dessus d’eux". Il y en a donc 9 à l’Est, 9 à l’Ouest, 9 au Nord, 9 au Sud, c’est-à-dire, 12, 12 et 12 surveillants dans le Teli (Dragon), dans le Galgal (Sphère) et dans le Lev (Cœur). Il y a donc 36 surveillants. La puissance de chacun de ces 36 est dans chacun des autres. Bien que 12 se trouvent dans chacun des 3, ils sont reliés les uns aux autres. Par conséquent, chacune des 36 puissances est dans la première qui est le Teli (Dragon). Si tu les cherches dans Galgal (Sphère), tu trouveras les mêmes. Et si tu les cherches dans le Lev (Cœur), tu trouveras encore les mêmes. Chacun d’eux contient les 32 autres, mais tous réunis ils ne sont que 36 formes. Tous s’accomplissent dans le cœur. Ajoute 32 à ces 32 et de ces 36 il reste alors 4, ce sont les 64 formes. Comment savons-nous que 32 doivent être ajoutés à 32 ? Car il est écrit : (Ecclésiastes 5:7) : "des plus haut placés au-dessus d’eux". Nous en avons ainsi 64. Il en manque 8 pour avoir les 72 Noms du Saint, béni soit-Il. C’est à cela que fait référence le verset : "un au-dessus d’eux". Ajoutons-y les 7 jours de la semaine, mais il en manquera encore 1. Cela est signalé par le verset suivant (Eccl. 5:8) : "L’avantage de la terre sur tout, c’est le Roi…". Quel est cet avantage ? C’est l’endroit où la terre fut gravée, c’est un avantage par rapport à ce qui a existé avant. Quel est son avantage ? Tout ce qui existe dans le monde, car pour les gens qui voient sa radiance, c’est un avantage.

§ 96 – Quelle est la terre qui fut gravée dans les cieux ? C’est le Trône du Saint, béni soit-Il. C’est une pierre précieuse et la mer de la Sagesse (Hokhmah). Cela correspond au bleu des Tsitsith. Rabbi Méïr dit alors : "Pourquoi le bleu fut-il préféré aux autres couleurs" ? Parce que le bleu ressemble à la mer, la mer ressemble aux cieux, et les cieux ressemblent au Trône de Gloire, comme il est écrit (Exode 24:10) : "Ils virent le Dieu d’Israël et sous ses pieds était comme un parterre de saphir, comme la clarté de l’essence des cieux". Et il est écrit (Ez. 1:26) : "Comme la pierre de saphir, semblable à un trône".

§ 97 - Rabbi Berakiah s’assit et demanda : Quelle est la signification du verset (Exode 25 :2) : "Qu’ils prennent pour moi un prélèvement (Teroumah)" ? Cela signifie : "Élevez-moi par vos prières". De qui s’agit-il ? Ceux dont le cœur est désireux. Celui disposé à se retirer de ce monde. Honorez-le, car en lui, je me réjouis, puisqu’il connaît mon Nom. Il convient d’agréer son prélèvement pour, comme il est écrit (Exode 25:2) : "De chaque homme dont le cœur désire, vous prendrez un prélèvement pour moi". De celui qui le souhaite. Rabbi Rah’oumaï dit : "Ceci concerne les justes et les pieux d’Israël qui m’élèvent, par leurs mérites, au-dessus du monde entier". C’est par eux que le cœur est soutenu et c’est eux que le cœur soutient.

§ 98 – Et toutes les formes Saintes surveillent toutes les nations. Mais le saint Israël, a pris pour lui l’arbre et son cœur. Le cœur est la beauté (hadar) du fruit du corps. De même, Israël prend (Lévitique 23:40), "le fruit d’un bel arbre (hadar)" . Le palmier est entouré par ses branches et sa pousse (Loulav) est au centre. De même, Israël a pris le corps de cet arbre qui est son cœur. Cela correspond à la colonne vertébrale, qui est la partie principale du corps. Qu’est ce que le Loulav ? c’est Lo Lév, "il a un cœur". Qu’est-ce que le cœur ? Ce sont les 32 sentiers de la Sagesse qui y sont cachés, et sur chacun de ces sentiers veille une forme particulière, dont il est dit (Genèse 3:24) : "Pour garder le chemin de l’Arbre de Vie".

§ 99 - Quelles sont ces formes ? Ce sont celles au sujet desquelles il est écrit (Genèse 3:24) : "et il plaça devant les Kéroubim à l’Est du jardin d’Eden, et la flamme d’une épée tournante, pour garder le chemin de l’Arbre de vie". Que signifie : "Il plaça devant (qédém) à l’Est du Jardin d’Edén" ? Il les plaça dans les chemins qui précèdent (qédém)) le lieu appelé Jardin d’Edén, qui lui-même précède (qadmou) les Kéroubim, car il est écrit : "Les Kéroubim" précèdent la flamme du glaive tournoyant. Devant quelle flamme ? Les cieux s’appellant "Shamayim", signalent que le feu et les eaux ont préexisté, comme il est écrit (Genèse 1:6) : "Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux, et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux". Et encore (Genèse 1:8) : "Et Elohim appela le firmament : Shamayim". Comment savons-nous que les cieux sont du feu ? Parce qu’il est écrit (Deutéronome 4:24) : "Car Yhwh, ton Dieu, est un feu consumant, un Dieu jaloux".

§ 100 - Et comment savons-nous que les "cieux" se rapportent au saint, béni soit-Il ? Car il est écrit (I Rois 8 :43) : "Et toi, les cieux tu entendras". Salomon adressait-il ses prières aux cieux ? Non, il priait celui dont le nom est "Cieux". Il est aussi écrit (I Rois 8:27) : "Car les cieux et les cieux des cieux ne pourraient le contenir". C’est le Nom du Saint, béni soit-Il, qui est feu. Comment peux-tu alors dire que ce lieu préexistait? Il faut plutôt dire : que la puissance a existé avant les formes, après, seulement, les formes Saintes prirent existence. Quelle est leur puissance ? Elle concerne ce qui est écrit (I Samuel II:2) : "Nul n’est saint comme Dieu, il n’y a rien d’autre que toi, et rien n’est plus ancien que notre Dieu".

Repost 0
Published by X - dans Kabbale
commenter cet article
31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 05:51

§ 1. Rabbi Neh’oniah ben HaKana dit :

Un verset (Job 37:21) mentionne, "Et maintenant ils ne voient plus la lumière brillante (Bahir) dans les cieux (Shéh’aqim)..."

Un autre verset, cependant, (Psaume 18:12), dit, "Il faisait de l’obscurité Son lieu caché." Il est aussi écrit (Psaume 97:2), "Nuage et obscurité l’entourent." C’est une contradiction apparente.

Un troisième verset vient et réconcilie les deux. Il est écrit (Psaume 139:12), "même la ténèbre n’est pas ténèbre devant toi et la nuit comme le jour illumine."

§ 2. Rabbi Berakiah dit:

Il est écrit (Genèse 1:2), "La terre était Chaos (Tohu) et Désolation (Bohu).

Quelle est la signification du mot "était" dans ce verset? Cela indique que le Chaos (Tohu) existait auparavant [et déjà était].

Qu’est-ce que le Chaos (Tohu)? Quelque chose qui déconcerte (Taha) les gens.

Qu’est-ce que la Désolation (Bohu)? C’est quelque chose ayant de la substance. C’est la raison pour laquelle il est appelé Bohu, qui est, Bo Hou — "il est en lui ."

§ 3. Pourquoi la Torah commence t-elle avec la lettre Beith ? Pour qu’elle commence comme une bénédiction (Berakah).

Comment savons-nous que la Torah est appelé "bénédiction" ?

Parce qu’il est écrit (Deutéronome 33:23), "et rempli de bénédiction de Yhwh, possède la Mer et le Sud."

La Mer n’est rien d'autre que la Torah, comme il est écrit (Job 11:9), "Elle est plus large que la mer."

Quelle est la signification du verset, "et rempli de bénédiction de Yhwh ?" Cela signifie que chaque fois que nous trouvons la lettre Beith cela indique une bénédiction.

Il est écrit (Genèse 1:1), "au commencement (BeReshit) [Dieu créa le ciel et la terre ."BeReshit est Beith Reshit.]

Le mot "commencement" (Reshit) n’est rien d’autre que la Sagesse. Il est écrit (Psaume 111:10), "Le commencement de la sagesse, la crainte de Yhwh."

La sagesse est une bénédiction. Il est écrit, "Et Dieu béni Salomon." Il est aussi écrit (I Rois 5:26), "Et Dieu donna la Sagesse à Salomon."

Cela ressemble à un roi qui marie sa fille à son fils. Il la lui donne en mariage et lui dit, "Fais avec elle selon ton désir". 

§ 4. Comment savons-nous que le mot Berakhah [ traduit habituellement par bénédiction] vient du mot Baroukh Hou [signifiant soit bénit-Il]? Peut-être cela vient il du mot Berek [ signifiant genou].

Il est écrit (Isaiah 44:23), "Pour moi chaque genou plie ." [Berakah peut donc signifier] sur le Lieu où chaque genou fléchi.

A quoi cela est-il comparable ? Les gens veulent voir le roi, mais ne savent pas où trouver sa maison (Bayit). Ils demandent "Où est la maison du roi ?" Alors, seulement, ils peuvent demander, "Où est le roi ?"

Il est écrit, "Pour moi chaque genou plie"— même le plus haut— "chaque langue jurera ."

§ 5. Rabbi Rahoumai s’assit et expliqua :

Quel est la signification du verset (Deutéronome 33:23), "comblé de bénédiction de Yhwh, possédera la Mer et le Sud"?

Cela signifie que partout où nous trouvons la lettre Beith il y a bénédiction.

C’est la plénitude à laquelle il est fait référence dans le verset, "comblé de bénédiction de Dieu."

De là, il nourrit ceux qui le demandent. c’est de cette plénitude que Dieu a tiré conseil.

A quoi cela est-il comparable ? Un roi voulu bâtir son palais sur de grandes falaises. Il brisa les rocs et découvrit un grand flux d’eau vive. Le roi dit alors, "Puisque des eaux m’ont été données, je planterai un jardin. Puis je me réjouirai en lui, ainsi que tout le monde (olam) ."

Il est donc écrit (Proverbes 8:30), " j’étais avec Lui comme un artisan, dans un enchantement jour après jour goûtant en sa présence des joies sans fin."

La Torah dit, "Durant deux mille ans j’étais dans la poitrine du Saint, béni soit-Il, comme Son délice ."

Le verset dit, "jour après jour." Chaque jour du saint, béni soit-Il, dure mille an, comme il est écrit (Psaume 90:4), "Mille années à vos yeux sont comme le jour d’hier qui s’est passé."

Dès lors, par la suite, de temps en temps seulement, car il est dit : " sans fin ".

Puis se sera pour tout le monde (leolam). Il est écrit (Isaiah 48:9), "[j’expirerai] pour vous Ma louange par Mon nez."

Quelle est la signification de "Ma louange"? Comme il est écrit (Psaume 145:2), "Une louange de David : je t’exalterai [mon Dieu, O Roi, et je bénirai ton nom éternellement et pour toujours]."

Pourquoi cette louange ? Parce que je " t’exalterai."

Que signifie cette exaltation ? Parce que "je bénirai ton nom éternellement et pour toujours." 

§ 6. Qu’est-ce qu’une bénédiction ?

Ceci peut être expliqué par un exemple. Un roi avait planté des arbres dans son jardin . Même s’il pleuvait, il fallait les arroser. Même si le sol était mouillé et regorgeait d’humidité, il devait tout de même les arroser.

C’est pourquoi il est écrit : (Psaume 111:10), "Le début de la Sagesse, c’est la crainte de Yhwh, la bonne intelligence est pour ceux qui pratiquent (Sa louange éternellement)."

Vous pouvez penser qu’il manque quelque chose. C’est pourquoi il est écrit, "Sa louange éternellement ." 

§ 7. Rabbi Amorai s’assit et expliqua :

Quel est la signification du verset (Deutéronome 33:23), "comblé par la bénédiction de Dieu , la Mer et le Sud sont ta possession (ton héritage)" ?

Moïse disait, "Si vous suivez mes lois, vous hériterez à la fois de ce monde et du monde à venir."

Le Monde à venir est semblable à la mer, comme il est écrit (Job 11:9), "Elle est plus large que la mer ."

Le monde actuel désigne le Sud. C’est pourquoi il est écrit (Josué 15:19), "Puisque tu m’as relégué au pays du Néguébh". Le Targoum traduit cela par, " la terre du sud". 

§ 8 - Pourquoi Dieu a t-Il ajouté la lettre Hé au nom d’Abraham, plutôt qu’une autre lettre ?

Ceci afin que toutes les parties du corps de l’homme soient dignes de vivre dans le Monde à venir, qui est semblable à la mer.

D’une certaine manière, l’Edifice a été achevé dans Abraham. (En ce qui concerne cette Edifice) il est écrit (Genèse 9:6), "Dans l’image d’Elohim, Il fit Adam ."

La valeur numérique d’Abraham est 248, nombre des articulations du corps d’Adam.  

§ 9. Quel est la signification de (Deutéronome 33:23), "(Comblé de bénédiction de Yhwh, la Mer et le Sud sont ta) possession (Yirashah )?" Il aurait suffit que le verset dise, "possède (Rash wr) (la Mer et le Sud)."

Mais cela vient nous enseigner que Dieu doit aussi être inclus. Le mot Yirashah contient ainsi Rash et les lettres YH signifiant, "possède Yah (Dieu)".

A quoi cela est-il comparable ? Un roi avait deux trésors, dont un qu’il avait caché au loin (mis en réserve). Le temps ayant passé, il dit à son fils, "Prends ce qu’il y a dans ces deux trésors." Le fils répondit, "Peut-être ne me donneras-tu pas ce que tu as mis en réserve." Le roi dit, "Prends tout."

C’est pourquoi il est écrit, "la Mer et le Sud, sont ta possession." Possède Dieu (YH Rash) — tout vous sera donné si vous suivez simplement Mes voies. 

§ 10. Rabbi Boun dit :

Quel est la signification du verset (Proverbes 8:23), " Du monde (me-olam) , je fus fondé en précédant l’origine de la terre".

Quelle est la signification "d’éternité (Me -OLAM.)?" Cela signifie qu’il doit être dissimulé (ha - élém) du monde.

Comme il est écrit (Ecclésiastes 3:11), "Il a mis aussi le monde (ha Olam) en leurs coeurs" , ne lit pas Ha-Olam (le monde), mais hal - élam (la dissimulation).

La Torah dit, "J’ai précédé le début de la création." Il est écrit, "Je fus fondé dès le commencement".

Vous pourriez penser que la terre fut avant elle (Torah). Il est donc précisé, "avant la terre ."

Il est donc écrit (Genèse 1:1), "Au commencement Elohim a créé le ciel et la terre ."

Quelle est la signification de "a créé" ? Il créé tout ce qui est nécessaire pour toutes choses. Puis Elohim. Et seulement après il est écrit "le ciel et la terre ." 

§ 11 : Quelle est la signification du verset (Ecclésiaste 7:14), "Ainsi l’un comme l’autre ont été faits par Elohim". Il créa le Bohu (Désolation) et le plaça dans la Paix, et Il créa le Tobu (Chaos) et le plaça dans le Mal. Le Bohu est dans la Paix, comme il est écrit (Job 25:2), "Il a fait la paix dans Ses hauteurs". Cela nous enseigne que Mikael, le prince à droite du Saint, béni soit-il, est eau et grêle, tandis que Gabriel, le prince à gauche du Saint, béni soit-il, est feu. Les deux sont réconciliés par le Prince de la Paix. C’est la signification du verset, "Il fait la paix dans Ses hauteurs". 

§ 12 : Comment savons-nous que ce Johu est dans le Mal? Il est écrit (Isaïe 45:7), "Il a fait la paix et créé le mal". Comment cela ?Le mai est un Tohu, tandis que la Paix est un Bohu. Il créa le Tohu et le plaça dans le Mal, comme il est écrit, "Il a fait la paix et créé le mal". Il créa le Bohu et le plaça dans la Paix, comme il est écrit "Il a fait la paix dans Ses hauteurs". 

§ 13 : Rabbi Boun s’assit et expliqua : Quel est la signification du verset (Isaïe 45:7), "Il forme la lumière et crée la Ténèbre" ? La lumière a de la substance. Donc, le terme "Yetsirah" (Formation) est employé à son égard. La ténèbre n’a aucune substance, c’est pourquoi le terme "Beriah’ (Création) est utilisé. Ceci d’après (Amos 4:13), ‘Il forme les montagnes et créé le vent. " il y a une autre explication à cela : La lumière a une réelle existence, comme il est écrit (Genèse 1:3), "Et Dieu dit, que la lumière soit". Quelque chose ne peut pas être amené à l’existence à moins qu’elle ne soit faite. Le terme Yetsirah" (formation) est donc employé. Dans le cas de la Ténèbre, cependant, il n’y avait aucun fait, seulement la séparation et la différenciation. C’est pour cette raison que le terme "Beriah " (Création) est employé. Il a le même sens que dans l’expression, "Cette personne recouvre la santé (hiBria)". 

§ 14 : Pourquoi la lettre Beith est-elle fermée de tous côtés et ouverte vers l’avant ? Cela nous enseigne qu’il s’agit de la Maison du monde, Le Saint, béni soit-il, est le lieu du monde, et le monde n’est pas Son lieu. Ne lis pas Beith, mais Bayit (maison). Il est écrit (Proverbes 24:3), "C’est par la sagesse qu’une maison s’élève, Et par l’intelligence qu’elle s’affermit’. 

§ 15 : A quoi le Beith ressemble-t-il ? Il est semblable à un homme formé par la sagesse. Il est fermé de tous côtés, mais ouvert vers l’avant. Le Alef, cependant, est ouvert vers l’arrière. Cela nous enseigne que la queue du Beith est ouverte derrière. Sans cela ‘ l’homme ne pourrait exister. Pareillement, s’il n’y avait pas de 8eith sur la queue du Alef, le monde ne pourrait exister. 

§ 16 : Rabbi Raboumai dit : L’illumination a précédé le monde, puisqu’il est écrit (Psaume 97:2), "Nuées, et Ténèbre l’entourent", Il est aussi écrit (Genèse 1:3.), "Et Dieu dit, que la lumière soit, et la lumière fut. " lis lui dirent, "Avant la création d’Israël, ton fils, lui avais tu préparé une couronne?" Il répondit oui. À quoi cela est-il comparable? Un roi languissait de son fils. Un jour il trouva une belle couronne précieuse, et il dit, "elle sera pour la tête de mon fils" * lis lui dirent, "Es-tu certain que ton fils soit digne de cette couronne?" Il répondit, "C’est ainsi. C’est ce qui jaillit dans ma pensée." Ainsi qu’il est écrit (2 Samuel XJV. 14) ; ‘il pense des pensées’ (vehashavmahashvoth)". 

§ 11 : Rabbi Amorai s’assit et expliqua: Pourquoi le Aief est il au début? Parce qu’il fut avant tout, même avant la Torah.

§ 18 : Pourquoi Beith le suit-il ? Parce qu’il fut premier. Pourquoi a-t-il une queue? Pour indiquer le lieu d’où il vient. Certains disent que par cela le monde est soutenu. 

§ 19 : Pourquoi le Guimel est-il troisième ? Il a trois parties, nous enseignant qu’il accorde (gomel) des bienfaits. Mais Rabbi Akiba dit que le Guimel a trois parties parce qu’il accorde, croît, et soutient. Comme il est écrit (Genèse 21:8), "L’enfant grandit (gadol), et fut sevré (gomel)". Il dit: c’est mon explication. Il croissait et accordait des bienfaits à ses voisins et ses proches. 

§ 20 : Et pourquoi y a-til une queue au bas du Guimel? Il dit: Le Guimel a une tête au-dessus, et est comme un tube. Comme un tube, le Guimel attire par sa tête, et disperse par sa queue. C’est le Guimel. 

§ 21 : Rabbi Yohanan dit : Au deuxième jour les anges furent créés, comme il est écrit : ‘il forme avec les eaux le faite de sa demeure’ (Ps. 104:3), il est également écrit: "Il fait des vents ses messagers, des flammes de feu ses serviteurs" (Ps. 104:4). Rabbi Levitas ben librous répondit : tout le monde l’admet et Rabbi Yoh’anan suppose que les eaux existaient déjà, mais en ce qui concerne le deuxième jour, il est écrit : ‘il forme avec les eaux le faîte de sa demeure" (Ps. 104:3). Qui est celui qui "chemine sur les ailes du vent’ ?Alors que les "messagers" ne furent créés que le cinquième jour. 

§ 22. Tous admettent qu’aucun ne fut créé le premier jour. Il ne devrait donc pas être dit que Mikael étendait le ciel au sud, et que Gabriel l’étendait au nord, tandis que le Saint, béni soit-Il, ordonnait le centre. Ainsi qu’il est écrit: "Moi, Yhwh, j’ai fait toutes choses, seul j’ai déployé les cieux, seul j’ai étendu la terre, qui était avec moi ?" (Esaïe 44:24). Ce verset est lu "mi iti" : "qui était avec moi ?" Bien que nous lisions le verset "de Moi" . le suis celui qui a planté cet arbre afin que tout le monde s’en réjouisse. Et en lui, j’ai répandu le Tout. le l’ai appelé Tout (kol) parce que tous dépendent de lui, tous émanent de lui, et tous ont besoin de lui. lis le regardent et l’attendent, et par lui, les âmes voient dans la joie. ‘J’étais seul quand je l’ai fait, afin qu’aucun ange ne puisse se lever et dire: je t’ai devancé. J’étais aussi seul lorsque j’ai étendu Ma terre, dans laquelle j’ai planté et enraciné cet arbre. le me suis réjoui avec eux et en eux. Qui était avec Moi ? À qui aurai-je révélé ce mystère ?’  

§ 23 Le rabbi Rahoumai dit : De tes paroles, nous pourrions conclure que le Saint, béni soit-il, a créé les besoins de ce monde avant de créer les cieux. Il répondit oui. À quoi cela est-il semblable ? Un roi voulut planter un arbre dans son jardin. il explora le jardin entier afin d’y trouver une source qui . amènerait l’eau pour nourrir l’arbre, mais il ne trouva rien. Il dit alors :’Je creuserai pour l’eau, et l’amènerai vers l’arbre pour le nourrir’. Il creusa et fit jaillir une source d’eau vive. Alors il plan ta l’arbre qui s’éleva et produit des fruits. Il était fructueux car ses racines étaient toujours bien arrosées.

§ 24. Rabbi Yanai dit : La terre fut créée avant les cieux, comme cela est écrit: terre et cieux" (Genèse 2:4). Lis lui dirent: n’est-il pas écrit: ‘Ies cieux et la terre"(Gen. 1: 1). Il répondit : À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait acheté un bel objet, mais qui était incomplet, alors il ne le nomma pas. Il dit : je le compléterai, lui préparerai un support et un lien, ensuite je le nomme rai’ * C’est ce qu’exprime : ‘7u as jadis fondé la terre"(Psaume 102:26) et ensuite : "les cieux sont l’ouvrage de tes mains’. De plus, il est écrit : "Il s’enveloppe de lumière comme d’un manteau; Il étend les cieux comme un rideau, Il forme avec les eaux le faîte de sa demeure’ (Psaume 104:2-3). Et il est écrit : ‘il fait des vents ses messagers, des flammes de feu ses serviteurs" (Psaume 104:4). Et enfin, il est écrit : "Il a établi la terre sur ses fondements, elle sera pour le monde et toujours (olam vaéd) (Psaume 104:5). Lorsqu’il fit son support, il le renforça. C’est pourquoi il est mentionné : "pour le monde et l’éternité". Quel est son nom ? "Vaéd" (et toujours) est son nom. Et le nom de son support est "Olam" (Monde). C’est pourquoi il est écrit : "pour le Monde et Toujours" `Olam vaéd". 

§ 25. Rabbi Berahiah dit : Quelle est la signification du verset : "Et Elohim dit : qu’il y ait lumière et il eut lumière" (yéhiaurvayéhiaur) (Genèse 1:3) ? Pourquoi ce verset ne dit-il pas "et la lumière fut" (vehayah aur) ? À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait un bel objet, il le mit de côté jusqu’à ce qu’il ait trouvé une place pour lui, et alors il l’y plaça. C’est pourquoi il est écrit, " qu’il y ait lumière, et il y eut lumière" (vayéhi). Cela indique qu’elle existait déjà. 

§ 26. RabbiAmoraidit: Quelle est la signification du verset ‘Yhwh est un homme de guerre" (Exode 15:3). Mar Rahoumai lui dit : Grand Ray, ne me demande pas conseil pour quelque chose d’aussi simple. Écoute-moi et je te conseillerai. Il lui dit : À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait nombre de belles habitations, il donna un nom à chacune. Chacune était meilleur que l’autre. Il dit, "je donnerai à mon fils l’habitation dont le nom est Aleph. Celle dont le nom est Yod est aussi belle, ainsi que celle dont le nom est Shin". Que fit-il ? il rassembla les trois, et fit un seul nom des trois et une seule maison. Il lui dit : Jusqu’à quand vas-tu continuer à dissimuler ton explication ? il répondit : Mon fils, Aleph est le commencement. Yod lui succède. Shin inclut tout le monde. Pourquoi Shin inclut tout le monde ? Parce qu’avec lui on écrit une réponse (Téshouvah). 

§ 27. Les étudiants lui demandèrent : Qu’est-ce que la lettre Daleth ? Il répondit: À quoi cela est-il comparable ? Dix rois se trouvaient en un certain lieu. Tous étaient riches, mais un n’était pas aussi riche que les autres. Bien qu’il fût très riche, il était pauvre (Dal) par rapport aux autres. 

§ 28. lis lui dirent : Qu’est-ce que la lettre Hé ? Il se fâcha et dit : Ne vous ai-je pas enseigné de ne pas m’interroger sur la dernière chose avant de l’avoir fait pour la première? lis dirent : Mais Hé vient après (Daleth). Il répondit: L’ordre devrait être Guimel, Hé. Pourquoi’ est-il Guimel, Daleth ? Parce qu’il doit être Daleth, Hé. Et pourquoi l’ordre est-il Guimel, Daleth ? Il leur dit : Guimel est à la place de Daleth, par sa tête, il est à la place de Hé. Daleth par sa queue est à la place du Hé. 

§ 29. Qu’est-ce que la lettre Vav ? Il dit : Il y a un Hé supérieur et un Hé inférieur.  

§ 30. Ils lui dirent : Mais qu’est-ce que le Vav ? Il dit : Le monde fut scellé par six directions. Ils dirent: Mais Vav n’est-elle pas une seule lettre ? Il répondit : Il est écrit :"ils "enveloppe de lumière comme d’un manteau" (Psaume 104:2). 

§ 31. Rabbi Amorai demanda: Où est le jardin d’Eden ? 11 répondit : Sur terre. 

§ 32. Rabbi Ishmael demanda à Rabbi Akiva : Quelle est la signification du verset : "et les cieux et la terre’ (éth hashmayim veéth haéréts) (Genèse 1:1) ? Si le mot "éth’ (un pronom accusatif hébreu, sans équivalence en français) était absent, nous penserions que "cieux" et "terre" sont des dieux. Il répondit : Par le Service Divin ! Tu peux accéder à la véritable signification, mais tu ne t’es pas assez étendu, c’est pourquoi tu parles de cette façon. Mais le mot ‘éth " [M41 (devant cieux) vient inclure le soleil, la lune, les étoiles et les constellations, tandis que (devant terre) il vient ajouter les arbres, les plantes, et le jardin d’Eden. 

§ 33. lis lui dirent : Il est écrit : "Il a précipité la beauté d’Israël des cieux sur la terre." (Lamentations 2:1). Devons-nous comprendre qu’ils sont tombés ? Il répondit : Si vous l’avez lu, vous ne l’avez pas répété, et si vous l’avez répété, vous ne l’avez pas relu une troisième fois. À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait une belle couronne sur sa tête et un beau manteau sur ses épaules. Lorsqu’il entendit une mauvaise nouvelle, il ôta la couronne de sa tête et le manteau de ses épaules. 

§ 34. lis lui demandèrent: Pourquoi la lettre H’eith est-elle ouverte ? Et pourquoi sa voyelle indique-t-elle un petit Patah ? Il répondit : Parce que toutes les directions (Rouah’ot) sont fermées, à l’exception du Nord, qui est ouvert pour le bien et pour le mal. lis dirent : Comment peux-tu dire que c’est pour le bien ? N’est-il pas écrit : "et je vis un vent orageux venant du Nord, un grand nuage et un feu brûlant" (Ezéckiel 1:4). Le feu n’est rien d’autre qu’un courroux, comme il est écrit: "Et le feu sortit devant Dieu, et il les consuma et les tua"(Lévitique 10:2). Il dit: Il n’y a pas de difficulté. Le second cas se produit lorsqu’israël accomplit la volonté de Dieu, tandis que dans l’autre cas Israël ne fait Sa volonté, alors le feu vient, l’attribut de miséricorde se déroule et l’entoure, comme il est écrit : ‘il supporte la faute et passe sur la rébellion" (Micah 7:18).

§ 35 - À quoi cela est-il comparable ? Un roi voulut punir et fouetter ses serviteurs. Un de ses gouverneurs se dressa et demanda la raison de cette punition. Après que le roi est décrit l’offense, le gouverneur dit : "Vos serviteurs n’ont jamais fait une telle chose. Je m’en porte garant jusqu’à plus amples informations." Dans l’attente, la colère du roi s’apaisa.

§ 36 - Ses étudiants demandèrent : Pourquoi est-ce que la lettre Daleth grossit-elle sur le côté ? Il répondit : A cause du Segol qui est dans le petit Pata’h. Ainsi qu’il est écrit (Psaume 24:7) : " Les portes (pit’hei) du Monde ". Il a placé un Pata’h au-dessus et un Ségol en dessous. C’est pour cette raison qu’il grossit.

§ 37 - Qu’est-ce que Pata’h ? C’est une ouverture (Peta’h). Que désigne cette ouverture? C’est la direction du nord, qui est ouverte au monde entier. C’est la porte d’où émergent le bien et le mal. Et quel est ce bien ? Il se moqua d’eux et dit : Est-ce que je ne vous ai pas dit que c’est un petit Pata’h (petite porte) ? Ils dirent : Nous l’avons oublié, enseigne-le à nouveau. Il leur dit : À quoi cela est-il comparable ? Un roi avait un trône. Tantôt il le portait dans ses bras, tantôt sur sa tête. Ils demandèrent pourquoi, et il répondit : Parce qu’il était beau et il aurait été dommage de s'asseoir dessus. Ils demandèrent : Où l’a-t’il placé sur sa tête ? Il répondit: Dans le Mem ouvert. Ainsi qu’il est écrit (Psaume 85:12), " la vérité germera de la terre, et la justice se réfléchira par les cieux ".

§ 38 - Rabbi Amoraï s’assit et expliqua : Quel est la signification du verset (Psaume 87:2), " Yhwh aime les portes de Tsion plus que toutes les demeures de Jacob ". Les portes de Tsion sont les Portes du Monde. Une porte n’est rien d’autre qu’une ouverture. C’est pourquoi nous disons : " Ouvre-nous les portes de la pitié ". Le Saint, béni soit-il, dit : J’aime les " portes de Tsion lorsqu’elles sont ouvertes. Pourquoi? Parce qu"elles sont sur le côté du mal. Mais quand Israël fait le bien devant Dieu et se montre digne, ce bien-être généré pour eux, alors le saint, béni soit-il, les aime plus que toutes les demeures de Jacob ", qui sont toutes la paix, comme il est écrit (Genèse 25:27), " Jacob était un homme simple, demeurant sous des tentes ".

§ 39 - Ceci est comparable à deux hommes, l’un poussé à faire le mal et fait le bien, et l’autre poussé à faire le bien et fait le mal. Qui est le plus méritoire ? Celui qui a tendance à faire le mal et qui fait le bien, peut-être pourra-t-il le faire encore. C’est ce qui est écrit (Psaume 87:2) : "   Yhwh aime les portes de Tsion plus que toutes les demeures de Jacob ", qui sont toutes de paix, comme il est écrit (Genèse 25:27) " Jacob était un homme simple, demeurant sous des tentes ".

§ 40 - Ses étudiants demandèrent : Qu’est-ce que le H’olém ? Il répondit : C’est l’âme et son nom est H’olem. Si tu lui obéis, ton corps sera vigoureux (h’alam) dans les temps futurs. Mais si tu te révoltes contre lui, il y aura la maladie (h’oléh) sur ta tête, et les maladies (h’olim) sur la sienne.

§ 41 - Ils dirent encore : Chaque rêve (h’alom) est dans le h’olem. Chaque pierre précieuse blanche est dans le H’olem. Ainsi qu’il est écrit (au sujet du pectoral du Grand Prêtre) (Exode 28:19), " un blanc de veah’lamah ".

§ 42 - Il leur dit : Venez et écoutez les subtilités concernant les points de voyelle trouvés dans la Torah de Moïse. Il s’assit et expliqua : H’irik haït les méchants et les punit. Il englobe la jalousie, la haine et la controverse. Ainsi qu’il est écrit (Psaume 37:12), " Il grince (h’orek) des dents contre eux ". Ne lit pas h’orek (grince), mais roh’ek (éloigne). Eloigne (rah’ek) ces défauts de toi-même, et le mal s’éloignera de toi. Le bien s’attachera certainement à toi.

§ 43 - H’irik. Ne lit pas H’iRiK mais ZeRa’H (Glace). Tout ce que le H’irik touche devient de la glace. Il est ainsi écrit (Exode 34:7), " et il innocente".

§ 44 - D’où le H’irik tient-il la connotation de brûler ? C’est parce qu’il est feu qui brûle tout feu. Il est ainsi écrit (1 Rois 18:38), " Et feu de Yhwh tomba, et il consuma l’offrande, le bois, les pierres, la poussière, et évapora l'eau qui était dans la gouttière ".

§ 45 - Il dit : Quel est la signification du verset (Exode 20:15), " Et tous les gens voyaient les voix ". Ce sont les voix dont parle le Roi David, comme il est écrit : (Psaume 29:3), " La voix de Dieu est sur les eaux, le Dieu de gloire a tonné. (Psaume 29:4) " La voix de Dieu entre la force ". À ce sujet, il est écrit (Isaïe 10:13), " Par la force de ma main, j’ai agi ". Il est également écrit (Isaïe 48:13), " Ma main a fondé la terre ". (Psaume 29:4) " La voix de Dieu est dans la majesté ". Il est aussi écrit (Psaume 111:3), " Splendeur et majesté sont Ses oeuvres, Sa justice demeure toujours ". (Psaume 29:5) " la voix de Yhwh brise les cèdres ". C’est l’arc-en-ciel qui brise les cèdres et les cyprès. (Psaume 29:7) " la voix de Yhwh taille les flammes de feu ". C’est elle qui installe la paix entre l’eau et le feu. Elle réduit le pouvoir du feu et l’empêche de faire évaporer l’eau. Elle empêche aussi l’eau d’éteindre le feu. (Psaume 29:8), " la voix de Yhwh secoue le désert ". Il est écrit (Psaume 18:51) : " Il fait grâce à son Messie, à David et à ses descendants jusqu"à l’éternité ", plus que dans le désert. (Psaume 29:9),  " la voix de Yhwh fait enfanter les biches, elle écorce les arbres, tandis que dans Son Temple, tous crient : Gloire! ". Il est aussi écrit (Cantique des Cantiques 2:7), " je vous lie d’un serment, O filles de Jérusalem, avec les gazelles, ou avec les biches des champs ". Cela nous enseigne que la Torah fut donnée par sept voix. Par chacune d’elles le Maître de l’univers se révéla à eux, et ils le voyaient. Ainsi qu’il est écrit, " Et tous les gens voyaient les voix ".

§ 46 - Un verset fait état (2 Samuel XXII:10) : " Il inclina les cieux et descendit, avec l'obscurité sous Ses pieds ". Un autre verset dit (Exode 19:20) : " Et Yhwh descendit sur le mont Sinaï, au sommet de la montagne ". Cependant, un autre verset dit encore (Exode 20:22) : " ce sont des cieux dont je vous ai parlé ". Comment concilier ceci ? Son " grand feu " était sur la terre, et c’était une voix. Les autres voix étaient dans les cieux. Il est aussi écrit (Deutéronome 4:36) : " des cieux Il t’a fait entendre Sa voix, pour t’instruire. Et sur la terre t’a montré Son grand feu, et Ses mots, tu les as entendus du feu ". Quel était ce feu ? D’où ces paroles ont-elles émané ? De ce feu, comme il est écrit : " et Ses mots, tu les as entendus du feu ".

§ 47 - Que signifie le verset (Deutéronome 4:12) : " Vous n"avez vu aucune image, seulement une voix " ? C’est ce que Moïse a expliqué lorsqu’il a dit à Israël (Deutéronome 4:15), " Vous ne voyiez pas une image entière ". Vous voyiez une image, mais pas une " image entière ". À quoi cela est-il comparable ? À un roi, se tenant devant ses serviteurs, vêtus d’une robe blanche, bien qu’il soit loin, ils peuvent encore entendre sa voix. Ceci, malgré qu’ils ne pouvaient plus voir sa gorge lorsqu’il parlait. De la même façon, ils voyaient une image, mais pas une " image entière ". Il est donc écrit : " Vous ne voyiez aucune image, seulement une voix ". Il est aussi écrit (Deutéronome 4:12) : " vous entendiez le son des paroles".

§ 48 - Un verset (Exode 20:15), dit : " et tous le peuple voyait les voix ". Un autre verset, cependant,(Deutéronome 4:12), mentionne : " vous entendiez le son des paroles " Comment cela ? Au commencement, ils voyaient les voix. Qu’ont-ils vu ? Les sept voix mentionnées par David. Mais en fin de compte ils entendirent la Parole qui émanait d’elles toutes. Mais nous avons appris qu’il y en avait dix. Nos sages ont enseigné qu’elles ont toutes été prononcées comme une seule parole. Mais nous avons dit qu’il y en avait sept. C’était sept voix. Concernant trois d’entre elles, il est écrit : (Deutéronome 4:12), " vous entendiez le son des paroles, mais vous ne voyiez aucune forme, seulement une voix ". Cela nous enseigne qu’elles furent toutes prononcées comme une seule parole. Ceci afin qu’Israël ne commette pas d’erreur et dise, " D'autres l’ont aidé. Il aurait pu s’agir de l’un des anges. Mais Sa voix seule n’aurait pu être aussi puissante ". C’est pour cette raison qu’il les répète et les réunit.

§ 49 - Une autre explication : Afin que l’on ne puisse pas dire qu’il y avait dix paroles pour dix rois, n’auraient pu être prononcées ensemble. Il est dit (Exode 20:2) " Je suis (anokhi) " qui inclus les dix. Qui sont les dix rois ? Ce sont les sept voix et les trois paroles (Amarim). Quelles sont ces Paroles ? Elles font allusion au verset (Deutéronome 26:18) :   " Dieu a dit pour toi aujourd"hui ". Quelles sont les trois Paroles ? C’est le verset  (Proverbes 4:7) : " Le début de la Sagesse est: Acquiers la Sagesse (Hokhmah), avec toutes tes acquisitions, acquiers l’Intelligence (Binah) ". Il est aussi écrit (Job 32:8) : " l"âme de Shaddaï leur donne l’Intelligence ". L’âme (neshamah) de Shaddaï est ce qui leur donne l’Intelligence (Binah). Quelle est la troisième Parole ? Le vieil homme dit à l’enfant : " Ce qui est caché de toi, ne le cherche pas, et ce qui est dissimulé de toi, ne le creuse pas. Dans ce qu’il t’est permis, cherche à comprendre, mais ne fais rien des mystères ".

§ 50 - Nous avons appris (Proverbe 25:2) : " La gloire de Dieu scelle une parole ". Quelle est cette parole ? De celle dont parle le verset (Psaume 119:160) : " Le Début de Ta parole est vérité ". Il est aussi écrit (Proverbes 25:2) : " La gloire des rois est de sonder une parole ". Et quel est ce mot ? C’est à son sujet qu’il est écrit (Proverbes 25:11) : " Une parole dite à propos (Aphen av) ", ne lit pas " à propos (Aphen av) ", mais " sa roue " (Ophan’av),

Repost 0
Published by X - dans Kabbale
commenter cet article

Présentation

  • : Loge de Recherche Laurence Dermott
  • Loge de Recherche Laurence Dermott
  • Contact

Blason de la RL Laurence Dermott

Loge-Dermott.gif

        727 ARTICLES

                       537 ABONNES 

Recherche

St Patrick blessing

 

 irish-flag-cd51f

May St. Patrick guard you wherever you go,

and guide you in whatever you do,

and may his loving protection

be a blessing to you always.

God save the Ireland

           

Michaël Collins

Danny Boy