Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 06:00

La Maçonnerie anglaise est particulièrement discrète à l’égard des deux Saint-Jean contrairement à la Maçonnerie française bien qu’auparavant ces fêtes aient une importance égale à celles que connaît la Maçonnerie continentale. Cela tient à ce que la Maçonnerie anglaise a été déchristianisée en 1813 lors de la mise au point des rituels de la Grande Loge Unie d’Angleterre après l’union des deux Grandes Loges des « Anciens » et des « Modernes ». La motivation de cette déchristianisation repose sur le problème majeur que connaissait la Maçonnerie anglaise sur le plan religieux en la présence des juifs en Loge. Quoique cette présence ne paraisse pas avoir posé de difficultés lors de la création et des premières années de fonctionnement de la Grande Loge de Londres et de Westminster, au milieu du XVIIIème siècle certaines Loges décident de voter des motions tendant à ne pas recevoir de juifs en Loge. C’est pour aplanir ces difficultés de caractère religieux que les rituels furent déchristianisés.

Déchristianisation ne signifie pas laïcisation comme dans la Maçonnerie française mais une réduction du contenu religieux de la Maçonnerie à l’Ancien Testament, c'est-à-dire ce qui est commun aux juifs et aux chrétiens. Insistons sur le fait que le mot « déchristianisation » appliqué à la Maçonnerie anglaise s’entend au sens restrictif de suppression de toutes les références spécifiquement chrétiennes et non pas de toute référence religieuse. Nous savons que le duc de Sussex, premier Grand Maître de la Grande Loge Unie d’Angleterre joua un rôle déterminant dans l’élaboration des nouveaux rituels d’après 1813. Tout en étant un chrétien dévot et reconnu comme tel, sa tolérance et son ouverture d’esprit permirent aux Maçons de toute confession de se retrouver dans une structure initiatique dont la destination était de rassembler des hommes de bonne volonté au centre de l’Union qu’est la Franc-Maçonnerie.

Les deux Saint-Jean fournissent un exemple éclairant de cette déchristianisation. L’usage de tenir la principale assemblée de l’année (que nous dénommons en France « Convent ») le jour de la Saint-Jean vient d’Angleterre. Les constitutions d’Anderson de 1723 (Règle 22) prévoient que « la Grande Loge doit tenir son assemblée annuelle le jour de la Saint-Jean-Baptiste ou bien le jour de la Saint-Jean l’Evangéliste si la Grande Loge en décide autrement par une nouvelle réglementation ». N’oublions pas que c’est lors de la Saint-Jean Baptiste que les quatre Loges londoniennes formèrent la première Grande Loge le 24 juin 1717. Bien avant cette date, la tradition maçonnique anglo-saxonne de célébrer la Saint-Jean est attestée antérieurement à 1717 par le manuscrit Dumfries (1710).

L’usage de prêter serment sur l’Evangile de Saint-Jean appartenait également à la Maçonnerie anglaise qui l’a transmis en France avant de le voir disparaître en raison de la déchristianisation du rite. Le plus ancien témoignage est écossais. Le Frères nouvellement reçu prononce les paroles suivantes :

« - Me voici, moi le plus jeune et dernier Apprenti Entré, qui ai juré par Dieu et Saint-Jean, par l’équerre, le compas et la jauge commune etc. » (Manuscrit des archives d’Edimbourg, 1696). Ce texte permet d’affirmer que l’usage de prêter serment sur l’Evangile de Saint-Jean appartenait à la Maçonnerie écossaise du XVIIème siècle, Maçonnerie de transition entre la Maçonnerie opérative et la Maçonnerie spéculative.

Autre usage, celui selon lequel toutes les Loges portent le nom de Saint-Jean vient également d’Angleterre. Dans les catéchismes maçonniques anglais, on trouve à partir de 1720 la célèbre question : « De quelle Loge êtes-vous ? ». Le Maçon répond : « De la Loge de Saint-Jean ». Les salutations usuelles des Maçons itinérants évoquent également la Saint-Jean. Lorsqu’ils visitaient un Atelier, le Maître de la Loge demandait :

- « D’où venez-vous ? », le visiteur répondait :

- « Je viens d’une très vénérable loge de Maîtres et de Compagnons appartenant à Saint-Jean ». (The Whole Institution of Masonry, 1724).

Samuel Prichard dans son ouvrage « Masonry Dissected, 1730) évoque l’échange entre le Vénérable Maître et le voyageur :

- « D’où venez-vous ?

- De la sainte Loge de Saint-Jean

- Quelles recommandations en apportez-vous ?

- Les recommandations que j’apporte des très vénérables Frères et Compagnons de la très vénérable et sainte Loge de Saint-Jean, d’où je viens et vous salue bien cordialement par trois fois. »

Toutes les Loges anglaises portent donc le nom de Saint-Jean et si elles portent le même nom, c’est qu’elles sont toutes à l’image d’une unique Loge archétypale. Le manuscrit des archives d’Edimbourg (1696), le manuscrit Sloane (1700), the Grand Mystery of Free-Masons Discover’d (1724) rapportent que les Loges de Saint-Jean se situaient à l’origine dans le porche du Temple de Salomon. Samuel Prichard rapporte que « la raison pour laquelle ils se dénomment de la Sainte Loge de Saint-Jean est qu’il fut le précurseur de Notre Sauveur et posa la première ligne parallèle à l’Evangile ». Ce texte fait clairement allusion à un symbole qui figure dans les Loges anglaises.

Sur le tableau du premier grade est représenté un autel sur lequel est posé le Volume de la Loi Sacrée. Sur la face antérieure de l’autel est tracée une figure géométrique reproduisant un cercle avec son centre auquel sont adjointes deux tangentes parallèles. Nos instructions (1er grade, 6ème partie) évoquent également ce symbole tracé sur le tableau de grade : « Dans toutes les Loges régulières, bien disposées et constituée, on voit un point dans un cercle autour duquel les Frères ne peuvent s’égarer. A ce cercle sont jointes au Nord et au Sud, deux grandes lignes tangentes et parallèles, la première, représentant Moïse et la seconde le Roi Salomon. Sur la partie supérieure de ce cercle repose le Volume de la Loi Sacrée qui supporte l’Echelle de Jacob dont le sommet s’élève jusqu’aux cieux. Et si nous étions aussi proches de ce Livre Saint et si adhérions aussi étroitement aux doctrines qu’il contient que le font ces deux lignes parallèles, cela nous conduirait auprès de Celui Qui ne nous trompera pas et Qui n’acceptera pas d’être trompé. En suivant la circonférence de ce cercle, nous devons nécessairement rencontrer ces deux parallèles ainsi que le Livre Sacré, et tant qu’un Maçon demeure dans de telles limites, il ne peut s’égarer ».

 

A l’origine ce symbole était associé aux deux Saint-Jean. Après la déchristianisation des rituels en 1813, les deux tangentes parallèles représenteront Moïse et Salomon. Nous pouvons déjà conclure provisoirement que les Loges travaillant à un rite anglais ne sont plus des Loges de Saint Jean, même si elles en ont été la source, et qu’il ne nous appartient pas de fêter les traditionnelles fêtes de Saint Jean.

Le cercle avec son centre est un symbole classique qui a plusieurs significations. Celles-ci tiennent à la structure géométrique du tracé qui présente d’une part un point central autour duquel tout s’organise et d’autre part une limite extérieure circulaire, ce point central et cette limite extérieure déterminant un espace intermédiaire. Dans la conception du Moyen Age et de celle de ce néo-platonisme chrétien de la Renaissance qui considère l’univers fini, centré et sphérique, cette figure est en premier lieu un symbole de l’Univers. Le cercle extérieur est celui que le Grand Architecte de l’Univers a tracé au moyen d’un compas symbolique tel que nous le montrent les enluminures médiévales. Le point central est celui où il a fixé la pointe du compas.

La signification suprême de la figure formée d’un cercle et de son centre est de représenter la Trinité, à l’image de laquelle sont faits et l’Univers et la Loge. Le centre représente le Père, le cercle extérieur le Fils et l’espace intermédiaire l’Esprit. Ce symbolisme a été formulé avec une grande force par Kepler, dans la période même où naissait la Maçonnerie spéculative. Dans « le mystère cosmographique » (1596) il écrit : « Et alors que cela seul aurait suffit à fonder en Dieu la noblesse du courbe, il s’y ajoute une autre raison de loin plus importante : l’image de la divine Trinité dans la surface sphérique avec le Père au centre, le Fils à la superficie et le Saint-Esprit dans l’égalité de la relation du centre au pourtour ». C’est donc l’image de la Trinité divine qui est figurée dans les Loges par le point central dans le cercle. De plus cette figure orne l’autel qui supporte le Volume de la Loi Sacrée dans lequel la Trinité se révèle par sa seconde personne, le Verbe correspondant à la limite circulaire. Dès lors les deux lignes parallèles qui touchent le cercle représentent les deux faces de la révélation scripturaire : l’Ancien et le Nouveau Testament. Voilà pourquoi elles correspondent aux deux Saint-Jean. En eux en effet l’Ancienne et la Nouvelle Loi touchent au plus près au Verbe venu dans le monde. Saint Jean-Baptiste le dernier des prophètes de l’Ancien Testament et en même temps « plus qu’un prophète » au dire de Jésus lui-même (Matthieu 11.9) annonce que la première s’accomplit dans cette venue et Saint Jean l’Evangéliste commence à propager la deuxième, que le Verbe apporte. Ainsi, dans cette figure, les deux Saint-Jean sont chacun à leur place dans une représentation complète de la Révélation chrétienne.

Les deux Saint-Jean sont riches d’enseignements spirituels. Saint Jean-Baptiste a prêché le repentir. Il est celui qui invite à se préparer à la venue de la Lumière, à se mettre en état de la recevoir. Il enseigne l’humilité, le renoncement à soi sans lesquels il n’y a ni initiation ni progrès spirituel : « Moi, je ne suis pas digne de dénouer la courroie de sa sandale » (Jean 1.27) ; « Il faut qu’il croisse et que je diminue » (Jean 3.30). Le véritable ésotérisme ne consiste pas à pénétrer les arcanes de quelque science secrète mais à se pénétrer de la substance de telles phrases initiatiques. Si saint Jean-Baptiste enseigne au Maçon comment se préparer à recevoir la Lumière, saint Jean l’Evangéliste est le type d’homme qui l’a reçu et qui a donc atteint une certaine connaissance. Sur la nature de cette connaissance , sur la source dont elle procède, sur les effets qu’elle opère en celui qui la reçoit, tout est dit dans son Evangile en des termes simples et abordables dont il ne s’agit que de se pénétrer : « Le Verbe était la vraie Lumière qui illumine tout homme en venant au monde » ; « A ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son Nom, il a donné le pouvoir de devenir enfant de Dieu : ceux-là ne sont pas nés du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. (Jean 1.9 ; 1.12-13) ; « Qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif, mais l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissante pour la vie éternelle » (Jean 4.14).

Enfin l’Evangile de saint Jean est par excellence l’Evangile de l’amour. Bien qu’à la vérité les commandements d’aimer Dieu et son prochain figurent dans l’Ancien Testament et soient repris dans les Evangiles synoptiques (Matthieu 22.34-40, Marc 12.28-31, Luc 10.25-28) qui contiennent même la prescription d’aimer ses ennemis, le commandement d’amour est proclamé d’une manière particulièrement solennelle dans l’Evangile de Saint-Jean où d’ailleurs Jésus le présente comme nouveau parce qu’il lui donne un caractère absolu et une portée universelle qu’il n’avait pas dans l’Ancien Testament : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, à cet amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jean 13.34-35). « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez en mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour, comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure en cet amour. Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean 15.9-12).

Dans ces passages, le commandement d’amour fraternel est mis dans la perspective de la Révélation trinitaire dont le schéma complet est donné par la figure symbolique commentée plus haut. L’amour des Frères entre eux est à l’image de celui que le Fils a pour eux et dans lequel ils demeurent, et celui-ci est lui-même à l’image de l’amour que le Père a pour le Fils et dans lequel le Fils demeure, cet amour étant ce dont procède l’Esprit. Il a été révélé partiellement dans l’Ancien Testament sous la forme de la Loi puis dans le Nouveau Testament sous la forme plus parfaite d’une nouvelle loi de Grâce et de Vérité (Jean 1.17). Les deux Saint-Jean symbolisent ces deux phases de cette Révélation, phases que chaque Maçon doit revivre son parcours maçonnique passant par l’attente dans l’effort et dans les œuvres qui sont déjà amour, de la venue de la Grâce et de la Lumière qui feront éclore en lui, en même temps que la connaissance, l’amour dans sa perfection.

Source :

- rituel Emulation

- Instructions Emulation

 Source : www.ledifice.net

Repost 0
Published by V\F\ et Y\ R\ - dans St Jean
commenter cet article
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 06:01

Le 27 décembre 2005, alors qu’il était en visite officielle à la Loge St. John no 3 de Québec et que je l’accompagnais pour ainsi fêter le solstice d’hiver et saint Jean l’Évangéliste, le Grand Maître, le PVF John A. Prosnick, me demanda d’expliquer par écrit les raisons pour lesquelles les Francs-maçons fêtent les deux saints Jean : Jean le Baptiste le 24 juin ; Jean l’Évangéliste le 27 décembre. Voici le fruit de mes recherches.

La réponse à une telle question doit d’abord porter sur la définition et la signification symbolique des solstices et des cérémonies auxquelles l’arrivée de ces deux événements annuels donnaient lieu autrefois ; elle concerne également le choix historique, par l’Église chrétienne, des deux saints Jean pour marquer symboliquement ces solstices ; elle doit montrer le lien historique existant entre la Maçonnerie opérative, la Maçonnerie spéculative et les deux saints Jean ; elle doit enfin expliquer pourquoi les Francs-maçons actuels fêtent ces deux saints et, en même temps, l’arrivée des solstices.

Définition et signification symbolique des deux solstices

Le solstice du 24 juin marque le début de l’été ; celui du 27 décembre, le début de l’hiver – les équinoxes marquant le début des saisons du printemps et de l’automne dans nos régions tempérées. Cependant, le caractère symbolique des solstices ne coïncide pas avec le caractère général des saisons correspondantes. En effet, le solstice d’hiver ouvre la phase ascendante du cycle annuel ; le solstice d’été en ouvre la phase descendante – d’où le symbolisme gréco-latin des portes solsticiales représentées par les deux faces de Janus : l’une, celle d’un jeune homme (l’avenir, l’année qui commence) ; l’autre, celle d’un vieillard (le passé, l’année qui se termine). Son image doit engager le Maçon à regarder en arrière en même temps qu’en avant ; pour préparer à l’humanité les voies du progrès, il faut tenir compte des leçons de l’histoire . Par ailleurs, il est aisé de constater que c’est la porte hivernale qui introduit la phase lumineuse du cycle, et la porte estivale sa phase d’obscuration .

L’Église chrétienne et le culte des deux saints Jean

L’Église chrétienne a remplacé le culte romain de Janus par celui des deux saints Jean en choisissant ces personnages parce qu’ils ont le même nom, et en plaçant leurs fêtes aux dates des solstices. Jean le Baptiste ouvre la porte estivale et annonce le cycle d’obscuration. Jean l’Évangéliste ouvre la porte hivernale et annonce le cycle d’illumination : la Nativité à la fin du cycle estival et, un peu plus tard, durant cycle hivernal, la résurrection du Christ. C’est pourquoi Jean l’Évangéliste rapporte lui-même dans son évangile les paroles du Baptiste : « Il faut que lui grandisse et que je décroisse». La naissance du Christ est ainsi placée arbitrairement le 25 décembre – alors que l’on a la preuve qu’il est né au printemps – afin de corroborer la prophétie du Baptiste : l’annonce de la venue du Christ, qui met un terme à l’Ancienne Alliance (l’Ancien Testament) et commence la Nouvelle.

Il faut aussi considérer le fait que les deux saints Jean sont des hommes et non des femmes, et l’on peut dire que cela « tombe bien » pour l’Église, car ils symbolisent, à travers les solstices, le Christ chronocrator, celui qui dirige, qui domine le temps – direction suprême de la vie et de l’univers, fonction céleste entre toutes, que seul un homme peut assumer.

Afin de conférer le titre de chronocrator au Christ, le symbole de ce dernier et de la chrétienté devient alors la croix, qui remplace le poisson. Bien avant de devenir l’emblème du christianisme, la croix fut en de nombreuses régions du monde, l’image du cosmos. Formée par l’intersection de deux perpendiculaires, la croix découpe l’espace en quatre. Or, quatre correspond aux saisons (printemps, été, automne, hiver), aux éléments (terre, eau, air, feu), aux points cardinaux (orient, midi, occident, septentrion), aux phases de la Lune (nouvelle, croissante, pleine, décroissante), à l’année (deux équinoxes et deux solstices), aux âges de la vie (enfance, jeunesse, maturité, vieillesse) et aux moments du jour (aube, midi, crépuscule, nuit) . On peut y ajouter le symbolisme de la règle de 24 pouces : la division de la journée du Maçon entre la prière, le travail, le repos et le sommeil . C’est tout cela que domine le Chronocrator ; les deux saints Jean le symbolisent par leur foi commune et les dates de leurs fêtes.

Il faut enfin regarder un autre point : Jean le Baptiste baptise les croyants dans l’eau ; on peut dire qu’il travaille « de ses mains », il est un « opératif », alors que Jean l’Évangéliste écrit et fait un travail intellectuel, il est un « spéculatif » : à eux deux, ils symbolisent le corps et l’esprit, la Maçonnerie opérative et la Maçonnerie spéculative, le Pavé mosaïque, mais aussi l’eau et le feu – l’eau (et la terre), évidemment, pour le Baptiste, et le feu (et l’air) pour l’Évangéliste. Ce dualisme symbolique est d’ailleurs confirmé par la vie même des deux saints.

Jean le Baptiste, fils du prêtre Zacharie et d’Élisabeth, cousine de Marie, se retira très tôt au désert pour se préparer, par la prière et le jeûne, à sa mission de précurseur du Christ. À trente ans, il parut sur les rives du Jourdain, prêchant un baptême de repentir pour la rémission des péchés. Il était vêtu de peaux de chameau et d’une ceinture de cuir, se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage. Les juifs accouraient pour l’écouter. Il se défendait d’être le messie : « Un autre vient dont je ne suis pas digne de dénouer les sandales. Moi, je vous baptise dans l’eau, mais lui vous baptisera dans l’esprit» : en Maçonnerie, Jean le Baptiste est l’Initiateur, celui qui, grâce à l’épreuve de l’eau, prépare le chemin vers la réalisation de la Beauté, de la Force et de la Sagesse. Le roi Hérode Antipas ayant épousé sa nièce Hérodiade, femme de son frère, Jean le Baptiste s’éleva contre cet inceste. Hérode le fit emprisonner. Salomé, fille de Hérodiade, dansa pour Hérode et le séduit – un autre inceste aux yeux du Baptiste. Hérode lui ayant offert ce qu’elle désirait, Salomé lui demanda, sur les instances de sa mère, la tête de Jean . C’est ainsi que Jean-Baptiste fut décapité. Sa mort – celle de son corps en particulier – symbolise la fin abrupte de l’Ancien Testament, la phase descendante du cycle solaire. L’animal qui le symbolise est le mouton, un animal « terrestre » très paisible.

Fils de Zébédée, patron de pêche à Bethsaïde, Jean l’Évangéliste était ce jeune pêcheur de Galilée qui, avec André, suivit le Christ lorsqu’il entendit Jean le Baptiste le désigner « l’Agneau de Dieu». Le Christ l’appelait parfois « fils du tonnerre » en raison de son ardeur – d’où le symbole du feu qu’on lui accole. Après la Pentecôte, il prêcha à Éphèse, en Asie mineure. Arrêté et conduit à Rome, il fut plongé dans une cuve d’huile bouillante, près de la porte Latine, sans en ressentir de douleur . Sous la persécution de Domitien, il fut exilé dans l’île de Pathmos durant quinze mois ; c’est là qu’il écrivit l’Apocalypse, un livre prophétique. Revenu à Éphèse, il y dirigea des communautés chrétiennes et écrivit le quatrième Évangile et trois Épîtres, afin de réfuter les hérésies. Il atteignit, dit-on, une extrême vieillesse . La mort tardive et paisible de Jean l’Évangéliste tranche avec la mort subite et violente de Jean le Baptiste ; on peut y voir le symbole de la vie éternelle de l’esprit, opposée à la vie brève et pleine de souffrances du corps. L’animal qui symbolise Jean l’Évangéliste est l’aigle, un animal « aérien », fougueux comme le feu – quoique le feu purificateur soit aussi associé à l’été, et donc au Baptiste . D’ailleurs, saint Jean l’Évangéliste a pour surnom « l’Aigle de Pathmos ».

Jules Boucher signale par ailleurs que, d’après certains auteurs, saint Pierre symboliserait l’Église « extérieure » et saint Jean, l’Église « intérieure ». Aussi, ajoute Boucher, a-t-on vu dans le nom de saint Jean l’Évangéliste, utilisé par la Maçonnerie, la preuve évidente de son rattachement à la gnose considérée comme la doctrine secrète et intérieure de l’Église . Ce raisonnement est intéressant, mais que fait-il du Baptiste ? La Maçonnerie fête les deux saints Jean, et non un seul.

Les deux saints Jean, la Maçonnerie opérative et la Maçonnerie spéculative

Les anciennes guildes ne s’occupaient pas seulement des affaires courantes de leur métier, lequel était appelé un « mystère », mais elles prenaient également soin de la santé spirituelle de leurs membres ; à cette fin, elles employaient un prêtre ou un chapelain, qui dirigeait leurs cérémonies religieuses et offrait des messes ou des prières pour le repos de l’âme des défunts. C’est pourquoi chaque guilde avait un saint patron ; les membres des guildes étaient souvent liés à une église particulière où, en certaines circonstances, ils organisaient des célébrations . Elles étaient à l’image des métiers dans l’Antiquité, placés sous la protection d’une divinité .

Parmi les saints patrons des maçons et des tailleurs de pierre, on trouve les saints suivants : Blaise, Thomas, Louis, Grégoire, Alpinien, Marin, Martin, Étienne, sainte Barbe et « les Quatre Couronnes », ainsi que les fêtes religieuses de l’Ascension et de l’Assomption ; mais saint Jean n’en fait pas partie .

Au sujet des Quatre Couronnes, dans La Légende dorée, Jacques de Voragine déclare que

Les Quatre Couronnes s’appelaient Sévère, Sévérien, Carpophore et Victorin. Par ordre de Dioclétien, ils furent battus de verges plombées jusqu’à ce que mort s’ensuive. On fut pendant très longtemps sans trouver les noms des quatre martyrs et l’Église, faute de connaître leurs noms, décida de célébrer leur fête le même jour que celle de cinq autres martyrs, Claude, Castor, Symphorien, Nisostrate et Simplice, qui subirent le martyre deux ans plus tard. Ces cinq martyrs étaient sculpteurs ; et comme ils se refusaient à sculpter une idole pour Dioclétien, ils furent enfermés vivants dans des tonneaux plombés et précipités dans la mer, en l’an du Seigneur 287. C’est donc le jour de la fête de ces cinq martyrs que le pape Milchiade (311-314) ordonna que fussent commémorés, sous le nom des Quatre Couronnes, les quatre autres martyrs dont on ignorait les noms. Et bien que, par la suite, une révélation divine eût permis de connaître les noms de ces saints, l’usage se conserva de les désigner sous le nom collectif des Quatre Couronnes. On célèbre leur fête le 8 novembre .

alors que, selon Joseph Léti,

Cinq maçons [chrétiens], qui pourraient aussi être des sculpteurs, furent mis à mort sous le règne de Dioclétien à cause de leur refus d’exécuter la statue d’une divinité païenne. En même temps qu’eux, furent passés par les armes quatre soldats [romains] qui ne voulaient pas encenser l’auteur de cette divinité. Les neuf cadavres ayant été ensevelis ensemble, la tradition, qui n’a rien retenu des cinq premiers, ne conserva que les quatre autres qui probablement portaient la couronne de centurion, ce qui conférait la plus haute classe des gradés de la milice .

Les Quatre Couronnes furent les saints patrons des loges opératives allemandes au Moyen Âge. Plus tard, Moïse et Salomon devenaient ceux de la Franc-maçonnerie anglaise et les deux saints Jean ceux de la Franc-maçonnerie américaine et de nombreuses autres Obédiences d’Europe continentale et d’ailleurs.

Toutefois, pour Oswald Wirth, l’expression « Loge de saint Jean » dérive bel et bien du titre que portaient au Moyen Âge les corporations constructives : « Confraternités de saint Jean» – sans toutefois que l’on sache avec précision lequel des deux saints la Maçonnerie honore en invoquant son nom . Tous les métiers francs célébraient le culte général de saint Jean .

Un document ancien, la Charte de Cologne, signale qu’avant l’an 1440, la société des Francs-maçons était connue sous le nom de « Frères de Jean», et qu’ils ont commencé à s’appeler « Maçons Francs et Acceptés » à Valenciennes. À cette époque, dans les Flandres, grâce à l’assistance et à la richesse de la fraternité, les premiers hôpitaux furent érigés en vue de soulager les personnes atteintes du feu de saint Antoine . Une autre partie de la Charte dit que les auteurs de ces associations s’appelaient « Les Frères consacrés à Jean » parce qu’ils imitaient Jean le Baptiste .

Le nom de Jean se rattache aussi à la légende du « Prêtre Jean » (XIIe ou XIIIe siècle), qui aurait été un souverain tartare. Jusqu’au XVIIIe siècle, le négus d’Abyssinie était appelé de ce nom ; nombre d’empereurs d’Abyssinie ont porté le nom de Jean .

La Maçonnerie ne se rattache pas aux corporations, qui réglementaient étroitement les métiers, mais aux confréries de métiers libres, dits « francs », d’origine religieuse. Le privilège de franchise existait dans les abbayes et surtout dans les domaines du Temple. Les commanderies templières attirèrent de nombreux artisans qui pouvaient, sous la protection des Templiers, passer librement d’une commanderie à l’autre – comme saint Jean l’Évangéliste a pu voyager malgré les multiples épreuves qu’il a subies durant sa longue vie. Les Templiers portaient une vénération particulière à saint Jean, confondant facilement, dans leurs invocations, l’Évangéliste et le Baptiste, puisque le 24 juin donnait lieu à de grandes réjouissances. Lorsque l’Ordre du Temple fut dissous, en 1312, par le pape Clément V, les biens des Templiers furent attribués aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, avec les privilèges et droits accordés à leurs anciens possesseurs. Les franchises dont bénéficiaient les gens de métiers furent donc maintenues, et elles existaient encore au moment de la Révolution française .C’est pourquoi les maçons du Temple, ou « francs maçons », se placèrent sous la protection de saint Jean .

La Maçonnerie actuelle et la fête des deux saints Jean

Ce n’est donc pas par hasard si c’est précisément le 24 juin 1717, à Londres, que quatre Loges, où opératifs et spéculatifs se côtoyaient, s’unirent en Grande Loge et élirent un Grand Maître.

Des dissensions se produisirent rapidement au sein de ces Loges. Elles avaient pour origine la différence de statut social entre les maçons de métier et les Maçons acceptés. Il en résulta qu’à côté des Loges régulières régies par la Grande Loge de Londres subsistèrent des Loges indépendantes généralement désignées sous le vocable de « Loges de saint Jean ». Elles s’unirent à des maçons irlandais indépendants pour former, en 1751, la Grande Loge rivale, dont les membres revendiquaient le titre de « Maçons anciens » (parce qu’opératifs), les Maçons de la première Grande Loge étant dits « Maçons modernes » . Cette situation perdura jusqu’à la réconciliation des deux Grandes Loges et la création, en 1813, de la Grande Loge Unie d’Angleterre. Mais de ce schisme étaient issus, dès 1753, deux systèmes de classification des Loges, les Loges « anciennes » ayant conservé l’appellation de « Loge de saint Jean » pour toutes leurs Loges et s’étant donné des titres distinctifs variés, et celles de la Grande Loge des « modernes » ayant adopté deux autres saints patrons : Moïse et Salomon, et ayant rejeté l’ancienne dédicace générale à saint Jean.

Dans certaines Obédiences, les Loges des trois premiers Degrés sont appelées « Loges de saint Jean » ou « Loges de Saint-Jean ». On y place souvent la Bible ouverte à la première page de l’Évangile de saint Jean, parfois qualifié d’« Évangile de l’Esprit », dont les cinq premiers versets – ou prologue – sont un véritable monument ésotérique :

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était, au commencement, auprès de Dieu. Tout, par lui, a été fait, et, sans lui, rien n’a été fait. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue.

Les plus anciens rituels maçonniques confirment l’utilisation de l’expression « Loge de Saint-Jean ». Voici les questions que l’on pose encore actuellement à un Frère visiteur lorsqu’il se présente dans une telle Loge, et les réponses qu’il doit donner :

Le Vénérable Maître: D’où venez-vous, mon Frère ?
Le Frère visiteur: D’une loge de Saint-Jean.
Le Vénérable Maître: Que fait-on dans une loge de Saint-Jean ?
Le Frère visiteur: On y tresse des couronnes pour la vertu ; l’on y forge des chaînes pour les vices.
Le Vénérable Maître: Que venez-vous faire ici ?
Le Frère visiteur: Vaincre mes passions, soumettre ma volonté à mes devoirs et faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie.
Le Vénérable Maître: Qu’apportez-vous en Loge ?
Le Frère visiteur: Bienveillance à tous mes Frères .

Et le Vénérable Maître, lorsqu’il ouvre officiellement les Travaux dans l’une de ces Loge, prononce solennellement la formule suivante :

À la gloire du Grand Architecte de l’Univers, au nom de la Franc-maçonnerie universelle et sous les auspices de la Grande Loge …, en vertu des pouvoirs qui m’ont été conférés, je déclare ouverte au Grade d’Apprenti cette Respectable Loge de Saint-Jean, constituée à l’Orient de … sous le no … et le titre distinctif … À moi mes Frères, par le signe, la batterie et l’acclamation écossaise (batterie : 0 – 0 – 0 ; acclamation : Houzzé ! – Houzzé ! – Houzzé !). Mes Frères ! Nous ne sommes plus dans le monde profane, nous avons laissé nos métaux à la porte du temple ; élevons nos cœurs en fraternité et que nos regards se tournent vers la Lumière!

Dans ces Loges, on célèbre les fêtes des deux saints Jean. Mais il n’est pas exclu que des Loges qui ne sont pas « Loges de saint Jean » fêtent également saint Jean le Baptiste et/ou saint Jean l’Évangéliste – avec ou sans référence au solstice. C’est ainsi que la Loge St. John no 3 (GRQ), AF & AM, à l’Orient de Québec, fête chaque année son patronyme le 27 décembre et, en même temps, l’arrivée du solstice d’hiver et le début d’un temps nouveau. Par ailleurs, la Loge Golden Rule no 5 (GRQ), AF & AM, à l’Orient de Stanstead, organise chaque année, aux environs du 24 juin, une Tenue au Grade de Maître, en plein air, sur le sommet du mont Owl’s Head, dans les Cantons de l’Est. Ces diverses célébrations montrent bien que même si toutes les Obédiences n’ont pas adopté la classification de la « Maçonnerie johannite », leurs Loges sont libres de rendre hommage aux deux saints Jean et de fêter le passage d’un solstice à l’autre.

L’expression « Maçonnerie johannite » a été introduite par le Révérend Dr George Oliver (1783-1870) pour désigner le système de maçonnerie dont les deux saints Jean sont reconnus comme les patrons, et à qui les Loges sont dédicacées. Ce système contredisait celui du Révérend Dr Samuel Hemming (1768-1828), auteur du rituel de « synthèse » adopté par la Grande Loge Unie d’Angleterre, lors de sa création, en 1813, par la fusion des « Modernes » et des « Anciens », et dans lequel la dédicace des Loges est faite à Moïse ou à Salomon. Oliver était fortement opposé à ce changement – par ailleurs très critiqué par plusieurs Obédiences – et écrivit à ce sujet un livre intéressant . Mais les Hemming Lectures sont demeurées le système autorisé par la Grande Loge Unie d’Angleterre .Selon la définition donnée par Oliver, le système pratiqué aux États-Unis est une Maçonnerie johannite .

Il ne faut pas confondre la « Maçonnerie johannite » et les Johannites, secte religieuse maçonnique établie à Paris en 1814 par Raymond de Fabre-Palaprat (1775-1838), Grand Maître de l’Ordre du Temple.

Les Templiers célébraient leurs fêtes les plus importantes le 24 juin ; la Maçonnerie n’aurait, à ce propos, que perpétué une coutume de l’Ordre du Temple. Dans le monde profane, la Saint-Jean d’été est marquée par des feux qui sont encore allumés en maintes régions ; le folklore est riche de traditions s’y rapportant . Ajoutons enfin que saint Jean-Baptiste est le protecteur du Québec.

Au même titre que Hiram Abif, Hiram de Tyr et Salomon, les deux saints Jean sont des personnages importants de la symbolique maçonnique. Il convient de les vénérer en toute connaissance car, pour un Maçon, la connaissance, c’est la Lumière. Et la connaissance peut commencer par l’étude du symbolisme du Pavé mosaïque et de la place des deux saints Jean dans la Maçonnerie.

Source : http://roughashlar.com/

Repost 0
Published by Jacques Ruelland, - dans St Jean
commenter cet article
3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 10:13

« Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux ; Un temps pour naître, et un temps pour mourir : un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté ; un temps pour tuer, et un temps pour guérir ; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir ; un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser ; un temps pour lancer des pierres, et un temps pour ramasser des pierres ; … un temps pour se taire, et un temps pour parler ; un temps pour aimer, et un temps pour haïr ; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix. »(L’Ecclésiaste III, 1-8)

Commentaire : tout est dit !

 

Repost 0
Published by L’Ecclésiaste - dans Spiritualité
commenter cet article
3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 08:29

Galway City

Porte d’entrée du Connemara, Galway (jumelée avec ma bonne ville de Lorient) laisse un souvenir inoubliable à tous ceux qui y séjournent pendant leur périple en Irlande. Et pourtant, bien que les rues colorées du centre donnent un certain charme à la ville, pas de véritables curiosités touristiques pour attirer le chaland dans cette ville de 80 000 habitants. Mais Galway, c’est avant-tout une atmosphère festive, grâce à une forte population étudiante cosmopolite et à un afflux de touristes qui s’arrêtent ici avant de visiter le Connemara ou les îles d’Aran. On ne compte pas en ville les bars, restaurants, discothèques, et surtout les excellents pubs qui font la réputation de Galway ... L’ambiance animée toute l’année monte encore d’un ton pendant les festivals de l’été, pendant lesquels les pubs ont le droit d’ouvrir 24 heures sur 24 ! Rajoutez que la ville compte de nombreuses solutions d’hébergement et que les tarifs restent abordables, et vous comprendrez le succès de Galway !

Petite Histoire de Galway

La ville est née à l’emplacement d’un village de pêcheurs, Claddagh, à l’embouchure de la River Corrib. Les anglo-normands s’emparèrent en 1232 de ce territoire appartenant aux O’Flaherty et y construisirent une citadelle et une ville fortifiée en 1270. Il est d’ailleurs possible que le nom gaëlique de Galway (« Gaillim ») vienne du mot gaëlique gaill qui signifie « étranger ». La ville est dirigée par 14 familles (ou tribus) de marchands après une charte accordée par Richard II en 1396, ce qui vaut encore aujourd’hui à Galway le surnom de « Cité des Tribus ». Pendant plusieurs siècles, la cité se développe grâce au commerce avec le Portugal et l’Espagne, tout en maintenant avec ses voisins irlandais des relations tumultueuses. La ville est détruite par Cromwell puis Guillaume d’Orange au XVIIème siècle. La ville ne s’en remettra pas avant plusieurs siècles, renaissant de ses cendres dans les années 90 grâce à l’arrivée d’industries technologiques de pointe et au boom économique irlandais. Galway est désormais une des villes les plus dynamiques d’Irlande et même d’Europe, attirant de plus en plus de nouveaux habitants de toutes origines. Une ville champignon et cosmopolite en somme, une de celles qui ont le vent en poupe en Irlande !

Le chien de Galway

Une légende circule à Galway, selon laquelle le premier à avoir posé le pas en Amérique venait de Galway ! On raconte en fait que Christophe Colomb fit une pause à Galway avant de partir à la recherche d’une autre route vers les Indes, pour en fait découvrir l’Amérique. A l’occasion de cette halte, un jeune irlandais du nom de William embarqua avec son chien. Bien plus tard, le chien tout excité à la vue de la terre ferme fut le premier à sauter du bateau et nager vers les rives. Le premier à avoir posé le pied (ou plutôt la patte !) sur le continent américain était donc ... un chien de Galway !

Visiter Galway

Le coeur de la ville n’est pas très étendu et se visite facilement à pied en 2 heures (en ne comptant pas évidemment les ravitaillements au pub !!!). La ville s’étend de part et d’autre de la River Corrib, mais c’est la rive est qui est la plus intéressante à visiter. Je vous propose une visite de la ville en partant de l’imposante cathédrale Saint Nicolas qui surplombe la River Corrib. Une cathédrale récente puisqu’elle a été consacrée par le cardinal de Boston en 1965 ! Au pied de la cathédrale, le Salmon Weir Bridge se trouve en aval d’un barrage sur la River Corrib. En mai et juin, lorsque les saumons remontent la rivière, il est possible de voir des bancs entiers de saumons franchir le barrage en sautant. Pas très loin de là, derrière la mairie, des bateaux proposent des croisières sur le Lough Corrib. Un chemin aménagé part du Salmon Weir Bridge et longe la River Corrib jusqu’à Wolfe Tone Bridge. Arrivé à Wolfe Tone Bridge, détour recommandé sur l’autre rive de la River Corrib pour une balade sympa sur Claddagh Quay, Nimmo’s Pier puis South Park. Cette promenade permet de longer la River Corrib puis Galway Bay, avec des vues sympas sur Galway, au milieu des cygnes et des mouettes. On peut même pousser jusqu’à Salthill, station balnéaire de Galway, à quelques kilomètres de là. Revenons à Wolfe Tone Bridge pour pénétrer dans le « quartier latin » de Galway, un plateau piétonnier aux maisons plus colorées les unes que les autres, grouillant de pubs, de discothèques, de restaurants, ... On y trouve les pubs les plus réputés de Galway : The Quays, le Tig Coili, le King’s Head et plein d’autres que vous ne manquerez pas de découvrir ! Pendant la saison touristique, de nombreux musiciens et artistes de rue attroupent les passants, créant une ambiance très festive. A l’est de ce plateau piétonnier, Eyre Square est la place centrale de Galway, dédiée au président Kennedy qui fit une visite triomphale à Galway en 1963. Récemment rénovée, elle est devenue un lieu de passage très animé et très agréable. En haut de la place, une belle sculpture couleur rouille représente une voile de hooker, le bateau traditionnel du comté de Galway. En quittant Eyre Square par le sud, on rejoint Commercial Dock, le quartier portuaire de Galway. En longeant le bassin vers l’ouest, The Long Walk et ses petites maisons colorées permet de retrouver la River Corrib et revenir à Wolfe Tone Bridge en passant par Spanish Arch. Ce dernier vestige d’une porte d’entrée de la ville a été baptisé ainsi en mémoire des liens commerciaux entretenus par Galway avec l’Espagne pendant plusieurs siècles. Juste à côté, le Galway City Museum (entrée gratuite en haute saison, pas chère le reste de l’année) présente des objets en rapport avec l’Histoire de Galway.

Inagh Valley

S’infiltrant entre les massifs montagneux des Maumturk Mountains et des Twelve Bens, la Inagh Valley propose des paysages parmi les plus beaux et les plus sauvages du Connemara. Des panoramas facilement accessibles puisque la vallée est traversée par une route, la R344, qui fait partie d’un circuit panoramique plus important, la Connemara Loop. Cette route démarre quelques kilomètres après Recess, sur la N59 entre Galway et Clifden. La route longe sur une grande partie de la vallée le superbe Lough Inagh, au pied des Twelve Bens. Des deux côtés de la route, les massifs des Maumturk Mountains et des Twelve Bens se présentent dans toute leur majesté, offrant des panoramas somptueux. Après avoir longé le Lough Inagh, la route traverse de vastes étendues de tourbières jusqu’à retrouver la N59, au niveau du Kylemore Pass, entre Clifden et Leenane.

La Lough Inagh Valley se fait donc facilement en véhicule motorisé (et c’est une des raisons de son "succès" !), mais elle est également un lieu propice aux marcheurs. Elle est en particulier traversée par un des plus beaux chemins de randonnée de l’ouest de l’Irlande, le Western Way. Ce sentier de 250 km de long démarre près de Oughterad, sur la rive sud du Lough Corrib, et traverse les comtés de Galway et de Mayo. Il pénètre dans la Lough Inagh Valley par Mamean (aussi appelé Saint Patrick’s Bed), un col des Maumturk Mountains surplombant le petit village de Derryvoreada. Puis il longe la vallée au pied des Maumturk Mountains, jusqu’au Kylemore Pass puis jusqu’à Leenane. Plusieurs heures de marche en perspective ... Mais on peut parcourir une partie de ce sentier pour faire une marche plus courte, par exemple monter le petit col de Mamean. Pour atteindre le point de départ de cette petite balade, suivre la petite route à droite, direction Mamean, juste avant l’hôtel planté en plein milieu de la vallée. Au bout de quelques kilomètres sur une petite route très étroite et envahie par les moutons, on arrive à un petit parking sur la gauche. Une porte métallique dont les grilles forment le mot « Mamean » vous annonce sans équivoque que vous êtes au bon endroit ! Après une grosse demie-heure de montée, on arrive au sommet du col, avec un superbe panorama sur la Lough Inagh Valley à l’ouest et la Maam Valley à l’est. Un petit oratoire dédié à Saint Patrick (idéal en cas d’averse !), de nombreuses croix et des petits monticules de pierres rappellent qu’ici, tous les ans, le 17 mars, se déroule un pèlerinage en l’honneur de qui vous savez !

Côte sud du Connemara

Il y a deux manières de rejoindre Clifden et le Connemara depuis Galway City. Le chemin le plus direct suit la N59 en longeant par le sud le Lough Corrib, les Maumturk Mountains puis les Twelve Bens. Mais un autre itinéraire, plus long, permet de rejoindre Clifden en longeant la côte sud du Connemara via la R336. Désespérément rectiligne entre Galway et Inveran, la côte devient ensuite une véritable dentelle, succession de baies, de plages, d’îles et de presqu’îles, parmi lesquelles les routes se faufilent.

Spiddal

Quittons donc Galway City par la R336 qui longe la côte nord de Galway Bay, avec par temps clair une vue sur les montagnes du Burren de l’autre côté de la baie. Au coeur de cette région désolée, Spiddal (An Spideal en gaëlique) est une station balnéaire assez touristique, avec sa plage pavillon bleu, Prom Beach, ses alignements de B&B le long de la route, ses pubs réputés qui vibrent au son de la musique irlandaise pendant la saison touristique, ses restaurants et ses boutiques de souvenir. A l’entrée de Spiddal la Collaiste Chonnactest une université gaélique fondée en 1910 par la Ligue Gaélique. Elle assure des stages d’irlandais pendant l’été et se vante de compter parmi ses premiers élèves deux héros de l’indépendance irlandaise : Eamon De Valera et Patrick Pearse. Rien d’étonnant, car on est ici en plein Gaeltacht, en pleine terre de langue irlandaise.

Costelloe et ses environs

Quelques kilomètres après Spiddal, la côte devient beaucoup plus découpée alors qu’on approche de Costelloe (Casla en gaélique). Juste avant Costelloe, le port de pêche de Rossaveal, le plus important du comté de Galway, est le principal point d’embarquement pour les merveilleuses îles d’Aran. Le village de Costelloe , au fond de Cashla Bay, est un village carrefour, porte d’entrée de la presqu’île de Carraroe et de trois îles reliées à la terre ferme par des ponts : Lettermore Island, Gorumna Island et Lettermullan Island. Des paysages tristes, plats et rocailleux, entrecoupés de lacs, avec de nombreuses maisons posées un peu partout. Bref, rien de spectaculaire ... Ceux qui ont peu de temps pour visiter le Connemara passeront donc leur chemin ! Les paysages sont beaucoup plus intéressants quand on quitte Costelloe vers le nord, en retrouvant la R336 qui longe des landes, des tourbières et des lacs parsemés de petites îles, avec quelques arbres et maisons isolés dont on se prend à penser qu’ils ont été plantés là juste pour la photo ! Dans la région de nombreuses maisons en ruines, sans doute vestiges des vagues d’émigration qui ont vidé la région de sa population pendant plus d’un siècle après la Grande Famine. A noter que c’est depuis Costelloe qu’émet la station de radio na Gaeltachta, radio en langue gaélique.

La péninsule de Carna

La R340 qu’on croise au bout de quelques kilomètres permet de rejoindre Carna, au coeur d’une large péninsule bordée par Kilkieran Bay à l’est et Bertraghboy Bay à l’ouest. Un peu en retrait de la R340, accessible par un petit chemin vers la gauche qu’on rate facilement, le Pearse’s Cottage est un petit musée consacré à Patrick Pearse, héros de l’indépendance irlandaise. Il venait profiter de ce cadre calme pour se reposer et écrire ... Il y donnait également des cours de gaélique, une habitude dans la région ! Pour les plus pressés, possibilité de couper par une petite route pour rejoindre directement Cashel, sans faire le tour de la péninsule de Carna. Pour les autres, la R340 longe Kilkerian Bay, au pied des Cnoc Mordain (353 mètres au point culminant), jusqu’au petit port de pêche de Kilkerian, spécialisé dans la transformation des algues et du saumon. Quelques kilomètres plus loin, à la sortie du village de Ardmore, à l’endroit où la R340 tourne vers la droite à angle droit, ne pas rater la route très étroite sur la gauche qui mène au bout d’une centaine de mètres à un B&B et à une plage immense et magnifique, largement découverte à marée basse. En reprenant la R340, on arrive à Carna, renommée pour la qualité de ses chantiers navals qui construisaient les Galway hookers, voiliers traditionnels du comté de Galway. Possibilité de pêcher la truite dans les nombreux lacs autour de Carna. De Carna on rejoint Glinsk, en coupant à travers les terres via la R340 ou en longeant la côte par des petites routes. A partir de Glinsk, on longe Bertraghboy Bay : paysages superbes, côte très découpée, nombreux îlots, estran, ... On prend ensuite la R342 pour rejoindre Cashel, au fond de Cashel Bay. Ce petit port peu actif est dominé par Cashel Hill, une colline de 310 mètres de haut, au sommet de laquelle on a un panorama magnifique sur Bertraghboy Bay au sud et les montagnes du Connemara au nord.

Roundstone

Un peu plus loin, on emprunte la R341 en direction de Roundstone, un des plus beaux villages du Connemara. Ce vieux village de pêcheurs aux rues pentues et aux maisons colorées s’est développé dans un cadre naturel magnifique, protégé par l’île de Inishnee et dominé par le mont Errisbeg (299m), dont on peut atteindre le sommet en 2 heures de marche (avec comme récompense un panorama magnifique puisque le mont est le seul relief de la région). Par temps clair (ce qui n’a hélas pas été mon cas), le port bénéficie d’une vue sur les Twelve Bens au loin. A 5 minutes de marche du centre du village, un ancien monastère franciscain abrite le Michael Killeen Park, un centre artisanal qui accueille entre autres Malachy Kearns, surnommé Malachy "Bodhran", fabricant de bodhrans de réputation mondiale. On peut visiter son atelier et bien sûr acheter un de ses fameux bodhrans (atelier ouvert en été uniquement). Roundstone est également réputé pour deux magnifiques plages de sable blanc, parmi les plus belles du Connemara : Gorteen Bay et Dogs Bay, à quelques kilomètres du village sur la route de Ballyconneely. A Gorteen Bay, un cimetière surplombant la plage offre un cadre de rêve à ceux qui y reposent pour l’éternité. Dommage que quelques mobilhomes viennent gâcher un peu le plaisir

Ballyconneely

En continuant à longer la côte, on arrive à Ballyconneely, porte d’entrée d’une péninsule qui s’avance entre Ballyconneely Bay au sud et Mannin Bay au nord. La côte est une succession de criques, d’innombrables îlots et de plages sublimes qui cernent une grand partie de la péninsule. La route en direction de Silverhill à partir du centre de Ballyconneely mène à Bunowen Pier, petit port de pêche avec une jolie petite plage et une fumerie de saumons. Juste à côté, le Connemara Golf Club est un des plus beaux 18 trous d’Irlande, au bord d’une plage magnifique ... malheureusement gâchée par une armée de mobilhomes ! Ballyconneely est réputé mondialement pour ses élevages de poneys du Connemara, plusieurs champions ayant grandi ici. La légende raconte que la race est née du croisement avec des pur-sangs arabes, arrivés en Irlande suite au naufrage d’un navire espagnol au large de Slyne Head. Dans un tout autre registre, l’inventeur italien Guiglielmo Marconi installa à Ballyconneely en 1905 sa station de télégraphe sans fil. De cette station, il émit en 1907 le premier message transatlantique sans fil vers Cap Breton, en Nouvelle-Ecosse. Pas loin de là, John Alcok et Arthur Whitten Brown s’écrasèrent avec leur avion le dimanche 14 juin 1919, "réussissant" le premier vol transatlantique, en effectuant la traversée depuis Terre Neuve en un peu plus de 16 heures. Les deux pilotes sortirent indemnes du crash (sans doute l’effet amortisseur du sol spongieux irlandais !), mais Charles Lindbergh devait avoir un meilleur attaché de presse puisque c’est lui qui est passé à la postérité comme ayant réussi le premier vol transatlantique ... en 1927, soit huit ans plus tard !

De Ballyconneely, on arrive rapidement à Clifden en longeant Mannin Bay. Fin de cet itinéraire sur la côte sud du Connemara ...

Clifden et ses environs

Souvent considérée comme la capitale du Connemara, Clifden est une station balnéaire agréable de 2 000 habitants, coincée entre Clifden Bay et le massif des Twelve Bens. Une situation géographique idéale donc pour découvrir tous les charmes de la région. Du coup les touristes y affluent pendant la saison estivale : à éviter donc pour ceux qui sont venus chercher le calme en Irlande ! La ville a le charme typique des villes touristiques de l’ouest irlandais : maisons colorées, rues animées, nombreux pubs et restaurants, ... Le 3ème jeudi d’août, Clifden accueille le Pony Show, l’une des plus belles foires aux poneys d’Irlande. La fête est en fait un concours qui désigne les meilleures bêtes par catégorie (sexe, âge, ...), les participants étant vendus aux enchères le lendemain (les bêtes, pas les éleveurs !). Evidemment, comme on est en Irlande, les fûts de Guinness se vident à vue d’oeil et la musique retentit dans les pubs de Clifden !

La Sky Road

Mais quittons la ville pour découvrir les alentours de Clifden. Et d’abord une route mythique : la Sky Road. Cette route étroite fait le tour de la péninsule de Kingstown, à l’ouest de Clifden, offrant des panoramas magnifiques sur une côte découpée. Il paraît même qu’on peut y voir un des plus beaux couchers de soleil du monde ... La route démarre à gauche après le supermarché Supervalue, au bout de la rue principale de Clifden. Suivre ensuite les panneaux Sky Road, en privilégiant la Upper Sky Road, plus spectaculaire. La route grimpe rapidement en dominant Clifden Bay jusqu’à un parking avec un panorama extraordinaire sur le bout de la péninsule de Kingstown. En bas de la descente, au premier carrefour, la route très étroite en face (le genre de route sur laquelle on prie pour ne croiser aucun véhicule ...) mène à une jolie plage de sable blanc faisant face à Iniskturk. La Sky Road se poursuit ensuite sur la partie nord de la péninsule de Kingstown, avec des paysages moins spectaculaires, et se termine sur la N59, quelques kilomètres au nord de Clifden.

Claddaghduff et Cleggan

On peut poursuivre par une autre balade côtière, moins spectaculaire que Sky Road, en prenant à gauche en direction de Claddaghduff après quelques kilomètres sur la N59 en direction de Westport. Après avoir longé un bras de mer faisant face à Sky Road, on atteint Claddaghduff, petit village aux maisons éparses. Depuis la superbe plage de Omey Strand, on peut accéder à marée basse à Omey Island, à pieds ou en voiture. Le tour à pied de l’île est une des balades incontournables de la région. L’été, Omey Strand accueille des courses de chevaux. Entre Claddaghduff et le port de Cleggan, on longe une côte découpée faisant face à Inishbofin, avec quelques maisons colorées qui dominent de jolies criques. Ne pas rater les superbes plages près des Cleggan Lobester Fisheries ! Cleggan, petit port de pêche qui cultive son art du désordre, est le point de départ des ferries qui desservent l’île de Inishbofin (compter 45 minutes de traversée). Jolie baie abritée, avec une plage sympa. On rejoint la N59 à Moyard, après avoir longé la baie de Cleggan puis le charmant Ballynakill Lough.

Bog Road

Autre balade intéressante depuis Clifden, au sud cette fois-ci : la Bog Road. Facile à rater, car mal indiquée ... Quittez Clifden en prenant la direction de Roundstone et de Ballyconneely. Au bout de quelques kilomètres, la route tourne à angle droit vers un pont au fond de Clifden Bay ; prendre alors tout droit avant le pont, en direction de Lough Fadda House. La route traverse une immense zone de tourbières et de lacs, sans le moindre arbre. Au loin, on devine (dans la brume !) la silhouette des Twelve Bens. Envoûtant ... La route se termine quelques kilomètres au nord de Roundstone. Un itinéraire sympa à faire en vélo, pour s’imprégner de l’atmosphère des lieux !

Connemara National Park

Le Connemara National Park, créé en 1980, couvre 2 000 hectares de tourbières, de landes, de prairies, de collines et de montagnes. Le parc comprend certains sommets des fameuses Twelve Bens, une chaîne de montagnes culminant à 729 mètres (Benbaun). Le territoire couvert aujourd’hui par le parc correspond en grande partie aux anciens domaines de l’abbaye de Kylemore et de la Letterfrack Industrial School (les locaux de l’école sont d’ailleurs aujourd’hui occupés par les bâtiments du parc national). Ce territoire accueillait des activités humaines, essentiellement des pâturages. Aujourd’hui la zone est totalement sauvage, même si des vestiges de cette occupation humaine demeurent visibles à certains endroits du parc. Outre son rôle touristique, le parc accueille également des étudiants qui effectuent des recherches sur la faune et la flore du Connemara.

L’entrée du parc se situe juste avant Letterfrack en venant de Clifden. Outre un parking, on y trouve la direction du parc national et un Visitors Centre très intéressant (gratuit, tout comme l’entrée dans le parc), qui vous permettra d’en apprendre plus sur les tourbières, que les irlandais appellent souvent le bog : origine des tourbières, faune, flore, exploitation, avenir, etc ... On y apprend par exemple que le Connemara (comme d’ailleurs une grande partie de l’Irlande) était autrefois couvert de forêts de pins qui ont été détruites par l’Homme, essentiellement pour laisser la place à des pâturages. Cette déforestation, l’acidité des sols et la pluviométrie importante sont à l’origine du développement de ces zones humides que sont les tourbières. On y apprend également que les tourbières sont un remarquable milieu de conservation, et qu’on y découvre régulièrement des corps humains encore bien conservés, propices à l’émergence de légendes et de croyances ... L’exposition est en anglais évidemment, mais un petit fascicule en français résume grossièrement l’exposition. Un coffee shop permet également de reprendre quelques forces après les randonnées. Car ce sont bien les randonnées qui constituent le principal intérêt du Connemara National Park. Trois circuits de randonnées en boucle partent depuis le Visitors Centre. Un circuit court, un circuit moyen ... et un circuit long. Le circuit court présente peu d’intérêt, le circuit moyen offre de belles vues sur la presqu’île de Renvyle mais c’est le circuit long qui est le plus intéressant, puisqu’il permet de grimper au sommet de Diamond Hill, une colline de 445 mètres de haut, avec des panoramas magnifiques tout au long de la montée et au sommet de la colline. Le sentier est très bien aménagé, des ponts en bois permettant de traverser les zones humides, et ne présente donc aucune difficulté particulière, sinon une ascension un peu raide sur la fin. Mais c’est difficile de monter en altitude tout en restant tout le temps sur du plat, n’est-ce pas ! Le vent peut toutefois rendre l’ascension pénible et même délicate par moments. Evidemment, comme pour toute randonnée en Irlande, ne pas oublier de s’équiper correctement (chaussures de marche, coupe-vent ou vêtement de pluie, de quoi boire et manger), car le temps change vite en Irlande. En tout cas les efforts déployés pour la montée sont largement récompensés par le panorama qu’on a au sommet : vue à 360°, portant sur la presqu’île de Renvyle et Tully Mountain, le Kylemore Lough (au bord duquel se trouve la fameuse Kylemore Abbey), les Maumturk Mountains, les Twelve Bens et les tourbières vers Clifden. Tout simplement extraordinaire par temps clair ! Compter entre 2 et 3 heures de marche pour l’aller-retour, selon la forme physique ... et le nombre de « pauses photo » ! Ne pas hésiter à partir tôt le matin, ça permet d’avoir la montagne pour soi alors qu’en journée les circuits de randonnée sont très fréquentés. Les randonneurs les plus aguerris, eux, n’hésiteront pas à descendre directement de Diamond Hill dans la vallée de la Polladirk River pour aller grimper les Twelve Bens toutes proches ! J’ai même croisé un randonneur belge qui plantait sa tente sur les sommets pour passer la nuit !

Joyce Country

Le Joyce Country désigne une région à cheval sur le comté de Galway et le comté de Mayo. Le Joyce Country ne tire pas son nom du fameux écrivain irlandais James Joyce comme on aurait tendance à le croire, mais plus simplement d’une rivière, la River Joyce qui coule dans une vallée entre Leenane et Maum. Le Joyce Country s’étend de cette vallée jusqu’à l’isthme étroit séparant le Lough Mask et le Lough Corrib, au coeur duquel se trouve Cong (comté de Mayo), considérée comme la capitale du Joyce Country. Pour découvrir cette région aux paysages attachants, je vous invite à un circuit partant de Leenane, au fond du magnifique fjord de Killary Harbour.

De Leenane à Cong via le Lough Nafooey

De Leenane, suivre la R336 (direction Connemara Loop) qui longe la River Joyce à travers une large vallée dominée par les Maumturk Mountains au sud et le massif de Devil’s Mother au nord, avec des sommets souvent dans les nuages. Au bout de quelques kilomètres, on pénètre dans une zone de Gaeltacht. Au milieu de la vallée, prendre à gauche une petite route en direction du Lough Nafooey. Aucun risque de se tromper, c’est l’unique carrefour entre Leenane et Maum ! La route grimpe rapidement vers un plateau de tourbières, dominées par le Maumtrasna (673 mètres), point culminant des Partry Mountains. Paysages très sauvages et tout simplement magnifiques. La route descend ensuite brutalement vers le Lough Nafooey, offrant une superbe vue sur la vallée. On pénètre alors pendant quelques kilomètres dans le comté de Mayo pour longer le Lough Nafooey, dans un des plus beaux paysages de la région. Un peu plus loin, après Finny, on traverse un pont qui enjambe un bras du Lough Mask (une route panoramique fait le tour de ce lac, mais je n’ai pas eu l’occasion de tester ...). Quelques barques en contrebas de la route attendent leurs pêcheurs, les autres profiteront de la vue superbe ! On repasse alors dans le comté de Galway, pour quelques kilomètres seulement, le temps d’atteindre Cong, capitale du Joyce Country.

Cong

Ce joli petit village s’est développé sur l’isthme de 5 kilomètres de large séparant le Lough Mask et le Lough Corrib (le nom gaëlique Conga désigne d’ailleurs une zone étroite de terre), une zone boisée et parcourue par des rivières plus charmantes les unes que les autres. Un cadre bucolique qui a charmé beaucoup de visiteurs, dont John Ford qui y a tourné en 1951 son plus célèbre film, « L’Homme Tranquille », avec John Wayne et Maureen O’Hara. Et il faudrait être aveugle pour ne pas le savoir en visitant Cong, car de nombreux commerces se sont baptisés en hommage au film ! Pour les amoureux de cinéma, un petit musée, le Quiet Man Cottage Museum, revient sur le tournage du film, avec des projections régulières. L’autre attraction du village est son abbaye, Cong Abbey, qui remonte au VIIème siècle mais qui fut détruite à deux reprises (par le feu au XIIème siècle puis par le normand William de Burgo en 1203). Les vestiges actuels datent de la reconstruction de l’abbaye, au début du XIIIème siècle. Pour ne rien cacher, ce ne sont pas les plus beaux vestiges d’abbaye en Irlande, loin de là. Par contre les jardins autour des ruines ne manquent pas de charme et abritent Monk’s Fishing House, un curieux petit bâtiment construit sur une rivière et qui aidait vraisemblablement les moines à pêcher du poisson. En traversant la rivière, on peut emprunter un sentier permettant de descendre le cours de la rivière jusqu’à Ashford Castle, un magnifique château-hôtel construit par la famille de Burgo au XIIIème siècle, ayant appartenu à la fameuse famille Guinness, et racheté en 1939 par Noel Huggard qui en a fait une des adresses les plus prestigieuses du monde. La liste des visiteurs célèbres est impressionnante : John Wayne et Maureen O’Hara (qui y ont séjourné à l’occasion du tournage de « L’Homme Tranquille »), Alex Ferguson (entraîneur écossais de Manchester United), Ronald Reagan, la princesse Grace et le prince Rainier, Sharon Stone, Robin Williams ou Woody Allen pour n’en citer que quelques-uns ! L’accès au parc est payant en théorie, mais à ma grande surprise personne ne m’a dérangé lors de ma visite ... Peut-être en va-t-il autrement en haute saison ? Au pied du château, une compagnie propose des croisières sur le Lough Corrib (d’autres bateaux partent du centre de Cong, mais en haute haute saison uniquement apparemment).

De Cong à Maum via le Lough Corrib

Quittons Cong pour revenir sur nos pas et prendre la R345 qui descend après Clonbur vers le Lough Corrib. Magnifique panorama sur le lac et ses nombreux îlots. Le Lough Corrib est le plus grand lac d’eau douce en Irlande et un véritable paradis pour les pêcheurs, comme en témoigne le nombre impressionnant de barques qui essaiment sur le lac ! Près de Cornamona, quelques tables de pique-nique au bord du lac offrent un cadre très agréable pour casser la croûte. La R345 continue à longer le Lough Corrib, jusqu’au petit village de Maum dans lequel on retrouve la River Joyce et la vallée qui ramène vers Leenane et Killary Harbour…

Source : http://www.terresceltes.net/-Galway-Connemara-.html

Commentaire : au bout de la Sky Road, là où la route rejoint le ciel, nous sommes sur le Chemin qui mène au Grand Architecte...

 

Repost 0
Published by X - dans Irlande
commenter cet article
2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 08:45

 

Si la Sixième Epoque doit reconnaître le Christ en tant que le Plus Grand Gardien du Seuil, la Septième Epoque Post Atlantéenne doit devenir consciente d'un autre aspect de l'Etre Christ. Afin de comprendre ce côté de la connaissance du Christ nous devons à nouveau nous reporter en arrière dans le passé dont la Septième Epoque sera la 'résurrection'. Car puisque la Sixième Epoque sera la 'résurrection' de la Perse ancienne, ainsi la Septième Epoque sera la 'résurrection' de l'époque de l'Inde ancienne. Et à nouveau cela voudra dire que ce qui a coulé dans la vie intellectuelle de l'homme en tant que révélation et inspiration durant la période de l'Inde ancienne devra encore être appris et acquis par l'effort de cet intellect. Car la Septième Epoque sera reliée à la Première Epoque Post Atlantéenne comme l'esprit de vie l'est pour le corps éthérique. Dans ce sens également le contenu de la révélation de l'Inde ancienne réapparaîtra de manière telle que les "sept chandeliers" sur terre ne recevrons plus la lumière des "sept étoiles"; c'est-à-dire qu'à cette époque il n'y aura pas sept êtres humains inspirés par la révélation divine, mais que le contenu apparaîtra en tant que conscience se révélant elle-même en l'homme. Car tout ce qui dans l'ancienne époque Indienne était une révélation venue des cieux "s'élèvera" à nouveau à la Septième Epoque en tant que conscience à l'intérieur de l'homme. Et le mot conscience n'est pas ici utilisé simplement dans le sens qui est habituellement compris aujourd'hui (c'est-à-dire un jugement moral de l'homme sur ses propres actes), mais dans le sens de cette certitude qui peut s'élever dans l'âme d'une connaissance compréhensive jaillissant sans forme ni son, non pas d'une quelconque impression externe venant des sens, d'une pensée spéculative, ni de perception clairvoyante, mais de la couche la plus profonde de l'être humain. La conscience, dans ce sens, résulte de l'expérience s'étant intériorisée à travers les nombreuses incarnations passées. C'est la grande synthèse morale et spirituelle de toutes les expériences et les révélations que l'âme a reçues.

Une telle vision compréhensive de l'intérieur, durant l'époque où débutait le Christianisme, était symbolisé par le mot AMEN, qui est à présent interprété comme "C'est certainement vrai". Et cette interprétation est justifiable tant qu'elle pointe vers la direction dans laquelle le mot intraduisible tel le AUM des Indiens, ou le TAO des Taoïstes Chinois doit être compris. Car si une chose est connue comme étant certainement vraie et cependant ne se tient sur aucune autre fondation qu'un mot prononcé par l'homme lui-même et ne signifie rien qui puisse être trouvé dans quelque sphère d'expérience, alors ce qui est exprimé est que quelque chose de caché dans sa nature propre a été révélé et que la certitude naît de sa révélation.

[A noter que AMEN, également appelé AMON, signifie dans le langage de l'Egypte ancienne, "caché"; de façon analogue, "amenti" (le royaume des morts) signifie "ce qui se cache"].

La façon dont se produit cette sagesse intérieure englobant tout, le AMEN, peut-être vue par un exemple donné…en relation avec l'histoire karmique du grand Zarathustra…A l'époque de l'Inde ancienne, Zarathustra suivit une voie qui était une préparation à la mission qu'il devait poursuivre, au-delà de l'époque de l'ancienne Perse, en tant que grand maître des mystères Post Atlantéens. Durant ce temps il passa par sept incarnations, recevant dans chacune d'elle le contenu de la révélation d'un des sept Rishis. Il absorba ainsi la révélation entière des Rishis. Après ceci, il apparut lors d'une huitième incarnation dans un corps, aveugle et sourd. Il lui était donc impossible de recevoir quelque impression du monde extérieur. Dans cette huitième incarnation, le grand Zarathustra devait se relier totalement à ses propres ressources. Et là s'éleva en lui la "mémoire" compréhensive de la révélation des Rishis.

Ce n'était pas, cependant, une simple mémoire de la révélation des Rishis, mais plutôt une résurrection venant de son propre ego, de cette révélation en tant qu'unité compréhensive. Et cette unité compréhensive devint un organe capable de recevoir, dans l'incarnation suivante, une nouvelle révélation de l'extérieur; c'est-à-dire, la révélation du Christ sous la forme de l'Etre Solaire, Ahura Mazdao. Le sentier que prit Zarathustra était en fait l'archétype du sentier suivi par l'humanité Post Atlantéenne dans sa totalité, lorsque de nombreuses âmes avaient absorbé la révélation de l'Inde ancienne, et suivait le seul sentier qui menait, à travers la cécité et la surdité, vers le monde spirituel. Mais ce qu'il résulte de suivre ce sentier sera la résurrection, à partir de l'intérieur, de la révélation originale, et de toute l'expérience à qui elle a donné naissance. En effet, cette résurrection ne sera pas la simple naissance de la sagesse combinée et accrue du passé, mais sa résurrection en tant qu'organe, c'est-à-dire, pour l'acceptation de l'Etre Christ en tant que quintessence vivante de cette sagesse. Car le Christ est le cœur du contenu de cette sagesse. Il est le AMEN, ce qui est caché dans "le commencement de la création de Dieu" (Rév.3:14). Et c'est en tant que AMEN que l'Etre Christ sera reconnu durant la Septième Epoque reconnu en tant que Celui qui porte la même relation envers la résurrection, la sagesse compréhensive comme le soleil le fait envers sa lumière.

Et puisque l'homme deviendra conscient du soleil au moyen de cette lumière à moins en effet qu'il ne voit rien au-delà de la lumière et se suppose lui-même être le produit de celle-ci ainsi dans cette sagesse ressuscitée il possèdera un organe par lequel il pourra recevoir en lui-même l'essence véritable de cette sagesse. Par conséquent, dans la Lettre à L'Ange de l'Eglise de Laodicée, l'Apocalypse parle du Christ "entrant pour souper avec" l'homme, pour partager un repas avec lui.

"Voici que je me tiens à la porte et frappe; si quelqu'un entend Ma voix et ouvre la porte j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec Moi" (Rév.3:20). Que le "entrerai chez" mène à la conversation la plus intime avec l'Etre Christ est exprimé dans l'expression "souperai avec lui". Car le "souper" suit "entend ma voix"—c'est-à-dire, la connaissance intuitive du Christ suit la connaissance inspirée. Le souper partagé signifie la conversation de connaissance inspirée. L'homme prend Christ en son être intime de la même manière que, dans la sphère physique, il prend sa nourriture, et de façon analogue le Christ prend l'homme en Lui Même. Car l'essentiel est que le repas soit partagé. Dans la connaissance intuitive on ne connaît pas seulement, on est également connu. Le "pain" mangé dans cette communion est offert de l'un à l'autre.

Mais avant que ceci n'arrive, un homme doit passer le test impliqué par la résurrection de la sagesse à l'intérieur de lui-même venant du passé. Car la mémoire profondément imprimée s'élevant de l'intérieur peut affecter l'âme de manière telle qu'elle se sent elle-même être "riche", et peut ainsi être satisfaite et ne demande rien de plus. Dans ce cas une erreur désastreuse peut s'ensuivre; car, au lieu d'utiliser la mémoire naissante en tant qu'organe (comme une "porte") pour l'admission de l'Etre vivant dans l’ombre dont la lumière" compose toute sagesse, au lieu de tourner son regard interrogateur de la lumière vers le soleil qui la diffuse, un homme peut être complètement satisfait et se dire en lui-même :"je suis riche, et me suis enrichi de biens, et n'ai besoin de rien" (Rév.3:17) .

Ainsi, expérimentant la sagesse et se considérant lui-même comme "riche", il ne sait pas qu'il est "infortuné et misérable et pauvre et aveugle et nu" (Rév.3:17) au regard de ce dessein pour lequel toute sagesse existe. Le grand Zarathustra, bien qu'il devient une étoile lumineuse de "sagesse à l'intérieur de lui-même", ne s'arrêta pas à cette compréhension globale et à la conscience de porter "toute sagesse en lui", mais trouva la force de l'humilité véritable d'utiliser cette sagesse simplement comme un "œil" qui, s'oubliant lui-même, regarde vers l'extérieur, comme un œil physique, vers un être supérieur.

De façon similaire, les hommes de la Septième Epoque considéreront la richesse de la sagesse naissante en eux (et les initiés au stade correspondant en occultisme doivent faire la même chose aujourd'hui) non en tant que fin en soi, mais en tant que "porte", un organe aussi désintéressé que l'œil ou l'oreille, par lequel recevoir des hauteurs cachées la quintessence vivante du AMEN. Puisque l'œil physique, en lui-même une structure remplie d'une formidable sagesse, ne s'observe pas lui-même, mais oubliant sa propre identité dans le désintéressement, se soumet lui-même au monde extérieur, ainsi les hommes de la Septième Epoque doivent répéter l'acte du grand Zarathustra, effectué plusieurs milliers d'années auparavant. Ils doivent sacrifier leur richesse sagesse de mémoire intensifiée pour former quelque chose de supérieur, tout comme Zarathustra le fit lorsqu'il la modela en une faculté à travers laquelle absorber l'esprit Soleil, Ahura Mazdao.

L'épreuve de la Septième Epoque Post Atlantéenne consistera à maîtriser la tentation de demeurer content des richesses dérivées du passé. Car si ce sentiment de contentement n'est pas maîtrisé, une stagnation dans l'évolution en résultera, qui mènera à une âme étant "ni chaude ni froide" (Rév.3:15).

Cet état d'esprit, dans lequel n'est ressenti ni le froid de la solitude et des ténèbres, ni la chaleur de l'espoir et de l'effort pour le futur, mais où l'âme reste complètement satisfaite d'elle-même, est, pour l'amour divin de cette Providence qui observe le progrès de l'humanité, une condition n'offrant aucune alternative que de restaurer l'âme à travers des souffles catastrophiques du destin pour remplacer le chaud et le froid. Car seulement à travers de tels coups de vent il est possible de réveiller l'humilité spirituelle qui ressent aucun de ses contenus et circonstances comme étant des "fins en soi", ou "richesses", mais regarde chacun d'eux, aussi excellent et avantageux puissent ils être, comme un don confié, devant être utilisé seulement pour le travail qui doit être accompli dans le monde sous la guidance infaillible de l'Etre Christ. Loin de s'attarder dans la jouissance tranquille de ses trésors spirituels, le grand Zarathustra devint un prophète du Christ proche, sentant toute l'ardeur de l'attente et toute la douleur d'un monde qui était encore sans Lui. Cependant, quelque édifiante fut la manière par laquelle il subit l'épreuve, il est néanmoins important d'étudier ces figures dans l'histoire spirituelle de l'humanité qui devait expérimenter l'erreur de cette grande tentation. Ainsi, au premier siècle de notre chronologie, vivait et travaillait un homme très calomnié qui, malgré tout, jouissait parmi ses contemporains d'une immense notoriété. Cette réputation s'étendait à travers presque tout le monde connu à cette époque de l'Inde à l'Espagne, pour y expérimenter un réveil du contenu de la guidance de l'Occident, le sentier de la sagesse Atlantéenne.

Cette coopération de destinée extérieure avec la vie intérieure de connaissance a résulté en une conscience où une magnifique synthèse de la sagesse des mystères pré Chrétiens s'étend dans une forme intensifiée. Ainsi, au premier siècle de notre ère, Apollonius de Tyane fut, pour ainsi dire, une synthèse vivante de tous les mystères du passé, doté de facultés que tout le monde admirait. Mais la chose étrange est que ce sage qui, d'un côté, ne se souciait pas du pouvoir ou de la richesse, et de l'autre, accomplissait sans compter des actes de compassion; qui connaissait toutes les écoles des Mystères et avait appris toutes les traditions; oui, et avait visité la plupart des temples la chose étrange est que ce sage devait passer aveuglément par le plus grand événement, non seulement de son époque, mais de toute l'histoire du monde. Apollonius de Tyane n'accorda aucune attention au Mystère du Golgotha. Il ne s'intéressa lui-même aucunement au Christianisme ni aux mystères Juifs.

Maintenant, si nous nous demandons la raison de cette étrange circonstance, nous pouvons conclure que c'était la véritable richesse de sa sagesse qui masque, pour ainsi dire, le Mystère du Golgotha pour lui. Car Apollonius fut mis en face de l'épreuve consistant à observer la sagesse accumulée, non en tant que but, mais comme un moyen d'atteindre un plus haut niveau auquel l'accomplissement de toute sagesse des mystères doit être trouvé. Et le résultat de cette épreuve initiatique fut tragique. Rendons grâce à sa sagesse et à son destin remarquable, évident pour tout le monde, Apollonius aurait pu transmettre à l'humanité, pour laquelle lui-même avait tant de sympathie, la plus profonde connaissance, la plus haute gnose des Mystères du Golgotha. Au lieu de cela, il laissa derrière lui dans le monde de son époque, l'impression qu'il pouvait très bien faire sans le Mystère du Golgotha.

Si la mission d'Apollonius de Tyane n'avait pas pris ce tour tragique, La quasi indescriptible tragédie de Julien l'Apostat n'aurait pas eu lieu d'être. Car l'abîme qui s'ouvrit entre un Christianisme externe et un principe de mystère dépourvu d'espoir un gouffre créé par un esprit partisan imposé par Julien n'aurait jamais existé du tout si Apollonius n'avait découvert et fait remarquer le lien entre la sagesse des Mystères et l'Evénement en lequel il fut accompli. Car alors le Christianisme ne serait pas devenu externe, et le principe des Mystères se serait offert lui-même comme un "œil" à travers lequel l'humanité aurait contemplé avec connaissance le Mystère du Golgotha.

Mais Julien était bien aimé de cet Esprit, l'Esprit Solaire, qu'il aimait également et qui était présent sur terre à et époque.

Celui lui rendait impossible durant le cours tragique de sa destinée de compter sur le contentement de l'âme pour la richesse de sa sagesse. Dans sa destinée les mots de l'Apocalypse devinrent réalité :"Je reprends et je châtie ceux que j'aime" (Rév.3:19). Car on peut voir dans le destin de Julien combien la souffrance ne lui permettait pas d'être "ni chaud ni froid", et cependant en même temps, combien il vivait dans la plus intense et froide des solitudes aussi bien que dans le feu de son attente désespérée de réveiller l'esprit des mystères. Ainsi, par l'exemple de deux individus, Apollonius et Julien, nous pouvons voir où réside le danger d'éveiller la mémoire de la sagesse du passé, et par quel moyen la protection doit être donnée, à travers l'aide des Seigneurs du Karma.

Mais quiconque passe se test, c'est à dire, quiconque maîtrise la tentation de se reposer dans la lumière de la sagesse, parvient à un repos d'une autre sorte dans l'Etre véritable dont cette sagesse irradie. Car l'Etre dont la sagesse dépend est amour. Et celui qui triomphe de la tentation impliquée dans la sagesse entre dans la sphère cachée, le AMEN de la sagesse. Il est enraciné dans l'Etre du Christ Lui Même. Etre enraciné dans l'Etre du Christ est le repos véritable, car il signifie ne pas rester satisfait du résultat du passé, mais une condition de sécurité, un flot d'intarissables sources de patience et de courage dans la tâche d'accomplissement de la mission du Christ à travers tous les âges. Cet état de partage des sources de force du Christ, où l'âme demeure de manière telle à être toujours plus forte pour de plus en plus grands efforts de sacrifice, est décrit dans l'Apocalypse comme "s'asseoir sur le trône avec le Christ". Aussi la lettre s'achève avec la promesse : "A celui qui a triomphé, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur le trône" (Rév.3:21).

Cette relation intime intuitive à l'Etre Christ sera l'événement positif de la Septième Epoque, mais l'événement négatif de cette époque sera l'antithèse de "souper ensemble". Le Christ "vomira de sa bouche" ces éléments de la Septième Epoque qui se sont rigidifiés dans un état d'auto suffisance. Ce "vomissement", cependant, est un processus qui signifie non seulement se tenir à distance du Christ, mais également, et par-dessus tout, être conscient de cette condition. Il sera expérimenté par les hommes de telle façon qu'ils se sentiront "plongés" dans le froid et les ténèbres. Ce plongeon occasionnera un choc qui pourra être salutaire dans le sens d'un réveil du "froid " et du "chaud" dans l'âme; c'est-à-dire, dans le sens d'une libération du repos dans l'auto suffisance. Ce choc fut expérimenté aussi dans le passé, sur le sentier su karma durant la vie sur terre.

Il fut également expérimenté dans la vie après la mort. Mais dans le futur, spécialement à la Septième Epoque, qui se terminera par la guerre du "tout contre tout", il sera pour la grande majorité le seul remède à la condition de faux repos. Et la guerre qui amènera la destruction et la fin de la culture entière Post Atlantéenne sera nécessaire du point de vue karmique afin que l'humanité en état de choc réalise qu'elle n'est pas "riche et enrichie de biens, et n'a besoin de rien", mais qu'elle est "infortunée et misérable et pauvre et aveugle et nue".

RAYS JANVIER FEVRIER 2004

 Source : http://rosae-crucis.pagesperso-orange.fr/chantal/bible/lettre_a_l_eglise.htm

Repost 0
Published by Traduction Chantal Duros - dans St Jean
commenter cet article
1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 06:28

Cet extrait rituélique n’est qu’un exemple des diverses allusions à Saint Jean qu’offre la Franc-Maçonnerie au travers de ses rituels et de ses symboles. Pourquoi nous rattachons-nous, comme d’ailleurs la majorité des Ordres Initiatiques occidentaux, à Saint Jean ?

Sur un plan historique, de nombreuses hypothèses, souvent contradictoires ou peu fondées, allant des antiques cénacles philosophiques perses appelés Jehan aux corporations de constructeurs dites Confraternités de Saint Jean en passant par les Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem, furent ainsi avancées afin d’expliquer à tout prix l’origine étymologique de loge de Saint Jean en la rattachant à des événements indubitables.

En ce qui me concerne, ces controverses de chroniqueurs – même passionnantes ne me retiennent pas. Du point de vue symbolique, elles ne sont d’ailleurs que d’un intérêt secondaire et la Tradition demeure en la matière beaucoup plus enrichissante. Car, une fois de plus, c’est en elle que nous trouverons nos réponses …
René GUENON ne s’y est point trompé : il y voit une succession spirituelle johannite et ésotérique de l’Ordre du Temple et des Collèges de la Rose+Croix, qui avaient également pour patron Saint Jean. Assurément, il faut rendre témoignage que la Franc-Maçonnerie a reçu l’héritage de nombreuses organisations initiatiques antérieures et a ainsi permis à de nombreux concepts philosophiques issus de civilisations ou de traditions éteintes de demeurer vivants non seulement comme vestiges du passé mais également comme germes du futur.

Saint Jean, abstraction faite de tout esprit religieux dogmatique, se révèle particulièrement fécond d’enseignements ésotériques et initiatiques. Chacun s’accorde à le reconnaître. Je vais donc tenter de vous exposer que la Symbolique qui lui est rattachée se retrouve intégralement dans nos symboles maçonniques, ce qui justifie pleinement l’appellation de loge de Saint Jean.

Avant de commencer à vous faire part de mes réflexions et élucubrations, j’attirerai votre attention, V\M\ et vous tous mes BB\AA\FF\, sur un postulat de départ personnel: pour moi, il ne fait nul doute que tous nos rituels sont profondément infusés des traditions kabbalistiques et alchimiques. Je dirais même que la Franc-Maçonnerie en elle même reste une superbe transposition de la divine Alchimie. A ce propos, il est assez curieux de remarquer que l’Alchimiste et le Franc-Maçon travaillent tous les deux à la perfection de leur pierre respective …Ceci mériterait certainement que j’y consacre une autre planche…

La Franc-Maçonnerie ne se place pas uniquement sous le patronage de l’apôtre Jean mais bien sous celui des deux Saints Jean : l’évangéliste, Jean Boanergès, et le précurseur, Jean Baptiste. Pour moi, il ne fait nul doute que sur un plan ésotérique, ils se confondent dans un même symbolisme. N’y a-t-on pas vu Janus, le dieu aux deux visages mais à la seule réalité, le Saturne alchimique ? Maçonniquement, il ne peut échapper que les noms mêmes de ces deux personnages ont pour initiales les lettres J et B, inscrites sur les colonnes de la Loge en rappel des noms Jakin et Boaz du temple de Salomon ! D’autre part, ils sont fils, l’un de Zacharie et l’autre de Zébédée, dont l’initiale Z est l’hiéroglyphe de l’éclair et du tonnerre z. Ils sont donc fils du tonnerre ou initié par le feu. Or, le tonnerre se retrouve également dans le voyage du candidat à l’initiation maçonnique…

JEAN BAPTISTE le précurseur.

Jean le Baptiste est le fils de Zacharie. Celui-là même qui avait perdu la parole à cause de son incrédulité, la retrouve par son obéissance à la naissance de son fils. Jean le Baptiste, témoin de La Lumière, permet donc à son père de retrouver la parole perdue. Son application à « la parole
perdue » des Franc-Maçons qui ont reçu la Lumière, et dès lors en sont les témoins, est évidente.
N’oublions pas à ce propos, que l’Art des alchimistes n’a pas pour objet la recherche de l’or matériel mais bien la pierre philosophale, et donc sur un plan spirituel, la parole perdue, c’est-à-dire l’épuration de l’âme, la réintégration de l’homme, matière même du Grand Œuvre dans son essence divine originelle. A ce propos, il convient de rappeler que c’est la lettre hébraïque Shin c, signifiant le feu, qui mise au milieu du Tétragramme divin h w h y (Yod Hé Vav Hé) dont la Tradition enseigne que la prononciation - donc la parole - fut perdue et figurant parfois sur le sautoir du Vén\M\, engendre le nom divin IESCHOUAH h w c h y. Celui-ci se rapporte à la séphire Tiphéreth, sphère kabbalistique de la pierre philosophale, de la maîtrise maçonnique et du sublime 18ème degré…

Nazoréen, Jean Baptiste ne pouvait, comme Samson, se couper les cheveux, symbole de l’énergie spirituelle rayonnante, le phallos des Hellènes. En Alchimie, les cheveux désignent le Rébis de l’œuvre, la pierre au rouge parfait. Re-bis, la chose double et pourtant unique, or il y a deux Saint Jean qui ne forment qu’un…

Saint Jean Baptiste fut décapité par Hérode, il eut donc la gorge tranchée, ceci rappelle bien entendu le signe d’apprenti mais allons un peu plus loin sur le chemin ésotérique. Dans le Grand Œuvre Alchimique, après le stade de la putréfaction correspondant indubitablement au degré d’apprenti, il faut « couper la tête au corbeau », c’est-à-dire enlever les scories ou maçonniquement équarrir la pierre brute, qui est précurseur de la quintessence symbolisée par l’étoile flamboyante au degré de compagnon dont les sommets sont marqués par la main sur le cœur dans le signe d’ordre…

On associe souvent Jean Baptiste à Elie et à Hénoch, également témoins de la Lumière qui doivent revenir à la fin des temps. Le premier serait certes à mettre en relation avec Elie Artiste des Rose+Croix et des Alchimistes dont le rôle est capital dans la génération de la pierre philosophale. Le second joue un grand rôle dans les légendes maçonniques. Hénoch est le seul homme qui a été réintégré de son vivant, en corps, âme et esprit, dans le Royaume d'Eden. Et, en ce qui me concerne, la réintégration spirituelle reste la substantifique moelle de l’initiation maçonnique. Ce n’est donc pas sans conséquence que Jean est associé à ces deux personnages…

La fête de Saint Jean Baptiste est située à un moment astronomique qui en révèle le sens caché. C’est le 24 juin, au solstice d’été, quand le soleil parvient à son apogée de puissance et de rayonnement. C’est alors l’éveil des feux de la St Jean, le symbole de la lumière venant illuminer l’Esprit. Jean représente donc symboliquement l’annonciateur du principe universel et unique du Feu-Principe, de la Lumière, émanation et manifestation de la Cause première.

Etymologiquement, IOANNES serait formé de deux mots chaldéo-hébraïques : io et Oannès. Io signifie pigeon et Oannès était le dieu sumérien qui apporta l’initiation aux hommes et leur transmis la lumière. Cet « homme-poisson » instruisait les hommes en les sciences et les arts, également en agriculture et dans le secret des métaux, dans leur fonte…

Le feu en raison de sa profonde signification ésotérique, joue un rôle capital de médiation et de purification dans toutes les initiations traditionnelles. Celles-ci ont toujours pour objet la mort mystique de l’homme profane suivie de la résurrection de l’initié, du nouvel homme, qui aspire à la Connaissance parfaite par la Rédemption et la réintégration, la communion totale avec la cause première, l’Amour spirituel... C’est également ce soleil spirituel symbolisant la Connaissance, que représente Hercule vêtu d’une peau de lion et d’or, symboles solaires et dont les 12 travaux ne sont autres que les phases du Grand Œuvre Alchimique…

Mais la fête solsticiale est également la fête de l’eau purificatrice et génératrice. Il y a, malgré les apparences, souvent trompeuses, une correspondance entre l’eau et le feu. Il faut d’abord un baptême de l’eau avant celui du feu. Les philosophes alchimiques brûlent par l’eau et lavent par le feu nous enseigne Flamel. Telle est la lessive philosophique. Laver latone. Solve et Coagula …C’était tout le message et le symbole de la Rose+Croix marquant la réalisation du Grand Œuvre : I.N.R.I. Igné Natura Renovatur Integra ; c’est également le symbolisme de Saint Jean.

Sur un plan plus exotérique, Jean le Baptiste fut assassiné pour ses idées d’égalité sociale, de liberté, de fraternité, de renoncement, de repentir et parce qu’il avait consacré sa vie à ouvrir les yeux des Hommes à la Lumière brillant dans les ténèbres. Ce qui n’est point sans rappeler l’idéologie maçonnique ainsi que la persécution cléricale dont elle fut victime. Il n’est donc point étonnant qu’il fût choisi comme saint patron.

Jean l’évangéliste.

L’apôtre préféré du Christ apparaît dans les évangiles comme le modèle-type des initiés. Inutile de rappeler que son Prologue et son Apocalypse sont à juste titre considérés comme de véritables monuments ésotériques et alchimiques en hommage à La Lumière. Selon plusieurs auteurs, Saint Pierre symboliserait l’église extérieure, exotérique, tandis que Saint Jean, l’église intérieure, ésotérique et gnostique. Dès lors, avons-nous ici encore une preuve du rattachement de la Franc-Maçonnerie à la tradition gnostique ?

N’a-t-il pas été désigné par son maître comme « le fils du tonnerre » ? Il est donc initié par le feu et dépositaire des secrets cachés de la Sagesse. Il est aussi consacré, suite au dernières paroles au Golgotha, comme « fils de la Vierge », expression similaire au fils de la Veuve, et désignant les initiés. Sur un plan alchimique, le fils de la vierge se nourrit en son sein de son lait tout comme le lait virginal ou lait de la lune est en rapport avec l’opération du Grand-Œuvre appelée « multiplication » qui nourrit de ce lait la pierre philosophale afin d’en multiplier son pouvoir.
Et le maçon n’est-il pas celui qui témoigne de son initiation par son comportement différent dans la vie profane et après s’être transmuté individuellement, peut devenir facteur de changement sociétaire.

Symbolisme de Saint Jean ou symbolisme franc-maçonnique ?

Dans le cadre de cette planche limitée par le temps de parole qui me fut donné, je n’évoquerai qu’un seul symbole johannite que l’on retrouve facilement en maçonnerie : le gamma grec, mais sachez qu’ils sont multiples : l’aigle, l’oiseau initiateur qui vole le plus haut et peut contempler le soleil, la toison d’or, l’agneau, le daleth hébraïque, Janus, le soleil et la lune…

Le Gamma grec (ou la lettre G)

La lettre symbolique que l’on attribue à Saint Jean est le gamma grec qui représente en minuscule graphiquement et astrologiquement la tête du bélier. Nous sommes ici en présence d’un glyphe profond, au sens multiple. Il représente non seulement la materia prima des alchimistes mais le moment où il faut commencer le Grand Œuvre. Or le bélier zodiacal en hébreu Tholeh l f h - possède la même valeur numérique, les mêmes lettres et le même nombre de lettres que la rosée. Le bélier de part sa vigueur souligne le feu essentiel et suggère l’eau aérienne stable. Mais le petit gamma grec est également symbole du chêne, arbre sacré des druides, symbole de l’agent primordial mais aussi de la materia prima. Mais le plus intéressant, c’est que les feuilles de cet arbre portent parfois des excroissances appelées noix de galle d’où, en langue des oiseaux, gala. Et gala (•8 en ancien grec, signifie lait, allusion au lait virginal des alchimistes qui nourrit Saint Jean et la Pierre philosophale, tous deux fils de la Vierge. La Tradition est infaillible. Comme dirait l’Evangéliste, que celui qui a des oreilles entende !

Précisons que le gamma grec majuscule n’est autre qu’une équerre : « Toutes nos équerres sont des signes et tous nos signes se font par l’équerre ».

La Franc-Maçonnerie conservant depuis des siècles l’ésotérisme traditionnel a fait de ce symbole la lettre G qui apparaît bien évidemment au grade de compagnon, basé sur le chiffre 5, sur la quintessence. Elle se veut avant tout l’expression du Feu-principe, de la Lumière, de la Connaissance, de la Vie, arcane suprême de l’initiation maçonnique.
Par ailleurs, initiales multiples de Géométrie, gnose ou de God, déformation du iod hébraïque y, symbole du sel alchimique ou initiale de la matéria prima, la lettre G fut certes le sujet de nombreuses planches. N’étant pas l’objet de la mienne aujourd’hui, je ne m’y attarderai pas plus longtemps.

CONCLUSIONS

Ces quelques lignes sur les deux Saints Protecteurs de la Franc-Maçonnerie ne sont évidemment qu’une faible ébauche de ce qui pourrait être dit sur un sujet en étroit rapport avec la Tradition Gnostique. Les aspects traditionnels et le symbolisme de la Lumière et de la Connaissance liés à
Jean sont très profonds et remontent loin dans le temps tout en restant vivant dans notre initiation maçonnique. Le patronage de Saint Jean se révèle le symbole secret de la Puissance Illuminatrice, dont la couleur symbolique est le rouge que nous trouvons sur nos tabliers de maîtres et dans les hauts grades de l’Ecossisme.

L’incomparable valeur du message universel de Saint Jean et de la philosophie transcendantale qu’il renferme permet d’envisager pleinement le rôle immense que la Franc- Maçonnerie est appelée à jouer de par cet héritage reçu de la Rose+Croix.
Elle peut ainsi satisfaire le besoin métaphysique ou religieux - intérieur à chaque homme. Par un retour à ses sources, elle peut être une voie privilégiée, celle de l’Art Royal, ouverte à tout homme indépendamment de sa foi, mais considérant comme « sacrés » les principes de valeur absolue de la personne humaine, de mission spirituelle de l’homme, de perfectibilité tant individuelle que sociale du genre humain par la voie johanniste de la Connaissance et de l’Amour. Ceci constitue également le fondement métaphysique de la Fraternité Maçonnique.

J’ai dit, V\ M\

Source : www.ledifice.net

Repost 0
Published by A\ D\ - dans Planches
commenter cet article
28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 06:23

D’ou vient le nom de St Jean ? C’est Ioannés on l’a fait dériver du mot hébreu HHanan qui veut dire grace. Il a écrit le 4°évangile a Ephèse en Ionie le foyer spirituel de la Grèce antique ou vécurent Homère, Pythagore, Thalès. Le nom Ionie m’interpelle car en grec le mot ion signifie violet. Je vous le rappelle le violet est la couleur de la spiritualité, Ioan est le chef des initiés à la Gnose la lumière de la vie. L’opposition lumière-ténèbres constitue un symbole universel. Pour en esquisser l’enjeu symbolique, on peut introduire trois grandes acceptions de la lumière sur le plan de l’imaginaire :

·         la lumière-séparation,

·         la lumière-orientation,

·         la lumière-transformation.

Ces trois aspects de la lumière comme symbole se définissent par rapport à trois différences ou trois formes de ténèbres, soit, respectivement :

·         l’abîme ;

·         l’obscurité ;

·         l’ombre et l’opacité.

Lumière-séparation et abîmes’opposent dans une symbolique de la création.

Lumière-orientation et obscuritéstructurent la symbolique de la connaissance.

La lumière-transformation se heurte à une double dissemblance : s’opposant à l’opacité, elle est le symbole de la manifestation, se confrontant à l’ombre, elle devient le symbole de la purification. La dimension de cette opposition se retrouve à la racine de toutes les grandes cosmogonies. Du sein d’un abîme préalable sans fond, sans forme, va brusquement émerger l’ordre, c’est-à-dire la séparation-archétype originelle.
Deux principes opposés sont ainsi différenciés : la lumière et les ténèbres. Trois séparations vont en procéder. Elles engendrent le cosmos dans sa totalité.
Une première séparation opère la création des grandes oppositions fondamentales : l’avant et l’après, le haut et le bas, la nuit et le jour. Elle correspond à la croisée horizontale et verticale du ciel et de la terre. Il s’agit du symbolisme lié à la lumière-répartition. Celle-ci déploie l’inter monde où vont jouer les forces fécondantes .La deuxième séparation est liée à la genèse de la vie. Elle joue sur les variations régulières nuit-jour qui déterminent les saisons. D’une lumière croissante et décroissante entre solstice d’hiver et solstice d’été. Cette séparation règle donc le jeu d’équilibre et de conflit entre eau et feu. Lui correspondent tous les symboles de la lumière- : la troisième séparation a lieu entre zénith et nadir. Au-dessus de la fertilité végétale et de l’âme lunaire et aquatique se différencie le symbolisme de l’esprit et de la lumière-illumination. Ce symbolisme oppose les images ascensionnelles de l’air et du vent aux images de la pesanteur de la terre. Au soleil terrestre et à ses cycles de fécondation se sur ordonne la permanence du soleil céleste, porteur de la clarté de l’intellect symbolisée par la lumière éclatante de la foudre. La dimension spécifique de la lumière-orientation se donne à travers l’image-archétype du chemin. Chemin ascendant peuplé d’images lumineuses, aériennes, portant allégresse et éveil ; chemin descendant jalonné d’images sombres, étouffantes, lourdes de toutes les peurs et de tous les tourments. Symbole d’un combat éternellement recommencé entre l’élan spirituel vers la lumière et l’inertie matérielle qui fait régresser dans les obscurités de l’âme. Toutes les gnoses reposent sur ce conflit latent. D’une part règne le constat effrayant de l’obscurité du vécu de l’âme … «Sauve-moi de la matière et des ténèbres», supplie la Pistis Sophia. D’autre part lui répond la lueur d’espoir née de ce constat même – universellement, Si certains gnostiques accentuent le dualisme à l’extrême, la plupart des gnoses présentent le chemin de retour de l’âme vers la lumière, comme constitué d’alternances entre phases sombres et phases claires. Ce chemin se donne alors dans les symboles «noirs et blancs» damiers , échiquiers, pavements sacrés, etc. L’orientation symbolique est une conversion à la lumière : de la connaissance lunaire (réfléchie, cyclique, rationnelle), le regard se retourne vers la connaissance solaire (jaillissante, irradiante, intuitive). Le symbolisme de la lumière-orientation joue sur l’opposition montagne-caverne (cf. le mythe de la caverne de La République de Platon). Le héros ou l’âme exilée, tel Gilgamesh, doit affronter l’obscurité du monde souterrain, pour sortir de «l’autre côté» de la montagne dans la lumière de l’aurore. Il s’agit toujours d’un voyage vers la lumière de la connaissance, par la distinction initiale entre la droite, aurorale et la gauche crépusculaire. Ces deux directions se révèlent être l’Orient et l’Occident de l’âme Si l’aurore symbolise la sortie de la nuit de l’inconscient c’est en plein midi qu’a lieu la délivrance de l’inconnaissance. «Soudain, une lumière, comme un feu jaillissant, surgira dans l’âme» (Platon, Lettre VII). Enfin, lumière et ténèbres déterminent un troisième axe de symbolisation, celui de la transformation de la réalité. La création se transforme par le regard de la créature. Ce regard est le creuset de l’alchimiste, par où se transmue la nature en visage. Ce troisième aspect de l’opposition repose sur la reconnaissance symbolique du paradoxe de la lumière. D’une part, la lumière est à soi-même son propre obstacle et donc sa propre altération. La lumière révèle, manifeste, suscite la vision réceptrice ; mais par là même elle se diffracte dans le «prisme» de la vision. En retour, elle permet éclairage et focalisation ; mais par là même, elle crée de l’asymétrie, de l’écart, du retard, entre le jaillissement et le reflet, entre le sujet et l’objet, entre l’original et sa représentation. D’autre part, la lumière est à soi-même illumination et retour à son intégrité. Au mystère de la lumière créatrice correspond le miracle de la vision réceptrice. BIEN voici un résumé sur la lumière et les ténèbres enfin maintenant voici la mienne par rapport a notre rituel. Je vais tout d’abord essayer de définir les astres et le cheminement de ceci dans la conception de ma démarche spirituelle dans la loge saint Jean comme nous le disons dans notre atelier.

Le rôle du soleil dans la vie spirituelle

Les hommes ont toujours adoré le Soleil, ils se sont tournés vers lui pour répondre à leurs interrogations concernant le monde ou leur propre origine. Ils l’ont ainsi personnifié comme un Dieu et l’ont élevé au rang de symbole pour nous franc maçon. Le Soleil est le symbole de la lumière .Chaque rayon de Soleil est un trait de savoir, d’amour d’intelligence. Les faisceaux de Soleil qui traversent le feuillage d’une foret sont comme autant de traits d’amour et de savoir qui pénètre notre esprit. Le feuillage symbolise la Sagesse : il filtre la lumière autant qu’il la révèle. Dans de nombreuses croyances, comme l’astrologie, ainsi que dans des contes ou des textes mythologiques, le Soleil est un symbole masculin, le principe actif. Le soleil est aussi l’une des lames du tarot de Marseille. Dans ce symbole de lumière, de réussite et de bonheur, on retrouve aussi la notion d’accomplissement, d’avancée et de puissance… Mais il est aussi celui qui peut aveugler et peut venir signer la présence d’un orgueil trop fort ou de tromperie…

Symbolique de la Lune

La Genèse désigne la Lune lors de la création du nom de petit luminaire. Sa création, ainsi que celle du Soleil, est postérieure à celle de la Lumière. La Lune est la dix-huitième carte du tarot de Marseille 2X9. La Lune, passive, est constamment opposée au soleil, actif. Ils représentent, entre autres, l’élément femelle lune et l’élément mâle soleil. Il On peut aussi la comparer à Jean le Baptiste dont le prologue de l’évangile de Jean de Pathmos dit qu’il n’est pas la Lumière mais qu’il lui rend témoignage. Saturne a également comme symbole la fin et le début de la succession d’un règne comme des saisons. Elle est à la frontière du visible et de l’invisible, les anciens la considéraient comme la porte des Dieux, donnant accès à la transformation de l’homme ancien, en homme nouveau. Saturne est à l’opposé du soleil, car là où le soleil représente la vie, saturne en représente la fin. Cet astre fut lui aussi assimilé au dieu du temps. Saturne peut anéantir le monde en abattant simplement son glaive, ou plutôt sa faux.

Nous y voilà le début de la démarche de ma spiritualité

Le Soleil et la Lune sont les deux grands luminaires, astres du jour et de la nuit. Ils représentent les deux grandes forces à l’œuvre dans l’univers, le Yin et le Yang de la philosophie chinoise, le Tao.
Ces deux forces se complètent mutuellement.
Il est de la nature de la lumière de ne pouvoir paraître à nos yeux sans être revêtue de quelque corps, et il faut que ce corps soit propre aussi à recevoir la lumière ; là où est donc la lumière, là doit être aussi nécessairement le véhicule de cette lumière. Voila le moyen le plus facile pour ne point errer. Cherche donc avec la lumière de ton esprit, la lumière qui est enveloppée de ténèbres, et apprends de là que le sujet le plus vil de tous selon les ignorants, est le plus noble selon les sages.”En pratique l’influence de la Lune intervient dans divers domaines. La Lune est l’astre de la nuit. C’est un astre en mouvement. Elle croît, atteint son apogée et disparaît. La Lune exprime une transformation incessante. Quoi de plus naturel pour nous franc maçon. Très tôt, l’homme associa le principe féminin à la Lune. L’initié a projeté sa propre réalité dans celle de la Lune : comme elle, il naît, croît, meurt. Dans notre instruction du grade d’apprenti :

Le 1° surveillant dit : j’ai vu le Soleil, la lune et le Maître de la loge, qui représentent dans notre atelier au rite français 1783 : les 3 lumières de la loge. Ci on imagine que la circumambulation de notre quête est représenter par Les 3 piliers placés autour de notre pavé de mosaïque nous pourrions les nommer : la triade ou je préfère chemin JOHANNIQUE car notre loge s’appelle, La loge st. Jean. Je cite

·         1 – Dans le Principe était Le Logos. Et Dieu était le Verbe.

·         2 – Ainsi en était-il dans le Principe.

Nous pourrions définir notre parcourt JOHANNIQUE comme cela : je vais très symboliquement diviser en 3 parties. Une des phrases les plus importantes de notre instruction du grade au 1°degré, enfin je crois mes Frères contrariez moi ou confirmez mes dires ?! J’ai vu le soleil la lune et le maitre de la loge. Ci je me relate aux Saintes écritures, je pourrais dire la trinité le père le fils et le saint esprit le fils étant le lien et l’esprit le terme de l’épanouissement trinitaire (on pourrai aller plus loin en disant le fils et le Père étant la même chose en inversant le temps) Commençons par :

J’ai vu le Soleil

L’apprenti face a l’orient le jour de son initiation il aperçoit « l’éclat de la lumière dans les ténèbres » il est tous simplement au début de sa démarche spirituelle, il vient de naitre en se solstice d’hiver. Nous mettons en terre (nous ses Frères) un grain qui nous l’espérons portera beaucoup de fruits. Je pourrai le définir (notre apprenti) comme la lumière- séparation car de profane il devient initié, le symbolisme de la création. Poursuivons par :

La Lune :

Miroir de notre âme elle nous fait analyser le travail effectué en nous même une introspection de soi et le souci de contribuer a la construction du temple commun en échangeant nos idées avec nos frères a travers une démarche fraternelle et tolérante de tous les instants. Je le nommerais la lumière-orientation, symbolisme de la connaissance. Et finissons par :

Le Maitre de la loge :

Nous pourrions dire Notre rencontre avec la lumière, la métamorphose de la graine en l’épi, de la semence au fruit mur .le voyage de raison dans sa finalité.et pour finir lumière-transformation. Symbole de la purification. Nous pouvons imaginer que nous sommes le 4°pilier. Pour réfléchir dans la verticalité. Nous avons dans se voyage puisé toute notre énergie dans les entrailles de la terre la force nécessaire pour revivre ; recréant les 4 éléments, eau, feu, air et terre. Ainsi dans la loge les fenêtres, protégées par des grillages qui filtrent la lumière, éclairent les zones du temple, en fonction du degré de lumière qu’elles peuvent recevoir, indiquant le niveau supposé de connaissance des différents grades : faible lumière du nord pour les apprentis, qui augmente en venant du sud pour les compagnons, rayonnante dans l’orient du soleil levant pour éclairer le T\ V\représentant la lueur à partir de laquelle s’élargit la lumière. Ainsi, seul le T\ V\ne retourne pas son cordon, en cas de tenue funèbre ; il demeure la lumière de l’aurore et de l’espérance parmi les cordons retournés des autres frères, dont le noir du deuil ne restitue plus aucune lumière. Ce voyage JOHANNIQUE d’un solstice a l’autre en suivant comme HERMES La Course du soleil.

Je cite HERMES TRISMEGISTE (Mercure trois fois très grand)

Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut ; est ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire des miracles d’une seule chose.

Ainsi, la lumière est saisie symboliquement comme tissage avec soi-même. «C’est lumière sur lumière», affirme le Coran ; «Dans Ta lumière nous verrons La lumière», annonce la Bible. Lumière et ténèbres sont les deux faces d’une même réalité. La lumière voile en dévoilant, les ténèbres dévoilent en voilant. La lumière engendre et dissipe ses propres ombres, Est-ce de ces lumières que se fait la datation du commencement symbolique maçonnique L’année de la vraie lumière ? De quel événement originel nous rend-elle compte ? Quelque soit la façon de repérer les formes de la lumière utilisées par nos rites, il est indéniable que Lumière et Ténèbres sont les deux faces d’une même réalité. La lumière voile en dévoilant, les ténèbres dévoilent en voilant. Ce voir devenu vision n’est il pas l’œil du delta lumineux ? Comme les toreros, le dimanche de la résurrection à Séville, pour accomplir la Rédemption , dans le sanctuaire du cercle parfait des arènes, dans leur habit de lumière, les FM doivent mettre à mort la matérialité du taureau, ils doivent vaincre les ténèbres par la vision juste ou, comme l’appellent les croyants, par l’œil du cœur, l’œil de l’autre-monde.

J’ai dit T\V\

Source : http://www.info-france.fr/123LAPAROLECIRCULE/archives/4562

Repost 0
Published by X.D - dans St Jean
commenter cet article
27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 06:23

Le chapitre 12 aurait pu être appelé le cœur de la Révélation, étant, avec le chapitre 11, son centre mathématique. Il comprend le contenu de la Septième Trompette, et comme tel, est similaire au chapitre 11 de l'Evangile de Saint Jean, qui détaille la résurrection (initiation) de Lazare, l'auteur de la Révélation.A ce moment, une préfiguration de la condition Jupitérienne existera pour tous ceux qui ont travaillé (peiné) pour une conscience du monde du désir et une existence éthérique.

 

Ainsi il est dit que :" Les Royaumes de ce monde (matériel) deviennent les Royaumes de Notre Seigneur, et de Son Christ" (11:15).

 

La grande merveille que Saint Jean voit dans les cieux, la Femme, est l'âme de l'homme telle qu'elle s'est développée après trois Périodes et demi. Le travail de la Période de Saturne est représenté par le cercle d'étoiles sur sa tête. La contribution de la Période du Soleil est représentée par la cape autour des épaules, le rayonnement de Lumière. Le développement de la Période de la Lune est donné par le croissant de Lune sous ses pieds. La partie de la Période la Terre de ce portrait composite de l'Ame est l'Ego involué (en gestation), un Moi spirituel, l'épée à double tranchant qui devient, comme l'enfant émane du plan terrestre, une barre de fer, une "baguette magique" en acier étincelant, une houlette spirituelle ou un bâton pour guider l'âme individuelle purifiée et l'âme composite de l'humanité, l'Eglise.

 

Il peut aussi être dit que la Femme vêtue dans le Soleil projette une image de l'humanité rachetée qui a transcendé les cycles générationnels (incarnationnels) de l'existence (Lune sous ses pieds)et est ainsi couronnée d'étoiles (régénération ou perduration, conscience intacte). Elle est l'épouse cosmique, pour "celui comme le Fils de l'Homme" (1:13), l'Ego archétypal.

 

En tant que telle, elle est la Mère du Monde, la Vierge des Cieux, le féminin cosmique ou le principe du cœur, l'aspect Amour de Dieu; elle est l'emblème du pouvoir universel d'attraction et de cohésion sur tous les plans de manifestation (Heline).

 

Dans les Lectures du Christianisme Rosicrucien (N°9), Max Heindel explique "la solution astronomique" dans le passage, "Je vis une femme habillée du soleil, avec la lune sous ses pieds" :

 

"Ce phénomène arrive chaque mois de Septembre, juste après la Nouvelle Lune ; car vu de notre Terre, le Soleil couvre ou revêt le signe de la Vierge tout au long de Septembre, et comme la Lune quitte la conjonction au Soleil, cela apparaît être sous les pieds de la Vierge".

 

La femme habillée du Soleil est délivrée de son Ego-Enfant, lequel est rattrapé dans le havre incubatoire du Troisième Ciel pour attendre la victoire définitive sur la nature inférieure, laquelle a été infiltrée par le Diable et Satan (12:9). Le Dragon tente d'envahir d'envahir et noyer l'Ame dans des désirs déchaînés (eau), mais la terre agit comme tampon pour bloquer les forces du monde du désir jusqu'à ce qu'elles puissent être mises "face à face" et maîtrisées.

 

Avec la venue de l'Ego apparaît nécessairement le tentateur, le Dragon rouge. Ce dragon a une nature double, étant le Diable (astral) et Satan (mental/physique). L'ange Lucifer, "ce vieux serpent" (12:9), tente :"Tu seras comme Dieu. Tu connaîtras le bien et le mal. Tu créeras ton propre enfant". Ahriman (Satan), dit "Tu peux être comme la bête, l'animal, la créature naturelle, et ne plus avoir besoin plus longtemps du bien et du mal". Ahriman, de la vague de vie Archai (les Seigneurs du Mental), "raisonne" avec le cerveau humain et cherche à l'enchaîner au matérialisme en lui donnant des pouvoirs magiques. Lucifer, faisant appel à la fierté arrogante, aurait voulu que les humains soient des dieux prématures et égoïstes. Ahriman aurait voulu dépouiller l'humanité de toute spiritualité et éveiller la bête impie.

 

Nous devons comprendre que le bien parvient toujours à travers le choix dans la liberté, comme un acte créatif qui amène un équilibre entre les extrêmes, non comme compromis mais comme un adroit passage entre le Diable rouge (Lucifer) et le gris Satan (Ahriman), entre la passion brûlante et le cynisme glacial.

 

Les mots de Saint Paul aux Colossiens (3:3) fournissent un éclat pour l'image de l'enfant ayant été saisi sur le Trône de Dieu et protégé alors que la Femme est assiégée par le Serpent dans le désert des formes physiques : "Tu es mort et ta vie est cachée dans le Christ en Dieu".

 

Notre véritable Ego est caché avec/en Christ dans le monde spirituel. Lorsqu'Il se fera voir à nouveau Lui-même (parousie), nous serons manifestés en Lui comme notre vrai Moi.

 

Le moi ordinaire désigné comme Je est le miroir ego, la réflexion du Moi réel, comme la Lune reflète le Soleil. C'est le verre vu à travers l'obscurité. Notre vrai Moi spirituel est comme l'air respiré par les poumons. Nous sommes seulement conscients des poumons et de leurs mouvements, mais l'air leur donne vie, forme et raison d'être. Comme les poumons, le moi matériel est tel un vase, bien que son contenu puisse être clair ou trouble.

 

Alors que le dragon fut chassé des cieux, une seconde bête (Chapitre 13) s'élève de la mer comme l'incarnation de notre inconscience, l'histoire de notre expérience terrestre submergée. Son précurseur peut être trouvé dans Daniel :7. Comme le Dragon, il a aussi sept têtes et dix cornes et est à fois une image de l'Habitant individuel ou Gardien du Seuil et, tel un démon il est le mal collectif de l'humanité de toutes les races d'origine. La Bête s'élève de la mer du monde du désir des passions brûlantes, alors que la perspective de "plus de mer" (21:1) indique le résultat de la nature purifiée. Le destin pour l'âme malveillante et défiante sera la réclusion dans un lac de feu, la création de ses propres passions consumantes.

 

Alors que le dragon cosmique, l'Accusateur (Satan) et le Tentateur (le diable), et leurs hôtes étaient et seront de façon définitive jetés à terre par la main droite du Christ (Michaël, l'Ange dans le Soleil), vaincus par le Sang de l'Agneau, ce même Sang donnera le pouvoir à tous ceux qui apparaissent individuellement comme une bête à sept têtes et dix cornes pour être transformés et rachetés. Comment ?

 

Le Dragon et la première bête sont peut-être les plus compacts et les plus secrets des créatures apocalyptiques, vu qu'elles sont un concentré symbolique de l'évolution de la terre. Un bref examen est nécessaire. Les quatre premiers sceaux apocalyptiques se rapportent aux quatre sous-époques de la Première Epoque Post-Atlantéenne avant l'entrée du Christ dans le crâne (Golgotha) et le cœur de la Terre. Chacun de ces âges est caractérisé par une intellectualité (représentée par le cheval) manquant de spiritualité fournie par l'influence du Christ. Ainsi, lors du détachement des quatre premiers sceaux dans la Sixième Culture (nous sommes à présent dans la Cinquième comme décrite dans les lettres aux Eglises), un monde inférieur, un monde de gouffres sera ouvert et habité par ces âmes qui refuseront, dans des incarnations successives après le Golgotha, d'accepter l'Impulsion du Christ et, manquant de ce pouvoir transformateur, manifesteront dans le corps astral, l'apparence animale montrée aux humains pendant la période d'involution antérieure à l'individuation.

 

En fait, le Dragon et la Bête Apocalyptiques continuent à être l'équivalent du monde du désir de l'humanité, ceci étant encore naturel pour notre ère, mais nécessitant une transmutation à la fin de la Période de la terre. Son origine date d 'après l'Epoque Atlantéenne dont les quatre premiers âges sont représentés par les condensations des quatre prototypes d'âmes groupes Archangéliques de l'humanité, décrits comme les quatre "bêtes" autour du Trône. Pendant les trois derniers âges Atlantéens, l'humanité, à force de conscience de son Ego naissant, a développé une duplicité, un genre brisé en deux, et apparut en deux formes physiques. Ainsi les têtes éthériques, lorsqu'elles se sont condensées dans le physique : 4+(2x3)=10 cornes.

 

Une corne est simplement un durcissement ou une concrétion. Chaque fois qu'une personne décède, les sept têtes et les dix cornes peuvent être clairement vues dans l'astral. L'assimilation du Principe Christique par l'homme en évolution le rendra capable de vaincre la sexualité à six cornes et d'apparaître comme "l'élu" en vêtements blancs. Ceux qui refuseront l'Impulsion du Christ conserveront la forme ancienne et apparaîtront comme la bête avec sept têtes et dix cornes, à qui les rudiments ont été donnés à l'Epoque Atlantéenne. Cette non-acceptation du Principe Christique n'est pas basée sur l'ignorance mais sur "une opposition spirituelle malveillante et inintelligente exercée énergiquement ". la forme sera une manifestation astrale inférieure.

 

L'interprétation du symbolisme de la Bête dans les termes de l'anatomie occulte suggère que les sept têtes sont des centres éthériques et les dix cornes les glandes endocrines correspondantes (pinéale, pituitaire, thyroïde, pancréas, parathyroïde, surrénales et gonades/ovaires), les trois dernières étant par paires.

 

La Bête qui émerge de la mer vit dans notre sang et nos fluides corporels, en langage médical, une maladie fonctionnelle est en préparation. Elle est encore confinée dans l'éthérique (d'une perturbation émotionnelle, par exemple) et se manifeste en vagues et subjectifs symptômes. Lorsque l'éthérique travaille dans le corps physique, la maladie devient organique et montre un désordre cliniquement vérifiable.

 

Le Dragon rouge (12:3) en tant que représentation de la phase légitime dans le développement spirituel humain, doit être distingué de la Bête (13:1-2) qui a aussi sept têtes et dix cornes, dont le pouvoir vient du Dragon. La Bête se réfère à cette portion de l'humanité qui idolâtre la matière, contracte sa conscience aux dimensions strictement matérielles, et adopte une attitude despote de pillage envers la terre. Ce dépouillement de la nature, assouvissant des corruptions misérables de sa substance, est encouragé par le second agneau tel une bête avec deux cornes, un Etre archangélique mais démoniaque qui habite dans la sphère du soleil et est opposé aux principes de l'Agneau. Le pseudo agneau est représenté par le nombre 666, désignant le principe qui conduit l'homme à un durcissement complet dans la vie externe physique en rejetant activement les influences spiritualisantes, les forces inhérentes et représentées par :

 

1) le corps physique, représenté par la lettre Hébraïque Samech (valeur numérique 60)

 

2) le corps éthérique, représenté par la lettre Hébraïque Vau (valeur numéique 6)

 

3) le corps du désir, représenté par la lettre Hébraïque Resh (valeur numérique 200)

 

4) l'ego ou mental inférieur, représenté par la lettre Hébraïque Tau(valeur numérique 400)

 

donnant la valeur composite de 666, qui représente ce qui est endurci dans ces quatre véhicules.

 

Ces quatre lettres (s, v, r, t), lues en arrière, puisque les lettres astrales sont les images miroirs de leurs contreparties physiques dérivées, épellent le nom du démon soleil Sorath, l'adversaire de l'Agneau, dont le signe était un trait épais courbé sur lui-même et terminant en deux points courbés—ainsi la description de l'Apocalyptiste de la bête comme ayant deux cornes tel un agneau.

 

Cette bête apparaît après la première bête, l'homme matériel, et tente de le séduire en s'emparant de l'Impulsion du Christ. Car le nombre 666 se réfère aussi à cette portion de l'humanité qui refuse d'évoluer spirituellement. Nous notons que 6+6+6=9, qui est, comme 144,000 (1+4+4=9) devant être sauvés (14:3), le nombre de l'humanité, comme expliqué par Max Heindel dans La Cosmogonie Rosicrucienne (pp.500-501). Elle désigne pareillement un moment critique dans l'évolution de la Période de la terre, le pénultième temps lorsque 6x6x6 conditions ou phases de son développement ont passé et l'humanité est sur le seuil de l'entrée de la Période de Jupiter (après une inter période prayala ou moment sans forme). Si, à ce moment, l'humanité individuelle n'a pas accepté le pouvoir salvateur du Christ et transformé sa nature "animale", ils seront comme des chèvres devant être séparées des agneaux, ceux qui sont devenus comme leur Rédempteur.

 

Le culte de la bête 666, l'extérieur, l'homme mortel, le Césarisme, l'idolâtrie des choses, arrêtera le développement spirituel de l'homme. Ainsi pendant que les lecteurs de la Révélation sont exacts en soupçonnant que la bête à deux cornes est un pouvoir menaçant et puissant, ce pouvoir peut seulement travailler en ceux et sur ceux qui le reçoivent consciemment et délibérément et portent son nom et sa marque.

 

Une note finale sur le nombre de Sorath fait réfléchir. Son apparence en temps historique est suggestive.

 

L'année 666 marque la naissance du Mahométisme, une religion avec de grands enseignements, mais dont les formes exotériques présentent Dieu comme un Sultan (évinçant les parallèles ataviques de l'Ancien Testament) Qui n'a pas de Fils.

 

Cette foi dépeint la vie comme sujette au fatalisme (Kismet) et n'a pas de place pour la liberté créative individuelle.

 

Le second multiple de 666, 1332, marque la persécution et l'exécution des Chevaliers du Temple.

 

Finalement, selon Alfred Heidenreich dans son Etude de la Révélation , une confrontation vitale est prophétisée pour 1998 qui décidera du destin de la race humaine pour les siècles à venir.

 

Comme un immédiat et véritable contrepoids au faux agneau venant de la terre (matérialité), qui accomplira des miracles, et semblera philantropique, le Chapitre 14 décrit, le véritable Agneau de Dieu sur le Mont Sion avec les âmes venues de la même cuve de neuf (humanité), mais spiritualisées, les premiers fruits du Christ racheté, portant sur leurs fronts non pas la marque de la bête mais le nom de leur Père.

 

Maintenant apparaît une autre manifestation de Christ '"pareil au Fils de l'Homme"—14-14), qui est à la fois un écho et un contraste par rapport au "grand moissonneur", le cavalier pâle sur le cheval pâle. Car il enfonce sa faucille et moissonne la terre. Sa récolte est faite des âmes qui sont "sauvées", bien que sauvées, comme Pierre dit, autant par le feu à travers les tribulations que parce qu'ils témoignent pour le Christ et sont foulés dans le pressoir de l'affliction salvatrice.

 

Comme la graine d'un événement rigoureux est déposée douloureusement dans le moulin de rétrospection pour que ce nutriment puisse être extrait pour l'âme, ainsi les grappes de l'expérience terrestre sont écrasées pour relâcher leur substance de vie, qui peut alors être volatilisée et transmuée comme nourriture pour l'esprit.

 

Là dessus suivent les sept Coupes de Colère, qui sont une miséricorde principalement dirigée vers les non régénérés, les blasphémateurs, les faiseurs de mal, qui expérimentent leur destin, depuis "qu'ayant versé le sang des saints et des prophètes", le Seigneur "leur a donné du sang à boire" (16:6). Présentés avec de nombreuses occasions de changer de voie, quelques uns encore, "ne se repentirent pas pour lui rendre gloire" (16:9) ; c'est à dire, ils persistèrent dans leur propre glorification mortelle.

 

Que devons nous faire de cette terrible succession de fléaux et cataclysmes, ces effusions de colère ? Si la Période de la terre arrive à une fin, les comptes longtemps ouverts et actifs doivent être ajustés et fermés. Une estimation finale doit être faite. Les sept fléaux sont la comptabilité, une punition pour l'homme en conséquence des actes commis sur la terre, par le Seigneur de la Terre, le Taureau, un des quatre Anges Témoins (15:7) et les "bêtes" célestes. (Voir Corine Heline, New Age Bible Interpretation VI, p. 230).

 

Les coupes de colère peuvent être décrites plus correctement en tant qu'amour féroce, amour féroce consumant, qui apparaît uniquement comme colère parce que l'humanité est en train de se purger de ses impuretés avec toute la souffrance attenante à cette purification bénie. C'est un embrasement de la balle (paille) et une liquidation des rebuts, à la fois dans la personne individuelle et dans la communauté de l'humanité. Car la conséquence de la non repentance, changeant notre mental, est terrible. Le renvoi au mal pourrait imposer un dépouillement du corps éthérique et la chute de l'esprit dans les limbes pour un moment interminable jusqu'à ce qu'une vague de vie apparaisse dont les conditions évolutionnaires se rapprocheraient de celles de la vague de vie originelle de l'esprit, restées en suspend. D'où la mise en garde, "Béni soit celui qui veille, et garde ses vêtements (véhicules) afin qu'il ne marche pas nu et qu'ils ne voient pas sa honte" (16:15).

 

Le septième fléau est accompagné d'une voie sur le Trône dans les Cieux qui prononce, "C'est fait". Nous nous souvenons des mots du Christ sur la croix, "C'est accompli". Les deux consommations sont accompagnées par des tremblements de terre parce qu'elles ont toutes deux des effets sismiquement transformateurs sur la planète.

 

Finalement, la personnification de la matérialité et de la sensualité terrestres est introduite et les expériences visionnaires atteignent un crescendo négatif. La Femme Ecarlate est dépeinte montée sur la bête à sept têtes et dix cornes. "Beaucoup d'eaux", ou des multitudes de gens de la terre, sont sellés et bridés par la luxure, l'avidité, et la magie matérielle. Les rois de la terre qui gouvernent à leur bon plaisir sont cependant gouvernés par leurs propres passions, et ainsi ceux qui cherchent le pouvoir matériel sont en esclavage par la matière-même qu'ils cherchent. Ils sont possédés par ce qu'ils possèdent.

 

Pourquoi la Femme en écarlate et pourpre est-elle appelée une prostituée ? Et qu'est ce que la fornication ? C'est l'abus, la violation illicite, de la matière. Matière comme Mater, mère, ce qui donne naissance à toute forme matérielle, est d'origine céleste; mais ici elle est dépouillée de son contexte et de son dessein spirituels. Le blasphème ou sacrilège est survenu. Le sang des saints a été bu. C'est de la magie noire. C'est la quête démoniaque pour le pouvoir personnel par la prise de la vie. L'intellect revendique un asservissement lascif sur la matière, dont l'issue est idolâtrie, apostasie, et mort.

 

La femme avec la coupe dorée des abominations représente la plus insigne expression de la vie charnelle. La Grande cité, Babylone, règne sur ses rois parce que régner sur terre c'est être gouverné par l'orgueil et la passion. Ainsi Christ vint servir pour que l'homme puisse régner en esprit en abdiquant les "trônes" de la tentation du monde. Des sept têtes de la Bête, cinq sont tombées, deux époques de terre encore demeurent dans lesquelles le matérialisme tentera et pervertira la maîtrise propre de l'homme.

 

A nouveau les plateaux de cause et conséquence sont équilibrés puisque la propre glorification de l'âme charnelle et la vie délicieuse se font face en ruine et chagrin proportionnés.

 

L'âme du monde qui dit, "Je siège comme une reine, et ne suis pas veuve" (18:7), est en contraste avec les âmes qui sont veuves, sans le Fiancé, Christ, encore mariées à Celui, tel le Roi des rois, sont comme la Femme Habillée par le Soleil, qui a la Lune passionnelle sous son pied. La Femme Ecarlate qui prend et prend, jusqu'à ce qu'elle consume finalement ses corps et âmes, ses propres opportunités spirituelles, est en contraste avec la Fiancée qui aime et donne, dont le sacrifice du monde matériel lui vaut le Royaume des Cieux.

 

Le cœur fondamental de la perversité Babylonienne est cette attitude envers la matière—c'est vendre son héritage spirituel pour un gâchis, un désordre, évaluant le Cadeau inestimable du Christ à trente pièces d'argent séculaire. C'est faire une religion de la matière. La religion du matérialisme reçut son credo par Francis Bacon, qui déclara, "Nous pouvons mettre la nature sur la roue et extorquer de la nature les réponses auxquelles nous sommes intéressés". Bacon est, à son insu, le père de cette attitude inquisitoriale envers la création manifeste.

 

Alors que Goethe encourageait le regard sur la nature tout entière, comme un amant regarde sa bien aimée et écoute ses confidences librement offertes, l'attitude contemporaine prévalante viole et pollue la nature, "bouzille" l'atome, manipule les gènes, "sacrifie" les animaux pour la curiosité pharmacologique et cosmétique. Cette vivisection, atomisant et disséquant la matière, est plus qu'un indécent scandale, c'est une exploitation et une torture de la nature. A quelle fin ? Un abîme sans fin. Une pernicieuse influence est exercée sur l'humanité de cette direction. Une "sodomie de la pensée" est en évidence dans la vue moderne de la nature, consistant en une perversion de la faculté de connaître. Ici nous entrevoyons ce qui est appelé, dans le sens rapporté dans la Révélation les pratiques Babyloniennes.

 

Quel est l'antidote à cette attitude et activité ? Vital, le Christianisme Vivant, adhérant à l'injonction d'Hippocrate, en premier lieu ne pas nuire. Le Christianisme vital a été décrit comme Chrétienté sans religion, sans attirail construit par l'homme qui ferme la porte au Christ vivant.

 

La matière, en tant que telle, séparée de son Créateur, est la vraie mort, le piège et l'illusion. A toute la nature les mots du Christ peuvent être prescrits :"Tu as fait de la maison de mon Père un repaire de voleurs", une maison de marchandises. Ce phénomène actuellement généralisé revêt des conséquences apocalyptiques : Et les marchands de la terre, ceux qui trafiquent uniquement en transactions matérielles, se lamenteront et s'affligeront sur la dévastation de Babylone.

 

Ceux qui s'élèvent vers le Christ vivant à l'intérieur d'eux-mêmes, qui développent le principe d'amour fraternel, apparaîtront en vêtements blancs (éthérique) après la Guerre de Tous contre Tous (entre la Cinquième et la Sixième Epoque de la Terre). Notre culture purement intellectuelle se développe dans la direction de l'abysse de l'intellect. Si la personnalité n'est pas spiritualisée, elle sera submergée par le matérialisme rationnel, les forces spirituelles ne seront pas reconnues comme telles et seront consacrées à ce qui concerne exclusivement les besoins du corps (longévité, la santé purement physique, la sensation de plaisir, l'extension des pouvoirs physiques). La consommation exubérante et le capitalisme amoral sont engagés à servir ces besoins. Une intelligence et une énergie toujours plus grandes seront focalisées sur l'avancement de la technologie de guerre et la satisfaction des impulsions strictement de ce monde.

 

Envers et contre cette sinistre perspective, est la vision de cette autre cité, la Nouvelle Jérusalem, et Celui Qui nous mènera et nous autorisera à vivre là, Celui Qui est appelé Fidèle et Vrai, Qui conduit à nouveau le cheval blanc, comme le fait la légion des saints dont le mental a été spiritualisé, qui révèrent l'autre Femme, la Fiancée, et qui en communauté telle l'Eglise de l'élu sont Le Fiancé.

 

Le point focus, le point tournant, est la manière dont le pouvoir spirituel est utilisé. Sorath, le soleil-démon, le tentateur de magie noire, engage ceux qui sont magnétisés par la matière, qui commettent la prostitution avec elle, qui se marient et deviennent esclaves du principe durcissant dans la substance physique. Ceux ci sont les habitants de Babylone. La Nouvelle Jérusalem est construite de façon occulte par la magie blanche, par des actes d'amour et de générosité, par le don de soi et la dévotion à de purs idéaux.

 

Un seul face à face avec la terrible perspective de l'abysse peut développer l'amour et la liberté. Si l'homme n'était pas en face de cette possibilité, il ne pourrait pas choisir entre le bien et le mal, il serait un pion et incapable d'exercer le don divin de liberté, qui est inséparable du plein développement de l'amour. Si l'homme était incapable d'embrasser le mal, il ne pourrait pas choisir Dieu en dehors d'une volonté purifiée librement, et sa plus haute dignité en tant qu'homme serait reniée par lui. C'est précisément cette liberté de choisie entre le bien et le mal qui lui confère son statut divin et le glorifie en Christ comme Fils de Dieu. Les opportunités spirituelles abonderont dans beaucoup de futures incarnations, avant la Guerre de Tous contre Tous, après elle dans la Nouvelle Galilée (représentée par les Sept Sceaux), et dans la septième Epoque (représentée par les Sept Trompettes).

 

La Révélationse termine par des images extrêmement chargées et une exaltation de la prière et du chant alors que le repas de mariage de l'Agneau est préparé. Autrefois l'Agneau fut le repas, l'Agneau sacrifié, "sacrifié de la fondation du monde" (13:8). Michaël, le visage du Christ, l' "ange se tenant devant le soleil", annonce La Fête du Mariage. L'Epée de Vérité, le Mot de Dieu, détruit les illusions et la fausseté de la Bête et de ses suiveurs, l'homme charnel. Actuellement, Michaël représente l'être humain lorsqu'il aura achevé la plus haute spiritualité relative à la Période de la Terre : Il sera unifié, comme la Terre elle-même, avec le Soleil et aura maîtrisé les forces magiques de la Lune. Dans la forme de Michaël, il enchaînera le mal du monde dans son âme, symbolisé par le dragon.

 

Les scènes du Jugement Dernier de l'eschatologie Chrétienne sont largement basées sur les visions Apocalyptiques décrites au Chapitre 20. Deux morts sont mentionnées. La première mort ("première résurrection", 20:16) consiste à être posé à côté du dernier corps physique avant la Période Jupiter (Nouvelle Jérusalem), qui sera la dernière mort de la succession des incarnations physiques durant la Période de la terre.

 

Ceux qui ont reçu le Principe du Christ verront le physique tomber comme un serpent se dépouille de sa peau, alors que leur corps éthérique s'harmonise avec leur corps désir, ayant réalisé tout désir pour l'expérience dans le physique. Ceux qui n'ont pas purifié leurs corps du désir ressentiront dans leurs corps éthériques l'inapaisable désir pour la sensation physique et brûlerons dans les feux du désir.

 

La nouvelle spiritualisation requerra un relâchement du corps éthérique. Le Christ intérieur sera capable d'accomplir ce relâchement, qui, comme la seconde mort (20:14, 21:8), la mort du second véhicule, n'aura aucun pouvoir sur eux. Le nouveau Jupiter aura un satellite composé de ceux qui sont incapables d'atteindre la conscience de Jupiter, une conscience astrale (corps désir) dont le membre le plus bas est éthérique.

 

Seulement un homme étant devenu humain, ayant reçu l'ego-intellect, peut-il succomber à la Bête 666, car c'est l'intellect lui-même qui peut abuser l'homme et être la cause de son rejet du Principe Christ.

 

Lorsqu'il vivra dans La Nouvelle Jérusalem carrée (actuellement cube—"sa longueur, sa largeur et sa hauteur sont égales"), l'homme sera angélique (21:17). Son stade premier Adamique d'innocence dans le Jardin d'Eden en tant qu'homme générique était aussi éthérique. Il descendait ou tombait dans la conscience matérielle. Un sacrifice planétaire dans un autre jardin (Géthsémanie) et dans la première Cité de Paix (vieille Jérusalem) racheta l'humanité alpha, lui fournissant le pouvoir spirituel, si elle le choisit, pour récupérer son statut éthérique, mais à présent dans la pleine conscience, pour habiter dans une nouvelle et sainte Cité de Paix, où elle peut vivre en communauté telle l'humanité Oméga, prenant part à l'Arbre de Vie, parce qu'ayant choisi librement ses actes au nom et pouvoir du Christ, elle a été écrite dans le Livre de Vie (immortelle).

 

Le nom du Christ, le JE SUIS planétaire, sera sur les fronts de Ses plus jeunes frères. Car c'est dans l'endroit correspondant à la racine du nez que l'Ego a son sanctuaire, son Siège de Miséricorde. En même temps, ce nom aucun ne peut le connaître sauf l'individu dans lequel il est en sanctuaire, car seulement le Je peut être Je à lui-même (19:12).

 

Celui Qui fait toutes choses nouvelles (20:5) rendra les humains capables de faire de même. Ils chanteront un chant nouveau (14:3), qui décrit leur capacité d'émettre les êtres éthériques vivants à travers le larynx éthérique.

 

Ils " parleront tels les plantes". En fait, la Nouvelle Jérusalem elle-même, le Nouveau Ciel, qui est aussi une Nouvelle Terre, sera largement de leur création, l'essence transformée de l'expérience de la Période de la Terre.

 

La "l'épouse de l'Agneau" (21:9)est la cité éthérique, l'église de l'humanité de Jupiter, dont la structure est en corrélation avec le corps le plus bas de l'Agneau (Christ), composé de l'esprit de vie. C'est l'attitude de l'humanité de la Période de la Terre pour la nature qui l'admettra ou lui barrera la voie de la Nouvelle Jérusalem. Finalement, travaillant avec la matière sera une pratique magique : la magie blanche étant créative et constructive, transformatrice dans une divinité plus grande ; la magie noire étant le déchirement violent séparant et dégradant de la substance, l'utilisant contre les autres pour frapper et mutiler, et gagner le pouvoir sur eux.

 

Il est clair que notre propre rôle durant l'évolution de la Terre est l'adoption d'un intérêt créatif, aimant pour la dimension physique dense, réalisant qu'elle est en corrélation avec le Monde de l'Esprit Divin et le manifeste.

 

IL est instructif de noter que les douze portes d'entrée de la Nouvelle Jérusalem sont faites de perle, qui est une substance organique travaillée à partir d'éléments matériels et devient un emblème de la peine transformée. L'instrument physique peut être si purifié et énergisé qu'il s'exalte, se transfigure lui-même, et devient le corps de résurrection.

 

La masse critique du mal accumulé explosera en catastrophe planétaire, le feu Babylonien caractérisera une condition de souffrance pour ceux qui de façon provocante, continuent de pratiquer le mal. Dans un endroit appelé Harmaguedon (16:16) ils seront rassemblés. Ils seront définitivement maîtrisés et séparés (comme "des chèvres") pour habiter dans leur élément dégradé, domicilié dans la région de la seconde mort, le Lac de Feu de la passion. Même encore cette condition aura un effet de séparation et d'incinération de toutes les impuretés obstructives afin que ces obstinés puissent éventuellement se joindre à leurs frères et expérimenter les dons de l'esprit.

 

La bataille d'Harmaguedon a été livrée encore et encore dans chaque race et âge. Elle désigne ( en Hébreux, la place des troupes ) le conflit dans le cœur et le mental individuels entre le bien et le mal, la nature supérieure et inférieure. La prophétie d'Harmaguedon sera cette Guerre de Tous contre Tous à la fin de la Cinquième Epoque Post-Atlantéenne puisque l'égoïsme sans entrave est déchaîné.

 

Les Apôtres, entrées des douze énergies zodiacales, sont les gardiens des douze portes du Temple du Mystère Chrétien dans le royaume éthérique (21:14). Le disciple passe à travers une de ces portes et son apôtre devient son maître comme il progresse à travers les degrés successifs des mystères (9+3+1), le trente-troisième degré étant donné par le Maître des Apôtres.

 

L'Apocalypseconsiste en une série de vignettes ou d'images paradigmatiques qui dépeignent les phases de l'initiation humaine et collective. En méditant sur son contenu et en découvrant les clefs des signes par lesquels les plus profonds mystères sont indiqués, un pouvoir considérable peut être instillé dans l'âme en recherche, pour l'élever vers les royaumes des grandes hiérarchies créatrices et dans la plus grande Gloire de Dieu.

 

Rays de Septembre/Octobre, Novembre/Décembre 96, et Janvier Février 97

 

Traduction Chantal Duros

 

Source : http://rosae-crucis.pagesperso-orange.fr/chantal/bible/apocalypse.htm

 

Repost 0
Published by C.W. - dans St Jean
commenter cet article
27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 06:19

Alors que parmi les écrits évangéliques les points pivots de la vie de Jésus ont inspiré l'imagination et la dévotion des artistes les deux derniers millénaires (notamment l'Annonciation, La Nativité, le Baptême, la Transfiguration, La Cène, Géthsémanie, le Chemin de Croix, la Résurrection et l'Ascension), le livre des Révélations a présenté un singulier défi et une fascination pour les peintres avec sa richesse d'images, lesquelles sont des visions particulières.

Le problème que cela présente, est que sa nature visuelle est visionnaire, on pourrait dire fantasmagorique, consistant en visions du monde supra sensible.

Comme son auteur, Jean l'Evangéliste, le dit, "La Révélation de Jésus Christ, que Dieu lui donna ", fut envoyée et "signifiée" à son serviteur Jean à travers ses anges ; ce qui veut dire, projetée en images. Jean aussi "donna témoignage" de la Parole de Dieu dans son Evangile. Témoigner est voir, mais c'est aussi connaître. La vision de Jean est du plus haut discernement, une connaissance suprasensible, le fruit de l'initiation. L'imminence de la Parousie ou de la réapparition du Christ est à nouveau une matière de vision suprasensible : " Regarde, il vient avec les nuées" (1:7) ; c'est à dire dans le royaume de l'éthérique.

L'auteur de l'Apocalypse (Grec pour "découverte") est le maillon divinement fixé dans la chaîne de transmission du Verbe de Dieu à travers son révélateur et témoin, Jésus Christ, par l'intermédiaire de Son ange, à l'humanité entière.

Alors que le rapport de Jean est une série de prophéties, la plupart entièrement données pour ce qui n'est pas encore mais sera à venir, il assume et entraîne, plus que tout autre document écrit, une profonde compréhension de la première évolution occulte de la Terre.

Dans le but d'entrer dans le monde de l'Apocalypse, nous en tant que lecteurs, ne pouvons pas adopter la conscience spectatrice avec laquelle nous vivons dans le monde diurne, regardant du dehors, détachés. Nous devons manger ce livre, et il dérangera notre digestion habituelle, perturbera notre compréhension normale des choses, sera amer dans le ventre.

Encore et encore Jean est enjoint d'agir, "monter ici" et "voir". Sa participation active est requise. En tant que lecteurs nous sommes aussi ralliés à être acteurs. Non juste pour voir mais pour y prendre part, vivre dans les révélations qui nous affectent si fondamentalement. Notre volonté est requise. Depuis que l'initiation rend possible l'accomplissement d'une condition que l'humanité expérimentera plus tard par des moyens évolutionnaires naturels, un initié peut percevoir les événements dans la forme archétypale dans les mondes spirituels bien en avance sur leur manifestation matérielle. Telles sont les visions de l'Apocalyptiste, non de l'Apôtre Jean qui fut martyrisé à Jérusalem en 56 après Jésus-Christ, mais Jean l'Aîné, Jean le Presbytérien qui vivait à Ephèse, et était le "Lazare ressuscité".

L'Apocalypse fut écrite sur l'île Grecque de Patmos, vers la fin du Ier siècle (environ vers 95 après J.C.), pendant la persécution de Domitien. Cette tradition est documentée par les écrivains du second siècle. Justin, Irénée, Clémént d'Alexandrie, Tertullien—et a été confirmée par l'investigation clairvoyante. Alors que les Initiations Chrétiennes étaient dirigées vers le passé, vers la sagesse ancienne, l'Initiation ésotérique Chrétienne révèle le futur. L'homme n'est plus seulement initié pour sa sagesse et ses sentiments, mais pour sa volonté. Placer les buts basés sur la science du Principe Christique et travailler à leur réalisation à travers l'activation de la volonté permet de saisir le Christianisme de façon ésotérique.

L'Apocalypse nous fournit un instrument pour l'initiation de la volonté, une inspiration donnée pour le futur, pour l'action.

Alors que les Evangiles sont certainement éternels dans les vérités qu'ils mettent en avant, leur impact profond est basé sur l'existence établie dans la réalité historique du Christ Jésus, sur l'assomption de la forme physique dans un temps et lieu spécifiques par les plus hauts principes spirituels de notre cosmos. La Révélation d'un autre côté, n'apporte pas de prime abord toutes choses à notre souvenir (Jean 14:26), mais révèle ce qui sera. Nous, en tant que lecteurs et auditeurs de cette parole apocalyptique, pouvons aussi éveiller et aligner nos volontés à l'extrême fin de l'évolution de la terre (Période de la Terre) en vivant en accord avec les principes et les plans qu'elle prône.

L'initiation primitive (pré-Chrétienne) était fixée sur la réflexion. Les temps Christiques s'étant rapprochés, les exercices initiatoires entraînèrent les forces du sentiment. Dans les temps modernes, les exercices Rosicruciens activent l'élément de la volonté. Mais tout entraînement occulte commence par l'organisation et la soumission du corps du désir, à travers le contrôle du mental, une discipline morale, et une concentration physique. La maçonnerie mystique et le jésuitisme aussi renforcent la volonté à travers le travail de l'Ego sur l'instrument physique, qui génère l'âme consciente. Ici, porter sa croix est d'une importance suprême.

Simplement établie, l'initiation éveille les capacités et les pouvoirs sommeillant dans l'âme. L'Apocalypse met en avant les sphères de l'initiation qui désignent à la fois les événements futurs réels et figurés (aussi bien que ceux passés) et les niveaux de la plus haute conscience. Il y trois modes de cognition suprasensible—la vision (imagination), la connaissance (inspiration), et l'identification (intuition). Une telle cognition doit être précédée d'une purification du corps du désir, "préparant la voie du Seigneur" qui aboutit en catharsis, dénotant techniquement l'activation des facultés du clairvoyant. Le corps du désir alors imprime sa sagesse dans les images sur le corps éthérique comme "illuminations"—on "voit".

A l'étape supérieure, on s'élève jusqu'au second ciel, où on "entend" et "connaît" ce que l'on voit. Finalement, dans le troisième ciel, on s'identifie avec ce que l'on voit, ce que l'on connaît, devenant cela même. Donc, Jean rapporte sa propre vision, sa connaissance, et son être comme il présente les images, entend la sagesse, en faisant une partie de son corps spirituel. Telles sont les sphères de l'initiation, mises en avant par l'Apocalyptiste, tandis qu'il délivre les lettres aux sept églises, ce qui signifie les sept catégories du physique (incluant l'éthérique), comme une étape préparatoire.

La première étape—les sept niveaux du corps du désir (monde des images) est désignée par les sept sceaux.

La seconde étape—les sept niveaux du monde de la pensée (monde du son) est représentée par les sept trompettes.

La troisième étape—les sept faces de la colère, démontrent ce qui doit être chassé avant d'entrer dans la vie spirituelle, le vrai monde du Christ.

Lorsque Jean est saisi dans l'esprit et appelé par ses initiateurs à "monter ici", sa vision se dilate jusqu'à inclure les étendues toujours plus vastes de l'évolution de la forme, de la vie, et de la conscience. La vision de l'ouverture de la Révélation dépeint l'Homme Nouveau, l'Homme Archétypal futur comme Il a été crée par la vertu des forces gagnées par le Christ vivant à travers le corps de Jésus. L'Etre est décrit comme "pareil au Fils de l'homme". Dans les Evangiles seulement, le Christ utilise cette phrase pour parler de lui-même. Ici, nous visualisons l'homme idéal qui a été recrée ou restauré par le Christ Intérieur, "la forme humaine divine" (selon Blake), la forme décrite par Coleridge dans "Ode aux années enfuies" :

"Maintenant je recentre mon esprit immortel

Dans le profond Sabbat de mon humble intérieur ;

Nettoyé des passions vaporeuses qui voilent

L'image de Dieu, sœur des Séraphins.

L'homme archétypal, comme "sœur des Séraphins", est dans une personne physique, la création de la substance vivante des plus hautes Hiérarchies créatrices. Une analyse serrée de cet Etre visionnaire montre qu'il est pourvu de neuf lumières et attributs dérivant des neuf classes d'êtres spirituels des Anges aux Séraphins, qui ont contribué, de leur substance spirituelle, à sa création. L'image de Dieu restaurée, Adam régénéré, cette forme modernisée du Christ est un "mélange de la Gloire de l'Eternité avec le Chef-d'œuvre du Temps" (Balfour).

Les sept chandeliers (une variation de la menora Juive), encerclant le Fils de l'Homme, sont une représentation des pouvoirs vibratoires qui ont été assimilés et maîtrisés au niveau microcosmique comme les sept énergies planétaires, signifiées par les sept étoiles, et sur le plan ecclésial comme les sept églises ou communautés de chaque type de Rayon.

L'épée à double tranchant est l'Ego dont la plus grande manifestation est le Verbe Créateur. L'Ego est capable, dans sa plus basse expression, d'égoïsme, de possessivité et d'inhumanité, alors que, dans sa plus haute expression, il irradie l'Amour et la bonne volonté créative. L'Ego peut exalter l'homme en lui permettant de choisir de donner l'Amour comme un cadeau entièrement libre, ou il peut tenter l'homme de servir ses intérêts purement égoïstes, le plongeant ainsi dans l'abîme. Christ Jésus apporta la pleine conscience de l'Ego à l'homme et est représenté comme Celui qui a l'épée à double tranchant sortant de la bouche.

Dans l'Apocalypse, la forme planétaire de ces deux tendances est la civilisation de Babylone (matérialisme) et la civilisation de la Nouvelle Jérusalem (communauté spirituelle), qui sont toutes deux représentées comme citées et personnifiées en tant que femmes.

Sur un niveau plus prosaïque, les sept Eglises sont des estimations de la position des sept centres les plus actifs en Asie Mineure et fournissent la claire évidence que, historiquement, une Eglise unifiée (de façon organisée) n'est pas une idée Chrétienne mais une idée Romaine qui était appliquée à l'Eglise par Constantine en 313 après J.C.

Les sept Eglises originelles de la Révélation constituent la vision du modèle social de la Chrétienté. Il y a sept archétypes égaux, ayant un esprit unifié et une loi unifiée, mais différenciés dans le contexte et dans le caractère. Ils constituent les sept manifestations de l'Etre qui parle à Jean.

Les lettres sont adressées aux Anges de chaque Eglise, l'âme-groupe spirituelle de l'immense variété d'individus qui englobent ensemble une église dont le caractère ou la conscience était tenue dans l'âme de l'ange de l'Eglise. Sur un autre plan, les sept lettres aux Eglises sont les caractéristiques des sept phases de développement de la Cinquième Epoque (Première Post- Atlantéenne) de la Période de la Terre. L'ange de chaque Eglise est l'influence qui la guide ou le génie qui la préside.

Spécifiquement, alors que la Bible, et la Révélation en particulier, sont un produit de la Première Epoque Post-Atlantéenne, leur symbolisme appartient à la forme de ce temps suivant lequel les sept étoiles symbolisent les sept êtres qui sont les meneurs spirituels (angéliques) des sept cultures de cette époque.

Durant ces âges l'humanité peut obtenir des pouvoirs particuliers et des possibilités indiquées de façon occulte par le contenu de chaque lettre.

Qu'a t-il été dit de notre cinquième sous-époque courante, Sardes ? "Tu as un nom que tu aimes et un art mort" (3:1). Comment mort ? Mort à l'Esprit. Maintenant nous pouvons renforcer ce qui reste (de connaissance) et nous repentir, c'est à dire, changer nos esprits, notre orientation matérielle, au point que nous puissions être "vêtus de l'habit blanc".

Pendant la sixième sous-époque, Philadelphie, l'intellectualisme de l'Ouest "épousera" la spiritualité de l'Est, plus particulièrement (comme Max Heindel l'a prédit) en Russie, et favorisera l'amour fraternel.

La septième sous-époque sera tiède. Alors suivra la guerre de Tous contre Tous, dans laquelle chaque Ego non évolué sera lui-même en opposition avec un autre Ego ; après celle-ci commencera la sixième Epoque, la Nouvelle Galilée.

La pleine et correcte utilisation des énergies (étoile) données à chaque Eglise (chandelier) aura pour résultat le triomphe du physique à travers Celui qui a les clefs de l'Enfer et de la Mort. La conséquence égoïque sera pleinement investie dans le corps éthérique par l'activation de ses sept centres occultes, comme indiqué par les sept promesses des lettres.

L'humanité rachetée devra :

· "manger de l'arbre de vie"

· "ne pas être frappé de la seconde mort"

· "manger de la manne cachée" et recevoir "la pierre blanche"

· "recevoir "l'étoile du matin"

· "être habillé du vêtement blanc

· "être fait colonne du Temple de Dieu"

· "s'asseoir près de moi (Christ) sur mon trône"

Comme il convient à un manuel d'initiation de la volonté, Jean est tenu dans un état d'activité continuelle et de concentration dynamique. Il lui est dit :

"Ce que tu vois, écris en un livre et envoie-le" ; "écris les choses que tu as vues" ; "viens plus haut, et je vis et je pleurai … et je regardai" ; "et j'entrai dans l'ange…et je pris le petit livre…et le mangeai" ; " lève toi et mesure le Temple de Dieu" ; "Et je me tenais debout sur le sable de la mer" ; "il me ravit en esprit" ; "et je tombai à ses pieds".

Pour cette seconde vision Jean est convoqué par une voix telle une trompette, et immédiatement il se trouve dans l'esprit et passe à travers une porte dans le ciel et entre dans le monde du désir où il voit et rapporte peut-être la plus resplendissante vision de la Révélation –le trône de Dieu avec un agneau en son sein, entouré de quatre bêtes et alignés devant lui, sept esprits, vingt-quatre vieillards et une foule d'anges.

Les quatre créatures vivantes entourant le trône sont les quatre zoa , la "matière première" de l'humanité, les quatre Ames Groupe Archangéliques, actuellement les quatre Anges Témoins.

L'Homme-Dieu macrocosmique (Adam Kadmon) qui surgit de la Terre d'Esprit, apparaît en premier à la vision clairvoyante comme procédant de quatre prototypes humains créatifs, les forces le formant apparaissant comme représentées ici—l'arc-en-ciel septenaire. Les formes actuelles du Lion, du Taureau, de l'Aigle et du proto-humain portent une similitude avec les corps éthérés que l'humanité revêtait auparavant. Et ils possédaient une conscience et une nature d'âme-groupe appartenant à chaque type. L'homme doit chaque qualité d'âme qu'il possède actuellement à son rejet, durant son développement évolutionnaire, d'une forme animale particulière, conservant cependant l'équivalent spirituel de cette forme.

Par analogie, le sédiment est la précipitation de la matière grossière venant de l'eau boueuse, laissant un clair et limpide liquide. L'art mystique de l'Alchimie utilise beaucoup ce procédé sublime de séparation, qui est emblématique de la transformation vers le supérieur, et du sacrifice, rejet de l'inférieur. Spécifiquement, l'homme astral (corps du désir) est composé de l'aigle (tête—pensée), du lion (cœur—émotion), du taureau (ventre et système osseux--volonté), et de l'homme (dans une forme primitive de la coordination et de synthèse des trois autres).

L'Ego-âme individuel est une espèce animale, entier en lui-même, tandis que les Egos groupes animaux sont dans le monde du désir et ne sont pas descendus dans le physique.

L'agneau mystique dans le sein du trône, le signe du Rédempteur, est l'âme groupe pour la plus haute manifestation des hommes, l'Ego Christ.

Les vingt-quatre vieillards sont les incarnations de l'expérience obtenue des vingt-quatre tours d'évolution ou cycles de temps qui ont précédé notre phase courante de manifestation planétaire. Pendant ce temps, d'autres êtres ont passé à travers leur étape humaine :

*Les Seigneurs de l'Esprit pendant la Période de Saturne (sept phases)

*Les Archanges, pendant la Période du Soleil (sept phases)

*Les Anges, pendant la Période de la Lune (sept phases)

*Les Humains, pendant trois étapes de la Période de la Terre (la quatrième n'est pas encore finie)

Ces vingt-quatre Aînés peuvent ainsi guider (et instruire) l'évolution de l'homme depuis les royaumes spirituels, en tant que directeurs du temps (les vingt-quatre heures de l'horloge cosmique, chaque "heure" ou révolution gouvernée par un "roi du temps").

Ayant vécu la vie et la mort dans un corps humain et rajeuni spirituellement la terre par Sa vitalité solaire, le Christ est capable de décacheter les sceaux du Livre de la Vie tenu par le Père.

Avant Son Avènement, le Livre était tenu scellé et l'humanité manquait de pouvoir suffisant pour vaincre les forces matérielles et pénétrer consciemment dans les mondes de l'Ame et de l'Esprit. Par le sacrifice de l'Agneau, l'essence des éons de l'expérience formatrice peut être héritée et imprimée sur l'âme humaine.

A la fin de la Cinquième Epoque (Première Post-Atlantéenne), suivant la Guerre de Tous contre Tous, les sept sceaux seront dénoués, tout ce qui y est "écrit" sera ouvert et le livre du voyage de l'esprit individuel sera lu et prêt pour l'assimilation. Ce contenu appartiendra aux réincarnations des âmes durant les sept sous-époques culturelles, à l'intérieur desquelles il a obtenu les pouvoirs particuliers et les aptitudes comme indiqué en partie dans les sept lettres aux églises.

Si l'impulsion Christique n'avait pas été donnée à la Terre et à son humanité, l'espèce humaine aurait affronté la terrible situation de l'être incapable d'apprendre suffisamment et de transmuer son expérience terrestre en substance lumineuse du corps de l'âme.

L'Agneau rachète ce qui, autrement, aurait été perdu, et révèle ce qui serait resté caché, donnant la liberté de comprendre et la force d'agir sur cette compréhension, et s'élever au-delà de l'âge dans lequel le développement humain était devenu scellé ou interrompu.

Alors que les expériences représentées par les sceaux furent déposés dans la Cinquième Epoque culturelle :

(Indienne ancienne

Perse

Egypto- Sumérienne

Greco -Romaine/Sémitique/Teutonique/Saxonne/Celte

Sixième et Septième sous-époques)

ils seront perdus comme pouvoirs utilisables de l'âme et caractériseront les sept sous-cultures successives de la Sixième Epoque de la Nouvelle Galilée, dont l'accent sera mis sur le développement conscient du corps éthérique.

Comme l'humanité a progressé en se libérant de la forme animale, tout en maintenant les attributs moraux associés à ces formes (courage, constance, aspiration), donc, l'intelligence et la raison qui sont individuelles à notre époque ont été mises en avant par l'expulsion, ou la séparation de la forme chevaline du plan astral au plan physique. Le cheval de Troie, les sages et humains Houyhnhnms (chevaux) dans les Voyages de Gulliver, de Swift, le centaure prêtre/guérisseur Chiron, maître d'Esculape, sont de légendaires et intuitives références à cette association entre les chevaux et l'intelligence ("sens chevalin"), qui est ainsi basé sur le fait que le corps éthérique du cheval se prolonge au-delà de l'aura de la tête physique, permettant une mesure de la vue éthérique. Le centaure lui-même est un rappel du travail déjà en progression quand on cherche à spiritualiser sa raison.

Spécifiquement, la séquence des quatre chevaux et cavaliers apocalyptiques représente la graduelle augmentation de la raison matérielle, d'un intellect devenant plus terrestre. Chacune des quatre bêtes introduit un cheval et un cavalier.

Le cavalier sur le cheval blanc (Culture Indienne) représente l'intellect pur comme l'archer perçant qui touche la cible. La sublime sagesse des Sept Rishis et la Bhagavad-Gita viennent de cette époque.

Le cheval rouge (Culture Perse/Chaldéenne) indique la nature désir ceignant le mental et l'utilisant dans des desseins d'invasion (porteur de l'épée).

Le mental représenté par le cheval noir (Culture Egypto-Sumérienne) est devenu matériel, (opaque à la lumière spirituelle) et son cavalier l'utilise pour mesurer et peser le densité du monde physique.

Le cheval pâle --aujourd'hui "putride", en Grec-- (Culture Greco-Romaine) signifie un intellect qui est lui-même défaitiste, morbide.

La mort conduit l'intellect qui est utilisé pour démembrer et disséquer la réalité, une forme de vivisection mentale, et exclusivement pour servir les besoins matériels et les plaisirs. Comme Emerson le décrit, les biens sont dans la selle et conduisent l'humanité.

Christ est venu dans un corps terrestre pendant cette Quatrième Culture pour conquérir la mort. Avec l'infusion de cette impulsion de vie cosmique dans l'évolution de la Terre, pour la spiritualisation de la pensée, la forme chevaline ne peut représenter plus longtemps les Anges culturels. Ainsi les habitants de la Cinquième (courante) Culture sont (peuvent être) vêtus de robes blanches. Pendant la Sixième sous-Epoque la forme de l'homme est davantage spiritualisée par les forces du soleil et de la lune, comme données dans une forme simplifiée et inversée par la chevelure noire (soleil) et le sang (lune).

Avant l'ouverture du Septième Sceau et le ravage prédit à venir sur terre, puisque ses pèlerins sont petit à petit conditionnés pour l'abandonner et la transcender, les serviteurs de Dieu sont scellés (au front) du nombre 144,000, le nombre de l'humanité (1+4+4=9) et le nombre de domaines de la Nouvelle Jérusalem (12x12=144), où ils vivront.

Avec l'ouverture du Septième Sceau, la sphère d'intérêt de l'Apocalyptiste bouge du monde du désir au monde la pensée, où s'ensuit un mode plus élevé de cognition. Au seuil entre les Mondes, il entre dans le Silence, qui là, est rompu par les résonnements successifs des sept trompettes, signifiant les sept pouvoirs ou clefs qui donnent l'accès aux mondes intérieurs.

Les sept Anges à la trompette sont les gardiens ou défenseurs des sept degrés. Les trompettes annoncent aussi la Septième Epoque de la Terre, dont le futur contenu est obtenu est obtenu par la clairaudience atteignant le monde de la pensée, où le son spirituel est la substance formatrice et le moyen de base de la réalité.

Les visions en série introduites par les sept trompettes sont parmi les plus fantasmagoriques et les plus négatives dans la Révélation. Il est clair que leur fonction est de persuader énergiquement une humanité récalcitrante de se libérer des attaches terrestres, car finalement, la terre physique ne sera plus. En particulier les fléaux sont désignés pour châtier et réorienter les membres déchus et pervers de l'humanité, mais beaucoup refuseront de se repentir (metanoïa), c'est à dire, changer leur pensée et recevoir le Christ.

Là-dessus (chapitre 10), interposé entre le sixième et le septième ange à la trompette, apparaît un ange puissant, qui peut être interprété comme une représentation du plus grand Gardien du Seuil, le Génie de l'homme, l'image dans laquelle l'aspirant peut croître, une forme individualisée de la première vision du voyant de "Pareil à celui dans le Fils de l'homme".

Un pied de cet ange sur la terre et un sur l "océan-Vie de l'Esprit", images d'une d'une nature amphibienne de l'homme en évolution, lorsqu'il commence à quitter le terrain sécurisant de la conscience ordinaire.

La nature pensante est dans le royaume des nuages, la nature des sentiments est exprimée par l'arc-en-ciel, et les forces de la volonté sont montrées par les pieds fougueux. Cette triple manifestation est orchestrée par le visage qui brille comme un soleil, symbolisant le Moi spirituel (Ego).

En saisissant et dévorant le livre présenté par cet ange, Jean prend part à sa substance spirituelle, qu'il devra manifester en son temps.

L'homme en involution descend du monde du désir vers le terrain solide de la conscience de la terre physique. L'homme en évolution monte du plan physique vers le monde de la conscience du monde du désir.

Alors que les forces de l'eau prévalaient dans la première moitié (Mars) de la Période de la Terre au milieu de l'Atlantide, les forces de la terre consolident leur position pour le développement de l'Ego dans la seconde moitié (Mercure). Deux piliers représentent ainsi l'héritage de la Terre venant des Périodes Solaire et Lunaire :

Le pilier de la Force (dont les sources planétaires actuelles sont le Soleil et Mars) et le pilier de la Sagesse (maintenant nourri par la Lune et Mercure), respectivement.

La réussite de l'œuvre, ou fondement du temple humain, donné dans la Période de la Terre, est l'Amour, proclamé dans l'Evangile d'Amour de Jean et incarné dans le Christ Jésus.

Les références bibliques des deux piliers—deux témoins—(11:3) sont Elie, dont le pouvoir au-delà des éléments éthériques est rapporté dans I Rois 17:1 ("Il ne sera ni rosée ni pluie ces années-là, sauf à mon commandement") et Moïse, le sage, qui a "pouvoir sur les eaux, de les changer en sang et de frapper la terre avec toutes les plaies"(11:6). Ces deux individualités apparurent à la Transfiguration, personnifiant la Loi (Vérité) et les prophètes (Chemin), l'ordre et l'évolution, le conservatisme et le radicalisme.

Dans le chapitre 11, Jésus est instruit pour mesurer l'Autel du Temple de Dieu, mais aussi pour omettre la cour extérieure, ou l'homme extérieur et ses problèmes purement terrestres, lesquels ne passeront pas sous la dispense de Jupiter.

Dans le corps de l'initié les deux témoins se soumettent au système nerveux sympathique (Lune) et cérébro-spinal (Soleil), qui sont aussi les deux oliviers et les deux chandeliers mentionnés dans Zacharie (4:11). Ils sont totalement réalisés et équilibrés en manifestation féminine/masculine de l'Ego bipolaire, et représentés de manière architecturale par les deux piliers du Temple de Salomon, le pilier de la Sagesse (Boaz) et le pilier de la Force (Jachin), un symbolisme repris dans la maçonnerie occulte.

A ce moment là, le temps change pour l'espace et la séquence temporelle est convertie en un panorama d'images se présentant simultanément . Une distinction devrait être faite entre les domaines dans lesquels l'Apocalyptiste entre dans l'Esprit pour lire les événements futurs et la sphère dans laquelle ceux-ci se dérouleront car le dernier appartient principalement à la transition du physique dense au monde éthérique, pleinement réalisée à la fin de la Période de la Terre.

Le domaine de la septième trompette amène actuellement le voyant et le lecteur à la fin de la Révélation et a été décrit comme "l'apocalypse dans l'Apocalypse", le cerneau dans la noix. Cette trompette, en fait, résonne tout le temps, pour que ses vérités soient entendues par ceux qui ont des oreilles (spirituelles) pour entendre. La face solaire du Nouvel Humain sera généralisée au corps éthérique lumineux tout entier, car dans la période de Jupiter, l'humanité manifestera alors le Corps de Transfiguration.

Le stade la conscience égoïque, la béatitude de l'amour, comme du miel dans la bouche (compréhension), nécessite pour ce résultat, des étapes de souffrance lors des incarnations, essentialisées dans les épreuves de la Croix. La première rencontre avec les idées élevées peut être stimulante, agréable même ; c'est une chose pour "divertir" une pensée, mais fabricant des idéaux à partir des idées, les saisissant par la force de volonté et les appliquant, "leur donnant corps" comme un fait accompli, qui peut demander le sacrifice et engendrer la souffrance—"être amer dans le ventre".

Par la septième Epoque de l'évolution de la Terre, le corps physique réfléchira pleinement, comme dans un miroir, en fait, laissera passer comme à travers un verre clair, la nature de l'âme. A ce moment là, tromperie et imposture seront impossibles. Les pensées et les sentiments seront portés sur le visage et mouleront la forme extérieure en conséquence. Le corps révélera la présence ou l'absence du Christ éthérique ; c'est à dire, il montrera l'amour ou la méchanceté.

La force vivant dans les Evangiles sera celle que l'homme a brûlée et deviendra le constituant de son être.

Il sera le livre vivant comme le Christ est le Verbe Vivant.

 

Repost 0
Published by X - dans St Jean
commenter cet article
26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 06:27

 

Les Forces en présence  

Les deux Bêtes  

Je vis alors monter de la mer une Bête à dix cornes et sept têtes ; elle portait sur les cornes dix diadèmes et, sur les têtes, des titres blasphématoires. Elle avait l'allure d'une panthère, les pattes d'un ours et la gueule d'un lion, le Dragon lui conféra sa puissance, son trône et une grande autorité.  

L'une de ses têtes, pourtant, paraissait égorgée à mort, mais la plaie mortelle était guérie. Là-dessus, tout le monde de se pâmer d'admiration à la suite de la Bête, et de se prosterner devant le Dragon parce qu'il avait conféré son prestige à la Bête, et de se prosterner devant la Bête en disant : "Qui pourrait se mesurer à la Bête et batailler avec elle ? ". On lui accorda la faculté de proférer des paroles arrogantes et blasphématoires et de sévir quarante deux mois.  

Elle ouvrit donc sa bouche pour blasphémer contre Dieu, blasphémer son nom et sa tente (ceux qui ont leur tente au ciel). Elle put guerroyer avec les saints et l'emporter ; elle reçu autorité sur toute tribu, peuple, langue et nation, au point que tous les habitants de la terre l'adoreront ; leur nom n'est pas inscrit depuis la fondation du monde dans le Livre de vie de l'Agneau égorgé.  

A bon entendeur d'écouter ! Qui cherche à faire des prisonniers, s'en va en captivité ; qui tuera par l'épée doit être tué par l'épée ! C'est l'occasion pour l'endurance et la confiance des saints !  

Je vis ensuite une autre Bête monter de la terre ; elle avait deux cornes, comme un agneau, mais elle parlait à la Dragonne. Tout le prestige de la première Bête, elle le déployait sous sa surveillance : elle amenait la terre et ses habitants à adorer la première Bête (celle dont la plaie mortelle était guérie) ; elle opérait de grands prestiges, au point de faire tomber la foudre sous les yeux des hommes. Au moyen des prodiges qu‘elle pouvait opérer sous la surveillance de la Bête, elle séduisait les habitants de la terre en leur suggérant de dresser une statue à la Bête qui avait survécu au coup d‘épée. Il lui fut même concédé d‘animer la statue de la Bête, au point qu‘elle en arrive à parler et à faire mettre à mort quiconque refuse de se prosterner devant elle.  

Elle arrivait à ce que tout le monde, petits et grands, riches et pauvres, hommes libres et esclaves, se marquât la main droite ou le front, de façon que personne ne pût acheter ou vendre sans être marqué du nom de la Bête, ou du chiffre de son nom. C‘est le moment d‘être habile ! Aux gens avisés de calculer le chiffre de la Bête ! car c‘est le chiffre d‘un homme, et ce chiffre est six cent soixante six.  

L'Agneau et ses élus  

J'eus encore une vision : l'Agneau debout sur le mont Sion, et près de lui cent quarante quatre mille personnes qui portaient son nom et celui de son Père, écrits sur le front. J'entendais cependant un choeur céleste comparable au fracas des grandes eaux et aux grondements puissants du tonnerre, mais également à un choeur de citharèdes s'accompagnant de la cithare. Ils chantaient comme un chant nouveau devant le trône, les quatre Animaux et les Vieillards. Personne ne pouvait apprendre ce chant, si ce n'est les cent quarante quatre milliers rachetés de la terre, pour ne s’être pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges ; ils forment la suite de l’Agneau partout où il va ; ils ont été rachetés d’entre les hommes, comme primeurs offertes à Dieu et à l’Agneau ; dans leur bouche ne s’est point trouvé de mensonge, ils sont irréprochables.  

Préparatifs de la lutte  

Trois anges prédisent la victoire  

Je vis alors un autre ange voler au zénith, porteur d'une bonne nouvelle éternelle destinée à ceux qui résident sur terre, à toute nation, tribu, langue et peuple : il disait à haute voix : "Craignez Dieu et rendez lui gloire, parce qu'a sonné l'heure ou il doit juger ; prosternez-vous devant l'autel du ciel et de la terre, de la mer et de ses sources".  

Un deuxième ange le suivit et dit : "Elle est tombée, elle est tombée Babylone la grande, pour avoir abreuvé toutes les nations du vin de son dévergondage effréné".  

Un troisième ange les suivit et dit à haute voix : "Celui qui adore la Bête et sa statue , et en accepte la marque sur le front ou sur la main boira lui aussi du vin de l'indignation de Dieu, versé pur dans le calice de sa colère ; il sera tourmenté dans le feu de souffre, sous les yeux d'anges saints et de l'Agneau ; la fumée de leur tourment ne cessera de s'élever pour les siècles des siècles, sans que les adorateurs de la Bête et de sa statue et quiconque reçoit l'empreinte de son nom aient de répit ni jour ni nuit".  

C'est le moment de faire appel à l'endurance des saints, fidèles aux ordres de Dieu et à la foi de Jésus. J'entendis même une voix céleste me dire : "Note : Heureux les morts qui meurent désormais dans le Seigneur. Oui, dit l'Esprit, qu'ils se reposent de leurs travaux car leurs actes les suivent".  

Vision anticipée du double jugement  

J'eus encore une vision : un nuage blanc sur lequel siégeait comme un Fils d'Homme, la tête ceinte d'une couronne d'or et une faucille affilée à la main. Un autre ange sortit du temple et cria d'une voix sonore à celui qui siégeait sur le nuage : "Faites aller votre faucille et moissonnez, le moment est venu, la moisson terrestre est mûre". L'être assis sur le nuage fit alors passer sa faucille sur terre, et la terre fut moissonnée.  

Puis un autre ange, qui tenait pareillement une faucille affilée, sortit du temple céleste. Un autre encore, le préposé au feu, quitta l'autel et interpella bien haut celui qui tenait la faucille affilée : "Faites aller votre faucille affilée, disait-il, et vendangez les grappes de la vigne terrestre : les raisins sont mûrs". L'ange fit alors passer sa faucille sur terre, vendangea la vigne terrestre et mit le raisin dans la grande cuve de l'indignation de Dieu. On la foula hors de la ville et il en sortit du sang jusqu'au niveau du mors des chevaux sur une distance de seize cent stades.  

Exécution des vendanges divines sur Babylone et sur les Bêtes  

Les sept coupes de la colère de Dieu  

Je vis encore un autre météore, considérable et impressionnant : sept anges porteurs de sept fléaux, les derniers, car en eux est assouvie l'indignation de Dieu.  

Je vis aussi une mer transparente irradiée de feu, et, debout sur elle, les vainqueurs échappés à la Bête, à sa statue et au chiffre de son nom, tenant les cithares divines. Ils chantaient de chant de Moïse le serviteur de Dieu et le chant de l'Agneau : "Grandes et admirables sont tes oeuvres, Seigneur Dieu Dominateur ! Justes et véritables tes voies, Roi des nations ! Qui ne craindrait, Seigneur, et ne glorifierait ton nom ? Seul tu es saint , et toutes les nations viendront se prosterner devant toi, car la droiture de tes jugements est devenue manifeste".  

Après quoi j'ai vu s'ouvrir dans le ciel le temple [qui renferme] la tente du témoignage. Les sept anges aux sept fléaux en sortirent , vêtus de lin propre et splendide, la poitrine ceinturée d'or.  

L'un des quatre Animaux leur donna sept trompettes d'or pleines de l'indignation du Dieu vivant pour les siècles des siècles ; le temple fut rempli de fumée, provenant de la gloire de Dieu et de sa puissance, au point que personne n'y pouvait pénétrer que les sept fléaux des sept anges ne fussent accomplis.  

J'entendis alors dans le temple une voix forte dire aux sept anges : "Allez répandre sur terre les sept coupes de l'indignation divine".  

Le premier s'en alla donc verser sa coupe sur le sol ; il en résultat un ulcère malin et pénible pour les hommes qui portaient l'empreinte de la Bête et se prosternaient devant sa statue.  

Le deuxième répandit sa coupe dans la mer ; elle tourna en sang cadavéreux et tous les animaux marins périrent.  

Le troisième répandit sa coupe dans les fleuves et les sources, et ce devint du sang. J'entendis alors l'ange des eaux : "Il est juste , disait-il, que toi, qui es, qui était, le Saint, tu aies ainsi jugé ;  

parce qu'ils ont versé le sang des saints et des prophètes, tu leur as aussi donné à boire du sang !  

Ils le méritent ! Et j'entendis l'autel dire : "Oui, Seigneur, Dieu Dominateur, tes jugements sont vrais et justes".  

Le quatrième répandit sa coupe sur le soleil, et il lui fut donné de surchauffer les hommes par ses ardeurs ; ainsi les hommes furent surchauffés d'une chaleur torride, ils maudirent le nom de Dieu qui peut déclencher ces fléaux, et ne voulurent pas se repentir et le glorifier.  

Le cinquième répandit sa coupe sur le trône de la Bête ; son royaume s'enténébra et, de douleur [ses sujets] se mordirent la langue. Ils maudirent le Dieu du ciel, à cause de leurs souffrances et de leurs ulcères, sans se repentir de leur conduite.  

Le sixième répandit sa coupe dans le grand fleuve Euphrate ; l'eau se tarit pour laisser passage aux rois d'Orient. A ce moment je vis [sortir] de la gueule du Dragon, de celle de la Bête et de la bouche du faux prophète trois esprits impurs ; ils avaient l'air de grenouilles ; de fait se sont des esprits démoniaques qui opèrent des prodiges et vont trouver les rois de toute la terre en vue de les concentrer pour la bataille du grand jour du Dieu Dominateur. (Voici que je viens comme un voleur ! Heureux qui veille et garde ses vêtements, pour n'avoir pas à circuler nu en se montrant indécent ! ) Ils les rassemblèrent au lieu dit en hébreu Har-Magedon.  

Le septième enfin répandit sa coupe dans les airs ; il sortit du temple une voix forte émanée du trône : "C'en est fait " disait-elle. Aussitôt ce furent des éclairs, voix et coups de tonnerre accompagnés d'une secousse telle que jamais, depuis l'apparition de l'homme, il n'en advint d'aussi violente ; la grande ville se brisa en trois, les villes païennes croulèrent , et ainsi Babylone la grande fut rappelée au souvenir de Dieu pour qu'il lui administrât le calice du vin de son ardente colère. Toutes les îles s'enfuirent et l'on ne trouva plus de montagnes. Des grêlons énormes, pouvant peser un talent, se mirent, du haut du ciel, à bombarder les hommes ; ceux-ci maudirent Dieu à cause du fléau de la grêle, car il est formidable.  

Le châtiment de Babylone  

Un des sept anges aux sept coupes vint alors m'entretenir : "Viens, me dit-il, que je te montre la condamnation de la grande Prostituée, sise au bord des grandes eaux, avec laquelle se sont méconduits les rois de la terre, et qui a grisé les habitants de la terre du vin de sa débauche".  

Il m'emporta donc en esprit au désert. Là je vis une femme montée sur une Bête écarlate, couverte de titres blasphématoires, ayant sept têtes et dix cornes. La femme, affublée de pourpre et d'écarlate, chamarrée d'or, de pierreries et de perles, avait un gobelet d'or à la main, plein des vilenies et des ordures de sa prostitution. Elle avait au front un nom symbolique : "Babylone la grande, la mère de la prostitution et des vilenies de la terre". Je la vis ivre du sang des saints et du sang des martyrs de Jésus, et sa vue m'étonna vivement.  

"Pourquoi t'émerveiller, me dit l'ange. Je vais t'expliquer le symbolisme de la femme et de la Bête à sept têtes et dix cornes qui la porte. La Bête ne question était, n'est plus, et doit remonter de l'abîme pour se rendre à sa perte ; les habitants de la terre dont le nom n'est pas écrit depuis la fondation du monde dans le Livre de vie, s'émerveilleront de voir reparaître la Bête qui était et n'est plus. Il faut ici une intelligence pénétrante ! Les sept têtes sont sept montagnes, sur lesquelles est installée la femme ; ce sont aussi sept rois : cinq ont été renversés, il en reste un, l'autre n'est pas encore venu ; une fois arrivé, il doit demeurer pour peu de temps. Quant à la Bête qui était et n'est plus, elle est un huitième [roi] , mais elle est des sept et se rend à sa perte. Les dix cornes sont dix rois qui n'ont pas encore régné, mais ils recevront le pouvoir royal, pour un moment, avec la Bête. Ils n'ont qu'une pensée : conférer leur puissance à la Bête ; ils feront la guerre à l'Agneau, mais ce dernier les vaincra parce qu'il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois, ainsi que les siens, appelés choisis et fidèles.  

Il poursuivit : "Les eaux au bord desquelles tu as vue sise la Prostituée sont des peuples, des foules, des nations et des langues. Les dix cornes, tout comme la Bête, haïront la Prostituée, la dépouilleront et la mettront à nu, ils en mangeront les chairs et la brûleront. Car c'est Dieu qui leur a mis en tête d'exécuter son plan, d'opérer de concert et de donner à la Bête leur royal concours jusqu'à ce que soient accomplies les paroles de Dieu".  

"La femme que tu as vue, c'est la grande ville qui règne sur les rois de la terre".  

Après cela je vis un autre ange descendre du ciel avec un grand pouvoir, et la terre était illuminée de sa gloire. Il se mit à crier avec force : "Elle est tombée, elle est tombée Babylone la grande ! La voilà tanière des démons, repaire des esprits impurs et des oiseaux impurs et répugnants, parce que toutes les nations ont bu du vin de son dévergondage insensé. Les rois de la terre se sont méconduits avec elle et les trafiquants ont fait fortune de l'énormité de son luxe".

J'entendis encore une autre voix céleste dire : "Quittez la place, mon peuple, pour n'être pas solidaire de ses forfaits et ne rien recevoir des coups qui la frappent, car ses péchés se sont accumulés jusqu'au ciel, et Dieu s'est rappelé ses forfaits. Payez-la de sa monnaie, rendez lui le double de ses méfaits, et dans le calice où elle versait à boire, versez lui le double. Autant elle a fait parade de luxe, autant donnez-lui de tourment et de deuil. Parce qu'elle se dit : "Je trône en reine et ne suis point veuve et n'expérimente jamais le deuil, pour cela, le même jour verra fondre sur elle tous les fléaux : mort, deuil, famine, et elle sera incendiée, car il est fort le Seigneur Dieu qui l'a condamnée".  

Les rois de la terre qui se sont méconduits et livrés au luxe avec elle pleureront et se désespéreront à son sujet en apercevant la fumée de son brasier ; retenus a distance par la terreur de son tourment : "Hélas, hélas ! diront-ils, ô grande ville, Babylone, ville forte, il a suffit d'un moment pour ton exécution ! "  

Les trafiquants de la terre pleurent et se lamentent sur elle, parce que personne n'achète plus leur cargaison, cargaison d'or et d'argent, de pierres précieuses et de perles, de fine toile et de pourpre, de soie et d'écarlate, de toutes sortes de bois de thuya et d'objets d'ivoire, de bois précieux, de bronze, de fer et de marbre, cinnamone et amone, parfums, essences et encens , vin et huile, farine et froment, gros bétail et moutons, chevaux et chariots, esclaves et autres personnes !  

Voilà que le bon temps pour tes passions animales s'est envolé, toute l'opulence et le clinquant se sont envolés et jamais plus ne se retrouveront. Les trafiquants de ces denrées, qui s'enrichissaient d'elle, retenus à distance par la terreur de son tourment, pleureront et se lamenteront : "Hélas, hélas ! diront-ils, la grande ville qui se drapait de fine toile, de pourpre et d'écarlate et scintillait d'or, de pierreries et de perles, en un moment toute cette richesse a été rasée".  

Tous les pilotes et les caboteurs, les marins et les travailleurs de la mer se tiendront à distance,

ils hurlaient en regardant la fumée de son incendie : "Qu'y avait-il de comparable à la grande ville ? " Ils se jetaient de la poussière sur la tête et hurlaient ; ils pleuraient et se lamentaient : "Hélas, hélas ! disaient-ils, la grande ville, dont l'opulence a enrichi tous les armateurs, un moment a suffit pour la raser ! "  

"Ciel, réjouissez-vous, ainsi que les saints, les apôtres et les prophètes, parce que Dieu a tranché en faveur de votre cause, à ses dépens".  

Alors un ange vigoureux souleva une pierre de la taille d'une grande meule et la jeta dans la mer en disant : "Ainsi, d'un coup, sera précipitée Babylone la grande ville, et jamais plus on ne la retrouvera. On n'entendra plus chez toi les sonorités des citharèdes et des chanteurs, des joueurs de flûte et de trompette, on ne trouvera plus chez toi d'ouvrier qualifié, pour aucun métier, on n'entendra plus chez toi le bruit de la meule, on ne verra plus chez toi briller la lumière d'une lampe et l'on entendra plus chez toi la voix des époux, parce que tes marchands étaient les maîtres du monde et que les maléfices ont séduit toutes les nations ; et l'on a trouvé chez toi le sang des prophètes et des saints, et de tous ceux qu'on a égorgés sur terre".  

Après cela j'entendis dans le ciel comme un choeur immense chanter : "Alleluia ! salut, gloire et puissance reviennent à notre Dieu, parce que ses jugements sont vrais et justes, puisqu'il a exécuté la grande Prostituée qui corrompait la terre par sa débauche ; il a vengé sur elle le sang de ses serviteurs". Puis ils reprirent : "Alleluia ! Sa fumée s'élève pour les siècles des siècles".  

Alors les vingt quatre Vieillards s'inclinèrent ainsi que les quatre Animaux, ils se prosternèrent devant le Dieu qui trône, et dirent : "Amen ! Alleluia !"  

Une voix sortit du trône : "Chantez notre Dieu, disait-elle, vous tous, ses serviteurs, qui ne craignez, petits et grands". Là-dessus l'entendis comme un choeur immense, sonore comme le bruit des grandes eaux et le grondement des puissants tonnerres, entonner : "Alleluia ! notre Dieu, le Dominateur a établi son règne. Réjouissons-nous et glorifions-le , parce qu'approchent les noces de l'Agneau ; son Epouse est parée de la fin toile , nette et splendide, qu'elle a reçue pour s'en habiller". (Or la fine toile , ce sont les bonnes oeuvres des saints.)  

Il me dit alors : "Ecris : Heureux les invités au dîner de noces de l'Agneau". Il ajouta : "Ce sont là paroles authentiques de Dieu". Là-dessus, je tombais à ses pieds, pour me prosterner devant lui.  

"Garde-t-en bien, me dit-il, je suis un serviteur comme toi et tes frères, les possesseurs du témoignage de Jésus ; prosterne-toi devant Dieu". De fait, l'esprit prophétique n'est autre que le témoignage de Jésus.  

Victoire du Christ sur les Bêtes  

Je vis encore le ciel ouvert : et voici paraître un cheval blanc ; son Cavalier s'appelle Fidèle et Véritable ; c'est avec justice qu'il juge et fait la guerre. Il a les yeux flamboyants , la tête ceinte de bien des diadèmes, et porte écrit un nom, que nul ne connaît sinon lui ; il est drapé d'un manteau plein de sang et se nomme le Verbe de Dieu. Lui faisaient suite, sur des chevaux blancs, les armées célestes, vêtues d'une fine toile d'une blancheur immaculée. Sa bouche darde un glaive acéré, pour en frapper les nations païennes, car c'est lui qui doit les mener à la baguette de fer et fouler la cuve du vin du courroux indigné du Dieu Dominateur. Il porte écrit sur le manteau et sur la cuisse : Roi des rois et Seigneur des seigneurs !  

Je vis alors un ange debout sur le soleil : il se mit à crier bien fort à tous les rapaces qui volent en plein ciel : "Ici ! rassemblez-vous pour les ripailles de Dieu, pour dévorer chairs de rois, chairs de généraux et chairs de preux, chairs de chevaux et de cavaliers, chairs d'hommes libres et d'esclaves, de petits et de grands".  

Puis j‘ai vu la Bête, les rois de la terre avec leurs armées réunies pour faire la guerre au Cavalier et à son armée. Mais la Bête fut garrottée, ainsi que le faux prophète qui avait opéré sous son contrôle les prodiges par lesquels il avait séduit les gens qui avaient reçu l‘empreinte de la Bête et s‘étaient prosternés devant sa statue. Tous deux furent jetés vifs dans l‘étang de feu sulfureux.  

Le reste fut massacré par l‘épée que dardait la bouche du Cavalier, et tous les rapaces firent bombance de leurs chairs.  

Le sort du Dragon  

Je vis encore un ange descendre du ciel ; il tenait à la main la clef de l'abîme et une grande chaîne. Il maîtrisa le Dragon, le serpent primitif, qui n'est autre que le Diable et Satan, l'enchaîna pour mille ans et le précipita dans l'abîme qu'il ferma et scella sur lui, de façon qu'il ne séduisit plus les nations avant le terme de mille ans ; après quoi il doit être déchaîné pour peu de temps.  

Je vis aussi des trônes, sur lesquels s'installèrent ceux qui reçurent le pouvoir de juger ; c'étaient les âmes de ceux qu'on avait décapités à cause du témoignage de Jésus et de la parole de Dieu, et tous ceux qui n'avaient adoré ni la Bête ni sa statue et n'en avaient pas reçu l'empreinte au front et à la main. Ils vécurent une vie nouvelle et régnèrent avec le Christ mille ans. (Le reste des morts ne revécut point avant le terme des mille ans). C'est là la première résurrection. Heureux et saint qui participe à la première résurrection ! sur eux la seconde mort n'a pas de prise, mais ils seront prêtres de Dieu et du Christ avec lequel ils régneront durant mille ans.  

Au terme de mille ans Satan sera déchaîné de sa prison, il s‘en évadera pour égarer les nations aux quatre coins de la terre, (Gog et Magog), les rassembler pour le combat, nombreuses comme le sable de la mer. Elles montèrent à la surface de la terre, cernèrent le camp des saints et de la ville bien-aimée. Mais un feu descendit du ciel et les dévora. Le Diable, leur séducteur, fut jeté dans l‘étang de feu et de soufre, auprès de la Bête et du faux prophète ; ils y seront tourmentés jour et nuit , pour les siècles des siècles.  

Le jugement général  

Je vis alors un grand trône blanc et Celui qui siégeait dessus; ciel et terre fuirent sa face, si bien qu'on en trouva plus la place. Je vis aussi les morts, grands et petits, debout devant le trône.  

On ouvrit des livres, puis encore un autre livre, celui de la vie ; et les morts furent jugés sur le texte des livres, selon leurs actes. La mer avait rendue les morts qu'elle contenait, la mort et le souterrain séjour pareillement ; et chacun fut jugé selon ses actes. Enfin, mort et souterrain séjour furent jetés dans l'étang de feu. C'est cela la seconde mort, l'étang de feu. Quiconque ne sera pas inscrit au livre de vie fut jeté dans l'étang de feu.  

Je vis alors un ciel nouveau et une terre nouvelle, puisque le premier ciel et la première terre s'en étaient allés ; seulement il n'y avait plus de mer désormais. Je vis aussi la ville sainte, Jérusalem nouvelle, descendre du ciel d'auprès de Dieu, comme une fiancée parée pour son époux.  

En même temps j'entendis une voix forte issue du trône : "Voici la tente de Dieu chez les hommes, disait-elle, il partagera sa tente avec eux, ils seront ses peuples, et Dieu sera lui-même avec eux.  

Il essuiera toute larme de leurs yeux ; il n'y aura plus de mort, il n'y aura plus de deuil, ni cri, ni peine, car la condition primitive est passée".  

Epilogue de toute la deuxième partie  

Alors Celui qui trône dit “Cette fois je rénove tout”. Il dit encore "Ecris que ces paroles sont sûres et authentiques”.Puis il me dit "C‘en est fait. Je suis l‘Alpha et l‘Oméga, le principe et la fin.  

C‘est moi qui donnerai à l‘assoiffé de la source d‘eau vive, gratuitement. Le vainqueur héritera de tout cela , je serai son Dieu et il sera mon fils. Quant aux lâches, aux défiants, aux tarés, aux meurtriers, aux paillards, aux empoisonneurs, aux idolâtres, et à tous les menteurs, leur part est dans l‘étang tout embrasé de feu et de souffre, la seconde t."  

TABLEAU FINAL  

La Gloire de l'Eglise éternelle, Jérusalem céleste

 

Vint alors un des anges aux sept coupes pleines des sept fléaux suprêmes ; il se mit à causer avec moi : "Viens, me dit-il, que je te montre la Fiancée, l'Epouse de l'Agneau". Il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne et me fit voir la ville sainte de Jérusalem, dont les pentes descendaient du ciel, d'auprès de Dieu, dans toute la gloire de Dieu. Elle avait l'éclat d'une pierre très précieuse, telle que du jaspe cristallin ; elle avait une grande et haute muraille, à douze portes, gardées par douze anges, et portant gravés les noms des douze tribus des fils d'Israël.  

Il y avait trois de ces portes à l'Orient, trois au Septentrion, trois au Midi, et trois à l'Occident.  

Le mur de la ville avait douze soubassements, portant les noms des douze apôtres de l'Agneau.  

Mon interlocuteur tenait un roseau d'or en guise de mesure pour arpenter la ville, ses portes et sa muraille. Or la ville était bâtie en carré, sa longueur égalait sa largeur. Il arpenta donc la ville avec son roseau, et trouva douze mille stades ; largeur, longueur et hauteur étaient égales. Il en mesura aussi la muraille, cent quarante quatre coudées, à l'échelle humaine qu'employait l'ange.  

La muraille était construite en jaspe, et la ville était d'or, pur comme du cristal ; les soubassements du mur de la ville étaient diaprés de toutes sortes de pierres précieuses : le premier de jaspe, le deuxième de saphir, le troisième de calcédoine, le quatrième d'émeraude, le cinquième de sardonyx, le sixième de coraline, le septième de chrysolithe, le huitième de béryl, le neuvième de topaze, le dixième de chrysoprase, le onzième d'hyacinthe, le douzième d'améthyste.  

Chacune des douze portes étaient faites d'une seule perle ; l'avenue de la ville était d'or pur, comme du verre transparent.  

Mais je n'y ai pas vu de temple, car le Seigneur Dieu Dominateur en est le temple, ainsi que l'Agneau. La ville n'a d'ailleurs besoin ni du soleil ni de la lune pour l'éclairer, car la gloire de Dieu l'illumine, et sa lampe est l'Agneau.  

Les nations marcheront à sa lumière, et les rois de la terre y importeront leur opulence. On n'en fermera pas les portes journellement, puisqu'il n'y aura point là de nuit. On y importera l'opulence et la splendeur des nations ; jamais ne s'y introduira rien de profane, ni personne qui commette vilenie ou mensonge, mais ceux-là seuls dont le nom est inscrit au livre de vie de l'Agneau.  

Il me montra encore un fleuve d'eau vive, scintillant comme du cristal de roche ; il jaillissait du trône de Dieu et de l'AgneauAu milieu de l'avenue, de part et d'autre du fleuve, se trouvait un bois de vie, qui fructifiait douze fois pour donner chaque mois son fruit, tandis que les feuilles des arbres servaient à la guérison des nations.  

Il n'y aura plus rien d'exécrable, mais sur le trône de Dieu et de l'Agneau s'y trouvera, ses serviteurs lui rendront un culte, ils verront son visage et porteront son nom sur le front.  

Il n'y aura plus de nuit désormais, l'on aura plus que faire de la lumière d'une lampe ni de celle du soleil, parce que le Seigneur Dieu luira sur eux, et ils régneront dans les siècles des siècles.  

Epilogue  

Il me dit alors : "Ces paroles sont sûres et authentiques, et c'est le Seigneur Dieu des esprits et des prophètes qui a envoyé son ange montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt".  

"Et voici que je viens en hâte. Heureux qui met en pratique les leçons de ce livre prophétique".  

C'est moi, Jean, qui vois et entends ces choses ! Sur quoi je tombai pour me prosterner aux pieds de l'ange qui me les indiquait. "Garde-t-en bien ! me dit-il, je suis un serviteur comme toi et tes frères les prophètes et ceux qui mettent en pratique les enseignements de ce livre : prosterne-toi devant Dieu".  

Il me dit encore : "Ne scelle pas le texte de ce livre prophétique, car le moment est proche.  

Que l'injuste commette encore l'injustice, que le sordide se salisse encore, que le juste pratique encore la justice et que le saint se sanctifie encore. Voici que je viens en hâte, apporter mon salaire, pour rendre à chacun d'après son ouvrage. C'est moi l'Alpha et l'Oméga,le premier et le dernier, le principe et la fin. (14) Heureux ceux qui lavent leurs vêtements, pour avoir droit à l'arbre de vie, et entrer dans la ville par les portes. Dehors les chiens, les empoisonneurs, les paillards, les meurtriers, les idolâtres et quiconque aime et pratique le mensonge ! Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange attester tout cela au sujet des Eglises. C'est moi le rejeton et le descendant de David, l'Etoile radieuse du matin".  

L'Esprit et la Fiancée disent : "Reviens". Puisse l'auditeur dire aussi : "Reviens". Que l'assoiffé vienne, et que l'homme de bonne volonté reçoive de l'eau vive, gratuitement !

Pour moi, je le garantit à tout auditeur du texte de ce livre prophétique : Si quelqu'un le surcharge, Dieu le surchargera des fléaux décrits dans ce livre ; et si quelqu'un en retranche, Dieu retranchera sa part de l'arbre de vie et de la ville sainte décrits dans ce livre.  

"Oui, je reviens en hâte", déclare celui qui atteste tout cela. "Amen. Reviens, Seigneur Jésus ! "  

La grâce du Seigneur soit avec tous.

 

Source : http://www.de-la-vie.com/reflexions-verseau/apocalypse-complet.htm

Repost 0
Published by Evangile selon St Jean - dans St Jean
commenter cet article

Présentation

  • : Loge de Recherche Laurence Dermott
  • Loge de Recherche Laurence Dermott
  • Contact

Blason de la RL Laurence Dermott

Loge-Dermott.gif

        727 ARTICLES

                       537 ABONNES 

Recherche

St Patrick blessing

 

 irish-flag-cd51f

May St. Patrick guard you wherever you go,

and guide you in whatever you do,

and may his loving protection

be a blessing to you always.

God save the Ireland

           

Michaël Collins

Danny Boy