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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 06:38

Les historiens de l'Eglise ont rapporté une tradition que dans les premiers temps Chrétiens, au premier et second siècle de notre ère Chrétienne, l'Eglise Occidentale centrée à Rome regarda défavorablement l'Evangile de Jean parce qu'il était considéré comme étant Gnostique. A St. Irénée de Gaule va le crédit d'avoir soutenu cet Evangile, pour qu'il soit accepté dans le canon du Nouveau Testament.

Mais à nouveau, au Moyen Age, nous entendons que les Manichéens du sud de la France possédaient un "faux Evangile de Jean", qui avait la prétention d'être des révélations de Saint Jean reçues alors qu'il se pencha sur la poitrine du Christ. Cet Evangile, dirent les hommes d'église, confondait le Christ avec Lucifer et avait même une fausse genèse du monde, en laquelle le Démiurge rebellé contre Dieu, était chassé des cieux, et implorait Dieu d'avoir une chance de se racheter. Ceci lui fut garanti, et la manière de sa rédemption fut de créer un cosmos en sept jours.

Le Démiurge (c'est un mot Grec, adopté de Pythagore, Platon et Aristote) et ses aides purent voir les modèles archétypaux par lesquels la création devait procéder, mais ne furent pas capables de les copier, et ainsi cette création fut imparfaite. Inévitablement, lorsque le démiurge créa des créatures vivantes, devant être l'humanité, cette création fut également imparfaite. La créature signifiant l'homme était faible et pouvait seulement ramper sur le sol. Prenant pitié de cette créature, Dieu envoya Son Emissaire, le Christ, et marie, deux anges des cieux supérieurs, pour instiller un esprit vivant, et lorsque ceci fut fait, la créature devint capable de se tenir debout et de se montrer elle-même humaine. Ainsi la création fut regardée comme l'œuvre du principe des Ténèbres déchu, qui fut racheté ensemble avec son Principe par Christ, le Principe de Lumière.

Comment la Lumière rachète t-elle les ténèbres ? En brillant dans les ténèbres, qui ne sont pas une "chose en soi" réelle, positive, mais simplement l'absence de Lumière. Les ténèbres sont ce qui est appelé un fait "négatif", quelque chose qui existe seulement par l'absence de quelque chose d'autre, n'ayant pas de substance. De ce concept, les Manichéens décrivirent leur formule pour la conquête du mal.

La légende est qu'à une époque existaient deux royaumes, le royaume des Elfes de Lumière et le royaume des Elfes de la Nuit. Les Elfes de Lumière étaient purement bons, et les Elfes de la Nuit étaient entièrement mauvais. Mais comment les Elfes de Lumière pouvaient-ils conquérir les Elfes de la Nuit, puisqu'ils ne pouvaient pas, par leur nature ou essence, faire le mal ? Ils résolurent le problème en incorporant une partie du Royaume de Lumière au Royaume des Ténèbres, et en brillant de façon continue, maîtrisèrent l'obscurité.

Agissant sur cette formule, les Manichéens infiltrèrent les rangs de leurs ennemis, en Europe, premièrement l'Eglise Catholique Romaine, bien qu'ils aient d'autres ennemis ailleurs. Les manichéens cachés vivaient extérieurement les vies de Catholiques dévots, excepté qu'ils projetaient leur totale influence en promouvant la bonté et éliminant les maux à l'intérieur de l'Eglise. Ils doivent avoir eu des réticences mentales à l'égard de nombreux enseignements Catholiques, mais ils gardèrent celles-ci pour eux-mêmes.

Il est rapporté le cas d'un prêtre dont la vie était si sainte et belle qu'il fut presque adoré par ses ouailles, même lorsqu'il était vivant; mais après sa mort, à leur grande horreur, ils trouvèrent parmi des affaires la preuve indiscutable que leur saint adoré était, en fait, un Manichéen. Alors ils détruisirent et ensevelirent ses reliques et déversèrent la haine sur la mémoire de ce "démon" déguisé, dont la sainteté avait été pour tous eux une inspiration et dont la bonté aimante avait illuminé leurs vies.

Combien de grands réformateurs des églises orthodoxes furent en fait, des Manichéens ou des Gnostiques déguisés ? Un jour nous pourrons le savoir. Nous disons "manichéens ou Gnostiques" parce que des découvertes archéologiques, telles que celles de Nag Hammadi en Egypte, montrent que les doctrines essentielles de Mani remontent aux époques Chrétiennes primitives et pré Chrétiennes.

Mani fut un Maître universaliste qui croyait que toutes les anciennes religions, dans leur pure essence, menaient au trône du Christ. L'Eglise Catholique Romaine, suivie par ses ramifications, les Luthériens, et autres églises orthodoxes Protestantes qui sont aussi des formes de Catholicisme, ont pris position que seul L'Ancien Testament devrait être combiné au Nouveau testament, parce que Jésus était un Juif, et que toutes les autres écritures devraient être ignorées ou détruites. Ils allèrent même plus loin et établirent une règle qu'à moins qu'un suiveur du Christ n'accepte l'Ancien Testament avec le Nouveau, et évite les écritures des autres Gentils, alors il n'était pas Chrétien, peu importe combien il aimait le Christ et peu importe combien il s'efforçait de vivre la vie du Christ. C'est la doctrine qui mena à la persécution étendue et l'intolérance universelle, car elle maintenait, en effet, que chaque homme devait être un Juif avant de pouvoir être un Chrétien.

Saint Paul avait déjà combattu pour les Gentils au premier siècle, afin qu'ils puissent être Chrétiens sans aller à travers la synagogue ou le Temple Hébreux à Jérusalem bien qu'il soit évident qu'il aurait été heureux de les accueillir là comme "craignant Dieu" à la Cour des Gentils. Il aurait même tordu les barrières de la clôture du Temple et permis aux Gentils convertis d'adorer des Israélites eux-mêmes. Au moins, les Juifs l'accusèrent d'essayer de prendre un Gentil dans leur section intérieur sacrée. Il essaya probablement, du moins.

Nous voyons également que Saint Paul faisait référence aux enseignements des Mystères Grecs, et aux astronomes et philosophes Grecs, en qui il avait l'exemple de certains des plus dévots des Pharisiens et des Sadducéens devant lui.

Il est significatif que parmi les doctrines d'une secte appelée les Pauliciens les historiens ne savent pas si le nom venait de leur propre leader ou de Saint Paul, mais certains pensent qu'il vient de saint Paul nous trouvons de nombreuses doctrines qui étaient caractéristiques du Manichéisme.

La bibliothèque trouvée en Egypte en 1945 donna deux versions de l'Apocryphe de Jean. Le livre avait été découvert au 19ème siècle mais ne fut pas traduit à cette époque. Personne ne semblait être intéressé par lui, et seuls quelques passages furent remarqués dans différents livres par des auteurs qui visitèrent le musée à Berlin où ce livre remarquable était préservé.

Jean Doresse parle des livres Gnostiques comme étant des écrits "déguisés" en Chrétiens, parce qu'il ne comprend pas que les anciens peuples ne ressentaient pas être un péché de retenir leurs propres écritures anciennes et de les interpréter à la Lumière du Christ. Aujourd'hui des missionnaires essaient encore de forcer les Bouddhistes, par exemple, à rejeter et renoncer à la 'Lumière de l'Asie" quand ils deviennent Chrétiens; comme s'il était nécessaire de renoncer à une lumière parce qu'une lumière plus forte était venue dans le monde! Personne n'aurait été plus respectueux de Bouddha que le Christ Lui-même ! et personne n'aurait été plus respectueux du Christ que Gautama le bouddha.

Un des deux documents trouvés à Nag Hammadi est une variante du livre de Jean à Berlin. Les deux versions principales N°1 et N°2, la N°2 étant similaire au Codex Berlin. Il mentionne une "édition N° 36 de Codex X" qu'il dit "donner une version développée du résumé dans le texte qui est plus amplifiée et enrichie par un vernis personnel". Il donne alors un bref résumé.

Préambule : l'Apôtre Jean, frère de Jacques, est troublé par la question jetée qui lui est jetée dans le Temple par un Pharisien nommé Arimanios. "Où est parti ton maître à présent"?

"Un pharisien nommé Arimanios". Le nom du Pharisien n'était probablement pas vraiment Arimanios. Arimanios est, selon toute vraisemblance, Ahriman, le Satan perse, ou Tentateur. Ici le Tentateur parle à Jean à travers les lèvres d'un Pharisien, tout comme il paraît à Jésus à travers Pierre lorsque Jésus le réprimanda en disant, "Arrière, Satan", regardant droit en face de Pierre lorsqu'il lui parlait. De façon similaire, c'est le Tentateur, Satan, ou le Doute et le Désespoir personnifiés, qui parle à Jean dans l'épreuve du Pharisien : "Où est parti ton Maître à présent"?

Jean se retira dans la solitude de la montagne pour méditer et prier, cherchant une réponse à ceci et autres questions : Pourquoi le Christ fut-il envoyé dans le monde ? Qui est son Père ? Qu'est ce que l'Eon comme celui où voyage l'humanité ? Le ciel s'ouvre et un Etre triple apparaît dans la forme d'un homme jeune, une femme et un vieillard et cet Etre triple déclare qu'il est véritablement un seul Etre, Père-Mère-Fils.

L'Etre révèle à Jean les secrets de l'Univers, passé et futur, et lui ordonne de transmettre ces enseignements à l'Elu. (Doresse ne mentionne pas l'histoire traditionnelle, telle que racontée au Moyen Age, que Jean reçut sa vision lorsqu'il reposait sur la poitrine du Christ).

L'Etre Primordial existait seul au commencement, calme et au repos dans le Grand Silence de l'océan de Lumière. Il contemplait les vagues de pure Lumière en lesquelles il reposait et par Sa pensée, de Lui-même une image fut projetée sur les vagues. Cette Première Pensée est le "parfait pouvoir de Barbelos", l'Image de Dieu, qui est l'Homme Primordial et l'Esprit Vierge. Nous pouvons remarquer que tous ces enseignements sont véritablement des concepts Platoniciens dans une vêture mythologique; non un "déguisement", mais une allégorie poétique.

D'autres "Eons androgynes" Principes bisexués ayant à la fois des pouvoirs masculins et féminins, Pouvoir-volonté et Amour-Sagesse, un concept grossièrement dégradé par les Pères de l'Eglise aux premiers siècles correspondent aux Elohim de la Bible. Le Jéhovah biblique fut en fait un de ces Elohim doublement sexués, qui fut identifié par les Hébreux, ou interprété par eux, comme étant l'Etre Unique Absolu Suprême, son ancien statut ayant été rejeté et oublié.

Barbelos, le Premier Etre, la Vierge Divine fixe résolument la Lumière de Dieu, et en fixant ainsi conçoit une Etincelle, qui devient le Fils de Dieu. Dans ces anciennes visions, la comparaison est, nous croyons, dans la manière dont une image est réfléchie dans une boule de cristal. A la fois les cristaux de quartz et de verre étaient faits en Egypte et autres lieux, peut-être même en verre blanc, bien que ceci ne soit pas certain. De toute façon, la forme ancienne de polissage de gemme était de "rouler" les pierres. Elles n'étaient pas facettées de la même manière que nous le faisons aujourd'hui. Ainsi une pièce de cristal de quartz pouvait avoir été trouvée 'roulée" dans un ruisseau ou "roulée" par un artisan; et si c'est le cas, il pourrait avoir servi en tant que cristal de voyance. Le cristal a la propriété particulière de prendre une image reflétée n lui-même, et de la réverbérer. Elle apparaît à l'envers, le cristal en est plein. Même ainsi la vision de la Lumière crée à l'intérieur le Barbelos le Premier Ange une Etincelle qui est de Dieu et qui est comme Dieu.

Les poètes orientaux comparent également la sympathie mystique avec Dieu à la manière dont un amoureux voit son image dans la pupille de l'œil de son aimée. Chacun voit l'autre, amant et aimé, chacun voit dans la pupille de l'œil de l'autre une image de lui-même. Ainsi l'Homme contemple Dieu et l'Image de Dieu est formée dans son âme; et inversement l'Image de l'Homme est formée dans l'Oeil de Dieu, et cette Image d'Homme dans l'Oeil de Dieu est ce que voit le mystique. Telle est la formule de l'Oeil, comme montrée dans de nombreuses anciennes allégories poétiques de l'orient; et telle est, nous le croyons, la signification de ces obscurs textes dans l'Apocryphe de Jean.

Le Christ qui est ainsi engendré est appelé le Monogène. Ce mot résonne de façon particulière, mais il signifie simplement l' "Engendré seul" comme dans l'ouverture de l'Evangile de Jean dans le Nouveau Testament. Dans celui-ci, également, si nous devions substituer la forme grecque des noms, notre texte serait méconnaissable; par exemple : "Je suis le Chemin, la Gnose, et la Vie". Ou, "Au commencement était le Verbe (Logos), et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu".

Du Christ viennent les Quatre Luminaires, les quatre Seigneurs Principaux du Karma, appartenant symboliquement aux quatre signes fixes du zodiaque. Certains disent qu'il y a sept Seigneurs du Karma; ceci se réfère, bien sûr, aux sept Principes Planétaires qui influencent la destinée humaine dans l'horoscope.

Après ces Pouvoirs Célestes, Adam fut créé, le premier homme de la Terre. Ceci est suivi (dans ce texte) de l'histoire de la "Chute de Sophia" qui voulait créer seule comme le Créateur et qui donna naissance à un monstre ressemblant à un lion et un serpent, qu'elle cachait dans un nuage manifestement, les constellations du zodiaque, avec une référence spéciale au Lion et au Scorpion, ou autres dragons astronomiques des ciels. A nouveau nous répétons, cet apocryphe n'est rien qu'un poème un poème compliqué, allégorique et les étudiants se rendent eux-mêmes ridicules en le traitant comme s'il était un traité direct comme les travaux du Romain Lucretius.

L'histoire de Sophia qui peut aussi être comparée à la Vierge, qui à présent tient le Soleil à sa chute à l'équinoxe d'automne est suivie de l'histoire du combat des pouvoirs de la Lumière avec ceux des Ténèbres; qui survécut au Moyen Age, comme nous l'avons remarqué. Il est à noter que les Ténèbres ne peuvent seulement être détruites elles-mêmes lorsque qu'elles poursuivent la Lumière, parce que la Lumière détruit automatiquement les ténèbres par sa brillance.

L'Etre caché dans le Nuage devient le Créateur Démiurge des mondes inférieurs. Ceci est le "Jéhovah", le Cosmocréateur de l'Ancien Testament. Il crée Sept Rois pour gouverner les Sept Cieux (Planètes), et Cinq Rois qui gouvernent les Abysses les royaumes du Chaos, les "Mondes Sombres" dans lesquels les âmes se rendent entre les incarnations. Ces cinq mondes sombres avec leurs Cinq Rois, représentent le "Chaos" des Grecs, et "l'abysse" dans lequel les germes de toute vie et formation se développent.

Plus tard des êtres furent créés, 360 ou 365 en nombre un Ange pour chaque jour de l'année, évidemment. Ils sont symbolisés par les silhouettes à têtes d'animaux, dans la culture Egyptienne.

Chacun savait que les Egyptiens n'adoraient pas des animaux ou des animaux-démons; ils prenaient ces figures de façon symbolique. L'idée est précisément la même que nous trouvons dans notre Nouveau Testament, où un bœuf est dépeint pour l'Evangile de Luc, un Lion pour St. Marc, un serpent pour St. Jean, et un homme pour St. Matthieu. Il aurait été assez en droite ligne avec la symbologie Egyptienne d'avoir dépeint St. Luc comme un homme à tête de bœuf tenant un livre dans sa main. Nous pouvons ne pas aimer ce symbolisme, mais nous pouvons le comprendre.

Tous les Pouvoirs ont deux noms, en accord avec la doctrine magique de l'antiquité par laquelle le Nom "Secret" ou "Dieu" était un Nom de Pouvoir, et qui n'était jamais révélé; puisque le nom commun était le nom utilisé publiquement. Les Egyptiens donnaient toujours à leurs enfants deux noms pour cette raison, le premier étant le nom secret. Dans les Ecoles Initiatiques comme dans le Baptême Chrétien nous voyons une forme de coutume similaire, où le baptisé prend un nouveau nom. Il semblerait également qu'il avait un nouveau Nom Secret, comme un Initié; car le Baptême était une Initiation et une renaissance.

Chaque chose dans la vie a ses bons et mauvais aspects. Les planètes dans l'horoscope peuvent donner une destinée bénéfique ou l'opposé, ou les deux mêlées à la fois, ce qui est habituellement le cas. Par conséquent chaque Grand Ange a deux Noms, et chaque démon peut être contraint par l'usage du Nom du Grand Ange qui a gouverne sur ses activités. L'Apocryphe de Jean n'entre pas dans ceci, mais le concept est impliqué dans le fait que les Intelligences Créatrices sont dites avoir Deux Noms.

Lorsque sa création fut terminée, Ialdebaoth s'exclame fièrement : "je suis un dieu jaloux et il n'y a d'autre dieu que moi!" Et l'Apocryphe prévient que l'histoire de la création ne doit jamais être prise dans le sens que Moïse l'a décrite, mais d'un point de vue opposé.

Sophia, voyant que son fils pèche contre Dieu, va et vient comme un esprit sur l'abysse de l'espace, et elle est aidée dans sa détresse par d'autres pouvoirs. A la fin, fixant les eaux de l'abysse, les Pouvoirs, à leur étonnement, voient se refléter l'image de Dieu! Ialdebaoth commande alors que lui et ses compagnons créent un être fait à la ressemblance de cette Image dépeinte, qu'ils appellent Adam, et les Archéons (Pouvoirs) se mettent au travail. Archon est le terme Grec.

Comme pour les autres noms des Pouvoirs, le texte dit, "Si tu veux les connaître, ils sont écrits dans le livre de Zoroastre", montrant que l'influence Perse réside derrière les influences Hébraïque, Grecque, et Egyptienne de cet Apocryphe.

Adam fut créé, mais ne pouvait se tenir debout, et cinq messagers envoyés du Dieu véritable conseillèrent à Ialdebaoth d'insuffler le souffle de vie dans la bouche d'Adam. Il fit ceci, et Adam non seulement se leva, mais devint resplendissant, et Ialdebaoth craignit aussitôt qu'il ne lui dérobe son pouvoir.

Les Pouvoirs chassèrent alors Adam dans les ténèbres inférieures. Mais la Mère prit pitié d'Adam, et lui envoie une Etincelle de Pensée de Lumière, appelée Zoé, un autre mot Grec. Puis les Archéons construisent encore un autre corps, plus dense et plus matériel, dans lequel ils emprisonnent Adam. Ils créent le Paradis dans le monde inférieur, et l'y déposent, mais les joies de son Paradis sont illusoires et pleines d'amertume. L'Arbre de Vie appartient à Ialdebaoth, et son fruit est amer; l'Arbre de la Connaissance détient l'Etincelle, ou Germe, de Lumière de la Divine Mère.

"Qu'était le Serpent qui enseigna à l'Homme de manger de cet Arbre?"demande Jean. Le sauveur répond :"Le Serpent lui enseigna le germe du désir, pour mettre Adam en esclavage; mais il vit qu'Adam ne lui obéissait pas à cause du Germe de Lumière qui était en lui". Le Serpent est, comme montré ci-dessus, Jehovah-Ialdebaoth. Il est celui qui gouverne l'Arbre de "Vie", ou désir, des corps engendrés.

Le Démiurge crée alors Eve, qui est une partie de la Lumière Adamique, mais lorsqu'il ouvre le côté d'Adam, la part de lumière s'échappe, aussi il fabrique Eve avec ce qui reste. L'apocryphe dit que le Christ Lui-même se manifesta dans la forme d'un aigle et s'assit sur l'Arbre de la connaissance, pour inciter Adam et Eve à manger du fruit de la Connaissance, dans lequel était le Germe de Lumière appartenant à la Divine Mère, par lequel ils pourraient être rachetés des ténèbres de la matière et du pouvoir de Jéhovah-Ialdebaoth, le Serpent des Ténèbres. Le germe du Démiurge est à la fois dans Adam et Eve, qui apportent Caïn et Abel; mais Seth s'échappe. Seth est l'Homme Rempli de Lumière, qui plus tard renaît en tant que Jésus le Christ, le fils véritable de Sophia, la Sagesse.

St. Paul dit, parlant d'Abraham, Sarah et Agar :"lesquelles choses sont en allégories"; et il est évident que ces Gnostiques écrivaient en allégories. Elles ne peuvent pas être comprises d'une autre manière.

Nous voyons de ceci pourquoi les Catholiques croyaient que les Manichéens adoraient Satan, puisque pour les Manichéens Jéhovah était le Satan et l'Esprit de l'Arbre de la Connaissance était le Christ. Mais ils n'adoraient pas Satan, ils adoraient le Christ, comme l'Esprit qui donnait Sagesse et Connaissance à l'humanité. L'Arbre de Vie de Jéhovah n'était pas immortalité mais "génération", un arbre généalogique.

Il y a une raison de croire que le texte de la Genèse Hébraïque, écrite d'un point de vue opposé, comme Max Heindel l'a commenté une fois, a , en fait, donné la même interprétation lorsqu'elle dit que "Adam connut Eve, et qu'elle porta Caïn"; Adam connut Eve, et elle porta Seth"; identifiant ainsi clairement la génération avec l'Arbre de la Connaissance, alors que les Gnostiques et les Manichéens donnaient cette signification à l'Arbre de Vie.

Comme dans Pistis-Sophia, un long dialogue entre Jean et le Christ est donné, couvrant de nombreux sujets d'intérêt spirituel. L'Apocryphe montre qu'il y a un véritable Esprit, qui est Au-dessus, et un Esprit Contrefait (qui imite Le Véritable) qui est en-dessous, dans l'espace inférieur. Le Salut est libéré de la "caverne de perversité" dans laquelle l'homme est emprisonné, et où il passe tous ses jours regardant les ombres. (Comparez avec le Mythe Platonique de la Grotte dans la République, Livre VII).

Il y a une guerre constante entre le Véritable Esprit et l'Esprit Contrefait revendiquant pour les âmes de l'humanité. C'est le Démiurge qui envoie ses anges en bas pour séduire les filles des hommes à chaque fois qu'elles montrent quelque inclination à s'élever des cavernes de perversité, leur enseignant les soi-disant bonnes choses de la terre, leur donnant la santé matérielle, le bonheur, et le pouvoir; leur enseignant les arts, les habiletés, et les sciences du monde physique.

Mais la Grande Mère n'oublie jamais, et elle survole encore, aller et retour, sur l'abysse du temps et de l'espace, cherchant à sauver ses enfants. Elle va vers Adam pour l'éveiller de son sommeil dans les ténèbres, lui disant :

Je suis la richesse de la Lumière

Je suis la mémoire de la Plénitude (de l'Esprit)

Je marchai dans les profondeurs des Ténèbres

Et je persévérai jusqu'à ce que j'atteigne le milieu de la prison, vers la fondation du Chaos…

Je pénétrai dans le cœur de la prison, c'est à dire, la prison du corps

Et je dis 'Que celui qui entend s'éveille du lourd sommeil!'

Et Adam s'éveilla…disant, "Qui a appelé mon nom?'

Et l'Esprit répond : 'Je suis la Pensée de l'Esprit Vierge

Qui te ré-établit dans les royaumes de gloire.

Lève-toi, et souviens-toi que

C'EST TOI- MÊME QUE TU AS ENTENDU

Et retourne vers ta racine!

Car je suis Le Miséricordieux.

Abrite-toi des anges de destruction, des démons du Chaos,

Et de tout ce qui te gêne, et élève-toi du lourd sommeil de la demeure infernale'.

L'étudiant Gnostique français Jean Doresse qu'il n'est pas toujours clair de savoir qui parle, si c'est le Sauveur, ou la Reine Vierge des Anges; et il dit que sans doute ceci insiste sur l'histoire du Christ ayant été mélangée à l'ancien mythe de la déesse Mère. La ressemblance au mythe Babylonien de la Descente d'Ishtar et du mythe Grec de Déméter cherchant Perséphone est évidente; pas pour mentionner l'Isis Egyptienne cherchant Osiris. Le poète a fait un effort, apparemment pour construire un mythe parmi de nombreux, une allégorie éclectique, universaliste, acceptable aux anciens peuples, incluant les Juifs.

Le texte utilisé par les Manichéens médiévaux en Europe peut avoir été une version éditée par Mani ou ses disciples.

Puisque Doresse n'est pas un mystique ou un occultiste, et puisqu'il interprète ces textes avec un littéralisme qui est déplorable, nous ne pouvons prendre sa parole pour la substance véritable de l'Apocryphe de jean. Il n'est pas réellement intéressé, sauf comme un vivisecteur est intéressé en découpant un animal dans un laboratoire; et c'est uniquement lorsque nous prenons en sympathie ces anciens livres dans nos consciences, en méditation et contemplation, utilisant l'imagination poétique, que nous pouvons entrer dans l'esprit en lequel ils furent écrits et ainsi en arriver à une sorte de compréhension de ces textes.

RAYS MAI JUIN 2002 ANN BARKUST

 Source : http://rosae-crucis.pagesperso-orange.fr/chantal/bible/le_livre_secret_2.htm

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Published by Traduction Chantal Duros - dans Gnose
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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 16:44

Les Eons

Ce sont d’immenses agrégats de forces naturelles, invisibles mais tangibles, créés au cours des temps par les hommes (initialement inconscients). Les éons exercent maintenant une influence coercitive sur l’existence humaine. L’autoconservation étant devenue la principale caractéristique de l'humanité, les éons, à leur tour, ont une propension à l'autoconservation.
Ils sont au nombre de douze et ont constitué, au fil des temps, un groupe hiérarchisé qui règne sur les domaines de l'espace-temps. Au prix d’une immense souffrance humaine, les entités éoniques les plus puissantes ont acquis, par rapport à la roue des naissances, un affranchissement qu’elles ne peuvent conserver qu’en entretenant cette souffrance. Elles se nourrissent des éthers libérés par la violence de la douleur et, à l'inverse, par l'ardeur de la joie intense.
Parallellement à ces influences naturelles, on trouve les forces du septuple cosmos divin. Cette septuplicité, du fait de l'état chuté du genre humain, provoque le plus souvent férocité, paresse, animosité, et son cours harmonieux et paisible se trouve contrarié et entravé de toutes les façons possibles.

ÉTYMOLOGIE

En grec, le temps, la durée, l'éternité ; lat. aevum ; goth. aivs ; sanscr. âyus ; ainsi dit parce que l'éon était une intelligence éternelle. Terme des systèmes gnostiques. Nom des émanations ou intelligences éternelles sorties du sein de l'Un. Les éons sont les substances divines qui en Dieu émanent plus immédiatement ; ils sont les uns actifs, les autres passifs ; ils sont de différents sexes : il n'y en a qu'un certain nombre.
Innombrable et illimitée, la progéniture du Père-Fils — les existants — est pourtant indivisible ; c’est qu’elle est issue de lui, Père et Fils, à la manière de baisers : par l’effet de leur surabondance, le baiser de personnes s’embrassant mutuellement dans une pensée bonne et insatiable est unique, bien que s’exprimant en de multiples baisers. Telle est l’Église nombreuse, qui préexiste aux éons, que l’on appelle à juste titre « les éons des éons ».
Il est impossible à un intellect de les concevoir — telle est la perfection de ce lieu-là — et nulle parole ne les peut dire, car ils sont ineffables et ils sont au-dessus de tout nom. Ils sont inconcevables. Eux seuls néanmoins ont le pouvoir de s’attribuer des noms afin de se concevoir. En effet, ils ne sont pas enracinés ici-bas. Car ceux qui appartiennent à ce lieu-là sont ineffables et indénombrables, selon cette constitution. Car telle est la forme, la manière et la sorte, la joie et l’allégresse de l’Inengendré, innommé, au-dessus de tout nom, inconcevable, invisible et insaisissable ; c’est le Plérôme de la Paternité, si bien que sa surabondance est devenue procréation. Tant qu’ils sont demeurés dans la Pensée du Père, c’est-à-dire tant qu’ils sont demeurés dans la Profondeur cachée, la Profondeur les connaissait certes, mais eux ne pouvaient connaître la Profondeur en laquelle ils se trouvaient, ni se connaître eux-mêmes, ni connaître quoi que ce soit d’autre.
Ils existaient avec le Père, et ils n’existaient pas pour eux-mêmes, mais ils possédaient leur existence seulement comme une semence, de sorte qu’on peut comparer leur existence à celle d’un embryon. Il les a engendrés comme le logos qui existe à l’état de semence avant que ne viennent à l’existence les choses qu’il produit.
C’est également pour cela que le Père a prévu à leur sujet non seulement qu’ils existeraient pour lui, mais qu’ils existeraient aussi pour eux-mêmes ; qu’ils existeraient donc dans sa pensée en tant que substance intellectuelle, mais qu’ils existeraient aussi pour eux-mêmes.
Ils sont des intellects d’intellects, qui se trouvent être des logoi de logoi, supérieurs de supérieurs, degrés de degrés, plus élevés les uns que les autres.

Les douze éons de la perdition :

L’homme-âme dialectique de cette nature se maintient au moyen de douze forces. Dans notre École il est question de douze forces astrales planétaires, à savoir : huit forces éthériques, deux forces astrales et deux forces spinales. Ces douze forces planétaires sont les mêmes que celles dont parle la Pistis Sophia, quand elle dit que toutes les âmes naissent des forces des archontes de ces sphères. Les archontes sont les forces de la damnation, comme le dit la Pistis Sophia. - Les noyaux de ces forces sont désignées comme étant les “éons de la perdition”. Les douze éons de la perdition sont les douze foyers de la lipika, tant cosmique que microcosmique. Comme telles, ces douze forces ne sont jamais libératrices pour l’homme mais sont, sans exception, corruptrices pour l’humanité. C’est pourquoi elles sont désignées comme les douze portes de la perdition.

Le zodiaque, les 12 éons

Pour le comprendre, il faut avoir quelques notions de ce qu’on entend par zodiaque, les douze signes qui gouvernent directement l’univers dialectique. Ces douze forces tiennent enfermé l’univers dialectique entier et le régissent. Ce sont les autorités divines dialectiques supérieures qui déterminent la dodécuple personnalité de l’être humain.

Ils forment:

1. - la conscience dialectique;

2. - l’instinct dialectique de possession;

3. - l’idée dialectique de fraternité;

4. - l’idée dialectique de patrie (concrétisation sur terre du Royaume des cieux);

5. - l’idéal dialectique de force, courage, héroïsme;

6 .- l’idéal dialectique de fécondité;

7. - l’idée dialectique de vie en harmonie;

8. - l’idée dialectique du développement s'exprimant par l'occultisme;

9. - le rêve de la divinisation dialectique;

10. - la première étape de la réalisation de cette divinité illusoire, au sens mental;

11.- la deuxième étape, au sens éthique;

12.- la troisième étape au sens d'une manifestation matérielle ne signifiant rien d'autre qu'une souffrance infinie.

Or cette chaîne dodécuple forme la grande prison de la nature de la mort: douze dieux, dont émanent douze idées, douze illusions, douze tentatives.

Les mystères de la magie du Treizième Éon :

Et si, sur cette voie de retour à la liberté des mystères transfiguristiques, un pauvre esseulé est arraché à la gigantesque emprise de l'univers de la mort, c'est un vrai miracle! Pour expliquer cet insigne et merveilleux événement, il est écrit aux chapitres 19 et 20 de la Pistis Sophia :
Marie dit : Seigneur, les hommes qui connaissent les mystères de la magie de tous les archontes de tous les éons, et la magie des archontes du destin et de ceux de la sphère, celle que les anges déchus leur ont apprise pour contrecarrer les bonnes actions et qu'ils invoquent dans leur mystère, c 'est-à-dire, leur magie noire, ces hommes les accompliront-ils désormais ou non?»
Jésus fit cette réponse à Marie : «Ils ne l'accompliront pas de la façon dont ils l'ont accomplie depuis le commencement, parce que je leur ai enlevé un tiers de leur force. Mais ils demanderont des forces à ceux qui connaissent les mystères de la magie du Treizième Eon. Et s'ils invoquent les mystères de la magie de ceux qui se trouvent dans le Treizième Eon, ils l'accompliront de façon sûre et certaine, parce que je n'ai retiré aucune force de ce domaine, conformément à l'ordre du Premier Mystère. Celui qui coopère avec le Treizième Eon, qui, de tout son être, se consacre à la Fraternité du Trésor de la Lumière, avec le désir du salut et en totale reddition de lui-même, a évidemment remis à ce Treizième Éon son potentiel magique, son pouvoir magique. Cet Éon n'emploie pas cette Force pour transformer le spatio-temporel en quelque chose de durable et d'éternel, mais pour nous attirer dans le nouveau Champ de vie; pour vous élever, avec votre force tout entière et grâce à elle, une fois que vous serez purifié. Vous possédez une force, un bien inaliénable. Cette force vous met en interaction magique, en relation magique avec les éons de la nature ordinaire; et c'est avec votre force qu'ils vous animent en vue de la mort. Mais si, avec cette même force, vous entrez en liaison avec le Treizième Éon, alors vous êtes animé en vue de la Vie. Cette animation pour la mort dégénère et dénature complètement votre microcosme. Mais l'animation pour la Vie le transfigurera totalement. Tel est le grandiose mystère de la libération. Il s'agit ici de deux lois magiques; mais sur les deux, une seule peut opérer. Que faites-vous de votre force, vous, en tant que microcosme? Si vous acceptez de livrer votre force à la Gnose, la Loi de la libération devient opérante en ce qui vous concerne. Vous ne dépendez plus de la seule volonté de la Fraternité, mais vous êtes parfaitement en mesure de mener à bien, vous-même, votre propre accomplissement.

Source : http://gnose.free.fr

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 16:42

«Les autorités créèrent leur ouvre par  une action conjointe d’elles mêmes et de toutes leurs puissances. Les autorités modelèrent un modelage d’après elles-mêmes et chaque puissance créa une âme à partir de sa puissance propre, l’âme. Elle créa cette âme d’après l’image qu’elle avait vue, à l’imitation de celui qui  existe depuis le commencement, l’Homme parfait. Les puissances dirent : “Nommons-le Adam afin que le nom de celui-ci ainsi que sa puissance deviennent pour nous lumière”.

 

« Et les puissances commencèrent à partir de l’intérieur. La première puissance, Divinité, est une âme d’os ; la deuxième, Souveraineté, une âme de nerf ; la troisième, Jalousie, une âme de chair ; la quatrième, Pronoia, une âme de moelle ainsi que la constitution totale du corps ; la cinquième, Royauté, une âme de sang ; la sixième, Compréhension, une âme de peau ; la septième, Sophia, une âme de cheveux. Et ces puissances mirent en ordre le corps entier.

 

« Alors leurs anges les assistèrent et créèrent à partir de ce qui avait été précédemment préparé par les autorités comme support  de l’âme, l’ordre d’ajointement des membres. Et le corps entier fut créé, étant assemblé par la foule des anges dont j’ai parlé précédemment.

 

« Et ce corps demeura inactif un long moment car les sept autorités ne purent le mettre debout pas plus que les trois cent soixante anges qui avaient procédé à l’ajointement.

 

« Alors la Mère voulut reprendre la puissance qu’elle avait donnée à l’Archonte par impétuosité et sans méchanceté. Elle adressa une supplique au Père dont la miséricorde est abondante, ainsi qu’aux quatre lumières. Et il envoya, par décision sainte, l’Autogène et les quatre lumières sous l’aspect d’anges du Premier Archonte.

 

« Ils le conseillèrent dans le but d’extirper de lui la puissance de la Mère. Ils lui dirent : “ Souffle dans son visage l’Esprit qui est en toi et l’ouvre se mettra debout !” Et le premier Archonte souffla dans cette oeuvre un Esprit qui n’est autre que la Puissance de la Mère, le faisant passer de lui dans le corps. Et celui-ci se mut  aussitôt.

 

« Alors le reste des autorités fut jaloux de Yaldabaôth, car c’était d’elles toutes que l’homme était issu, et elles donnèrent à celui-ci  les puissances issues d’elles et il devint ainsi possesseur des âmes des sept autorités et de leurs puissances. Sa pensée devint alors supérieure à celle de ceux qui l’avaient créé et à celle du Premier Archonte.

 

« Mais Yaldabaôth et ses autorités comprirent que l’homme s’était dépouillé du mal en devenant plus sage qu’eux et qu’il avait accédé  à la lumière. Il le prirent alors et l’entraînèrent vers les régions les plus basses de toute la matière.

 

« Le bienheureux Père, bienfaiteur miséricordieux, manifesta sa compassion envers cette puissance de la Mère qui avait été soustraite à l’Archonte, afin qu’elle exerce sa domination sur le corps. Il envoya son Esprit  bienfaisant et miséricordieux, Épinoia de la lumière, comme aide pour le premier à être descendu, celui qu’ils avaient appelé Adam. C’est elle qu’Adam a nommée « Vie ».

 

« C’est elle qui travaille à la création entière, peinant avec elle, l’érigeant pour en faire son propre temple parfait, et lui ouvrant les yeux au sujet de la descente de sa déficience en lui enseignant sa remontée.

 

« Et Épinoia de la lumière se trouva donc cachée en lui de sorte que  les archontes ne perçoivent pas sa présence, mais que notre consoeur Sophia qui est semblable à nous corrige ses déficiences grâce à Épinoia de la lumière.

 

« L’homme devint lumineux à cause de l’ombre de lumière qui est en lui. Et il devint supérieur à ses créateurs. Et toutes les autorités archontiques firent un signe d’assentiment  voyant que l’homme les surpassait.

 

«Les autorités tinrent conseil avec tout le corps angélique des archontes et le reste de leurs pouvoirs. Alors le souffle et la terre furent mélangés à l’eau et à la flamme ; ils les assemblèrent au moyen des quatre vents au souffle brûlant, les unissant ensemble. Provoquant une grande confusion ils introduisirent l’homme dans l’ombre de la mort. Ils firent donc un autre modelage, une nouvelle fois, mais à partir de terre, d’eau, de feu et de souffle, c’est-à-dire à partir de matière, de ténèbres, de désir et d’Esprit contrefait.

 

« Le voilà le lien ! Le voilà le tombeau du modelage du corps dont les voleurs ont revêtu l’homme comme d’un lien matériel, le lien de l’oubli ! Et c’est ainsi que l’homme est devenu mortel. La voilà la descente primordiale et la séparation primordiale ! Mais l’Ennoia de la lumière préexistante est en lui, éveillant sa pensée !

 

« Le Premier Archonte prit l’homme et le plaça dans ce paradis, dont il disait qu’il est délices pour lui, mais c’est afin de le tromper, car leur nourriture est amère, et leur  beauté perverse. Leur nourriture est tromperie et leur arbre, impiété. Leur fruit est un poison qui n’apporte pas la guérison et leur promesse est mort pour lui.

 

« C’est en prétendant qu’il était l’arbre de la vie qu’ils ont planté leur arbre ; mais je vous enseignerai que le mystère de leur vie c’est l’Esprit contrefait fait par eux afin de détourner l’homme de sorte qu’il ne conçoive pas par la pensée sa plénitude.

 

« Cet arbre est ainsi fait : sa racine est amère, ses branches sont ombres de mort, son feuillage est haine et tromperie, son huile est onction de perversité et son fruit désir de  la mort. Sa semence ne s’abreuve que d’obscurité. Ceux qui goûtent à cet (arbre), leur lieu de séjour est l’Hadès.

 

« Quant à l’arbre qu’ils disent être  “pour connaître le bien et le mal”, c’est Épinoia de la lumière, celle à propos de qui ils ont fait commandement de ne pas goûter, c’est-à-dire de  ne pas lui obéir. En effet ce commandement a été édicté contre l’homme afin qu’il ne regarde pas en haut, vers sa plénitude, et qu’il ne pense pas qu’il est nu de sa plénitude. Mais c’est Moi qui l’ai redressé  pour qu’il mange ! »

 

Je lui dis : « Seigneur ! N’est-ce donc pas le serpent qui a instruit l’homme ? » Il rit et dit : « Le serpent  leur a enseigné le désir de procréation, qui est souillure et corruption, pour que ce désir soit utile pour lui-(même).

 

« Et le Premier Archonte sut qu’Adam ne lui avait pas obéi parce qu’il était plus intelligent que lui. Aussi désira-t-il reprendre la puissance qui lui avait été retirée au profit d’Adam. Et il jeta un égarement sur Adam. »

 

Je lui dis : «Seigneur ! qu’est-ce que l’égarement ? » Alors il me dit : «Ne l’interprètes pas comme l’a dit Moïse : “il l’a fait dormir”, mais comprends qu’il voila les perceptions  d’Adam d’aperception et, en effet, il a parlé par la bouche du prophète en disant : “J’appesantirai les oreilles de leur cour pour qu’ils  ne pensent pas et ne voient pas”.

 

« Épinoia de la lumière se cacha alors en Adam et dans son désir de la posséder, l’Archonte voulut l’en faire sortir au moyen de la côte. Mais comme  Épinoia de la lumière est un être insaisissable, les ténèbres, bien qu’elles aient poursuivi sa lumière, ne purent la saisir.

 

«L’Archonte voulut alors amener la puissance hors d’Adam en faisant un nouveau modelage mais en forme de femme et mit celle-ci debout devant Adam. Cela ne se passa donc pas comme l’a dit Moïse : “il prit une côte”, mais il créa une femme et la plaça auprès de lui.

 

 « À cet instant Adam fut dégrisé de l’ivresse des ténèbres, car Épinoia de la lumière retira le voile qu’il avait sur le cour. Aussitôt qu’il connut sa co-essence qui lui ressemble, il dit : “Maintenant tu es un os de mes os et de la chair de ma chair !”

 

« C’est pourquoi l’homme quittera son Père et sa Mère, s’unira à sa femme et ils deviendront, eux deux, une chair unique, parce que le conjoint de la Mère sera envoyé pour que soient redressées les déficiences de celle-ci.

 

« C’est pourquoi Adam la nomma : “mère de tous les vivants”.

 

« Par décision de la Souveraineté d’en haut et par révélation, Épinoia enseigna à Adam la connaissance par l’intermédiaire de l’arbre, sous l’aspect d’un aigle. Elle lui apprit à manger la connaissance, afin qu’ils se souviennent  de leur plénitude, car s’était produite dans les deux la chutedans l’ignorance.

 

« Yaldabaôth comprit qu’ils s’écartaient de lui et il les maudit. Et il ajouta en plus à l’adresse de la femme que son mari la dominerait, sans connaître le mystère qui s’était produit par  décision sainte d’en haut. Mais eux eurent peur de le maudire en révélant son ignorance à ses anges. Et il les jeta hors 62 du paradis et les revêtit d’épaisses ténèbres.

 

« Yaldabaôth vit alors la vierge qui se tenait auprès d’Adam. Il fut rempli d’ignorance et voulant susciter d’elle une semence, il la souilla et engendra un premier fils, et semblablement un deuxième : Yaoué, face d’ours et Eloïm, face de chat. L’un est juste et l’autre est injuste. Eloïm est le juste et Yaoué  l’injuste. Le juste, il l’a établi sur le feu et le souffle ; l’injuste, il l’a établi sur l’eau et la terre. C’est eux que toutes les générations ont nommés Abel et Caïn.

 

« Jusqu’à aujourd’hui, l’union matrimoniale instituée par le Premier Archonte a duré. Il a semé en Adam un désir de procréation de sorte que, grâce à cette nature archontique, ils engendrent à la ressemblance de Yaoué et Eloïm, à l’instigation de leur Esprit contrefait.

 

« Quant aux deux archontes, Yaoué et Eloïm, il les a établis sur les éléments afin qu’ils gouvernent sur le tombeau.

 

« Ayant connu sa propre essence Adam engendra Seth sur  le modèle de la génération qui est en haut dans les éons.

 

« De la même façon fut envoyé à la Mère son propre Esprit, pour qu’il fasse se lever ceux qui sont de même nature que lui Seth  mais sont dans la figure de la plénitude, et qu’il les conduise hors de l’oubli et du mal du tombeau.

 

« Et ceux-ci demeurèrent un temps ainsi, pendant qu’elle ouvre en faveur de la semence afin que, lorsque l’Esprit Saint viendra des grands éons, il les établisse hors de leur déficience  en vue de la restauration de l’Éon pour que cet éon soit dans une plénitude sainte et qu’ils ne soient plus déficients. »

 

Je dis alors : « Seigneur ! Toutes les âmes  seront-elles sauvées dans la lumière pure ? » Il me dit : « Tu as accédé à l’Ennoia de grandes réalités qu’il est difficile de dévoiler à d’autres 65 qu’à ceux qui appartiennent à cette génération inébranlable.

 

« Ces âmes sur qui l’Esprit de vie descend et en qui il s’unit à la puissance, seront sauvées et deviendront parfaites et seront dignes de monter vers ces grandes lumières. Là, en effet, elles sont purifiées de tout mal et libérées des liens de la perversité puisqu’elles ne se sont appliquées à rien d’autre qu’à (promouvoir) ce rassemblement incorruptible, se souciant de ce rassemblement sans colère, ni jalousie, ni crainte, ni désir, ni rassasiement. Elles n’étaient affectées par aucune de ces passions, mais seulement par la condition charnelle pendant qu’elles s’en servent, guettant (le moment) où elles seront reçues  par les receveurs dans la dignité de la vie éternelle et de l’appel, endurant tout, supportant  tout pour mener à sa perfection le combat et hériter de la vie éternelle. »

 

Je lui dis : « Seigneur ! Qu’advient-il des âmes de ceux qui n’ont pas [fait] cela ? Où se rendront celles d’entre elles en qui l’Esprit de vie s’est associé à la puissance ? Seront-elles sauvées ou non ? » Il me dit : « Celles en qui cet Esprit entre, en tout état de cause seront sauvées (car) celles-là fuient le mal. La puissance 5 entre en effet dans tous les hommes, car sans elle ils ne pourraient tenir debout. C’est après que l’homme soit né que l’Esprit de vie est amené vers l’Esprit contrefait. Lorsque l’Esprit de vie vient, lui qui est vigoureux, il fortifie l’âme, c’est-à-dire la puissance, et l’Esprit contrefait ne l’égare plus vers la perversité. Mais au contraire celui  en qui l’Esprit contrefait descend est attiré par celui-ci et tombe dans l’erreur. »

 

Je dis alors : « Seigneur ! Les âmes de ceux-ci, lorsqu’elles sortiront de la chair, où iront-elles ? » Mais lui, rit et dit : Elles se rendent vers un lieu destiné à l’âme, c’est-à-dire à la puissance qui l’a emporté sur l’Esprit contrefait. Cette âme est vigoureuse. Elle fuit les ouvres perverses, et est sauvée par la visite incorruptible, puis elle accède au repos des éons. »

 

Je dis alors : « Seigneur ! Ceux qui n’ont rien connu du tout qu’advient-il de leurs âmes ? Où iront-elles ? » Il me dit : « L’Esprit contrefait a pesé sur celles-ci quand elles ont trébuché et, par ce moyen, il accable leur âme, l’oriente vers les ouvres perverses et l’entraîne dans 5 l’oubli. Ainsi, après qu’elles ont été dénudées du corps, elles sont livrées aux autorités qui relèvent de l’Archonte. Celles-ci les jettent à nouveau dans des liens et elles tournent avec ces autorités jusqu’à ce qu’elles soient délivrées du mal et de l’oubli, et acquièrent la connaissance. Ainsi elles atteignent la perfection et sont sauvées. »

 

Je dis alors : « Seigneur ! Comment l’âme peut-elle redevenir petite et retourner dans le sein de la Mère ou dans l’Homme ? » À ma question, il se réjouit et dit : «Tu es bienheureux en vue d’un accompagnement ! Cette âme est en effet remise à un autre qui appartient au lieu de l’Esprit de vie. Elle l’accompagne, lui obéit et est sauvée. Ainsi ces âmes ne retournent pas dans une chair à partir de ce moment. »

 

Je lui dis : « Seigneur ! ceux qui après avoir accédé à la connaissance  s’en sont détournés, qu’advient-il de leurs âmes et où sont-elles conduites ? » Il me dit : « Ils iront vers le lieu dans lequel les anges de la pauvreté conduisent ceux  pour qui la repentance n’est pas venue et ils y seront gardés en vue du jour où ils seront châtiés. Quiconque a blasphémé l’Esprit Saint sera  torturé dans un châtiment éternel. »

 

Je dis alors : « Seigneur ! D’où est venu l’Esprit contrefait ? » Il me dit : « Lorsque la Mère riche en miséricorde s’est associée à l’Esprit Saint miséricordieux qui a peiné avec nous, c’est-à-dire à l’Épinoia de la lumière unie à la semence, cet Esprit éveilla la pensée des hommes de la génération de cet Homme parfait, lumière éternelle. Le Premier Archonte comprit alors que ceux de la semence de Seth lui étaient devenus supérieurs par l’éminence de leur sagesse. Il voulut s’accaparer leur conseil, car, du fait de son ignorance, il ne savait pas  que les membres de ce conseil étaient plus sages que lui.

 

«Le Premier Archonte tint donc conseil ; il engendra la Fatalité et lia  au moyen de mesure, de temps et de moments, dieux des cieux, anges, démons et hommes, afin que tous soient pris dans le lien de cette Fatalité qui règne sur chaque chose ; dessein mauvais et pervers !

 

« Et le Premier Archonte se repentit à propos de ceux qui étaient venus à l’existence par son action. Il tint conseil  en vue de provoquer un déluge sur tout l’édifice humain. Alors la grandeur de Pronoia se souvint, elle qui s’identifie à Épinoia de la lumière  et elle révéla la chose à Noé qui l’annonça aux hommes. Mais ils ne le crurent pas.

 

« Cela ne se passa pas comme Moïse l’a dit : “Ils se cachèrent dans une arche”, mais ils se mirent à l’abri dans un lieu, pas seulement Noé mais aussi d’autres hommes de la génération inébranlable. 10 Ils allèrent vers un lieu et se mirent à l’abri au moyen d’un nuage de lumière.

 

« Et Noé connut la Souveraineté d’en haut lui et ceux qui sont avec lui dans  la lumière qui avait brillé pour eux parce que les ténèbres s’étaient répandues sur tout ce qui est sur terre.

 

« Puis l’Archonte tint conseil avec ses 74 anges et il envoya ses anges vers les filles des hommes afin qu’ils suscitent d’elles une semence pour 5 leur satisfaction. Mais ils n’y parvinrent pas la première fois.

 

« Et n’y étant pas parvenus, ils se réunirent (alors) tous en conseil afin de créer l’Esprit contrefait à l’imitation de l’Esprit qui était descendu. Alors leurs anges se transformèrent prenant l’apparence des époux de celles-ci afin de les remplir de cet Esprit issu d’eux, Esprit plein des ténèbres qui proviennent de la perversité. Ils leur apportèrent de l’or, de l’argent, des présents, ainsi que les métaux de bronze, de fer et toutes sortes de choses. Ils les entraînèrent vers des distractions afin qu’elles ne se souviennent plus de leur Pronoia inébranlable.

 

« Ils les prirent et ils engendrèrent des enfants  issus des ténèbres provoquées par leur Esprit contrefait. Et ils fermèrent les cours de ces (enfants) et ils devinrent durs de la dureté même de l’Esprit contrefait  jusqu’à maintenant. En conséquence de cela la Bienheureuse Mère-Père à l’abondante miséricorde, reçoit forme dans sa semence.

 

« Je suis d’abord monté vers  l’Éon parfait, mais je te dis ces choses maintenant pour que tu les mettes par écrit et les transmettes à ceux qui partagent le même Esprit que toi, en secret, car ce mystère  est celui de la génération inébranlable. Cette Mère est venue une autre fois avant moi, ce qu’elle a fait dans le monde c’est restaurer la déficience, mais moi je vous enseignerai ce qui adviendra !

 

« Et en effet je t’ai transmis ces choses pour que tu les écrives et qu’elles soient conservées en sécurité. »

 

Il me dit alors : « Maudit soit quiconque échangera ces paroles contre un présent ou contre de la nourriture ou contre de la boisson, ou contre un vêtement ou contre autre  chose du même genre. »

 

Le Seigneur confia ce mystère à (Jean et devint aussitôt invisible pour lui. Alors celui-ci vint vers ses condisciples et commença à leur dire les paroles) qui lui avaient été dites par le Sauveur.

 

Le Livre des secrets de Jean

 

Commentaire : à comparer avec le Sepher Yetsirah, le Livre de la Création de la Kabbale.

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 16:37

Il arriva, pendant l’un de ces jours où Jean, frère de Jacques, — ce sont les fils de Zébédée — était monté à Jérusalem, qu’étant monté au Temple, un pharisien du nom d’Arimanias s’approcha de lui et lui dit : « Où est ton maître, celui que tu suivais ? » Jean lui dit : « Il est retourné dans le lieu d’où il était venu. » Le pharisien lui dit : « Ce Nazôréen vous a fait errer dans l’erreur et vous a rempli les oreilles de mensonges. Il a fermé vos coeurs et vous a détournés des traditions de vos pères. »

 

Lorsque j’entendis ces propos, je me détournai  du Temple, me dirigeant vers la Montagne, vers un lieu désert. Je m’affligeais beaucoup et je disais : « Comment le Sauveur a-t-il donc été mandaté ? Pourquoi a-t-il été envoyé dans le monde  par son père qui l’a envoyé ? Qui est son père ? Et de quelle nature est cet éonvers lequel nous irons ? Il nous a dit  que cet éon où nous sommes avait reçu la figure de cet éon incorruptible où nous irons, mais ne nous a pas instruits de ce dernier en nous disant de quelle nature il était ? »

 

À cet instant, alors que je réfléchissais à cela, les cieux s’ouvrirent, la création entière fut illuminée par une lumière qui apparut en  dessous des cieux et le monde entier fut ébranlé. Je fus effrayé et je me prosternai. Et voici que m’apparut un enfant. Mais il changea son aspect, prenant celui d’un vieillard en qui se trouvait de la lumière. Je regardai, mais sans comprendre ce prodige. S’agissait-il d’une apparence ayant des formes multiples dans la lumière et  dont les formes avaient été manifestées les unes par les autres comme si elle était une ? Mais alors comment avait-elle trois aspects ?

 

Il me dit : « Jean, pourquoi doutes-tu et es-tu effrayé? Tu n’es pas étranger à cette apparence. Ne sois pas pusillanime. Je suis avec vous en tout temps. Je suis  le Père, je suis la Mère, je suis le Fils. Je suis celui qui existe éternellement, celui qui est sans souillure et sans mélange. Je suis venu maintenant t’instruire de ce qui est, de ce qui a été  et de ce qui doit advenir afin que tu connaisses les choses invisibles comme les choses visibles, et t’instruire aussi au sujet de l’Homme parfait.

 

 « Maintenant donc lève ton visage, écoute et  . . . ce que je te dirai aujourd’hui afin de le proclamer toi-même à ceux qui partagent le même Espritque toi, eux qui sont issus de la génération inébranlable de l’Homme parfait. »

 

Et comme j’interrogeai afin d’accéder à la pensée, il me dit : «la Monade étant une monarchie, aucun pouvoir ne s’exerce sur elle qui est le dieu et père de toutes choses, le saint, l’invisible établi au-dessus de toutes choses, établi dans son incorruptibilité, établi dans la lumière pure qu’une lumière oculaire ne peut percevoir. La Monade est l’Esprit.

 

« Il n’est cependant pas convenable de concevoir cet Esprit comme dieu ou en des termes similaires, car il est plus qu’un dieu, il est un pouvoir au dessus duquel n’existe aucun pouvoir puisque personne n’existe avant lui.

 

« Il n’a pas non plus besoin de ceux-là les éons qui viennent après lui : il n’a pas besoin de Vie, car il est éternel. Il n’a pas besoin de quoi que ce soit, car il est imperfectible, dans la mesure où il n’a pas de déficience qui le rende perfectible. Il est au contraire totalement parfait en tout temps. Il est lumière.

 

 « Il est l’illimité car nul n’existe avant lui pour le limiter. Il est l’indistinct car nul n’existe avant lui pour lui imposer une distinction. Il est l’incommensurable car personne d’autre ne l’a mesuré, qui existe avant lui. Il est l’invisible car  nul ne l’a vu, lui cet éternel toujours existant. Il est l’indicible car nul n’existe qui l’appréhende de façon à le dire. Il est l’innommable car 5 il n’est personne qui existe avant lui pour le nommer.

 

« Il est la lumière incommensurable, sans mélange, sainte, pure, indicible, parfaite et incorruptible.

 

« Il n’est ni perfection, ni béatitude, ni divinité, mais quelque chose de supérieur à ces notions. Il n’est ni illimité ni limité, mais quelque chose de supérieur à ces notions, car il n’est ni corporel, ni incorporel, ni grand, ni petit, ni une quantité, ni une créature.

 

« Nul ne peut non plus le  penser, puisqu’il n’est rien de ce qui existe, mais est quelque chose de supérieur à ces notions, non du fait qu’il possèderait une supériorité, mais comme s’il était sa propre possession.

 

« Il ne fait pas partie des éons ; le temps n’existe pas pour lui. Si quelqu’un, en effet, fait partie d’un éon, c’est que d’autres ont  préparé cet éon pour lui. Et le temps ne lui a pas été imposé comme limite puisqu’il n’a pas reçu d’un autre qui le limite. Et il est sans besoin car il n’y a absolument personne avant lui.

 

« C’est en  s’adressant à lui-même ses demandes, dans la plénitude de la lumière, qu’il pense la lumière sans mélange, la grandeur incommensurable. C’est ainsi qu’il est l’Éon car le dispensateur d’éon, la lumière, car le dispensateur de lumière, la vie, car le dispensateur de vie, le bienheureux, car le dispensateur de béatitude, la connaissance, car le dispensateur de connaissance. Il est en tout temps le bien, car le dispensateur de bien, le faiseur de bien, non à la mesure de ce qu’il possède mais à la mesure de ce qu’il dispense. Il est la grâcequi dispense grâce, la lumière incommensurable.

 

 « Que te dirai-je au sujet de cet être insaisissable ? Qu’il ressemble à la lumière. C’est dans la mesure où j’ai la capacité de le comprendre ! — car qui pourra jamais le comprendre —que je pourrai en parler avec toi.

 

« Son éon est incorruptible, en quiétude, se reposant en silence. Existant avant toutes choses, il est la tête de tous les éons, car sa Bonté dispense tous les éons, si toutefois il existe un autre attribut auprès de lui. Aucun d’entre nous en effet n’a connaissance de ce qui concerne cet incommensurable hormis celui qui a habité en lui. C’est lui qui nous en a parlé.

 

« C’est lui, l’Esprit, qui se pense lui-même dans sa propre lumière qui l’entoure. C’est lui qui est la source d’eau vive, la lumière pleine de pureté. La source de l’Esprit s’écoula, venant de l’eau vive de la lumière. Et il  organisa tous les éons et  leurs ordres. En toutes formes il pensa sa propre image en la voyant dans l’eau de lumière pure qui l’entoure.

 

« Et son Ennoia devint une ouvre, se manifesta et se tint devant lui dans le flamboiement de la lumière. Elle est la puissance manifestée antérieurement à toutes choses.

 

« Elle est laPronoia de toutes choses qui brille dans la lumière, l’image de l’Invisible.

 

Elle est la puissance parfaite, Barbélô, l’éon parfait de gloire qui glorifie l’Esprit pour l’avoir manifestée.

 

Et quand elle le pense, elle est Prôtennoia, son image.

 

« Elle devint ainsi un Homme primordial qui n’est autre que l’Esprit virginal triple mâle à la  triple puissance, au triple nom, éon non vieillissant, car androgynesorti de la Pronoia de l’Esprit.

 

« Et  Barbélô demanda à l’Esprit que lui soit donnée la prescience. Il fit un signe d’assentiment. Lorsqu’il eut fait un signe d’assentiment Prescience se manifesta, se tint auprès  d’Ennoia qui s’identifie à Pronoia, glorifiant l’invisible Esprit ainsi que la puissance parfaite, Barbélô, car c’est par son intervention qu’elle est venue à l’existence.

 

« À nouveau cette puissance, Barbélô, demanda que lui soit donnée  l’incorruptibilité. Et il fit un signe d’assentiment. Lorsqu’il eut fait un signe d’assentiment, Incorruptibilité se manifesta. Elle se tenait auprès d’Ennoia et de Prescience, et elles glorifiaient l’invisible Esprit et Barbélô car c’est par son intervention qu’elles sont venues à l’existence.

 

« Elle demanda enfin que lui soit donnée la vie éternelle. Il fit un signe d’assentiment. Lorsqu’il eut fait un signe d’assentiment, Vie-éternelle se manifesta. Et elles se tenaient là glorifiant l’Esprit ainsi que Barbélô puisque c’est par l’intervention de celle-ci qu’elles sont venues à l’existence, par la manifestation de l’invisible Esprit.

 

« Telle est la pentade des éons du Père qui s’identifie à  l’Homme primordial. Telle est l’image de l’Invisible qu’est Barbélô associée à Ennoia, Prescience, Incorruptibilité et Vie-éternelle. Telle est la pentade androgyne qui constitue la décade des éons du Père.

 

« Barbélô regarda intensément vers  la lumière pure. Elle entoura celle-ci et enfanta une étincelle de lumière qui ressemble à la lumière bienheureuse, mais qui ne lui était pas égale en grandeur.

 

« C’est  le Monogène manifesté par le Père, le Dieu autogène, le Fils premier engendré de tous ceux qui appartiennent au Père, la lumière pure.

 

« Alors le grand Esprit invisible se réjouit à cause de la lumière qui avait été manifestée par la première puissance, sa Pronoia, Barbélô. Et il  oignit ce Fils de sa Bonté/Messianité, afin qu’il devienne parfait et qu’il soit sans besoin étant devenu bon/Christ, puisqu’il l’a oint de la Bonté/Messianité que l’invisible Esprit a versée sur lui. Et le Fils reçut l’onction de l’Esprit virginal  et se tint en sa présence glorifiant l’invisible Esprit ainsi que celui par qui il a été manifesté.

 

« Et le Fils demanda que lui soit donné un partenaire, l’intellect. L’invisible Esprit fit un signe d’assentiment. Alors Intellect se manifesta et se tint auprès de lui ainsi que de Bonté/Messianité, glorifiant l’invisible Esprit ainsi que Barbélô.

 

« Toutes les oeuvres qui précèdent ont été produites dans un silence associé à Ennoia.

 

«Alors L’invisible Esprit voulut faire une oeuvre au moyen d’une parole. Sa Volonté devint une ouvre. Elle se manifesta et se tint avec Intellect  et la lumière, le glorifiant. La parole suivit Volonté, car c’est par la parole que le Christ a créé toute chose, lui le Dieu autogène.

 

«Quant à Vie-éternelle et  Volonté d’une part et Intellect et Prescience d’autre part, ils se tinrent là  glorifiant l’invisible Esprit ainsi que Barbélô car c’est d’elle qu’ils sont issus.

 

« Le grand Esprit invisible conféra la perfection au Dieu autogène, Fils de Barbélô, pour qu’il se tienne auprès de grand Esprit invisible. Il est le Dieu autogène, le Christ, que l’Esprit a honoré d’un grand honneur parce qu’il était issu de sa Prôtennoia. Il est celui que l’invisible Esprit a établi comme Dieu sur toute chose, Dieu  véritable.

 

«L’Esprit lui donna toute autorité et fit en sorte que la vérité qui est en lui-même fut mise à la disposition de ce Dieu véritable, afin qu’il pense toute chose lui dont le nom ne sera dit qu’à ceux qui en sont dignes.

 

« C’est de  la lumière qu’est le Christ et d’Incorruptibilité, par le don de l’Esprit invisible, que la tétrade des grandes lumières fut manifestée hors du Dieu autogène afin de l’assister.

 

« La triade est composée de Volonté, Ennoia et Vie.

 

« La tétrade, quant à elle, est composée de Grâce, Compréhension, Perception et Intelligence.

 

« Grâce est avec la première lumière, Armozel, l’ange  qui est dans le premier éon, et avec lui sont trois éons : Grâce, Vérité, et Forme. La deuxième lumière, Oroïael est celle qu’il a établie sur le deuxième éon ; avec elle sont trois éons qui sont Pronoia, Perception et Mémoire. La troisième lumière, Daveïthé, a été établie sur le troisième éon ; avec elle sont trois éons qui sont  Compréhension, Amour et Apparence. Quant à la quatrième Lumière, Éléleth, elle a été établie sur le quatrième éon ; avec elle sont trois éons qui sont Perfection, Paix et Sophia.

 

« Telles sont les quatre lumières qui se tiennent auprès du Dieu autogène, les  douze éons qui assistent l’enfant, le grand Christ autoengendreur, par le don et le bon plaisir de l’invisible Esprit. Ceux-ci sont les douze éons qui appartiennent au Fils  autoengendré. C’est par la volonté de l’Esprit Saint que toutes choses ont été affermies par l’Autogène.

 

« De la Prescience  de l’Intellect parfait, par le don et le bon plaisir du grand Esprit invisible et en présence de l’Autogène, l’Homme parfait véritable qui fut le premier manifesté fut appelé du nom d’Adamas. Et il fut installé dans le premier éon de l’Autogène, près du grand Dieu, Autoengendreur, le Christ, dans le premier éon, auprès d’Armozel  accompagné de ses puissances. Et l’Esprit invisible lui donna une puissance intellectuelle invincible.

 

«L’Homme parfait dit alors : « Je te glorifie et te bénis, Esprit invisible : car c’est par toi que tout est venu à l’existence et en vue de toi que tout existe. Je te bénis, en m’associant à l’Autogène et à l’Éon, toi qui es triade, Père, Mère et Fils, puissance parfaite ! »

 

« Et l’Homme parfait installa son fils Seth  sur le deuxième éon près de la deuxième Lumière Oroïael. Dans le troisième éon fut installée la semence de Seth — les âmesdes saints  qui étaient dans l’Éon — auprès de la troisième lumière, Daveïthé. Dans le quatrième éon enfin furent installées les âmes de ceux qui ont eu connaissance de leur plénitude et n’ont pas été prompts à se repentir, mais sont restés temporairement (dans cet état) puis se sont finalement repentis. C’est auprès de la quatrième lumière, Éléleth, que ceux-là resteront, rassemblés en ce lieu, glorifiant l’invisible Esprit.

 

« Donc, notre consoeur Sophia étant un éon, pensa une pensée issue d’elle-même et en accord avec la réflexion de l’Esprit et avec Prescience. Elle voulut manifester  la ressemblance de cette pensée qui lui est propre sans que l’Esprit ait manifesté son bon plaisir, sans même qu’il ait fait un signe d’assentiment, sans même que son conjoint, le virginal Esprit mâle, ait donné son consentement.

 

« C’est donc sans avoir cherché l’assentiment de son conjoint, qu’elle consentit à son propre projet sans le bon plaisir de l’Esprit et sans que celui qui parle d’une seule voix avec elle n’en ait eu connaissance  s’élançant au dehors à cause de l’impétuosité qui est en elle.

 

« Sa réflexion ne pouvait demeurer improductive, aussi son ouvre, l’Archonte, sortit-elle, imparfaite, ne possédant pas une forme conforme à la forme de Sophia, parce qu’elle l’avait faite sans son conjoint, ne possédant pas non plus la figure de Sophia, lui qui est dans l’apparence de la Mère.

 

«Sophia vit cette oeuvre, présente dans son conseil, alors qu’elle était devenue une autre forme, avec une face de serpent et une face de lion et des  yeux illuminant comme un feu. Alors elle chassa cette ouvre loin d’elle, hors de ces lieux, afin qu’aucun des immortels ne la  voit, parce qu’elle l’avait enfantée dans un état d’ignorance.

 

« Elle jumela à son oeuvre une nuée lumineuse, et plaça au milieu de la nuée un trône afin que nul ne voit cette oeuvre excepté l’Esprit Saint que l’on nomme Mère de tous les vivants. Et Sophia lui donna le nom de Yaldabaôth. Il est le Premier  Archonte, celui qui a pris beaucoup de puissance à la Mère.

 

« Il s’écarta d’elle, s’éloigna d’un lieu vers un lieu qui est à l’intérieur de l’endroit dans lequel il avait été enfanté, s’empara d’un autre lieu et se créa un éon flamboyant d’un feu lumineux, celui dans lequel il se tient maintenant.

 

« Alors il  s’accoupla avec sa propre déraison et engendra les autorités qui lui sont subordonnées, douze anges affectés chacun à son éon conçu d’après la figure des éons incorruptibles.

 

« Et les autorités créèrent pour elles-mêmes sept anges et ces anges, trois puissances, de sorte que le total de ceux qui lui sont subordonnés est de trois cent soixante êtres angéliques, associés à sa triple puissance elle-même conçue à la ressemblance de la première figure qui existe avant lui.

 

« Les autorités ont été manifestées par l’Engendreur en chef, premier Archonte des ténèbres et de l’ignorance. Aussi bien, ces autorités partagent-elles l’ignorance de celui qui les a engendrées.

 

« Voici leurs noms : Le premier nom est Yaôth. Le deuxième est Hermas, l’oil du feu. Le troisième est Galila. Le quatrième est Yabêl Le cinquième est Adonaïos. Le sixième est Sabaôth. Le septième est Kaïnan et Kaê, celui que l’on nomme Kaïn, c’est-à-dire le soleil. Le huitième est Abiressiné. Le neuvième est Yôbêl. Le dixième est Harmoupiael. Le onzième est Adônin. Le douzième est Bélias.

 

« Toutes ces autorités possèdent d’autres noms qui leur viennent du désir associé à la colère. Bref, toutes celles-ci, leurs noms sont doubles ; ceux dont elles sont habituellement nommées leur viennent de ces gloires d’en haut, mais ce sont ceux dont elles ont été nommées conformément à la vérité qui manifestent leur nature.

 

« Et Saklas les a appelées de leurs différents noms en fonction de son imagination et de leur puissance. Par ces noms glorieux les hommes s’éloignent et s’affaiblissent. Par les autres, au contraire, ils acquièrent puissance et croissent.

 

« Et Saklas ordonna que sept autorités règnent sur les cieux et cinq sur le Chaos infernal.

 

« Les noms de gloire des autorités qui dominent sur les sept cieux sont les suivants : Le premier est Yaôth, face de lion. Le deuxième est Élôaïos, face d’âne. Le troisième est Astophaïos, face de hyène. Le quatrième est Yaô, face de serpent à sept têtes. Le cinquième est Adonaïos, face de dragon. Le sixième est Adôni, face de singe. Le septième est Sabbataïos, face de flamme de feu lumineux. Telle est l’hebdomade du Sabbat ! Tels sont les autorités qui gouvernent le monde !

 

« Quant à Yaldabaôth-Saklas, lui qui a une forme multiple de sorte qu’il se manifeste lui-même en tout visage en fonction de son désir, il a réparti entre ces autorités une portion de son propre feu  mais de la lumière pure de la puissance qu’il a dérobée à la Mère, il ne leur en a pas donné.

 

« C’est pour cette raison qu’il a été pour eux Seigneur, à cause de la gloire lumineuse de la puissance de la Mère qui est en lui. C’est (aussi) pour cette raison qu’il s’est lui-même nommé “Dieu” sur ces autorités, se montrant (ainsi) désobéissant  envers l’origine qui est la sienne.

 

« Et Saklas jumela aux autorités sept puissances. Par sa parole elles existèrent. Et il leur donna un nom. Il installa les autorités en commençant par la plus élevée.

 

« La première puissance donc est Pronoia, auprès de la premièreautorité, Yaôth ; la deuxième est Divinité, auprès de la  deuxième, Élôaios ; la troisième est Messianité, auprès de la troisième, Astaphaïos ; la quatrième est Jalousie, auprès de la quatrième, Yaô ; la cinquième est  Royauté, auprès de la cinquième, Sabaôth ; la sixième est Com[préhension, au]près de la sixième, Adôni ; la septième est Sophia, auprès de la septième, Sabbataïos.

 

 « Ces puissances possèdent un firmament correspondant à chaque ciel et un éon conçu à la ressemblance des éons primordiaux, comme la figure des éons incorruptibles.

 

«L’Archonte vit donc  la création qui est au-dessous de lui ainsi que la foule des anges qui sont au-dessous de lui et sont issus de lui. Il leur dit : « Je suis un Dieu jaloux ! En dehors de moi il n’en existe point d’autre ! » Par là, il signifie aux anges qui sont au-dessous de lui qu’un autre Dieu existe, car s’il n’en existait pas d’autre de qui serait-il jaloux ?

 

« La Mère commença alors à être portée car elle perçut sa déficience due au fait que son conjoint n’avait pas parlé d’une seule voix avec elle lorsqu’elle avait été blâmée  par sa plénitude. »

 

Et moi, Jean, de dire : « Seigneur ! que signifie : “être porté ?” » Lui alors rit et dit : « Penserais-tu que ce soit dans le sens où l’a dit Moïse, qu’elle était portée au dessus des eaux ? Non ! mais voyant la malice et la révolte qui adviendraient par son fils, elle se repentit. Et faisant un va-et-vient dans les ténèbres  de l’ignorance, elle commença à avoir honte. Mais ne s’aventurant pas à l’extérieur, elle fait un va-et-vient. Son aller et sa venue c’est ce que signifie “être porté”.

 

 « Lorsque l’impudent Archonte déroba de la puissance  à la Mère, il ignorait que ceux qui sont supérieurs à sa mère sont multitude. Il disait en effet  de sa mère qu’elle seule existait. Voyant la foule nombreuse des anges qu’il avait créés, il s’exaltait au dessus d’eux.

 

« Lorsque la Mère comprit que l’avorton des ténèbres était imparfait parce que son conjoint n’avait pas parlé d’une seule voix avec elle, elle se repentit et versa  d’abondantes larmes.

 

«Alors la prière de son repentir fut entendue et ses frères intercédèrent en sa faveur. Alors l’Esprit Saint invisible fit un signe d’assentiment. Lorsque  l’Esprit invisible eut fait un signe d’assentiment, il répandit sur elle un Esprit Saint venu de leur plénitude. Son conjoint descendit vers elle  pour redresser leurs déficiences.

 

« C’est au moyen de Pronoia que l’Esprit invisible donna à cet Esprit Saint de redresser les déficiences de Sophia. Aussi ce ne fut pas dans son propre éon qu’elle fut placée, mais, 10 à cause de l’ignorance qu’elle avait manifestée, elle est dans le neuvième éon jusqu’à ce qu’elle ait redressé sa déficience.

 

« Une voix parvint qui disait : “  l’Homme existe ainsi que le fils de l’Homme”. Le Premier Archonte Yaldabaôth entendit la voix mais pensait que celle-ci ne venait pas  d’en haut.

 

 «Alors le Père saint (et) parfait, l’Homme primordial se manifesta à eux en prenant l’aspect d’un Homme. Le Bienheureux Barbélô leur  manifesta l’apparence de celui-ci l’Homme parfait et l’archontat entier des sept autorités fit un signe d’assentiment et elles virent dans l’eau la figure de l’image.

 

«Les autorités et leurs puissances se dirent les unes aux autres : “Créons un homme qui soit à l’image de Dieu et à sa ressemblance”.

 source : www.gnose.free.fr

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 06:02

Le Livre des secrets de Jean a reçu, à juste titre, le nom de « Bible gnostique ». C'est en effet dans ce traité que nous a été conservée la version la plus complète du mythe auquel se référaient les gnostiques qui faisaient de Seth, troisième fils d'Adam, leur ancêtre. L'auteur y présente une synthèse de l'histoire universelle. On assiste d'abord à la constitution d'un modèle céleste conçu à partir d'une Première Pensée du Grand Esprit invisible, Pensée qui se multiplie jusqu'à produire un modèle parfait constitué de vingt-deux éons, dont le dernier est Sophia, la Sagesse. Mais celle-ci ne pourra résister au désir de construire ce modèle au-delà du nombre parfait et donnera naissance à un 23e éon, celui de l'Archonte. Exclu du modèle mais en gardant le souvenir, l'Archonte en construira une contrefaçon, notre monde, dans lequel il manifestera cette part de connaissance dont il a dépossédé sa Mère. Toute l'histoire de l'humanité, de la création d'Adam au retour annoncé de Seth à la fin des temps, doit alors être interprétée comme une guerre de libération de cette connaissance prisonnière, une guerre dont les hommes, partagés en deux camps, seraient à la fois les victimes et les acteurs. Au moment où l'auteur écrit, rien n'est joué, la domination de l'Archonte est encore universelle, mais grâce à la révélation du « Livre des secrets », l'humanité dispose enfin de cette connaissance qui permettra à ceux qui appartiennent à la semence de Seth de trouver le chemin du retour vers ce monde intelligible auquel ils appartiennent.
Cette version du mythe séthien, composée au cours du second siècle de notre ère, nous est parvenue sous deux formes dont la plus longue a retenu l'attention des commentateurs du fait de ses affinités avec l'Évangile de Jean. Celle qui est publiée et commentée dans ce volume, la plus brève et la plus ancienne, n'a été christianisée que superficiellement et conserve encore intacte une version du mythe séthien qui se présente, pour l'essentiel, comme une interprétation du modèle biblique hébreu faite en fonction des règles de l'hermeneutique juive de la période du Second Temple. Un document précieux pour notre connaissance des origines juives du mouvement gnostique.

Source : http://www.peeters-leuven.be/boekoverz.asp?nr=8798

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 10:03

Le trèfle

Le trèfle (shamrock en anglais) est un symbole de l’Irlande reconnu dans le monde entier. Mais en connaissez vous les raisons ? Il faut en fait remonter à l’an 433, dans le comté de Meath, dans l’est de l’Irlande. La légende raconte que Saint Patrick alluma un feu pascal sur un cairn à proximité du village de Slane, pour promulguer la chrétienté dans toute l’Irlande. Un geste qui provoqua la fureur de Laoghaire, haut roi païen d’Irlande, qui avait demandé à ce qu’aucun feu ne brûle dans les environs de Tara, siège de la royauté d’Irlande ... Mais sur les conseils avisés de ses druides, celui-ci se calma et vint à la rencontre de Saint Patrick. Les membres de sa suite, à l’exception d’un certain Erc, n’eurent malheureusement que du dédain pour Patrick, qui dans sa colère tua les gardes du roi en invoquant un tremblement de terre ... Susceptible le garçon ! Une fois sa colère apaisée, il expliqua le principe de la Trinité chrétienne au roi Laoghaire à l’aide d’un trèfle à trois feuilles. Bien que sceptique, le roi accepta de laisser Patrick poursuivre sa mission d’évangélisation de l’Irlande.

La harpe

La harpe de Brian Boru, connue également comme harpe de Trinity College, apparaît entre autres sur les pièces de monnaie irlandaises, les documents officiels de la République d’Irlande, le drapeau de la présidence irlandaise ... et sur le logo d’une fameuse bière irlandaise ! Un symbole très ancien puisque c’est vraisemblablement David, un des premiers rois d’Irlande, qui en fit son emblème. La mythologie irlandaise est également sans doute pour beaucoup dans l’adoption de la harpe comme symbole de l’Irlande. La légende ranconte que la première harpe appartenait à Dagda, chef des Tuatha De Danaan. C’était une harpe magique, capable de jouer toute sorte de mélodies seule, sur ordre de Dagda. Les De Danaan étaient en guerre avec les Fomoires et ceux-ci réussirent à voler la harpe à Dagda. Dagda et deux autres dieux, Lugh, dieu de la lumière, et Ogma, dieu de l’art, partirent à la recherche de la harpe et la retrouvèrent dans une forteresse des Fomoires. Sur l’ordre de Dagda, la harpe s’envola et tua neuf Fomoires. Puis elle joua l’air des lamentations et les femmes se mirent à pleurer ... Puis elle joua l’air du sourire et les garçons se mirent à rire ... Enfin elle joua l’air du sommeil et l’armée ennemie s’endormit !

Le drapeau irlandais

Le drapeau national de l’Irlande, An Bhratach Náisiúnta en gaëlique, est un drapeau tricolore, vert, blanc et orange. Ce drapeau a été imaginé par Thomas Francis Meagher, nationaliste irlandais qui faisait partie des fondateurs du mouvement révolutionnaire Young Ireland. Après avoir étudié la Révolution de juillet en France en 1830, il s’inspire du drapeau tricolore français pour créer un drapeau tricolore irlandais, symbolisant la paix (couleur blanche) entre la majorité catholique (couleur verte) et la minorité protestante (couleur orange). Le drapeau tricolore irlandais, symbole de l’Irlande unie derrière les barrière religieuses, est brandi pour la première fois en public à Waterford, le 7 mars 1848, à l’occasion d’un meeting de Daniel O’Connell. Lors de la création en 1919 du First Dail (parlement irlandais créé par les députés nationalistes élus en 1918 et qui ne reconnaissent pas le parlement du Royaume-Uni), le drapeau tricolore devient le drapeau de la République d’Irlande autoproclamée. Mais l’Etat libre d’Irlande créé en 1922 à l’issue de la guerre d’indépendance ne proclame aucun symbole national, et il faudra attendre la Constitution de 1937 pour que l’usage devienne officiel et que le drapeau tricolore devienne le drapeau officiel de la République d’Irlande.

Après la division de l’Irlande, le drapeau tricolore irlandais devient en Irlande du Nord le symbole de la lutte des républicains catholiques pour la réunification de l’Irlande. Du coup son utilisation est interdite en Irlande du Nord par le Flags and Emblem Acts de 1954, qui autorise la police nord irlandaise à retirer tout drapeau pouvant remettre en cause la paix. Assez étrangement cette loi ne concerne pas le Union Jack, pourtant symbole du "colonisateur" brittanique ! Aujourd’hui encore la question du drapeau tricolore en Irlande du Nord reste sensible. Les accords de Belfast en 1998 ont néanmoins abouti à quelques compromis et le Union Jack n’apparaît plus qu’à quelques occasions sur les bâtiments officiels nord-irlandais. En tout cas il est curieux d’observer qu’un drapeau qui symbolisait à l’origine la paix entre protestants et catholiques apparaisse aujourd’hui comme un symbole de division entre les deux communautés ...

L’hymne national

De nombreuses chansons irlandaises sont de véritables étendards de l’Irlande à travers le monde (par exemple « The fields of Athenry » chanté à Lansdowne Road, Croke Park ou Celtic Park, ou « Dirty old town », grand classique irlandais), mais une seule chanson, Amhrán na bhFiann, a le statut d’hymne national de la République d’Irlande. Les paroles et la musique ont été composées en 1907 par Peadar Kearney. Les paroles sont alors écrites en anglais, sous le titre Soldier’s Song, et seront traduites en gaëlique irlandais par Bulmer Hobson. L’hymne est d’ailleurs chanté en gaëlique aujourd’hui. Publiée pour la première fois en 1912 dans le journal Irish Freedom, elle est chantée par les rebelles lors de l’insurrection de Pâques 1916 puis dans les prisons brittaniques. Elle devient officiellement hymne national de la République d’Irlande en 1926.

De même que des débats récurrents animent le monde politique français au sujet de la Marseillaise, une polémique monte progressivement au sujet de Amhrán na bhFiann, des intellectuels irlandais proposant son remplacement par un nouvel hymne national. On lui reproche une certaine difficulté pour les musiciens (comme le témoignent quelques ratés aux JO de Los Angeles en 1984 ou de Sydney en 2000), mais surtout des paroles guerrières et ... anti-brittaniques ! Pas étonnant quand on se rappelle le contexte dans lequel la chanson a été écrite ! Du coup l’hymne est pour beaucoup de nationalistes irlandais le symbole de l’Irlande réunifiée et est chantée par exemple avant tous les matchs des compétitions organisées par la Gaelic Athletic Association. Mais les unionistes nord-irlandais rejettent l’utilisation de Amhrán na bhFiann comme symbole de toute l’Irlande. Du coup l’Irish Rugby Football Union a demandé au chanteur Phil Coulter en 1995 d’écrire un hymne pour toute l’Irlande. Ireland’s Call est aujourd’hui joué avant chaque matchs d’une équipe nationale de toute l’Irlande (d’abord le rugby, rejoint par les équipes de hockey et de cricket). L’hymne national de la République d’Irlande, Amhrán na bhFiann, n’est lui joué que pour les matchs se déroulant en République d’Irlande (ce qui explique que les matchs de rugby joués à Dublin commencent par deux hymnes irlandais !).

Source : http://www.terresceltes.net/Les-symboles-irlandais.html

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 08:10

Partie III

Lettre de L'Ange à L'Eglise de Thyatire

Dans le dernier chapitre, nous avons non seulement traité de la véritable nature su Poids, de la Mesure, et du Nombre, mais aussi de leur "chute" en connexion avec les missions temporelles et les messages éternels des culture de l'Inde Ancienne, de la Perse Ancienne, et la culture Egypto-Chaldéenne. Du point de vue de la nature humaine, ces trois grands principes contiennent la signification de la nécessité pour l'homme d'accorder dans sa vie le corps [vital], le corps sensible [désir], et l'âme sensible [émotionnel] avec les trois axiomes de la destinée humaine : travail, souffrance et mort. Car ces trois "malédictions du Père", qui ont suspendu la destinée de l'homme depuis sa chute dans le péché, lui demandent un combat spirituel et moral dans son corps de vie, son corps sensible, et son âme sensible. Et en effet, la conscience humaine est obligée de provoquer une force sacrificielle dans le corps afin de descendre dans la sphère du monde actif de l'existence physique. Le "Poids" en tant que bonne volonté pour l'incarnation dans le corps physique, ne doit pas être trouvé dans la sphère physique elle-même, mais dans dans l'éthérique dont le physique est extrait et modelé. Ce qui est expérimenté dans le physique en tant que "travail" de l'activité terrestre peut être expérimenté dans l'éthérique en tant qu'amour pour la mission de la Terre, en tant que "Poids" véritable. De façon similaire, dans le corps sensible, l'homme est en mesure de rencontrer consciemment la "souffrance" qu'il expérimente dans le corps physique. Ici il peut être conscient de son véritable contenu, il peut acquérir une relation consciente avec elle. Et ici il peut l'expérimenter en tant que mission dans le temps, en tant que véritable "Mesure", puisque le corps de vie est lui-même temps. Mais c'est seulement dans l'âme sensible que l'homme rencontre d'abord la tragédie entière du problème de la "mort". C'est parce qu'il est uniquement dans l'âme, que cet événement externe et la peine qui en découle deviennent une question karmique intérieure; c'est à dire, une question concernant la valeur et la nature du "Nombre" des êtres individuels. La question est de savoir si ce nombre est un produit eradicable de la nature, ou s'il est enraciné dans l'éternité de la Divinité—et par conséquent indestructible.

Ainsi le principal problème de l'époque Egypto-Chaldéenne était l'immortalité, comme clairement démontrée, par exemple, dans le mythe de Gilgamesh. Le problème essentiel de la culture de l'Ancienne Perse était, d'un autre côté, la relation objective entre le bien et le mal dans le monde et dans le Zend-Avesta. Des échos préservés jusqu'à ce jour nous montrent que la chose importante à l'époque de l'Ancienne Perse était de ressentir "l'année cosmique" comme une mesure de cette relation dans le courant du temps. Plus loin, le problème essentiel de la culture de l'Inde Ancienne fut la valeur de l'activité humaine dans le monde physique. Ainsi, par exemple, la Bhagavad Gita, bien que d'origine postérieure, est entièrement dévolue à ce problème.

Durant la quatrième époque Greco-Latine, il fut ajouté aux trois problèmes—la "valeur du monde des actions"; la relation entre le bien et le mal; et l'immortalité—un quatrième: celui de la liberté. Car puisque l'homme rencontre les trois premiers problèmes dans le corps de vie, le corps sensible et l'âme sensible, il rencontre aussi le problème de la liberté avec l'éveil de l'âme intellectuelle. C'est l'âme intellectuelle qui rend l'homme conscient d'être placé entre ce qu'il connaît et veut et ne peut faire, et ce qu'il ne veut pas encore faire.

Nous pouvons difficilement trouver une meilleure formule pour cette situation que celle donnée par St Paul :" Car je ne sais pas ce que je fais : ce que je voudrais, je ne le fais pas, et ce que je hais, je le fais" (Rom. 7:15). L'homme se trouve lui-même placé entre la compréhension impuissante et a volonté de vie cachée lorsqu'il expérimente lui-même l'intérieur de son âme intellectuelle. Sa compréhension pose devant lui les demandes de l'esprit, mais ne lui donne aucun pouvoir pour les accomplir. Sa nature subconsciente, cependant, fonctionne à travers des impulsions qui sont obscures à sa conscience. Ce qu'il a vu être vrai et bon il le reconnaît en tant que nécessité, en tant que "loi", mais ce qui fonctionne avec une force naturelle à l'intérieur de lui, il le reconnaît seulement en tant que que résultat d'actes déjà accomplis, qui peuvent également être regardés comme une "loi" (Rom. 7:16-21). A présent s'il suit les revendications de l'esprit, la "loi", il doit exercer une contrainte sur sa nature; si, au contraire, il suit ses impulsions naturelles, il est coupable de trahison envers ses propres convictions et se détourne de la raison, qui est néanmoins, son guide. C'est cette contradiction intérieure qui élève le problème de la liberté dans l'âme de l'homme. La question est : Comment la lumière de la raison peut-elle devenir telle qu'elle peut maîtriser les impulsions de la nature et briller à travers elles? C'est à dire, comment est-il possible à la nature de suivre l'esprit librement, et à l'esprit de s'élever par dessus l'âme, non comme gouverneur, mais en tant que Soleil bienveillant?

Maintenant, pour la réalisation de la liberté, la lumière de l'intellect doit devenir quelque chose de plus qu'une simple lumière. Elle doit recevoir le pouvoir non seulement d'illuminer, mais également d'embraser les actions. La lumière doit devenir feu, autrement il ne sera pas possible de faire de la liberté une réalité. D'un autre côté, la volonté doit devenir, pour ainsi dire, une lumière rigidifiée : elle doit devenir "métal". Car, comme les métaux qui ont matérialisé cette lumière sont devenus rigides et lourds, aussi le contenu de la volonté de l'homme doit devenir quelque chose qui donne poids et solidité au contenu de la connaissance de l'homme supérieur. Pour cette raison, la quatrième lettre, adressée à l'Ange de l'Eglise de Thyatire, établit l'idéal, l'archétype de la liberté, dès le tout début :

"Le Fils de Dieu dit ceci, celui qui a les yeux comme une flamme de feu, et dont les pieds sont semblables à de l'airain ardent" (Rév. 2:18). Christ est la force qui réalise l'idéal de liberté; c'est à dire, la conversion de la lumière en feu, de la volonté en métal.

Mais le chemin de la réalisation de l'idéal de liberté réside dans l'amour (agape) rendu possible par l'impulsion Christ. C'est dans la forme de l'amour que l'impulsion Christ peut maîtriser l'opposition de l'intellect et de ces impulsions qui retardent la condition de liberté. Pour cette raison, l"Ange de Thyatire" possède non seulement les trois qualités nécessaires au moyen desquelles l'homme s'accorde au "travail", à la "souffrance", et à la "mort", mais aussi une quatrième par laquelle la réalisation de la liberté devient possible. Car si la nécessité de "travail" demande un service conscient (diakonia),la nécessité de "souffrance" requiert la patience (hypomone), et la nécessité de "mort" implique la foi (pistis). L'ange de la quatrième église possède, en plus de ces qualités, encore une quatrième, l'amour. "Je sais tes œuvres, la charité et le service, la foi et ta patience, et tes dernières œuvres plus nombreuses que les premières" (Rév.2:19), dit la lettre au quatrième ange, indiquant par là le fait de la Croix, pour laquelle les hommes de l'époque Gréco-Latine devaient être prêts. C'est la Croix du "travail" de la "souffrance" et de la "mort" qui doit être portée, et le dilemme apparaît dans la façon de porter la Croix dans l'esprit de service, de patience, de foi, et de liberté dans l'amour. Cette Croix fut érigée graduellement dans l'histoire spirituelle de l'humanité. D'abord, à l'époque de l'Inde Ancienne, le service était appris en s'accordant à la nécessité de travail par le discernement dans la valeur du monde des actions. Puis la patience fut acquise au cours de l'époque de la Perse Ancienne lorsque l'essentiel était de reconnaître la relation objective entre le bien et le mal à une période où les hommes devaient souffrir du conflit entre le bien et le mal. A l'époque Egypto-Chaldéenne, c'était particulièrement la mort avec laquelle l'homme devait s'accorder, et et dans la compréhension de l'immortalité afin de parvenir à la foi. Finalement, à l'époque Gréco-Latine, ce dilemme fut expérimenté de ce dont parle St Paul, et de cette expérience s'éleva le problème de la liberté et le désir de la réaliser à travers la force de l'amour. Dans le sens des études précédentes, cependant, la Croix peut également être représentée telle que montrée dans la gravure1.

Ici les tests de Poids, de Mesure et de Nombre résident dans les nécessités karmiques de "travail", "souffrance", et "mort", et les forces acquises par le passage de ces tests constituent les forces d'âme de service, de patience et de foi. Mais la liberté est la réalité du véritable égo de l'homme, et cette réalité est révélée par les rayons de la force Solaire de l'amour en l'homme. L'amour est la révélation essentielle du véritable égo.

Le port de cette Croix—"Je ne mettrai pas sur vous d'autre fardeau que celui que vous avez déjà; gardez-le jusqu'à ce que je vienne" (Rév. 2:24-25)—est la tâche de "l'Eglise à Thyatire" et fut la mission véritable de la quatrième époque Post-Atlantéenne.

Mais à cette Croix fut opposée une autre, en tant qu'antithèse du dilemme. Ce fut la maîtrise de la "souffrance" sans travail, et l'envol, avant la tragédie de la "mort", dans la grande unité. Ce fut cette tendance spirituelle qui fut fondée à l'école décadente Sibylline, la tendance spirituelle de "la femme Jézabel, qui s'appelait elle-même une prophétesse" (Rév. 2:29).

Le point en relation avec la reine Israélite Jézabel, qui encouragea cette tendance comme opposée aux prophètes, fut que le dilemme existant entre la raison et l'impulsion devait être relié par soumission à la guidance de la sombre impulsion Sibylline. Les hommes sont ainsi "séduits" en acceptant l'inspiration Sibylline en tant que solution au problème de la liberté, et arrivant ainsi à une condition dans laquelle le dilemme n'existe plus parce que la raison est exclue et seule la nature est autorisée à s'exprimer. Cette condition se développa plus tard en ce qui est connu aujourd'hui comme Médiumnité. A cette époque, elle n'était pas encore la condition moderne de "transe", mais elle évoluait bien dans cette direction. D'un autre côté, l'effet de la passivité spirituelle qui était ainsi encouragée fut que les hommes devinrent même apathiques à "souffrir" parce qu'ils avaient choisi un sentier qui n'impliquait aucun "travail".

Et cette apathie envers la "souffrance" fut accomplie non par une authentique force de patience, mais par l'électrification de l'homme lui-même afin qu'il soit fanatisé par un processus appelé dans l'Apocalypse, "manger les choses sacrifiées aux idoles" 'phagein eidolo thyta) . Par ce moyen un homme devenait si "électrifié" intérieurement qu'il était capable d'endurer une grande épreuve sans souffrance. "manger les choses sacrifiées aux idoles" avait véritablement une sorte d'effet narcotique—il anesthésiait la souffrance de l'âme en la rendant insensible.

Cette tendance spirituelle aida les hommes à maîtriser les nécessités karmiques du "travail" et de la "souffrance", et de la même manière ils s'aidèrent eux-mêmes à dépasser la tragédie de la "mort" en s'efforçant de sentir la "grande unité" de toute vie naturelle et spirituelle. A travers ceci, ils perdirent le sens de toute chose définie ou individuelle et ainsi dérobèrent à la mort son "dard". De tels hommes vécurent dans l'attitude où tout vit en tout, et tout mène à travers tout; il n'y rien à choisir, et rien à perdre, car tous les chemins mènent au même but—le but de l'union avec la totalité active de la nature. Cette unicité particulière était essentiellement un déni de la réalité et de la signification du Nombre. Par elle ce conflit avec la "mort" était évité parce que l'individualité n'était pas considérée. Cette dépréciation de l'individualité, ce détachement de tout ce qui est défini, est appelé dans l'Apocalypse, "commettre la fornication" (porneusaï). C'est un mariage universel du tout avec le tout, puisque l'idée d'individualité, qui est l'idée du véritable Nombre, demande une organisation stricte et définie. Là seulement un chemin, menant vers un idéal, est admissible.

Ainsi la croix de "Jézabel"  se tient en opposition à la croix de 'l'Ange de Thyatire". Cette croix est suggérée dans l'Apocalypse par les mots suivants : "En outre j'ai quelque chose contre toi, parce que tu acceptes que ta femme Jézabel, qui se dit elle-même prophétesse, enseigner etséduire mes serviteurs pour commettre fornication et manger les choses destinées aux idoles" (Rév. 2:20).

A présent quel est le remède karmique pour une telle tendance spirituelle? D'une part, c'est le temps; c'est à dire, l'opportunité d'apprendre que l'enseignement Sibyllin enseignant ce qui un jour a été si haut placé est décadent. Car l'enseignement Sibyllin fut, à une époque, une source pure et véritable de révélation spirituelle pour l'humanité. C'était à l'époque où les Dieux se retiraient dans une sphère supérieure, et la sphère d'où les Sibyls tiraient leur inspiration devint possession des démons. Elle fut reléguée avec les sphères qui, dans l'Apocalypse, sont appelées collectivement, "les abîmes de Satan" (ta bathea to satana). Ce fut pour cette raison qu'il fut donné à Jézabel le (temps de repentir pour sa fornication; elle ne se repentit pas" (Rév. 2:21).

Mais si la connaissance du fait que la décadence Sibylline n'est pas suffisante pour tourner la tendance spirituelle de "Jézabel" vers une direction différente, alors la destinée doit intervenir—d'un côté pour mettre fin à la fin à la possibilité de la révélation Sibylline; et de l'autre donner un pouvoir croissant à la "souffrance", afin de guérir l'apathie envers ces nécessités karmiques de l'humanité. Pour rendre la révélation Sibylline impossible, le direction verticale de cette révélation (la ligne d'enseignement et de séduction dans le diagramme à droite) qui va de bas en haut doit devenir horizontale. Alors la possibilité de révélation de la sphère souterraine cesse—la Sibylle devient un être humain qui ne peut rien faire au-delà des forces possédées par un être humain, et n'a pas connaissance des choses plus avant que la la mémoire des expériences Sibyllines primitives qui peuvent être réveillées.

Dans tous les cas, cet être humain est alors complètement sous le contrôle de la "souffrance" et de la "mort". Toutes ces choses sont clairement exprimées dans le langage de l"'Apocalypse. "Voici, je vais la jeter (Jézabel) sur un lit, envoyer une grande tribulation à ceux qui commettent l'adultère avec elle, exceptés ceux qui se repentent de leurs actes, et je ferai mourir de mort leurs enfants" ( Rév. 2:22,23). Cette destinée est le traitement réparateur nécessaire au karma de la tendance spirituelle de Jézabel.

Mais le "diagnostique" sur lequel est basé ce traitement est donné par en "sondant les reins et le coeur" (Rév. 2:23). Car les deux tendances spirituelles dont nous traitons –c'est à dire, celle de "l'Ange de Thyatire" et celle de "Jézabel"—se distinguent précisément par le fait que dans la première, la liberté à travers l'amour est réalisée à partir du cœur; alors que l'assaut de la Sibylline est fait par les forces inférieures sur les "reins". Donc les deux courants ont deux sentiers karmiques différents. Le courant des "reins" doit prendre le sentier de la perte de la révélation et de la soumission à la tribulation et à la mort. Le courant du "coeur" doit suivre le sentier par lequel il acquerra le pouvoir dans la sphère du groupes d'hommes des nations (exusian epi ton ethnon), et les brisera en fragments d'unités de consciences séparées, "comme les vases d'argile ils seront brisés en morceaux" (Rév. 2:26,27).

La "verge de fer" de la conscience-égo recevra le pouvoir de libérer les liens unissant le groupe d'âmes, et de briser en éclats les structures qui prenaient naissance exclusivement dans l'âme groupe. Et à la place de ces éléments de l'âme groupe "brisés en éclats", un autre principe de formation de communauté s'élèvera; l'influence de l'étoile du matin—Mercure (astronomiquement, Vénus)—l'étoile de Manas [mental] dans l'histoire spirituelle de la Terre. Car il y a deux influences principales qui dirigent le sentier de la Terre—celle de Mars, et celle de Mercure.

L'influence de Mars est l'influence de la guerre; c'est à dire, celle du clivage de l'humanité, la scission de la communauté. L'influence de Mercure, au contraire, est la formation et l'unification de la communauté. La "verge de fer" référée dans la lettre est l'incorporation légitime de l'impulsion de Mars, qui vise à l'émancipation de la condition de groupe. Mais la personnalité grandie indépendante et émancipée au moyen de la verge de fer (le fer représente l'influence de Mars sur les choses de la Terre) s'unira un jour en communauté à travers l'influence de Mans de l'impulsion Mercure (l'impulsion de "l'étoile du matin").

Ainsi, à la fin de la lettre à l'Eglise de Thyatire", se tient la promesse de l'étoile du matin, en bas de laquelle signent ceux qui ont été libérés de la relation du sang, seront à nouveau unifiés.

RAYS MAI JUIN 2003 VALENTIN TOMBERG

 Source : http://rosae-crucis.pagesperso-orange.fr/chantal/bible/etudes_3.htm

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Published by Traduction Chantal Duros - dans St Jean
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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 06:27

Partie I

LA SOURCE DE LA REVELATION DE SAINT JEAN

L'enquête sur les sources de la Révélation de St Jean a longtemps et fréquemment occupé les esprits de ceux qui se sentent concernés par la recherche extérieure terrestre. Ces sources ont été cherchées dans les traditions orales, dans les écrits apocryphes de l'ancienne Chrétienté, dans les documents et traditions de la Gnose Judéo-Chrétienne, et même dans les expériences exceptionnelles et fantastiques basées sur les phénomènes atmosphériques. Mais le contenu de l'Apocalypse lui-même se tient en opposition rigide à tous ces efforts, car dans son texte, l'explication recourt plus d'une fois à ce que l'auteur de l'Apocalypse "voyait et entendait" que ce qu'il contient "en esprit".

L'auteur de l'Apocalypse n'est jamais las de faire remarquer de manière sans équivoque que le contenu de l'Apocalypse n'a rien à faire avec l'horizontalité spatio-temporelle de la tradition, de la rumeur, ou du plagiat, mais est venue à l'existence simplement et exclusivement sur le sentier vertical de révélation du monde spirituel.

Ainsi, par exemple, le texte de l'Apocalypse commence par une déclaration précise concernant sa source, son origine, et la façon dont il a été créé : "La Révélation de Jésus Christ, que Dieu Lui a donnée, pour montrer à Ses serviteurs…et Il l'envoya et le transmit par Son ange vers Son serviteur Jean" (Rév.1:1). Dans ces mots est caractérisé de manière distincte et solennelle le sentier par lequel l'Apocalypse vint à l'existence. Sur le sentier de la descente de Dieu à Jésus Christ, de Jésus Christ vers l'Ange de la Révélation, de l'Ange vers Jean, et de Jean vers les lecteurs, les auditeurs, et chercheurs (hoi teruntes) des "paroles de cette prophétie".

Maintenant il n'est pas possible d'avoir une conception sérieuse de l'origine du document portant sur la vie spirituelle humaine sans avoir une vision sérieuse de ce document lui-même. Et ce ne serait pas vraiment prendre au sérieux le contenu de l'Apocalypse si le plus grand effort n'avait pas au moins été fait pour comprendre ce que l'auteur lui-même dit concernant l'origine de cette œuvre. Il est certainement exact que le véritable contenu de l'Apocalypse défie la recherche en manières et moyens qui en rendront une compréhension possible, mais ces manières et moyens ne doivent pas être en contradiction avec l'esprit et la lettre de l'Apocalypse. Pour approcher la question de l'origine de l'Apocalypse de ce point de vue, il sera nécessaire en premier lieu de maîtriser un obstacle qui est sûr de s'élever, consciemment ou non, au commencement d'une telle entreprise.

L'essence de cette objection trouve expression comme suit : L'Apocalypse raconte le futur de l'homme; maintenant l'homme est libre. Comment est-il possible de donner une information concernant le futur de l'humanité, puisque la structure de ce futur dépend manifestement de la liberté de l'homme? Cette objection disparaît lorsque nous considérons que l'Apocalypse dépeint deux sentiers futurs, car elle montre les étapes d'un sentier ascendant aussi bien que d'un sentier descendant. Ces sentiers sont déterminés de façon karmique. Qui doit choisir tel ou tel sentier dépend, cependant de la liberté de chaque individu. Et, en effet, les sentiers sont déjà déterminés dans la mesure où l'humanité a déjà vécu à travers une longue destinée. Aujourd'hui n'est pas le premier jour de la création; une grande étendue de sentier karmique repose derrière l'humanité dans le passé.

Le fait nouveau d'importance infinie qui forme une partie de la destinée de l'homme est que Christ est devenu le juge de cette destinée. Il est devenu le Seigneur du Karma. Et étant devenu cela, Il ne détermine pas seulement le futur de l'humanité mais aussi la source de révélation le concernant. D'un autre côté, le futur est déterminé par le passé, et le jugement sur le passé karmique—pour autant qu'il a encore des conséquences pour le futur—repose également dans les mains du Christ. Pour cette raison, les "Sept Lettres' aux sept "Eglises" se réfèrent non seulement au futur, mais aussi au passé. Dans ces Lettres, un jugement a été donné, non seulement sur ce qui était alors le temps présent, et sur les trois futures époques ('Eglises'), mais également sur les trois époques du passé : l'Indienne ancienne, la Perse ancienne, et l'Egypto-Chaldéenne.

Cependant, avant que nous commencions à étudier le contenu des Lettres aux Sept Eglises, nous devons acquérir une idée plus précise de la source de la Révélation de St Jean. Ceci, aussi, est en accord avec l'intention de l'auteur, car dans les phrases d'ouverture de l'Apocalypse il indique non seulement sa source mais dans le premier chapitre, il montre également le visage spirituel de Celui qui a appelé la Révélation (Rév. 1;12-16).

Ce visage était "un visage tel le Fils de l'Homme" portant les signes des forces planétaires cosmiques tout comme elles seraient réalisées dans l'homme du futur (le "Fils de l'Homme") durant la période de Jupiter. Car l'archétype de l'homme Jupiter—le "Fils de l'Homme" du futur—doit être dépeint ainsi : L'arbitraire cessera d'être possible dans sa vie de la pensée. Les courants de pensée couleront dans sa tête tout comme sa chevelure croît "d'elle-même". Et dans ces courants-pensée coulant du cosmos ne seront pas à sens unique, ils n'auront pas de "couleur" distincte, mais seront, dans le vrai sens du terme, "synthétiques". Tout comme la lumière blanche est une combinaison des sept couleurs, ainsi la pensée cosmique du futur sera "blanche"—"blanche comme la laine, aussi blanche que la neige" (Rév. 1:14).

La force de l'initiative-Je ne sera pas manifestée dans la sphère de la vie-pensée, qui sera une pure révélation du cosmos, plutôt, elle s'exprimera elle-même dans l'illumination et la pénétration des phénomènes cosmiques. L'initiative 'Je' deviendra un pouvoir spirituel de vision, remplissant les choses vues de son feu. La vision ne sera pas une acceptation passive des impressions de l'extérieur, mais une illumination et une pénétration irradiant de l'intérieur les phénomènes du monde extérieur : "Ses yeux étaient comme une flamme de feu" (Rév. 1:14).

La vie-volonté de la limite-terre sera aussi différente dans la mesure où elle aura renoncé au flux de sa force conductrice. A la place, elle liera l'ardeur brillante du feu à la rigidité métallique. L'homme ne sera plus poussé par les vagues des forces cosmiques formatives dans sa vie de volonté, il se tiendra sur une fondation stable de volonté consciente avec la force du feu et la rigidité du métal. Ses "pieds" seront "comme dans un cuivre fin, comme s'ils brûlaient dans une fournaise", et les vagues de l'impulsion cosmique et des forces formatrices créatrices passeront de sa volonté terrestre limitée dans sa voix. Le pouvoir créateur de la Nature, fonctionnant aujourd'hui comme une force agissante dans la subconscience de l'homme, sera élevée en pouvoir de parole dans l'homme futur. Sa voix sera "comme le bruit de nombreuses eaux" (Hos phone hydaton pollon).

La vie de sentiment de l'homme du futur sera telle que, d'un côté, elle exprimera l'harmonie des étoiles dans les cieux, et de l'autre côté, elle sera "aiguisée" au plus fin degré de concentration sur le verbe créateur. L'homme du futur tiendra "dans sa main droite sept étoiles" et de sa bouche sortira "une épée aiguisée, à double tranchant". D'un côté, la charité coulera comme une approbation et une compréhension de l'harmonie des sept étoiles, qui sont les êtres spirituels des sept "Eglises" de l'humanité; alors que, de l'autre, la vérité trouvera un instrument rigide et aiguisé dans "l'épée du verbe". Mais, précisément, en tant qu'instrument de vérité, cette "épée du verbe" sera une épée à double tranchant—elle fonctionnera de manière telle que "frapper" celui parle aussi bien que celui qui entend. Le Verbe procédera d'une conscience d'unité de l'humanité, des "sept étoiles", et par conséquent son jugement s'appliquera aussi bien à celui qui parle qu'au reste de l'humanité.

La force Mars du Verbe fera véritablement une guerre d'annihilation contre les erreurs et les mensonges, mais ce conflit inhibiteur produira un effet intérieur aussi bien qu'extérieur. Donc il sera libre de tout esprit d'hostilité. Ainsi le Verbe sera capable d'exprimer la vérité avec une décision inflexible et sans la possibilité que son existence soit utilisée en tant qu'arme offensive à sens unique.

Mais l'image complète de l'homme du futur n'est pas confinée aux changements que nous avons mentionnés en pensée, volonté et sentiment. Les changements incluent non seulement les conditions intérieures des forces d'âmes ci dessus, mais aussi leurs relations avec une autre. Les relations des forces d'âme de l'homme futur doivent nécessairement changer au compte de l'expansion de la force Soleil du cœur qui doit être élevée dans la tête : "Sa contenance était comme le soleil brillant dans Sa force", alors que le force formative et restreinte de la tête descendra dans la région Soleil du cœur : l'homme sera "ceint à la poitrine d'une guirlande dorée". Et la vie de la volonté enveloppera l'homme en entier. Dans le royaume du terrestre (ou plutôt, le naturel car dans la période de Jupiter le "terrestre" sera différent), elle deviendra un métal brillant. Mais, en même temps, elle coulera de l'homme supérieur vers la périphérie de son être. Cette direction centrifuge de la volonté, par laquelle elle devient une sorte de fourreau, est exprimée dans l'Apocalypse par le symbole "un vêtement jusqu'au pied".

Ainsi au commencement de l'Apocalypse il nous est montré le schéma de l'homme du futur, qui envoie les "Lettres" aux Sept Eglises. Mais Celui qui se révèle Lui-même dans ce schéma est le "Je suis", le "Premier et le Dernier" de l'évolution de la Terre. "Celui qui vit" dans la sphère de l'évolution Cosmique en laquelle la Mort tient bon (Rév. 1:17-18). Christ Lui-même, dont le nom ésotérique est pour l'humanité, "Je suis", parle à travers ce schéma. Il est la source de la Révélation de St Jean.

LES LETTRES AUX EGLISES DU PASSE

Comme le Christ est la source de la Révélation de St Jean, Il est également la source de ces courants d'âme positive qui coulent dans l'humanité du passé vers le futur. Car l'influence de Christ était déjà en action durant l'époque Indienne ancienne; l'impulsion positive fondamentale de cette ancienne culture de l'humanité Post-Atlantéenne procédait de Lui. Cette impulsion a survécu, elle a survécu sous la surface dans les âmes des hommes, et ceux dans lesquels son influence est particulièrement forte et déterminante forment une "communauté" qui est appelée dans l'Apocalypse "L'Eglise d'Ephèse".

Le but de la "Lettre à l'Eglise d'Ephèse" n'est pas simplement de donner un jugement sur la civilisation passée; son dessein est spécialement d'en appeler à l'impulsion de l'Inde ancienne encore active dans les âmes des temps actuels. Car seulement ainsi il y a une signification morale pratique dans l'admonition : "Souviens-toi d'où tu as chu, et repens-toi, et fait ton premier devoir". Une telle exhortation serait assez vide de sens si elle était dirigée seulement vers une civilisation passée, un effort humain sombré il y a longtemps dans le silence. Elle est, pourtant, adressée à une époque présente et future—en effet, à une éternité, car la lettre commence avec ces mots : "Vers l'Ange de l'Eglise d'Ephèse écris". Ces paroles expriment le fait que nous ne traitions pas ici avec un groupe d'hommes vivant dans le passé, ou de ce moment présent, mais avec ce qui était transcendant et compréhensible dans le caractère du message de la culture Indienne ancienne. Le message l'ange de cette culture, est encore actif; car une telle culture n'est pas amenée à l'existence pour tomber dans l'oubli, mais pour que le germe de révélation, le message des cieux qui en est à la base, se développe, et croisse à travers les âges à l'intérieur des âmes des hommes, passant par de nombreuses métamorphoses apportées par coopération avec les influences nouvellement ajoutées, jusqu'à ce qu'elle s'étende en floraison et fruit mûr.

Pour cette raison la mission du message essentiel de la culture Indienne ancienne n'est pas encore terminée. Tout ce qui a alors été inauguré survit encore, et le messager de cette culture, "l'Ange de l'Eglise d'Ephèse" continue à être associé au courant continu des effets et des conséquences de son message originel. La culture de l’Inde Ancienne persiste encore en tant que processus karmique, et l’esprit de cette culture est limité par ce processus, vivant sous forme de qualités, de désirs et de mémoires dans les âmes des hommes. Elle vit également dans les limitations potentielles des hommes, et dans leurs inclinations à répéter leurs anciennes erreurs. Et avec elle est relié l’esprit de cette culture dans la conscience d’une responsabilité partagée.

Qu’en est il alors de la vie spirituelle de l’Inde Ancienne qui est encore présente dans les âmes des hommes aujourd’hui ? Qu’est ce qui fonctionne encore en tant que karma depuis cette époque ? Pour être capable de répondre à cette question nous devons nous rappeler quelques caractéristiques fondamentales de l’ancienne culture Rishi, spécialement le fait qu’elle était une culture de révélation globalisante dont a surgi l’impulsion de base pour les sept époques de l’évolution Post Atlantéenne tout entière. Car la révélation des Sept Rishis ne fut pas uniquement la re-vivification de la sagesse des sept oracles Atlantéens, elle fut également l’implantation de la sagesse aux sept colorations pour les sept époques de l’Age Post Atlantéen. Elle fut les sept "voyelles" du Verbe Cosmique—le Logos—qui, par l’intermédiaire des Rishis, coula dans les âmes des hommes, tout comme à la Pentecôte les douze "consonnes " du Verbe Cosmique furent révélées. Et comme il ne peut y avoir de parole sans voyelles, aussi les âmes humaines avaient-elles été incapables de comprendre que le Logos n'avait pas été une révélation Rishi à l'époque de l'Inde Ancienne. Car l'influence de la révélation Rishi est ressentie même à l'époque actuelle, d'un côté dans une attente déterminée à l'intérieur des âmes humaines, et de l'autre côté par les "mémoires", nées dans les corps éthériques des hommes, par les moyens et les chemins qu'ils utilisent pour satifaire cette attente.

Le désir qui habite dans les profondeurs des âmes humaines en tant qu'écho de la culture Rishi consiste, par-dessus tout, en un effort de sagesse compréhensive "synthétique" valide pour tous les hommes, une sagesse qui porterait en elle une harmonisation des tendances unilatérales, tout comme à l’époque de l’Inde Ancienne la sagesse révélée des Rishis représentait l’harmonisation des sept oracles Atlantéens.

Le désir qui habite les âmes des hommes correspond à la lumière des "sept étoiles" dans les cieux, qui devint la lumière des "sept chandeliers" sur terre. Et ce désir habite à l'intérieur d'eux pour la véritable raison que la lumière qui brille dans les sept étoiles, la constellation de la Grande Ourse, a brillé une fois aussi dans sept hommes, les Rishis, et pour sept groupes humains qui étaient associés en communauté, tout comme les sept chandeliers étaient joints ensemble en une lumière de sagesse. Et c'est à cette attente que la première lettre est adressée, car elle parle de Celui "qui tient les sept étoiles dans Sa main droite, Qui marche au mileiu des sept chandeliers d'or". La lettre à l'Eglise d'Ephèse procède de Celui qui peut calmer l'attente, de Celui qui est le contenu véritable de la mémoire soujacente à cette attente, parce que la révélation Rishi était une révélation de nature compréhensive du Christ en tant que verbe Cosmique.

Mais le futur que la réalisation de ce désir doit apporter n'est pas seulement l'illumination des sept chandeliers avec la flamme des sept étoiles, mais quelque chose qui en procède. Car ce qui a une fois existé en tant que sagesse révélée sera la vie véritable de l'homme du futur. "A celui qui triomphe je donnerai à manger du fruit de l'arbre de vie, qui est au centre du paradis de Dieu". Ces paroles expriment le futur positif d'un effort qui va courageusement vers l'avant dans le futur, venant d'une attente réminiscente de la sagesse compréhensive du passé.

Le "triomphe" en question est la maîtrise du désir pour le passé. En vérité, c'est de vivre par une attente qui procède du passé, mais il doit chercher sa satisfaction, non dans le passé, mais dans le futur. La dérive du désir de l'âme vers le passé doit être maîtrisée en permanence, mais le contenu de l'attente ne doit pas seulement être développé mais renforcé par l'impulsion d'un effort énergétique vers le futur. Alors il sera possible à la sagesse de devenir vie, pour la sagesse originellement révélée des cieux de vivre en l'homme lui-même. Cette transformation indique l'évolution future de "l'éther moral" dans la nature humaine, et cet "éther moral" sera aussi plein de lumière que l'était la révélation originelle de la sagesse des Rishis. En outre, elle ne donnera pas seulement la lumière, elle fonctionnera également comme fonctionne la force de vie. "Manger de l'arbre de vie" sera une absorption dans le système humain du pouvoir de donner la vie.

L'effort de maîtrise de cette force donneuse de vie a toujours existé, et s'est développée en deux directions particulières : d'un côté cet ascétisme dont l'expression finale est une sorte de yoga Indien. Le but de ce type d'ascétisme est d'envoyer la force de vie contenue dans la faculté procréative de l'homme vers la tête afin de fournir à l'homme la vie spirituelle avec la même force de vie créatrice que celle possédée par la faculté procréatrice. D'un autre côté, cet effort a pris une seconde direction appelée par l'auteur de l'Apocalypse "les actes des Nicolaïtes". Ici le but était de descendre si consciemment dans le physique que les forces instinctives du corps physique étaient faites pour servir, d'une matière non naturelle, certaines fins magiques. Comme avec la première direction, une distorsion du message de l'Esprit eut lieu parce que la force spirituelle n'était pas mise en action par son propre contenu moral mais par l'influx d'une force extraite d'une autre sphère d'existence, aussi avec la seconde direction une distortion de la mission du corps humain eut lieu parce qu'il lui fut donné une position primordiale à travers la sensualisation de l'esprit.

Ceux qui viennent en avant en tant qu'hommes envoyés par l'esprit, et qui ne représentent pas encore le pur esprit mais plutôt un esprit mêlé aux forces empruntées au corps, ne sont pas véritablement envoyés par l'esprit ("apôtres") mais croient seulement l'être eux-mêmes. Ceux qui, cependant, permettent à l'esprit de devenir la proie de la sensualité (les Nicolaïtes) représentent l'autre erreur de la recherche de "l'arbre de vie". Car les fruits de l'arbre de vie ne consistent pas en une activité de l'esprit développée aux dépens des forces physiques, ni en une sensualisation de l'esprit, mais en une pure force spirituelle grandissant en force de manière telle qu'elle travaille avec la puissance de la force de la nature. L'éther moral n'existe pas en tant que "force latente" du corps, etc., il est une nouvelle force qui naîtra graduellement en l'homme et provenant de l'impulsion Christ.

Mais les obstacles qui offrent une opposition à la future naissance des véritables fruits de l'arbre de vie sont les efforts des "menteurs" (qui disent être des apôtres, c'est à dire, envoyés par l'esprit, mais ne le sont pas) et des "Nicolaïtes". Ces deux erreurs sont repoussées par "l'Ange de l'Eglise d'Ephèse". Néanmoins, il n'était pas demeuré entièrement fidèle à sa mission, car il avait "quitté son premier amour", l'impulsion originelle pure de l'évolution humaine Post-Atlantéenne. A présent cette impulsion originelle était l'amour pour une mission de l'homme sur Terre. Cet amour était une bonne volonté profondément enracinée des âmes à s'incarner véritablement et totalement pour remplir véritablement et complètement la tâche de l'existence terrestre. Cette volonté—c'est à dire, le désir pour une incarnation terrestre complète dans le but de remplir totalement la mission de la Terre—est la véritable quintessence du Poids. Chaque chose qui implique une descente consciente, sacrificielle, est une expression du 'poids' spirituel. Ainsi, par exemple, tous les mots qu'un homme peut exprimer ont plus de poids s'ils pénètrent non seulement le corps astral, mais descendent également dans le corps physique. Et une action humaine a davantage de poids si son contenu moral pénètre directement dans la réalité physique que si elle touche uniquement la strate supérieure de l'existence terrestre.

Mais à présent, d'un point de vue physique, il y a deux différents phénomènes de poids. L'un est la "descente"sacrificielle déjà mentionnée, l'autre est le phénomène de la Chute, l'expulsion des hauteurs spirituelles. Cette dernière survient en tant que conséquences karmiques ou attitude injustifiée envers l'esprit. Le véritable "poids" devient alors lourdeur, et la "descente", un effondrement. (à suivre)

RAYS JANVIER FEVRIER 2003 VALENTIN TOMBERG

 Source : http://rosae-crucis.pagesperso-orange.fr/chantal/bible/etudes_1.htm

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 06:27

Une fois encore, nous voici au jour le plus court, à la nuit la plus longue de l'année. C'est en ce moment que les Ténèbres sont les plus épaisses. Mais c'est demain que les jours vont commencer à grandir, les Ténèbres à diminuer, que la Lumière va se faire de plus en plus visible. Nous voici au solstice d'hiver qui coïncide — et ce n'est évidemment pas un hasard — avec la date à laquel­le l'Eglise Catholique a fixé la fête de Saint Jean l'Evangéliste. Une fois de plus, reprenant la Tradition de leurs ancêtres opératifs, les Compagnons Francs-Maçons du Moyen Age, les Constructeurs de Cathédrales, les Francs-Maçons de la Grande Loge de France vont célébrer cette fête solsticiale, cette Saint-Jean d'hiver.

Pourquoi cette référence à Saint Jean ? Parce que, précisé­ment en raison de nos origines, nos Loges sont toutes des Loges de Saint Jean.

Parce que, depuis fort longtemps, les Francs-Maçons, opératifs d'abord, spéculatifs ensuite, ont été appelés n Frères de Saint Jean n.

Dans nombre de nos Loges, ce n'est pas un grand secret, la Bible est ouverte au prologue de l'Evangile de Saint Jean.

Mais alors, diront certains, la Franc-Maçonnerie est une reli­gion, et, qui plus est, un n dérivé n, si l'on peut dire, de la religion catholique. Non ! Nous avons déjà eu l'occasion de le dire dans cette émission il y a quelques années, mais il n'est peut-être pas mauvais de le répéter : la Franc-Maçonnerie n'est pas une religion. Nous ne sommes pas, en tant que Francs-Maçons, les adeptes d'une religion. Nous ne le sommes pas parce que dans nos Loges nous ne célébrons aucun culte, nous n'adorons aucun Dieu, et surtout, surtout, nous n'avons aucun dogme. Peut-on concevoir une religion sans dogme ?

Il est vrai que toute la symbolique maçonnique est imprégnée d'ésotérisme judéo-chrétien, depuis le Temple de Salomon jusqu'aux deux Saint Jean. Mais entendons-nous bien : ni la Bible, ni l'Evan­gile de Saint Jean, ne représentent pour nous, Francs-Maçons de la Grande Loge de France, un dogme. Nous ne saurions les prendre strictement à la lettre, ni les considérer obligatoirement comme la Volonté Révélée de Dieu. Ces Livres sont pour nous sources de symbolisme et c'est déjà un champ de réflexion immense, car le domaine du symbolisme est infini.

Il est vrai que les Francs-Maçons en général, et ceux de la Grande Loge de France en particulier, puisque c'est au nom de ceux-ci, et de ceux-ci seulement, que je m'exprime aujourd'hui, travaillent à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers.

Certes, ceux d'entre nous qui sont croyants identifient le Grand Architecte de l'Univers à Dieu — et c'est très bien ainsi. Mais la Grande Loge de France n'impose pas à ses membres la croyance obligatoire en Dieu et en sa Volonté Révélée. Chacun de nous est libre de ses opinions et de ses croyances, chacun de nous respecte celles des autres. La Fraternité ne peut à notre sens reposer que sur la Tolérance. Le Grand Architecte de l'Univers est pour nous tous un symbole et chacun est libre d'interpréter un symbole comme il l'entend, ou plutôt comme il le ressent. C'est la raison pour laquelle le concept du Grand Architecte de l'Univers a suscité, et continue à susciter dans nos Loges, d'innombrables travaux, d'innombrables interprétations. N'en citons qu'une (que nous avions déjà citée d'ailleurs ici même il y a quelques années). Pour nombre de nos Frères, le Grand Architecte de l'Univers c'est le Temps, le temps qui a façonné, architecturé, le globe terrestre depuis des millions d'années ; le temps qui a façonné, architecturé l'espèce humaine depuis les premiers hominiens jusqu'à l'homo sapiens. Ben entendu, une infinité d'autres interprétations ont été expri­mées. Ce n'est pas notre propos aujourd'hui. Notre propos en ce jour est de souligner que Saint Jean, comme le Grand Archi­tecte de l'Univers, est pour nous un symbole.

Un symbole, à la différence du signe (mathématique ou chimi­que), ne saurait avoir une interprétation unique et obligatoire.

Un symbole, pour un Franc-Maçon, est un lien entre le monde manifesté et l'ordre cosmique. C'est dans le Principe Universel qui gouverne cet Ordre Cosmique que nous pouvons synthétiser toutes les acceptions du symbole du Grand Architecte de l'Univers. C'est la croyance que nous ne sommes pas des passants, nés par hasard et traversant en aveugles un monde incohérent. Nous vou­lons ainsi échapper à l'alternative entre la croyance aveugle et le scepticisme destructeur.

Il est vrai que les Occidentaux modernes, imprégnés de carté­sianisme, ont souvent du mal à appréhender le symbolisme, qui s'écarte de la logique rigoureuse. Nos ancêtres, eux, étaient plus familiarisés avec l'emploi des symboles, des images, des para­boles.

C'est pourquoi, il faut appréhender cette célébration de la Saint- Jean comme s'inscrivant pour nous, non pas dans un contexte religieux, mais dans un contexte traditionnel. La Constitu­tion de la Grande Loge de France précise que nous sommes un Ordre Initiatique et Traditionnel. En quoi la célébration de la Saint- Jean peut-elle entrer dans la Tradition Maçonnique ? Qu'est-ce que la Tradition pour des Francs-Maçons ?

La question a été soumise à l'étude de toutes les Loges de la Grande Loge de France il y a quelques années et c'est aux répon­ses de nos Loges et au rapport de synthèse qui a suivi que j'em­prunterai maintenant quelques idées, puisqu'aussi bien ce n'est pas en mon nom propre que je parle aujourd'hui. Notre émission ne s'intitule-t-elle pas : « La Grande Loge de France vous parle » ?

Mais avant de vous parler de notre conception de la Tradition, dans laquelle s'insère la célébration de la Saint-Jean, je voudrais dissiper une équivoque. Ce titre « La Grande Loge de France vous parle » pourrait laisser penser que nos conférenciers — et moi- même aujourd'hui — parlons au nom de tous les Frères de l'Obé­dience. C'est à la fois vrai et faux. Il est vrai que nous pouvons parler au nom de tous les Frères de la Grande Loge de France sur des sujets purement maçonniques, surtout, comme c'est le cas pour la Tradition dont nous parlons aujourd'hui, lorsque ces sujets ont été étudiés par toutes nos Loges. Mais il est faux que nous puis­sions parler au nom de tous sur des sujets non exclusivement maçonniques. Comme tous les Francs-Maçons du monde, les Francs- Maçons de la Grande Loge de France sont des hommes libres. Chacun d'eux a ses opinions politiques, philosophiques, ou reli­gieuses, et les conserve. Chacun d'eux est libre de s'engager comme il le veut, quand il le veut, aussi intensément qu'il le veut, au service de ses opinions. Mais il ne peut le faire qu'à titre indi­viduel, et à titre individuel seulement. Il ne saurait en aucun cas engager les autres. Ses engagements personnels n'engagent pas sa Loge et encore bien moins l'Obédience. La Grande Loge de France n'est évidemment pas monolithique. Aucun de nous ne peut dire, sur un sujet non exclusivement maçonnique, sur un sujet de la vie courante : « Les Francs-Maçons de la Grande Loge de France pen­sent que... ». Le voudrait-il d'ailleurs, qu'il ne le pourrait pas. Notre Déclaration de Principes dit expressément ceci : « La Grande Loge de France ni ses Loges ne s'immiscent dans aucune controverse touchant à des questions politiques ou confessionnelles. » Et elle précise par ailleurs qu'il n'y a pas d'adoption de résolution, pas de vote, sur ces questions au sein de nos Loges. Il n'y a pas de vote car nous ne voulons pas qu'il puisse se dégager sur ces questions une majorité devant laquelle une minorité devrait s'incliner. Il n'est pas question de contraindre les opinions ou les sentiments de certains Frères. Il n'est pas question de parler au nom des autres. Nous sommes tous libres. Notre conception de la Fraternité nous conduit à rejeter tout ce qui divise, tout ce qui irrite, tout ce qui sépare, pour ne retenir que ce qui nous unit. Et justement la Tradi­tion Maçonnique, à laquelle nous revenons maintenant, est un facteur d'union.

La Tradition Maçonnique repose sur l'Histoire, sur les Rites et surtout sur le Symbolisme. Elle repose sur l'Histoire car la Franc- Maçonnerie spéculative d'aujourd'hui dérive, nous l'avons dit, de la Franc-Maçonnerie opérative, celle des Constructeurs. Elle est donc issue d'une capacité de l'Homme à participer à la création. Elle repose sur les Rites, qui sont les outils de réalisation. Enfin et surtout, la Tradition Maçonnique repose sur le Symbolisme, qui est le moyen de transmission. Car qui dit Tradition dit transmission — et transmission orale.

La Tradition est donc un modèle non dogmatique qui s'exprime par des symboles, variables suivant le lieu et le temps où il se manifeste. Mais le modèle, lui, reste le même. Alors, la question se pose : la Tradition est-elle fixe ou évolutive ? Cette question a entraîné et entraîne encore des discussions sans fin. C'est cependant probablement un faux problème. La Tradition est à la fois l'un et l'autre, fixe et évolutive, suivant la façon dont on l'envisage.

La Tradition est universelle dans le temps et dans l'espace. Elle est transmise par une chaîne d'union invisible remontant dans la nuit des Temps. Chacun de nous a reçu et reçoit chaque jour la Tradition, qu'il transmettra à son tour. C'est ainsi que la Franc- Maçonnerie est à la fois le passé, le présent et l'avenir. Chaque homme porte en lui l'expérience de générations innombrables. C'est ce qui lui permet de comprendre le passé, de s'y associer et de le reprendre.

Si l'Immortalité, au sens habituel du terme, n'existe pas, la Permanence, elle, existe et la Tradition est son support. Car qui dit tradition dit continuité, ce qui veut dire que la Tradition incarne des Vérités Universelles dont aucun individu, à aucune époque, n'a pu, ne peut ou ne pourra revendiquer la propriété exclusive. Vérités Universelles qui sont à la base de la complexité du réel dont l'hom­me fait partie intégrante et qui expliquent sa réalité, sa qualité, sa raison d'être. La Franc-Maçonnerie est donc un des rameaux de cette tradition primordiale qui se perd dans la nuit des Temps. Elle cherche la Connaissance, la Connaissance immanente, déjà présente dans un état de choses antérieur à l'Humanité. La Tradi­tion maçonnique est donc la manifestation contemporaine de la Tradition UNE, à la fois primordiale et ultime. Elle nous relie à l'ordre cosmique. Elle a trait à l'essence même des choses. — En cela elle est fixe —. Mais aujourd'hui, plus que jamais peut-être, la Franc-Maçonnerie doit rester cet Ordre Initiatique qui transmet la Tradition. Pour cela, les Francs-Maçons doivent s'ouvrir aux autres hommes. C'est ainsi qu'ils pourront être la conscience du monde contemporain.

Un Franc-Maçon est « un homme en chemin d'initiation ». C'est un homme qui n'a pas de certitudes, qui se remet perpétuellement en question, qui essaie de réviser chaque jour ses jugements. Pourquoi ? Parce que nous cherchons sans cesse à nous approcher de la Connaissance et que cette quête qui, nous le savons, ne sera jamais terminée, exige un effort constant sur nous mêmes.

— En cela, la Tradition est évolutive.

Oh ! Certes, cet effort n'est pas facile. Mais personne, à ma connaissance, n'a jamais dit qu'il était facile d'être Franc-Maçon. D'ailleurs, ce n'est pas la facilité que nous recherchons, mais la Lumière, qui nous sortira enfin des Ténèbres. Lumière de la Spiritualité, Lumière de l'Amour, Lumière sans laquelle aucun progrès n'est possible pour l'Homme.

Et nous voilà revenus au symbolisme de la Saint-Jean (dont nous ne nous sommes jamais éloignés malgré les apparences), puisqu'il est dit d'abord « Au commencement était le Verbe » et, peu après, « De tout être, il était la Vie et la Vie était la Lumière des Hommes ».

La lumière a toujours impressionné les Hommes. Elle a tou­jours suscité des réactions, religieuses d'abord, sociales ensuite, qui ont pris valeur de symbole. Lier la Lumière à la Conscience Cosmique n'est-ce pas le sens, tous les jours plus manifeste, de la convergence dont nous sommes les témoins privilégiés, entre l'évolution de la connaissance scientifique et la tradition primor­diale ? C'est ainsi que nous pouvons rapprocher la Lumière, qui dévoile toutes choses, de la Vérité, qui est la Nature dévoilée.

C'est ainsi que nous pouvons envisager la Lumière sous de multiples aspects :
— Lumière de la Raison, triomphant de l'Obscurantisme : c'est la Lumière de la connaissance rationnelle.
— Lumière cosmique des Grands Luminaires, le Soleil et la Lune, l'Irradiant et le Réfléchi, rythmant le cycle de la Vie.
— Lumière de l'Initiation, première Illumination.

Cette quête perpétuelle de la Lumière est pour nous volonté d'Espérance. C'est elle que symbolise la Saint-Jean d'Hiver, le Solstice d'Hiver, à partir duquel, comme je le disais au début de cet exposé, le soleil va reprendre son ascension, les jours vont s'allonger, la Lumière va se répandre, plus vive et plus intense sur la Terre.

C'est à l'aube de cette renaissance, à l'aube de cette espé­rance sans cesse renouvelée que je veux pour terminer, au nom de tous les Francs-Maçons de la Grande Loge de France et je suis sûr d'être en la circonstance le porte-parole de tous — adresser à tous les auditeurs de notre émission nos vœux fraternels et chaleureux. Nous souhaitons à tous un très joyeux Noël et une très heureuse année de Lumière en 1984. 

Source : www.ledifice.net

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 06:37

Depuis que la Franc-Maçonnerie spéculative existe, c'est-à-dire depuis le XVIlle siècle, les Francs-Maçons, réunis dans les Loges de Saint Jean, célèbrent la Saint Jean d'hiver et la Saint Jean d'été. Déjà avant eux, leurs prédécesseurs, les Francs-Maçons opératifs, les bâtisseurs de Cathédrales, célébraient les deux Saint Jean. Mais bien avant encore, depuis les origines de l'Humanité, il est certain que l'Homme, vouait un culte au Soleil, car, de toute éternité, l'Homme a craint les Ténèbres, symbole de Mort, et adoré le Soleil, symbole de Lumière et de Vie. Et ce n'est sûrement pas par hasard que l'Eglise a fait coïncider les deux Saint Jean avec les deux solstices.

« Solstice », en latin « sol stat », le Soleil s'arrête, s'arrête avant de commencer sa descente ou de reprendre son ascension. Cette des­cente, suivie de cette ascension sont évidemment symboles de Mort et de Résurrection : c'est le symbolisme de toutes les Initiations, de tous les temps. Dépouiller le vieil homme, mourir à la vie antérieure, Renaître.

 

Quoi de plus normal que de trouver dans ce culte du Soleil, dans ce solstice, ici, aujourd'hui, le point de convergence de toutes les Religions, de toutes les Initiations, à la recherche de la Lumière. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, c'est bien le but, conscient ou non, de tous les Hommes : progresser vers la Lumière, vers la Connaissance. C'est ainsi que le symbolisme de la Saint Jean d'Eté se confond avec le symbo­lisme du solstice et du Soleil, et, par là-même, conduit au symbolisme de la Lumière et de la Connaissance.

 

Les Manuscrits de la Mer Morte nous ont appris que Jean-Baptiste avait vécu parmi les Esséniens, dans cette secte juive rigoriste dont l'idéal était fait de bonté, de vérité, de justice, d'ascèse, et d'humilité — en un mot de ferveur spirituelle. Ces Manuscrits de la Mer Morte nous ont appris aussi que les Esséniens vivaient dans l'Oasis de QUMRAN et que cette Oasis était appelée « Le Désert ». Voilà qui éclaire d'un jour nouveau la « Vox clamantis in Deserto ». Il ne s'agit pas d'une voix qui se perd dans les sables et que personne n'entend, mais au contraire d'une voix qui appelle, qui appelle vers la rupture avec l'existence passée et la renaissance à une existence nouvelle.

Nous avons dit que c'est la définition même de toutes les Initia­tions. Et c'est de la même manière que l'Initiation Maçonnique appelle les « cherchants ». Or, ces « cherchants », de jadis et d'aujourd'hui, que cherchent-ils, sinon eux-mêmes ?

Mais revenons à Saint-Jean Baptiste. Il est défini comme l'Annon­ciateur il est « la Voix » alors que Saint-Jean l'Evangéliste sera « la Parole ». Mais est-ce que cette dualité n'est pas un peu artificielle ? Dans l'église Saint-Rémy de Reims, un vitrail représente les deux Saint- Jean — le Baptiste et l'Evangéliste — en une seule figure. La fusion des deux Saint-Jean est soulignée par la présence au-dessus de leurs têtes de deux tournesols (fleurs solaires par excellence), dirigés en sens opposé, vers les deux solstices. C'est en somme la représentation chrétienne du « Janus Bifrons » des Romains — et nous voilà ramenés avant l'ère chrétienne. Janus était le Dieu des « Collegia Fabrorum », c'est-à-dire des corporations d'artisans, ancêtres des Compagnons du Moyen Age. Il faut souligner que c'est en son honneur, en l'honneur de Janus, que les Romains célébraient les deux fêtes solsticiales, d'hiver et d'été. La voilà, l'Unité dans la Dualité. Janus était le « Clusius », c'est-à-dire le porteur de Clefs, celui qui ouvre. Ovide dit que personne n'entre aux Cieux si Janus ne lui ouvre la porte. N'est-ce pas là la définition même de l'Initiant ? Mieux encore, un bois gravé de « l'Azoth », ouvrage de l'alchimiste Basile Valentin, représente, aux pieds d'Atlas portant la sphère cosmique, un buste de Janus et un jeune enfant épelant un alphabet. Le symbolisme n'est-il pas évident de Janus devant le Cosmos, donc Initiant et de l'Apprenti « qui ne sait qu'épe­ler » ?

 

Les Maçons opératifs, les Compagnons, représentaient les deux Saint-Jean par un cercle pointé portant deux tangentes parallèles diamé­tralement opposées, les points de contact des deux tangentes avec le cercle représentant les deux solstices.

 

Dans la tradition hindoue, le solstice d'hiver ouvre la « deva yana », la porte des Dieux et le solstice d'été la « pitri yana », la porte des Ancêtres. Ces « portes » solsticiales correspondent ainsi à la « porte des Dieux » et à la « porte des Hommes » du symbolisme pythagoricien. La porte hivernale introduit la phase lumineuse du cycle solaire, la porte estivale sa phase d'obscurcissement, et c'est pourquoi l'Eglise a placé la naissance du Christ au solstice d'hiver et celle du Baptiste au solstice d'été, ce qui explique la formule évangélique : « Il faut que Lui grandisse et que moi je décroisse. »

Depuis que l'Homme existe, il a toujours craint les Ténèbres, symbole de mort — ne dit-on pas couramment d'un moribond qu'il « ne passera pas la nuit » ? -- mais il a toujours voué, sous des formes différentes, un culte au Soleil, au Soleil fécondateur, source de Vie et symbole d'Espérance, source de Lumière et de Chaleur, et source de Connais­sance.

 

Dans « la République », Platon décrit le Soleil comme l'image du Bien, tel qu'il se manifeste dans la sphère des choses visibles. Et pour les Hindous, le Soleil est « le nourrisseur », l'origine de tout ce qui existe, le principe et la fin de toute manifestation. C'est le principe actif dont la Lune est le principe passif, le reflet. Il est essence et substance, forme et matière. « Son Père est le Soleil, sa Mère est la Lune », dit la Table d'Emeraude.

 

Symbole cosmique, le Soleil est le Symbole du Père et c'est pourquoi, disent les psychanalystes, on le retrouve si souvent dans les dessins d'enfants. C'est le symbole du principe générateur, de l'autorité. C'est le symbole du guide, du chef, du souverain, Louis XIV ne s'appelait-il pas lui-même « le Roi Soleil » ? Dans l'Antiquité, on appelait « Hélio­polis «, « Cité du Soleil », la Capitale, le Centre spirituel Primordial, symbole d'Intelligence Cosmique.

 

Soleil, source de Lumière. Le symbolisme de la Lumière peut se concevoir à partir de deux pôles : « Fiat Lux » et « Post Tenebras Lux ». En s'engageant vers la Lumière, premier aspect du monde informel, on s'engage dans le chemin qui semble pouvoir mener au-delà de la Lumière elle-même, c'est-à-dire non seulement au-delà de toute forme, mais encore au-delà de toute sensation et de toute notion. La Table d'Emeraude, véritable « Table de la Loi » pour les Alchimistes et les Hermétistes décrit ainsi la Création du Monde : « La première chose qui parut fut la Lumière de la Parole de Dieu. Elle donna naissance à l'Action, l'Action au Mouvement et celui-ci à la Chaleur. Dans la Kabbale, le rayonnement de la Lumière à partir du « Point Primordial » engendre l'Etendue et c'est ainsi que nous pouvons interpréter la signification du « Fiat Lux ».

Ce symbolisme de la Lumière, nous allons le retrouver sous tous les Cieux et dans tous les Temps.

 

Dans l'Ancien Testament, la Lumière est le Bonheur. Alors que le Feu est douloureux, la Lumière est douce, la Lumière est l'Amour.

Le Christianisme, évidemment, est tout pénétré du Symbolisme de la Lumière. Jésus apporte la Lumière, il est la Lumière.

Saint Martin dit que la Lumière doit être perçue sans réfraction, sans intermédiaire. C'est le caractère direct de l'Illumination Initia­tique.

 

En Islam, la Lumière s'identifie avec l'Esprit. Le Coran déclare : « Dieu est la Lumière des Cieux et de la Terre. Sa Lumière est comme une niche dans un mur, où se trouve une lampe, et la lampe est dans un verre, et le verre est comme une étoile brillante. Elle est allumée avec l'huile d'un arbre béni, qui n'est ni d'Orient, ni d'Occident, et cette huile est allumée et l'éclat de sa lumière brille sans que le feu y ait été mis. C'est Lumière sur Lumière. » Les Soufistes interprètent ainsi cette parabole : la Lanterne de verre est le coeur de l'Homme, la niche dans laquelle elle est placée est son corps, la lampe est sa cons­cience, illuminée par la Lumière de l'Esprit. C'est ce que signifie

« Lumière sur Lumière ».

 

En Chine, pour les Bouddhistes, Lumière et Illumination sont iden­tiques. La Lumière est une expression des forces fécondantes, c'est la chaleur qui donne la vie, c'est « une force qui pénètre le ventre de la femme et la féconde ». Les héros de la mythologie chinoise naissent

« après qu'une Lumière Merveilleuse ait envahi la chambre de leur mère ». Ne retrouvons-nous pas là le symbolisme de l'immaculée Conception par le Saint-Esprit ? symbolisme qui n'est pas uniquement chrétien.

 

Enfin, dans la tradition celtique, nous trouvons une équivalence symbolique de la Lumière et de l'Oeil. Les Gallois appellent le Soleil

« L’Oeil du Jour ». Les Irlandais désignent le brillant du Soleil par l'expres­sion « Lumière de l'Oeil ». Et je ne trahirai aucun secret en disant que dans les Temples Maçonniques, on trouve à l'Orient, source de Lumière, l'Oeil dans le Delta Lumineux.

A ce symbolisme de la Lumière se trouve étroitement associé le symbolisme des Ténèbres : « Post Tenebras Lux, car la Lumière a besoin des Ténèbres et je ne reviendrai pas sur le symbolisme du blanc et du noir.

 

L'Ancien Testament considère que les Ténèbres sont Mal, Malheur, châtiment et Mort.

Dans les Manuscrits de la Mer Morte, dont nous avons déjà parlé, on trouve le livre « de la guerre des Enfants de la Lumière contre les Enfants des Ténèbres «. Et à propos de ce combat, qu'il me soit permis de me ressouvenir de la merveilleuse « Flûte Enchantée » de notre Frère Mozart.

SI, pour Saint-Jean l'Evangéliste, « les Ténèbres sont la dualité du Yang et du Yin qui sont inséparables, chacun contenant une trace de l'autre. TCHOUANG TSEU écrit : « Les hommes sages savent que Lumière et Ténèbres sont de même nature. » Le retour de l'Homme à son Origine nécessite donc la résolution de cette dualité, la reconstitution de l'Unité première.

Le symbolisme de la sortie des Ténèbres se retrouve dans tous les Rituels d'Initiation, quels qu'ils soient. Il se retrouve dans la mythologie végétale où une graine, enfouie dans les ténèbres de la Terre, donne naissance à une plante nouvelle qui s'élance vers la Lumière nourricière. Il se retrouve même dans les concepts des cycles historiques. Et dans tous les plans cosmiques, une époque sombre est suivie d'une époque lumineuse, pure, régénérée.

Cette Lumière spirituelle n'est autre que la Connaissance transfi­gurante que les Francs-Maçons ont pour devoir de s'efforcer d'acquérir. Or, la Connaissance est, pour nous Francs-Maçons, inséparable de la Liberté. Sa recherche est universelle, dans le temps et dans l'espace. Elle est inséparable de la Liberté : nous pensons qu'il n'y a pas de Liberté sans Connaissance, pas plus qu'il ne peut y avoir de Connaissance sans Liberté. La Liberté par la Connaissance, nous en découvrons la Lumière dans nos Temples, après avoir « laissé nos métaux à la porte ». Nous découvrons alors la véritable Liberté, notre propre Liberté, que nous tentons d'acquérir en essayant de nous débarrasser de l'esclavage des superstitions, des ignorances, des passions.

 

La Connaissance ne peut pas être imposée de l'extérieur, son approche ne peut être que le résultat d'une quête patiente, constante et individuelle, car l'initiation est une aventure individuelle et chacun la vit sur son propre chemin.

La Déclaration de Principe de la Grande Loge de France proclame : « Dans la recherche constante de la Vérité, les Francs-Maçons n'accep­tent aucune entrave et ne s'assignent aucune limite. Ils respectent la pensée d'autrui et sa libre expression. Ils recherchent la conciliation des contraires. » C'est en application de ces Principes que nous pensons que la quête de la Lumière et de la Connaissance est universelle dans le temps et dans l'espace. En effet nous l'avons retrouvée dans l'Ancien et dans le Nouveau Testament, dans la Kabbale et dans le Coran, dans la mythologie Hindoue et dans la symbolique Chinoise, et aussi, bien évidemment, dans notre démarche Maçonnique. Oh I certes nous savons bien que nous n'avons pas acquis la Connaissance et que nous ne l'ac­querrons jamais. Mais peut-être notre réflexion nous met-elle en mains la clef de l'escalier au sommet duquel brille la Lumière.

Redisons-le une dernière fois : Avec tous les Hommes de bonne volonté, les Francs-Maçons de la Grande Loge de France cherchent à s'approcher de la Lumière et de la Connaissance et c'est en définitive le sens du message qu'ils ont essayé de faire passer aujourd'hui, jour de la fête solsticiale de la Saint Jean d'été.

 

Source : www.ledifice.net

 

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