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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 08:09

Au risque de me perdre, je me laisse submerger par ce tourbillon d'idées. Il surgit sans crier garde et je plonge dans un autre univers. Cette musique m'entraîne loin d'ici, dans un monde irréel.
Au risque de me perdre, je la laisse m'imprégner. Il me plait d'écrire et mes doigts s'hasardent et glissent au rythme de leurs accents rocailleux. Mille paysages viennent se heurter aux yeux de mon âme. Tantôt de belles vallées moqueuses, tantôt des monts et des prairies à perte de vue. Tout en nuances, rien n'est là par hasard.
Au risque de vous perdre, ne vous y fiez pas. Sous ce chapelet de mots rauques, cette voix sibylline cache de la rondeur tout en dissimulant de la douceur. Leurs mots gutturaux résonnent tout en me parlant de cette terre que j'affectionne tant. Ce voyage glauque prend alors une destination particulière. Avec délice, je prends mon envol.
Au risque de nous perdre, il n'est qu'illusion sinistre mais fouler ce sol caillouteux s'avère goûteux. Désir réel de tout connaître, de les comprendre, de les aimer, découvrir leurs mythes et leurs légendes, parcourir les monts, les landes restent pour moi, mon paradis.
Au risque de me perdre, je songe pourtant à leur enfer et à tout ce sang versé pour que ce soir, le chant du rossignol me parvienne jusqu'au cœur de mon âme. Au passage, je respire l'air frais. L'iode de la mer flotte et m'apporte bien plus qu'un bien être certain. Inconfortable situation qui m'anime par tant de découvertes. La haine flirtant avec l'amour qui cohabite avec cette folle passion. Poison violent que tout ceci m'entraîne bien plus loin encore.
Au risque de me perdre, j'étale sur ces pages les soubresauts qui me blessent et qui m'attristent. Ils m'attisent tant que je me sens déchirée entre l'envie de rire ou de pleurer. Sensation étrange qui pourtant me plaît. Je patauge dans la rosée du petit matin qui tarde à se lever. Immobiles petites choses blanches, petits murets ou moutons endormis ? Le voile du brouillard titille mon champ d'observation.
Au risque de me perdre, je plane dans cet air nouveau qui vient de loin. A l'ouïe, je la suis. J'arrive aux portes de cette bourgade. La musique m'invite. Des rires moqueurs n'interloquent. Ne soyez pas étonné si cela vous choque. C'est ainsi par ici. Rien n'est semblable et tout reste amical. Du fond de leurs yeux, remarquez bien cette petite flamme qui vacille. Ne vous méprenez pas, le vent n'a rien à y voir.
Au risque de ne pas les perdre, je n'hésite pas le moins du monde à les suivre. Comme il est tentant de les accompagner dans leurs délires! Avec cette envie soudaine qui vous prend, laissez-vous aller et vous serez surpris par le tambourinement de vos mains que vous croyez non-expertes. Vous serez sans doute encore plus étonnés de voir que vos pieds les accompagnent par leurs rythmes endiablés.
Au risque de me perdre, je survole Dublin, ses contrées sauvages.
Je monte de plus en plus haut, au risque de me brûler les ailes. Un souffle d'air encore tiède me ramène. Réceptive, je ne peux que tout entrevoir. Mystérieux changements qui amorcent ma chute vertigineuse, je passe en rase motte sur les feuillages des arbres: destination inconnue. Telle l'aiguille d'une boussole, je vacille. Descente brusque mais sans heurts violents, tout n'est que stratagème. Un filet d'or m'accapare. Inutile de me débattre, je ne suis pas en danger.
Au risque de me perdre, je me promène dans un vaste parc. Musique, chants, tout est douceur et candeur. Des ombres fugitives se dessinent et jouent. J'essaie de les suivre. Trop tard, ils déploient leurs ailes et me quittent. Terre de mythes et de légendes, qui étiez-vous, petites ombres fragiles ?
Au risque de me perdre, j'avance droit devant moi. Ne pas souhaiter rentrer, sans jamais me retourner. Tout me semble furtif et pourtant les cris plaintifs sont bien réels. Dans ce parc qui m'appelle et m'interpelle, je me laisse guider par les pleurs. Je reste là à écouter les doléances de tout cet être qui s'élance tel un cierge vers le ciel. Imposante stature qui me garde captive. Seules les odeurs vagabondent. Je reste attentive, les yeux tournés vers le firmament. Rien ne peut venir me distraire. J'écoute et j'apprends. Personne n'entend. Seul, le bruissement du feuillage couvre le récit de son lourd secret.
Au risque de me perdre, je vous livre son affliction qu'il a cru bon me narrer.
Cet arbre qui hurlait son désespoir d'avoir dû par un beau soir d'été, prendre le dernier souffle de ses valeureux guerriers. Que de larmes n'a-t-il pas déjà versés ! Toi qui reste le dernier témoin silencieux de tant de lâcheté des hommes, tu dois savoir pour l'avoir vu que le genre humain est des plus cruels.
Au risque de me perdre, j'aimerais vous raconter ce qu'il m'a dit un soir d'hiver. Son cœur en lambeau, déchiré par tant de haine gratuite, avide de cupidité, je sais qu'il sait. Et si les pas de danses résonnent si fort, n'est-ce pas pour apprendre au monde entier qu'ils sont toujours là ?
Au risque de vous perdre, je crois bien que cela vous poussera loin d'ici mais tant pis, je ne vous pousserai pas aux limites du supportable. Au risque de me perdre, je ne peux pas vous révéler tant de chagrin et tant de laideur et pourtant, il faudrait bien que vous sachiez qu'avec tant de rancœur, on ne rebâtit pas le monde.
Au risque de nous perdre, sachez pourtant que ses branches auraient voulu céder pour ne pas les perdre. Ils sont pourtant partis et l'arbre n'est pas guéri malgré les ans, malgré le vent qui a séché ses pleurs et même les rayons du soleil n'ont pas pu le faire refleurir. Le faisceau qu'il aime est émit par la lune qui par ce soir de bonne fortune lui a narré une histoire triste qui se termine par des chants et des jeunes gens qui dansent sur cet air vieillot d'autrefois. Une flûte résonne surmontant le souffle jaloux du vent. Cet air enjôleur déploie avec courtoisie sa rage de vaincre. Lui se laisse émouvoir et déploie ses feuilles pour atteindre son orateur. Pour quelques heures, il se laisse bercer dans le vent flatteur.
Au risque de ne pas le perdre, arrêtez-vous si vous passez à Dublin.
Vous le reconnaîtrez. Il est le gardien du passé qui ne veut pas se perdre dans l'insouciance du futur. Il n'a plus guère de larmes à verser et pourtant, au risque de me perdre, je garderai au plus profond de mon âme, ses lourds secrets.
Au risque de ne pas les perdre, j'imprime dans ma mémoire, les visions d'horreur que mon cœur ne supporte plus. Que d'horreur pour leur honneur qui les a conduit dans les ténèbres de la nuit. Au risque de me perdre, je veux rester sur une dernière note d'espoir et je vous demande pardon d'avance si vous avez risqué vous aussi, de vous perdre.
Il est loin pourtant, ce temps où les hommes se faisaient la guerre en Eire. Je ne parviendrai pas à me taire pour que cette paix fragile tienne. Prenez garde à vous, messieurs les coquins qui la jalousent. Elle est le trophée tant espéré de tout ce sang versé. Issue fatale pour tous ceux qui n'ont eu cesse d'espérer et d'obtempérer. Soyez enfin apaisé car la paix tant convoitée est arrivée. Les couleurs flottent dans un ciel qui n'est pas toujours gris. La pluie qui mouille vos routes et pavés sont les larmes de joie qui vous parviennent d'entre les cieux. Elles rendent plus vertes vos vallées et augmentent de plusieurs tons votre gamme déjà large de verts. Du firmament là-haut, je sens bien qu'ils en sont fiers. N'entendez-vous pas ce bruit de fond qui s'étend à l'infini ? Ont-ils eu le temps de prendre une dernière Guinness avant de rejoindre l'au-delà ?
Au risque de me perdre, j'espère qu'ils poursuivront leur route sans se perdre. Que leurs chants les accompagnent partout où ils se rendront !
Au risque de nous perdre, je préfère songer qu'il en restera ainsi jusqu'à la nuit des temps. Que le frère du Sud embrasse celui du Nord. Que celui du Nord enlace le Sud et qu'il ne fasse plus qu'une grande famille des plus unies. Qu'importe que tu croies, à tort où a raison, que le plus fort l'emportera. Diviser n'est pas gagner.
Lui, il a pris le risque de se perdre en regagnant Cork, son comté.
En passant dans les rues de Dublin, sans se faire prendre. Il savait bien qu'un jour ou l'autre, les ailes de la mort viendraient le frôler. Son vélo ne pouvait le perdre et il est passé de ci de là, sans se soucier qu'il pouvait perdre à ce petit jeu-là. Michael, tant que tu restais sur tes gardes en jouant avec tes espoirs et tes peurs, celles-ci te préservaient de la mort. Pourquoi as-tu cessé de douter ?
Eux, tes compagnons qui croyaient te perdre t'ont poussé à te rendre sur cette terre hostile. Que de débats, que de temps pour te rendre compte que le droit, tu n'en avais pas vraiment. Issue sans espoir, tu as bien fini par t'en rendre compte mais bien trop tard.
Au risque de se perdre, se démêlant dans ce complot, il lui a fallut de l'audace pour tenir en haleine ses adversaires. Le culot a payé. Tu as gagné leur retrait mais tu savais déjà que tu t'étais vendu. Pour ceux qui n'avaient pas compris, c'était ça mais toi, tu savais car tu voyais bien plus loin. Dans cette tourmente, au risque de te perdre, tu allais comme l'agneau t'offrir en sacrifice afin que plus jamais, sur le sol irlandais, des morts ne viennent émailler les pavés.
Lui, il ne pouvait les perdre et il a dû trancher.
Statuer devenait dangereux surtout lorsque le choix est épineux.
Personne n'a voulu comprendre mais il a tenu envers et contre tous.
Au risque de les perdre, eux qui se disaient leurs amis, ils t’ont laissé te débattre dans l'autre camp afin de ramener le traité qui devait faire d'elle une nouvelle république mais qui n'a eu que l'ombre de celle-ci.
Pourtant, au risque de déplaire, il a tenu bon et a relevé le défi.
Ils peuvent aujourd'hui, se balader le long des quais sans être inquiétés
Mais qui songe à cet homme qui a prit le risque de tout perdre ?
Au risque de me perdre, il m'a souvent épaté par ses façons de faire.
Et il a su les faire taire même s'il savait d'avance qu'il prenait des risques de se perdre. Et qui viendra démentir qu'il savait avant de rentrer, qu'il avait signé son arrêt de mort. Pour lui, perdre sa vie pouvait le faire renaître dans les générations suivantes. Il était sans nul doute, en avance sur son temps. Il a joué, aimé et n'a pourtant pas obtenu de l'or.
Plus tard, l'Europe est ainsi née avec son manteau de réconfort. Je souhaite qu'elle aussi ne prenne pas le risque de nous perdre, qu'elle console les cœurs embrumés de douleur qui ne veulent plus mourir sur le champ d'honneur, qu'elle brise le sceau des complots et qu'elle garde dans son sein ses derniers enfants orphelins de bonheur.
Afin de ne pas nous perdre, qu'elle soit vigilante, qu'elle aide les miséreux et qu'elle conserve avant tout les vraies valeurs.
Au risque de ne pas se perdre, elle prend tous ces peuples sous son aile.
Qu'importe qu'il soit du Nord, du Sud, de l'Est ou de l'Ouest. L'heure est venue de nous serrer les coudes afin de ne plus nous perdre au jeu terrible et peu convenant de la guerre.
Territoire d'autrefois, il a fallu du temps aux hommes de bonnes volontés pour s'accepter les uns les autres sans se chercher ni de les perdre afin d'agrandir leur vanité.
Lui n'a pas son nom écrit en long et en large dans toutes les rues de son pays, et pourtant, avec son humour, il a fait gagner le droit de la liberté.
Poussant le vice jusqu'à leur souhaiter la bonne journée puis s'en est allé vers la fin de son voyage avec sa destinée sur la pointe des pieds.

Source : http://mon-irlande.skynetblogs.be/archive/2008/04/19/poeme-sur-l-irlande.html

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Published by Ansty - dans Irlande
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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 07:59

Doctrine du Seigneur enseignée aux nations par les douze Apôtres.

I. Il y a deux chemins : l'un de la vie, l'autre de la mort ; mais il est entre les deux chemins une grande différence.

Or le chemin de la vie est le suivant : « d'abord, tu aimeras Dieu qui t'a créé ; en second lieu, tu aimeras ton prochain comme toi-même ; et ce que tu ne veux pas qu'il te soit fait, toi non plus ne le fais pas à autrui. »

Et voici l'enseignement signifié par ces paroles : « Bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour vos ennemis, jeûnez pour ceux qui vous persécutent. Quel mérite, en effet, d'aimer ceux qui vous aiment! Les païens n'en font-ils pas autant? Quant à vous, aimez ceux qui vous haïssent », et vous n'aurez pas d'ennemis (Notes critiques). « Abstiens-toi des désirs charnels » et corporels. « Si quelqu'un te donne un soufflet sur la joue droite, présente lui l'autre aussi, et tu seras parfait; si quelqu'un te requiert de faire un mille, fais-en deux avec lui ; si quelqu'un t'enlève ton manteau, donne-lui encore ta tunique ; si quelqu'un t'a pris ton bien, ne le réclame pas », car tu n'en as pas le pouvoir. « Donne à quiconque t'implore, sans rien redemander », car le Père veut qu'il soit fait part à tous de ses propres largesses. Heureux celui qui donne, selon le commandement ! car il est irréprochable. Malheur à celui qui reçoit ! certes si le besoin l'oblige à prendre, il est innocent; mais, s'il n'est pas dans le besoin, il rendra compte du motif et du but pour lesquels il a pris ; il sera mis en prison, examiné sur sa conduite et « il ne sortira pas de là qu'il n'ait rendu le dernier quart d'as ». Mais il a été dit également à ce sujet : « Laisse ton aumône se mouiller de sueur dans tes mains, jusqu'à ce que tu saches à qui tu donnes ».

II. Deuxième commandement de la doctrine : « Tu ne tueras pas, tu ne seras pas adultère, » tu ne souil-leras point de garçons, tu ne commettras ni fornication, « ni vol, » ni incantation, ni empoisonnement; tu ne tueras point d'enfants, par avortement ou après la naissance ; « tu ne désireras pas les biens de ton prochain. Tu ne te parjureras pas, tu ne diras pas de faux témoignage », tu ne tiendras pas de propos médisants, tu ne garderas pas de rancune. Tu n'auras pas deux manières de penser ni deux paroles : car la duplicité de lan-gage est un piège de mort. Ta parole ne sera pas menteuse ; pas vaine non plus, mais remplie d'effet. Tu ne seras ni avare, ni rapace, ni hypocrite, ni méchant, ni orgueilleux; tu ne formeras pas de mauvais dessein contre ton prochain. Tu ne dois haïr personne ; mais tu dois reprendre les uns, et prier pour eux, et aimer les autres plus que ta vie.

III. Mon enfant, fuis tout ce qui est mal et tout ce qui ressemble au mal. Ne sois pas irascible, car la colère mène au meurtre; pas jaloux, ni querelleur, ni violent, car c'est de là que viennent les meurtres. Mon enfant, ne sois pas convoiteux, car la convoitise mène à la fornication; ne sois pas répandu en propos obscènes et en regards effrontés, car tout cela engendre les adultères. Mon enfant, n'observe pas le vol des oiseaux, car cela mène à l'idolâtrie; garde-toi des incantations, des calculs astrologiques, des purifications superstitieuses, refuse même de les voir et de les entendre, car tout cela engendre l'idolâtrie. Mon enfant, ne sois pas menteur, car le mensonge mène au vol ; pas avide d'argent ou de vaine gloire, car tout cela engendre les vols. Mon enfant, ne sois pas adonné aux murmures, car ils mènent au blasphème; ni insolent et malveillant, car tout cela engendre les blasphèmes. Au contraire sois doux, car « les doux auront la terre en partage ». Sois patient, miséricordieux, sans malice, paisible et bon ; tremble continuellement aux paroles que tu as entendues. Tu ne t'élèveras pas toi-même, tu n'ouvriras pas ton âme à la présomption. Ton âme n'adhérera pas aux superbes, mais tu fréquenteras les justes et les humbles. Tu accueilleras comme autant de biens les événements qui t'arrivent, sachant que rien ne se fait sans Dieu.

IV. Mon enfant, souviens-toi nuit et jour de celui qui t'annonce la parole de Dieu ; honore-le comme le Seigneur, car là où est annoncée sa souveraineté, là est aussi le Seigneur. Recherche tous les jours la com-pagnie des Saints, afin de te réconforter par leurs conversations. Tu ne feras point de schisme, mais tu mettras la paix entre ceux qui se combattent. « Tu jugeras avec justice » ; tu ne feras pas acception de la per-sonne en reprenant les fautes. Tu ne demanderas pas avec inquiétude si une chose arrivera ou non.

 « Ne tiens pas les mains étendues quand il s'agit de recevoir, et fermées quand il faut donner ». Si tu possèdes quelque chose grâce au travail de tes mains, donne afin de racheter tes péchés. Ne balance pas avant de donner, mais donne sans murmure et tu reconnaîtras un jour qui sait récompenser dignement. Ne repousse pas l'indigent, mets tout en commun avec ton frère et ne dis pas que tu as des biens en propre, car si vous entrez en partage pour les biens immortels combien plus y entrez-vous pour les biens périssables?

Tu ne retireras pas la main de dessus ton fils et ta fille; mais dès leur enfance tu leur enseigneras la crainte de Dieu. Tu ne commanderas pas avec aigreur à ton esclave ou à ta servante qui mettent leur espérance dans le même Dieu que toi, de peur qu'ils ne perdent la crainte de Dieu, qui est au-dessus des uns et des autres; car il n'appelle pas suivant la qualité de la personne, mais il vient à ceux que l'esprit a préparés. Pour vous, esclaves, vous serez soumis à vos seigneurs comme à une image de Dieu, avec respect et avec crainte.

Hais toute hypocrisie et tout ce qui déplaît au Seigneur ; ne mets pas de côté les « commandements du Seigneur, mais observe » ceux que tu as reçus « sans rien ajouter ni rien retrancher ». Dans l'assemblée, tu feras l'exomologèse de tes péchés et tu n'iras pas à la prière avec une conscience mauvaise.

Tel est le chemin de la vie.

V. Voici maintenant le chemin de la mort. Avant tout il est mauvais et plein de malédiction : « meurtres, adultères », convoitises, « fornications, vols, » idolâtrie, pratiques magiques, empoisonnements, rapines, « faux témoignages », hypocrisie, duplicité du cœur, « ruse, orgueil, malice », arrogance, « avarice », obscénité de langage, jalousie, insolence, faste, « forfanterie », absence de toute crainte. Persécuteurs des hommes de bien, ennemis de la vérité, amateurs du mensonge, qui ignorent la récompense de la justice, « qui ne s'attachent pas au bien » ni au juste jugement, qui sont en éveil, non pour le bien, mais pour le mal, qui sont loin de la douceur et de la patience, qui « aiment la vanité », qui « courent après la récompense », qui n'ont pas de pitié pour le pauvre et ne se mettent point en peine des affligés, qui méconnaissent leur propre créateur, « meurtriers d'enfants », et meurtriers par avortement des créatures de Dieu, qui se détournent de l'indigent et accablent les opprimés, avocats des riches, et juges iniques des pauvres, pécheurs de part en part! Puissiez-vous, ô mes enfants, être préservés de tous ces gens-là !

VI. Veille « à ce que nul ne te détourne » de ce chemin de la Doctrine, car celui-là t'enseigne en dehors de Dieu. Si tu peux porter tout entier le joug du Seigneur, tu seras parfait; sinon, fais du moins ce qui est en ton pou voir. Quant aux aliments, prends sur toi ce que tu pour ras ; mais abstiens-toi complètement des viandes offertes aux idoles, car c'est là un culte rendu à des dieux morts.
VII. Pour le baptême, donnez-le de la manière sui vante: après avoir enseigné tout ce qui précède, « baptisez au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », dans de l'eau courante. S'il n'y a pas d'eau vive, qu'on baptise dans une autre eau et à défaut d'eau froide, dans de l'eau chaude. Si tu n'as (assez) ni de l'une ni de l'autre, verse trois fois de l'eau sur la tête « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Que le baptisant, le baptisé et d'autres personnes qui le pourraient, jeûnent avant le baptême ; du moins au baptisé ordonne qu'il jeûne un jour ou deux auparavant.

VIII. « Que vos jeûnes n'aient pas lieu en même temps que ceux des hypocrites » ; ils jeûnent en effet le lundi et le jeudi ; pour vous, jeûnez le mercredi et le vendredi. [2] « Ne priez pas non plus comme les hypocrites », mais de la manière que le Seigneur a ordonné dans son évangile :

Priez ainsi :

Notre Père qui est au ciel,
Que ton nom soit sanctifié,
Que ton royaume arrive,
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui le pain nécessaire à notre existence,
Remets-nous notre dette
Comme nous remettons aussi la leur à nos débiteurs,
Et ne nous induis pas en tentation,
Mais délivre-nous du mal » ;
Car à toi est la puissance et la gloire dans les siècles !

Priez ainsi trois fois par jour.

IX. Quant à l'eucharistie, rendez grâce ainsi. D'abord pour le calice :

Nous te rendons grâce, ô notre Père,
Pour la sainte vigne de David ton serviteur,
Que tu nous as fait connaître par Jésus ton serviteur.
Gloire à toi dans les siècles !
Puis, pour le pain rompu :
Nous te rendons grâce, ô notre Père,
Pour la vie et la science
Que tu nous as fait connaître par Jésus ton serviteur.
Gloire à toi dans les siècles !

Comme ce pain rompu, autrefois disséminé sur les montagnes, a été recueilli pour devenir un seul tout,

Qu'ainsi ton Eglise soit rassemblée des extrémités de la terre dans ton royaume,

Car à toi est la gloire et la puissance par Jésus-Christ dans les siècles !

Que personne ne mange et ne boive de votre eucharistie, si ce n'est les baptisés au nom du Seigneur, car c'est à ce sujet que le Seigneur a dit : « Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens. »

X. Après vous être rassasiés, rendez grâce ainsi :

Nous te rendons grâce, « ô Père Saint ! »
Pour ton saint nom
Que tu as fait habiter dans nos cœurs,
Pour la connaissance, la foi et l'immortalité
Que tu nous as révélées par Jésus ton serviteur.
Gloire à toi dans les siècles !
C'est toi, maître tout-puissant,
Qui as « créé l'univers » à l'honneur de ton nom,
Qui as donné aux hommes la nourriture et la boisson en jouissance pour qu'ils te rendent grâces ;
Mais à nous tu as donné une nourriture et un breuvage spirituel et la vie éternelle par ton serviteur.
Avant tout, nous te rendons grâces, parce que tu es puissant.
Gloire à toi dans les siècles !
Souviens-toi, Seigneur, de délivrer ton Eglise de tout mal,
Et de la rendre parfaite dans ton amour.
Rassemble-la des quatre vents, cette Eglise sanctifiée,
Dans ton royaume que tu lui as préparé,
Car à toi est la puissance et la gloire dans les siècles !
Vienne la grâce et que ce monde passe !
« Hosanna au Dieu de David ! »
Si quelqu'un est saint, qu'il vienne !
Si quelqu'un ne l'est pas, qu'il fasse pénitence !
Maran Atha,
Amen.

Laissez les prophètes rendre grâce autant qu'ils voudront.

XI. Si quelqu'un vient à vous et vous enseigne tout ce qui vient d'être dit, recevez-le ; mais si le prédica-teur lui-même, étant perverti, enseigne une autre doctrine, et travaille à détruire, ne l'écoutez pas ; enseigne-t-il, au contraire, pour accroître la justice et la connaissance du Seigneur, recevez-le comme le Seigneur.

A l'égard des apôtres et des prophètes, agissez selon le précepte de l'Evangile, de la manière suivante :

Que tout apôtre arrivant chez vous soit reçu comme le Seigneur ; mais il ne restera qu'un seul jour, ou un deuxième en cas de besoin ; s'il reste trois jours, c'est un faux prophète. A son départ que l'apôtre ne reçoive rien, sinon du pain pour gagner un gîte ; s'il demande de l'argent, c'est un faux prophète.

Vous n'éprouverez et ne critiquerez aucun prophète qui parle en esprit : car « tout péché sera remis, mais ce péché-là ne le sera pas ». Tout homme qui parle en esprit n'est pas prophète, mais seulement s'il a les façons de vivre du Seigneur. C'est donc d'après leur conduite que l'on distinguera le faux prophète et le vrai prophète. Ainsi tout prophète qui ordonne en esprit de dresser une table, s'abstient d'en manger, à moins qu'il ne soit un faux prophète ; et tout prophète qui enseigne la vérité, mais sans faire ce qu'il enseigne, est un faux prophète ; et tout prophète éprouvé, véridique, qui opère en vue du mystère terrestre de l'Eglise, mais qui n'instruit pas les autres à exécuter les choses qu'il fait lui-même, ne doit pas être jugé par vous : car c'est Dieu qui le jugera, et d'ailleurs les anciens prophètes ont agi de même. Quiconque vous dit en esprit : Donnez-moi de l'argent ou quelque autre chose, vous ne l'écouterez pas; mais s'il prie qu'on donne pour d'autres indigents, que nul ne le juge.

XII. Tout homme « qui vient au nom du Seigneur » doit être accueilli ; ensuite éprouvez-le pour le juger, car vous devez discerner la droite et la gauche. Si le nouveau venu ne fait que passer, secourez-le de votre mieux; mais il ne demeurera chez vous que deux ou trois jours, si c'est nécessaire ; s'il veut s'établir chez vous, et qu'il soit artisan, qu'il travaille et qu'il se nourrisse ; mais s'il n'a pas de métier, que votre prudence avise à ne pas laisser un chrétien vivre oisif parmi vous. S'il ne veut pas agir ainsi, c'est un trafiquant du Christ ; gardez-vous des gens de cette sorte.

XIII. Tout vrai prophète voulant s'établir chez vous « mérite sa nourriture » ; pareillement le docteur véritable gagne lui aussi, comme « l'ouvrier, sa nourriture ». Tu prendras donc, du pressoir et de l'aire, des bœufs et des brebis, les prémices de tous les produits, tu les donneras aux prophètes, car ils sont vos grands-prêtres ; et si vous n'avez pas de prophète, vous donnerez aux pauvres Si tu fais du pain, prélève les prémices et donne-les selon le commandement. De même, si tu ouvres une amphore de vin ou d'huile, prélèves-en les prémices et donne-les aux prophètes. Sur ton argent, sur tes vêtements, sur toute sorte de richesse, prélève les prémices, selon ton appréciation, et donne-les selon le commandement.

XIV. Réunissez-vous le jour dominical du Seigneur, rompez le pain et rendez grâces, après avoir d'abord confessé vos péchés, afin que votre sacrifice soit pur. Celui qui a un différend avec son compagnon ne doit pas se joindre à vous avant de s'être réconcilié, de peur de profaner votre sacrifice, car voici ce qu'a dit le Seigneur : « Qu'en tout lieu et en tout temps, on m'offre un sacrifice pur ; car je suis un grand roi, dit le Seigneur, et mon nom est admirable parmi les nations ».

XV. Ainsi donc, élisez-vous des évêques et des diacres dignes du Seigneur, des hommes doux, désintéressés, véridiques et éprouvés ; car ils remplissent eux aussi, près de vous, le ministère des prophètes et des docteurs. Donc ne les méprisez pas ; car ils sont les hommes honorés d'entre vous, avec les prophètes et les docteurs.
Reprenez-vous les uns les autres, non avec colère, mais pacifiquement, comme vous le tenez de l'Evangile ; et si un homme offense son prochain, que personne ne converse avec lui, qu'il n'entende un mot de personne avant qu'il ait fait pénitence. Pour vos prières, vos aumônes et toutes vos actions, faites-les comme vous le trouverez marqué dans l'Evangile de notre Seigneur.

XVI. « Veillez » sur votre vie ; ne laissez ni « s'éteindre vos lampes » ni se détendre « la ceinture de vos reins » ; mais « soyez prêts car vous ignorez l'heure où notre Seigneur viendra ». Assemblez-vous fréquemment pour rechercher ce qui intéresse vos âmes, car tout le temps de votre foi ne vous servira de rien, si au dernier moment vous n'êtes devenus parfaits. Car aux derniers jours on verra se multiplier les faux prophètes et les corrupteurs, les brebis se changer en loups et l'amour en haine. Avec les progrès de l'iniquité, les hommes se haïront, se poursuivront, se trahiront les uns les autres ; et alors paraîtra le Séducteur du monde, se donnant pour Fils de Dieu ; il fera « des signes et des prodiges », la terre sera livrée entre ses mains, et il commettra des iniquités telles qu'il n'en fut jamais commis depuis le commencement des siècles.

Alors toute créature humaine entrera dans le feu de l'épreuve : « beaucoup se scandaliseront » et périront ; » mais ceux qui auront persévéré » dans leur foi « seront sauvés » par Celui-là même qui aura été un objet de malédiction. Alors « apparaîtront les signes » de la vérité : premier signe, les cieux ouverts ; deuxième signe, le son de la trompette; troisième signe, la résurrection des morts ; non de tous, il est vrai, mais, selon qu'il a été dit : « le Seigneur viendra et tous les saints avec lui ». Alors le monde « verra » le Seigneur « venant sur les nuées du ciel ».

Source : http://remacle.org/bloodwolf/apocryphes/didache.htm

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 06:10

La planche de ce jour a pour thème le christianisme primitif et ses rites, cependant il est nécessaire de commencer par rappeler quelques éléments doctrinaux qui ont conditionné l’évolution ultérieure de la chrétienté. Pour des raisons de commodité, le présent exposé adopté délibérément une présentation très structurée, dont l’inconvénient est un schématisme réducteur.

La doctrine
L’enseignement de Jésus
L’enseignement de Jésus est d’abord connu au travers des écrits rédigés par les apôtres, c’est-à-dire par des textes apologétiques et démonstratifs, et non pas « historiques » au sens actuel du terme. Il reste cependant que l’analyse détaillée de ces mêmes textes, la présence d’autres sources (écrits païens et apocryphes), la connaissance du judaïsme antique et de la Bible juive permettent de déterminer avec une précision acceptable les paroles réelles de jésus.
Avant de devenir une religion constituée, l’enseignement de Jésus est d’abord un discours qui se situe avant tout dans le cadre du judaïsme: en effet, en dehors de toute autre considération (langue, géographie), l’enseignement de Jésus n’est compréhensible que par le peuple juif, élevé dans une religion monothéiste. Simultanément, cette même prédication fait éclater par certains points le judaïsme traditionnel, et trouvera (par l’intermédiaire de Paul) son plus grand succès auprès des païens. On touche là l’ambiguïté fondamentale de Jésus, qui explique pourquoi ses contemporains ont eu du mal à le reconnaître comme le Messie.

Le Royaume de Dieu
En schématisant à l’extrême, le message de Jésus est marqué par un thème récurrent : « Le temps est accompli, et le Royaume de Dieu s’est approché : convertissez vous, et croyez à l’Evangile » (Marc 1, 15).

Le Messie
A ce titre, ses disciples reconnaissent en Jésus l’Oint du Seigneur (Messie en hébreu, Christ en grec), titre que jésus n’accepte qu’avec réticence. Cela n’empêche pas que les apôtres et les foules voient en lui le Messie Glorieux, venu rétablir la place d’Israël parmi les nations, d’où l’ambiguïté de son succès; le procès et la crucifixion de Jésus le réalisent comme Messie Souffrant, pour reprendre les termes d’Isaïe (40-55). En reprenant les évangiles, il semble que jusqu’à son procès, Jésus a hésité entre ces deux aspects du Messie.

La Loi Juive
Un autre trait caractéristique de la prédication de Jésus est son attitude par rapport à la Loi Juive. D’un côté, il déclare : « N’allez pas croire que je suis venu abroger la Loi ou les Prophètes: je ne suis pas venu pour abroger, mais pour accomplir » (Mathieu 4, 17). Pourtant, simultanément, sa prédication s’adresse en priorité aux déshérités, aux pêcheurs, et il n’hésite pas à interpréter cette même Loi dans un sens apparemment contraire à la tradition, au nom d’une raison supérieure, l’amour et la miséricorde divine : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat, de sorte que le Fils de l’Homme est maître même du sabbat » (Marc 2, 28).

Jésus et les païens
Au début de la prédication de Jésus, son discours s’adresse exclusivement au peuple juif, les païens et les Samaritains étant parfois cités en exemple à titre individuel : « Ne prenez pas le chemin des païens et n’entrez pas dans une ville de Samaritains; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël » (Mathieu 15, 24). Il reste que progressivement, peut-être à cause des obstacles rencontrés auprès des Juifs eux-mêmes, Jésus en vient à inclure progressivement les gentils dans l’avenir messianique: « Beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des Cieux, tandis que les héritiers du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors » (Mathieu 8, 11).

La communauté des Douze
L’Eglise primordiale est constituée de la communauté des Douze, nombre qui symbolise clairement le nouvel Israël. Les principales activités de Jésus sont la prière et la prédication, mais il ne crée pas lui-même de sacrement (Non, Jésus n’a pas inventé le signe de croix !). Ce n’est qu’après sa mort que les apôtres créeront les sacrements, pour obéir à ses injonctions ou pour garder sa mémoire ; il suffit de penser à la communion, ou au pardon des péchés.

La Communauté de Jérusalem
La toute première communauté chrétienne est celle des apôtres, à Jérusalem. On lui donne déjà le nom d’Eglise (du grec ecclesia), c’est à dire assemblée, car il s’agit avant tout d’une structure collégiale. Ce groupe est constitué de juifs pieux, qui ne cherchent pas la rupture avec le judaïsme, dont ils pratiquent les rites; leur seule différence, c’est qu’ils identifient Jésus au Messie anonyme de l’espérance juive. Alors que les apôtres sont convaincus du succès de leur prédication auprès de leurs corréligionnaires, ils trouvent leur véritable auditoire auprès de la diaspora hellénisée de Jérusalem, dont Etienne est le représentant : ce groupe condamne comme idolâtre le culte rendu au Temple, et proclame pour la première fois l’autonomie du message chrétien par rapport au judaïsme. Dans la ville sainte juive, un tel discours est perçu comme sacrilège, aussi Etienne meurt lapidé tandis que la communauté chrétienne est dispersée.

Paul et la mission auprès des Gentils
Issu lui aussi de la diaspora de langue grecque, Paul est d’abord un pharisien farouche, avant de se convertir brusquement. Face à la communauté des apôtres, il affirme tenir sa mission de Dieu lui-même, et en tant que citoyen romain, va utiliser l’infrastructure romaine pour répandre la nouvelle foi auprès des Gentils (traduction grecque de l’hébreu Goyim). Paul est le premier à donner à la nouvelle religion un enseignement théorique compréhensible hors du monde juif: en ce sens, il est « l’inventeur » du christianisme. Très rapidement, la communauté juive originelle devient minoritaire dans le christianisme; simultanément, la communauté juive rejette le christianisme comme interprétation possible du judaïsme. Simultanément citoyen romain, de culture grecque, de religion juive, mais connaissant les cultes païens, Paul est déchiré entre de nombreuses contradictions, qu’il réussit à concilier dans une foi profonde en Jésus. Aussi, sans lui retire son originalité propre, l’élan qu’il va donner au christianisme sera marqué par ces influences contradictoires. En schématisant à l’extrême sa pensée, Paul affirme qu’il est impossible à l’Homme de trouver seul son Salut, état qui selon lui est du seul ressort de Dieu, par l’intermédiaire de Jésus. A ce titre, seule la foi sauve, et donc toutes les observances rituelles du judaïsme sont condamnées sans recours, car inopérantes.

Les rites chrétiens primitifs
Malgré l’existence de certains rites (fraction du pain notamment) dans la Communauté de Jérusalem, on ne peut parler de rites chrétiens qu’au moment de la séparation d’avec le judaïsme traditionnel.

Le recrutement
Le christianisme connaît ses premiers succès auprès du petit peuple des villes romaines (esclaves, affranchis, artisans), d’où le sobriquet de « religion d’esclave » qui lui est initialement appliqué.   
Un tel succès réalisé malgré les persécutions officielles peut s’expliquer par la conjonction de différents facteurs :
La crise du système religieux traditionnel et l’intérêt pour les religions à mystères importées d’orient (le christianisme primitif était considéré comme une religion orientale).
La fraternité affichée entre les membres, indépendamment de leur sexe, position sociale ou nationalité : « Il n’y a plus Grec et Juif, circoncis et incirconcis, barbare, Scythe, esclave, homme libre, mais Christ : il est tout et en tous » (Col 3, 11).
L’incarnation effective d’un sauveur en Jésus, homme réel et contemporain, à comparer aux créations mythiques des autres religions à mystères.
La proximité du Royaume et le salut rendu possible à tous, hors d’un enseignement ésotérique réservé à une élite. Le recrutement s’élargit rapidement aux classes moyennes et aux gens de toute condition : « Aquilas et Prisca vous envoient bien des salutations dans le Seigneur, ainsi que l’Eglise qui se réunit chez eux » (1 Cor 16, 19). Dans le même temps, le christianisme cesse de s’opposer systématiquement à la culture païenne, mais cherche à en récupérer les meilleurs éléments, ce qui est un facteur d’attraction supplémentaire. En revanche, la vieille aristocratie romaine et le monde paysan resteront longtemps à l’écart de cette religion nouvelle.

Les dogmes
Sans revenir sur le message de Jésus, il est nécessaire de rappeler qu’à ses débuts, le christianisme est avant tout l’observance des paroles du Maître, mais ne possède pas de corpus théologique fié explicitement. Cette mise en forme est commencée par Paul, puis continuée par les Pères de l’Eglise, mais il faudra attendre le concile de Nicée (325) pour qu’un consensus général s’établisse sur les dogmes chrétiens : « Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant… »). De ce fait, le christianisme primitif est avant tout une fédération de petites communautés, se reconnaissant toutes dans la foi en Jésus, mais très différentes les unes des autres :
Clergé n’obéissant pas à une autorité centrale et unique.

Différence dans les rituels
Divergences qui vont jusqu’à l’hérésie dans l’interprétation des paroles de Jésus.
Ces différences subsistent de nos jours au Moyen-Orient, où existent encore des églises chrétiennes jalouses de leur indépendances : coptes, maronites… Une théologie va donc progressivement se construire, permettant, en maintenant les enseignements de Jésus, de :
Communiquer l’enseignement de Jésus à des non-juifs, en utilisant le cas échéant le vocabulaire et la culture païenne (hellénisme notamment)
Faire face à l’élévation du niveau culturel des membres (classes moyennes romaines)
Définir un corpus cohérent face aux religions à mystères
Mieux définir la foi par rapport aux déviations rituelles et doctrinales (hérésies)
Unifier les différents rituels et les écrits canoniques
Enfin, lors de la victoire du christianisme (330), faire face aux conséquences d’un recrutement de masse.

Le baptême
Rien n’indique que Jésus ait baptisé lui-même, mais selon les Evangiles, il ordonne aux apôtres de la faire en son nom : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui que ne croira pas sera condamné » (Marc 16, 16). Quoiqu’il en soit, le baptême deviendra très vite le rite d’intégration par excellence. Les non-baptisés n’assistent qu’au début de la messe (prière, lectures bibliques et sermon), puis se retirent avant la célébration de la communion, réservée aux seuls fidèles.Initialement, seule la foi en Jésus et le repentir sont exigés, mais très vite une instruction préliminaire est mise en place, tandis que les candidats sont parrainés et soumis à une période probatoire ; en période de persécutions, on comprend aisément les raisons de ces précautions. Le baptême effaçant tous les péchés, la tentation est grande de sa faire baptiser le plus tard possible, éventuellement sur son lit de mort, aussi de nombreux évêques fulmineront contre cette dérive. Pour l’ensemble de ces raisons, le baptême est initialement réservé aux adultes, mais le baptême des enfants est introduit très tôt.La cérémonie du baptême est préparée par une retraite préliminaire, tandis que le sacrement est pratiqué par immersion totale, de préférence dans la nuit de Pâques. L’immersion est complétée par une imposition des mains, qui existe encore dans le rite actuel, mais a donné lieu à un sacrement distinct : la confirmation.

La communion
Le partage du pain est déjà attesté dans la communauté de Jérusalem : « Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Actes 2, 42). Dès les débuts du christianisme, ce rite est perçu simultanément comme mémorial de la Cène et anticipation du Royaume de Dieu. Quelques années plus tard, Paul sera le premier à développer une théologie autour de ce geste. La participation à la communion suit immédiatement l’admission des nouveaux baptisés, qui assistent à l’intégralité du culte. Ce rite est initialement intégré dans une agape communautaire et fraternelle, dont il constitue l’élément sacré : « Mais quand vous vous réunissez en commun, ce n’est pas le repas du Seigneur que vous prenez. Car au moment de manger, chacun se hâte de prendre son propre repas, en sorte que l’un a faim, tandis que l’autre est ivre » (1 Cor 10, 20). Vers le 2ème siècle, le rituel se stabilisera autour de quelques traits principaux, tandis que l’agape sera séparée de l’Eucharistie (action de grâces), ce dernier terme servant de plus en plus à désigner la Cène. Plus tard, l’agape deviendra progressivement un repas charitable pour les pauvres et finira par disparaître; la Cène évoluera pour devenir la Messe.

Morale chrétienne et pénitence
Les premiers chrétiens pratiquent une morale volontairement austère, qui les met à contre-courant de leurs contemporains: stricte discipline de vie (jeûne notamment), renoncement aux distractions païennes ou immorales, bannissement du lucre et du luxe, valorisation de la virginité, du mariage et de la famille, promotion de la charité fraternelle. Une telle rigueur s’explique à la fois par l’influence du dualisme grec (alors à la mode), mais aussi par la conviction d’un retour très proche de Jésus : il faut être prêt pour le Royaume. Nul doute qu’une telle sévérité a dû décourager plus d’un candidat, mais a aussi été un puissant facteur d’attraction pour les meilleurs des païens. Compte tenu de la vie communautaire des premiers chrétiens, l’aveu des fautes et leur pardon sont publics (« Je confesse à Dieu tout puissant, je reconnais devant mes frères… »), l’un et l’autre étant du devoir de tout croyant ; encore une fois, la foi en Jésus impose le rite. Avec l’élargissement du recrutement, une telle rigueur était difficile à maintenir, aussi après bien des hésitations se met en place un système élaboré de pénitences, allant jusqu’à l’excommunication temporaire suivie d’une réconciliation solennelle. Avec le temps, ce rite débouchera sur la justice ecclésiastique d’une part, sur la forme moderne de la confession d’autre part.

Le clergé
La communauté de Jérusalem ne connaît pas de véritable hiérarchie, mais un Conseil des Anciens; là encore, la différenciation des fonctions apparaît avec l’autonomie du christianisme par rapport au judaïsme, puis s’accentue avec sa reconnaissance comme religion officielle de l’Empire. Les écrits de Paul « Paul et Timothée, serviteurs de Jésus-Christ, à tous les saints en Jésus-Christ, qui sont à Philippes, avec leurs épiscopes et leurs diacres » (Phil 1, 1) attestent de la présence de Surveillants (en grec, episcopoi), et de Diacres, chargés principalement de fonctions administratives. Le titulaire du poste est initialement choisi par la communauté, dont le choix est confirmé par la hiérarchie dans le rite de l’ordination. La transmission du pouvoir spirituel est effectuée par imposition des mains : on le voit, le rite est resté inchangé.

J’ai dit, V\ M\

Source : www.ledifice.net

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Published by B\ V\ - dans Planches
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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 06:24

L’Histoire du Christianisme va se raccrocher aux « Actes des Apôtres » souvent remaniés, faut-il le dire, ils invitent à suivre l’expansion du christianisme qui est avant tout « œuvre de l’Esprit ». Malheureusement ces Actes ne recouvrent qu’une partie des premiers balbutiements de l’Histoire du Christianisme Primitif. Les divers autres documents qui ont fini par être tenus pour vrais sont très souvent, étayés de suppositions, ou trop tardifs, et sont plus ou moins enjolivés! Il faut attendre 1873 (!) pour qu’on découvre dans une bibliothèque de Constantinople un livre, un petit livre titré : « Didachè », ou « Doctrine des 12 Apôtres », sans nom d’auteur, probablement ayant vécu à la charnière du 1er et du IIe siècle. Le document émane d’une communauté juive convertie au christianisme. Il y est question de la morale chrétienne, du Baptême, de la hiérarchie intercommunautaire et de vie sociale en général. L’auteur insiste sur la charité, l’hospitalité et le secours mutuel qui doivent être pratiqués. Il écrit que l’unité, la sainteté, l’universalité doivent caractériser l’Eglise et que le symbole de cette unité est « le pain rompu ».

Alinéa en forme de doute ! Aujourd’hui, là, de nos jours, les athées ultra rationalistes nient la personnalité du Christ. Au crédit de leurs dires, l’histoire de Jésus n’est consignée ni dans les actes officiels ni dans les annales de l’empire romain. Les Evangiles relatent des évènements qui par leur côté spectaculaire devraient se retrouver, dans les chroniques de l’époque où ils se situent, il n’en est rien, par exemple: le massacre des nouveaux nés sous Erode, l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem, le ciel qui s’assombrit et le rideau du Temple qui se déchire lorsqu’il meurt sur la croix, les flammes qui descendent sur les apôtres, la foule qui « parle en langue » lors de la Pentecôte etc. Rien de cela! Dans ce climat de remise en question, une étrange déclaration, en 1955, le Pape Pie XII devant un Congrès d’historiens déclare que la question de l’existence de Jésus, pour les catholiques, relève de la foi et non de la science, voilà qui peut laisser perplexe ! Il est avancé qu’il ne serait simplement et naturellement que le fils d’un homme et d’une femme, sans intervention de Dieu, se sera l’opinion d’Arius, né en 256, 270, il soutiendra que Jésus était une simple créature tirée du néant n’ayant reçu le privilège d’être le Fils de Dieu que par adoption. Arius fut tout naturellement anathémisé, on pense qu’il mourut empoisonné en 336. Cette théorie eût de si nombreux partisans que « l’Arianisme » faillit de peu l’emporter sur le christianisme ! Une autre hypothèse avancée, c’est celle selon laquelle Jésus serait devenu l’incarnation du Christ, Fils de Dieu qu’au moment de son baptême dans le Jourdain... pour une durée de trois ans. Le Christ est alors le Fils de Dieu, partie intégrante et indissoluble de la Sainte Trinité! Plusieurs éminentes personnalités affirment que les renseignements du Nouveau Testament à propos de la mort et de la résurrection de Jésus. sont tout bonnement des copies d’enseignements venant de ce qu’on a appelé les « religions à mystères ». Il est à noter que le Baptême n’est pas une innovation chrétienne, les disciples se le sont appropriés, en ont fait un geste d’entrée dans la communauté, ils l’ont enrichi par le mystère pascal. Au 1er siècle plusieurs de ces religions à « Mystères » tentaient de s’imposer, elles apparaissaient, disparaissaient, se transformaient, elles tentaient leur chance ! Chacune d’elles étaient construites autour d’un mythe, elles avaient toutes en commun, Mort et Résurrection. Retour à nos sources référents : les « Actes des Apôtres », oeuvre de Luc le compagnon de Paul.

Nouvelle tentative pour trouver le ou les fondateurs de l’Eglise Primitive !

Les « Actes des Apôtres » nous présentent comment l’Eglise primitive a été fondée : d’une manière surnaturelle par l’effusion du Saint Esprit. Dans la relation de sa première prédication, « remplit du Saint Esprit » fondateur, Pierre annonce de la part de Dieu à ceux qui veulent devenir croyants, faire partie de cette Eglise la nécessité d’une repentance, d’une conversion, d’un baptême biblique par immersion dans l’eau, donné, au nom du Père, du Fils et de l’Esprit. Ce baptême doit être accompagné d’une imposition des mains, d’une onction d’huile consacrée et de la remise d’un vêtement blanc. « Dieu seul sauve et ajoute à son Eglise, par le Saint Esprit, ceux qui deviennent croyants ». (Actes 2.47). « Et ceux là devenaient des membres d’un seul corps (1 Cor. 12.13) « Ils étaient munis des dons de l’Esprit ». (Cor. 12.7-11)

Ce qui se colporte sur ce Jésus de Nazareth, Fils de Dieu et Sauveur des hommes n’est pas sans provoquer des remous, des railleries dans une société où domine une culture à la fois raisonneuse et syncrétiste. Des intellectuels comme Cerce dénoncent même le péril que représentent ces fables qui circulent, pour l’ordre public. Autour de Jacques, se regroupent assez nombreux ceux qui veulent rester attachés aux observances juives, en particulier à la circoncision, c’est ce qu’on a appelé le « parti des hébreux » parti soutenu par les Pharisiens. Antioche la libérale se voit mettre au pilori : « En confondant le peuple élu d’Israël dans la tourbe de toute provenance, qui va forcément envahir l’Eglise, les novateurs d’Antioche tournent le dos aux prérogatives défendues par les membres de la communauté mère de Jérusalem », ils y a abandon de leur part du particularisme juif. « Dès lors, coupées des eaux vivantes du grand fleuve chrétien, s’abreuvant bientôt à des sources maléfiques, les communautés demeurées obstinément judéo-chrétiennes furent condamnées à disparaître dans les sables de l’Histoire ».

L’importance de Jérusalem dans l’émergence du christianisme est évidente, c’est la ville centralisatrice où se décident les conditions d’accueil des païens dans la communauté. Tout part et rayonne de Jérusalem. Dans la tradition d’Israël, Jérusalem est présentée d’ailleurs comme le lieu vers lequel monteront les nations aux temps eschatologiques

Qui sont les Apôtres, leur rôle ?! On trouve le mot « Apôtre » dans la Bible grecque des Septante où il a le sens d’« envoyé plénipotentiaire », il désigne les témoins de la résurrection de Jésus ; on retrouve le mot dans l’Evangile de Matthieu (19.28) où là il désigne symboliquement le peuple de la fin des Temps. Paul fera usage de ce titre quand il sera introduit auprès des Apôtres par Barnabé.

La « Bonne Nouvelle », la promesse d’un Royaume de Dieu se répand comme le feu sur herbe sèche, cette « Bonne Nouvelle » désigne un but à poursuivre, un idéal à promouvoir, désigne un bienfait suprême où se résume le don de Dieu ; (Matt.IV,17, VI,10,33). Quels sont les facteurs qui ont favorisé amplement l’expansion du christianisme : sa vocation universelle et œcuménique, la clarté de sa doctrine monothéiste ; l’organisation rigoureuse de ses communautés; une propagande habile, et puis le fait que cette religion bien qu’orientale ait été très ouverte, tout cela attira; une doctrine sociale hardie la rendit très populaire chez les humbles, les démunis. Les « Actes » parlent d’une mise en commun par les « frères », de leurs biens, l’argent était équitablement réparti, un service aux indigents existait. Cette façon de vivre rappelle fortement la communauté de Qumram qui bien que judaïque était en rupture totale avec le judaïsme officiel jugé impur. Juste un mot : le monastère de Qumram se préparait activement à vivre la fin d’un monde corrompu. Jésus fut très certainement admis au noviciat de la secte lequel durait deux ou trois ans. La communauté Esséniennes pratiquaient un culte spirituel, où il y avait le partage du pain, la charité et la solidarité étaient un devoir, les sacrifices sanglants y étaient formellement exclus, contrairement aux hébreux qui se livraient encore à la coutume du sacrifice de la brebis. Pour Luc le partage des biens matériels était un signe d’une vie chrétienne authentique, « les Biens de la Terre sont à la disposition de tous ».

Une colère de regret :

Le Christianisme Primitif s’inscrivit comme une religion des pauvres, de la main tendue. Hélas « ce beau Christianisme » deviendra avec le temps passant une puissance religieuse intolérante, une puissance financière sans partage, une puissance politique impliquée dans les rouages les plus corrompus de l’Histoire avec en toile de fond ses fastes et ses crimes! Cette mise en commun des richesses prônée par les premiers chrétiens a été reprise au XIXème siècle avec les phalanstères ! Engels trace d’ailleurs un parallèle entre la situation de ces premières communautés chrétiennes et celles des communistes de la Première Internationale.

Petites et grandes nouvelles.

Plusieurs sectes à caractère ésotérique, d’inspiration tout à fait, authentiquement chrétiennes émergent dans la confusion au premier siècle et ont pour Maître secret un certain Apollonius de Tyane, on s’est même demandé s’il n’était pas le Christ lui-même ! Les miracles qu’il accomplissait le désignaient, sa vie exemplaire, son enseignement religieux, à la fois populaire et élevé firent une impression profonde sur les foules, alors, confusion sur les personnages ? Il est d’ailleurs tout à fait impensable que les disciples ne l’aient pas rencontré, il enseignait que l’on honore Dieu par la pureté du cœur. On ne peut passer sous silence un autre personnage, contemporain de Jésus, il s’agit de Simon le Magicien dit aussi Simon le Mage, personnage hors du commun, taxé par les Judéo-chrétiens d’hérétique redoutable, il était originaire de Samarie. Souvenons-nous que les Samaritains étaient considérés par les Juifs comme racialement impurs et schismatiques. Il n’hésite pas à se présenter comme la grande Puissance divine en personne, il n’est pas son envoyé ou son prophète, il EST. Le diacre Philippe le rencontre à Samarie, où « il exerçait la magie et jetait le peuple dans l’émerveillement ». Simon est frappé des prodiges accomplis par les disciples de Jésus, et il jure, lance le défi de ressusciter lui aussi si on l’enterre. Il sollicite et reçoit le baptême. A la suite il aurait demandé à Pierre et Jean le privilège de conférer le Saint Esprit, fut-ce en achetant ce pouvoir ! Mais où cela devient curieux c’est quand il est avancé que Simon le Magicien ne serait en fait qu’une représentation déformée de Paul…

Tout l’enseignement de Jésus, un Jésus gnostique est orienté vers la prise de conscience par l’homme de son identité véritable et de la confiance qu’il doit avoir dans les possibilités de réalisation de son individualité. Jean le Théologien, « le bien aimé du Seigneur » condamnera la catéchèse du rachat des péchés de l’homme par le sacrifice d’un Sauveur.

Les Evangiles (Bonnes Nouvelles) ne sont pas une « histoire » au sens ordinaire prêté à ce mot, ni une géographie, ni une compilation désordonnée de tout ce qu’on pouvait savoir hypothétiquement sur Jésus, se sont des textes dont tous les éléments ont été coordonnés et harmonisés au plus simple, pour des gens simples. Par exemple, dans cet esprit, à l’époque d’Irénée, Tatien (v. 120-apr 173) philosophe païen converti, dans son récit « Diatessaron » harmonise… unifie les quatre Evangiles, naturellement avec sa sensibilité ! Au cours du IIe siècle un certain nombre d’écrits vont être peu à peu rassemblés à droite à gauche pour argumenter la vie du Christ, certains seront laissés de côté parce qu’ils ne font pas à l’examen l’unanimité au sein des communautés, ou qu’ils ne reflètent pas la foi de toutes les Eglises, ces écrits porteront le nom d’« Apocryphes ». Un Evangile apocryphe, celui de Thomas, qualifié de « cinquième Evangile » insiste sur l’importance de la Connaissance, et s’attache aux seules paroles de Jésus, « le Vivant ». Cet Evangile consiste en cent paroles de Jésus. « Pour s’ouvrir à la Connaissance, les hommes doivent avoir au fond d’eux-mêmes la nostalgie de leur Être essentiel », et, avoir cette interrogation : « Qui suis-je ? ». C’est à partir, disons de la première moitié du IIe siècle, que les chrétiens vont se définir avec une certaine unanimité. Ce passage de Justin de Naplouse paraîtra peut-être un peu long, mais il est tellement inactuel qu’il a sa place !

« Autrefois nous prenions plaisir à la débauche, aujourd’hui la chasteté fait nos délices. Nous pratiquions la magie, aujourd’hui nous sommes consacrés au Dieu bon en non engendré. Nous étions avides d’argent, aujourd’hui nous mettons en commun ce que nous possédons, nous partageons avec quiconque est dans le besoin. Les haines, les meurtres nous opposaient les uns aux autres, les différences des mœurs ne nous permettaient pas de recevoir l’étranger dans notre maison. Aujourd’hui après la venue du Christ, nous vivons ensemble, nous prions pour nos ennemis, nous cherchons à gagner nos injustes persécuteurs, afin que ceux qui auront vécu conformément à la sublime doctrine du Christ puissent espérer les mêmes récompenses de Dieu, le Maître du monde ».

Concluons avec quelques passages de cette apologie sous forme d’une lettre adressée à Diognète, qui décrit la vocation et l’existence chrétiennes à une époque où la société païenne est souvent méprisante et hostile, écrit qui est à dater de 190:

« Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes […] leur doctrine n’a pas été découverte par l’imagination ou les rêveries d’esprits inquiets ; ils ne sont pas comme tant d’autres, les champions d’une doctrine d’origine humaine. [ ] Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel […] Leur âme invisible est retenue prisonnière dans le corps visible » etc.

Une facette importante de cette Histoire Universelle : quelles places les femmes ont-elles occupées dans la société du temps de Jésus ? Les Apocryphes du « Christianisme Primitif » les valorisent, confirment bien qu’elles ont joué un rôle actif dans la vie de Jésus : Elisabeth, la prophétesse Anne, la veuve de Naïm, les femmes qui aident jésus dans son ministère, les femmes qui se lamentaient, ils soulignent l’importante présence de bien d’autres femmes… oui citons encore : Marie de Magdala, Marthe et Marie. Curieusement les Epîtres de Paul ignorent Marie, et méprisent, infériorisent d’une manière générale les femmes ; Paul est misogyne… peut-être pour cette simple raison ? Paul avait acheté une très belle femme dans un lupanar de Tyr, elle lui fit cadeau dit-on d’une maladie qui lui resta comme une écharde dans sa chair. Malgré son ressentiment les femmes vont tenir une place de premier plan dans les fondations pauliniennes. Il faut citer Priscille, Phoebé, ministre de l’Eglise de Cenchrées, Chloé, Apphia, Elodie…

Marc, 16, 6. 7, témoigne: « Alors que tous les disciples masculins auraient fui, trahi ou renié, les femmes auraient été présentes au pied de la Croix et auraient assisté à la mort de Jésus. C’est elles aussi qui auraient accompagné la mise au tombeau et qui, revenant le lendemain sur les lieux aurait trouvé ce tombeau vide. C’est dès lors les femmes qui auraient été les premières à recevoir l’annonce de la résurrection et à s’entendre confier la mission de porter la nouvelle aux disciples de Pierre. (Marc 16, 6.7).

Un coup de tonnerre ! Une découverte fortuite, capitale (?): les documents de Nag Hammadi. Ils sont écrits en copte, ils forment treize volumes sur papyrus ; cachés vers l’année 350, ils sont retrouvés en 1945. Ils seront reconstitués patiemment, étudiés, et encore étudiés, après une très longue période passée dans un coffre fort ! Ces documents, se composent de textes religieux et hermétiques, mais aussi d’écrits qui révéleraient des secrets sur le Christ, des secrets jugés hérétiques par Rome car s’écartant des dogmes et des traditions sur lesquels l’Eglise s’appuie. Ces documents qui datent en gros du 4e siècle n’ont donc rien de vraiment « primitifs », ils ont tendance à faire l’impasse sur certains traits bien humains… trop humains (?) du Christ, relatés par les Apôtres: « Jésus avait un corps humain, il a été parfois fatigué et a connu la faim, il a eu des émotions et des expériences humaines », les Apôtres Jean et Matthieu sont parfaitement clairs sur ces points. Mis à part cela ces documents apportent des renseignent précieux sur un mouvement : le gnosticisme qui intégré au Christianisme lui donne une coloration qui va faire de l’Evangile apocryphe de Thomas, laissé de côté, une pièce maîtresse du Christianisme Primitif. Tout de suite il apparaît que les Gnostiques envisageaient les choses divines comme une connaissance intérieure et secrète transmise par la Tradition et par l’Initiation. L’auteur du cinquième Evangile présente les clés retrouvées d’une Gnose, dont les racines profondes plongent en Orient.

« Voici les paroles secrètes que Jésus le Vivant a dites et qu’a écrites Didyme Judas Thomas le Jumeau de Jésus » logions, 13 :

« Jésus dit à ses disciples :

Comparez-moi, Dîtes-moi à qui Je ressemble.

Simon Pierre lui dit : Tu ressembles à un ange juste.

Matthieu lui dit : Tu ressembles à un philosophe sage.

Thomas lui dit : Maître ma bouche n’acceptera absolument pas que je te dise à qui Tu ressembles.

Jésus dit : Je ne suis pas ton Maître, car tu as bu. Tu t’es enivré à la source bouillonnante que Moi j’ai mesurée. Et il le prit, Il se retira, Il lui dit trois mots.

Or quand Thomas revint voir ses compagnons, Ceux-ci l’interrogèrent :

Que t’as dit Jésus ?

Si je vous disais une des paroles qu’Il m’a dites, vous prendriez des pierres,

Vous les jetteriez contre moi Et le feu sortirait des pierres Et elles vous brûleraient ».

Tirons une racine.

La Gnose implique une ferveur qui diminue jusqu’à annuler la distance entre moi et l’Autre. A la limite je suis l’Autre et « si les gnostiques ont proposé du monde une image dualiste, ce n’est pas parce que leur esprit les prédisposait à voir, face à toute entité une entité contraire, mais parce que devant la présence omniprésente et angoissante du mal, il était nécessaire de lui proposer quelque chose ». Elle est fondamentalement « non duel ». Un tel raisonnement allait à l’encontre de toute la prédication apostolique !

La création de notre Monde, son origine:

de l’Être Suprême inconnu vient une série d’émanations ou « aéons » qui sont des êtres spirituels d’un haut niveau capables de communiquer avec l’Être Suprême. Un des aéons inférieurs, qui n’est pas en contact direct avec l’« Être Suprême », va être responsable de la Création. Même si elle n’est pas totalement mauvaise, la Création est comparable à « une sphère » d’où les humains enfermés doivent s’échapper s’ils veulent se réintégrer à Dieu. Jésus enseigne que cette « aventure » est accidentelle, l’homme pourra lui même dans son enveloppe charnelle, connaître la joie de la libération. Le seul moyen qu’il a pour échapper à cette « Création maladroite et douloureuse » c’est la « Gnose » qui amène à la connaissance parfaite du vrai Dieu. Le salut consiste à surmonter l’ignorance qui accable l’homme, il peut y parvenir par sa connaissance de son soi intime. La mission du Christ a été de venir comme émissaire du Dieu Suprême, apporter la Gnose. Pour les Gnostiques, le Christ en tant qu’Être divin n’a pas eu de corps humain, il n’est pas mort, n’est pas ressuscité. Il a soit habité temporairement un homme, Jésus, soit pris une apparence humaine, une simple illusion.

Troublant Evangile de Jésus Christ selon saint Marc 9, 2-10.

Troublant Evangile de Saint Thomas…

« Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Elie leur apparut avec Moïse, et ils s’entretenaient avec Jésus… ».

En écrivant ces lignes des noms de personnages que je considère en charge de messages me sont venus à l’esprit : Boehm, Martines de Pasqually, Louis Claude de Saint Martin, Swedenborg ! Ces personnages furent certainement eux aussi … missionnés… à divers degrés. C’est à la suite d’une lecture que j’ai rencontré celui qui fut peut-être plus grand gnostique paléochrétien du début du IIe siècle : Basilide, un élève de Ménandre, disciple de Simon le Magicien ! Il imaginait 365 cieux habités par des intelligences de différents degrés, il prétendait que le monde avait été créé par des intelligences du dernier ordre. Le Livre alexandrin des secrets d’Enoch parlent lui des 12 étages qui séparent Dieu des hommes, dont 9 lui sont invisibles et forment le Plérome de la Divinité. En notre XXI ème siècle beaucoup de semi chrétiens (?) considèrent Jésus seulement et surtout comme un personnage historique, un illuminé qui a été déifié par la foule. La Tradition juive fait état de plusieurs cas d’enfants nés de femmes s’étant purifiées pour obtenir du Seigneur la naissance d’un enfant missionné. Musulmans et Juifs disent : « Le Messie Jésus » n’est que le fils de Marie.

Je terminerai cette esquisse « resserrée » du Christianisme ou des Christianismes, sur cette profession de foi de Martines de Pasqually : « La chute est universelle. Tous les êtres sont tombés. Se relèveront-ils, se réconcilieront-ils avec le Créateur ? Seront-ils réintégrés dans leurs prérogatives et droits primitifs. Cette réintégration est possible, elle sera universelle. Les esprits qui actionnent et opèrent dans le surcéleste, le céleste et le terrestre, étant destinés à accomplir la manifestation temporelle de la justice et de la gloire du Créateur, ont des puissances et des opérations spirituelles temporelles bornées par leur assujettissement au temps [….] C’est pour avoir fait la volonté de Dieu que Jésus Christ, revêtu de la nature humaine, est devenu le Fils de Dieu lui-même. En imitant son exemple ou en conformant notre volonté à la volonté divine, nous entrerons comme lui dans l’union éternelle de Dieu ».

La communauté chrétienne primitive disparue reste t’il un quelque chose de leur christianisme, l’Eglise catholique « a t’elle fait le ménage? ». D’un imbroglio d’émergences, le catholicisme l’a emporté, il a balayé nombre de croyances, de vérités qui le gênaient comme par exemple la réincarnation. Sur ce sujet Flavius Josèphe notera dans ses écrits que les Pharisiens, se réservaient la possibilité d’envisager une réincarnation. Pour cette croyance on torturera, on brûlera, Rome a pratiqué sur des siècles une sorte de remake romain ! … Oui, il reste le courant Gnostique qui fascine ceux qui s’en approchent, par la lumière qu’il leur permet de distinguer. Pour la Gnose, le Dieu de l’Ancien Testament n’est qu’un ange déchu qui n’a aucune prééminence sur les autres Puissances. Le Dieu de Lumière ne pouvant être créateur des ténèbres, se sont des puissances qui ne connaissent pas Dieu qui ont crée le Monde où nous vivons, qui le gouvernent. Les Gnostiques « chrétiens » voient, concèdent tout à fait comme un moyen valable, et, c’est là une cassure totale avec Rome, de s’ouvrir à d’autres Puissances issues des mystères, grecs, des ancestrales religions orientales, pour redonner à l’homme la pureté qui l’habitait avant Adam et Eve.

« Les temps sont venus. »


« Seigneur, j’ai peur. Mon âme en moi tressaille toute.

Je vois, je sens qu’il faut vous aimer. »

Verlaine

Source : http://www.hermanubis.com.br/index.html

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 06:03

I

Stéphanus et les anciens qui sont avec lui, Dabnus, Eubulus, Théophile et Xinon, et Paul notre frère, évangéliste et fidèle docteur en Jésus-Christ, salut. Deux hommes sont venus à Corinthe, Simon et Cléobius, qui ébranlent fortement la foi de quelques-uns, les séduisant par d’abominables doctrines dont il faut que tu sois informé; car nous n’en avons jamais entendu de semblables, ni de toi, ni des autres apôtres, et nous savons que ce que nous avons entendu de toi et de ceux-ci, nous le gardons fidèlement. Mais en ceci le Seigneur nous a témoigné sa grande miséricorde, que nous pouvons de nouveau recevoir tes enseignements pendant que tu es encore en chair au milieu de nous. Ecris-nous donc maintenant, ou hâte-toi de venir toi-même chez nous, car nous avons cette confiance dans le Seigneur qu’il t’a délivré des mains de l’impie, comme cela a été révélé à Théonas. Voici les doctrines d’erreur que ces impurs annoncent et enseignent : Il ne faut pas, disent-ils, recevoir les prophètes; Dieu n’est pas tout-puissant; Il n’y a pas de résurrection de la chair; L’homme n’a été nullement créé par Dieu; Jésus-Christ n’est pas né en chair de la vierge Marie. Ils ne regardent point ce monde comme ayant été créé par Dieu, mais par un certain ange. Maintenant, frère, prends la peine de venir jusqu’à nous, pour qu’il n’y ait pas de scandale dans la ville de Corinthe, et que la folie de ces hommes, confondue devant tous par une répréhension publique, soit répudiée. Au nom du Seigneur, salut.

II

Les diacres Théreptus et Tychus prirent cette lettre et la portèrent dans la ville de Philippes. Lorsque Paul la reçut, bien qu’il fût lui-même dans les chaînes à cause de Statonice, femme d’Apollophane, comme s’il eût oublié ses liens, il fut désolé des choses qu’il apprenait, et dit en pleurant: « Comme il vaudrait mieux pour moi être mort et être avec le Seigneur, qu’ici dans ce corps, entendant de telles choses, » et apprenant les calamités d’une fausse doctrine ! Une tristesse en effet vient s’ajouter à une autre tristesse. Et comme surcroît à de telles douleurs, être dans les chaînes, voir ces calamités, ces angoisses, Satan s’efforçant de faire du mal à ceux vers lesquels il est accouru avec ses machinations! » C’est ainsi, au milieu de nombreuses souffrances, que Paul répondit à la lettre des Corinthiens:

III

Paul, prisonnier pour Jésus-Christ, aux frères de Corinthe, du milieu de mes nombreuses tribulations, salut. Je ne suis nullement étonné de ce que les séductions du malin se répandent si vite; mais le Seigneur Jésus va hâter sa venue, parce que l’on change et méprise ses commandements. Pour moi, dès le commencement, je vous ai enseigné ce que j’ai reçu moi-même des premiers apôtres, qui ont vécu tout le temps avec notre Seigneur Jésus-Christ. Maintenant encore je vous dis que le Seigneur Jésus- Christ est né de la vierge Marie, qui était de la race de David, selon les promesses de l’Esprit saint envoyé du ciel en elle par le Père, afin que Jésus entrât dans ce monde pour délivrer toute chair par sa chair et nous ressusciter des morts, comme il nous en a donné l’exemple en sa personne. Pour qu’il devint évident que l’homme a été créé par le Père, il n’a point été abandonné dans la perdition, mais il a été recherché pour être vivifié par l’adoption. Car Dieu, le maître de toutes choses, le père de notre Seigneur Jésus-Christ, celui qui a créé le ciel et la terre, a d’abord envoyé les prophètes aux Juifs pour les arracher à leurs péchés et les amener à sa justice. Voulant sauver la maison d’Israël, il a envoyé une part de l’Esprit sur les prophètes, pour qu’ils annonçassent pendant bien longtemps la vraie religion et la naissance du Christ. Mais le prince d’iniquité, voulant s’égaler à Dieu, mettait la main sur eux et enchaînait tous les hommes par le péché. Comme le jugement du monde approchait, le Dieu tout-puissant, voulant justifier et non pas rejeter ses créatures, et les voyant tourmentées, eut pitié d’elles et, à la fin des temps, il envoya le Saint-Esprit dans la vierge prévue par les prophètes, laquelle, ayant cru de tout son cœur, devint digne de concevoir et d’enfanter notre Seigneur Jésus-Christ; afin que, par cette même chair dont se glorifiait orgueilleusement le Malin, il fût repris lui-même et convaincu de n’être pas Dieu. Car c’est en sa chair que Jésus-Christ a appelé et sauvé la chair périssable et l’a amenée à la vie éternelle par la foi, afin de préparer pour les temps futurs un saint temple de justice en son corps, par la foi auquel nous aussi avons été délivrés. Sachez encore que ces hommes ne sont pas des enfants de justice, mais des enfants de colère, car ils éloignent d’eux-mêmes la miséricorde de Dieu en disant que le ciel, la terre et toutes les créatures ne sont point l’œuvre du Père de toutes choses. Ces maudits professent la doctrine du serpent. Mais vous, avec l’aide de Dieu, repoussez-les loin de vous, et rejetez loin de vous leur doctrine perverse; car vous n’êtes pas des fils de la désobéissance, mais des enfants de l’Eglise bien-aimée: c’est pourquoi le temps de la résurrection est annoncé à tous. Ceux qui disent: « Il n’y a point de résurrection de la chair, » ceux-là ne ressusciteront point pour la vie éternelle, mais pour la condamnation; car les incrédules ressusciteront en chair pour le jugement. Car pour ceux qui disent de la chair: « Il n’y a point de résurrection, pour ceux-là il n’y aura pas de résurrection, parce qu’ils ont ainsi renié la résurrection. Vous savez bien, hommes de Corinthe, au sujet de la semence du blé et des autres semences, qu’un grain nu tombe seul en terre et que ce grain, une fois dans le sol, commence par mourir; puis il ressuscite, par la volonté du Seigneur, revêtant le même corps qu’il avait auparavant; et ce n’est point un seul corps qui ressuscite, mais beaucoup d’autres de même espèce lèvent avec lui et prospèrent, Ce n’est point seulement des semences que nous devons tirer des exemples, mais aussi des corps plus nobles, de l’homme. Vous savez que Jonas, fils d’Amathi, parce qu’il refusait de prêcher aux Ninivites, fut jeté dans le ventre du poisson et y resta trois jours et trois nuits. Au bout de trois jours, Dieu exauça ses prières et le tira du fond de l’abîme, ans que son corps eût en rien souffert, sans qu’un de ses cils eût été courbé, ni qu’un de ses cheveux eût été arraché. A combien plus forte raison, vous, gens de petite foi, si vous croyez au Seigneur Jésus-Christ, vous ressuscitera-t-il comme il est lui-même ressuscité. Et si les ossements du prophète Elisée, tombant sur un mort, ont ressuscité ce mort, à combien plus forte raison vous, qui trouvez un appui dans la chair, le sang et l’esprit du Christ, ressusciterez-vous en ce jour avec votre corps intact. Le prophète Elie, en embrassant le fils de la veuve, l’a ressuscité des morts. A combien plus forte raison Jésus-Christ vous ressuscitera-t-il, vous aussi, en ce jour-là, comme il est lui-même ressuscité des morts aven son corps intact. Si vous recevez inconsidérément quelque autre doctrine, que personne désormais ne vienne plus me fatiguer. Car je porte sur moi ces chaînes afin de gagner Christ, et j’endure en mon corps les tourments pour mériter la résurrection des morts. Et vous qui avez tous reçu la loi par les bienheureux prophètes et le saint Evangile, tenez ferme; vous recevrez la récompense à la résurrection des morts, vous hériterez la vie éternelle. Mais s’il se trouve quelque homme de petite foi qui transgresse ces enseignements, il prépare sa propre condamnation et sera châtié avec ceux qui soutiennent les desseins de ces hommes d’erreur; car ceux-ci sont une race de vipères, une engeance de serpents et de basilics. Repoussez-les, séparez-vous d’eux avec l’aide de notre Seigneur Jésus-Christ; et que soient avec vous la paix et la grâce du bien aimé premier-né. Amen.

 Source : http://remacle.org/bloodwolf/apocryphes/paul.htm

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 05:59

Le Non Manifesté
DIEU
dans la transcendance de sa Substance ineffable et incompréhensible
(En Soph ou l'Un au dessus de l'Être).

La Manifestation supraformelle
Dieu dans l'immanence de sa Trinité et la révélation de sa Gloire.

La Manifestation informelle
(Mondes de l'émanation)

1 - À la limite supérieure : Les Sept devant le Trône (Kether ou le plérôme divin).

2 - La première hiérarchie angélique (Les quatre Animaux ou Séraphins).

3. - Les huit hiérarchies suivantes (Les vingt-quatre Vieillards), dont la dernière (les Anges) constitue le Royaume (Malkuth ou 7e Ciel)

La Manifestation formelle
(Mondes de la création, de la formation et de la faction)

1 - À la limite supérieure : L'Homme et les Esprits Vierges (Paradis et Jardins de vie ou 6e Ciel).

2 - Les mondes de l'Esprit divin (plans zodiacaux ou 5e Ciel).

3 - Les mondes de l'Esprit vital (plans solaires ou 4e Ciel).

4 - Les mondes de l'Esprit humain (plans planétaires) constituant le courant des formes et comprenant :
a) Les mondes de la pensée {abstraite (3e Ciel). {concrète (2e Ciel).
b).Les mondes émotionnels (1er Ciel et Purgatoires).

c) Les mondes physiques (terres d'épreuves et lieux de réincarnation).

Source : http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Huan/Discoursur/6lincarn.html

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 06:06

« Écoute, Ô Éternel, car je suis
ton serviteur, ton serviteur, fils
de ta servante ».
(Psaume 115, 16).

I

Il est écrit dans le livre de Job, que « servir c'est la vie de l'homme sur la terre » (VII, 1). L'obéissance, en effet, est devenue la loi de l'homme depuis que, trompé par « l'antique Serpent », Adam s'est détourné de la volonté de Dieu pour se faire l'esclave du péché. « Ne savez-vous pas, écrit saint Paul aux Romains, que, si vous vous livrez à quelqu'un comme serviteur pour lui obéir, vous êtes les serviteurs de celui à qui vous obéissez, soit du péché pour la mort, soit de l'obéissance pour la justice ? Or grâces soient rendues à Dieu de ce que, après avoir été serviteurs du péché, vous avez obéi de coeur à la doctrine qui vous a été donnée pour règle ! Étant donc affranchis du péché, vous êtes devenus les serviteurs de la justice. Ainsi, de même que vous avez mis vos membres au service de l'impureté et de l'iniquité, pour commettre l'iniquité, de même, maintenant, mettez vos membres au service de la justice pour votre sanctification. En effet, lorsque vous étiez serviteurs du péché, vous étiez libres à l'égard de la justice. Quels fruits portiez-vous donc alors ? des fruits dont maintenant vous avez honte. Car la fin de ces choses-là, c'est la mort. Mais, maintenant, affranchis du péché et devenus serviteurs de Dieu, vous avez pour fruit la sanctification. et pour fin la vie éternelle. » (Rom., VI, 16-23).

« Nul, en effet, dit Jésus, ne peut servir deux maîtres, car ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il. s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (Matth., VI, 24 ; Luc, XVI, -13). Ne pas servir Dieu, c'est s'asservir à ce que saint Paul appelle, les « rudiments du monde » (Galat., IV, 3) car c'est préférer la créature au Créateur, « ne pas donner à Dieu la gloire qui appartient à Dieu, remplacer la Gloire de Dieu incorruptible par des images qui représentent l'homme corruptible, changer la vérité de Dieu en mensonge » ; et, « parce qu'ils ne se sont pas souciés de conserver la connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à un esprit pervers, de sorte qu'ils ont commis des actions indignes ; et ils sont remplis de toute espèce d'injustice et de méchanceté » (Rom., 1, 18, 29). « Ces gens-là, dit encore l'Apôtre, ne servent pas le Christ, Notre Seigneur, mais leur ventre » (Rom., XVI, 18). Mais n'est-il pas écrit : « tu craindras l'Éternel, ton Dieu, et tu le serviras »?.(Deut., VI, 13). Tous les bien de la terre ne sont-ils pas promis à ceux qui obéissent fidèlement aux commandements de Dieu ? « Si vous aimez l'Éternel, votre Dieu, si vous le servez de tout votre coeur et de toute votre âme, je donnerai en son temps la pluie à votre pays, la pluie de la première et celle de la dernière saison et tu y récolteras ton. blé, ton vin nouveau et ton huile. je ferai croître aussi dans tes champs de l'herbe pour ton bétail ; tu mangeras et tu seras rassasié » (Deut., XI, 13,15). Ne disons donc pas avec ceux qui ne craignent pas Dieu : « c'est en vain qu'on sert Dieu ; qu'avons-nous gagné à observer ses préceptes ? » (Malachie, III, 14). «Toutes choses sont à vous », écrit saint Paul aux Corinthiens, mais à la condition « que vous soyez au Christ comme le Christ.. est à Dieu » (I, Cor., III, 22). Au Diable qui lui découvre « tous les royaumes du monde et leur gloire » et lui dit : « je te donnerai toutes ces choses, si, te prosternant devant moi, tu m'adores », le Christ répond par la parole sainte de l'Écriture . « tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu ne rendras le service qu'à lui seul » (Matth., IV, 10). Dieu doit être servi, simplement parce qu'il est Dieu : « Nous servirons l'Éternel, parce qu'il est notre Dieu » (Josué, XXIV, 18). Et servir Dieu, c'est faire sa volonté, selon la justice et la vérité : « mettez vos membres, dit saint Paul, au service de la justice pour votre sanctification » (Rom., VI, 19). Le Père, aussi, sanctifie dans la vérité » (Jean, XVII, 17) ceux « qui pratiquent la vérité » (Jean,III, 21), parce qu'ils sont venus à la lumière et que leurs oeuvres sont faites en Dieu.

II

Servir Dieu selon sa volonté, c'est d'abord le servir avec fidélité, « dans la crainte et le respect, dans la simplicité du coeur », non point « pour être vu de lui » et en recevoir notre récompense, non, point même pour chercher seulement à lui plaire, mais bien plutôt pour faire de bon coeur sa volonté », « avec affection », par « attachement aux choses d'en haut » (Ephès., VI, 6 ; Coloss., III, 22), parce qu'il est le Seigneur et qu'il, ne peut rien ordonner qui ne soit pour notre bien. « Nous savons, dit l'Apôtre, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom., VIII, 28). Et celui qui aime Dieu pourrait-il ne pas servir son Maître avec le zèle du soldat à qui l'on dit : « Va » et il va : « viens », et il vient ; « fais cela », et il le fait ? (Matth., VIII, 9). Peut-être a-t-il attendu la sixième, ou la neuvième, ou même la onzième heure pour se rendre à la vigne du Père de famille ; il recevra néanmoins, comme les autres ouvriers de la vigne, un denier, parce qu'il a entendu la voix de Celui qui a dit : « Allez, vous aussi, à la vigne » et qu'il a obéi sur-le-champ et pris sa part de fatigue et de labeur (Matth., XX, 1, 16). Peut-être même a-t-il répliqué au père de famille : « je ne veux pas » ; mais « plus tard, s'étant repenti, il y est allé », tandis que celui qui avait dit : « oui Seigneur ! » n'y est point allé : « Lequel des deux a fait la volonté du Père ? » demande Jésus et les disciples de répondre : celui qui est allé travailler à la vigne. (Matth., XII, 28-31).

C'est donc, avant tout, la bonne volonté, non seulement dans l'intention, mais encore dans l'action, qui fait le bon serviteur, celui qui sert avec patience, avec ferveur, avec joie : « Ne vous relâchez point dans votre zèle, écrit saint Paul aux Romains ; soyez fervents d'esprits ! Servez le Seigneur, joyeux dans l'espérance, patients dans l'affliction, persévérants dans la prière » (Rom., XII, 4). « Ton serviteur, dit le Psalmiste, sera comblé de joie », (Psaume 108, 8) ; « réjouis l'âme de ton serviteur, car c'est vers toi, Seigneur, que j'élève mon âme ; car tu es bon et clément, Seigneur ! » (Psaume 85, 4). La bonne volonté, qui déjà s'accompagne de joie, ne va pas sans le désir de connaître la pensée du Maître, afin de lui obéir avec intelligence : « je suis ton serviteur, dit encore le Psalmiste, donne-moi. l'intelligence, afin que je puisse comprendre tes ordonnances » (Psaume 118, 125). Elle ne va pas, non plus, sans le désir de faire porter du fruit aux biens que le Maître a confiés à son serviteur : «Seigneur, tu m'avais remis cinq talents, en voici cinquante que j'ai gagnés ». « Cela va bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de chose, je t'établirai sur beaucoup ; viens, prends ta part à la joie de ton Seigneur » (Matth., XXV, 20). Elle ne va pas surtout sans le désir d'assurer le service de la maison durant l'absence du Maître, afin que celui-ci, à son retour, la trouve entretenue selon sa volonté : « quel est le serviteur fidèle et prudent que le Maître a établi sur ses serviteurs pour leur donner la nourriture en temps convenable ? Heureux sera le serviteur que le Maître, à son arrivée, trouvera agissant ainsi. En vérité, je vous le déclare, il l'établira sur tous ses biens » (Matth.,. XXIV, 45-47).

Le bon serviteur en prendra-t-il de l'orgueil ? « Qui de vous, demande Jésus, ayant un serviteur employé à labourer ou à faire paître les troupeaux, lui dira, à son retour des champs : viens tout de suite te mettre à table ? Ne lui dira-t-il pas au contraire : prépare-moi à souper, ceins-toi pour me servir, jusqu'à ce que j'aie mangé et bu ; et, après, cela, tu mangeras et tu boiras ? Saura-t-il gré à ce serviteur d'avoir fait ce qu'il lui avait commandé
Vous aussi, de même, quand vous aurez fait tout ce qui vous est commandé, dites : nous sommes des serviteurs inutiles. Ce que nous avons fait, nous devions le faire »(Luc., XVII, 7, 10). C'est qu'en effet, le serviteur n'est pas plus grand que le Maître : « le disciple n'est pas au-dessus de son Maître, ni le serviteur au-dessus de son Seigneur » (Matth., X, 24). C'est à deux reprises que, selon l'Évangile de saint Jean, le Christ rappelle à ses Apôtres que « l'envoyé n'est pas plus grand que celui qui l'envoie » : après leur avoir lavé les pieds, « lui, le Seigneur et le Maître », il insiste sur l'exemple qu'il leur a donné, afin qu'à leur tour ils fassent comme il a fait « en vérité, je vous Je dis, le serviteur n'est pas plus grand que son Maître » (Jean, XIII, 14, 16). Et au moment où il leur fait ses suprêmes recommandations, il leur annonce que, si le monde les haïra, il l'a haï, lui avant eux « souvenez-vous de la parole que je vous ai dite le serviteur n'est pas plus grand que son Maître » (Jean, XV, 20). Lui-même ne s'est-il pas fait obéissant, « obéissant jusqu'à la mort même, jusqu'à la mort de la croix ? (Phil., II, 8). Le Fils de l'homme n'est-il pas venu dans le monde, « non pour être servi, mais pour servir » ? (Marc, X, 45). C'est la vocation! du chrétien de suivre son Maître, s'il le faut, jusqu'au Calvaire et d'y boire le calice qu'il a bu. Tout au moins ne doit-il jamais oublier que « celui qui voudra être grand parmi ses frères sera leur serviteur, celui qui voudra être le premier sera l'esclave de tous » (Marc, X, 64).

On comprend bien que le service qui s'impose de la sorte au chrétien est ce que saint Paul appelle « le service en esprit » (Rom., I, 9) ; car, dit-il, « étant morts à la loi qui nous tenait captifs, nous en sommes maintenant affranchis pour servir Dieu sous le régime nouveau de l'Esprit et non sous le régime vieilli de la lettre » (Rom., VII, 6). Dieu, en effet, « est Esprit et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en Esprit et en vérité »(Jean, IV, 24). Dès son premier discours aux juifs, Pierre rappelle cette prédiction de Joël : « il arrivera pendant les derniers jours - c'est Dieu lui-même qui parle - que je répandrai de mon esprit sur toute créature : vos fils, et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards auront des songes. Oui, en ce jours-là, je répandrai de mon Esprit sur mes serviteurs et sur mes servantes » (Actes, II, 17-18). Si l'effusion de l'Esprit fut si grande parmi les fidèles au premier siècle de l'Église que saint Paul dut intervenir auprès des Corinthiens pour le maintien du bon ordre dans les assemblées (I, Cor., XIV, 26-39), il reste que c'est avec les armes de l'Esprit que le serviteur du Christ doit « combattre le bon combat » (I, Tim., I, 18), « ayant revêtu la cuirasse de la foi et de la charité et pris pour casque l'espérance du salut » (I, Thess., V, 9). En effet, dit saint Paul, « ce n'est pas contre la chair et le sang que nous avons à combattre, mais contre les Dominations, contre les Puissances, contre les Princes de ce monde de ténèbres, contre les Esprits mauvais qui sont dans des régions célestes. C'est pourquoi prenez toutes les armes de Dieu afin que vous puissiez résister dans les mauvais jours et qu'ayant tout surmonté, vous demeuriez fermes. Oui, tenez ferme, ayant la vérité pour ceinture de vos reins, étant revêtus de la cuirasse de la justice, ayant pour chaussures les bonnes dispositions que donne l'Évangile de paix. Prenez par dessus tout le bouclier de la foi, au moyen duquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Malin. Prenez aussi le casque du salut et l'épée de l'Esprit, c'est-à-dire la parole de Dieu » (Ephès., VI, 11, 18). Le serviteur du Christ est un « soldat » (II, Tim., 11, 3), qui doit travailler pour la vérité contre le mensonge, pour la lumière contre les ténèbres, pour la justice contre l'iniquité, pour la liberté contre la servitude, pour la paix et la joie contre celui qui « tient l'empire de la mort ».

III

Celui qui a été jusqu'à la fin le « bon soldat de Jésus-Christ », à la fois « fidèle et prudent », n'a pas travaillé en vain ; il a mérité d'entendre et de prendre pour lui l'émouvante et profonde parole du Divin Maître : « je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous appelle mes amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père » (Jean, XV, 15). Dieu, en effet, « a envoyé dans nos coeurs l'Esprit de son Fils, lequel crie « Abba », c'est-à-dire Père !... Ainsi, tu n'es plus serviteur, mais fils, et, si tu es fils, tu es aussi héritier par la grâce de Dieu » (Galat., IV, 5, 7). Et, parce que le Christ nous a ainsi obtenu de Dieu, par le sacrifice de son sang, l'« adoption filiale », devenus ses « frères »(Rom., VIII, 29), nous pourrons désormais prétendre à demeurer là où il demeure : « Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m'as donnés y soient aussi avec moi, afin qu'ils contemplent ma gloire, la gloire que tu m'as donnée avant la création du monde » (Jean, XVII, 24). Sans doute, « il y a beaucoup de demeures dans la maison du Père » ; mais le Christ n'a-t-il pas déclaré qu'il nous y « préparerait une place » pour nous y prendre avec lui, « afin que là où il est, nous y soyons aussi » ? (Jean, XIV, 2-4).

Le Voyant de Patmos nous a présenté, de cette demeure où nous devons passer notre éternité, une image saisissante : c'est la Cité sainte, la Jérusalem céleste, qui descend du Ciel parée comme une épouse pour son époux, le Tabernacle de Dieu au milieu des hommes... je n'y vois pas de temple, car le Seigneur Dieu tout-puissant en est le temple ainsi que l'Agneau... La ville n'a besoin ni de soleil, ni de lune pour l'éclairer, car la gloire de Dieu l'éclaire et l'Agneau est son flambeau... Le trône de Dieu et de l'Agneau sera dans la ville, ses serviteurs le serviront., ils verront sa Face et son Nom sera sur leurs fronts... et ils régneront aux siècles des siècles » (Apoc., XI-XX).

 « N'entre pas, Seigneur, en jugement avec ton
« serviteur ; mais traite-le selon ta miséricorde !
« N'as-tu pas racheté de ton sang les âmes de tes
« serviteurs ? Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.
« Fais resplendir sur lui ta Face et renvoie le en
« paix, afin que, prosterné avec les Anges et les
« Saints dans l'adoration, il puisse s'écrier jour et
« nuit : Saint, Saint, Saint est le Seigneur Dieu, le
«Tout-Puissant, qui était, qui est et qui sera ! »

Source : http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Huan/servir.html

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Published by Gabriel Huan - dans Spiritualité
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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 08:17

Le 17 mars, jour de la fête nationale en Irlande, est l’occasion pour le peuple irlandais de célébrer Saint Patrick, son saint patron. Mais grâce à la diaspora irlandaise, la Saint Patrick est aujourd’hui fêtée des Etats-Unis à l’Australie, partout où les irlandais ont émigré. Un nombre toujours plus importants de non irlandais fêtent également la Saint Patrick, histoire de se sentir irlandais un jour dans l’année ! La tradition veut que le jour de la Saint Patrick, on porte des habits de couleur verte. Dans de nombreuses villes d’Irlande et du monde entier, des parades donnent l’occasion aux irlandais d’afficher leur attachement à leurs racines. La Saint Patrick est également un bon prétexte à descendre quantité de verres de bière irlandaise ou de whiskey, en écoutant de la musique irlandaise !

La Saint Patrick en Irlande

D’abord simple fête religieuse, la Saint Patrick est un jour férié en Irlande depuis le Bank Holiday Ireland Act de 1903, voté sur proposition du député irlandais James O’Mara. Le même O’Mara fit passer plus tard une loi interdisant l’ouverture des pubs le 17 mars, loi qui fut valable jusque dans les années 70 ! La première parade de la Saint Patrick en Irlande se tint à Dublin en 1931. Elle constitue encore la principale manifestation de la Saint Patrick sur l’île verte, attirant 500 000 spectateurs en 2006. Depuis 1996, sous l’impulsion du gouvernement irlandais, la parade de Dublin se déroule dans le cadre d’un festival de 5 jours, le Saint Patrick’s Festival, qui est une vitrine de l’Irlande et de sa culture. D’autres parades se tiennent dans les principales villes d’Irlande : Cork, Belfast, Galway, Derry, Kilkenny, Limerick, Waterford, ... La plus importante en dehors de Dublin est celle de Downpatrick, en Irlande du Nord, là même ou est enterré Saint Patrick, qui rassemble 2 000 participants et 30 000 spectateurs. A l’occasion de la Saint Patrick, de nombreux irlandais portent un trèfle ou un petit drapeau irlandais sur la veste, certains portent des objets verts dans les cheveux, d’autres se font peindre des trèfles sur les joues, tout est bon pour marquer sa fièreté d’être irlandais. Et bien sûr les pubs se remplissent le soir, dans une atmosphère festive et populaire ! A noter que la couleur verte n’a pas toujours été appréciée par les irlandais, puisque autrefois on considérait qu’elle portait malheur : le petit peuple irlandais (les lutins et les farfadets) appréciant le vert, les enfants qui portaient trop de vert risquaient fort de se faire enlever ...

Depuis les années 90, les dirigeants politiques irlandais ont pris l’habitude de représenter l’Irlande à travers le monde à l’occasion de la Saint Patrick, essentiellement dans les pays où la communauté irlandaise est importante (Etats-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, ...). Une belle manière d’assurer un lien entre la diaspora irlandaise et les irlandais ! Il est par exemple de tradition que le chef du gouvernement irlandais offre un bol de trèfles au président des Etats Unis d’Amérique à l’occasion de la Saint Patrick.

En Irlande du Nord, la Saint Patrick, fête catholique, a longtemps été considérée par les loyalistes comme un « festival de républicains irlandais » ... Les parades de la Saint Patrick étaient donc financées grâce à des fonds privés. Mais il y a quelques années, la ville de Belfast a décidé de participer au financement de la parade de Belfast, à condition que la parade ne soit pas politisée (par exemple par la présence de drapeaux de la République d’Irlande) et qu’elle réunisse ensemble loyalistes et républicains.

Si vous projetez d’assister aux festivités de la Saint Patrick en Irlande (en particulier à Dublin), réservez longtemps à l’avance, car les vols vers l’Irlande et les hôtels de Dublin sont pleins à craquer pendant une semaine !

La Saint Patrick hors d’Irlande

Principale destination des émigrés irlandais, les Etats-Unis sont sans aucun doute le pays (hors d’Irlande) qui fête le plus la Saint Patrick. C’est même à Boston, en 1737, que se tint la première parade de la Saint-Patrick. La ville a d’ailleurs toujours la réputation d’être la plus irlandaise des villes américaines. En dehors de Boston, les parades les plus anciennes se tiennent à Philadelphie, Chicago, Morristown (New Jersey), Savannah (Géorgie), San Francisco, Pittsburgh, Butte (Montana), ... Mais la plus célèbre et la plus importante se tient à New York, depuis 1756. En 2006, 150 000 participants ont remonté la 5ème avenue de Manhattan, devant près de 2 millions de spectateurs ! La parade est menée par le 69ème régiment d’infanterie (issu en 1851 d’une milice d’émigrés catholiques irlandais), suivi par des fanfares militaires, des associations culturelles, des organisations d’émigrés, etc ... En dehors des parades, de nombreux américains s’habillent de vert, des villes s’habillent de vert (Chicago colore même sa rivière en vert !), certaines équipes de base ball (les Chicago White Sox ou les Boston Red Sox par exemple) remplacent même leur tenue habituelle par des tenues vertes !

Hormis les Etats-Unis, la Saint Patrick est fêtée au Canada, en particulier à Montreal qui accueille la plus grande parade du pays depuis 1824. La Saint Patrick est même un jour férié dans la province de Terre Neuve et du Labrador. La Saint Patrick est également jour férié dans la petite île de Montserrat, dans les Caraïbes, en souvenir de la fondation de l’île par des réfugiés irlandais des îles voisines de Saint Kitts and Nevis. En Europe, la Grande-Bretagne est évidemment en tête des festivités. Londres accueille une parade depuis 2002, mais la plus grande se tient à Birmingham, qui se présente comme la 3ème plus grande parade de la Saint Patrick dans le monde, après celles de New York et Dublin. De nombreux irlandais viennent également assister aux courses de chevaux du Cheltenham Festival, qui coïncide habituellement avec la Saint Patrick. Munich, Copenhague ou Moscou sont d’autres exemples de villes accueillant des parades de la Saint Patrick. Mais c’est bien le monde entier qui a une partie de son coeur en Irlande le 17 mars !

En France, la Saint Patrick est malheureusement peu fêtée, à l’exception bien sûr des pubs irlandais qui permettent aux passionnés de la l’île verte, irlandais ou non, de se rassembler pour avaler des pintes de Guinness et écouter de la musique irlandaise ! Depuis une dizaine d’années, le Festival Interceltique de Lorient organise à chaque Saint Patrick un concert géant en région parisienne. Après les Nuits Celtiques du Stade de France pendant plusieurs années, c’est aujourd’hui le Palais Omnisport de Paris Bercy qui accueille de nombreux spectateurs pour la Nuit de la Saint-Patrick. Au programme : pipe bands, bagadou, danseurs et danseuses irlandaises, choeurs gallois, stars de la musique celtique, ... Une fête qui rassemble donc des artistes celtes, au-delà des seuls irlandais, une grande campagne promotionnelle pour le Festival Interceltique de Lorient qui se déroule quelques mois plus tard ...

Source : http://www.terresceltes.net/17-mars-la-Saint-Patrick.html

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Published by Chawax - dans Irlande
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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 08:29

CHAPITRE XXVII.

Lorsqu'ils arrivèrent à Bethléem, il s'y était déclaré des maladies graves et difficiles & guérir qui attaquaient les yeux des enfants et beaucoup périssaient. Et une femme qui avait un fils près de mourir, le mena à Marie et la trouva qui baignait le Seigneur Jésus. Et cette femme dit : « O Marie, vois mon fils qui souffre cruellement. » Marie l'entendant lui dit : « Prends un peu de cette eau avec laquelle j'ai lavé mon fils et répands-la sur le tien. » La femme fit comme le lui recommandait Marie, et son fils, après avoir été fort agité, s'était endormi, et lorsqu'il se réveilla, il se trouva complètement guéri. La femme pleine de joie, revint trouver Marie qui lui-dit : « Rends grâce à Dieu, de ce qu'il a guéri ton fils. »

CHAPITRE XXVIII.

Cette femme avait une voisine dont l'enfant était atteint de la même maladie et ses yeux étaient presque fermés et il criait piteusement nuit et jour. Et celle dont le fils avait été guéri lui dit : « Pourquoi ne portes-tu pas ton fils à Marie comme je lui ai porté le mien lorsqu'il était au moment de la mort et qu'il a été guéri par cette eau dans laquelle Jésus s'était baigné? » Et cette seconde femme alla aussi prendre de cette eau et aussitôt qu'elle en eut répandu sur son fils, son mal cessa. Et elle apporta son fils parfaitement guéri à Marie, qui lui recommanda de rendre grâce à Dieu et de ne raconter à personne ce qui lui était arrivé.

CHAPITRE XXIX.

Il y avait dans la même ville deux femmes mariées au même homme et chacune avait un fils qui était malade. L'une se nommait Marie et son fils avait nom Kaljufe. Cette femme se leva et elle porta son enfant à Marie, la mère de Jésus, et elle lui offrit une très belle nappe, et elle lui dit : « O Marie, reçois de moi cette nappe et, en échange, donne-moi un de tes langes. » Marie y consentit et la mère de Kaljufe fit avec ce lange une tunique dont elle revêtit son fils. Et il se trouva guéri et l'enfant de sa rivale mourut le même jour. Il en résulta de grands dissentiments entre ces deux femmes; elles s'acquittaient, chacune à son tour, une semaine durant, des travaux du ménage et une fois que le tour de Marie, la mère de Kaljufe, était venu, elle s'occupait de faire chauffer le four pour cuire le pain et, allant chercher la farine, elle sortit laissant son enfant près du four. Sa rivale voyant que l'enfant était resté seul, le prit et le jeta dans le four tout embrasé et elle s'enfuit Marie revint et elle vit son enfant qui était au milieu du four où il riait, car le four s'était soudainement refroidi, comme si jamais il n'y avait été allumé de feu, et elle se douta que sa rivale l'avait jeté là. Elle l'en retira donc et le porta à la vierge Marie et lui raconta ce qui s'était passé. Et Marie lui dit : « Tais-toi, car je crains pour toi si tu divulgues ces choses. » Ensuite la rivale alla au puits puiser de l'eau et voyant Kaljufe qui jouait auprès et qu'il n'y avait à l'entour nulle créature humaine, elle prit l'enfant et le jeta dans le puits. Des hommes étant venus pour se procurer de l'eau virent l'enfant qui était assis sans aucun mal, sur la surface de l'eau, et ayant descendu des cordes, ils le retirèrent Et ils furent remplis d'une telle admiration pour cet enfant, qu'ils lui rendirent les honneurs comme à un dieu. Et sa mère le porta en pleurant à Marie et lui dit : « O ma maîtresse, vois ce que ma rivale a fait à mon fils et comme elle l'a fait tomber dans le puits et il n'y a pas de doute pour moi qu'elle ne cause un jour sa mort » Marie lui répondit : « Dieu punira le mal qui t'a été fait » Peu de joute après, la rivale alla puiser de l'eau et ses pieds s'embarrassèrent dans la corde de sorte qu'elle tomba dans le puits et lorsque l'on accourut pour lui porter secours, on trouva qu'elle s'était fracassé la tête. Elle mourut donc d'une manière funeste et la parole du sage s'accomplit en elle : « Ils ont creusé un puits et ils ont jeté la terre en haut, mais ils sont tombés dans la fosse qu'ils avaient préparée. »

CHAPITRE XXX.

Une autre femme de la même ville avait deux enfants, malades tous deux; l'un mourut et l'autre était près de trépasser; sa mère le prit dans ses bras et le porta à Marie en versant un torrent de larmes et elle lui dit : « O ma maîtresse, viens à mon secours et assiste-moi ; j'avais deux fils et je viens d'en perdre un et je vois l'autre au moment de périr. Vois comment j'implore la miséricorde du Seigneur. » Et elle se mit à dire : « Seigneur, vous êtes plein de clémence et de compassion ; vous m'aviez donné deux fils, vous avez rappelé l'un d'eux à vous, du moins laissez-moi l'autre. » Marie témoin de son excessive douleur, eut pitié d'elle et Lui dit : « Place ton enfant dans le lit de mon fils et couvre-le de ses vêtements. » Et quand l'enfant eut été placé dans le lit à côté de Jésus « ses yeux appesantis par la mort se rouvrirent et appelant sa mère à voix haute, il demanda du pain et quand on lui en eut donné, il le mangea. Alors sa mère dit : « O Marie, je connais que la vertu de Dieu habite en toi, au point que ton fils guérit les enfants aussitôt qu'ils l'ont' touché. » Et l'enfant qui fut ainsi guéri est ce même Barthélémy dont il est parlé dans l'Évangile.

chapitre XXXI.

11 y avait au même endroit une femme lépreuse qui alla trouver Marie mère de Jésus et qui lui dit : « O ma maîtresse, assiste-moi. » Et Marie lui répondit : « Quel secours demandes-tu? est-ce de l’or ou de l'argent, ou veux-tu être guérie de ta lèpre ? » Cette femme repartit : « Qu'est-ce que tu peux faire pour moi ? » Et Marie lui dit : « Attends un peu jusqu'à ce que j'aie lavé mon enfant et que je l'aie mis dans son lit. » La femme attendit et Marie, après l'avoir couché, tendit à la femme un vase plein de l'eau avec laquelle elle avait lavé son enfant et lui dit : « Prends un peu de cette eau et répands-la sur ton corps. » Et aussitôt que la malade l'eut fait, elle se trouva guérie, et elle rendit grâce à Dieu.

chapitre XXXII.

Elle s'en alla ensuite, après être restée trois jours auprès de Marie et elle vint dans une ville où rendait un prince qui avait épousé la fille d'un autre prince, mais lorsqu'il vit sa femme, il aperçut entre ses yeux les marques de la lèpre, ayant la forme d'une étoile et leur mariage avait été déclaré nul et non valide. Et cette femme voyant la princesse qui se livrait au désespoir, lui demanda la cause de ses larmes, et la princesse lui répondit : « Ne t'informe pas de ma situation ; mon malheur est tel que je ne puis le révéler à personne. » La femme insistait pouf le savoir, disant qu'elle connaîtrait peut-être quelque remède à y apporter. Elle vit alors les traces de la lèpre qui paraissaient entre les yeux de la princesse. « Moi aussi, » dit-elle, « j'ai été atteinte de cette même maladie et je m'étais rendue pour affaires à Bethléem. Là, j'entrai dans une caverne où je vis une femme nommée Marie et elle avait un enfant qui s'appelait Jésus. Me voyant atteinte de la lèpre, elle eut pitié de moi, et die me donna l'eau dans laquelle elle avait lavé le corps de son fils. Je versai cette eau sur mon corps et je fus aussitôt guérie. La princesse lui dit alors : « Lève-toi et viens avec moi et fais-moi voir Marie. » Et elle s'y rendit apportant de riches présents. Et quand Marie la vit, elle dit : « Que la miséricorde du Seigneur Jésus soit sur toi. » Et elle lui donna un peu de cette eau dans laquelle elle avait lavé son enfant. Aussitôt que la princesse en eut répandu sur elle, elle se trouva guérie et elle rendit grâces au Seigneur, ainsi que tous les assistants. Le prince apprenant que sa femme avait été guérie, la reçut chez lui et célébrant de secondes noces, il rendit grâces à Dieu.

CHAPITRE XXXIII.

Il y avait au même endroit une jeune fille que Satan tourmentait ; l'esprit maudit lui apparaissait sous la forme d'un grand dragon qui voulait la dévorer et il avait sucé tout son sang de sorte qu'elle ressemblait & un cadavre. Et toutes les fois qu'il se jetait sur elle, elle criait, en joignant les mains au-dessus de sa tête et elle disait : « Malheur, malheur à moi, car il n'y a personne qui puisse me délivrer de cet affreux dragon. » Son père et sa mère et tous ceux qui l'entouraient et.qui la voyaient, se livraient à l'affliction et répandaient des larmes, surtout lorsqu'elle pleurait et disait : « O mes frères et mes amis, n'y a-t-il donc personne qui me délivre de ce meurtrier? » La fille du prince qui avait été guérie de la lèpre, entendant la voix de cette malheureuse, monta sur le toit de son château et elle la vit, les mains jointes au-dessus de la tête, versant des larmes abondantes et tous ceux qui l'entouraient pleuraient aussi. Et elle demanda si la mère de cette possédée vivait encore. Et quand on lui eut répondu que son père et sa mère étaient tous deux en vie, elle dit : « Faites venir sa mère auprès de moi. » Et quand elle fut venue, elle lui demanda : « Est-ce ta fille qui est ainsi possédée? » Et la mère ayant répondu que oui, en versant des larmes, la fille du prince dit : « Ne révèle pas ce que je vais te confier ; j'ai été lépreuse, mais Marie, la mère de Jésus-Christ m'a guérie. Si tu veux que ta fille obtienne sa délivrance, conduis-la à Bethléem et implore avec foi l'assistance de Marie et je crois que tu reviendras pleine de joie ramenant ta fille guérie. » Aussitôt la mère se leva et elle partit et elle alla trouver Marie, et elle lui exposa l'état dans lequel était sa fille. Marie l'ayant écoutée lui donna un peu de l'eau dans laquelle elle avait lavé son fils Jésus et lui dit de la répandre sur le corps de la possédée. Elle lui donna ensuite un morceau des langes de l'enfant Jésus et elle lui dit : « Prends ceci et montre-le à ton ennemi, toutes les fois que tu le verras, » et elle la renvoya ensuite en paix.

CHAPITRE XXXIV.

Lorsqu'après avoir quitté Marie, elles furent revenues dans leur ville et lorsque vint le temps où Satan avait coutume de la tourmenter, il lui apparut sous la forme d'un grand dragon et, à son aspect, la jeune fille fut saisie d'effroi. Et sa mère lui dit : « Ne crains rien, ma fille, laisse-le s'approcher davantage de toi et montre-lui ce linge que nous a donné Marie et nous verrons ce qu'il pourra faire. » Et quand le malin esprit qui avait revêtu la forme de ce dragon fut tout proche, la malade, toute tremblante de frayeur, mit sur sa tête et déploya le linge et il en sortit des flammes qui s'élançaient vers la tête et vers les yeux du dragon, et on entendit crier à haute voix : « Qu'y a t-il entre toi et moi, ô Jésus, fils de Marie ? où trouverai-je un asile contre toi ? » Et Satan prit la fuite avec épouvante, abandonnant cette jeune fille, et depuis il ne lui apparut jamais. Et elle se trouva ainsi délivrée, et elle rendit dans sa reconnaissance des actions de grâce à Dieu, ainsi que tous ceux qui avaient été présents à ce miracle.

CHAPITRE XXXV.

Il y avait dans cette même ville une autre femme dont le fils était tourmenté par Satin, il se nommait Judas, et toutes les fois que le malin esprit s'emparait de lui, il cherchait à mordre ceux qui étaient près de lui, et, s'il était seul, il mordait ses propres mains et ses membres. La mère de ce malheureux entendant parler de Marie et de son fils Jésus, se leva r et tenant son fils dans ses bras, elle le porta à Marie. Sur ces entrefaites, Jacques et Joseph avaient conduit dehors l'enfant Jésus pour qu'il jouât avec les autres enfants, et ils s'étaient assis hors de la maison et Jésus avec eux. Judas s'approcha et s'assit à la droite de Jésus, et quand Satan commença à l'agiter comme d'ordinaire, il cherchait à mordre Jésus, et comme il ne pouvait l'atteindre, il lui donnait des coups dans le côté droit, de sorte que Jésus se mit à pleurer. Et, en ce moment, Satan sortit de cet enfant, sous la forme d'un chien enragé. Et cet enfant fut Judas Iscariote, qui trahit Jésus et le côté qu'il avait frappé fut celui que les Juifs percèrent d'un coup de lance.

CHAPITRE XXXVI.

Lorsque le Seigneur Jésus eut accomplit sa septième année, il jouait un jour avec d'autres enfants de son âge et, en s'amusant, ils faisaient avec de la terre détrempée diverses images d'animaux, de loups, d'ânes, d'oiseaux, et chacun vantant son ouvrage, s'efforçait de l'élever au-dessus de celui de ses camarades. Alors le Seigneur Jésus dit aux enfants: « J'ordonnerai aux figures que j'ai faites de se mettre à marcher. » Et les enfants lui demandant s'il était le fils du Créateur, le Seigneur Jésus ordonnait aux images de marcher et elles avançaient aussitôt. Quand il leur commandait de revenir, elles revenaient. Il avait fait des images d'oiseaux et de passereaux qui volaient lorsqu'il leur enjoignait de voler et qui s'arrêtaient quand il leur disait de s'arrêter, et quand il leur présentait de la boisson et de la nourriture, elles mangeaient et buvaient. Quand les enfants se furent retirés et qu'ils eurent raconté à leurs parents ce qu'ils avaient vu, ceux-ci leur dirent; « Evitez à l'avenir d'être avec lui, car c'est un enchanteur ; fuyez-le donc dorénavant, et ne jouez plus avec lui.»

CHAPITRE XXXVII.

Un certain jour le Seigneur Jésus jouant et courant avec les autres enfants passa devant la boutique d'un teinturier qui se nommait Salem ; il y avait dans cette boutique des étoffes appartenant à grand nombre d'habitants de la ville et que Salem se préparait à teindre de diverses couleurs; Jésus étant entré dans cette boutique prit toutes ces étoffes et les jeta dans la chaudière. Salem se retournant et voyant les étoffes perdues, se mit à pousser de grands cris et à réprimander Jésus, disant : « Qu'as-tu fait, ô fils de Marie? tu as fait tort à moi et à mes concitoyens; chacun demandait la couleur qui lui convenait, et toi tu es survenu, et tu as tout perdu. » Le Seigneur Jésus répondit : « De quelque pièce d'étoffe que tu veuilles changer la couleur, je la changerai. » Et aussitôt il se mit à retirer les étoffes de la chaudière et chacune était teinte de la couleur que désirait le teinturier . Et les Juifs témoins de ce miracle, célébrèrent la puissance de Dieu.

CHAPITRE XXXVIII.

Joseph parcourait toute la ville, menant avec lui le Seigneur Jésus et on l'appelait pour confectionner des portes ou des cribles, ou des coffres, et le Seigneur Jésus était avec lui partout où il allait. Et tontes les fois que l'ouvrage que faisait Joseph devait être plus long bu plus court, plus large ou plus étroit, le Seigneur Jésus étendait la main, et la chose se trouvait aussitôt telle que l'avait désiré Joseph, de sorte qu'il n'avait point besoin de rien achever de sa propre main, car il n'était pas fort habile dans ce métier de menuisier.

chapitre XXXIX.

Un jour, le roi de Jérusalem le fit appeler et lui dit : « Je veux, Joseph, que tu me fasses un trône d'après la dimension de l'endroit où j'ai coutume de m'asseoir. » Joseph obéit, et aussitôt mettant la main à l'œuvre, il passa deux ans clans le palais jusqu'à ce qu'il eût achevé de fabriquer ce trône. Et lorsqu'il fut placé à l'endroit où il devait être, l'on vit que de chaque côté il manquait deux spithames à la mesure fixée .Alors le roi se mit en colère contre Joseph, et Joseph, redoutant le courroux du monarque, ne put manger et se coucha à jeun. Alors le Seigneur Jésus lui demandant quel était le motif de sa crainte, il répondit : « C'est que l'ouvrage auquel j'ai travaillé deux ans entiers est gâté. » Et le Seigneur Jésus lui répondit : « Reviens de ta frayeur et ne perds pas courage; prends ce côté du trône et moi l'autre, pour que nous l'amenions à une mesure exacte. » Et Joseph ayant fait ce que prescrivait le Seigneur Jésus et chacun tirant fortement de son côté, le trône obéit et eut exactement la dimension que l’on désirait. Les assistants, voyant ce miracle, furent frappés de stupeur et bénirent Dieu. Ce trône était fabriqué avec un bois qui existait dès le temps de Salomon, fils de David, et qui était remarquable par ses diverses formes et figures.

CHAPITRE XL.

Un autre jour, le Seigneur Jésus alla sur la place et voyant les enfants qui s'étaient réunis pour jouer, il se mêla à eux ; l'ayant aperçu, ils se cachèrent et le Seigneur Jésus alla à la porte d'une maison et demanda à des femmes qui se tenaient debout à l'entrée où ces enfants avaient été. Et comme elles répondirent qu'il n'y en avait aucun dans la maison, le Seigneur Jésus dit : « Qu'est-ce que vous voyez sous cette voûte ? » Elles répondirent que c'étaient des béliers âgés de trois ans et le Seigneur Jésus s'écria : « Sortez, béliers, et venez vers votre pasteur. » Et aussitôt les enfants sortirent, ayant forme de béliers, et ils sautaient autour de lui, et ces femmes ayant vu cela, furent saisies d'effroi Et elles adoraient le Seigneur Jésus, disant : « O Jésus! fils de Marie, notre Seigneur, tu es vraiment le bon Pasteur d'Israël, aie pitié de tes servantes qui sont en ta présence et qui ne doutent pas, Seigneur, que tu ne sois venu pour guérir et non pour perdre. » Ensuite, le Seigneur Jésus ayant répondu que les enfants d'Israël étaient parmi les peuples comme des Éthiopiens, les femmes dirent : « Seigneur, tu connais toutes choses et rien ne t'est caché ; nous te demandons et nous espérons de ta miséricorde que tu voudras bien rendre à ces enfants leur ancienne forme. » Et le Seigneur Jésus dit alors : « Venez, enfants, afin que nous allions jouer. » Et aussitôt, en présence de ces femmes, ces béliers reprirent la figure d'enfants.

chapitre XLI.

Au mois d'Adar Jésus rassembla les enfants et les fit ranger comme étant leur roi ; ils avaient étendu leurs vêtements par terre pour qu'il s'agît dessus, et ils avaient posé sur sa tête une couronne de fleurs, et comme des satellites qui accompagnent un roi, ils s'étaient rangés à sa droite et à sa gauche. Si quelqu'un passait parla, les enfants l'arrêtaient de force et lui disaient : « Viens et adore le roi, afin que tu obtiennes un heureux voyage. »

CHAPITRE XLII.

Sur ces entrefaites arrivèrent des hommes qui portaient un enfant sur une litière. Cet enfant avait été sur la montagne avec ses camarades pour chercher du bois, et, ayant trouvé un nid de perdrix, il y mit la main pour en retirer les œufs, et un serpent caché au milieu du nid le mordit, et il appela ses compagnons à son secours. Quand ils arrivèrent, ils le trouvèrent étendu sur la terre et comme mort, et des gens de sa famille vinrent et ils l’emportaient à la ville et quand ils furent arrivés à l'endroit où le Seigneur Jésus trônait comme un roi, les autres enfants l'entouraient comme étant de sa cour, et ces enfants allèrent au-devant de ceux qui portaient le moribond et leur dirent: « Venet et saluez le roi. » Comme ils ne voulaient point approcher à cause du chagrin qu'ils éprouvaient, les enfants les amenaient de force. Et quand ils furent devant le Seigneur Jésus, il leur demanda pourquoi ils portaient cet enfant ; ils répondirent qu'un serpent l'avait mordu, et le Seigneur Jésus dit aux enfants : « Allons ensemble et tuons ce serpent. » Les parents de l'enfant qui était au moment de trépasser priant les autres enfants de les laisser aller, ceux-ci répondirent ; « N'avez-vous pas entendu ce que le roi a dit : Allons et tuons le serpent, et ne devez-vous pas vous conformer à ses ordres? » Et, malgré leur opposition, ils faisaient rebrousser chemin à la litière. Lorsqu'ils furent arrivés auprès du nid, le Seigneur Jésus dit aux enfants : « N'est-ce pas là que se cache le serpent ?» Et eux ayant répondu oui, le serpent appelé par le Seigneur Jésus, sortit aussitôt et se soumit à lui. Et le Seigneur lui dit : « Va et suce tout le poison que tu as répandu dans les veines de cet enfant. » Le serpent, rampant, reprit alors tout le poison qu'il avait répandu, et le Seigneur l'ayant maudit, il creva aussitôt après et il mourut Et le Seigneur Jésus toucha l'enfant de sa main, et il fut guéri. Et comme il se mettait à pleurer, le Seigneur Jésus lui dit ; « Cesse tes pleurs, tu seras mon disciple. » Et cet enfant fut Simon le Cananéen dont il est fait mention dans l'Évangile.

chapitre XLIII.

Un autre jour Joseph avait envoyé son fils Jacques pour ramasser du bois, et le Seigneur Jésus s'était joint à lui comme son compagnon, et quand ils furent arrivés à l'endroit où était le bois et lorsque Jacques se fut mis à en ramasser, voici qu'une vipère le mordit, et il commença à crier et à pleurer. Le Seigneur Jésus le voyant dans cet état, s'approcha de lui et il souffla sur l'endroit où il avait été mordu, et Jacques fut guéri sur-le-champ .

CHAPITRE XLIV.

Un jour, le Seigneur Jésus était avec des enfants qui jouaient sur un toit, et l'un de ces enfants vint à se laisser tomber et il expira sur le coup. Les autres enfants s'enfuirent et le Seigneur Jésus demeura seul sur le toit, et les parents du mort étant arrivés, ils dirent au Seigneur Jésus : « C'est toi qui as précipité notre fils du haut du toit. » Et comme il le niait, ils répétèrent encore plus fort : « Notre fils est mort et voici celui qui l'a tué. » Et le Seigneur Jésus répondit : « Ne m'accusez pas d'un crime dont vous ne pouvez apporter aucune preuve; mais demandons à cet enfant lui-même qu'il mette la vérité au grand jour. » Et le Seigneur Jésus descendit et se plaça près de la tête du mort et dit à haute voix : « Zeinon, Zeinon, qui est-ce qui t'a précipité du haut du toit? » Et le mort répondit : « Seigneur, ce n'est pas toi qui as été la cause de ma chute, mais c'est quelqu'un qui m'a fait tomber. » Et le Seigneur ayant recommandé aux assistants de faire attention à ces paroles, tous ceux qui étaient présents louèrent Dieu de ce miracle .

chapitre XLV.

Marie avait un jour commandé au Seigneur Jésus d'aller lui chercher de l'eau à un puits. Et lorsqu'il se fut acquitté de cette tâche, la cruche déjà pleine qu'il élevait se brisa. Et le Seigneur Jésus ayant étendu son manteau, porta à sa mère l'eau qu'il y avait recueillie, et elle fut frappée d'admiration, et elle conservait dans son cœur tout ce qu'elle voyait

CHAPITRE XLVI.

Un autre jour, le Seigneur Jésus jouait sur le bord de l'eau avec d'autres enfants, et ils avaient creusé des rigoles pour faire couler l'eau, formant ainsi des petits bassins, et le Seigneur Jésus avait fait avec de la terre douze petits oiseaux et les avait placés autour de son bassin, trois de chaque côté. C'était un jour de sabbat, et le fils d'Hanon, le juif, survenant et les voyant ainsi occupés, leur dit : « Comment pouvez-vous un jour de sabbat, faire des figures avec de la boue ? » Et il se mit à détruire leurs bassins. Et le Seigneur Jésus ayant étendu les mains sur les oiseaux qu'il avait faits, ils s'envolèrent en gazouillant Ensuite lorsque le fils d'Hanon, le juif, s'approcha du bassin qu'avait creusé Jésus, afin de le détruire, l'eau disparut et le Seigneur Jésus lui dit : « Tu vois comme cette eau est séchée; il en sera de même de ta vie. » Et aussitôt l'enfant se dessécha.

chapitre XLVII.

Un autre jour, comme le Seigneur Jésus rentrait le soir au bois avec Joseph, un enfant courant au devant de lui, le choqua avec violence, et le Seigneur Jésus fut presque renversé, et il dit à cet enfant : « Ainsi que tu m'as poussé, tombe et ne te relève pas. » Et à l'instant, l'enfant chut par terre et il expira.

CHAPITRE XLVIII.

Il y avait à Jérusalem un homme, nommé Zachée, qui instruisait la jeunesse. Et il disait à Joseph : « Pourquoi, Joseph, ne m'envoies-tu pas Jésus afin qu'il apprenne les lettres ? » Joseph voulait se conformer à cet avis, et il en convint avec Marie. Ils menèrent donc l'enfant vers le maître, et, aussitôt que celui-ci l'eut vu, il écrivit un alphabet et lui dit de prononcer Aleph. Et quand il l'eut fait, il lui demanda de dire Beth. Le Seigneur Jésus lui dit : « Dis-moi d'abord quelle est la signification de la lettre Aleph, et alors je prononcerai Beth. » Et le maître se disposait à le frapper, mais le Seigneur Jésus se mit à lui expliquer la signification des lettres Aleph et Beth, quelles sont les lettres dont la forme est droite, celles dont elle est oblique, quelles sont celles qui sont doubles, celles qui sont accompagnées de points et celles qui en manquent, et pourquoi telle lettre en précède une autre et il dit beaucoup de choses que le maître n'avait jamais entendues et qu'il n'avait lues en aucun livre. Et le Seigneur Jésus dit au maître : « Fais attention à ce que je vais te dire. » Et il se mit à réciter clairement et distinctement Aleph, Beth, Gimel, Daleth, jusqu'à la fin de l'alphabet. Le maître en fut dans l'admiration, et il dit : « Je crois que cet enfant est né avant Noé ; » et, se tournant vers Joseph, il ajouta : « Tu m'as conduit, pour que je l'instruise, un enfant qui en sait plus que tous les docteurs. » Et il dit à Marie : « Ton fils n'a nul besoin de notre enseignement. »

chapitre XLIX.

Ils le conduisirent ensuite à un maître plus savant, et aussitôt qu'il l'eut aperçu : « Dis Aleph », lui demanda-t-il. Et lorsqu'il eut dit Aleph, le maître lui prescrivit de prononcer Beth. Et le Seigneur Jésus lui répondit : « Dis-moi la signification de la lettre Aleph, et alors je prononcerai Beth. » Le maître irrité leva la main pour le frapper, et aussitôt sa main se dessécha et il mourut Alors Joseph dit à Marie : « Dorénavant il ne faudra plus laisser l'enfant sortir de la maison, car quiconque s'oppose à lui, est frappé de mort »

chapitre L.

Lorsqu'il eut atteint l'âge de douze ans, ils le conduisent à Jérusalem à l'époque de la fête, et la fête étant finie, ils s'en retournèrent, mais le Seigneur Jésus resta dans le temple, parmi les docteurs et les vieillards et les savants des fils d'Israël, qu'il interrogeait sur différents points de la science, et, à son tour, il leur répondait, et il leur demanda : « De qui le Messie est-il fils? » Et ils répondirent : « Il est le fils de David. » Jésus répondit : « Pourquoi donc David, mu par l'Esprit-Saint, l’appelle-t-il son Seigneur, lorsqu'il dit : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : « Assied-toi à ma droite pour que je mette tes ennemis sous tes pieds. » Alors un des chefs des docteurs l'interrogea, disant : « As-tu lu les livres Saints? » Le Seigneur Jésus répondit : « J'ai lu les livres et ce qu'ils contiennent, » et il leur expliquait l'écriture, la loi, les préceptes, les statuts, les mystères qui sont contenus dans les livres des prophéties, chose que l'intelligence de nulle créature ne peut comprendre. Et ce chef des docteurs dit : « Je n'ai jamais vu ni entendu une pareille instruction ; qui pensez-vous que cet enfant puisse être? »

chapitre LI.

Il se trouva là un philosophe savant dans l'astronomie, et il demanda au Seigneur Jésus, s'il avait étudié la science des astres. Et Jésus lui répondant exposait le nombre des sphères et des corps célestes, leur nature et leurs oppositions, leur aspect trine, quadrat et sextile, leur progression et leur mouvement rétrograde, le comput et la prognostication et autres choses que la raison d'aucun homme n'a scrutées.

chapitre LII.

Il y avait aussi parmi eux un philosophe très savant en médecine et dans les sciences naturelles, et lorsqu'il demanda au Seigneur Jésus s'il avait étudié la médecine, celui-ci lui exposa la physique, la métaphysique, l'hyperphysique et l'hypophysique, les vertus du corps et les humeurs et leurs effets, le nombre des membres et des os, des urines, des artères et des nerfs, les divers tempéraments, chaud et sec, froid et humide, et quels sont leurs résultats; quelles sont les opérations de l'âme dans le corps, ses sensations et ses vertus, les facultés de la parole, de la colère, du désir, la congrégation et la dispersion et d'autres choses que l'intelligence d'aucune créature n'a pu saisir. Alors ce philosophe se leva et il adora le Seigneur Jésus en disant : « Seigneur, désormais je serai ton disciple et ton serviteur. »

chapitre LIII.

Et tandis qu'ils parlaient ainsi, Marie survint avec Joseph, et depuis trois jours elle cherchait Jésus; le voyant assis parmi lés docteurs, les interrogeant et leur répondant alternativement, elle lui dit : « Mon fils, pourquoi en as-tu ainsi agi à notre égard ? ton père et moi nous t'avons cherché, nous donnant beaucoup de peine. » Il répondit : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu'il convenait que je demeurasse dans la maison de mon père ? » Mais ils ne comprenaient pas les paroles qu'il leur adressait. Alors les docteurs demandèrent à Marie s'il était son fils, et, elle ayant répondu que oui, ils s'écrièrent : « O heureuse Marie, qui as enfanté un tel enfant » Il revint avec eux à Nazareth, et il leur était soumis en toutes choses. Et sa mère conservait toutes ces paroles dans son cœur. Et le Seigneur Jésus profitait en taille, en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes.

Chapitre LIV.

Il commença dès ce jour à cacher ses miracles, ses secrets et ses mystères, jusqu'à ce qu'il eut accompli sa trentième année, lorsque son père révéla publiquement sa mission aux bords du Jourdain, une voix venue du ciel ayant fait entendre ces mots : « C'est mon fils bien-aimé dans lequel j'ai mis toute ma complaisance, » et le Saint-Esprit ayant apparu sous la forme d'une colombe blanche,

CHAPITRE LV.

C'est lui que nous adorons humblement, car il nous a donné l'existence et la vie, et il nous a fait sortir des entrailles de nos mères ; il a pris pour nous le corps de l'homme, et il nous a rachetés, nous couvrant de sa miséricorde éternelle, et nous accordant sa grâce par son amour pour nous et par sa bonté. A lui la gloire, puissance, louange et domination dans les siècles éternels. Ainsi soit-il.

Fin de l'Évangile de l'Enfance tout entier, avec l'assistance du Dieu suprême, suivant ce que nous trouvons.

Source : http://remacle.org/bloodwolf/apocryphes/enfance.htm

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Published by X - dans Gnose
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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 08:27

Au nom du Père, et du Fils, et de l’Esprit-Saint, Dieu unique.

Avec le secours et l'assistance du Dieu tout-puissant, nous commençons à écrire le livre des miracles de notre Sauveur, maître et Seigneur Jésus-Christ, lequel s'appelle l'Évangile de l'enfance, dans la paix du Sauveur. Ainsi soit-il.

CHAPITRE Ier.

Nous trouvons dans le livre du grand-prêtre Joseph qui vécut du temps de Jésus-Christ (et quelques-uns disent que son nom était Caïphe) que Jésus parla lorsqu'il était au berceau et qu'il dit à sa mère Marie : moi que tu as enfanté, je suis Jésus, le fils de Dieu, le Verbe, ainsi que te l'a annoncé l'ange Gabriel et mon père m'a envoyé pour le salut du monde.

CHAPITRE II.

L'an trois cent soixante-neuf de l'ère d'Alexandre, Auguste ordonna que chacun se fit enregistrer dans sa ville natale. Joseph se leva donc et conduisant Marie son épouse, il vint à Jérusalem, et il se rendit à Bethléem pour se faire inscrire avec sa famille dans l'endroit où il était né; lorsqu'ils furent arrivés tout proche d'une caverne, Marie dit à Joseph que le moment de sa délivrance était venu et qu'elle ne pouvait aller jusqu'à la ville, « mais, » dit-elle,« entrons dans cette caverne. » Le soleil était au moment de se coucher. Joseph se hâta d'aller chercher une femme qui assistât Marie dans l'enfantement, et il rencontra une vieille Israélite qui venait de Jérusalem et la saluant, il lui dit : « entre dans cette caverne où tu trouveras une femme au moment d'accoucher. »

CHAPITRE III.

Et après le coucher du soleil, Joseph arriva avec la vieille devant la caverne et ils entrèrent. Et voici que la caverne était toute resplendissante d'une clarté qui surpassait celle d'une infinité de flambeaux et qui brillait plus que le soleil à midi. L’enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche, tétait le sein de sa mère Marie. Tous deux restèrent frappés de surprise à l'aspect de cette clarté, et la vieille demanda à Marie : « Est-ce que tu es la mère de cet enfant? » Et Marie ayant répondu affirmativement, la vieille lui dit : « Tu n'es pas semblable aux filles d'Eve, » et Marie repartit : « De même qu'il n'y a parmi les enfants aucun qui soit semblable à mon fils, de même sa mère est sans pareille parmi toutes les femmes. La vieille dit alors : « Madame et maîtresse, je suis venue pour acquérir une récompense qui dure à jamais, et Marie lui répondit : « Pose tes mains sur l'enfant. » Lorsque la vieille l'eut fait, elle fut purifiée, et quand elle fut sortie, elle disait : « Dès ce moment, je serai la servante de cet enfant, et je serai vouée à son service durant tous les jours de ma vie. »

CHAPITRE IV.

Ensuite, lorsque les bergers furent arrivés, et qu'ayant allumé le feu, ils se livraient à la joie, les armées célestes leur apparurent, louant et célébrant le Seigneur, la caverne eut toute ressemblance à un temple auguste, où des rois célestes et terrestres célébraient la gloire et les louanges de Dieu à cause de la nativité du Seigneur-Jésus-Christ. El cette vieille Israélite voyant ces miracles éclatants, rendait grâces à Dieu, disant : « Je vous rends grâce, ô Dieu, Dieu d'Israël, parce que mes yeux ont vu la nativité du Sauveur du monde».

CHAPITRE V.

Lorsque le temps de la circoncision fut arrivé, c'est-à-dire, le huitième jour, époque à laquelle la loi prescrit que le nouveau-né doit être circoncis., ils le circoncirent dans la caverne, et la vieille Israélite recueillit le prépuce (d'autres disent que ce fut le cordon ombilical qu'elle recueillit) et le mit dans un vase d'albâtre rempli d'huile de vieux nard. Et elle avait un fils qui faisait commerce de parfums, et elle lui donna ce vase, en disant : « Garde-toi de vendre ce vase rempli de parfum de nard, lors même qu'on t'en offrirait trois cents deniers. » C'est ce vase que Marie la pécheresse acheta et qu'elle répandit sur la tête et sur les pieds de Notre Seigneur Jésus-Christ, en les essuyant de ses cheveux. Quand dix jours se furent écoulés, ils portèrent l'enfant à Jérusalem, et à l'expiration de la quarantaine, ils le présenteront dans le temple au Seigneur, en donnant pour lui les offrandes que prescrit la loi de Moïse où il est dit : « Tout enfant mâle qui sortira du ventre de sa mère sera appelé le saint de Dieu. »

CHAPITRE VI.

Le vieillard Siméon vit l'enfant Jésus brillant de clarté comme une colonne de lumière, tandis que la Vierge Marie, sa mère, le portait dans ses bras et qu'elle ressentait une extrême joie et une foule d'anges formaient comme un cercle autour de lui, célébrant ses louanges et l'accompagnant, ainsi que les satellites d'un roi vont à sa suite. Siméon s'approchant donc avec empressement de Marie et étendant ses mains vers elle, disait au Seigneur Jésus : « Maintenant, Seigneur, votre serviteur peut se retirer en paix suivant votre parole, car mes yeux ont vu votre miséricorde et ce que vous avez préparé pour le salut de toutes les nations, pour la lumière de tous les peuples et la gloire de votre peuple d'Israël. » La prophétesse Anne était aussi présente, et elle rendait grâces à Dieu, et elle vantait le bonheur de Marie.

CHAPITRE VII.

Et voici ce qu'il arriva, tandis que le Seigneur Jésus était né à Bethléem, ville de Judée, au temps du roi Hérode, des mages vinrent des pays de l'Orient, à Jérusalem, ainsi que l'avait prédit Zoradascht et ils apportaient avec eux des présents, de l'or, de l'encens et de la myrrhe, et ils adorèrent l'enfant, et ils lui firent hommage de leurs présents. Alors Marie prit un des linges dans lesquels l'enfant était enveloppé et le donna aux mages qui le reçurent comme un don d'une inestimable valeur. Et à cette même heure, il leur apparut un ange sous la forme d'une étoile qui leur avait déjà servi de guide, et ils s'en allèrent en suivant sa clarté jusqu'à ce qu'ils fussent de retour dans leur patrie.

CHAPITRE VIII.

Les rois et les princes s'empressèrent de se réunir autour des mages, leur demandant ce qu'ils avaient vu et ce qu'ils avaient fait, comment ils étaient allés et comment ils étaient revenus et quels compagnons de route ils avaient eus ? Les mages leur montrèrent le linge que Marie leur avait donné ; c'est pourquoi ils célébrèrent une fête, ils allumèrent du feu suivant leur usage, et ils l'adorèrent, et ils jetèrent ce linge dans les flammes, et les flammes l'enveloppèrent. Le feu étant éteint, ils en retirèrent le linge tout entier et les flammes n'avaient laissé sur lui aucune trace. Ils se mirent alors à le baiser et à le poser sur leurs têtes et sur leurs yeux, disant : « Voici sûrement la vérité ! quel est donc le prix de cet objet que le feu n'a pu ni consumer, ni endommager? » Et le prenant, ils le déposèrent avec grande vénération dans leurs trésors.

CHAPITRE IX.

Hérode voyant que les mages ne retournaient pas vers lui, réunit les prêtres et les docteurs, et il leur dit : « Enseignez-moi où doit naître le Christ ». Et lorsqu'ils lui eurent répondu que c'était à Bethléem, ville de Judée, Hérode commença à méditer en son esprit le meurtre du Seigneur Jésus. Alors un ange apparut à Joseph dans son sommeil, et il lui dit : « Lève-toi, prends l'enfant et sa mère, et réfugie-toi en Egypte. » Et au chant du coq, Joseph se leva et il partit.

chapitre X.

Et tandis qu'il songeait quel chemin il devait suivre, le jour survint et la fatigue du voyage avait brisé la courroie de la selle. Il approchait d'une grande ville où il y avait une idole à laquelle les autres idoles et déités de l'Egypte offraient des hommages et des présents, et il y avait un prêtre attaché au service de cette idole, et toutes les fois que Satan parlait par la bouche de l'idole, le prêtre rapportait ce qu'il disait; aux habitants de l'Egypte et de ses rivages. Ce prêtre avait un enfant de trois ans qui était possédé d'une grande multitude de démons ; il prophétisait et annonçait beaucoup de choses, et lorsque les démons s'emparaient de lui, il déchirait ses vêtements, et il courait nu dans la ville, jetant des pierres aux hommes. L'hôtellerie de cette ville était dans le voisinage de cette idole ; lorsque Joseph et Marie furent arrivés et qu'ils furent descendus à celte hôtellerie, les habitants furent saisis de consternation, et tous les princes et les prêtres des idoles se réunirent autour de cette idole lui demandant : « D'où vient cette consternation et quelle est la cause de cette terreur qui a envahi notre pays ? » Et l'idole répondit : Cette épouvante a été apportée par un Dieu ignoré qui est le Dieu véritable, et nul autre que lui n'est digne des honneurs divins, car il est véritablement le Fils de Dieu. A sa venue, cette contrée a tremblé; elle s'est émue et épouvantée, et nous éprouvons une grande crainte à cause de sa puissance. » Et en ce moment cette idole tomba et se brisa ainsi que les autres idoles qui étaient dans le pays et leur chute fit accourir tous les habitants de l'Egypte .

CHAPITRE XI.

Mais le fils du prêtre, lorsqu'il fut attaqué du mal auquel il était sujet, entra dans l'hôtellerie et il insultait Joseph et Marie, et tous les autres s'étaient enfuis, et comme Marie lavait les linges du Seigneur-Jésus, et qu'elle les suspendait sur une latte, ce jeune possédé prit un de ces linges et le posa sur sa tête, et aussitôt les démons prirent la fuite, en sortant par sa bouche, et on vit s'éloigner des figures de corbeaux et de serpents. L'enfant fut immédiatement guéri par le pouvoir de Jésus-Christ, et il se mit à chanter les louanges du Seigneur qui l'avait délivré et à lui rendre grâces. Et quand son père vit qu'il avait recouvré la santé, il s'étonna et il dit : « Mon fils, que t'est-il donc arrivé, et comment as-tu été guéri? » Et le fils répondit : « Lorsque les démons me tourmentaient, je suis entré dans l'hôtellerie, et j'y ai trouvé une femme d'une grande beauté qui était avec un enfant et elle suspendait sur une latte des linges qu'elle venait de laver; j'en pris un et je le posai sur ma tête et les démons s'enfuirent aussitôt et m'abandonnèrent. » Le père fut remplie de joie et s'écria : « Mon fils, il se peut que cet enfant soit le fils du Dieu vivant qui a créé les cieux et la terre, et aussitôt qu'il a passé près de nous, l'idole s'est brisée, et les simulacres de tous nos dieux sont tombés, et une force supérieure à la leur les a détruits. »

CHAPITRE XII.

Ainsi s'accomplit la prophétie qui dit : « J'ai appelé mon fils de l'Egypte. » Lorsque Joseph et Marie apprirent que cette idole s'était renversée et qu'elle avait péri, ils furent saisis de crainte et de tremblement, et ils se disaient : « Lorsque nous étions dans la terre d'Israël, Hérode voulut faire périr Jésus, et, dans ce but, il ordonna le massacre de tous les enfants de Bethléem et des environs, et il n'y a pas de doute que les Égyptiens ne nous brûlent tout vifs, s'ils apprennent que cette idole est tombée. »

CHAPITRE XIII.

Ils partirent donc, et ils arrivèrent près de la cachette de voleurs qui dépouillaient de leurs vêtements et de leurs effets les voyageurs qui passaient près d'eux et qui les amenaient garrottés. Ces voleurs entendirent un grand bruit pareil à celui du cortège d'un roi qui sort de sa capitale au son des instruments de musique, escorté d'une grande armée et d'une nombreuse cavalerie, ils laissèrent tout leur butin et s'empressèrent de fuir. Les captifs se levant alors, brisèrent les liens l'un de l'autre, et ayant repris leurs effets, ils se retiraient lorsque voyant Joseph et Marie qui s'approchaient, ils leur demandèrent : « Où est ce roi dont le cortège a, par son bruit, épouvanté les voleurs au point qu’ils se sont enfuis et que nous avons été délivrés? » Et Joseph répondit : « Il vient après nous. »

CHAPITRE XIV.

Ils vinrent ensuite à une autre ville où il y avait une femme démoniaque, et tandis qu'elle était allée une fois puiser de l'eau durant la nuit, l'esprit rebelle et impur s'emparait d'elle. Elle ne pouvait ni supporter aucun vêtement, ni habiter une maison, et toutes les fois qu'on l'attachait avec des liens ou avec des chaînes, elle les brisait et s'enfuyait nue dans les lieux déserts, elle se tenait sur les roules et près des sépultures, et elle poursuivait à coups de pierre ceux qu'elle trouvait, de sorte qu'elle était pour ses parents un grand sujet de deuil. Marie l'ayant vue, fut touchée de compassion, et aussitôt Satan abandonna cette femme, et il s'enfuit sous la forme d'un jeune homme, en disant : « Malheur à moi, à cause de toi, Marie, et à cause de ton fils ! » Lorsque cette femme fut délivrée de ce qui causait ses tourments, elle regarda autour d'elle, et, rougissant de sa nudité, elle alla vers ses proches, fuyant l'aspect des hommes, et s'étant revêtue de ses habits, elle exposa à son père et à ses parents ce qui lui était arrivé, et ils étaient du nombre des habitants les plus distingués de la ville, et ils hébergèrent chez eux Joseph et Marie, leur témoignant un grand respect.

CHAPITRE XV.

Le lendemain, Joseph et Marie se mirent en route, et le soir ils arrivèrent à une autre ville où se célébrait une noce, mais, par suite des embûches de l'esprit malin et des enchantements de quelques magiciens, l'épouse avait perdu l'usage de la parole, de sorte qu'elle ne pouvait plus ouvrir lg bouche. Lorsque Marie entra dans la ville portant dans ses bras son fils, le Seigneur Jésus, la muette l'aperçut et aussitôt elle étendit ses mains vers Jésus, elle le prit dans ses bras et le serra contre son sein en lui donnant beaucoup de baisers. Aussitôt le lien qui retenait sa langue se brisa et ses oreilles s'ouvrirent et elle commença à glorifier et à remercier Dieu qui l'avait guérie. Et il y eut cette nuit une grande joie parmi les habitants de cette ville, car ils pensaient que Dieu et ses anges étaient descendus parmi eux.

CHAPITRE XVI.

Joseph et Marie passèrent trois jours en cet endroit où ils furent tenus en grande vénération et traités avec splendeur. Étant munis de provisions pour leur voyage, ils partirent ensuite et ils vinrent dans une autre ville, et comme elle était florissante et ses habitants en grande célébrité, ils désiraient y passer la nuit. Il y avait dans cette ville une femme noble et comme elle était descendue au fleuve pour s'y laver, voici que l'esprit maudit sous la forme d'un serpent, s'était jeté sur elle et il s'était enlacé autour de son ventre, et chaque nuit, il s'étendait sur elle. Lorsque cette femme eut vu Marie et le Seigneur Jésus qu'elle portait contre son sein, elle pria Marie de lui permettre de porter et d'embrasser cet enfant. Marie y consentit, et aussitôt que cette femme eut touché l'enfant, Satan l'abandonna et s'enfuit, et depuis cette femme ne le revit plus. Tous les voisins louèrent le Seigneur et cette femme les récompensa avec une grande générosité.

CHAPITRE XVII.

Le lendemain, cette même femme prit une eau parfumée pour laver l'enfant Jésus, et, quand elle l'eut lavé, elle garda cette eau. Et il y avait là une jeune fille dont le corps était couvert d'une lèpre blanche et elle se lava de cette eau, elle fut immédiatement guérie. Le peuple disait donc ; « Il n'y a pas de doute que Joseph et Marie et cet enfant ne soient des dieux » et ils ne paraissent pas de simples mortels. » Lorsqu'ils se préparèrent à partir, cette fille qui avait été guérie de la lèpre s'approcha d'eux et les pria de lui permettre de les accompagner.

CHAPITRE XVIII.

Ils y consentirent et elle alla avec eux et ils arrivèrent à une ville où il y avait le château d'un prince puissant, et ce palais était proche de l'hôtellerie. Ils s'y rendirent, et la jeune fille s'étant ensuite approchée de l'épouse du prince, la trouva triste et versant des larmes et elle lui demanda la cause de sa douleur. Et celle-ci lui répondit : « Ne t'étonne pas de me voir livrée à l'affliction ; je suis en proie à une grande calamité que je n'ose raconter à aucun homme. » La jeune fille lui repartit : « Si tu me dis quel est ton mal, tu en trouveras peut-être le remède auprès de moi. » La femme du prince lui dit : « Tu ne révéleras ce secret à personne. J'ai épousé un prince dont la domination, pareille à celle d'un roi, s'étend sur de vastes états, et, après avoir longtemps vécu avec lui, il n'a eu de moi nulle postérité. Enfin j’ai conçu, mais j'ai mis au inonde un enfant lépreux ; l'ayant vu, il ne l’a pas reconnu comme étant à lui, et il m'a dit : « Fais mourir cet enfant ou donne-le à une nourrice qui l'élève dans un endroit si éloigné que jamais l'on n'en entende parler. Et, reprends ce qui est à toi, car je ne te reverrai jamais. » C'est pourquoi je me livre à la douleur en déplorant la calamité qui m'a frappée et je pleure sur mon mari et sur mon enfant. » La jeune fille lui répondit : « Ne t'ai-je pas dit que j'ai trouvé pour toi un remède que je te promets? Moi aussi j'ai été atteinte de la lèpre, mais j'ai été guérie par une faveur de Dieu, qui est Jésus le fils de Marie. » La femme lui demandant alors où était ce Dieu dont elle parlait, la jeune fille répondit; « Il est dans cette même maison où nous sommes? » — « Et comment cela peut-il se faire, où est-il ? » repartit la princesse. — La jeune fille répliqua : « Voici Joseph et Marie, l'enfant qui est avec eux est Jésus, et c'est lui qui m'a guérie de mes souffrances. » — « Et comment » dit la femme, « est-ce qu'il t'a guérie ? Est-ce que tu ne me le diras pas ? » — La jeune fille répondit : « J'ai reçu de sa mère de l'eau dans laquelle il avait été lavé, et je l'ai versée sur mon corps et ma lèpre a disparu. » La femme du prince se leva alors et elle reçut chez die Joseph et Marie, et elle prépara à Joseph un festin splendide dans une grande réunion. Le lendemain, elle prit de l'eau parfumée afin de laver le Seigneur Jésus, et elle lava avec cette même eau son fils qu'elle avait apporté avec elle, et aussitôt son fils fut guéri de sa lèpre. Et elle chantait les louanges de Dieu, en lui rendant grâces et en disant : « Heureuse la mère qui t'a engendré, ô Jésus! L'eau dont ton corps a été arrosé guérit les hommes qui ont part à la même nature que toi. » Elle offrit de riches présents à Marie et elle la renvoya en la traitant avec grand honneur.

chapitre XIX.

Ils vinrent ensuite à une autre ville où ils voulaient passer la nuit. Ils allèrent chez un homme qui était marié depuis peu, mais qui, atteint d'un maléfice, ne pouvait jouir de sa femme (8), et quand ils eurent passé la nuit près de lui, son empêchement fut rompu. Lorsque le jour se leva, ils se ceignaient pour se remettre en route, mais l'époux les en empêcha et leur prépara un grand banquet.

chapitre XX.

Le lendemain, ils partirent et comme ils approchaient d'une autre ville, ils virent trois femmes qui quittaient un tombeau en versant beaucoup de pleurs. Marie les ayant aperçues dit a la jeune fille qui les accompagnait : « Demande-leur qui elles sont et quel est le malheur qui leur est arrivé. » Elles ne firent point de réponse à la question que la jeune fille leur fit, mais elles se mirent à l'interroger de leur côté, disant : « Qui êtes-vous, et où allez-vous? car déjà le jour est tombé et la nuit s'avance. » La jeune fille répondit : « Nous sommes des voyageurs et nous cherchons une hôtellerie afin d'y passer la nuit. » Elles repartirent : « Accompagnez-nous et passez la nuit chez nous. » Ils suivirent donc ces femmes, et ils furent introduits dans nue maison nouvelle, ornée et garnie de différents meubles» Or, c'était dans la saison de l’hiver, et la jeune fille étant entrée dans la chambre de ces femmes, les trouva encore qui pleuraient et qui se lamentaient A côté d'elles était un mulet, couvert d'une housse de soie, devant lequel était placé du fourrage, et elles lui donnaient à manger et elles l'embrassaient La jeune fille dit alors: « O ma maîtresse, que ce mulet est beau, » et elles répondirent en pleurant : « Ce mulet que tu vois est notre frère, il est né de la même mère que nous. Notre père nous laissa à sa mort de grandes richesses et nous n'avions que ce seul frère et nous cherchions à lui procurer un mariage convenable. Mais des femmes enflammées de l'esprit de la jalousie ont jeté sur lui, à notre insu, des enchantements, et une certaine nuit, un peu avant le point du jour, les portes de notre maison étant fermées, nous avons vu que notre frère avait été changé en mulet et qu'il était tel que tu le vois à présent. Nous nous sommes livrées à la tristesse, car nous n'avions plus notre père qui pût nous consoler ; nous n'avons oublié aucun sage au monde, aucun magicien, ou enchanteur, nous avons eu recours à tous, mais nous n'en avons retiré nul profit. C'est pourquoi, toutes les fois que nos cœurs sont gonflés de tristesse, nous nous levons et nous allons avec notre mère que voici, au tombeau de notre père, et, après y avoir pleuré, nous revenons. »

CHAPITRE XXI.

Lorsque la jeune fille eut entendu ces choses elle dit : « Prenez courage et cessez de pleurer, car le remède de vos maux est proche, il est même avec vous et au milieu de votre demeure ; j'ai été lépreuse, mais après que j'eus vu cette femme et ce petit enfant qui est avec elle et qui se nomme Jésus, et après avoir versé sur mon corps l'eau avec lequel sa mère l'avait lavé, j'ai été purifiée. Je sais aussi qu'il peut mettre un terme à votre malheur; levez-vous, approchez-vous de Marie, et après l'avoir conduite chez vous, révélez-lui le secret dont vous m'avez fait part, en la suppliant d'avoir compassion de vous. » Lorsque ces femmes eurent entendu ces paroles de la jeune fille, elles s'empressèrent d'aller auprès de Marie et elles l'emmenèrent chez elles et elles lui dirent en pleurant : « O Marie, notre maîtresse, prends pitié de tes servantes, car notre famille est dépourvue de son chef et nous n'avons pas un père ou un frère qui entre ou qui sorte devant nous. Ce mulet que tu vois est notre frère, et des femmes l'ont par leurs sortilèges, réduit à cet état Nous te prions donc d'avoir pitié de nous. » Alors Marie, touchée de compassion, souleva l'enfant Jésus et le plaça sur le dos du mulet et elle pleurait, ainsi que les femmes, et elle dit : « Hélas ! mon fils, guéris ce mulet par un effet de ta grande puissance et fais que cet homme recouvre la raison dont il a été privé. » A peine ces mots étaient-ils sortis de la bouche de Marie que le mulet reprit aussitôt la forme humaine et se montra sous les traits d'un beau jeune homme et il ne lui restait nulle difformité. Et lui, et sa mère et ses sœurs adorèrent Marie et, élevant l'enfant au-dessus de leurs têtes, ils l'embrassaient en disant : « Heureuse ta mère, ô Jésus, Sauveur du monde ! Heureux les yeux qui jouissent de la félicité de ton aspect. »

CHAPITRE XXII.

Les deux sœurs dirent à leur mère : « Notre frère a repris sa première forme, grâce à l'intervention du Seigneur Jésus et aux bons avis de cette jeune fille qui nous a conseillé de recourir à Marie et à son fils. Et maintenant, puisque notre frère n'est pas marié, nous pensons qu'il est convenable qu'il épouse cette jeune fille. » Lorsqu'elles eurent fait cette demande à Marie et qu'elle y eut consenti, elles firent pour cette noce des préparatifs splendides et la douleur fut changée en joie et les pleurs firent place aux rires, et elles ne firent que se réjouir et chanter dans l'excès de leur contentement, ornées de vêtements magnifiques et de joyaux. En même temps elles célébraient les louanges de Dieu, disant : » O Jésus, fils de Dieu qui a changé notre affliction en allégresse et nos lamentations en cris de joie ! » Joseph et Marie demeurèrent dix jours en cet endroit ; ensuite ils partirent comblés des témoignages de vénération de toute cette famille, qui, après leur avoir dit adieu, s'en retourna en pleurant, et la jeune fille surtout répandit des larmes.

CHAPITRE XXIII.

Ils arrivèrent ensuite près d'un désert et comme ils apprirent qu'il était infesté de voleurs, ils se préparaient à le traverser pendant la nuit Et voici que tout d'un coup, ils aperçurent deux voleurs qui étaient endormis et près d'eux ils virent une foule d'autres voleurs qui étaient les camarades de ces gens et qui étaient aussi plongés dans le sommeil. Ces deux voleurs se nommaient Titus et Dumachus et le premier dit à l'autre : « Je te prie de laisser ces voyageurs aller en paix, de peur que nos compagnons ne les aperçoivent » Dumachus s'y refusant, Titus lui dit : « Reçois de moi quarante drachmes et prends ma ceinture pour gage. » Et il la lui présentait en même temps, le priant de ne pas appeler et de ne pas donner l'alarme. Marie voyant ce voleur si bien disposé à leur rendre service lui dit : « Que Dieu te soutienne de sa main droite et qu'il t'accorde la rémission de tes péchés. » Et le Seigneur Jésus dit à Marie : « Dans trente ans, ô ma mère, les Juifs me crucifieront à Jérusalem, et ces deux voleurs seront mis en croix à mes côtés, Titus à ma droite et Dumachus à ma gauche et, ce jour-là, Titus me précédera dans le Paradis. » Et lorsqu'il eut ainsi parlé, sa mère lui répondit : « Que Dieu détourne de toi semblables choses, ô mon fils, » et ils allèrent ensuite vers une ville des idoles, et, comme ils en approchaient, elle fut changée en un tas de sable.

chapitre XXIV.

Ils vinrent ensuite à un sycomore que l’on appelle aujourd'hui Matarea et le Seigneur Jésus fit paraître à cet endroit une fontaine où Marie lava sa tunique. Et le baume que produit ce pays vient de la sueur qui coula des membres de Jésus .

CHAPITRE XXV.

Ils se rendirent alors à Memphis et ayant vu Pharaon, ils demeurèrent trois ans en Egypte, et le Seigneur Jésus y lit beaucoup de miracles qui ne sont consignés ni dans l'Évangile de l'Enfance, ni dans l'Évangile complet .

CHAPITRE XXVI.

Au bout de trois ans ils quittèrent l’Egypte et ils retournèrent en Judée, et lorsqu'ils en furent proches, Joseph redouta d'y entrer, car il apprit qu'Hérode était mort et que son fils Archélaüs lui avait succédé, mais l'ange de Dieu lui apparut et lui dit : « O Joseph, va dans la ville de Nazareth et fixes-y ta demeure. »

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Published by X - dans Gnose
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