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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 06:22

2 - RER : Quel ésotérisme chrétien ?

Il y a 1 mois, je concluais mon 1er moëllon d’architecture sur «les fondamentaux du RER » par cette citation du recès du Convent de WILHEMBAD en 1782 : " La vraie tendance du Régime Rectifié est et doit rester une ardente aspiration à l’établissement de la cité des hommes spiritualistes, pratiquant la morale du Christianisme primitif, dégagée de tout dogmatisme et de toute liaison avec une Eglise quelle qu’elle soit "...

Bien évidemment, cette rédaction était de la main de Willermoz , deus ex machina qui, comme nous l’avons vu, étant ultérieurement chargé de la rédaction définitive des textes fondateurs par ses mandants que son dévouement à la cause dispensaient de déperdition d’énergie, profita en plus de son exceptionnelle longévité pour interpréter à sa guise son mandat après le décès desdits mandataires.

Il n’en demeure pas moins que cette notion de «Christianisme primitif » dans un Rite dont la particularité exotérique est de se proclamer chrétien dès la réception –seul parmi tous les autres rites tout aussi chrétiens mais qui exigent une initiation- , ce «Christianisme primitif » fondateur demande clarification, notamment par rapport à la gnose chrétienne.

Je vous propose donc ce soir d’approfondir cette notion de Christianisme primitif –ou «originel » selon la formule de Jean Tourniac- qui faisait aussi dire au F\ S\, 33e au REAA et C.B.C.S au RER. qui, en 1910, était de ceux qui réveillèrent en France le Rectifié endormi depuis 30 ans : «Personnellement, j'avoue que le libre-penseur et le libre croyant que j'ai toujours été n'a manifesté en entrant au Rite Rectifié, aucune hésitation ni aucun scrupule lorsqu’on lui a demandé de déclarer qu’il professait l'Esprit du Christianisme, surtout lorsque le Grand Prieuré a ajouté, qu’il s'agissait ici de l’Esprit du Christianisme Primitif résumé dans la maxime : «Aime ton prochain comme toi-même », et que l'Ordre se réclamait de cette morale, qualifiée chrétienne, mais commune à plusieurs religions du passé, à certaines écoles philosophiques grecques ou latines, et qui se résume dans «l'amour du prochain » ...

Ceci évacue quelques confusions basiques du genre religion/confession. A ceux qui douteraient encore, je propose :

Courrier de JBW à la Triple Union datée de pluviôse, ventôse, an XIII (1805)

"… mais les loges doivent être des écoles de morale Chrétienne et non pas de catholicisme." Phrase soulignée dans le manuscrit. Cette citation est précédée de :

" ... que si depuis quelques siècles l'église romaine a eu intérêt de s'approprier exclusivement la dénomination d'Eglise, il n'était pas en son pouvoir d’affaiblir la valeur des paroles de J. C. qui a dit dans l’Evangile : Celui qui croit en moi et qui m'aime de tout son coeur, ne peut pas périr [souligné] ; qu’ainsi Dieu étant au-dessus des jugements humains, c'était à Dieu seul que les sages devaient abandonner le jugement de leurs FF qui trouveraient en son temps auprès de lui le prix de leurs vertus, de leurs erreurs »

Autre courrier de JBW à la Triple Union, 22 prairial an 12 (1804)

[l'Orateur (–c’est moi ;-)]“leur développera la morale maçonnique, qui étant fondée sur la morale chrétienne est utile à tous, mais les temples maçonniques étant ouverts à toutes les confessions chrétiennes, il se gardera de traiter d'aucun des points sur lesquels les opinions sont divisées entre elles, ...”

Last, but not least, quelques extraits de L’INSTRUCTION PARTICULIERE ET SECRETE A MON FILS POUR LUI ETRE COMMUNIQUEE LORSQU'IL AURA ATTEINT L'AGE DE PARFAITE VIRILITE, SI ALORS IL SE MONTRE DIGNE DE LA RECEVOIR, (c’est un titre !) de la main même de notre «père fondateur » JBW en 1818 –il n’avait alors que 88 ans ( !), mais n'étant plus menacé par les pouvoirs cléricaux d'avant la révolution, il s'offre enfin le luxe de s'exprimer en toute clarté ! On adhère ou pas mais au moins savons nous le fond (ou presque) de la pensée willermozienne :

«il s'agit de préparer votre esprit par des explications très peu connues aujourd'hui quoiqu'elles le fussent beaucoup dans les premiers siècles du christianisme, à apprécier dans sa juste valeur la doctrine religieuse et chrétienne (…). C'est là où se trouve l'origine des anciennes initiations secrètes, plus ou moins dégradées (…) suivant le génie des peuples qui les adoptèrent, dont on retrouve des vestiges dans toutes les parties du monde, qui ont même servi de base à la mythologie, qui furent dénaturées partout (…). Il se trouvera sans doute des hommes parmi ceux qui sont aujourd'hui spécialement et presque exclusivement préposés à l'enseignement (…) qui s'étonneront de nous voir placer sur la même ligne (…) l'étude des traditions religieuses écrites et celle des traditions non écrites, secrètement conservées et transmises dans tous les temps avec les plus grandes précautions et parvenues jusqu'à nous »

Sous la plume d’un homme que nous qualifierions aujourd’hui, de «grenouille de bénitier », difficile de comprendre des pensées qui à son époque lui auraient valu l’excommunication !

…Mais pas plus difficile que de comprendre pourquoi le même qui avait placé la charité chrétienne au sommet de son édifice doctrinal ne pouvait se permettre de consacrer tout son temps à ses spéculations que parce que ses canuts étaient enchaînés à leur métier à tisser…

Considéré dans son essence chrétienne, le Rite nous situe au début de la tradition à laquelle il se rattache (le Christianisme et la Maçonnerie), en même temps qu'aux fins ultimes du déroulement cyclique de cette tradition. Or, il y a là, des " possibilités ", au sens guénonien du terme, qui sont encore insoupçonnées lors de la gestation du rite rectifié, sauf peut-être dans la vision quasi prophétique de certains, car il y a une sorte de " prophétisme ", au sens noble du terme, de la Maçonnerie rectifiée résultant de la conjonction des courants biblico-chrétiens et maçonnico-templiers ; un prophétisme découlant de l'ésotérisme du Rite.

Qui dit "ésotérisme" dit nécessairement perspective centrale, indépendante du contexte historique. Ce n'est donc plus le Rite Écossais Rectifié, figé dans une interprétation du XVIIIe siècle, qui nous interpelle, mais ce que ce Rite détient essentiellement et potentiellement par rapport aux conceptions initiatiques de la Maçonnerie et dans le cadre spécifique de l'ésotérisme chrétien. À cet égard, le Christ y est bien évidemment, et même de façon omniprésente, "le Christ". Mais, à ce niveau le plus éminent de tous, c'est la trinité du pouvoir prophétique, sacerdotal et royal du Verbe Éternel qui domine toute perception spirituelle liée à l'aspect strictement ecclésial.

À ce degré de connaissance, le Messie-Rédempteur se révèle dans sa réalité première de "Centre de tous les Centres" selon le terme des litanies, ou de "Lieu des Possibles", deux expressions exprimant la même notion métaphysique. Or, comme le dit Jean Tourniac, qui ne voit qu'illuminé par ce soleil de pure intelligence divine, le Christianisme propre au Rite Rectifié, acquiert un rôle eschatologique –ultime- accordé à la vision prophétique ? Et qu'il évite de se muer en secte religieuse concurrente des églises dans le domaine qui est le leur et où s'exerce leur magistère incontesté.
Je crois d'ailleurs avec Tourniac que les promoteurs du Rite ont envisagé ce danger de "cléricalisation" du Rite et que certains ont même entrevu cette dimension d'un prophétisme extra-temporel. Il y a chez Joseph de Maistre par exemple, un sens du prophétisme qui n'avait pas échappé à l'analyse de R. Guénon, qu’il se réfère au Christianisme né avant tous les siècles et dès lors hors de toute église, et à la "vraie Religion qui a bien plus de 18 siècles et qui naquit le jour que naquirent les jours", ou qu'il recommande de se tenir "prêts pour un événement immense dans l'ordre divin, vers lequel nous marchons à une vitesse accélérée qui doit frapper tous les observateurs" et d'ajouter "des oracles redoutables annoncent déjà que les temps sont arrivés". Le comte dépassait donc amplement les étroitesses exégétiques.

Quant à Willermoz, sa lettre du 3 février 1873 montre qu’il ne sous-estimait pas les périls "sectarisants" du Rite. On en connaît le motif : Willermoz répond aux objections de Salzmann et B. de Turckheim qui souhaitaient la disparition de l'Ordre Intérieur de style trop immédiatement catholique à leurs yeux, mais désiraient conserver la "Profession" :
L'argumentation willermozienne repose sur la nécessité de maintenir, au contraire, des paliers dans l'ascension rectifiée : il écrit : "que ferez-vous de ceux qui ont été mal choisis sinon des ennemis de l'Ordre et de ses principes qui, tout louables qu'ils sont par leur connexion avec la religion n'en deviendront que plus suspects au clergé et au gouvernement ? Comme il arrive aujourd'hui (…) où l'on reproche aux Grands Profès d'être les fauteurs d'une nouvelle secte de religion... et du moment qu'on mêle la religion à la maçonnerie, dans l'Ordre symbolique, on opérera sa ruine... Pour faire fructifier notre régime, nous mettons à découvert ses principes et son but particulier, nos discours oratoires deviennent des sermons, bientôt nos loges deviendront des églises ou des assemblées de piété religieuse... ce danger, mes amis, qui peut paraître chimérique est bien plus prochain qu'on pense…".

Sans doute ce que Willermoz entend défendre dans cette lettre qu’Antoine Faivre qualifie justement de "capitale pour la compréhension du willermozisme", c'est la séparation entre l'ordre symbolique (comprenant le grade de Maître Écossais) et la grande Profession, en étageant, par progression, les affirmations chrétiennes du Rite qui ne culmineront qu'au sommet et au terme d'une montée doctrinale sélective. Nous n'en retiendrons que cette notion du danger de dérive sectaire lié à l'exclusivisme, voire à l’élitisme, périls sous-jacents à la spécificité religieuse du Rite, qu’un fondamentalisme intégriste pourrait oublier en confondant le respect des Rituels et de leur esprit avec l'adoration d'une Écriture Sainte et la vénération du pur littéralisme.

Cette «exotérisation» du Rite est à l’opposé de sa réalité intrinsèquement ésotérique dont Guénon, entre autres, nous a fait connaître la nature cognitive -au sens de la gnose chrétienne, elle-même à l’opposé du gnosticisme hétérodoxe. D’ailleurs, toute la cosmogonie de Martinez de Pasqually peut-être assimilée à une gnose que Clément d’Alexandrie n’aurait pas renié, lui qui illustre avec Origène ce «Christianisme primitif» cher à JBW. Clément d’Alexandrie se propose en effet de nous enseigner «la gnose véritable», celle qui vient du Christ par la tradition apostolique, et que l’étude de l’Ecriture et la vie sacramentelle actualisent en nous. De même, le grand Origène nous parle de cette «gnose de Dieu» que peu d’hommes possèdent et par laquelle Moïse a pénétré dans la Ténèbre divine. Et il faut bien dire que lorsque JBW parle à son fils de traditions non écrites, secrètement conservées et transmises dans tous les temps, il fait directement référence aux textes apocryphes qui, chez les gnostiques chrétiens, constituaient un enseignement secret, conservé et transmis par la tradition orale.

…Mais la gnose en tant que sujet de réflexion nous emmènerait trop loin, trop tard ! La notion même d'ésotérisme chrétien mériterait un morceau d'architecture particulier…

Alors, VM, je me contenterai ce soir d’évoquer une interprétation du Rite qui échappe aux limites temporelles et mentales du milieu historique qui fut le sien en ce siècle, d'ailleurs fort peu traditionnel, de la Révolution française. Cette interprétation affirme tout aussi bien le Nom et la doctrine du Rédempteur, la foi en lui qui découle des rituels de Maître Écossais et de l'Ordre Intérieur, mais se trouve accordée aux données propres à l'ésotérisme et à l'Unité transcendante des diverses religions. D'aucuns qualifieraient cette interprétation d’"abrahamique" en ce qu'elle s'étend aux sémites de chair comme aux sémites en esprit appelés à cette grâce par Celui que révère le Rite Rectifié et qui tire son sacerdoce du Roi-Prêtre Melkitsedeq, ce mystérieux personnage qui n’apparaît qu’une fois dans la bible (Genèse 14 : 8) et dont Guénon fait le père de la "tradition primordiale".
Cette herméneutique du Rite et de sa substance rituelle, cette "sémiologie initiatique" sont à découvrir ultérieurement dans les deux paliers du Rite : l'Écossais de St-André et la Chevalerie de l'Ordre Intérieur. Vous me pardonnerez ce soir de ne pas insister, mais à regret, tant la frontière purement «administrative » entre les 4 grades constitutifs du RER empêche d’en saisir l’évidente logique.

Disons simplement que l'herméneutique de notre Rite nous ouvre à la compréhension de " l'ésotérisme judéo-chrétien " qui le fonde. Exemple auquel nous devrions être sensibles :

Paul (Romains 11, 24) s'adresse aux chrétiens de son temps en ces termes : " Si toi tu as été coupé de l'olivier sauvage et enté contrairement à ta nature sur l'olivier franc, à plus forte raison seront-ils entés - il s'agit des Juifs - selon leur propre nature, sur leur propre olivier".

Certes l'Apôtre a en vue un événement qui touche au prophétisme, mais qui pourrait bien s'appliquer à une période où notre Rite aurait une place de choix, lors de la gloire de l'olive et qu'évoquent peut-être ces paroles de l'Ange à Zorobabel en Zaccharie 4, 11-14 : " Qui sont ces deux oliviers à la droite et à la gauche du chandelier ?...Il me dit : Ce sont les deux fils de l'onction qui se trouvent près du Seigneur de toute la Terre. " On sait que, dans la vision de Zaccharie, le Candélabre soutient sept lampes comme la Menorah, et que ce sont les sept yeux de l'Éternel qui parcourent toute la terre, alors que les deux fils de l'onction ou les deux oliviers sont Zorobabel et Jésus le Grand Prêtre.
Tourniac disait : «Comment ne pas entrevoir alors dans notre Rite une propédeutique à la grande rencontre, à la grande symbiose des deux peuples : juif et chrétien ?»

Quant à l'intériorité doctrinale du Rite en entier, elle découle d'une propédeutique (=enseignement pour apprendre à apprendre) spirituelle, confortée par l'articulation des grades et elle tient dans cette identité, déjà signalée, des Temples de l'Homme, de l'Univers et de Salomon, des Temples terrestres et céleste, avec le "modèle christique" offert par le "divin Réparateur", terme typiquement martinéziste. Antoine Faivre notera justement dans son analyse de l'ésotérisme chrétien: "Au fond Willermoz a obtenu que les cadres de la Stricte Observance Templière servissent à l'enseignement des Coens" et c'est bien pour cela, comme qu'à l'époque de Willermoz la classe secrète de la Profession -qui n'avait point encore disparu- contenait "l'essentiel de la pensée martinéziste".

Rappelons-nous encore que l’identité du Rite est faite de différents apports qui –cas unique et paradoxal- lui donnent sa cohérence. Le rite retient en effet :

- de la Maçonnerie spéculative récemment apparue en Grande-Bretagne, les rituels, mots, signes et l'ésotérisme des constructeurs, l'initiation et les trois grades bien connus,
- de la " Stricte Observance Templière " et d'un Templarisme qui remonte peut-être au chapitre dit de Clermont quant à ses sources lointaines (mais qui prend corps à Unwürde en 1754 et aux Convents d'Altenberg en 1764, Kohlo en 1772, Brunswick en 1775 et Lyon en 1778), une ossature normative pour l'ensemble des grades et la référence chevaleresque et templière –sur laquelle nous reviendrons.
- de Martinez, une sève secrète, à résonance judéo-chrétienne et fond salomonien, présente dans l'enchaînement des maximes et des tableaux et qui, à l'époque de Willermoz, jaillit visiblement au niveau de la " Profession ", celle de Chevalier Profès et Grand Profès,
- de J. de Maistre, l'intégrité chrétienne et quasi confessionnelle, avec un pressentiment de l'Évangile éternel et de ce que nous pourrions appeler aujourd'hui la "Tradition Primordiale" dans la perspective de René Guénon,
- de St-Martin, une religiosité chrétienne très priante, voire mystique,
- du XVIIIe siècle français, certains concepts religieux de ce temps, infirmés de nos jours : ainsi la définition des " pharisiens ", la loi d'amour réservée au Nouveau Testament, l'abolition de l'Ancienne Loi, la notion de fraternité limitée aux seuls chrétiens en maçonnerie, l'immortalité de l'âme, qui n'appartient pas au Credo, originel mais est une conséquence de la Résurrection de la Chair - entendue au sens hébraïque du mot - et de la Vie éternelle ou Vie du "monde qui vient".

Ajoutons que l'"immortalité de l'âme" - à ne pas confondre avec l'âme supérieure ou âme d'immortalité -, est une notion platonicienne. Enfin on retiendra, outre les concepts religieux du "Siècle des lumières" (?), le goût de l'enflure verbale parfois élégante et celui du discours patriotique et redondant...
Quant à la doctrine, il est patent qu'elle s'alimente à une source biblique et qu'elle suit l'économie et même la chronologie Testamentaire jusque dans la suite sérielle des Temples. Tout tient au fond dans la correspondance symbolique entre le Temple de l'Homme et celui de l'Univers, avec une matrice : le Temple de Salomon, puis une projection spirituelle qui va de la Milice de Terre Sainte à la Jérusalem céleste, enfin et d'abord, un modèle divin et éternel dans le Christ.

Autre remarque, cette doctrine est admirablement ventilée et étagée dans les strates graduelles du Rite sans contradiction chronologique, sans anachronisme ou syncrétisme. Donc il s'agit véritablement d'un "Ordre" (et non d'un fourre-tout), d'une "cohérence" qui tranche dans un paysage maçonnique plutôt foisonnant. Sans doute, ce désir d'unicité organique et de spécificité religieuse fait-il peu de place à l'universalité de l'initiation maçonnique et à l'universalité traditionnelle d'un Art qui est d'autant moins catégoriel que l'ésotérisme est forcément Un ! Mais ceci, au fond, ne concerne plus la structure et les caractéristiques du Rite mais beaucoup plus les critères d'entendement et les motivations du siècle, en bref l'ouverture des esprits.

On peut en effet penser avec Tourniac que le Christ est le Verbe divin incarné, qu'il est dans le Père et le Père en lui et que l'Esprit Saint est ce lien de l'un à l'autre... sans pour autant croire que l'Éternel n'est... que chrétien !
…Et, comme le dit notre excellent F.·. "Eques a silentio", l'Esprit souffle où il veut !

J'ai dit, V\ M\

C\ B\

BIBLIOGRAPHIE succincte

"Histoire des Francs-Maçons en France", dirigée par Daniel LIGOU (chez Privat, plsrs éditions)
Jean TOURNIAC: "Principes et Problèmes Spirituels du RER et de sa Chevalerie Templière" (Dervy, 1985) et allocutions pour la fête de la Saint-Hugues 1977-1979
Henry Corbin: "Introduction analytique aux Sept Traités des Compagnons Chevaliers de l'Islam iranien"
Paul NAUDON: "Origines Religieuses et Corporatives de la Franc-Maçonnerie" (chez Dervy, 1979)
René Le Forestier: "La Franc-maçonnerie templière et occultiste " Ed Aubier Paris
B.G Galiff : "La Chaîne Symbolique" réédité en 1986 par La Nouvelle Bibliothèque Initiatique à Genève.
Jean-François VAR: "La Stricte Observance" (Villard de Honnecourt N° 23-1991) et "L'Essor du Phénix" (Villard de Honnecourt N° 19-1989)
Emile Dermenghem,."Joseph de Maistre mystique". Paris, La Colombe, 1946.
René GUENON : "L'ésotérisme de Dante" (Gallimard 1995) et "Aperçus sur l'Initiation", Éditions Traditionnelles Paris 1946.
Antoine FAIVRE: "L'Esotérisme au XVIIIème siècle" (chez Seghers, 1971)
Alice JOLY: "Un Mystique Lyonnais"...(chez Protat Frères, 1938)
Wolfram von Eschenbach : "Parzifal" -Aubier Montaigne, 1977
André Kervella: "La Maçonnerie Ecossaise dans la France de l’Ancien Régime", Ed. du Rocher, 1999

Et surtout MERCI aux FF R\ B\, C\ B\, P\ N\, et à d'autres qui se reconnaîtront pour mes emprunts de certaines de leurs éminentes réflexions d'une pensée réellement partagée.

Source : www.ledifice.net

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 05:29

A propos du christianisme de l’Ordre et de la « sainte doctrine »

La Franc-maçonnerie est chrétienne de par son origine, ses sources et son histoire, C’est un fait. Elle est même chrétienne également en raison de sa nature, car tout son ésotérisme et ses symboles sont issus du christianisme, en particulier de son livre révélé : la Bible. Ceci est une chose entendue, et ceux qui au nom d’une laïcité mal comprise rejettent cette origine chrétienne, commettent non seulement une erreur historique, mais de plus tournent le dos à la nature même de l’institution initiatique dont ils sont membres. Mais cette origine, qu’il n’est pas possible de contester, signifie-t-elle pour autant que la Franc-maçonnerie relèverait d’un christianisme absolument identique à celui que professe l’Eglise ?

a) Un tour de passe-passe trompeur qui a détourné de son essence le Régime écossais rectifié

La question est importante, car la réponse est loin de correspondre à ce qu’un courant dogmatique tente de vouloir imposer dans un discours spécieux, ayant même réussi à soumettre à ses vues controuvées la structure qui présida au réveil du Régime écossais rectifié au XXe siècle, à savoir le Grand Prieuré des Gaules, devenu, de par les aléas de l’Histoire, non plus un Grand Prieuré rectifié comme il aurait dû le rester, mais une « obédience chrétienne » dotée d’une Aumônerie et pratiquant plusieurs rites, ceci en contradiction complète d’avec les critères de la maçonnerie willermozienne. De la sorte, s’arrêtant à l’enveloppe extérieure du Régime rectifié, qui n’admet en effet en son sein que des chrétiens et fait prêter serment au nom de la sainte religion chrétienne une authentique substitution frauduleuse s’est opérée à l’intérieur du Grand Prieuré des Gaules, entre « l’enseignement » dont l’Ordre est le dépositaire, c’est-à-dire la doctrineintroduite en son sein par Jean-Baptiste Willermoz lors du Convent des Gaules en 1778, et une conception ecclésiale ainsi résumée par le Grand Aumônier du G.P.D.G. – qui revendique une « conception propre intégriste » (sic !) de ce que sont les critères exigés pour être reconnu comme chrétien afin d’être admis en loge – dans une note récente intitulée « Mise au point, pour mettre fin aux controverses malvenues« : « Le profane qui est reçu dans le Régime rectifié au sein du Grand Prieuré des Gaules prête serment, sur le saint évangile ouvert au premier chapitre de l’évangile de saint Jean, de « fidélité à la sainte religion chrétienne ». Et non à on ne sait quelle « sainte doctrine » sortie on ne sait d’où. » L’affirmation est tranchée pour le moins ! D’autant que la « sainte religion chrétienne » est immédiatement définie comme devant être conforme aux conciles : « Une maçonnerie chrétienne se conforme (…) aux dogmes du christianisme en ce qu’elle est chrétienne. » Et voilà le tour de passe-passe trompeur, par lequel a été détourné de son essence le Grand Prieuré des Gaules, et avec lui le Régime écossais rectifié que l’on y pratique, réduisant cette structure à une obédience multiritualiste andersonienne professant un christianisme dogmatique. Ainsi donc, celui qui est reçu comme membre du Régime rectifié, le serait au nom de la « sainte religion chrétienne ». Et non à on ne sait quelle « sainte doctrine » sortie on ne sait d’où. » ? Voilà une affirmation relativement burlesque, qui n’aurait pas manqué de faire profondément sursauter Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824). Pourquoi ?

b) C’est l’Ordre qui est le canal de transmission de l’initiation

Pour le savoir il est sans doute nécessaire de rafraîchir les mémoires oublieuses, et de revenir une fois encore sur un point essentiel. Lorsqu’un profane est reçu Franc-maçon, il est reçu : « Au nom de l’Ordre », et non pas au titre d’une obédience, d’un Grand Prieuré, ou d’une quelconque structure temporelle, chrétienne ou non chrétienne, le problème n’est pas là. C’est ce que proclame le Vénérable Maître au profane après son serment, toutes juridictions rectifiées confondues : « A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, Au nom de l’Ordre, Et par le pouvoir qu’il m’en a donné, Je vous reçois Franc-Maçon apprenti. » C’est donc « l’Ordre » et lui seulement qui est fondateur, c’est l’Ordre qui est le canal de transmission de l’initiation. C’est lui, évoqué constamment lors de la réception, qui préside à l’accomplissement des rites de la maçonnerie rectifiée. Mais qu’est-ce que « l’Ordre » pour le Régime rectifié ? Une obédience chrétienne, ou non-chrétienne d’ailleurs, pouvant se désigner comme adogmatique ? Une société arc-boutée sur les dogmes de l’Eglise, ou bien attachée foncièrement aux valeurs de la République ? Une structure professant la liberté absolue de conscience, ou défendant la foi des conciles ? Une organisation ne s’écartant en rien des principes de Liberté, Egalité, Fraternité, ou se revendiquant des enseignements chrétiens ? Une Association fondée sur des Statuts civils et un Règlement intérieur adoptés en assemblée générale ?Entendons-nous bien, la question n’est pas de savoir si ces motifs sont louables ou dignes de respect, et ils le sont évidemment en eux-mêmes, le problème n’est pas là, mais de se demander si le rectifié se pense ou se définit selon ces critères évoqués, si sa nature en relève vraiment, ou non ? Lisons ce qu’en dit le Régime rectifié pour le savoir :

« Qu’est-ce que la Franc-Maçonnerie ? R. C’est une école de sagesse et de vertu qui conduit au Temple de la vérité, sous le voile des symboles, ceux qui l’aiment et qui la désirent. 0. Quels sont ses mystères ? R. L’origine, la fondation et le but de l’Ordre. »

Quelle est l’origine de l’Ordre ? Voici la réponse : « Son origine est si reculée, qu’elle se perd dans la nuit des siècles ; tout ce que peut l’institution maçonnique, c’est d’aider à remonter jusqu’à cet Ordre primitif, qu’on doit regarder comme le principe de la franc-maçonnerie ; c’est une source précieuse, ignorée de la multitude, mais qui ne saurait être perdue : l’un est la Chose même, l’autre n’est que le moyen d’y atteindre. Cet Ordre par excellence, à défaut de le pouvoir nommer, ne peut être appelé que le Haut et Saint Ordre (…) » Ordre par excellence détenteur des « des connaissances précieuses et secrètes qui découlent de la Religion primitive. » Un « Haut et Saint Ordre » détenteur « des connaissances précieuses et secrètes qui découlent de la Religion primitive », comme c’est intéressant. Serait-ce à dire que cet Ordre posséderait un enseignement, en d’autre terme une doctrine ?

c) L’Ordre rectifié, dont le Régime maçonnique n’est que l’enveloppe superficielle, possède une doctrine sur la religion

La réponse est affirmative, c’est même ce qui caractérise le Régime écossais rectifié par rapport à tous les autres rites maçonniques : être dépositaire, selon ce que soutient les Rituels de l’Ordre, d’une doctrine relevant des « connaissances précieuses et secrètes qui découlent de la Religion primitive ». Mais que sont ces « connaissances précieuses et secrètes qui découlent de la Religion primitive » ? Lisons, comme il convient toujours, ce que nous dit Willermoz pour le savoir : « La doctrine ne permet pas d’en douter ; et en effet, le principal but de l’initiation fut toujours d’instruire les hommes, sur les mystères de la Religion et de la science primitive, et de les préserver de l’abandon total qu’ils feraient de leurs facultés spirituelles, aux influences des Etres corporels et inférieurs. Les Initiations devaient donc être le refuge de la Vérité, puisqu’elle pouvait s’y former des Temples dans le coeur de ceux qui savaient l’apprécier et lui rendre hommage. » Le Régime écossais rectifié affirme donc qu’il y aurait un Ordre détenteur de connaissances secrètes sur la religion dont le Régime maçonnique ne serait que l’enveloppe superficielle, connaissances qui formeraient l’essence d’une doctrine. C’est ce qui est dit précisément dans une autre Instruction du Régime rectifié : « Les Loges qui reçurent [l’initiation parfaite] conservèrent jusqu’au VIe siècle ces précieuses connaissances, et le refroidissement de la foi annonce assez qu’à cette époque le souvenir s’en est affaibli, et que ce qu’il restait d’initiés se retirèrent dans le secret. Mais aussi on doit croire que ces connaissances se sont perpétuées sans interruption pendant tous les siècles du monde, car tous les ouvrages que Dieu a créés demeurent à perpétuité et nous ne pouvons rien ôter à tout ce que Dieu a fait. »

d) Les connaissances doctrinales secrètes ont été perdues par l’Eglise

Non seulement le caractère doctrinal est donc affirmé, soutenu dans toutes les Instructions, non seulement cette doctrine imprime sa marque sur chaque élément symbolique ou initiatique du Régime, mais en plus l’Ordre nous apprend que les connaissances secrètes sur le christianisme ont été perdues au VIe siècle par l’Eglise, mais se sont conservées au sein de l’Ordre qui en détient le dépôt doctrinal ! Et en effet, quoique cela puisse surprendre certains esprits, et être un danger « pour ceux qui, soit par l’effet de leur éducation religieuse, ou par leur disposition naturelle, se font un devoir d’étouffer leur propre raison pour adopter aveuglément toutes les prétentions, opinions et décisions [ecclésiales] (Willermoz écrit « ultramontaines » mais le sens est identique, ndrl.), et par conséquent l’esprit d’intolérance qui les a toujours accompagnées… » (J.-B. Willermoz, lettre à la Triple Union de Marseille,1807), c’est pourtant ce que confirme encore une fois l’Ordre de la façon la plus solennelle : « La doctrine […] remonte…jusqu’à Moïse qui la connut dans toute sa pureté et fut choisi par Dieu pour la faire connaître au petit nombre des initiés, qui furent les principaux chefs des grandes familles du Peuple élu, auxquels il reçut ordre de la transmettre pour en perpétuer la connaissance dans toute sa vérité… Les Instructions sont un extrait fidèle de cette Sainte Doctrine parvenue d’âge en âge par l’Initiation jusqu’à nous. » Il y a donc bien une « Sainte Doctrine parvenue d’âge en âge par l’Initiation jusqu’à nous… » qui caractérise et définit l’Ordre, ainsi que le dit positivement Willermoz – ce sur quoi insiste le Directoire National Rectifié de France - expliquant même que cette sainte doctrine fut oubliée par l’Eglise depuis le VIe siècle et qu’elle est depuis cette époque préservée par l’Ordre ! Tout ceci est clair, précis, et nous fait comprendre en quoi si l’Ordre est chrétien, il se rattache cependant à un enseignement secret, une « sainte doctrine » méconnue depuis le VIe siècle.

e) L’Ordre relève du « christianisme transcendant » et non du dogme de l’Eglise

L’Ordre est donc chrétien et relève bien du christianisme, c’est exact. Mais d’un christianisme tout à fait particulier que Joseph de Maistre (1753-1821) désigna dans son Mémoire au duc de Brunswick (1782) comme « christianisme transcendant », transcendant car s’écartant sur quelques points notables du Credo de Nicée-Constantinople puisque se rattachant à la « sainte doctrine » détentrice de connaissances oubliées par l’Eglise depuis le VIe siècle. Voilà la position officielle du Régime Ecossais Rectifié à l’égard du christianisme, selon toutes ses Instructions ! Il ne s’agit ni de « vues personnelles », ni d’une « conception sectaire », ou d’une position « doctrinaire étroite », mais de ce qu’est, sur le plan de sa vérité la plus essentielle, l’Ordre fondé par Jean-Baptiste Willermoz. Mais au fait, que clamait dans son article – qui ne fait que reprendre ses positions permanentes depuis des années – le Grand Aumônier du G.P.D.G. ? Relisons : « Le profane qui est reçu dans le Régime rectifié… prête serment …. de « fidélité à la sainte religion chrétienne ». Et non à on ne sait quelle « sainte doctrine » sortie on ne sait d’où. » Une « sainte doctrine » sortie on ne sait d’où », comme c’est étrange ? Mais alors Willermoz nous aurait raconté des fables, il aurait édifié l’Ordre sur des rêveries, sur une « sainte doctrine » sortie on ne sait d’où », et la Réforme qui fut l’objet du Convent des Gaules en 1778 qui consista à infuser la doctrine de la réintégration au sein de la Stricte Observance, reposerait sur des éléments imaginaires….sortis « on ne sait d’où » (sic) ? Donc ce Régime, selon le raisonnement du Grand Aumônier du G.P.D.G., n’aurait pas de doctrine spécifique, et la rectification serait un leurre, une farce, un montage illusoire inventé pour s’amuser et ennuyer les Frères allemands de la Stricte Observance ? (Notons au passage, que c’est exactement la petite musique exprimée par les pires adversaires de Willermoz au XVIIIe siècle).

f) La domination sur le Régime rectifié de l’idée de « Franc-maçonnerie chrétienne », est une prison corruptrice

On le constate donc, tout ceci n’est pas sérieux, et montre l’extrême menace que représente l’édification de conceptions étrangères aux Codes de 1778, et la domination de constructions globalisantes, comme par exemple celle connue sous le nom générique de « Franc-maçonnerie chrétienne », accompagnée d’une Aumônerie pour en faire appliquer les principes qui se superpose en autorité au Régime lui-même, agissant sur lui comme une prison corruptrice qui en déforme l’esprit et en détruit les fondements. D’ailleurs, si l’on y réfléchit un instant, on voit immédiatement en quoi le sujet du christianisme pour le Régime rectifié va évidemment bien au-delà de la conformité aux dogmes conciliaires. Car s’il faut être chrétien pour accéder à l’Ordre dès le départ, pourquoi donc serait-il nécessaire de faire venir un chrétien en loge, l’introduire dans une structure maçonnique qui, parfois, le met sous le coup de sanctions disciplinaires ecclésiales sévères – notamment pour les catholiques – si c’est simplement pour qu’il y retrouve à l’identique les éléments dogmatiques dont il dispose déjà naturellement dans son église, et sans qu’il soit obligé de se soumettre à tout un appareil complexe de grades, de rites et de cérémonies curieuses s’étendant sur de longues années, dont l’aboutissement, du point de vue doctrinal, serait exactement le même que les critères de sa « foi chrétienne » exigés au début de son initiation, et qu’un enfant possède en ouvrant son catéchisme ? Ceci n’a strictement aucun sens sur le plan initiatique, et revient à faire des conditions initiales de la démarche maçonnique rectifiée, une borne de solidification rigide et sectaire, bloquant et empêchant toute possibilité d’accès au christianisme transcendant. Si la maçonnerie rectifiée propose à certaines âmes, chrétiennes en effet car c’est une condition préalable, de se joindre à ses travaux, ce n’est sans doute pas pour leur réciter une copie conforme du Credo qu’elles connaissent par coeur de par leur confession, mais pour leur transmettre, au cours d’une propédeutique adaptée, d’un chemin lent, patient et mesuré, des connaissances, un enseignement mystérieux et secret, et pour tout dire une «révélation de la révélation» selon l’heureuse formule de Joseph de Maistre qui provient d’une «doctrine portant sur la question de la réintégration », que les baptisés ne peuvent plus trouver dans l’Eglise, puisque cette doctrine y est tout simplement inconnue depuis le VIe siècle. Invitons de ce fait aimablement le Grand Aumônier du G.P.D.G., plutôt que d’écrire des sottises et de laisser emporter sa plume par un zèle sacerdotal excessif qui trouble son jugement, de relire attentivement les Instructions de l’Ordre, ce qui lui évitera également de soutenir des énormités ridicules… mais il vrai, comme le soulignait à juste titre Willermoz : « Les ministres de la religion traitent de novateurs tous ceux qui soutiennent la vérité [de la doctrine]. » (Lettre de Willermoz à Saltzmann, mai 1812 ). Conclusion : « Le but de Willermoz était donc de préserver la doctrine…» Aujourd’hui le Grand Aumônier du G.P.D.G., certes va un peu plus loin, en rajoutant au reproche de « novation », ceux « d’apostasie » (sic) et de « parjure » (re-sic), les temps ont changé il est vrai, et la décadence, par l’outrance, se fait cruellement sentir ; mieux vaut en sourire… Omne promiscuum sordescit. Charitablement d’ailleurs, et pour éviter des polémiques inutiles, nous n’avons retenu que les aspects « théoriques » exprimés par le Grand Aumônier dans son article, lui laissant la responsabilité des qualificatifs destinés à une nouvelle catégorie « d’hérésiarques » de son invention, dont il croit utile d’agrémenter sa prose et ses interventions sur l’espace virtuel, procédés qui sont modérément efficaces pour « mettre fin à des controverses mal venues » (sic). Concluons plutôt par ces lignes de Robert Amadou (+ 2006), autrement plus sérieux et instructif en des domaines où, il vrai, ses qualifications étaient réelles, et sur lesquelles il a toujours conservé un respectueux silence : « Le but de Willermoz était donc de préserver la doctrine dont Martines de Pasqually avait été, selon que ce dernier lui avait enseigné, l’un des relais seulement ; maintenir, quand sombrait l’ordre des Elus Cohen, la vraie Maçonnerie selon le modèle que Martinès de Pasqually lui avait révélé comme l’archétype et que garantit une conformité doctrinale avec la doctrine de la réintégration. »

Source : http://semperrectificando.wordpress.com

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 05:26

L’initiative récente du Directoire National Rectifié de France, de réagir à la situation actuelle inquiétante en décidant de revenir à la conception originelle de l’Ordre rectifié, telle que pensée par Jean-Baptiste Willermoz lors du Convent des Gaules en 1778, initiative pourtant vitale, semble provoquer quelques incompréhensions.

Beaucoup s’interrogent, plus ou moins sincèrement, en se demandant ce que signifie le rappel des principes rectifiés exprimé par le D.N.R.F. ?

Tout simplement que le Régime, car il s’agit bien d’un « régime » lorsqu’on parle du R.E.R., est fondé sur la notion d’Ordre, notion qui n’a strictement rien à voir avec la conception moderne « d’obédience ».

On sait comment René Guénon voyait dans la création des obédiences maçonniques, un mal moderne qui avait eu une responsabilité directe dans la « dégénérescence » profane de l’initiation : « Dans le Symbolisme (numéro d’avril), Oswald Wirth, parlant de L’Avenir maçonnique, dénonce « l’erreur de 1717, qui nous a valu les gouvernements maçonniques, calqués sur les institutions profanes, avec contrefaçon d’un pouvoir exécutif, d’un parlement, d’une administration paperassière et de relations diplomatiques » ; là-dessus tout au moins, nous sommes assez de son avis, comme le prouve d’ailleurs tout ce que nous avons dit ici même de la moderne dégénérescence de certaines organisations initiatiques en « sociétés ».

Cette influence « profane » sur l’Ordre, a provoqué toutes les catastrophes que nous connaissons, qui se sont abattues sur la Franc-maçonnerie depuis des décennies, et dont le Régime rectifié n’a pas été épargné (affairisme, politique, dogmatisme clérical, oubli de la doctrine, direction partisane, autoritarisme, désorientation, recrutement inconsidéré, etc.).

C’est pourquoi le Directoire National Rectifié de France, conscient du caractère préoccupant de la situation, entend revenir à la conception willermozienne de l’Ordre, et le proclame clairement afin de corriger les dérives contemporaines et sauvegarder l’esprit du Régime : « L’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, fut conçu pour être l’écrin de l’Ordre mystérieux qui est l’essence même du Régime rectifié, sa substance intérieure secrète. Ses travaux se dérouleront donc dans l’invisible et auront pour objet de se consacrer à l’étude et à la conservation de la doctrine de la réintégration dont l’Ordre est le dépositaire de par l’Histoire, doctrine sacrée qui a un but essentiel et très élevé que peu d’hommes sont dignes de connaître. Willermoz écrira du Haut et Saint Ordre : « Son origine est si reculée, qu’elle se perd dans la nuit des siècles ; tout ce que peut l’institution maçonnique, c’est d’aider à remonter jusqu’à cet Ordre primitif, qu’on doit regarder comme le principe de la franc-maçonnerie ; c’est une source précieuse, ignorée de la multitude, mais qui ne saurait être perdue : l’un est la Chose même, l’autre n’est que le moyen d’y atteindre

De ce fait, « l’Ordre », du point de vue rectifié, lorsqu’on y fait allusion, entendu dans son principe le plus profond, le plus authentique, ne réfère donc pas à une structure administrative et temporelle, mais relève d’une dimension purement spirituelle dont l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte a le devoir de protéger l’existence, et de le défendre contre les forces de l’Adversaire. »

Quoi de plus logique pour le Régime rectifié ?

Quoi de plus nécessaire, utile et louable ?

Le constat du Directoire National Rectifié de France s’impose donc :

« Depuis le réveil complet du Régime en France au XXe siècle, force est de constater que les principes de fonctionnement propre à l’Ordre des C.B.C.S., pourtant clairement définis, n’ont pas été respectés. On a voulu se servir des cadres obédientiels de la maçonnerie andersonienne afin de faire vivre le Régime rectifié. Et, à cet égard, toutes les formes sous lesquelles vit le Régime actuellement ne sont en rien conformes à son essence, mais de plus, y compris les formes structurelles distinguées sous le nom de « Grands Prieurés » assortis de leurs divers titres distinctifs (régulier, indépendant, rectifié, réformé, traditionnel, des Gaules, etc.), qui sont en réalité très éloignés des critères propres de la rectification tels que spécifiés dans le Code de 1778. »

La conséquence de cet éloignement est, hélas, grave pour le Régime :

« On est ainsi obligé de constater que depuis le réveil en 1935 du Régime, la conception originelle du Code n’a presque jamais été suivie, entraînant des disfonctionnements significatifs dans la logique organisatrice du Régime Ecossais Rectifié qui cessa, dès lors, de se penser comme un « Ordre », le ramenant à un Rite réduit à une conception obédientielle absolument étrangère à l’esprit de la rectification, même si imaginant en relever en usant de titres et dénominations issus du corpus sémantique willermozien. »

Voilà qui est objectivement incontestable, la « conception obédientielle est absolument étrangère à l’esprit de la rectification », et vouloir faire rentrer le R.E.R., dans les cadres de la maçonnerie andersonienne en le faisant co-exister avec d’autres Rites, est une aberration.

Encore est-il possible d’être relativement clément pour les structures qui, pratiquant le R.E.R., se sont constituées dès le départ en tant qu’obédiences, en s’appuyant sur les principes des Constitutions de la Grande Loge Unie d’Angleterre de 1723.

Mais pour les structures rectifiées, qui normalement devaient fonctionner selon le Code Maçonnique des loges Réunies et Rectifiées de 1778 et ne l’ont pas respecté, c’est un oubli, pour ne pas dire une trahison pure et simple des bases de la Réforme de Lyon !

Comme le rappelait Marius Lepage, dans une formulation qui pourrait être de Willermoz : « L’Ordre est d’essence indéfinissable et absolue; l’Obédience est soumise à toutes les fluctuations inhérentes à la faiblesse congénitale de l’esprit humain. C’est pourquoi, si nous étudions historiquement les Obédiences, nous ne parlerons de l’Ordre qu’avec notre coeur et notre intuition, ou, plus exactement, avec la grâce de cette illumination intérieure qui n’est pas mesurée pour celui dont la vie quotidienne est intimement liée à l’esprit de la Franc-Maçonnerie

Pourtant, il est tout à fait clair, par certaines réactions constatées, que bien peu comprennent encore ce qu’est « l’Ordre » ; il était donc grand temps d’en revenir aux principes du Régime tels que signalés dans l’une de ses Instructions : « Vous cherchez à remonter au but primitif de la Franc-Maçonnerie et l’on vous a attaché à un Ordre qui correspond avec ceux qui seuls peuvent vous instruire. Si vous savez quelque jour vous faire recon­naître pour un vrai chevalier Maçon de la Cité Sainte, si vous bâtissez constamment dans le temple du Seigneur, vous pouvez concevoir l’espoir de parvenir à un but si désiré. » (Instruction du 5e Grade, 1778).

La conclusion, qui s’impose d’elle-même et s’exige impérativement pour le Régime rectifié, nous est donnée par Robert Amadou : « l’accomplissement des rites propres à l’écossisme rectifié suppose que celui-ci soit constitué en un régime autonome. »

Relisons, à la lumière de cette analyse, la Proclamation du Directoire National Rectifié de France, et qui pourra prétendre ensuite, sous de fallacieux prétextes, qu’elle ne répond pas à une juste et parfaite logique rectifiée :

« L’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, s’appuyant sur les transmissions et qualifications qu’il détient, constatant l’éloignement des critères rectifiés dans lequel on fait vivre le Régime, s’engage dans une entreprise de réforme et de retour aux fondements structurels et spirituels de l’initiation willermozienne, et dans la mise en œuvre concrète de la « science de l’homme » entendue dans le sens de la « doctrine » dont le Régime est dépositaire, cherchant à construire et édifier, pour ceux qui se rangeront à ses côtés en acceptant de cheminer avec lui en se dirigeant du Porche vers le Sanctuaire, un nouveau destin commun en forme d’invitation en s’appuyant, avec confiance, sur les seules bases rituelles et doctrinales du Régime Ecossais Rectifié, ceci pour le plus grand bonheur des âmes de désir en quête de la Vérité et celui de toute la famille humaine au bien de laquelle sont, par définition, consacrés tous ses travaux. »

Source : http://semperrectificando.wordpress.com

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 06:56

« Mais à peine le troisième jour est commencé, il ressuscite glorieusement du tombeau par sa propre divine puissance, et commence à se montrer à ceux qui l’ont aimé le plus tendrement, sous une nouvelle forme corporelle, en tout point semblable à celle dans laquelle il avait vécu parmi les hommes, mais glorieuse et impassible, dont il se revêt, et qu’il fait aussi disparaître à son gré. C’est avec cette même forme glorieuse qu’après avoir conversé, marché, mangé pendant quarante jours, leur apparaissant subitement et disparaissant aussi subitement de devant eux quand il lui plaît, après leur avoir demandé de baptiser en son nom, d’enseigner aux hommes le mystère ineffable de la Trinité divine du Père, du Fils et du Saint-Esprit, faisant un seul Dieu, qu’il monte glorieusement au ciel en leur présence, où il sera rendu visible aux anges et aux hommes sanctifiés, dans cette forme humaine glorifiée.

Mais quelle est donc la nature de cette nouvelle forme corporelle, et qu’est-ce qui constitue la différence essentielle de celle-ci sur la première ? demanderont ces hommes charnels et matériels qui ne voient rien que par les yeux de la matière, et ceux qui sont assez malheureux pour nier la spiritualité de leur être, et ceux aussi qui, attachés exclusivement au sens littéral des traditions religieuses, ne veulent voir dans la forme corporelle de l’homme primitif avant sa chute, qu’un corps de matière comme celui dont il est actuellement revêtu, en y reconnaissant seulement une matière épurée. C’est Jésus-Christ lui-même qui va leur prouver la différence essentielle de ces deux formes corporelles et leur destination, en se revêtant de l’une après sa résurrection, après avoir anéanti l’autre dans le tombeau.

Jésus homme-Dieu voulant se rendre en tout semblable à l’homme actuel, pour pouvoir lui offrir en lui un modèle qu’il pût imiter en tout, s’est soumis à se revêtir en naissant d’une forme matérielle parfaitement semblable à celle de l’homme puni et dégradé. Elle diffère cependant en ce point unique que la forme matérielle de l’homme conçu dans la concupiscence de la chair est corruptible, au lieu que la forme matérielle de Jésus, conçue par l’unique opération du Saint-Esprit et sans aucune participation des sens matériels, est incorruptible. Mais Jésus-Christ dépose dans le tombeau les éléments de la matière, et ressuscite dans une forme glorieuse qui n’a plus que l’apparence de la matière, qui n’en conserve pas même les principes élémentaires, et qui n’est plus qu’une enveloppe immatérielle de l’être essentiel qui veut manifester son action spirituelle et la rendre visible aux hommes revêtus de la matière. Si on pouvait encore douter de cette importante vérité, qu’on réfléchisse sérieusement sur les étonnantes apparitions sous formes humaines de l’archange Gabriel à Marie et à Zacharie, père de Jean-Baptiste, sur celles des anges envoyés à Abraham pour lui prédire la naissance d’Isaac et la punition de Sodome, de l’ange conducteur du jeune Tobie, et d’un grand nombre d’autres apparitions semblables des esprits purs, dont la forme corporelle a été réintégrée en eux-mêmes et a disparu aussitôt que leur mission particulière était terminée. Elles prouvent toutes les mêmes vérités. Jésus-Christ ressuscité se revêt de cette forme glorieuse chaque fois qu’il veut manifester sa présence réelle à ses apôtres pour leur faire connaître que c’est de cette même forme, c’est-à-dire d’une forme parfaitement semblable et ayant les mêmes propriétés, dont l’homme était revêtu avant sa prévarication ; et pour leur apprendre qu’il doit aspirer à en être revêtu de nouveau après sa parfaite réconciliation, à la fin des temps.

C’est là en effet cette résurrection glorieuse des corps qui seront en même temps changés pour les hommes réconciliés, ainsi que l’exprime saint Paul, mais qui ne seront pas changés pour les réprouvés. C’est enfin cette résurrection glorieuse dont la manducation réelle du corps et du sang de Jésus-Christ en apporte dans tous ceux qui y participent dignement, le germe fructificateur.»

Jean-Baptiste willermoz, Traité des deux natures, §18.

Source : http://lalecondelyon.hautetfort.com

[1] « Que devons-nous retenir de ce que nous montra Jésus-Christ, après sa Passion sur le bois de la Croix, en se manifestant à ses disciples ? (…) Nous pouvons ainsi être convaincus, selon ce que nous enseigne Willermoz, que le corps que nous aurons à la résurrection ne sera pas matériel mais spirituel, comme ceci est confirmé par saint Paul lui-même de manière explicite : « Mais quelqu’un dira : Comment les morts ressuscitent-ils, et avec quel corps reviennent-ils ? Insensé ! Ce que tu sèmes ne reprend pas vie, s’il ne meurt. (…) Semé corruptible, on ressuscite incorruptible. Semé méprisable, on ressuscite glorieux. Semé plein de faiblesse, on ressuscite plein de force. Semé corps naturel, on ressuscite corps spirituel. S’il y a un corps naturel, il y a aussi un corps spirituel... Le premier homme tiré de la terre est terrestre. Le deuxième homme vient du ciel. Tel est le terrestre, tels sont aussi les terrestres ; et tel est le céleste, tels sont aussi les célestes. Et de même que nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste. Ce que je dis, frères, c’est que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu, et que la corruption n’hérite pas l’incorruptibilité. » (I Corinthiens, XV 35-54). L’homme, avant la prévarication, et nous touchons ici au centre de la doctrine rectifiée, était doté non d’un corps de matière mais d’un « corps de gloire », et c’est ce corps glorieux perdu de par sa faute qu’il lui faut retrouver, et non pas travailler, en vain, à « diviniser » ou « spiritualiser » un corps de matière frappé par la finitude et la limite, triste vestige d’une faute scandaleuse.

(J.-M. Vivenza, Le Régime Ecossais Rectifié et la doctrine de la matière, 2012)

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 05:04

Il est admis dans l’Ordre Maçonnique que le Rite Ecossais Rectifié se différencie des autres rites par sa doctrine qui traite spécifiquement de l’origine, de la condition présente et de la fin de l’homme comme de l’Univers.

A l’exception d’un seul document intitulé : L’Instruction Secrète des Grands Profès, cette doctrine n’est jamais exposée de manière explicite, cependant les rituels et les instructions des grades en contiennent de nombreuses allusions et orientent de fait toutes les réflexions du Maçon rectifié vers cette même doctrine.

Plus précisément, rituels et instructions ont été soigneusement élaborés par les fondateurs du Rite, de façon à constituer un véhicule de cette doctrine. Le véhicule en question est conçu pour s’adresser à un récepteur actif, c’est à dire : un « …cherchant… » à qui on ne délivre pas un enseignement prédigéré mais que l’on aide à s’approcher par lui-même de ce qu’on cherche à lui enseigner.

Il est également reconnu que l’enseignement de Martinez de Pasqually a exercé une influence déterminante sur la formation du Rite Ecossais Rectifié, au point de considérer parfois avec excès que la doctrine de ce rite se confond en celle de Martinez.

En effet, si Martinez de Pasqually et son Traité de Réintégration des êtres sont aujourd’hui connus, il n’en était guère de même au XVIII è me siècle en dehors du cercle très étroit de ses disciples : les Elus Coëns de l’Univers.
Bien évidemment, les Fondateurs du Rite Ecossais Rectifié appartenaient à ce cénacle, mais le rite fut avant tout élaboré pour toucher un cercle plus étendu.

Par ailleurs, en dehors de l’œuvre de Martinez de Pasqually, il existe d’autres composants de la doctrine. Certains sont fondamentaux, c’est le cas par exemple de :
- la Maçonnerie spéculative et de la Stricte Observance Templière.
La première importée de Grande Bretagne apporta les rituels, les mots, les signes ainsi que l’ésotérisme des constructeurs, alors que la seconde dota le rite d’une ossature et d’une référence chevaleresque.

D’autres composants apparaissent plus secondaires, ce sont par exemple les influences de Joseph de Maistre ou de Louis Claude de Saint Martin : père du martinisme, mais l’ensemble de ces apports ne put réellement constituer un authentique corpus de doctrine que grâce au génie synthétique de Jean Baptiste Willermoz.

Comme pour chaque rite maçonnique, l’enseignement doctrinal du Rite Ecossais Rectifié l’est sous forme de symboles que l’on peut regrouper en deux catégories:
- les symboles graphiques ou tableaux et les symboles « dramatiques » (le rituel dans son déroulement temporel).

Cependant, à côté de ces deux formes d’enseignement symboliques, il existe d’autres formes plus discursives, ce sont les instructions par demandes et réponses et les instructions « morales », destinées à guider le Maçon rectifié dans ses méditations sur les symboles et à en identifier le sens.
Les discours adressés par le Vénérable Maître au récipiendaire au cours de sa réception et commentant « à chaud » les symboles dramatiques et graphiques qui lui sont alors dévoilés, s’inscrivent dans le même esprit.

Aucune de ces formes d’enseignement n’est spécifique au Rite Ecossais Rectifié car toutes appartiennent dans une large mesure au fond commun de la Maçonnerie française du XVIII è me siècle, néanmoins le Rite Ecossais Rectifié a su adapter ces éléments traditionnels en les formatant à son enseignement doctrinal.

Ainsi par exemple, le discours tenu à l’origine par le Frère Orateur à l’égard du récipiendaire et duquel sont issues les Instructions morales a connu un double développement :
il s’est étendu à l’ensemble des grades et a modifié son caractère purement moral à l’origine pour devenir un véritable commentaire du rituel et des symboles.

Enfin à tous ces instruments d’enseignement doctrinal, il faut rajouter celui spécifique du Rite Ecossais Rectifié, à savoir : la Règle Maçonnique adoptée lors du Convent de Wilhelmsbad en 1782.

La doctrine du Rite Ecossais Rectifié est axée sur le schéma fondamental : Etat Primordial -Chute- Réintégration. Dès le grade d’apprenti, les allusions rapportées à ce schéma sont nombreuses, le symbole graphique « Adhuc Stat », représentant « …une colonne brisée et tronquée, mais ferme sur sa base… », en est d’ailleurs un des exemples.

Ce tableau qui n’est pas issu du fond commun de la Maçonnerie française pas plus qu’il n’est une innovation du rite, provient de la Stricte Observance où il faisait directement allusion à la survie secrète de l’Ordre templier, mais en représentant ce symbole, le rite en a modifié le sens pour lui faire exprimer sa propre doctrine.

En effet, au niveau des loges bleues, la doctrine du Rite Ecossais Rectifié s’articule autour de la correspondance symbolique entre le Temple de l’homme et celui de l’Univers avec comme archétype : le Temple de Salomon.

Le rite a fait du symbole du Temple, un véritable résumé de l’ensemble de sa doctrine. On y retrouve ainsi les différentes applications du schéma : Etat Primordial- Chute- Réintégration propres à l’homme en général, à l’homme en particulier et à l’Ordre Maçonnique mais on y retrouve aussi tout un symbolisme rapporté à la structure de l’Univers et à celle de l’être humain.

En fait, le symbolisme multiforme du Temple proposé par le Rite Ecossais Rectifié est intégralement développé dans l’Instruction Secrète des Grands Profès où les apports des Elus-Cöens de Martinez de Pasqually confèrent alors au Rite, toute son identité et toute sa spécificité.

La conception que se fait le Rite Ecossais Rectifié rapportée au travail de réflexion du Maçon est quant à elle, évoquée dans l’Instruction Morale d’apprenti où il est dit que le développement parfait des mystères de l’Ordre serait un jour la récompense de son « zèle », de ses « vertus » et de sa « persévérance ».

« …Le voile qui couvre nos mystères ne pourra être levé devant vous qu’à mesure que votre intelligence le percera. Le premier instant de votre entrée dans l’Ordre ne peut y suffire. Leur développement parfait sera donc un jour la récompense de votre zèle, de vos vertus et de votre persévérance.. »

Dans la citation en question, il est précisément mentionné l’expression « …nos mystères… » et là encore, cela ne doit rien au hasard.
On retrouve en effet cette notion de mystère dans l’Instruction par demandes et réponses du grade d’apprenti et l’on y comprend que l’initiation maçonnique consiste à être initié à des mystères.

De nouveau, ce concept est commun à la Maçonnerie française du XVIII è me siècle, mais dans le Rite Ecossais Rectifié, les mystères ont un contenu étroitement lié à la doctrine du rite pour qui les mystères de la Franc Maçonnerie sont « …l’origine, la fondation et le but de l’Ordre… ».

En effet, dans le cadre de la doctrine du Rite Ecossais Rectifié, le terme final de l’initiation maçonnique demeure la restauration de l’homme dans son « …Etat Primordial… » , c’est la première partie du processus initiatique, celle que René Guénon définit sous le terme de « …petits mystères… ».

Ces « …petits mystères… » comprennent en fait tout ce qui traite du développement des possibilités de l’état humain envisagé dans son intégralité, ils aboutissent à la perfection de cet état, que la Tradition désigne comme la Restauration de « …l’Etat Primordial… ».

Notons bien cependant que « …l’Etat Primordial… » tel que le conçoivent le Rite Ecossais Rectifié et Martinez de Pasqually reste celui d’un être spirituel, à l’image de ce qu’était Adam avant la Chute dont l’une des conséquences a été « …l’incorporisation… » de l’homme, être auparavant doté d’un corps glorieux, enfermé aujourd’hui dans un corps de matière périssable.

La conséquence directe de la faute contingente d’un être libre est donc, comme le stipule l’Instruction morale d’apprenti que « …l’homme a perdu la lumière par l’abus de sa liberté… ».
Nous évoquons ici la perte d’un état supérieur à l’état individuel humain, même si le rite dans sa terminologie, le qualifie encore d’humain.

Pour espérer un jour reconquérir cet état, le Maçon rectifié devra plus que jamais se métamorphoser en « …homme de désir… », ce désir qui n’est rien d’autre que cette impulsion qui pousse l’homme déchu à retourner vers son état originel et dans laquelle, ce dernier puisera toute l’énergie nécessaire pour accomplir ce difficile retour aux sources.

Toutefois, le Maçon rectifié devra surtout se confier à ce guide évoquée par l’Instruction Morale : « …Le guide inconnu qui vous a été donné pour faire cette route figure ce rayon de lumière qui est inné dans l’homme, par lequel seul il sent l’amour de la Vérité et peut parvenir jusqu’à son temple.. ».

Ce guide décrit comme un rayon de lumière est une parcelle du Divin et cette lumière est issue de Dieu et plus spécifiquement : de son Verbe car c’est par le Verbe que le Père s’est fait connaître à l’Homme et uniquement par Lui.
En effet, le Verbe était « …au commencement auprès de Dieu… » et demeure celui « …qui illumine tout l’homme… ».

Le Verbe est donc pourvu d’une face tournée vers Dieu qu’il contemple éternellement et d’une autre tournée vers le monde, par laquelle il manifeste la Divinité comme l’atteste le Christ quand il affirme : « …Qui me voit, voit le Père… » et c’est d’ailleurs grâce à cette double nature divine et humaine, que ce guide suprême intercède en permanence en notre faveur.

Comprenons alors que sans lui, aucune réconciliation ni communication avec Dieu, n’est possible, accordons lui ainsi toute notre confiance et faisons de nouveau du plus grand des réconciliateurs, notre plus grand Sauveur.

Source : www.ledifice.net

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 05:03

Après Johanis Corneloup et Oswald Wirth, Alain Bernheim nous propose dans ce numéro de Renaissance Traditionnelle, de nous intéresser à Camille Savoire... Alors tout d'abord parlons brièvement d'Alain Bernheim, français résidant en Suisse, auteur maçonnique qui signa également sous le pseudonyme, y compris dans Renaissance Traditionnelle, d'Henri Amblaine, ceci lui permettant d'obtenir deux fois (ce qui n'est en principe pas autorisé) le prix Norman Spencer de la Loge Quatuor Coronati de Londres en 1986 et 1993.

Camille Savoire donc, nait le 6 juillet 1869, il est initié 23 ans plus tard, le 14 octobre 1892 dans une Loge de la Grande Loge Symbolique Ecossaise qui avait été créée elle, en 1880 et qui engendrera la Grande Loge de France. Cette loge il la quitte au bout d'un an, au profit du Grand Orient de France. En 1913 il intègre le Grand Collège des Rites dont il devient Grand Commandeur en 1923 et ce durant 12 ans. On le sait Camille Savoire marquera sa carrière maçonnique par le réveil du Rite Ecossais Rectifié en France, et la création du Grand Prieuré Des Gaules dont il fut le premier Grand Prieur, induisant de plus la création de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière qui deviendra en 1948 la Grande Loge Nationale Française.

1. Le Rite Ecossais Rectifie et Le Grand Orient de France 1776/1841

Brièvement, il faut noter que dès 1773/74 le Rite Ecossais Rectifié en France est constitué de trois Directoires Ecossais, celui de Lyon, de Bordeaux et de Strasbourg et qu'un Traité fut établi en 1776 avec le Grand Orient de France. Dans ce traité, il y est dit globalement, article 6 que le Grand Orient de France et les Directoires Ecossais conserveront respectivement et exclusivement l'administration et la discipline chacun sur les Loges du Rite et du Régime. Le Grand Collège des Rites, qui s'était appelé de 1806 à 1814 Grand Directoire des Rites, vit en 1811, le 14 juin plus précisément, la création en son sein d'une section dédiée au Rite Ecossais Rectifié. En 1841 pourtant, le Rite Ecossais Rectifié s'éteignait en France...

2. Le Rite Rectifie et le Rite Ecossais Ancien et Accepté en Suisse

En 1844, 14 Loges suisses travaillant aux grades bleus, créent la Grande Loge Suisse Alpina. Pourtant en 1885 seule la Préfecture de Genève pratique encore le rite et devient donc la seule structure garante du RER et encore plus la gardienne des archives. Entretemps , notons la création d'un traité, le 2 février 1896, entre le Suprême Conseil de Suisse et le Directoire d'Helvétie, renouvelé en 1910, puis interrompu et conclu de nouveau en 1946, et encore en vigueur au moment de la rédaction de l'article en 1981.

3. Situation Maçonnique en France entre 1877 et 1910

En 1877 suite à son Convent, le Grand Orient de France vit ses relations internationales se détériorer. Depuis 1771 les relations avec l'Angleterre étaient interrompues entre les deux grandes obédiences qu'étaient devenue le Grand Orient et la Grande Loge Unie d'Angleterre. Mais les maçons à titre individuel étaient encore reçus dans les Loges. En 1877 la Grande Loge Unie d'Angleterre interdit l'accès à ses Loges, à tout maçon qui ne pratiquait pas une maçonnerie liée à la croyance en Dieu et ce jusqu'à la reconnaissance en 1913 de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière.

4. Première étape de l'Action de Camille Savoire

Médecin spécialiste de la Tuberculose, Camille Savoire voyageait beaucoup en Europe pour des congrès médicaux et avait noué de nombreux contacts avec des maçons étrangers et il tissa des liens avec les différentes obédiences de ces pays. 33ème degré du REAA, Savoire va obtenir une équivalence du grade de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, prenant le nom de eques a Fortitudine, et fut armé en même temps que les Frères Edouard de Ribaucourt et Gustave Bastard. Ils obtiendront ensuite en 1910 la patente de fondation de la Commanderie de Paris, placée sous l'autorité de la Préfecture de Genève.

Mais revenons un petit peu plus tôt dans l'histoire, dans la foulée de leur armement, tous trois réveillent la Loge « Le Centre des Amis », Loge bleue rectifiée et en sommeil depuis 1838. Le Grand Orient informé répondit en réfutant cette création, priant de plus les frères à l'initiative de ce réveil, de se retirer ipso facto sous peine de radiation de l'obédience, Pourtant il semble que Camille Savoire eut au préalable, obtenu un accord, au moins verbal, du Grand Commandeur du collège des Rites, et sa surprise fut d'autant plus grande, qu'existait ce traité bilatéral dont nous avons parlé. En signe de bonne foi, ces trois frères s'exécutèrent, en échange de la création au sein du Grand Orient de cette Loge, mais Camille Savoire malgré tout se retirera de ce dernier projet, induisant de fait :

• D'une part la création de la Grande Loge Nationale Indépendante et régulière que rejoint « Le Centre des Amis », et
• D'autre part la signature d'un nouveau traité Franco-Suisse qui tint jusqu'en 1955.

5. Savoire Grand Commandeur du Collège et Grand Prieur du Grand Prieure des Gaules (1923-1935)

C'est en 1923 que Camille Savoire devient Grand Commandeur du Grand Collège des Rites, et en 1924 il fut invité par le Grand Prieuré d'Helvétie de même que le Frère Barrois alors à la tête de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière, lui aussi CBCS. Barrois refusa comme le lui obligeait l'interdit anglais et le Grand Prieuré d'Helvétie rompit alors son entente avec son obédience. Savoire Grand commandeur des Hauts Grades du Grand Orient et Grand Prieur dès 1933 devenait ainsi l'interlocuteur privilégié des Suisses.

6. Savoire quitte le Grand Orient de France et se Démet de sa Charge de Grand Commandeur

Avant 1946, le Grand Collège des Rites n'est pas indépendant. Ainsi dès 1934, Arthur Groussier prépare un dossier d'indépendance de celui-ci par rapport au Conseil de l'Ordre. Savoire ira plus avant en prônant l'unification des Hauts Grades, tous rites confondus, ce qui aurait peut-être permis de rouvrir l'axe des relations maçonniques entre la France et l'Angleterre. Devant l'échec, Savoire crée donc le Grand Prieuré Des Gaules et propose au Grand Orient trois options :

• L'exercice du RER sous les auspices du GO mais sans possibilité d'action de ce dernier sur les rituels et les grades bleus.
• 2ème option : l'indépendance réciproque avec signature d'un accord.
• 3ème option : l'ignorance réciproque.

Les trois options étant refusées par le Grand Orient, Savoire quitte l'obédience, sa charge, et va fonder en 1936, le Grand Prieuré Des Gaules. De son côté le GO reprends contact avec la Suisse.

7. Après 1945

A partir de 1945, Savoire est malade, l'activité du GPDG après la guerre est très limitée et Savoire meurt en 1951, le Grand prieuré d'Helvétie confirme le Frère Rybinski en tant que Grand Maître National de la Grande Loge du RER et le Grand Prieur devient le Frère Moiroux. Cette Grande Loge Rectifiée intégrera en 1958 la GLNF, affaiblissant quelque peu le Grand Orient, mais d'un autre côté le GLNF perdra elle quelques Loges parties former la GLNF-Opéra sur laquelle se créera le Grand Prieuré de France. A partir de là, les frères accédant aux degrés supérieurs du Régime Ecossais Rectifié d'une obédience devront appartenir au seul prieuré de cette obédience. En 1967 se créera le Grand Prieuré Indépendant des Gaules, le Grand Prieuré de Neustrie et le Grand Prieuré d'Aquitaine en 1974.

8. Qu’est-ce que le rectifié

Alain Bernheim pour conclure se lance dans une description succincte du Rectifié en citant d'abord Camille Savoire : « J'avoue que le libre penseur que j'ai toujours été n'a manifesté en entrant au Régime Ecossais Rectifié aucune hésitation ni éprouvé aucun scrupule, lorsqu'on lui a demandé de déclarer qu'il professait l'esprit du christianisme surtout lorsque le Grand Prieur a ajouté : il s'agit ici de l'esprit du christianisme primitif réuni dans la maxime « Aime ton prochain comme toi-même ».

Puis Bernheim cite le Grand Prieur d'Helvétie : « Le rite est inspiré du désir de faire de ses membres par les moyens de l'enseignement symbolique propre à la Maçonnerie, de fidèles maçons, dans l'esprit du christianisme, mais d'un christianisme dans sa pureté originelle, dépouillé de toute occupation dogmatique et sectaire ».

Enfin rappelons qu'en 1979 peu de Frères pratiquaient le Rite Ecossais Rectifié, voire même revendiquaient cette notion impopulaire mais réelle de rite « élitaire », en affirmant même : « Nous sommes le nombre. Ayons la force ».

Joseph de Maistre et la Franc-Maçonnerie avant et après le Convent de Wilhelmsbad

 

EMILE DERMENGHEM, écrit en 1946, un ouvrage « Joseph De Maistre Mystique », traitant de l'attitude relativement réservé de Joseph de Maistre, et, de son positionnement lors des débats du Convent de Wilhelmsbad.

A partir de ce livre, Michel Masson écrit un article dans Renaissance Traditionnelle, espérant nous amener à mieux comprendre cette personnalité, mais aussi, nous éclairer sur l'émergence d'idées nouvelles et sur un sujet toujours d'actualité afin d'en retirer le meilleur bénéfice pour tous.

Pour mieux comprendre ce contexte, il est nécessaire de souligner que la personnalité de Joseph de Maistre ne laisse pas indifférent, car il dénote en regard de ses contemporains.

De plus, ses adversaires tentent par tous les moyens de le déstabiliser et de l'affabuler d'une réputation tenace d'un individu aimant les gens de pouvoir.

Cet homme essaya tout simplement de mettre en adéquation sa conception du monde et son mode de vie, mais, aussi de permettre à la tradition maçonnique de demeurer bien vivante malgré la période politique instable de cette époque permettant difficilement de laisser place à celle-ci.

De ce fait, historiquement à la date du 18 juin 1782, Joseph de Maistre adressa un épais document via le frère Savaron qui devait représenter une loge lors de ce convent, au Duc Brunswick-Lunebourg, sérénissime grand frère supérieur à Victoria, ce courrier ne fut sans doute jamais lu.

Au delà de l'expédition de ce manuscrit, le Frère a Floribus qui n' est autre que Joseph de Maistre, voulait faire connaître à ses pairs son positionnement et son analyse sur les thèmes délibérés, mais aussi, à travers ses réponses ce qui était pour lui la Franc-Maçonnerie.

Pour rappeler les thèmes de ce convent, les interrogations abordées portent autour d'un axe comptant 6 points et que l'on pourrait résumer ainsi :

De quel héritage la Franc maçonnerie était-elle issue et existait- il plusieurs niveaux ? De plus, avait elle un lien avec les templiers, leur secret, ce dernier n'avait il pas finalement peut être survécu sous une autre forme ?

Au demeurant, les participants s'interrogeaient aussi, de manière plus générale, sur la structure de la Franc-maçonnerie et sur son fonctionnement, afin de trouver un point d'équilibre harmonieux entre le cérémonial et la pratique du rite, ou enfin, quelle place tenait les sciences secrètes au sein de celle-ci ?

A ce questionnement, les réponses du Frère à Floribus témoignèrent particulièrement d'une grande richesse philosophique et religieuse.

Toutefois, il faut savoir qu'il rejette massivement toutes les pistes éventuelles d'une quelconque origine et relation historique entre l'Ordre des Templiers, et, la Maçonnerie. Par ailleurs, il souhaite que tous les signes ostentatoires se rapportant à cet ordre soient à bannir des rituels.

Pour lui, les templiers ne sont en aucun cas une congrégation philosophique, et, il s'attache à démontrer que la « Maçonnerie » ne peut être issue d'un ordre fanatique lié à l'histoire, ainsi, qu'aux atrocités que cela induit et que toute l'humanité toute entière ne suffirait pas à la justification du sang versé.

Il se permet de tourner en dérision cette conception en disant que ce processus était la création du pouvoir en place nécessaire pour asseoir son autorité sur la population, et, pour justifier de ses crimes.

Il préfère à la rigueur privilégier les corporations de constructeurs de cathédrales, puisque les édifices religieux sont liés en quelque sorte à l'humanité toute entière en raison du lien qui les relie à Dieu, et, de ce fait à la destinée de l'homme.

A la question concernant un supérieur, il affirme qu'au niveau de la hiérarchie du mouvement, « la présence d'un degré supérieur » n'existe pas et en réfute d'ailleurs l'idée.

D'autant plus que celui qui s'engage le fait en toute liberté et de ce fait devient la représentation de sa volonté.

En effet, il est fondamental pour lui, d'avoir le devoir de garder, et, de préserver les secrets éventuels.

De plus, il précise que même si l'homme du peuple fait partie du royaume par son action, par contre sa volonté est indissociable de son être car il reste libre de son engagement ou de son désir et par conséquent de l'autorité nationale.

D'autre part, au niveau d'une identification initiatique, il abandonne l'idée de rechercher des similitudes entre l'initiation maçonnique et celles Egyptienne ou Grecque qui ne sont pour lui qu'une aberration antique, et, qu'il est préférable de se recentrer sur le véritable évangile, voir de remonter au début de la création du monde initial, au delà de l'ère chrétienne.

Ainsi, à travers toutes ces argumentations, cette appartenance identitaire est indéniablement rattachée au dogme chrétien et au seul « Créateur ». Et pour préciser sa réflexion, il est nécessaire pour lui de remonter aux premiers jours de la création, alors qu il n'existait rien si ce n'est le Créateur permettant de retrouver par cette méthode le lien indéniable, et, de surcroît cette filiation éternelle qui existe entre toutes créations de l'Eternel, et, l'homme, mais qui continue de perdurer malgré l'écoulement du temps.

C'est pourquoi, Joseph de Maistre considère sans aucune ambiguïté que l'initiation maçonnique est par sa nature une essence assurément religieuse et chrétienne.

De ce fait pour lui, au niveau des 3 grades le cheminement consistera à l'acquisition de connaissance spirituelle, et, celles de certaines valeurs.

Ainsi, au niveau du premier grade, il s'agit d'un apprentissage gravitant autours des sciences humaines tels que la bienfaisance, l'éthique, l'ouverture d'esprit sur le monde, l'homme, la politique, l'environnement...

Autour du second s'articule pour reprendre l'expression de Joseph de Maistre « le grand œuvre de la Franc-Maçonnerie ». Il entend par là le devoir qui lie tous maçons envers ses frères, et même l'humanité tout entière par ses actions de bienfaisance, mais aussi de retrouver le chemin du vrai chrétien lui permettant de retrouver son état initial dégagé de toutes querelles politico-chrétiennes, qui au cours de l'histoire eut réussi à briser l'unité.

Enfin, pour le 3ème grade, c'est la continuité de cette voie maçonnique dont le devoir est de mettre l'accent sur cette recherche théologique avec pour les uns la Bible comme outil qui reste incontestablement la voie des seuls initiés et des mystères des saintes écritures.

Pour d'autres, une étude approfondie s'ordonnant à une connaissance accrue de la nature des choses, permettant une affirmation d'une certaine doctrine.

Enfin, que d'autres frères, et Joseph de Maistre espère qu'ils soient les plus nombreux, nous révèlent ce qu'ils savent de cet esprit suprême qui crée et émane toutes choses en tout lieux et en tout temps.

Emile Dermenghem analyse à travers les propositions de cet homme l'échec de celui-ci qui voulait croire que la maçonnerie puisse être en quelque sorte la voie du catholicisme lui permettant son évolution.

Cependant celle-ci prenait une toute autre direction vraisemblablement en raison de l'instabilité politique de l'époque et de sa propre histoire à la veille de son grand chamboulement, voire d'une orientation laïque déjà décidée.

Il est difficile de donner une réponse, mais Joseph de Maistre juge avec amertume ce convent en ces termes « toute assemblée d'hommes dont le saint esprit ne se mêle pas ne fait rien de bon ».

Ce dernier ne rejette pas pour autant ses pairs, ni ses convictions puisqu'il défend celles- ci lors des attaques antimaçonniques de l'abbé Barruel qui accuse d'hérésie toutes les sociétés secrètes ayant été sans doute les artisans de la révolution. Cependant, au fil du temps et des bouleversements historiques de cette période, il met peu à peu de la distance, et évite de s'impliquer autant dans son engagement concernant le courant de l'illuminisme et celui du scepticisme de l'époque.

Ainsi, le comte des soirées de Saint Petersbourg est toujours convaincu du mystère des Saintes Ecritures contenues dans la bible, mais préfère finalement rester fidèle à l'église romaine qu'il juge plus rassurante puisqu'existant depuis plus de 1800 ans, plutôt que de suivre Saint Martin et ses disciples sur le chemin moins conformiste du Martinésisme suivant fidèlement les préceptes de leurs maître.

A propos de ce mouvement, il tourne quelque peu en dérision la composition du Traité et les termes qui y sont énoncés. Cependant, il reconnaît que la base n'est pas sans intérêt ayant une certaine authenticité, mais qu'elle a été détournée par des propos faussés car cet écrit sert la cause d'hommes refusant toute reconnaissance hiérarchique de l'église romaine. Pour lui finalement le seul intérêt de « cette secte » est à la rigueur l'évangélisation des pays privés d'églises permettant de convertir leurs populations à la chrétienté et les soumettre à ce qui s'y rattache.

Ainsi, cet article met en évidence un homme à la fois théosophe voire, un martiniste sincère, et un catholique avisé. C'est pourquoi, il n'est pas logique de concevoir Joseph de Maistre sans prendre en compte toutes les composantes de sa personnalité puisque la vision de celui-ci serait faussée altérant de cette manière sa pensée.

Pour en terminer avec cette étude, en 1816 Joseph de Maistre lui-même se définit à travers ses propos comme un fidèle de l'église, mais reconnaît que sa fréquentation des martinistes lui a permis à travers l'étude du Traité et des rencontres effectuées de s'ouvrir sur d'autres horizons.

Cette révélation Emile Dermenghem la reprend dans son ouvrage démontrant qu'avec le temps cet homme a arrêté de s'interroger et de rechercher sur ce qu'il a pu l'éclairer à un moment de son parcours hors des sentiers traditionnels, mais qu'il en demeure pas moins reconnaissant à ceux qui l'avaient mis sur la voie de cette réflexion voir de cette ouverture.

Source : www.ledifice.net

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 07:03

Le républicanisme irlandais n'a ni bonne ni mauvaise presse. Hors d'Irlande, il semble même n'avoir qu'un sens imprécis. Le cinéma s'est chargé de combler ce vide. L'Europe continentale et les Etats-Unis se contentent de prendre des films comme Michael Collins ou Le Vent se lève pour la vérité. Ce film-là a eu le double honneur d'être réalisé par Ken Loach et de remporter la Palme d'or à Cannes, ce qui lui confère une aura intellectuelle au-dessus de tout soupçon. Que le festival de Cannes s'intéresse aux films historiques, politiques, ou même métaphysiques, très bien, mais cela ne fait pas du jury du festival un groupe d'historiens réputés. Qualité que n'a pas non plus Ken Loach. Quand bien même ce dernier s'est fait justicier cinématographique, il n'a pas toujours raison. On ne peut lui reprocher de tergiverser avec la cruauté du monde, c'est certain. Il a souvent filmé la marginalité et montré une misère qui dérange. Tout cela, pourtant, ne lui donne aucunement la qualité d'historien.
Les films sur l'Histoire de l'Irlande ne laissent personne indifférent. Ils sont soit décriés, soit perçus comme sincères et respectueux de la vérité historique. Ce sont des films qu'on aime ou qu'on déteste. En un mot, ils sont partisans, voire militants. Or, l'Irlande et les Irlandais jouissant d'une cote de sympathie très élevée, le public est plutôt spontanément favorable aux films glorifiant les luttes irlandaises. L'objectivité historique n'est pas prioritaire. Il y a là ce qu'on pourrait appeler un « paradoxe du manuel scolaire ». De même qu'en France, on estime trop vite que ce que l'on apprend en cours d'histoire est vérité, pour l'Irlande, on estime trop facilement que ce qui est raconté tient lieu d'Histoire. Or nous parlons précisément d'un pays où la vérité historique est un jeu de piste. Chaque habitant d'Irlande voudrait en détenir une part, et l'Histoire y est un droit que confère ou ne confère pas le sang.

Les mauvaises habitudes ont été prises tôt. Le dix-septième siècle a accouché des premiers violents mouvements sectaires de l'Histoire irlandaise, et avec eux, des rhétoriques les plus biaisées et les plus partisanes qui soient. Difficile pour les historiens de définir les mouvements politiques et religieux qui ont essaimé au cours des quatre derniers siècles. À voir la complexité de cette Histoire, on voudrait aller soi-même en Irlande vérifier qui est qui pour se faire sa propre idée.

Dès que j'ai mis le pied en Irlande, j'ai cherché à en savoir plus sur le républicanisme irlandais. J'étais dans l'Ouest de l'Irlande, là où l'on parle encore couramment le gaélique. Dans cette vaste région que les Irlandais appellent le Gaeltacht, je me suis arrêté dans deux comtés où les sympathies républicaines sont réputées vivaces. De ville en village, j'ai posé mes questions. Une fois au pub, accoudé au comptoir, j'entamais des conversations anodines pour finir par demander aux autochtones ce que, pour eux, signifiait le républicanisme.

Les réponses à cette question étaient invariablement compliquées, et même embrouillées. L'affaire n'était claire pour aucun de mes interlocuteurs. Un soir, alors que je discutais avec deux tenanciers, le plus jeune, qui ne devait pas avoir vingt ans, déclara en toute simplicité que le républicanisme irlandais, en fin de compte, n'était que ce que l'on en faisait. Il s'agissait, ni plus ni moins, que de composer son propre idéal politique, pour peu qu'il comprît un peu de république, un peu d'Histoire, un peu de tradition et un phantasme d'ordre nouveau. La revendication originale des Républicains irlandais, celle de construire une Irlande entièrement libérée du joug anglais, se dissolvait dans nos pintes et dans cet étonnant relativisme.

Je découvris même que l'IRA, au plus haut de son influence, donnait un sens presque poétique à son engagement. Dans les années 1950, le journal républicain An tOglagh arguait que « le nom ''républicain'', tel qu'utilisé entre les Républicains eux-mêmes, n'a pas de signification politique particulière. Il s'applique au patriote passionné, luttant ardemment pour la liberté de son pays 1 . » Les Républicains eux-mêmes éviteraient-ils de donner un contenu à leur lutte ?

Le républicanisme irlandais comme idée politique

Comme le souligne un dicton, « les Irlandais ne savent pas ce qu'ils veulent et sont prêts à se battre jusqu'à la mort pour l'obtenir ». La politique irlandaise en général, et ce depuis des siècles, est un magma d'idées et d'opinions toutes plus diverses les unes que les autres. Le républicanisme n'échappe pas à la règle. Bien qu'il ait stimulé la lutte pour l'indépendance de l'Irlande, il demeure largement ouvert à l'interprétation. En réalité, les Irlandais sont des opportunistes politiques. Aussitôt une idée apparue, aussitôt essayée. Si elle vacille ou s'effondre, le mouvement qui la défendait se vide de ses partisans et implose à son tour.

C'est précisément ce qui a fait le succès du républicanisme : une idée simple sous laquelle il est toujours possible de se regrouper. C'est parce que le républicanisme est une idée générale qu'il est demeuré populaire. Le principe en est simple : un gouvernement irlandais pour les Irlandais, sur un territoire irlandais uni de trente-deux comtés. L'ensemble de l'île doit être dégagé de toute occupation britannique. La Couronne ne peut avoir autorité politique ou religieuse sur aucun comté de l'île. En ce sens, le républicanisme est un mouvement qui ne s'est pas encore accompli, puisque l'Irlande est séparée en deux États.  

Le républicanisme est nationaliste. Le nationalisme, en revanche, n'est pas nécessairement républicain. N'oublions pas que les Protestants ont joué un rôle important dans la lutte pour l'indépendance aux dix-huit et dix-neuvième siècles. Ils n'étaient pas forcément tous de culture républicaine, certains ayant été élevés dans des familles de riches propriétaires terriens. Charles Stewart Parnell, « le Roi d'Irlande sans couronne », était anglican, cousin de l'aristocratie protestante irlandaise, et lié à la famille royale britannique ! Élu à Westminster, il fut cependant un anti-anglais constant et obstructionniste. Voilà bien la nuance : Charles Parnell était nationaliste, pas républicain. Il était protestant. Est-ce à dire que les républicains étaient catholiques ? Oui, parce qu'ils étaient de familles catholiques. Non, si l'on garde à l'esprit que certains républicains prônèrent un communisme agraire bien peu compatible avec les positions politiques de l'Église catholique irlandaise. Non, si l'on n'oublie pas que ceux qui versaient dans le terrorisme ou tuaient des civils se voyaient refuser la communion. Certains membres de l'IRA furent même excommuniés. Attention à la confusion, donc : les républicains ne revendiquent pas leur appartenance au catholicisme, même lorsqu'ils sont catholiques !

Au Nord, la confusion est fréquemment faite. On assimile les républicains aux catholiques et les unionistes aux Protestants. alors qu'ils se revendiquent plus volontiers de politique que de religion. Cela étant, si les Protestants se revendiquent parfois d'unir religion et cause politique, c'est parce que l'État britannique est un État protestant ! Les républicains du Nord, en revanche, sont des nationalistes avant d'être des catholiques.

Cette simplicité politique et ce manque volontaire de contenu ont assuré à l'idée républicaine de demeurer présente sur la scène politique, même au plus bas de sa force électorale. À l'heure actuelle en Eire, en république d'Irlande, le républicanisme militant est au plus bas. Le seul parti qui s'en revendique encore pleinement et entièrement, le Sinn Fein, n'est populaire qu'au Nord, en territoire britannique. Au Sud cependant, tous les partis politiques s'en revendiquent héritiers, même s'ils ne le placent pas au centre de leurs programmes. Le républicanisme ne dirige plus la pensée politique. Il plane au-dessus d'elle comme l'Esprit qui souffle. C'est un héritage politique nationaliste dont on ne saurait se débarrasser, quand bien même on ne le partagerait pas entièrement.
Clemenceau avait tort. Il n'y a pas, en politique, de mouvement historique ou d'idée qu'on doive accepter en bloc et sans nuance. Certaines idées politiques sont des forces invisibles, des courants océaniques qui régulent la vie. On ne peut faire sans, mais personne n'est tenu d'y adhérer en bloc. Il faut réapprendre les mouvements, dans leurs subtilités, pour s'approprier le destin d'un peuple. C'est seulement alors qu'apparaît un bien commun libéré des idéologies.

L'Histoire s'est chargée de donner un contenu au républicanisme irlandais  

L'Histoire irlandaise est si compliquée à comprendre que l'historien ne peut la décrire sans parti-pris politique. Comme le souligne Peter Taylor dans son excellent Provos, the IRA and Sinn Fein1 , choisir des bornes chronologiques revient déjà à prendre parti. « Où commencer ? Il faut bien que l'Histoire commence quelque part. […] Commence-t-elle en 1970 à la scission entre l'IRA Officielle et l'IRA Provisoire ? Ou en 1969 lorsque les troupes britanniques sont entrées dans Belfast et Londonderry 2  pour empêcher le massacre des nationalistes par les foules loyalistes ? Ou en 1968, lorsque les premières marches pour les droits civiques déstabilisèrent l'Etat d'Irlande du Nord ? Ou avec le traité de séparation du Nord et du Sud de l'Irlande en 1921 ? Ou la lutte héroïque de Patrick Pearse à la Poste Centrale de Dublin en 1916 ? Ou avec la colonisation de l'Ulster au dix-septième siècle, lorsque les Protestants vinrent s'établir au Nord-Est de l'Irlande ? Ou, si l'on veut vraiment revenir aux origines, à l'arrivée des troupes d'Henri II d'Angleterre au douzième siècle et au tout début d'un long processus de conquête et de soumission de l'Irlande ? »

L'évolution politique de l'Irlande s'est faite par à-coups. Des Fenians à l'IRA en passant par les Young Irelanders, nombre de mouvements ont défendu des idées similaires. Depuis quatre siècles, il n'a jamais manqué un mouvement, un groupe ou un parti pour promouvoir le Home Rule, c'est-à-dire le gouvernement de l'Irlande par les Irlandais. C'est là l'idée maîtresse des républicains irlandais. Elle porte conjointement les idées de république et de démocratie, qui sont pourtant deux choses bien différentes. En Irlande, de telles nuances sont secondaires. Historiquement, l'important était la résistance à l'occupant britannique.

Les républicains se sont toujours plus souciés de l'enthousiasme de leurs partisans que de la finesse politique de la cause. Pour eux, il fallait avant tout réagir à l'occupation. La brutalité des évènements leur donne raison. Aux dix-huit et dix-neuvième siècles en particulier, la Couronne britannique fut très dure à l'égard des Irlandais et plus particulièrement des catholiques. Les tentatives d'arrangements modérés avec la Couronne ne résultèrent qu'en déceptions, et plus le temps passa, plus la république s'installa dans les cœurs irlandais, quels qu'ils fussent. L'engagement militant était le seul moyen de lutter ; le républicanisme fut la forme qu'il prit naturellement.

Contrairement à d'autres pays, l'idée républicaine est donc apparue aux Irlandais comme la seule viable. Elle était la seule alternative. Elle était une nécessité plus qu'un choix. Le père des républicains irlandais, Wolfe Tone, était protestant. Néanmoins, étant patriote, il était fermement anti-anglais et tout aussi fermement républicain. Il était logique pour lui de l'être, puisqu'il luttait contre le pouvoir de la Couronne britannique. Ce furent des motivations identiques qui animèrent les différentes conjurations républicaines. Ainsi de la rébellion avortée de 1798 et de celle, réussie, de 1916.  

Le soulèvement de Pâques 1916 provoqua une lutte sanglante entre l'IRA et les autorités britanniques. L'objectif républicain d'une Irlande unie et libérée du joug anglais n'avait jamais semblé aussi proche. La lutte n'y aboutit pas. Michael Collins signa en 1921 un traité de partition de l'Irlande qui séparait le Sud, devenu une république catholique indépendante, du Nord, maintenu sous la double férule politique et religieuse de Westminster. Après avoir signé ce traité, Michael Collins déclara avoir vécu le pire jour de sa vie. Il avait l'intuition, disait-il, d'avoir sacrifié la cause républicaine. Dès lors, l'idée républicaine concrétisée perdit en romantisme et surtout, elle perdit cette nécessité qui faisait toute sa force.

Pourtant plus encore que l'Histoire, il lui restait la tradition.

Le Républicain irlandais, gardien des traditions

Appliqué à l'Irlande, le mot tradition évoque un folklore celtique un peu dilué. Passons sur les stéréotypes les plus courants pour rappeler que les Irlandais demeurent très attachés aux traditions qui participent de leur identité même : langue, musique, cultures agricoles, religion, poésie. Toutes choses qui furent interdites aux Irlandais à divers moments de leur histoire. Toutes choses auxquelles l'Irlande est restée attachée, quand bien même elle ne les pratiquerait plus aussi intensément que par le passé. Reste que tout cela constitue encore le fondement de l'identité irlandaise.

Le républicanisme s'est toujours voulu le défenseur d'un mode de vie irlandais, et pas seulement d'une cause nationaliste ou d'un gouvernement de l'Irlande par les Irlandais. L'attachement des Républicains au gaélique le montre bien ; malgré son programme franchement socialiste, sa tendance au communisme agraire, et la forte empreinte idéologique et rhétorique du marxisme, le républicanisme n'a jamais voulu transiger avec l'identité irlandaise, dont il a été l'un des principaux défenseurs. L'idéal républicain s'est fait le symbole d'un amour du peuple et de ses traditions tout en entretenant une grande aspiration au changement. N'est-ce pas là le principe énoncé par Lampedusa dans Le Guépard : « pour que tout change, il faut que rien ne change » ? Le Républicain irlandais serait-il ce héros garibaldien, soldat de façade et surtout grand cruciverbiste, féru de patrie et pétri de récits révolutionnaires ? Pour le discours, pour la parole, oui, peut-être. Mais le Républicain irlandais est plus souvent un silencieux qui œuvre à sa tâche sans déborder de gestes démonstratifs. Il tend à préférer le secret au bruit. Ses motivations profondes, premières, celles qui restent quand il ne reste plus rien, sont ailleurs.  

Et si le journal An tOglagh avait eu raison ? Et si le Républicain était bien ce « patriote passionné, luttant ardemment pour la liberté de son pays » ? Si excessive et lyrique que soit cette vision, il me semble que cette passion est proprement irlandaise. Elle fait partie du caractère même de ce pays. Oui, là-bas, on rencontre encore des Irlandais passionnés par l'Irlande. Même parmi les Irlandais qui émigrent, on trouve cet amour du pays. Malgré l'éloignement forcé, il demeure un esprit irlandais et républicain que l'on retrouve partout sur le globe. La diaspora est d'autant plus républicaine que le pays lui manque.

Toute tradition a ses gardiens. L'âme de l'Irlande est dans ses pubs, et c'est dans les pubs que l'on trouve les Républicains. Ils sont les gardiens nécessaires du décorum traditionnel. Face à l'orchestre qui s'improvise, entre les bodhrans suspendus aux murs, les pipes et les fiddles des arrière-salles, il y a toujours un homme debout, le verre bien droit, les bras croisés, qui regarde les jeunes filles danser et les vieux rire en silence. Tout le monde le connaît. Il est un symbole de l'ancien temps, droit et sûr de lui. On lui prête le sens de la justice et l'amour de son pays. C'est un Républicain.

Il ne récite plus de discours, ni vraiment de programme partisan. Il a le regard perdu dans le vague, vers l'avenir. Il attend l'Irlande unie. Entre deux éclats de rire bruyants au comptoir et des conversations animées, il sourit calmement. Son heure viendra.

Tiocfaidh ar la. Our time will come.

Source : http://www.lepoussin.org/2010/07/que-pouvons-nous-apprendre-des.html

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Published by Roux - dans Irlande
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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 06:48

Le personnage dont il va être question, Paul Valéry le définissait comme étant " noble, pur, pourfendeur de conviction, tendrement sévère ( ? !), et pour qui les véritables miracles étaient les bonnes actions faites en dépit de notre caractère et de nos passions ". On peut se demander si ce tableau ne concerne pas un personnage autre que celui dont nous allons parler ! !
Ce " pourfendeur " pour reprendre le mot a eu une certaine influence au XIXe siècle sur les débats d'idées qui ont imprégné et orienté le futur européen. Décédé depuis près de 200 ans, on le déterre, on le ressuscite régulièrement pour le vilipender, le porter aux nues, les deux à la fois bien entendu !
Il apparaît comme la clé de voûte des débats idéologiques qui animent les grands questionnements politiques, qui n'ont pas fini d'agiter nos sociétés modernes : les Droits de l'homme, la Démocratie, les liens du Politique et du Religieux, la Peine de mort. Il est montré du doigt par certains comme un proto-fasciste, comme l'inspirateur idéologique des totalitarismes modernes. Voyons quelques noms qui nous sont familiers et qui se sont positionnés admiratifs de cet " ultra conservateur " : Lamennais, Ballanche Sainte-Beuve, qui nous en fera un portrait inattendu, Barbey d'Aurevilly, Lamartine, Baudelaire, Gérard de Nerval, Vigny, Auguste Comte qui va concéder que sa pensée mérite d'être intégrée à la doctrine du Positivisme ; Balzac est fasciné et salue en ce personnage " un aigle penseur " Chateaubriand se dit " son admirateur le plus sincère ". Taine, Renan, Suarès, Claudel, Maurras, Mauriac ! François Mauriac ce grand croyant qui écrit, outre, " les morts seraient embarrassants s'ils revenaient ", " sa pensée religieuse s'oppose à plusieurs égards, au sens étroit d'un certain catholicisme dévoyé […] Il dresse avec puissance la figure d'un catholicisme intraitable, incroyable, odieux, tel que peut le souhaiter un homme qui l'exècre ". Léon Bloy, n'hésite pas à voir en lui " un génie presque surnaturel ".
A leur suite, Alain le juge comme un " penseur sans hypocrisie ", Albert Camus le voit comme " le premier sociologue de langue française ", citons un dernier admirateur : Carl Schmitt intellectuel catholique allemand, et nazi ! J'allais oublier Emil Cioran que certains ont vu comme le révélateur de toutes les " tentations brunes ". Son jugement à lui est particulier, c'est ainsi qu'il écrit : " Il est au nombre des grands provocateurs. Son nom résonne comme celui d'un croque-mitaine idéologique qu'on lit pour se faire peur… C'est un repoussoir au style éblouissant mais qu'on ne peut décemment suivre ". Il poursuit " C'est précisément par le côté odieux de ses doctrines qu'il est vivant. Vivante sa pensée l'est sans conteste, mais dans la mesure seulement où elle rebute et déconcerte : plus on la fréquente, plus on songe aux délices du scepticisme ou à l'urgence d'un plaidoyer pour l'hérésie ". Parmi ses détracteurs aussi excessifs on compte : Edgar Quinet qui dira qu'il fut le " Robespierre du clergé " ; Samuel Sylvestre de Sacy le considère comme " un génie de la décadence "; Huysmans le juge " vide ", Sartre de la terrasse du café de Flore le rejette sans appel ! Si nous devions résumer d'un trait le pourquoi célèbre de notre personnage nous pourrions dire qu'il est surtout célèbre par les critiques qu'il attire, plus que par la pertinence de ses écrits. Que d'excès dans tous ces jugements, qu'ils soient pour ou contre !
Savoyard, Joseph de Maistre est né le 1er avril 1753 à Chambéry, deuxième ville du Duché de Savoie. Il sera l'aîné d'une fratrie de dix enfants. Le père est juriste, second Président du Sénat de Savoie. Famille aisée. Il fut élevé écrit-il " dans toute la sévérité antique et abîmé dès le berceau dans les études sérieuses ". Il fait ses humanités au Collège Royale de sa ville natale, études qui sont complétées par un préceptorat jésuite. A 15 ans il fait partie de la " Confrérie de la Sainte Croix et de la Miséricorde " où le " Pénitent noir " fait vœu d'assistance aux malades, aux estropiés, aux condamnés, et est invité à méditer sur les fins dernières et la misère de l'homme.
Il entreprend des études de Droit à Turin, obtient son diplôme en 1772. De retour à Chambéry en 1773, passant outre la bulle du pape Clément XII : " In Eminenti apostolatum specula " il se fait initier à la Franc Maçonnerie dans la Loge " Saint Jean des Trois Mortiers " où il occupera la fonction de Grand Orateur. Il quitte les " Trois Mortiers ", en 1778, Loge trop festive à son goût, et passe dans une Loge " écossaise ", la " Sincérité " organisée autour d'une doctrine spécifique, celle de la Réintégration. Elle dépend de la Province d'Auvergne dont le siège est à Lyon. Le 6 novembre 1778 il est armé chevalier sous le nom de " Josephus, Eques a floribus ". Il se rend dans la capitale des Gaules pour y rencontrer Jean-Baptiste Willermoz, fondateur du Rite Ecossais Rectifié, personnage qui donnera à l'Orient lyonnais un rayonnement européen. Chez Willermoz, de Maistre se lie avec Martinès de Pasqually et Louis Claude de Saint Martin " le prophète de l'espérance " ; une profonde amitié va le lier au philosophe d'Amboise, des différences n'entameront pas cette relation. Outre les doctrines mystiques enseignées au Rectifié Maistre y voit certainement et surtout un contrepoids à l'irréligion qui gangrènent l'Epoque.
En 1782 il adresse au duc Ferdinand Brunswick-Lunebourg Grands Maître de l'Ordre Ecossais de la " Stricte Observance Templière " un long mémoire dans lequel il définit les trois missions essentielles du maçon, missions qui n'ont pas changé, bien que souvent mises à mal !
· Bienveillance,
· Conseiller du prince et du gouvernement,
· Christianisme transcendant ".
Il conçoit la Maçonnerie comme devant être au service " du trône et de l'autel " Il invite ses Frères à travailler discrètement, sereinement à la réunion des Eglises au sein des temples, ils devront s'efforcer dit-il d'aplanir progressivement les différents qui opposent les Chrétiens entre eux. Il affirme que l'Ordre maçonnique est prédisposé par sa nature cosmopolite et chrétienne à prendre en charge la réunion des Eglises.
Il se marie en 1786 avec une demoiselle Morand de Saint Sulpice de 6 ans sa cadette, qui lui donnera trois enfants.
Jean Marc Vivenza avance avoir trouvé la preuve que Joseph de Maistre a été initié " Elu Coën "… Qu'il ait été invité à assister à Lyon à une ou plusieurs Tenues c'est tout à fait possible, voir probable, puisque d'un naturel curieux, comme Saint Martin il était attentif et en recherche de tout ce qui était initiations, mais qu'il soit passé à la pratique est une autre affaire ! Je ne vois pas ce catholique fervent, stricte, réciter des formules, même si on veut y voir une " Magie Divine " : " Je te conjure Satan, Belzébuth, Baran, Léviathan à vous tous les êtres formidables, êtres d'iniquité, de confusion et d'abomination, à vous tous, alerte, terreur et frémissement, prompts à ma voix et commandement, à vous tous Grands et Puissants Démons des quatre régions démoniaques… " Cette Invocation fut adressée par Louis Claude de Saint Martin, dans une correspondance à un Maître maçon qui postulait pour entrer chez les Elus Coëns. Je suis donc réticent quant à cette appartenance. A suivre !
Lorsque les soubresauts qui secouent la France sont connus en Savoie, ceux qui admettaient que certaines réformes étaient nécessaires, de bon aloi, entendent des récits de massacres. Une invasion du petit duché par les troupes de la Révolution paraît inévitable ! Le 21 septembre 1792 effectivement l'évènement se produit. Les vaincus se rallient, collaborent, les autres fuient, c'est cas de Joseph de Maistre, qui reste fidèle à son roi : Victor Amédée III. Cette " Révolution satanique " l'accable, il y voit " la fin d'une civilisation fondamentalement religieuse ". " Ce moment, ne ressemble à rien !".
Commence alors pour lui et sa famille une longue errance à travers une Europe sous le choc. Cette errance s'achèvera par une halte de 10 ans à Saint Petersbourg à la cour du Tzar Alexandre Ier, où il va occuper les fonctions " d'ambassadeur sans moyens " du petit royaume de Sardaigne. Cette promotion pour laquelle il montre quelques réticences va éclater la famille. La trésorerie du petit royaume ne peut pas pourvoir au train de vie de cinq personnes, elle peut à peine accorder quelques maigres subsides à son ambassadeur qui a pour mission d'obtenir des fonds du Trésor russe pour survivre! Grâce au duc de Capriola envoyé extraordinaire des Bourbons de Naples et d'un admirateur du " Philosophe d'Amboise " le baron de Stedding ambassadeur de Suède, Joseph de Maistre devient rapidement un familier de la Cour.
Il va jouer un rôle important, celui de conseiller occulte du Tzar, on prétend même qu'il eût le rôle de " devin catholique "… c'est un peu étonnant…, Elu Coën, Cartomancien, Voyant missionné… il laisse entendre qu'il est porteur d'un message à transmettre sans s'étendre plus ! … Ce qui est avéré c'est qu'il se fait l'apôtre de la pensée Saint martinienne et maçonnique traditionnelle à la Cour. Son acuité intellectuelle, sa culture font merveilles, séduisent jusqu'à ses ennemis, il est convié dans toutes les grandes familles, il devient entre autre l'ami de Tolstoï, " c'est un invité né ". Nous, sans festin, sans cérémonie invitons-le à se dévoiler, invitons-le à nous révéler l'homme qu'il fut, tentons de mieux le cerner : fit-il partie des " Lumières de son temps " ? En tous les cas il se défend d'être un philosophe, pour preuve il n'hésite pas à écrire " Le plus grand fléau de l'Univers a toujours été, dans tous les siècles ce qu'on appelle Philosophie, attendu que la Philosophie n'est que la raison humaine agissant toute seule, et que la raison humaine réduite à ses forces individuelles n'est qu'un brute dont toute la puissance se réduit à détruire ". Fut-il seulement un " Penseur " ?... En tous cas, si oui, un penseur hautain et tragique sans originalité ; un prophète du malheur plus sûrement ! " Chaque goutte de sang de Louis XVI en coûtera des torrents à la France " Il est tentant de le voir par delà ses éclats de style, plus simplement, comme un chroniqueur virulent et partial, un pamphlétaire brillant, comme un grand prosateur, un politicien, en tous les cas comme un des plus fermes partisans de la " Contre Révolution ", une Contre Révolution qu'il teinte de mysticisme. Il s'érige en théoricien des " Contre Lumières ", il dénonce avec virulence l'illusion des droits de l'homme et de la démocratie.

Il est à voir pour beaucoup comme un " réactionnaire intégral ", ou comme un malade mental obsédé par le sang ! Il donna une apologie de la théocratie pontificale, au spirituel comme au temporel, qui fit de lui c'est certain un des grands inspirateurs de l'ultramontanisme. Sainte-Beuve, nous y voilà, nous livre sa vision du personnage, dans ses " Causeries du lundi ", il perçoit en lui " un philosophe politique de premier ordre " qui sous des apparences guerrières, cache " une silhouette douce et attrayante, amicale, un père de famille, qu'il se montre dans toute la vivacité du naturel, dans tout le piquant de l'humeur et, si l'on dire, dans toute la gaîté et la cordialité du génie ". Cette " gaîté " se transforme en grimace quand il brosse l'Histoire de l'humanité enchaînée au Péché originel, Histoire où seule la volonté divine agit, les hommes n'étant que les outils de Dieu, et tout particulièrement les souverains " Le Mal a tout souillé, et, dans un sens très vrai, tout est mal puisque rien n'est à sa place.[…] Tout les êtres gémissent et tendent avec effort vers un autre ordre des choses ".[…] " Qu'on remonte jusqu'au berceau des nations; qu'on descende jusqu'à nos jours; qu'on examine les peuples dans toutes les positions possibles, depuis l'état de barbarie jusqu'à celui de la civilisation la plus raffinée, toujours on trouvera la guerre […] La main destructrice de l'homme n'épargne rien; il tue pour se nourrir, il tue pour se vêtir, il tue pour attaquer, il tue pour se défendre, il tue pour s'instruire, il tue pour s'amuser, il tue pour tuer ; il a besoin de tout, et rien ne lui résiste ". Le monde est " un chaos plein de tueries ".
L'Homme, être déchu ne trouve pas grâce à ses yeux, il le dit : " Je ne connais pas l'âme d'un criminel, mais je connais l'âme d'un honnête homme, et c'est bien noir ". " L'homme entier n'est qu'une maladie ". Ce passage encore,… c'est bon pour le moral ! " La terre entière continuellement imbibée de sang, n'est qu'un autel immense où tout ce qui vit doit être immolé sans fin, sans mesure, sans relâche, jusqu'à la fin des choses, jusqu'à l'extinction du mal, jusqu'à la mort de la mort ". " Jamais le christianisme, si vous y regardez de près, ne vous paraîtra plus sublime, plus digne de Dieu, et plus fait pour l'homme qu'à la guerre ". Son concept de l'Histoire est éminemment hématologique, il ne la voit qu'en rouge, en violences, en guerres, en sacrifices, et vices, il la ramène à un écoulement continu de sang, il ne pose à aucun moment son regard sur les Arts qui fécondent et ennoblissent la pensée, enluminent, et illuminent les civilisations. Qui ne serait pas tenté de voir en lui un " atroce catholique ".
Continuons sur le registre sanguinolent, c'est un apologiste de la peine de mort. " Il y a dans tous les pays des hommes dont ne saurait acheter les services trop cher : les bourreaux "… " Malheur à la nation qui abolirait les supplices [...] Rouer, écarteler, mutiler c'est accomplir la volonté de dieu, pourquoi s'en cacher? Quand Dieu se retire des affaires humaines les hommes n'ont plus la même ferveur à se punir les uns les autres ". Et son avis sur l'Inquisition Espagnole, un chef d'œuvre, un sommet!! " Il ne peut y avoir dans l'Univers rien de plus calme, de plus circonspect, de plus humain par nature que le tribunal de l'Inquisition. C'est un tribunal appartenant à une Nation pleine de sagesse et d'élévation… […] C'est une institution qui a eu pour mission de prévenir les germes de la division et de la confusion qui menaçaient la chrétienté.[…] Le judaïsme avait jeté de si profondes racines en Europe, qu'il menaçait de suffoquer entièrement la plante nationale […].le mahométisme augmentait considérablement le danger… " Voltaire ironise : " Ce tribunal, c'est une invention admirable et tout à fait chrétienne ! ". Faut-il voir une amorce d'excuse quand il concède : " Rien d'humain ne serait être parfait, il n'y a pas d'institution qui n'entraîne quelques abus ". Il se reprend, " Possible qu'un homme envoyé au supplice pour un crime qu'il n'a pas commis, l'ait réellement mérité pour un autre crime absolument inconnu ". !!!
Quand on a été initié dans une Maçonnerie chrétienne, qu'on fait appel au Christ, ces prises de position laissent quelque peu pantois, et même, en tout état de cause elles sont insupportables. Mais la coupe n'est pas encore pleine, alors il proclame : " Tous les grands hommes ont été intolérants, et il faut l'être. Si l'on rencontre sur son chemin un prince débonnaire, il faut lui prêcher la tolérance afin qu'il tombe dans le piège, et que le parti écrasé ait le temps de se relever par la tolérance qu'on lui accorde, et d'écraser son adversaire à son tour ". Il s'en prend à Voltaire qui écrit-il : " rabâche sur la tolérance, son sermon est fait aux sots, ou aux dupes ". Il est lointain le temps où ce même Voltaire l'inspirait pour raisonner et écrire, c'était avant que n'éclate " la Tragédie " de 1789 ! Dans la foulée il ajoute : " Quant- à celui qui parle ou écrit pour ôter un dogme naturel au peuple, il doit être pendu comme un voleur domestique car il n'est pas un dogme qui n'est sa racine dans la nature intime et dans une Tradition aussi ancienne que le genre humain ".
Pour lui la monarchie est seule apte à ré harmoniser les disfonctionnements de la société. Il les perçoit ces disfonctionnements au travers l'Illuminisme.
Pressentiment ? Il avoue se dire impressionné par ce qui lui apparaît sourdre comme une attente universelle, l'attente de " quelque chose d'extraordinaire ". Il pense que le christianisme va être rajeuni par " une nouvelle effusion de l'Esprit saint " Il met en garde : " Il faut nous tenir prêt pour un évènement immense dans l'ordre divin vers lequel nous marchons avec une vitesse accélérée qui doit frapper tous les observateurs. Des oracles redoutables annoncent déjà que les temps sont arrivés ". Oui ! Satan allait donner le signal d'un bal, il allait donner sa cadence à la " Carmagnole " et au " Ah ! ça ira, ça ira ". Bal sinistrement populaire qui se perpétue lamentablement jusqu'à nous en bal des pompiers! Dès les premiers troubles révolutionnaires, de Maistre va exprimer sa répulsion à ces désordres, il craint qu'un torrent de sang ne s'en vienne à submerger l'Europe. Il à cette conviction : " Dieu créateur, ordonnateur qui existe nécessairement, ne peut voir le mal, c'est donc que la Révolution est un châtiment mérité, c'est un arrêt de la Providence contre la décadence de l'Eglise le pourrissement de l'aristocratie, la décadence morale de la France, c'est un châtiment qui prend son ampleur dans une vaste lutte entre le Christianisme garant de l'autorité royale et la Philosophie des Lumières, mais c'est aussi la promesse d'une résurgence d'un catholicisme purifié ".
Son ami Saint Martin tient à peu prés le même discours, mais sans craindre de faire appel à ce qu'il y a de meilleurs en l'homme : l'admiration, l'amour, la solidité des rapports humains. Il voit dans la Révolution la main de la Providence, qui si elle châtie, féconde aussi l'Histoire en la mettant sur la voie du Progrès. Comme le Philosophe d'Amboise, dans une envolée, Maistre se dit à la recherche de l'Unité perdue, une réminiscence du " Traité de la Réintégration ?" Il va nous surprendre encore quand il dit : " La Révolution française et tout ce qui se passe en Europe en ce moment est tout aussi merveilleux, dans son genre que la fructification instantanée d'un arbre au mois de janvier : cependant les hommes, au lieu d'admirer, regardent ailleurs et déraisonnent ". A un autre moment, une nouvelle humeur lui fait déclarer : " La Révolution est une impureté d'où ne peut naître la liberté et la vertu. [….] " Ce qui distingue la révolution française, et ce qui en fait un évènement unique dans l'histoire, c'est qu'elle est mauvaise radicalement ; aucun élément de bien n'y soulage l'œil de l'observateur ; c'est le plus haut degré de la corruption connu ; c'est la pure impureté ". Dans sa logique, du moins peut-on le supposer, Joseph de Maistre envisage que la Révolution, puisqu'elle est là, que rien ne pourra l'arrêter, a pour tâche d'assurer l'extinction des corps corrompus et de faire germer sur un sol redevenu sain la monarchie contre-révolutionnaire; la Révolution à la fois maladie et remède !
Nous voici en 1820, le Tzar expulse les Jésuites, établis depuis 1800 à Saint-Pétersbourg, ils sont accusés d'un prosélytisme trop voyant, trop agressif, conversion au catholicisme du neveu de l'empereur ! Sous la pression et malgré son amitié il prie Joseph de Maistre de demander son rappel celui-ci ayant embrassé ouvertement la cause de l'Ordre proscrit. L'Europe vacille à nouveau, c'est le retour à Turin, après un bref séjour touristique en France, le nouveau roi de Sardaigne Victor Emmanuel Ier nomme Maistre Ministre d'Etat Régent de la Grande Chancellerie. Il est épuisé par le travail, sa santé décline, dans une lettre au vicomte de Bonald il écrira : " Je meurs avec l'Europe ". Il meurt le 26 février 1820, il est inhumé dans la crypte de Pères Jésuites sous " l'église des Saints Martyrs de Turin ".

Source : http://www.hermanubis.com.br/index.html

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 05:55

Et lorsque le premier mystère eut fini de dire ces paroles, Matthieu s'avança et dit : « Je connais l'explication de l'hymne qu'a dite la Fidèle Sagesse ; permets-moi de te l'exposer en toute clarté. » Et le premier mystère répondit : « Je te le permets, Matthieu ; donne l'explication de l'hymne qu'a dite la Fidèle Sagesse. » Et Matthieu dit : « Quant à l'explication de l'hymne qu'a dite la Fidèle Sagesse, ta force de lumière a prophétisé jadis par la bouche de Salomon dans une de ses odes : « Il m'a conduit dans les lieux élevés au-dessus du ciel, et il m'a conduit dans les lieux qui sont dans les fondements inférieurs, et il a dispersé mes ennemis et mes adversaires; il m'a donné la puissance de rompre mes chaînes, et il a vaincu, par mes mains, le serpent à sept têtes. Il m'a placé sur sa racine, afin que je détruisisse sa race ; tu étais avec moi, Seigneur, me protégeant, et ton nom m'a entouré en tout lieu. Ta clarté a détruit la vision de celui qui parle méchamment. Ta main a tapissé la voie pour ceux qui te sont fidèles. Tu les as rachetés du sépulcre, et tu les as transportés au milieu des cadavres. Tu as pris les os des morts, tu les as revêtus de chair, et tu as donné à ceux qui ne remuaient pas l'énergie et la vie. Tu as conduit les éons à leur perte, afin qu'ils fussent tous détruits, et qu'ils devinssent nouveaux et pour que ta lumière fût doublée pour eux tous. Tu as construit ta richesse par leur moyen et ils sont devenus la résidence des saints.» Voilà, Seigneur, l'explication de l'hymne qu'a dite la Fidèle Sagesse. » Et quand le premier mystère eut entendu les paroles qu'avait dites Matthieu, il dit : « C'est bien. Matthieu, toi que je chéris; c'est l'explication de l'hymne qu'a dite la Fidèle Sagesse. »

Et le premier mystère continuant de parler dit : « La Sagesse adressa ensuite cette hymne : « Je dirai, tu es la lumière élevée qui m'as délivrée et m'as conduite vers toi, et tu n'as pas laissé les émanations du triple pouvoir m'enlever ma lumière ; ils sont mes ennemis, ô lumière des lumières ; j'élève vers toi mes cantiques. Tu m'as délivrée, lumière; tu as élevé ma force dans le chaos; tu m'as délivrée de ceux qui descendent dans les ténèbres. » Voilà les paroles que dit la Fidèle Sagesse. Et maintenant que celui dont l'intelligence peut comprendre les paroles que dit la Fidèle Sagesse avance, et qu'il en donne l'explication. » Et quand le premier mystère eut fini de dire ces paroles à ses disciples, Marie avança, et dit : « Seigneur, je comprends ce que tu viens de nous dire et je puis expliquer les paroles de la Fidèle Sagesse ; mais je crains Pierre, parce qu'il m'intimide et qu'il a de la haine pour notre sexe. » Et quand Marie eut parlé de la sorte, le premier mystère lui dit : « Personne ne pourra nuire à chacun de ceux, qui, rempli de l'intelligence de la lumière, s'avancera pour expliquer ce que je dis. Et maintenant, Marie, donne l'explication des paroles que prononça la Fidèle Sagesse. »

Et Marie, répondant au premier mystère, dit au milieu des disciples : « Seigneur, ta force de lumière a prophétisé jadis par la bouche de David au sujet de l'explication des paroles qu'a dites la Fidèle Sagesse : « Je t'élèverai, Seigneur, parce que tu m'as reçu vers toi tu as sauvé ceux qui des
cendaient dans le tombeau (2461  ). »

Et quand Marie eut ainsi parlé, le premier mystère lui dit : « C'est bien, Marie, tu es heureuse. » Et continuant de parler, il dit à ses disciples : « La Fidèle Sagesse prononça ensuite cette hymne : « La lumière a été ma libératrice et elle a changé mes ténèbres en lumière, elle a entr'ouvert le chaos qui m'entourait; elle m'a ceinte de lumière. » Et quand le premier mystère eut prononcé ces paroles, Marthe avança et dit : « Seigneur, ta force a prophétisé jadis à l'égard de ces paroles par la bouche de David : « Je te célébrerai, Seigneur, parce que tu m'as reçu vers toi. »

Et quand le premier mystère eut entendu les paroles que disait Marthe, il dit : « C'est bien, Marthe. » Et continuant de s'adresser à ses disciples, il dit : « La Fidèle Sagesse continua de réciter des hymnes et elle dit : «Ma force célèbre les louanges de la lumière; n'oublie pas toutes les forces de la lumière qu'elle t'a données et toutes les forces qui sont à toi; j'adresse une hymne au nom de son mystère saint qui a remis toutes tes fautes et qui te protège contre toutes les afflictions dont tes ennemis t'affligeaient; il a délivré ta lumière de tes persécuteurs, qui étaient acharnés à te nuire; il t'a donné la couronne de lumière dans sa miséricorde; il t'a délivrée et remplie d'une lumière pure. » Et le premier mystère, ayant dit ces mots, dit : « Que celui qui peut donner l'explication de ces paroles, avance et qu'il la donne clairement. » Et Marie s'avança et dit : « Seigneur, ta force de lumière a prophétisé jadis en ces termes par la bouche de David au sujet des paroles qu'a dites la Fidèle Sagesse : « Que mon âme loue le Seigneur, et que tout ce qui est en moi loue le Seigneur. » Et quand le premier mystère eut entendu les paroles que dit Marie, il dit : « C'est bien, ô Marie, tu es heureuse. » Et ensuite, continuant de parler, le premier mystère dit à ses disciples : « Portant la Fidèle Sagesse, je la conduisis dans les régions qui sont au-dessous du treizième éon, et je lui donnai le nouveau mystère de la lumière, et je lui donnai l'hymne de la lumière pour que les archons des éons ne l'emportassent pas sur elle depuis cette heure, et je la mis dans cette place jusqu'à ce que, venant à elle, je la conduisis à sa place qui est dans les régions supérieures. Et lorsque je l'eus mise en cette place, elle adressa une autre hymne, s'exprimant de cette manière : « Je suis fidèle à la lumière et je la loue, parce que, se souvenant de moi, elle a entendu mon hymne. Elle a tiré ma force du chaos et des ténèbres de toute la matière, et, me conduisant en haut, elle m'a placée dans une région élevée et ferme ; elle m'a mise dans la voie qui conduit à ma place, et elle m'a donné le nouveau mystère, elle m'a donné l'hymne de la lumière. Maintenant, lumière, tous les archons verront ce que tu as fait à mon égard, afin qu'ils craignent et qu'ils soient fidèles à la lumière. » Tel est l'hymne que dit la Fidèle Sagesse, pleine d'allégresse d'avoir été retirée du chaos et d'avoir été conduite dans la région qui est au-dessous du treizième éon. Et maintenant, que celui que son intelligence anime, et qui comprend l'explication de l'hymne qu'a dite la Fidèle Sagesse, s'avance pour le dire. » Et André avança et dit : « Seigneur, ta force de lumière a jadis prophétisé à cet égard par la bouche de David, lorsqu'il a dit : « Le Seigneur a entendu ma prière; il a conduit mon âme hors du tombeau » Et lorsqu'André eut donné l'explication des paroles de la Fidèle Sagesse, le premier mystère lui dit : « C'est bien, André; tu es heureux. » Et continuant de parler, il dit à ses disciples : « Telles sont toutes les choses qui sont advenues à la Fidèle Sagesse. Et lorsque je l'eus conduite dans les régions qui sont au-dessous du treizième éon, m'étant approché de la lumière, elle me dit : «Lumière des lumières, rends-toi vers la lumière afin que tu te sépares de moi, et qu'Adamas le tyran sache que tu t'es séparée de moi, et qu'il ne sache pas qui doit me délivrer. Car il est venu vers moi dans cette région, lui et tous les archons qui me haïssent, ainsi que le triple pouvoir qui donnera la puissance à la force à face de lion, pour qu'ils viennent tous me tourmenter et qu'ils m'enlèvent toute ma lumière, et qu'ainsi je devienne sans puissance et que je me trouve privée de lumière. Et maintenant, lumière et ma lumière, ôte-leur la force de leur lumière, afin qu'ils ne puissent plus m'affliger dès cette heure. »

« Et lorsque j entendis les paroles que disait la Fidèle Sagesse, je lui répondis : « Mon Père qui m'a procréé, ne m'a pas encore permis de leur enlever leur lumière; mais je scellerai les régions du triple pouvoir de tous ces archons qui te haïssent , parce que tu as été fidèle à la lumière; et je scellerai aussi les régions d'Àdamas et de ses archons , pour qu'ils n'aient pas la force de combattre contre toi, jusqu'à ce que leur temps soit accompli, et jusqu'à ce que le moment soit venu pour que mon Père me permette de leur enlever leur lumière. » Et je lui dis ensuite : «Écoute que je te fasse connaître leur temps et quand arriveront les choses que je te dis : elles arriveront lorsque trois temps auront été accomplis. » Et la Fidèle Sagesse me répondit :« Lumière, fais que je sache quand les trois temps seront accomplis, afin que je me réjouisse et que je sois dans l'allégresse lorsque approchera le temps où tu dois me conduire dans l'endroit qui est à moi, et je me réjouirai aussi de ce que le temps approchera où tu ôteras la lumière à tous ceux qui me haïssent, parce que j'ai été fidèle à ta lumière.» Et je répondis : « Quand tu verras la porte du trésor de la grande lumière qui sera ouverte au treizième éon et qui est à gauche, quand ils auront ouvert cette porte, les temps seront accomplis. » Et la Sagessse répondit : « Lumière, comment, étant dans les lieux où je suis, saurai-je que cette porte est ouverte?» Et je lui répondis : «Lorsqu'ils ouvriront cette porte, tous ceux qui sont dans toutes les régions aérées le sauront à cause de la grande lumière qui se répandra dans toutes leurs régions, et j'ai disposé ces portes pour que tes ennemis ne puissent te faire aucun mal jusqu'à ce que les trois temps soient accomplis. Tu auras la faculté d'aller chez leurs douze éons au temps que tu voudras et de revenir pour retourner dans ton lieu qui est au-dessous de la treizième région des éons, et dans lequel tu es maintenant; mais tu n'auras pas la faculté d'entrer dans la porte des régions supérieures qui est dans le treizième éon, pour entrer dans ton lieu d'où tu es sortie. Quand les trois temps seront accomplis, tes ennemis te tourmenteront de nouveau avec tous leurs archons pour t'enlever la lumière, étant irrités contre toi et pensant que tu t'es emparée de leur force dans le chaos, et croyant que tu leur as enlevé leur lumière. Ils t'attaqueront donc afin de t'enlever ta lumière, pour la mettre dans le chaos et pour la donner à leurs créatures, pour qu'elles puissent sortir du chaos et venir en leur région. Adamas les assistera, mais je leur enlèverai toutes leurs forces, je te les donnerai et je viendrai pour que tu les prennes. Lorsqu'ils te tourmenteront , alors adresse une hymne à la lumière, et je ne différerai pas de t'assister, et je viendrai promptement vers toi des lieux qui sont au-dessous de toi; je leur enlèverai leur lumière, et du lieu où je t'ai placée, au-dessous de la treizième région des éons, je te conduirai jusqu'au lieu où tu es sortie. » Et quand la Fidèle Sagesse eut entendu ces paroles que je lui dis, elle fut remplie d'une allégresse extrême. Et, la laissant dans la région qui est au-dessous de la treizième région des éons, je me séparai d'elle et je vins vers la lumière. »

Le premier mystère dit ainsi à ses disciples toutes les choses qui étaient arrivées à la Fidèle Sagesse, et il était assis au milieu d'eux sur le mont des Oliviers, leur montrant toutes ces choses. Et continuant do parler, il dit : « Il arriva ensuite que, lorsque j'étais assis dans le monde des hommes, tant assis auprès de la voie qui mène en ce lieu, c'est-à-dire à la montagne des Oliviers, avant que m'eût été envoyé mon vêtement dont je me revêtis dans le vingt-quatrième mystère, et je n'étais pas encore venu dans les régions supérieures pour recevoir mes deux vêtements, étant assis près de vous en ce lieu qui est la montagne des Oliviers ; et le temps que j'avais indiqué à la Fidèle Sagesse fut accompli, temps auquel Adamas avec tous ses archons devait la tourmenter. Et quand ce temps fut accompli, j'étais dans le monde du genre humain ; étant auprès de vous en ce lieu, Adamas regarda du haut des douze éons dans les régions du chaos, et il vit sa force, qui est dans le chaos entièrement dépourvue de lumière, parce que je lui avais ôté sa lumière ; et il vit qu'elle était obscure et qu'elle ne pouvait parvenir à sa place, qui est les douze éons. Adamas se souvint de la Fidèle Sagesse, et il fut irrité extrêmement contre elle, pensant qu'elle s'était emparée de sa force dans le chaos et croyant qu'elle lui avait enlevé sa lumière ; et il prit avec lui une foule de ses archons, et ils poursuivirent la Sagesse pour la rejeter dans le chaos. Et elle éleva sa voix vers moi, implorant mon assistance et disant : «Lumière des lumières, je mets ma confiance en toi ; délivre-moi de mes ennemis et ne souffre pas qu'ils m'enlèvent ma lumière. Élève ma force au-dessus de mes ennemis qui se sont déclarés contre moi sans me laisser de trêve. Hâte-toi et secours-moi ainsi que tu me l'as promis.»

Et quand le premier mystère eut achevé de dire ces paroles, il dit : «Que celui qui comprend les paroles qu'a dites la Fidèle Sagesse , s'avance afin d'en donner l'explication. » Et Jacques s'avança et dit : « Seigneur, ta force de lumière a jadis prophétisé par la bouche de David au sujet des paroles de la Fidèle Sagesse, lorsqu'il a dit dans le septième psaume : «Seigneur, mon Dieu, je crois en toi, protége-moi contre mes persécuteurs» Et quand le premier mystère eut entendu les paroles que dit Jacques, il dit : «C'est bien Jacques que je chéris.»

Et Jésus continua et dit : «Il arriva que, lorsque la Fidèle Sagesse eut achevé de dire les paroles de cette hymne, elle se tourna en arrière pour voir si Adamas se retournerait avec ses archons, pour qu'ils vinssent dans leur région, et elfe les vit qui la poursuivaient ; elle se retourna vers eux et leur dit : «Pourquoi me persécutez-vous, disant que je ne recevrai nul secours afin que je sois délivrée de vous? Maintenant mon défenseur est juste, et sa lumière est puissante, et il m'assistera jusqu'au temps qu il a fixé ; car il m'a dit: «Je viens pour te secourir; » et il étendra sa colère sur vous en tout temps, et c'est le temps qu'il m'a indiqué. Maintenant, si vous ne retournez en arrière et si vous ne cessez de me poursuivre, la lumière préparera sa force ; elle préparera toutes ses forces pour vous enlever votre lumière, et vous serez dans l'obscurité. Et elle a procréé ses forces pour vous enlever votre force, afin que vous périssiez. » Quand la Fidèle Sagesse eut ainsi parlé, regardant dans la région d'Adamas, elle vit cette région obscure et le chaos qu'il avait procréé ; et elle vit aussi deux proboles obscures très cruelles qu'Adamas avait procréées pour qu'elles saisissent la Fidèle Sagesse et qu'elles la conduisissent dans le chaos qu'il procréa, afin qu'elles la tourmentassent dans cette région jusqu'à ce qu'elles lui eussent enlevé sa lumière.

«Et il advint que, lorsque la Fidèle Sagesse vit ces deux proboles obscures et cruelles et cette région obscure qu'avait procréée Adamas, elle fut effrayée et s'adressa à la lumière, en s'écriant : «Lumière, voici qu'Adamas, le fauteur de l'injuste, s'est irrité ; il a procréé une probole obscure et une seconde probole, et il a procréé le chaos. Et maintenant, ô lumière, enlève-lui le chaos qu'il a créé pour m'y mettre en me privant de ma lumière, et détruis la résolution qu'il a prise de m'enlever ma lumière. Et en punition de son injustice de vouloir m'enlever ma lumière, ôte-lui toutes les siennes.» Telles sont les paroles que dit la Fidèle Sagesse dans son hymne. Et maintenant, que celui qui a l'intelligence avance, afin de donner l'explication des paroles qu'a dites la Fidèle Sagesse en son hymne. » Et Marthe, s'avançant, dit : « Seigneur, j'ai l'intelligence des paroles que tu as dites. Permets-moi d'en donner l'explication avec clarté. » Et le premier mystère, répondant à Marthe, lui dit : «Je te permets, Marthe, afin de donner l'explication des paroles qu'a prononcées la Sagesse dans son hymne. » Et Marthe dit : «Seigneur, ce sont les paroles que ta puissance de lumière a prophétisées jadis par la bouche de David dans le septième psaume: «Mon Dieu est un juge véritable, fort et compatissant ; si vous ne vous convertissez pas, il aiguisera son glaive ; il tendra son arc et il le préparera, et ses flèches vous consumeront. » Et quand Marthe eut fini, le premier mystère lui dit en la regardant : « C'est bien, Marthe, tu as bien parlé, tu es heureuse »

Et il advint que lorsque Jésus eut fini de dire à ses disciples tout ce qu'avait éprouvé la Fidèle Sagesse lorsqu'elle était précipitée dans le chaos, et la manière dont elle adressait des hymnes à la lumière pour que celle-ci voulût la sauver et la tirer du chaos, l'introduisant dans la douzième région des éons, et la manière dont la lumière la protégea dans toutes les afflictions que lui avaient infligées les archons du chaos, parce qu'elle s'efforçait de venir à la lumière, Jésus, continuant ensuite son discours, dit à ses disciples : « Il advint ensuite que portant la Fidèle Sagesse, je l'introduisis dans la treizième région des éons, où était une lumière immense et supérieure à toute autre lumière, et je l'introduisis dans la région du vingt-quatrième invisible, où était une lumière immense, et ils furent troublés en voyant la Sagesse qui était avec moi ; ils la connurent, mais ils ne connurent pas qui j'étais, mais ils me regardaient comme rémission de la région de la lumière. Et quand la Sagesse vit ses compagnons invisibles, elle fut remplie d'une allégresse extrême, et voulut leur montrer les miracles que j'avais faits pour elle depuis la terre de l’humanité jusqu'à ce que je l'eusse délivrée. Montant au milieu des invisibles, elle m'adressa une hymne au milieu d'eux, disant : « Je déclarerai devant toi, lumière, que tu es le Sauveur et le Rédempteur en tout temps. J'entonnerai une hymne à la louange de la lumière qui m'a protégée et qui m'a délivrée de la main des archons, mes ennemis, et tu m'a délivrée dans toutes les régions ; tu m'as délivrée dans les régions supérieures comme dans le fond du chaos, et dans les sphères des archons des éons, et lorsque j'étais descendue de la hauteur, je m'étais égarée dans des régions où il n'y a nulle lumière. Je n'ai pu me tourner vers toi dans la treizième région, ma demeure, parce qu'il n'y a en moi aucune lumière, ni aucune force ; ma force est accablée par l'affliction. Et la lumière m'a protégée dans toutes mes peines ; elle m'a entendue lorsque j'étais livrée à mes ennemis ; elle m'a indiqué la voie dans la région des éons pour me conduire à la treizième région des éons, ma demeure. Je te rendrai témoignage, ô lumière, parce que tu m'as sauvée, et je célébrerai tes miracles dans la race de l'humanité. Lorsque j'étais privée de ma force, tu m'as donné la force, et lorsque je manquais de lumière, tu m'as remplie d'une lumière pure. J'ai été dans les ténèbres et dans l'ombre du chaos. J'ai été liée par des chaînes dures dans le chaos où il n'y a nulle lumière, parce que j'ai enfreint l'ordre de la lumière et que je l'ai courroucée par ma désobéissance, en sortant de la place qui m'appartenait. Et quand je fus descendue, je fus privée de ma force et je fus sans lumière. Et personne ne me secourut, et lorsque mes ennemis me tourmentaient, je m'adressai à la lumière, et elle me protégea contre tous mes ennemis; elle brisa tous mes liens ; elle me tira des ténèbres et de l'affliction du chaos. Je te célébrerai, lumière, parce que tu m'as sauvée, et les miracles se sont montrés dans la race de l'humanité, et tu as brisé les portes élevées des ténèbres et les durs leviers du chaos, et lorsque mes ennemis me tourmentaient, j'ai adressé une hymne à la lumière, et elle m'a défendue contre tous mes persécuteurs. Envoyant ton émanation vers moi, tu mas donné de la force, elle m'a délivrée de toutes mes afflictions. Je te célébrerai, lumière, parce que tu m'as sauvée, et parce que tu as ait des miracles dans la race de l'humanité.»

« Telle est l'hymne que dit la Fidèle Sagesse étant au milieu du vingt-quatrième invisible, voulant leur faire savoir tous les miracles que j'avais faits pour elle, et voulant leur faire savoir qu'en venant dans le monde de l'humanité, je leur avais donné les mystères des régions supérieures. Maintenant que celui qui est élevé en son intelligence vienne, afin de dire l'explication de l'hymne qu'a dite la Fidèle Sagesse. »

Et lorsque Jésus eut fini de dire ces paroles, Philippe dit : « Jésus, mon Seigneur, haute est ma pensée, el je comprends l'explication de l'hymne qu'a dite là Sagesse. C'est à ce sujet que jadis le prophète David a prophétisé, disant dans le cent dixième psaume. « Rendez témoignage au Seigneur, parce qu'il est compatissant, et parce que sa miséricorde s'étend jusque dans l'éternité»

«Voilà, Seigneur, l'explication de l'hymne que dit la Sagesse. » Et quand Jésus eut entendu les paroles que disait Philippe, il dit : « C'est bien, Philippe, tu es heureux; c'est l'explication de l'hymne qu'a dite la Sagesse.»

Et après toutes ces choses, Marie s'avança et adora les pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, ne te fâche pas si je t'interroge, parce que nous nous informons de toute chose avec zèle et avec empressement. Tu nous a dit jadis : Cherchez et vous trouverez ; appelez et on vous ouvrira. Maintenant, Seigneur, quel est celui que je trouverai, ou quel est celui que nous appellerons ? ou quel est celui qui a le pouvoir de nous donner l'explication des paroles au sujet desquelles nous t'interrogeons? Tu nous as donné la connaissance de la lumière, et tu nous a révélé des choses sublimes. Il n'y a personne dans le monde du genre humain qui ait cette connaissance, il n'y a personne dans les régions supérieures des éons qui ait la force de nous enseigner le sens des paroles que tu dis; toi seul,sachant tout, et parfait en toute chose, peux le faire; c'est pourquoi je ne m'enquiers point de ces choses comme le font les hommes du monde, mais nous la cherchons dans la connaissance des régions supérieures que tu nous a donnée, et nous la cherchons aussi dans le lieu de l'explication parfaite que tu nous a enseignée. Maintenant, Seigneur, ne te fâche pas contre moi, mais révèle-moi la parole au sujet de laquelle je t'interroge.» Et quand Jésus eut entendu les paroles qu'avait dites Marie-Madeleine, il lui répondit : « Demande ce que tu veux demander, et je te révélerai avec empressement et vérité ce que tu devras faire; en vérité, en vérité, je vous le dis, livrez-vous à une grande joie et soyez dans une extrême allégresse, vous informant avec empressement de toutes choses, et je me réjouirai lorsque vous vous informerez avec zèle de ce qu'il vous convient de savoir. Demande ce que tu désires connaître, et je te le révélerai avec joie. .»

Lorsque Marie eut entendu les paroles que dit le Sauveur, elle éprouva une grande allégresse, et elle se réjouit extrêmement, disant à Jésus : « Mon Sauveur et Seigneur, de quelle manière sont les vingt-quatre invisibles, et comment sont leurs régions, et de quelle espèce sont-ils, ou de quelle espèce est leur lumière ? » Et Jésus répondit à Marie : « Qu'y a-t-il en ce monde qui soit semblable à eux ? ou quel est en ce monde le lieu qui est semblable à eux? A quoi les comparerai-je, ou qu'est-ce que je dirai d'eux? Il n'y a en ce monde aucun objet auquel je les comparerai, et il n'y a nulle chose qui puisse s'y assimiler, car il n'y a rien en ce monde qui soit de l'espèce du ciel. En vérité, je vous le dis, chaque invisible est plus grand que le ciel et que la sphère qui est au-dessus de lui, et il n'y a nulle lumière en ce monde plus éclatante que la lumière du soleil; mais en vérité, en vérité, je vous le dis, les vingt-quatre invisibles sont d'une lumière plus éclatante dix mille fois que la lumière du soleil qui est en ce monde, selon la manière que je vous ai dite une autre fois, et la lumière du grand ancêtre invisible est dix mille fois plus grande que la lumière des invisibles, ainsi que je vous l'ai dit. Mais encore un peu de temps, et je te conduirai, toi et tes frères qui comme toi sont mes disciples, dans tous les lieux des régions supérieures, et je vous conduirai dans les trois emplacements du premier mystère jusqu'au lieu unique du séjour de l'Ineffable, Et vous verrez toutes ses formes dans la réalité, elles qui n'ont pas de pareilles, et quand je vous aurai conduits dans les régions supérieures, vous verrez la gloire de ceux qui appartiennent aux régions supérieures, et vous serez dans une admiration extrême, et quand je vous conduirai dans la région des archons de l'heimarmené, vous verrez la gloire dans laquelle ils sont, et vous regarderez le monde qui est devant vous comme l'obscurité de l'obscurité, et lorsque vous regarderez tout le monde du genre humain, il vous paraîtra comme un grain de poussière, à cause de la distance énorme qui vous séparera de lui; Et quand je vous aurai conduit vers les douze éons, vous verrez la gloire dans laquelle ils sont, et à cause de cette gloire, la région des archons de l'heimarmené vous paraîtra comme l'obscurité des ténèbres et elle sera devant moi comme un grain de poussière à cause de la grande distance qui la sépare d'elle, ainsi que je vous l'ai dit.

« Et lorsque je vous aurai conduits à la treizième région des éons et que vous verrez sa gloire, les douze régions des éons vous paraîtront comme l'obscurité des ténèbres, et quand vous verrez les douze éons, ils vous paraîtront comme un grain de poussière à cause de la grande distance qui les sépare, et de son éclat qui est bien supérieur au sien.

« Et quand je vous aurai conduits aux régions du milieu et que vous verrez la gloire qui y brille, la treizième région des éons vous semblera l'obscurité des ténèbres, et lorsque de là vous regarderez les douze éons, eux et leurs sphères, et tout ce qui les accompagne, paraîtront comme un grain de poussière devant vous, à cause de la grande distance qu'il y a entre eux et la grande supériorité qu'il y a au-dessus d'eux.

« Et quand je vous aurai conduits aux régions de ceux qui appartiennent à la droite et que vous verrez la gloire dans laquelle ils sont, les régions de ceux qui appartiennent au milieu vous paraîtront comme la nuit qui est dans le monde du genre humain, et lorsque vous regarderez le milieu, il sera à vos yeux comme un grain de poussière , à cause de la grande distance qu'il y a entre lui et les régions de ceux qui appartiennent à la droite; et quand je vous aurai conduits à la terre de lumière où est le trésor de la lumière, pour que vous voyiez la gloire dans laquelle ils sont, les régions de ceux qui appartiennent à la droite vous paraîtront comme la lumière du midi dans le monde du genre humain, quand le soleil ne s'illumine pas; et lorsque vous aurez regardé les régions de ceux qui appartiennent à la droite, ils paraîtront comme un grain de poussière devant vous à cause de la grande distance qui les sépare du trésor de la lumière, et lorsque je vous conduirai dans les régions qui sont le partage de ceux qui ont reçu les mystères de la lumière, pour que vous voyiez la gloire de la lumière dans laquelle ils sont, la terre de la lumière vous paraîtra semblable à la lumière du soleil qui est dans le monde du genre humain; et lorsque vous regarderez la terre de la lumière, elle vous paraîtra comme un grain de poussière, à cause de la grande distance qui la sépare de la terre de la lumière et de la grandeur qui est bien supérieure. »

Et lorsque Jésus eut cessé de dire ces paroles à ses disciples, Marie-Madeleine s'avança et dit : « Seigneur, ne te fâche pas contre moi si je t'interroge, parce que nous nous informons avec empressement de toutes choses. » Et Jésus répondit à Marie : « Demande ce que tu veux demander, et je te le révélerai clairement, sans parabole, et je te dirai toutes les choses dont vous vous informerez depuis l'intérieur des intérieurs jusqu'à l'extérieur des extérieurs, et depuis l'Ineffable jusqu'à l'obscurité des ténèbres, afin que vous ayez de toutes ces choses une connaissance entière. Ainsi, Marie, informe-moi de ce que tu veux savoir, et je te le révélerai avec beaucoup de joie et d allégresse » et elle dit : « Seigneur, est-ce que les hommes du monde, qui auront reçu les mystères de la lumière, seront plus élevés que les proboles du trésor de la lumière dans ton royaume, car je t'ai entendu dire: Lorsque je vous aurai conduits dans les régions de ceux qui reçoivent les mystères, la région de la terre de la lumière vous paraîtra comme un grain de poussière, à cause de la grande distance qui l'en sépare et de la grande gloire dans laquelle il est. Maintenant, dis-nous, Seigneur, les hommes recevant les mystères seront-ils plus élevés que la terre de la lumière et seront-ils plus élevés qu'elle dans le royaume de la lumière? » Et Jésus répondit à Marie : « Il est bien que tu t'informes de toutes choses avec zèle et avec empressement; mais, écoute, Marie, je te parlerai de l'accomplissement des éons et de l'érection de l'univers.

«Je vous l'ai déjà dit : lorsque je vous aurai conduits dans les régions qui sont le partage de ceux qui reçoivent les mystères de la lumière et les trésors de la lumière, les régions des proboles de la lumière ne vous paraîtront que comme un grain de poussière et comme la lumière du soleil du jour. Et ces choses arriveront au temps de l'érection de l'univers. Les douze sauveurs des trésors, et les douze rangs de chacun d'eux qui sont les proboles des sept voix et des cinq arbres, seront avec moi dans les régions qui sont le partage de la lumière, et ils seront avec moi dans mon royaume. Chacun d'eux sera sur ses proboles, et chacun d'eux sera roi sur sa gloire, grand sur sa grandeur et petit sur sa petitesse. Et le sauveur de la probole de la première voix sera dans la région des âmes qui recevront le premier mystère du premier mystère dans mon royaume. Et le sauveur de la probole de la seconde voix sera dans la région des âmes de ceux qui recevront le second mystère du premier mystère dans mon royaume. Et le sauveur de la probole de la troisième voix sera dans la région de ceux qui recevront le troisième mystère du premier mystère dans le partage de la lumière. Et le sauveur de la probole de la quatrième voix du trésor de la lumière sera dans la région des âmes de ceux qui recevront le quatrième mystère du premier mystère dans le partage de la lumière, et le sauveur de la probole de la cinquième voix du trésor de la lumière sera dans la région des âmes recevant le cinquième mystère du premier mystère dans le partage de la lumière, et le sixième sauveur de la probole de la sixième voix sera dans la région des âmes recevant le sixième mystère du premier mystère ; et le septième sauveur de la probole de la septième voix du trésor de la lumière sera dans la région des âmes recevant le septième mystère du premier mystère dans le trésor de ta lumière ; et le huitième sauveur, qui est le même que le sauveur de la probole du premier arbre du trésor de la lumière, sera dans la région des âmes recevant le huitième mystère du premier mystère dans le partage de la lumière; et le neuvième sauveur, qui est le même sauveur de la probole du second arbre du trésor de la lumière , sera dans la région des âmes recevant le neuvième mystère du premier mystère dans le partage de la lumière; et le dixième sauveur, qui est le même que le sauveur de la probole du troisième arbre du trésor de la lumière, sera dans la région des âmes recevant le dixième mystère du premier mystère dans le partage de la lumière; et le onzième sauveur, qui est le même que le sauveur du quatrième arbre du trésor de la lumière, sera dans la région des âmes recevant le onzième mystère du premier mystère dans le partage de la lumière ; et le douzième sauveur, qui est le même que le sauveur du cinquième arbre du trésor de la lumière, sera dans la région des âmes recevant le douzième mystère du premier mystère dans le partage de la lumière; et le septième amen, et les cinq arbres, et les trois amen seront à ma droite, rois subsistant dans le partage de la lumière, et sauveurs jumeaux qui sont reniant de l'enfant ; et les neuf gardiens resteront aussi à ma gauche, trois subsistant dans le partage de la lumière; et chacun des sauveurs sera roi sur les rangs de ses proboles dans le partage de la lumière, comme ils sont dans les trésors de la lumière; et neuf gardiens des trésors de la lumière seront plus élevés que les sauveurs dans le partage de la lumière; et les sauveurs jumeaux seront plus élevés que les neuf gardiens dans le royaume ; et les trois amen seront plus élevés que les deux sauveurs jumeaux dans le royaume; et les cinq arbres seront plus élevés que les trois amen dans le partage de la lumière; et Jeû , gardien des possessions de la lumière et le grand Sabaoth le bon, seront rois sur le premier sauveur de la première voix du trésor de la lumière qui sera dans la région de ceux qui recevront le premier mystère du premier mystère, parce que Jeû est le gardien des régions de ceux qui appartiennent à la droite, el Melchisédech, le grand héritier de la lumière, et les deux grands chefs émanant de la lumière choisie qui est la pureté même et qui s'étend du premier arbre jusqu'au cinquième. Jeû est l'évêque de la lumière qui émane le premier dans la pureté de la lumière du premier arbre ; il est le gardien du partage de ceux qui appartiennent à la droite émanant du second arbre, et les deux chefs émanant aussi de la pure lumière choisie du troisième et du quatrième arbre dans le trésor de la lumière. Melchisédech émane aussi du cinquième arbre. Le grand Sabaoth le bon, que j'ai appelé mon Père, émane de Jeû, le gardien de la lumière (2465  ).

« A cause de la sublimité de la chose qu'il a mise en soi, ils seront rois associés dans le premier mystère de la première voix du trésor de la lumière, et ils seront dans la région des âmes recevant le premier mystère du premier mystère, et la vierge de la lumière et le grand conducteur du milieu que les archons des éons appellent le grand Jaô, nom du grand archon qui est dans leurs régions. Lui et la vierge de la lumière et de ses douze diacres (διάκονες), dans lesquels vous aurez reçu la forme, et desquels vous aurez reçu la force, ils seront aussi tous rois. Et le premier sauveur de la première voix dans la région des âmes de ceux qui recevront le premier mystère du premier mystère dans les possessions de la lumière, et les quinze satellites des sept vierges de la lumière qui sont dans le milieu émaneront des régions des douze sauveurs , ainsi que les autres anges du milieu, chacun sur sa gloire, afin qu'ils soient rois avec moi dans les possessions de la lumière, et je serai roi sur eux tous dans les possessions de la lumière. Toutes les choses que je vous dis ne seront point en ce temps ; mais elles seront dans l'association des éons, qui est la solution de toutes choses et l'érection totale du compte des âmes qui participent aux possessions de la lumière Mais, avant cette association dont je vous parle, ces choses n'auront pas lieu, et chacun sera dans sa région où il est placé depuis le commencement , jusqu'à ce que les nombres de la congrégation des âmes accomplies soient complets ; les sept voix et les cinq arbres, et les trois amen, et les sauveur jumeaux, et les neuf gardiens, et les douze sauveurs, et ceux qui sont dans les régions de ceux qui appartiennent à la droite, et ceux qui sont dans les régions du milieu, chacun d'eux restera dans la région où ils ont été placés jusqu'à ce qu'ils soient tous transportés au dehors et que le nombre des âmes de la lumière soit accompli; et tous les autres archons qui appartiennent au milieu resteront aussi dans les régions où ils sont placés jusqu'à ce que les mêmes choses s'accomplissent , et toutes les âmes viendront chacune au temps où elle recevra le mystère, et elles seront transportées vers les archons qui appartiennent au milieu, et elles viendront dans les régions de ceux qui appartiennent au milieu, et ceux qui appartiennent au milieu les baptiseront de l'onction spirituelle, et elles passeront dans ceux qui appartiennent à toutes les régions du milieu, et elles passeront dans les régions de ceux qui appartiennent à la droite, et dans les régions des neuf gardiens, et dans les régions des sauveurs jumeaux, et dans les régions des trois amen et des douze sauveurs, et dans les cinq arbres et les sept voix, chacun fournissant ses sceaux et ses mystères, et ils viendront en toutes ces âmes pour qu'elles viennent dans les régions des possessions de la lumière selon qu'il aura reçu le mystère de la lumière et il aura pris une possession de la lumière.

« Et toutes les âmes du genre humain qui recevront les mystères de la lumière viendront d'abord à tous les archons qui appartiennent au milieu, et elles viendront d'abord à ceux qui appartiennent à toutes les régions du milieu, et à ceux qui appartiennent aux régions de tous ceux qui appartiennent à la droite; et ils viendront d'abord à ceux qui appartiennent à toute région des trésors de la lumière, et ils entreront dans tous, et ils viendront d'abord à ceux qui appartiennent à toutes les régions du premier commandement, pour qu'ils aillent dans les possessions de la lumière jusqu'à la région de son mystère, pour que chacun reste dans la région qui a reçu le mystère pour lui et ceux qui appartiennent à la région du milieu, et ceux qui appartiennent à la droite et ceux qui appartiennent à toutes les régions des trésors de la lumière. Chacun sera dans la région et le rang dans lesquels il a été placé dès le commencement, jusqu'à ce que toutes choses soient accomplies, chacun d'eux ayant terminé la fonction à laquelle il a été destiné, à cause de la congrégation des âmes qui ont reçu les mystères, à cause de cet arrangement, afin qu'ils mettent leur sceau sur toutes les âmes qui ont reçu les mystères et qui doivent passer en ceux qui auront pris part aux possessions de la lumière. Et maintenant, Marie, voilà la chose dont tu t'informais avec empressement et avec zèle. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. »

Et quand Jésus eut cessé de dire ces paroles, Marie-Madeleine s'avança et dit : «Seigneur, toutes les paroles que tu as dites sont pour mes oreilles des trésors de lumière ; mais, maintenant, souffre que je t'interroge sur ce que tu as dit, Seigneur : Toutes les âmes de la race humaine qui recevront les mystères de la lumière entreront d'abord dans le partage de la lumière avant tous les archons et avant ceux qui appartiennent à toute région de ceux qui appartiennent à la droite, et même toute région du trésor de la lumière. Et tu nous as dit jadis : Les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers ; les derniers sont la race de tous les hommes, qui entrera d'abord dans le royaume de la lumière, comme ceux qui appartiennent à toutes les régions supérieures, et sont les premiers. Tu nous as aussi dit, Seigneur : Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre; ce qui signifie : Tu voulais savoir si nous comprenions toutes les paroles que tu as dites. »

Et lorsqu'elle eut cessé de parler, le Sauveur admira ce qu'elle venait de dire, car c'était le sens parfait de ce qu'il avait révélé.

Et Jésus répondit : « C'est bien, Marie, et tu parles avec grande sagesse; c'est l'explication de la parole. » Et ensuite Jésus, continuant, dit à ses disciples : « Écoutez que je vous parle de la gloire de ceux qui appartiennent à la hauteur, comme ils sont suivant la manière dont je vous parlai jusqu'à aujourd'hui. Lorsque je vous aurai conduits à la région du dernier soutien entourant les trésors de la lumière, et lorsque je vous conduirai en ces régions pour que vous voyiez la gloire dans laquelle il est, la région du partage de la lumière ne sera plus dans votre pensée que l'image de celle du monde, à cause de la grandeur dans laquelle est le dernier soutien et de la grande lumière dans laquelle il est, et ensuite je vous parlerai de la gloire du compagnon qui est au-dessus du petit compagnon. Je vous parlerai des régions qui sont au-dessus des compagnons ; il n'existe à leur égard nulle ressemblance en ce monde pour que j'en fasse la comparaison, nulle similitude que je puisse exprimer, nulle force, nulle lumière dans ce monde qui puisse leur être comparée. Il n'y a donc aucun moyen d'exprimer en ce monde ce que sont les choses dont je vous parle. »

Et lorsque Jésus eut cessé de parler, Marie-Madeleine s'avança et lui dit: «Seigneur, ne te fâches pas contre moi si je m'informe de toutes ces choses avec empressement et avec zèle, afin que mes frères les annoncent à la race humaine, pour que les hommes, les entendant et les croyant, soient préservés des tourments rigoureux que leur feraient subir les archons méchants, afin qu'ils arrivent dans la hauteur du royaume des lumières ; et c'est pourquoi, Seigneur, non seulement nous sommes miséricordieux à l'égard de nous-mêmes, mais de plus nous sommes miséricordieux à regard de toute la race humaine pour qu'elle soit préservée de tous tourments rigoureux. Et maintenant, Seigneur, nous nous informons de toutes choses avec empressement, afin que nos frères les annoncent à toute la race des hommes, afin qu'ils ne tombent pas dans la main des archons cruels des ténèbres, et pour qu'ils soient préservés des souffrances des ténèbres extérieures. »

Et lorsque Jésus eut entendu les paroles que disait Marie, le Sauveur, manifestant pour elle sa grandis miséricorde, lui dit: «Demande ce que tu veux demander, et je te le révélerai avec empressement et clarté , sans parabole.» Et quand Marie eut entendu les paroles que disait le Sauveur, elle éprouva une vive allégresse,et elle dit : « Seigneur, de combien le second ancêtre est-il plus grand que le premier, et quelle est la distance qui les sépare et de combien sa lumière sera-t-elle plus grande?» Et Jésus répondit à Marie, en parlant au milieu de ses disciples: «En vérité, en vérité, je vous le dis, le second ancêtre est éloigne du premier, d'une telle distance que nulle mesure ne peut l'exprimer, selon la hauteur et selon la profondeur, selon la largeur et selon la longueur. Il est éloigné d'une distance immense que nulle mesure ne peut exprimer auprès des anges, des archanges et des dieux, et la supériorité de sa lumière est telle qu'aucun nombre ne peut la rendre. Le troisième, le quatrième et le cinquième ancêtre sont, chacun d'eux, supérieurs à l'autre, d'une supériorité qui n'a aucune mesure, et chacun possède une lumière supérieure à un degré qui ne saurait s'exprimer. »

Et quand Jésus eut cessé de dire ces paroles à ses disciples, Jean dit à Jésus : « Seigneur, mon Sauveur, permets aussi que je parle, et ne te courrouce pas contre moi si je m'enquiers de toute chose avec empressement et avec zèle, car tu nous as fait la promesse de nous révéler tout ce que je te demanderai. Et maintenant, Seigneur, ne nous cache rien au sujet des choses sur lesquelles nous t'interrogerons. » Et Jésus, répondant dans sa grande miséricorde, dit à Jean : «Toi aussi, tu es heureux, Jean, que je chéris ; dis les paroles que tu voudras, et je te révélerai face à face et sans paraboles ce que tu demanderas, t'enseignant toutes les choses que tu auras demandées avec zèle et empressement. » Et Jean dit à Jésus: «Seigneur, celui qui aura reçu le mystère, restera-t-il dans le lieu où il est et n'aura-t-il aucun moyen d'aller dans d'autres régions qui sont au-dessus de lui ou d'aller dans d'autres régions qui sont au-dessous de lui ?» Et Jésus répondant dit à Jean : « Mes disciples chéris et bons, vous vous informez de toutes choses avec empressement ; écoute, Jean, ce que je vais te dire : chacun recevant le mystère de la lumière restera dans le lieu ou il aura reçu le mystère, et nul n'aura la faculté de s'élever dans les régions qui sont au-dessus de lui ; celui qui aura reçu le mystère, dans la première disposition, aura la faculté d'aller dans les lieux qui sont au-dessous de lui, mais non dans ceux qui seront au-dessus,et celui qui aura reçu le mystère du premier mystère aura la faculté d'aller dans tous les lieux qui sont hors de lui, mais il n'aura pas celle d'aller dans les lieux qui sont au-dessus de lui, et il en sera ainsi de ceux qui auront reçu les mystères supérieurs (2466  ).

«En vérité, je vous le dis: cet homme dans la destruction du monde sera roi sur tous les ordres des pleurômes, et celui qui aura reçu le mystère de l'Ineffable, c'est moi. Il connaît le mystère à cause duquel les ténèbres ont été faits et à cause duquel la lumière a été faite ; il connaît le mystère de la création des ténèbres des ténèbres et de la lumière des lumières ; il connaît le mystère de la création du chaos et de celle du trésor de la lumière ; et il connaît le mystère de la création de la terre de la lumière, et il connaît le mystère de la création des châtiments réservés aux pécheurs, et il connaît le mystère de la régénération du règne de la lumière, et il connaît le mystère pourquoi les pécheurs ont été créés, et pourquoi ont été créés les domaines de la lumière, et il connaît le mystère pourquoi ont été faits les impies, et pourquoi ont été faits les saints, et il connaît le mystère pourquoi ont été faites les peines pour les méchants, et pourquoi ont été faites toutes les émanations de la lumière, et il connaît le mystère pourquoi le péché a été fait et pourquoi ont été faits les baptêmes et les mystères de la lumière, et il connaît le mystère pourquoi a été fait le feu du châtiment et pourquoi ont été faits les jets de la lumière, et il connaît le mystère pourquoi a été faite la colère et pourquoi a été faite la paix, et il connaît le mystère pourquoi a été fait le blasphème et pourquoi a été faite l'hymne de la lumière, et il connaît le mystère pourquoi ont été faites les similitudes de la lumière, et il connaît le mystère pourquoi a été faite l'injure et pourquoi a été faite la bénédiction, et il connaît le mystère pourquoi à été faite la méchanceté et pourquoi a été faite la flatterie, et il connaît le mystère pourquoi a été fait le meurtre et pourquoi a été faite la vivification de l'âme, et il connaît le mystère pourquoi ont été faits l'adultère et la débauche et pourquoi a été faite la pureté, el il connaît le mystère pourquoi a été faite la reconnaissance et pourquoi a été faite l'ingratitude, et il connaît le mystère pourquoi ont été faits l'orgueil et la jactance et pourquoi ont été faites l'humilité et la douceur, et il connaît le mystère pourquoi ont été faits les pleurs et pourquoi a été fait le rire, et il connaît le mystère pourquoi a été faite la médisance et pourquoi a été fait le discours profitable, et il connaît le mystère pourquoi a été faite l'obéissance et pourquoi a été faite la résistance, et il connaît le mystère pourquoi a été fait le murmure et pourquoi ont été faites la simplicité et l'humilité, et il connaît le mystère pourquoi a été faite la force et pourquoi a été faite la faiblesse, et il connaît le mystère pourquoi a été faite la pauvreté et pourquoi a été faite l'opulence, et il connaît le mystère pourquoi a été faite la domination dans le monde et pourquoi a été fait l'esclavage, et il connaît le mystère pourquoi a été faite la mort et pourquoi a été faite la vie. »

Et quand Jésus eut dit ces paroles à ses disciples, ils furent remplis de joie et d'allégresse de ce qu'il leur avait dit ces paroles. Et Jésus continuant de parler, leur dît :« Mes disciples chéris, écoutez ce que je vous dirai de la connaissance entière du mystère de l'Ineffable. Le mystère de l'Ineffable connaît pourquoi a été faite la sévérité et pourquoi a été faite la miséricorde ; il connaît pourquoi ont été faits les reptiles et pourquoi ils doivent être détruits, il connaît pourquoi ont été faits les animaux et pourquoi ils doivent être détruits, il connaît pourquoi ont été faits les troupeaux et pourquoi ont été faits les oiseaux, il connaît pourquoi ont été faites les montagnes et pourquoi ont été faites les pierres précieuses qui sont en elles, il connaît pourquoi a été faite la matière de l'or et pourquoi a été faite la matière de l'argent, il connaît pourquoi a été faite la matière de l'air et pourquoi a été faite te matière du fer, il connaît pourquoi a été faite la matière du plomb et pourquoi a été faite la matière du verre et pourquoi a été faite la matière de la cire, il connaît pourquoi ont été faites les plantes et pourquoi ont été faites leurs matières, il connaît pourquoi ont été faites les eaux de la terre et toutes les choses qui sont en elles et pourquoi la terre elle-même a été faite, il connaît pourquoi ont été faites les mers, et pourquoi ont été faits les animaux qui habitent les mers, il connaît pourquoi a été faite la matière du monde et pourquoi il doit être détruit. »

Et Jésus continuant de parler dit à ses disciples : « Mes disciples, mes compagnons, et mes frères, que chacun de vous se recueille dans l'esprit qui est en lui, afin que vous obéissiez à ma parole et que vous recueilliez toutes les paroles que je vous dirai, car, depuis ce moment, je continuerai è vous parler de toutes les sciences de l'Ineffable; il connaît le mystère pourquoi a été fait l'occident et pourquoi a été fait l'orient, il connaît le mystère pourquoi a été fait le midi et pourquoi a été fait le septentrion, il connaît le mystère de la création des démons et de la création du genre humain, il connaît le mystère de la création de la chaleur et de la création de l'air doux, il connaît le mystère de la création des étoiles et de la création des nuages; il connaît le mystère pourquoi la terre est profonde et pourquoi les eaux viennent à sa surface, il connaît le mystère pourquoi la terre est aride et pourquoi la pluie tombe sur elle, il connaît le mystère pourquoi est faite la disette et pourquoi est faite la fertilité, il connaît le mystère pourquoi est faite la gelée et pourquoi est faite la rosée salutaire, il connaît le mystère pourquoi est faite la poussière et pourquoi est fait un rafraîchissement agréable, il connaît le mystère pourquoi est faite la grêle et pourquoi est faite la neige qui est agréable, il connaît le mystère pourquoi est faite la tempête qui s'élève et pourquoi est fait le vent qui se calme, il connaît le mystère pourquoi est faite l'ardeur de la chaleur et pourquoi sont faites les eaux, il connaît le mystère de la création du vent du nord el du vent du midi, il connaît le mystère de la création des étoiles du ciel et le mystère de la création des astres et de leur marche et de toutes leurs révolutions, il connaît le mystère de la création des archons des sphères, et de la création des sphères et de toutes leurs régions, il connaît le mystère de la création des archons, des éons et de la création des éons; il connaît le mystère de la création des archons qui président aux supplices et de la création des décans, il connaît le mystère des anges et de la création des archanges ; il connaît le mystère de la création des seigneurs et de la création des dieux, il connaît le mystère de la création de la haine et de la création de l'amour, il connaît le mystère de la création de la discorde et de la création de la réconciliation, il connaît le mystère pourquoi a été faite l'avarice et pourquoi a été faite la renonciation à toute chose et pourquoi a été fait l'amour, il connaît le mystère pourquoi a été faite la cupidité et pourquoi a été faite la satiété, il connaît le mystère pourquoi a été faite l'impiété et pourquoi a été fait l'attachement à Dieu, il connaît le mystère pourquoi ont été faits les gardiens et pourquoi ont été faits les sauveurs, il connaît le mystère pourquoi ont été faites les trois puissances et pourquoi ont été faits les invisibles, il connaît le mystère pourquoi ont été faits les ancêtres et pourquoi ont été faits les purs, il connaît le mystère pourquoi ont été faits les présomptueux et pourquoi ont été faits les fidèles, il connaît le mystère pourquoi a été faite la grande triple puissance et pourquoi a été fait le grand ancêtre des invisibles, il connaît le mystère pourquoi a été fait le treizième éon et pourquoi ont été faites les régions de ceux qui appartiennent au milieu, il connaît le mystère pourquoi ont été faits les anges du milieu et pourquoi ont été faites les vierges de la lumière, il connaît le mystère pourquoi a été faite la terre de la lumière, et il connaît le mystère de la terre de la lumière et pourquoi a été fait le grand héritage de la lumière, et il connaît le mystère pourquoi ont été faits les gardiens des régions de ceux qui appartiennent è la droite, et pourquoi ont été faits leurs chefs, et il connaît le mystère pourquoi ont été faites les portes de la vie et pourquoi a été fait Sabaoth le bon, et il connaît le mystère pourquoi a été faite la région de ceux qui appartiennent à la droite et pourquoi a été faite la terre de lumière qui est le trésor de la lumière, el il connaît le mystère pourquoi ont été faites les émanations de la lumière el pourquoi ont été faits les douze sauveurs, et il connaît le mystère pourquoi ont été faites les trois portes du trésor de la lumière et pourquoi ont été faits les neuf gardiens, et il connaît le mystère pourquoi ont été faits les sauveurs jumeaux et pourquoi ont été faits les trois amen, et il connaît le mystère pourquoi ont été faits les cinq arbres et pourquoi ont été faits les sept amen, et il connaît le mystère pourquoi a été fait le mélange qui n'existait pas, et comment il a été purifié. » Et Jésus dit ensuite : « Que chacun de vous s'efforce de comprendre et qu'il ait en lui la force de la lumière pour s'y soumettre. Et dès ce moment, je vous parlerai des régions qu'habite la vérité de l'Innéfable et de la manière dont elles sont.» ...

Source : http://remacle.org/bloodwolf/apocryphes/pistissophia.htm

 

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Published by X - dans Gnose
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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 05:53

Quand Jésus entendit les paroles de Thomas, il lut dit : « C'est bien, Thomas, et tu as bien parlé; c'est là l'explication de la septième supplication de la Fidèle Sagesse; en vérité, en vérité, je vous le dis, toutes les créatures du monde vous regarderont comme heureux sur la terre, parce que je vous ai révélé ces choses et que vous avez reçu de mon souffle, et que je vous ai donné l'intelligence spirituelle de ce que je vous dis. Et ensuite je vous remplirai de toute la lumière et de toute la force de mon souffle pour que vous compreniez depuis ce temps tout ce qui vous sera dit et tout ce que vous verrez. Encore un peu de temps, et je vous parlerai de tout ce qui concerne les régions supérieures depuis l'extérieur jusqu'à l'intérieur, et depuis l'intérieur jusqu'à l'extérieur. »

Et Jésus continuant son discours, dit à ses disciples: « Il advint que lorsque la Fidèle Sagesse eut dit la septième supplication dans le chaos, et avant que l'ordre ne me fut venu du premier mystère pour que je la délivre, pour que je la conduise en l'élevant dans le chaos, de mon propre mouvement, et par un effet de ma miséricorde, sans en suivre l'ordre, je la conduisis dans un lieu spacieux dans le chaos, et lorsque les émanations matérielles du triple pouvoir surent qu'elle avait été conduite dans un lieu spacieux dans le chaos, elles cessèrent un peu de la tourmenter, pensant qu'elle serait conduite entièrement dans le chaos. La Fidèle Sagesse ne savait pas que je l'assistais ainsi ; et elle ne me connaissait nullement, maïs elle persistait à célébrer le trésor de la lumière qu'elle avait vu précédemment e tauquel elle était fidèle, et elle pensait que c'était lui qui l'assistait; et comme elle avait été fidèle à la lumière, elle pensait qu'elle serait conduite dans le chaos et que sa supplication serait exaucée; mais l'ordre du premier mystère n'était pas encore accompli pour que sa supplication fût exaucée. Écoutez donc, et je vous dirai toutes les choses qui arrivèrent à la Fidèle Sagesse. Il arriva que lorsque je l'eus conduite dans un lieu un peu spacieux, dans le chaos, Ies émanations du triple pouvoir cessèrent de la tourmenter, pensant que je la mènerais entièrement dans le chaos. Et lorsqu'elles surent que la Fidèle Sagesse n'était pas conduite dans le chaos, ils revinrent afin de la tourmenter extrêmement. Et c'est pourquoi elle dit la huitième supplication, la disant de cette manière : « J'ai placé mon cœur en toi, lumière, ne me laisse pas dans le chaos; écoute-moi et délivre-moi dans ta pensée. Tourne ton esprit vers moi et délivre-moi; sois mon sauveur, ô lumière, et délivre-moi; conduis-moi à ta lumière, car tu es mon sauveur, et tu me conduiras vers toi. Et à cause du mystère de ton nom, indique-moi ta voie et donne-moi ton mystère, et tu me délivreras de cette force à face de lion et de mes ennemis qui m'ont tendu des pièges, car tu es mon Sauveur, et je donnerai la pureté de ma lumière en tes mains. Délivre-moi, ô lumière, dans ta connaissance. Tu t'irriteras contre ceux qui veillent contre moi, afin qu'ils ne s'emparent pas totalement de moi. J'ai cru à la lumière; je me réjouirai et je chanterai tes louanges, parce que tu as pitié de moi et que tu tournes ton cœur vers la peine où je suis; tu me délivreras, et tu me rendras ma force hors du chaos. Tu ne m'as pas abandonnée à la force à face de lion, mais tu m'as conduite dans la région où il n'y a pas d'affliction »

Lorsque Jésus eut ainsi parlé à ses disciples, il continua et dit : « Lorsque la force à face de lion sut que la Fidèle Sagesse n'avait pas été ramenée dans le chaos, elle vint avec toutes les autres émanations matérielles du triple pouvoir, et elles tourmentèrent de nouveau la Fidèle Sagesse. Et, lorsqu'elles la tourmentaient, elle continua sa supplication, en criant et disant : « Aie pitié de moi, lumière, parce qu'ils me tourmentent encore. Ce qui est en moi est troublé, lumière, selon ton ordre, ainsi que ma force et mon esprit. Ma force a reçu de grands dommages, lorsque j'étais sujette à ces tourments. Et le nombre de mon temps est dans le chaos. Ma lumière s'est éclipsée, parce que ma force m'a été enlevée. Et toutes les forces qui étaient en moi ont été détruites. Je suis sans puissance devant tous les archons des éons oui me haïssent, et devant les vingt-quatre émanations dans les régions desquelles j'étais. Et mon frère a craint de me survivre à cause des persécutions dans lesquelles j'étais plongée. Et tous les archons des régions supérieures m'ont regardée comme de la matière en laquelle il n'y a aucune lumière. Je suis devenue comme une force matérielle qui est tombée loin des archons, et tous ceux qui sont avec les éons ont dit : elle est devenue comme le chaos. Et ensuite toutes les forces dénuées de miséricorde m'ont environnée et se sont efforcées de m'enlever toute ma lumière, qui est en moi. Mais j'ai cru à toi, lumière, et j'ai dit : Tu es mon Sauveur, et mon sort tel que tu l'as fixé est entre tes mains. Délivre-moi de mes ennemis qui m'affligent et me persécutent. Étends ta lumière sur moi, car je ne suis rien en ta présence, et conserve-moi dans ta miséricorde ; ne souffre pas que je sois investie d'ignominie, car c'est toi, lumière, que je célèbre dans mes hymnes. Que le chaos couvre mes persécuteurs, et qu'ils soient plongés dans les ténèbres infernales. Ferme la porte à ceux qui veulent me dévorer par ruse, et qui disent : «Enlevons toute la lumière qui est en elle, quoique je ne leur aie fait aucun mal. »

Et quand Jésus eut ainsi parlé, Matthieu s'avança et dit: « Seigneur, ton souffle m'a ému et ta lumière m'a instruit, pour que l'explique la huitième supplication de la Fidèle Sagesse. Ta force a jadis prophétisé à cet égard par la voix de David, dans le trentième psaume, lorsqu'il a dit: «J'ai mis mon cœur en toi, Seigneur; ne permets pas que je sois humilié jusque dans l'éternité»

Lorsque Jésus eut entendu ces paroles, il dit : « C'est bien, Matthieu ; maintenant, en vérité, je vous le dis, lorsque le nombre parfait sera accompli, et lorsque l'univers sera détruit, je serai assis dans le trésor de la lumière, et vous aussi serez assis sur les douze forces de la lumière , jusqu'à ce que nous ayons rétabli les rangs des douze sauveurs dans les régions de chacun d'eux. » Et lorsque Jésus eut ainsi parlé, il dit : « Comprenez-vous ce que je dis? » Et Marie s'avança et dit : « Seigneur, tu nous as jadis annoncé en paraboles : J'établirai avec vous un royaume comme mon père en a établi un avec moi, et vous boirez et mangerez sur ma table, dans mon royaume, et vous serez assis sur les douze trônes pour juger les douze tribus d'Israël. »

Jésus répondit : « C'est bien, Marie ; » et, continuant, il dit à ses disciples : « Il advint ensuite que lorsque les émanations du triple pouvoir continuaient de tourmenter la Fidèle Sagesse dans le chaos, elle prononça la neuvième supplication, disant : « Ο lumière ! confonds ceux qui rabotèrent ma force, et rends-moi la force qu'ils m'ont enlevée. Viens, sauve-moi. De grandes ténèbres me couvrent et m'affligent. Dis à ma force : Je te délivrerai. Que tous ceux qui veulent m'enlever toute ma lumière soient privés de leur force ; qu'ils retournent dans le chaos et qu'ils soient réduits à l'impuissance, ceux qui veulent m'enlever toute ma lumière. Que leur force soit comme la poussière , et que Ieû, ton ange, les frappe, et, s'ils veulent s'élever en haut, que les ténèbres les saisissent; Qu'ils soient rejetés dans le chaos, et que Ieû, ton ange, les poursuive pour les frapper des ténèbres de l'enfer, parce qu'ils m'ont tendu des pièges, ainsi que la force à face de lion, sans que je leur fisse aucun mal. Ils me tourmentent et veulent m'enlever la force, qui est en moi. Maintenant, ô lumière ! enlève la pureté à la force à face de lion sans qu'elle le sache. Et que le dessein qu'a formé le triple pouvoir pour m'enlever ma lumière soit confondu , et enlève lui la sienne. Ma force se réjouira dans la lumière et sera dans l'allégresse, parce que tu l'auras sauvée. Et toutes les parties de ma force diront : Il n'y a pas d'autre sauveur que toi, qui m'as délivrée de la force à face de lion qui m'enleva ma force. Et tu me délivreras de ceux qui m'ont enlevé ma force et ma lumière. Car ils se sont levés contre moi , proférant des mensonges et disant que je connaissais le mystère de la lumière dans la région supérieure , et ils me pressaient, disant : « Dis-nous les mystères de la lumière de la région supérieure ; » mais je ne savais pas ces mystères, et ils m'ont infligé tous ces maux, parce que i'ai été fidèle à la lumière de la région supérieure.

« Et je me suis assise dans les ténèbres, l'âme humiliée dans le deuil. Ο lumière, pour la cause de laquelle je célèbre des hymnes, sauve-moi. Je sais que tu me délivreras, parce que je faisais ta volonté, lorsque j'étais dans la région des éons. Je faisais ta volonté, comme les puissances invisibles qui sont dans mes régions, et je pleurais, en cherchant avec zèle ta lumière. Maintenant tous mes ennemis m'ont environnée, et se sont réjouis de mes maux, et sans miséricorde ils m'ont infligé de grandes afflictions. Ils ont grincé des dents contre moi, voulant m'enlever toute ma lumière. Jusques à quand, lumière, leur permettras-tu de m'affliger? Délivre ma force de leurs mauvaises pensées et préserve-moi de la force à face de lion, parce que je suis seule dans ces régions : je te célèbre, lumière, me trouvant au milieu de tous ceux qui se sont réunis contre moi, et je crierai vers toi au milieu de tous ceux qui m'affligent. Et maintenant, lumière, qu'ils ne se réjouissent pas sur moi, me tourmentant et voulant m'enlever ma force. Tu as connu leur ruse, ô lumière ; ne permets pas que ton secours soit éloigné de moi. Hâte-toi, lumière, juge-moi et venge-moi, et juge-moi dans ta bonté. Ο lumière des lumières, que mes ennemis ne m'enlèvent pas ma lanière et qu'ils ne disent pas entre eux : Notre force est rassasiée de sa lumière ; et qu'ils ne disent pas : Nous avons dévoré sa force, mais que les ténèbres les environnent et qu'ils soient impuissants, ceux qui veulent m'enlever ma lumière ; qu'ils soient plongés dans le chaos et les ténèbres, ceux qui disent : nous avons enlevé sa lumière et sa force. Sauve-moi, pour que je sois dans l'allégresse, car j'aspire à la treizième région des éons, la région de la justice, et pour que je dise en tout temps : La lumière de Ieû, ton ange, ira en augmentant d'éclat, et ma langue chantera tes louanges tout le temps dans la treizième région des éons. » Et quant Jésus eut dit ces paroles à ses disciples, il dit : « Que celui parmi vous qui comprend ce que j'ai dit en donne l'explication. » Et Jacques s'avança, et embrassa la poitrine de Jésus, et dit : « Seigneur, ton souffle ma donné l'intelligence, et je suis prêt à donner l'explication de ce que tu as dit. C'est à ce sujet que ta force a jadis prophétisé par la voix de David dans le trente-quatrième psaume, lorsqu'il a parlé ainsi de la neuvième supplication de la Fidèle Sagesse: Juge, Seigneur, ceux qui m'ont fait tort; combats contre ceux qui me combattent (2455  ). »

Et quand Jacques eut ainsi parlé,. Jésus dit : « C'est bien, Jacques, et tu as bien parlé; c'est l'explication de la neuvième supplication de la Fidèle Sagesse ; en vérité, en vérité, je vous le dis; vous entrerez plutôt dans le royaume des cieux que tous les invisibles, et tous les dieux et tous les archons qui sont avec le treizième éon et avec la onzième éon, et non seulement vous, mais chacun de ceux qui aura fait mes mystères. » Et lorsque le Sauveur eut ainsi parlé, il dit: « Comprenez-vous les paroles que je vous dis?» Et Marie dit: « Seigneur, c'est ce que tu nous as dit autrefois, que les derniers seront les premiers et que les premiers seront es derniers. Les premiers .qui ont été procréés avant nous sont les invisibles; ils ont été avant le genre humain, et les dieux et les archons, et les hommes qui recevront les mystères, entreront les premiers dans le royaume des cieux. » Et Jésus dit : « C'est bien, Marie. »

Et Jésus continuant, dit à ses disciples : « Il arriva que lorsque la Fidèle Sagesse eut proféré sa neuvième supplication, la force au visage de lion la tourmenta derechef, voulant lui enlever sa force. Et elle s'adressa de nouveau à la lumière, poussant des cris et disant : « Lumière à laquelle j'ai cru dès le commencement, et pour la cause de laquelle j'ai éprouvé ces grandes douleurs, viens à mon secours. » Et sa prière fut alors entendue. Le premier mystère l'entendit, et je fus envoyé pour l'assister; je vins pour l'aider, je la ramenai dans le chaos, parce qu'elle avait souffert de grandes peines et de grandes afflictions par suite de sa foi à la lumière. Je fus donc envoyé par le premier mystère pour la secourir en tout. Je n'étais pas encore venu dans le monde des éons. mais je vins au milieu d'eux tous, sans qu'aucun d'eux ne le sût ni ceux qui appartiennent à l'intérieur de l'intérieur, ni ceux qui appartiennent à l'extérieur de l'extérieur, et avec la connaissance du premier mystère seulement, et il arriva que, lorsque je fus venu dans le chaos pour l'aider, elle me vit, car je resplendissais d'une grande lumière, et j'étais miséricordieux à son égard, et je n'étais pas arrogant comme la force au visage de lion qui enleva la force et la lumière, à la Sagesse et qui la tourmenta pour lui enlever toute la lumière qui est en elle; elle me vit en possession d'une lumière dix mille fois plus grande que la force au visage de lion, et elle comprit que je venais de la hauteur des régions supérieures dont elle avait eu foi en la lumière dès le commencement; alors la Fidèle Sagesse eut confiance, et dit la dixième supplication, disant : « J'ai crié derechef vers toi, lumière des lumières; lorsque j'étais dans l'affliction, tu m'as entendue ; préserve ma force des lèvres injustes et des embûches trompeuses. Qu'ils ne me privent pas de la lumière qu'ils veulent m'enlever par leurs pièges perfides. Je suis entourée des piéges des orgueilleux et des embûches de ceux qui sont sans miséricorde ; malheur à moi, parce que ma demeure est éloignée et que je suis dans la demeure du chaos; ma force n'est plus dans mes régions. J'ai parlé avec douceur à ces ennemis cruels, et tandis, que je leur parlais avec douceur, ils m'ont attaquée sans motif. » Et quand Jésus eut ainsi parlé à ses disciples, il leur dit : « Maintenant, que celui que son souffle anime, qu'il avance afin qu'il dise l'explication de la dixième supplication de la Fidèle Sagesse. »

Et Pierre répondit et dit : « Seigneur, ta force de lumière a prophétisa à cet égard par la bouche de David, lorsqu'il dit, dans le cent dix-neuvième psaume : J'ai crié vers toi, Seigneur, dans mon affliction ; tu m'as entendu, Seigneur; préserve mon âme des lèvres injustes et de la langue trompeuse (2456  ). » Telle est, Seigneur, la solution de la dixième supplication de la Fidèle Sagesse, telle qu'elle l'a dite, lorsqu'elle était tourmentée par les émanations matérielles du triple pouvoir, ainsi que par la force à face de lion, et qu'ils la faisaient extrêmement souffrir. » Et Jésus dit : « C'est bien, Pierre, tu as bien parlé. C'est l'explication de la dixième supplication de la Fidèle Sagesse. »

Et Jésus, continuant de parler, dit à ses disciples : « Il advint que lorsque la force à face de lion venant vers la Fidèle Sagesse, s'approcha de moi, qui resplendissais d'une lumière immense, elle fut remplie de colère et elle projeta hors d'elle une autre multitude d'émanations très véhémentes. Alors la Fidèle Sagesse prononça la onzième supplication, disant : « Pourquoi la force se lève-t-elle pour faire du mal? Sa pensée était d'enlever la lumière qui est en moi et comme de me frapper du glaive. J'ai préféré descendre dans le chaos que de rester dans la région du treizième éon, région de la justice. Et ils ont voulu me prendre par ruse, afin de dévorer toute ma lumière. C'est pourquoi la lumière leur enlèvera toute leur lumière, et détruira toute leur matière, et leur ôtera leur lumière, et ne les laissera pas rester avec le treizième éon, leur demeure, et elle ne laissera pas leurs noms parmi les noms des vivants, et les vingt-quatre émanations verront ce qui est arrivé a la force à face de lion, afin qu'ils craignent et qu'ils ne soient pas indociles, mais qu'ils donnent la pureté de leur lumière, et ils te verront afin qu'ils te glorifient et qu'ils disent : voici celui qui n'a pas donné la pureté de sa lumière afin d'être sauvé, mais qui s'est glorifié dans toi l'éclat de sa lumière et qui a dit : « J'enlèverai la lumière de la Fidèle Sagesse. » Et maintenant que celui dont la force est exaltée s'avance afin .d'expliquer la onzième supplication de la Fidèle sagesse. » Alors Salomé s'avança et dit : « Seigneur, ta force de lumière a prophétisé à cet égard par la bouche de David dans le cinquante-unième psaume, en disant : Pourquoi l'impie se glorifie-t-il de sa malice (2457  )?»

Et quand Jésus eut entendu ces paroles, il dit : « C'est bien, Salomé; en vérité, en vérité, je vous le dis; je vous instruirai dans tous les mystères du royaume de la lumière.»

Et Jésus continuant de parler dit à ses disciples: « Je m'approchai ensuite du chaos, resplendissant d'une lumière immense, afin d'enlever sa lumière à la force à face de lion. Et, en apercevant ma lumière, elle eut peur et elle appela son dieu pour qu'il vint la secourir. Et il fut rempli de colère, et la Fidèle Sagesse fut effrayée, et elle s'adressa derechef à moi, disant : Ne m'oublie pas, ô lumière ; mes ennemis ont ouvert leur bouche contre moi ; ils ont voulu m'enlever ma force, et ils ont eu de la haine pour moi, parce que je célébrai tes louanges et que je t'aimais. Qu'ils soient plongés dans les ténèbres extérieures; enlève-leur leur force et ne leur permets pas de s'élever dans leurs régions. Que le chaos les enveloppe comme un vêlement. Aie pitié de moi, ô lumière, à cause du mystère de ton nom, et sauve-moi dans ta miséricorde. Viens è mon secours, car ma force est détruite, parce qu'il n'y a ici aucun mystère, et ma matière est liée, parce que ma lumière m'a été enlevée. Et maintenant que celui dont l'esprit est animé, avance et donne l'explication des paroles de la Fidèle Sagesse. »

Et André dit : « Seigneur, ta force de lumière a prophétisé jadis par la bouche de David à cet égard, lorsqu'il a dit dans le trente-huitième psaume : Mon Dieu, ne garde pas le silence pour ma louange, parce que les pécheurs et les hommes perfides ont ouvert leur bouche contre moi»

Et le premier mystère, continuant son discours, dit : « Il advint que comme je ne conduisais pas encore la Fidèle Sagesse dans le chaos parce que je n'en avais pas encore reçu l'ordre de mon Père, les rejetons du triple pouvoir voyant la Fidèle Sagesse pourvue de lumière comme elle l'avait été dès le commencement, ils s'arrêtèrent contre la Fidèle Sagesse et ils appelèrent à grands cris le triple pouvoir pour qu'il les assistât et les secondât pour enlever de nouveau à la Sagesse les forces qui étaient en elle, et le triple pouvoir envoya une autre grande force de lumière descendant dans le chaos comme une flèche qui vole, afin d'assister ses rejetons pour qu'ils enlevassent la lumière à la Fidèle Sagesse une autre fois. Et lorsque cette force de lumière fut descendue, les rejetons du triple pouvoir qui sont dans le chaos furent remplis de confiance et ils poursuivirent de nouveau la Fidèle Sagesse qui était dans une grande terreur et un grand trouble, et ils la tourmentèrent cruellement; un d'eux se changea sous la forme d'un grand serpent, un autre se changea sous la forme d'un basilic à sept têtes, un autre se changea sous la forme d'un dragon, et la première puissance du triple pouvoir avec une face de lion et les autres en très grand nombre, se mirent ensemble; elles attaquèrent la Fidèle Sagesse et la conduisirent de nouveau dans les régions inférieures du chaos et la tourmentèrent beaucoup. Et en fuyant, elle vint dans les régions supérieures du chaos, et ils la poursuivirent, la tourmentant cruellement. Et Adamas le tyran regarda les douze régions des éons, et il fut aussi courroucé contre la Fidèle Sagesse, parce qu'elle voulait venir à la lumière des lumières qui est au-dessus d'eux tous. Et Adamas regarda, et il vit que les ennemis de la Fidèle Sagesse la tourmentaient jusqu'à ce qu'ils eussent enlevé toutes les lumières qui étaient en elle. Et il advint que lorsque la puissance du triple pouvoir eut descendu dans le chaos, elle rencontra la Fidèle Sagesse, et la force avec un visage de lion, et la force avec un visage de serpent, et la force avec un visage de basilic, et la force avec un visage de dragon, et toutes les forces du triple pouvoir entourèrent la Fidèle Sagesse, voulant lui enlever de nouveau ses forces.

« Et lorsqu ils la tourmentaient et l'affligeaient, elle s'adressa de nouveau à la lumière, disant : « Lumière à laquelle je suis fidèle, que ta lumière vienne à moi, car tu es celle qui m'a pris en elle et tu me délivreras de mes persécuteurs. » Et quand la Fidèle Sagesse eut parlé de la sorte, d'après l'ordre de mon Père, j'envoyai Gabriel et Michel et les satellites de la lumière pour qu'ils portassent la Fidèle Sagesse sur leurs mains, afin que ses pieds ne touchassent pas aux ténèbres extérieures, et je leur ordonnai de la diriger dans les régions du chaos dans lesquelles ils devaient la conduire. Et lorsque les anges furent descendus dans le chaos, eux, et les émanations de la lumière, alors toutes les émanations du triple pouvoir et celles d'Adamas virent l'émanation de la lumière rendant une lumière immense, nulle espèce de lumière ne lui étant étrangère; ils furent effrayés et ils laissèrent la Fidèle Sagesse, et une grande émanation de lumière entoura la Fidèle Sagesse de tous les côtés, à la droite et à la gauche, et une couronne de lumière se plaça sur sa tête. Et il advint que lorsque l'émanation de la lumière eut entouré la Fidèle Sagesse, elle fut pleine de confiance, et cette émanation ne cessa de l'entourer de tout côté, et elle ne craignit plus tous les rejetons du triple pouvoir, et ils ne purent changer leur figure derechef, et ils ne purent soutenir l'éclat de la grande lumière qui formait la couronne de sa tête, et une grande multitude d'entre eux tomba à sa droite et beaucoup d'autres à sa gauche, et ils ne pouvaient approcher de la Fidèle Sagesse à cause de la grande lumière qui l'environnait; ils ne purent ainsi lui faire aucun mal, parce qu'elle croyait à la lumière, et d'après le commandement de mon Père, le premier mystère, je descendis dans le chaos, et j'attaquai la puissance à la face de lion qui était la plus grande lumière, et je lui en levai toute sa lumière, et je frappai tous les rejetons du triple pouvoir, et ils tombèrent tous dans le chaos, sans puissance, et j'emmenai la Fidèle Sagesse à la droite de Gabriel et de Michel, et une grande émanation de lumière entra en elle, et elle contempla ses ennemis dont j'avais enlevé toute la lumière, et je la fis sortir du chaos foulant aux pieds les rejetons du triple pouvoir au visage de serpent, et elle foulait aussi aux pieds le rejeton au visage de basilic à sept têtes, et elle foulait aux pieds la puissance à la face de lion et celle a la face de dragon. Je fis rester la Fidèle Sagesse au-dessus de la puissance qui a la face d'un basilic à sept têtes et qui est la plus forte de toutes dans sa malice, et moi, le premier mystère, j'ai été sur elle, et j'ai enlevé toutes les forces qui sont elles, et j'ai détruit toute sa matière, afin qu'il n' y ait pas de rejeton. » Et lorsque le premier mystère eut ainsi parlé à ses disciples, il s'écria: « Comprenez-vous de quelle manière je vous ai parlé? » Et Jacques dit : « Seigneur, la force de ta lumière a prophétisé jadis par la bouche de David au sujet de tes paroles ; car il est dit dans le quatre-vingt-dixième psaume : «Celui qui habite sous la protection du Très-Haut sera sous l'ombre du Dieu du ciel»

« Écoute donc, et que je te dise en toute clarté la parole que ta force a dite par la bouche de David : « Celui qui habite dans l'aide du Très-Haut sera sous l'ombre du Dieu du ciel. »

« Lorsque la Sagesse se confiait à la lumière, elle fut sous la lumière de l'émanation de. la lumière qui sortit de lui dans les régions supérieures, et la parole que ta force dit par la bouche de David : « Je dirai au Seigneur, tu es celui qui me reçut à lui, et mon Dieu est mon lieu de refuge ; je me suis confié en lui. »

« C'est la même parole que la Fidèle Sagesse chanta en son hymne : « Tu es celui qui me reçut vers lui et je viens vers toi. » Et la parole que dit ta force : « Mon Dieu, je crois en toi ; tu me sauveras des pièges des chasseurs et des paroles des méchants, est la même que ce que dit la Fidèle Sagesse : « Lumière, je crois à toi, parce que tu me délivreras des rejetons du triple pouvoir et d'Adamas le tyran, et tu me délivreras de toutes les peines oui m'affligent, » La parole que tu as dite par la bouche de David : « Il couvrira ta poitrine de son ombre, et tu auras confiance sous ses ailes, » est ceci : La Fidèle Sagesse est dans la lumière qui émane de la lumière qui sortit de toi, et elle persévéra, se confiant dans la lumière qui est à sa droite et à sa gauche, et qui sont les ailes de l'émanation de la lumière. Et la parole que la force de lumière prophétisa par la bouche de David : « La vérité t'entourera comme d'un bouclier.»

«C'est la lumière de l'émanation de la lumière qui environne la Fidèle Sagesse de tout côté comme un bouclier. Et la parole qu'a dite la force : « Il ne craindra pas la terreur de la nuit, » signifie que la Fidèle Sagesse ne craignit pas les terreurs et les troubles dans lesquels elle avait été plongée dans le chaos qui est la nuit. Et la parole qu'a dite ta force : « Il ne craindra pas la flèche qui vole dans le jour, » signifie que la Fidèle Sagesse n'a pas craint la force que la vérité envoya de la hauteur extrême et qui est dans le chaos comme une flèche volante. Ainsi ta force de lumière dit : « Tu ne craindras pas la flèche qui vole dans le jour. » C'est pourquoi quand cette force sortit du treizième éon, il est le maître des douze éons, et il est la lumière pour tous. C'est pourquoi il a dit : « Le jour.» Et cette autre parole qu'a dite la force de la lumière : « il ne craindra pas ce qui se promène dans les ténèbres. » veut dire que la Sagesse n'a pas craint la force à face de serpent qui causait de l'effroi à la Fidèle Sagesse dans le chaos qui est lui-même les ténèbres. Et la parole qu'a dite la force : « Il ne craindra pas le démon de l'heure de midi, » signifie que la Fidèle Sagesse n'a pas craint les démons rejetons d'Adamas le tyran, lesquels précipitèrent la Fidèle Sagesse dans un grand exil et qui sont sortis d'Adamas, le douzième éon. C'est pourquoi ta force a dit « : Il ne craindra pas le démon de l'heure de midi. » Et l'heure de midi est celle où elle sortit du douzième éon qui est l'heure de midi. Et elle sortit aussi du chaos qui est la nuit, et la nuit elle sortit du douzième éon qui est au milieu de chacun d'eux. C'est pourquoi ta force de lumière a dit : « l'heure de midi, » parce que les douze éons sont au milieu entre te treizième éon et entre le chaos. Et la parole que ta force de lumière a dite par la Douche de David : « Mille tomberont à sa gauche, et des myriades à sa droite, et ils n'approcheront pas de lui, » signifie qu'une multitude de rejetons du triple pouvoir n'auraient pu rester devant la grande lumière de l'émanation de la lumière ; une foule d'entre eux tomba à la gauche de la Fidèle Sagesse, et une foule d'entre eux tomba à sa droite, et ils ne pouvaient s'approcher d'elle.

« Et la parole que ta force de lumière dit par la bouche de David : « Tu les contempleras cependant, et tu verras le traitement des pécheurs, parce que tu es son espérance, Seigneur, » signifie que la Fidèle Sagesse a contemplé ses ennemis qui ont tous été renversés à la fin, et non seulement elle les a vus ainsi, mais toi. Seigneur, le premier mystère, tu as enlevé la force de la lumière qui est dans la force à la face de lion, et tu as enlevé la force à tous les rejetons du triple pouvoir, et tu les as précipités dans le chaos, les empêchant de venir dans leurs régions ; c'est pourquoi la Fidèle Sagesse a contemplé ses ennemis ; elle les a contemplés renversés dans le chaos, et elle a vu aussi la rétribution qui leur a été faite. Ils avaient voulu enlever à la Sagesse sa lumière ; tu les as traités en conséquence, et tu leur as enlevé la lumière qui est en eux, au lieu de lumières de la Sagesse qui a été fidèle à la lumière des régions supérieures, et suivant la manière dont ta force de lumière s'était exprimée par la bouche de David : « Tu a pris un asile dans un lieu élevé, le mal ne t'approchera pas. » Ce qui signifie que lorsque la Fidèle Sagesse, ayant foi en la lumière, était affligée par ses ennemis, elle adressa une hymne à la lumière, et ils ne purent lui faire aucun mal, et ils ne purent approcher d'elle. Et la parole que la force de ta lumière dit par la bouche de David : « Il a commandé à ses anges de te guider dans toutes tes voies et de te porter dans leurs mains, de peur que tu ne te frappes le pied contre une pierre, » signifie ceci : Tu as commandé à Gabriel et Michel de conduire la Sagesse dans toutes les régions du chaos, jusqu'à ce qu'ils l'en aient ramenée, et de la porter clans leurs mains, afin que ses pieds ne touchent pas les ténèbres inférieures. Et la parole que ta force de lumière a dite par la bouche de David : « Tu marcheras sur le serpent et sur le basilic, et tu marcheras sur le serpent et sur le dragon, parce que tu as eu confiance en moi, » signifie que lorsque la Fidèle Sagesse s'est élevée au-dessus du chaos, elle a marché sur les rejetons du triple pouvoir; elle a marché sur ceux qui sont a face de serpent et sur ceux qui sont à face de basilic à sept tètes, et elle a marché sur la force à face de lion, et sur celle qui est à face de dragon, et comme elle fut fidèle à la lumière, elle a été préservée d'eux tous. Telle est, Seigneur, l'explication des paroles que tu as dites. « Et il advint que lorsque le premier mystère eut entendu ces paroles, il dit : «C'est bien, Jacques, que je chéris, » Et le premier mystère continuant de parler dit à ses disciples : « Et il advint que lorsque j'eus reconduit la Fidèle Sagesse dans le chaos, elle s'écria derechef, disant : « Je suis préservée dans le chaos, et je suis délivrée des liens des ténèbres. Je suis venue vers toi, ô lumière, parce que tu as été la lumière, en me préservant et me protégeant de tous côtés, et ceux de mes ennemis qui combattent contre moi ont fui devant la lumière, et ils n'ont pu approcher de moi, parce que ta lumière était avec moi, et que l'émanation de ta lumière me protégeait, lorsque tous mes ennemis qui me tourmentaient m'avaient enlevé mes forces et m'avaient jetée, dépourvue de toute lumière, dans les enfers. Je fus comme une matière inerte devant eux. Et ensuite la force de ton émanation vint de toi vers moi pour me sauver. Elle brilla à ma gauche, et elle brilla à ma droite, et elle m'entourait de toute part, et nulle des régions moyennes où j'étais n'était sans lumière. Tu purifiais en moi toutes mes matières mauvaises, et je fus au-dessus de toutes mes matières à cause de ta lumière et à cause de l'émanation de ta lumière. Je me confiai en ta lumière, et la lumière pure de ton émanation me secourut, et mes ennemis qui me tourmentaient furent éloignés de moi. » Tel est le cantique que dit la Fidèle Sagesse lorsqu'elle fut délivrée des liens du chaos. Et maintenant que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre. »

Et quand le premier mystère eut achevé de dire ces paroles, Thomas s'avança et dit : «Seigneur ,mes oreilles ont reçu la lumière, et mon intelligence comprend les paroles que tu as dites. Permets-moi de donner l'explication des paroles qu'a dite la Fidèle Sagesse.»

Et le premier mystère répondant à Thomas, dit : «Je le permets de donner l'explication de l'hymne que m'adressa la Fidèle Sagesse. » Et Thomas dit : « Seigneur, quant à l'hymne que t'adressa la Fidèle Sagesse lorsqu'elle fut délivrée du chaos, ta force de lumière a jadis prophétisé par la bouche de Salomon, fils de David, lorsqu'il a dit dans son ode : « J'ai été préservé des chaînes qui me menaçaient. J'ai fui vers toi, Seigneur, parce que tu as été la main qui m'as protégé et défendu, m'assistent contre ceux qui combattaient contre moi, et ils ne se sont pas montrés, parce que ta face était avec moi, me défendant par un effet de ta grâce. J'ai été frappé et vilipendé devant la multitude, et ils m'ont rejeté. J'ai été comme du plomb devant eux. Mais ta force est venue à mon secours, car tu as posé des lampes à ma droite et à ma gauche, afin qu'autour de moi nul ne manquât de lumière. Tu m'as couvert de l'ombre de ta miséricorde, et j'ai été sur les vêtements de peaux .Ta main droite m'a élevé, et tu m'as guéri de mon infirmité. Je suis devenu fort par ta vérité, et j'ai été sacrifié pour ta justice. Ceux qui combattaient contre moi ont été éloignés, et j'ai été justifié par ta bonté en ton repos et pour l'éternité de l'éternité. » Voilà, Seigneur, l'explication du cantique qu'a dit la Fidèle Sagesse. » Et le premier mystère, après avoir entendu les paroles qu'avait dites Thomas, lui répondit : « C'est bien, Thomas, et grand est ton bonheur; c'est l'explication de l'hymne qu'a dite la Fidèle Sagesse. »

Elle premier mystère, continuant de parler, dit a ses disciples : « La Fidèle Sagesse m'adressa ensuite une autre hymne, disant : « J'élève derechef ma voix vers toi. Tu m'as retirée de la région élevée des éons qui est au-dessus du ciel, et tu m'as conduite aux régions inférieures, et tu m'as délivrée des régions inférieures, et tu as enlevé la matière qui est dans mes forces, et tu as éloigné de moi les émanations du triple pouvoir qui me tourmentaient et qui étaient mes ennemis, et tu m'as donné ton assistance pour que je fusse délivrée des chaînes d'Adamas et pour que je puisse vaincre le basilic à sept tètes. Tu l'as renversé par mes mains et tu m'as placée au-dessus de sa matière. Tu l'as détruite pour que sa race ne surgit pas depuis; tu es resté avec moi, me donnant de la force, et ta lumière m'a entourée de toutes les régions et tu as rendu sans puissance toutes les émanations du triple pouvoir, car tu leur as enlevé la force de leur lumière, et tu as dirigé mes voies pour me tirer du chaos, et tu m'as fait sortir des ténèbres matérielles, et tu as retiré toutes mes forces de ceux dont tu as enlevé la lumière. Tu as jeté en elles une lumière pure, et tu as donné une lumière pure venant de la lumière des régions supérieures à toutes les parties de mon être qui n'avaient aucune lumière, et la lumière de ta face est devenue pour moi la vie. Tu m'as ramenée au-dessus du chaos, afin que toutes les matières qui sont dans ses régions soient dissoutes, et afin que ta lumière renouvelle toutes mes forces, et qu'elle soit dans elles toutes. Tu as mis en moi la lumière de ton émanation. Je suis devenue une lumière purifiée.» Telle est la seconde hymne que dit la Fidèle Sagesse. Et que celui qui comprend ce cantique avance afin qu'il l'explique.»

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