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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 05:30

Les rituels désignent les cahiers qui sont utilisés par les loges pour conduire les travaux des cérémonies maçonniques. Les rituels se distinguent du Rite, ou Régime, qui est lui, un ensemble de grades ainsi qu'une certaine manière de pratiquer le rituel. Lorsqu'il atteint ses objectifs, le rituel est l'outil fondamental de la méthode maçonnique. Le premier objectif du rituel est de délimiter l'activité maçonnique, en la distinguant du monde profane. Superficiellement, la délimitation est spatiale : c'est le temple, (qui n'est pas une église). En profondeur, la délimitation est temporelle (entre le début et la fin des travaux). La Loge désigne à la fois le lieu où se réunit rituellement le groupe ainsi que le groupe lui-même. Il suffit de "tracer" les symboles du grade sur le sol pour qu'une cérémonie puisse se tenir. Le lieu est donc transitoirement consacré dès lors que le groupe est réuni pour y travailler rituellement. Le second objectif du rituel est d'organiser le travail de la Loge en le rattachant aux valeurs de l'Ordre. Superficiellement, le rituel est contraignant. En profondeur, la règle acceptée par tous permet l'expression de la liberté et de l'égalité de chacun, condition de l'épanouissement de la fraternité. Le rituel nous rattache à la Tradition. Le troisième objectif du rituel est de donner vie au symbolisme maçonnique, en centrant le travail maçonnique sur l'Homme, préoccupation primordiale des francs-maçons. Superficiellement, le rituel gère la forme des travaux de la Loge de manière purement organisationnelle et opératoire. En profondeur, le rituel a un sens, une richesse fondamentale, car il est symbolique et invite chacun à découvrir et à méditer l'enseignement dont il est porteur. Le rituel est ainsi un élément constitutif de la vie de la Loge. Il faut donc respecter les rituels afin de pouvoir atteindre les objectifs qui viennent d'être définis et de donner de la substance au travail maçonnique, sans toutefois perdre de vue que les rituels sont un moyen et non une fin. Ainsi, le rituel est-il un élément nécessaire mais non suffisant pour le travail maçonnique et pour la vie harmonieuse de la Loge. Car nous ne sommes pas une secte et la franc-maçonnerie n'est pas un culte. Notre but est à la fois le travail spéculatif, (écoute, réflexion, discours) et l'action, vers l'idéal individuel de perfection vers lequel nous tendons et que nous sommes pourtant certains de ne jamais atteindre. Certains francs-maçons ont vis à vis du rituel une attitude étrange, en considérant, parfois même avec une certaine véhémence, que toute idée de modification des rituels serait proprement "sacrilège". Une telle attitude est porteuse d'une certaine intolérance et pourrait rappeler celle des fidèles d'une fraternité intégriste qui a investi une église de Paris où bat le cœur des dévots de la tradition et du latin, clercs en soutane et militants d'extrême droite. Or, l'étude de la franc-maçonnerie et particulièrement celle des rituels et des grades, nous apprend qu'ils constituent un jardin immense et touffu, riche des essences les plus exotiques et les plus étranges. On y découvre également que les rituels ont été rédigés par des hommes, certes sensibles aux modes intellectuelles, mais aussi parfois à la vanité. Et même si elle peut sembler difficile à entendre, il faut bien reconnaître cette évidence, "en restant toutefois indulgents pour tout ce qui vient au secours de la faiblesse humaine", comme le dit Albert Lantoine, (le plus grand historien de la franc-maçonnerie française). Les rituels maçonniques peuvent d'autant moins être considérés comme porteurs d'une vérité intangible, que La Vérité ne peut pas être écrite une fois pour toutes dans "UN LIVRE" (ou un rituel). Car la Vérité, pour les francs-maçons, est comme un horizon et sa quête est celle de l'inaccessible. C'est afin de ne pas mettre de limite à cette recherche que la référence obligatoire au Grand Architecte de l'Univers a été supprimée des rituels du Grand Orient de France depuis 1877. A cette époque, à la fin de la cérémonie de réception au premier degré, le Vénérable s'adressait alors au nouveau récipiendaire en ces termes : "Frère nouvellement initié, les formes que nous venons d'employer pour votre initiation diffèrent notablement de celles dont nous usions jadis et que vous pourrez encore voir employer dans certaines loges de France ou des pays étrangers. L'initiation se faisait fort simplement dans les loges françaises au dix-huitième siècle. On l'a beaucoup compliquée, au commencement du dix-neuvième, en y mêlant des particularités que l'on croyait empruntées aux initiations de l'ancienne Egypte. On cherchait à éprouver le courage du récipiendaire par des moyens terrifiants. On simulait la quadruple purification par les quatre éléments des anciens, c'est à dire par la terre, l'air, l'eau et le feu. Le récipiendaire était à moitié dévêtu. Parfois, il était introduit dans le temple, couché dans un cercueil; parfois, on le faisait passer au travers d'un diaphragme en papier, pour symboliser son passage à une vie nouvelle. Dans le temple, il entendait des clameurs sourdes, des chocs violents, des bruits imitant la grêle et le tonnerre, des cliquetis d'épées. Il rencontrait des obstacles sous ses pieds. Il était précipité d'un lieu élevé, mais retenu par des mains secourables. On lui trempait les mains dans l'eau, quelquefois le bras jusqu'au coude. On lui faisait vider un calice d'amertume. On le faisait passer au milieu des flammes. On lui demandait de se soumettre à l'application d'un fer rouge. On réclamait de lui une obligation écrite et signée de son sang. Parfois, on le soumettait à des épreuves plus pénibles encore et plus effrayantes. Vous ne devrez donc pas vous étonner, s'il vous arrive de vous trouver en présence de quelque pratique de ce genre. Vous n'en serez pas troublé, non plus, sachant que le progrès est lent et que l'évolution humaine est complexe". - Rituel de réception au premier degré du Grand Orient De France de 1887. Cent vingt ans plus tard, on constate combien ce propos reste d'une étonnante actualité ... A l'origine, les fondateurs de la franc-maçonnerie ont choisi la Bible comme référence, car il était indispensable de donner à l'institution maçonnique des origines très anciennes. Ce qui permettait accessoirement de ne pas effaroucher les candidats et de se protéger contre les persécutions. Un siècle plus tard, le génie des fondateurs du Rite Ecossais Ancien Accepté fut de briser l'antagonisme millénaire entre le judaïsme et le christianisme, entre l'église et la synagogue, en consacrant, dans tout l'itinéraire qu'il propose, la complémentarité de l'ancien et du nouveau testament : Amour de la Vérité, pour les grades vétéro-testamentaires et Amour de l'Humanité pour les grades "dits" de Chevalerie. Une réflexion, qui proposerait aujourd'hui aux athées, aux agnostiques et aux musulmans, un symbolisme maçonnique dégagé des références catholico-hébraïsantes peut paraître sacrilège pour certains. Elle n'en serait pas moins innovante et prospective pour la grande famille des compagnons du Temple Invisible, voyageurs de l'absolu, qui est soudée par tout ce qu'elle a vécu, ce qu'elle vit, mais davantage encore parce qui lui reste à découvrir et à dire, même autrement ...

Source : http://www.troispoints.info/article-18131847.html

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 07:10

Nous allons essayer ensemble de comprendre ce qu'est le rite, quelle est sa fonction et ce qu'il opère. Nous allons donc d'abord le définir, c'est-à-dire savoir ce qu'il est et ce qu'il n'est pas. Ensuite, nous allons l'illustrer. Nous allons illustrer des rites exotériques puis ésotériques. Cela veut dire que nous allons vivre, ou essayer de vivre, ensemble des rites exotériques (rites communs à tous, pratiqués chez tout le monde) et nous essaie­rons ensuite de comprendre, sans trahir le secret, ce que sont des rites ésotériques (rites réservés à certains membres d'une société initiatique comme la Franc-Maçonnerie).

Tout d'abord, et c'est là une chose très importante, posons- nous la question de savoir ce qu'est le rite et, par là même, ce qu'est le symbole ; car on ne peut pas dissocier rite et symbole ils constituent un couple inséparable. Quelle est la fonction de ce couple ? C'est de transmettre. De transmettre quoi ? De trans­mettre la tradition, une tradition initiatique. Arrêtons-nous un instant pour savoir ce qu'est une tradition. Une tradition n'est pas un usage ni une coutume : ne mérite le nom de tradition que ce qui se relie au principe du monde, à l'Architecte, aux principes qui gouvernent la vie. Ne mérite le nom de tradition initiatique que ce qui se relie à l'ordre du monde, aux lois de la vie, aux arché­types, aux lois de l'univers. C'est là une choses fondamentale qu'il nous Faut bien comprendre et nous ne comprendrons rien au rite si nous mélangeons tradition, d'une part, us et coutumes, de l'autre. La tradition, c'est ce qui relie au plan de la vie, à l'ordre du monde, aux lois de la vie parce que toutes les tradi­tions nous disent que le monde a un ordre, qu'il n'est pas le fait du hasard, que la vie a des lois, tout comme l'univers, que l'homme est soumis à des lois.

Ces lois nous sont transmises par la tradition initiatique, par les traditions initiatiques, et ce, au moyen des rites et des symboles. Il faut bien saisir que rites et symboles sont là pour transmettre ces lois, pour nous relier à l'archétecte, à l'archée. Ces lois sont identiques dans toutes les traditions initiatiques de l'humanité parce qu'il est une tradition fondamentale, primor­diale. Cette tradition va se manifester dans des temps différents et dans des lieux différents. Elle va prendre des formes diffé­rentes selon qu'elle se manifeste en Afrique ou en Asie, au XVII' siècle ou il y a trois mille ans, mais elle est fondamentalement une et je maintiens que finalement cette tradition est une science. Je sais bien ce que ce nom peut avoir de provoquant mais elle est une science. Si nous observons le monde avec nos moyens de connaissance, si nous sommes capables d'aller sur la lune, de fabriquer des machines et des voitures sans arrêt, ce n'est pas pour autant que nous avons l'exclusivité du savoir. D'autres hommes, il y a 3 000, 10 000, 100 000 ans, ont su le monde aussi bien que nous, différemment, mais aussi bien. Personne, aujour­d'hui, n'est capable de retrouver le pourquoi d'un méridien d'acupuncture et pourtant ils l'ont perçu... Cela veut dire que ces êtres ont su le monde différemment ; ils avaient des moyens d'approche différents, des outils de connaissance différents mais ils savaient le monde au moins aussi bien que nous. Ce savoir, cette science, cet autre regard, ces outils leur étaient transmis par une tradition initiatique, par la tradition initiatique.

Nous pouvons ainsi commencer à comprendre ce que sont les rites et les symboles : ce sont les outils, les moyens, les agents qui nous transmettent cet ordre du monde, ces lois de l'univers, cette science de la vie. Quelle différence y a-t-il entre symbole et rite ? Elle est simple. Les symboles nous disent ces lois et les rites nous les font vivre. Vous pouvez saisir maintenant ce qu'est un rite et ce qu'il n'est pas. Le rite n'est pas une pièce de théâtre ou un jeu, il n'est pas une cérémonie. Il nous fait vivre les lois de la vie, du cosmos, de l'homme. Chaque rite initiatique, quel qu'il soit (cela est à mon avis fondamental et c'est ce que nous allons essayer d'illustrer ensuite) nous fait vivre une loi particu­lière, la loi qui opère dans tel moment ou dans telle circonstance. Chaque rite permet de vivre la loi cosmique, l'archétype qui opère à un moment donné ou dans une circonstance donnée de notre vie. Ainsi, des rites font vivre les lois qui opèrent à la naissance, à la pberté et à la mort. Des rites font vivre les lois qui opèrent lors d'une initiation. Mais, toujours et partout, le rite a pour fonction de nous faire vivre la loi cosmique, archétypielle, qui opère dans un moment ou une circonstance donnée de la vie. En fait, il a pour fonction d'actualiser, de réaliser la fonction physio­logique qui est en jeu à ce moment. Le rite n'est donc pas une abstraction ; on a trop tendance à le comprendre comme un jeu sans support, sans réalité. Fondamentalement, il est en prise directe sur le réel. Il est ce qu'il y a de plus réel. Nous verrons tout à l'heure comment, plus que tout autre chose, il permet de rendre réel, d'actualiser des fonctions physiologiques archéty­pielles et capitales.

Nous allons maintenant illustrer cette fonction, successive­ment à travers des rites exotériques puis maçonniques. Pourquoi commencer par les rites exotériques ? D'abord, parce qu'ils me permettront de faire saisir la fonction du rite sans violer le secret maçonnique. Ensuite, parce que ces rites sont communs à tous, réservés à tous les hommes, sans distinction. Enfin, parce qu'ils nous concernent tous et qu'ils se réfèrent à des moments impor­tants de notre vie. Comment les rites exotériques au moment de la naissance, de la puberté, du mariage, de la mort, rendent-ils réelles en nous, actuelles en nous, certaines fonctions physiolo­giques fondamentales ? C'est à cette question qu'il nous faut répondre. Pour chaque rite, nous suivrons le plan suivant : je décris le rite, en général chinois ou africain, parce qu'il se trouve que ce sont les deux traditions que j'ai le mieux étudiées, ou plu­tôt le moins mal ; ensuite, nous l'analysons et, enfin, nous défi­nissons quelle est la loi que ce rite actualise.

Commençons par un rite de naissance, chinois : c'est le rite de présentation de l'enfant au père, au troisième mois de sa vie. Que se passe-t-il dès la naissance ? Il y a un certain nombre de rites d'approche. D'abord, l'enfant est posé au sol, tout nu, à l'abri des éléments, du froid et du vent mais posé au sol tout nu, pendant trois jours, sans être nourri. Au bout de trois jours, le vassal vient, il prend l'enfant, le pose sur un lit. Tout de suite après (ne souriez pas parce que vous verrez tout à l'heure pour­quoi), il tire des flèches dans toutes les directions de l'espace. Ensuite, l'enfant est baigné et remis au gynécée où il est nourri. Tout ceci se passe pendant les trois premiers jours. Au troisième mois, il est présenté au père qui ne l'a pas vu jusqu'alors. L'en­fant est amené par la mère. Le père et la mère ne se sont pas vus depuis six mois puisqu'ils ont interrompu tout contact (même visuel) à partir du sixième mois de la grossesse. Ils ont fait leurs ablutions, ont revêtu les habits de mariage et, tout à l'heure, ils prendront ensemble un repas de mariage. La mère arrive avec son enfant, face au père et la gouvernante (c'est elle qui parle et non pas la mère) lui dit : « Monsieur, Madame... vous présente votre enfant ». Que fait le père ? Il lui touche la paume de la main droite et lui donne dans l'oreille un nom, son nom..., le nom secret, le nom véritable que pratiquement personne ne saura jamais. Ce rite de présentation étant fini, l'enfant repart au gyné­cée dont il ne sortira qu'à l'âge de sept ans. Cependant, il verra son père tous les dix jours, une minute, le temps qu'il lui serre la main, c'est-à-dire qu'il lui touche la paume de la main droite.

Analysons ce rite. Je comprends que cela puisse vous paraître étrange. Ce qui est important, c'est d'essayer de comprendre ensemble comment, derrière ces gestes qui étonnent les . occi­dentaux d'aujourd'hui, ce rite réalise des fonctions physiolo­giques fondamentales qui nous manquent. Que s'est-il passé ? Voyons d'abord les rites d'approche qui nous révèlent trois fonc­tions essentielles : on vitalise cet enfant, on le purifie et on le nourrit. Comment le vitalise-t-on ? L'enfant qui arrive après un accouchement, après neuf mois de grossesse, a besoin d'énergie. Où trouver de l'énergie si ce n'est en terre ? On le pose sur la terre, pendant trois jours, sans le nourrir, pour le vitaliser. Il est, bien sûr, à l'abri des éléments. Au bout de ces trois jours, il faut le purifier. Que fait l'homme ? Que fait le vassal qui le sou­lève pour le purifier ? Pourquoi tire-t-il des flèches dans toutes les directions ? Parce qu'il disperse au loin toutes les souillures de la naissance. Ce n'est pas un geste artificiel, c'est un geste réel inhérent au rite. En tirant au loin des flèches dans toutes les directions, vraiment, réellement, il le purifie. Pour achever cette purification, on baigne l'enfant. Enfin, il est nourri. Il a donc été vitalisé, purifié et nourri au troisième jour. Pourquoi trois jours ? Trois, c'est la création, c'est le chiffre même de la création.

Voyons maintenant la présentation au père qui lui touche la paume de la main droite et qui lui donne son nom. Trois remar­ques s'imposent : la première concerne le père qui est dans une situation très particulière ; il est comme l'empereur, au centre du cercle. Il n'agit pas, il ne pense pas, il est transparent. En Chine l'empereur n'agit pas, il est celui qui, au centre de l'empire, au centre du monde, est transparent aux lois de l'univers, aux lois de la vie. C'est le médiateur entre le monde, la,terre, l'empire et le ciel, avec ses lois et son ordre. L'empereur a une position cen­trale qui est celle du prophète, des prophètes. Il est au milieu, immobile, pur, transparent. Le père, à ce moment-là, a cette posi­tion impériale, seigneuriale. Il ne décide pas mentalement, intel­lectuellement quel est le nom à donner à cet enfant. Cet homme en position d'empereur, transparent au monde et à ses lois, est inspiré et, à ce moment-là, il donne à son enfant le nom qui lui est prédestiné. Que fait-il avant ? Il touche la mère. Que signifie toucher la mère, toucher la paume de la main droite ? Etablir une alliance (nous avons oublié que serrer la main de quelqu'un c'était établir une alliance). Le père établit donc une alliance avec son fils. Il est à ce moment précis le représentant du ciel, de ses lois et de son ordre, il établit une alliance avec cet être. Après, il peut lui donner son nom, son nom secret, le « Min ». Il y a trois sortes de nom. Le premier est le nom secret qui correspond à votre destin, à votre fonction physiologique. Cela signifie que dans un monde sans hasard, nous sommes tous les éléments d'une mosaïque cosmique et, dans cette mosaïque, chacun a sa place et son rôle. Imaginez-vous avec vos cellules, vos organes, imaginez qu'à l'intérieur de vous vous avez les cellules du foie, du rein, du cerveau et que chaque cellule a sa fonction, chaque cellule a sa place, son rôle. Il en est de même au sein de l'univers. Chaque homme, chaque être a une fonction et un rôle possibles, même s'il ne le sait pas. Ce rôle est défini par le nom secret. Le deuxième nom sera donné au garçon à la majorité, à la fille lors de sa puberté. Celui-ci est le nom public, celui que tout le monde saura ; il définira son rôle social. Le troisième nom sera donné à certains êtres parvenus à un certain état d'initiation. Ce nom-là définira leur fonction, j'allais dire sacerdotale, leur fonction ini­tiatique. C'est Abram qui est devenu Abraham, c'est Saraï qui est devenu Sarah, c'est Jacob qui est devenu Israël. Il en est ainsi du troisième nom.

Pour ce qui est de notre rite, le père va lui donner, va lui dire son destin, sa fonction dans la mosaïque. Constatez l'impor­tance de cette attitude. Regardez le déroulement logique qui fait que cet enfant, après qu'il ait été dans le troisième jour vitalisé, purifié, nourri, est présenté au père, représentant du ciel, qui fait alliance avec lui. Imaginez ce que peut être une alliance avec le ciel et son ordre. Il lui dit son nom et, par là même, sa fonction dans la vie cosmique. Quelqu'un vous a-t-il jamais dit quelle serait votre fonction ? Lui le saura ! Nous, nous sommes perdus. Cet enfant, par ces deux gestes tout simples qui sont le symbole même du rite, a fait alliance avec le ciel et sait désormais quelle est sa fonction, sa situation et son rôle dans la mosaïque cosmi­que et dans l'univers. Allons plus loin. La deuxième étape impor­tante, c'est la puberté. Que se passe-t-il à la puberté ? Observons un rite africain que nous essaierons d'analyser et de comprendre.

A la puberté, l'enfant est séparé du gynécée, du groupe des femmes où il était jusqu'alors. Il est séparé durement. On l'enlève les femmes pleurent comme s'il était mort et on l'enferme dans une grotte. Puis, il est baigné. Ses vêtements sont détruits. On lui donne un autre nom : le nom public. Cela fait, on va l'emme­ner dans le bois sacré qui est un espace sacré comme peut l'être un temple. Là, on va l'instruire, on va lui dire les légendes, les mythes, les rites de la tribu. On lui apprendra les mystères de la vie, les lois de la vie, du monde. Puis, on le confirmera dans son sexe par la circoncision ou par l'excision (ne bondissez pas ! Nous nous expliquerons dans cinq minutes sur l'excision). Après tout cela, il est ramené au village. A ce moment, nous avons une situa­tion très particulière. Il a tout oublié, il ne sait plus marcher, il ne sait plus parler, il ne sait plus rire. Il marche courbé, il ne reconnaît plus personne, ni son père, ni sa mère. C'est étrange. Quelqu'un le reconnaît, qui le guide, l'amène chez lui où il est accueilli par des danses et par des chants, c'est-à-dire par l'amour. Que signifie tout cela ? On l'a enlevé violemment, ses parents pleuraient comme s'il était mort, ce qui veut dire que cet être est en train de mourir pour renaître à un autre état. Revenons un instant sur la confirmation du sexe. S'il est vrai que dans l'Afrique archaïque, traditionnelle, il fallait circoncire le garçon, il n'est pas vrai qu'il fallait exciser la fille et nous allons voir pourquoi.

Il est normal qu'à la puberté l'enfant soit confirmé dans son sexe ; il va devoir se marier, il va devoir s'unir à l'autre, procréer. Cet enfant, qui jusque là était androgyne, va devoir perdre cet androgynat pour le retrouver plus tard avec une autre conscience. Le problème est toujours le même : nous avons connu un état d'unité, nous le perdons et nous devons le retrouver avec une autre conscience. Par exemple, nous avons connu un état d'unité au moment où spermatozoïde et ovule se sont unis pendant une seconde, un éclair durant lequel nous avons été UN. Ensuite, la vie a repris son cours et nous avons vécu dans un état de multi­plicité. Nous avons perdu cette unité et nous avons à la retrou­ver. Avant la puberté, androgynat, après confirmation dans son sexe, il devient mâle ou femelle. Nous verrons, tout à l'heure, comment après la ménopause ou l'andropause il doit retrouver l'androgynat avec une autre conscience et c'est parce qu'on doit confirmer cet enfant dans son sexe qu'on enlève au garçon ce qui est le symbole du sexe féminin, c'est-à-dire le prépuce et qu'on enlève à la fille ce qui est le symbole du sexe masculin, c'est-à- dire le clitoris, mais, parce qu'il y a un « mais », alors que chez le garçon la circoncision, c'est-à-dire l'ablation du prépuce se fait matériellement comme il est dit dès les premiers chapitres de la genèse, chez la fille ce geste n'était que symbolique ! Cela veut dire que dans les temps archaïques de l'Afrique, l'initiateur enlevait symboliquement le clitoris pour confirmer cette fille dans son sexe.

Que s'est-il passé ? Il s'est passé que, sous l'influence du matérialisme que nous connaissons bien, un jour ils se sont dit : « Mais ce n'est pas possible, ce n'est pas un geste symbolique qui suffit, il n'est pas possible que je confirme cette enfant dans son sexe, que je lui fasse perdre son androgynat par un simple geste symbolique, sans aucun support matériel, ce n'est pas vrai ! ». Ils ont douté de l'opérativité du rite, ils ont cru que, parce que ce geste n'était pas matériel, qu'il n'était pas physique, il n'était pas opératif ; ils ont cru que, parce que ce geste ne comportait pas d'éléments anatomiques, il n'était pas opératif, et, de ce jour-là, ils ont commencé à enlever le clitoris et à faire des mutilées au lieu de faire des initiées.

Il est indispensable de comprendre, même pour nous, occi­dentaux, qu'à partir du moment où l'on doute de l'opérativité du rite, de ce geste symbolique, on fait un geste matériel. Non seule­ment nous n'avons plus l'opérativité d'un même geste rituel mais plus encore nous faisons des mutilés au lieu de faire des initiés. C'est essentiel pour nous, occidentaux, car nous verrons tout à l'heure comment, en l'absence de rites, nous aussi nous faisons des mutilés, mais des mutilés de l'esprit.

Revenons à l'enfant. C'est un nouveau-né. Il est mort, il revit. C'est ce que le rite nous dit, c'est ce qu'il opère et c'est ce qu'il nous faut comprendre. Il y a vraiment eu mort et renaissance. Qu'a réalisé ce rite fondamentalement ? Il a réalisé trois choses : mort d'un être, naissance d'un nouvel être, d'un être adulte et plus que cela, il lui a donné la connaissance des lois de l'univers. Imaginez ce gamin à sa puberté. On lui a donné la connaissance des lois cosmiques. Tout d'un coup, il est intégré dans le cosmos parce qu'il sait les lois de l'univers et puis, on lui a fait perdre son androgynat pour qu'il puisse encore assurer la survie de l'espèce et se marier. Imaginez bien que tous ces gestes symbo­liques ont une efficacité réelle ; un être est mort et un autre est né. Cet enfant devient un adulte vrai. Que n'avons nous pas perdu ! En l'absence de rites pubertaires, nous ne sommes plus, à cet âge difficile, en mesure de mourir et de renaître ; nous ne sommes plus intégrés dans le cosmos dont nous ne savons plus les lois puisque personne ne nous les a dites ; nous n'avons pas perdu notre androgynat. Je n'insisterai pas sur tous les problèmes sexuels évoqués par Freud et tous les psychanalistes de la terre. Dans cette période difficile, nous sommes restés identiques alors que nous avions à mourir et à renaître. Nous allons mettre des années et des années pour le faire parce que nous n'avons pas de rite. Alors que nous devions savoir les lois du cosmos qui auraient dû nous être dictées par un ancêtre, un initiateur, qui nous l'aurait enseigné à travers les rites, les légendes, les mythes (nous ne savons rien), nous allons mettre vingt ans, trente ans, quarante ou cinquante ans à les apprendre, ces lois. Alors que nous devions perdre notre androgynat, tout de suite, par un geste symbolique, nous ne l'avons pas perdu et, là aussi, nous allons perdre un temps considérable pour résoudre ces pro­blèmes. Le rite est opératif ; c'est tellement vrai que vous ne soupçonnez pas le nombre de mutilés de l'esprit que nous avons fait par l'absence de rites. Nous ne sommes pas responsables ; nous arrivons et nous n'avons plus de rites pubertaires ! Avons- nous conscience du nombre de garçons et de filles qui sont en hôpital psychiatrique parce qu'ils n'ont pas eu de rites puber­taires pour les faire renaître, pour les intégrer dans le cosmos et pour leur faire perdre leur androgynat ? Vous ne pouvez pas savoir le nombre de personnes, après la ménopause ou à l'andro­pause, qui sont complètement perdues parce qu'elles n'ont pas vécu ce rite de puberté avec son efficacité réelle.

Souvenons-nous de l'excision et à quoi mène la perte de la notion de l'opérativité. Les Maçons doivent comprendre que le rite est opératif même s'il n'est pas un geste matériel. Ne faisons pas comme ces prêtres africains qui, à un moment donné, ont douté. Ils se sont mis à exciser parce qu'ils étaient sûrs ainsi de réaliser un acte sans se rendre compte qu'ils perdaient du même coup l'efficacité du rite.

Nous allons maintenant repartir en Chine pour voir comment vit un couple. L'enfant est né, l'enfant a été initié à la puberté. Comment vit le couple ? Vous allez voir comment le mari et la femme, les deux éléments du couple, sont les deux moitiés d'un même corps mais séparées. Tous les rites vous disent cela et il en est ainsi jusqu'à la ménopause et l'andropause. Après, ils se réuniront. Souvenez-vous de ce que je vous disais tout à l'heure : à la puberté, nous perdons notre état d'unité et nous devons le retrouver après avec une autre conscience. Pour l'instant, nous sommes dans la dualité et mari et femme sont face à face, côte à côte, deux moitiés d'un corps vivant séparées. Comment cela se passe-t-il dans la vie quotidienne ? Il faut que le rite opère, qu'il rende cette loi efficace. Commençons par le repas. Chacun est assis sur sa natte, dans la même pièce. Observons. Deux moi­tiés d'un même corps ; ils prennent le même repas dans deux plats différents ; il s'agit de la même chose, le même repas avec deux plats différents, les deux moitiés. Ils ont accompli chacun séparément leurs ablutions et ils boivent dans deux coupes. Les deux coupes sont faites chacune avec la moitié d'une même cale­basse (les deux moitiés séparées d'un même corps...). Après le repas du soir, ils se saluent cérémonieusement, ils se déshabillent chacun dans leur pièce et ils dorment chacun sur sa natte mais dans la même pièce. Plus encore, ils ne s'appellent pas par leur nom secret ; ils ne se donnent rien de la main à la main ; ils évitent tout contact, même indirect ; il n'y a aucun contact entre leurs effets qui ne sont pas suspendus au même support et qui ne sont pas mis dans les mêmes corbeilles. Remarquez bien comment les choses sont séparées et combien c'est important de confirmer la perte de cet androgynat. Nous comprendrons l'im­portance de tout cela au moment où ils vont se retrouver. Bien entendu, ils ne se baignent pas ensemble. Dans la Chine tradi­tionnelle, il n'est pas question qu'un époux et une épouse se baignent ensemble. La seule union est sexuelle, réglementée par des rites. Les deux êtres sont unis puisqu'ils sont les deux élé­ments d'un même corps mais ils sont séparés pour bien perdre leur androgynat. A 49 ans (7 x 7), notez le symbolisme des nom­bres, pour elle, et à 64 ans (8 X 8), pour lui, tout se réunit, les interdits sont levés. Ces deux êtres qui étaient séparés au niveau des repas, du linge, qui ne pouvaient pas dire leur nom, se toucher la main, qui ne pouvaient pas avoir leurs effets dans la même corbeille, mettent tout en commun et cela, tout à coup. Imaginez ce que c'est ! Imaginons-nous à 50 ans avec l'être avec lequel nous vivons, réalisant brutalement cette vie commune. Mangez sur la même natte, dormir sur la même natte, boire dans la même coupe, manger dans le même plat, se toucher la main. Cela signi­fie réaliser cet androgynat à travers le couple et, par là même, en nous. Nous retrouvons l'unité primordiale. C'est cela que le rite opère. Désormais, ces deux vieux seront unis jusqu'à la mort.

Ils seront ensemble dans la même tombe et leurs tablettes funé­raires seront mises dans la même salle. Ainsi, ils deviendront, suprême honneur, un vrai couple d'ancêtres. Vous avez là ce que réalise un rite de ce type.

Je sais bien ce qu'on peut me dire en se plaçant sur un plan social ou psychologique, mais nous nous plaçons sur un plan métaphysique qui est finalement le seul vrai, celui des lois sur la vie, de la réalité de la vie. La vie est métaphysique, elle est archétypielle. C'est sur ce plan là que nous nous sommes séparés pour réaliser chacun la perte androgynale. Puis, tout d'un coup, à 49 et 64 ans, nous nous réunissons, nous mettons tout en com­mun. C'est la vraie fusion. D'ailleurs, la femme, dans la Chine ancienne, ne fait vraiment partie de la famille de son mari qu'à partir de cet âge là. Il faut bien comprendre que dans un premier temps nous avons vécu la dualité, la perte de l'androgynat, la survie de l'espèce (il fallait faire des enfants).

Dans un deuxième temps, nous retrouvons l'unité avec une autre conscience et nous allons vivre notre survie spirituelle. Nous allons vivre la vie de l'esprit. Cela doit se faire obligatoi­rement ; un jour ou l'autre, nous allons vivre cette vie de l'esprit mais, là encore, alors qu'en Occident (ne croyez pas que je cri­tique l'Occident, je constate, parce que je suis aussi occidental que vous et cela me manque autant qu'à vous), cela se fait dans l'anarchie, là, le rite nous aide, nous oblige à vivre cette dualité, à perdre cet androgynat, à être mari et femme assurant la survie de l'espèce. Le rite nous oblige ensuite à retrouver l'unité, la vie de l'esprit en nous préparant à la mort. Je crois que cela nous manque et que, si l'on parle tant du troisième âge, si on est obligé d'inventer une spécialité qui s'appelle la gérontologie, c'est peut- être parce que nous n'avons plus de rites. Nous ne savons plus quelle fonction nous avons à réaliser, quel rôle nous avons à jouer.

Pendant cette période, nous ne savons plus quoi faire, quelle vie mener.

Nous allons aborder maintenant le rite mortuaire qui est un rite africain. Cet homme ou cette femme vient de mourir. On va fixer un endroit au milieu d'un cours d'eau et on va détourner le cours d'eau un instant. On dresse une hutte puis on met le mort sur cette hutte mais pas n'importe comment : soit en position fœtale, c'est-à-dire recroquevillé, soit en triangle ; les jambes sont disposées de telle façon que cet homme fait face à un trian­gle. Ensuite, on le retourne, on le met à plat ventre et on refait prendre au cour d'eau sa direction originelle. Il passe ainsi sous la hutte pendant trois jours. Au bout de trois jours, on le prend et on l'enterre. Vous avez là les premières funérailles parce que, plus tard, quand il ne lui restera que les os, on prendra ses os, j'allais dire les os de l'ancêtre (nous verrons pourquoi tout à l'heure), et on les enterrera ailleurs, dans un endroit pur. Pour comprendre le rite, il nous faut comprendre ce qu'est la mort. Dans une civilisation traditionnelle, la mort n'est pas la fin, c'est un passage. Après la mort, tout n'est pas fini, nous passons d'un plan à un autre ; les chinois disent que nous passons d'une forme à une autre, d'un monde où nous avons cette forme dans un monde où nous avons une autre forme. C'est un double passage Nous changeons de plan et de monde. Comme il y a mort, il y a renaissance inévitablement. C'est la loi cosmique, ce sont les loi de la vie ; il n'y a pas de mort sans renaissance, cela n'existe pas. La vie n'est que mort et renaissance. Les Chinois disent que le monde, les hommes, les animaux se recréent à chaque seconde de la vie. A chaque seconde, vous mourez et vous renaissez diffé­rent. Les Chinois décrivent les mécanismes qui permettent d'assu­rer cette mort et cette renaissance perpétuelles. Nous avons tout cristallisé sur la mort comme si elle était la seule et nous verrons comment, plus tard, dans une société initiatique, dans un chemin initiatique, nous avons à mourir pour renaître. Ce n'est pas une illusion, c'est une réalité. Dans une société traditionnelle, nous passons du statut de mort au statut d'ancêtre. Après avoir été un homme mort avec tout ce que cela comporte, nous allons deve­nir un ancêtre.

Interrogeons-nous sur l'ancêtre. Dans toutes les sociétés tra­ditionnelles c'est le garant de l'ordre social parce qu'il est le médiateur avec l'ordre cosmique. L'ancêtre, c'est celui qui est présent, j’allais dire au ciel. C'est celui qui va garantir (ce qui n'est plus le cas) l'ordre social. L'ordre social de la tribu, du pays de l'empire est conforme à l'ordre cosmique. C'est le vrai rôle de l'ancêtre et c'est pour cela qu'il est important de passer du statut de mort au statut d'ancêtre, ce qui explique que vous avez deux funérailles. Vous serez enterré dans un endroit impur parce que vous avez à vous purifier. Quand vous serez purifié, que vos os auront blanchi, vous serez enterré dans un deuxième endroit où vous aurez votre statut d'ancêtre. Là, vous accomplirez votre rôle, j'allais dire céleste, mais il n'est pas au ciel, le ciel est sur terre. On a trop tendance en Occident à croire que le ciel est ailleurs. Le ciel est ici et maintenant, le ciel est sur terre. Cet ancêtre sera l'intermédiaire entre l'ordre cosmique et l'ordre de la terre, il sera le médiateur. Remarquez, nous pourrions presque dire ce jeu, entre cet homme qui est sous terre et son rôle qui est céleste et observez comment en même temps à la naissance, alors que l'en­fant s'offre à la vie, on enterre le placenta sous terre, au même endroit, comme s'il fallait toujours qu'il y ait quelque chose sur terre et quelque chose sous terre pour établir la liaison entre eux.

Le rite permet que ce mort renaisse, et ce n'est pas un arti­fice, un jeu ; vraiment, réellement, concrètement, complètement, en mettant cet être dans cette position foetale ou triangulaire, on lui permet de renaître après sa mort. Voyez ce qu'est un rite mor­tuaire. C'est un rite qui permettra à cet être qui vient de mourir de réaliser ce passage difficile, douloureux, pendant trois jours puisqu'il doit renaître et se recréer.

Remarquez bien l'opérativité du rite. En le retournant, on lui permet de quitter ce monde formel pour accéder à un autre monde. Réalisons ce qui se passe en ce moment. Qui les aide à passer ? Comment se fait ce passage qui est nécessairement diffi­cile et douloureux ? Comment change-t-on de monde alors que nous n'avons plus de rite. N'est-il pas urgent que nous retrouvions nos rites pour que, le jour venu, quelqu'un soit là, en conscience, pour nous aider par le rite à passer, à changer de monde et à renaître ?

Abordons le rite de l'homme malade. Je vais vous en conter un qui est un rite africain du Zaïre. La maladie fait partie de la vie comme l'orage et le tremblement de terre font partie de la vie.

Imaginez que dans ce temple entre un fou furieux. Quelle sera notre réaction ? Les plus courageux vont se jeter sur lui, on va lui mettre une camisole de force et puis, on va le bourrer de drogues de façon à ce qu'il soit anéanti, mourant.

Imaginez maintenant que nous soyons toujours dans un temple mais dans une tribu du Zaïre. Comment cela se passe-t-il ? Cet homme arrive fou furieux. Bien entendu, des hommes le maî­trisent pour ne pas qu'il nuise, mais ils n'emploient ni camisole de force, ni drogue, pas même une plante. Que se passe-t-il ? Tout le village arrive. Au centre de la place, il y a le prêtre, l'initié, qui s'installe comme l'empereur, en prière, en état de prière. Cet homme, tout d'un coup, est tout amour, tranparent au monde, transparent comme un cristal entre cette place, avec cet homme fou furieux, avec les gens de sa tribu, et cet univers avec ses lois et avec son ordre. Imaginez que ce fou entre et que l'un d'entre nous se mette au milieu, pur comme du cristal, transparent comme du cristal, tout amour (c'est la condition sine qua non) et que, par là même, il soit le médiateur, l'intermédiaire entre nous et le ciel et son ordre, le monde et son ordre, et la vie et son ordre. Qu'arrive-t-il dans la tribu maintenant que chacun est à sa place ? Tout à coup, vous avez dans un coin les tam-tams qui commencent, gentiment, calmement, régulièrement, j'allais dire de manière ordonnée, et alors que cet être est là, au centre, toute transparence et tout amour, les tam-tams commencent à s'agiter, à se désordonner, à s'accélérer. Vous voyez les tam-tams qui s'agi­tent, qui sont de plus en plus dans le désordre. Jusqu'où vont-ils comme cela ? Ils vont jusqu'au désordre de l'homme fou furieux et ils vont avec l'amour et la transparence du « cheikh » qui est au milieu, ils vont rejoindre cet être dans son désordre, sa folie, et quand ils l'auront rejoint grâce à cet amour et à cette transpa­rence, vous verrez les tam-tams qui redescendent peu à peu, len­tement, doucement, qui calment le désordre, qui s'agitent de moins en moins et qui, peu à peu, finissent à l'état de départ où tout était calme, ordonné.

Chose fantastique ! Au fur et à mesure que les tam-tams redescendent vous voyez cet être qui se calme tout seul. Quand ils sont redevenus paisibles et quand le silence est revenu sur la tribu avec cet être au centre, amour et transparence, cet homme n'est plus fou furieux, sa crise est vide. Voilà un rite ! Il faut être médecin pour imaginer ce qu'est un rite thérapeutique. Comparez un homme fou furieux à qui l'on met une camisole (ou à qui l'on administre des médicaments) et un autre fou furieux qui a devant lui un être au centre, tous les autres membres du village autour, avec les tam-tams qui vont le chercher dans son désordre et qui le ramènent doucement à l'ordre. Qu'ont-ils fait ? Ils ont réintégré cet être dans l'ordre cosmique, dans l'ordre du monde. Ils l'ont remis en relation avec l'ordre cosmique et, par là, ils ont réalisé en lui cet ordre. C'est fondamental de comprendre, pour abstrait que ce soit, que ce n'est pas une utopie, c'est définitif, c'est-à-dire, pour prendre un langage scientifique, c'est un fait expérimental reconductible.

Ils ont relié cet être à l'ordre du monde, aux lois de la vie, de l'univers et ils lui ont permis de rendre réel en lui cet ordre qui était perturbé : c'est cela la ligne de traitement de la maladie ! Vous noterez la solidarité du groupe. Cet homme n'a pas été rejeté. Nos fous, nous les rejetons, nous ne savons plus quoi en faire. Ce n'est pas de notre faute, personne ne nous a expliqué ce que nous devions faire alors, nous les parquons dans des asiles. Dans ce village, au contraire, le groupe s'est senti responsable. Il a été autour de cet être, au milieu, amour et transparence. Le groupe est allé le chercher et est revenu avec lui. Il faut dire que dans une société traditionnelle vraie, l'ordre social et l'ordre cosmique étaient plus près qu'aujourd'hui. Par ailleurs, vous observerez que ce n'est qu'un traitement : ramener l'homme dans son ordre en le reliant à l'ordre cosmique. C'est le seul traitement vrai de la maladie. Faire en sorte que l'homme qui est devant vous, ou la femme, revienne en ordre en étant relié à l'ordre idéal de la vie. Les chinois diraient à l'ordre du ciel.

Il ne faut pas oublier ce qui est, à mon avis, le plus impor­tant : tout l'amour et la transparence qu'il a fallu pour que le traitement puisse se faire. Il faut être tous les jours devant des malades, et pas seulement des malades, pour savoir combien c'est difficile d'aimer l'autre, quel qu'il soit. Aimer l'autre parce qu'au bout du compte il a toujours en lui un trésor caché, une étincelle divine. Ce rite thérapeutique nous rappelle qu'il n'y a pas de guérison vraie sans amour et transparence.

Nous venons de vivre quelques rites exotériques, communs à tous. Comprenons bien comment à la naissance nous devions avoir notre nom secret de prédestination et faire alliance avec le ciel ; comment à la puberté nous devions mourir et renaître, per­dre l'androgyne et comment nous devions être intégrés dans le cosmos.

Nous avons compris comment les rites, j'espère que nous avons compris, comment les rites, après la ménopause et l'andro­pause, nous permettent de retrouver cet androgynat, de retrouver cette voie de l'esprit, cette unité perdue, avec notre conscience.

Nous avons compris comment les rites nous permettaient de passer à un autre monde et de devenir un ancêtre.

Nous avons compris comment le rite permettait de guérir réellement un homme en le réintégrant dans l'ordre cosmique, en rendant réel en lui l'ordre de la vie par l'amour et par la trans­parence.

Abordons maintenant les rites ésotériques qui sont réservés à des membres d'une société initiatique qui sont censés avoir des capacités que d'autres n'ont pas (remarquez le conditionnel). Le but des rites ésotériques est le même que celui des rites exoté­riques. Il est de réaliser, de rendre réelles, actuelles, les lois qui vont être opératives pendant notre vie initiatique. Nous entrons en Franc-Maçonnerie dans un but. Nous allons avoir à subir des transformations, des mutations. Nous allons les subir de deux manières. D'abord, par l'influence spirituelle que transmet la Franc-Maçonnerie parce qu'il est vrai que la Franc-Maçonnerie transmet une influence spirituelle. Nous allons subir, accélérer, favoriser ces transformations et ces mutations par le rite. Nous avons un rite de constructeur : Franc-Maçon. Nous sommes dans un monde sans h Isard, cela veut dire que ce n'est pas par hasard que la Franc-Maçonnerie a un rite de constructeur. Si nous possé­dons la symbolique de constructeur, c'est que nous avons à bâtir, à construire. Nous sommes au début du chemin. Nous avons à construire un temple en nous, collectivement, et nous avons à construire un être chaque fois qu'il y en a un qui se présente à la porte du temple et qui a les qualifications requises. C'est pour cela que nous avons une symbolique de constructeur : nous avons une fonction de construction. Il nous faut édifier des êtres, des temples. Faire que cet être puisse arriver au terme qui est de mourir à lui-même pour naître au divin. Je sais que vous réa­gissez sur le mot « divin » mais vous savez qu'il y a une réalité physiologique et que les mots ne changent rien.

La réalité physiologique est que nous avons deux êtres en nous : un être spécifique, public, avec ses passions, ses buts, ses besoins, ses envies de posséder, ses désirs, ses problèmes psycho­logiques, son paraître et puis, nous en avons un autre, au fond, caché comme un trésor et qui demande à vivre. Entrer en Franc- Maçonnerie c'est, qu'on le sache ou non, fondamentalement, vou­loir que vive cet homme qui est caché au fond, que vive ce trésor, cet être que vous pouvez appeler spirituel, transcendant, embryon taoïste, être divin, être immanent, tous les noms de la terre, cela ne change rien à sa réalité : cet être est en nous et il demande à vivre. C'est pour cela que nous avons un rite de constructeur ; nous sommes, en tant que Franc-Maçon, au début du chemin. Nous devons édifier un mythe et nous allons le faire par le rite parce que le rite va le permettre, parce qu'il est opérant. Il y a des rites d'ouverture de Loge, de fermeture et d'initiation. Je ne vais pas vous les décrire mais je peux quand même vous dire ce que ça fait. Le rite d'initiation consiste à initier celui qui se pré­sente à la porte du temple, c'est-à-dire le profane qui demande à être admis en Franc-Maçonnerie. D'abord, nous ouvrons la Loge. Imaginez que nous soyons tous Francs-Maçons, nous avons un Vénérable, des Officiers, nous allons ouvrir la Loge. Qu'allons- nous faire ? Nous allons reproduire, revivre l'acte éternel de créa­tion. Nous avons à revivre à chaque ouverture les lois qui ont présidé à la construction du monde, les lois qui ont présidé à la création de toute vie, quelle qu'elle soit. Que faire ? Nous nous relions à l'Architecte. Nous nous donnons l'ordre de créer les hommes qui sont là juste pour mener à terme cette création. Il nous faut nous relier à la source de vie qui est la Lumière. Il nous faut donc installer l'espace puis le temple et alors, tout est prêt, nous pouvons donner vie à ce temple : ce temple qui est en nous et ce temple politique qu'est la Loge. Ce n'est pas important de savoir leur nom, l'important est de savoir ce qu'ils opèrent et de savoir qu'un rite d'ouverture de Loge nous fait revivre les lois qui président à la création de toute vie, que ce soit la vie de l'homme, de l'univers ou la vie de la plante, de l'animal ou du cristal. Les lois sont les mêmes et le rite vous les fait revivre.

Ainsi, à chaque ouverture de Loge, Tenue après Tenue, nous revivons ces lois qui, patiemment, nous permettent de créer le temple qui est en nous et le temple qu'est la Loge. Venons-en à la fermeture de la Loge. Qu'allons-nous faire ? Nous allons la des­tructurer, la renvoyer au chaos (le chaos n'est pas la pagaille, c'est l'indistinction parce que les forces ont changé de sens sou­vent, et à la fermeture de Loge, nous allons renvoyer cet univers au chaos).

Dans certaines occasions, nous avons des profanes qui se présentent et nous devons les initier. Il va falloir qu'ils meurent et qu'ils renaissent et ce, par un rite qui est, croyez-le bien, opé­ratif. Il est vrai. La construction de cet être sera réelle, aussi réelle que si nous avions construit cet édifice ou la cathédrale de Paris. Quand on dit que par le rituel d'initiation on construit un être ce n'est pas un jeu, on ne fait pas semblant, on n'a pas donné un coup de maillet en disant des formules et en jetant tout par terre ; ce n'est pas vrai ! Ce jour-là, si le rite est fait en conscience et ce qui me désespère c'est de le voir faire n'importe comment, si le rite est fait en conscience, un être commence à mourir et un autre commence à naître, réellement. C'est une trahison que de ne pas le faire en conscience parce que cet être est venu pour mourir et pour renaître et il est venu, qu'il le sache ou pas, sous tous les prétextes de la terre (et ceux qui sont en Maçonnerie depuis quinze ou vingt ans en ont vu suffisamment pour savoir que nous arrivons ici sous tous les prétextes de la terre). Fonda­mentalement, nous avons une demande qui est de faire vivre en nous cet être fantastique qui est caché au plus profond, ce tré­ sor auquel nous devons accéder.. C'est une trahison, une mutila­tion que de ne pas lui permettre de vivre en ne réalisant pas un rite comme il devrait l'être.

Alors, que se passe-t-il ? D'abord, il meurt en terre ; puis il va renaître à travers des épreuves, on va le reconstruire à travers quatre éléments parce que la vie est faite de quatre éléments. Il va renaître à travers sept épreuves que je ne vous décompose pas parce que sept sont toujours les moyens qui sont donnés pour, mener une création à son terme. N'oubliez pas que les nombres sont la vérité du monde. Rien ne se fait sans les nombres dans la vie. Le nombre est le secret du nom ; c'est pour cela que le nom est le secret de la vie. Nous avons oublié tout cela, pas tout ; nous avons oublié que la réalité de la vie était sous-tendue par le nombre et qu'elle était vie par le nombre. Ce n'est pas pour rien que l'on fait des choses à trois, à neuf ; ce n'est pas pour rien qu'il y a sept épreuves (s'il y avait six épreuves et non sept, il n'y aurait pas la même opérativité du rite). Sept, c'est le temps qu'il faut pour mener une création à son terme. Cet être va donc commencer à renaître parce que la Franc-Maçonnerie, avec son symbolisme de constructeur, est un début de chemin. Ensuite, on va lui donner, par l'instruction, les moyens de vivre. Voilà ce que l'on réalise dans un rituel d'initiation. Il meurt, on le recons­truit à travers les éléments et les voyages et on permet à quel­qu'un qui est en lui de commencer à renaître. A ce moment là, on l'instruit comme on instruisait cet adolescent dans le bois sacré ; on l'instruit à d'autres lois de la vie, plus archaïques, plus fonda­mentales.

Ce qu'il est important de retenir, surtout pour les Maçons, les Maçonnes qui sont ici, c'est que tous vos gestes rituels opèrent quelque chose et qu'il est vrai que nous construisons vraiment, réellement, un temple à chaque rituel d'ouverture et qu'il est vrai également que nous construisons vraiment, concrètement, un être à chaque rituel d'initiation. Tous les gestes rituels que l'on vous demande de faire sont là pour opérer en nous des transfor­mations et des mutations. Quand on nous dit : « Rentrez à l'ordre dans le temple » , remarquez ce mot « ordre » qui revient sans arrêt et qui se réfère à cet ordre de la vie, à cet ordre cosmique.

Ce qui est sûr, c'est que si vous entrez dans n'importe quel ordre et si vous vous mettez dans n'importe quel ordre, vous ne ferez pas en sorte que cette mutation se produise. Tous les gestes rituels doivent être faits conformément au rite parce qu'un rite opère en nous, à chaque instant où nous le faisons, une transfor­mation et une mutation nécessaires. Il faut dire à ceux qui ne sont pas Maçons que s'ils ont envie de le devenir un jour, ils doivent savoir en tout cas, dès leur entrée, que le rite ne sera pas un jeu, une cérémonie, une pièce de théâtre, un artifice, que ce sera un acte opérant, réel, authentique, efficace.

J'espère que nous avons compris ensemble quel était le rôle fondamental du rite qui est d'actualiser, de réaliser (réaliser c'est rendre réel) en nous des lois cosmiques, archétypielles, les lois de la vie. Car, finalement, la vie n'est que l'incarnation des archétypes, des lois qui nous gouvernent. Elle n'est que l'incar­nation des attributs divins que, dans le même temps, elle nous révèle et elle nous masque. La vie n'est que l'incarnation d'attri­buts et d'archétypes et le rite est le moyen qui nous est donné pour vivre ces archétypes et attributs, pour réaliser ces lois qui sont à vivre à un temps ou dans une circonstance donné de notre vie. S'il fallait ne retenir qu'une chose, ce serait celle-ci : le rite nous permet de vivre la loi de la vie, la loi cosmique, la loi fonda­mentale archaïque que nous devions vivre à un tel moment de notre vie (comme la puberté, la ménopause) ou dans telle circons­tance (par exemple lors d'un rituel d'initiation).

Pour cela, nous devons saisir que tout est archétypiel, que la vie est archétypielle, que tout est métaphysique, que la vie fonda­mentalement est métaphysique. Pour comprendre un rite, il ne faut surtout pas se placer sur un plan psychologique ou social, placez-vous sur un plan métaphysique, archétypiel. Quand vous aurez accédé au plan archétypiel ou métaphysique, vous compren­drez facilement quelle est la réalité sociale ou psychologique qui en découlait.

Regardez avec un œil neuf tous les gestes rituels ; si vous voyez une femme musulmane voilée dans la rue, plutôt que de crier psychologiquement ou socialement à l'inégalité des sexes, demandez-vous quelle est la raison profonde, archétypielle, méta­physique qui fait que cette femme est voilée ; quel secret doit-elle cacher ? Si on vous parle d'anthropophagie, en plus que de crier à l'inhumanité, et vous aurez raison, demandez-vous quelle dégé­nérescence il y a eu pour en arriver là. Quelle opérativité du rite a-t-on oubliée pour en arriver là ?

Comment partant du fait que le Maître, arrivé au terme de sa vie, donne ses attributs à son héritier, on est arrivé au fait qu'un homme en mange un autre pour s'attribuer certains pou­voirs illusoires ?

Ainsi, quand vous êtes devant un rite, devant un geste rituel, n'oubliez pas que le monde est métaphysique et la réalité arché­typielle.

Il nous faut bien comprendre aussi ce que nous faisons en Franc-Maçonnerie. La Franc-Maçonnerie est un chemin de réali­sation. Ce chemin, nous ne pouvons le faire que par le vécu de nos rites, par la répétition de nos rites, par le fait que Tenue après Tenue, nous avons nos rites qui réalisent en nous des transforma­tions et des mutations qui vont permettre, d'une part, au vieil homme de mourir et, d'autre part, à cet être caché et divin qui est en nous de vivre.

Sachez que tout Franc-Maçon, qu'il le sache ou non, fonda­mentalement, entre en Franc-Maçonnerie pour cela. Enfin, il nous faut comprendre que le grand problème du monde actuel n'est pas social, politique ou économique. Il est que nous vivons la fin d'un cycle, le « kali-yuga », la fin d'un cycle temporel. C'est pour cela que nous sommes dans l'anarchie. Nous sommes en effet coupés de l'archée, des lois, des archétypes. C'est aujourd'hui le problème fondamental : le monde tout entier (et pas seulement l'Occident) est en train de vivre la fin d'un cycle et, par là même, nous vivons le début d'un autre, immatériel, subtil, c'est encore un embryon, une cellule. Pour vivre le début de cet autre cycle, le rite est nécessaire parce que si, dans l'anarchie actuelle, nous voulons nous relier aux lois de la vie et du cosmos, il nous faut d'abord vivre la réalité et l'opérativité du rite. Seul le rite nous permettra de devenir conformes à cet ordre du monde, de ré­pondre à cet ordre idéal de la vie. Comprenons que seul le rite nous permettra de retrouver cette perfection qui, en même temps première et dernière, est en nous.

Jean-Marc Kespi

(*) Conférence prononcée par Jean-Marc Kespi, le 5 décembre 1981, dans le cadre des conférences organisées par le Cercle Condorcet- Brossolette.

Source : www.ledifice.net

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Published by PVI - dans Planches
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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 08:03

Un ordre religieux militaire est une institution dépendant de l'Église latine, destinée principalement à la guerre - physique - contre les ennemis de la Chrétienté. Le premier de ces ordres est créé en 1120 à Jérusalem : l'ordre du Temple (la Chevalerie des Pauvres compagnons du combat du Christ, ou Templiers). Cette nouvelle forme de la vie religieuse (vita religiosa) tire son origine de l'Occident latin. Elle présente trois aspects novateurs.

Les ordres religieux militaires sont une création médiévale. Le plus connu du grand public est l'ordre des Templiers. Aux Templiers, l'on associe quantité de topoi (clichés) : leur richesse fabuleuse, leur savoir ésotérique... Demurger évoque, à propos de la vision actuelle des Templiers par une certaine culture populaire, un "sottisier templier". Il existe de nombreux autres ordres militaires, parmi lesquels les Hospitaliers et les Teutoniques, dont les faits d'armes sont moins repris par les média. L'ordre de Malte en est une survivance contemporaine.

Au Moyen Âge, ces structures appartiennent à un ensemble commun d'ordres religieux militaires. Un ordre militaire (ordo militaris) ne doit pas être confondu avec l'ordre équestre (ordo equester) de l'Empire romain : dix-huit centuries de cavalerie recrutées parmi les riches citoyens devenus, par l'attribution du cheval public (equus publicus), chevaliers romains (equestri romani equo publico). L'ordre équestre eut à son époque pour rôle de dégager une élite. Durant le Dominat (IVe-Ve siècles), ses membres se fondent dans l'aristocratie sénatoriale. Cet ordre n'a pas de postérité, bien que certains scribes médiévaux, férus de latinité, voient dans les Templiers un nouvel ordre équestre.

Le cavalier, à partir du IXe siècle, est appelé miles, la militia étant l'ensemble des chevaliers. Au tournant de l'An mil, ce mot est traduit par "chevalier". Pour autant, le portugais, l'espagnol et l'italien ne distinguent pas le chevalier du cavalier. Les chevaliers sont progressivement appelés l'"ordre des combattants" : ordo bellatorum.

Des ordres chevaliers laïcs apparaissent, par ailleurs, au XIVe siècle. Dans tout l'Occident, les princes ont besoin de la noblesse. Pour rendre confiance aux nobles, ils créent ces ordres accueillant les chevaliers les plus méritants. En 1326, naît l'ordre des Chevaliers de Saint Étienne de Hongrie, puis en 1330 l'ordre de l'Écharpe, en Castille. Ils sont les tout premiers ordres chevaliers laïcs. Leur succèdent la Jarretière (Angleterre), la Toison d'or (Bourgogne)... Certains écrits anglais de la période moderne établissent toutefois des filiations abusives entre ordres laïcs et religieux.

La Terre sainte, creuset des ordres religieux militaires

Le fait que les ordres religieux militaires imiteraient une construction militaire musulmane, le ribat, est désormais discuté. Jusque dans les années 1980, on y voit un couvent fortifié, où les fidèles se livrent au jihad (le "suprême effort"). Quelques témoignages en subsistent en Tunisie, à Sousse et à Monastir. Or, il existe des ribat beaucoup moins architecturaux : le ribat n'a pas forcément de tradition architecturale ou institutionnelle. C'est du monde féodal que les ordres religieux sont nés en réalité, pour répondre aux besoins des États latins d'Orient: le succès des croisades provoqua ce changement.

À cette époque, les trois puissances dominantes au Proche-Orient sont les Byzantins, les Abbassides et les Seldjoukides. Quatre États francs sont créés en Orient; le comté d'Édesse et la principauté d'Antioche le sont dès la Première croisade (1098), avant même l'arrivée des Francs à Jérusalem, qui devient un royaume latin (1099), précédant la mise en place du comté de Tripoli (1104). Selon Riley-Smith, il est attesté qu'une centaine de croisés se sont fixés en Orient une fois Jérusalem conquise sur sept cent cinquante partis du monde latin à l'origine pour l'Orient entre 1096 et 1110, soit une proportion d'un sur sept.

Jérusalem s'organise autour d'un patriarche. Une communauté d'une vingtaine de chanoines l'accompagne. Le système féodal oriental est plus parfait qu'en Occident, car construit ex nihilo. L'Orient latin se structure rapidement, cependant qu'il reste fragile : les Croisés sont minoritaires, même si, politiquement et militairement, l'islam est vaincu. Le premier des ordres militaires, le Temple, est issu d'une confrérie militaire.

Le Saint Sépulcre, après la conquête de Jérusalem, est le pôle politique majeur de la ville. Cette église, où sont organisés des pèlerinages, est détruite par le calife al-Hakim en 1009. Ce n'est pas un événement traumatique : en 1027, Fatimides et Byzantins s'accordent sur sa reconstruction, effective vingt et un ans plus tard. L'arrivée des Seldjoukides (1071) ralentit toutefois les pèlerinages. Ces difficultés constituent dès lors l'une des raisons invoquées par le pape Urbain II pour appeler à la Première croisade. Avec l'entrée des Latins dans la ville, le siège de l'ancien patriarche grec change de mains. À l'origine et jusqu'en 1114, les chanoines autour du patriarche sont séculiers, c'est-à-dire non astreints à une règle de vie particulière. Puis, ils demandent à suivre le rite régulier, et la règle de Saint Augustin (ou plutôt celle qui lui est attribuée). Conséquemment, la communauté canoniale du Saint Sépulcre est formée de réguliers, sans constituer un ordre religieux militaire. Cette confusion est la conséquence du statut actuel du Saint Sépulcre (ordre militaire) depuis le XIXe siècle. Des chevaliers armés n'y siègent qu'à partir de la seconde moitié du XIVe siècle.

Pourtant, du fait des besoins existant en Terre sainte, des hommes d'armes s'associent au Saint Sépulcre. Ils forment une confrérie laïque, un tiers-ordre. Cela apparaît dans une chronique d'un moine rhénan, Albert d'Aix. En 1101, selon lui, le patriarche de Jérusalem enrôle une trentaine de chevaliers pour défendre le Saint Sépulcre. Cette confrérie ne forme pas un ordre militaire. Il se pourrait bien que certains des futurs Templiers aient servi de la sorte. Parmi eux, peut-être, Hugues de Pains, seigneur champenois. Que sait-on de lui avant qu'il ne fonde l'ordre du Temple ? Peu de choses. C'est un seigneur moyen, dont on ne sait s'il a participé à la Première croisade. Il y prend part en revanche en 1104 avec son suzerain, le comte de Champagne. Hugues de Pains s'installe définitivement en Orient dix ans plus tard, après être revenu en Champagne. Il se sépare alors de sa femme, et sert les pèlerins, vraisemblablement auprès du Saint Sépulcre.

Une autre communauté semblable à un ordre militaire, car employant des gens d'armes, apparaît dans le même temps : l'Hôpital de Saint Jean de Jérusalem. Cet ordre est indépendant de l'Église latine et soumis à la papauté par la bulle Pie postulatio voluntatis du 15 février 1113, sous Pascal II. Le Temple procède toutefois d'une initiative vieille de plusieurs décennies, entamée vers 1065 par des commerçants d'Amalfi, à une époque où les Seldjoukides menacent. S'y associe le monastère bénédictin de Sainte Marie latine.

L'indépendance de l'Hôpital est-elle souhaitée dès Urbain II ? Cela est difficile à dire. Une mission de protection des pèlerins apparaît à cette époque. C'est de ces confréries que l'ordre du Temple naît en tant qu'institution autonome de l'Église, en 1112 (datation allemande de 1976, et non 1118-19). C'est le plus ancien des ordres religieux militaires issus de l'Occident. Initialement religieux, sa militarisation, progressive, s'achève au milieu du XIIe siècle, la date d'une militarisation décisive étant débattue par les historiens. Pour autant, les Templiers conçoivent leur tâche comme avant tout caritative.

Des chroniqueurs aux récits parfois contradictoires narrent l'histoire du Temple. Guillaume de Tyr (1130-1185), archevêque de Tyr, prélat, écrivain de l'Histoire d'outre-mer (Historia ultramarinis), est l'un d'eux. Il y présente la naissance de l'ordre du Temple. Son histoire est imitée et suivie par un prélat, Jacques de Vitry (v. 1165-1240), qui rédige l'Histoire orientale (Historia orientalis), inspirée directement de Guillaume de Tyr. Le troisième chroniqueur est un chevalier latin au service de Balian d'Ibelin : Ernioul. Attaché au service de Balian en tant qu'écuyer du défenseur de Jérusalem contre le sultan ayoubbide d'Égypte et de Syrie, Saladin, en 1187, il livre un récit vernaculaire en langue d'oïl. Dans les années 1230, Bernard le Trésorier se propose d'écrire la suite de l'Histoire d'outre-mer, intégrant le propre récit d'Ernoul. Ce texte est une continuation du récit de Guillaume de Tyr. Cependant, dès le deuxième chapitre est relatée l'origine de l'ordre du Temple. Elle diffère des autres développements empruntés à Ernioul. Ce récit est par ailleurs différent de ceux de Guillaume de Tyr et de Jacques de Vitry. Il est peut-être antérieur à l'écriture de l'Histoire de l'outremer, devenu un modèle de référence. Certains auteurs le font remonter aux années 1110, l'époque d'Hugues de Pains. Selon Ernioul, les Templiers seraient issus des chevaliers du Saint Sépulcre (milites Sancti Sepulcri) peut-être hébergés à l'hôpital Saint Jean de Jérusalem. L'Hôpital aurait donné au Temple l'oriflamme du Baucent, enseigne de blanc et de noir. De même, les Templiers auraient reçu un relief : les restes de la table commune de l'Hôpital.

Guillaume de Tyr donne une précision essentielle sur la date de création du Temple. En 1128, le Temple serait dans sa neuvième année. Il est approuvé par le concile de Troyes cette même année, le jour de la saint Hilaire (13 janvier). Cependant, l'année commence à l'époque au jour de l'Annonciation (25 mars). Cela repousse donc ce concile au 13 janvier 1129, et la création du Temple en 1120, entre le 14 janvier et le 14 septembre.

Au Temple, le roi Baudouin II de Jérusalem affecte un bâtiment, au sud du Dôme du Rocher, près de l'al-Aqsa. Le Temple est, dans un premier temps, une simple communauté de chevaliers, neuf selon Guillaume de Tyr. Mais celui-ci est partial à leur égard, leur étant opposé. Parmi ces premiers membres, on compte des princes, dont Hugues de Champagne, suzerain d'Hugues de Payns, en 1125. Le comte d'Anjou Foulques s'associe également au Temple, sans en être membre, et lui fait des donations. Il n'est pas envisageable que de telles figures de la noblesse aient fait confiance à une structure qui aurait comporté seulement neuf membres.

Michel le Syrien évoque, vers 1125, une trentaine de frères regroupés autour d'Hugues de Payns. Entendons bien, à ce titre, une communauté, non un ordre formel comme l'Hôpital. Cependant, Hugues de Payns entend obtenir la reconnaissance de l'Eglise en revenant en Occident en 1127. Dès avant son départ, ou sitôt après avoir débarqué à Marseille, il sollicite l'appui de saint Bernard, le plus haut docteur de l'Eglise de son temps, abbé de Clervaux, homme de Cîteaux. La famille de Payns et celle du saint sont de la noblesse champenoise et, peut-être, alliés. Bernard donne par la suite au Temple son texte fondateur, un Eloge de la chevalerie nouvelle (De Laude nove militie), quelques mois avant la réunion du concile de Troyes (Selwood, 1999). Ce dernier ne fait que ratifier cet état de fait. Cette règle du Temple, après sa mise en forme, semble davantage bénédictine qu'augustinienne.

Les Templiers prônent un ordre de vie nouveau, incluant la promesse d'une lutte contre tout ennemi de l'Eglise. En 1129, Hugues quitte l'Occident, pour regagner Jérusalem. Dans le même temps, le roi Baudouin II attaque Damas : des Templiers participent à cette entreprise contre les musulmans. L'ordre du Temple s'érige dès lors en modèle, rognant les marges de l'Hôpital, et se militarisant. Etant reconnu par l'Eglise, le Temple poursuit ses opérations militaires la décennie suivante, poussant les Hospitaliers, à leur contact, à se militariser eux-mêmes. Une militarisation entérinée successivement dans les statuts de l'Hôpital de 1182, 1203 et 1206. Comment s'opère cette mutation ? On a pu la situer dans un arc chronologique très vaste, couvrant toute la seconde moitié du XIIIe siècle :

  • Certains historiens pensent que l'Hôpital se militarise dès 1126, sous la conduite d'un connétable (terme éminemment martial). Or, le connétable est, à l'époque, le "comte d'estable", celui qui s'occupe des chevaux. En 1126, l'Hôpital ne peut être militaire, il serait alors avant le Temple.
  • D'autres évoquent la concession du château de Beth-Gibelin, en 1136, sur la frontière entre Jérusalem et l'Egypte. Mais sa défense put être assurée par des chevaliers. L'église de Lidda, près de Jaffa, est dans ce cas de figure.

C'est le roi Alphonse II de Portugal qui, notamment, évoque la militarisation de l'Hôpital dans des statuts émis en 1203. Depuis les années 1160, les bulles du pape Alexandre III insistent en priorité sur la nécessité pour les Hospitaliers de se focaliser sur leurs missions caritatives. Ce rappel à l'ordre implique qu'ils en aient déjà eu d'autres à l'époque, bien sûr éminemment militaires. C'est là, sans doute, le signe premier de la véritable transformation de l'Hôpital en ordre militaire. Cette militarisation affecte de même l'ordre de Saint Lazare, basé près de la porte Saint-Etienne, à Jérusalem. Cet ordre naît dans une léproserie ouverte aux chevaliers hospitaliers et templiers ; il aurait fait œuvre de prosélytisme. Là encore, la date de cette transformation est difficile à évaluer. Peut-être vers 1244, conséquemment à la bataille de la Forbie, ou celle de Mansina, en 1250, opposant les croisés aux ayyoubides menés par Baïbars. Toujours est-il qu'en 1252, les frères de Saint Lazare se battent à Ramallah, près de Jérusalem.

La 'Maison de Sainte-Marie-des-Teutoniques, fondée à Acre en octobre 1189, durant la Troisième croisade, est un autre exemple de militarisation d'un ordre. Les Teutoniques s'installent porte Saint Nicolas, dans la Ville sainte. Cette communauté nouvelle est reconnue comme un ordre autonome de l'Eglise en 1196, et comme ordre religieux militaire en 1198, par le pape Innocent III. C'est ensuite sous le magistère germanique de Hermann von Salsa, entre 1220 et 1233, que se développe l'ordre, notamment en Hongrie et dans les territoires baltiques.

De son côté, l'ordre de Saint-Thomas d'Acre, fondé durant les années 1170, s'adresse aux Anglais. C'est un ordre de chanoines réguliers. Pierre des Roches, évêque de Westminster et participant à la croisade, le militarise rapidement. En 1127, cela est officiel, mais cet ordre n'agit pas en dehors de l'Angleterre (notamment aux environs de Cantorbéry). C'est un ordre mineur au final. D'ailleurs, le modèle des ordres religieux militaires essaime dorénavant davantage en péninsule ibérique. Pourquoi, au reste, la papauté a-t-elle avalisé telle militarisation ? Certainement par pragmatisme, croulant sous l'urgence des besoins militaires. La papauté saura à ce sujet faire taire les critiques, ténues.

En péninsule ibérique, des institutions spécifiques

C'est en Terre sainte qu'apparaissent les ordres militaires religieux. Dès avant le XIIIe siècle, ils jouent un rôle essentiel. La Terre sainte n'est pour autant pas le seul espace où doive lutter l'Occident, au titre de la dilatatio christianitatis, l'expansion de la chrétienté. C'est en effet l'époque de la Reconquête (Reconquista) dans les domaines espagnols, encore qu'il ne s'agisse que d'un terme historiographique du XIXe siècle. Le terme médiéval est plutôt celui de Restauration de l'Espagne (Restauratio hispanie), c'est-à-dire celle romaine, chrétienne, et non musulmane.

Autour de l'an 900, sous le règne d'Alphonse III le Grand, souverain des Asturies, les progrès face à al-Andalous tendent à devenir définitifs. Jusqu'au début du XIe siècle, les musulmans dominent pour autant. Mais l'éclatement, entre 1009 et 1031, du califat de Cordoue fragilise la présence musulmane en Occident, au profit des taïfas, principautés régionales nouvelles. Ce rééquilibrage est progressif. Les taïfas, malgré leur désunion, demeurent très puissantes. Les villes de Coïmbre, en 1064, puis Tolède, en 1085, sont définitivement recouvrées par la Chrétienté. Une dynastie berbère, les Almoravides, est appelée dans le même temps à l'aide par les musulmans d'al-Andalous. Elle bat les chrétiens coalisés à Zalaqa (1087) et Uclès (1090) où Sancho Alfonsez, fils unique du roi Alphonse VI de Leon, vainqueur de Tolède, est tué. Pour autant, cette présence almoravide est précaire : les Almoravides sont repoussés par les Aragonnais à Saragosse (1118), puis à Cutanda (1120).

En Espagne chrétienne aussi, l'idée se fait jour d'ordres religieux militaires. Il y existe une longue tradition de contacts entre Islam et Chrétienté, et une bonne connaissance l'un de l'autre, au long de la Frontera (frontière entre les deux territoires) où circulent biens, hommes et idées. Une opinion fait depuis sens. Elle touche au ribat. C'est une thèse des années 1820, liant à ce dernier l'origine des ordres religieux militaires. Or, la péninsule ibérique n'est plus au XIIe siècle une terre de ribat aussi marquée qu'avant. Reste de plus à définir le ribat : moudjahidin des temps médiévaux ? Cela est maintenant contesté, le ribat étant avant tout perçu selon un angle spirituel. Le ribat diffère des ordres religieux quant à la durée d'engagement, non à vie comme l'engagement monastique, mais le temps d'une année ou deux.

Plus proche des ordres religieux militaires que le ribat, mais sans être le "berceau" de ces ordres, les confréries armées se réunissent en divers lieux pour lutter contre l'islam, à Tolède notamment, zones frontalières. Les sources à leur sujet sont rares. Leurs liens sont patents avec les ordres de Carthage et de Santiago, confréries urbaines du XIIe siècle. A leurs côtés se manifestent des confréries de chevaliers, notamment en Aragonnais, Belchite (1122) et Monreal (1124). La confrérie de Belchite sort de terre après la prise par les chrétiens de Saragosse. Tout laïc ou clerc voulant défendre le peuple chrétien pendant un an, ou sa vie durant, peut la rejoindre. Ceux qui sont engagés à vie doivent se confesser comme s'ils voulaient mener la vie du moine ou de l'ermite. L'engagement religieux fonctionne avec la pratique militaire. Mais Belchite se différencie du Temple par son aspect confraternel. Des ordres religieux de Terre sainte, on a trace en péninsule ibérique dès les premières années du XIIe siècle. N'imaginons pas cependant que la péninsule ibérique soit étrangère aux croisades. Le Temple essaime en 1127 - année du voyage d'Hugues de Payns - en Espagne. L'année suivante, la forteresse libanaise de Sour est donnée aux Templiers. En 1131, Raymond-Béranger III, comte de Barcelone, donne au Temple le château frontalier de Granyena, face aux terres musulmanes, puis se fait Templier ad succurenorum - au moment de mourir - pour garantir son salut. Cela témoigne bien de l'aura naissante de l'ordre. Son successeur, Raymond-Béranger IV, poursuit son action contre l'islam.

Le roi d'Aragon Alphonse Ier remet aux Templiers le château de Monreal, en 1131. Il souscrit un testament singulier, prévoyant le don de son royaume aux ordres de Terre sainte qui le gouverneraient ensemble : le Saint Sépulcre, l'Hôpital de Saint Jean de Jérusalem, et l'ordre du Temple lui-même. Pourquoi ce geste ? Par symbole, sans doute. Alphonse Ier craint en effet son absorption par la Castille, d'où ces choix internationaux. Il meurt en 1134, après sa défaite à Fraga. Au nom d'une parenté réelle, Alphonse VII, roi de Leon, fait valoir son droit à l'héritage de la couronne d'Aragon. Est alors décidée l'union de l'Aragon à la Catalogne par les nobles aragonais, lesquels avancent Ramire II, frère cadet d'Alphonse Ier, moine marié de force à la fille du comte de Barcelone, Agnès de Poitiers. Ramire meurt en 1154, en laissant une fille de dix-neuf ans, Pétronille d'Aragon, prémices d'une union dynastique réussie entre Catalogne et Aragon. Raymond-Béranger IV est par la suite proclamé seigneur - non roi - de Catalogne, et se concilie les Templiers. En 1140, est négocié le renoncement de l'Hôpital et du Saint Sépulcre, en échange de châteaux. Puis, en 1143, celui du Temple. Ce dernier combat toutefois pour recouvrer Santerém et Lisbonne (1147), Tortosa (1147) et Lérida (1149). Peut-être s'engage-t-il également en Castille.

Mais pour ces ordres, l'essentiel reste en Terre sainte, qui constitue leur engagement premier. Les souverains hispaniques entreprennent en conséquence d'organiser des milices exclusivement attachées à la défense de la souveraineté ibérique. Calatrava notamment est, pour sa part, de modèle cistercien. Ce type d'ordre est rattaché à Cîteaux. Il est fondé autour de la forteresse de Calatrava, sur un ancienne route de passage entre Cordoue et Tolède, dans la région de la Marche. Sa création remonte à 1158, par l'abbé Raimundo, proche des cisterciens navarrais de Fitero. Selon un chroniqueur quelque peu partial, les Templiers auraient abandonné Calatrava, qu'Alphonse de Castille leur avait attribué. C'est pour pallier les manquements du Temple que Raimundo aurait agi. Une offensive des Almohades, successeurs des Almoravides, est alors redoutée. Cela est sans doute abusif, eu égard à la menace qu'ils représentent vraiment. Mais la communauté de Calatrava s'organise toutefois, autour de chevaliers et de moines. Dans cette communauté atypique, les chevaliers mènent une vie conventuelle et militaire proche de celle du Temple. Le 26 septembre 1164, le Chapitre général de Cîteaux admet les chevaliers de Calatrava non ut familiares sed ut uere fratres, c'est-à-dire "non pas en tant que familiers, mais en tant que véritables frères", avec l'aval de la Papauté.

Cependant, les autorités monastiques sont parfois réticentes. L'intégration achoppe. En 1187, les Calatravans sont finalement affiliés à la juridiction de Morimond - pouvoir confirmé par le pape - soit une création de Cîteaux en Champagne. Mais le monastère cistercien de Gumel, soutenu par la Castille, fait front. A la fin du siècle, différents ordres militaires s'affilient eux aussi à Cîteaux, par le biais de Calatrava : El Pereiro et Evora. Dans les deux cas, il s'agit d'anciennes confréries militaires. Leur développement est globalement parallèle. El Pereiro devient l'ordre d'Alcantara, milice de chevaliers situés entre Leon et Portugal, sur le Côta. Dans la localité léonaise de San Julian del Pereiro - future conquête portugaise - est confirmée cette structure par le roi de Leon Ferdinand II, en janvier 1176.

Une adaptation du modèle en Baltique face aux païens

Le terme de Drang nach Osten ("Marche vers l'est"), historiographique, fait désormais place au Ostbewegung. Tous deux indiquent l'extension orientale des populations slaves, lettones et finno-ougriennes : Sorabes, Obodrites, Wendes, Prutènes, Lettons, Semgalliens, Lives, Coures et Estes. Au Moyen Âge, des principautés russes orthodoxes essaiment autour de Pskov et Novgorod. La Lituanie constitue le dernier Etat païen. Le royaume de Pologne se partage en petites principautés durant le Haut Moyen Âge : Mazurie, Silésie... Malgré les effets des missions, l'effort de colonisation progresse lentement.

On tâche de prêcher, par l'entremise de princes germaniques, une croisade en pays Wende, en 1147. Les résultats sont plutôt médiocres. Entre Elbe et Oder, globalement, le christianisme ne l'emporte que le siècle suivant, grâce aux colons et aux religieux. Des ordres religieux militaires apparaissent dans ces régions. En même temps que l'on attend des frères qu'ils fassent progresser la foi, ils doivent mettre en valeur des terres nouvelles. Comme en péninsule ibérique, Temple et Hôpital sont sollicités, avant que des "créations locales", à partir du XIIIe siècle, n'aient la préférence des Eglises : l'ordre de la Maison de Sainte-Marie-des-Teutoniques.

Le premier ordre militaire baltique est créé en Livonie (actuelle Lettonie). Des marchands germaniques et scandinaves s'y approvisionnent en bois, fourrures et ambre. Des missionnaires cisterciens leur emboîtent le pas. Un premier évêché est installé à Üxküll, en 1184. Mais nombre de Lives restent néanmoins païens. Le troisième évêque d'Üxküll, Albert de Buxhövden (1160-1229), se résout à la croisade, prêchée en 1200. L'année suivante, il fonde Riga (actuelle capitale lettone), et y transfère son duché. Pour défendre cette ville, Albert recrute avec l'aide du moine Théodoric, futur abbé de Dunamünde, des chevaliers germaniques. Dès 1204, Innocent III reconnaît cette nouvelle confrérie ainsi constituée, placée sous la bienveillance du Saint-Siège. Elle devient l'ordre du Christ de Livonie, ce que l'on appelle les chevaliers Porte-glaive ou les Frères de l'Epée (Fratres militiae Christi). Ses membres portent un manteau blanc avec deux glaives rouges croisés sur leur poitrine. Ils peuvent prétendre à un tiers des terres conquises.

Le roi du Danemark Valdemar II le Victorieux et la résistance des populations locales secouent le joug de l'ordre en 1223. L'ordre des Porte-glaive pénètre toutefois en Courlande et Sémigalie. La Lituanie, protégée des influences scandinaves et germaniques, vainc les Porte-glaive près de la frontière actuelle lituano-lettone, le 22 septembre 1236 à Saule. L'ordre est condamné, pour survivre, à intégrer celui des Teutoniques dès l'année suivante. Les Porte-glaive ne sont cependant pas la seule tentative d'un ordre militaire local : que l'on pense à l'ordre polonais des Frères de Dobrin (Bracia Dobrzyńscy).

Fondé en 1228, il s'inspire des Porte-glaive. Il est surnommé l'ordre du Christ de Prusse. Cette structure prône la soumission et la conversion des Prutènes (Prusses). En juin de cette année, le duc de Mazovie Conrad Ier et l'évêque de Plock apportent leur soutien à cette initiative. Ces hommes reçoivent le château de Dobrin et une bande de terre de cinq cents kilomètres carrés près de la Vistule. Les Frères de Dobrin prennent pour habit le manteau blanc orné d'une étoile rouge. La fondation de cet ordre répond aux attaques prutènes contre la Mazovie et ses chrétiens. Le duc Conrad et l'ordre se partagent équitablement les terres conquises. D'après Pierre de Duisbourg, les Teutoniques sont fondés par seulement quatorze hommes d'armes, or les Frères de Dobrin ne sont pas beaucoup plus nombreux. Les activités de l'ordre de Dobrin ne sont guère soutenues par les pouvoirs locaux. Le duc de Mazovie profite de la mort de son frère Ladislas III aux Jambes grêles en 1229 pour revendiquer le duché de Pologne. L'évêque prusse Christian, capturé par les païens en 1233, affaiblit par son absence l'ordre de Dobrin. Après l'abandon de l'évêque de Plock, les Frères de Dobrin se fondent dans l'ordre des Teutoniques. En mars 1238, en luttant contre les Russes, Brunon, un homme d'Eglise, est capturé, puis l'ordre rémanent dissous. Le château de Starograd, sur la Vistule, près de Dobrin, devient le lieu d'implantation de l'Hôpital, en 1198.

Le monastère de Thymau, implanté dans les années 1230, reprend les initiatives de l'ordre de Calatrava, en créant l'ordre de Thymau. C'est une vaine tentative. Les collaborations avec les universités locales, baltes ou slaves, et des historiens germanophones, notamment, nous en disent beaucoup : jusque très récemment, les études sur le sujet spécifique des Porte-glaive furent allemandes.

L'ordre teutonique ne possède pas aux origines un prestige de premier plan. Le Temple leur refuse l'usage du manteau blanc. Hermann von Salza (1179-1239), quatrième grand maître de l'ordre, multiplie les acquisitions en Occident. Grâce à lui, l'institution s'étend partout. Son indépendance est reconnue en 1221 par le pape Honorius III. Dix ans plus tôt, André II Arpad, roi de Hongrie, remet aux Teutoniques une zone montagneuse très étendue, au sud-est de son Etat, le Buizenland (Transylvanie). Cette région est peuplée depuis un demi-siècle par des colons germaniques peu nombreux, que menacent les Turcs Coumans, d'origine kiptchak. Les Teutoniques sont en conséquence chargés de défendre cette région. Ils édifient cinq châteaux. Les plus grands, le Kreuzbourg et le Marienbourg, sont les premiers châteaux en pierre de la région. Ces châteaux de "la Croix" et de "la Vierge" ont évidemment teneur de programme. L'appui militaire satisfait André II. Mais en 1225, l'ordre est expulsé. Entre temps, les attaques des Coumans sont arrêtées par leur propre domination par les Mongols (1222). De plus, les Teutoniques accaparent des terres et frappent désormais monnaie.

Expulsés du royaume de Hongrie, les Teutoniques sont sollicités en Prusse. Von Salza aurait hésité, suite à l'appel du duc de Mazovie, Conrad Ier. Cela est exagéré, car la date de cet appel et sa forme sont méconnues. Conrad veut vaincre les Prusses, peut-être les instrumentaliser. Le texte de la requête de Conrad est inconnu, on ne possède en fait que les documents des Teutoniques consécutifs aux contacts établis avec le pape. La bulle impériale de Rimini de Frédéric II seule renvoie à la fondation de l'Etat monastique des frères teutoniques, à partir de 1224. Elle accorde aux frères, avec droits régaliens coutumiers, en mars 1226, les terres conquisses en Prusse. Toutefois, il semble que cette bulle date en fait de la fin des années 1230. Vraisemblablement antidatée d'une douzaine d'années, elle veut prévenir de tout retournement Conrad, comme l'avait fait le roi de Hongrie. Grégoire IX autorise par la bulle de Rieti, en 1234, les territoires conquis en Prusse à devenir terre de Saint-Pierre. Cette implantation teutonique existe donc déjà à l'époque.

Le maître régional, apparenté à de Salza, Hermann Balk, est chargé de conquérir la Prusse avec des contingents polonais et germaniques, jusqu'en 1242. Des châteaux sortent de terre : Marienwerder et Elbrig notamment, construits comme centres de colonisation. Pour autant, les populations indigènes se révoltent. En 1242, la puissance teutonique est secouée par les Prutènes, aidés par un duc polonais, Świętopełk II de Poméranie. Les Teutoniques cèdent alors l'essentiel de leurs nouvelles possessions, ne conservant que leurs villes fortifiées. Ils mettent six ans à vaincre Świętopełk. En 1249, le traité de Christburg rétablit la paix. Les Teutoniques peuvent maintenant converger vers la Prusse orientale.

Ils doivent alors vaincre de nouvelles résistances païennes, à commencer par l'Etat lituanien. L'aide des Croisés impériaux, à commencer par celle du roi de Bohême Ottokar II (v. 1230-1278), aboutit à la fondation de Königsberg (le "mont du roi"). Mais la progression des frères est lente, entachée de défaites. A Durben (1260), puis Pocarwist (1261), les Teutoniques refluent sous la pression lettone. Même la Prusse occidentale est menacée. Il faut encore vingt ans pour pacifier l'ensemble de la Prusse. Dès avant cette date, les frères tâchent de bâtir une puissance régionale et pérenne, aux confins nord-orientaux de la Chrétienté, et qui durera trois siècles : l'Ordenstaat.

Ce terme signifie "Etat fondé par un ordre", l'Etat d'Ordre. Il s'agit d'une construction politique indépendante de toute souveraineté supérieure, et capable de jouir de sa propre politique étrangère. Dès 1237, de Salza nomme maître de Livonie Balk, déjà maître de Prusse. En l'autorisant à cumuler, de Salza révèle le destin unificateur d'un territoire fort et nouveau en Baltique. Les évêchés de Dorpat, Ösel et Courlande, avec l'archevêché de Riga, constituent les principaux pouvoirs lives. Les Teutoniques doivent également composer avec le roi danois Valdemar II, qui recouvre la partie septentrionale de l'Estonie. Avec des troupes danoises, les Teutoniques combattent les Russes le 5 avril 1242 au Lac des Glaces. Ces princes de Novgorod repoussent la coalition. En Lituanie, la Baltique est atteinte. Etat païen, la Lituanie est unifiée sous le sceptre de Mindaugas, en 1253. Devenu chrétien deux ans plus tôt, le souverain ouvre la Lituanie aux missions, rencontre les Teutoniques. Le soulèvement des Prusses relance toutefois une réaction païenne en Lituanie. La victoire des frères est longue à se dessiner : la Lituanie reste en définitive païenne après l'assassinat de Mindaugas Ier en 1263, par ceux restés fidèles au paganisme. L'"interminable croisade" (Christensen) illustre cet état de fait, peut-être volontaire, à fin de propagande, pour attirer à l'ordre teutonique les soutiens et les cœurs. Cependant, cette politique brouille les frères avec leurs plus proches voisins, à commencer par les Polonais. Au XVe siècle, le chroniqueur polonais Van Dlugosz, bien qu'hostile aux Teutoniques, reconnaît qu'ils luttèrent avec les Polonais. Il est reproché aux Teutoniques de ne plus convertir les Polonais. Un évêché autonome est constitué en Prusse, autour de Culm (Chelmno), indépendant de la métropole religieuse de Gmiezno.

Seul duché polonais en contact avec la Baltique via Dantzig (Gdansk), la Pomérélie est convoitée par les Teutoniques. Les fils de Świętopełk II étant morts, le Brandebourg est intéressé à l'héritage du fait de liens maritaux. Polonais et Allemands combattent, les Teutoniques s'alliant à la Pomérélie, et récupérant Dantzig. Cette alliance est cependant caduque après l'annexion de 1309, privant la Pologne de tout accès à la mer Baltique. Dantzig devient alors une pomme de discorde menaçant le pouvoir teutonique, haï et jalousé de beaucoup, suscitant des coalitions nouvelles contre lui.

Pour l'ordre des Teutoniques, comme pour le Temple et l'Hôpital, la chute d'Acre, en 1291, est très rude. Mais les Teutoniques, bien que s'investissant à Acre par le biais de Heinrich de Boulard, qui y laisse la vie, partent pour Venise. Ce choix manifeste bien la scission entre les frères sur les lieux d'implantation nouveaux de l'ordre déchu, car c'est finalement la Baltique qui est choisie, après l'éviction de Gottfried, en 1309. Les frères bâtissent un Ordenstatt (Etat d'ordre) inédit autour de Marienburg, en Prusse. Ses qualités de centralité au cœur de l'espace prusse sont évidentes. Par l'entremise de cet Etat, les Teutoniques, frères d'armes, deviennent alors de véritables princes territoriaux.

Au moment de quitter la Terre sainte, les Teutoniques se portent bien. Selon les lieux de son implantation, l'ordre revêt des visages distincts. En Occident, dans l'Empire, loin des combats, l'ordre se dote d'une puissance économique considérable : domaines fonciers, commanderies, maisons urbaines, hôpitaux... Son maître est le Deutschsmeister ("Maître allemand"), charge créée dans la première moitié du XIIIe siècle par Hermann von Salza. L'Alsace et l'Autriche lui sont enlevées, au profit du Grand maître, contre des avantages en Méditerranée. Dans les Pouilles, et plus encore en Sicile, les domaines teutoniques surpassent ceux de l'Hôpital et du Temple, dégagent du numéraire pour lutter en Livonie.

En guerre, la Livonie lutte contre les Lituaniens, devenus païens après la soumission de la Prusse. Memel est fondée à cette époque. L'Etat lituanien est régi par la dynastie gédiminide, héritière du père fondateur Gédiminas (v. 1275-1341). Cependant, les Teutoniques sont accusés par la papauté de bellicisme, les Lituaniens pouvant constituer des alliés contre les Mongols. La paix de Kaliz consacre diplomatiquement, en 1343, la perte de la Pomérélie par la Pologne, chrétienne, mais vaincue par les Teutoniques.

Sur la légende d'un shiling teutonique de 1380, est figuré le visage de Weinrich de Kniprode, sous le nom de "Weinrich Ier". De même, Konrad de Jungingen (v. 1355-1407) fait l'objet d'une numérotation sous le titre de Konrad III sur une pièce de monnaie plus tardive. La richesse de l'ordre est assurée par le trafic des grains, des minerais rares, de l'ambre et du bois. Mais la paysannerie est très encadrée. Les colons allemands, petits aristocrates, et jusqu'au patriciat urbain des villes hanséatiques, profitent peu des fruits de la richesse teutonique. L'union polono-lituanienne de la bataille de Grunwald (15 juillet 1410) met fin aux progrès teutoniques. Entre temps, la religion devient un simple prétexte pour de véritables conquêtes : les païens récemment convertis sont ainsi de "faux chrétiens".

Source : http://fr.metapedia.org/wiki/Ordres_religieux_militaires

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 05:29
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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 06:11

En ce qui concerne St-Patrick, légendes et faits historiques s'entrelacent mais quelques écrits, dont Confessio, autobiographie spirituelle, nous permettent de tracer une courte biographie.
St-Patrick est né, selon certaines sources, vers l'an 389 en Écosse ou dans le sud-ouest de la Grande Bretagne. Il portait le nom de Maewin Succat (Patricius Magonus Sucatus) et sa famille était britannique romaine. A l'âge de 16 ans, alors qu'il habitait au Pays de Galles, il fût kidnappé par des pirates et vendu comme esclave en Irlande à un propriétaire terrien nommé Meliuc. Pendant 6 ans on le força à garder des moutons et à vivre dans des conditions très misérables. Il était jusqu'alors un paien mais durant cette période de captivité il eût des visions et se rapprocha de Dieu.
En 411, il réussit à s'enfuir par bateau vers la France alors appellée Gaule. Il étudia à Lérins puis Auxerre pendant 12 ans. Il devint prêtre vers 417 et en 432 fût ordonné évêque par le pape Celestin et envoyé en
Irlande pour convertir les paiens et succéder a Pallaius, décédé durant l'année. Il installa son siège à Armagh en Irlande du Nord. L'Irlande celtique d'alors était guidée spirituellement par les druides et pratiquait des rites paiens. Le catholicisme y était encore inconnu. L'opposion était forte et St-Patrice fût arrêté à plusieurs reprises mais il s'échappa chaque fois. Il parcouru toutes les régions d'Irlande, formant des apôtres, établissant des monastères et des églises et convertissant le peuple et les dirigeants. La légende raconte qu'il aurait chassé les serpents d'Irlande en les entraînant à se jeter à la mer du haut d'une colline.
Aujourd'hui nous pensons qu'il s'agit d'un symbole, les serpents représentant le mal. Chaque année de nombreux pélerins se réunissent sur la montagne à proximité de Westport, lieu consacré de l'événement. On dit aussi qu'il utilisa le trèfle pour expliquer à ses paroissiens la divine trinité. Le Père, le Fils et le St-Esprit, trois parties formant un seul tout. Il s'éteint à l'âge de 72 ans, à DownPatrick, comté de Down en Irlande du Nord, le 17 mars 461. On peut y visiter sa tombe.
De nos jours, le trèfle est mondialement connu comme étant le symbole de l'Irlande et St-Patrick le patron des Irlandais. La coutume de fêter la St-Patrice fût amenée en Amérique par les colons en 1737. C'est la première année où la fête fût publiquement célébrée à Boston, Massachussets. L'année suivante on la célébra également a Philadelphie. Encore aujourd'hui on souligne le 17 mars par des fêtes et défilés qui sont organisés un peu partout dans le monde où les Irlandais se sont installés.

Cathédrale St Patrick de New-York

Située dans la prestigieuse Vème Avenue, à l'angle de la cinquantième Rue, la Cathédrale Saint Patrick est le siège de l'archidiocèse de New York. Proche du Rockefeller Center et du New York Palace Hotel, la Cathédrale Saint patrick pourtant haute de 101 mètres parait cependant assez petite entre les gratte-ciel qui l'encadrent. Mais il ne faut pas s'y tromper, c'est la cathédrale la plus importante des Etats-Unis avec ses 183 mètres de longueur sur une largeur de 84 mètres. Elle offre aux yeux de ses visiteurs une architecture magnifique de marbre blanc et une décoration intérieure éblouissante avec de superbes vitraux réalisés par des artistes français, anglais et américains.

Historique

Le 6 mars 1810, un terrain est acheté pour 11 000 dollars afin de construire une école catholique dirigée par des Jésuites. Le projet est finalement abandonné et le site vendu en 1813 à l'abbé trappiste Dom Augustin Lestrange, exilé en Amérique pour fuir les persécutions des autorités françaises. Ce dernier compte y aménager un orphelinat pour 33 enfants. Avec la chute de Napoléon Ier en 1814, la plupart des Trappistes retournent en France, abandonnant leur domaine. D'autres voyagent, se rendent au Canada, et ils finissent par bâtir l'abbaye de Saint-Joseph à Spencer. L'orphelinat est maintenu par le diocèse de New York durant le XIXème siècle.
Le diocèse de New York, fondé en 1808 est transformé en archidiocèse par le pape Pie IX en 1850. L'archevêque John Joseph Hughes prend la décision d'ériger un nouveau lieu de culte pour remplacer l'ancienne église de Saint-Patrick, située à l'intersection des rues Prince, Mott et Mulberry Street. Cette église, la St. Patrick's Old Cathedral, détruite par un incendie en 1866, est d'ailleurs reconstruite et consacrée en 1868. De nos jours, elle constitue la plus ancienne église catholique de New York.
Dans une lettre datant du 7 juin 1846, Mgr. John Hughes, alors évêque du diocèse de New York, disait "Je suis a régler, pour le compte de la corporation pour les orphelins, l'achat d'un terrain d'environ sept acres qui deviendra le cœur de la ville". Ce "lot" est l'emplacement sis entre la 51è et la 52è rue et allant de la 5è avenue jusqu'à l'actuelle avenue Park. Cet orphelinat a ouvert ses portes en 1851. L'emplacement sis au sud de ce lot, où est actuellement érigée la cathédrale Saint Patrick, était devenu une propriété catholique le 6 mars 1810 et ce, pour la somme de $11,000.
Lorsque, le 6 octobre 1850, l'archevêque Hughes annonce à l' assemblée réunie dans l'ancienne cathédrale Saint Patrick, sise au coin des rues Mott et Prince, que la ville de New York a été élevée au rang d'archidiocèse le 19 juillet dernier par le Pape Pie IX, il déclara qu'il proposait "pour la plus grande gloire de Dieu, en l'honneur de la Bienheureuse Vierge Immaculée, pour l'exaltation de notre sainte mère l'Église, pour la dignité de notre nom de catholiques, d'ériger une cathédrale dans la ville de New York qui serait à la hauteur de notre accroissement démographique, de notre intelligence et de notre richesse en tant que communauté religieuse, et dans tous les cas, digne d'un monument architectural public qui sera un joyau pour le présent et l'avenir de cette métropole du continent américain".
En ce temps, 1850, les limites de la ville de New York se situaient à la 23è rue. La 5è avenue et la 51è rue étaient des lieux déserts. Plusieurs de ses contemporains le jugèrent comme téméraire. Toutefois, avec une clairvoyance stupéfiante, l'archevêque Hughes était convaincu que la 51è rue et la 5è avenue allaient être le point le plus central de la ville. Alors, il décida d'ériger la nouvelle cathédrale dans le lot situé au sud de l'orphelinat.
La pierre angulaire fut placée le 15 août 1858 et la construction de l'édifice de style gothique, selon les plans de l'architecte James Renwick Jr, progressa rapidement jusqu'à ce qu'elle fut arrêtée par la guerre civile. La guerre terminée, la construction reprit et la structure était complétée à l'automne 1878 à l'exception des clochers et de la chapelle Lady. La cathédrale est construite de marbre blanc extrait de carrières de New York et du Massachusetts. Mesurant 101 mètres (332 pieds) de long et 53 mètres (174 pieds) de large, elle fut consacrée le 24 mai 1879. Les clochers, hauts de 100 mètres (330 pieds) à partir du sol, furent terminés en 1888 alors que la chapelle Lady fut complétée en 1908 ce qui ajouta 25 mètres (83 pieds) à la longueur totale de la cathédrale. Les verrières ont été fabriquées à Chartres, à Birmingham, et Boston. La grande rose a été exécutée par Charles Connick. Les autels de Saint Michel et de Saint Louis ont été conçus par la compagnie Tiffany alors que celui de Saint Elizabeth a été conçu par Paolo Medici, de Rome.
Lorsqu'elle fut complétée en 1878, en raison de ses proportions gigantesques, la cathédrale Saint Patrick dominait complètement le voisinage de ce qui est aujourd'hui le centre-ville Manhattan.
Entre 1882 et 1884 les bâtiments de l'archidiocèse sont ajoutés, suivis des tours de la façade ouest en 1888. Dans la partie est de l'édifice, une chapelle de la Vierge, dessinée par Charles T. Matthews, vient compléter l'ensemble au début du XXème siècle. Les vitraux de la chapelle de la Vierge sont conçus et réalisés par Paul Vincent Woodroffe, entre 1912 et 1930 à Chipping Camden en Angleterre. La cathédrale est rénovée entre 1927 et 1931, les grandes orgues y sont installées et le choeur est agrandi.

Caractéristiques architecturales

 Extérieur

 Ses dimensions sont de 123 mètres de long sur 84 mètres de large et son point le plus haut est de 101 mètresà chacune des deux flèches encadrant le portail occidental. L'édifice ne possède ni arcs-boutants ni flèche à la croisée du transept. Elle est la plus grande cathédrale catholique néogothique d'Amérique du Nord.
La cathédrale Saint-Patrick accueille chaque année environ 5,5 millions de visiteurs et de fidèles.
La cathédrale a été construite avec du marbre blanc, extrait à New York et dans le Massachusetts
 Les vitraux ont été réalisés par des artistes de Chartres, Birmingham, et Boston. La grande rosace est un chef-d'oeuvre de Charles Connick. Elle mesure huit mètres de diamètre.

Intérieur

 La hauteur sous voûte est de 34 mètres.
Les autels Saint Michel et Saint Patrick ont été réalisés par Tiffany & Co ; celui de Sainte Elisabeth est l'oeuvre de Paolo Medici de Rome.
Le Chemin de croix remporta un prix artistique à la World Columbian Exposition de Chicago en 1893
La pietà est trois fois plus imposante que celle de Michel-Ange
Un buste de Jean-Paul II est situé à l'arrière de la cathédrale, pour commémorer sa visite à New York en 1979
Francis Spellman, alors archevêque et plus tard cardinal, entreprit une rénovation importante de l'aménagement du choeur à la fin des années 1930 et au début des années 1940. On lui doit le baldaquin de bronze situé dans le choeur. De même, le haut autel et le retable furent remplacés. L'ancien haut autel de Saint-Patrick se trouve maintenant dans la chapelle de l'Université Fordham dans le Bronx, quartier de Rose Hill.
 Dans les années 1980, le cardinal John O'Connor a effectué d'autres transformations, dont la construction d'un nouvel autel de pierre au centre du choeur, plus proche et visible de la congrégation. On utilisa à cet effet les matériaux d'autels annexes, démontés afin de déplacer les fonts baptismaux dans le transept nord.
Orgues


Les premières orgues de la cathédrale Saint Patrick furent construites par le facteur new-yorkais George Jardine and Sons et datent de la dernière moitié du 19è siècle. Avec la nomination, en 1926, de Pietro Yon en tant qu'organiste et directeur de la musique, des plans furent élaborés pour remplacer les orgues. La firme Kilgen and Sons, de St. Louis, a reçu le contrat de construire deux nouveaux instruments selon les plans et devis énormément influencés par l'organiste de cathédrale, de renommée mondiale, Pietro Yon.
La firme Kilgen a livré l'orgue de chœur, sis près du sanctuaire, en 1928. Durant sa construction, on constata que le jubé devrait être agrandi afin de recevoir le nouvel orgue. À la fin des années 20, une extension de béton renforcé fut ajoutée au jubé. En 1930, l'instrument actuel fut complété. Il possédait l'une des façades les plus magnifiques faite de bois et enjolivé d'anges et d'inscriptions latines.
Dans les années 40 et 50, des changements sonores furent apportés et, dans les années 70 et 80, des rénovations additionnelles furent entreprises principalement en ce qui concerne la ré-harmonisation des anches et l'addition de la Trompette en chamade. Dans les années 90, deux nouvelles consoles de cinq claviers chacune furent construites par Robert Turner et l'on procéda au nettoyage et au finissage des tuyaux et du bois de la façade.
L'orgue de chœur est situé dans le déambulatoire nord, près du maître autel. Ses 1,480 tuyaux sont situés du côté opposé au déambulatoire, diagonalement opposés à la console. L'orgue de chœur complète l'orgue du jubé pour l'accompagnement des hymnes tout en assurant la musique pour les offices célébrés dans la chapelle Lady. En combinant l'orgue de chœur à celui du jubé, on obtient 177 jeux et plus de 9,000 tuyaux. Les deux orgues peuvent être joués à partir de n'importe laquelle des deux consoles. La firme Peragallo Organ Company du New Jersey agit comme curateur des orgues.

Sépultures

- Les huit anciens archevêques de New York (dont six cardinaux) sont enterrés dans une crypte située sous l'ancien haut autel, visible depuis l'entrée de la chapelle de la Vierge à l'arrière de la cathédrale. L'ancien chapeau de cérémonie des cardinaux, plat et rouge, appelé galero, est suspendu au-dessus de leurs tombes. Celui du cardinal Spellman était le même porté par le pape Pie XII du temps où ce dernier était cardinal. On ne trouve pas de chapeau sur les sépultures de Cooke et O'Connor, le port du galero ayant été aboli par les réformes de Vatican II.
Pierre Toussaint avait contribué financièrement à la reconstruction de l'ancienne St. Peter Church (la première église catholique de New York, en 1785) après qu'elle a brûlé. Il avait également collecté des fonds pour la construction de la St. Patrick's Old Cathedral, près de laquelle il fut enterré. Quand son processus de canonisation fut ouvert par John Cardinal O'Connor, ce dernier fit transférer les restes de Toussaint du cimetière de St. Patrick's Old Cathedral dans la crypte de la cathédrale actuelle.
L'archevêque Fulton Sheen, connu pour ses émissions à la radio, "The Catholic Hour" (l'heure catholique), et à la télévision "Life Is Worth Living" (la vie vaut la peine d'être vécue). Il fut évêque auxiliaire de l'archidiocèse de New York de 1951 à 1966, à une époque où il dirigeait la Société pour la propagation de la foi. A sa mort en 1979, il fut enterré dans la crypte de Saint Patrick où il avait prêché à de nombreuses reprises. Il fut le premier évêque non New-Yorkais a avoir cet honneur posthume.
L'archevêque John Maguire est également enterré dans la crypte. Longtemps rattaché à l'archidiocèse, il a été coadjuteur de New York à l'époque des cardinaux Spellman et Terence Cook.
On trouve également la tombe de Michael J.Lavelle, recteur de la cathédrale dans les années 1930. On raconte à ce sujet une anecdote invérifiable, qui repose sur un jeu de mots anglais. Quand Spellman, qui venait de Boston, fut nommé archevêque de New York et annonça son intention de rénover le choeur de la cathédrale, Lavelle, New-Yorkais et recteur de la cathédrale depuis de nombreuses années, s'y opposa. Ce dernier aurait alors employé l'expression "over my dead body", qui peut être traduit par "jamais de la vie", mais qui signifie littéralement "sur mon cadavre". À la mort de Lavelle, Spellman aurait fait une exception à la règle selon laquelle seuls les archevêques de New York pouvaient bénéficier d'une sépulture dans la cathédrale. Il y aurait placé la dépouille de Lavelle, afin que le choeur de la cathédrale se trouve "sur son cadavre".
La crypte n'est habituellement pas ouverte au public. Cependant, avec la présence de trois candidats à la canonisation, Pierre Toussaint, Fulton Sheen et Terence Cook, il est possible d'obtenir des autorisations spéciales (par exemple afin de prier pour un proche mourant)
Plusieurs célébrités ont eu des funérailles à la cathédrale et sont enterrés ailleurs. Des sportifs : les champions de baseball Babe Ruth et Billy Martin, des Yankees de New York. L'entraîneur de football américain Vince Lombardi. Wellington Mara, propriétaire des New York Giants. La chanteuse Celia Cruz, le sénateur de New York et candidat à la Présidence des États-Unis Robert Kennedy. Des messes spéciales furent données à St. Patrick après la disparition d'Andy Warhol et Joe DiMaggio.

Saint Patrick dans la culture populaire

La cathédrale Saint-Patrick de New York est classée au onzième rang sur 150 dans la liste des monuments favoris des Américains. Elle a été utilisée dans plusieurs créations populaires.

Source : http://tetramorphe.blogspot.fr/2010/02/la-cathedrale-st-patrick-de-new-york.html

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 06:57

Au rituel du 4e Grade, désigné à cette époque sous le nom de « Maître Ecossais », approuvé par le Convent des Gaules de 1778, manquait le dernier tableau, avec la figure de saint André, ainsi que l’ultime instruction qui résume tous les points essentiels de la Maçonnerie symbolique rectifiée, éléments qui furent rajoutés bien après le Convent de Wilhelmsbad (1782). Dans une lettre, Willermoz expliquait le sens du 4e Grade du Régime rectifié de la manière suivante : « Nous n’avons chez nous qu’un seul grade supérieur et intermédiaire entre les trois gra­des bleus et l’Ordre Intérieur, dénommé, comme je l’ai déjà dit, Maître Ecossais de Saint-André. (…) Notre Maître Ecossais retrace et met en action dans sa réception tou­tes les grandes époques historiques survenues au Temple de Salomon et à la nation élue : la destruction, la réédification et la deuxième dédicace de l’un, la captivité, le re­tour et les combats de l’autre ; car nous ne perdons jamais de vue les révolutions de ce Temple unique, ni le grand emblème du Maître Hiram ; tous ces objets sont mis en scène sous les yeux du candidat par divers tableaux, dont le dernier figure le passage de la loi ancienne à la loi nouvelle par Saint-André qui quitta son premier maître Jean-Baptiste pour suivre invariablement Jésus-Christ ; ici finissent les symboles. » [1]

Pourtant, malgré sa place importante dans le Régime rectifié, peu de Frères connaissent qui fut réellement saint André. Il semble donc intéressant d’éclairer la figure de ce grand saint et Apôtre qui occupe une place charnière au sein du système fondé par Jean-Baptise Willermoz.

Saint André (+ 62), frère de saint Pierre, est le premier des Apôtres qui ait connu Jésus-Christ, aussitôt après Son Baptême sur les bords du Jourdain. Toutefois son appel définitif ne date que du moment où Jésus le rencontra avec son frère Simon, jetant les filets pour pêcher, dans le lac de Tibériade, et leur dit à tous deux : « Suivez-Moi, Je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Après la Pentecôte, André prêcha dans Jérusalem, la Judée, la Galilée, puis alla évangéliser les Scythes, les Éthiopiens, les Galates et divers autres peuples jusqu’au Pont-Euxin. Les prêtres de l’Achaïe prirent soin d’envoyer aux églises du monde entier la relation de son martyre, dont ils avaient été les témoins oculaires. Menacé du supplice de la croix : « Si je craignais ce supplice, dit-il, je ne prêcherais point la grandeur de la Croix. » Le peuple accourt en foule, de tous les coins de la province, à la défense de son Apôtre et menace de mort le proconsul. Mais André se montre, calme la foule de chrétiens ameutés, les encourage à la résignation et leur recommande d’être prêts eux-mêmes au combat. Le lendemain, menacé de nouveau : « Ce supplice, dit-il au juge, est l’objet de mes désirs ; mes souffrances dureront peu, les vôtres dureront éternellement, si vous ne croyez en Jésus-Christ. » Le juge irrité le fit conduire au lieu du supplice. Chemin faisant, l’Apôtre consolait les fidèles, apaisait leur colère et leur faisait part de son bonheur. D’aussi loin qu’il aperçut la Croix, il s’écria d’une voix forte : »Je vous salue, ô Croix consacrée par le sacrifice du Sauveur ; vos perles précieuses sont les gouttes de Son sang. Je viens à vous avec joie, recevez le disciple du Crucifié. O bonne Croix, si longtemps désirée, si ardemment aimée, rendez-moi à mon divin Maître. Que par vous je sois admis à la gloire de Celui qui par vous m’a sauvé. » Il se dépouilla lui-même de ses vêtements, les distribua aux bourreaux, puis fut lié à une croix d’une forme particulière, appelée depuis croix de Saint-André. Le Saint, du haut de sa Croix, exhortait les fidèles, prêchait les païens, attendris eux-mêmes. Une demi-heure avant son dernier soupir, son corps fut inondé d’une lumière toute céleste, qui disparut au moment où il rendit l’âme.

Ainsi, comme le souligne Willermoz, Saint André « figure le passage de la loi ancienne à la loi nouvelle qui quitta son premier maître Jean-Baptiste pour suivre invariablement Jésus-Christ », il nous rappelle que la Nouvelle Alliance est rattachée et unie aux alliances antérieures qu’elle réincorpore et « accomplit », mais que l’Incarnation de Jésus-Christ a ceci de particulier qu’elle manifeste non seulement la continuité des promesses qu’elle situe sur un plan céleste et divin, mais surtout fonde pour toujours « l’Alliance éternelle » (Hébreux 13, 20), l’Alliance parfaite, bien supérieure à l’ancienne, l’Alliance nouvelle qui libère la race d’Adam par l’effet de la loi nouvelle de grâce.

Note.

1. Pierre Chevallier, Louis Mathias de Barral, ancien évêque de Troyes, franc-maçon du Rite Ecossais Rectifié, et un document inédit sur le Rite Ecossais Rectifié (lettre de Jean-Baptiste Willermoz) ; Mémoires de la Société Académique de l’Aube, t. 104 (1964‑1966), pp. 195‑213.

Source : http://semperrectificando.wordpress.com/category/christianisme/

 

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 06:23

Le hasard du calendrier, si hasard il y a, fait que je vous présente ce travail juste après celui de notre F\ JBL, qui a posé les bases d’un état de contentement et pour que celui-ci puisse s’exprimer de manière équilibré et en toute humilité, il faut montrer que l’on est heureux.
Le 2° hasard, du calendrier toujours, fait qu’il y a 5 ans jour pour jour que j’ai reçu la Lumière, et que j’ai ce bonheur d’être FM\ Je veux donc partager avec vous une des raisons qui font que j’honore mes engagements maç\ et que je ne déserte pas les colonnes
Etre heureux en maçonnerie, la belle affaire !
Existe-t-il un bonheur maçonnique ? Comment l’atteindre ? Y a-t-il un mode d’emploi ?
C’est ce que je vous propose comme thème de réflexion ce soir ;
Notre constitution stipule à l’article 3 du chapitre premier je cite : « les membres de l’Ordre Maçonnique Mixte Internationale le Droit Humain cherchent avant tout à réaliser sur la terre et pour tous les humains le maximum de développement moral, intellectuel, et spirituel, condition première du bonheur qu’il est possible à chaque individu d’atteindre dans une humanité fraternellement organisée ».
Mais qu’est ce que le Bonheur ? Obéit-t-il à des règles ? Aurait-t-il plusieurs visages ?
Une chose est certaine : « tous les hommes cherchent à être heureux et refusent le malheur. Mais l’absence de malheur n’est pas le bonheur, il est juste la suppression d’un désagrément précis.
Sans vouloir être exhaustif, je vous propose dans un premier temps un éventail historique de cette quête naturelle des hommes. Puis j’aborderai le bonheur dans le cheminement maçonnique avant de faire un clin d’œil à la colonne d’harmonie et aux agapes.
Rappelons d’abord que le mot bonheur se définit comme étant un état durable de plénitude et de
satisfaction, état agréable et équilibré de l'esprit et du corps, d'où la souffrance, l'inquiétude et le troublesont absents
. Il se distingue du plaisir quoiqu’il puisse le contenir. Le bonheur s’inscrit dans la durée, alors que le plaisir est limité dans le temps. Le bonheur peut aussi contenir la joie, mais ce n’est pas non plus la joie, qui est une émotion exprimant un sentiment d’exaltation agréable et profonde, ressentie lorsqu’une situation, un désir ou un évènement heureux se produit. Elle amène une personne à un état de plénitude plus ou moins durable.
Le bonheur quant à lui n’est pas un passage : c’est un état statique de longue durée qui est l’aboutissement d’une construction et l’accumulation des satisfactions.
A travers les âges les chemins du bonheur sont aussi variés que les cultures et les croyances.
- L’eudémonisme antique avec Aristote affirme que le but de l’action humaine est le bonheur, comme une fin de l’action. Il apparaît comme un accord entre l’homme et les choses. Il est dans la vie contemplative et dans l’exercice de l’intelligence qui conduit au « penser vrai »
- La doctrine d’Epicure fait du plaisir le bien primitif et naturel : si le plaisir est le principe et le but d’une vie bienheureuse, nous dit-il, elle ne peut cependant s’envisager sans la pratique des vertus de prudence, d’honnêteté et de justice. Le vrai bonheur consiste dans la paix de l’âme que rien ne vient troubler.
- Pour les stoïciens avec Sénèque le bonheur est avant tout de rester libre et maître de ses opinions et de ses pensées, quelques soient les circonstances. Le bonheur ne consiste point à acquérir et à jouir, mais à ne pas désirer. On se contente de vivre en conformité avec la nature.
- Apres les philosophes de l’antiquité, la révolution chrétienne apporte une vision plus pessimiste des choses. Le bonheur n’est pas pour l’immédiat, il n’existe pas dans ce monde ici-bas, mais il est pour plus tard, dans la cité de Dieu. L’homme est déchiré entre son moi temporel condamné à vivre à la sueur de son front et son moi transcendantal tourné vers un paradis idéal, vers un bonheur céleste, un royaume où les pauvres, les persécutés ou les miséricordieux seront heureux ; telle qu’on la retrouve dans l’Evangile selon Matthieu (5,3-12) « Heureux sont ceux qui ont faim, qui sont spirituellement pauvres, qui sont opprimés, qui pleurent ; OUI ! Réjouissez-vous car une magnifique récompense vous attend dans les cieux et vous serez ainsi, comme les prophètes d’autrefois »
- A la fin des siècles des Lumières, Emmanuel Kant oppose le penchant naturel de l’homme qui le porte individuellement à la recherche du bien-être, à l’exercice de la raison dont l’objet ne peut viser qu’au perfectionnement moral. Le destin de l’homme s’accomplit dans l’exercice des vertus comme ultime objet de ses préoccupations. Ainsi, avec Kant, si le bonheur relève d’un droit naturel des hommes, alors notre raison peut et même doit aussi nous conduire à en rechercher l’accomplissement au profit de son prochain.
En fait La quête du bonheur varie selon notre vision du monde, influencée par le contexte historique, régional, culturel et familial.
On peut hériter d’une fortune, mais on ne peut pas hériter du bonheur. Nous sommes faits pour le bonheur mais il ne nous est pas acquis. Ce n’est pas un dû. C’est un état auquel on aspire naturellement, mais c’est à nous qu’il appartient d’en découvrir les chemins et de se donner les moyens d’y parvenir. La recherche du bonheur c’est l’affaire de chacun. Il nous faut le gagner, le mériter, puis l’entretenir pour le garder. Il est fragile, il est léger et peut s’envoler avec le vent où disparaître à la défaveur d’un quelconque caprice du destin.
Encore faut-il savoir quel type de bonheur nous cherchons.
Il y a plusieurs sortes de bonheur et chacun mérite une égale considération.
Le bonheur matériel, c’est le bien-être et la satisfaction des sens ; il est fait de plaisirs qu’il ne faut surtout pas négliger, puisqu’ils sont naturels, et participent à l’épanouissement de l’individu – car « ventre affamé n’a point d’oreille » , mais leurs abus risquent de nous engourdir l’esprit. Ces plaisirs là sont fugaces et s’effacent, lorsque les sens sont rassasiés…dans l’attente d’un prochain désir, et le réveil d’un nouvel appétit de l’homme insatiable.
Le bonheur qui touche le cœur est plus noble, car il est à la fois, don et partage, mais il peut-être fragile car il est tributaire de l’autre et risque de disparaître avec l’objet de la passion. Il peut arriver que l’on soit responsable de son départ, faute d’avoir su le retenir.
Et enfin le bonheur qui comble l’esprit, qui est indifférent aux biens acquis, qui est au dessus des plaisirs de la vie matérielle. L’homme ne vit pas que de pain : Corps et esprit ont un égal besoin de nourritures terrestres et spirituelles .Ce bonheur là ne subit aucune altération puisqu’il est le résultat d’un patient travail sur soi, d’un enrichissement continu, aboutissant à la réalisation de soi.
Et c’est là probablement que la franc-maçonnerie se propose comme une méthode pour avoir accès au bonheur.
Un jour, une lueur d’abord fugace puis lancinante nous est apparue : et s’il existait une autre possibilité d’existence ? Si cette matérialité dans laquelle on est plongé risquait de nous noyer dans les vicissitudes de la vie, de l’éphémère, du superficiel ? Si se présentait à nous une autre voie que celle qui nous amène inexorablement à notre vulgaire décomposition physique, après une vie remplie de satisfactions fugitives ou de souffrances artificielles ?
Et à ce moment, il y a eut en nous un appel … Appel diffus, imprécis… Appel à une autre connaissance, appel à la recherche de réponses aux questions jusqu’alors demeurées non résolues, appel à la compréhension de nous-même.
On a ainsi frappé à la porte du Temple, non pas avec anxiété, ni avec curiosité, mais avec le désir d’acquérir une certaine sérénité, désir d’ouvrir de nouveaux horizons, autres que ceux que nous connaissons déjà.
C’est ainsi que l’on a été initié en laissant nos métaux à la porte du temple.
L’initiation maçonnique consiste à permettre à chacun de nous, de trouver sa vraie place. Cela commence dès le cabinet de réflexion, à la mort du profane et à la naissance d’un être nouveau, cherchant en lui-même à savoir qui il est. Maine de Biran un de nos frères philosophe souligne combien l’étude de nous même nous met sur la voie du bonheur, et Socrate d’ajouter « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers ».
En faisant l’effort d’une recherche de sa personnalité dans la démarche initiatique, on donne un sens à sa vie, on s’oblige à rechercher ce qu’on a potentiellement déjà en nous, mais qu’on refuse de voir : le bonheur et la plénitude. Pour y parvenir il faut apprendre à concilier nos actions et nos pensées, nos connaissances et notre conscience.
Il faut nous élever et s’éloigner de « notre petit-moi » fondé sur les pulsions, la colère, la jalousie, la possession et l’instinct. Il faut également s’écarter de nos préjugés et de nos peurs.
L’objectif étant de mieux se connaître pour mieux percevoir l’autre et s’enrichir de ses idées, des ses expériences, de pouvoir concilier les contraires, pour qu’ensemble nous construisions un monde meilleur. Ainsi apparaît le bonheur profond que recèle la vraie fraternité, l’envie - le besoin j’allais dire - d’être bon avec les autres, de les aider à vivre – spirituellement bien sur, mais aussi pour le pain quotidien, la bonté est joie, l’amour est joie. Il n’y a de bonheur complet que partagé.
Il n’y a pas que la connaissance de soi et de l’autre qui débouche sur la fraternité et sur l’amour partagé. Il y a encore de multiples autres expressions du bonheur en franc-maçonnerie
D’abord le bonheur d’être libre. C’est parce que nous sommes libres que nous sommes admis à être des frères. C’est librement et de notre propre volonté que nous avons demandé à être reçu dans le temple. Et c’est librement que nous poursuivrons notre cheminement maçonnique avec nos propres idées, nos propres croyances, nos propres choix, les rituels étant là pour nous guider. La franc-maçonnerie reste donc une société initiatique, où la réunion de femmes et d’hommes convaincus, se sont mis en marche dans une quête exigeant la maîtrise de soi et la liberté intérieure.
Ensuite le bonheur de la vertu qui nous donne la force de vaincre nos passions, stériles et avilissantes et qui nous amène à un perpétuel combat intérieur, pour lequel nous devons mettre en œuvre tous les outils symboliques qui nous ont été donnés.
L’égalité est aussi un autre pilier qui participe à notre bonheur maçonnique. Nous avons tous les mêmes droits et les mêmes devoirs. Le franc-maçon par son action quotidienne et son engagement dans la cité lutte vigoureusement contre l’inégalité, la morosité et le pessimisme. Il se donne pour but de maintenir lumineuse et droite la flamme de l’amour humain et de l’esprit universel.
Il est un autre bonheur capital, essentiel sans doute : celui de la connaissance
Aujourd’hui, comme hier, les franc-maçons luttent contre la sclérose des habitudes mentales et des cloisonnements disciplinaires en s’obligeant à créer de la pensée actuelle sur les grands mythes de leurs ancêtres et sur le devenir de l’humanité.
On intègre ainsi la grande chaîne de l’humanité, et on met en œuvre dans la réflexion sur nos symboles non seulement de l’intuition et de l’imagination, mais aussi une pensée rationnelle et logique. On utilise la totalité des outils intellectuels pour saisir la vérité sous toutes ses formes sachant que l’on doit aller sans cesse plus loin « parce que les signes, matière première de la réalité, sont toujours à combiner et la réalité toujours à être et à dire » comme l’écrit Daniel Beresniak.
On s’aperçoit qu’en s’imposant des contraires de comportements, telles que l’écoute des propos d’autrui dans le grand silence, la maîtrise de son temps de parole et de son attitude, on libère en réalité sa spontanéité, en se libérant de ses pulsions. C’est ce que l’on appelle tailler sa pierre, chacun restant libre de son angle d’approche et de son rythme de travail.
Cette connaissance qui vient des travaux, des recherches, des réflexions des autres frères, cette connaissance pour laquelle on sait qu’il n’y a ni terme, ni limite, comme la recherche de la vérité, nous donne la joie de la découverte, de la compréhension, de la communion avec les autres, nous donne le bonheur du travail accompli.
Qui n’a pas ressenti, au fond de son cœur, un sentiment de plénitude, de joie après une tenue riche en lumière et en ferveur partagée ? Avec le sentiment d’avoir bien travaillé et d’avoir mérité son salaire ? Qui n’a pas alors rayonné de bonheur en partageant l’égrégore que créent les rituels lors de telles circonstances ?
Mes BAF et S\
La maçonnerie donne aussi à l’initié les outils pour forger en lui des pensées de bonheur par les Arts. Ce chapitre peut-être à lui-même un sujet de planche et volontairement je n’insisterai pas sur l’Art Royal de la maçonnerie, qui est l’art de bâtir, ni sur les autres Arts, pour n’aborder que celle de la colonne d’harmonie.
La musique, 7ème des arts libéraux, contribue à l’épanouissement de notre être, à l’apaisement de nos tensions et nous met dans des conditions idéales d’écoute et de partage. La musique arrange et ordonne des sons pour construire « ce matériau musical » agréable à l’oreille. La musique produit des harmonies délicieuses, mais elle passe autant par les symboles de son écriture ( les notes de musique ), que par le sens émotionnel qu’elle peut procurer. La musique suggère l'inexprimable, rend intelligible le symbolisme et enrichit la perception du sacré. Par ses facultés incantatoires, elle émeut et provoque un état second. L’émotion des accords, des rythmes, des sons des instruments, le timbre des voix mais aussi la beauté, la poésie ou la vérité des textes, tout cet ensemble concourt à créer en nous un état particulier de bien-être, qui participe à notre bonheur d’être en loge.
Notre rituel d’ouverture de nos travaux au grade d’apprenti nous invite à retirer profit et joie de nos travaux. De même le rituel de clôture annonce : Que la joie soit dans les cœurs ! Il ne s’agit pas là de promesses, mais d’un véritable programme, dans un monde de paix, où l’on voudrait voir régner l’amour, et c’est à nous, chacun à sa place et à son office, qu’il appartient d’améliorer la condition humaine.
Cette invocation est une prière à manifester notre bonheur. Le bonheur est généreux et communicatif. Il se multiplie en se partageant. Des chercheurs en neurosciences cognitives affirment que chez des animaux et l’homme des neurones miroirs déclenchent les réactions de mimétisme et d’empathie, cette capacité de ressentir intuitivement l’autre, de se mettre à sa place, ce qui conforte le lien social
On sait par exemple, que lorsque quelqu’un baille, cela déclenche des bâillements en séries. Mais au-delà de ce mimétisme, si nous sommes attentifs aux autres, à leur écoute, leurs émotions se reflètent dans nos neurones miroirs, ce qui nous incite à la compassion. C’est une façon simple de travailler sans relâche au bonheur de l’humanité. Et si nous rayonnons de bonheur il se réfléchira sur les neurones de nos semblables et les aidera à être mieux et plus heureux. Le bonheur est contagieux, propageons-le !
La démarche initiatique peut donc être considérée comme partie prenante à la recherche du bonheur. Elle est mieux qu’un porte-bonheur ; elle est une porte du bonheur. Il n’y a pas de chemin qui mène au bonheur, c’est le chemin qui est le bonheur, car il n’est de bonheur complet que partagé.
Nous devons continuer au dehors l’œuvre commencée dans le temple, et transmettre dans la cité, entre autre, cette idée de bonheur pour réaliser sur la terre et pour tous les humains un cadre juste et rigoureux ou chacun pourra œuvrer à sa félicité et à celle de tous.
Il y a encore un autre moment fort dans notre vie maçonnique qui est amour, partage et joie, je veux parler bien sûr des agapes.
L’Agape est, au sens large, « un repas entre convives unis par un sentiment de fraternité ». Dans notre Franc-maçonnerie, héritière de ces plus anciennes traditions, l’Agape ne doit pas être considérée comme une pure nécessité physique mais doit être considérée comme une valeur ajoutée à la Tenue. L’Agape invite à l’approfondissement du chemin de perfectionnement parcouru pendant la Tenue. Elle permet aux initiés de mieux comprendre la voie dans laquelle ils se sont engagés. L’Agape possède donc un rôle initiatique profond.
Son seul but n’est pas de satisfaire un besoin élémentaire, il reflète une certaine philosophie car dans la vie humaine le repas est à la fois, un acte biologique, un acte social et un acte spirituel.
Les Agapes procurent aux initiés une ivresse, spirituelle bien sûr, la seule dans laquelle les hommes inspirés ont puisé de tout temps la lumière.
L’organisation de nos agapes, avec un apport personnalisé de différents plats participe grandement à notre désir de partage en faisant découvrir aux autres frères des recettes de son terroir, de sa région. Ce voyage, à travers les Arts culinaires de chacun, est une pierre de plus à notre édifice à la recherche du bonheur.
Il n’est pas possible de passer sous silence notre banquet d’ordre du solstice d’été, et notre sortie champêtre inter-obédientielle, dont la finalité est la fusion des cœurs dans l’amour de l’autre, et la découverte de la personnalité de chacun, le tout dans un esprit de convivialité et de cordialité fraternelle, en se rappelant comme le dit si bien Victor Borges que le rire est la distance la plus courte entre deux personnes.
Mes FF\ Et mes SS\ Je vous propose par anticipation à charger vos canons et à boire.
… BUVONS à la fraternité qui nous rassemble et qui nous rend heureux
… BUVONS à l’égalité que nous prônons pour une humanité plus joyeuse
… BUVONS à la liberté sous toutes ses formes.
Le bonheur est à portée de main !
Je voudrais avant de finir, pour dissiper le vague à l’âme, vous divulguer, puisque vous êtes mes frères, un remède qu’un ami pharmacien m’a confié. Mais avant d’aller plus loin, il faudrait que vous me promettiez le silence, secret oblige !
Prendre trois pincées de rituel, cinq grammes de symboles, sept onces et plus de batterie d’allégresse et d’espérance ; à cela on ajoute une poignée de fraternité. Le tout est réduit en poudre avec un maillet sur une pierre cubique et on le verse dans un breuvage d’amertume de son choix. Et, après avoir ingurgité cette décoction, le miracle advient… L’apaisement suit immédiatement jusqu’au moment tant attendu du bonheur total…
Je terminerai en paraphrasant cette publicité bien connu : Alors Heureux ??
J’ai dit V\M\ Et vous m’avez entendu !        
Extrait de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique : Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur.

  • Travaille comme si tu n’avais pas besoin d’argent.
  • Aime comme si jamais personne ne t’avait fait souffrir.
  • Et danse comme si personne ne te regardait.

Nous avons multiplié nos possessions mais réduit nos valeurs; réussi dans la vie mais pas notre vie; ajouté des années à la vie mais pas de vie aux années; nous allons sur la lune mais nous sommes incapable de parler à nos voisins; nous avons des revenus plus hauts mais le moral plus bas.

Il Existe un Pays sans peur…

Il Existe une Contrée sans douleur

A l’Intérieur de votre Cœur

A cela donnez de la Valeur…

Acceptez d’Ouvrir la Porte

Amour, Lumière, Créativité…

Vous attendent de l’autre Côté

Lâchez prise… rancune, colère, qu’importe

Unique, Essence de Vie, Âme de Lumière

Vous Etes Enfants de la Terre

Tu es Lui, Elle est Toi, Tous Reliés

Prenez Conscience en Simplicité

Que Vous Etes unité, en unité

Il Vous suffit d’Ouvrir la Porte, l’Amour est là

Trouver la Clé, Tendre la Main, Voyez !

Détendez-vous, Enfants de la Terre

Laissez Eclore vos Prières

Sans crainte, Créez votre Bonheur

Il est Présent, maintenant, il est Vous

Il Existe un Pays sans peur…

Il Existe une contrée sans douleur

A l’Intérieur de votre Cœur

A cela donnez de la Valeur…

Source : www.ledifice.net

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Published by W\ D\ - dans Planches
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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 04:59

Mes Frères, quel est le lien qui nous unit ? C'est la franc-maçonnerie. Qu'est ce que la franc-maçonnerie ? C'est une alliance universelle d'hommes éclairés, réunis pour travailler en commun au perfectionnement spirituel, moral, matériel et intellectuel de l'humanité. Ces mots, ces phrases, sont ceux que nous apprenons tous par cœur durant notre apprentissage.

Bien souvent, nous les oublions après, non pas que nous nous sentions débarrasser d'une corvée, mais logiquement, plus le temps passe, plus nous vieillissons et plus nous nous élevons. Le résultat fait qu’automatiquement, nous nous éloignions de la base. Alors pour un instant, redescendons. Juste un peu d'histoire afin de situer la franc-maçonnerie dans le temps et les époques. Tout d'abord, pour une société qui serait prétendument secrète, la franc-maçonnerie détient un record singulier, c'est celui de la bibliographie. En 1925, déjà ¾ de siècle, un érudit allemand du nom de WOLFSTIEG avait déjà dénombré (Toutes œuvres confondues) plus de 54.000 titres traitant du sujet Imaginez vous ¾ de siècle après, à l'aube du nouveau millénaire, et avec les récentes affaires, ce que cela peut donner en plus comme articles, brochures et livres divers.

Cette planche n'a pas pour but de les connaître ni de les énumérer, mais plus simplement, je dirais qu'il s'agit ici d'un résumé de notre histoire, de ses bases et des origines de nos Constitutions.

Au commencement, à la sortie de l'âge des cavernes, dès qu'il se trouva des hommes pour extraire la pierre, au moyen de la construction ils élevèrent des murs et posèrent dessus un toit pour s'abriter. Dès cet instant, l'ARCHITECTURE était née. L'Architecture est la mère de toutes les civilisations. Elle est la condition première car sans elle, nulle pensée créatrice ne peut prendre forme. Cette inspiration émane directement du Grand Architecte de l'Univers et elle en est l'expression humaine. Dans sa forme originelle et de part sa source, elle justifie sa prééminence sur les autres arts pour faire entendre et comprendre ce qu'était la vie et les aspirations des peuples qui bâtissaient.

Bien des siècles plus tard se dresseraient dans les cieux européens les grandes cathédrales qui pour MICHELET étaient « de gigantesques actes de Foi ». Au Moyen âge, il s'est trouvé des architectes, des tailleurs de pierre, des appareilleurs et des imagiers pour donner à l'ART ROYAL sa destination la plus haute : La gloire de Dieu, Incréé et Créateur, à la fois géniteur et asexué, en un mot : Le Grand Architecte de l'Univers. Lorsque vers 1145, le moine cistercien Garin de Troyes appartenant à l'abbaye de Fontenay, réussi a appliquer à la géométrie les « Postulats d'Euclide », il venait d'inventer l'art du Trait, qui permettrait aux Compagnons du Devoir d'élever les constructions que nous connaissons encore de nos jours
La franc-maçonnerie, née au cours du 12ème siècle, est issue du milieu des bâtisseurs. Ils étaient à l'époque les seuls capables de construire ces cathédrales. En somme, ils étaient les représentants de la haute technologie de leur temps. Si nous pouvons connaître quel monastère forma les premiers d'entre eux, ce que nous ignorons encore, c'est où et comment ils ont été recrutés et sur quelles bases ils le furent pour être plus précis.

Tous ces hommes étaient organisés en confréries. Détachés des structures sociales et politiques de leur temps, ouvert à tous ceux qui en acceptent les règles, la confrérie unit les hommes épris d'un même idéal. On trouvait dans leurs rangs des Maîtres, des Compagnons et des Apprentis. Ils furent les premiers FRANCS-MACONS. J'ouvre ici une brève parenthèse. Il faut savoir que le mot franc maçon est français. Au temps des constructeurs, c'est à dire au 11ème siècle, c'était le terme exact pour désigner ceux qui appartenaient à des confréries ou des corporations qui bénéficiaient d'une franchise. Voyez la Franche-Comté qui était en fait une Comté Franche, ou encore les francs bourgeois.

De nos jours existent encore des ports francs. Rappelons nous de discussions entre Frères qui faisaient remarquer que le terme Franc Maçon venait de l'anglais Free Masson, mais n'oublions pas non plus que nos Chers Frères d'outre-Manche placent la charrue avant les bœufs. Il nous suffit de faire comme pour le mot V\ I\ T\ R\ I\ O\ L\ rectifier. Cette franchise donc, permettait de libérer un homme, un vilain, de son servage. Le seigneur de son fief lui accordant alors le droit de devenir autre chose que sa condition première ne lui aurait pas permis. En quelque sorte naissait l'homme nouveau. On peut comprendre également le terme Franc-maçon dans le sens de maçon travaillant la pierre franche, celle que l'on taille et que l'on sculpte. Le franc-maçon est l'artisan qui par son habileté et sa compétence a su devenir un homme libre, libre d'esprit et j'irai jusqu'à dire de libre pensée puisque son propre créateur, affranchi de sa servitude par son travail, délivrant par son art de travailler la matière, un message de liberté intellectuelle et de pure spiritualité.

La hiérarchie pyramidale est basée sur le Maître d'œuvre appelé également Vénérable, qui est respecté, non pour sa personne mais pour sa fonction, ses qualités spirituelles et son expérience. Il est chargé outre l'organisation générale du travail sur le chantier, de veiller à l'évolution spirituelle de tous les membres. Dans sa tâche, il est secondé par les autres Maîtres, les Surveillants, qui dirigent les équipes sur le chantier. Ces équipes sont formées par des Compagnons auxquels sont adjoints les Apprentis.

Assujetti aux rudes épreuves du service sur le chantier, le postulant se voit astreint aux tâches les plus basses et soumis aux railleries de la part de ses aînés. Tout est mis en œuvre pour éprouver sa volonté et le dissuader d'intégrer la confrérie. S'il parvient à faire preuve de patience et de stoïcisme, il sera accepté et subira les épreuves de l'initiation. Une fois admis, outre l'application au métier, une conduite irréprochable sera exigée de lui ainsi que le strict respect des lois de la confrérie.

Celui qui transgresse les lois de l'ordre est sévèrement puni et en cas de faute grave, de divulgation des rites et des secrets au profane, il peut-être exclut à vie de l'ordre. Il ne nous faut pas comprendre les soucis du secret avec une volonté déterminée d'occulter les connaissances, mais l'enseignement ésotérique (du grec Eisio pour ce qui est en dedans) dispensé dans les ateliers à pour but d'éviter la dissolution des connaissances et surtout les mauvaises transmissions qui en résulteraient. Seul celui qui a réussi les épreuves peut apprendre et transmettre. C'est le principe même de la confrérie ; la transmission de l'enseignement avec le souci que ce dernier survive aux hommes. Souvenons-nous d'Archimède pendant que Syracuse tombait. Alors qu'il allait être frappé à mort par le soldat romain, il lui aurait dit : « Tue-moi mais n'efface pas çà ».

Hormis l'aparté sur Archimède, tous les éléments que j'ai cités seront, comme nous le verrons, repris plus tard par Anderson pour l'établissement des Constitutions. J'ai utilisé le mot YMAGIER et non pas YMAGEUR en l'écrivant avec un Y pour initiale comme dans sa forme en français de l'époque. J'aurais plutôt dû employé à la place le terme barbare d'IMAGINEUR car « TOUT EST IMAGINATION ». Ces ouvriers étaient en fait des OEUVRIERS. Ayant la charge de faire naître sous leurs mains les statues, ils faisaient appel à leur imagination ainsi qu'à leur interprétation symbolique des Ecritures. Ils créaient une œuvre en taillant leur pierre. Ce n'étaient aucunement des illettrés comme nous pourrions le penser, mais des gens simples, instruits sur les chantiers pour la plupart, et à qui l'ont communiquaient la CONNAISSANCE.

« Un maçon est obligé par sa tenure d'obéir à la Loi morale, et s'il comprend bien l'Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux ». (Art 1 des Anciennes Obligations). Des querelles virent le jour entre Francs Maçons appartenant aux confréries et les autres, maçons grossiers, appartenant aux corporations et n'ayant pas eu accès aux Arcanes du Métier, n'entendant pas l'utilisation du compas, de l'équerre et de la règle. Elles ne servirent qu'à creuser le fossé entre eux. Les Confréries de Francs Maçons apparurent en Occident aux environs du 10ème siècle sans que cette période puisse être vraiment retenue comme authentique.

Dans « LA FRANC-MACONNERIE, HISTOIRE ET INITIATION », Christian JACQ nous rapporte la légende suivante, tirée du Manuscrit « Cooke » : « Durant le 10ème siècle vivait en Angleterre un roi du nom de ATHELSTAN. Ce roi régna jusqu'aux environs de l'An 940. Ce serait sous son règne que Saint Alban fit construire par des maçons la ville qui porte son nom. L'un des fils du roi prénommé Edwin voulant faire partie des constructeurs, il devint géomètre et Maître d'œuvre après avoir franchi toutes les étapes de l'Initiation Maçonnique. Elu Grand Maître, il aurait fondé à York la première Grande Loge et réunit une Assemblée Plénière en 925 ou 926, assemblée qui devait ensuite se tenir tous les ans et qui de nos jours fait partie de nos Traditions ».

La légende toujours, raconte qu'Edwin aurait voulu procéder à la rédaction de Constitutions propres aux Maçons. Pour ce faire et par souci d'honnêteté, il aurait réuni tous les Rituels Maçonniques accessibles dans toutes les langues de l'époque. Les Maçons des diverses régions du globe lui auraient fait parvenir des écrits en Grec, en Latin, en Français et en Allemand. Edwin en fit faire une compilation et désormais un Livre des Constitutions serait remis à chaque nouveau Franc Maçon. La phrase qui débutait l'ouvrage aurait été : « GRAND ARCHITECTE DU CIEL ET DE LA TERRE, FONTAINE ET SOURCE DE TOUTE BONTE, QUI BATIT DE RIEN SA CONSTRUCTION VISIBLE ».

(Référence Manuscrit COOKE. Vers 1410/1420). Réalité, légende, la plupart des historiens ne jugent pas sérieuse l'histoire d'Edwin, fils de roi, architecte, géomètre et franc-maçon. Le haut moyen âge, je devrais plutôt dire le Grand moyen âge, celui des cathédrales, meurt avec le 14ème Siècle et la Disparition de l'ordre du Temple. Les Francs Maçons ne jouissent plus en France de la puissante protection de l'ordre. La période fin 15èmè Siècle début du 16ème voit encore les Francs Maçons beaucoup voyager. (Ils auraient été alors plus de 30.000). Ils sont allé partout, aussi bien dans le monde occidental que dans le monde oriental. Leurs constructions témoignent pour eux en Angleterre, en France, en Espagne, au Portugal, en Allemagne, en Italie, en Palestine, à Chypre. C'est également cette époque qui voit naître le récit selon lequel un passant observant 3 ouvriers sur un chantier leur aurait posé cette question : « Que faites vous ? ».

Le premier aurait répondu : « Je gagne ma vie », le deuxième « Je taille une pierre », le troisième, « Je construit une cathédrale ». Seul celui-là aurait été un Initié. Le 16ème siècle voit les non maçons entrer en Loge. Dans les débuts, se ne sont pas encore des intellectuels ni des philosophes mais plutôt des hermétistes. Ces « Maçons » dits « Acceptés » seront de plus en plus nombreux dans les Ateliers. Cette période de la fin du 16è et du début du 17ème verra la venue des bourgeois, puis celle des prêtres et des nobles. La réaction en sera que les Opératifs et les Manuels quitteront les Loges et la fracture se fera entre les Francs Maçons et les Compagnons.

Frères utérins d'une même mère « LA CONNAISSANCE » ayant œuvré pour un même but « LE PERFECTIONNEMENT » dans le respect d'une même Règle, « LA TRADITION ». Ce ne sera que quelques siècles plus tard que de timides rapprochements auront lieu. En 1535, l'Evêque de Cologne Monseigneur HERMAN estime que le destin des constructeurs est menacé et qu'il faudrait de nouveau définir le rôle de la Francs Maçonnerie par rapport aux grands problèmes du temps. Pour cela, il provoque la réunion de Cologne où des délégations de Francs maçons viennent des toutes les capitales européennes. Leur premier travail devra être une charte où sera affirmée l'antiquité de l'Institution et son originalité. Décision sera prise de conserver les signes et les mots rituels, le patronage de Saint Jean étant toujours de mise. Cette charte stipule qu'une Loge désirant initier un profane doit obligatoirement comprendre 7 Frères, placés sous la direction d'un Maître. Ainsi, les bases de l'ordre sont conservées dans leur ensemble.

En 1599 Des documents maçonniques Administratifs comme les Procès-verbaux de la Loge Saint Mary's Chapel à Edimbourg, sont connus. (Le premier procès-verbal d'une initiation daterait du 9 Janvier 1598). Le nouvel initié ayant pour nom Alexandre CERBIE. Les Loges étant fixées dans les villes, elles deviennent plus accessibles aux profanes. La Tradition étant conservée par des Artisans, souvent se sont eux qui dirigent les Loges. C'est sans doute pour cela que la maçonnerie dite « ECOSSAISE » est considérée comme la plus respectueuse des idéaux primitifs.

L'année 1688 aurait vu la création à Saint Germain en Laye d'une Loge fondée par le Roi Jacques II Stuart, alors en exil en France. C'est cette première Loge fondée en 1688 qui aurait introduit la maçonnerie écossaise détentrice des Rites les plus anciens, inspirés des initiations de Bâtisseurs et de la Tradition Templière.

1717 marques la naissance de la Franc Maçonnerie moderne ou « SPECULATIVE ». Un pouvoir maçonnique centralisateur est constitué ; une Logé Mère s'arrogeant la toute puissance législative.

En 1718, le Grand Maître PAYNE demanda aux Frères d'apporter en Grande Loge toute pièce d'archives concernant la Fraternité, et à plusieurs reprises au cours de tenues trimestrielles de Grande Loge, plusieurs documents lui furent présentés.

En 1721, Payne put soumettre un règlement contenant 39 articles ainsi que les textes dont il s'était servi. 29 Septembre 1721. Une tenue de Grande Loge chargea le Révérend ANDERSON de « mettre en ordre dans une nouvelle méthode » les Anciennes Constitutions.

Le 25 Mars 1722, Création d'une commission de 14 Frères (2x7) qui rapporta. 25 Mars 1722. Sur ordre du Duc de MONTAIGU alors Grand Maître de la Grande Loge d' Angleterre, le pasteur James ANDERSON fait imprimer et éditer le livre intitulé : « DES MACONS FRANCS ET ACCEPTES » ; Recueilli par lui dans les Anciennes Archives. Ces Anciennes Obligations sont LE LIVRE DE LA LOI des Maçons Spéculatifs. Elles énoncent quels sont les Devoirs et Obligations envers l'ordre, La Loge, Les Frères ainsi que la conduite qu'un maçon doit tenir chez lui. Elles seront dans le Livre des Constitutions.

Ces Anciennes Archives ou Old Charges sont en grande partie tirées du Manuscrit COOKE. Le manuscrit Cooke se présente comme un poème anonyme daté aux environs de 1410. Ce manuscrit dont l'érudition laisse à penser qu'il est le fruit de la collaboration de plusieurs auteurs, comme son modèle immédiat le REGIUS, aborde d'une manière neuve l'éloge des ARTS LIBERAUX et l'histoire légendaire du Métier de Bâtisseur. L'histoire relatée par le manuscrit Cooke est un véritable enseignement voilé sous un manteau d'allégories. Si nous l'examinons dans le détail, les différents aspects du manuscrit sont :

a) La Maçonnerie comme fondement des Arts Libéraux. Ce trait de pensée s'appuie sur l'Universalité de l'Architecture qui fait appel à l'ensemble des Arts Libéraux et sur le fait que, d'après la Genèse : (Chapitre 4, 17). Je cite : « Caïn connu sa femme, qui conçut et enfanta Hénok. Il devint un constructeur de ville ». Si je lis bien, l'invention de la maçonnerie précéda et prépara peut-être l'invention des autres Arts Libéraux, le trivium (Grammaire, rhétorique, dialectique) et le quadrivium. (Arithmétique, géométrie, astrologie et musique) Poursuivons notre citation. Nous lisons : (Genèse 4, 18-19). « A Hénok naquit Irad, et Irad engendra Mehuyaël, et Méhuyaël engendra Métushaël, et Métushaël engendra Lamek. Lamek prit deux femmes ; le prénom de la première était Ada et le nom de la seconde Cilla et encore : (Genèse 4, 22) : Cilla enfanta TUBAL-CAÏN ; il fut l'ancêtre de tous les forgerons en cuivre et en fer ».

b) Les « Patrons» du métier de Bâtisseur. Les « Patrons » cités en référence dans le manuscrit REGIUS daté de 1390, sont remplacés dans la rédaction du manuscrit Cooke par la référence aux « Patrons Testamentaires » du Métier, Testamentaires par référence à l'Ancien Testament. Ces 'anciens patrons' étaient : SEVERIN, SEVERE, CARNOPHORE et VICTORIN.

Quatre tailleurs de pierre martyrisés. Ils sont représentés sur une clef de voûte de l'église de Chars. Appelés également « LES QUATRE COURONNES », ils représentent symboliquement les 4 points cardinaux, rayonnant à partir d'un centre qui est l'initié lui même et en qui tout se trouve. Ces « nouveaux Patrons » cités dans la Bible sont : Genèse 4, 20-21 Caïn et Jabel « Patrons » des maçons ; Jubal « Patron » des musiciens ; Tubal-Caïn « Patron » des forgerons et Naamah, sœur de Tubal-Caïn « Patronne » des tisseuses et des fileuses. (Sic) Réf. Manuscrit Cooke.

Puisque je cite à nouveau Tubal-Caïn en temps que « patron » des forgerons, il me paraît nécessaire de rappeler que beaucoup considèrent les « Opératifs » originels comme ayant été des orfèvres en la matière, que se soit en matière d'architecture, de taille de pierre et de sculpture. Or si nous analysons le terme « orfèvre », qu'y trouvons-nous ? Tout d'abord le préfixe « OR », du Latin Aurum, métal noble et précieux, et ensuite le suffixe « FEVRE », qualificatif vieux français, qui s'est fait 'patronyme' et a pris les formes de « FAVRE ». « LEFEVRE » ; « FABRE » ; « LEFEBURE » avec un V\ ou avec un B\ ou même les deux, le V\ s'étant transformé au moment de la révolution pour devenir un U\. Toutes ces formes d'un même mot variant selon la région d'origine et qui signifient « FORGERON ». Le tout réuni établissant le qualificatif de « FORGERON DE L'OR ». Bien qu'étant placé sous le patronage de Saint Eloi, il est quand même l'expression d'un travail du métal, comme il se trouve exprimé avec Tubal-Caïn pour la franc-maçonnerie dans le manuscrit Cooke.

c) Les 2 COLONNES de LA CONNAISSANCE. Toujours selon le Cooke, ces 2 Colonnes étaient destinées à échapper au Déluge et dessus auraient été inscrites les connaissances propres aux Arts Libéraux, par opposition à Flavius Josèphe dans ces « ANTIQUITES JUIVES ». Reprises dans le Manuscrit REGIUS sur l'épisode de la Tour de Babel, les auteurs du Régius et du Cooke intègrent ces 2 colonnes dans leur texte en raison de leur analogie avec les 2 colonnes JAKIM et BOAZ du Temple de Salomon. Je cite : « Il dressa les colonnes devant le vestibule du sanctuaire ; il dressa la colonne de droite et lui donna pour nom : YAKIM ; il dressa la colonne de gauche et lui donna pour nom : BOAZ. Ainsi fut achevée l'œuvre des colonnes » (1 er Livre des Rois, 7, 21-22). Dans « le Cantique des Cantiques », hymne à l'amour attribué à Salomon, nous trouvons au 5ème poème : « Ses jambes sont comme des colonnes d'albâtre, posées sur des bases d'or pur ». Il est certain qu'alors Salomon ne parlait pas des colonnes du Temple, mais qui sait, peut-être La connaissance était-elle au bout.

d) L'IMPORTATION DE LA MACONNERIE. Du chantier du Temple de Salomon, en Angleterre, via la France, cette importation exprimée dans le Cooke est une allégorie servant à signifier un fait bien connu de l'Architecture ; à savoir que l'Art Gothique des Cathédrales apparut en Ile de France avant d'être importé au 12ème siècle en Angleterre. Des textes existent, prouvant l'envoi d'architectes français aux 12 et 13ème siècle en Angleterre. Le manuscrit Cooke prouve que les maçons, principalement formés aux arts mécaniques, étaient également instruits et mêmes lettrés à l'égal des savants instruits des arts libéraux.

17 JANVIER 1723. Adoption du texte des « ANCIENNES OBLIGATIONS » comme Loi de la Maçonnerie par la G.L.d'Angleterre. Année 1728 : Création de la 1 ère G\ L\ D\ F\ « Mise en sommeil en 1767 ». 1894 Recréation de la G\ L\ D\ F\ La Constitution fut votée par l'Assemblée Générale des 10, 11, 12 Mai 1895, avec élection du Grand Maître et des Grands Officiers.

Après l'histoire, passons au Rite. La terminologie de ce mot a deux sens différents selon qu'il est écrit avec un R majuscule ou avec un R minuscule. Est appelé Rite avec une majuscule, une branche particulière de la Franc Maçonnerie. (Rite Ecossais Ancien et Accepté, Rite Ecossais Rectifié, Rite Français). Est appelé rite avec une minuscule, un acte cérémoniel dont la forme a été réglée à l'avance en vue de sa finalité initiatique. Au grade d'Apprenti, il suffit de se souvenir du moment où l'on dépouille de ses métaux le futur Frère. Dans un sens comme dans l'autre, le terme RITE ne doit jamais être employé comme un synonyme de « PRINCIPE ETABLI » ou bien de « SYMBOLE ». La religion catholique possède plusieurs liturgies auxquelles la terminologie a donné le nom de Rite. En effet, il y a le Rite Romain, le Rite Maronite des chrétiens du Proche Orient, le Rite Orthodoxe des grecs et des slaves. Un Rite peut donc se définir comme une présentation dont le caractère le distingue des autres par la forme. Il est impossible de citer tous les Rites et toutes les Religions. Par des événements encore présents dans les esprits et dans les chairs, nous avons eu à connaître en Europe, une nouvelle guerre de religions. C'est dire combien peut-être dure parfois, la coexistence de différents rites.

Qu'on le nomme Dieu, Yawhé, Allah, l'Eternel, l'Ineffable, ou la Grand Architecte, tous ces noms ne sont que l'expression d'une même chose ; un concept qui dépasse l'entendement du commun des mortels. Au delà de tout dogme, c'est la représentation que l'homme s'est fait de ce qu'il ne peut toucher ou voir mais qu'il essaie encore et toujours d'appréhender Eternelle dualité de l'esprit et de la Lettre. Qu'il soit juif ou chrétien, catholique ou protestant, musulman sunnite ou chi'ite, l'homme à toujours le même devoir envers les autres ; La Charité. Le partage est le début de la connaissance de soi. La charité est un devoir, mais qui ne doit pas s'exercer au préjudice des siens, comme pour un Franc Maçon. Elle doit se faire, sans ostentation. N'importe qui peut en bénéficier. Qu'il soit animiste, chrétien ou juif, la charité ne saurait faire preuve de distinction dans la pauvreté et le besoin. Le tronc de La Veuve détenu par l'hospitalier peut-être réclamé par qui veut. Il peut-être versé à qui le mérite, sans distinction de nationalité, de race ou de religion s'il est F\ M\. N'oublions pas que le mot hospitalier vient du mot hospice d'où dérive le mot hôpital. L'ordre des Hospitaliers, rival de celui du Temple et l'un des bénéficiaires de la dissolution de ce dernier, avait été crée pour venir en aide aux pauvres en Terre Sainte.

Qui veut venir en Loge vient, celui qui ne veut pas venir, reste. Si un Rite ne plaît pas ou s'il est mal vécu, liberté est d'en changer afin d'en pratiquer un autre. J'ai volontairement soustrait de mon travail, les vicissitudes ainsi que toutes les péripéties qui ont entourées l'établissement du Rite Ecossais Ancien et Accepté en France, ces dernières mériteraient à elles seules plusieurs planches, de très longues heures de lecture, et de jouer les rats de bibliothèque, afin de pouvoir consulter tous les écrits, Décrets, et Circulaires du Suprême Conseil de France, ainsi que les Archives du Grand Orient. Donc, je me contenterai juste de citer les plus pratiqués en France.

Commençons par celui que nous connaissons et pratiquons le Rite ECOSSAIS, ANCIEN ET ACCEPTE, le Rite EMULATION, le Rite FRANÇAIS, Le Rite ECOSSAIS RECTIFIE. Depuis 1938, existent à la Grande Loge de France des ateliers qui travaillent au Rite rectifié.
Le Rite Ecossais Rectifié serait le prolongemenLes Origines du rite et des constitutionst de la maçonnerie qui aurait existé en Angleterre avant 1717. Créé officiellement en 1778, il résulte qu'il est certainement la forme la plus ancienne de la maçonnerie spéculative. Il a conservé dans son rituel un archaïsme qui le distingue des formes modernes que nous connaissons et qui lui donne une valeur initiatique très estimable. En Europe, il est surtout pratiqué en Suisse.

Le Rite français ou Moderne. Rite pratiqué par le Grand Orient de France. La plupart des ses Ateliers travaillent avec ce Rite. Il ne comprend que sept degrés mais le Grand Collège des Rites confère tous les grades de l'écossisme jusqu'au 33 è. Bien qu'étant cataloguée « Obédience irrégulière », la Grande Loge de France et les Loges qui lui sont fédérées, n'en travaillent pas moins au Rite Ecossais Ancien et Accepté. D'autres Ateliers dans d'autres Obédiences utilisent ce rituel mais parfois, celui-ci ayant été 'adaptés' sur différents points, il peut s'en suivre de notables différences. « Celui qui a reçu l'initiation dans une Loge régulièrement constitué est un maçon « régulier » ».

A la Grande Loge de France, nous travaillons surtout au Rite Ecossais Ancien et Accepté. Ici, l'ostracisme est absent. Nous acceptons tous les Frères, de toutes les Obédiences. Nous sommes autant F\ M\ qu'eux. Ils peuvent venir assister à nos travaux, nos outils sont les leurs. Nous tendons tous vers les mêmes buts ; notre perfectionnement, le perfectionnement de l'homme, le bien-être de l'humanité, normalement. Quand le Rite est bon et bien fait, il est facile pour le franc-maçon de travailler avec ses outils et ses symboles - c'est-à-dire l'intelligence de sa main et la beauté de son cœur - à son perfectionnement, pour la joie de ses Frères et de son Atelier.

Le chemin offre tout et bien plus encore, mais rien n'y est gratuit. Les réponses sont en nous. Faisons le premier pas, le chemin fera le reste. Le passé avec ses clivages a permis que s'établisse la séparation entre les racines, le tronc et les branches. Ne continuons pas à débiter « l'arbre merveilleux » même pour en faire de belles planches, sinon que nous restera t il de l'héritage originel des bâtisseurs ?

Nous sommes tous des ENFANTS DE LA VEUVE. Cette veuve est la Connaissance. Connaissance de Soi, connaissance des Autres, connaissance de l'Univers « CONNAIS-TOI TOI MEME ET TU CONNAITRAS L'UNIVERS ET LES DIEUX ». Nous disparaîtrons tous un jour, telle est la Loi de la nature et de la Vie. Hâtons-nous de nous connaître et de connaître les autres. Construisons maintenant afin que nos descendants n'est peut-être pas à le faire à leur tour, et s'ils devaient chercher, qu'ils trouvent et comprennent pourquoi nous cherchions et ce que nous tentions de construire : L'Homme et l'Humanité.

Lorsque nous pénétrons pour la première fois dans un Temple maçonnique, nous ne savons pas très bien comment va se passer l'apprentissage. Evidemment, qui dit apprentissage, dit formation. Arrêtons- nous un instant sur le verbe Former. Il signifie que quelque chose va changer de forme, va se transformer. Donc, nous avons une matièLes Origines du rite et des constitutionsre. Que celle-ci soit végétale ou minérale, durant l'apprentissage, nous allons la façonner, tout d'abord comme le veut le Maître puis sans bien nous en apercevoir, nos mains et nos pensées vont agir selon notre cœur. Et bien cette matière qui insidieusement nous change, nous transforme, c'est le Rite. Il est à la fois actif et passif, présent actuel et passé futur. Le Rite est comme l'air qui nous entoure ; impalpable mais essentiel. Nous ne pouvons ni le voir, ni l'étreindre mais lui nous baigne.

La première fois, nous ne saisissons pas tout. Nous faisons des gestes, nous prenons des attitudes sans bien saisir toutes leurs significations. Au fur et à mesure que le temps passe, nous sommes de plus en plus pénétrés par ce que nous vivons. En fait, la matière qui a évolué c'est nous.

Je terminerai ici mon bref survol de l'histoire des origines, en souhaitant qu'il se rapproche le plus possible de la vérité historique, et qu'en même temps, il soit conforme à la beauté de la légende de notre confrérie. Si tel n'était pas le cas, veuillez m'excuser par avance des erreurs ou omissions que j'aurai pu faire.

Au moyen âge, un ordre chevaleresque avait une très belle devise, qui malheureusement a disparu avec lui et les événements. Il s'agit de la devise de l'ordre des Pauvres Chevaliers du Temple de Salomon. Permettez-moi de vous la restituer en la visitant et en la rectifiant.

Pas pour nous grande architecte. Pas pour nous. Mais pour le gloire de ton nom.

J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Published by X - dans Planches
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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 04:54

Soucieux que le "vent profane" ne souffle pas dans le "Temple", "l'Ordre Maçonnique" s'interdit en loge, toute polémique sur des sujets ayant trait à une religion et tout débat politique ou social. "Le Grand Architecte de l'Univers" est conçu comme symbole de l'amour, de l'infini et de la perfection, liant entre eux, tous les membres de la confrérie par delà les concepts religieux, métaphysiques ou philosophiques de chacun. Il est le symbole essentiel compréhensible à tous par lequel la "Franc-Maçonnerie" affirme la dimension spirituelle de la Vie.
Selon les principes décrits ci-dessus, la Franc-Maçonnerie serait plutôt un ordre philosophique et moral qu’une religion. Mais est-ce vraiment le cas ? Catéchèse ou moralisme ?

Y a-t-il une spiritualité maçonnique?

La franc-maçonnerie est divisée plus ou moins en deux blocs distincts : l'une est d'essence anglo-saxonne (plutôt théiste) et l'autre est latine et plus particulièrement francophone (plutôt laïcs). La franc-maçonnerie anglo-saxonne se distingue des loges françaises en ce sens que la première a toujours été proche de l'"Establishment" et de la Monarchie, alors que la seconde a toujours affectionné les valeurs démocratiques et républicaines. En gros, cela signifie, que les francs-maçons britanniques et américains sont plus enclin au "conservatisme" qu'entretiennent la bourgeoisie et l'aristocratie au pouvoir, celles-ci croyant néanmoins en l'existence d'un "Grand Architecte de l'Univers" (ou en un Dieu créateur qui a un plan bien défini pour l'humanité), alors que les francs-maçons français sont plutôt enclin au "libéralisme" que véhicule le système démocratique humaniste et laïque qui ne croit pas nécessairement en l'existence d'un quelconque créateur de l'univers.
En fait il existe des loges pour satisfaire toutes les croyances. Ce n’est donc pas la foi ou l’athéisme qui unit les francs maçons entre eux mais un rituel ésotérique et symbolique qui est à peu de choses près le même dans toutes les loges. Si ce rituel prend une connotation spirituelle alors le "Maçonnisme" est une religion. C’est l’objet de cette étude, en faire la démonstration !

En quête d’élévation.

Les philosophes qui se sont fait recevoir Francs-maçons n’ont pas manqué de distinguer dans l’Ordre maçonnique une spiritualité indépendante de l’organisation fonctionnelle, et ils ont appelé « Maçonnisme » ce qui est du domaine de l’esprit par opposition à la Maçonnerie, vaste association matérialisée. Le Maçonnisme est à la Maçonnerie ce que le Christianisme en sa pureté concevable est par rapport aux églises chrétiennes, ou plus spirituellement la notion d’Epouse de Christ par rapport aux dénominations. La différence est donc dans l’esprit et lui seul.
Au corps, cependant, se rattache une âme, même et peut être surtout quand il s’agit d’une corporation, d’une collectivité permanente. En Maçonnerie, le Maçonnisme représente l’esprit, qui souffle où il veut et ne se laisse pas emprisonner dans l’enceinte des loges. Celles-ci retiennent plus facilement l’âme de la maçonnerie, si bien qu’il y règne une certaine fraternité. Un corps uni par même esprit.
Le symbolisme ésotérique qui demeure une langue morte pour la grande masse des francs-maçons actuel, ignorent tout des origines lointaines et occultes des symboles qu’ils utilisent. Si correcte que puisse être cérémoniellement leur initiation, les récipiendaires se comportent souvent passivement à l’égard du cérémonial, dont le rôle est de confondre l’esprit du néophyte. Même incompris de ceux qui en sont chargés, l’enseignement ne perd rien de son efficacité spirituelle, dès lors qu’il imprime sa marque aux initiés. Ceux-ci, insensibles à l’ésotérisme du rituel, sont néanmoins sous la domination de forces occultes qui les influencent directement. Les gestes sont accomplis et les paroles prononcées, liant spirituellement les maçons qui souvent ne se contentent que de l’extériorité des mystères sacrés, oubliant toute la profondeur du coté mystique des rites des loges, à la grande satisfaction de celui qui se cache derrière tous ces symboles.

Aucune association ne fait autant parler d’elle que la Franc-Maçonnerie. On sait que des secrets sont confiés aux Francs-maçons, qui, lors de leur initiation jurent de les garder inviolablement. Pour connaître ces secrets, des hommes de tous les pays, de toutes les races, de toutes les religions et de toutes les conditions sociales se sont fait initier depuis 1717, date de l’institution de la Franc-maçonnerie sous sa forme actuelle.

Selon les francs-maçons, jusqu’au XVIIIe siècle, on avait cherché le salut des hommes dans la communauté fraternelle de leurs convictions religieuses. Les religions avaient propagé des croyances rivales et chacune se considérait comme la seule vraie ; d’où contestations, discordes véhémentes et guerres désastreuses. Le fanatisme religieux étant envisagé comme responsable de tous ces maux, les partisans de la conciliation reconnurent indispensable de propager la tolérance. Cette vertu philosophique devait tempérer l’absolutisme de la foi. A celui qui croit avoir raison, elle fait admettre que les autres n’ont pas tort à leur point de vue, d’où respect de personnes justifiant par leur conduite les principes inspirateurs de leurs actes. Qui agit bien ne saurait penser mal en sa conscience, quelles que soient ses théories. C’est sur ce postulat que les maçons prirent leur essor et investirent tous les compartiments de la société humaine occidentale moderne.
Sur de telles bases il devient facile d’éloigner les hommes de la foi et du message de la Bible qui ne l’oublions pas est avant tout un message d’amour entre Dieu et les hommes. L’ « amour » maçonnique se porte donc en concurrent direct de celui de Dieu qui serait la cause indirecte des divisions et la querelle dans le genre humain. Il convient donc de fournir aux hommes un substitut fraternel que la religion classique ne saurait donner.

Bref historique

A la Renaissance, l'Europe recueille tout un héritage ésotérique venant de l'Antiquité. L'alchimie, la kabbale, l'astrologie, la sorcellerie et la magie connaissent un grand développement dont le Rosicrucianisme marque l'aboutissement au XVIIe siècle. Ce mouvement est à mettre en parallèle au vent du renouveau spirituel qui prend naissance en Europe lors de la Réforme dans la période de la Renaissance sous l'impulsion de dissidents catholiques tels que Martin Luther puis Jean Calvin. A ce renouveau spirituel le diable répond par une contre-réforme alliant ésotérisme, religion et science occulte, pour amener l'humanité vers une aube nouvelle de bonheur, de fraternité et de paix satanique. Ces idées se cristallisent autour du mouvement rosicrucien,
Sur le plan historique, la Franc-Maçonnerie naîtra un siècle plus tard en Angleterre et reprendra les idées de la réforme rosicrucienne. C'est ce qui explique pourquoi certains auteurs, comme J. G. Buhle en 1804 ou Thomas de Quincey en 1824, voient en elle une émanation de la Rose-Croix. Sans procéder directement de la Rose-Croix qui a fleurit au siècle précédent, elle se développe dans un terreau préparé par le Rosicrucianisme. Quelques années après sa naissance, la Franc-Maçonnerie intègrera d'ailleurs un grade de « Chevalier Rose-Croix », puis en vient même à créer plusieurs mouvements rosicruciens, scellant ainsi la fusion occulte des deux ordres. Il est donc plus que probable que la franc-maçonnerie ne soit pas un prolongement des corporations médiévales, mais bien une réponse occulte au renouveau spirituel lié à la réforme protestante de Luther, puis celle de Wesley en Angleterre qui initia le mouvement de réveil Méthodiste et qui mènera encore un siècle plus tard à celui du grand réveil de la Pentecôte. Le maçonnisme n’étant que le pendant occulte des réveils chrétiens en Angleterre et en Amérique.

Quelques principes fondamentaux de la Franc-Maçonnerie.

Toutes les loges régulières du monde adoptent des principes et des règles traditionnelles communes. Principes de base définis par la Grande Loge d'Angleterre "Loge Mère du Monde". Parmi les plus remarquables se trouvent :

La Franc-Maçonnerie affirme l'existence de Dieu, Etre Suprême qu'elle désigne sous le nom de Grand Architecte de l'Univers. Elle requiert de tous ses adeptes qu'ils admettent cette affirmation. Cette exigence est absolue et ne peut faire l'objet d'aucun compromis, ni d'aucune restriction. La Franc-Maçonnerie ne définit pas l'être suprême et laisse à chacun la liberté de le concevoir.

Tout travail maçonnique se fait "A La gloire du grand architecte de l'univers" et en présence des trois grandes lumières de la Franc-Maçonnerie : le volume de la loi sacrée (la Bible) sous l'équerre et le compas, sur lesquels sont prêtés tous les serments et obligations.

Que la discussion de sujets politiques ou religieux soit strictement interdite au sein de la Loge.

Les trois premiers grades sont ceux de : Apprenti, Compagnon, et Maître, des loges bleues (degrés de base de la maçonnerie)

Les Francs-Maçons ont adopté certains symboles qui sont tous empruntés a l'art de bâtir : le tablier de peau, la truelle, l'équerre, le compas; ils sont distribués en un certain nombre de petites assemblées dites loges, présidées chacune par un vénérable; le lieu dans lequel ils se réunissent est appelé temple, en mémoire du temple de Salomon. Ils reçoivent, selon qu'ils sont plus ou moins avancés dans l'initiation, des grades divers, dont le nombre peut aller jusqu’à 33; mais il n'y a que trois de ces grades vraiment essentiels, ceux d'apprenti, de compagnon et de maître, entre lesquels dans la plupart des pays d’Europe continentale, l’intervalle minimum est d’une année. En Angleterre, cet intervalle minimum est de quatre semaines. Aux Etats-Unis, il peut n’être que de quelques heures.

Pour bien comprendre le "catéchisme" maçonnique et ses rituels occultes il faut comprendre le sens caché des rituels des trois premiers degrés.

L’Apprenti au premier degré

Conformément à la tradition immémoriale de l’ordre et par référence aux enseignements des rituels, le volume de la loi sacrée, ouvert sur l’autel des serments, est la Bible, considérée non comme la description d’un Dieu révélé, mais comme un livre sacré symbole de haute spiritualité. Les frères dont la religion se réfère à un autre livre sacré ont toute licence de prêter serment sur cet autre livre. Le serment d’admission, dans le rite, doit être pris sur les trois grandes lumières : le volume de la loi sacrée, l’équerre et le compas. Une grande loge régulière doit exiger que tout nouveau membre prenne son obligation sur le volume de la loi sacrée. Le rite d’initiation ouvre donc à l’apprenti les portes du temple, après cooptation par un "frère", qui découvre alors un nouvel univers, très symbolique.

La première initiation qui le mènera des ténèbres vers les flammes de l’épreuve du feu, ne sont qu’une image de l’enfer par excellence qui débute par l'épreuve de la Terre. Enfermé dans une pièce généralement située au sous-sol et dont les murs sont peints en noir, le candidat doit rédiger son testament (la mort), après avoir répondu à trois questions qui portent sur les devoirs de l'homme envers lui-même, envers sa famille, envers l'humanité. Il est ensuite conduit les yeux bandés, une corde au cou, le bras gauche, le sein gauche, le genou droit découverts, le pied gauche en pantoufle. Il a dû remettre tous ses objets métalliques : stylo, clefs, argent. Ainsi dépouillé, il prononce un premier serment, boit une gorgée d'eau pure, puis un breuvage amer, « symbole de l'amertume et du remords » qui seraient son lot si jamais il ne respectait pas son engagement. Alors commencent les voyages. L'épreuve de l'Air. Au milieu d'un grand vacarme, le postulant est entraîné dans un parcours parsemé d'obstacles ; il doit marcher sur une planche à boules, puis une planche à bascule. L'épreuve de l'Eau. De l'eau est renversée sur Le candidat. Mais le trajet est moins difficile, les bruits s'estompent : seuls des cliquetis d'épées se font entendre. « Nous avons voulu vous faire comprendre que les obstacles s'aplanissent sous les pieds de l'homme qui persévère dans les chemins de la Vertu », déclare alors le Vénérable. L'épreuve du Feu. Le terrain est libre, aucun bruit ne se fait entendre. Ce silence a lui aussi une valeur symbolique : « Si l'on persévère résolument dans la vertu, la vie devient calme et paisible. » Et les flammes, dont l'initié sent la chaleur, sont le complément de sa purification. Une fois rhabillé, le néophyte est enfin solennellement intronisé et reçoit le tablier d'apprenti franc-maçon. Le testament qu'il a rédigé est détruit.

Dans le temple l’apprenti découvrira alors les colonnes du temple, "Boaz" et "Jakin", "la voûte étoilée", le "pavé mosaïque" ou encore une troisième colonne nommé "beauté" et "l’étoile flamboyante". C’est au niveau des premiers symboles que déjà s’infléchie l’orientation spirituel de l’apprenti qui sera mis en contact avec les premiers éléments païens et occulte des rites et symboles maçonniques.

La découverte du temple

Les "deux colonnes" reproduction de celles du temple de Salomon, ne sont en fait que les copies des deux piliers situés devant le temple de Melqart à Tyr : les fameux Jakin et Boaz (les colonnes J et B). Quand on sait que Melqart ou Baal-Melqart est une abréviation de Mélekh-Karth, qui signifie roi de la ville, c'est-à-dire de Tyr, le ton est déjà donné, car la Bible sur laquelle l’apprenti aura prêté serment nous enseigne que le roi de Tyr dépeint en Ezékiel 28, n’est en fait qu’une allégorie de satan lui-même. L’origine des colonnes devant le temple de Salomon n’est à mon sens d’aucune inspiration divine, car l’entrée du Tabernacle, modèle du temple de pierre de Salomon ne comportait pas ces deux colonnes ou piliers en face de lui. Cette idée ne peut venir que du roi de Tyr ou du fondeur Hiram lui-même né d’un père tyrien. Ces deux colonnes tyriennes renvoient en fait aux deux faisceaux de roseaux de la porte-vulve de la déesse Ishtar. Mais ça continue de plus belle…

La "troisième colonne". Nommée "beauté" elle pousse l’idolâtrie un cran plus haut encore. De style corinthien cette colonne est la plus aboutie car elle achève par son style la culture grec et annonce celle des romains qui reprendront à leur compte ce style pour leurs colonnes, perpétuant dans leurs formes le culte de la déesse mer/mère. Si les deux premières colonnes représentent l’entrée du temple la troisième représente la divinité elle même, la déesse de la beauté, Vénus/Aphrodite. Vénus née de la mer qui renvoie à Aphrodite, Astarté, Asherah "dame de la mer" Ashratum / Ashratu, Asherdu chez les hittites. et les sumériens Athirat appelée "Athirat de la mer" ou aussi traduit "elle qui marche sur la mer", elle est "Mère de tous les dieux" comme Tiamat le serpent ancien qui lui représente la mer et d’où viennent tous les dieux.
Asherah, la déesse protectrice de Tyr, est le nom sous lequel la déesse cananéenne Anat-Astarte apparaît dans la Bible et paraît renvoyer, dans la forme de pluriel masculin à l’hébreu Asherim, soit à des arbres ou des clairières consacrées, d’où le culte à un poteau, un pilier ou un arbre sacré. Enfin, suivant une autre ligne d’influence, le culte d’une pierre ou d’un poteau sacré, connus dans la religion sémitique sous le nom de masseba ou de nosb, paraît avoir été importé ou du moins partagé avec la Crète minoenne et les peuples égéens, où le pilier était une représentation de la grande déesse sous la forme d’un arbre stylisé. Asherah est sous sa forme d’arbre ou de colonne dressée une image de "l'arbre de vie" ou plutôt comme nous allons le découvrir plus loin l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

La "voûte étoilée" représentant le ciel, avec le soleil, la lune et l’étoile ne sont que la représentation symbolique des dieux majeurs du panthéon babylonien, Shamash, Sin et Ishtar, représentés sur la partie haute du kudurru babylonien de Melishipak par exemple.
Il faut également rappeler que dans la cosmogonie babylonienne le ciel est une des parties du serpent ancien Tiamat tué par le dieu Marduk qui fendit le cadavre de Tiamat après sont combat victorieux, " comme un poisson séché "; dont une moitié va tapisser le ciel et l'autre soutenir la terre. « Et le voici qui créé le monde tel qu'il se présente. Sur la nouvelle voûte céleste, il fixe le chemin du soleil, de la lune et des étoiles ». D’une certaine manière donc, les symboles célestes comme les étoiles, la lune et le soleil sont directement associés au serpent ancien qui leur donna vie.

Le "pavé mosaïque", est un damier noir et blanc placé au centre du temple de la loge. Ce damier, par la présence du noir et du blanc, symbolise l’omniprésence, en tout, des opposés. En franc-maçonnerie il est un discours couramment admis selon lequel, toute pensée, toute idée contient en même temps son contraire, comme « le bien » ne peut se concevoir que par opposition « au mal ».

Nous avons donc un condensa de symboles païens et occultes qui ornent les temples maçonniques. Le serment prêté sur la Bible n’est donc qu’un artifice trompeur servant à donner une légitimé sainte et reconnue comme universelle à une religion dont le fond est inspiré par le diable, comme le démontre avec force et sans ambages les degrés suivant du compagnon et du maître.

Le Compagnon au second degré.

Le grade du Compagnon est intimement lié au nombre cinq, nombre directement lié à l’étoile à cinq branches, le pentacle. Le but du rituel est d’allumer cette étoile pour qu‘elle devienne "l’étoile flamboyante". Le rituel impose cinq voyages initiatiques au terme desquels un des cinq cierges en forme de pentagramme disposés à coté de l’autel principal sera successivement allumé dans un ordre précis. Au cours du troisième voyage, l’étoile placée à l’orient est allumée : c’est l ‘apparition de "l’Etoile Flamboyante". Puis vient la consécration du nouveau compagnon, cinq coups de maillets seront frappés sur l’épée flamboyante tenue au dessus de sa tête. Après la consécration du compagnon et pendant son instruction sur son grade en dehors du temple, les lumières des bougies de l’étoile son éteintes et "des épis de blés" sont distribués à tous les Frères…

Je suis intimement convaincu que seul les niveaux les plus élevé de l’ordre ont une notion de l’acte de folie qu’ils viennent de commettre. Car qui d’autre qu’Helel ben shakhar, astre fils de l’aube (l’astre décrit en Esaïe 14 : 12.) et traduit incorrectement par "astre brillant" ou "Lucifer", se cache sous la forme trompeuse de l’étoile flamboyante. "L’Etoile Flamboyante" n’est donc qu’une des nombreuses variantes de la fausse traduction, étoile brillante ou Lucifer d’Esaïe 14. C’est donc directement au diable que se vouent corps et âmes les francs-maçons dans leur rituel diabolique. Helel en hébreu désigne également Vénus l’étoile la plus brillante dans le ciel, qui renvoie également aux divinités païennes adorées sous cette forme.

Que représente alors le blé ? Le blé représente la semence, la descendance ou la postérité du serpent, le diable. Comme le clame l’Eternel en Genèse 3 : 15 Je mettrai une inimitié entre toi (le serpent) et la femme (l’Eglise véritable), entre ta semence (postérité) et sa semence (postérité): celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon.
Bar en hébreu signifie le fils et germe de blé, ce symbole reprit par satan dans le rituel maçonnique affirme avec force que désormais le compagnon maçon devient un fils du diable de la postérité du serpent. C’est aussi pour cette raison que les déesses mères derrières lesquelles se cache satan sont pour la plupart également des déesses de la fertilité et des moissons. Cette fois c’est la partie basse du kudurru de Melishipak qui nous révèle l’origine babylonienne du rituel.
Comme représenté sur l’image ci-contre on peut lire de gauche à droite dans la partie la plus basse, la semence du serpent est la vie.
La gerbe ou la semence représente le Dagon de la bible, dont le nom dans les langues sémitiques occidentales signifie « grain », le serpent dont est issu la semence est à l’origine de tout et la parèdre de Dagon son épouse Ishara le scorpion (qui était la déesse chaldéenne de la guerre et de la fertilité), symbolise la mère qui donne la vie, mais qui sous le signe du scorpion mène en fait à la mort. Cette Ishara par syncrétisme se fondra plus tard dans le culte Ishtar/Astarté.
Comme on le voit les vérités bibliques se retrouvent dans les traces archéologiques des cultes mésopotamiens dès l’aube des civilisations jusqu’à nos jours, avec une constance dans les rituels qui ne varient presque pas dans leurs formes si ce n’est dans leur fond.

Un «G » (signifiant gnose, "connaissance") est inscrit au centre de l'étoile. Là encore il faut revenir à l’hébreu pour confondre l’adversaire caché dans son étoile. Connaissance revêt deux significations en hébreu, c’est la connaissance lié au savoir et l’érudition mais également signifie aussi l’union dans un même corps, comme Adam qui connu Eve et elle enfanta. Dans ce sens également le diable affirme que les maçons forment un corps uni par le même esprit à leur dieu. La lettre « G » signifie aussi pour les maçons géométrie, soit un fondement de toute leur science, qui agit comme une clé pour ouvrir le monde de la métaphysique et sa compréhension. G signifie aussi pour eux, gravitation, génération, génie et par la septième lettre de notre alphabet le G de God (Dieu en anglais).

En associant les différents symboles présents dans le temple, "le grand architecte" qui oeuvre dans l’ombre reconstitue de manière symbolique la genèse spirituelle des hommes avec leur dieu. En effet comme dans le jardin d’Eden un arbre est planté (la colonne de la beauté), qui lie la connaissance (la gnose) au bien et au mal (le pavé mosaïque). Présenté comme l’arbre de vie il est en fait l’arbre de la connaissance du bien et du mal qui mène à la perdition et la mort, comme le démontre le troisième grade, celui du maître.

Le Maître au troisième degré.

Le rituel au troisième degré mènera le compagnon au grade de Maître. Pour ce faire le récipiendaire devra s’identifier à Hiram le fondeur des colonnes et ustensiles en bronze du temple de Salomon.
la vie et la mort d'Hiram, enrichies par les légendes, deviennent un mythe initiatique qui inspire le rituel maçonnique. D'après le récit mythique, Hiram fut assassiné à la fin des travaux du Temple par trois compagnons pour avoir refusé de les initier aux secrets de son art. Ces trois hommes, postés à une porte différente du Temple, lui réclamèrent, sous la menace, la parole secrète. Hiram se tut, estimant que le temps n'était pas venu. Le premier le frappa d'un coup de règle sur la gorge, le deuxième d'un coup d'équerre de fer sur le sein gauche et le dernier l'acheva d'un coup de maillet sur le front. Les compagnons enterrèrent le maître sans connaître le secret.
Dans les cérémonies maçonniques, le récipiendaire au titre de Maître s'identifie à Hiram : pour cela il doit d'abord « mourir » pour renaître, investi des qualités du Maître. Ainsi, la Franc-Maçonnerie reconnaît en Hiram un maître fondateur.
Il serait naïf de croire que le mythe d’Hiram se rapporte au seul fondeur de bronze fils d’une veuve de la tribu de Dan. En fait Hiram était également le roi de Tyr fils d’Abibaal qui régna sur Tyr de 968 à 935 et dont le nom signifie "mon père est Baal", et Hiram signifie "frère exalté". Pas étonnant donc que les maçons soient tous des frères dont le maître et seigneur (Baal signifie seigneur) est le roi de Tyr (Ezékiel 28), soit satan lui-même.
Le rituel de la résurrection d’Hiram n’est en fait qu’une parodie occulte du baptême chrétien qui lie dans la mort le nouveau maître maçon à son dieu, le diable.

Hiram étant dans la légende maçonnique éponyme une allégorie de Jésus de Nazareth, le tombeau d’Hiram était donc une allégorie pour désigner le sépulcre de Joseph d’Arimathie dans lequel ce dernier, aidé de Nicodème, avait placé le corps défunt de Jésus de Nazareth (Mt. 27,57-60 ; Jn 19,38-42). « Dans la chambre où se fait cette cérémonie, on trace sur le plancher la loge du maître qui est la forme d’un cercueil entouré de larmes. Sur l’un des bouts du cercueil on dessine une tête de mort ; sur l’autre, deux os en sautoir ; et l’on écrit au milieu JEHOVA, hwhy. Devant le cercueil on trace un compas ouvert ; à l’autre bout, une équerre ; et à droite, une montagne sur le sommet de laquelle est une branche d’acacia.
La légende maçonnique du meurtre d’Hiram par trois mauvais compagnons étant une allégorie de la Passion/résurrection de Jésus de Nazareth condamné à mort par trois hommes : Caïphe, Hérode, et Ponce-Pilate. Dans le contexte de cette référence de la légende d’Hiram à la Passion de Jésus de Nazareth, les larmes du tableau de loge de maître renvoyaient aux larmes de l’apôtre Pierre (Mt. 26,75), aux larmes des disciples de Jésus (Mc 16,10), aux larmes des femmes de Jérusalem (Lc 23,27-28), ainsi qu’aux larmes de Marie de Magdala (Jn 20,11.13.15). La tête de mort Dans le contexte de la référence de la légende d’Hiram à la Passion de Jésus de Nazareth, la tête de mort du tableau de loge de maître renvoyait à la mention évangélique du Golgotha (la forme grecque pour le mot araméen gulgota signifiant crâne) où Jésus fut crucifié et mourut.
Les deux os en sautoir (c’est à dire en forme de croix : référence probable à la croix de Jésus de Nazareth).
Le nom divin hwhy se rapporte également directement à Jésus-Christ par le verset de Jean 14:8 « Philippe lui dit: Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit 9 Jésus lui dit: Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe! Celui qui m'a vu a vu le Père; comment dis-tu: Montre-nous le Père? »
Dans les catéchismes maçonniques antérieurs, le compas symbolisait YHVH et l’équerre la croix de Jésus de Nazareth.

Quand on étend le récipiendaire sur le tombeau d'Hiram, qu’on le couvre d'un drap noir, et qu’on lui met sur la tête un linge blanc ensanglanté qui était sur la tête du dernier maître, c’est bien d’un rituel parfaitement religieux qu’il s’agit, copié sur celui véritable du baptême dans le Seigneur Jésus-Christ.

Agape fraternelle

Le banquet ou « agape fraternelle », est une des plus vieilles et des plus solides traditions maçonniques. La tradition s'est maintenue. Chaque tenue est suivie - obligatoirement d'un banquet ou « agape fraternelle » .
La plupart des agapes sont de simples banquets d'ordre réunissant les titulaires de tel ou tel grade, mais à tous les grades de Rose-Croix, il existe une cérémonie spéciale, l'agape du Jeudi Saint, banquet d'ordre d'un type spécial au cours duquel les Chevaliers consommentl'Agneau traditionnel.
Mais il y a plus fort dans l'impiété. Chaque année, dans la nuit du Jeudi Saint au Vendredi Saint, a lieu un banquet auquel tous les Rose-Croix sont tenus d'assister. Dans ce banquet , sur la table disposée en forme de croix, est apporté un agneau rôti, dont la tête est surmontée d'une petite couronne d'épine et dont les pieds sont traversés chacun par un clou. Cet agneau est placé au centre de la croix, tourné sur le dos et les pattes de devant écartées. Il n'y a pas à s'y tromper : il représente la victime du calvaire. Le président du banquet sacrilège coupe la tête et les pieds de cet agneau et les jette dans un fourneau allumé. Il les offre ainsi en holocauste à Lucifer, adoré par les Rose-Croix sous la forme du feu.... Après le baptême la sainte-cène occulte !

Ajoutons en passant que les Rose-Croix sont les espions attitrés des loges. En entrant dans le 19° degré, l'initié pénètre dans la maçonnerie noire. Il n' a plus grand chose à apprendre et à partir de ce moment avance-t-il à pas de géant vers le grade de Chevalier Kadosh; c'est l'adoration directe et cultuelle de Lucifer; c'est l'abrutissement progressif par la pratique de la Magie; puis les hommages rendus à satan sous la forme d'un serpent ...

C'est en effet parmi les Maîtres que sont choisis les adeptes capables de s'élever par une suite d'initiation de plus en plus occulte jusqu'au rang de chevalier Kadosh. Kadosh signifie sacré, en hébreu.
C'est au 30e degré seulement , c'est à dire au grade de Chevalier Kadosh, que le Franc Maçon se rend compte du chemin qu'on lui a fait parcourir. On voit dès lors ce que signifie cette expression maçonnique "pratiquer la vertu". c'est tout simplement se livrer à la débauche... Qu'il nous suffise de faire remarquer que la Franc Maçonnerie ajoute aux moyens de perversion qu'elle employait avec les Apprentis, la pratique réglée et louée de la dépravation la plus abjecte. Elle écarte ainsi ses adeptes de leur devoirs religieux et domestiques et prend sur eux une emprise considérable

Un mois après sa réception le nouveau Maître est convoqué à une tenue spéciale au Troisième degré pour communiquer à la loge ses impressions maçonniques. Des frères haut gradés, c'est à dire appartenant au 30 e 31 e 32 ou 33 e degré, assistent toujours à cette séance , car il faut que l'autorité centrale sache à quoi s'en tenir sur le nouveau Maître et s’il est jugé digne il sera appelé aux plus hautes fonctions. C’est à ce niveau que le voile tombe et que la vérité maçonnique est révélée réellement. Les maîtres des plus hauts degrés apprendront au nouveau venu que :"La terre est partagée entre deux camps qui se disputent le pouvoir. Parmi les hommes, les uns sont les enfant d'Adam, ils adorent Adonaï, le Jéhovah auquel Salomon élevait un temple, le Dieu des chrétiens. Les autres - et nous francs Maçons, nous sommes de ces autres là - se regardent comme les descendants de Tubalcaïn et de Caïn, fils d'Eblis, l'ange de lumière Lucifer...nous voulons monter plus haut...venger le grand opprimé...et prendre la revanche d'Eblis notre Père, contre Jéhovah son persécuteur, et nous poussons notre cris de guerre : "Vengeance contre "toi, ô Adonaï"
Enfin s’il est jugé digne d'être reçut Chevalier Kadosh s’achève l’initiation suprême, il frappe à coup de poignard une tête de mort surmontée d'une tiare, représentation de la papauté, et une autre ornée d'une couronne royale, emblème de la puissance civile. Il se prosterne devant Lucifer et brûle l'encens sur son autel.

Le Chevalier Kadosh évoque alors satan suivant les formules du rituel de haute magie; adossé à la hideuse idole du Baphomet templier il brandit son poignard en craint "Nekam, Adonaï! Vengeance contre toi, ô Adonaï". Il récite l'oraison à Lucifer, composé par le F Proudhon.
« Viens, Lucifer, viens ! ô calomnié des prêtres et des rois ! Viens que nous t'embrassions, que nous te serrions sur notre poitrine ! Il y a longtemps que nous te connaissons et que tu nous connais aussi. Tes oeuvres, ô le béni de notre coeur, ne sont pas toujours bonne et belle aux yeux du vulgaire ignorant; mais elles seules donnent un sens à l'univers et l'empêche d'être absurde. Toi seul anime et féconde le travail. Tu ennoblis la richesse, tu sers d'essence à l'autorité; tu met le sceau à la vertu... Et toi Adonaï, dieu maudit, retire-toi, nous te renions ! Le premier devoir de l'homme intelligent est de te chasser de son esprit et de sa conscience; car tu es essentiellement hostile à notre nature, et nous ne relevons aucunement de ton autorité. Nous arrivons à la science malgré toit, au bien être malgré toi, à la société malgré toi; chacun de nos progrès est une victoire dans laquelle nous écrasons ta divinité. ETC… »

Le maçonnisme est donc bien une religion occulte parodiant les rites chrétiens et dont le dieu n’est personne d’autre que le diable, satan. Ceci est d’ailleurs clairement annoncé sur le premier site maçonnique français http://www.franc-maconnerie.org/web-pages/hermetisme/occultisme.htm« la Maçonnerie n'est pas « occultiste » par nature, ce qui n'empêche pas certains de ses adeptes de s'adonner à l'occultisme. La Maçonnerie est tout au plus occulte. » On apprécie la nuance sémantique…

Albert Pike

L'un des plus célèbres Francs-Maçons américains fut Albert Pike (1 809-1891). En tant que Franc-Maçon de haut-grade, Albert Pike exerça son activité sur le Rite Ecossais dont il faisait partie comme " Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil " de Charlestown, de 1859 à 1891. Mais nous savons aussi que Pike fut un haut initié du Palladisme.
Société très secrète, qui se voulait supérieure aux Suprêmes Conseils maçonniques, inconnue des Francs-Maçons de base (ceux des loges " bleues ") et souvent même des plus élevés en grade, le Palladisme " se composait d'émérites qui, selon le procédé classique, devaient exercer leur influence à l'intérieur des loges, et diffuser les consignes par noyautage ". On comprend alors pourquoi Albert Pike fut membre d'honneur de la plupart des Suprêmes Conseils du monde (ce fut en 1889 qu'il reçut cette dignité du Suprême Conseil de France).
Dans Morals and Dogmas of the ancient and accepted Scottish Rite, Albert Pike écrivait déjà:
" La divinité de l'Ancien Testament est partout représentée comme l'auteur direct du mal, dépêchant aux hommes des esprits mauvais et trompeurs... Le Dieu de l'Ancien Testament et de Moïse est ravalé au niveau des passions humaines... C'est une divinité violente, jalouse, vindicative, autant qu'ondoyante et irrésolue ; elle commande des actes odieux et révoltants de cruauté et de barbarie... "
Albert Pike, déclare encore le 14 juillet 1889 aux chefs de la Franc-Maçonnerie universelle, à l'occasion du Centenaire de la Révolution : " Ce que nous devons dire au vulgaire, c'est ceci : Nous adorons un dieu, mais c'est un dieu qu'on adore sans superstition. A vous, Grands Inspecteurs Généraux ; nous dirons ceci que vous pouvez répéter aux frères des 32°, 31°, et 30° degrés : La religion maçonnique devrait être maintenue, par nous tous initiés des hauts grades, dans la pureté de la doctrine luciférienne. "
"Si Lucifer n'était pas Dieu, est-ce qu'Adonaï (le Dieu des chrétiens) dont les actes prouvent la cruauté, la perfidie, la haine de l'homme, la barbarie et l'aversion pour la science, est-ce qu'Adonaï et ses prêtres le calomnieraient ? ".
"Oui, Lucifer est Dieu, et malheureusement Adonaï aussi est Dieu.
Car la loi éternelle est qu'il n'y a pas de lumière sans ombre, pas de beauté sans laideur, pas de blanc sans noir, car l'absolu ne peut exister que par deux dieux, l'obscurité étant nécessaire à la lumière pour lui servir de repoussoir, comme le piédestal est nécessaire à la statue, et le frein à la locomotive...
La doctrine du Satanisme il faut comprendre : " la doctrine qui présente Satan comme un être malfaisant " est une hérésie, et la véritable et pure religion philosophique est la croyance en Lucifer, l'égal d'Adonaï; mais Lucifer, le Dieu de la Lumière et le Dieu du Bien, lutte pour l'humanité contre Adonaï, le Dieu de l'obscurité et du mal."

Conclusion

Devenir franc-maçon est loin d’être un jeu ésotérique et philosophique qui doit vous aider à devenir meilleur. En devenant maçon vous entrez de plein pied dans la religion occulte et trompeuse de satan lui-même, qui vous conduira par rituels successifs jusqu’à vous identifier à Hiram le fondeur, assimilé en fait à Caïn le forgeron semence du serpent et meurtrier d’Abel semence véritable de Dieu. Comme Caïn fut amené par son père le diable à bâtir des villes et développer les sciences, les arts et la religion polythéiste qui masque les faces cachées du diable, le franc-maçon sera appeler à pérenniser et achever l’œuvre diabolique commencé par les sumériens, qui consista à bâtir une civilisation industrielle, urbaine, religieuse et matérialiste où le Dieu véritable n’avait plus sa place et qui fut anéantit sous les eaux du déluge.

Aucun chrétien ne peut prétendre être né de nouveau et être franc-maçon et je dirais même qu’en devenant franc-maçon on cesse d’être chrétien en pêchant contre le Saint-Esprit, anéantissant en soi l’œuvre de rédemption de Jésus-Christ.
Aucun pasteur digne de ce nom ne doit avoir un franc-maçon dans son église de peur de corrompre le corps Saint de son assemblée en ouvrant grande les portes aux forces occultes qui sévissent dans le "temple" maçonnique. Il va sans dire qu’aucun ministère en Christ est compatible avec la religion maçonnique, ce qui serait une abomination aux yeux de Dieu.

Cela ne veut pas dire qu’un franc-maçon est irrémédiablement condamné aux flammes de l’enfer. Si un chrétien remplit du Saint-Esprit ne peut devenir franc-maçon, un franc-maçon peut devenir un chrétien véritable régénéré et sanctifié par le sang du Christ. Pour peu que sincèrement vous vous approchez de Dieu dans la repentance en demandant pardon ouvertement en brisant la loi du secret et rejetiez l’Ordre en abandonnant et détruisant tous les symboles, livres et pratiques liés au maçonnisme, alors la régénérescence en Jésus-Christ est possible. Car aucun serment, contrat ou pacte même signé de son sang ne saurait être supérieur à celui que versa Dieu lui-même sur la croix et qui vous délivre de tout péché.


1 Jean 5:4 parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde; et la victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi(en Jésus-Christ).

Source : hthttp://lettrealepouse.free.fr/breves/LAE9.htmtp://lettrealepouse.free.fr/breves/LAE9.htm

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Published by Schoenel - dans Planches
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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 05:28

L’initiative, à vrai dire assez « osée » du Grand Aumônier du Grand Prieuré des Gaules qui, en publiant sur son blog un article intitulé « Pourquoi des aumôniers en maçonnerie ?« , vient enfin de révéler clairement qui se cachait derrière l’activité pseudonyme « d’A Tribus Lillis », a de quoi faire sursauter et prête également à sourire.

D’abord elle contredit catégoriquement les directives du Grand Maître de son obédience, qui a demandé solennellement, lors de la saint Michel 2012, que cessent les activités polémiques sur une toile regardée à ses yeux comme le lieu de tous les dangers, faite selon-lui, de «tubal-outils » (sic) : « Les réseaux sociaux, les blogs, tous les moyens de communication mis à notre disposition aujourd’hui, ne sont pas les meilleurs témoins des vérités qui nous habitent et que nous devons répandre. L’instantanéité, la rapidité, le manque de recul et le mépris du temps n’en font pas le terrain idéal de l’expression du Verbe, mais bien du small talk….ne croquons pas de cette ‘‘Apple’’ –là. » (Bruno i.O. Eq. Ab Ardenti Corde, Discours de la saint Michel, Cahiers Verts n° 7, sept. 2012).

Mais en plus elle avance des propositions proprement ahurissantes.

En effet, l’entreprise de cléricalisation du G.P.D.G., mise à mal par des déclarations de Jean-Baptiste Willermoz lui-même, qui prévint toujours constamment dans de nombreux courriers contre la place trop grande à accorder aux ministres de l’Eglise et à ne surtout jamais mêler Classe symbolique et religion, a de quoi poser un sérieux problème au principal concepteur du projet. (cf. Lettre à Achard, Lyon, le 23 Pluviose An 13, finie le 8 Ventose(17 au 27 février 1805), B.M. Lyon, MS 5456 / Lettre à Bernard de Türckheim, 3 février 1783).

Elle s’oppose surtout aux positions constantes du fondateur du Régime rectifié, et à ce que soulignent à de nombreuses reprises les rituels de l’Ordre, singulièrement oubliés par l’actuel Aumônier du G.P.D.G.

a) Les assertions fantaisistes d’A Tribus Lillis

Tout d’abord faisons justice à quelques assertions comiques :

- 1°) Que cette « Aumônerie » du G.P.D.G., date de 2005 selon les actuels Statuts de cette obédience, ne lui confère pas un degré particulier de légitimité. Au regard de l’histoire du Régime fondé en 1778, soit il y a 234 ans, c’est peu, pour ne pas dire strictement rien du tout !

- 2°) Que les Grands Capitulaires démissionnaires, fondateurs avec des Frères d’autres juridictions rectifiées du Directoire National Rectifié de France - qui ne se sont jamais livrés à des critiques directes et personnelles contre le Grand Aumônier ni l’église à laquelle il appartient - n’aient pas fait entendre ce qu’ils pensaient de cette Aumônerie en interne ou externe, est une affirmation plus que douteuse, d’autant lorsqu’on sait ce que l’un d’entre eux, fort connu et qui tint une fonction de Porte-parole, ne cessa d’exprimer à l’égard de cette structure tout à fait étrangère à ses yeux aux critères willermoziens, lorsqu’il était interrogé sur le sujet.

Mais l’essentiel n’est pas là.

Il est un élément, avant d’aborder le fond de la question, qui relève lui aussi de la plus haute fantaisie : celui visant à dénier toute autorité à la correspondance de Willermoz, surtout lorsque cette dernière ne va pas dans le sens des petits traficotages opérés par celui, et ceux à sa suite, qui ont pris depuis deux décennies, des libertés inconcevables avec le Régime. Les lettres de Willermoz ne sont pas « circonstancielles », elles participent d’éclairages précieux, de précisions extrêmement utiles pour la compréhension de la façon dont doit être pratiqué le Rectifié, et elles définissent ce que Willermoz voulait vraiment pour le système qu’il fonda.

D’ailleurs l’exemple du « papisme » de Willermoz dans ses échanges avec Bernard de Turkheim est des plus mal trouvés pour étayer la thèse de la valeur nulle de la correspondance sur le plan de l’autorité.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que Willermoz, à propos des dogmes de la religion et des opinions religieuses selon les différentes confessions chrétiennes pour le Régime, s’en est toujours tenu à la même règle : ces sujets sont étrangers à la voie initiatique et n’ont pas leur place au sein du Régime rectifié.

Entrons à présent dans le vif du problème.

b) Un détournement total des textes

A Tribus Lillis, expert en manipulation de textes, essaye de plaider en faveur de son Aumônerie en s’appuyant sur des textes du Régime. Fort bien.

Il faudrait donc consulter le Code Maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées de France de 1778, pour voir s’il s’y trouve une indication à ce propos. Peine perdue, il n’y a pas une seule ligne, pas la moindre petite allusion sur une quelconque nécessité d’ériger une Aumônerie dans la classe symbolique. En revanche on y trouve une recommandation formelle : « Il est sévèrement défendu de parler en Loge de religion et de matières politiques. » (Art. ch. VIII).

Terrible désaveu des assertions fantaisistes d’A Tribus Lillis !

Que fait donc notre rusé compère pour se tirer de cette situation délicate ?

Tout simplement un tour de passe-passe dont il a le secret en utilisant le texte destiné à l’Ordre Intérieur du Régime, et donc à l’usage exclusif de la classe des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, pour justifier la création de son Aumônerie dans la classe des symboles !

Ainsi, s’engageant dans son exercice favori de détournement des écrits – auquel il a converti un zélé activiste dont il n’hésite pas à faire l’éloge et applaudir la triste besogne – A Tribus Lillis cite jusqu’à plus soif les différents articles du Code Général des Règlements de l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte (Titre I, Article I & II ; Titre VIII, Chapitre I, Article I & Article IV, paragraphes 1 et 2, Article VIII).

Or, nous sommes bien en face de ce qu’il convient de désigner par son nom, à savoir une totale confusion entre les devoirs respectifs et les attributions des différentes classes de l’Ordre conduisant à une construction aberrante contredisant la logique et l’esprit du Régime Ecossais Rectifié.

Car si l’Ordre des C.B.C.S. fait bien une place aux « Chevaliers réguliers », « Prieurs du clergé » ou « Chevaliers ecclésiastiques » pour les cérémonies célébrées par la classe chevaleresque, ces charges sont réservées exclusivement à l’Ordre Intérieur du Régime et elles non pas à devenir ostensibles dans la classe des symboles.

Rajoutons pour être complet, que ces charges sont d’ailleurs exercées non en un corps constitué sous la désignation « d’Aumônerie » ou autre dénomination ecclésiale, mais uniquement au titre de l’état religieux des membres de l’Ordre, reconnus selon l’office ministériel qu’ils exercent au sein de l’Eglise. Pas plus, pas moins, et point à la ligne sur la question des ministres du culte au sein de l’Ordre !

c) La confusion des domaines conduit à des désorientations graves

Il y a donc grande supercherie de la part d’A Tribus Lillis à soutenir hypocritement : « Ce sont les mêmes fonctions, les mêmes missions que, dans des termes presque parallèles, la Constitution de 2005 du Grand Prieuré des Gaules a conféré aux « Aumôniers des Ordres », mais « modifiées selon l’état actuel de l’Ordre, le génie et les besoins du siècle ». (A Tribus Lillis, Pourquoi de aumôniers en maçonnerie ?, 29 décembre 2012).

Car cette confusion des domaines, dont témoigne la nouvelle Constitution du G.P.D.G. en son Titre VII, entraîne des conséquences terribles sur le Régime et sa vie, nous donnant de comprendre pourquoi un certain nombre de Frères ont décidé de s’éloigner de l’organisation fondée en 1935, et établir – sous le nom de Directoire National Rectifié de France – les bases d’une œuvre refondatrice fidèle à l’esprit de la Réforme de Lyon, en rupture d’avec l’entreprise de déformation cléricale de l’Ordre telle qu’organisée par les dirigeants actuels qui se sont emparés de la vénérable institution du réveil du Régime au XXe siècle.

L’opération instrumentée par A Tribus Lillis au sein du G.P.D.G, depuis de longues années, participe donc d’une manœuvre très malicieuse, visant à introduire une autorité ecclésiastique dans la classe de la maçonnerie symbolique, ceci ayant eu pour effet d’imposer à la logique interne de l’Ordre une hiérarchie religieuse étrangère à la conception willermozienne, qui montre aujourd’hui tout le danger d’une telle construction aberrante et profondément contraire au Régime rectifié, dans les critiques violentes formulées à l’encontre de la doctrine du Régime, et de ceux qui en rappellent les fondements théoriques désignés comme « hérétiques » (sic) et pourvoyeurs « d’erreurs » (re-sic), par le même Aumônier des Ordres, lancé avec ses séides dans une croisade furieuse dont la toile se fait l’écho depuis des mois.

Et cette croisade s’appuie, pour justifier son action missionnaire combative, sur la volonté d’imposer une conception dogmatique de la foi chrétienne à la doctrine du Régime rectifié, doctrine que l’on tente de soumettre aux décisions conciliaires de l’Eglise, ceci en parfait accord avec les fonctions exorbitantes que s’est attribuée abusivement cette Aumônerie : « L’Aumônerie est un organisme national dont la mission est l’enseignement des principes spirituels des Ordres, en particulier la doctrine de la religion et de l’initiation chrétiennes. » (Constitution de 2005 du Grand Prieuré des Gaules, Livre VII, Titre 1).

Inutile d’insister plus avant !

d) Pour un retour aux règles du Régime rectifié

Nous terminerons donc, pour en finir définitivement avec ces tristes manœuvres de corruption de l’esprit du Régime conduisant aux attaques violentes contre la doctrine de ce « christianisme transcendant » dont Joseph de Maistre rappela la valeur, par ces lignes de Jean-Baptiste Willermoz que l’on aurait été inspiré de méditer sérieusement du côté du G.P.D.G., plutôt que de s’engager dans cette folie absolue que représente la création d’une Aumônerie au sein du Régime Ecossais Rectifié, et dont les conséquences sévères apparaissent au grand jour à présent :

« Malgré tous ces rapports de l’institution primitive avec la religion, les lois maçonniques interdisent expressé­ment dans les Loges toutes discussions sur les matières de religion, de politique, et de toutes sciences profanes.

Cette règle est infiniment sage et doit être bien conser­vée, car nos Loges sont partout des écoles de morale religieuse, sociale et patriotique, où l’on apprend à exercer la bienfaisance dans toute son étendue, et ne sont point des écoles de théologie, de politique, ni d’autres objets profanes.

D’un autre côté, vu la diver­sité des opinions humaines dans tous les genres, ces lois ont dû interdire toutes discussions qui pourraient tendre à troubler la paix, l’union et la concorde frater­nelle.

En supposant même que le terme final de l’institution maçonnique pût donner à ceux qui l’atteignent des lumières suffisantes pour résoudre précisément les questions et discussions religieuses qui auraient pu s’é­lever entre les Frères s’il leur était permis de s’y li­vrer, où serait, dans les Loges symboliques, le tribunal assez éclairé pour apprécier leurs décisions et les faire respecter ? Ainsi donc, nous le répétons, les lois qui interdisent expressément toutes discussions sur ces ma­tières sont infiniment sages et doivent être rigoureuse­ment observées. »

(Rituel du 4e Grade, MS 5922/2 Bibliothèque de la ville de Lyon).

Source : http://semperrectificando.wordpress.com/2012/12/29/pourquoi-ne-faut-il-ni-aumonerie-ni-aumoniers-en-franc-maconnerie/

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May St. Patrick guard you wherever you go,

and guide you in whatever you do,

and may his loving protection

be a blessing to you always.

God save the Ireland

           

Michaël Collins

Danny Boy