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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 05:29

La planche que je trace ce soir a pour sujet « La Fraternité ». Une première approche nous amène à identifier deux thèmes principaux ; d’une part le lien charnel qui unit frères et sœurs au sein du foyer familial, la fraternité de sang ; d’autre part, ce lien de solidarité et d’amitié qui unit les hommes, les membres d’une société, fraternité de cœur, fraternité choisie, fraternité désirée.

La fraternité de sang relève d’une filiation biologiquement imposée. On ne choisit pas sa famille. A l’âge de l’enfance un fils unique ne s’imagine pas qu’un jour il devra partager l’attention et l’affection des parents ; devra partager les jouets, les jeux, l’espace de vie. La naissance du cadet emplit la maison de joie ; pourtant, ce bonheur intense génère une inquiétude ; à la prise de conscience par l’aîné que le bébé bénéficie de toutes les attentions, surgit un sentiment de délaissement ou d’abandon qui fait souvent naître des conflits entre frères et sœurs ; l’attitude jalouse de l’aîné est une réaction naturelle, il devra cependant admettre que le nouveau né bénéficie de droits équivalents. Les enfants éduqués dans une famille nombreuse auront toujours plus de capacités qu’un enfant unique à se socialiser, à s’intégrer aux monde des adultes. S’il existe des familles qui cultivent avec sincérité une affection authentique entre frères et sœurs, il en est d’autres pour lesquelles solidarité et amour fraternel s’estompent pour laisser place à l’indifférence. Dans d’autres familles une ambiance de conflit conduisant parfois à l’agressivité, n’est pas rare ; convoitise et jalousie, à l’occasion d’un héritage par exemple, peuvent donner naissance à des sentiments égoïstes et destructeurs.

La bible nous enseigne qu’à l’origine des temps, Dieu accepta les offrandes d’Abel mais refusa celles de Caïn. Cette provocation divine engendra les conditions du premier meurtre de l’humanité. La première fratrie se disputa si fort que l’aîné Caïn, par jalousie tua son cadet Abel. Colère et jalousie sont à l’origine du meurtre d’Osiris par son frère Seth. Romulus premier roi de Rome, pour s’approprier le pouvoir sans partage passa au fil du glaive son jumeau Remus. Tout se passe comme si l’avenir de l’humanité, ou la prospérité d’une cité devaient résulter de l’œuvre d’un individu unique, la tribu ne concevant pas une double autorité. Bien que condamnable, le meurtre fratricide fait pourtant parti du mythe fondateur des sociétés humaines.

Si dans le cas général la fraternité est lien de parenté imposé, pour nous francs-maçons elle résulte d’un choix et d’une motivation pour travailler à la réalisation d’un objectif commun : la construction d’un temple spirituel. En complément à la fraternité consanguine, il existe donc une fraternité de cœur que l’on ressent comme un sentiment d’appartenance qui s’impose, plus puissant que l’amitié ou la sympathie.

Le profane qui frappe à la porte du temple s’évertue, lors du passage sous le bandeau, à convaincre l’auditoire ; les maçons évaluent le potentiel de travail du néophyte, mesurent ces capacités pour œuvrer à la construction du temple. Lorsqu’à l’issu du passage sous le bandeau, le candidat ému et inquiet quitte la loge, nous procédons au vote protégés par le périmètre de la corde aux lacs d’amour. Cette corde symbolise le lien fraternel qui raffermit notre cohésion. Si le décompte des boules noires et blanches conduit à résultat favorable, le lien fraternel créé à l’issu de la cérémonie d’initiation deviendra un engagement réciproque irréversible, lien indestructible tressé par tous les participants. L’expérience commune de gestation, vécue au sein de la même matrice, le cabinet de réflexion, sacralise et rend indissoluble le lien fraternel qui nous unit.

Le thème de la fraternité suscite de nombreuses interrogations.

Comment naissent les sentiments de fraternité ?

Ce lien familial, lien sacré parce que lien de sang oblige au devoir moral de dispenser amour fraternel et protection à ses frères et sœurs. Mais l’on peut nourrir pour autrui un sentiment fraternel fort sans qu’il y ait aucun lien de sang.

C’est un lien de solidarité et d’amitié entre les hommes. Dans le contexte particulier de situations dramatiques naît parfois un comportement fraternel spontané. On parle d’élan de fraternité. Cet élan s’est vérifié par le passé, lorsque la troupe envoyée contre le peuple, refusant d’obéir aux ordres, fraternise avec les grévistes. Je pense notamment au 17ème régiment d’infanterie immortalisé par notre frère Montéhus : « Salut, salut à vous, Braves soldats du 17ème ».

Pendant la 1ère guerre mondiale d’autres soldats déserteurs fusillés « pour l’exemple » appartenant aux deux camps refusèrent de combattre et mirent crosses en l’air. L’ordre établi en est ainsi bouleversé car les troupes ennemies qui fraternisent prennent conscience de la barbarie d’un affrontement fratricide sacrilège. La fraternité se concrétise lorsque dans l’urgence, il y a intérêt commun à démonter les mécanismes conduisant à toute forme d’agression injustifiable. Jean Ferrat en fournit une illustration avec le cuirassé « Potemkine », lorsqu’il dénonce le meurtre « c’est mon frère qu’on assassine », ou qu’il supplie « marin ne tire pas sur un autre marin » ; il suggère qu’agresser le frère innocent du camp adverse c’est s’agresser soi même. L’appel à la non violence s’apparente là, à un acte fraternel.

Dans d’autres circonstances, l’agression de la patrie conduit des hommes décidés à se regrouper en guérilla ou maquis ; refusant oppression et occupation du territoire national, dans la clandestinité, ils s’organisent en réseaux de résistance pour combattre le despotisme de l’envahisseur. Ils deviennent alors des frères d’armes.

Dans ces deux exemples un grand courage entraîné par une prise de conscience conduit à une pratique réelle mais me semble t-il incomplète ou restreinte de comportements fraternels. Car lorsque ce sont des conditions ou évènements extérieurs qui la suscite, la fraternité spontanée reste éphémère. Pour qu’un sentiment de fraternité perdure entre les hommes, il lui faut un support, une structure associative et un projet commun motivant.

En maçonnerie la fraternité réunit des anneaux de solide métal en quête de purification. En entrant dans cette famille, l’apprenti est épaulé, entouré ; il profite du soutien dispensé par les maîtres. Dans la société profane nous étions électrons libres. Nous sommes dorénavant rattachés à la molécule de base de la maçonnerie, la loge mère. Ce petit électron n’est plus seul ; il fait désormais parti d’un tout et se nourrit d’amour fraternel. Il se sent soutenu par le groupe dans son apprentissage et ses premiers pas.

Cependant la fraternité ne doit pas être exclusive. Si nous nous bornions à cultiver la fraternité entre nous, nous commettrions l’erreur de nous enfermer dans le corporatisme. La fraternité ne s’arrête pas dans les parvis à l’issue d’une tenue ; à la clôture des travaux les surveillants promettent de continuer au dehors du temple le travail entrepris ; notre devoir est d’exporter la fraternité, de l’infuser dans le monde profane pour tenter d’améliorer la condition du genre humain.

Les franc-maçons travaillent à la construction d’un temple idéal, la réalisation effective de la fraternité universelle. Cependant au sein même de la maçonnerie, de graves rivalités persistent.

Ce chantier gigantesque sera toujours en perpétuelle activité. Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement ? La nature érode constamment notre travail. Atteindre une forme de perfection définitive conduirait à la contemplation béate de l’œuvre accomplie. Le Grand Œuvre terminé nous assignerait à une passivité éternelle donc à la mort. Travailler sans relâche à réunir les hommes dans la fraternité, par la fraternité, est une garantie salutaire de vivre.

Comment se cultive et s’entretient la fraternité ? Quels sont les outils qui permettent sa réalisation ? Est-elle une utopie ?

Frères de sang ou de cœur, la fraternité ne va pas de soi, il faut l’enrichir, la cultiver, la rendre démonstrative. L’engagement maçonnique nous a fait choisir d’entrer dans une famille dont, parrain mis à part, nous ne connaissions pas les membres. Cette démarche d’adhésion en aveugle, procède d’un sentiment absolu de confiance. La fraternité sans confiance serait un non sens.

Générosité, solidarité, confiance sont des outils indispensables pour resserrer les liens fraternels. Apprécier et valoriser les qualités de nos frères plutôt que mettre leurs faiblesses en relief permet de se nourrir et de s’enrichir des différences de chacun. Quiconque a une attitude tolérante, équitable, partageuse, bénéficiera en retour de la générosité de la collectivité. D’abord donner pour recevoir.

Sans tomber dans la complaisance, c’est à dire plaire pour plaire, l’apprenti démontre à la loge qui l’a initié ces capacités d’intégration ; il s’efforce d’être attentif. Le silence imposé l’incite à la pratique d’une écoute active ; l’enseignement dispensé étant perçu, non pas comme La Vérité mais comme un moyen pour l’atteindre. Chaque frère a présent à l’esprit le souci d’être disponible pour le groupe. Une fraternité démonstrative efficace passe par l’effacement du moi, par l’autodestruction de l’ego de chacun au profit du groupe.

Accepter les rugosités de l’autre, tout en travaillant à éliminer nos défauts n’est pas une tache facile. Cependant se complaire dans une tolérance condescendante qui conduirait à tout accepter de la part d’un frère serait malsain. La fraternité c’est parfois aider un frère à se replacer sur le rail de la raison, l’aider à affûter l’outil pour mieux rectifier sa pierre. Notre projet commun est de construire le temple idéal, mais de manière cyclique, le gros œuvre de l’édifice se fissure et demande à être consolidé ; les bases existantes ont parfois besoin d’être remaçonnées, d’être relissées à l’aide de la truelle outil symbolique de la fraternité pour gommer les imperfections des pierres en cours de polissage.

La fraternité utilise des outils pour se construire et s’enrichir, mais elle-même est un outil fiable. La fraternité est un but à atteindre certes, un objectif qui mobilise notre énergie ; elle est aussi un moyen, un socle sur lequel on peut compter. La fraternité est un véritable outil, mais un outil qui s’entretient, qui doit être régulièrement affûté. Elle est à la fois le sujet de nos préoccupations, idéal jamais atteint, mais supposé réalisable, et un objet bien réel, outil palpable efficace. La fraternité se battit sur l’échange de la transmission du savoir et la soif d’apprendre ; donner pour recevoir ; c’est prendre réel plaisir au partage des différences. La quête de vérité et de perfection ne peut se réaliser sans solidarité, compréhension et confiance en l’autre. La fraternité, force de cohésion qui assemble chaque pierre du temple, tire sa puissance de l’Egrégore, être vivant doué de conscience, créé par notre volonté. Elle n’est pas une utopie ou un rêve inaccessible puisque nous en ressentons les effets bénéfiques, mais pour l’éternité elle reste perfectible. La cérémonie rituelle la plus représentative est la chaîne d’union qui par le magnétisme, la concentration psychique et le serment prêté maintient la confrérie dans l’UNITE.

J’ai dit V\ M\

source : www.ledifice.net

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 05:16

Le webmestre est un Officier de la loge. Du moins dans les faits, car il n’est mentionné nul part dans le règlement général.
C’est la personne en charge du site internet de la loge, correspondant privilégié des questions informatiques en liaison avec le GO.
Egalement appelle WebMaster ou très pompeusement le maître de la toile.
C’est un rôle neuf, dut à l’émergence de la technologie internet.

Si nos symboles s’appliquent à toutes constructions, ils s’appliquent bien entendu à l’informatique, à la création de sites, une des façades du temple que nous bâtissons.

Je n’y vois pourtant pas matière à faire évoluer nos symboles dans le dessein de les moderniser.
Historique.

Echange d’adresses mail présentes dans le carnet.

Convocations en double d’abords puis en remplacement complet afin de limiter les frais de fonctionnement. Cette étape a par ailleurs mis fin aux craintes liées à l’internet et à la révélation de notre statut de franc-maçons a travers nos échanges électroniques.
La loge a connu par le passé 2 tentatives d’avoir son propre site, à l’initiative à l’époque de notre frère B\ A\.
Ce que l’on trouve sur le site, les possibilités.

Le login est XXX, que vous pouvez demander au vénérable maître.

Le mot de passe est initialisé au chiffre XXX qui est le numéro de la loge. Lors de la 1iere connexion, ce mot de passe devra être changé.

Le site est organisé en 3 zones :

· L’espace national,

· L’espace régional,

· L’espace de la loge.

L’espace national

Cet espace est très vivant. Il y a les dernières nouvelles, des vidéos, des enregistrements, des planches, le travail des commissions.

On peut également y télécharger l’ensemble des rituels, de la constitution, et du règlement général à jour ou simplement des mises à jour.

On y trouvera également les synthèses nationales des questions à l’étude des loges.

Il est perfectible en terme de navigation mais il vaut le détour au moins pour avoir un aperçu de tout ce que l’on peut y trouver.

L’espace régional.

Assez austère dans sa présentation, c’est un container de document divers : Comptes rendus, dates de réunions, le travail des commissions, lettres d’information. On trouve également le rapport régional des questions à l’étude des loges.

C’est un espace assez complet, assez vivant, mais on ne va pas dessus pour voir en gros l’activité de la région. C’est plus un outil de travail.

Par l’espace national, en cherchant bien, on peut consulter l’espace régional d’autres régions.

On va également y trouver une boite a idées, sortes de forum, on l’on peut poster des suggestions et commentaire et ou l’on peut également soutenir une idée, et lui donner ainsi plus de poids.

L’espace de la loge.

Il contient 4 parties :

· Le calendrier des tenues avec l’ordre du jour.

· L’actualité de la loge.

· Quelques informations administratives sur la loge.

· Un espace de consultation de planches.

L’administrateur (encore un pseudonyme pour le WebMestre) peut enrichir chacune de ces parties.

Très intéressant, on peut consulter les sites de toutes les loges françaises.

Et qu’est-ce qu’on y découvre ?

Que les loges n’utilisent pas plus cet espace que nous. De rares loges vont renseigner la partie ordre du jour de la prochaine tenue, mais c’est à peu près tout. 

L’absence de fréquentation et de contenu lié à la loge.

On peu alors se demander pourquoi ce site est si peu utilisé. Pourquoi effectivement, n’y mettrions nous pas nos tenues, nos planches, nos tracés ?

Une telle action n’a de sens que si les frères d’ici ou d’ailleurs le consulte.

Aujourd’hui nous avons presque cela par échange de mail. Cela a l’avantage d’être simple. Pas de connexion volontaire, pas de mot de passe à retenir, on reçoit tout lorsque l’on relève son courrier le soir. Ces communications permettent également de garder un lien entre les frères. Le fonctionnement actuel est donc satisfaisant.

Je pense de plus que l’on ne peut pas y mettre des documents comme le calendrier des agapes exclusivement à cet endroit. Il y aura toujours des frères qui ne se souviendront jamais de l’adresse ou de leur compte.

Il y aurait par contre quelques plus values : les tracés et quelques planches pourraient y figurer par exemple. Si en plus la convocation indique les nouveautés, il y a peut-être une chance d’avoir une petite fréquentation.

En collaboration avec le secrétaire, on peu tenter l’expérience.

Conclusions.

On sent bien que ce rôle de webmestre se cherche. On pourrait également penser à un effet de mode si l’internet ne s’insérait pas aussi profondément et durablement dans notre quotidien.

Je crois que ce rôle de Webmestre est un rôle transitoire, lié à une connaissance, à une technologie avec laquelle tout le monde n’est pas parfaitement à l’aise. Le webmestre s’occupe juste d’un moyen de communication mineur parmi d’autre plus important, et pour lequel il n’offre finalement qu’un support technique très profane.

J’imagine que quelques générations suffiront à ce que ce rôle soit rendu inutile, remplacé par une tâche spécifique d’un adjoint au secrétaire par exemple. Je me réjouis donc de ne pas le voir figurer officiellement dans notre règlement intemporel, et qu’il continu d’opérer tout à fait anticonstitutionnellement (même si ce n’est pas le bon mot, j’avais envi de l’utiliser).

J'ai dit

Source : www.ledifice.net

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 05:18

La couleur est vibration, de même que tout dans notre univers est vibration depuis les corps célestes jusqu'à la composition de la matière et de l’infiniment petit.

Les ondes sonores et colorées émanant du cosmos sont en relation d’affinité avec les ondes stellaires, comme ces dernières le sont avec les créatures humaines et animales. Ceci est étayé par des travaux scientifiques, qui montrent l’action de la couleur sur l’organisme humain ou animal,
Une couleur peut agir sur notre comportement. Par exemple. : le vert détend, l’orangé est tonique, le rouge est excitant, etc. De plus on peut ressentir une sensation de chaud ou de froid devant une couleur. Par exemple le rouge du feu d’un brasier et le bleu d’un glacier.
Léonard de Vinci, distinguait des couleurs de la lumière (rouge et jaune) et des couleurs de l'ombre (bleu et vert).
Le peintre célèbre Kandinsky a d’ailleurs apporté une nouvelle dimension a la peinture, en tirant profit de sa capacité d’artiste et de créateur à visualiser la musique sous forme de couleurs, car à chaque note de musique correspondrait une couleur. Cette forme de synesthésie est très rare, environ 4% des gens ont la capacité de percevoir des couleurs en réponse à des sons..

La gamme musicale comporte 7 notes. L’arc-en-ciel comporterait 7 couleurs. Ce qui semblerait correspondre. Mais pourtant, ce n’est pas très convaincant car la décomposition spectrale de la lumière blanche (l’arc en ciel) en sept couleurs n’est pas exacte. Car une, l'indigo, est une couleur artificielle, sans doute introduite pour satisfaire l'analogie entre la gamme chromatique et la gamme musicale de sept notes.
Nous y reviendrons lorsque nous aborderons les couleurs symboliques attribuées aux 7 principaux Officiers de la Loge.
Il faut savoir qu’il existe une longue tradition qui associe musique et couleurs, Baudelaire nous dit :
« Comme de longs échos qui de loin se confondent,
En une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent »
D’Alambert ajoute dans son discours préliminaire à « L’Encyclopédie » :
" Toute musique qui ne peint rien n'est que du bruit "
Plus près de nous Juan MIRO nous dit "Que mon oeuvre soit comme un poème mis en musique par un peintre"

Et avant cela, bien d’autres Traditions nous parlent des correspondances symboliques planétaires. La place qu'occupent les couleurs dans la symbolique traditionnelle n'est plus à démontrer. Un savant jésuite, le Père Louis-Bertrand CASTEL consacra une grande partie de ses recherches à la musique des couleurs. Le "musicalisme" de la peinture abstraite fait ainsi, par-delà les siècles, le lien entre CASTEL, qui faisait voir de la musique aux sourds et la définition de SCHÖNBERG : Des sons pour l’œil.

J’ai trouvé dans un petit recueil intitulé « La couleur source de Vie » une proposition de correspondance des couleurs et des notes de musique. Essayons de résumer en un tableau :
Rouge = dosigne astrologique : BELIER
Orange = ré signe astrologique : CANCER
Jaune = mi signe astrologique : LION
Vert = fa signe astrologique : BALANCE
Bleu = sol signe astrologique : régions des SCORPION/ SAGITTAIRE/ CAPRICORNE selon les tons et demi-tons
INDIGO = la signe astrologique : VERSEAU
VIOLET= si signe astrologique : POISSONS
Le BLANC ne figure évidemment pas puisque la gamme s’arrête à 7, et que de plus le blanc contient et est la source de toutes les couleurs.
Dès l'Antiquité, la musique s'impose comme un des aspects fondamentaux des rituels. Les mêmes proportions qui régissent l'ordre musical se retrouvent à tous les niveaux de la manifestation universelle, jusqu'aux mouvements des planètes, et à la succession des saisons, qui sont rythmés par les rituels.
Quant aux couleurs, elles ont des vertus thérapeutiques connues depuis la plus haute antiquité.
Les couleurs naissent des diverses interactions de la lumière.
Chaque couleur nous affecte, mais chacune, à sa manière.
La décomposition spectrale de la lumière blanche en sept couleurs rappelle l'analogie entre la gamme chromatique et la gamme musicale.

En Chine et en Inde, on utilise depuis toujours les couleurs dans le but de guérir et d'éveiller les facultés spirituelles.
Les couleurs agissent sur le corps et l'esprit d'une personne. Elles sont des forces énergétiques qui peuvent permettre de maintenir en équilibre notre hygiène de vie ou de soutenir nos traitements thérapeutiques et de retrouver plus rapidement la santé et le bien être.
La chromothérapie remonte aux temps les plus anciens, probablement aux origines de la médecine ayurvédique. La tradition indienne associe les couleurs aux chakras.
Septième chakra : situé au sommet du crâne.
(Couleur : violet.) Cela peut faire penser à la nécessité de protéger ce 7em chakra, lorsqu’il était d’usage de porter un chapeau pendant les tenues au 3em degré.
On trouve aussi des traces de l’utilisation thérapeutique des couleurs dans la civilisation chinoise antique. La médecine traditionnelle chinoise associe une couleur à chaque organe.
Chromothérapie associée a musicothérapie donnent parait-il des résultats surprenants, notamment dans les cas de dépression nerveuses.

LE BLANC ET LE NOIR
le Noir est l’absence de toute lumière et de toute couleur,
le Blanc la totalité de la lumière et des couleurs visualisées dans l’arc-en-ciel.
La perception des couleurs dépend d'un certain EQUILIBRE de la LUMIERE : dans l'obscurité tout est noir, et on ne distingue aucune couleur sous une lumière excessive.
Dès le premier degré symbolique cet équilibre nécessaire nous est montré par le pavé mosaïque, et son équilibre parfait entre blanc et noir. Les planètes et leurs couleurs commencent à apparaître, et nous préparent à accéder plus tard à la Chambre du Milieu.

Nombreuses sont les Traditions qui nous parlent des correspondances symboliques planétaires. La place qu'occupent les couleurs dans la symbolique traditionnelle n'est plus à démontrer.
Voyons maintenant les correspondances planétaires qui sont le fondement même des rapports couleurs/planètes, pour la théorie astrologique ESOTERIQUE , qui ne tient compte que 7 planètes (et non 10 comme l’astrologie judiciaire moderne). Neptune, Uranus, Pluton ont été découverts et nommés, plus tard, et ajoutés à la symbolique astrologique, dite « judiciaire ». (Mais ceci est une autre histoire…)
A ces planètes sont attribuées des couleurs rappelant celles de leur domicile zodiacal. Rappelons qu’il existe 12 maisons zodiacales ou plutôt 12 signes zodiacaux. Que tout le monde connaît. Qui sont divisés par les quatre éléments.
Trois signes de feux- Trois signes de d’air – Trois signes de terre et enfin trois signes d’eau.
Mais venons en a nos 7 Officiers et à la couleur des planètes qui sont attribuées à leurs fonctions par la Tradition.
Rappelons nous des paroles de nos rituels au REAA. :
3 la forment
5 la dirigent
7 font la Loge juste et parfaite :

Ce sont donc les 7 planètes symboliques primitives de l’astrologie ésotérique, qui vont correspondre à ces sept postes d’Officiers. Quelles sont donc ces 7 planètes :
D’abord les Deux LUMINAIRES : Le Soleil et La Lune
Ils se trouvent à l’Orient de chaque côté du DELTA lumineux.

LE SOLEIL
se trouve au dessus de l’Orateur Gardien de la loi c’est la couleur JAUNE, et l’Or symbole de lumière chaude. Qu’évoque le Jaune ? La Science- la conscience- l’action-

LA LUNE
se trouve au dessus du Secrétaire c’est la couleur BLANC/ARGENT lumière froide polarisée, qui est le REFLET de la lumière solaire et reflet de la mémoire de la loge. Innocence et pureté du reflet qui n’innove pas et ne fait que transmettre, le plus fidèlement possible...

Quant au Vénérable, c’est le Maître de la loge, celui qui dirige et sa planète est donc JUPITER. Sa couleur est le BLEU du ciel.
Le bleu jupitérien, couleur froide du vide, qui est selon la symbolique, celle de la Vérité …
Qu’est ce que nous dit d’autre, le bleu Azur ?
Il évoque Paix- Sagesse- immatérialité- méditation- calme -la vacuité du ciel. Le bleu est la couleur de la Royauté. Dans le bouddhisme tibétain le bleu est couleur de la sagesse transcendante et de la vacuité qui ouvre la voie de la libération. Son pilier est celui de la SAGESSE.
Les quatre autres planètes sont :

MARS attribué au 1er Surveillant sa couleur est le ROUGE masculin qui signifie Force- puissance- passion- virilité- courage. Il va s’occuper de l’instruction des Compagnons avec rigueur et les accompagner vers la Maîtrise. Son pilier est celui de la FORCE.

VENUS attribué au 2em Surveillant sa couleur est le VERT féminin, la Beauté, la Nature, la fécondité, espérance- bonté
C’est lui qui va s’occuper d’instruire les Apprentis, avec tact et bonté et douceur. Son pilier est celui de la BEAUTE.

SATURNE Dans la mythologie, il est le Père de tous les Dieux : il correspond au Grand Expert sa couleur est le bleu profond nocturne tirant vers le noir, NOIR c’est la couleur du Grand Prêtre.
Il est celui qui dirige les rites initiatiques, sur qui repose l’organisation matérielle du rituel de la Loge.
La plupart des rites initiatiques comportent des épreuves nocturnes : le postulant traverse une mort symbolique dans un lieu obscur, (cabinet de réflexion) pour devenir un homme nouveau et renaître à la vie spirituelle. Cela se fait sous la direction du Grand Expert, qui fait office de Grand Prêtre, et qui guidera aussi le futur Maitre dans les épreuves de la Maîtrise.

MERCURE
Le Messager des Dieux. Astrologiquement c’est une planète rapide. (c.a.d. qui se déplace apparemment rapidement dans le ciel) Sa couleur est multiple, diaprée MULTICOLORE…
C’est l’Officier qui se déplace le plus dans le temple : Le Maître des Cérémonies. et c’est a partir du grade de compagnon que l’initié sera appelé a suivre les traces de « Mercure le voyageur »…voyages qui vont préparer son accession à la Chambre du Milieu, et ceci dès le 4eme pas de la marche de Compagnon, (le pas de coté…) qui sera suivi d’un retour dans l’axe, avant d’aborder les pas du Maître.
Et voilà nos 7 planètes et leurs couleurs respectives…
Maintenant, si on considère que la Terre pourrait être la 8eme Planète…Elle pourrait être la planète correspondant au COUVREUR. Car ce dernier fait la liaison entre le temple et le monde profane.
D’ailleurs lors de l’Initiation au 1er degré on fait toucher la terre au profane en dehors du Temple. Cette huitième planète pourrait alors faire allusion au « 7 ans et plus… » qui s’ouvre sur l’infini Métaphysique du HUIT de notre rituel au 3em degré ?...
Comme il s’agit là d’une hypothèse personnelle, je n’ai pas de proposition de couleur à faire pour la couleur éventuelle de la planète TERRE du Couvreur… si ce n’est peut-être un brun sombre, le même qui résulte du mélange de toutes les couleurs matérielles sur la palette d’un peintre… ?
Concernant les Officiers pourtant à part entière que sont : Le Trésorier et L’Hospitalier, la Tradition de notre rite, ne leur attribue pas de planète particulière.
En revanche, au Rite de Salomon, ou les planètes sont au nombre de 11 (et non pas 7) la distribution n’est pas la même :

Car s’ajoutent : URANUS- NEPTUNE et PLUTON.
De plus, ce rite tient compte de LA TERRE en l’attribuant à l’Hospitalier. (Et c’est le Couvreur qui hérite de PLUTON…)

Nous venons de voir que les couleurs véhiculent des sens cachés, des codes, auxquels nous obéissons sans le savoir et qui pèsent sur nos modes, notre environnement, notre vie quotidienne, nos comportements, notre langage et même notre imaginaire. C’est la raison qui m’a incité à chercher à les comprendre en passant par les Officiers de nos Loges…

J’ai dit T\R\M\
source :
www.ledifice.net

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 07:12

La langue gaélique, hélas moribonde aujourd’hui, est véritablement fascinante. Jadis langue vernaculaire de l’Irlande, mais aussi langue véhiculaire grâce au zèle d’ecclésiastiques érudits qui l’exportèrent jusqu’en Écosse, son rayonnement fut exceptionnel. L’Irlande peut également se targuer d’avoir fixé, avant d’autres, sa langue, d’où la création d’ouvrages littéraires qui sont les plus anciens d’Europe de l’Ouest en langue vernaculaire.

Malheureusement, la langue gaélique n’est plus aujourd’hui que l’ombre d’elle-même en tant que langue «vivante», car le nombre de ses locuteurs est aujourd’hui très faible: à peine plus de 3% d’Irlandais parlant la langue quotidiennement, des locuteurs qui résident le plus souvent dans des régions côtières reculées à l’ouest de l’Irlande, comme on peut le voir sur cette carte.

Il est bien entendu très difficile d’établir des statistiques fiables sur le nombre de locuteurs réels de la langue, car nombreux sont ceux qui s’auto-proclament «locuteurs» par affection envers la langue de leurs ancêtres… ou tout simplement parce qu’ils surestiment pas mal leur connaissance de la langue, apprise en langue étrangère (pardon: «nationale»!) à l’école…

J’aurai l’occasion d’évoquer à plusieurs reprises le gaélique et les polémiques qui font rage en Irlande du Nord à son sujet, tant cette langue est aujourd’hui devenue un enjeu politique et un marqueur communautaire dans ce bout d’Irlande troublé.

Aujourd’hui, je vais simplement évoquer la langue en elle-même. Bien qu’ayant étudié un peu le gaélique, je suis loin d’être un pro et je ne vais donc pas entamer une docte dissertation sur le sujet! Mais cette langue mérite quand même qu’on s’y attarde un peu.

Son orthographe, tout d’abord, est au premier abord extrêmement déroutante, car elle n’est en rien phonétique. Ainsi, Taoiseach (le titre officiel du Premier ministre irlandais) se prononce «tichoc», le prénom Siobhán se prononce «chivonne» etc. Paradoxalement, malgré une orthographe complexe, le nombre de lettres est pas mal réduit: point de j, k, q, v, w, x, y ou z (sauf dans le cas de certains mots empruntés à l’anglais).

Ceci dit, on finit par découvrir que l’orthographe est, somme toute, logique et donc plutôt prévisible… Ainsi, le «aoi» de «Taoiseach» se prononce toujours «i» (un «i» long), et le «s» se prononce toujours «ch» devant un «e» ou un «i», d’où les prénoms irlandais Seán («chane») ou Sinéad («chinéde»), par exemple. Et certaines combinaisons de consonnes permettent de pallier le manque de lettres utilisées: par exemple «mh» ou «bh» se prononcent comme un «v», d’où Siobhán qui se prononce «chivonne» ou Naoimh qui se prononce «nive»… Vous me suivez ? (Ça dort, dans le fond…)

Autre caractéristique troublante: la grammaire de la langue veut qu’on ajoute, dans certains cas, un «h» après la première consonne! Exemple: «cistin» (prononcé «kistchine») signifie «cuisine»; mais comme le mot est féminin, on est tenu d’ajouter un «h» si le nom est précédé de l’article «an» (signifiant «le» ou «la»), ce qui nous donne alors «an chistin» (prononcé «chistchine», avec le «ch» de «ich» en allemand).

Il arrive également, là encore pour des raisons de grammaire, que l’on doive «adoucir» la première consonne. Du coup, on peut se retrouver avec «gcistin», le «g» étant une consonne plus douce que le «c» de «cistin»…

Les pluriels ne sont pas tristes non plus: «garda» (le singulier de «policier» s’orthographie «gardaí» au pluriel (prononcé alors «gardi»). Mais il existe d’autres pluriels autrement plus étranges, comme le pluriel de «cistin» qui est «cisteacha», ou le pluriel de «feis» («festival») qui est «feiseanna»…

Plus bizarre encore: l’ordre des mots. On commence par le verbe, sachant qu’il y a deux verbes «être», comme en espagnol, et pas de verbe avoir! L’un des deux verbes «être» décrit un état permanent: «Is Éireannach mé» (littéralement: «Est irlandais moi», autrement dit «je suis Irlandais»); l’autre décrit un état passager: «Tá mé déanach» («Est moi en retard»… vous en aurez deviné le sens).

Mais le pire, c’est qu’il n’y a pas de mots pour dire «oui» ou «non»! On est censé reprendre ce qui a été dit à la forme positive ou négative (d'où de graves soucis si on faisait semblant d’écouter!), ce qui donne des dialogues à la sauce «Astérix chez les Bretons»: «Beau temps, n’est-il pas?» «Il est». Ceci dit, les locuteurs du Donegal (et sans doute d’ailleurs) ont de plus en plus tendance à imposer une formule passe-partout, contractée de surcroît, pour pouvoir dire «oui» ou «non» en toutes circonstances (et les tirant d'un mauvais pas lorsqu'ils n'écoutaient pas)!

Autant le reconnaître, donc, la langue gaélique n’est pas de la tarte, mais je vous jure qu’on finit par en comprendre sa logique! Ceci dit, il existe des manuels de langue irlandaise qui ne font rien pour en encourager l’apprentissage. Le tout premier manuel que j’avais acheté était particulièrement démotivant. Leçon 1: «Je suis satisfait. Es-tu satisfait? Je ne suis pas satisfait» etc. Traduisez: «Le prêtre est dans la maison», «le fermier est dans son champ»… Des exercices grotesques qui me rappelaient mes cours de latin: «La servante est dans l’atrium», «le maître parle à l’esclave»

Lassé, j’ai ensuite commandé un manuel scolaire pour collégien. Ce fut le jour et la nuit: j’avais enfin affaire à une langue vivante! Première leçon: «Salut! Comment ça va? Tu veux aller en ville avec moi?» Enfin de vrais dialogues et des situations sympa!

J’ai donc étudié le gaélique avec ce manuel, ainsi que le tome suivant, et fait les exercices qui allaient avec et c’est ce qui m’a donné les bases que j’ai aujourd’hui, même si j’ai pas mal perdu depuis. J’ai également effectué plusieurs stages (des vacances, en fait!) au collège irlandais «Oideas Gael», dans le magnifique village de Glencolmkille, au sud-ouest du Donegal. Je recommande vivement ce collège, même si l’intérêt des cours varie fortement d’un prof à l’autre… comme partout.

Le collège possède également un coin librairie où j’ai acheté mon dictionnaire anglais-gaélique de poche, le «Foclóir póca» («dictionnaire de poche»). Allez, je ne peux pas m’empêcher de polémiquer un peu… Mon édition (plutôt ancienne) propose, en fin d’ouvrage, une liste de pays et régions. Les îles britanniques y sont très représentées… Les îles «britanniques»? Non! Pour la communauté catholique indépendantiste, ces îles ne sont absolument pas britanniques! Et vous ne trouverez donc pas, dans cette liste de repères géographiques plutôt exhaustive, d’îles britanniques… Par contre vous y trouverez, sans problème, l’île de Man, les îles anglo-normandes ou les îles Shetland… Donc, si un Protestant unioniste d’Irlande du Nord, qui, pour le coup, considère l’Irlande et la Grande-Bretagne comme formant les «îles britanniques», souhaite traduire ce repère géographique, il n’a plus qu’à chercher dans un autre dictionnaire!

Au fait, le mot «Britannique» non plus ne figure pas dans mon édition du «Foclóir póca»… bizarre. Quant à «Irlande du Nord», ne cherchez pas non plus: vous ne trouverez pas. Il faut dire que les indépendandistes irlandais ne reconnaissent pas la partition entre Irlande du Nord et Éire et qu’ils préfèrent employer des euphémismes pour décrire l’Irlande du Nord, du style «le Nord», ou encore «les six comtés» (d’Irlande du Nord).

Vous trouverez bien «Irlande» sans problème, ou encore «Angleterre» (oui, il n’ont quand même pas osé supprimer ce terme), ou «Pays de Galles», ou «Écosse», mais d’«Irlande du Nord», point…

Vous pourriez être tenté de ruser et de consulter l’entrée en gaélique signifiant «Nord» ou «du Nord» («Tuaisceart»)... Mais même là, vous ne trouverez aucune allusion à l’Irlande du Nord! Et si vous consultez l’entrée pour l’équivalent anglais («Northern»), vous verrez que «Northern» n’est associé qu’à un seul exemple d’usage: «les villes du nord»!

Il est donc limpide que nous avons ici affaire à un dictionnaire conçu en fonction de la sensibilité politique de ses auteurs! Pourrait-on imaginer situation semblable dans le cas d’un dictionnaire français-anglais, par exemple? Comment s’étonner après cela que les Protestants d’Irlande du Nord se méfient tant du gaélique, qu’ils estiment instrumentalisé à des fins politiques…?

Bon, après la rubrique «polémique», sourions un peu quand même: un homme noir (de type africain) se dit «homme bleu» en gaélique irlandais! Quant aux Orangistes, on les taxe d’«hommes jaunes»! Et enfin, le clou: les Français sont des «rats» en gaélique… J'ai la pudeur de penser qu'il ne s'agit pas d'une insulte (?) mais que le «malentendu» a peut-être pour origine des marins français qui auraient débarqué en Irlande avec, à leur bord, certains «passagers clandestins» du genre rongeur!

Source : http://irlande.blogs.liberation.fr/ballyban/2010/09/le-ga%C3%A9lique-une-langue-%C3%A0-en-perdre-son-latin.html

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 07:28

Dans le monde profane, un expert est un spécialiste, une autorité reconnue dans le domaine particulier de compétences qui est le sien. Dans un atelier, la compétence de l'Expert s'étend du rituel au tuilage. Or, cet office n'existait pas à l'aube de la Franc-Maçonnerie.

L'office d'Expert n'est apparu en France que vers 5750 V L quand les loges ont ressenti la nécessité d'avoir un officier qui se déplace, dispose des outils dans le temple, tuile les frères, participe activement aux initiations et aux passages sous le bandeau. Alors, le frère Terrible est devenu l'Expert. Le F Terrible montre l'intransigeance des Experts du XVIIIème siècle pour les tuilages et les initiations ; c'étaient en fait, d'incorruptibles gardiens du rite. L'Expert est aussi l'héritier de cette Tradition.

L'Expert ne fait pas partie des cinq Lumières de la loge. Il est un des officiers qui, au rite écossais ancien et accepté, la rendent juste et parfaite. Mais cette position est récente : sur nos anciens rituels de 5962 VL, on observe que ce sont l'Hospitalier et le Trésorier qui rendent la loge juste et parfaite alors qu'aujourd'hui, ce sont le Couvreur et l'Expert. Pourquoi cette évolution du rituel ? Il me semble que le Couvreur et l'Expert ont un rôle plus actif, plus opératif aussi lors des rituels d'ouverture et de fermeture que ceux du Trésorier et de l'Hospitalier, même si ceux-ci sont indispensables à la vie d'une loge.

L'office demande une certaine pratique du rituel pour en avoir une bonne connaissance afin de pouvoir être son réel gardien dont a besoin une loge. Le rôle de l'Expert est important et difficile : il doit concilier la rectitude, l'application scrupuleuse du rituel avec la diplomatie envers les frères de son atelier et une interprétation personnelle dans les aspects non écrits du rituel.

En effet, notre rituel nous éclaire de nombreux points mais certains restent dans l’ombre. L'Expert se doit alors d'éclairer pour lui-même et pour la loge ces points ; seul l'esprit du rituel doit le guider et, dès lors, toute option sera bonne à partir du moment où il effectue son choix par rapport à l'ensemble de la symbolique du rituel. Dans ce cas, l'officier se sert principalement du compas pour tailler sa pierre.

Mais l'application du rituel doit être équerrée. Le rituel nous unit, nous projette dans un ordre cosmique différent, créé un espace-temps et sacralise notre temple. Nous devons être rigoureux avec lui, l'observer strictement car il doit être répété purement à chaque tenue, comme une litanie, pour être réellement efficace sur notre préparation mentale de maçon. Aussi, l'Expert jouant son rôle à coeur aura tendance à être le frère de la rigueur, le redresseur de torts, le gendarme. Ce doit être certainement pour cela que, dans les temps anciens, il était appelé le F\Terrible.

Pour ma part, je reste convaincu que le rituel doit être appliqué rigoureusement à la lettre. Certains m'objecteront qu'il faut suivre l'esprit et non la lettre du rituel.

Si certains Maître-Maçons ont suffisamment intériorisé le rituel pour pouvoir s'en écarter en toute liberté tout en en conservant l'esprit, dans nos tenues, beaucoup de maçons sont encore, comme moi-même, en formation. La connaissance du rituel donnée par l'ensemble de l'Atelier, doit être très fidèle et précise pour que chacun puisse bien s'en accaparer. L'esprit du rituel est dans sa lettre et dans sa mise en oeuvre.

Néanmoins, même s'il est Terrible, cet officier maçon est un frère et il doit aussi se comporter comme tel : ne pas vexer un frère en loge ; c'est à dire ne pas le reprendre en tenue sauf nécessité absolue et aller le trouver ensuite aux agapes pour lui faire fraternellement la remarque concernant le rituel. Comme tout maçon, il doit aider ses frères dans son domaine de compétences avec doigté et fraternité.

Avant tout il est là pour aider le Vénérable-Maître dans l'application du rituel. Il est d'ailleurs, le seul officier après les 2 surveillants qui puisse remplacer le Vénérable Maître, et le seul à pouvoir remplacer un des surveillants (art. 66 des Règlements généraux).

L'Expert et le Maître des Cérémonies sont les seuls offices opératifs. Ils n’ont pas de plateau. Ils forment un couple qui régit et rythme la tenue. Ils sont les seuls qui peuvent se déplacer en loge sans être à l'ordre d'apprenti et sans être précédés du Maître des Cérémonies. Ceci explique pourquoi, le Maître des Cérémonies doit aller quérir entre les colonnes les frères arrivés après l'ouverture des travaux. Ces 2 officiers ne sont pas remplacés lors de leurs déplacements, sauf pour plancher. Ils se séparent rarement de leur épée et canne respective. L'Expert garde les principes du rituel, le Maître des Cérémonies, son fonctionnement. Les deux offices sont complémentaires et indissociables. Dans le temps, il n'y avait qu'un office (un seul, l'Expert, est obligatoire pour ouvrir nos travaux) et certains rites mettent l'un ou l'autre en valeur.

Au rite écossais ancien et accepté, l'Expert est placé à l'est de la colonne du Nord, devant le F\ Hospitalier, à la disposition du Vénérable Maître. Il se trouve face au Maître des Cérémonies. L'Expert, placé sur la colonne B incarne l'idée de force intérieure et de puissance spirituelle et morale. Il est un clerc lettré, qui maintient et garde avec vigilance le rituel.

Le bijou de l'Expert, est composé de 3 symboles : l’œil, la règle à 24 divisions et son épée.

  • Son glaive est celui de Papus : c'est un glaive de combat. Sa lame est courte, large, plate et pointue dont le double fil est coupant. Le double fil signifie aussi le double combat, ésotérique et respectueux de la progression initiatique : combat de la Pierre Brute pour devenir cubique (connaissance de soi, clef du savoir intérieur, de la compétence des autres). Il signifie le combat de l'ange contre le démon, de la Lumière contre les Ténèbres, de l'éthique collective à atteindre contre les violences collectives trop souvent vécues. Le glaive doit être visible par tous les frères en permanence pour leur rappeler en permanence son symbolisme. C'est un symbole à la disposition de tous les frères pour que chacun l'utilise pour combattre ses imperfections intérieures et atteindre une paix durable entre les hommes. L'épée a une fonction très particulière chez l'Expert par rapport à tout autre utilisation en loge. Cet officier est le seul qui porte son épée en main droite et qui ne doit jamais s'en séparer. L'outil fait partie intégrante de l'office. Un Expert peut entrer sans son sautoir, pas sans son épée. Les autres officiers ayant une épée la tiennent en main gauche à certains moments seulement et ne sont pas dispensés ni de se mettre à l'ordre d'apprenti, ni de faire le signe pénal. L'Expert est lui, dispensé de cela.
  • La règle à 24 divisions symbolise la rectitude et la précision, le respect des règles (tel le rituel). Mais aussi, l'omniprésence de la maçonnerie dans nos cœurs aux 24 heures que comporte une journée. Nous devons employer utilement toutes les heures du jour. Un maçon se reconnaît surtout à son comportement en dehors du Temple. La règle est un symbole de la loi commune qui régit les phénomènes du monde réel (le jour) et ceux du monde spirituel (la nuit). C'est un outil bipolaire qui trace une ligne droite susceptible d'être prolongée à l'infini dans les deux sens. Il concourt à symboliser l'absolu et le relatif, à allier les oppositions des mondes réel et spirituel pour que l'initié choisisse une voie ésotérique en accédant au chiffre 3. Cette règle, est graduée symboliquement de 0 à 24, symbolisant les heures solaires. Elle adopte une progression solaire et ressemble, en fait, à notre montre. Elle sert aussi à établir, en tant qu'instrument précis, les plans de l'édifice et à vérifier sa construction. Elle aide à établir la conscience et à l'appliquer, à identifier ce qui est juste et à mieux mesurer les connaissances initiatiques de l’officier. La Règle à 24 divisions rappelle que nous ne devons pas agir comme des profanes. Elle apporte droiture, réflexion, sérénité, le devoir d'agir en tant que Franc-Maçon libre et de bonnes mœurs.
  • L’œil surplombe la croix de St André, formée par la règle et le glaive. Cela symbolise la lutte de l'Expert contre les manquements aux règles maçonniques lors des tenues car le croisement est bien symbole d'imbrication, d'accouplement.. L’œil est le symbole bien connu du delta rayonnant, du Grand-Architecte-De-L'Univers. Plus encore, il symbolise le Soleil visible d'où émane la Lumière qui donne la vie. C'est aussi le Verbe, le Logos, le Principe Créateur, notre conscience individuelle, celle qui guide nos actes. C'est à travers ce symbole que l'on atteint au spirituel. Mais il a un rôle spécifique chez l'Expert : il est aussi opératif. L'Expert doit avoir l’œil à tout et doit être aussi l’œil du Vénérable-Maître (avant, pendant et après la tenue). L'Expert est un homme de Lumière qui symbolise la progression initiatique de tous les maçons.

Le bijou représente sur la rigueur, la vigilance du rituel et de l'officier.

La position d'ordre, pour ces deux officiers est différente de tous les autres frères L'Expert est pieds à l'équerre, tenant son glaive en main droite, garde à hauteur du visage, bras gauche pendant le long du corps. Tous les autres officiers adoptent la position d'ordre du bras droit, portant leur éventuelle épée en main gauche.

L'Expert a un rôle important aussi pendant l'ouverture et la fermeture des travaux. C'est celui qui fait apparaître et disparaître les 3 Grandes Lumières puis trace et efface le tableau de loge. Ce n'est qu'ensuite que le Vénérable Maître se couvre ou se découvre. C'est à dire que les gestes de l'Expert déterminent le moment précis où la loge est ouverte ou fermée. Ce sont les symboles forts qui concluent la sacralisation et la désacralisation du Temple.

C'est le frère que rencontre le néophyte pour la première fois à la porte du temple lors du passage sous le bandeau. Il le retrouve aussi en premier le soir de l'initiation. C'est le visage dont on se souvient, au début ; c’est celui qui nous rassure, nous intimide, et pourtant... C'est l'officier qui va être à côté du néophyte toute la soirée, c'est celui qui lui fera subir les 4 épreuves, la coupe des libations... mais c'est aussi le premier frère qui reconnaîtra le nouveau frère comme tel après sa création, constitution et réception par le Vénérable Maître.

L'Expert est un guerrier juste, ayant une autodiscipline pour maîtriser ses émotions et participer ainsi à l'accomplissement individuel de chacun. Il doit manier son glaive avec d'infinies précautions et devient, grâce à celui-ci, une Lumière-Energie, une Lame-Foudre mobile.

C’est pourquoi, je pense que le rituel gagnerait en symbolisme si l'Expert allumait puis éteignait les 3 piliers puis l'Etoile des Surveillants et du Vénérable-Maître, à partir de la Lumière-source du Vénérable. Le symbolisme du glaive/lame-foudre serait renforcé puisque c'est lui qui allumerait les petites puis les grandes Lumières, symbolisant ainsi leur union. Le glaive recevrait la foudre de la voûte étoilée et serait ainsi en mesure d'allumer toute autre Lumière. Cette pratique du rituel présenterait particulièrement l'interpénétration du parcours initiatique avec le rôle de l'Expert. C’est pour cela que j’ai proposé à cet atelier cette pratique lors de nos tenues universelles.

A la Grande-Loge-De-France, le rituel a su évoluer en respectant la Tradition. La fonction d'Expert, inexistante au début de la Franc-Maçonnerie, est devenue de plus en plus importante, pour être aujourd'hui indispensable à toute ouverture de travaux. L'Expert demeure la perpétuation et l'incarnation de la Tradition initiatique dans toute sa rigueur.

Source : http://laurentremise.typepad.fr/artsgraphiques/2011/10/lexpert.html

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 05:19

Vénérable Maître, mes Biens Aimés frères, j'ai souhaité, et avec votre accord, de part la fonction que j'occupe au sein de cette loge, vous parlez du second Surveillant.

Le 2ème surveillant, est l'un des neuf officiers de la loge et en cette qualité, il fait partie des lumières de la Loge dont l'outil symbolique qu'il utilise en tenue lui donne également le nom de, troisième maillet. Avec le Vénérable Maître et le 1er surveillant, ils constituent le triangle sublime.

C'est un poste conséquent, qui demande parfois beaucoup d'implication et de disponibilité, car il prépare les nouveaux Frères au compagnonnage. Apprenti, nouveau né Franc Maçon , pour lequel ses futurs comportements de compagnon et de Maître, dépendrons dans une large mesure de la qualité, de l'instruction reçue au premier degré. Cette « éducation » maçonnique reprendra ce que l'on appelle le Thésarus maçonnique, c'est à dire un trésor de symbole, de mythe, de rituel initiatique et ceci dans la plus pure tradition du Rite Ecossais Rectifié, qui est le notre.

Une fois cet enseignement bien assimilé, il aura à son tour, lors de ses différents prestations de serment, à instruire lui-même et de son mieux les nouveaux Frères, qui viendront participer à la construction de l'édifice.

Qui est le 2ème Surveillant ?

Tout d'abord, un Frère de la loge, puis un officier parmi les officiers proposé par le Vénérable Maître et présenté à la loge, pour un vote en conseil de maitre, selon la forme accoutumée. Ils sont nommés exclusivement, parmi les Frères, membres actifs de la loge pour un an renouvelable, sans excéder 3 ans de file à un même poste.

L'existence des surveillants de loge est l'héritage de la maçonnerie. Jadis, sur les chantiers des constructions de cathédrales, il y avait des maîtres en charge de diriger, de superviser le travail des ouvriers apprentis et compagnons. Aujourd'hui, ces Maîtres, dans le monde profane, sont des cadres responsables qui peuvent être comparer à des conducteurs de travaux, chef d'équipe ect....

Le 2ème surveillant est tout cela à la fois, ou tout au moins devrait l'être.

Il est un élément moteur important de la vie de la loge. C'est de l'influence de son enseignement, et de son conseil fraternel qu'il pourra espérer, pour le bien de la loge, voir dans l'avenir, des apprentis devenir de véritable, parfait et authentique maîtres maçons.

Je conçois qu'il puisse y avoir une approche ésotérique entre les deux premiers apôtres, André et Pierre et les deux surveillants. André jouissait d'une capacité de jugement supérieure et possédait une vision claire et une pensée logique. Simon Pierre, nous savons qu'il fut la pierre sur laquelle le Christ établit son église. Du fait il est le support matériel de l'œuvre du Christ, la spiritualité s'exprime en lui à son niveau le plus inférieur, mails il est le socle, le piédestal qui soutient l'édifice et sans son apport extérieur, le progrès des fidèles vers la cime du Temple serait impossible. Pierre est la porte d'entrée du Christianisme ésotérique, et toutes les personnes qui travaillent à présent à un niveau plus élevé ont été tenu de franchir ce seuil, qui est le premier échelon du sentier.

Où est sa place dans la loge

A l'occident Vénérable Maître ! Pourquoi ?

Puisque il est midi , que le Vénérable maître est placé à l'orient et les surveillants à l'occident, avertissez les frères que je vais ouvrir la loge.

A la fermeture des travaux; « comme le soleil termine sa carrière à l'Occident, de même les surveillants s'y tiennent pour fermer la Loge, payer les ouvriers et les renvoyer contents. ». L'unité Divine se trouve à l'origine de toutes choses, à l'orient donc, la dualité est créée et se situe à l'Occident: là où se trouve la chute, la mort,(aboutissement de ce qui naît à l'Orient).

Dans l'ancienne Egypte, lorsque RÂ ouvre ses deux mains, bras étendus, il forme avec lui même, un triangle dont la base se trouve entre ses deux mains et le sommet, au cœur de RÂ. Cette création de la dualité est simultanée avec la création du Triangle fondamental, Triangle Sublime

La sagesse populaire ne dit elle pas, « jamais deux sans trois ». La sagesse populaire exprime souvent la Sagesse tout court.

Le 2ème Surveillant se situe donc à la colonne du Nord, colonne des apprentis sur laquelle la lettre J y figure.

Sa place dans la Loge se situe bien ici à l'Occident, tout naturellement, à la phrase suivante du rituel; « pour exécuter les ordres du Vénérable Maître et veiller sur tous les ouvriers afin qu'ils en retirent profit et joie.

C'est la raison pour laquelle, sous l'autorité du Vénérable Maître et par son ordre, il est le seul à pouvoir, à son coup de maillet, mettre les ouvriers au travail.

Outil, bijou et décor

C'est la présence d'un maillet, sur le plateau du 2ème surveillant, comme sur celui du 1er surveillant et du Vénérable Maître qui fait désigner ces Officiers respectivement sous les noms de 3ème maillet.

Dans sa main, cet instrument est le gage de l'autorité de la maîtrise initiatique et est utilisé en diverses occasions.
- Lors de l'ouverture des travaux
- Durant la tenue
- Lors de la fermeture des travaux

Comme tous les officiers de la Loge qui exercent une fonction, le 2ème surveillant porte sur lui un sautoir, qui est une pièce de tissu de couleur bleu (selon les rites), au bout duquel pend le bijou de la fonction. Ce bijou du 2ème surveillant est le fil à plomb, le moins que doit un Franc Maçon à lui même et aux autres, c'est d'être la rectitude. Cela suppose d'être un homme de bon sens, dans la réflexion de savoir à tout instant se remettre en cause, et qu'à lui tout seul, il ne dispose pas de la vérité.

Le fil à plomb, indique la perpendiculaire. Ce bijou indispensable, qui indique le centre de la terre, est symbolisé en maçonnerie par la formule hermétique V.I.T.R.I.O.L. . Dans la maçonnerie, pour faire de ces sept lettres une formule beaucoup plus noble, il est écrit Visita Intériora Terrae Rectificando Invenies Operae Lapidem, autrement dit (Visite l'intérieur de la Terre, en rectifiant, tu découvriras la Pierre cachée. En ce sens, cette formule magique propose au Franc Maçon de faire un retour sur lui même, afin d'épurer ses aspérités et rendre ainsi l'œuvre plus parfaite à sa destination. C'est pourquoi, ces initiales forment un mot initiatique, qui exprime la loi d'un processus de transformation, de transmutation, de changement qui peut se traduire simplement; « descend au plus profond de toi même et trouve le noyau, le plus intime, de la personne humaine, sur lequel tu pourras t'appuyer pour bâtir une autre personnalité, et en faire un homme nouveau.

Parallèlement au symbolisme, que représente l'emblème de ce bijou, il reste tout à fait d'actualité, et pour cause, puisqu'il persiste encore de nos jours à la construction d'édifice. Pour le Franc Maçon, ce symbole signifie de rechercher la vérité dans les profondeurs où elle se cache. Enfin il donne la direction du travail ésotérique que doit accomplir l'apprenti, dans son action volontaire, assidue, à dégrossir sa pierre brute. A ce propos un ouvrage précieux que je vous recommande de lire aussi souvent qu'il vous sera nécessaire « Le Grand Œuvre », méditation sur la voie de l'absolue.

Fonction du 2ème surveillant

Il y en a trois relativement importantes:

1°) -Sa participation aux activités de la Loge, sous la direction éclairée du Vénérable Maître.

La majorité sont exercée dans le temple et en tenue. Il assiste les actions du Vénérable Maître lors des différents Rituel, d'ouverture et fermeture des travaux, et pendant les travaux eux-mêmes.

Par son intermédiaire, Les FF de la colonne du Nord exclusivement, obtienne la prise de parole du Vénérable Maître, c'est la fameuse demande de parole triangulaire.

C'est aussi celui qui parlera au nom des apprentis comme par exemple, la lecture des travaux ou planches sur des questions spécifiques, qui auront été préalablement préparés sous son égide.

Son activité au sein de la loge comprend aussi la surveillance de sa colonne, celle du nord.

Il a comme principal devoir de maintenir une discipline, importante pour l'égrégore de la Loge.

2°) - Il est l'accompagnant des Apprentis aux manifestations de la vie maçonnique, hors loge et, il participe activement au collège des Officiers.


3°) - Enfin, très probablement la plus importante de sa fonction, la promotion des Apprentis au Compagnonnage.

Comme tout, instruction, formation ou enseignement, l'instruction maçonnique à pour seul et unique but d'élever le Franc Maçon, vers les hauts sommets de la connaissance. Et si l'Apprenti s'est bien préparé à cette élévation, il pourra prétendre à une augmentation de salaire à celui qui est présentement le sien.

On voit bien là, la grande responsabilité du 2ème surveillant, qui n'est pas un pédagogue, encore moins un Maître spirituel. Néanmoins son devoir, reste la vigilance du travail accompli, afin de permettre aux Apprentis de recevoir au moment opportun, le salaire qui lui est dû.

En acceptant cette charge, son rôle est d'être capable, en toute sérénité, et au plus profond de son âme, estimer ce moment. Malgré son poste d'Officier, il reste l'humaniste qui travaille sur sa pierre, fort heureusement bien loin d'être parfaite, mais il se doit tout de même dans la tâche de Surveillant qui est la sienne à veiller pour que plus tard, ce grain portera ces fruits.

Vénérable Maître, j'ai apporté succinctement les quelques rôles ou fonction de 2ème Surveillant, dont j'en occupe le poste, qui à mon sens ne paraît pas si simple, mais je suis dépourvue d'Apprenti sur la colonne et comme vous j'en suis triste. C'est un profond regret mais qu'importe, je fais partie intégrante de cette colonne et je suis rempli de bonheur et plus encore aujourd'hui, d'être Apprenti Franc Maçon à la Respectable Loge Saint Jean La Persévérance.

J'ai dit Vénérable Maître.

Source : www.ledifice.net

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 06:23

Une Loge Maçonnique est administrée par un Collège d'Officiers, qui assume le rôle d'un vrai Conseil d'Administration. Ce dernier, présidé par le Vénérable Maître en chaire, règle toutes les questions inhérentes au fonctionnement de l'association de Frères et Sœurs composants la Loge.

On peut ainsi comprendre qu'un Officier mal choisi ou négligent, met en difficulté l'association, il manque à son serment et abuse de la confiance de ses Frères et Sœurs.

Dans le monde profane, un Officier militaire peut mettre en danger la vie de ses soldats par ses décisions et son attitude erronées ; un mauvais Conseiller d'administration peut provoquer la faillite de sa société…mais dans le monde maçonnique on a tendance à penser que tout cela n'arrive pas et alors, puisque rien n'arrive en Loge, un Officier peut être négligent, absent, ignorant !

D'une part la fraternité et la tolérance régissant notre Initiation doivent nous faire dépasser ces fautes et nous amener à comprendre des Sœurs et des Frères incapables de tenir un engagement : c'est leur déterminisme, leur nature. D'autre part ce sera leur miroir individuel qui reflètera impitoyablement le ridicule dont ils se sont recouverts pour avoir voulu assumer une charge trop grande pour leurs capacités réelles. Il ne faut pas oublier que dans l'Initiation chacun est le juge de soi-même, mais que la Conscience ne rate jamais un jugement.

Si les Officiers semblent être aussi importants pour une Loge Maçonnique regardons de plus près leurs rôles, aussi bien administratifs et donc exotériques, qu'ésotériques.

Je traiterai ce sujet en me referant à la disposition « zodiacale » des Officier en Loge et aux rapports avec les planètes respectives, selon la théorie élaborée par le T\ Ill\ F\ Jacques BELLUROT.

La Loge est orientée selon les quatre points cardinaux et à chacun d'eux correspond un Officier. Nous pouvons, donc, affirmer que ces Officiers « orientent » la Loge. Il s'agit du Vénérable Maître, siégeant à l'Orient ; du Couvreur, dont la place est en face c'est-à-dire à l'Occident ; du 1 er Surveillant à la Colonne du Midi et du 2 nd Surveillant, siégeant à celle du Septentrion. Ces quatre Officiers définissent l'espace sacré d'un Temple Maçonnique, sacré parce qu'à son intérieur se déroulent toutes les cérémonies initiatiques maçonniques, mais aussi parce qu'ils sont, tous les quatre ensemble, responsables du principe de « simultanéité » initiatique, celui considérant qu'aucune action, profane ou initiatique, ne peut pas se matérialiser correctement sans le respect simultané de quatre absolus : Pouvoir, Savoir, Vouloir et Devoir. S'il s'agissait uniquement de réaliser ces principes de toute bonne gestion administrative, ce serait certainement plus simple que la réalité d'une Loge ne le montre...

Les choses deviennent plus complexes lorsqu'on rentre dans les considérations ésotériques et surtout au Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, qui se refère explicitement à la philosophie spirituelle gnostique.

En effets les quatre Officiers délimitant l'espace matériel dans lequel l'initié doit évoluer lentement et avec persévérance, représentent les quatre éléments fondamentaux de la nature terrestre : la Terre, l'Eau, l'Air et le Feu. Ces éléments sont propres aux signes zodiacaux du Capricorne, du Cancer, de la Balance et du Bélier, dominés par les planètes Saturne, la Lune, Vénus et Mars. Ces signes sont dits Cardinaux comme Cardinales sont les Vertus qui s'y rattachent :

Le Feu à la Force...le Bélier à Mars...le Couvreur à la Connaissance
L'Air à la Justice...la Balance à Vénus...le Vénérable au Pouvoir
L'Eau à la Tempérance...le Cancer à la Lune...le 1 er Surveillant au Devoir
La Terre à la Prudence...le Capricorne à Saturne...le 2 nd Surveillant au Vouloir

Ces quatre Officiers, piliers de chaque Loge maçonnique nous indiquent donc l'ancienne règle templière celle du VSPD (vouloir, savoir, pouvoir et devoir) c'est-à-dire :

« Un initié devra vouloir prudemment, afin que l'avarice ne s'empare pas de son être. Car l'envie de possession, sans mesure et sans partage conduit l'homme à la prison de la matière. Cette prudence s'acquiert par une solide et progressive connaissance : la connaissance de la vie, de la pensée, des messages symboliques, de la sensibilité artistique et de tout ce que la tradition transmet comme valeur universelle. Un savoir qui est la force motrice de toute évolution humaine et le propulseur sur le difficile chemin de l'Initiation. Un savoir qui ne laisse pas agir sous l'impulsion des passions, mais qui confère la maîtrise à celui qui sait attendre. Un savoir qui s'oppose à la paresse, par le travail continu et profond qu'il exige. Un savoir, enfin, qui offre le pouvoir d'agir en équilibre avec soi-même et avec les autres, donc en pleine justice ; non pas la justice du juge, mais l'acte juste, mesuré, pondéré. Ce dernier opposé à la luxure, faite d'image éphémère et fugace, fruit de nos désirs morbides et incontrôlés. La conscience de l'équilibre, du juste moment pour la juste cause, permet à l'initié de prendre pleine conscience des devoirs auxquels il ne pourra plus se soustraire, car il a désormais aperçu la Lumière. La vision de la lumière ineffable, pour laquelle chaque Maçon travaille avec force et vigueur, apprend à l'initié le sens du relatif et de l'absolu. En d'autres termes il ne peut plus se considérer comme le centre d'un univers personnel et limité à sa matière ; pour cela il commence à tempérer son esprit et à repousser la gourmandise, la compagne de la boulimie, aussi bien intellectuelle que matérielle. Il découvrira qu'il y a un temps pour tout : un temps pour étudier, un temps pour intégrer, un temps pour parler, un temps pour diriger, un temps pour obéir, un temps pour réfléchir et un temps pour sourire, un temps pour transmettre.

Cela va de soi que ces quatre rôles constituent les gonds de la porte initiatique et que leur valeur ne peut pas être sous-estimée ou prise à la légère sans détruire à jamais le sens profond de l'Initiation.

A ces Officiers représentants la simultanéité statique de la Loge, la pierre de fondation du Temple Maçonnique, il faut en rajouter trois qui rappelleront le temps et donc le devenir du processus initiatique.

Mais le Temps est un mystère, personne ne connaît exactement sa nature profonde au de là du temps relatif (scientifique) qui est la répartition en parties égales d'une rotation terrestre autour du soleil. Le Temps, comme devenir, est lié au mouvement, c'est-à-dire au jeu savant des forces cosmiques et de leur attraction réciproque. Alors il nous suffit de retenir l'idée de Dante que : « l'Amour fait bouger le Soleil et les autres étoiles » et remettre la notion de Temps au domaine métaphysique et inconnaissable.

Par conséquent nous ne nous étonnerons pas de voir les relations entre les trois Officiers restants et les trois Vertus Théologales, car par ces principes nous engageons les discours sur le Logos, le Verbe ou le Divin.

Les Officiers qui rendent une Loge Juste et Parfaite sont : l'Orateur, le Secrétaire et le Maître des Cérémonies.

L'Orateur, principe solaire, élément masculin, est le garant de l'esprit de l'Initiation. Il agit pour la fidélité au logos, au verbe créateur, au principe métaphysique. Sa rigueur ne sera jamais du rigorisme ou de l'intolérance, mais de la compréhension et de la synthèse. C'est ainsi qu'il ne cédera pas à l'orgueil, personnel ou collectif.

Le Secrétaire, principe lunaire, élément sensible et féminin, est la mémoire et la forme permettant la structuration du message initiatique qui accroîtrera le patrimoine traditionnel. Dans ses mises en forme la sensibilité inspirera toute action maçonnique et il la transmutera en charité, offrande sublimée et non aumône, matérielle ou intellectuelle. Pour cela le Secrétaire sera toujours très rigoureux dans l'usage des formes, car dans ce domaine sensible on risque à tout moment de céder à la sensiblerie et le formes éveillent en nous les envies, c'est-à-dire les pulsions incontrôlées de l'Ego.

Le Maître des Cérémonie a le rôle difficile de donner une impulsion à ces éléments en équilibre, afin que par le mouvement toutes les forces présentes puissent accomplir leur fonction dans un ensemble harmonieux. C'est lui qui donne le rythme, qui constitue le guide accompagnant chacun et chaque cérémonie. Sa maîtrise du mouvement, sa courtoisie, son sens du temps, constituent aux yeux de l'Initié autant de manifestation de cette perfection qui est l'espérance maçonnique pour un monde meilleur.

Tout est calme et contrôlé chez le Maître des Cérémonies, car il doit éloigner la colère, calmer les esprits et préparer chacun à la réalisation de l'égrégore commun.

Il reste encore deux principes, ils concernent la sublimation de l'être, que les Anciens hermétistes appelaient Vertus Sublimales : la Sagesse et l'Intelligence. Elles sont le résultat de la sublimation de ces sept principes précédentes.

En Loge ils sont représentés par l'Expert et l'Hospitalier.

Le premier, par l'intégration des connaissances les plus profondes et hermétiques, acquiert la sagesse de l'esprit. Il connaît le grand dessein, ses symboles et les rituels magiques permettant aux initiés de s'y conformer.

Pour cela il constitue le garde-fou du Vénérable Maître et son patrimoine.

L'Hospitalier est le but de l'Initiation : l'Intelligence du cœur, celle qui seule sait nous guider à travers les épreuves de notre déterminisme.

Les autre Officiers sont des compléments nécessaires au fonctionnement d'une Loge Maçonnique, mais ce qu'il faut retenir est que chaque rôle revêt son importance et est indispensable par son double sens : un côté administratif et extérieur, un côté ésotérique et caché. L'un est impossible sans l'autre. On ne peut pas accomplir ce qu'on ne connaît pas ou qu'on ne veut pas connaître, par paresse ou par incrédulité stupide, tout comme un raccourci simpliste empêche la démarche initiatique réelle. Alors laissez-moi terminer par une réflexion personnelle : si un homme veut être pompier pour l'uniforme ou pour avoir un gyrophare sur sa voiture, il faut prier beaucoup pour qu'il n'y aie jamais d'incendies !

J'ai dit

Source : www.ledifice.net

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 07:11

Ma planche de ce soir est sur les officiers de la loge
Pour commencer voici la définition de l’officier : il est le titulaire d’un grade ou d’une charge ou office, le titre d’officier est également employé dans certains ordres en occurrence la franc maçonnerie c’est sur les officiers de la loge que je vais d’avantage m’étendre.

Une loge est présidée par un vénérable Maître, son trône se trouve à l’Orient.

Le vénérable maître : est le chef suprême de la loge, il est spécialement chargé de veiller au maintien des lois , de l’ordre, et à l’exécution des règlements ; il doit gouverner sa loge avec douceur et fermeté, y maintenir la subordination, y faire respecter l’ordre.
le vénérable maître, (Maître maçon) élu par ses frères,
Cette élection est reconductible chaque année pour une durée de trois ans maximum , ce qui est d'une grande sagesse , puisqu'il n'est pas possible de "s'installer" à ce poste , contrairement à certains mondes où le but est souvent de se faire réélire le plus longtemps possible.

Avec les deux surveillants ils forment les trois points à partir desquels le triangle de la vie peut être tracé et, complète la triade du roi Salomon, du roi Hiram de Tyr et d’Hiram Abif

Le vénérable Maître est secondé par un collège d’officiers tous maîtres, qui sont éligible tous les ans.
Le nombre de ceux-ci diffèrent selon les rites.

Cependant on trouve :
le premier surveillant : il est responsable de la colonne du midi colonne des compagnons pendant les travaux de l’atelier

Le second surveillant : il est responsable de la colonne nord colonne des apprentis surveille et commente les travaux des apprentis

Les surveillants doivent être en mesure de susciter et maintenir l’intêret de ses apprentis ou compagnons pour la science maçonnique, répondre aux diverses demandes en donnant toutes les explications dont ils ont besoins pour progresser.
Les surveillants sont élus et investis, mais non installés.
La règle maçonnique ne peut être fractionnaire, chacun des trois élus peut éventuellement se retrouver assis sur le trône du vénérable maître.
Lorsque les Frères élisent le vénérable maître, il élisent aussi à travers lui, les surveillants qui doivent être en harmonie avec lui, puisqu’ils prennent part aux responsabilités de sa fonction et de ces décisions.

Le secrétaire : la charge de secrétaire revêt une grande importance du fait de la multiplicité de ses fonctions il est la mémoire de la loge.
Durant les tenues, il écoute, résume, enregistre les décisions et résultats des votes , il gère tous les actes administratifs il consigne les évènements de la loge et dresse le procès verbal de la tenue.

L’orateur : il est le gardien de la loi et des règlements maçonniques. En cette qualité, il est chargé de rappeler les frères à l’ordre en cas de manquement aux principes, traditions et règlements de l’ordre ; sa fonction lui impose de prendre du recul,de rester lucide pour présenter la conclusion des travaux, ou procéder à des commentaires divers.

Le Maître des cérémonies : il est responsable du bon déroulement de la tenue il est très présent dans le temple, il le prépare en fonction du rituel, il veille au cérémonial de chaque assemblée et, il doit contrôler avant l’heure indiquée pour le travail si tout est disposé convenablement pour la cérémonie du jour. Il doit examiner les frères visiteurs.
En règle générale le Maître des cérémonies est chargé d’introduire guider conduire les frères dans la loge. Il intervient dans l’ouverture et la clôture des travaux il précède et conduit le vénérable maître dans ses déplacements.
Gardien du bon déroulement des cérémonies, il se déplace autant qu’il convient pour corriger ce qui manque ou semble incorrect.

Le trésorier : le trésorier de la loge est chargé de percevoir la quotité annuelle des frères, il acquittera sur l’ordre du vénérable maître les dépenses ordinaires.
Le travail de trésorier reste délicat sinon difficile car l’atelier doit faire face à des frais généraux.

L’hospitalier : dépositaire du tronc de la veuve ou de bienfaisance, la coutume lui attribue d’autres fonctions soulager les infortunes, l’assistance aux frères malades.
Le frère Hospitalier est avant tout le confident des membres de la loge qui peuvent rencontrer toutes sortes de difficultés, y compris celle d’ordre pécuniaire.
Ceux qui subissent une gène momentanée ou se trouvent dans l’impossibilité de payer leur cotisation pour cause de chômage ou de problème personnel exceptionnel et qui sont l’objet d’une détresse particulière doivent s’en ouvrir à l’hospitalier les confidences sont couvertes par le secret.
Le titulaire de cette charge n’est redevable d’explications qu’au vénérable maître de la loge.

Maitre des banquets : il est chargé de l’approvisionnement des choses de l’agape de la loge, toutes ces avances lui sont remboursées par le frère trésorier sur facture.
Outre cette activité le maître des banquets doit se charger des achats indispensables au travail (accessoires rituels et tous les éléments nécessaires à l’entretien du mobilier comme celui des locaux)

En conclusion je dirai les obligations que vous impose vos fonctions d’officiers, sont de protéger vos frères et soeurs par votre autorité, de les éclairer par vos connaissances, de les édifier par vos vertus, de les secourir dans leurs besoins, de sacrifier tout ressentiment personnel et de rechercher tout ce qui peut contribuer à la paix a la concorde et à l’union de la loge.

J’ai dit vénérable maître.
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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 05:04

Le Vénérable Maître 

Le Vénérable Maître, ou Vénérable Maître en Chaire, est le président de là Loge, il est installé sur la Chaire du Roi Salomon. Les constitutions d'Anderson qui ne connaissent que deux degrés : Apprenti et Compagnon, parlent du "Maître" ou "Maître de Loge". Avec le développement du degré de Maître, la confusion devenant possible, l'usage s’est établi de distinguer le "Maître", titulaire des trois degrés et le "Maître de Loge", président de l'Atelier. Il appartient au Vénérable Maître en Chaire de convoquer la Loge, d'ouvrir les travaux, de procéder aux initiations et de conférer les grades,( à un niveau inférieur à son grade, au dessus seul le Conseil de l'Ordre peut les décerner, ) d'assurer le bon déroulement et l'ordre des tenues, au besoin en retirant la parole et en faisant couvrir le Temple à tout frère contrevenant à l'ordre des travaux ou des principes maçonniques. Il ne peut être repris en cours de séance par aucun assistant, sauf par l’Orateur , Il peut, si l'ordre est troublé et son autorité méconnue, suspendre et même lever la séance sans formalité, celle-ci ne pouvant être reprise sous la direction d'un autre membre de la Loge. Il dirige l’administration de la Loge et, à ce titre, contrôle le travail des autres officiers, signe les tracés, reçoit et règle la correspondance, ordonnance toutes les dépenses autorisées par la Loge. Il est de droit président de toute commission et chef de toute délégation de la Loge qu'il représente dans les cérémonies et pour les relations extérieures. Il signe les "planches officielles." Les pouvoirs du Vénérable sont aujourd'hui encore définis en ces termes. Ils sont analogues à celui du prince dans les sociétés profanes archaïques. Avec l'évolution des mentalités et le progrès de la conscience, ces pouvoirs ont été progressivement limités dans la durée. Il est aujourd’hui inconcevable que l'on puisse être Vénérable en Chaire ad vitam. Les pouvoirs du Vénérable sont limités aussi par l'Orateur, gardien de la Loi, qui peut et doit intervenir si la "Loi" est transgressée. Il est à l'Orient et fait face à l'Occident. Cette position, cosmique" signifie qu'il est symboliquement identifié au soleil levant. Il "conduit" la lumière en direction des régions obscures. Il éclaire de même, au plan du temps, il incarne le matin, le commencement, le renouveau. Dans tous les rites, le bijou du Vénérable est l'équerre. Notons que cette équerre forme avec le sautoir une "Croix de Saint André" qui marque le rayonnement qui doit caractériser cet officier. Le Vénérable doit représenter l'égrégore de la Loge. L'autorité dont il a été investi est tempérée par la bienveillance qui doit marquer tous ses actes. Aussi, son rôle est-il à la fois actif et passif, Il doit équilibrer. Il stimule, entraîne, génère l'énergie du groupe et l'entretient ; en même temps, il calme, adoucit, freine les élans d'un zèle pour qu'il ne soit pas maladroit. L'outil associé à cette fonction est la truelle. C'est l'outil qui intervient lorsque le gros œuvre" de l'édifice est terminé. Il sert à jeter et à étaler le mortier afin de couvrir les aspérités des pierres et les traces de leur séparation. Le Vénérable, grâce à son rayonnement, à son expérience et à sa bienveillance, couvre d'amour et de connaissance tout ce qui sépare les frères de la Loge et tout ce qui est inharmonique à l'intérieur de chacun d'eux. Il est l'alchimiste qui transmute les passions et les aspérités des âmes en amour fraternel. Cet amour ainsi généré stimule l'esprit et constitue l'atmosphère nécessaire à l'épanouissement de la connaissance. C'est pourquoi cette fonction est confié à un Maître expérimenté qui a pratiqué plusieurs offices, dont celui de Premier Surveillant. Néanmoins, aucun Maître ne peut prétendre être réellement à la hauteur de cette fonction. Il lui faudrait pour cela être un initié parfait ! Néanmoins, il n'est possible ni sage d'attendre de mériter ce rôle éminent pour le jouer. Ce n'est pas possible parce que, si l'on attendait un initié véritable pour occuper la Chaire du roi Salomon, il ne pourrait exister aucune Loge. Il n'est pas sage non plus d'attendre, car le Maître qui accepte cette fonction est appelé, grâce à elle, à faire des progrès dans l'Art. C'est en pratiquant des fonctions qui le dépassent que le Maître acquiert, peu à peu, la maîtrise. Aussi il ne faut pas se dérober à cette tâche, lorsque l'on est invité par ses frères à l'accomplir. Elle fait partie des épreuves à vaincre. Le Vénéralat, comme toutes les autres responsabilités, sont des étapes sur la voie Royale. Un Maître maçon attend cette fonction avec crainte et l'assume avec joie. Il l'assume avec joie et, après son temps laisse la place avec soulagement !...Ainsi se passent les choses, dans une Loge maçonnique. Tous les Maîtres qui ont accompli la fonction de Vénérable se sentent transformés et enrichis par cette expérience difficile et exaltante. Selon une tradition d'origine opérative, le Vénérable reçoit une transmission ésotérique particulière, au cours d'une cérémonie secrète dite d'installation". Les Vénérables et anciens Vénérables ayant vécu la cérémonie ésotérique de l'installation peuvent se réunir en "Conseils de Maîtres Installés" librement et en dehors de toute structure obédientielle. Ce rite se pratique systématiquement dans la maçonnerie anglaise. En France, il est demeuré longtemps en désuétude, mais il tend aujourd'hui à se généraliser. Le Rite Écossais Ancien Accepté le pratiquent systématiquement. Ces rites, en effet, se veulent traditionnels et "symbolistes" et de ce fait, sont sensibles à la "qualification" du Vénérable et à la nécessité d'un Enseignement réservé à cette fonction. En 1834, le terme de "Vénérable Maître d’honneur" est considéré comme une nouveauté, mais ne requiert aucun élément traditionnel. De nombreuses Loges françaises pratiquent cette solution qui est réglementaire mais non initiatique.

Le Couvreur 

Le Couvreur, par principe est l’ancien Vénérable Maître, qui par son expérience sera un excellent Tuileur avec l’Expert. Le participe adjectif " couvert" ou "à couvert" ou encore "clos et couvert" s'emploie pour préciser que les profanes sont éloignés et que l'on peut vaquer en sécurité aux Travaux Maçonniques. A l'inverse, on dit "il pleut" ou "il neige" pour signifier que l'endroit n'est pas couvert. Le verbe "Couvrir le Temple" signifie "sortir du Temple". L'officier chargé de s'assurer de la sécurité du Temple se nomme donc le "Frère Couvreur". Le couvreur est identifié parfois avec le Tuileur. Au rite Écossais Ancien Accepté, il n'existe que le couvreur intérieur. Le Couvreur s'installe à l’occident, à côté du Second Surveillant. Il s'assure que le Temple est bien couvert, en informe le Second Surveillant qui informe le premier, lequel informe le Vénérable. Le couvreur informe également de la présence, dans les parvis, de visiteurs. Le bijou du couvreur est un glaive vertical, poignée en bas, ou bien une épée "flamboyante" comme celles dont il est question dans la Bible, au chapitre de la Genèse qui raconte comment l'Eternel fait garder l'Arbre de l'immortalité par des chérubins armés ainsi. Dans l'arbre Séphirothique, le Couvreur est "Malkhuth", le Royaume. La fonction de Couvreur relève de la symbolique du Gardien du Seuil. En effet, le couvreur surveille le passage entre l'extérieur (profane),,..et l'intérieur (sacré). Il sépare et, en même temps, unit et réconcilie le profane et le sacré. Cela se fait lorsque l'arrivant est accueilli sur le seuil et introduit à l'intérieur. Le seuil, frontière du sacré, participe de la transcendance du centre et ses connotations symboliques sont semblables à celles de la porte.

L'Expert  

L'Expert est chargé particulièrement de tout l'aspect rituel des travaux. Il est le gardien du rituel et dirige les cérémonies. L'Expert, nommé parfois "Grand Expert", lorsqu'il est assisté par un deuxième expert, est l'héritier du "Frère Terrible" des Loges françaises d'autrefois. Il remplace le deuxième surveillant, le premier surveillant et même le Vénérable en leur absence. Il s'assure de la qualité maçonnique des visiteurs, les tuile et donne son avis au Vénérable sur leur introduction. Il fait préparer et dirige les épreuves. Il introduit et accompagne les initiés dans leurs voyages. Il recueille les boules et les bulletins de vote et assiste à leur dépouillement. C'est lui qui enseigne aux nouveaux initiés les signes et les attouchements. Ce rôle d'initiateur, il le joue pour les trois degrés. Sa place est sur la colonne du Midi, à proximité du Trésorier et de l'orateur. Le bijou de la fonction d'Expert est mal fixé. Le Rite Écossais Ancien Accepté à adopté un glaive croisé avec une règle et un œil, insignes de sa vigilance. L’Expert prépare et dirige les cérémonies. Non seulement, il est familier du rituel, mais il est capable de juger et d'expliquer la qualité, au plan de l'Enseignement, de chacun de ses éléments. Il veille à la conservation des outils, à leur remplacement et à leur acquisition. Pendant les cérémonies, il est le centre de la Loge. Les autres officiers le suivent ; c'est lui qui donne le ton et le mouvement. À cause de ses responsabilités qui l'obligent à avoir I' œil à tout, il n'est pas tenu, lorsqu'il circule dans le Temple, de respecter la circulation. Il se déplace comme il l'entend. Le symbolisme planétaire lui convient, comme nous l'avons vu précédemment pour ce qui concerne le secrétaire. Saturne, dans la pensée hermétique, c'est la couleur noire, celle de la matière dissoute et putréfiée, ou encore le cuivre commun, le premier des métaux. Toutes ces images indiquent une fonction séparatrice, à la fois une fin et un commencement, l'arrêt d'un cycle et le début d'un nouveau cycle. De même, l'Expert préside au changement. Il est le maître des phases transitoires qui font du profane un apprenti, de l'apprenti un compagnon et du compagnon, un maître actuel, le rite de Salomon a substitué Uranus à Saturne, c'est parce que cette planète, comme symbole du changement, est encore plus évidente. Si dans sa rédaction Or, n'ayant été découverte par William Herschel que le 13 Mars 1781, on n'en trouve évidemment aucune mention dans les anciens textes. Le symbolisme astrologique voit en Uranus la force cosmique qui provoque des changements et des bouleversements, des inventions et des créations originales. Selon cette perspective, le principe d'Uranus est le progrès. Son domicile est le Verseau, qu'il partage d'ailleurs avec Saturne. Si la planète a été découverte récemment. elle a été nommée Uranus parce que ce nom, dans la mythologie Gréco-latine, est associé à l'élévation. Or, que signifie ce terme, extrait du "Royaume des Mères" ? Le processus uranien de l'élévation se situe comme un moment de la colère, du chaos : c'est l'éveil du feu primordial. Face au dieu des océans (Poséidon Neptune). il y a le dieu du ciel (Ourson) dont l'ambition est de se dégager de l'indifférencié, de l'océanique et, par la suite, de monter, de s'élever, de se tendre en hauteur,- comme pour s'individualiser au maximum. Tout ce qui détache l'homme de la terre et l'élève dans le ciel qui est son empire mythologique, tout ce qui tend à la verticalité, se passe sous ses auspices. Ainsi l'Expert est celui qui. pendant les phases du changement, porte vers le haut le néophyte. Son bijou qui, aujourd'hui encore n'est pas définitivement fixé, pourrait être une verticale ou un triangle ascendant dont la base serait dans l'Océan et le sommet parmi les étoiles de la voûte céleste.

L'Hospitalier 

L'Hospitalier.Cette fonction existe dans tous les rites et à tous les degrés, l’Hospitalier est nommé parfois "aumônier" ou "élémosynaire". Il est chargé de recueillir et de distribuer les "aumônes", d'aller visiter les frères malades, de soutenir ceux qui sont dans la détresse, de s'assurer de la situation des veuves et des orphelins des frères, de s'informer des raisons d'absences non motivées, car elles peuvent avoir une signification qui relève de sa compétence. Il est le "cœur" de la Loge. L'existence de cet officier remonte à la vielle maçonnerie opérative. Il existe encore actuellement dans le compagnonnage. Comme le Trésorier, l'Hospitalier n'est pas l'un des sept officiers nécessaires pour que la Loge soit juste et parfaite" L'Hospitalier siège généralement au pied de l'Orient, près du Secrétaire et sur la colonne du nord. Au plan symbolique, il est "Chesed", la grâce, dans l'arbre des séphiroth et la terre "nourricière" dans le système cosmique. Le bijou de l'Hospitalier est une "aumônière portant un cœur au centre" ou bien une simple bourse. L’Hospitalier administre une caisse autonome que l'on nomme : le tronc de la Veuve. Les Francs-Maçons, par référence à Hiram l'architecte sont les "enfants de la veuve". Hiram naquit d'une veuve, comme il est indiqué dans les "Rois" et aussi dans les "chroniques" de l'Ancien Testament. Horus naquit aussi d'une veuve, Isis, selon la légende égyptienne d'Osiris. Il est intéressant d'analyser ces mythes dont les héros grandissent sans avoir à être confrontés avec l'image du père... L'Hospitalier effectue l'essentiel de son travail en dehors des réunions. Il faut donc qu'il soit très disponible. En outre, ses qualités essentielles sont l'amour et le dévouement. A ce propos, il convient d'insister sur des mots. Trop souvent, l'hospitalier se borne à gérer le tronc qui lui est confié en faisant des dons et des prêts, avec l'accord du Vénérable, à des associations, à des frères, à des veuves, cela est bien mais n'est pas suffisant. En outre, l'hospitalier se soucie des absences, excusées ou non, et prend contact avec les frères absents afin de savoir exactement ce qui se passe. Cela est bien et nécessaire, mais pas encore suffisant. La solidarité est un devoir et un droit pour chacun, mais pas seulement cela. Si on approche cette notion en termes de droit ou de devoir seulement, on ignore le cœur et on la vit d'une manière exclusivement cérébrale. Dans cette perspective, la solidarité s'organise comme un "service", au sens administratif du terme et se pratique dans un contexte de formalités réglementaires. La solidarité, sous l'éclairage d'une communauté initiatique, n'apparaît pas seulement sous l'aspect d'un droit et d'un devoir : elle apparaît comme toute naturelle. Cela veut dire que son essence est l’Amour, tout simplement. Dans cette perspective, l'administration et ses règles permettent une bonne gestion sans constituer un carcan. Autrement dit, la fonction de solidarité s’accomplit selon des règles nécessaires mais ne rejette pas un problème si celui-ci n'est pas prévu par le règlement. La solidarité, envisagée comme naturelle, prend en compte, de ce fait, le spirituel et le matériel : lorsque l'on reçoit du pain de la main d'un ami, on reçoit beaucoup plus que de la nourriture. Ce pain n'est pas seulement du pain. Il est également la manifestation d'une présence amie et il réchauffe le cœur autant qu'il sustente l'estomac. Le Franc-Maçon, familier de la pensée symbolique, sait bien cela et connaît les correspondances entre le "soma" et le "psyché". Ainsi, il est nécessaire de conférer à la fonction hospitalière une épaisseur d'ordre spirituel que les usages et les règlements tendent à diminuer. En écrivant ces lignes, je pense à certain malheur qui aurait pu être évité : il était une fois une Loge comme beaucoup d'autres, un frère de cette Loge ne venait plus et ne s'excusait pas. Après un certain nombre d'absences, la Chambre des Maîtres expédia à ce Frère une lettre recommandée lui enjoignant de se mettre à jour avec le trésor et d’assister régulièrement aux tenues, sous peine d'exclusion. Personne, avant d'envoyer cette lettre, n'avait été voir ce frère. Le Vénérable s'était contenté de demander en Loge si quelqu'un avait des nouvelles et, sur la réponse négative de tous, la lettre recommandée avait été envoyée, or ce frère était dépressif. A cause de nombreuses contrariétés de toute nature, il avait, selon une formule à la mode, "craqué" et il s'était recroquevillé dans sa coquille. Son absence était un appel de détresse et cela, personne ne l'avait compris. Son comportement était normal du point de vue psychologique, mais déviant et condamnable du point de vue réglementaire. Après la réception de cette lettre recommandée, ce frère se donna la mort. Il eut droit à une chaîne d'union autour de sa tombe, selon les usages. L'Hospitalier doit être en relation permanente avec le trésorier. Ce dernier doit informer l'hospitalier de ses problèmes de recouvrement. Dans une communauté d'êtres humains normaux, la rigueur des sanctions doit être réservée aux membres dont la mauvaise foi et l'indifférence ne font aucun doute pour personne. Dans une communauté qui se veut "initiatique" et fraternelle, où chacun se sent chargé du devoir de recevoir et de transmettre un enseignement dont le but est d'éveiller et de stimuler la conscience et d'améliorer l'espèce humaine, il faut aller aussi loin que possible et, en tous cas, plus loin qu'on ne le fait dans le monde profane, dans la voie de l'amour et de la compréhension. Aussi, il en est de l'hospitalier comme de chacun des officiers de la Loge : chacun est le plus important... Si l'on vit profondément cette affirmation aussi raisonnable qu'illogique, on a une chance de réussir le projet initiatique.

Le Maître des Cérémonies. 

Le Maître des Cérémonies. Dans tous les rites, "il conduit la marche". Il introduit les membres de la Loge et les visiteurs. Pendant les Tenues, il conduit les frères qui doivent se déplacer. A la fin de la tenue, il fait circuler le "sac aux propositions" en même temps que l'Hospitalier fait circuler le Tronc de la Veuve. L'insigne de sa fonction est une canne. Le bijou de son sautoir porte deux glaives entrecroisés et une canne. Sa place est à la tête de la Colonne du Nord, face à l'Expert et à côté de l'Hospitalier. Sur l'arbre Séphirothique, il incarne Tiphereth, la beauté et selon le symbolisme cosmique, il est Mercure, le messager. Mercure, c'est Hermès dont le principe est le mouvement. C'est le Dieu qui divise et unit ; il pose des bornes et aide à les franchir. Il conduit les voyageurs, les mène là où ils veulent ou bien les égare... Il préside à la circulation des choses, des êtres et des idées. La fonction du mouvement donne la vie au corps que constitue la Loge et le Maître des Cérémonies permet le mouvement. Par ailleurs, le symbolisme du mercure, selon l’alchimie. est stimulant. Il a le pouvoir de purifier et de fixer l'or. Il est symbole de délivrance et associé à l'immortalité. La "science du mercure" est l'expression d'une science de la régénération intérieure. La Loge, Athanor d'une alchimie spirituelle, parvient à son but qui est, symboliquement, la transmutation du vil métal en or pur, grâce au principe incarné par le maître des Cérémonies.

L'Orateur 

L'Orateur. Au Rite Écossais Ancien Accepté , l'Orateur est le quatrième officier de la Loge. Il siège à l'Orient, à la gauche du Vénérable, face au Secrétaire. Les fonctions sont doubles : il est le gardien de la Loi et d'autre part il prononce des discours à l'occasion des cérémonies et tire les conclusions des travaux, à la fin de chaque tenue. Les discours à prononcer lors des cérémonies, à l'occasion des "passages", font partie intégrante du rituel et l'Orateur ne fait que lire. Il lui est suivant les cas permis d'improviser, sa fonction de Gardien de la Loi lui donne de très grands pouvoirs. Il peut s'opposer à toute délibération qui serait contraire aux Constitutions ou au règlement général. Il est le seul officier qui peut faire des observations, pendant la, réunion, au Vénérable. Dans une discussion, il peut intervenir 'sans demander la parole, si cette intervention est "dans l'intérêt de la Loi". Après chaque discussion et avant de passer au vote, le Vénérable demande' les conclusions de l'Orateur et celui-ci les donne, sans avoir à les motiver. La Loge ne peut voter que sur les conclusions de l'Orateur. Le bijou d'Orateur comporte parfois un livre sur lequel est écrit "Loi", ou bien les tables de la loi. Selon le symbolisme Séphirothique, il est "Chochmah" la Sagesse. Au plan cosmique, il correspond au Soleil. Dans l’Étoile à six branches (le sceau de Salomon), il forme un des deux sommets du triangle " descendant "qui organise la Loge. Si l'on représente la Loge par un homme, il est, avec l'Hospitalier, le bras gauche. En sa qualité de Gardien de la Loi, l'Orateur doit connaître parfaitement les Constitutions et les Règlements de l'Obédience. Cela pose problème, dans la perspective de l'Enseignement initiatique. La Loge est la seule structure conforme à cet Enseignement. L'Obédience, elle, ne l'est pas. L'Obédience est une fédération de Loges et sa vocation est d'ordre administratif : gérer les locaux, gérer la circulation des informations nécessaires aux Loges, mettre à la disposition de celles-ci les services dont elle a besoin. Des Loges, fédérées ou non, sont toujours des Loges. Lorsqu'elles décident de se constituer en Obédiences, elles constituent des assemblées formées par des Maîtres désignés par elles et chargent ces assemblées de gérer les problèmes communs à toutes les Loges. Par ailleurs, le Rite est géré par un Conseil, indépendant de l'Obédience. Ces assemblées rédigent des Règlements soumis à l'approbation des Loges et qui, après vote favorable des délégués des Loges, ont force de loi. Il est utile de disposer de règlements de manière à assurer le bon fonctionnement des Loges et de manière à éviter tout désordre qui pourrait survenir si l'on ne disposait pas de références solides quant aux règles du Métier. On ne peut se passer de règles écrites et on doit codifier les usages qui ont fait leurs preuves. Néanmoins, il arrive que des règlements émanant de l'obédience soient en contradiction avec les règles du Métier lorsqu'ils restreignent la liberté de la Loge, pour ce qui concerne la nature de ses travaux, le choix des minables, aux trois degrés, la durée des mandats des officiers et d'autres choses de la sorte. Une Loge maçonnique est libre et souveraine. Elle détient une patente pour la pratique d'un Rite mais, en dehors de cela, n'a pas besoin d'autorisation pour se réunir et pour travailler comme elle l'entend. Elle peut accepter les visiteurs qui lui plaisent et refuser ceux qui lui déplaisent, en toute liberté. Elle peut initier qui lui convient et transmettre les trois premiers degrés comme elle l'entend. Malheureusement, depuis le XVIIe siècle, les Obédiences, d'abord simples émanations des Loges, sont devenues des "puissances", au sens profane du terme, qui confisquent à leur profit l'autorité et le pouvoir dans les domaines qui concernent l'esprit, les idées, l'enseignement lui-même. A mesure que les Obédiences pontifient en matière d'enseignement, les Loges se réduisent à la fonction de "cellules de base", ce qui n'est pas du tout conforme aux usages du Métier. La décadence, en matière de Franc-Maçonnerie, se mesure à la puissance de l'obédience qui est inversement proportionnelle à la qualité du travail en Loge. Que penser de la qualité de l'Enseignement d'une Loge dont le Vénérable demande aux "instances supérieures" de l'Obédience des autorisations à tout propos, remet servilement son maillet aux "Dignitaires" qui lui font l'honneur d'une visite, dont l'Orateur n'est que I' œil de l'obédience et le garant de la conformité de la pratique avec les règlements imposés, dont les visiteurs, au lieu d'être tuilés selon les règles du Métier, sont admis sur simple présentation d'une carte munie du tampon obligatoire ? Comment peut travailler une telle Loge : Si elle n'a pas confiance dans les outils dont elle dispose ? Si Elle a le fil à plomb et elle a besoin d'une autorité "supérieure" pour poser une verticale ? Si Elle a le niveau et elle n'est pas capable toute seule d'établir l'horizontale ? Si Elle a l'équerre et le compas et a besoin d'un concours extérieur pour tracer le triangle et l'étoile ? Si Elle dispose du livre de la Loi Sacrée et n'est pas capable de le lire et de l'interpréter elle-même ? Si Elle a tout ce qu'il faut pour progresser dans l'Art, pour construire, pour enseigner, pour juger et que cela ne lui suffit pas ? Heureusement, la tendance, de nos jours, s'inverse et les Loges apprennent à se servir des outils. Les Francs-Maçons sont de plus en plus exigeants à l'égard des anciens et à l'égard d’eux-mêmes. L'Obédience, peu à peu, redevient ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être, un organisme administratif au service des Loges, rien de plus et rien de moins. Aussi, l'Orateur, s'il est à la hauteur de sa fonction, se perçoit comme Gardien de la Loi et ne se laisse pas réduire au rôle de serviteur inconditionnel d'un règlement. La Loi, c'est d'abord l'esprit et non la lettre. Un Maître pose le compas sur l'équerre, donc il "connaît" la primauté de l'esprit et il vit cette connaissance jusque dans ses profondeurs. L'Orateur est un Maître expérimenté. qui connaît l'Art, l'histoire du Métier, l'histoire de la Franc-Maçonnerie, la nature et la portée de l'initiation. Il sait juger un texte, le situer dans un contexte, il connaît les règles et les usages, bref, il est, comme le lui montre le symbolisme, la sagesse et le soleil. Pourquoi se réunit-on en Loge si ce n'est pour mettre en œuvre une pédagogie qui favorise l'émergence d'un niveau de conscience supérieur ? L'Orateur participe à ce travail. Il lui faut donc être, comme les autres Officiers et les autres Frères, un créateur, un incitateur. Le soleil rayonne, de lui viennent chaleur et lumière. Personne ne peut se 'prétendre qualifié pour tenir ce poste, mais chaque Maître doit accepter cet office s'il y est porté par ses frères et le seul fait de le tenir l'aide à progresser et à acquérir les qualités nécessaires ... s'il le désire vraiment.

Le Secrétaire 

Le Secrétaire, au Rite Écossais Ancien Accepté, siège à l'Orient, à la droite du Vénérable et face à l'orateur. Sa fonction tient entièrement dans cette formule : Il est la Mémoire de la Loge. Pendant les réunions, il prend l'esquisse des travaux et à partir de cette esquisse (brouillon), il dresse la planche dont il donne lecture à l'Atelier à la tenue suivante. Le procès-verbal est adopté par la Loge après avis de l'Orateur et est signé par le Vénérable, l'Orateur et le Secrétaire. Le Registre de ces délibérations donne le "Livre d'Architecture". Le Secrétaire tient également un registre matricule des membres de la Loge par ordre d'admission. Il est chargé également de la correspondance administrative avec l'obédience et de la distribution des convocations masculin et la lune, le principe féminin. Cela est faux par ce que ce commentaire est suscité par une coïncidence linguistique qui n'est pas universelle. Si, dans les langues latines, le soleil est masculin et la lune féminine, c'est le contraire qui est vrai en langue allemande et dans les langues germaniques. En hébreu et en égyptien ancien, les deux sont masculins. Par ailleurs, justifier une "idéologie" patriarcale avec un tel commentaire est malhonnête, car, d'une part, l'association des genres masculin et féminin aux choses n'est pas universelle et d'autre part, l'idéologie patriarcale est, elle aussi, contingente et ne repose sur aucune "valeur" fondamentale dont on pourrait dire qu'elle est éternelle et universelle. Par contre, ce qui est universel dans le symbolisme de la lune, c'est qu'elle est associée aux rythmes biologiques et au temps vivant qui passe. Nous ne nous sommes pas étendus sur le symbolisme du soleil, car celui-ci est beaucoup plus évident. Tous les hommes l'associent d'instinct à la chaleur, à la lumière, au rayonnement, à la fécondité. Pour ce qui concerne la lune, il faut chercher un peu plus et il se trouve qu'en cherchant, on découvre ce que doit être, du même coup, le rôle du secrétaire dans la Loge. La lune est l'astre qui croît, décroît, disparaît et réapparaît, chaque jour différemment. Son éternel retour à ses formes initiales, au cours d'une métamorphose incessante, en fait l'astre des rythmes de la vie. Mircea Eliade, dans son "Traité d'histoire des religions" constate que "les synthèses mentales rendues possibles par la révélation du rythme lunaire mettent en correspondance et unifient les réalités hétérogènes leurs symétries de structures et de leurs analogies de fonctionnement n'auraient pu être découvertes si l'homme primitif n'avait intuitivement perçu la loi de variation périodique. Par ailleurs, de nombreuses mythologies font de la lune le séjour réservé, après la mort, à des privilégiés : souverains, héros, magiciens, initiés. La lune est l'astre de la nuit.. Elle évoque la lumière dans les ténèbres et, de là, la connaissance indirecte. Elle est la transformation et évoque la croissance. De même les "tracés" du secrétaire sont inégaux en grosseur et en densité, selon la nature et le contenu des réunions. Ils sont à chaque fois différents et reviennent toujours à des formes initiales. Ils marquent le rythme et découpent le temps. Ils sont consultés en dehors des réunions, figurent dans des archives et dans des bibliothèques. Ils sont destinés à laisser des traces des travaux dans le monde profane et à ce titre, ils sont, comme la lune, la connaissance indirecte et la lumière dans les ténèbres. Le maître expérimenté qui remplit la fonction de secrétaire doit tenir compte du fait que ses tracés serviront aux historiens futurs et constituent par conséquent des documents. Lorsque nous voulons étudier la vie des Loges dans le passé, les "tracés" sont des documents précieux, voire les seuls. Selon le style, nous savons déjà si les Loges respectaient le rituel et étaient intéressées par les symboles ou non. Les premières phrases rituelles du tracé nous éclairent sur ce point. Puis viennent les compte - rendus des travaux : Là se pose le problème du résumé : La reproduction in extenso de la planche n'est pas une bonne chose parce que sa lecture alourdit trop la tenue suivante, au cours de laquelle le tracé doit être lu. Il appartient au Secrétaire de résumer les idées forces de la planche, en dix ou quinze lignes. Il est bon aussi, pour ceux qui liront plus tard, de noter scrupuleusement les interventions et les noms des intervenants, en les résumant en quelques mots. Ainsi, l'histoire de la Loge est vivante. Certains tracés, après le résumé d'une planche, indiquent : "Après, de nombreuses (ou après plusieurs) interventions, l'orateur conclut... Cela est mauvais car, en négligeant les interventions, non seulement on mutile l'histoire vivante, mais on déresponsabilise les intervenants. Les Frères réfléchissent plus et mieux lorsque, en demandant la parole, ils savent que ce qu'ils vont dire sera tracé et lu à la prochaine tenue. Bien sûr, il convient de mentionner aussi les vœux et salutations des visiteurs, mais sans citer in extenso, puis enfin, les conclusions de l'Orateur. La lecture du dernier tracé prend, selon les cas, de cinq à six minutes à un quart d'heure. Il est mauvais qu’il soit trop court et il est mauvais qu'il atteigne le quart d'heure. Le moment de la lecture du tracé des derniers travaux est utile : il permet le retour sur soi-même et participe, autant que le rituel, à une " mise en condition " profitable à la qualité de ce qui se passe ensuite. Par conséquent, le secrétaire ne doit pas effectuer un travail servile de consignation. Il doit être créatif, imaginatif, intelligent. Il a le sens de la synthèse. Il trouve le mot qui résume une pensée sans dénaturer celle-ci. Il pèse, il jauge, il mesure. Il est doué de l’Esprit de géométrie.

Les Surveillants 

Les Surveillants, dans la Loge, sont les deuxième et troisième Lumières de l'Atelier, immédiatement après le Vénérable en chaire. Cela signifie que dans le cas d'une absence du Vénérable, c'est le premier Surveillant qui le remplace, ou le second, si le premier est indisponible. L'origine des surveillants est opérative et très ancienne. Les "Trois Grandes Lumières de l'Atelier", dans plusieurs "Vieux Devoirs" bien antérieurs aux constitutions d'Anderson, sont : le Maître de Loge et des deux surveillants. La définition des trois grandes lumières comme étant la Bible, l'équerre et le compas ne semble pas être antérieure au XVIIe siècle. Les surveillants sont associés étroitement aux colonnes chacun d'entre eux siège "sur des colonnes du Temple et contrôle une des colonnes de l'Atelier. Le premier Surveillant ou Surveillant Ancien surveille la colonne des Compagnons et le Second Surveillant ou Surveillant Nouveau surveille la colonne des Apprentis. Là se pose le problème de la place exacte des surveillants en Loge. Le premier Surveillant siège à gauche, à côté de la colonne "B" et le second est à droite, à côté de la colonne "J ". La place des Surveillants est aussi en relation avec le symbolisme cosmique du Temple. Sur l'arbre Séphirothique, les surveillants correspondent à "Hod", la victoire et à "Netzah", la gloire. Le Premier Surveillant est "Mars" dont la rigueur et la force doivent être inflexibles et le Second est "Vénus". Mars et Vénus sont opposés et se complètent : le premier est la force masculine et le second la grâce féminine. Les deux Surveillants forment les deux angles de la base du triangle ascendant qui "dirige" la Loge. Si l'on figure l'homme couché dans le Temple, les Surveillants représentent les jambes. Au plan du symbolisme des métaux, le Premier Surveillant représente l'Acier et le Second le cuivre. Les bijoux des Surveillants sont le niveau pour le Premier et la perpendiculaire pour le Second. Le Vénérable ouvre et ferme les travaux avec l'aide des Surveillants. Ceux-ci, comme le Vénérable, tiennent le Maillet, outil de "commandement" en ce sens qu'il "marque" le temps et ponctue la durée au moyen de la percussion. Au Rite Écossais Ancien Accepté, ils passent le long des colonnes, armés de leur maillet, pour vérifier si tous les Frères présents sont Maçons réguliers, en les faisant se mettre à l'Ordre. Pendant les travaux, c'est aux Surveillants que les frères des colonnes demandent la parole. Les Surveillants. transmettent ces demandes au Vénérable qui accorde ou non la parole. Les frères ne prennent la parole que lorsque le Surveillant de leur colonne leur a fait part de la décision du Vénérable. Mais un Surveillant peut ne pas tenir compte d'une demande de prise de parole, s'il juge que cela est bien ainsi. Les Surveillants prennent en charge la formation des nouveaux adeptes. Le second surveillant forme les apprentis et le premier surveillant forme les compagnons. Les surveillants sont des initiateurs. Là réside l'essentiel de leur fonction. Le second surveillant prépare les apprentis au compagnonnage et le premier surveillant prépare les compagnons à la maîtrise. Dans une communauté fraternelle, le désir de progresser doit être nourri par les encouragements, les incitations et les enseignements procurés par des guides. Les "Initiateurs" que sont les Surveillants ne doivent pas se borner à donner une formation exclusivement rituelle et formelle : comment on se tient, comment on prend la parole, etc. Il leur appartient de faire comprendre aux apprentis et aux compagnons pourquoi et comment l'approfondissement des symboles élargit l'esprit, favorise l'introspection, libère des préjugés et des dogmes, permet de faire de l'ordre à l'intérieur de soi-même, construit la liberté intérieure et, de ce fait, permet et assure l'usage de la liberté. Il leur appartient de montrer toute la richesse du "Meurs et deviens". Ils pétrissent l'avenir de la Loge et de la Franc-Maçonnerie. S'ils ne sont pas à la hauteur de leur fonction, la Loge n'aura de maçonnique que le nom et ne ressemblera à rien d'autre qu'à un club et à une espèce de patronage pour adultes. Bien sûr, la Loge est un corps vivant et, tel un corps vivant, si certaines de ses facultés sont défaillantes, d'autres peuvent compenser en devenant plus aiguës. L’ouïe et l'odorat se développent lorsque les yeux s'éteignent. Des Officiers peuvent être défaillants et la Loge peut, quand même, fonctionner bien si d'autres officiers compensent. Pour ce qui concerne les Surveillants, il n'est souvent pas inutile que le Vénérable se mêle de près à la formation des apprentis et des compagnons. La structure traditionnelle de la Loge prévoit que tout doit être supervisé par le Vénérable. Néanmoins, si l'un des officiers ne fait pas convenablement son travail, la Loge est mutilée et cette mutilation est grave si les officiers défaillants sont les surveillants. Le second surveillant est le plus responsable car il préside aux premiers pas des néophytes dans l'Art Royal. Le Maître de la colonne du nord facilite ou, au contraire, rend difficile l'expansion de la lumière dans le Temple. Il est nécessaire qu'il ait de nombreux contacts avec les apprentis, en dehors des réunions d'obligation. Ces contacts ne seront pas toujours des séances de travail. Ce peut être des sorties ensemble, des soirées de détente, meublées de conversations informelles qui ne seront pas toujours axées sur la Franc-Maçonnerie, mais qui seront toujours maçonniques quant à l'esprit. Le second surveillant doit entretenir et favoriser les relations amicales et fraternelles avec les apprentis et entre les apprentis. Il doit être disponible, si les apprentis éprouvent l'envie de le consulter souvent, de le voir, de le questionner, de bavarder avec lui et même, tout simplement, de jouir de sa compagnie, alors cela est très bien et annonce, pour la Loge, un avenir merveilleux ! Les apprentis travaillent sur les symboles de leur degré et sur les symboles à leur degré, mais s'ils veulent fouiller au-delà, le second surveillant ne doit pas les empêcher. Dans de nombreuses Loges, on interdit à l'apprenti de développer un sujet s'il effleure un symbole ou un mythe qu'il est supposé devoir ignorer. Or, ce n'est pas en restreignant par des tabous le travail des néophytes que l'on pratique une véritable pédagogie de l'Eveil. Tous les profanes cultivés connaissent la légende d'Hiram. La Franc-Maçonnerie, son symbolisme et sa mythologie constituent une part du patrimoine culturel de tous et non un compartiment isolé, réservé et tabou. Il est ridicule de ne pouvoir en parler à l'intérieur d'un Temple maçonnique et après y avoir été admis, parce qu'on l'aime et qu'on en attend beaucoup, avec la même liberté que dans un cénacle profane. D'ailleurs, il y a, au niveau de la cérémonie d'initiation, au premier degré, un passage pendant lequel on soulève le bandeau et on permet au candidat de contempler une petite lumière, avant qu'il soit procédé aux voyages initiatiques. Cela veut dire que si l'on veut faire des progrès, dans n'importe quel domaine que ce soit, il est nécessaire d'avoir une idée de ce qui est au-delà de son niveau. On avance mieux sur une route en regardant au delà de ses pieds... Cela ne dispense nullement de faire un pas après l'autre bien au contraire, cela aide. Par ailleurs, la perception intellectuelle d'un symbolisme associé à un degré que l'on ne possède pas ne déflore nullement la qualité de l'émotion ressentie lors du passage. Le vécu demeure une expérience intransmissible par la parole. On peut parler longtemps et savamment d'un fruit, mais son goût ne se raconte pas. Par contre., il n'est pas inutile d'avoir de nombreuses notions sur le fruit que l'on se prépare à goûter. L'apprenti doit travailler sur les symboles de son degré, les outils, la pierre brute, etc. sur les outils des constructeurs et sur l'intérêt de ce symbolisme, sur l'identité : FAIRE = SE FAIRE et sur l'intérêt de cette identité, etc. Le second Surveillant doit le guider en lui montrant l'intérêt de cette démarche. Il doit lui fournir une documentation, lui procurer une bibliographie large, avec des auteurs et des points de vue différents. L'apprenti Franc-Maçon est un adulte généralement cultivé qui doit être orienté dans ses recherches par des conseils, des incitations et des suggestions et non par des ordres et des interdictions. Le second Surveillant fournit et commente la documentation aussi librement que l'apprenti l'explore. Tout commence par la compilation. Il faut savoir, lorsqu'on aborde un sujet, ce que d'autres en ont dit. Aussi, condamner la compilation est absurde. Par contre, le second Surveillant doit inviter l'apprenti à ne pas s'en contenter. Il faut que l'apprenti s'investisse personnellement dans son travail. Si des volumes ont été écrits sur la pierre brute, il y a toujours autre chose à en dire, autre chose et autrement. Avec les sept notes blanches de notre gamme et à l'intérieur d'une seule octave, on peut toujours composer de nouveaux airs, après avoir écouté les compositeurs plus anciens. La vie ne surgit pas "ex nihilo" et aucun être humain ne ressemble exactement à un autre. La compilation servile et l'imagination délirante sont les deux excès à éviter pour que le néophyte puisse avancer dans l'Art. Notre voie ne se nomme-t-elle pas aussi, la Voie du Milieu ? Le second Surveillant, de même que tout Maître digne de son tablier, doit répondre avec bienveillance à toutes les questions, oui, toutes les questions que lui posent les apprentis. Il doit encourager les apprentis à poser des questions. Et si ces questions sont embarrassantes et qu'il ne connaît pas la réponse, il doit répondre tout simplement : "je ne sais pas ". Personne ne se diminue en avouant son ignorance. Le plus éminent savant, celui qui possède une culture aussi vaste que l'on puisse imaginer, n'a jamais plus que des lacunes au sein d'une ignorance encyclopédique. Socrate, que nous honorons dans nos Temples pour ses paroles qui montrent la voie : "Connais toi toi même et tu connaîtras l'Univers et les Dieux" aurait prononcé également ces paroles : " La seule chose que je suis sûr de savoir, c'est que je ne sais rien ". Aussi, le Maître qui a peur d'avouer son ignorance à un apprenti n'a rien compris et l'apprenti qui est déçu du Maître, à cause de son ignorance sur un point ou un autre, n'a rien compris non plus. Dans la Loge, nous nous aidons, en nous appuyant sur nos références particulières et en nous servant de nos outils, pour avancer vers la lumière. Chacun porte un peu de lumière au milieu de son obscurité. Ces lumières, toutes modestes, doivent se réunir pour que le Temple soit éclairé. Mais il n'y a pas deux castes : celle des néophytes qui ne savent rien et celle des Maîtres qui savent tout. Le second surveillant doit encourager la curiosité et la recherche, doit susciter les questions, doit y répondre s’il le peut et doit le dire quand il ne le peut. En aucun cas, il ne doit tricher. Or, il n'y a pas de plus lamentable tricherie que de dire à un jeune Maçon qui pose une question : "Cela n'est pas de ton âge, attends, tu sauras plus tard": Un Maître qui tient un tel langage mériterait de se voir arracher son tablier sur-le-champ. Il disqualifie la maîtrise. Il n'est qu'un profane en tablier, c'est à cause de tels Maîtres que des Loges Maçonniques croupissent dans la médiocrité.

Le Trésorier 

Le Trésorier. Le Trésor d'une Loge est l'ensemble de ses ressources financières, en dehors du revenu du "Tronc de la Veuve" et des œuvres de solidarité. Il est le gestionnaire de cette somme. Il est chargé du recouvrement des cotisations, de la garde du Trésor et de l'acquittement des dépenses sur visa du Vénérable. Il tient une comptabilité dont il rend compte à la Loge, une fois l'an. Il appartient, dans une certaine mesure, au domaine du "profane" puisque ses fonctions, indispensables certes, n'ont rien d'initiatique. Il échappe donc au classement, effectué par Wirth, des relations entre Officiers et symbolisme cosmique, ainsi qu'à toute place sur le pentagramme ou l'hexagramme. En effet, une Loge peut travailler rituellement sans trésorier. Le trésorier ne prend pas place parmi les sept officiers indispensables au fonctionnement d'une Loge. Néanmoins, on l'associe à la séphira cabalistiques Geburah, la rigueur. Son bijou est deux clés croisées. Sa place est en tête de la colonne du Midi, au pied de l'Orient, à côté de l'Orateur. Son travail est ingrat. Il lui faut doser avec art, fermeté et compréhension, quand il s'agit de faire rentrer les cotisations des retardataires. Il doit posséder cette précieuse intelligence du cœur grâce à laquelle il accordera des délais dans la plus parfaite discrétion et, au besoin, alertera l'hospitalier. Comme il doit aussi acquitter les dépenses, son rôle est difficile quand les recettes sont insuffisantes, ce qui arrive parfois. Dans ce cas, il trouvera une solution, soit en faisant l'avance sur ses propres fonds s'il en a les moyens, ou en empruntant auprès d'un frère. Par contre, il doit s'abstenir de solliciter une avance de la part du Tronc de la Veuve. Il arrive que le Trésor soit pauvre et que le Tronc de la Veuve soit riche. En aucun cas, ces deux caisses ne doivent être confondues et en aucun cas, le Tronc de la Veuve ne doit soutenir le Trésor directement. La finalité du Tronc de la Veuve est l'entraide. Par conséquent, si le trésor est pauvre parce que des frères ne peuvent régler leurs cotisations, il appartient au Tronc de la Veuve d'aider ces frères, afin qu'ils puissent s'acquitter et non de compenser directement le "trou" du trésor. L'harmonie des fonctions est, de la sorte, protégée. Les problèmes du Trésor, de même que les problèmes du Tronc de la Veuve, reflètent les problèmes de la fraternité. Là où il est beaucoup question du Trésor, même pendant les Tenues, l'amour fraternel est faible et corollairement, la qualité des travaux aussi

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/Maconnieke%20Encyclopedie/RMAP~1/Russmixte/officiers.htm

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Published by X - dans Planches
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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 07:43

Cette brève présentation de la musique irlandaise et de son histoire n’a aucune prétention exhaustive, voire ethnomusicologique. Nous ne sommes ni chercheurs, ni même spécialistes de ce domaine.
De très nombreuses études et documents couvrent ce sujet, principalement bien sûr, en langue anglaise.
Mais il nous a semblé intéressant de donner au profane francophone quelques clefs sur cette musique pour la replacer dans son environnement. Cette synthèse est illustrée par les vidéos qui nous ont semblé les plus représentatives; pour agrémenter le texte, certes, mais surtout parce que ces exemples sonores et visuels le rendent bien plus explicite.
Pour nous, musiciens amateurs  pratiquant une musique traditionnelle exotique, il est aussi important de connaître son origine, sa trajectoire, les contextes dans lesquels elle est créée et interprétée, d’apprécier sa place dans la société irlandaise et son avenir que de la jouer et de tirer plaisir de sa beauté mélodique et de ses rythmes frénétiques.
Le seul but de cette partie du site est donc de vous faire entrevoir que, derrière ces successions de notes, il y a un monde, il y a une histoire.
Que les spécialistes soient indulgents et rectifient nos propos, si besoin est.
Pour en savoir plus et consulter nos sources, vous trouverez largement à la fin de ce texte de quoi approfondir le sujet.

 

1 PRESENTATION ET BREF SURVOL HISTORIQUE

S’il vous fallait dire ce qu’est “ la musique française ”, comment vous y prendriez-vous ? Sans doute en expliquant qu’on ne peut pas parler d’une musique, mais de musiques, marquées par les époques, les régions, les styles, les répertoires... Vous pourriez peut-être établir de subtiles filiations avec des musiques d’ailleurs, d’au-delà les frontières, montrer l’influence des immigrations, faire un partage en musiques savantes et musiques populaires et d’autres distinctions encore.
Et bien pour l’Irlande, la difficulté est à peu près du même ordre. On entend déjà les protestations : « Mais non, l’Irlande c’est différent, c’est une musique populaire, traditionnelle, bien vivante, reconnaissable entre mille... C’est celle des pubs enfumés et chaleureux, c’est celle des sessions entre amis ou en famille... »
Mais quoi de commun entre les chants guerriers de la période celte, la musique teintée d’italianisme du harpiste Turlough O’Carolan au XVIIIème siècle et la fusion irlando-jazz du groupe Moving Hearts du début des années 1980 ? Et comment parler d’une Irlande qui serait tout à la fois la terre des premiers peuplements, celle des propagateurs du christianisme, celle des royaumes guerriers féodaux, celle de l’invasion anglaise, celle de la grande famine qui fit perdre au pays deux millions d’habitants ? Une Irlande qui resterait la même dans la résistance opiniâtre à l’occupation britannique ou dans l’intégration européenne, transformée en « tigre économique » à coup de législation du travail « souple » et de capitaux de toutes origines ? Oui vraiment, comment parler de la musique irlandaise ?
Sujet complexe, objet d’investissements affectifs variés, cette musique fait parler. La perception que l’on peut en avoir tient autant du rêve et des désirs que de la musicologie, ce qui vaut pour ses auditeurs, mais surtout pour ses acteurs.
Et pourtant, il est vrai aussi qu’on la reconnaît entre toutes, qu’elle garde par delà les siècles et les diversités régionales une capacité unique à émouvoir et à réjouir, à plonger dans la mélancolie brumeuse ou à déclencher une irrépressible envie de danser... Oui, finalement, elle doit bien exister ! Alors donnons-en quelques repères sans autre prétention que d’en faire un bref survol.

1.1 Une histoire singulière


L’histoire de la musique traditionnelle irlandaise, telle qu’elle nous apparaît en ce début de XXIème siècle, est assez étonnante.
Telle le phénix (ou la population irlandaise), elle a réussi, au prix d’évolutions, à traverser les siècles, alors qu’elle aurait pu disparaître.
Elle a survécu en traversant de nombreuses crises, portée plusieurs fois par le volontarisme de militants parfois plus intéressés pas ses aspects nationaux et identitaires que festifs ou sociaux. On se bornera ici à donner quelques jalons. Cette histoire est un peu comparable à un grand puzzle dont manqueraient de très nombreuses pièces. C’est particulièrement vrai pour ses lointaines origines dont on ne sait presque rien. Du Moyen-âge, à part la harpe « de Brian Boru » pieusement conservée au Trinity College, peu d’informations nous sont parvenues. Pour la période allant du XVIème au XVIIIème siècle, le puzzle se complète un peu, grâce aux textes écrits, aux récits de voyage. C’est à la fin de cette période que les ultimes représentants de l’ordre bardique disparaissent et que sont publiés les premiers recueils de leur musique. Des rassemblements musicaux sont même organisés afin de sauver ces mélodies de l’oubli. C’est aussi à cette époque que les maîtres de danse commencent à sillonner les campagnes en vivant de leur art et de leur enseignement, suscitant un engouement croissant des populations rurales. En 1845 survient le traumatisme majeur de l’histoire de l’Irlande : la grande famine, démultipliée par la rapacité du système colonial britannique.
En provoquant la mort d’un million de personnes, elle ébranlera la vieille société gaélique traditionnelle.
En entraînant l’émigration d’un autre million d’Irlandais, elle propagera la diaspora irlandaise à travers le monde. Avec leurs baluchons, les émigrants emporteront leur musique et leur nostalgie du pays natal.
A ce moment de son histoire, la musique traditionnelle, en Irlande, est engagée dans une lente décrépitude, qui est le sort de toutes ces musiques populaires traditionnelles quand se défait le tissu social qui les a vu naître et prospérer.
Le début du XXème siècle voit cette musique gagner une nouvelle popularité grâce à deux phénomènes indépendants et éloignés géographiquement.
En Irlande, alors en pleine effervescence nationaliste, et en route vers son indépendance, les militants décident que l’autonomie politique du pays doit aller de pair avec la renaissance d’une culture gaélique.
Ils lancent donc des programmes de réhabilitation et de repopularisation dans tous les domaines qui marquent la différence avec la culture de l’envahisseur : la langue, les sports, la littérature, le théâtre et bien sûr la musique et la danse.
Outre-Atlantique, dans les grandes métropoles où ils représentent d’importantes minorités, les Irlando-Américains, tout en soutenant financièrement les luttes d’indépendance de la mère patrie, cultivent la nostalgie de leur culture gaélique. C’est là que joueront les meilleurs musiciens, là que la communauté musicale sera particulièrement active. Et là aussi que, grâce à l’industrie phonographique naissante et à l’énorme demande des immigrés, vont être enregistrés les premiers témoignages sonores de l’irish music.
Les disques produits dès les années 1920, en traversant l’Atlantique, contribueront à revitaliser une pratique musicale moribonde en Irlande.
C’est aussi aux États-Unis, à Chicago, que sera réalisé l’ouvrage de collectage qui deviendra la bible de générations de musiciens : le « O’Neil », (du nom de son auteur), dont la première édition recense un millier de morceaux. La musique des Irlando-Américains des années vingt marquera profondément le genre. Et aujourd’hui encore, presque un siècle après, un immense musicien comme Frankie Gavin, considère que non seulement cette période est l’âge d’or de la musique irlandaise, mais aussi que la musique produite alors est le modèle et l’idéal musical vers lequel il faut tendre.
Pendant l’entre-deux guerres, et jusqu’au début des années soixante, alors que la situation politique se normalise, que l’Irlande s’urbanise lentement, et qu’elle quitte un peu plus la société rurale et isolée (et sans doute à cause de ces facteurs), l’intérêt pour ces musiques décline peu à peu.
Un demi-siècle après la grande période des luttes pour l’indépendance, une nouvelle vague de militants, culturels ceux-ci, va se lever. Collectages, études, ouverture d’ateliers : les ingrédients d’une seconde renaissance sont en place. Les écoles de musique fleurissent dans tout le pays, assurant la formation de milliers de musiciens qui vont porter la pratique musicale à un niveau jamais atteint, tant pour la qualité des interprètes que pour le nombre de pratiquants.
De ce creuset sortiront des groupes, qui feront connaître la musique traditionnelle aux quatre coins du monde, les sessions vont se créer et devenir une forme majeure de la pratique de la musique vivante ...et un argument commercial de poids pour les pubs!
Dans les années 1990, le corollaire de cette revitalisation massive sera la commercialisation du genre, via la world-music, les groupes folk-rock voire punk-folk, les grandes machines à tourner comme « Riverdanse » ou le « retour des Celtes » (Où étaient-ils donc partis ?). Mais tout en cette époque court le risque de devenir marchandise : pourquoi pas un bon produit comme la musique irlandaise ? Chacun est juge. Mais cette santé commerciale est aussi l’un des aiguillons de la vitalité d’une musique aux multiples facettes.
Puisse Saint Patrick lui prêter longue vie.

 

1.2 “ Au commencement était le chant... ”

Les auteurs qui ont étudié la musique irlandaise pensent que le chant a cappella peut être considéré comme le modèle de référence de toute exécution musicale traditionnelle. Le chant en gaélique plonge ses racines au plus profond de l’histoire du pays et malgré le recul de la vieille langue, la tradition s’est perpétuée à travers les grandes ballades en anglais. Le chant témoigne de toutes les époques, de tous les événements heureux ou malheureux marquant la vie des hommes. A coté des “ chants de Cour ” composés à la gloire des mécènes et des notables, on trouve des chants relatant le déchirement de l’immigration, le travail de forçats sur les bateaux au long cours, des chants de travail, des complaintes amoureuses, des chants patriotiques ... Aujourd’hui encore les chanteurs pratiquant le gaélique et les chanteurs anglophones -bien plus nombreux- sont l’objet d’une véritable ferveur populaire. Pour s’en convaincre, rien de pareil qu’une longue session de nuit dans la salle paroissiale d’un village : tant que les musiciens jouent, la vie sociale continue, on boit force thé, on partage les biscuits et les conversations vont bon train ; mais quand une chanteuse, jeune ou âgée, entame un air, tout se fige alors dans une écoute recueillie et complice, mélange de plongée en soi et d’attention aux moindres variations et subtilités de l’interprétation… Et les vivas qui saluent la performance sont à la hauteur du plaisir partagé.
Outre ces milliers de chanteurs anonymes et souvent talentueux, l’Irlande contemporaine compte avec Mairead Ni Mhaonaigh, Nollaig Casey, Triona O’Dhomhnaill, Tommie Fleming des interprètes inspirés du chant en gaélique, et Dolores Keane, Mary Black, Christie Moore, Andy Irvine et tant d’autres, font vibrer les foules par leurs compositions ou leurs interprétations du répertoire en anglais. Mais l’influence du chant va bien au-delà ; c’est un modèle d’interprétation pour bien des musiciens et un illustre piper (joueur de cornemuse) comme Willie Clancy répétait toujours que le secret de l’interprétation d’un slow air (mélodie lente) réside dans la reproduction avec l’instrument des subtilités de la voix humaine...

1.3 “ Et ils dansent ”

n 1913, le grand collecteur de musique traditionnelle Francis O’Neill écrit dans son livre Irish Minstrels and Musicians que “ L’amour de la danse apparaît comme étant inhérent aux Irlandais et constitue un des traits essentiels du caractère national ”. L’histoire de la danse en Irlande n’est pas aisée à reconstituer. Cette activité séculaire a bien failli disparaître au cours du XXème siècle après avoir connu une période de grande diffusion aux XVIIème et XVIIIème. De nombreux témoignages montrent que ce loisir se répand alors dans tout le pays et dans toutes les couches de la population. Son influence devient déterminante pour le style de musique en Irlande. Un répertoire varié, marqué selon les régions, va se constituer pour accompagner les danses exécutées en solo ou en groupe : les jigs, les reels, danses dérivées des quadrilles continentaux, les polkas importées d’Europe centrale, les hornpipes, les slides. Ces danses vont rester jusqu’aux premières décennies du XXème siècle la distraction la plus appréciée des Irlandais de tous âges. Mais les luttes pour l’indépendance, la position hostile de la hiérarchie catholique, l’émigration massive, l’évolution de la vie rurale vont contribuer pour leur part à réduire progressivement la pratique de la danse à des milieux très fermés. Il faudra attendre les années cinquante et la naissance du Comhaltas Ceoltóiri Eireann, l’association de promotion culturelle, pour que renaissent des réunions régulières de danseurs, qu’apparaisse une politique de collectage systématique ainsi qu’un enseignement visant à remplacer la transmission traditionnelle défaillante. Aujourd'hui, le renouveau est assuré. Si la danse solo reste pour l’essentiel cantonnée aux épreuves de concours, la danse de groupe, le set dancing, connaît un engouement grandissant, en Irlande et ailleurs. La danse a profité du renouveau culturel et notamment musical et elle donne à son tour du sens à cette musique renouvelée : celui de donner envie de danser.

1.4 “ Honneur aux groupes... ”

On ne saurait parler du renouveau de la musique d’Irlande sans évoquer l’apport décisif des groupes des années soixante-dix et quatre-vingt. Certains sont désormais de “ véritables mythes ” comme on dit à une époque où les mots perdent facilement leur poids. Il faut leur rendre cette justice : ces groupes ont fait beaucoup pour la musique irlandaise et pour la musique traditionnelle.
Citons d’abord le groupe vétéran, celui des ambassadeurs infatigables de la musique irlandaise depuis 1963 : The Chieftains (d’après le nom donné aux petits seigneurs de l’Irlande médiévale). Réunis autour de Paddy Moloney, les musiciens de ce groupe perpétuent un style mis à l’honneur par Sean O’Riada au milieu du siècle, mélange de tradition bien vivante et d’influence de la musique classique. Mais c’est aussi un groupe qui sait organiser régulièrement les associations les plus osées : musique de Chine, chanteurs stars du rock, etc. Leur discographie compte plus d’une quinzaine de volumes.
Citons ensuite LE groupe qui a marqué, celui par qui tout a changé, Planxty. Une association d’une rare élégance, et d’une inventivité renversante, entre Christy Moore, Andy Irvine, Lyam O’Flynn, Donald Lunny, Johnny Moynihan, Matt Molloy (les trois premiers en permanence, les autres à différentes époques). On écoutera avec plaisir les disques qui ont émaillé cette aventure entre 1972 et 1975 : Planxty, The well below the valley, The woman I loved so well...A peu près à la même époque éclatait un nouvel orage dans le ciel mouvementé de la musique irlandaise, le groupe The Bothy Band, composé pour l’essentiel de Micheal O’Dhomhnaill, de Triona Ni Dhomhnaill, de Kevin Burke, de Matt Molloy, de Donald Lunny et de Paddy Keenan. Jamais on n’avait joué aussi vite les morceaux que quand ceux-là montèrent sur scène ! Un nouveau style était né, qui fait encore beaucoup d’émules aujourd’hui, celui du gros son et du punch d’enfer sur fond de jigs et de reels à la cadence impeccable même à un tempo démoniaque... L’aventure tourna court, malheureusement, faute d’une gestion sérieuse des affaires du groupe, mais les disques Old hag you have killed me ou Out of the wind into the sun restent des morceaux d’anthologie.
Autre groupe phare, mais durable celui-ci, De Dannan, constitué autour du fiddler (violoniste) virtuose Frankie Gavin. Ce groupe existe depuis 1974 et continue à tourner régulièrement en Irlande, aux États-Unis et en Europe avec diverses formations. Les disques les plus représentatifs sont Star spangled Molly et The mist covered mountains of home. On pourrait encore citer The boys of the lough, Clannad, Altan, Danu, Dervish, Flook... La liste serait longue. Retenons que certains parmi ces groupes ont fait plus pour le renouveau de la musique en Irlande que bien des projets de développement culturel. Mais leur éclosion n’aurait pas été possible sans le travail acharné, les efforts inlassables de militants culturels et politiques qui maintinrent dans les années cinquante et soixante le flambeau de la culture populaire irlandaise. C’est en grande partie grâce à ces musiciens et ces danseurs qui surent faire vivre et revivre la tradition populaire d’Irlande et la faire connaître avec éclat dans le monde entier qu’aujourd’hui elle est plus vivante que jamais.

2 LA PRATIQUE CONTEMPORAINE - QUELQUES CLEFS

2.1 Bodhrán, feadog, uilleann pipes et autres bizarreries...

Comme toutes les musiques populaires, la musique irlandaise a intégré peu ou prou les instruments qui sont apparus au fil des siècles. Les musiciens et les facteurs d’instruments irlandais ont aussi créé des instruments caractéristiques. On trouve donc côte à côte des instruments bien connus comme la harpe, le violon, la flûte traversière, l’accordéon, la guitare, le piano... et d’autres plus locaux comme le tin whistle, le bodhrán (prononcez bowrann) et la cornemuse irlandaise connue sous le nom d'uilleann pipes.
On ne saurait traiter ce chapitre sans aborder en tout premier lieu la harpe irlandaise. L’Irlande en a fait un emblème national, son utilisation est attestée dans les temps les plus reculés de l’histoire de ce pays et c’est peut-être, avec la voix, le plus ancien instrument utilisé en Irlande. La harpe irlandaise est de taille plus petite que la harpe de concert que l’on connaît mieux. Elle est équipée de cordes métalliques et se joue avec les ongles ce qui lui donne un son caractéristique. Si un musicien mythique comme Turlough O’Carolan était harpiste et que sa mémoire reste attachée à l’instrument, la harpe a connu une désaffection importante à partir du XVIIIème siècle. De nos jours, cet instrument porteur de la tradition la plus ancienne n’a pas encore toute la place qu’il mérite, malgré le talent de musiciennes comme Kathleen Loughnane ou Katrien Delavier (hélas décédée). Cette dernière -française- enregistra deux excellents disques consacrés à l’instrument et participa au groupe Hempson spécialisé en musique ancienne d’Irlande.

Fiddle, c’est le nom donné au violon en musique irlandaise. Les Irlandais, mais aussi les Ecossais et les Anglais, distinguent nettement violin, pour le répertoire classique, et fiddle, qui désigne à la fois l’instrument et le style en musique traditionnelle. Et le fiddler joue du fiddle ! L’instrument lui-même ne diffère pas du violon classique, si ce n’est par l’utilisation de cordes métalliques. C’est l’instrument roi de la musique irlandaise. Des styles régionaux spécifiques se sont créés au fil des siècles et subsistent encore de nos jours malgré une tendance lourde à l’uniformisation sous l’influence de la musique enregistrée et des “ grands noms ”. Parmi ceux-ci on citera les anciens comme Johnny Doherty, Michael Coleman, James Morrison... Et les contemporains comme Sean Keane, Kevin Burke, Charlie Lennon, Paddy Glackin, Frankie Gavin...

La timber flute est la flûte traversière en ébène, qui se répandit chez les musiciens traditionnels quand la flûte métallique équipée du “ Système Boehm ” s’implanta chez les musiciens classiques ; les flûtes en bois, démodées, devinrent tout d’un coup financièrement accessibles. Les flûtistes se sont rapidement taillé une place de choix parmi les musiciens irlandais. Les styles des comtés de Sligo, de Galway et de Clare sont devenus célèbres. Les interprètes les plus réputés sont Michael Tubridy, Seamus Tansey, et plus près de nous Dessie Wilkinson et surtout Matt Molloy, l’un des flûtistes les plus inspirés que nous ayons eu l’occasion d’entendre.

Le feadog ou tin whistle est une flûte métallique ; en fait un simple tuyau de laiton percé de trous que l’on raccorde à un sifflet (whistle). Evidemment, tout est dans l’art de percer les trous, de fabriquer le bon sifflet et d’en jouer ! Instrument d’apprentissage, instrument de voyage, c’est aussi un instrument à la sonorité unique qui a ses virtuoses comme Mary Bergin, Miko Russel, Paddy Moloney, Winnie Kilduff...

Le low whistle, c’est le grand frère du tin. Accordé une octave plus bas, il donne un son grave et velouté qui se prête à merveille aux airs lents.

Le bodhrán est un tambour : une peau de chèvre tendue sur un bâti en bois de forme cylindrique. On connaît mal l’histoire de cet instrument. Traditionnellement, il était associé aux fêtes de la moisson et du battage. On en joue en le posant verticalement sur la cuisse et en frappant sa peau à main nue ou, le plus souvent, avec un stick, mailloche de bois à deux têtes permettant de produire des roulements et de nombreux effets. Le musicien module le son en faisant varier la pression sur la peau. Son utilisation dans les groupes date des années soixante.

La cornemuse irlandaise s’appelle uilleann pipes (du gaélique et de l’anglais : littéralement “ cornemuse de coude ”), ou organ pipes en référence aux riches sonorités produites par les drones (bourdons) et les “ régulateurs ”, ou encore union pipes en référence à l’accord entre le chanter (chalumeau) où se joue la mélodie et les régulateurs qui servent à l’accompagnement. Comme toute cornemuse, c’est d’abord un sac que l’on remplit d’air (à l’aide d’un soufflet en l’occurrence), air qui est ensuite distribué entre les différentes parties “ chantantes ” de l’instrument. L’affaire demande « un peu » d’habitude... Créé pour jouer à l’intérieur des édifices, l'uilleann pipes présente une sonorité assez douce, surtout pour les instruments accordés en do ou en si ; ceux accordés en ré sont plus brillants et mieux adaptés au jeu en groupe.
Cette cornemuse à bien failli disparaître dans les années 1950/1960 : les derniers artisans-facteurs étaient morts en emportant leur savoir-faire et seuls restaient “ jouables ” les instruments construits au XIXème siècle et ceux fabriqués dans les années trente par Léo Rowsome, célèbre musicien, pédagogue et génial constructeur de pipes. Il faudra attendre les années quatre-vingt pour retrouver puis dépasser la qualité de fabrication des grands maîtres du XIXème siècle grâce notamment à l’ingénieur français Alain Froment.
Les grands pipers sont nombreux, dans différents styles. On citera Patsy Touhey, Seamus Ennis, Felix et Johnny Doran, Willie Clancy -hélas disparus- ainsi que, pour notre plus grand plaisir : Lyam O’Flynn, Paddy Moloney, Paddy Keenan, Finbar Furey, Davy Spillane... et bien d’autres jeunes talents.

 

Avec l’accordéon et le concertina, nous revenons en terrain connu. Ces deux instruments, remontant à la première moitié du XIXème siècle, sont très proches l’un de l’autre : alimentation en air par un soufflet central, mélodie jouée sur des claviers à boutons, anches métalliques, mécanisme en bois ou en métal…. Ces deux instruments ont été adoptés au cours du siècle passé en Irlande. Les grands noms de l’accordéon sont Joe Burke, Joe Cooley, Bobby Casey par le passé et plus récemment Tony Mac Mahon, Seamus Beagley, Martin O’Connor, Jackie Daly, Sharon Shannon... Le concertina a été rendu célèbre par Elisabeth Crotty ou Mrs Dalton, c’est maintenant Mary Mac Namara et Noël Hill qui en sont les représentants les plus talentueux.

 

Depuis les trente dernières années, l’accompagnement aux cordes s’est répandu largement en musique irlandaise. Qu’il s’agisse de guitare, de bouzouki ou de mandoline. Ces instruments ont apporté une couleur nouvelle aux formations musicales traditionnelles et une “ pêche ” bien dans l’air du temps. On trouve dans ce domaine quelques grands noms de la musique irlandaise d’aujourd’hui : Donald Lunny, Johnny Moynihan, Andy Irvin, Arty Mac Glynn...L’accompagnement de la musique irlandaise au piano est venu assez tardivement et a surtout marqué le style irlando-américain. Il reste cependant assez rare même s’il a pu servir à une époque à donner quelques “ lettres de noblesse ” à la musique traditionnelle. On peut aussi rencontrer, plus ou moins fréquemment, quelques banjos, harmonicas et autres bones (os de bœuf ou de moutons utilisés comme percussions).


2.2 “ Reels, slides, hornpipes et slow airs... ” - Les genres musicaux


Divers rythmes (correspondant souvent à des pas de danses différents) composent la musique irlandaise le plus souvent jouée en mode majeur. Les voici présentés par ordre d’importance et de popularité décroissante.

 

Le reel
A tout seigneur, tout honneur : le reel. Il représente à lui tout seul les deux tiers du répertoire.
4/4 rapide, présentant un balancement entre le temps et le contretemps.

La jig
L’autre genre spécifique de la musique irlandaise.
Existe en trois variétés : 6/8 ; 9/8 (slip jig) et 12/8 (single jig)
Son nom vient probablement, au XVIème siècle, d’une danse italienne : la giga.

La polka
Mélodie binaire, en 2/4. Originaire d’Europe de l’Est, elle connut, vers la fin du XVIIIème siècle, un succès foudroyant et se répandit alors dans toute l’Europe.
En Irlande, on ne la trouve pratiquement que dans le Kerry et dans la région de Cork.

Le slide
En 12/8, très rapide. Encore une spécialité des zones Kerry/Cork.

Le hornpipe
Musique en 4/4, moins rapide que le reel, caractérisé par ses triplets (proche du triolet classique).
Le nom proviendrait d’un instrument de musique à anche double du XVIème siècle, construit a partir d’une corne d’animal.

Le Slow air
C’est une mélodie lente ou très lente, écrite pour un instrument en solo, et pour l’écoute seule.
Une variété en est le planxty : écrit pour la harpe, en l’honneur d’un noble ou d’un riche mécène.
Turlough O'Carolan (1670-1738), fut le compositeur quasi exclusif de ces planxties.

Marche
Genre présent dans toutes les traditions et même en musique classique. Peut être plus ou moins rapide.
Généralement en 4/4, parfois en 6/8. On trouve aussi, plus ou moins anecdotiques selon les régions et les époques des valses et des mazurkas d’origine continentale, ainsi que des barndances ou des Highland flings, d’origines écossaises.

2.3 Step, set, battering... : Les danses

Si l’on ne peut éviter de parler de danses dans une présentation de la musique irlandaise, c’est parce que la majorité des pièces instrumentales sont des musiques de danse. C’est cette fonction initiale de la musique, à l’origine des morceaux, qui explique leurs caractéristiques (métrique, longueur et …vitesse). Un répertoire musical varié, spécifique selon les régions, s’est constitué au fil du temps pour accompagner les danses exécutées en solo ou en groupes.
On n’a pas de description détaillée des danses avant la seconde moitié du XIXème siècle. Certains auteurs font remonter la tradition de danse à l’Irlande préchrétienne, influencée beaucoup plus tard par les danses continentales et particulièrement les quadrilles français. En littérature, presque toutes les références aux danses ne parlent que de “Round and Long dances” (danses de groupe en figures). Plus tard -vers la fin du XVIIIème- on commence à trouver des informations sur l’activité des maîtres de danse qui ont inventé et enseigné les steps. Ces danses compliquées seraient des variations savantes réalisées à partir des pas simples des danses de groupe et des figures importées des quadrilles français et écossais, adaptés pour la musique traditionnelle. Le grand public a récemment eu connaissance de la danse irlandaise grâce aux grands spectacles commerciaux tels que Riverdance ou Lord of the Dance. Mais ceux-ci ne sont qu’adaptation aux goûts et attentes de l’industrie du show-business, d’une forme de danse traditionnelle irlandaise, parmi toutes les autres.
On peut diviser les genres entre danses de spectacle (performance dance) et danses sociales (social dance).

Danses de spectacle

Stepdance
La danse de spectacle pratiquée en solo, nommée stepdance, est caractérisée par des pas très rapides et précis, exécutés le buste droit et les bras inertes. Il existe plusieurs formes de step dancing en Irlande, mais le style le plus connu est celui du Munster, codifié dans les années vingt par An Coimisiún le Rincí Gaelacha, « la Commission de danses irlandaises ». Ces danses, enseignées dans des écoles spécialisées dès la petite enfance, sont pratiquées exclusivement en compétitions ou en spectacles publics, par des danseurs habillés en costumes chatoyants particulièrement ornés et portant des chaussures spéciales.  On est bien loin du « Sunday Best » (le costume du dimanche) des champions des générations passées.  

Les danses socialessont pratiquées en bals appelés céilì (prononcer kéli), et sont une pratique bien vivante. Elles se répartissent en céilì et en set dancing. Elles sont dansées dans les bals appelés également céilì. Complication supplémentaire, le nom gaélique céilì signifie « réunion sociale avec danses et musiques irlandaises » et l’adjectif céilì spécifie un type de danse.

Céilì dance
Le céilì dancing - terme inventé à la fin du XIXème siècle par la Ligue Gaélique pour les distinguer des sets -danses basées sur des quadrilles, perçues par les patriotes comme danses d’importation- est pratiqué par un nombre plus ou moins important de couples de danseurs. C’est durant l’entre-deux-guerres que la pratique du céilì dancing a connu son apogée. Il s’agit de danses rapides et complexes dont les différentes figures sont annoncées par le calleur. Elles sont chorégraphiées et ont un auteur connu.


Céilì dance

Set dance
Les danses de set demandent une pratique régulière. Influencées par les quadrilles français, elles sont exécutées par une formation de quatre (plus rarement deux) couples et sont articulées en plusieurs figures composées de parties. Le pas de chaque figure peut varier selon la région et les participants du set. Un set nécessite donc au minimum huit personnes (ou un multiple de huit). Les genres musicaux -reel, jig, slide, polka et hornpipe- se mêlent souvent au sein d’un même set. Parfois le nom du set indique sa provenance (Kilfenora set, Clare lancers set). Aujourd’hui, il existe plus de cent sets différents, collectés un peu partout en Irlande, avec d’importantes variations régionales. Les sets de Cork et du Kerry utilisent surtout les jigs et les polkas; par contre ceux du Clare sont dansés sur des reels. certains sets, comme le Clare Lancers sont dansés avec un style doux, glissant, mais d’autres sets de la même région utilisent le battering (claquements des pieds sur le sol, fournissant une rythmique supplémentaire et provoquant une montée d’enthousiasme chez danseurs et musiciens). Le battering serait une réminiscence des pas des anciens maîtres de danse et de leurs step dancing.
Même si les danses sociales sont des danses de loisirs, dans l’esprit et dans leur pratique, l’association Comhaltas en organise tout de même des championnats.

Le set dancing est devenu relativement populaire et on peut le pratiquer un peu partout en Europe, aux États-Unis et en Australie.
Chaque semaine ou presque, aux quatre coins d’Irlande, sont organisés des ateliers et des bals de set dancing. On vient de loin souvent pour danser sur la musique de tel céilì band ou pour suivre les cours de tel maître de danse. Le moindre village peut devenir célèbre par le festival de danses qu’on y organise une fois l’an. Les sociétés de set dancing se multiplient. Des sites Internet se chargent de diffuser toutes les informations et les calendriers. On peut même participer à des croisières sur des paquebots où officient deux ou trois céilì bands pour assurer les bals de l’après-midi et du soir… Si le public de ces rencontres est souvent d’âge mûr (mais d’une forme éclatante), de nombreux jeunes sont là pour assurer la relève, avec brio.
Le renouveau de la danse a favorisé la multiplication des groupes musicaux spécialisés dans l’animation de ce genre de bals. Le céilì band est une formation qui apparaît au début du XXème siècle, dont la seule finalité est la danse : les rythmes sont très rapides, le nombre de musiciens sur scène est important (à l’origine pour développer la puissance sonore nécessaire pour quelques centaines de danseurs pas particulièrement silencieux). Véritable genre à part entière, si les marges d’interprétation individuelle y sont des plus réduites, l’ensemble forme une imposante « machine à danser » soulevant l’enthousiasme de salles entières. Il s’agit souvent de formations locales, familiales parfois, mais il en existe aussi de véritables (ou quasi) professionnelles qui sillonnent le pays à longueur d’année. Parmi les formations les plus célèbres citons : Abbey Céilì Band, Tulla Céilì Band, Kilfenora Céilì Band

2.4 Sessions partout

Si les céilì sont autant une activité sociale que chorégraphique, le renouveau de la pratique musicale en Irlande a suscité également l’apparition d’une façon originale de partager cette musique : la session. Avatar traditionnel des bœufs et autres jams, la session privilégie plutôt le côté relationnel que la stricte pratique musicale.
Se déroulant le plus souvent dans un lieu public, la session est un rassemblement informel, et plus ou moins organisé, de musiciens qui se retrouvent pour jouer ensemble. Contrairement au concert où les musiciens jouent pour le public, en session, les intervenants jouent d’abord pour leur plaisir, en se souciant peu de qui est autour à les écouter. La présence du public reste marginale et discrète, et en tout cas absolument pas nécessaire à la réussite d’une bonne séance.
Les applaudissements en fin de morceau, qui se généralisent de plus en plus, marquent toutefois la réintroduction d’une distanciation acteurs/spectateurs et la rupture du lien entre une communauté et ses musiciens. Reflet d’une époque dans laquelle même la fête et le plaisir se spécialisent et où la « participation » consiste à assister passif à un événement puis à agiter frénétiquement les mains toutes les trois minutes ?
Une session standard se déroule ainsi : un musicien commence à jouer un tune, et ceux qui le connaissent le reprennent. L’étiquette des bons «sessionants» prescrit de ne jouer que les morceaux que l’on maîtrise. Toute l’alchimie de la session réussie consiste donc à équilibrer les standards que tous les musiciens pourront jouer et les pièces plus rares qu’ils écouteront avec plaisir. Dans les open sessions tous ceux qui savent jouer de la musique irlandaise sont bienvenus. Souvent, on trouve un (ou des) leader plus où moins connu qui tire la session, mais parfois l’on s’en passe. De temps en temps, un musicien ou un chanteur présente un slow air ou un chant, exécuté en solo. Actuellement, ce sont surtout les sessions qui maintiennent vivante la tradition musicale, en favorisant la circulation et l’échange des morceaux, des styles, des interprétations.
L’image des pubs enfumés (avant l’interdiction !) avec les musiciens tassés autour de tables chargées de verres de Guinness est devenue un cliché. C’est cela que l’on cherche au cours des voyages en Irlande, c’est cela que l’on essaye de recréer un peu partout. Et c’est autour et pendant les sessions -comme pour toute activité sociale- que les participants se confrontent, que naissent les tendances, les comportements typiques, les nombreuses blagues et anecdotes, et que des groupes se forment. Cette pratique amateur est toutefois altérée par les exigences modernes : la spontanéité initiale des sessions est maintenant souvent remplacée par l’initiative des patrons de pubs qui invitent, en les payant, des musiciens. Et ceci, soit pour créer l’ambiance, soit pour attirer d’autres musiciens (et de la clientèle…).
Remarquons, pour clore ce paragraphe, l’imprévisible diffusion de cette pratique : outre bien sûr dans tout l’espace anglo-saxon (diaspora oblige) et en France (qui entretient depuis la Révolution un lien privilégié avec l’Irlande) on peut trouver des sessions un peu partout dans le monde, à Düsseldorf, Budapest ou Tokyo. Bon, en cherchant un peu parfois, mais ça le mérite bien, non ?

3 LA CELTIE ET LA MUSIQUE CELTIQUE

« Ah vous jouez de la musique irlandaise, c’est de la musique celtique, non ? » combien de fois les musiciens n’ont-ils pas entendu cette baliverne récurrente, et dont il semble prométhéen d’en débarrasser le profane!
Aux incompréhensions sur la musique irlandaise s’est ajouté le fait que la culture celtique est toujours perçue comme mystérieuse et mystique ; et cela a libéré l’imagination des gens. Même si la musique celtique a dû être entendue pour la dernière fois à l’époque de Jules César. Autant la Celtie (ou la zone celtique), peut être située historiquement (et même préhistoriquement), autant la notion de « musique celtique », laisse bon nombre de musiciens un peu… perplexes.
Si par « musique celtique » on entend « musique traditionnelle qui est jouée dans les anciennes zones celtiques » : oui, pourquoi pas !
Mais, selon un tel critère, on peut décréter qu’il existe une musique « méditerranéenne » qui englobera, pêle-mêle, la sardane catalane et le rébétiko grec, le raï algérien et le flamenco andalou. Curieuse famille, non ? S’il existe un cousinage réel et de très nombreux points communs entre musique irlandaise et écossaise, ces ressemblances commencent à se distendre avec la musique anglaise pour devenir inexistantes en passant le Channel. Sans même parler de la Galice (en attendant le Morvan, vieille terre celte si il en est, et bien avant la Bretagne et l’Irlande !). La « musique celtique » est une construction idéologique, une représentation des faits sans rapport avec la réalité. Et bien sûr, comme toute idéologie qui prospère, elle a sa raison d’être, sinon elle ne survivrait pas. Mais là, on s’écarte sensiblement des explications musicales.
Et raison d’être ou pas : elle tord le cou à la réalité : la « musique celtique », cela n’existe que comme vaste fourre-tout musicologique !

Source : http://unpeufrais.free.fr/hmi.html

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