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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 05:19

Nos premiers pas en maçonnerie commencent avec une invitation à l’humilité du Grand Expert envers l’aspirant apprenti maçon : « Courbez-vous cette porte est très basse ». C’est dire si cette qualité est indispensable dans l’évolution du maçon dans son cheminement. A moins que cette invitation de l’Expert symbolise le chemin du fœtus naissant à la vie, comme l’aspirant apprenti qui doit renaître en laissant derrière lui tous ses artifices, tous ses métaux. Cela aussi nécessite une grande humilité. Chemin faisant en maçonnerie, je pense avoir compris pourquoi j’attache à l’humilité une telle importance et pourquoi je considère qu’elle est le quatrième pilier de notre évolution initiatique vers notre vérité. Mais j’y reviendrai…

Commençons par le commencement, le mien tout au moins : Chaque individu a une personnalité. Cette personnalité, cet ego, est la composante de l’image qu’il se fait de lui-même et de l’image qu’il pense que les autres ont de lui. Ceci revient à dire finalement que notre ego, est une stratégie inconsciente dans laquelle nous portons un masque et, comme dans une pièce de théâtre, nous nous conformons à un personnage à défaut d’être nous-mêmes. Mais il existe aussi en nous des aspects inconscients, que nous avons refoulés parce qu’ils nous dérangent, parce qu’ils ne sont pas justement conformes à notre ego. Ces aspects, constituent avec l’ego, notre individualité. Ce côté obscur et inconscient de nous, forme un système autonome agissant contre notre ego, notre personnalité consciente et, étant située en dehors de la conscience, il est inaccessible au langage de la raison et de l’objectivité. Il se manifeste en conséquence par des préjugés tenaces, des comportements inexplicables ou des frustrations. C’est notre petite voie intérieure qui nous agace car elle nous chuchote autre chose que ce que nous fait dire notre conscience à travers notre manière de nous comporter et d’agir.

Un exemple assez simpliste me traverse l’esprit : Connaissez-vous la fameuse phrase de Georges Orwell dans « La ferme des animaux » : « tous les animaux sont égaux mais il y en a qui le sont plus que d’autres » et que Coluche a paraphrasé en changeant le mot animaux par hommes ? Eh bien, la première affirmation de cette phrase illustrerait assez fidèlement, je trouve, ce que l’ego conscient, d’un homme politique par exemple un peu raciste sur les bords, dirait lors d’une conférence devant un auditoire africain, alors qu’en même temps, la partie inconsciente et inavouable de sa personnalité lui susurrerait la deuxième partie de cette même phrase. On imagine facilement la colère (certainement démesurée !) de cet homme, si quelqu'un le traitait de raciste ! Cette colère traduit le fait que notre conscience, qui ne peut pas intégrer cette irruption brutale, cette contradiction de l’inconscient, se défend en projetant sur les autres les caractéristiques inacceptables de notre côté obscur. Par là, nous croyons voir chez les autres la cupidité, l’agressivité ou la jalousie, le racisme, le vice, le manque d’une qualité, l’envie, que nous ne pouvons reconnaître dans nos propres motivations. Et voilà en quoi l’humilité peut nous aider à progresser.Traiter de l'humilité, c'est toucher à un point sensible de notre ego.Elle nous oblige à sonder des profondeurs qui touchent à notre intimité enfouie et inconsciente. Par un travail tenace et suivi sur nous, rendre conscients des aspects inconnus de nous-mêmes. Laisser de côté ce ramassis, cet écheveau égoïste et ombrageux de nos souhaits personnels, nos ambitions, nos espoirs et nos appréhensions et nous mettre en accord avec nos tendances, souvent opposées, de notre inconscient. En prenant conscience de cette notre face cachée, de notre côté obscur, nous passons d’une conscience immédiate des choses à une conscience qui se réfléchit et réduisons ainsi notre part inconnue en nous. C’est la voie pour passer de l’ombre à la lumière. C’est exactement cela que nous enseigne notre démarche maçonnique !

Je suis tenté de citer Jung qui nous dit : « Plus la conscience se trouve influencée par des préjugés, des erreurs, des fantasmes et des désirs puérils, plus s’élargit le fossé (...) amenant une vie plus ou moins artificielle, très éloignée des instincts normaux, de la nature et de la vérité » et je compléterais en disant qu’ainsi, tout demeure figé dans les difficultés où la lumière ne peut pas pénétrer. Les trois compagnons sont précisément l’exemple symbolique du manque d’humilité. Ils ont cru posséder la connaissance et par leurs actions ils ont tué la connaissance. Hiram est tombé sous leurs coups. « Comptant sur la vanité de trois ambitieux, les compagnons persuadèrent ceux-ci qu’ils étaient trop instruits pour demeurer dans les rangs inférieurs ». Notre rituel résume ainsi parfaitement la tendance de notre personne de porter le masque du mensonge. Il ne faudrait pas oublier que dans cette quête de la vérité, la notre, l’étude des symboles est primordiale. La démarche maçonnique, symbolique par excellence, nous donne la clé de la réussite. L’interprétation des symboles n’est pas universelle. A chacun la sienne et c’est cela justement qui est intéressant. Notre inconscient, peuplé de personnages qui se révèlent au moyen du langage symbolique, nous montre le chemin pour nous accomplir par cette connaissance de notre vie inconsciente. « Faire en sorte que l’inconscient et la conscience apprennent à vivre en paix l’un avec l’autre et se compléter. Ceci est la condition du bonheur » nous apprend Jung, encore une fois. Assimiler notre inconscient nous amène à nous modifier au plus profond de nous-mêmes. Et l’humilité est, je répète, une condition indispensable pour accomplir ce travail et pour que nous acceptions de devenir par cette introspection ce que nous sommes réellement. Seulement après une telle démarche, il est possible de comprendre et de tolérer l’autre, avec ses différences d’avec nous et de nous épargner de la stupidité qui consiste à vouloir l’interpréter et croire qu’on le peut. À partir du moment où je me positionne de telle sorte, que j'accepte qu'il puisse exister quelqu’un de plus grand que moi, je me mets dans une position où je peux apprendre et me perfectionner. C'est par exemple l'attitude qui convient le mieux pour étudier. Conjuguée avec l'intérêt pour le sujet qui m'attire, j'espère pouvoir améliorer mes connaissances. Le piège consiste à croire que je sais et que je peux. Lorsque je crois savoir, j'estime ne plus rien avoir à apprendre et mon esprit se ferme. C’est là où écouter l’autre, c’est juste pour préparer nos réponses et nos arguments, pour le corriger. C’est ici que le fameux « connais-toi toi-même » prend toute sa signification voulant dire que nous devons en toute humilité, accepter nos limites, nos possibilités, notre condition. Dans les tragédies grecques, l’arrogance de celui qui prétendait dépasser sa condition - le péché d’hybris - était considéré comme un crime et sévèrement puni par les dieux.

Notre rituel ne nous invite-t-il pas à cette même humilité lors de la naissance du nouveau Maître ? : « Souvenons-nous que l’union fait la force et que sans le secours des uns pour les autres nous ne pouvons rien ». L’humilité c’est aménager, par exemple, dans sa vie des temps pour marcher tout seul au bord d’une plage. C’est aussi important que construire des projets ! Prendre conscience que des moments de faire peuvent être des moments de fuir. Que souvent nous nous lançons dans des actions non pour construire mais pour éviter d’éprouver. L'humilité n’est pas la négation de soi. C'est la capacité à une grande qualité de présence dans laquelle rien n'est exagéré ou clinquant. C'est une attitude délicate et respectueuse dans laquelle on n'a pas besoin de prouver qu'on existe. Il y a en effet ceux qui ont besoin d’une tribune pour exister, qui mélangent connaissances et expériences professionnelles. Ils nous en parlent, mais cela ne présente aucun intérêt sur le plan maçonnique. C’est se tromper et ne pas avoir compris que le rituel d’ouverture des travaux doit être la porte qui nous isole de notre vie profane pendant la durée d’une tenue. Je me suis posé la question pourquoi j’ai voulu traiter de l’humilité et surtout pourquoi j’ai eu de très grandes difficultés pour donner un corps acceptable pour moi à cette planche. « Il était humble comme une insignifiante pièce d’un sou et ceci est suffisant pour estimer quelqu'un » avait dit un jour mon père. Je devais avoir 6 peut-être 8 ans et avec le temps j’ai réalisé que cette phrase m’a profondément marqué ! Pour avoir l’estime (l’amour aussi ?) de quelqu'un il faut donc être humble. L’humilité est devenue alors une vitrine très importante pour moi, une composante essentielle de mon ego. Je me suis finalement rendu compte que mon cheminement maçonnique m’a aidé à réaliser que mon attachement à l’humilité était une sorte d’exorcisme afin d’accepter, sincèrement, que moi-même manque (j’allais dire manquait !) totalement d’humilité. Elle m’a aidé à réaliser et à accepter que très souvent l’humilité que j’affichais était feinte, fausse et manipulatrice afin, justement, de conformer mon image à ce que je pensais devoir être et à ce que je pensais que les autres me demandaient d’être et de réussir de concentrer ainsi leur estime sur moi. Mais ma partie invisible et inconsciente était tout autre chose, était raillerie pour tout ce qui n’était pas en accord avec mes valeurs. Mon humilité servait de paravent, de voile, pour cacher mon être profond, ma nature. Pour ce faire et pour être crédible, j’ai traité avec dédain ceux qui, par exemple, se vantaient d’avoir fait des grandes études et leur reprochais justement leur manque d’humilité, moi qui suis arrivé à un stade très avancé d’études et qui au fond, considérais que ce fait me plaçait au dessus de la mêlée. Mais ma conscience s’interdisait d’imaginer cela !   
Je me suis moqué des gens qui accordaient de l’importance aux statuts sociaux, moi qui considérais cela comme une valeur distinctive de l’être humain…et puis ceux qui attachaient de l’importance aux bonnes manières et aux règles de bienséance, à l’intelligence et que sais-je encore...
Cette humilité que je défendais avec fanatisme m’a permis de me sentir mieux dans mon monde virtuel et finalement illusoire. Je pense que c’est bien ici la clé de la fascination qu’exerce sur moi l’humilité, la clé pour mon progrès finalement. J’ai toujours été fasciné par ceux chez lesquels l’humilité était un mode de vie tout simplement naturel ! Ce ne fut pas chose facile que de m’avouer tout cela. En fait je pense que la partie intéressante de cette planche est justement cette dernière. Le reste c’est de la littérature mais, qui montre toutefois le cheminement de ma pensée pour aboutir à ces quelques considérations sur moi même. J’en sors victorieux je crois. Je commence à devenir et à accepter ce que je suis réellement, de faire en sorte que diminue la distance entre ma conscience et mon inconscient comme plus haut je l’ai évoqué. (Il n’est jamais trop tard pour bien faire n’est ce pas ?). Ceci m’apporte du confort à vivre et de la sérénité. Cette prise de conscience de mes particularités fait que je serai, du moins je l’espère, une pierre mieux appropriée et insérée dans l’édifice social et je contribuerai mieux à notre progrès mutuel. Je vais vous citer Khayyâm, ce poète Perse qui écrivait vers l’an 1100 de notre ère : « La plupart de nos savants échangent la vérité contre le mensonge ne dépassant pas les limites de la malice et de l’apparat. Ils emploient leur peu de connaissances pour des buts personnels, vénaux ; tout en se moquant et en méprisant toute personne sincèrement en quête de la vérité, qui se bat contre l’hypocrisie ». En guise de conclusion j’ai envie d’ajouter : « Si tu veux devenir ce que tu dois être, il faut cesser être ce que tu es ». Cette phrase n’est pas de moi, mais ce que moi je dis c’est que pour réussir cela, l’humilité est l’outil indispensable. L’arrogance nous fait perdre de vue que nous avons à nous incliner face à la mort, à la maladie, à la crise, à la perte de repères, à un tsunami, à une explosion nucléaire… L’humilité nous donne l’occasion d’un nouveau regard afin d’arrêter d’être aveuglés par l’illusion !

Source : www.ledifice.net

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 06:59

La Franc-Maçonnerie que nous vivons est née d’un projet philosophique, mais quid des Francs-maçons ? La réponse vous l’avez. Le philosophe a toujours été un penseur. Philosopher aujourd’hui, c’est réfléchir aux êtres, aux causes, aux valeurs, aux principes. Le philosophe pense et tente d’expliquer par un discours l’homme, la nature, la société et l’univers, d’où nous venons, ce que nous sommes et où nous allons. La philosophie se caractérise dès lors par sa manifestation extérieure : le discours. La Maçonnerie est une invitation permanente à philosopher. Hervé Hasquin écrivait d’ailleurs que « la Franc-Maçonnerie est un laboratoire de pensée ». Il est vrai que la philosophie, et donc les philosophes, créent de l’intelligibilité et tentent de donner un sens aux êtres, à la pensée, à la vie. Cela ne métamorphose pas pour autant automatiquement les Maçons, fussent-ils de zélés laborantins, en philosophes au sens académique. Il n’y a pas de discours maçonnique, pas plus que les Francs-Maçons auraient vocation à répandre un point de vue particulier conférant tel sens à l’existence ou à l’essence. Pour ne citer qu’eux, Platon et Pythagore furent d’exceptionnels penseurs ; Bacon au Moyen-Âge et Machiavel à la Renaissance ont posé le problème de la place de l’homme dans la cité ; Copernic et Descartes ont distingué la philosophie de la science ; Kant, Leibniz et Spinoza ont posé les questions de la morale et de la liberté ; Hegel a imaginé une approche phénoménologique originale de l’histoire ; Nietzsche a planché à sa façon sur l’échappatoire aux servitudes de l’esprit, mais, sauf exception, les Francs-maçons n’ont rien inventé en cette qualité expresse au nom de la Franc-Maçonnerie. Ils n’ont pas revendiqué la paternité d’une pensée particulière, d’un système original ou analyse de l’univers qui révolutionnerait ou bouleverserait l’humanité, même si certains l’auraient aimé, et même si leur influence ne peut être niée dans l’avancée des valeurs humaines de la société, que ce soit sous l’angle législatif ou associatif. Les Francs-maçons réfléchissent. La pensée maçonnique est riche d’enseignement, profonde de sens, porteuse d’un état d’esprit et empreinte de perfectibilité humaine dans la fraternité. Si la sagesse, à laquelle se réfère la Franc-Maçonnerie, est la « sophia » des Grecs, c’est à dire, l’exercice d’un art complexe et difficile à maîtriser, à un tel point que Platon préféra parler, non pas des sages mais des amis de la sagesse, alors, il n’est pas exclu que les F\M\ soient les amis de cette sagesse. Comme on le sait, « philos » c’est l’ami, et « sophia », c’est la sagesse. L’ami de la sagesse est dès lors, étymologiquement en tous cas, « philosophe ». Quel est le contenu de cette notion de sagesse que nous aimons ? S’y plonger, même succinctement, convoque un voyage dans l’Histoire et la Tradition. La notion de sagesse est fort ancienne. Dans sa traçabilité connue, elle remonte à l’Egypte, sans exclure une antériorité plus lointaine encore. La philosophie comme nous l’entendons est née en Grèce antique, patrie de naissance de la philosophie naturelle qui céda le pas à la philosophie morale. Du « mythos » au « logos », de Thalès de Milet à Socrate, le discours sur la nature a évolué vers le discours donnant des raisons, des explications. Il n’empêche qu’entre entre les philosophes naturels ou moraux, toute maîtrise, même technique, était considérée comme une sagesse. Le médecin, le poète, le menuisier, le tailleur de pierre, le charpentier ou le musicien possédant leur science étaient des sages. Dans ce cadre, entendez ces quelques mots éloquents de Platon au sujet de la musique : « La musique donne une âme à l’univers, des ailes à l’esprit, l’envol à l’imagination, un charme à la tristesse, gaieté et vie à toutes choses. Elle suscite le Logos et participe à tout ce qui est beau, juste et bon. La musique est une philosophie. ». Quelque chose a changé en Grèce. Il ne suffisait plus de posséder un art pour être sage, il fallait aussi être capable d’entendre le Logos, le Verbe dont il sera question dans l’Ancien Testament, le Verbe de l’Evangile de Jean, d’y conformer sa conduite et de parler selon la Vérité. Sagesse, Vérité, Verbe, ce sont des mots connus des Francs-maçons. Le sens de la sagesse est passé, notamment avec Platon, de l’exercice d’un art, à un tentative d’être conforme à la notion de divin, à une recherche de cette Connaissance attribuée à la divinité. L’idée d’une sagesse parfaite transcendante était née. Encore fallait-il distinguer le savoir de la connaissance. La sagesse ne se conçoit pas sans la connaissance, et cette connaissance, c’est plus que le simple savoir qui n’en est que le tremplin. Pour d’aucuns, l’idée que la Connaissance est un attribut divin, est restée bien ancrée dans les esprits. Elle postule l’entendement du sacré et sa pénétration, alors que le savoir, aussi noble soit-il, est réducteur. Il n’implique que l’accumulation d’informations livresques ou autres de nature à accroître la bibliothèque de notre encéphale.
Le savoir permet de cheminer vers la connaissance, et la connaissance est divine. Pour le percevoir, il suffit de se remémorer la petite histoire du péché originel. La pomme croquée à la grande colère de l’Eternel, qui prononça de lourdes condamnations, fut volée sur un arbre dont les fruits lui étaient strictement réservés.
Il ne s’agissait pas de n’importe quel arbre, mais de l’arbre du Savoir, arbre produisant ces fruits susceptibles de placer l’humain sur le chemin de la Connaissance qui en quelque sorte le rapprocherait de l’Eternel.
Expurgée de toute connotation religieuse polluante, cette parabole plante le décor qui n’était pas neuf. Pour Platon déjà, avant l’Ancien Testament, le philosophe qui souhaite conquérir un tel bien, dont l’atteinte est rare et difficile, bref, le philosophe qui souhaite devenir sage, se crée une parenté avec le divin. L’idée d’une sagesse transcendantale recelait la notion d’élévation de l’esprit humain, mais manquait de concret. Le Moyen-Âge vit naître l’idée que la quête de la sagesse postulait un modèle, qui eut pu être Dieu, mais qui en ce cas eût été inatteignable par nature, de sorte que l’on dû trouver une personne de référence, un intermédiaire plus accessible aux amis de la sagesse, et ce fut tout naturellement que le choix se porta sur… un courtier en assurance paradisiaque, à savoir le Christ, alias Jésus. Certes critiquable sous d’autres aspects, Jésus présentait un profil riche par le don qu’il fit de lui à l’humanité. Il incarnait cette sagesse, et pas n’importe laquelle, la Sagesse du Père. Cela n’alla pas sans poser aux théologiens quelques menues difficultés puisque dans le christianisme médiéval, cette même Sagesse était incarnée par Marie, Mère de la Sagesse. Tel était le casse-tête dont il fallait s’affranchir. L’on s’ingénia donc à résoudre l’épineux souci en admettant que la « sophia » était l’élément féminin présent dans le Principe divin, beaucoup plus vaste. Selon les écrits bibliques ( Proverbes 8-22 ; 8-23), la Sagesse, partie intégrante de la matrice, préexistait d’ailleurs à la création. Le concept était limpide, résolvait la contradiction et plongeait ses racines dans un passé presque immémorial. Dans le même ordre d’idées, les Francs-maçons savent que c’est à la Sagesse que s’unit le Grand Architecte de l’Univers pour réaliser ce qui est ; elle en est l’épouse. Le concept est égyptien ; pour les anciens égyptiens, la Sagesse était une partie du Principe divin lorsqu’il créa le monde. Cette sagesse féminine n’a dès lors rien de neuf. Isis l’incarnait par rapport à Osiris, et Balkis, la reine de Saba ( Livre des Rois, X, 1-13 & 10-9 / Coran, sourate XXVIII, 15-45), l’incarnait par rapport à ses amants, le Roi Salomon et un certain Hiram de Tyr. Il apparaît donc qu’à travers le temps, la Sagesse a bien une relation étroite avec la perfection, ou plutôt, le perfectionnement, et, de façon plus profonde, avec l’Univers, à travers le savoir et la Création. Savoir, perfectionner sa connaissance, et par-là, s’approcher du Divin, de l’Absolu universel, du Grand Architecte de l’Univers, voilà un mouvement qui ne paraît pas étranger à la démarche maçonnique, aux objectifs des Francs-maçons sur le chemin initiatique.  
Le « Livre de la Sagesse », attribué au Roi Salomon, bien connu des Francs-maçons ( voir Ancien Testament – 6/12 – 15), énonce à propos de cette sagesse :
« le commencement de la sagesse, c’est le désir d’être instruit par elle. Vouloir être instruit, c’est l’aimer. L’aimer, c’est garder ses lois. Observer ses lois c’est être assuré de l’incorruptibilité, et l’incorruptibilité rend proche de Dieu. Ainsi le désir de la Sagesse élève jusqu’à la royauté » ( 6/16-20 ). Il s’agirait donc de s’élever vers la royauté, un Art Royal qu’est invité à pratiquer tout Franc-maçon ! Ce cheminement vers la Sagesse, les hommes l’ont toujours vu comme une élévation. Le Principe Divin auquel elle appartiendrait serait donc céleste, ce qui est fort fâcheux car nul n’ignore que les hommes ne peuvent atteindre les cieux ; ils ne sont pas des oiseaux et il faudrait donc qu’ils le deviennent. Serait-ce l’une des raisons pour lesquelles l’oiseau n’est pas absent des Hauts grades Maçonniques ? C’est un autre sujet. Dans le « Livre d’Hénoch », il est dit que : « la Sagesse est sortie pour habiter parmi les enfants des hommes, et elle n’a pas trouvé d’habitation ; la Sagesse est donc revenue de son séjour et s’est fixée parmi les Anges ». La signification de ce texte serait-elle que la vraie sagesse n’est pas du monde des hommes ici-bas ? Au XVIII ième siècle, sous la houlette d’un certain Isaac Newton, scientifique mais aussi passionné de sorcellerie, la Royal Society de Londres a ciselé une économie du cosmos ne brisant pas la notion ancienne de sagesse. L’ordre divin fut remplacé par la providence divine dans la liberté de conscience, et la sagesse demeura un objectif d’élévation de l’homme. Cela étant, si la sagesse est l’un des piliers de la Franc-Maçonnerie, les Francs-maçons modernes en chemin embrassent la sagesse pour elle-même et jamais nullement par souci de devenir divins. Si l’homme est le centre de l’univers, la connaissance de ce dernier lui est intérieure, et c’est donc en l’homme que se trouve la divinité. La Franc-Maçonnerie porte en elle le questionnement, pas les réponses. Elle relie les personnes de bonne volonté soucieuses de développer leur pensée dans la fraternité à travers des rites indicibles de passage. Le Franc-Maçon se remet en question, tente de s’améliorer et d’être contagieux, de rayonner dans la société profane les valeurs véhiculées par la Loge, mais s’il est invité à mieux se connaître, sa vie de Maçon ne nécessite pas son élévation dans le savoir ou la connaissance, et il en va de même de son cheminement, lequel ne donne que des clés. Encore faut-il ouvrir les portes, et pas enfoncer des portes ouvertes, inutiles et sclérosantes. S’il veut cheminer vers la Sagesse, tout Franc-maçon ne sera pas nécessairement philosophe, peut-être un homme de discours, mais en tous cas un homme désireux de connaître l’Universel dans sa diversité, d’approcher de la Perfection, et un éternel cherchant qui n’a pas de théorie à dispenser, pas de dogme à imposer. Si les Francs-maçons ne sont pas des philosophes, ils devraient néanmoins être reconnus comme comptant parmi les meilleurs amis de la Sagesse.

Source : www.ledifice.net

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 04:58

Comme vous le savez, le temps est un concept purement humain, et par là tout relatif. Hier donc, on me fit pénétrer dans un réduit noir, éclairé s'une seule lumière flageolante, parce que je prétendais être digne de devenir M\. Aujourd'hui, on me re-pose les mêmes trois questions qui ont été mon premier contact avec ce que je savais pas encore être un Ordre -au sens chevaleresque du terme-, et auxquelles j'ai alors répondu de façon purement spontanée, ne serait-ce que parce, avant même d'être ni nu ni vêtu, il me fallait mettre à nu mon intimité. Et quelle question plus intime dans notre monde actuel que celle de sa foi ? Depuis, j'ai au moins appris au contact de mes FF à me débarrasser de ces fausses pudeurs : Tout ce que je dirai ce soir est personnel, subjectif, non livresque, même si ma gestation depuis ces premiers temps m'a amené à relire, mais d'un autre oeil, des textes sacrés depuis longtemps délaissés.
Rappelons ces 3 questions que nous avons tous méditées dans les mêmes conditions:
1) Quelle est votre croyance sur l'existence d'un Dieu créateur et principe unique de toute chose; sur la Providence et sur l'immortalité de l'âme humaine; et que pensez vous de la religion chrétienne?
2) Quelle idée vous êtes vous formée de la vertu considérée dans ses rapports avec Dieu et avec la religion, avec vous même et avec vos semblables?
3) Quelle est votre opinion sur les vrais besoins des hommes, et en quoi croyez vous que vous puissiez leur être le plus utile? Honnêtement, je n'ai aucune souvenance de mes 1ères réponses, faites dans l'émotion de l'instant. J'avais à l'époque la foi dite du charbonnier, héritée de mes parents, aveugle et sans question...
J'ai, depuis, et au travers de mon cheminement d'éternel apprenti, entrepris une démarche dont je ne sais où elle me mènera, mais dont j'ai l'intuition profonde qu'elle vise essentiellement à me faire recouvrer une dimension spirituelle oubliée sous le poids du monde profane.
A défaut de réponse définitive, cette lente maturation m'amène à des questions, et d'abord celle-ci: répondrais-je aujourd'hui de la même façon à ces 3 questions de la chambre de préparation?
J'aurais pu m'inspirer de notre Rituel d'Apprenti, qui contient toutes les réponses, mais, je vous l'ai dit, à question personnelle, réponse personnelle...Aussi me permettrez vous, V\M\, une première audace: ces 3 questions se résument pour moi en une seule -tout comme Dieu est unique dans la Trinité- tant je suis désormais convaincu qu'il ne peut y avoir de vraie foi sans vraie vertu et sans conscience active de la vraie nature de l'homme, donc de ses vrais besoins.
La réponse revient donc à une quête de la Vérité, et c'est peut-être là que se situe l'essence de la voie initiatique. Comme le résume si bien l'Article 1 de notre règle: "La F\M\ est une fraternité initiatique, qui a pour fondement traditionnel la foi en Dieu, G.A.D.L.U., et en Sa volonté révélée". Dès lors, tout s'enchaîne: la présence du Livre de la Loi sur l'autel du V\M\, que, nous dit notre catéchisme, "tout F\M\ doit méditer", et sur laquelle se fondent l'équerre, le compas et le pouvoir du V\M\, symbolisé par son épée posée; l'engagement du nouvel apprenti sur ce même Livre, qui matérialise, en tant que fidèle de la Tradition, son adhésion aux règles qu'Il prescrit; mais, plus encore, son adhésion aux enseignements, mythes, voire mots, qui, dans le Livre, superposent à l'usage fondamentalement religieux, un usage maçonnique qui, peut-être, le dépasse, sans pour autant le transcender. Le serment maçonnique est donc conscience de la religion exotérique, mais aussi pénétration ésotérique des significations du Livre.
Dans notre R.E.R., l'ouverture -l'"introït" - se fait au 1er verset de l'Evangile de St Jean, "patron" de l'église intérieure, qui, dès sa première parole, révolutionne la Genèse hébraïque et ouvre le cherchant sur l'Univers. Dès lors, nul étonnement devant l'ancienneté du serment sur St Jean, depuis les premiers temps du Christianisme tels que rapportés par St Augustin, en passant par le serment des empereurs germaniques ou par les alchimistes, pour qui, dès la "Légende dorée" du XIIIème siècle, "Jean a changé en or les branches d'arbres des forêts", l'or de ce Grand Oeuvre étant, bien entendu, d'ordre spirituel.
Mais si, on le sait, notre rituel est, de par ses origines, d'essence catholique; certains régimes adjoignent à la Bible d'autres volumes de la Sainte Loi, lorsqu'il y a en Loge des F.F. de confessions différentes, comme pour souligner, s'il en était besoin, la vertu maçonnique de tolérance dans la reconnaissance de toutes les traditions et de leur unité transcendante, pourvu qu'il n'y ait ni agnosticisme, ni indifférence. Seule en effet la compréhension de l' unité transcendante permet de concilier le respect des formes et des voies, l'acceptation de leurs différences et leur dépassement dans la non-dualité, donc la prétention, justifiée, de notre Ordre à l'universalité (sens étymologiques, d'ailleurs, de "catholique").
Dans la même voie des rappels historiques signifiants, la G\L\ des Anciens d'Angleterre, dont on connaît la rigueur chrétienne, notamment dans l'observance des fêtes de St Jean, ouvrait pourtant ses travaux à la 2ème épître de Pierre, que je résume: "Que la grâce soit multipliée par la connaissance de Dieu et de Jésus! Par elle nous possédons les plus grandes promesses, afin que vous deveniez participants de la nature divine. Faites donc tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la science, à la science la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété l'amour fraternel, et à l'amour la charité". Outre un fascinant énoncé des vertus cardinales -ou maçonniques-, on y trouve une véritable promesse initiatique: participer à la nature divine, plus forte encore dans le texte original latin, où le mot "consortes" implique une véritable fusion. Comme le dit encore St Jean (10,34): "Vous êtes des dieux", ou St Anathase d'Alexandrie au IVème siècle:"Dieu est devenu homme pour que l'homme devienne Dieu"...
Ainsi inspirés, nos "Pères fondateurs" ( Saint-Martin, Willermoz, Turckheim...) fixeront, dans la Règle des Loges Réunies et Rectifiées entérinée à Wilhemsbad, comme but à l'initiation maçonnique de recouvrer "la ressemblance divine" pour pénétrer "dans les régions supérieures qui sont l'héritage et la vraie patrie" du Maçon, afin "d'être réuni à jamais" à Dieu. C'est ce que la doctrine patristique nomme la "déification", qui est au cœur de la mystique orthodoxe; mais à l'usage religieux, la voie initiatique joint, pour atteindre ce but ultime, une pratique qui le dépasse, je l'ai déjà dit, sans le contredire.
Parmi les vertus qui sont -ou devraient être- partie intégrante de ce processus, il en est certaines qui dépassent aussi le cadre strictement religieux :
Ainsi du silence, prescrit non seulement aux apprentis, mais par le V\M\,"au nom de l'Ordre, à tous les ouvriers", comme condition de l'attention, au travail d'abord, mais aussi et surtout à la découverte progressive de Dieu en nous, dont, après le prophète Isaïe, après St Luc (17,21), pour qui il "est la condition de la découverte du royaume de Dieu", puis bien d'autres, les Trappistes ont fait leur règle...Cet "Ordre des Cisterciens Réformés de la Stricte Observance" va jusqu'à ne s'autoriser qu'une parole, mais quotidienne: "Frère, nous devons mourir". Car notre statut de mortel est la condition, la promesse ultime, de renaissance en Dieu, de rencontre avec notre âme immortelle; condition qui semble être le propre de tout rituel initiatique, rappel de toute étape sur la voie, comme le symbolise déjà notre propre rituel de réception, dès l'accès à la chambre de préparation.
Ainsi de l'Amour, qui situe l'homme-Dieu auprès du Christ, "intercesseur", comme le dit Martinez de Pasqually dans un titre qui en dit long ("Tableau Naturel des Rapports qui existent en Dieu, l'Homme et l'Univers", 1782), dans la réintégration de l'homme en son état originel d'"image immortelle de Dieu", mais qui le situe aussi auprès de ses semblables, dimension qu'apportent Willermoz et Turckheim, en assignant comme but actif à l'Ordre au Convent des Gaules (1778), à partir de l'égregor de forces individuelles qui le composent, de "former un dépôt de lumières et de bienfaits": les "Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte" dispensent leurs lumières par la connaissance de soi, premier "bienfait", qui mène à la "contemplation auguste de la Vérité", et par la pratique de la charité, dans tous ses sens, matériels et spirituels. Comme le disait encore Willermoz à Wilhemsbad, "la 1ère classe a pour unique but l'étude et la pratique des vertus morales, sociales, religieuses et patriotiques, et d'une bienfaisance active qui la rende utile à l'Ordre et à l'humanité". Là encore, le fondement de la vertu se trouve dans les Saintes Ecritures: rapportée par St Luc (10,25-37), la parabole du bon Samaritain en est l'exemple type. A la parole de Jésus "Tu aimeras ton prochain comme toi même" répond la question "Qui est mon prochain?". La réponse de Jésus est, dans le contexte quasiment tribal de l'époque, scandaleuse, et pourtant imparable: c'est le Samaritain, ethnie honnie des Juifs pieux, mais "qui a fait preuve de bonté". Pour nous, Maçons, dont la fraternité a pour dimension l'universalité, le message est bien celui de l'amour, qui abat les frontières entre les hommes, pourvu qu'il s'identifie à l'amour de Dieu. Et si, dans le texte sacré original, aimer et connaître sont un seul et même verbe, travailler à la gloire du G.A.D.L.U., c'est à la fois le connaître, se connaître soi-même, l'aimer, et aimer son prochain comme soi-même. J'allais presque dire: et la boucle est bouclée...
Pour revenir à mon propos initial, c'est ainsi que je répondrais aujourd'hui, V\M\, à la question - que je pense avoir été scindée en trois pour des raisons symboliques - posée au candidat maçon dans la chambre de préparation, autre appellation symbolique puisque d'origine hermétiste, voire alchimique. C'est par cette méditation forcée que commence notre "grand oeuvre", quête longue et difficile, tout comme celle du Saint Graal ou plus encore, de la Jérusalem céleste chère à notre tradition chevaleresque et johannique. La réponse à cette question de Dieu, de Dieu fait homme, de Dieu en l'homme, indissociable de la vertu, est plus qu'un besoin: c'est la quête même du sens de notre existence, notre raison d'être en Maçonnerie, tant il est vrai que chercher Dieu, au travers du concept universel de G.A.D.L.U., c'est trouver l'homme.
Merci, V\M\, de m'avoir donné les outils de cherchant, désormais persévérant, avec un infime rayon de lumière. Vous avez ainsi répondu vous-même à la 3ème question.

J'ai dit, V\M\

source : www.ledifice.net

 

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 05:06

Notre Temple dans sa limite supérieure représente, comme beaucoup d’églises et de cathédrales au Moyen Age la voûte céleste sous sa double apparence: diurne et nocturne; couleur bleue et étoilée sur deux bandes grises. Il reproduit ainsi l’espace dans lequel nous vivons tous, entre terre et ciel; les pieds sur terre, mère nourricière, la tête levée vers le ciel, père spirituel et origine de la lumière. Depuis que l’humanité a pris conscience d’elle-même, elle a toujours été fascinée, intriguée, saisie d’émotion admirative et de crainte, voir d’angoisse, devant les manifestations de la voûte céleste, sa grandeur et ses mystères insondables. Elle l’a sacralisée et en a fait l’habitation de ses divinités, et notamment de la divinité unique - Dieu, dans les religions monothéistes. Dieu, origine de toute chose et de la vie. Dieu, Roi omniscient, omniprésent de l’Univers qu’il a créé selon sa volonté. Libérateur de la lumière qu’il a séparée des ténèbres du chaos; créateur de l’Homme et des êtres vivants. Par l’évocation de la divinité, l’Homme exprimait la conscience d’une filiation mystérieuse avec l’Univers, le cosmos. Dès l’enfance, j’ai moi-même été fasciné et intrigué par le firmament, sa beauté tranquille et ses mystères apparemment insolubles. Même actuellement, alors que les mystères se dévoilent devant les sciences du cosmos, mes émotions et mes interrogations juvéniles sont restées vives. Quand j’étais garçonnet de sept ou huit ans, un soir, avec mon père, contemplant la voûte étoilée j'ai demandé “papa, j’aimerais savoir ce qu’il y a derrière les étoiles?” Et mon père m’a répondu « si on le savait n’aurait plus besoin de Dieu!” Ce sentiment d’une filiation avec le cosmos est-elle purement spirituelle ou a-t-elle aussi une dimension matérielle liée à la nature de l’Univers? Ce sera le propos de cette planche de tenter d’y répondre.

En tant que maçons nous considérons la voûte étoilée comme le symbole, l’expression d’un au-delà, d’une réalité difficilement accessible à l’Homme, mais qui pourrait nous éclairer sur les éternelles questions que l’humanité s’est toujours posées avec angoisse: - Pourquoi sommes-nous sur terre, d’où venons-nous, où allons-nous, quel est le sens de la vie, de notre destin; l’Univers a-t-il une fonction, un sens? Pendant des millénaires l’humanité n’a pu répondre que grâce à la religion, la Tradition, et la métaphysique philosophique, c’est à dire par un vécu personnel. Cette voie subjective a été la première et antique voie d’accès à la connaissance de la relation entre ciel et terre. La seconde voie apparaît lorsque la méthode et les observations scientifiques peuvent émerger dans le champ culturel et spirituel de l’humanité. La voie d’inspiration scientifique s'est toujours heurté en Occident à l’hostilité de l’Eglise. Pourtant je pense que les deux voies subjectives et objectives ne sont pas exclusives l’une de l’autre pour avancer sur le chemin que la lumière éclaire, tout en étant conscient que la voie scientifique diminue l'étendue du champ de la voie subjective. En tout cas, à la fin du vingtième siècle, ce serait faire preuve d’aveuglement grave que d'ignorer la voie scientifique dans la recherche de la connaissance et de la vérité. L’Ordre me parait justement devoir favoriser et correctement équilibrer les deux voies chez l’initié. C’est pourquoi j’ai privilégié la partie scientifique dans cette planche en sous-titrant: “la voûte étoilée, une histoire de la matière”. Mais dans une deuxième partie je rapporte une expérience subjective où l’émotion joue le premier rôle. Aujourd’hui, après quatre siècles de recherches et de découvertes scientifiques, que savons- nous du chef-d’oeuvre du G\A\D\L\U\ ? Que savons-nous en fin du vingtième siècle de cet espace terre et ciel et de notre sentiment d’une mystérieuse liaison avec le cosmos? Que savons-nous que nos ancêtres ne savaient pas?

Brève histoire des connaissances scientifiques et humaines

Jusqu’à la Renaissance (15ème et 16ème siècles) on pensait que l’Univers et ses créatures, créés par Dieu, étaient immuables de toute éternité; l’Univers n’avait pas d’histoire. La terre, plate et immobile, en était le centre autour duquel tournaient le soleil, les planètes, la lune et les étoiles fixes. Ce géocentrisme constituait le dogme professé par l’Eglise. Quelques penseurs isolés croyaient, à la suite du philosophe grec Aristote (4ème siècle avant notre ère), que la terre était ronde. Parmi ces isolés se trouvait le navigateur Christophe Colomb. c’est parce qu’il croyait à la rotondité de la terre qu’il entreprit, avec trois vaisseaux, d’ouvrir la route des Indes par l’ouest. En chemin il découvrit le continent américain (1492) ! A la Renaissance, malgré la violente et cruelle opposition de l’Eglise, le dogme du géocentrisme a été ruiné par les travaux scientifiques de trois grands savants de cette époque:

Copernic a montré que la terre et les planètes, sphériques, tournaient autour du soleil immobile. L‘héliocentrisme s’est substitué au géocentrisme.

Kepler a observé et calculé que les trajectoires (les révolutions) de la terre et des planètes autour du soleil n’étaient pas circulaires mais elliptiques, trajectoire réputée alors moins parfaite que le cercle, plus conforme à la perfection divine!

Galilée(qui a construit la première lunette astronomique) a apporté de nouveaux arguments en faveur de l’héliocentrisme. Il a en outre démontré que la terre tournait sur elle-même, ce qui expliquait l’alternance du jour et de la nuit. C’est pour ces affirmations "hérétiques” sur les mouvements de la terre, qu’à l’âge de 70 ans il a été traîné devant le Tribunal de l’Inquisition. Bien qu’il ait abjuré, il a été assigné à résidence jusqu’à la fin de ses jours, 9 ans plus tard. La tradition rapporte qu’au sortir du tribunal il a grommelé “ et pourtant elle tourne! “ : “ E pur si muove 1” Dès cette époque le carcan imposé par l’Eglise éclate et petit à petit la méthode scientifique peut se faire jour. Au 18ème siècle le savant anglais Newton découvre la gravité, suite, rapporte-t-on, aux réflexions provoquées par une pomme tombée du pommier sous lequel il se reposait. La gravité, ou force gravitationnelle, exprime que toutes les masses s’attirent entre elles. En formulant les lois de la gravitation ( de l’attraction ) universelle, Newton étend ses conclusions au cosmos entier. Il montre que c’est la conjonction de cette attraction et du mouvement, la vitesse imprimée aux masses, qui permet aux masses plus petites de tourner autour d’une masse plus grande et de ne pas tomber sur elle: ainsi la lune peut tourner autour de la terre, la terre et les planètes autour du soleil.

Ces lois ont permis les voyages interplanétaires réalisés depuis 40 ans. Au début du 20ème siècle, Einstein, le théoricien de la Relativité, établit l’équivalence entre masse et énergie, découverte féconde. Masse et énergie constituent un couple inséparable, comme les deux faces d’une médaille.

S’appuyant sur les conclusions tirées de la théorie des quantas de Planck , Einstein montre que l’énergie lumineuse, les photons, sont des grains de matière. Ainsi l’énergie est matière tout autant pue la masse! De leur côté les physiciens Rutherford et Bohr édifient le modèle de l’atome: un noyau de charge électrique positive autour duquel gravitent en orbites des électrons de charge électrique négative. Si ces constatations ne font plus de doute pour les physiciens, elles perturbent encore nombre d’esprits cultivés par leurs implications philosophiques et théologiques. Le physicien Hubble remarque que le cosmos est en expansion. Il se dilate (comme un ballon qu’on gonfle d’air) dans un espace qui se dilate avec lui. En fait l’Univers est l'espace en expansion. Quelle est donc l’origine de celle-ci? Les physiciens pensent qu’il y a 14 à 15 milliards d’années une énorme et fulgurante explosion, le Bing Bang, comme l’ont appelé les scientifiques anglo-saxons, explosion chauffée à des milliers de milliards de degrés a projeté dans l’espace la matière élémentaire: un flux primordial sans aucune organisation, sans aucune structure, un véritable chaos. Dans l’espace plus froid la température de ce flux s’abaisse d’abord brutalement, puis progressivement; les particules élémentaires du chaos pourront alors se rejoindre pour commencer une longue histoire d’organisation puis de structuration de la matière, selon des lois fondamentales et universelles. On appelle quarcks les particules de matière élémentaires qui s’aggloméreront en protons électriquement positifs et en neutrons électriquement neutres qui constituent ensemble le noyau atomique. C’est la première étape de l’organisation de la matière, au sortir du chaos. Les électrons sont des particules élémentaires électriquement négatives qui se placeront en orbites autour du noyau pour créer l’atome,première structure de la matière. Deuxième étape de son évolution. Les photons sont les particules de matière élémentaire qui expriment l’énergie lumineuse, ils sont celle-ci. La lumière, prise dans le flux chaotique,ne sera libérée que lorsque les atomes se seront constitués. Jusque là, l’espace était irrémédiablement enténébré, il n’y avait absolument rien à voir. Mais si la libération de la lumière éclaire l’espace, elle n’élimine pas pour autant les ténèbres, elle ne fait que les repousser. Le couple antinomique lumière-ténèbre est une dualité dialectique indissociable. J’y vois une source de réflexions maçonniques dans notre recherche de la Vérité et notre cheminement vers la lumière. Enfin, une autre particule de la matière primordiale, les neutrinos en abondance dans le cosmos, est encore mal connue. Conformément aux lois de la gravitation universelle, les atomes et les particules se rapprocheront et se structureront ci et là en nuages dans l’espace; ce sont les nébuleuses. Dans celles-ci naîtront les premières étoiles et les premières molécules. C’est la troisième étape de la structuration de la matière. A ce jour 70 à 80 espèces de molécules constituées d’au moins deux atomes ont été détectées dans les nuages interstellaires. Soumises aussi aux lois de la gravitation universelle, les étoiles nées dans les nébuleuses se rassembleront au cours du temps en amas d’étoiles: les galaxies. Notre galaxie se nomme la Voie Lactée. C’est une galaxie spirale, un disque ovale dont le centre est une excroissance hyperlumineuse d’où s’échappent en spirales des bras constitués de myriades d’étoiles et de gaz. Nous voyons un de ces bras dans le ciel sans lune sous forme d’une traînée laiteuse. C’est la quatrième étape d’organisation et de structuration de la matière. Les galaxies peuplent le cosmos par milliards aussi. Elles ont été et sont encore probablement, avec les nuages interstellaires, le creuset où se forgent les étoiles. Celles-ci ont une histoire: elles naissent, se développent, évoluent, déclinent et meurent en tant qu'étoiles. Ce sera aussi le sort du soleil. Les étoiles fabriquent les atomes du cosmos qu’elles ensemencent par projections dans l’espace. Nous connaissons toutes les espèces d’atomes du cosmos, une centaine, dont une bonne partie se retrouve dans la constitution de notre planète, et une fraction plus petite dans les créatures vivantes, y compris l’espèce humaine. Notre planète offre le terreau favorable où les atomes puis les molécules pourront s’associer en formations de plus en plus complexes et diversifiées jusqu’aux biomolécules propres à la vie: de la cellule au végétal, à l’animal et à l’espèce humaine. La vie: cinquième étape de l’histoire de l’organisation et de la structuration de la matière. Comme nous le voyons, l’Univers et ses constituants ont une histoire, une évolution. Ils n’ont été et ne sont ni immuables ni immobiles. Tout est mouvement , tout change, naît, se développe, décline. Il en est de même de la matière qui s’organise et se structure progressivement pour élaborer des molécules de plus en plus diversifiées et complexes, jusqu’aux biomolécules. On peut dire que l’histoire du cosmos, avec ses étoiles, ses planètes, ses galaxies, c’est l'histoire de la matière en formation et en évolution vers une complexité croissante qui aboutit à la vie, et à l’Homme. La voûte étoilée est l’expression dans le temps de cette histoire. Dans cette perspective, au plan de la matière, nous sommes phylogénétiquement de lointains descendants du soleil, notre étoile. L’idée d’une Histoire de l’Univers et de la matière, idée féconde du vingtième siècle, a été totalement étrangère à l’esprit humain jusqu’à notre époque. C’est ce qu’a exprimé Hegel, l’un des philosophes pourtant majeurs du 19ème siècle, en disant: “ il n’arrive jamais rien de nouveau dans la nature.”Plus proche de nous l’écrivain et poète belge Maeterlinck pense de même et écrit: “il est puéril de se demander où vont les choses et les mondes. Ils ne vont nulle part, ils sont arrivés. Dans cent milliards de siècles la situation sera la même qu’aujourd’hui, la même qu’elle était depuis un commencement qui d’ailleurs n’existe pas, et qu’elle sera jusqu’à une fin qui n’existe pas davantage”. (cité in H.Reeves:Patience dans l’Azur. L’Evolution Cosmique, p.18 Ed. Seuil). La fabuleuse moisson de connaissances rassemblées depuis un siècle démontre le contraire, ce contraire que j’ai exposé dans ses grandes lignes. A ce stade de notre planche on peut se poser la question suivante: Dans quelle mesure les connaissances modernes, “ce que nous savons que nos ancêtres ne savaient pas”, sont-elles susceptibles de remettre en question, en tout ou en partie, les croyances, conceptions, perspectives qui constituent le tissus spirituel de notre Ordre? En effet, l’Ordre s’est organisé et structuré, a développé sa pensée et sa spiritualité pendant des époques où nos ancêtres ne savaient pas ce que nous savons. Vaste question qui se pose à la F\ M\ ; nous en sommes tous conscient. Des FF\ se sont-ils déjà appliqués à y répondre, ont-ils publié des textes? Je ne le sais point. Je vais tenter de donner une réponse succincte, de fixer un premier cadre de pensées et de réflexions. La spiritualité de l’Ordre telle qu’elle s’exprime de nos jours nie parait avoir ses racines dans l’antique et lointaine Tradition d’une part, et d’autre part dans un humanisme grec, mais éclipsé pendant des siècles, pour renaître et se développer depuis la Renaissance jusqu’à nos jours.

Qu’est-ce que l’humanisme?

On peut le définir comme un ensemble de tendances intellectuelles et affectives, de vécu personnel, de théories philosophiques, sociales et politiques, qui ont tous pour objectif de favoriser le développement des qualités essentielles de l’humanité et de toutes les possibilités de l’Homme qui concourent à ce développement vers le Bien; en outre et en conformité, l’humanisme est le respect de la dignité de la personne humaine, moralement et matériellement. Or les connaissances nouvelles depuis la Renaissance, loin de se trouver en conflit avec l'humanisme, l’ont au contraire renforcé, approfondi et s’en sont inspirées en retour. La base humaniste de notre Ordre ne me parait donc pas du tout remise en question, ce dont je pense, vous pouvez en juger vous-mêmes en vous référant à la définition de l'humanisme. Notre spiritualité humaniste devrait, comme antérieurement, se trouver renforcée, approfondie et surtout activée par le progrès des connaissances humaines, de nos connaissances par conséquent. Mais plus et mieux nous “savons”, plus grande est notre responsabilité et notre devoir de réfléchir à l’application de l’humanisme de notre Ordre. Quant à l’antique Tradition, je pense que ses croyances primordiales sont affaiblies de la confrontation avec le progrès des connaissances. Par contre, sa richesse symbolique peut, avec souplesse, traverser les siècles.

Expériences et méditations personnelles

Si notre sentiment d’une filiation mystérieuse avec le cosmos peut être d’origine spirituelle, il m’apparaît qu’elle est aussi d’origine matérielle. Dans ce cas, ces deux origines ne s’opposent pas, mais concourent en tout cas à l'apparition et à l’approfondissement de ce sentiment de mon vécu.
C’est par la contemplation de la voûte céleste matérielle que commence ma méditation d'ouverture au cosmos.

Grandeur, force et beauté de la voûte céleste diurne.

Azur velouté, lumineux, aux intensités variées, profondes ou pâles, presque blanc quand les voiles ténus de la brume s’interposent. Ou, selon l’heure virant au jaune, au rose, au rouge; ou né de ces couleurs à l’aube à mesure que s’élève l’étoile flamboyante qu’il est impossible de regarder en face. Qui ne se sent pas stimulé, envahi de bonne humeur, quand au réveil matin il découvre le ciel azur et le soleil? Qui n’a pas alors un sourire heureux sur les lèvres?

Grandeur, force et beauté de la voûte céleste nocturne.

Noire, enténébrée, angoissante peut-être, mais aussi constellée de lumières vibrantes qui envoient dans l’espace des milliards de messages à d’autres lumières qui vibrent pour y répondre: autant de vibrations de vie pour repousser l’angoisse. Qui n’a pas alors senti une liaison mystérieuse avec l’infini, une promesse ineffable, un vertige comme vapeur d’alcool dans la tête? La contemplation du ciel a été et reste pour moi source de communication avec la vraie grandeur, la beauté et la force, la sérénité. En m’ouvrant sans crainte pour “absorber” le cosmos et “sentir” mes liens de filiation avec lui, je suis pénétré d’un subtil élixir qui m’apaise, me détend, me rééquilibre et me confère une nouvelle énergie. Parfois je ressens une jouissance semblable à celle que j’éprouve quand j’écoute de la musique en état de grâce. Je suis heureux. Je m’élève au-dessus des contingences souvent agaçantes et stressantes de la vie quotidienne; je me ressource. Cette méditation d’ouverture au cosmos n’est pas simplement voir ou regarder le ciel, mais s’ouvrir et établir une communication émotionnelle. Cette méditation m’a beaucoup aidé ces dernières années lorsque j’ai dû résister aux difficultés menaçantes que le destin m’avait réservées. Si vous me le permettez mes FF\, je vous recommande de vous exercer à “sentir”, “à faire corps”, avec le Cosmos, à vous ouvrir avec le coeur à sa grandeur, à sa beauté, à ses énergies. Pour y arriver l’effort initial est variable selon les tempéraments et les caractères. Vous en bénéficierez pour vous détendre, pour retrouver votre sérénité et l’irradier autour de vous, pour ouvrir une communication réciproque avec les autres dans un amour affectif Fraternel. Vous en éprouverez du plaisir. Je vous le souhaite. C’est aussi une façon gratifiante et reconnaissante de communiquer avec les oeuvres du G\A\D\L\U\

Source : www.ledifice.net

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Published by Jean S\ Frère de la Loge Fidélité et Prudence à l'Orient de Genève - dans Planches
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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 06:26

Je voudrais vous faire partager mes réflexions « à partir de la voûte étoilée. »
Le choix de ce sujet fait suite à une remarque d’une sœur, alors que mon regard s’était arrêté sur ce symbole lors d’une de nos tenues : « les étoiles ne sont pas disposées là par hasard. »
En fait, aucun symbole n’est placé là par hasard. Peut-être le sont-ils par nécessité.
L’apprentissage maçonnique repose sur l’interprétation des symboles qui jonchent notre route.
Quel rôle joue tel ou tel outil?
Il est des outils communs à tous les degrés, généralement constitutifs du temple et des outils de travail dont on acquiert la maîtrise progressivement.
L’étude d’un symbole pour un symbole est un exercice intellectuel qui me satisfait sur un plan hédonique mais m’apporte moins dans mon enrichissement humaniste.
Ce qui me semble plus intéressant à ce niveau, ce sont les réflexions qui naissent de l’interprétation du symbole.
Le symbole sert de tremplin à une réflexion philosophique nous permettant de nous élever ou à une application dans la vie de la cité, dans le monde profane laïque. C’est pourquoi la distinction entre planches symboliques, philosophiques et laïques me semble arbitraire et purement didactique. Seul, le point de départ de notre réflexion est différent.
On peut dire que le symbole est à la croisée des chemins entre la verticale et l’horizontale, au sommet de l’équerre.
Pour comprendre un symbole il faut le disséquer sur un plan analytique : son nom, son aspect, sa place, et sur un plan analogique, sa résonance en nous.
C’est ce que je vais essayer de vous faire partager « à partir de la voûte étoilée. »
Beaucoup de nos symboles se composent de deux mots juxtaposés donnant un sens particulier à l’un et l’autre : delta lumineux, pierre brute, pierre taillée, pavé mosaïque, houppe dentelée... et voûte étoilée.
Notre Temple reproduit le Temple de Salomon et comme celui-ci ne possède pas de toit mais est à ciel ouvert, respectant ainsi les principes de Vitruve. En son premier Livre d’Architecture Vitruve mentionne la bienséance comme l’une des cinq caractéristiques de l’art de construire. Par bienséance l’illustre Romain entend que tout bâtiment (et le temple en particulier) sera conçu et réalisé de façon que ses utilisateurs puissent y mettre en oeuvre les énergies spirituelles nécessaires. Ainsi, déclare Vitruve: «on ne fera pas de toit au Temple de Jupiter tonnant, ni à celui du Ciel, non plus qu’à celui du Soleil et de la Lune : ils seront découverts, parce que ces divinités se font connaître en plein jour et par toute l’étendue de l’univers».
Ce ciel ouvert à l’aspect d’une voûte, c’est-à-dire, si nous reprenons la définition du dictionnaire Robert d’un « Ouvrage de maçonnerie, cintré, fait de pierres spécialement taillées servant en général à couvrir un espace en s’appuyant sur des murs dits pieds droits ou des piliers. »
Le mot voûte vient du Latin « volvere » tourner dans le sens de révolution.
De nombreux édifices, où l’on échange des propos d’ordre spirituel, ont pour toit des dômes, des voûtes à l’arc boutant plus ou moins arrondi, du roman au gothique flamboyant, comme si ces édifices voulaient rejoindre le ciel pour mieux y puiser la force. (Eglises, mosquées, académie française où se rassemblent les sages…)
Mes différentes lectures donnent de nombreuses interprétations à cette voûte.
On perçoit en général le ciel comme une couverture de la terre, le tout formant une espèce de grotte.
Certains voient donc dans « La voûte » un rappel de la grotte de la naissance de Dieu descendu sur terre, bien que d’autres disent qu’il est né dans une étable, voire le rappel de la forme de l’utérus gravide.
D’autres comme FRANÇOIS PERRET-GIOVANNA (Revue maçonnique suisse: décembre 2003) rapprochent la voûte céleste de la voûte du palais dans la bouche, organe par lequel s’émettent pensées, sentiments et opinions d’où la nécessaire mise au silence des apprentis et de la voûte crânienne où s’élabore tout ce que nous exprimons.
Deux idées dans ces interprétations :
La première est une nécessité de protection par rapport au Monde extérieur, par des parois rigides ou épaisses, qui toutes fois ne laissent pas filtrer la lumière et se différencient donc de notre voûte étoilée.
La notion de grotte évoque plus le Nadir que le Zénith de la voûte étoilée bien qu’il s’agisse d’une verticalité celle de la voûte suggère une ascension.
La seconde est celle d’une une naissance, d’une renaissance de l’être que permet la quiétude du lieu sécurisé.
Je ne retiens personnellement que la seconde partie de cette interprétation.
C’est parce que nous sommes dans un microcosme où règne la concorde et la grâce, parce que le Temple est couvert extérieurement et que nous avons déposé nos métaux à la porte, que nous sommes portés par le rituel et que nous sommes Libres et de Bonnes mœurs, que nous pouvons capter l’énergie céleste par l’intermédiaire du fil à plomb qui descend ce cette voûte grâce aux invocations de la V.M, que naît une réflexion productive.
Mais ceci serait également possible avec un ciel étoilé et non une voûte.
Alors, pourquoi une voûte ?
Une image télévisée vue 21 Janvier 2008 lors de l ‘arrivée de Francis JOYON à Brest, (Trophée Jules Verne) montrait l’horizon où se rencontraient l’arc maritime de notre planète Terre, et l’arc céleste. La notion de voûte me sembla plus évidente. C’est l’arc de cercle que nous voyons à un moment donné, c’est un arc-en-ciel qui permet une verticalisation ascendante.
Cette image est- elle bien réelle ? Est ce une image construite par notre œil et reproduisant la forme du globe oculaire ? Est-elle propre à l’Homme ?
J’ai alors essayé de comparer notre vision à celles des animaux en arrivant à la conclusion que seul l’homme est capable de regarder le ciel grâce à sa courbure cervicale. Il lève volontairement la tête vers le ciel pour le contempler à la recherche d’un guide, d’une réponse, de la connaissance.
Quel est le lien entre l’anatomie de l’Homme et son intelligence, sa capacité d’analyse et d’interprétation ?
D’où l’idée d’un déterminisme singulier : l’Homme a une courbure cervicale pour regarder le ciel car il est le seul à se poser des questions sur le rôle et l’origine de celui-ci. L’Homme s’est redressé pour regarder le ciel, décrivant ainsi une voûte ascensionnelle.
En s’élevant, l’Homme prend du recul et sa vision devient plus acérée.
Cette verticalité ascensionnelle qui apporte une amélioration de l’individu ne peut apporter à l’humanité que dans l’échange, dans le rôle laïc du F. M. Ce qui se fait au-dedans du temple doit se poursuivre, rejaillir au-dehors.
Cette notion de continuité, de révolution, de renaissance est également donnée par la couleur de la voûte. La voûte étoilée fait cohabiter le jour et les astres de la nuit en disposant des étoiles sur un ciel bleu non pas bleu nuit, mais bleu des loges bleues, bleu de la régénération ou de la formation spirituelle de l’Homme. On retrouve cette cohabitation des astres du jour et de la nuit à l’Orient où siègent la Lune et le Soleil.
Nous travaillons de Midi à Minuit.
Notre travail rejaillit sur le Monde comme la Lumière née de l’Orient éclaire nos travaux.
C’est ce que nous avons vécu dans le Monde profane qui enrichit notre réflexion en Loge et c’est ce que nous avons éclairé en Loge qui se réfléchit dans le Monde Profane.
Mais pourquoi des étoiles ?
Je ne saurai dire si leur disposition est liée au hasard où répond au strict respect d’un rituel qui a placé ici les principales constellations qui servent de guide à l’Homme depuis les temps éloignés et qui ont fait naître tant de légendes. Le ciel contient des signes, c'est-à-dire qu'il est signifiant, qu'il possède un sens. Aujourd'hui ce sens est perdu car il est caché dans des symboles avec lesquels nous ne sommes plus familiers, les figures de la mythologie grecque, Orion, Cassiopée, Ursa Major et Minor. Le ciel, comme notre route maçonnique, est une carte au trésor, où les repères sont inscrits dans une langue initialement inconnue.
Sans doute est-ce une représentation d’un ciel de solstice d’été, de la Saint Jean d’été reprenant à nouveau cette notion d’énergie descendante, de mort et de renaissance.
Une étoile est un objet compact, en un seul morceau, qui doit sa cohésion aux forces de gravité, opaque, émettant de la lumière par ses propres moyens. Une étoile n’est pas lumineuse parce qu’elle est éclairée par un autre astre. Un étoile émet sa propre lumière. Chaque étoile est un petit soleil.
La Lumière du Delta Lumineux est transmise à la V\ M\ sous la forme d’une étoile qu’elle diffuse aux deux surveillantes, pour diriger la Loge.
C’est la Force issue de l’invocation, qui descend de la voûte étoilée par l’intermédiaire du fil à plomb, la Lumière salvatrice qui en plein Midi nous délivre des ténèbres, ouvre le chemin de la connaissance, nous libère du Moi et fait apparaître le Soi.
Chaque F\ M\ qui a rejoint l’Orient éternel est représenté dans les étoiles de la voûte.
Le temple reste inachevé, mais le travail est déjà en cours. L’homme ne peut faire table rase de son histoire et grandit en l’assimilant évitant de reproduire les erreurs du passé tout en conservant son esprit d’initiative, sa liberté d’entreprendre, sa puissance créatrice. Le travail de chacun vaut ce qu’il vaut. Chaque F\ M\ transmet ce qu’il reçoit et apporte ce qu’il peut. Aucune limite ne peut- être mise à la recherche de la Vérité. Point de toit car point de dogme : ni philosophique, ni scientifique ni social.
A l’échelon de l’atelier, chaque travail est consigné comme un évènement marquant qui fait date, le temps est rapide, à l’échelle humaine.
Au niveau de la GLFF notre travail est beaucoup plus dilué et passe inaperçu. C’est pourquoi notre organisation reste pyramidale et que tant que la base est solide le sommet ne s’en préoccupe que peu. Par contre, si l’ordre vient à être troublé et les fondations menacées la pierre discordante fera réagir l’ensemble.
Et que représente la GLFF au sein de la maçonnerie, celle-ci dans notre civilisation, la France dans le Monde et le Monde terrestre dans l’Univers ?
Tel un grain de sable dans le désert qui ne s’individualise qu’au fond de ma chaussure, l’individu ne devient entité que lorsqu’il dérange l’ordre établi.
Nous retrouvons ici les notions d‘infiniment grand et d’infiniment petit, dont l’opposition engendre l’angoisse. Pour la juguler, tel Janus, acceptons la relativité des choses.
Trois idées dominent ici : la relativité des choses, la relativité du temps, l’horloge du microcosme n’est pas réglée à celle de la rotation des étoiles, les différents aspects de la Lumière : lumière séparation : jour/nuit et saisons, Lumière génération : ascendante et descendante permet la Renaissance, Lumière harmonie : opposant ordre et chaos, Lumière orientation : étoile guide, Lumière illumination qui fait sortir des ténèbres de l’agonia, Lumière créatrice : année de vrai lumière.
En conclusion
Pour moi, la voûte étoilée est le plus riche de tous les symboles du Temple.
Il reprend les notions de la dualité, au même titre que le pavé mosaïque, de relativité des choses, du continum de la révolution temporelle et de la genèse de la vie, de la verticalité.
Le fil à plomb qui part de la voûte étoilée pour la transmission de l’énergie cosmique est alors un signe d’espoir.

J’ai dit
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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 09:28

Depuis l’aube de l’humanité, l’Homme lève les yeux vers le ciel. Cette humanité a toujours été fascinée, intriguée, saisie de joie et de crainte, voire d’angoisse devant les manifestations de la voute céleste, sa grandeur et ses mystères insondables. L’Homme l’a sacralisé et a essayé d’y comprendre et d’y édifier la création et de faire concorder ses vues étoilées, avec ses croyances. L’Homme exprimait ainsi une filiation mystérieuse avec l’univers, le cosmos. Il y a vu la demeure des divinités, chaque peuple y a mit et y met toujours ce qu’il veut. Par exemple, chez les anciens Egyptiens la Déesse Noud est représenté comme une femme gigantesque courbée au dessus de la terre; le tronc de Noud représente le ciel; la bouche et l’aine: les horizons; les marques sur sa peu symbolisait les étoiles. Chez les Tchouktches, peuple du Kamchatka, la voute étoilée fut créée par le premier jet d’eau et d’air de la Baleine Primordiale.

L’histoire des temples est très liée à la voute étoilée, symbole du ciel. Les voutes des temples, des mausolées, des grandes mosquées, des baptistères, des sales funéraires, des coupoles, sont souvent constellés d’astres ou d’images célestes. Elles reposent le plus souvent sur une base carrée, cette alliance de lignes courbes et de droites symbolise l’union du ciel et de la terre. Dans l’Egypte antique, nombreux étaient les temples qui avaient peint sur leurs plafonds la voute étoilée. A Rome, Vitruve préconisait de ne pas construire de toit au dessus des temples dédiés a Jupiter afin que les énergies célestes puissent être mise en œuvre. La chrétienté a longuement représenté la voute étoilée dans ses édifices. Le temple Celte de Stonehenge, à ciel ouvert utilisait les solstices comme clef pour une lecture du ciel étoilée. Dans nos temples maçonniques, enfin pas ici, le plafond devrait être bleu parsemé d’étoiles, un bleu clair, le bleu de nos cordons de maitres et des officiers de la Loge. La Maçonnerie ayant comme principe fondamental de n’avoir aucune limite a la recherche de la vérité, alors un plafond au dessus de nos têtes, non! Mais l’ouverture sur l’infini, cela prends du sens.

La voute étoilée surplombe le pave mosaïque, l’un reflétant l’autre, comme il est dit que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, alors on peut y voir un symbole de multiplicité, une entrevue des infinis possibilités, des nombreux chemins possibles. Chaque étoile semble être similaire a une autre mais comme les humains chaque être est différent et la richesse vient de la non-conformité, de la différence, chaque étoile est une.

Ceci m’amène à voir dans la voute étoilée un symbole d’unité, je m’explique. Dans cette voute étoilée je vois, par reflet, les FM éparpillés sur la terre, mais aussi les Maitres inconnus passés a l’orient éternels, tous ensembles sur la carte du ciel. Tous ensembles les plus humbles comme les plus illustres, les plus pauvres comme les plus riches ; le dernier initié, comme le premier, mort depuis des lustres. C’est une chaine d’union à travers les âges, à travers l’espace et le temps qui relie les cœurs et les âmes appelant puissamment l’Egrégore. On peut y voir aussi une représentation de toutes les loges du monde, chaque étoile symbolisant une loge allumée, une loge au travail au nom de la Franc maçonnerie universelle. Par toute la terre, il est toujours midi ou minuit quelque part, une loge s’ouvre, une autre s’éteint. Que ce ciel étoilé nous rappel ainsi la fin des travaux lorsque nous rentrons content et que nous en avons retiré profit et joie.

La voute étoilée me rappelle, en tant que symbole fixe dans le temple, les outils de méditations que sont les mandalas qui sont une représentions de l’image du monde, le mandala est un guide imaginaire de la méditation. Il manifeste dans ses combinaisons variées de cercles et carrés l’univers spirituel et matériel ainsi que la dynamique des relations qui les unissent. La contemplation d’un mandala est censé inspirer la sérénité, il a pour but de conserver l’ordre psychique, s’il existe déjà et de le rétablir s’il a disparu. J’arrive facilement à faire le lien avec la voute étoilée en tant qu’outil de méditation, allongé dans l’herbe par une splendide nuit d’été, me sentant un trait d’union entre le ciel et la terre, mon esprit se calme et toujours les mêmes questions qui reviennent en écho a travers les étoiles: D’ou venons nous, qui sommes nous, ou allons nous ?

Pour répondre à ces questions, les plus anciennes civilisations ont développé un système parallèle à l’astronomie, l’astrologie. Au début, elles étaient liées et même confondues, car pour les anciens, l’observation rigoureuse de la voute céleste permettait de prévoir des événements survenant sur la terre. Cette loi de correspondance universelle, qui permet de relier le cosmos a l’Homme est le substrat même de ce que l’on appelle l’Esotérisme, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, ne l’oublions pas. L’astrologie permet de répondre à un besoin aussi vieux que l’humanité: trouver un sens et mettre de l’ordre au sein d’un monde imprévisible et chaotique, Ordo ab Chaos.

Revenons à des questions plus terre à terre, y a t’il un tracé particulier de la voute étoilée à peindre sur le plafond du temple? Je n’ai pas réussi à trouver un descriptif précis d’une carte céleste qui pourrait nous guider lors de l’édification du voute étoilée. Voici ci donc je que j’envisagerais :

A l’orient une seule étoile, entre le soleil et la lune, une étoile à visage humain, une étoile flamboyante. Placée au dessus de notre VM, elle incarnerait la sagesse de l’homme mature, de l’homme ayant accompli un cycle, de l’homme prêt à transmettre, à réfléchir la lumière, sa propre lumière mais aussi celle du GADLU car cette étoile comme le VM est un vecteur lumineux…

Pour représenter le midi j’aimerais placer la croix du sud, cette étoile donne l’azimut sud lorsque l’on se trouve dans l’hémisphère ou proche de l’hémisphère sud, elle est composée de 4 étoiles formant une croix. Chez les peuples méditerranéens elle passe du ciel a la terre au travers d’un bijou surnommé : croix du sud, chez les Touaregs lors de la transmission de ce bijou par le père, une phrase magnifique est dite : "Mon fils je te donne les quatre directions du monde, car on ne sait pas où tu iras mourir ". Le rôle du second surveillant étant de guider les apprentis dans les ténèbres, cette croix du sud rappelant un fil à plomb pourrait éclairer leurs pas communs et les aider à rester d’aplomb sur le chemin de la découverte.

La constellation du Lion, voila celle que je verrai bien à l’occident. Le lion incarne la force, tel le pilier du 1er surveillant. Mais pas la force qui asservit, plutôt celle qui établit. Le 1er surveillant tel Héraclès devra aux cotés des compagnons vaincre le lion des passions néfastes. Le Lion avec son excès d’orgueil et son assurance rappellerai au surveillant de ne pas se laisser aller a imposer des contraintes étouffantes aux Comp :., de ne pas faire preuve de fanatisme mais d’amour fraternel.

Au Septentrion quoi de plus juste et parfait que l’Etoile Polaire, elle qui est située dans la constellation de la petite ourse ou en latin septentrio. Elle qui depuis des millénaires guide les marins, les pèlerins, les marchands. Cette Etoile symbolisant le centre autour duquel pivote le firmament, symbole de rotation donc de mouvement mais aussi d’immobilité de par son point fixe, représente bien, pour moi, les apprentis qui sont dans la dualité: immobiles, muets mais en perpétuels mouvement par leur questionnement, leurs doutes, leurs recherches et ils sont bien le centre car sans apprentis pas de renouvellement, et nous espérons bien sur les retrouver plus tard au centre du cercle.

J’aimerais aussi placer la constellation de la grande ourse, je la mettrais au centre à l’aplomb du pavé mosaïque. Cette constellation est composée de 7 étoiles, et de par sa rotation autour de l’étoile polaire elle est devenue le symbole du centre de l’univers. D’ailleurs la swastika en découlerais, les anciens auraient observés le mouvement rotatif des branches de la grande ourse autour de la polaire et en auraient déduis ce symbole, il a été découvert sur tous les continents sans interconnexion, comme si il découlait d’un patrimoine commun, d’une conscience universelle.

Pour le reste de notre voute j’y ajouterais une pincée de pléiade, une louche de voie lactée, et quelques poussières d’étoiles. Grace à la chaleur de nos frères, la vapeur de notre travail permettra le commencement de l’œuvre au noir, dans l’athanor qu’est notre loge.

Mes Frères, les soirs de doutes tournons nos regards vers le ciel et rappelons nous les bons moments passés en loges, les instants privilégiés vécus lors des St Jean, ou tous simplement une discussion avec un frère. N’oublions pas pourquoi nous nous sommes réunis en Francs maçonnerie, que ce symbole nous rappel nos recherches, que la profondeur du ciel nous permette de rêver et de ne pas oublier que nous aussi, mes Freres, nous prendrons l’escalier tournant pour rejoindre l’orient eternel.

VM j’ai dit.

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 07:50

Dans le sens commun, la voûte désigne un ouvrage de maçonnerie cintré entre deux appuis. Par extension, elle désigne aussi une figure géométrique, qu’elle soit plane, en forme d’arc, dans un espace à deux dimensions, ou en coupole, en forme de dôme, dans un espace à trois dimensions. Dans un espace à deux dimensions, elle est constituée par la coupe opérée au sommet du dôme. On voit là, déjà, la référence à un symbole familier au 1er grade : celui du compas, qui permet de tracer d’abord la base du dôme, puis, en élévations, les coupes innombrables passant par le sommet du dôme, pour finir par former la coupole. Le symbolisme de la voûte apparaît donc très fort en maçonnerie. La maçonnerie reprend là un symbole lui aussi très fort dans les religions humaines. Dès l’origine des temps, la contemplation du ciel étoilé d’une nuit sans nuages a conduit l’homme à s’interroger sur lui-même et sur sa place dans l’univers. Dès que son évolution a donné à son cerveau l’accès à l’abstraction et l’a fait passer de l’état de primate animal à celui d’être doué de conscience, la vision de l’immensité étoilée l’a porté à se demander : d’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Comment suis-je ici et, surtout, pourquoi suis-je ici ?

C’est l’observation du firmament qui a conduit l’être doué de conscience à donner les premières réponses à ses interrogations. Admiratif et effrayé par sa splendeur et son immensité, il y a projeté ses questions et cherché les réponses à ses préoccupations infiniment petites dans cet infiniment grand. Selon Ligou, la voûte se confond vraisemblablement avec le symbolisme de la caverne. Dans l’histoire des civilisations, la caverne a toujours joué un rôle mystique important. Elle a été le lieu privilégié où l’être humain cherchait à entrer en relation avec le divin. Dans l’Antiquité, la pythie de l’oracle de Delphes rendait ses prédictions dans une grotte. Dans l’Antiquité toujours, c’est une caverne que Platon a choisie dans son fameux mythe. Aux débuts de la chrétienté, les fidèles se réunissaient dans des catacombes. Au moyen âge, de nombreux ermites se retiraient du monde et s’installaient dans des grottes pour s’y recueillir. Plus près de nous, c’est dans une grotte que les apparitions de Lourdes ont eu lieu et que se rendent aujourd’hui les pèlerins. La multitude des religions et croyances montre que l’imagination humaine n’a connu dans ce domaine aucune limite. Dans cet inaccessible qu’était l’immensité de l’univers, il y a tout imaginé, cherchant des oracles dans le mouvement des corps célestes, vénérant certains d’entre eux. Il a tout imaginé et les croyances et religions qui se réfèrent au firmament sont aussi nombreuses que les astres qui le décorent. Toutes ces croyances et religions ont cependant un dénominateur commun dans cette observation de l’inaccessible. Elles conduisent l’être humain à concevoir, avec des degrés d’abstraction variables, une séparation entre le matériel et l’immatériel, entre l’humain et le divin. La voûte céleste est ainsi la séparation entre les ténèbres de la terre, où se trouvent plongés les profanes, et la lumière du divin, dont elle ne laisse paraître que d’infimes parcelles, comme au travers d’un voile noir attaqué par les mites. La voûte qui s’élève au dessus de nos têtes représente la frontière entre le monde matériel, qui est le nôtre, et le monde immatériel, qui nous est inconnu et vers lequel se dirigent nos questions. En architecture, la voûte est présente dans tous les édifices religieux. La voûte, ou ce qui la représente dans la nature ou dans les œuvres de l’homme, joue un rôle métaphysique important. Elle est présente dans tous les lieux privilégiés où, de tout temps, l’homme a cherché à établir une relation avec le divin. Elle a un caractère magique. L’envoûtement y fait du reste étymologiquement référence. La voûte subjugue et fascine celui qui la contemple.

Dans nos loges, la voûte est figurée de deux manières. En espace à deux dimensions, elle est la porte étroite sous laquelle, dans certains rituels, le profane avance incliné en entrant dans la loge avant de recevoir la lumière. En espace à trois dimensions, elle est figurée au plafond du temple et, en son milieu, descend le fil à plomb constituant l’axe du monde. La voûte n’est pas un simple arc de cercle, mais bien un dôme tout entier, tracé à sa base par le cercle qui englobe l’humanité toute entière, pour l’inviter à s’élever au-dessus de son monde terre-à-terre et se rapprocher du divin. Qu’elle soit naturelle et constituée par le plafond de la caverne primitive, ou création de l’homme et constituée du toit du temple, la voûte impose la notion d’une séparation entre la terre et le ciel, entre le dedans et le dehors, entre le visible et l’invisible, entre le matériel et l’immatériel, entre l’humain et le divin. Dans la symbolique maçonnique dévolue au ciel et à la terre, cette dualité se retrouve : le Temple est couvert par la voûte étoilée. Incluse dans le pavé mosaïque, la terre reflète en partie, comme ses étendues d’eau, les étoiles tracées sur la voûte. Notre architecture, en même temps, rappelle les correspondances que les maçons cherchent à établir entre elles, puisque le parcours initiatique conduit le profane de la terre où il se meurt, au ciel, où il s’accomplit. La voûte est la séparation entre l’obscurité dans laquelle nous sommes plongés et dans laquelle nous évoluons à tâtons et le ciel, domaine de la divinité et de la lumière absolue. Elle nous invite à nous réunir pour avancer ensemble dans notre nuit vers la lumière, dont nous percevons les traces par la contemplation du firmament. La distinction entre la terre et le ciel, entre le matériel et l’immatériel a conduit l’homme au concept, présent dans beaucoup de religions, dont les religions judéo-chrétiennes, selon lequel, à l’origine ciel et terre étaient initialement unis. Ainsi le 1er verset de la Genèse rappelle le premier acte du créateur qui procède à leur séparation : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre ». Dans cette perspective, la quête du maçon peut aussi se comprendre, non comme la nostalgie de cette séparation, mais comme l’aspiration à leur réunion, sa construction visant à faire descendre le ciel sur la terre, c’est-à-dire s’améliorer en s’inspirant du divin, et non pas à faire monter la terre vers le ciel, en cherchant futilement à se rassurer en construisant une métaphysique répondant à des préoccupations terre-à-terre. La voûte céleste s’ouvre sur l’infini. En cela elle invite le maçon à ne jamais cesser sa recherche en lui révélant que le champ de ses investigations est infini lui aussi.

Ainsi, le symbolisme de la voûte et celui de la porte étroite se rejoignent, puisque cette dernière symbolise la frontière entre les ténèbres, dans lesquelles est plongé, le profane et la lumière qui va commencer à lui être révélée. La voûte qui s’élève au dessus de nos têtes constitue la frontière entre le monde matériel, qui nous est accessible, et le monde immatériel, qui nous est inconnu et vers lequel se dirigent nos interrogations. Dans une loge, la voûte est symboliquement celle du ciel. Elle y apparaît semée d’étoiles sur fond bleu. Les étoiles représentées au plafond de la loge sont une image du cosmos, terme venant du grec et désignant tout à la fois le Monde, l’Univers, la Création. Leur présence rappelle que le travail maçonnique s’accomplit à la frontière du visible et de l’invisible, dans un monde intermédiaire qui sépare le terrestre, domaine du limité, du royaume de la divinité, domaine de l’infini. D’un côté, à l’Orient, les franges du soleil levant mangent les franges de la voûte et dissipent l’obscurité en lui substituant une clarté non moins mystérieuse. De l’autre, à l’Occident, l’Etoile flamboyante monte au zénith pour guider les voyageurs dans leur marche, puisqu’elle aide ceux qui la contemplent à découvrir les défauts de leur travail. La voûte étoilée, visible de l’intérieur de la loge témoigne d’une part que les murs de la loge n’ont pas la prétention de s’élever jusqu’au ciel, mais d’autre part que le maçon ne limite pas son travail à une connaissance de soi, à ce qui est terre-à-terre, mais aussi à la contemplation et à la recherche de ce qui le dépasse, de ce qui le surpasse, de ce qui se trouve dans le monde de l’invisible, au-delà de la voûte étoilée. Les étoiles brillent en loge comme autant de parcelles de la lumière céleste qui protège et guide les chercheurs de vérité sur le chemin de la Connaissance. Cette représentation du cosmos enseigne aussi que l’action de la divinité ne se borne pas seulement au monde qui est le sien pour celui qui sait devenir une étoile vivante. Ce qui est en haut existe aussi ici-bas. La voûte étoilée est le trait d’union entre l’humain et le divin d’une part, entre la divinité et l’humanité d’autre part. Frontière symbolique entre l’être humain et la divinité, elle constitue un voile masquant au premier la lumière de la seconde vers laquelle il dirige ses aspirations. Dans sa recherche, il lui arrivera de percevoir des parcelles de cette lumière, dont des rais infimes percent au travers des mailles de ce voile. C’est au niveau de ce voile que se situe le travail du maçon, qui cherche à comprendre et ordonner les parcelles de lumière qu’il perçoit et qu’il discerne de mieux en mieux au fur et à mesure de son cheminement. La référence à la voûte étoilée nous invite à méditer sur le plan spirituel. Elle favorise notre réflexion. Sa contemplation nous ramène à notre juste dimension dans l’immensité de la Création. Elle nous porte à donner aux choses d’ici bas la relativité qui est la leur. Ne dit-on pas souvent que la nuit porte conseil. La voûte qui est présente dans nos temples repose sur les murs de la loge. Cela ne signifie pas que notre temple a la prétention de s’élever à la hauteur du divin. Nos murs supportant la voûte étoilée sont là pour inviter le maçon à diriger sa recherche de la lumière dans cette direction, puisque son travail ne se limite pas à la connaissance de soi, mais aussi à la recherche de ce qui le dépasse. De ce qui le surpasse et se trouve au-delà de la voûte céleste. Le ciel est symboliquement une porte, celle de l’au-delà, dont l’ouverture nous révélera, le jour de l’ultime initiation, la pleine et vraie lumière. Quelle est cette grande lumière ? Les religions ont toutes apporté leur réponse. Dans notre civilisation judéo-chrétienne, elle s’identifie à Dieu, et, dans notre symbolique, au G\ A\ de l’U\. Dans notre livre de la loi sacrée, les corrélations entre Dieu et la lumière sont aussi nombreuses que les étoiles du firmament. Dans l’Evangile de St-Jean, que nous ouvrons au début de nos travaux, nous trouvons, au verset 9 du prologue : « Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme ». Le symbole de la voûte étoilée est ainsi là pour rappeler au maçon que sa quête de la Vérité et de la Lumière doit se diriger dans cette direction. Elle est aussi là pour le guider. Enfin, elle est là pour le rassurer dans sa démarche, comme le disait si bien Beethoven, dans son Ode à la joie :

Que ce baiser du monde
Vous embrasse, multitudes !
Frères - au dessus de la voûte étoilée
Doit demeurer un tendre Père.

Vous vous prosternez, multitudes ?
Monde, pressens-tu le créateur ?
Cherche-le au-dessus de la voûte étoilée !
C’est par delà les étoiles qu’il doit habiter.

Vous vous prosternez, multitudes ?
Monde, pressens-tu le créateur ?
Cherche-le au-dessus de la voûte étoilée !
Frères - au-dessus de la voûte étoilée
Doit demeurer un tendre Père.

Source : www.ledifice.net

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 07:19

Une Loge Maçonnique est administrée par un Collège d'Officiers, qui assume le rôle d'un vrai Conseil d'Administration. Ce dernier, présidé par le Vénérable Maître en chaire, règle toutes les questions inhérentes au fonctionnement de l'association de Frères et Sœurs composants la Loge. On peut ainsi comprendre qu'un Officier mal choisi ou négligent, met en difficulté l'association, il manque à son serment et abuse de la confiance de ses Frères et Sœurs. Dans le monde profane, un Officier militaire peut mettre en danger la vie de ses soldats par ses décisions et son attitude erronées ; un mauvais Conseiller d'administration peut provoquer la faillite de sa société…mais dans le monde maçonnique on a tendance à penser que tout cela n'arrive pas et alors, puisque rien n'arrive en Loge, un Officier peut être négligent, absent, ignorant ! D'une part la fraternité et la tolérance régissant notre Initiation doivent nous faire dépasser ces fautes et nous amener à comprendre des Sœurs et des Frères incapables de tenir un engagement : c'est leur déterminisme, leur nature. D'autre part ce sera leur miroir individuel qui reflètera impitoyablement le ridicule dont ils se sont recouverts pour avoir voulu assumer une charge trop grande pour leurs capacités réelles. Il ne faut pas oublier que dans l'Initiation chacun est le juge de soi-même, mais que la Conscience ne rate jamais un jugement. Si les Officiers semblent être aussi importants pour une Loge Maçonnique regardons de plus près leurs rôles, aussi bien administratifs et donc exotériques, qu'ésotériques. Je traiterai ce sujet en me referant à la disposition « zodiacale » des Officier en Loge et aux rapports avec les planètes respectives, selon la théorie élaborée par le T\ Ill\ F\ Jacques BELLUROT. La Loge est orientée selon les quatre points cardinaux et à chacun d'eux correspond un Officier. Nous pouvons, donc, affirmer que ces Officiers « orientent » la Loge. Il s'agit du Vénérable Maître, siégeant à l'Orient ; du Couvreur, dont la place est en face c'est-à-dire à l'Occident ; du 1 er Surveillant à la Colonne du Midi et du 2 nd Surveillant, siégeant à celle du Septentrion. Ces quatre Officiers définissent l'espace sacré d'un Temple Maçonnique, sacré parce qu'à son intérieur se déroulent toutes les cérémonies initiatiques maçonniques, mais aussi parce qu'ils sont, tous les quatre ensemble, responsables du principe de « simultanéité » initiatique, celui considérant qu'aucune action, profane ou initiatique, ne peut pas se matérialiser correctement sans le respect simultané de quatre absolus : Pouvoir, Savoir, Vouloir et Devoir. S'il s'agissait uniquement de réaliser ces principes de toute bonne gestion administrative, ce serait certainement plus simple que la réalité d'une Loge ne le montre... Les choses deviennent plus complexes lorsqu'on rentre dans les considérations ésotériques et surtout au Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, qui se refère explicitement à la philosophie spirituelle gnostique. En effets les quatre Officiers délimitant l'espace matériel dans lequel l'initié doit évoluer lentement et avec persévérance, représentent les quatre éléments fondamentaux de la nature terrestre : la Terre, l'Eau, l'Air et le Feu. Ces éléments sont propres aux signes zodiacaux du Capricorne, du Cancer, de la Balance et du Bélier, dominés par les planètes Saturne, la Lune, Vénus et Mars. Ces signes sont dits Cardinaux comme Cardinales sont les Vertus qui s'y rattachent :

Le Feu à la Force...le Bélier à Mars...le Couvreur à la Connaissance
L'Air à la Justice...la Balance à Vénus...le Vénérable au Pouvoir
L'Eau à la Tempérance...le Cancer à la Lune...le 1 er Surveillant au Devoir
La Terre à la Prudence...le Capricorne à Saturne...le 2 nd Surveillant au Vouloir

Ces quatre Officiers, piliers de chaque Loge maçonnique nous indiquent donc l'ancienne règle templière celle du VSPD (vouloir, savoir, pouvoir et devoir) c'est-à-dire :

« Un initié devra vouloir prudemment, afin que l'avarice ne s'empare pas de son être. Car l'envie de possession, sans mesure et sans partage conduit l'homme à la prison de la matière. Cette prudence s'acquiert par une solide et progressive connaissance : la connaissance de la vie, de la pensée, des messages symboliques, de la sensibilité artistique et de tout ce que la tradition transmet comme valeur universelle. Un savoir qui est la force motrice de toute évolution humaine et le propulseur sur le difficile chemin de l'Initiation. Un savoir qui ne laisse pas agir sous l'impulsion des passions, mais qui confère la maîtrise à celui qui sait attendre. Un savoir qui s'oppose à la paresse, par le travail continu et profond qu'il exige. Un savoir, enfin, qui offre le pouvoir d'agir en équilibre avec soi-même et avec les autres, donc en pleine justice ; non pas la justice du juge, mais l'acte juste, mesuré, pondéré. Ce dernier opposé à la luxure, faite d'image éphémère et fugace, fruit de nos désirs morbides et incontrôlés. La conscience de l'équilibre, du juste moment pour la juste cause, permet à l'initié de prendre pleine conscience des devoirs auxquels il ne pourra plus se soustraire, car il a désormais aperçu la Lumière. La vision de la lumière ineffable, pour laquelle chaque Maçon travaille avec force et vigueur, apprend à l'initié le sens du relatif et de l'absolu. En d'autres termes il ne peut plus se considérer comme le centre d'un univers personnel et limité à sa matière ; pour cela il commence à tempérer son esprit et à repousser la gourmandise, la compagne de la boulimie, aussi bien intellectuelle que matérielle. Il découvrira qu'il y a un temps pour tout : un temps pour étudier, un temps pour intégrer, un temps pour parler, un temps pour diriger, un temps pour obéir, un temps pour réfléchir et un temps pour sourire, un temps pour transmettre. Cela va de soi que ces quatre rôles constituent les gonds de la porte initiatique et que leur valeur ne peut pas être sous-estimée ou prise à la légère sans détruire à jamais le sens profond de l'Initiation. A ces Officiers représentants la simultanéité statique de la Loge, la pierre de fondation du Temple Maçonnique, il faut en rajouter trois qui rappelleront le temps et donc le devenir du processus initiatique. Mais le Temps est un mystère, personne ne connaît exactement sa nature profonde au de là du temps relatif (scientifique) qui est la répartition en parties égales d'une rotation terrestre autour du soleil. Le Temps, comme devenir, est lié au mouvement, c'est-à-dire au jeu savant des forces cosmiques et de leur attraction réciproque. Alors il nous suffit de retenir l'idée de Dante que : « l'Amour fait bouger le Soleil et les autres étoiles » et remettre la notion de Temps au domaine métaphysique et inconnaissable. Par conséquent nous ne nous étonnerons pas de voir les relations entre les trois Officiers restants et les trois Vertus Théologales, car par ces principes nous engageons les discours sur le Logos, le Verbe ou le Divin. Les Officiers qui rendent une Loge Juste et Parfaite sont : l'Orateur, le Secrétaire et le Maître des Cérémonies. L'Orateur, principe solaire, élément masculin, est le garant de l'esprit de l'Initiation. Il agit pour la fidélité au logos, au verbe créateur, au principe métaphysique. Sa rigueur ne sera jamais du rigorisme ou de l'intolérance, mais de la compréhension et de la synthèse. C'est ainsi qu'il ne cédera pas à l'orgueil, personnel ou collectif. Le Secrétaire, principe lunaire, élément sensible et féminin, est la mémoire et la forme permettant la structuration du message initiatique qui accroîtrera le patrimoine traditionnel. Dans ses mises en forme la sensibilité inspirera toute action maçonnique et il la transmutera en charité, offrande sublimée et non aumône, matérielle ou intellectuelle. Pour cela le Secrétaire sera toujours très rigoureux dans l'usage des formes, car dans ce domaine sensible on risque à tout moment de céder à la sensiblerie et le formes éveillent en nous les envies, c'est-à-dire les pulsions incontrôlées de l'Ego. Le Maître des Cérémonie a le rôle difficile de donner une impulsion à ces éléments en équilibre, afin que par le mouvement toutes les forces présentes puissent accomplir leur fonction dans un ensemble harmonieux. C'est lui qui donne le rythme, qui constitue le guide accompagnant chacun et chaque cérémonie. Sa maîtrise du mouvement, sa courtoisie, son sens du temps, constituent aux yeux de l'Initié autant de manifestation de cette perfection qui est l'espérance maçonnique pour un monde meilleur. Tout est calme et contrôlé chez le Maître des Cérémonies, car il doit éloigner la colère, calmer les esprits et préparer chacun à la réalisation de l'égrégore commun. Il reste encore deux principes, ils concernent la sublimation de l'être, que les Anciens hermétistes appelaient Vertus Sublimales : la Sagesse et l'Intelligence. Elles sont le résultat de la sublimation de ces sept principes précédentes. En Loge ils sont représentés par l'Expert et l'Hospitalier. Le premier, par l'intégration des connaissances les plus profondes et hermétiques, acquiert la sagesse de l'esprit. Il connaît le grand dessein, ses symboles et les rituels magiques permettant aux initiés de s'y conformer. Pour cela il constitue le garde-fou du Vénérable Maître et son patrimoine. L'Hospitalier est le but de l'Initiation : l'Intelligence du cœur, celle qui seule sait nous guider à travers les épreuves de notre déterminisme. Les autre Officiers sont des compléments nécessaires au fonctionnement d'une Loge Maçonnique, mais ce qu'il faut retenir est que chaque rôle revêt son importance et est indispensable par son double sens : un côté administratif et extérieur, un côté ésotérique et caché. L'un est impossible sans l'autre. On ne peut pas accomplir ce qu'on ne connaît pas ou qu'on ne veut pas connaître, par paresse ou par incrédulité stupide, tout comme un raccourci simpliste empêche la démarche initiatique réelle. Alors laissez-moi terminer par une réflexion personnelle : si un homme veut être pompier pour l'uniforme ou pour avoir un gyrophare sur sa voiture, il faut prier beaucoup pour qu'il n'y aie jamais d'incendies !

J'ai dit

Source : www.ledifice.net

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 08:22

Le Vénérable Maître, ou Vénérable Maître en Chaire, est le président de là Loge, il est installé sur la Chaire du Roi Salomon. Les constitutions d'Anderson qui ne connaissent que deux degrés : Apprenti et Compagnon, parlent du "Maître" ou "Maître de Loge". Avec le développement du degré de Maître, la confusion devenant possible, l'usage s’est établi de distinguer le "Maître", titulaire des trois degrés et le "Maître de Loge", président de l'Atelier. Il appartient au Vénérable Maître en Chaire de convoquer la Loge, d'ouvrir les travaux, de procéder aux initiations et de conférer les grades,( à un niveau inférieur à son grade, au dessus seul le Conseil de l'Ordre peut les décerner, ) d'assurer le bon déroulement et l'ordre des tenues, au besoin en retirant la parole et en faisant couvrir le Temple à tout frère contrevenant à l'ordre des travaux ou des principes maçonniques. Il ne peut être repris en cours de séance par aucun assistant, sauf par l’Orateur , Il peut, si l'ordre est troublé et son autorité méconnue, suspendre et même lever la séance sans formalité, celle-ci ne pouvant être reprise sous la direction d'un autre membre de la Loge. Il dirige l’administration de la Loge et, à ce titre, contrôle le travail des autres officiers, signe les tracés, reçoit et règle la correspondance, ordonnance toutes les dépenses autorisées par la Loge. Il est de droit président de toute commission et chef de toute délégation de la Loge qu'il représente dans les cérémonies et pour les relations extérieures. Il signe les "planches officielles." Les pouvoirs du Vénérable sont aujourd'hui encore définis en ces termes. Ils sont analogues à celui du prince dans les sociétés profanes archaïques. Avec l'évolution des mentalités et le progrès de la conscience, ces pouvoirs ont été progressivement limités dans la durée. Il est aujourd’hui inconcevable que l'on puisse être Vénérable en Chaire ad vitam. Les pouvoirs du Vénérable sont limités aussi par l'Orateur, gardien de la Loi, qui peut et doit intervenir si la "Loi" est transgressée. Il est à l'Orient et fait face à l'Occident. Cette position, cosmique" signifie qu'il est symboliquement identifié au soleil levant. Il "conduit" la lumière en direction des régions obscures. Il éclaire de même, au plan du temps, il incarne le matin, le commencement, le renouveau. Dans tous les rites, le bijou du Vénérable est l'équerre. Notons que cette équerre forme avec le sautoir une "Croix de Saint André" qui marque le rayonnement qui doit caractériser cet officier. Le Vénérable doit représenter l'égrégore de la Loge. L'autorité dont il a été investi est tempérée par la bienveillance qui doit marquer tous ses actes. Aussi, son rôle est-il à la fois actif et passif, Il doit équilibrer. Il stimule, entraîne, génère l'énergie du groupe et l'entretient ; en même temps, il calme, adoucit, freine les élans d'un zèle pour qu'il ne soit pas maladroit. L'outil associé à cette fonction est la truelle. C'est l'outil qui intervient lorsque le gros œuvre" de l'édifice est terminé. Il sert à jeter et à étaler le mortier afin de couvrir les aspérités des pierres et les traces de leur séparation. Le Vénérable, grâce à son rayonnement, à son expérience et à sa bienveillance, couvre d'amour et de connaissance tout ce qui sépare les frères de la Loge et tout ce qui est inharmonique à l'intérieur de chacun d'eux. Il est l'alchimiste qui transmute les passions et les aspérités des âmes en amour fraternel. Cet amour ainsi généré stimule l'esprit et constitue l'atmosphère nécessaire à l'épanouissement de la connaissance. C'est pourquoi cette fonction est confié à un Maître expérimenté qui a pratiqué plusieurs offices, dont celui de Premier Surveillant. Néanmoins, aucun Maître ne peut prétendre être réellement à la hauteur de cette fonction. Il lui faudrait pour cela être un initié parfait ! Néanmoins, il n'est possible ni sage d'attendre de mériter ce rôle éminent pour le jouer. Ce n'est pas possible parce que, si l'on attendait un initié véritable pour occuper la Chaire du roi Salomon, il ne pourrait exister aucune Loge. Il n'est pas sage non plus d'attendre, car le Maître qui accepte cette fonction est appelé, grâce à elle, à faire des progrès dans l'Art. C'est en pratiquant des fonctions qui le dépassent que le Maître acquiert, peu à peu, la maîtrise. Aussi il ne faut pas se dérober à cette tâche, lorsque l'on est invité par ses frères à l'accomplir. Elle fait partie des épreuves à vaincre. Le Vénéralat, comme toutes les autres responsabilités, sont des étapes sur la voie Royale. Un Maître maçon attend cette fonction avec crainte et l'assume avec joie. Il l'assume avec joie et, après son temps laisse la place avec soulagement !...Ainsi se passent les choses, dans une Loge maçonnique. Tous les Maîtres qui ont accompli la fonction de Vénérable se sentent transformés et enrichis par cette expérience difficile et exaltante. Selon une tradition d'origine opérative, le Vénérable reçoit une transmission ésotérique particulière, au cours d'une cérémonie secrète dite d'installation". Les Vénérables et anciens Vénérables ayant vécu la cérémonie ésotérique de l'installation peuvent se réunir en "Conseils de Maîtres Installés" librement et en dehors de toute structure obédientielle. Ce rite se pratique systématiquement dans la maçonnerie anglaise. En France, il est demeuré longtemps en désuétude, mais il tend aujourd'hui à se généraliser. Le Rite Écossais Ancien Accepté le pratiquent systématiquement. Ces rites, en effet, se veulent traditionnels et "symbolistes" et de ce fait, sont sensibles à la "qualification" du Vénérable et à la nécessité d'un Enseignement réservé à cette fonction. En 1834, le terme de "Vénérable Maître d’honneur" est considéré comme une nouveauté, mais ne requiert aucun élément traditionnel. De nombreuses Loges françaises pratiquent cette solution qui est réglementaire mais non initiatique.

Le Couvreur, par principe est l’ancien Vénérable Maître, qui par son expérience sera un excellent Tuileur avec l’Expert. Le participe adjectif " couvert" ou "à couvert" ou encore "clos et couvert" s'emploie pour préciser que les profanes sont éloignés et que l'on peut vaquer en sécurité aux Travaux Maçonniques. A l'inverse, on dit "il pleut" ou "il neige" pour signifier que l'endroit n'est pas couvert. Le verbe "Couvrir le Temple" signifie "sortir du Temple". L'officier chargé de s'assurer de la sécurité du Temple se nomme donc le "Frère Couvreur". Le couvreur est identifié parfois avec le Tuileur. Au rite Écossais Ancien Accepté, il n'existe que le couvreur intérieur. Le Couvreur s'installe à l’occident, à côté du Second Surveillant. Il s'assure que le Temple est bien couvert, en informe le Second Surveillant qui informe le premier, lequel informe le Vénérable. Le couvreur informe également de la présence, dans les parvis, de visiteurs. Le bijou du couvreur est un glaive vertical, poignée en bas, ou bien une épée "flamboyante" comme celles dont il est question dans la Bible, au chapitre de la Genèse qui raconte comment l'Eternel fait garder l'Arbre de l'immortalité par des chérubins armés ainsi. Dans l'arbre Séphirothique, le Couvreur est "Malkhuth", le Royaume. La fonction de Couvreur relève de la symbolique du Gardien du Seuil. En effet, le couvreur surveille le passage entre l'extérieur (profane),,..et l'intérieur (sacré). Il sépare et, en même temps, unit et réconcilie le profane et le sacré. Cela se fait lorsque l'arrivant est accueilli sur le seuil et introduit à l'intérieur. Le seuil, frontière du sacré, participe de la transcendance du centre et ses connotations symboliques sont semblables à celles de la porte.

L'Expert est chargé particulièrement de tout l'aspect rituel des travaux. Il est le gardien du rituel et dirige les cérémonies. L'Expert, nommé parfois "Grand Expert", lorsqu'il est assisté par un deuxième expert, est l'héritier du "Frère Terrible" des Loges françaises d'autrefois. Il remplace le deuxième surveillant, le premier surveillant et même le Vénérable en leur absence. Il s'assure de la qualité maçonnique des visiteurs, les tuile et donne son avis au Vénérable sur leur introduction. Il fait préparer et dirige les épreuves. Il introduit et accompagne les initiés dans leurs voyages. Il recueille les boules et les bulletins de vote et assiste à leur dépouillement. C'est lui qui enseigne aux nouveaux initiés les signes et les attouchements. Ce rôle d'initiateur, il le joue pour les trois degrés. Sa place est sur la colonne du Midi, à proximité du Trésorier et de l'orateur. Le bijou de la fonction d'Expert est mal fixé. Le Rite Écossais Ancien Accepté à adopté un glaive croisé avec une règle et un œil, insignes de sa vigilance. L’Expert prépare et dirige les cérémonies. Non seulement, il est familier du rituel, mais il est capable de juger et d'expliquer la qualité, au plan de l'Enseignement, de chacun de ses éléments. Il veille à la conservation des outils, à leur remplacement et à leur acquisition. Pendant les cérémonies, il est le centre de la Loge. Les autres officiers le suivent ; c'est lui qui donne le ton et le mouvement. À cause de ses responsabilités qui l'obligent à avoir I' œil à tout, il n'est pas tenu, lorsqu'il circule dans le Temple, de respecter la circulation. Il se déplace comme il l'entend. Le symbolisme planétaire lui convient, comme nous l'avons vu précédemment pour ce qui concerne le secrétaire. Saturne, dans la pensée hermétique, c'est la couleur noire, celle de la matière dissoute et putréfiée, ou encore le cuivre commun, le premier des métaux. Toutes ces images indiquent une fonction séparatrice, à la fois une fin et un commencement, l'arrêt d'un cycle et le début d'un nouveau cycle. De même, l'Expert préside au changement. Il est le maître des phases transitoires qui font du profane un apprenti, de l'apprenti un compagnon et du compagnon, un maître actuel, le rite de Salomon a substitué Uranus à Saturne, c'est parce que cette planète, comme symbole du changement, est encore plus évidente. Si dans sa rédaction Or, n'ayant été découverte par William Herschel que le 13 Mars 1781, on n'en trouve évidemment aucune mention dans les anciens textes. Le symbolisme astrologique voit en Uranus la force cosmique qui provoque des changements et des bouleversements, des inventions et des créations originales. Selon cette perspective, le principe d'Uranus est le progrès. Son domicile est le Verseau, qu'il partage d'ailleurs avec Saturne. Si la planète a été découverte récemment. elle a été nommée Uranus parce que ce nom, dans la mythologie Gréco-latine, est associé à l'élévation. Or, que signifie ce terme, extrait du "Royaume des Mères" ? Le processus uranien de l'élévation se situe comme un moment de la colère, du chaos : c'est l'éveil du feu primordial. Face au dieu des océans (Poséidon Neptune). il y a le dieu du ciel (Ourson) dont l'ambition est de se dégager de l'indifférencié, de l'océanique et, par la suite, de monter, de s'élever, de se tendre en hauteur,- comme pour s'individualiser au maximum. Tout ce qui détache l'homme de la terre et l'élève dans le ciel qui est son empire mythologique, tout ce qui tend à la verticalité, se passe sous ses auspices. Ainsi l'Expert est celui qui. pendant les phases du changement, porte vers le haut le néophyte. Son bijou qui, aujourd'hui encore n'est pas définitivement fixé, pourrait être une verticale ou un triangle ascendant dont la base serait dans l'Océan et le sommet parmi les étoiles de la voûte céleste.

L'Hospitalier.Cette fonction existe dans tous les rites et à tous les degrés, l’Hospitalier est nommé parfois "aumônier" ou "élémosynaire". Il est chargé de recueillir et de distribuer les "aumônes", d'aller visiter les frères malades, de soutenir ceux qui sont dans la détresse, de s'assurer de la situation des veuves et des orphelins des frères, de s'informer des raisons d'absences non motivées, car elles peuvent avoir une signification qui relève de sa compétence. Il est le "cœur" de la Loge. L'existence de cet officier remonte à la vielle maçonnerie opérative. Il existe encore actuellement dans le compagnonnage. Comme le Trésorier, l'Hospitalier n'est pas l'un des sept officiers nécessaires pour que la Loge soit juste et parfaite" L'Hospitalier siège généralement au pied de l'Orient, près du Secrétaire et sur la colonne du nord. Au plan symbolique, il est "Chesed", la grâce, dans l'arbre des séphiroth et la terre "nourricière" dans le système cosmique. Le bijou de l'Hospitalier est une "aumônière portant un cœur au centre" ou bien une simple bourse. L’Hospitalier administre une caisse autonome que l'on nomme : le tronc de la Veuve. Les Francs-Maçons, par référence à Hiram l'architecte sont les "enfants de la veuve". Hiram naquit d'une veuve, comme il est indiqué dans les "Rois" et aussi dans les "chroniques" de l'Ancien Testament. Horus naquit aussi d'une veuve, Isis, selon la légende égyptienne d'Osiris. Il est intéressant d'analyser ces mythes dont les héros grandissent sans avoir à être confrontés avec l'image du père... L'Hospitalier effectue l'essentiel de son travail en dehors des réunions. Il faut donc qu'il soit très disponible. En outre, ses qualités essentielles sont l'amour et le dévouement. A ce propos, il convient d'insister sur des mots. Trop souvent, l'hospitalier se borne à gérer le tronc qui lui est confié en faisant des dons et des prêts, avec l'accord du Vénérable, à des associations, à des frères, à des veuves, cela est bien mais n'est pas suffisant. En outre, l'hospitalier se soucie des absences, excusées ou non, et prend contact avec les frères absents afin de savoir exactement ce qui se passe. Cela est bien et nécessaire, mais pas encore suffisant. La solidarité est un devoir et un droit pour chacun, mais pas seulement cela. Si on approche cette notion en termes de droit ou de devoir seulement, on ignore le cœur et on la vit d'une manière exclusivement cérébrale. Dans cette perspective, la solidarité s'organise comme un "service", au sens administratif du terme et se pratique dans un contexte de formalités réglementaires. La solidarité, sous l'éclairage d'une communauté initiatique, n'apparaît pas seulement sous l'aspect d'un droit et d'un devoir : elle apparaît comme toute naturelle. Cela veut dire que son essence est l’Amour, tout simplement. Dans cette perspective, l'administration et ses règles permettent une bonne gestion sans constituer un carcan. Autrement dit, la fonction de solidarité s’accomplit selon des règles nécessaires mais ne rejette pas un problème si celui-ci n'est pas prévu par le règlement. La solidarité, envisagée comme naturelle, prend en compte, de ce fait, le spirituel et le matériel : lorsque l'on reçoit du pain de la main d'un ami, on reçoit beaucoup plus que de la nourriture. Ce pain n'est pas seulement du pain. Il est également la manifestation d'une présence amie et il réchauffe le cœur autant qu'il sustente l'estomac. Le Franc-Maçon, familier de la pensée symbolique, sait bien cela et connaît les correspondances entre le "soma" et le "psyché". Ainsi, il est nécessaire de conférer à la fonction hospitalière une épaisseur d'ordre spirituel que les usages et les règlements tendent à diminuer. En écrivant ces lignes, je pense à certain malheur qui aurait pu être évité : il était une fois une Loge comme beaucoup d'autres, un frère de cette Loge ne venait plus et ne s'excusait pas. Après un certain nombre d'absences, la Chambre des Maîtres expédia à ce Frère une lettre recommandée lui enjoignant de se mettre à jour avec le trésor et d’assister régulièrement aux tenues, sous peine d'exclusion. Personne, avant d'envoyer cette lettre, n'avait été voir ce frère. Le Vénérable s'était contenté de demander en Loge si quelqu'un avait des nouvelles et, sur la réponse négative de tous, la lettre recommandée avait été envoyée, or ce frère était dépressif. A cause de nombreuses contrariétés de toute nature, il avait, selon une formule à la mode, "craqué" et il s'était recroquevillé dans sa coquille. Son absence était un appel de détresse et cela, personne ne l'avait compris. Son comportement était normal du point de vue psychologique, mais déviant et condamnable du point de vue réglementaire. Après la réception de cette lettre recommandée, ce frère se donna la mort. Il eut droit à une chaîne d'union autour de sa tombe, selon les usages. L'Hospitalier doit être en relation permanente avec le trésorier. Ce dernier doit informer l'hospitalier de ses problèmes de recouvrement. Dans une communauté d'êtres humains normaux, la rigueur des sanctions doit être réservée aux membres dont la mauvaise foi et l'indifférence ne font aucun doute pour personne. Dans une communauté qui se veut "initiatique" et fraternelle, où chacun se sent chargé du devoir de recevoir et de transmettre un enseignement dont le but est d'éveiller et de stimuler la conscience et d'améliorer l'espèce humaine, il faut aller aussi loin que possible et, en tous cas, plus loin qu'on ne le fait dans le monde profane, dans la voie de l'amour et de la compréhension. Aussi, il en est de l'hospitalier comme de chacun des officiers de la Loge : chacun est le plus important... Si l'on vit profondément cette affirmation aussi raisonnable qu'illogique, on a une chance de réussir le projet initiatique.

Le Maître des Cérémonies. Dans tous les rites, "il conduit la marche". Il introduit les membres de la Loge et les visiteurs. Pendant les Tenues, il conduit les frères qui doivent se déplacer. A la fin de la tenue, il fait circuler le "sac aux propositions" en même temps que l'Hospitalier fait circuler le Tronc de la Veuve. L'insigne de sa fonction est une canne. Le bijou de son sautoir porte deux glaives entrecroisés et une canne. Sa place est à la tête de la Colonne du Nord, face à l'Expert et à côté de l'Hospitalier. Sur l'arbre Séphirothique, il incarne Tiphereth, la beauté et selon le symbolisme cosmique, il est Mercure, le messager. Mercure, c'est Hermès dont le principe est le mouvement. C'est le Dieu qui divise et unit ; il pose des bornes et aide à les franchir. Il conduit les voyageurs, les mène là où ils veulent ou bien les égare... Il préside à la circulation des choses, des êtres et des idées. La fonction du mouvement donne la vie au corps que constitue la Loge et le Maître des Cérémonies permet le mouvement. Par ailleurs, le symbolisme du mercure, selon l’alchimie. est stimulant. Il a le pouvoir de purifier et de fixer l'or. Il est symbole de délivrance et associé à l'immortalité. La "science du mercure" est l'expression d'une science de la régénération intérieure. La Loge, Athanor d'une alchimie spirituelle, parvient à son but qui est, symboliquement, la transmutation du vil métal en or pur, grâce au principe incarné par le maître des Cérémonies.

L'Orateur. Au Rite Écossais Ancien Accepté , l'Orateur est le quatrième officier de la Loge. Il siège à l'Orient, à la gauche du Vénérable, face au Secrétaire. Les fonctions sont doubles : il est le gardien de la Loi et d'autre part il prononce des discours à l'occasion des cérémonies et tire les conclusions des travaux, à la fin de chaque tenue. Les discours à prononcer lors des cérémonies, à l'occasion des "passages", font partie intégrante du rituel et l'Orateur ne fait que lire. Il lui est suivant les cas permis d'improviser, sa fonction de Gardien de la Loi lui donne de très grands pouvoirs. Il peut s'opposer à toute délibération qui serait contraire aux Constitutions ou au règlement général. Il est le seul officier qui peut faire des observations, pendant la, réunion, au Vénérable. Dans une discussion, il peut intervenir 'sans demander la parole, si cette intervention est "dans l'intérêt de la Loi". Après chaque discussion et avant de passer au vote, le Vénérable demande' les conclusions de l'Orateur et celui-ci les donne, sans avoir à les motiver. La Loge ne peut voter que sur les conclusions de l'Orateur. Le bijou d'Orateur comporte parfois un livre sur lequel est écrit "Loi", ou bien les tables de la loi. Selon le symbolisme Séphirothique, il est "Chochmah" la Sagesse. Au plan cosmique, il correspond au Soleil. Dans l’Étoile à six branches (le sceau de Salomon), il forme un des deux sommets du triangle " descendant "qui organise la Loge. Si l'on représente la Loge par un homme, il est, avec l'Hospitalier, le bras gauche. En sa qualité de Gardien de la Loi, l'Orateur doit connaître parfaitement les Constitutions et les Règlements de l'Obédience. Cela pose problème, dans la perspective de l'Enseignement initiatique. La Loge est la seule structure conforme à cet Enseignement. L'Obédience, elle, ne l'est pas. L'Obédience est une fédération de Loges et sa vocation est d'ordre administratif : gérer les locaux, gérer la circulation des informations nécessaires aux Loges, mettre à la disposition de celles-ci les services dont elle a besoin. Des Loges, fédérées ou non, sont toujours des Loges. Lorsqu'elles décident de se constituer en Obédiences, elles constituent des assemblées formées par des Maîtres désignés par elles et chargent ces assemblées de gérer les problèmes communs à toutes les Loges. Par ailleurs, le Rite est géré par un Conseil, indépendant de l'Obédience. Ces assemblées rédigent des Règlements soumis à l'approbation des Loges et qui, après vote favorable des délégués des Loges, ont force de loi. Il est utile de disposer de règlements de manière à assurer le bon fonctionnement des Loges et de manière à éviter tout désordre qui pourrait survenir si l'on ne disposait pas de références solides quant aux règles du Métier. On ne peut se passer de règles écrites et on doit codifier les usages qui ont fait leurs preuves. Néanmoins, il arrive que des règlements émanant de l'obédience soient en contradiction avec les règles du Métier lorsqu'ils restreignent la liberté de la Loge, pour ce qui concerne la nature de ses travaux, le choix des minables, aux trois degrés, la durée des mandats des officiers et d'autres choses de la sorte. Une Loge maçonnique est libre et souveraine. Elle détient une patente pour la pratique d'un Rite mais, en dehors de cela, n'a pas besoin d'autorisation pour se réunir et pour travailler comme elle l'entend. Elle peut accepter les visiteurs qui lui plaisent et refuser ceux qui lui déplaisent, en toute liberté. Elle peut initier qui lui convient et transmettre les trois premiers degrés comme elle l'entend. Malheureusement, depuis le XVIIe siècle, les Obédiences, d'abord simples émanations des Loges, sont devenues des "puissances", au sens profane du terme, qui confisquent à leur profit l'autorité et le pouvoir dans les domaines qui concernent l'esprit, les idées, l'enseignement lui-même. A mesure que les Obédiences pontifient en matière d'enseignement, les Loges se réduisent à la fonction de "cellules de base", ce qui n'est pas du tout conforme aux usages du Métier. La décadence, en matière de Franc-Maçonnerie, se mesure à la puissance de l'obédience qui est inversement proportionnelle à la qualité du travail en Loge. Que penser de la qualité de l'Enseignement d'une Loge dont le Vénérable demande aux "instances supérieures" de l'Obédience des autorisations à tout propos, remet servilement son maillet aux "Dignitaires" qui lui font l'honneur d'une visite, dont l'Orateur n'est que I' œil de l'obédience et le garant de la conformité de la pratique avec les règlements imposés, dont les visiteurs, au lieu d'être tuilés selon les règles du Métier, sont admis sur simple présentation d'une carte munie du tampon obligatoire ? Comment peut travailler une telle Loge : Si elle n'a pas confiance dans les outils dont elle dispose ? Si Elle a le fil à plomb et elle a besoin d'une autorité "supérieure" pour poser une verticale ? Si Elle a le niveau et elle n'est pas capable toute seule d'établir l'horizontale ? Si Elle a l'équerre et le compas et a besoin d'un concours extérieur pour tracer le triangle et l'étoile ? Si Elle dispose du livre de la Loi Sacrée et n'est pas capable de le lire et de l'interpréter elle-même ? Si Elle a tout ce qu'il faut pour progresser dans l'Art, pour construire, pour enseigner, pour juger et que cela ne lui suffit pas ? Heureusement, la tendance, de nos jours, s'inverse et les Loges apprennent à se servir des outils. Les Francs-Maçons sont de plus en plus exigeants à l'égard des anciens et à l'égard d’eux-mêmes. L'Obédience, peu à peu, redevient ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être, un organisme administratif au service des Loges, rien de plus et rien de moins. Aussi, l'Orateur, s'il est à la hauteur de sa fonction, se perçoit comme Gardien de la Loi et ne se laisse pas réduire au rôle de serviteur inconditionnel d'un règlement. La Loi, c'est d'abord l'esprit et non la lettre. Un Maître pose le compas sur l'équerre, donc il "connaît" la primauté de l'esprit et il vit cette connaissance jusque dans ses profondeurs. L'Orateur est un Maître expérimenté. qui connaît l'Art, l'histoire du Métier, l'histoire de la Franc-Maçonnerie, la nature et la portée de l'initiation. Il sait juger un texte, le situer dans un contexte, il connaît les règles et les usages, bref, il est, comme le lui montre le symbolisme, la sagesse et le soleil. Pourquoi se réunit-on en Loge si ce n'est pour mettre en œuvre une pédagogie qui favorise l'émergence d'un niveau de conscience supérieur ? L'Orateur participe à ce travail. Il lui faut donc être, comme les autres Officiers et les autres Frères, un créateur, un incitateur. Le soleil rayonne, de lui viennent chaleur et lumière. Personne ne peut se 'prétendre qualifié pour tenir ce poste, mais chaque Maître doit accepter cet office s'il y est porté par ses frères et le seul fait de le tenir l'aide à progresser et à acquérir les qualités nécessaires ... s'il le désire vraiment.

Le Secrétaire, au Rite Écossais Ancien Accepté, siège à l'Orient, à la droite du Vénérable et face à l'orateur. Sa fonction tient entièrement dans cette formule : Il est la Mémoire de la Loge. Pendant les réunions, il prend l'esquisse des travaux et à partir de cette esquisse (brouillon), il dresse la planche dont il donne lecture à l'Atelier à la tenue suivante. Le procès-verbal est adopté par la Loge après avis de l'Orateur et est signé par le Vénérable, l'Orateur et le Secrétaire. Le Registre de ces délibérations donne le "Livre d'Architecture". Le Secrétaire tient également un registre matricule des membres de la Loge par ordre d'admission. Il est chargé également de la correspondance administrative avec l'obédience et de la distribution des convocations masculin et la lune, le principe féminin. Cela est faux par ce que ce commentaire est suscité par une coïncidence linguistique qui n'est pas universelle. Si, dans les langues latines, le soleil est masculin et la lune féminine, c'est le contraire qui est vrai en langue allemande et dans les langues germaniques. En hébreu et en égyptien ancien, les deux sont masculins. Par ailleurs, justifier une "idéologie" patriarcale avec un tel commentaire est malhonnête, car, d'une part, l'association des genres masculin et féminin aux choses n'est pas universelle et d'autre part, l'idéologie patriarcale est, elle aussi, contingente et ne repose sur aucune "valeur" fondamentale dont on pourrait dire qu'elle est éternelle et universelle. Par contre, ce qui est universel dans le symbolisme de la lune, c'est qu'elle est associée aux rythmes biologiques et au temps vivant qui passe. Nous ne nous sommes pas étendus sur le symbolisme du soleil, car celui-ci est beaucoup plus évident. Tous les hommes l'associent d'instinct à la chaleur, à la lumière, au rayonnement, à la fécondité. Pour ce qui concerne la lune, il faut chercher un peu plus et il se trouve qu'en cherchant, on découvre ce que doit être, du même coup, le rôle du secrétaire dans la Loge. La lune est l'astre qui croît, décroît, disparaît et réapparaît, chaque jour différemment. Son éternel retour à ses formes initiales, au cours d'une métamorphose incessante, en fait l'astre des rythmes de la vie. Mircea Eliade, dans son "Traité d'histoire des religions" constate que "les synthèses mentales rendues possibles par la révélation du rythme lunaire mettent en correspondance et unifient les réalités hétérogènes leurs symétries de structures et de leurs analogies de fonctionnement n'auraient pu être découvertes si l'homme primitif n'avait intuitivement perçu la loi de variation périodique. Par ailleurs, de nombreuses mythologies font de la lune le séjour réservé, après la mort, à des privilégiés : souverains, héros, magiciens, initiés. La lune est l'astre de la nuit.. Elle évoque la lumière dans les ténèbres et, de là, la connaissance indirecte. Elle est la transformation et évoque la croissance. De même les "tracés" du secrétaire sont inégaux en grosseur et en densité, selon la nature et le contenu des réunions. Ils sont à chaque fois différents et reviennent toujours à des formes initiales. Ils marquent le rythme et découpent le temps. Ils sont consultés en dehors des réunions, figurent dans des archives et dans des bibliothèques. Ils sont destinés à laisser des traces des travaux dans le monde profane et à ce titre, ils sont, comme la lune, la connaissance indirecte et la lumière dans les ténèbres. Le maître expérimenté qui remplit la fonction de secrétaire doit tenir compte du fait que ses tracés serviront aux historiens futurs et constituent par conséquent des documents. Lorsque nous voulons étudier la vie des Loges dans le passé, les "tracés" sont des documents précieux, voire les seuls. Selon le style, nous savons déjà si les Loges respectaient le rituel et étaient intéressées par les symboles ou non. Les premières phrases rituelles du tracé nous éclairent sur ce point. Puis viennent les compte - rendus des travaux : Là se pose le problème du résumé : La reproduction in extenso de la planche n'est pas une bonne chose parce que sa lecture alourdit trop la tenue suivante, au cours de laquelle le tracé doit être lu. Il appartient au Secrétaire de résumer les idées forces de la planche, en dix ou quinze lignes. Il est bon aussi, pour ceux qui liront plus tard, de noter scrupuleusement les interventions et les noms des intervenants, en les résumant en quelques mots. Ainsi, l'histoire de la Loge est vivante. Certains tracés, après le résumé d'une planche, indiquent : "Après, de nombreuses (ou après plusieurs) interventions, l'orateur conclut... Cela est mauvais car, en négligeant les interventions, non seulement on mutile l'histoire vivante, mais on déresponsabilise les intervenants. Les Frères réfléchissent plus et mieux lorsque, en demandant la parole, ils savent que ce qu'ils vont dire sera tracé et lu à la prochaine tenue. Bien sûr, il convient de mentionner aussi les vœux et salutations des visiteurs, mais sans citer in extenso, puis enfin, les conclusions de l'Orateur. La lecture du dernier tracé prend, selon les cas, de cinq à six minutes à un quart d'heure. Il est mauvais qu’il soit trop court et il est mauvais qu'il atteigne le quart d'heure. Le moment de la lecture du tracé des derniers travaux est utile : il permet le retour sur soi-même et participe, autant que le rituel, à une " mise en condition " profitable à la qualité de ce qui se passe ensuite. Par conséquent, le secrétaire ne doit pas effectuer un travail servile de consignation. Il doit être créatif, imaginatif, intelligent. Il a le sens de la synthèse. Il trouve le mot qui résume une pensée sans dénaturer celle-ci. Il pèse, il jauge, il mesure. Il est doué de l’Esprit de géométrie.

Les Surveillants, dans la Loge, sont les deuxième et troisième Lumières de l'Atelier, immédiatement après le Vénérable en chaire. Cela signifie que dans le cas d'une absence du Vénérable, c'est le premier Surveillant qui le remplace, ou le second, si le premier est indisponible. L'origine des surveillants est opérative et très ancienne. Les "Trois Grandes Lumières de l'Atelier", dans plusieurs "Vieux Devoirs" bien antérieurs aux constitutions d'Anderson, sont : le Maître de Loge et des deux surveillants. La définition des trois grandes lumières comme étant la Bible, l'équerre et le compas ne semble pas être antérieure au XVIIe siècle. Les surveillants sont associés étroitement aux colonnes chacun d'entre eux siège "sur des colonnes du Temple et contrôle une des colonnes de l'Atelier. Le premier Surveillant ou Surveillant Ancien surveille la colonne des Compagnons et le Second Surveillant ou Surveillant Nouveau surveille la colonne des Apprentis. Là se pose le problème de la place exacte des surveillants en Loge. Le premier Surveillant siège à gauche, à côté de la colonne "B" et le second est à droite, à côté de la colonne "J ". La place des Surveillants est aussi en relation avec le symbolisme cosmique du Temple. Sur l'arbre Séphirothique, les surveillants correspondent à "Hod", la victoire et à "Netzah", la gloire. Le Premier Surveillant est "Mars" dont la rigueur et la force doivent être inflexibles et le Second est "Vénus". Mars et Vénus sont opposés et se complètent : le premier est la force masculine et le second la grâce féminine. Les deux Surveillants forment les deux angles de la base du triangle ascendant qui "dirige" la Loge. Si l'on figure l'homme couché dans le Temple, les Surveillants représentent les jambes. Au plan du symbolisme des métaux, le Premier Surveillant représente l'Acier et le Second le cuivre. Les bijoux des Surveillants sont le niveau pour le Premier et la perpendiculaire pour le Second. Le Vénérable ouvre et ferme les travaux avec l'aide des Surveillants. Ceux-ci, comme le Vénérable, tiennent le Maillet, outil de "commandement" en ce sens qu'il "marque" le temps et ponctue la durée au moyen de la percussion. Au Rite Écossais Ancien Accepté, ils passent le long des colonnes, armés de leur maillet, pour vérifier si tous les Frères présents sont Maçons réguliers, en les faisant se mettre à l'Ordre. Pendant les travaux, c'est aux Surveillants que les frères des colonnes demandent la parole. Les Surveillants. transmettent ces demandes au Vénérable qui accorde ou non la parole. Les frères ne prennent la parole que lorsque le Surveillant de leur colonne leur a fait part de la décision du Vénérable. Mais un Surveillant peut ne pas tenir compte d'une demande de prise de parole, s'il juge que cela est bien ainsi. Les Surveillants prennent en charge la formation des nouveaux adeptes. Le second surveillant forme les apprentis et le premier surveillant forme les compagnons. Les surveillants sont des initiateurs. Là réside l'essentiel de leur fonction. Le second surveillant prépare les apprentis au compagnonnage et le premier surveillant prépare les compagnons à la maîtrise. Dans une communauté fraternelle, le désir de progresser doit être nourri par les encouragements, les incitations et les enseignements procurés par des guides. Les "Initiateurs" que sont les Surveillants ne doivent pas se borner à donner une formation exclusivement rituelle et formelle : comment on se tient, comment on prend la parole, etc. Il leur appartient de faire comprendre aux apprentis et aux compagnons pourquoi et comment l'approfondissement des symboles élargit l'esprit, favorise l'introspection, libère des préjugés et des dogmes, permet de faire de l'ordre à l'intérieur de soi-même, construit la liberté intérieure et, de ce fait, permet et assure l'usage de la liberté. Il leur appartient de montrer toute la richesse du "Meurs et deviens". Ils pétrissent l'avenir de la Loge et de la Franc-Maçonnerie. S'ils ne sont pas à la hauteur de leur fonction, la Loge n'aura de maçonnique que le nom et ne ressemblera à rien d'autre qu'à un club et à une espèce de patronage pour adultes. Bien sûr, la Loge est un corps vivant et, tel un corps vivant, si certaines de ses facultés sont défaillantes, d'autres peuvent compenser en devenant plus aiguës. L’ouïe et l'odorat se développent lorsque les yeux s'éteignent. Des Officiers peuvent être défaillants et la Loge peut, quand même, fonctionner bien si d'autres officiers compensent. Pour ce qui concerne les Surveillants, il n'est souvent pas inutile que le Vénérable se mêle de près à la formation des apprentis et des compagnons. La structure traditionnelle de la Loge prévoit que tout doit être supervisé par le Vénérable. Néanmoins, si l'un des officiers ne fait pas convenablement son travail, la Loge est mutilée et cette mutilation est grave si les officiers défaillants sont les surveillants. Le second surveillant est le plus responsable car il préside aux premiers pas des néophytes dans l'Art Royal. Le Maître de la colonne du nord facilite ou, au contraire, rend difficile l'expansion de la lumière dans le Temple. Il est nécessaire qu'il ait de nombreux contacts avec les apprentis, en dehors des réunions d'obligation. Ces contacts ne seront pas toujours des séances de travail. Ce peut être des sorties ensemble, des soirées de détente, meublées de conversations informelles qui ne seront pas toujours axées sur la Franc-Maçonnerie, mais qui seront toujours maçonniques quant à l'esprit. Le second surveillant doit entretenir et favoriser les relations amicales et fraternelles avec les apprentis et entre les apprentis. Il doit être disponible, si les apprentis éprouvent l'envie de le consulter souvent, de le voir, de le questionner, de bavarder avec lui et même, tout simplement, de jouir de sa compagnie, alors cela est très bien et annonce, pour la Loge, un avenir merveilleux ! Les apprentis travaillent sur les symboles de leur degré et sur les symboles à leur degré, mais s'ils veulent fouiller au-delà, le second surveillant ne doit pas les empêcher. Dans de nombreuses Loges, on interdit à l'apprenti de développer un sujet s'il effleure un symbole ou un mythe qu'il est supposé devoir ignorer. Or, ce n'est pas en restreignant par des tabous le travail des néophytes que l'on pratique une véritable pédagogie de l'Eveil. Tous les profanes cultivés connaissent la légende d'Hiram. La Franc-Maçonnerie, son symbolisme et sa mythologie constituent une part du patrimoine culturel de tous et non un compartiment isolé, réservé et tabou. Il est ridicule de ne pouvoir en parler à l'intérieur d'un Temple maçonnique et après y avoir été admis, parce qu'on l'aime et qu'on en attend beaucoup, avec la même liberté que dans un cénacle profane. D'ailleurs, il y a, au niveau de la cérémonie d'initiation, au premier degré, un passage pendant lequel on soulève le bandeau et on permet au candidat de contempler une petite lumière, avant qu'il soit procédé aux voyages initiatiques. Cela veut dire que si l'on veut faire des progrès, dans n'importe quel domaine que ce soit, il est nécessaire d'avoir une idée de ce qui est au-delà de son niveau. On avance mieux sur une route en regardant au delà de ses pieds... Cela ne dispense nullement de faire un pas après l'autre bien au contraire, cela aide. Par ailleurs, la perception intellectuelle d'un symbolisme associé à un degré que l'on ne possède pas ne déflore nullement la qualité de l'émotion ressentie lors du passage. Le vécu demeure une expérience intransmissible par la parole. On peut parler longtemps et savamment d'un fruit, mais son goût ne se raconte pas. Par contre., il n'est pas inutile d'avoir de nombreuses notions sur le fruit que l'on se prépare à goûter. L'apprenti doit travailler sur les symboles de son degré, les outils, la pierre brute, etc. sur les outils des constructeurs et sur l'intérêt de ce symbolisme, sur l'identité : FAIRE = SE FAIRE et sur l'intérêt de cette identité, etc. Le second Surveillant doit le guider en lui montrant l'intérêt de cette démarche. Il doit lui fournir une documentation, lui procurer une bibliographie large, avec des auteurs et des points de vue différents. L'apprenti Franc-Maçon est un adulte généralement cultivé qui doit être orienté dans ses recherches par des conseils, des incitations et des suggestions et non par des ordres et des interdictions. Le second Surveillant fournit et commente la documentation aussi librement que l'apprenti l'explore. Tout commence par la compilation. Il faut savoir, lorsqu'on aborde un sujet, ce que d'autres en ont dit. Aussi, condamner la compilation est absurde. Par contre, le second Surveillant doit inviter l'apprenti à ne pas s'en contenter. Il faut que l'apprenti s'investisse personnellement dans son travail. Si des volumes ont été écrits sur la pierre brute, il y a toujours autre chose à en dire, autre chose et autrement. Avec les sept notes blanches de notre gamme et à l'intérieur d'une seule octave, on peut toujours composer de nouveaux airs, après avoir écouté les compositeurs plus anciens. La vie ne surgit pas "ex nihilo" et aucun être humain ne ressemble exactement à un autre. La compilation servile et l'imagination délirante sont les deux excès à éviter pour que le néophyte puisse avancer dans l'Art. Notre voie ne se nomme-t-elle pas aussi, la Voie du Milieu ? Le second Surveillant, de même que tout Maître digne de son tablier, doit répondre avec bienveillance à toutes les questions, oui, toutes les questions que lui posent les apprentis. Il doit encourager les apprentis à poser des questions. Et si ces questions sont embarrassantes et qu'il ne connaît pas la réponse, il doit répondre tout simplement : "je ne sais pas ". Personne ne se diminue en avouant son ignorance. Le plus éminent savant, celui qui possède une culture aussi vaste que l'on puisse imaginer, n'a jamais plus que des lacunes au sein d'une ignorance encyclopédique. Socrate, que nous honorons dans nos Temples pour ses paroles qui montrent la voie : "Connais toi toi même et tu connaîtras l'Univers et les Dieux" aurait prononcé également ces paroles : " La seule chose que je suis sûr de savoir, c'est que je ne sais rien ". Aussi, le Maître qui a peur d'avouer son ignorance à un apprenti n'a rien compris et l'apprenti qui est déçu du Maître, à cause de son ignorance sur un point ou un autre, n'a rien compris non plus. Dans la Loge, nous nous aidons, en nous appuyant sur nos références particulières et en nous servant de nos outils, pour avancer vers la lumière. Chacun porte un peu de lumière au milieu de son obscurité. Ces lumières, toutes modestes, doivent se réunir pour que le Temple soit éclairé. Mais il n'y a pas deux castes : celle des néophytes qui ne savent rien et celle des Maîtres qui savent tout. Le second surveillant doit encourager la curiosité et la recherche, doit susciter les questions, doit y répondre s’il le peut et doit le dire quand il ne le peut. En aucun cas, il ne doit tricher. Or, il n'y a pas de plus lamentable tricherie que de dire à un jeune Maçon qui pose une question : "Cela n'est pas de ton âge, attends, tu sauras plus tard": Un Maître qui tient un tel langage mériterait de se voir arracher son tablier sur-le-champ. Il disqualifie la maîtrise. Il n'est qu'un profane en tablier, c'est à cause de tels Maîtres que des Loges Maçonniques croupissent dans la médiocrité.

Le Trésorier. Le Trésor d'une Loge est l'ensemble de ses ressources financières, en dehors du revenu du "Tronc de la Veuve" et des œuvres de solidarité. Il est le gestionnaire de cette somme. Il est chargé du recouvrement des cotisations, de la garde du Trésor et de l'acquittement des dépenses sur visa du Vénérable. Il tient une comptabilité dont il rend compte à la Loge, une fois l'an. Il appartient, dans une certaine mesure, au domaine du "profane" puisque ses fonctions, indispensables certes, n'ont rien d'initiatique. Il échappe donc au classement, effectué par Wirth, des relations entre Officiers et symbolisme cosmique, ainsi qu'à toute place sur le pentagramme ou l'hexagramme. En effet, une Loge peut travailler rituellement sans trésorier. Le trésorier ne prend pas place parmi les sept officiers indispensables au fonctionnement d'une Loge. Néanmoins, on l'associe à la séphira cabalistiques Geburah, la rigueur. Son bijou est deux clés croisées. Sa place est en tête de la colonne du Midi, au pied de l'Orient, à côté de l'Orateur. Son travail est ingrat. Il lui faut doser avec art, fermeté et compréhension, quand il s'agit de faire rentrer les cotisations des retardataires. Il doit posséder cette précieuse intelligence du cœur grâce à laquelle il accordera des délais dans la plus parfaite discrétion et, au besoin, alertera l'hospitalier. Comme il doit aussi acquitter les dépenses, son rôle est difficile quand les recettes sont insuffisantes, ce qui arrive parfois. Dans ce cas, il trouvera une solution, soit en faisant l'avance sur ses propres fonds s'il en a les moyens, ou en empruntant auprès d'un frère. Par contre, il doit s'abstenir de solliciter une avance de la part du Tronc de la Veuve. Il arrive que le Trésor soit pauvre et que le Tronc de la Veuve soit riche. En aucun cas, ces deux caisses ne doivent être confondues et en aucun cas, le Tronc de la Veuve ne doit soutenir le Trésor directement. La finalité du Tronc de la Veuve est l'entraide. Par conséquent, si le trésor est pauvre parce que des frères ne peuvent régler leurs cotisations, il appartient au Tronc de la Veuve d'aider ces frères, afin qu'ils puissent s'acquitter et non de compenser directement le "trou" du trésor. L'harmonie des fonctions est, de la sorte, protégée. Les problèmes du Trésor, de même que les problèmes du Tronc de la Veuve, reflètent les problèmes de la fraternité. Là où il est beaucoup question du Trésor, même pendant les Tenues, l'amour fraternel est faible et corollairement, la qualité des travaux aussi.

source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/Maconnieke%20Encyclopedie/RMAP~1/Russmixte/officiers.htm

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 04:51

Un morceau de bois, un peu tordu, de couleur noire ou marron fonce, mesurant environ 1,7 mètre et coiffé d'une sphère blanche, vous l'avez peut être deviné, je vous parlerais ce midi de « La Canne du M\dC\ ou La Canne dans le Temps.
Sans remonter jusqu'a la nuit des temps, on peut dire que le bâton a toujours existe, et a naturellement toujours été utilise par l'homme. Du moins depuis qu'il est passe du plan horizontal, a quatre pattes, a celui vertical, sur 2 pieds, puis pour continuer, voire terminer sur 3 jambes.
Qu'il s'agisse d'un outil utilise pour la marche ou l'escalade, d'une arme de défense contre les animaux ou les hommes, ou bien d'un signe de commandement pour le berger menant son troupeau ou celui du Tambour Major dirigeant ses ouailles, la canne est loin de n'être qu'un simple bout de bois.
Un des bergers les plus célèbres lui a d'ailleurs laisse, a plusieurs reprises, une place de choix dans le « Livre » Lorsque Moise se présenta avec son frère Aaron devant Pharaon pour réclamer la liberté de son peuple, il jeta un bois a terre « et le bâton se transforma en serpent. Le roi fit venir les sages et les sorciers d'Egypte ; grâce a leur pouvoir magique, ils réalisaient la même chose : chacun d'eux jeta son bâton a terre, et les bâtons se changèrent en serpents.
Toutefois le bâton d'Aaron engloutit les leurs.
Un peu plus tard, lorsque s'enfuyant d'Egypte avec son peuple, il fut stoppe par la mer rouge, toujours arme de sa canne « Moise étendit le bras au-dessus de la mer. Les eaux se séparèrent et les Israélites traversèrent la mer a pied sec : de chaque cote d'eux, l'eau formait comme une muraille. » Nous connaissons tous la suite, les chars Egyptiens lances a leur poursuite se trouvèrent engloutis par les flots reprenant leur place. Puis, arrives en plein désert a Refidimm, après que les Israélites eurent installe leur camp, comme l'eau manquait, ils cherchèrent querelle a leur Maître berger. « Alors Moise avançât en tenant a la main le bâton avec lequel il avait frappe le Nil. Il frappa sur un rocher du mont Horeb, et l' eau en sorti, le peuple put enfin se désaltérer ». Est-ce depuis ce jour que la symbolique du bâton apparaît essentiellement comme arme magique ? Quelle que soit sa forme, la baguette tient une place de choix dans les mythes et légendes du monde.
C'est grâce a une baguette de noisetier ou mieux de coudrier rouge que pendant des siècles nos ancêtres ont découvert l'eau, la source, la vie. Les forces telluriques la font frémir ou mieux, l'infléchie. Immanquablement, l' eau jaillit sous les pieds du sourcier. Mais pour que ce don subsiste, une condition doit nécessairement être respectée : aucune rémunération n'est possible.
Celle du magicien a des pouvoirs légèrement différents. Elle fait apparaître ou disparaître objets et animaux ; a l'aide d'un léger contact de la baguette, les objets s'animent. Le sortilège peut éventuellement être renforce par des invocations ou incantations. Mickey nous en a donne une superbe démonstration dans l'apprenti sorcier avec son balai devenu magique.
Chez les Celtes, la baguette est l'instrument magique par excellence. C'est le symbole du pouvoir du druide sur les éléments. En effet, il suffit au druide d'Ulster Sencha de l'agiter pour obtenir le plus complet silence de tout ce qui l'entoure, humain, animal et végétal. En outre, un être humain effleure par la baguette celtique se transforme en un animal, généralement, en cygne ou en sanglier.
La canne de St Pierre utilisée par l'évêque représente le pouvoir céleste sur terre. Sa crosse en forme de crochet ou d'un cercle ouvert permettrait de rattraper et de ramener dans le troupeau les brebis garées. Il est a remarquer qu'elle est étrangement similaire, voire identique, au fameux bâton d'Osiris. Ainsi grâce a ses pouvoirs, la canne ou le bâton devint donc très rapidement le signe par excellence de commandement : symbole de puissance et de pouvoir ; en voici quelques exemples : A mon avis, le plus célèbre est le fameux sceptre d'OTTOKAR sans lequel le roi de SYLDAVIE (royaume mondialement connu) ne peut régner et doit, par conséquent, en cas de perte ou de vol, obligatoirement abdiquer.
Les historiens, quant a eux, lui préfèrent les bâtons de Louis XIII, en ébène et a la pomme d'ivoire, ainsi que ceux de Louis XIV (et de ses courtisans) naturellement très raffines, siècle des lumières oblige.
Quant au Bâton de Maréchal de France, il signifie le pouvoir délègue par le Roi. Cette délégation s'arrêtait d'office lors du décès du souverain quand le Grand Maître des Cérémonies eut par trois fois crie « Le Roi est mort » et brise le bâton sur son genou. 3. Cette coutume existait déjà chez les Francs et les premiers Capétiens, les hérauts d'armes portaient une baguette sacrée, qui de plus, figurait la marque de leur dignité.
Mais nous n'avons rien invente. Dans la Grèce Antique, c'était une distinction que portaient dèja les juges et les généraux. Le bâton était aussi signe de la connaissance ou marque de dignité ; de ce fait, les professeurs charges d'enseigner les textes d'Homère, tenaient un bâton rouge pour l'Iliade (couleur réservée aux Héros) et celui-ci était jaune lorsqu'il s'agissait de l'Odyssée (en signe des voyages éthers d'Ulysse).
Aujourd'hui, le Bâtonnier est le représentant de l'ordre des avocats. Mais c'est par une lettre de Philippe VI, en avril 1342, que cet ordre fut autorise a porter le bâton de saint Nicolas. Auparavant, ce terme revenait au chef élu qui portait, lors des processions le bâton ou la bannière d'une confrérie. Les chefs d'orchestres ont pris l'habitude de diriger les musiciens a la baguette, blanche de préférence. Ce ne fut pas toujours le cas, elle est la descendante de la canne qui donnait la cadence.
Cette métamorphose serait-elle consécutive a la malheureuse expérience de notre illustre Lully qui se donnât un coup de canne sur le pied et mourut de gangrené ? Démocratie oblige, a moins qu'il ne s'agisse des conséquences d'une révolution, le pouvoir finit par être « partage »
A la fin du XVIIIeme siècle, la canne remplace l'épée des gentilshommes pour devenir durant un siècle et demi un « appendice du costume » des bourgeois qui se répandit aux autres clases sociales. Au 19eme siècle, naît donc l'expression « vivre la canne a la main » C'est un symbole de bourgeoisie, de celui qui peut se promener et, donc, n'a pas a travailler pour gagner sa pitance. Cet objet devient naturellement le reflet de son propriétaire, de son maître : « L'élégant y enchâsse de fines pierres, le tapageur y introduit un fleuret, le vieillard la dote d'un bec de corbin. Le rentier la coiffe de corne noire et le bravache d'un chapeau de plomb pour assommer quiconque frôlera ses moustaches. » En outre, la canne a aussi joue un rôle professionnel très important. D'une apparence traditionnelle, elle recèle, en son fût, tout un matériel adapte et spécialise. On la nomme canne a système.
La canne de maquignon est commercialisée avec une toise en bambou spécialement étudiée pour les vétérinaires et marchands de chevaux, la canne-vrille est fabriquée pour le forestier et la canne soude revient a l'employé d'octroi. Les deux derniers outils dont je parlerais seraient, j' en suis sur, utilises de main de Maître par nos FF\ Dan\ : il s'agit de la canne-velte a jauger pour le marchand de vin ou accessoirement pour le grain et la canne de dégustation du « voyageur en liquides » Il ne faudrait pas oublier les créations les plus diverses de l'age d'or de cet objet (et surtout de ses fabricants) : les cannes parapluie, lampe, porte cigarette, porte gants, lorgnette. Un des rares moyens d'expression tolère de l'époque était la caricature, il est bien évident que les artisans l'ont plus que largement utilise.
Un autre type de canne très répandu, et parfois vital, sont les cannes armées tels poignards, épées, pistolets ou les fusils. Contrairement a celle des Hommes Gentils, la canne du compagnon du tour de France, légèrement plus petite que la notre, est bien plus qu'un simple accessoire de costume ou qu'un outil. Elle est partie intégrante de son être, plus que le prolongement de sa main. C'est a la fois un compagnon :
· De marche pour ses voyages de ville en ville lors de son Tour de France de défense contre les animaux dangereux, les voleurs ou pire encore des frères d'autres obédiences, pardon, d'autres Devoirs,
· Un porteur, pour la fameuse « malle aux quat' nœuds », le baluchon contenant tous ses trésors, nouée au bout de la canne et posée sur l'épaule.
· Mais c'est aussi, et surtout, une source d'informations pour celui qui sait regarder. En effet, elle transmet une multitude de messages :
Ø De savoir-faire (donc de faire savoir) : les apprentis ne peuvent en posséder une, elle n'est remise qu'au compagnon, en même temps que ses « couleurs » (les rubans), lors de sa Réception après la réalisation de son chef d'ouvre,
Ø De reconnaissance : de part les différentes tailles, aspects, décors, et rubans qui l'ornent, le métier, les qualités, l'appartenance a une société ou un devoir, les villes traversées par le compagnon sont ainsi dévoiles, mais uniquement aux inities.
Ø D'intentions : la manière de porter la canne annonce la couleur. Avoir la main sur le pommeau ou la pomme en avant signifie la paix, la tenir en arrière c'est la confiance. Laisser traîner la canne est un signe de mépris, la réaction dans ce cas est en général immédiate : l'embout en avant pour la provocation. Par contre, cette même tenue de nuit devient de la clairvoyance. D'ou provient cette canne d'Aaron ?
C'est, dit-on, en souvenir de Frère Jacques, un des fondateurs de la confrérie, que la canne de jonc devint un des attributs des Compagnons. C'est en effet a une touffe de joncs que s'accrocha Maître Jacques en péril de mort dans un marécage. Etait-ce près de Compostelle ? A moins qu'il ne s'agisse du jonc marin qui servait a ce même Frère Jacques pour protéger ses instruments de mathématique ? Naturellement, en bons F\M\, une troisième version s'offre a nous. Ce serait une canne de même matière qui aurait été retrouvée près du cadavre de Maître HIR\.
Les couleurs du compagnon du Devoir
- Combien y a-t-il de couleurs ?
- Cinq et une cachée.
- Que signifie la blanche ?
- Les larmes que Maître Jacques a versées pour nous.
- Que signifie la rouge ?
- Le sang qu'il a verse pour nous.
- Que signifie la bleue ?
- Les coups qu'il a reçus pour nous.
- Que signifie la jaune ?
- La persévérance.
En F\M\, notre M\dC\, se déplace toujours (ou presque) avec sa canne. Elle représente naturellement l'autorité, le pouvoir, la force, la protection de la loge, temporairement détenus par le V\M\. Au rite d'York, le bâton est utilise comme le maillet en ce sens qu'il sert a invoquer l'Esprit. Le M\d\C\ le tourne au-dessus de sa tête lors des déambulations pour indiquer les directions, un peu comme un sergent major, sans toutefois le lancer en l'air. Est-ce par référence a la Bible, lorsque Moise brandissait son bâton au-dessus de sa tête pour appeler le Divin a intervenir ? Au RER, le M\d\C\ et les 2 diacres ont des verges, plus grandes et plus fines. A la fin de la tenue, une pyramide formée par ces trois cannes d'Aaron est créée. Dans certaines loges belges, il est de coutume d'offrir aux nouveaux compagnons une canne, appareil qui les soutiendra dans leurs différents voyages.
Mais pour en revenir a un rite qui m'est un peu plus familier, le REAA, notre première rencontre, en principe invisible, avec la canne du M\dC\ s 'effectue lors de notre entrée dans le temple le jour du passage sous le bandeau. Elle remplace le linteau de la porte, a une hauteur parfois variable suivant les récipiendaires, surtout lorsqu'ils se nomment Eric BAR\ ou Thierry SAN\ Plus tard, muni de sa canne, le M\dC\ assiste le V\M\ et les 2 S\ de l' ouverture a la fermeture des travaux, et rythme, presque, tous les déplacements d'un pas cadence sur son pied gauche d'une manière binaire ou quaternaire. Par contre, lorsque d'augustes visiteurs sont accueillis maillets battants, il adapte son pas sur une mesure binaire ou ternaire afin que l'harmonie soit totale. Il est a noter que, dans notre respectable atelier, la canne du M\dC\ est faite en GAIAC (acacias de NC), surmontée d'une boule en ivoire et le bout est en métal. Elle est donc compose de 3 éléments suivants : végétal, animal et minéral.
La Canne d'Aaron est donc, AMHA, bien plus qu'un simple ornement d'apparat. A peine arrivée sur le parvis, elle exerce dèja son pouvoir, nous aide a nous débarrasser de nos métaux et a remettre de l'ordre dans nos passions. C 'est un tuteur omniprésent qui, en principe, nous maintient droit, sans pour autant être rigide. Personnellement, j'y retrouve en plus le fil a plomb du Second Sur\, et des symboles qui s'y rattachent, un lien nous menant au Zénith. Mais n'est-elle pas tout simplement le battement du cour de la loge ?

J'ai dit V\M\
source :
www.ledifice.net

 

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