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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 05:42

Lors de mon passage dans le Cabinet de Réflexion, je m’interrogeais sur la présence et la raison d’être d’une symbolique aussi clairement alchimique dans un tel endroit. Les pères fondateurs de la franc-maçonnerie auraient-ils voulu, avec ces symboles, livrer des clefs à l’impétrant pour lui ouvrir les portes de son parcours initiatique ? Lui faire comprendre la philosophie de l’une au regard de l’autre, avec cette question : en quoi les principes alchimiques peuvent-il m’éclairer sur le sens de mon passage ici, dans le cabinet de réflexion ?

Dans cette caverne plongée dans la nuit, au cœur de la terre, un mot ne laisse aucun doute sur son origine symbolique : VITRIOL. Voilà, à mes yeux, le mot central : emblème ouvrant l’un des traités les plus connus du corpus alchimique : "Les douze clefs de la Philosophie", de Basile Valentin. VITRIOL révèle à l’initié qu’une certaine semence, support du principe vital, appelé par les alchimistes Esprit Universel, est enfermée dans la noirceur de la terre ("terre" au sens des quatre éléments). Basile Valentin, dans ce traité donne douze clefs opératoires et montre comment on peut extraire cet esprit sous la forme d’une pierre. VITRIOL : invention sublime par sa double lecture, paradigme connu de tous les Francs-maçons sous sa forme acronymique et latine, "Visita Interiora Terrae et Rectificando Invenies Occultum Lapidem", "Visite l’Intérieur de la Terre et en Rectifiant tu Trouveras la Pierre Cachée".

Avant de présenter quelques principes des opérations alchimiques, je voudrais faire quelques commentaires sur cette habituelle traduction qui, me semble-t-il, escamote les nuances, et donc celui de la juste compréhension : "Visita", est traduit par "visite". Il convient ici de lui préférer le deuxième sens du verbe "visitare" : "examiner en profondeur, pénétrer, fouiller". En Alchimie, le choix des matériaux de base et leur préparation, exige en effet une parfaite connaissance des principes, un examen en profondeur de leur nature, une compréhension de leur structure, et non le survol d’une simple visite. "Interiora", traduit par un singulier est en fait un pluriel. Il serait donc plus juste de traduire "visita interiora terrae" par "examine avec application les entrailles de la terre". Vient ensuite la seconde partie de l’acronyme ouverte par "rectificando" : "en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée".

Mais que signifie ce "rectificando" ? Revenons encore une fois sur la traduction : le verbe "rectificare" n’existe pas en latin classique ("Rectifier", dans le sens de "rendre droit", se traduirait par "corrigere"), "rectificare" c’est du latin de cuisine, et de cuisine alchimique. En fait, "rectifier", est un terme de la vieille chimie, qui signifie : "opérer une deuxième distillation". Un alcool rectifié est un alcool qui a subi une deuxième distillation pour le rendre plus fort, plus concentré. Voilà le sens du gérondif "rectificando". Les opérations alchimiques consistent en effet en une série de dissolutions-distillations répétées, destinées à séparer, lentement et progressivement, le pur de l’impur, dans un mouvement cyclique et circulaire. ("lentement et progressivement", est la condition sine qua non de la transformation en profondeur).

Le but de ces opérations vise à extraire la pure semence de sa prison minérale par le démembrement des matériaux. A faire sortir l’esprit enfermé dans la terre. L’esprit de vin est un vin qui a subi plusieurs rectifications. C’est dès lors une eau de Vie. Dans la voie de Basile Valentin, la première opération consiste à ouvrir la matière première, la materia prima, la pierre brute. Cette Terre matricielle se présente sous l’aspect d’un minéral vil, informe et noir. C’est pourtant elle la Pierre des Sages : "… La Pierre des Sages est une, sa matière est unique, quoique de plusieurs choses, et ne se peut trouver en autre chose du Monde, et il n’y a rien qui en approche en tout cet Univers ; elle est la matière première de tous les métaux ; elle est un mixte de terre et d’eau animé de l’esprit de la quintessence et des influences du Ciel" … ( "Filet d'Ariane").

La deuxième étape vise à en séparer les deux principes opposés, le soufre et le mercure. Soufre et Mercure ne sont pas les corps que nous connaissons, mais des principes structurels de la matière. A la troisième purification, le Mercure se présente alors dans cette voie, sous l’aspect d’un régule métallique de couleur blanche, aisément fusible. C’était, pour les orfèvres un produit noble qui permettait de purifier l’or et l’argent en les débarrassant de toutes les "impuretés" métalliques. Il était considéré comme un dissolvant des métaux impurs. Quant au Soufre, on le trouve dans le résidu qui surnage, une scorie, une terre d’aspect méprisable, et que, par ignorance, on aurait tendance à rejeter. Ce que d’ailleurs les orfèvres ne manquaient pas de faire. C’est pourtant dans cette terre que se cache la semence minérale qui est "la pierre cachée dans les entrailles de la Terre", et que VITRIOL nous invite à découvrir.

La troisième étape est le temps du "rectificando". Il consiste à réunir ces deux principes devenus apparemment inconciliables, à unir ces contraires dans l’harmonie pour en tirer le troisième principe, sous la forme d’un sel. Voilà ce que nous dit Batsdorff à propos de ce sel dans le traité qu’on lui attribue, "le Filet d’Ariadne". "… Et quoique les Philosophes ne parlent que du mercure et du soufre, qui sont deux des principes de la Nature, et qu’ils ne disent rien du sel, qui est le troisième : il y est sous-entendu, d’autant que c’est lui qui fait la liaison des deux autres, et c’est de lui qu’ils entendent parler, quand ils disent notre terre, ou notre corps terrestre …". C’est ce sel qui nourri, consolidé par une série d'opérations que les alchimistes appellent "leurs Aigles", deviendra, en dernière phase, la première médecine. La Pierre Philosophale, pierre taillée par excellence, est ce sel que l’Homme et la Nature ont amené à l’état de plus-que-perfection.

Possesseur de la Pierre, l’alchimiste accède alors à l’Adeptat, et devient un authentique Frère de la Rose-Croix. Que les Enfants de l’Art me pardonnent ce raccourci plus que succinct de l’élaboration de la Pierre Philosophale. Et si je ne présente qu’une seule voie, c’est pour bien faire comprendre le principe philosophique des alchimistes : quelle que soit la voie empruntée, la pierre philosophale ne trouve son pouvoir de transmutation, donc de transformation, que par la purification complète de ses composants : pour avoir une action sur le monde et le transformer, elle doit d’abord se purifier elle-même. Son pouvoir de transformation, de transmutation, se mesure à la qualité de son élaboration.

Dans la production de ce mercure philosophique, interviennent des agents chalybés, l’un est terrestre, l’autre est céleste. L’utilisation de ces agents marque la différence entre la chimie et l’Alchimie. Dans cette première phase de putréfaction, qu’on appelle communément "Œuvre au Noir", la matière prend la couleur et l’apparence de la Mort. L’ensevelissement de l’impétrant au plus profond de la terre est une allégorie de son "Œuvre au Noir". Là, hors du temps, il doit se morfondre, c'est à dire se fondre dans la mort. La faux et le sablier, que l’on trouve ici-bas, sont les attributs reconnus de la Mort. La Mort fauche la vie de l’homme, comme les Parques coupent les fils de sa destinée, le sablier rappelle que le temps de sa Vie est compté, que la seule issue est la mort. Il symbolise aussi le temps qui passe, et par extrapolation, le Temps lui-même. Le sablier rappelle enfin que la notion de temps est nécessaire à la transformation. Nous sommes ici dans le règne de Saturne.

Il a été évoqué plus haut le fait que le Soufre, la semence, devait être cherché dans une sorte de scorie. Cette scorie, ce déchet, les Anciens l’appelaient le "Caput mortuum", la tête morte, qu’on symbolisait par une tête de mort. Le voilà notre crâne. Comme le crâne contient le cerveau, donc la vie, c’est dans ce caput que se cache la Vie de la Pierre. Ce caput, "rectifié" (dissout-distillé…), puis calciné, se transforme alors en une cendre, présente elle aussi symboliquement dans le cabinet. Le crâne et la cendre représentent une seule et même matière, à deux stades de son élaboration. "… Vous serez comme il est dit dans le Livre de la Toison d’or. Notre corps deviendra premièrement cendre, puis sel, et après par ses diverses opérations devient enfin le Mercure philosophal, c’est-à-dire, que le métal doit être calciné, réduit en sel, et enfin travaillé en sorte qu’on en fasse le mercure Philosophal". (Extrait du Filet d’Ariadne).

La quatrième figure des "Douze clefs de la Philosophie" de Basile Valentin, illustre la Mort debout sur son tombeau, génératrice de cette cendre. A côté d’elle brille une bougie. Cette bougie, aux côtés du crâne dans le Cabinet de Réflexion, signale que la vie n’a pas disparu. La mort n’est qu’apparente. La graine enfouie dans la terre ne germe que si elle est arrosée. De même, baignée dans son eau mercurielle, cette semence renaît à la Vie sous la forme d’un cristal salin. On trouve le sel sur la table du cabinet. C’est lui la pierre recherchée, résultat des opérations de "rectificando", et les Sages appellent ce sel : leurVitriol. Son étymologie donne une idée de son aspect : vitriol est en effet le vitri oleum, "l’huile vitrifiée", c'est à dire un sel fusible qui entre très facilement en déliquescence huileuse.

L’invention sublime de Basile Valentin réside dans le double sens de VITRIOL : l’acronyme, VITRIOL, dévoile le principe, tandis que le mot, le vitriol, désigne, et décrit, le produit final. Soufre, Sel et Mercure, sont unis dans la composition du "Mercure philosophique", ce compost qui donnera naissance à la pierre philosophale. Il faut savoir que c’est le sel qui unit les principes contraires, soufre et mercure, et les harmonise. Le Mercure philosophique est symbolisé par le Coq. Pourquoi la présence ici de ce volatile si inattendu dans ce lieu ? Fulcanelli nous le rappelle : le Coq, qui se dit en grec Kérux, partage sa racine étymologique avec kerukeion (l’Annonciateur), et kérukérion (le Caducée). Ils représentent tous les trois le dieu Hermès, le porteur du caducée. (kéruképhoros). Par glissement, le Coq symbolise alors le mercure philosophique.

Chacun le sait, le Coq est l’animal annonciateur du lever du soleil (or philosophique), le générateur de la Lumière qui émerge de la nuit, symbole de la vie renaissante. L’énigme allégorique de ce coq, mercure philosophique porteur du soufre fixe, a été posée par l’école allemande d’alchimie. Basile Valentin nous révèle dans son livre "la Pierre de Feu" que le secret de l’un des agents chalybés se cache dans la crête du coq, mais cela si discrètement que si l’on peut passer à côté. La piste est ouverte pour le Curieux de Nature. Ainsi de la pierre amorphe s’élabore la pierre taillée, sous la forme d’un sel cristallisé, le Sel de la Terre, vecteur de la vie elle-même et symbole d’harmonie. Il faut entendre "Vous êtes le Sel de la Terre !" comme une invitation à l’harmonisation.

Mais comment répondre à cette invitation ? La réponse se trouve peut-être dans l’aphorisme platonicien "Connais-toi toi-même, et tu connaîtras l’univers et les dieux". L’impétrant est étonné de découvrir en ce lieu cette inscription qui était à l’origine placée sur le fronton du temple de Delphes où la Pythie délivrait ses oracles. "Connais-toi toi-même", en miroir de "examine les entrailles de la Terre", invite l’homme, et pas seulement l’impétrant, à une descente dans la psychologie des profondeurs, exige une plongée dans les parties les plus secrètes de sa psyché, d’en connaître les mécanismes, d’en "faire un examen approfondi". Ce n’est pas pour rien que cette maxime, sous cette forme ou sous une autre, est la pierre angulaire de toute initiation, et cela, dans toutes les civilisations… Les psychanalystes, les chamanes, les soufis, les maîtres bouddhistes et ceux qui entreprennent cette aventure de l’esprit, savent combien le "Connais-toi toi-même" engage l’être dans sa totalité, le transforme et, de ce fait, change la nature de son regard sur le monde, comme l’indique la deuxième partie de l’aphorisme. "… et tu connaîtras l’univers et les dieux".

Ce voyage n’a rien d’une introspection morale, ni d’un examen de conscience ou encore moins d’une vague estimation de son Quotient Intellectuel. "Rectificando" consiste à faire émerger ce que certains appellent le Moi profond, d’autres le Soi, d’autres encore, l’Esprit de l’Homme, voire le Corps glorieux … Avec l’émergence de l’Esprit, l’Homme devient Sel et il est intéressant de remarquer que la forme cristalline, pyramidale et prismatique de ce sel, de ce vitriol, ressemble à la pierre cubique à pointe que l’apprenti découvre dans le Temple …

La symbolique du Cabinet de Réflexion est si explicitement alchimique qu’il est vraisemblable que "nos illustres fondateurs, les mystérieux Rose-Croix", en ont été les promoteurs, eux qui, avant même la publication des Constitutions d’Anderson, n'imaginaient pas séparer l’initiation maçonnique de l’initiation alchimique. Eugénius Philalèthe, franc-maçon et alchimiste, ne déclarait-il en mars 1721 : "L’objet des vœux et des désirs des maçons n’est autre que l’Alchimie, sujet de l’éternelle contemplation des Sages". Mais combien répondent à cette invitation ?

Alors, pour les simples maçons que nous sommes, que peuvent nous enseigner les symboles du Cabinet Noir au regard de l’Alchimie ? D’abord : que l’Homme doit accepter de mourir à lui-même, qu’il est la matière première de sa propre transformation. Ensuite : que ce qu’il cherche sera trouvé dans les profondeurs de sa psyché, dans le terreau le plus noble, comme dans ses scories, celles qu’il a refoulées au plus profond de lui-même et qu’il rejette de sa conscience. Que le feu intérieur ne peut briller que si toutes les scories, les peurs ou les déformations que nous portons, ont été purifiées . Que l’harmonie découle de la réconciliation des contraires. Que la lente maturation est propice et nécessaire à l’émergence de l’Esprit. Enfin que les symboles, quand ils entrent en résonance avec nous, ont le pouvoir de nous transformer, et de transformer.

En conclusion, le cabinet de réflexion, est le lieu de notre "Œuvre au Noir" et VITRIOL, une invitation à notre transformation personnelle vers un plus-de-perfection, en vue d’une transformation dans le Temple, des choses, des hommes et du monde.

 

Source : http://www.troispoints.info/article-symbolique-alchimique-du-cabinet-de-reflexion-66362235.html

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Published by Antoine, 9 février 2011 - dans Planches
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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 06:10

« La solitude a deux facettes. Volontaire, elle élève et purifie. Obligatoire, elle étouffe et détruit ». Francine Ouellette

La solitude est une réalité bien plus difficile à appréhender qu’il n’y paraît.La solitude est sans doute l’une des plus grandes angoisses de notre culture post-moderne. D’ailleurs n’a t elle pas été mise en avant à l’occasion de cette journée spéciale de lutte contre la solitude en juillet 2011 et que même le label «Grande Cause nationale 2011» a été attribué au collectif « Pas de solitude dans une France fraternelle » rassemblant plus de 26 associations françaises, et près de 3500 partenaires. Le solitaire est stigmatisé par la société. Oui, entendez bien aujourd’hui «Grande cause nationale», la solitude apparaît aux yeux de tous comme l’un des plus grands maux de notre société : une honte, un désespoir. Et pourtant, les expériences mystiques et religieuses ne cessent d’en faire l’éloge. Et c’est ce coté là de notre miroir intérieur que je vais aborder avec vous.
Je n’évoquerais pas délibérément la solitude sentiment tragique qui peut mener à des conduites désespérées, au suicide, à la dépression, à diverses maladies et névroses même si le cheminement à une solitude salvatrice et ascétique est pavé de telles épreuves.
Non je désire évoquer avec vous ce que ma solitude, un temps imposée, m’a conduit à admettre…     

Que je suis un solitaire, depuis toujours et plus que jamais. C’est même cette solitude qui me fait tenir debout, avancer et créer.
Je suis un solitaire, donc, quoique bien entouré et riches de belles et solides amitiés. La souffrance, dans cette solitude n’est point absente. Je l’ai subi, j’avais peur d’elle, comme d’un
croquemitaine, puis avec le temps et les épreuves, j’ai appris à l’apprivoiser, et elle est devenue une très gentille sorcière à qui je confie mes petits secrets. Ensemble, nous monologuons et le silence est son interprète. Oui je l’ai détesté et aujourd’hui je l’apprécie.
Je veux aborder avec vous, vous dire ce que je ressens pour elle. Les personnes qui la craignent sont des ignorants, ils préfèrent s’entourer d’une multitude de relations, d’amants, de gens suffisants et insignifiants croyant ainsi se rassurer, mais ils s’accrochent à des étoiles d’illusions. La société actuelle vit sous le régime du semblable et non du différent «Mieux vaut être seul que mal accompagné». Ce proverbe est loin d’être suivi et le monde moderne, empli de technologies et vide de chaleur humaine, nous pousse plutôt à rechercher un nid de tendresse ou l’appui d’un groupe. «Tout plutôt que d’être seul» serait donc la devise actuelle. D’abord, pour dissiper tout malentendu, oui la vie est relation, vivre c’est être relié, c’est un fait absolument incontournable : nul ne peut vivre hors de toute relation, mais à la seule condition d’être d’abord relié à soi-même, de vivre en relation avec soi même. Nous avons besoin de solitude pour intégrer un à un les événements de notre vie, pour les intérioriser, car nous perdons en intensité ce que nous acquérons en sécurité.      

La solitude est une invitation à la découverte de soi-même, à la découverte de cet être qui n’est pas seulement un produit de la société, de la famille, de l’histoire mais un être singulier, distinct et particulier: moi / nous. Le précepte du Temple de Delphes, celui de Socrate, prend, dans ce thème de la solitude, toute son ampleur «Connais toi toi-même, et tu connaîtras l’univers et les Dieux» dont on oublie toujours la suite : «Tu sauras, tu expérimenteras que tout est en toi, que tu es immense, que tu héberges l’univers, que le divin est ta véritable nature. Au non de quoi tu te découvriras véritablement Libre et non pas supérieur ou inférieur aux autres» : Libre ! Il existe des équivalent comme le précepte du VITRIOL, cette formule qui figure sur les murs du Cabinet de Réflexion : «explore l’intérieur de la terre, en rectifiant tu trouveras la pierre cachée.». Ou pour notre Frère Lams, je reprendrais ce Hadith de la mystique de l’Islam «Celui que se connaît, connaît son Seigneur». Ces préceptes nous enseignent à bâtir notre solitude comme à tailler notre Pierre. La Solitude est une épreuve sur la voie initiatique que nous avons emprunté. La Solitude est donc un départ, un voyage qui ne finit pas, une épreuve que l’on aborde différemment, qui nous permet d’acquérir des qualités et des vertus telles que le courage, la patience, la force, l’endurance, la persévérance, la bienveillance et l’humilité.      

Nous vivons dans une société matérialiste, uniquement préoccupée de possessions et de pouvoirs qui ne prend en compte que l’ego en le flattant exclusivement et excessivement à travers la notion du groupe. Nous vivons dans une société qui ne nous apprend pas à être seul. Au contraire, toute éducation, qu’elle soit dispensée par la famille ou l’école, vise à n’être jamais seul : On ne laisse pas un enfant dans le silence, face à lui-même, on l’oblige à jouer avec ses camarades, à faire partie d’une équipe ou d’une bande, à communiquer, à s’intégrer. Lorsqu’il grandit, ses parents et ses professeurs s’inquiètent s’il demeure seul, s’il préfère la compagnie des livres, des arbres ou des animaux à celle des humains. On s’inquiète plus de son apparente insociabilité que de son équilibre intérieur. Plus tard, il voyagera en groupe ou au moins avec une personne, d’ailleurs pour preuve les tarifs sont plus intéressants en groupe alors qu’il faut payer des suppléments pour une chambre individuelle. On le dépossède de lui-même, on le pousse à être dépendant des autres. On appelle cela l’esprit de famille, la camaraderie, le sens de la fraternité ou de la communauté. Tout semble programmé pour égayer ou briser ses rares moments de silence et de solitude. Même si tout cela part de bons sentiments, on sait que parfois les bons sentiment s’avèrent les plus possessifs et les plus envahissants. Car lorsque cet enfant devenu homme affrontera des ruptures sentimentales, des deuils, ou tout simplement une perte d’emploi ou une mise à la retraite, il aura peur et perdra pied: il connaîtra cette solitude mortifère que j’évoquais au tout début, il sera désemparé. Cet homme depuis qu’il est né, a été détourné de sa solitude, on lui a fait croire que sans les autres il n’est rien et ne sert à rien. On ne lui a pas appris à compter sur lui-même, à se connaître, à se faire confiance. Même dans ma profession, pour la réinsertion des jeunes délinquants, je suis étonné que l’on a décrété, que pour apprendre à vivre en collectivité, que pour bien vivre ensemble il est obligatoire de vivre ensemble : ainsi on a recours au foot ou à d’autres activités collectives. On fait passer le groupe, la bande avant le sujet responsable, comme la charrue avant les boeufs.. En effet, les enseignants, les éducateurs ne proposent que très rarement une activité propre à chacun afin de développer chaque individualité avant de les mélanger toutes. Alors que ces mêmes jeunes souffrent d’un manque d’individualité et par conséquent souffrent du désoeuvrement et de la peur d’être seul d’où le phénomène de bande qui se crée et se propage. Mais j’en reviens à notre solitude, à cette quête. Nous, qui avons vécu l’initiation maçonnique , parcours tout d’abord solitaire, lors du recueillement dans le Cabinet de Réflexion. D’ailleurs notons que chaque société initiatique impose aux profanes et initiés une période soit de jeun, de silence: une période de solitude… Les sociétés tribales, amérindiennes imposaient à leurs membres une retraite solitaire pour marquer le passage du statut de l’enfant à celui d’adulte. La solitude était synonyme de source créatrice et bienfaitrice. Car être seul c’est se tenir devant l’inconnu. Dans notre vie quotidienne, chacun peut faire l’expérience imposée ou désirée de se retrouver seul, face à soi ce qui équivaut à se retrouver face à l’inconnue de soi. Souvenons du mythe de Robinson Crusoe de Daniel Dafoe : ce naufragé sur une île perdue et sans habitants, qui nous rappelle que lorsqu’on est seul, on est obligé d’inventer, de créer du neuf à défaut d’imiter les autres. L’isolement qu’il vivra lui apprendra à se connaître, à repousser ses limites à se découvrir important et surtout surtout à apprécier sa rencontre avec Vendredi et plus tard à renouer avec la civilisation autrement, en homme libre capable de tous les possibles alors qu’il se sentait médiocre auparavant. a solitude s’avère parfois un mal nécessaire, un besoin vital… alors à défaut de la vivre de manière aussi violante que Robinson, appréhendons nos moments de solitude autrement et tirons en toute la quintessence… Le véritable solitaire ou le solitaire accompli, celui qui est en paix avec lui-même après certainement épreuves et souffrances, n’est pas celui qui n’aime pas les autres mais c’est celui qui apprécie certains autres. Le véritable solitaire a le sens de l’amitié, il célèbre une relation unique entre deux personnes distinctes. Le véritable solitaire sait qu’il a beaucoup à apprendre des autres alors que la plupart ne cherchent qu’à enseigner aux autres. Le véritable solitaire est un homme libre, libre de toute attache et de tout dogme. Un goût irrésistible de liberté s’éprend de nous aujourd’hui : pour preuve ces innombrables expériences de l’homme qui le pousse à conquérir des espaces en solitaire : courses autour du monde, Chemin de Compostelle que l’on emprunte seul, retraite dans des monastères, vie à la campagne, etc… Oui nous sommes aujourd’hui en quête de sérénité, d’une solitude apaisante au milieu d’une société tumultueuse. Nous mêmes ici en ce moment, dans ce Temple, nous sommes seuls avec nous mêmes à écouter, à prendre la parole avec parcimonie.
La conquête de sa solitude signe la maturité et parfois même le génie. Nul ne peut se dire philosophe, écrivain, artiste et surtout homme libre s’il n’a exploré, épousé sa solitude.

Conclusion

Voyons chaque instant de solitude qui s’offre à nous comme un nouvel apprentissage de la vie, dans ses limites comme dans ses moments de grande plénitude. Même si notre besoin de l’autre est très grand, il ne peut remplir notre vide et nous apporter la sécurité que nous recherchons. Cette sécurité, il faudra la trouver en nous-mêmes, car il est impossible de penser que nous pouvons nous trouver en quelqu’un d’autre.
C’est tout le sens de l’identité personnelle. Cette identité se trouve en marchant sur notre propre chemin et en nous connaissant bien nous-mêmes.
Le secret, c’est cette plongée à l’intérieur où nous irons puiser force et inspiration.
La solitude est pesante, parfois. Mais elle est moins pesante quand elle se fait pensante, mais penser dans la solitude appelle un certain courage et non la résignation.
Tant que l’on refusera à accepter une certaine solitude, en la cachant par des divertissements, des institutions, sous prétexte d’inadaptation social, l’homme sera maintenu dans la peur, peur de la perte, dans la peur de mourir car la solitude, nous renvoie à la plus grande de l’homme : la peur de la Mort. Bien entendu, la solitude ne doit pas être constamment creusée ou contemplée, mais c’est toute l’approche de la solitude et la manière de la vivre quand elle se présente, imposée ou choisie, qu’il convient à nouveau de découvrir, pour mieux aller à la rencontre de l’autre et découvrir son alter/ ego, son autre soi.

J’ai dit…

Source : http://www.gadlu.info/planche-sur-la-solitude.html

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Published by Lamech - dans Planches
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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 06:08

Jahvé Dieu planta un jardin en Eden… Du coté de l’Orient… Il y plaça l’homme et la femme… Fit germer toutes sortes d’arbres… Et l’arbre de la vie au milieu du jardin… Puis l’arbre de la connaissance du bien et du Mal…
… Le Dieu Jahvé interdit de toucher à l’arbre de la « connaissance » et à l’arbre de vie qui étaient au milieu du jardin et dont le fruit était défendu…
…Le premier conflit des générations se déchaîna lorsque les créatures désobéirent à leur père pour s’affranchir de sa tutelle… Le créateur maudit ses propres enfants jusque dans leur descendance à perpétuité parce qu’ils s’étaient connus (au sens biblique du mot)…
…A la femme il dit : « j’aggraverai les peines de ta grossesse … Tu enfanteras dans la douleur » …
…A l’homme il dit : « parce que tu as écouté la voix de ta femme…parce que tu as mangé du fruit de l’arbre… Maudit soit le sol à cause de Toi ! C’est à force des peines que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie… Il te produira des épines et des chardons, et tu devras manger l’herbe des champs.
C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras ton pain… Jusqu’à ce que tu retournes en terre…
Et tu retourneras à la terre

Le concile de TRENTE, directement inspiré selon le pape Paul III du Saint Esprit, celui où l’on entendit reprendre en cœur par tous les Archevêques et Pères « Anathème aux hérétiques » - traduisit un peu différemment, et pour cause, ce passage du texte biblique de la Genèse : Les mots d’asservissement et de punition furent accolés à celui de « travail » consacré à devenir ainsi une pénitence divine.
…C’est par un travail pénible que tu tireras ta nourriture du sol de la terre tous les jours de ta vie à la sueur de ton front…
Le mot « travail » est issu d’un mot latin qui désignait un instrument de torture, plus précisément du bas latin « trepallium «, instrument à trois piliers qui servait à ferrer les chevaux, à maintenir les chevaux sous le joug et assujettir les condamnés à la torture.
Assimilant l’acte à l’outil on considéra le travail comme le maintien sous le joug en y ajoutant le contexte biblique de punition.
Les bourreaux disent d’ailleurs qu’ils « travaillent » un homme en le torturant, le policier en recherchant un aveu.
Que dire d’une femme qui se trouve dans la salle de « travail » ?
Dans notre ancien langage, « travailler » signifie » faire souffrir » et peu à peu, après le concile précité, il prend le sens de faire de grands efforts.
Les régimes totalitaires ont magnifié le travail étant un bon moyen de préserver l’ordre établi ; pendant qu’ils sont occupés à de lourdes tâches, les sujets n’ont pas le goût à réfléchir, de réfléchir à leur condition, de s’organiser, de s’opposer au pouvoir.
L’inaction parait-il serait la mère de tous les maux, et l’excès de travail serait le père de toutes les soumissions…
Le travail n’a jamais eu de rapport étroit avec l’accomplissement d’une vie et jamais personne n’a remis en cause sa justification.
Nos ancêtres nous indiqueraient qu’il existait et qu’il existe des travaux plus pénibles que d’autres ; ainsi nos civilisations ont eu recours à l’esclavage, à l’enrôlement…
L’oisiveté n’existait pas, peu octroyaient du temps à la culture, beaucoup s’adonnaient à la guerre.
La révolution industrielle transforma le « travail » en une valeur économique.
Zola le démontra dans ses ouvrages, le progrès consentit d’éliminer les durs labeurs malheureusement sans apporter chômage et dégradations.
Seuls les métiers laborieux, qui demandent effort et sueur ne trouvent que peu de volontaires, car toute notre instruction moderne a jeté l’abjection dans le travail dans ce qu’il a de plus rude, dans sa tourmente.
Des hypocrites ont réussi à démontrer que comme nous étions tous nés avec la même chance, avec la même acuité à apprendre ; si nous réussissions à susciter nos prédispositions nous obtiendrions un gagne pain agréable et de fait bien rémunéré, l’un n’allant pas sans l’autre.
Alors ne critiquons point nos enfants qui bien évidemment ont déduits qu’il valait mieux être contremaître, qu’usineur, acteur qu’intermittent, architecte que maçon.
Mais ils ont oublié que de devenir un bon architecte est difficile !
A l’inverse nous louons les jours fériés, les vacances et que dire de l’attente si longue pour obtenir une retraite tant méritée.
Nous voudrions entrer le plus tard possible dans la vie active, synonyme de longues études, enfin scolarisation, et la quitter le plus tôt possible, image proche de la réussite et de l’avènement.
Nos prédécesseurs n’ont jamais révélés ce genre d’aspirations, en résumant : faire un minimum pour obtenir un maximum.
Qui ne cherche pas son « paradis » dans « ne rien faire » ?
Le manque de convictions religieuses, spirituelles, pousse l’homo sapiens à chercher un paradis illusoire sur notre planète.
Le « non travail «, ces journées où l’on exerce rien, conduisent certains à s’ennuyer, d’autres à pratiquer du sport, à se promener, à se cultiver.
Pour ces derniers, il faut toutefois se battre contre soi-même, faire des efforts avérés.
Si le travail est considéré fréquemment pour une activité laborieuse, on peut se demander pourquoi alors on travaille.

Pourquoi travaillons-nous ?
En abordant par le côté historique l’idée du travail nous remarquons que cette idée est le fruit d’une construction et que nous sommes victimes d’errements en pensant que le travail a toujours existé.
Et si nous parlons de travail, nous ne savons plus à quelle dimension de cette notion nous faisons allusion.
Parce que nous ne sommes plus des animaux, que nous sommes inadaptés au milieu naturel, nous ne sommes plus chez nous dans la nature.
Protagoras a démontré que l’homme est nu sans moyens techniques, sans couverture, et pourtant il a survécu…
Cette pérennité a été réalisable sous protection de Prométhée qui ouvrit aux humains la maîtrise du feu et des techniques.
Ainsi, ils purent travailler déjà et compenser cette inadéquation au milieu.
Dès lors, travail et technique sont étroitement liés.
C’est par le travail, j’ajoute même, grâce au travail que l’homme s’assure comme sujet et s’oppose ainsi à l’objet.
C’est encore par le travail, grâce au travail, que l’homme se rend maître de la nature.
C’est enfin par le travail, grâce au travail que l’homme se réalise et s’accomplit en oeuvrant, quelque soit cette œuvre.
Et très justement, par la production d’une œuvre l’homme prend conscience de son état d’homme.
C’est la raison principale qui me pousse à répondre à la question de pourquoi travaillons-nous, par la question : peut-on devenir un homme sans travail ?
Ce qui précède vous apparaît certainement comme incongru dans l’atelier ce soir, et le nom d’atelier a son importance, car comme nous le verrons par la suite, nous sommes ici dans un lieu voué au travail.
Si notre rituel nous invite à nous situer « loin des soucis de la vie matérielle »
Il exige peu après notre devoir envers le monde profane.
C’est la très grande gloire de la Franc-Maçonnerie que d’avoir détruit le tabou d’expiation, le tabou d’infamie qui pesait sur le travail, de les avoir remplacé par le symbolisme d’un travail délivrant des contraintes humaines.
En cela le rôle des compagnies franches de bâtisseurs avaient tracé la voie élevant la construction au titre « d’Art Royal «. Le Franc Maçon que nous sommes doit savoir que la notion de travail « libérateur » se révèle comme une pensée moderne, comme le principe essentiel de l’évolution humaine.
Ce n’est pas à la Franc Maçonnerie, mais aux Francs Maçons de faire passer cette notion du plan « Symbolique « au plan « social «.
Une nouvelle question fait suite à la précédente : puisqu’il est convenu qu’il est une nécessité, en quoi consiste le travail pour un Franc Maçon ?
Quelque soit son âge, le Franc Maçon est un artisan, un artisan qui porte un tablier assimilant le travail manuel au travail intellectuel, celui de sa propre construction.
Il se joint à ses frères dans un endroit précis pour y travailler.
Pourquoi, alors que le travail maçonnique consiste en une réflexion personnelle, le Franc Maçon éprouve t-il le besoin de se trouver dans un endroit particulier pour réfléchir et en groupe de surcroît ?
Qu’il soit appelé Loge, Atelier ou Temple, ces trois vocables n’ont toutefois pas la même signification, le lieu rassemblant les frères, il faut avoir en mémoire que la pratique de la Franc Maçonnerie repose en grande partie sur la Fraternité.
La fraternité n’est pas qu’une attitude ou qu’un sentiment que l’on a ou que l’on a pas.
Elle se découvre, se forge, s’apprend au « contact » dans la rencontre et la connaissance réelle et individuelle des frères entre eux.
La Loge est une cellule vivante et de fait comme toute cellule, elle est mortelle.
Elle ne vit pas d’elle-même, ce sont les Frères qui la font vivre.
Notre Responsabilité est de la faire vivre, de la maintenir en vie.
Que ce soit celle où nous sommes « nés » ou celle parfois où nous avons été « adoptés », c’est toujours celle où nous travaillons et à laquelle nous appartenons.
Je ne suis pas membre d’une loge, j’appartiens à une loge, et cela à son importance.
Appartenir à une loge est un symbole puissant avec une connotation viscérale.
J’appartiens non en dépendance mais dans l’acceptation d’être une « partie » intégrante, d’être un élément constitutif d’un corps vivant où j’ai une place et un rôle.
Et si elle m’a créé ou m’a adopté, en retour je la fais vivre.
Voilà un de mes travaux…
Mais la spiritualité n’est pas un domaine où j’excelle tous les jours, je n’y accède pas par simple envie.
Je suis tout entier prisonnier de la matière, évoluant le plus souvent dans un monde « profane ».
Passer de la matérialité à la spiritualité réclame paradoxalement non pas une procédure spirituelle mais plutôt physique.
Ce sont les mots, les gestes, les attitudes qui me font entrer en contact avec moi-même.
Pour des raisons qui sont nôtres, propres à notre tradition, nous devons travailler à construire et consacrer à chaque fois notre temple.
Notre travail n’est jamais fini et à chaque fois il faut reprendre la construction, reprendre la construction qui s’est à chaque fois enrichit de ce que nous avons appris la fois précédente.
L’on peut s’étonner d’un Frère qui ne s’implique point et complètement dans la vie de l’Atelier, qui ne propose pas de morceau d’architecture, qui ne prend pas la parole, qui arrive juste à midi pour partir juste à minuit, qui ne partage pas même un morceau de pain en salle humide, qui ne s’inquiète pas de l’absence de son frère.
Sans le travail dans l’atelier comment être maçon ? Ne sommes nous pas la représentation de la vie ?
Ce qui précède me conduit à mettre en lumière la différence entre travail individuel et travail collectif.
Nos frères Maîtres le professent inlassablement aux apprentis, le travail individuel est le fondement même de l’initiation, fait de réflexion et de méditation.
Et cette réflexion doit plonger inéluctablement ses racines dans notre rite, sa sève dans le rituel.
Si je peux individuellement de par mes lectures avoir accès au rite, le rituel est là dans ce temple, avec mes frères.
J’en déduis sans contournement que le rite sans le rituel est page morte, et que le rituel n’existe que dans sa pratique.
Il est aisé de conclure que le rituel est un travail et qu’il ne peut se pratiquer qu’en loge.
Il est travail collectif « effectif et concret ».
C’est l’essence même du travail maçonnique, d’où la nécessité d’une participation active et constante.
Cette pratique s’enrichit par les « planches » qui s’inscrivent à la fois dans le travail collectif et individuel.
Individuel de par le travail de l’orateur et collective par l’enrichissement qui suit.
Je parle de travail, je le décline tout simplement, je m’interroge.
Evoquant le travail en loge je parle de provocation à la réflexion, prélude à un autre travail permanent que je vais effectuer dans le prolongement de ce que je fais en loge.
Je communique, je communie même, je me construis.
Le Temple est réservé à des rencontres et à des échanges, au travail d’initiation.
Avant de conclure, je vous donne un peu de travail à mon tour en vous proposant d’y répondre dans votre fort intérieur pendant un instant :
« Notre travail n’est-il pas de nous initier pour être en mesure d’accomplir notre mission ? »
Dans notre rituel, au 1er Degré, immédiatement après que l’impétrant soit entré dans le cabinet de réflexion, il peut y voir bon nombre de symboles qui conduisent au travail.
Il ne sait pas encore que le chemin sera long ; qu’il franchit les premiers mètres de ce chemin qui n’a pas ici de fin.
Il lui faudra faire preuve de persévérance, de volonté et de travail.
Nous devons tous accepter de sentir en soi une forme de découragement parfois, mais par le travail et parce que nous avons accepté de dire oui un soir, dire oui à l’inconnu, nous devenons ce frère que se construit de Vendredi en Vendredi.
J’aimerai vous livrer cette maxime de Jules RENARD :
«
Au travail, le plus dur est d’allumer la petite lampe du cerveau. Après, ça brûle tout seul…»
J’ai dit Vénérable Maître.
source :
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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 05:08

Sur un moment privilégié de l’initiation, et pour moi ce fut le plus intense, car ce n’est qu’au terme du troisième voyage que j’ai retrouvé mes esprits.
Epreuves ou purifications ?
Alchimie ou pas alchimie ?
Ce petit travail ne prétend pas à l’érudition ni à être complet. En effet j’ai à de nombreuses reprises simplifié et schématisé afin de me concentrer sur l’essentiel. On pourra donc me contester sur de multiples points de détail.

La Préhistoire.
Dans les loges écossaises du 17ème siècle la réception d’un nouvel apprenti comportait des brimades et des humiliations diverses, qui relevaient plus du bizutage que d’une quelconque « transmission d’une influence spirituelle » (voir David Stevenson « Les Origines de la Franc-Maçonnerie. Le siècle écossais 1590-1710 »). Il en est resté quelque chose chez nous à l’époque actuelle (souvenez-vous du premier voyage).

Les débuts anglais.
Si 1717 vit la naissance de la première Grande Loge, celle de Londres et de Westminster, ce fut durant les années 1720-1730 que se mirent en place les caractéristiques principales d’un Ordre tel qu’il persiste encore aujourd’hui : dédoublement du premier grade, apparition de la légende d’Hiram, formation de loges sur le Continent.
A cette époque le candidat à la réception (the making of a mason), on ne parlait pas encore d’initiation, subissait déjà des épreuves dénuées de tout caractère purificatoire : dépouillement des métaux, dénudation partielle, aveuglement.
Ces cérémonies primitives ne faisaient aucune référence à l’Alchimie, à la Kabbale ou à la Mystique rosicrucienne.

En 1730, année de la parution du « Masonry Dissected » de S. Prichard, le récipiendaire effectuait un tour de la Loge (les Anglais n’utilisent pas le terme de voyage). Cette perambulation est bien à l’origine des « voyages » français d’aujourd’hui. Elle subsiste, immuable, dans les loges anglo-saxonnes, où elle est le prétexte à la présentation du Candidat aux Surveillants puis au Vénérable Maître.

Les débuts français.
Les débuts de la maçonnerie française sont caractérisés par la coexistence plus ou moins harmonieuse de loges « jacobites » (Anglais, Ecossais et Irlandais exilés partisans de la famille déchue des Stuarts) et « anglicanes » (Anglais et Français initiés à Londres, puis Français initiés à Paris par des Anglais).
En 1737, date de la première divulgation française, René Hérault, lieutenant de police de Paris n’eut aucun mal à découvrir les secrets des maçons, grâce à une dame de petite vertu, actrice à l’Opéra, qui les soutira de la bouche d’un de ses amants (il faudra un jour étudier le rôle de la femme dans l’histoire de la F\ M\, ce qui est tout à fait différent de l’histoire de la maçonnerie féminine). Hérault les publia sous forme d’un pamphlet « La Réception d’un Frey-Maçon ». A l’époque, on ne parlait pas de Franc-Maçon, mais bien de Frey-Maçons ou de Fri-Maçons, ce qui indique bien l’origine britannique de l’Ordre en France, quoi que puisse en penser un ancien Sérénissime G\ M\ du GOF. A nouveau on ne parle pas d’initiation, mais bien de réception. Le terme d’initiation ne fera son apparition, et encore très timidement, dans le vocabulaire maçonnique français qu’à la fin du 18ème siècle.
Le postulant, aveuglé, dépouillé de ses métaux et bijoux, le genou droit dénudé, le pied gauche en pantoufle, est introduit par son parrain. On lui fait faire trois tours, puis après qu’il ait réaffirmé sa conviction, on lui débande les yeux, et tous le Frères sont en cercle autour de lui, l’épée à la main. Puis viennent le serment prononcé sur la Bible ouverte à l’Evangile de Saint Jean, la remise du tablier et des gants (d’homme et de femme) et enfin l’explication des secrets des deux grades, apprenti et compagnon (à cette époque les deux premiers grades étaient conférés simultanément, aussi bien en Angleterre qu’en France), avec la communication des mots en J et B. Plus loin Hérault décrit le rituel de table avec ses termes empruntés à la vie militaire (les travaux de table ou de banquet remontent donc loin dans le temps) et l’acclamation « Vivat ».
Le pamphlet résume bien ce que la maçonnerie française doit à l’Angleterre : la préparation du candidat, l’obligation et ses châtiments aussi sanguinaire que fictifs, l’usage rituel du compas, l’habillement (tablier et gants) ainsi que les mots en J et B. Il identifie aussi les principales innovations françaises, inconnues aujourd’hui encore, des loges britanniques : trois voyages et non un seul, le cercle des épées, le serment sur l’Evangile de Saint Jean, la remise de gants de femme (mais les Français se devaient d’être plus galants et plus prévenants à l’égard du beau sexe que les Anglais), l’acclamation « Vivat » et les travaux de table.
Par contre, il est clair qu’il n’y a ni éléments ni purifications.
Les rituels, authentiques ceux-là, des années suivantes sont tout aussi probants.
Ainsi ceux du Marquis de Gages et de sa loge montoise « La vraie et parfaite Harmonie » (1767). Le candidat préparé comme ci-dessus, est remis entre les mains du Premier Surveillant. Celui-ci le fait voyager par trois fois autour de la loge, c’est-à-dire derrière les FF\ assemblés autour du tapis de loge.
Au terme du deuxième voyage intervient ensuite un geste nouveau : la « Marque de Salomon »
« Alors le Maître dit :
Monsieur ce que vous avez passé jusqu’à cette heure n’est rien en comparaison des épreuves qu’il vous reste à subir ».

« Alors le maître dit :
Monsieur comme il faut que tout bon maçon soit marqué du sceau de Salomon, sur quelle partie de votre corps voulez vous que l’on vous l’applique, ordinairement c’est sur l’épaule. Pendant ce petit discours on lui fait sentir la chaleur près de l’épaule avec une pelle rougie. Lorsque le Récipiendaire a répondu qu’on le pose selon la coutume on lui pose sur la partie échauffée un morceau de glace ».
Les trois voyages ne comportent ni purifications ni rencontre des éléments. Les commentaires du Vénérable insistent sur leur caractère pénible, voire périlleux de l’exercice. Il s’agit bien d’épreuves qu’il faut surmonter avec vaillance, même et surtout si elles ne sont que symboliques.
Au deuxième grade, ce rituel comporte l’épreuve (symbolique) de la saignée.
Un rituel de Lyon de 1772 est en tout point semblable à celui de Mons, en ce qui concerne les trois voyages, si ce n’est que c’est le Second Surveillant qui conduit les voyages.
Il convient de noter que le rituel du 18ème siècle qui réside sur les pages confidentielles de la FIF, mentionne le premier voyage, ce qui laisse supposer qu’il y en d’autres, mais dont il ne parle pas. Ici aussi, il n’y a ni épreuve ou purification, ni élément.

L’émergence des rites.
Les trois rituels cités ci-dessus n’appartiennent à aucun rite. A l’époque les rites n’existaient pas. Leur genèse fut le résultat de l’apparition incontrôlée des Hauts-Grades, dits Ecossais, que l’on peut situer entre 1745 et 1785. Leur développement comporte en gros trois étapes :

  • apparition spontanée, indépendante, de grades inédits de provenances diverses ;
  • leur organisation en série hiérarchisées ;
  • l’établissement d’un pouvoir régulateur au sommet de la dite série.

Le scénario est simple. Une loge reçoit un étranger, un voyageur qui susurre qu’il détient les « véritables » secrets d’un ordre sublime. Les maçons de l’endroit, appâtés par l’inconnu, se précipitent, et pour quelques écus se font recevoir Grand Elu, Chevalier d’Orient, Prince Rose-Croix. La désillusion est rapide, à la hauteur des illusions premières. Elle n’empêche que nos sectateurs sollicitent bien vite leur admission à d’autres mystères, plus sublimes encore et au titres encore plus ronflants : chevalier Kadosh, de la Toison d’Or ou du Soleil, Empereur d’Orient et d’Occident.
Ainsi naquirent des séries de Hauts-Grades, que l’on baptisa du nom de rite, mot emprunté à l’Eglise (rite latin, orthodoxe, copte, maronite,…).
A l’origine, ces Rites ne désignaient que ces constructions, souvent hétéroclites, de grades « supérieurs » qui affectaient de compléter l’enseignement des degrés symbolique.
Mais ils eurent une conséquence de taille : le contenu des grades bleus fut remanié pour l’adapter au message des Hauts-Grades, afin de mieux « préparer » le candidat futur aux enseignements à venir.

Les purifications dans les Hauts-Grades.
Les rites de purification sont contemporains de cette évolution. La plus ancienne mention que j’en connaisse se trouve dans le catéchisme d’un Haut-Grade de 1749, celui de « Petit Ecossais Apprenti » (non il ne s’agit pas d’un forme d’humilité, c’est pour pouvoir passer ensuite au grade de Grand Ecossais Apprenti et cela résulte de la prolifération des Hauts-Grades)
« Demande : Etes-vous Ecossais ?
Réponse : Oui, je le suis. J’ai été purifié par l’eau et le feu. »
En fait les éléments et les purifications sont inséparables de l’Ecossisme, cette mouvance protéiforme d’origine française.
Au grade de « Maître de Loge » (équivalent continental de l’installation ’ésotérique’anglaise, qui fut par la suite incorporé dans l’échelle du REAA où il occupe la 20ème place), le récipiendaire est reçu « entre le fer et le feu », parce qu’il est « purifié de la tête aux pieds par le fer et le feu ».
Mais les éléments ne sont pas les seuls moyens de purification. Ailleurs, celles-ci se feront par des parfums. Dans la maçonnerie « égyptienne » (1778-1784) de Giuseppe Balsamo, dit Cagliostro, elles interviennent aux grades de Compagnon et de Maître de l’Intérieur (ce sont des Hauts-Grades) ; au deuxième, le récipiendaire est purifié par quatre parfums : l’encens, la myrrhe, le benjoin et le baume du Pérou. Ces quelques exemples, et je pourrais en citer d’autres, montrent que les rites de purification étaient chose courante dans les Hauts-Grades de l’époque.

Le Rite Ecossais Philosophique.
Ce rite naquit dans le Midi de la France, à Marseille et Avignon. Il était pratiqué à Paris par la loge « Saint Jean du Contrat Social ». Les rites pratiqués en Avignon ont été publiés dans Renaissance Traditionnelle, n° 54-55.
On y trouve la purification par l’eau après le premier voyage, la purification par le feu après le deuxième, celle de la saignée après le troisième.
Ce Rite Philosophique est exemplaire, c’est un véritable cas d’école dans le débat inachevé sur les « influences extérieures », sur ces hypothétiques écoles ésotériques, kabbalistiques, alchimiques qui se seraient greffées sur le corps maçonnique.
Son titre déjà, « philosophique » qui ne brille guère par la modestie, et semble plutôt constituer un de ces appâts qui font miroiter beaucoup de choses. Que les SS\ et les FF\ de l’atelier PHILO de FMPOL ne prennent pas ombrage de mes propos !
Remarquons simplement que si les rituels « philosophiques » comportent deux éléments, et non quatre, ils ne font aucune référence, même voilée au Grand Œuvre. Par contre on peut voir dans les purifications par l’eau et le feu un rappel du baptême (eau) et de la purification par le Saint Esprit (feu),

Le Rite Français.
Echaudé par la prolifération anarchique des Hauts-Grades et désireux d’y mettre de l’ordre, le Grand Orient de France établit une Chambre des Grades, qui en 1786, reconnut un système en quatre ordre (Elu, Ecossais, Chevalier d’Orient, Rose-Croix) et voulut l’imposer aux loges de sa correspondance. Il créait ainsi un rite nouveau, qualifié de « Français » bien qu’il ne soit qu’une synthèse des Rites « Ecossais », mais pour se démarquer de ceux-ci. L’appellation, à tort, servit aussi à désigner les grades bleus de cette obédience, alors que ceux-ci sont incontestablement d’origine britannique.
Dans ces rituels de 1786, les épreuves par l’eau et par le feu sont présentes au deuxième et troisième voyage, témoignage incontestable de l’influence écossaise.
La description du Cabinet de Réflexion surprend par l’absence du mot VITRIOL. Par contre il signale la présence de vases d’eau, de sel et de soufre ainsi que de la représentation d’un coq et d’un sablier, ainsi que des maximes murales (Si la curiosité t’a conduit ici, va-t’en. Si tu crains d’être éclairé sur tes défauts, tu seras mal parmi nous…).
La comparaison des deux rites, le français et le philosophique, montre en tout cas une approche différente : le premier insiste sur la notion de purification, le second sur celle d’épreuve.

Le Rite Ecossais Rectifié
Le RER fut établi à Lyon, entre 1778 et 1787 par J.B. Willermoz, sur base de l’enseignement de Martinez de Pasqualy (je simplifie). Les éléments apparaissent au nombre de trois, et non deux : le feu, l’eau et la terre. Au cours de ces voyages, le récipiendaire, aveuglé, doit reconnaître le feu au Midi (premier voyage), l’eau au Septentrion (deuxième voyage), la terre à l’Occident (troisième voyage). Ces trois éléments lui enseignent la structure de la Matière. Le rituel vise à une prise de conscience : le récipiendaire doit saisir dans sa chair ces trois éléments corporels dont il est fait et dont il doit se dégager pour entrer dans la voie spirituelle…
Le RER est très précis à ce propos. Il n’y a que trois éléments : Feu, Eau, Terre, comme il n’y a que trois principes fondamentaux : Soufre, Sel et Mercure. En fait, par nature, le RER est trinitaire, et associe :
Sud, Soufre, Feu, premier voyage
Nord, Sel, Eau, deuxième voyage
Ouest, Mercure, Terre, troisième voyage.
Tout cela rappelle furieusement l’alchimie me direz-vous. Et pourtant ce ne sont là que des conceptions qui n’ont rien d’original pour l’époque, partagées par les alchimistes, comme par leurs adversaires. Et Willermoz était de ces derniers, puisqu’il interdisait formellement l’entrée dans son Ordre aux partisans de l’art alchimique, qu’il considérait comme une route absolument opposée à la Science Spirituelle.

Le REAA
Bientôt surgit un nouveau venu, redoutable, intriguant, d’autant plus sûr de lui et dominateur que ses racines étaient incertaines. Le REAA, fort de ses 30 Hauts-Grades, proposa trois degrés bleus nouveau, prétendument détenteur de l’authentique tradition des Anciens, en fait inventés pour les besoins de la cause. J’ai essayé de montrer le caractère artificiel et fabriqué de ces derniers, et d’établir qu’ils furent écrits entre 1804 et 1812 par des ambitieux qui voulait subjuguer la maçonnerie française (Message 380, Les degrés bleus du REAA). Je ne suis pas sûr d’avoir été compris quand je lis sous la signature d’un F\ d’outre Quiévrain (cela fonctionne dans les deux sens) que j’aurais prétendu qu’ils étaient faux. Tous les rituels ont été inventés un jour et ont évolué par la suite.
Le Guide du Maçon Ecossais (1815-1820) ne mentionne qu’une seule purification, celle par le feu au cours du troisième voyage. Les deux premiers voyages ne comportent aucune purification. Ce qui est bien la preuve que ce n’est pas le REAA qui est à l’origine des quatre purifications.
Les tenants du système comprirent bien vite qu’il y avait là une lacune qu’il fallait combler. La purification par l’eau réapparut au deuxième voyage.

L’air et la terre
Jusqu’alors, nos rituels (sauf au RER pour la terre) ne parlent ni de l’air ni de la terre. L’usage de préparer le candidat dans une chambre obscure est attesté dès le début de la maçonnerie française et anglaise. Il souligne le passage des ténèbres à la lumière, thème central de la réception maçonnique depuis les premiers documents anglais (1720-1730).
Le premier voyage ne comportait jusque là aucune allusion à l’air. Le récipiendaire est bousculé, malmené, et on lui explique que ce premier voyage représente le tumulte des passions, les conflits d’intérêts.
Le 19ème siècle vit dans le séjour obscur et les aléas du premier voyage des épreuves purificatoires supplémentaires, par la terre et le feu. Clavel cite ces nouvelles purifications dès 1843.
Relevons toutefois qu’il n’est nul besoin de l’alchimie pour justifier les quatre éléments. La division de la Matière en quatre éléments constitutifs est une conception traditionnelle d’une rare banalité. Cet ajout se réfère explicitement aux « antiques initiations égyptiennes » (voir Cauchois et Ragon), et d’ailleurs à cette époque le terme d’initiation est largement utilisé pour désigner la cérémonie de réception.

Les derniers avatars
Le rituel officiel du GOF, remanié par Louis Amiable en 1887 (dix ans après l’évacuation du GADLU) supprima les épreuves, qu’il remplace par un commentaire plein d’à propos.
« L’initiation se faisait fort simplement dans les loges françaises du 18ème siècle. On l’a beaucoup compliquée au 19eme siècle, en y mêlant des particularités que l’on croyait empruntées aux initiations de l’Ancienne Egypte. On cherchait à éprouver le courage du récipiendaire par des moyens terrifiants. On simulait la quadruple purification par les quatre éléments des anciens, c’est-à-dire par la terre, l’air, l’eau et le feu….Vous ne devez pas vous étonner s’il vous arrive de vous trouver en présence de quelques pratique de ce genre. Vous n’en serez pas troublé non plus, sachant que le progrès est lent et que l’évolution humaine est complexe ».
Amiable avait raison, les maçons continentaux avaient bel et bien introduit des particularités étrangères aux traditions britanniques initiales. Que leur abandon témoigne d’un progrès sur le plan symbolique reste à démontrer. Et c’est ainsi que les voyages symbolisent alors l’enfance, la jeunesse, l’âge mûr.

L’entrée en scène des occultistes
Cette refonte des rituels heurta certaines susceptibilités, dont celle d’Oswald Wirth, auteur d’une trilogie qui reste aujourd’hui, hélas, le best seller de la littérature maçonnique. Wirth était féru d’occultisme qui fleurissait en cette fin de siècle et il apprêta la maçonnerie à une bien curieuse mode. Pour Wirth, la rencontre des éléments assimile l’initiation maçonnique au processus alchimique : la transformation du profane en un initié rappelle et imite la transformation de la matière dans l’Athanor.
Ce vernis nouveau plut à certains de ses contemporains. Il répondait à un goût pour le mystère et le merveilleux, d’autant plus aisément que le symbolisme hermétique, abscons et redoutable n’est plus guère compris de nos jours. Cette obscurité permet n’importe quel développement sans risque d’être contredit. Elle permet de dire tout et n’importe quoi, ainsi que son contraire.
Puis vint Guénon, qui ne vit dans l’alchimie qu’un aspect particulier d’un ésotérisme plus vaste. Il fait de l’initiation un bouleversement ontologique de l’être par l’action d’une influence spirituelle qualifiée, c’est-à-dire attachée à une organisation initiatique traditionnelle. Le processus relève, qu’on le veuille ou non, de ce que l’on appelle communément la magie.

Conclusions
L’histoire nous enseigne que les épreuves ou purifications, ignorées à l’origine, apparurent, vers 1750 seulement, dans les Hauts-Grades, puis s’imposèrent dans les grades bleus, et cela sur le continent uniquement.
La théorie des éléments est une conception commune depuis l’Antiquité. Platon l’exposa dans Timée. Les premiers chrétiens les connaissaient également. La structure quaternaire de la matière est un lieu commun de quasi toutes les traditions.
A la fin du siècle dernier, certains s’avisèrent que les éléments relevaient de l’alchimie. Cette lecture nouvelle s’inséra tout naturellement dans le système guénonien, appréhension globale de la totalité cosmique, de son organisation et de sa finalité. Celui-ci renvoie à une Tradition Primordiale. Celle-ci suppose la réalité d’une initiation, au sens guénonien du terme chez les bâtisseurs de l’Antiquité, et une continuité de fait et d’intention entre ces bâtisseurs et les francs-maçons d’aujourd’hui. J’ai lu dans un livre maçonnique, dont je tairai le titre, que la meilleure preuve de l’existence de cette continuité ésotérique secrète était précisément qu’elle n’ait laissé aucune trace dans l’histoire. Disons qu’aucune preuve ne vient étayer ces affirmations et qu’elles sont pour le moins suspectes. Non, là je suis trop gentil, il s’agit en fait d’affabulation ! Rappelons que la maçonnerie est une société conviviale qui vit le jour à une époque (le début du 18eme siècle) et dans un pays (l’Angleterre) qui sortait d’années ensanglantées par l’intolérance meurtrière et les guerres fratricides.
La lecture des anciens rituels révèle le lent processus par lequel des dépôts successifs vinrent recouvrir le noyau originel. Ce qui n’était au départ que l’accueil dans une société réservée devint une cérémonie complexe et lourde de sens.

Réflexions a posteriori
C’est vrai, l’élaboration des Hauts-Grades en a pris pour leur grade, car à mes yeux leurs développements relèvent de la mystification vénale. Non je n’ai pas la dent dure avec le REAA et je n’ai pas voulu me le farcir. J’ai le plus profond respect et la plus grande estime pour les FF\ Jean-Claude TOS et Marcel WUI, mais je tiens le comte de Grasse-Tilly pour un être malfaisant et sans scrupule (on lira à ce propos avec profit André Doré, Vérités et légendes de l’histoire maçonnique). C’est vrai, je ne connais rien de la maçonnerie de Memphis Misraïm. Il est exact que je suis un adepte des degrés bleus du RFM. Oui, j’ai une sainte horreur des agités de l’occultisme, tels Wirth et Guénon, de leurs divagations et de leurs fantasmes. Les historiens demandent des faits, les ésotéristes élaborent des mythes.
Par contre je trouve qu’il est erroné de croire que nous sommes véritablement passé des sciences « occultes » aux lumières des sciences véritables. Il existe de fortes raisons de douter que la coupure soit aussi radicale que le croit l’opinion courante.
Ainsi je voudrais revenir sur deux reproches qui sont couramment adressés a l’alchimie. D’une part cette pratique archaïque aurait été d’un ésotérisme qui la rendait inaccessible au commun et consolidait ainsi une séparation oligarchique entre les détenteurs et les exclus du savoir. D’autre part elle aurait confondu allègrement recherche intellectuelle et intérêts matériels : la quête de la pierre philosophale peut aussi bien être conçue comme un exercice aidant à l’élévation spirituelle que comme pratique visant à des fins économiques. Il suffit d’énoncer ces reproches pour constater à quel point la science contemporaine, et plus particulièrement la physique, tombe sous le coup des mêmes griefs. Mais c’est là un autre débat.
Je vous embrasse toutes et tous fraternellement

Source : www.ledifice.net

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 16:08
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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 06:23

Ce thème énonce un propos et sa résolution dans son énonciation. Doit-on simplement confirmer cette affirmation ou au contraire la contredire?
Le terme Ego est un substantif tiré du pronom personnel latin ego («moi»). Il désigne généralement la représentation ou l’idée qu’on se fait de soi et la conscience que l'on a de soi-même. Les particularités du Moi peuvent être classifiées en deux catégories:

Un "MOI FAIBLE" qui reste craintif devant les pulsions inconscientes. Il cherche sans cesse à se protéger contre elles, en les refoulant.
Un "MOI FORT" qui s'adapte facilement aux diverses circonstances de la vie, il dispose de multiples possibilités de résonance. Il n'est pas figé, il n'est pas stéréotypé, il n'est pas corrodé par les refoulements, les complexes, les inhibitions, les angoisses, les culpabilités.
L'homme sous l'emprise de l'ego ne pense qu'à lui, mais veut aussi que tout le monde pense à lui. Il a tendance à faire de lui, le centre de l'univers, les autres n'existant que pour servir ses intérêts.

On peut se demander si la formule «L’ego du maçon, une entrave à l’idéal maçonnique» ne renvoie pas à l’interprétation spirituelle de l’ego. De même que les expériences spirituelles ou spiritualistes libèrent de l’ego qui entrave le développement de la personnalité, la FM en tant que mouvement spirituel serait le moyen de libérer le maçon de son ego pour lui permettre d’accéder à une vraie connaissance de lui.

Pour surpasser notre ego, il est important d'écarter toute velléité de prétention et de vanité. Il importe de vaincre le superficiel et le paraître en se penchant plus à fonds sur ce que nous sommes réellement, assimiler le "connais-toi toi-même".

Mais en tant que groupe humain, il nous faut savoir exploiter et polir le génie résidant dans les variantes et riches archétypes des caractères des uns et des autres car sans un minimum d’ego, on risque de perdre l’imagination créatrice, critère indispensable pour la réalisation de tout projet, de tout rêve et de toute ambition, fusse-t-elle collective.
De plus, il est à craindre que si l’on pouvait bannir l’ego, plusieurs nobles causes n’auraient bientôt plus de serviteurs, ou, à tout le moins, ils seraient bien peu nombreux à les défendre.
On peut constater que l’ego est une entrave à beaucoup de causes, de l’humanitaire aux pacifistes sans oublier les thèses écologistes très à la mode, mais à voir les défenseurs de ses nobles causes, on perçoit souvent derrière ces étendards d’idéaux les plus divers, des monceaux, pour ne pas dire parfois, des monstres d’égoïsme.

Dès lors, la thématique pourrait se déplacer vers celle-ci: comment servir un idéal, une noble cause sans ego, sans faire preuve d’égoïsme?
Nous
considérons que ce qui constitue une entrave au développement de la personnalité, et par extension, ce qui constitue une entrave à l’idéal maçonnique ce n’est pas l’ego en tant que tel, la personnalité de chacun, mais plutôt le faux self, l’ego dévoyé, cet ego souvent surdimensionné mais parfois aussi sous-dimensionné. Les fausses perceptions que nous avons de nous-mêmes, l’image disproportionnée de nous-mêmes, de nos capacités, la représentation surdimensionnée de notre personne sont autant de facteurs de dévoiement.
C’est de cela qu’il faut se débarrasser. La FM peut nous y aider pour les différents moyens qu’elle offre. Le travail maçonnique ne consiste pas à renoncer à ce que nous sommes, mais plutôt à travailler sur nos défauts afin qu’ils ne deviennent pas une entrave à l’idéal maçonnique.
Malheureusement, très souvent, par manque de réflexion et d’introspection honnêtes , et peut-être
 par défaut de courage, on a tendance à imposer son égo à sa pensée, et, à tenter de concilier la pensée maçonnique et son ego, faussant ainsi le processus maçonnique.
Afin que l'idéal maçonnique ne soit pas entravé, le Maçon devrait impérativement abandonner son ego , partie intégrante de ses métaux, à la porte du temple et penser davantage aux autres , ce en privilégiant l'intérêt collectif en faisant fusionner les énergies individuelles. Comme le disaient certains Frères lors d'une réflexion sur l'égrégore, les objectifs communs sont des éléments qui doivent permettre de sortir de soi pour aller vers les autres et que «
 seul, on ne peut rien, ensemble on peut tout». 
Toutefois, si l'ego est une entrave à l'idéal maçonnique, il ne présenterait pas trop d'entraves à l'action maçonnique, tout au plus un peu d'ombre.
Toute association de personnes doit compter avec quelques maillons faibles, sans pour autant que les valeurs fondamentales et les idéaux disparaissent. Construire son être intérieur accorde peu de place à l’ego, à l’égoïsme, car on ne se construit réellement qu’avec ses frères et c’est à travers eux que nous puisons nos aspirations et la force qui nous permettent d’avancer, à la fois seul et ensemble, vers notre idéal. Nul se proclame F M , les FF vous reconnaissent pour tel!

La FM, la pensée symbolique servent à la recherche du moi véritable à travers la réflexion, la méditation, l’introspection. De par cette recherche on essaye de rapprocher le plus possible son ego de son moi véritable. Moi véritable que sa vie durant le franc-maçon essaye d’approcher dans sa quête initiatique.
La franc-maçonnerie n’est pas une religion ou se retrouvent de dociles moutons de panurge, construisant ou rêvant à une destinée commune. Elle se veut le creuset d’un choc d’idées, d’un combat permanent entre la lumière et les ténèbres, un lieu de débat et de conciliation des contraires, une école d’ouverture d’esprit, d’humilité et de persévérance vers le mieux ETRE et le mieux SAVOIR. Ainsi, si les joutes oratoires peuvent favoriser la connaissance et l’émulation entre les frères, tous en seront bénéficiaires, mais si elles franchissent le cap de la quérulence, les FF\ se trouvent confrontés à une exhibition d’ego querelleurs. Dans ces cas là, il semble préférable de se fondre dans le silence de l’apprenti plutôt que de vouloir exprimer son point de vue, que les autres frères n’écouteront pas, car lorsque la passion fonde le dialogue, la raison en est absente.

Et c'est sans doute un des buts de cette épreuve du silence qui est une des épreuves primordiales de l'initiation. Une faculté de se libérer des scories de l'ego afin de paraître alors en loge en être véritablement équilibré et libre et d'agir alors au mieux de l'intérêt de l'atelier, non par fatuité mais par amour fraternel.
L’assiduité, le travail régulier, organisé, méthodique, s’appuyant sur les outils maçonniques et respectueux du rituel, sont les moyens par lequel le franc-maçon peut se libérer de ces entraves et faire des progrès en Maçonnerie en se construisant lui-même et en vivant de manière constructive, responsable et harmonieuse avec ses semblables. Car vivre en harmonie en soi et autour de soi c’est aussi tendre vers l’idéal maçonnique.
Cependant,
la soumission volontaire à un idéal provoque l’écartèlement entre responsabilité individuelle et conscience collective ou holistique.
L’homme et le frère à fortiori, est toujours partagé entre ces deux pôles opposés depuis l’apparition et surtout l’affirmation de la conscience individuelle. Annihiler cette dernière au prétexte de lutter contre l’ego serait un grand pas en arrière pour l’humanité et un pas fatal pour la Franc-maçonnerie libérale. Seul, le choix de la conscience peut conduire à l’adoption d’un idéal, mais pas à une soumission aveugle à celui-ci.

En conclusion

Les comportements égotistes, issus d’un ego démesuré, supports de l’égoïsme primaire de l’homme renfermé sur lui même et sur ses convictions et peu soucieux de l’amour de son prochain et de l’autre sont un frein, un obstacle au progrès de l’humanité et constituent pour les frères d’Apollonius de Tyane une entrave réelle à l’ idéal maçonnique.
Mais la méthode maçonnique, bien comprise , permet de ne pas éteindre la flamme de l’espérance , et encourage le maçon assidu et laborieux à toujours aller plus loin en s’efforçant avec tolérance de répandre toujours plus de lumière dans sa quête de perfection.

Source : www.ledifice.net

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 15:12

Le « Rituel du Rite Français » ainsi que le « Livret d'accompagnement du Rite Français et Rituels de Banquet », tout deux édités par la Grande Loge Nationale Française, précisent la liste du matériel nécessaire pour l'ouverture et la clôture des travaux aux trois grades. Parmi tous les objets de cette liste, un a particulièrement retenu mon attention, il s'agit de la veilleuse rouge sur l'autel du Vénérable Maître. L'un et l'autre des deux livrets décrivent la position de chacun des objets à l'aide de descriptions et de croquis fort précis, afin de permettre aux apprentis que nous sommes, de préparer la loge en toute quiétude. Et s'ils sont d'accord sur la position de cette veilleuse, à savoir sa place sur l'autel du Vénérable à une poignée de centimètres derrière le chandelier à trois branches, il est intéressant de noter quelques légers désaccords quant au moment d'allumage de cette veilleuse !

Page 6 du Rituel du Rite Français, la veilleuse est « allumée à l'Ouverture ». Page 8, il est précisé que « Toutes les chandelles seront éteintes avant l'Ouverture des travaux, sauf la veilleuse rouge. Quelques pages plus loin, lors de « l'Illumination de la Loge », il est écrit je site : « La veilleuse est allumée. Le Vénérable frappe un coup », sous entendu que c'est sans doute le Vénérable qui allume la veilleuse à ce moment là. Dans le livret d'accompagnement maintenant, page 12, il est écrit qu'elle doit être allumée avant l'Ouverture ! Soit. Page 42, le premier point de la légende du croquis représentant l'Autel du Vénérable stipule, que « La veilleuse rouge doit être allumée avant l'entrée du cortège », et le mot avant est en gras ! De retour à la fin du livret du rituel du rite Français, dans la légende du schéma de « Disposition du matériel sur le plateau du Vénérable » (tiens on parle de plateau et non d'Autel) il est bien stipulé que « la veilleuse rouge doit être allumée avant l'entrée du cortège » comme il est dit dans le livret d'accompagnement. Ouf, après quelques hésitations, les deux livrets sont donc finalement d'accord sur le moment d'allumage de cette veilleuse, mais avouons que cela ne va pas sans lire avec attention l'intégralité de ses deux documents. Cela va peut-être vous sembler simpliste, mais c'est ce petit mot avant en gras dans le livret d'accompagnement qui m'a fait choisir ce sujet. En effet, si je considère que cette veilleuse rouge est allumée bien avant que notre entrée dans le temple, qu'elle brille durant toute la tenue, et que personne ne l'éteint en sortant, alors le symbolisme n'est pas le même, et cette petite veilleuse rouge me rappelle lorsque j'étais enfant et que j'entrais dans une église, l'émerveillement que j'avais à découvrir, perdue dans le gris sombre des veilles pierres et le silence lugubre, le petit lumignon rouge de la chapelle du Saint-Sacrement qui semblait à lui seul donner vie et religiosité à ces grand vaisseaux que sont les églises. Partons donc sur cette voie pour commencer à parler de notre veilleuse route et regardons si des parallèles peuvent être faites avec notre ordre.

Pour la religion catholique, le Tabernacle, ce petit coffre fermé dans lequel est conservé le Saint-Sacrement se trouve sur l'autel ou tout près dans une petite chapelle, une petite lampe rouge restant allumé en permanence indiquant l'emplacement de la divine présence dans l'église, comme un rappel visible de la présence inhérente du Christ dans le monde. Dans le « dictionnaire des symboles » de Jean Chevalier et d'Alain Gherrbrant, le Tabernacle est « la partie intérieure des temples, la plus réservée, la plus sacrée, qui contenait l'image du dieu en Egypte, ou l'Arche d'Alliance à Jérusalem ». Rien d'étonnant à ce que l'on signale d'une manière toute particulière cet endroit dans le temple. Il est dit aussi que « Philon d'Alexandrie, le philosophe juif, pensait déjà que le Tabernacle, s'il est une image du monde, est aussi une image de l'homme et de la condition humaine. Le croisement des verticales et des horizontales, dans la construction de ce temple miniature, le Saint des Saints, comme dans l'être humain, symbolise l'écartèlement de l'homme entre les pulsions des sens vers le monde extérieur (horizontale) et l'appel vers la concentration intérieure et contemplative (verticale) ». Le Franc-maçon ne construit-il pas son temple intérieur ? Si la signification pour notre ordre est similaire, alors la veilleuse rouge sur l'autel du Vénérable indique sans aucun doute la présence permanente de l'être suprême que nous appelons Grand Architecte de l'Univers et qui est Dieu. Des recherches sur la veilleuse rouge dans les livres consacrés à la Franc-maçonnerie, dans d'autres ouvrages et documents n'ont presque rien donné ! A ma grande surprise, rien ou presque rien sur le sujet à croire que le sujet ne mérite pas que l'on si attarde ! J'avais pourtant bon espoir de trouver dans « La Symbolique maçonnique » de Jules Boucher quelques informations sur le sujet, tant il devise avec précision tout au long de son ouvrage sur d'innombrables détails. Même s'il ne semble pas être un adepte du rite Français, nous pouvons retirer quelques choses dans la description qu'il fait des flambeaux. Pour lui, le Temple doit être symboliquement éclairé par des flammes, et en fonction du grade d'ouverture un certain nombre de cierges doivent être allumés : 3 au grade d'Apprenti, 5 au grade de Compagnon, 7 au grade de Maître. Au grade d'Apprenti, le Vénérable et les deux surveillants doivent avoir un chandelier sur leur plateau. A l'ouverture des travaux, seul le cierge du Vénérable est allumé. Au cours de l'ouverture, il « donne » la lumière aux deux surveillants, puis ils vont tout les trois allumer les cierges placés au sommet des Piliers qui leur sont attribués. On peut dès à présent constater qu'il y a une différence entre ce que décrit Jules Boucher et notre rituel Français, dans lequel il est mentionné que « Le Vénérable allume le boutefeu à la veilleuse, puis le chandelier à trois branches dans l'ordre suivant : soleil à gauche, lune à droite, Maître de la Loge au centre ». Ceci fait, « le Premier Maître des Cérémonies reçoit le boutefeu des mains du Vénérable et va allumer successivement : la chandelle du Sud-Ouest, celle du Nord-Est, celle du Sud-Est, puis celle du Premier Surveillant, et enfin celle du Second Surveillant avant d'éteindre le boutefeu et de revenir à sa place ». Des similitudes certes, notamment dans le fait de « donner la lumière », mais la flamme initiale est différente. Dans le Rite Français, la veilleuse rouge tiens une place déterminante puisqu'elle est à l'origine de l'illumination de tous, y compris du chandelier à trois branches du Vénérable. Plus loin dans ses explications, Jules Boucher dit : « La flamme du cierge est vivante et rituelle, tandis que la lumière produite par le gaz et par l'électricité a toujours quelque chose d'artificiel que sentent très nettement ceux chez qui le sens magique n'est pas complètement obnubilé ». Combien de fois me suis-je perdu à fixez longuement la flamme d'une bougie, à la regarder danser tantôt langoureusement, tantôt frénétiquement, et me dire que c'était un être vivant, et que son apparente faiblesse cachait une redoutable force. Jules Boucher précise encore que « La liturgie catholique proscrit l'éclairage moderne, que le gaz et l'électricité ne peuvent remplacer l'huile de la lampe du Saint Sacrement ni les cierges liturgiques. Des lampes peuvent être utilisées en lieu et place de cierges à condition d'utiliser de l'huile d'olives comme combustible, l'huile d'olives étant la seule préconisée pour la lampe qui doit brûler nuit et jour, sans interruption, devant le tabernacle. L'olivier à pour significations symbolique : la Paix, la Charité, l'Abondance et la Fécondité. Mais notre préférence se porte vers le cierge dont la flamme est plus claire et plus belle que celle de la lampe et aussi plus commode à employer ». Plus loin sur le sujet, lorsqu'il est question d'éteindre les Flambeaux : « ...il convient de ne jamais souffler sur la flamme ; on doit l'écraser sous le maillet. Ces prescriptions peuvent paraître étranges et pourtant elles ne sont que la continuation de la tradition concernant le culte du Feu chez les Perse. Il n'y a rien de si précieux ni de si sacré, chez les Perses, dit Mandeslo, que le feu, qu'ils gardent très soigneusement ; parce qu'il n'y a rien, à ce qu'ils disent qui représente si bien la divinité que le feu ; c'est pourquoi ils ne souffleront jamais une chandelle, ni une lampe, et n'entreprendront jamais d'employer de l'eau pour éteindre le feu, quand même la maison courrait le risque d'en être consumée ; mais ils tâchent de l'étouffer avec de la terre ». Même le « dictionnaire des symboles » de Jean Chevalier et d'Alain Gherrbrant n'apporte pas plus d'informations au sujet d'une quelconque veilleuse rouge. Par contre, un paragraphe fort intéressant sur la couleur rouge donne à réfléchir : « Le rouge est universellement considéré comme le symbole fondamental du principe de la vie, avec sa force, sa puissance et son éclat, le rouge, couleur de feu et de sang, possède toutefois la même ambivalence symbolique que ces derniers, sans doute, visuellement parlant, selon qu'il est clair au foncé. Le rouge clair, éclatant, centrifuge, est diurne, mâle, tonique, incitant à l'action, jetant comme un soleil son éclat sur toute chose avec une immense et irréductible puissance. Le rouge sombre, tout au contraire, est nocturne, femelle, secret et, à la limite, centripète ; il représente non l'expression, mais le mystère de la vie ». Sans reproduire l'intégralité de l'explication de l'auteur, concernant la veilleuse rouge, il semble que ce soit le rouge foncé qui corresponde le mieux, et son association avec le mystère de la vie. Poursuivons dans ce même « Dictionnaire des Symboles » par la définition de la lampe. Une veilleuse n'est-elle pas une petite lampe ? Dans l'explication qui est donnée, une à particulièrement retenue mon attention : « La lampe est d'un usage rituel fréquent : en Occident, comme signe de la Présence réelle de Dieu ». Arrivé à ce stade de ma recherche, je ne pense pas qu'il soit d'un grand intérêt de recopier tout ou partie du travail des auteurs qui m'ont permis de trouver un certain nombre de réponses concernant la présence et la signification de cette petite veilleuse rouge sur l'autel du Vénérable. Depuis quand suis-je Maçon ? Depuis que j'ai reçu la lumière. Pourquoi me suis-je fais recevoir Maçon ? Parce que j'étais dans les ténèbres, et que j'ai désiré voir la lumière. Qu'ai-je vu lorsqu'on m'a donné la lumière ? J'ai vu le Soleil, la Lune, et le Maître de la Loge. Comme le Soleil préside au jour, et la lune à la nuit, le Maître préside à la Loge pour l'éclairer. Le temple dans lequel nous nous réunissons est un lieu sacré. Il ne s'agit plus d'une simple construction de pierre, restaurée et entretenu avec amour et dévouement. C'est maintenant bien plus que cela, le Grand Architecte de l'Univers en a fait sa maison, et cette veilleuse rouge sur l'autel du Vénérable est là pour l'attester. A chaque fois que je rentre dans le temple, une des tâches que je m'efforce de faire en priorité est d'allumer cette veilleuse rouge. En faisant cela, j'ai l'impression de combler un vide. En tant que Maçon, nous nous efforçons tous de construire notre temple intérieur. En tant que Maçon ayant reçu la lumière, et grâce à nos travaux, nous prenons conscience peu à peu des symboles qui nous entourent ici afin de meubler peu à peu ce temple intérieur. Mais qu'il soit vide ou déjà richement décoré, une petite veilleuse rouge brille déjà dans notre temple intérieur. Et si comme je le crois cette petite veilleuse rouge est le Grand Architecte de l'Univers, je suis tenté de penser qu'elle brille déjà en nous depuis bien longtemps, bien avant que l'on soit sur un quelconque parvis, peut-être même depuis notre premier jour, depuis peut-être le premier jour de l'homme. Libre à nous de toujours l'alimenter avec la meilleure huile afin qu'elle ne s'éteigne jamais et qu'elle témoigne aux yeux du monde que nous sommes vivants dans la force de Dieu, que nous existons, et que tout est possible. Je tiens, avant de terminer, à remercier chaleureusement tous les frères qui m'ont apporté leur éclairage avisé et leur documentation pour m'aider à réfléchir et à rédiger ce morceau d'architecture. Enfin, j'aimerais terminer sur une phrase prise dans le « Dictionnaire de la Franc-maçonnerie » de Daniel Ligou qui me semble bien résumer l'ensemble du sujet : « La flamme éclaire, elle est fragile et vivante, elle évoque le feu purificateur et protecteur, elle est encore le symbole du pouvoir de l'homme, qui a su apprivoiser les forces naturelles ; enfin, ou du moins surtout, elle est l'image de la vie intérieure qui fait de chaque homme le sanctuaire de Dieu, ou de l'univers ».

J'ai dit, Très Vénérable.

Source : www.ledifice.net

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 06:43

Ma planche de passage au grade de compagnon avait pour thème J\, donc ma première planche à ce grade de tout évidence est B\ une manière de continuer la visite. Dieu investit le roi Salomon par l'intermédiaire de son père le roi David, à la construction d'un somptueux et merveilleux temple, construit aux environ de 1000 ans avant J\-C\ sur le mont Moria à Jérusalem, Salomon l'a construit en tant que temple dédié à Dieu et pour y garder l'Arche d'Alliance renfermant les paroles sacrées de Dieu : les tablettes reçues par Moïse contenant les 10 commandements. Le temple de Salomon est décrit dans la bible dans premier livre des Rois chapitre 7. Le temple de Salomon fût construit en pierre, en bois de cèdre et d'or :

  • la pierre => la stabilité
  • le bois => la vitalité
  • l'or => la spiritualité

Le temple était conçu à la manière des temples Égyptien ou Phénicien sur le mont Moria, lorsqu'on le bâtit les pierres étaient extraite d'une carrière près de Sion-Jérusalem et selon la légende ainsi ni pics, ni marteaux, ni haches et ni aucun instruments de fer furent entendus pendant la construction, déjà tout un symbole. Des billes de cèdres furent coupées dans les forêts du Liban et acheminées comme des radeaux jusqu'au port de Joppa qui correspond maintenant à Jaffa. Le temple avait pour mesure 60 coudées de long, 20 de large et 25 de haut, (pour info une coudée judaïque équivaut à environ 52cm50). Pour réaliser tout ces travaux le roi Salomon fit appel à Hiram de Tyr, fils d'une veuve, c'est pourquoi les francs maçons s'identifient comme enfant de la veuve, encore un symbole, Hiram maître artisan rempli de sagesse, d'intelligence et de savoir, exécutât tout ces ouvrages. Hiram grand initié était expert en tout travail, mais spécialement adroit à travailler l'or, l'argent et l'airain. C'est par lui que furent exécutés, selon la volonté du roi Salomon tous les ornements du temple. Hiram fabriqua donc les 2 colonnes d'airain dont le métal avait une épaisseur de 4 doigts, la hauteur de ces colonnes était de 18 coudées, leur circonférence de 12 coudées. Sur le sommet de chaque colonne, il plaça un chapiteau de fonte. Hiram installa ces 2 colonnes sur le parvis du temple, elles étaient creuses, elles devaient servir pour ranger les outils, une colonne s'appela J\ Jakin signifie « il établira » Jakin est aussi le mot de reconnaissance des apprentis, l'autre colonne s'appela B\ c'est aussi le mot de reconnaissance des compagnons, Boaz signifie « dans la force » leur deux significations réunis donne « Dieu établit dans la force » solidement le temple et la religion dont il est le centre, selon la sainte bible. Selon le rite utilisé, rite Écossais ou rite Français, toujours des problèmes d'interprétation, intérieur ou extérieur, le tout est recevable car il est dit que celui qui leur fait face les retrouvent toujours dans la même position J\ à droite avec son 2ème surveillant, la colonne du nord, la colonne des apprentis et B\ à gauche avec son 1er surveillant, la colonne du midi, la colonne des compagnons. J\ vient de Jah Iachin, Jéhovah et signifie qu'il établisse, qu'il affermisse, la colonne J\ symbolise le soufre, l'énergie expansive : elle est masculine, elle est rouge. B\ signifie avec force, dans la force, la colonne B\ symbolise le mercure, la réceptivité, l'assimilation et la gestation, elle est féminine, elle est blanche ou noire. La colonne J\ s'identifie avec le soufre des alchimistes, elle symbolise le foyer générateur, l'énergie expansive qui de l'intérieur exerce son influence sur l'extérieur. Elle est donc masculine elle éveille l'idée de lutte, d'action stabilisatrice le nom qu'elle porte signifie stabilité, fermeté ou encore « il établit » Mais de même que le mercure s'oppose au soufre, le calme à l'impétuosité, la colonne J\ se complète par la colonne B\ celle-ci signifie initiatiquement « en lui la force »force n'est pas ici synonyme de violence, elle évoque au contraire irrésistible puissance du travail persévérante que nul obstacle ne rebute, le travail sage et pondéré, qui est le seul que puissent apprécier et poursuivre les maçons. La correspondance alchimique de B\ est le mercure qui marque l'influence de l'extérieur sur l'intérieur, B\ est le symbole de la réceptivité passive, de l'assimilation, de la rectification et de la gestation, phénomènes qui précèdent la naissance de la Lumière et qui sont caractéristiques de la féminité. Celle-ci conserve et perpétue ce que la masculinité sème ou établit. J\ et B\ sont le complément de l'une de l'autre et sont indissociablement liées, elles font du terme « deux » du binaire, le principe fondamental essentiel de l'existence du monde sensible et de la vie du genre humain, leur bi-polarité correspond aux antithèses suivantes : sujet/objet, actif/passif, positif/négatif, mâle/femelle, père/mère, donner/recevoir, agir/sentir, esprit/matière, lune/soleil, abstrait/concret, yin/yang.

Boaz la colonne du midi, la colonne du 1er S\

Le premier surveillant appelé aussi 2ème maillet est l'une des 3 lumières qui dirige la loge. Comme tous officiers, il occupe une place précise pour exercer sa fonction, il se trouve à l'occident aux portes du temple, il a autorité sur la colonne B\ la colonne des compagnons dont il est l'instructeur, ces fonctions sont de 2 types : -le 1er S\ assis derrière son plateau, à la tête de la colonne du midi, veille à l'exécution rigoureuse du rituel, il a le pouvoir principal de maintenir la discipline, qu'il s'applique à lui même et constitue sa surveillance proprement dit. -aussi l'instruction des compagnons afin qu'ils accumulent un trésor de symboles, de mythes et de rites, des matériaux pour acquérir, accumuler et construire un enrichissement intellect et physique intérieur, mission majeur des fils de la veuve pour qu'ils augmentent leur salaire. Une différence notable entre le 1er S\ et le 2ème \qui inculquait aux apprentis des valeurs théorique, le 1er S\ encourage le compagnon à prendre des initiatives, à démontrer qu'il sait travailler et a l'occasion de se perfectionner.

Le sautoir du 1er S\

est le niveau, ce symbole maçonnique plus élaboré est composé de 3 autres symboles au delà du 3 nous y trouvons le fils à plomb de la perpendiculaire du 2ème S\ fixé au sommet de l'équerre du vénérable maitre et le tout reliés par la règle pour fixer l'horizontal, sa forme angulaire évoque le delta lumineux et de façon plus général le nombre 3. Rien que par son bijou qui le situe entre celui du 2ème S\ et celui du V\ M\, nous pouvons comprendre que le 1er S\ est le mieux qualifié pour succéder en place du vénérable. L'horizontal calme et plane que nous assure le niveau est à l'opposé du chaos et de la confusion. Dans le livre d'Isaïe on lit : « je prendrai le droit pour règle et la justice pour niveau » dans ce verset l'utilisation du niveau est assimilée à la justice, celle-ci étant l'union parfaite de la verticalité et de l'horizontalité que l'on retrouve dans l'emblème divin du glaive et de la balance. Le travail du compagnon permet de placer le niveau entre le haut, le bas, c'est à dire de situer au centre de la croix, point de départ de l'unité, point d'équilibre ou l'être retrouve sa fonction initiale de médiateur entre ciel et terre. Enfin, sur le plan pratique, le niveau nous permet de trouver la mesure du quotidien, le juste milieu, de tendre à l'équité et à l'équilibre lorsque nous arrivons à l'union parfaite de la verticale et de l'horizontale. Le niveau invite à aplanir les obstacles que génèrent nos EGOS pour accéder à la libération intérieure, en outre de par son ascendant il nous indique le devoir spirituel d'élévation et de bienveillance compassion envers notre prochain.

J'ai 5 ans

L'homme est le fameux 5ème élément, l’Amour, ce qui en fait son unique valeur. Il cherche sa direction parmi les 4 points cardinaux mais il oublie de regarder vers ce 5ème point cardinal qui est au dessus de sa tête : le ciel. L'étoile flamboyante est composé de 5 branches, une approche sommaire de la représentation du corps humain ou chacun de ses 5 membres. Dès le départ, le nombre est présent dans nos loges, pour commencer, la forme même de celle-ci le carré long dont les justes dimensions permettent le calcul du nombre d'or (1,618) et de la divine proportion occupe une place privilégiée. Les éléments de la science maçonnique se retrouvent non seulement dans les outils compas, équerre, le niveau, la perpendiculaire et bien d'autre. Les mots de reconnaissance, les signes comme l'apprenti et le compagnon le découvrent lors de son instruction mais encore et surtout dans les symboles, chiffres et nombres et figures géométriques qui ornent et décorent la loge. Le nombre 5 résulte de l'addition de nombre pair/impair le 2 et le 3, si on regarde la forme du chiffre 5, il se compose d'un demi-carré et un demi-cercle en opposition l'un avec l'autre, ce qui exprime l'imperfection de leur état dans le carré comme dans le cercle avec un élément géométrique différent. C'est la fameuse recherche de la quadrature du cercle à savoir la communion du carré et du cercle, c'est à dire du masculin et du féminin. Em effet les humains passent leur temps à chercher leur âme sœur, leur prince ou leur princesse pour combler leur « VIDE » le 5 exprime donc parfaitement dans sa géométrie cette quête du Graal humain et tout ce qui en découle. En maçonnerie la main avec ses 5 doigts permet de faire tous les signes d'ordre et d'attouchement, elle est l'outil qui accomplit l'ensemble de la gestuelle de notre ; la main est la partie la plus mobile du corps humain, nos deux premiers geste dans notre rite sont main/gorge pour l'ordre d'apprenti et main/cœur pour l'ordre de compagnon. Lors de mon passage au grade de compagnon le V\ M\ m'a invité à faire les 5 voyages mystérieux, mais à la fin du 3ème, il m'a dispensé de faire les 2 derniers ; et m'a autorisé avec l'aide des deux surveillants à monter les 5 premières marches du temple, c'est comme cela que j'ai acquis l'âge de 5 ans. Le passage est ce seulement de la perpendiculaire au niveau ou du nadir au zénith ? De la colonne Jakin à Boaz, de la colonne de la beauté à la force ? Du septenturion à midi ? Est ce qu'étant passé compagnon on ne sera plus apprenti ?

J'ai dit V\ M\  

Source : www.ledifice.net

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 05:29

Avant de vous exposer mon travail sur cette planche, qui a comme sujet de réflexion « le ciseau et le maillet », j’aimerais vous conter une histoire, lue au hasard de mes lectures.

La voici :

Chez un Maître sculpteur, vivait l’enfant de son assistant. Son père lui avait interdit d’entrer dans l’Atelier ; afin de ne pas troubler les travaux du Maître. Aussi, de son jeune âge, cet endroit était un lieu magique. Des pierres grossièrement taillées y entraient et de magnifiques sculptures en ressortaient. Un jour, on vint livrer un bloc de marbre brut énorme. Il était si grand et si gros qu’il fût impossible de le mettre à l’intérieur de l'atelier. Il resta donc dans la cour. L’enfant était fasciné par ce bloc, tous les jours il passait de longs moments à le toucher pour sentir la chaleur de la pierre au soleil ; il imaginait, dans ses reliefs et dans ses veines, des montagnes, des vallées, des rivières. Chaque jour, il découvrait d’autres merveilleux paysages, d'autres mondes à explorer à la surface de la pierre. Mais il dut s’absenter avec son père pendant plusieurs semaines.
A son retour, le bloc de marbre avait disparu et un splendide et gigantesque cheval trônait au milieu de la cour.
Interrogeant son père au sujet du bloc de pierre, celui-ci dit que le maître l’avait taillé pour en faire sortir le cheval.
Etonné, l’enfant alla voir le maître et lui demanda : « Mais comment savais-tu qu’il y avait un cheval caché dans la pierre ? »
En guise de réponse, le maître sculpteur lui donna un ciseau et un maillet et lui dit : « Apprend à t’en servir et, toi aussi, tu découvriras qui est dans la pierre ».

Je voudrais commencer en remerciant mes frères pour le sujet de cette planche, qui m’a amené à la réflexion du pourquoi de l’apprenti et m’a permis de réaliser l’utilité du travail répétitif confié aux trois ans de celui-ci. Dans sa fonction et sa forme le maillet de l’apprenti est bien diffèrent de celui utilisé par le vénérable et les deux surveillants pendant nos tenues. En maçonnerie, le maillet représente une intelligence, une force agissante et persévérante. Le rythme de ses coups pousse à la méditation et à la réflexion les frères sur les sujets qui les préoccupent. Enervant ou stimulant son bruit répété ne laisse personne sans réaction. C'est un instrument qui ouvre les cœurs. N'est-il pas porté à la poitrine, par le vénérable et les deux surveillants, pour marquer les moments solennels de notre rite ? Le maillet des maîtres en loge est en Acacia taillé en cylindre. Ce bois est chargé symboliquement pour un maçon, car les anciens l'avaient choisi pour sa dureté et ses qualités imputrescibles, mais aussi pour sa beauté et la finesse de son grain. Travailler ce bois demande une maîtrise digne du message que ce symbole transmet. Il n'est pas un symbole d'autorité. Il rappelle, à tous les frères, l'importance du rite et les anime dans le chemin de la conscience et de la vérité, en les invitant au travail. Il rythme les moments forts de nos tenues. Le maillet de l'apprenti est fait en bois plus tendre et à une forme en tronconique, afin que la force, transmise au ciseau, se répercute sur celui-ci quel que soit son point d'impact. Cette qualité permet la mise au travail, immédiate, en attendant la précision du coup de frappe. Cette forme est l'outil de l'apprenti par excellence, fabriqué pour résister à de longues séries d'impacts, il peut être changé, au besoin, par un nouveau. C'est dans cette répétition de coups que l'apprenti prendra, peu à peu, conscience de sa sagesse naissante et de sa persévérance. Ces outils, que nous utilisons dans nos rites et grades, nous disent que, comme pour Hiram, le serment maçonnique doit rester couvert et sacré, et que nos outils doivent être utilisés à des fins créatives et non destructives. Je n’ai pas trouvé de références mythologiques ou divines au sujet du ciseau de tailleur de pierre. J’en conclue donc que le ciseau de tailleur de pierre est une invention humaine créée par et pour l’Homme. La qualité du tailleur de pierre est d’être méticuleux et précis dans toutes les étapes de son travail, c’est ce que l’on appelle : « L’art du Trait ». La précision requise lors de la taille de la pierre est de l'ordre du millimètre, c’est-à-dire de l'épaisseur du trait réalisé à la pointe à tracer et au crayon. Dans l'idéal, le ciseau doit couper le trait en deux. Je citerais, pour illustrer ce fait, la traduction de Fulcanelli de la table d’émeraude : « …/ Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l'épais, doucement avec grande industrie./…./ Tu auras par ce moyen la gloire du monde, et toute obscurité s'enfuira de toi./… » En Maçonnerie, le Ciseau symbolise le travail de perfectionnement intellectuel et moral que chaque Maçon doit pratiquer sans relâche sur lui-même ? C’est la séparation du profane et du spirituel. Par extension, le progrès individuel conduit l’Humanité au progrès universel : l’avènement du macrocosme et du microcosme pour ne citer qu’Hermès Trismégiste nous rappelant que : « …Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ; par ces choses se font les miracles d'une seule chose… » Le Franc-Maçon, plus que tout autre, à le devoir de conformer sa vie à ces principes, et couper le trait entre la réflexion spirituelle et profane, en appliquant l’élévation de son être intérieur dans tous les moments de sa vie maçonnique ou profane. Le ciseau et le maillet de l’apprenti sont donc les outils de base. Qu’il le soit en opératif ou en spéculatif, sa mission est de dégrossir la pierre à la carrière. Loin du chantier, afin de ne pas troubler les travaux de taille des compagnons et le ciselage des maîtres. C’est pourquoi les apprentis sont placés, en loge, au deuxième rang de la colonne du Nord et se doivent au silence. Ils apprennent à utiliser leurs deux premiers outils, à dégrossir leur pierre. Le couple Ciseau / maillet symbolise donc l’action sur la matière, sur le soi, en provoquant une transformation de par son propre travail sur son microcosme, et de ce fait transforme la société et le macrocosme. Lors de mon initiation au grade d’apprenti, j’ai été invité à donner mes trois premiers coups de ciseau et de maillet sur une pierre brut. Cela a commencé mon travail intérieur, après avoir reçu la lumière du vénérable. Cette lumière est le symbole de la révélation de la découverte de mon être intérieur, qui jusqu’à la était inconsciente. Les trois coups de ciseau symbolisent le commencement de la transformation de celui-ci à l’état conscient. Pour l’apprenti, le ciseau représente la sagesse naissante, la découverte de son moi cognitif, qui s’affinera sous les conseils des Frères du deuxième et troisième degré. Sa sagesse et son discernement se perfectionneront grâce à la maîtrise de la force donnée par le maillet. Cette maîtrise et cette force seront acquises avec sa persévérance et la guidance des frères pour embellir la taille de sa pierre. Jusqu’à présent, j’ai dirigé ma vie et mon esprit vers ce que je pensais être bien dans le respect de mon être et de mon prochain. Mais cela a été fait par instinct, maladroitement et par tâtonnement, sans outils spécifiques. Aujourd’hui, depuis mon initiation, le Vénérable Maître a mis des outils á ma disposition, pour améliorer et corriger ce qui peut l’être dans la construction de mon temple intérieur. En réglant l’inclinaison de mon outil et de mes mœurs, je peux frapper le ciseau, avec cet angle d’attaque, pour réduire cet éclat nommé « vanité », cet autre angle peut adoucir et embellir celui-ci nommé « fraternité ». Ainsi, en répétant, encore et encore, les gestes de taille, ma dextérité grandira et ma pierre se taillera pour, petit à petit, qu’elle se rapproche d’une forme en rapport avec sa destination. Il se créera alors l’équilibre de ma sagesse naissante.
Plus ma pierre sera belle, et plus mon ciseau et mon coup de maillet seront précis !
Ces outils sont matérialisés par la posture en loge et par la respiration de l’apprenti.
J’inspire : « je lève mon maillet et je m’imprègne des enseignements et des symboles ».
J’expire : « je frappe mon maillet en contrôlant sa force. J’applique les enseignements et les symboles à mon être intérieur et à ma vie ».
Dans sa posture et sur sa colonne, pour l’apprenti astreint au silence, cette respiration se fait consciemment.
J’inspire : « je m’imprègne de l’enseignement ».
J’expire : « je l’applique à ma vie et à mon voyage ».
Cette méditation répétée entretient la modification de mon état d’esprit.
Sagesse du ciseau, force du maillet et beauté de sa pierre, ne représentent-elles pas un des symboles le plus important au grade d’apprenti ? Le triangle, la trinité ! Dans le glossaire général de la symbolique maçonnique, on peut lire : « …Le trois va donc signifier l’équilibre : physique, moral, intellectuel, ou cosmique. Le trois, maçonniquement parlant, est le nombre de l’Apprenti avec ses trois ans, ses trois pas, les trois marches… » Dans le tableau de loge, ces outils sont dessinés près de l’entrée à la colonne du nord, afin que chaque apprenti puisse s’en servir à tout moment. Dans notre loge, ils sont placés sur la première marche à la droite du Vénérable Maître, pour bénéficier de sa lumière. A la gauche du Vénérable Maître, est placée la pierre taillée, afin que tous les apprentis puissent l’utiliser comme modèle. En extrapolant la taille de ma pierre brute, l’embellissement de mon être intérieur, je ferai référence à une inscription du cabinet de réflexion : « Visita Interiora Terrae Rectificandoque Invenies Occultam Lapidem ».
Je traduirais cette devise, dans mon langage, par :
« Tailler sa pierre et son être pour l’améliorer encore et encore et en extraire l’or qui est à l’intérieur ».

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 06:22

Outils essentiels de l'apprenti avec la règle... Que pourrais-je bien vous dire sur l'utilité de ces 2 outils que je vois à toutes nos tenues et qui symbolisent tant l'AFM.

Le maillet est indispensable à notre rituel et il est utilisé par notre V\ M\ ainsi qu'à notre 1er et 2nd surveillant. Je remarque d'ailleurs que le maillet, lors de nos rituels, est apposé sur le cœur et qu'il est tenu de la main droite, la main active.

Les décisions y sont prises avec, par l'impulsion de celui ci, en faisant résonner le bruit de son impact. Avant d'effectuer tous travaux, nous devons revêtir nos tabliers et nos gants qui constituent la tenue du F\ M\.

Pour l'AFM c'est la bavette relevée que nous devons nous préparer à travailler afin de nous protéger des éclats...mais de quels éclats parlons nous ? Prenons nous vraiment des risques pour nous protéger ainsi...

Si le tailleur de pierre a besoin de force et de maîtrise pour tailler la pierre, l'AFM en a tout autant besoin pour dégrossir la sienne. Ayant quitté le monde profane pour celui du sacré, mon travail « symbolique » a bien commencé le jour où vous m'avez reçu AFM.

J'ai d'ailleurs exercé lors de mon initiation mes 3 premiers coups de maillet sur la Pierre Brute de notre temple (sur ma pierre brute).

Le maillet envoie la force, il transmet au ciseau cette énergie d'accomplir et de réaliser... La force exercée doit être constante et non disproportionnée. Quand l'AFM prend l'outil en main et qu'il le met en mouvement, il utilise sa masse, sa densité...

Cette force s'ajoute à celle du bras et s'opère de manière cohérente sur le point d'impact. Le maillet représente alors la volonté, la détermination de transformer la matière. Si le maillet est mal utilisé, il peut détruire si celui qui l'utilise est mal intentionné ou maladroit...

Pour travailler sur moi-même, je dois donc être constant et avoir de la rigueur.

Le ciseau est l'outil de la maitrise d'une technique, d'une connaissance, d'un art... Avec l'impact du maillet, le ciseau détache le superflu, il est l'image du discernement.

Il est l'interface entre le maillet et la pierre. En revanche, seul, il n'est que théorie et il n'a plus grand intérêt et ne me serait d'aucune utilité sans le maillet. Pour travailler sur moi-même, j'ai besoin de volonté et de discernement.

Le ciseau affine, corrige, il rectifie... Au verbe rectifier me vient automatiquement à l'esprit la formule que nous connaissons tous...VITRIOL...Visita interiora terrae rectificando invenies occultam lapidem. (Descends dans les entrailles de la terre, en rectifiant tu trouveras la pierre de l'oeuvre).

Lors de mon entrée dans le cabinet de réflexion, j'ai été invité à inspecter l'intérieur de ma nature, mesurer les raisons pour lesquelles j'étais là, mon travail à bien commencé ce jour et en tant que profane.

Je dois donc corriger mes défauts et retirer le superflu...mon travail commence par essayer d'être et ne plus paraître.

Par cela raisonne l'action de maitriser mes vices et mes passions et je ressens l'envie de persévérer sur ce chemin parsemé d'embûches.

Si l'apprenti s'identifie à la pierre, il existe des pierres de toutes tailles, de toutes matières. Certaines sont solides avec de belles formes d'autres sont rugueuses ou même encore friables. Je vois déjà apparaître certaines de mes fissures, en évoquant toutes les nuances de ces pierres, toute la fragilité que je peux avoir au travers d'une apparence solide. C'est bien de l'homme que nous parlons au travers de cette pierre brute.

Nous avons tous des atouts et des faiblesses et c'est bien pour cela que nous devons travailler sur nous-mêmes sans relâche. Bâtir des cathédrales semble soudainement bien difficile...et le choix de la pierre est donc très important.

C'est avec amour et respect qu'il faut travailler dessus pour ne point la briser. Que dois-je y voir au travers de ces symboliques et ces métaphores... Nous sommes tous des pierres brutes au commencement et nous avons comme volonté de travailler sur nous-mêmes afin de corriger nos défauts et d’arriver à se calibrer avec d'autres pierres.

Nos réflexions nous ont amené ici aux portes du temple pour commencer ce travail et c'est en toute conscience que nous avons accepté ce travail qui ne finira jamais. Je crois que nos envies communes d'être F\ M\ pourraient être représentées par ce maillet.

Il nous rappelle l'individu que nous sommes avec nos « désirs » et nos capacités à exercer nos choix et c'est par la rigueur de notre travail que nous pourrons progresser.

Nous souhaitons communément nous perfectionner et partager nos connaissances. Comme je le disais plus loin, seul, le maillet n'aurait pas grand intérêt sans le ciseau, je me pose alors la question :

Est-ce que l'homme ou l'AFM que je suis pourrait-il dégrossir sa pierre sans vous mes TCF... Non, puisque j'apprends chaque jour à vos cotés.

Je suis volontaire et je poursuis mon engagement et c'est aussi parce que j'ai besoin de vous et que vous m'acceptez tel que je suis que je pourrais m'affiner.

Ciseau et Maillet. Le Ciseau (du latin, cisellus, coesellus et coedere, couper) en fer ou acier trempé permet la sculpture, et l’art pour dégrossir les pierres en ôtant leur rugosité.

Symboliquement, cela consiste à affiner le caractère, à s’instruire, à se perfectionner et à augmenter ses connaissances, quitte à se frotter aux autres, en commençant par se parfaire, puis comme compagnon pour poursuivre dans le monde extérieur. Le Maillet (du latin malleus) est une des lumières du Vénérable. Indiqué à l’apprenti avec le ciseau, il n’est pas l’outil de commandement, mais une invitation au travail. Un apprenti va recevoir un ciseau pour être peu à peu efficace et posséder le discernement qui lui permettra de procéder à des investigations. Le Maillet lui permettra d’utiliser son intelligence pour l’application, et son geste devient plus sûr. C’est quelque part l’apprentissage de la dialectique s’il utilise son intelligence correctement, d’autant plus que le Verbe lui est interdit. Il affine ainsi son sens de l’observation, sa logique, son raisonnement par une action persévérante et pour apprendre à utiliser ses connaissances.

Dans la mesure où il me semble que, personnellement, j'ai plus de difficultés à me fixer des limites à ce que je peux tolérer qu'à être tolérante, je crois devoir effectuer un travail de rectification des aspérités de ma pierre en améliorant ma vigilance quant à la rigueur de choix des valeurs que je souhaite finalement défendre. Pour quelqu’un, qui au contraire a un système de valeur très rigide, la taille des aspérités de sa pierre pourra, au contraire, l’amener à des efforts pour assouplir et relativiser ses valeurs et certitudes pour entendre celles des autres. Ainsi, les pierres brutes des uns et des autres n'ont pas forcément les mêmes aspérités à éliminer.

Chaque tempérament n'a pas les mêmes faiblesses à corriger ; de même que ce ne sont pas forcément les mêmes métaux que chacun de nous doit s’efforcer de « laisser à la porte du Temple ». Aux efforts de travail profane que nous faisions avant d’être initiés, doivent succéder des efforts méthodiques et « accompagnés », qui acceptent l’enseignement de Maîtres et s’exercent à l’utilisation d’outils spécifiques ainsi qu’à l’Art de les utiliser.

Nous sommes, chacun, notre propre œuvre, notre propre pierre à bâtir ; notre travail de Franc Maçon doit être de participer à l'édification du Temple qui est l'œuvre commune des F\ et des S\ qui ont appris à travailler ensemble.

Tailler notre Pierre c'est apprendre à reconnaître ce qui constitue nos faiblesses par rapport à la défense des valeurs choisies puis à travailler pour les combattre de façon à devenir plus efficace dans la construction (en nous et autour de nous) d’une Humanité meilleure. C’est effectuer un travail sur nous pour nous rendre plus pertinents dans une Humanité en progrès, c’est à dire : plus libre, plus égaux et plus fraternels.

Conclusion

En ce qui me concerne, travailler sur la pierre brute m'a obligé à pas mal de réflexion, m'a beaucoup apporté et, en particulier, m'a fait comprendre que : le symbolisme est une méthode, une somme d'outils de travail sur soi-même. C’est en travaillant notre pierre que l’on découvre sa forme, on ne la connaît ni ne la décide d'avance.

La pierre brute de chacun est différente de toutes les autres et acceptée, voire aimée, comme telle. Elle n'est pas, intrinsèquement « moins bien » qu'une pierre taillée. Elle existe à un autre moment de la vie, elle est en devenir.

Le Temple est constitué d'hommes et de femmes qui cherchent à atteindre le maximum de leur capacité en conscience et en liberté. Si je connais bien et maîtrise mes faiblesses, je connais et maîtrise aussi celles des autres tout en tolérant leur existence et je deviens plus efficace dans l’action. Ce qui m’empêchait de voir certaines aspérités de ma pierre brute qui demandaient à être taillées, étaient des métaux et que se dépouiller de ceux-ci est difficile car, s’il est aisé de voir les métaux des autres, on est souvent aveugle sur les nôtres. Ce n’est pas qu’on refuse de les ôter, c’est qu’ils se sont si bien incorporés à notre chair qu’on ne peut plus les voir.

Il nous faut faire jaillir la pierre précieuse en taillant la gangue brute qui l’entoure car on porte tout son bien en soi. Aujourd’hui, il me semble avoir compris qu’une pierre taillée est un Homme (ou une Femme) libre, dont la conscience est guérie de ses conditionnements et de ce fait beaucoup plus capable de se dépouiller aisément de ses métaux et surtout, plus capable d’Amour.

Source : www.ledifice.net

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