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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 06:05

Pour ses zélateurs — c'est-à-dire tous ceux qui un jour ont commencé à pénétrer dans ses arcanes — la Kabbale n'est pas une quelconque branche des sciences humaines, c'est la Science par

excellence, la Science de la Vie et de la Mort, ou plus exactement de l'Arbre de vie et de l'Arbre de mort.

Eliphas Levi a dit que la Kabbale pouvait être appelée « la mathématique de la pensée humaine. Elle est l'algèbre de la foi ; elle résout les problèmes de l'âme comme des équations en découvrant l'inconnu ».

Algèbre, mathématique, équations, oui, puisque dans la langue hébraïque tout est nombre. Puisque chaque lettre de cette langue étonnante, sans origine connue, possède une valeur numérale.

Or la numération a pour base ces dix premiers nombres. D'où les dix « Sephiroth ».

Les dix « Sephiroth » sont ainsi, comme le souligne le professeur Scholem de l'Université de Jérusalem, les dix catégories primitives qui constituent le monde de l'Unité divine en développement. Les Sephiroth sont les puissances et façons d’agir du Dieu vivant.

C'est le mythe de la création raconté par les symboles et les images.

C'est — qu'on me permette cette définition toute person­nelle — le « développement exotérique de Dieu ».

Pour la Kabbale et par les Sephiroth, Dieu sort de son secret et de l'inexprimable. Car les mondes de la création, secrets ou visibles, sont le reflet et la répétition dans leur structure du monde de l'être divin intérieur... Nous sommes proches, on le voit, de la grande leçon d'Hermès Trismégiste, pieusement conservée par la Franc-Maçonnerie.

Dieu donc apparaît dans les branches et le tronc de l'arbre séphirotique qui est un arbre théogonique et cosmogonique. C'est l'histoire de la création, telle que la décrit le Zohar.

« Au commencement, lorsque la volonté du Roi commença à agir, il grava des signes dans l'Aura céleste. Une flamme sombre jaillit dans le royaume le plus caché, du mystère de l'infini, comme un nuage sans forme, se trouvant dans l'anneau de cette Aura, ni blanc, ni noir, ni rouge, ni vert, et d'aucune couleur. D'abord, lorsque cette flamme grandit et s'élargit, elle fit naître des couleurs resplendissantes. Au plus profond de cette flamme, c'est là que jaillit une source, débordant de couleurs, cachée dans le mystère le plus secret de l'infini. La source ne perça pourtant pas l'éther environnant et demeura tout à fait inconnue jusqu'à ce que, par la suite, la puissance de sa percée ait éclairé le point le plus haut et le plus caché. Au-dessus de ce point, il n'y a rien de reconnaissable et c'est pourquoi il s'appelle Reschith, le premier des dix mots de la création par lesquels le Tout fut créé. »

Mais le Dieu qui se dévoile dans les Sephiroth est en fait représenté par l'homme originel — c'est un Dieu anthropomor­phique car l'Homme créé à l'image de Dieu est contraint de rendre la pareille à son créateur — dans sa forme la plus pure : celle de l'Adam Kadmon l'homme « originel » de double essence.

A cet égard il n'est pas inutile de souligner que l'arbre des Sephiroth est à la fois mâle et femelle et que sa grande originalité est l'affirmation par la 10e Sephirah : Schekina (appelée aussi Malkouth) d'un élément féminin en Dieu. C'est l'un des progrès les plus riches de la Kabbale sur la tradition rabbinique. Cela grâce à son exégèse gnostique.

La Schekina est en effet le lieu de la psyché et comme telle reliée à la très vieille symbolique lunaire, c'est l'Arbre de mort opposé à l'Arbre de vie. Mais en même temps elle est l'épouse du Roi (et aussi la mère d'Israël...), en fait le démiurge. Son union avec Dieu est le signe de la Rédemption (on voit quel utile rapprochement pourrait être fait dans ce sens avec le culte marial. Rien en fait ne s'oppose dans la religion chrétienne à la conception kabbalistique...)

* * *

Et voici donc comment est constitué l'Arbre séphirotique :

— Au sommet Kether, la Couronne, première manifestation de l'indicible, de l'incogniscible Aïn Soph, l'infini. La Couronne arrose l'arbre et propage la sève à travers les branches et les rameaux. C'est par elle que le non-être se fait être et que s'effectue le passage de la puissance à l'acte. C'est le point initial, la lumière primordiale, la source de toute lumière.

De la Couronne, première Sephirah naissent deux principes :

— Hokhmah, la Sagesse, 2e sephirah, le Père, masculin ;

— Binah, l'Intelligence, 3e sephirah, la Mère, féminin.

A partir de ces deux Sephiroth, l'indifférencié se développe. Unies entre elles, elles engendrent Da'ath, la Science, la Connais­sance.

Ces trois premières Sephiroth constituent le « Grand Visage », trinité indivisible, située au-dessus du Trône et correspondant au monde de l'émanation. Elles sont la manifestation des principes divins, la Trinité de la religion chrétienne. Le triangle formé est pointe en haut. C'est notre Delta flamboyant, les triangles pointes en bas, tournés vers la matière étant réservés aux deux autres séries de Sephiroth, dites de « construction ».

Rappelons le mot de la Genèse : « L'homme après avoir commis le péché originel, s'était caché. Il ne pouvait plus contempler le visage de Dieu ». L'homme tombé dans la matière ne peut voir ni comprendre l'Absolu. Dieu néanmoins dans sa jeunesse suprême se fait pressentir par l'Intelligence omnisciente émanée de la Couronne dominant toute la Création.

C'est encore le chiffre trois qui commande donc le système séphirotique au sommet (les trois premiers commandements du Décalogue — il y a dix commandements comme il y a dix sephi­roth — sont précisément réservés à Dieu).

Le deuxième groupe de l'Arbre séphirotique est donc consti­tué par six sephiroth dits de construction qui constituent le « Petit visage » et répondent aux six jours de la création-réalisation dans le monde créé de l'émanation du ternaire suprême.

— Deux sephiroth émanent donc l'une de Hokhmah ; c'est Chesed (la Grâce) ou Gedullah (la Clémence) et Geburah (la Rigueur) appelé aussi Dïn (le Jugement). Ces quatrième et cin­quième sephiroth sont les deux bras du Maître du Tout, la parure du Trône royal.

Mais elles s'unissent au coeur de l'Arbre séphirotique pour donner la sixième Sephirah celle qui est vraiment le coeur du Maître du Tout, celle du Bien et de l'Harmonie, la merveilleuse Tiphereth, la Beauté, qui symbolise l'Idéal placé au centre de l'oeuvre divine.

Ces trois sephiroth correspondent aux trois premiers jours de la Création : Chezed à la Lumière, Geburah à l'étendue conçue le second jour et Tiphereth à la première manifestation de la Vie uni­verselle par le règne végétal, à la réalisation du mouvement dans l'espace, l'eau et la Terre.

— La septième Sephirah, Nezah correspond à la création des astres. C'est la Victoire. Il est dit dans la Genèse que les astres ont été créés pour « éclairer l'intelligence de l'homme ». C'est par la compréhension des astres que l'homme a pu vaincre la matière et

deviner les voies du Créateur...

— Hod, la huitième Sephirah, la Gloire, voit l'achèvement de

l'oeuvre divine dans l'individualité de la Vie universelle à travers les espèces.

Mais Nezah et Hod s'unissent en Yesod, la neuvième Sephirah, le Fondement, véritable principe générateur de l'Univers. C'est la Création de l'homme, Adam, dont le chiffre est précisément 9, en numération hébraïque (Adam : 40+4+1 = 4+5 = 9). Adam est l'esprit incarné.

Toute la Création aboutit ainsi à la pénétration dans la matière de l'Etincelle divine, du feu premier et par suite à sa purification.

Ce processus accompli, l'Etincelle se libérera de son individua­lité et retournera à sa Source.

Le chiffre neuf, celui d'Adam termine donc le Travail divin. Il faut à présent revenir au commencement, à l'unité.

— C'est le but de la dixième Sephirah, Malkouth, qui à elle seule forme le troisième et dernier groupe de l'Arbre. Malkouth, la Royauté (mâle et femelle puisqu'elle porte aussi le nom de Cheki­nah, épouse et reine) est aux pieds du Trône dans le Monde de l'action. C'est par Malkouth qu'Ain Soph établit son règne.

Par Malkouth l'Esprit ayant totalement pénétré la matière et atteint à son individualisation maxima, revient à son origine.

Malkouth est le septième jour de la Création, celui du repos et du retour à la Source.

Ainsi est indiquée la voie de l'Unité entre les mondes d'en haut et d'en bas. Aïn Soph en haut, Malkouth en bas. L'Arbre est complet et redevient possible l'unification du Nom brisé. C'est pourquoi il est écrit : « En ce jour le Seigneur sera Un et Son nom sera Un ».

Ainsi apparaît l'union dans l'éternité de l'infiniment petit et de l'infiniment grand.

Voici donc ces Sephiroth qui contiennent l'infini et embrassent toutes les lois mécaniques de l'Univers.

Elles sont dix et non neuf car nous resterions dans le domaine de la terre avec le culminant de la Création sur la terre, le nombre d'Adam. Elles sont dix et non onze car onze est inaccessible à notre compréhension. C'est le passage au plan supérieur qui nous est fermé dans notre condition humaine. Celui peut-être qu'à l'heure de notre initiation suprême nous pourrons découvrir.

Source : www.ledifice.net

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Published by PVI - dans Kabbale
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