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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 06:12

Mais, tous ces grands penseurs, qui se sont fait les champions de la Cabale, se trouvent en butte aux railleries de sophistes verbaux. Ceux-ci, n’attachant d’importance qu’aux seuls faits qui tombent sous nos sens physiques et illusoires, s’acharnent à dénigrer ces vérités éternelles, soit qu’ils les ignorent ou soient incapables de les comprendre.

Ils peuvent japper à leur aise, comme des chiens furieux, chaque fois qu’ils se heurtent à quelque secret inaccessible à leur entendement. Ils peuvent exercer leur rage impuissante sur tout ce qu’ils ignorent, sur les vérités sublimes, profondes, divines, auxquelles ils s’attaquent. Ils ressemblent à ces chèvres, qui toujours fébriles, selon l’expression de Varron, corrompent tout ce qu’elles touchent de leur haleine pestifère.

Pour nous, repoussant tout ce venin, grâce à un antidote céleste, remède souverain, nous exposerons les Arcanes, tels que les sages nous les ont transmis, et nous parlerons des mystères, mais en langage mystique pour les sauvegarder.

A quelle tâche plus noble, plus juste, plus utile à notre foi pourrais-je bien consacrer mes efforts, qu’à celle ayant pour but de rendre accessibles à tous ces mystères relatifs au bois de vie, à la révélation qui, d’après les cabalistes, en fut directement faite par un ange !

En effet, l’ange Raziel, duquel il a déjà été parlé plus haut, descendit du ciel pour annoncer à Adam la venue d’un Sauveur.

D’autre part, l’ange Gabriel fut envoyé à la Très Sainte Vierge Marie ; pour lui faire part de la venue du Messie, attendu depuis si longtemps par nos Pères.

Adam fut profondément troublé, en apprenant qu’il avait perdu la grâce de Dieu ; de même, les paroles de l’Ange jetèrent la Vierge dans un grand trouble.

Raziel consola Adam par ces paroles : Ne t’afflige pas outre mesure ; il sortira de ta race un homme juste, ami de la paix, dont le nom contiendra ces quatre lettres יהוה.

Gabriel, de son côté, dit à la Vierge, pour lui rendre courage : « Ne craignez rien, Marie ! Vous avez trouvé grâce devant Dieu ? Voici que vous concevrez et enfanterez un fils, que vous appellerez Jésus (ce nom est identique au nom tetragrammaton, ainsi qu’on l’a vu plus haut) ; il sera grand devant l’Éternel et on l’appellera le Fils du Très-Haut ! »

Adam, après avoir été réconforté par l’ange, alla se fixer sur le mont Moria. La Vierge, après la salutation angélique, se retira promptement sur la montagne.

Adam sur le Moria, rendit grâces à la miséricorde de Dieu. La Vierge, sur la montagne, entonna un cantique d’action de grâces :

« Mon âme exalte le Seigneur, etc. »

Enfin, il fut annoncé à Adam que le salut sortirait du bois, pour tous ceux qui l’attendaient ; la même prophétie fut faite à la Bienheureuse Vierge Marie, au sujet de son fils, ce fruit béni de ses entrailles, qui donna sa vie sur la Croix et dont la mort a, véritablement, racheté le monde.

Ce fut donc bien le vrai juste annoncé à Adam ; préfiguré par le juste Abel et par le pacifique Isaac ; et, lorsque les temps furent accomplis, lorsque l’heure indiquée par les Prophètes fut arrivée, il vint, lui-même, résumer en lui toutes ces figures.

C’est pour cela qu’inspirée par le Ciel, l’épouse du Cantique s’adresse ainsi à l’époux : « Montre-moi celui après lequel mon cœur soupire ! Où est dressée la table du festin ? Où est la couche, où tu te reposes au milieu du jour ? »

En Jésus-Christ, à l’époque de l’Incarnation et de la Passion, plus d’ombres, ni de figures, la réalité même.

Ces révélations, et d’autres de même nature, du plus haut intérêt pour la Religion chrétienne, se trouvent dans la tradition, pieusement conservée, des Patriarches, c’est-à-dire dans la Cabale.

Si elles peuvent être proposées aux méditations attentives des véritables chrétiens, il n’est pas douteux, non plus, qu’elles peuvent également servir à réfuter efficacement les erreurs des Juifs, des sectateurs d’Arius et autres hérétiques de même sorte, ainsi qu’il appert des Conclusions cabalistiques du grand Pic de la Mirandole.

Aussi, pour l’honneur, pour la gloire de la Cabale, il me paraît utile de rapporter, ci-après, quelques- unes de ces conclusions :

« Le cabaliste hébreu est forcé, d’après les enseignements, les règles de la science cabalistique, d’admettre nécessairement la Trinité et la distinction de chacune des Personnes divines Père, Fils et Saint-Esprit.

La religion chrétienne impose précisément le même dogme, sans y rien ajouter, retrancher, ni changer. Si l’on admet les enseignements de la Cabale, on peut facilement réfuter : non seulement ceux qui nient la Trinité, mais encore ceux qui la conçoivent d’une façon différente de celle de l’Église catholique : tels les disciples d’Arius, de Sabellionus et autres hérésiarques du même genre.

Aucun cabaliste hébreu ne petit nier que le nom de Jésus, interprété d’après la méthode, d’après les règles de la Cabale, signifie clairement ceci et pas autre chose : Dieu, fils de Dieu et Sagesse du Père unissant étroitement la nature humaine à l’unité divine par l’intermédiaire de la troisième personne divine, qui est le feu ardent de l’Amour.

De même, si cette parole du Prophète : Ils ont vendu le Juste à prix d’argent est expliquée cabalistiquement, elle ne signifie pas autre chose que ceci : Dieu, notre Rédempteur, a été livré à prix d’argent.

Si l’on ajoute l’Astrologie à la Cabale, on comprendra que le dimanche convient mieux que le samedi, pour le repos septénaire et l’union pacifique en Christ. Il résulte clairement, des enseignements de la Cabale, que la venue du Messie rendit désormais la circoncision inutile.

On saisit de même, par les bases de la tradition cabalistique que Jésus a pu dire, à bon droit : J’étais déjà avant qu’Abraham ne fut né !

Par l’éclipse de soleil qui se produisit au moment où le Christ expirait sur la Croix, on peut connaître, toujours d’après la Cabale, que celui qui souffrait alors sur le bois de rédemption, était bien le Fils de Dieu, le véritable Messie.

La lettre Schin, qui se trouve placée au milieu du nom de Jésus, indique aux cababilistes que le monde fut alors en paix, comme au point culminant de sa perfection ; et l’union de la lettre Iod à la lettre Vav, qui se fit en Christ, affirme que le Sauveur était bien le Fils de Dieu, fait homme.

Outre les arguments, accumulés à chaque page de ses Conclusions cabalistiques, Pic de la Mirandole, ce philosophe illustre, en produit d’autres qui permettent d’établir cabalistiquement la réalité des mystères de la Sainte Trinité, de l’Incarnation, du Verbe divin dans l’humaine nature, de la divinité du Messie venu parmi nous.

Ils peuvent également servir à réfuter les monstrueuses doctrines de ce siècle sur la virginité de la Sainte-Vierge Marie, avant et après sa conception ; sur la Passion du Christ, sur sa mort, sur le prix de celle-ci et sur la présence réelle matérielle de son corps dans l’Eucharistie.

Pic traite aussi des ordres d’anges, de la cause du péché originel, de son expiation, de l’immortalité de l’âme, de la création du monde, de la chute des démons, des peines de l’enfer et de beaucoup d’autres choses de ce genre, qu’il avait offert de venir soutenir à Rome, d’après les véritables enseignements de la Sainte Cabale.

Qui donc, maintenant osera infirmer cette partie essentielle de la théologie sacrée relative aux mystères cachés ? Qui pourra, désormais, la qualifier de vaine et d’inutile ?

Quel est l’homme qui, sans s’indigner, sans le condamner, pourra écouter, à l’avenir le tapage absurde et violent de ces déclamateurs qui s’attaquent continuellement à notre science ?

Qu’ils nous laissent donc en paix ; qu’ils ne nous fatiguent pas plus longtemps les oreilles, tous ces colporteurs de sornettes, tous ces imposteurs, dis-je (pour ne pas les qualifier de fauteurs d’une fourberie diabolique) qui taxent de mensonge, de superstition tout ce qui touche à la Cabale ! Ces hommes qui, à l’exemple de l’impie Mahomet (lequel voulant interdire à sa nation l’usage du vin, du rouge surtout, affirma audacieusement, qu’il n’était pas un grain de raisin rouge qui ne fut le réceptacle du démon), pour persuader que notre Sainte Cabale doit être rejetée, ont l’impudence d’avancer qu’il ne s’y trouve pas un mot, qui ne trahisse l’abominable, l’infernale ruse des démons ! Qu’ils nous laissent en paix, je le répète, ces honteux détracteurs de la Cabale ! On doit les considérer comme le fléau de l’humanité, comme la ruine de la religion chrétienne, eux qui osent qualifier de superstition ce que les cabalistes rapportent pieusement, saintement au sujet du Christ ! Leur forfait est abominable, impie ; et, jamais jusqu’ici, mortel n’avait eu à en constater de semblable !

Mais, pour qu’ils ne me taxent pas d’imposteur, comme ayant rapporté les conclusions de Pic en faveur de la Cabale, sans les vérifier et sans m’informer si elles étaient admises par l’Église, je leur apprendrai que celle-ci les a officiellement acceptées et approuvées.

J’en tire la preuve d’une bulle du souverain pontife, Alexandre VI, qui prend Pic sous sa protection, le vengeant ainsi des calomnies répandues par des ignorants contre ses Conclusions cabalistiques et ses autres ouvrages…

Mais, pour établir solidement la réalité de la tradition cabalistique, il est temps d’exposer et de réfuter les arguments qu’on y oppose.

De tous les auteurs qui ont écrit contre la Cabale, s’efforçant d’en renverser la base plutôt par de fades plaisanteries que par de solides arguments, il en est deux, surtout, que j’estime devoir être particulièrement réfutés.

Le premier, parmi les modernes, est le médecin de Venise : Georges Raguseius ; le second, le F. Marinus Mercenus [6], de l’ordre des Frères Mineurs.

Raguseius, s’inspirant de Démocrite, a combattu presque toutes les sciences par la raillerie.

Mercenus, lui, ne s’en est pris qu’à la Cabale, s’attaquant furieusement et spécialement aux œuvres du pieux et très profond Georgius Venetus, des Frères Mineurs.

L’un et l’autre, toutefois, poussés par une haine ou une ignorance semblable, je ne sais, ont tenté contre elle le même effort, ainsi qu’on va le voir.

Voici les arguments de Raguseius.

1° Il est possible d’ajouter d’autres noms aux dix noms divins, appelés Séphiroth par les Hébreux. Ceux-ci ne renferment en eux aucun mystère. Si les Rabbins prétendent que tous les autres noms de Dieu peuvent être ramenées à ces dix, je prétends, moi, qu’on peut les ramener aussi à un seul, l’infini, Ain Soph.

De même, le mystère des cinquante portes de l’intelligence est une véritable fiction ; de sorte que tout ce qui est enseigné à ce sujet n’est qu’une suite de fables.

2° Il n’y a aucun mystère dans le nom Tétragrammaton, ni dans les transpositions qu’on fait subir aux lettres des autres noms divins. Tout ce qu’on peut débiter à ce propos ne se sera donc qu’absurdité. Exemple : Dieu, אלdevient Rienלא. Shadaï שדי, tout puissant, se transforme en ידש, Impuissant ; ברא créateur, en ארב trompeur ; מלך Roi, en כלםcritiqueur acerbe ;

3° Aucun mot hébreu n’a de puissance en soi ; les démons ne peuvent donc être mis en œuvre par le pouvoir de ces mots eux-mêmes, mais par l’ordre de Dieu ;

4° Les mots hébraïques n’ont pas plus de puissance que les mots latins ; Deus exercituum, Dieu des armées, a la même valeur que Alei Tsebaoth.

5° L’Église n’a conservé certains mots hébraïques dans son rituel, que pour frapper l’imagination des fidèles par des sons étrangers.

6° La langue hébraïque n’est pas la langue originelle de l’homme ;

7° Adam n’a pas donné leurs noms aux animaux d’après leurs propriétés spécifiques ; mais plutôt d’après quelques qualités extérieures ;

8° Enfin, les caractères hébraïques actuels ne sont pas les mêmes que ceux qui existaient avant la captivité de Babylone, ainsi qu’en témoigne Saint-Jérôme, dans la préface de sa Vulgate.

Voilà tous les arguments — je n’en ai pas trouvé d’autres — par lesquels Raguseius, dans sa jactance, se vante d’avoir renversé de fond en comble l’édifice cabalistique, d’avoir démontré surabondamment que la science des anciens sages est vaine et entachée de superstition.

Qu’il me permette de le lui dire, en lui rappelant un vieil adage : il me sera tout aussi facile de réduire à néant son argumentation, peu solide à la vérité et confinant à la démence, qu’à un lièvre de manger une poire !

Tout d’abord, je reconnais, sans difficulté, qu’on peut effectivement ajouter d’autres noms aux dix grands noms divins. Mais, Dieu n’a pas besoin d’un plus grand nombre de noms, puisque, d’après les théologiens, il est Un en lui-même. Je dirai plus : il n’est pas possible d’assigner un nom propre à Dieu, considéré dans son Unité. En lui, en effet, un seul les contient tous ; et tous se résument en un seul, selon cette affirmation du grand Hermès : Dieu n’a aucun nom !

C’est pourquoi nous lisons qu’Athlatus, auquel on demandait un jour quel était le nom de Dieu, répondit qu’aucun nom propre ne pouvait lui convenir.

Il n’est, toutefois, personne d’assez ignorant pour ne pas savoir que Dieu est désigné par certains noms. Ceux-ci le déterminent non dans son essence, mais le spécifient dans les principales œuvres par lesquelles il se manifeste surtout à nous.

Ainsi, on nomme, Amour : la faculté par laquelle il attire à lui ses fidèles ; Lumière, celle par laquelle il illumine tout homme venant en ce monde ! C’est pour cela que le Christ — comme le remarque Saint-Hilaire, dans son ouvrage sur l’unité du Père et du Fils, — est appelé Verbe, Force, Sagesse, Droite, Bras, Perle. Trésor, Filet, Charrue, Source, Roche, Pierre Angulaire, Agneau, Homme, Veau, Aigle, Lion, Voie, Vérité, Vie.

Mais pourquoi les Hébreux attribuent-ils à Dieu dix noms, plutôt que neuf ou onze ; pourquoi cinquante Portes de l’Intelligence, et non quarante-neuf ? Pourquoi le Mystère que les cabalistes qualifient de Saint, se cache-t-il dans les nombres dix et cinquante [7] ? Cela est bien simple. Le premier nombre 10, est considéré comme le plus noble, le plus parfait. En effet, il contient en soi, en principe, en puissance d’être, l’universalité des nombres pairs (comme deux), impairs (comme trois), et des nombres composés de pairs et d’impairs entre eux, comme cinq, etc.

Le second, 50, est le nombre du Pardon, de la Pitié.

Bien que nous devions exposer ailleurs les mystères, qui, d’après la Cabale, se cachent sous les nombres, ce ne sera point, pensons-nous, nous éloigner de notre sujet actuel que de dire, dès maintenant, quelque chose de leur valeur.

Donc, pour faire comprendre les diverses significations des Livres Saints, et pour bien établir les mystères des nombres, nous allons exposer, ici, ce que pensait et écrivait saint Hilaire, à ce sujet :

« On ne doit pas ignorer (dit-il dans son commentaire sur les Psaumes, où il recherche pourquoi l’ordre de ceux-ci n’est pas réglé d’après le sujet traité — car, il arrive fréquemment que des psaumes, composés antérieurement, sont classés après d’autres qui leur sont postérieurs) que chez les Hébreux, les psaumes n’occupent pas de rang distinct. Ils sont classés à la suite les uns des autres, sans numéro d’ordre, comme un, deux, trois, cinquante, cent, et comme formant un seul tout. »

Si l’on en croit une très ancienne tradition, Esdras les amassa sans ordre, les prenant de tous auteurs, et de toutes époques, et il les réunit en un seul volume.

Mais, lorsque les 70 Sages de la Synagogue qui, d’après la règle instituée par Moïse, veillaient, à la conservation de la Doctrine et de la loi, lorsque ces sages eurent reçu, du roi Ptolémée la mission de traduire, de l’hébreu en grec, tous les livres sacrés, connaissant par une révélation divine la vertu des Psaumes, ils classèrent ceux-ci par ordre et par numéros, attribuant à chacun selon sa vertu et sa secrète puissance, le nombre qui lui correspondait par sa signification et propriété particulière.

Ainsi s’exprime saint Hilaire. De ce qui précède résulte clairement, comme le fait justement remarquer Pic de la Mirandole, que le numéro du Psaume indique sa vertu, son efficacité ! Et, il en déduit que Dieu peut être prouvé par les Nombres.

Indépendamment de cela Pic traite encore ces questions, d’un si haut intérêt : Si Dieu est infini ; si c’est un être intelligent ; de quelle façon il exerce sa connaissance ; s’il est la cause première de toutes choses ; s’il est absolu… et autres propositions très intéressantes, du même genre auxquelles il prétend pouvoir répondre par les Nombres.

On rapporte également que saint Jérôme, dans son ouvrage contre l’hérésiarque Jovinien, estime que le nombre Deux est néfaste. Aussi, peut-on lire, au chapitre 7 du dit ouvrage, qu’à propos du second jour de la création, la Bible ne dit pas : « Et Dieu considéra qu’il était bon ! »

Il convient de faire remarquer également qu’au moment du déluge, Dieu ordonna à Noë d’enfermer dans l’arche deux couples seulement d’animaux impurs contre sept d’animaux purs.

Que pourrais-je ajouter, je le demande, sur la puissance des Nombres ?

Certes, si les cabalistes, Pythagore, Platon et leurs disciples se fussent seuls occupés des mystères des nombres, ce n’eut peut-être pas été suffisant pour établir péremptoirement qu’ils en recelaient de véritables. Mais, après saint Grégoire de Nazianze, saint Basile, Origène, saint Ambroise, saint Augustin, qui l’ont démontré à la lumière de la foi, par les mystères de la Religion, quoi d’étonnant à ce que, marchant sur les traces de ces Pères de l’Église, nous pensions à notre tour, que les nombres cachent plusieurs profonds mystères ?

Il est donc certain que le symbole des cinquante portes de l’intelligence voile un arcane véritable. Celles-ci, en effet, aux dires des Théologiens les plus mystérieux, ne désignent pas autre chose que la contemplation divine, grâce à laquelle au moyen des 50 degrés indiqués cabalistiquement dans la Genèse, nous pouvons arriver à une connaissance parfaite des créatures.

De plus, nous le répétons, le nombre 50 est attribué à la Pitié, à la Miséricorde. Il est, en outre, considéré comme le plus saint, le plus agréable selon l’esprit de la nature, parce que, dit Bungus, issu de la puissance du triangle rectangle, il révèle le principe de génération de toutes choses, lequel est en accord parfait avec les degrés de la Genèse ; dans ceux-ci, de même que dans le nombre 50, qui est celui de la Miséricorde, nous pouvons contempler le Créateur suprême, Principe de toutes choses.

Mais, nous traitons longuement, autre part, de ce sujet.

Le second argument de Raguseius est que le grand nom יהוה, que les anciens traduisaient par Anekphoniton, l’ineffable, ne contient dans ses profondeurs, aucun mystère.

Je m’inscris absolument en faux contre cette affirmation !

Ce nom très saint est, en effet redoutable, admirable, adorable. Aussi, sous l’ancienne Loi, ne le prononçait-on jamais ! On le remplaçait par le nom Adonaï, sous lequel on l’adorait avec un profond respect, comme sous un voile, sous un vêtement.

C’est également sous ce vocable que l’ont désigné les Apôtres, au témoignage de Génébrandus ; de même les Sybilles, les Septante, Origène (dans l’Hexaplis) ; saint Épiphane (Hérési., 76) ; Tertullien (dans son traité De la résurrection de la Chair) ; de même le plus ancien traducteur ; de même tous les anciens Pères et commentateurs : saint Jérôme, Damascenus, Theodoritus, Litanus, Londanus, Reuchlin, Vatablus, Mercenus et tous les Rabbins.

Le nom Anekphoniton traduit donc exactement ce nom Très-Saint. Les R. R. rapportent qu’interrogé par Jacob, qui lui demandait quel était son nom, l’Ange répondit :

Pourquoi cherches-tu à connaître mon nom, qui doit rester caché ?

On doit croire également que ce nom n’a pas été donné à Dieu par les hommes — ce qui a eu lieu pour beaucoup d’autres noms divins, choisis en raison des qualités qu’ils manifestent, — mais, que c’est Dieu lui-même qui se l’est attribué comme le plus saint, le plus en rapport avec sa nature éternelle.

On peut faire cette déduction, notamment, de ce que, dans les Livres saints, on trouve constamment cette interjection mystérieuse : . Moi, Jehovah יהוה.

Il est évident qu’on doit lui attribuer un sens profond, et ne pas s’en tenir à sa forme littérale et superficielle.

Si elle ne cachait, en soi, rien de secret, ce serait bien inutilement qu’on la retrouverait aussi fréquemment, jusqu’à trois et quatre fois dans une ligne de quelques mots. Et ce n’est pas sans un motif impérieux que le grand saint Basile, dans son Homélie sur la Genèse, 10, affirme qu’on ne peut avancer, sans blasphème, qu’un seul mot de l’Écriture Sainte est inutile ou superflu !

Si cette expression n’est pas inutile, il est donc permis de rechercher ce qu’elle signifie, clairement et mystiquement.

Tout d’abord, ce nom admirable יהוה Jehovah, que lès hommes n’ont ni trouvé, ni imaginé, — mais qu’ils ont reçu de Dieu lui-même — est celui de tous qui convient le mieux au Créateur Suprême ! Il énonce par une sorte de manifestation divine, aussi bien et aussi intelligiblement que possible la substance et l’essence divine. Il le fait cependant d’une façon inadéquate, en ce sens qu’il ne peut y avoir de commune mesure entre Dieu et la créature.

Les autres noms divins, au contraire, sont plus exacts, plus adéquats dans leur signification. Ils donnent l’idée d’une sorte de mélange, d’alliance du divin avec l’humain (ainsi que le prouvent Chatarinus et Roselus dans leur Trismégiste), puisqu’ils sont choisis par analogie, par similitude, en raison des actes attribués à Dieu, actes qui se retrouvent, bien que très imparfaits, dans notre propre nature.

Rabbi Moses Maïmonide dans son Guide des égarés, se range à cette opinion :

« Tous les noms de Dieu, écrit-il, ont été choisis d’après les œuvres divines qu’ils manifestent, à l’exception du nom Tétragrammaton. »

Mais, pour nous élever à des considérations plus hautes, disons qu’il est prouvé à ceux qui savent que les nombres correspondant aux lettres de ce nom divin, sont tous les nombres du cercle.

En effet, Iod égale 10 ; Hé 5 ; Vav 6 ; le second Hé 5 ; cela démontre que Dieu est une véritable sphère, et que son processus se développe selon l’ordre circulaire. Tout sort de lui, tout revient en lui !

Ne l’atteste-t-il pas lui-même par la bouche du prophète Isaïe, lorsqu’il déclare : « Je suis le Premier et le Dernier, tout est l’œuvre de mes mains ! »

Effectivement, de même que les rayons d’un cercle, issus du centre, se dirigent vers la circonférence ; de même, par contre, ces mêmes rayons sont tous ramenés de la circonférence au centre.

Il en est de même pour Dieu, sphère véritable, d’après Hermès, cet ancien et très savant philosophe.

Tout est contenu en Lui ! Toutes les créatures, quelles qu’elles soient, procèdent de Lui et retournent également en Lui. C’est en lui qu’elles habitent, qu’elles se meuvent, qu’elles vivent, selon cette parole de l’apôtre saint Paul « Nous vivons en lui, nous y agissons, nous y sommes tous contenus ! »

C’est pourquoi, dit Reuchlin, le nom Tétragrammaton, commençant par Iod, a été choisi par Dieu à notre intention, afin que nous reconnaissions en Lui le Point Infini, l’élément de tout nombre c’est-à-dire de toute chose !

Iod vaut dix ; et, dans la composition du nom Tétragrammaton, il est la dixième lettre ; comme suit : Ioha, Iao, Iai ; où, après Tétragrammaton, on trouve le nom Iao, qui n’est autre, par l’équivalence des nombres qui le composent, que le nom Ehieh, lui-même, lequel veut dire : Celui Est.

Il signifie également l’essence du Créateur, ainsi qu’il est dit dans l’Exode, 3 : Ehieh m’a envoyé vers vous !

D’autre part, יהו Iehou est le sceau de Dieu, dont Ehieh a scellé le monde ! אמת, Emeth, c’est-à-dire : vérité, attendu qu’il donne On le nomme pour cela naissance en se multipliant lui-même יהוarithmétiquement a אמת.

Vient ensuite le nom Iah. C’est celui de l’essence divine ; c’est par lui que Dieu châtie et récompense, comme le dit le saint Psalmiste : Si vous tenez compte de nos iniquités, Iah !

Le nom Tétragrammaton engendre donc trois autres noms, qui manifestent l’essence infinie de Dieu : l’Ineffable, Ehieh et Iah. On les traduit par : Quid est, qu’on formule , Quid ?

En effet, Tétragrammaton : Iod, Hé, Vav, Hé, par l’égalité des nombres, équivaut à Ma.

L’un et l’autre donnent 45, comme on le voit ci-après :

Lorsque Moïse eut demandé : De quel nom l’appellerai-je ? Il lui fut répondu : Ehieh !

Et, maintenant, si l’on considère attentivement les paroles suivantes de l’Esprit Saint, rapportées également par l’Exode, 3, et non sans raison : Pour moi quel est son nom, quel est-il ? et si l’on en prend les lettres finales, on constatera qu’elles forment le nom ineffable de quatre lettres, יהוה dont le commencement est Ehieh, le milieu Iah, la fin, infinitude.

Un grand mystère est également caché dans la transposition des lettres du saint Tétragramme, ainsi que nous l’exposons ailleurs.

Les adversaires des cabalistes tournent, il est vrai, en ridicule cette section de la Cabale, qui traite de l’évolution des lettres. Ils la représentent comme sans valeur et indigne d’un esprit sérieux. Elle épilogue lamentablement, disent-ils, sur les accents des lettres, les nombres, les transpositions, l’inversion des mots et les doubles sens.

Par contre, ils admettent partiellement celle qui se borne à interpréter la loi écrite, c’est-à-dire celle qui contient les enseignements secrets relatifs à la législation, au sens spirituel et allégorique des Écritures, à l’enseignement traditionnel de la Synagogue.

Fort bien ! mais peut-on accepter une partie de la Cabale et rejeter l’autre ?

Que ces détracteurs de la tradition citent un seul rabbin, qui, cherchant à pénétrer le sens secret de la loi, n’ait pas eu recours à la transposition des lettres !

Puis, quel mal peut-il y avoir à employer la commutation des lettres ou des mots, pour arriver à pénétrer le sens secret, caché sous ces lettres ou sous les nombres ?

Exemple : dans Zacharie, 3, le mot צמח qui signifie rejeton, a la même valeur numérique que le mot מנחם, lequel veut dire consolateur, qui est le nom du Messie. La somme des lettres de chacun de ces deux mots donne également 15.

Isaïe, lui aussi, emploie très judicieusement la commutation des lettres et des mots. Qu’on en juge, chap. XXV. Il est écrit… ששך au lieu de בבל, afin que le roi de Babylone ne prît pas en haine les Israélites.

De même saint Jérôme et Munster, dans leurs commentaires de ce prophète.

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Published by Jacques Gaffarel (1625) - dans Kabbale
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