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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 09:46

Introduction

Les doctrines des Nicolaïtes sont condamnées par le Messie dans l'Apocalypse dans son message aux Églises. Nous voyons que l'Église condamnait ces doctrines au temps des Éphésiens, mais à partir de la période de Pergame, elles avaient infiltré l'Église.Apocalypse 2:1-7 Écris à l'ange de l'Église d'Éphèse : Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite, celui qui marche au milieu des sept chandeliers d'or 2 Je connais tes œuvres, ton travail, et ta persévérance. Je sais que tu ne peux supporter les méchants ; que tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et que tu les as trouvés menteurs ; 3 que tu as de la persévérance, que tu as souffert à cause de mon nom, et que tu ne t'es point lassé. 4 Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu as abandonné ton premier amour. 5 Souviens-toi donc d'où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres ; sinon, je viendrai à toi, et j'ôterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes. 6 Tu as pourtant ceci, c'est que tu hais les œuvres des Nicolaïtes, œuvres que je hais aussi. 7 Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises : À celui qui vaincra je donnerai à manger de l'arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu.

L'Arbre de Vie a une signification en rapport aux doctrines Gnostiques et aux cultes des Mystères.

Ici, l'Église est félicitée pour avoir résisté, jusqu'à la haine, aux doctrines des Nicolaïtes. Ainsi, elles doivent avoir été présentes assez tôt dans l'histoire de l'Église. Elles semblent prendre de l'ampleur et pénétrer l'Église à partir de Pergame. Apocalypse 2:12-17 Écris à l'ange de l'Église de Pergame : Voici ce que dit celui qui a l'épée aiguë, à deux tranchants : 13 Je sais où tu demeures, je sais que là est le trône de Satan. Tu retiens mon nom, et tu n'as pas renié ma foi, même aux jours d'Antipas, mon témoin fidèle, qui a été mis à mort chez vous, là où Satan a sa demeure. 14 Mais j'ai quelque chose contre toi, c'est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à mettre une pierre d'achoppement devant les fils d'Israël, pour qu'ils mangeassent des viandes sacrifiées aux idoles et qu'ils se livrassent à l'impudicité. 15 De même, toi aussi, tu as des gens attachés pareillement à la doctrine des Nicolaïtes. 16 Repens-toi donc ; sinon, je viendrai à toi bientôt, et je les combattrai avec l'épée de ma bouche. 17 Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises : À celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc ; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n'est celui qui le reçoit.

Les Nicolaïtes sont une secte énigmatique mentionnée seulement dans ce texte. Qui étaient-ils ? Qu'enseignaient-ils qui soit condamné si fermement ? La réponse se trouve dans le labyrinthe de l'histoire.

Les traces historiques ayant traits aux Nicolaïtes

Les premières mentions que nous avons d'eux par les autorités traditionnelles sont dans les écrits d'Ignace. Il est accrédité en tant que disciple de Jean avec Polycarpe. Il est censé avoir vécu de 30 à 107 EC (ère courante) et, par conséquent, n'étant encore qu'un enfant, il est censé avoir vu Christ, d'après des légendes plus tardives. Il fût évêque de l'Église à partir de la mort de Jean. Il mourut martyr, et légua son esprit à Polycarpe qui assuma la direction de l'Église. Il était aussi appelé Théophore, ce qui montre par ses écrits à quel point les premiers Chrétiens sentaient la présence de l'Esprit Saint (2Cor. 6:16). Dans la lettre d'Ignace aux Tralliens (Ch. XI, voir ANF, Vol. I, p. 71), nous lisons que Simon est condamné en tant que le fils premier né de Satan, avec Menander et Basilide. Ils étaient des gnostiques et cette épître fut écrite à la fin de la vie d'Ignace avant que Basilide aille en Alexandrie où il prospéra sous le règne des empereurs Adrien et Antoninus Pius, vers 120-140 EC. Epiphanius dit qu'il était originaire d'Antioche et un disciple de Menander, mais Eusèbe et Theodoret affirment qu'il était natif d’Alexandrie. Ignace montre ainsi qu'il était actif en tant que disciple de Menander et donc, Simon Magus à Antioche, de là Epiphanius est correct (ibid. ; cf. J.P. Arendzen, Cath. Encyc., art. ‘Basilide,’ Vol. II, p. 326. Arendzen tira probablement sa conclusion dans le but de rejeter la longue épître d'Ignace qui n'est pas trinitaire et en désaccord avec ses positions).

Ainsi, l'époque où nous pouvons situer les Nicolaïtes est au moins antécédente à 107 EC des premiers temps du Gnosticisme.

Ignace, dans la longue épître dit : Fuyez également les Nicolaïtes, ainsi faussement appelés, qui sont des amants du plaisir et se livrent à des discours calomniateurs (ANF, ibid.).

Nous déduisons trois choses de cet énoncé. D'abord, les Nicolaïtes étaient incorrectement nommés. Les déductions faites ou leur étant attribuées en tant que disciples de Nicolas, diacre de l'Église, sont fausses. Nous examinerons ceci plus loin.

Deuxièmement, les Nicolaïtes étaient des amants du plaisir, et troisièmement, ils se livraient à la calomnie dans leurs discours. En d’autres mots, ils accusaient et dénigraient leur opposition. Ainsi, les écrits d’œuvres accusatoires sont classés comme étant des actes de Nicolaïtes.

Ignace les mentionne encore dans son épître aux Philadelphiens. Ignace y déclare que le Nicolaïte (ainsi faussement appelé) voit le plaisir comme seule finalité et les unions illégales comme une bonne chose. Ainsi, la finalité de l'action est le plaisir (comme le verrait un hédoniste). Nous pouvons déduire à partir des commentaires d'Ignace que les unions illégales peuvent avoir dépassé la simple fornication, et, en effet, comme nous le verrons, l'adultère était sans conséquence pour eux. Les commentaires du Chapitre VI de cette épître indiquent aussi un problème dans leur vue de l'incarnation. Ignace nie la doctrine que Dieu la Parole a demeuré dans un corps humain y étant à l'intérieur en tant que la Parole et non en tant qu'une âme humaine. Il semble affirmer qu'il y était en tant qu'une âme humaine. Ainsi, d'après ce texte, les Nicolaïtes sont les précurseurs des Trinitaires. Ceci explique probablement pourquoi cette épître fut abrégée puis réécrite un peu plus tard.

De ce tout premier aperçu des Nicolaïtes, nous allons à Irenaeus (Irénée) qui était la lignée suivante de succession, étant enseigné par Polycarpe et par conséquent, séparé par une génération d'Ignace, né probablement entre 120 et 140 CE.

Irenaeus, disciple de Polycarpe, qui fut lui-même disciple de Jean, a écrit à propos des Nicolaïtes dans son œuvre Contre les hérésies, Ch. XXVI (ANF, Vol. I, pp. 351-352).

Après avoir condamné les Ebionites, il procède à la condamnation des Nicolaïtes mais semble ignorer le commentaire d'Ignace et accepter l'origine de la secte avec Nicolas. Ceci est probablement une assomption. Il dit : Les Nicolaïtes sont les disciples de ce Nicolas qui était un des sept premiers ordonnés au diaconat par les apôtres [la note 1 de ANF affirme que ce fait est contesté par d'autres anciennes autorités]. Ils mènent des vies d'indulgence sans restriction. Le caractère de ces hommes est clairement dénoncé dans l'Apocalypse de Jean [lorsqu'ils sont présentés], comme enseignant que l'adultère et la consommation de viandes sacrifiées aux idoles sont des questions sans importance. Par conséquent, la Parole a parlé d'eux de cette manière : "Tu as pourtant ceci, c'est que tu hais les œuvres des Nicolaïtes, œuvres que je hais aussi."

Irenaeus, dans le Chapitre XXII, identifie la source de l'hérésie comme venant des Gnostiques et provenant de Simon et de Menander – comme le fait Ignace. Pourtant contrairement à Ignace, il semble accepter que Nicolas soit à l'origine des Nicolaïtes. La vérité est probablement qu'une certaine vue de clémence a été portée à l'extrême et que la branche de l'Église sous Nicolas dans laquelle elle est initialement apparue, est devenue corrompue et s'est retirée. C'est le sens que nous lisons dans les lettres de Jean. Dans 1Jean 2, nous voyons la division dans l'Église qui découle de cette doctrine concernant la Divinité et la transgression de la Loi. Il est possible que Jean écrivait pour corriger les doctrines qui cherchaient à affirmer que l'humanité et la divinité de Christ étaient séparées et également que la loi était réduite, comme nous le voyons dans les doctrines des Gnostiques orientaux à partir de Simon jusqu’à Menander et les Nicolaïtes. Ce texte frappait au cœur de la structure trinitaire et c'est pourquoi ils devaient altérer la doctrine de l'Antéchrist trouvée dans 1Jean 4:1-2. Les Trinitaires ont altéré le texte pour lire comme suit : 1Jean 4:1-3 Bien-aimés, n'ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, pour savoir s'ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. 2 Reconnaissez à ceci l'Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus Christ venu en chair est de Dieu ; 3 et tout esprit qui ne confesse pas que Jésus Christ est venu en chair n'est pas de Dieu, c'est celui de Antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde.

Le texte original toutefois apparaît dans Irenaeus et est écrit ainsi : Reconnaissez à ceci l'esprit de Dieu : Chaque esprit qui confesse que Jésus Christ est venu dans la chair est de Dieu ; et chaque esprit qui sépare Jésus Christ n'est pas de Dieu mais de l'Antéchrist.

Socrate, l'historien dit (VII, 32, p. 381) que le passage a été altéré par ceux qui souhaitaient séparer l'humanité de Jésus Christ de sa divinité.

Il semble donc que nous avons affaire aux Nicolaïtes ou à une de leur branche qui a introduit deux vues hérétiques spécifiques. L'une concernait la Divinité et l'autre concernait l'introduction de l'antinomisme, touchant aussi le concept de l'amour. Tandis que la doctrine a été éventuellement changée de sorte que les éléments du péché les plus grossiers et les plus antisociaux étaient raffinés, les principes de base de l'élévation et de la séparation de l'humanité et de la divinité du Christ ont été maintenus. La doctrine a finalement été absorbée dans la Trinité, et elle devenue plus aberrante en tant qu'antinomisme dans les sectes mais étant établie comme la grâce éliminant l'argument de la Loi, ce qui est une des fonctions du Christianisme courant moderne. Il y a d'autres aspects des doctrines que nous examinerons également.

Nous savons des écrits de Clément d'Alexandrie que les Carpocratiens ont aussi adopté l'opinion que les Nicolaïtes avaient abusé du nom et des paroles du diacre Nicolas (voir ANF, Vol. II, p. 385 ; aussi Élucidation, IV, p. 404).

Dans le Stromata ou Miscellanies Tome III (le seul qui n'a pas été traduit en anglais) au Chapitre IV, nous lisons Clément traiter des Carpocratiens et du détournement des enseignements de Nicolas par les Nicolaïtes. Dans la première partie, il traite des commentaires de Christ allégués à Philippe faits dans Mathieu 8:22 et Luc 9:60.

Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts.[Quod si usurpent vocem Domini, qui dicit Phillipo "Sine mortuos sepelire mortuos suos, tu autem sequere me".]

L'argument ayant trait à la corruption du corps semble être déduit de cette forme. L'argument à l'encontre des Nicolaïtes est réduit à ce sens, citant Mathieu 6:24 et Luc 16:13 "convenientir Domini Praecepto, ‘duobus dominis servire’, voluptati et Deo". Que l'on peut traduire comme ceci : "Tu ne peux servir deux maîtres, la volupté et Dieu".

Dans ce texte, Clément réduit les hérétiques en deux classes. La première classe dans laquelle il place les Nicolaïtes vise ceux qui adoptent un mode de vie incontrôlé et la seconde classe représente ceux qui affectent avec impiété la continence ou le célibat. C'est la raison principale pour laquelle cette œuvre demeure en latin et n'a pas été traduite. Les compilateurs de Ante-Nicene Fathers l'ont fait délibérément comme nous pouvons le voir de la note 1 page 381 : Après beaucoup de réflexions, les Éditeurs ont jugé hautement préférable de publier l'ensemble de ce livre en latin. [Dans le livre précédent, Clément a montré, non sans un penchant prononcé en faveur de la chasteté du célibat, que le mariage est un statut saint, et conforme avec l'homme parfait en Christ. Il entre maintenant dans la réfutation des faux gnostiques et de leurs principes licencieux. Professant de commencer avec des règles plus strictes, et méprisant les ordonnances du Créateur, leur résultat a été en pratique la pire des immoralités. Les conséquences mélancoliques d'un célibat imposé sont ici toutes prévues et démontrées ; et ce livre, quoique nécessairement offensif à l'égard de nos préférences chrétiennes, est un commentaire des plus utiles sur l'histoire du monasticisme et du célibat des prêtres dans les Églises occidentales. La résolution des éditeurs d'Edhinburg de donner ce livre seulement aux érudits, en latin, est probablement sage. Je joins [ci- dessous] une analyse des élucidations.] (ANF, Vol. II, p. 381).

Ce texte fut laissé en latin pour apparemment protéger les grands pécheurs de leur propre ignorance, ou plus probablement, le célibat clérical des condamnations que son aberration non biblique méritait grandement.

Clément condamne les arguments gnostiques concernant le célibat aussi bien que les actes licencieux et note que Pierre était marié, que le diacre Philippe avait donné en mariage ses filles et suppose que Paul était également marié. (voir Elucidations, VII, p. 405).

Il n'y a aucun doute que Clément considérait que les Nicolaïtes abusaient des enseignements du diacre Nicolas et qu'ils sont classés parmi la honteuse secte des hérétiques. Il refuse à ces deux classes le titre de Gnostique, car Clément lui-même en était quasiment un et considérait le titre comme un honneur, lié à la connaissance de la foi proche de l'ésotérisme.

La fois suivante où nous entrons en contact avec la doctrine des Nicolaïtes est dans les écrits attribués à Tertullien (voir la traduction de S. Thelwell de l'appendice Against All Heresies, ANF, Vol. III, p. 649). Thelwell relègue ce texte comme un faux traité attribué à Tertullien mais écrit [selon Oehler] par Victorinus Petavionensis, i.e. Victor, évêque de Poetovio sur la Drave, en Styrie autrichienne. Jérôme déclare explicitement que Victorinus a écrit adversus omnes Haeresies. Allix est incertain de son auteur. Si Victorinus l'a écrit, il demeure ante-Nicéen car celui-ci est mort en martyr pendant la persécution de Dioclétien aux alentours de 303 EC.

Qu'il soit de Tertullien ou de Victorinus, après avoir énuméré l'histoire et les points de vue des écoles à partir de Simon Magus jusqu'à Basilide, en passant par Menander, le texte affirme : Un autre hérétique surgit ; c’est Nicolas. Il était compté parmi les sept diacres qui furent choisis dans les Actes des Apôtres [Actes 6:1-6]. Il soutint que les Ténèbres convoitèrent la Lumière d’une manière honteuse. Je rougirais de rapporter tout ce qui est sorti d’immonde de cette union obscène. En effet, il parle de certains Éons impudiques, tels que les embrassements, les unions exécrables et hideuses [voir n. 7 à la p. 650], et d’autres choses plus révoltantes encore. Il crée ensuite sept esprits, dieux et démons, et invente mille extravagances aussi sacrilèges qu’infâmes. Passons-les sous silence, puisque la pudeur nous défend de nous y arrêter. Il nous suffit que l’Apocalypse du Seigneur condamne par la vénérable autorité de sa sentence toute cette hérésie des Nicolaïtes, en disant : « Tu as cela pour toi, que tu hais les actions des Nicolaïtes, comme moi-même je les hais. » [http://www.intratext.com/IXT/FRA0307/_P2.HTM]

Le texte continue ensuite sur la description des Ophites, qui vénéraient le serpent parce que c'est le serpent qui donna à l'homme la connaissance du bien et du mal.

De tout cela, nous voyons que cette doctrine est un développement du Gnosticisme antinomien ou licencieux. Originellement attribué à un développement de Nicolas, un des diacres originaux, une assertion démentie par les disciples les plus anciens, il a été accepté comme un enseignement venant de lui.

Cela semble former la base de l'hérésie que Jean devait combattre dans son épître aux Parthes. Elle n'était pas seulement un comportement licencieux, mais était également liée à une vue particulière de la Divinité, cherchant à placer l'humanité et la divinité de Christ à des niveaux tels que Dieu la Parole entra dans le corps et que, de quelque manière, l’humanité de Christ en fut altérée. Ceci bien sûr résulta dans la structure trinitaire qui altéra la compréhension de la structure de l'humanité et de la divinité de l'incarnation. Pour cette raison, les commentaires en 1Jean 4:1-3 ont été altérés afin d'obscurcir le texte.

Augustin affirme que l'épître de Jean fut écrite aux Parthes (voir Nicene and Post Nicene Fathers (NPNF), Séries 1, Vol. VII, p. 459). Nous examinerons ailleurs la signification de ceci, mais la portée de l'hérésie Gnostique était ainsi répandue comme l'Église a été démontrée comme se trouvant au milieu des Parthes.

Hippolyte mentionne également les Nicolaïtes (dans The Refutation of all Heresies, Book VII, Ch. XXIV, ANF, Vol. V, p. 115) dans la section sur les Melchisédekiens. Il dit de Nicolas : Mais Nicolas a été une des causes de la grande propagation de ces hommes vils. Lui, étant un des sept (choisis) pour le diaconat [le septième, voir Acte 6:5], fut ordonné par les Apôtres. (Mais Nicolas) s'éloigna de la bonne doctrine, et avait l'habitude de prêcher l'indifférence en matière de vie et de nourriture. Et lorsque les disciples (de Nicolas) ont continué d'insulter l'Esprit Saint, Jean les a réprimandés dans l'Apocalypse en tant que fornicateurs et mangeurs de viandes sacrifiées aux idoles. [Apoc. 2:6].

Les détails sont amenés progressivement, à partir d'Irenaeus, I, 26 ; Tertullien Praescript., cxiv; Epiphanius Haer., cxxv ; Eusèbe Hist. Eccles., iii, 29 ; Theodoret Haer. Fab, I, 15 ; et ensuite Augustin Haer., cv.

Nous constatons une distorsion progressive des arguments à partir de la fausse attribution à Nicolas et la distorsion de la doctrine concernant la Divinité et la loi, pour aboutir à l'indulgence dans le péché et la promiscuité, sans aucune mention de la Divinité et de la loi qui étaient une question centrale lorsque discutée initialement.

Nous en avons pourtant une idée, en examinant la section concernant les Nicolaïtes de Clément d'Alexandrie, quand il dit (dans Stromata or Miscellanies Volume II, Ch. XIX, ANF, Vol. II, p. 373) : Tels aussi sont ceux qui suivent Nicolas, citant une de ses phrases qu'il distord, disant que la chair doit être maltraitée. Mais cet homme digne avait montré qu'il était nécessaire de limiter les plaisirs et les convoitises, et par un tel entraînement de se dégager des impulsions et propensions de la chair. Mais ils s'abandonnèrent au plaisir comme des chèvres, comme s'ils insultaient leurs corps, vivant des vies de laisser aller extrême ; ignorant que la chair est perdue, étant de nature sujette à la dissolution, alors que leur âme est enterrée [par] le piège du vice, suivant l'enseignement du plaisir lui-même, non pas de l'homme apostolique. Nous voyons ici que les enseignements du diacre Nicolas, pour vaincre les convoitises de la chair ont été tordus par les gnostiques infiltrés dans l'Église. Ces Nicolaïtes, comme ils s'appelaient eux-mêmes, ont attaqué la nature de Dieu et la Loi, et ont ainsi régressé au péché. La raison pour laquelle ces arguments n'ont jamais été exprimés par les théologiens est extrêmement simple. Clément en montre l'intention dans la prochaine séquence en ces mots : ... D'où il m'apparaît que la loi divine menace nécessairement, avec la crainte que, à force de prudence et d’attention, le philosophe puisse acquérir et conserver l'absence d'anxiété, continuant sans chute et sans péché en toutes choses. Car la paix et la liberté ne sont pas autrement gagnées que par une lutte incessante et intransigeante contre nos convoitises. Car ces adversaires fermes et olympiques sont plus piquants que des guêpes, pour ainsi dire. Et particulièrement le Plaisir qui, non seulement de jour, mais aussi de nuit, est dans les rêves, piégeant, complotant et mordant avec sorcellerie. Comment donc les grecs peuvent-ils encore être justes en piétinant la loi, quand ils enseignent eux-mêmes que le Plaisir est l'esclave de la peur ? ...

Nous voyons ici que le centre de l'argument est la loi et sa réduction dans l'antinomisme. Ainsi la Divinité devait être réduite et le Christ surélevé dans le but d'éliminer les lois de l'Ancien Testament et de Dieu. Cette doctrine n'a pas été exposée adéquatement parce qu'elle est le centre des arguments loi/grâce du Christianisme trinitaire dominant. Ils ne peuvent pas l'exposer sans s'exposer eux-mêmes, donc peu est écrit à ce sujet.

C'est la raison pour laquelle Jean écrit sur la nature du péché et la doctrine de l'Antéchrist, le combinant dans la même épître avec la doctrine de l'amour. Ces trois éléments furent combinés dans l'hérésie qui attaqua l'Église, et ne peut qu'être un développement de l'hérésie gnostique qui engendra l'église chrétienne dominante. En examinant l'histoire de cette doctrine, il semble extrêmement probable que nous étudions ici la réfutation des doctrines gnostiques, appelées plus tard Nicolaïtes dans la première épître de Jean et que cette hérésie divisa rapidement l'Église. Cela engendra plus tard la fondation du système plus modéré du Christianisme dominant qui adopta la dualité des systèmes ascétique et libéral, les combinant à l'intérieur de l'église dans les distinctions prêtre/laïque que nous observons aussi dans le dualisme et le montanisme manichéens

Cette vue nous amène ensuite vers un autre aspect important incorporé dans le Christianisme trinitaire ou dominant qui dépend ou peut être tiré de la signification du nom. Les Nicolaïtes avaient la vue de la loi et de la grâce, qui fut modifiée, à l'instar de tous les aspects du système syncrétique de Babylone de la prostituée.

Le nom est allégué être dérivé de Nicolas mais il est approprié d'examiner la structure du texte grecque original.

Toutefois avant d'examiner la structure du nom, un autre aspect à considérer d'eux est ce que Fleury dit d'eux : ciel. Ils en ont nommé un calaucauch, abusant d’un passage d’Ésaïe, où se lisent ces mots hébreux : cau-la-cau, cau-la-cau, pour représenter l’insolence avec laquelle les impies se moquaient du prophète, en répétant plusieurs fois quelques-unes de ses paroles (ANF, Vol. V, p. 154).

Ce texte est lié à la réfutation des doctrines des Naassènes par Hippolyte (Réfutation de Toutes les Hérésies, ANF, Livre V, Ch. II, p. 52).

Les trois termes étaient Caulacau, Saulasau et Zeesar, signifiant respectivement espoir, tribulation et espoir dans un sens amoindri (voir note p. 52 et à Irenaeus, ANF, p. 350). Les commentaires se réfèrent à Ésaïe 28:10. Ce texte est dirigé contre Juda qui est semblable à la Samarie dans son hédonisme effréné et cela est la base de la réaction qu'il engendre chez les gnostiques licencieux comme les Nicolaïtes. La connaissance est reçue précepte sur précepte, règle sur règle – d’où la répétition de Saulasau et Caulacau. Précepte ici est SHD 6673 tsav, comme une injonction, signifiant un commandement et donc une loi ou un précepte. Les antinomiens s'attaquaient à la loi et l'appelaient tribulation. Règle sur règle est SHD 6957 kav ou kawv ainsi cela devient kawv-la-kawv. C'est une corde utilisée pour mesurer et aussi une corde musicale, d'ou accord. C'est en ce sens une ligne. Par la loi, tout était mesuré, et c'est le sens du texte d'Ésaïe et par conséquent, ridiculisé par les Naassènes et contenu dans la cosmologie des Nicolaïtes. Les Gnostiques, et ici, également les Nicolaïtes étaient à l'origine du principe de la grâce mais pas la loi des Trinitaires antinomiens modernes qui sont leur descendants logiques.

L'histoire des Nicolaïtes est aussi mentionnée par Eusèbe (Church History, NPNF, Series 2, Vol. 1, p. 161). Après avoir traité de Cérinthe, il écrit : À cette époque, la secte ainsi nommée des Nicolaïtes fit son apparition et ne dura que peu de temps. Il en est fait mention dans l'Apocalypse de Jean. Ils se targuaient du fait que Nicolas était leur fondateur, un des diacres qui, avec Étienne, furent ordonnés par les apôtres pour s'occuper du ministère des pauvres. Clément d'Alexandrie dans son troisième livre de ses Stromata, relate les événements suivants le concernant [voir Stromata III. 4]. Ils disaient qu'il avait une très belle femme et qu'après l'ascension du sauveur, ayant été accusé de jalousie par les apôtres, il l'amena parmi eux et donna la permission à quiconque le voulait de l'épouser. Car ils affirmaient que cela était en accord avec ses paroles quand il déclarait que l'on devait abuser de la chair. Et ceux qui ont suivi son hérésie, imitant aveuglement et follement, ce qui avait été dit et fait, commettent la fornication sans aucune honte. Mais je comprends que Nicolas n'eût aucune relation avec une autre femme que la sienne, et qu'en ce qui concerne ses enfants, ses filles restèrent vierges tardivement, et que son fils ne fut pas corrompu. Si c'est ainsi, quand il amena sa femme, qu'il aimait jalousement, au milieu des apôtres, c'était de toute évidence pour renoncer à sa passion. Et quand il utilisait l'expression ‘abuser de la chair’, il s'inculquait l’autocontrôle en face des plaisirs qui sont ardemment poursuivis. Car je suppose qu'en accord avec le commandement du sauveur, il ne voulait pas servir deux maîtres, le plaisir et le Seigneur.

Ce discours est une référence à Matthieu 6:24 comme nous le voyons également ci-dessus dans la référence des Stromata de Clément. Eusèbe dit également que Matthias enseignait les mêmes voies, ce qui est noté dans les NPNF note 5 page 161 qui se reportent à l'évangile de Matthias, mentionné par Eusèbe au chapitre XXV. C'est également mentionné par Origène (Hom in Lucam I), par Jérôme (Paef in Matt), et par d'autres auteurs plus tardifs. Cet évangile ne se trouve plus. Clément en préserve quelques fragments dans Stromata II.9, III.4, VII.13. Cet évangile souligne l'ascétisme. On en connaît peu à son propos, mais Lipsius affirme qu'il est identique au [paradoseis Marthion], respecté dans les cercles gnostiques, particulièrement chez les Basilidiens (voir Lipsius Dict. de Christ. Biog., II, p. 716 ; cf. NPNF, ibid., p. 157 n. 30).

On remarquera facilement qu'Eusèbe de Césarée, écrivant à plusieurs siècles de distance, les considérait encore sous l'influence gnostique et qu’ils appartenaient justement aux catégories de Gnostiques qui sont sortis de Syrie et des Samaritains Simon Magus et de son disciple Menander de Caparattea (NPNF, ibid., p. 158). Elles sont passées ensuite à Basilide et aux Nicolaïtes qui étaient plutôt des gnostiques syriens libéraux qui prirent le nom de Nicolaïtes probablement par désir d'envahir et diviser l'Église comme on le voit dans l'épître de Jean, mais qui en furent rejetés. Eusèbe semble penser qu'ils ne durèrent pas longtemps car à l'époque où il écrit, le système avait été adapté et remplacé par une forme syncrétique de Gnosticisme qui combinait des vues libérales et des vues ascétiques en deux niveaux de développement.

Mosheim (Ecclesiastical History, Pt. II, Ch. V, quatrième édition, William Tegg, London, 1865, p. 49) est d’avis que les Nicolaïtes peuvent avoir été initialement un autre groupe que la secte mentionnée par les écrivains du deuxième siècle, Irénée, Tertullien et Clément d'Alexandrie, mais il ne prend pas en compte Ignace. Il est fort probable que Mosheim soit correct de les relier avec les doctrines gnostiques développées comme nous avons vu et qu'ils ne sont pas sortis de Nicolas le diacre. L’opinion de Mosheim concernant le reproche de Christ qui ne les charge d’aucune erreur en matière de foi est insupportable et ne tient pas compte de la prophétie dans l'Apocalypse. Ses commentaires sur les Nicolaïtes sont considérés superficiels. Il considère également Menander comme un fou plutôt qu'un hérétique et semble ne voir qu'une faible connexion entre Simon Magus et Menander contrairement aux écrivains plus anciens.

Selon un écrivain plus récent, pseudo-Dorotheus, il y a eu un Nicolas, évêque de Samarie qui tomba en hérésie et dans des voies mauvaises sous l'influence de Simon Magus et qui, pense-t-on, aurait donné son nom à la secte. Mais il est considéré comme un témoin tardif et sans valeur (ERE, art. ‘Nicolaitans’, Vol. 9, p. 364). Il est dit la même chose du pseudo-Abdias (Acta Apost. Apoc.) qui introduisit un autre Nicolas converti par l'apôtre André après une vie d'auto indulgence (ibid.). L'ERE est d'avis que nous avons affaire à une secte gnostique libertine (ibid., p. 363). Ils sont condamnés pour la consommation de nourritures sacrifiées aux idoles et pour une grande immoralité (ibid., cf. Apoc. 2:14,20). Moss (ERE, ibid., p. 365) croit que la secte gnostique des Nicolaïtes au début du troisième siècle en Asie mineure (Epiphanius Haer., XXV ; cf. pseudo-Tert. adv. omn. Haer., 1 et Hipp. Haer., VII, 24) n'était pas reliée. Leur culte visait la Déesse Mère et la Déesse du Ciel et sa prostitution. Une telle proposition ignore complètement la continuité de l'histoire.

Dans les disputes doctrinales ultérieures, les prêtres mariés ont été attaqués comme immoraux par les promoteurs du célibat. L'argument fut utilisé par le cardinal Humbert (Contra Nicetam 25) qui a décrit l'hérésie Nicolaïte comme la justification du mariage des prêtres.

Cette opinion d'Humbert fut officiellement reconnue au Concile de Plaisance (mars 1095).

Ce que nous constatons est l'émergence du système prêtres/laïques des Nicolaïtes dans le Christianisme dominant, dédié au système de la Déesse Mère en tant que Mariolâtrie, dérivé de sources gnostiques.

Concernant le mariage et les doctrines de l'Église originale

Eusèbe, dans son histoire, se réfère à Clément et confirme que Pierre et Philippe étaient non seulement mariés, mais avaient également des enfants. Il affirme que : Paul n'hésite pas à saluer sa femme dans une de ses épîtres, qu'il n'a pas amenée avec lui, afin de ne pas être incommodé dans son ministère.

Il relate aussi la note de Clément que la femme de Pierre fut tuée en martyre sous ses yeux et il lui cria son encouragement. On lui attribue la paternité de Petronilla, mais peut-être injustement, d'après la tombe de Aurelia Petronilla filia dulcissima, enterrée au cimetière chrétien de Flavia Domitilla. Cette attribution se fonde sur l'idée incorrecte que Petronilla serait un diminutif de Petrus. Les noms de ses enfants ne sont pas connus avec certitude.

Les auteurs des NPNF supposent que Philippe l'apôtre est confondu avec Philippe l'évangéliste qui a quatre filles vierges d'après Acte 21:9. Clément nous déclare qu'elles se sont mariées plus tard s'il parle bien du même Philippe. Mais Polycrate affirme que deux au moins sont restées célibataires (voir NPNF, ibid., p. 162 n. 3,4). Nous pourrions donc parler de deux Philippe différents, l'apôtre et l'évangéliste.

En ce qui concerne Paul, la réponse probable est qu'il considérait le mariage au moment où l'épître aux Corinthiens fut écrite et que les références par Eusèbe et Clément visent une autre épître dans lequel sa femme est nommée. Cela pourrait être celle aux Romains écrite à peu près deux ans après celle aux Corinthiens. Si c'est bien le cas, le chapitre 16 se réfère à sa femme. Rufus et sa mère pourrait ainsi être son beau-frère et sa belle-mère, et la femme bien-aimée serait sa femme. Il pourrait aussi avoir été veuf. Quel que soit le cas, l'histoire réfute le célibat chez les apôtres et les anciens qui étaient tous des maris et des pères fidèles. De même, l’histoire nous apprend que les Nicolaïtes n'étaient pas issus de Nicolas, mais des Gnostiques antinomiens.

Il a été compris par Clément ainsi que par Eusèbe que Paul était marié et les NPNF attribuent cette idée à 1Corinthiens 9:5 mais affirment que 1Corinthiens 7:8 semble dire le contraire. La solution pourrait se trouver dans la structure du texte. Nous apprenons avec certitude dans 1Corinthiens 9:5 que Pierre et les frères du Seigneur étaient tous mariés et Paul demande le droit qu'ils puissent être accompagnés de leurs épouses comme ceux-ci et les autres apôtres le sont.

Il a donc été pensé pendant plusieurs siècles que tous les apôtres, Paul y compris, étaient mariés. Aussi, Judas, le frère du Christ, était marié et avait des fils. Les frères du Christ sont Jacques, Joseph, Simon et Jude (Matt. 13:55). Clopas, l'oncle de Christ, était marié à Marie mère de Jacques le Mineur et Joseph. On le dit aussi père de Siméon, second évêque de Jérusalem. Ce sont ces similarités des noms qui permirent aux Catholiques d'affirmer que les frères du Christ étaient en réalité ses cousins. Pourtant, le frère du Christ était appelé Jacques le Juste et non Jacques le Mineur comme son cousin. Eusèbe lui même, un unitaire subordinationiste, allègue qu'Hegesippius écrit que Clopas était le frère de Joseph (Eusèbe, ibid., Ch. XI, p. 146 ; cf. Livre IV, Ch. 22).

Jean 19:25 déclare clairement que Marie la femme de Clopas était la sœur de Marie la mère du Messie. Donc, soit, nous avons deux frères épousant deux sœurs, soit l'écrit d'Hegepius est mal interprété pour montrer que Clopas est le frère de Joseph.

Jacques le Juste et Siméon, le cousin du Christ moururent en martyrs (voir aussi Eusèbe, ibid., Livre IV, XXII, p. 199). C'est à ce moment que les fils de Jude, frère de Christ, prirent la tête de chaque Église en tant que témoins et parents de Jésus Christ, et ce, depuis le règne de Domitien au moins jusqu'au règne de Trajan, quand Siméon meurt en martyr devant Atticus, gouverneur de l'époque (voir Eusèbe, ibid., p. 164). Eusèbe confirme également qu'Ignace est évêque d'Antioche et second dans la succession de Pierre (succédant Enodius) (voir NPNF, ibid., p. 166 et n. 4).

Ces parents du Christ étaient appelés les desposyni, ce qui signifie littéralement en grec : Appartenant au Seigneur. Ce terme était exclusivement réservé aux parents du Christ et était hautement estimé et respecté jusqu'à la moitié du second siècle. L'ancienne Église juive chrétienne fut toujours entièrement dirigée par ses propres desposyni, chacun portant un des noms traditionnels dans la famille de Jésus : Zacharie, Joseph, Jean, Jacques, Joseph, Siméon, Matthias et ainsi de suite, mais aucun ne fut jamais appelé Jésus ou Yehoshua, i.e. Joshua. Il y avait trois lignées réputées et authentiques de descendants de la famille de Jésus. L'historien catholique romain Malachie Martin essaye de confiner ces lignées de desposyni comme suit. Celles-ci étaient : une de Joachim et Anna, les grands parents maternels de Jésus. Une d'Elizabeth, cousine de Marie, la mère de Jésus, et de son mari Zacharie. Et une de Clophas et de sa femme, également une cousine de Marie. (M. Martin Decline and Fall of the Roman Church, Secker and Warburg, London, 1981, p. 42).

Il acquiesce qu'il y a de nombreux descendants de Joseph (p.43), mais comme tous les Catholiques romains, il essaye de dénier tout lien direct avec Marie, alors même qu'il atteste qu'ils furent attachés à l'Église durant les premières années.

Martin écrit que les descendants, en tant que chefs de l'Église, tinrent conseil avec Sylvestre, évêque de Rome, à propos de la nature entière de l'Église en l'année 318 EC (ibid). L'empereur suppléa le transport maritime jusqu'à Ostie pour huit d'entre eux et ils allèrent ensuite montés sur des ânes jusqu’à Rome, puis à Latran, où Sylvestre vivait maintenant dans la splendeur. Ils portaient de rudes habits de laine avec des bonnets et bottes en cuir. La conversation eu lieu en grec, car ils parlaient araméen mais pas latin, et que Sylvestre ne parlait pas araméen. Martin considère que Joseph, le plus ancien des juifs chrétiens, parlait probablement en leur nom.

Martin affirme que la première division eu lieu en 49 EC à propos de la circoncision, alors que Pierre et Paul s'étaient séparés d'eux en disant être liés par la Torah. C'est bien entendu une assertion erronée basée sur des préjugés catholiques mais cela démontre le problème que nous voyons se développer de ces intrusions gnostiques qui aboutirent finalement en 318 CE par l'éclatante discordance entre la façon dont l'Église était gérée par les descendants juifs du Christ et la soi-disant Église catholique orthodoxe. Depuis la conquête d'Hadrien en 135 EC, tous les Juifs et par extension tous les juifs chrétiens, étaient interdits d'entrer à Jérusalem. Ainsi, la position doctrinale du système original était exclue de Jérusalem pourtant considérée comme centrale à la foi. Les Juifs chrétiens étaient la seule Église chrétienne à Jérusalem jusqu'en 135 EC. Ils l'avaient quittée seulement une fois, avant sa conquête par Titus en 70 EC, lorsqu’ils fuirent vers Pella sous l'autorité de Siméon, selon Martin (ibid.). En 72 EC, ils retournèrent à Jérusalem jusqu'à ce qu’Hadrien les bannisse en 135 EC. Ils installèrent des églises chrétiennes dans toute l'étendue de la Palestine, la Syrie et la Mésopotamie, mais ils entrèrent en conflit avec les églises chrétiennes grecques à cause de l'observance de la loi ou Torah. C’est la raison selon le Catholicisme moderne pour laquelle Pierre et Paul avaient mis en place un système différent avec les Grecs, mais c’est inexact.

Leur système de gouvernement, basé sur celui de la congrégation était aussi en question. En 318 EC, ils demandèrent à Sylvestre qui était maintenant sous le patronage romain, de révoquer sa confirmation de l’autorité des évêques chrétiens grecs à Jérusalem, Antioche, Éphèse et Alexandrie, et de nommer des évêques desposyni à leur place. De plus, ils demandèrent que la pratique d'envoyer de l'argent à Jérusalem en tant qu'église mère soit reprise. Cette pratique est facilement identifiée comme le système de la dîme de la dîme, en application dans l'Église jusqu'à son bannissement par Hadrien en 135 EC.

Sylvestre rejeta leurs revendications, déclara qu'à partir de ce moment l'église mère se trouvait à Rome et les pressa d'accepter les évêques grecs pour les diriger.

Cela a été le dernier dialogue connu avec l'église orientale observant le Sabbat, dirigée par des disciples descendants de la lignée directe du Messie. Selon les mots de Martin : Par cette adaptation, Sylvestre, soutenu par Constantin, avait décidé que le message de Jésus devait être répandu en des termes occidentaux par des esprits occidentaux sur un modèle impérial (ibid. p.44).

Martin écrit que depuis ce temps, ils n'eurent plus de place dans une telle structure d’église. Ils réussirent à survivre jusqu'aux premières décades du 5ème siècle, mais un par un, ils disparurent. Certains se réconcilièrent avec l'église romaine mais seulement en tant qu'individus. Certains passèrent sous l'anonymat des rites orientaux. Le reste fut chassé comme étant hors la loi. Mais la plupart moururent par l'épée, chassés par les garnisons romaines, ou moururent de famine, dépourvus de leurs petites fermes et furent déportés dans les villes afin d'être contrôlés et réduits à néant par un taux de naissance nul.

Depuis 318 EC, les Nicolaïtes émergèrent victorieux contre les descendants directs de la famille du Messie.

Leurs héritiers furent forcés à se cacher en tant que Pauliciens et en Europe où ils furent persécutés sous le nom de Vaudois

La victoire de Nike et des Mystères

Un nouveau système de gouvernement fut infligé à l'église qui a sa place dans les systèmes des Mystères phrygiens et gnostiques.

Les Phrygiens ont développé les cultes des Mystères qui firent leur entrée à Rome avec des pirates capturés par Pompée vers 64 AEC (avant l’ère courante). Ceci a introduit le système de Mithra et les cultes du soleil à Rome et plus tard dans le Christianisme. Les cultes des Phrygiens appelaient leurs chefs papa ou père et c'est pourquoi Christ interdit à quiconque d’être appelé père sur terre (Matt. 23:9). Père devint un rang dans le système mithriaque (avec Lion et Corbeau, etc.) emprunté des Phrygiens (qui ont aussi développé l'augure par le vol des oiseaux ; ANF, vol II, p 65) et entra dans le Catholicisme comme une modification de ce système païen.

La Mère phrygienne était Cybèle (ANF, Vol. VI, p. 462). C'est un point central dans les Mystères (ibid., Vol. VI, p. 497). Les Phrygiens ont eu leur influence sur le Christianisme à travers le Gnosticisme et également par Tertullien et les Montanistes (voir Vol. II, ibid., p. 62).

Le dieu Attis était aimé par la Mère des Dieux. L'abstinence de vin dans les cultes ascétiques vient de la légende qu'Attis révéla les secrets d'Acdestis sous l'influence du vin. Par conséquent, il est interdit à ceux qui boivent d’entrer dans son sanctuaire. Cet élément des Mystères venu des Phrygiens concernant l'adoration du dieu Attis et de la Grande Mère (qui finalement est identifiée avec Marie) et la décoration du sapin sacré avec des fleurs etc. (i.e. le sapin de Noël) ont pénétré le Christianisme à travers l'ascétisme gnostique (consulter aussi les études Selon Asteius Urbanus, l'hérésie montaniste vit le jour en Phrygie et ceci n'est pas une surprise après ce que nous avons vu jusqu'ici et la nature gnostique de l'hérésie. L'épître de Jean aux Parthes est importante pour cette question.

C'est également à partir de ce moment, avec la montée des Montanistes qu'apparaît initialement la pratique de parler en langues en expressions étranges, contrairement à la tradition prophétique de l’Église dans cette affaire (ANF, Vol. VII, pp. 335 ff.).

Les Phrygiens et les Naassènes maintenaient des doctrines similaires quant à la résurrection, et nous avons vu que l'Église primitive liait les doctrines des Nicolaïtes et des Naassènes. Hippolyte est de cet avis et expose l'hérésie des Phrygiens et des Naassènes concernant la résurrection vers un homme parfait. Ils affirment que le titre Papa s'appliquait à l'homme parfait qui devait entrer par la vraie porte. Ils voyaient Jésus comme cette porte. En entrant par elle, on est né de nouveau.

Ainsi, le terme Papa est appliqué à l'homme parfait et appartient simultanément à toute créature céleste, terrestre et infernale. Les Phrygiens affirmaient qu'à sa mort, chaque homme entre par cette porte dans le ciel et devient un dieu. (ANF, Vol. V, p.54).

Ainsi, nous avons affaire avec le système gnostique d’entrée au ciel après la mort et la dénégation de la résurrection physique. Ces séries célestes des Aeons ont également été trouvées parmi chacun de ces groupes. Les doctrines phrygiennes concernant la relation entre males et femelles, comme celle du système de la chèvre aipolis étaient liées au concept de ne pas donner aux chiens (ou aux porcs) ce qui est saint (voir ANF, ibid., p.55).

D'une même manière, les Naassènes voient l'homme parfait pour un épi de blé vert récolté (ibid.). À partir de ce système, nous voyons donc que les systèmes gnostiques d’Asie mineure voyaient dans le Christianisme un reflet des systèmes des Mystères et remplacèrent Attis par le Christ. De la même manière, les Athéniens, comme les Phrygiens, initièrent les gens aux Mystères d’Éleusis. L'épi de blé récolté était l'initiation aux plus hauts niveaux de ces Mystères (ibid.). Ainsi, la Gerbe agitée fut remplacée et finalement les Pâques/Easter remplacèrent le système de la Pâque. C'est ainsi que les systèmes des Mystères, desquels les Nicolaïtes n'étaient qu'une des manifestations d’un élément ayant des doctrines communes à tous, entrèrent dans le Christianisme. Les Nicolaïtes étaient probablement l’élément qui exprimait ouvertement les éléments de la sensualité que nous voyons dans les Mystères probablement autour d'Aphrodite (cf. ANF, ibid., p.55).

Hippolyte maintient que les Mystères des Phrygiens ont un même objet d'adoration avec les Naassènes. Il affirme que les Naassènes allégorisent le récit biblique concernant le Jardin d'Éden et appliquent ensuite l'allégorie à la vie de Jésus (ibid., Ch. IV, p.56).

Le système entier considère le préexistant Amygdalus comme père de l'univers et reçoit de lui un système de progression. La théorie que les anges sont d’un ordre inférieur aux élohim ou theoi en tant que fils de Dieu est une croyance des Gnostiques provenant des Mystères phrygiens appelés Mystères de la Grande Mère, portant parmi eux les noms des déités associées depuis Attis jusqu'à Apollon, Adonis, Jupiter, Osiris et Papa ou pape, corps et dieux ou épi de blé vert, (cf. ibid., pp.56-57).

Ce n'est qu'un seul et unique système avec des manifestations de différentes phases des Mystères qui ressortent, de sorte que l’ensemble complet n'est pas compris par l'observateur non initié. Les Nicolaïtes n'ont pas disparu ils ont simplement fusionné avec les autres éléments gnostiques et se sont cachés avec les aspects les plus antisociaux de leur comportement. Avec le temps, le système entier fut absorbé.

Ceci nous amène à un autre aspect de la signification du nom Nicolaïte. Il y a une raison pour laquelle ils choisirent ce nom et essayèrent de dériver l’origine du centre des élus.

Le nom des Nicolaïtes est dérivé de deux mots : Nike signifiant conquête, ou plus particulièrement victoire personnifiée (voir ERE, indexes ; I 328a ; IX 794 ; XII 695 [ailes VII 136 ; XII 741]) et qui est elle-même une déité, et laos qui signifie peuple.

Le nom Nicolas est censé être dérivé du concept de victoire sur le peuple, mais c'est bien plus que cela. Par exemple, Nike est un nom utilisé pour définir le concept d'une déité qui est elle-même dérivée des divinités élémentaires dont les natures sont identiques. Ainsi, Nike et Zelos sont identifiés avec Phobos, Deimos, Kydoimos et avec Uranus, Gaia, Déméter et Chaos. Toutes sont des figures qui s'unissent dans l’évolution ultérieure aux divinités élémentaires (voir ERE, Vol. I, art. ‘Allegory’, p. 328).

Nike n'a quasiment aucune part dans les mythes et quand elle est adorée, c'est généralement comme une forme particulière d'une autre divinité, souvent Athéna, Artémis ou Aphrodite (voir ERE, art. Personnification (Roman), Vol. IX, p. 794). Ainsi Nike est liée ici au système mystique des Phrygiens. Cela est le concept fondamental qui explique le choix de ce nom dans le Christianisme gnostique.

Nike est normalement vue comme une autre épithète d'Athéna, déesse de la guerre, alors que Nike est déesse de la victoire. Athéna-Nike avait un autel et un sanctuaire sur le bastion au sud de l'entrée de l'Acropole. Ils furent érigés au temps de Perikles pour commémorer la victoire des Grecs sur les Perses. Nike est vue comme le messager plutôt que celle qui donne la victoire. Donc l’association avec la fonction du Logos est logiquement adoptée (cf. ERE, Vol. XII, p. 695).

Archemos de Chios est considéré comme le premier sculpteur grec à représenter Nike avec des ailes et elle symbolise les victoires. Elle a été placée sur la main droite tendue de la statue géante d'or et d'ivoire de Zeus et Athéna à l'Olympe et Athènes par Phidias. Iris en tant que messagère des dieux est difficilement distinguée de Nike, exceptée en ce qui concerne l'arc en ciel (ERE, Vol. XII, p. 741). Nous y voyons encore une association avec les fonctions du Logos.

SGD 2992 laos signifie un peuple en général plutôt que le peuple de quelqu'un.

Le nom est donc une combinaison de deux mots qui porte le concept de victoire sur le peuple.

Donc, le nom fut probablement choisi pour ses associations allégoriques mystiques. Le concept de la division en deux classes à l'intérieur du système avec la prêtrise qui adopta les doctrines classiques des cultes ascétiques des Mystères et assuma même les titres de Papa ou père avec les ascétiques plutôt que les aspects licencieux des Nicolaïtes est un développement de l'association des deux aspects des systèmes des Mystères.

Ce processus se développa dans une des divisons du corps en catégories discrètes et les termes ministère et laïcs ont été adoptés pour décrire ou régulariser une situation qui a été dérivée de ces systèmes.

Les églises qui observent le Sabbat du temps du Christ et sa famille immédiate dans l’Église n'ont pas accepté un tel système.

La doctrine des Nicolaïtes est donc bien plus présente et plus persistante que nous avons pu l'imaginer.

Les desposyni ont pu être détruits aussi en tant que système car eux aussi ils ont été corrompus. Ce concept est le vrai sens derrière l'affirmation de Christ que sa famille se trouve dans ceux qui font la volonté de son Père. (Matt. 12:46-50).

Cette doctrine a été couplée avec celle de Balaam que le Christ condamna également, mais ce ne sont pas les mêmes doctrines et elles seront traitées séparément.

Source : http://www.ccg.org/french/s/p202.html

 

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