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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 14:15

Nous arrivons au 3è degré, très beau, très profond et riche d’enseignements.. il marque en même temps un aboutissement en tant que grade terminal des loges symboliques, et un point de départ pour ceux qui voudront aller plus loin. Le passage de l’équerre au compas est un véritable changement de monde et de dimension. Ce degré est très riche

Donc le Compagnon est prêt. La porte s’ouvre, il entend des paroles à voix haute venant de l’intérieur du temple, et le Candidat apprend qu’il a été surpris aux abords du Temple, et qu’il est soupçonné de meurtre…. !!
Il lui ai demandé de se retourner, et la porte s’ouvre dans l’obscurité avec face à lui l’étoile flamboyante. « C’est avec les lumières du passé qu’on se dirige dans l’obscurité de l’avenir »….

Cette entrée, n’est certes, pas banale et surprenante pour notre récipiendaire.
. Il a fait son temps, il a fait son entrée à reculons dans la chambre du Milieu et il contemple l’étoile qui flamboie face à lui, mais avant de se tourner vers la suite de son aventure, il a encore une épreuve à effectuer : son examen de conscience ; il a une preuve à apporter.. Celle de la pureté de ses actions passées. La voix du Vénérable derrière lui, demande si ses mains sont pures, si sa conscience est tranquille, s’il a rempli ses devoirs d’initié, s’il n’est pas du nombre de ceux qui ont trahi la Franc maçonnerie.
Il proteste de la pureté de ses actions, bien sûr, mais cela ne suffit pas. L’Expert examine le blanc des gants, sur lequel aucune tache ne se fait voir, il lui enlève son tablier, l’examine et le porte au Vénérable qui fait la même constatation ; alors à ce moment là, notre Candidat peut se retourner….Mais si les précédents grades…étaient plutôt plaisants, ce dernier paraît bien sombre à l’image des tissus noirs tendus, des cordons, des sautoirs, des chapeaux noirs, l’attitude, la lumière….. une petite lueur à l’orient…. et le corps étendu devant lui…

Notre candidat se retourne vers l’intérieur, vers cette chambre du Milieu située en réalité au milieu de lui-même. Des branches de l’étoile, il va vers son centre, vers la lettre G qu’elle contient.
Son retournement vers l’intérieur va lui permettre de prendre conscience de cet inconscient et de l’objectiver. C’est ainsi qu’il s’en rendra maître. Autrement dit, on peut considérer que l’homme est un être matériel contenant en lui une spiritualité potentielle que l’on pourrait nommer, au moins symboliquement, parcelle de divinité. Son retournement lui permet de retrouver cette spiritualité tiré vers le haut par elle, et donc de se détourner de la matérialité. Cette entrée à reculons permet au futur Maître de contempler le monde d’où il vient, la vie qu’il a mené, éclairé par ses cinq sens, les cinq pointes de l’étoile qui sont autant d’antennes dirigées vers l’extérieur..

L’expert saisit un compas et en applique les deux pointes sur la poitrine du récipiendaire. Ce geste symbolise la mesure des sentiments de celui-ci, en volume et en qualité, et comment il a utilisé son intelligence pour améliorer son cœur.
Il s’agit d’un cheminement s’adressant au plus profond de l’individu qui utilise toutes les pistes pour améliorer son être intérieur.

Le Très Vénérable Maître fait allusion à des compagnons ayant assassiné le meilleur des frères et , pour prouver son innocence, le récipiendaire doit exécuter une marche étrange.
Alors à ce moment là, le candidat enjambe le corps sur la droite et à ses pieds aperçoit un outil qu’il connaît : le levier, puis sur la gauche où il aperçoit cette fois une règle, et encore une fois à droite, et se retrouve aux pieds du corps étendu à ses pieds le compas ouvert vers l’occident.. cette marche inattendue vient de le faire passer de l’équerre au compas. Du levier à la règle, en arrivant au compas, il est passé entre raison et sentiments, entre conscient et inconscient, entre intellect et intuition. Les trois pas spécifiques de la maîtrise lui rappellent que la pensée des sages défie la mort. Née dans le passé, elle fructifie dans le présent et féconde l’avenir. De même qu’il franchit sans hésitation et sans crainte le cadavre symboliquement étendu à ses pieds, le maître maçon, fort de sa conscience sans tache, poursuivra l’œuvre pour l’œuvre, sans souci des pièges mortels que tendront sous ses pas les meurtriers d’Hiram : l’ignorance, le fanatisme et la jalousie. Il n’a pas à s’arrêter pour les vaincre, mais il a à les dépasser. C’est pourquoi sa marche ne comporte aucun hiatus et qu’il doit avoir « sept ans et plus »’.

Nous en arrivons maintenant au cœur de la cérémonie, la légende d’HIRAM ;
Le récipiendaire est dans son intériorité, il y a cheminé, il a atteint le compas qui va l’aider à s’élever spirituellement.

La réalisation du temple de Salomon est confiée à HIRAM, maître d’œuvre. Il était « savant dans l’Art de l’architecture comme dans le travail des métaux ».
Il est l’artisan le plus complet. Il sait réaliser la construction qui permet à l’homme de se relier à ce qu’il ne peut définir et qui le dépasse. C’est ce personnage que le récipiendaire va représenter dans ce qui suit. Revenons à la Légende d’Hiram qui est contée au récipiendaire. Quelques compagnons n’étant pas encore en possession des secrets des Maîtres, voulurent pénétrer de force dans la chambre du milieu ; mais ne pénètre pas qui veut. Il faut une clé qui est le mot des maîtres ; voilà qui est intéressant. Le passe Tubalkain, du couvreur n’est pas seulement formel ; il nous permet de passer de l’équerre au compas et il nous donne réellement la clé qui nous permet de pénétrer dans notre for intérieur. L’accès à celui-ci n’est donc pas ouvert chez tout le monde. On peut comprendre qu’il faut avoir déjà bien entamé le processus de mise en forme de notre métal brut pour y parvenir.

Trois compagnons mécontents résolurent de faire usage de la force pour faire dire le mot par HIRAM ; que va-t-il se passer ?????

Les trois conjurés se placent chacun à l’une des trois issues du temple situées l’une à l’orient, l’autre au midi et la troisième à l’occident ; nous sommes dans un lieu bien clos, hors du monde et duquel toute fuite est impossible. Hiram ayant terminé son inspection veut sortir par la porte du midi et rencontre le mauvais compagnon qui le frappe avec ce qu’il a sous la main, le fil à plomb ; il vise la tête, il veut tuer ; mais un réflexe sauve Hiram, il détourne le coup qui le frappe à l’épaule droite, et tombe sur le genou droit. L’instruction du grade donne des noms aux mauvais compagnons, et attribue l’Ignorance au premier d’entre eux.
Ramenée à nous, cette ignorance inhibe effectivement notre action. Notre descente en nous révélerait-elle les abîmes de notre ignorance .. ?

Nous sommes ramenés à un plan métaphysique à notre quête spirituelle qui est constituée de questions : qui suis-je ? ou vais-je ? d’où viens je ? quel est le sens de ma vie ? La maçonnerie nous apprend que le principal est de cheminer, même sans espoir d’atteindre le but. Elle nous apprend à agir, ce qui donne son sens à notre vie.

La scène suivante se déroule devant la porte d’occident, le deuxième mauvais compagnon ; Hiram s’est relevé, il a couru, chancelant, hélas, le mot du maître lui ai demandé de nouveau, n’ayant obtenu de réponse, le même geste se produit ; l’agresseur brandit le Niveau et en frappe violemment HIRAM en visant la tête ; là encore un réflexe joue et détourne le coup qui frappe le maître à l’épaule gauche. Il tombe sur le genou gauche. Il est de tradition d’identifier le deuxième compagnon au Fanatisme. Reconnaissons que celui-ci, quel qu’il soit, fait peu de cas des sentiments des autres. Il ne comprend pas ceux qui s’interrogent, puisque Lui, sait. Le niveau avec lequel il frappe, c’est celui sur lequel il se trouve et auquel il veut ravaler tous les autres.

Une nouvelle fois, le Maître se relève et se précipite à la 3è porte, celle de l’Orient, qu’il trouve barrée par le 3è compagnon, et à la demande habituelle qui lui est faite, Hiram répond en se plaçant cette fois-ci sur un autre plan, celui du respect de son Serment et du secret qui lui a été confié. Il préfère la Mort plutôt que de les violer. Nous sommes dans le domaine de la raison et du devoir. Les SERMENTS qui ont été prêtés par le compagnon, l’engagement qu’il vient juste de prendre sur sa Foi de FM, celui qu’il va prêter et qui contiennent tous un volet concernant les secrets du grade. Les violer conduirait il à une sorte de mort maçonnique ? Le conjuré frappe violemment Hiram au front avec son maillet ; ce coup renverse le maître sur le pavé du temple (en réalité devant le plateau de TVM) il est ainsi revenu sensiblement au même emplacement qu’après sa marche par-dessus le corps, mais de l’autre côté du compas, qu’il a ainsi franchi dans son périple. Il est renversé à son tour, recouvert d’un drap noir, et de son tablier sur le visage.
La boucle est bouclée ; le récipiendaire a pris la place du corps qu’il a enjambé naguère et qu’il avait dépassé sans crainte, laissant derrière lui, dans son passage de l’équerre au compas, la dépouille de l’être qu’il était. Et le voici devenu ce qu’il croyait avoir laissé à jamais loin derrière lui.

L’instruction attribue au 3è mauvais compagnon, le dernier défaut : l’Ambition. Il y a des ambitions légitimes et des ambitions illégitimes. Il est vrai que le terme est ambivalent. Mais il peut s’agir du désir de satisfaire son amour propre par l’obtention de biens, de pouvoir, d’honneurs, de réussite sociale, toutes choses flattant l’ego de l’individu. C’est bien sûr de cette ambition là qu’il est question ici. Exemple : le chef a toujours raison….. nous avons tous connu ce genre de personnages qui parvenant au pouvoir, sont devenus méconnaissables. Souvent au début, animés d’idées généreuses, et au final naissent des comportements d’auto satisfaction, arrogance et suffisance. L’exercice du pouvoir est en effet dangereux et il faut à la fois beaucoup d’humilité et de force de caractère pour ne pas céder aux démons qui l’accompagnent toujours.

Dans ces conditions, il est normal que ce soit le détenteur du plus haut pouvoir dans la loge qui assène le coup final. C’est de son maillet, symbole précisément de pouvoir temporel, qu’il va frapper le récipiendaire en plein front siège de l’intellect, qu’il éteint du même coup.

Hiram, le maître des maîtres, victime de trois mauvais compagnons, et donc de l’ignorance, du fanatisme et de l’ambition des autres ? Nous identifiant à Hiram serait ce chacun de nous, victime des trois mêmes assassins ??? mais nous identifiant à ces derniers, ne serions nous pas notre propre victime que nous avons tuée sans même nous en rendre compte ? Sommes nous réellement innocents du meurtre qui s’est produit ? Compagnon nous errions aux abords de l’édifice que nous devions construire. En d’autres termes, nous n’étions pas sur le chantier. Nous le contemplions, nous voulions peut être y pénétrer par effraction ??? Nous identifiant
au TVM, nous avons examiné nos gants et notre tablier. Sommes nous bien surs de tous nos actes passés ? Le sang des victimes que nous pouvons avoir faites dans notre vie n’est visible que par nous-mêmes. Ce n’est certes pas volontairement que nous avons pu tuer, moralement ou spirituellement, telle ou telle de nos relations. Nous ne nous sommes même pas aperçus que nous l’avions fait. Mais nous ne savions pas. Nous étions surs d’avoir raison, nous voulions un poste ou un honneur et nous avons fait ce qu’il fallait pour l’obtenir, sans même envisager que cela pourrait causer des dégâts chez d’autres. Avons-nous toujours raison ? En nous identifiant à l’Expert : nous avons mesuré notre cœur à l’aide du compas. Car c’est notre cœur qui doit, qui devait, qui aurait dû corriger nos actions pour éviter leurs conséquences néfastes sur d’autres.

Par cette projection nous voici étendus sur le sol, sur le pavé mosaïque, entre l’équerre et le compas, victimes des coups de trois outils que, pourtant nous aurions dû savoir manier. Car il est bien évident que, nous identifiant cette fois à Hiram en même temps qu’aux trois mauvais compagnons, nous nous sommes tués nous-mêmes.
Le maître est mort, il est mort tué par ses compagnons mécontents ; HIRAM c’est la connaissance, l’action et l’évolution. Toutes trois sont arrêtées par ceux qui refusent l’effort, qui n’acceptent pas le travail demandé. Hiram revivra parce que la tradition ne peut se perdre. Sa sépulture est signalée à ceux qui ont le courage d’aller rechercher cette tombe. Ils la reconnaîtront aux outils abandonnés par ceux qui ont refusé le travail et par l’acacia, symbole de renaissance, qui a poussé, montrant que la mort transforme les énergies vitales sans les détruire. Hiram renaît à la lumière par l’identification que le jeune maître fait avec lui. Hiram est le héros, le symbole parfait de l’action sur les trois plans de la réalisation humaine, sur le plan matériel par la construction réelle du temple dont il était l’architecte, c’est l’action concrète du maçon dans la vie quotidienne. Sur le plan intellectuel, car malgré les attaques réitérées, il reste toujours vivant semblable à lui-même, c’est l’action dans le domaine culturel, et enfin sur le plan spirituel car pour que naisse l’acacia, il ne faut craindre ni l’inhibition, ni le renoncement, qui ne sont que des morts apparentes, car l’acacia renaît toujours plus vivace sur la tombe d’Hiram.

A la lumière de l’Etoile qu’il est, le futur maître a fait le tour de la Chambre du milieu de lui-même. Il y a découvert des hôtes dont il ignorait l’existence ou, peut être, dont il préférait ignorer l’existence. Il s’est aperçu que ces mauvais compagnons tapis en lui n’attendaient que l’occasion de le frapper, paralysant son action, stérilisant ses sentiments, inhibant son esprit et risquant, au total et si ce n’est pas déjà fait, de tuer dans l’œuf ce nouvel homme qui allait naître. La lumière de l’étoile lui a révélé les dangers qui le guettent et qui le frapperont sûrement, car personne n’est épargné.

Mais l’important n’est pas de trébucher ou de tomber, c’est de pouvoir ensuite se redresser……
En possession du mot et de l’attouchement de maître, notre compagnon effectue sur la pierre cubique son dernier travail à ce grade. On voit bien que cette pierre n’est pas terminée, mais le sera-t-elle jamais ? Le compagnon, bien qu’ayant atteint l’âge de la maîtrise, a sorti une nouvelle fois de sa poche son maillet et son ciseau. Plus tard, quant il sera maître chevronné et s’il mérite ce titre, il ne devra pas hésiter à continuer à s’en servir quand son regard, ou plus probablement celui d’un autre, lui aura révélé l’existence de quelque petite aspérité, peu visible mais qui peut blesser les pierres voisines. Plus il sera ancien, plus il aura de responsabilités, plus il devra se tenir prêt à dégainer ses outils. Nous connaissons tous de ces détenteurs de pouvoir dont la suffisance n’a d’égale que l’arrogance, le tout étant basé sur une enflure pathologique de l’ego. Le maître maçon ne devra jamais oublier que, loin de ces errements et contrairement à ce qui se pratique dans le monde profane, son but ne doit pas être de démontrer qu’il a raison, mais de rechercher la vérité et la justice ; Le maître a disparu, emportant ses secrets , il faut retrouver son corps et lui rendre les honneurs qui lui sont dus
..les Frères et les Sœurs partent à la recherche du corps….Hiram est mort, mais l’acacia nous reste.

J’ai dit  source :
www.ledifice.net

 

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Published by B\ P\ - dans Planches
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