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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 06:07

INTRODUCTION :

Définition : Le terme Judéo-chrétien comme sa composition l’indique, désigne donc en premier lieu tous les chrétiens d’origine ou de race juive, aussi bien ceux de la Diaspora, appartenant à l’hellénisme, que ceux de Jérusalem et de Palestine. Il prend alors une nuance doctrinale, car il s’applique à des convertis restés généralement plus attachés à la loi et plus jaloux des prérogatives d’Israël que ceux de la Diaspora. Le type de ces Judéo-chrétiens est décrit dans les Actes. Il ne faut pas confondre Judéo-chrétien avec « Judaïsant » : c’est l’étranger qui imite les Juifs, qui se conforme à leurs croyances et à leurs pratiques. Par extension on appelle Judaïsants ceux qui voulaient imposer aux païens convertis la pratique de la loi Juive. Ils appartenaient sans aucun doute à l’Eglise Judéo-chrétienne ; Mais ils ne se contentaient pas comme les autres Judéo-chrétien de rester fermement attachés à la loi, ils prétendaient l’imposer aux païens convertis. Après le concile de Jérusalem, les Judaïsants qui s’obstinèrent, formèrent un groupe dissident à tendances pharisiennes qui se sépara de la foi orthodoxe. On distingue parfois plusieurs sortes de Judaïsants : seuls les fanatiques obstinés, qui firent de la pratique de la Loi une condition indispensable au salut des païens et furent les ennemis acharnés de St Paul, méritent cette appellation et formèrent dans la suite une secte hérétique.

OBJET DE L’ARTICLE :

Exposer l’Histoire Doctrinale

Dégager la physionomie religieuse des 1ers groupements de chrétiens issus du Judaïsme.

Etudier leur attitude à l’égard de la Loi et des prérogatives d’Israël.

Eclairer par-là les origines chrétiennes au moment où L’Eglise prend pleine conscience de son autonomie et de sa mission universelle.

LES SOURCES QUI NOUS FONT CONNAITRE LES JUDEO-CHRETIENS SONT :

Les livres du Nouveau Testament
Les Actes des Apôtres.
Les Epîtres aux : Galates, de St Jacques - Corinthiens, aux Hébreux.
Le 1er Evangile nous renseigne indirectement sur les milieux Judéo-chrétiens et pour lesquels il fut écrit
Flavius Josèphe et Eusèbe de Césarée
Les 1ers écrivains ecclésiastiques, les écrits rabbiniques...

I- LES JUDEO-CHRETIENS DE L’EGLISE PRIMITIVE :

Les 1ers convertis à Jérusalem étaient tous Juifs. Groupés autour des 12, ils formaient une secte à l’intérieur du Judaïsme. Ils fréquentaient le Temple, célébraient les fêtes, observaient le Sabbat et les jeûnes, faisaient circoncire leurs enfants. Ils se distinguaient par la foi en Jésus comme Messie, Fils de Dieu, mort et ressuscité, élevé au ciel et « fait Seigneur et Christ ». (Actes, II,36). Ils exigeaient le repentir et la conversion pour avoir la rémission des péchés, en attendant le Salut, « le rétablissement de toutes choses » (Actes, III, 21). Les Judéo- chrétiens gardaient l’enseignement des Apôtres dont, l’objet principal était la messianité de Jésus. Convaincus qu’ils formaient la portion du peuple choisi destiné à hériter du royaume à venir, ils sentaient la nécessité d’observer scrupuleusement la Loi de Dieu. Jésus n’avait-il pas dit : « Si votre justice ne surpasse pas celle des pharisiens et des scribes, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux » (Math, V,19). Aussi ne leur venait-t-il pas à l’esprit que la Loi pût être abolie ou cesser d’être obligatoire.

Ils se regardaient comme des « frères » et mettaient leur bien en commun. On entrait dans la communauté Judéo-chrétienne par Le Baptême. C’était pour eux une initiation : Chacun devait se repentir et être baptisé « au nom de Jésus -Christ », pour obtenir le pardon des péchés et recevoir ensuite le St. Esprit (Actes,II,38). Ils fréquentaient quand même la synagogue pour entendre lire et expliquer la Loi. Ils avaient cependant leurs réunions et leur vie religieuse propres. S’assemblant dans les maisons privées, « ils persévéraient dans la doctrine des Apôtres et dans l’union dans la fraction du pain et dans les prières » (Actes -II, 42). Le repas en commun était suivi de la célébration de L’Eucharistie. La Communion trouvait son expression dans les repas pris en commun, avec la réception de L’Eucharistie. Après le baptême, les néophytes recevaient l’Esprit-Saint. Le Saint-Esprit était donné généralement par l’imposition des mains des Apôtres. Poussés par l’Esprit, les Apôtres et aussi les fidèles prêchaient avec assurance au nom de Jésus (Actes, IV,31). Ils enseignaient dans le Temple et dans les maisons. Les autorités juives, prêtres et sadducéens, plutôt que les pharisiens en prirent ombrage et leur suscitèrent de l’opposition. Car, les Apôtres en prêchant un Messie donnaient l’impression d’agitateurs politiques provoquant des attroupements. L’aspect politique de l’affaire préoccupait les sadducéens plutôt que l’aspect religieux.

II- HEBREUX ET HELLENISTES :

Malgré le sentiment de fraternité qui animait les premiers fidèles, la communauté Judéo-chrétienne de Jérusalem se composa dés l’origine de 2 éléments nettement différenciés :
Les Hébreux
Les Hellénistes Les hébreux étaient les Juifs originaires de Jérusalem ou de la Palestine parlant araméen et stricts observateurs de la Loi. Les Hellénistes étaient les juifs de la Diaspora. A Jérusalem, il y en avait un grand nombre de toutes les parties du monde romain. Ils y avaient leur synagogue et parlaient le grec (ils étaient de langue et d’éducation grecques).De très bonne heure si ce n’est dés le commencement, des juifs hellénistes s’adjoignirent à la communauté des « Galiléens ». Les hellénistes n’avaient point tous, tendance à abandonner la Loi (comme ou l’a prétendu) Mais ils la comprenaient d’une façon plus humaine, plus universaliste et plus morale. Ils n’avaient pas au même degré, la haine de l’étranger.

Le dissentiment qui éclata entre les hébreux et les hellénistes n’était point dû uniquement à la diversité de la langue ou d’éducation. Le Judaïsme hellénistique était regardé par les hébreux comme un Judaïsme inférieur. Ainsi les préjugés traditionnels pouvaient se faire sentir même chez les chrétiens et expliquer dans une certaine mesure les incidents qui donnèrent lieu à l’institution des diacres (Actes, VI, 159).

A en juger par leurs noms, les diacres semblent avoir été des juifs hellénistes. La fonction assignée aux 7 n’était pas du tout identique à celle des diacres dans la deuxième moitié du 1er siècle. Etienne et Philippe, les seuls dont nous sachions quelque chose, avaient un rôle beaucoup plus important que celui « des diacres » dans les épîtres pastorales. Ces ministres de la 1ère heure avaient cependant une fonction religieuse, ils étaient remplis de l’Esprit Saint, et de la Sagesse. St. Etienne fut lapidé parce que son discours adressé aux Juifs représentait la tendance Judéo-chrétienne hellénistique celle qui animera dans la suite les propagateurs de la foi. Il leur reprochait de n’avoir point compris la notion d’un culte spirituel et universel et de rester attachés au particularisme et au formalisme légal. Les hellénistes furent dispersés par la persécution qui suivit la mort de St. Etienne. Ainsi, ce furent les hellénistes qui répandirent la foi dans la Judée, la Samarie et jusqu’en Phénicie dans l’île de chypre et à Antioche. Moins formalistes à l’égard de la loi que les hébreux de Jérusalem, plus aptes qu’eux à comprendre la religion « en esprit et en vérité », ils étaient qualifiés pour être des agents de l’expansion chrétienne auprès des Juifs de la Diaspora et surtout auprès des Grecs. Entre les deux tendances se place Barnabé, converti de la première heure, l’ami et le compagnon de St. Paul, très considéré dans l’Eglise de Jérusalem, où il avait séjourné longtemps, il apparaîtra comme le principal personnage de l’Eglise d’Antioche et jouera un rôle important dans l’Eglise Judéo-chrétienne. Il introduira St. Paul dans l’Eglise mère et calmera les appréhensions des chrétiens de Jérusalem. Il servira à diverses reprises comme de trait d’union entre les deux Eglises.

III- L’EXPANSION JUDEO-CHRETIENNE :

A Jérusalem, la 1ère expansion chrétienne s’était faite par l’apostolat des 12 et des premiers disciples.

A Damas où la colonie juive était très importante, la foi chrétienne pénétra de très bonne heure - Anani était sans doute un converti de la 1ère heure.

A Samarie, Philippe l’un des 7 annonça l’Evangile. Les Juifs les haïssaient et les méprisaient.

Le cas de St. Paul, Juif hébreu, admis dans l’Eglise par Anani, ne souleva aucune question de principe. Il provoqua un sentiment de surprise et de crainte : A Damas, il fallut un ordre divin pour qu’Anani se décidât à l’admettre, et à Jérusalem, ce fut sur l’intervention de Barnabé, qu’il put prendre contact avec les disciples.

IV- L’ENTREE DE PAIENS DANS L’EGLISE :

Le centurion Corneille fut la 1ère recrue faite chez les païens. L’Eglise de Jérusalem des Judéo-chrétiens reconnaissait que les païens pouvaient être admis à la foi sans passer par le Judaïsme. Les Judéo-chrétiens tout en admettant la légitimité de la conversion des païens, restaient strictement attachés à la loi. Même convertis, les Juifs de Jérusalem n’avaient point abandonné la conscience de leur supériorité comme peuple choisi et la foi au Messie Jésus leur semblait inséparable de la pratique intégrale de la Loi.

Les hellénistes chassés de Jérusalem affluèrent à Antioche - L’Eglise s’y développa composée d’éléments divers, grecs d’origine et Juifs parlant grec, et elle devint ainsi particulièrement apte à jouer un rôle dans la diffusion du Christianisme. Il y eut donc d’assez bonne heure à Antioche une communauté Chrétienne composée, si ce n’est uniquement, du moins en grande partie de gentils incirconcis avec lesquels les Judéo-chrétiens stricts observateurs de la loi ne pouvaient fraterniser.

L’Eglise d ’Antioche devint bientôt la 1ère Eglise de la gentilité et le centre le plus important de l’expansion chrétienne. Envoyé par les Judéo-chrétiens de Jérusalem. Barnabé alla à Antioche constata la grâce de Dieu et comprit qu’il fallait faire d’Antioche un centre missionnaire. Il alla à Tarse pour prendre Paul avec lui. Ce fut à Antioche que l’Apôtre partit pour ses missions et que l’Evangile se répandit dans le monde romain.

Ainsi, l’Eglise Primitive tout en gardant son unité se divisa en 2 fractions :

Celle de Jérusalem plus formaliste plus attachée à la lettre de la loi et aux prérogatives d’Israël.

Celle d’Antioche, plus accessible à l’idée universelle et plus accueillante aux païens.

Deux problèmes se posaient :

1- Allait-on admettre les païens à un rang d’égalité avec les juifs ? Faillait-il leur imposer la circoncision et la loi ?

2- Les Judéo-chrétiens devaient-ils observer strictement la loi dans leur relation avec les païens convertis surtout dans les repas de la communauté ? La 1ère question malgré l’attitude de Pierre vis-à-vis du centurion converti, a quand même donné lieu à un grave conflit aboutissant à la crise des Judaïsants.

La 2ème a causé divers incidents dont ceux d’Antioche (Gal, 11,11 sq) et de Jérusalem - (Act, XXI, 20-24) sont les plus caractéristiques.

D’ailleurs, Jésus ne s’était prononcé sur aucune de ces deux questions. Il avait bien laissé entendre que les païens devaient faire partie de la foi nouvelle et non plus au Judaïsme universel. Il avait donné aux apôtres la mission d’instruire « tous les peuples ». Il avait aussi condamné le formalisme des pharisiens et donné à la loi un sens et un esprit nouveau.

V- LES JUDAISANTS :

Au cours d’une première mission, Paul et Barnabé avaient converti des multitudes de païens sans leur imposer la loi. Les chrétiens d’Antioche ne font aucune objection. Ils semblent trouver la chose toute naturelle. Egalement en Phénicie et à Samarie. Il n’en fut pas de même à Jérusalem. Il y avait dans l’Eglise- mère plus d’un chrétien qui n’avait pas approuvé sans réserve la conduite de Pierre baptisant Corneille sans lui imposer la loi. Ceux qu’animait l’esprit pharisien estimèrent que le moment était venu d’agir : Pour eux l’œuvre de Paul et de Barnabé était une erreur qu’il fallait combattre. On devait imposer aux gentils la loi et la circoncision. Telle était la thèse des « Judaïsants », les ennemis acharnés de l’apôtre. Quelques-uns se trouvaient à Antioche et à Jérusalem.

A Jérusalem, « quelques-uns de la secte pharisienne, qui avaient cru » tiennent le même langage que les Judaïsants d’Antioche. St. Paul, les désignera dans l’Epître aux Galates (11,4) sous le nom de « faux frères intrus, qui s’étaient glissés pour épier la liberté » qu’il avait dans le Christ Jésus.

Il fut convenu par la suite que Jacques, Céphas et Jean prêcheraient aux circoncis, Barnabé et Paul aux Païens (Gal 11, 9). St. Pierre dans une assemblée générale, fit allusion au centurion Corneille et sa famille et ne voulut pas qu’on imposât aux païens le joug de la loi.

Enfin Jacques, lui aussi, admit la légitimité de la conversion des païens. Il demanda seulement qu’ils aient à s’abstenir « des souillures des idoles, de la fornication, de la viande étouffée et du sang ». C’était une concession aux Judéo-chrétiens. Ces interdits représentaient l’esprit de la loi qu’ils avaient coutume d’entendre lire dans les synagogues.

Malgré ces restrictions, la thèse de St. Paul triomphait. Tite païens converti, ne fut point forcé d’être circoncis. Voyant la partie perdue, les Judaïsants avaient dû exiger au moins cette concession et même un bon nombre de Judéo-chrétiens « Loin de nous soumettre à eux, déclare St. Paul, nous ne leur cédâmes pas un instant » (Gal 11, 5). Ainsi, leur défaite était complète : La réunion des apôtres et de l’Eglise de Jérusalem avait sanctionné l’évangile paulinien du salut des païens sans la loi. L’égalité des Juifs et des païens devant la grâce du salut avait été reconnue et du discours de Pierre l’on pouvait même conclure à l’inutilité de la loi pour tous les chrétiens. Mais quand même les Judéo-chrétiens se sentaient tenus de l’observance de la loi car elle représentait à leurs yeux la volonté de Dieu et fait partie des prérogatives d’Israël.

VI- LES ENNEMIS DE ST PAUL :

Les Juifs non convertis avaient fait à l’apôtre, dés le commencement de son ministère, une opposition violente. Ils le poursuivaient pour attenter à ses jours. De leur côté, les Judaïsants l’attaquaient également d’une façon moins violente mais plus sournoise. Ils faisaient du christ un auxiliaire de la loi et de la justice, d’après les conceptions rabbiniques et non un principe de salut universel. D’après eux, au sujet de St. Paul, n’ayant pas connu le Christ pendant sa vie terrestre, il était inférieur à ces premiers disciples et devait leur rester subordonné. De fait, les Judaïsants se réclamaient de l’Eglise-mère où les pratiques juives étaient encore en honneur. Mais ils outrepassaient les instructions ou les enseignements des apôtres en regardant la circoncision et l’observance de la loi comme indispensable au salut des païens. La position des Judaïsants ne représente point celle de l’Eglise-mère Judéo-chrétienne de Jérusalem. St. Paul lutte seulement contre un groupe de perturbateurs sans scrupules et non contre l’Eglise primitive comme le prétendent certains historiens. En effet, l’Eglise Judéo-chrétienne avaient admis que les païens pouvaient être sauvés sans la pratique de la loi et que la foi au Christ n’exigeait pas la circoncision. St. Paul - St. Jacques et les autorités de l’Eglise Judéo-chrétienne avaient été d’accord sur ce point au concile. Il y avait donc entre eux communauté de vues et la thèse du salut par la foi sans la loi n’était plus particulière à l’apôtre.

L’Epître aux Galates est un acte affranchissant le chrétien de la loi et du pharisaïsme et le poussant à suivre l’Esprit et non la chair.

St. Pierre, ayant pris le repas avec le centurion Corneille à l’exemple du Christ qui avait mangé avec les publicains et les pécheurs a trouvé une opposition de la part des frères de Jérusalem, qui n’admettaient pas ce « Libéralisme ». Alors, St. Pierre se sépara d’eux et entraîna avec lui tous les autres juifs sauf St. Paul qui resta seul avec les gentils. Ainsi tous les chrétiens non juifs se trouvaient relégués comme à un rang inférieur et il s’élevait une barrière entre les deux fractions de la communauté des Judéo-chrétiens du concile de Jérusalem à la fin de l’âge apostolique. Le concile de Jérusalem avait clarifié la situation. Le problème de l’admission des païens à la foi était résolu et l’Eglise de Jérusalem dans l’ensemble avec ses dirigeants restait en communion avec St. Paul, Barnabé et l’Eglise d’Antioche. Le groupe pharisien des Judaïsants s’était détaché de l’enseignement des apôtres et avait cessé d’appartenir au christianisme authentique.

De leur côté, les Judéo-chrétiens de Palestine continuaient d’observer scrupuleusement la Loi. St. Jacques leur chef était encore vers l’an 50 associé à Pierre et à Jean. Mais 58, il semble bien être le seul dirigeant. Son zèle pour la Loi et sa piété lui avaient conquis l’estime de tous même des Juifs non convertis. Ainsi l’épître de Jacques, quel qu’en soit le rédacteur, représente l’esprit du Judéo- christianisme en dehors des tendances Pharisiennes ; d’un christianisme, il est vrai, encore à peine dégagé du Judaïsme mais cependant authentique dans son enseignement moral et écho direct de la doctrine du Christ.

Malgré l’attitude conservatrice de l’Eglise mère, les juifs palestiniens furent de plus en plus hostiles au fur et à mesure qu’elle s’organisa en communauté indépendante. Vers l’an 62 l’opposition se transforma en une persécution violente, dont Jacques « le Juste » fut la victime.

Les Judéo-chrétiens de Jérusalem et de Palestine en général se trouvèrent ainsi, peu d’années avant la ruine de Jérusalem dans la pénible alternative de choisir entre la religion de leurs pères et la foi en Jésus.

L’Epître aux Hébreux ne défend point aux Juifs devenus chrétiens d’observer leur loi et leurs coutumes mais elle les exhorte à découvrir, par delà la lettre des ordonnances, la vérité supérieure qu’elles recouvrent. L’épître semble bien avoir été écrite pour des Judéo-chrétiens de Palestine déjà hellénisés et qui par attachement à l’ancien culte, risquaient d’apostasier. Dans son ensemble, l’épître invite les Judéo-chrétiens de Palestine à se dégager du Judaïsme sans crainte et sans regret. Etant chrétiens, ils n’ont plus ici de « cité permanente » mais attendent la « cité future », la Jérusalem céleste (XIII,14). Pour aller au Christ et bénéficier de son sacrifice, il faut « sortir du camp » c’est-à-dire de Jérusalem et du Judaïsme. La destruction du Temple et de la ville qui allait suivre, donne à cet appel l’allure d’une prophétie tragique. St. Matthieu montre comment les Judéo-chrétiens devaient défendre l’Evangile en face du Judaïsme. La ruine de Jérusalem en 70, fut une catastrophe. L’Eglise de Jérusalem perdait ainsi son importance et le centre de la chrétienté se déplaçait au profit d’Antioche et de Rome. Les Judéo-chrétiens dispersés rentrèrent en Judée sous Trajan (98-117). Au temps d’Adrien en 130, la ville fut hellénisée et les païens convertis formèrent la grande majorité des fidèles et eut pour évêque Marc qui fonda la nouvelle Sion.

A la fin de l’âge apostolique, les Judéo-chrétiens se divisèrent en plusieurs sectes. Ceux qui n’avaient pas l’esprit pharisien dont les descendants ont été appelés « Nazaréens ». La secte des « ébionites » est une secte hérétique, formée des descendants des Judaïsants intransigeants. Aux Judéo-chrétiens hérétiques se rattache la secte des « éclésaïtes ».

CONCLUSION :

Pierre, Paul et Barnabé avaient libéré le Christianisme d’un élément caduc et imparfait. Le principe Juif et le principe Chrétien du Salut représentaient en effet deux conceptions différentes de la religion : l’une formaliste, légale et assez primitive, conception étroite liée à une race, un pays..... l’autre celle du Christ, plus spirituelle, plus parfaite, plus franchement universelle « en esprit et en vérité ». Les Judaïsants en s’obstinant dans leur intransigeance avaient abandonné l’esprit de l’Evangile et avaient rompu avec le Christianisme authentique. Judéo-chrétiens de leur côté, en restant attachés pour eux-mêmes à la pratique de la Loi Juive, se posaient en héritiers directs des prérogatives d’Israël. Mais ils représentaient une forme de Christianisme qui ne pouvait que végéter et disparaître. De fait, ils ne pouvaient maintenir leur idéal religieux qu’en escomptant une prochaine conversion en masse de la nation juive, s’ils avaient un moment caressé cet espoir, ils furent déçus par les évènements. Il fallait auparavant que s’accomplît le dessein de Dieu appelant à la foi « La plénitude des gentils » (Rom, XI, 25). Dictionnaire de la Bible

 

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