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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 10:10

Les Cérinthiens

Les cérinthiens sectateurs de Cérinthe, considéraient que le monde n’avait pas été créé par Dieu l’inconnaissable, mais par des puissances inférieures éloignées et même ignorantes de Dieu (Les anges selon St. Augustin). En d’autres termes ils épousaient les thèses gnostiques courantes. Jésus n’était qu’un homme de bien qui avait reçu lors de son baptême le Christ sous la forme d’une colombe, mais celui-ci l’avait abandonné à la fin de sa vie. Le Christ reviendrait un jour et alors pendant une durée de mille ans, les élus d’adonneraient aux plaisirs de la table et à la débauche. (..Ils satisferont les plaisirs du ventre et de ce qui est en dessous du ventre.) Les cérinthiens étaient donc des chiliastes c'est-à-dire des millénaristes qui annonçaient une période de paix de mille ans avant le combat final entre bien et mal. Certains auteurs présument que l’Apocalypse de Jean pourrait avoir été écrite par Cérinthe, d’autres au contraire pensent que cet apocalypse à bien été écrite pas Jean pour contrecarrer les idées de ce Cérinthe. Quoi qu’il en soit, les données historiques sont incertaines et Cérinthe comme souvent est connu grâce à des détracteurs (Irénée de Lyon) qui en voulant éradiquer l’hérésie lui ont offert une part d’éternité. Les Cérinthiens furent aussi appelés les Mérinthiens, et comme le disait Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont (..soit que Cérinthe ait eu un coadjuteur des ses folies, soit qu’on lui ait donné l’un et l’autre nom).

Les Cléobiens

Cléobule, fondateur de cette secte, niait la toute puissance de Dieu, et l’autorité des prophètes. Il attribuait la création du monde aux anges et prétendait que Jésus-Christ n’était pas né d’une vierge. Rien de plus qu’un :
contradicteur exercé à la dispute, habile dans l’art de persuader le peuple, animés par un intérêt du système, et par l’amour de ka célébrité qui est la passion ordinaire des chefs des sectes.

Les Colluthiens

Colluthe, prêtre d’Alexandrie, sectateur « ignorant dans un siècle de lumière » aurait pu passer inaperçu dans nos listes, même s’il affirmait que Dieu n’est pas l’auteur des maux qui nous affligent. Que Colluthe se rendorme, ce n’est pas lui qui nous réveille, mais bien le fait qu’il fut considéré comme hérétique.
Nous avons vu que Florin était hérétique car il affirmait que Dieu était le créateur du mal. Voilà maintenant que Colluthe avait droit au même régime en affirmant le contraire. Les uns et les autres se basaient sur les écritures. Si Florin se référait à la Génèse I,31 Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici, cela était très bon. Et il y eu un soir, et il y eut un matin .
Colluthe se référait à Isaïe XLV,7.
Je suis Yahvé, il, n’y en a pas d’autres, le fondateur de la lumière, le créateur des ténèbres, le faiseur de paix, le créateur du mal, moi, Yahvé l’auteur de tout cela
. En résumé comment pouvait-on juger hérétique celui qui affirmait une chose et celui qui affirmait son contraire. La réponse pour Colluthe se trouve sans doute dans le fait qu’il s’était séparé d’Alexandre, son évêque, et s’était déclaré évêque de sa propre autorité

Les Colorbassiens

Augustin les appelle les Colorbasien, mais il semble que le nom vienne de Colarbase, disciple de Valentin qui appliqua les principes de la cabale et de l’astrologie au système de son maître et considérait en particulier que le vie dépendait des sept planètes.

Les Donatistes

Le donatisme n’est pas à proprement parler une hérésie, mais en l’absence de véritable et profonde divergence doctrinale, il se limite à un schisme. Son origine se situe dans le climat des persécutions qu’ont eu à subir les chrétien d’Afrique romaine vers la fin de troisième siècle. Face à ces persécutions, les uns résistèrent jusqu’au martyr,d’autres vont se soumettre, et enfin, certains chefs religieux vont livrer leurs semblables aux romains, et brûler les livres sacrés.( d’où leur nome traditores = livres sacrés ou lapsi= celui qui est tombé)
Vers l’an 305 la situation redevient calme. L’église peu à peu passe l’éponge sur l’attitude des « traditores » et les accepte à nouveau dans son sein. L’affaire se gâte en 312 lorsque pour la succession de l’évêque de Carthage est choisi Caecillius. Ce dernier ayant été nommé par Mensurius un évêque « traditores », son ordination ne pouvait être reconnue. Entraînés par l’évêque Donat soixante-dix évêque de Numidie élurent un concurrent, Majorius.Constantin Ier d’abord peu enclin a se mêler du problème dû se résoudre à intervenir et finit par ordonner la dissolution des opposants, partisans de la solution de Donat, les donatistes.
Ce qui aurait dû rester une affaire d’église va devenir une affaire politique. Vers les années 340 les circoncellions, des bandes d’ouvriers agricoles itinérants se soulevèrent contre les propriétaires terriens. Le donatiste en vinrent à faire cause commune avec ces circoncellions. Constant Ier envoya des commissaires en Afrique pour apaiser les querelles religieuses en attribuant des ressources aux communautés. Donat refusât tout subside et la tournée des émissaires tournât en affrontement armé.
Durant quelques décennies le donatisme connu diverses fortunes, mais il faudra attendre la conquête arabe de la fin du VIIème siècle pour les voir disparaître totalement . Le donatisme entretenait quelques divergences avec l’église orthodoxe, en particulier en ce qui concerne le Saint-Esprit. Mais le fait majeur de ce schisme est d’avoir marqué très nettement sa volonté de libérer l’église de l’autorité de l’état, préfaçant ainsi la séparation des pouvoirs.

Les Ebionites

Jésus était juif. Il a été élevé dans une famille juive, respectait la loi et la tradition juive. Il suivait le shabbat, était circoncis et mangeait probablement kasher. Il enseigna sa doctrine d’un Dieu qui voulait que les juifs soient son peuple. Le Christ considéré par certains de son vivant comme le Messie juif venu délivré son peuple de l’oppression romaine, dut attendre sa mise à mort pour que l’on commence à entendre dire que son message n’était pas réservé aux juifs, mais concernait aussi les gentils.
Cependant les gentils païens étaient des polythéistes qui ne suivaient en rien les règles éthiques, ni même les obligations alimentaires de la Loi j uive. Devait-on devenir juif pour être chrétien ?
Paul tenta d’apporter une sorte de compromis. Les gentils qui devenaient disciples de Jésus devaient vénérer et adorer le Dieu des juif, et lui seul. Ils n’avaient pas en contre partie à adopter les « manières » juives.
Peut-on être chrétien sans être juif auquel cas Jésus peut difficilement être accepté comme le Messie juif. Et si Jésus est le Messie, comment pourrait-on être chrétien sans être juif. Deux mouvements vont opter pour des choix opposés, les ébionites qui veulent être juifs, et les marcionites qui rejettent tout ce qui est juif.
Pour les ébionites cette fois-ci il n’est pas certain que le nom vienne d’un fondateur nommé Ebion, mais plus probablement, et toujours sans certitude, de l’hébreux ebion qui veut dire pauvre. Selon des sources indirectes nous savons que les ébionites étaient des disciples juifs de jésus. Ils croyaient que Jésus était le Messie envoyé par le Dieu des juifs, et qu’appartenir au peuple de Dieu exigeait que l’on soit juif.
Sur le plan doctrinal, les ébionites n’étaient pas d’accord sur la naissance virginale de Jésus ni sur la notion de sa préexistence. Jésus était fils de Dieu non par naissance mais par « adoption ». En se sacrifiant Il avait rendu un sacrifice ultime qui ne rendait plus nécessaire le sacrifice des animaux.

Les Elcésaïtes

Les Elcésaïtes se nommaient également Elceséens, Ossoniens , ou encore Sampséens. Il s’agit là d’une secte « fanatique » qui prend quelques idées chez les chrétiens et les ébonites, pratiquent la magie, l’astrologie judiciaire (horoscopie), invoque les démons et observe les cérémonies judaïques.
Ils appelaient Jésus le grand roi, croyaient que le Saint-Esprit est une femme. Elxaï se joignit à leur secte et fut considéré comme la puissance annoncée par les prophètes. Deux sœurs de la famille de ct ElxaÏ, Marthe net Marlène étaient considérées comme des déesses.
En résumé et selon Epiphane cette secte ne pouvait être rangée ni parmi le juifs, ni les chrétiens, ni les païens, mais était un mélange de chaque. Si la provenance du nom elcésaïte est évidente, celle de sampséen vient de l’arabe shemsi, ou shamsi qui signifie les solaires, par référence au fait que ces sectaires ont adoré le soleil.

Les Encratites

Les encratites sont les disciples de Tatien, considéré en son temps comme un père de l’église, disciple de Saint Justin, qui :
" S’enflant de la pensée qu’il était le maître, et se croyant dans son orgueil supérieur à tout le monde, il voulut donner à son école un trait distinctif. Comme les disciples de Valentin il imagina des éons invisibles. Comme Marcion et Saturnin il déclara que le mariage était corruption et débauche, et de lui-même enfin, il s’inscrivit en faux contre le salut d’Adam "
Le mariage était donc une corruption et une débauche dont il fallait attribué l’origine au démon. Les encratites s’abstenaient de la chair des animaux et du vin qu’ils ne servaient pas même dans l’Eucharistie. Ils étaient connus sous les noms d’Hydroparastates, Continents, et Aquariens, sans doute parce qu’ils substituaient l’eau au vin dans l’Eucharistie. L’origine de cette substitution viendrait de l’époque où victimes de persécutions les encratites évitaient le vin dans leur Eucharistie de peur que son odeur ne les fasse repérer. Quant au terme Hydroparastate, il est synonyme « abstème » buveur d’eau.
La répugnance envers le vin posa un problème aux calvinistes qui admirent que l’on pouvait en temps qu’abstinents être admis à la cène du moment que l’on touche la coupe (de vin) du bout des lèvres.
Disons encore un mot sur Tatien. Alors que Justin, son maître montre en grand respect pour la philosophie païenne, Tatien abomine tout ce qui est grec, philosophie, art, science et même la langue. Il est probable que la « liberté » de certains rites païens auxquels il avoue avoir assisté : …j’ai été admis aux mystères ; j’ai examiné toute sorte de rites religieux accomplis par des efféminés et des androgynes.. : soit une sorte d’homophobie latente qui pourrait en tous cas expliquer le caractère ascétique excessif de sa secte.

Les Floriniens

Disciples du prêtre Florin, les Floriniens considéraient que Dieu était le créateur du mal. Ils se basaient sur les écritures qui annonçaient : Dieu créa toute choses, et voilà que tout était bon.. Voilà par excellence le genre de phrase qui ouvre la voie à la controverse et se solde bien souvent par la mise au banc hérétiques des contradicteurs.
Si Dieu a créé toutes choses, alors il a créé le mal. S’il a créé le mal, alors tout ne peut pas être bon, et dans ce cas les écritures ont faux. Mais c’est là que surgit la voie de la vérité, le débat d’expert qui va peu a peu donner plus d’importance à la forme qu’au fond, avec le résultat que l’on a observé. Cette subtilité qui remet les pendules orthodoxes à l’heure est que le mal créé par Dieu n’est que celui nécessaire à nous infliger les peines que nous méritons à cause de nos péchés. Pour faire simple, le mal est un bien pour notre bien. Retour à la case péché originel, circulez, il n’y a rien à voir.

Les Helvidiens

Une autre appellation de la secte des antidicomarites (voir chapitre), venant d’un arien Helvidius, sans doute à peine lettré comme il est dit en langage distingué en ces termes : …qui avait à peine la première teinture des lettres.

Les Hiéracites

Hierax ou Hiéracas, était le chef de cette secte. Il niait la résurrection de la chair, condamnait le mariage. Cette aversion poussait ses sectaires à n’accepter dans sa société que les moines ou les célibataires, ou, pour les femmes, les vierges et les veuves. Les enfants morts avant l’usage de la raison n’avaient pas droit au ciel car ils n’avaient accomplis aucune bonne œuvre.
Pour Hiérax encore, le Fils a été engendré du Père, et le Saint-Esprit émane du Fils. Ce Saint-Esprit aurait été Melchisédech selon ce que lui apprit un rêve

Les Héracléonites

Secte fondée par Héracléon, un partisan des thèses de Valentiniennes, qui cherchât à concilier ces thèses avec les Ecriture saintes. Il cherchât en particulier dans les évangiles à trouver des significations allégoriques pouvant justifier l’existence des Eons.

Les Jovinianistes

Moine milanais, Jovinien vécu une vie extrêmement austère jusqu’à ce qu’arrivé à Rome, il succombe aux plaisirs et aux passions. Il se mit opportunément à soutenir, que la bonne chère et l’abstinence n’étaient en elles-mêmes ni bonnes ni mauvaises, et qu’on pouvait user de toutes les viandes pourvu qu’on en usa avec action de grâce.
Il prétendait que la virginité n’était pas mieux que le mariage, et que Marie n’était pas demeurée vierge après l’enfantement de Jésus. Pour Jovinien toujours, le baptême conférait une sorte d’immunité envers les démons, et une garantie de récompense dans le ciel à venir.

Les Macédoniens

L’histoire de cette secte est significative d’un état d’esprit, et pourrait symboliser la fameuse grande prostituée dont nous parle l’apocalypse et que certains considèrent être Rome, mais qui pourrait tout aussi bien être un état d’esprit, un archétype de la nature humaine dans ce qu’elle a de plus négatif. La religion de paix et d’amour annoncée par les Christ et surtout ses apôtres n’a pas encore fait ses premiers pas, que déjà en son nom vont s’affronter ses propres partisans ppour ce qui est en fait que cette soif de pouvoir et par amour de la célébrité, qui est la passion ordinaire de ces chefs de sectes.
Tout commence dans une affaire de succession. A la mort d’ Alexandre, évêque de Constantinople, les défenseurs de la consubstantialité du verbe élurent Paul comme successeur, et les Ariens, Macédonius. Constance tranche, choisit Eusèbe sur le siège. Eusebe décède rapidement, les deux adversaires reviennent à l’assaut, Constance veut chasser Paul, le peuple s’y oppose, Constance se fâche, catholiques et arien s’affrontent, les soldats cryant à un soulèvement rétablissent l’ordre à coup d’épée. Résultat : trois mille morts.
Macédonius finit par monter sur le trône épiscopal, et persécute catholiques et novatiens, et ces derniers particulièrement visés par la haine macédonienne luttèrent et anéantirent quatre régiments envoyés pour les réduire. Macédonius sera finalement déposé par Constance, ce qui augmentera sa haine et le poussera sans doute à apporter une base doctrinaire en justification de ses ambitions.
Voulant se venger des ariens il reconnu la divinité du Verbe qu’ils niaient, et il nia la divinité du Saint-Esprit que les catholiques reconnaissaient. Selon Macédonius le Saint-Esprit n’est nulle part appelé Dieu, l’écriture n’oblige ni de croire en lui, ni de le prier. Il ne conçoit pas plus l’existence de cette troisième personne dans la substance divine. Si le Saint-Esprit n’est pas engendré, en qui diffère-t-il du Père, et s’il est engendré en quoi diffère-t-il du Fils. Dira-t-on qu’il est engendré par le Fils, alors on admet un Dieu grand-père et un Dieu petit-fils.
Les macédoniens furent aussi appelés les pneumatomaques, c'est-à-dire els ennemis du Saint-Esprit, ou encore les maratoniens à cause de Marathone évêque de Nicomédie, qui reprit les thèses de Macédonius.
Les « erreurs » des macédoniens sur le Saint-Esprit se retrouvent chez les Sociniens et les antitrinitaires

Les Marcionites

Marcion, évangéliste de IIe siècle, conçut ses idées au travers d’une interprétation personnelle des Epitres de Paul dans lesquels il crut trouver les traces d’une opposition entre la Loi et l’évangile. Paul soutenait dans ses Epitres qu’une personne était en accord avec Dieu par sa foi dans le Christ et non en suivant la Loi, c'est-à-dire de la Loi juive de ce qui deviendra l’Ancien Testament.

De là Marcion déduisit que l’évangile est amour, pitié, pardon, alors que la Loi n’est que menace, jugement, culpabilité, punition. Le Dieu de l’Ancien Testament est le Dieu de Justice qui créé un homme faible, et fait d’Israël son peuple. Le Dieu de l’évangile est le Dieu bon qui a pitié des hommes et leur envoie sont fils pour les sauver, juifs ou non. .

Marcion reprochant au christianisme de rester coller au judaïsme et à son canon de l’Ancien Testament au lieu d’établir ses propres références, entreprit l’œuvre d’identification. Rejetant totalement l’Ancien Testament, il ne retenait dans le nouveau qu’une partie de l’évangile de Luc et quelques épitres de Paul. Moraliste excessif, chiliaste convaincu, il n’admettait le baptême que pour ceux qui faisaient serment de célibat, ou pour les couples mariés qui juraient de faire abstinence. Il ne mangeait pas de viande et s’abstenaient de toute distraction. .

Pour les marcionites Jésus est bien venu sauver les hommes, mais il ne s’est pas véritablement incarné, car en temps que fils de Dieu il ne pouvait se corrompre dans la matière. De ce fait la crucifixion n’est qu’une illusion (docétisme). De plus c’est le Dieu bon, celui des anciens temps qui à envoyé Jésus et c’est le démiurge, le dieu des juifs qui l’a mis à mort. L’homme ne pourra être sauvé qu’à la fin des temps, ce qui pour Marcion comme pour beaucoup à l’époque ne saurait tarder.

Avec cette thématique Marcion jette les archétypes des disputes à venir. Au-delà de la question de la séparation des chrétiens et des juifs, c’est la nature de la personne de Jésus Christ qui est en cause. Pire encore, volontairement ou par inadvertance Marcion en voulant séparer à tous prix juifs et chrétiens finit par émettre une doctrine polythéiste qui est étrangères à chaque camp. .

Le loup du pont (comme l’appelait Tertullien en référence à son origine et son caractère), écrivit deux ouvrages majeurs, l’Evangélion ou l’évangile de Luc débarrassé de son judaïsme et l’Apostelion, les actes de Paul également révisés, puis il réunit un concile des dirigeants de l’église à Rome où il exposa ses idées. Loin de soulever l’enthousiasme il fut chassé de la communauté et se réfugia en Asie mineure où là par contre ses idées furent favorablement accueillies, donnant naissance à une église Marcionite dont on signalait toujours l’existence au Ve siècle. .

Marcion a été le premier à affirmer que les chrétiens se devaient d’avoir leurs propres textes de référence et se débarrasser de la Bible qui restait attachée à la seule Loi des juifs et de leur dieu secondaire. Avec ses deux ouvrages il a créé le principe des écrits canoniques qui devaient déboucher sur la sélection souvent arbitraire et contradictoire d’écrits réputés chrétiens et qui formeront le Nouveau Testament. Marcion avait vu juste en affirmant la nécessité de se distinguer des juifs, ou du moins l’histoire des vainqueurs lui a donné raison. Cependant s’il a été aussi violemment exclu de la communauté chrétienne en proposant une démarche qui tentait une grande partie de cette communauté c’était avant tout en raison de circonstances historiques. Il ne faut pas oublier que dans la Rome antique l’antériorité d’une religion était la condition de son acceptation. Prendre le risque de se séparer du judaïsme équivalait pour le christianisme de l’époque, à se priver de l’ancienneté de ce judaïsme, et perdant ainsi toute antériorité de se voir rejeter du rang de religion à celui de secte. D’une certaine manière en reconnaissant l’Ancien Testament mais en lui imposant la révision critique du Nouveau, les chrétiens ont réussi le grand écart qui leur à permis de conserver leurs racines pour mieux les rejeter.

Les Marcites

Augustin nous parle d’un je ne sais quel Marc devint hérétique sans plus de certitudes. Il faut consulter le dictionnaire historique de Moreri (1712) pour qu’un lien formel soit établit entre Marc et les marcites.
Les Marcites étoient ainsi nommez de Marcus, qui conferoit aiux femmes le sacerdoce et le pouvoir d’administrer les sacrements

Marc était disciple de valentin et comme lui reconnaissait l’existence des Eons. Selon Iréné Marc semble fonder sa doctrine en partie sur la cabale qui suppose des vertus attachées aux mots. La doctrine de Marc semblait fondée sur cette théologie arithmétique dont on était fort entêté dans ce second et troisième siècle.
Selon Valentin l’esprit éternel avait produit la pensée qui à son tour à produit l’esprit, qui ensemble (esprit-pensée) ont produits d’autres êtres jusqu’aux éons dans une suite de mariages. Marc estima que le premier principe n’était ni mâle ni femelle et qu’il était en revanche capable de produire seul les éons sans avoir besoin de la suite de « mariages » imaginée par Valentin.
Marc faisait du verbe l’artisan de la création en considérant la magie du mot qui étant prononcé devenait un ordre créateur. De cette manière le démiurge ayant prononcé le mot arché c'est-à-dire « le principe » créa un être semblable à lui-même, après quoi avant de se reposer, il prononça quatre mots contenant 30 lettres. Marc concluait que Dieu avait créé trente éons auxquels il avait abandonné le monde.
Ce nombre de trente éons n’était pas satisfaisant. Le nombre de 24 paraissait plus parfait du fait qu’il représentait le nombre de lettre de l’alphabet grec, qui comportait entre l’alpha et l’oméga la plénitude de tous les possibles. Totalement obnubilé par ses théories auxquelles il finit par accorder une valeur magique, Marc décida d’accomplir des miracles dont en particulier changer le vin de messe en sang. Il y parvint par le truc de la fontaine des noces de Cana. Par cette supercherie il attira l’admiration et la convoitise des femmes de préférence riches et belles, et leur fit croire qu’il pouvait leur transmettre le pouvoir miraculeux, sans oublier de dire qu’il en était la source.
Pour l’accomplissement du culte marcite on faisait prendre aux femmes de potions destinées à les mettre dans des dispositions favorables à l’assouvissement des passions,tout en les persuadant que tout était permis aux adeptes de la secte.
N’étant pas prêtre, Marc s’est sans doute senti obligé « d’accomplir » des miracles pour justifier son ingérence dans la prêtrise, ignorant à l’occasion la nature symbolique de la transsubstantiation qu’il prit au pied de la lettre.

Les Marcosiens

La doctrine marcosienne est celle de Valentin revue et corrigée par son disciple Marc. Alors que pour Valentin le monde est créé par une succession de couples multipliant le principe premier, pour Marc, c’est au mot « Verbe » que revient la faculté créatrice. De la puissance des mots, les marcosiens déduisaient pouvoir par leur intermédiaire communiquer avec les esprits, faire des miracles en d’autres termes pratiquer la magie.
Les orgies qui leur sont attribuées semblent relever d’un dénigrement systématique de la part des Pères de l’église plus que de faits avérés. Les marcosiens admettaient l’ancien testament et une partie du nouveau. Ils donnaient le baptême avec de l’eau mêlée d’huile de baume.

Les Malchisédéciens

Créée par Théodote le banquier adepte cléobien, cette secte niaient la divinité de Jésus-Christ et prétendaient qu’il était inférieur à Melchisédech. Comme toujours la réaction des orthodoxes sera le dénigrement face à ce qui semble relever le moindre détail qui pourrait conforter une thèse indéfendable. Mais d’abord qui était Melchisédech ?
Melchisédech est un des personnages les plus mystérieux de la Bible. A la fois roi et prêtre il n’a ni père, ni mère, ni parenté terrestre. Paul dans son épitre aux Hébreux nous en parle ainsi ;
[…]Et le Christ ne s’est pas non plus attribué la gloire d’être devenu grand prêtre, mais il la tient de celui qui lui a dit : Tus es mon Fils, je t’’ai engendré aujourd’hui. Comme il est dit encore ailleurs : Tu es prêtre pour toujours, selon l’ordre de Melchisédech. […]

Les Melchisédéciens déduisirent de cet Epître que Jésus recevant sa prêtrise de Melchisédech, était son subalterne. Considéré comme un ange par certains, comme le Saint-Esprit et même Jésus-Christ par d’autres, Melchisédech est pour Paul avant tout un argument.
Dans l’Epître de Paul le mot « prêtre » pourrait être une traduction du terme « sacrificateur ». D’ailleurs les traductions en langues française et anglaise indiquent selon les cas un terme ou l’autre. Paul semble bien utiliser le terme dans sa signification de « sacrificateur » , et c’est en tous cas ce qui va lui permettre de contredire les arguments de Mélchisédéciens. La fonction de sacrificateur dans la loi juive répondait à des règles très strictes d’appartenance à la tribu de Lévi et la famille d’Aaron. D’autres exigences concernant la généalogie pouvaient, si elles n’étaient pas respectées, interdire l’accès à la fonction.
Le prêtre sacrificateur ne pouvait exercer son office que de ses trente ans jusqu’à ses soixante ans. Le souverain prêtre et sacrificateur lui ne pouvait prendre son office qu’a la mort de son prédécesseur, et le perdre à sa propre mort. Ainsi tous étaient frappés des limites du temps. Il n’en fut pas de même pour Melchisédech qui n’ayant pas de prédécesseur ni de successeur n’eut pas de bornes à l’exercice de son ministère.
Ainsi Paul, en confirmant que Jésus tenait son pouvoir de Melchisédech, sous-entendait que Jésus n’avait ni prédécesseur ni successeur puisqu’il était l’unique Fils de Dieu, ce qui de fait le dédouanait de la Loi juive en la matière.

Les Méléciens

Mélèce, évêque de Lycopolis, déposé par son métropolitain vers l’an 306 pour avoir sacrifié aux idoles, refuse la sanction et provoque un schisme qui va durer un siècle et demie. Ce schisme relève plus de la dispute autour d’une question de pouvoir que d’une véritable hérésie car aucun message doctrinaire semble exister.

Les Ménandriens

Ménandre disciple de Simon le magicien, se considérait comme le Messie. Ses sectateurs les ménandriens affirmaient que l’intelligence supérieure « Ennoia » avait créé le monde sensible et intelligible par émanations successives d’entités de moins en moins pures au fur et à mesure qu’elles s’éloignaient de leur source absolue. Ces entités ou génies auraient été les anges selon ce qu'en déduisit Saint Augustin. Mais Valentin et les autres gnostiques les appelèrent ultérieurement les éons.
Ménandre administrait le baptême en son nom, en lui attribuant la capacité de donner l’immortalité. Les ménandriens pratiquaient la magie, et le spiritisme.

Source : http://avatarpage.net/

 

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