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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 10:07

Présentation

Jusqu’au quatrième siècle le gnosticisme a tenté de faire son nid dans le christianisme naissant en s’emparant de la personnalité de Jésus-Christ pour en faire ce que l’on appellerait aujourd’hui sa «tête de gondole» dans la promotion de ses thèses d’inspiration orientale. C’est en grande partie du besoin de présenter un front commun face à la multitude des sectes gnostiques que s’est forgée l’orthodoxie chrétienne dont les rejets ont précipité les concurrents dans le camp de l’hérésie.

Au final, l’orthodoxie d’un article de foi n’était pas seulement dépendante d’un acquis originel tirés de la parole de Jésus-Christ, mais pouvait tout aussi bien relever d’une construction inventive imposée par une l’autorité, que cette dernière fut celle d’une majorité ou celle que la force dominante. Ce faisant l’opinion ainsi retenue et validée, quittait le domaine de la supputation pour pénétrer celui du dogme.

Cependant toutes les hérésies ne furent pas gnostiques, et la nature du lien entre le Père et le Fils alimenta un telle dispute entre ariens et «orthodoxes» qu’en 325 Constantin Ier dû convoquer un concile pour mettre un terme au conflit (Nicée). Cependant au-delà des préoccupations de pure théologie, il semble bien que les affrontements idéologiques, n’eurent pas seulement pour objet de parvenir à une uniformisation du christianisme, mais tout autant de régler les comptes dans la concurrence acharnée que se livraient les différentes acteurs pour s’emparer des positions dominantes dans ce christianisme en voie de devenir un dispensateur de promotion sociale.
Les sectes hérétiques que nous avons listées ici sont donc majoritairement, mais pas uniquement, gnostiques, et elles furent actives durant les quatre premiers siècles de notre ère.

Le Gnosticisme, un générique

Article totalement révisé en janvier 2011.
Le gnosticisme n’est pas à proprement parler une religion mais un ensemble doctrinal d’influences orientales -principalement mazdéennes, mandéennes et probablement judaïques- qui affirme que la création est le travail d’un mauvais démiurge, source du mal, et que la nature spirituelle de l’homme est étrangère au monde matériel qui la retient prisonnière.

C’est par la connaissance ou gnose que l’homme se libèrera de la matière. Toutefois une assimilation directe entre gnose et gnosticisme ne correspondrait pas à l’évolution des significations. En effet le sens pris par le mot gnose tend à définir une technique, une démarche, destinée à atteindre la révélation par sa propre et intime expérience sans présumer en rien du contenu de cette révélation. Tout au contraire le gnosticisme impose son ensemble doctrinal comme contenu de sa révélation. En d’autres termes la gnose vue par les gnostiques est la révélation de la nature corrompue de la création et la prise de conscience de l’irrémédiable nécessité de mettre un terme en l’enchaînement des incarnations.

C’est donc cette vision d’un monde fabriqué par une Dieu mauvais que les gnostiques ont tenté d’introduire dans le christianisme naissant, faisant à l’occasion de Jésus-Christ un sauveur apportant la révélation gnostique et chargé de sauver le monde en le détruisant.
Thèse tout à fait crédible dans le contexte apocalyptique cher à diverses religions. Sauf que cette idée d’un démiurge créateur opposé à un Dieu resté silencieux et non manifesté introduisait un polythéisme dans un christianisme totalement monothéiste. Les chrétiens ne pouvaient accepter cette situation qui faisait la part belle au paganisme concurrent et les coupait du judaïsme dont ils avaient encore besoin pour puiser leur références et leur antériorité. En contrepartie le refus de cette dualité divine ne permettait plus de résoudre cette obsédante et insoluble question de savoir, si Dieu était unique et bon, pourquoi le mal existait-il toujours. Bouc émissaire, diables et démons, sorcières vampires incubes et succubes, hérétique mêmes, seront en charge de tous ces péchés, mais ceci est une autre question.

Pour l’instant nous allons aborder succinctement les différents courants de ce gnosticisme qui prêchant la révélation par la connaissance niaient en quelque sort la prééminence de la foi qui certes permettait de déplacer des montagnes, mais qui faisait prendre pour argent comptant ces contes et légendes dont l’église deviendrait si friande. Nous allons rencontrer les plus pertinentes interrogations, les plus crédibles croyances comme les divagations pornographiques le plus délurés. Abstenons nous de tout jugement car n’oublions pas que notre savoir sur les gnostiques vient principalement de leurs ennemis qui en dressant leur procès nous ont souvent, et contre leur attente, permis de connaître des idées qui étant vaincues devinrent hérétiques.

Les Abeloïtes

Appelés aussi Abélonites, Abéloniens, ou Abéliens, cette secte fut composée essentiellement de paysans qui avaient choisis de vénérer Abel. Ils prétendaient qu’il fallait se marier comme lui, mais ne pas consommer le mariage. Les maris et femmes vivaient ensemble, amis pratiquaient donc la continence. Afin d’assurer leurs successions ils adoptaient une petite fille et un petit garçon
Si un enfant venait à décéder, une nouvelle adoption le remplaçait. Si un des parents décédait alors les enfants prenaient soin du parent survivant jusqu’à la fin de ses jours, et adoptaient à leur tour un garçon ou une fille.

Les Aériens

Aérius, à ne pas confondre avec Arius ni Aetius, était moine et l’ami d’Eustathe évêque de Constantinople. Aérius vivait mal d’être soumis à l’autorité de son amis même si celui-ci le favorisait en lui confiant la conduite de son hôpital. Eustache tenta de rétablir son autorité sans succès. Aérius prétendit que l’évêque n’était pas supérieur au prêtre et pour faire bonne mesure condamna les cérémonies de l’église et la célébration des fêtes dans lesquelles l’évêque paraissait dans l’éclat et avec distinction. Il niait qu’il faille prier pour les morts, et que l’église puisse prescrire des jeûnes solennels
Il quitta son hôpital et entreprit de répandre ses idées au travers de sa secte. Refuser l’autorité des évêques était mettre en cause l’église dans son ensemble, car les évêques étaient avant tout les successeurs des apôtres.
Ces « erreurs d’Aérius seront celles qui seront reprises par les protestants en partie, les presbytériens, quelques anabaptistes et enfin les Quakers, du moins si on se situe d’un point de vue qui n’est pas le leurs.

Les Aétiens

Aétius suivait les idées d’Arius auxquelles il ajoutait les siennes. Selon lui Dieu n’attendait de nous que la foi. Les actions infâmes répondaient aux besoins de la nature. Excommunié par les Anoméens dont il était devenu le chef, dégradé par les acadiens et exilé par Constance, il fut rappelé par Julien l’apostat et couvert d’honneurs.
C’est son disciple Ennomius qui soutint avec plus de succès que son maître l’erreur selon laquelle le Fils serait différent du Père, et le Saint Esprit tout différent du Fils. De mœurs dissolues il promettais à ses disciples l’impunité complète pour leur crimes et leur persévérance dans le mal.
La prépondérance d’ Emmonius sur Aétius fit que les aétiens furent souvent appelés Enomiens.

Les Aloges

Si la similitude entre certaines sectes nous rend parfois difficile la distinction, ce que nous pouvons dire des Aloges c’est qu’ils ne sont absolument t pas de Montanistes. Ils en sont même «le rebours » total. Si le mysticisme trouvait une place excessive dans le montanisme, les Aloges le réprouve, et en tirent d’ailleurs leur nom « A-logos » ennemis du verbe.
Montanus à prétendu que la mission du Paraclet annoncée dans l’évangile de saint Jean était la sienne, les Aloges suppriment l’évangile de Jean. L’Apocalypse fournit à Montanus l’idée d’un règne de mille ans, les Aloges suppriment l’apocalypse. Les montanistes parlaient de prophéties, miracles, inspirations, les Aloges nièrent à l’église toute puissance surnaturelle.
Nous pouvons sans l’avoir vécu, ressentir le côté invasif et peut modeste du montanisme, qui par certains côtés a des attitudes proches de nos sectes modernes. La réaction même excessive des Aloges se comprend d’autant mieux qu’elle semble vouloir pousser chacun à mettre les pieds sur terre.
Mais dans le contexte de l’époque les Aloges ouvrent une voie tout aussi dangereuse que le montanisme pour le devenir de l’église, et c’est ce que nous allons voir :
Être ou ne pas être
Nous sommes à une époque où le christianisme naissant se doit d’être clairement identifié faute d’être absorbé par un concurrent ou même de disparaître définitivement, ne laissant pas plus de trace dans le judaïsme qu’une ancienne. Voici un condensé de ce que disait sur le sujet Franz de Champagny dans son livre de 1865 « Les Antonins »
« La victoire du gnosticisme serait celle de la corruption et de l’apostasie. Elle entrainerait la disparition du christianisme et le retour à une idolâtrie pire que la première (paganisme). Que le Montanisme gagne et la société chrétienne ne serait plus qu’une secte de « méthodistes » hautains et exclusifs, ennemis de l’homme et de la cité. Que les Aloges gagnent et le christianisme n’aurait plus de symboles et deviendrait une sèche, vacillante et incertaine philosophie. Si enfin au dessus de toutes ces sectes ne se maintenait pas une église une, entière et inébranlée, qui pourrait reconnaître à travers ces innombrables écoles le christianisme complet, supérieur, principal ? »

Cette citation explique de façon claire la situation. L’église chrétienne devait son existence au fait qu’elle s’était singularisé du judaïsme sans pour autant flirter avec le paganisme. Sa singularité venait du Christ dont la personne et la parole avaient été rejetés par les juifs. Voilà que prétendant parler au nom du christ ou de ses apôtres naissait une multitude de sectes aux doctrines douteuses, aux rituels proches du paganisme, aux maîtres arrogants qui passaient leur temps à rejeter ou interpréter les textes selon leur convenances en frayant parfois même avec les paganisme qu’ils voulaient éradiquer.
Il fallait bien unifier le discours, établir le dogme, afin que ceux qui n’y adhéraient pas comprennent qu’il y avait de la place ailleurs et que cette place ne pouvait pas être chrétienne, et cela disons le, au risque d’y perdre son âme.

Les Angéliques

Secte qui rendait un culte particulier aux anges Dieu s’était servi des anges pour faire connaître sa volonté aux hommes, alors les hommes devaient se servir des anges comme intermédiaires vers Dieu. Cette secte ne doit pas êtrre confondue avec celle des Angélites qui au Ve siècle tenaient leur nom d’un lieu nomé Angélium et qui enseignait que ni la Père ni le fils, ni le Saint-Esprit n’étaient Dieu par lui-même, mais que de nature divine ils participaient à cette divinité de manière indivisible, qui faisait Dieu de chacun ?

Les Apellites

Apelle disciple de Marcion ne croyait qu’en un seul principe éternel non qu’il en eut la preuve, mais parce qu’il en avait l’intuition. Pour résoudre la question de l’origine du mal, il en vint à soutenir que cet Etre ne s’occupait pas des choses de la terre et qu’il avaitb laissé à des anges, en particulier l’ange de feu, le soin de créer notre monde sur l’exemple du mond supérieur parfait. Se créateur s’étant avéré être mauvais, le monde le fût également. Jésus était le fils du Dieu supérieur, le bon, et il était venu pour apporter la connaissance aux hommes et leur faire mépriser le mauvais créateur.
Pour Apelle les âmes ne sont pas totalement incorporelles et il développe sur ce point une cosmogonie tarabiscotée et en tout cas absconde.
Apelle rejetait les livres de Moïse et ceux des prophètes, car pour lui Adam n’avait pas pu être menacé de mort puisqu’avant de manger le fruit il ne savait pas de quoi il s’agissait. A cette opposition mal venue s’ajoute une mauvaise réputation. Il aurait abusé d’une femme, et serait tombé sous les charmes d’une prostituée illuminée et faiseuse de miracles. Comme d’habitude difficile de savoir qu’elle est la part de calomnie, surtout si on se réfère à des extraits de réponses sensées et apparemment honnêtes faite à un de ses interlocuteur chargé de lui faire admettre ses erreurs :
… il ne faut pas si fort examiner les matières de religion ; chacun doit deumeurer dans ses croyances pourvu qu’il fisse de bonne œuvre

ou encore
Les prophéties se condamnent d’elle mêmes puisqu’elle ne disent rien de vraie et qu’elle sont toutes fausses, qu’elles se contredisent entre elles…

Les Apollinaristes

Apollinaire, évêque de Laodicée disait que Jésus avait pris un corps humain pour son incarnation, mais qu’il n’avait pas d’âme humaine, ou que du moins l’âme humaine à laquelle le Verbe s’était uni n’avait point d’intelligence, mais une âme sensitive sans raison ni entendement. Il jugea qu’une âme humaine était inutile dans Jésus-Christ, la divinité ayant présidé à toutes ses actions et fait toute les fonctions de l’âme.
Pourtant Jésus avait éprouvé des sentiments qui ne pouvaient convenir à divinité, kil devait cependant avoir une âme sensitive. Dans cet art de dire tout et son contraire il rejoignait la philosophie pythagoricienne qui suppose une âme de pure intelligence, raisonnable et sans passion, et une autre incapable de raisonner et purement sensible. Comme toujours en la matière « il fut facile de contrer ces arguments » en opposant des vérités décrétées comme telles, au seul motif qu’elles étaient prononcées par les écritures et constituées si ce n’est la preuve, mais la règle.

Les Apostoliques
Sous ce nom très prétentieux (apostolique) on désigne ceux qui ne reçoivent pas à leur communion les personnes mariées, ni les chrétiens qui n’ont pas renoncés à leurs biens. Ils enlèvent toute espérance de salut à ceux qui usent des choses dont ils s’abstiennent.
A cette présentation Augustin ajoute que leurs erreurs sont les mêmes que les Encratites, car on les appelle aussi comme ces derniers : apotactiques ou aussi renonçant. Ce nom d’apostolique vient de leur prétention à imiter l’Eglise apostolique de Jérusalem, où les biens étaient mis en commun par les fidèles.

Les Aquatiques

Cette secte croyait que l’eau était un principe coéternel à Dieu. Hermogène avait enseigné que la matière contemporaine du Dieu a donc toujours été. Sans naissance, sans commencement et sans fin dont le Démiurge s’en est servi pour créer toutes choses. Ses disciples ont voulu connaître la nature de cette matière et adoptèrent le système de Thalès qui considérait l’eau comme origine de toute chose et dont l’air le feu et la terre procédaient.

Les Arabiques

Nommés aussi Arabiens ou simplement Arabes, cette secte du troisième siècle prétendaient que l’âme mourait avec le corps, mais qu’elle ressuscitait avec lui. Il furent convaincus de leur erreur par Origène lors d’une grande assemblée tenue en Arabie.

Les Ariens

L’arianisme est un courant idéologique chrétien développé par un prêtre alexandrin Arius et qui affirme que le Père (Dieu) et le Fils (Jésus-Christ) ne sont pas de même substance et que le Fils est inférieur et subordonné au Père. Pire encore les ariens considéraient qu’il existait un Dieu intérieur inengendré et un Dieu extérieur engendré et c’est sur ce point seulement qu’ils peuvent être rapprochés du gnosticisme car pour le reste l’arianisme n’est pas une hérésie gnostique.
Les thèses de l’arianisme s’opposaient bien entendu à celles des partisans de la "consubstantialité" pour lesquels le Père et le Fils étaient de même substance. Constantin Ier voulant mettre un terme à une querelle qui risquait de troubler l’ordre public, envoya une lettre aux deux camps leur enjoignant de stopper leur dispute pour [des choses qu’ils n’entendaient pas et qui étaient de nulle importance]. Devant l’échec de cette tentative de conciliation l’empereur réunit un concile à Nicée en 325. Ce fut la victoire des tenants de la consubstantialité que les termes du consensus final (credo de Nicée) soient sur ce sujet franchement sibyllins et pour le moins byzantins, en affirmant :
« le Fils est consubstantiel au Père. Quand on disait que le Fils est consubstantiel au Père, on ne prenait pas ce mot au sens qu’on le prend lorsqu’on parle du corps des animaux mortels, le Fils étant consubstantiel au Père ni par une division de la substance divine dont il eût fait partie, ni par quelque changement de cette même substance ; on voulait dire seulement que le fils n’était pas d’une autre substance que le Père. »Ainsi les Homoousiens (consubstantialité) l’emportaient à la fois sur les Ariens et les Homoiousiens qui eux se limitaient à reconnaître une nature semblable, mais non identique (subtilité?). Nicée ne mettra pas un terme à l’arianisme dont les thèses considérées comme orthodoxes sous le règne de Valens, seront adoptées par une partie du mouvement protestant, mais ce concile imposait pour longtemps sa méthode, imposer le dogme par la force de l'autorité.
Arius développait des arguments tout aussi improuvable et suggestifs que ceux des orthodoxes, et sans doute plus proche de la simple logique, mais il eut le tort de perdre et fut rejeté dans les enfers hérétiques. Pendant ce temps c’est l’église qui perdait sa substance en donnant la priorité à la dispute, à la jactance inutile et prétentieuse et abandonnant tout ce qui faisait la grandeur de sa doctrine.

Les Artotyrites

Quelques montaniste se dirent que les premiers hommes, dans leurs sacrifices, offraient à Dieu des fruits de la terre et des produits venant des brebis. Ils en déduisirent qu’il fallait retourner à cette pratique et ils offrirent dans leurs mystères du pain et du fromage.
Partant de la doctrine de Montan ils admettaient les femmes d’autant plus facilement à la prêtrise et à l’épiscopat qu’ils les jugeaient plus aptes que les hommes à susciter les sentiments de pénitence et de mortification parmi les adeptes.

Les Ascites

Secte de montaniste qui dansait autour d’un ballon gonflé, installé près de leur autel. Ils se considéraient ainsi remplis comme ce ballon du Saint-Esprit.

Les Bardesanistes

Issu d’une famille riche il est élevé dans le paganisme puis reçoit le baptême et devient un catholique fervent. Sommé d’abdiquer sa foi lors des persécutions sous Marc Aurèle, il refusera, prétextant qu’il ne craignait pas la mort puisqu’il ne pouvait l’éviter quelle que soit son obéissance à l’empereur. Pour les uns, Bardesane semblerait avoir adopté les idées de Valentin et même d’un Marcion qu’il aurait par ailleurs combattu, puis pour les autres, serait revenu à une orthodoxie, que pour d’autres enfin il n’aurait jamais quittée. Formé aux sciences occultes et sans doute à l’astrologie, il établira un calcul de la durée de révolution de planètes, en même temps qu’une estimation de la date de fin du monde. Son ouvrage le plus connu est un dialogue sur le destin ou Livre des lois des Pays, ouvrage dans lequel il s’oppose au système fataliste des chaldéens ou astrologues.
Pour lui l’homme jouit de son libre arbitre et est responsable de ses actes. Dieu unique, invisible, incréé, est le créateur de l’univers. Les autres éléments sont soumis à des lois fixes auxquelles ils ne peuvent se soustraire, et ne sont donc pas responsables de leurs actions. En revanche certains êtres comme l’homme jouissent d’une liberté d’action qui les rend responsables de leurs actes.
L’homme est sous la loi de trois influences. Le Destin qui est le pouvoir donné par Dieu aux astres de modifier les conditions dans lesquelles l’homme vit. Ce pouvoir se manifeste au moment de la naissance, lorsque l’âme intellectuelle descend dans l’âme végétative puis dans le corps. C’est là que sont inscrites les chances et les malchances. Les deux autres principes auxquels nous sommes soumis sont la nature et la surtout la volonté qui nous permettra de d’exercer ce relatif libre arbitre qui transforme la fatalité en destinée.
Rien ne semble confirmer dans ses ouvrages que :
Bardesane se mit à ajouter les idées de Valentin aux siennes. Comme Valentin il inventa plusieurs Eons et divers principes. Il niait la résurrection de la chair. Il adoptait l’ancien et le nouveau testament mais en lui ajoutant des livres apocryphes. Pourtant Paul semble lui aussi confirmer le caractère hérétique des idées de Bardesane:
Bien que dans ses œuvres il suivait la doctrine et la foi de l’église, il fit un triple naufrage. …d’autant plus funeste pour lui et pour les autres qu’il était comme un vaisseau chargé de marchandises précieuses, et qu’en périssant il fit périr avec lui beaucoup de personnes qui en lui avaient trop de confiance. Ses sectateurs allèrent plus loin en prétendant que Jésus ne s’était pas incarné, et qu’il était venu recouvert d’un corps fantastique, retombant cette fois dans l’hérésie de Marcion que leur maître avait combattu.

Les Basilidiens

Les basilidiens disciples de Basilide, personnage natif de Syrie et sans doute éveillé au gnosticisme. Son enseignement secret ne se communiquait à ses adeptes qu’après une longue initiation. Il serait l’auteur d’un livre disparu « Prophétie de Cham et de Barchir ». Selon sa doctrine ésotérique, le père inconnu s’était manifesté dans 52 attributs de 7 éons chacun, ce qui a porter à croire que sa hiérarchie était fondée sur la division de l’année de 52 semaines de 7 jours, soit 364 éons. Eteinte au Ve siècle, la secte des basilidiens considérait le démon Abrasax comme leur dieu suprême.
Abrasax ou Abraxas, est un démon apparaissant sous la forme d’une chimère à tête de coq, pied de dragon, et ayant un fouet à la main. Son nom proviendrait des sept premières lettres du nom de Dieu en hébreux, et fait référence aux sept planètes, archanges, jours de la semaine etc.… En appliquant le système de numérotation grec à chaque lettre et en additionnant on obtient la totalité du cycle annuel de 365 jours. Abraxas correspondrait au nombre mystique caché de Mithra.

Les Caïnites

Les caïnites considéraient que le Jéhovah le créateur selon la Bible, était orgueilleux et arrogant. De ce fait ils avaient choisi de vénérer les personnages que la Bible avait rejetés, et en premier, Caïn.
S’il avait été capable de tuer Abel, c’est que le Dieu qui protégeait ce dernier était impuissant à contrer la force qui agissait dans Caïn. Ensuite les honneurs étaient rendus à Judas l’Iscariote. Il avait trahi son maître sur sa demande afin que se réalise le destin du Christ. Il dût en payer le prix de la haine mais en même temps reçut la révélation.
La doctrine caïnite concevait trois catégories d’hommes. Les Pneumatiques ou être spirituels dont Caïn, les animiques Seth, et les hyliques ou être matériels, Abel. Les caïnites furent soupçonnés d’immoralité, mais comme toujours en l’absence de faits révélés, tout et son contraire peut être avancé.

Les Carpocratiens

Les carpocratiens étaient disciples de Carpocrate un philosophe gnostique du IIe siècle né à Alexandrie. Pour eux Jésus est un simple humain doué d’un esprit élevé et connaisseur des choses célestes qu’il devait annoncer à ses semblables. Le carpocratiens appelés parfois gnostiques libertins considéraient que pour atteindre un ciel plus élevé il fallait assouvir toutes les convoitises de la chair car elles plaisaient aux puissances. Ainsi ils pratiquaient l’échangisme dans le cadre des cérémonies liturgiques. Les âmes se réincarnaient jusqu’à ce qu’elles aient fait l’expérience de tout ce qu’un corps puisse ressentir. La débauche était de ce fait une manière d’accélérer la libération des cycles de réincarnation.
Une autre interprétation de cette véritable ou supposée dérive carpocratienne vient en partie de la lettre de Clément d’Alexandrie, laquelle dénonce la falsification de l’enseignement contenu dans ce que nous appelons aujourd’hui L’évangile secret de Marc. Marc aurait en effet écrit un évangile exotérique à la porté de tous, et un évangile ésotérique réservé à des initiés. Carpocrate à la mort de Marc, aurait réussi à s’emparer d’un exemplaire de cet évangile. Soit par dessein, soit par ignorance, il aurait interprété certains passages comme des autorisations ou même des incitations à la débauche. Ceci concerne en particulier un passage de Marc (10.34) où arrivant à Béthanie, jésus entreprend de ressuscité un jeune homme décédé récemment. Pour résumer les passages concernés disent :
le jeune homme le regarda intensément et l’aima(..)Et après dix jours, Jésus lui donna un ordre. Et quand se fut le soir, le jeune homme vint à lui, portant un vêtement de lin sur son corps nu. Il resta avec lui cette nuit là , car Jésus lui enseigna les mystères du royaume de Dieu
S’agit-il d’un texte véritablement écris par Marc ou révisé par Carpocrate. Il est évident qu’a partir d’un tel texte on peut tout aussi bien y trouver motif à homoérotisme, comme y deviner les traces de rituels secrets magiques de nature à être mal interprétés par des profanes, comme le tantrisme par exemple.

Les Cataphrygiens

Montanus (Montan) était le fondateur de cette secte que l’on appelait aussi Montanisme. Montanus originaire de Phrygie (actuelle Turquie) aurait été prêtre attaché au culte païen de Cibèle, la déesse de la terre mais aussi mère des dieux. Converti au christianisme il va conserver de sa croyance originale la volonté de donner aux femmes un rôle prépondérant dans son nouveau culte. Selon Montanus Jésus avait promis d’envoyer le paraclet (saint Esprit) après sa mort, pour continuer à enseigner les choses qui n’avaient pas été comprises durant sa vie.
Montanus prétendait être non le paraclet, mais le véhicule au travers duquel il se manifestait. Il associa à son culte deux femmes qui semblaient être bien disposées pour les extases et la suggestivité. Priscilla (ou Prisca) et Maximilla qui après avoir quitté leurs maris et avoir été élevées au rang de vierges devinrent prophétesses.
La persistance du culte de Cybèle dans le christianisme de Montanus apparaît encore quand on sait que cette déesse de la terre pratiquait la divination et que surtout il était coutumier de lui élever des temples près des fissures d’où s’échappaient des gaz. Si le lien avec la Pythie de Delphes est évident, il n’en reste pas moins que son avatar grec est Déméter.
Quoiqu’il en soit l’activité des deux prêtresses, et surtout leur succès, ne fut pas du goût de tout le monde et les opposants proposèrent de les faire exorciser. Montanus refusa au prétexte que c’eut été exorciser le Saint Esprit. Les évêques régionaux décidèrent d’excommunier les disciples de la secte.
Les cataphrygiens exaltaient la virginité, interdisaient les secondes noces, interdisaient de remettre certains péchés, en particulier en cas de récidive. Ils étaient chiliastes et attendaient donc le prochain retour de Jésus. Maximilla mourut après Montanus et Priscilla. Elle avait annoncé qu’elle serait la dernière prophétesse avant la fin du monde.
Pour faire bonne mesure, et avec les réserves d’usage, les Montanistes furent soupçonnés de pratiquer des actes de barbarie sur de enfants :
« .. avec une lancette ils pratiquent une foule de piqûres sur le corps d’un enfant d’un an : le sang qui en sort est mélangé à de la farine, et ils en font du pain, et préparent ainsi une sorte d’Eucharistie. Si l’enfant meurt on le regarde comme un martyr, s’il survit, comme un grand prêtre »

Les Célicoles

Les Célicoles ou Coelicoles furent appelés ainsi parce qu’ils étaient des adorateurs du soleil. Chrétien apostats retournés au judaïsme, il semble probable que ce nom fut donné à la fois à une secte chrétienne et à certains adeptes du judaïsme.

Les Cerdoniens

Cerdon, comme Simon et saturnin reconnaissait l’existence d’un être suprême qui avait généré des esprits moins parfaits que lui. Mais pour Cerdon, la préoccupation majeure était de comprendre à quel moment cet Etre suprême et bon par excellence avait commencé à créer le mal. La seule explication était l’existence de deux principes l’un bon l’autre mauvais. Cette dualité s’expliquait d’autant plus que si selon la doctrine de Simon l’être suprême avait envoyé son Fils unique pour les sauver du mal, comment se faisait-il qu’il n’y soit pas encore parvenu si ce n’est que nous sommes en présence de deux principes séparés, et que ce fait , le Dieu bon et parfait n’a pas un total pouvoir sur le principe du mal.
De là à considérer que ces juifs aux pratiques pénibles et à l’histoire douloureuse étaient le produit du mal, et que les chrétiens porteurs d’indulgence et de bienfaisance étaient les représentant du bien il n’y avait qu’un pas. Ce pas, Cerdon le franchit. Le principe bienfaisant n’avait pu envoyer son Fils pour subir des souffrances qui son contraires à sa nature et ce n’est qu’une apparence de chair qui s’est manifestée en Jésus et non une ioncarnation.

Source : http://avatarpage.net/

 

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