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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 14:03

Nous sommes les seuls responsables de notre destin, de notre vie et comme l’affirmait Plotin, « il faut que nous devenions les sculpteurs de notre propre statue et que nous fassions en sorte que nous ne nous laissions pas abimer par les vicissitudes de la vie ». Ainsi nous avons choisi de sculpter notre vie autrement, de nous élever au dessus des bassesses profanes, de spiritualiser notre matérialité. Nous avons librement choisi de renaître, en étant, après un retour dans la matrice de la Terre symbolisée par le cabinet de réflexion, initié par l’air, l’eau le feu.

Nous entrons dans une voie d’initié où nous recherchons l’excellence du parcours qui va des ténèbres à la lumière. La perfection n’étant pas de ce monde, nous essayons tout au moins de faire en sorte que le chemin soit le meilleur possible dans cette quête de Vérité et de Lumière. S’agit-il de rechercher la Vérité et la Lumière d’un monde auquel nous aspirerions ou s’agit-il de rechercher notre propre vérité pour devenir des êtres éveillés au sens bouddhique, lumineux et sereins, utiles au monde où nous vivons, pierre du Temple de l’Humanité et découvrir que le JE n’est rien s’il ne sert à tous, que les futiles décorations et titre ronflants du Moi, ne sont que les tristes reliquats d’une vie superficielle humaine ?

Quel idéal, mes Sœurs et mes frères, le beau, le bon, le véridique d’une chaîne d’union lumineuse et rayonnante. Bien sûr que c’est utopique, mais c’était, il y a quelques décennies, de l’utopie d’imaginer que nous pourrions communiquer avec le monde en un clic… C’est l’utopie qui fait avancer le monde, et le principe d’une humanité fraternelle sera un jour réalité, parce que c’est inscrit dans notre génome. Alors résonne la voix théâtrale du Vénérable Maître, qui brandit trois objets que nous avons reconnus comme des outils symboliques : « Ici sont les arcanes de la gnose ».

La phrase interpelle l’apprenti. Parce que nous ne sommes pas habitués à utiliser ces mots dans notre banale vie d’humain, et parce qu’ils sont parfumés de cette suave odeur qui nous plonge dans l’ésotérisme symbolique. Traduisons en langage exotérique ces mots. L’arcane, au masculin singulier, désigne une opération secrète de l’alchimiste, alors qu’au pluriel, cela signifie tout simplement « les secrets ». Le terme de gnose vient du grec gnosis, qui signifie « connaissance ». Avouez que « ici sont les secrets de la connaissance » cela fait moins maçonnique que « ici sont les arcanes de la gnose ».

Mais la gnose désigne aussi un concept philosophico-religieux où le salut de notre âme, autrement dit sa libération du monde matériel, passe par la connaissance de la divinité, donc par la connaissance de Soi. Et nous souvenons tous de cette formule magique, hermétique pour le profane, le V.I.T.R.I.O.L du cabinet de réflexion, Visitetis Interiora Terrae Rectificando Invenietis Occultum Lapidem, visite l’intérieur de la Terre, et en rectifiant, trouve la pierre cachée, celle de ta nature véritable.

Nous pouvons rappeler qu’il y a deux aspects dans cette formule ésotérique. Le rappel de l’alchimique transformation du Moi en Soi, et le rappel que notre démarche n’est pas seulement la découverte et la transformation de notre Moi, mais aussi la découverte de notre nature cosmique, divine. Dans un autre rite, il est dit que le chemin tortueux de la vie conduit au trône de Dieu lui-même. La Vérité et la Lumière en quelque sorte. Et là nous sommes dans la gnose, la quête de la connaissance.

La transformation de soi commence dans le cabinet de réflexion, au centre de la Terre, dans cette caverne obscure où la matière brute pourrit pour mieux se transformer, se transcender, matrice de notre nouvelle entité. Notre matérialité, symbolisée par l’Equerre, qui devra abandonner les aspects bruts et rugueux des passions, des impatiences dominatrices de l’Égo, encore trop influencé par des réussites profanes. Cette période où l’on écoute, observe, reçoit, où l’on descend le long du fil à plomb à la recherche de son intériorité pour mieux la connaître et la maîtriser c’est notre apprentissage. C’est la première phase de ce parcours de l’initié qui définit les fondations du nouvel édifice à construire, qui conduit à faire d’une pierre brute une pierre cubique pouvant être évaluée symboliquement par l’équerre et s’ajuster parfaitement entre les autres pierres de la l’Edifice. L’équerre nous rappelle sans cesse que c’est dans la droiture que s’accomplit notre transformation, c’est le symbole de la rectitude, et non pas de la rigidité…

L’étape ultime de notre parcours est symbolisée par le compas, dont les branches mobiles ouvrent la voie à l’intelligence et la justesse, à la mesure, la circonspection, l’impartialité et la sagesse spirituelle.

Passer de la matérialité à la spiritualité ne peut cependant se faire sans un troisième élément qui agit comme catalyseur, la règle. La règle à 24 divisions, qui vous rappelle que le travail ne s’arrête jamais, que pour se transformer, notre matérialité à besoin de respecter les règles de notre ordre, car nous sommes entrés en maçonnerie comme dans un ordre, de respecter les règles éternelles d’un univers où tout est harmonie et beauté. Cette transformation aboutit à l’Etre initiatique dont parle Alain Pozarnik.

Les arcanes de la gnose de notre premier degré nous entraînent ainsi sur le chemin de la recherche de la Vérité et de la Lumière. Sur le chemin de la connaissance. Notre parcours est une gnose, et par de nombreux points elle se rapproche de la gnose des cherchants, des aventuriers de Dieu que sont les gnostiques, dans la mesure où, comme l’enseignait Guénon : « La gnose dans son sens le plus large est la connaissance ; le véritable gnosticisme doit-être avant tout la recherche de la vérité intégrale ».

S’élever de grade en grade jusqu’aux connaissances sublimes, comme le conseille Joseph de Maistre, est bien proche de la démarche que nous avons adoptée.

Nous en savons aujourd’hui un peu plus sur les théories gnostiques des premiers temps par les découvertes en Egypte de textes à la fin du 17ème siècle, et surtout par la découverte en 1945 de la bibliothèque de Nag Hammadi, en Haute Egypte, évangiles, lettres, traités et actes et de l’évangile apocryphe de Judas, en 1970. Pour les gnostiques, le dieu de l’ancien testament ne serait qu’un dieu secondaire, un démiurge qui aurait créé un monde imparfait dans lequel nous vivons.

Le monde sensible est dominé par les passions hostiles dans lequel l’âme a été jetée et emprisonnée et son enveloppe charnelle est sujette à toutes les vicissitudes. L’homme est fait de chair et d’esprit, pour Thomas, la chair est pauvreté, l’Esprit est richesse. Ainsi Jésus pouvait affirmer que son royaume n’était pas de ce monde, et il serait alors venu pour apporter le message du Dieu inconnu et supérieur, l’Agnostos, étranger à la création, d’un royaume qui serait celui de l’esprit…

Nous sommes donc dans un monde manichéen du Bien et du mal, du noir et du blanc, des imparfaits et des parfaits, et le salut est dans ce royaume des cieux du Dieu supérieur qui n’a pas pu créer ce monde imparfait. On rejoint la tradition platonicienne de l’enfermement de l’âme dans une enveloppe charnelle dont elle se libère pour un monde idéal et parfait.

Yahvé est ainsi, pour certains gnostiques, ce démiurge imparfait de l’ancien testament. Le gnosticisme prône par ailleurs le salut d’une élite par la recherche intérieure et personnelle, sans l’aide d’une quelconque et humaine église, par l’introspection. Nous pouvons reconnaître en passant le « connais-toi toi-même » de Socrate. Et pour atteindre à Dieu, point n’est besoin d’une église ! Comment l’Eglise de Pierre pouvait-elle ne pas condamner ces théories qui remettaient en cause ses fondements…et sa domination politique.

Selon Judas, Jésus n’a pas pu s’incarner et être pleinement homme que si le monde crée par le père, l’Agnostos, est bon et que les hommes peuvent y vivre normalement et dans la paix. Mais si le monde a été créé par un démiurge vindicatif et mauvais, pervers, alors le christ n’est pas vraiment incarné. Seul compte alors la prise de la conscience de l’esprit divin dont l’homme émane et dont il a conservé une parcelle en lui. Jésus est alors d’essence spirituelle dont le corps visible n’a pas d’importance. Judas le traitre devient pour les gnostiques Judas le libérateur qui l’aide à se libérer de son enveloppe matérielle.

Il y a, je vous l’accorde beaucoup de mysticisme dans le gnosticisme… La gnose tente de répondre aux questions suivantes : Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Ces questions existentielles sont aussi, mes Sœurs et mes Frères, les nôtres.

Notre Sublime Architecte, connaît les réponses, « je suis la source des existences et de tous les Êtres, je suis hier et je connais demain… »

Cet horloger inconnu, Dieu suprême, a mis dans notre matérialité un esprit qui est l’étincelle divine. Pour atteindre à l’exaltation spirituelle, nous avons une volonté, le serment, des outils symboliques, les arcanes de la gnose, Equerre, Compas et Règle…des guides de vie. Ces outils de bâtisseur, instruments plutôt de la géométrie qui nous est chère, nous les avons à notre disposition pour, une fois passés par la première phase d’introspection, construire notre Temple, construire notre Être initiatique.

« Qui ne s’est pas connu n’a rien connu, mais celui qui s’est connu lui-même a déjà acquis la connaissance de la profondeur du Tout » (Livre de Thomas).

Le maçon ne cherche pas à se libérer du péché originel, puisque ce péché, c’était de goûter à la connaissance, et c’est ce que nous recherchons, mais à se libérer de ses chaînes ancestrales, de ses peurs ancestrales, de sa peur à reconnaître sa nature divine et cosmique.

Les ténèbres, seraient l’inconnaissance de soi, la Lumière serait la reconnaissance du SOI et la naissance d’un être supérieur, spirituel, libéré des chaînes tressées par des siècles de dogmatisme religieux.

La gnose du maçon est existentielle, elle engage nos vies et nos destinées. L’initiation commence dans la souffrance de l’être constatant les limites du monde matériel et sa désacralisation puis devient un parcours expérimental, d’abord une voie intérieure, celle du cœur, puis la progression parmi les états multiples de l’Etre, menant à une sorte plénitude lorsque l’on passe du septentrion au midi, du Moi au Soi, puis au NOUS. Du Un au TOUT.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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Published by M/R/ - dans Planches
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