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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 06:08

Jahvé Dieu planta un jardin en Eden… Du coté de l’Orient… Il y plaça l’homme et la femme… Fit germer toutes sortes d’arbres… Et l’arbre de la vie au milieu du jardin… Puis l’arbre de la connaissance du bien et du Mal…
… Le Dieu Jahvé interdit de toucher à l’arbre de la « connaissance » et à l’arbre de vie qui étaient au milieu du jardin et dont le fruit était défendu…
…Le premier conflit des générations se déchaîna lorsque les créatures désobéirent à leur père pour s’affranchir de sa tutelle… Le créateur maudit ses propres enfants jusque dans leur descendance à perpétuité parce qu’ils s’étaient connus (au sens biblique du mot)…
…A la femme il dit : « j’aggraverai les peines de ta grossesse … Tu enfanteras dans la douleur » …
…A l’homme il dit : « parce que tu as écouté la voix de ta femme…parce que tu as mangé du fruit de l’arbre… Maudit soit le sol à cause de Toi ! C’est à force des peines que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie… Il te produira des épines et des chardons, et tu devras manger l’herbe des champs.
C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras ton pain… Jusqu’à ce que tu retournes en terre…
Et tu retourneras à la terre

Le concile de TRENTE, directement inspiré selon le pape Paul III du Saint Esprit, celui où l’on entendit reprendre en cœur par tous les Archevêques et Pères « Anathème aux hérétiques » - traduisit un peu différemment, et pour cause, ce passage du texte biblique de la Genèse : Les mots d’asservissement et de punition furent accolés à celui de « travail » consacré à devenir ainsi une pénitence divine.
…C’est par un travail pénible que tu tireras ta nourriture du sol de la terre tous les jours de ta vie à la sueur de ton front…
Le mot « travail » est issu d’un mot latin qui désignait un instrument de torture, plus précisément du bas latin « trepallium «, instrument à trois piliers qui servait à ferrer les chevaux, à maintenir les chevaux sous le joug et assujettir les condamnés à la torture.
Assimilant l’acte à l’outil on considéra le travail comme le maintien sous le joug en y ajoutant le contexte biblique de punition.
Les bourreaux disent d’ailleurs qu’ils « travaillent » un homme en le torturant, le policier en recherchant un aveu.
Que dire d’une femme qui se trouve dans la salle de « travail » ?
Dans notre ancien langage, « travailler » signifie » faire souffrir » et peu à peu, après le concile précité, il prend le sens de faire de grands efforts.
Les régimes totalitaires ont magnifié le travail étant un bon moyen de préserver l’ordre établi ; pendant qu’ils sont occupés à de lourdes tâches, les sujets n’ont pas le goût à réfléchir, de réfléchir à leur condition, de s’organiser, de s’opposer au pouvoir.
L’inaction parait-il serait la mère de tous les maux, et l’excès de travail serait le père de toutes les soumissions…
Le travail n’a jamais eu de rapport étroit avec l’accomplissement d’une vie et jamais personne n’a remis en cause sa justification.
Nos ancêtres nous indiqueraient qu’il existait et qu’il existe des travaux plus pénibles que d’autres ; ainsi nos civilisations ont eu recours à l’esclavage, à l’enrôlement…
L’oisiveté n’existait pas, peu octroyaient du temps à la culture, beaucoup s’adonnaient à la guerre.
La révolution industrielle transforma le « travail » en une valeur économique.
Zola le démontra dans ses ouvrages, le progrès consentit d’éliminer les durs labeurs malheureusement sans apporter chômage et dégradations.
Seuls les métiers laborieux, qui demandent effort et sueur ne trouvent que peu de volontaires, car toute notre instruction moderne a jeté l’abjection dans le travail dans ce qu’il a de plus rude, dans sa tourmente.
Des hypocrites ont réussi à démontrer que comme nous étions tous nés avec la même chance, avec la même acuité à apprendre ; si nous réussissions à susciter nos prédispositions nous obtiendrions un gagne pain agréable et de fait bien rémunéré, l’un n’allant pas sans l’autre.
Alors ne critiquons point nos enfants qui bien évidemment ont déduits qu’il valait mieux être contremaître, qu’usineur, acteur qu’intermittent, architecte que maçon.
Mais ils ont oublié que de devenir un bon architecte est difficile !
A l’inverse nous louons les jours fériés, les vacances et que dire de l’attente si longue pour obtenir une retraite tant méritée.
Nous voudrions entrer le plus tard possible dans la vie active, synonyme de longues études, enfin scolarisation, et la quitter le plus tôt possible, image proche de la réussite et de l’avènement.
Nos prédécesseurs n’ont jamais révélés ce genre d’aspirations, en résumant : faire un minimum pour obtenir un maximum.
Qui ne cherche pas son « paradis » dans « ne rien faire » ?
Le manque de convictions religieuses, spirituelles, pousse l’homo sapiens à chercher un paradis illusoire sur notre planète.
Le « non travail «, ces journées où l’on exerce rien, conduisent certains à s’ennuyer, d’autres à pratiquer du sport, à se promener, à se cultiver.
Pour ces derniers, il faut toutefois se battre contre soi-même, faire des efforts avérés.
Si le travail est considéré fréquemment pour une activité laborieuse, on peut se demander pourquoi alors on travaille.

Pourquoi travaillons-nous ?
En abordant par le côté historique l’idée du travail nous remarquons que cette idée est le fruit d’une construction et que nous sommes victimes d’errements en pensant que le travail a toujours existé.
Et si nous parlons de travail, nous ne savons plus à quelle dimension de cette notion nous faisons allusion.
Parce que nous ne sommes plus des animaux, que nous sommes inadaptés au milieu naturel, nous ne sommes plus chez nous dans la nature.
Protagoras a démontré que l’homme est nu sans moyens techniques, sans couverture, et pourtant il a survécu…
Cette pérennité a été réalisable sous protection de Prométhée qui ouvrit aux humains la maîtrise du feu et des techniques.
Ainsi, ils purent travailler déjà et compenser cette inadéquation au milieu.
Dès lors, travail et technique sont étroitement liés.
C’est par le travail, j’ajoute même, grâce au travail que l’homme s’assure comme sujet et s’oppose ainsi à l’objet.
C’est encore par le travail, grâce au travail, que l’homme se rend maître de la nature.
C’est enfin par le travail, grâce au travail que l’homme se réalise et s’accomplit en oeuvrant, quelque soit cette œuvre.
Et très justement, par la production d’une œuvre l’homme prend conscience de son état d’homme.
C’est la raison principale qui me pousse à répondre à la question de pourquoi travaillons-nous, par la question : peut-on devenir un homme sans travail ?
Ce qui précède vous apparaît certainement comme incongru dans l’atelier ce soir, et le nom d’atelier a son importance, car comme nous le verrons par la suite, nous sommes ici dans un lieu voué au travail.
Si notre rituel nous invite à nous situer « loin des soucis de la vie matérielle »
Il exige peu après notre devoir envers le monde profane.
C’est la très grande gloire de la Franc-Maçonnerie que d’avoir détruit le tabou d’expiation, le tabou d’infamie qui pesait sur le travail, de les avoir remplacé par le symbolisme d’un travail délivrant des contraintes humaines.
En cela le rôle des compagnies franches de bâtisseurs avaient tracé la voie élevant la construction au titre « d’Art Royal «. Le Franc Maçon que nous sommes doit savoir que la notion de travail « libérateur » se révèle comme une pensée moderne, comme le principe essentiel de l’évolution humaine.
Ce n’est pas à la Franc Maçonnerie, mais aux Francs Maçons de faire passer cette notion du plan « Symbolique « au plan « social «.
Une nouvelle question fait suite à la précédente : puisqu’il est convenu qu’il est une nécessité, en quoi consiste le travail pour un Franc Maçon ?
Quelque soit son âge, le Franc Maçon est un artisan, un artisan qui porte un tablier assimilant le travail manuel au travail intellectuel, celui de sa propre construction.
Il se joint à ses frères dans un endroit précis pour y travailler.
Pourquoi, alors que le travail maçonnique consiste en une réflexion personnelle, le Franc Maçon éprouve t-il le besoin de se trouver dans un endroit particulier pour réfléchir et en groupe de surcroît ?
Qu’il soit appelé Loge, Atelier ou Temple, ces trois vocables n’ont toutefois pas la même signification, le lieu rassemblant les frères, il faut avoir en mémoire que la pratique de la Franc Maçonnerie repose en grande partie sur la Fraternité.
La fraternité n’est pas qu’une attitude ou qu’un sentiment que l’on a ou que l’on a pas.
Elle se découvre, se forge, s’apprend au « contact » dans la rencontre et la connaissance réelle et individuelle des frères entre eux.
La Loge est une cellule vivante et de fait comme toute cellule, elle est mortelle.
Elle ne vit pas d’elle-même, ce sont les Frères qui la font vivre.
Notre Responsabilité est de la faire vivre, de la maintenir en vie.
Que ce soit celle où nous sommes « nés » ou celle parfois où nous avons été « adoptés », c’est toujours celle où nous travaillons et à laquelle nous appartenons.
Je ne suis pas membre d’une loge, j’appartiens à une loge, et cela à son importance.
Appartenir à une loge est un symbole puissant avec une connotation viscérale.
J’appartiens non en dépendance mais dans l’acceptation d’être une « partie » intégrante, d’être un élément constitutif d’un corps vivant où j’ai une place et un rôle.
Et si elle m’a créé ou m’a adopté, en retour je la fais vivre.
Voilà un de mes travaux…
Mais la spiritualité n’est pas un domaine où j’excelle tous les jours, je n’y accède pas par simple envie.
Je suis tout entier prisonnier de la matière, évoluant le plus souvent dans un monde « profane ».
Passer de la matérialité à la spiritualité réclame paradoxalement non pas une procédure spirituelle mais plutôt physique.
Ce sont les mots, les gestes, les attitudes qui me font entrer en contact avec moi-même.
Pour des raisons qui sont nôtres, propres à notre tradition, nous devons travailler à construire et consacrer à chaque fois notre temple.
Notre travail n’est jamais fini et à chaque fois il faut reprendre la construction, reprendre la construction qui s’est à chaque fois enrichit de ce que nous avons appris la fois précédente.
L’on peut s’étonner d’un Frère qui ne s’implique point et complètement dans la vie de l’Atelier, qui ne propose pas de morceau d’architecture, qui ne prend pas la parole, qui arrive juste à midi pour partir juste à minuit, qui ne partage pas même un morceau de pain en salle humide, qui ne s’inquiète pas de l’absence de son frère.
Sans le travail dans l’atelier comment être maçon ? Ne sommes nous pas la représentation de la vie ?
Ce qui précède me conduit à mettre en lumière la différence entre travail individuel et travail collectif.
Nos frères Maîtres le professent inlassablement aux apprentis, le travail individuel est le fondement même de l’initiation, fait de réflexion et de méditation.
Et cette réflexion doit plonger inéluctablement ses racines dans notre rite, sa sève dans le rituel.
Si je peux individuellement de par mes lectures avoir accès au rite, le rituel est là dans ce temple, avec mes frères.
J’en déduis sans contournement que le rite sans le rituel est page morte, et que le rituel n’existe que dans sa pratique.
Il est aisé de conclure que le rituel est un travail et qu’il ne peut se pratiquer qu’en loge.
Il est travail collectif « effectif et concret ».
C’est l’essence même du travail maçonnique, d’où la nécessité d’une participation active et constante.
Cette pratique s’enrichit par les « planches » qui s’inscrivent à la fois dans le travail collectif et individuel.
Individuel de par le travail de l’orateur et collective par l’enrichissement qui suit.
Je parle de travail, je le décline tout simplement, je m’interroge.
Evoquant le travail en loge je parle de provocation à la réflexion, prélude à un autre travail permanent que je vais effectuer dans le prolongement de ce que je fais en loge.
Je communique, je communie même, je me construis.
Le Temple est réservé à des rencontres et à des échanges, au travail d’initiation.
Avant de conclure, je vous donne un peu de travail à mon tour en vous proposant d’y répondre dans votre fort intérieur pendant un instant :
« Notre travail n’est-il pas de nous initier pour être en mesure d’accomplir notre mission ? »
Dans notre rituel, au 1er Degré, immédiatement après que l’impétrant soit entré dans le cabinet de réflexion, il peut y voir bon nombre de symboles qui conduisent au travail.
Il ne sait pas encore que le chemin sera long ; qu’il franchit les premiers mètres de ce chemin qui n’a pas ici de fin.
Il lui faudra faire preuve de persévérance, de volonté et de travail.
Nous devons tous accepter de sentir en soi une forme de découragement parfois, mais par le travail et parce que nous avons accepté de dire oui un soir, dire oui à l’inconnu, nous devenons ce frère que se construit de Vendredi en Vendredi.
J’aimerai vous livrer cette maxime de Jules RENARD :
«
Au travail, le plus dur est d’allumer la petite lampe du cerveau. Après, ça brûle tout seul…»
J’ai dit Vénérable Maître.
source :
www.ledifice.net  

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Published by G\ H\ - dans Planches
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