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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 06:29

Invocation préalable

Timée « Tous les hommes, pour peu qu’ils participent tant soit peu à la sagesse, quand ils sont sur le point d’entreprendre une affaire petite ou grande, invoquent toujours de quelque façon la divinité. Et pour nous, qui allons discourir sur le Monde, dire comment il est né, à plus forte raison nous faut-il, si nous ne perdons tout à fait à l’esprit, appeler à l’aide les Dieux et les Déesses, les prier que nous propos soient toujours, en tout ce qui les touche, conformes avant tout à leur pensée, et en ce qui nous concerne, logiquement ordonnés. Touchant les Dieux, que telle soit donc notre invocation. Et, en ce qui nous touche, invoquons-les aussi afin que vous saisissiez bien vite et afin que, moi, j’expose le plus clairement possible ce que je conçois sur le sujet ».

La méthode symbolique est une méthode de décryptage. C’est même une méthode fondée sur ce que les anglo-saxons appellent le « story telling ». En racontant une histoire fondée sur des mythes, allégories, cosmogonies, cette méthode permet d’expliquer ou de comprendre la création du monde, les comportements humains de tous les temps et du nôtre en particulier. Et la formation maçonnique est dans le fond une formation à la méthode symbolique comme le souligne si bien Jean Mourgues (in La pensée maçonnique, pages 106 et 107).

Mais nous n’avons accès à cette formation que parce que nous traversons le voile de l’initiation et que nous comprenons en entrant en atelier, dans la loge, que « tout y est symbole ».

Mieux encore, ces symboles – parce qu’ils nous font prendre conscience du « story telling » sacré créé par le rituel d’ouverture et qui se conclut par le rituel de fermeture – verbalisent et conceptualisent à la fois les archétypes qui fondent notre compréhension du monde comme de notre existence propre.

1 – La clé de voute

C’est dans cette perspective que se place la pierre originelle « petra genitrix » ou encore « matrix mundi ». Cette pierre, nous l’avons appris récemment, est symbolisée par la lettre K. A la fois pierre de tête de l’alphabet, symbole de l’androgynat des origines, pierre travaillée ou kephas, qui représente Kephren ou Kether, c’est-à-dire pharaon et les mondes célestes, la pierre est dans son acceptation symbolique la clé de voute de toute construction temporelle ou spirituelle.

En hébreu c’est à la fois la pierre de tête et la pierre d’angle, la compréhension du principe divin et de l’unité. Ainsi dans l’histoire de Job, la pierre angulaire est aussi bien la pierre du fondement que celle qui permet de fermer l’arche et soutenir ainsi les pieds de l’édifice.

« Voici je vais dans Sion ériger une pierre de fondation, une pierre éprouvée, une clé de voute, une pierre d’angle solidement fixée. Quiconque s’y appuiera ne sera pas réduit à fuir » Esaïe 28-16.

C’est la pierre de l’hôtel construit par Abraham au moment du sacrifice d’Isaac. C’est la pierre sur laquelle Jacob a posé sa tête et qu’il appela Béthel – Beth-el : Maison de Dieu. C’est la pierre angulaire du premier temple et c’est celle sur laquelle est construite l’Eglise.

Dans la tradition des bâtisseurs, la première pierre est la pierre d’angle, celle sur laquelle va reposer tout l’édifice. Elle est celle par laquelle tout commence, elle matérialise la volonté de l’homme de rendre grâce à l’éternel. Mais cette pierre est aussi celle par laquelle tout finit.

La même pierre, qui sert de base à l’édifice, lui sert en effet de clé de voute. D’une certaine manière elle exprime ce que dit la table d’Emeraude « tout ce qui est en haut est comme tout ce qui est en bas ». Et elle marque l’union de la terre avec le monde céleste car elle assure la cohésion de tout l’édifice : elle est placée au sommet. Elle est Kéther, la couronne, l’expression de la parole créatrice, prophétique.

2 – Les deux piliers

La clé de voute ou pierre d’angle ne saurait exister sans les deux piliers et réciproquement. Depuis l’aube de la civilisation, le passage du profane au sacré est marqué par la ligne que déterminent les deux piliers.

Dans l’art, l’architecture et les cosmogonies on trouve toujours deux colonnes ou des piliers qui sont ainsi des symboles archétypiques permettant l’accès ou la transition vers des lieux saints ou sacrés.

Par exemple, dans la Grèce antique, il s’agit des colonnes d’Hercule qui, selon Platon, marquent l’entrée dans l’Atlantide. Francis Bacon écrit dans La nouvelle Atlantide (1622) « la ville des élus se distingue depuis le sommet des plus hautes montagnes sur terre. Les Dieux et les savants y sont ensemble dans le bonheur éternel, on ne peut y entrer qu’en traversant les piliers symboliques d’Hercule et dépasser en les traversant l’incertitude terrestre pour entrer dans l’ordre parfait de la sphère céleste ».

Pour la construction du temple le Roi Salomon fit appel, on s’en souvient, à Hiram et c’est dans la Bible qu’il faut chercher la description des deux colonnes, en décrypter le symbolisme, sachant toutefois que l’architecture du Temple de Jérusalem reprend le plan des temples égyptiens du nouvel Empire.

Dans ce contexte, les deux colonnes étaient bien situées devant la porte du Temple de Salomon et non à l’intérieur. Rappelons nous cependant que dans le Livre des Morts de l’Ancienne Egypte, les colonnes se situent à l’intérieur même du lieu sacré ; les deux colonnes symbolisant alors la connaissance des mystères et remplissant une fonction de « coffre des secrets ».

Mais retenons également ce que l’on peut lire dans le manuscrit Dumfries n°4 vers 1710. Il reprend ce que nous dit la Bible : « Il dressa deux colonnes sur le devant du temple, l’une à droite, l’autre à gauche : il nomma celle de droite Jakin et celle de gauche Boaz » (Les chroniques II 3-17). Il fabriqua les deux colonnes en airain, continue le Livre des Rois. La première Jakin signifie « il établira » et la seconde Boaz signifie « en force ». Jakin est aussi le nom du premier grand prêtre du Temple et Boaz celui de l’arrière grand-père du Roi David, si l’on en croit toujours l’Ancien Testament. Et ces deux colonnes ou piliers ne font pas que marquer le passage du monde profane dans le monde sacré. Ils sont aussi le lieu où peut se dérouler l’initiation elle-même.

Ainsi, dans un fragment de manuscrit de la Mer Morte, connu sous le nom de Brontologion, il est fait expressément référence au secret des piliers et au rôle qu’ils jouent dans l’intronisation des « messies sacerdotaux et royaux ».

Pour les Esséniens, il n’existe pas en effet un seul chef pour construire une communauté ; une seule composante pour conduire sa vie. Il faut que chacun d’entre nous, mais plus particulièrement le ou les responsables de la communauté, acquièrent la double dimension sacerdotale et royale.

Le message que nous adressent les colonnes J et B se résume donc ainsi : « acquiert la dimension spirituelle ou sacerdotale, le pouvoir sur toi-même mais aussi sur la matière et les autres, c’est-à-dire la dimension royale. Sois à la fois un Homo sapiens et un Homo faber et tu pourras alors venir mettre ta tête sur la pierre originelle et devenir un Homo « prophètes ». Mais le parcours qu’il te faudra accomplir est celui que symbolisent dans la loge les plateaux des officiers avec évidemment les combats qu’il faudra mener pour que du « ça » émerge le « soi » et que nous renaissions ainsi à nous-mêmes. C’est ce que traduit le schéma que j’ai intitulé « Arbre ou labyrinthe de construction de la personnalité ».

Conclusion

Ainsi maintenant, comme des constructeurs, nous sommes prêts à œuvrer. Avec nos matériaux spirituels et physiques. « Grâce à eux, nous achevons de nouer la trame du raisonnement qu’il nous reste à faire. Revenons encore une fois brièvement au début, et retournons rapidement au point même d’où nous étions parvenus ici. Et tâchons de donner comme fin à notre histoire une tête – une pierre – qui s’accorde avec le début, afin d’en couronner ce qui précède. Or, ainsi qu’il a été dit au commencement, toutes choses se trouvant en désordre, Dieu a introduit en chacune par rapport à elle-même et dans les unes par rapport aux autres, des proportions. Celles que définissent les colonnes ou piliers. Car jusqu’alors, nulle d’entre elles ne participait en rien de l’ordre, si ce n’est par accident : aucune absolument n’était digne de recevoir aucun des noms que nous leur donnons maintenant, comme feu ou eau ou quelqu’un des autres noms de ce genre. Tout cela, c’est Dieu qui l’a d’abord ordonné, jusqu’à ce qu’en fût formé ce tout, vivant unique, lequel contient en lui-même tous les vivants mortels et immortels. Car Dieu lui-même en a été l’artisan » (Timee).

Source : http://www.glcs.fr/le-symbolisme-sacre/

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Published by X - dans Planches
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