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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 05:45

Savoir se taire et s'abstenir de parler c'est pouvoir surtout entendre, écouter et ne rien dire (premier travail d'apprenti) ce qui nous donne la faculté de pouvoir penser, réfléchir en toute sérénité et d'abandonner ses préjugés.
Mon premier travail fut de garder le silence pendant presque 2 ans. Se fut un apprentissage très enrichissant, mais pas si facile que cela. Deux ans en gardant le silence fut long et court en même temps. Combien de fois ai-je voulu prendre la parole pour intervenir ?

Il est difficile de se taire lorsque l'on a des choses à dire. Mais si j'avais eu la parole comment aurais-je agi ? Heureusement, ce silence imposé me fut bénéfique afin de pouvoir réfléchir, méditer, approfondir, aller jusqu'au bout de mes idées pour me faire une opinion juste et sage.

Apprendre à écouter,

Cette situation m'a permis d'acquérir une ouverture d'esprit à l'écoute des questions des planches traitées. Il est entendu qu'en ce qui concerne les réponses ce n'était pas seulement une découverte, mais une consolidation de mes pensées.
Bien souvent j'ai été surprise par tout ce que nous savons et que nous ne pouvons pas ou peu exprimer.
Dans la plupart du temps ce qui est propagé lors de la transmission d'une lecture de planche n'est pas du méconnu, mais une forme de connaissance que l'on a laissé se cristalliser.
A cet instant, il est précisément bon de se rappeler et rapprocher ce que nous apercevons dans le Cabinet de Réflexion : VITRIOL.
Il est sage qu'en adoptant cette base et en conjuguant l'écoute et sa propre Recherche culturelle et ou intellectuelle, on puisse en se rectifiant obtenir une approche plus sensible de la vérité.

Retrouver ce qui est en moi n'est pas apprendre dans le sens où l'on acquiert une langue, une technique, une science, ce qui exige une accumulation de données et de mémoire, mais c'est apprendre en écoutant, en regardant et par la suite pouvoir agir avec discernement.

Briser le bloc solide de nos a priori…
Apprendre à écouter, mais bien plus encore la voix qui est en nous et que nous ne pouvons entendre que si l'on fait silence.
En effet le bavardage incessant de nos pensées, nos regards (si nos yeux sont aveuglés par nos soucis), et parfois de ce tumulte intérieur nous empêche de percevoir et de comprendre.
Voir est une des choses des plus difficiles au monde, (nous sommes tellement aveugles, prendre le temps de voir c'est bien aussi).
Voir ou entendre ces deux perceptions sont semblables, voir si on n’entend rien, et entendre si on ne voit rien.
Il n'est de pire aveugle celui qui ne veut pas voir.
Il n'est de pire sourd celui qui ne veut pas entendre.

Ce n'est que lorsqu'on est silencieux, jusqu'au fond de son être, que l'on peut voir provenant de ce silence, comment notre pensée prend forme.
La vie que nous menons comporte en général très peu de solitude, même lorsque nous sommes seuls, nous sommes encombrés par tant d'influences, de connaissances, de souvenirs, d'expériences, de soucis, de chagrins, de conflits qui sont notre quotidien.
Laisser nos métaux à la porte du temple prend là aussi sa signification !

Avoir un esprit libre, qui ne s'attarde pas à acquiescer, à réfuter, à prendre parti dans les discussions, à argumenter sur des mots, mais qui s'attache à suivre ce que l'on observe avec l'intention de comprendre.
Pouvoir regarder, observer, écouter, s'apercevoir au travers des planches qui sont faites que souvent nous nous forgeons une opinion sur telle ou telle personne qui n'est pas ce que l'on croyait.
On apprend aussi à être attentif, à être à l'écoute sans porter de jugement quel qu'il soit
Ce qui évite les notions toutes faites, les a priori.

Parfois un petit sourire, un clin d'oeil font la différence, nul besoin de parler pour se comprendre, ces petits gestes et signes fraternels m'ont encouragée bien souvent. Etre simplement à l'écoute des autres pour mieux se rendre compte, pour apprendre quelque chose ou du moins y réfléchir par la suite.

En vidant son esprit de toutes idées préconçues, on s'ouvre à une dimension différente qui permet de secouer l'engourdissement des habitudes. Garder le silence m'a permis d'être un peu plus patiente et peut-être un peu plus disponible.

La patience il faut la chercher au plus profond de soi, la domestiquer pour atteindre notre but et enfin la savourer, ce qui nous amène au savoir-faire pour le faire savoir. La patience n'est pas innée, elle est pour chacune de nous la récolte d'une vie passée, vécue et à venir.

Il est une règle, un engagement, un devoir en F\M\ où nous devons garder le secret sur tout ce qui est dit, un mutisme sur ce que nous voyons et entendons. Nous devons nous taire, car nous nous rendons coupable de trahison en divulguant ce qui nous a été confié. Nous devons respecter les secrets qui ne sont pas nôtres, au même titre que la propriété d'autrui.
Ce silence observé par les initiés ne porte pas uniquement sur ce que l'on a pu apprendre lors de notre initiation.
La question se pose : Comment dans ses conditions pouvons nous garder un silence ?
Considérant que nous devons transmettre à l'extérieur ce que nous avons appris a l'intérieur !
Existerait- il un silence profane et un silence initié !

Nous devons nous différencier des bavardages profanes empressés d'étaler leur savoir superficiel, du je sais tout, je connais tout. Le silence n'a de valeur par rapport à ce que l'on détient et non ce que l'on divulgue. (transmettre)

Si dire serait trahir, il doit y avoir une façon de communiquer le savoir et la méthode. L'engagement que nous avons pris, c'est-à-dire de garder le silence sur les secrets qui nous ont été confiés sur ce que l'on a vu ou appris et de ce qu'on va voir ou apprendre des secrets.
Néanmoins ces secrets peuvent être révélés à un autre Maçon après avoir vérifié s’il a qualité pour les connaître (par le tuilage rituel, signes, mots et attouchements). De ce fait en reconnaît dans cette femme ou homme un autre soi-même que l'on appelle Soeur ou Frère.
Donc dans ces conditions il n'y a pas violation, rien n'est révélé puisque celui avec qui on a communiqué connaît déjà ce qu'on va lui énoncer par son initiation (le secret).

Secret du mot latin « secretum » de secerno, qui signifie séparer, mettre à part, distinguer.
Est secret par conséquence, ce qui est caché, dissimulé, hors d'atteinte, à l'écart, recouvert, protégé, masqué, voilé, retiré, séparé, disparu, connu d'un nombre limité, confidentiel etc..
Il est donc équivalent du silence et de la discrétion.

Il est une autre forme de silence.

Les yeux bandés lors de mon initiation ou seule l'ouie me faisait percevoir les différents sons.
Désorientée, déstabilisée, j'observais par rapport au bruit, soutenue par des mains amies me guidant dans les méandres de l'obscurité lors des mes voyages.
L'oeil privé de son usage par le bandeau, est compensé par l'ouie, équilibre de l'être humain qui se substitue a la vue.

La pierre qui est cachée que nous devons polir de ses aspérités !

Le secret du grade (signes, mots, et attouchements).
Là le silence n'est pas uniquement une question de bruit et de son, rappelons-nous, en ce qui nous concerne, et pour rester dans l'esprit maçonnique, le fait que 2 personnes ne se connaissant pas, puissent, par un attouchement qui nous est transmis sans qu'aucun mot émane de leurs corps, arriver à rompre le silence.

Le silence est une forme de rigueur, rappelons-nous !

Au premier coup de maillet il se produit un silence total, chacune de nous se tait, s'immobilise et devient attentive, il en est ainsi jusqu'à la fermeture des travaux.
Nous ne pouvons prendre la parole que si nous la demandons en levant la main et seulement sur accord de notre surveillante qui elle-même la demande à notre V.M.

Le silence de transmission.

Parfois le gestuel est plus marquant que la parole, quand nos bras se croisent que nos mains se serrent nous formons la chaîne d'union.
Le silence de l'émotion partagée à ce moment où nous formons la chaîne d'union, cette parfaite communion est une forme de silence qui nous unit.
Ce silence transmit par ce seul geste me comble et me donne une sensation de bien être me permettant d'accomplir mon travail avec plus de force et de vigueur.
J'aime à sentir la pression des mains de mes soeurs qui se trouvent près de moi.
Nous concernant, il est évident que notre chaîne d'union ne peut être interrompue par un regard, par une pensée négative, le silence ne peut être considéré comme véritable silence que si à ce moment précis nous devions quitter l'esprit maçonnique pour revenir à l'esprit profane.

Silence, sujet vaste est varié.
Que veut-il dire ?
Paix, Sérénité, Communion, Humilité, Secret, Indifférence, peur, honte ignorance...
Ou tout à la fois.

Mais le silence a parfois son prix.

Combien de victimes, de morts encore aujourd'hui (les événements nous le prouvent) ?
On se dit que pouvons nous faire toutes seules, bien sur ça nous fait de la peine, on se sent coupable, on se mobilise pour venir en aide, un peu d'argent envoyé et notre BA est faite.
Mais est ce suffisant !

Combien d'enfants maltraités dont nous connaissons la souffrance qu'ils endurent, et nous fermons les yeux pour ne pas avoir à faire « à qui d'ailleurs ? ».
Mais savent-ils qu’ils encourent la non-assistance à personnes en danger.

Ces femmes qui sont battues, violées, qui se taisent pour cacher leurs hontes, leurs désespoirs, leurs peurs.
Devons-nous, avons nous le droit à notre tour de violer leurs silences !

Faut-il garder le silence ?

Ce silence, ce mutisme qui son de la lâcheté contre toutes ses horreurs. Devons-nous nous taire ?
Pourquoi agissons-nous ainsi ? par honte, lâcheté indifférence, ignorance.
Ignorance que nous ne voulons pas entendre par manque d'information, par manque de temps, par manque de pouvoir ou bien peut-être par peur.

Silence ou délation ! dans certaines situations ma position serait d'opter pour la délation...mais dans ce cas, faut-il appeler cela délation ?

Pourtant les vérités ne sont pas toujours bonnes à dire, pour ne pas faire de peine, ne pas choquer, cette peine que nous pouvons avoir suite à un malheur où nous trouvons parfois la sérénité dans le silence d'un temple.
Cette communion, ce silence qui nous entoure nous permet de prier avec ferveur en faisant abstraction de tout ce qui nous entoure.
Le silence dise les règles monastiques est une grande cérémonie. Dieu arrive dans l'âme qui fait régner en elle le silence, mais il rend muet qui se dissipe en bavardage et ne pénètre pas en qui s'enferme et se bloque dans le mutisme.

Souvent le langage est impropre à exprimer la joie, la douleur, le bonheur ou la peine.
Si parler peut communiquer des concepts, des idées, etc…il ne peut qu'exprimer difficilement les sentiments, il ne peut rendre compte qu'imparfaitement du vécu, et du ressenti.
Il y a bien l'autre qui l'écoute, présent à la parole à qui on essaye de faire passer la signification des mots que l'on transmet, leurs sens, mais aussi tous les mots manquants, perdus, oubliés, impossible à dire, à énoncer car ils n'existent pas ou on ne sait pas les exprimer.
Alors le silence s'établit par manque de pouvoir exprimer ce que l'on ressent, un mal être nous consume à petit feu et parfois grande est la difficulté à pouvoir aider.
On se dit « si je l'avais su plus tôt ». Prendre le temps d'observer dans les vrais sens du terme les êtres qui nous entourent et de s'apercevoir du danger pas quand il est trop tard.
Il est en chacune de nous d'être à l'écoute et de regarder le changement qu'il peut y avoir afin d'apporter notre aide, notre soutien, notre amour, notre amitié.

Pour nous F.M. garder le silence vis-à-vis de personnes dont nous savons qu'elles traversent des moments difficiles est antinomique aux valeurs que nous devrions avoir toujours présentes à l'esprit.
Ce silence est égoïste.

Il explique que le silence de transmission, celui qui construit, nous inonde à nouveau.
La chaîne d'union doit être présente à chaque instant et pas seulement dans notre Temple.
Nos soeurs n'aspirent pas au repos, elles promettent de continuer au dehors du Temple l'Oeuvre Maçonnique.

Nous avons toutes fait l'expérience du silence volontaire ou imposé.

L'éducation que nous n'avons pas eue. On se tait bien souvent du fait de notre culture, il vaut mieux parfois ne rien dire que dire n'importe quoi.

A l'école, se taire afin d'obtenir une certaine discipline imposée par nos enseignants.
La meilleure façon d'apprendre et d'écouter.

Dans un hôpital pour respecter le repos des malades.

Au cinéma afin d'apprécier un film, et ne pas gêner les autres.

Combien de fois avons nous entendu à la maison « silence papa dort » ou « silence bébé dort » ! Ce qui me fait penser au foetus qui ne dit rien pendant 9 mois mais qui entend tout.
Il apparaît au monde dans un extraordinaire cri. 9 mois de silence pour préparer ce cri.
Ce cri qui est la vie, mais est-il le cri de la souffrance !

Pour l'apprenti (ne sommes nous pas éternels apprentis) une nouvelle naissance nous a été donnée, tout comme ce nouveau né, nous devons apprendre, mettre en pratique tout ce que l'on nous a enseigné pour enfin pouvoir transmettre à notre tour.

Bien évidemment ce n'est pas de crier qui nous a été demandé, mais de garder le silence, le recul, la réflexion qui nous sont imposés dans le temple par le seul fait que même une Maîtresse demande l'autorisation de parler.

Le silence est le premier élément à la connaissance personnelle.

Alors sachons méditer sur cette maxime dont je ne connais pas l'auteur je cite « Le silence est d'or, la parole d'argent » et comme le dit notre V\M\.

Retirons-nous en paix sous la loi du silence.

J'AI DIT

Source : www.ledifice.net

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Published by C\ A\M\ - dans Planches
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