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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 05:29

Avant de vous exposer mon travail sur cette planche, qui a comme sujet de réflexion « le ciseau et le maillet », j’aimerais vous conter une histoire, lue au hasard de mes lectures.

La voici :

Chez un Maître sculpteur, vivait l’enfant de son assistant. Son père lui avait interdit d’entrer dans l’Atelier ; afin de ne pas troubler les travaux du Maître. Aussi, de son jeune âge, cet endroit était un lieu magique. Des pierres grossièrement taillées y entraient et de magnifiques sculptures en ressortaient. Un jour, on vint livrer un bloc de marbre brut énorme. Il était si grand et si gros qu’il fût impossible de le mettre à l’intérieur de l'atelier. Il resta donc dans la cour. L’enfant était fasciné par ce bloc, tous les jours il passait de longs moments à le toucher pour sentir la chaleur de la pierre au soleil ; il imaginait, dans ses reliefs et dans ses veines, des montagnes, des vallées, des rivières. Chaque jour, il découvrait d’autres merveilleux paysages, d'autres mondes à explorer à la surface de la pierre. Mais il dut s’absenter avec son père pendant plusieurs semaines.
A son retour, le bloc de marbre avait disparu et un splendide et gigantesque cheval trônait au milieu de la cour.
Interrogeant son père au sujet du bloc de pierre, celui-ci dit que le maître l’avait taillé pour en faire sortir le cheval.
Etonné, l’enfant alla voir le maître et lui demanda : « Mais comment savais-tu qu’il y avait un cheval caché dans la pierre ? »
En guise de réponse, le maître sculpteur lui donna un ciseau et un maillet et lui dit : « Apprend à t’en servir et, toi aussi, tu découvriras qui est dans la pierre ».

Je voudrais commencer en remerciant mes frères pour le sujet de cette planche, qui m’a amené à la réflexion du pourquoi de l’apprenti et m’a permis de réaliser l’utilité du travail répétitif confié aux trois ans de celui-ci. Dans sa fonction et sa forme le maillet de l’apprenti est bien diffèrent de celui utilisé par le vénérable et les deux surveillants pendant nos tenues. En maçonnerie, le maillet représente une intelligence, une force agissante et persévérante. Le rythme de ses coups pousse à la méditation et à la réflexion les frères sur les sujets qui les préoccupent. Enervant ou stimulant son bruit répété ne laisse personne sans réaction. C'est un instrument qui ouvre les cœurs. N'est-il pas porté à la poitrine, par le vénérable et les deux surveillants, pour marquer les moments solennels de notre rite ? Le maillet des maîtres en loge est en Acacia taillé en cylindre. Ce bois est chargé symboliquement pour un maçon, car les anciens l'avaient choisi pour sa dureté et ses qualités imputrescibles, mais aussi pour sa beauté et la finesse de son grain. Travailler ce bois demande une maîtrise digne du message que ce symbole transmet. Il n'est pas un symbole d'autorité. Il rappelle, à tous les frères, l'importance du rite et les anime dans le chemin de la conscience et de la vérité, en les invitant au travail. Il rythme les moments forts de nos tenues. Le maillet de l'apprenti est fait en bois plus tendre et à une forme en tronconique, afin que la force, transmise au ciseau, se répercute sur celui-ci quel que soit son point d'impact. Cette qualité permet la mise au travail, immédiate, en attendant la précision du coup de frappe. Cette forme est l'outil de l'apprenti par excellence, fabriqué pour résister à de longues séries d'impacts, il peut être changé, au besoin, par un nouveau. C'est dans cette répétition de coups que l'apprenti prendra, peu à peu, conscience de sa sagesse naissante et de sa persévérance. Ces outils, que nous utilisons dans nos rites et grades, nous disent que, comme pour Hiram, le serment maçonnique doit rester couvert et sacré, et que nos outils doivent être utilisés à des fins créatives et non destructives. Je n’ai pas trouvé de références mythologiques ou divines au sujet du ciseau de tailleur de pierre. J’en conclue donc que le ciseau de tailleur de pierre est une invention humaine créée par et pour l’Homme. La qualité du tailleur de pierre est d’être méticuleux et précis dans toutes les étapes de son travail, c’est ce que l’on appelle : « L’art du Trait ». La précision requise lors de la taille de la pierre est de l'ordre du millimètre, c’est-à-dire de l'épaisseur du trait réalisé à la pointe à tracer et au crayon. Dans l'idéal, le ciseau doit couper le trait en deux. Je citerais, pour illustrer ce fait, la traduction de Fulcanelli de la table d’émeraude : « …/ Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l'épais, doucement avec grande industrie./…./ Tu auras par ce moyen la gloire du monde, et toute obscurité s'enfuira de toi./… » En Maçonnerie, le Ciseau symbolise le travail de perfectionnement intellectuel et moral que chaque Maçon doit pratiquer sans relâche sur lui-même ? C’est la séparation du profane et du spirituel. Par extension, le progrès individuel conduit l’Humanité au progrès universel : l’avènement du macrocosme et du microcosme pour ne citer qu’Hermès Trismégiste nous rappelant que : « …Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ; par ces choses se font les miracles d'une seule chose… » Le Franc-Maçon, plus que tout autre, à le devoir de conformer sa vie à ces principes, et couper le trait entre la réflexion spirituelle et profane, en appliquant l’élévation de son être intérieur dans tous les moments de sa vie maçonnique ou profane. Le ciseau et le maillet de l’apprenti sont donc les outils de base. Qu’il le soit en opératif ou en spéculatif, sa mission est de dégrossir la pierre à la carrière. Loin du chantier, afin de ne pas troubler les travaux de taille des compagnons et le ciselage des maîtres. C’est pourquoi les apprentis sont placés, en loge, au deuxième rang de la colonne du Nord et se doivent au silence. Ils apprennent à utiliser leurs deux premiers outils, à dégrossir leur pierre. Le couple Ciseau / maillet symbolise donc l’action sur la matière, sur le soi, en provoquant une transformation de par son propre travail sur son microcosme, et de ce fait transforme la société et le macrocosme. Lors de mon initiation au grade d’apprenti, j’ai été invité à donner mes trois premiers coups de ciseau et de maillet sur une pierre brut. Cela a commencé mon travail intérieur, après avoir reçu la lumière du vénérable. Cette lumière est le symbole de la révélation de la découverte de mon être intérieur, qui jusqu’à la était inconsciente. Les trois coups de ciseau symbolisent le commencement de la transformation de celui-ci à l’état conscient. Pour l’apprenti, le ciseau représente la sagesse naissante, la découverte de son moi cognitif, qui s’affinera sous les conseils des Frères du deuxième et troisième degré. Sa sagesse et son discernement se perfectionneront grâce à la maîtrise de la force donnée par le maillet. Cette maîtrise et cette force seront acquises avec sa persévérance et la guidance des frères pour embellir la taille de sa pierre. Jusqu’à présent, j’ai dirigé ma vie et mon esprit vers ce que je pensais être bien dans le respect de mon être et de mon prochain. Mais cela a été fait par instinct, maladroitement et par tâtonnement, sans outils spécifiques. Aujourd’hui, depuis mon initiation, le Vénérable Maître a mis des outils á ma disposition, pour améliorer et corriger ce qui peut l’être dans la construction de mon temple intérieur. En réglant l’inclinaison de mon outil et de mes mœurs, je peux frapper le ciseau, avec cet angle d’attaque, pour réduire cet éclat nommé « vanité », cet autre angle peut adoucir et embellir celui-ci nommé « fraternité ». Ainsi, en répétant, encore et encore, les gestes de taille, ma dextérité grandira et ma pierre se taillera pour, petit à petit, qu’elle se rapproche d’une forme en rapport avec sa destination. Il se créera alors l’équilibre de ma sagesse naissante.
Plus ma pierre sera belle, et plus mon ciseau et mon coup de maillet seront précis !
Ces outils sont matérialisés par la posture en loge et par la respiration de l’apprenti.
J’inspire : « je lève mon maillet et je m’imprègne des enseignements et des symboles ».
J’expire : « je frappe mon maillet en contrôlant sa force. J’applique les enseignements et les symboles à mon être intérieur et à ma vie ».
Dans sa posture et sur sa colonne, pour l’apprenti astreint au silence, cette respiration se fait consciemment.
J’inspire : « je m’imprègne de l’enseignement ».
J’expire : « je l’applique à ma vie et à mon voyage ».
Cette méditation répétée entretient la modification de mon état d’esprit.
Sagesse du ciseau, force du maillet et beauté de sa pierre, ne représentent-elles pas un des symboles le plus important au grade d’apprenti ? Le triangle, la trinité ! Dans le glossaire général de la symbolique maçonnique, on peut lire : « …Le trois va donc signifier l’équilibre : physique, moral, intellectuel, ou cosmique. Le trois, maçonniquement parlant, est le nombre de l’Apprenti avec ses trois ans, ses trois pas, les trois marches… » Dans le tableau de loge, ces outils sont dessinés près de l’entrée à la colonne du nord, afin que chaque apprenti puisse s’en servir à tout moment. Dans notre loge, ils sont placés sur la première marche à la droite du Vénérable Maître, pour bénéficier de sa lumière. A la gauche du Vénérable Maître, est placée la pierre taillée, afin que tous les apprentis puissent l’utiliser comme modèle. En extrapolant la taille de ma pierre brute, l’embellissement de mon être intérieur, je ferai référence à une inscription du cabinet de réflexion : « Visita Interiora Terrae Rectificandoque Invenies Occultam Lapidem ».
Je traduirais cette devise, dans mon langage, par :
« Tailler sa pierre et son être pour l’améliorer encore et encore et en extraire l’or qui est à l’intérieur ».

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

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Published by P\ P\ - dans Planches
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