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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 19:26
A) JONATHAN N'EST PAS LE FILS UNIQUE DU GRAND GOELAND
 
Pour les chrétiens, Jésus Christ est le Fils Unique du Père. Ici, Jésus est un initié parmi d'autres et comme les autres. L'homme de Nazareth n'est qu'un modèle de la libération à laquelle peut prétendre tout homme quand il devient "réalisé" en unissant l'étincelle divine qu'il porte au Divin cosmique englobant. Jésus n'est donc pas unique dans sa divinité. Nous sommes tous divins. Simplement, lui, aurait évolué plus rapidement que nous.
 
La vie de Jésus est ainsi entendue comme le résumé de la démarche initiatique qui consiste à s'arracher à la roue de la réincarnation, à se libérer du karma, pour se fondre dans l'océan cosmique. Certes, il faut bien reconnaître que son parcours est brillant; Jonathan-Jésus est en effet un Initié brillant, un esprit particulièrement doué :
 
"je n'ai jamais, sur un million d'oiseaux, rencontré un seul semblable à toi. Pour la plupart nous progressons si lentement! Nous passons d'un monde dans un autre qui lui est presque identique, oubliant sur le champ d'où nous venons, peu soucieux de comprendre vers quoi nous sommes conduits, ne vivant que pour l'instant présent... Mais toi, Jon, tu en as tant appris en une seule vie que tu n'as pas eu à voyager au travers de mille vies avant d'atteindre celle-ci”(JG50).
 
Jésus par son incarnation-crucifixion-ascension a accompli tout le parcours!
 
Pour lui... alors qu'aux yeux des chrétiens, Il est mort et ressuscité... pour nous !
 
Sa vie en fait est anhistorique :
 
La "sacralisation d'un lieu sur la planète et d'un temps de l'histoire m'est alors apparue comme un danger majeur pour l'humanité, comme un détournement au profit d'un peuple, d'une institution, d'une religion, d'une présence métaphysique de Dieu à tout être qui existe" (BB188).
 
Pas de sauveur, pas d'histoire du salut. L'énergie christique n’est-elle pas à la disposition de l'homme depuis toujours ?
 
"cette façon de voler a toujours été là, à la portée de tous, prête à être apprise par quiconque la voulait découvrir; cela n'a rien à voir avec notre temps. Tout au plus sommes-nous peut-être en avance sur une mode, en avance sur la façon de voler de la plupart des goélands” (JG13).
 
Dans la pensée gnostique, Christ et Jésus ne sont pas la même personne. Christ est en fait une énergie - l'énergie christique. Elle a habité Jésus de Nazareth comme elle habite ceux qui ont la connaissance.
 
Simplement, Jésus, de par son degré d'avancement, est devenu un maître, parmi d'autres.
 
En effet, sur le chemin d'éveil, il faut quand même une initiation ou un révélateur.
 
Mais, s’empresse-t-on de préciser, il y a connaturalité entre ce guide et l'initié, qui à son tour deviendra initiateur :
 
"Les deux goélands qui apparurent à toucher ses ailes étaient purs comme la lumière des étoiles et l'aura qui émanait d'eux, dans l'air de la nuit profonde, était douce et amicale... Nous sommes les tiens, Jonathan, nous sommes tes frères... Nous sommes venus te chercher pour te mener plus haut encore, pour te guider vers ta patrie” (JG35).
 
Avec ces initiés devenant maîtres provisoires, on retrouve certes la belle notion bouddhiste du bodhisattva, c’est-à-dire de ces êtres très évolués dans la voie de l’Eveil parfait, et capables par pure compassion de renoncer à leur but, la fusion, pour venir au secours de leurs semblables, tant qu'il en restera un à initier en vue de la libération.
 
Mais ce bodhisattva n'est surtout pas un sauveur. Jonathan met bien les points sur les i à ce sujet. Le jeune disciple Fletcher, exprime son admiration à l'égard de son maître Jonathan :
 
"Vous êtes un voilier exceptionnel, comblé de tous les dons et d'essence divine, bien au-dessus de tous les autres oiseaux” (JG78).
 
"Jonathan! ...également connu en tant que Fils du Grand Goéland, répondit son maître avec un humour froid... (JG83) Regardez Fletcher, et Lowell, et Charles-Roland, et Judy-Lee! Sont-ils aussi des voiliers exceptionnels comblés de tous les dons et d'essence divine ? Pas plus que vous ne l'êtes, pas plus que je ne le suis. La seule différence avec vous autres, la seule et unique différence est qu'ils ont commencé à comprendre ce qu'ils sont vraiment et qu'ils ont commencé à mettre en oeuvre les moyens que la nature leur a accordés... (JG78)
 
“Mais, Jon, je ne suis q'un goéland quelconque alors que vous êtes... - ...le Fils Unique du Grand Goéland, je suppose ? soupira Jonathan en contemplant la mer. Tu n'as plus besoin de moi. Ce qu'il te faut désormais c'est continuer de découvrir par toi-même, chaque jour un peu plus, le véritable et illimité Fletcher le Goéland qui est en toi. C'est lui qui est ton maître. Il te faut le comprendre et l'exercer... Ne les laisse pas répandre sur mon compte des bruits absurdes ou faire de moi un dieu. D'accord, Fletcher ? Tu sais, je ne suis qu'un goéland qui aime voler, pas plus...” (JG85-86).
 
Le message est clair : Jésus n'est pas Dieu au sens où la foi chrétienne l'entend, Jonathan-Jésus n'est pas le Fils Unique de Dieu ! Jonathan-Jésus n'est pas Dieu, ce n'est qu'un homme plus avancé que les autres ! Voir en lui le Fils du Grand Goéland, le Fils de Dieu, c'est continuer de vivre dans le monde de l'illusion, le monde des religions, du christianisme principalement.
 
Ecoutons ce qu'en dit Bernard Besret !
 
“Ce n'était que le dimanche que Dom Alexis se sentait dans l'obligation de nous commenter le passage d'Evangile de la messe du jour. Encore se contentait-il souvent de le paraphraser en prenant une voix de tête qui indiquait clairement qu'il quittait le domaine de son véritable intérêt. Nous étions des moines avant tout. Nous étions faits, comme il le rappelait sans cesse, "pour connaître, aimer et servir Dieu". Un point c'est tout. De Jésus ou du Christ, il n'était guère question” (BB81).
 
On peut remarquer au passage que le nom de Jésus ou Christ apparaît pour la première fois seulement à la page 82... pour être nié.
 
“Ma manière de considérer Jésus, ma conception de l'Incarnation, me mettaient en porte à faux à l'égard de mes compagnons de voyage : ils partageaient tous largement la conviction que Dieu en personne avait, il y a deux mille ans, visité les lieux que nous foulions de nos pas, entrant ainsi de façon définitive dans l'histoire des hommes... Je continue de le considérer comme un des éclaireurs les plus éclairés de l'humanité...” (BB187).
 
“Si Jésus parle bien à Dieu comme à son père, il ne revendique là aucun privilège exclusif mais nous encourage au contraire à l'imiter et à nous adresser nous aussi à Dieu comme à notre Père” (BB140).
 
“Mais les chrétiens, eux,... ont surimposé la conviction, et en ont même fait un dogme, qu'en Jésus, qu'ils appellent Christ, s'est manifestée au monde la plénitude de Dieu, au point que l'on devrait affirmer, selon eux, que cet homme historique est purement et simplement Dieu lui-même.
 
Un seul Dieu en trois personnes, tel est le dogme de la Trinité. Deux natures, la divine et l'humaine, en une seule personne, tel est le dogme de l'Incarnation. Tels sont les deux dogmes fondateurs du christianisme, qui a consacré ses quatre premiers siècles à les définir de concile en concile, à travers des luttes qui étaient loin de n'être que théologiques.
 
Entre moi d'une part, fils de Dieu au sens où je l’ai exprimé..., et Jésus d'autre part, Fils de Dieu tel que le définit le dogme des Eglises, il n'y a pas seulement différence de stature (ce qu'il est très facile d'admettre) mais différence radicale de statut ontologique. Dans l'histoire de l'humanité, une telle Incarnation, par définition, ne peut être qu'unique. Et, en toute logique, elle est même unique dans l'histoire des humanités qui peuplent éventuellement d'autres planètes, dans d'autres systèmes solaires au sein des myriades de galaxies qui constituent notre univers.
 
Par rapport à l'extraordinaire prétention de ce dogme qui déconsidère tous les autres sages, les autres prophètes, les autres messagers, les autres avatars de Dieu dans l'histoire, prétention qui, il est bon de le rappeler, est affaire des chrétiens et non de Jésus lui-même, je me sens doublement hérétique...
 
Je ne nie nullement que Jésus ait été inspiré par le Verbe de Dieu, mais je ne vois pas pourquoi je serais obligé de professer en lui une unité ontologique qui entraîne avec elle son lit incontournable d'exclusions. Je me sens donc autant nestorien avec Nestorius qu'alexandrin avec la grande tradition d'Alexandrie. C'est à la synthèse littérale des deux, imposée par les conciles, que je me sens incapable d'adhérer. Que je sois donc doublement anathème !
 
Pourquoi, dans l'histoire de l'humanité, privilégier à ce point la figure de Jésus ? Il est certes l'une des grandes figures spirituelles de ces derniers millénaires, mais pourquoi lui conférer un statut ontologique que l'on refuse aux autres grands inspirés qu'a connus l'humanité ? Pourquoi Jésus plutôt que Lao Tseu ? Pourquoi Jésus plutôt que Siddhârta Gautama, dit le Bouddha ? L'un et l'autre ont été divinisés au cours des siècles lorsque les courants spirituels qu'ils avaient suscités sont devenus des religions...
 
Nous pouvons analyser et comprendre les processus qui ont conduit à la formulation du dogme de l'Incarnation, mais avons-nous encore des raisons majeures de nous sentir liés par elle aujourd'hui ? N'est-ce pas faire preuve d'un provincialisme intellectuel qui n'est plus de mise, alors que nous avons désormais un large accès à la connaissance des autres traditions ? N'est-ce pas la marque d'un ethnocentrisme un peu primaire de penser que sa propre tradition est nécessairement la seule à avoir le monopole de la vérité ?
 
Ce point précis fait surgir une objection d'un autre ordre : toute religion qui se fonde sur la conviction d'être directement branchée sur la source même de la Vérité, à savoir sur Dieu, toute religion donc qui se fonde sur la conviction d'être révélée porte en elle le germe d'un totalitarisme de nature intellectuelle qui se transforme très vite en totalitarisme de nature politique et institutionnelle. Il n'est pas besoin pour cela qu'il y ait complot ou mauvaise foi. Au contraire, le processus est d'autant plus efficace que la conviction fondatrice est plus sincère et authentique !... (BB119sq).
 
le dogme de l'Incarnation, qui définit une porte étroite, un passage obligé, un pont incontournable (avec évidemment un souverain pont-ife qui en tient le péage), me paraît source d'aliénation pour l'homme” (BB125).
 
Et Arnaud Desjardins de dire autrement la même chose :
 
"Quelle est cette croyance qui, pour les chrétiens, constitue l'essence de la religion et, à leurs yeux, les autorise à proclamer la supériorité intrinsèque de leur foi ? C'est que «Dieu a tant aimé le monde - je cite l'Évangile de Jean - qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais qu'il ait la Vie éternelle.» Et ce Fils unique a affirmé : «Nul ne vient au Père que par moi. Celui qui n'est pas avec moi est contre moi.» Par ailleurs, toujours dans l'optique chrétienne, c'est le seul être au monde qui ait jamais ressuscité trois jours après sa mort, prouvant par là qu'il est bien le Fils de Dieu et le rédempteur attendu. Donc, comme l'a dit saint Paul, ou bien le Christ n'est pas ressuscité et nous sommes les plus malheureux de tous les hommes, car nous sommes les dupes d'une immense mystification ; ou bien le Christ est ressuscité, il est bien le Fils unique de Dieu, et il n'y a aucune possibilité d'établir un parallèle entre le christianisme d'une part et d'autre part l'hindouisme, le bouddhisme, l'islam, religions auxquelles manque le fait central de l'aventure spirituelle de l'humanité...
 
Je retrouvais l'espérance avec le point de vue ésotérique qui affirme l'unité transcendante de toutes les différentes formes - du moins les formes traditionnelles, je ne parle pas des inventions modernes - ou en me nourrissant des paroles de Ramakrishna : «J'ai été musulman avec les musulmans et pendant des jours entiers j'ai invoqué Allah. J'ai été chrétien avec les chrétiens et je me suis centré entièrement sur Jésus. J'ai été hindou avec les hindous. Partout, j'ai toujours découvert la même Réalité, le même Dieu unique.»
 
Ceux qui ne possèdent pas de formation chrétienne ne rencontrent aucune difficulté. Ils se contentent de récuser le postulat chrétien qui présente le christianisme comme la seule vérité, pour ne retenir que l'attitude tolérante affirmant qu'à chaque époque, à chaque milieu culturel a correspondu une religion appropriée. Et en effet, quelle que soit la voie, l'essentiel demeure la transformation de chaque être humain et la découverte, au coeur de lui-même, d'une Réalité d'un autre ordre. Que vous l'appeliez royaume des cieux, que vous l'appeliez nature-de-Bouddha, que vous l'appeliez atman, le fruit de l'expérience est le même. Sur ce, le théologien catholique ou protestant publie un nouveau livre pour dénoncer ce syncrétisme inadmissible et réaffirmer l'irréductible supériorité du christianisme. Ces livres ne vont plus jusqu'à dire que les hindous sacrifient des enfants à Kali et se prosternent devant des vaches sacrées, ils admettent même que Ramana Maharshi a atteint une certaine sagesse, que le Védanta et les Upanishads contiennent des paroles profondes ; mais c'est pour mieux affirmer qu'il manque encore à l'Inde la découverte ultime du Christ seul Sauveur, unique incarnation de Dieu donnant son sens à l'histoire et accomplissant le plan du salut de l'homme voulu par Dieu” (AD20-21).
 
Et Arnaud Desjardins conclut en parlant de "la vérité qui existe aussi en plénitude dans le bouddhisme, le soufisme et l'hindouisme" (AD22)...
 
B) JESUS EST UN INITIE PARMI D’AUTRES
 
* Parmi les maîtres "éveilleurs", on a donc Jésus qui parlait en paraboles pour le gros de la troupe, mais expliquait tout à ses disciples en particulier. Son enseignement était “exprimé de deux manières différentes, exotérique et ésotérique" (AD166).
 
* Mais l'Eglise a occulté son vrai message : "Si vous voulez que le christianisme retrouve pour vous sa dimension d'éveil et qu'il cesse d'être à vos yeux un ensemble de platitudes que personne ne met et ne peut mettre en pratique, il faut que vous distinguiez très nettement les paroles prononcées par le Christ de son vivant et les ajouts postérieurs des commentateurs" (AD158).
 
Il “y aurait ainsi une certaine Église de Pierre et une Église plus intérieure qui serait l'Église de Jean” (AD81) : "Il existerait, à côté de l'Église extérieure de Pierre, une Église de Jean, intérieure ou mystique qui, elle, subsistera même quand l'Église de Pierre sera atteinte par la grande dégradation spirituelle du monde prévue aussi bien dans les textes hindous, bouddhistes que musulmans" (AD32).
 
"Comme le souligne Evagre le Pontique : «Le propre de la justice est de distribuer la parole selon la dignité de chacun, énonçant certaines choses obscurément, en exprimant d'autres par énigmes et en formulant certaines clairement pour le profit des simples» (Gnostique). Quand l'enseignement est divulgué sous forme de paraboles, ceux qui ne peuvent pas s'ouvrir aux réalités supérieures s'en tiennent au sens littéral qui ne leur fera pas de tort - bien que toute parole de vérité puisse perturber si elle est interprétée de travers - et ceux qui en ont l'aptitude accèdent peu à peu au sens intérieur de l'enseignement, qu'il s'agisse des miracles du Christ, de ses paroles ou des événements de sa vie. Ils dépassent l'apparence sensible ordinaire visible par tous...” (AD110).
 
“Saint Pierre, comme je l'ai déjà expliqué, représente d'abord et avant tout cette première compréhension de l'enseignement enfermée dans nos schémas ordinaires de pensée. Dans les Évangiles, on voit plusieurs fois l'apôtre Pierre rivé à une intelligence limitée des paroles du Christ, incapable d'en saisir le sens véritable. Pierre est le symbole de l'enseignement exotérique, nécessaire mais insuffisant. C'est le commencement. Mais s'il n'y a que la pierre, l'enseignement ne peut pas fructifier. Tel ou tel d'entre nous est semblable à la graine semée sur un terrain intérieur comparable à la pierre : il entend bien les enseignements mais il ne comprend pas vraiment de quoi il s'agit, il les interprète en fonction de sa mentalité dualiste habituelle. La graine semée sur la pierre ne peut pas prendre racine, elle ne peut pas croître et l'homme mourra comme il est né, même s'il est riche en érudition comme un mullah ou un docteur de la Loi. Bien sûr, il est possible de dépasser ce premier stade et de faire jaillir l'eau de la pierre. "La lettre tue et l'esprit vivifie...” (AD112).
 
C’est cette Eglise de Pierre ou mieux de Paul (selon Arnaud Desjardins), qui a "inventé" entre autres la mort et la résurrection du Christ :
 
"Pour en revenir plus précisément au christianisme, je vous propose de le considérer comme une religion authentique dont le message a été déformé au fur et à mesure que l'on s'éloignait, avec le temps, de l'impulsion originelle donnée par le Christ. Le christianisme en tant que religion codifiée s'est en effet édifié peu à peu au cours des premiers siècles à travers les conciles. Ces conciles élaboraient le dogme chrétien à la majorité qui déclarait «orthodoxes»certaines conceptions et en écartaient d'autres soutenues par une minorité, laquelle était déclarée hérétique ou anathème. Les hérétiques étaient presque tous de grands mystiques. De même, c'est à la majorité qu'un pape est élu et il est convenu que l'Esprit-Saint a inspiré les cardinaux dans leur choix. Comment se fait-il, en ce cas, qu'il y ait eu des papes corrompus et intrigants comme nous en avons connu à la grande époque de la Renaissance ? L'Esprit-Saint a-t-il vraiment toujours inspiré les théologiens qui ont édifié l'ensemble de la doctrine catholique ou protestante ? Si une décision votée par le plus grand nombre constituait une preuve qu'elle émane du Saint-Esprit, il faudrait en conclure que les sages - qui ont toujours représenté une minorité - sont moins éclairés par le Saint-Esprit que les foules ignorantes amplement majoritaires. Qu'est-ce qu'un concile, sinon une assemblée d'hommes qui ne sont ni des saints ni des mystiques mais des penseurs ? La plupart des dogmes chrétiens ont été formulés plusieurs siècles après la mort du Christ...” (AD32-33).
 
“Nous ne pouvons pas être certains que les Évangiles rapportent tout ce que le Christ a dit (pourquoi de nombreuses paroles se trouvent-elles dans l'Évangile de Thomas et pas dans les canoniques ?) ni que les Évangiles rapportent uniquement ce que le Christ a dit : on lui a peut-être prêté plusieurs propos qu'il n'a jamais tenus tels quels.
 
On ne peut pas nier que, dès l'origine, le christianisme a eu aussi une réalité humaine, une insertion dans l'histoire, a été vécu par des hommes dont les Évangiles nous montrent bien qu'ils avaient leurs limites et leurs imperfections - et on peut se représenter les différences d'interprétation et même les désaccords entre les disciples sitôt après la mort du maître. Si l'on considère Jésus comme un maître spirituel, ce sur quoi selon moi tous les chercheurs spirituels peuvent être d'accord, on comprendra mieux comment se sont élaborés les Évangiles et comment est né le christianisme en regardant ce qui se passe à la mort des plus grands maîtres” (AD35).
 
“Enfin, presque toujours, j'ai pu l'observer, une personnalité brillante mais qui n'a jamais approché le maître et n'a donc reçu de lui aucun enseignement direct se donne pour mission d'authentifier la doctrine, comme ce fut le cas de Paul. Le Christ a certainement enseigné la vérité, reste à savoir comment celle-ci a ensuite été adaptée et parfois subtilement déformée. Qu'est-ce que le Christ a dit exactement ?” (AD36).
 
“Doté d'une brillante intelligence, saint Paul était le seul apôtre réellement instruit - à la différence des autres dont la plupart étaient de simples pêcheurs comme Pierre - et, suivi de Luc qui lui servait de secrétaire, il a pu imposer sa foi personnelle. La théologie de saint Paul fondée principalement sur la mort et la résurrection du Christ s'est ainsi propagée au détriment des directives concrètes de Jésus de Nazareth telles qu'on les entrevoit dans les quatre Évangiles et dans l'Évangile de Thomas” (AD38).
 
Mais “Afin qu'ils puissent demeurer fidèles à l'enseignement de Jésus de Nazareth, le Saint-Esprit les guiderait à travers les gourous vivants des religions orientales qui n'ont pas encore subi l'appauvrissement que connaît le christianisme" (AD41).
 
Heureusement, nous explique-t-on, nous avons les apocryphes issus des cercles gnostiques du premier siècle, notamment l'Evangile de Thomas appelé le "cinquième évangile", véritable et précieuse clef pour comprendre la vie symbolique de Jésus et son message. Bernard Besret et Arnaud Desjardins se réfèrent beaucoup à cet apocryphe.
 
* Et heureusement, soutiennent encore les néo-gnostiques, nous entrons dans l'ère astrologique du Verseau (et nous quittons donc l’ère du Poisson, “Ichtus” !),qui verra la disparition du christianisme et l’avènement de la religion universelle.
 
"La lutte pour l'avenir du XXIè siècle, à mon avis, ne se jouera pas comme on pourrait le croire entre les religieux d'un côté et les rationalistes de l'autre. Il se jouera plutôt entre les religieux d'une part et les spirituels de l'autre. Entre les croyants prêts à admettre sans discussion ce que les religions leur disent de croire, et les hommes qui assumeront avec intelligence la rigueur d'une démarche de foi. Entre ceux qui accepteront de s'aliéner à une structure institutionnalisée et hiérarchisée, et ceux qui mèneront jusqu'au bout la démarche personnelle et libératrice de l'affrontement au réel et de la sagesse qui en découle... la voie qu'il nous faut aujourd'hui frayer ne passe plus par ce type d'appartenance, par ce type d'institution" (BB209).
 
"Si l'on s'en tient uniquement aux dogmes et aux croyances, les points de vue sont, en effet, irréconciliables. Mais plus nous approfondissons notre compréhension et plus les différences entre le point de vue dualiste dit religieux et le point de vue non dualiste s'estompent et disparaissent. Et les grandes divergences qu'une pensée superficielle fait aisément ressortir entre le bouddhisme, l'hindouisme, le christianisme, l'islam, le taoïsme vont s'atténuer au profit des rapprochement, des similitudes et même des identités..." (AD133).
 
CONCLUSION
 
Dans une première partie, nous avons vu que l’homme, tout homme, est un être métaphysique, c’est-à-dire un quêteur du sens et un pèlerin de la source. Mais comment connaître l’Inconnaissable, si celui-ci ne se fait pas connaître lui-même ? ou alors, il n’est point inconnaissable et nous ressemble étrangement : dieux faits de mains d’hommes ! L’histoire de l’humanité est donc l’histoire d’une Alliance : l’Inconnaissable se donne à connaître, ou plus exactement Il donne à l’homme la liberté de “naître-avec-Lui”, de naître ainsi d’en haut, de devenir fils par, avec et dans le Fils unique. Bien entendu, ce projet se développe dans le temps et l’espace de la création, dans notre histoire.
 
Dans la seconde partie, nous avons mis l’accent sur l’interprétation “new-age” de cette quête. Bien entendu, le courant nouvel-âge lui-même s’enracine dans certaines approches spirituelles : la pensée gnostique, les religions orientales. Or, le concile Vatican II a invité les chrétiens à être attentifs aux pierres d’attentes et aux semences du Verbe qui se trouvent dans toute recherche.
 
Cependant, il convient de souligner un incontournable dans le discernement et l’accueil des diverses voies :
 
-1-
 
Jésus de Nazareth est le Fils Unique de Dieu, Verbe fait chair pour nous faire connaître Dieu le Père et nous introduire dans la communion trinitaire. “Il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés”.
 
Certes, pour les autres religions, tel n’est pas le message, même si la personne de Jésus peut y être remarquée et d’une certaine manière vénérée. Cela est tout à fait compréhensible : le mahatma Gandhi était ainsi très proche des chrétiens et il puisait sa force dans le message évangélique.
 
Simplement, la différence entre les grandes religions et les syncrétismes comme le Nouvel Age s’appelle la tolérance. Il est quand même curieux que ce courant new age se déclare hospitalier à tous mouvements religieux, sauf à la foi chrétienne !
 
-2-
 
L’autre critère de discernement est le regard porté sur les autres. Y a-t-il plusieurs catégories d’êtres humains face au salut ? Ce dernier est-il réservé à une élite ? ou bien, la bonne nouvelle est-elle vraiment pour tous ?
 
Et cette considération des autres a une incidence dans le comportement quotidien. L’amour fraternel, pour tous, devient “le” critère retenu : “quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire... ‘En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait’”.
 
Nous pouvons terminer maintenant en priant cette hymne de l’office :
 
Dieu, au-delà de tout créé, Nous ne pouvions que t’appeler l’Inconnaissable ! Béni sois-tu pour l’autre voix Qui sait ton Nom, qui vient de toi Et donne à notre humanité De rendre grâce !
 
Toi que nul homme n’a pu voir, Nous te voyons prendre ta part de nos souffrances. Béni sois-tu d’avoir montré Sur le Visage bien-aimé Du Christ offert à nos regards Ta gloire immense !
 
Toi que nul homme n’entendit, Nous t’écoutons Parole enfouie là où nous sommes ! Béni sois-tu d’avoir semé Dans l’univers à consacrer Des mots qui parlent aujourd’hui Et nous façonnent !
 
Toi que nul homme n’a touché, Nous t’avons pris : l’Arbre est dressé en pleine terre ! Béni sois-tu d’avoir remis Entre les mains des plus petits Ce Corps où rien ne peut cacher Ton coeur de Père !
 
 
 
 

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Published by Gamaliel21 - dans Spiritualité
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