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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 04:24

Les différents aspects et interprétations du thème de ce travail étant nombreux, j’ai décidé ce midi d’aborder celui qui me tient le plus à cœur et, comme l’on fait avant moi de nombreux frères M , d’aborder la Fraternité comme pierre angulaire au cœur de la réflexion et de l’action Maçonnique. Au-delà de la formule, j’aborderai la Fraternité maçonnique comme une véritable exigence fondamentale du cœur et de l’esprit sans laquelle la Franc-maçonnerie ne pourrait exister. Mais, dans un premier temps, il me semble nécessaire d’expliciter de façon rapide la notion de Fraternité. Comme nombre de mes frères dans la même situation, je me suis précipité vers les dictionnaires, encyclopédies et autres sources de savoir pour y découvrir, non pas 1 mais 3 définitions de la Fraternité.

Table des matières

·         1 Les différents aspects et interprétations

·         2 La fraternité en Maçonnerie

·         3 Pourquoi la Fraternité ?

·         4 La conclusion

Les différents aspects et interprétations

La première de ces définition de la Fraternité est, je cite:
«Lien existant entre les hommes considérés comme membres de la famille humaine ; sentiment profond de ce lien».
Bien qu’en apparence généreuse, puisqu’elle conduit à l’idée de la nécessaire solidarité entre tous les hommes, une telle définition cache cependant un danger. Quand on la rapproche des recommandations de la Bible: «Croissez et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la, ayez autorité sur les poissons de la mer et sur les oiseaux des cieux, sur tout vivant qui remue sur la terre», cette conception de la Fraternité me paraît plus «élitiste» qu’«universaliste». Elle place une seule espèce vivante, en l’occurrence l’homme, comme étant de nature différente et unique but de la création. Ce qui reviendrait à admettre que le G…A…D…L…U… aurait choisi comme élément central de sa création, la seule espèce capable de détruire son œuvre. Je laisserai à chacun d’entre vous le soin d’appréhender cette réflexion à la lumière de la situation écologique actuelle de notre planète, fruit de l’idéologie scientifique et matérialiste qui a donné les moyens techniques pour l’application du programme décrit ci-dessus.
Pour ma part, je préfère une approche plus «universelle»de la fraternité, impliquant l’ensemble de la création. Une approche différente à la trop souvent constatée et auto proclamée supériorité de l’homme moderne qui pille et détruit ce qui l’entoure pour l’accumulation de richesses matérielles à son seul profit.

La seconde définition de la Fraternité est la suivante:
«Lien particulier établissant des rapports fraternels ; camaraderie, communion»
.
Nous pouvons donc en conclure que tous types de lien affectif entre les participants d’une même communauté peuvent être qualifiés de fraternels. Ce qui représente une généralisation de la première définition mais également l’un des fondements de la vie sociale : travailler ensemble, vivre ensemble, partager des joies et des épreuves, être un groupe, cela crée des liens qui vont de la simple camaraderie à l’amitié, voire la communion. Même si la fraternité initiatique ne se fonde pas sur un lien d’ordre affectif, une Loge maçonnique ne fait pas exception à la règle. Ce sentiment d’appartenance, cet esprit de corps, est le ciment de la cohésion et donc de l’efficacité de notre travail. Mais nous reviendrons sur ce point.

La 3ème et dernière des définitions nous plonge dans le monde de la spiritualité :
«Fraternité est le nom donné à certaines communautés religieuses».
Cette définition fait ici référence à l’abondant vocabulaire de la fraternité utilisé dans les écritures chrétiennes et la tradition remontant à l’ancien testament dans lequel les fils d’Israël étaient qualifiés de «Frères». Pris en ce sens, la fraternité naît du partage d’une commue croyance et, ici, en un Dieu unique. Dans le Nouveau testament, le « frère » se confond avec le « prochain », que le second Commandement ordonne d’aimer comme soi même, ce qui a conduit les premiers Chrétiens à adopter le terme de frère, du latin frater, pour désigner les membres de leur communauté. Par la suite, la règle de Benoît reprit ce terme pour désigner ceux qui se rassemblaient, sous la conduite d’un abbé, formalisant ainsi la notion de communauté religieuse telle qu’elle existe aujourd’hui. Pour être complet, à ces trois définitions il nous faut ajouter la notion de fraternité de métier, centrée sur l’entraide corporative, dont la plus connue et la proche de nous reste le compagnonnage. Issu des confréries médiévales de métier, l’idéal fraternel de ces communautés repose principalement sur l’ordre moral et l’entraide découlant des écritures : nourrir ceux qui ont faim, abreuver ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, visiter les malades et les prisonniers, accueillir les étrangers et ensevelir les défunts. Ici aussi je laisserai à chacun le soin de comparer ces principes simples à la réalité de notre société moderne.

La fraternité en Maçonnerie

Pour débuter ce chapitre, je ne pouvais passer à côté de l’élément fondateur qu’est la constitution de la Grande Loge de France. En effet, la première ligne du premier article de cette constitution nous rappel, je cite « La Franc-maçonnerie est un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la Fraternité. » cette simple phrase pose, en quelques mots les fondements de ce que représente la Franc Maçonnerie : Ordre, initiatique, traditionnel, universel, fraternité. Cinq mots, cinq concepts sur lesquels vont s’appuyer tout les autres, qui vont servir de base au Rite Écossais Ancien et Accepté et qui vont guider la vie du maçon. Mais le sujet de ce midi étant, bien heureusement, limité à la fraternité, c’est donc sur elle que je vais me focaliser. La fraternité accompagne le maçon tout au long de son cheminement, depuis l’initiation, qui représente une nouvelle naissance jusqu’au passage à l’orient éternel. Lors de l’initiation, le vénérable maître fait référence à la fraternité dès l’entrée du récipiendaire dans le temple en lui expliquant que la pointe de l’épée qu’il sent sur sa poitrine représente le symbole du remord qui déchirera son cœur si il devenait traitre à la fraternité dans laquelle il a demandé à être admis. Puis, à l’issue du premier voyage, durant lequel le récipiendaire sera fraternellement guidé et soutenu par les frères experts et maître des cérémonies, le VM après avoir fait le parallèle entre les obstacles physiques rencontrés et les obstacles de la vie, rappelle l’importance de l’aide reçue de ses semblables. A la fin du troisième voyage il est rappelé le principe de morale « ne fait pas à autrui … » et de sa version maçonnique « fais aux autres tout le bien … ». N’est-ce pas là un apprentissage de la fraternité ? Puis, autres temps fort s’il en est, viennent le serment, suivi de la scène du parjure pour finir en apothéose sur la réception de la lumière avec la scène du miroir. Toutes ces étapes de l’initiation font directement référence à la fraternité maçonnique et à ses exigences. Sorti de l’initiation, notre rituel nous rappelle à chaque tenue l’importance de cette fraternité. En effet, une fois la loge ouverte par le vénérable maître, quel est sa première parole avant de débuter l’appel des frères ? « Élevons nos cœurs en fraternité et que nos regards se tournent vers la lumière ! ». De même, c’est par la chaîne d’union que se terminent les travaux et débute le rituel de clôture qui débouchera sur la fraternité de nos agapes. Etant, ce midi, au premier degré, je n’irai pas plus avant sur les symboles et enseignements qui, que ce soit à l’élévation au grade de compagnon ou à celui de maître, font référence à la fraternité. Je me permettrai simplement de proposer à ceux qui le souhaitent, de se replonger dans la symbolique du pentagramme et de ses 5 pointes. A nos frères maîtres, je demanderai à quoi ressemble plus la cérémonie de passage au grade de Maître qu’à un l’expression d’une solidarité et une fraternité sans faille. Comme je le disais au début de ce chapitre la fraternité représente l’un des 5 piliers de la Franc Maçonnerie et de notre ordre en particulier.

Pourquoi la Fraternité ?

La question qui se pose est donc pourquoi ? Pourquoi autant de références à la fraternité? Qu’apporte-t-elle à notre ordre, à nos travaux, à nous même ? La réponse, ou plutôt les réponses, à ces questions a déjà été en partie abordée. La fraternité est à notre ordre, à notre méthode, à notre rituel, ce que le mortier est aux cathédrales : l’élément fédérateur sans lequel ce temple que nous construisons ne serait qu’un tas de pierres éparses. C’est cette fraternité naturelle qui nous unis en un ensemble cohérent, respectueux les uns des autres. C’est elle qui nous permet de travailler en sérénité. En sérénité car nous savons que nous ne serons pas jugés, que notre frère, si il apporte une correction ou un complément à notre travail, le fera pour nous faire progresser et non par défi ou besoin de démontrer sa supériorité. C’est aussi l’assurance de se sentir intégré à un groupe, une communauté de pensée, mu par une force spirituelle partagée et tournée vers un seul objectif : le progrès de l’humanité dans son sens le plus noble mais aussi le plus humain et humaniste. Imaginez même frères, ne serait-ce que quelques secondes, ce que seraient nos tenues si nos métaux passaient la porte du temple et si la fraternité ne régnait pas, avec le silence, sur nos colonnes. Cette fraternité dont je vous parle est donc l’humus dans lequel germeront, tout au long de notre parcours initiatique et de nos élévations, nos réflexions et nos travaux, alimentés par les symboles qui nous entourent et la bienveillance de nos frères. Mais que l’on ne s’y trompe pas, la fraternité maçonnique s’exprime également au-dehors du temple. Non pas sous la forme qui nous fait tant de mal et fait vendre tant de journaux, mais sous la forme, toute simple, de Solidarité emploi, Solidarité jeunesse ou Mathusalem. Quoi de plus simple qu’un coup de fil, une visite à un frère que l’on ne voit plus venir sans raisons? Quoi de plus naturel que d’étendre sa solidarité à l’épouse et aux enfants d’un frère trop rapidement passé à l’orient éternel ? Et, pourquoi pas un geste envers les non maçons, ceux que l’on nomme « profanes » mais qui sont des êtres humains comme nous tous ? N’est-ce pas la continuité logique de nos engagements et la plus belle forme d’action Maçonnique qui soit ?

La conclusion

Elle sera brève car, comme annoncé, je tenais essentiellement à exprimer la nécessité de la Fraternité comme ligne de conduite et comme guide au même titre que notre rituel. Sans elle, nos travaux perdent leur sens et leur utilité mais, une fois sortis du temple, elle ne doit pas rester au fond de nos mallettes, soigneusement remisée avec notre tablier et nos gants jusqu’à la prochaine tenue.

J’ai dit Vénérable Maître

Source : http://www.info-france.fr/123LAPAROLECIRCULE/archives/3331

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Published by PEPernet - dans Planches
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