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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 05:29

De temps immémoriaux, la franc-maçonnerie en tant que développement graduel de la connaissance, porte les traces de beaucoup d'écoles de pensées successives. Mais tous ses messages sont remplis de l'espérance de la régénération de l'humanité.

Le troisième degré en Franc-maçonnerie est dénommé le sublime grade et c'est parfaitement justifié. Même dans son aspect exotérique son pouvoir simple mais impressionnant doit laisser une impression durable sur l'esprit de chaque candidat. Mais son aspect ésotérique contient quelques uns des plus profonds enseignements spirituels qu'il soit possible d'obtenir de nos jours. Ainsi, la première explication de ce degré est évidente : il prépare l'homme à sa fin et fait allusion à une possibilité de vie après la mort.

Les deux degrés par lesquels nous sommes passés sont un entraînement et une préparation pour le message du 3e degré contenu dans pratiquement chaque ligne du rituel. Ici nous apprenons longuement le véritable objet de la Franc-maçonnerie. Ca n'est pas simplement un système de morale voilé sous l'allégorie et illustré par des symboles mais une grande aventure une quête de ce qui a été perdu; en d'autres mots la quête mystique, la soif de l'âme d'appréhender la nature de Dieu et d'accomplir l'union avec Lui.

C'est la voix de la divine étincelle en l'homme qui l'appelle à l'union avec la source de son être et dans de tels moments le 3e degré porte en lui ce que jusqu'à présent le Frère n'a peut-être pas réalisé. Les vrais secrets ont été perdus mais il nous est expliqué comment et où nous pouvons les trouver. Le passage dans la mort ouvre la voie vers le point dans le cercle, là où l'esprit avide de désir trouvera la paix dans les bras du Père de tout.

Au nombre des bienfaits de la maçonnerie, il n'y n'en est de plus grand que celui d'ôter son aiguillon à la mort et de lui dérober sa victoire. Aucun homme ne peut se dire libre s'il vit dans l'angoisse du seul événement de sa vie dont il est certain. Pendant toute sa vie il est sujet à la servitude jusqu'à ce qu'il soit émancipé de la peur de la mort. La Maçonnerie considère la mort comme la porte de la vie et le maître maçon apprend à attendre avec confiance et humilité le moment où il sera invité à monter à la Grande Loge d'en haut.

Le mot de passage transmet l'enseignement que les possessions terrestres en elles-mêmes conduisent à la mort de l'âme et empêchent sa progression ascendante. Tu...ïn en hébreu signifie seulement forgeron, quoi qu'un autre mot prononcé de manière similaire signifie apprentissage. Il est probable que ce mot de passage et en fait tous les mots de passage sont plus ou moins des substituts modernes puisés dans la Bible pour remplacer les antiques mots de 'puissance' dont la vraie signification a été perdue et dont par conséquent la forme a été corrompue et rendue inintelligible.

Pour le candidat, le fait de dévoiler les deux épaules et indique qu'il est maintenant sur le point de consacrer les deux aspects de sa nature, actif et passif, créatif et préservateur, au service du Très-Haut.

Le cercle évoqué au 3e degré est le symbole de l'éternité, par là-même de l'esprit. Un point au milieu du cercle forme pour les Hindous le concept de Paramatma, l'Être suprême de qui nous sommes venus et vers lequel finalement nous retournerons tous. Au centre du cercle se trouve toute connaissance, là nous trouverons tous les secrets perdus. Une pointe du compas reste au centre et l'autre marque le cercle de l'infini. Peu importe la distance entre les deux bras du compas ou quelle taille a le cercle, le fait est sûr qu'un des bras reste au centre.

Ainsi, les compas, pendant qu'ils voyagent à travers l'infini ne sont en même temps jamais séparés du centre et de ce point où on ne peut se fourvoyer. De ce fait, il importe peu à quelle distance se trouve l'autre bras - donc aussi loin que nous pouvons nous trouver de Dieu et peu importe que le voyage soit long et difficile - l'étincelle divine en nous ne peut jamais être vraiment séparée de Lui ou errer loin de ce centre. Ainsi le bras du compas posé au centre du cercle peut être considéré comme l'esprit, sa charnière est l'âme et le bras sur la circonférence, le corps.

Ceci explique donc que le candidat est reçu sur la pointe du compas.

L'âme porte en elle un sentiment de perte et de séparation car elle est issue de Dieu et l'étincelle divine qui est en elle veut retourner où elle est née. Ayant perdu le secret de sa propre nature, et le chemin de retour, l'âme erre en cherchant dans l'obscurité. Et pour l'homme, le chemin de retour passe par le couloir de l'Ouest, la porte de la mort car aussi longtemps que nous sommes des êtres finis, nous ne pouvons pas espérer appréhender l'infini.

Notez que c'est uniquement le corps qui meurt et par sa mort il permet à l'âme et à l'esprit de redécouvrir partiellement les secrets qui ont été perdus. Ceci explique les coups du degré. Dans le premier ( ) l'esprit, l'âme et le corps sont séparés. Au 2e degré ( ) l'esprit est séparé de l'âme qui ont trouvé l'union avec le corps. Au 3e, ( ) l'esprit et l'âme ont fusionné et se sont séparés du corps.

C'est le passage à travers ce voile qui sépare la vie de la mort qui nous met sur la route qui se termine en Dieu. Il ne faut cependant jamais oublier que les vrais secrets ne sont jamais retrouvés dans l'Ordre, même si symboliquement nous sommes relevés de la tombe, car ce secret peut seulement être découvert au centre ou avec lui, c'est-à-dire avec Dieu.

Ainsi les Frères progressent dans la quête qui doit conduire au travers de l'ombre de la mort, telle que la cérémonie d'élévation en est une allégorie. Jamais dans cette vie terrestre nous trouverons la réponse que nous cherchons, même la mort elle-même ne la donnera pas. Il ne faut pas non plus oublier que le corps seul, séparé de l'âme et de l'esprit, ne peut pas se rendre compte de la nature de Dieu c'est pourquoi, sans l'aide des deux autres, Hiram Abif n'aurait jamais pu, ni voulu divulguer le secret.

Même si ce degré est celui de la destruction, il correspond plus au terme Hindou de Amma, "celle-qui-étreint-tout" qu'à la forme du destructeur( Shiva). Sans aucun doute ceci est délibéré car le symbole de ce degré est celui qui chez les Hindous annonce le Très-Haut, à savoir le cercle avec un point en son centre.

Une fois que le candidat a prouvé ses qualités d'Apprenti, puis de Compagnon, et qu'il est digne de progresser, l'Esprit commande à l'Âme de lui faire enseigner la manière de progresser vers l'Orient. Dans les ethnies primitives, un homme qui marchait par dessus une tombe ouverte était considéré comme ayant commis un sacrilège et était à peu près certainement mis à mort.

Le nombre des pas est une combinaison de la Trinité et des quatre éléments représentant la matière. C'est le même nombre qui forme une Loge parfaite et également les sept éléments qui composent l'homme si on l'interprète selon l'ancien système égyptien. C'est une combinaison du triangle représentant l'Esprit (Dieu) et du carré, symbole de la matière (l'homme). Dans ce cas, cela indique que l'homme doit être prêt au sacrifice ou disons plutôt consacré à Dieu, au corps, à l'âme et à l'esprit.

Il faut également souligner qu'à chaque grade le candidat prend son obligation en maçonnerie dans ce triangle et que la même méthode est utilisée dans d'autres anciens rites, dont ceux de la Société du Ciel et de la Terre en Chine, où le candidat s'agenouille sur une épée pendant que deux autres sont tenues au dessus de sa tête pour former un triangle d'acier.

La pénalité indique que le corps est tranché en deux et la suite de la pénalité est très évocatrice de la façon d'incinérer les morts en Inde, en l'honneur de Shiva. Là-bas le corps est brûlé près d'une eau courante, de préférence le Gange, et les cendres sont jetées en l'air par dessus le fleuve aux quatre points cardinaux de manière à ce que le vent les disperse.

La révélation progressive des pointes du compas semble indiquer l'ultime réalisation de la spiritualité et de la matière, la réparation et la réconciliation auxquelles la franc-maçonnerie et toutes les vraies religions tendent.

Dans le rituel Emulation à la française, aussitôt que les Surveillants sont appelés, les Diacres se retirent mais dans beaucoup de formes anglaises, ils reculent jusqu'à la tête de la tombe ouverte. En conséquence les Surveillants forment le triangle de l'esprit avec le Vénérable Maître en même temps qu'ils forment avec les Diacres le carré de la matière sur lequel ce triangle repose.

Dans les rituels écossais et en Amérique les bandits ont des noms. Ils sont Jubela, Jubelo et Jubelum. Les terminaisons des trois noms apparaissent comme avoir une curieuse référence ésotérique à l'Inde. Cela peut difficilement être un hasard pour que ces trois lettres finales forment le mot "AOM" . Les origines de ce mot sont perdues dans la nuit des temps. En Inde, on considère qu'AOM est le son primordial, le son de l'univers, le son avec lequel tous les autres sons sont formés. Ce processus symbolise la création, la préservation puis la destruction de toutes les choses et de leur retour là où elles sont venues. Si c'est bien le cas, nous avons l'aspects créatif, conservateur et destructeur de Dieu formulé dans le 3e degré et c'est l'aspect destructeur, symbolisé par la lettre "M" qui donne le coup final.

La descente au tombeau s'apparente au rite mortuaire de l'ancienne Egypte lorsque le nouveau pharaon devait passer la nuit dans la tombe de son prédécesseur. Allongé à côté du défunt il l'accompagnait dans l'obscurité du tombeau jusqu'au royaume des morts duquel lui-même revenait au lever du soleil, possesseur d'un secret unique : la voie conduisant à la lumière divine.

On peut rapprocher la manière dont le Vénérable (l'Esprit) relève le candidat de sa tombe de la légende d'Osiris qui est le dieu des morts et le garant de la survie du défunt dans le monde souterrain. La légende dit qu'il fut tué par son frère Seth et découpé en 14 morceaux. Isis son épouse recolla les morceaux. Ensuite le corps d'Osiris a été relevé par Anubis, le dieu protecteur des morts, précisément de la même manière qu'un maître maçon est relevé. Quand il fut de nouveau sur ses pieds la vie est retournée en lui et il a pu donner un fils à Isis.

Ce qui est certain, c'est que dans tous les rites qui ont comme thème central la mort symbolique, le candidat est relevé par la même prise et exactement de la même manière. Par exemple cette prise est connue et utilisée dans le rite derviche, ou parmi les africains de l'Ouest, ainsi que chez les Indiens d'Amérique centrale et il était apparemment connu des anciens druides comme le montre une pierre gravée retrouvée dans l'île écossaise d'Iona. Dans les rites anciens de Mithra c'était la méthode utilisée en de semblables occasions. Tout ceci nous montre que c'est un ancien landmark et qu'il doit être préservé avec beaucoup de soins.

Le candidat reçoit non pas les vrais signes mais les signes substitués car les secrets perdus sont la nature et les attributs de Dieu qui doivent être découverts par chaque individu lui-même et aucun autre homme ne peut réellement les lui communiquer.

Les signes sont probablement très anciens. Certains étaient vénérés en Egypte ancienne et au Mexique de même ils sont toujours employés dans certains rites initiatiques des civilisations primitives et sont associés avec les dieux en Inde. Ainsi le signe pénal est utilisé par Shiva le grand exterminateur qui le fait en tenant le lasso de la mort. Le signe de douleur et de détresse est présent partout dans le monde : au Mexique avec Quetzalcóatl, dans les îles du Pacifique Est, au Pérou, en Afrique de l'Ouest et de l'Est, en Guinée, en Malaisie et dans beaucoup d'autres endroits. Le signe d'Admiration et de Triomphe est une forme utilisée de nos jours encore en Asie pour indiquer la vénération et elle était aussi employée dans l'Egypte ancienne.

Si les signes pénaux des deux premiers degrés attirent l'attention sur deux centres occultes importants (la gorge et le torse), celui du 3e degré est pointé vers le plexus solaire, le centre occulte le plus important de tous car le but de tout mystique est d'arriver à la vision béatifique.

Plus que dans les autres degrés, le 3e est pénétré des antiques landmarks hérités d'un passé lointain. Sous la surface des mots se cachent des significations à l'intérieur des significations qu'il faut chercher et découvrir par soi-même.

Si un homme ne peut jamais vraiment comprendre le sens complet du 3e degré, il n'y a pourtant aucun homme digne de ce nom qui a traversé ce degré sans avoir appris une leçon importante, à savoir : comment mourir, et de ce fait il est devenu un homme meilleur.

Source : http://www.franckbailly.fr/deh/www/Documents/planches/3/Emulinitroisiemegrade/Emulinitroisiemegrade.htm

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Published by Claude Roulet - dans Planches
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