Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 08:07

Une indépendance inachevée

 

1951 : Création de l’Industrial Development Authority, qui allait être le moteur de l’industrialisation du pays.

1951 - 1955 : Retour d’Eamon De Valera à la tête du gouvernement.

Années 1950 : L’IRA entame une campagne d’agitation, sous l’impulsion d’une nouvelle génération de dirigeants (Thomas Mac Curtain, Charles Murphy, Tony Magan…). Les achats d’armes, les raids sur des entrepôts se multiplient, tandis que s’ouvrent des camps d’entraînement.

1952 : Après la création d’un contrôle commun du Great Northern Railway, reliant Dublin à l’Irlande du Nord, une commission administrative commune est mise en place de part et d’autre de la frontière pour gérer les pêcheries de Foyle.

1955 : Une seconde chance est donnée à l’opposition qui pratique une politique d’austérité, au prix élevé de la stagnation économique et de l’émigration de 400 000 Irlandais entre 1950 et 1960.

1955 : L’Éire entre aux Nations-Unies où ses représentants retrouvent l’influence morale qui avait été si forte à l’époque genevoise de la SDN.

Mars 1957 : Des élections anticipées donnent la majorité absolue des sièges au Fianna Fáil. Les candidats du Sinn Féin ont des élus mais restent fidèles à leur doctrine abstentionniste et refusent d’occuper leurs sièges au Dail.

Novembre 1958 : Le Programme for Economic Expansion expose les recommandations du secrétaire du ministre des Finances Kenneth Whitaker qui prône la fin du protectionnisme et la réorientation des investissements du social vers le productif. Un premier plan quinquennal, marqué par le démantèlement des protections des firmes irlandaises et l’abolition unilatérale des droits de douane, est adopté. Grâce à ses mesures, l’Irlande va connaître dans les années 1960 un taux de croissance annuelle de 4 %, au lieu des 2 % escomptés par les promoteurs de cette politique économique. Les produits manufacturés supplantent bientôt les produits agricoles dans le domaine des exportations. Le nombre des émigrants diminue sensiblement.

1959 : Eamon De Valera, âgé et atteint de cécité, est élu président de la République. Il est remplacé au poste de Premier ministre par Sean Lemass. Ce dernier a participé à l’insurrection de 1916, appartenu à l’IRA et connu la prison. Son frère est mort durant la guerre civile. Ministre de l’Industrie et du Commerce dans tous les gouvernements du Fianna Fáil, c’est pourtant avant tout un gestionnaire et un pragmatique. Si pour la majorité des Irlandais, De Valera avait été « The Chief », il est incontestablement « The Boss » qui mettra tout en œuvre, à travers la « révolution des managers », pour développer l’économie et en particulier l’industrie du pays : « La tâche historique de la génération présente est de consolider les fondations économiques de notre indépendance politique. » Convaincu que seul un climat de bonne volonté avec le Nord peut permettre une telle entreprise, il tend ainsi un rameau d’olivier aux Ulstériens et soutient que la réunification ne pourra se faire que par consentement mutuel des différentes communautés. Le discours technocratique prend peu à peu la place de la vieille rhétorique nationaliste.

1960 : Dans un discours prononcé à l’assemblée générale des Nations-Unies, Frank Aiken rappelle « l’époque où des dizaines de milliers d’Irlandais étaient vendus comme esclaves aux Barbades en même temps que les Africains… » et soutient la disparition du régime colonial et de toutes les formes de domination étrangère. De façon générale, l’Irlande se démarquera souvent en refusant de se laisser manipuler par les deux blocs.

1960 - 1961 : Le représentant permanent de la République d’Irlande, Frederick Boland, est élu président de l’Assemblée générale des Nations-Unies. Dans la seconde moitié des années 1960, les Irlandais se concentrent néanmoins davantage sur leurs objectifs économiques et sur la perspective de leur entrée dans la Communauté économique européenne (CEE).

Janvier 1961 : Obligée d’emboîter le pas à la Grande-Bretagne, son plus gros client et son plus gros fournisseur, l’Irlande est candidate à l’entrée dans la CEE. Les vetos français de 1963 et de 1967 fermeront encore pour quelques années les portes de l’Europe aux deux îles de l’archipel.

1961 : Création d’une chaîne de télévision locale, Telefis Eireann, qui apporte au débat politique et social un forum dont l’absence se faisait cruellement sentir.

26 février 1962 : Un communiqué de l’IRA annonce la fin de la « campagne de résistance à l’occupation britannique » commencée en 1956 et qui n’a guère rencontré de soutien dans la population. L’Irlande a changé. À l’Assemblée, les débats portant sur la question économique prennent le pas sur la polémique politique et le problème de la réunification.

1963 : Une timide évolution se dessine en Ulster quand Terence O’Neill succède à l’autocratique lord Brookeborough au poste de Premier ministre. Ce descendant de sir Arthur Chichester, à qui Jacques Ier avait confié la mission de coloniser l’Ulster, veut s’en prendre à la politique réactionnaire et discriminatoire de ses prédécesseurs, pour intégrer davantage les catholiques dans la société nord-irlandaise, réduire le fossé séparant les deux communautés et « changer le visage de l’Ulster ». Diverses études rendent compte à la même époque du fait que les catholiques souhaitent moins la réunification avec le Sud, par crainte d’une diminution notable des prestations sociales, que l’abandon des mesures discriminatoires.

Juin 1963 : Sur le quai de New Ross d’où son arrière-grand-père s’était embarqué pour les États-Unis en 1848, John Fitzgerald Kennedy déclare : « Il aura fallu cent quinze ans et trois générations pour faire ce voyage mais je suis fier d’être ici. […] L’Irlande de 1963, une des plus jeunes nations, une des plus vieilles civilisations du monde, a découvert que l’indépendance, une fois acquise, n’est pas une fin mais un commencement… »

Janvier 1964 : Les époux Mac Cluskey fondent à Dungannon, en Ulster, la Campaign for Social Justice in Ireland afin d’attirer l’attention du public sur les cas les plus flagrants de discrimination envers les catholiques.

Mai 1964 : Dans un article de l’Irish Times, John Hume, un jeune activiste catholique de Londonderry, dénonce la confusion entre nationalisme et catholicisme qui, dans le Nord, a depuis trop longtemps paralysé l’émergence d’une vie politique normale. Il prône la déterritorialisation du discours politique, l’intégration des catholiques dans toutes les institutions et la reconnaissance du nationalisme irlandais comme une conviction politique légitime. L’année suivante, Edward Mac Ateer, le nouveau chef du parti nationaliste en Ulster, acceptera de devenir le leader officiel de l’opposition au Stormont, le parlement ulstérien.

1965 : Le président du Sinn Féin, Thomas Mac Giolla, annonce que son parti continuera de boycotter le Parlement tant que les candidats républicains n’auront pas emporté la majorité absolue des sièges. L’année suivante, il se donne cinq ans pour triompher aux élections.

14 janvier 1965 : Première rencontre historique au sommet entre Terence O’Neill et Sean Lemass à Belfast. Les deux dirigeants font preuve d’audace et de courage face aux ultras de leurs partis. O’Neill est ainsi accusé de trahir l’unionisme en recevant un « fenian papist murderer ». La Grande Loge orangiste d’Irlande approuve néanmoins la rencontre.

Décembre 1965 : Dans l’attente de leur commune entrée dans le Marché commun, l’Irlande et la Grande-Bretagne signent un accord de libre-échange destiné, dans l’esprit des gouvernants irlandais, à préparer le pays à affronter la concurrence européenne.

1966 : Fin du désarmement douanier entre la Grande-Bretagne et l’Irlande. Sean Lemass démissionne de son poste de Premier ministre et cède la place à Jack Lynch. Il reste néanmoins le véritable patron de l’Irlande industrielle et continue de se consacrer aux affaires jusqu’à sa mort, en 1971.

Ier février 1967 : Naissance à Belfast de la Northern Ireland Civil Rights Association (NICRA) qui se veut le pendant du mouvement pour l’émancipation des Noirs américains. Essentiellement constituée de membres de la classe moyenne catholique, elle compte néanmoins parmi ses membres quelques protestants libéraux comme Ivan Cooper. La tension ne cesse de monter en Ulster, où les diatribes violemment anticatholiques du révérend Ian Paisley, qui dénonce par ailleurs la politique de « l’architraître » O’Neill, échauffent les esprits.

1968 : Le Fine Gael et le Labour s’unissent à l’occasion du référendum sur l’abolition de la proportionnelle.

La question de l'Ulster

3 octobre 1968 : Le ministre de l’Intérieur ulstérien interdit une manifestation de la NICRA qui, de Coalisland à Dungannon, devait traverser les quartiers catholiques et protestants. Le mouvement passe outre l’interdiction et, deux jours plus tard, les forces de police empêchant tout repli, les manifestants se heurtent violemment aux autorités. Une commission d’enquête condamnera par la suite « le matraquage injustifiable et inexcusable » des marcheurs, et en particulier de deux députés laissés à terre dans une mare de sang. Des affrontements éclatent dans les quartiers catholiques. Ces images choquent l’opinion britannique et marquent un tournant dans l’histoire des six comtés nord-irlandais qui n’allaient pas tarder à sombrer dans les affres de la guerre civile. Galvanisés par les exemples américains et français, des étudiants gauchistes, membres de People’s Democracy, adoptent un programme révolutionnaire demandant l’égalité des droits mais aussi le contrôle ouvrier sur l’industrie et le partage des terres. Pour prévenir les risques de débordements, John Hume, Ivan Cooper et Michael Canavan fondent un Citizen’s Action Committee résolument non violent. Ils multiplient les rassemblements, où sont lus des articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme ou encore chanté le « We shall overcome » des Noirs de l’Alabama. De son côté, Terence O’Neill, pour faire cesser les tensions « avant que le sang ne coule », annonce en novembre une série de réformes visant à mettre fin aux abus et aux injustices sociales.

1969 : Le 4 janvier, une longue marche de 110 km organisée par les membres de People’s Democracy entre Belfast et Londonderry est violemment attaquée par les extrémistes rameutés par le révérend Paisley. Les forces de l’ordre n’interviennent pas en dépit de la violence inouïe des protestants : les manifestants sont jetés à l’eau depuis le pont de Burntollet, ou lapidés. Une fois à Londonderry, les jeunes du ghetto catholique du Bogside qui proclament leur territoire « Free Derry » s’en prennent à la police qui investit le quartier sans ménagement. Des élections anticipées sont organisées pour tenter de résoudre la crise : John Hume est élu au Stormont.

Avril 1969 : Bernadette Devlin, une jeune étudiante de 22 ans membre du People’s Democraty, est élue à Westminster. Terence O’Neil a vu quant à lui son assise électorale s’éroder et doit bientôt démissionner après une série d’attentats à l’explosif perpétrés, non par l’IRA, mais par l’UVF (les Volontaires de l’Ulster protestants). Il est remplacé par son cousin le major James Chichester-Clark qui amnistie les fauteurs de troubles des deux bords.

Été 1969 : Les traditionnelles marches orangistes sont le théâtre de nouveaux affrontements : pour répondre plus efficacement aux provocations, les catholiques créent la Derry Citizen’s Defence Association (DCDA). Elle organise avec minutie la résistance en hérissant le quartier de barricades et en accueillant les forces de police sous une pluie de cocktails Molotov. Affolé, le gouvernement commet l’erreur de mobiliser 8 000 membres de l’Ulster Special Company, les célèbres B’Specials, dont les exactions contraignent bientôt le Premier ministre à faire appel aux soldats britanniques, accueillis en libérateurs par les catholiques de Derry. À la mi-août, c’est cette fois à Belfast que les choses dégénèrent : des maisons sont incendiées, 1 500 familles catholiques sont chassées de leur domicile et sept personnes perdent la vie dans les affrontements intercommunautaires. À la fin du mois, le ministre de l’Intérieur britannique se rend sur place aux côtés de Hume et promet une « ère nouvelle » (désarmement des B’Specials, réformes, ouverture d’un Bureau des relations communautaires…). Les protestants enragent et ripostent en constituant des groupes d’autodéfense.

Décembre 1969 : Les tragiques événements de l’été ont montré l’incapacité de l’IRA, alors largement réduite à une fraction de marxistes, à défendre les catholiques d’Ulster : sur les murs calcinés des quartiers mis à sac par les protestants, on peut lire ce graffiti : « IRA = I ran away ». L’organisation secrète ainsi que le Sinn Fein éclatent : tandis que les Officials, de tendance communiste, refusent de renoncer à l’action de masse, pensant que cette forme de protestation peut servir de point d’appui à un élargissement de leur action, les Provisionnals, nationalistes, veulent s’armer pour défendre les quartiers catholiques.

Avril 1970 : Oliver Napier fonde le Parti de l’Alliance, ouvert aux protestants comme aux catholiques, prônant un réformisme modéré. Il recrute dans la classe moyenne qui, lasse des sectarismes, avait soutenu la politique de O’Neill.

6 mai 1970 : Dans le Sud, Jack Lynch révoque son ministre de l’Agriculture, Neil Blaney, ainsi que celui des Finances, Charles Haughey, tous deux suspectés de faire importer des armes du continent pour l’IRA. Ils seront mis hors de cause par la suite.

Juin 1970 : À Belfast, des francs-tireurs de l’IRA provisoire repoussent des émeutiers protestants. C’en est fini des manifestations spontanées, dictées par la pauvreté et la discrimination : la guérilla urbaine, organisée, méthodique et brutale, commence, sous la houlette de chefs comme Gerry Adams (Belfast ouest) ou encore de Martin Mac Guinness (Derry). Le ministère de l’Intérieur britannique laisse à l’armée le soin de faire régner le calme par des interventions musclées.

Été 1970 : Naissance du Social Democratic and Labour Party (SDLP), une formation de centre gauche issue de la NICRA et du mouvement pour les droits civiques. Présidée par Gerry Fitt (John Hume en est le vice-président), elle milite pour l’accélération des réformes, le resserrement des liens avec la République irlandaise et la réunification, avec le consentement des populations.

3 février 1971 : L’artilleur Robert Curtis est le premier soldat anglais tué par l’IRA.

16 mars 1971 : Tandis que la Royal Ulster Constabulary est réarmée, le Premier ministre nord-irlandais, faute d’obtenir les soldats supplémentaires réclamés à Londres, démissionne le 16 mars. Il est remplacé par Brian Faulkner, un pragmatique qui tend la main à l’opposition et propose de charger le SDLP (Social Democratic and Labour Party) de différentes commissions de réformes.

Juillet 1971 : La situation se dégrade de nouveau à Derry, quand les soldats anglais tuent deux bogsiders. Le SDLP, n’ayant pas obtenu la constitution d’une commission d’enquête sur cette affaire, décide de former un alternative Parliament. Le Stormont devient la chambre d’enregistrement d’un parti unique.

9 août 1971 : Faulkner rétablit l’internement administratif sans procès qui avait eu largement raison de la campagne de l’IRA de 1956-1962, entraînant l’arrestation immédiate de plusieurs centaines de personnes. Mais aucun loyaliste n’est inquiété : les catholiques sont ulcérés et bon nombre de gens ordinaires se transforment en combattants résolus. Durant le seul mois d’août, on dénombre une centaine d’attentats à la bombe. John Hume lance de son côté une campagne de résistance passive appelant au boycott des impôts : le Parlement décide de retenir alors les prestations sociales. Le gouvernement est bientôt débordé par la droite : les associations d’auto-défense se rassemblent au sein de l’Ulster Defence Association (UDA), réplique protestante de l’IRA.

Octobre 1971 : Le parti unioniste est mis à mal par la scission du révérend Paisley et de Desmond Boal qui créent le Democratic Unionist Party (DUP). Ils se revendiquent à droite sur les questions constitutionnelles et à gauche sur les questions sociales.

30 janvier 1972 : Un nouveau pas est franchi dans la violence quotidienne de l’Irlande du Nord. À l’issue d’une manifestation interdite de la NICRA, les soldats du Parachute Régiment, au motif qu’ils ont essuyé des tirs d’armes automatiques dont la preuve ne sera jamais apportée, ouvrent le feu sur la foule. Ce nouveau « Bloody Sunday » cause la mort de 14 personnes et pousse les jeunes catholiques dans les bras de l’IRA. Le lendemain, 20 000 manifestants mettent le feu à l’ambassade de Grande-Bretagne à Dublin. À Westminster, Bernadette Devlin gifle le ministre de l’Intérieur Reginald Maudling qui n’a pas su éviter une telle tragédie.

22 février 1972 : Les Officials de l’IRA, entraînés à leur tour dans l’escalade de violence, font exploser, en Angleterre, le mess des officiers de la base des parachutistes d’Aldershot, ce qui cause la mort de sept personnes parmi lesquelles cinq femmes et un aumônier catholique, victimes d’une violence devenue totalement aveugle. Les Provisionnals posent quant à eux une bombe dans Lower Donegal Street.

22 mars 1971 : À Londres, Faulkner est sommé d’accepter un plan d’apaisement prévoyant l’organisation périodique de consultations sur la réunification de l’Irlande, l’allégement progressif des mesures d’internement administratif et surtout le transfert au Parlement britannique des responsabilités intéressant la loi et l’ordre. Les Unionistes ne peuvent accepter cette dernière clause sans désavouer toute leur politique.

24 mars 1971 : Edward Heath annonce qu’il prend en main l’administration directe de la province, mettant fin à cinquante ans de domination unioniste protestante en Ulster. Une administration de type colonial, le Northern Ireland Office, dirigé par William Whitelaw, est mise en place et prend une série de mesures d’apaisement (amnistie de partisans des droits civiques, allégement des patrouilles militaires…).

1972 : L’ordre d’Orange est officiellement dissous.

Mai 1972 : « Nous avons le choix entre participer à la grande renaissance actuelle de l’Europe, ou nous résigner à la stérilité économique, sociale et culturelle. Nous sommes à un tournant, comme Robinson Crusoé lorsque survint le bateau qui devait le reconduire dans le monde. » Cinq jours après ce discours de Jack Lynch, le Premier ministre de l’Eire, 83 % des Irlandais se prononcent pour l’entrée dans la Communauté économique européenne.

29 mai 1972 : L’IRA officielle décrète le cessez-le-feu.

26 juin 1972 : L’IRA provisoire lui emboîte le pas. Munis de sauf-conduits, les membres de son état-major, dont Gerry Adams et Martin Mac Guiness, rencontrent William Whitelaw à Londres. Mais les pourparlers tournent court car les chefs républicains formulent des demandes impossibles.

18 juillet 1972 : La trêve est rompue et le centième soldat britannique tombe sous les balles de l’IRA provisoire.

21 juillet 1972 : Vingt-six bombes éclatent à Belfast, faisant 11 morts et plus de 130 blessés.

31 juillet 1972 : Whitelaw déclenche l’opération Motorman : plus de deux mille soldats en tenue de combat, appuyés par 600 véhicules blindés soutenus par des hélicoptères, investissent le Bogside. 36 000 soldats, policiers et réservistes se rendent maîtres des « zones libérées », républicaines ou loyalistes. Le secrétaire d’État pour l’Irlande du Nord expose alors ses vues sur l’avenir de la province : la volonté de la majorité de la population sera respectée, la dimension irlandaise de la question d’Irlande enfin reconnue à travers la constitution d’un Conseil d’Irlande, le concept du partage du pouvoir exécutif officialisé. Les compétences de l’ancien Stormont devront être rétrocédées à une assemblée élue à la proportionnelle. Le projet est bien accueilli par Dublin et le SPLD, plus fraîchement pas les unionistes. Quant à l’IRA et à l’UDA de Paisley, elles se prononcent contre ce compromis, la première parce qu’il pérennise la partition, la seconde parce qu’elle semble y porter atteinte.

Décembre 1972 : Le peuple irlandais approuve les deux amendements constitutionnels proposés par le gouvernement de Jack Lynch : le premier abaisse l’âge électoral à 18 ans, le second abroge l’article 44.1 controversé sur la « position spéciale » de l’Église dans la République. Dans le même temps est voté un Offence Against the State Act destiné à lutter plus efficacement contre les atteintes à la sûreté de l’État.

Ier janvier 1973 : Entrée simultanée de la Grande-Bretagne et de l’Irlande dans le Marché commun.

22 novembre 1973 : Dans le Nord, un gouvernement intercommunautaire se constitue sous la présidence de Faulkner et la vice-présidence de Gerry Fitt. John Hume devient ministre du Commerce et de l’Industrie.

9 décembre 1973 : Lors d’une conférence tripartite, un accord est signé à Sunningdale dans le Berkshire, prônant la recherche du consensus démocratique et reconnaissant la dimension britannique et irlandaise du problème ulstérien. En réaction à l’accord, toutes les organisations paramilitaires protestantes se dotent d’un état-major conjoint, tandis que les politiques se rassemblent dans l’United Ulster Unionist Council (UUUC). Faulkner, mis en minorité, doit quitter la direction de son parti.

1973 : Le sénateur travailliste républicain Paddy Wilson, qui avait soutenu la création du SDLP, est assassiné par des extrémistes loyalistes.

1973 : Le gaélique cesse d’être l’une des matières essentielles des concours d’État ainsi que la condition indispensable à l’entrée dans la fonction publique.

28 février 1974 : Des élections anticipées, imprudemment provoquées par Edward Heath confronté à la grève des mineurs et à de sérieuses difficultés économiques, empêchent le nouveau gouvernement nord-irlandais de faire ses preuves. Les candidats de l’United Ulster Unionist Council emportent onze des douze sièges ulstériens au Parlement anglais, le douzième allant à Gerry Fitt. À Londres, Harold Wilson succède à Heath. Il nomme Merlyn Rees secrétaire d’État pour l’Irlande du Nord.

15 mai 1974 : Un mouvement ouvrier loyaliste, l’Ulster Workers’Council (UWC), ayant menacé la province d’une grève générale si de nouvelles élections n’étaient pas organisées, l’Irlande du Nord est paralysée après l’échec d’une motion condamnant le partage du pouvoir et le conseil d’Irlande. La province sombre dans le chaos, les villes se hérissent de barricades, l’état d’urgence est déclaré. Harold Wilson ne fait rien pour sauver les accords de Sunningdale.

17 mai 1974 : L’UVF fait exploser trois bombes à Dublin et à Monaghan (33 morts). En représailles, l’IRA fait sauter deux bars de Birmingham (19 morts). Une nouvelle loi antiterroriste est votée à Westminster.

9 février 1975 : L’IRA provisoire annonce une suspension de sa campagne de violence.

29 août 1975 : Mort d’Eamon De Valera, présenté par le New York Times comme le « de Gaulle irlandais ».

23 janvier 1976 : Fin de la suspension des hostilités de l’IRA. Peu de temps après, Christopher Ewart Biggs, l’ambassadeur britannique à Dublin, est assassiné.

10 août 1976 : En Ulster, trois enfants sont fauchés par la voiture d’un terroriste. Cette tragédie est à l’origine du mouvement de Betty Williams et Mairead Corrigan, le Women’s Peace Movement. Rebaptisé par la suite Community of Peace People, il milite contre l’accoutumance résignée à l’horreur quotidienne. Elles recevront toutes deux le prix Nobel de la paix en 1977.

Septembre 1976 : La nouvelle prison de Maze construite dans l’enceinte du camp de Long Kesh reçoit les premiers détenus criminalisés, le special category status concédé aux détenus politiques par Whitelaw ayant été abrogé par ses successeurs. Les prisonniers sont désormais répartis en cellules individuelles et sont astreints au travail pénitentiaire.

1977 : John Hume s’expatrie aux États-Unis, où il se lie avec le sénateur Edward Kennedy, qui avait peu de temps auparavant avancé que « l’Ulster était le Vietnam de l’Angleterre ». Il met à sa disposition son réseau de relations politiques qu’il utilise pour contrecarrer l’influence des organisations de soutien à l’IRA et mobiliser les membres de la diaspora irlandaise autour d’un projet réaliste. Il est soutenu dans sa démarche par Sean Donlon, le directeur du Département anglo-irlandais au ministère des Affaires étrangères de Dublin et ancien consul général d’Irlande à Boston, et par Michael Lillis, conseiller de presse au consulat d’Irlande à New York.

17 mars 1977 : Après une active campagne de lobbying, Hume obtient une déclaration de quatre personnalités politiques américaines, surnommées les « Big Four » ou les « Quatre Cavaliers » : Tip O’Neill, le président de la Chambre des représentants, Daniel Patrick Moynihan, sénateur de New York, Hugh Carey, gouverneur de New York, et Edward Kennedy, sénateur du Massachussets. Ils y stigmatisent la violence et demandent aux Américains de cesser de soutenir les associations terroristes.
Les contributions à NORAID (The Irish Northern Aid Committee) diminuent sensiblement.

Juin 1977
: John Hume, qui persiste dans son rôle de commis voyageur de la paix en Irlande du Nord, est invité par Richard Burke, le commissaire européen à la fiscalité et à la consommation, à le rejoindre en qualité de conseiller spécial.

30 août 1977 : Jimmy Carter fait une déclaration sur l’Irlande du Nord, marquant l’abandon du sacro-saint principe de non-intervention de l’administration américaine dans l’affaire nord-irlandaise. Il y déclare la guerre aux partisans de la lutte armée. Le lobby irlandais s’étoffe et prend dès lors une nouvelle dimension.

1978 : Dans le Sud, le pourcentage des électeurs souhaitant différer la réunification jusqu’à l’accord des deux parties atteint 60 % : il n’était que de 10 % dix ans plus tôt.

Mars 1978 : Après l’échec de la « campagne des couvertures » durant laquelle les détenus ont refusé de revêtir l’uniforme carcéral pour vivre nus sous des couvertures, 300 prisonniers récalcitrants se lancent dans la grève de l’hygiène, la dirty protest, transformant les blocs de la prison de Maze en cloaques répugnants.

3 mai 1979 : Margaret Thatcher arrive au pouvoir. Les élections envoient trois députés ulstériens au Parlement européen : Paisley est arrivé en tête avec 29,8 % des voix, suivi par John Hume (24,6 %) et l’unioniste John Taylor (11,9 %).

27 août 1979 : Lord Mounbatten trouve la mort dans l’explosion de son bateau piégé par l’armée républicaine à Mullaghmore, dans le comté de Sligo. Le même jour, une bombe tue 18 soldats britanniques à Warrenpoint dans le comté de Down.

28 novembre 1979 : John Hume remplace Gerry Fitt qui a démissionné de la présidence du SDLP.

1979 : Charles Haughey s’impose à la tête du Fianna Fáil en dépit de fortes résistances internes. C’est lui qui exonérera d’impôts les écrivains dans l’idée de faire de Dublin une nouvelle Florence.

Ier mars 1980 : Bobby Sands commence une grève de la faim. La publication de ses bulletins de santé alarmistes alimente les tensions de part et d’autre de la frontière. Les républicains arrivent à le faire élire à Westminster lors d’une élection partielle. Mais Margaret Thatcher ne se laisse pas fléchir et laisse mourir le député le 5 mai, après un jeûne de deux mois et cinq jours. 100 000 personnes assistent à ses obsèques.

27 octobre 1980 : Sept puis dix détenus entament à leur tour une grève de la faim dont l’issue sera tragique. Une vague d’anglophobie se répand en Irlande, propulsant le Sinn Féin au centre d’un large mouvement d’opinion.

16 mars 1981 : Naissance aux États-Unis d’une nouvelle association, The Friends of Ireland.

Juin 1981 : Haughey est battu aux élections et est remplacé par le leader de la coalition Fine Gael-Travailliste, le Dr Garret FitzGerald. Fils d’une protestante du Nord et d’un combattant pour l’indépendance, il passe pour l’intellectuel du Fine Gael.

1983 : Tandis que Gerry Adams est élu député du Sinn Féin pour Belfast-Ouest, « Sunday, Bloody Sunday » du groupe irlandais U2 devient un tube planétaire.

30 mai 1983 : Ouverture du « Forum pour une nouvelle Irlande » à Dublin. Les quatre partis nationalistes constitutionnels du Nord et du Sud (Fine Gael, Fianna Fáil, Parti travailliste et SDLP) y sont représentés, ce qui n’est pas le cas du Sinn Féin ni des partis unionistes. Ce n’est qu’à titre individuel que des protestants du Nord sont consultés. À l’issue de cette réunion, le droit « à une expression effective tant sur le plan politique que sur le plan symbolique et administratif de leur identité » est reconnu aux nationalistes comme aux unionistes. Trois options constitutionnelles se dégagent : un état unitaire, un état fédéral ou une autorité conjointe. Thatcher, forte d’une nouvelle majorité, ne donne pas suite aux idées avancées à cette occasion.

17 décembre 1983 : Attentat du magasin Harrods à Londres (6 morts, 90 blessés).

12 octobre 1984 : Une bombe explose au Grand Hôtel de Brighton où la Dame de Fer assiste au congrès du parti tory. Le ministre du Commerce et de l’Industrie est tué dans l’attentat.

15 novembre 1985 : Accord anglo-irlandais d’Hillsborough, visant à créer des conditions favorables à l’ouverture des négociations entre les représentants des deux communautés. La question irlandaise est institutionnalisée. Un rôle légitime est reconnu dans la gestion de la crise au gouvernement de la République, dans le cadre d’une conférence intergouvernementale.

1986 : Le congrès annuel du Sinn Féin, dirigé par Gerry Adams, décide que ses élus occuperont désormais leur siège au Parlement. Rory O’Bradaigh fait alors sécession en fondant le Republican Sinn Féin.

2 septembre 1987 : Discours du leader du Fine Gael et chef de l’opposition, Alan Dukes, qui offre son soutien inconditionnel à la rigoureuse politique d’austérité budgétaire du ministre des Finances, Ray Mac Sharry. Il faut dire que la situation économique de l’Irlande, qui compte plus de 18 % de chômeurs, est catastrophique : la politique d’expansion des années 1960 semble bien loin dans un pays ébranlé notamment par les crises pétrolières. Tous les acteurs sociaux choisissent de « faire partie de la solution plutôt que du problème ». Le mois suivant est signé un programme de redressement national qui, en donnant un véritable coup de fouet à la compétitivité de l’Irlande, sera couronné de succès. Quatre autres programmes de trois ans se succéderont ainsi jusqu’en 2002. Cette attitude responsable et constructive sera l’une des conditions premières du miracle économique du « tigre celtique ».

Octobre 1987 : Un caboteur panaméen est arraisonné ; on y découvre 150 tonnes d’armes soviétiques et d’explosifs tchèques envoyés par Kadhafi à l’IRA.

8 novembre 1987 : L’IRA fait exploser une bombe dans la foule rassemblée pour commémorer l’armistice de 1918 à Enniskillen, faisant onze morts. Pour la première fois, Gerry Adams dénonce ce genre d’atrocités qui ne pourront qu’engendrer de nouvelles tragédies.

11 janvier 1988 : Une rencontre secrète entre Hume et Adams marque le premier acte de ce qu’on a appelé l’« Initiative Hume-Adams ». Mais la discussion achoppe sur le problème de la trêve que G. Adams refuse de reconnaître comme la condition première à toute négociation.

Octobre 1988 : Paisley traite le pape d’« Antéchrist ».

À partir de 1989 : Le Fianna Fáil est désormais contraint de rechercher des partenaires (comme les Progressive Democrats, issus d’une scission du parti) pour revenir au pouvoir. John Major remplace Margaret Thatcher. Il va devenir un acteur incontournable du processus de paix.

1990 : Défaite spectaculaire du candidat du Fianna Fáil aux élections présidentielles. Mary Robinson, la candidate de gauche connue pour ses convictions féministes et libérales, est élue.

Début des années 1990 : Des scandales politico-financiers éclaboussent Haughey et le Fianna Fáil.

Février 1992 : Publication d’un manifeste du Sinn Féin, intitulé « Vers une paix durable en Irlande ». Sur le terrain, la guerre terroriste continue néanmoins de faire des ravages.

Novembre 1992 : Bill Clinton est élu président des États-Unis. Candidat de la diaspora irlando-américaine, il s’est engagé à jouer un rôle actif dans la recherche d’une solution pacifique dans le pays de ses ancêtres. Il nomme Jean Kennedy Smith, la sœur de JFK, ambassadrice des États-Unis à Dublin. Par ailleurs, en Irlande du Sud, les deux grands partis nationalistes, le Fianna Fáil et le Fine Gael, sortent laminés des élections législatives, tandis que le parti travailliste double sa représentation parlementaire. La société est agitée par le débat sur l’avortement, qui devient légal mais étroitement contrôlé.

Avril 1993 : John Hume et Gerry Adams renouent le dialogue, en dépit des vives critiques au sein de leur propre formation et de l’attentat de Bishopgate, au cœur de la City de Londres.

Décembre 1993 : John Major, qui a remplacé Margaret Thatcher en 1989, et le ministre des Affaires étrangères irlandais font une déclaration conjointe évoquant le droit à l’autodétermination du peuple irlandais, subordonné toutefois à l’accord de la majorité de la population d’Irlande du Nord, et la possibilité de réviser la Constitution de la République irlandaise. Pour montrer sa bonne volonté dans le règlement de la question d’Ulster, le gouvernement britannique reconnaît n’avoir aucun intérêt économique et stratégique propre en Irlande du Nord. Seuls les partis démocratiques ayant officiellement renoncé à la violence pourront participer aux négociations. Dublin fait un geste en autorisant les représentants du Sinn Féin à passer à la télévision. Un débat houleux s’ouvre alors au sein du parti et de l’IRA. Mais Gerry Adams gagne bientôt une nouvelle légitimité en obtenant de Bill Clinton un visa pour les États-Unis.

31 août 1994 : L’IRA décrète le cessez-le-feu. Tous espèrent qu’il marquera la fin d’un cauchemar responsable de la mort de 3 168 personnes et de plus de 30 000 blessés.

13 octobre 1994 : Le Commandement militaire loyaliste combiné, regroupant l’UDA, l’UVF et les Commandos de la Main rouge, déclare à son tour « cesser toutes hostilités opérationnelles ». À Londres, on commence dès lors à réfléchir aux institutions locales qui seront appelées à remplacer le Northern Ireland Office. Mais le processus de paix bute sur la question des stocks d’armes détenus par les organisations paramilitaires, loyalistes et républicaines, qui refusent de faire du désarmement une condition sine qua non de la venue à la table des négociations.

22 janvier 1996 : Un rapport de la commission Mitchell (International Body on Arms Decommissioning) conclut que le désarmement se fera pendant la négociation. Tous sont invités à prendre des risques pour la paix. Mais John Major n’a plus une majorité suffisante et doit prendre en compte l’état d’esprit des unionistes.

9 février 1996 : L’IRA annonce la fin de son cessez-le-feu : une bombe éclate dans le quartier d’affaires de Canary Wharf, dans le quartier des Docks à Londres.

Mai 1996 : Lors des élections nord-irlandaises, l’UUP, le Parti Unioniste d’Ulster de David Trimble, arrive en tête, devant le SDLP et le DUP de Ian Paisley. Le Sinn Féin obtient 15,5 % sur le thème du vote pour la paix.

10 juin 1996 : Ouverture des négociations au Castle Building à Belfast. Faute d’un cessez-le-feu de l’IRA (une bombe éclatera encore à Manchester le 15 juin), le Sinn Féin s’en voit interdire l’accès.

1996 : Une Parade Commission est chargée de réglementer la marche conflictuelle qui tous les ans, le 12 juillet, jour anniversaire de la bataille de la Boyne, voit les orangistes se rendre à l’église anglicane de Drumcree et en revenir par les quartiers catholiques situés de part et d’autre de Garvaghy Road.

Mai 1997 : Tony Blair arrive au pouvoir.

Avril 1997 : Sortie du film de Neil Jordan Michael Collins. L’héroïsation du chef de guerre développe une formidable polémique en Grande-Bretagne. Le Daily Telegraph accuse ainsi la Warner de souffler sur le feu du conflit en Ulster. Le public irlandais quant à lui, s’enthousiasme pour le film : un universitaire va jusqu’à demander son inclusion dans les programmes scolaires.

19 juillet 1997 : Nouveau cessez-le-feu de l’IRA.

Janvier 1998 : Suite à un reportage télévisé sur le Bloody Sunday, Tony Blair fait ouvrir une nouvelle enquête sur ce tragique événement.

10 avril 1998 : Signature d’un accord de paix jugé historique, les « accords du Vendredi saint ». Des garanties sont promises pour chacune des communautés, et l’autodétermination prend le pas sur souveraineté. Le Government of Ireland Act (ou Partition Act) britannique de 1920, qui avait institué la partition, est abrogé. Les articles 2 et 3 de la Constitution irlandaise, jugés irrédentistes, sont amendés. Il est reconnu que l’Irlande du Nord ne fait partie de la Grande-Bretagne uniquement parce que, pour le moment, elle le souhaite. Une assemblée de 108 membres doit être élue à la représentation proportionnelle. Toute décision importante doit être adoptée par « consentement parallèle » de la majorité des partis unionistes et nationalistes. Un conseil ministériel Nord-Sud est appelé à se réunir plusieurs fois par an, pour l’adoption de politiques communes. Un délai de deux ans est donné aux organisations paramilitaires pour désarmer et au gouvernement pour libérer les prisonniers politiques affiliés aux organisations qui auront désarmé.

22 mai 1998 : L’accord est approuvé par 71,1 % des électeurs du Nord et par 94,4 % des électeurs du Sud.

25 juin 1998 : Lors des élections nord-irlandaises, 80 des 108 sièges reviennent aux partisans de l’accord de paix. David Trimble devient Premier ministre et, John Hume s’étant désisté, Seamus Mallon occupe le poste de vice-Premier ministre. Les unionistes hostiles au traité obtiennent néanmoins une représentation conséquente. Trimble et Hume reçoivent le prix Nobel de la paix. Mais si les porte-parole des divers mouvements paramilitaires protestants se veulent rassurants, à la base, les groupes dissidents entretiennent les guerres intestines.

15 août 1998 : Attentat dans un centre commercial à Omagh en Irlande du Nord. Revendiqué par des membres dissidents de l’IRA, c’est le plus meurtrier de l’histoire du conflit (28 morts).

11 novembre 1998 : Le roi des Belges, la reine d’Angleterre et la Présidente irlandaise inaugurent à Messines en Belgique l’Island of Ireland Peace Tower en souvenir des fils d’Erin tombés sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale.

2002 : Sortie sur les écrans du film Bloody Sunday de Paul Greengrass.

Octobre 2002 : L’assemblée élue de 108 membres en Irlande du Nord est suspendue après la découverte d’un réseau d’espionnage républicain au sein même du Stormont.

Novembre 2003 : Pour la première fois, le DUP de Paisley bat l’UUP plus modéré et devient la première organisation politique protestante d’Irlande du Nord.

Mai 2005 : Paisley sort vainqueur des élections générales. David Trimble, défait lors de cette consultation, démissionne.

13 juin 2005 : Le gaélique, que moins de 75 000 personnes (2 % de la population totale) utilisent couramment dans le Gaeltacht, l’ouest du pays, est reconnu comme vingt et unième langue officielle de travail de l’Union européenne (250 000 Irlandais en ont une bonne connaissance et 1 500 000 autres en possèdent quelques notions). Cette mesure a pris effet au Ier janvier 2007.

28 juillet 2005 : L’IRA dépose les armes. C’est la première fois qu’un tel engagement est pris par l’armée secrète.

Octobre 2006 : Les protagonistes du processus de paix se retrouvent à Saint Andrews en Écosse pour trouver enfin un compromis sur la mise en œuvre des institutions politiques issues de l’accord historique de 1998. Ian Paisley, « Mister No », qui avait jusqu’à présent catégoriquement refusé tout partage du pouvoir avec le Sinn Féin, la deuxième formation politique de l’Ulster, a néanmoins laissé entendre que le dialogue allait peut-être pouvoir se nouer. Il a rencontré pour la première fois le 9 octobre le primat d’Irlande, l’archevêque Sean Brady. On espère un accord pour le 24 novembre.

24 novembre 2006 : Séance du parlement de Belfast en vue de préparer le partage du pouvoir entre catholiques et protestants, fixé au 26 mars 2007, après des élections prévues pour le 7 mars. Gerry Adams, du Sinn Féin, a désigné Martin Mac Guinness comme futur numéro deux du gouvernement mais le pasteur Ian Paisley, leader du DUP a réservé sa réponse. L’incertitude persiste donc quant à la finalisation du processus.

28 janvier 2007 : À l’initiative de Gerry Adams, Le Sinn Féin nationaliste dont les délégués sont réunis en congrès à Dublin accepte de reconnaître la légitimité de la police nord-irlandaise, composée à 80 % de protestants et héritière de l’ancienne Royal Ulster Constabulary, particulièrement détestée des catholiques qui furent nombreux à en être les victimes.

Les élections prévues en Ulster pour le 7 mars 2007 devraient normalement conduire à la restauration, le 26 mars, d’un gouvernement local associant protestants et catholiques. La seule inconnue demeure l’attitude qu’adoptera le pasteur Paisley, leader du camp protestant.

 

Conclusion

 

En dépit de la récente remise en cause de son modèle de développement, l’extraordinaire réussite du « tigre celtique », qui affichait fièrement près de 9 % de croissance économique à la fin des années 1990, a grandement changé le visage de l’Irlande. La société de consommation, l’érosion, certes relative, des crispations religieuses, la pacification de la vie politique ont fait entrer la verte Erin dans la modernité. Dans le Nord, tandis que les formations naguère les plus intransigeantes (DUP et Sinn Féin) ont fait pencher la balance démocratique en leur faveur, les accords passés entre républicains, loyalistes et Anglais laissent entrevoir une issue à l’interminable lutte dont l’Irlande a tant souffert. Le pays, après s’être tristement illustré par l’ampleur des saignées démographiques dues à la pauvreté, à la famine, aux persécutions et aux trop nombreux conflits qui ont marqué son histoire, est devenu un pays d’accueil. Sa population, l’une des plus jeunes d’Europe, tourne résolument les yeux vers l’avenir sans perdre son âme ni ses traditions. On a craint que l’entrée dans l’Union européenne puis la mondialisation ne viennent gommer les spécificités d’une identité si originale. Mais la richesse de son patrimoine, son incroyable panoplie de héros et le dynamisme de la culture gaélique continuent d’interpeller tous ceux qui partent à la découverte de l’Irlande. Pour preuve, le succès rencontré chaque année le 17 mars par la fête nationale : ce ne sont pas seulement les quatre millions d’habitants de l’Éire qui célèbrent à cette occasion la mémoire de saint Patrick, mais bien 80 millions de personnes dans le monde (dont 50 millions d’Américains) qui redécouvrent leurs racines irlandaises. Sans compter ceux qui sont tout simplement tombés sous le charme d’une terre où le voyageur ne peut que se laisser séduire par la richesse d’un patrimoine naturel et historique unique en Europe.

 

Source : http://www.clio.fr/CHRONOLOGIE/chronologie_irlande.asp

Partager cet article

Repost 0
Published by Thomas Dalet
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Loge de Recherche Laurence Dermott
  • Loge de Recherche Laurence Dermott
  • Contact

Blason de la RL Laurence Dermott

Loge-Dermott.gif

        729 ARTICLES

                    603    ABONNES 

Recherche

St Patrick blessing

God save the Ireland

           

Michaël Collins