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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 08:02

L’Irlande coloniale du XVIIIe siècle, du traité de Limerick à l’acte d’union

 

Le XVIIIe siècle s’avère moins tumultueux que la période précédente. Il marque le triomphe de la nouvelle classe coloniale protestante, l’Ascendancy, dont les succès économiques ne font que renforcer la position. Dublin devient d’ailleurs le symbole de cette réussite. Ses privilèges reposent sur des piliers que rien ne semble pouvoir entamer : les protestants, maîtres des terres, ne laissent que 3 % du territoire aux catholiques qui continuent pourtant de représenter plus de 75 % de la population. Ils détiennent le monopole du pouvoir politique : l’inéligibilité des catholiques, la pratique des « bourgs pourris », la vénalité rendent complètement dérisoire la représentativité du Parlement, dont l’Église établie, anglicane ou presbytérienne, se fait le relais intransigeant. L’Irlande catholique, condamnée au servage et au silence par le démantèlement systématique du traité de Limerick, se voit obligée de se transformer en une société secrète, souterraine, contrainte à l’occultation.
Mais les lois pénales et le marasme économique entretenu par le mercantilisme de l’Angleterre finissent par mécontenter la classe minoritaire protestante elle-même. La question d’Irlande au XVIIIe siècle n’est donc plus seulement religieuse, elle est également politique et économique. Pour les mêmes raisons qui ont conduit les colons américains à s’insurger, les protestants irlandais, qu’ils soient anglicans ou presbytériens, grands propriétaires ou industriels, seront les premiers à dénoncer les abus du gouvernement anglais : la loi Poynings, l’acte déclaratoire de 1720, l’exécutif du Château et son chef, le lord-lieutenant, qui ne rend aucun compte aux autorités locales… Ce nationalisme colonial sonne le glas du jacobitisme qui avait jusque-là incarné les timides velléités d’indépendance des partisans vaincus d’une dynastie ingrate. Mais il faut attendre la tourmente des années révolutionnaires pour que certains, comme Wolfe Tone, aillent jusqu’à réclamer l’indépendance et non plus seulement un simple droit de regard sur les actions du gouvernement.

1692 : Nul ne peut siéger au Parlement ni remplir aucune charge civile, militaire ou ecclésiastique, sans avoir prêté le serment d’allégeance et de suprématie et souscrit une déclaration contre la transsubstantiation. Les catholiques sont donc inéligibles au Parlement de Dublin. Ils ne seront même plus électeurs après 1727.

1693 : Sarsfield, combattant dans les armées de Louis XIV, est mortellement blessé à la bataille de Landen. Ses derniers mots sont : « Si seulement c’était pour l’Irlande ! »

1695-1727 : Les lois pénales créent un arsenal de mesures discriminatoires réglant la vie des catholiques du berceau à la tombe, visant à exclure l’immense majorité de la population de toute position de force et de responsabilité. Quand un propriétaire catholique meurt, ses biens sont partagés entre tous ses enfants au lieu d’être transmis à l’aîné, à moins que l’un d’eux ne se convertisse au protestantisme. Il leur est interdit de posséder un cheval de plus de cinq livres, d’envoyer leurs enfants étudier à l’étranger pour y recevoir un enseignement catholique… Les prêtres non assermentés en sont réduits à célébrer la messe dans les granges et à dispenser l’instruction dans les hedge schools (« écoles des buissons »).

1697 : Loi de bannissement de tous les papistes, moines, jésuites… Seul le bas clergé irlandais est toléré.

1698 : Le roi promet de faire tout son possible pour décourager les manufactures de laine d’Irlande. William Molyneux, un whig anglais né à Dublin, voit son livre La cause de l’Irlande brûlé par le bourreau : il s’y faisait le porte-parole de bon nombre d’Anglo-Irlandais en prônant l’indépendance du Parlement de Dublin.

1700 : Le huguenot français Louis Crommelin, originaire de Saint-Quentin, est autorisé à faire venir de France et de Hollande familles, matériel et rouets pour développer l’industrie du lin. À sa mort en 1727, la valeur des exportations, dynamisées par la création en 1711 de la Chambre du Lin, était passée de 6 000 à 200 000 livres.

1704 : Le Conseil privé d’Angleterre rajoute une clause au « projet de loi destiné à prévenir le développement futur du papisme » : toute personne occupant un emploi public doit recevoir le sacrement de la communion selon le rite anglican. Cette mesure touche donc aussi les presbytériens, même s’il est vrai que la discrimination à l’encontre des protestants dissidents restera largement lettre morte.

1704 : Parution du Conte du tonneau de Jonathan Swift. Né à Dublin en 1667, Swift a suivi des études de théologie à Trinity College avant de partir pour l’Angleterre pour devenir, en 1689, le secrétaire du grand diplomate anglais sir William Temple. Sa carrière dans le clergé anglican est très vite bloquée en raison de ses origines insulaires, mais également en raison de la verve satirique qui imprègne ses écrits. Dans le Conte du tonneau, qui déplut fortement à la reine Anne, il n’hésite pas à attaquer tour à tour le pape, Luther et Calvin.

1707 : Union anglo-écossaise. De nombreux députés adjurent la reine Anne de hâter la conclusion d’un arrangement similaire pour l’île, pensant que l’Irlande aurait tout à gagner à un tel rapprochement.

1709 : Tous les prêtres enregistrés doivent prêter serment d’abjuration ou s’exiler. L’Église catholique entre dans la semi-clandestinité, sans qu’aucun effort d’évangélisation ne soit entrepris par ailleurs par l’Église établie. Le combat pour la terre se confond vraiment maintenant avec le combat pour la liberté religieuse.

1711 - 1713 : Dans le Connaught, destructions systématiques du bétail par les Houghers, un groupe secret défendant les droits traditionnels des paysans, pour protester contre l’extension des pâtures.

1713 : Swift devient doyen de Saint-Patrick à Dublin. Il comprend rapidement qu’il ne pourra pas monter plus haut dans la hiérarchie ecclésiastique et renonce l’année suivante à sa carrière politique pour mettre ses talents de polémiste au service de l’Irlande, dont il dénonce avec ardeur l’exploitation économique.

1714 : À la mort de la reine Anne, son frère Jacques III Stuart est écarté du trône parce que catholique : la couronne d’Angleterre échoit à George Ier, l’électeur de Hanovre.

1718 - 1720 : Le cardinal Alberoni tente de faire débarquer une troupe de jacobites préalablement regroupés en Espagne. Mais l’Irlande, consciente de l’impuissance du prétendant, ne bouge pas.

1719 : Le pays est toujours gouverné dans un esprit d’intolérance. En effet, le vice-roi, haut fonctionnaire anglais, ne réside pas en Irlande et le gouvernement effectif revient donc à un lord-justicier, généralement l’archevêque anglican d’Armagh, primat d’Irlande. Un Acte de tolérance est néanmoins accordé aux dissenters.

1720 : Un Acte déclaratoire renforce encore la dépendance du royaume d’Irlande et sa soumission à la couronne de Grande-Bretagne : la juridiction d’appel est transférée à la Chambre des lords d’Angleterre.

Années 1720 : Swift publie une série d’ouvrages contre l’exploitation économique de l’Irlande. En 1720, dans l’Appel pour la consommation exclusive de produits irlandais, il propose de « brûler tout ce qui vient de l’Angleterre, sauf le charbon ».

1724 - 1725 : Lettres du drapier de Swift, suite à l’affaire Wood. Ce dernier, un brasseur d’affaires, avait obtenu en 1722 du roi d’Angleterre une patente l’autorisant à frapper une monnaie de cuivre de mauvais aloi en Irlande. En dépit des critiques soulevées par ses pratiques douteuses, Wood se faisait fort « d’enfoncer ses pièces dans la gorge des Irlandais ». La polémique déclenchée par Swift, sur le terrain économique d’abord, puis moral et politique, permit de mettre fin au privilège de Wood.

1726 : Voyages de Gulliver de Swift, violente satire de la société anglaise. Elle est suivie trois ans plus tard de sa Modeste proposition pour empêcher les enfants des pauvres d’être à charge à leurs parents ou à leur pays, qui suggère, sur le mode de l’ironie cruelle, de faire de ces enfants des mets délicats pour les riches.

1740 - 1741 : La famine fait quatre cent mille morts. Des bandes armées, comme les White boys ou encore les Oakboys multiplient les actions terroristes dans le nord et le Munster.

19 octobre 1745 : Mort de Swift. S’il était irlandais, il appartenait avant tout à la minorité dirigeante, de langue anglaise et de religion anglicane qui n’avait que du mépris pour la plèbe catholique. Mais il a souffert à son tour de la condescendance des Anglais aux yeux desquels tous les habitants de l’île voisine restaient des barbares. S’il a été longtemps sévère envers sa patrie d’origine (« D’elle rien ne naît qui ne soit malfaisant… les hommes n’y sont que des rats ou des fouines… »), l’échec de sa carrière anglaise en fit le champion de la cause irlandaise, comme en témoigne sa troisième Lettre du Drapier : « Le peuple d’Irlande n’est-il pas né aussi libre que celui d’Angleterre ?… Suis-je un homme libre en Angleterre pour me transformer en esclave, au bout de six heures, en traversant le canal Saint-George ? » À la fin de sa vie, s’exprimant plus en patriote qu’en défenseur de la minorité dirigeante, il a largement contribué à développer l’esprit national irlandais.

1759 : Entrée au parlement d’Henry Flood, qui devient rapidement le chef de l’opposition nationale. Anglican convaincu, il ne pense encore, comme Swift, qu’à une nation protestante, mais pleinement indépendante. Fondation de la brasserie Guinness.

1760 : Un poète écossais, Macpherson, publie une quinzaine de poèmes prétendument traduits du gaélique. Ce sont des faux, mais les aventures d’Ossian ou de Fingan, le roi des Fianna, enchantent un public déjà sensible au charme du préromantisme.

1766 : Exécution de Nicolas Sheehy qui a dénoncé le paiement des rentes et de la dîme.

1767 : Le nouveau vice-roi, lord Townshend, reçoit l’ordre de résider à Dublin. Le roi George III fait là un geste pour l’Irlande qui s’est montrée fidèle pendant la guerre de Sept Ans.

1768 : Henry Flood fait voter l’Octennial Act qui limite à huit ans la durée du mandat parlementaire qui était jusque-là pratiquement viager. Le nouveau Parlement ose même rejeter un projet de loi de ressources financières. D’une façon plus générale, les années 1760 voient le renforcement du nationalisme colonial, fruit de la rancœur de l’Ascendancy contre l’exploitation économique et politique de la colonie et de son humiliation face au mépris de l’aristocratie anglaise.

1775 : Henry Grattan est élu député au Parlement. Cet avocat protestant y demande l’adoucissement des mesures anticatholiques, puis l’abrogation des lois pénales. Le sentiment national prend de plus en plus le pas sur les querelles religieuses, que le scepticisme caractéristique des Lumières rend moins vives.

1776 - 1779 : Arthur Young donne un tableau détaillé de l’Irlande, où il stigmatise les lois pénales décourageant les catholiques de travailler, le poids de la dîme, l’absentéisme des landlords…

1778 : La loi Gardiner autorise les catholiques à prendre des baux de durée indéfinie et à hériter.

Avril 1778 : L’aventurier américain d’origine écossaise John Paul Jones fait un raid sur Belfast qui sème la panique, à un moment où tous redoutent la perspective d’un débarquement franco-espagnol. Londres, qui avait dégarni l’Irlande pour envoyer des troupes en Amérique, accepte alors la formation d’une armée de « Volontaires irlandais » pour assurer la défense du pays. Dès l’année suivante, ces Irish Volunteers, dirigés par le duc de Leinster, comptent bientôt 40 000 membres. On y admet bientôt des catholiques. Mais une fois passé le danger d’invasion, ces hommes restent mobilisés pour réclamer la liberté du commerce (« Free Trade or else »).

1779 - 1780 : La liberté d’exportation de la laine et du négoce avec les colonies est accordée. Il faut dire que les Volontaires n’hésitent pas à défiler dans les rues et à boycotter les produits britanniques pour dénoncer les mesures restrictives contre l’économie irlandaise. Ils sont soutenus à la Chambre des communes par Edmond Burke, irlandais d’origine, qui n’hésite pas à dénoncer les lois pénales comme « une machine d’oppression et de dégradation d’un peuple et d’avilissement de la nature humaine elle-même, comme jamais il n’en était né de l’ingéniosité perverse de la nature humaine ».

1780 : L’armée des Volontaires rassemble désormais plus de 80 000 hommes placés sous les ordres du comte de Charlemont, un ami de Flood et de Grattan.

1782 : Les Volontaires, enhardis par leurs premiers succès dans le domaine de l’économie, passent désormais aux revendications politiques. Sous la houlette de Grattan, ils se rassemblent en convention nationale à Dungannon pour condamner la loi Poynings et l’interférence du Conseil privé et du Parlement anglais dans les affaires d’Irlande.

1782 : La « Constitution de 1782 » accorde l’indépendance législative à l’Irlande, en abrogeant partiellement la loi Poynings : le Parlement de Dublin n’est plus tenu de solliciter l’approbation du Conseil privé anglais avant de voter un bill. Les restrictions commerciales sont également abrogées. Grattan s’écrie : « L’Irlande est maintenant une nation ! » Au Parlement, toujours aussi peu représentatif, le chef de file du bloc anglais, Lord Fitzgibbon, espère que les progrès économiques auront à terme raison des chimères de l’indépendance constitutionnelle. En face, le parti patriote se divise. Flood estime l’indépendance législative incomplète sans réforme parlementaire. Par ailleurs, il ne conçoit qu’une nation protestante tandis que Grattan semble prêt à accorder l’égalité des droits civiques aux catholiques. La même année, une seconde loi Gardiner accorde sans restriction le droit de propriété aux catholiques. Le culte romain peut être célébré « sans pompe ni éclat ».

Novembre 1783 : Réunis en convention nationale à Dublin, les Volontaires ne suivent pas Grattan dans sa volonté d’émancipation des catholiques. C’est donc privée du soutien populaire que la Convention doit faire face à l’hostilité du gouvernement qu’elle conteste et du Parlement qu’elle menace. Sa dissolution est bientôt prononcée par lord Charlemont. C’est la fin de la dissidence coloniale.

1783 : Création de la banque d’Irlande. 10 % de son capital sont souscrits par des marchands catholiques. La célèbre verrerie de Waterford rouvre ses portes, du fait de l’abrogation des lois pénales relatives à l’économie.

1784 : La Foster’s Corn Law interdit pratiquement l’importation de blés étrangers, obligeant les Irlandais à augmenter leurs emblavures. Mais cela n’améliore pas la condition paysanne, la population ne cessant de s’accroître.

1784 : Fondation en Ulster d’une société secrète, les Peep of day boys, qui deviendra en 1795 un mouvement politico-religieux fortement structuré plus connu sous le nom d’ordre d’Orange. Pour y entrer, on prêtait ce serment : « Au nom de Dieu tout-puissant, je jure solennellement de soutenir le roi et le gouvernement, et de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour exterminer tous les catholiques d’Irlande. »

1789 : Fitzgibbon devient lord-chancelier.

1789 : Les débuts de la Révolution française rencontrent un écho favorable auprès des dissenters et des catholiques, politiquement et socialement asservis, qui constituent des clubs à Dublin et à Belfast. Le radicalisme protestant trouve bientôt son porte-parole en la personne de Théobald Wolfe Tone, un jeune avocat épiscopalien du barreau de Dublin à qui le légalisme d’un Grattan semble dépassé.

1791 : Durant l’automne, Wolfe Tone participe avec James Napper Tandy à la fondation de la société des Irlandais unis de Belfast : influencée par les idéaux français et la franc-maçonnerie, l’association se donne pour mission d’obtenir une réforme complète de la législation fondée sur le principe de la liberté civile, politique et religieuse. Elle prend pour emblème la harpe et pour devise « Recordée, elle va se faire entendre ».

1791 : Naissance des chantiers navals de Belfast.

1792 : Wolfe Tone devient secrétaire du Comité catholique qui s’est radicalisé et s’est réorganisé. Un tel rapprochement entre les confessions inquiète les autorités qui décident d’accorder davantage de droits aux catholiques, sans toutefois leur octroyer le droit de vote.

14 février 1793 : Un nouveau Relief bill confère le droit de vote aux tenanciers catholiques d’un freehold de 40 shillings. Le vote n’est pas secret et les catholiques restent toujours inéligibles. Par ailleurs, une série de textes répressifs conduisent à la dissolution de la société des Irlandais unis.

1795 : Ouverture du séminaire de Maynooth. À l’heure où la révolution ferme les collèges irlandais de France, il sera très marqué par les idées contre-révolutionnaires.

4 janvier 1795 : Arrivée d’un nouveau vice-roi, le libéral lord Fitzwilliam. Connu pour ses sympathies catholiques, il prévoit de confier le gouvernement à Grattan. Le chancelier Fitzgibbon et les orangistes organisent alors une violente réaction conduisant à son rappel à Londres, le 19 février, et à son remplacement par lord Camden.

Juin 1795 : Wolfe Tone s’embarque pour les États-Unis avant de rejoindre la France l’année suivante, « avec 100 guinées en poche, inconnu et sans recommandations, afin de renverser le gouvernement anglais de l’Irlande » (Wellington). Grâce au soutien de Carnot et de Hoche, il finit par gagner le Directoire à son projet d’invasion libératrice de l’Irlande.

Décembre 1796 : Une expédition commandée par Hoche quitte Brest. Mais seuls quinze bâtiments atteignent la baie de Bantry le 23 décembre et une tempête ne tarde pas à les disperser. Pas un seul coup de canon n’a été tiré, alors qu’une milice protestante, la Yeomanry, fait régner la terreur dans le pays.

1797 : Création de la Bourse de Dublin.

1798 : L’organisation révolutionnaire des Irlandais unis, devenue clandestine, est décapitée par l’arrestation de meneurs comme Arthur O’Connor ou encore Edward Fitzgerald.

23 ou 24 mai 1798 : Début de la « Grande Rébellion ». Déjouée à Dublin, peu suivie dans le nord épuisé par la dictature militaire du général Lake, l’insurrection se propage comme une traînée de poudre dans le sud-est où, comme en Vendée, des milices paysannes se constituent sous la direction de prêtres comme John Murphy. Le 30 mai 1798, les insurgés prennent Wexford. Les deux camps rivalisent d’atrocités.

21 juin 1798 : Le camp rebelle de Vinegar Hill, près d’Enniscorthy, est écrasé par le général Lake. Les insurgés se réfugient dans les monts Wicklow où les autorités entreprennent de construire une route militaire pour les débusquer.

22 août 1798 : Une nouvelle escadre française, commandée par le général Humbert cette fois, débarque en Irlande et doit capituler au début du mois de septembre, dans des conditions honorables. Mais les alliés irlandais des Français sont tous exécutés.

15 octobre 1798 : Une petite escadre commandée par l’amiral Bompard arrive dans le Donegal. Wolfe Tone qui sert à bord du navire amiral est reconnu, arrêté et traîné à Dublin.

19 novembre 1798 : Mort de Wolfe Tone, à qui les juges ont refusé la grâce d’être fusillé. Pour éviter la potence, le jeune homme s’est tranché la gorge. Considéré par beaucoup comme l’initiateur du nationalisme républicain, il a défendu avec ardeur l’idée d’une Irlande unie, militante et fraternelle, transcendant les clivages religieux et économiques, qui allait s’ajouter ou se joindre au rêve d’une Irlande gaélique miraculeusement libérée de la domination anglaise. Les masses sont néanmoins restées hermétiques à son discours trop aligné sur les idéaux révolutionnaires condamnés par l’Église, comme elles l’avaient finalement été à celui de Grattan. Mais elles ont été sensibles à la fin tragique de celui qui a inauguré la tradition républicaine des martyrs de la cause nationaliste et le mythe romantique de l’Irlande éternelle.

1799 : Un premier projet d’union à la Grande-Bretagne est repoussé au Parlement de Dublin.

7 juin 1800 : À force de corruption et d’intimidation, le Parlement irlandais vote par 153 voix contre 88 les actes d’union déjà votés par Westminster qui créent le Royaume-Uni. Dans l’esprit de Pitt et du vice-roi Cornwallis, seule cette union peut permettre de pacifier l’île, à condition néanmoins de s’accompagner de l’émancipation des catholiques (une innovation moins dangereuse à l’échelle d’un royaume désormais à majorité protestante).

Ier janvier 1801 : Le nouveau régime constitutionnel entre en vigueur. Le Parlement de Dublin est supprimé, l’Irlande étant désormais directement représentée à Londres par cent députés et trente-deux lords, tous protestants. Le poste de vice-roi et le Conseil privé sont maintenus. Le rouage essentiel du gouvernement devient le secrétariat en chef pour l’Irlande.

L’impossible union et la grande famine

« L’Angleterre doit à présent former une union avec la nation irlandaise plutôt qu’avec un parti en Irlande. » La majorité des membres de l’Ascendancy protestante ne voient pourtant dans l’Union qu’un moyen de maintenir leur domination et trouvent un allié de poids en la personne de George III lui-même, qui déclare qu’« à l’avenir, il considérera tout homme qui proposerait de nouvelles concessions aux catholiques comme un ennemi personnel ». À titre d’exemple, 187 lois répressives seront votées au cours du siècle dans le but de restreindre, suspendre ou supprimer les libertés publiques dont l’Irlande était censée jouir au même titre que tous les habitants du Royaume-Uni. Ce n’est donc que contrainte et forcée que l’Angleterre acceptera de légiférer pour améliorer la misérable condition sociale des paysans catholiques, avant de devoir se pencher sur la question de l’autonomie d’« un pays qui est pour l’Angleterre un miroir où elle n’aime pas se regarder » (Lord Fitzwilliam). Cette dernière est toujours défendue par les élites ralliées au nationalisme, lasses de voir leur île faire figure d’annexe agricole et de marché incontournable des produits manufacturés anglais, ulcérées de voir Dublin ravalée au rang de ville de province après l’âge d’or de la fin du XVIIIe siècle. Néanmoins, les défenseurs de l’indépendance doivent choisir entre deux options : s’engager dans un mouvement pacifiste, parlementaire, réformiste, fort du soutien de l’Église et cela dans le but d’obtenir une réelle autonomie interne, ou bien opter pour le combat révolutionnaire, romantique, visant à une rupture totale avec l’Angleterre. Il lui faut enfin se décider à la mise en œuvre d’un projet laïc, ou se résigner à voir le discours nationaliste devenir l’apanage de la majorité catholique.

Juillet 1803 : Robert Emmet, un jeune nationaliste protestant, attaque le château de Dublin. Sa tentative d’insurrection se solde par une émeute, facilement réprimée par les autorités. En dépit de la défense de son avocat, John Philpot Curran, le père de sa fiancée, Robert Emmet est condamné à mort. Incarnation du jeune héros romantique, il prend immédiatement place dans le folklore national aux côtés des martyrs irlandais.

1806 : La société secrète des Threshers s’insurgent contre le paiement de la dîme au clergé anglican et ravagent les comtés de Sligo, Mayo, Cavan, Leitrim et Longford.

1808 - 1834 : Le poète Thomas Moore évoque son attachement à la culture gaélique dans ses « Mélodies irlandaises ».

1813 : Le cabinet britannique propose à l’Église catholique d’Irlande quelques concessions, moyennant un veto du roi sur la nomination des évêques. L’intervention d’un jeune avocat, Daniel O’Connell, fait échouer le projet. Cet avocat d’une trentaine d’années, appartenant à une vieille famille aristocratique gaële, catholique fervent effrayé par les excès de la Révolution française, acquiert rapidement une emprise profonde sur le peuple irlandais. Ses talents d’orateur lui permettent de rallier Grattan contre le projet de concordat. Il groupe autour de lui une grande partie du clergé irlandais, dont la nouvelle génération sortant de Maynooth est devenue plus nationaliste qu’au XVIIIe siècle.

1814 : Fondation du collège de jésuites de Clongowes Wood.

1815 : La fin du blocus contre l’Angleterre marque le fléchissement des prix agricoles. Les pâtures, jugées plus rentables, entament la superficie des emblavures et de nombreux tenanciers sont expulsés. Certains émigrent aux États-Unis ou en Grande-Bretagne. D’autres rallient les sociétés secrètes (Whiteboys, Ribbonmen) qui s’en prennent aux fermes et aux cultures des protestants. Le secrétaire pour l’Irlande, Robert Peel, crée une force de police spéciale chargée de la répression des troubles : la Royal Irish Constabulary. Entre 1801 et 1846, 17 lois répressives (coercion acts) viseront à juguler ces troubles agraires. Par ailleurs, à l’exception notable de l’Ulster, l’industrie irlandaise périclite, dans la mesure où elle cesse peu à peu d’être protégée contre la concurrence britannique.

1823 : Pour remplacer le Comité catholique supprimé en 1812, O’Connell fonde l’Association catholique, soutenue par le clergé irlandais et financée par le peuple, à raison d’une souscription mensuelle d’un penny. La puissance sociale considérable des prêtres, restés jusque-là à l’écart de la politique active, est désormais canalisée, ce qui ne fait que renforcer la défiance des protestants libéraux à l’égard du mouvement. Avec l’aide de Richard Sheil, O’Connell discipline ses troupes dont les principales armes deviennent la résistance passive et les manifestations de masse réclamant l’émancipation des catholiques et une réforme agraire. Gustave de Beaumont évoque à cette époque « un état de guerre constitutionnelle, de paix sans cesse agitée, d’état intermédiaire entre le régime des lois et l’insurrection ».

1824 : Thomas Moore rencontre un certain succès en publiant Les mémoires du capitaine Rock, qui raconte l’histoire du chef d’une société secrète.

1826 : L’influence de l’Association est telle qu’elle met en échec lord George Beresford lors d’une élection dans le comté de Waterford, que sa famille possédait en grande partie. De façon générale, en dépit de la publicité du vote, les Irlandais ont désormais le courage de voter contre les candidats des landlords. L’Association se charge d’indemniser les électeurs qui sont punis pour leur hardiesse.

1828 : En dépit de son inéligibilité, O’Connell se présente contre un protestant libéral, Fitzgerald, à l’élection de Clare qu’il remporte triomphalement. Sa victoire est annulée, car il refuse de prêter le serment antipapiste de 1692.

1829 : Bill d’émancipation des catholiques. La modification de la formule du serment d’allégeance leur permet désormais, comme aux dissenters l’année précédente, de remplir tous les emplois publics, sauf la royauté, la régence, la chancellerie et la lieutenance d’Irlande. Mais Wellington, dans le même temps, prononce la dissolution de l’Association catholique et élève le cens électoral, réduisant de façon conséquente le nombre d’électeurs catholiques.

1831 : Création d’écoles primaires confessionnelles dites « nationales », qui doivent contribuer à l’intégration de l’Irlande au sein de l’ensemble britannique dominé par l’Angleterre. Les progrès de la langue et de la culture anglaises s’en trouvent favorisés.

1834 : O’Connell, désormais député, demande officiellement aux Communes l’abrogation de l’Union : 523 voix contre 38 se prononcent contre une telle mesure.

1835 : À la chambre des Communes, libéraux et conservateurs s’équilibrent. Les Whigs ont besoin de l’appoint des voix irlandaises. O’Connell accepte de s’entendre avec eux sur un programme modéré : c’est le pacte de Lichfield House, première manifestation d’une longue collaboration entre constitutionnalistes irlandais et libéraux anglais. Thomas Drummond, sous-secrétaire pour l’Irlande, en appliquant avec rigueur le principe de l’égalité religieuse et en refusant de se laisser inféoder aux intérêts de l’Ascendancy coloniale, incarne cette nouvelle politique. Il n’hésite pas à rappeler aux landlords que « la propriété a ses obligations tout comme ses droits ».

1836, 1837, 1839 : La culture de la pomme de terre connaît de façon récurrente des crises partielles et localisées.

1838 : O’Connell remporte son combat contre la dîme que tout Irlandais, même catholique, devait payer à l’Église établie. Depuis des années, l’agitation suscitée par son recouvrement avait pris l’allure d’une véritable guerre (la « tithe war »). L’amnistie fiscale, la réduction du taux de la dîme et sa conversion en rente foncière réussissent à calmer les esprits.

1840 : La mort de Drummond fait perdre un solide allié à O’Connell. Leur collaboration avait permis d’obtenir des concessions comme la dissolution officielle de l’ordre d’Orange en 1835, l’extension à l’Irlande de la Loi sur les pauvres de 1838 et l’accès des catholiques à l’administration locale. O’Connell décide néanmoins d’aller plus loin dans ses revendications qui se font désormais plus politiques et crée l’Association pour la révocation de l’Acte d’Union (Repeal Association).

1841 : O’Connell est élu maire de Dublin.

1842 : Création du journal The Nation par un groupe de « Jeunes Irlandais » venant de tous les horizons confessionnels.

1843 : Point culminant de la campagne du bouillonnant et décidément très populaire O’Connell, qui organise plus de trente meetings durant cette seule année 1843, en des lieux chargés de sens pour les Irlandais. Ainsi, le 15 août, 250 000 personnes viennent l’écouter sur la colline de Tara. À Tuam, le leader n’a pas hésité à déployer l’Union Jack sur le clocher de la cathédrale pour bien marquer sa loyauté envers l’Angleterre. Mais en dépit du légalisme de O’Connell et de son aversion pour toute action violente, l’Angleterre prend peur et envoie des troupes en Irlande. Les autorités interdisent, le 7 octobre, le rassemblement grandiose que O’Connell souhaitait tenir sur la rive de Clontarf où Brian Boru avait vaincu les Scandinaves en 1014. Arrêté, le leader préfère annuler le meeting. C’est la fin de l’action non violente des masses populaires.

1844 : Le procès intenté à O’Connell est si scandaleux que la sentence est cassée par la Chambre des lords. Mais en acceptant d’annuler le meeting et en s’adressant aux lords pour faire réviser son procès, O’Connell s’est déconsidéré aux yeux de certains de ses partisans.

1845 : Désaccord entre les membres de la Jeune Irlande et O’Connell quand le gouvernement établit des collèges universitaires « neutres » à Belfast, Cork et Galway. O’Connell crie au scandale et dénonce le caractère non confessionnel de ces établissements, tandis que la jeune génération se félicite d’un tel rapprochement œcuménique. Par ailleurs, jusqu’en 1847, Thomas Davis (qui meurt en septembre 1845 du choléra) et ses amis de la Jeune Irlande publient les 22 ouvrages de la Library of Ireland, destinés à instruire le peuple dans l’histoire et la littérature d’Erin. Ils cherchent en effet à investir le terrain de l’éducation et de la culture, délaissé par O’Connell, trop absorbé par les luttes matérielles et politiques. « Un peuple sans sa langue n’est que la moitié d’une nation. Une nation se doit de conserver sa langue plus que ses territoires. C’est une barrière plus sûre et une frontière plus importante que forteresses et fleuves. Perdre votre langue maternelle et apprendre celle de l’étranger, c’est la pire marque de la conquête : c’est l’âme que l’on charge de chaînes. » La même année enfin voit la réorganisation de l’ordre d’Orange, l’organe essentiel du régime colonial, trop puissant pour être inquiété par les autorités.

1845 : Début de la Grande Famine qui dure jusqu’en 1849. Vingt ans avant la catastrophe, Walter Scott disait déjà de la paysannerie irlandaise : « Leur pauvreté n’est pas exagérée, ils sont au bord de la misère humaine. » 45 % des fermes sont si petites (5 acres ou moins) qu’il est en effet impossible de faire vivre une famille de façon décente, en ayant par ailleurs les fermages à payer. Aussi, quand une importante partie de la récolte de pommes de terre, le principal aliment de la majorité des paysans (qui vivent de la pomme de terre comme les Chinois du riz, a-t-on écrit), est détruite par un champignon, la catastrophe, humaine et culturelle, prend une ampleur sans précédent. L’île qui comptait encore en 1845 quelque 9 millions d’habitants, verra sa population descendre à 4 millions d’âmes avant la fin du siècle et continuer à diminuer au XXe siècle encore. Il faut dire que durant les seules années 1846-1849, un million et demi de personnes meurent de faim ou de maladie, tandis qu’un autre million choisit de quitter l’Irlande, ouvrant les vannes d’une émigration qui finira par fortement inquiéter le pouvoir politique. L’émigration, certes, existait déjà : mais elle n’avait jusqu’alors concerné que des élites (clercs, aristocrates, soldats) qui, pour des raisons essentiellement politiques et religieuses, s’exilaient sur le vieux continent. Ce sont désormais les populations les plus pauvres qui partent outre-Atlantique ou en Grande-Bretagne, où elles sont en général mal accueillies par des Anglais ou des Américains protestants craignant l’arrivée de cette nouvelle main d’œuvre bon marché qui ne tarde pas à constituer un sous-prolétariat misérable. C’est dans les années 1850 que naît aux États-Unis la société nativiste des Know Nothing, revendiquant l’Amérique aux Américains. En 1900 néanmoins, un tiers de la population new-yorkaise est irlandaise. Au-delà de cette hémorragie humaine, l’Irlande est également touchée dans son âme : en ravageant tout particulièrement l’ouest de l’île, cette Irlande de l’Irlande, la famine détruit davantage la langue gaélique que les sept siècles d’occupation anglaise. Face à la catastrophe, le gouvernement réagit tardivement et de façon insuffisamment conséquente. Peel fait bien acheter durant l’automne pour 100 000 livres sterling de maïs aux États-Unis ; mais le libre-échangisme lui interdit d’impliquer davantage l’État dans la résolution de la crise dont il a d’ailleurs du mal à mesurer l’étendue. Il met sur pied un plan de secours contre la famine, le chômage et la maladie et développe également une politique de travaux publics dont la mise en œuvre s’avère difficile.

1846 : Le groupe parlementaire irlandais se divise : William Smith O’Brien, opposé à la collaboration avec les libéraux, fonde la Confédération irlandaise. La récolte de pommes de terre est cette fois entièrement détruite. Un nouveau Coercion Bill permet au lord-lieutenant de proclamer une sorte de loi martiale et de faire face aux premiers troubles : à défaut de nourriture, l’Angleterre choisit d’envoyer des soldats.

1847 : Mort de O’Connell qui s’était retiré de la politique l’année précédente. Par son acceptation du jeu parlementaire et par son emploi préférentiel de l’anglais, il a contribué à l’anglicisation de l’Irlande, tout en éveillant la conscience politique des masses catholiques. En faisant de l’Église le relais de son action, il a néanmoins définitivement perdu pour la cause irlandaise l’Ulster presbytérien. L’élan impulsé par son action politique s’était brisé avec la catastrophe de la Grande Famine.

1847 : L’Irish Poor Law met les indigents à la charge des contribuables et des grands propriétaires, pourtant presque tous en faillite. Certains sont contraints d’expulser des tenanciers pour restreindre la population des assistés.

1848 : La « Jeune Irlande », qui paraît trop intellectuelle et trop peu religieuse aux yeux des masses catholiques, se divise. Certains, comme John Mitchell, qui prêche l’insurrection dans son journal United Irishman (il y enseigne comment saboter les voies ferrées ou faire sauter les ponts), préconise la révolution agraire. D’autres, comme Gavan Duffy et Smith O’Brien, se refusent à lancer l’Irlande exsangue dans toute nouvelle rébellion. Pourtant, encouragés par les succès apparents des mouvements révolutionnaires européens de 1848, les « Jeunes Irlandais » préparent un soulèvement et entrent en contact avec un représentant de la IIe République, Lamartine. La plupart des révolutionnaires sont arrêtés avant de passer à l’action et l’insurrection n’est pas suivie par les masses : c’est une escarmouche insignifiante à Ballingarry (« la bataille du carré de choux de la veuve Mac Cormack »), le 30 juillet 1848, qui met un terme à l’aventure. La Jeune Irlande entre néanmoins dans la mémoire nationale, et son drapeau tricolore va devenir le symbole du mouvement républicain. Plusieurs chefs s’exilent aux États-Unis. Quant à Mitchell, il est condamné à quatorze ans de déportation.

1849 : Suppression presque totale des droits sur le blé (Corn Laws) grâce à Peel, un conservateur rallié aux idées libre-échangistes. La majorité protectionniste du parti tory ne pardonne pas cette trahison à son leader. Mais cette mesure ne change pas grand-chose en Irlande, car le gouvernement ne songe pas une seule fois à se départir de la sacro-sainte théorie du « laisser faire, laisser passer » et du principe de non intervention : rien ne doit entraver la libre concurrence et l’initiative privée. Ainsi voit-on toujours d’énormes quantités de produits exportés vers l’Angleterre. « Pendant la famine, pour un navire chargé de grains qui entrait dans un port irlandais, six partaient avec un chargement analogue » (John Mitchell). L’Incumbered Estates Act permet aux landlords, eux-mêmes gravement touchés par la crise, de vendre leurs propriétés endettées. En dix ans, une grande partie de la terre irlandaise va ainsi changer de mains, rachetée à des fins purement spéculatives par des hommes d’affaires. Une nouvelle aristocratie foncière, encore plus étrangère que la précédente à la réalité irlandaise, se constitue.

12 juillet 1849 : à Dolly Brae, 1 400 orangistes prennent d’assaut une colline tenue par un millier de Ribbonmen.

Août 1849 : Visite de la jeune reine Victoria.

 

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