Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 06:38

7. Guematria  

La guematria est une méthode d’ouverture, d’interprétation et de dynamisation de la pensée. Ce n’est qu’un prétexte, un tremplin, à la réflexion. Elle ne doit pas se réduire à une simple technique.  

Elle permet une lecture infinie des mots et des textes. Le livre devient le lieu d’une explosion, illustré par l’expression« lire aux éclats ».  

La numérotation alphabétique est de base décimale. Elle associe une valeur aux 22 lettres,plus les 5 finales, selon trois niveaux :  

  •  
  • Les 9 premières lettres : unité simple, de 1 à 9.
  •  
  • Les 9 suivantes : dizaines, de 10 à 90.
  •  
  • Les 4 dernières : centaines 100 à 400 ; les 5 finales : centaines de 500 à 900.   

Les lettres kaf, mèm, noun, samèkh, pé et tsadé ne s’écrivent pas de la même façon quand elles sont en fin de mot, et ont des valeurs numériques différentes. Cependant, chez la grande majorité des kabbalistes cette règle n’est pas respectée.  

La guematria simple est la plus utilisée. C’est l’addition des valeurs numériques des lettres constituant le mot.  

La guematria simple déployée consiste à écrire les lettres constituant le mot, et à faire l’addition de toutes les valeurs. Ex : pour yélèd, yod-lamèd-dalèt, yod s’écrit yod-vav-dalèt (10+6+4=20), lamèd s’écrit lamèd-mèm-dalèt (30+40+4=74), dalèt s’écrit dalèt-lamèd-tav (4+30+400=434), pour un total de 528.  

La petite guematria ne tient compte que des unités. Ainsi 10 et 100 deviennent 1. Les résultats supérieurs à 9 sont réduits (26 devient 2+6=8).  

La guematria dynamique cumulative (riboua) écrit le mot en une suite progressive de lettre. Ex : pour VIE, V, puis VI, puis VIE. La somme se fait sur l’ensemble.  

La guematria différentielle s’intéresse au lien numérique entre deux lettres. Ex : entre chin (300) et mèm (40), le lien est de 260.  

La guematria selon l’ordre alphabétique (guematria sidouri) donne à chaque lettre la valeur numérique correspondant à sa place dans l’alphabet.  

Le kollel est l’ajout de 1 à la valeur usuelle du mot. C’est la méthode « avec inclusion ».  

7.1.Exemple d’interprétation : en sof, le masculin et le féminin  

La guematria montre que la lumière (or) a une valeur de 207, et la réception (qabbala) de 137. La kabbale et le lien entre la lumière et la réception, et vaut 207 – 137 = 70. Or le secret (sod) vaut 70.  

« Masculin » a la même valeur numérique 227 que « comme la lumière » (ké-or) et « Féminin »que ké-qabbala avec 157. Le lien entre masculin et féminin est aussi de 70 et constitue le secret fondamental de la kabbale.  

En hébreu, « existence » est un anagramme du Tétragramme, et a la même valeur numérique 26. Amour vaut 13, et la rencontre de l’amour entre masculin et féminin vaut donc 2*13=26.  

7.2. Curiosités avec les nombres parfaits et amicaux  

Le mouvement kabbalistique a eu des nombreuses rencontres avec les mathématiques. Ainsi, il existe de nombreux parallèles entre la kabbale et la fraternité pythagoricienne. Les influences ont dû être réciproques.  

Les nombres « excessifs » sont ceux dont la somme des diviseurs est plus grande que le nombre lui-même. Inversement pour les nombres « imparfaits ».  

Les nombres « parfaits » sont ceux qui sont égal à cette somme. Il y a 6, 28, 496, 8128, …  

Le 6 est très utilisé dans la tradition judaïque. Le premier mot de la Bible (qui signifie « il créa six ») se compose de 6 lettres. Le monde est créé en 6 jours, avant le Chabbat. Le monde est créé pour 6000 ans, le septième millénaire sera le temps messianique. On retrouve souvent ce schéma 6+1.  

Le premier verset de la Genèse comporte 28 lettres. 28, c’est également les 2 mains (14+14), et 28 s’écrit en un mot qui signifie« force ».  

Les nombres amicaux sont des paires dont chacun est la somme des diviseurs de l’autre. La paire 220 – 284 est devenu le symbole de l’amitié.

 

  7.3.Dieu et le nombre Pi  

Chaddaï est le nom de Dieu qui désigne la force qui interdit à l’infini de réinvestir le vide qu’il avait laissé lors du tsimtsoum. Ce vide sphérique sera réinvestit par le rayon de l’adam qadmon. Or la guematria donne la valeur 314 au mot chaddaï.  

De plus, la valeur rationnelle de Pi (22/7) réfère à l’articulation entre les 22 lettres de l’alphabet et le chiffre 7.  

 

8. Le Tétragramme YHVH  

8.1.Les noms de Dieu  

Le Tétragramme, sans aucune voyelle, ne se prononce pas, c’est comme un trou dans le langage, à partir duquel le langage lui-même prend sens. Cette absence de prononciation crée une distance infranchissable, supprimant la possibilité de tenir Dieu pour un objet.

  Même si Dieu est unique, la façon dont il se révèle aux hommes est multiple. L’étude de différents noms de Dieu est un objet essentiel de la kabbale.  

On relève 10 noms de Dieu :  

Yhvh : ne se prononce pas. C’est le nom ineffable. Il apparaît dans un contexte où Dieu se manifeste selon l’attribut de générosité ou de compassion. Valeur numérique simple de 26, valeur simple déployée de 45.  

Adny : se prononce adonaï, c’est la forme sonore de Yhvh. Il est interdit de le prononcer en vain. Valeur numérique simple de 65  

Yah : déviré de Yhvh, il est la force d’unité au sein du couples, des mondes d’en haut et des mondes d’en bas, du ciel et de la terre, … Valeur numérique simple de 15.  

El : nom qui veut dire Dieu, mais aussi« vers ». Il vient souvent en complément d’un autre nom divin, un adjectif ou un complément. Valeur numérique simple de 31.  

Elohim : Dieu de la Création. C’est un des noms les plus usités. C’est la manifestation des forces de la nature. C’est El additionné de 2 lettres de Yhvh. Il est de l’ordre du din et apparaîtra donc dans un contexte où Dieu se manifeste selon sa rigueur. Valeur numérique simple de 86.  

Eloha, Ehyeh, Chaddaï, El Chaddaï, Tsevaot.  

Toute la littérature kabbalistique souligne le rôle essentiel des noms divins dans l’obtention de l’état mystique. Il s’agit d’utiliser le nom de Dieu comme un moyen d’accéder à l’état prophétique.  

La connaissance du nom de Dieu n’est autre que la connaissance de son usage, à ses pouvoirs.  

8.2.Interprétations  

YHVH peut être vu comme le résultat de l’histoire du point primordial et de ses métamorphoses. C’est un « point qui retourne au point ».  

La valeur 26 est unique dans tout l’univers mathématique en ce sens qu’il est le seul entier compris entre un carré et un cube : 5.5<26<3.3.3. C’est la valeur par la guématrie simple de YHVH. 

Le Tétragramme signifie « passé »,« présent » et « futur » par la combinaison de ses lettres hvh, hyh et yhh. C’est l’ouverture aux trois dimensions du temps. De plus, hvy est l’« existence ».  

La main fermée est associée à yod, la main ouverte à hé (car 5 doigts). Prolonger le geste d’ouverture par un mouvement du bras qui s’étend à l’autre dessine le vav. La main qui reçoit s’ouvre aussi. Ainsi le Tétragramme s’écrit à chaque fois qu’à lieu un échange.9. Autres éléments  

9.1.La kabbale en milieu chrétien  

Mal comprise par les chrétiens, la kabbale joua cependant un grand rôle dans l’histoire des idées de l’Europe entre XIV et XIX.  

A partir de 1450, les cercles d’humanistes s’intéressent aux traditions juives et à la kabbale, en particulier au Zohar qui est traduit en plusieurs langues. La kabbale était vue, même par certains juifs, comme une tendance du judaïsme proche du christianisme.  

Les principaux auteurs chrétiens sont Pic de La Mirandole (Italie, 1463-1494), Johannes Reuchlin, von Nettesheim (Allemagne), Paracelse(Suisse), Guillaume Postel (France),Robert Fludd (disciple de Paracelse, Angleterre), … On retrouve dans l’œuvre de Jakob Boehme (1575-1624), un peu plus tard, l’inspiration de la kabbale.  

Ces auteurs avaient tous un attrait pour l’occulte, et seront à ce titre soupçonnés d’hérésie. C’est à travers ces auteurs que la kabbale entre dans le patrimoine spirituel et littéraire de l’Occident (Goethe, Wagner, Nietzsche, Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Spinoza, Leibniz, …).  

Mais 1550 marque le début de la Contre-réforme : les livres hébraïques sont brûlés à Rome, les juifs de presque toutes les villes d’Europe sont parqués en ghettos. La kabbale est associée dans l’esprit populaire à des recettes de guérisseurs, et influencera ainsi l’occultisme « traditionnel » sous une forme déformée et caricaturale.  

9.2.Les rites  

Une des idées fortes du judaïsme est l’idée d’acte, de geste. On parle beaucoup plus d’action que de foi, d’où la prééminence des rites. Les rites hébraïques consistent principalement à rapprocher l’homme de Dieu, à ré harmoniser les participants. De nombreux objets de rituels sont conçus pour intégrer le Tétragramme.  

9.3.Kabbale et thérapie  

La kabbale oriente l’existence vers le bien-être, en soulignant que le physique et le psychique sont étroitement liés. La maladie provient d’un obstacle à la circulation de l’énergie vitale, d’obstructions dans les canaux (tsinorot) reliant l’homme à l’infini. De part la présence de la lumière-influx dans les lettres et les mots, la mise en mouvement du langage est le centre de la technique kabbalistique pour accéder à l’équilibre et à la santé.

 

La kabbale est un plaidoyer pour une existence joyeuse et heureuse. Rabbi Nahman dit « C’est une grande mitsvad’être toujours dans la joie ».  

9.4. Astrologie et kabbale  

Le calendrier hébraïque est à la fois lunaire et solaire, les mois s’accordent aux rythmes de la lune. C’est tardivement, après l’exil de Babylone, que les juifs utiliseront des noms pour les mois, d’origine babylonienne.

 

Les 6 premiers mois, du Bélier à la Vierge, sont masculins, reliés au désir de donner, et correspondent au 2 premières lettres du Tétragramme : YH.

 

Les 6 mois suivants, de la Balance aux Poissons, sont féminins. Ce sont les réceptacles, ils reçoivent. Ils correspondent aux lettres VH du Tétragramme.

 

Chaque mois est aussi associé à une lettre, une valeur numérique, etc.

 

Le point capital est que l’astrologie kabbalistique ne détermine pas un futur et un destin figé pour emprisonner l’homme, mais au contraire montre un destin afin que l’homme puisse s’en libérer. La soumission à la fatalité et au destin est considérée comme un désastre.

 

 

 

Source : http://www.systerofnight.net/religion/html/kabbale.html

Partager cet article

Repost 0
Published by X - dans Kabbale
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Loge de Recherche Laurence Dermott
  • Loge de Recherche Laurence Dermott
  • Contact

Blason de la RL Laurence Dermott

Loge-Dermott.gif

        729 ARTICLES

                    603    ABONNES 

Recherche

St Patrick blessing

God save the Ireland

           

Michaël Collins