Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 08:17

(Un enseignement concernant la transmutation atomique) 

Devise : ce qui est exalté est simple 

Ces données constituent une information pratique. Elles sont destinées aux lecteurs libérés de leurs préjudices, qui ont su préserver leur sensibilité et conserver les fondements et la simplicité de leur compréhension. En cet écrit, je n'utiliserai pas les expressions archaïques des alchimistes qui me génèrent plus d'une fois au cours de mes travaux opiniâtres.

 

Enfin, cet écrit servira, sinon à venger, du moins à justifier les anciens maîtres dont il ne reste que cendres, et qui auraient préféré le mépris, la persécution ou même la mort violente plutôt que de révéler leur secret.

 

Ce secret, à savoir comment produire la Pierre Philosophale, était certes connu du Maître en chaire de certaines loges maçonniques, autant que des véritables alchimistes. Or, à ce jour, je ne croirais pouvoir trouver de toutes les loges européennes une seule qui ait la formule et la science nécessaire à produire la petite ou la grande Teinture. Et le lecteur comprendra que je ne puis dépasser certaines frontières dans l'information que je donne présentement. Ceux pour qui les expressions des anciens maîtres semblent bizarres ou improbables, doivent se rappeler que le poète doué semblera fantaisiste à l'un alors que l'autre proclamera au coeur humain sensible la plus haute sagesse.

 

Le but de cet écrit n'est pas de formuler de directives absolues pour l'accomplissement de l'oeuvre. Le résultat parlera de lui même.

 

La connaissance et le savoir-faire sont les nouveaux pôles de la conscience humaine qui s'implante. Ils émergent lorsqu'à l'atome le plus intérieur s'allie une foi inébranlable en Dieu et une communication sensible avec l'existence d'un Etre Divin. L’Etre est une force éternelle et éternellement croissante. L’Etre descend et monte sans cesse, ce qui produit le changement éternel de vie et de mort. Or, même ce que nous appelons mort et pourriture demeure au sens le plus global du terme, une transformation, une nouvelle répartition de la matière. Cette répartition, qui constitue une expression tangible, agit dans un champ de forces impondérables et intangibles. La nature révèle que la force manifestée s'exprime sans cesse dans la plante, le minéral, le métal, la goutte de pluie ou le cristal de neige, ou encore dans l'animal et chez l'homme. Mais quelle différence entre le doux zéphyr et l'holocauste ravageur, entre l'air de mai et les furies de l'ouragan ou du blizzard. De telles différences sont évidentes lors de tremblements de terre ou sous-marins, et sont souvent reliés à des éruptions volcaniques.

 

Innombrables sont les forces qui en essence, sont l'expression d'une force unique. Pour exemple, prenez un arbre ou une fleur qui grandit, mûrit, puis se désagrège. L'homme est ainsi, son corps est sujet à la corruption, mais il est pourvu comme créature naturelle, d'une force intérieure qu'il manifeste à divers degrés. Voyons de même les saisons annuelles qui montrent des formes passantes au sein d'une éternité confirmée et rappellent les cycles incessants de vie et de mort dans le microcosme et le macrocosme de l'humain. Nous trouvons une vie qui germe, pourrit et se transforme, et un changement continu de la forme réorganisant de multiples manifestations par le moyen d'une énergie unique, créatrice et éternelle. L'initié sait et reconnaît l'existence de cette énergie, la secrète trinité, dans les rayons du soleil ou de la lune, dans les eaux terres­tres ou célestes, dans le sein créateur de la terre-mère, ou dans les qualités sèches, humides, froides ou chaudes du souffle du vent. Connaître ces énergies signifie qu'il devient possible de les utiliser pour réaliser nos desseins suivant les sentiers de le création.

 

Le grand Oeuvre, l'oeuvre Royale de l'Initié Alchimiste n'est pas difficile en soi, et pourrait se résumer en quelques phrases. Mais le travail impliqué est si multiple, si fécond en surprises, et même nos lois physiques établies et expérimentées ne saurait régir l'oeuvre ou s'y rendre justice. Est ­ce si surprenant alors, qu'en ces temps de pensée rationnelle et de progrès accélérés en vue d'une extériorisation, très peu nombreux sont ceux qui savent intérioriser ces forces et comprendre les vieux écrits alchimistes. Il faut d'abord séparer la paille du blé. Plusieurs expressions utilisées ou cours de l'oeuvre, et surtout celles décrivant des instruments, demeurent incomprises. Quel mystérieux vocabulaire : Lion vert, Lion rouge, Manteau du Lion rouge, Menstrum, Serpent, Diane, Phénix, Dragon ailé, Limon, Lait virginal, Echeneis, etc... Ces expressions semblent fantastiques à première vue, quoique l'observation de l’expérience en laboratoire révèle l'exactitude de cette nomenclature.

 

L'apprenti alchimiste est souvent mal orienté par une lecture intense et souvent déroutante concernant l'approvisionnement de cet acide que les anciens maîtres appelaient tour à tour vinaigre, alcool ou vin. L'apprenti ayant crû découvrir la voie du Grand Oeuvre, se retrouve soudain dans un abîme où plane le désespoir.

 

Quand faut–il commencer le véritable travail ? Sur ce point, tous les véritables alchimistes s'entendent : tout travail alchimique peut commencer à n'importe quelle heure, n'importe quel jour. Toutefois se résultat final sera marqué en qualité ou en quantité par les effets des diverses constellations.

 

En ce qui concerne les aspects techniques, l'étudiant moderne a l'avantage sur les Anciens Maîtres de pouvoir utiliser l'électricité et le gaz en plus du charbon et du bois. Vu la difficulté de régulation de ces derniers feux, les Anciens durent utiliser certains bains au cours de leur oeuvre. Je me souviens entre autre, qu'ils utilisaient le Bain-marie et le bain de sable à un certain stade opératoire. Le bain-marie n'a plus sa raison d'être car il est facile de régler avec précision la flamme du gaz. Quelle confusion ces bains n'ont-ils pas semée chez les disciples alchimistes ! Et d'être ainsi piégé, diminue l'enthousiasme et le découragement mène à l'abandon.

 

Les Anciens Maîtres utilisaient des vaisseaux d'argile qui chacun se nommait Oeuf Philosophal. Il fallait d'ailleurs beaucoup d'art pour les sceller d'un couvercle. De nos jours nous fabriquons des vaisseaux de verre quasi incassables. Le novice se butte aussi fréquemment aux expressions : travail de femme et travail d'enfant. Ces termes, qui meublent souvent la littérature alchimique, se réfèrent simplement au contrôle du feu et aux divers degrés de chaleur requis pour l'oeuvre. Que l'on songe aux divers vase d'argile remplis de substances ayant différents poids spécifiques et divers points d'ébullition, et qui devaient être séparées dans le même vase au cours du travail ; offrant diverses résistances à la pression, ces substances exigent de l'alchimiste moderne favorisé par le contrôle du feu et du gaz une maîtrise certaine. Imaginez la difficulté pour celui qui devait régir un feu de charbon.

 

Quelle admiration n'aurons-nous pas pour ces Anciens Maîtres de l'Art Royal dont certains furent nommés "Imperator" et à juste titre puisqu'ils avaient atteint la maîtrise du Grand Oeuvre.

 

Tout travail original de création est dû à l'activité formatrice de trois principes vitaux : mâle, femelle et spirituel. L'étudiant alchimiste doit savoir que la science officielle n'en reconnaît que deux : mâle et femelle. Et mène si elle ne peut les présenter comme étant complémentaires, cela ne devrait pas limiter l'étudiant sérieux, puisqu'au cours de notre travail, trois principes tangibles, sous forme d'essentiels distincts, sont nécessaires et se montrent. Ces trois principes sont notre Mercure, notre Soufre et notre Sel sans lesquels le petit et le grand Oeuvre et la transmutation demeurent irréalisables.

 

Lorsqu'on n'utilise que deux des trois essentiels, l'expérience alchimique conduite avec la rigueur scientifique, est vouée à l'échec et ceci sans exception. Il devient alors important que l'étudiant conçoive clairement l'activité réelle des trois principes dans le Cosmos. S'il ne sait passez de deux à trois, il sacrifiera inutilement son temps, son argent ainsi que son physique et son mental.

 

Selon le concept des anciens maîtres, lorsqu'ils prenaient l'extérieur pour point de vue, la Nature toute entière était sujette aux principes mâle et femelle.

 

La nature reçoit sa force éternelle du Cosmos. Ce Cosmos, pourrai-il exister sans l'Esprit Universel du Créateur ? Et je m'abstiendrai de différencier les différentes forces actives dans le Macrocosme et le Microcosme. Ce travail a déjà été réalisé par les Anciens Maîtres, et au cours des cinq derniers siècles par un homme nommé Paracelse.

 

Cette brève introduction était nécessaire afin de nous rapprocher du niveau de pensées des Maîtres qui s'enfile tel un fil rouge dans l'oeuvre entière et se prouve par le résultat final.

 

Le grand Oeuvre a été séparé en trois parties:

 

I           préparation

II          travail principal

III         travail concluant

 

Chacune de ces parties est un chef-d'oeuvre et trouve, bien sûr, des parallèles dans les divers règnes de la nature. Ces parallèles auront trait à la chaleur, à l'humidité et à la sécheresse qui permettront la croissance germinative aux divers degrés de l'Oeuvre. Hermès Trismégiste l'avait déjà dit.

 

PRÉPARATION

(Le travail préparatoire)  

 

C'est de la Matière Première ou Chaos qu'émergea la terre, disent les Anciens Maîtres. Notre première tâche sera donc de ramener toute substance matérielle que nous utilisons à son chaos, c'est-à-dire de la dissoudre (solve), et puis de la laisser reprendre son premier état chaotique. Cela suffit pour établir le concept de la dissolution. Car il ne s'agit pas d'annihiler, mais seulement de dissoudre jusqu'à un certain degré, soit d'opérer un réangement là où l'énergie s'accumule et d'où elle infuse l'oeuvre entière de vie et lui donne forme. Cela ne peut s'accomplir avant d'avoir réduit le corporel. Le but ou le résumé de l'oeuvre entière tient en cette courte phrase des Philosophes Naturels qui témoigne de leur maîtrise sur la matière : Solve et Coagula ! (sépare et unit). Et je veux ici souligner la très grande importance de savoir ce que sont les principes mâles et femelles de toute matière que l'on considère utiliser pour le Grand Oeuvre. Une grande part de cette connaissance nous est transmise par l'Astrologie, ce sur quoi Paracelse insiste dans ces écrits. Un exemple suffira pour comprendre, selon des lois anciennement connues, le cuivre, le soufre, le nombre 6 sont sous la tutelle de Vénus, le fer, le chlorure de sodium (sel commun) et le nombre 9 sont liés à Mars, le plomb, le salpêtre, et le nombre 8 sont régis par Saturne, et ainsi de suite.... Il appartient dès lors au disciple en Art alchimique de puiser de ces faits connus et établis les proportions nécessaires au parachèvement du Grand Oeuvre. Au cours des trois parties de l'Oeuvre, le degré de chaleur est d'importance capitale. Un excès de chaleur mène à l'échec, puisque les subtiles vapeurs pénétrantes que les Anciens Maîtres, nommaient Esprit, s'évadent alors. Comment l'Oeuvre peut-elle réussir sans force active ?

 

Les divers stades du processus préparatoire peuvent s'apercevoir grâce au changement continu de la couleur. Dans mon travail, l'objet utilisé était à l'origine d'un gris foncé, quelque peu luisant, mais devint noir foncé bleu noir et puis gris pâle. Puis le tout passa au brun foncé, au brun pâle, à un gris très pâle et presque blanc. Un blanc ombragé de bleu suivit qui devint un gris transparent et puis passa au blanc immaculé. Etant obvenu nébuleux, naquit un vert brillant, et fort plaisant d'ailleurs, jusqu'à ce que, tout s'atténuant, une couleur olive envahit l'ensemble, par la suite parut un vert jaunâtre. Durant ce temps, un cercle noir, totalement fermé apparut à quelque distance de la masse sur le fond de la partie supérieure du contenant. Ce cercle totalement noir avait près de 2 cm de diamètre. Etrange phénomène ainsi que nous le verrons plus tard.

 

Ce cercle s'approcha graduellement de la surface et devint plus foncé et plus dense. Il se déplaça d'un mouvement régulier tout en maintenant une uniformité remarquable et prenant graduellement un habit bleu noir. Il commença à s'infiltrer au bord de la masse par le mur du contenant à la profondeur de sa largeur. Durant ce temps, sa masse passe de 3/4/ de cen­timètre à 20 centimètres. La bande noire se posa alors à quinze ou seize centimètres du fond, enfoncée dans la masse de 2 cm, cette masse noire n'avait qu'un ou deux centimètres de profondeur. Le bleu foncé devint plus pâle, puis fonça à nouveau en montrant une radiance magnifique quelques jours après. Puis lentement des lignes rouges comme le sang apparurent qui montaient du bas jusqu'au jour ou la menstrue, aussi nommée Aqua fontana, et qui est ce jus couleur sang ou rubis, inonde la masse en sortant de la mine philosophique. Les Anciens Maîtres nommaient ce stade leur "queue de paon". Il n'existe pas de meilleur terme pour le dire. Ce jus rouge est aussi nommé le "Manteau du Lion Rouge" puisque le Lion Rouge y est aussi contenu qui dévorera lors de degrés subséquents de l'oeuvre diverses substances et même divers éléments. Notre Mercure que l'on nomme à juste titre "Porteur de Lumière" se cache sous le Manteau du Lion Rouge. Le mot menstrue, comme de semblables termes alchimiques a un double sens. D'une part, par la manipulation du Maître, la Menstrue devient un excrément parfaitement naturel du Chaos originel nommé Materia Prima, chaux des métaux, terre graisseuse ou matrice.

 

D'autre part, la Menstrue devient un solvant bien qu'encore imparfait. A mesure que l'oeuvre progresse, chacun découvre la parenté de cette menstrue. Ce jus rouge, ou Aqua Fontana, de Paracelse, doit être décanté prudemment, en s'assurant qu'aucune partie du résidu ne vienne avec. Le résidu est alors imbibé de vin ou de vinaigre et d'huile, aussi nommé Aqua forta ou Aqua pluviales (eau forte ou eau de pluie) et qui apparaîtra sous forme essentiellement différente lors de l'oeuvre principale jusqu'à dissolution totale. Ainsi se termine le travail de préparation. Rappelons qu'il faut manipuler cette terre graisseuse avec précaution, car elle est fort corrosive malgré son apparence de graisse.

 

L'Art de cette première partie de l'oeuvre consiste en la destruc­tion totale de la substance utilisée, quelle que soit son origine soit–disant naturelle, afin de ne rien changer et de ne plus avoir que la menstrue. Il est possible, par des manipulations avec certains liquides déjà nommés, alcool, vin vinaigre, et parfois, huile, d'obtenir un jus rouge semblable à celui de la framboise luisante ou du rouge rubis d'une substance métallique. Ce jus rouge a la particularité de laisser des traces vertes sur les parois du contenant dès qu'on le remue. Ce (?) vert est le symbole de la "force nécessaire à la croissance" qui est d'importance capitale pour continuer notre oeuvre. Si le jus présente un coloris brunâtre en plus de son lustre vert, c'est qu'il est devenu inutilisable. Pour qui l'Art préparatoire a réussi, l'Oeuvre Principale attend et la confiance est permise.

 

La méthode précédente démontre bien ce que les Anciens entendaient par destruction dans le travail préparatoire. L'image de la putréfaction d'un cadavre était utilisée par les Anciens Maîtres puisqu'un corps qui se décompose crache ou écoule son propre sang. A certains moments, la matière produit une odeur fétide et puante. Lorsque les Anciens Maîtres parlaient de "transmuter un corps en chaos", ils entendaient par là la description que nous avons faite dans notre travail préparatoire. Cependant il ne faut pas la confondre avec une classification "hors de la portée du chaos". Les Anciens Maîtres classifiaient la Nature en divers champs ou niveaux tels que :

 

  1. végétal
  2. minéral
  3. métal
  4. animal
  5. chaotique
  6. astral  

Le sens de ces classifications se comprend clairement lorsque nous abordons l'ancienne littérature des Maîtres. Les anciens Alchimistes insistaient sur le concept d'un élément essentiel ou d'une substance qui est une unité dynamique et biologique et dont les formes visibles et fondamentales se manifestent comme les quatre éléments. On ne devra pas toutefois prendre ces quatre éléments pour ceux du postulat scientifique. L'élément principal se nommait "Phophore", qui en essence signifie "Porteur de Lumière". Ce qui a mené à plusieurs concepts erronés concernant des expressions hermétiques spécifiques qui pavèrent la voie de jugement erronés et de fausses conclusions. Tel est toujours le cas aujourd'hui. Il n'y a aucun besoin de nommer de tels phénomènes et il faut plutôt se satisfaire de faits. L’expression Phosphore signifiait le feu ou la lumière intérieure qui brille mais ne se consume pas. Après s'être fixé, le Phosphore ne peut être fondu ni consumé par aucun feu. Ainsi fut–il bien nommé jusque dans son coeur. Cependant, on se défendit de révéler comment obtenir ce feu intérieur et comment l'emmagasiner.

 

Dans sa Tabula Smaraglina (Table d'émeraude) l'alchimiste classique, Hermès Trismégiste, exprime la connaissance des trois parties de l'œuvre :

 

"Il est vrai, certain, sans fausseté, que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut pour accomplir le miracle d'une seule chose. Puisque toutes choses dérivent d'une seule, par la volonté et le Verbe de celui qui l'a crée en Son Esprit, ainsi toutes choses doivent leur existence à cette Unité par l'ordre de la Nature et peuvent être améliorées en les adaptant cet Esprit.

 

Son père est le Soleil, sa mère est la Lune, le Vent l’a porté en son ventre et la Terre est sa nourrice. Cette Chose est le Père de toutes choses parfaites dans le monde. Sa puissance est la plus parfaite lorsqu'on la rechange en Terre. Sépares la Terre du Feu, le subtil de l'épais, mais soyez prudents, faites-le avec art et jugement.

 

La Chose monte de la terre au ciel, et en redescend, née à nouveau à la terre, et ayant la double puissance de ce qui est en Haut et de ce qui est en Bas. Ainsi, la splendeur du monde entier t'appartiendra et tout ténèbre s'éloignera de toi.

 

C'est la plus forte de toutes les puissances, la Force de toutes les forces, car elle peut réaliser toutes choses subtiles et pénétrer tout ce qui est solide. Car ainsi fut crée le monde et produites de rares combinaisons et des merveilles de toutes sortes.

 

Voilà pourquoi, on me nomme Hermès Trismégiste, ayant maîtrisé les trois parties de la sagesse du monde entier. Ce que j'ai à dire concernant le chef d'oeuvre de l'art alchimique, l'Oeuvre Solaire, est maintenant dit."

 

Aristote prônait l'existence de quatre éléments dans la nature : Terre, Eau, Feu, Air. Qui pénètrent tous ses règnes sous divers modes lorsque les formes de vie active opèrent leur fonction primaire. Et je voudrai ici vous rapporter encore une fois ces paroles d'Hermès Trismégiste : "le vent la porté en son ventre". Pensez alors à l'humidité contenue dans l'air qui peut, selon les circonstances prédominantes, devenir vapeur, pluie, neige ou verglas dans la région libre et devenir eau dans sa ronde éternelle. En de telles conditions et occasion, l'alchimiste doit mettre de côté les concepts soutenus par ceux qui considèrent les éléments chimiques tels qu'ils sont utilisés par les scientifiques et qui sont contraires à sa conception "alchimystiques".

 

Dans la pluie, la neige, le gel ou toute humidité de l’air, nous retrouvons cet agent sous forme de trois essences ignorées de l'humanité, attendant une renaissance pour révéler ses forces magiques. Qui décidera que le temps est venu et que l'humanité est prête ? Cela étaient impossible pour les Anciens Maîtres qui se nommaient Philosophes de la Nature, et qui apprenaient de la Nature, de concevoir une manifestation matérielle sans force d'âme. Au contraire, ils connaissaient la puissance concentrée dans la matière que la science moderne découvre tout juste. Cette conviction de l'alchimiste est exprimée par tous ceux qui ont vécu une telle expérience intérieure. Cette puissance active extrait de la nourriture en dégénérescence un haut contenu de vitamines et active les vertus curatives et les poisons de la plante. Elle produit les fleurs et les parfums merveilleux en dégageant sa force sous forme visible à divers degrés, et en fournissant sans cesse tout ce qui est essentiel, car tel est le véritable Art des Alchimistes.

 

Mais, il faut d'abord avoir le bon médium ainsi qu'il est décrit dans le travail préparatoire, qui puisse allier la force active comme l'aimant attire le fer. Selon, un vieil enseignement, les semblables s'attirent alors que les forces contraires se repoussent. En poursuivant l'oeuvre, nous identifierons plus avant cette Menstrue, ou sang du Lion rouge, et nous verrons que ce sang, pour prendre le terme du vieux Maître Goethe, pourra en un sens différent, être nommé "jus spécial".  

 

LE TRAVAIL PRINCIPAL

 

Comment ne pas admirer les Ancien maîtres en Art Alchimique qui accomplirent le Grand Oeuvre en utilisant l'équipement simple mais efficace de leur époque. Dans l'oeuvre principale, un ballon, aussi nommé Oeuf Philosophique, servait d'outil premier aux Anciens Maîtres. L'équipement dit "renomier" est inutile et dépourvu de sens.

 

Le ballon est rempli aux trois quarts, il faut prendre un soin énorme du degré de feu ou de chaleur et cela pour une raison déjà exprimée. Au cours de cette distillation par degrés pour laquelle les Anciens Maîtres utilisaient l'Athanor, trois liquides paraîtront successivement. Dans le ballon, il demeurera une poudre    semblable au verre, d'une couleur jaune, blanc avant parfois des reflets verdâtres ou bleutés. Il est important de savoir reconnaître ces trois fluides tout à fait différents. L'un est jaune et les deux autres clairs comme de l'eau, le dernier montrant une consistance huileuse quand on le fait couler. Ces trois liquides apparaissent même si lors du travail préliminaire, nous n'avons fait usage que de deux liquides pour fondement du processus entier.

 

Le second des trois liquides distillés, qui se nomme phlegme n'est d'aucune utilisé et est jeté. Voici de nouveau les principes mâles et femelles. Plusieurs noms leur ont été donnés VINAIGRE jaune et blanc, vin, alcool, humidité radicale, force croissante, arsenic, soufre, sel...etc...

 

La poudre qui reste est appelée "terre morte", aimant, momie ou encore "cadavre à ressusciter". Cette poudre doit être enterrée au sens alchimique,

1

 ou bien couverte de fumier de cheval. Cette dernière expression s'utilise aussi pour décrire une opération du travail préliminaire. Mais, ne nous laissons pas abattre par ce semblant de contradictions, de formules et d'expressions. La véritable tâche du travail principal est la SEPARATION qui doit être réalisée avec précision. Par la suite, il faudra ranimer la "terre morte" par sa propre semence qui croîtra en manifestant ses bourgeons et ses fleurs sur une tige unique. La séparation, la purification, la mortification unie à la putréfaction et à la revivification, se comparent au cycle annuel de la Nature, aussi nommé "feu de Roue".

 

 

La terminologie de l'Art hermétique pourra s'avérer difficile pour le novice. Hermétique signifie : scellé à l'épreuve de l'air. Il est vrai qu'une partie de l'oeuvre doit être réalisée dans un contenant hermétique si on espère réussir. Les Maître alchimistes connaissaient une union hermétique par laquelle souder ou unir divers ingrédients différents, ainsi que cela se produit au cours de ce travail. Même l'analyse chimique la plus exacte ne saurait révéler les trois ou plutôt les quatre substances mentionnées.

 

Dans sa. propre fosse, faite de sa substance, la terre morte reçoit l'Aqua Pluvialis, l'eau de pluie ou eau céleste et commence à revivre et à pourrir d'une certaine manière. On peut voir la matière enfler et épaissir, devenir coulante après absorption de son eau et être collante au toucher. Au cours de la distillation, une eau absolument claire, notre Aqua Pluvialis vient à surnager. Cette eau sans odeur ni saveur peut être bue sans scrupule. Au cours de ce processus, si une fumée vient à paraître, tantôt invisible, c'est le début d'une nouvelle phase de l'oeuvre.

 

Il devient alors nécessaire de verser le vinaigre jaune ou blanc sur la masse solidifiée avec une grand prudence et dextérité, et au risque de dommages corporels car cette manipulation est dangereuse. Lorsque ces deux vins sont unis, ils deviennent un solvant radical et se mêlent en laissant entendre un sifflement plus ou moins doux, jusqu'à produire un jus rouge, qui dissoudra le terre en un temps relativement bref. Ainsi la menstrue est apparue à nouveau, mais sous une forme plus pure que précédemment. Cette menstrue deviendra encore plus puissante et plus pure au cours de l'oeuvre. Le phlegme inutile que nous avons jeté et que nous jetterons toujours, constitue le quart ou le tiers du montant total. C'est une grand énigme physiologique que l'origine et le présence de ce phlegme au cours de la séparation. La menstrue ne perd pas en quantité au cours du travail principal.

 

De la cinquième à la septième révolution de la roue de la nature, un phénomène extraordinaire apparaît au cours de la distillation, lorsque les fluides se transforment partiellement en fumées invisibles et ne se condensent que dans le col du ballon. Un fluide laiteux surgit du fond du ballon, s'élève et commence à se mouvoir librement dans le haut du ballon, comme des nuages au cours d'une tempête, pour enfin, couler par le col du ballon dans le réceptacle. Lorsque le liquide commence à s'élever et à s'accumuler nu sommet, il y a tout juste assez de temps pour changer de réceptacle avec une grande prudence, de façon à garder la nouvelle préparation.

 

Cette liqueur particulière est le "Lait virginal", le Menstrue Universelle, le solvant radical, le Dragon Aile, aussi nommé Phoenix, et Lima. Ce solvant radical peut dissoudre complètement toute matière d'origine terrestre et en retenir toutes essences entières et vertus caractéristiques. Cela ne peut être réalisé par aucun autre solvant. Une observation méticuleuse révèle que ce lait est un liquide pâle comme de l'eau en laquelle nagent plusieurs écailles miniatures d'un blanc argenté. Ce lait peut être conservé indéfiniment puisque les ailes de Mercure ont été coupées, ainsi que le disaient les Anciens Maîtres. Dès que ces écailles miniatures, nommées Echeneis ou "petits poissons" ont été séparées, il n'est plus possible de les conserver indéfiniment. Même si elles sont dans un flacon hermétiquement fermé, elles disparaissent sans laisser de résidu ni de condensation. Ces écailles ont un goût sucré salé assez fort. Lorsqu'on goutte à cette poudre comme â l'eau, il demeure dans la bouche une plaisante chaleur qui n'a rien de corrosif.

 

Au cours de la distillation, qui est un stade décisif du travail, le vinaigre jaune change sa consistance originelle, devient une eau claire et bisse au fond du ballon un résidu particulier. Ce résidu se divise en deux poudres distinctes et de quantité égale. Ces poudres sont dites "assises sur une chaise", séparées l'une de l'autre par une mince marge au fond du verre, cette marge constituant une ellipse parfaite dont les pointes indiquent le nord-sud. Une poudre est blanche, l'autre est jaunâtre, elles sont le Sel et le Soufre hermétiques, paraissant comme Sel Volatil (état extrêmement fin ou subtil), que l'on dit quintessence dès que nous prenons connaissance du Mercure Volatil.

 

Au cours du travail de conclusion, nous aurons à fixer ces deux poudres qui sont Mars et Vénus, c'est-à-dire que nous devrons éviter l'évaporation, car à l'exemple de leur frère en esprit, Mercure, elles se sont envolées lorsque nous les avons remisées dans un contenant scellé hermétiquement.

 

Ainsi se termine le travail principal. La terre qui demeure ne nous sert plus à rien puis que nous en avons capturé le double Mercure volatil.

 

CONCLUSION

(Le travail concluant)

 

Il est facile de voir de ce qui précède que le Grand Oeuvre requiert beaucoup d'observation et de concentration ainsi qu'un sentiment profond pour les travaux secrets de la nature et du cosmos. Nous devons considérer que par un tel procédé, des centaines, des milliers, parfois des millions d'années de phénomènes ont été condensés en une moyenne de neuf mois par l'Art du Maître, ce qui nous rappelle la maturation de l'embryon humain. Le travail le plus difficile du point de vue technique est le travail principal où il faut régulariser la flamme du gaz en se souvenant des difficultés vaincues par les Anciens Maîtres qui devaient alimenter un feu de charbon ou de bois.

 

La difficulté et le danger du travail nous porte à le comparer à certains rituels initiatiques des Temples de la vieille Egypte. Et on comprend la décision d'un Maître de ne pas vouloir répéter le travail. Le travail préparatoire est semblable au travail principal des Anciens Maîtres. Une partie consiste en Solve, et la partie suivante, la conclusion, en Coagula. Certaines démarches déjà mentionnées se rencontrent au cours des travaux préparatoires et principaux, de sorte qu'il est impossible de visualiser parfaitement les divers processus de l'enchaînement. Ce n'est que lorsque le travail est entrepris et la bonne démarche suivie que l'apprenti alchimiste en laboratoire comprend clairement. Par la contemplation juste, on réalise ln procédure à suivre telle qu'elle est décrite dans le Grand Oeuvre, et on comprend les expressions symboliques et les images des Anciens Maîtres associées aux diverses étapes.

 

Le but principal du travail de conclusion est de coaguler et de fixer le double Mercure volatil. Les Anciens Maîtres entendaient "cémentation" par cette fixation et posaient ainsi au chercheur difficultés et énigmes. Voici le plus Grand Secret et le plus Grand Art des Alchimistes : unir par une conjonction indissoluble l'atome le plus intérieur de cette matière qui donnera à la teinture et à la quintessence son être caractéris­tique. Ce travail conclut le Grand Oeuvre et permet au travail patient et persévérant d'arriver au but final.

 

Le jeu des couleurs, dépendant de la teinture, varie au cours du travail de conclusion. D'abord, les substances en question doivent être unies selon leurs poids naturels. Après un court laps de temps, la masse deviendra totalement noire et présentera plusieurs entailler. Cela arrive aussi au cours du travail préparatoire. Si on met une lampe au dessus de cette masse, on sera surpris d'y voir briller un rouge foncé comme un reflet de sang. Il est difficile d'imaginer le changement de couleur qui survient et qui ne diffère que du travail préparatoire par la merveilleuse pureté et la beauté des couleurs qui produisent une véritable symphonie. Cette luminosité de couleurs devient telle dans la Pierre achevée, qu'elle soit obtenue par l'une ou l'autre voie, qu'elle brille véritablement. Voilà un signe certain que la vraie teinture a été obtenue.

 

La pierre peut au cours de la première multiplication, devenir cent fois plus forte, et par conséquent augmenter sa force de 10 000 ou 20 000 fois. Un travail plus poussé saura encore ajouter à sa multiplication. La limite de ce pouvoir dépend des éléments utilisés et de leur poids spécifique. Lorsque cette limite est atteinte, cette nature pénétrera le verre et aura la dureté et la densité du meilleur acier.

 

Voilà la clef de l'énigme qui nous est proposée par l'histoire lorsqu'elle nous parle d'un verre malléable fabriqué par des hommes, mais qui pas pu être refait malgré tous les efforts de la science moderne. La concentration la plus élevée que l'on connaisse fut réussie par Pryce d'Angleterre et avait une puissance d'1 140 000 fois. Un seul gramme de sa teinture lui suffit pour réussir une transmutation atomique de 40kg. Malheu­reusement, ce grand Maître mit fin à sa vie en se suicidant parce qu'on lui refusait l'entré d'une société scientifique.

 

Lorsqu'on utilise le verre de quartz ou le verre dur, on peut dépasser la potentialité de Pryce, mais considérez quelle manipulation est requise pour une telle concentration.

 

Puisque cette Teinture, n'est pas limitée aux métaux, mais peut aussi bien être utilisée pour les minerais, les plantes et les substances animales, imaginez quelles horizons s'ouvrent dans la pratique de cette voie, un seul gramme de cette teinture permettant d'emmagasiner des kilogrammes de matière.

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by DL Volpierre - dans Alchimie
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Loge de Recherche Laurence Dermott
  • Loge de Recherche Laurence Dermott
  • Contact

Blason de la RL Laurence Dermott

Loge-Dermott.gif

        729 ARTICLES

                    603    ABONNES 

Recherche

St Patrick blessing

God save the Ireland

           

Michaël Collins